Manuel Accompagnement7
Manuel Accompagnement7
MANUEL D’ACCOMPAGNEMENT
SOMMAIRE
REPÈRES CHRONOLOGIQUES
2
SITOTHÈQUE
23
L’ANIMATION EN BIBLIOTHÈQUE
33
Dans le cadre du développement de l’aide aux animations, le service Action culturelle de la BDY réalise des sélections
d’ouvrages pour la jeunesse. Ces « malles thématiques » sont l’occasion de mettre en valeur des thèmes ou œuvres de la
littérature de jeunesse d’intérêt. Ces dispositifs d’animation sont constitués d’une malle contenant entre 20 et 30 documents
ainsi qu’un manuel d’accompagnement. Ce guide a pour but de vous aider à la réalisation d’animations simples à mettre en
œuvre.
Aujourd’hui, non seulement l’art s’est démocratisé, mais il s’est aussi ouvert aux enfants, grâce notamment aux ateliers conçus
pour eux et bien sûr aux livres adaptés à leur âge. Le point commun des ouvrages d’art pour les enfants est l’aspect ludique.
Que ce soient à travers des quiz pour tester leur connaissance ou à travers des reconnaissances de détails dans les tableaux pour
aiguiser leur sens de l’orientation, ils abordent tous l’art de façon à ce que le jeune lecteur s’amuse. Et pour aller encore plus
loin, beaucoup proposent de réaliser des activités artistiques « à la façon de » : les enfants peuvent ainsi, guider par le livre,
réaliser leur première œuvre dadaïste ou impressionniste. Avec de tels ouvrages, les petits artistes en herbe n’ont pas fini de
nous impressionner et en redemandent. Bref, l’art est aujourd’hui à portée des enfants, notamment par les livres qui les
transportent au cœur des œuvres.
Afin de vous aider dans votre projet, ce guide vous propose la découverte d’un univers riche et coloré ainsi que des pistes
d’animation à réaliser avec les documents composant cette malle. La première partie est composée de quelques repères
chronologiques (à travers une sélection des grandes périodes de l’histoire de l’art et quelques œuvres représentatives), d’une
sitothèque ainsi qu’une bibliographie sélective des documents présents dans la malle. La deuxième partie rassemble quelques
conseils de base sur la pratique d’animation ainsi que des pistes d’activité.
Nous espérons que ce livret vous aidera dans vos démarches et vous permettra de créer des temps forts dans la vie de votre
bibliothèque.
Le service Action culturelle
REPÈRES CHRONOLOGIQUES
Préhistoire
Si l'on considère que l'art consiste à bâtir, à sculpter, à réaliser des motifs ornementaux, l'existence d'un art préhistorique
semble indiscutable. En revanche, si l'on voit dans l'art une sorte de luxe destiné aux musées et aux expositions, il est probable
que les premiers peuples n'y aient jamais songé ! Enfin, si l'on considère, plus généralement, que l'art consiste à s'adresser aux
sens et aux émotions de ceux qui en sont les spectateurs, il est difficile de ne pas qualifier d' « artistes » les auteurs d'un certain
nombre de productions préhistoriques, comme les célèbres fresques de la grotte de Lascaux.
Quelle était la fonction exacte des sculptures et des peintures réalisées par ces artistes ? Nous ne le savons pas avec certitude,
même si les hypothèses de fonctions rituelles, magiques, symboliques ou d'enseignement ont souvent été envisagées. Le travail
de l'artiste aurait alors probablement eu comme visée première une efficacité « pratique », sans exclure pour autant une
certaine recherche esthétique
• Age paléolithique supérieur (-40 000 à -10 000 avant Jésus Christ)
La statuette est en calcaire oolithique et mesure 11 cm de hauteur. Elle représente une femme nue debout,
présentant une forte obésité, les bras posés sur d'énormes seins. La tête finement gravée semble être
entièrement recouverte par des tresses enroulées, le visage est donc caché. La loi de frontalité est respectée
(« loi » qui interdit la flexion latérale dans les représentations du corps humain dans la sculpture archaïque).
Des restes de pigments laissent supposer qu'originellement la statuette était peinte en rouge. La perfection de
son modèle lui a apporté une renommée mondiale.
L'art de l'Égypte antique est caractérisé par une idée d'ordre : des lignes claires et simples, associées à des formes simples et des
aplats de couleur. Les artisans utilisaient des lignes perpendiculaires, verticales et horizontales, pour former un quadrillage et
donner des proportions correctes à leurs travaux. L'art reflétait l'importance sociale, religieuse et politique. La hauteur des
personnages dépendait par exemple de leur rôle dans la société : les plus importants étaient les plus grands - il n'y avait par
ailleurs pas de perspective. Le pharaon est ainsi toujours représenté comme le plus grand des hommes ; de même les dieux sont
plus ou moins imposants selon qu'ils sont considérés comme plus ou moins puissants.
De par la nature très religieuse de la civilisation de l'Égypte antique, la plupart des œuvres d'art de cette époque sont à l'image
de divinités, de pharaons ou d'incarnations divines.
La Palette de Narmer ou Grande Palette de Hiérakonpolis est une palette à fard en excellent état et
conservée par le Musée égyptien du Caire.
On a daté la palette aux environs du XXXIIe siècle av. J.-C., marquée des écritures parmi les plus
anciennes hiéroglyphes retrouvées, et relatant l'unification de la Haute et de la Basse-Égypte par
Narmer.
Le verso de la palette représente le roi, menaçant d'une massue piriforme (à l'extrémité en forme de
poire) un homme à genoux. Derrière le roi, et à l'arrière-plan, est figuré un serviteur qui porte les
sandales du roi. Sous ses pieds sont représentés deux personnages qui rappellent l'ennemi écrasé. Nous
voyons le dieu Horus sous sa forme animale, le faucon, tenir au bout d’une corde, attaché par le nez, un
prisonnier dont la tête émerge des papyrus, représentation imagée du Delta et des prisonniers faits par
Narmer. Cette scène insiste sur la victoire des forces du Sud sur le Nord, et montre l’importance du dieu
faucon dont l’aide et le soutien sont essentiels aux succès du roi.
Le nom du roi est inscrit en hiéroglyphes dans un Serekh au sommet de la palette.
Art Byzantin
L'art byzantin s'est développé dans l'empire romain d'Orient entre 476 et la chute de Constantinople en 1453. Le premier art
byzantin est produit entre le IVe siècle (règne de Constantin) et le VIIe siècle (début de l'iconoclasme). Il connaît son apogée
sous le règne de Justinien (527-565), alors qu'a lieu une reconquête temporaire de l'Italie, et se caractérise par un mélange de
tradition romaine, de tradition orientale et de christianisme. L'urbanisme de Constantinople et les monuments de Ravenne
illustrent l'importante architecture richement décorée de mosaïque, tandis que la production d'ivoires, d'orfèvrerie et de
peinture sur bois se développe. La sculpture, quant à elle, vit ses dernières heures de gloire, dans la lignée de la sculpture
antique.
La crise iconoclaste a lieu entre les règnes de Léon III (717-741) et Théophile (829-842). La destruction, parfois violente, des
images représentant la divinité intervient en réaction face au développement incroyable et incontrôlable du culte des icônes,
qui frise l'animisme. Période souvent décrite comme particulièrement pauvre en production artistique, l'iconoclasme a toutefois
vu un développement des arts somptuaires (tissus, orfèvrerie), même si l'architecture stagna.
Sous les Macédoniens a lieu une véritable renaissance artistique, qui cherche ses références dans l'art antique. Les arts
somptuaires prennent un essor considérable, visible à travers notamment une production éphémère de pièces en ivoire.
Sous la dynastie Comnène a lieu une seconde renaissance artistique, dans la lignée de celle
des Macédoniens. Les sentiments et expressions sont exacerbés dans les peintures, les
mosaïques et l'orfèvrerie.
La prise de Constantinople par les Croisés en 1204 mène au sac de la ville et à la mise en
place d'une éphémère lignée occidentale. L'art est complètement paralysé dans la capitale,
où les destructions et les pillages se multiplient, mais quelques objets sont produits,
notamment dans les parties reculées de l'empire (Grèce)... Des influences occidentales se
remarquent, comme des blasons ou des représentations de saints chevaliers dans les icônes,
et c'est à partir de cette période qu'arrivent en Europe occidentale des éléments byzantins,
qui influeront par exemple sur la pré-Renaissance italienne particulièrement dans ce qu'on
nomme la peinture byzantine. Cet art chrétien s’est d’ailleurs développé en Syrie, en Italie,
en Grèce, en Russie, aux Balkans et en Asie mineure (actuelle Turquie).
Le Christ Pantocrator : célèbre mosaïque byzantine du XIIe siècle se trouvant dans l'église de la
Sainte Sagesse (Hagia Sophia) à Istanbul.
Moyen-âge
L'art roman s'est développé principalement en Occident de la fin du Xème jusqu’au XIIème siècle. L'art roman est un assemblage
d'idées nouvelles, toujours sur un même thème: la société de l'époque étant profondément religieuse, il est certain que la
religion va transparaître à travers l'art. On sent toutefois une influence directe de l'art carolingien, qui a précédé la période
romane, que ce soit par l'édification des bâtiments ou par l'ornementation des manuscrits.
Du côté de la peinture ornementale, cette forme d'art est tellement importante qu'on ouvre des écoles pour former les peintres.
L'art roman s'est propagé à toute l'Europe en quelques décennies et se base généralement sur les courants précédents mais en
étant toutefois dominé par les croyances religieuses de l'époque.
Un livre d'heures est le type le plus courant d'ouvrage médiéval enluminé. Chaque
livre d'heures est unique, mais tous contiennent une collection de textes, de
prières et de psaumes avec les illustrations correspondantes et constituant un
recueil de base pour la pratique de la religion catholique.
Le plus célèbre livre d'heures est Les Très Riches Heures du duc de Berry réalisées
par les frères de Limbourg entre 1412 et 1416 pour le duc Jean Ier de Berry - qui
commanda également Les Petites Heures de Jean de Berry, Les Belles Heures du
Duc de Berry et Les Riches Heures du Duc de Berry.
Anatomie humaine, enluminure des Très Riches Heures du duc de Berry, début
XVe siècle
• XIIème siècle après Jésus Christ : Art Gothique
L'art gothique est le style de l'art de l'Europe occidentale de la période du XIIème au XVème siècle. Gothique a été le terme utilisé
assez tardivement par les artistes de la Renaissance italienne, comparant avec mépris cette architecture à la barbarie des goths,
totalement étrangers à ce style. Il concerne essentiellement l'architecture des édifices religieux (églises, cathédrales, abbayes,
cloîtres), avec les sculptures (statues, tympans) et les nombreux vitraux.
Le style gothique se reconnaît par la forme des ouvertures (partie supérieure en ogive), des édifices à la fois hauts et fins, des
flèches souvent pointues et ciselées, un transept (nef transversale) nettement développé, des vitraux nombreux et colorés,
représentant des scènes très complètes des évangiles, la présence de rosaces dans les cathédrales, des statues colonnes contre
les murs à l'extérieur.
La peinture gothique existe sous forme de miniatures et de retables, tableaux religieux sur bois de plusieurs pièces, qui viennent
pallier l'absence de fresques sur les pierres nues des cathédrales. La Vierge et le Christ jouent un rôle important dans ces
retables. Dans les livres, c'est la vie des nobles qui est présente (chasse, vie courtoise, banquets...). La couleur, la lumière et la
perspective sont caractéristiques. Les visages sont délicats, les corps allongés, les extrémités petites, les doigts longs et fins. Les
femmes sont représentées avec une taille haute et fine mais un ventre rond. En effet, il est à la mode de porter un coussin sur
l'abdomen. Pour la peinture, le grand renouveau vient de l’Italie et des recherches menées par des artistes comme Cavallini,
Cimabue et surtout Giotto, conférant à ses figures une véritable densité psychologique et les insérant dans un espace construit,
traité en perspective, ainsi que Duccio di Buoninsegna. Ces artistes italiens sont les précurseurs de la Renaissance.
Il s'agit sûrement de la première représentation du saint, représenté debout en pied dans toute la
hauteur du tableau, dans une pose hiératique et frontale, avec quelques épisodes
hagiographiques, neuf ans seulement après la mort du saint.
San Francesco e storie della sua vita, église San Francesco, Bonaventura Berlinghieri, 1235
• XVème et XVIème siècle après Jésus Christ : Renaissance (Début des Temps Modernes)
Au début du quinzième siècle, les conditions historiques sont progressivement réunies pour promouvoir ce vaste courant d’idées,
de comportements et de connaissances, connu sous le nom de la « Renaissance italienne ».
Alors qu'au Moyen Âge la création artistique était essentiellement tournée vers la religion chrétienne, la Renaissance artistique
utilise les thèmes humanistes (tolérance, liberté de pensée, paix, éducation visant l'épanouissement de l'individu, etc.) et de la
mythologie antique.
Les cours princières sont les lieux privilégiés de l'épanouissement de la culture renaissante. Dans le domaine artistique, de
nombreux mécènes ont constitué d'importantes collections. Ils appartiennent tous à l'aristocratie du pouvoir (princes, ducs, rois,
pape) et de l'économie (grands marchands qui investissent leur argent dans la production artistique).
L'art baroque est un art qui naît en Italie à la fin du XVIe siècle, il se répand rapidement dans les pays catholiques d’Europe et en
Amérique centrale et du Sud du fait de la colonisation espagnole et portugaise. L'art baroque est un art du mouvement, qui
affectionne les lignes courbes, qui aime les contrastes et les jeux de lumières. C'est un art qui théâtralise. Son but est de
charmer, de surprendre et d'émouvoir. À partir de traits communs il s'est adapté à la sensibilité particulière des pays où il s'est
imposé. Ce style s'est opposé à l'art classique.
L’art baroque est caractérisé par des couleurs riches et profondes, les jeux d’ombres et de lumières intenses. Contrairement à la
peinture de la Renaissance, qui dépeint habituellement un évènement avant qu’il n’ait lieu, les artistes baroques ont une
approche plus dramatique en représentant l’action en train de se produire. L’art baroque est réputé pour évoquer l’émotion et
la passion et non la rationalité et le calme qui se dégage de la peinture de la Renaissance. La peinture baroque s'est manifestée
dans la décoration des murs (fresques) et dans le tableau.
La fresque baroque a systématiquement employé le trompe-l'œil. Celui-ci en donnant de la profondeur donne l'illusion que le
support réel n'existe pas. Tous les sujets sont abordés : mythologie antique, vie des saints catholiques et des souverains. Les
personnages ont le plus souvent une attitude en mouvement qui est renforcée par une profusion de vêtements soulevés ou agités
par le vent. Les perspectives en contrebas ou de bas en haut donnent des effets saisissants.
• Le Romantisme
Le romantisme est le mouvement qui a succédé au grand élan littéraire romantique de la fin du XVIIIe siècle en Europe du Nord
et qui s'est développé dans toute l'Europe et aux Etats-Unis jusque dans les années 1850. S'il ne peut être identifié à un style,
une technique ou une attitude unique, le romantisme, notamment en peinture, affirme cependant son unicité à travers les
thèmes dont il s'inspire : communion avec la nature dans ce qu'elle a de sauvage et de mystérieux, plongée dans l'inconscient,
refus de toute visée moralisante, goût pour l'irrationnel, intérêt porté à l'époque médiévale. Alors que l'art classique ou
néoclassique privilégie la clarté de l'expression et la retenue des émotions, l'art romantique cherche de façon caractéristique à
exprimer par la suggestion, des sentiments intenses, mystiques ou fugitifs.
Il est à considérer comme un trait d'union, une transition, entre le romantisme et l'impressionnisme. C'est une étude approfondie
de la réalité et une représentation authentique. La révolution de 1848 contre la Monarchie de Juillet a des répercussions dans le
domaine artistique : les conventions néoclassiques alors en vigueur sont rejetées et le réalisme s'affirme. Là où le Néoclassicisme
se référait à la pensée antique d'un idéal parfait, équilibré, mesuré, le réalisme veut montrer ce qu'il perçoit de manière
objective. On peut rapprocher cette pensée des avancées techniques qui avaient alors lieu (la Révolution industrielle), mais
aussi de « la mort de Dieu » dont parle Nietzsche : la science prend la place des mythes. Appliquant une méthode dérivée de la
méthode scientifique, l'artiste s'attache alors à représenter ce qu'il voit et non plus des « hauts faits » ou des sujets
mythologiques. Les paysans ou les gens du peuple deviennent ainsi des sujets de tableaux.
Il y a trois peintres fondamentaux : Corot, Courbet et Millet, dont Champfleury défendra l'esthétique.
L’Impressionnisme
L'impressionnisme est une école picturale française, née de l'association de quelques artistes français de la seconde moitié du
XIXe siècle. Fortement critiqué à ses débuts, le mouvement se manifesta notamment, de 1874 à 1886, par huit expositions
publiques à Paris, et marqua la rupture de l'art moderne avec l'académisme. L'impressionnisme est notamment caractérisé par
une tendance à noter les impressions fugitives des phénomènes plutôt que l'aspect stable et conceptuel des choses.
L'impressionnisme eu une grande influence sur l'art de cette époque, la peinture bien sûr, mais aussi la littérature et la musique.
Influencés notamment par le réalisme des œuvres de Gustave Courbet, ces artistes privilégient les couleurs vives, les jeux de
lumière et sont bien plus intéressés par les paysages ou les scènes de la vie de tous les jours que par les grandes batailles du
passé ou les scènes de la Bible. Soudés par les critiques parfois très violentes subies par leurs œuvres, ainsi que par les refus
successifs du Salon de Paris, institution majeure de la peinture de cette époque, ces jeunes artistes commencent à se regrouper
pour peindre et discuter. Parmi ces pionniers, on compte notamment Claude Monet, Edouard Manet, Pierre Auguste Renoir,
Alfred Sisley et Frédéric Bazille, bientôt rejoints par Camille Pissarro, Paul Cézanne et Armand Guillaumin.
Le motif du Parlement de Londres apparaît avec insistance dans l'œuvre de Monet en 1900.
La production londonienne de Monet est dominée par les variations de la lumière et de
l'atmosphère propres au célèbre "fog", le brouillard qui enveloppe la ville, spécialement en
automne et en hiver.
Silhouette irréelle et fantomatique, le Parlement surgit comme une apparition.
L'architecture de pierre semble avoir perdu toute consistance. Ciel et eau sont peints avec
les mêmes tonalités, dominées par le mauve et l'orangé. La touche est systématiquement
fragmentée en de multiples taches colorées, pour rendre la densité de l'atmosphère et de la
brume. Paradoxalement, ces éléments impalpables sont d'autant plus tangibles que le
bâtiment est évanescent, comme dissout dans l'ombre.
En communion avec le mouvement littéraire du même nom qui est particulièrement bien représenté en France (Verlaine,
Rimbaud, Mallarmé, etc.) et en Belgique (Verhaeren, Maeterlinck), le symbolisme, à la charnière du XIXe et du XXe siècle, est un
véritable jalon dans l'évolution de nombre d'artistes vers la modernité, l'abstraction ou le surréalisme. Il se définit
essentiellement par l'idéalisme d'artistes en réaction à un monde trop matérialiste, celui issu des mutations de la révolution
industrielle, voué au progrès technique, à la recherche du profit, aux luttes sociales.
Il convient de rechercher les précurseurs des symbolistes dans les mouvements romantiques anglais (Füssli, Blake), allemand
(Friedrich, Runge), le groupe des nazaréens et celui des préraphaélites (John Everett Millais, William Holman Hunt, F. Madow
Brown, W. Crane, E. Burnes Jones, D. G. Rossetti). Entre 1880 et les premières années du XXe siècle, le symbolisme intéresse
toute l'Europe, jusqu'à la Russie, et atteint les états Unis. En France, les artistes symbolistes les plus représentatifs sont Pierre
Puvis de Chavannes (dont le Pauvre Pêcheur de 1881-Paris, Musée d'Orsay, apparaît comme un véritable manifeste du
mouvement), Gustave Moreau, artiste fasciné par les mondes anciens, véritable créateur de mythologies mystérieuses et
raffinées, grand dessinateur, coloriste subtil, et Odilon Redon, une personnalité complexe dont l'œuvre est particulièrement
diversifiée.
L'huile sur toile de sir John Everett Millais met en image la mort du
personnage Shakespearien Ophelia, dans Hamlet. Ophelia est fille de
Polonius, sœur de Laerte et entretient avec Hamlet une relation d'amour
frustrée ou inaccomplie de par sa mort. Elle tombe d'une branche de
saule cassée dans l'eau, est emportée par le courant en chantant et se
noie. A ses funérailles, on lui jette des fleurs et Hamlet enfin lui déclare
son amour.
Le pointillisme (ou néo-impressionnisme ou divisionnisme) est une technique de peinture issue du mouvement impressionniste
qui consiste à peindre par juxtaposition de petites "taches" de peinture de couleurs primaires (rouge, bleu et jaune) et de
couleurs complémentaires (orange, violet et vert). On perçoit néanmoins des couleurs secondaires, par le mélange optique des
six différents tons seulement. Cette technique est née en France notamment sous l'impulsion de Georges Seurat (1859-1891) puis
de Paul Signac (1863 - 1935), à la fin du XIXe siècle.
• Fauvisme
Le fauvisme est un courant de peinture du début du XXe siècle. Il débuta historiquement à l'automne 1905, lors d'un salon qui
créa un scandale, pour s'achever moins de dix ans plus tard, au début des années 1910. En fait, dès 1908, il est déjà à son
crépuscule. Son influence marqua néanmoins tout l'art du XXe siècle, notamment par la libération de la couleur. Le précurseur
du fauvisme était Henri Matisse, mais d'autres grands artistes, comme André Derain, Maurice de Vlaminck ou encore Georges
Braque en ont fait partie.
Le fauvisme est caractérisé par l'audace et la nouveauté de ses recherches chromatiques. Les peintres avaient recours à de
larges aplats de couleurs violentes, pures et vives, et revendiquaient un art basé sur l'instinct. Ils séparaient la couleur de sa
référence à l'objet afin d'accentuer l'expression et réagissaient de manière provocatrice contre les sensations visuelles et la
douceur de l'impressionnisme. Matisse a dit : « Quand je mets un vert, ça ne veut pas dire de l'herbe; quand je mets un bleu, ça
ne veut pas dire le ciel. »
Le cubisme est un mouvement artistique qui s'est développé de 1907 à 1914, il prend sa source dans une lettre de Cézanne à
Émile Bernard, du 15 avril 1904, de laquelle sera tirée une phrase souvent répétée pour justifier les théories cubistes : « Traitez
la nature par le cylindre, la sphère, le cône, le tout mis en perspective, soit que chaque côté d'un objet, d'un plan, se dirige vers
un point central. »
En 1907, Picasso peint les Demoiselles d’Avignon. C’est le premier tableau cubiste. Les jambes anguleuses et les visages
grimaçants de ces femmes choquent les quelques personnes qui aperçoivent la toile. Mais Pablo Picasso poursuit l’expérience :
les sculptures d’Afrique Noire et d’Océanie, qu’il découvre à Paris, confirment ses recherches et son goût pour la déformation
des volumes. Il est bientôt rejoint par Georges Braque. Les deux hommes et les autres artistes cubistes ne veulent plus peindre
les objets sous un seul angle, mais sous toutes les faces à la fois, comme s’ils étaient mis à plat. Ils utilisent des couleurs
ternes : gris, vert, brun puis, à partir de 1912, des journaux, des papiers imprimés ou de couleur, qu’ils découpent et qu’ils
appliquent sur leurs tableaux et leurs dessins.
Après la Première Guerre mondiale, le mouvement s'essouffle, avant de s'éteindre vers les années 1920.
Le futurisme est un mouvement artistique d’origine italienne, il se développe dans toute l’Europe et même en Amérique du Nord
et en Amérique du Sud. Un poète italien se trouve à sa tête, Filippo Tommaso Marinetti (1876-1944). Il admire le progrès et
annonce ce que doit être l’art du futur : l’art de la vitesse, du bruit et de la force. Les études de mouvement du photographe
Eadweard Muybridge (1830-1904) intéressent les futuristes. Ces images, regroupées par série sur de grandes planches, montrant
le mouvement, précédent de peu l’invention du cinéma.
Dans les arts plastiques, l'art abstrait est un « langage visuel » né au XXe siècle. Il n'essaie pas de représenter « les apparences
visibles du monde extérieur » mais tente de donner une contraction du réel ou encore d'en souligner les « déchirures ». L'art
abstrait peut se passer de modèle et s'affranchit de la fidélité à la réalité visuelle et ainsi des créations plastiques mimétiques. Il
ne représente pas des sujets ou des objets du monde naturel, réel ou imaginaire, mais seulement des formes et des couleurs
pour elles-mêmes.
Le peintre Vassily Kandinsky est considéré comme le fondateur et le théoricien de l'art abstrait. Il a peint sa première aquarelle
abstraite Sans titre en 1910 (en réalité elle est antidatée). Selon le philosophe Michel Henry, « Kandinsky appelle abstrait le
contenu que la peinture doit exprimer, soit cette vie invisible que nous sommes ».
De nombreux artistes ont participé à ce mouvement, on peut notamment citer : Piet Mondrian, Frank Kupka, Kasimir Malevitch,
Robert Delaunay, Theo Van Doesburg, Franz Kline, Serge Poliakof, Pierre Soulages, Joan Miró, Paul Klee,...
Toile de la période du Bauhaus que les Kandinsky avaient accrochée dans leur salle à
manger de Dessau, Auf Weiss II reprend une œuvre de 1920 et son thème des diagonales
qui se croisent. Mais elle rappelle aussi certaines peintures des années 10 qui donnaient
à voir des affrontements d’éléments picturaux, des gigantomachies de lignes et de
couleurs, comme des événements qui se déroulaient sur la toile.
Ici on assiste à la tension entre deux diagonales émanant d’un fond presque carré dont
le blanc donne son titre au tableau.
Roue de bicyclette est une œuvre de l'artiste Marcel Duchamp, créée à Paris en 1913. Composée de métal et
de bois peint, il s'agit d'une roue de bicyclette (sans pneu) fixée par sa fourche sur un tabouret en bois.
L'œuvre originale fut perdue, et Marcel Duchamp créa des répliques au début des années 1960. Utilisant des
objets manufacturés, il a créé ainsi le premier ready-made, dans une approche qui consiste à détourner des
objets manufacturés pour en faire des œuvres d'art, ce qui a donné naissance à nombre de démarches
artistiques actuelles. Par l'intégration du mouvement (la roue peut tourner), Roue de bicyclette est également
considérée comme l'une des premières œuvres de l'art cinétique, et renvoie à des travaux antérieurs de
l'artiste sur le mouvement et sa décomposition (Nu descendant un escalier).
L'expressionnisme est un mouvement artistique apparu au début du XXe siècle, en Europe du Nord, particulièrement en
Allemagne. Il a touché de multiples domaines artistiques : la peinture, l'architecture, la littérature, le théâtre, le cinéma, la
musique, etc. Survivant jusqu'à l'avènement du régime nazi, l'expressionnisme est condamné par celui-ci qui le considère comme
« dégénéré ».
L'expressionnisme est la projection d'une subjectivité qui tend à déformer la réalité pour inspirer au spectateur une réaction
émotionnelle. Les représentations sont souvent fondées sur des visions angoissantes, déformant et stylisant la réalité pour
atteindre la plus grande intensité expressive. Celles-ci sont le reflet de la vision pessimiste que les expressionnistes ont de leur
époque, hantée par la menace de la Première Guerre mondiale. Les œuvres expressionnistes mettent souvent en scène des
symboles, influencées par la psychanalyse naissante et les recherches du symbolisme.
Pour autant l'expressionnisme n'est pas vraiment un mouvement ou une école mais davantage une réaction contre l'académisme
et la société. Les artistes expressionnistes resteront souvent isolés. On peut notamment citer : Otto Dix, Vassily Kandinsky, Oskar
Kokoschka, Franz Marc, Edvard Munch, Emil Nolde, Egon Schiele, Chaïm Soutine, Maurice Rodier, Georges Rouault, Vincent Van
Gogh,...
Thème déjà abordé à Arles en 1888 (musée d'Orsay, Paris), la Nuit étoilée de
Saint-Rémy, peinte sur le motif, atteint une stylisation extrême où le tourbillon de
la touche et de la ligne emporte les cyprès, les collines, les étoiles et, au milieu,
le village. La nature est représentée comme une puissance cosmique où l'homme
s'engage physiquement, presque convulsivement, « jusqu'à l'extrême point où le
vertige est inévitable » (lettre de Théo à Vincent). La force symbolique de l'image
tient à cette condensation physique et mentale, à la fois réfléchie et inspirée, de
l'artiste dans le paysage provençal.
Important courant de l'abstraction qui se développe à partir de 1913 environ sur la base du cubisme et du futurisme utilisant
exclusivement des éléments géométriques comme le cercle le rectangle ou la ligne droite. L’interaction des formes crée une
tension à l'intérieur du tableau. Le but de l'art constructiviste est d'exclure de l'œuvre le réel et les référencés au réel, afin
d'accéder à une autre forme de réédité esthétique. Le courant ne se limite pas aux arts plastiques ; il implique également
l'adhésion à l'évolution de la technique moderne et englobe tous les domaines de l'existence architecture, mode, design. Les
premiers constructivistes sont Malevitch, Rodchenko en Russie. Indépendamment des constructivistes Russes, se forme en
Hollande le groupe De Stijl dominé par Mondrian. Le constructivisme s'étend en Europe et gagne les États-Unis après la seconde
guerre mondiale.
A partir des années 20, l'idée constructiviste inspire l'architecture, la sculpture, les arts appliqués. Elle favorise le
développement du "design", posera les bases de la typographie moderne et fait découvrir la technique du photomontage.
La tour de Tatline, chef d'œuvre de l'art constructiviste, devait être construite à partir de
matériaux industriels : fer, verre et acier. Elle était censée être un symbole de la modernité,
tant dans sa forme et les matériaux la constituant que dans sa fonction, et par sa taille (400
mètres), rapetisser la Tour Eiffel de Paris. La principale forme de cette tour était une double
hélice, développée en spirale, que les visiteurs auraient pu parcourir par l'intermédiaire de
dispositifs mécaniques variés. La cadre principal aurait contenu trois énormes structures
géométriques en rotation. Au pied de la tour se serait trouvé un cube faisant office de salle de
conférences et de meetings politiques, et effectuant une rotation sur lui-même en un an. Des
plans d'installation d'un écran géant à ciel ouvert sur le cylindre furent également dessinés,
ainsi que ceux d'un projecteur affichant des messages dans les nuages.
Bien qu'il ait été envisagé de construire la Tour Tatline, le monument ne fut jamais entrepris.
La Guerre Civile fit en effet irruption, et le coût élevé ainsi que le manque de temps et de
matériel empêchèrent Tatline de réaliser son œuvre.
Le pop art est un mouvement qui trouve son origine en Angleterre au milieu des années 1950, sous l'impulsion de Richard
Hamilton et Eduardo Paolozzi.
Un peu plus tard, au tout début des années 1960, c'est au tour du Pop art américain d'émerger avec Andy Warhol, Roy
Lichtenstein, David Hockney, Robert Rauschenberg ou encore Jasper Johns. C'est surtout la branche américaine qui va
populariser ce courant artistique devenu majeur, en requestionnant la consommation de masse de façon plus agressive. Il s'agit
principalement de présenter l'art comme un simple produit à consommer : éphémère, jetable, bon marché...
CyberMuse jeunes
[Link]
Le site Cybermuse propose aux enfants une approche ludique de l’histoire de l’art à travers de nombreux jeux d’observation. Un
site très complet, d’une grande qualité et accessible à différents niveaux. (Maternelle - Primaire – Collège)
Fondation Bemberg
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Ce site invite petits et grands à découvrir un univers ludique qui favorise leur éveil créatif, forge leur culture artistique et
complète efficacement la confrontation à l'œuvre réelle. Mis en situation de jeu, vous pouvez tester vos connaissances,
préparer, compléter ou approfondir votre visite au musée, aiguiser votre sensibilité... La découverte en s’amusant de l'histoire
de la peinture, les différents tableaux et les techniques des grands maîtres grâce aux jeux interactifs et éducatifs. Depuis 1996,
le service éducatif de la fondation Bemberg de Toulouse propose des approches spécifiques et répond, en cela, aux attentes des
enfants et des parents, des scolaires et des enseignants. (Primaire – Collège)
Jackson Pollock
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Un site simplement pour dessiner à la souris à la manière de Pollock : un clic pour changer de couleur et de jolies créations
apparaissent. (Maternelle - Primaire – Collège)
Jean Arp
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La découverte des œuvres dans un univers coloré à travers un jeu en Flash. (Primaire)
D’art d’art
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On retrouve les dernières vidéos de l'émission qui explique et analyse en quelques minutes une œuvre d'art. (Primaire – Collège)
Decod’art
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Pour comprendre l'art en découvrant des œuvres au travers d'un nouveau thème chaque trimestre : Pierrot, les lumières dans la
nuit, la Joconde, Arcimboldo. Dans chaque numéro : des détails de tableaux, des jeux, des quizz et de nombreuses informations
et animations. (Primaire –Collège)
Dragons et compagnie
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A la découverte de l'art asiatique du musée Guimet en cliquant sur les écailles du dragon : jeux, activités, découvertes et
voyages. (Primaire – Collège)
- Malevitch, l’homme qui court / Sophie Curtil. – Centre Georges Pompidou, 1996. –
32 p. - ISBN 2-85850-865-8 : 12,20 €
Au fil des pages, une succession de trente carrés. Les gros plans rendent sensible la matière peinte,
vivement colorée, et révèlent l'accord parfait entre géométrie et symbolique des motifs : lignes
verticales des croix et des épées, bandes horizontales défilant sous les pieds de L'homme qui court. Le
titre se répète et se recompose : L'Homme - qui - court - Qui - Court - L' - Homme,... évoque par son
rythme le halètement de cet homme en fuite. (Maternelle - Primaire)
- Le Musée de l’art pour les enfants, vol. 2/ Amanda Renshaw. – Phaidon, 2007. –
79 p. – ISBN 978-0-7148-9728-8 : 19,95 €
Ce second volume continue de stimuler l'esprit et la créativité des enfants en présentant le travail de 30
artistes de toutes les époques et de tous les genres. Par le jeu, des anecdotes ou des devinettes, les
jeunes lecteurs découvrent progressivement l'univers des artistes et se familiarisent avec l'histoire de
l'art. (Maternelle - Primaire)
- Niki de Saint Phalle, la fée des couleurs / Claire Merleau-Ponty ; Nestor Salas. –
Réunion des Musées nationaux, 2008. – 41 p. – ISBN 978-2-7118-5479-0 : 9 €
Les jeunes lecteurs retrouveront Pictor, le petit personnage de l'illustrateur N. Salas, qui visite avec
espièglerie et humour l'univers de Niki de Saint Phalle. Une manière d'aborder l'univers du peintre.
(Maternelle - Primaire)
- Pablo Picasso / Anne Cortey. - Réunion des Musées nationaux, 2007. – 29 p. – ISBN
978-2-218-75365-7 : 19,50 €
Un livre animé pour découvrir de façon originale l'œuvre de Pablo Picasso. Les astucieuses
manipulations proposées dans l'ouvrage invitent à jouer avec les tableaux. A la fin, une pochette
surprise permet de créer, à la manière de l'artiste, une nouvelle couverture à glisser dans le petit
tiroir. (Maternelle - Primaire)
Généralités
L’organisation d’animations dans votre bibliothèque est un moyen efficace pour mettre en valeur votre fonds et sensibiliser peu
à peu les plus jeunes comme les adultes à la culture sous toutes ses formes en leur faisant découvrir des documents de qualité.
• Pour qui ?
Il existe de nombreuses possibilités en matière d’animations, il est cependant nécessaire de prendre en compte les besoins du
public.
Les pistes d’animation autour de l’histoire de l’art proposées dans cette malle s’adressent surtout aux enfants de primaire et
maternelle. Pour le bon déroulement de ces animations, il est indispensable d’évaluer vos capacités d’accueil, tant par le
nombre de personnes réalisant l’animation, que par l’espace disponible pour accueillir cet évènement. Selon la nature de
l’animation, l’accueil des enfants par petits groupes permet un travail plus efficace.
• Quand ?
Pour le bon fonctionnement des animations, il est important de mettre en place un programme d’animation en fonction des
horaires de disponibilité des publics visés. En ce qui concerne les accueils tous publics, il est nécessaire de communiquer autour
de l’évènement environ trois semaines à l’avance. Des affiches et signets pourront être collés dans la bibliothèque, chez les
commerçants, à l’école, à la mairie. Ces outils de communication devront contenir les informations indispensables : titre de
l’évènement, lieu, date, heure, principaux centres d’intérêt. Par ailleurs, il est aussi possible de passer une annonce dans le
journal de la commune ou la presse locale. En ce qui concerne l’accueil de classe, il est important de planifier les rencontres
avec l’équipe pédagogique (hebdomadaires, mensuelles, …).
• Quoi ?
Dans le cadre des accueils de classe, il est important que les partenaires se mettent d’accord sur les objectifs et le contenu de
l’évènement. Lors des animations, la présence des enseignants est recommandée car ils connaissent bien les enfants, leurs
difficultés (problèmes de discipline, timidité, …). Ils doivent autant que possible s’impliquer pour le bon déroulement de
l’évènement.
• Où ?
Pour que l’évènement soit réussi, il est nécessaire d’évaluer ses besoins en terme d’espace et de mobilier (selon le type
d’animation choisie : espace de lecture, salle de projection, salle de spectacle, espace d’exposition, espace de travail, tables,
chaises, coussins, lutrins, …).
QUELQUES PISTES D’ANIMATION
• Appréhender l’objet livre
Cette activité a pour but de sensibiliser l’enfant au livre et de lui permettre de mieux le repérer et l’identifier dans la
bibliothèque.
Qu’est-ce qu’un livre ? De quoi est-il composé (première de couverture, pages de garde, …) ? Quels formats ? Qu’est-ce qu’un
auteur ? Qu’est-ce qu’un illustrateur ? Qu’est-ce qu’un éditeur ? Qu’est-ce qu’une collection ? Quels sont les différents genres
(fictions, documentaires, …) ?
• Les dominos
Pour mettre en pratique les connaissances acquises lors de l’activité précédente, vous pouvez utiliser le jeu des dominos. Cette
activité est basée sur le même principe que le jeu sauf que les dominos sont des livres. Il s’agit d’associer bout à bout des
ouvrages ayant des points communs.
Exemples de points communs : auteur, illustrateur, éditeur, collection, thème, …
Vous pouvez réaliser cette activité avec une sélection de plusieurs illustrateurs jeunesse.
Pour cette animation vous pouvez soit faire au préalable une sélection d’une cinquantaine de livres, soit laisser les enfants
choisir les livres dans les rayonnages, afin de développer leur autonomie dans la bibliothèque.
Pour cette activité, il s’agit d’entrer dans l’univers de l’art en collectant des œuvres et leurs titres. Cette collecte peut se faire
de différentes manières : autour de la sculpture, de peintures, … Il s’agit de mélanger les illustrations et les textes et de faire
retrouver aux enfants les correspondances.
Dans le cadre des associations texte/image, vous pouvez aussi mettre en parallèle les titres de livres et les premières de
couverture.
• Parler d’un artiste que l’on aime
Cette activité permet de développer le sens critique des enfants face à l’art. Il s’agit de prêter une sélection de livres pour une
semaine, chaque enfant choisit le livre de l’artiste qu’il a préféré. Il doit noter les mots difficiles, s’il y a lieu, et en chercher la
définition. Il doit par ailleurs choisir son œuvre préférée et la « recopier » à sa manière.
• Les énigmes
Afin de développer la curiosité des lecteurs et leur autonomie dans la bibliothèque, vous pouvez proposer des énigmes autour
d’un livre choisi. Vous donnez des indices sur des morceaux de papier afin que chaque enfant ait un livre à retrouver dans la
bibliothèque.
Exemple : « à la page …, on trouve un tableau qui représente … », « le prénom de l’artiste est… », « il n’y a que …lettres
dans le titre », « sa cote est… », …
A la fin de ce jeu vous proposez au enfant d’emprunter les livres afin qu’ils découvrent leur contenu.
• L’abécédaire
Chacune des lettres ouvre sur un univers, un univers de mots, d’idées, d’images… Chaque lettre est une clef ; elles seront donc
tournées, torturées, étirées, scarifiées ou confinées par les enfants du groupe, afin d’entrevoir ce qu’il peut y avoir derrière.
Les enfants choisissent chacun une lettre. L’alphabet est ensuite décliné en un livre — l’abécédaire — qui montre chaque lettre
dans sa forme, son aspect plastique (par le dessin, la photographie, le collage…) et en donne son sens, sa forme « littéraire »
(suite de mots, description ou petite histoire autour de chaque lettre). Le tout pourra constituer un ouvrage relié.
Il s’agit d’un travail de groupe : l’approche de chacun doit être prise en compte, avec ses particularités et objectivités, afin
d’obtenir un travail collectif plus riche. Chacun peut s’exprimer avec des images — dans la réalisation plastique de l’alphabet —
et avec des idées et des mots — pour raconter l’histoire des lettres, leurs particularités réelles ou imaginaires — dans une
approche aussi libre que rigoureuse.
• L’imagier des formes
À l'aide de photos prises par les enfants, de magazines, de papiers, de crayons, de ciseaux, les enfants vont créer eux-mêmes
leurs propres imagiers. Les enfants pourront classer par forme les œuvres dont ils souhaitent faire l’imagier.
Voici quelques pistes :
- imagiers des sculptures
- imagier des masques africains
- imagier d'un objet en particulier et de ses différentes représentations dans l’art (par exemple : les chaises, les chapeaux...).
Vous pourrez au préalable faire une sélection de livres d’art où les enfants pourront chercher les portes, les tables, …
Sur le même principe que l’imagier des formes, les enfants pourront collecter des images d’œuvres d’une seule couleur. Ils
pourront aussi réaliser des dessins de ces œuvres mais toujours d’une seule couleur.
La réalisation personnelle d'imagiers va permettre aux enfants de regarder le monde plus attentivement et de nommer les
choses et les objets plus précisément. Certains imagiers réalisés pourront être traduits, dans une autre langue, et on obtiendra
ainsi des imagiers bilingues.
Le jeu de Memory est un jeu de cartes qui fait appel à la mémoire. On peut y jouer à 2 ou à plusieurs. Pour commencer une
partie, on pose toutes les cartes faces cachées sur une table. Le but est de retrouver les paires en ne retournant que deux cartes
à la fois. Chaque joueur tour à tour retourne deux cartes de son choix. S'il obtient les mêmes motifs il remporte les deux cartes
puis rejoue. S'il se trompe, il retourne les cartes faces cachées exactement au même endroit, et c'est au tour du joueur suivant.
Le gagnant de la partie est celui qui a remporté le plus de cartes.
POUR ALLER PLUS LOIN
Afin de réaliser des ateliers de découvertes des arts plastiques, nous vous proposons de puiser des idées dans les quatre livres
présentés ci-dessous. Ils recèlent d’activités simples à mettre en œuvre. Ces documents s’adressent à un public adulte, ce sont
des ouvrages réalisés par des enseignants ou des spécialistes des activités pédagogiques pour enfants. Ils ont pour but de vous
aider à mettre en place de façon très simple des ateliers avec vos jeunes lecteurs.
Cet ouvrage présente les techniques "classiques" (utilisation des crayons, des feutres, des différentes
sortes de peintures…) et des suggestions plus originales telles que l'utilisation de collage de tissus, de
sable, d'une paille… Un ouvrage complet sur les techniques d'expression picturales. (Adulte)
- Le grand livre des couleurs / Zique et Nano. - Casterman, 2007. (Les grands livres.
Activités 3-6 ans). - ISBN 978-2-203-00212-8 : 14.50 €
Faire découvrir les arts plastiques dès la maternelle est toujours une gageure. Comment montrer des
exemples sans brider la créativité naissante ? Comment offrir des apprentissages de base afin que l'enfant se
les approprie de manière rigoureuse mais personnelle ? Cet ouvrage propose des idées pour faire voir le
monde en couleur aux petits. Les projets présentés, abordés par un angle contemporain, posent des
questions étonnantes sur notre manière de percevoir la réalité et de la recréer. De nombreuses références à
l'histoire de l'art enrichissent le propos. L'enfant maîtrisera ainsi rapidement les couleurs primaires et leurs
potentialités, les couleurs secondaires et leur complexité. (Adulte)
Bibliothèque départementale des Yvelines