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Alcool

L'alcool, principalement l'alcool éthylique, est une substance psychoactive largement consommée, avec des effets euphorisants mais aussi des conséquences sanitaires graves comme la dépendance et divers cancers. La consommation d'alcool a diminué en France depuis les années 1960, mais reste élevée chez les adolescents et les jeunes adultes, avec des comportements à risque notables. Les perceptions de l'alcool comme moins dangereux que d'autres drogues et les réglementations en matière de santé publique soulignent les défis liés à sa consommation.

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L'alcool, principalement l'alcool éthylique, est une substance psychoactive largement consommée, avec des effets euphorisants mais aussi des conséquences sanitaires graves comme la dépendance et divers cancers. La consommation d'alcool a diminué en France depuis les années 1960, mais reste élevée chez les adolescents et les jeunes adultes, avec des comportements à risque notables. Les perceptions de l'alcool comme moins dangereux que d'autres drogues et les réglementations en matière de santé publique soulignent les défis liés à sa consommation.

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Alcool

Présentation
L'alcool est une substance liquide d’origine naturelle (alcool éthylique)
obtenue par fermentation de végétaux riches en sucre ou par distillation.
L’alcool entre dans la composition des boissons alcoolisées, qui sont
consommées pour leurs effets euphorisants et désinhibants. L'alcool n'est
pas digéré : il passe directement du tube digestif aux vaisseaux sanguins.
En quelques minutes, le sang le transporte dans toutes les parties de
l'organisme. Sa consommation peut entraîner une forte dépendance
psychique et physique avec syndrome de manque en cas de sevrage,
pouvant aller jusqu’à des délires hallucinatoires (delirium tremens). Les
effets toxiques sont multiples : cirrhose du foie, cancer du foie, maladies
cardiovasculaires, cancer des voies aérodigestives supérieures, etc.

Production / offre
Le vin représente 54,1 % des quantités totales d’alcool pur mises en vente (contre
22,9 % pour la bière et 21,5 % pour les spiritueux). Rapportées à la population âgée
de 15 ans ou plus, les quantités totales d’alcool pur vendues en 2020 représentent
en moyenne l’équivalent de 2,3 verres standards de boissons alcoolisées quotidiens
par personne (un verre standard contenant 10 g d’alcool pur).
Par rapport au début des années 1960, la consommation de boissons alcoolisées (en
équivalent alcool pur) a été réduite de plus de moitié en France, cette diminution
étant essentiellement imputable à la baisse de la consommation de vin.
Les prix relatifs de l’ensemble des boissons alcoolisées, sont restés à peu près
stables entre 2000 et 2010 mais ont augmenté de 6,5 % entre 2011 et 2019.

Consommation

Parmi les collégiens et lycéens


L’alcool est la première substance psychoactive expérimentée à l’adolescence. En
2018, six collégiens sur dix déclarent avoir déjà bu au moins une fois une boisson
alcoolisée au cours de leur vie (60,0 %). Par ailleurs, les plus jeunes présentent un
niveau d’expérimentation à 11 ans deux fois plus élevé que la moyenne européenne
(15 %), et 1,5 fois plus élevé à 13 ans (34 %). Néanmoins, un volet exceptionnel de
l’Enquête nationale en Collège et en Lycée chez les Adolescents sur la Santé et les
Substances (EnCLASS) mené au 1er trimestre 2021 auprès d’élèves de 3e montre
que la part de ceux n’ayant jamais bu d’alcool a doublé, passant de 16,8 % à 35,9 %
entre 2018 et 2021.
Moins d’un collégien sur dix signale avoir connu une ivresse alcoolique (9,3 %) en
2018, proportion qui s’élève à 16,4 % chez les élèves de 3e en 2021. Si les années au
collège constituent une période d’expérimentation et de diffusion des usages licites,
le lycée est un moment d’installation et d’intensification des pratiques : en 2018,

1 FORMATRICE BUISINE SONIA


41,5 % des lycéens ont déclaré une alcoolisation ponctuelle importante (API), qui
consistent à boire au moins 5 verres d’alcool en une seule occasion dans le mois
précédant l’enquête. Les circonstances de consommation d’alcool sont fortement
différenciées selon le milieu social et le genre à l’adolescence.
En 2018, moins d’un collégien sur dix signale avoir connu une ivresse alcoolique (9,3
%), proportion qui s’élève à 16,4 % chez les élèves de 3e en 2021. Si les années au
collège constituent une période d’expérimentation et de diffusion des usages licites,
le lycée est un moment d’installation et d’intensification des pratiques : en 2018,
41,5 % des lycéens ont déclaré une alcoolisation ponctuelle importante (API), qui
consistent à boire au moins 5 verres d’alcool en une seule occasion dans le mois
précédant l’enquête. Les circonstances de consommation d’alcool sont fortement
différenciées selon le milieu social et le genre à l’adolescence.
À 17 ans
En 2017, l’Enquête sur la santé et les consommations lors de l’appel de préparation à
la défense (ESCAPAD) portant sur les jeunes de 17 ans, révèle que l’alcool demeure
la substance la plus largement expérimentée, même si le recul continu de sa
diffusion depuis une décennie se poursuit (85,7 % vs 89,3 % en 2014 et 92,6 % en
2008). À 17 ans, les boissons alcoolisées restent ainsi très communément
consommées : deux tiers des jeunes en ont bu au cours du mois écoulé (66,5 % vs
72,0 % en 2014). Les usages réguliers (10 fois par mois) sont en baisse de près de 4
points (8,4 % au lieu de 12,3 % en 2014).
S’agissant des API, 44,0 % des jeunes déclarent ce comportement au cours du
dernier mois en 2017. Ils étaient 48,8 % en 2014. Les API répétées (au moins trois
épisodes au cours du mois) ont également diminué (16,4 %, contre 21,8 % en 2014),
alors que les API dites « régulières » (au moins dix fois) ne concernent, comme en
2014, qu’une très faible part des adolescents (2,7 %).

En population adulte (18-75 ans)

Entre 2014 et 2017, selon le Baromètre de Santé publique France, la part de la


population âgée de 18 à 75 ans indiquant avoir bu de l’alcool dans l’année est restée
stable (86,5 % en 2017). Sur l’ensemble de la population de cette tranche d’âge,
10,0 % des personnes interrogées déclarent boire quotidiennement de l’alcool, ce
type de consommation se rencontrant presque exclusivement chez les personnes de
plus de 50 ans. Quel que soit l’âge, les femmes sont globalement moins nombreuses
à consommer et cette différence est d’autant plus affirmée que les fréquences de
consommation sont élevées (15,2 % des hommes consomment quotidiennement
contre 5,1 % des femmes). La prévalence de l’ivresse dans l’année semble être un
des seuls indicateurs de consommation d’alcool orienté à la hausse entre 2014 et
2017 et dont le niveau a fortement augmenté sur l’ensemble de la période 2000-
2017 (passant de 14,0 % à 20,7 %, dont 28,6 % chez les hommes et 13,2 % chez les
femmes en 2017). L’API dans le mois concerne 16,2 % des personnes interrogées en
2017.

2 FORMATRICE BUISINE SONIA


Conséquences
La consommation de boissons alcoolisées provoque des dommages sanitaires et
sociaux. Les dommages sanitaires peuvent être définis comme l’ensemble des
maladies et traumatismes provoqués par la consommation d’alcool. L’alcoolisation
peut également avoir des répercussions négatives sur la vie sociale (relations avec
les proches, emploi, délinquance) des consommateurs et des personnes en contact
avec eux, diminuant ainsi leur qualité de vie et entraînant des dommages pour la
collectivité.

Dommages sanitaires
Les dommages pour la santé liés à la consommation d’alcool dépendent des
quantités absorbées, des modalités d’usage, et de nombreux facteurs
environnementaux et individuels. Ces risques peuvent apparaître lorsque la
consommation est chronique, c'est-à-dire généralement quotidienne, mais aussi
lorsqu’elle est ponctuelle.

Les risques liés à une consommation chronique


La consommation chronique d’alcool augmente le risque de survenue d’un nombre
important de maladies. Il augmente en général avec la dose d’alcool ingérée (même
si le niveau pour lequel le risque de dommages est minimal est de zéro verre
standard par semaine).
Outre son rôle dans l’apparition et le développement de maladies du foie et de
certains cancers, l’alcool est aussi un neurotoxique, qu’il soit consommé de façon
ponctuelle ou chronique. L’apparition de lésions et de maladies (neuropathies
périphériques, encéphalopathies, troubles cognitifs) résultant de ce dernier mode de
consommation peuvent être la conséquence de l’alcoolisation mais aussi du sevrage
et de leur répétitions (épilepsies de sevrages). La dépendance qui peut s’installer
chez une partie des consommateurs d’alcool est une autre manifestation de la
toxicité de l’alcool sur le système nerveux central. Par ailleurs, alcool et dépression
sont souvent étroitement associés.
Enfin, la consommation d’alcool par une femme enceinte peut provoquer différentes
perturbations, variables selon le mode de consommation de la mère, sa sensibilité à
l’alcool ainsi que celle du fœtus, allant du trouble léger du comportement de l’enfant
à naître jusqu’aux anomalies sévères du développement (« syndrome d’alcoolisation
fœtale »). Les troubles se manifestent principalement au niveau du système nerveux
central.

Les risques liés à une consommation ponctuelle


La consommation d’une très forte quantité d’alcool peut provoquer un coma
éthylique qui dans certains cas engage le pronostic vital. Le coma éthylique
intervient en moyenne pour un adulte pour des doses supérieures à 3 grammes
d’alcool pur par litre de sang (la dose mortelle varie suivant les individus et leur
accoutumance à l’alcool). Mais le plus souvent, lors d’une intoxication aiguë, les
dommages sont la conséquence de la perte de contrôle de la personne alcoolisée qui
peut se traduire par des accidents et des mises en danger immédiates susceptibles
de provoquer des traumatismes voire le décès du consommateur ou d'un tiers.

Mortalité et morbidité attribuables à l'alcool

3 FORMATRICE BUISINE SONIA


Les derniers chiffres de la mortalité attribuable à l’alcool en France sont ceux de
2015 : 41 000 décès par an, dont 30 000 chez les hommes et 11 000 chez les
femmes, soit respectivement 11 % et 4 % de la mortalité des adultes de quinze ans
et plus.
La plus grande proportion de cancers causés par l’alcool concerne l’œsophage et le
foie. Les cancers du sein, de la cavité orale, de l’oropharynx, de l’hypopharynx et
colorectal contribuent le plus aux nouveaux cas de cancers attribuables à l’alcool.

Les recours au soins


Les personnes en difficulté avec l’alcool peuvent s’adresser à différents types de
structures (hôpitaux, médecins de ville, structures médico-sociales spécialisées en
addictologie, associations d’entraide). On ne dispose de données pour suivre les
évolutions récentes que pour les hôpitaux et les structures médico-sociales, les
centres de soins d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA).
Au niveau des hospitalisations, le nombre de séjours suivant les différentes
catégories de diagnostics principaux mentionnant l’alcool dans leur intitulé était de
246 000 en 2020, dont 44 % pour dépendance et sevrage, 38 % pour intoxications
aiguës, 15 % pour les effets à long terme de l’alcoolisation.
Les CSAPA accueillent quant à eux des personnes ayant des consommations d’alcool
excessives, le plus souvent dépendantes (2/3 des patients) ou ayant un usage nocif,
ou à risque. On dénombre 389 CSAPA en 2022 pour une file active estimée à environ
314 000 usagers en 2019. L’alcool comme produit posant le plus problème concerne
46 % des patients vus en CSAPA.

Dommages pour les tiers


L’alcool est impliqué, en 2020, dans 45 121 accidents corporels de la circulation
routière en 2020, dont 2 403 accidents mortels. On dénombre 87 900 condamnations
pour conduite en état alcoolique en 2019, hors compositions pénales, procédure qui
permet au procureur de proposer une mesure intermédiaire entre la poursuite et le
classement sans suite.

Perceptions /opinions
Selon l’Enquête sur les représentations, opinions et perceptions sur les psychotropes
(EROPP), l’alcool est rarement perçu comme une « drogue ». À l’inverse des produits
illicites, seule une minorité d’enquêtés (10 %) le perçoit comme dangereux dès la
première consommation. C’est principalement l’usage quotidien qui est cité comme
dangereux, par 79 % des répondants. Pour 56 % des enquêtés, offrir ou boire de
l’alcool fait partie des règles du savoir-vivre. Plus d’un tiers (36 %) n’ont jamais
remarqué la présence sur les bouteilles d’alcool d’un logo avertissant des dangers de
l’alcool pour les femmes enceintes. Près d’un quart (23 %) des répondants se
souviennent avoir vu ou entendu une publicité pour une boisson alcoolisée au cours
de la dernière semaine. Enfin, une quasi-majorité de la population (45 %) considère
qu’il est acceptable de boire son premier verre d’alcool avant 18 ans.

Cadre légal et orientations publiques récentes


Pour des raisons fiscales et d'ordre public, le commerce et la distribution d'alcool
sont réglementés depuis plusieurs siècles. Les préoccupations de santé publique du
législateur se sont traduites par l’instauration d’un cadre juridique relativement
récent (ordonnances de 1960 sur la lutte contre l’alcoolisme, loi Évin du 10 janvier

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1991, loi portant réforme de l’hôpital, relative aux patients, à la santé et aux
territoires (HPST) adoptée le 21 juillet 2009) qui fait régulièrement l’objet de remises
en cause. Le débat public oppose en effet le discours des spécialistes en alcoologie et
addictologie aux revendications des viticulteurs, producteurs et distributeurs,
opérateurs économiques, et il partage également l'opinion publique.

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