**Affaire Ahmadou Sadio Diallo (Guinée c.
République Démocratique du
Congo) – Résumé de l'arrêt de 2007**
**Contexte**
La Guinée a saisi la Cour internationale de Justice (CIJ) concernant
l'arrestation, la détention et l'expulsion en 1996 de M. Ahmadou Sadio
Diallo, ressortissant guinéen résidant en RDC. La Guinée invoquait des
violations de ses droits individuels, de ses droits en tant qu'associé de
deux sociétés congolaises (Africom-Zaïre et Africontainers-Zaïre), et
réclamait une protection "par substitution" pour les droits de ces sociétés.
**Exceptions préliminaires de la RDC**
La RDC contestait la recevabilité de la requête sur deux bases :
1. **Absence de qualité de la Guinée** : La Guinée ne pouvait protéger les
droits des sociétés (de nationalité congolaise) ni agir "par substitution".
2. **Non-épuisement des recours internes** : M. Diallo n'avait pas épuisé
les voies de recours locales avant de saisir la CIJ.
**Décision de la CIJ**
1. **Compétence**
La CIJ a confirmé sa compétence fondée sur les déclarations des parties
au titre de l'article 36 de son Statut.
2. **Recevabilité des demandes**
- **Droits individuels de M. Diallo** :
- La CIJ a rejeté l'exception de non-épuisement des recours. L'expulsion,
qualifiée de "refoulement" par les autorités congolaises, ne permettait
aucun recours en droit local. La requête était donc recevable sur ce point.
- **Droits propres de M. Diallo en tant qu'associé** :
- La CIJ a reconnu à la Guinée le droit de protéger les droits directs de
M. Diallo (ex. gestion des sociétés). L'exception de la RDC a été rejetée,
car aucune voie de recours spécifique contre ces violations n'était
identifiée.
- **Protection "par substitution" des sociétés** :
- La CIJ a jugé irrecevable cette demande. Le droit international
coutumier ne permet pas à un État de protéger les actionnaires d'une
société étrangère, sauf si la création locale était imposée (non démontré
ici). Les sociétés, de nationalité congolaise, relèvent de la protection
diplomatique de la RDC.
3. **Vote**
- Les points relatifs aux droits individuels et d'associé ont été approuvés
à l'unanimité ou par 14 voix contre 1.
- La protection "par substitution" a été rejetée par 14 voix contre 1, le
juge ad hoc Mahiou exprimant un désaccord.
**Opinions séparées**
- **Juge Mahiou** : A estimé que la CIJ aurait dû considérer l'obligation
légale de constituer les sociétés en RDC, justifiant une exception à la règle
de substitution.
- **Juge Mampuya** : A critiqué le flou de la requête guinéenne et
l'absence de preuve d'un différend international direct, tout en soutenant
partiellement les conclusions.
**Conclusion**
La CIJ a déclaré la requête recevable pour les droits individuels et
d'associé de M. Diallo, mais irrecevable pour la protection des sociétés.
L'arrêt souligne les limites de la protection diplomatique des actionnaires
et renforce le principe de nationalité des réclamations en droit
international.