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Texte 7

Dans cette scène, Perdican et Camille réalisent l'absurdité de leur amour face aux obstacles qu'ils ont créés eux-mêmes. Leur bonheur, qui leur semblait à portée de main, est désormais menacé par des événements tragiques, notamment la mort de Rosette. Perdican, accablé par la culpabilité, implore Dieu de ne pas les condamner pour leurs erreurs.

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Dans cette scène, Perdican et Camille réalisent l'absurdité de leur amour face aux obstacles qu'ils ont créés eux-mêmes. Leur bonheur, qui leur semblait à portée de main, est désormais menacé par des événements tragiques, notamment la mort de Rosette. Perdican, accablé par la culpabilité, implore Dieu de ne pas les condamner pour leurs erreurs.

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Texte 7 : Acte III, scène 8

PERDICAN
Insensés que nous sommes ! nous nous aimons. Quel songe avons-nous fait, Camille ? Quelles vaines
paroles, quelles misérables folies ont passé comme un vent funeste entre nous deux ? Lequel de
nous a voulu tromper l'autre ? Hélas ! cette vie est elle-même un si pénible rêve : pourquoi encore y
mêler les nôtres ? ô mon Dieu ! le bonheur est une perle si rare dans cet océan d'ici-bas ! Tu nous
l'avais donné, pêcheur céleste, tu l'avais tiré pour nous des profondeurs de l'abîme, cet inestimable
joyau ; et nous, comme des enfants gâtés que nous sommes, nous en avons fait un jouet. Le vert
sentier qui nous amenait l'un vers l'autre avait une pente si douce, il était entouré de buissons si
fleuris, il se perdait dans un si tranquille horizon ! Il a bien fallu que la vanité, le bavardage et la
colère vinssent jeter leurs rochers informes sur cette route céleste, qui nous aurait conduits à toi
dans un baiser ! Il a bien fallu que nous nous fissions du mal, car nous sommes des hommes. Ô
insensés ! nous nous aimons.
Il la prend dans ses bras.
CAMILLE
Oui, nous nous aimons, Perdican ; laisse-moi le sentir sur ton coeur. Ce Dieu qui nous regarde ne s'en
offensera pas ; il veut bien que je t'aime ; il y a quinze ans qu'il le sait.
PERDICAN
Chère créature, tu es à moi !
Il l'embrasse ; on entend un grand cri derrière l'autel.
CAMILLE
C'est la voix de ma sœur de lait.
PERDICAN
Comment est-elle ici ? Je l'avais laissée dans l'escalier, lorsque tu m'as fait rappeler. Il faut donc
qu'elle m'ait suivi sans que je m'en sois aperçu.
CAMILLE
Entrons dans cette galerie ; c'est là qu'on a crié.
PERDICAN
Je ne sais ce que j'éprouve ; il me semblé que mes mains sont couvertes de sang.
CAMILLE
La pauvre enfant nous a sans doute épiés ; elle s'est encore évanouie ; viens, portons-lui secours ;
hélas tout cela est cruel.
PERDICAN
Non, en vérité, je n'entrerai pas ; je sens un froid mortel qui me paralyse. Vas-y, Camille, et tâche de
la ramener.
Camille sort.
Je vous en supplie, mon Dieu ! ne faites pas de moi un meurtrier ! Vous voyez ce qui se passe ; nous
sommes deux enfants insensés, et nous avons joué avec la vie et la mort ; mais notre cœur est pur ;
ne tuez pas Rosette, Dieu juste ! Je lui trouverai un mari, je réparerai ma faute ; elle est jeune, elle
sera riche, elle sera heureuse ; ne faites pas cela, à Dieu ! vous pouvez bénir encore quatre de vos
enfants. Eh bien ! Camille, qu'y a-t-il ?
Camille rentre.

CAMILLE
elle est morte. Adieu, Perdican !

Alfred de Musset- On ne Badine pas avec l’Amour, Acte III, scène 8, 1834

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