CORRIGÉ CNM TSI 2002 - MATHS 1
I. Transformation d’Abel
I.1. a) Immédiat.
b) On peut poser B−1 = 0, de sorte que la relation bn = Bn − Bn−1 est encore vraie pour n = 0.
Soit n ∈ N∗ ; on calcule :
n
X n
X n
X n
X n
X n
X
ak b k = ak (Bk − Bk−1 ) = ak Bk − ak Bk−1 = ak Bk − ak Bk−1 (car B−1 = 0)
k=0 k=0 k=0 k=0 k=0 k=1
Xn n−1
X
= ak Bk − ak+1 Bk (changement d’indice k ′ = k − 1 dans la 2e somme)
k=0 k=0
n−1
X n−1
X n−1
X
= an Bn + ak Bk − ak+1 Bk = an Bn + (ak − ak+1 )Bk .
k=0 k=0 k=0
I.2. a) Il s’agit d’un résultat du cours de Sup (à redémontrer le jour du concours, en revenant à la définition
de la limite ou en utilisant le théorème des gendarmes).
b) On suppose la suite (Bn )n∈N bornée ; il existe donc un réel B tel que, pour tout n ∈ N on a : |Bn | 6 B.
P
Par suite : ∀n ∈ N, |(an − an+1 )Bn | 6 B |an − an+1 |. La série |an − an+1 | étant convergente
par hypothèse,
P les théorèmes de comparaison des séries à termes positifs assurent la convergence
de
P la série |(a n − a n+1 )Bn |, c’est-à-dire l’absolue convergence, et donc la convergence, de la série
(an − an+1 )Bn .
n−1
X
Cela signifie que lim (ak − ak+1 )Bk existe. Puisque lim an Bn = 0, la relation démontrée en
n→+∞ n→+∞
k=0
n
X
1.b montre que lim ak bk existe, c’est-à-dire que la série de terme général an bn converge.
n→+∞
k=0
I.3. Supposons la suite (an )n∈N décroissante de limite nulle. Alors :
n
X n
X
|ak − ak+1 | = (ak − ak+1 ) = a0 − an+1 −→ a0 ,
n→+∞
k=0 k=0
P
c’est-à-dire que la série |an − an+1 | converge.
Les hypothèses de la question précédente sont donc vérifiées, donc la série de terme général an bn converge.
I.4. Supposons la suite (an )n∈N décroissante de limite nulle. Si l’on pose bn = (−1)n pour tout n, alors
Xn
Bn = bk = 0 ou 1 selon la parité de n, donc la suite (Bn )n∈N est bornée. D’après la question
k=0 P
précédente, la série an bn converge.
On a donc démontré le critère spécial sur les séries alternée :
P
Si la suite (an )n∈N est décroissante de limite nulle, la série (−1)n an est convergente.
(Notez que (an )n∈N décroissante de limite nulle implique an > 0 pour tout n !)
II. Application à l’étude d’une série trigonométrique
II.1. Le calcul est classique, et a déjà été fait maintes fois depuis la Sup...
Si x est un réel n’appartenant pas à 2πZ, alors eix 6= 1 et les formules bien connues sur les suites
géométriques donnent :
n
X 1 − einx
Cn (x) + iSn (x) = eikx = eix
1 − eix
k=1
n n
n
ei 2 x e−i 2 x − ei 2 x
n n
n+1 −2i sin
2 x n+1 sin 2 x
= eix x = ei 2 x x = ei 2 x
x ,
ei 2 e−i 2 − ei 2
x x
−2i sin 2 sin 2
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d’où en séparant partie réelle et imaginaire :
1
−x
2n+1
cos n+12 x sin
n
2 x 2 sin 2 + sin 2 x 1 sin n + 12 x
Cn (x) = x
= =− +
sin 2 sin x2 2 2 sin x2
et
n+1 n
sin 2 x sin 2x
Sn (x) = x
·
sin 2
1
II.2. On a donc, pour x ∈ R \ 2πZ fixé, |Sn (x)| 6 x , c’est-à-dire que la suite Sn (x) n∈N est bornée.
sin 2
1
En appliquant alors le résultat de la question I.3. avec an = pour n > 1 (la valeur de a0 importe
n
X sin nx
peu) et bn = sin nx, on obtient que la série trigonométrique converge lorsque x ∈
/ 2πZ. Et
n
n>1
puisqu’elle converge aussi lorsque x ∈ 2πZ (sin nx = 0 pour tout n), on peut donc définir
+∞
X sin nx
∀x ∈ R, f (x) = ·
n=1
n
N
X sin nx
II.3. a) Posons pour x ∈ R et N > 1 : fN (x) = ·
n=1
n
Alors fN est impaire donc :
∀x ∈ R, f (−x) = lim fN (−x) = lim −fN (x) = −f (x) ,
N →+∞ N →+∞
donc f est impaire.
On montre de la même façon que, puisque les fN sont 2π-périodiques, il en est de même de f .
b) Pour x ∈ ]0 ; π[ on a, en utilisant un résultat de la question II.1, et puisque la fonction t 7→
sin n + 21 t
est continue sur ]0 ; π[ :
2 sin 2t
Z π Z π Z π
sin n + 21 t dt
dt = + Cn (t) dt
x 2 sin 2t x 2 x
Z πX n n
π−x π − x X sin kx
= + cos kt dt = −
2 x 2 k
k=1 k=1
ce qui est l’égalité demandée.
1
II.4. a) Puisque x ∈ ]0 ; π[, l’intervalle [x ; π] est inclus dans ]0 ; π[ donc la fonction h : t 7→ est de
sin 2t
classe C ∞ sur cet intervalle ; h′ étant continue sur le segment [x ; π] y est bornée.
b) Une intégration par parties (les fonctions considérées étant toutes de classe C 1 sur [0 ; π]) donne
immédiatement :
Z π π Z π
−1 1
h(t) sin n + 12 t dt = 1 cos n + 1
2 t h(t) + 1 h′ (t) cos n + 12 t dt
x |{z} | {z } n+ 2 x
n+ 2 x
u(t) v ′ (t)
Z π
1 1
= 1 cos n+ 1
2 x h(x) + 1 h′ (t) cos n + 1
2 t dt ,
n+ 2 n+ 2 x
ce qui est l’égalité demandée.
c) On en déduit :
Z π Z π
2
1 1
|h′ (t)| cos n + 1
h(t) sin n + 2 t dt 6 cos n+ 2 x |h(x)| + 2 t dt
x 2n + 1 | {z } x | {z } | {z }
61 6kh′ k∞ 61
2
6 (|h(x)| + |π − x| kh′ k∞ ) ,
2n + 1
Z π
ce qui implique, par le théorème des gendarmes : lim h(t) sin n + 12 t dt = 0.
n→+∞ x
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Remarque : nous venons de redémontrer, dans un cas particulier, le fameux lemme de Lebesgue.
d) On déduit alors de la question précédente et de la question II.3.b, pour tout x ∈ ]0 ; π[ :
n
X sin kx π−x
f (x) = lim = ·
n→+∞ k 2
k=1
Cette égalité est encore vraie évidemment pour x = π.
Si x appartient à ]π ; 2π[ on a x − 2π ∈ ]−π ; 0[ et 2π − x ∈ ]0 ; π[, donc, h étant 2π-périodique et
impaire :
π − (2π − x) π−x
f (x) = f (x − 2π) = −f (2π − x) = − = ,
2 2
donc l’égalité est finalement vraie pour x ∈ ]0 ; 2π[.
III. Une majoration uniforme des sommes partielles
III.1. a)
n n n n
X sin px X Sp (x) − Sp−1 (x) X Sp (x) X Sp−1 (x)
= = −
p=m+1
p p=m+1
p p=m+1
p p=m+1
p
n n−1
" n−1
# " n−1 #
X Sp (x) X Sp (x) Sn (x) X Sp (x) X Sp (x) Sm (x)
= − = + − +
p=m+1
p p=m
p+1 n p=m+1
p p=m+1
p+1 m+1
n−1
Sn (x) X 1 1 Sm (x)
= + Sp (x) − − ·
n p=m+1
p p + 1 m+1
b) On remarque déjà que, pour x ∈ ]0 ; 2π[ et pour tout n ∈ N∗ ,
sin n+12 x sin
n
2 x 1 1
|Sn (x)| = x
6 x
= ·
sin 2 sin 2 sin x2
On déduit alors de la relation précédente et de l’inégalité triangulaire :
n n−1
X sin px Sn (x) X 1 1 Sm (x)
6 + |Sp (x)| − +
p=m+1
p n p=m+1
p p + 1 m+1
| {z }
>0
n−1 !
1 1 X1 1 1
6 + − +
sin x2 n p=m+1 p p + 1 m+1
1 1 1 1 1 2
6 x
+ − + = x
·
sin 2 n m+1 n m+1 (m + 1) sin 2
En faisant tendre n vers +∞, puisque la série converge (cf. II.2), on obtient :
+∞
X sin px 2
6 x
·
p=m+1
p (m + 1) sin 2
III.2. a) Par définition de k = E πx on a kx 6 π donc pour tout p ∈ J1 ; kK, sin(px) > 0.
D’autre part, on sait que pour tout X > 0 on a sin X 6 X donc pour tout p ∈ J1 ; kK, sin(px) 6 px.
Tout cela combiné donne l’inégalité demandée.
2
b) Inégalité classique : il suffit d’étudier sur 0 ; π2 la fonction ϕ : θ 7→ sin θ − θ. On obtient sans peine
π
le tableau de variations suivant :
θ 0 arccos π2 π
2
?
0% &0
ϕ(θ)
qui montre que ϕ(θ) > 0 sur 0 ; π2 .
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x
c) D’après l’inégalité obtenue en III.1.b et le résultat précédent (puisque 2 ∈ 0 ; π2 ), on a :
n
X sin px 2 2 2π
6 6 = <2
p=k+1
p (k + 1) sin x
2 (k + 1) π2 x2 (k + 1)x
π
puisque par définition de la partie entière on a k 6 < k + 1.
x
III.3. En combinant les résultats des deux questions précédentes on a :
n k n
X sin px X sin px X sin px
∀x ∈ ]0 ; π], 6 + 6 2+π,
p=1
p p=1
p p
p=k
n
X sin px
et le résultat demeure vrai pour x ∈ R puisque la fonction x 7→ est π-périodique.
p=1
p
IV. Calcul de la somme d’une série
IV.1. Notons E l’espace vectoriel des fonctions continues sur R et 2π-périodiques. On peut munir E d’un
produit scalaire par : Z
1 2π
∀(f, g) ∈ E 2 , hf | gi = f (t)g(t) dt
π 0
(vérification aisée, c’est d’ailleurs un résultat du cours).
Pour ce produit scalaire, il est facile de voir que la famille des fonction sn : t 7→ sin(nt) pour n > 1 est
orthonormale ; en effet, si n 6= m on a
Z Z 2π
1 2π 1
hsn | sm i = sin(nt) sin(mt) dt = cos(n − m)t − cos(n + m)t dt
π 0 2π 0
2π
1 sin(n − m)t sin(n + m)t
= − = 0,
2π n−m n+m 0
et si n = m : Z Z
2π 2π
1 1 1 − cos(2nt)
ksn k2 = sin2 (nt) dt = dt = 1 .
π 0 π 0 2
L’inégalité de Bessel donne alors, pour toute fonction g ∈ E et tout n ∈ N∗ :
n
X n
X 2
b2k = hg | sk i 6 kgk2
k=1 k=1
n
X 2 2
(en effet, hg | sk i est égal à kp(g)k où p est la projection orthogonale sur Vect(s1 , . . . , sn ), et il est
k=1
bien connu que kp(g)k 6 kgk).
X
Les sommes partielles de la série à termes positifs b2n étant majorées, cette série est convergente.
n>1
IV.2. On connaı̂t l’inégalité :
∀(a, b) ∈ R2 , 2ab 6 a2 + b2 .
On aura donc :
bn 1 1
∀n ∈ N∗ , 6 b2n + 2 ·
n 2 n
X X 1
Les séries b2n et étant convergentes, les théorèmes de comparaison des séries à termes positifs
n2
n>1 n>1
bn
assurent la convergence de la série de terme général ·
n
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IV.3. a) Il suffit de remplacer bp par sa valeur pour obtenir la relation demandée.
n
X bp
b) Là encore, la relation demandée est immédiate en remplaçant simplement par la valeur donnée
p=1
p
dans la question précédente.
IV.4. a)
Z n
! Z n
!
δ δ
1 X sin(pt) 1 X sin(pt)
f (t) − g(t) dt 6 |f (t)| + |g(t)| dt .
π 0 p=1
p π 0 p=1
p
n
π−t π X sin(pt)
Or pour t ∈ [0 ; π[, |f (t)| = 6 et 6 2 + π d’après III.3 et enfin |g(t)| 6 M
2 2 p=1
p
d’où l’on obtient :
Z n
!
δ
1 X sin(pt) 1 π ε
f (t) − g(t) dt 6 δ(2 + π + )M 6 ·
π 0 p=1
p π 2 3
L’autre inégalité se démontre exactement de la même manière.
b)
Z n
! Z +∞
2π−δ 2π−δ
1 X sin(pt) 1 X sin(pt)
f (t) − g(t) dt 6 |g(t)| dt
π δ p=1
p π δ p=n+1
p
Z 2π−δ
1 2
6 M dt (d’après III.1.b)
δπ (n + 1) sin 2t
1 2(2π − 2δ)M 4M
6 δ
6 ,
π (n + 1) sin 2 (n + 1) sin 2δ
t t
δ
puisque si t ∈ [δ ; 2π − δ], 2 ∈ ]0 ; π[ d’où sin 2 > sin 2 > 0.
4M ε
c) On peut choisir n0 tel que pour tout n > n0 on ait δ
6 puisque cette expression tend
(n + 1) sin 2
3
vers 0 quand n → +∞.
En combinant les 3 inégalités précédentes, on obtient alors :
Z n
!
2π
1 X sin(pt)
∀n > n0 , f (t) − g(t) dt 6 ε.
π 0 p=1
p
Cela signifie que :
Z n
! Z
2π 2π
1 X sin(pt) 1
lim g(t) dt = f (t)g(t) dt ,
n→+∞ π 0 p π 0
p=1
ou encore :
n Z 2π
X bp 1
lim = f (t)g(t) dt ,
n→+∞
p=1
p π 0
ce qu’il fallait démontrer.
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