Chapitre II : Canaux non idéaux
II. 1. Canaux sans fil
Le canal de transmission mobile sans fil (canal aux évanouissements) se caractérise
par les variations en temps et en fréquence. Les variations se devisent en deux grandes
parties :
- Evanouissement à grande échelle : du à la perte d’amplitude du signal à cause de
la distance et des grands obstacles.
- Evanouissement à petites échelle : du à l’interférence des multiples trajets entre
l’émetteur et le récepteur.
L’évanouissement à grande échelle est à prendre en compte lors de la planification
des réseaux mobiles. L’évanouissement à petite échelle est à prendre en compte lors de
la construction de l’émetteur et du récepteur. La relation entre l’évanouissement à large
échelle et celui à petite échelle est illustrée par la figure II.1.
Les canaux sans fils opèrent par la radiation électromagnétique d l’émetteur au
récepteur. On va considérer quelques cas de la propagation de l’onde
électromagnétique.
II. 1.1. Espace libre, émetteur et récepteur fixes
Soit le signal x(t) = cos 2𝜋𝑓𝑡 est émis. Alors le champ électrique au récepteur situé
en u(r, , φ) au temps t est :
𝑟
𝛼𝑠 (𝜃.𝜑,𝑓)𝑐𝑜𝑠2𝜋𝑓(𝑡−𝑐 )
𝐸 (𝑓, 𝑡, 𝑢) = (II.1)
𝑟
C : vitesse de lumière.
𝛼𝑠 : pttern de radiation de l’antenne.
f.r/c : variation de phase à cause du délai de propagation.
1/r : évanouissement d’amplitude avec la distance.
II. 1.2. Espace libre, récepteur mobil
On suppose que le récepteur bouge avec la vitesse v par rapport à l’émetteur.
𝛼𝑠 (𝜃.𝜑,𝑓)𝑐𝑜𝑠2𝜋𝑓(𝑡−(𝑟0 +𝑣𝑡)/𝑐)
r = r0 + vt et 𝐸 (𝑓, 𝑡, 𝑢) = (𝐼𝐼. 2)
𝑟
on observe le décalage de Doppler de –fv/c à cause du mouvement du récepteur. On
note que l’atténuation dépend du temps t.
1
Chapitre II : Canaux non idéaux
II. 1.3. Emetteur et récepteur fixes, obstacle fixe
La distance entre l’émetteur et le récepteur étant égale à r, soit il ya un obstacle à
réflexion parfaite à distance de l’émetteur et à distance d-r du récepteur (le récepteur se
trouve entre l’émetteur et l’obstacle). Alors on a :
𝑟
𝛼𝑠 (𝜃.𝜑,𝑓)𝑐𝑜𝑠2𝜋𝑓(𝑡− ) 𝛼𝑠 (𝜃.𝜑,𝑓)𝑐𝑜𝑠2𝜋𝑓(𝑡−(2𝑑−𝑟)/𝑐
𝑐
𝐸 (𝑓, 𝑡, 𝑢) = − (𝐼𝐼. 3)
𝑟 2𝑑−𝑟
Le signal reçu est la superposition de deux ondes, toutes les deux de fréquence f. La
différence de phase entre elles.
2𝜋𝑓(2𝑑−𝑟) 2𝜋𝑓𝑟 4𝜋𝑓(𝑑−𝑟)
∆𝜃 = ( + 𝜋) − = +𝜋 (II.4)
𝐶 𝐶 𝐶
Si ∆𝜃 est multiple de :
- 2π, alors le signal reçu est fort (pattern d’interférence constructif).
- Kπ, avec k impair, alors le signal reçu est atténué (pattern destructif).
Les patternes d’interférence changent :
𝐶
- Avec la distance (distance de cohérence) ∆𝑟 =
4𝑓
1 (2𝑑−𝑟) 𝑟 −1 (2𝑑−𝑟) 𝑟
- Avec la fréquence porteuse ∆𝑓 = ( − ) la quantité Td= − est
2 𝐶 𝐶 𝐶 𝐶
appelée l’étalement du délai, c’est la différence entre les délais de propagation de
deux ondes. Les patterns d’interférence ne changent beaucoup (constantes) si le
changement en fréquence est beaucoup plus petit que 1/Td. Alors la quantité 1/Td est
appelé la bande passante cohérente.
II. 1. 4. Récepteur mobile, obstacle fixe
Le récepteur se déplace via les patterns d’interférences et la puissance du signal reçu
augmente et diminue périodiquement. On a
𝑣 𝑟 𝑣
𝛼𝑠 (𝜃.𝜑,𝑓)𝑐𝑜𝑠2𝜋𝑓((1− )𝑡− 0 ) 𝛼𝑠 (𝜃.𝜑,𝑓)𝑐𝑜𝑠2𝜋𝑓((1− )𝑡−(2𝑑−𝑟0 )/𝑐
𝑐 𝑐 𝑐
𝐸 (𝑓, 𝑡, 𝑢) = − (𝐼𝐼. 5)
𝑟0 +𝑣𝑡 2𝑑−𝑟0 −𝑣𝑡
Les décalages de Doppler de deux trajets sont : 𝑓𝑑1 = −𝑓𝑣/𝑐 et 𝑓𝑑2 = 𝑓𝑣/𝑐 .
L’étalement de fréquence est : ∆𝑓 = 𝑓𝑑2 - 𝑓𝑑1 = 2 𝑓𝑣/𝑐 (II.6)
II. 2. Trajets multiples
Les trajets multiples sont engendrés par les phénomènes physiques propres aux ondes
électromagnétiques tels que la réflexion et la diffraction causées par le milieu de
propagation (immeubles, collines, voitures,…), comme le montre le scénario présenté
2
Chapitre II : Canaux non idéaux
sur la figure II.2. Les canaux à trajets multiples (ou dispersifs) sont habituellement
caractérisés par des filtres linéaires avec bruit additif. Cette structure de canal contient
plusieurs coefficients (facteur d’atténuation), qui sont également étendus dans le
temps.
II. 3. Bruit
Le bruit est un signal aléatoire, souvent d’origine thermique, qui définit le seuil de
détection de tout récepteur (voir section 5 de chapitre 1, page 29). C’est un processus
aléatoire, alors son comportement temporel est imprévisible. On peut définir le bruit en
terme de densité spectrale de puissance est donnée par :
𝑁0
𝑁𝐵 (𝑓 ) = (II.12)
2
Ou 𝑁0 est la densité spectrale de bruit en une seule bande et le facteur ½ est la pour
indiquer que la moitié de la puissance du bruit vient de la bande des fréquences
positives et l’autre moitié de la bande des fréquences négatives.
II. 4. Interférence
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Chapitre II : Canaux non idéaux
L’interférence signifie qu’un signal parasite de puissance non négligeable émis à
la même fréquence que le signal utile peut perturber la transmission sur le canal, en
dégradant le rapport signal à bruit ou en introduisant des distorsions. On trouve trois
types d’interférences :
- L’interférence due à la présence simultanée d’autres utilisateurs soit sur le même
canal de transmission (mauvais duplex, interférences entre utilisateurs) soit sur des
canaux adjacents (la largeur de bande du canal adjacent ne respecte pas les contraintes
fixées).
- L’interférence intentionnel (activités militaires, volonté de perturber une
communication gênante). La technique revient à placer à proximité de l’utilisateur
une source haute puissance et de la faire émettre à la fréquence du canal. Seules les
communications Radio peuvent être brouillées, les communications par fibre optique
restent inviolables.
- L’interférence inter-symbole, pendant l’émission d’un signal, les ondes
électromagnétiques qui le composent subissent des réflexions plus ou moins
nombreuses en fonction de l’environnement. Un symbole peut donc arriver au
terminal mobile par plusieurs chemins. Comme ces chemins sont de longueurs
différentes, un même symbole est reçu plusieurs fois à des moments différents. par
conséquent, au même moment, le mobile reçoit plusieurs symboles différents (voir la
section 3 de chapitre I, la page 13).