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Chapitre 01 Introduction

Ce document présente les notes de cours pour PHYS-F-110, introduisant les concepts fondamentaux de la physique, la démarche scientifique et le système international d'unités (SI). Il décrit la physique classique et moderne, ainsi que les unités de mesure et leur redéfinition en 2019. Les notes soulignent l'importance de la précision dans les mesures et la standardisation des unités pour la communication scientifique.

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Chapitre 01 Introduction

Ce document présente les notes de cours pour PHYS-F-110, introduisant les concepts fondamentaux de la physique, la démarche scientifique et le système international d'unités (SI). Il décrit la physique classique et moderne, ainsi que les unités de mesure et leur redéfinition en 2019. Les notes soulignent l'importance de la précision dans les mesures et la standardisation des unités pour la communication scientifique.

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PHYS-F-110 Physique Générale I

Chapitre I: Introduction

Catherine Vander Velde


Serge Massar

Edition 2019-20

Avertissement Important : Ces notes complètent mais ne remplacent


pas un livre de référence. Le livre recommandé pour le cours PHYS-F-
110 est le Benson (3 volumes) chez De Boeck.

Avertissement : Ces notes peuvent contenir des erreurs. Merci de les si-
gnaler. Nous remercions chaleureusement pour les listes d’erreurs qu’ils
nous ont transmis les étudiants de l’année 2018-19 ainsi que Maxime
Stapelle.

1
Table des matières

Table des matières 2

1 Introduction 3
1.1 Qu’est-ce que la physique ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.2 La démarche scientifique des physiciens . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.3 Un peu de vocabulaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.4 Le système international d’unités (SI) . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.5 Redéfinition des unités de base du Système international en 2019. . 9
1.6 Les unités non standards . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.7 Notation scientifique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.8 Chiffres significatifs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.9 Ordres de grandeur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.10 Analyse dimensionnelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.11 L’alphabet grec . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16

2
Chapitre 1

Introduction

1.1 Qu’est-ce que la physique ?


Le but de la physique est de décrire et comprendre les phénomènes mais aussi
de découvrir pour quoi ils se déroulent comme ils le font.
La plupart des autres sciences s’appuient sur la physique et celle-ci conduit à
de nombreuses applications.
Physique classique (de 1600 à 1900) :
Mécanique classique : étudie les mouvements des points matériels et des
ensembles de points matériels (1er quadrimestre)
Thermodynamique : étudie la température, les transferts de chaleur et
d’une manière générale, les propriétés globales d’ensembles de très nom-
breuses particules.
Electromagnétisme : étudie l’électricité, le magnétisme (2equadrimestre)
et les ondes électromagnétiques.
Physique moderne :
Relativité restreinte (1905) : théorie des objets de grande vitesse, proche
de celle de la lumière.
Mécanique quantique (1922 à 1927) : théorie du monde microscopique,
à l’échelle de l’atome et plus petit.
Relativité générale (1907 à 1915) : décrit la relation entre la force de
gravité et les propriétés géométriques de l’espace.

1.2 La démarche scientifique des physiciens


Exemple :
• Jusqu’au 16e siècle, débats stériles concernant la description du système
solaire (géocentrique – héliocentrique)
• Tycho Brahe (1542–1601), astronome danois : met sur pied un observatoire
et note les positions des objets célestes pendant une assez longue durée.

3
4 CHAPITRE 1. INTRODUCTION

• Johannes Kepler (1571–1630), astronome et mathématicien allemand : en


déduit une série de lois auxquelles les objets célestes semblent obéir.
• Isaac Newton (1642–1727), mathématicien et astronome anglais : montre
que toutes ces lois peuvent être déduites d’une seule loi très générale :
F~ = m~a.

Accumulation de données → lois ↔ théorie → prédictions → confrontation aux


observations
→ usage des mathématiques

1.3 Un peu de vocabulaire


Notion
Idée ou grandeur physique dont on se sert pour analyser les phénomènes phy-
siques.
Exemples : l’espace, le temps, la masse, la longueur, la force, l’énergie.

Loi
Relation mathématique entre des grandeurs physiques, établie par l’expérimen-
tation ou par la théorie.

Principe
Énoncé très général sur le fonctionnement de la nature, qui couvre la totalité
du sujet et fait partie de ses fondements.

Modèle
Analogie ou représentation pratique et souvent simplifiée d’un système pour
permettre son analyse.

Théorie
Part d’une combinaison de principes, d’un modèle et d’hypothèses initiales,
appelées postulats ; de la sorte, cette théorie révèle les points communs à des phé-
nomènes différents.
Les théories peuvent résulter des observations expérimentales mais aussi de
constructions mentales, d’intuition. Elles sont souvent guidées par des notions
esthétiques, comme la beauté, la simplicité, l’élégance mathématique. Mais dans
1.4. LE SYSTÈME INTERNATIONAL D’UNITÉS (SI) 5

tous les cas, une théorie ne sera validée que si ses prédictions sont en accord avec
des observations.

Mesure et unité
Les observations expérimentales impliquent la mesure d’une ou plusieurs gran-
deurs physiques. Mesurer c’est comparer la grandeur à mesurer à un étalon réfé-
rence pour cette grandeur, appelé unité pour cette grandeur.

grandeur à mesurer
mesure = = nombre . (1.1)
unité

Il faut donc toujours préciser l’unité utilisée pour la mesure.

Exemple :

Unités dérivées et unités fondamentales


Les unités de toutes les grandeurs physiques peuvent s’exprimer à partir d’un
petit nombre d’unités fondamentales ; les unités qui s’obtiennent à partir des unités
fondamentales sont appelées unités dérivées.
Le choix des unités fondamentales n’est pas unique et est dicté par le souci
d’avoir des unités fondamentales étalons précises et facilement reproductibles dans
les laboratoires du monde entier.

1.4 Le système international d’unités (SI)


La standardisation des unités est nécessaire pour permettre les échanges de
données et de résultats entre les scientifiques du monde entier. Les unités fonda-
mentales du SI sont données dans la table 1.1.
Remarque : lettre minuscule pour la 1re lettre du nom de l’unité, même s’il
s’agit d’un nom de personne (Ampère, Kelvin) ; par contre, dans ce cas, le symbole
de l’unité commence par une majuscule. Cette règle reste d’application pour celles
des unités dérivées auxquelles on a donné un nom particulier, comme le newton
pour la force.
6 CHAPITRE 1. INTRODUCTION

Table 1.1 – Les unités fondamentales du SI (il existe également une unité pour
l’intensité lumineuse, la candela, que nous ne mentionnons pas ici).

Grandeur physique nom de l’unité symbole de l’unité


la masse le kilogramme kg
la durée la seconde s
la longueur le mètre m
l’intensité du courant électrique l’ampère A
la température le kelvin K
la quantité de matière la mole mol

Définition du kilogramme
À l’origine : le kilogramme était défini comme la masse d’un litre d’eau pure à

4 C.
Depuis la fin du 19e siècle et jusqu’en 2019 : Le kilogramme était défini comme
la masse d’un cylindre en platine iridié (90 % platine et 10 % iridium) de 39,17 mm
de diamètre et 39,17 mm de haut (la masse qui en résulte est proche de celle d’un
litre d’eau à 4 ◦C).
Ce cylindre est conservé au Bureau International des Poids et Mesures (BIPM),
à Sèvres, en France, sous trois cloches de verre scellées qui lui assure des conditions
de pression et d’humidité constantes (figure 1.1). Malgré ces précautions, la masse
du prototype a déjà varié de quelques microgrammes. C’est pourquoi une autre
définition a été donnée récemment, en fixant une fois pour toute la valeur de la
constante de Planck h.
1.4. LE SYSTÈME INTERNATIONAL D’UNITÉS (SI) 7

Figure 1.1 – Prototype international du kilogramme conservé au BIPM.

Définition de la seconde
À l’origine : la seconde était définie comme la 1/86 400 partie du jour solaire
moyen en 1900 ; c’est le Temps Universel (TU).
Depuis 1967 : la seconde est définie comme la durée de 9 192 631 770 périodes
de la radiation correspondant à la transition entre les deux niveaux hyperfins de
l’état fondamental de l’atome de césium 133.
Cette définition fait appel à des notions de mécanique quantique. La période
de la radiation se mesure à l’aide d’une horloge atomique (figure 1.2). Bien que la
seconde soit l’unité du SI connue avec la plus grande précision, le remplacement
du césium comme étalon est aussi à l’étude.
Remarque : lorsqu’on dit que la seconde est l’unité de temps, on commet un
abus de langage. En effet, la seconde se définit comme une période ; c’est donc un
intervalle de temps et non un instant précis.
8 CHAPITRE 1. INTRODUCTION

Figure 1.2 – Horloge atomique au césium.

Définition du mètre
Au 18e siècle : le mètre était défini comme la dix-millionième partie (10−7 ) de
la distance entre l’équateur et le pôle Nord.
Fin du 19e siècle : le mètre était défini comme la distance entre deux traits
gravés sur une règle de platine iridié, elle aussi déposée au BIPM (figure 1.3).
À partir de 1960 : le mètre était défini comme 1 650 763,73 longueurs d’onde
de la radiation orange du krypton 86.
Depuis 1983 : le mètre est défini comme la distance parcourue par la lumière
dans le vide en 1/299 792 458 s. Cette définition implique que la vitesse de la lu-
mière vaut exactement 299 792 458 m s−1 .

Figure 1.3 – La barre de platine-iridium utilisée comme prototype du mètre de


1889 à 1960
1.5. REDÉFINITION DES UNITÉS DE BASE DU SYSTÈME
INTERNATIONAL EN 2019. 9
1.5 Redéfinition des unités de base du Système
international en 2019.
Les unités de base du Système international ont toutes été redéfinies lors de
la 26e conférence générale des poids et mesures (novembre 2018, à Versailles), à
partir de constantes physiques dont la valeur exacte a été fixée définitivement.
Cette réforme est entrée en vigueur en mai 2019. Les nouvelles constantes sont :
• la fréquence de la transition hyperfine de l’état fondamental de l’atome de
césium 133 non perturbé est égale à 9 192 631 770 Hz ;
• la vitesse de la lumière dans le vide, c, est égale à 299 792 458 m/s ;
• la constante de Planck, h, est égale à 6,626 070 15 × 10−34 J s ;
• la charge élémentaire, e, est égale à 1,602 176 634 × 10−19 C ;
• la constante de Boltzmann, k, est égale à 1,380 649 × 10−23 J/K ;
• la constante d’Avogadro, NA , est égale à 6,022 140 76 × 1023 mol−1 ;
où les unités hertz, joule, coulomb, et watt, qui ont respectivement pour symbole
Hz, J, C, et W, sont reliées aux unités seconde, mètre, kilogramme, ampère, kelvin,
qui ont respectivement pour symbole s, m, kg, A, K, selon les relations Hz = s−1 ,
J = m2 kg s−2 , C = A s, et W = m2 kg s−3 . (Source pour cette section : Wikipedia
“Unités de base du Système international”).

1.6 Les unités non standards


Pour certaines applications, l’unité du SI est peu pratique et des unités plus
adaptées sont utilisées, généralement des multiples ou des sous-multiples décimaux,
mais pas toujours. En outre, dans la vie courante, d’autres unités que celles du SI
continuent d’être utilisées.

Les préfixes
Pour les multiples et les sous-multiples décimaux, on utilise des préfixes placés
devant le nom de l’unité standard (table 1.2).
Exemples :

1 km = 1 × 103 m = 1000 m ,
1 ms = 1 × 10−3 s = 0,001 s .

Remarque : une exception concerne l’unité de masse, l’unité fondamentale a


déjà un préfixe, kilo. Cela résulte de ce que dans le passé, le gramme avait été
choisi comme unité fondamentale.
10 CHAPITRE 1. INTRODUCTION

Table 1.2 – Multiples et sous-multiples décimaux du S.I.

préfixe symbole valeur exemple pour


yotta Y 1024 yottagramme (Yg) masse des océans
zetta Z 1021 zettaélectronvolt (zeV) énergie des part. zetta
exa E 1018 exaseconde (Es) âge de l’Univers
péta P 1015 pétamètre (Pm) 1 a.l ∼ 9,5 Pm
téra T 1012 téraélectronvolt (TeV) énergie des acc. actuels
giga G 109 gigahertz (GHz) fré[Link] CPU
méga M 10 6
mégatonne (MT) puissance arme nucléaire
kilo k 10 3
kilovolt (kV) haute tension
hecto h 102 hectopascal (hPa) millibar
déca da 101 décamètre (dam)
déci d 10 −1
décimètre (dm) largeur main
centi c 10−2 centimètre (cm) largeur doigt
milli m 10−3 millimètre (mm) largeur alumette
micro µ 10−6 microgramme (µg) prescription médicale
nano n 10−9 nanofarad (nF) capacité
pico p 10 −12
picoseconde (ps)
femto f 10−15 femtomètre (fm) taille de l’atome
atto a 10−18 attoseconde (as)
zepto z 10−21 zeptomole (zmol) ∼ 600 atomes
yocto y 10−24 yoctocoloumb (yC) charge de l’électron

Les unités usuelles


Voici quelques exemples d’unités usuelles, fréquemment utilisées en mécanique :
• Les multiples de l’unité de durée du SI :
◦ La minute (min) : 1min= 60 s
◦ L’heure (h) : 1h= 60min= 3600 s
◦ Le jour (j) : 1j= 24h
◦ L’année (a) : 1a= 365, 25j
• Un sous-multiple de l’unité de volume : L’unité de volume du SI est
le mètre cube (m3 ) mais le litre (l ou L) est couramment utilisé :
1 L = 1 dm3 , par conséquent : 1 m3 = 1000 L .
• Les unités d’angle : L’unité d’angle du SI est le radian (rad). Un angle
se définit comme le rapport entre deux longueurs (figure 1.4).
Larc
α= . (1.2)
R
1.7. NOTATION SCIENTIFIQUE 11

Figure 1.4 – L’angle en radian.

Comme les deux longueurs, Larc et R, s’expriment dans la même unité,


l’unité d’angle est le nombre pur 1. Toutefois, pour repérer plus facilement
qu’il s’agit d’un angle, l’unité d’angle est appelée le radian (rad).
Dans la vie courante, on utilise souvent le degré comme unité d’angle
( ). Comme la longueur d’une circonférence vaut Larc = 2πR, l’angle αcf qui

intercepte la circonférence entière et vaut 360◦ est donné en radians par :


2πR (m)
αcf = = 2π rad = 360◦ (1.3)
R (m)
360◦
=⇒ 1 rad = = 57,296 . . .◦ (1.4)


=⇒ 1◦ = rad = 0,017 453 . . . rad . (1.5)
360

Les conversions d’unités


Il est souvent nécessaire de passer d’une unité à une autre de même nature.
Par exemple, exprimer en mètres par seconde, une vitesse donnée en kilomètres
par heure :

1 km 1000 m
v = 73,2 km h−1 = 73,2 × = 73,2 × = 20,3 m s−1 . (1.6)
1h 60 × 60 s

1.7 Notation scientifique


Il est peu commode de manipuler des nombres écrits en notation décimale,
lorsque ceux-ci comportent beaucoup de zéros. Il est dans ce cas préférable d’uti-
liser la notation scientifique.
En notation scientifique, les nombres s’écrivent sous forme d’un nombre com-
pris entre 1 et 10, suivi d’une puissance de dix.
Par exemple, le rayon d’un noyau s’écrit :
12 CHAPITRE 1. INTRODUCTION

• 0,000 000 000 000 005 m, en notation décimale


• 5 × 10−15 m, en notation scientifique

1.8 Chiffres significatifs


Les valeurs numériques obtenues à partir de mesures comportent toujours une
incertitude et les valeurs théoriques, souvent aussi.
Soit la mesure d’une longueur, L = 12,53 m. Si l’incertitude maximum absolue
sur cette mesure est de 0,4 m, on écrira L = (12,5 ± 0,4) m. Le chiffre le plus à
droite (le 3) n’étant pas significatif, au vu de l’incertitude, on ne l’écrit pas ; on ne
garde que les chiffres significatifs.
On considère comme significatifs, tous les chiffres non entachés d’erreurs (ici
le 1 et le 2) ainsi que le premier chiffre comportant une incertitude (ici le 5).
En effet, on a :
12,1 m < L < 12,9 m .
Inversement, si un nombre est donné sans préciser son incertitude, on fait l’hy-
pothèse que seuls les chiffres significatifs ont été écrits et que par conséquent, seul
le chiffre le plus à droite est affecté d’une incertitude. Attention, les zéros de droite
sont comptés dans les chiffres significatifs, mais pas ceux de gauche et il ne faut
pas oublier de les écrire.
Par exemple :
• 0,002 570 possède 4 chiffres significatifs.
• 2500,00 possède 6 chiffres significatifs.
La règle ci-dessus n’est pas toujours respectée pour les grands nombres entiers.
Il arrive qu’on dise qu’il y ait 20 000 personnes à une manifestation, sans que cela
signifie que ce nombre comporte 5 chiffres significatifs. Si on veut enlever toute
ambiguïté, on utilisera dans ce cas, la notation scientifique : 2, 0 × 104 .

Résultat d’une addition ou d’une soustraction


Soit par exemple :
17,893 + 2,2 − 5,64 = 14,4 . (1.7)
À cause du 2e nombre, celui qui comporte le moins de chiffres après la décimale,
le résultat est entaché d’une incertitude sur le premier chiffre après la décimale.
Dans une addition ou une soustraction, on ne gardera que le nombre de chiffres
après la décimale du terme qui en a le moins.

Résultat d’une multiplication ou d’une division


En première approximation, pour une multiplication ou une division, le résultat
a le même nombre de chiffres significatifs que celui du terme qui en a le moins.
1.9. ORDRES DE GRANDEUR 13

Soit par exemple :


24,387 × 3,2
= 5,776 = 5,8 . (1.8)
13,51

1.9 Ordres de grandeur


On appelle ordre de grandeur, une fourchette de valeurs qui va typiquement de
1/10 à 10 fois la grandeur. Donner l’ordre de grandeur d’un résultat, c’est donner
le résultat à un facteur 10 près.
Estimation des ordres de grandeur :
• peut être donné par l’expérience personnelle ou l’étude. Exemple : la hau-
teur d’un étage d’un immeuble, le temps de chute d’un objet depuis une
certaine hauteur, le poids d’un adulte, le rayon des atomes, la distance
parcourue par un randonneur sur une journée, etc. . .
• ou est le résultat d’un calcul approché dans lequel on ne garde qu’un seul
chiffre significatif pour tous les nombres et on écrit ceux-ci en notation
scientifique.
Par exemple, l’ordre de grandeur du résultat du calcul suivant :
2347,5 × 32,4
= 7841,134 (1.9)
9,7
est donné par :

(2 × 103 ) × (3 × 10) 2×3


= × 103+1−1 = 6 × 103 . (1.10)
(1 × 10) 1
Utilité de l’usage des ordres de grandeur : Les ordres de grandeur se
calculent plus rapidement que les résultats exacts et avec un risque d’erreur
moindre. Dès lors, ils
◦ permettent de vérifier qu’un résultat obtenu au moyen d’un calcul plus
ou moins difficile, est plausible, ce qui permet de détecter pas mal d’er-
reurs ;
◦ de prévoir les résultats d’un nouveau projet afin de vérifier s’il est fai-
sable et intéressant, avant d’y investir temps et argent.

1.10 Analyse dimensionnelle


Introduction
Dans une équation, tous les termes des deux membres doivent avoir la même
unité. Par exemple, ça n’a pas de sens d’ajouter une distance de 2,5 m à une masse
de 3,1 kg. On dit que les équations doivent être homogènes en unités.
14 CHAPITRE 1. INTRODUCTION

Cette propriété permet entre autres, d’exprimer toutes les unités dérivées en
fonction des unités fondamentales, celles de la masse, du temps et de la longueur,
si on reste dans le domaine de la mécanique. Prenons par exemple la vitesse. Dans
un mouvement rectiligne et uniforme (MRU), la vitesse est donnée par le rapport
de l’espace parcouru sur une droite pendant un intervalle de temps donné, ∆x,
divisé par cet intervalle, ∆t :
∆x
v= . (1.11)
∆t
Par conséquent, l’unité de vitesse doit être la même que celle du rapport ∆x/∆t,
c’est-à-dire le mètre divisé par la seconde, le mètre par seconde (m s−1 ).

La dimension d’une grandeur


Cette propriété d’homogénéité des équations, mise en évidence au point précé-
dent, dans le cas des unités du SI, peut se généraliser et s’exprimer sans spécifier
un système d’unités particulier.
On parle alors de la dimension d’une grandeur x ; on l’écrit entre crochets : [x]
veut dire “dimension de la grandeur x”.
La dimension d’une masse s’écrit M : [m] = M .
La dimension d’une durée s’écrit T : [∆t] = T .
La dimension d’une longueur s’écrit L : [x] = L.
Toute équation doit être homogène en dimensions.

Trouver la dimension d’une grandeur par l’analyse


dimensionnelle
Revenons à l’exemple de la vitesse. On peut écrire :
 
∆x [∆x] L
[v] = = = = LT −1 . (1.12)
∆t [∆t] T

On peut de la même manière trouver les dimensions de n’importe quelle autre


grandeur mécanique, et par là son unité, par exemple, trouver les dimensions
de l’accélération ou de la force. L’accélération est une variation de vitesse par
intervalle de temps. On a :

LT −1
 
∆v [∆v]
[a] = = = = LT −2 . (1.13)
∆t [∆t] T

Les dimensions de la force peuvent être trouvées grâce à la loi de Newton : F~ = m~a

[F ] = [ma] = M LT −2 . (1.14)
1.10. ANALYSE DIMENSIONNELLE 15

Détecter des erreurs grâce à l’analyse dimensionnelle


L’analyse dimensionnelle, telle que celle que nous venons de faire pour trouver
les dimensions de la vitesse, est aussi très utile pour détecter d’éventuelles erreurs
dans un calcul ou dans une formule.
Imaginons que vous pensiez vous souvenir que la loi de la chute libre est :
h = 12 g∆t, où h est la hauteur de la chute, g, l’accélération de la pesanteur et ∆t,
la durée de la chute.
Vérifions l’homogénéité des dimensions.
[h] = L , (1.15)
   
1 1
g∆t = [g][∆t] = 1LT −2 T = LT −1 6= L . (1.16)
2 2
Il y a donc une erreur ; il manque une grandeur qui doit avoir les dimensions
d’un temps, soit :
1
h = g∆t2 . (1.17)
2
L’équation est maintenant homogène :
   
1 1
2
g∆t = [g][∆t2 ] = 1LT −2 T 2 = L = [h] . (1.18)
2 2
L’analyse dimensionnelle ne permet pas de détecter toutes les erreurs. Par
exemple, si on oublie le facteur 1/2 dans la relation ci-dessus, comme il est sans
dimension, c’est un nombre pur, l’homogénéité de l’équation ne sera pas affectée.

Déterminer les dimensions des constantes d’une équation


L’analyse dimensionnelle permet aussi de trouver les dimensions des constantes
qui apparaissent dans une équation.
Par exemple : ∆x = a∆t2 + b∆t + c, où ∆x est l’espace parcouru pendant
l’intervalle de temps ∆t. L’équation doit être homogène en dimensions ; par consé-
quent :
[∆x] = [a∆t2 ] = [b∆t] = [c] = L . (1.19)
Donc
L
[a∆t2 ] = [a][∆t2 ] = [a]T 2 = L =⇒ [a] = = LT −2 , (1.20)
T2
L
[b∆t] = [b][∆t] = [b]T = L =⇒ [b] = = LT −1 , (1.21)
T
[c] = L . (1.22)
Remarquez donc que les facteurs numériques ne sont pas toujours sans dimen-
sion.
16 CHAPITRE 1. INTRODUCTION

Trouver la forme de certaines lois, grâce à l’analyse


dimensionnelle
Dans certains cas, lorsqu’on peut supposer les grandeurs susceptibles de jouer
un rôle dans une situation, la loi à laquelle elles obéissent peut être trouvée, aux
facteurs sans dimensions près.
Exemple : la formule donnant la période d’un pendule simple.
Pendule simple : une masse ponctuelle qui oscille suspendue à un fil, à la surface
de la terre. Période du pendule (Tpend ) : durée d’un aller et retour de la masse.
De quoi peut-elle bien dépendre ?
Pour répondre, il faut comprendre que si le pendule oscille, c’est parce que
lorsqu’on lâche la masse m, elle tombe sous l’effet de la force pesanteur, mg ;
ensuite, elle est empêchée de continuer de tomber et remonte, à cause du fil qui la
retient, de longueur l. Dès lors, on s’attend à ce que :

Tpend = f (m, l, g) = αma lb g c ,

où α est un nombre sans dimension et a, b et c sont des exposants à déterminer


par l’analyse dimensionnelle.
Imposons que cette relation soit homogène en dimensions :

[Tpend ] = [α][ma ][lb ][g c ] (1.23)


[Tpend ] = T , (1.24)
[α][ma ][lb ][g c ] = 1M a Lb (LT −2 )c = M a Lb+c T −2c . (1.25)

Donc,
M a Lb+c T −2c = T =⇒ a = 0, b + c = 0, −2c = 1 . (1.26)
Donc, c = −1/2, b = −c = 1/2 et a = 0, et la période du pendule ne peut dépendre
de la masse et doit être donnée par :
s
l
Tpend = αl1/2 g 1/2 = α . (1.27)
g

En fait α vaut 2π, mais pour le montrer, il faut faire appel à la 2e loi de Newton.

1.11 L’alphabet grec


Nous serons amenés dans ce cours et dans bien d’autres, à définir un grand
nombre de grandeurs de nature différente et les lettres de l’alphabet latin n’y
suffiront pas. C’est pourquoi nous ferons appel à l’alphabet grec.
Pour faciliter votre compréhension du cours, il est vivement conseiller d’ap-
prendre cet alphabet (voir table 1.3).
1.11. L’ALPHABET GREC 17

Table 1.3 – Alphabet grec

alpha A α nu N ν
beta B β xi Ξ ξ
gamma Γ γ omicron O o
delta ∆ δ pi Π π
epsilon E  rho P ρ
zeta Z ζ sigma Σ σ
eta H η tau T τ
theta Θ θ upsilon Υ υ
iota I ι phi Φ φ
kappa K κ khi ou chi X χ
lambda Λ λ psi Ψ ψ
mu M µ omega Ω ω

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