I.
Moteur à Courant Continu à Excitation Séparée
Le moteur à courant continu (CC) à excitation séparée est un type de moteur où le circuit
d'inducteur (excitation) et le circuit d'induit (rotor/armature) sont alimentés par des sources de
tension indépendantes. Cette configuration offre une grande flexibilité dans le contrôle de la
vitesse et du couple, ce qui le rend très utilisé dans les applications industrielles nécessitant
une régulation précise.
II. Schéma de Câblage et Schéma Équivalent
1. Schéma de Câblage
Ce schéma représente un moteur à courant continu à excitation séparée. Dans ce type de
moteur, l'enroulement d'excitation (appelé inducteur) et l'enroulement d'induit (appelé aussi
armature) sont alimentés indépendamment par deux sources de tension distinctes.
Circuit d'induit (Armature) :
Il est alimenté par une tension U. Ce circuit comprend l’enroulement d’induit par
lequel circule le courant I, ainsi que la force contre-électromotrice (f.c.é.m.) générée
par le moteur. Le couple (Tu) fourni par le moteur entraîne une charge à une vitesse
de rotation n.
Circuit d’excitation (Inducteur) :
Il est alimenté par une tension Uex, indépendante de celle de l’induit. Le courant
d’excitation Iex traverse l’enroulement de l’inducteur, générant le champ magnétique
nécessaire au fonctionnement du moteur.
Figure 1: Schéma de câblage
2. Schéma Équivalent
Ce schéma équivalent représente le modèle électrique simplifié d’un moteur à courant
continu, utilisé pour faciliter l’analyse de son fonctionnement.
Circuit du moteur (induit) :
Le moteur est modélisé par une résistance R (résistance de l’induit) et une force
contre-électromotrice E, montées en série.
Le courant I circule dans l’ensemble du circuit, sous l’effet de la tension
d’alimentation U.
Équation de la maille :
En négligeant l’inductance de l’induit pour simplifier l’étude, l’équation de la maille
devient :
U =R ⋅ I + E
Ce modèle est particulièrement utile pour les études statiques (régimes établis), où l’on
suppose que la variation du courant est suffisamment lente pour négliger l’inductance.
3. Relations fondamentales :
À partir des deux représentations (schéma de principe et modèle équivalent), on peut établir
les relations essentielles qui décrivent le comportement électromécanique du moteur :
Force contre-électromotrice (f.c.é.m.)
E=K ⋅Φ ⋅ωE
E : Force contre-électromotrice générée dans l’induit (visible dans les deux schémas)
K : Constante de construction du moteur (fonction du nombre de spires, de la
géométrie, etc.)
Φ : Flux magnétique produit par l’enroulement d’excitation (inducteur), proportionnel
au courant Iex en régime non saturé
ω : Vitesse angulaire de rotation de l’arbre moteur (rad/s)
Cette relation montre que la f.c.é.m. est proportionnelle à la vitesse de rotation du moteur et
au flux magnétique généré par l’excitation.
Couple électromagnétique (ou couple moteur)
Cem=K ⋅Φ ⋅ Ia
Cem : Couple développé par le moteur pour entraîner la charge
Ia : Courant circulant dans l’induit (appelé I dans les schémas)
Le couple moteur est donc directement proportionnel au flux d’excitation Φ et au courant
d’induit Ia. Cela permet de contrôler séparément la vitesse (via U et donc E) et le couple (via
Ia) dans les systèmes à excitation séparée.
III. Démarrage du moteur à courant continu à excitation séparée
Le démarrage constitue une phase critique du fonctionnement du moteur. En effet, lorsque le
moteur est à l’arrêt :
La vitesse de rotation ω = 0, donc la force contre-électromotrice E = KΦω = 0.
D’après le modèle équivalent (voir deuxième schéma), l'équation de la maille devient
simplement :
U
U =R ⋅ I ⇒ I =
R
Or, la résistance R de l’induit (appelée Ra dans le texte théorique) est généralement
très faible, ce qui entraîne un courant de démarrage très élevé.
Ce courant excessif peut endommager :
L’enroulement de l’induit (échauffement),
Les balais et le collecteur (étincelles),
Ou encore la source d’alimentation (surcharge).
a) Méthodes de limitation du courant de démarrage
Deux méthodes principales sont utilisées pour éviter ce courant brutal :
b) Démarrage avec résistance série (rhéostat de démarrage)
On insère une résistance additionnelle Rext en série avec l’induit.
Au démarrage, Rext est réglé à une valeur maximale pour limiter le courant.
À mesure que la vitesse augmente (donc E augmente), on réduit progressivement Rext
jusqu’à l’annuler.
L’équation de la maille devient alors :
U −E
I=
R + Rext
c) Démarrage par variation de la tension d’induit (U)
Un convertisseur électronique (type hacheur ou redresseur commandé) permet de faire
croître progressivement la tension U appliquée à l’induit.
Cela permet un démarrage en douceur avec un courant contrôlé.
Référence :
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