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La Liberté

Le document explore la notion de liberté à travers différentes définitions, soulignant qu'elle implique à la fois l'absence d'obstacles et la capacité à surmonter des contraintes. Il met en avant la nécessité de vivre en société, où la liberté individuelle doit s'ajuster à la volonté générale, et insiste sur l'importance de l'éducation et de la raison pour atteindre une véritable autonomie. Enfin, il aborde les concepts d'aliénation et de liberté intérieure, affirmant que la vraie liberté réside dans la maîtrise de soi et la prise de conscience des influences extérieures.

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Le document explore la notion de liberté à travers différentes définitions, soulignant qu'elle implique à la fois l'absence d'obstacles et la capacité à surmonter des contraintes. Il met en avant la nécessité de vivre en société, où la liberté individuelle doit s'ajuster à la volonté générale, et insiste sur l'importance de l'éducation et de la raison pour atteindre une véritable autonomie. Enfin, il aborde les concepts d'aliénation et de liberté intérieure, affirmant que la vraie liberté réside dans la maîtrise de soi et la prise de conscience des influences extérieures.

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La Liberté

I. Définitions de la liberté
La liberté selon une définition négative est le fait de ne pas être empêché et selon une définition positive
ce serait le pouvoir de faire ce que je veux, quand je le veux et où je le veux.​
Mais par là on n’entend pas faire tout et n’importe quoi sinon la liberté ne serait que caprice ou un abus
de pouvoir et mène à la guerre de tous contre tous (Hobbes).​
On dit souvent que la liberté des uns s'arrête là où commence celle des autres.
La liberté est-elle la suppression de tout obstacle ou la capacité à les surmonter ?​
Pour comprendre, éprouver et vivre notre liberté nous avons besoin de contrainte.
La véritable liberté ne consiste pas à pouvoir tout faire, mais à se libérer de toute peur et de tout désir
irrationnel. “Cette liberté consiste à ne craindre ni les hommes ni les dieux” Sénèque

II. Liberté, société et responsabilité


La liberté est une exclusivité humaine, une qualification propre à l’Homme. L’animal n’étant pas
responsable, il ne peut être libre.

A. Liberté et vie en société

Pour vivre mon statut d'être libre j’ai besoin de la Société, de l’autre.​
La liberté consiste en un exercice d'ajustement entre mes envies personnelles et ce que je peux me
permettre en tant qu’être sociable pour ne pas empiéter sur la liberté de l’autre.​
Vivre en société c’est faire des compromis, c’est préférer la volonté générale à ma volonté personnelle.​
C’est accepter les lois, les règles établies par l’Etat à travers la justice, cette acceptation constitue un
devoir qui me permet d’exercer ma propre liberté qui n’est plus que légitime elle devient légale.​
Être libre en vivant dans la Société c’est trouver un compromis entre sa volonté individuelle et la volonté
générale.​
Ma volonté individuelle revendique ma propre vision de la liberté, mon mode d'être libre tandis que la
volonté générale revendique les libertés de chacun sur un pied d’égalité et un mode d'être libre qui ne
lèse pas la liberté d’autrui pour un excès de liberté d’une personne.​
Pour revendiquer la volonté générale et ainsi essayer d'atteindre l’égalité de tous, on invente des lois et
des droits qui forment la Justice qui nous engage auprès de l’Etat qui nous garantit la liberté.​
Je cesse de considérer le fait de respecter la liberté de l’autre comme une contrainte, je considère cela
comme un devoir. “La liberté consiste moins à faire sa volonté qu'à n'être pas soumis à celle d'autrui”
Rousseau

B. Liberté et engagement

La liberté sous-entend l’engagement, la responsabilité et le libre arbitre.​


Nous sommes condamnés à être libres car ne pas choisir c’est choisir de ne pas choisir. Et choisir c’est
exercer sa liberté, en engageant sa responsabilité. → Sartre​
L’Homme ne peut fuir sa responsabilité, il est condamné à être libre, à être responsable qu’il le veuille ou
non. → Sartre
La liberté ne se réduit pas à l’indépendance privée ou à la possibilité de faire ce que l’on veut. Être libre,
c’est pouvoir agir en public, participer à la vie commune, débattre, décider ensemble. La liberté n’est pas
un état intérieur, c’est une pratique collective, politique. Elle apparaît dans l’action, lorsqu’on prend
l’initiative, lorsqu’on crée quelque chose de nouveau avec d’autres.
Ainsi, la liberté suppose un espace politique où les individus peuvent s’exprimer, agir et co-créer la réalité
sociale. Une société qui étouffe le débat ou empêche la participation prive les individus d’une dimension
essentielle de leur liberté. → Hannah Arendt

III. Liberté, raison et autonomie

A. La liberté comme autonomie rationnelle​

Être libre, c’est être autonome (du grec autonomos αὐτόνομος qui signifie “qui se régit par ses propres
lois”, “qui agit de soi-même”) c’est avoir une certaine “suffisance” je me donne mes propres règles et cela
n’affecte pas ma représentation de la liberté au contraire ça la confirme et renforce le sens que je lui
donne.​
Tout ce que je fais, tous mes actes sont raisonnés et rationnels.​
La liberté consiste à obéir à des lois que je me donne à moi-même par la raison : c’est l’autonomie. → St
Thomas​
Ce qui est nécessaire n’est qu’une réponse à l’acte : raisonner.​
Tout ce que je fais est raisonné car par nature je suis un être je suis la raison, je suis un être raisonnable.​
Mais ma raison est naturelle, et ma liberté est raisonnable donc ma liberté est naturelle. → Spinoza

B. La liberté comme conscience de soi

La liberté est indissociable de la conscience de soi.​


C’est parce que je suis capable de me penser comme sujet, de réfléchir à mes actes et à mes choix, que je
peux être libre.​
Ainsi, la conscience permet de distinguer l’homme des animaux, qui agissent par instinct sans réellement
choisir (décider de dire la vérité malgré les conséquences suppose une conscience morale, donc une liberté
intérieure.) → Descartes

C. L'importance de l’éducation dans la liberté

Être libre ne va pas de soi : on ne naît pas libre, on le devient. L’éducation est un moyen d’émancipation
fondamental. L’instruction publique est une condition essentielle pour rendre les citoyens capables
d’exercer leur liberté de manière éclairée. L’homme n’est libre que s’il sort de sa “minorité”, c’est-à-dire
de l’état de dépendance intellectuelle dans lequel il reste par paresse ou par peur. Sans éducation, on
reste soumis aux préjugés, aux superstitions ou à l’autorité d’autrui. L’ignorance nous enchaîne, seule la
culture nous permet d’accéder à une autonomie véritable.→ Kant

D. Liberté et raison : la liberté éclairée

La véritable liberté n’est pas le fait de suivre ses pulsions ou de faire tout ce qui nous passe par la tête,
mais de pouvoir décider par soi-même de manière réfléchie.Être libre, c’est agir selon la raison,
c’est-à-dire choisir en pesant les conséquences, en tenant compte du bien commun, et non selon un
simple désir immédiat.Plus je comprends les causes qui me déterminent, plus je deviens libre, car je ne
suis plus esclave de mes affects, mais maître de mes choix.​
Ainsi, raison et liberté vont ensemble : sans raison, pas de véritable liberté — seulement des impulsions.​
Et inversement, exercer sa liberté, c’est exercer sa raison. → Spinoza
E. Affranchissement du destin et des dieux

Nous sommes libres parce que le monde n’est pas totalement déterminé : les atomes, qui composent tout
ce qui existe, peuvent dévier de leur trajectoire (le “clinamen “). Cette déviation introduit l’imprévisible et
permet la liberté humaine. Contrairement aux fatalistes, Épicure pense que nos choix ne sont pas écrits
d’avance. De plus, les dieux, s’ils existent, vivent dans un monde séparé, indifférents à nos actions. Ainsi,
ils ne déterminent ni notre sort, ni nos décisions.​
La véritable liberté consiste à se libérer de la peur des dieux et de la mort, en menant une vie simple et
raisonnée. En comprenant la nature et en réduisant nos désirs, nous devenons maîtres de nous-mêmes.
La liberté est une conquête de la paix intérieure afin d’atteindre l’ataraxie. → Epicure

IV. Liberté, déterminisme et fatalisme

A. Le compatibilisme

Il faut distinguer le déterminisme, qui affirme que tout effet a une cause, du fatalisme, qui prétend que
tout est écrit à l’avance.Le déterminisme n’annule pas forcément la liberté.​
Des philosophes comme Hobbes défendent un “compatibilisme” : je suis libre si j’agis selon ma volonté,
même si cette volonté a des causes (je suis déterminé par mon éducation, mais je peux choisir d’agir contre
ce que l’on m’a appris, en connaissance de cause)​
La liberté se situe alors non dans l’absence de cause, mais dans l’adhésion réfléchie à ce que je fais.

B. Le fatalisme et la négation de la liberté

Le fatalisme suspend la responsabilité et donc la liberté.​


Mon acte n’est plus le mien mais celui d’une divinité, c’est Dieu qui veut et qui décide.​
Je suis naturellement déterminé par ma raison, tous mes actes sont raisonnables et je peux donc vivre
libre et autonome. → Alain

V. Liberté et dépassement de soi

A. Le rôle de l’obstacle et de la contrainte


La nature ne limite pas notre liberté, mais elle l’ajuste.​
Je ne peux pas nier que je suis un être naturel qui a des besoins naturels mais je peux accepter ces
contraintes et les valider ainsi elles deviennent une décision, un acte relevant de la liberté.​
Quand je raisonne la contrainte, je saisis ces tenants et ses aboutissants, ses conséquences, celle-ci
devient alors une décision raisonnée, intelligible et rationnelle. → Spinoza​
Quand je perçois les obligations, les nécessités de la nature, et quand je décide de les accepter, de les
choisir, elles cessent d’être des nécessités pour devenir des actes, des preuves de ma liberté de choisir.

B. La liberté comme projet

La liberté n’a de sens qu’en s'exerçant, tout projet que l'on mène n’est que réalisation d’une certaine
liberté.​
Quand je me projette, je projette ma liberté puis je l’adapte à la situation. → Sartre​
Quand on se projette on ne peut pas garantir la réalisation de l’acte.​
On vit donc dans l’angoisse de cette incertitude mais cette angoisse devient le moteur de notre liberté,
elle confirme notre liberté (qui ne tente rien, n’a rien) “L'angoisse est le vertige de la liberté.”→
Kierkegaard

C. L’essai de liberté

Être libre c’est avant tout désirer être libre.​


Ce désir n'exclut pas l’échec, qui devient alors une preuve, une confirmation de l'exercice de notre
liberté, de notre essai. Échouer est une forme de liberté, l’essentiel n’étant pas d’être libre mais d’essayer
d’être plus libre.→ Sartre

D. La liberté comme affirmation de soi

La liberté consolide mon statut de sujet pensant, elle représente ma première ouverture du monde, ma
première représentation du moi dans ce monde.​
Renoncer à la liberté c’est renoncer au désir d’être libre, le désir étant le propre de l’Homme, je cesse
d’être Homme. → Rousseau​
Pour être libre, je dois pratiquer la liberté.​
Je dois la confronter aux autres, aux obstacles, à d’autres libertés.​
La liberté est une évidence pour tous, c’est un fait intangible mais pour qu’elle soit je dois la confirmer
auprès de moi-même et des autres à travers des actes. → Kant​
La liberté est avant tout un état d’esprit qui m'engage dans l'exercice de cette liberté.

VI. Aliénation et liberté

A. Illusion de la liberté

On peut se croire libre alors qu’on est aliéné, c’est-à-dire soumis à des forces extérieures qu’on ne
perçoit pas.​
Le travail salarié peut donner l’illusion de la liberté alors qu’il s’agit d’une forme de domination
économique. → Marx​
Rousseau, lui, parle du “citoyen enchaîné” : l’homme croit être libre dans la société, mais il est en réalité
soumis à des normes, des habitudes, des désirs fabriqués ( penser qu’on “choisit” d’acheter un produit
alors qu’on est influencé par la publicité.)​
La liberté suppose alors une prise de conscience critique de ce qui nous conditionne.

B. La liberté intérieure

Selon les Stoïciens, la vraie liberté ne dépend pas des circonstances extérieures, mais de notre attitude
intérieure.On est libre lorsqu’on maîtrise ses passions et qu’on accepte ce que l’on ne peut pas changer.
(même en prison, on peut rester libre si l’on reste maître de ses pensées ; inversement, on peut être esclave
de ses désirs en étant riche et puissant.) “Ce qui trouble les hommes, ce ne sont pas les choses, mais les
jugements qu’ils portent sur les choses” → Épictète​

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