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Cours Science

Le document explore la relation entre science, vérité, raison et nature, en discutant des méthodes scientifiques et de leur capacité à décrire la réalité. Il aborde également les limites de la science, notamment l'influence des valeurs sociales et la nécessité d'un pluralisme théorique. Enfin, il questionne l'idée de vérité en science, suggérant que la science construit des mondes symboliques et progresse par des révolutions et changements de paradigme.

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Cours Science

Le document explore la relation entre science, vérité, raison et nature, en discutant des méthodes scientifiques et de leur capacité à décrire la réalité. Il aborde également les limites de la science, notamment l'influence des valeurs sociales et la nécessité d'un pluralisme théorique. Enfin, il questionne l'idée de vérité en science, suggérant que la science construit des mondes symboliques et progresse par des révolutions et changements de paradigme.

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Leçon n°5 : Science, Vérité, Raison, Nature

________________________________________________________________________
En quel sens les sciences de la nature sont-elles vraies ?
________________________________________________________________________

1. Analyse du sujet.

2. Que présuppose le sujet ? Peut-on ne pas être d’accord


avec ce présupposé ?

3. Définition provisoire des notions liées au sujet :


Science :

Vérité :

Raison :

Nature :

4. Quels sont les enjeux de cette question ? Pourquoi c’est important d’y répondre ?
5. Construisez le problème de ce sujet :
PROBLÈME :
I.Le rapport de la science à la vérité est établie par une méthode rigoureuse : la
science devrait trouver la vérité de la nature, c’est-à-dire décrire fidèlement la
réalité.
__________________________________________________________________________

A. Il est possible de trouver des vérités en science car la nature


est elle-même écrite en langage mathématique : les lois
scientifiques sont donc des découvertes qui préexistent aux
humains.

« La philosophie (la science) est écrite dans ce très vaste livre qui constamment se tient ouvert
devant nos yeux – je veux dire l’univers – mais on ne peut le comprendre si d’abord on apprend
pas à comprendre la langue et à connaître les caractères dans lesquels il est écrit. Or il est écrit
en langage mathématique et ses caractères sont les triangles, les cercles, et autres figures
géométriques, sans lesquels il est absolument impossible d’en comprendre un mot, sans lesquels
on erre vraiment dans un labyrinthe obscur ». - Galilée, L’Essayeur, 1623

1. Pourquoi devrions-nous connaître les mathématiques pour comprendre l’univers ?


2. Expliquez la métaphore du livre : le monde est-il vraiment écrit en langage mathématique ?
3. Donnez un exemple concret de formule mathématique qui semble expliquer une partie du
monde ?
4. Pour Galilée, quel type de vérité découvre le scientifique ?
5. Êtes-vous d’accord avec lui ?

Thèse de Galilée :

B. La science peut trouver des vérités car elle procède avec méthode : le scientifique
doit interroger la nature en faisant usage de sa raison.
Cours en prise de note et en interaction.
« Lorsque Galilée fit rouler sur un plan incliné des boules dont il avait lui-
même déterminée la pesanteur […], alors une nouvelle lumière vint éclairer
tous les physiciens. Il comprit que la raison n’aperçoit que ce qu’elle produit
elle-même d’après ses propres plans, qu’elle doit prendre les devants avec les
principes qui déterminent ses jugements suivant des lois constantes, et forcer
la nature à répondre à ses questions, au lieu de se laisser conduire par elle
comme à la lisière ; car autrement des observations accidentelles et faites
sans aucun plan tracé d’avance ne sauraient se rattacher à une loi nécessaire,
ce que cherche pourtant et ce qu’exige la raison. Celle-ci doit s’adresser à la
nature tenant d’une main ses principes, qui seuls peuvent donner à des
phénomènes concordants l’autorité de lois, et de l’autre les expériences qu’elle a
instituées d’après ces mêmes principes. Elle lui demande de l’instruire, non pas
comme un écolier qui se laisse dire tout ce qui plaît au maître, mais comme
un juge qui a le droit de contraindre les témoins à répondre aux questions
qu’il leur adresse. » Kant, Critique de la raison pure, Préface à la 2nd édition,
1787
C. Le fonctionnement de la démarche scientifique nous fait relativiser l’idée de
vérité : la science progresse en se corrigeant et non seulement en accumulant des
connaissances.

Contexte : Dans son recueil d’articles Conjectures et Réfutations, Karl Popper fait une synthèse de
sa pensée sur les sciences. Il va revenir sur la définition de la science et sur les caractéristiques de
son progrès. Il s’interroge sur le fonctionnement de la science afin d’en expliciter ses véritables
processus : la science progresse t-elle en accumulant des connaissances ou en corrigeant les savoirs
établis ? Si cela est le cas : qu’est-ce que cela implique sur le rapport de la science à la vérité ?

Toute ‘’bonne’’ théorie scientifique consiste à proscrire : à interdire certains


faits de se produire. Sa valeur est proportionnelle à l’envergure de
l’interdiction. Une théorie qui n’est réfutable par aucun événement qui se
puisse concevoir est dépourvue de caractère scientifique. Pour les théories,
l’irréfutabilité n’est pas vertu mais défaut. Toute mise à l’épreuve véritable
d’une théorie par des tests constitue une tentative pour en démontrer la
fausseté ou pour la réfuter (to falsify). Pouvoir être testée, c’est pouvoir être
réfutée. […] On pourrait résumer ces considérations ainsi ; le critère de la
scientificité d’une théorie réside dans la possibilité de l’invalider, de la réfuter
ou encore de la tester. » - Popper, Conjecture et réfutations, la croissance du
savoir scientifique, 1963

1. Qu’est-ce qu’une bonne théorie scientifique pour Popper ? Pourquoi ?


2. Pourquoi la réfutation est-elle le critère de la scientificité d’une théorie ? Si quelque chose n’est
pas réfutable, est-ce scientifique ? Donnez un exemple
3. Cela vous semble t-il intuitif ? Pourquoi ?
4. Les théories scientifiques décrivent-elles la réalité si elles sont dans l’attente d’être réfutées ?
5. Résumez en une ou deux phrases ce qu’est le « falsificationnisme » de Popper.

Discussion : Les théories de l’unification (ou du « tout ») en physique seraient-elles


scientifiques selon Popper ?

Vidéo : ScienceEtonnante : Stephen Hawking et la théorie du tout.


https://www.youtube.com/watch?v=Sz-tnYUqkC4&t=81s
________________________________________________________________________

Conclusion du I. :

Transition :
II. Cependant, la science peut affronter certaines limites internes qui peuvent
remettre en question à la fois son objectivité et sa prétention à décrire la
nature : l’importance du pluralisme en science.
__________________________________________________________________________

A. La science est perméable à des valeurs sociales ce qui peut réduire son
objectivité, voire la diriger vers de mauvaises directions : que faire ?

1. Qu’est-ce que l’objectivité scientifique ? A quel niveau elle est censée exister ?
2. La subjectivité existe t-elle en science à votre avis ? Avez-vous un exemple ?

Contexte : Dans son article, Stéphanie Ruphy examine la


contribution des philosophes et des scientifiques féministes en
science. Elle explique longuement la philosophie de Helen
Longino (en photo ici). Dans son livre Science as Social Knowledge,
Longino examine l’existence de biais culturels dans la production
scientifique et réfléchit à un modèle de fonctionnement de la
science afin de canaliser et de rendre productif ces biais.

« Plus près de nous, la primatologie offre un cas d’école de tels biais [sexistes]. Les primatologues
distinguent en général trois groupes : les mâles dominants, les femelles et les jeunes, et les mâles
périphériques. Jusque dans les années 1960, cette division allait de pair avec l’idée que ce qui
structurait socialement une société de primates était le comportement des mâles dominants, en
particulier leur compétition pour le contrôle du territoire. Bien peu d’attention était portée aux
comportements des femelles, celles-ci étant essentiellement considérées comme assurant la
reproduction du groupe. Cette description a significativement évolué lorsque sont entrés dans la
discipline à la fin des années 1960 des scientifiques féministes, qui se sont dans un premier temps
tout simplement davantage intéressés à ce que faisaient les femelles, en sus de leur fonction
reproductive. Cet élargissement de la base observationnelle a conduit à une réévaluation de leur
rôle social. L’importance des stratégies d’alliance entre femelles a alors été établie, ce qui a permis
une compréhension plus fine et plus complète de la dynamique sociale des sociétés de primates ».
- Stéphanie Ruphy, Rôle des valeurs en science : contributions de la philosophie féministe des sciences,
2015, à propos de Longino

3. Quel était le problème dans l’étude des primates dans les années 60 ? Les résultats obtenus
semblaient-ils satisfaisant ?
4. Qui a contribué à faire évoluer cette conception dans les années 60, et comment ? Qu’est-ce qui
a pu être observé ?
5. En quoi l'évolution de la compréhension des sociétés de primates après l'intervention des
scientifiques féministes soulève-t-elle des questions sur la fiabilité des connaissances scientifiques
antérieures ?
6. Que pouvons-nous faire afin de neutraliser ces biais à votre avis ? Peuvent-ils même être
neutralisés ?

1.
2.
3.
4.
5.
B. Les théories scientifiques ne portent pas sur la nature comme un tout mais
décrivent seulement des parties : le pluralisme des théories et des méthodes.

Contexte : Dans son article « Sur les lignes de force de Faraday », James Clerk
Maxwell fonde l’électromagnétisme en étudiant les avancées faites par Faraday dans
son domaine. Après avoir expliqué l’interaction à distance entre les choses en unifiant
le magnétisme avec les phénomènes électrique (pour montrer qu’ils sont les 2 faces
d’une même médaille), Maxwell s’interroge sur l’unité de la nature et le rôle des
théories qui la décrivent.

« Il se peut que le Livre de la nature, selon l’expression consacrée soit un livre à la pagination
régulière ; dans ce cas, il ne fait aucun doute que les parties introductives expliqueront celles qui
suivent, et que les méthodes enseignées dans les premiers chapitres seront admises et utilisées
comme illustrations dans les parties les plus avancées du cours ; mais il ne s’agit pas d’un livre
mais plutôt d’un magazine et rien ne serait plus insensé que de supposer qu’une de ses parties
puisse en éclairer un autre. » Maxwell, Sur les lignes de force de Faraday, 1855

1. Quels sont les deux modèles de rapport de la science à la nature que propose Maxwell ? En quoi
sont-ils différents ?

Modèle « Livre » Modèle « Magazine »

2. Doit-on plutôt parler de la science ou des sciences ? Pourquoi ?


3. La manière dont on fait de la science à l’école se rapproche plus de quel modèle ?
4. Quelle vision de la vérité cela implique t-il ?
5. Unifier la physique quantique avec la relativité générale permettrait-il de retrouver un modèle
« livre » ?
C. Les sciences ne portent pas sur la nature en soi mais sur la nature telle qu’elle est
connue d’après les conditions de possibilité de la connaissance humaine : une science
transcendantale selon Kant.

Contexte : Dans la Critique de la Raison pure, Kant s’intéresse à la connaissance humaine et


ses conditions de possibilité : comment peut-on connaître quelque chose, notamment de manière
scientifique. L’originalité de sa démarche révolutionnaire en philosophie réside dans le fait qu’il
renverse le rapport sujet/objet : Avant, c’était l’objet qui était au centre de la théorie de la
connaissance. C’est l’homme qui vise l’objet, et non seulement l’objet qui affecte le sujet. Par cette
démarche, il va être en mesure de définir les pouvoirs et les limites de la raison humaine.

« L'ordre et la régularité, c'est donc nous-même qui les introduisons dans les phénomènes que
nous appelons nature, et nous ne pourrions les y trouver si nous ou la nature de notre esprit ne
les y avaient pas mis originairement. Car cette unité de la nature doit être une unité nécessaire,
c'est-à-dire certaine a priori de la liaison des phénomènes. », Kant, Critique de la raison pure,
« Logique transcendantale », Chapitre II, section 3, 1787

1. La nature est-elle en soi ordonnée pour Kant ? Pourquoi ?


2. Peut-on connaître les phénomènes indépendamment de la perception que nous en avons ?
3. Pourquoi l’unité de la nature est nécessaire ? Qu’est-ce que cela veut dire ?
4. Prise de note et schéma sur le transcendantale chez Kant
5. A partir de cela, la science de la nature porte-elle sur la nature en soi ? Rédigez un argument.

Thèse de Kant ;

_____________________________________________________________________
Conclusion du II. :

Transition :
III. La critère de vérité d’une théorie scientifique est son efficacité : la bonne
science est une science qui marche indépendamment de son rapport à la
réalité et conformément à des valeurs anthropologiques. Mais doit-on renoncer
à l’idéal de vérité en science ?
__________________________________________________________________________

A. La science construit des « mondes » et ses propres critères de légitimation : le


scientifique ne collecte pas seulement des données mais crée tout un univers symbolique
qui les explique.

Contexte : Dans l’Essai sur l’homme, Cassirer s’intéresse à ce qui


définit les humains. Pour lui, la spécificité de l’homme est la capacité à crée
des langages à partir de symboles (mots, théories, mathématiques, arts,
mythes etc.). Ces symboles sont la seule manière dont les humains peuvent
se rapporter à la réalité. Il n’y pas de réalité, pour l’homme, qui existe
indépendamment de ceux-ci.

« Le travail de tous les grands physiciens – Galilée ou Newton, Maxwell


ou Helmholtz, Planck ou Einstein – ne se réduisait pas à une simple
collecte des faits ; c’était un travail théorique, c’est-à-dire constructif.
Cette spontanéité ou cette productivité est au cœur même de toute
activité humaine. C’est le pouvoir suprême de l’homme ; lequel désigne
en même temps la frontière naturelle du monde humain. Dans le langage,
la religion, l’art et la science, l’homme ne peut rien faire de plus que
construire son propre univers, un univers symbolique qui le rend
capable de comprendre et d’interpréter, d’articuler et d’organiser, de
synthétiser et d’universaliser son expérience ». Cassirer, Essai sur
l’homme, chap. 11 « la science », 1944

1. Pourquoi le travail des physiciens n’est pas seulement une collecte de donnée mais bien un
travail constructif ? Qu’est-ce que cela implique ?
2. En quel sens peut-on dire que, pour Cassirer, la science crée son propre monde ?
3. Donc, qu’est-ce qui distinguerait la science des autres créations humaines ?
→ DM d’entraînement : écrire une introduction d’explication de texte.

Exemple en physique : La classification des éléments chimiques est-elle naturelle ?

-En quoi le tableau périodique des éléments est-elle


une forme de langage symbolique ?

-Comment reconnaît-on que cette construction


scientifique est efficace ?

-Cela a t-il du sens de dire qu’elle est vraie ?


B. Si la science produit ses propres critères de légitimation (épistémiques et non-
épistémiques) alors peut-on dire qu’elle progresse ? La science progresse par révolution et
changement de paradigme.

« Les crises sont une condition préalable et nécessaire de l’apparition de


nouvelles théories. Comment les scientifiques réagissent-ils à la prise de
conscience d’une anomalie dans la cohérence entre la théorie et la
nature ? Quand une anomalie semble être plus qu’une énigme de la
science normale, la transition vers la crise, le passage à la science
extraordinaire ont commencé.
Toutes les crises se terminent de l’une des trois manières suivantes.
Quelquefois, la science normale se révèle in extremis capable de résoudre
le problème à l’origine de la crise, malgré le peu d’espoir conservé par
ceux qui voyaient là la fin du paradigme existant. Dans d’autres cas, le
problème résiste, même si on l’aborde d’un point de vue en apparence
radicalement nouveau. Les scientifiques peuvent alors conclure
qu’aucune solution ne se présentera dans l’état actuel de leur domaine de
recherche. Le problème est étiqueté et mis de côté pour une génération
future, disposant d’outils plus développés. Ou bien, finalement, et c’est le
cas qui nous concerne le plus directement ici, une crise peut se terminer
avec l’apparition d’un nouveau candidat au titre de paradigme et une
bataille s’ensuit pour son adoption.
Le passage d’un paradigme en état de crise à un nouveau paradigme d’où
puisse naître une nouvelle tradition de science normale est loin d’être un
processus cumulatif, réalisable à partir de variantes ou d’extensions de
l’ancien paradigme. C’est plutôt une reconstruction de tout un secteur sur
de nouveaux fondements. Les spécialistes ont une tout autre manière de
considérer leur domaine, ses méthodes et ses buts. [C’est comme un]
changement de forme visuelle : le dessin qui était d’abord vu comme un
canard est maintenant vu comme un lapin ou vice versa. Le passage au
nouveau paradigme est une révolution scientifique. » Thomas Kuhn
Structures des révolutions scientifiques, 1962

→ Cours en prise de note : explication collective du texte.

Podcast sur Kuhn : https://www.youtube.com/watch?v=_mBS4YbiYcA&t=7s

COMMENT COMPARER LES PARADIGMES ?

1. Précision (les conséquences d'une théorie doivent être en accord avec le résultat des expériences
et des observations existantes).
2. Cohérence (interne et externe, c'est-à-dire avec les autres théories généralement acceptées).
3. Envergure (ses conséquences doivent aller bien au-delà des observations, lois qu'elle doit
expliquer)
4. Simplicité (mettre de l'ordre dans les phénomènes qui, s'ils étaient pris un par un seraient isolés,
et si pris en groupe, seraient confus).
5. Fécondité (elle doit pouvoir dégager de nouveaux phénomènes ou des nouvelles relations entre
phénomènes déjà connus)

→ A partir de la thèse de Kuhn ou de Cassirer et des éléments ci-dessus répondez à la


question rectrice : en quel science les science de la nature sont-elles vraies ?
→ Pour aller plus loin : Voir comment un physicien contemporain a une vision de la science qui
vient de Kuhn.

« Du point de vue pratique, il est possible de considérer que chaque nouveau modèle s’approche
un peu plus d’une description idéale et que au fur et à mesure des avancées, les différences entre
les prédictions et les modèles et les données expérimentales deviennent très minces. En ce sens
purement technique les modèles tendent vers la vérité. Mais du point de vue de la réalité – ce qui
importe réellement – c’est impossible. Chaque modèle est absolument différent du précédent.
Décrire le mouvement d’un corps céleste avec les équations d’Einstein à la place de celles de
Newton est une infime amélioration du point de vue de la précision qui était déjà excellente chez
Newton. Mais, du point de vue de la description fondamentale du monde, c’est une révision totale
et absolue, pas du tout une petite modification. Chez Newton, la Terre tourne autour du Soleil
parce qu’une force l’attire et lui impose cette orbite quasi-circulaire. Chez Einstein, la Terre n’est
soumise à aucune force. Elle avance en ligne droite dans l’espace courbé par la présence du Soleil.
Ca n’a rien à voir ! Les objets et les concepts en jeu sont tout autres. […] Il est, par conséquent,
très délicat d’imaginer qu’il soit possible de se rapprocher une vérité ultime puisque toute
révolution scientifique s’accompagne d’une redéfinition totale du réel. Toute nouvelle image du
monde est arbitrairement éloignée de celle qui la précède. Comment pourrait-on donc se
« rapprocher » du vrai alors même que chaque rupture entraîne une vision infiniment distante de
la précédente et tout aussi infiniment distante de la suivante ? »
Aurélien Barrau, De la vérité dans les sciences, 2016

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Conclusion générale :

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