Introduction générale :
I-Evolution de la fonction financière :
La fonction financière a connu une évolution progressive qui est allée de pair
avec l’évolution de l’entreprise :
-le rôle du responsable financier a été limité à fournir les ressources de fonds et
veiller aux situations pouvant conduire à la faillite.
-vers les années 20, avec l’apparition des industries nouvelles et la concurrence,
la tâche du responsable financier a été élargie à l’élaboration des prévisions
budgétaires pour tenir compte du facteur « risque ».
-la crise des années 30 a réinstauré la primauté des soucis de liquidité et de
solvabilité
-avec l’expansion industrielle et la complexité des activités de l’entreprise après
la deuxième guerre mondiale, le recours aux techniques quantitatives est devenu
une nécessité
En parallèle alors, le rôle du responsable financier a dépassé le cadre
traditionnel de la simple collecte des ressources et a été élargi à la gestion
des différents postes d’actifs ce qui constitue la conception moderne de la
fonction financière.
II-objectifs de la fonction financière :
On peut dire selon la conception moderne de la fonction financière que cette
dernière a deux rôle complémentaires à remplir ; le premier à LT et le second à
CT. Toutes les deux ont une série de décisions à prendre.
A court terme, ce rôle couvre plusieurs aspects dont la préservation de
l’équilibre financier (FDR, BFR, TN), le financement du déficit budgétaire et le
placement de l’excédent de trésorerie. Aussi que d’autres aspects de la gestion
des comptes clients (gestion de recouvrement)
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A long terme, ce rôle couvre 3 décisions : celle d’investissement, celle de
financement et celle de distribution des bénéfices (comptabilité de société)
Dans ce cours nous allons nous limiter les deux premières décisions.
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Chapitre1 :
Concepts de base
Objectifs :
Comprendre la notion d’investissement
Connaître les différentes caractéristiques d’un projet d’investissement
Sommaire :
I- Notion d’investissement
II- Classification des projets d’investissement
III- Caractéristiques d’un projet d’investissement
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I-notion d’investissement :
On parle d’investissement lorsque l’entreprise engage à LT des capitaux sous
diverses formes ans l’espoir d’obtenir une augmentation appréciable de sa
richesse.
La raison essentielle d’investir est l’amélioration ou le maintien de la rentabilité
ou de la valeur de l’entreprise sur le long terme.
Exemples : réduire le cycle de production, améliorer la qualité du produit,
améliore la compétitivité, former le personnel…
En d’autres termes, l’investissement est l’engagement d’un capital dans une
opération de laquelle on attend des gains futurs étalés dans le temps.
Un investissement est acceptable dans la mesure où les gains attendus sont
supérieurs au capital investi. Evaluer un projet d’investissement consiste donc à
comparer deux éléments: les gains futurs et le capital investi
II-classification des projets d’investissement :
Les projets d’investissement peuvent être classés selon nature, leur destination
ou leur interdépendance :
1-classement par nature :
-investissement corporel (achat de machines...)
-investissement incorporel (logiciel, fond de commerce…)
-investissement financier (achat de titres)
-investissement humain (formation, stage)
2-classement par destination :
-investissement de remplacement : il s’agit de remplacer des équipements
obsolètes par des équipements modernes
-investissement d’expansion : achat de nouvelle machine pour augmenter la
capacité de production, construction d’une nouvelle usine
-investissement de modernisation : destiné à réduire les coûts, améliorer la
productivité ou améliorer la qualité du produit
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3-classement par interdépendance :
-projets mutuellement exclusifs : deux projets sont dits mutuellement exclusifs
si l’acceptation de l’un entrainement le rejet de l’autre
-projets concurrents : un projet est concurrent à un autre si son acceptation
entraine la réduction de la rentabilité de l’autre.
-projets indépendants : si l’acceptation de l’un n’a aucun effet sur la rentabilité
de l’autre
-projets complémentaires : deux projets sont dits complémentaires si
l’acceptation de l’un entraine l’augmentation de la rentabilité de l’autre
III-caractéristiques d’un projet d’investissement :
1-e coût d’investissement :
Il est composé de coût d’acquisition ou de construction et le BFR demandé par
le projet.
Coût d’acquisition = prix d’acquisition + frais accessoires (dépenses
d’installation, frais de formation de personnel, frais d’étude, frais de
transport, coût d’entretien)
Le montant de FDR couvre les besoins de financement supplémentaire du cycle
d’exploitation occasionnés par le projet (dépenses nécessaires au financement de
démarrage)
2-durée de vie :
Il faut distinguer trois différentes durées :
-durée économique : elle correspond à la durée de vie probable du produit
compte tenu de l’évolution du goût, de la technologie.
-durée de vie technique : elle est en principe communiquée par le constructeur
et correspond à la durée de vie probable du bien compte tenu des conditions de
son utilisation.
-durée fiscale : elle est fixée par l’administration fiscale.
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Pour évaluer la rentabilité d’un bien, il faut choisir la durée la plus courte entre
durée technique et durée économique. Quant à la durée fiscale, elle est utilisée
pour le calcul de l’économie d’impôt sur l’amortissement.
3-les cash-flows :
Il s’agit des flux de trésorerie associés à l’exploitation du projet. Autrement dit,
des flux de trésorerie rapportés par le projet pendant toute sa durée de vie.
C’est en fait la différence entre toutes les entrées et les sorties de trésorerie
générées par un projet.
L’estimation des CFN s’effectue à travers deux méthodes :
a-méthode comptable :
Elle consiste à calculer les CFN à partir des bénéfices comptables en annulant
les charges nondécaissables et en ajoutant les autres éléments encaissés et ne
pouvant pas être considérés comme des produits.
CFNt = Bénéfice Net + amortissement
b-méthode des flux :
Elle consiste à calculer les CFN directement à partir des encaissements et des
décaissements induits par le projet.
Si l’on désigne par :
-E : encaissement de l’année t
-D : décaissement de l’année t
-A : dotation aux amortissements à la date t
-T : taux d’imposition :
CFNt = [E – (D+A)]*(1-T) +A
= (E+T*D +T*A) – (D + T*E)
= encaissements - décaissement
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Exemple1 :
Le gérant d’une société vous demande de l’aider à déterminer les CFN de deux projets A et B de deux
manières différentes. Il vous fournit les informations suivantes :
A B
I en dt 10 000 20000
Recettes d’exploitation 5000 10000
Durées de vie 4 4
Dépenses d’exploitation 2000 5000
T=35%
Correction :
-méthode comptable
A B
0 1-4 4 0 1-3 4
Recette- 5000 5000 10000 10000
Dépense- 2000 2000 5000 5000
amortiss 2500 2500 5000 5000
= BAI 500 500 0 0
-Imptot 175 175 0 0
= BN 325 325 0 0
+Amort 2500 2500 5000 5000
-Investis 10000 20000
=CFN -10000 2825 2825 -20000 5000 5000
-méthode des flux :
A B
0 1-4 0 1-4
Recette 5000 10000
+EI/dépenses 700 1750
+EI/Amort 875 1750
=Encaisseement 6575 13500
Dépenses 2000 3500
+PI/Recettes 1750 5000
-investissement 10000 20000
= 10000 3750 20000 8500
CFN -10000 2825 -20000 5000
Cas particuliers :
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Cas1 : l’approche marginale ou différentielle :
Lorsqu’il s’agit d’un problème d’extension ou de remplacement, le gestionnaire
ne doit considérer que les flux générés par le projet.
Pratiquement, cela signifie que seul les flux nouveaux ou supplémentaires qui
découlent directement ou indirectement du projet seront pris en compte dans le
calcul.
FM du projet = FM de l’entreprise avec le projet – FM de l’entreprise sans
projet.
Cas2 : flux de fin de période :
En fin de période, on tient compte de deux types de flux :
-la récupération de BFR constitué au départ
-la récupération de la valeur résiduelle des immobilisations
L’estimation de la VR est assez délicate. Elle est liée à l’existence d’un marché
d’occasion. La plus-value dégagée est fiscalisé et le prix de cession net d’impôt
sera prix dans le calcul du dernier cash-flow.
Dans certain cas, il est envisagé de conserver l’immobilisation en fin de projet.
Dans ce cas, la VR des immobilisations correspond à sa valeur d’usage ou tout
simplement à sa VCN.
Exemple2 :
Une entreprise a acheté une nouvelle machine pour une valeur de 160 000dt
amortie linéairement sur 8 ans.
1-l’investissement s’achève dans 7 ans et la machine sera vendue à :
a-28000dt b-15000dt
2-l’investissement s’achève dans 8 ans et la machine sera vendue à 10000dt
TAF : calculer dans chaque cas le prix de cession net avec taux d’impôt de 35%
Correction :
1-
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VCN = Vo - ∑amort
=160000 – (7*20000)
=20000
Résultat de cession= prix de cession –VCN
a- Résultat=28000-20000
=8000dt
Perte d’impôt/+value = 8000*35% =2800
Prix de cession net = 28000-2800= 25200dt
b- 15000-20000 = (-5000)
Gain d’impôt/-value=5000*35%=1750dt
Prix de cession net= 15000+1750=16750
2-
Résultat de cession = 10000
Prix net = 10000 – 1000*35% = 6500