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Chapitre 3

Le chapitre 3 traite des polynômes et des fractions rationnelles, en définissant les polynômes à coefficients dans un corps K, leurs opérations, et les propriétés fondamentales comme le degré et la dérivation. Il introduit également des concepts tels que la division euclidienne, le pgcd, et la notion d'irréductibilité des polynômes. Enfin, il établit des relations entre les polynômes et leurs racines, ainsi que les fonctions polynomiales associées.

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Chapitre 3

Le chapitre 3 traite des polynômes et des fractions rationnelles, en définissant les polynômes à coefficients dans un corps K, leurs opérations, et les propriétés fondamentales comme le degré et la dérivation. Il introduit également des concepts tels que la division euclidienne, le pgcd, et la notion d'irréductibilité des polynômes. Enfin, il établit des relations entre les polynômes et leurs racines, ainsi que les fonctions polynomiales associées.

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Chapitre 3

Polynômes et fractions rationnelles

Dans ce chapitre K désigne R ou C.

3.1 Polynômes
3.1.1 Vocabulaire et notations
• Un polynôme P à coefficients dans K, est une expression de la forme
P (X) = a0 + a1 X + a2 X 2 + ... + an X n + ...
où (an )n∈N est une suite d’éléments dans K qui s’annule à partir d’un certain
rang (c’est à dire ∃N ∈ N, ∀n > N , an = 0).
• Les éléments ak s’appellent les coefficients de P et X est appelée indéterminée.
• L’ensemble des polynômes à coefficients dans K se note K[X].
an X n est le plus grand entier n tel que an 6= 0.
P
• Le degré d’un polynôme P =
n>0
On le note d◦ P ou deg(P ).
Dans ce cas an s’appelle le coefficient dominant et an X n est le terme dominant.
an X n et Q = bn X n sont égaux si : ∀n > 0,
P P
• Deux polynômes P =
n>0 n>0
an = b n .
• Le polynôme nul est le polynôme dont tous les coefficients sont nuls.
• Si P = 0, on a par convention deg(P ) = −∞.

3.1.2 Opérations dans K[X]


+∞ +∞
ak X k et Q = bk X k
P P
Soient P, Q ∈ K[X] tels que : P =
k=0 k=0

1
B. Boulayat 3.1. POLYNÔMES

(ak + bk )X k
P
1. Somme de P et Q : P + Q =
k>0
+∞
(λak )X k
P
2. Multiplication par un scalaire λ ∈ K : λP =
k=0
+∞
ck X k avec ck =
P P
3. Produit de P et Q : P Q = ai b j .
k=0 i+j=k

Exemple 3.1.1. Soient les polynômes P (X) = 2 − 3X + X 2 + 5X 5 + X 7 et



Q(X) = 2 + 3X 2 − X 3 + 4X 6 . deg(P ) = 7 et deg(Q) = 6

P (X) + Q(X) = 2 + 2 − 3X + 4X 2 − X 3 + 5X 5 + 4X 6 + X 7 .
P (X)Q(X) =

Proposition 3.1.2. Soient P, Q ∈ K[X], alors on a :


1. deg(P + Q) 6 max(deg(P ), deg(Q))
2. deg(P Q) = deg(P ) + deg(Q)
3. deg(λP ) = deg(P ) pour tout λ ∈ K ∗ .

Proposition 3.1.3. (K[X], +, .) est un anneau commutatif intègre.

Définition 3.1.4. Soit P (X) = a0 +a1 X +...+an X n ∈ K[X] non nul. Le polynôme
dérivé de P est le polynôme noté P 0 définie par :

P 0 = a1 + 2a2 X + ... + nan X n−1

Si P = 0 alors P 0 = 0.
Comme dans le cas des fonctions numériques on notera ensuite P 00 la dérivée de P 0 ,
puis P (n) = (P (n−1) )0 .
Si P, Q ∈ K[X], on a alors :
(P + Q)0 = P 0 + Q0 ; (P Q)0 = P 0 Q + P Q0 et (λP )0 = λP 0 pour tout λ ∈ K.

3.1.3 Arithmétique dans K[X]


Définition 3.1.5. Soient A, B ∈ K[X]. On dit que B divise A et on note B | A,
s’il existe Q ∈ K[X] tel que : A = BQ. Dans ce cas, on dit que B est un diviseur de
A et A est un multiple de B.

Exemple 3.1.6. Soient A ∈ R[X] tel que : A = X 3 − 1. Alors on a :

A = (X − 1)(X 2 + X + 1)

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B. Boulayat 3.1. POLYNÔMES

Donc B1 = X − 1 et B2 = X 2 + X + 1 sont des diviseurs de A.


On a aussi A est un multiple commun de B1 et B2 .

Définition 3.1.7. Deux polynômes P, Q ∈ K[X] sont dits associés s’il existe λ ∈
K\{0} tel que P = λQ.

Exemple 3.1.8. Dans R[X] :


les deux polynômes P = 2X 3 − X + 1 et Q = X 3 − 12 X + 1
2
sont associés.

Théorème 3.1.9 (Division euclidienne).


Soient A, B ∈ K[X] avec B 6= 0. Alors, il existe un unique couple (Q, R) ∈ K[X] ×
K[X] tel que :

A = BQ + R avec deg(R) < deg(B)

Démonstration.
- Pour l’existence :
– Si deg(A) = 0 et deg(B) > 0, alors A est une constante. Donc on prend Q = 0
et R = A.
A
– Si deg(A) = 0 et deg(B) = 0. On prend Q = B et R = 0.
Maintenant supposons que deg(A) = n. On procède par récurrence sur n.
Supposons que l’existence est vraie pour tout polynôme A de degré n − 1.
Pour deg(P ) = n, écrivons :
A = a0 + a1 X + ... + an X n avec an 6= 0 et
B = b0 + b1 X + ... + bm X m avec bm 6= 0
• Si n < m, on prend Q = 0 et R = A.
• Si n > m, on pose A1 = A − B bamn X n−m et donc deg(A1 ) 6 n − 1.
Nous avons alors A = A1 + B bamn X n−m .
Par application de l’hypothèse de récurrence à A1 :
il existe Q1 , R1 ∈ K[X] tels que A1 = BQ1 + R1 avec deg(R1 ) < deg(B).
Ainsi,
an n−m
A=B X + A1
bm
an
= B X n−m + BQ1 + R1
bm
an
= B( X n−m + Q1 ) + R1
bm

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B. Boulayat 3.1. POLYNÔMES

En posant Q = bamn X n−m + Q1 et R = R1 , on a bien A = BQ + R avec


deg(R) < deg(B). chose voulue.
- Pour l’unicité :
Supposons qu’il existe deux couples (Q, R) et (Q1 , R1 ) de polynômes de K[X] tels
que :

A = BQ + R avec deg(R) < deg(B) et


A = BQ1 + R1 avec deg(R1 ) < deg(B)

Ainsi, BQ + R = BQ1 + R1 et donc B(Q − Q1 ) = R1 − R.


Il en résulte que deg(B(Q − Q1 )) = deg(R1 − R).
Ce qui entraine deg(B) + deg(Q − Q1 ) 6 max(deg(R1 ), deg(R)) < deg(Q).
Donc nécessairement deg(Q − Q1 ) < 0. Or le seul polynôme de degré négatif est le
polynôme nul, alors Q − Q1 = 0 et donc Q = Q1 .
Par conséquent R1 = R. D’où l’unicité.
Exemple 3.1.10. 1. Effectuons la division euclidienne de A = 6X 3 −2X 2 +X +3
par B = X 2 − X + 1.

6X 3 −2X 2 +X +3 X 2 −X +1
−6X 3 +6X 2 −6X 6X +4
4X 2 −5X
−4X 2 +4X −4
−X −1

Ainsi, A = (X 2 − X + 1)(6X + 4) + (−X − 1)


2. La division euclidienne de A = X 3 + X 2 − 1 par B = X − 1.

X 3 +X 2 −1 X −1
−X 3 +X 2 X 2 +2X +2
2X 2
−2X 2 +2X
2X −1
−2X +2
1

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Alors on obtient :
A = (X − 1)(X 2 + 2X + 2) + 1

Définition 3.1.11 (pgcd de deux polynômes).


Soient P, Q, D ∈ K[X]\{0} avec D unitaire. On dit que D = pgcd(P, Q) si :
1. D est un diviseur commun de P et Q ;
2. ∀G ∈ K[X], (G | P et G | Q) =⇒ G | D.

Exemple 3.1.12. 1. pgcd(2X + 2, X 2 − 1) = X + 1.


2. pgcd(X(X − 1), (X − 1)(X 2 + 1)) = X − 1

Alogorithme d’Euclide :
Soient A et B deux polynômes non nuls. D’après le théorème de la division eucli-
dienne des polynômes, on construit une suite de polynômes (Rn )n∈N comme suit :

A = BQ1 + R1 avec deg(R1 ) < deg(B)


B = R1 Q2 + R2 avec deg(R2 ) < deg(Q2 )
R1 = R2 Q3 + R3 avec deg(R3 ) < deg(R2 )
...
RN −2 = RN −1 QN + RN avec deg(RN ) < deg(RN −1 )
RN −1 = RN QN +1 + 0

le pgcd alors est le dernier reste non nul RN (rendu unitaire).

Exemple 3.1.13. Prenons A = X 5 − 1 et B = X 3 − 1. On a :

X 5 − 1 = X 2 (X 3 − 1) + X 2 − 1
X 3 − 1 = X(X 2 − 1) + X − 1
X 2 − 1 = (X + 1)(X − 1) + 0

Donc pgcd(A, B) = X − 1.

Définition 3.1.14. Soit P ∈ K[X]. On dit que P est irréductible dans K[X] si,
deg(P ) ≥ 1 tel que : les seuls diviseurs de P sont les éléments de K\∗ et les λP
avec λ ∈ K ∗ ; c’est à dire : les seuls diviseurs de P sont les éléments de K ∗ et les
polynômes associés à P .

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Exemple 3.1.15. 1. P = (X − 2) est irréductible dans R[X].


2. Q = X 2 + 1 est irréductible dans R[X] mais ne l’est pas dans C[X] car :
Q = (X + i)(X − i).

Théorème 3.1.16 (Décomposition en facteurs irréductibles).


Soit P ∈ K[X] non nul. Alors il existe des polynômes irréductibles P1 , P2 , ..., Pk
dans K[X] tels que :

P = P1 P2 ...Pk

Remarque 3.1.17. Nous verrons plus loin la description complète des polynômes
irréductibles de R[X] et de C[X].

3.1.4 Fonctions polynomiales et racines d’un polynôme


Définition 3.1.18. Soit P (X) = a0 + a1 X + ... + an X n ∈ K[X].

P : K −→ K
L’application est appelée fonction polynomiale associée à P .
x 7−→ P (x)

On dit aussi que P (x) est la valeur de P en x.

Soit K un corps et K[x] = {P | P ∈ K[X]}. On considère l’application :

ϕ : K[X] −→ K[x]

P 7−→ P

Remarque 3.1.19. Soient P et Q deux polynômes de K[X] et x un élément de A.


On vérifie facilement que :
∼ ∼ ∼
(P + Q)(x) = P (x) + Q(x)
∼ ∼ ∼
P Q(x) = P (x)Q(x)
∼ ∼
On a pour tout polynôme constant P = a ∈ K, P = a. Donc 1 K = 1K .

On déduit de la remarque ϕ est un homomorphisme d’anneaux.


Dans la suite on notera P par P .

Définition 3.1.20. Soient P ∈ K[X] \ {0} et α ∈ K.


• On dit que α est une racine de P si P (α) = 0.
• On dit que α est une racine de P , d’ordre (ou de multiplicité) m, si :

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P (α) = P 0 (α) = .... = P (m−1) (α) = 0, et P (m) (α) 6= 0.

Exemple 3.1.21. 1. Soit P = X 4 − 3X 2 + X − 6. On a P (2) = 0, donc 2 est


une racine de P .
De plus, on a P 0 (2) 6= 0 ; alors 2 est une racine de P de multiplicité 1.
2. Soit A = X 5 − 9X 4 + 25X 3 − 9X 2 − 54X + 54.
On a : A = (X − 3)3 (X 2 − 2)
Puisque 3 n’est pas une racine de (X 2 − 2), alors 3 est une racine d’ordre 3 du
polynôme A.

Proposition 3.1.22. Soient P ∈ K[X] et α ∈ K. Alors,

α est une racine de P si, et seulement si, X − α divise P .

Démonstration. Supposons que X − α divise P , alors il existe Q ∈ K[X] tel que :


P = (X − α)Q
Il s’ensuit que P (α) = (α − α)Q(α) = 0.
Réciproquement, supposons que P (α) = 0. On fait la division euclidienne de P par
X − α et on trouve que :
P = (X − α)Q + R avec deg(Q) < deg(X − α) = 1.
Donc nécessairement deg(R) = 0 et par suite R est une constante c. En évaluant P
en α, on obtient
P (α) = (α − α)Q(α) + c = 0
Ainsi, c = P (α) = 0. D’où P = (X − α)Q, par conséquent X − α | P .

Corollaire 3.1.23. Si P ∈ K[X] et α1 , α2 , ..., αk ∈ K deux à deux distincts. Les


assertions suivantes sont équivalentes :
(i) α1 , α2 , ..., αk sont des racines de P ;
(ii) Le produit (X − α1 )...(X − αk ) divise P .

Corollaire 3.1.24 (Majoration du nombre des racines).


Soit P ∈ K[X] de degré n. Alors P admet au plus n racines (comptées avec multi-
plicité).

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B. Boulayat 3.1. POLYNÔMES

Théorème 3.1.25 (Formule de Taylor).


Pour tout P = a0 + a1 X + ... + an X n ∈ K[X] et tout α ∈ K, on a :
n
X P (k) (α)
P (X) = (X − α)k
k=0
k!
P 0 (1) P 00 (α) P (n) (α)
= P (α) + (X − α) + (X − α)2 + ... + (X − α)n
1! 2! n!
Démonstration. On a
n n
ak X k = ak ((X − α) + α)k
P P
P (X) = (1)
k=0 k=0

Par la formule de binôme,


k
((X − α) + α)k = Ckl αk (X − α)k−l
P
l=0

Ainsi, on remplaçant dans (1) on obtient :

n
X k
X
P (X) = ak Ckl αk (X − α)k−l
k=0 l=0

En réordonnant suivant les puissances croissantes de (X − α), on obtient :


n
bk (X − α)k
P
P (X) =
k=0

Nous avons alors : P (0) (α) = P (α) = b0 et pour tout l ∈ 1, 2, ..., n, par linéarité de
dérivation à l’ordre k,

k−1
X n
X
(k) l (k)
P (α) = bl ((X − α) ) + bl ((X − α)l )(k)
l=0 l=k
n
X
=0+ bl l(l − 1)...(l − k + 1)(X − α)l−k
l=k
n
X
= bk k! + bl l(l − 1)...(l − k + 1)(X − α)l−k
l=k+1

P (k) (α)
Ce qui donne P (k) (α) = bk k! et par suite bk = k!
. Ce qui achève la démonstration.

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B. Boulayat 3.1. POLYNÔMES

Lemme 3.1.26. Soit P ∈ R[X]. Si α ∈ C\R est une racine de P alors α est aussi
racine de P de même multiplicité que α.

Démonstration. Soit P = a0 + a1 X + ... + an X n ∈ R[X] et α ∈ C\R. Alors on a :

P (α) = 0 =⇒ P (α) = 0
=⇒ a0 + a1 α + ... + an αn = 0
=⇒ a0 + a1 α + ... + an αn = 0
=⇒ P (α) = 0

De plus si P (k) (α) = 0 alors P (k) (α) = 0.

Théorème 3.1.27 (D’Alembert-Gauss).


Tout polynôme non constant dans C[X] admet au moins une racine dans C.

Comme conséquences du théorème 3.1.27, nous avons le corollaire suivant :

Corollaire 3.1.28. 1. Les éléments irréductibles dans C[X] sont les polynômes
de degré 1.
2. Les éléments irréductibles dans R[X] sont :
- les polynômes de degré 1.
- les polynômes de degré 2 qui n’ont pas de racines dans R :
de la forme aX 2 + bX + c tel que a 6= 0 et ∆ = b2 − 4ac < 0.

Exemple 3.1.29. Décomposons P = X 6 − 1 en facteurs irréductibles dans R[X]


puis dans C[X].
Dans R[X], on a :

P = X6 − 1
= (X 3 − 1)(X 3 + 1)
= (X − 1)(X 2 + X + 1)(X + 1)(X 2 − X + 1)

Dans C[X], on a :

P = (X − 1)(X + 1)(X 2 + X + 1)(X 2 − X + 1)


= (X − 1)(X + 1)(X − j)(X − j)(X + j)(X + j)

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B. Boulayat 3.2. FRACTIONS RATIONNELLES

3.2 Fractions rationnelles


3.2.1 Définitions et exemples
Définition 3.2.1. Une fraction rationnelle sur K est le quotient de polynômes P, Q
P
de K[X], avec Q 6= 0. On écrit F = Q .
P
Une fraction rationnelle Q est dite irréductible si P et Q n’ont pas de diviseur
commun de degré > 0.

Proposition 3.2.2. Toute fraction rationnelle est égale à une fraction rationnelle
irréductible (et une seule à un scalaire multiplicatif près).

Démonstration.
P
On note K(X) = { Q | P, Q ∈ K[X], Q 6= 0} et on le munit des deux lois + et
. définies par :
P1 P2
pour tout F1 = Q 1
et F2 = Q 2
deux éléments de K(X),
P1 Q2 +P2 Q1 P1 P2
F1 + F2 = Q1 Q2
et F1 .F2 = Q1 Q2

On vérifie facilement que (K(X), +, .) est un corps.


On l’appelle corps des fractions rationnelles sur K.

3.2.2 Degré, racine et pôle


P
Définition 3.2.3. Soit F = Q ∈ K(X) une fraction rationnelle écrite sous forme
irréductible.
Le degré de F , noté deg(F ), est définit par : deg(F ) = deg(P ) − deg(Q).
Si P = 0, alors deg(F ) = −∞.

Remarque 3.2.4. Les degrés des fractions rationnelles vérifient des propriétés sem-
blables aux degrés des polynômes.
P
Définition 3.2.5. Soit F = Q
∈ K(X) une fraction rationnelle écrite sous forme
irréductible.
1. Une racine de F est une racine de P , sa multiplicité est sa multiplicité en tant
que racine de P .
2. Un pôle de F est une racine de Q, sa multiplicité est sa multiplicité en tant
que racine de Q.

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B. Boulayat 3.2. FRACTIONS RATIONNELLES

2
Exemple 3.2.6. 1. Soit F1 = X X−3X+2
4 −1 .
F1 n’est pas écrite sous forme irréductible, car on a :
(X−1)(X−2) X−2
F1 (X) = (X−1)(X+1)(X 2 +1)
= (X+1)(X−i)(X+i)

Alors les pôles de F sont : −1, i et −i. Ils sont tous simples.
2
2. Soit F2 = (X 2(X−1)
+1)(X+1)
• Dans R(X), le 1 est la seule racine de F2 de multiplicité 2 et −1 est le seul
pôle de F2 qui est simple.
• Dans C(X), les pôles de F sont : −1, i et −i.
P
Définition 3.2.7. Soit F = Q ∈ K(X) une fraction rationnelle écrite sous forme
irréductible.
F est dite paire (resp. impaire) si F (−X) = F (X) (resp. F (−X) = −F (X)).
P
Proposition 3.2.8. Soit F = Q ∈ K(X) une fraction rationnelle écrite sous forme
irréductible paire ou impaire et soit a ∈ K.
Si a est une racine (resp. pôle) de F de multiplicité r, alors −a est aussi racine
(resp. pôle) de F de multiplicité r.
P
Proposition 3.2.9. Soit F = Q ∈ K(X) une fraction rationnelle écrite sous forme
irréductible. Il existe un unique couple (E, R) de polynômes de K[X] tel que :
R
F =E+ Q
avec deg(R) < deg(Q).
R
Le polynôme E est appelé la partie entière de F est Q
sa partie polaire.
4 3
−X+1
Exemple 3.2.10. Soit F (X) = 2XX+3X 2 −3X+1 ∈ R(X).
On effectue la division euclidienne de 2X + 3X 3 − X + 1 par X 2 − 3X + 1.
3

2X 4 +3X 3 −X +1 X 2 −3X +1
−2X 4 +6X 3 −2X 2 2X 2 +9X +25
9X 3 −2X 2 −X
−9X 3 +27X 2 −9X
25X 2 −10X +1
−25X 2 +75X −25
65X −24

Alors on obtient : 2X 4 + 3X 3 − X + 1 = (X 2 − 3X + 1)(2X 2 + 9X + 25) + (65X − 24).


D’où

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B. Boulayat 3.2. FRACTIONS RATIONNELLES

65X−24
F (X) = 2X 2 + 9X + 25 + X 2 −3X+1

3.2.3 Décomposition en éléments simples dans C(X)


Définition 3.2.11. On appelle élément simple dans C(X), toute fraction rationnelle
λ ∗
de la forme (X−a)k où λ, a ∈ C, k ∈ N avec λ 6= 0.

Théorème 3.2.12 (Décomposition en éléments simples dans C(X)).


P
Soit F = Q ∈ K(X) une fraction rationnelle écrite sous forme irréductible.
Soient α1 , ..., αk ses pôles de multiplicités respectivement r1 , ..., rk . Alors il existe un
unique polynôme E et d’uniques complexes λi,j (1 ≤ i ≤ k, 1 ≤ j ≤ αi ) tels que :
ri
k P
P λi,j
F =E+ (X−αi )j
i=1 j=1

où E est la partie entière de F .


i,j λ
Remarque 3.2.13. – Pour i ∈ {1, ..., k}, les fractions rationnelles (X−α i)
j sont

les éléments simples associé au pôle αi .


ri
P λi,j
– Pour i ∈ {1, ..., k}, la fraction rationnelle (X−αi )j
est appelée la partie
j=1
polaire de F associée au pôle αi .

Exemple 3.2.14. Décomposer en éléments simples dans C(X) la fraction ration-


nelle :
X 4 +1
F (X) = X 3 −1

• Partie entière de F :
On divise X 4 + 1 par X 3 − 1, on obtient

X 4 + 1 = X(X 3 − 1) + X + 1

Donc F (X) = X + XX+1


3 −1

• On décompose, dans C[X], le dénominateur en facteurs irréductibles :

X 3 − 1 = (X − 1)(X 2 + X + 1)
= (X − 1)(X − j)(X − j)

• La décomposition en éléments simples : F se décompose d’une manière unique


sous la forme

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B. Boulayat 3.2. FRACTIONS RATIONNELLES

a b c
F (X) = X + X−1 + X−j + X−j
• Détermination des coefficients a, b et c.
On multiplie par (X − 1) puis on évalue en 1 (on prend X = 1).
b c
(X − 1)F (X) = X(X − 1) + a + (X − 1) X−j + (X − 1) X−j
Ainsi, on trouve a = 23 .
Pour b, on multiplie par (X − j) et on évalue en j, donc on obtient b = − 13 .
De même en multiplie par (X −j) et on évalue en j, puis on trouve que c = − 31 .
Finalement,  
1 2 1 1
F (X) = X + 3 X−1 − X−j − X−j

3.2.4 Décomposition en éléments simples dans R(X)


Définition 3.2.15. On appelle élément simple dans R(X) toute fraction rationnelle
de l’une des formes :
1. λ
(X−α)k
où λ, α ∈ R∗ et k ∈ N∗ .
αX+β
2. (X 2 +bX+c)k
où α, β, b, c ∈ R, k ∈ N∗ et (α, β) 6= (0, 0) avec b2 − 4c < 0.

Comme il existe deux types d’éléments simples sur R, la décomposition R sera


généralement constituée de deux parties : une partie contenant des éléments simples
du premier espèce et une autre partie avec des termes des éléments simples de la
seconde espèce.

Théorème 3.2.16. Toute fraction rationnelle F ∈ R(X) admet une décomposition


unique sous la forme suivante :
ri
k P q P
si
P λi,j P Ai,j
F =E+ (X−αi )j
+ (X 2 +bi X+ci )j
i=1 j=1 i=1 j=1

où E est la partie entière de F et les nombres λi,j , αi , bi , ci sont des réels, avec
bi − 4c2i < 0, et les Ai,j ∈ R[X] sont des polynômes de degré au plus 1.
A
Remarque 3.2.17. Les fractions rationnelles (X 2 +bii,j
X+ci )j
sont appelées les éléments
simples de second espèce associés au polynôme (irréductible) X 2 + bi X + ci .
X 2 +X+1
Exemple 3.2.18. On considère la fraction suivante : F (X) = X(X−1)(X+1)
.
La DES de F est de la forme :
a b c
F (X) = X
+ (X−1)
+ X+1

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B. Boulayat 3.2. FRACTIONS RATIONNELLES

On réduit au même dénominateur le membre de la DES, on obtient :

X 2 + X + 1 = a(X − 1)(X + 1) + bX(X + 1) + cX(X − 1)


= (a + b + c)X 2 + (b − c)X − a

D’où, par identification, on obtient le système :



a + b + c = 1



b−c=1


−a = 1

Ce système ademt une seule solution : a = −1, b = 23 , c = 1


2
Par suite, la DES de F est :
−1 3 1
F (X) = X
+ 2(X−1)
+ 2(X+1)

X +1 3
Exemple 3.2.19. Soit la fraction F (X) = X(X−1)(X 2 +1) .

La DES de F dans R est de la forme suivante :


a b cX+d eX+f
F (X) = X
+ X−1
+ X 2 +1
+ (X 2 +1)2

où a, b, c, d, e, f ∈ R à déterminer.
- On a alors : a = XF (X)|X=0 = −1.
- On a aussi : b = (X − 1)F (X)|X=1 = 1.
- On multiplie par (X 2 + 1)2 et on évalue en i, on obtient : e = 1 et f = 0.
- On fait passer le terme connu dans le premier membre et on simplifie. On obtient :
1 a b cX+d
X(X−1)(X 2 +1)
= X
+ X−1
+ X 2 +1

1
On multiplie alors par (X 2 + 1) et on évalue en i, on obtient : c = 2
et d = − 12 .
Finalement on obtient la DES de F :
−1 1 1 X−1 X
F (X) = X
+ X−1
+ 2 X 2 +1
+ (X 2 +1)2

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