0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
92 vues7 pages

Exercices L2

Ce document présente une série d'exercices corrigés sur les mesures en théorie de la mesure, abordant des concepts tels que les propriétés des mesures, la convergence des fonctions mesurables, et le théorème d'Egorov. Il inclut des démonstrations et des indications pour résoudre des problèmes liés à des mesures sur des espaces mesurables. Les exercices traitent également de la construction de l'ensemble de Cantor et de ses propriétés en relation avec la mesure de Lebesgue.

Transféré par

Salif Ouedraogo
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
92 vues7 pages

Exercices L2

Ce document présente une série d'exercices corrigés sur les mesures en théorie de la mesure, abordant des concepts tels que les propriétés des mesures, la convergence des fonctions mesurables, et le théorème d'Egorov. Il inclut des démonstrations et des indications pour résoudre des problèmes liés à des mesures sur des espaces mesurables. Les exercices traitent également de la construction de l'ensemble de Cantor et de ses propriétés en relation avec la mesure de Lebesgue.

Transféré par

Salif Ouedraogo
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Leçon 2 Exercices corrigés

(Une étoile * désignera une question de difficulté supérieure.)

Exercice 1. Soit µ une mesure sur un espace mesurable (X, A).


a) Soit B ∈ A ; démontrer que l’application A ∈ A 7→ µ(B ∩ A) est une mesure
sur (X, A).
b) Soient A, B ∈ A tels que A ⊂ B et µ(A) = µ(B) < ∞. Démontrer que
µ(A ∩ C) = µ(B ∩ C) pour tout C ∈ A.

Indications. b) L’inégalité µ(A∩C) ≤ µ(B ∩C) découle du fait que A ⊂ B.


Pour l’inégalité inverse, observer que

µ(A) = µ(A ∩ C) + µ(A ∩ C c )

et
µ(B) = µ(B ∩ C) + µ(B ∩ C c ) ≥ µ(B ∩ C) + µ(A ∩ C c )
(toujours parce que A ⊂ B).

Exercice 2. Soit µn , n ∈ N, une suite de mesures sur un espace mesurable


(X, A).
P
a) Pour tout A ∈ A, poser µ(A) = n∈N µn (A). Démontrer que µ est une
mesure sur (X, A).
b) Il est à présent supposé que µn (X) = 1 pour tout n ∈ N. Soit pn , n ∈ N,
P
une suite de réels positifs telle que n∈N pn = 1. Pour tout A ∈ A, poser
P
µ(A) = n∈N pn µn (A). Vérifier que µ est une mesure de probabilité sur (X, A).
P P
c) Considérer les mesures µ1 = n≥1 δn et µ2 = n≥1 nδn . Pour chacune de
ces mesures, calculer la mesure des ensembles : Ak = [k, k + 1 + k12 ], k ≥ 1 ;
SN S TN T
k=1 A k ; k≥1 A k ; k=1 Ak ; k≥1 Ak (N ≥ 1).

1
Indication. a) Découle de la propriété détaillée dans le Paragraphe 3 sur les
opérations sur les mesures.

Exercice 3. Si An , n ∈ N, est une famille de parties mesurables d’un


P
espace mesuré (X, A, µ) telle que n∈N µ(An ) < ∞, montrer que µ(A) = 0
où A = m∈N n≥m An (c’est une partie du lemme de Borel-Cantelli 1 qui sera
T S

développé dans la Leçon 15).


En déduire que si fn , n ∈ N, est une suite de fonctions mesurables sur
P
(X, A, µ) telle que n∈N µ(|fn | ≥ ε) < ∞ pour tout ε > 0, alors fn → 0
µ-presque partout.

Corrigé. Il est clair que, pour tout m ∈ N, par sous-additivité,


[  X
0 ≤ µ(A) ≤ µ An ≤ µ(An ).
n≥m n≥m
P
Le reste de la série n∈N µ(An ) convergeant vers 0, la première affirmation
s’ensuit. En conséquence, pour tout ε > 0,
\ [ 

µ |fn | ≥ ε = 0.
m∈N n≥m

Si ε est de la forme 1` , ` ≥ 1, par sous-additivité,


[ \ [ 
1

µ |fn | ≥ ` = 0.
`≥1 m∈N n≥m

Mais, un élément x ∈ X appartenant à l’ensemble ainsi mesuré exprime que


fn (x) ne tend pas vers 0 quand n → ∞. C’est donc que fn → 0 µ-presque
partout.
1. Francesco Paolo Cantelli, mathématicien italien (1875–1966).

2
Exercice 4 (Théorème d’Egorov 2 ). Soit (X, A, µ) un espace mesuré et soit
B ∈ A tel que µ(B) < ∞. Soient fn , n ∈ N, et f des fonctions mesurables sur
(X, A, µ) telles que fn (x) → f (x) pour tout x ∈ B.
a) Pour ε > 0, poser

Gn (ε) = x ∈ B ; fn (x) − f (x) > ε , n ∈ N,
S T
Hm = n≥m Gn (ε), H = m∈N Hm . Identifier H et démontrer que
lim µ(Hn ) = 0.
n→∞

En déduire que pour tout η > 0, il existe G(η, ε) ∈ A et m0 ∈ N tel que


µ(G(η, ε)) ≤ η et |fn (x) − f (x)| ≤ ε pour tout x ∈ B \ G(η, ε) et n ≥ m0 .
b*) Démontrer que pour tout η > 0, il existe G(η) ∈ A tel que µ(G(η)) ≤ η et
fn , n ∈ N, converge uniformément vers f sur B \ G(η).
Remarque. Il est essentiel dans la démonstration que µ(B) < ∞.

Corrigé. a) Si x ∈ H, pour tout entier m ∈ N, il existe n ≥ m tel que


|fn (x)−f (x)| > ε. Or limn→∞ fn (x) = f (x) par hypothèse, de sorte que H = ∅.
Les ensembles Hm , m ∈ N, forment donc une suite décroissante d’ensembles
mesurables d’intersection vide. Ils sont en outre contenus dans B qui est de
mesure finie. D’après la propriété de convergence monotone décroissante (car
µ(B) < ∞), il s’ensuit que limm→∞ µ(Hm ) = 0. Ainsi, pour tout η > 0, il
existe m0 ∈ N tel que µ(Hm0 ) ≤ η. Poser alors G(η, ε) = Hm0 qui répond à la
question. b*) La question précédente appliquée à ε = 1` et η` pour tout ` ≥ 1
fournit [
G η` , 1`

G(η) =
`≥1
P η
tel que µ(G(η)) ≤ = η. La convergence de fn , n ∈ N, vers f est
`≥1 2`
uniforme sur B \ G(η) car sur cet ensemble, pour tout ` ≥ 1, il existe m0 (`) tel
que |fn (x) − f (x)| ≤ 1` pour tout n ≥ m0 (`).
2. Dmitri Fiodorovitch Egorov, mathématicien russe et soviétique (1869–1931).

3
Exercice 5 (Support d’une mesure). Soit µ une mesure sur un espace mé-
trique (X, d) muni de la tribu des boréliens B(X) ; on appelle support de µ,
noté Supp(µ), l’ensemble des x ∈ X pour lesquels µ(B(x, ε)) > 0 pour tout
ε > 0, où B(x, ε) est la boule (ouverte) de centre x et de rayon ε. Vérifier que
Supp(µ) est un fermé de (X, d).

Corrigé. Soit xn , n ∈ N, une suite d’éléments de Supp(µ) convergeant


vers x ∈ X, et soit ε > 0 ; pour n assez grand, xn ∈ B(x, 2ε ), de sorte que
B(x, ε) ⊃ B(xn , 2ε ). Ainsi µ(B(x, ε)) ≥ µ(B(xn , 2ε )) > 0 et x ∈ Supp(µ). Donc
Supp(µ) est fermé dans (X, d) d’après la caractérisation séquentielle.

Exercice 6. Soit f : (X, A) → (E, B) une fonction mesurable, et soit µ


une mesure sur (X, A). Démontrer que l’image µf de µ par f est une mesure
sur (E, B).
Si X = R muni de la tribu des boréliens, et f est la fonction partie entière,
f (x) = bxc, x ∈ R, décrire la mesure image de la mesure de Lebesgue λ par f .

Corrigé. La première partie s’obtient par vérification des axiomes d’une


mesure. Par définition f est à valeurs dans Z et f (x) = k si k ≤ x < k + 1.
Donc, pour tout k ∈ Z,
  
λf {k} = λ x ∈ R ; f (x) = k = λ [k, k + 1] = 1.
P
Ainsi λf est la mesure de comptage sur Z, λf = k∈Z δk .

Exercice 7. Soit f : R → R une fonction continue telle que f = 0 presque


partout (pour la mesure de Lebesgue λ sur (R, B(R))) ; démontrer que f (x) = 0
pour tout x ∈ R.

Indication. Si f (x) 6= 0, par exemple f (x) = a > 0, il existe par continuité


un intervalle ouvert I contenant x sur lequel f (y) ≥ a2 .

4
Exercice 8 (Unicité de la mesure de Lebesgue). Cet exercice a pour but
de vérifier l’assertion suivante : toute mesure µ sur (Rd , B(Rd )) invariante par
translation et telle que 0 < µ(]0, 1]d ) < ∞ est un multiple de la mesure de
Lebesgue λ = λd sur B(Rd ).
a) Soit I = ]a1 , b1 ] × · · · ×]ad , bd ] où les a` , b` , ` = 1, . . . , d, sont rationnels ;
montrer qu’il existe M, k ∈ N et des points x(j) ∈ Rd tels que
k
[ d 
x(j) + 0, M1

I =
j=1

où la réunion est disjointe.


b) Par l’invariance par translation de λ et µ, en déduire que µ(I) = µ(]0, 1]d )λ(I).
Conclure.

p
Corrigé. a) Si a1 et b1 sont rationnels, il existe M ∈ N tels que a1 = M et
b1 = Mq pour des entiers relatifs p et q, p < q. Alors
q−1
[
j
+ 0, M1
 
]a1 , b1 ] = M
j=p

En choisissant un entier M comme dénominateur commun de tous les a` , b` ,


` = 1, . . . , d, la même description fournit le résultat annoncé en dimension d.
b) Par hypothèse d’invariance par translation de µ et de λ,
 1 d   1 d 
µ(I) = k µ 0, M , λ(I) = k λ 0, M

de sorte que
µ(I) µ( ]0, M1 ]d )
= .
λ(I) λ( ]0, M1 ]d )
Maintenant la même identité vaut pour I = ]0, 1]d , pour lequel λ(]0, 1]d ) = 1
par construction de la mesure de Lebesgue λ. L’égalité µ(I) = µ(]0, 1]d )λ(I)

5
annoncée s’ensuit. En particulier µ est aussi σ-finie. Au facteur µ(]0, 1]d ) près,
les mesures σ-finies µ et λ coïncident sur tous les rectangles (à côtés ration-
nels), donc sur la tribu engendrée, la tribu borélienne, d’après l’unicité dans le
théorème de Carathéodory.

Exercice 9 (Ensemble de Cantor 3 ). Poser E0 = [0, 1]. Enlever le tiers


central (ouvert) de E0 pour obtenir E1 = I11 ∪ I12 . Répéter la même opération
pour I11 et I12 pour obtenir E2 = I21 ∪ I22 ∪ I23 ∪ I24 , et ainsi de suite.
T
a) Démontrer que chaque En , n ∈ N, est compact. En déduire que C = n∈N En
est non vide et compact (l’ensemble C est appelé l’ensemble de Cantor ).
b) Montrer que λ(C) = 0 (où λ est la mesure de Lebesgue restreinte à [0, 1]).
c) Démontrer que C ne contient aucun intervalle ouvert (et donc que l’intérieur
de C est vide).
d) Montrer que C \ {1} comprend les sommes de toutes les séries x = ∞ xn
P
n=1 3n
où xn ∈ {0, 2}. En déduire que C n’est pas dénombrable, en fait a la même
cardinalité que [0, 1] (pourtant λ(C) = 0 6= 1 = λ([0, 1])).

Corrigé. a) Chaque En est une réunion finie d’intervalles fermés bornés, donc
forme un ensemble compact. Les En , n ∈ N, sont par ailleurs décroissants. Une
intersection décroissante de compacts non vides est un ensemble compact non
vide. b) D’après les propriétés d’une mesure (finie), λ(C) = limn→∞ λ(En ).
Or, par construction, En est la réunion de 2n intervalles disjoints de longueur
1 2n
3n , soit λ(En ) = 3n . D’où l’affirmation λ(C) = 0. c) Si I est un intervalle
ouvert (de [0, 1]) contenu dans C, 0 < λ(I) ≤ λ(C) = 0 ce qui est impossible.
d) Par analogie avec la décomposition dyadique d’un nombre réel x de [0, 1[,
la représentation triadique est de la forme x = ∞ xn
P
n=1 3n avec xn ∈ {0, 1, 2},
suivant qu’au niveau n, x est dans le premier, deuxième ou troisième intervalle
de la cellule au rang n − 1. La décomposition des éléments de C découle alors
3. Georg Cantor, mathématicien allemand (1845–1918).

6
de la définition de ce dernier (et démontre, par bijection avec la décomposition
dyadique, que C a la même cardinalité que [0, 1]).

Vous aimerez peut-être aussi