1
2
3
Introduction Générale
Le commerce international est un moteur essentiel de
la croissance économique des nations et mondiale.
Il permet aux pays d’échanger des biens, des services
et des capitaux, favorisant ainsi la spécialisation,
l’innovation et la compétitivité.
Toutefois, il soulève aussi des enjeux majeurs,
notamment en matière d’inégalités, de régulation et
d’impact environnemental.
•Ce cours vise à fournir une compréhension approfondie des
mécanismes du commerce international, en explorant les théories
économiques, les politiques commerciales et les défis contemporains
liés à la mondialisation.
Objectifs pédagogiques
4
❖ Comprendre les principes fondamentaux du commerce
international et son évolution historique.
❖ Analyser les théories classiques et modernes expliquant les
échanges entre nations.
❖ Évaluer les différentes politiques commerciales mises en
place par les gouvernements.
❖ Étudier l’impact du commerce international sur le
développement économique et l’environnement.
❖ Comprendre le rôle des institutions internationales comme
l’OMC et le FMI.
❖ Discuter des défis actuels du commerce international
(protectionnisme, crises économiques, enjeux écologiques).
❖ Comprendre la structure du commerce international de la
République Démocratique Du Congo, les défis et les
opportunités.
CHAPITRE 1: CONSIDERATIONS GENERALES SUR L’ECONOMIE
INTERNATIONALE 5
1.1.Définition:
L’économie internationale est l’étude des interdépendances entre économies nationales. Ces
interdépendances prennent la forme de flux internationaux de biens et services, d’échanges d’actifs
financiers, de migrations ou encore d’investissements directs à l’étranger. L’étude de l’économie
internationale utilise les mêmes méthodes analytiques que les autres champs de l’économie. En particulier,
les comportements des agents participant aux marchés internationaux sont dictés par les mêmes motifs que
pour des transactions sur les marchés domestiques.
1.2.Questions se pose l’économie internationale:
La nature des enjeux de politique économique spécifiques aux transactions internationales. Par exemple, la question de
l’optimalité d’une politique commerciale régulant les flux de biens et services est étroitement liée à celle des gains au
commerce.
La question de l’optimalité globale du libre-échange est beaucoup plus controversée, historiquement et aujourd’hui
encore.
Les flux internationaux de capitaux. Ici aussi, la question de l’optimalité est large ment débattue. Il n’est pas évident a
priori de comprendre pourquoi il est bénéfique à un pays d’être un prêteur net sur les marchés internationaux ou, au
contraire, de vivre au-dessus de ses moyens en empruntant à l’étranger
1.2.Subdivision de l’économie internationale
6
Commerce international : étudie les transactions internationales de biens et services, càd les transactions réelles.
Macroéconomie internationale s’intéresse quant à elle à la contrepartie monétaire du commerce international, aux flux
financiers internationaux. Evidemment, les deux types de transaction ne sont pas orthogonaux. Cette interdépendance des
flux réels et financiers est illustrée dans la structure de la balance des paiements.
Y =C+I+G+(X-M)
En notant S le montant épargné de la production nationale et en utilisant la définition de l’épargne comme la
différence entre la production et la somme de la consommation privée et publique (S = Y-C-G), on en déduit :
S-I=X-M
La partie de gauche de l’équation est l’épargne nationale (publique et privée) qui n’est pas utilisée pour investir dans des
facteurs productifs nationaux. Quand S-I est positif, ce supplément d’épargne est disponible pour être investi à l’étranger, il
correspond aux flux monétaires internationaux entre l’économie nationale et le reste du monde. C’est ce qu’on appelle le solde
financier. La partie de droite est l’excédent de la balance commerciale. Il correspond à la demande nette de biens produits
domestiquement par le reste du monde.
1.2.Subdivision de l’économie internationale
7
Commerce international : étudie les transactions internationales de biens et services, càd les transactions réelles.
Macroéconomie internationale s’intéresse quant à elle à la contrepartie monétaire du commerce international, aux flux
financiers internationaux. Evidemment, les deux types de transaction ne sont pas orthogonaux. Cette interdépendance des
flux réels et financiers est illustrée dans la structure de la balance des paiements.
Y =C+I+G+(X-M)
En notant S le montant épargné de la production nationale et en utilisant la définition de l’épargne comme la
différence entre la production et la somme de la consommation privée et publique (S = Y-C-G), on en déduit :
S-I=X-M
La partie de gauche de l’équation est l’épargne nationale (publique et privée) qui n’est pas utilisée pour investir dans des
facteurs productifs nationaux. Quand S-I est positif, ce supplément d’épargne est disponible pour être investi à l’étranger, il
correspond aux flux monétaires internationaux entre l’économie nationale et le reste du monde. C’est ce qu’on appelle le solde
financier. La partie de droite est l’excédent de la balance commerciale. Il correspond à la demande nette de biens produits
domestiquement par le reste du monde.
CHAPITRE 2 : LES THÉORIES TRADITIONNELLES DU COMMERCE
INTERNATIONAL 8
1.1. La théorie des avantages absolus
• Adam Smith explique que chaque pays doit se spécialiser dans la production du bien où il a
un avantage absolu (coût de production plus bas).
• Exemple : Si la France produit du vin plus efficacement que l’Angleterre, et que l’Angleterre
produit du textile plus efficacement que la France, alors chaque pays doit se spécialiser dans
ce qu’il fait de mieux et échanger.
Critiques à l’endroit de l’avantage absolu
• Les Pays dépourvus d’avantage absolu sont exclus du Commerce
• Problème majeur : Si un pays n’a aucun avantage absolu dans aucun secteur, alors selon
cette théorie, il ne peut pas commercer.
Exemple : Si un pays est technologiquement inférieur dans tous les secteurs,
il ne peut rien vendre sur le marché international, ce qui est illogique.
Suite
9
Facteurs de production immobiles
• La théorie suppose que les travailleurs ne peuvent pas changer de métier
facilement entre secteurs, ce qui n’est pas réaliste.
• En revanche, en pratique, la reconversion des travailleurs prend du temps et
engendre des coûts.
1.2. Les modèles des avantages comparatifs
Ils se subdivisent en deux à savoir : le modèle ricardien et le
modèle HOS. Ces modèles reposent sur les hypothèses suivantes :
❖ Préférences convexes et homothétiques
❖ Concurrence parfaite 10
❖ Plein emploi
❖ Rendements constants
Hypothèses ❖ Le changement des prix relatifs (passage de l’autarcie au
libre-échange) modifie la structure de production
des modèles ❖ Versions de base à 2 biens, petite économie ouverte (ou deux
pays), 1 facteur de production (modèle ricardien) ou deux
facteurs (HOS)
1.2.1. Le modèle ricardien (David Ricardo, 1817) : échange
basé sur les différences technologiques de production
❖ Concept clé : Un pays doit se spécialiser dans la production
où il a un avantage relatif, même s’il n’a aucun avantage
absolu. Autrement dit, le pays se spécialise là où son coût
d'opportunité est le plus faible.
Exemple
11
Exemple : Si le Portugal produit à la fois du vin et du textile plus efficacement que l’Angleterre, il devrait
se spécialiser dans le bien où il est relativement le plus productif, tandis que l’Angleterre produit le bien où
elle est le moins désavantagée. Imaginons deux pays : La France et l’Italie, qui produisent deux biens : le
vin et les voitures.
Pays Vin (bouteilles par heure) Voitures (unités par heure)
France 5 2
Italie 3 1
1 bouteille de vin = 2/5 = 0,4 voiture perdue
• Italie : 12
1 voiture = 3/1 = 3 bouteilles de vin perdues
Calcul du coût 1 bouteille de vin = 1/3 = 0,33 voiture perdue
d’opportunité Résultats :
La France a un avantage comparatif dans la production de
voitures car elle renonce à moins de vin que l’Italie (2,5
bouteilles contre 3).
L’Italie a un avantage comparatif dans la production de vin
car elle renonce à moins de voitures qu’en France (0,33
voiture contre 0,4).
13
1.2.1.1. Importance du modèle ricardien : explique
pourquoi des pays peuvent échanger même si l’un
est plus productif partout.
1.2.1.2. Critiques à l’endroit de la théorie de
l’avantage comparatif ricardien
a. Hypothèse de Travail immobile entre pays :
Ricardo suppose que le travail ne peut pas se
déplacer entre les pays. En réalité, les entreprises
délocalisent la production vers des pays à bas coût,
ce qui modifie les avantages comparatifs.
b. Non prise en compte des coûts de transport
•La théorie ne prend pas en compte les coûts de transport. Si un
produit est fabriqué à faible coût dans un pays, mais qu'il coûte
cher à exporter, alors l’échange devient moins avantageux.
Suite 14
c. Effets sur les inégalités et les Salaires : Ricardo suppose que les salaires sont flexibles
et s’adaptent automatiquement à la spécialisation. En réalité, la spécialisation entraîne
parfois des pertes d’emplois massives dans certains secteurs.
d. La non prise en compte des économies d’échelle : Ricardo suppose que les
rendements sont constants. Or, les économies d’échelle (plus on produit, moins c’est
cher) sont une réalité dans les grandes industries.
•Théorème de MacDougall (1951) : Vérification empirique de Ricardo
Ce théorème cherche à vérifier empiriquement la théorie de l’avantage comparatif de
Ricardo.
Il compare la productivité du travail (quantité produite par travailleur) et les
exportations entre les États-Unis et le Royaume-Uni vers des pays tiers.
•Conclusion : Les pays ayant une productivité du travail plus élevée exportent davantage. Et dans ce cas,
les USA exportaient davantage car sa productivité du travail était la plus élevée.
1.3 Le Modèle Heckscher-Ohlin-Samuelson (XXe siècle)
15
A. Hypothèses du modèle
• Deux pays, deux biens et deux facteurs de production (travail
et capital).
• Les technologies de production sont identiques dans les deux
pays.
• Les facteurs de production sont immobiles entre les pays mais
mobiles à l'intérieur d'un pays.
• La production d'un bien utilise plus intensément un facteur que
l'autre.
• Il n’y a pas de barrières au commerce international.
• Conclusion : les pays se spécialisent dans la production des
biens qui utilisent intensivement le facteur de production dont
ils disposent en relative abondance.
16
B.Exemple
• Supposons que les États-Unis soient riches en capital et que le Bangladesh soit riche en travail.
• Les États-Unis produisent plus efficacement des biens intensifs en capital comme des avions
(Boeing).
• Le Bangladesh produit plus efficacement des biens intensifs en travail comme les vêtements (H&M,
Zara).
• Avec le libre-échange, les États-Unis exportent des avions et importent des vêtements, tandis que le
Bangladesh exporte des vêtements et importe des avions.
Un pays qui dispose de beaucoup de capital (exemple : l'Allemagne) produira
des biens nécessitant des capitaux énormes (exemple : machines,
automobiles). Un pays qui dispose de beaucoup de travail (exemple : l'Inde)
se spécialise dans des industries intensives en main-d'œuvre (exemple : textile).
C.Critiques à l’endroit du modèle HOS 17
❖ Le Paradoxe de Leontief (1953) :
• Le modèle HOS prédit que les États-Unis (riches en capital) devraient exporter des biens intensifs en
capital et importer des biens intensifs en travail.
• Or, Wassily Leontief a observé empiriquement que les États-Unis exportaient des biens intensifs en
travail et importaient des biens intensifs en capital.
• Cela contredit la théorie et montre que d'autres facteurs entrent en jeu (ex : technologie, innovation).
❖ Immobilité des facteurs de production
• HOS suppose que le capital et le travail restent dans un seul pays.
• Or, dans la réalité, les entreprises délocalisent (ex : multinationales qui installent leurs usines en Asie).
B. Critiques à l’endroit du modèle HOS (Suite)
18
Ne prend pas en compte le progrès technique comme
déterminant de la spécialisation
• Le modèle suppose que tous les pays ont accès aux mêmes
technologies, ce qui n’est pas tout à fait logique en réalité.
• Certains pays développent des industries de pointe grâce à
l’innovation, pas seulement grâce aux facteurs de production
abondants.
Les préférences des consommateurs ne sont pas prises
en compte
• HOS suppose que la demande des consommateurs n’influence pas
la production.
• Or, un pays peut produire un bien même s’il ne possède pas les
facteurs abondants, simplement parce qu’il y a une forte demande.
C.Résumé des différents théorèmes liés aux modèles du commerce international
19
Résumé des différents théorèmes liés aux modèles du commerce international entre pays à économies
différentes
1. Théorème de Heckscher-Ohlin (H-O) : La spécialisation selon l'abondance des facteurs
les pays se spécialisent dans la production des biens qui utilisent intensivement le facteur de production
dont ils disposent en relative abondance.
2. Théorème de Stolper-Samuelson : L'effet du commerce sur la répartition des revenus
Développé par Wolfgang Stolper (économiste américano-allemand) et Paul Samuelson (prix nobel
d’économie), ce théorème analyse l’impact du commerce sur la distribution des revenus au sein d’un
pays. Ce théorème se formule en 1941.
Lorsque le commerce international favorise la spécialisation d’un pays dans un bien particulier (selon H-
O), il augmente la rémunération du facteur intensivement utilisé dans la production et réduit la
rémunération du facteur rare.
20
Exemple :
• Supposons que les USA (riche en capital,
pauvre en travail non qualifié) ouvre son
Résumé des différents marché au commerce international.
théorèmes liés aux modèles • Ils se spécialisent dans les biens intensifs en
du commerce international capital (machines, produits
technologiques).
• La demande de capital augmente ⇒ les
profits des entreprises et des investisseurs
augmentent.
• La demande de main-d'œuvre non
qualifiée baisse ⇒ les salaires des travailleurs
peu qualifiés diminuent.
• Cela peut entraîner plus d'inégalités entre
riches et pauvres.
Résumé des différents théorèmes liés aux modèles du commerce international
21
❖ Théorème de Heckscher-Ohlin-Samuelson (HOS) : l'égalisation des prix des facteurs
❖ Ce théorème, aussi appelé "théorème de l’égalisation des prix des facteurs", a été développé par Paul Samuelson sur
la base du modèle Heckscher-Ohlin. Il explique comment, sous certaines conditions, le commerce international peut
conduire à une convergence des salaires et des rendements du capital entre pays.
❖ Lorsqu’un pays se spécialise dans un bien (comme vu avec H-O), il va intensifier l’usage du facteur abondant.
❖ Cela augmente la demande pour ce facteur, faisant monter son prix.
❖ Dans l’autre pays, qui importe ce bien, la demande pour ce facteur diminue, donc le prix de ce facteur de production
baisse.
❖ Avec le libre-échange, les différences de prix des facteurs (salaires et rendements du capital) tendent à s’atténuer
entre pays.
Résumé des différents théorèmes liés aux modèles du commerce international
22
❖ Exemple :
❖ Avant la mondialisation, un ouvrier aux États-Unis gagnait beaucoup plus qu’un ouvrier en Chine.
❖ Avec le commerce international, les entreprises américaines ont délocalisé la production en Chine.
❖ La demande de main-d'œuvre chinoise a augmenté, ce qui a fait monter les salaires en Chine.
❖ Aux États-Unis, la demande de main-d'œuvre a diminué, ce qui a stagné ou réduit les salaires.
❖ Résultat : les salaires chinois augmentent, les salaires américains baissent → convergence des salaires.
❖ Théorème de Rybczynski : L'effet d'une augmentation d'un facteur sur la production
Développé par Tadeusz Rybczynski en 1955(économiste britanique d’origine polonaise), ce théorème explique comment
une augmentation de la dotation d'un facteur de production affecte la production des biens.
Résumé des différents théorèmes liés aux modèles du commerce international
23
❖ Dans une économie à deux biens et deux facteurs de production, l’augmentation de la disponibilité d’un
facteur, lorsque les prix restent constants, engendre une augmentation plus que proportionnelle de la
production du bien utilisant intensivement ce facteur de production et diminue celle de l’autre bien.
Exemple :
• Supposons que le Canada reçoive un grand nombre d’immigrants, augmentant ainsi son offre de travail
disponible.
• Le Canada est déjà spécialisé dans l’agriculture (intensive en terres) et les services (intensifs en travail).
• Avec plus de main-d'œuvre, il augmente la production de services mais réduit la production agricole, car il
ne peut pas transformer ses terres en main-d'œuvre.
CHAPITRE 3 : LES NOUVELLES THEORIES DU COMMERCE 24
INTERNATIONAL
➢ Nouvelle direction des échanges commerciaux entre pays
➢ Intensification des flux commerciaux entre pays à dotation factorielle similaire (échanges intra-branches) depuis la seconde moitié du 20ème siècle
➢ Echanges bidirectionnels des produits différentiés
➢ Incapacité pour la théorie traditionnelle du commerce international à expliquer la base de ces échanges car fondée sur le commerce entre pays à
économies différentes
➢ D’où l’engagement dans l’élaboration d’une théorie nouvelle devant expliquer le fondement des échanges commerciaux intra-branches
➢ Economies d’échelles (diminution du coût unitaire de production en raison d’une augmentation de la quantité produite)
➢ Concurrence imparfaite : les entreprises influencent les prix de leurs biens sur le marché (concurrence monopolistique, oligopole)
➢ Préférences pour la variété
25
Suite
Par exemple, le Canada importe des voitures de luxe de marque Ford et Chevrolet et exporte des voitures de marque
Honda et Chrysler principalement vers les États-Unis. Le Canada et les États-Unis se trouvent alors à s’échanger le
même produit, soit des voitures de tourisme.
❖ Economies d’échelle externes : sont situées à l’extérieur de la firme càd la diminution du coût unitaire de production
provient de l’augmentation de l’activité au niveau de l’industrie ou de la région.
❖ Le learning (apprentissage et transmission des connaissances)
❖ Le matching (appariement entreprises-employés)
❖ Le sharing (partage des fournisseurs des biens intermédiaires entre les producteurs des biens finaux)
❖ Economies d’échelle interne : proviennent de l’augmentation de l’échelle de production de la firme elle-même
26
Suite
❖ Le principe d’indivisibilité des facteurs: on ne peut augmenter les facteurs de production que
par unités entières, ce qui place la production à un niveau plus élevé.
❖ La division du travail : les grandes firmes ont beaucoup plus de latitude à spécialiser les
travailleurs dans des tâches où ils performent mieux, d’où une meilleure productivité
❖ Les coûts fixes : s’amortissent avec la quantité de production.
2.1. La concurrence monopolistique et l’échange international (Krugman, 1979)
❖ Développé par Dixit et Stiglitz (1977) et Krugman (1979) et Krugman (1980)
❖ elle repose sur deux hypothèses principales : 1) les biens sont différentiés, 2)chaque firme
considère les prix des firmes concurrentes comme données (elle ignore l’impact de son prix
sur les prix des autres variétés).
27
Graphique montrant
l’équilibre entre le prix de
chaque monopole et la
consommation de chaque
variété
Graphique montrant l’équilibre entre le prix de chaque monopole et la consommation de chaque variété
28
𝑝
est le prix en unités de salaire ⇒ indicateur de productivité relative, de coût unitaire et de compétitivité prix.
𝑤
mesure le prix relatif au salaire càd combien d’unités de salaire il faut pour acheter une unité du bien.
Exemple : Une entreprise qui fabrique des briques
• Prix de vente d’une brique (p) : 2 dollars
• Salaire horaire moyen des ouvriers (w) : 10 dollars
• Productivité (c) : un ouvrier produit 5 briques par heure
Equilibre en autarcie
Indiqué à l’intersection de ces deux courbes, il y a détermination de la consommation par tête pour chaque
variété et le prix de chaque monopole
D’une part, la courbe de coût moyen indique une relation décroissante entre la quantité consommée par
tête et le prix de chaque monopole
D’autre part, la courbe de politique optimale de prix montre une relation croissante entre les quantités
consommées de chaque variété par tête et le prix de chaque monopole.
Effet du libre-échange
29
Gain d’échelle de production
augmentation de la taille du marché pour chaque firme du fait de l’ajout des consommateurs étrangers à ceux domestiques. Ce qui
permet à la firme d’augmenter son échelle de production et diminuer en suite son coût moyen. La diminution du CM est bénéfique
aux consommateurs et la firme bénéficie des économies d’échelle.
En revanche, ces économies d’échelle riment avec un nombre limité ou restreint des firmes.
gain en variété
Accroissement du nombre de variétés de produits, ce qui augmente le bien-être du consommateur comme il a la possibilité de
demander les variétés domestiques et celles étrangères.
Effet du libre-échange
30
2.2. Commerce international en situation oligopolistique
31
En oligopole, l’élément majeur expliquant les échanges est la prise en compte du comportement stratégique qui donne naissance à
l’application du dumping réciproque par les firmes.
Les firmes sont suffisamment grandes et sont dotées des grandes parts de marché. Elles influent alors le prix.
Explicitement, la firme domestique effectue son meilleur choix compte tenu du meilleur choix de la firme étrangère.
Ce comportement stratégique des firmes les pousse à opter pour une segmentation des marchés et appliquer une tarification
différente pour un même produit selon qu’il est vendu sur le marché domestique ou sur celui étranger.
Ce qui donne lieu au dumping réciproque. Cette pratique conduit chaque firme à fixer sur le marché étranger, un prix
inférieur à celui qu’elle fixe sur son propre marché, malgré le coût lié à l’échange qu’elle supporte.
Pour Paul Krugman (1979 et 1980) sous la concurrence imparfaite, l’échange est mutuellement bénéfique si chaque
pays se spécialise dans le bien où il a le marché domestique le plus large.
Dans un modèle 2X2X2, si le premier pays grâce à l’économie d’échelle détient le mono ou l’oligopole dans la
production du premier bien, il va pousser le deuxième à se spécialiser dans la production du deuxième bien.
2.3. Commerce international avec hétérogénéité des firmes : modèle de Melitz (2003)
Commerce intra-industriel entre les entreprises appartenant à deux pays différents, avec goût pour la variété
32
Un seul facteur de production : le travail
Prix de monopole local en concurrence monopolistique: taux de marge constant sur coût marginal
Ce sont des firmes de la branche qui sont actrices et non les pays
Coût d’entrée sur le marché : investissement irrécupérable
Les firmes ne connaissent leurs productivités qu’une fois entrées sur le marché et non ex-ante
Un tirage au sort à l’entrée a lieu en fonction du niveau de productivité
Conséquences : les firmes les plus productives font plus de profit car Cm plus faible, prix plus faible, demande plus importante
Coûts de production
coût marginal déterminé par la productivité
Coût fixe de production
Conséquences: les firmes les moins productives ne peuvent pas payer ce coût fixe. Un seuil de
productivité minimale pour produire est alors défini. D’où, la sélection sur le marché domestique
Sélection sur le marché étranger
33
Pour exporter, la firme domestique supporte un coût variable (coût de transport) et un coût fixe.
Ce coût fixe de la firme domestique est énorme sur le marché étranger.
Dans ce cas, l’auto-sélection des firmes avant l’exportation a lieu et elle se base sur le seuil de productivité
minimum d’exportation permettant de distinguer les firmes.
Ce seuil est mesuré par la capacité à couvrir le coût fixe à l’exportation. C’est ce seuil qui conditionne
l’exportation.
Ainsi, seules les firmes qui dépassent ce seuil (les plus productives) pourront exporter car elles sont
capables de demeurer productives tout en ayant couvert le coût fixe d’exportation tandis
Certaines vont vendre uniquement sur le marché domestique (les intermédiaires)
Les autres seront éliminées (les moins productives).
Ce sont donc les différences de productivité entre firmes qui déterminent l’activité d’exportation et ces
différences de productivité proviennent de la capacité des firmes à couvrir le coût fixe à l’exportation tout
en demeurant productives.
les sources de variations de la productivité agrégée d’une branche sont l’augmentation des productivités individuelles des
firmes, la forte sélection des firmes et la réallocation des parts de marché au sein de la branche
Hétérogénéité des firmes : impact de la libéralisation commerciale
34
La libéralisation commerciale modifie les sources de variation de productivité agrégée via la diminution des
coûts (coût variable et coût fixe à l’exportation).
le coût marginal de la firme domestique diminue et peut donc fixer un prix de vente faible sur le marché
étranger. Ce qui stimule l’accroissement des quantités exportées et donc du gain à l’exportation.
Ce gain motive les firmes à effectuer leur entrée, accroissant ainsi la demande du travail des firmes et
partant, du taux de salaire.
Cette augmentation du taux de salaire étant un coût, va éliminer les firmes moins productives du marché et
réallouer leurs parts de marché aux plus productives.
In fine, la forte sélection modifie le nombre total et la structure des firmes dans la branche par le canal de
l’arrivée de nouvelles firmes productives, la survie de plus productives et la sortie de moins productives ; la
réallocation des parts de marché accroit la productivité des firmes survivantes.
Les firmes moins productives riment avec un coût et un prix de vente élevés, qui dégagent une faible
demande et donc handicape la réalisation du profit. Il peut alors être mentionné que si ces firmes sont
gardées dans la branche, elles vont faire chuter la productivité globale de la branche lorsqu’on fera la somme
des productivités individuelles. En même temps, leur exclusion du marché va accroitre les parts de marché
des firmes survivantes.
Limites du modèle de Melitz
35
l’imprécision sur l’origine des différences de productivité entre les firmes capables d’exporter et celles incapables
(le modèle devrait préciser clairement ce qui détermine cette différence au lieu de se limiter à dire simplement qu’il y a
des firmes plus productives et celles qui ne le sont pas).
L’absence de typologie de coût fixe afin d’expliquer le caractère irrécupérable du coût fixe : En réalité, certains coûts
fixes peuvent être récupérés en partie par la firme même si elle quitte le marché. Concrètement, la firme pourrait revendre
ses équipements mais ne pourra pas par exemple récupérer les dépenses marketing. Donc, si les firmes savent qu’elles
pourraient récupérer une partie du coût fixe si elles décidaient de quitter le marché, elles seraient incitées à pénétrer le
marché. Par conséquent, cela modifierait le nombre des firmes sur le marché. Nous supposons que la non prise en compte
de la typologie de coût fixe masquerait une réalité.
Une autre limite est l’absence de définition du temps requis pour que la firme se livre à l’exportation. En effet, la
firme qui s’installe au temps t sur le marché domestique a besoin d’une période d’adaptation lui permettant de maitriser
d’abord les caractéristiques du marché domestique puis celui de l’étranger. Ce n’est qu’à la période t+n que la firme
pourra exporter, après avoir atteint la maturité. Or le modèle ne fait pas la distinction du temps réalisé par chaque firme
sur le marché. Raisonnablement, les firmes nouvellement entrantes auraient vraisemblablement une faible possibilité
d’exporter que les anciennes firmes, toutes choses égales par ailleurs.
2.4. Modèle de gravité
L’équation de gravité a été introduite pour la première fois dans l’analyse des flux de commerce bilatéraux
36
▪
par Tinbergen (1962), mais elle est ensuite négligée dans ce champ d’analyse car les théoriciens l’estiment
être "plus une analogie physique qu’une analyse économique" (Head and Mayer, 2014).
▪ Le modèle montre ce que le commerce devrait être entre deux pays (i et j) en fonction de leurs poids
économiques respectifs, des coûts au commerce (mesurés par la distance) ainsi que d’autres déterminants de
coûts au commerce dénotant des relations privilégiées entre deux pays (langue commune, histoire coloniale,
frontière commune...).
▪ Il faudra attendre les années 1990 pour que les modèles basés sur l’équation de gravité soient reconnus
comme des modèles "qui ont produit certains des résultats les plus clairs et robustes en économie" (Leamer
and Levinsohn, 1995).
L’équation de gravité de base : 𝑋𝑖𝑗 = G*(𝑌𝑖 *𝑌𝑗 )/ 𝐷𝑖𝑗
où :
- 𝑋𝑖𝑗 est la valeur des exportations du pays i vers le pays j,
- 𝑌𝑖 *𝑌𝑗 sont les PIB des pays i et j respectivement,
- 𝐷𝑖𝑗 est la distance entre les deux pays,
- G est une constante.
Modèle de gravité structurelle
Dans les années 2000, les économistes comme Anderson et van Wincoop ont raffiné ce modèle pour le rendre
37
plus cohérent sur le plan théorique. Leur contribution majeure fut l'introduction des « termes de résistance
multilatérale ».
𝑡𝑖𝑗
𝑋𝑖𝑗 =[(𝑌𝑖 *𝐸𝑗 )]/[ 𝑌𝑤 ]*(𝑃 ∗𝑃 )1−𝜎
𝑖 𝑗
où :
- 𝑌𝑖 est la production du pays i,
- 𝐸𝑗 est la dépense totale du pays j,
- 𝑌𝑤 est la production mondiale,
- 𝑡𝑖𝑗 est le coût commercial entre i et j,
- σ est l'élasticité de substitution,
- 𝑃𝑖 et 𝑃𝑗 sont les indices de résistance multilatérale du pays i et j.
Estimation économétrique du modèle de gravité de bases
Forme économétrique du modèle de gravité
38
Pour des analyses empiriques, le modèle de gravité est souvent estimé en utilisant une forme log-linéarisée. Cela
permet d'utiliser des méthodes économétriques comme la régression linéaire. La forme économétrique
classique est :
ln𝑋𝑖𝑗 =𝛽0 +𝛽1 𝑙𝑛𝑌𝑖 + 𝛽2 𝑙𝑛𝑌𝑗 - 𝛽3 𝑙𝑛𝐷𝑖𝑗 + ℰ𝑖𝑗
où :
- ln𝑋𝑖𝑗 : logarithme du commerce bilatéral entre le pays i et le pays j,
- 𝑙𝑛𝑌𝑖 𝑒𝑡 𝑙𝑛𝑌𝑗 : logarithmes des PIB respectifs,
- 𝑙𝑛𝐷𝑖𝑗 : logarithme de la distance géographique entre les deux pays,
- 𝛽0 : constante, mesure la valeur moyenne du commerce bilatéral entre les 2 pays lorsque toutes les
variables indépendantes sont nulles.
- 𝛽1 , 𝛽2 , 𝛽3 : coefficients à estimer,
- ℰ𝑖𝑗 : terme d'erreur (capturant les facteurs non observés).
Estimation économétrique du modèle de gravité structurelle
39
Forme économétrique du modèle de gravité structurelle
ln𝑋𝑖𝑗 = 𝛽0 +𝛽1 𝑙𝑛𝑌𝑖 + 𝛽2 𝑙𝑛𝑌𝑗 + 𝛽3 𝑙𝑛𝐸𝑗 - 𝛽4 𝑙𝑛𝐷𝑖𝑗 − 𝛽5 𝑙𝑛𝑃𝑖 − 𝛽6 𝑙𝑛𝑃𝑗 + ℰ𝑖𝑗
où :
- 𝑋𝑖𝑗 : Flux d’exportation du pays i vers le pays j, mesuré en dollars ou autre unité monétaire.
- 𝑌𝑖 𝑒𝑡 𝑌𝑗 : PIB du pays exportateur et importateur. Ils mesurent la taille économique respective.
- 𝐷𝑖𝑗 : Distance géographique, généralement mesurée entre les capitales ou grandes villes.
- 𝑡𝑖𝑗 : Coûts de transaction commerciaux (distance géographique, barrières tarifaires, infrastructure, logistique).
- 𝐸𝑗 : Demande agrégée du pays j, représentée par sa dépense totale.
- 𝑃𝑖 et 𝑃𝑗 : indices de résistances multilatérales. Ils mesurent à quel point un pays est isolé ou connecté
commercialement.
- ℰ𝑖𝑗 : Terme d’erreur aléatoire – effets non observés comme des accords spécifiques ou relations diplomatiques.
CHAP 4: INTEGRATION REGIONALE ET ENJEUX CONTEMPORAINS DU
COMMERCE INTERNATIONAL
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1. INTEGRATION REGIONALE
1.1. Introduction
L'intégration régionale désigne le processus par lequel des pays proches géographiquement coopèrent et
s'associent pour renforcer leurs relations économiques, commerciales, politiques et institutionnelles.
Elle repose sur des accords visant à éliminer les barrières aux échanges et à harmoniser les politiques
économiques.
L’intégration peut prendre différentes formes : zone de libre-échange, union douanière, marché commun,
union économique, intégration économique complète ou union politique.
On reconnaît aussi à l’intégration régionale plusieurs dimensions: commerciale, financière, monétaire,
économique et sectorielle. Dans ce cours, nous nous focalisons sur l’intégration régionale en Afrique.
Certains observateurs se demandent ainsi si le coût du processus n’a pas finalement absorbé ses avantages pour un
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continent qui comprend la quasi-totalité des pays en développement et qui compte toujours dans ses rangs 62 % des pays
les moins avancés.
En effet, le coût du processus reste élevé étant donné les nombreux chevauchements et la multi-appartenance des Etats
africains aux différentes communautés régionales.
Pour y remédier, la notion de coordination interrégionale est alors apparue dans les discours et s’est concrétisée avec
le premier sommet tripartite d’octobre 2008 entre le Marché Commun d’Afrique de l’Est et d’Afrique Australe
(COMESA), la Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE) et la Communauté de Développement de l’Afrique australe
(SADC) qui ont décidé de créer une zone de libre-échange rassemblant vingt-six pays (Ochozias A. Gbaguidi, 2013).
1.2. Intégration régionale africaine (Ochozias A. Gbaguidi, 2013).
Dès le début du processus de décolonisation dans les années 1960, l’établissement de communautés économiques sous-
régionales a été un volet important de la stratégie de développement de l’Afrique (CNUCED, 2009). Jusqu’au début des
années 1980, plusieurs organisations intergouvernementales de coopération économique ont été créées pour promouvoir la
coopération technique et économique.
En 1964, les dirigeants africains ont créé l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) pour favoriser l’unité du continent et
empêcher sa division en camps hostiles en pleine Guerre froide. L’OUA a joué un rôle de premier plan dans la
coopération panafricaine et a contribué à l’émancipation des pays sous domination coloniale ou raciale (CEA, 2008).
En avril 1980, le Plan d’action de Lagos, adopté en réponse à la détérioration de la situation économique en Afrique, a
proposé une stratégie pour engager l’Afrique sur la voie du développement durable. 42
Le 3 juin 1991 à Abuja, au Nigéria, le traité établissant la Communauté économique africaine a engagé le continent sur la
voie de l’intégration économique. Ce traité prévoit l’établissement d’une communauté économique africaine d’ici à 2027,
avec une monnaie commune, une mobilité intégrale des facteurs de production et la libre circulation des biens et des
services entre les pays africains.
En 1994, le Traité d’Abuja instituant la Communauté économique africaine a jeté de nouvelles fondations pour
l’intégration de l’Afrique, avec les communautés économiques régionales (CER) comme pierres angulaires. Depuis
l’entrée en vigueur de ce Traité, l’Afrique a enregistré des progrès considérables dans le processus d’intégration.
En 2001, il y a eu une accélération des discussions sur l’intégration régionale avec l’établissement de l’Union africaine
(UA) et le lancement du Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) qui devrait fournir au niveau
régional les biens publics essentiels comme les infrastructures.
Il existe en Afrique quatorze grands groupements économiques régionaux plus ou moins intégrés. Parmi ces groupements,
onze ont été reconnus comme communautés économiques régionales.
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Le tableau ci-haut mentionne une caractéristique souvent citée comme défavorable aux progrès de
l’intégration régionale en Afrique : la participation des pays africains à divers accords commerciaux
régionaux. Sur les cinquante-quatre pays africains, vingt-sept sont membres de deux groupements
régionaux, dix-huit appartiennent à trois groupements et un pays est membre de quatre
groupements. Huit pays seulement ne sont membres que d’un seul groupement.
1.2.1. Les objectifs théoriques de l’intégration régionale
l’augmentation des échanges, qui permet la spécialisation et la localisation de la production là où
elle est effectuée de la manière la plus performante
l’augmentation de la taille des marchés qui permet la réalisation d’économies d’échelle,
l’intensification de la concurrence (baisse des prix et incitation à l’innovation)
la création d’un environnement économique favorable aux affaires (la diminution des risques de
change et des risques de politiques protectionnistes est favorable à l’investissement).
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1.2.2. Les objectifs de l’intégration régionale africaine
promouvoir la croissance du commerce intrarégional en éliminant les obstacles tarifaires et non-tarifaires
renforcer le développement régional, à travers la promotion de secteurs économiques, la construction d’infrastructures
régionales, et le lancement de grands pro jets dans le secteur manufacturier
éliminer les obstacles à la libre circulation des facteurs de production
promouvoir la coopération monétaire.
1.2.3. Evaluation de l’intégration régionale africaine
On peut évaluer le niveau de réalisation de l’intégration régionale en Afrique à l’aide de l’indice global de développement
régional en analysant les quatre dimensions : politique, sociale, technologique et économique du développement.
Source: Ochozias A. Gbaguidi, 2013
GSDI: indice de développement social
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GEI : Indice de développement économique
PDI : indice de développement politique
GTI : indice de développement technologique
Source: Ochozias A. Gbaguidi, 2013
Indice de développement politique
Source: Ochozias A. Gbaguidi, 2013
Indice de développement économique
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Source: Ochozias A. Gbaguidi, 2013
Indice de développement technologique
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Source: Ochozias A. Gbaguidi, 2013
Indice de développement social
51
Source: Ochozias A. Gbaguidi, 2013
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1.2.4. objectifs réalisés de l’intégration régionale africaine
Secteur de transports: toutes les communautés économiques régionales ont adopté divers instruments visant à faciliter la
fluidité du trafic, à réduire les coûts et à améliorer l’efficacité générale. aux liaisons intra-africaines, en est une bonne
illustration. Cependant, dans la réalité, les coûts de transport en Afrique demeurent parmi les plus élevés au monde et que
la qualité de la logistique est toujours en recul par rapport au reste du monde. Par ailleurs, de nombreux réseaux routiers,
aériens et ferroviaires sur l’ensemble du continent ne sont toujours pas interconnectés.
Libre circulation des personnes: seules quelques communautés économiques régionales, notamment la CEDEAO et la
Communauté d’Afrique de l’Est, ont réalisé des progrès significatifs. La CEDEAO a lancé dans sa zone un passeport, ce
qui constitue un pas important vers la suppression des obstacles aux mouvements transfrontaliers des personnes et pour la
promotion d’une identité commune pour ses citoyens. La CAE a également introduit un passeport valable à l’intérieur de
ses frontières. Dans les autres communautés, la liberté de mouvement reste limitée et dépend davantage de décisions
bilatérales que multilatérales.
Sur le plan commercial, le COMESA, la CAE, la CEEAC, la CEDEAO et la SADC ont mis en place une zone de libre-
échange, tandis que le processus est toujours en cours au niveau de la CENSAD et de l’IGAD. La CAE a une union
douanière pleinement opérationnelle. D’autres CER envisagent de devenir des unions douanières à part entière dans les
années à venir.