Cours Économie Générale
Dr. Ibrahim Housseyni MAIGA
INTRODUCTION GÉNÉRALE
Section 1. Définitions et objectifs de l’économie
1.1. Définitions et objectifs
Toute communauté est confrontée dans sa vie quotidienne à des difficultés que les écono-
mistes résument traditionnellement en trois questions fondamentales : « quels biens et services
produire ?, comment les produire ? et pour qui les produire ? ». En répondant à ces questions,
l’analyse économique s’efforce d’expliquer la manière selon laquelle la société doit décider afin
de rendre compatibles les désirs quasi illimités de demande de biens et services et la capacité
d’offre limitée par la rareté des ressources productives.
Définir l’économie consiste à préciser ses domaines de recherche. En d’autres termes, on de-
vrait savoir de quoi s’occupe la science économique. Néanmoins, il existe pléthore de définitions
de la science économique selon que l’on se place du côté du courant de l’économie politique
ou du courant critique ; l’étude de l’histoire de la pensée économique permet de recenser les
principaux courants théoriques, ces derniers s’accordent à classer cette discipline dans la grande
famille des sciences humaines ou sociales.
Selon Jean Baptiste Say, « l’économie politique enseigne comment se forment et se consomment
les richesses qui satisfont aux besoins des sociétés ». Garnier présente la définition suivante : « l’éco-
nomie politique est la science de la richesse ; c’est-à-dire la science qui a pour but de déterminer
comment la richesse est et doit être le plus rationnellement produite, échangée, répartie, employée
dans l’intérêt des individus comme dans celui de la société tout entière ». En suivant ces définitions,
l’enrichissement est le but fondamental de l’individu et de la société. La science économique est
définie alors comme la science de la richesse.
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INTRODUCTION GÉNÉRALE
Lionel Robbins, en 1947, a défini l’économie comme la science qui étudie le comportement
humain en tant que relation entre les fins et les moyens rares à usage alternatif. Cette définition
part de l’idée que la rareté des ressources oblige à faire des choix. La rareté est une situation de
non abondance des ressources tel que pour satisfaire les besoins, il faut dépenser un effort en
travail ou consentir à des sacrifices. Selon P. Samuelson, la rareté est une loi qui s’impose à tous.
Puisque les moyens sont rares, il y a lieu de les utiliser de façon efficace. Les agents économiques
ont des besoins illimités alors que leurs ressources sont limitées, se pose alors le problème de
choix.
Malinvaud a donné la définition suivante : « l’économie est la science qui étudie comment les
ressources rares sont employées pour la satisfaction des besoins des hommes vivant en société ;
elle s’intéresse, d’une part, aux opérations essentielles que soient la production, la distribution et
la consommation des biens et, d’autre part, aux institutions et aux activités ayant pour objet de
faciliter ces opérations ». Samuelson quant à lui a présenté la définition suivante : « l’économie
est l’étude de la façon dont l’homme et la société choisissent avec ou sans recours à la monnaie,
d’employer des ressources productives rares qui sont susceptibles d’emplois alternatifs pour pro-
duire divers biens, et les distribuer en vue de la consommation, présente ou future, des différents
individus et groupes qui constituent la société ».
A travers cette définition, l’objet de la science économique étant la recherche de solutions
efficaces aux problèmes que produire ? comment produire ? et pour qui produire ? L’objet de
toute économie c’est de répondre à ces trois questions fondamentales. Cette problématique
du « que, comment et pour qui produire », qui est commune à toutes les sociétés, ramène l’ac-
tivité économique à trois actes fondamentaux : la production, la consommation et la répartition.
L’acte économique provient du fait que la nature ne fournit pas gratuitement et en quantités
illimitées ce dont les hommes ont besoin ; ces derniers doivent donc travailler et s’organiser de
façon à satisfaire leurs besoins en utilisant les ressources dont ils disposent.
De façon brève et simple, l’économie peut être définie comme la science qui étudie l’allocation
optimale des ressources limitées ou rares pour satisfaire des besoins qui sont illimités.
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INTRODUCTION GÉNÉRALE
1.2. La notion de besoins
L’économie ne s’interroge pas sur la production des besoins, qui sont considérés comme des
donnés ; elle s’intéresse uniquement à la manière de les satisfaire.
Un besoin est une sensation d’insatisfaction qui ne peut être effacée qu’au prix d’un effort. Les
besoins peuvent être :
— physiologiques : manger, boire, s’habiller pour se protéger du froid
— sociaux : manger dans un restaurant réputé.
Un besoin est donc une exigence de la nature ou de la vie sociale, C’est une notion relative qui
varie :
— dans le temps : les besoins évoluent en fonction :
• du degré de développement économique et social,
• de l’évolution des mentalités et de l’innovation technologique qui génèrent une pro-
fonde transformation des besoins,
• des phénomènes de mode
— dans l’espace : les besoins différent selon :
• les croyances,
• la catégorie socioprofessionnelle,
• le lieu d’habitation.
Les besoins présentent les caractéristiques suivantes :
— La satiété : L’intensité d’un besoin diminue au fur et à mesure qu’il est satisfait ; au-delà
d’une certaine satisfaction, le besoin est saturé, il peut même donner à une « désutilité ».
Ceci renvoie au principe néoclassique de l’utilité marginale décroissante. L’utilité marginale
d’un bien indique l’augmentation d’utilité procurée par la consommation d’une unité
supplémentaire d’un bien. Néanmoins certains besoins font l’exception et ne diminuent
pas avec leur satisfaction ; c’est le cas des besoins intellectuels, le besoin d’information
sur l’actualité économique qui se développe avec la compréhension des mécanismes
économiques. . ..
— La comparabilité : Tout individu est capable d’établir une hiérarchie dans l’intensité de ses
besoins et d’établir des priorités.
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INTRODUCTION GÉNÉRALE
Section 2. Les branches de l’économie
L’analyse économique peut être scindée en deux types d’études économiques : la microéco-
nomie et la macroéconomie. La microéconomie étudie principalement les comportements des
agents économiques et des marchés pris individuellement dans le cadre d’équilibre partiel : la
détermination des prix sur un marché particulier, le comportement de production de biens et
services particuliers. . ..
La macroéconomie, quant à elle, regroupe l’ensemble des analyses et des théories économiques
globales qui s’appliquent à la totalité du système économique. La macroéconomie est donc la
discipline qui a pour objet d’analyser l’économie d’un pays d’un point de vue global.
Même si la distinction entre analyse microéconomique et analyse macroéconomique est habi-
tuellement fondée sur la dimension de l’entité étudiée, en réalité elle va bien au-delà de cela. La
microéconomie et la macroéconomie empruntent des démarches différentes. La microéconomie
met l’accent sur la compréhension détaillée des marchés particuliers ; et pour parvenir à ce degré
de détail, elle supprime de nombreuses interactions avec les autres marchés. Elle ressemble à
une course observée à travers une paire de jumelle. La macroéconomie s’intéresse à l’interaction
des différentes parties de l’économie ; elle simplifie les blocs de manière à se concentrer sur la
façon dont ils s’ajustent et s’influencent. Comme si l’on regardait la même course mais à l’œil
nu : notre image du détail devient flou mais l’on peut se concentrer sur le tableau d’ensemble.
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CHAPITRE 1
DESCRIPTION ET MESURE DE L’ACTIVITÉ ÉCONOMIQUE
Introduction
Les opérations économiques résultent principalement des activités effectuées par les individus
suite aux décisions prises dans le cadre des choix microéconomiques. Les individus représentent
les agents économiques au sein d’une économie. Ils peuvent être des consommateurs, des pro-
ducteurs, des investisseurs (ou des entrepreneurs), l’État, le ministre, etc. Toutes ces informations
devraient être regroupées dans des grandeurs mesurables. Ce sont des grandeurs globales qu’on
appelle les agrégats macroéconomiques. Toutes les opérations économiques effectuées par les
agents sont enregistrées par la comptabilité nationale.
Section 1. Les agents économiques
Sur le plan économique, un agent économique peut être un acteur physique ou moral capable
de prendre une décision et d’effectuer un choix d’ordre économique. Le comportement d’un
agent économique reflète une variété de décisions prises entre plusieurs alternatives possibles.
On distingue plusieurs types d’agents économiques. On peut donc se baser sur plusieurs critères
pour définir un ensemble d’agents économiques homogènes. Ces agents peuvent être classifiés
selon le revenu, selon la classe sociale qu’ils occupent et selon la classe sociale qu’ils détiennent.
En comptabilité nationale, les agents économiques sont distingués suivant leur fonction prin-
cipale. On peut donc définir l’agent économique comme étant l’ensemble d’acteurs effectuant la
même fonction économique et exerçant des opérations économiques identiques.
De ce fait, une économie est composée de quatre agents économiques : les ménages ou consom-
mateurs, les entreprises ou producteurs, les organismes publics ou l’État, l’extérieur ou le reste du
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DESCRIPTION ET MESURE DE L’ACTIVITÉ ÉCONOMIQUE
monde.
1.1. Les ménages ou consommateurs
Les ménages sont définis aussi par le terme « individu ». Ils sont capables d’effectuer plusieurs
fonctions dont la principale est la consommation. Tout individu est d’abord consommateur
de biens et de services. La consommation est une nécessité vitale permettant à l’homme de
satisfaire ses besoins, de vivre et de maintenir l’espèce humaine. Les ménages peuvent être des
investisseurs, un individu ou un ensemble d’individus offrant du travail, etc. Un ménage offre
son travail (noté L) aux entreprises et aux organismes en contrepartie d’un revenu qu’il perçoit
pour exercer sa fonction principale : la consommation.
Au niveau de la comptabilité nationale, les entrepreneurs qui exercent des activités indivi-
duelles posent un certain problème dans la mesure où ils sont à la fois ménages et entreprises.
En effet, les entrepreneurs individuels sont classés parmi la classe des ménages puisque le pa-
trimoine et la base de décision ne peuvent pas être dissociés des ménages. Dans ce sens, les
entrepreneurs individuels sont considérés comme des ménages. Ils assurent de même une fonc-
tion économique relative à la production des biens et des services fournis sur le marché en
contrepartie d’un prix déterminé.
1.2. Les entreprises ou producteurs
Pour consommer, il faut produire. Produire c’est transformer des ressources physiques et
humaines (respectivement capital et travail appelés aussi facteurs de production) en biens
et services consommables. Si l’acte de consommation est commun à tous les individus d’une
économie, l’acte de production est l’affaire d’une partie d’entre eux seulement : les producteurs
propriétaires des entreprises. Dans la mesure où un ou plusieurs individus peuvent être des
propriétaires d’une entreprise, cette dernière est considérée comme étant une « unité de décision
artificielle ».
Nous distinguons les entreprises non financières dont le but principal est d’assurer une
production marchande. Cette production consiste à transformer les inputs en outputs. En
contrepartie, ce sont les entreprises financières qui assurent le financement des activités de
l’économie. Ces entreprises assurent des activités et des opérations de placement et tirent leurs
ressources à travers les gains et les intérêts réalisés.
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DESCRIPTION ET MESURE DE L’ACTIVITÉ ÉCONOMIQUE
1.3. L’État ou les organismes publics
L’État représente l’autorité publique dont le rôle est de réguler la vie des hommes au sein de
l’économie. Sur le plan économique, l’État :
• fixe le cadre institutionnel et juridique définissant les règles de l’activité économique ; ce
cadre est relatif à la fixation des prix, des règles d’échange, du droit des contrats. . . ;
• assure une certaine justice entre les individus de l’économie en redistribuant les revenus à
travers le prélèvement des impôts et l’octroi des subventions.
Les organismes publics exercent, tout comme les entreprises, une fonction de production et
offrent aux consommateurs et aux producteurs des biens et des services publics non marchands
destinés à la collectivité (des services gratuits et quasi gratuits). Il s’agit principalement des
services relatifs à la sécurité, à la santé, à l’éducation, à l’éclairage, aux routes, aux organismes de
soins, aux organismes de l’éducation, etc. En contrepartie de ces services, les administrations
publiques ne peuvent tirer qu’une partie minime de leurs ressources à travers des prélèvements
des cotisations sociales et des impôts.
1.4. L’extérieur ou le reste du monde
Les consommateurs, les producteurs et l’État sont donc les principaux agents économiques
au sein d’une économie. Mais une économie n’est jamais fermée sur elle-même. Elle a toujours
des relations avec d’autres économies. Les autres économies représentent un agent économique
appelé le reste du monde ou l’extérieur. Le reste du monde est constitué par l’ensemble des
agents ne résidant pas sur le territoire national et possédant des relations en effectuant des
opérations avec les résidents nationaux. Si un agent résident n’effectue des opérations qu’avec
les agents de son territoire national, il ne peut pas être classifié parmi ceux du reste du monde.
Sur le plan économique, la relation de l’économie nationale avec l’extérieur donne lieu à des
opérations d’exportations et d’importations de biens et de services et de transfert de revenus et
de capitaux.
Section 2. Les opérations économiques
On distingue essentiellement trois catégories d’opérations : les opérations sur biens et services,
les opérations de répartition des richesses et les opérations financières.
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DESCRIPTION ET MESURE DE L’ACTIVITÉ ÉCONOMIQUE
2.1. Les opérations sur biens et services
Elles décrivent l’origine (les ressources) et l’utilisation (les emplois) des biens et services
pendant une année.
2.1.1. L’origine ou les ressources
On retrouve la production et les importations. La production est définit comme « une activité
socialement organisée des unités résidentes, consistant à créer des biens et services habituelle-
ment échangés sur le marché et/ou obtenue à partir de facteurs de production s’échangeant sur
le marché ».
On distingue la production marchande de celle non marchande. La production marchande est
une production s’échangeant sur un marché à un prix qui couvre au moins les coûts de produc-
tion, son évaluation se fait donc par le prix du marché ; ce sont les biens et certains services. Alors
que la production non marchande est constituée exclusivement par les services, son évaluation
se fait par les coûts de production. Il s’agit des services fournis par les administrations (publiques
et privées) à titre gratuit ou quasi gratuit.
L’achat des marchandises auprès du reste du monde consiste à une opération d’importation.
La valeur des marchandises importées intègre le coût de leur transportation et les frais des
assurances entre le pays importateur et le reste du monde.
2.1.2. L’utilisation ou les emplois
Elle concerne la consommation, l’investissement et les exportations.
i) La consommation
La consommation consiste à la destruction des différents biens et services offerts sur le marché.
Nous distinguons la consommation intermédiaire et la consommation finale.
La consommation intermédiaire
La consommation intermédiaire représente la valeur des biens (autres que de capital fixe) et
des services marchands consommés au cours de la période dans le processus courant de la pro-
duction. Au cours de cette opération, il y a disparition complète des biens soit par incorporation
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dans des produits plus élaborés (matières premières) ou par destruction (carburant).
La consommation finale
La consommation finale représente la valeur des biens et services utilisés pour la satisfaction di-
recte des besoins humains individuels ou collectifs. Elle est le fait des ménages. La consommation
finale des services non marchands par les ménages concerne essentiellement les services fournis
par les administration publiques et certains services fournis par les administration privées.
La notion de valeur ajoutée
Prenons l’exemple de la production du pain qui nécessite une consommation intermédiaire
de la farine. En effet, la valeur de cette matière utilisée par le boulanger qui l’a achetée auprès
de l’entreprise productrice de la farine devrait être déduite de sa consommation intermédiaire
de farine. Cette déduction est faite pour déterminer la valeur par laquelle a contribué le boulan-
ger dans la production nationale. La déduction de cette valeur est justifiée par le faite qu’elle
représente la production de l’entreprise productrice de farine. A travers la sommation des valeurs
des productions effectuées par les entreprises (l’exemple dans notre cas du boulanger et de
l’entreprise productrice de farine), on peut avoir une double comptabilisation de la valeur de
la farine. Après cette déduction, on peut donc calculer la valeur ajoutée de cette production. Il
en résulte donc que la somme de toutes les valeurs ajoutées des entreprises est la valeur de la
production nationale.
Dans la détermination de la valeur ajoutée de chaque entreprise, on a déduit la consommation
intermédiaire des biens qui se détruisent dans le processus de production. Le problème qui se
pose dans l’utilisation du capital pour assurer la production, est qu’on ne peut pas déterminer
la valeur du capital amortie ou la valeur de l’utilisation et de la consommation de ce capital au
cours du temps (machines, outils et autres. . .). On utilise donc un taux d’amortissement.
ii) L’investissement
L’investissement ou formation du capital comprend : la formation brute de capital fixe (FBCF)
et la formation ou la variation des stocks (∆S).
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La formation brute de capital fixe
Pour assurer l’activité de production, l’entreprise acquiert des biens durables dont la période
d’utilisation dure au moins une année. La valeur de ces biens représente la formation brute de
capital fixe (FBCF). La formation brute de capital fixe est la valeur des biens durables acquis
par les unités de production pour être utilisés au moins un an dans le processus de production.
Cet investissement consiste en l’acquisition des équipements de production qui seront amortis
au cours du temps à travers leur utilisation continue dans la production. Avec la déduction des
valeurs de l’amortissement des équipements, on définit la formation nette de capital fixe (FNCF).
On écrit donc : FNCF = FBCF − Amortissements.
La variation des stocks
Une importante capacité de production de l’entreprise influence son poids sur le marché. De
même, le volume des stocks des produits intermédiaires possède une influence sur la production
des entreprises. Les stocks concernent tous les biens autres que ceux de capital fixe détenus
par l’entreprise à un moment donnée. L’investissement englobe de ce fait la formation des
stocks. Au cours du processus productif, le stock des produits intermédiaires varie au cours du
temps. On peut donc définir la différence entre le volume du stock final et son niveau initial
par la variation des stocks. Dans la mesure où on a pris en considération la déduction de la
valeur des amortissements au cours du processus de production, on peut donc illustrer ces deux
expressions : I B = F BC F + ∆S.
Avec F BC F = F NC F + A, on peut donc écrire :
I B = F NC F + A + ∆S
iii) Les exportations
Les ventes d’un pays donné au reste du monde sont définies par les exportations. Les exporta-
tions de biens et services sont évalués à leurs prix Free on Board (FOB) c’est-à-dire leurs prix du
marché à la frontière.
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2.2. Les opérations de répartition
La production des entreprises consiste à créer de la valeur ajoutée. Les opérations de réparti-
tions consistent en une distribution de cette valeur entre les agents économiques. Deux types de
répartition sont à identifier : la répartition primaire et la répartition secondaire.
2.2.1. La répartition primaire
Ce type de répartition consiste à une distribution de la richesse entre ceux ayant contribué à sa
création. Tout processus de production est assuré par deux facteurs essentiels : le travail et le
capital.
D’une part, la répartition de la richesse consiste en une première opération de rémunération
du travail en payant les salaires et les cotisations sociales des travailleurs. Ces rémunérations
sont assurées par l’employeur.
D’autre part, on distingue une deuxième opération de répartition de la richesse qui est relative
à la rémunération du capital. L’employeur doit payer les loyers, les dividendes et les intérêts.
2.2.2. La répartition secondaire
La répartition secondaire consiste à une opération de redistribution des richesses. Elle s’ef-
fectue à travers un transfert aux ménages des prestations sociales. Ces versements sont issus
des prélèvements obligatoires sous forme d’impôts. L’État fixe des impôts sur la production des
entreprises, sur les produits, sur le revenu, sur le patrimoine et à travers les prélèvements des
cotisations sociales.
2.3. Les opérations financières
Il s’agit des opérations relatives à créer et à circuler les moyens facilitant les paiements. Les
opérations financières assurent de même le placement de l’argent dans les établissements
financiers qui assurent de leur part le financement des entreprises et des ménages en contrepartie
des intérêts payés.
Section 3. Les différents marchés
Les agents économiques sont reliés entre eux par les transactions qu’ils effectuent sur un ou
plusieurs marchés. Un marché se définit comme un lieu (physique ou virtuel) où se rencontrent
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DESCRIPTION ET MESURE DE L’ACTIVITÉ ÉCONOMIQUE
des vendeurs ou des offreurs et des acheteurs ou des demandeurs d’un bien ou d’un service.
La quantité échangée des biens se détermine à travers cette rencontre. L’on distingue plusieurs
types de marchés.
3.1. Le marché des biens et services
Sur ce marché s’effectuent les échanges des biens et des services entre les agents économiques
dans la mesure où la production est destinée à la vente sur ce type de marché. D’une part, pour
produire et se présenter sur le marché des biens et services, le producteur peut alors être vu
comme un offreur des biens et des services sur ce marché où se détermine le prix d’équilibre
pour le cas d’une économie de marché. D’autre part, le consommateur peut être vu comme
demandeur de biens et services. Le marché des biens et services sert à expliquer le volume de la
production nationale, le niveau général des prix et donc le taux d’inflation.
3.2. Le marché du travail
Sur ce marché se confrontent les offreurs et les demandeurs de travail. Sur le marché de
travail, le consommateur peut constituer son revenu en offrant son travail en contrepartie d’une
rémunération ou d’un salaire. L’acte de production amène les producteurs à se présenter sur
le marché de travail appelé aussi le marché des facteurs de production comme demandeurs
de travail et de capital. Le marché de travail permet la détermination du salaire d’équilibre, du
niveau d’emploi et de celui du chômage.
3.3. Le marché financier
Ce marché est appelé aussi marché de capitaux. Les investisseurs ont besoin des moyens
de financement pour financer leurs projets et leurs entreprises. Ce sont des demandeurs de
capitaux. Les établissements financiers, qui sont des épargnants, offrent leurs capitaux sur ce
marché. Le taux d’intérêt se détermine donc à travers le niveau d’offre et de la demande de
capitaux sur ce marché.
3.4. Le marché monétaire
Les liquidités qui sont considérées comme des moyens de paiement pour les agents écono-
miques s’échangent sur le marché monétaire. Les institutions financières et monétaires comme
les banques et la banque centrale sont les acteurs principaux de ce marché. Ce dernier influence
le niveau du taux d’intérêt.
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DESCRIPTION ET MESURE DE L’ACTIVITÉ ÉCONOMIQUE
3.5. Le marché de change
Les opérations avec le reste du monde s’effectuent sur le marché de change appelé aussi
marché des devises. Les devises nécessaires pour effectuer le paiement des importations et des
exportations s’échangent sur ce type de marché. Sur ce marché, on échange la monnaie nationale
contre des monnaies étrangères ; cet échange reflète l’ensemble des transactions entre un pays et
ses partenaires commerciaux. Ce marché sert donc à déterminer le taux de change de la monnaie
nationale c’est-à-dire la valeur de la monnaie nationale en termes d’une monnaie étrangère.
Il existe une relation directe traduisant la liaison entre ces marchés. L’ensemble des relations
entre ces marchés s’illustre à travers le circuit économique. Un circuit traduit la relation d’inter-
dépendance entre tous ces marchés.
Section 4. Présentation du circuit économique
Le circuit économique est un modèle réel qui traduit les relations entre les agents économiques
effectuant des opérations sur les différents marchés. Il s’agit d’un modèle visuel qui reflète les
flux réalisés entre les agents économiques. Il existe deux types de flux : les flux réels et les flux
monétaires.
Les flux réels sont relatifs aux flux des biens et des services, au travail offert ou au capital
acquis. Ces flux sont représentés par un trait continu (dans les graphiques ci-dessous). Les flux
monétaires traduisent les flux des rémunérations ou des sommes d’argent versées en contrepartie
d’un travail offert ou de l’acquisition d’un bien ou d’un service.
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