9782708230644
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EN200 SCHÉMAS
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©Les Éditions de l'Atelier/Éditions Ouvrières, 1994
ISBN 2-7082-3064-6
L'ÉCONOMIE
EN200 SCHÉMAS
Dans la mêmecollection :
Tout au long de l'année vous désirez bien des choses qui malheu-
reusement ne sont pas gratuites. Pour les acquérir vous devez les
payer avec de l'argent. Il n'a pas toujours été nécessaire d'acheter ce
que l'on désirait, toutefois il yabien longtemps que dans l'histoire des
hommes la monnaie a commencé à être indispensable. Aujourd'hui
même si tout ne s'achète quand même pas, celui qui n'a pas d'argent
risque très vite de devenir un S.D.F. (un Sans Domicile Fixe) quéman-
dant quelques pièces demonnaie pour survivre tant bien que mal.
Savez-vous pourquoi dans nos économies, avoir de l'argent est
devenu si important ? Pourquoi la monnaie joue-t-elle un aussi
grand rôle ? Pourquoi n'aurions nous pas connu sans elle un dévelop-
pement technique et économique important ? Nous allons tenter de
vous l'expliquer dans ce chapitre. Il permettra aussi d'introduire un
certain nombre d'éléments qui nous serviront bien souvent dans la
suite de cet ouvrage. Nous verrons notamment qu'il ne suffit pas
d'avoir de l'argent pour satisfaire ses désirs, il faut aussi que ce que
nous désirons existe. En économie il n'y a pas de miracle, nous ne
pouvons acheter que ce qui a été produit et mis en vente. C'est ce
que les économistes appelle la contrainte de rareté, elle est au
coeur de leur science.
1.1. Pour vivre nous avons besoin d'argent, de gagner notre vie
1.1.1. Faire son marché, payer ses n'impliquer aucune dépense, sinon
impôts, voyager, faire des économies, se d'énergie ou d'affection. Dans nos socié-
nourrir, se soigner ou encore se loger tés actuelles, les amoureux sont toujours
sont des préoccupations de la vie quoti- capables de se nourrir d'amour et d'eau
dienne ; toutes supposent que vous ayez fraîche, s'ils ont de l'argent cela ne gâte
de l'argent (un économiste dirait de la pas les choses. Nous vivons, aujour-
monnaie). Certes, il existe bien d'autres d'hui, dans des économies où les
actes de la vie quotidienne qui n'impo- échanges monétaires sont détermi-
sent pas l'utilisation de la monnaie. nants, même si l'argent ne fait pas le
Aimer, éduquer ses enfants, se prome- bonheur, nous devons passer une par-
ner, aider ses voisins peuvent fort bien tie de notre vie à en gagner.
1.1.2. Acôté des échanges monétaires, aisé; il est indispensable que celui qui
il a toujours existé des échanges de possède ce que vous désirez, désire ce
biens contre d'autres biens. Le troc que vous possédez et soit, en outre, d'ac-
demeure une des activités favorites des cord avec vous sur les quantités que
cours de récréation des écoles mater- vous acceptez de céder, en échange des
nelles et primaires ; bien des parents quantités qu'il se propose de vous don-
constatent avec inquiétude que leurs ner, un vrai casse tête. "Tumedonnes ta
chers bambins ont une fâcheuse tendan- hache etje te donnerai un beau sanglier
ce à échanger ce qu'ils leur avaient ache- demain....enfin après-demain, quand,
té contre ce qu'ils leur avaient refusé. avec ta hache, je l'aurai tué". Cela
D'après la fable du troc, les hommes devait aboutir à bien des palabres et des
auraient d'abord découvert que chacun disputes et n'était guère efficace. Afin
avait avantage à se spécialiser dans ce d'éviter des discussions sans fin, et de
qu'il faisait le mieux, puis à échanger sortir des limites imposées par le troc,
avec les autres le produit de son activité ; nos ancêtres ont un jour fini par
certains chassent mieux que d'autres inventer la monnaie, c'est-à-dire un
plus doués pour la chasse ou la fabrica- bien désiré par tous et permettant
tion de haches. Malheureusement, tro- ainsi de se procurer n'importe quel
quer un bien contre un autre n'est pas autre bien.
1.1.3. Schéma de l'échange monétaire
Dansl'échange monétaire,vousgagnezd'abord dela curer n'importe quel bien misen vente. Leprix est la
monnaie, parexemple, en travaillant dans uneentre- somme de monnaie réclamée par le vendeur d'un
prise; grâce à cet argent, vous pouvez acheter ce que bien ; il mesure la valeur dubienéchangé qui permet
vous voulez à n'importe qui en vend, à condition l'accord entre l'acheteur et le vendeur. L'agriculteur
bien sûr de pouvoiren payerle prix. Lamonnaie est vend son blé en échange duquel il se procure la
donc un instrument d'échange qui permet de se pro- monnaie nécéssaire à l'achat d'une charrue.
La monnaie permet donc de décomposer l'échange peut échanger de la monnaie contre une marchandi-
en deux temps ; dans un premier temps, on vend ce se. Si la formule du troc est : M-M'(sachant que M
que l'on possède, par exemple son travail ; onreçoit signifie marchandise), la formule de l'échange
à ce propos de l'argent, puis dans un second temps, monétaire est : M-A-M' (A signifiant monnaie), M'
on achète ce que l'on désirait. Dans le troc, on ne est bienentendu supposéaussi utile que M.
1.2. La monnaie est une invention géniale
1.2.1. La fable du troc fait de l'invention des métaux précieux, parfois des
de la monnaie une preuve de la très coquillages. Ces biens recherchés par
grande rationalité des hommes. Des tous allaient devenir l'étalon de la
auteurs plus récents lient la monnaie à la valeur de tous les autres, la monnaie
folie des hommes. Nos ancêtres prison- était inventée. Le sacré (la religion), le
niers de leurs peurs, de leurs désirs et de politique et la monnaie (l'économique)
leur imagination, auraient cherché à ama- auraient ainsi la mêmeorigine ; ils s'enra-
douer les forces de la nature par des pra- cineraient dans la peur originelle et la
tiques magiques et des rituels religieux. nécessité d'organiser les premiers groupes
Ainsi, peu à peu, ils instituèrent les sacri- humains afin qu'ils ne se détruisent pas ;
fices, les dotes consacrant les alliances les chefs, les monarques, autrement dit
entre plusieurs familles, les cadeaux aux les détenteurs du pouvoir politique,
sorciers et aux chefs. Ils s'étaient donné s'intéressèrent vite àelle. Pouren faciliter
ces derniers pour faire respecter les règles l'utilisation, ils en garantirent la valeur,
qu'ils avaient instituées pour vivre en enyapposant leur effigie et, au passage,
société. Peu à peu, ils prirent l'habitude s'arrogèrent le droit de la créer. La
de réaliser les échanges rituels, les dons, monnaie devint le droit reconnu par le
voire les sacrifices avec des biens qui ne pouvoir politique de se procurer n'im-
servaient qu'à ces usages : des animaux, porte quel bienoffert sur les marchés.
1.2.2. Quelle que soit l'origine de la mon- pour jouer pleinement son rôle, la mon-
naie, une fois introduite dans la vie éco- naie doit avoir certaines qualités. Tout
nomique, elle vaen provoquer un fantas- d'abord sa valeur doit être sûre et
tique développement. Pour se procurer constante ; en effet, comment comparer
plus de cette monnaie, qui permet d'ac- entre eux les prix de plusieurs produits si
quérir toute chose, les hommes vont pro- l'étalon de mesure devient aléatoire....
duire des biens, non plus pour se loger élastique ; ondoit aussi pouvoir éventuel-
ou se nourrir, mais pour les échanger lement ne pas dépenser la monnaie qu'on
contre de la monnaie. L'invention de la possède , la mettre en réserve pour une
monnaie entraîne celle des marchan- occasion meilleure ou pour faire face à
dises, c'est-à-dire desbiens qui sont pro- l'imprévu. Bien entendu elle doit, par
duits non pour satisfaire directement surcroît, avoir une forme qui facilite ses
des besoins mais pour permettre d'ac- diverses utilisations. Nous reverrons ce
quérir toujours plus de monnaie, à la dernier point, plus loin, à propos des
fois bien et illusion suprême. Toutefois banqueset ducrédit.
1.2.3. Les fonctions de la monnaie
La principale fonction de la monnaie est d'être autrement dit un étalon de mesure. Ces deux
un moyen de paiement pouvant servir à acheter fonctions lui en on fait attribuer une troisième : la
n'importe quel bien, à éteindre n'importe quelle monnaie doit pouvoir servir tant dans les
dette ou à effectuer tout autre transaction. Pour transactions présentes que dans les futures ; la
jouer ce rôle, elle est une unité de compte monnaie est une réserve de pouvoir d'achat.
permettant de comparer des valeurs entre elles, Elle permet d'épargner pour acheter plus tard.
Pour bien remplir ces fonctions, une monnaie doit d'accepter la monnaie est un élément de sa
avoir une valeur reconnue par tous. Cette valeur. Toutefois, il faut que ceux qui utilisent une
nécessité a longtemps incité les autorités monnaie aient confiance en elle, sinon ils s'en
monétaires à se servir des métaux précieux pour la débarrasseront au plus vite. Finalement, le
fabriquer. L'État a aussi été très vite amené à fondement ultime d'une monnaie est la capacité
apporter sa garantie et, finalement, pour éviter d'une économie à produire, à des prix
tout danger à ordonner l'utilisation exclusive de sa relativement constants, les biens que cette
monnaie sur son territoire. L'ordre de l'État monnaie permet d'acquérir.
1.2.5. Les formes de la monnaie
La monnaie peut avoir plusieurs formes. Elle a de l'État, le monopole de son émission (la Banque
d'abord été principalement composée de pièces de France). Toutefois, à côté de ces monnaies
d'or ou d'argent ; aujourd'hui, les pièces de mon- manuelles, il existe une monnaie scripturale ;
naie ne sont plus utilisées que dans les paiements elle est constituée par des avoirs dans les comptes
de moindre importance Onparle, à leur propos, de des banques, autrement dit par de simples écritures
monnaie divisionnaire. La monnaie manuelle la comptables. C'est cette monnaie qui est aujour-
plus employée est constituée par les billets de d'hui la plus utilisée notamment quand nous émet-
banque émis par la banque qui a, sous le contrôle tons deschèques.
1.3. Uneentreprise doit vendre en gagnant de l'argent
1.3.2. Vendre est pour une entreprise tion. Or, chez les économistes, ces deux
une nécessité mais ne suffit pas pour mots ont la mêmesignification et jouent
assurer sa survie et son développe- un rôle essentiel. C'est le profit qui va
ment. Pour s'en sortir une entreprise doit permettre à une entreprise d'acheter de
vendre ses produits ou ses services plus nouvelles machines, de moderniser ses
cher qu'ils lui ont coûté, elle doit faire installations ou encore de mieux rému-
un bénéfice. Dès l'école primaire, les nérer ses propriétaires ou ses salariés en
jeunes enfants apprennent que le bénéfi- les intéressant aux....bénéfices. Mieux,
ce est la différence positive entre le c'est le profit qui indique à une entre-
coût (ou prix) de revient et le prix de prise comment choisir entre des pro-
vente. Les économistes le nomment ductions ou des procédés de fabrication
profit. Curieusement, si la plupart du différents, elle a en effet avantage à
temps la notion de bénéfice ne provoque opter pour les solutions qui lui rapporte-
pas chez les Français des réactions de ront le plus d'argent pendant le plus
rejet, le profit n'a pas toujours eu bonne longtemps possible. Le profit non seu-
presse ; il évoque en effet l'idée deprofi- lement permet la survie de l'entrepri-
teur et d'exploitation abusive d'une situa- se mais encore guide ses choix.
1.3.3. Schéma de l'offre et de la demande sur un marché
Une entreprise produit des biens et des services Pour un produit donné, par exemple celui de l'auto-
en vue de les vendre sur un marché. Le marché mobile, ou de l'informatique, le marché est l'en-
était autrefois le lieu oùchacun tentait devendre ce semble des demandes de ses acheteurs et des offres
qu'il avait produit. Aujourd'hui, il représente pour des entreprises en concurrence, c'est à dire recher-
une entreprise l'ensemble des acheteurs potentiels. chant chacune à vendre plus que les autres.
Le profit d'une entreprise est l'excédent des diminuer ses coûts de production, soit justifier un
recettes par rapport à ses coûts de production prix de vente plus élevé en rendant son produit
ou de distribution. Il peut être obtenu soit avec plus attractif que ceux de ses concurrents. Elle doit
une faible différence entre le prix de vente et le donc créer ce qu'on appelle un avantage
prix de revient de chaque produit, mais en vendant concurrentiel. Dans une économie de marché, pour
un plus grand nombre de produits, soit au garantir son avenir, une entreprise doit choisir ce
contraire, en vendant moins mais en réalisant plus qui sera pour elle le plus rentable, c'est-à-dire ce
de profit par unité produite. Pour accroître le qui lui permettra de réaliser le profit le plus élevé
profit unitaire, une entreprise peut soit tenter de mais aussi le plus régulier et le plus durable.
1.4. L'économie monétaire en circuit fermé
1.4.2. Bien entendu les Entreprises et les Onpeut aussi décrire uneéconomieà partir
familles (les économistespréfèrent parler de de la manière dont chaque acteur prend ses
Ménages) nesontpasles seulsacteurs dela décisions. Onpeut encore s'attacher à com-
vie économique; peuàpeu, nouscomplète- prendre comment certains acteurs tentent
ronsle circuit del'économie nationale. Nous d'imposerleurpouvoirauxautres Leséco-
ferons ainsi intervenir les Administrations nomistesontainsivul'économiedeplusieurs
quirendent,àtouslesautresacteurs, desser- façons ; ce que le non-économiste perçoit
vices sans les vendre sur les marchés. Puis commeuneincertitude deleursciencereflè-
apparaîtront les Banques quicréent la mon- te enréalité ladiversité despointsd'observa-
naie et rendent des services financiers ou tion. Chacun de ces points d'observation a
encore le "Reste du Monde" qui regroupe permis de découvrir de nouveaux phéno-
l'ensemble des autres économies nationales mènes.L'approchedecelivre sera princi-
et leurs différents acteurs. Nous en reparle- palement celle du circuit de l'économie.
ronsdansla prochainesection. Bienentendu Celanenousempêcherapasdefaire appel à
cette représentation de l'économie sous la telleoutelle autrereprésentationpourmieux
forme d'un circuit de flux de biens et de faire comprendre comment fonctionne ou
fluxdemonnaien'est paslaseulepossible. évoluel'économie.
1.4.3. Lecircuit de base de l'économie nationale
1.5 . Uncircuit de plus en plus ouvert
1.5.1. Pour pouvoir toujours produire plus Il faut, pour les produire et les mettre à
afin de gagner plus d'argent, les hommes notre disposition, une grande variété de
ont misau point de nouvelles méthodesde matières premières, de machines, de
fabrication, créé de nouveaux produits et moyens de transport, d'activités diverses,
de nouveaux moyens de transport. Les de brevets vendus par des firmes souvent
matières premières et les produits fabri- étrangères, des machines pour fabriquer
qués à proximité n'ont plus suffi pour les machines et les équipements de trans-
satisfaire les besoins des entreprises. Les port, des routes et des agents de police,
actes les plus simples ont été de plus en des percepteurs pour faire payer les
plus liés à des activités répandues sur la impôts qui serviront à construire et à
terre entière. Il yaencore deux cents ans entretenir les routes, à payer le traitement
on se servait, pour écrire, d'une plume de agents de police. Il y a allongement
d'oie ; il suffisait pour la fabriquer d'une du processus de production. L'éven-
oie et d'un couteau pourentailler la plume. tualité d'achats à l'étranger grandit. Le
Aujourd'hui, nous nous servons d'un stylo circuit de l'économie nationale est de
à bille et parfois d'un traitement de texte. plus en plus un circuit ouvert.
Aujourd'hui, entre le moment où la matière premiè- réaliser seul toutes les opérations nécessaires à la
re est extraite et le moment où le produit est vendu fabrication d'un produit aussi trivial qu'un stylo
au consommateur, le nombre d'opérations intermé- bille. L'allongement du processus de production
diaires est beaucoup plus grand qu'autrefois : il y a se traduit par un accroissement de la division du
allongement du processus de production. Plus travail et des échanges bien au-delà de la sphère
aucun homme, mais aussi plus aucun pays, ne peut de l'économie nationale.
Sources CEE
Plus une économie est de dimension réduite plus son affaiblie (les échanges intra-européens représentent en
ouvertureetlacontrainteextérieurequipèsentsurelle moyenne plus de la moitié des échanges extérieurs de
sontimportantes. Lorsquel'Europe sera uneetaura une lé' conomied'unpaysmembredelaCEE).NB-Lesexpor-
monnaie unique, leséchangesentre pays membresde la tationssontles ventesà l'étranger -Lesimportations, les
C.E.E.seront identiquesauxéchangesinternesà uneéco- achats. Définissonspourl'instantlePIBcommela valeur
nomie ; lacontrainte extérieure ensera considérablement delaproductionnationaledebiensetdeservices.
1.6. Il n'y a pas que l'argent qui compte
1.6.1. Dans cet ouvrage nous nous inté- d'hui encore, s'il fallait rémunérer le tra-
resserons principalement à l'économie vail gratuit réalisé au sein des familles,
d'échange monétaire et le plus sou- les sommes versées seraient en France
vent à l'économie marchande des au moins égales à la moitié de la produc-
entreprises. Leur importance ne doit tion officielle. Acôté de l'économie
cependant pas nous faire oublier qu'au familiale, nous avons celle de la convi-
sein d'une économie nationale contem- vialité, elle en est son prolongement
poraine d'autres formes d'économie exis- naturel. Elle représente une zone de gra-
tent . Acôté de l'économie monétaire, il tuité qui de l'immeuble au quartier, en
existe une économie non monétaire passant par le village, ou des groupes
qui n'est pas un simple reste du passé. particuliers, permet de promouvoir l'en-
L'économie familiale ou domestique traide et rend la vie en société suppor-
en est la principale composante. Elle table. Parfois l'économie conviviale
assurait autrefois l'essentiel de la pro- débouche dans l'économie monétaire
duction ; le développement de l'écono- sous forme d'associations très structu-
mie d'échange monétaire s'est très large- rées et puissantes (tels la Croix Rouge,
ment fait à ses dépens. Toutefois aujour- S.O.S. Médecinsou encore les Églises).
1.6.2. Toute l'économie monétaire n'a assurer leur avenir mais dont le profit
pas pour but le profit et l'activité n'est pas l'objectif principal. Leur but
marchande. Acôté du secteur associa- est de fournir soit du travail, soit des ser-
tif que les économistes considèrent vices à leurs membres. Avec le secteur
comme des administrations privées, associatif, elles constituent ce que l'on
nous trouvons l'énorme secteur des nomme l'économie sociale ; sa fonction
administrations publiques ; il facilite essentielle est de promouvoir l'innova-
la vie de tout le reste de l'économie sans tion sociale. Enfin, à côté de l'économie
pour autant vendre ses services. Ses d'échange monétaire officielle et bien
dépenses représentent, en France, un recensée, il existe une économie illégale
montant équivalent à la moitié de la aux multiples facettes. De la fraude fis-
valeur de la production nationale. Par cale à l'économie du crime, en passant
ailleurs, au sein de l'économie mar- par le plus banal travail noir, toutes ces
chande, il existe des entreprises, les activités ont en commun la volonté
coopératives et les mutuelles, qui ont d'échapper aux réglementations impo-
certes besoin de faire des profits pour sées par les États.
1.6.3. La carte du tendre des diverses formes d'économies
1.7.Toutesleséconomiesd'échangemonétaireneseressemblentpas
1.7.1. Jusqu'ici, nous avons fait sent, distribuent des revenus et que,
comme s'il n'y avait qu'une économie d'autre part, les familles peuvent avec
d'échange monétaire. La réalité est ces revenus se procurer les biens qu'elles
plus complexe. Entre l'économie du désirent. Si le schéma de base de l'éco-
grand domaine féodal, l'économie d'un nomie peut être appliqué à toutes les
village africain, l'économie américaine économies où la monnaie existe, la
contemporaine ou encore l'économie manière dont les décisions sont prises
soviétique à l'époque stalinienne, il existe peut être très différente d'une économie
des différences essentielles de fonction- à l'autre. C'est, en définitive, l'équi-
nement. Certes, avec un peu d'imagina- libre entre les pouvoirs des divers
tion et beaucoup de recul, on peut tou- acteurs de l'économie et la façon dont
jours considérer qu'il existe, dans toute ils sont exercés qui différencient les
économie, des entreprises qui produi- économies.
Dans une économie de marché où règne une forte prendraient ses clients. Aleur tour, les entreprises
concurrence, les entreprises sont contraintes d'obéir transmettent au reste de l'économie l'ordre des
aux consommateurs. Les consommateurs, en achetant consommateurs. Le consommateur est roi. Bien
ouenn'achetantpaslesproduitsoffertssurlemarché,leur entendu les entreprises tentent toujours de réduire la
font connaître leurs préférences. Les entreprises ne concurrence. Le marché subsiste mais son
peuventquelesprendreencompte;siuned'entreelless'y fonctionnement est toujours plus complexe que son
refusait d'autres s'empresseraient de le faire et lui modèlethéorique.
L'État, à partir des informations recueillies par ses les salariés, une fois dépensée, ne retourne pas
administrations, établit un plan que doivent suivre aux entreprises mais aux administrations. Ce
impérativement les entreprises. Les entreprises n'est donc pas la demande du consommateur qui
sont transformées en simples exécutantes. La guide l'entreprise, mais le plan. Naturellement
monnaie versée aux entreprises pour régler leurs obligées de tenir compte des réalités, les économies
fournisseurs n' a qu'un rôle comptable ; elle sert à socialistes ont toujours été plus complexes que leur
vérifier l'exécution du plan. La monnaie reçue par description théorique.
1.8. Vivela rareté
1.8.1. En voulant produire des biens et élargissement des champs des pos-
des services pour les vendre et posséder sibles, la rareté ne recule pas mais
toujours plus d'argent, les hommes ont progresse. Tout progrès technique,
été entraînés à découvrir de nouvelles toute innovation fait apparaître des
techniques de production, à créer de besoins supplémentaires en équipements
nouveaux produits et à accroître les et en fournitures diverses. Laproduction
désirs deceux qui étaient susceptibles de d'énergie nucléaire est aujourd'hui plus
les acheter. En apparence, les biens et contraignante que l'invention du feu par
services qui nous sont offerts étant beau- les premiers hommes. A chaque étape
coup plus nombreux qu'autrefois, la de l'évolution économique, la rareté
rareté a diminué. En fait il n'en est précédente est remplacée par une
rien ; certes, beaucoup plus de biens rareté encore plus difficile à surmon-
nous sont offerts mais, en même temps, ter ; les hommes sont incités à aller de
nous désirons aujourd'hui des choses l'avant, à accaparer souvent ce que
dont nos ancêtres ne soupçonnaient d'autres possèdent et à accroître encore
même pas la possibilité. Pire, à chaque unpeu plus la rareté.
1.8.2. Pour une économie nationale, une être égales aux emplois que l'on veut en
entreprise ou une famille, il n'y a pas de faire. Dans une économie de marché,
miracle, on ne peut disposer que de ce l'échange va assurer la réalisation de
qu'on a. La prestidigitation n'a rien à cet équilibre. Quant à la science écono-
voir avec la science économique. Certes, mique, elle apparaît à la fin du Moyen
pendant quelquetemps uneentreprise, une Âge, au momentoù le développement des
nation, une famille peut vivre àcrédit, au- techniques ne permet plus d'arbitrer l'allo-
dessus deses moyens. Cependantil faudra cation des ressources rares par le simple
tôt ou tard rembourser, plus dur sera le recours à des règles coutumières ou
redressement. Detoute façon, au moment morales et l'imposition de la loi du plus
où l'on emprunte les ressources supplé- fort. Elle va se préoccuper de la façon
mentaires dont on va ainsi disposer, dont l'organisation et l'évolution de la
cela va permettre de faire face provisoi- production, de la consommationet de la
rement à la contrainte de rareté. On distribution des revenus facilitent ou
peut l'exprimer en disant que l'écono- non le desserrement de la contrainte de
mie raffole de l'équilibre. D'une manière rareté. La science économique a la
ou d'une autre, les ressources doivent rareté au coeur.
1.8.3. La contrainte de rareté et l'équilibre entre les emplois et ressources en
France en 1992
Valeur enprix courant et en milliards de Francs
Dans une économie nationale, comme l'écono- libre aussi parfait que fatal peut naturelle-
mie française, la contrainte de rareté se tra- ment cacher des ajustements dans les prix ou
duit par l'équilibre entre toutes les ressources encore un déséquilibre entre les importations et
en biens et services qui sont offertes et les les exportations qui se traduira par un endette-
divers emplois que l'on peut en faire. ment en monnaies étrangères, qu'il faudra tôt ou
Comptablement, il ne peut y avoir qu'égalité tard rembourser en exportant plus, en se privant
entre les emplois et les ressources. Ce sont en de ressources pour les autres emplois. Quand on
effet les mêmes biens qui sont comptabilisés la néglige, la contrainte de rareté se venge.
sous des rubriques différentes. Pour qu'un bien Notez au passage l'importance relative des
puisse, par exemple, être acheté par un ménage, diverses ressources et des divers emplois, ce
il faut qu'il existe, qu'il ait été préalablement pro- sont des ordres de grandeur qu'il faut
duit par les entreprises, ou importé. Cet équi- connaître.
"Lé'conomieen200schémas"proposededécouvrir
progressivementlecircuitdelé' conomienationale.
Cetouvragepermet en outre de comprendre un
grand nombre de thèmes : les différents types
d'économie, les mécanismes dusous-développe-
ment, le libre-échange, les principales théories
économiques, lerôledesbanques, celuidel'Etat,
l'organisationetlagestiondel'entreprise, etc.
Organiséendoublespages, àgauchelestextes, à
droite les schémas graphiques et statistiques, ce
livre peut être lu en continu - il est alors un
ouvrage d'initiation de base - ou en discontinu
grâceàsonindexquirenvoieàdessujetsparticu-
liers. Danslesdeuxcas, ilpermetaulecteurd'en-
trer en économie par la pédagogie du texte et
celleduschéma.
Prix: 110F
CodeSofedis/ Sodis :9113057
ISBN: 2-7082-3064-6
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