Support Meca
Support Meca
Simon de Visscher
19 août 2024
2
Préface
Cher lecteur/trice,
Le présent document contient l’essentiel des aspects théoriques du cours de mécanique classique enseigné
en première et deuxième année à la HE-Arc. Il ne se substitue pas au cours mais permet à l’étudiant
d’étoffer sa compréhension de la mécanique par le truchement de nombreuses remarques et discussions. Le
découpage de ce document en chapitres et sections n’est pas forcément suivi linéairement lors des séances
en classe, mais il s’en rapproche. De même, il est possible que certaines discussions et développements qui
ne sont pas vus en classe semblent quelque peu hardus, il ne faut pas s’en inquiéter mais simplement les
voir comme une invitation à aller ”un peu plus loin” dans la matière. A ce propos, si les concepts enseignés
lors des cours constituent un socle minimal nécessaire à la compréhension de la matière, il est fortement
conseillé à l’étudiant d’aller au delà de ce qui est donné par l’enseignant en classe, par exemple en consultant
des livres de référence sur le sujet (Meriam, Benson, Gruber,...), de listes d’exercices additionnels, et d’un
support de cours comme celui-ci.
Une dernière remarque : malgré le soin apporté à la rédaction de ce support de cours, il subsiste
inévitablement des coquilles dans les textes et/ou expressions mathématiques. N’hésitez jamais à me com-
muniquer tout anomalie que vous pourriez détecter.
3
4
Table des matières
Préface 3
I Equilibre statique 13
1 Rappel : calcul vectoriel 15
1.1 Le vecteur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.2 Référentiels, repères et coordonnées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
1.3 Composantes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
1.4 Norme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
1.5 Opérations sur les vecteurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
1.6 Base du repère, composantes et orientation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
1.7 Opérations sur les vecteurs (suite) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
5
TABLE DES MATIÈRES 6
2 Dynamique du Solide 97
2.1 Centre de masse d’un solide . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 97
2.2 Moment d’inertie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 98
2.3 Rotation et translation de solides . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 102
2.4 Energie mécanique des solides . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 108
2.5 Moment cinétique et son théorème . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 111
2.6 Chocs de solides ou systèmes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 114
Index 117
Contenu de ce support de cours
7
TABLE DES MATIÈRES 8
Synthèse des conventions d’écriture
Les descriptions mathématiques données dans ce cours suivent un canvas très précis permettant d’éviter
toute ambiguı̈té dans leur interprétation. Il est demandé à l’étudiant.e de se conformer à ces conventions
minimales d’écritures.
Base d’un repère lettre simple surmontée x̂, ŷ, ẑ, ⃗i, ⃗j, ⃗k /
d’un accetne circonflexe
ou i, j, k surmonté d’une
flèche
rx
−−→
Vecteur flèche au dessus d’une ⃗r, ⃗r(t), AB (rx , ry , rz ), ry
ou plusieurs lettres rz
Il est d’usage de dénoter un angle à l’aide d’une lettre grecque, nous en rappelons ici l’alphabet :
9
TABLE DES MATIÈRES 10
Remarques additionnelles
Formulaire
Il est d’usage de disposer d’un formulaire lors des épreuves (contrôles, examens). Celui-ci consiste en
une double page A4 comprenant l’essentiel des ”formules” dont vous devriez avoir besoin pour la résolution
d’exercices. Ce formulaire est à double tranchant : certes il peut dépanner lorsque la mémoire fait défaut
dans le stress d’une épreuve, mais d’un autre côté n’encourage pas à apprendre ces quelques formulations
et à les ”digérer”. En fait cet apprentissage se fait naturellement, presque sans effort, en résolvant le
plus d’exercices possibles au cours de l’année. J’ai coutume de dire que si un formulaire est nécessaire au
contrôle ou à l’examen, cela veut dire que la matière n’a pas été assez travaillée.
11
TABLE DES MATIÈRES 12
Première partie
Equilibre statique
13
Chapitre 1
La statique comme la dynamique sont des disciplines faisant partie de la mécanique classique. La
description des phénomènes dont nous discuterons dans ce cours est souvent basée sur les notions de
position, vitesse, accélération, force,... Ces quantités sont dites vectorielles : elles sont décrites non pas par
un seul nombre (scalaire), mais par autre objet mathématique formé par plusieurs nombres, le vecteur, dont
la manipulation obéit à certaines règles, à l’instar des nombres : addition, soustraction,multiplication,...
Le calcul vectoriel est l’ensemble des techniques mathématiques permettant de travailler avec les vecteurs,
et constitue dès lors un outil de base pour la compréhension de la mécanique.
Ce premier chapitre rappelle les bases du calcul vectoriel. Le deuxième chapitre aborde le concept de
vecteur-force (ou force) introduit la notion de statique de translation. Le troisième chapitre introduit la
notion de moment de force et techniques qui en découlent. Finalement, le quatrième chapitre généralise
l’étude de la statique aux translations et rotations.
1.1 Le vecteur
Un vecteur est un objet mathématique utilisé en physique (dont la mécanique) afin de représenter
diverses quantités : une position, une vitesse, une force, une accélération, et bien d’autres. Graphiquement
le vecteur est représenté à l’aide d’une flèche joignant deux points. La notation du vecteur est une petite
flèche au dessus d’une ou plusieurs lettres, par exemple ⃗u. Dans la Figure 1.1 nous représentons un vecteur
⃗u dans un espace à deux dimensions (cette page !) allant d’un point d’origine A à un point final B, cela
illustre par exemple le cas simple d’un déplacement entre deux points. Ce vecteur peut aussi s’écrire plus
−−→
explicitement AB, se lisant ”vecteur allant de A à B”. A l’inverse, un vecteur allant de B à A s’écrirait
−−→
BA.
Figure 1.1 – Représentation d’un vecteur (bleu) dans un espace à deux dimensions.
Une description qualitative de ce déplacement serait par exemple ”un peu à droite” et ”un peu vers le
haut”, ce qui n’est guère précis, et amène à la notion de référentiel et repère.
15
1.2. RÉFÉRENTIELS, REPÈRES ET COORDONNÉES 16
0
1 A
On dit que le point A se situe à la coordonnée ”3” de l’espace dans le repère établi.
— Dans un univers à 2 dimensions (la feuille ou l’écran que vous êtes en train de lire), le repère est
défini avec un origine O et deux axes indépendants (=non colinéaires), sur chacun desquels un point
est choisi pour définir une unité de référence selon cet axe. Dans l’exemple ci-dessous nous libellons
les axes x et y.
y
A
0 x
1
On dit que le point A se situe à la coordonnée ”(3,4)” de l’espace. Tout point dans l’espace à 2
dimensions est donc muni de deux coordonnées, une pour chaque axe. Un cas assez représentatif
(mais plus subtil qu’il n’y parait) est celui de la surface terrestre, où chaque point peut être en
première approximation défini par sa longitude et sa latitude, l’origine du repère correspondant à un
point sur l’équateur et le méridien de Greenwich, et l’unité de base étant le degré.
De manière générale, dans un univers à n dimensions, le repère est donc défini par un(e) origine et n axes
non-colinéaires. Dans le cadre de ce cours nous utiliserons des configurations d’axes dites orthonormées :
les axes sont perpendiculaires entre eux, et la définition de l’unité est la même sur chacun des axes. Il
n’y a aucune obligation d’écriture pour désigner ces axes, mais dans le cadre de ce cours nous utiliserons
x, y voire n et t à deux dimensions, et x, y, z et n, t, z à trois dimensions. Le sens de chaque axe, i.e.,
la direction dans laquelle les valeurs augmentent ou diminuent est défini par la valeur et la position de
l’origine (en général zéro) et un point de référence par axe ! Quelques exemples :
— Position d’un point A depuis l’origine O : ⃗r = (2, −1, 3) m. Ce point est donc à 2 m de l’origine selon
l’axe x, -1 m selon l’axe y, et 3 m selon l’axe z
1.3. COMPOSANTES 17
— la vitesse d’un point A : ⃗vA =(0,1,0) m : vitesse nulle à part le long de l’axe y.
— l’accélération de pesanteur : ⃗g = (0, 0, −9.81) m/s2 , agit sur l’axe z uniquement, ce qui est conven-
tionnellement utilisé en trois dimensions pour désigner la direction vercticale.
Comme dit précédemment, il existe de nombreux systèmes de coordonnées permettant de travailler
avec un repère. Le plus simple est le repère aux coordonnées cartésiennes, dans lequel les coordonnées d’un
point sont données directement selon les axes du repère. C’est ce sytème de coordonnées qui sera le plus
utilisé dans ce cours.
Dans certains cas en trois dimensions il est parfois plus approprié d’utiliser un repère en coordonnées
sphériques dans lesquel un point est repéré via sa distance r à l’origine et deux angles θ et ϕ, comme
illustré dans la Figure 1.2. Un repère en coordonnées cylindriques est défini par la distance à l’un des axes,
la hauteur par rapport au plan défini par les deux autres axes, et un angle, comme illustré sur la Figure
1.3.
1.3 Composantes
Tout point dans l’espace est donc muni d’autant de coordonnées qu’il y a de dimensions. Dans la figure
1.4 nous voyons que la coordonnée du point A selon l’axe x (Ax ) vaut 1, ainsi que celle selon l’axe y (Ay ).
Nous écrivons donc ces deux coordonnées sous forme vectorielle : A = (Ax , Ay ) = (1, 1). Il s’agit bien
d’un vecteur position dont l’origine est en (0,0) et le point final en (1,1). Les coordonnées du point B se
retrouvent de la même manière : B = (Bx , By ) = (3, 4).
Comme un vecteur peut toujours se définir à partir de deux points (initial, final), il existe une relation
univoque entre les coordonnées de ces points et les composantes du vecteur, c’est à dire ses projections sur
les axes. Reprenons l’exemple précédent, et traçons un vecteur allant de A à B (Fig. 1.5).
Ce vecteur nous l’appelons ⃗r, et nous définissons ses composantes scalaires selon chaque axe comme la
différence entre les coordonnées des points B et A selon chaque axe :
rx = B x − Ax (1.1)
ry = B y − Ay (1.2)
⃗r = (rx , ry ).
Par commodité, lorsque nous aurons à utiliser les composantes de vecteurs dans des équations il arrivera
souvent que l’on les désigne par la syntaxe ri , ceci désignant la i-ème composante du vecteur ⃗r.
1.4. NORME 18
y
y
B
By B
⃗r
B y − Ay
1
Ay A 1
A
x
0 1 x
0 1
Ax Bx
B x − Ax
Figure 1.4 – Représentation d’un repère
et de deux points (A et B) dans un espace Figure 1.5 – Représentation d’un vecteur
à deux dimensions. (bleu) dans un espace à deux dimensions.
Dans un espace à n dimensions, un vecteur comporte n composantes scalaires, et s’écrit donc comme
une suite de n nombres, par exemple (2,1,8). En fonction de la position des points final et initial, les
composantes peuvent être positives, négatives, ou nulles. Par ailleurs, une translation de l’origine du
repère ou du vecteur affecte les coordonnées des points initiaux et finaux, mais pas leur différence : les
composantes du vecteur sont préservées par la translation. En revanche, une rotation du vecteur affecte
logiquement les valeurs des composantes.
Il est utile à ce stade de faire une remarque concernant le concept de composantes pour des vecteurs
de différents types. Les composantes d’un vecteur sont toujours calculées à partir de la différence entre des
coordonnées. Si cela nous semble logique pour un vecteur déplacement ou position, qu’en est-il pour un
vecteur exprimant une force ou une vitesse ? Il n’y a conceptuellement aucune différence, tout ces vecteurs
s’expriment dans un espace vectoriel (comprendre repère) qui lui est propre. En effet, parler de différences
de coordonnées statiales pour parler de composantes d’un vecteur force serait dénué de toute logique.
Ainsi il faut se rappeler que lorsque dans ce cours nous utilisons des vecteur exprimant forces, vitesse,
accélération, ces vecteurs s’expriment avant tout dans un espace vectoriel particulier, où les axes du
repère n’expriment pas des longueurs, mais bien des forces, vitesses, accélérations ! Comme nous le verrons
plus tard dans le cours, certains concepts font intervenir des vecteurs de nature différentes, c’est le cas
par exemple du moment de force qui résulte du produit d’un vecteur position et d’un vecteur force.
Ces deux vecteurs s’expriment dans des espaces vectoriels différents ! Heureusement il est possible (et
même souhaitable) de les visualiser ensemble dans un repère aux coordonnées spatiales si l’on fait fi de la
représentation de la norme de la force.
1.4 Norme
A partir de ses composantes, nous pouvons ensuite définir la norme d’un vecteur (sa grandeur). La
norme se note ∥⃗u∥. Dans un repère orthonormé, c’est à dire dont les axes sont orthogonaux et définis par
les vecteur unitaires, la norme se calcule simplement comme
X
∥⃗r∥ = [ ri2 ]1/2 (1.4)
i
2⃗r
y
y
⃗r ⃗s + ⃗r
⃗r
0.5⃗r
1 ⃗s
1
x
0 1 x
0 1
Figure 1.6 – Représentation d’un vecteur ⃗r et
de deux vecteurs résultant de la multiplication Figure 1.7 – Représentation de l’addition de
de ⃗r par 0.5 et 2. deux vecteurs ⃗r et ⃗s.
A partir de l’addition nous pouvons également définir la soustraction de deux vecteurs : si ⃗r et ⃗s sont
deux vecteurs, alors ⃗r −⃗s = ⃗r + (−⃗s) = ⃗r + (−1)⃗s, ce qui est illustré à la figure 1.8. Il est utile de remarquer
que les additions et soustractions ne faisant intervenir que les composantes de vecteurs, nous pouvons
également représenter par exemple la soustraction comme dans la figure 1.9. Cette visualisation permet
de se convaincre que ⃗r + (−1)⃗s = ⃗r − ⃗s (pensez à des vecteurs-déplacement).
y y
⃗r ⃗
−s ⃗r
⃗r + (−⃗s) ⃗r − ⃗s
1 1
−⃗s x x
0 1 0 1
y y
B B
⃗r ⃗ry ⃗r
1 1
⃗j A A
x x
0 ⃗i 1 0 1 ⃗rx
Figure 1.10 – Représentation d’un vecteur Figure 1.11 – Représentation d’un vecteur
(bleu) dans un espace à deux dimensions. (bleu) dans un espace à deux dimensions.
Les vecteurs unitaires sont ici appelés ⃗i, et ⃗j pour les axes x et y. Dans un repère en trois dimensions
nous avons en plus le vecteur unitaire ⃗k pour l’axe z. Ces vecteurs peuvent se noter aussi par exemple sous
la forme x̂, ŷ et ẑ. Dans le repère en deux dimensions, les composantes des vecteurs unitaires sont :
1 0
x̂ = ⃗i = , ŷ = ⃗j = (1.5)
0 1
Dès lors, tout vecteur peut s’exprimer dans cette base, comme une combinaison linéraire des vecteurs
unitaires de la base. Dans notre exemple :
2 1 0
⃗r = = 2x̂ + 3ŷ = 2 +3 (1.6)
3 0 1
sont également des vecteurs, ceux-ci constituant les composantes vectorielles de ⃗r. Ceci est illustré à la
Fig.1.11. Il est important de faire la distinction entre composantes scalaires et vectorielles : ces notions
sont liées mais ne représentent pas la même chose.
y
B
⃗r
θ
1
⃗j A
x
0 ⃗i 1
Figure 1.12 – Représentation d’un vecteur (bleu) dans un espace à deux dimensions.
Si nous reprenons les expressions de 1.9 et 1.10, Il est clair que c’est la fonction trigonométrique qui
détermine le signe de la composante rx ou ry . Il n’y a donc pas besoin de déduire le signe des composantes,
cela se fait naturellement. Il suffit de toujours compter les angles de la même manière (dans le même
sens), et à partir de l’axe x vers l’axe y. En deux dimensions, et pour rester cohérent avec la définition
des fonctions trigonométriques dans le cercle trigonométrique, nous définissons le sens positif d’estimation
d’un angle en partant de la portion positive de l’axe x, vers la portion positive de l’axe y. Cela revient
donc à un sens anti-horaire.
Ce produit est bien un scalaire (nombre) ! En reprenant l’exemple des deux vecteurs à la figure 1.7, dont
les composantes sont (2,3) et (3,1), on trouve que ⃗r.⃗s = 2 × 3 + 3 × 1 = 9. On peut également le calculer
via les normes de deux vecteurs et l’angle α les séparant :
Cet angle α peut se trouver par exemple en soustrayant les angles que font ces deux vecteurs avec l’axe x.
Remarque : dans l’expression 1.21 l’angle α est celui entre les deux vecteurs. ∥⃗r∥ cos α (resp. ∥⃗s∥ cos α)
est donc la norme de la projection de ⃗r (resp. ⃗s) sur ⃗s (resp. ⃗r), que l’on peut noter ∥r⃗s ∥ (resp. ∥s⃗r ∥). La
connaissance du produit scalaire permet donc de retrouver la valeur de la projection d’un vecteur sur un
autre, par exemple celle de ⃗r sur ⃗s :
⃗r.⃗s
∥r⃗s ∥ = (1.22)
∥⃗s∥
Le produit scalaire est une technique très utilisée pour retrouver l’angle entre deux vecteurs si leur com-
posantes sont connues. Dans l’exemple illustré à la Figure 1.7, ⃗r = (2, 3) et ⃗s = (3, 1). Le produit scalaire
vaut donc ⃗r.⃗s = 2 × 3 + 3 × 1 = 9. Nous savons donc que
⃗i ⃗j ⃗k
⃗r ∧ ⃗s = w
⃗ = rx ry rz (1.28)
sx sy sz
w
⃗ = [ry sz − sy rz ]⃗i + [rz sx − sx rz ]⃗j + [rx sy − sy rx ]⃗k (1.29)
⃗j. L’équation 1.30 montre alors que seule la composante z du produit w ⃗ est non nulle. Cela permet
une analogie du produit vectoriel comme représentation de l’axe de ”rotation” du vecteur ⃗r sur le
vecteur ⃗s autour de l’axe passant par l’origine de ⃗r et ⃗s.
Ce constat permet par ailleurs intuitivement de trouver la direction et le sens du produit vectoriel de
deux vecteurs. Interprétons l’expression ⃗r ∧ ⃗s par ” ramener ⃗r sur ⃗s par rotation”. Si cette rotation
est celle effectuée lorsque l’on tourne un tournevis à filet droit alors la direction et le sens du produit
vectoriel est donné par le mouvement longitudinal du tournevis lors du vissage. Ce concept est celui
de la règle de la main droite ou du tournevis. C’est par ailleurs ce qui permet aussi de définir les
orientations respectives des vecteurs unitaires de la base d’un repère cartésien droit : ⃗i ∧ ⃗j = ⃗k.
— Le produit vectoriel n’est pas commutatif : ⃗r ∧ ⃗s = −⃗s ∧ ⃗r.
— La norme du produit vectoriel vaut
∥w∥
⃗ = ∥⃗r∥∥⃗s∥ sin α (1.31)
avec α l’angle entre les deux vecteurs. Cela se montre facilement (faite-le !) : il suffit de montrer
que la composante longitudinale de ⃗s, i.e. colinéaire à ⃗r ne contribue pas au produit vectoriel. Cette
expression nous permet de constater que si α = 0, alors le produit vectoriel est nul. A contrario, son
module est maximal pour α = π/2 + kπ, k ∈ Z.
— ⃗a ∧ ⃗a = ⃗0
— ⃗a ∧ (⃗b + ⃗c) = ⃗a ∧ ⃗b + ⃗a ∧ ⃗c
Dans notre exemple illustré à la Figure 1.7, où ⃗r = (2, 3, 0) et ⃗s = (3, 1, 0), nous trouvons
wx 0 0 1 0 0
wy = 0 = 0 = 0 0 + 0 1 − 6 0 = −6⃗k (1.32)
wz 2×1−3×3 −6 0 0 1
Le vecteur résultat w ⃗ a comme unique composante non-nulle celle sur l’axe z, qui se trouve être négative.
Nous avons maintenant les outils de base pour travailler avec les types de vecteurs qui vont nous
intéresser dans la suite de ce cours, et en particulier les vecteurs représentant des forces, qui sont déterminantes
dans les calculs de statique, et plus tard de dynamique.
1.7. OPÉRATIONS SUR LES VECTEURS (SUITE) 24
Chapitre 2
La statique est la partie de la mécanique qui étudie les conditions telles qu’un objet (simple ou composé)
soit fixe dans au moins un repère inertiel, c’est à dire qu’il ne subisse pas d’accélération. Même si les
concepts de vitesse et d’accélération n’ont pas encore été vus dans ce cours, ils nous sont familiers et nous
permettent de comprendre au moins intuitivement que l’absence d’accélération est synonyme de vitesse
constante (qu’elle soit nulle ou non). Nous pouvons donc reformuler notre définition de la statique comme
étant l’étude des influences extérieures sur un objet telles que sa vitesse n’est pas modifée. Prenons deux
exemples assez illustratifs.
— La tour Eiffel est en place depuis 1887, malgré de nombreuses tempêtes, changements de températures
et quelques tremblements de terre mineurs. La structure a donc été pensée suffisemment intelligem-
ment pour que ces influences extérieures ne mènent pas à son effondrement : sa vitesse par rapport
au sol est en moyenne nulle par rapport au sol parisien depuis sa création !
— Une météorite se déplaçant dans l’espace loin de toute influence gravitationnelle ne subit aucune
influence extérieure, et poursuit donc sa course indéfiniment en ligne droite. Sa vitesse est constante
dans tout repère inertiel, et il existe au moins un repère inertiel dans lequel la météorite est au
repos (vitesse nulle) : celui dont l’origine se meut comme la météorite. C’est donc bien une situation
statique.
Comme nous le percevons déjà, la résolution de problèmes de statique revient à modéliser tout ce qui
peut modifier la vitesse d’un objet, et contraindre la situation pour que cela n’arrive pas. Nous avons donc
deux choses à modéliser
Dans ce chapitre nous travaillons sur le concept du point matériel, de la force et de la statique du point
matériel. Ensuite nous abordons le concept de délimitation (diagramme du corps libre) et l’appliquons à
un cas pratique.
25
2.2. VECTEUR FORCE ET RÉSULTANTE 26
Cette expression peut se réécrire sous forme matricielle ou système d’équations indépendantes. Dans un
repère en cordonnées cartésiennes à trois dimensions cela donne :
Pn
Rx Pin Fi,x
Ry =
Pin Fi,y (2.2)
Rz i Fi,z
F⃗ = m⃗a. (2.3)
Poids P⃗
Le poids est la force exercée via gravitation par une première masse, par exemple par la Terre ou la
Lune, sur un autre corps massif que l’on étudie. La force de gravitation exercée entre deux masses m1 et
m2 séparées par une distance r est donnée par
Gm1 m2
F⃗1→2 = − r̂1→2 . (2.5)
∥⃗r∥2
2.4. TYPES DE FORCES 27
— L’indice 1 → 2 associé à la force F⃗ indique que nous regardons la force exercée par la masse 1 sur
la masse 2
— Le vecteur unitaire r̂1→2 est celui allant de la masse 1 vers la masse 2.
3
— Le terme G est la constante de gravitation universelle, qui vaut 6.67 × 10−11 kgm2 s2 en S.I..
Si l’on renomme m2 en m et attribuons m1 à la masse de la terre mT (∼ 6 × 1024 kg), la norme de la
force exercée par la terre sur la masse m vaut
GmT
∥F⃗ ∥ =
m. (2.6)
∥⃗r∥2
La partie de l’expression colorée en rouge a les dimensions d’une accélération. A la surface de la Terre,
c’est à dire pour r ∼ 6200 km, nous trouvons que Gm 2
r ∥2 est proche de 10 m/s . Nous utiliserons 9.81 m/s
∥⃗
T 2
qui est une valeur communément admise pour quantifier l’accélération de pesanteur. A la surface de la
Lune, elle est proche de 1.6 m/s2 , 25 m/s2 ”sur” Jupiter, etc... Les expressions 2.5 et 2.6 permettent de
définir l’expression vectorielle suivante
P⃗ = m⃗g , (2.7)
avec P⃗ le poids et ⃗g l’expression vectorielle de l’accélération de pesanteur
Gm1
⃗g = − r̂1→2 . (2.8)
∥⃗r∥2
Sauf mention contraire, dans les représentation graphiques nous orienterons le poids/force de pesanteur
P⃗ vers le bas pointant vers le centre hypothétique de la masse attirante.
Remarquez que l’accélération de pesanteur subie par m ne dépend pas de sa masse ! C’est pour cela que
les chutes libres d’un objet de 10 grammes et d’un objet de 10 tonnes se déroulent de manière absolument
identiques si l’on néglige les frottement de l’air.
Si aucune force gravitationnelle n’est présente 1 , le poids est donc nul car ⃗g = ⃗0 alors que la masse est
une quantité invariante définie par la quantité de matière contenue dans le corps.
⃗
Force de réaction normale N
Tout corps posé sur une surface avec une certaine force subit une réaction de la part du support (3ème
loi de Newton). Sans cela, le corps passerait au travers du support ! La composante normale (orthogonale)
⃗ . Cette force joue un rôle clé dans le calcul des forces de
de cette réaction, est appelée force normale N
frottement sec.
— la norme de frottement statique est bornée par µs ∥N ⃗ ∥, cette force ne peut donc pas excéder une
valeur qui dépend en particulier de la composante normale de la force de réaction. Si cette force
normale est nulle, alors la force de frottement ne peut être que nulle également. Comme la force de
frottement est limitée par une valeur maximale dans le cas statique, il est clair qu’au delà de cette
valeur le frottement est de type dynamique.
— Les forces de frottement ne dépendent pas de la surface de contact ! Pour le dire autrement, qu’une
voiture ayant une masse d’une tonne soit munie de 4 roues à pneus très larges ou à pneus fins ne
change rien au frottement sec. Cela se comprend en regardant ce qui se passe au niveau microscopique.
Sauf dans des cas extrêmes de polissage (par ex. optique), la plupart des surface apparaissant planes
à l’échelle humaines sont en réalité fort accidentées à l’échelle microscopique. La surface efficace
de mise en contact de deux surfaces est donc le fait d’une faible quantité de points plus ou moins
saillants appartenant aux deux surfaces. Par ailleurs, le nombre de points de contacts augmente avec
l’écrasement des surfaces l’une contre l’autre (modélisé via la force normale !), ce qui augmente la
capacité de frottement de l’ensemble. Si les forces tangentielles sont trop fortes, ces points de contacts
ne sont plus suffisants pour garantir la situation statique, ce qui mène à un décrochement et à une
situation dynamique.
Tension
La tension est la manifestation de la force exercée entre les constituants d’une corde ou d’un câble. La
particularité de la tension est qu’elle n’existe que pour tendre la corde ou le câble.
Force de rappel
La force de rappel F⃗R est la réaction d’un ressort ou de tout autre système de même nature à une
modification de son état par rapport à un équilibre naturel. Si un ressort possède une longueur à l’équilibre
L, toute modification de cette longueur L → L+x se traduit par une force F⃗R s’opposant à ce changement :
avec k la constante de raideur du ressort exprimée par exemple en N/m, et ⃗x le vecteur exprimant la
modification par rapport à l’état d’équilibre. Nous remarquons le signe ”-” qui exprime bien le fait que la
force s’oppose au déséquilibre ⃗x.
Equilibre
Compression Extension
⃗x ⃗x
⃗
FR F⃗R
Figure 2.1
— Le premier cas est la modélisation de la tension (T⃗ ) dans un cable ou une corde. Du fait de la nature
molle de ce cable, la tension est toujours dirigée suivant l’angle que fait cette dernière avec son point
d’attache.
— Les contacts en surface lisse (cas 2), appui à roulement (cas 4), guide coulissant (cas 5) sont stricte-
ment équivalents : l’absence de tout frottement ne laisse comme force de contact qu’une force normale
⃗ ) à la surface.
(N
— Le frottement sec (cas 3) est celui de deux surfaces sont en contact via une interface rugueuse, ne
permettant pas un glissement. Même si nous reviendrons plus en détail sur ce cas, il est opportun d’en
donner quelques éléments d’information. Il existe deux types de frottements secs : le frottement dit
statique, et le frottement cinétique. Le premier - qui nous intéresse dans le cadre de cette discussion
- existe tant que la force de frottement est suffisemment importante pour contrer les autres forces
appliquées sur l’objet que l’on essaye de mettre en mouvement. Un exemple trivial est celui d’un livre
sur une table à laquelle on imprime un angle par rapport à l’horizontale. Jusqu’à un certain angle,
le livre reste en place. Au delà, il ”décroche” et passe en frottement cinétique. Dans le cadre de la
statique, la force résultant du frottement sec statique est bien sûr à prendre en compte au même
titre que les forces de contact, gravitationnelle,...
— L’attraction gravitationelle est la seule force sans contact que nous discutons dans cette liste. En
réalité, ce concept peut être étendu à d’autres types de forces, par exemple électromagnétique.
2.6. LA STATIQUE DE TRANSLATION DU POINT MATÉRIEL 30
Figure 2.2
Cette expression traduit le fait que le point matériel ne subit aucune modification en terme de trans-
lation, et cela est vrai dans chacune des dimensions sous-entendues dans l’expression vectorielle. Si l’on
projette cette expression dans un repère à n dimensions, alors
N X
X n
Fi,j = 0, (2.13)
i j
avec Fi,j la projection de la i−ème force sur le j−ème axe du repère, ou encore la j−ème composante
scalaire de la i−ème force.
Dans un espace à 3 dimensions, nous avons donc :
2.6. LA STATIQUE DE TRANSLATION DU POINT MATÉRIEL 31
N
X
Fi,x = 0 (2.14)
i
N
X
Fi,y = 0 (2.15)
i
N
X
Fi,z = 0 (2.16)
i
orientés avec un angle différent de 0 degré, soit par exemple 45 degrés par rapport à la verticale et
l’horizontale, alors chacune des forces apparait dans les deux équations scalaires, elles ont en effet
des composantes non nulles sur chacun des axes du repère ! Il faudra donc un peu plus de calcul pour
isoler la force inconnue et en déduire sa norme. L’effort pour obtenir ce que l’on veut est donc plus
important à cause d’un choix non optimal du repère.
En général la situation est moins triviale car les forces sont rarement orientées de la sorte. Il convien-
dra de réfléchir à l’orientation du repère qui minimise la nombre d’opération à effectuer lors de la
résolution algébrique.
⃗
N
T⃗
m
m
P⃗
α
Figure 2.3 – Masse ponctuelle posée sur un
plan incliné et retenue par une corde parallèle Figure 2.4 – DCL de la masse ponctuelle posée
au support. sur un plan incliné.
La première chose à faire est d’identifier le corps qui nous intéresse et d’en faire le DCL. Dans le cas
présent c’est trivial, le corps est la masse m (ponctuelle) et le DCL ses limites physiques. Il y a 3 forces
en présence : la pesanteur P⃗ , la force normale N ⃗ , et la tension dans la corde T⃗ . Le DCL muni des forces
est illustré dans le schéma 2.4. La seconde loi de Newton pour la statique appliquée à ce problème s’écrit
simplement :
P⃗ + N⃗ + T⃗ = ⃗0. (2.17)
Nous devons ensuite définir un repère dans lequel exprimer ces vecteurs, nous choisissons judicieusement
(mais ce n’est pas obligatoire) celui dont l’axe x est parallèle à la pente et l’axe y perpendiculaire à la
pente, vers le haut. Cela est illustré à la Fig. 2.4. Nous avons donc les équations des composantes
Px + Nx + Tx = 0 (2.18)
Py + Ny + Ty = 0 (2.19)
Ces composantes peuvent être explicitées dans le repère, ce qui nous donne
∥P⃗ ∥ cos(270 − α) + ∥N⃗ ∥ cos(90) + ∥T⃗ ∥ cos(0) = 0 (2.20)
∥P⃗ ∥ sin(270 − α) + ∥N
⃗ ∥ sin(90) + ∥T⃗ ∥ sin(0) = 0 (2.21)
Autrement dit :
−∥P⃗ ∥ sin(α) + ∥T⃗ ∥ = 0 (2.22)
−∥P⃗ ∥ cos(α) + ∥N
⃗∥ = 0 (2.23)
La tension vaut donc simplement
∥T⃗ ∥ = ∥P⃗ ∥ sin(α), (2.24)
elle est donc nulle si α = 0 radian, c’est à dire si la pente est nulle, et vaut la norme de la pesanteur si
α = π/2 radians.
2.7. STATIQUE DE TRANSLATION D’UN SYSTÈME 33
Premièrement, la connection entre les deux masses de 20 et 25 kg se fait via le câble, se traduisant
par une tension. Cette tension devra appraı̂tre d’une manière ou d’une autre dans nos équations, car sans
cela il sera impossible de modéliser cet ensemble. Deuxièmement Il existe plusieurs choix possibles dans
le choix du ou des DCL : un DCL ”commun”, un DCL pour chaque masse, un DCL commun et un DCL
pour une des masses,etc...
En contradiction avec ce que nous avons évoqué ci-dessus concernant la nécessité de faire apparaitre
la tension, commençons simplement en définissant un DCL global ”m20 + m25 +câble”. Comme les seules
forces extérieures au DCL sont à prendre en compte, la tension n’apparaı̂t pas. En revanche, la pesanteur
sur chacune des masses P⃗20 et P⃗25 , ainsi que les forces exercées par les poulies sur câble (=force de réaction
⃗ sont présentes. La force F⃗ verticale est l’inconnue du problème. Ce DCL peut se ramener à un point
R)
matériel tel que
P⃗20 + P⃗25 + R
⃗ + F⃗ = ⃗0. (2.25)
Projetons cette équation vectorielle dans le repère x − y avec x horizontal et y vertical :
Nous avons ici a priori deux équations et trois inconnues, mais comme Fx = 0 et que la pesanteur
est verticale, nous trouvons immédiatement que Rx = 0. Il nous reste alors une équation (en y) et deux
inconnues, ce qui est insoluble étant donné que le nombre d’inconnues est supérieur au nombre d’équations.
Il nous manque au moins une équation faisant intervenir la connection entre les deux masses. Pour pallier
à ce problème il faut donc travailler avec au moins un DCL supplémentaire dans lequel la tension apparaı̂t
comme une force extérieure. Dans le cas présent il n’y a pas d’autre choix que de travailler avec le DCL
d’une des masses. Le DCL de la masse de 10 kg permet de rajouter l’équation suivante sur l’axe vertical :
Cette équation nous rajoute une inconnue, la tension dans le câble T⃗ , portant à trois inconnues pour deux
équations, cela ne nous aide donc pas. Rajoutons le DCL de la masse de 20 kg, cela nous rajoute l’équation
suivante :
Cette équation ne rajoute pas d’inconnues, la tension apparaissant dans l’expression précédente. Nous
avons alors le système suivant à résoudre :
La combinaison des deux dernières équations nous permet de trouver facilement la valeur de ∥F⃗ ∥ :
Il est assez clair que pour trouver la valeur de l’intensité de la force F⃗ le premier DCL (global) ne nous
était d’aucune utilité, ne faisant pas intervenir la connection entre les masses. En revanche, ce DCL nous
permet de trouver R. ⃗
Il n’y a pas de règle absolue pour trouver les ”bons” DCL, mais il ne faut pas perdre de vue de faire
apparaı̂tre la ou les les inconnues à trouver et les connections entre les DCL. Il faut parfois procéder
itérativement si aucune solution claire ne se dégage facilement.
Chapitre 3
Au chapitre précédent nous avons décrit comment aborder des problème de statique de translation, ce
qui revient à considérer les objets comme des points matériels, et leur appliqué la seconde loi de Newton
avec comme contrainte une accélération nulle.
Jusqu’à présent nous avons négligé tout un pan de la statique relevant des rotations. Pour le dire plus
justement, nous avons tout interprété en terme de translation. Il est tout d’abord important de réaliser
que la distinction entre translation et rotation n’est pas aussi claire qu’il puisse paraı̂tre de prime abord.
Prenons comme exemple le passage en ligne droite d’une voiture à côté d’un observateur. La trajectoire
de la voiture peut être interprétée de deux manières différentes
— Translation simple, à vitesse constante ou variable.
— Rotation : en effet si l’observateur ne regarde que la position angulaire (∼ direction) de la voiture
par rapport à lui, son mouvement peut être interprété comme une rotation à distance variable. Pour
le dire autrement, l’observateur doit ”tourner” sur lui-même pour rester en face de la voiture à tout
moment.
Toute translation peut être interpétée comme une rotation autour d’un point et vice versa, ce n’est qu’une
question de point de vue. Ce qui décide de l’interpétation est le niveau de complexité. Il est bien plus
simple de penser à une translation de la voiture si elle se meut en ligne droite qu’à une rotation. En
revanche si la voiture décrit une trajectoire circulaire, l’interpétation en terme de translation devient très
lourde alors que celle en terme de rotation est bien plus naturelle. Cela fera l’objet de chapitres relevant
de la dynamique du point matériel et du solide ultérieurement. Pour le moment nous allons nous efforcer
de garder relativement distincts les concepts de rotation et translation .
Rotations
Avant d’aborder in extenso la statique de rotation, il nous faut d’abord discuter le concept de rotation
d’un objet, plus subtile qu’il n’y paraı̂t. Pour ce faire, prenons tout d’abord l’exemple d’une poulie de
masse négligeable (pour simplifier) fixée sur un axe. Cette poulie est soumise à deux forces tangentielles
F⃗1 et F⃗2 , et par conséquent également une force de réaction au pivot R, ⃗ telle que R⃗ + F⃗1 + F⃗2 = ⃗0. Cela
nous assure que la poulie ramenée à un point matériel n’accélère pas dans une direction quelconque, i.e.,
qu’elle est statique. Ceci est illustré à la figure 3.1. Dans ce cas, la seule rotation qui peut avoir lieu est
celle de la poulie sur son axe !
Dans la figure 3.2, nous considérons que le poulie n’est plus fixée sur un axe, ce qui a comme conséquence
immédiate de ne plus avoir la force de réaction R ⃗ pour empêcher la translation de la poulie. Vu depuis un
point O quelconque choisi sur le plan contenant la poulie, cette translation peut être interprétée comme
une rotation. En plus de cela, la poulie peut tourner sur elle-même, c’est à dire autour de son centre, ce
qui apparait comme une deuxième rotation. Le mouvement de chaque point constituant la poulie perçu
depuis le point O est alors assez complexe et n’est pas discuté ici ; cela fera l’objet de discussion dans la
dernière partie du cours de mécanique. A ce stade, il est cependant essentiel de se souvenir que le point
que l’on utilise pour évaluer le mouvement de la poulie a son importance. Si le point de référence est le
centre de la poulie, le seul mouvement observable est la rotation de la poulie autour de son centre.
35
3.1. LE MOMENT DE FORCE ET LE THÉORÈME DE VARIGNON 36
F⃗1 ⃗
R F⃗1
R2
R2
R1 R1
F⃗2 F⃗2
O
Figure 3.1 – Poulie soumis à deux forces ap- Figure 3.2 – Poulie soumis à deux forces ap-
pliqués sur des rayons différents et fixée sur un pliqués sur des rayons différents et fixée sur un
axe. axe.
Nous allons maintenant devoir trouver un outil nous permettant d’exprimer qu’un objet est statique
en rotation, c’est à dire que sa vitesse de rotation par rapport à un point ne varie pas (elle peut être nulle
ou non). Nous reprenons l’exemple d’une poulie, simple cette fois, montée sur un axe central C et soumise
à deux forces tangentielles de même grandeur mais de sens opposé.
F⃗ −F⃗ F⃗ F⃗
−F⃗ C
C C
−F⃗
Figure 3.3 – Poulie soumis à Figure 3.4 – Poulie soumis à Figure 3.5 – Poulie soumis à
deux forces appliqués sur des deux forces appliqués sur des deux forces appliqués sur des
rayons différents et fixée sur un rayons différents et fixée sur un rayons différents et fixée sur un
axe. axe. axe.
Il est très clair que dans ces trois situations le solide est en équilibre de translation, la somme des forces
sur l’axe horizontal et l’axe vertical étant nulle ! En revanche les trois situations mènent à des finalités
différentes en terme de rotation autour de l’axe C. Si la poulie est au repos initialement, la situation de
gauche est telle qu’il restera au repos, alors que les deux situations de droite mènent à une mise en rotation
avec des intensités différentes. La seconde loi de Newton n’est donc ici à priori pas suffisante pour décrire
(facilement) la mise en rotation ou non de la poulie. Ceci nous amène à introduire le concept de moment de
force. L’importance de ce concept n’est pas à négliger, il sera central pour traiter la dynamique de rotation
des solides qui sera étudiée plus tard.
La figure 3.6 illustre une configuration de deux vecteurs ⃗r (entre A et B) et F⃗ dans un repère quelconque.
L’angle α sépare les directions des deux vecteurs Dans le cas présent le moment de force se calcule donc
y y
α
F⃗ F⃗
B B
⃗r ⃗r
α
1 1
⃗j A ⃗j A
x x
0 ⃗i 1 0 ⃗i 1
Figure 3.6 – Représentation de deux vecteurs Figure 3.7 – Représentation de deux vecteurs
⃗r et F⃗ dans un espace à deux dimensions. ⃗r et F⃗ dans un espace à deux dimensions.
comme suit :
⃗ A (F⃗ ) = ⃗r ∧ F⃗
M (3.1)
La question légitime est : pourquoi utiliser le produit vectoriel pour définir cet outil qu’est le moment de
force ? D’après l’exemple de la poulie, il est clair qu’il nous faut un outil mathématique qui permette de
décrire les choses suivantes
— l’inversion de la mise en rotation si l’on change le sens de la ou des forces
— la maximisation de la variation de vitesse de rotation dans le cas d’une configuration orthogonale
des vecteurs ⃗r et F⃗ .
— l’annulation de la variation de vitesse de rotation dans le cas d’une configuration colinéaire des
vecteurs ⃗r et F⃗ .
— une dépendance à la norme de chacun de deux vecteurs.
Le produit vectoriel rempli tout le cahier de charge.
Suivant ce que nous avons vu dans la section 1.7.2, il est clair qu’il existe une forme scalaire pour
décrire le moment de force :
MA (F⃗ ) = ∥⃗r∥∥F⃗ ∥ sin α. (3.2)
Si les points A et B sont confondus, si ∥F⃗ ∥ = 0, ou encore si ⃗r et F⃗ sont colinéaires (⃗r = k F⃗ , k ∈ R),
alors MA (F⃗ )=0, ou de manière équivalente M ⃗ A (F⃗ ) = ⃗0 (Démontrez-le !).
On voit bien que la positivité ou négativité de la valeur de la forme scalaire du moment de force
exprimée dans l’expression 3.2 dépend uniquement de l’angle α entre les deux vecteurs, et donc de sin α.
Pour le dire autrement, le signe de l’angle est déterminant dans le calcul du signe du moment de force sous
sa forme scalaire ! Ce signe reste un choix arbitraire 1 , mais dans le cadre de ce cours nous allons procéder
systématiquement de la même manière pour le déterminer, reflétant par ailleurs ce qui a été décrit dans
la section 1.6.2. Nous allons toujours compter les angles positivement en partant de l’axe x, vers l’axe y.
Dans un repère tel qu’illusté dans la figure 3.6, ce sens est donc anti-horaire. C’est ce qui est illustré dans
la Fig. 3.7
1. Après tout nous ne faisons que modéliser la nature...
3.1. LE MOMENT DE FORCE ET LE THÉORÈME DE VARIGNON 38
Il est important de comprendre la relation entre les expressions scalaire et vectorielle du moment de
force. Pour se faire, considérons le même repère x − y définissant le plan contenant les deux vecteurs que
l’on multiplie. L’ajout d’un axe z tel que ⃗i ∧ ⃗j = ⃗k défini un repère en trois dimensions 2 , alors le moment
de force sous sa forme vectorielle aura comme unique composante non-nulle celle sur l’axe z, qui peut être
aussi bien positive que négative à l’instar de la valeur du moment de force sous sa forme scalaire. En réalité,
la valeur de MA (F⃗ ) est dans ce cas la valeur de la composante sur l’axe z de M ⃗ A (F⃗ ) ! Naturellement nous
avons aussi
|MA (F⃗ )| = ∥M⃗ A (F⃗ )∥ (3.3)
Cette expression est toujours vraie, même si les formes scalaires et vectorielles sont calculées dans des
repères orientés différemment.
Si nous reprenons le premier schéma de la figure 3.3, le moment de force total calculé à partir d’un
point choisi arbitrairement (par exemple le centre de la poulie) est nul ! Il n’en est pas de même pour les
deux autres schémas, pour lesquel il n’existe pas de point de référence tel que la somme des moments est
nul. La règle à considérer pour s’assurer que l’équilibre est de translation est la suivante :
X
⃗ A (F⃗i ) = ⃗0, ∀A
M (3.4)
i
La somme des moments des forces appliquées appliquées à un solide ou système doit être nul pour n’importe
quel du point de référence. S’il existe un point de référence tel que la somme des moments de force n’est
pas nulle, alors l’ensemble n’est pas statique !
Donc
Pn ⃗
rx F
⃗ A (R)
⃗ Pi i,x
M = ry ∧ ni F⃗i,y (3.7)
Pn ⃗
rz i Fi,z
⃗
rx Xn Fi,x
= ry ∧ F⃗i,y (3.8)
rz i F⃗i,z
⃗
ry Fi,z − rz F⃗i,y
Xn
= rz F⃗i,x − rx F⃗i,z (3.9)
i rx F⃗i,y − ry F⃗i,x
n
X
= ⃗ A (F⃗i ).
M (3.10)
i
X X
MA (F⃗i ) = ∥⃗r∥∥F⃗i ∥ sin αi (3.11)
i i
X
= ∥⃗r∥[ ∥F⃗i ∥ sin αi (3.12)
i
Si nous définissons un repère x − y tel que l’axe x est confondu avec le vecteur ⃗r, alors nous pouvons écrire
X X
MA (F⃗i ) = ∥⃗r∥ Fi,y (3.13)
i i
= ∥⃗r∥Ry (3.14)
= ⃗ sin αR
∥⃗r∥∥R∥ (3.15)
= ⃗
MA (R) (3.16)
⃗ dans le repère x − y.
avec αR l’orientation du vecteur R
⃗ O (F⃗ )
M = ⃗ ∧ F⃗ ,
OA (3.21)
et ce quel que soit la position de P tant qu’il reste sur la ligne d’action de la force ! Le moment de force est
donc parfaitement invariant sous l’action du glissement de la force sur sa ligne d’action. La démonstration
peut également se faire à partir de la formulation scalaire (faites-le !).
L’intérêt de faire glisser une force sur sa ligne d’action sans modifier son moment est que l’on peut
toujours reconfigurer le positionnement de la ou des forces de manière à avoir un angle α égal à un multiple
de 90 degrés pour peu que le moment de force ne soit pas nul. Dans ce cas, la forme scalaire est trivialement
(et au signe près) de la forme
MA (F⃗ ) = ∥⃗r′ ∥∥F⃗ ∥ (3.22)
avec ⃗r′ le vecteur joignant le point A à sa projection orthogonale sur la ligne d’action. Procéder de la sorte
peut éviter bien des maux de têtes d’origine trigonométriques.
3.4. LE MOMENT DE FORCE ET LA STATIQUE DE TRANSLATION 40
⃗O
M = r⃗A ∧ F⃗ − r⃗B ∧ F⃗ (3.23)
= [r⃗A − r⃗B ] ∧ F⃗ (3.24)
= d⃗ ∧ F⃗ (3.25)
= ∥⃗δ∥∥F⃗ ∥ sin α⃗k (3.26)
= d∥F⃗ ∥⃗k, (3.27)
avec ⃗δ le vecteur joignant les points A et B, et d la plus petite distance entre les points d’application des
vecteurs ⃗r et F⃗ , et ⃗k un vecteur unitaire exprimant que le produit vectoriel est orientié perpendiculairement
au plan contenant les deux vecteurs. Ce moment, illustré dans la Figure 3.9 ne fait intervenir que la force et
la distance entre les deux lignes d’action. De ce fait, ce moment ne dépend pas de O ! Cette conclusion est
plus fondamentale qu’il n’y paraı̂t : le couple de force détermine de manière univoque la mise en rotation
de l’objet, et ceci est indépendant de l’observateur O. Par ailleurs, il est utile de remarquer que la valeur
du couple ne change pas tant que le produit ∥F⃗ ∥d reste constant : une augmentation de ∥F⃗ ∥ compense
une réduction de d et vice versa. En général, nous noterons le moment de couple par la syntaxe M ou M, ⃗
en omettant le suffixe faisant référence à un point de référence dans l’espace.
3.6. SYSTÈME FORCE-COUPLE ET RÉDUCTION 41
Nous savons maintenant qu’il est toujours possible de ramener un système force-couple à une seule
force et inversément. Nous montrons maintenant que la réduction d’un système de n forces F⃗1 , F⃗2 , .., F⃗n
appliquées à un objet en une seule force résutante est toujours possible. C’est ce qu’on appelle la réduction.
Nous nous concentrons pour le moment aux cas en deux dimensions. La généralisation à trois dimensions
se fera plus tard.
La Figure 3.11 illustre cela :
— a) Il y a trois forces dont les lignes d’action et points d’actions sont différents. Un point O est choisi
comme point de calcul, situé à des distances différentes des lignes d’action (di ).
— b) Comme nous avons déplacé les forces pour qu’elle aient leur point d’application en O, il y a des
moments qui apparaissent, à l’instar de ce qui est montré dans la Figure 3.10.
— c) La somme des forces donne une résultante R ⃗ et la somme des moments MO = P Fi di
MO
— En refaisant l’opération de réduction, on retrouve une force unique située à une distance d = ⃗ .
∥R∥
3.6. SYSTÈME FORCE-COUPLE ET RÉDUCTION 42
Nous avons vu au chapitre 2 comment contraindre la seconde loi de Newton pour s’assurer de l’équilibre
statique de translation. Au chapitre 3 nous avons introduit la problématique de la statique de rotation et
l’outil se base permettant d’y travailler qu’est le moment de force. Il nous apparait clairement que si l’on
veut qu’un système soit en équilibre de translation et de rotation, il doit satisfaire deux conditions :
n
X n
X
F⃗i = ⃗0 et M⃗ O (F⃗i ) = ⃗0, (4.1)
i i
et ce pour n’importe quel point O. Lorsque le système à mettre en équilibre est entièrement inscrit dans
un plan (statique 2D), l’équilibre de rotation se manifeste donc comme une contrainte sur la projection du
moment de force sur l’axe perpendiculaire au plan de travail. Dans un problème d’équilibre à 3 dimensions
ce n’est plus vrai, un moment de force pouvant avoir des composantes non nulles dans toutes les directions.
Il faut donc s’assurer que
n
X
MO,x = 0 (4.2)
i
n
X
MO,y = 0 (4.3)
i
n
X
MO,z = 0 (4.4)
i
(4.5)
Comme discuté dans le chapitre précédent la résolution de problème de statique passe d’abord par
l’élaboration d’un ou plusieurs DCL et l’établissement des forces extérieures s’y appliquant. La procédure
est donc très semblable, la seule différence est que nous pourrions avoir besoin de travailler avec l’annulation
de la somme des moments. Dans un problème à deux dimensions, le nombre d’équations scalaires passe
alors à 3 au lieu de 2, et à trois dimensions ce nombre passe à 6 au lieu de 3. On comprend aisément qu’une
difficulté dans le résolution de problèmes en 3D est de pouvoir extraire les inconnues qui nous intéressent
d’un système de 6 équation à (au plus) 6 inconnues.
Avant de passer à un exemple de résolution, nous rajoutons ici deux ”trucs” utiles pour la résolution
d’exercices de statique générale :
— Comme dit précédemment, l’annulation de la somme des moments de forces doit pouvoir se faire
depuis n’importe quel point de référence en statique. En pratique un choix judicieux du point de
référence permet de passer sous silence des forces inconnues qui peuvent compliquer les calculs : il
suffit pour cela de placer le point de référence sur le point d’application
P ⃗ ou la ligne d’action de ces
forces, ce qui rend leur moment nul et le les fait pas contribuer à M0 = ⃗0.
— Un élément sans masse tenus par deux points de contact (A et B) non soumis à un moment de couple
est toujours soumis uniquement à des forces de compressions ou d’étirement dans un cas statique !
43
4.1. EXEMPLE D’ÉQUILIBRE STATIQUE D’UNE POULIE 44
Pour s’en convaincre, il suffit de placer le point de référence pour l’évaluation des moments de force
sur un des deux points de contact, par exemple A. Comme l’équilibre de rotation est imposé, la force
ou résultante des forces s’appliquant sur B situé à une distance ∥⃗r∥ de A doivent être colinéaires à ⃗r
P ⃗
car M0 = ⃗0. La seconde loi de Newton imposant un équilibre de translation, la force ou résultante
de forces s’appliquant en A doit également être colinéaire avec ⃗r. La structure est donc uniquement
soumise à une compression ou dilatation.
— Un moment de couple appliqué à un élément structurel n’étant pas lié à un point de référence
particulier peut être déplacé sur cet élément sans aucune conséquence !
F⃗1 A ⃗
R
R2
y B
C
R1
O x
F⃗2
Figure 4.1 – Poulie soumis à deux forces appliqués sur des rayons différents.
La poulie est soumise à deux force tangentielles F⃗1 et F⃗2 de normes supposées connues, s’appliquant
sur les rayons R1 et R2 et on voudrait que cette poulie soit en équilibre de rotation et de translation.
Que doit valloir le rapport des rayons en fonction des normes des forces ? Pour faire ce calcul nous allons
procéder de manière très similaire à ce que nous avons fait pour la statique de translation : construire un
DCL, lister les forces qui s’y appliquent, écrire les expressions données dans l’expression 4.1 et résoudre le
problème.
L’objet d’intérêt ici est la poulie, et son DCL est trivialement défini par ses limites physiques. Les
forces externes sont bien sûr F⃗1 , F⃗2 et une force de réaction R
⃗ qui va permettre de maintenir l’équilibre
de translation. Posons arbitrairement un point O de référence et un repère x − y.
F⃗1 + F⃗2 + R
⃗ = ⃗0, (4.6)
x : −∥F⃗1 ∥ + Rx = 0 (4.7)
y : −∥F⃗2 ∥ + Ry = 0. (4.8)
⃗
Cela nous permet donc de trouver les composantes de la force de réaction R.
En terme des moments de forces calculés depuis O, nous avons plusieurs manières de procéder. Soit
nous laissons les forces en place, soit nous les faisons glisser sur leur ligne d’action.
4.1. EXEMPLE D’ÉQUILIBRE STATIQUE D’UNE POULIE 45
Calcul sans faire glisser les forces sur leur ligne d’action
⃗ ∧ F⃗1 + CB
CA ⃗ ∧ F⃗2 = ⃗0 (4.13)
−∥F⃗1 ∥
0 R2 0
R1 ∧ 0 + 0 ∧ −∥F⃗2 ∥ = ⃗0 (4.14)
0 0 0 0
0 0
0 + 0 = ⃗0 (4.15)
⃗
R1 ∥F1 ∥ ⃗
−R2 ∥F2 ∥
R1 ⃗2 ∥
∥F
Cela nous donne immédiatement la condition suivante : R2 = ⃗1 ∥ .
∥F
Si nous choisissons maintenant comme point de référence C au lieu de O, alors le problème est
considérablement simplifié, se résumant à
X
⃗ C (F⃗i ) = CA
M ⃗ ∧ F⃗1 + CB
⃗ ∧ F⃗2 , (4.16)
i
ce qui équivaut bien sûr à ce que nous avons trouvé juste avant. La conclusion est donc bien sûr identique.
Le choix d’un point de référence à partir duquel les vecteurs position des points d’application sont per-
pendiculaires aux forces est judicieux, les formes scalaires et vectorielles du moment de force étant alors
triviales à calculer.
Même si le calcul depuis le point C est de loin le moins fastidieux, faisons l’exercice de résoudre le
problème depuis le point O en faisant glisser les forces sur leur ligne d’action, de manière à ce que les
vecteurs les reliant à O soient perpendiculaires à chacune des forces.
Le calcul peut (c’est un exemple !) se faire comme suit :
X
⃗ O (F⃗i )
M ⃗ ′∧R
= OC ⃗ + OA
⃗ ′ ∧ F⃗1 + OB
⃗ ′ ∧ F⃗2 (4.17)
i
−∥F⃗1 ∥
OCx Rx 0
= OCy ∧ Ry + OCy + R1 ∧ 0 (4.18)
0 0 0 0
OCx + R2 0
+ 0 ∧ −∥F⃗2 ∥ (4.19)
0 0
0 0
= 0 + 0 (4.20)
OCx Ry − OCy Rx ⃗
∥F1 ∥[OCy + R1 ]
0
+ 0 (4.21)
⃗
−∥F2 ∥[OCx + R2 ]
4.2. STATIQUE DE ROTATION ET TRANSLATION DES SYSTÈMES 46
F⃗1 A’
R2
y ⃗
R
C
R1
x B’
O
C’
F⃗2
Figure 4.2 – Poulie soumis à deux forces appliqués sur des rayons différents.
Ceci nous ramène à la même conclusion en terme des rapport des rayons nécessaire pour obtenir une
condition statique.
Tout ce qui vient d’être fait peut être recalculé avec la forme scalaire du moment de force (faites-le !).
X
Fi,x = 0 (4.26)
i
X
Fi,y = 0 (4.27)
i
X
Fi,z = 0 (4.28)
i
X
MO,x (F⃗i ) = 0 (4.29)
i
X
MO,y (F⃗i ) = 0 (4.30)
i
X
MO,z (F⃗i ) = 0. (4.31)
i
49
Chapitre 1
Le cinématique du point matériel est la branche de la mécanique qui traite des mouvements des corps, en
particulier via l’introduction de la notion de vitesse et accélération. Ce chapitre est divié en trois parties.
Nous discutons d’abord de la cinématique unidimentionnelle, cela nous permet de définir de manière
claire et concise les notions de position, de vitesse et d’accélération. Nous étudions ensuite la cinématique
bidimentionnelle, se concentrant sur tir balistique et la cinématique de rotation du point matériel.
∆x(t) dx(t)
v = lim∆t→0 = = ẋ(t). (1.2)
∆t dt
La vitesse instantannée est donc définie comme la dérivée première de la fonction de la position par rapport
au temps. L’unité de la vitesse est [L]/[T] : m/s, km/h, etc...
Nous savons que la vitesse d’un corps peut également varier au cours du temps (ex : chute libre), il
est donc raisonnable de définir une variable qui décrit cette variation de vitesse. A l’instar de la vitesse
relative et instantannée, nous définissons l’accélération moyenne comme suit :
vb − va ∆v
< a >= = . (1.3)
tb − ta ∆t
avec va,b les vitesses en ta,b . La limite pour ∆t → 0 nous permet de définir l’accélération instantanée a(t) :
∆v(t) dv(t)
a(t) = lim∆t→0 = = v̇(t). (1.4)
∆t dt
51
1.1. CINÉMATIQUE UNIDIMENSIONNELLE 52
L’accélération instantanée est la dérivée première de la vitesse par rapport au temps et donc également
la dérivée seconde de la fonction décrivant la position par rapport au temps :
20 20
x(t) x(t)
v(t) v(t)
15 a(t) 15 a(t)
10 10
f (t)
f (t)
5 5
0
0
0 1 2 3 4 5 0 1 2 3 4 5
t t
Figure 1.1 – Illustration des graphes de Figure 1.2 – Illustration des graphes de
la position, vitesse et accélération au cours la position, vitesse et accélération au cours
du temps. du temps.
En t=2s, la position est donc de 5 m, la vitesse de 3 m/s, et l’accélération de 2 m/s2 . Il est par ailleurs
tout a fait possible d’avoir une accélération non constante : si x(t) = t3 , alors v(t) = 3t2 et a(t) = 6t,
comme illustré ci-dessous.
Il est également possible de déduire la position et la vitesse d’un point matériel à partir de l’accélération.
Prenons comme point de départ une accélération instantanée décrite par la fonction a(t). Nous savons que
a(t) = dv/dt, et donc dv = a(t)dt. Nous pouvons donc dire que
Z Z
dv = a(t)dt. (1.6)
Si la valeur de la vitesse est donnée pour un instant donné (t0 ), alors il est possible de calculer la
vitesse à tout autre instant (t1 ) :
Z v1 Z t1
dv = a dt (1.8)
v0 t0
v1 − v0 = a(t1 − t0 ) (1.9)
v1 = v0 + a∆t (1.10)
Si la valeur de la position initiale est donnée (x0 ), alors il est possible de calculer la position à tout
autre instant (x1 ) :
Z x1 Z t1
dx = v0 + atdt (1.13)
x0 t0
(t1 − t0 )2
x1 − x0 = v0 (t1 − t0 ) + a (1.14)
2
(t1 − t0 )2
x1 = x0 + v0 (t1 − t0 ) + a (1.15)
2
De manière plus générale nous pouvons écrire que
t2
x(t) = x 0 + v0 t + a , (1.16)
2
t donnant l’intervalle de temps depuis le moment 0 correspondant à x0 et v0 .
— Si l’accélération n’est pas constante au cours du temps, alors il est impératif d’en connaı̂tre la fonc-
tion a(t) car
Z t1
v(t) = v0 + a(t)dt. (1.17)
t0
En guise d’exemple, considérons l’accélération décrite par la fonction a(t) = −2t. C’est une fonction
non-constante dans le temps. La fonction décrivant la vitesse est donc simplement
Z t1
v(t) = v0 + −2tdt = v0 − (t1 − t0 )2 (1.18)
t0
(t1 − t0 )3
x(t) = x0 + v0 (t1 − t0 ) − (1.19)
3
Si x0 et v0 sont connues, alors x(t) et v(t) sont complètement décrits. Posons par exemple que x0 =2 m,
v0 =1 m/s et t0 = 0s, alors
(t)3
x(t) = 2+t− (1.20)
3
v(t) = 1 − t2 (1.21)
Pour des raisons de clarté, nous posons comme notation pour la position en fonction du temps le vecteur
⃗r(t). Les composantes du vecteur ⃗r(t) dans un repère x,y,z se notent simplement x(t), y(t), z(t) ou encore
rx (t), ry (t), rz (t). Pour la vitesse le vecteur s’écrit ⃗v (t) et ses composantes simplement vx t, vy (t), vz (t).
1.2. CINÉMATIQUE DU MOUVEMENT GÉNÉRAL 54
20
x(t)
v(t)
a(t)
0
f (t)
−20
−40
−4 −2 0 2 4
t
Figure 1.3 – Illustration des graphes de la position, vitesse et accélération au cours du temps.
Finalement l’accélération se note ⃗a(t) et ses composantes ax (t), ay (t), az (t). Ce qui a été décrit à la sec-
tion 1.1 est tout à fait applicable indépendamment sur chaque axe du repère. Prenons comme exemple une
trajectoire 2D paramétrée par une fonction cyclique sur chaque axe :
sin(4πt)
⃗r(t) = . (1.22)
cos(2πt)
Cette fonction est représentée à la figure 1.4. Les vecteurs vitesse ⃗v (t) et accélération ⃗a(t) sont trouvés
analytiquement en dérivant ⃗r(t) :
−16π 2 sin(4πt)
4π cos(4πt)
⃗v (t) = ; ⃗a(t) = . (1.23)
−2π sin(2πt) −4π 2 cos(2πt)
x
−1 1
−1
Figure 1.4
−1 16π√2
√ 0
⃗r(3/8) = ; ⃗
v (3/8) = ; ⃗
a (3/8) = . (1.25)
− 22 2π 2π 2 2
1.2. CINÉMATIQUE DU MOUVEMENT GÉNÉRAL 55
y y
⃗v
⃗r
⃗a
0 0
x x
−1 1 −1 1
⃗r
⃗a
⃗v
−2 −2
Comme nous le voyons, il est très facile de retouver et représenter la vitesse et l’accélération dans
un mouvement général multidimensionnel si la description du vecteur position en fonction du temps est
donnée. Ce que nous venons de faire peut-être étendu à un mouvement en trois dimensions, même complexe.
Prenons comme exemple la fonction définie ci-dessous
√
√ t sin(2πt)
⃗r(t) = t cos(2πt) , (1.26)
1
t + 10 sin(50πt)
2
z
0
−2
0
2
x 2 0
−2 y
Figure 1.7
La vitesse et l’accélération d’un point P qui suivrait cette courbe peut être trouvée pour n’importe quel
moment t. A l’inverse, si le vecteur accélération est donné, il est possible de retouver les vecteurs vitesse
et position par intégration. Il est cependant nécessaire que des conditions initiales concernant la position
et la vitesse soient fournies. Par exemple si
t
⃗a(t) = −1 , (1.27)
t2
1.3. CINÉMATIQUE PLANAIRE I : TIR BALISTIQUE 56
alors t2
2
⃗v (t) = ⃗v0 + −t , (1.28)
t3
3
et
t3
t
6t2
Z
⃗r(t) = ⃗r0 + ⃗v (t) = ⃗r0 + ⃗v0 + − 2 (1.29)
0 t4
12
Il est très clair que sans les vecteurs ⃗r0 et ⃗v0 il sera impossible de calculer des valeurs numériques pour ⃗r
et ⃗v .
1.3.1 Portée
La portée d’une trajectoire est la distance horizontale entre les deux points extrémaux du tir (points
d’émission et de réception). Nous définissons donc
P = x − x0 ,
ce qui transforme l’équation 1.33 comme suit :
g 2 v0,y
− 2 P + v P − (y − y0 ) = 0 (1.34)
2v0,x 0,x
g
− P 2 + v0,y v0,x P − (y − y0 )v0,x
2
= 0 (1.35)
2
(1.36)
1.4. CINÉMATIQUE PLANAIRE II : MOUVEMENTS CIRCULAIRES 57
Il suffit donc de résoudre cette équation pour trouver les deux solutions P1 et P2 la satisfaisant :
q
−v0,y v0,x ± 2 v 2 − 2g(y − y )v 2
v0,y 0,x 0 0,x
P1,2 = (1.37)
−g
Si y − y0 = 0, alors la première solution vaut P1 = 0 et la deuxième vaut
avec v⃗0 la vitesse d’émission et θ l’angle d’émission calculé à partir de l’axe horizontal θ 1 .
En guise d’exemple, prenons ∥v⃗0 ∥ = 10 m/s et un angle θ = 30 degrés, et admettons que les hauteurs
des points d’émission et de réception sont identiques, alors la portée vaut 8.82 m.
1.3.2 Flèche
La flèche est la hauteur maximale atteinte par la trajectoire, calculés depuis le point d’émission. Nous
pouvons par exemple la calculer à partir de l’expression 1.33 : La flèche correspond à la hauteur de la
trajectoire lorsque la vitesse verticale change de signe. Il suffit de calculer ce que vaut y (posons y0 = 0) si
dy
=0 (1.39)
dx
dy v0,y gx
Nous calculons que dy = v0,x − 2
v0,x
. La solution à l’équation 1.39 est donc
2
∥⃗v0 ∥ sin θ ∥⃗v0 ∥2 sin θ cos θ ∥⃗v0 ∥2 sin θ cos θ
g
y = − (1.41)
∥⃗v0 ∥ cos θ g 2∥⃗v0 ∥ cos2 θ
2 g
sin2 θ∥⃗v0 ∥2 1
= − ∥⃗v0 ∥2 sin2 θ (1.42)
g 2g
∥⃗v0 ∥2 sin2 θ
= . (1.43)
2g
Si nous reprenons l’exemple précédent, la flèche vaut donc 1.27 m. Nous pouvons également calculer la
flèche à partir de l’équation v(t), sachant que la flèche est atteinte lorsque v(0) = 0 (ce qui revient au
même que la condition dy/dt = 0). Le temps est ainsi calculé et peutêtre inséré dans l’équation y(t).
Nous avons ici montré comment calculer des caractéristiques relativement simples de trajectoires balis-
tiques. Il est possible de travailler sur des trajectoires dans lesquelles les points d’émission et de réception
ont des hauteurs différentes, et dont les inconnues ne sont pas la portée ou la flèche mais d’autres variables
telles que l’angle d’émission, de réception, la vitesse d’émission ou de réception etc... Mais nous voyons
que dans tout les cas la résolution d’exercices de balistique se base sur un très petit nombre d’expression,
l’art étant de les combiner pour isoler les inconnues à trouver.
d⃗et
dβ
⃗e ′t ⃗et
⃗en
⃗e ′n
trajectoire
⃗at
⃗et
⃗a = ⃗at + ⃗an
⃗en
⃗an
Figure 1.9 – Représentation des composantes tangentielle et normale de l’accélération, ainso que de leur
somme vectorielle dans une trajectoire courbe à rayon constant.
Il nous apparait maintenant que l’accélération a une composante tangentielle ⃗at = at⃗et , et une com-
posante normale ⃗an = an⃗en = ω 2 r⃗en . La composante tangentielle ne dépend que de la variation de la
norme du vecteur vitesse (linéaire) de l’objet. Donc si un objet suit une courbe sans que la grandeur de
son vecteur vitesse ne change, cette composante est nulle. La composante normale dépend du rayon de
courbure de la trajectoire et de la vitesse linéaire de l’objet (ou de sa vitesse angulaire). Pour peu que
la vitesse linéaire soit non nulle et le rayon de courbure soit non nul et différent de l’infini, l’accélération
subie par un objet suivant une trajectoire courbe ne peut pas être nulle. On peut donc conclure que si un
objet suit une trajectoire courbe à vitesse non nulle, il subit automatiquement une accélération. En réalité
c’est précisément cette accélération qui lui confère sa trajectoire courbe ! Sans elle, la trajectoire ne peut
être que rectligne : l’invariance du vecteur vitesse (orientation et grandeur) témoignant du fait qu’aucune
accélération n’est observée.
1.4. CINÉMATIQUE PLANAIRE II : MOUVEMENTS CIRCULAIRES 60
Chapitre 2
Ce chapitre aborde la dynamique du point matériel, c’est à dire les principes régissant le relations entre
une masse m et les forces qui s’exercent sur elle. Nous commençons par énoncer et discuter la seconde
loi de Newton, ensuite la dynamique de rotation, les question du travail et de la puissance, de l’énergie
mécanique, et finalement de la quantité de mouvement.
n
X
F⃗i = m⃗a (2.1)
i
avec F⃗i , i ∈ 1..n les forces agissant sur m et ⃗a l’accélération de [Link] terme de masse joue ici le rôle de
facteur de proportionnalié entre les force et l’accélération. Pour une i F⃗i donnée, une masse m plus grande
a pour conséquence immédiate une accélération plus petite ! Inversément, si les même forces s’appliquent
sur une masse très petite, l’accélération en sera d’autant plus importante.
Dans un repère {x, y, z}, l’expression 2.1 se décompose naturellement comme suit :
n
X
Fi,x = max (2.2)
i
n
X
Fi,y = may (2.3)
i
n
X
Fi,z = maz (2.4)
i
(2.5)
Remarques :
— En fonction de la direction et du sens de la ou des force(s) exercée sur m, il est possible d’avoir une
accélération sur certains axes et pas sur d’autres. Cela est dû au caractère vectoriel des forces et de
l’accélération.
— La somme des forces (résultante) s’exerçant sur m a la même direction et sens que l’accélération.
— SiPnous voulons exprimer la seconde loi de Newton en terme de normes, il est facile de montrer que
∥ F⃗ ∥ = m∥⃗a∥.
61
2.1. SECONDE LOI DE NEWTON 62
T⃗
⃗
N
y
f⃗
θ
x
α P⃗
α
Comme nous le voyons à la figure 2.2, il y a quatre forces agissant sur le DCL : le poids P⃗ , la force
normale N⃗ , la tension T⃗ et la force de frottement f⃗. La force de frottement n’est pas connue, l’orientation
donnée dans l’illustration est donnée à titre indicatif. Dans le repère x − y renseigné sur cette figure, la
seconde loi de Newton appliquée à ce problème nous donne
⃗∥
∥N = −∥T⃗ ∥ sin θ + ∥P⃗ ∥ cos α > 0 (2.8)
Cas 1 : vrel = 0, ax = 0
La vitesse relative étant nulle, nous avons un frottement statique caractérisé par
∥f⃗∥ ≤ µs ∥N
⃗∥ (2.10)
Cas 2 : vrel = 0, ax ̸= 0
Nous sommes toujours dans le cas d’un frottement statique, mais avec une accélération non nulle dans
le plan du support. Cela correspond en fait aux cas limites de décrochement de la situation précédente.
C’est l’étape de transition entre le cas précédent et le cas où la vitesse relative passe de zéro à une valeur
non nulle. Cela ne nécessite pas de calcul particulier.
Cas 3 : vrel ̸= 0, ax = 0
Le deuxième cas est celui d’un glissement du bloc le long du support à vitesse constante, entraı̂nant
un frottement dynamique. Les deux équations qui traduisent cela sont
±µk ∥P⃗ ∥ cos α ∓ µk ∥T⃗ ∥ sin θ + ∥T⃗ ∥ cos θ − ∥P⃗ ∥ sin α = 0 (2.30)
⃗ ⃗
−∥P ∥ sin α ∓ µk cos α + ∥T ∥ cos θ ∓ µk sin θ = 0 (2.31)
et donc
sin α ∓ µk cos α
∥T⃗ ∥ = ∥P⃗ ∥ (2.32)
cos θ ∓ µk sin θ
Il existe donc deux valeurs de la tension pour lesquelles le bloc se déplacera à vitesse constante sur le
plan incliné. L’une de ces solutions correspond à une vitesse orientée vers le bas du support, l’autre à une
vitesse orientée vers le haut du support. Nous laissons au lecteur la tâche de faire le lien entre l’orientation
du vecteur vitesse et la valeur de la tension.
Cas 4 : vrel ̸= 0, ax ̸= 0
La seconde loi de Newton s’écrit dans ce cas
Le frottement est bien sûr dynamique, et le terme ax est la composante scalaire de l’accélération du bloc
le long de l’axe x. La valeur de l’accélération se trouve trivialement :
1
ax = ±µk [∥P⃗ ∥ cos α − ∥T⃗ ∥ sin θ] + ∥T⃗ ∥ cos θ − ∥P⃗ ∥ sin α (2.35)
m
1 ⃗
= ∥T ∥[cos θ ∓ µk sin θ] − ∥P⃗ ∥[sin α ∓ µk cos α] (2.36)
m
(2.37)
Il y a deux solutions pour ax , chacune correspondant à une orientation du vecteur vitesse du bloc sur
son support.
Cas 5 : ay ̸= 0
Ce dernier cas regroupe toutes les situations où l’accélération du bloc sur l’axe y est non-nulle. La
contrainte sur la tension s’exprime de manière très simple car la force normale est nulle.
1 ⃗ ⃗
ax = ∥T ∥ cos θ − ∥P ∥ sin α (2.40)
m
1 ⃗ ⃗
ay = ∥T ∥ sin θ − ∥P ∥ cos α (2.41)
m
Cet exemple illustre le fait qu’une situation dynamique d’apparence simple peut se révéler complexe
à décrire dans toute sa globalité. En particulier, la résolution d’un problème dynamique impose de devoir
envisager toutes les possibilités de mouvements que les hypothèses données n’ont pas contraintes.
2.2. DYNAMIQUE DE ROTATION : REPÈRES N-T ET N-T-Z 65
ry
θ = arctan (2.42)
rx
vt
ω = (2.43)
R
at
α = (2.44)
R
avec rx,y , vt , at respectivement la position dans un repère x,y, la vitesse tangentielle, et l’accélération
tangentielle, telles que définie dans la section 1.4. R est le rayon de la trajectoire circulaire.
Dans cette section, nous décrivons l’application de la seconde loi de Newton dans un repère n-t, et en
particulier dans le cas d’un mouvement circulaire. Un repère n-t s’oriente avec l’axe tangentiel confondu
avec le vecteur représentant la vitesse linéaire, et l’axe n pointant vers le centre de rotation. Si la trajectoire
est droite, l’utilisation du repère n-t n’est pas utile (sans être erronée), l’axe n ne pouvant être orienté de
manière unique. La décomposition de l’accélération linéaire dans ses composantes normale et tangentielle
nous a montré que
at = αR (2.45)
vt2
an = ω2 R = (2.46)
R
Grâce à la seconde loi de Newton nous pouvons exprimer le lien entre les forces appliquées au corps
décrivant une trajectoire courbe avec les variables angulaires comme suit :
Fn,t sont les composantes de la résultante des forces appliquées à la masse m, exprimées dans le repère
n-t. La force F⃗n est souvent appelée force centripète, c’est la force qui permet à l’objet de suivre une
trajectoire circulaire, et qui est toujours dirigée vers le centre de rotation. Il y a par ailleurs souvent une
confusion avec le terme centrifuge, il convient d’en dire quelques mots ici.
La force centrifuge est une force fictive d’inertie, c’est à dire le résultat de l’utilisation d’un repère
en mouvement non-inertiel (=qui accélère) pour définir les forces en présence. Un exemple simple est
l’accélération d’une voiture : le conducteur se sent ”collé” au siège, ayant donc l’impression qu’il subit
une force vers l’arrière du véhicule. Cette force n’existe pas, et cette impression est due à l’inertie du
conducteur, qui se voit modifié par l’accélération de la voiture, et de la force exercée par le siège sur le
conducteur. Sans elle, ce dernier traverserait le siège et garderait sa vitesse constante. C’est exactement
le même phénomène pour un mouvement circulaire : c’est la modification de la trajectoire qui donne
l’illusion d’une force dirigée vers l’extérieur. Le pilote d’un avion de chasse ressent une accélération très
forte lorsqu’il effectue des virage serrés ; si son siège et l’habitacle ne le retenaient pas, il continuerait sur
une trajectoire droite, typique d’un mouvement dont l’inertie n’est pas modifée.
La résolution de problème de dynamique en rotation se fait à l’instar de ceux en dynamique de trans-
lation, mais en sa basant sur le repère n-t. S’il s’agit par exemple de calculer la norme R ⃗ de la résultante
2.3. TRAVAIL, ÉNERGIE ET PUISSANCE 66
des forces s’appliquant sur une masse m suivant une trajectoire circulaire de rayon R, à la vitesse linéaire
v et ayant une accélération linéaire at , il suffit de se rappeler que R⃗ = F⃗t + F⃗n , et que donc
r r
⃗ m2 v 4 2 v4
∥R∥ = + m 2 at = m + a2t , (2.51)
R2 R2
ou encore
p p
⃗ = m2 ω 4 R2 + m2 α2 R2 = mR ω 4 + α2 .
∥R∥ (2.52)
Si la trajectoire doit être exprimée dans trois dimensions, nous pouvons ajouter un troisième axe (z)
au repère n-t. Ce repère n-t-z permet alors d’exprimer les forces appliquées à m dans toutes les directions
de l’espace. Ce qui se passe le long de ce troisième axe z (perpendiculaire au plan décrit par la trajectoire
courbe) est traité de manière classique : F⃗z = m⃗az . Si nous reprenons l’exemple précédent, et admettons
P
que la trajectoire courbe est dans un plan horizontal, la gravité s’appliquant verticalement, la résultante
des forces prend alors en compte la force de pesanteur, ce qui nous donne comme résultante des forces
s’appliquant sur m :
⃗ = m2 ω 4 R2 + m2 α2 R2 + m2 ∥⃗g ∥2 = mR ω 4 + α2 + ∥⃗g ∥2 .
p p
∥R∥ (2.53)
⃗ = N
Or ⃗g .ds ⃗ = 0, ce qui veut dire que seule la force F⃗ est responsable de la modification de la
⃗ .ds
vitesse du wagon, et ce en fonction de sa norme et de son orientation. Le produit scalaire F⃗ .ds ⃗ pouvant
⃗ ⃗ ⃗ ⃗
s’écrire ∥F ∥∥ds∥ cos α avec α l’angle entre F et ds, nous voyons que le travail est maximal et positif si
α = 0 : les deux vecteurs ont les mêmes orientations. Au contraire, si α = π rad, le produit scalaire est
négatif. La quantité de travail infinitésimale dW peut donc prendre des valeurs aussi bien positives que
négatives !
Le travail total W produit lors d’un déplacement le long d’une trajectoire de longueur S se calcule en
intégrant l’expression de dW sur le chemin entre le point de départ (1) et celui d’arrivée (2) :
P⃗ Z 2
F
X
W1→2 = ⃗
F⃗i .ds. (2.58)
1 i
Si α est constante le long de la trajectoire 1 → 2, ainsi que ∥F⃗ ∥, alors l’expression devient
Z 2
⃗
P
F
W1→2 = ∥F⃗ ∥ cos α ⃗ = ∥F⃗ ∥ cos αS.
∥ds∥ (2.60)
1
Si ∥F⃗ ∥ =10 N, α =45 degrés, et la√trajectoire a une longueur S de 10 m, alors le travail effectué par
la force sur le wagon est donc 10 × 22 × 10=70.7 J. Si l’angle vaut 135 degrés, alors le travail prend
un signe négatif : -70.7 J. Le premier cas correspond à celui ou la force entraı̂ne une modification du
mouvement dans le même sens que celui du déplacement initial. Le deuxième, est celui ou la force s’oppose
au déplacement. Intuitivement, il y a dans le premier une augmentation de la vitesse, et dans le deuxième
une diminution de la vitesse du wagon. Essayons de reformuler le travail en terme de la vitesse et non plus
du déplacement.
P⃗
F
X
dW1→2 = ⃗
F⃗i,∥ ds (2.61)
i
X
= ⃗ cos α
∥F⃗i ∥∥ds∥ (2.62)
i
⃗ = mads
= ma∥ds∥ (2.63)
P⃗
F
dW1→2 = mvdv (2.64)
↓ (2.65)
P⃗ Z 2
F
W1→2 = mvdv (2.66)
1
v22 v2
= m −m 1. (2.67)
2 2
Le travail est donc la différence entre deux quantités définies par la produit de la masse et du carré de
la vitesse. Cette quantité est l’Energie !cinétique 2 T :
1
mv 2
T= (2.68)
2
Il est utile de remarquer que l’énergie cinétique est une quantité qui dépend du repère considéré. La vitesse
d’un objet est en effet une quantité définie dans un repère particulier, il est donc toujours possible de
1. Pour rappel, ceci se trouve via les expressions a = dv/dt et v = ds/dt : en mettant en évidence dt dans les deux
expressions on trouve que dv/a = ds/v et donc ads = vdv
2. On trouve dans la littérature plusieurs manière de symboliser l’énergie cinétique : K, Ecin ,... K étant une forme très
concise, on l’utilisera dans ce cours
2.3. TRAVAIL, ÉNERGIE ET PUISSANCE 68
choisir un autre repère dans laquelle la vitesse de l’objet est différente, ainsi que son énergie cinétique !
La différence entre les terme cinétique est également dépendent du repère considéré, et donc également le
travail d’une force !
Le travail est donc la différence entre deux énergies cinétiques, celle au point initial (1) et celle au point
final (2).
P⃗
F
W1→2 = T2 − T1 = ∆T (2.69)
Cette expression est le théorème de l’énergie cinétique. Dans le cas où le travail est nul, ∆K =0. Une autre
manière, plus intuitive de voir les choses :
P⃗
F
T1 + W1→2 = T2 . (2.70)
L’énergie cinétique au point 2 est donc celle au point 1 additionnée du travail ! Il est utile de rappeler
que le travail peut être négatif, et dans ce cas T2 < T1 : la vitesse au point 2 est inférieure à celle au point
1.
Illustrons ce point par un autre exemple : celui d’une masse m en chute libre. La force de pesanteur
est verticale et dirigée vers le bas. Si le déplacement de m est également vertical et vers le bas, le produit
scalaire de ⃗g et ds⃗ est positif : le travail est alors également une quantité positive. Cela entraı̂ne que
T2 > T1 : l’énergie cinétique à la fin de la chute est supérieure à celle au début de la chute. Autrement
dit, la masse m voit sa vitesse augmenter lors de la chute.
Prenons maintenant le cas d’un déplacement vers le haut, c’est à dire dans le sens contraire à celui de
la pesanteur. Cela se produit par exemple lorsque l’on lance un objet vers le haut. Le produit scalaire des
deux vecteurs est négatif (α = 180 degrés), le travail total l’est donc également, et par voie de conséquence :
T2 < T1 . Autrement dit de l’énergie cinétique est perdue au cours de la montée de la masse m : la vitesse
diminue avec la montée de l’objet. Faisons ici deux remarques :
— Si la vitesse initiale est nulle, alors une montée est impossible car T1 = 0, ce qui contredit la possibilité
que T2 < T1 , l’énergie cinétique étant toujours positive.
— Si T1 > 0 et la vitesse initiale est dirigée vers le haut, alors T2 diminue jusqu’à ce que T2 = 0 (vitesse
nulle), ensuite le travail redevient positif (chute vers le bas) et donc T2 augmente aussi longtemps
que le mouvement se prolonge.
Nous allons maintenant tenter de catégoriser les forces en terme de la dépendance de leur travail au
chemin parcouru, en prenant quelques libertés, la raison étant que faire cela rigoureusement nous obligerait
à discuter des concepts qui sortent largement du cadre de ce cours. Nous allons donc définir simplement
les catégories comme suit :
1. les forces conservatives
2. les forces non-conservatives qui comprennent trois sous-catégories
(a) les forces non-dissipatives
(b) les forces dissipatives
(c) les forces qui ne travaillent pas
⃗ et dy
avec dx ⃗ des déplacements infinitésimaux sur l’axe x et y. Comme ⃗g .dx
⃗ = 0 à cause de l’orthogo-
nalité des deux vecteurs,
2.3. TRAVAIL, ÉNERGIE ET PUISSANCE 69
Z 2 Z 2
W1→2 = ⃗ =
m⃗g .ds ⃗ = m∥⃗g ∥|h| cos α,
m⃗g .dy (2.72)
1 1
avec h la variation de hauteur y2 − y1 et α l’angle entre le déplacement vertical et la pesanteur (qui vaut
0 ou 180 degrés). Dans cette expression il est clair que le travail ne dépend (au signe près) que des seules
variation de hauteur et de la norme de la force de pesanteur. Le chemin parcouru pour passer de 1 à 2 n’a
pas d’importante, la force de pesanteur est donc bien représentative de ce que nous avons défini comme
force conservative. En corollaire : si le point d’arrivée et celui de départ sont identiques, alors quel que soit
le chemin parcouru, le travail effectué par la force de pesanteur est nul.
Il n’existe dans le cadre de la mécanique classique que deux forces conservatives : la force gravitation-
nelle, et la force électrique (et leur dérivées).
Forces dissipatives
Une force non-conservative dissipative est une force non-conservative dont le travail est non-nul et
toujours négatif : il ne peut que faire perdre de l’énergie cinétique au système. Un cas d’école est celui de
la force de frottement dynamique (sec). Le frottement dynamique s’oppose par définition au mouvement
(à la vitesse), il produit donc toujours un travail négatif car f⃗.ds
⃗ < 0. Le théorème de l’énergie cinétique
implique donc T2 < T1 si la seule force en présence est celle due au frottement.
Prenons l’hypothèse d’une force de frottement constante, le long de deux chemins différents allant du
point 1 au point 2, C1 et C2 dont les longueurs S1 et S2 sont différentes. Le travail de ces deux forces se
calcule comme
Z 2
f ⃗
WC 1→
= f⃗.ds
⃗ = ∥f⃗∥S1 (2.73)
1
Z 2
f ⃗
WC 2→
= f⃗.ds
⃗ = ∥f⃗∥S2 . (2.74)
1
Ceci montre bien que le travail de la force de frottement dépend du chemin parcouru. Comme le travail
est directement lié à la variation d’énergie cinétique, nous déduisons également que la variation d’énergie
cinétique est d’autant plus importante que la longueur du chemin est importante.
F⃗ ∝ ⃗v ∧ B.
⃗ (2.76)
Il est donc clair que F⃗ .⃗v = 0. La vitesse étant tangentielle au chemin parcouru, nous pouvons (sans le
démontrer) nous rendre compte que le travail de la force de Lorent est nul.
2.3. TRAVAIL, ÉNERGIE ET PUISSANCE 70
Le potentiel gravitationnel Φ
Comme discuté dans la section 2.4, la force de gravitation exercée par la masse 1 (m1 ) sur la masse 2
(m2 ) vaut
m1 m2
F⃗1→2 = −G ⃗r1→2 , (2.77)
∥⃗r1→2 ∥2
avec ⃗r1→2 le vecteur position allant de 1 à 2 et G la constante de gravitation universelle. Si ⃗r1→2 = ∞, la
force est nulle. Nous pouvons bien sûr réécrire cette expression comme suit :
m1
F⃗1→2 = m2 −G ⃗
r1→2 , (2.78)
∥⃗r1→2 ∥′2
La force de pesanteur peut être représentée comme le produit de la masse sur laquelle la force s’exerce avec
une quantité qui ne dépend que de la masse exerçant la force, et de la distance entre ces deux masses. Cette
quantité est vectorielle et se nomme champ gravitationnel. Sans rentrer dans les détails, si nous intégrons
cette expression de la force par rapport au rayon, nous obtenons (au signe et à une constante près) une
quantité Φ définie comme suit :
m1
Φ = −G . (2.79)
r
Φ est le potentiel gravitationnel issu de la masse m1 . C’est une quantité négative qui tend vers zéro comme
r tend vers l’infini, et qui décroı̂t de manière monotone comme r diminue. Le potentiel de la masse m1
équivaut au travail requis pour déplacer une masse unitaire depuis la distance r jusqu’à l’infini. Voyons
maintenant comment varie ce potentiel pour une petite variation de r, allant du point a au point b :
m1 m1
Φb − Φa = −G +G (2.80)
rb ra
rb − ra
= Gm1 (2.81)
rb ra
∼ ∥⃗g ∥[hb − ha ] (2.82)
(2.83)
avec hb − ha la variation de hauteur. Si b est situé plus loin de m1 que a, la variation de potentiel est une
quantité positive, et inversément si b est plus proche de m1 que a. A partir de la définition du potentiel
gravitationnel, nous pouvons définir l’énergie potentielle gravitationnelle.
m1 m2
V = m2 Φ = −G (2.84)
r
2.3. TRAVAIL, ÉNERGIE ET PUISSANCE 71
est l’énergie potentielle de la masse m2 dans le champ gravitationnel issu de la masse m1 . Nous pouvons
donc montrer que pour de petites variations d’altitude
Vb − Va = m2 Φb − m2 Φa = m2 ∥⃗g ∥[hb − ha ]. (2.85)
Calculons à présent le travail effectué par la force de gravitation sur m2 passant d’une hauteur a à une
hauteur b :
Z b
Wa→b = ⃗
F⃗ .dr (2.86)
a
Z b
m1 m2 ⃗
= ∥dr∥
−G (2.87)
a r2
m1 m2 m1 m2
= G −G (2.88)
b a
= m2 Φa − m2 Φb (2.89)
= Va − Vb . (2.90)
Grâce au théorème de l’énergie cinétique, nous avons alors
Tb − Ta = Va − Vb . (2.91)
A nouveau, pour de petites variations d’altitude, nous pouvons montrer que
T b − Ta = m∥⃗g ∥[ha − hb ] (2.92)
Si ha > hb , alors le travail est positif, ainsi que la variation d’énergie cinétique Tb − Ta > 0 et la variation
d’énergie potentielle Vb − Va est négative.
Comme l’on sait que
Ta + V a = Tb + V b , (2.93)
il est clair qu’en présence de force conservatives (nous avons pris l’exemple de la pesanteur mais ce n’est
pas limitatif) la somme de l’énergie potentielle et de l’énergie cinétique a une valeur constante au cours
du temps : une variation d’énergie cinétique positive s’accompagne toujours d’une variation d’énergie
potentielle négative, et vice versa.
Ceci nous conduit à définir l’énergie mécanique E :
E=T+V . (2.94)
En présence de force conservatives (uniquement), l’énergie mécanique est donc conservée.
Généralisons maintenant ce qui se passe en présence de forces conservatives (C) et non-conservatives
(NC). Le travail effectué par l’ensemble des forces est la somme du travail effectué par les forces conserva-
tives et du travail effectué par les forces non-conservatives. Le théorème de l’énergie cinétique nous permet
donc de formuler les choses comme suit :
X ⃗C
F
X ⃗ NC
F
∆T = W1→2
i
+ W1→2
i
(2.95)
i i
Comme le travail effectué par des forces conservative est égal à la variation d’énergie potentielle, nous
avons donc :
P⃗
F
X
Tb − Ta = V a − Vb + W1→2 (F⃗iN C ) (2.96)
i
X P⃗
F
Tb + V b = Ta + Va + W1→2 (F⃗iN C ) (2.97)
i
X P F⃗
Eb = Ea + W1→2 (F⃗iN C ) (2.98)
i
(2.99)
L’énergie mécanique en b est l’énergie mécanique en a additionnée du travail des forces non-conservatives.
2.4. QUANTITÉ DE MOUVEMENT ET THÉORÈME DE L’IMPULSION 72
Exemple
Soit un bloc de masse m glissant sur un plan incliné d’un angle θ (θ ∈ [0..π/2] rad), le contact entre
le bloc et son support étant soumis à une force de frottement sec dynamique ∥f⃗∥ = µc ∥N
⃗ ∥. Nous voulons
évaluer la prise de vitesse du bloc lorsque celui-ci parcours une distance verticale h.
m⃗g N ⃗
f ⃗
∆K = W1→2 + W1→2 + W1→2 (2.100)
Z 2 Z 2 Z 2
∆K = ⃗
m⃗g .ds + ⃗ ⃗
N .ds + f⃗.ds
⃗ (2.101)
1 1 1
∆K ⃗ ∥L
= m∥⃗g ∥L − µc ∥N (2.102)
La variation d’énergie cinétique ∆T n’est pas égale à variation d’énergie potentielle ∆V = m∥⃗g ∥L à cause
de la contribution de la force dissipative qu’est le frottement dynamique : l’énergie mécanique n’est pas
conservée. Nous pouvons maintenant aisément calculer la variation de vitesse :
1
m[v22 − v12 ] = m∥⃗g ∥L − mµc ∥⃗g ∥L cos θ (2.103)
2
v22 − v12 = 2∥⃗g ∥L[1 − µc cos θ] (2.104)
(2.105)
h
Comme L = sin θ , nous trouvons
2.3.5 Puissance
La puissance P d’un système est définie comme l’énergie que ce système peut ”dépenser” par unité de
temps. Plus formellement, si ce système délivre une force F⃗ (qui peut varier dans le temps) le long d’un
⃗ alors :
déplacement ds,
⃗
F
dW1→2 d⃗s
P = = F⃗ . = F⃗ .⃗v (2.107)
dt dt
L’unité de la puissance est le Watt (W), avec 1 Watt= 1 joule/seconde. Une lampe dont la puissance
(électrique) en entrée Pin vaut 100 W consomme donc 100 joules par seconde. Le rendement ρ d’un
système est le rapport entre la puissance efficace en sortie Pout de celle en théorie disponible Pin . Si la
même lampe de 100 W ne délivre que 45 W d’énergie lumineuse, alors
en d’autres termes, l’application de forces F⃗i provoque une accélération ⃗a de ladite masse. A noter que la
force et l’accélération sont des vecteurs, avec comme lien la masse qui agit comme un facteur d’échelle.
Nous savons que la vitesse et l’accélération sont liées par la relation
d⃗v
⃗v˙ = = ⃗a. (2.109)
dt
La deuxième loi de newton peut se réécrire
X
F⃗i = m⃗v˙ (2.110)
i
p⃗ = m⃗v . (2.111)
Le vecteur p⃗ est la quantité de mouvement linéaire 3 , et sa variation au cours du temps est due à l’application
de forces sur le corps de masse m. La quantité de mouvement est une grandeur physique qui intervient dans
toutes les branches de la physique, au même titre que l’énergie. Comme nous le verrons, cette grandeur
permet de grandement faciliter la résolution de certains types de problèmes.
L’introduction de p⃗ nous permet de reformuler la seconde loi de Newton comme suit :
X
F⃗i = p⃗˙ (2.112)
i
Comme il s’agit d’un vecteur, la décomposition de P l’Eq. 2.112 dans un repère s’applique comme pour
n’importe quel autre vecteur : on trouve par exemple Fx,y,z = ṗx,y,z . La relation 2.112 nous donne donc
l’effet d’une variation instantanée de la quantité de mouvement par rapport au temps. Il est commode de
vouloir estimer cette variation sur un intervalle de temps mesurable, ce qui est plus représentatif de la réalité
lors d’une expérience. Pour cela, il nous faut intégrer l’expression 2.112 par rapport au temps, entre les
bornes définies par l’intervalle de temps qui nous intéresse. Pour ce faire, nous partons de l’expression 2.112
en explicitant la dérivée temporelle :
X X
d⃗
p/dt = F⃗i −→ d⃗ p= F⃗i dt.
i i
Nous pouvons alors intégrer cette expression par rapport à d⃗ p et dt. Si en t = t0 la quantité de mouvement
est donnée par p⃗0 et en t = t1 par p⃗1 , cela donne le théorème de l’impulsion :
Z t1 X
F⃗i dt = p⃗1 − p⃗0 (2.113)
t0 i
Le terme de gauche défini l’impulsion. On peut réécrire l’expression 2.113 comme ceci :
Z t1 X
p⃗1 = p⃗0 + F⃗i dt. (2.114)
t0 i
Autrement dit, la quantité de mouvement finale (1) vaut la quantité de mouvement initiale (0) ad-
ditionnée de l’impulsion dont la durée est égale à l’intervalle de temps s’écoulant entre t1 et t0 . La
décomposition des expressions 2.113 et 2.114 dans un repère se font comme pour toute autre relation
vectorielle ! Il est donc tout a fait possible d’avoir une impulsion nulle sur une direction, et non nulle sur
d’autres. Un cas particulier est celui où l’impulsion est nulle dans toute les directions, c’est Rà P
dire que la
somme des force exercée sur la masse m est nulle au sens vectoriel. Ceci implique alors que F⃗ dt = ⃗0,
et donc que la variation de la quantité de mouvement est nulle, on dit qu’elle est conservée :
p = ⃗0
p⃗1 − p⃗0 = ∆⃗ (2.115)
De manière plus générale, la quantité de mouvement (au sens scalaire) peut être conservée dans une
ou plusieurs directions, et non dans d’autres, cela va dépendre des directions et sens dans lequels la où les
forces extérieures s’exercent sur la masse m.
3. L’adjectif linéaire n’est pas strictement nécessaire, mais il permet de souligner le fait que c’est une quantité basée sur
la vitesse linéaire (par opposition à la vitesse angulaire). Pour les rotations, il existe une formulation similaire qui peut être
alors qualifiée d’angulaire : le moment angulaire ou cinétique
2.5. MOMENT CINÉTIQUE D’UN POINT MATÉRIEL 74
Système isolé
Un corps/système est dit isolé si il n’est soumis à aucune force externe de quelque nature que ce soit
(poids, normale, frottement,...). C’est une situation idéalisée qui n’existe pas en réalité, mais dont on peut
se rapprocher en pensant à une masse flottant dans l’espace à des années-lumières de toute autre masse.
Ce cas correspond bien sûr à
Z t1 X
F⃗i dt = ⃗0 = p⃗1 − p⃗0 ⇒ ∆⃗
p = ⃗0 (2.116)
t0 i
Ces expressions étant vectorielles, le critère d’isolation peut être discuté indépendamment sur chaque
axe : un corps peut être isolé sur une dimension, mais pseudo-isolé ou non-isolé sur une autre.
⃗O
L = ⃗r ∧ p⃗ (2.120)
x̂ ŷ ẑ
= rx ry rz (2.121)
px py pz
= [ry pz − py rz ]x̂ + [rz px − px rz ]ŷ + [rx py − py rx ]ẑ (2.122)
LO = ∥⃗r∥∥⃗
p∥ sin θ, (2.123)
avec θ l’angle entre les deux vecteurs ⃗r et p⃗. Pour deux vecteurs colinéaires, on a θ = 0 et donc LO = 0 et
⃗ O = ⃗0. La norme du moment cinétique est maximale pour θ = π/2.
L
2.5. MOMENT CINÉTIQUE D’UN POINT MATÉRIEL 75
De la même manière que nous avons utilisé la relation entre l’accélération et la vitesse de la masse m
avant d’intégrer la deuxième loi de newton pour définir l’impulsion linéraire, nous dérivons l’Eq. 2.128 :
⃗˙ O
L = ⃗r˙ ∧ p⃗ + ⃗r ∧ p⃗˙ (2.124)
= ⃗v ∧ p⃗ + ⃗r ∧ p⃗˙ (2.125)
= ⃗r ∧ p⃗˙ (2.126)
X
= ⃗r ∧ F⃗i (2.127)
i
X X
= ⃗ O (F⃗i ) = M
M ⃗ O( F⃗i ) (2.128)
i i
Ce résultat nous indique que la variation instantanée du moment cinétique de m par rapport au point O
vaut exactement le moment de la résultante des forces appliquées à m. Pour comprendre ce qui se passe
sur un laps de temps aussi long que l’on veut, il nous suffit d’intégrer cela par rapport au temps. Cela nous
donne
Z tf X Z tf X
M⃗ 0 (F⃗i )dt = ⃗ 0(
M ⃗f − L
F⃗i )dt = L ⃗i (2.129)
0 0
ti i ti i
Ce n’est rien d’autre que l’équivalent du théorème de l’impulsion donné par l’expression 2.113 sous sa
version angulaire, c’est à dire exprimée depuis un point particulier (O). Cette expression porte le nom de
Théorème du moment cinétique.
alors le moment cinétique est conservé ! Par abus de language, et pour faire le parallèle avec l’impulsion
pour la quantité de mouvement, nous pouvons désigner cette intégrale comme l’impulsion angulaire.
Par ailleurs, nous retrouvons une situation similaire à la conservation de la quantité de mouvement : à
l’instar des critères d’isolation introduits pour la quantité de mouvement, nous pouvons également utiliser
ce vocabulaire pour le moment cinétique. La différence tient au fait qu’au lieu de faire intervenir la somme
de forces s’appliquant sur un point matériel, ces critères sont alors basés sur la somme des moments de
forces. Nous parlons alors d’isolation d’un point/objet ou système au sens des forces pour la quantité de
mouvement, et au sens des moments de force pour le moment cinétique.
Il est par ailleurs important de réaliser que l’isolation au sens des forces n’implique pas forcément une
isolation au sens des moments de forces et inversément. Une force s’appliquant sur le point matériel et
dont la ligne d’action passe par le point à partir duquel le calcul des moments de force s’effectue modifie
la quantité de mouvement du point matériel mais pas son moment cinétique. On dira dans ce cas que le
point matériel n’est pas isolé au sens des forces mais pseudo-isolé au sens des moments de forces depuis ce
point. Cette situation illustre par ailleurs un cas d’école de la conservation du moment cinétique dont il
existe nombre d’applications en physique, celui des forces centrales.
Un exemple est celui de la Terre tournant autour du soleil : la Terre (masse MT ) est au premier ordre
soumise à une force centrale, la gravitation exercée par le soleil sur la Terre. La Terre apparait donc comme
un objet non-isolé au sens des forces (sa quantité de mouvement change constamment !) mais pseudo-isolé
au sens des moments de forces évalués depuis le soleil. Ceci implique, via le théorème du moment cinétique,
que le moment cinétique de la Terre vu depuis le soleil est conservé !
Si (1) et (2) sont les positions/moments où la Terre est soit la plus rapprochée du soleil, les vecteurs
vitesses (et donc la quantité de mouvement) sont alors perpendiculaire au vecteur ⃗r joignant le soleil à la
Terre. On peut alors dire que
MT v1 r1 = MT v2 r2 , (2.131)
vi et ri étant les vitesses aux points (1) et (2) et les distances entre le soleil et la Terre, respectivement. Il
est donc par exemple possible de déduire la vitesse au point (1) si l’on connait les autres paramètres :
v2 r2
v1 = . (2.132)
r1
2.5. MOMENT CINÉTIQUE D’UN POINT MATÉRIEL 76
La force gravitationnelle peut-être remplacée par tout autre force centrale, par exemple la force de rappel
d’un ressort, la conclusion sera exactement la même ! Nous pouvons par ailleurs interpéter ceci sur base
des variables angulaires. La composante de la vitesse perpendiculaire au vecteur ⃗r, ⃗v⊥ peut s’écrire très
simplement
v⊥ = ωr, (2.133)
avec ω la vitesse angulaire du corps en rotation par rapport au point de référence, et r la valeur de la
norme de ⃗r. Il est facile de montrer que la norme de ⃗r ∧ m⃗v vaut mrv⊥ , en d’autres termes, la norme du
moment cinétique vaut
LO = r2 ω. (2.134)
Cette équation s’appelle la loi des aires, et indique que dans le cas ou une force centrale unique s’applique,
la vitesse angulaire de l’objet en rotation autour du point O varie inversément au carré de la distance entre
O et ce point.
En outre, la définition vectorielle du moment cinétique étant par définition perpendiculaire à m⃗v , la
conservation du moment cinétique prévoit que les trajectoires soumises à une force centrale s’inscrivent
dans un plan fixe.
Ce concept de moment cinétique est d’une importance capitale pour la compréhension des phénomènes
de rotation de solides, il sera abordé dans la dernière partie de cet ouvrage. Plus généralement, il intervient
dans pratiquement toutes les branches de la physique, jusqu’à et y compris la mécanique quantique :
le moment cinétique est par exemple un des ingrédients-clé permettant de comprendre la structure des
orbitales atomiques. Ses caractésistiques algébriques sont également utilisées pour décrire une des propriétés
fondamentales des particules élémentaires, le spin.
Chapitre 3
p⃗ tot
0 =p⃗ tot
0 . (3.3)
77
3.1. CHOCS, COEFFICIENT DE RESTITUTION 78
Comme la quantité de mouvement d’un système se calcule comme la somme vectorielle de ses composants,
nous pouvons écrire
p⃗1,0 + p⃗2,0 = p⃗1,1 + p⃗1,1 . (3.4)
La connaissance des conditions initiales et d’une partie des conditions finales peut permettre de résoudre
un tel problème de choc sans se préoccuper de la modélisation des forces intervant lors du contact.
Soit la vitesse finale de la particule 2 (v2′ ) est nulle, et cela correspond à la situation dans laquelle la
particule 2 n’entre pas en collision avec la particule 1. Soit la vitesse de la particule 2 après le choc
est celui de la particule 1 avant le choc ! Dans ce cas, l’énergie et la quantité de mouvement de m1 est
entièrement transférée à m2 , car si nous reprenons l’expression 3.10, il est alors clair que
v1′ = v1 − v2′ = v1 − v1 = 0. (3.16)
Considérons d’abord le DCL de la particule 1. Lors de la collision, nous pouvons écrire le théorème de
l’impulsion comme suit : Z tX
p⃗1,1 − p⃗1,0 = F⃗i dt (3.28)
0 i
Si les seules forces en présence sont les forces impulsives existant durant le choc, alors nous pouvons réécrire
l’expression comme suit :
Z tD Z tR
m1⃗v ′1 − m1⃗v1 = F⃗D,2→1 dt + F⃗R,2→1 dt. (3.29)
0 tD
3.1. CHOCS, COEFFICIENT DE RESTITUTION 80
Les termes tD et tR marquent respectivement la fin de la déformation et la fin de la reformation. Les termes
F⃗D et F⃗R sont les forces de déformation et reformation . Il existe un moment ou les deux masses sont
collées, ou du moins qu’elles évoluent avec le même vecteur vitesse ⃗vc . Cette vitesse apparait au moment
tD : Z tD
m1⃗vc − m1⃗v1 = F⃗D,2→1 dt (3.30)
0
Nous pouvons donc réécrire Eq. 3.29 comme suit :
Z tR
m1⃗v ′1 − m1⃗v1 = m1⃗vc − m1⃗v1 + F⃗R,2→1 dt (3.31)
tD
Z tR
m1⃗v ′1 − m1⃗vc = F⃗R,2→1 dt (3.32)
tD
(3.33)
m2⃗v ′2 − m2⃗vc
e= (3.36)
m2⃗vc − m2⃗v2
La vitesse ⃗vc n’étant pas connue, tentons de l’éliminer du problème. Pour chacune des particules, l’équation
donnant e en fonction des vitesses devient :
et donc :
Si nous reprenons l’exemple du choc élastique, avec v2 = 0, v1′ = 0 et donc v1 = v2′ , il est facile de montrer
que e = 1. Plus généralement, tout choc élastique est caractérisé par un coefficient de restitution dont
la valeur est 1. A l’inverse, un choc mous étant caractérisé par v2′ = v1′ , le coefficient de restitution est
obligatoirement nul.
Nous avons discuté jusqu’ici uniquement des cas où les vitesses sont toutes colinéaires. Si le problème
concerne des objets étendus et que la ligne de collision n’est pas colinéaire avec les vecteurs vitesse, il faut
alors projeter ces derniers sur la ligne de collision, et traiter le problème comme nous l’avons fait jusqu’à
présent, c’est à dire sur une seule dimension.
3.2. LE CENTRE DE MASSE ET SON THÉORÈME 81
m ⃗r˙
P
⃗r˙ = P i i (3.43)
mi
X X
mi⃗r˙ = mi⃗r˙i (3.44)
X
M ⃗r˙ = ⃗p = p⃗i (3.45)
La quantité de mouvement du système est la somme des quantités de mouvement de l’ensemble de ces
constituants.
De même, si nous définissons F⃗i,j comme étant la j-ième force s’appliquant sur la masse mi , alors
d2 i mi⃗r d2 m⃗r
X X P
Fi,j = mi⃗r¨ = 2
= = m⃗a (3.46)
i,j i
dt dt2
Dynamique du solide
83
Introduction
Le solide est l’extension spatiale du point matériel défini par une masse ponctuelle soumise à des forces.
Nous considérerons ici uniquement les solides rigides, c’est à dire sans déformation possibles. Un solide
rigide est un assemblage de points matériels, dont le nombre peut être aussi grand que l’on veut. Nous
pouvons par exemple décrire un solide comme un assemblage de deux masses ponctuelles reliées par une
tige sans masse, ou au contraire comme un ensemble de millilards de milliards d’atomes dont on considère
que leur positions respectives sont invariantes dans le temps.
Le solide peut donc, à l’inverse du point matériel, avoir son mouvement décrit en terme de translation et
de rotations autour de lui-même. Sans le savoir nous avions déjà approché ce genre de problème en statique
de rotation, l’équilibre de moments faisant appel à un bras de levier qui n’est autre que le manifestation
d’une extension spatiale des objets.
Dans cette partie nous traitons d’abord de la cinématique de rotation du solide, qui se base très
largement sur ce qui a été vu pour le rotation du point matériel. Le formalisme vectoriel sera ici privilégié,
nous donnant un outil puissant pour la résolution de problèmes a priori complexes. Ensuite nous nous
attarderons sur certains aspects-clé nous permettant de décrire la dynamique de rotation de la manière la
plus simple, et détaillerons ensuite le cas de la dynamique du solide dans le plan : rotation, translation, et
translations+rotations.
Nous décrirons brièvement également ce qui se passe en trois dimensions.
Le dernier chapı̂tre de cette partie concerne la dynamique des systèmes, en particulier la description
de ce qui se passe lorsque des objets/solides en rotations ou non sont en interaction (choc,...).
85
86
Chapitre 1
Dans ce chapitre nous traitons de la cinématique du solide avec comme hypothèse de base un mouvement
plan. Le mouvement d’un solide peut être avantageusement décrit comme la composition d’une translation
et d’une rotation, et cette rotation peut elle-même être décrite en la composition d’une rotation du centre
de masse du solide autour d’un point avec la rotation du solide autour de son centre de masse. Pour le
dire autrement la translation et la/les rotation(s) peuvent bien sûr s’additionner : un exemple simple est
le mouvement de la terre dans l’espace par rapport à un point quelconque en mouvement inertiel : la terre
tourne sur elle-même en 24h (rotation) et son centre de masse tourne autour du soleil en un an (rotation),
le soleil est au premier ordre en translation vers un point situé légèrement au dessus du plan galactique, et
en même temps tourne autour de la Voie Lactée en 200 millions d’années (rotation). La Voie Lactée elle-
même se rapproche de la galaxie M31 via une translation ayant une vitesse de plusieurs dizaines de km/s.
En deux dimensions la composition de translations et rotation s’appelle le ”mouvement plan général”.
Rappelons tout d’abord les relations cinématiques décrivant les rotations qui ont été vue pour le point
matériel.
— A l’instar du mouvement linéaire, la rotation d’une particule est décrite par un déplacement angulaire,
par exemple θ, une vitesse angulaire θ̇ qui n’est autre que la dérivée première n ou du déplacement,
et l’accélération angulaire θ̈ qui n’est autre que la dérivée seconde de la position, et la première de
la vitesse angulaire.
— Nous retrouvons dans les expressions angulaires et expressions linéraires exactement les même formes
de relations entre position, vitesse et accélération. Si nous définissons α comme étant l’accélération
angulaire constante, alors
θ̈ = α (1.1)
↓ (1.2)
Z t
θ̇(t) = ω(t) = αdt (1.3)
0
= αt + ω0 (1.4)
↓ (1.5)
Z t
θ(t) = αt + ω0 dt (1.6)
0
t2
= α + ω0 t + θ0 (1.7)
2
87
88
Voyons comment traduire tout cela sur base des expressions vectorielles des vitesses et accélérations.
Nous nous retreignons ici au cas simple d’une rotation circulaire, c’est à dire suivant une trajectoire dont
le rayon est constant dans le temps. La rotation d’un point m autour d’un axe fixe permet de mettre en
relation
— la vitesse linéaire ⃗v
— la vitesse angulaire ω ⃗
— l’accélération normale ⃗an
— l’accélération tangentielle ⃗at
— l’accélération angulaire α
⃗.
ω
⃗
θ ⃗v
⃗r
O
m
Figure 1.1 – Représentation 3D d’une particule m en rotation autour d’un axe représenté par le vecteur
ω
⃗ . Le vecteur position ⃗r d’un point et de sa vitesse linéaire ⃗v sont indiqués.
Comme illustré à la figure 1.1, le vecteur ω ⃗ exprimant une rotation, il est normal au plan de cette
rotation. La multiplication vectorielle ω ⃗ ∧ ⃗r donne un vecteur positionné à 90 degrés du vecteur ⃗r, dans le
plan, qui n’est autre que la vitesse ⃗v . Donc
⃗v = ⃗r˙ = ω
⃗ ∧ ⃗r (1.8)
Si à l’inverse nous voulons trouver ω
⃗ à partir de ⃗v nous utilisons la règle du double produit vectoriel :
⃗r ∧ ⃗v = ⃗r ∧ (⃗
ω ∧ ⃗r) (1.9)
= ω − (⃗r.⃗
(⃗r.⃗r)⃗ ω )⃗r (1.10)
= ∥⃗r∥2 ω
⃗. (1.11)
Nous avons donc
⃗r ∧ ⃗v
ω
⃗ = . (1.12)
∥⃗r∥2
Dérivons maintenant le vecteur de la vitesse linéaire par rapport au temps. Nous obtenons
⃗a = ⃗v˙ = ⃗˙ ∧ ⃗r + ω
ω ⃗ ∧ ⃗r˙ (1.13)
⃗ ∧ ⃗r + [⃗
= α ω∧ω
⃗ ∧ ⃗r], (1.14)
avec α⃗ l’accélération angulaire exprimée sous forme vectorielle. L’accélération linéaire est donc la combi-
naison de deux accélérations :
— ⃗at = α ⃗ ∧ ⃗r est un vecteur colinéaire à ⃗v , c’est l’accélération tangentielle
— ⃗an = ω ⃗ ∧⃗ ω ∧⃗r est un vecteur pointant vers l’axe de rotation, dans le plan, c’est l’accélération normale.
Les vecteurs représentant les diverses accélérations sont représentés à la figure 1.2.
En résumé nous avons donc comme expressions vectorielles suivantes exprimant les relations entre
vitesses et accélérations :
⃗ ∧ ⃗r
⃗v = ω (1.15)
⃗ ∧r
⃗at = α (1.16)
⃗ ∧ [⃗
⃗an = ω ω ∧ ⃗r] (1.17)
1.1. VITESSE RELATIVE ET CENTRE INSTANTANÉ DE ROTATION 89
α
⃗
ω
⃗
⃗ ∧ ⃗r
⃗at = α
⃗ ∧ω
⃗an = ω ⃗ ∧ ⃗r
m
Figure 1.2 – Représentation 3D d’un point matériel en rotation accélérée (⃗ α), ayant une vitesse angulaire
ω
⃗ non nulle. Les vecteurs de l’accélération normale et tangentielle ⃗at et ⃗an sont également représentés.
Si nous simplifions ceci pour n’exprimer que les normes, alors r est la distance séparant l’axe de rotation
et un point P, et si P a une vitesse angulaire ω et une accélération angulaire α, alors
v = ωr (1.18)
at = αr (1.19)
2
an = ω r (1.20)
⃗
⃗rB = ⃗rA + AB. (1.21)
Le vecteur AB⃗ est le vecteur joignant A à B, autrement dit la position de B par rapport à A, ce qui s’écrit
⃗rB/A . Si nous dérivons cette expression une fois par rapport au temps, nous avons
Autrement dit
⃗vB/A = ⃗vB − ⃗vA . (1.23)
Inversément, si l’on cherche la vitesse de A par rapport à B :
Le premier produit scalaire est nul car ⃗vB/A,∥ = 0, et le second est nul car c’est un produit de deux vecteur
orthogonaux. Donc il est clair que ⃗vB/A · ⃗rB/A = 0, ce qui indique que ⃗vB/A ⊥ ⃗rB/A .
1.2. ACCÉLÉRATION RELATIVE 90
Considérons un assemblage de trois barres reliées entre elles par des pivots B et C, et la connection
de ce système à des pivots fixes A et D. Posons ∥⃗rAB ∥= ∥⃗rCD ∥= r, ∥⃗rBC ∥= r′ . Les segments BC et CD
sont inclinés respectivement des angles θBC et θCD par rapport à l’horizontale. Posons en outre que le
segment AB est animé d’une rotation ω ⃗ AB et d’une accélération angulaire α
⃗ AB . On veut trouver la vitesse
et accélération angulaire des segments BC et CD ainsi que les vitesses et accélération linéaires des pivots
B et C.
B
A
θBC
y
C
θCD
z x
Dans une problème comme celui-ci, il est essentiel de comprendre comment lier la cinématique des trois
segments. Le lien évident entre les segments AB et et BC est le pivot B. La vitesse et l’accélération de B
peuvent s’exprimer aussi bien à partir de la cinématique de AB que de celle de BC. Nous allons utiliser
cela pour trouver les équations liant les segments.
Nous allons commencer par déteminer les vitesses angulaires de chaque segment et vitesses linéraires
des pivots B et C.
1.3. EXEMPLE D’APPLICATION I : SEGMENTS SUR PIVOTS 92
Méthode algébrique
Il est tout d’abord clair que
⃗vB = ⃗vB/A + ⃗vA (1.42)
= ⃗vB/A (1.43)
−−→
⃗ AB ∧ AB
= ω (1.44)
0 r
= 0 ∧ 0 (1.45)
ωAB 0
0
= ωAB r (1.46)
0.
Si la composante scalaire ωAB est positive, alors comme r est positif nous trouvons bien un vecteur vitesse
⃗vAB dirigé vers le haut (composante y positive). Si la composante scalaire ωAB est négative, alors le vecteur
vitesse ⃗vAB dirigé vers le bas (composante y négative). Ensuite la vitesse du pivot C s’exprime comme
⃗vC = ⃗vC/B + ⃗vB (1.47)
−−→
= ω⃗ CB ∧ BC + ⃗vB (1.48)
Mais aussi comme
⃗vC = ⃗vC/D + ⃗vD (1.49)
−−→
= ω⃗ CD ∧ DC (1.50)
Il est donc clair que
−−→ −−→
⃗ CB ∧ BC + ⃗vB =
ω ⃗ CD ∧ DC
ω (1.51)
−−→ −−→ −−→
⃗ CB ∧ BC + ω
ω ⃗ AB ∧ AB = ⃗ CD ∧ DC
ω (1.52)
′
0 −r cos θBC 0 r 0 −r cos θCD
0 ∧ −r′ sin θBC + 0 ∧ 0 = 0 ∧ r sin θCD (1.53)
ωBC 0 ωAB 0 ωCD 0
′
r sin θBC ωBC 0 −rωCD sin θCD
−r′ cos θBC ωBC + rωAB = −rωCD cos θCD (1.54)
0 0 0
(1.55)
Nous obtenons donc un système de deux équations à deux inconnues. Posons θBC = θCD = 45 degrés,
nous trouvons donc
ωAB
ωCD = − √ (1.56)
2
r ωAB
ωBC = √ (1.57)
r′ 2
A partir de cela, nous trouvons la vitesse linéaire du pivot C (celle du point B est trouvée dès le début) :
−−→
⃗vC = ω ⃗ CD ∧ DC (1.58)
√2
0 − r
√2
= 0 ∧ 2r (1.59)
2
− ω√AB
2 0
1
rωAB
= 1 (1.60)
2
0
Cette méthode de résolution a l’avantage d’être très généraliste et de pouvoir s’appliquer dans la majorité
des cas. Elle sera d’ailleurs utilisée pour trouver les accélérations angulaires et linéaires.
1.3. EXEMPLE D’APPLICATION I : SEGMENTS SUR PIVOTS 93
Nous pouvons trouver les vitesses linéaires et angulaires en utilisant le CIR. Cette méthode n’est pas
toujours la plus simple à utiliser, cela dépendra de la configuration géométrique du dispositif, mais lorsque
la situation est favorable, cette méthode est de loin la plus rapide. Pour le dire autrement : il est conseillé
de l’essayer avant les autres méthodes (vitesse relative, méthode algébrique).
Dans notre exemple, chaque segment a son propre CIR, ce qui est normal ils ne tournent pas ensemble
de manière figée ! Le CIR du segment AB n’est autre que A. Celui du segment CD est D. Pour trouver
celui du segment BC, il faut trouver le point par lequel se croisent les perpendiculaires au vitesses en ces
points. Posons arbitrairement les sens de ces vitesses (leur orientation n’a aucune importance pour trouver
la position du CIR), et trouvons le CIR.
CIR B
C ⃗vB
Ce qui est équivalent à ce que l’on a trouvé avec la méthode algébrique. La vitesse de C peut être trouvée
également grâce au CIR, il suffit de se rappeler qu’elle est le produit de la vitesse angulaire de BC et de
la longueur du segment CIR-C. Et ensuite la vitesse angulaire de CD de trouve à partir de la vitesse de C
et de la longueur de CD.
−−→ −−→
⃗aB = ⃗aB/A + ⃗aA ⃗ AB ∧ AB + ω
= α ⃗ AB ∧ [⃗
ωAB ∧ AB] (1.62)
−−→ −−→
⃗aB = ⃗aB/C + ⃗aC ⃗ BC ∧ CB + ω
= α ⃗ BC ∧ [⃗
ωBC ∧ CB] + ⃗aC (1.63)
−−→ −−→
⃗aC = ⃗aC/B + ⃗aB ⃗ BC ∧ BC + ω
= α ⃗ BC ∧ [⃗
ωBC ∧ BC] + ⃗aB (1.64)
−−→ −−→
⃗aC = ⃗aC/D + ⃗aD ⃗ CD ∧ DC + ω
= α ⃗ CD ∧ [⃗
ωCD ∧ DC] (1.65)
(1.66)
Si nous mettons ensemble la première, deuxième et quatrième équation, cela nous donne une seule équation
contenant toutes les inconnues angulaires, en faisant disparaitre les inconnues linéaires :
En effectuant les produits vectoriels en tenant compte des hypothèses d’orientation à 45 degrés des segments
BC et CD cela donne :
√ √ √2 √
r′ 2√2 αBC r′ √22 ωBC
2 2
r 2√2 ωCD
2
0 −rωAB − √2 rαCD
−r 2 αBC + r′ 22 ωBC
′ 2 2
= rαAB + 0 − − 22 rαCD − −r 22 ωCD
2 (1.68)
0 0 0 0 0 0
Nous avons donc deux équations scalaires à deux inconnues (vitesses angulaires de BC et CD) :
√ √ √ √
′ 2 ′ 2 2 2 2 2 2
r αBC + r ωBC = −rωAB+ rαCD − r ωCD (1.69)
√2 √2 √ 2 √ 2
2 2 2 2 2 2
−r′ αBC + r′ ω = rαAB + rαCD + r ω (1.70)
2 2 BC 2 2 CD
Pour trouver αBC il suffit de trouver la différence entre les deux équations :
√ √ 2
r′ 2αBC 2
= −rωAB − rαAB − r 2ωCD (1.74)
⇓ (1.75)
√
r 2 2
αBC = √ −ωAB − αAB − 2ωCD (1.76)
2r′
Pour retrouver les accélérations de B et C il suffit de réutiliser les équations de départ, ce qui est laissé en
exercice au lecteur.
y
B
θBC
⃗v
θ
θAB
A
x
Nous voudrions pouvoir contrôler les moteurs en A et B de manière à imprimer une vitesse ⃗v en C.
Autrement dit, nous voulons agir sur ces moteurs pour imprimer des vitesses angulaires ω ⃗ AB et ω ⃗ BC
adéquates, en fonction des angles et normes des segments, ainsi que de la vitesse.
Nous pouvons écrire l’expression de la vitesse en C comme :
Or
⃗vC/B = ω ⃗
⃗ CB ∧ BC (1.78)
et
⃗vB/A = ω ⃗
⃗ AB ∧ AB. (1.79)
Autrement dit
⃗v = ω ⃗ +ω
⃗ CB ∧ BC ⃗
⃗ AB ∧ AB (1.80)
⇓ (1.81)
vx 0 BCx 0 ABx
vy = 0 ∧ BCy + 0 ∧ ABy (1.82)
0 ωBC 0 ωAB 0
vx −ωBC BCy −ωAB ABy
vy = ωBC BCx + ωAB ABx . (1.83)
0 0 0
Nous avons donc deux équations dont les deux vitesses angulaires sont les inconnues :
En effectuant la somme de la première equation et de la deuxième équation multipliée par ANy /ABx nous
1.4. EXEMPLE D’APPLICATION II : BRAS ROBOTISÉ 96
obtenons :
ABy ABy
vx + vy = −ωBC BCy − ωAB ABy + [ωBC BCx + ωAB ABx ] (1.86)
ABx ABx
ABy BCx ABy
vx + vy = −ωBC BCy − ωAB ABy + ωBC + ωAB ABy (1.87)
ABx ABx
ABy BCx ABy
vx + vy = −ωBC BCy + ωBC (1.88)
ABx ABx
vx ABx + vy ABy = −ωBC BCy ABx + ωBC BCx ABy (1.89)
vx ABx + vy ABy = ωBC [BCx ABy − BCy ABx ] (1.90)
vx ABx + vy ABy
ωBC = (1.91)
BCx ABy − BCy ABx
(1.92)
et donc
vx BCx + vy BCy
ωAB = . (1.106)
ABx BCy − ABy BCx
A nouveau nous pouvons tout réexprimer en fonction des normes et angles, ce qui donne
∥⃗v ∥[cos θBC + sin θBC ]
ωAB = . (1.107)
⃗
∥AB∥[cos θAB sin θBC − sin θAB cos θBC ]
Un raisonnement similaire peut être utilisé pour calculer les accélérations angulaires αAB et αBC en fonc-
tion des angles, vitesses angulaires, longueur des segments et acélération du point C. Et bien évidemment,
les angles eux-mêmes peuvent être calculés en fonction de la position de C. Ces deux calculs sont laissés
au lecteur.
Il est utile de noter que ces deéveloppement s’appliquent aussi à des mouvements à trois dimensions,
mais ceci sort du contexte de ce cours.
Chapitre 2
Dynamique du Solide
Un solide étant ici défini comme une distribution continue de masse dans un volume, cela revient à dire
que le nombre de particules composant le solide est infini. L’expression précédente peut donc se réécrire
plus simplement comme une somme infinie de masse infinitésimales, c’est à dire une intégrale :
R
⃗rdm
⃗r = R . (2.2)
dm
La variable d’intégration est m : nous sommons sur l’infinité de petites masses composant le solide, et ⃗r est
la distance de chaque dm par rapport au repère dans Rlequel la position du centre de masse est calculée. Par
ailleurs, le dénominateur
R se calcule très facilement : dm = M , avec M la masse totale du solide. Il nous
reste à calculer ⃗rdm, et cela dépend bien sûr directement de la géométrie de l’objet et de la distribution
de masse dans celui-ci. Dans le cadre de ce cours nous considérerons toujours des objets homogènes, c’est
à dire dont la distribution de masse est uniforme (même densité !). Voyons quelques exemples de calculs
de centres de de masse :
Plaque homogène
Soit une plaque homogène dans le plan x,y, d’épaisseur nulle, de masse M , de longueur L (sur x) et
hauteur l (sur y). L’équation 2.2 est vectorielle, le vecteur ⃗r pointant vers l’ensemble des petits éléments
de surface dm = σdxdy, avec σ la densité surfacique de la plaque. Cette équation peut s’écrire comme :
Z x0 +L Z y0 +l
1 x
⃗r = σ dydx. (2.3)
M x0 y0 y
97
2.2. MOMENT D’INERTIE 98
M
Or σ = Ll , et donc
L
⃗r = 2 . (2.6)
l
2
Le centre de masse est donc situé au croisement des droites passant par les milieux des côtés de la plaque
et parallèles aux axes.
Arc massif
Soit un arc de section nul et de rayon R, constituant un demi-cercle : on peut donc dire que si le repère
{x, y} est au centre de courbure de l’arc, celui-ci s’étale sur un angle de 180 degrés. Un petit élément de
masse dm de l’arc peut s’écrire λdl, λ étant la densité linéique et dl un petit élément de longueur de l’arc.
Il est clair que si dθ est l’angle sous-tendu par dl par rapport à l’origine du repère, alors dl = Rdθ. Nous
avons donc une intégrale dont la variable d’intégration est θ :
Z θ0 +π
1 R cos θ 1 0
⃗r = λ dθ = λ . (2.7)
M θ0 R sin θ M 2R
M
Or λ = πR , et donc
0
⃗r = 2 . (2.8)
π
Cône plein
Soit un cône plein de masse M de hauteur h et de rayon maximal r0 .Nous posons le repère à la pointe
du cône et orientons le cône ”point en bas”, son axe de symétrie étant aligné avec l’axe z. Nous pouvons
définir un petit élément de masse dm comme un disque de rayon r et d’épaisseur dh, le cône étant alors
la superposition d’une infinité de ces disques dont le rayon croı̂t avec la hauteur : dm = ρdhA, avec ρ la
densité volumique, et A la surface du disque. Par ragument de symétrie nous savons que la position du
centre de masse en x et y vaut 0. Nous nous concentrons donc uniquement sur l’axe z :
Z h
1
rz = R h zρAdz. (2.9)
0
ρAdz 0
Le premier terme exprime la somme des moments de forces appliqués au solide, α ⃗ est le vecteur représentant
l’accélération angulaire, et I∆ est le moment d’inertie.
P⃗ Nous voyons que la structure de cette expression
est identique à celle de la seconde loi de Newton F = m⃗a.
Regardons à quoi ressemble une moment d’inertie en prenant un exemple très simple, celui d’une masse
m située à la distance d d’un axe ∆. Nous savons que la définition du moment de force par rapport à un
point O d’une force F⃗ est M ⃗ O = ⃗r ∧ F⃗ . La force appliquée sur m lui confère une accélération ⃗a.
Nous avons donc
⃗ O = ⃗r ∧ m⃗a.
M (2.12)
Or les règles de cinématique de rotation nous permettent de faire une conversion de l’accélération tan-
⃗ ∧ ⃗r → ⃗r ∧ a⃗t = ⃗r ∧ [⃗
gentielle a⃗t en une accélération angulaire a⃗t = α ⃗ ∥⃗r∥2 .
α ∧ ⃗r] = α
2.2. MOMENT D’INERTIE 99
⃗ O = m∥⃗r∥2 α
Donc le moment de force peut se réécrire comme M ⃗ . Nous définissons le moment d’inertie
de la masse m par rapport à l’axe ∆ comme étant
I∆ = m∥⃗r∥2 (2.13)
Le moment d’inertie joue donc le rôle de facteur de proportoinnalité entre l’application d’un moment
de force (ou d’une somme de moments de force), et son impact sur la rotation d’un corps. Ce moment
d’inertie est une quantité scalaire qui est calculée par rapport à un axe (et non un point), et qui ne dépend
que de la masse du point matériel et de sa distance (minimale) par rapport à l’axe ∆.
Si le solide est constitué d’un petit nombre de masses formant un réseau rigide, le moment d’inertie
total est simplement la somme des moments d’inertie de chaque point constituant le réseau :
X
I∆ = ri ∥2 .
mi ∥⃗ (2.14)
i
La description du moment d’inertie pour un très grand nombre de masses mi se fait en passant à la
formulation intégrale, les petites masses mi devenant des éléments de masse dm, et les normes des vecteurs
⃗ri la variable r : Z
I∆ = r2 dm. (2.15)
Anneau fin
Dans cet exercice nous regardons le moment d’inertie d’un anneau fin de masse M et de rayon R par
rapport à un axe ∆ passant par le centre de masse de l’anneau (son centre géométrique), et perpendiculaire
au plan de l’anneau. Nous pouvons écrire que M = λL, avec λ la densité linéique [M/L] et L la longueur
de l’anneau, donc son périmètre. Donc autrement dit, M = 2πRλ. Dans l’expression
Z
I∆ = r2 dm, (2.16)
I∆ = 2πR3 λ. (2.19)
M
Or comme λ = 2πR ,
M R3
I∆ = 2π = M R2 . (2.20)
2πR
Le moment d’inertie d’un anneau fin par rapport à l’axe ∆ défini ci-avant est le même que celui qu’aurait
une masse M situé à une distance R de l’axe. cela traduit très naturellement que seules la masse du solide
et sa répartition par rapport à un axe quantifient le moment d’inertie.
Cylindre creux
Un cylindre creux de hauteur h n’est rien d’autre qu’un empilement d’anneaux fins. En reprennant la
même méthodologie qu’au point précédent, nous trouvons que dm = σdA, avec σ la densité surfacique du
cylindre, et dA un petit élément de surface de ce dernier. L’élément dA vaut
dA = Rdθdh (2.21)
2.2. MOMENT D’INERTIE 100
M
Comme σ = 2πRh , nous trouvons que
2πhR3 M
I∆ = = M R2 . (2.23)
2πRh
Encore une fois, chaque particule constituant le cylindre étant à une distance R de l’axe ∆, nous trouvons
que son moment d’inertie par rapport à cet axe est le même que celui d’un anneau fin de même masse et
même rayon, ou d’une particule de même masse située à une distance R de l’axe.
Disque plein
Le disque plein de masse M et de rayon R est une extension du problème de l’anneau fin, l’intégration
devant également se faire sur le rayon du disque. Nous considérons le même axe ∆ que pour le problème
de l’anneau fin.
Nous pouvons écrire que M = σS = σπR2 , avec σ la densité surfacique [M/L2 ]. Nous avons donc
dm = σrdθdr
Z 2π Z R
I∆ = r2 σrdθdr (2.24)
0 0
R4
= 2π σ (2.25)
4
M R4
= 2π σ (2.26)
4πR2
2
MR
= (2.27)
2
Z 2π Z R2 Z h
I∆ = r2 ρrdθdrdh (2.29)
0 R1 0
R24 − R14
= 2π hρ (2.30)
4
M (R22 + R12 )(R22 − R12 )
= 2π (2.31)
4π(R22 − R12 )
M (R22 + R12 )
= (2.32)
2
de la sphère. Pour faire apparaı̂tre la distance à l’axe r̃ nous utilisons la conversion r̃ = r sin θ. Le moment
d’inertie d’une portion de sphère (θ1 < θ < θ2, R1 < r < R2 , ϕ1 < ϕ < ϕ2 ) peut s’écrire
Z θ2 Z R2 Z ϕ2
I∆ = r̃2 ρr2 sin ϕdθdrdϕ (2.33)
θ1 R1 ϕ1
Z θ2 Z R2 Z ϕ2
I∆ = ρr4 sin3 ϕdθdrdϕ (2.34)
θ1 R1 ϕ1
ϕ2
R5 − R15
Z
= ρ(θ2 − θ1 ) 2 sin3 ϕdϕ (2.35)
5 ϕ1
(2.36)
4 R5 − R15
I∆ = ρ(θ2 − θ1 ) 2 (2.41)
3 5
(2.42)
Il devient alors trivial de calculer le moment d’inertie d’une sphère complète et creuse (θ ∈ [0, 2π],
ρ = 4π(R3M
3 −R3 ) ) :
2 1
M R25 − R15
I∆ = 2π (2.43)
π(R23 − R13 ) 5
(2.44)
2M 5R2
I∆ = (2.45)
5 3
2
= M R2 (2.46)
3
2
I∆ = M R2 (2.47)
5
2.3. ROTATION ET TRANSLATION DE SOLIDES 102
avec ⃗aj l’accélération de la j-ième particule de masse mj . Cette accélération peut être prise au sens d’un
repère inertiel quelconque R. Nous pouvons alors décomposer cette acélération comme suit :
⃗aj = ⃗a + ⃗a ′j (2.52)
avec ⃗a l’accélération du centre de masse dans R et ⃗a ′j l’accélération de la j-ième particule par rapport au
centre de masse. L’expression 2.60 se réécrit alors comme
X X X
M⃗ G (F⃗i ) = ⃗r ′j ∧ mj⃗a + ⃗r ′j ∧ mj⃗a ′j (2.53)
i j j
X X
= −⃗a ∧ ⃗r ′j mj + ⃗r ′j ∧ mj⃗a ′j (2.54)
j j
X
= ⃗r ′j ∧ mj⃗a ′j . (2.55)
j
Le vecteur ⃗a ′j,n étant par définition colinéaire à ⃗r ′j , leur produit vectoriel est nul. Il nous reste donc
X X X
⃗ G (F⃗i ) =
M ⃗r ′j ∧ mj⃗a ′j,t = mi ∥⃗r ′j ∥2 α
⃗. (2.58)
i j j
mi ∥⃗r ′j ∥2 est bien sûr le moment d’inertie totale du solide I∆ . Autrement dit :
P
Le terme j
X
⃗ G (F⃗i ) = I∆ α
M ⃗. (2.59)
i
Ce résultat est essentiel : la somme des moments de forces, par rapport au centre de masse, appliquées sur
un solide de forme quelconque est directement liée à l’accélération angulaire de ce solide via le moment
d’inertie calculé par rapport à un axe passant par le centre de masse ! Cette relation est toujours vraie et
généralise ce qui a été déduit pour une masse ponctuelle au début de ce chapitre.
Dans certaines situations, le solide possède un point fixe dans un repère inertiel R, c’est à dire un point
O qui n’accélère pas. Si au lieu de nous référer au centre de masse pour calculer la somme des moments
de force, nous utilisons de point fixe O, que devient la relation démontrée précédemment ? Pour le savoir,
partons de l’expression X X
M⃗ O (F⃗i ) = ⃗r j ∧ mj⃗aj . (2.60)
i j
On note que dans le cas présent le vecteur ⃗r j est bien exprimé dans le repère R dans lequel le point O est
fixe. Nous avons la relation
⃗r j = ⃗r + ⃗r ′j . (2.61)
Nous pouvons donc écrire :
X X
⃗ O (F⃗i )
M = [⃗r + ⃗r ′j ] ∧ mj⃗aj (2.62)
i j
X X
= ⃗r ∧ mj⃗aj + ⃗r ′j ∧ mj⃗aj (2.63)
j j
X X
= ⃗r ∧ mj⃗aj + ⃗r ′j ∧ mj⃗a′j,t (2.64)
j j
X
= ⃗r ∧ M ⃗a + ⃗
MG (Fi ) ⃗ (2.65)
i
= ⃗ ∥⃗r∥2 + I∆
α solide
′ ,G α
⃗ (2.66)
G solide
= I∆,O α⃗ + I∆′ ,G α⃗. (2.67)
Cette expression permet donc de calculer le lien entre l’accélération angulaire d’un solide et les moments
de forces appliquées à un solide par rapport à un point du solide différent du centre de masse. La seule
condition nécessaire à son utilisation est, comme nous l’avons défini au départ, que ce point du solide soit
fixe dans un repère inertiel.
Voyons maintenant comment résoudre un problème dans lequel il y a une rotation, voire une rotation
et une translation.
2R∥F⃗ ∥ 2∥F⃗ ∥
|α| = 2
= (2.69)
MR MR
2.3. ROTATION ET TRANSLATION DE SOLIDES 104
F⃗ F⃗
G G
Pivot Pivot ⃗δ
y y
x x
Figure 2.1 Figure 2.2
La présence du pivot implique une réaction R ⃗ sur le disque, telle que R⃗ + F⃗ = ⃗0. Le disque ne peut
donc logiquement pas effectuer de translation.
Si le pivot O n’est pas placé au centre géométrique du disque, ainsi qu’illustré à la Fig. 2.2, nous avons
deux choix de calcul :
⃗ O (F⃗ )
M = I∆,O α
⃗ (2.70)
ou (2.71)
⃗ G (F⃗ )
M = I∆,G α
⃗. (2.72)
Evaluons d’abord α à partir du point O. Le moment d’inertie et le moment de force doivent être
recalculés. Le premier se calcule aisément via le théorème des axes parallèles : si le décalage entre le pivot
2
et le centre du disque vaut δ, alors I∆ = M2R + M δ 2 .
Dans le repère x-y muni de l’origine O :
⃗δ = (∥⃗δ∥, 0) (2.73)
F⃗ = (0, ∥F⃗ ∥). (2.74)
⃗ G (R)
⃗ +M
⃗ G (F⃗ ) M R2
M = α
⃗ (2.77)
2
⃗δ ∧ R
⃗ + ⃗r ∧ F⃗ M R2
= α
⃗ (2.78)
2
M R2
δRy⃗k + r∥F⃗ ∥⃗k = ∥α∥⃗k (2.79)
2
2.3. ROTATION ET TRANSLATION DE SOLIDES 105
Tout se passe sur l’axe orthogonal au plan formé par x-y, donc nous pouvons travailler avec les composantes
sur cet axe :
M R2
r′ ∥F⃗ ∥ = ∥⃗α∥ − δRy (2.80)
2
M R2
r′ ∥F⃗ ∥ = ∥⃗α∥ + δ[−M ∥⃗ α∥δ + ∥F⃗ ∥]) (2.81)
2
M R2
r′ ∥F⃗ ∥ − δ∥F⃗ ∥ = ∥⃗α∥ − δM ∥⃗α∥δ (2.82)
2
2
MR
(r′ − δ)∥F⃗ ∥ = ∥⃗
α∥[ − M δ2 ] (2.83)
2
2∥F⃗ ∥[δ + R]
|α| = (2.84)
M [R2 + 2δ 2 ]
Ce résultat est identique à celui obtenu en prenant le pivot comme point de référence pour le calcul et
confirme que si un solide possède un point fixe dans un repère inertiel, alors l’expression
X
M⃗ = I∆ α⃗ (2.85)
i
⃗ G (F⃗ ) M R2
M = α
⃗ (2.86)
2
M R2
⃗r ∧ F⃗ = α
⃗ (2.87)
2
M R2
R∥F⃗ ∥⃗k = ∥α∥⃗k (2.88)
2
2∥F⃗ ∥
= ∥α∥ (2.89)
MR
En terme de rotation, ce résultat est donc parfaitement identique à celui obtenu avec un pivot central, ce
qui est attendu car dans ce dernier cas la force de réaction du pivot sur le disque ne joue aucun rôle dans
le calcul des moments si le point de référence est ledit pivot.
Dans ce cas (sauf si bien sûr ⃗a = ⃗0 ), il n’existe par définition aucun point du solide fixe dans un repère
inertiel. Il faut donc évaluer le ou les moments de force et calculer le moment d’inertie du solide depuis le
centre de masse.
1. En réalité il est possible de passer outre cette régle, et de calculer cette accélération angulaire depuis un point autre
que le centre de masse, et qui n’est pas fixe dans un repère inertiel, mais ceci dépasse le cadre de ce cours et nous ne nous y
attarderons pas.
2.3. ROTATION ET TRANSLATION DE SOLIDES 106
Exemple 1
Un exemple simple est celui du serveur illustré à la figure 2.3 tenant un plateau sur lequel se trouve
des bouteilles.
Par un malencontreux hasard, il trébuche et les bouteilles se retrouvent à faire un angle θ avec la
verticale (on assimile celles-ci à des tiges homogènes de longueur L, de masse M, et de section nulle). Le
serveur ne veut pas que les bouteilles finissent par tomber et se dit qu’il voudrait bien qu’au moins θ soit
constant. Il se souvient de l’excellent cours de mécanique qu’il avait suivi, et en particulier que garder
θ constant implique que tout les moments des forces en présence doivent s’annuler. Les bouteilles sont
soumises à deux forces externes : le poids P⃗ = M⃗g , et la force de réaction R ⃗ exercée par le plateau sur les
bouteilles, celle-ci étant la somme vectorielle du frottement et de la force normale. Le point d’application
du poids et le centre de masse G sont confondu, le poids ne génère donc aucun moment par rapport au
centre de masse. Comme la somme des moments doit être nulle, R ⃗ ne doit pas générer de moment de force
non nul. Pour qu’un moment de force soit nul il faut soit que le bras de levier soit de longueur nulle (ce
n’est pas le cas ici), soit que la norme de la force soit nulle (ce n’est pas non plus le cas ici), soit que la
force et le bras de levier soient colinéaires, ce qui est le cas.
Le fait qu’horizontalement la seule force en présence soit la composante vectorielle horizontale de la
force de réaction (le frottement !), implique que si le mouvement du serveur est horizontal également, alors
la force de frottement f⃗ est telle que f⃗ = M⃗a, avec ⃗a l’accélération de chaque bouteille (et donc du serveur).
On sait que la composante verticale (N ⃗ ) doit compenser exactement le poids de chaque bouteille (situation
⃗
statique), donc que ∥N ∥ = M ∥⃗g ∥. Dans un repère usuel ∥N ⃗ cos θ et ∥f⃗∥ = ∥R∥
⃗ ∥ = ∥R∥ ⃗ sin θ = M ∥⃗a∥.
Nous avons donc
M ∥⃗a∥ = ∥N ⃗ ∥ tan θ = M ∥⃗g ∥ tan θ (2.92)
et donc
∥⃗a∥ = ∥⃗g ∥ tan θ (2.93)
Si l’angle θ est nul, alors l’accélération doit impérativement être nulle ! Si θ vaut 90 degrés, l’accélération
est infinie.
Exemple 2
Si au lieu de prendre un objet ayant une section nulle nous prenons un objet ayant une largeur non
nulle à la base, la situation se complique un peu. Il est cependant absolument essentiel de comprendre
comment gérer ces situations qui sont très courantes dans la vie de tout les jours. Reprenons l’exemple
d’une bouteille que nous approximons à un rectangle massif et homogène de base l et de hauteur L. Cette
bouteille est posée sur un tapis roulant à la caisse d’un supermarché, initialement au repos. Il est très clair
(nous nous sommes tous posé la question un jour ou l’autre) que si l’accélération du tapis roulant est trop
importante, la bouteille risque de se renverser, ce qui ferait désordre.
L’ingénieur qui a conçu et construit le tapis roulant a obligatoirement dû calculer quelle est l’accélération
maximale admise, et pour cela il a dû travailler avec une situation de translation pure car on ne ne veut
justement aucune rotation des bouteilles ! ! Nous admettons que le cas limite est celui ou la bouteille n’est
2.3. ROTATION ET TRANSLATION DE SOLIDES 107
pas encore en rotation mais où la force de réaction du tapis sur la bouteille est entièreement appliqué sur
un seul coin. Ceci est illustré à la figure 2.5.
⃗a
m⃗g
⃗
N
f⃗
Figure 2.4 – Bouteille posée sur un plan, su- Figure 2.5 – DCL de la bouteille posée sur un
bissant une accélération vers la droite. plan.
Naturellement la force de frottement s’applique elle aussi entièrement sur ce coin de la bouteille. A
l’instar de l’exercice précédent, la somme des moments de forces calculée à partir du centre de masse de
la bouteille doit être nul. Autrement dit :
l ⃗ L
− ∥N ∥ + ∥f⃗∥ = 0 (2.94)
2 2
On sait aussi que ∥N ⃗ ∥ = m∥⃗g ∥ et que ∥f⃗∥ = m∥⃗a∥. Nous trouvons donc que l’accélération limite corres-
pondant à cette situation vaut
l
∥⃗a∥ = ∥⃗g ∥. (2.95)
L
Nous voyons bien que cette accélération limite est très dépendante du rapport des longueurs des côtés
et de la position du centre de masse. Plus la base est grande par rapport à la hauteur de l’objet, plus
l’accélération maximale peut-être grande !
Un autre exemple de la vie courante est celle d’un vélo et a fortiori d’une moto prenant un virage.
Dans ce cas précis, la moto prend un tournant de rayon R à vitesse constante v et donc suit une translation
’
Figure 2.6 – Comment prendre un tournant à 200 km/h.
qui n’est pas rectiligne. De ce fait, si on défini f⃗ comme la force de frottement exercée par la route sur la
moto, alors dans un repère n-t-z la dynamique du centre de masse est décrite via la seconde loi de Newton
comme suit :
0 0
2
⃗
∥f ∥ v
= M R . (2.96)
−M ∥⃗g ∥ + ∥N ⃗∥ az
2.4. ENERGIE MÉCANIQUE DES SOLIDES 108
2
Il en résulte ∥f⃗∥ = M vR . Le centre de masse subit donc sur l’axe normal une accélération v 2 /R. L’ensemble
de la moto accélérant dans la direction normale, il n’existe pas de point fixe de la moto dans un repère
inertiel. Depuis le centre de masse, deux forces contribuent au calcul de la somme des moments de force :
f⃗ et M⃗g . Si le centre de masse se situe à une hauteur h, alors il faut que la condition suivante soit vérifiée
si on veut que l’angle θ que la moto fait avec le sol ne change pas durant la courbe :
Autrement dit :
∥N ∥ M ∥⃗g ∥ R∥⃗g ∥
tan θ = = = , (2.98)
∥f⃗∥ M v 2 /R v2
et donc
−1 R∥⃗g ∥
θ = tan . (2.99)
v2
La vitesse augmentant, pour R donné, l’angle θ diminue ! Par exemple pour un rayon R de 100m, et une
vitesse de 200 km/h (55.5 m/s), l’angle que fera le centre de masse de l’ensemble ”motard+moto” par
rapport au sol sera de 17.6 degrés. La raison pour laquelle les motards se déportent sur le côté de leur
moto pour prendre des tournants rapides est le fait que cela permet à la moto d’être un peu plus verticale
et d’augmenter l’adhérence à la route, le centre de masse étant fixe dans le plan transverse au mouvement.
avec O étant le point de croisement du plan et de l’axe ∆. Nous allons voir comment le moment d’inertie
se manifeste dans le calcul de l’énergie mécanique. L’énergie mécanique d’un solide est la somme de son
énergie cinétique et de son énergie potentielle. Alors que pour un point matériel de masse m l’énergie
cinétique de translation est définie par
1
Ttrans = m∥⃗v ∥2 , (2.101)
2
pour un solide il existe aussi une énergie cinétique de rotation.
Mouvement général
Dans un mouvement général, le solide est en translation et rotation simultanées. Chaque élément
j constituant le solide est animé d’une vitesse ⃗vj elle-même addition de la vitesse du centre de masse
(translation) et d’une vitesse par rapport au centre de masse (rotation). Donc
⃗vj = ⃗v + ⃗v ′j (2.107)
avec h la variation de hauteur rb,i − ra,i et r la distance entre m1 et m2 si h << r. Cette expression peut
se réécrire
P
Gm1 h mi
Va − Vb = − (2.117)
r2
Gm1 m2 h
= − (2.118)
r2
= −m2 ∥⃗g ∥h (2.119)
ce qui correspond à la variation de l’énergie potentielle du centre de masse, modélisé par le terme de masse
m2 .
2.4. ENERGIE MÉCANIQUE DES SOLIDES 110
l 1 1
2m∥⃗g ∥ sin θ = 2mv 2 + IG ω 2 (2.121)
4 2 2
et donc
m∥⃗g ∥l sin θ = 2mv 2 + IG ω 2 . (2.122)
7
Le moment d’inertie IG par rapport à un axe passant par le centre de masse IG vaut 48 ml2 .
A ce stade, la vitesse du centre de masse n’est pas connue, Il nous faut donc l’exprimer en fonction de
la vitesse angulaire pour cette dernière soit la seule inconnue du problème. Pour cela nous devons d’abord
2.5. MOMENT CINÉTIQUE ET SON THÉORÈME 111
trouver la direction de la vitesse du centre de masse. Le théorème du centre de masse nous dit que comme
la somme des forces horizontales est nulle (toute les forces sont verticales !) alors l’accélération du centre
de masse est verticale. La vitesse du centre de masse ne peut donc qu’être verticale. Or la vitesse du centre
du cercle ne peut, par construction géométrique, qu’être horizontale. Par conséquent nous pouvons trouver
le CIR du segment allant de O au centre de masse G, et de là, le lien entre v et ω :
l
v = ω cos θ. (2.123)
4
Nous pouvons donc réécrire l’équation de conservation de l’énergie mécanique comme :
l2 7
m∥⃗g ∥l sin θ = 2mω 2 cos2 θ + ml2 ω 2 (2.124)
16 48
2 1 2 7
∥⃗g ∥ sin θ = lω cos θ + (2.125)
8 24
(2.126)
La vitesse angulaire se calcule donc comme
v
u ∥⃗g ∥ sin θ
ω=u (2.127)
u
t 1 7
l 8 cos2 θ + 24
La fonction ω(θ) est donnée à la figure 2.8 pour θ variant de 0 à 180 degrés. on voit clairement que la vitesse
angulaire maximale est atteinte pour θ= 90 degrés, c’est à dire au moment ou l’accélération angulaire est
nulle.
ω
5
3
ω
0
0 50 100 150
θ
⃗ O (⃗
L p) = ⃗r ∧ p⃗. (2.128)
2.5. MOMENT CINÉTIQUE ET SON THÉORÈME 112
Dans le cas d’un système discret, il suffit de sommer les moments cinétiques de chacun des constituants
du systèmes pour trouver le moment cinétique total. Si nous coisissons un point O fixe dans un repère
inertiel, le moment cinétique total du système s’écrit simplement :
X
⃗O =
L ⃗rj ∧ p⃗j (2.129)
j
⃗˙ O =
X X X XX
L ⃗rj ∧ p⃗˙j = ⃗rj ∧ F⃗j,i = M ⃗ O (F⃗j,i ) (2.134)
j j i j i
Comme nous le voyons (et cela est connu depuis que nous avons travaillé le moment cinétique du point
matétiel), la variation du moment cinétique d’un système dépend uniquement de la somme des moments
de forces appliqués au système et évalué depuis le point de référence. On remarque par ailleurs que si le
nombre de particules constituant le système est 1, l’expression se réduit à celle donnée dans l’Eq. 2.128
(Partie 2). Si les vecteurs ⃗rj sont réexprimés à partir de la position du centre de masse, i.e.
˙ P
Le deuxième terme peut se réécrire comme −r⃗′ ∧ j mj r⃗′ i , ce qui est nul car j mj r⃗′ j = ⃗0 par définition
P
du centre de masse. Le troisième terme représente le moment cinétique du système calculé à partir du
⃗ G Nous pouvons donc écrire
centre de masse L
⃗O
L ⃗G
= ⃗r ∧ ⃗p + L (2.141)
Ce résultat est très important : il montre que le moment cinétique d ’un solide ou système par rapport
à un point O est la somme du moment cinétique du centre de masse du système par rapport à O et du
moment cinétique du système par rapport à son centre de masse.
Attardons nous sur le moment cinétique calculé à partir de son centre de masse. Tout d’abord il est
clair que si le moment cinétique d’un système exprimé par rapport à son centre de masse est non nul, il doit
y avoir rotation d’un ou plusieurs des composants du système autour de son centre de masse, puisque par
2.5. MOMENT CINÉTIQUE ET SON THÉORÈME 113
définition d’un repère attaché au centre de masse, la vitesse de translation de ce corps dans ce repère est
⃗ G par rapport
nul ! Ensuite, à l’instar de ce que nous avons fait précédemment, dérivons l’expression de L
au temps :
⃗˙ G
X X
L = m⃗r˙ j′ ∧ ⃗r˙ j′ + r⃗′ j ∧ mj ⃗¨rj′ (2.142)
i j
⃗˙ G =
XX
L ⃗ G (F⃗j,i )
M (2.146)
j i
Nous retrouvons la même expression que pour le cas plus général du moment cinétique exprimé par rapport
à un point O. La différence tient au fait que comme le point de référence est le centre de masse, la variation
du moment cinétique exprime une variation de la vitesse de rotation du corps sur lui-même. Les expressions
des Eq. 2.134 et 2.146 sont importantes car montrent comment calculer la variation d’un moment cinétique,
donc un cas dynamique dans un cas relatif (par rapport au centre de masse) ou absolu (par rapport à un
point O arbitraire).
A l’instar de ce que nous avons vu pour le moment cinétique du point matériel, nous pouvons en déduire
le théorème du moment cinétique pour un système. Sans refaire le développement complet, nous avons :
Z XX
⃗
∆LG = M⃗ G (F⃗j,i )dt (2.147)
j i
Z XX
⃗O
∆L = ⃗ O (F⃗j,i )dt
M (2.148)
j i
Nous pouvons maintenant trouver l’expression de moment cinétique pour un point P quelconque, non
inertiel, c’est à dire ayant potentiellement une accélération par rapport à un point de référence O.
Si l’on note r⃗′′ la position mi dans le repère défini par P, telle que
alors
X
⃗P
L = r⃗′′ i ∧ m⃗r˙i (2.150)
X X
= ⃗r ∧ m⃗r˙i + r⃗′ i ∧ m⃗r˙i (2.151)
X X
= ⃗r ∧ m⃗r˙i + r⃗′ i ∧ m⃗r˙i (2.152)
= ⃗r ∧ m⃗r˙ +
X
r⃗′ i ∧ m⃗r˙i (2.153)
(2.154)
⃗ P = ⃗r ∧ m⃗r˙ + L
L ⃗G (2.155)
Ce résultat montre que quel que soit le point de référence P utilisé pour quantifier le moment cinétique,
il est toujours possible de ramener le calcul à celui du moment cinétique du centre de masse par rapport à P,
2.6. CHOCS DE SOLIDES OU SYSTÈMES 114
et du moment cinétique du système par rapport au centre de gravité. On a donc la possibilité de décomposer
un moment cinétique total en plusieurs moment cinétiques indépendants, ces moment cinétiques pouvant
être simplement additionnées pour trouver le moment cinétique total. Même si cela sort de l’objet du
cours, il est utile de mentionner que ces conclusions se retrouvent (en tout cas dans la forme) jusque dans
le calcul d’orbitales en mécanique quantique !
Remplaçant ⃗v par ω ∧ ⃗r ′ (il s’agit bien d’une rotation du solide sur lui-même) nous avons donc
Z Z Z
L⃗ G = ⃗r ′ ∧ (⃗ ω ∧ ⃗r ′ )dm = (⃗r ′ · ⃗r ′ )⃗
ω − (⃗r ′ · ω)⃗r ′ dm = r′2 ω
⃗ dm (2.157)
Le vecteur ω
⃗ ne dépendant pas de dm, nous pouvons le sortir de l’intégrale, ce qui donne :
Z
⃗
LG = ω⃗ r′2 dm (2.158)
L’intégrale n’est rien d’autre que le moment d’inertie I δ du solide calculé depuis un axe δ passant par le
centre de masse et colinéaire avec l’axe de rotation ! Nous avons donc
⃗ G = Iδω
L ⃗ (2.159)
Bien sûr cette expression est aussi valable dans le cas d’un système discret, cet exercice est laissé au
lecteur. En dérivant cette expression, et comme nous ne travaillons qu’avec un solide rigide donc au
moment d’inertie constant, nous trouvons
⃗˙ G = I δ α
L ⃗ (2.160)
et son corollaire le théorème du moment cinétique :
Z Z X
⃗ G = Iδ α
∆L ⃗ dt = ⃗ G dt,
M (2.161)
ce qui revient bien sûr à ce que nous connaissons déjà, à savoir que la variation du moment cinétique
découle de l’intégration sur un intervalle de temps de la somme des moments de forces appliquées au
solide. Pour le moment cinétique évalué à partir d’un point O nous pouvons obtenir :
⃗ O = I∆ ω
L ⃗ + Iδω
⃗, (2.162)
⃗ la
avec I ∆ le moment d’inertie du centre de masse du solide calculé depuis l’axe ∆ passant par O et ω
vitesse angulaire de son centre de masse calculé depuis O.
— La connaissance des forces impulsives intervenant dans un choc sont peu ou pas connues, donc nous
avons intérêt à ne pas les faire intervenir dans nos équations
— La seule manière de de pas faire apparaı̂tre de forces impulsives dans un problème est de les reléguer
comme forces internes, et pour cela il faut travailler avec un DCL englobant les points matériels
s’entrechoquant.
— Si la somme des forces extérieures à ce DCL est nulle, alors le système est isolé ou pseudo-isolé
— La quantité de mouvement d’un système isolé ou pseudo-isolé est nulle. On dit que l’on a une
conservation de la quantité de mouvement du système.
— La vitesse du centre de masse du système est constante si le système est isolé ou pseudo-isolé en
vertu du théorème du centre de masse.
— La conservation de l’énergie lors d’un choc n’est possible que dans un cas parfaitement élastique.
Abordons maintenant le cas de choc de solides ou systèmes par un exemple concret, celui d’une masse
de 2kg initialement au repos, tombant verticalement d’une hauteur de 0.6m sur un balancier tournant
dans le sens anti-horaire avec la vitesse angulaire ω ⃗ 0 = 1 rad/s juste avant le choc. La première masse
vient alors se loger dans la partie droite du balancier lorsque celui-ci est horizontal, et n’en resort plus.
Que devient la vitesse angulaire de l’ensemble juste après le choc. La pesanteur s’applique normalement
et on considère le choc comme étant très bref. Les masses sont considérées comme des points matériels, et
la barre du balancier est sans masse.
Si l’on applique ce que l’on connait pour les chocs de point matériel, il est clair que le système n’est pas
isolé : le choc entre la masse de 4kg et celle de 2 kg va engendrer une force de réaction au niveau du pivot
O. La quantité de mouvement du DCL total n’est donc pas conservé. Le choc entre les masse de 4 kg et 2
kg étant mou, l’énergie n’est pas conservée non plus. Analysons cela du point de vue du moment cinétique,
depuis le point O. Nous savons que le moment cinétique d’un solide ou système par rapport à un point est
conservé si la somme des moments des forces extérieures s’y appliquant est nulle. Evalué depuis O, lors du
chocm il est clair que le moment cinétique de l’ensemble est nul : le choc étant bref, la pesanteur peut être
négligée, et le moment de la force de réaction en O est nul. Les forces impulsives entre les masses de 2 et
4 kg sont internes et donc n’interviennent pas dans le calcul. Nous pouvons donc conclure que le moment
cinétique de l’ensemble par rapport à O est conservé lors du choc !
Il est clair que nous avons affaire à un système de trois points matériels : les deux masses du balancier
et la masse de 2kg. Bien sûr le balancier muni de ses deux masses peut-être aussi considéré comme un
2.6. CHOCS DE SOLIDES OU SYSTÈMES 116
système inhomogène, mais cela n’est pas forcément intéressant dans le cas présent, la barre du balancier
étant sans masse.
Avant le choc, il y a essentiellement deux phases. La première est celle de la chute de la masse de 2kg.
Il est trivial de calculer que la vitesse de cette masse au moment d’entrer en contact avec le balancier vaut
p
v = 2∥⃗g ∥h, (2.163)
soit 3.43 m/s. La deuxième phase est le calcul du moment cinétique du système complet juste avant le
choc, à savoir
⃗ O = I∆,6 ω
L ⃗ 0 + I∆,4 ω
⃗ 0 + I∆,2 ω
⃗, (2.164)
avec I∆,∗ le moment d’inertie de la masse * par rapport à l’axe ∆ passant par 0 et perpendiculaire au
plan du schéma. La vitesse angulaire ω⃗ est la vitesse angulaire de la masse de 2kg par rapport à 0. En
explicitant cette équation sous forme scalaire (uniquement le long de l’axe z perpendiculaire au plan du
schéma) nous trouvons
3.43
LO,z = 6 × 0.32 × 1 + 4 × 0.52 × 1 − 2 × 0.52 × = −1.89 kgm2 /s (2.165)
0.5
⃗ ′ , et donc
Après le choc, les trois masses tournent de concert avec la vitesse angulaire ω
⃗ ′O = [I∆,6 + I∆,4 + I∆,2 ]⃗
L ω′ . (2.166)
Utilisant l’égalité L′O,z = LO,z , nous trouvons immédiatement que ω ′ = −1.89/2.04 = −0.92ω = −0.92
rad/s. Cela veut dire qu’après le choc l’ensemble tourne dans le sens horaire, la masse de 2kg a permis
d’inverser le sens de rotation du balancier.
Nous pouvons maintenant passer à un cas un peu plus réaliste qui serait celui ou la barre du balancier
est massive. Donc le système est alors composés de points matériels et d’un solide honogène dont nous
pouvons calculer le moment d’inertie. Si nous modélisons la barre comme une tige de section nulle et de
longueur 0.9m ayant une masse de 10 kg, son moment d’inertie par rapport à ∆ se calcule aisément grâce
au théorème des axes parallèles :
1
I∆,10 = 10 × 0.152 + × 10 × 0.92 = 0.9 kgm2 (2.168)
12
Les expressions scalaires se tranforment alors comme suit :
3.43
LO,z = 6 × 0.32 × 1 + 4 × 0.52 × 1 + 0.9 × 1 − 2 × 0.52 × = −1 kgm2 /s (2.169)
0.5
L′O,z = [6 × 0.32 + 4 × 0.52 + 0.9 + 2 × 0.52 ]ω ′ , (2.170)
ce qui nous donne ω ′ =-0.34 kgm2 /s. A partir de ces résultats il est possible d’aller plus loin et se poser
par exemple les questions suivantes :
— Quelle sera la vitesse angulaire de l’ensemble lorsque le balancier est vertical, masse de 6kg au dessus
de O ?
— L’ensemble a-t-il suffisemment d’énergie mécanique pour pouvoir tourner complètement autour de
O?
— Quelle est l’énergie perdue lors du choc ?
Tout ceci doit pouvoir être résolu sans difficulté.
Index
Impulsion, 73
Théorème de l’, 73
Isolation, 74
Lois de Newton, 26
Moment cinétique, 74
Conservation du, 75
Moment de couple, 40
Moment de force, 36
Invariance, 39
Théorème de Varignon, 38
117