Programme Strauss Op27
Programme Strauss Op27
Orchestre de Paris
Klaus Mäkelä
Lise Davidsen
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+ baseline sans baseline si logo moins de 20mm
Unsuk Chin
Spira, création française
Richard Strauss
Quatre Lieder, op. 27
E N T R AC T E
Gustav Mahler
Symphonie no 1, « Titan »
Orchestre de Paris
Klaus Mäkelä, direction
Lise Davidsen, soprano
Elise Batnes, violon solo (invité)
TARIFS 72 €, 62 €, 47 €, 32 €, 20 €, 10 € TARIFS 52 €, 42 €, 37 €, 27 €, 20 €, 10 €
Mercredi 6 et jeudi 7 Mercredi 13 et jeudi 14
octobre
20H30 20H30
TARIFS 62 €, 52 €, 42 €, 32 €, 20 €, 10 € TARIFS 52 €, 42 €, 37 €, 27 €, 20 €, 10 €
Les œuvres
Unsuk Chin (née en 1961)
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Dans Spira, un matériau complexe se développe à partir de motifs générateurs et emprunte
des chemins inattendus, à l’image du processus de croissance et de métamorphose
biologique qui a ici influencé Unsuk Chin. Le titre s’inspire de la spirale logarithmique que
le mathématicien et physicien Jacques Bernouilli avait appelée « spira mirabilis » (on peut
observer cette « spirale merveilleuse » dans la forme de certains coquillages comme le
nautile, ou dans la disposition des graines de tournesol). La cellule originelle de Spira est
constituée par le son des vibraphones joués avec un archet, entendus dès les premières
mesures. En sus du percussionniste produisant les hauteurs, un second musicien est chargé
de contrôler leur résonance et leur intensité en actionnant le moteur de l’instrument.
EN SAVOIR PLUS
– [Link]/unsuk-chin : de nombreuses ressources documentaires et un « parcours de
l’œuvre » par Jérémie Szpirglas.
– [Link]/composer/Unsuk+Chin : le site de l’éditeur d’Unsuk Chin.
– Stefan Drees (éd.), Im Spiegel der Zeit. Die Komponistin Unsuk Chin, Mayence, Schott, 2011 :
à ce jour, la seule monographie consacrée à Unsuk Chin.
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Richard Strauss (
Quatre Lieder, op. 27
1864-1949)
Richard Strauss offrit les Quatre Lieder op. 27 à son épouse Pauline de Ahna le 10 septembre
1894, le jour de leurs noces. Un don qui allait sceller cinquante-cinq années d’une union
parfois orageuse, toujours passionnée. Pauline, après des études de chant à Munich,
avait continué sa formation avec le jeune compositeur, rencontré en 1887. À Weimar,
en mai 1894, elle incarna Freihild lors de la création de Guntram, le premier opéra de
son futur époux.
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et Heine, Strauss est sensible aux vers qui expriment les sentiments sans détour, dont les
images et les situations déclenchent immédiatement son imagination.
Le recueil s’ouvre sur Ruhe, meine Seele!, une page sombre et mystérieuse, où la voix murmure
son récitatif sur de longs accords tenus. Puis, au centre du lied, une déclamation ardente
évoque les tempêtes de l’âme. Sans doute Strauss a-t-il songé au tempérament volcanique
de son épouse, laquelle avait d’ailleurs conscience que ses colères menaçaient leur couple.
Il lui écrit, peu après leur mariage : « Il ne faut pas que tu te fasses autant de souci pour ce
genre de choses. Je te connais si bien, et je suis tellement certain que tu es profondément
éprise de moi que ce genre de scènes ne saura jamais ébranler la confiance que j’ai en toi. »
Il ajoute plus loin : « Calme-toi, ma douce chérie, mon amour pour toi reste immuable. »
On croit entendre là un
écho du premier lied de Pauline a beaucoup plu et,
l’opus 27.
rappelée par un public déchaîné,
La passion s’exprime sans a dû bisser Morgen.
réserve dans Cäcilie, où Strauss, après un concert à Paris en 1897
Strauss atteint un degré
d’effusion rare dans sa musique. Heimliche Aufforderung poursuit dans cet esprit, mais
avec un peu plus de retenue. À l’opposé de ces pages flamboyantes, Morgen! confie
les sentiments à fleur de lèvres, comme un aveu que l’auditeur percevrait fortuitement.
Trois ans après avoir achevé son recueil, Strauss orchestre Cäcilie et Morgen, la mélodie
extatique qui ouvre et referme le dernier lied étant à présent jouée par un violon solo.
Ce changement de format signale la volonté de créer de nouvelles irisations sonores et
de donner plus d’ampleur à la partition, tout en conservant l’intériorité propre au genre.
On doit en revanche la version symphonique de Heimliche Aufforderung à Robert Heger,
en 1929. Strauss revient à l’opus 27 en 1948, avec l’orchestration de Ruhe, meine Seele,
contemporaine de la composition de ses Quatre derniers lieder. « Ces temps sont pleins
de violence, ils mettent le cœur et le cerveau en détresse » : plus d’un demi-siècle après
leur mise en musique, les vers de Henckell n’expriment plus l’inquiétude de l’amant, mais
l’accablement de l’homme sur les ruines fumantes du monde d’hier.
Hélène Cao
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L'ŒUVRE ET L'ORCHESTRE
Les Quatre Lieder op. 27 font leur entrée au répertoire de l'Orchestre de Paris à l'occasion de
ces concerts.
EN SAVOIR PLUS
– Michael Kennedy, Richard Strauss : l’homme, le musicien, l’énigme, Éditions Fayard, 2001.
– André Tubeuf, Richard Strauss ou le voyageur et son ombre, Éditions Actes Sud / « Classica »,
2004.
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Richard Strauss Livret
Quatre Lieder, op. 27
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Livret
3. Heimliche Aufforderung 3. Invitation secrète
Poème de John Henry Mackay
Auf, hebe die funkelnde Schale empor zum Mund, Élève la coupe étincelante jusqu’à ta bouche,
und trinke beim Freudenmahle dein Herz gesund. Et bois dans ce festin joyeux pour guérir ton cœur.
Und wenn du sie hebst, so winke mir heimlich zu, Et quand tu la lèves, à ce moment-là, fais-moi
dann lächle ich, und dann trinke ich still wie du… [un signe secrètement,
alors je sourirais et boirais silencieusement
[comme toi...
Und still gleich mir betrachte um uns das Heer Et en silence comme moi, regarde autour de nous
der trunknen Schwätzer – verachte sie nicht zu sehr. [la foule
Nein, hebe die blinkende Schale, gefüllt mit Wein, Des bavards ivres, ne les méprise pas trop.
und lass beim lärmenden Mahle sie glücklich sein. Non, lève la coupe brillante, remplie de vin,
Et laisse-les heureux au milieu du repas bruyant.
Doch hast du das Mahl genossen, den Durst gestillt, Mais quand tu auras savouré le festin, apaisé ta soif,
dann verlasse der lauten Genossen festfreudiges Bild Alors quitte la scène joyeuse des compagnons
und wandle hinaus in den Garten zum Rosenstrauch, [bruyants
dort will ich dich dann erwarten nach altem Brauch. et promène-toi dehors dans le jardin jusqu’aux
[rosiers,
là je t’attendrai selon notre ancienne coutume.
Und will an die Brust dir sinken, eh du’s gehofft, Et sur ton sein je me jetterai avant que tu l’espères,
und deine Küsse trinken, wie ehmals oft, et je boirai tes baisers, comme souvent autrefois,
und flechten in deine Haare der Rose Pracht. et j’entrelacerai dans tes cheveux la splendeur
O komm, du wunderbare, ersehnte Nacht! [des roses.
Oh, viens, nuit merveilleuse, si désirée !
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Livret
4. Morgen! 4. Demain !
Poème de John Henry Mackay
Und morgen wird die Sonne wieder scheinen Et demain le soleil brillera encore,
Und auf dem Wege, den ich gehen werde, et sur le chemin que je prendrai,
Wird uns, die Glücklichen, sie wieder einen il nous réunira, nous les bienheureux, à nouveau
Inmitten dieser sonnenatmenden Erde… sur cette terre qui respire le soleil.
Und zu dem Strand, dem weiten, wogenblauen, Et sur la rive, vaste, aux vagues bleues,
Werden wir still und langsam niedersteigen, nous descendrons tranquillement et lentement,
Stumm werden wir uns in die Augen schauen, silencieusement nous nous regarderons
Und auf uns sinkt des Glückes stummes Schweigen… [dans les yeux,
et le silence du bonheur descendra sur nous…
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Gustav Mahler (
Symphonie n 1 « Titan », en ré majeur
o
1860-1911)
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Le premier mouvement commence de manière étrangement statique. Dans une forêt de timbres
émergent des fragments de fanfares, un appel de coucou, jusqu’à l’arrivée du véritable
premier thème, une mélopée caressante confiée aux violoncelles. Mahler réutilise ici une
mélodie de ses Chants d’un compagnon errant de 1883, intitulée « Ce matin je suis allé à
travers champs… » C’est donc l’esprit du Lied qui vient ici contredire ce que l’introduction
pouvait avoir d’inquiétant et insuffler au mouvement une paisible effusion lyrique. Le retour
progressif au statisme initial et le rappel des fanfares ironiques se chargent de rappeler
que le drame n’est jamais loin. Il n’y a jamais d’innocence pastorale chez Mahler, pour
qui toute promenade, comme dans les déchirants Kindertotenlieder, peut tourner au
tragique. Un imaginaire
J'avais écrit une de mes inquiet, ou du moins
équivoque, baigne ainsi
œuvres les plus hardies, alors
« l’éveil de la nature ».
que je croyais naïvement
qu'elle était d'une facilité Le deuxième mouvement
enfantine et qu'elle allait plaire convoque l’esprit du
ländler, danse populaire
immédiatement.
Gustav Mahler autrichienne. On peut
l’entendre comme un
hommage à Schubert, non sans quelques effets ironiques aux cuivres, qui jouent délibérément
avec une forme de vulgarité : exemple même de cette négativité critique de Mahler, qui
ne fut pas comprise lors de la création.
Le troisième mouvement est sans conteste l’une des pages les plus captivantes de Mahler.
Il la plaça lui-même sous le patronage de Jacques Callot, le graveur lorrain à l’imaginaire
fantasque et cosmique, dont le style avait également fasciné Hoffmann. L’ensemble se
présente comme une marche funèbre fondée sur la chanson populaire Frère Jacques. La
mélodie enfle, passe d’un pupitre à l’autre, est traitée en canon sans perdre sa tonalité
de cortège funéraire, quand elle est soudain interrompue par un thème aux sonorités
« bastringue » : mélodie parodique de mariage juif, incongrue dans un contexte aussi grave.
Le mélange de gravité et de futilité désacralisante, qui scandalisa les premiers auditeurs,
atteint ici un degré de hardiesse que nul, sans doute, n’avait approché avant Mahler.
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Le quatrième mouvement est ouvertement dramatique : la pièce s’ouvre sombrement, avant
qu’un thème aux allures victorieuses ne tente une première « percée » : il lui faudra trois
tentatives pour imposer son triomphe, dans un climat de lutte permanente. Déflagrations
sonores, lumineux éclairages passagers, fanfares conquérantes et retombées tragiques
alternent donc inlassablement. Lorsque ce processus s’épuise enfin, la Première Symphonie
s’accorde un regard en arrière avec le retour allusif du Lied « Ce matin je suis allé à
travers champs… », qui referme enfin le livre. Pas tout à fait cependant : dans un dernier
sursaut, la nostalgie le cède à l’optimisme solaire d’une fin triomphante.
Frédéric Sounac
L'ŒUVRE ET L'ORCHESTRE
La Symphonie n° 1, « Titan » est au répertoire de l’Orchestre de Paris depuis 1969 où elle fut
dirigée par Kyril Kondrachine. Lui ont succédé Georges Prêtre en 1970, Carlo Maria Giulini en
1972, Pierre Boulez en 1978, Adam Fischer en 1984, Erich Leinsdorf en 1986, Zubin Mehta
en 1987, Daniel Barenboim en 1988, Semyon Bychkov en 1988 et 1990, Fabio Luisi en 1995,
Yakov Kreizberg en 2000, Christoph Eschenbach en 1997, 2003, 2005, 2007, 2008 et 2010,
Paavo Järvi en 2013, Herbert Blomstedt en 2016 et Daniel Harding en 2018.
EN SAVOIR PLUS
– Henry-Louis de la Grange, Gustav Mahler, Paris, Éd. Fayard (3 vol.), 1979
– Marc Vignal, Mahler, Paris, Éd. Le Seuil, coll. « Solfèges », 1982
– Bruno Walter, Gustav Mahler, Le Livre de Poche, 1979
– Stefan Zweig, Le Retour de Gustav Mahler, Arles, Éd. Actes Sud, 2012
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LeLesaviez-vous
saviez-vous
? ?
Les Lieder de Richard Strauss
Les opus écrits entre 1891 et 1906 sont destinés à Pauline de Ahna, qui les chante
souvent en concert, accompagnée par le compositeur. En 1896, Strauss aborde pour la
première fois le lied avec orchestre (Quatre Chants op. 33) et, dans la foulée, orchestre
deux numéros de l’opus 27. Sa production de lieder s’interrompt ensuite, car à partir
de Salomé (1905), l’opéra accapare son attention et lui vaut de retentissants succès.
En outre, Pauline se retire de la scène en 1906.
Strauss renoue avec le lied en 1918, année du satirique Krämerspiegel et des virtuoses
Brentano-Lieder op. 68, mais dorénavant, il en composera moins. En 1948, les Quatre
derniers lieder, pour soprano et orchestre, se parent de couleurs flamboyantes et
crépusculaires pour chanter l’adieu au lied romantique.
Hélène Cao
18
18
Le Le saviez-vous??
saviez-vous
Les symphonies de Mahler
1919
Les compositeurs
Unsuk Chin
Née à Séoul en 1961 dans une famille modeste, La compositrice revendique une pluralité de
Unsuk Chin reçoit de son père quelques sources d’inspiration. On entend ainsi un
rudiments du piano. Elle se forme ensuite en souvenir de gamelan balinais dans l’Étude
autodidacte, découvre la tradition européenne pour piano n° 1 « In C » (1999), le Concerto
à la radio, puis avec des disques dans son pour violon (2001) et le Double concerto
collège. Ayant décidé de devenir compositrice pour piano préparé et percussion (2002) ;
dès l’âge de douze ou treize ans, elle entre Miroirs des temps (2001) emprunte certaines
à l’Université nationale de Séoul où elle est idées au Moyen-Âge et à la Renaissance ; Šu
l’élève de Sukhi Kang. Bientôt primée dans (concerto pour orgue à bouche sheng) renoue
plusieurs concours internationaux, elle obtient avec la tradition coréenne (2009) ; d’autres
une bourse qui lui permet d’étudier avec György œuvres se nourrissent d’un travail sur le spectre
Ligeti à Hambourg de 1985 à 1988. Puis elle sonore ou s’inspirent de modèles scientifiques.
s’installe à Berlin (où elle vit toujours), s’initie à La propension d’Unsuk Chin à un humour
l’électronique à l’Université technique de cette caustique motive des jeux sur le langage et une
ville et poursuit cette formation à la Radio de dimension théâtrale perceptible notamment
Cologne et à l’Ircam. George Benjamin ayant dans snagS&Snarls (2004), l’opéra Alice in
remarqué sa partition Akrostichon-Wortspiel Wonderland (2007), Gougalon (2009) ou
(1991), les prix et les commandes s’enchaînent. encore Cosmigimmicks (2012).
Richard Strauss
Enfant prodige, fils d’un excellent corniste, se plonger dans la musique de Mozart, Haydn,
Richard Strauss découvre la musique par Beethoven et Schubert plutôt que dans celle de
l’étude des classiques allemands. Il pratique Wagner. Au cours de son apprentissage, il se
le piano à quatre ans, compose ses premières passionne pour la musique orchestrale, qu’il
œuvres à six, apprend le violon à huit et entame complète avec des études d’histoire de l’art
avant l’adolescence des cours de composition. et de philosophie à l’Université de Munich. À
C’est son père qui l’influence le plus durant ses Meiningen, sous l’influence d’Alexandre Ritter,
jeunes années, son conservatisme l’incitant à il se passionne enfin pour Wagner et Brahms,
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que son père abhorre. Cette période munichoise suivante à Londres et New-York. La Femme sans
est féconde pour le jeune musicien : il compose ombre (1919) est considéré par le compositeur
dix-sept Lieder, une Sonate pour violon (1888) ; comme son « dernier opéra romantique » :
ainsi qu’une œuvre symphonique, Aus Italien imaginée en temps de paix, écrite pendant
(1887), inspirée par un grand voyage en Italie. la guerre et jouée après la signature du traité
Tandis que ses activités de chef d’orchestre de Versailles, cette œuvre marque un tournant
se multiplient, il compose plusieurs poèmes dans la vie créatrice de Strauss. Il s’installe à
symphoniques qui, peu à peu, renforcent sa Vienne et prend la direction de l’Opéra d’État,
réputation : Mort et transfiguration (1889), qu’il occupe jusqu’en 1924, emmène l’Orchestre
Macbeth (1891), Till Eulenspiegel (1894- philharmonique de Vienne en tournée en
1895), Ainsi parlait Zarathoustra (d’après Amérique du Sud, et dirige des orchestres
Nietzsche, 1896), Don Quichotte (1897) et aux États-Unis. Ses relations avec le régime
Une vie de héros (1898). Le tournant du siècle nazi ont longtemps été source de polémique.
apporte deux inflexions fondamentales dans la Strauss accepte de présider la Chambre de
carrière de Richard Strauss : il délaisse la forme la musique du Reich (Reichsmusikkammer) en
du poème symphonique pour se consacrer à 1933 ainsi que de composer l’hymne des Jeux
l’opéra, et il fonde, avec d’autres artistes, la Olympiques de 1936. Néanmoins, il s’attire les
première société protégeant les droits d’auteur foudres du régime lorsqu’il demande à Stefan
des compositeurs allemands. Entre 1903 Zweig d’écrire le livret de son opéra La Femme
et 1905, il œuvre à son opéra Salomé, tiré silencieuse, créé à Dresde en 1935 avant d’être
de la pièce de théâtre d’Oscar Wilde, elle- retiré de l’affiche. Son conflit avec les nazis se
même inspirée par Gustave Flaubert. Ce chef- renforce lorsque ceux-ci apprennent que sa
d’œuvre fait scandale lors de sa création, mais belle-fille, Alice, est juive. Il garde néanmoins
son succès dépasse rapidement les frontières des contacts avec des responsables, ce qui lui
allemandes. Dans la foulée, il écrit Elektra, qu’il permet d’intervenir en faveur de sa belle-fille et
achève en 1908 et présente au public l’année de ses petits-enfants lorsque ceux-ci sont arrêtés.
suivante. Travailleur infatigable, Strauss maîtrise En 1944, du fait de l’intensification de la guerre,
parfaitement la forme orchestrale, qu’il déploie la première de son opéra L’Amour de Danaé est
avec talent. Le Chevalier à la rose (1911), annulée sur ordre de Goebbels (l’ouvrage ne
opéra en trois actes, est un autre immense sera créé qu’en 1952). Après la guerre, Strauss
succès, présenté deux mois après sa première comparaît lors des procès de dénazification ;
dresdoise à la Scala de Milan et l’année de nombreux artistes témoignent en sa faveur.
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Strauss est blanchi de toute collaboration. Dans de s’éteindre des suites d’une crise cardiaque,
un dernier élan créatif, il écrit ses Vier letzte le 8 septembre 1949.
Lieder (« Quatre derniers lieder », 1948) avant
Gustav Mahler
Né en 1860, Mahler passe les premières partir de janvier 1883. Le séjour permet au
années de sa vie en Bohême, où il reçoit ses compositeur d’interpréter les opéras les plus
premières impressions musicales (chansons récents, mais aussi de diriger sa propre musique
de rue, fanfares de la caserne proche…) et pour la première fois, et de commencer ce qui
découvre le piano, pour lequel il révèle un deviendra les Lieder eines fahrenden Gesellen. Il
vrai talent. Après une scolarité sans éclat, il démissionne en 1885 et, après un remplacement
se présente au Conservatoire de Vienne, où il bienvenu à Prague, prend son poste à l’Opéra
est admis en 1875 dans la classe du pianiste de Leipzig. Comme souvent, des frictions le
Julius Epstein. Malgré quelques remous, Mahler poussent à mettre fin à l’engagement et, alors
achève sa formation (piano puis composition et qu’il vient d’achever sa Première Symphonie
harmonie, notamment auprès de Robert Fuchs) (créée sans grand succès en 1889), il part
en 1878. Il découvre Wagner, et prend fait et pour Budapest à l’automne 1888 ; il travaille
cause pour Bruckner, alors incompris du monde en même temps à ses mises en musique du
musical viennois ; sa première œuvre de grande recueil populaire Des Knaben Wunderhorn et
envergure, Das klagende Lied, portera la trace revoit sa Première Symphonie. En 1891, après
de ces influences tout en manifestant un ton un Don Giovanni triomphal à Budapest, il crée
déjà très personnel. Après un passage rapide au Stadttheater de Hambourg de nombreux
à l’Université de Vienne et quelques leçons opéras et dirige des productions remarquées
de piano, Mahler commence sa carrière de (Wagner, Tchaïkovski, Verdi, Smetana…). Il
chef d’orchestre. Il fait ses premières armes consacre désormais ses étés à la composition :
dans la direction d’opéra dans la petite ville Deuxième et Troisième Symphonies. Récemment
de Ljubljana (alors Laibach), en Slovénie, converti au catholicisme, le compositeur est
dès 1881, puis, après quelques mois en tant nommé à la Hofoper de Vienne. Après un début
que chef de chœur au Carltheater de Vienne, peu productif, cette période s’avère féconde sur
officie à Olomouc (Olmütz), en Moravie, à le plan de la composition (Symphonies n os 4
22
à 8, Rückert-Lieder et Kindertotenlieder), et les Vieux Continent, avant le départ pour New
occasions d’entendre la musique du compositeur York, où Mahler prend les rênes du Metropolitan
se font plus fréquentes, à Vienne comme ailleurs. Opera (janvier 1908). Il partage désormais
Du point de vue personnel, c’est l’époque du son temps entre l’Europe, l’été (composition
mariage (1902) avec Alma Schindler, élève de de la Neuvième Symphonie en 1909, création
Zemlinsky, grâce à laquelle il rencontre nombre triomphale de la Huitième à Munich en 1910),
d’artistes, comme Klimt ou Schönberg. La mort et ses obligations américaines. Gravement
de leur fille aînée, en 1907, et la nouvelle de la malade, il quitte New York en avril 1911 et
maladie cardiaque de Mahler jettent un voile meurt le 18 mai d’une endocardite, peu après
sombre sur les derniers moments passés sur le son retour à Vienne.
23
Les interprètes
Lise Davidsen
la production de Tobias Kratzer de Tannhäuser
et La Walkyrie donnée en concert, ainsi qu'un
projet de film autour de Strauss en collaboration
avec l'Opéra de Norvège. En récital, elle s'est
produite à Oslo (Opéra national de Norvège), en
Allemagne (Dortmund) ainsi qu'au Palau de les Arts
de Valence (Espagne). Avec le planiste Leif Ove
Andsnes, elle a chanté à Trondheim, dans le cadre
du Festival de musique de chambre de Rosendal
ou dans celui du Festival de Turku en Finlande.
© James Hole
24
Klaus Mäkelä
des œuvres de Saariaho, Strauss, Sibelius et deux
créations de la compositrice norvégienne Mette
Henriette. Un éventail de répertoires qu’on retrouve
tout au long de sa deuxième saison à Oslo. Le
répertoire contemporain y est particulièrement
à l’honneur avec des œuvres de Sally Beamish,
Unsuk Chin, Jimmy Lopez, Andrew Norman et
Kaija Saariaho. Au printemps 2022, Klaus Mäkelä
et le Philharmonique interprèteront l’intégrale des
© Jérôme Bonnet
25
Orchestre de Paris
Héritier de la Société des Concer ts du au service des répertoires des xixe et xxe siècles,
Conservatoire fondée en 1828, l’Orchestre a comme de la création contemporaine à travers
donné son concert inaugural le 14 novembre l’accueil de compositeurs en résidence, la créa-
1967 sous la direction de Charles Munch. Herbert tion de nombreuses œuvres et la présentation de
von Karajan, Sir Georg Solti, Daniel Barenboim, cycles consacrés aux figures tutélaires du xxe siècle
Semyon Bychkov, Christoph von Dohnányi, (Messiaen, Dutilleux, Boulez, etc.). Depuis sa pre-
Christoph Eschenbach, Paavo Järvi et enfin Daniel mière tournée américaine en 1968 avec Charles
Harding se sont ensuite succédé à sa direction. En Munch, l’Orchestre de Paris est l’invité régulier des
2020, Klaus Mäkelä a été nommé Conseiller musi- grandes scènes musicales et a tissé des liens privi-
cal de l'Orchestre ; dès septembre 2021, il devient légiés avec les capitales musicales européennes,
le dixième Direcreur musical de l'Orchestre de mais aussi avec les publics japonais, coréen
Paris, succédant ainsi à Daniel Harding. et chinois.
26
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RCS B 889 761 516 - Licences E.S. n°1-1041550, n°2-1041546, n°3-1041547. Imprimeur : IOC Print –
Direction générale Cécile Gouiran Marie Poulanges
Laurent Bayle Matthieu Handtschoewercker Cédric Robin
Directeur général de la Cité Gilles Henry Estelle Villotte
de la musique – Philharmonie Florian Holbé Florian Wallez
de Paris Andreï Iarca
Saori Izumi Violoncelles
Thibaud Malivoire de Camas Raphaël Jacob Emmanuel Gaugué, 1er solo
Directeur général adjoint Momoko Kato Éric Picard, 1er solo
Maya Koch François Michel, 2e solo
Direction de l’Orchestre Anne-Sophie Le Rol Alexandre Bernon, 3e solo
de Paris Angélique Loyer Anne-Sophie Basset
Anne-Sophie Brandalise Nadia Mediouni Delphine Biron
Directrice Pascale Meley Thomas Duran
Édouard Fouré Caul-Futy Phuong-Maï Ngô Manon Gillardot
Délégué artistique Nikola Nikolov Claude Giron
Étienne Pfender Paul-Marie Kuzma
Conseiller musical Gabriel Richard Marie Leclercq
Klaus Mäkelä Richard Schmoucler Florian Miller
Élise Thibaut Frédéric Peyrat
Premier violon solo Anne-Elsa Trémoulet
Philippe Aïche Damien Vergez Contrebasses
Caroline Vernay Vincent Pasquier, 1er solo
Violons Ulysse Vigreux, 1er solo
Eiichi Chijiiwa, 2e violon solo Altos Sandrine Vautrin, 2e solo
Serge Pataud, 2e violon solo David Gaillard, 1er solo Benjamin Berlioz
Nathalie Lamoureux, 3e solo Nicolas Carles, 2e solo Jeanne Bonnet
Philippe Balet, 2e chef d’attaque Florian Voisin, 3e solo Igor Boranian
Joseph André Clément Batrel-Genin Stanislas Kuchinski
Antonin André-Réquéna Hervé Blandinières Mathias Lopez
Maud Ayats Flore-Anne Brosseau Marie Van Wynsberge
Elsa Benabdallah Sophie Divin
Gaëlle Bisson Chihoko Kawada
David Braccini Béatrice Nachin
Joëlle Cousin Nicolas Peyrat
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Flûtes Bassons Trombones
Vincent Lucas, 1er solo Giorgio Mandolesi, 1er solo Guillaume Cottet-Dumoulin,
Vicens Prats, 1er solo Marc Trénel, 1er solo 1er solo
Bastien Pelat Lionel Bord Jonathan Reith, 1er solo
Florence Souchard-Delépine Yuka Sukeno Nicolas Drabik
Jose Angel Isla Julian
Petite flûte Contrebasson Cédric Vinatier
Anaïs Benoit Amrei Liebold
Tuba
Hautbois Cors Stéphane Labeyrie
Alexandre Gattet, 1er solo André Cazalet, 1er solo
Miriam Pastor Burgos, 1er solo Benoit de Barsony, 1er solo Timbales
Rémi Grouiller Jean-Michel Vinit Camille Baslé, 1er solo
Anne-Sophie Corrion Antonio Javier Azanza Ribes,
Cor anglais Philippe Dalmasso 1er solo
Gildas Prado Jérôme Rouillard
Bernard Schirrer Percussions
Clarinettes Éric Sammut, 1er solo
Philippe Berrod, 1er solo Trompettes Nicolas Martynciow
Pascal Moraguès, 1er solo Frédéric Mellardi, 1er solo Emmanuel Hollebeke
Arnaud Leroy Célestin Guérin, 1er solo
Laurent Bourdon Harpe
Petite clarinette Stéphane Gourvat Marie-Pierre Chavaroche
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REMERCIEMENTS
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PA R K I N G S
P H I L H A R M O N I E D E PA R I S
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