COLLEGE LOUISE WEGMANN DÉCEMBRE 2020
CLASSE DE TERMINALE HGGSP
THEME 6 : L’ENJEU DE LA CONNAISSANCE
INTRODUCTION : LA NOTION DE « CONNAISSANCE” ET SA DIFFUSION »
- Le mérite d'un homme réside dans sa connaissance et dans ses actes et non point dans la
couleur de sa peau ou de sa religion - Gibran Khalil Gibran
- La connaissance c’est du pouvoir – Francis Bacon
- Un investissement dans la connaissance porte toujours les meilleurs intérêts – Benjamin Franklin
I – Définition des termes :
Connaissance :
La connaissance est une compréhension et appropriation. Une connaissance donnée est construite
sur un ensemble de concepts. Au sens philosophique, la connaissance est l’état de celui qui connaît
ou sait quelque chose. On appelle aussi « connaissance » les choses connues elles-mêmes, et par
suite les choses qui sont tenues pour des connaissances par un individu ou une société donnée.
Société de la connaissance :
Concept élaboré à la fin des années 1960, par le professeur et théoricien de l’économie Peter
Drucker. C’est une société dans laquelle les technologies de l’information et de la communication
(TIC), diffusent largement les savoirs, favorisant la créativité, l’innovation et la connaissance, ainsi
que le développement économique. Elle aurait donc comme activité principale de produire et de
diffuser les connaissances. Ce serait une forme ultime de l’activité économique et sociale de service,
dans laquelle la maîtrise de connaissance deviendrait le cœur des activités de chacun. Les acteurs
qui y participent sont des professionnels spécialisés ; acteurs économiques et scientifiques, mais
aussi la société.
La Société de la connaissance suppose une appropriation de la connaissance par l’ensemble de la
société.
Économie de la connaissance :
Phase de l’histoire économique durant laquelle les performances économiques de l’État dépendent
de sa capacité à produire et à diffuser des savoirs et des informations. La Recherche et le
Développement (R&D) et la capacité à produire des innovations en sont les leviers essentiels.
Contrairement à la Société de la Connaissance, elle ne suppose pas une appropriation de la
connaissance par l’ensemble de la société.
Société de l’information :
Société qui fait usage intensif des technologies de l’information et de la communication (TIC). Celles-
ci produisent des biens et des services et engendrent des savoirs et une sociabilité spécifique. La
Société de l’information peut être considérée comme une condition de la mise en place de la société
de la connaissance.
Savant :
Un savant est une personne qui a des connaissances étendues dans divers domaines ou dans une
discipline particulière (ex : Diderot, Rameau…).
Diffusion :
L’action de propager des connaissances, des idées ou des biens dans un large public à travers
différents réseaux ; les salons au siècle des Lumières, les journaux, les livres, l’Internet…
1
II – L’histoire des sciences :
a – L’évolution de l’histoire des sciences :
Il y a cinquante ans, les chercheurs s’interrogeaient sur les hommes à l’origine des sciences
européenne. Ils étaient vus comme des titans et des figures quasi-mythiques dotés d’esprits
visionnaires, et qui ont marqué la naissance de la science moderne. Aujourd’hui, on s’interroge plutôt
sur la diffusion des savoirs et des grandes innovations scientifiques, mais on espère aussi faire
comprendre que la connaissance ne provient pas d’une seule pensée, mais se constitue par des
« collectifs de pensée ».
b – Les communautés et académies savantes du XVIIème et XVIIIème siècle :
Du concept de « collectifs de pensée », ont été créées les communautés savantes regroupant
artistes (ex : Buffon, Rameau…), philosophes (ex : Diderot, Montesquieu, Rousseau…), économistes
(ex : Turgot, Quesnay…), écrivains (ex : Marivaux), et autres. Ces communautés avec des
personnages distingués, venant de domaines bien différents, étaient organisées en réseau. À part
les salons, qui étaient des lieux riches en conversation, et où beaucoup de savoir était diffusé, les
savants communiquaient entre eux à travers des lettres, comme le mathématicien et astronome Jean
Kepler et l’humaniste Matthaeuse Wacker, se racontant la polémique qu’a causé le livre de Galilée,
« Le Messager céleste ».
La diffusion de l’information prend beaucoup d’ampleur avec les académies et sociétés au XVIIIème
siècle, siècle des Lumières, assemblant des savants scientifiques, des gens de lettres et artistes,
encourageant la diffusion des travaux scientifiques. On peut aussi parler de réseau ici, ou plutôt
d’une communauté savante internationale, étant donné qu’on retrouve plus de 30 académies au sein
de l’Europe, presque dans tous ses pays, mais aussi en Philadelphie aux États-Unis.
c – Les communautés scientifiques d’aujourd’hui :
De nos jours, on trouve encore des communautés scientifiques, formées par des personnes venant
de plusieurs pays. Elles sont invitées à des conférences et des réunions, tout comme le groupe de
savants spécialistes des effets du réchauffement climatique sur l’océan, invité par la Fondation
Prince Albert II de Monaco en septembre 2019, pour une conférence sur l’évolution du climat. Les
communautés scientifiques peuvent donc intervenir aux niveaux écologique, naturel, et
environnemental.
III – Les acteurs et les modalités de circulation de la connaissance :
a – Les acteurs :
La circulation de la connaissance s’effectue à tous les moments, à travers plusieurs modalités.
• L’éducation : Les écoles et surtout universités permettent une forte circulation de la connaissance
surtout qu’on y retrouve des étudiants venant de plusieurs pays, ayant leur propre culture, et
informations à diffuser et transmettre (ex : les étudiants marocains en France). De plus, certaines
universités tels que MIT s’engagent avec des entreprises, et en créer (MIT créer 400 entreprises),
spécialisées dans des domaines de biotechnologie, technologie de l’information, et
communication.
• Centres de recherche : La Silicon Valley constitue l’archétype du cluster avec une capacité
d’innovation unique au monde. On assiste aussi à la formation de collaborations internationales
dans la recherche sur la tolérance aux traitements du virus du SIDA, entre 19 pays situés dans 5
continents, parmi lesquels on voit beaucoup de flux se faire.
• Institutions soutenues par des financements publics ou privés : Étant à but non lucratif, des
associations comme la Fondation Tara Océan sont financées par des entreprises privées, tels que
Agnès B, afin de poursuivre des recherches et une circulation de la connaissance.
2
b – Les modalités :
De siècle en siècle, les modalités de circulation de la connaissance changent, dépendant des
différents moyens de communication.
• XVIIIème siècle, le siècle des Lumières : Salons, lettres, journaux, encyclopédie
• XXème et XIXème siècle : Internet et NTIC permettant une plus large, efficace, et rapide diffusion et
appropriation de l’information (ex : Wikipédia, conférences TED).
IV – Les limites de la connaissance :
a – Les limites de la société de la connaissance :
Malgré le fait que beaucoup de progrès ont été fait afin de produire et diffuser la connaissance et les
savoirs, on trouve deux limites majeures à la société de la connaissance.
Premièrement, la connaissance et la diffusion du savoir sont donc inégalement établis dans le monde
En effet, dans les pays en développement, 9% des enfants ne sont pas inscrits dans l’enseignement
primaire, et 1 fille sur 4 n’est pas scolarisée. De plus, dans le monde entier, 103 millions de jeunes
manquent de compétences de base en lecture et en écriture, et 6 adolescents sur 10 n’atteignent
pas le niveau minimum de compétences en mathématiques et en lecture. Aussi, 64 millions d’enfants
ayant l’âge d’être scolarisés dans le primaire ne le sont pas, dont plus de la moitié en Afrique
subsaharienne. Finalement, il y a des pays où les écoles publiques ne sont pas bien entretenues et
n’ont pas un assez bon niveau d’éducation (ex : Liban).
Deuxièmement, bien que l’Internet soit la modalité la plus employé pour la diffusion et la circulation
de l’information, il existe une fracture numérique, étant donné que pas tout le monde a accès à ce
réseau, uniquement accessible à travers un smartphone, un ordinateur, ou une tablette numérique.
b – Les limites de la circulation de la connaissance
Partout dans le monde, il existe une circulation de la connaissance. Par contre, elle est beaucoup
plus remarquée et accentuée dans certains pays que d’autres. Cela pourrait être lié au nombre
d’acteurs de circulation de la connaissance a un pays, comme l’éducation. En effet, plus une
université accueille d’étudiants internationaux, plus la circulation de la connaissance sera accentuée.
Tel est l’exemple de la différence entre l’effectif des principaux pays d’accueil de la mobilité étudiante
en 2017 des États-Unis (1million), et la Turquie (100 000).