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L'affaire oppose la République démocratique du Congo à la Belgique concernant un mandat d'arrêt international émis contre un ministre congolais pour crimes de guerre. La Cour internationale de Justice a statué que la Belgique avait violé l'immunité souveraine de Yerodia, confirmant que les ministres en fonction bénéficient d'une immunité pénale absolue. Cette décision a eu un impact durable sur la compétence universelle et les immunités des dirigeants, incitant à privilégier les mécanismes internationaux pour juger les crimes graves.

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L'affaire oppose la République démocratique du Congo à la Belgique concernant un mandat d'arrêt international émis contre un ministre congolais pour crimes de guerre. La Cour internationale de Justice a statué que la Belgique avait violé l'immunité souveraine de Yerodia, confirmant que les ministres en fonction bénéficient d'une immunité pénale absolue. Cette décision a eu un impact durable sur la compétence universelle et les immunités des dirigeants, incitant à privilégier les mécanismes internationaux pour juger les crimes graves.

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### **Affaire du Mandat d’arrêt international (RDC c.

Belgique) –
Ordonnance du 8 décembre 2000**

**Analyse structurée**

---

#### **1. Résumé des faits**

L’affaire oppose la **République démocratique du Congo (RDC)** à la


**Belgique** devant la **Cour internationale de Justice (CIJ)**. Elle découle
de l’émission par un juge d’instruction belge, **Damien Vandermeersch**,
d’un **mandat d’arrêt international** le **11 avril 2000** à l’encontre
d’**Abdulaye Yerodia Ndombasi**, alors ministre des Affaires étrangères
de la RDC. Ce mandat accusait Yerodia de **crimes de guerre** et
**crimes contre l’humanité** pour son rôle présumé dans des discours
incitant à des violences ethniques à **Kinshasa** en **août 1998**, ayant
entraîné le massacre de centaines de civils Tutsis.

La RDC a contesté la légalité de ce mandat, invoquant la violation des


**immunités diplomatiques** et du **principe de souveraineté étatique**.
La Belgique, quant à elle, s’est appuyée sur la **compétence universelle**
prévue par sa loi du **16 juin 1993** (modifiée en 1999), permettant de
poursuivre des auteurs de crimes internationaux indépendamment de leur
nationalité ou du lieu des faits. La RDC a saisi la CIJ le **17 octobre
2000**, demandant l’annulation du mandat et des réparations.

---

#### **2. Prétentions des parties**

- **RDC** :

- **Violation de l’immunité souveraine** : En tant que ministre en


exercice, Yerodia bénéficiait d’une **immunité absolue** devant les
juridictions étrangères (art. 41 de la Convention de Vienne sur les relations
diplomatiques).

- **Excès de compétence universelle** : La Belgique a outrepassé les


limites du droit international en poursuivant un représentant étranger sans
lien territorial ou personnel avec la Belgique.
- **Atteinte à la souveraineté nationale** : Le mandat d’arrêt entrave les
relations internationales et constitue une ingérence dans les affaires
internes de la RDC.

- **Belgique** :

- **Légitimité de la compétence universelle** : Les crimes reprochés


(crimes contre l’humanité) relèvent du *jus cogens* et autorisent toute
juridiction à agir, conformément au droit international coutumier.

- **Non-immunité pour crimes internationaux** : Les immunités ne


protègent pas les individus accusés de crimes graves, selon les principes
établis par le **Statut de Rome de la CPI (1998)**.

- **Absence de préjudice concret** : Le mandat n’a pas été exécuté et ne


porte pas atteinte aux fonctions de Yerodia.

---

#### **3. Question de droit**

La CIJ devait trancher deux questions centrales :

1. **La Belgique a-t-elle violé les règles d’immunité des agents étatiques**
en émettant un mandat contre un ministre des Affaires étrangères en
exercice ?

2. **La compétence universelle invoquée par la Belgique est-elle conforme


au droit international** en l’absence de tout lien territorial ou personnel
avec les faits ?

---

#### **4. Réponse du droit (Décision de la CIJ – 14 février 2002)**

Bien que l’ordonnance du **8 décembre 2000** ait porté sur des mesures
conservatoires, le jugement final du **14 février 2002** a clarifié les
points suivants :

- **Sur l’immunité** :
- La CIJ a confirmé que les **ministres des Affaires étrangères en
fonction** jouissent d’une **immunité pénale absolue** devant les
juridictions nationales étrangères, même pour des crimes internationaux
(par. 54-55). Cette immunité protège la continuité des relations
internationales.

- Exception : L’immunité ne s’applique pas devant les juridictions


internationales (ex. CPI) ou si l’État concerné y renonce.

- **Sur la compétence universelle** :

- La CIJ a évité de statuer directement sur la licéité de la compétence


universelle belge, mais a souligné que son exercice ne doit pas
méconnaître les immunités coutumières.

- La Belgique a **violé le droit international** en ne respectant pas


l’immunité de Yerodia, rendant le mandat d’arrêt illégal (par. 70-71).

- **Réparations** : La CIJ a ordonné à la Belgique de retirer le mandat


d’arrêt et d’en informer les autorités compétentes.

---

#### **5. Conclusion**

La décision de la CIJ dans l’affaire *RDC c. Belgique* a marqué un tournant


dans l’équilibre entre **lutte contre l’impunité** et **respect des
immunités souveraines**. Bien que reconnaissant la gravité des crimes
reprochés, la Cour a privilégié la stabilité des relations internationales en
protégeant les hauts responsables en exercice.

Cependant, l’arrêt a suscité des critiques, notamment sur la **hiérarchie


entre immunité et justice pénale**, relançant le débat sur la réforme de la
compétence universelle. En réponse, la Belgique a modifié sa loi en
**2003** pour limiter les poursuites aux cas où l’accusé se trouve sur son
territoire.

**Impact durable** :

- Renforcement des immunités coutumières des dirigeants.


- Incitation à privilégier les mécanismes internationaux (CPI) pour juger les
crimes graves.

- Limitation des lois de compétence universelle « sans frontières ».

**Références clés** :

- CIJ, *Mandat d’arrêt du 11 avril 2000 (RDC c. Belgique)*, Recueil 2002.

- Loi belge du 16 juin 1993 (modifiée en 1999/2003).

- Convention de Vienne sur les relations diplomatiques (1961).

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