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Generalités Sur Le Recouvrement Fiscal-1

Le document traite des procédures de recouvrement fiscal en Algérie, en précisant les obligations des contribuables et les prérogatives des receveurs des impôts. Il décrit les conditions nécessaires pour engager une action de recouvrement, ainsi que les modalités de notification des titres de recette et les options de paiement échelonné pour les contribuables en difficulté. Enfin, il souligne l'importance de respecter les obligations fiscales pour bénéficier d'un échéancier de paiement.

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Generalités Sur Le Recouvrement Fiscal-1

Le document traite des procédures de recouvrement fiscal en Algérie, en précisant les obligations des contribuables et les prérogatives des receveurs des impôts. Il décrit les conditions nécessaires pour engager une action de recouvrement, ainsi que les modalités de notification des titres de recette et les options de paiement échelonné pour les contribuables en difficulté. Enfin, il souligne l'importance de respecter les obligations fiscales pour bénéficier d'un échéancier de paiement.

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‫الجمهورية الجزائرية الديمقراطية الشعبية‬

REPUBLIQUE ALGERIENNE DEMOCRATIQUE ET POPULAIRE


‫وزارة المالية‬
MINISTERE DES FINANCES
‫المديرية العامة للضرائب‬
IRECTION GENERALE DES IMPOTS

GENERALITES SUR LE RECOUVREMENT


FISCAL
1ERE PARTIE : LA PHASE PRELIMINAIRE DE L’ACTION EN RECOUVREMENT

Le contribuable est tenu de s’acquitter des impôts et taxes mis à sa charge dans les délais impartis, soit spontanément ou à
la demande de l’administration.

Le non-respect des obligations de paiement des sommes exigibles par ce dernier, entraine la mise en œuvre de la
procédure de recouvrement par le receveur territorialement compétent.

En effet, en vertu des dispositions législatives, le receveur des impôts dispose de prérogatives de recouvrement amiable et
d’exécution forcée.

Il peut, en outre, mettre en œuvre des mesures conservatoires, afin de se prémunir contre le risque d’insolvabilité du
contribuable.

Cependant, pour que le receveur puisse procéder au recouvrement d'une créance, il doit disposer d'un titre exécutoire,
lequel doit être régulièrement établi, étant précisé que le bien-fondé ou non de l'imposition ne relève pas de ses
prérogatives.
I- NATURE DES TITRES DE RECETTES PRIS EN CHARGE PAR LE RECEVEUR
Le receveur des impôts, en sa qualité de comptable public, est tenu conformément à la loi 90-21 relative à la comptabilité
publique de prendre en charge le recouvrement des titres de recette émis par l’administration fiscale et ceux émis par les
autres administrations publiques, lesquels sont repris à titre indicatif, comme suit :
1. Titres de recettes émis par l’administration fiscale :
Les titres émis par l’administration fiscale se présentent sous différentes formes, distinguant les droits payables au
comptant et les droits constatés par voie de rôles.
∙ Les droits au comptant :
Ils comprennent les droits au comptant du régime du réel et ceux du forfait ainsi que les autres droits
d’enregistrement et du timbre.
Ces droits sont repris par l'inspection de l'enregistrement qui calcule les droits et délivre un ordre de paiement au
contribuable, pour paiement auprès de la recette habilité.
∙ Les droits constatés voie de rôles :
Il s’agit des impôts émis par voie de rôles généraux (IRG) et les rôles individuels ou collectifs établis par les services de
gestion correspondant à des impositions supplémentaires ou de régularisation.
Les droits concernant la TF et la TA sont établis par les services d'assiette de l'administration fiscale et recouvrés par les
trésoriers communaux, relevant de la DGC.
2. Titres de recettes émis par les autres administrations :
Il s’agit des titres de perception des droits relatifs aux taxes écologiques, des droits et taxes miniers ainsi que les
titres de perception émis par le trésor public et autres.
∙ - Taxes écologiques : ils s’agit des taxes établis par les services de l’inspection de l’environnement :
∙ Taxes minières : il s’agit des taxes établies par les services du ministère de l’industrie et des mines dont le
recouvrement est réalisé au comptant ou sur titre de perception.
∙ Titres de perception émis par les organismes et institutions publics (départements ministériels et leurs services
extérieurs…)
∙ Titres de perception émis par la cour des comptes.
∙ Titres de perception émis par les caisses de sécurité sociale.
II- CONDITIONS RELATIVES A LA CREANCE
Toute action en recouvrement d’une créance ne peut être engagée que si celle-ci remplit trois (03) condition, à savoir
l’existence de la créance, l’exigibilité de la créance et la non-prescription de la créance.

1. L’existence de la créance
En application des dispositions des articles 35 de la loi 90-21 relative à la comptabilité publique, et 143 du Code des
Procédures Fiscales (CPF), le receveur des impôts ne peut effectuer aucun recouvrement des deniers publics qu’en vertu
d’un titre de recette qui doit contenir obligatoirement, sous peine de nullité, les indications suivantes :

✔ L’identité du redevable ;
✔ La nature de la créance ;
✔ Le montant à payer ;
✔ Les dates de mise en recouvrement et d’exigibilité ;
✔ Les références de la recette ;
✔ L’original et l’ampliation du titre exécutoires sont identiques.
2. L’exigibilité de la créance
Les receveurs des impôts ne peuvent exercer l’action en recouvrement que si la créance est exigible.
Par exigibilité, il y a lieu d’entendre la date à partir de laquelle le receveur est en droit de réclamer le paiement de l’impôt.
Les règles et les effets de l’exigibilité applicables aux différents produits recouvrés par le receveur, sont fixés par les
différents textes législatifs et réglementaires.
Dans certains cas, le contribuable peut perdre son droit de disposer du délai légal de recouvrement et, par conséquent,
l’impôt devient exigible immédiatement et en totalité dès la mise en recouvrement du rôle, notamment en ce qui concerne
les cas prévus par l’article 354 du Code des Impôts Directs et Taxes Assimilées (CIDTA).
Aussi, toute mesure de poursuite mise en œuvre avant que l’imposition soit devenue exigible est considérée comme
irrégulière.
La loi de finance pour 2018 (art 16) a supprimé le délai de 15 jours, pour l’application des PR ces dernières sont décomptées à
partir de la date d’exigibilité des droits dus (art 402 CIDTA) .
Le tableau ci-après, reprend les différents délais d’exigibilité des impôts et taxes :

Les principaux Titres exécutoires Exigibilité Fondement légal

Le rôle général IRG et rôle général IBS pour Le 1er jour du 3ème - Art.354 CIDTA
les cotes antérieures à 2009 mois suivant celui de la - Art. 402 CIDTA.
mise en recouvrement - Note n°433/ME/DGI/DOF du
du rôle. 21/08/2004 - LF 2018(Art. 16)
- Circulaire n°5/MF/DGI/DOFR/2018 du
25 Avril 2018

Le rôle individuel (rôle supplémentaire) Le 30ème jour après la - Art.354 CIDTA


date de mise en - Note n°433/MF/DGI/DOF du
recouvrement - 21/08/2004 - circulaire
n°5/MF/DGI/DOFR/2018 du 25 Avril
2018
- Art 16 LF 2018

Rôle issu d’absence ou d’insuffisance de Le 15ème jour après la Art. 354 CIDTA
déclaration: le rôle de régularisation date de mise en
recouvrement

L’avis de notification du «contrat/forfait Le 30/06, 15/09 et 15/12. - Art 365 CIDTA


Impôt forfaitaire unique » jusqu'en 2015. - circulaire °12/MF/DGI/DOFR/2017
Depuis 2016 le système est devenu déclaratif. du 23/01/2017

∙ Titre de perception des Exigibilité immédiate ✔Article 354 CIDTA


contributions indirectes ✔Article 486 CII
∙ Les rôles établis suite à :
- la cession ou la cessation d’activité.
le déménagement du contribuable hors du
ressort de la recette des impôts, à moins que
ce dernier n’ait fait connaître avec
justifications à l’appui, son nouveau
domicile. Ou de décès de l’exploitant ou du
contribuable.
- la vente volontaire ou forcée (saisie par la
banque-la conservation foncière….).
- la déclaration de faillite ou liquidation
judiciaire
2EME PARTIE : L’ENGAGEMENT DE LA PROCEDURE DU RECOUVREMENT AMIABLE
I- NOTIFICATION DES TITRES DE RECETTE
Aux termes des dispositions de l’article 144 du CPF, un avertissement doit être transmis par le receveur au contribuable
inscrit au rôle, lequel constitue le point de départ du délai de mise en recouvrement de la dette fiscale.
Eu égard à ce qui précède, le contribuable ne peut être poursuivi pour le paiement de sa dette que si le receveur lui a
préalablement notifié un avertissement de paiement authentifiant ladite dette et l’informant de son obligation de
paiement.
1. Modalités de notification du titre de recette :
Le titre de recette doit être transmis au contribuable soit par voie postale sous pli fermé ou par remise au destinataire.
2. Traitement des titres non parvenus aux redevables :
En cas de retour de l’ampliation ou l’extrait du titre frappé de la mention « n’habite pas à l’adresse indiquée », l’agent de
poursuite doit procéder à l’annotation et le classement de l’envoi dans la fiche d’identité fiscale et à l’engagement des
recherches pour retrouver la nouvelle adresse du redevable.
Les renseignements obtenus permettront :
− soit de remettre en mains propres le titre de recette à son destinataire ;
− soit d’émettre une contrainte extérieure, s’il s’avère que ce dernier a déménagé en dehors du ressort de la
recette détentrice du titre ;
− Ou Constater la disparition du redevable (non localisé).

II- ATTITUDES ADOPTEES PAR LE CONTRIBUABLE :

o Le contribuable règle sa dette fiscale.


Dans ce cas, le receveur procède à l’émargement du titre de recette et la délivrance d’une quittance de paiement ,
conformément à l’article 371 CIDTA, tout en annotant la fiche d’identité fiscale du redevable.
❖ Le contribuable sollicite des facilitations de paiements prévues par la règlementation :

1- Le contribuable opte pour un calendrier de paiement :


Les dispositions de l’article 60 de la loi de finances pour 2017, portant modification des dispositions de l’article 156 du
code de procédures fiscales, relatif à l’échéancier de paiement lesquelles sont rédigées comme suit :
« en matière de recouvrement, le receveur des impôts peut accorder des échéanciers de paiement de tous impôts, droits et
taxes de toute nature et généralement de toute créance prise en charge par l’administration fiscale à tout redevable qui en
fait la demande et qui soit compatible avec les intérêts du Trésor et les possibilités financières du demandeur.
L’échéancier de paiement est accordé pour un délai maximum de 60 mois avec un versement initial minimum de 5% du
montant de la dette fiscale.
Il peut être exigé des bénéficiaires pour l’application des dispositions de l’alinéa ci-dessus, la constitution de garanties
suffisantes en vue de la couverture du montant des impositions pour lesquelles des délais de paiement sont susceptibles d’être
accordés. A défaut, il peut être pratiqué une saisie conservatoire sur les facultés contributives du demandeur qui en conserve
toutefois la jouissance ».
En effet, avant l’intervention de la loi de finances pour 2017, L’article 156 du CPF relatif à l’octroi de calendrier de
paiement en toute matière fiscale disposait que les receveurs des impôts peuvent accorder des délais de paiement à tout
redevable qui en fait la demande.
Il est précisé à cet égard que l’échéancier de paiement doit être compatible avec les intérêts du trésor et les possibilités
financières du demandeur.
Dans certaines situations le receveur des impôts pouvait exiger la constitution de garanties susceptibles de couvrir le
montant des impositions pour lequel des délais de paiement sont accordés.
1.1- Les conditions d’octroi d’un échéancier de paiement :
Les conditions d’octroi d’un échéancier de paiement sont liées à la nature de la dette fiscale et à la situation des
contribuables redevables.
A. Dettes fiscales concernées :
Le dispositif régissant l’échéancier de paiement est applicable à l’ensemble des dettes fiscales afférentes à des
impositions qui n’ont pas été acquittées dans les délais légaux pour leur montant total ou partiel (principal et pénalités
comprises).
D’autres part, il est signalé que conformément à l’article 156 du CPF, sont également concernées par ce dispositif
l’ensemble des créances étrangères à l’impôt prises en charge par l’administration fiscale, à savoir les produits
parafiscaux.
Les dettes fiscales pouvant être acquittées suivant un échéancier de paiement sont celles :
▪ Consécutives à des opérations de contrôle ;
▪ Relatives à des impositions faisant l’objet de recours contentieux ;
▪ Afférentes à des impositions pour lesquelles des pénalités pour manœuvres frauduleuses ont
été appliquées, et ce sous réserve du respect des conditions prévues en la matière (versement
initial de 50 % de la dette);
▪ Relatives à des déclarations déposées sans être suivies d’un paiement
spontané.
▪ Tout autre titre de recette pris en charge dans les écritures du receveur.
B. Redevables concernés :
Les redevables ouvrants droits au bénéfice du dispositif de l’échéancier de paiement sont ceux qui invoquent des
difficultés financières susceptibles d’attester de leur incapacité de s’acquitter de leurs impositions en un seul versement.
Etant précisé que ces difficultés doivent être liées à des circonstances exceptionnelles dûment justifiées.
En effet, il est précisé aux services fiscaux que ce dispositif ne doit pas être confondu avec celui relatif au rééchelonnement
des dettes fiscales des entreprises présentant des difficultés financières d’ordre structurelles, lesquelles ont été définie par
la circulaire N°79 MF/DGI/DOFR/2017 du 30 janvier 2017 à laquelle il y’a lieu de se référer pour éviter toute confusion
entre les deux dispositifs. Sont également éligibles à ce dispositif les contribuables qui constituent des garanties suffisantes
couvrant le montant de leurs dettes fiscales.
C. Redevables exclus du dispositif :
Les contribuables jouissant d’une bonne santé financière ne peuvent prétendre au bénéfice de cet avantage.
Par ailleurs, les dettes fiscales des entreprises étrangères n’ayant pas d’installation professionnelle permanentes en
Algérie se rapportant à un contrat en fin d’exécution ne peuvent être acquittées suivant un échéancier de paiement.
En effet, l’article 406 du code des impôts directs et taxes assimilées (CIDTA), prévoit que le receveur des impôts doit, dans
cette situation, exiger l’intégralité des sommes dues ou des garanties suffisantes couvrant le montant de la dette (ex :
caution bancaire).
D. Versement d’un apport initial :
Pour bénéficier d’un échéancier de paiement, les contribuables remplissant les conditions déjà énoncé ci-dessus, doivent
obligatoirement procéder à un versement initial de leurs dettes fiscales correspondant au minimum de 5% du montant
global de la dette.
A ce titre, le receveur des impôts a toute la latitude pour exiger un apport initial supérieur à 5% s’il est dûment établi que
le contribuable a les capacités de s’acquitter d’un montant excédant ledit seuil.
D’autre part, si le contribuable est disposé de s’acquitter d’un montant supérieur à celui exigé par la législation, le
receveur des impôts doit accueillir favorablement cette proposition tout en s’assurant qu’elle correspond à ces capacités
financières.
E. Respect des obligations fiscales :
Les échéanciers de paiement ne peuvent être accordés qu’aux seuls contribuables respectant leurs obligations
déclaratives et de paiement, et qui rencontrent des difficultés passagères ou conjoncturelles.
En effet, tout contribuable qui bénéficie d’un échéancier de paiement est tenu de s’engager à respecter ses échéances
fiscales courantes.
Tout manquement constaté au regard de cette exigence, est susceptible de rendre caduc l’échéancier de paiement accordé
et l’enclenchement des mesures coercitives.
F. Durée de l’échéancier de paiement :
Conformément à l’article 156 du CPF, tout échéancier accordé à tout contribuable doit porter sur une durée maximale de
60 mois.
Il est précisé à cet égard, que la durée de l’échéancier de paiement doit être fixée en fonction de la nature de la dette, de
son ancienneté, de son montant et des capacités financières du contribuable.
1.2- Les modalités pratiques d’octroi de l’échéancier de paiement
A. Autorité compétente pour accorder l’échéancier de paiement :
Le 1er alinéa de l’article 156 du CPF énonce expressément que les receveurs des impôts sont habilités à accorder les
échéanciers de paiements pour les impôts dont ils assurent le recouvrement.
L’échéancier de paiement constitue un engagement pris par le contribuable d’apurer sa dette fiscale dans le délai qui lui a
été fixé.
Cet engagement est souscrit par le contribuable après examen de sa demande.
B. Demande du contribuable :
L’alinéa 1 de l’article 156 du CPF précise que l’octroi d’un échéancier de paiement est soumis à une demande introduite
par le contribuable.
Cette demande qui n’est soumise à aucune condition de forme peut être formulée par écrit ou verbalement.
Dans le cas d’une demande écrite, celle-ci doit être accompagnée des pièces justifiant les difficultés invoquées à l’appui de
la demande.
Cette demande doit contenir également les propositions de délai et du montant de l’apport initial.
C. Examen de la demande :
Le receveur des impôts doit examiner avec beaucoup d’attention la situation du contribuable avant de se prononcer sur la
proposition de l’échéancier de paiement de la dette.
Il sera tenu de s’assurer de la réalité des difficultés soulevées par le contribuable au regard de sa situation fiscale.
A cet effet, le receveur des impôts peut solliciter l’avis du service de gestion du dossier fiscal du concerné.
Dans le cas d’une demande orale, le receveur devra engager un débat avec le contribuable afin d’apprécier les propositions
avancées par le contribuable.
D. Etablissement d’un échéancier :
Dans le cas où la proposition d’un contribuable est acceptable (les conditions requises sont remplies), ou si une
contreproposition du receveur est acceptée par le contribuable ce dernier est invité à souscrire son engagement par écrit
sur le modèle prévu à cet effet.
L’échéancier de paiement est souscrit en double exemplaire, l’un est conservé par le receveur, l’autre est remis au
contribuable.
L’échéancier de paiement doit contenir notamment, les éléments ci-après suivant le modèle joint en annexe :
− La dette fiscale globale (pénalités de recouvrement comprises) sur laquelle porte l’échéancier ;
− Le nombre et le montant des échéances ;
− La durée qui ne doit pas dépasser 60 mois ;
− Le versement de l’apport initial qui ne doit pas être inférieur à 5% ;
− Signature du contribuable ou son représentant légal.
E. Délai de paiement des mensualités :
En pratique, le délai de paiement des échéances est fixé à partir de la date du paiement de l’apport initial (de date à date).
Soit un contribuable ayant souscrit un échéancier de paiement le 15 janvier 2023, et qui procède à cette date au
versement de l’apport initial.
La date pour le paiement des futurs mensualités sera fixée chaque quinze (15) du mois.
Toutefois, le paiement de cette mensualité au-delà de cette date sera admis sans pour autant qu’elle dépasse le dernier
jour du mois considérer.
Par conséquent, si ce contribuable procède au paiement de sa mensualité du mois de février après le 15, le receveur des
impôts devra considérer que ce contribuable a respecté le délai de son échéance fixé au plus tard le 28 février.
F. Effets juridiques des échéanciers de paiement :
L’octroi des échéanciers de paiement produit deux effets juridiques :
− Lorsqu’un contribuable a convenu avec le receveur des impôts un échéancier de paiement de sa dette
fiscale, le délai de prescription du recouvrement est interrompu par la conclusion de cet échéancier et
ne court pas pendant l’exécution de celui-ci. Si le contribuable interrompt les versements prévus, un
nouveau délai court à compter de la date à laquelle le premier des versements non effectués aurait dû
intervenir.
− La conclusion d’un échéancier de paiement suspend toutes poursuites pour la dette qui fait l’objet
d’un échéancier.
G. Le suivi des échéanciers de paiement accordés :
Dans le cadre des attributions dévolues au receveur des impôts, ce dernier est tenu de veiller à ce qui suit :
− Le respect par le contribuable de ses engagements souscrits (versement des mensualités dans les
délais) au titre de l’échéancier accordé ;
− Le respect par le contribuable de ses obligations fiscales ;
− Suivre l’évolution de la situation patrimoniale du contribuable.
H. Dénonciation de l’échéancier de paiement :
Tout manquement du contribuable à ces engagements, entraine en principe la résiliation de l’échéancier de paiement.
Toutefois le receveur sera tenu préalablement de mettre en demeure le contribuable défaillant à régulariser sa situation
avant la prochaine échéance.
À défaut, il sera procédé à la dénonciation de l’engagement souscrit.
Pour mettre fin à l’échéancier de paiement, le receveur des impôts doit informer le redevable des motifs de la dénonciation
A l’issue de cette procédure, le receveur des impôts pourra reprendre l’action en recouvrement.
Par ailleurs, le non-respect des obligations déclaratives et de paiement par le contribuable bénéficiant d’un échéancier de
paiement, entraine également la dénonciation de ce dernier suivant la même procédure citée dessus.
I. Renégociation de l’échéancier de paiement :
Des éléments nouveaux sont susceptibles de modifier les conditions financières de l’échéancier de paiement initialement
conclu. En effet, l’amélioration de la situation financière du contribuable dûment relevée, l’obtention d’un remboursement
de TVA, la restitution d’impôts ou l’encaissement de toute créance constituent des situations justifiant la révision voire la
dénonciation de l’échéancier de paiement.
Dans ce cas, le receveur des impôts invite, par écrit, le contribuable concerné pour lui proposer de renégocier l’exécution
de son échéancier. En revanche, si le contribuable se présente à la recette des impôts pour faire état de ses difficultés de
paiement de sa dette et demande un nouveau étalement de son échéancier, le receveur des impôts examinera avec
attention cette demande en s’assurant que les motifs invoqués sont fondés.

En effet, si ce dernier respecte son calendrier de paiement et jouit d’une bonne moralité fiscale, le receveur des impôts
peut accéder favorablement à sa demande en lui fixant un nouveau calendrier ne dépassant pas les 60 mois. (Nouvelles
échéances accordées + celles du premier calendrier inférieures ou égales à 60 mois).
Exemple : soit un contribuable ayant bénéficié d’un calendrier de paiement de 15 mois. Ce dernier se présente à la
recette des impôts avant la quinzième mensualité et sollicite un rallongement de son calendrier en raison de la
persistance de ses difficultés financières. Le receveur des impôts peut lui accorder un nouveau calendrier de paiement
qui ne pourrait dépasser 60 mois déduction faite des mensualités déjà acquittées.

2- REECHELONNEMENT DE LA DETTE FISCALE DES ENTREPRISES EN DIFFICULTES FINANCIERES :


Le dispositif de rééchelonnement de la dette fiscale des entreprises en difficultés financières est prévu par les dispositions de
l’article 90 de la loi de finances pour 2017 lesquelles sont rédigées comme suit : « Les dettes fiscales à la charge des entreprises
en difficultés financières peuvent faire l’objet de rééchelonnement sur une période n’excédant pas trente-six mois (36).
L’octroi de délai de paiement est systématiquement assorti de la remise des pénalités de retard, sans demande expresse du
redevable, sous réserve du respect de l’échéancier.
Cette disposition est applicable à tous les redevables quel que soit le régime fiscal duquel ils relèvent ».
2-1 ECONOMIE GENERALE DU DISPOSITIF :
A. Objet des dispositions de l’article 90 de la loi de finances pour 2017 :
Les dispositions de l’article 90 de LF/2017 s’inscrivent dans le cadre du processus d’assainissement des dettes fiscales
exigibles.
Elles visent à consentir aux contribuables, qui procèdent au paiement échelonné de leurs dettes fiscales une remise des
pénalités mises à leur charge.
B. Champ d’application de la mesure :
Pour délimiter le champ d’application de cette mesure, il convient de définir les points ci-après: -
Les contribuables ouvrant droit à ce dispositif ;
- Les dettes fiscales concernées ;
- Et le régime d’imposition. ;
a. Les contribuables ouvrant droit à ce dispositif :
Les dispositions de l’article 90 susvisé, prévoient l’application de cette mesure à l’ensemble des entreprises.
A cet effet, sont concernées par ce dispositif toutes les entreprises quel que soit leur statut juridique (entreprises individuelles,
sociétés de doit algérien, EPIC) qui ont des dettes fiscales assorties de pénalités.
D’autre part, il est souligné que cette mesure s’applique à toutes les entreprises quel que soit la nature de leur activité exercée
(production, travaux, services et achat revente).
b. Les dettes fiscales concernées :
Les dettes fiscales concernées par ce dispositif sont celles qui se rapportent à des impositions exigibles et revêtant le
caractère définitif, c'est-à-dire les impositions ne faisant pas l’objet de contestation ou celles pour lesquelles toutes les voies
de recours contentieuses ont été épuisées.
Il est précisé à ce titre que ce dispositif concerne toutes les dettes fiscales quel que soit leur origine (contrôle fiscal ou
régularisations relatives aux déclarations déposées sans paiement).
Sont exclues du bénéfice de ce dispositif :
∙ Les dettes fiscales afférentes à des impositions qui font l’objet d’un recours contentieux au titre de la phase de recours
préalable.
Ces impositions contestées, étant éligibles au dispositif de la remise conditionnelle instituée par la loi de finances pour
2013, dont les modalités d’application ont été explicitées par la circulaire n° 213 MF/DGI/DCTX du 02 avril 2013.
D’autre part, ne peuvent prétendre également un bénéfice de ce dispositif, les dettes fiscales exigibles faisant l’objet de
contentieux au titre des autres phases (commissions de recours, contentieux juridictionnel) ;
∙ Les dettes fiscales afférentes à des impositions ayant donné lieu à des pénalités pour manœuvres frauduleuses dont le
traitement est régi par l’article 104 bis du CPF.
Les modalités d’application de cet article ont été précisées dans l’instruction n° 01 MF/DGI/DCTX du 29 février 2012,
relatives aux mesures de la loi de finances pour 2012 en matière de contentieux fiscal ;
∙ Les dettes fiscales concernant les entreprises jouissant d’une bonne santé financière ;
∙ Les entreprises ayant souscrit un engagement de rééchelonnement de leur dettes fiscales dans le cadre du premier
dispositif de rééchelonnement (2012-2016) et qui n’ont pas honoré leur calendrier de paiement.
Toutefois, si ces entreprises sollicitent de nouveau le bénéfice de ce dispositif, leur demande pourrait être satisfaite à la
condition que le calendrier de paiement n’excède pas une période de 12 mois.
c. Le régime d’imposition :
Les dispositions de l’article 90 énoncent, expressément, que cette mesure s’applique à toutes les entreprises quel que soit le
régime d’imposition auquel elles relèvent.
Par conséquent, les entreprises suivies au régime du réel ainsi que celles relevant du régime du forfait sont concernées par
cette mesure.

C. Notion d’entreprises en difficultés financières :


Une entreprise en difficultés financières est celle qui a cessé de fonctionner de façon harmonieuse.
Cette situation est caractérisée par une rupture dans la continuité de son exploitation.
Dans cette situation, l’entreprise n’est pas encore dans état total de cessation de paiement, mais elle est dans l’impossibilité de
faire face à son passif exigible grâce à son actif disponible.
Le passif exigible concerne l’ensemble des dettes arrivées à échéance non réglées, et dont les créanciers peuvent exiger le
paiement immédiatement.
L’actif disponible concerne l’ensemble des sommes ou effet de commerce dont l’entreprise peut mobiliser immédiatement
(liquidité de caisse et de banque, et effet de commerce escomptable).
En d’autres termes, une entreprise connait des problèmes de trésorerie, lorsqu’elle ne peut faire face à ses obligations
courantes et ses échéances de dettes.
Les signes visibles de difficultés financières se manifestent par l’apparition de certains déséquilibres entrainant le report de
règlement des échéances relatives aux différentes obligations incombant l’entreprise (absence ou paiement différé des
impôts, des charges sociales, des intérêts bancaires, des salaires…).
D’autres indices peuvent être considérés comme révélateurs d’une situation financière dégradée à savoir le recours aux
découverts bancaires ou à la cession d’éléments d’actifs pour alimenter la trésorerie de l’entreprise.

L’objectif du dispositif du rééchelonnement des dettes fiscales vise à soutenir fiscalement les entreprises en difficultés
financières et non celle qui jouissent d’une bonne situation financière, qui lui permet d’honorer aisément leurs dettes.

En effet, la remise des pénalités d’assiette et de recouvrement, accordée à une entreprise ne présentant pas de difficultés
financières constituerait une forme de financement de leurs trésorerie.

Si la remise des pénalités est accordée à ces entreprises qui affichent des performances, celle-ci se transformerait en une
ressource financière additive.

Toutefois, sont également éligibles à ce dispositif, les entreprises qui doivent faire face à des évènements exceptionnels,
relevant de la force majeure, et plus généralement d’évènements imprévisibles et irrésistibles et imposés par un tiers.

En tout état de cause, ces circonstances devraient être dûment établies et justifiées.
D. Durée du rééchelonnement :
Le calendrier de paiement, dont modèle ci-joint en annexe, est mensuel.
Il s’étale sur une période maximale de trente-six mois (36).
La durée du calendrier est fixée par le receveur en concertation avec l’entreprise concernée en fonction de l’importance de la
dette fiscale et de la nature et du degré de la (les) difficulté(s) financière(s).
Il est indiqué à ce titre, que l’apport initial doit correspondre à la première mensualité à verser lors de la signature de
l’engagement.
E. Condition requise pour prétendre à cette mesure :
Pour ouvrir droit à cette mesure, les entreprises ayant adhéré à ce dispositif, sont tenues de respecter l’échéancier de
paiement de leurs dettes fiscales rééchelonnées.
Tout manquement à cette obligation entraine la résiliation de l’échéancier et la reprise de l’action du recouvrement.
Toutefois, les receveurs des impôts doivent préalablement à l’annulation du calendrier de paiement accordé, inviter
l’entreprise défaillante à respecter son engagement.
F. Remise des pénalités :
Conformément aux dispositions de l’article 90 sus rappelé, les entreprises ayant adhéré au dispositif du rééchelonnement et
ayant respecté l’échéancier de paiement bénéficient de la remise totale des pénalités (d’assiette et de recouvrement)
mises à leur charge.

La remise des pénalités est prononcée à l’issue de la dernière échéance de paiement et ce sans demande expresse de
l’entreprise.
2.2- PROCEDURE DE MISE EN ŒUVRE DU DISPOSITIF :
A. Formulation d’une demande :
Les entreprises qui optent pour ce dispositif doivent formuler une demande soit au moyen d’une simple lettre sans condition
de délai ou de forme, ou suivant un imprimé fourni par la recette des impôts compétente.
Cet imprimé peut être téléchargé du site web de la DGI.
Ces demandes doivent contenir les indications nécessaires pour identifier la dette fiscale.
Cette demande doit être accompagnée par les éléments et les justificatifs faisant ressortir expressément les difficultés de
l’entreprise.

Pour les sociétés, les pièces justificatives présentées en appui de la demande doivent être soutenu par un rapport du
commissaire aux comptes de l’entreprise indiquant les difficultés financières, telles qu’elles ressortent des données
comptables de l’entreprise.
B. Examen de la demande :
Sur la base de la demande et les pièces justificatives présentées par l’entreprise, le receveur des impôts examine la
recevabilité de celle-ci en s’assurant que les conditions d’éligibilité à ce dispositif sont réunies et que la situation de
l’entreprise présente des difficultés financières.
À l’issue de cet examen, le receveur se prononce sur le sort de la demande formulée :
✓ Si la demande est admise, il invite l’entreprise à souscrire un engagement ;
✓ Si la demande est rejetée, le receveur est tenu d’informer l’entreprise de sa décision laquelle doit indiquer les motifs ayant
motivé sa décision.
Aussi, pour se prononcer sur la demande présentée par l’entreprise, le receveur doit, au préalable, recueillir l’avis du
service chargé de la gestion du dossier fiscal du contribuable.
Ce service dispose d’un délai maximal de dix (10) jours pour émettre son avis en s’assurant de l’exactitude des
données présentées par la société.
C. Fixation du calendrier de paiement de la dette rééchelonnée :
Le receveur des impôts, invite l’entreprise à une séance de travail au cours de laquelle, il propose à cette dernière un
calendrier de paiement.
Si l’entreprise accepte le dit calendrier proposé, ce dernier devient applicable.
En revanche, si l’entreprise formule des propositions différentes que celles avancées par le receveur, ce dernier sera tenu de
les examiner et d’accéder favorablement à la demande du contribuable, lorsque ces propositions sont fondées et
raisonnables.
D. Souscription d’un engagement par l’entreprise :
Les entreprises qui adhérent à ce dispositif et qui ont conclus un échéancier de paiement avec le receveur compétent, sont
tenues de souscrire un engagement de rééchelonnement de leur dette suivant le modèle joint en annexe.
Si l’entreprise ayant adhéré à ce dispositif désirent apurer leur dette fiscale en un seul versement, cette dernière signera
l’engagement avec la mention « paiement total de la dette en un seul versement » et bénéficiera de la remise totale des
pénalités avec délivrance immédiate de son extrait de rôles.
E. Dénonciation du rééchelonnement :
Lorsqu’il est constaté que l’entreprise ayant bénéficié de ce dispositif n’a pas respecté son calendrier de paiement, la recette
des impôts est tenue de mettre en demeure ladite entreprise pour l’inviter à honorer son engagement avant la prochaine
échéance, à défaut, il sera procédé à la dénonciation de l’engagement souscrit.
Toutefois, si l’entreprise défaillante présente des éléments ou pièces de nature à justifier le retard de paiement de l’échéance
concernée, le receveur des impôts devra examiner le caractère probant des dits éléments.
Dans le cas où le receveur des impôts considère que le dit retard est justifié, il accorde le report de paiement de l’échéance
non respectée.
Par contre, si le retard de paiement des mensualités n’est pas justifié, ou que celui-ci est répétitif, il sera mis fin au calendrier
de rééchelonnement. La dénonciation sera notifiée à l’entreprise défaillante.
Par conséquent, le receveur procédera à la relance de l’entreprise en matière de recouvrement de la dette fiscale laquelle sera
réajustée en tenant compte des paiements effectués.
F. Procédure de remise des pénalités :
∙ Rôle de la recette des impôts :
Le receveur des impôts est tenu de transmettre, selon le cas, au Directeur des Grandes entreprises, ou au Directeur des
impôts de Wilaya, la demande formulée par l’entreprise, accompagnée de la déclaration de paiement total de la dette fiscale et
un extrait de rôle faisant apparaitre la nouvelle situation fiscale de l’entreprise.
Le dossier ainsi constitué sera soumis pour examen à la commission de recours gracieux compétente. ∙
. Rôle de la commission de recours gracieux
La commission de recours gracieux procèdera à l’examen formel des dossiers de ces entreprises laquelle s’assurera que ces
demandes s’inscrivent dans le cadre du dispositif du rééchelonnement des dettes fiscales des entreprises en difficultés
financières et que la condition requise a été respectée, à savoir le paiement total de la dette fiscale.
Ces demandes doivent être traitées en priorité. Les décisions de remise gracieuses des pénalités doivent être notifiées à
l’entreprise et au receveur des impôts concerné.

3- Le contribuable sollicite un sursis légal de paiement :


Le contribuable qui a introduit une réclamation régulière dans les conditions fixés par les articles 72, 73 et 75 dans
laquelle il conteste le bien-fondé ou la quotité des impositions mises à sa charge peut solliciter un sursis de paiement en
effectuant un paiement préalable de 20% sur le montant des droits contestés ,ce paiement ne constitue nullement une
garantie suffisante de manière à assurer le recouvrement de l’impôt au cas où la réclamation se trouve rejetée ou
partiellement admise.
A défaut de paiement de la cote–part exigible, le réclamant désirant bénéficier d’un sursis légal de paiement ,a la
possibilité de présenter au receveur de rattachement ,des garanties couvrant la totalité du montant des droits objet de
contentieux.
Par ailleurs, il est signalé que pour les recours devant la commission, le bénéfice d’un SLP, est tributaire de l’acquittement à
nouveau de 20% du montant des droits et pénalités restant en litige.
En matière de sursis légal de paiement, la responsabilité du receveur est atténuée dans la mesure où il est tenu par une
disposition légale.
∙ Rôle du receveur des impôts :
Lorsqu’un contribuable se présente à la recette des impôts pour s’acquitter des droits dus pour obtenir un sursis
légal de paiement à accorder par le directeur des impôts compétent, le receveur doit exiger du contribuable les
éléments ci-après :
- La présentation d’un recours contentieux ;
- Préciser le montant des droits contestés (en totalité ou partiellement) ;
Sur la base de ces éléments recueillis, le receveur des impôts calcule le montant des droits dus au titre de SLP.
A ce titre, si le contribuable conteste une partie des droits, le calcul des 20% s’effectue sur le montant desdits droits, la
partie des droits non contestés sera exigible immédiatement.
Il est signalé que pour prétendre au bénéfice d’un SLP, il y a lieu de satisfaire les conditions prévues par les prescriptions
de la circulaire n°02/MF/DGI/DCTX du 13/03/2017.
Toutefois, le sursis légal de paiement peut être octroyé, par le directeur des impôts compétent, sans acquittement de la
quote-part de 20% ou sans constituer des garanties, pour les impositions résultant d’erreurs matérielles ou de double
emploi, dûment constatés par le service d’assiette ou de perception.
Dans ce cas, les poursuites sont suspendues jusqu’à l’intervention de la décision contentieuse.
En cas de prononciation d’un dégrèvement partiel au profit du réclamant, le receveur des impôts de rattachement, après
emploi du certificat d’annulation, reprend les poursuites à concurrence des montants des impositions restant à sa charge.
Toutefois, si le redevable conteste à nouveau la décision contentieuse, auprès de la commission de recours compétente, en
sollicitant un SLP, les poursuites seront suspendues si ce dernier s’acquitte à nouveau de la quote-part exigible (20%)
suivant les conditions citées ci-dessus.
∙ Rejet de la demande de sursis légal de paiement :
La demande d’octroi d’un sursis légal de paiement ,peut faire l’objet d’un rejet par le Directeur ou le chef de centre, si le
contribuable requérant ne remplit pas les conditions nécessaires pour en bénéficier ou s’il est constaté la survenance
d’événements menaçant le recouvrement des impositions objet de contentieux.
Dans ce cas, le receveur a toute la latitude juridique pour engager les poursuites pour le recouvrement des impositions
exigibles nonobstant le paiement de 20% pour l’obtention du SLP.
Néanmoins, le receveur peut considérer ce paiement comme un apport initial pour la souscription d’un échéancier de
paiement.
∙ Impositions contestées auprès des instances judicaires :
Les recours en appel ne sont pas suspensifs de paiement des impositions réclamées.
Néanmoins, le contribuable peut solliciter auprès du juge l’octroi d’un sursis de paiement au titre de la somme principale
contestée à la condition de constituer des garanties propres à assurer le recouvrement de l’impôt.
Aussi, en l’absence d’un sursis de paiement, le receveur des impôts est tenu de poursuivre son action en recouvrement des
impositions contestées, laquelle ne portera que sur les droits en principal.
En effet, en application de l’article 82-3 du CPF, le recouvrement des pénalités exigibles se trouve réservé jusqu’à ce que la
décision juridictionnelle ait été prononcée et soit devenue définitive.
∙ Durée du sursis légal de paiement/sursis de paiement :
Le sursis légal de paiement /sursis de paiement prend fin dès que l’administration fiscale ou l’instance judiciaire statue
sur le litige.
A ce titre, le receveur sera destinataire d’une copie de la décision rendue, selon le cas, accompagnée, le cas échéant, du
certificat d’annulation ou de réduction en cas de prononciation de dégrèvement à la faveur du requérant.

4- Le contribuable opte pour la remise conditionnelle


4.1- Notion de remise conditionnelle :

Le dispositif de remise conditionnelle a été introduit par la loi de finances pour 2013. Les modalités d’application de ce
dispositif ont été défini par l’instruction N°217/MF/DGI/DCTX du 02/04/2013.
La remise conditionnelle peut être définie comme étant un contrat par lequel l'administration fiscale et le contribuable
mettent fin soit à une contestation née par l'introduction d'un recours contentieux préalable, ou préviennent une
contestation à naitre issue d'impositions enrôlées et mises en recouvrement, moyennant des concessions réciproques :
− L'administration s'engage à consentir une atténuation des pénalités d'assiette et amendes fiscales appliquées ;
− De son côté, le contribuable prend l'engagement de payer les sommes maintenues à sa charge dans le délai fixé dans le
contrat et renonce à toute procédure contentieuse concernant les droits et les pénalités visés par le contrat.
En somme, en acceptant de transiger sur le montant de pénalités, l'administration fiscale s'assure le paiement de l'impôt
en mettant un terme à la procédure contentieuse.
4.2- Rôle du receveur des impôts :
Une fois le contrat souscrit par le contribuable, une copie est transmise au receveur compétent. Deux situations peuvent se
présenter :
− Le contribuable s’est engagé pour le paiement intégral des impositions dues, dans ce cas le receveur
procède à l’encaissement des droits.
Pour les pénalités l’encaissement ne concernera que la partie ne faisant pas l’objet de remise telle que prévu
par ledit contrat.
− Le contribuable s’est engagé à payer sa dette dans le cadre d’un calendrier de paiement. A ce titre le
receveur est tenu de délivrer un calendrier de paiement tel que convenu dans ledit contrat et suivant
l’une des périodicités ci-après :

période Taux de remise

4 mois 80%

8 mois 70%

12 mois 60%

Si le receveur constate que le contribuable ne respecte pas son obligation de paiement suivant les modalités fixées dans le
contrat, il devra en informer immédiatement le directeur des impôts aux fins de dénonciation du contrat.
Une fois l’engagement de paiement honoré par le contribuable, un certificat d’annulation des pénalités objet de remise est
reçu par le receveur lequel l’emploi sur le rôle objet des impositions en cause acquittées.
5- Souscription des déclarations sans paiement :

La loi de finances pour 2016 a institué cette procédure, en apportant une précision relative aux obligations fiscales, qui a
consisté à dissocier l’acte de déclaration de celui du paiement des droits correspondants.

Cette procédure s’inscrit dans le cadre de :


_ La simplification des procédures de déclaration et de paiement de l’impôt ;
_la satisfaction des exigences du nouveau système d’information JIBAYATIC qui sépare entre l’obligation de déclaration et
celle du paiement de l’impôt.

5.1- Objet de la mesure :

Conformément aux dispositions des articles 17 et 56 loi de finances 2016, les contribuables ont désormais la faculté de
déposer leurs déclarations mensuelles sans procéder spontanément au paiement des droits exigibles.
Par conséquent les receveurs des impôts sont tenus de respecter cette mesure en acceptant le dépôt de la déclaration G50
Dans les délais requis non suivi du paiement, en les dispensant ainsi de l’application des pénalités d’assiette.

5.2 – traitement des déclarations souscrites sans paiement :

Il est utile de préciser à ce titre, que deux cas de figures peuvent se présenter :

• Déclarations déposées dans les délais sans paiement :


Pour les déclarations déposées dans les délais, (au plus tard le 20), celle-ci ne donnent pas lieu à l’application des pénalités
d’assiette.
Toutefois, ces déclarations sont assorties de pénalités de recouvrement dans la mesure ou le paiement des droits exigibles n’est pas
intervenu dans le délai requis. Ces pénalités sont calculées en fonction de la date d’exigibilité des droits soit :
o 10% pour les paiements intervenant entre le 21ème et le dernier jour du mois de déclaration.
o 10% + astreinte 3% (par mois ou fraction de mois de retard) pour les paiements intervenant
après le délai suscité (le 1er du mois qui suit la date de dépôt sans pour autant que cette
astreinte cumulée avec la pénalité fiscale de 10% ne dépasse le taux de 25%).

• Déclarations déposées hors délais sans paiement :


Les déclarations déposées hors délais (après le 20) font l’objet de deux types de pénalités à savoir :
➢ Des pénalités d’assiettes pour dépôt tardif 10%.
➢ Des pénalités de recouvrement correspondantes lors du paiement des droits 10% + une astreinte de 3% par mois ou
fraction de mois de retard dans la limite de 25%.
Ces pénalités sont calculées comme suit :
➢ 15% si le dépôt sans paiement intervient entre le 21 et le dernier jour du mois de déclaration.
➢ 23% (10% dépôt tardif + 13% paiement tardif) entre le 1er et le dernier jour du mois suivant celui au titre duquel les
droits ont été déclarés.
➢ Une astreinte de 3% est ajoutées au 23% jusqu’à un taux maximum de 35%.
5.3 – prise en charge des déclarations déposées sans paiement :
▪ Rôle de la recette des impôts :

Les déclarations déposées sans paiement sont transcrites sur un registre ad hoc (sommier hors rôles) ou le cas échéant sur
un fichier électronique (recette DGE, CDI et CPI). Ce registre est annoté des actes de poursuites engagés et les paiements
effectués.
Ces déclarations déposées sans paiement sont transmises à l’inspection (service de gestion) chaque fin de mois (au plus
tard avant le 1er de chaque mois suivant) par le biais du bordereau récapitulatif des déclarations (série H61) distinct de
celui réservé aux déclarations payées. A ce titre le receveur doit établir deux bordereaux H61, le premier pour les
déclarations payées et le second pour les déclarations déposées sans paiement. Ce dernier doit comporter la mention
spéciale. «Déclaration déposées sans paiement- titre de recettes (D37) n°…. du ………. », ce qui facilitera aux services la
prise en charge correcte et harmonieuse de ces déclarations (travaux de pointage de constatation et de relance).

▪ Rôle du service de gestion :

Les déclarations déposées sans paiement sont traitées au même titre que celles ayant fait l’objet de paiement des montants
des droits exigibles. Elles sont transcrites sur la fiche- contrôle des déclarations série D29, en portant la mention
« déposée sans paiement » et reprises sur le bordereau des constatations des droits au comptant série D37 (document
réaménagé à cet effet) au même titre que celles effectivement réglées.
5.4 – régularisation des déclarations déposées sans paiement :

Il est signalé que les articles sus référencés, ne fixent pas le délai au-delà duquel les services doivent enclencher la
régularisation des contribuables ayant déposé leurs déclarations sans paiement.

Aussi, s’agissant de déclarations souscrites par les contribuables comportant des impôts et taxes exigibles et constatés
dans les écritures des receveurs, ces droits constituent une créance détenue par l’administration fiscale sur le
contribuable. Ils sont susceptibles de l’enclenchement de l’action coercitive prévue par les textes législatifs et
réglementaires en vigueur en cas de non-paiement.

▪ Délai de relance des contribuables défaillants :


Le délai à partir duquel les receveurs des impôts peuvent relancer les contribuables n’ayant pas régularisé leurs déclarations
déposées sans paiement, est celui correspondant à la date de réception du titre de recette (série D37) homologué par le directeur
des impôts (DGE/ DIW) et/ou les chefs de centres (CDI/ CPI).
▪ Support de relance :
Les contribuables concernés par les déclarations déposées sans paiements sont relancés par l’envoi par le receveur des
impôts d’un avertissement à payer qui doit être suivi d’un commandement en cas de non-paiement.
▪ Suivi des déclarations déposées sans paiement au niveau de la recette des impôts :
Pour assurer l’apurement des montants des droits des déclarations déposées sans paiement, les receveurs des impôts sont
appelés à prendre des mesures, en sus des actions coercitives prévues par la règlementation en vigueur, en vue d’assurer
le recouvrement des droits exigibles, notamment :
➢ La tenue, au niveau des guichets de la recette, d’une liste nominative des contribuables défaillants au titre des
déclarations en question afin de permettre aux déposés des guichets d’inviter ces derniers à régler les
déclarations précédentes ;
➢ L’inscription des montants correspondants aux impôts déclarés et non payés sur les extrait de rôles et les autres
documents reflétant la situation fiscale des contribuables ;
➢ La suspension des transferts de fonds ainsi que les domiciliations bancaires jusqu’à l’apurement des déclarations
déposées sans paiements et éventuellement des dettes détenues par le receveur à l’exception des contribuables
ayant présenté une caution bancaire ou hypothécaire.

▪ Apurement des déclarations :


Les déclarations déposées sans paiement doivent faire l’objet d’un apurement prioritaire et systématique. A ce titre, les
receveurs des impôts sont tenus de relancer les contribuables défaillants à l’effet de les amener à régler l’ensemble des
droits exigibles relatifs aux déclarations déposées sans paiement.
Cependant, les receveurs des impôts peuvent autoriser le paiement de ces droits sous réserve d’un paiement intégral par
déclaration, interdiction de fractionner la déclaration et l’exigence des garanties.
La sous-direction en charge du recouvrement doit assurer le suivi de l’apurement des déclarations sans paiement auprès
des recettes.
5.5 – Suivi des statistiques :
Les données statistiques liés aux déclarations déposés sans paiement entre les recettes des impôts et les DIW/DGE est
assuré par le biais d’un support qui permettra le suivi mensuel de leur apurement.
Une situation consolidée des dites données est adressée trimestriellement à la DOFR suivant un canevas.

o Le contribuable ne règle pas sa dette fiscale


Le chef de service des poursuites en concertation avec le receveur procèderont, à la convocation des contribuables
défaillants, une première fois pour leur demander de s’acquitter dans l’immédiat de leurs dettes, tout en les informant de
la nature et du détail des impôts dus, notamment des risques auxquels ils s’exposent en refusant d’honorer leurs
obligations fiscales.
Dans le cas où ils ne pourraient pas le faire, pour des raisons de difficultés financières avérées, il y a lieu de leur proposer
un calendrier de paiement avec versement immédiat de 10 % des sommes dues.
Ce calendrier doit faire l’objet d’un engagement par écrit et signé.
Si les contribuables ne règlent pas leurs dettes ou qu’ils refusent de souscrire l’engagement, ils seront convoqués une
seconde fois, pour leur expliquer les risques de passage à la mise en œuvre des mesures coercitives, tout en les invitant à
nouveau à payer leurs dettes.
Les démarches décrites ci-dessus doivent être consignées sur un registre ouvert à cet effet, lequel doit reprendre ce qui
suit :
− Les dates de réception du contribuable ;
− Les propositions qui lui ont été faites par le service ;
− La position du contribuable quant au règlement des impôts et taxes dus.
3EME PARTIE : LA PROCEDURE DU RECOUVREMENT FORCE
L’acte de poursuite est une voie d’exécution du recouvrement forcé, engagée par l’administration fiscale en vertu d’un
titre exécutoire émis à l’encontre d’un redevable défaillant, à l’effet de le contraindre à s’acquitter de sa dette fiscale.
A ce titre, les receveurs sont amenés à engager des mesures coercitives de nature fiscale ou, le cas échéant, à mettre en
œuvre des mesures d’exécution de droit commun.
Pour exercer les poursuites à l’encontre des contribuables défaillants, les receveurs peuvent recourir, non seulement aux
voies d’exécution spécifiquement fiscales, mais également, aux procédures d’exécution de droit commun.
Par ailleurs, il convient de préciser que l’administration fiscale à toute la latitude juridique de mettre en œuvre certains
actes de poursuites de droit commun, sans autorisation préalable du juge compétent en la matière.

Il s’agit : du commandement à payer et de la saisie-exécution mobilière.

Il est rappelé que toute mesure de poursuite ne peut être engagée sans avoir procédé au préalable à l’émission d’un
commandement à payer.
Ces mesures doivent intervenir avant l’expiration du délai de prescription quadriennale prévue en matière de
recouvrement.
I- CONDITIONS D’EXERCICE DES POURSUITES
1. Compétence des agents de poursuites
D’autre part et en vertu des dispositions de l’article 145 du CPF, les agents de poursuites dument assermentés sont
habilitées à exercer les actes de poursuites ou les huissiers de justice.
Aussi, pour mener l’action coercitive à l’encontre des contribuables défaillants dans de bonnes conditions, ces agents
doivent procéder à des travaux préliminaires se rapportant à la situation patrimoniale du redevable et à l’établissement
des actes de poursuites.
2. L’engagement des poursuites :
Le receveur conserve l’entière maitrise de la conduite du recouvrement, tant au regard de l’opportunité de l’exercice des
poursuites que du choix des procédures d’exécution, qu’en ce qui concerne les mesures de bienveillance prises en faveur
des redevables (octroi de délais de paiement).
Mise à part, le commandement de payer, les actes de poursuites doivent être ordonnés par le receveur.
L’ordre de poursuivre est donné par le receveur sous la forme d’une inscription apposée sur l’agenda de poursuites, tenu
par le chef de service des poursuites. Cet agenda doit retracer ce qui suit :
− Le programme des poursuites (Les contribuables à poursuivre) ;
− Les suites données à ce programme ;
− Les observations et recommandations du receveur ;
− Les explications ou justifications de l’agent ;
− Les actes signifiés et la raison du non signification de certains autres actes ;
− La nature et l’importance des travaux effectués au bureau.
Le receveur devra, au moyen de l’agenda en question, surveiller l’activité de ces agents, orienter leurs recherches et
s’assurer de l’exécution du programme de poursuites confié à chacun d’eux.
II- LES ACTES DE POURSUITES

1. Le commandement à payer :
Le commandement à payer constitue le premier acte de poursuites préalable, qui peut être signifié à personne ou à
domicile, un jour franc après la date de l’exigibilité de l’impôt (article 145 du CPF).
En pratique la notification des commandements s’effectue généralement à partir de la date d’application des pénalités de
recouvrement.
Cependant, et dans la mesure où le commandement de payer n’a pas d’effet coercitif ou conservatoire sur le patrimoine du
redevable, le chef de service des poursuites n’est pas tenu d’attendre l’ordre de poursuivre du receveur pour procéder à la
notification desdits commandements à leurs destinataire.
Néanmoins, il doit mentionner sur l’agenda de poursuites, les indications concernant l’ensemble des commandements
envoyés, ainsi que les suites qui leurs sont réservées.
A. Etablissement du commandement :

L’agent de poursuites procédera à l’établissement du commandement en deux exemplaires à l’aide de l’imprimé Rn°09
(carnet à souche), celui-ci sera rédigé d’une façon claire, lisible, sans rature, ni surcharge.
L’original sera conservé à la recette et le copie sera adressée au redevable. Le commandement dont la rédaction en langue
officielle (arabe), sous peine de nullité, est requise doit contenir, en sus des mentions légales habituelles, les indications
prévues par les dispositions de l’article 613 du Code de Procédures Civiles Administratives.
B. Notification du commandement :

Une fois le commandement est établi, l’agent de poursuites procèdera à sa notification au redevable par voie postale sous
pli recommandé, par lui-même, ou signifié par à un huissier de justice (article 146 du CPF).
Dans le cas où le commandement n’a pas été suivi de paiement dans les quinze (15 J) jours suivant sa réception par le
redevable, le receveur engage d’autres mesures de recouvrement forcé.

2. fermeture temporaire des locaux professionnels :


Cette mesure est mise en œuvre à l’effet d’amener le redevable à régler sa dette fiscale, faute de quoi il ne pourra pas
exercer son activité pendant une durée déterminée.
A. Proposition de fermeture temporaire des locaux:

Le receveur poursuivant doit, en collaboration avec le chef de service de poursuites, formuler la proposition de fermeture
du local et la soumettre au chef de centre qui à son tour, après approbation, la transmettra au DIW, DGE pour décision. La
proposition en question doit indiquer les mentions reprises ci-dessous et être appuyée de toutes les pièces faisant
ressortir les actions menées par le service pour recouvrer la créance fiscale concernée. (Art 146 CPF)
− Nom, prénom ou raison sociale ;
− Adresse du local ;
− Montant de la dette fiscale ;
− Années d’imposition ;
− Délais accordés ;
− Nature des poursuites engagées.
B. Autorité compétente pour prendre la décision :

Conformément à l’article 146 du CPF, seul le DIW, dans ce cas, est habilité à prononcer la décision de fermeture
temporaire du local professionnel.
Le DGE/DIW fixera à la même occasion, après avis du receveur, la durée de la fermeture qui dans tous les cas ne pourra
pas dépasser les six (06) mois, étant précisé que pour être valide, cette décision doit être précédée obligatoirement par la
notification d’un commandement.
C. Notification de la décision de fermeture :

Après réception de la décision par la recette, le carnet des fermetures temporaires des locaux professionnels, sera annoté
par les indications suivantes : la date de la décision et la date de notification de la décision au redevable.
Par la suite, la décision de fermeture sera notifiée au redevable par l’agent de poursuites ou par l’huissier de justice.
D. Exécution de la décision de fermeture :

Le redevable dispose d’un délai de dix (10) jours à compter de la date de réception de la décision, pour se libérer de sa
dette ou souscrire un calendrier de paiement expressément accepté par le receveur poursuivant.
Passé ce délai, la décision de fermeture est mise en exécution par l’agent de poursuites ou l’huissier de justice, lequel
procédera à cet effet au collage d’une affiche sur la portière indiquant :
− La durée de la fermeture du local ;
− Le motif de la fermeture du local ;
− L’autorité compétente ayant pris la décision ;
− La date de la décision.

3. La saisie exécution mobilière :


Le receveur des impôts n’est pas tenu de saisir les instances judiciaires pour la mise en œuvre de la procédure de la saisie-
exécution mobilière.
A ce titre, il est autorisé de plein droit d’appréhender directement les meubles et effets mobiliers du redevable qui n’a pas
honoré sa dette dans un délai de 15 jours à compter de la notification du commandement, et de les mettre sous la main de
l’administration fiscale en vue de les vendre aux enchères publiques ou de les faire vendre par le redevable lui-même.
Après l’envoi d’un commandement de payer, la mise en œuvre de la procédure de saisie exécutoire s’opère en suivant les
étapes ci-après :
− L’ordre de saisir ;
− L’exécution de la saisie, matérialisée par l’établissement d’un PV de saisie ;
− la vente des biens (meubles) saisis.
A. Ordre de saisir :
Le receveur donne l’ordre de pratiquer la saisie en l’apposant sur l’agenda de poursuites, en indiquant les éléments
suivants :
− la date de l’opération ;
− Le nom, prénom et domicile du redevable ou, s’il s’agit d’une personne morale, sa dénomination et son siège
social
− La mention des articles et la nature de la ou des créances ainsi que le montant à payer ;
− La nature de la saisie.
− Le nom, prénom, qualité et signature de l’agent chargé de l’exécution de la saisie.
Le receveur doit toutefois, s’assurer que le redevable ne s'est pas acquitté de sa dette ou n'a pas déposé de réclamation
suspensive de paiement ou n'a pas obtenu de délais de paiement ou de dégrèvement.
Le receveur chargé du recouvrement ne peut engager, sous peine de nullité, la procédure de recouvrement forcé par voie
de saisie, que quinze(15) jours après la notification du commandement (cf. dispositions de l’article 612 du CPCA).
Toutefois, convient-il de préciser que dans le cas d’exigibilité immédiate prévue par l’article 354 du CIDTA, le receveur des
impôts peut faire signifier un commandement sans frais au contribuable à partir de cette exigibilité.
La saisie peut alors être pratiquée un jour franc après la signification du commandement (article 147 du CPF).
B. L’exécution de la saisie :
Le porteur de contrainte (agent de poursuites ou huissier) chargé de la saisie doit d’abord, réitérer verbalement la
demande de paiement.
Ensuite, si le débiteur accepte de régler sa dette, il sera dressé un PV de saisie interrompue.
Dans le cas contraire, il est procédé, après inventaire des biens présents considérés comme sous- main de l’administration
à l’établissement d’un procès-verbal de saisie« Rn°20 ». A ce titre, il est précisé que l’agent de poursuites peut saisir tous
les meubles par nature, à l’exception des biens insaisissables énumérés par les dispositions des articles 636 à 639 du
CPCA.
C. L’établissement du procès-verbal de saisie :
A l’issue de l’exécution de la saisie, l’agent de poursuite doit rédiger un procès-verbal de saisie devant contenir, sous peine
de nullité, les mentions obligatoires ci-après, édictées par l’article 691 du CPCA :

− La référence du titre en vertu duquel la saisie est effectuée ;


− Le montant de la créance, objet de la saisie ;
− L’élection du domicile du créancier saisissant dans le ressort du tribunal du lieu de l’exécution ;
− La détermination du lieu de la saisie et les procédures accomplies par le porteur de contrainte, les difficultés et
oppositions rencontrées lors de la saisie ainsi que les mesures prises ;
− la désignation précise des biens saisis avec détermination de leur nature, leur description, leur quantités, leur
poids, ainsi que leur mesure et /ou leur valeur approximative. Les biens à saisir doivent être choisis parmi ceux
qui ont une valeur suffisante pour désintéresser le Trésor. Dès que la valeur des biens appréhendés est estimée
suffisante pour couvrir le montant des créances dues, l’agent de poursuites doit arrêter la liste des biens à saisir
− L’indication des noms, prénoms et qualité des témoins, qui doivent apposer leur signature sur l’original et les
copies, en cas de refus, il en est fait mention dans l’acte ;
− Le (ou les) nom et prénom(s) du (ou des) gardiens(s) éventuellement désigné(s) (le gardien qui aura dégradé ou
détourné les biens saisis est passible de sanctions pénales « art.702 du CPCA »);
− L’indication en caractère très apparent que les biens saisis sont indisponibles, qu’ils soient placés sous la garde
du débiteur, ou qu’ils ne peuvent être ni aliénés ni déplacés ;
− L’indication du jour de la vente ou porter la mention « à une date ultérieure », laquelle sera notifiée par acte
spécial (signification de vente), La fixation de la date de vente sur le procès-verbal de saisie permet au
comptable saisissant de faire en temps voulu une publicité suffisante et au redevable saisi de connaître le temps
qui lui est imparti pour réunir les fonds nécessaires lui permettant de se libérer de sa dette et éviter ainsi la
vente.
Néanmoins, ce délai peut être abrégé, en accord avec le redevable notamment lorsqu’il y a lieu de craindre le
dépérissement des objets saisis ou pour éviter des frais de garde hors de proportion avec leur valeur.
Pour des raisons tenant à la validité juridique de l'acte, le procès-verbal de saisie doit être rédigé en double exemplaire,
signés par les deux parties et une copie doit être remise au débiteur, ou à son représentant, séance tenante contre
décharge.

En cas d’absence ou de refus de signature du redevable ou de son représentant, il en est fait mention.
Cette remise vaut notification de l’acte de saisie, conformément aux dispositions de l’article 688 du CPCA.

N.B : Les opérations de saisies, lorsque les biens du débiteur se trouvent détenus par un tiers, ne peuvent être exécutées
qu’après l’autorisation préalable du juge et la notification d’un commandement.

4. L’avis à tiers détenteurs (ATD) :


L’avis à tiers détenteurs est un acte de procédure qui permet au receveur de contraindre un tiers, en sa qualité de
dépositaire, détenteur ou débiteur à l’égard du redevable, à saisir ou arrêter les deniers de celui-ci avec possibilité de les
prélever au profit du receveur.
En d’autres termes, cette procédure permet au receveur, sur simple demande, d'obliger un tiers à verser entre ses mains
les fonds dont il est détenteur ou débiteur à l'égard du redevable, à concurrence du montant des impôts dus par celui-ci.
A. Les mentions obligatoires de l’ATD

L’ATD doit, sous peine de nullité, comporter les indications ci-après :


− La date de notification de l’avis ;
− Le receveur saisissant ;
− Le redevable saisi et le tiers détenteur ou dépositaire ;
− La nature et le montant de la créance exigible, privilégiée dont le recouvrement est poursuivi ;
− Signature du receveur.
Dans la pratique, les ATD sont extraits de carnets à souches.
Il s’agit de l’imprimé « Rn°02 », Ce dernier est servi en duplication par l’agent ou le chef de poursuites.
B. Notification de l’ATD :

La notification au tiers détenteur ou dépositaire se fait soit par l’agent de poursuites ou par lettre recommandée avec
accusé de réception, dans le cas où l’ATD est envoyé à plusieurs dépositaires.
Le tiers détenteur informe le débiteur par simple lettre indiquant l’objet de l’ATD, la désignation du comptable saisissant
et du tiers détenteur ainsi que le montant, les natures et les références des créances exigibles.
Si le tiers détenteur n’obtempère pas à l’A.T.D, le receveur doit lui adresser une lettre de rappel, le cas échéant, le tiers
détenteur peut être contraint de verser à la caisse du receveur les sommes détenues par lui et affectées au privilège du
Trésor, par les mêmes moyens que le redevable lui-même.
C. Poursuites contre les tiers détenteurs, débiteurs ou dépositaires de deniers :

Le tiers actionné qui ne défère pas à la demande du receveur, engage sa responsabilité personnelle et peut par conséquent
être contraint à verser les sommes payées irrégulièrement au redevable ou détenues pour son propre compte, par les
mêmes moyens (mesures d’exécution forcée) que le redevable lui-même.
Est-il précisé que la durée de validité de l’ATD, pour les personnes morales est fixée à quatre années à compter de la date
de sa signification (art 384 CIDTA), Quant aux personnes physiques elle est d’une année.
D. La mainlevée de l'avis à tiers détenteur :

Le receveur émetteur de l’ATD ordonne la mainlevée lorsque :


− Postérieurement à la notification d'un avis à tiers détenteur, le redevable soit n'est plus débiteur des
impositions réclamées (dégrèvement, paiement, remise gracieuse..) ;
− le débiteur s’est libéré de sa dette ;
− le redevable procède au paiement de 50% du montant de la créance et souscrit un CP pour le reste des
impositions dues comme prévu à l’article 104bis du CPF (retrait de la plainte).
La mainlevée est extraite d’un carnet à souche « Rn°35 » et délivrée au contribuable qui, par la suite, doit la présenter au
tiers détenteur pour exécution. Le carnet d’enregistrement des ATD « Rn°36 », doit être annoté en conséquence.
E. L'annulation de l'avis à tiers détenteur :

Elle doit être prononcée par le receveur à chaque fois que l'avis à tiers détenteur n'aurait pas dû être notifié.

Exemple : le débiteur a déposé une réclamation, suspensive de paiement avant la notification de l'avis à tiers
détenteur. Dans ces cas, l'acte est annulé.

5 . La saisie immobilière :
Le recours à la saisie immobilière n’est permis qu’au titre exceptionnel en cas d’insuffisance du produit tiré des meubles
saisis. Sa concrétisation nécessite toutefois l’autorisation du juge.
Parmi les conditions exigées par le juge pour que le créancier puisse procéder à une saisie conservatoire sur les biens
immobiliers du débiteur:
− Une requête adressée au président du tribunal de première instance aux fins de saisie conservatoire ;
− Un PV d’insuffisance des biens mobiliers appréhendés,
− Un extrait du rôle du débiteur,
− Un commandement notifié après la date de saisie mobilière,
− la collecte de tous renseignements utiles concernant l’immeuble à saisir ;
− Le descriptif de localisation du bien immobilier délivré par le conservateur foncier;
−l’ordonnance de saisie conservatoire des biens immobiliers est transcrite à la conservation foncière du lieu
De l’immeuble, dans un délai de quinze (15) jours à dater de la prononciation de l’ordonnance sous peine de
nullité.
N.B : les règles de la saisie mobilière, relative à l’obligation de l’autorisation préalable, l’estimation des biens, la publicité et le
récolement de la vente s’appliquent également aux procédures de saisie et de vente du fonds de commerce et des biens immobiliers et/ou
des droits réels.
6. Procédure de vente des biens meubles saisis :
Dans le cas où le débiteur ne s’est pas acquitté d’une partie ou de la totalité de sa dette fiscale ou n’a pas souscrit un
calendrier de paiement, le receveur doit procéder à la vente des biens saisis afin d’être payé sur le prix.
A ce titre, il y a lieu de rappeler les dispositions des articles 146 du CPF selon lesquels la vente des biens saisis est
subordonnée à l’autorisation donnée au receveur des impôts, après avis du DGE ou DIW, par le Wali, ou par tout autre
autorité, et à défaut de cette autorisation dans les trente (30) jours qui suivent l’envoie de la demande au Wali (imprimé
«Rn°21»), le DGE ou le DIW, selon le cas, peuvent valablement autoriser le receveur à procéder à la vente.
Aussi, pour réaliser cette opération de vente, il y a lieu de se conformer aux dispositions des articles 704 et suivants du
CPCA, traitant de la procédure de vente de biens saisis, notamment en ce qui concerne les règles relatives :
− Estimation des biens saisis ;
− Recueillement de l’autorisation de vente ;
− Signification de la vente(en cas de report de la date de vente) ;
− Publicité de la vente ;
− Récolement des biens saisis ;
− Déclaration de la vente.
L’estimation des biens saisis se fait par les services habilités (contrôle fiscal- domaines….etc.) et un PV d’estimation
servant de référence pour la mise à prix lors de la vente, devra être dressé à cet effet.

N.B : Dans le cas où les biens saisis sont des denrées périssables ou marchandises susceptibles de se corrompre, il peut être
procédé à la vente d’urgence sur autorisation du DGE ou DIW, selon le cas (article 146 CPF). En principe, la date de la vente
est fixée sur le procès-verbal de saisie. Toutefois en raison de circonstances particulières, cette date peut être reportée à
l’initiative du receveur ou sur demande du redevable. Dans ce cas, le débiteur et le gardien (si il y a eu désignation d’un
gardien autre que le débiteur) sont avisés des lieux, jour et heure de la vente huit jours au moins avant sa date, au
moyen de l’imprimé Rn°27 « signification de vente ».
S’agissant de la publicité de la vente, il est utile de préciser qu’en vertu des dispositions de l’article 151 du CPF et des
articles 706 et 707 du CPCA, le receveur poursuivant doit procéder à l’apposition des affiches de vente (imprimé
«Rn°23»), dans les lieux et places suivants :
− la porte principale de l’immeuble ;
− siège de l’APC où se situe le bien ;
− Le tribunal dans le ressort duquel se trouve le bien ;
− Bureau du receveur chargé de la vente.
Quant au recollement des biens saisis cette opération doit se dérouler en présence du redevable ou son représentant légal
tel que prévu par les dispositions de l’article 708 du CPCA, et un procès-verbal de récolement (imprimé «Rn°25 ») doit
être établit à cet effet.
Enfin, la vente de bien saisi doit faire objet d’une déclaration préalable rédigée en doubles exemplaires datée et signée par
le fonctionnaire public ayant la qualité pour y procéder conformément aux dispositions des articles 163 et 164 du Code de
l’Enregistrement (CE).
L’exécution de l’opération de la vente doit se dérouler dans le respect des points ci-après :
∙ Date et lieu de la vente : La vente doit intervenir au moins dix(10) jours francs après la signification de la saisie
(article 704 du CPCA). Ce délai serait réduit en cas de vente d’urgence sur autorisation du DGE/DIW.
La date de la vente initialement fixée sur le PV de saisie peut être reportée, par signification au saisi et au gardien
(si le débiteur n’est pas lui-même le gardien) « une date ultérieure».
La vente aura lieu dans le local où s’est opérée la saisie (sur place, au marché).
Cependant, la vente pourrait être réalisée sur dérogation au marché voisin ou en lieu plus avantageux.
L’autorisation accordée par le DIW pour la délocalisation de la vente, est notifié au saisi avec sommation d’être
présent sur les lieux de la vente.
∙ Qualité de l’agent :
La vente doit être effectuée par l’agent de poursuites ou peut être confiée à un huissier ou à un commissaire-
priseur, moyennant des honoraires mis à la charge du débiteur (article 152-1 du CPF).
Le receveur doit être présent au moment de la vente ou s’y faire représenter.
L’agent chargé de la vente ainsi que le receveur, ne peuvent être acquéreurs des bien vendus.
∙ Conditions de déroulement de la vente :
En vertu des dispositions des articles 713 à 715 du CPCA, la vente des objets saisis doit avoir lieu aux enchères
publiques. L’agent chargé de la vente doit être présent sur le lieu de la vente avant l’heure prévue. Il est tenu de :
− être accompagné, selon le cas, de l’autorité administrative ou de la force publique ;
− procéder à l’établissement de la liste des enchérisseurs, au vu de cartes d’identité nationale et les informer
que le paiement doit être effectué, séance tenante, au comptant ;
− prévenir les enchérisseurs des conséquences judiciaires de toute entente ou accord éventuel pouvant
perturber la régularité des enchères publiques ;
− ouvrir les enchères à l’heure fixée, en annonçant à haute voix la mise à prix préalablement fixée dans le PV
d’estimation ;
− lancer l’adjudication en notant au fur et à mesure les prix offerts répéter trois fois le dernier prix et s’il n’y
a plus d’offre, « dire adjugé ».
L’objet de la vente doit être adjugé au plus offrant, après trois (3) appels consécutifs, séparés d’au moins une minute et
n’est remis que contre paiement au comptant.
La vente est arrêtée, lorsque le prix des biens vendus couvre le montant de la créance et des frais de poursuites.
Les biens restant, bénéficient d’une main levée de plein droit, et seront remis au débiteur contre une décharge consignée
sur le PV. Dans le cas où l’acquéreur ne s’acquitte pas du montant de l’objet vendu dans le délai fixé par les conditions de la
vente, le bien est revendu à la folle enchère à n’importe quel prix.
Lorsque les offres faites au cours de deux (02) séances de vente aux enchères publiques ne suffisent pas à atteindre le
montant de la mise à prix, le receveur peut procéder à la vente de gré à gré, après autorisation du directeur des impôts de
wilaya, suivant les règles de compétence fixées par décision du directeur général des impôts, et ce, en application des
dispositions de l’article 152-2 du CPF.

E. Clôture de la vente :
La vente doit être arrêtée dès que son produit est suffisant pour solder le montant des contributions dues et des frais de
poursuites ainsi que le montant des créances pour lesquels des oppositions auraient été régulièrement formées sur le
produit de la vente.
Ce dernier est encaissé et contre quittance par l’agent de poursuite lorsque celui-ci procède à la vente ou reversé au
receveur par l’officier vendeur sous déduction des frais de vente dûment taxés par le juge sur le PV de vente.

III- AUTRES MOYENS COERCITIFS A LA DISPOSITION DU RECEVEUR


1. La contrainte extérieure
Lorsqu’un contribuable retardataire n’est plus domicilié dans le ressort du receveur détenteur du rôle et que celui-ci, en
dépit de sa mise en demeure, ne se serait pas présenté pour s’acquitter de sa dette, le percepteur doit mandater, en usant
de la procédure de la contrainte extérieure, le receveur des impôts du nouveau domicile du redevable, à l’effet de
poursuivre le recouvrement de la créance fiscale.
∙ Envoi de la contrainte extérieure :
Le receveur émetteur mentionne d’abord l’action sur l’agenda de poursuites, celle-ci sera ensuite Inscrite par le chef de
service de poursuites sur le carnet d’inscription des contraintes et commissions extérieures-émises ou reçues-« Rn°14 »,
affectée d’un numéro d’ordre d’une série ininterrompue.
Un agent de poursuites procèdera à l’établissement de la contrainte extérieure par le biais de l’imprimé réservé à cet effet
« E n°07 », lequel après visa du receveur sera transmis au DGE, DIW, CDI, CPI, pour approbation.
Une fois la contrainte extérieure validée, celle-ci sera transmise à la DGE, DIW, CDI, CPI accompagnée de :
- Deux (02) extraits de rôles« Rn°16 » ;
- Deux (02) bordereaux d’envoi des contraintes extérieures« Rn°15 ».

La S/D du recouvrement transmettra à son tour la contrainte extérieure, accompagnée des pièces citées ci- dessus, au
receveur assignataire concerné, qui notamment doit :
- Renvoyer une copie du bordereau d’envoi portant la mention de l’accusé de réception ;
- Enregistrer la contrainte extérieure à son niveau sur le carnet s’y rapportant avec le numéro d’ordre approprié.

N.B : Si la recette réceptrice de la contrainte extérieure ne relève pas de la même DIW que celle émettrice de l’action en
question, la contrainte extérieure sera adressée dans ce cas à la DIW de rattachement, lequel se chargera de la
transmettre au receveur assignataire de la contrainte.

Le receveur assignataire de la contrainte engage, selon le cas qui se présente, les poursuites appropriées.

Le recouvrement doit être opéré dans le délai d’un mois à compter de la réception du titre.
∙ Suivi de la contrainte extérieure :
Le tableau ci-dessous retrace les actions à entreprendre par les receveurs émetteur et récepteur de la contrainte extérieure

Désignation Actions à entreprendre par le receveur récepteur de la Actions à entreprendre par


contrainte le receveur émetteur de la
contrainte

En cas de - Renvoi de la contrainte avec déclaration de versement faisant - Emarge le titre du montant en
recouvrement apparaitre : principal et annote pour mémoire le
- le montant principal montant des pénalités de retard et
- les pénalités de recouvrement et les frais de poursuites. frais accessoires.
- Transfert du montant principal recouvré, suite à l’exécution
de la contrainte. Les pénalités et indemnités de retard restent
acquises pour la recette ayant engagée les poursuites.
En cas de non - Renvoi de la contrainte étayée par les motifs de son non - La contrainte doit être renvoyée à la
recouvrement recouvrement. recette émettrice dûment annotée des
En cas d’engagement de frais accessoires irrécouvrables justificatifs d’irrecouvrabilité.
figurant aux avances, ils seront régularisés par transfert de
dépenses au receveur émetteur de la contrainte.

2- Actions engagées auprès des juridictions :

Le dépôt de plainte pour organisation d’insolvabilité :


L’administration fiscale dispose de la faculté de recourir à certaines mesures judiciaires coercitives dont la mise en œuvre
doit être préalablement soumise à l’autorisation ou à la décision du juge.
En effet, en vertu des dispositions de l’article 406 du code des impôts directs et taxes assimilées, la responsabilité du
recouvrement des impôts et taxes incombe au receveur des impôts. Pour ce faire, ce dernier dispose de mesures
d’exécution forcée. Par ailleurs, il peut également opter pour la mise en œuvre de mesures judiciaires, afin de se prémunir
contre le risque d’insolvabilité du contribuable.
Cette mesure a pour objet la saisine des instances judiciaires, à l’effet d’obliger un débiteur d’impôts, usant de manœuvres
frauduleuses ou organisant son insolvabilité, à s’acquitter de sa dette fiscale et ce, conformément aux dispositions des
articles 407 et 408 du CIDTA, 118 du CTCA, 119 -2 du CE, 34 du CT, 533-6 du CII.
Une action pénale consiste à un dépôt de plainte à l’encontre des contribuables qui par des manœuvres frauduleuses, se
sont soustraits ou ont tenté de se soustraire au paiement en totalité ou en partie des impôts dont ils sont redevables.
Le comptable a toute l’attitude pour exercer les poursuites adéquates pour mener à bien sa mission.
Il y’a lieu de considérer comme organisation d’insolvabilité ou une manœuvre frauduleuse, d’une part, le fait pour un
redevable de procéder à la cession, vente, ou donation de biens meubles ou immeubles en vue d’échapper à la saisie et
vente par les services de recouvrement.
Les poursuites, en vue de l’application des sanctions pénales prévues par les codes fiscaux, sont engagées sur la plainte du
directeur des impôts de wilaya ou DGE auprès des juridictions compétentes (Art 104 du CPF).
∙ Formalisation du dossier de dépôt de plainte par le receveur des impôts :
Toute proposition de dépôt de plainte doit être accompagnée d’un dossier de fond formalisé par le service de poursuites
proposant le dépôt de plainte, il doit mettre en évidence l'anfractuosité de toute la procédure prévue par la législation en
matière de recouvrement forcé.

Aussi, conformément aux prescriptions de circulaire n°03 MF/DGI/DCTX du 07/05/2012, relative à la procédure de
gestion du contentieux pénal, le dossier de dépôt de plainte proposé, doit contenir les pièces et documents, ci-après :
✔ l'extrait de rôle ;
✔ la lettre de rappel ;
✔ Les avis à payer et le commandement avec l'accusé de réception y afférent ;
✔ Les actes de poursuite signifiés par le receveur (avis de saisie, ATD....) ;
✔ Le procès-verbal de carence ;
✔ Toute pièce établissant l'organisation frauduleuse de l’insolvabilité.
A cet effet, le receveur des impôts proposant le dépôt de plainte, doit établir un rapport d’instruction dont le modèle est
repris ci-après :
RAPPORT D'INSTRUCTION
Recette
Qualité et affiliation complète de la personne juridiquement responsable de l'entreprise :
Activité et raison sociale • ........................................................................................................
Numéro d'identification fiscale (NIF) • .........................................................................
Adresse personnelle et professionnelle • ..............……………….………….
Constatation de l'infraction : (procédures de recouvrement forcé (saisie/vente) infructueuse, non
localisation du contribuable ou organisation de l'insolvabilité)
Pièces jointes au dossier •....... (cocher la case correspondante)
❑ l'extrait de rôle
❑ l'avis à payer
❑ la lettre de rappel ;
❑ le commandement
❑ l'ATD
❑ l'avis de saisi
❑ le procès-verbal de carence
❑ autres pièces .....(à préciser)

Motif de la proposition de dépôt de plainte : .......................


Le receveur des impôts

Les services de la direction des impôts (DIW – DGE, …) formalisent le dossier de dépôt de plainte à soumettre à l’avis de la
commission régionale des infractions fiscales, et ce, en application des prescriptions de la circulaire
n°05/MF/DGI/DCTX du 11/04/2018 relatif à la procédure de dépôt de plainte par l’administration fiscale.
Dans ce cadre, il y'a de consulter la note N°774/ MF/DGI/DCTX /ADJ/B3/2014 et la Circulaire n°03/MF/DGI/DCTX/du
07/05/2012, relatives aux modalités de mise en œuvre de la procédure de dépôt de plainte pour fraude fiscale concernant
des affaires issues du contrôle fiscal opéré par les services des recherches et vérifications (SRV) et aux procédures de
gestion du contentieux pénal.
∙ Le retrait de la plainte :
La demande de retrait de plainte doit être formulée par le contribuable concerné et adressée directement au DIW/DGE,
elle doit être appuyée d'une quittance ou de toutes autres justifications de paiement de 50% des droits et pénalités objet
de la poursuite pénale et une copie de l'échéancier de paiement.
Aussi, en application de l’article 104 bis du CPF, Le Directeur des impôts de wilaya ou le Directeur des grandes
entreprises peuvent retirer la plainte déposée pour fraude fiscale, en cas de paiement de 50% des droits simples et
pénalités objet de la poursuite pénale et la souscription d’un échéancier de paiement lequel est fixé comme suit :
− Un délai de paiement de six (06) mois lorsque le montant de la dette fiscale est inférieur à vingt millions de
dinars (20.000.000 DA).
− Un délai de douze (12) mois lorsque le montant de la dette fiscale est supérieur à vingt millions de dinars
(20.000.000 DA) et inférieur à trente millions de dinars (30.000.000 DA).
− un délai de dix-huit (18) mois lorsque le montant de la dette fiscale excède trente millions de dinars
30.000.000 DA).

A préciser que le retrait de la plainte éteint l’action publique, et ce conformément à l’article 6 du Code de Procédures
Pénales.

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