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Le document aborde la problématique du photocopillage dans l'enseignement supérieur, soulignant son impact négatif sur les ventes de livres et la création d'œuvres nouvelles. Il présente également le livre 'L'économie en 200 schémas', qui vise à fournir une initiation à l'économie à travers une approche progressive et accessible, tout en intégrant des éléments théoriques et pratiques. Enfin, il souligne l'importance de la monnaie dans l'économie et la nécessité d'une compréhension élargie des mécanismes économiques.

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Le document aborde la problématique du photocopillage dans l'enseignement supérieur, soulignant son impact négatif sur les ventes de livres et la création d'œuvres nouvelles. Il présente également le livre 'L'économie en 200 schémas', qui vise à fournir une initiation à l'économie à travers une approche progressive et accessible, tout en intégrant des éléments théoriques et pratiques. Enfin, il souligne l'importance de la monnaie dans l'économie et la nécessité d'une compréhension élargie des mécanismes économiques.

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L'ÉCONOMIE

EN200 SCHÉMAS
Ce logo mérite une explication. Son objet est d'alerter le lecteur sur la
menace que représente pour l'avenir de l'écrit, tout particulièrement dans le
domaine des sciences humaines et sociales, le développement massif du
photocopillage.
Le code de la proprièté intellectuelle du 1 juillet 1992 interdit en effet
expressément la photocopie à usage collectif sans autorisation des ayants
droit. Or, cette pratique s'est généralisée dans les établissements d'ensei-
gnement supérieur, provoquant une baisse brutale des achats de livres, au
point que la possibilité même pour les auteurs de créer des œuvres nou-
velles et de les faire éditer correctement est aujourd'hui menacée.
Nousrappelonsdoncquetoute reproduction,partielle outotale, duprésentouvra-
geest interdite sans autorisation de l'auteur, de sonéditeurouduCentre français
d'exploitation dudroitdecopie (CPF,3rued'Hautefeuille, 75006Paris).
Tous droits réservés
©Les Éditions de l'Atelier/Éditions Ouvrières, 1994
ISBN 2-7082-3064-6

ImpriméenFrance Printedin France


Jean-MarieAlbertini

L'ÉCONOMIE
EN200 SCHÉMAS
Dans la mêmecollection :

•Les Rouages de l'économie nationale

•Guide de l'actualité de l'année

• Les Rouages Économiques de l'Environnement

•LeDictionnaire des Questions Internationales


INTRODUCTION

En 1960, paraissait la première édition du livre "Les rouages de l'économie


nationale". Ce fut l'un des premiers livres d'initiation économique parus en France.
Les rééditions se sont succédé régulièrement et son tirage total dépasse maintenant
410.000 exemplaires. Ce livre est devenu le premier manuel d'économie concrète.
Avec les progrès en France de l'initiation économique, au fil des ans et des éditions,
les "Rouages de l'économie nationale" ont été peu à peu enrichis. Il n'est pas pour
autant devenu un livre s'adressant à des spécialistes ; toutefois, il n'est plus
aujourd'hui le premier contact avec l'économie qu'il était au moment de sa première
édition ; il peut servir à préparer des examens et des concours de plus en plus
exigeants dans le domaine de l'économie.
Unlivre dans une évolution de l'initiation économique
Dès 1969, il était apparu qu'un livre d'initiation élémentaire était nécessaire ; les
"Premiers pas en économie" répondit, à son époque, à ce besoin. Il en demeurait
organisé autour de la construction du circuit de l'économie. Sa démarche était celle
de l'enseignement programmé maintenant reprise par des modules informatisés. Le
contenu et la méthode des "Premiers pas en économie" sont aujourd'hui dépassés
tant par l'évolution de la demandeque par les progrès de l'informatique pédagogique.
Aucours de diverses sessions et de contacts avec des enseignants et des formateurs,
il m'est apparu le besoin d'un ouvrage de base d'un type nouveau. Il devrait donner
l'essentiel non seulement sur le circuit de l'économie nationale mais ne pas s'en tenir
là. Les lecteurs potentiels de ce livre désirent pouvoir situer un ensemble d'éléments
généralement répartis dans plusieurs ouvrages qu'ils ne voulaient pas, ou ne
pouvaient pas, immédiatement lire. Ce livre devait constituer à la fois une initiation
de base et un ouvrage permettant de trouver des informations et des démonstrations
situant un problème ou un mécanisme. Il ne devait pas pour autant avoir la
sécheresse d'un dictionnaire ou la forme peu progressive d'une encyclopédie. C'est
ainsi que naquit le projet de "L'économie en 200 schémas".
On trouvera, dans "L'économie en 200 schémas", à la fois une construction
progressive du circuit de l'économie nationale, et des développements permettant de
situer un plus grand nombre de thèmes. En particulier, le lecteur aura des points de
repère sur ce qui fit la différence entre les économies capitalistes et socialistes, des
éléments sur les problèmes du sous-développement, sur la signification des
principaux courants théoriques et leurs relations avec les politiques économiques,
ou encore quelques notions indispensables concernant l'entreprise, son organisation
et sa gestion.

Donnerau lecteur l'essentiel sur un domaine multiforme.


"L'économie en 200 schémas'" donne en quelque sorte l'essentiel sur les diverses
facettes de ce domaine multiforme que l'on regroupe sous le terme d'économie. Le
point de départ demeure, comme dans "Les rouages", l'économie nationale et plus
spécifiquement l'économie française. Il faut qu'une initiation soit abordée àpartir du
point d'entrée dans l'économie de ceux auxquels elle s'adresse. L'élargissement du
point de vue est progressif. L'initiation au circuit de l'économie nationale demeure
centrale. Elle n'est qu'une des manières possibles de décrire l'économie ; toutefois,
elle permet une approche globale des interdépendances et des inter-relations que
d'autres approches ont plus de mal à prendre en charge. Au fil des pages, on
trouvera, en outre, les principaux ordres de grandeur et les tableaux statistiques qui
permettent de situer certains phénomènes dans le temps. Le chapitre de conclusion
est une première approche des grands courants théoriques qui divisent la science
économique.
Les titres de ces deux parties , "Avoir de l'argent" et "Gérer ses sous", sont quelque
peu simplificateurs et provocateurs ; ils sont là pour rappeler que la monnaie est au
centre de la vie économique et des comportements qui l'expliquent.

Permettre au lecteur d'élargir son angle de vision


Ce livre n'a pas pour but de faire apprendre l'économie à des ignorants. Je n'en ai
jamais trouvés dans les travaux quej'ai réalisés, ou fait réaliser, sur la manière dont
des jeunes et des moins jeunes se représentaient l'économie. Tous les travaux
entrepris, dans le cadre du CNRS, en collaboration avec Pierre Vergès, montrent, au
contraire, que même un jeune de sixième a une vue cohérente de l'économie ; du
moins, si on prend la précaution de se placer de l'endroit àpartir duquel il l'observe,
sa famille, ses revenus, sa consommation. Avant d'être une science, l'économie est
constituée par une série de pratiques que la science économique repère comme
telles et étudie. Bien plus, aujourd'hui l'économie a envahi l'information et les
discours politiques. Ce livre tente donc seulement de permettre au lecteur d'élargir
son angle de vue, de faire comprendre que l'on peut en avoir d'autres et pourquoi les
économistes peuvent en avoir de différents.
Faciliter des lectures différentes
La structure de "L'économie en 200 schémas" est organisée en doubles pages.
La page de gauche donne une première approche du thème de la double page.
La droite est toujours consacrée à un ou plusieurs schémas, ou tableaux statistiques,
associés à un bref commentaire. La fonction des pages de droite varie peu à peu au
fur et à mesure que l'on avance dans l'ouvrage. Au départ, les pages de droite ont
pour fonction principale de donner l'essentiel sur le thème de la double page et de
l'illustrer par un schéma, souvent très symbolique ; elle permet de mieux le
comprendre ou de le mémoriser. La répétition sur une forme différente des propos a
une fonction pédagogique. C'est sur cette page que l'on trouvera une construction
progressive du circuit de l'économie nationale situé sur la troisième de couverture.
Par la suite, la page de droite peut être aussi consacrée à une explication ou
illustration complémentaire du thème de la double page.
Cette structure en double page permet divers modes d'utilisation et de lecture. Ce
livre peut être lu en continu. Toutefois, chaque double page est consacrée à un
thème ; les schémas, avec leurs commentaires, constituent des "capsules" rattachées
au thème mais dotées d'une certaine autonomie. La lecture en discontinu en est ainsi
facilitée. Pour guider le lecteur, on trouvera au début de chaque partie, sous la forme
d'un graphe, les thèmes qui seront abordés dans chacun des chapitres ; au début de
chaque chapitre, on découvrira ceux abordés dans chaque section. Un index final
donne aussi la possibilité de se servir de l'ouvrage comme on le ferait d'un
dictionnaire ou d'une encyclopédie. Il renvoie non aux pages mais aux numéros des
paragraphes. Nous n'avons pas donné, comme dans les "Les rouages", des encadrés
de définitions ; en effet, des définitions en hors texte ne sont nécessaires qu'aux
lecteurs qui préparent un examen ou un concours, ou à ceux qui recherchent une
initiation plus poussée. Ce livre ne leur est pas prioritairement destiné. Dans une
première initiation, la définition doit être totalement contextualisée. Pour faciliter à
la fois la lecture en continu et en discontinu, des passages imprimés en caractères
gras ont pour but d'attirer l'attention sur l'essentiel.
Je voudrais tout particulièrement remercier ici Jacques Thivant, qui a réalisé les
schémas et la présentation des statistiques, Martine Ezikian, qui l'a mis en page, et
Gisèle Bon, ancienne directrice d'école, et Juliette Moingeon qui ont accepté de le
relire et de le corriger. Sans eux, ce livre neserait pas ce qu'il est.
PREMIERE PARTIE

Depuis votre tendre enfance, vous vous servez de l'argent, de la mon-


naie, et vous savez vous en servir. Sans nul doute, vousvous êtes aper-
çu qu'avoir de l'argent permet de faire beaucoup de choses. L'analyse
de la manière dont un jeune de sixième se représente l'économie
montre qu'il part du budget de sa famille, des éléments, notamment du
chômage, qui le menacent, des revenus qui permettent les dépenses et
du travail à partir duquel on les gagne. S'il ne sait pas ce qu'est la
TVA,il situe très bien ce que sont les allocations familiales. Unjeune,
comme un moins jeune, décrit l'économie à partir de son point
d'observation et de sapratique. Les économistes font pareil mais àpar-
tir d'un autre point d'observation et en fonction d'autres objectifs que
ceux des non-spécialistes, les gens normaux. Il n'y a pas de handicapé
de l'économie, il n'y a que des gens qui, par force, ne voient pas exac-
tement les mêmes choses que les économistes. Dans cette première
partie, nous allons vous expliquer pourquoi et comment, selon les éco-
nomistes, les acteurs économiques (vous ou moi, les entreprises, les
banques, l'Etat....) se procurent de l'argent. Dans la seconde partie,
nous analyserons comment, toujours selon les économistes, ils le
gèrent, autrement dit, commentils prennent leurs décisions.
CHAPITRE 1
LAMONNAIEMÈNELEBAL

Tout au long de l'année vous désirez bien des choses qui malheu-
reusement ne sont pas gratuites. Pour les acquérir vous devez les
payer avec de l'argent. Il n'a pas toujours été nécessaire d'acheter ce
que l'on désirait, toutefois il yabien longtemps que dans l'histoire des
hommes la monnaie a commencé à être indispensable. Aujourd'hui
même si tout ne s'achète quand même pas, celui qui n'a pas d'argent
risque très vite de devenir un S.D.F. (un Sans Domicile Fixe) quéman-
dant quelques pièces demonnaie pour survivre tant bien que mal.
Savez-vous pourquoi dans nos économies, avoir de l'argent est
devenu si important ? Pourquoi la monnaie joue-t-elle un aussi
grand rôle ? Pourquoi n'aurions nous pas connu sans elle un dévelop-
pement technique et économique important ? Nous allons tenter de
vous l'expliquer dans ce chapitre. Il permettra aussi d'introduire un
certain nombre d'éléments qui nous serviront bien souvent dans la
suite de cet ouvrage. Nous verrons notamment qu'il ne suffit pas
d'avoir de l'argent pour satisfaire ses désirs, il faut aussi que ce que
nous désirons existe. En économie il n'y a pas de miracle, nous ne
pouvons acheter que ce qui a été produit et mis en vente. C'est ce
que les économistes appelle la contrainte de rareté, elle est au
coeur de leur science.
1.1. Pour vivre nous avons besoin d'argent, de gagner notre vie

1.1.1. Faire son marché, payer ses n'impliquer aucune dépense, sinon
impôts, voyager, faire des économies, se d'énergie ou d'affection. Dans nos socié-
nourrir, se soigner ou encore se loger tés actuelles, les amoureux sont toujours
sont des préoccupations de la vie quoti- capables de se nourrir d'amour et d'eau
dienne ; toutes supposent que vous ayez fraîche, s'ils ont de l'argent cela ne gâte
de l'argent (un économiste dirait de la pas les choses. Nous vivons, aujour-
monnaie). Certes, il existe bien d'autres d'hui, dans des économies où les
actes de la vie quotidienne qui n'impo- échanges monétaires sont détermi-
sent pas l'utilisation de la monnaie. nants, même si l'argent ne fait pas le
Aimer, éduquer ses enfants, se prome- bonheur, nous devons passer une par-
ner, aider ses voisins peuvent fort bien tie de notre vie à en gagner.

1.1.2. Acôté des échanges monétaires, aisé; il est indispensable que celui qui
il a toujours existé des échanges de possède ce que vous désirez, désire ce
biens contre d'autres biens. Le troc que vous possédez et soit, en outre, d'ac-
demeure une des activités favorites des cord avec vous sur les quantités que
cours de récréation des écoles mater- vous acceptez de céder, en échange des
nelles et primaires ; bien des parents quantités qu'il se propose de vous don-
constatent avec inquiétude que leurs ner, un vrai casse tête. "Tumedonnes ta
chers bambins ont une fâcheuse tendan- hache etje te donnerai un beau sanglier
ce à échanger ce qu'ils leur avaient ache- demain....enfin après-demain, quand,
té contre ce qu'ils leur avaient refusé. avec ta hache, je l'aurai tué". Cela
D'après la fable du troc, les hommes devait aboutir à bien des palabres et des
auraient d'abord découvert que chacun disputes et n'était guère efficace. Afin
avait avantage à se spécialiser dans ce d'éviter des discussions sans fin, et de
qu'il faisait le mieux, puis à échanger sortir des limites imposées par le troc,
avec les autres le produit de son activité ; nos ancêtres ont un jour fini par
certains chassent mieux que d'autres inventer la monnaie, c'est-à-dire un
plus doués pour la chasse ou la fabrica- bien désiré par tous et permettant
tion de haches. Malheureusement, tro- ainsi de se procurer n'importe quel
quer un bien contre un autre n'est pas autre bien.
1.1.3. Schéma de l'échange monétaire

Dansl'échange monétaire,vousgagnezd'abord dela curer n'importe quel bien misen vente. Leprix est la
monnaie, parexemple, en travaillant dans uneentre- somme de monnaie réclamée par le vendeur d'un
prise; grâce à cet argent, vous pouvez acheter ce que bien ; il mesure la valeur dubienéchangé qui permet
vous voulez à n'importe qui en vend, à condition l'accord entre l'acheteur et le vendeur. L'agriculteur
bien sûr de pouvoiren payerle prix. Lamonnaie est vend son blé en échange duquel il se procure la
donc un instrument d'échange qui permet de se pro- monnaie nécéssaire à l'achat d'une charrue.

1.1.4. Schéma du troc


Letroc est un échange en nature dans lequel un bien s'échange contre un autre bien.

La monnaie permet donc de décomposer l'échange peut échanger de la monnaie contre une marchandi-
en deux temps ; dans un premier temps, on vend ce se. Si la formule du troc est : M-M'(sachant que M
que l'on possède, par exemple son travail ; onreçoit signifie marchandise), la formule de l'échange
à ce propos de l'argent, puis dans un second temps, monétaire est : M-A-M' (A signifiant monnaie), M'
on achète ce que l'on désirait. Dans le troc, on ne est bienentendu supposéaussi utile que M.
1.2. La monnaie est une invention géniale

1.2.1. La fable du troc fait de l'invention des métaux précieux, parfois des
de la monnaie une preuve de la très coquillages. Ces biens recherchés par
grande rationalité des hommes. Des tous allaient devenir l'étalon de la
auteurs plus récents lient la monnaie à la valeur de tous les autres, la monnaie
folie des hommes. Nos ancêtres prison- était inventée. Le sacré (la religion), le
niers de leurs peurs, de leurs désirs et de politique et la monnaie (l'économique)
leur imagination, auraient cherché à ama- auraient ainsi la mêmeorigine ; ils s'enra-
douer les forces de la nature par des pra- cineraient dans la peur originelle et la
tiques magiques et des rituels religieux. nécessité d'organiser les premiers groupes
Ainsi, peu à peu, ils instituèrent les sacri- humains afin qu'ils ne se détruisent pas ;
fices, les dotes consacrant les alliances les chefs, les monarques, autrement dit
entre plusieurs familles, les cadeaux aux les détenteurs du pouvoir politique,
sorciers et aux chefs. Ils s'étaient donné s'intéressèrent vite àelle. Pouren faciliter
ces derniers pour faire respecter les règles l'utilisation, ils en garantirent la valeur,
qu'ils avaient instituées pour vivre en enyapposant leur effigie et, au passage,
société. Peu à peu, ils prirent l'habitude s'arrogèrent le droit de la créer. La
de réaliser les échanges rituels, les dons, monnaie devint le droit reconnu par le
voire les sacrifices avec des biens qui ne pouvoir politique de se procurer n'im-
servaient qu'à ces usages : des animaux, porte quel bienoffert sur les marchés.

1.2.2. Quelle que soit l'origine de la mon- pour jouer pleinement son rôle, la mon-
naie, une fois introduite dans la vie éco- naie doit avoir certaines qualités. Tout
nomique, elle vaen provoquer un fantas- d'abord sa valeur doit être sûre et
tique développement. Pour se procurer constante ; en effet, comment comparer
plus de cette monnaie, qui permet d'ac- entre eux les prix de plusieurs produits si
quérir toute chose, les hommes vont pro- l'étalon de mesure devient aléatoire....
duire des biens, non plus pour se loger élastique ; ondoit aussi pouvoir éventuel-
ou se nourrir, mais pour les échanger lement ne pas dépenser la monnaie qu'on
contre de la monnaie. L'invention de la possède , la mettre en réserve pour une
monnaie entraîne celle des marchan- occasion meilleure ou pour faire face à
dises, c'est-à-dire desbiens qui sont pro- l'imprévu. Bien entendu elle doit, par
duits non pour satisfaire directement surcroît, avoir une forme qui facilite ses
des besoins mais pour permettre d'ac- diverses utilisations. Nous reverrons ce
quérir toujours plus de monnaie, à la dernier point, plus loin, à propos des
fois bien et illusion suprême. Toutefois banqueset ducrédit.
1.2.3. Les fonctions de la monnaie

La principale fonction de la monnaie est d'être autrement dit un étalon de mesure. Ces deux
un moyen de paiement pouvant servir à acheter fonctions lui en on fait attribuer une troisième : la
n'importe quel bien, à éteindre n'importe quelle monnaie doit pouvoir servir tant dans les
dette ou à effectuer tout autre transaction. Pour transactions présentes que dans les futures ; la
jouer ce rôle, elle est une unité de compte monnaie est une réserve de pouvoir d'achat.
permettant de comparer des valeurs entre elles, Elle permet d'épargner pour acheter plus tard.

1.2.4. La valeur de la monnaie

Pour bien remplir ces fonctions, une monnaie doit d'accepter la monnaie est un élément de sa
avoir une valeur reconnue par tous. Cette valeur. Toutefois, il faut que ceux qui utilisent une
nécessité a longtemps incité les autorités monnaie aient confiance en elle, sinon ils s'en
monétaires à se servir des métaux précieux pour la débarrasseront au plus vite. Finalement, le
fabriquer. L'État a aussi été très vite amené à fondement ultime d'une monnaie est la capacité
apporter sa garantie et, finalement, pour éviter d'une économie à produire, à des prix
tout danger à ordonner l'utilisation exclusive de sa relativement constants, les biens que cette
monnaie sur son territoire. L'ordre de l'État monnaie permet d'acquérir.
1.2.5. Les formes de la monnaie

La monnaie peut avoir plusieurs formes. Elle a de l'État, le monopole de son émission (la Banque
d'abord été principalement composée de pièces de France). Toutefois, à côté de ces monnaies
d'or ou d'argent ; aujourd'hui, les pièces de mon- manuelles, il existe une monnaie scripturale ;
naie ne sont plus utilisées que dans les paiements elle est constituée par des avoirs dans les comptes
de moindre importance Onparle, à leur propos, de des banques, autrement dit par de simples écritures
monnaie divisionnaire. La monnaie manuelle la comptables. C'est cette monnaie qui est aujour-
plus employée est constituée par les billets de d'hui la plus utilisée notamment quand nous émet-
banque émis par la banque qui a, sous le contrôle tons deschèques.
1.3. Uneentreprise doit vendre en gagnant de l'argent

1.3.1. Nousavonsvuque, dansune écono- payent. Toutefois les administrations ne


miecommela nôtre, pour satisfaire la plu- vivent pas principalement des produits de
part de nosbesoins, il nousfaut acheterdes leurs ventes, leurs recettes proviennent
biens et des services. Dans une économie essentiellement des impôts et des cotisa-
d'échange monétaire, cesbiens et ces ser- tions que l'État vous oblige leur verser.
vices sont produits par des entreprises. Uneentreprise doit, elle, necompterque
Qu'elles soient industrielles, commerciales sur la demandedesesclients, elle doit les
ou de services, les entreprises doivent attirer ou les retenir en leur proposant des
avant tout vendre. C'est pour elles le produits de meilleure qualité et à des prix
moyen de se procurer ce dont elles ont plus bas que ceux offerts par ses concur-
besoin pour assurer leur production ou rents. Ona parfois tenté, notamment dans
encore pour payer leurs salariés. Leur les pays socialistes, de soustraire les entre-
situation est bien différente de celle prises auxcontraintes du marché et de la
d'une administration publique telles la concurrence ; les résultats furent désas-
Sécurité sociale, l'armée ou l'Éducation treux. Obliger uneentreprise àvivre deses
Nationale. Certes, les administrations ont ventes demeure la meilleure manière de
besoin d'argent pour fonctionner, parfois l'inciter à comprendre ce que désirent ses
les bénéficiaires de leurs services les clientset àmieuxlessatisfaire.

1.3.2. Vendre est pour une entreprise tion. Or, chez les économistes, ces deux
une nécessité mais ne suffit pas pour mots ont la mêmesignification et jouent
assurer sa survie et son développe- un rôle essentiel. C'est le profit qui va
ment. Pour s'en sortir une entreprise doit permettre à une entreprise d'acheter de
vendre ses produits ou ses services plus nouvelles machines, de moderniser ses
cher qu'ils lui ont coûté, elle doit faire installations ou encore de mieux rému-
un bénéfice. Dès l'école primaire, les nérer ses propriétaires ou ses salariés en
jeunes enfants apprennent que le bénéfi- les intéressant aux....bénéfices. Mieux,
ce est la différence positive entre le c'est le profit qui indique à une entre-
coût (ou prix) de revient et le prix de prise comment choisir entre des pro-
vente. Les économistes le nomment ductions ou des procédés de fabrication
profit. Curieusement, si la plupart du différents, elle a en effet avantage à
temps la notion de bénéfice ne provoque opter pour les solutions qui lui rapporte-
pas chez les Français des réactions de ront le plus d'argent pendant le plus
rejet, le profit n'a pas toujours eu bonne longtemps possible. Le profit non seu-
presse ; il évoque en effet l'idée deprofi- lement permet la survie de l'entrepri-
teur et d'exploitation abusive d'une situa- se mais encore guide ses choix.
1.3.3. Schéma de l'offre et de la demande sur un marché

Une entreprise produit des biens et des services Pour un produit donné, par exemple celui de l'auto-
en vue de les vendre sur un marché. Le marché mobile, ou de l'informatique, le marché est l'en-
était autrefois le lieu oùchacun tentait devendre ce semble des demandes de ses acheteurs et des offres
qu'il avait produit. Aujourd'hui, il représente pour des entreprises en concurrence, c'est à dire recher-
une entreprise l'ensemble des acheteurs potentiels. chant chacune à vendre plus que les autres.

1.3.4. Leprofitest unexcédentde recette par rapport auxdépensesdel'entreprise

Le profit d'une entreprise est l'excédent des diminuer ses coûts de production, soit justifier un
recettes par rapport à ses coûts de production prix de vente plus élevé en rendant son produit
ou de distribution. Il peut être obtenu soit avec plus attractif que ceux de ses concurrents. Elle doit
une faible différence entre le prix de vente et le donc créer ce qu'on appelle un avantage
prix de revient de chaque produit, mais en vendant concurrentiel. Dans une économie de marché, pour
un plus grand nombre de produits, soit au garantir son avenir, une entreprise doit choisir ce
contraire, en vendant moins mais en réalisant plus qui sera pour elle le plus rentable, c'est-à-dire ce
de profit par unité produite. Pour accroître le qui lui permettra de réaliser le profit le plus élevé
profit unitaire, une entreprise peut soit tenter de mais aussi le plus régulier et le plus durable.
1.4. L'économie monétaire en circuit fermé

1.4.1. Dans uneéconomie, àchaqueinstant, l'offre et dela demandeetl'échange (entre


il existe des millions d'échanges monétaires. lesbiensetservicesoffertsparlesentreprises
Pour simplifier leur représentation, on peut et lamonnaiequelesfamillessontdisposées
les organiser en les regroupant autour des àdépenserpourassurerleurconsommation).
principaux acteurs de la vie économique et Si vous avez compris ce schémavous avez
construire un circuit de l'économie natio- fait ungrand pas dans la compréhension de
nale. Ainsi,tout aulongdel'année, lesentre- l'économie. Vous pouvez ainsi com-
prises produisent les biens et les services prendre que pour tourner rond, l'écono-
qu'elles espèrent vendre et les offrent sur le miea besoinque la demandedes familles
marché. Ceflux de production yconstitue soit égale à ce que les entreprises leur
leur offre. Pour produire, les entreprises offrent Si, par exemple, elle est inférieure,
ont besoin du travail des familles ; elles les entreprises seront obligées de baisser
l'obtiennent en leur versant des revenus leursprix,certainesnepourrontpas,dansces
(travailouprofit). Lesfamillesdépensentces conditions, payer leurs achats ; elles ferme-
revenusenachetantdesbiensetdesservices. ront leurs portes (feront faillite), des tra-
Ces achats constituent leur consommation. vailleurstomberontenchômage,lesfamilles
Ceflux dedépenses représente la deman- auront moins derevenus et il yaura encore
dedesfamilles. Lemarchéestle "lieu" du moins de demande. Heureusement, il arrive
circuit où se réalisent la confrontation de àl'économiedetournerrond.

1.4.2. Bien entendu les Entreprises et les Onpeut aussi décrire uneéconomieà partir
familles (les économistespréfèrent parler de de la manière dont chaque acteur prend ses
Ménages) nesontpasles seulsacteurs dela décisions. Onpeut encore s'attacher à com-
vie économique; peuàpeu, nouscomplète- prendre comment certains acteurs tentent
ronsle circuit del'économie nationale. Nous d'imposerleurpouvoirauxautres Leséco-
ferons ainsi intervenir les Administrations nomistesontainsivul'économiedeplusieurs
quirendent,àtouslesautresacteurs, desser- façons ; ce que le non-économiste perçoit
vices sans les vendre sur les marchés. Puis commeuneincertitude deleursciencereflè-
apparaîtront les Banques quicréent la mon- te enréalité ladiversité despointsd'observa-
naie et rendent des services financiers ou tion. Chacun de ces points d'observation a
encore le "Reste du Monde" qui regroupe permis de découvrir de nouveaux phéno-
l'ensemble des autres économies nationales mènes.L'approchedecelivre sera princi-
et leurs différents acteurs. Nous en reparle- palement celle du circuit de l'économie.
ronsdansla prochainesection. Bienentendu Celanenousempêcherapasdefaire appel à
cette représentation de l'économie sous la telleoutelle autrereprésentationpourmieux
forme d'un circuit de flux de biens et de faire comprendre comment fonctionne ou
fluxdemonnaien'est paslaseulepossible. évoluel'économie.
1.4.3. Lecircuit de base de l'économie nationale
1.5 . Uncircuit de plus en plus ouvert

1.5.1. Pour pouvoir toujours produire plus Il faut, pour les produire et les mettre à
afin de gagner plus d'argent, les hommes notre disposition, une grande variété de
ont misau point de nouvelles méthodesde matières premières, de machines, de
fabrication, créé de nouveaux produits et moyens de transport, d'activités diverses,
de nouveaux moyens de transport. Les de brevets vendus par des firmes souvent
matières premières et les produits fabri- étrangères, des machines pour fabriquer
qués à proximité n'ont plus suffi pour les machines et les équipements de trans-
satisfaire les besoins des entreprises. Les port, des routes et des agents de police,
actes les plus simples ont été de plus en des percepteurs pour faire payer les
plus liés à des activités répandues sur la impôts qui serviront à construire et à
terre entière. Il yaencore deux cents ans entretenir les routes, à payer le traitement
on se servait, pour écrire, d'une plume de agents de police. Il y a allongement
d'oie ; il suffisait pour la fabriquer d'une du processus de production. L'éven-
oie et d'un couteau pourentailler la plume. tualité d'achats à l'étranger grandit. Le
Aujourd'hui, nous nous servons d'un stylo circuit de l'économie nationale est de
à bille et parfois d'un traitement de texte. plus en plus un circuit ouvert.

1.5.2. Si l'ouverture d'une économie à nomie et le caractère national de


l'extérieur a toujours existé, depuis les chaque monnaie. L'étroite liaison entre
années 1960, elle est devenue d'autant le pouvoir politique de chaque État et sa
plus importante que bien des entre- monnaie fait qu'aujourd'hui encore les
prises ne peuvent plus se contenter de monnaies sont d'abord nationales.
leurs seules perspectives de vente L'absence de monnaie commune favori-
dans le pays où elles sont installées se la spéculation contre les monnaies les
(sur le marché national). Pour vendre plus faibles (celles qui sont les moins
plus dans les autres économies natio- recherchées) et renforce l'influence de
nales, des entreprises y créent des l'économie dominante. En effet, en l'ab-
filiales. Peu à peu, elles sont devenues sence de monnaie internationale, c'est
des multinationales, c'est-à-dire des la monnaie du plus fort qui sert prin-
entreprises qui ont des activités dans cipalement de moyen de paiement
plusieurs économies nationales. Les flux international. Actuellement, pour régler
de capitaux et de rapatriement des pro- les échanges entre économies nationales,
fits ont augmenté et accentué l'ouverture on est obligé de les payer le plus sou-
des économies nationales. Or, il existe vent en dollars ; la contrainte extérieure
une contradiction fondamentale entre pesant sur les circuits de chaque écono-
internationalisation croissante de l'éco- mie grandit.
1.53. L'allongementdu processus du travail et la division du travail

Aujourd'hui, entre le moment où la matière premiè- réaliser seul toutes les opérations nécessaires à la
re est extraite et le moment où le produit est vendu fabrication d'un produit aussi trivial qu'un stylo
au consommateur, le nombre d'opérations intermé- bille. L'allongement du processus de production
diaires est beaucoup plus grand qu'autrefois : il y a se traduit par un accroissement de la division du
allongement du processus de production. Plus travail et des échanges bien au-delà de la sphère
aucun homme, mais aussi plus aucun pays, ne peut de l'économie nationale.

1.5.4. L'ouverture croissante des économies nationales : les exportations


en %du PIB

Sources CEE
Plus une économie est de dimension réduite plus son affaiblie (les échanges intra-européens représentent en
ouvertureetlacontrainteextérieurequipèsentsurelle moyenne plus de la moitié des échanges extérieurs de
sontimportantes. Lorsquel'Europe sera uneetaura une lé' conomied'unpaysmembredelaCEE).NB-Lesexpor-
monnaie unique, leséchangesentre pays membresde la tationssontles ventesà l'étranger -Lesimportations, les
C.E.E.seront identiquesauxéchangesinternesà uneéco- achats. Définissonspourl'instantlePIBcommela valeur
nomie ; lacontrainte extérieure ensera considérablement delaproductionnationaledebiensetdeservices.
1.6. Il n'y a pas que l'argent qui compte

1.6.1. Dans cet ouvrage nous nous inté- d'hui encore, s'il fallait rémunérer le tra-
resserons principalement à l'économie vail gratuit réalisé au sein des familles,
d'échange monétaire et le plus sou- les sommes versées seraient en France
vent à l'économie marchande des au moins égales à la moitié de la produc-
entreprises. Leur importance ne doit tion officielle. Acôté de l'économie
cependant pas nous faire oublier qu'au familiale, nous avons celle de la convi-
sein d'une économie nationale contem- vialité, elle en est son prolongement
poraine d'autres formes d'économie exis- naturel. Elle représente une zone de gra-
tent . Acôté de l'économie monétaire, il tuité qui de l'immeuble au quartier, en
existe une économie non monétaire passant par le village, ou des groupes
qui n'est pas un simple reste du passé. particuliers, permet de promouvoir l'en-
L'économie familiale ou domestique traide et rend la vie en société suppor-
en est la principale composante. Elle table. Parfois l'économie conviviale
assurait autrefois l'essentiel de la pro- débouche dans l'économie monétaire
duction ; le développement de l'écono- sous forme d'associations très structu-
mie d'échange monétaire s'est très large- rées et puissantes (tels la Croix Rouge,
ment fait à ses dépens. Toutefois aujour- S.O.S. Médecinsou encore les Églises).

1.6.2. Toute l'économie monétaire n'a assurer leur avenir mais dont le profit
pas pour but le profit et l'activité n'est pas l'objectif principal. Leur but
marchande. Acôté du secteur associa- est de fournir soit du travail, soit des ser-
tif que les économistes considèrent vices à leurs membres. Avec le secteur
comme des administrations privées, associatif, elles constituent ce que l'on
nous trouvons l'énorme secteur des nomme l'économie sociale ; sa fonction
administrations publiques ; il facilite essentielle est de promouvoir l'innova-
la vie de tout le reste de l'économie sans tion sociale. Enfin, à côté de l'économie
pour autant vendre ses services. Ses d'échange monétaire officielle et bien
dépenses représentent, en France, un recensée, il existe une économie illégale
montant équivalent à la moitié de la aux multiples facettes. De la fraude fis-
valeur de la production nationale. Par cale à l'économie du crime, en passant
ailleurs, au sein de l'économie mar- par le plus banal travail noir, toutes ces
chande, il existe des entreprises, les activités ont en commun la volonté
coopératives et les mutuelles, qui ont d'échapper aux réglementations impo-
certes besoin de faire des profits pour sées par les États.
1.6.3. La carte du tendre des diverses formes d'économies
1.7.Toutesleséconomiesd'échangemonétaireneseressemblentpas

1.7.1. Jusqu'ici, nous avons fait sent, distribuent des revenus et que,
comme s'il n'y avait qu'une économie d'autre part, les familles peuvent avec
d'échange monétaire. La réalité est ces revenus se procurer les biens qu'elles
plus complexe. Entre l'économie du désirent. Si le schéma de base de l'éco-
grand domaine féodal, l'économie d'un nomie peut être appliqué à toutes les
village africain, l'économie américaine économies où la monnaie existe, la
contemporaine ou encore l'économie manière dont les décisions sont prises
soviétique à l'époque stalinienne, il existe peut être très différente d'une économie
des différences essentielles de fonction- à l'autre. C'est, en définitive, l'équi-
nement. Certes, avec un peu d'imagina- libre entre les pouvoirs des divers
tion et beaucoup de recul, on peut tou- acteurs de l'économie et la façon dont
jours considérer qu'il existe, dans toute ils sont exercés qui différencient les
économie, des entreprises qui produi- économies.

1.7.2. De ce point de vue, il y a de bués. Pour être certain de l'obéissance


grandes différences entre des écono- des entreprises, l'État en a la propriété ;
mies, telles celles des États Unis, de il y a appropriation collective des
l'Allemagne ou de la France dont les moyens de production (on parle à ce
fonctionnements obéissent pourtant aux propos d ' socialistes). Dans
mêmes principes. Nous aurons à revenir les économies de marché, son caractère
sur ces différences. Toutefois, la princi- essentiellement privé garantit l'autono-
pale césure oppose les économies de mie des entreprises (d'où le nom d'éco-
marché et les économies centralisées. nomies capitalistes, la propriété des
Dans les premières, les entreprises entreprises y appartenant aux proprié-
obéissent aux indications du marché taires du capital). Ces dernières années
et sont, à ce propos, en concurrence ; on a assisté à un effondrement des éco-
quant à l'État (le détenteur du pouvoir nomies socialistes. Les économies
politique), il joue seulement un rôle plus contemporaines sont de plus en plus
ou moins important de régulateur. Dans complexes et difficilement organisables
les économies centralisées, c'est au de manière centralisée. Par ailleurs, les
contraire le pouvoir politique qui populations des pays socialistes ont de
décide ce que l'on doit produire, qui moins en moins supporté, politiquement,
doit le produire et le montant des reve- le pouvoir dictatorial de l'État qu'impose
nus qui seront, à cette occasion, distri- une économie centralisée.
1.7.3. Schéma de l'économie de marché en régime de forte concurrence

Dans une économie de marché où règne une forte prendraient ses clients. Aleur tour, les entreprises
concurrence, les entreprises sont contraintes d'obéir transmettent au reste de l'économie l'ordre des
aux consommateurs. Les consommateurs, en achetant consommateurs. Le consommateur est roi. Bien
ouenn'achetantpaslesproduitsoffertssurlemarché,leur entendu les entreprises tentent toujours de réduire la
font connaître leurs préférences. Les entreprises ne concurrence. Le marché subsiste mais son
peuventquelesprendreencompte;siuned'entreelless'y fonctionnement est toujours plus complexe que son
refusait d'autres s'empresseraient de le faire et lui modèlethéorique.

1.7.4 . Schéma d'une économie centralisée de type stalinien

L'État, à partir des informations recueillies par ses les salariés, une fois dépensée, ne retourne pas
administrations, établit un plan que doivent suivre aux entreprises mais aux administrations. Ce
impérativement les entreprises. Les entreprises n'est donc pas la demande du consommateur qui
sont transformées en simples exécutantes. La guide l'entreprise, mais le plan. Naturellement
monnaie versée aux entreprises pour régler leurs obligées de tenir compte des réalités, les économies
fournisseurs n' a qu'un rôle comptable ; elle sert à socialistes ont toujours été plus complexes que leur
vérifier l'exécution du plan. La monnaie reçue par description théorique.
1.8. Vivela rareté

1.8.1. En voulant produire des biens et élargissement des champs des pos-
des services pour les vendre et posséder sibles, la rareté ne recule pas mais
toujours plus d'argent, les hommes ont progresse. Tout progrès technique,
été entraînés à découvrir de nouvelles toute innovation fait apparaître des
techniques de production, à créer de besoins supplémentaires en équipements
nouveaux produits et à accroître les et en fournitures diverses. Laproduction
désirs deceux qui étaient susceptibles de d'énergie nucléaire est aujourd'hui plus
les acheter. En apparence, les biens et contraignante que l'invention du feu par
services qui nous sont offerts étant beau- les premiers hommes. A chaque étape
coup plus nombreux qu'autrefois, la de l'évolution économique, la rareté
rareté a diminué. En fait il n'en est précédente est remplacée par une
rien ; certes, beaucoup plus de biens rareté encore plus difficile à surmon-
nous sont offerts mais, en même temps, ter ; les hommes sont incités à aller de
nous désirons aujourd'hui des choses l'avant, à accaparer souvent ce que
dont nos ancêtres ne soupçonnaient d'autres possèdent et à accroître encore
même pas la possibilité. Pire, à chaque unpeu plus la rareté.

1.8.2. Pour une économie nationale, une être égales aux emplois que l'on veut en
entreprise ou une famille, il n'y a pas de faire. Dans une économie de marché,
miracle, on ne peut disposer que de ce l'échange va assurer la réalisation de
qu'on a. La prestidigitation n'a rien à cet équilibre. Quant à la science écono-
voir avec la science économique. Certes, mique, elle apparaît à la fin du Moyen
pendant quelquetemps uneentreprise, une Âge, au momentoù le développement des
nation, une famille peut vivre àcrédit, au- techniques ne permet plus d'arbitrer l'allo-
dessus deses moyens. Cependantil faudra cation des ressources rares par le simple
tôt ou tard rembourser, plus dur sera le recours à des règles coutumières ou
redressement. Detoute façon, au moment morales et l'imposition de la loi du plus
où l'on emprunte les ressources supplé- fort. Elle va se préoccuper de la façon
mentaires dont on va ainsi disposer, dont l'organisation et l'évolution de la
cela va permettre de faire face provisoi- production, de la consommationet de la
rement à la contrainte de rareté. On distribution des revenus facilitent ou
peut l'exprimer en disant que l'écono- non le desserrement de la contrainte de
mie raffole de l'équilibre. D'une manière rareté. La science économique a la
ou d'une autre, les ressources doivent rareté au coeur.
1.8.3. La contrainte de rareté et l'équilibre entre les emplois et ressources en
France en 1992
Valeur enprix courant et en milliards de Francs

Sources : Comptes de la Nation

Dans une économie nationale, comme l'écono- libre aussi parfait que fatal peut naturelle-
mie française, la contrainte de rareté se tra- ment cacher des ajustements dans les prix ou
duit par l'équilibre entre toutes les ressources encore un déséquilibre entre les importations et
en biens et services qui sont offertes et les les exportations qui se traduira par un endette-
divers emplois que l'on peut en faire. ment en monnaies étrangères, qu'il faudra tôt ou
Comptablement, il ne peut y avoir qu'égalité tard rembourser en exportant plus, en se privant
entre les emplois et les ressources. Ce sont en de ressources pour les autres emplois. Quand on
effet les mêmes biens qui sont comptabilisés la néglige, la contrainte de rareté se venge.
sous des rubriques différentes. Pour qu'un bien Notez au passage l'importance relative des
puisse, par exemple, être acheté par un ménage, diverses ressources et des divers emplois, ce
il faut qu'il existe, qu'il ait été préalablement pro- sont des ordres de grandeur qu'il faut
duit par les entreprises, ou importé. Cet équi- connaître.
"Lé'conomieen200schémas"proposededécouvrir
progressivementlecircuitdelé' conomienationale.
Cetouvragepermet en outre de comprendre un
grand nombre de thèmes : les différents types
d'économie, les mécanismes dusous-développe-
ment, le libre-échange, les principales théories
économiques, lerôledesbanques, celuidel'Etat,
l'organisationetlagestiondel'entreprise, etc.
Organiséendoublespages, àgauchelestextes, à
droite les schémas graphiques et statistiques, ce
livre peut être lu en continu - il est alors un
ouvrage d'initiation de base - ou en discontinu
grâceàsonindexquirenvoieàdessujetsparticu-
liers. Danslesdeuxcas, ilpermetaulecteurd'en-
trer en économie par la pédagogie du texte et
celleduschéma.

Prix: 110F
CodeSofedis/ Sodis :9113057
ISBN: 2-7082-3064-6
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