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TP Qamdpg

Le document traite de la responsabilité pénale des mineurs, en se concentrant sur les notions d'imputabilité et de capacité pénale. Il explore les causes de non imputabilité, notamment la minorité, la démence, et d'autres états, tout en examinant les implications juridiques et les défis liés à la preuve de ces causes. Enfin, il souligne les contradictions dans la législation congolaise concernant l'âge de la majorité pénale et les difficultés d'application des lois en matière de responsabilité pénale des mineurs.

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Le document traite de la responsabilité pénale des mineurs, en se concentrant sur les notions d'imputabilité et de capacité pénale. Il explore les causes de non imputabilité, notamment la minorité, la démence, et d'autres états, tout en examinant les implications juridiques et les défis liés à la preuve de ces causes. Enfin, il souligne les contradictions dans la législation congolaise concernant l'âge de la majorité pénale et les difficultés d'application des lois en matière de responsabilité pénale des mineurs.

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INTRODUCTION

La responsabilité pénale du mineur est déterminée par deux notions essentielles, liées à
l'existence et à la mesure de son discernement au moment des faits:

Imputabilité et la capacité pénale. Le premier est une condition de l'engagement de la


responsabilité du mineur, la seconde permet de choisir le degré de sa sanction. Or aujourd'hui,
comme hier, se pose la question de la fixation d'un âge minimum à partir duquel l'enfant ou
l'adolescent peut se voir imputer une infraction puis infliger la peine.

" Il y avait une beauté géométrique, sans doute aussi une vérité d'expérience, dans la théorie des
trois sept, venue de Pythagore en articulant: sept ans l’âge de raison, quatorze la puberté et vingt
et un la citoyenneté. Tout cela s'est brouillé, et nous usons d'autres coups"

Cela étant, ce travail sera doublement caractérisé le premier chapitre portera sur
l'imputabilité et le deuxième chapitre insistera sur la capacité pénale.

CHAPITRE PREMIER: L’IMPUTABILITE

L’imputabilité est la capacité à répondre des conséquences d'un acte. Elle suppose le
discernement (ou lucidité), la liberté d'agir et la connaissance de la réalité factuelle ou juridique.

Se limiter au caractère objectif de la loi pour imputer l'infraction à tout celui qui l'a
commise serait injuste et, à certains égards, insensé. Il faut également tenir compte de
l'imputabilité pour établir la culpabilité. C’est ce que traduit le maxime juridique actus non facit
reum nisi mens sit rea (le fait lui-même ne rend pas coupable si l'esprit ne l'est pas) et nulla poena
sine culpa (pas de peine sans élément fautif).

Pour bien cerner ce chapitre, nous souhaiterons préalablement examiner la notion des
causes de non imputabilité (section première) et ensuite nous examinerons la preuve de ces
causes (section deuxième).

SECTION PREMIERE : LES CAUSES DE NON IMPUTABILITE

Si les causes de justification font disparaitre l'élément légal de l'infraction, les causes de
non imputabilité, quant à elles, sont celles qui font disparaitre la responsabilité pénale de l'agent.
Il convient de rappeler à cet égard qu'être responsable, c'est être capable répondre d'un acte. En
matière pénale, " répondre" c'est être capable d'assumer les conséquences pénales d'un acte
infractionnel, c'est-à-dire la peine. Il s'ensuit que l'auteur d'une infraction n'est pas forcément
responsable. En effet, si chaque responsable est un auteur, l'inverse n'est pas le vrai : Chaque
auteur n'est pas nécessairement responsable. Il existe en effet des situations où, au regard de l'état
d'esprit qui animait l'auteur de l'acte au moment de sa commission, il n'est pas possible de lui
imputer le dit acte.1

Il y a lieu de faire remarquer que plusieurs articles du code pénal, la loi vise celui qui a
volontairement posé tel ou tel acte interdit par la loi, ou celui qui a posé ledit acte
intentionnellement. Par exemple, les articles 44 et 45 du code pénal disent que " l'homicide
commis avec l'intention de donner la mort est qualifié meurtre" tandis que l'article 46 du code
pénal punit " quiconque a volontairement fait des blessures ou porté des coups" Dans ces articles,
le terme volontairement renvoie à une volonté éclairée.

Les causes de non imputabilité sont:

1. LA MINORITE

Une définition de la minorité peut aider à distinguer celle-ci selon qu'elle est une cause
d'irresponsabilité pénale(a) ou une cause d'irrecevabilité des poursuites(b). Dans l'un comme dans
l'autre cas.

Si en droit civil et dans la convention relative aux droits de l'enfant, l'enfant correspond au
mineur, en droit pénal, les choses se présentent un peu différemment. En effet, par rapport aux
mineurs ou aux enfants, le droit pénal distingue entre cause d'irrecevabilité des poursuites pénales
fondée sur la minorité de l'accusé, et une cause d'irresponsabilité pénale qui est plus radicale.

a) La minorité en tant que cause d'irresponsabilité pénale

Ici les choses ne correspondent pas avec le droit civil ni avec la convention relative aux
droits des enfants. En effet, l'article 95 de la loi de 2009 portant protection de l'enfant dispose que
" l'enfant âgé de moins de 14 ans bénéficie, en matière pénale, d'une présomption irréfragable
d'irresponsabilité". L'interprétation de cet article est rendue compliquée par les dispositions de
l'article 20ter du code pénal ordinaire. Aux termes de cet article en effet, " sans préjudice d'autres
dispositions légales en la matière, la majorité pénale est fixée à dix-huit ans révolus au moment
des faits». Il n'est pas exclu que l'insertion de cette disposition dans les lois du 31 décembre 2015
s'explique par la confusion dont on parlera la minorité en tant que cause d’irrecevabilité des
poursuites. Toujours est-il qu'au regard de ces deux dispositions, l'on peut se demander quel est
finalement, dans l'esprit du législateur congolais, l’âge de la majorité pénale en RDC.

Pour tenter de concilier ces deux articles, trois remarques importantes doivent être relevées:

Premièrement, une interprétation contextuelle de cet article peut faire croire qu'il n'est
applicable qu'aux crimes contre la paix et la sécurité de l'humanité comme ceux relèvent de la
compétence de la cour pénale internationale. L'article est en effet issu d'une loi du 31 décembre
2015 portant mise en œuvre du statut de Rome et modifiant et complétant le code pénal ordinaire.

1
jacques b.mbokani, droit pénal général, cours, UNIGOM, 2021-2022, p.76.)
Il est par ailleurs inséré entre deux articles qui se' rapportent exclusivement à ce types de crimes.
Il semble toutefois que l'article a été rédigé de façon suffisamment large pour couvrir tout type de
crimes et non seulement les crimes contre la paix et la sécurité de l'humanité, ce qui renforce le
sentiment de contradiction entre ces deux articles, l'un issu de la loi de 2009 et l'autre du code
pénal, version 2015.

Deuxièmement, l'article 20ter a été inséré dans le droit congolais par la loi du 31
décembre 2015 modifiant le code pénal ordinaire. Avant cette loi, la question de la majorité
pénale n'était pas clairement réglée par le code pénal congolais. Elle semblait être fixée d'abord à
14 ans, puis à 16 ans au moment des faits si l'on s'en tient à l'article 1er du décret du 6 décembre
sur l'enfance délinquante qui disposait que : " est mineur au présent décret l'enfant âgé de de
moins de de seize ans accomplis au moment des faits». Actuellement, avec l'article 20ter du code
pénal, il est claire qu'elle fixée à 18 ans révolus au moment des faits.

Troisièmement en fin, compte tenu du fait que l'article 2Oter du code pénal fixe la
majorité pénale à 18 ans, alors que l'article 95 de la loi portant protection de l'enfant institue une
"présomption irréfragable" d'irresponsabilité pénale de l'enfant âgé de moins de 14 ans révolus, la
question qui se pose maintenant est celle de savoir où placer l'enfant dont l’âge varie entre 14 et
18 ans, c'est-à-dire, le " mineur âgé". Est-il pénalement responsable ou non? Le langage fermé de
l'article 20 ter du code pénal ordinaire peut faire craindre une contradiction avec l'article 95 de la
loi sur la protection de l'enfant.

Une des manières de concilier ces deux articles consiste à dire que le législateur a voulu dire que
pour le mineur âgé, il existe plutôt une "présomption refragable" d'irresponsabilité pénale qui
s'accompagne d'une forme de responsabilité pénale atténuée.

b) la minorité en tant que cause d'irrecevabilité des poursuites pénales

La minorité est visée par l'article 114 du code judicaire militaire de 2002 tel que modifié à
ce jour. Celui-ci dispose que " les juridictions militaires sont incompétentes à l'égard des
personnes âgées de moins de dix-huit ans". Cet article est inspiré sans doute du statut de Rome de
la cour pénale internationale dont l'article 26 dispose " la cour pénale internationale n'a pas de
compétence à l'égard d'une personne qui était âgée de moins de 18 ans au moment de la
commission prétendue d'un crime". Qu'il s'agisse du code judicaire militaire ou du statut de Rome
de la cour pénale internationale, ces textes juridiques ne touchent que la question de l recevabilité
des poursuites. Ils ne concernent pas la minorité en tant que cause de l'irresponsabilité pénale.

2. LA DEMENCE

L'article 23bis, paragraphe 1er, du code pénal congolais, inspiré clairement de l'article
31(1)(a) du statut de Rome de la cour pénale internationale, dispose que "nul n'est responsable
pénalement si, au moment du comportement en cause(...), il souffrait d'une maladie ou d'une
déficience (mentale) qui le privait de la faculté de comprendre le caractère délictueux ou la
nature de son comportement ou de maitriser celui-ci pour le conformer aux exigences de la loi".

Sans le dire explicitement, il va de soi que cette disposition proclame l'irresponsabilité


pénale de celui qui a agi sous l'empire de la démence. Celle-ci renvoie aux troubles psychiques ou
neuropsychiques qui altèrent les facultés mentales de l'agent et le privent de tout discernement
dans les actes qu'il pose. Au moment sens du droit pénal, la démence désigne toutes les formes de
l’aliénation mentale. Elle vise les troubles innés de l’intelligence tels que crétinisme, l'idiotie ou
l'imbécilité, comme les troubles acquis par l'effet de la maladie, tel que la paralysie générale ou la
démence précoce.

Il y a lieu de faire remarquer que, la démence peut être générale, lorsqu’elle affecte toutes
les facultés mentales de l'agent; comme elle peut spécialisée lorsqu'elle ne touche qu'à certaines
de ses facultés mentales. Tel est le cas de la kleptomanie (impulsion pathologique poussant à
commettre des vols), de l’hypomanie (état d'excitation passager ou durable se manifestant par une
hyperactivité, une humeur exubérante et un flot de paroles), de la nymphomanie (exacerbation du
désir sexuel chez la femme), de la pyromanie (impulsion obsédante qui pousse certaines
personnes à allumer des incendies), etc. La démence peut par ailleurs être permane (lorsqu'elle
présente chez l'agent tous les temps), comme elle peut être intermittente (lorsqu'elle n'affecte
l'agent qu'à certains intervalles de temps, voire à certaines périodes du jour ou de l'année). Dans
cette dernière hypothèse, le sujet connait parfois des périodes de lucidité et parfois des périodes
de manque de lucidité.

a) les conditions pour qu'il y ait démence

Que la démence soit généralisée ou spécialisée, permanente ou intermittente, pour etre


opérante en tant que cause de non-imputabilité, elle doit répondre aux trois conditions suivantes.

Premièrement, elle doit être totale, c'est-à-dire être en mesure d'abolir le discernement ou
le contrôle des actes, Cette condition découle clairement du texte de la loi qui ne vise qu'une
démence " qui privait l'agent de la faculté de comprendre le caractère délictueux ou la nature de
son comportement ou de maitriser celui-ci pour le conformer aux exigences de la loi". En
conséquence, s'il est établi que l'agent n'a été privé que partiellement de ses facultés mentales, il
ne s'agira pas plus d'une cause de non-imputabilité, mais d'une éventuelle circonstance atténuante
de la peine, ce qui n'exclut pas sa responsabilité pénale, et donc l'existence de l'élément moral de
l'infraction.

En deuxième, lieu, la démence doit être contemporaine de l'acte infractionnel. Cette


condition découle elle aussi du texte même de l'article 23bis du code pénal congolais, qui ne vise
que la démence qui survient " au moment du comportement en cause". En conséquence, une
démence qui survient avant ou après l'acte (cas de la démence intermittente), ne peut avoir l'effet
d'une cause de no-imputabilité, s'il est établi qu'au moment précis où l'auteur a agi, il était en
période de lucidité.
En troisième lieu, s'agissant de la démence spécialisée, l'infraction doit être en rapport
avec cette forme de démence, le kleptomane ne peut donc se prévaloir que des infractions de vol,
il ne peut se prévaloir de sa folie lorsqu'il s'agit d'une bagarre (coups et blessures volontaires), y
compris lorsque ces actes ont un lien avec le vol.

b) Etats voisins de la démence

La démence comporte certains états, dont le somnambulisme et l'ivresse. Le


somnambulisme est un état mental qui arrive chez certaines personnes lorsque, durant leur
sommeil, ils font des mouvements inconscients (marche, paroles, etc.). Sur le plan pénal, il est
admis que le somnambulisme est une cause de non-imputabilité lorsqu'il répond aux conditions
précédentes énumérées.

Quant à l'ivresse, celle-ci est définie par le dictionnaire Larousse(2017) comme un état
d'excitation euro phonique, avec troubles perceptifs, incoordination des mouvants, troubles de
l'élocution et parfois libération de l'agressivité, dû à une ingestion massive de boissons
alcoolisées ou de psychotropes sédatifs. L'article 23bis y répond nous n'allons pas nous attarder à
ce point à cause du temps qui nous est imparti.

3. LA CONTRAINTE IRRESISTIBLE

4. L'ERREUR ET L'IGNORANCE INVINCIBLES

SECTION DEUXIEME: LES PREUVES RELATIVES AUX CAUSES DE NON-


IMPUTABILITES

1. LA PREUVE DE LA MINORITE

Par rapport à la preuve de la minorité, l'on rappellera que selon l'article 220 du code de la famille,
«l’âge d'un individu est établi conformément aux dispositions relatives à l'état civil" et qu'aux
termes de l'article 72 du même code de la famille, «sauf dispositions spéciales prévues par la loi,
l'état civil des citoyens n'est établi et ne peut être prouvé que par les actes de l'état civil" En RDC,
cette question est délicate puisqu'il n'existe plus de carte d'identité depuis plusieurs décennies. Il
existe plutôt des cartes d'électeurs délivrées par les agents de la CENI auxquels la loi n'a pas
reconnu la qualité d'officier d'état civil. Avant, la CENI, les officiers de l'état civil délivraient les
attestations de perte de pièces d'identité du requérant d'autant plus qu'il n'existe aucune base des
données personnelles fiables dans les bureaux de l'état civil. Au regard de cette réalité, l'on peut
donc craindre que des individus âgés de plus de 18 ans se fassent passer pour des mineurs et
échapper ainsi à la loi pénale. Ainsi. Sans une administration publique fiable, il y a tjrs un risque
de voir l'article 20ter être un instrument de l'impunité des infractions. Il faut néanmoins rappeler
qu'en matière pénale, la preuve est libre, le juge pénal, aidé des avocats de chacune des parties au
procès, est tjrs appelé à apprécier souverainement la force probante à accorder aux différentes
preuves qu'un accusé pourrait exhiber pour prétendre être âgé de moins de 18 ans.
2. LA PREUVE DE LA DEMENCE

Bien que l'état de la démence soit laissé à l'appréciation souveraine du juge, il est recommandé
que celui-ci sollicite l'avis de l'expert tel qu'un neuropsychiatre pour fixer sa conviction.
Signalons que la démence ne se présume pas au regard de la gravité ou de la cruauté d'un acte
criminel ni de son caractère inhumain. Elle ne peut pas non plus être établie en fonction des
attitudes bizarres que prendrait un individu. Bien au contraire, tout le monde est présumé lucide
et sain d'esprit. Ce n'est qu'en présence d'une attestation médicale signée par une personne
qualifiée que l'on peut considérer une personne comme atteinte de démence.

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