### **Résumé structuré des quatre affaires internationales et de la
problématique du droit à l’autodétermination du peuple sahraoui**
**Objectif** : Comprendre les principes juridiques issus des arrêts de la
Cour internationale de justice (CIJ) et leur lien avec les obstacles à
l’autodétermination du peuple sahraoui.
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### **1. Affaire Guinée c. RDC (Ahmadou Sadio Diallo, 2010)**
#### **Contexte**
- **Parties** : Guinée (demanderesse) vs République Démocratique du
Congo (RDC, défenderesse).
- **Faits** : Ahmadou Sadio Diallo, ressortissant guinéen résidant en RDC,
est expulsé en 1995 après des détentions arbitraires et la saisie de ses
entreprises. La Guinée invoque la violation de ses droits individuels et
économiques.
#### **Décisions clés de la CIJ**
1. **Protection diplomatique** :
- La Guinée peut défendre Diallo en tant que **ressortissant** (sa
nationalité est prouvée).
- En revanche, elle ne peut pas agir pour ses intérêts en tant
qu’**actionnaire** d’entreprises congolaises (seules les sociétés ont ce
droit).
2. **Violations constatées** :
- La RDC a violé le **Pacte international relatif aux droits civils et
politiques** (détention arbitraire) et la **Convention sur les travailleurs
migrants** (expulsion illégale).
#### **Implications**
- Renforcement de la protection des ressortissants à l’étranger.
- Limitation de la défense des investisseurs étrangers si leurs droits ne
sont pas directement violés.
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### **2. Affaire Liechtenstein c. Guatemala (Notteböhm, 1955)**
#### **Contexte**
- **Parties** : Liechtenstein (demanderesse) vs Guatemala (défenderesse).
- **Faits** : Friedrich Notteböhm, Allemand naturalisé Liechtensteinois en
1939, voit ses biens saisis par le Guatemala durant la Seconde Guerre
mondiale en raison de ses origines allemandes.
#### **Décisions clés de la CIJ**
1. **Critère du « lien effectif »** :
- La nationalité doit être fondée sur des liens réels (résidence,
intégration économique, liens familiaux).
- La naturalisation de Notteböhm, jugée opportuniste, est invalidée.
2. **Rejet de la demande** :
- Le Liechtenstein ne peut exercer de protection diplomatique, faute de
nationalité « authentique ».
#### **Implications**
- Consolidation du principe de **nationalité effective** en droit
international.
- Prévention des abus liés aux naturalisations de complaisance.
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### **3. Affaire Belgique c. Espagne (Barcelone Traction, 1970)**
#### **Contexte**
- **Parties** : Belgique (demanderesse) vs Espagne (défenderesse).
- **Faits** : La société *Barcelona Traction*, enregistrée au Canada mais
financée par des Belges, fait faillite en Espagne en 1948. La Belgique tente
de protéger ses actionnaires.
#### **Décisions clés de la CIJ**
1. **Primauté de la nationalité des sociétés** :
- Seul l’État d’enregistrement (Canada) peut défendre une société.
- Les actionnaires ne sont protégés que si leurs **droits directs** (ex.
dividendes) sont violés.
2. **Rejet de la demande belge** :
- Aucune violation directe des actionnaires n’est établie.
#### **Implications**
- Limitation de la protection des investisseurs indirects.
- Poussée vers des traités bilatéraux d’investissement (ex. CIRDI) pour
combler ce vide juridique.
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### **4. Avis consultatif sur le Sahara occidental (1975)**
#### **Contexte**
- **Demande** : L’Assemblée générale de l’ONU interroge la CIJ sur le
statut du Sahara occidental avant la colonisation espagnole.
- **Enjeu** : Validité des revendications marocaines et mauritaniennes sur
le territoire.
#### **Conclusions de la CIJ**
1. **Non-applicabilité de *terra nullius*** :
- Le Sahara occidental était habité par des tribus organisées avant 1884.
2. **Absence de souveraineté marocaine ou mauritanienne** :
- Les « liens d’allégeance » tribaux ne constituent pas un contrôle
territorial.
3. **Droit à l’autodétermination** :
- Le peuple sahraoui doit décider librement de son statut (indépendance,
intégration ou autonomie).
#### **Conséquences**
- Les accords de Madrid (1975), par lesquels l’Espagne cède le territoire au
Maroc et à la Mauritanie, violent l’avis de la CIJ.
- Déclenchement d’un conflit armé entre le Maroc et le Front Polisario,
toujours en suspens.
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### **5. Problématique de l’autodétermination sahraouie : Pourquoi la
cause stagne**
#### **Obstacles juridico-politiques**
1. **Occupation marocaine et realpolitik** :
- Le Maroc contrôle 80 % du territoire, soutenu par des puissances
(États-Unis, France) qui bloquent les résolutions contraignantes à l’ONU.
- La MINURSO (Mission de l’ONU) n’a pas de mandat pour surveiller les
droits de l’homme, malgré des rapports accablants.
2. **Blocage du référendum** :
- Désaccord sur les critères d’éligibilité des votants (colons marocains
inclus ou non ?).
- Le Plan Baker (2003), proposant un référendum, est rejeté par le
Polisario et gelé en 2007.
3. **Enjeux économiques** :
- Exploitation illégale des ressources (phosphates, pêche) par le Maroc et
des entreprises étrangères (ex. TotalEnergies, Siemens).
- En 2021, la CJUE invalide un accord de pêche UE-Maroc couvrant les
eaux sahraouies, mais Bruxelles le renégocie en contournant l’avis.
#### **Leçons des quatre affaires**
- **Diallo** : Les Sahraouis, sans État reconnu, ne peuvent compter que
sur des soutiens tiers (Algérie, UA) pour une protection diplomatique.
- **Notteböhm** : La RASD (République arabe sahraouie démocratique)
manque de « contrôle effectif » pour être un État souverain.
- **Barcelone Traction** : Les intérêts économiques étrangers sapent le
droit à l’autodétermination.
- **Avis de 1975** : Le droit international reste impuissant face aux
rapports de force géopolitiques.
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### **6. Synthèse finale**
#### **Points clés**
1. **Principes juridiques renforcés, mais application limitée** :
- La CIJ a établi des normes claires (autodétermination, nationalité
effective), mais leur mise en œuvre dépend de la volonté politique.
- Exemple : L’avis de 1975 sur le Sahara occidental est ignoré par le
Maroc et ses alliés.
2. **Rôle des puissances étrangères** :
- Les intérêts économiques (phosphates, gaz, pêche) et stratégiques
(lutte contre le terrorisme, contrôle migratoire) priment sur le droit.
3. **Voies possibles pour les Sahraouis** :
- **Mobilisation juridique** : Poursuites contre l’exploitation illégale des
ressources (ex. CJUE, tribunaux nationaux).
- **Pression internationale** : Campagnes de boycott et plaidoyer pour
un mandat élargi de la MINURSO.
#### **Conclusion**
Les quatre affaires illustrent les forces et les faiblesses du droit
international :
- **Force** : Création d’un cadre normatif universel (ex. droit à
l’autodétermination).
- **Faiblesse** : Absence de mécanismes coercitifs pour contraindre les
États récalcitrants.
La cause sahraouie, bien que légitime, reste prisonnière de ces
contradictions, soulignant la nécessité d’une réforme profonde du système
international.
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**Nombre de pages : 3** (structure claire avec titres, sous-titres, et mise
en évidence des conclusions de la CIJ).