Les formes d’entreprises
Créé : décembre 2020 – Mise à jour : janvier 2022
Une fois que le projet est bien construit et que la décision de créer une
entreprise est prise, il faut définir la forme juridique la mieux adaptée à la
situation et aux perspectives de développement. Les points principaux à
considérer sont : la volonté de s’associer, la protection du patrimoine et
l’existence d’une réglementation pouvant imposer une forme spécifique.
Notions de base
Personne Physique/morale
Une personne physique est un individu ayant une identité civile.
L’entreprise individuelle (personne physique) est ainsi indissociable de la
personne qui l’a créée. Une personne morale est une entité ayant une
existence juridique distincte, une société dont l’existence se dissocie des
personnes qui la composent.
La forme juridique
La forme juridique d’une entreprise définit les règles de constitution qui lui
sont applicables au regard de la loi comme les modalités de constitution
(capital, durée, etc.), les rapports entre les associés et leurs obligations
envers la société créée. L’entrepreneur peut choisir entre une entreprise
individuelle ou une société.
Gestion de patrimoine
Pour l’entreprise individuelle et les “sociétés de personnes”, les
patrimoines du ou des individus et de l’entreprise sont confondus. Dans ce
cas, la responsabilité des créateurs est illimitée en cas de dettes de
l’entreprise : remboursement à parts égales des dettes à 100% même sur
les avoirs personnels. Les “sociétés de capitaux” distinguent le patrimoine
de la société et celui du ou des associés. En cas d’échec, leur
responsabilité est limitée à leurs apports : remboursement d’une part des
dettes à hauteur du montant de capital investi.
Les principales formes juridiques à Madagascar
Les principales formes juridiques de société existantes à Madagascar
sont :
Entreprise Individuelle (EI) : liée à l’individu qui est le seul dirigeant, les
biens personnels et ceux de l’entreprise sont confondus.
Société à Responsabilité Limitée (SARL) pouvant être Unipersonnelle :
personne morale distincte du ou des associés qui se partagent les parts,
dirigée par un gérant avec ou sans co-gérant nommé par les associés
Société Anonyme (SA) pouvant être Unipersonnelle : personne morale
distincte du ou des actionnaires dont le mode de fonctionnement est fixé
par la loi incluant le capital minimum et la gestion (par administrateur
général ou conseil d’administration)
Société en Nom Collectif (SNC) : société de personnes constituée par des
commerçants (2 minimum) qui ont une responsabilité illimitée envers la
société.
Société en Commandite Simple (SCS) : Société comptant 2 types
d’associés, les associés commandités qui sont les dirigeants avec une
responsabilité illimitée et les associés commanditaires qui sont des
apporteurs de capitaux, responsables uniquement à concurrence de leurs
apports.
Société Civile (SC) : Société de personnes comptant au moins 2 associés
dont l’activité est purement civile et ainsi ne comprend aucun acte de
commerce (vente, achat revente, location, transport ou encore opérations
bancaires, etc.)
Groupement d’Intérêt Economique (GIE) : Groupement d’entreprises
dûment formalisées qui s’associent pour des activités non commerciales,
chaque entreprise a une responsabilité illimitée
Société de Droit Etranger (SDET) : Succursale ou bureau de liaison ou
agence d’un société d’origine étrangère.
En pratique
Est-il possible qu’une entreprise individuelle se transforme en société ?
Il n’est pas possible de transformer une entreprise individuelle en une
société commerciale. Une entreprise individuelle diffère de la société sur
plusieurs critères. Si vous voulez créer une société commerciale en
conservant les mêmes caractéristiques (Nom commercial, activité et
siège), vous devrez d’abord fermer l’entreprise individuelle pour ensuite
créer la nouvelle société. L’ancienne immatriculation de l’entreprise
individuelle ne sera plus prise en compte et une nouvelle immatriculation
sera fournie.
Est-il possible de passer d’une forme juridique à un autre ?
En principe, une fois créée, il est possible d’effectuer des procédures de
transformations de la société pour adopter une autre forme juridique. Dans
ce cas, les nouvelles caractéristiques de l’entreprise doivent correpondre à
la réglementation associée (nombre et type d’associés, règles de
fonctionnement, gestion des parts). Cependant, les conditions de
transformation, notamment concernant l’agrément des associés, peuvent
rendre les démarches plus complexes. La forme juridique offrant des
options de transformations simples est la SARL :
Peut se transformer en SARLU et inversement en cas de cession des parts
ou ajout d’autres associés
Peut se transformer en SA en cas d’entrée en capital d’investisseurs suite
à une levée de fonds par exemple.
Quelles sont les différences entre une EI et une SARLU ?
L’entreprise individuelle (EI) et la Société à responsabilité Limitée
unipersonnelle (SARLU) sont les formes juridiques usuelles quand une
personne veut lancer son activité. D’un point de vue fiscal, les règles
appliquées sont les mêmes à caractéristiques identiques d’activité, de
chiffres d’affaires et de choix d’imposition (Impôt sur le Revenu ou Impôt
Synthétique).
L’EI est adaptée pour une activité réduite ou à caractère très personnel
(consultant…) car elle permet un fonctionnement simplifié puisque les
patrimoines de l’entreprise et de l’individu sont confondus. Par exemple, il
n’est pas besoin de créer un compte bancaire à l’entreprise, le compte
personnel étant valide. Cette forme juridique est souvent utilisée pour
“tester” un projet, mais attention il n’est pas possible de la changer en
une forme de société.
Dès lors qu’on souhaite avoir un projet qui se développe, la forme SARLU
est plus adaptée. Elle permet d’intégrer des associés ultérieurement soit
pour les moyens à leur disposition, soit pour un financement. Elle permet
aussi des prises de risques calculée car le patrimoine personnel de
l’associé est protégé en cas de perte : il n’est responsable qu’à hauteur
des apports au capital de la société. Par ailleurs, cette forme permet aux
descendants d’hériter de la société, ce qui n’est pas possible pour l’EI qui
cesse d’exister en cas de décès de la personne.