Introduction :
Le phénomène de la migration internationale constitue, depuis des
siècles, un vecteur fondamental de transformation sociale,
économique et culturelle à l’échelle mondiale. Parmi les différentes
figures du migrant, celle du travailleur migrant occupe une place
centrale, notamment dans les dynamiques du marché du travail
mondialisé. Le travailleur migrant peut être défini comme une
personne qui, en dehors de sa nationalité ou de son pays d’origine,
offre sa force de travail dans un autre pays, de manière temporaire ou
permanente, dans l’objectif principal d’améliorer ses conditions de vie
et celles de sa famille.
Historiquement, les mouvements migratoires liés au travail
remontent à l’époque coloniale, où de nombreux travailleurs ont été
déplacés de force pour servir les puissances coloniales dans leurs
territoires d’outre-mer. Avec l’industrialisation au XIXe siècle, les
besoins croissants en main-d’œuvre ont intensifié ces flux migratoires,
notamment en Europe et en Amérique du Nord. Au fil du temps, cette
dynamique s’est institutionnalisée à travers des politiques
d’immigration encadrées, mais également à travers des réseaux
informels de recrutement, souvent opaques et difficilement
contrôlables.
Aujourd’hui encore, les travailleurs migrants restent des acteurs
essentiels des économies, tant dans les secteurs formels que dans les
secteurs informels. Cependant, leur présence s’accompagne trop
souvent de situations d’exploitation multiples, caractérisées par des
violations des droits fondamentaux : bas salaires, absence de
Page 1
protection sociale, conditions de travail dégradantes, voire traitement
inhumain. Si le secteur formel peut parfois offrir un cadre juridique
protecteur, le secteur informel, quant à lui, échappe en grande partie
aux normes du travail, exposant davantage les migrants à la précarité
et à l’abus.
Ainsi, il devient essentiel d’analyser les différentes formes
d’exploitation auxquelles les travailleurs migrants sont confrontés dans
ces deux sphères économiques.
Problématique :
Bien que les travailleurs migrants jouent un rôle crucial dans les
économies nationales, ils restent parmi les groupes les plus
vulnérables face à l’exploitation, que ce soit dans le secteur formel ou
informel. Dans un contexte marqué par la mondialisation, la
précarisation du travail et le manque d’uniformité dans l’application
des droits fondamentaux du travail, leur situation soulève de
nombreuses interrogations.
Comment se manifestent les différentes formes d’exploitation des
travailleurs migrants dans les secteurs informel et formel ? Quels sont
les mécanismes économiques et sociaux qui favorisent ces abus ? Et
dans quelle mesure le cadre conventionnel international et national
permet-il de protéger efficacement ces travailleurs et de garantir leurs
droits fondamentaux ?
Page 2
A. Quelques définitions
B. Etranger: se dit d'une personne qui ne possède pas la nationalité du pays
d'installation. Cet état peut changer au cours de la vie d'un individu puisqu'il
peut obtenir la nationalité du pays d'installation. La notion d'étranger ne
recouvre pas forcément celle d'immigré puisque l'on peut être étranger sans
jamais avoir migré (c'est le cas par exemple des personnes qui sont nées et
vivent au Maroc mais qui n'ont pas la nationalité marocaine) ou à l'inverse
avoir immigré mais ne pas être étranger (c'est le cas par exemple des
personnes qui ont immigré au Maroc puis ont obtenu la nationalité
marocaine). La loi 02/03 donne la définition suivante: « On entend par
étrangers, au sens de la présente loi, les personnes n'ayant pas la nationalité
marocaine, n'ayant pas de nationalité connue, ou dont la nationalité n'a pas
pu être déterminée »
C. Migrant: se dit d'une personne qui quitte son pays d'origine pour s'installer
dans un pays dont elle n'a pas la nationalité. Le terme immigré favorise le
point de vue du pays d'accueil, c'est-à-dire le fait de s'installer dans un pays
d'accueil tandis que le terme émigré, le fait de quitter son pays d'origine. Le
vocable migrant prend en compte l'ensemble du processus migratoire.
D. L'immigration désigne l'entrée, dans un pays, de personnes étrangères qui
y viennent pour y séjourner et y travailler. Le mot immigration vient du latin
immigrare qui signifie «pénétrer dans. L'immigration est une migration vue
du côté du pays de destination.
E. L'émigration correspond au point de vue du pays de départ, c'est-à-dire le
fait de quitter son pays. Elle peut avoir une ou plusieurs raisons
professionnelle et études, politique (réfugié fuyant les persécutions),
sécuritaire (réfugié fuyant la guerre), économique (personnes cherchant un
meilleur niveau de vie), personnelle (volonté de s'installer dans un pays par
goût, par exemple si l'on se reconnaît dans ses valeurs), familiale (volonté de
rejoindre le conjoint, l'enfant déjà installé), fiscale (l'installation dans un pays
offrant un niveau d'imposition moins élevé), etc. La Déclaration universelle
des droits de l'Homme reconnaît dans son article 13 à toute personne le
droit de quitter tout pays, y compris le sien
F. L'immigration « illégale » est le fait d'entrer sur un territoire national sans
posséder les documents autorisant la venue dans le pays ou lorsque la
personne se trouve déjà sur le territoire, de n'avoir pas obtenu de
renouvellement de titre de séjour ou d'être sous le coup d'une interdiction
de territoire. Un étranger en situation irrégulière (parfois communément
Page 4
surnommé sans-papier ou <clandestin ») est une personne présente sur le
territoire national d'un autre Etat, tout en étant dépourvu de documents de
séjour en règle. Cette situation peut intervenir soit après être entré de
manière irrégulière sur le territoire, soit en étant resté sur le territoire après
expiration de la durée de validité du titre de séjour. Cette situation entraîne,
la plupart du temps, l'impossibilité, de droit ou de fait, pour l'étranger de
jouir de la plupart des droits économiques, sociaux et culturels, notamment
le droit de travailler.
B. Les réfugiés et demandeurs d'asile au Maroc1
le Maroc est aussi un pays de destination pour des réfugiés et des demandeurs
d’asile,une population en forte progression depuis 2007. Ainsi, le nombre de
réfugiés au Marocest passé de quelques centaines en 2007,à 19 620 réfugiés et
demandeurs d’asile en2022. En mars 2022, cette population serépartissait
comme suit : 9 522 réfugiés et 10098 demandeurs d’asile. ,Cette population est
issue de 48 pays. Les nationalités les plus représentées sont les Syriens (5 150
personnes), les Guinéens (2 958 personnes), les Ivoiriens (1 470 personnes), les
Camerounais (1 293 personnes), les Yéménites (1 173 personnes) et les
Soudanais (1 361 personnes). Les femmes représentent 39% de la population de
réfugiés et de demandeurs d’asile. Le Maroc ne dispose pas encore d’un cadre
légal sur l’asile. Les demandeurs d’asile et les personnes demandant une
,protection internationale peuvent faire l’objet d’arrestations, en raison du
manque de sensibilisation des pouvoirs publics. La multiplication des arrestations
et des déplacements forcés à Rabat et dans les grands centres urbains met en
danger cette population vulnérable.
[Link]
Page 5
I. L’exploitation des travailleurs migrants dans le secteur
formel et informel
L’exploitation des travailleurs 1migrants dans le secteur formel reste
souvent invisible, bien qu’ils soient censés bénéficier d’une
protection légale. En réalité, cette protection est difficilement
accessible à cause de nombreux obstacles : leur statut administratif,
la barrière de la langue, la méconnaissance de leurs droits, ou encore
la crainte de perdre leur emploi ou d’être expulsés. Ces facteurs
créent un terrain propice à l’abus, même au sein d’entreprises
déclarées légalement.
1. Des contrats précaires et instables
De nombreux migrants sont embauchés avec des contrats
temporaires renouvelés indéfiniment, ce qui les empêche d’avoir une
stabilité professionnelle ou de bénéficier pleinement de leurs droits
sociaux (sécurité sociale, congés payés, retraite). Leur dépendance à
l’employeur pour le renouvellement de leur titre de séjour ou leur
logement les pousse à accepter des conditions de travail
dégradantes, parfois inférieures aux normes légales.
Le rapport de l’Agence des droits fondamentaux de l’Union
européenne (FRA) décrit des situations particulièrement alarmantes :
certains migrants sont payés moins de 5 euros par jour, travaillent
plus de 90 heures par semaine sans repos, et dorment dans des
conteneurs sans eau ni électricité. Ils sont parfois surveillés en
permanence et vivent dans des conditions inhumaines.
2. Des conditions de travail inéquitables et pénibles
1
[Link]
Page 6
Les migrants sont souvent affectés aux tâches les plus dures et
dangereuses, dans des secteurs tels que l’agriculture, le bâtiment ou
le nettoyage. Leurs horaires sont plus longs, leurs salaires plus bas, et
ils disposent rarement de protections adéquates. Ils sont exposés à
des produits chimiques sans équipement, n’ont pas accès à des soins
de santé appropriés, et ne bénéficient pas d’un suivi en cas
d’accident du travail.
Toujours selon le rapport de la FRA, plusieurs travailleurs migrants
sont logés sur leur lieu de travail dans des conditions insalubres, et
n'ont pas de contrat de location clair. Ils ignorent souvent leurs droits
ou ne peuvent les exercer par peur de représailles.
3. Un accès limité à la justice et à la protection syndicale
Malgré 2leur présence dans le secteur formel, de nombreux
travailleurs migrants peinent à faire valoir leurs droits en cas d’abus.
Plusieurs facteurs expliquent cette difficulté : la peur de perdre leur
emploi, le manque de connaissance des procédures juridiques,
l’insécurité liée à leur statut de séjour, ou encore l’absence
d’accompagnement juridique. Même lorsqu’ils subissent des retards
de paiement ou des conditions de travail dangereuses, ils hésitent
souvent à porter plainte.
Par ailleurs, les syndicats ne prennent pas toujours en compte leurs
revendications. Dans certaines entreprises, les travailleurs migrants
sont perçus comme remplaçables et sont peu représentés dans les
structures syndicales. Cela les isole davantage et réduit leur capacité
à se défendre collectivement.
Le rapport de la FRA insiste sur le besoin d’informer les travailleurs
migrants de leurs droits dans une langue qu’ils comprennent, et de
renforcer les services d’accompagnement spécialisés pour les
2
[Link]
Page 7
victimes d’exploitation. L’accès à la justice et à une protection
syndicale efficace est essentiel pour briser le cycle de l’exploitation et
garantir une égalité de traitement pour tous les travailleurs, quelle
que soit leur origine.
Répartition par secteur d’activité des travailleurs migrants du secteur
formel En 20173, la majeure partie des travailleurs migrants (9 578)
exercent dans le secteur des services suivi par le secteur du
commerce (3 779). 2 689 exercent dans l’industrie manufacturière et
2 410 dans la construction. En revanche, le secteur de l’agriculture,
sylviculture et pêche ne compte que 354 travailleurs migrants»
[Link]
abidjan/documents/publication/wcms_900221.pd
Page 8
I. L’exploitation des travailleurs migrants dans le secteur informel au
Maroc :
A. Le secteur informel au Maroc : une réalité économique
incontournable :
1. Définition du secteur informel au Maroc :
Avant de définir le secteur informel il s’agit d’abord de distinguer le secteur
informel de l’emploi informel ; en effet l’emploi informel se définit par les
caractéristiques de l’emploi occupé, en l’occurrence le non-enregistrement,
l’absence de contrat ou l’absence de protection sociale (emplois non
protégés), et le secteur informel (défini par les caractéristiques de l’unité́
économique dans laquelle travaille la personne) est considéré́ comme une
de ses composantes1.
Le secteur informel constitue une composante majeure de l’économie
marocaine. Il emploie une part importante de la population, mais engendre
des effets négatifs sur la productivité, les recettes fiscales de l’État et la
croissance économique à long terme.
Dans cette optique, les travailleurs informels sont définis comme ceux qui ne
sont pas affiliés aux régimes contributifs de sécurité sociale, tels que la
CNSS ou la CNOPS. Selon cette définition, le taux d’emploi informel
représenterait environ 77 % de l’emploi total.
Cette prédominance du secteur informel soulève de nombreuses
préoccupations : pour les travailleurs, elle se traduit par la précarité,
l’insécurité de l’emploi, de faibles salaires et des conditions de travail
difficiles, pour l’État, elle entraîne une perte importante de recettes fiscales ,
et pour le tissu économique, elle nuit à la productivité, encourage la
concurrence déloyale et affaiblit la compétitivité.2
2. Typologie des activités dans le secteur informel :
Le secteur informel au Maroc peut être analysé selon deux grandes
typologies : la première concerne les unités de production, et la
seconde le statut des emplois informels.
1
Rajaa Mejjati Alami L’emploi informel au Maroc : caractéristiques, dynamique et formes d’adaptation aux
risques.
2
Hamza Saoudi, Ahmed Ouhnini, L’informel au Maroc : repenser la structure globale des incitations pour une
économie plus inclusive et dynamique, Policy Report le 18 juillet 2023.
Page 9
a) Typologie selon les unités de production :
On distingue quatre grandes catégories3 :
• Les unités exerçant des activités illicites : Ce sont des structures
opérant sans autorisation ou proposant des biens et services interdits,
comme les réseaux de contrebande, de contrefaçon ou de finance
illégale.
• Les unités de l’informel concurrentiel : Elles emploient des salariés non
déclarés, produisent des biens ou services similaires à ceux du secteur
formel, mais échappent volontairement aux obligations fiscales et
réglementaires. Certaines réalisent pourtant un chiffre d’affaires
suffisant pour se formaliser, mais préfèrent rester dans l’informel.
• Les unités à faibles capacités productives : Ce sont les activités de
survie menées par des travailleurs indépendants ou de très petites
structures, avec peu de moyens, peu ou pas de capital, souvent en
milieu rural ou urbain précaire (réparateurs, vendeurs ambulants, petits
agriculteurs...).
• Les entreprises formelles pratiquant des activités informelles (zone
grise) : Certaines entreprises officiellement déclarées emploient une
partie de leurs salariés sans les déclarer, ou fraudent sur les impôts et
les normes sociales.
b) Typologie selon le statut dans l’emploi informel :
On distingue ici six grands groupes4 :
Groupe 1 : Emplois informels dans des entreprises formelles ; Ce sont des
personnes employées dans des entreprises déclarées, mais ces personnes
ne sont pas déclarées (pas de contrat, pas de couverture CNSS, etc.).
Exemple :
• Un serveur dans un café déclaré qui travaille sans contrat de travail ni
déclaration à la CNSS.
• Un ouvrier du bâtiment employé sur un chantier d’une grande
entreprise, mais payé au noir.
Groupe 2 : Emplois dans les unités informelles concurrentielles ; Ce sont des
personnes qui travaillent pour des petites entreprises non déclarées, souvent
3
Avis du conseil économique, social et environnemental, n°54/2021, Une approche intégrée pour résorber
l’économie informelle au Maroc.
4
Avis du conseil économique, social et environnemental, n°54/2021, Une approche intégrée pour résorber
l’économie informelle au Maroc.
Page 10
structurées, mais qui échappent volontairement aux règles.
Exemple :
• Un coiffeur ou coiffeuse dans un salon non enregistré.
• Un mécanicien travaillant dans un garage qui n’a pas d’existence
légale, mais qui fonctionne comme une petite entreprise.
Groupe 3 : Emplois dans les unités à faibles capacités productives ; Activités
exercées à petite échelle, souvent pour survivre, avec peu ou pas de capital.
Exemple :
• Un vendeur de pain ou de fruits ambulant dans la rue.
• Une femme qui fait du ménage chez plusieurs personnes sans contrat
ni couverture.
• Un petit agriculteur exploitant une parcelle de moins de 5 hectares,
seul ou avec ses enfants.
Groupe 4 : Emplois liés à des activités illégales ; activités totalement
interdites par la loi.
Exemple :
• Vente de cigarettes de contrebande.
• Fabrication ou vente de produits contrefaits.
• Travail dans des réseaux de trafic (drogue, objets volés, etc.).
Groupe 5 : Travail domestique rémunéré ; ce sont des personnes qui
travaillent dans des foyers privés, souvent sans contrat ni protection sociale.
Exemple :
• Une femme de ménage ou une nounou travaillant à domicile, payée en
liquide.
• Un jardinier engagé par une famille sans déclaration officielle.
Groupe 6 : Aides familiaux et travailleurs non rémunérés ; personnes
qui travaillent dans une activité familiale sans salaire.
Exemple :
• Un fils qui aide son père dans une boutique de quartier.
• Une fille qui aide sa mère à vendre des produits au marché, sans
recevoir de rémunération.
Page 11
B. Les travailleurs migrants dans le secteur informel au Maroc :
Durant la décennie 2010, le Maroc a connu une augmentation significative
du nombre de migrants et de réfugiés présents sur son territoire. En
cohérence avec les dispositions de la Constitution de 2011 et ses
engagements internationaux, le pays a adopté en 2013 une nouvelle
politique migratoire, suivie de la mise en œuvre de la stratégie nationale
d’immigration et d’asile en 2014.
Cette politique vise à garantir les droits des migrants et réfugiés, notamment
en leur assurant un accès égal aux services publics, au même titre que les
citoyens marocains. Deux campagnes importantes de régularisation ont été
menées, respectivement en 2014 et entre 2016-2017, pour améliorer la
situation administrative de ces populations5.
Cependant, malgré ces efforts, un grand nombre de migrants continuent de
travailler dans des conditions précaires, particulièrement dans le secteur
informel, où l'absence de protections légales les rend vulnérables à diverses
formes d’exploitation.
1. Contexte migratoire et attractivité du Maroc :
Selon l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), un migrant est
toute personne qui quitte son lieu de résidence habituel, temporairement ou
de façon permanente, pour s’installer dans une autre région ou un autre
pays, et ce pour des raisons diverses6. Cela inclut les travailleurs
saisonniers, les étudiants internationaux, les réfugiés, etc.
Autrefois considéré comme un simple pays de transit, le Maroc est
aujourd’hui un véritable pays d’accueil. Il reçoit de plus en plus de migrants,
notamment en provenance d’Afrique subsaharienne mais aussi de certains
pays de la Ligue arabe. Cette migration est alimentée par divers facteurs,
dont l’instabilité politique, les régimes autoritaires, les changements
climatiques ou encore la pauvreté persistante dans certaines régions de
l’Afrique de l’Ouest.
La position géographique du Maroc, ses liens historiques et religieux avec
certains pays africains, mais aussi sa relative stabilité politique et ses
opportunités économiques dans les secteurs de l’industrie et des services,
en font une destination de plus en plus prisée. Ce repositionnement
stratégique s’est traduit par la signature d’accords bilatéraux favorisant la
5
Étude qualitative sur l’accès des travailleurs migrants au marché du travail marocain réalisé par l’ANAPEC,
octobre 2023.
6
Voir site officiel de l’OIM : [Link]
Page 12
mobilité avec plusieurs États d’Afrique de l’Ouest, renforçant ainsi son rôle
dans les dynamiques migratoires régionales7.
2. Une insertion fragile mais indispensable des migrants dans le secteur
informel:
a) Une intégration par le travail face à la précarité :
Pendant longtemps, les migrants subsahariens présents au Maroc ont été
perçus comme de simples voyageurs en transit, destinés à poursuivre leur
route vers l’Europe. Toutefois, au fil des années, leur séjour s’est prolongé,
les poussant à chercher des moyens de subsistance dans un contexte
marqué par la précarité. Initialement, ces migrants survivaient en récupérant
dans les décharges ou en fouillant les restes des marchés. Mais les quartiers
marginalisés dans lesquels ils résident sont souvent situés à proximité de
zones industrielles (telles que des marbreries ou briqueteries),
historiquement animées par une main-d’œuvre locale.
Peu à peu, ces entreprises ont commencé à recruter des travailleurs
subsahariens. Ces derniers sont perçus par certains employeurs comme
plus disponibles, plus dociles, et mieux adaptés à des conditions de travail
intensifiées par la concurrence économique. La précarité de leur situation les
contraint en effet à accepter des cadences et des conditions que les ouvriers
marocains avaient, au fil du temps, réussi à faire évoluer. Il est également
important de souligner que nombre de ces migrants possèdent une
expérience professionnelle antérieure, acquise soit dans leur pays d’origine,
soit au cours de leur parcours migratoire, notamment en Algérie. Leur savoir-
faire est donc souvent apprécié, et certains se voient confier des
responsabilités techniques au sein des ateliers.
Ainsi, les migrants subsahariens participent activement au fonctionnement
du tissu économique informel, tout en demeurant en dehors du cadre légal.
Leur présence devient, dans les faits, indispensable à certaines branches de
production, tandis que l’État continue d’ignorer ou de retarder leur
régularisation. Cette dynamique met en lumière une forme d’intégration "par
le bas", construite en dehors des institutions, mais néanmoins bien réelle.
Elle interroge également la capacité du Maroc à reconnaître et à protéger
7
Univers droit, article sur les Enjeux de l’intégration des migrants sur le marché du travail
marocain, [Link]
travail-marocain/
Page 13
ces nouveaux acteurs sociaux, désormais partie intégrante des marges de
sa société8.
b) Une reconnaissance juridique encore limitée malgré leur
contribution :
La présence des travailleurs migrants, notamment subsahariens, dans
l’économie informelle marocaine est aujourd’hui indéniable. Employés dans
des secteurs variés tels que le bâtiment, l’agriculture, le commerce ou encore
les services (restauration, travail domestique, boulangerie…), ces
travailleurs contribuent activement au dynamisme économique du pays.
Toutefois, leur intégration professionnelle repose sur des bases précaires,
marquées par l’absence de protection sociale, l’instabilité de l’emploi et une
reconnaissance juridique quasi inexistante9.
Ce paradoxe est bien résumé par le Conseil économique, social et
environnemental (CESE) dans son rapport de 2018 : « Présents partout mais
des droits nuls. »10 . Bien que le Maroc ait montré une volonté d’alignement
sur les standards internationaux en matière de migration — en ratifiant
notamment la Convention des Nations Unies sur la protection des travailleurs
migrants et les principales conventions de l’OIT — la réalité juridique
nationale reste rigide. Le Code du travail, dans ses articles 516 à 521,
conditionne l’emploi des migrants à l’obtention d’une autorisation préalable,
procédure rarement accessible aux travailleurs informels.
Cette situation juridique ambiguë limite l’accès des migrants aux droits
fondamentaux, mais elle n’empêche pas leur insertion de facto dans
plusieurs secteurs économiques. Le CESE souligne d’ailleurs que, dans un
cadre légal et ordonné, la migration de travail pourrait représenter une
véritable opportunité pour le Maroc : renforcement des flux commerciaux,
spécialisation dans des filières comme la télécommunication, le bâtiment ou
l’agriculture, et satisfaction des besoins de main-d'œuvre dans des domaines
en tension.
Néanmoins, en l’absence de régularisation effective, les travailleurs migrants
restent confinés aux marges du système, participant à la vitalité économique
tout en demeurant exclus de ses protections. Ils incarnent ainsi l’un des
visages les plus visibles mais aussi les plus vulnérables du secteur informel.
8
Jean-Louis Edogué Ntang, Maroc : l’intégration des subsahariens dans le travail informel.
9
Salaheddine Lemaizi, Travailleurs migrants un long chemin, article sur [Link]
les-3-reco-du-cese/
10
Avis du conseil économique, social et environnemental, n°54/2021, Une approche intégrée pour résorber
l’économie informelle au Maroc.
Page 14
II- Cadre conventionnel de protection des travailleurs migrants
La protection des personnes migrantes et leurs familles est fondée sur les
normes universelles relatives aux droits de l'homme et sur des instruments
spécifiques tels que ceux adoptés par l'OIT.
Les conventions internationales1
Les conventions internationales ratifiées par le Maroc sont nombreuses. Nous
pouvons citer: Le Pacte international des droits civils et politiques (1966), le
Pacte international des droits économiques, sociaux et culturels (1966), la
Convention de Genève relative au statut des réfugiés (1951) amendée par le
Protocole de New York relatif au statut des réfugiés (1967), la Convention
internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale
(1969), la Convention des droits de l'enfant (1989), la Convention internationale
relative à la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des
membres de leurs familles (1990), etc. Le Maroc est l'un des premiers pays à
avoir ratifié la Convention des Nations Unies sur la protection des travailleurs
migrants et des membres de leur famille (1990) qui est le seul instrument
véritablement contraignant à ce jour en matière de migration .
Concernant, l'alignement du cadre conventionnel national avec les standards
internationaux relatifs aux droits des travailleurs immigrés, il est à rappeler que
le Maroc a procédé à :
L'adoption de la loi n°01-16 portant autorisation de ratification de la
Convention de l'OIT n°143 sur les travailleurs migrants, le 10 août 2016.
La ratification des conventions suivantes :
Convention de l'OIT n°97 concernant les travailleurs migrants (révisée) 1949.
Convention de l'OIT n°102 concernant la norme minimum de la sécurité sociale.
Convention de l'OIT n°187 concernant le cadre promotionnel pour la sécurité et
la santé au Travail, 2006.
1
Le Maroc a été membre de la sous-commission des Nations Unies de la lutte contre les mesures
discriminatoires et de la protection des minorités qui adoptera en 1976 un rapport, élaboré par Mme Halima
Warzazi, Rapporteuse spéciale, qui propose une convention des Nations Unies pour la protection des migrants.
En 1980, le Maroc fera partie du groupe de travail qui rédigera la Convention. 17 Article 30 de la Constitution.
Page 16
L'adoption du projet de loi n°51-22 portant autorisation de la ratification de la
convention de l'OIT n°118 sur l'égalité de traitement en matière de sécurité
sociale, par le Conseil du Gouvernement, le 24 novembre 2022.
Les conventions bilatérales
Dans le cadre de la mobilité de main d'œuvre, le Maroc a conclu plusieurs
accords de main d'œuvre avec les pays européens dès 1960 et trois conventions
d'établissements (Algérie en 1963, Tunisie et Sénégal en 1964), qui consacrent
la non-discrimination entre les travailleurs migrants et nationaux. Les
conventions d'établissement permettent aux bénéficiaires d'accéder au même
titre que les nationaux aux droits économiques, à l'égalité fiscale et notamment
aux professions réglementées.
Cadre législatif et règlementaire de l'emploi et du travail indépendant des
personnes migrantes régularisées
La Constitution (Juillet 2011)2
La Constitution marocaine consacre la suprématie de toutes les conventions
internationales ratifiées par le Maroc et garantit le principe de non-
discrimination, le droit d'asile, les droits sociaux et culturels, le droit
humanitaire et l'égalité des droits entre nationaux et étrangers. La Constitution
va jusqu'à reconnaître aux étrangers qui résident au Maroc le droit de <<
...participer aux élections locales en vertu de la loi, de l'application de
conventions internationales ou de pratiques de réciprocité >> .
Les politiques publiques marocaines sont ainsi confortées dans leur mise à
niveau et l'harmonisation du cadre juridique et institutionnel avec les normes
internationales ratifiées tel que stipulé par le préambule de la Constitution .
La législation nationale
Concernant la législation nationale, les conclusions d'une étude menée par le
BIT en 2019 sur l'état des lieux de la législation nationale en matière de
protection des droits des travailleurs migrants au Maroc préconisaient la
nécessité de réviser le cadre juridique national pour corriger les insuffisances
2
Préambule de la Constitution: <<...le Royaume du Maroc, Etat uni, totalement souverain, appartenant au
Grand Maghreb, réaffirme ce qui suit et s'y engage: ... Accorder aux conventions internationales dûment
ratifiées par lui, dans le cadre des dispositions de la Constitution et des lois du Royaume, dans le respect de son
identité nationale immuable, et dès la publication de ces conventions, la primauté sur le droit nterne du pays,
et harmoniser en conséquence les dispositions pertinentes de sa législation nationale
Page 17
en matière de protection des droits des travailleuses et travailleurs migrants en
vue de les harmoniser avec les normes et pratiques internationales.
Depuis 2004, l'accès des étrangers au marché marocain de l'emploi est
règlementé par la loi n° 65.993, relative au Code du travail dans son chapitre V
(Articles 516 à 521) et s'applique sur l'ensemble du Royaume sans
discrimination entre les salariés fondée sur la race, la couleur, le sexe le
handicap, la situation conjugale, la religion, l'opinion politique, l'appartenance
syndicale, l'origine nationale ou sociale conformément au préambule et à
l'article 9 dudit Code . << Tout employeur désireux de recruter un salarié
étranger doit obtenir une autorisation de l'autorité gouvernementale chargée
du travail. Cette autorisation est accordée sous forme de visa apposé sur le
contrat de travail >> après une attestation délivrée par l'ANAPEC stipulant qu'il
n'y a pas un profil national concurrent. Les demandes des étrangers salariés
sont traitées, depuis 2017, via la plateforme Taechir . La dématérialisation de la
procédure d'octroi du visa de contrat de travail au profit des salariés étrangers a
permis de:
- S'informer sur les procédures de demande de visa;
- Introduire les demandes de visa des contrats de travail des étrangers et les
faire valider;
- Suivre le traitement des demandes de visa ainsi que les notifications en temps
réel.
Le Code du travail 4impose, dans son article 478, aux agences privées de
recrutement et aux entreprises d'emploi temporaire << toute discrimination
basée sur la race, la couleur, le sexe, la religion, l'opinion politique, l'ascendance
nationale ou l'origine sociale, de nature à porter atteinte au principe de l'égalité
des chances et de traitement en matière d'emploi », ainsi que « toute
3
Projet AMEM << Appui à la Migration Equitable pour le Maghreb >> (Maroc, Mauritanie, Tunisie), financé par
l'Agence italienne de développement et mis en œuvre par l'OIT. Cette étude avait pour objectif de de mieux
gérer la migration de travail; renforcer les connaissances et capacités des acteurs non gouvernementaux ainsi
que le rôle d'interlocuteur avec les instances gouvernementales, en matière d'inclusion socio-économiques
des [Link] et de défense et protection de leurs droit et renforcer la cohérence d'approche entre les services
publics et privés de l'intermédiation et ceux de la protection sociale pour faciliter l'accès des travailleurs
migrants à un travail décent et à une protection de leurs droits.
4
Préambule du code du travail : « Les dispositions de la présente loi sont applicables sur l'ensemble du
territoire national sans discrimination entre les salariés fondée sur la race, la couleur, le sexe, le handicap, la
situation conjugale, la religion, l'opinion politique, l'appartenance syndicale, l'origine nationale ou sociale
Page 18
discrimination se basant sur la sélection privative de la liberté syndicale ou de la
négociation collective >>.
L'emploi de tout étranger doit être fixé dans un contrat dont le modèle est
établi par l'arrêté n°1391-05 du 25/11/2005 complétant le modèle de contrat
du travail réservé aux étrangers annexé à l'arrêté du ministre de l'Emploi et de
la Formation Professionnelle n° 350-05 du 09/02/2005. En effet, un nouveau
modèle de contrat de travail étranger a été mis à la disposition des employeurs
qui prévoit, pour les deux parties contractantes, la possibilité d'introduire des
clauses particulières contenant des garanties ou avantages économiques ou
sociaux et ce à partir de septembre 2019.
La loi 19-12, entrée en vigueur le 2 octobre 2018, fixant les conditions de
travail et d'emploi des travailleuses et travailleurs domestiques, permet de
corriger une discrimination profonde en intégrant ces travailleurs et
travailleuses en majorité très jeune et de plus en plus issue des communautés
de migrantes
L'article 41 de cette loi interdit l'intermédiation en emploi par les personnes
physiques et applique aux agences privées de recrutement les dispositions du
Code du travail dans le cas de recrutement de travailleurs étrangers. Des
décrets 22 d'application accordent aux travailleurs domestiques de meilleures
conditions de travail, en termes de salaire minimum, d'horaires de travail, de
jour de repos, de protection sociale et de mesures spécifiques pour les mères.
La loi 19-12 a été précédée par la loi n° 27-14 du 25 août 2016 relative à la lutte
contre la traite des êtres humains qui concerne également la traite des
personnes travaillant à domicile.
Bien que la législation marocaine 5ait évoluée en faveur des personnes
migrantes, il lui reste à relever plusieurs défis afin de consacrer réellement les
principes d'égalité et de non-discrimination. L'article 416 du Code du travail
exige la nationalité marocaine pour diriger un syndicat professionnel, ce qui est
contraire à l'article 30 de la Constitution .
Si le renouvellement du visa d'un travailleur étranger était effectué
annuellement, ce n'est plus le cas actuellement. En effet, la durée du visa de
travail étranger est fixée par le département de tutelle au regard des éléments
du contrat et des dispositions prévues ou des accords conclus par le Maroc avec
certains pays. Ainsi, jusqu'en 2018, la jurisprudence marocaine a considéré
5
[Link]
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dans plusieurs de ses arrêts que le Contrat de Travailleur Etranger 6(CTE)
comme un Contrat à Durée déterminée (CDD) même si une clause dans le
contrat de travail spécifiait un Contrat à Durée Indéterminée (CDI). Cependant,
depuis le mois de juillet 2018, la Cour de Cassation marocaine a rendu plusieurs
arrêts reconnaissant le droit aux travailleurs étrangers à des indemnités,
notamment de licenciement, sur la base de leur CDI et de leur ancienneté
réelle. Un arrêté ministériel du 19 Avril 2019 stipule dans son article 2 que <<
s'appliquent au contrat de travail réservé aux étrangers toutes les toutes les
dispositions en la matière en vigueur au Royaume >>. Le CESE a recommandé
de s'aligner sur les instruments internationaux qui appellent les Etats et
Gouvernements à adopter des contrats de travail à durée indéterminée 26 afin
d'assurer un sentiment de sécurité dans l'emploi aux migrantes
En matière d'auto-emploi, les étrangers, de manière générale, et les personnes
migrantes régularisées et les réfugiées, de manière particulière, bénéficient de
la loi n°112-12 sur les coopératives qui leur permet d'accéder au marché de
l'emploi et de l'auto-emploi et de créer de l'emploi pour d'autres migrant.e.s ou
des Marocain.e.s. Elles ont également le droit de bénéficier du statut d'auto-
entrepreneur conformément à la loi 114-13 et d'exercer une activité
commerciale, tel que le consacre le Dahir n°1-96-83 du 1er août 1996 portant
promulgation de la loi n°15-95 formant Code de commerce. Ainsi, le nouveau
statut d'auto-entrepreneur, les dispositions de la loi 112-12 sur les coopératives
et de la loi relative au microcrédit 27 offrent des perspectives réelles
d'intégration socioéconomique et d'autonomie financière pour les migrantes
régularisées
Si le cadre règlementaire a évolué en faveur de l'insertion socioprofessionnelle
des migrantes régularisées, des défis sont à lever. L'écosystème d'appui à
l'insertion professionnelle des migrants reste à développer pour répondre à
leurs spécificités. Ces migrantes rencontrent de nombreuses difficultés pour
trouver un emploi, en raison de l'absence de diplôme ou la non-reconnaissance
de diplôme, du manque de qualification ou compétence et/ ou inadaptation
des profils avec les besoins des entreprises, de la formation linguistique et la
pression du chômage sur le marché de l'emploi. Pour certaines personnes
migrantes, ces dernières se tournent donc vers l'auto-emploi afin de
6
Cour d'Appel de Casablanca. Arrêt n° 3499 du 5 avril 2004 << Attendu que le salarié est un étranger, que ces
contrats sont conclus pour une durée limitée qui prennent fin à l'expiration de la durée pour laquelle ils ont été
conclus, qu'ils conservent ce caractère quand bien même ils auraient été renouvelés à l'expiration de la durée
autorisée. Chaque période est indépendante de celle qui l'a précédée ».
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sauvegarder leur indépendance et d'exercer un métier qui leur convient, bien
qu'ils font face aux difficultés financières de lancement et d'accompagnement
pos-création de leur projet personnel
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PLAN
Introduction
• Contexte historique et mondial des migrations liées au travail
• Définition du travailleur migrant
• Problématique : exploitation dans les secteurs formel et informel
• Questions de recherche
• Objectifs et pertinence du sujet
I. L’exploitation des travailleurs migrants dans le secteur formel
1. Obstacles à l’accès aux droits malgré le cadre légal
2. Précarité contractuelle et dépendance à l’employeur
3. Conditions de travail pénibles et dangereuses
4. Difficultés d’accès à la justice et à la représentation syndicale
II. L’exploitation des travailleurs migrants dans le secteur informel
1. Caractéristiques du secteur informel au Maroc
o Définition et typologie des unités de production
o Typologie des statuts d’emploi
2. Présence et insertion des migrants dans l’informel
o Précarité et dynamique d’intégration « par le bas »
o Invisibilité juridique malgré leur contribution économique
III. Le cadre juridique et institutionnel de protection des migrants au Maroc
1. Conventions internationales ratifiées par le Maroc
2. Cadre constitutionnel et législatif national
3. Politiques publiques et régularisation
4. Limites, lacunes et perspectives de renforcement de la protection
Conclusion
PAGE DE RÉFÉRENCES
Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne. (2021). Migrant
workers in the EU: Exploitation in the formal economy.
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formal-sector-europe
Conseil économique, social et environnemental (CESE). (2021). Avis n°54 :
Une approche intégrée pour résorber l’économie informelle au Maroc. CESE.
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Organisation Internationale pour les Migrations (OIM). (s.d.). Définition
d’un migrant.
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BIT – Bureau international du travail. (2019). État des lieux de la législation
nationale en matière de droits des travailleurs migrants au Maroc. Projet
AMEM.
Ministère de l’Emploi du Maroc. (2023). Plateforme Taechir pour le visa des
contrats de travail.
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Lemaizi, S. (2023). Travailleurs migrants : un long chemin. [Link].
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Univers Droit. (2022). Les enjeux de l’intégration des migrants dans le
marché du travail marocain.
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Saoudi, H., & Ouhnini, A. (2023). L’informel au Maroc : Repenser les
incitations pour une économie plus inclusive. Policy Report, 18 juillet 2023.
Jean-Louis Edogué Ntang. (2022). L’intégration des Subsahariens dans le
travail informel au Maroc. [Link]
ANAPEC. (2023). Étude qualitative sur l’accès des travailleurs migrants au
marché du travail marocain. Octobre 2023.