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Barone Myologie

Le document traite de la myologie des mammifères domestiques, en détaillant la répartition, la structure et les fonctions des muscles. Il est divisé en plusieurs chapitres, abordant les muscles de la tête, du cou, du thorax, de l'abdomen, de la queue, ainsi que ceux de la ceinture et des membres thoraciques. Chaque section examine les particularités spécifiques à différentes espèces animales et compare les muscles avec ceux de l'Homme.
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Le document traite de la myologie des mammifères domestiques, en détaillant la répartition, la structure et les fonctions des muscles. Il est divisé en plusieurs chapitres, abordant les muscles de la tête, du cou, du thorax, de l'abdomen, de la queue, ainsi que ceux de la ceinture et des membres thoraciques. Chaque section examine les particularités spécifiques à différentes espèces animales et compare les muscles avec ceux de l'Homme.
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Robert Barone

ANATOMIE COMPAREE
des mammifères domestiques

Partie 2 : Myologie

VIGOT
DEUXIEME PARTIE

MYOLOGIE
VI

DEUXIEME PARTIE

MYOLOGIE

CHAPITRE PREMIER : CARACTERES GENERAUX DES MUSCLES 371

I. — Répartition, conformation et connexions 373


Nombre 373
Volume et poids 375
Situation 377
Forme 377
Attaches ou insertions 382
Annexes des muscles striés 382
Rapports 387
Anomalies 389

II. — Structure et composition 391


La fibre musculaire striée 391
Formations conjonctives 401
Organisation des muscles striées 404
Vaisseaux et nerfs 407
Composition chimique 411
Rigidité cadavérique 413

III. — Fonctions et homologies 414


Action mécanique des muscles 414
Usages des muscles 415
Homologies des muscles 416
Problèmes de nomenclature particuliers à la Myologie 417

IV. — Organisation générale du système musculaire 419


Origine embryonnaire 419
Muscles de la tête 421
Muscles du tronc 423
Muscles des membres 430
Ordre des descriptions 431

CHAPITRE II : MUSCLES DE LA TETE 433

I. — Muscles cutanés de la tête 433


A — Muscles cutanés du crâne 433
B — Muscles cutanés de la face 435
Muscle orbiculaire de l'œil 435
Muscles sourciller et releveur de l'angle médial de l'œil 437
Muscle rétracteur de l'angle latéral de l'œil 437
Muscle malaire 437
Muscle orbiculaire de la bouche 439
Muscles abaisseur de l'angle de la bouche et risorius 441
Muscle buccinateur 441
Muscle abaisseur de la lèvre inférieure 443
Muscle mental 444
Muscles incisifs 445
Muscle zygomatique 445
Muscle releveur naso-labial 445
Muscle releveur de la lèvre supérieure 447
Muscle canin 449
Muscle nasal latéral 451
Muscle dilatateur des narines 453
VII

Particularités spécifiques 453


Équidés 454
Bœuf 455
M o u t o n et Chèvre 457
Porc 457
Chien 459
Chat 461
Lapin 463
Comparaison avec l ' H o m m e 463
C — Muscles cutanés de l'oreille 465
Charpente cartilagineuse de l'oreille externe 467
Muscle zygomatico-auriculaire 469
Muscle zygomatico-scutulaire V. 469
Muscle fronto-scutulaire 469
Muscles scutulo-auriculaires superficiels 471
Muscles scutulo-auriculaires profonds 471
Muscle interscutulaire 472
Muscles pariéto-auriculaire et pariéto-scutulaire 472
Muscle cervico-scutulaire 473
Muscle cervico-auriculaire superficiel 473
Muscle cervico-auriculaire moyen 475
Muscle cervico-auriculaire profond 475
Muscle parotido-auriculaire 475
Muscle stylo-auriculaire 476
Particularités spécifiques 476
Cheval 476
Ane et Mulet 477
Bœuf 477
Porc 479
Chien 479
Chat 480
Lapin 480
Comparaison avec l'Homme 481

II. — Muscles masticateurs 481


Muscle masséter 483
Muscle temporal 487
Muscle ptérygoïdien médial 489
Muscle ptérygoïdien latéral 491
Muscle digastrique 491
Particularités spécifiques 497
Équidés 497
Ruminants 499
Porc 499
Carnivores 501
Lapin 501
Comparaison avec l ' H o m m e 503

III. — Muscles suprahyoïdiens 503


Muscle mylo-hyoïdien 507
Muscle génio-hyoïdien 507
Muscle occipito-hyoïdien 511
Muscle stylo-hyoïdien 511
Muscle cérato-hyoïdien 513
Muscle hyoïdien transverse 513
Particularités spécifiques 513
VIII

CHAPITRE III : MUSCLES DU COU 519


I. — Musculature cutanée du cou 519
Particularités spécifiques 521

II. — Muscles de la région cervicale ventrale 523


Muscle sterno-céphalique 523
Muscle brachio-céphalique 527
Muscles sterno-hyoïdien et sterno-thyroïdien 531
Muscle omo-hyoïdien 533
Muscles scalènes 535
Fascia cervical 539
Particularités spécifiques 541
Équidés 541
Bœuf • .V: 543
Mouton et Chèvre 545
Porc 545
Chien 547
Chat 547
Lapin 549
Comparaison avec l'Homme 549

III. — Muscles de la région cervicale dorsale 551


Muscle trapèze 551
Muscle omo-transversaire 553
Muscle rhomboïde 555
Muscle dentelé du cou 557
Muscle splénius , 559
Muscle semi-épineux de la tête 561
Muscles longissimus de l'atlas et de la tête 563
Particularités spécifiques 565
Équidés 565
Bœuf 569
Mouton et Chèvre 571
Porc 571
Chien 571
Chat 573
Lapin 573
Comparaison avec l'Homme 575

IV. — Muscles juxtavertébraux du cou 575


Muscle épineux du cou 577
Muscles interépineux du cou 577
Muscles multifide du cou et semi-épineux du cou 577
Muscle longissimus du cou 579
Muscle ilio-costal du cou 581
Muscles intertransversaires du cou 581
Muscle transversaire ventral du cou 585
Muscle long du cou 585
Muscle long de la tête 589
Muscle grand droit dorsal de la tête 589
Muscle petit droit dorsal de la tête 591
Muscle oblique caudal de la tête 591
Muscle oblique crânial de la tête 591
Muscle droit latéral de la tête 593
Muscle droit ventral de la tête 593
Particularités spécifiques 593
Équidés 593
Ruminants 595
Porc 595
Carnivores 595
Lapin 597
Comparaison avec l'Homme 597
IX

CHAPITRE IV : MUSCLES DU T H O R A X 599

I. — Muscles cutanés du tronc 599


Particularités spécifiques 601

II. — Muscles pectoraux 603


Muscle pectoral descendant 604
Muscle pectoral transverse 604
Muscle pectoral ascendant 605
Muscle subclavier 607
Fascia pectoral 609
Particularités spécifiques 609
Équidés 609
Bœuf ; 611
Mouton et Chèvre 611
Porc 611
Chien 613
Chat 613
Lapin 613
Comparaison avec l'Homme 615
Discussion des homologies 615

III. — Muscles de la région du dos 61 7


Muscle grand dorsal 619
Muscle dentelé dorsal crânial 621
Muscle dentelé dorsal caudal 623
Fascia thoraco-lombaire 624
Muscle erector spinae 624
Muscle épineux du thorax 627
Muscle longissimus du thorax 629
Muscle ilio-costal du thorax 629
Muscle semi-épineux d u thorax 631
Muscles interépineux lombaires et thoraciques 631
Muscle multifide lombo-thoracique 632
Muscles rotateurs 632
Muscles intertransversaires du thorax 633
Particularités spécifiques 633
Équidés 633
Bœuf 633
Autres Ruminants 635
Porc 635
Carnivores 637
Lapin 637
Comparaison avec l'Homme 639

IV. — Muscles de la paroi costale 639


Muscle dentelé ventral du thorax 639
Muscles intercostaux externes , 643
Muscles élévateurs des côtes 643
Muscles intercostaux internes 645
Muscle droit du thorax 647
Muscle transverse du thorax 647
Particularités spécifiques 648
Équidés 648
Bœuf 648
Mouton et Chèvre 649
Porc 649
Carnivores 649
Lapin 651
Comparaison avec l'Homme 651
X

V. — Diaphragme 651
Disposition générale 651
Constitution et conformation 653
Insertions 655
Rapports 657
Fonctions 659
Vaisseaux et nerfs 659
Particularités spécifiques 659

CHAPITRE V : MUSCLES DE L ' A B D O M E N 663

I. — Muscles de la paroi latéro-ventrale de l'abdomen 663


Tunique abdominale V. 665
Muscle oblique externe de l'abdomen 665
Muscle oblique interne de l'abdomen 671
Muscle droit de l'abdomen 673
Muscle transverse de l'abdomen 675
Muscle rétracteur de la dernière côte 676
Fascia transversalis 677
Ligne blanche 677
Tendon prépubien 679
Espace ou canal inguinal 680
Récapitulation et notions de topographie 683
Particularités spécifiques 687
Équidés 687
Bœuf 687
Mouton et Chèvre 689
Porc 689
Carnivores 691
Lapin 693
Comparaison avec l'Homme 693

II. — Muscles de la région lombo-iliaque 695


Muscle petit psoas 697
Muscle grand psoas 697
Muscle iliaque 699
Muscle carré des lombes 701
Muscles intertransversaires des lombes 703
Fascia iliaca 703
Particularités spécifiques 705
Équidés 705
Bœuf 705
Mouton et Chèvre 707
Porc 707
Carnivores 707
Lapin 707
Comparaison avec l'Homme 707

CHAPITRE VI. - M U S C L E S DE L A Q U E U E 709

Muscle coccygien 709


Muscle sacro-coccygien dorsal médial 709
Muscle sacro-coccygien dorsal latéral 711
Muscles intertransversaires dorsaux 713
Muscles intertransversaires ventraux 713
Muscle sacro-coccygien ventral latéral 713
Muscle sacro-coccygien ventral médial 714
Fascia coccygien 714
Particularités spécifiques 715
XI

CHAPITRE VII : MUSCLES DE LA CEINTURE ET DU MEMBRE THORACIQUES 719

I. — Muscles de l'épaule 719


A — Région scapulaire latérale 719
Muscle deltoïde 719
Muscle supra-épineux 721
Muscle infra-épineux 723
Muscle petit rond 725
B — Région scapulaire médiale 725
Muscle subscapulaire 725
Muscle grand rond 727
Muscle coraco-brachial 729
Muscle articulaire de l'épaule 729
Fascia axillaire •. 730
C — Particularités spécifiques 730
Équidés 730
Ruminants 731
Porc 733
Carnivores 733
Lapin 733
Comparaison avec l'Homme 735

II. — Muscles du bras 735


A — Région brachiale crâniale 735
Muscle biceps brachial 735
Muscle brachial 739
B — Région brachiale caudale 741
Muscle triceps brachial 741
Muscle anconé 745
Muscle tenseur du fascia antébrachial 747
Fascia brachial 747
C — Particularités spécifiques 749
Équidés 749
Bœuf 751
Mouton et Chèvre 753
Porc 753
Chien 755
Chat 755
Lapin 755
Comparaison avec l'Homme 756

III. — Muscles de l'avant-bras 756


A — Muscles antébrachiaux dorsaux 757
Muscle brachio-radial 757
Muscle extenseur radial du carpe 759
Muscle extenseur commun des doigts 761
Muscle extenseur latéral des doigts 765
Muscle supinateur 767
Muscle extenseur oblique du carpe 767
Muscle extenseur du pouce et de l'index 768
B — Muscles antébrachiaux palmaires 769
Muscle ulnaire latéral 769
Muscle fléchisseur ulnaire du carpe 771
Muscle fléchisseur radial du carpe 773
Muscle palmaire long 773
Muscle rond pronateur 775
Muscle fléchisseur superficiel des doigts 777
Muscle fléchisseur profond des doigts 781
Muscles interfléchisseurs 784
Muscle carré pronateur 784
Fascia antébrachial 785
XII

C — Particularités spécifiques 785


Équidés 785
Bœuf 793
Mouton et Chèvre 799
Porc 799
Chien 803
Chat 807
Lapin 807
Comparaison avec l'Homme 809

IV. — Muscles, fascias et gaines de la main 813


A — Muscles de la main 813
Muscles lombricaux 813
Muscles interosseux 813
Muscles du pouce 814
Muscles de l'index 815
Muscles du doigt V 815
B — Fascias et gaines de la main 819
Fascia dorsal de la main 819
Gaines dorsales de la main 821
Fascia palmaire 821
Gaines palmaires 823
C — Particularités spécifiques 827
Équidés 827
Ruminants 831
Porc 835
Carnivores 837
Lapin 839
Comparaison avec l'Homme 839

CHAPITRE VIII : MUSCLES DE LA CEINTURE ET DU MEMBRE PELVIENS 843

I. — Muscles du bassin 843


A — Muscles fessiers 843
Muscle fessier superficiel 845
Muscle fessier moyen 847
Muscle fessier accessoire 849
Muscle fessier profond 849
Homologies des muscles fessiers 851
B — Muscles pelviens profonds 853
Muscle piriforme 853
Muscle obturateur interne 853
Muscles jumeaux 855
Muscle obturateur externe 857
Muscle carré fémoral 857
Muscle articulaire de la hanche 858
C — Particularités spécifiques 858
Équidés 858
Bœuf, Mouton et Chèvre 859
Porc 861
Carnivores 861
Lapin 863
Comparaison avec l'Homme 865
XIII

IL — Muscles de la cuisse 865


A — Muscles fémoraux crâniaux 867
Muscle tenseur du fascia lata 867
Muscle quadriceps fémoral 869
Muscle droit de la cuisse 869
Muscle vaste latéral 871
Muscle vaste médial 871
Muscle vaste intermédiaire 873
Muscle articulaire du genou 873
B — Région fémorale caudale 875
Muscle glutéofémoral 875
Muscle biceps fémoral 877
Muscle abducteur caudal de la jambe 881
Muscle semi-tendineux 881
Muscle semi-membraneux 883
C — Région fémorale médiale 885
Muscle sartorius 885
Muscle gracile 887
Muscle pectiné 889
Muscles adducteurs de la cuisse 891
Triangle fémoral 893
Fascias et gaines de la cuisse 893
D — Particularités spécifiques 895
Équidés 895
Bœuf, M o u t o n et Chèvre 897
Porc 901
Chien 905
Chat 909
Lapin 909
Comparaison avec l'Homme 911

III. — Muscles de la jambe 913


A — Muscles jambiers crâniaux 915
Muscle tibial crânial 91 5
Muscle long extenseur des orteils 917
Muscle troisième péronier 921
Muscle long extenseur du premier orteil 923
Muscle long péronier 925
Muscle extenseur latéral des orteils 925
Muscle court péronier 927
B — Muscles jambiers caudaux 929
Muscle gastrocnémien 929
Muscle soléaire 931
Tendon calcanéen 933
Muscle fléchisseur superficiel des orteils 935
Muscle poplité 939
Muscle tibial caudal 939
Muscles fléchisseurs profonds des orteils 941
Muscle fléchisseur latéral des orteils 943
Muscle fléchisseur médial des orteils 945
Fascia jambier 947
C — Particularités spécifiques 949
Équidés 949
Ruminants 953
Porc 957
Carnivores 959
Lapin 967
Comparaison avec l ' H o m m e 969
XIV

IV. — Muscles, fascias et gaines du pied 971


A — Muscles du pied 971
Muscle court extenseur des orteils 971
Muscle court fléchisseur des orteils 973
Muscle carré plantaire 973
Muscles lombricaux 973
Muscles interosseux 973
Muscles de l'orteil I 975
Muscles de l'orteil II 975
Muscles de l'orteil V 975
B — Fascias et gaines du pied 975
Fascia dorsal du pied 977
Fascia et gaines plantaires 979
C — Particularités spécifiques 979
Équidés 979
Bœuf, M o u t o n et Chèvre 983
Porc 987
Carnivores 987
Lapin 989
Comparaison avec l'Homme 990

INDEX A L P H A B E T I Q U E DES M A T I E R E S 993


CHAPITRE PREMIER

CARACTÈRES GÉNÉRAUX DES MUSCLES

La myologie (Myologia) a pour objet l'étude des muscles et de leurs annexes. Les
-nuscles (Musculi) sont les organes actifs du mouvement : ils sont contractiles, c'est-
; i r e capables de se raccourcir temporairement sous l'influence d'un stimulus. Ils
:euvent ainsi mobiliser les éléments anatomiques sur lesquels ils sont attachés. Elas-
: ques et doués de tonicité, ils contribuent à donner au sujet vivant sa conformation
e: ses attitudes caractéristiques.
On reconnaît deux grands types de muscles, qui diffèrent à la fois par leur cou-
leur structure et leur fonctionnement : les muscles lisses et les muscles striés.
Les muscles lisses sont encore qualifiés de viscéraux ou involontaires. De teinte
zàle, blanchâtre, ils sont formés de fibres courtes, dont chacune est un myocyte lisse
Myocytus nonstriatus), cellule musculaire fusiforme, mononucléée et dépourvue de
striation. Contrôlés par le système nerveux autonome, ces muscles échappent à l'in-
• jence de la volonté ; leur contraction est lente et soutenue. Ils sont situés dans les
parois des viscères creux, accessoirement dans celles des vaisseaux ou dans la char-
pente de divers organes parenchymateux. Ils n'appartiennent donc pas à l'appareil
ocomoteur et seront étudiés avec les organes dont ils font partie.
Les muscles striés ont une couleur rouge plus ou moins foncée. L'un d'eux se
s ngularise par des particularités structurales et fonctionnelles très exceptionnelles :
:"est le muscle cardiaque ou myocarde, formé de myocytes cardiaques (Myocyti
:ardiaci). Il constitue la quasi-totalité du cœur et ses contractions rythmiques échap-
pent totalement au contrôle de la volonté. Les autres constituent ce que Bichat
nommait les muscles de la vie animale ; on les qualifie encore de muscles volontaires
car leur contraction, rapide et ample, est placée sous la dépendance plus ou moins
complète de la volonté. Les fibres qui les constituent sont longues, multinucléées,
très complexes et présentent une double striation caractéristique, longitudinale et
transversale : ce sont les myocytes striés (Myocyti skeletales) '", Beaucoup de ces
muscles voient leur efficacité renforcée par la présence d'annexes de nature conjonc-
tive : tendons, aponévroses, bourses séreuses, gaines et synoviales tendineuses.
Certains muscles striés, bien que volontaires au moins partiellement, entrent dans
a constitution de viscères ou d'organes des sens. Tel est le cas des muscles de la
langue, du pharynx, du larynx, de l'anus, du sinus uro-génital, de l'oeil, de l'oreille.
Comme les muscles lisses et le myocarde, ils seront décrits avec leurs organes res-
pectifs. Seuls seront donc étudiés ici les muscles qui appartiennent en propre à
'appareil locomoteur.

1 ) Les N.H. ( 1 9 8 3 ) ont r e m p l a c é le t e r m e « M y o c y t u s striatus » par « M y o c y t u s skeletalis » parce que l'adjectif « striatus »
peut s'appliquer aussi bien au m u s c l e cardiaque q u ' a u x muscles striés ordinaires. L ' a d j e c t i f « skeletalis » n ' e s t pas plus heureux :
es muscles c u t a n é s , par e x e m p l e , n ' o n t a u c u n r a p p o r t avec le s q u e l e t t e mais leurs fibres s o n t bien striées.
372 -

Planche 184 - MUSCLES CUTANÉS DU CHEVAL


- 373

Ces derniers ont pour rôle le plus évident d'assurer la locomotion en agissant sur
squelette. Ils interviennent aussi dans la thermogenèse et leur métabolisme est
— sortant. D'autres considérations encore confèrent à leur étude un intérêt particulier,
s donnent en effet leur modelé au régions du corps et fournissent à ce titre des repè-
• i s indispensables à l'estimation zootechnique comme à la pratique médicale ou
'urgicale. Enfin, ils constituent la viande, partie alibile et de haute valeur commer-
: 2 e. des animaux de boucherie. A ce titre, leur composition, leur biométrie et leur
rcartition sur la carcasse ont donné lieu à de nombreuses recherches.

I - REPARTITION, CONFORMATION ET CONNEXIONS


(Pl. 184 à 191, 201 à 205)
Après de brèves considérations numériques, nous grouperons dans Cette rubrique
es notions relatives à la forme, aux insertions et aux annexes des muscles de l'appa-
locomoteur, ainsi qu'à leurs rapports et leurs anomalies.

NOMBRE

Le nombre des muscles est plus variable encore que celui des os. Il est surtout
: en plus difficile à estimer. Pour une même espèce, les chiffres diffèrent souvent
reaucoup selon les auteurs, ce qui tient aux conventions adoptées pour le dénom-
l ' e m e n t . Il est évident, par exemple, que le nombre obtenu sera très différent selon
on aura compté les faisceaux successifs métamérisés, de certains muscles spinaux
;our autant d'organes distincts ou comme de simples subdivisions d'un même mus-
: e. Par ailleurs, des muscles séparés dans certaines espèces peuvent être plus ou
—oins confondus dans d'autres et considérés alors soit comme des entités distinctes,
soit comme une formation unique. Un organe fibreux comme le muscle interosseux
r j métacarpe des Equidés (encore qualifié de « ligament suspenseur du boulet ») peut
être classé parmi les liens articulaires ou compté, au contraire, parmi les muscles de
a main. On pourrait multiplier les exemples qui illustrent le caractère incertain de la
" j m é r a t i o n musculaire.

D'une espèce à l'autre, de multiples facteurs déterminent des différences. Le


ncipal réside dans la variation des éléments segmentaires. Par exemple, le nombre
ces muscles intercostaux sera exactement déterminé par celui des côtes et le nombre
ces intertransversaires par celui des vertèbres. En second lieu, les modifications adap-
tatives de la main et du pied entraînent des différences numériques qui seront plus
mportantes encore pour les muscles que pour les os. Ainsi, le nombre des muscles
"terosseux varie dans le même sens que celui des doigts, mais il convient de tenir
compte en outre de la présence ou de l'absence des muscles propres au pouce et au
coigt V. Enfin, il est des muscles qui sont simples dans certaines espèces, mais dé-
doublés ou multiples dans d'autres (extenseurs des doigts par exemple) ; d'autres
sont présents ou absents selon l'espèce.

Il existe aussi des différences individuelles, évidemment beaucoup plus faibles ;


eles tiennent soit à des variations segmentaires (vertèbres et côtes en particulier),
soit à de véritables anomalies musculaires.
En définitive, il apparaît sans intérêt de prétendre dresser un tableau numérique
crécis des muscles. On en trouvera la preuve dans le fait que pour le seul appareil
ocomoteur de l'Homme, Chaussier avait dénombré trois cent soixante-huit muscles
et Theile seulement trois cent quarante-six, alors que Sappey aboutit au total de qua-
tre cent cinquante-cinq. Chez les Equidés, Rigot donne le chiffre de quatre cent
soixante-trois muscles, en y comprenant ceux des organes des sens et des viscères.
M. rhomboïde

w
M. trapèze (Partie cervicale)
M. dentelé du cou
Fascia thoraco-lombaire
M. trapèze (Partie thoracique) M. oblique externe de l'abdomen
M. triceps brachial / M. tenseur du fascia lata
/ M. grand dorsal / / M. fessier superficiel
/ / M. glutéobiceps
M. semi-tendineux

M. sterno-céphaliqu<

M. brachio-céphalique'

M. omo-transversaire

M. deltoïde

M. pectoral descendant

M. pectoral transverse

| M. pectoral ascendant
M. dentelé ventral du thorax Tendon calcanéen
M. ulnaire latéral

M. extenseur radial du carpe M. long extenseur du doigt


M. extenseur dorsal du doigt M. extenseur latéral du doigt

M. extenseur oblique du carpe


M. extenseur latéral du doigt

Planche 185 MUSCLES SUPERFICIELS D'UN CHEVAL


(Les muscles cutanés du cou et du tronc ont été enlevés)
- 375

alors que nous arrivons au total de quatre cent quatre-vingt-neuf pour les seuls mus-
cles de l'appareil locomoteur. Il nous paraît donc suffisant de dire que le nombre des
muscles est, en général, voisin de quatre cent cinquante, des différences de l'ordre de
plusieurs dizaines étant apportées d'une espèce à l'autre par les facteurs que nous
venons d'indiquer.

VOLUME ET POIDS
Il existe d'énormes différences de dimensions et de volume entre les muscles
d'un même individu. Certains de ces organes n'ont que quelques centimètres, voire
quelques millimètres de long (ex : muscle articulaire de l'épaule, muscles incisifs) ;
d'autres sont très puissants (ex : muscles fessier moyen, biceps fémoral).
Le poids varie évidemment dans le même sens que le volume. Pat' exemple, sur
un même Bœuf de taille moyenne et pesant 5 0 0 kg, le muscle parotido-auriculaire
pèse moins de 9 g et l'extenseur oblique du carpe environ 15 g, alors que le muscle
fessier moyen pèse 2,8 kg, le semi-membraneux 3,8 kg et le glutéobiceps 5,5 kg.
La taille et le poids de chaque muscle ne sont proportionnés que de façon ap-
proximative à la stature de l'individu. Il existe en effet de grandes différences à cet
égard, non seulement d'une espèce à l'autre, mais aussi selon l'âge, la race, l'entraî-
nement, l'état de santé. On sait que l'exercice développe les muscles.
L'amaigrissement, d'autre part, n'est pas seulement lié à la diminution de la graisse ;
à partir d'un certain degré, plus ou moins rapidement atteint selon les conditions, il y
a une sorte de fonte musculaire ; les cas extrêmes conduisent à une véritable atrophie
du muscle ou amyotrophie.
La masse totale des muscles varie sous l'effet des mêmes influences. Aussi ne
peut-elle être indiquée que de façon approximative. Il est d'autant plus difficile de la
rapporter au poids total de l'individu que bien des facteurs (et en premier lieu l'état de
réplétion ou de vacuité des réservoirs digestifs) interviennent pour faire varier celui-ci.
Ce sont évidemment les animaux de boucherie qui ont donné lieu aux recherches les
plus nombreuses à ce sujet. Chez le Bœuf, on peut estimer que pour un animal en
bonne santé, dans un état moyen d'entretien et d'un poids vif de 6 0 0 kg, le poids des
muscles est de l'ordre de 2 1 0 kg <1), soit environ 3 5 % de la masse corporelle totale.
Sur des animaux sélectionnés pour la production de viande, il peut constituer jusqu'à
4 0 % du poids vif et même, chez les sujets jeunes, dont l'appareil digestif est peu
développé, atteindre près de 4 5 % . Sous réserve de larges variations individuelles
évoquées plus haut, ces pourcentages semblent valables pour la plupart des Herbivo-
res. Ils sont plus élevés chez les Carnivores, dont la masse gastro-intestinale est
moins lourde et la musculature souvent plus athlétique : Klatt (1913) a trouvé chez
les fauves un pourcentage voisin de 6 0 % . Chez l'Homme, Kruger (1952) estime le
poids des muscles à 4 3 % du poids total du corps.

Il convient d'ajouter que l'âge est dans toutes les espèces un facteur important
de variation, le développement des divers tissus n'étant pas synchrone. Chez le
jeune, c'est le squelette qui se développe d'abord le plus vite. Les muscles s'accrois-
sent ensuite et la graisse s'accumule plus tard. Il en résulte que le poids relatif de la
musculature passe par un maximum vers la fin de l'adolescence. Ce schéma est mo-
difié chez le Porc par un développement plus précoce du tissu adipeux.

111 Ce poids ne d o i t pas être c o n f o n d u avec celui de la « carcasse » qui c o m p t e en outre la plus grande partie du squelette et
une q u a n t i t é de graisse parfois i m p o r t a n t e , mais d o n t s o n t exclues la t ê t e et les e x t r é m i t é s des m e m b r e s (mains et pieds). Dans
l ' e x e m p l e présent, le poids de la carcasse serait de l'ordre de 3 2 0 kg
Planche 186 - MUSCLES D'UN CHEVAL
Vue dorsale. Les muscles superficiels ont été enlevés du côté droit.
- 377

SITUATION (Pl. 1 8 4 à 191, 201 à 205)

La situation des muscles peut être considérée relativement à la surface du corps


ou par rapport au plan médian. Dans le premier cas, on reconnaît des muscles super-
ficiels ou cutanés et des muscles profonds ou squelettiques ; dans le second, on
: stingue les muscles pairs et les muscles impairs.
Les muscles cutanés (Musculi cutanei) (Pl. 179, 184, 194) — anciennement
muscles peauciers » — sont étalés immédiatement sous la peau, qu'ils sont chargés
3e mouvoir. Ils s'attachent par une au moins de leurs extrémités sur le derme. Cer-
:ains sont dépourvus de toute connexion squelettique et s'intègrent en quelque sorte
à l'hypoderme par toute leur surface, constituant un véritable pannicule charnu. D'au-
tres, plus spécialisés, prennent une insertion sur le squelette et agissent sur la peau
oar leur autre extrémité : tel est le cas de la plupart des muscles de la fâ'ce.
Les muscles squelettiques (Musculi skeleti) (Pl. 180, 181, 183 à 185, 187 à 189)
;orment des groupes délimités par des fascias qui les enveloppent et séparent des
: ssus sous-cutanés les plus superficiels d'entre eux. Ils sont disposés en couches
superposées et insérés par chacune de leurs extrémités sur le squelette, dont ils mo-
oilisent les divers segments. Beaucoup plus nombreux que les précédents, ils
constituent la presque totalité de la masse musculaire.
Les muscles pairs se répètent de part et d'autre du plan médian du corps. Ils sont
donc asymétriques comme le sont les os pairs. Ils sont de très loin les plus nombreux.
Les muscles impairs sont partagés en deux moitiés semblables par le plan médian
du corps ; ils sont donc symétriques. Ils sont fort peu nombreux (ex : diaphragme,
muscle orbiculaire de la bouche, muscle hyoïdien transverse).

FORME (Pl. 187, 188).


Les muscles présentent d'innombrables variétés de forme et d'aspect qui rendent
difficile leur classification morphologique. En retenant comme pour les os le critère
des proportions, on en reconnaît trois grandes catégories : les muscles longs, les
muscles plats et les muscles courts. Dans chacune de celles-ci, l'orientation et l'ar-
rangement respectifs des divers constituants de l'organe conduisent à distinguer de
multiples types secondaires.
Ces distinctions sont malgré t o u t assez artificielles, bien des muscles présentant
des caractères mixtes. Ainsi, dans les muscles courts, une dimension est souvent
prédominante ; par ailleurs, certains muscles spinaux sont constitués par de brefs
faisceaux successifs et chevauchants, de sorte qu'ils peuvent être considérés aussi
bien comme des muscles longs à structure métamérisée que comme des séries de
muscles courts. La classification qui suit reste donc conventionnelle, mais elle garde
avantage d'être didactique et de faciliter les descriptions.

1 — Muscles longs 111

Ces muscles sont situés surtout dans les membres, où ils se superposent plus ou
moins parallèlement autour des rayons osseux. Les plus longs peuvent franchir plu-
sieurs interlignes articulaires ; les moins longs ne passent qu'une seule jointure. Ce

11) La t e r m i n o l o g i e générale relative aux m u s c l e s est un peu plus c o m p l è t e dans les N . A . V . que dans les N . A . mais elle n ' e s t ni
m i e u x o r d o n n é e , ni plus logique. On y t r o u v e ainsi l ' i n d i c a t i o n des m u s c l e s plats ( M u s c u l i plani) mais il n ' y a pas de t e r m e
général pour les muscles longs ou les muscles c o u r t s . Seuls sont m e n t i o n n é s quelques t y p e s de muscles longs (M. f u s i f o r m i s ,
M . u n i p e n n a t u s , M . bipennatus). La liste reste de t o u t e f a ç o n i n c o m p l è t e .
378 -

MUSCLE BICEPS
(M. gastrocnémien)
MUSCLE FUSIFORME
(M. extenseur radial du carpe)

MUSCLE BICAUDE
(M. supra-épineux)

Chef médial

MUSCLE SEMI-PENNÉ
(M. petit psoas)

Chef latéral

MUSCLE TRICEPS
(M. triceps brachial)
Vue crâniale
MUSCLE FUSIFORME
A TENDON LONG
(M. fléchisseur
superf. du doigt) MUSCLE PENNIFORME
(M. extenseur latéral de l'orteil)
MUSCLE DIGASTRIQUE
(M. digastrique)

Planche 187 - CONFORMATION DES MUSCLES LONGS


(Muscles isolés d ' u n Cheval)
- 379

:.'pe de muscle est également bien représenté dans la tête et le cou, mais il est plus
'are dans le tronc.
Un muscle fusiforme (Musculus fusiformis) représente le type le plus simple de ce
çroupe. Il est constitué par un corps charnu dont la partie moyenne, plus ou moins
'enflée, est qualifiée de ventre (Venter) et dont les extrémités, rétrécies, sont en gé-
néral dissemblables. Celle qui est habituellement la moins mobile est la plus renflée ;
c'est la tête du muscle (Caput) : dans les membres, elle est proximale. L'autre, plus
effilée, est la queue (Cauda). Chaque extrémité peut se continuer par un cordage
" breux ou tendon (Tendo) qui concentre son action et la transmet à distance. Si le
~iuscle n'a qu'un seul tendon, celui-ci fait suite à la queue ; s'il en a un à chaque
extrémité, le plus long part toujours de la queue.
De ce type simple dérivent de nombreux autres, soit par modification de la forme
propre du corps charnu ou par variation de sa direction, soit par subdivision de l'une
ze ses extrémités, ou encore par l'agencement particulier des fibres charnues relati-
.ement au tendon.
a) Forme du corps charnu : elle est caractéristique et facile à définir. Quand la
tête est beaucoup plus grosse que la queue, le corps charnu s'effilant régulièrement
en direction de celle-ci, le muscle est qualifié de conique. Inversement, les deux ex-
trémités peuvent ne différer que fort peu d'un ventre lui-même peu renflé, le muscle
étant alors cylindrique. Les muscles longs et simples peuvent encore être prismati-
ques, aplatis, voire rubanés.
b) Direction : la direction relative, qui fait qu'un muscle est longitudinal, trans-
/erse ou oblique, n'a qu'une incidence indirecte sur la forme de celui-ci. Par ailleurs,
:a direction absolue ou axe propre du muscle, représenté par la droite virtuelle joi-
gnant les deux extrémités de l'organe, ne coïncide pas toujours avec la direction des
faisceaux musculaires. Beaucoup de muscles longs sont rectilignes, mais il en est
aussi de curvilignes, voire de spiroïdes (muscle brachial). On réserve le nom de mus-
cles réfléchis à ceux qui, après un certains parcours, changent brusquement de
direction en glissant sur une poulie (Trochlea muscularis) fibreuse, fibro-cartilagineuse
ou osseuse. Dans ce cas, l'action du muscle sur son attache mobile s'effectue uni-
quement selon la direction de sa partie terminale, qui fait suite au point de réflexion.
c) Division des extrémités : beaucoup de muscles longs sont clivés sur une plus
ou moins grande étendue et l'une de leurs extrémités est alors subdivisée en deux,
trois ou quatre branches. Si la division porte sur la tête, le muscle est dit biceps (M.
biceps), triceps (M. triceps), quadriceps (M. quadriceps), etc. Lorsqu'elle se produit
sur l'extrémité opposée, le muscle est qualifié de bicaudé (M. bicaudatus), tricaudé
i'M. tricaudatus) etc.
d) Agencement des constituants du muscle : la manière dont les faisceaux char-
nus sont disposés par rapport aux tendons donne à chaque muscle son architecture
et son aspect caractéristiques. On peut voir le tendon prendre naissance au sein
même du muscle, les faisceaux charnus venant s'attacher de part et d'autre de lui
comme les barbes d'une plume sur le rachis de celle-ci. On parle alors de muscle
penniforme ou penné (Musculus bipennatus). Dans d'autres cas, le tendon commence
sur un côté du muscle, les faisceaux charnus n'étant insérés que sur l'une de ses
faces ; il s'agit alors d'un muscle semi-penné (Musculus unipennatus). Un muscle
multipenné (Musculus multipennatus) présente une organisation plus complexe en-
core, mais souvent difficilement discernable en surface. En effet, ces diverses
dispositions, dont nous aurons à reparler à propos de la structure des muscles, ne
sont souvent visibles que sur les coupes, surtout quand elles sont compliquées.
380 -

Parti© charnue

MUSCLE MULTIPENNÉ
(M. obturateur externe)

MUSCLE PENNIFORME
(M. buccinateur)

Aponévrose

MUSCLE FLABELLIFORME
(M. oblique interne de l'abdomen)

Intersections

Aponévrose

Partie charnue

MUSCLE DENTELÉ
(M. dentelé dorsal crânial)

"endon prépubien

MUSCLE ORBICULAIRE
(M. orbiculaire de l'œil)

MUSCLE POLYGASTRIÇUE MUSCLE COURT ET SIMPLE


(M. droit de l'abdomen) (M. oblique caudal de la tête)

Planche 188 - CONFORMATION DES MUSCLES LARGES ET DES MUSCLES COURTS


(Muscles isolés d ' u n Cheval)
- 381

Certains muscles peuvent se trouver interrompus par un tendon intercalé entre


deux corps charnus successifs. Un muscle de ce type est qualifié de digastrique (M.
digastricus) et son tendon intermédiaire est dit intergastrique. Dans d'autres cas,
cette disposition est seulement ébauchée par l'existence d'une très courte interrup-
tion fibreuse transversale ou intersection tendineuse (Intersectio tendinea) qui dessine
à la surface du muscle une trace nacrée plus ou moins large, linéaire ou irrégulière.
On peut encore trouver plusieurs corps charnus successifs séparés par autant de
courts tendons ou, plus souvent, d'intersections tendineuses. Cette disposition carac-
térise les muscles polygastriques, dont elle traduit en général l'origine métamérique.

2 - Muscles plats (Pl. 188)


Les muscles plats (Musculi plani) ou muscles larges ont un aspect membraneux.
On les trouve étalés sous la peau ou dans les parois des grandes cavités du tronc
qu'ils concourent à délimiter. Il en existe aussi dans la tête et quelques-uns dans les
parties proximales des membres. Leur forme est tout aussi variable que dans le
groupe précédent ; on en trouve de triangulaires, de losangiques, d'irrégulièrement
quadrilatères, etc. Des facteurs similaires à ceux évoqués plus haut contribuent d'ail-
eurs à les diversifier et à les caractériser. Certains sont planiformes ; d'autres sont
concaves, voire réfléchis. Il en est qui se dissocient sur l'un de leurs bords en digita-
tions ou en languettes régulières. Une telle disposition, qui correspond en général à
une insertion sur des os métamérisés (vertèbres, côtes) caractérise un muscle dentelé
Musculus serratus).
L'architecture de l'organe transparaît bien mieux en surface que dans les muscles
ongs. Elle est assez rarement penniforme ou semi-pennée. Certains muscles larges
semblent résulter de l'accolement de plusieurs chefs penniformes disposés côte à
côte ; ils réalisent alors clairement le type multipenné (muscle deltoïde de l'Homme,
muscle subscapulaire du Chien). Dans certains muscles plats, les faisceaux charnus
sont parallèles les uns aux autres et les faisceaux fibreux qui leur font suite le sont
également. Dans d'autres cas, les faisceaux charnus partent en rayonnant autour
d'un court tendon ou d'une surface osseuse à laquelle ils s'attachent directement, à
peu près comme la tête d'un muscle long. Cette disposition en éventail caractérise un
muscle flabelliforme. Le bord opposé, très large et aminci, se continue par une apo-
névrose, expansion comparable à un tendon très large et très mince. On trouve
encore dans certains muscles plats des intersections tendineuses voire, comme dans
le diaphragme, de véritables aponévroses intermédiaires qui leur donnent la disposi-
tion digastrique ou polygastrique.

3 - Muscles courts (Pl. 188)


Ces muscles, de faible volume, sont situés sous les grandes masses musculaires,
soit entre ou contre des os courts tels que les vertèbres, soit au contact des grandes
articulations, dans la profondeur des membres. Ils sont de formes très diverses :
triangulaire, quadrilatère, etc. Il est rare que leurs trois axes soient à peu près égaux ;
souvent on voit dominer l'un d'eux, parfois deux. La forme fait alors transition vers
l'un des deux types précédents.
On rattache aux muscles courts un type particulier, à disposition annulaire. Un
muscle orbiculaire (M. orbicularis) est formé de fibres charnues à peu près parallèles,
étalées sous la peau en une sorte de diaphragme autour d'un orifice naturel, qu'il est
chargé de clore par sa contraction. Le terme de sphincter (M. sphincter) est souvent
considéré comme synonyme du précédent. En fait, il doit être réservé plutôt à des
382 -

muscles (striés ou lisses) également annulaires mais disposés à la façon d'une virole
dans la paroi d'un conduit (canal anal, pylore) ou autour d'une région (muscle sphinc-
ter du cou).

ATTACHES OU INSERTIONS

Généralement libres dans leur partie moyenne, les muscles sont fixés à leurs ex-
trémités (muscles longs) ou par leur périphérie (muscles plats) sur des surfaces qui
constituent leurs points d'attache ou insertions. L'étude de ces dernières constitue
sans conteste la partie la plus importante de la Myologie ; elle permet en effet de
déduire l'étendue, la direction, les rapports et surtout les usages de chacun des mus-
cles.

Le support de l'insertion, c'est-à-dire l'organe qui la reçoit, est variable mais dans
l'immense majorité des cas, il est constitué par un os. C'est en particulier ce qu'on
constate pour tous les muscles squelettiques. D'autre muscles cependant n'ont sur le
squelette qu'une seule attache et se fixent d'autre part sur des formations diverses
telles que la peau, des cartilages (oreille externe, larynx), des fascias, des ligaments,
voire des muqueuses. Plus rares encore sont ceux qui n'ont aucune attache squeletti-
que, allant d'un cartilage à un autre, ou comme d'autres, adhérant à la peau par toute
leur surface.

La mobilité des attaches musculaires mérite une attention particulière, car elle dé-
finit en principe la fonction du muscle. On appelle insertion fixe ou origine (Origo)
l'attache sur laquelle le muscle semble prendre appui pour entrer en action, c'est-à-
dire celle qui est habituellement la moins mobile. L'insertion mobile ou terminaison
(Terminatio) est celle qui se déplace le plus habituellement ou de la façon la plus am-
ple lors de la contraction musculaire. L'insertion fixe est souvent confondue avec
celle de muscles voisins, tandis que l'insertion mobile est généralement indépendante.
Il convient de noter aussi que certains muscles sont, selon l'attitude et le moment, à
peu près également mobiles par chacune de leurs extrémités. Les termes précédents
n'ont pour eux qu'une valeur conventionnelle.

Quant aux modes d'insertion, on peut en reconnaître deux. Dans le premier, qui
est le plus rare, les muscles s'attachent directement sur les os par les extrémités de
leurs fibres charnues (en réalité par l'intermédiaire de très brèves fibres tendineuses).
Le second fait intervenir des tendons ou des lames fibreuses qualifiées d'aponévroses
d'insertion. Ces formations intermédiaires reçoivent à l'une de leurs extrémités l'inser-
tion des fibres musculaires, tandis que l'autre va se fixer solidement sur les os. Elles
concentrent ainsi l'action des muscles sur un petit espace, la rendent plus précise et
plus efficace et servent en outre à la transmettre à distance. Dans la main et dans le
pied par exemple, les tendons qui agissent sur les phalanges se terminent loin des
corps charnus correspondants, situés dans l'avant-bras ou la jambe.

ANNEXES DES MUSCLES STRIES

On désigne sous ce nom diverses formations de nature conjonctive qui complè-


tent, maintiennent et aident les muscles striés dans leurs fonctions. Si on exclut de
cette définition les tendons et les aponévroses, qui font partie intégrante des mus-
cles, il reste à décrire les bourses synoviales, les gaines et les synoviales vaginales,
enfin les fascias contentifs.
- 383

1 — Bourses synoviales (Ex : pl. 7, 107, 370, 465, 467 à 469)

Les bourses synoviales (Bursae synoviales) sont des cavités de dimensions très
diverses, destinées à favoriser le glissement d'un organe mobile sur les plans sous-
jacents. Elles ne sont pas uniquement annexées aux muscles, puisque nous aurons à
en décrire également avec la peau ; des bourses sous-cutanées (Bursae synoviales
subcutaneae) se développent en effet sous le derme de régions où la peau est sollici-
tée par des déplacements fréquents ou des pressions particulières. Celles qui nous
occupent ici peuvent s'étaler sous un corps charnu musculaire, sous une aponévrose
ou sous un tendon. Selon le cas, on parlera d'une bourse submusculaire (Bursa syno-
.'ialis submuscularis), d'une bourse subaponévrotique (Bursa synovialis subfascialis)
ou d'une bourse subtendineuse (Bursa synovialis subtendinea). Rappelons en outre
que certains ligaments articulaires sont pourvus d'une bourse subligamenteuse (Bursa
synovialis subligamentosa), généralement située près d'une de leurs insertions.
Ces cavités proviennent d'une adaptation du tissu conjonctif aux pressions et aux
tiraillements qui résultent des mouvements. Simples, traversées de brides ou même
cloisonnées, elles renferment un liquide filant, normalement peu abondant et leur
paroi, peu distincte du conjonctif ambiant, provient simplement d'une densification de
ce dernier. La transformation endothéliforme de leur revêtement cellulaire donne aux
plus spécialisées d'entre elles, en particulier aux bourses subtendineuses, un aspect
isse, régulier et brillant.

2 — Gaines tendineuses (Ex : pl. 173, 360, 361, 372, 381, 465 à 469)

Une gaine tendineuse (Vagina fibrosa tendinis) est une sorte de tunnel traversé
par un ou plusieurs tendons qui coulissent à son intérieur et y prennent appui pour
une réflexion ou un changement de direction. De telles gaines sont surtout dévelop-
pées au contact des grandes articulations des membres, où elles ont pour rôle de
maintenir les tendons sans gêner leurs déplacements, quel que soit le mouvement
effectué ; elles permettent ainsi la transmission optimale des actions musculaires d'un
rayon osseux à un autre. Certaines d'entre elles sont allongées mais fort étroites ;
d'autres présentent de très grandes dimensions et peuvent être même empruntées
par des vaisseaux et des nerfs importants, qui accompagnent les tendons dans leur
traversée.
Ces gaines ont généralement une constitution mixte. L'une de leurs parois est
formée par un plan ostéo-ligamenteux ou fibro-cartilagineux déprimé en une gouttière
sur laquelle s'imprime plus ou moins profondément le tendon. L'autre paroi est consti-
tuée par une épaisse lame fibreuse (Ligamentum vaginale) qui couvre le tendon et
s'attache solidement sur les bords de la gouttière ostéo-ligamenteuse.

3 — Synoviales vaginales (Ex : pl. 381 à 383, 465, 467 à 469)

Une synoviale vaginale (Vagina synovialis tendinis) accompagne en général le ou


les tendons à l'intérieur de chaque gaine pour y faciliter leur glissement 111 .
C'est une formation toujours beaucoup plus vaste et plus compliquée qu'une
bourse subtendineuse ; elle entoure en principe complètement le ou les tendons à

(1) Il y a t a n t d'analogies entre ce t y p e de f o r m a t i o n et les bourses s u b t e n d i n e u s e s que les auteurs f r a n ç a i s avaient l ' h a b i t u d e de
désigner l ' e n s e m b l e sous ie v o c a b l e de synoviales t e n d i n e u s e s , réservant alors aux bourses s u b t e n d i n e u s e s la s y n o n y m i e de
synoviales vésiculaires et aux d i s p o s i t i f s que nous d é c r i v o n s m a i n t e n a n t , te n o m de s y n o v i a l e s vaginales, li existe d'ailleurs de
n o m b r e u s e s f o r m e s intermédiaires entre les unes et les autres.
CJ
M. trapèze M. grand dorsal M. ci/tané M. tenseur du fascia lata 00

M. fessier moyen

M. glutéobiceps

M. abaisseur de l'angle de la bouche

Platysma (Partie faciale)

M brachio-céphalique
M. sterno-zygomatique
M. sterno-basilaire

Planche 189 MUSCLES CUTANÉS DE LA VACHE


- 385

intérieur d'une gaine fibreuse. De plus, la paroi en est mieux différenciée et sa struc-
ture ressemble beaucoup à celle des synoviales articulaires. C'est une mince
membrane conjonctive dont les faisceaux collagènes sont disposés parallèlement à
ceux des tendons et dont la face libre, cavitaire, présente un revêtement endothéli-
forme. Ce type de synoviale résulte du clivage d'un manchon conjonctif qui entoure le
tendon chez l'embryon. La cavité, remplie d'un liquide filant, véritable synovie analo-
gue à celle des articulations, est délimitée par deux feuillets ; l'un pariétal, fortement
adhérant à la gaine qu'il tapisse, et l'autre tendineux, étroitement appliqué sur le
:endon. Le premier de ceux-ci est plus épais et mieux individualisé que le second, qui
est délicat et pratiquement inséparable du tissu tendineux. Les deux feuillets sont
continus l'un avec l'autre à chaque extrémité de la gaine tendineuse, où ils délimitent
ainsi un récessus annulaire plus ou moins régulier autour du tendon. -En outre, le cli-
vage du manchon conjonctif embryonnaire est habituellement incomplet, de sorte que
es deux feuillets restent unis sur la longueur du tendon par un pli, véritable méso
comparable à ceux des séreuses splanchniques : le mésotendon (Mesotendineum),
qu'empruntent les vaisseaux et les nerfs destinés à la nutrition du tendon.

Les synoviales vaginales sont très souvent adossées en certains points à des sy-
noviales articulaires. Il arrive alors, mais de façon variable avec les espèces et
particulière à chacune d'elles, que s'établissent plus ou moins tôt des communica-
tions, parfois larges, entre les deux types de formations. Dans ce cas, dont nous
avons vu de multiples exemples en Arthrologie, la synoviale articulaire semble délé-
guer de profonds récessus autour des tendons.
Les synoviales vaginales elles-mêmes peuvent, à la faveur de points faibles des
gaines tendineuses, former normalement des récessus superficiels plus ou moins
étendus et qui leur sont propres. Lorsque, par suite d'une inflammation chronique, le
quide synovial est sécrété en trop grande quantité, il s'accumule dans ces derniers,
ainsi qu'aux extrémités des synoviales, moins fortement maintenues par les gaines.
Alors apparaissent des tares molles analogues à celles des synoviales articulaires,
mais qualifiées ici de tendineuses. Comme leurs homologues articulaires, ces tares
sont nommées « vessigons » lorsqu'elles siègent proximalement à la partie moyenne
du métacarpe ou du métatarse et « mollettes » lorsqu'elles siègent distalement à ces
-ayons (régions du boulet et du paturon). Mollettes et vessigons tendineux sont ordi-
nairement plus vastes, moins étroitement délimités que les tares articulaires
correspondantes et aussi moins profondément situés. Ces considérations, ainsi que
ies données d'ordre topographique, permettent de reconnaître aisément les deux
sortes de tares molles.

4 — Fascias contentifs (Ex : pl. 186, 1 90 à 192, 203 à 207, 369 à 371, 397, 435)

On donne le nom de fascia (1) à des membranes fibreuses qui entourent les grou-
pes de muscles ou certains muscles isolés et ont pour rôle d'affermir leurs
contractions ou de s'opposer à leur déplacement lors de certains mouvements. Il
existe dans le tronc d'importants fascias (fascia cervical, fascia thoraco-lombaire,
fascia iliaca) mais c'est dans les membres que ces formations contentives présentent
ies dispositions les plus caractéristiques. Elles constituent là de vastes manchons qui

I l Les N . A . V . et les N . A . établissent une d i s t i n c t i o n entre une a p o n é v r o s e (Aponeurosis), lame fibreuse a p p a r t e n a n t en propre à
un m u s c l e d o n t elle c o n s t i t u e en quelque sorte un t e n d o n très élargi et m i n c e , et un fascia (Fascia), f o r m a t i o n fibreuse c o n t e n -
tive. Les anciens auteurs français, par une extension abusive, avaient donné aussi aux fascias le n o m d'aponévroses
c o n t e n t i v e s . C e t t e s y n o n y m i e tire p r o b a b l e m e n t origine d u fait que certains fascias ffascia lata, fascia t h o r a c o - l o m b a i r e ) se
c o m p o r t e n t à la fois c o m m e des f o r m a t i o n s c o n t e n t i v e s et c o m m e des aponévroses terminales de leurs muscles t e n s e u r s .
M. brachio-céphalique
grand dorsal
Fascia thoraco-lombaire CJ
M. tenseur du fascia lala 00
CT>
M. fessier moyen
glutéobiceps

M. semi-
tendineux

M. sterno-zygomat
M. sterno-céphalique
M. sterno-basilaire

M. deltoïde

M brachio-céphalique

M. triceps brachial
M. pectoral descendant
M. pectoral transverse
M. extenseur radial du carpe
M. extenseur du doigt médial

M. extenseur oblique du carpe


M. extenseur commun des doigts
M. extenseur du doigt latéral

Planche 190 MUSCLES SUPERFICIELS D'UNE VACHE


(Les muscles cutanés ont été enlevés)
- 387

se continuent d'un segment du membre au segment suivant en changeant simple-


ment de nom.
La face superficielle de ce manchon est séparée de la peau par du tissu conjonctif
densifié qui constitue le « fascia superficialis », sous lequel cheminent les vaisseaux
et nerfs superficiels. La face profonde, en rapport direct avec les muscles et leur
donnant parfois insertion, entre aussi en contact en certains endroits avec les os et
s'y attache de façon solide. Elle délègue en outre des prolongements, cloisons ou
septums intermusculaires (Septa intermuscularia) qui délimitent des loges distinctes
pour les groupes de muscles en fournissant même des gaines particulières à certains
de ces derniers. Des dédoublements du manchon ou des septums intermusculaires
logent les vaisseaux et les nerfs les plus importants. La connaissance de ces disposi-
tions présente un intérêt particulier pour le chirurgien. D'autre part, quand un
vaisseau ou un nerf traverse un fascia, ce dernier présente à cet effet un orifice le
plus souvent circonscrit par une densification du tissu fibreux. La partie proximale de
cet appareil contentif reçoit la terminaison partielle ou totale de certains muscles, qui
en sont considérés comme les tenseurs (Musculi tensores). La partie distale, en se
continuant de segment en segment, change habituellement de texture en regard des
zones articulaires, au niveau desquelles elle s'épaissit. Ces renforcements s'intègrent
là aux gaines tendineuses, qu'ils sont chargés de compléter, ou encore s'isolent sous
forme de brides transversales ou rétinaculums pour maintenir les tendons.

La structure des fascias est en tout point comparable à celle des aponévroses, qui
sera étudiée plus loin.

RAPPORTS

La connaissance des rapports des muscles est importante pour l'Anatomie topo-
graphique et ses applications, en particulier chirurgicales. Ces rapports peuvent
s'établir avec : la peau, les os, les articulations, les fascias, d'autres muscles, enfin
avec des vaisseaux et des nerfs ; c'est seulement en Splanchnologie que nous ver-
rons certains muscles striés prendre contact avec des muqueuses.
Seuls les muscles cutanés (ou « peauciers ») ont un rapport direct avec la peau,
qu'ils sont chargés de mouvoir. Les autres muscles sont, comme nous l'avons vu,
séparés du tégument par des fascias plus ou moins épais. Cependant, chez les ani-
maux fins et en bonne condition, les muscles squelettiques les plus superficiels
dessinent sous le tégument, à travers ces fascias, des reliefs caractéristiques et four-
nissent au chirurgien des repères importants.
Les os sont surtout en rapport avec les muscles les plus profonds. Ces derniers
se moulent parfois si étroitement sur eux qu'ils y déterminent des empreintes signifi-
catives. Quelques-uns répondent aux os par presque toute leur longueur. Au
contraire, les muscles superficiels n'atteignent ordinairement les os que par leurs
extrémités ou par leurs tendons.
Les articulations sont presque toujours couvertes ou contournées par des muscles
et par des tendons. Certains de ces derniers peuvent même pénétrer dans la capsule
articulaire et être enveloppés directement par la synoviale. D'autres jouent, comme
nous l'avons déjà vu, le rôle de véritables ligaments articulaires. Certains muscles,
enfin, ont des attaches directes sur la capsule articulaire qu'ils sont chargés de soule-
ver, comme nous l'indiquerons à propos des fonctions.
Les aponévroses appartiennent en propre à certains muscles, dont elles tapissent
plus ou moins complètement la surface. Les fascias peuvent adhérer aux corps char-
388 -

Planche 191 MUSCLES D'UNE VACHE


Vue dorsale. Les muscles superficiels ont été enlevés du côté droit.
- 389

nus et leur donner insertion ; le plus souvent toutefois, ils en sont séparés par un
conjonctif plus ou moins abondant.

Les rapports intermusculaires ne s'établissent de façon directe que quand ces or-
ganes ne sont pas entièrement isolés par des gaines ou des fascias. Lorsque plusieurs
muscles sont situés dans la même loge, ils peuvent être unis de façon étroite, voire
plus ou moins confondus à leur origine ou à leur terminaison ; le plus souvent toute-
fois, ils sont enveloppés d'une atmosphère conjonctive spéciale, souvent infiltrée de
graisse, qui ménage entre eux des interstices parcourus par des vaisseaux et des
nerfs.

Enfin, les vaisseaux artériels, veineux et lymphatiques, ainsi que les nerfs de la
vie de relation ou du système autonome cheminent souvent entre les muscles et pré-
sentent avec eux des rapports importants à connaître. Les interstices intermusculaires
constituent ainsi des voies d'accès chirurgical tout indiquées vers ces formations.
Lorsque des vaisseaux ou des nerfs ont à traverser un corps charnu, celui-ci présente
en général à cet effet un anneau fibreux destiné à éviter leur compression lors de sa
contraction.

ANOMALIES

Les anomalies musculaires ne sont pas rares. Beaucoup présentent un intérêt


pour l'Anatomie comparée, car elles reproduisent dans une espèce des dispositions
qui sont normales dans d'autres. On peut reconnaître des anomalies de nombre, de
constitution, de forme ou de volume, de rapports et d'insertions.

Nombre : on peut rencontrer des muscles surnuméraires, qui sont habituellement


absents dans l'espèce ou n'y existent qu'à l'état vestigial (ex : m. rond pronateur
chez les Ongulés). Inversement, un muscle peut manquer ou être réduit à l'état de
vestige.

Constitution : il n'est pas très rare de voir un corps charnu se diviser plus ou
moins complètement. Un muscle habituellement simple peut ainsi présenter la disposi-
tion d'un biceps, d'un triceps, d'un muscle bicaudé, etc. Le dédoublement peut même
aller jusqu'à l'isolement d'un muscle surnuméraire. A l'inverse, deux corps charnus
voisins peuvent se souder de façon plus ou moins étendue. Une anomalie presque
banale consiste dans l'augmentation ou la diminution du nombre de faisceaux ou de
dentelures des muscles attachés par de multiples digitations sur les vertèbres ou les
côtes (ex : muscles dentelés).

Forme et volume : brièveté ou allongement d'un corps charnu, épaisseur inhabi-


tuelle ou état semi-vestigial sont des variétés plutôt que de véritables anomalies.

Rapports : les rapports constituent l'élément le moins variable de l'anatomie des


muscles. Entre ces organes eux-mêmes, ils ne sont pratiquement modifiés que par
l'existence d'une des anomalies précédentes (absence, présence surnuméraire, etc.).
Avec les nerfs et les vaisseaux, les anomalies sont surtout celles du trajet ou des
divisions de ceux-ci. Elles sont fort rares pour les nerfs et au contraire fréquentes
pour les artères et les veines.

Insertions : elles sont peu variables pour chaque espèce. Elles peuvent être dépla-
cées, étendues ou diminuées. On peut trouver aussi des insertions supplémentaires
ou en voir d'autres disparaître.
CO
M. brachio-céphalique CD

M. trapèze (Partie cervicale)


O
M. omo-transversaire
ascia thoraco-lombaire
M. oblique ext. de l'abdomen M. tenseur du fascia lata
M. fessier superficiel
glutéofémoral

M. semi-tendineux

M. semi-membraneux
M. masséter
M. sterno-céphalique M. biceps fémoral
M. sterno-thyroïdien
M. extenseur lat. des doigts
M. sterno-hyoïdien
M. long péronier
M. brachio-céphalique
M. tibial crânial
M. deltoïde
M. brachial M. long extenseur
des doigts
M. extenseur radial du carpe

Planche 192 MUSCLES SUPERFICIELS D'UN PORC


(Les muscles cutanés ont été enlevés)
- 391

Il - STRUCTURE ET COMPOSITION
(Pl. 193 à 201)

Des divers constituants d'un muscle strié, le principal est le tissu musculaire strié
(Textus muscularis striatus skeletalis), qui en est caractéristique. C'est un assemblage
de fibres contractiles, striées en long et en travers et solidarisées entre elles ainsi
qu'aux organes voisins par une charpente conjonctive. A l'étude de ces fibres et des
formations conjonctives des muscles, nous ajouterons celles de l'organisation géné-
rale de ces derniers, de leur vascularisation et de leur innervation et enfin de leur
composition chimique.

LA FIBRE MUSCULAIRE STRIEE (Pl. 193 à 196)

Le tissu propre des muscles striés est dissociable en faisceaux de plus en plus
simples, formés de fibres particulières, dites fibres musculaires striées. Chacune de
celles-ci est une énorme cellule spécialisée, très longue et très complexe, ou m y o c y t e
strié (Myocytus striatus skeletalis).

FORME ET DIMENSIONS

Chaque fibre est cylindroïde ou irrégulièrement prismatique, modelée sur ses voi-
sines. Elle se termine en général à chaque extrémité par un moignon arrondi ou effilé.
Sa longueur est très remarquable : si elle n'excède pas quelques millimètres dans les
plus petits muscles, ce qui est déjà exceptionnel pour une cellule, elle peut atteindre
et dépasser dix centimètres dans les grands muscles et même, exceptionnellement,
atteindre une trentaine de centimètres dans les espèces de grande taille. On ne voit
donc jamais une fibre toute entière dans le champ du microscope.

Le calibre est aussi fort variable : il peut aller de 10 à 100/vm ; il est souvent
compris entre 4 0 et 60/iym. Il augmente en principe avec la longueur de la fibre, sans
qu'il y ait toutefois proportionnalité. Il est en relation aussi avec la taille de l'espèce,
en général plus fort dans les grandes espèces. La taille de l'individu intervient en
outre : pour un même muscle, le calibre peut varier du simple au sextuple et plus
entre les chiens des plus petites races et ceux des plus grandes. Enfin, il dépend de
l'état de nutrition et augmente sous l'effet de l'entraînement.

DEVELOPPEMENT

Chaque fibre musculaire striée ou m y o c y t e strié est produite au cours du déve-


loppement embryonnaire par la fusion de multiples cellules uninucléées ou myoblastes
(Myoblasti). Lors de leur fusion, qui se fait bout à bout, ces derniers ont des noyaux
centraux, autour desquels apparaissent les premières fibrilles musculaires. La fibre à
laquelle ils donnent naissance montre alors une chaîne centrale de noyaux, entourée
de myofibrilles qui impriment à l'ensemble un aspect tubulaire (Myotubes). Ensuite, la
croissance en longueur s ' e f f e c t u e surtout par adjonction de nouveaux myoblastes. La
croissance en épaisseur se fait par formation de nouvelles myofibrilles, tandis que les
noyaux sont reportés vers la surface, où s'incorporent en outre des éléments nucléés
supplémentaires, dont la nature est discutée et qui pourraient être apparentés aux
cellules satellites. Cette disposition marginale des noyaux marque un progrès dans
l'efficacité fonctionnelle des fibres musculaires. Les noyaux restent en effet axiaux
chez les Invertébrés et épars dans les fibres musculaires des Vertébrés les moins
évolués.
392 -

Plaque motrice!.

lidtéit jiiyimi Ligne Z


J[ (Télophragme)
Fibre motrice striai re

Gaine de myéline

Neurolemme

Noyau

Sarcoplasme _ Myomère
-Strie A
Aires myofibriMaires

Sarcomère (Case contractile)

Colonnettes
musculaires
UIMllttUp iqpmiiliivil juwjit _Ligne Z
' (Télophragme)
Noyaux

Gaine du myocyte

Sarcolemme propre ^

Cellules satellites !

Lame basale ) y Bande claire,


(Strie H)
Liane M
(Mésophragme)

V'.'f.npKji -LigneZ
(Télophragme)

Origine d'une fibre


tendineuse

Fibrilles tendineuses

SCHÉMA D'UNE FIBRE SEGMENTS D'UNE


MUSCULAIRE STRIÉE MYOFIBRILLE STRIÉE

Planche 193 - STRUCTURE D'UNE FIBRE MUSCULAIRE STRIÉE


Pour les détails, voir planches 1 9 4 , 1 9 5 et 199
- 393

STRUCTURE (PI 193 à 196)

La fibre musculaire striée est donc de nature syncytiale, pourvue de nombreux


noyaux. Elle comporte une membrane d'enveloppe ou sarcolemme et un cytoplasme
ou sarcoplasme qui loge, outre divers types d'inclusions, les fibrilles musculaires
striées et les noyaux.
Le sarcolemme (Sarcolemma) n'est autre que le plasmalemme 11 ' du myocyte. Il
est mal observable en microscopie optique. Le microscope électronique a montré qu'il
est formé de deux parties superposées. L'une, interne et extrêmement mince, est la
véritable membrane cellulaire (plasmalemme proprement dit). L'autre est une lame
basale formée d'un matériel mucopolysaccharidique renforcé de fibres réticulaires.
Résistante et élastique, elle s'unit à celle des fibres adjacentes en ménageant seule-
ment d'étroits interstices pour les capillaires et les fibres nerveuses. Entre les deux
strates se trouvent, étroitement moulées contre la membrane cellulaire, des cellules
satellites (Myosatellitocyti), à cytoplasme fort peu abondant et limites peu discerna-
bles, mais reconnaissables à leur noyau allongé, à chromatine dense. Le rôle de ces
cellules est inconnu, mais on sait qu'elles sont capables d'assurer une régénération
du muscle (voir plus loin).
Le sarcoplasme est un cytoplasme finement granuleux, pourvu des mêmes types
d'organelles que dans les autres cellules (appareil de Golgi, mitochondries, réticulum
endoplasmique). Il est le siège des phénomènes qui assurent la nutrition de la fibre et
fournit en particulier aux fibrilles les éléments énergétiques nécessaires à leur fonc-
tionnement. L'intensité de ce dernier imprime aux organelles diverses particularités
remarquables. Les mitochondries sont ainsi pourvues de crêtes nombreuses et ser-
rées. Le réticulum endoplasmique (ou sarcoplasmique) lisse est pour sa part formé de
très nombreux et très fins tubules longitudinaux (Elementa tubularia), disposés autour
des fibrilles. A intervalles réguliers (chez les Mammifères, en regard de la jonction des
stries A et I, définies plus loin dans les fibrilles), les microtubules s'unissent par des
anastomoses annulaires, dites citernes terminales (Cisternae terminales). Ces derniè-
res s'adossent à celles des segments adjacents, dont elles restent séparées par un
mince tubule transverse (Tubulus transversus) constitué par une invagination en dia-
phragme du sarcolemme propre. On donne le nom de « triade » (Trias) ou système T
à l'association de ce tubule et des deux citernes adjacentes. On notera enfin que le
sarcoplasme contient une protéine particulière, la myoglobine, qui donne au muscle sa
coloration et intervient dans les échanges respiratoires de la fibre musculaire 121

Les fibrilles musculaires striées ou myofibrilles striées (Myofibrillae striatae), élé-


ments contractiles caractéristiques, méritent une description particulière, qui sera
faite plus loin. Elles sont extrêmement nombreuses, très grêles mais aussi longues
que la fibre elle-même, qu'elles parcourent d'une extrémité à l'autre. Par leur struc-
ture hétérogène et leur assemblage d'aspect fasciculaire, elles donnent à celle-ci sa
double striation caractéristique, longitudinale et transversale. Les traitements néces-
saires à la confection des coupes histologiques entraînent en effet leur groupement en
petits faisceaux dénommés « colonnettes musculaires » ou « cylindres de Leydig ».
Ces faisceaux, qui donnent à la fibre sa striation longitudinale, apparaissent sur les
coupes transversales comme des groupes de fines ponctuations : les « aires myofi-

(1) Les t e r m e s « S a r c o l e m m a » et « S a r c o p l a s m a » o n t été s u p p r i m é s dans la d e u x i è m e édition ( 1 9 8 3 ) des N . H . V . , car s y n o n y -


mes de « Plasmalemma » et « C y t o p l a s m a ».
(2) La m y o g l o b i n e est apparentée à l ' h é m o g l o b i n e d u sang et p e u t c o m m e elle se c o m b i n e r de f a ç o n réversible à l ' o x y g è n e . Elle
e m m a g a s i n e celui-ci dans la fibre musculaire pour le t r a n s m e t t r e aux m i t o c h o n d r i e s lors de la c o n t r a c t i o n .
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Planche 1 9 4 STRUCTURE DES FIBRES MUSCULAIRES STRIÉES


- 395

brillaires » ou « champs de Cohnheim », délimitées par de minces travées de sarco-


plasme. La striation transversale résulte de l'alternance dans chaque fibrille
d'éléments clairs et sombres dont il s u f f i t d'indiquer pour l'instant que, malgré la
totale individualité de chaque fibrille, chacun d ' e u x est situé sur un même plan trans-
versal que ses homologues de t o u t e s les fibrilles d ' u n e même fibre.
Les noyaux de la fibre musculaire striée sont très nombreux : celle-ci peut, selon
ses dimensions, en posséder de quelques centaines à plusieurs milliers. Ils sont ellip-
soïdes et étirés, longs de 8 à 10 //m. Ils sont pourvus d ' u n ou deux nucléoles et leur
chromatine est lâchement répartie au voisinage de l'enveloppe nucléaire. Ils sont
habituellement situés à la périphérie de la fibre, dans la mince couche de sarcoplasme
dépourvue de fibrilles au voisinage du sarcolemme. Toutefois, dans certaines fibres,
de t y p e moins évolué, ils sont épars, disséminés entre les groupes de' fibrilles.

LA FIBRILLE MUSCULAIRE STRIEE (Pl. 193 à 195)


Les myofibrilles (Myofibrillae) sont de très longs et très minces filaments contrac-
tiles caractéristiques des cellules musculaires. Très fines, moins ordonnées et
beaucoup moins apparentes dans les muscles lisses, elles sont au contraire bien visi-
bles et beaucoup plus complexes dans les muscles striés. Selon les fibres, leur calibre
varie de 0 , 2 à 1/vm. Chacune d'elles présente sur sa longueur une alternance régulière
de bandes sombres et de bandes claires qui leur confèrent leur aspect strié. Les pre-
mières, plus colorables par les techniques histologiques courantes, sont
biréfringentes, anisotropes en lumière polarisée, d ' o ù leur nom de stries A (Striae A).
Les bandes claires, peu colorables, sont au contraire isotropes et qualifiées pour cette
raison de stries I (Striae I). Chacune de celles-ci est subdivisée transversalement en
son milieu par une ligne sombre : la ligne Z (Linea Z) ou télophragme (Telophragma)
— anciennement « strie d ' A m i c i » — alors que chaque strie A présente de même en
son milieu une étroite bande claire (Zona lucida) ou strie H (Stria H) — anciennement
« champ de Hansen ». Cette dernière est à son tour divisée par une mince ligne som-
bre, dite ligne M (Linea M) ou mésophragme (Mesophragma).

Chaque segment de fibrille compris entre deux lignes Z constitue un sarcomère ou


myomère (Myomerum) — anciennement « case musculaire de Krause » — qui repré-
sente une unité fonctionnelle élémentaire. Les lignes Z de toutes les fibrilles d ' u n e
même fibre étant situées sur un même plan transversal, les parties homologues de

A - Coupe longitudinale de fibres musculaires striées (Muscle sterno-céphalique de Cheval - Glych.


Erythr. Gr. x 500). La double striation, longitudinale et transversale, est bien visible. Les noyaux sont
alignés à la périphérie des fibres
B - Myofibrilles striées et triades (Microscopie électronique - Gr. x 2 0 0 0 0 ) . Sur cette coupe longitu-
dinale, la double striation est très visible, de même que les triades (flèche).
C - Structure des myofibrilles striées (Muscle de Vache - Microscopie électronique - Gr. x 25 0 0 0 ) .
S : sarcomère, délimité par deux télophragmes (Z) ; A : Strie A ; M : Strie H, claire, subdivisée par la
ligne M, plus sombre ; I : Strie I.
D - Les deux dypes de fibres striées (Fibre rouge, lente, et fibre blanche, rapide, adjacentes dans un
même faisceau musculaire). La fibre lente (F.L.) est pourvue de mitochondries nombreuses, en grou-
pes volumineux (M). Dans la fibre rapide (F.R.), les mitochondries (M) sont moins nombreuses et leurs
groupes plus grêles. N : noyau.
B et D - Obligeance du Professeur BORTOLAMI (Bologna - Italie).
C - Obligeance du Professeur V A N HAVERBEKE lE.N.V. Toulouse).
396

Myofilaments épais (Myosine).

Bâtonnets de méromyosine

Planche 1 9 5 - SCHÉMA DE LA S T R U C T U R E D'UNE MYOFIBRILLE STRIÉE

A gauche : au repos. A droite : en contraction.


- 397

tous les sarcomères sont ainsi au même niveau. Tout sarcomère comporte une strie A
divisée en son centre par une strie H et encadrée de deux moitiés de stries I. Sa lon-
gueur varie de 2,3 à 2,8 /jm.
Le microscope électronique a permis de constater que les sarcomères résultent de
assemblage de filaments submicroscopiques et parallèles de substances protéiques.
Ces myofilaments (Myofilamenta) sont de deux types, les uns minces et les autres
épais.
Les myofilaments minces (Myofilamenta tenuia) s'étendent au repos de la ligne Z
au bord de la strie H. Ils sont seuls présents dans la strie I. Ils sont attachés à la li-
gne Z par de très fines divisions qui divergent en croix dont les branches sont
jmelées à celles des myofilaments minces situés de l'autre côté de la ligne Z. Ils sont
constitués principalement d'une protéine particulière : l'actine, dont les molécules
sont associées en polymère linéaire à disposition hélicoïdale. Chacun d'eux est formé
oar l'association de deux de ces hélices autour d'un axe, également hélicoïdal, d'une
autre protéine polymérisée : la tropomyosîne. Cet axe possède, à intervalles réguliers,
une molécule de troponine, monomère protéique pourvu de deux sites fonctionnels
associés, l'un susceptible de fixer les ions C a + " et l'autre inhibiteur de l'ATPase. La
tropomyosine se poursuit dans les croix d'ancrage des filaments et dans la ligne Z qui
es porte.

Les myofilaments épais (Myofilamenta crassa), un peu plus longs que les fila-
ments minces, sont formés de myosine et sont les constituants principaux de la
strie A, dont ils occupent toute la longueur. Ils sont seuls présents dans la strie H. Au
milieu de celle-ci, ils présentent un épaississement que traduit la densification de la
gne M, au niveau de laquelle des ponts délicats les solidarisent entre eux. Les molé-
cules de myosine ont la forme de bâtonnets avec une extrémité renflée. Elles sont
décomposables en deux parties associées : méromyosine légère, qui forme le corps
du bâtonnet, et méromyosine lourde, qui se prolonge seule dans le renflement termi-
nal. Ces bâtonnets sont associés longitudinalement dans les filaments épais de sorte
que leur extrémité porteuse du renflement fasse obliquement saillie à leur surface.
L'obliquité de ces processus, disposés à intervalles réguliers, est dirigée vers l'extré-
mité de la strie A et ils manquent au voisinage de la ligne M. La méromyosine lourde
du renflement terminal possède en propre l'activité d'une ATPase, par laquelle elle
ntervient dans la contraction musculaire.

Les coupes transversales passant par la strie A en dehors de la strie H montrent


que chaque filament épais est entouré par six filaments minces disposés aux som-
mets d'un hexagone. Les hexagones se joignant seulement par leurs sommets,
chaque filament mince est à égale distance de deux filaments épais, de sorte qu'il
entre dans la constitution de deux systèmes adjacents. Chaque filament épais est uni
aux filaments minces qui l'entourent par les délicats prolongements radiaires, réguliè-
rement espacés, formés par les saillies des bâtonnets ci-dessus décrits.

FIBRILLES ET CONTRACTION MUSCULAIRE (PL 195)

Lors de l'excitation de la plaque motrice, véritable synapse neuro-musculaire dé-


crite plus loin, le sarcolemme subit à son niveau une dépolarisation qui s'étend
rapidement à toute la surface de la fibre et par son intermédiaire, aux triades (systè-
mes T) du réticulum endopiasmique. Il en résulte dans celui-ci une libération d'ions
Ca + + , qui vont occuper les sites sensibles de la troponine. Celle-ci est modifiée de
telle sorte que les sites inhibiteurs de l'ATPase sont inactivés. L'ATPase de la méro-
myosine lourde entre ainsi en action et hydrolyse l'adénosine triphosphate (ATP) en
398

Planche 1 9 6 - VARIETES DE FIBRES M U S C U L A I R E S STRIÉES


Muscle gastrocnémien de Porc - Coupes transversales sériées montrant les mêmes myocytes
traités par des procédés histo-enzymologiques différents (démonstration de l'ATPase myosini-
que après préincubation à pH 3 (a), pH 4,55 (b), pH 10,25 (c) et de la NADH (d) - Gr. x 200) -
I : fibres de type I (pâles) ; A et B : variétés A et B de fibres de type II (rouges)
Préparations du Pr A. M. Barazzoni (Bologne, Italie)
- 399

adénosine disphosphate (ADP). Cette réaction fournit une énergie qui accompagne la
fixation du renflement de méromyosine lourde au filament mince puis son bascule-
ment vers la partie moyenne du filament épais. Aussitôt après, la réaction s'achève et
la liaison est rompue en même temps qu'une autre s'établit avec le renflement sui-
vant. La propagation de ce « phénomène de cliquet » produit un déplacement
longitudinal des jonctions radiaires entre filaments épais et minces. Tout se passe
comme si les filaments minces étaient attirés dans les stries A, où ils s'accrocheraient
de plus en plus loin aux filaments épais. Lorsque cesse la contraction, les ions Ca + +
sont repris par le réticulum endoplasmique et les phénomènes inverses se produisent.
L'énergie nécessaire à la resynthèse de l'ATP est fournie par la dégradation du glyco-
gène puisé dans le sarcoplasme.
En définitive, lors de la contraction musculaire, les divers filaments ne changent
pas de longueur mais leurs systèmes s'interpénétrent plus profondément. Il en résulte
que les stries A, formées par les filaments épais (myosine) ne changent pas de lon-
gueur. Les filaments minces pénétrant de plus en plus entre les filaments épais, les
stries H se réduisent et peuvent même disparaître. De même, les stries I se raccour-
cissent beaucoup. A l'inverse, lorsqu'un muscle au repos est étiré, les stries A
conservent leur longueur mais les stries H et I s'allongent,

VARIETES DE FIBRES STRIEES (Pl. 194, 196)

Dans un même animal, les muscles striés n'ont pas tous la même couleur : cer-
tains sont pâles et d'autres bien plus foncés. Cette particularité résulte de l'existence
de deux types de fibres striées, dont chacun peut se trouver uniquement représenté
dans un muscle donné, mais qui sont le plus souvent mêlés, en proportions d'ailleurs
variables, à l'intérieur d'un même muscle. Les deux types diffèrent à la fois par leurs
caractères structuraux et leurs propriétés physiologiques.
Les fibres du type I (foncées) ou fibres rouges (Myocyti rubri) doivent leur colora-
tion plus forte à l'abondance de leur sarcoplasme et de la myoglobine qui colore ce
dernier. Les fibrilles y sont moins nombreuses, de sorte que leurs groupes (colonnet-
tes musculaires) sont petits, séparés par des travées de sarcoplasme bien plus
épaisses. Cela se traduit par une striation longitudinale beaucoup plus nette de la fibre
et sur les coupes transversales, par la moindre étendue et la plus grande netteté des
aires myofibrillaires. La striation transversale est par contre moins accusée.
Inversement, les fibres du type II (claires) ou fibres blanches (Myocyti albi) ont un
sarcoplasme moins abondant, une striation longitudinale moins nette et une striation
transversale bien plus évidente. Elles sont à un degré d'évolution plus avancé que les
précédentes et leurs noyaux sont toujours marginaux, alors qu'on trouve, en outre,
quelques noyaux épars dans les fibres foncées.
La contraction des fibres blanches est beaucoup plus rapide, mais plus brève et
moins soutenue que celle des fibres rouges. Ces dernières, plus lentes, dominent dans
les muscles qui ont une action progressive ou répétée à des intervalles peu rappro-
chés, comme le diaphragme des Mammifères ou les muscles de l'œil. Au contraire,
les fibres blanches forment presque entièrement les muscles les plus spécialisés dans
des interventions énergiques et rapides, renouvelées en des temps très brefs, comme
les pectoraux des Oiseaux.

HYPERTROPHIE ET REGENERATION MUSCULAIRES

On sait que le volume et le poids des muscles augmentent sous l'effet d'une acti-
vité fréquente et intense. Cet accroissement n'est pas dû à une multiplication des
400 -

Planche 1 9 7 - ORGANISATION DES M U S C L E S STRIÉS ET DES TENDONS


A - C o u p e t r a n s v e r s a l e d ' u n m u s c l e strié ( M . s t e r n o - c é p h a l i q u e de C h e v a l - G l y c h . E r y t h r . -
Gr. x 16).
1. Faisceau primaire ; 2. Faisceau s e c o n d a i r e ; 3. Faisceau t e r t i a i r e ; 4 . P é r i m y s i u m , d o n t les tra-
v é e s l o g e n t les v a i s s e a u x et les n e r f s et d é l i m i t e n t les f a i s c e a u x .
B - O r g a n i s a t i o n des f a i s c e a u x (M. f l é c h i s s e u r s u p e r f i c i e l des orteils de V a c h e - G l y c h . Erythr. -
Gr. x 4 0 ) .
1. T r a v é e s e c o n d a i r e de p é r i m y s i u m ; 2. Faisceaux m u s c u l a i r e s primaires, dans lesquels o n discerne
bien l ' a s s e m b l a g e d e s f i b r e s m u s c u l a i r e s .
401

fibres, mais seulement à leur hypertrophie individuelle. Cette dernière est marquée par
l'augmentation du sarcoplasme mais non par celle du nombre des fibrilles.
Après lésion ou destruction, la fibre musculaire striée est capable de se régénérer,
même chez les Mammifères adultes. La reconstruction s'effectue à partir des frag-
ments intacts ou des fibres voisines. Les cellules satellites provenant de ces éléments
se mobilisent et s'allongent et donnent naissance à des myoblastes comparables à
ceux de l'embryon. Ceux-ci fusionnent et produisent des myotubes à noyaux multi-
ples et d'abord épars. Les myofibrilles se développent ensuite et les noyaux migrent
vers la périphérie. Ces phénomènes reproduisent en somme dans leurs grandes lignes
ceux de l'histogenèse normale chez l'embryon. Ils sont conditionnés par les possibili-
tés de l'expansion des fibres musculaires (absence ou discrétion du tissu cicatriciel
fibreux) et surtout par l'existence d'interstices disponibles pour les fibres nouvelles,
les capillaires et les fibres nerveuses qui les accompagnent. Il y a, en quelque sorte,
compétition dans le territoire lésé entre la réhabitation par les fibres musculaires et
l'invasion conjonctive. Tout ce qui favorise cette dernière, comme par exemple les
déficiences circulatoires, entrave la régénération du muscle. Cette possibilité de régé-
nération fait pratiquement défaut dans le myocarde, qui diffère donc ici encore des
muscles squelettiques.

FORMATIONS CONJONCTIVES (Pl. 197, 198)


Ces formations reçoivent et transmettent l'action des fibres contractiles ; elles
servent d'autre part de tuteurs aux vaisseaux et aux nerfs. Elles sont d'autant plus
importantes et plus différenciées que le muscle est plus gros et plus complexe. On
peut y reconnaître deux parties, d'ailleurs parfaitement continues et raccordées par
un changement progressif de structure. L'une constitue la trame même du corps
charnu, au point qu'on la décrit souvent comme un constituant du tissu musculaire :
c'est la charpente conjonctive de ce dernier ou périmysium. L'autre, bien plus dense,
fibreuse, transmet à distance l'action des corps charnus et forme les tendons et les
aponévroses ; on peut y inclure les intersections tendineuses.

PERIMYSIUM

C'est le conjonctif qui sépare et unit à la fois les faisceaux de divers ordres for-
més par les fibres musculaires. Il se raccorde, à la périphérie du muscle, à l'enveloppe
générale encore qualifiée d'épimysium et parfois densifiée en aponévrose de revête-
ment. Les travées de premier ordre, les plus épaisses, séparent les faisceaux les plus
gros et les plus complexes du muscle. Des travées de deuxième et de troisième or-
dres subdivisent ceux-ci en faisceaùx de plus en plus petits. On donne parfois le nom
de périmysium externe à l'ensemble des travées de premier et de deuxième ordres et

C - Coupe transversale de fibres musculaires striées (M. gastrocnémien de Vache - Glych. Erythr.
Gr. x 4 0 0 ) . Les fibres sont unies par l'endomysium, où courent les capillaires (flèches). Noter la situa-
tion périphérique des noyaux et les aires myofibrillaires formées par les groupes de myofibrilles.

D - J o n c t i o n myo-tendineuse (M. planto-perforé de Vache - Glych. Erythr. - Gr x 2 0 0 ) .


1. Fibres musculaires striées, coupées en long ; 2. Fibres tendineuses.

E - Coupe longitudinale de tendon (Tendon perforant de Cheval - Glych. Erythr. - Gr x 180). Fibres
collagènes parallèles, légèrement onduleuses, entre lesquelles les fibrocytes (étroits, à noyau très
allongé) présentent une disposition linéaire.

F - Coupe transversale de tendon (Tendon calcanéen de Bœuf - Glych. Erythr. - Gr. x 4 0 environ).
Travées primaire (1), secondaire (2) et tertiaire (3) délimitant les faisceaux tendineux de divers ordres.
402

Aponévrose d'insertion Aponévrose d'insertion

Aponévrose de revêtement

Apon. de
revêtement

Origine du tendon

Aponévrose de revêtement

.Tendon

STRUCTURE SEMI-PENNÉE
à fibres longues Aponévrose de revêtement
(chef latéral du m. triceps brachial)

.Tendon terminal

STRUCTURE PENNIFORME .Tendon


(M. fessier accessoire) Tendon d'origine'

Cône fibreux creux


(Aponévrose de revêtement)
STRUCTURE SEMI-PENNÉE
à fibres courtes (M. grand rond)

Corde fibreuse limitant l'extension

Expansion aponévrotique
(Lacertus fibrosus)

Tendon terminal Tendon terminal

STRUCTURE PENNIFORME STRUCTURE MULTIPENNÉE


opposée à un cône tendineux creux (M. biceps brachial)
(chef long du m. triceps brachial) (Noter la corde de limitation d'extension)

Planche 198 ORGANISATION INTERNE DES MUSCLES


Coupes longitudinales de muscles d ' u n Cheval
- 403

celui de périmysium interne aux travées les plus fines, qui délimitent les faisceaux
élémentaires ou faisceaux primaires du tissu musculaire. On réserve enfin le nom
d'endomysium à l'ensemble des rares cellules et des fibres qui, à l'intérieur des fais-
ceaux primaires, occupent les interstices étroits ménagés entre les membranes
basales au point d'adossement de plusieurs fibres musculaires.
Le périmysium présente les constituants habituels du tissu conjonctif. Les cellules
adipeuses s'y accumulent chez les sujets florides. C'est cette infiltration graisseuse
qui détermine sur les coupes ce qu'on appelle en boucherie le « persillé ». Les travées
de divers ordres servent au cheminement des vaisseaux et des nerfs du muscle. Mais
leur rôle le plus important est de transmettre aux tendons et aux aponévroses l'action
des faisceaux musculaires, comme nous le verrons plus loin.

TENDONS (Pl. 197, 198)

Un tendon (Tendo) est un cordage fibreux résistant, blanc nacré, cylindroïde ou


aplati, qui procède de l'extrémité d'un corps charnu musculaire et en transmet l'ac-
tion à distance. Il est formé d'un assemblage de faisceaux tendineux (Fasciculi
tendinei) longitudinaux et à peu près parallèles, dont les plus petits, ou faisceaux
primaires, peuvent être considérés comme autant de tendons élémentaires. Ceux-ci
sont assemblés en faisceaux secondaires et tertiaires par des travées conjonctives
lâches anastomosées et unies à une enveloppe périphérique ou épitendineum avec
laquelle elles constituent le péritendinéum.
Chaque faisceau primaire est essentiellement constitué par des groupes volumi-
neux de fibres tendineuses (Fibrae tendineae), fortes et parallèles, dont chacune est
formée de nombreuses fibrilles collagènes enrobées dans une enveloppe commune.
Entre les fibres s'alignent des chaînes de cellules tendineuses ou tendinocytes (Tendi-
nocyti), fibrocytes polyédriques exactement moulés dans les interstices qu'ils
occupent. De rares et minces fibres élastiques cheminent en outre entre les fibres
tendineuses. On qualifie d'endotendineum cet ensemble d'éléments de soutien propre
aux faisceaux primaires.
Les tendons prennent naissance à l'intérieur même des corps charnus ou encore à
leur surface, où ils peuvent ^s'étaler en de véritables aponévroses de revêtement. A
'intérieur des muscles, ils commencent en général par des lames que renforce pro-
gressivement vers l'extrémité du muscle l'adjonction de nouveaux faisceaux fibreux.
En aucun cas, ils ne reçoivent l'attache de la totalité des fibres musculaires. Le cen-
tième à peine de celles-ci est inséré directement sur un tendon ou une aponévrose ;
les autres ne transmettent leur action aux systèmes fibreux que par l'intermédiaire
des travées du périmysium. Le raccordement des fibres musculaires striées aux fibres
tendineuses, ou jonction myo-tendineuse (Junctio myotendinea), se fait par implanta-
tion de prolongements digitiformes des premières dans de profondes cupules formées
par les extrémités des secondes. A ce niveau, les microfibrilles du sarcolemme plon-
gent dans une sorte de colle glycoprotéique continue avec la matrice des fibres
collagènes de l'endomysium d'une part, celle des faisceaux tendineux d'autre part.
Ainsi est assurée la continuité des systèmes fibrillaires chargés de transmettre les
tractions.
Les tendons peuvent subir des modifications importantes dans leur texture et leur
aspect. Dans les points où ils sont exposés à de fortes pressions, comme au niveau
de certains angles articulaires, ils s'élargissent et se renflent en devenant beaucoup
plus durs. Ils peuvent même prendre la texture hyaline ou fibro-cartilagineuse. Lors-
que l'ossification envahit de tels nodules, on assiste au développement des os
404 -

sésamoïdes. Chez les Oiseaux, on peut même voir le tendon lui-même s'ossifier sur
une certaine longueur et se transformer ainsi en une véritable tigelle osseuse. Quant à
la terminaison des tendons sur les os, elle peut présenter des dispositions variées. En
général, la partie périphérique du tendon se raccorde au périoste, tandis que les par-
ties les plus profondes pénètrent dans le tissu osseux et s'y irradient à la manière des
fibres perforantes (ou « fibres de Sharpey ») du périoste, réalisant ainsi un véritable
ancrage. La terminaison du tendon peut en outre être infiltrée de cartilage.

APONEVROSES

Une aponévrose (Aponeurosis) est une lame fibreuse modelée en fonction de sol-
licitations mécaniques exercées selon une surface plane ou courbe. On y trouve les
mêmes constituants que dans les tendons, mais les faisceaux de fibres sont ici orien-
tés en minces nappes superposées, dans chacune desquelles ils ont une direction
dominante, perpendiculaire ou oblique par rapport à celle présentée dans les nappes
adjacentes. Certains faisceaux passent d'une nappe à une autre pour en assurer la
solidarité. Les tendinocytes sont ici encore moulés entre les fibres.

Certaines aponévroses ne sont en fait que des tendons extrêmement élargis et


amincis, servant à l'insertion de muscles plats : ce sont les aponévroses d'insertion.
D'autres sont, au contraire, étalées à la surface des corps charnus, dont elles font
partie intégrante et auxquels elles communiquent une couleur nacrée. Ce sont des
aponévroses de revêtement, qui constituent souvent l'origine étalée d'un tendon ou
encore se continuent par des aponévroses d'insertion.

INTERSECTIONS TENDINEUSES (Pl. 188, 198)

Une intersection tendineuse (Intersectio tendinea) est une lame fibreuse plus ou
moins épaisse, parfois subdivisée, qui s'étend à l'intérieur d'un corps charnu en l'in-
terrompant de façon partielle ou totale et en recevant sur chacune de ses faces
l'attache de faisceaux musculaires. Certaines de ces lames se mettent en continuité
avec les tendons ou avec les aponévroses. Elles peuvent même s'étendre d'une ex-
trémité à l'autre d'un cerps charnu et en solidariser les extrémités. Elles s'opposent
alors à l'élongation excessive du muscle ou même transmettent passivement les ac-
tions mécaniques d'un rayon osseux à un autre.

ORGANISATION DES MUSCLES STRIES (Pl. 197, 198)

Cette organisation est exactement adaptée au rôle particulier de chaque muscle


et se traduit par l'agencement spécial des faisceaux musculaires (Fasciculi muscula-
res) et des éléments conjonctifs. Dans les muscles les plus petits, le tissu fibreux est
moins abondant et les fibres musculaires sont groupées en faisceaux disposés longi-
tudinalement et assez simples. Dans les muscles plus gros, l'organisation de chaque
faisceau n'est guère différente, mais les faisceaux sont nombreux et l'agencement de
leur ensemble devient bien plus complexe, servi par de puissantes formations fibreu-
ses dont la disposition détermine l'efficacité mécanique de l'organe.

LES FAISCEAUX MUSCULAIRES (Pl. 195)

Les faisceaux musculaires les plus petits, qualifiés de faisceaux primaires, sont
formés par la juxtaposition de quelques dizaines de fibres musculaires parallèles les
unes aux autres. Les fibres sont à peu près aussi longues que le faisceau lui-même et
ce dernier est délimité par une mince enveloppe conjonctive, travée de dernier ordre
du périmysium.
- 405

Les faisceaux primaires se regroupent en faisceaux secondaires déjà plus compli-


qués. Ces derniers sont, en effet, plus longs que les faisceaux primaires, qui s'y
trouvent étagés à des niveaux différents et pas seulement groupés côte à côte. Seuls
quelques très petits muscles peuvent être formés par un faisceau secondaire unique.
Dans la plupart des cas, les faisceaux secondaires se groupent à leur tour en fais-
ceaux tertiaires, dont l'organisation est encore plus complexe ; les très gros muscles
comportent même des faisceaux quaternaires.

SPECIFICITE MECANIQUE DE L'ORGANISATION

Sauf dans de très petits muscles, les fibres .striées, si longues soient-elles, ne
vont donc pas d'une extrémité à l'autre de l'organe. L'arrangement des faisceaux
secondaires et tertiaires par rapport aux formations fibreuses oriente f a c t i o n de tous
les faisceaux primaires pour produire le maximum d'efficacité.
Lors de la contraction, le raccourcissement du muscle est proportionnel à la lon-
gueur de ses fibres tandis que la puissance développée est proportionnelle au nombre
de fibres. C'est ce dont témoignent bien les formes sveltes et élancées des animaux
de vitesse et l'aspect trapu et massif des animaux de trait, encore qu'interviennent en
cette matière la structure intime des fibres en cause et l'intensité des incitations ner-
veuses. En d'autres termes, les muscles destinés à provoquer d'amples déplacements
des leviers osseux devront aligner bout à bout le maximum de sarcomères ; c'est
pourquoi leurs fibres sont longues et leurs faisceaux disposés longitudinalement. Dans
les muscles agissant en mode de force, la longueur des fibres a moins d'importance
que leur nombre, c'est-à-dire que le nombre de sarcomères intervenant côte à côte.
Dans ce cas, la structure de l'organe devient bien plus complexe, de façon à augmen-
ter beaucoup le nombre de fibres sans accroître exagérément le volume total du
muscle. A cet effet, les faisceaux se disposent obliquement, de sorte que la section
physiologique du muscle), représentée par la somme des sections individuelles des
faisceaux, soit très supérieure à la section anatomique, c'est-à-dire à la surface d'une
simple coupe transversale du corps charnu. Cette complication peut présenter des
degrés très divers ; il existe presque autant de variétés que de muscles, mais on peut
les ramener à quelques types principaux.

TYPES D'ORGANISATION (Pl. 198)

De façon très schématique, on peut reconnaître trois grands types d'agencement


des faisceaux, selon qu'il n'y a pas dans le muscle de véritable formation fibreuse ou
que, le tissu fibreux étant présent, ses faisceaux reçoivent ceux du muscle bout à
bout ou obliquement.
Absence de formation fibreuse : certains muscles, surtout ceux qui n'ont pas
d'insertion sur le squelette, possèdent un périmysium plus ou moins développé, mais
pas de tendon ou d'aponévrose. Leur action s'exerce par l'intermédiaire du périmy-
sium ou par l'insertion directe de leurs fibres sur l'organe à mouvoir. Tel est le cas de
la plupart des muscles cutanés, des muscles orbiculaires et des sphincters.
Jonction bout à bout des faisceaux musculaires et fibreux : ce cas est fréquent
pour les muscles plats, qu'ils soient flabelliformes (muscle oblique interne de l'abdo-
men) ou que leurs fibres soient parallèles (muscles dentelés dorsaux du thorax,
intercostaux). Il n'est pas rare non plus dans les muscles courts, mais il est au
contraire exceptionnel dans les muscles longs. Parmi ces derniers, il ne se rencontre
que dans les muscles de faible puissance (muscles sterno-hyoïdien, sartorius). En
effet, dès qu'ils ont quelque importance, les muscles longs concentrent leur action
406 -

Planche 1 9 9 - INNERVATION DES M U S C L E S STRIÉS


A - Plaque m o t r i c e (M. g a s t r o c n é m i e n de V a c h e - I m p r é g n a t i o n a r g e n t i q u e et c h l o r u r e d ' o r -
Gr. x 3 5 0 ) . On v o i t l ' a r b o r i s a t i o n t e r m i n a l e au sein de la sole p r o t o p l a s m i q u e et q u e l q u e s - u n s des
noyaux fondamentaux.
B - T e r m i n a i s o n de n e r f m o t e u r ( M u s c l e de Chien - I m p r é g n a t i o n à l'or - Gr. x 1 6 0 ) . Les fibres
d u nerf (N) se s é p a r e n t pour a b o u t i r c h a c u n e à une plaque m o t r i c e (flèches).
- 407

sur un ou plusieurs tendons, au moins par l'une de leurs extrémités ; ils s'organisent
alors de façon plus complexe pour augmenter la puissance.
Insertion oblique des faisceaux musculaires sur les éléments fibreux : dans ce
cas, les faisceaux charnus s'attachent sur un ou plusieurs côtés d'un tendon. Ils réali-
sent des dispositions parfois déjà visibles sur la conformation externe du muscle mais
dont les plus compliquées ne peuvent être analysées que sur des coupes méthodiques
de l'organe.
Le tendon peut simplement commencer dans l'épaisseur du muscle par une lame
fibreuse qui reçoit les faisceaux charnus sur ses deux faces réalisant ainsi la disposi-
tion penniforme déjà décrite. Il peut aussi commencer à la surface du muscle par une
aponévrose de revêtement dont la face profonde reçoit seule l'attache des faisceaux
charnus ; c'est alors une disposition semi-pennée. Des variétés sont constituées par
la combinaison de ces deux types dans un même muscle. Ainsi, on peut voir un ten-
don former un cône creux recevant à sa face interne les faisceaux charnus, ce qui est
un cas particulier de la disposition semi-pennée, tandis que le corps du muscle réalise
le type penniforme à son extrémité opposée. Souvent, la disposition semi-pennée se
retrouve aux deux extrémités, l'une des aponévroses de revêtement occupant une
face ou un bord du corps charnu tandis que l'autre occupe la face opposée. Si ces
aponévroses s'étendent sur une grande longueur, les faisceaux charnus peuvent être
très obliques et très courts, bien que le muscle lui-même soit long. Enfin, l'origine du
tendon à l'intérieur duimuscle peut se faire non plus par une seule lame fibreuse, mais
par plusieurs : la structure est alors multipennée ; dans le cas des muscles longs, elle
n'est alors bien visible que sur les coupes. La présence d'intersections fibreuses obli-
ques et plus ou moins nombreuses réalise une disposition un peu comparable ; dans
es cas extrêmes, elle aboutit à une architecture polygastrique.

VAISSEAUX ET NERFS

Le tissu musculaire est très richement vascularisé, mais les formations fibreuses
e sont fort peu. L'innervation est surtout abondante dans les corps charnus, qui re-
çoivent spécialement les terminaisons motrices en plus des fibres sensitives et
sympathiques présentes dans l'ensemble du muscle et de ses dépendances.

ARTERES

Elles sont nombreuses et relativement volumineuses. Chaque muscle en possède


son système propre, alimenté par un ou plusieurs troncs principaux qui pénètrent en
des points définis de sa surface. Ces vaisseaux cheminent et se subdivisent dans les
travées du périmysium ; ils s'anastomosent pour former des réseaux périfasciculaires
dont les efférents pénètrent perpendiculairement dans les faisceaux et se divisent à
eur tour à angle droit. Les artérioles les plus grêles et les capillaires circulent ainsi

C - Coupe transversale d ' u n fuseau neuro-musculaire (M. lombrical humain - Hém. Eos. - Gr x 180)
1. Capsule lamelleuse ; 2. Fibres musculaires fusales, accompagnées par des fibres nerveuses et des
microvaisseaux (flèche).

D - Coupe longitudinale d ' u n fuseau neuro-musculaire (M. triceps brachial de Cobaye - Hém. Eos.
Gr. x 3 0 0 ) . F. Fibres musculaires intrafusales, entourées au centre du fuseau par les terminaisons
annulo-spirales primaires (flèche).

B, C, D - Obligeance du Professeur BORTOLAMI (Bologna - Italie).


408 -

entre les fibres en les longeant e x a c t e m e n t . La richesse des anastomoses permet


l'arrivée continue du sang, même lorsque la c o n t r a c t i o n musculaire provoque la com-
pression de certaines artérioles. Ce réseau, dont la lumière est très faible et qui est en
partie occlus pendant le repos, se dilate de façon très importante pendant l'activité
musculaire. Il existe en outre des dilatations artériolaires qui permettent l'accumula-
tion de réserves locales de sang.

VEINES ET LYMPHATIQUES

Les veines sont satellites des artères, dont les plus grosses sont souvent accom-
pagnées de deux vaisseaux de retour. On ne trouve de capillaires lymphatiques que
dans les travées interfasciculaires. Ils f o r m e n t des réseaux très lâches, allongés dans
le sens des faisceaux et drainés dans l'enveloppe du corps charnu-par des vaisseaux
peu n o m b r e u x , qui se déversent eux-mêmes dans les vaisseaux lymphatiques valvulés
des espaces intermusculaires.

NERFS ET TERMINAISONS NERVEUSES (Pl. 199 à 201)

Chaque muscle possède une innervation propre, provenant d ' u n nerf défini et
cette connexion est établie dès le début du développement embryonnaire. Certains
muscles composites reçoivent des fibres de plusieurs nerfs, toujours selon une répar-
tition précise. Dans les tendons c o m m e dans les corps charnus, les rameaux nerveux
suivent les cloisons irlterfasciculaires et s ' y subdivisent sans former de réseau avant
d'atteindre l ' i n t i m i t é des faisceaux les plus petits. Les terminaisons motrices sont
particulières aux fibres musculaires, au c o n t a c t desquelles elles f o r m e n t les plaques
motrices. A la sensibilité générale des muscles et des tendons, assurée par divers
t y p e s de terminaisons qui ne sont pas caractéristiques de ces organes, s'ajoute la
sensibilité musculo-tendineuse spéciale, fournie par des organites particuliers, qui sont
les fuseaux neuro-musculaires et les organes neuro-tendineux. Enfin, le muscle reçoit
une innervation s y m p a t h i q u e encore mal connue.
Les plaques motrices constituent une synapse de t y p e particulier, l'appareil de
j o n c t i o n neuro-musculaire, par lequel chaque fibre musculaire reçoit la terminaison
d ' u n e fibre nerveuse motrice (Terminatio neuromuscularis) qui dépend d ' u n neurone
strio-moteur du névraxe. Cette fibre provient d ' u n très petit faisceau nerveux qui se
ramifie en bouquet dans le faisceau musculaire primaire. Elle aborde la fibre muscu-
laire vers son milieu après avoir perdu sa gaine de myéline et se ramifie à son c o n t a c t
en une arborisation terminale, autour de laquelle le neurolemme (gaine de S c h w a n n )
de la fibre nerveuse se met en continuité avec la membrane basale (partie externe du
sarcolemme) de la fibre musculaire. L'arborisation terminale se résout au sein d'une
sole protoplasmique (ou « sole de Kuhne »), plaque de sarcoplasme f i n e m e n t granu-
leux, longue de 3 0 à 40yum et légèrement saillante à la surface de la fibre. L'ensemble
représente une véritable synapse neuro-musculaire. La partie présynaptique, consti-
tuée par l'arborisation terminale de la fibre nerveuse, est revêtue par un ensemble de
cellules gliales particulières, les gliocytes terminaux (Gliocyti terminales), à noyaux
petits et très colorables. La sole protoplasmique appartient au sarcoplasme et consti-
tue la partie post-synaptique. Il n'existe pas de myofibrilles en son sein, mais elle
c o m p o r t e de multiples noyaux (noyaux f o n d a m e n t a u x ) plus grands et moins colora-
bles que ceux des gliocytes terminaux. Le microscope électronique montre que le
sarcolemme propre s ' y invagine en multiples dépressions à paroi ridée, plis de la
membrane postsynaptique, dans lesquels se logent autant de terminaisons axonales
renflées en b o u t o n . Entre les deux parties existe une étroite fente synaptique. Les
boutons terminaux de l'axone montrent un grand nombre de vésicules synaptiques.
409

Le sarcoplasme de la sole est pour sa part riche en mitochondries et le sarcolemme


propre y délègue de très nombreuses et étroites invaginations secondaires qui consti-
tuent l'appareil sous-neural. Lorsqu'un influx nerveux atteint les boutons terminaux,
ceux-ci libèrent de l'acétylcholine, neurotransmetteur qui provoque la dépolarisation
de la membrane postsynaptique. Au-dessus d'un certain seuil, la dépolarisation
s'étend brusquement sur le mode du t o u t ou rien, à toute la membrane de la fibre
musculaire et déclenche la contraction de celle-ci. Cette contraction, quasi-
instantannée, ne prend une certaine durée que par l'arrivée de volées successives et
rapides d'influx dans la fibre présynaptique.

Chaque motoneurone central tient sous sa dépendance un nombre plus ou moins


grand de fibres musculaires et l'extrémité de son cylindre-axe se subdivise donc en
autant de branches dont chacune aboutit à une plaque motrice. L'ensemble du neu-
rone et des fibres musculaires qu'il commande constitue une « unité motrice» neuro-
musculaire. Le nombre de fibres musculaires d'une telle unité varie, selon le muscle
considéré, de quelques unités (muscles de l'œil) à plusieurs dizaines, voire plus d'une
centaine (muscles des membres). On notera d'autre part que si les fibres musculaires
striées de faible longueur ne sont pourvues que d'une seule plaque motrice, celles qui
sont très longues en possèdent souvent plusieurs.

Les fuseaux neuro-musculaires (Fusi neuromusculares) (Pl. 199 à 201) sont des
organes sensibles logés à la périphérie des faisceaux primaires, dans le périmysium
nterne, près des extrémités des fibres musculaires et parallèlement à elles. Ils mesu-
rent trois à quatre millimètres de long sur 0,1 à 0 , 2 millimètres de large ; ils sont
environ cent fois moins nombreux que les fibres musculaires et très inégalement re-
présentés selon les espèces et les muscles considérés. Chacun d'eux comporte une
capsule formée de deux minces lames conjonctives, séparées par un film de liquide
capable d'assurer des échanges ioniques. Il est parcouru dans sa longueur par trois à
douze fibres musculaires striées, dites myocytes intrafusaux (Myocyti intrafusales),
plus grêles que les fibres ordinaires et presque dépourvues de myofibrilles au niveau
de leur région moyenne mais d'aspect normal vers leurs extrémités. Ces fibres sont
de deux types. Les moins nombreuses (deux par fuseaux en général) présentent dans
eur région moyenne un amas de noyaux sphéroïdaux qui constituent un sac nucléaire
Bursa nuclearis myocyti). Dans les autres (deux à dix par fuseau) les noyaux forment
dans la même région une chaîne nucléaire (Vinculum nucleare myocyti) dans laquelle
Is sont en contact si étroit les uns avec les autres que leur profil est quadrangulaire.
L'ensemble est longé par un ou deux grêles vaisseaux et par des filets nerveux de
deux ordres, les uns sensitifs et les autres moteurs. Une petite quantité de liquide
baigne l'ensemble et le sépare de la face profonde de la capsule. Les fibres sensitives
se terminent par de fines divisions qui s'enroulent autour de la région moyenne des
myocytes intrafusaux en formant des terminaisons annulo-spirales (Terminationes
anulospirales). Elles sont de deux types, a) les fibres de type I, dont le calibre dans les
nerfs est de l'ordre de 15jUm, se terminent sur le segment central de tous les types de
myocytes intrafusaux : ce sont les terminaisons primaires, b) les fibres de type II, de
faible calibre (environ 6 /vm) envoient leurs divisions de part et d'autre du segment qui
reçoit les précédentes, presque uniquement sur les myocytes à chaîne nucléaire : ce
sont les terminaisons secondaires. Les fibres motrices se terminent sur de petites
plaques motrices situées au contraire près des extrémités des myocytes intrafusaux.
Elles sont aussi de deux sortes . a) Les fibres bêta sont de simples collatérales des
fibres alpha qui commandent la contraction des myocytes extrafusaux, c'est-à-dire
des parties adjacentes du muscle. Elles assurent donc la simultanéité de contraction
410

Partie extracapsulaire
des myocytes intrafusaux.

- Myocyte extrafusal

.. Fibre .motrice bêta


Fibre motrice bêta

.Fibre strio-motrice alpha


Fibre strio-motrice alpha.

Fibre fuso-motrice
gamma dynamique

Terminaisons
annulo-spirales secondaires.
Fibre fuso-motrice
gamma statique

Fibre fuso-motrice
" gamma statique

Capsule du fuseau-

Myocytes intrafusaux Fibre sensitive II


à chaîne nucléaire.
Myocytes intrafusaux , . Fibre sensitive la
à sac nucléaire .

Terminaisons . . Fibre sensitive II


.annulo-spirales primaires.

Fibre fuso-motrice
gamma statique

Fibre fuso-motrice
gamma' statique
Terminaisons
annulo-spirales secondaires-
Fibre fuso-motrice
gamma dynamique _

Fibre strio-motrice alpha


Fibre strio-motrice alpha -

Fibre motrice bêta


Fibre motrice bêta -

Myocyte extrafusal -

Partie extracapsulaire
des myocytes intrafusaux

Planche 2 0 0 - SCHÉMA DE L ' O R G A N I S A T I O N D ' U N F U S E A U NEURO-MUSCULAIRE ET


DE S O N I N N E R V A T I O N
- 41 1

des myocytes intrafusaux et extrafusaux. b) Les fibres gamma, très minces, provien-
nent des motoneurones gamma du système nerveux central et sont à leur tour de
deux ordres : les unes, dites statiques, se distribuent aux deux types de myocytes
intrafusaux ; d'autres, dites dynamiques, vont seulement aux myocytes à sac nu-
cléaire.
Les fuseaux neuro-musculaires sont des récepteurs à adaptation lente, qui ren-
dent constamment compte des variations de longueur des muscles au système
nerveux. Ils le renseignent sur la rapidité (phase dynamique) et sur l'intensité (phase
statique) de ces variations. Comme leurs extrémités sont solidarisées au tissu mus-
culaire ambiant, ils sont étirés quand le muscle s'allonge. Le segment central des
myocytes intrafusaux voit alors son calibre diminuer et la variation est enregistrée par
es terminaisons annulo-spirales. Ceci déclenche un réflexe de contraction (réflexe de
charge) qui tend à raccourcir le muscle et donc limite l'élongation. Simultanément, par
intervention des fibres bêta, les myocytes intrafusaux sont eux aussi amenés à se
contracter, ce qui tend à rétablir leur longueur initiale et à annuler le réflexe de
contraction. Ces réflexes antagonistes sont régulés et équilibrés par l'intervention des
fibres gamma. Il n'est pas possible d'entrer ici dans le détail des mécanismes qui
mettent en jeu les diverses structures ci-dessus décrites pour assurer le fonctionne-
ment harmonieux des muscles. Il suffit de souligner qu'ils s'exercent à la fois sur leur
statique (maintien de l'équilibre au repos, donc des attitudes) et sur leur dynamique,
c'est-à-dire leur intégration aux activités de l'ensemble du système locomoteur.

Les fuseaux neuro-tendineux (Fusi neurotendinei) ou organes tendineux de Golgi


sont particuliers aux tendons et situés à peu de distance des corps charnus ; on en
trouve aussi quelques-uns dans les aponévroses. Ce sont des fuseaux un peu plus
petits que les précédents (longs d'un millimètre en moyenne) et comme eux entourés
d'une gaine conjonctive lamelleuse. Ils sont parcourus longitudinalement par quelques
fibres tendineuses grêles autour desquelles s'arborisent de façon complexe des fibres
sensitives analogues à celles des fuseaux neuro-musculaires et appartenant parfois
aux mêmes axones. Ces terminaisons en bouquets (Terminationes racemosae) sont
caractéristiques.
Les autres terminaisons sensitives sont très nombreuses, dans les tendons
comme dans les corps charnus. Les unes sont des arborisations libres ; d'autres sont
encapsulées dans des corpuscules lamelleux (ou « corpuscules de Vater-Pacini »),
esquels sont surtout rencontrés dans les formations fibreuses.
Quant à l'innervation sympathique, ses éléments les mieux connus sont les fibres
vasomotrices, qui modèlent en particulier le flux sanguin sur l'activité du muscle. Les
fibres vasomotrices abordent généralement les muscles en suivant les gaines péri-
artérielles ; d'autres se mêlent aux filets des nerfs cérébro-spinaux.

COMPOSITION CHIMIQUE

La composition des muscles est très complexe. Elle varie d'ailleurs avec l'âge,
avec l'espèce, d'un muscle à l'autre et même selon l'état fonctionnel. Alcalin au re-
pos, le tissu musculaire devient acide lors de contractions répétées et dans la fatigue,
par production d'acide lactique. D'autre part, le lavage prolongé le décolore presque
entièrement par élimination de la myoglobine.
Si l'on fait abstraction de la trame conjonctive et fibreuse que la coction convertit
en gélatine et du tissu graisseux qui peut infiltrer le périmysium en quantité très va-
riable, le tissu musculaire proprement dit est constitué pour ses 3/4 environ par de
eau et pour 1/4 seulement de résidu sec. Celui-ci est formé en grande partie de
412

Planche 2 0 1 FUSEAUX NEURO-MUSCULAIRES ET NEURO-TENDINEUX


a C o u p e l o n g i t u d i n a l e d ' u n f u s e a u n e u r o - m u s c u l a i r e ( M u s c l e d r o i t de l ' a b d o m e n de lapin - H é m a t o x y l i n e
éosine. Gr. x 100) - 1 : Capsule du f u s e a u ; 2 : Espace périaxial ; 3 : M y o c y t e intrafusal à chaîne nucléaire
4 : M y o c y t e i n t r a f u s a l à sac n u c l é a i r e .
b - Fibres annulo-spirales d a n s un f u s e a u n e u r o - m u s c u l a i r e ( M u s c l e biceps brachial de c o b a y e - Coloratio*
au c h l o r u r e d ' o r de R u f f i n i . Gr. x 3 5 0 ) 1 , 1 : f i b r e s a n n u l o - s p i r a l e s p r i m a i r e s ; 2 , 2 : f i b r e s annulo-spirale;
secondaires.
c Fuseau n e u r o - t e n d i n e u x de Porc - C o l o r a t i o n au c h l o r u r e d ' o r de R u f f i n i . Gr. x 2 0 0
a e t c : p r é p a r a t i o n s du Pr R. B o r t o l a m i (Bologne, Italie), b : p r é p a r a t i o n d u Pr G. Palmieri (Sassari, Italie
- 413

matières protéiques et en bien moindre quantité de substances non azotées et de


matières minérales.
Les matières protéiques représentent environ les 4/5 du résidu sec, soit environ
20 % des fibres musculaires fraîches. Les principales sont celles qui constituent les
; orilles, c'est-à-dire la myosine (environ 50 % des protéines totales) et l'actine (envi-

'on 20 %). Il s'y ajoute la tropomyosine, qui forme l'axe des filaments minces et
essentiel des lignes Z (environ 10 %). Le reste (10 à 15 %) est formé des très nom-
oreuses protéines du sarcoplasme, toutes en faibles proportions, certaines (comme la
-nyoglobine et les cytochromes) à l'état de traces.
Le glycogène- est présent en proportions extrêmement variables, en particulier
selon l'activité du muscle, dont il fournit l'énergie. On peut en trouver de 0,5 à 2 %.
_es fibres musculaires renferment environ 1,5 % de lipides, dont 1 % de phospholipi-
:es. De très nombreuses autres substances non azotées sont à l'état de traces.
Quant aux matières minérales (environ 1 % du total), ce sont principalement des
: losphates, accessoirement des chlorures et des sulfates. Parmi les métaux, le po-
tassium domine largement. Presque trois fois plus abondant que tous les autres
'éunis, il représente environ 0,3 % du poids total des fibres. Le sodium est ensuite le
plus important, suivi par le calcium et de loin par le magnésium et des traces de di-
. ers oligo-éléments, dont le fer.
Répétons que les indications qui précèdent concernent seulement le tissu muscu-
3.re, c'est-à-dire les fibres elles-mêmes ou tout au plus les faisceaux primaires. La
i m p o s i t i o n devient très différente et infiniment plus variable dès qu'on considère
ensemble d'un corps charnu, avec ses travées de périmysium très inégalement char-
gées de graisse et son tissu fibreux. C'est ce qui explique l'imprécision et l'extrême
ariété de la composition attribuée à la « viande ». Par exemple, dans les longues
stes d'acides aminés fournies par les ouvrages spécialisés en ce dernier domaine, il
est impossible de déterminer ce qui provient des composants de la fibre musculaire
de ceux du conjonctif interstitiel et du tissu fibreux. Dans la viande totale, le pour-
centage de lipides peut varier de 2 à 35 %, celui des protides de 10 à 20 %, celui
ces cendres de 1 à 3,5 % ; ces limites peuvent même être dépassées dans des cas
exceptionnels.

RIGIDITE CADAVERIQUE

Après la mort, dans un temps qui varie de quelques minutes à quelques heures,
es muscles perdent leur souplesse et deviennent durs et inextensibles. C'est la rigidi-
té cadavérique (Rigor mortis), qui fixe le cadavre dans une attitude dès lors impossible
a modifier. Cette rigidité musculaire résulte d'un blocage des myofibrilles par couplage
ce la myosine et de l'actine à la suite de la cessation de l'apport d'ATP. Le phéno-
mène, comparable à une contraction musculaire lente et irréversible, s'accompagne
: une formation d'acide lactique aux dépens du glycogène et d'une acidification du
• ssu musculaire. Il commence au niveau des muscles masticateurs, puis s'étend au
:ou et à l'ensemble du tronc et enfin aux membres. Son apparition est plus rapide
prsque le sujet était fatigué ou surmené et lorsque la température est élevée. La rigi-
dité cesse progressivement en quelques jours. Le muscle subit alors une autolyse qui
; accompagne d'un effacement de la striation des fibres et précède la putréfaction.
Il convient de tenir compte de l'apparition, souvent rapide, de la rigidité cadavéri-
que pour disposer dans une position convenable les cadavres destinés à la dissection,
en particulier lorsqu'il s'agit de grands animaux.
414 -

- FONCTIONS ET HOMOLOGIES

examinerons d'abord l'aspect mécanique de cette action, puis les usages particuliers

On estime que lors de-la-Gontraction^chaque fibre mnsculaira.

de sa longueur à l'état tendu. Pourtant, le raccourcis

f f x s eat l'articulation t»an . ' ' ' ia puissance des extenseurs s'exerce sur la
protubérance occipitale externe et la résistance est constituée par les parties de la
tête situées rostraiernent. C'est encore le cas lorsque, le membre étant libre de tout
contact avec le sol, le muscle triceps brachial agit sur ie sommet de l'olécrane et
provoque l'extension de i'avant-bras sur le bras ; par le même mécanisme encore, la
traction du muscle gastrocnémien sur le tuber calcanei étend le pied sur la jambe
._ lorsque-l&ffiefmjre .«st levé,
-_ - - :: - " — - an " pa lion m se -
laire-ipwFSBanceiçiîS^exœnoént c.r.r.irr..- d a t S :s ess précédent à l'extrémité ie sailli? .
mais l'extrémité opposée du rayon osseux étant cette fois fixée (point fixe) et ia résis-
tance constituée par le poids du corps s'exerçant sur l'articulation intermédiaire. Des
exemples en sont fournis par l'extension de. l'avant bras ou du pied lorsque le membre
3 SB* est à l'appui, c'estfià dire fixé par son extrémité distaie.
Un levier interpuissant ou du troisième genre voit la puissance muscuiaùc s'exer
cer sur un rayon osset
/ A ry-> n r i T t ;
la résistance. Ce
Lorsque-, par exemple, avant orao se neci ir ie bras, l'articulation du coude cons-
t i t u e ' l e point fixe et l'extrémité du membre la résistance, l'action des fléchisseurs
s'exerçant sur les os do I'avant-bras un peu distalemenl au coude. Un autre exemple
pout être pris dons ie rapprochement des mâchoires, ie point fixe étant à l'arhcuiati.pn
temptim-mandibutalre, ia puissance s'exerçant sur le processus coronotoo ou ta r- gn
che de la mandibule ot ia résistance étant représentée par le poids de ia mâchoire.
il importe de remarquer que, selon les conditions, une môme action--musculaire-••
sur un même rayon osseux peut s'exercer selon ries modes mécaniques différents,

Hjp-lriîE^ - 1 p. îViçrirsîgs %.j > ;:h

--:-: - C
- 415

Ainsi, pour reprendre les exemples précédents, l'extension de l'avant-bras, bien


qu'elle soit toujours produite par l'action du muscle triceps brachial sur l'olécrane
avec mobilisation du coude, met en jeu un levier du premier genre lorsque le membre
est au soutien (point fixe au coude et résistance à la partie distale du membre), mais
un levier du second genre lorsque le membre est à l'appui (point fixe à l'extrémité
distale et résistance au coude).
Dans la mécanique animale, on constate que les leviers interpuissants sont les
plus nombreux et que ceux du type interfixe viennent ensuite. Les leviers interrésis-
tants, favorables à la puissance, sont rares ; ils sont surtout mis en jeu pour
extension des membres au moment de l'effort propulsif, un appui solide étant pris
au sol. Tout semble disposé, surtout dans les membres, pour favoriser la vitesse aux
dépens de la force. C'est évidemment en contrepartie de ces mécanismes et pour les
-endre plus efficaces que les muscles sont, au contraire, organisés intérieurement
oour développer le maximum de puissance.

USAGES DES MUSCLES


Les usages des muscles peuvent être déduits à priori de la forme, de la direction
et de la situation de ces organes. Les muscles rectilignes déterminent le rapproche-
ment direct des rayons sur lesquels ils prennent insertion. Les muscles curvilignes
tendent à devenir rectilignes et peuvent ainsi déplacer les organes ou les régions sur
esquels prend appui leur partie intermédiaire ; lorsqu'ils contribuent à limiter une
cavité, leur contraction diminue la capacité de cette dernière (ex : muscles de la paroi
abdominale et soutènement des viscères). Les muscles orbiculaires et sphincters
'esserrent les ouvertures ou les conduits qu'ils entourent. Les muscles réfléchis exer-
cent leur action à partir du point où se fait leur inflexion.
On applique souvent aux muscles des qualificatifs qui définissent leur rôle le plus
caractéristique et ces termes ont, dans bien des cas, acquis par l'usage une valeur
patronymique, d'ailleurs contestable comme nous le verrons plus loin. Un muscle
fléchisseur (M. flexor) est situé dans le sinus d'une articulation dont il provoque la
•lexion. Un extenseur (M. extensor) a le rôle opposé. Tel autre, situé latéralement et
écartant du plan médian un rayon osseux ne peut être qu'un abducteur (M. abduc-
tor) ; dans le cas inverse, il s'agit d'un adducteur (M. adductor). Un muscle qui
concourt à la rotation d'un rayon osseux ou à tordre sur son axe un segment de la
colonne vertébrale est rotateur (M. rotator). Un cas particulier est représenté, dans
avant-bras des espèces où les deux os de ce segment sont mobiles l'un sur l'autre,
par les muscles de la pro-supination : un muscle pronateur (M. pronator) est antago-
niste d'un muscle supinateur (M. supinator). Certains muscles se terminent sur le
pourtour d'un orifice naturel qu'ils sont susceptibles d'ouvrir ou d'agrandir ; un mus-
cle dilatateur (M. dilatator) de ce type a donc le rôle inverse d'un orbiculaire. Un
muscle peut encore être tenseur (M. tensor), abaisseur (M. depressor), élévateur (M.
ievator), rétracteur (M. retractor), protracteur (M. protractor), etc. On réserve le nom
de muscle articulaire (M. articularis) à un muscle situé au contact immédiat d'une
articulation synoviale et attaché en partie au moins à la capsule de celle-ci, qu'il peut
tendre ou soulever.
Les muscles qui concourent à l'exécution d'un même mouvement sont dits
congénères ou agonistes ; ceux qui déterminent des mouvements opposés sont anta-
gonistes. Dans une région déterminée, on constate souvent la prépondérance de
certains muscles sur leurs antagonistes. D'autre part, les attitudes et les mouvements
en apparence les plus simples exigent toujours une synergie fonctionnelle ou action
simultanée d'un nombre plus ou moins grand de muscles ; il est exceptionnel qu'un
muscle se contracte de façon isolée. Les examens effectués sur le vivant par les
techniques d'électro-myographie montrent que les groupes agonistes et antagonistes
fonctionnent toujours ensemble pour maintenir l'harmonie du mouvement ; l'action de
'un ou de l'autre est seulement dominante en fonction du déplacement en cours.
416 -

Bien plus, l'action d'un même muscle ou groupe de muscles peut être inversée
dans certaines conditions. On peut voir ainsi l'ensemble des agonistes et antagonistes
additionner leurs actions pour réaliser un mouvement nécessitant le maximum de
puissance. Par exemple, les muscles crâniaux de la cuisse (quadriceps fémoral) sont
les extenseurs de la jambe. Mais si leurs antagonistes (muscles fémoraux caudaux)
sont en principe fléchisseurs de la jambe, ils peuvent dans des conditions particulières
concourir au contraire à l'extension de ce segment : en effet, lorsque le membre est à
l'appui, donc fixé par son extrémité distale, la traction exercée en direction caudale
sur l'extrémité proximale du tibia concourt à ouvrir l'angle fémoro-tibial, donc à éten-
dre la jambe sur la cuisse. On voit alors les fléchisseurs ajouter leur action à celle des
extenseurs et devenir même les agents les plus puissants de la propulsion du corps.
Enfin, il importe de remarquer que la plupart des muscles peuvent aussi inverser
l'action respective de leurs extrémités. Tel muscle, dont la traction s'effectue habi-
tuellement de son origine sur sa terminaison, devient au contraire moteur de son point
d'origine lorsque la terminaison est solidement fixée. Un exemple évocateur peut être
fourni par le bras de l'Homme. Les muscles de ce segment servent normalement à
mobiliser et en quelque sorte porter l'avant-bras et les charges qu'y ajoute la main ;
leurs origines sont donc situées à la scapula et sur l'humérus et leurs terminaisons sur
les os de l'avant-bras. Dans certains cas pourtant (traction sur une barre fixe par
exemple), la main et l'avant-bras deviennent fixes et les muscles du bras mobilisent
leurs insertions proximales pour concourir à soulever le corps. Un mécanisme analo-
gue fait que le muscle biceps brachial des Equidés, qui est normalement fléchisseur
de l'avant-bras peut, lorsque le membre est à l'appui, devenir extenseur de l'angle
scapulo-huméral et redresseur de l'épaule. Presque tous les muscles peuvent fournir
des exemples similaires.

HOMOLOGIES DES MUSCLES


Les usages d'un même muscle, variables selon les circonstances, peuvent aussi
varier d'une espèce à l'autre, en fonction du développement relatif des organes voi-
sins et en particulier des rayons osseux, ou encore selon l'attitude et la mécanique
particulière de l'espèce. Ainsi, le muscle ulnaire latéral, encore nommé extenseur
ulnaire du carpe, est bien extenseur chez l'Homme et les Singes, mais il est au
contraire fléchisseur chez les Ongulés. Tel autre muscle, élévateur de la scapula chez
l'Homme est élévateur des vertèbres cervicales chez les animaux domestiques. On
peut même voir un muscle transférer ses attaches d'une pièce à une autre selon les
espèces et modifier en conséquence sa fonction.
Il résulte de ces faits que, pas plus que la conformation ou les insertions, le rôle
des muscles ne peut être retenu pour déterminer avec certitude les homologies de ces
organes. La base la plus solide pour une telle détermination est le principe des
connexions dont E. Geoffroy Saint-Hilaire a donné l'expression définitive et montré
l'inviolabilité. Les rapports qu'entretiennent les organes entre eux sont les éléments
les plus constants de leur anatomie. Cette règle est particulièrement applicable aux
muscles et les autres considérations ne peuvent fournir qu'un appoint à la détermina-
tion. Comme nous le verrons plus loin, les relations les plus précoces des muscles
sont celles qui s'établissent avec les nerfs. Aussi les connexions neuro-musculaires
sont-elles constantes, ce qui leur confère une importance capitale en cette manière.
La connaissance exacte des homologies est d'autant plus importante qu'elle constitue
la base de toute nomenclature rationnelle pour l'Anatomie comparée.

PROBLEMES DE NOMENCLATURE PARTICULIERS A LA MYOLOGIE


Si la nomenclature ostéologique ne repose sur aucune base méthodique et ration-
nelle, combien plus anarchique encore apparaît la nomenclature myologique ! Les
principes directeurs en ont varié au cours des siècles, d'un pays à l'autre et même
suivant les auteurs d'un même pays.
- 417

Les premiers anatomistes qui, après Galien (131-201), décrivent les muscles se
contentèrent de les désigner par les épichètes numériques déduites de la position de
ces organes dans les diverses régions. Carlo Ruini, en 1598, les désigne encore dans
son traité d'hippotomie sous les noms de premier, second, troisième, etc.
Sylvius ( 1 4 7 8 - 1 5 5 5 ) , puis Riolan ( 1 5 7 7 - 1 6 5 7 ) furent les premiers auteurs qui at-
"ibuèrent un nom particulier à chaque muscle. Malheureusement, aucune méthode
çénérale, aucune vue d'ensemble, n'a guidé ces auteurs et leurs continuateurs. Dans
3 nomenclature dite de Sylvius, les muscles ont reçu des qualificatifs tirés de leur
; tuation relative (interne, externe), de leur forme (triangulaire, rhomboïde, trapèze),
ce leurs dimensions relatives ou du rapport de ces dimensions (grand, petit, long,
:ourt), de leurs divisions (biceps, triceps, jumeaux) ou de leur complication (digastri-
c j e , complexus), de leurs rapports avec les os (intercostaux, frontal), de la région
ils occupent (pectoraux, fessiers), de leur structure (semi-tendineux, semi-
—iembraneux), de leur direction (droit, oblique, transverse), de leurs usages (fléchis-
seur, adducteur) ; certains noms combinent deux ou trois des caractères précités
petit rond, court fléchisseur de la tête, biceps brachial). Cette nomenclature hétéro-
: ite, adoptée par la grande majorité des anatomistes de l'Homme, a été introduite en
- n a t o m i e vétérinaire par Bourgelat ( 1 7 1 2 - 1 7 7 9 ) , suivi par Lafosse et Vitet. Ces au-
teurs l'adaptèrent au Cheval, non sans la modifier en divers points. Faite seulement
oour l'Homme, la nomenclature de Sylvius se révéla souvent impropre pour le Che-
. si ; elle est tout aussi déplorable pour les autres espèces et souvent insoutenable en
- n a t o m i e comparée.
Frappés par les imperfections de la nomenclature de Sylvius, Chaussier et Dumas
avaient proposé en 1796 (An V de la République) des dénominations beaucoup plus
méthodiques, basées uniquement sur les insertions. Chaque muscle reçut un nom
composé, dont le premier mot désignait l'origine du muscle et le second la terminai-
son (ex : épicondylo-prémétacarpien, ilio-trochantérien, etc.). Cette nomenclature qui
cffrait l'avantage de faire connaître immédiatement la direction et les usages des
muscles fut transposée en Anatomie vétérinaire par J. Girard en 1799. Mais les ter-
mes en étaient souvent compliqués et elle était tout aussi inapplicable que les
précédentes à l'Anatomie comparée en raison des variations des insertions musculai-
*es d'une espèce à l'autre. Aussi son usage n'a-t-il pu s'imposer à la longue.
Il est évident que la seule nomenclature rationnelle et valable en Anatomie com-
carée devrait tenir compte des homologies et être en conséquence déduite des
connexions. C'est d'ailleurs ce que Sylvius avait déjà fait, à son insu, lorsqu'il choisit
ces noms très heureux comme intercostaux, sous-scapulaire, long dorsal, transver-
sale épineux, etc. rigoureusement applicables à toutes les espèces.
Malheureusement, les Nomina Anatomica (N.A.), établis pour l'espèce humaine, n'ont
:enu aucun compte de l'Anatomie comparée. En conséquence, la commission qui a
établi les Nomina Anatomica Veterinaria (N.A.V.) n'avait d'autre possibilité que de
suivre aussi étroitement que possible les Nomina Anatomica de l'Homme ou d'accroî-
tre encore une confusion déjà grande. La première solution fut retenue ; en dépit de
ses graves inconvénients, elle laisse espérer une possibilité de révision et d'unification
des deux nomenclatures, avec introduction progressive de réformes appropriées. Mais
est malheureusement probable qu'on appellera longtemps encore semi-
membraneux, biceps, extenseur, etc. des muscles qui ne peuvent en aucune sorte
mériter de telles désignations chez les Mammifères domestiques et même dans la
grande majorité des Mammifères.
Conformément aux conclusions de la Commission de francisation des nomencla-
tures anatomiques internationales, nous emploierons des termes français traduisant
es désignations latines officielles. Nous ne ferons que de très rares exceptions à
cette règle pour mentionner quelques synonymies qui paraissent, pour un temps en-
core, utiles à l'enseignement vétérinaire français.
418 -

Planche 2 0 2 DEVELOPPEMENT DES MUSCLES STRIÉS


A C o u p e t r a n s v e r s a l e d ' u n e m b r y o n de C h e v a l de 9 m m (Glych. E r y t h . Gr. x 8 0 ) .
1. T u b e neural ; 2. Corde ; 3. A o r t e ; 4 . C r ê t e neurale ; 5. E c t o d e r m e ; 6. D e r m o - m y o t o m e ;
7. S c l é r o t o m e .
B - C o u p e s a g i t t a l e d ' u n e m b r y o n de C h e v a l de 9 , 5 m m , v o i s i n e du plan m é d i a n (Glych, Eryth.
Gr. x 5 0 ) .
1. E c t o d e r m e ; 2. Lame d e r m i q u e ; 3. Ebauches des g a n g l i o n s s p i n a u x (une par s e g m e n t ) ;
4 . M y o t o m e s (coupés à leur bord médial) ; 5. S c l é r o t o m e s (partie d e n s e , p r i m o r d i u m des d i s q u e s
i n t e r v e r t é b r a u x ) ; 5 ' . S c l é r o t o m e s (partie f o r m a n t le p r i m o r d i u m des c o r p s vertébraux) ; 6. S e p t u m s
i n t e r s e g m e n t a i r e s , l o g e a n t ; 7. A r t è r e s i n t e r s e g m e n t a i r e s ; 8. A o r t e ; 9. M é s o n é p h r o s .
- 419

IV - ORGANISATION GENERALE DU SYSTEME MUSCULAIRE


Pour la description des muscles, nous adopterons comme tous nos prédécesseurs
e groupement topographique, plus commode pour l'étude sur le cadavre et pour la
compréhension des applications. Cette étude est grandement facilitée par une
connaissance, au moins élémentaire, de l'origine et de la nature des grands groupes
ce muscles.

ORIGINE EMBRYONNAIRE (Pl. 2 0 2 |


A part de rares exceptions (cellules myo-épithéliales, fibres de l'iris), les muscles
cérivent du mésoderme. Les muscles lisses des viscères se développent sur place,
: rectement dans la couche mésoblastique qui enveloppe ceux-ci. Au contraire, les
—luscles striés proviennent, selon leur nature et leur situation, soit des myotomes,
formations métamériques dérivées des somites, soit, pour un petit nombre, du méso-
cerme branchial.
Les myotomes (Myotomi) sont produits par une délamination des somites (Somi-
îlots mésodermiques disposés de façon métamérique et symétrique de part et
c autre du tube neural et de la corde de l'embryon. Chaque somite fournit par sa
cartie latérale un myotome 111 tandis que sa partie médiale, voisine de la corde, consti-
p e un sclérotome destiné à produire les éléments du squelette. Chaque myotome
couvre donc le sclérotome dérivé du même somite. Comme chaque sclérotome se
scinde transversalement pour donner les moitiés adjacentes de deux vertèbres suc-
cessives, les myotomes, qui ne subissent pas la même division, restent en relation
: i a c u n avec deux vertèbres. Chacun d'eux entre de plus en connexion avec le nerf
îegmentaire correspondant, qui passe lui-même entre les deux vertèbres.
La lame mésodermique qui constitue chaque myotome s'étend rapidement en di-
'ection ventro-latérale de façon à envahir la paroi du corps. Elle se subdivise bientôt
en une partie dorsale, épaxiale (Pars epaxialis) ou épimère, d'où dérive la musculature
ce l'épisome (muscles couvrant les arcs neuraux des vertèbres) et une partie ventrale,
".paxiale (Pars hypaxialis) ou hypomère, qui forme les éléments musculaires de l'hy-
:osome (muscles des arcs hémaux). Dans l'épisome comme dans l'hyposome, les
îcauches musculaires métamériques successives s'adossent en restant d'abord sépa-
"ees par de minces travées conjonctives ou myoseptes (Myosepta), puis fusionnent
ce façon plus ou moins étendue selon les niveaux en formant des nappes d'où dérive-
••nt les muscles définitifs.
La musculature de la tête est d'origine beaucoup plus complexe. Elle provient en
effet de plusieurs sources, dont certaines n'ont pas d'équivalent dans le tronc. Nous
en ferons plus loin l'analyse. Indiquons seulement pour l'instant que la région occipi-
:ale étant seule précédée de somites typiques, sa musculature présente, au début du
-"oins, quelque analogie avec celle du tronc. On admet que les somites occipitaux
l'oduisent les muscles qui reçoivent leur motricité du nerf hypoglosse, c'est-à-dire les
- j s c l e s de la langue et le génio-hyoïdien. Le reste de la musculature de la tête (sauf
•es muscles de l'œil) provient du mésoderme des arcs branchiaux, ou mésoderme
cranchial (Mesoderma branchiale).

- Coupe transversale d ' u n e m b r y o n de Cheval de 1 2 , 5 m m (Glych. Erythr. - Gr. x 60).


Moelle épinière ; 2. Ganglion spinal ; 3. Corde ; 4. Primordium d ' u n centrum vertébral ; 5. Ebauche
lame vertébrale ; 6. Primordium d'une côte ; 7. Dérivé épisomatique et 7 ' . Dérivé hyposomatique
: j n m y o t o m e ; 8. Ebauche d ' u n nerf spinal ; 9. Aorte ; 10. Mésonéphros.

En réalité, les m y o t o m e s ne p r o v i e n n e n t pas d i r e c t e m e n t des s o m i t e s . Ceux-ci produisent d ' a b o r d , outre les s c l é r o t o m e s , les
- " n a t o m y o i o m e s , qui d o n n e n t à leur t o u r les d e r m a t o m e s ( m é s o d e r m e c u t a n é ) et les m y o t o m e s .
M
_ Partie faciale 1 O

M. cutané du tronc

Son expansion caudale

M. abaisseur de l'angle de la bouche

M. sphincter superficiel du cou

M. sphincter profond du cou

Planche 2 0 3 MUSCLES CUTANÉS DU CHIEN


- 421

Quant aux membres, leurs muscles dérivent d'éléments émigrés des myotomes à
un stade très précoce et dont la différenciation s'effectue ensuite dans le site auquel
s sont destinés. Cette origine n'est d'ailleurs pas absolument prouvée et il est possi-
ble que, dans certains cas au moins, les ébauches musculaires des membres puissent
se former sur place, peut-être en relation avec l'invasion des nerfs dans le bourgeon
du membre.
On doit retenir en tout cas que les connexions neuro-musculaires s'établissent de
; açon très précoce et sont toujours caractéristiques. Chaque groupe fonctionnel de

muscles reçoit en effet les fibres d'un nerf déterminé, qu'il a en quelque sorte entraî-
né à sa suite au cours du développement. Les connexions neuro-musculaires ont ainsi
un intérêt particulier pour la détermination des homologies des muscles.

MUSCLES DE LA TETE
Selon leur origine, les muscles de la tête peuvent être classés en deux groupes
très inégaux ; ceux dont l'origine est somitique et ceux qui dérivent de l'appareil
branchial.

1 — Muscles somitiques
Ce sont les moins nombreux et ils sont eux-mêmes répartis en deux sous-
groupes : le premier comprend les muscles moteurs du bulbe de l'œil, le second ceux
de la langue.
Les muscles de l'œil proviennent chez les Vertébrés inférieurs des trois premiers
somites céphaliques. Chez les Mammifères, ces somites ne sont pas distincts et les
muscles de l'œil desservis par les nerfs de la troisième et de la sixième paires crâ-
-iennes (oculomoteur et abducens) dérivent d'un mésoderme insegmenté, qui semble
équivaloir aux premiers myotomes mais n'en présente pas l'organisation.
Les muscles de la langue proviennent, comme nous l'avons dit plus haut, des
somites occipitaux, d'abord discernables mais tôt effacés. Le muscle génio-hyoïdien,
également innervé par le nerf hypoglosse, est de même origine.

2 — Muscles branchiaux
Ils sont nombreux et forment des groupes importants. Nous les classerons
d'après leurs arcs d'origine.
Du premier arc branchial ou arc mandibulaire dérivent les muscles élévateurs de
la mandibule, innervés par le nerf trijumeau. Ce sont les muscles masticateurs, qui se
répartissent de part et d'autre de la branche mandibulaire. Deux d'entre eux sont
latéraux, l'un couvrant cette dernière (M. masséter) et l'autre la fosse temporale (M.
temporal) ; deux autres sont médiaux (muscles ptérygoïdiens). Bien qu'il ait des fonc-
tions tout à fait différentes, le muscle mylo-hyoïdien est aussi innervé par le nerf
trijumeau ; c'est également le cas du ventre rostral du m. digastrique. Ces deux for-
mations musculaires dérivent donc également de l'arc mandibulaire. Il semble en être
de même pour le muscle oblique dorsal de l'œil, innervé par le nerf trochléaire.
Le deuxième arc branchial ou arc hyoïdien fournit tous les muscles animés par le
nerf facial. Un premier contingent, très faible et inclus chez les Mammifères dans la
caisse du tympan, appartient à l'oreille moyenne. Un second fait partie des muscles
hyoïdiens et comprend, outre le ventre caudal du muscle digastrique, les muscles
satellites du stylohyoïdeum. Mais le groupe le plus important émigré et s'étale large-
ment sous la peau de la tête et du cou. C'est celui des muscles cutanés de la tête,
complété par le muscle cutané du cou.
Le troisième arc branchial donne les muscles innervés par le nerf glosso-
pharyngien : muscles du voile du palais et stylo-pharyngien caudal.
Quant aux arcs suivants, ils fournissent les muscles innervés par les nerfs vague
et accessoire. La musculature dépendant de ce dernier nerf migre dans le cou, où
masséter
ro
ro
parotido-auriculaire
M brachio-céphalique
M. trapèze {Partie cervicale)
M. trapèze (Partie thoracique)
M. grand dorsal
Fascia thoraco-lombaire
M. oblique externe de l'abdomen
M. fessier moyen
M. buccinateur

M. fessier superficiel
M. digastrique

M. sterno-thyroïdien
M. sartorius (Partie crânlale)

M. sterno-hyoïdien
M. biceps fémoral
M. sterno-céphalique

M. omo-transversaire M. tibial crânial

M. pectoral descendant
Tendon calcanéen commun
Muscle deltoïde (Corde du jarret)

M. pectoral transverse

M. triceps brachial

M. rond

M. extenseur radial du carpe

M. extenseur commun des doigts

M. extenseur latéral des doigts

Planche 2 0 4 MUSCLES SUPERFICIELS D'UN CHIEN


(Les muscles cutanés ont été enlevés)
- 423

~ous la retrouvons mêlée à d'autres éléments. Les muscles striés dépendant du nerf
.ague constituent la plus grande partie du pharynx et les muscles intrinsèques du
arynx.
La musculature de la tête est donc complexe. Mais à propos du seul appareil lo-
comoteur, nous n'aurons à décrire que les muscles cutanés de la tête, les muscles
masticateurs et les muscles suprahyoïdiens.

MUSCLES DU TRONC
Ces muscles peuvent être classés en trois groupes très inégaux : les muscles
cutanés, les muscles de l'épisome et ceux de l'hyposome ; nous réserverons en outre
j n paragraphe spécial aux muscles de la queue, lesquels dérivent de ces deux der-
"iers systèmes à la fois.

1 - Muscles cutanés du tronc (Pl. 184, 189, 203)


Absents chez l'Homme, mais généralement bien développés chez les Mammifères
domestiques, ces muscles adhèrent à la peau et appartiennent à la fois à l'épisome et
à l'hyposome. Ils ne présentent aucune trace de segmentation et sont innervés par
oresque tous les nerfs thoraciques et lombaires. A côté des véritables muscles cuta-
nés du tronc, rappelons l'existence du muscle cutané du cou, d'origine branchiale.

2 - Muscles de l'épisome (Pl. 1 85, 186, 1 90, 191, 1 92, 204, 2 0 5 , 3 0 1 , 302)
Ces muscles couvrent les arcs neuraux des vertèbres. Ils peuvent être classés en
deux catégories qui diffèrent par la topographie et les fonctions. Les uns se portent
en effet de la colonne vertébrale aux ceintures et aux rayons proximaux des membres
et n'ont en général plus trace de segmentation. Les autres, attachés uniquement au
squelette axial (vertèbres, côtes, voire région occipitale du crâne), sont particuliers à
axe vertébral, qu'ils sont chargés de mouvoir. Ils sont cachés sous les précédents.
a) Muscles unissant les membres à la colonne vertébrale : ils sont pour la plupart
iarges, plats et dépourvus de segmentation ; ils résultent de la migration et de l'union
d'éléments fournis par de nombreux myotomes. Ils sont bien plus développés en re-
gard de la ceinture thoracique qu'au niveau du bassin, ce dernier étant articulé de
façon directe et très solide à la colonne vertébrale.
Ceux du membre thoracique sont disposés en deux couches, dont la plus superfi-
cielle est la moins étendue en direction caudale et se termine sur l'épine scapulaire.
Cette couche ne comporte que deux muscles, qui mêlent à des éléments d'origine
somitique un important contingent provenant des derniers arcs branchiaux, comme en
témoigne leur innervation par le nerf accessoire. Le plus large est le muscle trapèze ;
s'étale en surface sur une grande partie du cou et du dos et couvre la face latérale
de l'épaule. Le second, moins large, fait défaut chez l'Homme mais existe chez tous
les Mammifères domestiques : c'est le muscle omo-transversaire, qui se porte de
l'épine scapulaire aux premiers processus transverses cervicaux, voire à l'os occipital
(Chat, Lapin). La couche profonde, uniquement formée d'éléments somitiques spi-
naux, est également insegmentée et comprend quatre muscles111: a) le muscle grand
dorsal, d'origine thoraco-lombaire et terminé à la face médiale de l'humérus ; b) le
muscle rhomboïde, à la fois cervical et thoracique, qui se termine à la face médiale du
bord dorsal de la scapula ; c) le muscle dentelé du cou, qui rayonne de l'angle crânial
de la scapula aux processus transverses cervicaux ; d) le muscle dentelé ventral du
thorax, qui semble prolonger caudalement le précédent et se porte de l'angle caudal
et du bord dorsal de la scapula à la face latérale des côtes.

11) Innervés par les rameaux ventraux des derniers nerfs cervicaux et des premiers thoraciques, ces muscles sont apparentés à
ceux de l'hyposome mais sont associés aux précédents en raison de leur topographie et de leurs fonctions.
424 -

Dans le membre pelvien, les éléments musculaires correspondants sont peu nom-
breux. On peut considérer comme tels : le muscle fessier superficiel ou t o u t au moins
ses faisceaux insérés sur l'épine sacrale et le muscle glutéofémoral, puissant chez les
Ongulés, mais absent chez l'Homme et beaucoup de Mammifères.
b) Muscles latéro-dorsaux de la colonne vertébrale (Pl. 301, 302) : ces organes
appartiennent en propre à cette colonne, sur laquelle ils prennent origine et se termi-
nent et qu'ils peuvent étendre, infléchir latéralement ou tordre sur son axe. Situés sur
ses faces dorsale et latérale, ils prennent insertion sur les processus épineux et les
processus transverses, ce qui permet d'en reconnaître quatre types.
Les muscles épineux vont d'un processus épineux à un autre. On y distingue des
courts épineux ou interépineux, jetés d'une vertèbre à la vertèbre la plus voisine et
des longs épineux ou épineux communs, chevauchant plusieurs processus épineux et
plus superficiels.
Les muscles transversaires joignent les processus transverses et peuvent égale-
ment être divisés en courts transversaires ou intertransversaires, profondément
situés, et longs transversaires ou transversaires communs, franchissant plusieurs
vertèbres et plus superficiels.
Les muscles transversaires-épineux prennent origine au processus transverse
d'une vertèbre ou à son voisinage immédiat (processus articulaire ou processus ma-
millaire) pour se terminer sur le processus épineux d'une vertèbre plus crâniale dans le
segment présacral de la colonne vertébrale et plus caudale dans le segment postsa-
cral.
Enfin les muscles épineux-transversaires sont situés superficiellement par rapport
aux précédents, dont ils croisent en x la direction. Ils vont d'un processus épineux au
processus transverse d'une autre vertèbre, plus crâniale dans le segment présacral et
plus caudale dans le segment postsacral.
Les muscles les plus courts, qui se portent directement d'une vertèbre à celle qui
précède ou qui suit, ou tout au plus franchissent deux ou trois segments, gardent une
disposition nettement métamérique. Ce sont toujours les plus profonds : muscles
interépineux, intertransversaires et transversaires épineux. Selon les régions et les
espèces, certains d'entre eux, et en particulier les interépineux, peuvent manquer ;
mais il s'agit alors d'une régression secondaire. A l'inverse, des complications peu-
vent apparaître à certains niveaux. Il en est ainsi dans le thorax et le cou, avec le
développement d'un système transversaire épineux long (M. semi-épineux) entre les
muscles précédents et le système, plus superficiel, de l'erector spinae.
Dans les muscles plus longs et plus superficiels (longs épineux, longs transversai-
res et longs épineux transversaires) la métamérie est moins nette, parfois
indiscernable. Ces muscles présentent en outre un degré de développement, et sur-
tout de complication, très variable selon les régions de la colonne vertébrale. Bien
individualisés et souvent subdivisés dans les segments très mobiles et en particulier
dans le cou, ils tendent au contraire à se confondre dans les régions où la mobilité est
faible pu nulle. Le sacrum, avec ses pièces soudées, constitue en quelque sorte un
centre d'attache de part et d'autre duquel les muscles spinaux s'orientent inverse-
ment et se différencient de façon progressive. Nous décrirons plus loin la disposition
des muscles de la région postsacrale. Ceux du segment présacral sont beaucoup plus
volumineux, plus complexes et plus importants.
Ceux-ci commencent à la jonction sacro-lombaire par une masse commune atta-
chée en outre à l'os ilium et d'abord indivise. Cette dernière se prolonge crânialement,
à partir du milieu de la région lombaire puis dans la région du dos, par trois fortes et
longues divisions parallèles. Celles-ci représentent un long épineux, un épineux trans-
versaire et un long transversaire ; elles sont respectivement dénommées d'après leur
situation : muscle épineux, muscle longissimus (anciennement : long dorsal) et mus-
cle ilio-costal (anciennement : long costal). Chacune de ces parties se prolonge dans
le cou, s'y subdivise et s'y complique beaucoup en raison de fa grande mobilité de la
- 425

r égion.Cet ensemble musculaire, ainsi étendu du sacrum jusqu'à la tête, constitue un


complexe extenseur de la colonne vertébrale ou muscle erector spinae.
Dans la région du cou se trouvent donc de nombreux muscles latéro-dorsaux pro-
cres à la colonne vertébrale ; il s'y ajoute des muscles qui appartiennent
~ianifestement au même système, mais se prolongent jusqu'à la tête, l'os occipital se
comportant en quelque sorte comme une vertèbre dont le processus épineux serait la
crotubérance occipitale externe et dont le processus transverse serait représenté par
e processus jugulaire et la crête nuchale, que complètent la crête mastoïdienne et le
crocessus mastoïde de l'os temporal.
On peut résumer comme suit les dispositions essentielles de chaque système tout
au long de la partie présacrale de la colonne vertébrale.
Les muscles interépineux (Mm. interspinales) sont les plus faibles, inconstants,
très inégalement développés selon les espèces. Ils manquent en général chez les
Ongulés. Toutefois, ils sont toujours représentés, entre l'atlas et l'axis d'une part, la
crotubérance occipitale externe d'autre part, par les muscles droits dorsaux de la
tête.
Les muscles épineux longs forment un système (M. spinalis) qui commence par le
muscle épineux lombaire et thoracique (M. spinalis thoracis). Celui-ci est prolongé par
j n épineux du cou (M. spinalis cervicis), inégalement développé selon les espèces. Il
existe en outre un muscle épineux de la tête (M. spinalis capitis), qui s'étend des
oremiers processus épineux thoraciques et des dernières vertèbres cervicales à la
crotubérance occipitale externe ; sa terminaison occipitale s'unit à celle du muscle
semi-épineux de la tête.
Les muscles transversaires-épineux courts forment un ensemble étendu du sa-
crum à l'axis. Celui-ci comporte trois parties continues (lombaire, thoracique,
cervicale) constituées de faisceaux qui franchissent en général deux ou trois seg-
ments et constituent les muscles multifides (Mm. multifidi). Des faisceaux plus brefs
encore sont différenciés à leur face profonde : ce sont les muscles rotateurs (Mm.
r otatores), eux-mêmes distingués en courts, strictement intersegmentaires et longs,

qui franchissent chacun un segment. Un muscle transversaire épineux atlanto-


occipital est inclus dans le muscle oblique crânial de la tête.
Les muscles transversaires-épineux longs constituent un ensemble beaucoup
moins distinct chez les Mammifères domestiques que chez l'Homme, sans doute en
r aison de la mobilité bien différente de la colonne vertébrale. Cet ensemble, qualifié

3e muscle semi-épineux (M. semispinalis), n'est pratiquement pas distinct dans la


'égion thoraco-lombaire des Ongulés. Par contre, il existe toujours un semi-épineux de
la tête, très puissant, étendu des premiers processus transverses thoraciques et des
processus articulaires cervicaux à la protubérance occipitale externe ; sa terminaison
s'unit à celle du muscle épineux de la tête, avec lequel il a été longtemps décrit en
France sous le nom de « grand complexus ».
Les muscles épineux-transversaires sont tous longs ; ils ne peuvent en effet être
directement intersegmentaires, puisqu'ils couvrent les précédents. La seule exception
est constituée par le muscle oblique caudal de la tête, qui s'étend du processus épi-
neux de l'axis à l'aile de l'atlas. Les autres muscles épineux transversaires forment le
système du « m. longissimus ». Ils commencent à s'isoler de la masse commune
lombaire sous la forme du muscle longissimus des lombes et du thorax (m. longissi-
mus thoracis), dont les faisceaux sont rejetés de plus en plus latéralement. Ce muscle
se continue par le longissimus du cou (M. longissimus cervicis) et par deux autres
muscles longissimus, l'un (absent chez l'Homme, le Chat et souvent chez le Chien)
terminé à l'aile de l'atlas (m. longissimus atlantis) et l'autre, constant, attaché au
processus mastoïde (m. longissimus capitis). Ces trois divisions cervicales du m.
longissimus, refoulées par le développement des épineux longs et du semi-épineux de
la tête, ont perdu secondairement leurs insertions épineuses et ont pris la disposition
et la fonction de longs transversaires. Le rôle et l'organisation d'un épi-
426 -

M. sterno-cléido-mastoïdien M. sterno-mastoïdien \ M sterno.c|éido.

M. grand compiexus M. cléido-mastoïdien ) ..mastoïdien

M. trapèze J M. splénius
(Partie cervicale) j Partje scapu|aire
M. levator scapulae
(M. dentelé du cou)
M. rhomboïde cervical

Acromion M. supra-épineux

M. deltoïde M. rhomboïde thoracique


M. trapèze
M. infra-épineux
(Partie thoracique)
M. grand rond
M. infra-épineux
M. triceps brachial
M. grand rond
M. dentelé ventral
M. grand dorsal du thorax
M. dentelé dorsal
M. triceps brachial caudal

Mm. intercostaux externes

M. oblique externe de l'abdomen


M. oblique externe de l'abdomen

Fascia thoraco-lombaire

M. fessier moyen

M. grand fessier
(M. fessier M. pyramidal du bassin

Mm. jumeaux

M. obturateur interne

M. carré fémoral

M. biceps fémoral

Planche 2 0 5 - MUSCLES DE L'HOMME


Vue dorsale. Les muscles superficiels ont été enlevés du côté droit.
- 427

neux-transversaire du cou ont été transférés à un vaste muscle qui couvre tous les
précédents : le m. splénius. Celui-ci (m, splénius) prend origine aux premiers proces-
sus épineux thoraciques et à la corde du ligament nuchal. Il se termine au processus
mastoïde et aux processus transverses cervicaux. La partie cervicale (m. splénius du
cou) fait défaut dans quelques espèces, telles que les Carnivores. Par contre, le m.
splénius de la tête, véritable long épineux transversaire mastoïdien, est présent dans
toutes les espèces.
Les muscles transversaires longs constituent le système dit «ilio-costal » (M. iiio-
costalis). Ils s'isolent très t ô t de la masse commune lombaire (cette partie lombaire
devrait seule mériter le nom d'ilio-costal) et se continuent en formant successivement
les muscles ilio-costal des lombes, du thorax et du cou (Mm. iliocostalis, lumborum,
thoracis, cervicis). Ce système, en général réduit dans le cou, ne se prolonge pas
jusqu'à la tête. Il est suppléé par les muscles transversaire et longresimus du cou,
situés en plan plus profond. Nous avons indiqué plus haut que ces derniers muscles,
dérivés du système épineux-transversaire, ont pris secondairement la valeur de longs
transversaires.
Quant aux muscles intertransversaires (Mm. intertransversarii), ils sont en général
bien développés dans la région lombaire mais manquent le plus souvent dans la région
thoracique ; du moins y sont-ils vestigiaux, les muscles élévateurs des côtes en te-
nant peut-être lieu. En revanche, les muscles intertransversaires du cou sont toujours
très développés et complétés par des faisceaux ventraux qui sont leurs homologues
de l'hyposome. Le plus crânial d'entre eux est inclus dans le muscle oblique crânial de
la tête (partie étendue de l'aile de l'atlas au processus jugulaire de l'os occipital).

3 - Muscles de l'hyposome (Pl. 185, 190, 192, 2 0 4 , 206)


Les muscles de l'hyposome répètent en principe la disposition de ceux de l'épi-
some, dont ils sont en quelque sorte une réplique autour du squelette hémal. Mais en
raison de l'extrême développement des cavités splanchniques et de la puissance des
membres, ils sont très modifiés chez les Vertébrés supérieurs et difficilement compa-
rables à ceux que nous avons décrits plus haut. On peut pourtant y retrouver les
mêmes grandes divisions.
a) Muscles unissant les membres au tronc : ils sont, ici encore, beaucoup mieux
développés pour le membre thoracique que pour le membre pelvien.
Les membres thoraciques sont unis à la face ventrale du thorax par les muscles
pectoraux, disposés en deux couches qui aboutissent à la face médiale du bras et de
l'épaule, voire de l'avant-bras chez les Mammifères domestiques, lis reçoivent aussi
l'attache de muscles ayant même origine que le trapèze (dont ils représentent en
quelque sorte des dépendances émigrées dans l'hyposome) et innervés comme lui par
le nerf accessoire. Ces muscles constituent chez l'Homme le m. sterno-cléido-
mastoïdien, attaché comme son nom l'indique à la clavicule et au manubrium sternal
et d'autre part au processus mastoïde. Chez les Mammifères domestiques, la régres-
sion de la clavicule a pour conséquence une dissociation complète du muscle sterno-
cléido-mastoïdien. Il en résulte un muscle sterno-céphalique et un muscle brachio-
céphalique. Le premier va du sternum à la tête et appartient au système hémépineux-
transversaire (voir plus loin). Le second est constitué par la jonction bout à bout des
parties claviculaires des muscles sterno-cléido-mastoïdien et trapèze, d'une part (par-
tie supraclaviculaire) et du muscle deltoïde, d'autre part (partie infraclaviculaire) ; ce
muscle composite s'étend donc du bras à la tête, avec une disposition également
variable d'une espèce à l'autre.
Les membres pelviens n'ont pas de muscles comparables aux pectoraux, sauf
peut-être les adducteurs de la jambe (m, sartorius, m. gracile), qui naissent à la cein-
ture pelvienne et occupent le plan superficiel de la face médiale de la cuisse. Mais
d'autres muscles vont de la colonne vertébrale à la ceinture (col de l'ilium) ou à la
racine du membre (trochanter mineur) : ce sont les muscles psoas, petit et grand, qui
428 -

M. trapèze (Partie M. masséter M. trapèze (Partie thoracique)


M. M. dentelé ventral du thorax
M. grand dorsal
M. oblique externe de l'abdomen
Fascia thoraco-lombaire
M. tenseur du fascia lata

grand fessier
(M. ressier superficiel)

M. grand pectoral

M. biceps brachial

M. triceps brachial

M. brachial

M. brachio-radial

M. extenseurs radiaux du carpe


M. quadriceps fémoral
M. anconé

M. extenseur commun des M. biceps fémoral

M. extenseur latéral des doigts

M. ext. ulnaire du carpe (Ulnaire latéral) M. tibial crânial

M. fléch. ulnaire du carpe (Ulnaire médial) M. gastrocnémien

M. long M. soléaire

M. fléchisseur radial du carpe M. long péronier

M. long extens. des orteils

M. court péronier

Tendon calcanéen
(Tendon d'Achille)

Planche 2 0 6 - MUSCLES SUPERFICIELS DE L'HOMME


- 429

sont peut-être des expansions secondaires des muscles de la ceinture (en particulier
du muscle iliaque) ayant migré jusqu'aux vertèbres.
b) Muscles latéro-ventraux : ce sont des muscles qui forment, outre une sorte de
gaine à la partie cervicale de la trachée et de l'œsophage, les parois des grandes
cavités du tronc. Ils n'ont pas d'attache sur les membres, sinon au détroit crânial du
bassin, la ceinture pelvienne, beaucoup plus profondément située que la ceinture
thoracique, semblant avoir pris la place du squelette hémal. En tenant compte seule-
ment de l'orientation des faisceaux musculaires et en considérant comme homologue
d'une série de processus épineux un raphé médio-ventral commençant à la symphyse
pelvienne, formant au niveau de l'abdomen la ligne blanche, remplacé dans le thorax
par le sternum et poursuivi au-delà jusqu'à l'os hyoïde, on peut retrouver quatre sys-
tèmes répétant à peu près ceux des muscles latéro-dorsaux de l'épisome.
Le système hémépineux est longitudinal, étendu du pubis à l'os hyoïde, mais plus
ou moins complètement interrompu par le sternum. Crânialement à celui-ci, il est
représenté par les muscles sterno-hyoïdien et sterno-thyroïdien. Caudalement, il est
constitué par l'important muscle droit de l'abdomen, qui s'étend du pubis à la face
ventrale du sternum en s'adossant à son homologue sur la ligne blanche. La disposi-
tion métamérique reste toujours visible sur ce dernier muscle, qui est rendu
polygastrique par la présence de multiples intersections fibreuses ; toutefois, le nom-
bre de ventres du muscle droit de l'abdomen est toujours inférieur à celui des
métamères initiaux, marqués par la succession des nerfs correspondants. Dans
beaucoup d'espèces, une intersection fibreuse rend de même digastriques les muscles
sterno-hyoïdien et sterno-thyroïdien. Enfin, un rudiment de muscle hémépineux pour-
rait être constitué à la face ventrale du thorax par le muscle droit du thorax.
Le système transversaire ventral est peu distinct ou absent dans le thorax, mais il
reste bien discernable dans les régions lombaire et cervicale. Sous les processus
transverses lombaires, on trouve en effet le plus souvent de minces muscles inter-
transversaires ventraux, séparés de leurs homologues dorsaux par le passage des
nerfs spinaux. D'autre part, le muscle carré des lombes peut être comparé à un long
transversaire ventral. Dans le cou, les intertransversaires ventraux sont fort bien dé-
veloppés, séparés de leurs homologues dorsaux par la sortie des nerfs cervicaux. Le
muscle droit latéral de la tête en représente un équivalent entre la face ventrale de
l'atlas et le processus jugulaire de l'os occipital. Il existe aussi un muscle long trans-
versaire ventral, très variable selon les espèces. Peut-être pourrait-on rattacher à ce
système les muscles long du cou et long de la tête, qui couvrent la face ventrale des
vertèbres cervicales : il n'est toutefois pas certain que ces formations aient des équi-
valents dans l'épisome.
Un système hémépineux-transversaire est constitué par des muscles à faisceaux
obliques de la région pubienne ou de la ligne blanche vers les côtes ou encore de ces
dernières vers les processus transverses cervicaux. A ce système appartiennent :
dans l'abdomen, le muscle oblique externe de l'abdomen ; dans le thorax, les muscles
intercostaux externes et élévateurs des côtes ; dans le cou, les muscles scalènes. Le
muscle sterno-céphalique peut être rattaché à ce système, qu'il prolonge jusqu'à la
tête.
Le système transversaire-hémépineux est situé à la profondeur du précédent et
inversement oblique ; ses faisceaux croisent donc en x ceux du système hémépineux-
transversaire. On trouve ici : le muscle oblique interne de l'abdomen, étendu de l'ilium
et des processus transverses lombaires vers la ligne blanche et les côtes ; dans le
thorax, les muscles intercostaux internes et subcostaux. Il n'y a pas dans le cou de
muscles appartenant à ce système, si ce n'est l'omo-hyoïdien, ce qui n'a rien de dé-
montré.
Enfin, des muscles larges qui tapissent directement les cavités de l'abdomen et
du thorax semblent sans équivalent dans l'épisome. Tels sont : le muscle transverse
de l'abdomen, le muscle transverse du thorax et surtout le diaphragme. Ce dernier,
430 -

fort complexe et caractéristique des Mammifères, dérive d'éléments somitiques cervi-


caux qui migrent au cours du développement et entraînent caudalement au cœur les
nerfs correspondants.
Comme pour l'épisome, nous n'avons jusqu'ici considéré que les muscles hypo-
somatiques du segment présacral. Dans la région postsacrale on trouve, avec des
rudiments d'arcs hémaux, des muscles spinaux ventraux bien reconnaissables et
directement comparables à ceux de la partie correspondante de l'épisome.

4 - Muscles de la queue (Pl. 2 9 6 , 335 à 338)


Si on met à part les muscles extrinsèques, tels que le coccygien, qui unit les pre-
mières vertèbres coccygiennes à la ceinture pelvienne, les muscles de cette région
sont formés par les systèmes postsacraux de l'épisome et de l'hyposome, à peu près
également développés. On y retrouve donc, presque symétriquement organisés à la
face dorsale et à la face ventrale des vertèbres, des groupes musculaires comparables
à ceux des segments présacraux. Aux processus épineux neuraux et hémaux corres-
pondent des muscles interépineux et longs épineux, ces derniers formant les muscles
sacro-coccygiens médiaux, les uns dorsaux et les autres ventraux. On trouve de
même des intertransversaires dorsaux et ventraux. L'analyse permet encore de re-
connaître, au moins près de la base de la queue, des longs transversaires, des
transversaires-épineux et des épineux transversaires ; l'ensemble est intégré aux
muscles sacro-coccygien latéraux, les uns dorsaux et les autres ventraux, de struc-
ture complexe.

MUSCLES DES MEMBRES (PL. 185, 190, 192, 2 0 4 , 205)


Ces muscles sont groupés autour de chaque ceinture, d'où ils se portent sur le
premier rayon osseux du membre, puis autour de chacun des rayons de ce dernier,
d'où leurs tendons gagnent le ou les rayons plus distaux. Ainsi, au niveau de la cein-
ture comme dans le membre lui-même, chaque groupe musculaire est moteur de
l'articulation ou des articulations situées plus distalement. Par exemple, les muscles
de l'épaule sont moteurs de l'articulation de l'épaule, ceux du bras le sont pour l'arti-
culation du coude, etc.
Dans chaque membre, on peut distinguer deux grandes séries de muscles : l'une
assure l'abduction et l'extension des divers rayons ; l'autre produit l'adduction et la
flexion. La première série commence à la face latérale de la ceinture et de la racine du
membre ; on peut l'assimiler à une expansion de l'épisome. L'autre, d'abord située
médialement, peut être rattachée à l'hyposome. Mais dès le niveau du bras ou de la
cuisse, la situation des deux séries se modifie en fonction du rôle particulier de cha-
que membre. Sans aborder les nombreuses théories émises (le plus souvent en vain)
pour expliquer ces différences, nous nous bornerons pour l'instant à donner un sché-
ma très simplifié des dispositions essentielles.

1 — Membre thoracique
Dans l'épaule, les muscles abducteurs et extenseurs du bras (et avec lui, du
membre dans son ensemble) couvrent la face latérale : muscles deltoïde, supra-
épineux, infra-épineux petit rond. Les muscles adducteurs et fléchisseurs occupent la
face médiale, comme il vient d'être dit ; ce sont les muscles subscapulaire, grand
rond et coraco-brachial.
Dans le bras se trouvent : a) caudalement, les muscles extenseurs du coude et
donc de l'avant-bras : triceps brachial et anconé ; b) crânialement, les fléchisseurs :
muscles brachial et biceps brachial.
Dans l'avant-bras sont groupés : a) crânialement, les muscles extenseurs du
carpe, les extenseurs des doigts et les muscles supinateurs ; b) caudalement, les
fléchisseurs du carpe, les fléchisseurs des doigts et les muscles pronateurs.
- 431

Quant aux muscles de la main, ils sont surtout développés à la face palmaire et
leurs corps charnus sont localisés à la région métacarpienne. Ils agissent sur les
doigts, qu'ils contribuent à fléchir et surtout qu'ils peuvent mouvoir les uns par rap-
port aux autres.

2 — Membre pelvien
On retrouve dans le membre pelvien quatre ensembles musculaires exactement
homologues de chacun des précédents.
Les muscles du bassin correspondent à ceux de l'épaule. Mais seuls les muscles
fessiers, attachés à la face latérale de l'os ilium et terminés sur le grand trochanter,
sont analogues aux muscles extenso-abducteurs de celle-ci. L'adduction et la flexion
du rayon fémoral sont assurées : a) par le muscle iliaque, habituellement décrit avec
e grand psoas, dont il est solidaire ; b) par les muscles adducteurs de la cuisse, qui
sont décrits avec celle-ci en raison de leur topographie, mais appartiennent fonction-
nellement à la ceinture. Seul, le muscle iliaque peut être homologué aux muscles de la
face médiale de la scapula. D'autres muscles, enfin, n'ont pas d'équivalent à la cein-
ture scapulaire (si ce n'est, peut-être, dans le muscle coraco-brachial), en raison de la
disparition des pièces ventrales de cette dernière chez les Mammifères : ce sont les
muscles pelviens profonds, qui prennent exclusivement origine aux os pubis et is-
chium.
Dans la cuisse, les muscles extenseurs de la jambe sont crâniaux ; ils se termi-
nent sur la rotule et agissent par son intermédiaire sur la jambe ; ils forment les
muscles tenseurs du fascia lata et quadriceps fémoral. Les fléchisseurs sont cau-
daux : muscles biceps fémoral, semi-tendineux et semi-membraneux. Un troisième
groupe, sans homologue direct dans le bras, est constitué par les adducteurs de la
ambe et de la cuisse, de nature hétérogène et déjà cités.
Dans la jambe, l'organisation est plus complexe, en raison de l'orientation inverse
des angles articulaires tarsien et phalangiens. Ainsi, du côté crânial sont groupés les
muscles qui fléchissent le tarse (tibial crânial, troisième péronier) et les extenseurs
des orteils. Du côté caudal, se trouvent de puissants extenseurs du tarse (triceps
sural) et des fléchisseurs des orteils.
Quant au pied, il possède des muscles dorsaux et des muscles plantaires, ces
derniers beaucoup plus nombreux et mieux développés. Les premiers aident à l'exten-
sion des orteils, les seconds à la flexion et au déplacement de ces rayons les uns par
rapport aux autres.

ORDRE DES DESCRIPTIONS


La vue d'ensemble que nous venons de donner du système musculaire en montre
a complexité ; elle souligne aussi les difficultés d'un classement méthodique des
muscles en vue de leur description : des muscles de même origine peuvent être dis-
persés dans des régions différentes ; les fonctions n'offrent pas un meilleur critère et
ne conduisent pas à des assemblages plus logiques.
En définitive, le groupement topographique constitue la base la plus commode
pour la description. Nous suivrons donc l'ordre des régions du corps et dans chacune
de celles-ci, le rapport naturel des organes.
432 -

épicrânienne

Fascia temporal
superficiel
Muscle frontal

Muscle occipital
M. orbiculaire de l'œil

M. auriculaire
supérieur

M. auriculaire
antérieur
M. releveur naso-labial
M. auriculaire
Muscle nasal: postérieur

Partie transverse Articul. temporo-


(M. nasal lat.; mandibulaire

Muscle masséter
(ses deux parties)

Partie àlaire Conduit parotidien


.(M.
M. releveur de Glande parotide
la lèvre
M. sterno-cléido-mastoïdien'.

Muscle canin M. sterno-mastoïdien "j

M. cléido-mastoïdien )

M. trapèze
M. orbiculaire (Partie cervicale)
de la bouche
M. abaisseur de
la lèvre inférieure

Muscle mental
M. masséter (Partie superficielle)
M. transverse du menton M. thyro-pharyngien
M. thyro-hyôïdien
M. abaisseur de l'angle de la
M. omo-hyoïdien

Muscle M. sterno-hyoïdien

Planche 2 0 7 - MUSCLES CUTANÉS DE LA TÊTE D ' U N HOMME


Vue latérale
C H A P I T R E II

MUSCLES DE LA TÊTE

Les muscles de la tête (Musculi capitis) sont nombreux et forment des groupes
bien différents. Certains entrent dans la constitution de la langue, du voile du palais
ou du pharynx et appartiennent donc à l'appareil digestif. D'autres, logés dans l'orbite
ou la caisse du tympan, servent les organes des sens. Ces divers groupes seront
étudiés avec les appareils dont ils font partie, en splanchnologie et en esthésiologie.
Les seuls que nous ayons à décrire ici appartiennent à l'appareil locomoteur. Ils pren-
nent origine sur les os de la tête et se terminent soit sur d'autres os de celles-ci, soit
sur la peau du voisinage, qu'ils sont chargés de mouvoir n l . Ils sont répartis en trois
groupes : les muscles cutanés, les muscles masticateurs et les muscles suprahyoï-
diens.

I - MUSCLES CUTANES DE LA TETE


(Pl. 207 à 225)
Dérivés de l'arc hyoïdien de l'embryon et tous animés par le nerf facial, ces mus-
cles agissent sur la peau de la tête ou encore sur les cartilages du nez ou de l'oreille
externe. Outre leur rôle particulier (protection de l'œil, mastication, etc.), ils partici-
pent de façon active à l'expression des sentiments et déterminent la physionomie
particulière de l'individu. On les classe d'après leur situation en trois sous-groupes :
muscles cutanés du crâne, de la face et de l'oreille.

A - M U S C L E S C U T A N E S DU C R A N E
(Pl. 207 à 2 0 9 , 215 à 2 1 8 , 2 2 0 , 2 2 2 , 223)
Moins développés chez les Mammifères domestiques que chez l'Homme, ces
muscles sont parfois considérés comme des subdivisions d'un seul et même muscle
épicrânien (M. epicranius).
Chez l'Homme, ils sont réunis par une large aponévrose épicrânienne (Galea apo-
neurotica, s. aponeurosis epicranialis) qui couvre toute la voûte du crâne et dont ils
prolongent les bords. En dehors de quelques faisceaux latéraux, voisins de la fosse
temporale (M. temporoparietalis), ils constituent de chaque côté deux larges et min-
ces lames musculaires situées l'une sur l'écaillé occipitale et l'autre sur le front. Ces
deux formations sont considérées dans les N.A. comme deux chefs (Venter occipita-
lis, venter frontalis) d'un seul muscle occipito-frontal (M. occipitofrontalis), rendu

(1) Cette définition élimine les muscles droits et obliques de la tête, qui appartiennent pourtant à l'appareil locomoteur et sont
considérés par beaucoup d'auteurs (ainsi que dans les N.A. et les N.A.V.) comme des muscles extrinsèques de la tête, ceux
étudiés dans le présent chapitre étant des muscles intrinsèques. En fait, les muscles droits et obliques de la tête appartiennent
au système des muscles de la colonne vertébrale et certains d'entre eux loblique caudal) n'ont même aucune attache sur la tête.
Ils font donc bien partie du cou, dans lequel ils seront décrits au même titre que les autres muscles de cette région attachés à la
tête (longissimus et semi-épineux de la tête, splénius. etc.
434 -

digastrique par l'interposition de l'aponévrose épicrânienne. Cette conception est


difficilement soutenable en Anatomie comparée et il est préférable de décrire un mus-
cle occipital (M. occipitalis) inséré à la ligne courbe supérieure de l'os occipital et un
muscle frontal (M. frontalis) attaché à l'os du même nom, au-dessus de l'arcade sour-
cilière.

Chez les Carnivores, les deux muscles sont présents ; ils sont faibles chez le
Chien mais épais chez le Chat. L'occipital est attaché à la partie caudale de la crête
sagittale externe, où il s'unit à celui du côté opposé ; ses fibres s'incurvent ensuite
rostralement et se perdent dans l'aponévrose épicrânienne en couvrant une petite
partie du muscle temporal. Le muscle frontal tend à rejoindre son homologue sur le
plan médian, au-devant de la crête sagittale ; il est réduit à de minces faisceaux épars
chez le Chien, mais il est particulièrement fort chez le Chat. Latéralement, ses fibres
se portent jusqu'à la base du processus zygomatique de l'os frontal ; elles se mêlent
rostralement à celles de l'orbiculaire de l'œil et du muscle sourcilier et caudalement à
celles de l'interscutulaire, lequel couvre l'aponévrose épicrânienne et lui adhère beau-
coup. Quant à cette dernière, elle est mince mais elle se continue rostralement entre
les deux orbites, pour donner origine sur le dos du nez au muscle releveur naso-labial
de chaque côté, après avoir pris une petite attache au bord médial de l'orbite. Cette
expansion aponévrotique sus-nasale se retrouve chez la plupart des Mammifères do-
mestiques. Elle est peut-être homologue de la mince et courte languette charnue qui,
chez l'Homme, prolonge le muscle frontal sur le côté de la racine du nez et constitue
le muscle procerus (anciennement « pyramidal du nez »). Ce dernier est d'ailleurs bien
développé chez le Chat.

Chez les Ongulés, le muscle occipital fait défaut, mais le muscle frontal et l'apo-
névrose épicrânienne sont toujours présents, toutefois avec un développement très
variable selon l'espèce. L'aponévrose épicrânienne est nettement plus épaisse mais
beaucoup moins étendue chez le Bœuf que chez le Cheval. Dans ces deux espèces,
elle se continue manifestement avec la lame fibreuse qui donne origine sur le chan-
frein au muscle releveur naso-labial de chaque côté (muscle rudimentaire chez les
petits Ruminants). Quant au muscle frontal, il est très développé chez le Bœuf, où il
prend une large attache sur l'os du même nom, devant la base de la corne, sur le
processus intercornual et sur le plan médian, où il s'unit caudalement à celui du côté
opposé : ses fibres s'irradient ensuite vers la fosse temporale et l'orbite, où elle se
mêlent à celles de l'orbiculaire de l'œil. Le muscle frontal des petits Ruminants est
beaucoup plus faible que celui du Bœuf, mais tout aussi adhérent à la peau. Chez les
Equidés, il est bien plus réduit et il a souvent été décrit à tort sous le nom de sourci-
lier. C'est un court faisceau rubané situé médio-caudalement à l'orbite ; ses fibres,
dont les plus médiales sont les plus longues, continuent l'aponévrose épicrânienne au
voisinage de la ligne temporale et vont se perdre à la profondeur du m. orbiculaire de
l'œil. Le muscle frontal du Porc est réduit à quelques pâles faisceaux épars, qui se
portent au bord dorsal de l'orbiculaire de l'œil.

Chez le Lapin, ce muscle est très large, étendu de la région interauriculaire à la


base du nez ; mais il est si mince, si pâle et si adhérent à la peau qu'il échappe sou-
vent à l'observation.

Les muscles cutanés du crâne reçoivent leur innervation motrice du nerf facial :
l'occipital par le rameau auriculaire caudal et le frontal par le rameau auriculo-
palbébral.
- 435

B - M U S C L E S C U T A N E S DE L A F A C E
(Pl. 2 1 7 à 2 3 3 )
Ces muscles sont disposés autour des orifices de la face, dont ils f o n t varier les
dimensions. Ils c o n s t i t u e n t trois groupes qui agissent respectivement sur les paupiè-
'es, sur les lèvres et sur les narines.
A la région palpébrale appartiennent : les muscles orbiculaire de l'œil, sourcilier,
'eleveur de l'angle média! de l'œil, rétracteur de l'angle latéral de l'œil et malaire.
Les muscles agissant sur les lèvres sont les plus nombreux : orbiculaire de la
oouche, abaisseur de l'angle de la bouche, buccinateur, abaisseur de la lèvre infé-
- eure, mental, incisifs, zygomatique, releveur de la lèvre supérieure ; en outre, les
muscles canin et releveur naso-labial agissent à la fois sur la lèvre supérieure et sur le
nez.
A la région du nez appartiennent en propre les muscles nasal et dilatateur des na-
';nes.
De plus, une expansion du muscle cutané du cou (Platysma, partie faciale)
s'étend dans la plupart des espèces jusqu'à la crête faciale en couvrant presque t o u s
es muscles de la région de la joue. Elle délègue à la commissure des lèvres un ou
Dlusieurs faisceaux, que nous décrirons à propos du m. abaisseur de l'angle de la
Douche, déjà cité.

MUSCLE ORBICULAIRE DE L'ŒIL (Pl. 2 1 7 à 2 2 0 , 2 2 4 à 2 3 0 , 2 3 2 , 233)


Ce muscle (M. orbicularis oculi) constitue une sorte d'anneau elliptique, mince et
arge, qui entoure la fente palpébrale.
C o n f o r m a t i o n : le bord intérieur de cet anneau correspond au bord libre des pau-
oières ; la partie extérieure déborde largement ces dernières et couvre le pourtour de
orbite. C'est pourquoi on reconnaît à l'orbiculaire de l'œil deux parties concentri-
ques : l'une périphérique ou orbitaire (Pars orbitalis), l'autre palpébrale (Pars
Dalpebralis), incluse dans les paupières. Cette dernière est en général plus mince et
olus pâle que l'autre, mais toutes deux sont en parfaite continuité. L'ensemble est
subdivisé en deux segments, l'un dorsal et l'autre ventral, dont chacun correspond à
une des paupières et dont le premier est un peu plus large que l'autre. Ces deux
segments sont directement continus en regard de l'angle latéral de l'œil. A u niveau de
angle médial, leurs fibres se portent de part et d'autre d ' u n petit tendon ; celui-ci est
bifurqué latéralement, où il se continue dans la lame fibreuse de chacune des paupiè-
res, tandis que son extrémité opposée s ' a t t a c h e au bord médial de l'orbite n l .
Insertions : le muscle orbiculaire de l'œil prend origine par l'intermédiaire du ten-
don précité sur l'os lacrymal, de façon un peu variable avec les espèces. La
terminaison est constituée par les attaches que prennent les faisceaux charnus à la
face profonde de la peau du pourtour orbitaire et d'autre part sur la couche fibreuse
ou tarse des paupières.
Rapports : le muscle orbiculaire de l'œil est couvert directement par la peau, qui
lui adhère intimement. Il couvre l'appareil fibreux des paupières et les os du pourtour
orbitaire. A sa périphérie, ses faisceaux se mêlent, de f a ç o n un peu variable avec les
espèces : dorsalement, à ceux des muscles sourcilier et frontal, ventralement, à ceux
du malaire.

11 Chez l'Homme, un faisceau charnu se porte en outre de la face profonde de l'orbiculaire à l'os lacrymal ; il constitue la partie
•acrymale (Pars lacrimalis) de l'orbiculaire. Cette partie est abse~:e chez les Mammifères domestiques.
00
M. scutulo-auriculaire superficiel dorsal CT>
M. scutulo-auriculaire superficiel ventral
Cartilage scutiforme
M. zygomatico-auriculaire
M. zygomatico-scutulaire
M. orbiculaire de l'œil M. frontal
M. cervico-auriculaire superficiel
M. cervico-auriculaire moyen
Muscle malaire
M. parotido-auriculaire
M. zygomatique Glande parotide
M. brachio-céphalique
M. releveur naso-labial

M. releveur de la lèvre supérieure

Muscle nasal latéral

Muscle canin

M. dilatateur des narines

Veine faciale
M. orbiculaire de la bouche
M. transverse du menton* M. omo-hyoïdien
Muscle mental
M. abaisseur de l'angle de la bouche Veine jugulaire externe
M. buccinateur (partie buccale)
M. abaisseur de la lèvre inférieure' M. sterno-céphalique'

Planche 2 0 8 - MUSCLES CUTANÉS DE L A TÊTE D ' U N CHEVAL


Vue latérale
- 437

Fonctions : la contraction détermine le rapprochement des paupières et l'occlu-


sion de l'orifice palpébral. Elle est rendue plus efficace par la présence dans chaque
caupière d'une lame fibreuse ou tarse, qui évite la déformation de ce voile protecteur.
En outre, lors de l'occlusion des paupières, celles-ci sont appliquées contre le globe
oculaire et légèrement attirées du côté médial, ce qui intervient pour chasser les lar-
mes vers l'angle interne de l'œil et les points lacrymaux.
Vaisseaux et nerfs : le sang est apporté par des divisions des artères supra-
D r bitaire, angulaire de l'œil, palpébrales et temporale superficielle. La motricité vient
ce la branche auriculo-palpébrale du nerf facial.

MUSCLES SOURCILIER ET RELEVEUR DE L'ANGLE MEDIAL DE L'ŒIL (Pl. 2 0 9 , 2 1 4 à 2 1 9 , 2 2 3 )


Le muscle sourcilier (M. corrugator supercilii) est chez l'Homme,, un tout petit
muscle à fibres transversales, qui longe la partie médiale de l'arcade sourcilière à la
"ace profonde de l'orbiculaire de l'œil. Il prend naissance à l'extrémité médiale de
cette arcade et se termine, en mêlant ses fibres à celles de l'orbiculaire, sous la peau
ce la partie moyenne du sourcil. Il tire donc ce dernier du côté médial en le fronçant.
Chez les Carnivores, il existe, outre le muscle frontal proprement dit, deux ban-
delettes charnues attachées à la surface du segment supérieur de l'orbiculaire et
civergeant sous la peau de la base du front. La bandelette latérale sera décrite plus
oin sous le nom de « rétracteur de l'angle latéral de l'œil ». La bandelette médiale,
moins importante, constitue le muscle releveur de l'angle médial de l'œil (M. levator
anguli oculi medialis). Elle est formée de fibres presque transversales, qui aboutissent
à l'aponévrose épicrânienne, près du plan médian, voire, chez le Chat, à un raphé
médian. Il est peu probable que cette bandelette représente réellement le muscle
sourcilier de l'Homme. Elle ne fronce pas la région sourcilière mais l'élève en la ten-
dant ; de plus, elle a une situation superficielle alors que le sourcilier est caché par
orbiculaire. Il est plus logique de considérer avec Lesbre qu'il s'agit d'une dépen-
dance du muscle frontal.
On trouve aussi chez le Bœuf un mince faisceau charnu transversal qui part du
oord médial de l'orbiculaire de l'œil et du tendon de celui-ci et va se dissocier à la
mite du front et du chanfrein en restant distinct du muscle frontal proprement dit ;
c'est le releveur de l'angle médial de l'œil. Ce petit muscle est à peine distinct chez le
Porc. Il manque chez les Equidés, où celui qu'on a parfois décrit sous le nom de sour-
cilier n'est autre que le muscle frontal.

MUSCLE RETRACTEUR DE L'ANGLE LATERAL DE L'ŒIL (Pl. 2 0 9 , 2 1 4 , 2 1 7 , 2 1 8 , 223)


C'est une mince bandelette (M. retractor anguli oculi lateralis) qui naît à la surface
de l'orbiculaire de l'œil, au-dessus de l'angle latéral de l'œil et se porte caudalement
sur le fascia temporal (Carnivores) ou sur le muscle fronto-scutulaire (Bœuf, Lapin).
Bien développé chez les Carnivores, à peine moins distinct chez le Bœuf, ce petit
muscle fait défaut chez les autres Ongulés, ainsi que chez l'Homme. Il tend et élève
'angle temporal de l'œil.

MUSCLE MALAIRE (Pl. 2 0 8 à 2 1 0 , 2 1 4 à 2 1 9 , 2 2 2 , 223)

Ce muscle (M. malaris) a été longtemps nommé « lacrymal » par les vétérinaires
français. Il n'est pas distinct chez l'Homme, où il est probablement représenté par la «
partie orbitaire » du muscle cutané du cou. Il est rudimentaire chez le Porc, mais il est
bien développé chez les Carnivores, le Lapin, les Equidés ; il est même particulière-
ment étendu chez les Ruminants.
M. interscutulaire
M. fronto-scutulaire w
00
M. zygomatico-scutulaire
Muscle frontal
M. rétracteur de l'angle latéral de l'oeil

Mm. scutulo-auriculaires
superficiels :
M. orbiculaire de l'oeil

Muscle sourcilier
accessoire
Muscle malaire
intermédiaire
M. zygomatique

M. releveur naso-labial

M. releveur de la lèvre supérieure M. stylo-auriculaire

Muscle canin
M. zygomatico-auriculaire
M. abaisseur de la lèvre supérieure

Muscle nasal latéral

«rbiculaire de la bouche
Nœud lymphat. parotidien

— M. parotido-auriculaire

M. sterno-zygomatique

M. abaisseur de l'angle de la bouche M. masséter

M. abaisseur de la lèvre inférieure Glande mandibulaire

Planche 2 0 9 - MUSCLES CUTANÉS DE L A TÉTE D'UN BŒUF


Vue latérale gauche
- 439

Conformation : c'est une mince et pâle expansion musculaire à faisceaux parallè-


es et plus ou moins verticaux, étalée au-dessous de l'œil, à la surface des os
zygomatique et maxillaire. Son bord rostral tend à s'unir au bord caudal du releveur
naso-labial.

Insertions : le muscle malaire prend origine à la face profonde du segment infé-


- eur de l'orbiculaire de l'œil, ainsi que sur l'os zygomatique et à la partie adjacente de
os lacrymal. Ventralement, il mêle ses fibres à celles du platysma et s'étale en une
expansion fibreuse à la surface du muscle buccinateur.
Rapports : couvert en partie par les muscles platysma de la face, orbiculaire de
œil, voire (Ruminants) zygomatique, enfin par la peau, ce muscle couvre les os zy-
gomatique, lacrymal, maxillaire, ainsi que, en petite partie, les muscles releveur de la
èvre supérieure, buccinateur, voire masséter.
Fonctions : il fronce la peau de la région infrapalpébrale et concourt à mobiliser
celle de la joue.
Vaisseaux et nerfs : le sang vient des artères angulaire de l'œil (Cheval), infra-
orbitaire (Bœuf) ou des terminaisons de la transverse de la face (Carnivores). La mo-
tricité est apportée par le rameau buccal dorsal du nerf facial.

MUSCLE ORBICULAIRE DE LA BOUCHE (Pl. 2 0 7 à 2 1 0 , 2 1 3 à 219)

C'est un anneau charnu allongé (M. orbicularis oris) disposé autour de la fente
orale, dans l'épaisseur des lèvres.
Conformation : on reconnaît à ce muscle une partie labiale (Pars labialis) et une
partie marginale (Pars marginalis), qui se met en continuité avec les muscles du voisi-
~age, en quelque sorte extrinsèques. Ces deux parties ne sont pas également
distinctes dans toutes les espèces. En revanche, l'orbiculaire de la bouche est tou-
ours divisible en deux parties, une pour chaque lèvre, formées de faisceaux
transversaux qui, en regard des angles de la bouche, se mettent en continuité ou
s'entrecroisent avec ceux de l'autre lèvre. La partie qui occupe la lèvre supérieure est
dans nombre d'espèces (Ruminants, Carnivores, Lapin) interrompue sur le plan mé-
dian par un raphé, de part et d'autre duquel s'organisent les faisceaux charnus. Un
-aphé similaire peut aussi exister dans la lèvre inférieure (Bœuf, Carnivores). Au-
dessus de la lèvre supérieure, quelques faisceaux marginaux vont en outre s'attacher
au septum du nez ; cette partie est décrite chez l'Homme comme un petit muscle
particulier, l'abaisseur du septum nasal (M. depressor septi). Quant à l'épaisseur du
muscle orbiculaire de la bouche, elle dépend de celle des lèvres : ce muscle est fort
mince chez le Porc et les Carnivores, mais épais et charnu chez l'Homme, le Cheval
et les Ruminants.

Insertions : le muscle orbiculaire de la bouche est dépourvu d'insertion osseuse.


Mais sa périphérie reçoit les fibres terminales de la plupart des muscles du voisinage ;
attache la plus importante est celle du buccinateur, près de la commissure des lè-
vres. Enfin, de nombreuses fibres sont insérées à la face profonde de la peau ou de la
muqueuse des lèvres.
Rapports : la face superficielle répond à la peau et à ses glandes (glandes du mu-
fle chez le Bœuf) et leur adhère intimement, sauf en certains points, où se terminent
des expansions de muscles voisins. La face profonde répond aux muscles incisifs, à la
muqueuse orale et aux glandules salivaires labiales ; dans la lèvre inférieure, elle entre
en outre en contact avec le muscle mental.
O

Planche 2 1 0 MUSCLES CUTANÉS DE LA TÊTE D ' U N E CHEVRE


- 441

Fonctions : constricteur de l'orifice oral, ce muscle participe en outre, mais de fa-


çon très variable selon l'espèce, à la préhension des aliments, à la succion et même à
a mastication.
Vaisseaux et nerfs : artères labiales, alvéolaire inférieure et même, chez les Equi-
dés, palatine majeure. Les veines sont satellites et les lymphatiques drainés par les
n.l. mandibulaires. Les nerfs moteurs viennent du facial (rameaux buccaux dorsal et
.entrai) ; chaque moitié latérale est innervée de façon indépendante par le facial du
même côté. Les fibres sensitives viennent des nerfs infra-orbitaire et alvéolaire infé-
' eur.

MUSCLES ABAISSEUR DE L'ANGLE DE LA BOUCHE ET RISORIUS (Pl. 2 0 7 à 210, 214, 216 à 219)

Le muscle abaisseur de l'angle de la bouche (M. depressor anguli oris) s'étend


chez l'Homme (où il était nommé « triangulaire des lèvres »), de la partie inférieure du
menton (ligne oblique de la mandibule) à la commissure des lèvres, qu'il tire donc vers
e bas. Son insertion mandibulaire se met en continuité avec la partie du muscle cuta-
né du cou (platysma) qui s'insère sur la même ligne. A l'angle de la bouche, sa
terminaison s'unit à celle d'une mince lame musculaire horizontale qui prolonge éga-
ement le platysma à la surface de la joue : le muscle risorius (M. risorius), qui tire cet
angle vers l'arrière.
Chez les Mammifères domestiques, le platysma s'étend aussi de façon très évi-
dente jusqu'à la commissure des lèvres, après avoir croisé le bord ventral de la
mandibule. Cette large expansion a été décrite en France sous le nom de « risorius »
-nais la plupart des auteurs étrangers, considérant son orientation et sa fonction la
nomment « M. abaisseur de l'angle de la bouche ». En réalité, elle résume les deux
oarties distinctes chez l'Homme : risorius et abaisseur de l'angle de la bouche, ce
dernier n'ayant plus d'attache mandibulaire et conservant sa continuité directe avec le
olatysma. Cette disposition paraît liée à la longueur relative de la face. Il en résulte
•ue l'abaisseur de l'angle de la bouche est surtout un rétracteur de cet angle chez les
animaux. Cette action est particulièrement visible chez les Carnivores où, comme
chez le Porc, le platysma est beaucoup plus développé que chez les Ruminants et les
Equidés.

Situé immédiatement sous la peau, l'abaisseur de l'angle de la bouche couvre une


oetite partie des muscles buccinateur et orbiculaire de la bouche ainsi que l'abaisseur
:e la lèvre inférieure. Il reçoit son sang de l'artère labiale inférieure et son innervation
motrice du rameau cervical du nerf facial ; cette innervation caractéristique confirme
es homologies proposées ci-dessus.

MUSCLE BUCCINATEUR (Pl. 2 0 7 à 2 1 9 )

Le muscle buccinateur (M. buccinator) est plat, situé dans la joue et étendu pa-
rallèlement au grand axe de la bouche, dont il ferme latéralement la cavité. La partie
située entre les muscles masséter et orbiculaire de la bouche constitue la base ana-
tomique de la « poche de la joue » (Regio buccalis).
Conformation : le muscle buccinateur comprend en principe deux parties. La plus
constante est la partie molaire (Par molaris) formée de fibres longitudinales et étendue
de la tubérosité maxillaire et de la branche mandibulaire à la région commissurale du
muscle orbiculaire de la bouche. Seule présente chez l'Homme, cette partie est, dans
a plupart des Mammifères, doublée à sa surface, rostralement au masséter, par une
partie buccale (Pars buccalis) dont les fibres sont étendues d'une mâchoire à l'autre.
Cette partie buccale présente un raphé longitudinal plus ou moins marqué selon l'es-
442 -

Méat dorsal du nez

Cornet nasal dorsal

M. rèleveur de la lèvre supérieure

Conduit naso-lacrymal

Cornet nasal ventral Nerf infra-orbitaire

M. releveur naso-labial A. et V. infra-orbitaires

Septum nasal Rameau buccal


dorsal du n. facial

Méat ventral du nez

Maxillaire

Glandes buccales dorsales

Muscle zygomatique.

A. profonde de la langue

Nerf hypoglosse
M. buccinateur
(partie molaire)
M. buccinateur
(partie buccale)

M. abaisseur de la lèvre inférieure Rameau buccal ventral du n. facial

M. génio-glosse A. et V. labiales ventrales

Glande sublinguale Nerf alvéolaire inférieur

M. mylo-hyoïdien A. et V. alvéolaires inférieures

Ventre rostral du m. digastrique A. et V. sublinguales

M. génio-hyoïdien Nerf lingual

Planche 2 1 1 COUPE T R A N S V E R S A L E DE LA TÊTE D ' U N CHEVAL


passant par les dernières dents prémolaires
(Segment rostral de la coupe. Vue caudale)
- 443

pèce, qui lui donne généralement un aspect penniforme. Elle est plus développée chez
les Ongulés que chez les Carnivores ; dans ces derniers, elle occupe peu de place
derrière l'angle de la bouche mais se prolonge dans l'épaisseur des deux lèvres. Le
muscle buccinateur est d'ailleurs beaucoup plus mince et plus faible chez les Carnivo-
res que chez les Herbivores.
Insertions : la partie molaire prend origine : a) à la tubérosité maxillaire et sur le
bord alvéolaire du maxillaire, en regard des dents molaires ; b) sur une lame fibreuse
étendue du crochet ptérygoïdien au bord rostral de la branche mandibulaire : le fascia
bucco-pharyngien (Fascia buccopharyngea), qui donne attache d'autre part à une
partie du muscle ptérygoïdien ; c) sur le revers latéral du bord alvéolaire de la mandi-
bule, en regard des dernières dents molaires, et sur la partie adjacente du bord rostral
de la branche de cet os. La partie molaire se termine par de multiples'petits faisceaux
tendineux, qui se mêlent à l'orbiculaire de la bouche ou s'attachent à la face profonde
de la peau dans la région commissurale.
Les faisceaux de la partie buccale naissent sur le raphé longitudinal de celle-ci ou
à la surface de la précédente et se portent sur le bord alvéolaire du maxillaire et de la
mandibule, en regard des dents prémolaires, ainsi que sur le revers latéral du bord
mteralvéolaire de ces os, dans les espèces où existe un espace interdentaire. Chez les
Carnivores, ils se prolongent dans chacune des lèvres, en une longue et mince bande
charnue qui double la face profonde de l'orbiculaire.
Rapports : la partie caudale est couverte par le muscle masséter. Devant ce der-
nier, le buccinateur est croisé en surface par l'artère et la veine faciales, ainsi que,
chez le Cheval, le Bœuf et le Porc, par la partie terminale du conduit parotidien, qui le
traverse ensuite de part en part, en un point un peu variable avec l'espèce. Dans le
reste de son étendue, il est séparé de la peau par les muscles zygomatique, canin,
•-eleveur naso-labial, voire (Ruminants) malaire, enfin par l'expansion terminale de la
oartie faciale du platysma. Le bord dorsal est couvert en partie par les glandes molai-
res supérieures ; le nerf buccal et ses vaisseaux satellites le suivent en profondeur. Le
Pord ventral est longé chez les Ongulés par le muscle abaisseur de la lèvre inférieure ;
est aussi en rapport avec les glandes molaires inférieures ou les glandes buccales,
de façon variable avec l'espèce (voir particularités spécifiques). Quant à la face pro-
fonde, elle est tapissée par la muqueuse de la bouche, à laquelle elle adhère
intimement.
Fonctions : le muscle buccinateur tire sur l'angle de la bouche. Mais sa fonction
a plus importante est de vider la partie buccale du vestibule de la bouche des subs-
tances qui peuvent s'y être logées. Il repousse sous les arcades molaires les
particules alimentaires qui s'en échappent lors de la mastication.
Vaisseaux et nerfs : le sang vient des artères buccale, faciale et labiales. L'inner-
vation motrice est apportée par les deux rameaux buccaux du nerf facial,
principalement le rameau buccal dorsal. Des fibres sensitives sont apportées par le
nerf buccal.

MUSCLE ABAISSEUR DE LA LEVRE INFERIEURE (Pl. 2 0 7 à 21 5)

Il semble que cette désignation (M. depressor labii inferioris) ne s'applique pas au
même muscle dans toutes les espèces. Chez l'Homme, il s'agit d'une mince lame
charnue quadrilatère (anciennement « muscle carré du menton ») qui prend naissance
sur la mandibule, suivant une ligne oblique située ventralement au foramen menton-
nier, et qui s'élève à la face profonde du muscle orbiculaire dans la lèvre inférieure,
qu'il abaisse directement. Chez les Mammifères domestiques, où nous le décrirons
444 -

plus particulièrement, ce muscle peut être considéré comme une dépendance du buc-
cinateur, dont il longe le bord ventral contre la partie molaire de la mandibule.
Conformation : chez les Equidés, où il est le mieux individualisé, c'est un long
muscle fusiforme. Sa partie caudale est confondue avec la partie molaire du buccina-
teur ; la partie rostrale se continue par un tendon épanoui qui plonge dans le tissu
musculaire de la lèvre inférieure. Il est moins bien isolable mais fort net chez les Ru-
minants et chez le Porc. Il est très peu distinct chez le Lapin et fait défaut chez les
Carnivores, où le faisceau ventral de la partie buccale du buccinateur semble en tenir
lieu.
Insertions : le muscle abaisseur de la lèvre inférieure prend origine en commun
avec le buccinateur sur la partie molaire de la mandibule. Il se termine dans la lèvre
inférieure par son tendon, qui s'y dissocie.
Rapports : recouvert dans son tiers caudal par le masséter, ce muscle est couvert
plus rostralement par l'expansion faciale du platysma et accompagné par le rameau
buccal ventral du nerf facial, ainsi que par l'artère labiale inférieure et les glandes
molaires inférieures. Il couvre la mandibule et le faisceau mentonnier du nerf alvéo-
laire inférieur.
Fonctions : il abaisse la ièvre inférieure, directement s'il agit avec son opposé, en
l'attirant de côté lorsque l'action est unilatérale.
Vaisseaux et nerfs : le sang est apporté par les artères buccale, labiale inférieure
et alvéolaire inférieure. La motricité vient du rameau buccal ventral du nerf facial.

MUSCLE MENTAL (Pl. 2 0 7 , 2 0 8 , 2 1 0 , 2 1 4 , 2 1 5 , 2 1 8 à 220)

Ce muscle (M. mentalis) comprend deux parties qui sont décrites chez l'Homme
comme deux muscles distincts : mental proprement dit et transverse du menton (M.
transversus menti). Le menton humain est en effet plus développé que celui des ani-
maux : le muscle transverse du menton forme sous la peau, à laquelle il adhère
intimement, la saillie de la « houppe du menton » ; il est impair et bilobé, avec des
fibres étalées de part et d'autre d'un petit raphé attaché à la symphyse mandibulaire.
Chacun de ses lobes se continue par une petite lame charnue (muscle mental propre-
ment dit) qui s'élève en s'étalant sous la gencive et va prendre attache sur la
mandibule, en regard des alvéoles des dents incisives.
Il n'y a pas de menton chez les animaux, mais les Equidés et (de façon moins
nette) les Ruminants présentent en arrière de la lèvre inférieure, sous la partie incisive
de la mandibule, une saillie arrondie dénommée « houppe du menton ». Le noyau
musculeux qu'on y trouve est relativement peu développé et mêlé de tissu conjoncti-
vo-graisseux ; mais il est comme chez l'Homme rattaché à la mandibule par deux
petits muscles mentaux, l'un droit et l'autre gauche, qui vont sous la gencive s'insé-
rer près des alvéoles incisives. Chez le Porc, les Carnivores et le Lapin, il n'y a pas de
saillie distincte de la houppe du menton ; mais on trouve encore sous la peau un petit
noyau musculeux représentant le muscle transverse. Le muscle mental lui-même, déjà
bien développé chez les Carnivores et le Lapin, est large et fort chez le Porc, où il a
été souvent dénommé à tort « carré du menton ».
Chez les Equidés, les Ruminants et surtout le Porc, cette formation charnue sert
moins à soutenir le menton qu'à relever la lèvre inférieure qu'elle peut, en synergie
avec la partie correspondante de l'orbiculaire, appliquer vigoureusement contre l'ar-
cade incisive. En outre, le muscle de la houppe du menton fait froncer la peau de
cette région et, chez les Equidés, contribue à l'érection des longs poils tactiles qu'elle
présente.
- 445

MUSCLES INCISIFS (Pl. 213)


Il existe en principe deux muscles incisifs de chaque côté, l'un dans la lèvre supé-
• eure (M. incisivus superior) et l'autre dans la lèvre inférieure (M. incisivus inferior).
s sont situés sous la muqueuse labiale. Ils prennent origine au voisinage des alvéoles
"cisives de l'une et l'autre mâchoires et vont se perdre à la face profonde de l'orbi-
: J a i r e , au voisinage de la commissure des lèvres. Le supérieur est toujours plus
"acilement isolable que l'inférieur ; il est particulièrement développé chez les Equidés,
où il ramène contre les dents la lèvre supérieure, très protractile dans ces animaux.
_es muscles incisifs ont pour action de resserrer la partie latérale des lèvres et de
*aire proéminer leur partie médiane, tout en tirant les commissures en avant.

MUSCLE ZYGOMATIQUE (Pl. 1 9 8 , 2 0 7 à 220)


Il n'y a chez les Mammifères domestiques qu'un seul muscle zygomatique (M.
zygomaticus) de chaque côté. C'est l'équivalent du grand zygomatique (M. zygomati-
cus major) de l'Homme ; le muscle petit zygomatique (M. zygomaticus minor), absent
chez les Mammifères domestiques, est d'ailleurs inconstant chez l'Homme.
Conformation : c'est une mince et longue bandelette charnue étalée à la surface
ces muscles masséter et buccinateur depuis la région zygomatique jusqu'à la com-
missure des lèvres. Son extrémité caudale est aponévrotique chez les Ongulés.
Insertions : il prend en principe origine sur la crête faciale, à la partie rostrale de
os zygomatique (Homme) ou sur la partie adjacente de l'aponévrose superficielle du
masséter (Equidés). Mais cette attache peut être reportée bien plus caudalement, au
.oisinage de l'articulation temporo-mandibulaire (Ruminants, Porc), voire jusqu'à la
oase de l'oreille, sur le cartilage scutiforme (Carnivores) ou même sur l'auricule (La-
oin). La terminaison se fait au voisinage de l'angle de la bouche, sur l'orbiculaire de la
oouche ou à la surface du muscle buccinateur (Equidés), à quelque distance de la
commissure.
Rapports : couvert par la peau, à laquelle il adhère peu, ce muscle couvre le mas-
séter et le buccinateur. Rostralement au masséter, sa face profonde est croisée par
artère et la veine faciales (sauf, pour l'artère, chez les petits Ruminants et le Porc).
Fonction : il tire en arrière et en haut la commissure des lèvres.
Vaisseaux et nerfs : il reçoit son sang de l'artère labiale supérieure, accessoire-
ment de la transverse de la face ou de ses branches, et la motricité du rameau buccal
dorsal du nerf facial.

MUSCLE RELEVEUR NASO-LABIAL (Pl. 2 0 7 à 2 1 0 , 2 1 4 à 2 2 0 , 2 2 2 , 223)


Ce muscle (M. levator nasolabialis) est situé sur le côté de la région nasale, de-
puis la racine du nez, médialement à l'orbite, jusqu'à la lèvre supérieure et à l'aile du
nez
Conformation : c'est une mince et longue bande à bords à peu près parallèles,
Dresque entièrement charnue chez l'Homme et le Chat. Chez la plupart des Mammifè-
r es, sa partie dorso-caudale est aponévrotique : cette mince lame fibreuse s'unit à

' i Chez l'Homme, le muscle releveur naso-labial était autrefois réuni aux muscles releveur propre de la lèvre supérieure et petit
zygomatique en un seul et même organe, nommé « carré de la lèvre supérieure» (M. quadratus labii superioris). Tous trois en
étaient considérés comme des subdivisions, respectivement dénommées : chef angulaire (Caput angulare), chef infra-orbitaire
Caput infraorbitalel et chef zygomatique (Caput zygomaticum). Ce groupement est tout à fait insoutenable en Anatomie compa-
rée mais c'est pour d'autres raisons que les N.A. y ont renoncé : on a jugé plus évocateur de désigner les muscles d'après leurs
fonctions. Quoi qu'il en soit, cette nouvelle division rejoint pour l'essentiel la conception traditionnelle des anatomistes vétérinai-
res.
446 -

Méat dorsal du nez

Cornet nasal dorsal

Méat moyen du nez

Conduit naso-lacrymal

Cornet nasal ventral

Méat ventral du nez

Muscle malaire
N., A. et V. infra-orbitaires

Sinus maxillaire
A. et V. nasales latérales

Sinus palatin
Plexus veineux palatin

Art. palatine majeure


M. releveur de la
lèvre supérieure
A. et V. labiales supér.

M. zygomatique
Rameau buccal dorsal
du n. facial
Corps de la langue

Nerf hypoglosse

A. et V. profondes de la langue

Nerf lingual

A. et V. labiales inférieures

A. et V. sublinguales
M abaisseur de la lèvre inlér.
Glande sublinguale
M. génio-hyoïdien
Nerf alvéolaire inférieur
Ventre rostral du m. digastrique A. et V. alvéolaires inférieures

Planche 2 1 2 - COUPE T R A N S V E R S A L E DE LA TÊTE D'UN BŒUF


passant devant le tubercule facial et par la dernière dent prémolaire supérieure
(Vue caudale)
- 447

celle du côté opposé sur la base du nez et se met en continuité entre les orbites avec
aponévrose épicrânienne. La partie rostrale, toujours charnue, reste simple chez
Homme, les Carnivores, le Lapin ; un petit faisceau, d'ailleurs inconstant, se détache
ce son bord caudal chez les Ruminants pour passer sous le muscle canin. Chez les
Equidés, il existe deux branches bien distinctes, dont la caudale couvre le canin et la
'ostrale, plus large, passe sous ce muscle. Très large et mal délimité chez les Carnivo-
-es, le releveur naso-labial est proportionnellement plus étroit et mieux isolable chez
Homme, les Equidés, les Ruminants et le Lapin. Il est beaucoup plus mince chez le
3œuf que chez les Equidés et très faible, sinon absent, chez les petits Ruminants. Il
est aussi très mince, parfois même absent chez le Porc.
Insertions : ce muscle prend origine chez l ' H o m m e sur le maxillaire et le bord de
os nasal, médialement à l'orbite. Chez les Mammifères domestiques, il c o m m e n c e
; a r l'aponévrose impaire qui continue entre les orbites l'aponévrose épicrânienne ; il
s'attache aussi par quelques fibres sur la partie rostrale de l'os frontal, la base du
-asal et, chez le Chien, au bord supérieur du maxillaire. La terminaison se fait sous la
; e a u de la lèvre supérieure et de l'aile du nez, où les fibres s'unissent à celles des
~iuscles orbiculaire de la bouche et canin.
Rapports : couvert par la peau, ce muscle couvre le maxillaire et les muscles rele-
.eur de la lèvre supérieure et canin. Ce dernier couvre sa branche rostrale chez les
Equidés.
Fonctions : il élève la lèvre supérieure en la tirant de côté ; il tire en outre sur
aile du nez et contribue à la dilatation de la narine.
Vaisseaux et nerfs : les artères proviennent de la labiale supérieure et des termi-
"aisons de la faciale (infra-orbitaire chez les Carnivores, transverse de la face chez les
r e t i t s Ruminants). La motricité vient du rameau buccal dorsal du nerf facial.

MUSCLE RELEVEUR DE LA LEVRE SUPERIEURE (Pl. 2 0 7 à 2 1 0 , 2 1 3 à 2 2 0 , 2 2 2 )

Ce muscle (M. levator labii superioris) présente une disposition variable avec la
morphologie du rostrum et de la lèvre supérieure. Il prend toujours origine entre le
bord infra-orbitaire et le foramen infra-orbitaire, plus ou moins près de l'un ou de l'au-
tre. Mais il se porte directement dans la lèvre supérieure chez l ' H o m m e , alors que
chez les M a m m i f è r e s domestiques, il se dévie vers la région nasale, qu'il contourne
ou même sur laquelle il s'arrête.
C o n f o r m a t i o n : sa morphologie varie en conséquence. Chez l ' H o m m e , il est ruba-
né et à peu près rectiligne. Egalement dépourvu de t e n d o n , il est chez les Carnivores,
peu distinct du muscle canin et va s'épanouir entre la lèvre supérieure et l'aile du nez.
Chez les Ongulés et le Lapin, il est f o r m é d ' u n corps charnu épais et conoïde, qui se
continue rostralement par un tendon. Ce dernier est particulièrement long chez les
Equidés, où il va rejoindre sur le bout du nez celui du côté opposé, avec lequel il
forme une expansion impaire et rubanée qui descend entre les deux naseaux jusque
sous la peau de la lèvre supérieure. La disposition serait comparable chez les Bovins,
si le t e n d o n ne se dissociait au bord supérieur du mufle, seule une mince expansion
venant se perdre entre les naseaux. Chez les Porcins, la disposition semble en rapport
avec les aptitudes fouisseuses de l'espèce : le muscle devient un véritable releveur du
groin, dans lequel il se dissocie.

Insertions : le corps charnu prend origine à la face latérale du maxillaire, à un ni-


veau variable selon l'espèce, non loin du bord infra-orbitaire chez l ' H o m m e , les
Equidés, le Porc, le Lapin (un peu sur l'os lacrymal chez les Equidés et le Porc), juste
448 -

Expansion terminale des


tendons des mm. releveurs
de la lèvre supérieure

Cartilage alaire

M. releveur de la
lèvre supérieure

Partie molaire >

buccale J

M. abaisseur de la lèvre inférieure

Lame du cartilage alaire

M. dilatateur des narines

Corne du cartilage alaire

M. orbiculaire de la bouche

M. incisif de la lèvre inférieure

Planche 2 1 3 - MUSCLES PROFONDS DE L A J O U E , DU NEZ ET DES LÈVRES D'UN CHEVAL


- 449

au-devant du tubercule facial chez les Ruminants, un peu au-dessous et en arrière du


;oramen infra-orbitaire chez les Carnivores.
La terminaison se fait à la face profonde de l'orbiculaire des lèvres chez l ' H o m m e
et le Lapin ; chez les Equidés, elle se fait au contraire à la face superficielle de celui-
ci, immédiatement sous la peau, par une expansion fibreuse médiane et impaire.
Comme déjà dit, le t e n d o n se termine chez le Bœuf dans le mufle plus que dans la
èvre supérieure et chez le Porc, dans la partie supérieure du groin ; chez le Lapin, il
aboutit en haut et sur le côté du sillon médian (philtrum) de la lèvre supérieure.

Rapports : l'origine est couverte en partie par les muscles orbiculaire de l'œil chez
Homme et le Lapin, malaire chez les Equidés. Le corps charnu est couvert en grande
partie par le releveur naso-labial. Son bord ventral chevauche plus ou moins le canin,
sauf chez les Equidés, où les deux muscles sont c o m p l è t e m e n t séparés. La face pro-
fonde est en rapport avec le maxillaire et les divisions vasculo-nerveuses infra-
orbitaires.
Fonctions : ce muscle relève et éverse la lèvre supérieure, de côté s'il agit seul et
directement s'il agit avec celui du côté opposé. Il est releveur du mufle chez le Bœuf
et du groin chez le Porc ; il n'a q u ' u n e action indirecte sur la lèvre supérieure dans
ces dernières espèces.
Vaisseaux et nerfs : le sang vient de l'artère infra-orbitaire et des terminales de
artère faciale. Le rameau buccal dorsal du nerf facial apporte la motricité.

MUSCLE CANIN (Pl. 207 à 210, 214 à 220, 222)


Le muscle canin (M. caninus) est n o m m é chez l ' H o m m e releveur de l'angle de la
bouche (M. levator anguli oris). Dans la plupart des M a m m i f è r e s , il agit plutôt sur
aile du nez que sur l'angle de la bouche ou la lèvre supérieure. Il couvre la fosse
canine et entretient, sauf chez les Equidés, des rapports remarquables avec le muscle
précédent.
C o n f o r m a t i o n : rien n'est plus variable que ce muscle : courte lame charnue qua-
drilatère chez l ' H o m m e , c ' e s t chez le Chien une longue bande élargie rostralement et
peu distincte du releveur de la lèvre supérieure. Il est faible chez les Equidés, où il
commence par un court tendon et s'élargit rostralement. Presque entièrement aponé-
.rotique chez le Lapin, il est divisé dans cette espèce en deux faisceaux qui divergent
un vers le nez et l'autre vers la lèvre supérieure. Il atteint son développement maxi-
mal chez les Ruminants et le Porc. Dans ces espèces, il est divisé en plusieurs corps
charnus coniques (trois chez les Ruminants, deux chez le Porc) qui divergent rostra-
: ement et se continuent chacun par un tendon ; la plus ventrale de ces divisions est

décrite c o m m e un muscle distinct, qualifié d'abaisseur de la lèvre supérieure (M. de-


pressor labii superioris).
Insertions : le muscle canin prend origine sur le maxillaire, au bord caudal de la
fosse canine, un peu ventralement et plus ou moins caudalement au foramen infra-
orbitaire. Chez les Carnivores, cette attache se c o n f o n d avec celle du muscle releveur
de la lèvre supérieure. Les origines des deux muscles sont encore adjacentes, immé-
diatement au-dessous du tubercule facial chez le Bœuf, entre ce dernier et le bord
infra-orbitaire chez le Porc. Chez le Cheval et chez l ' H o m m e , l'origine est située sous
le foramen infra-orbitaire, un peu rostralement au tubercule facial. La terminaison se
fait à la face profonde de la peau : chez l ' H o m m e , au-dessus de l'angle de la bouche ;
chez les Carnivores et les Equidés, de la lèvre supérieure à l'aile du nez. Chez le Bœuf
et le Porc, le ou les tendons dorsaux vont à l'aile du nez et sur le côté du mufle ou du
M. interscutulaire
ai
M. scutulo-auriculaire superficiel dorsal
o
M. fronto-scutulaire

M. rétracteur d e l'angle latéral de l'œil

M u s c l e frontal

M. orbiculaire de l'œil

M u s c l e sourcilier M. scutulo-auriculaire
superf. intermédiaire
M u s c l e malaire
M. scutulo-auriculaire
M. releveur de la lèvre supérieure
superficiel ventral
M. a b a i s s e u r de la lèvre supérieure
M. zygomatico-auriculaire
M u s c l e canin

M. releveur naso-labial
M. parotido-auriculaire

M. sterno-céphalique

Glande parotide

M. sterno-hyoïdien

M. orbiculaire de la b o u c h e
M u s c l e mental
M. a b a i s s e u r de l'angle de la b o u c h e '
M. zygomatique
M. buccinateur'
M. abaisseur de la lèvre inférieure

Planche 2 1 4 MUSCLES CUTANÉS DE L A TÊTE D ' U N PORC


- 451

groin ; le t e n d o n de la partie ventrale (abaisseur de la lèvre supérieure) se porte dans


cette lèvre. Il en est à peu près de même chez le Lapin.
Rapports : dans la plupart des espèces, le bord dorsal est couvert par le muscle
releveur de la lèvre supérieure ; il en est au contraire largement séparé chez les Equi-
dés. En partie couvert par lui chez l ' H o m m e , le canin est presque entièrement caché
par l'orbiculaire de la bouche chez le Chien. Il est couvert en grande partie par le rele-
veur naso-labial chez le Porc, le Bœuf et le Lapin. Chez les Equidés, il traverse ce
muscle de la profondeur à la surface, de f a ç o n à en couvrir la branche rostrale, la plus
large. Le muscle canin est aussi couvert par la peau et il couvre le maxillaire. Enfin, il
est en rapport avec le faisceau vasculo-nerveux infra-orbitaire, de f a ç o n variable avec
les espèces.
Fonctions : élévateur de l'angle de la bouche chez l ' H o m m e , lè muscle canin
concourt plutôt chez les animaux domestiques à tirer de côté la lèvre supérieure ainsi
que l'aile du nez, aidant en cela la dilatation de la narine. Chez les Ruminants et les
Porcins, son faisceau ventral devient même un véritable abaisseur de la lèvre supé-
rieure, qu'il tire de ce côté ainsi que le mufle ou le groin.
Vaisseaux et nerfs : le sang est apporté par les artères labiale supérieure et infra-
orbitaire. La motricité vient du rameau buccal dorsal du nerf facial.

MUSCLE NASAL LATERAL (Pl. 207 à 210, 215 à 220, 222, 223)
Sur le côté du nez, le muscle nasal (M. nasalis) est divisé chez l ' H o m m e en deux
parties, l'une transverse (Pars transversa), la plus large, étendue du dos du nez au
sillon de l'aile du nez et à la lèvre supérieure, l'autre alaire (Pars alaris) bien plus fai-
ble, couchée sur la partie inférieure de l'aile du nez. Chez les M a m m i f è r e s
domestiques, ces deux parties sont c o m p l è t e m e n t disjointes, sans doute en raison du
grand v o l u m e et de la c o n f o r m a t i o n différente de la région nasale. Leur développe-
ment respectif est d'ailleurs très variable selon l'espèce et l'une ou l'autre peut même
manquer. La division qui correspond chez l ' H o m m e à la pars transversa est ici le
muscle nasal latéral (M. lateralis nasi). L'autre sera décrite plus loin sous le nom de
muscle dilatateur des narines.
C o n f o r m a t i o n : Ainsi défini, le muscle nasal latéral est formé de faisceaux plus ou
moins parallèles, couchés transversalement sur la partie cartilagineuse du nez. Chez
l ' H o m m e , il atteint le dos du nez par une mince aponévrose qui s'unit à celle du côté
opposé. Chez les Ongulés, il est plutôt limité à la face latérale de la région et seuls
quelques faisceaux remontent vers le plan médian, caudalement à la narine. Chez le
Bœuf, il est quadrilatère, mince et peu étendu. Il est beaucoup plus large et plus fort
chez le Porc, où il s'épaissit en bordure du groin, autour duquel il f o r m e une sorte de
couronne musculeuse parfois décrite c o m m e un « muscle du groin ». Quant aux Equi-
dés, ils présentent dans l'incisure naso-incisive, caudo-latéralement à la narine, un
profond cul-de-sac cutané : le diverticule nasal ou « fausse narine », en regard duquel
le muscle nasal latéral est très mince et aponévrotique. Les faisceaux charnus du
muscle, toujours transversaux et parallèles, sont ainsi découpés en deux groupes qui
s'ordonnent de part et d'autre du diverticule, l'un en regard du bord latéral de l'os
nasal et l'autre près du processus nasal de l'os incisif. Chez les Carnivores et le Lapin,
le muscle nasal latéral est très mince ; chez le Chat et le Lapin, sa partie ventrale se
c o m p o r t e c o m m e un muscle moteur de la moustache.

Insertions : les faisceaux charnus s ' a t t a c h e n t sur le bord latéral de l'os nasal et
sur le processus nasal de l'os incisif, ainsi que sur la peau du voisinage. Quelques
faisceaux v o n t en outre dans la lèvre supérieure.
M. scutulo-auriculaire superficiel Ol
M. scutulo-auriculaire superficiel ventral M
Cartilage scutiforme
M. zygomatico-auriculaire
M. zygomatico-scutulaire
M. orbiculaire d e M. cervico-auriculaire superficiel
M. cervico-auriculaire moyen
M. parotido-auriculaire

M. zygomatique G l a n d e parotide
M. b r a c h i o - c é p h a l i q u e

M. releveur de la lèvre

M u s c l e nasal latéral

Muscle canin

M. dilatateur des narines

M. orbiculaire de la
M. transverse du
M u s c l e mental
M. a b a i s s e u r de l'angle de la b o u c h e
M. buccinateur (partie buccale
M. a b a i s s e u r de la lèvre

Planche 2 1 5 - MUSCLES CUTANÉS DE L A TÊTE D ' U N CHEVAL


Vue latérale
- 453

Rapports : directement appliqué contre les f o r m a t i o n s cartilagineuses ou fibreuses


de la narine, le muscle nasal latéral est plus ou moins couvert par les muscles rele-
veur naso-labial, canin, voire releveur de la lèvre supérieure. Une partie reste
néanmoins en c o n t a c t direct avec la peau.
Fonctions : ce muscle peut comprimer la narine, mais il peut aussi déplacer la
peau du voisinage, déformer la narine ou l'abaisser. Chez les Equidés, il est plutôt
compresseur du diverticule nasal.
Vaisseaux et nerfs : le sang vient selon l'espèce de l'artère nasale latérale ou de
la labiale supérieure. La motricité vient du rameau buccal dorsal du nerf facial.

MUSCLE DILATATEUR DES NARINES (Pl. 207, 208, 213, 215, 216)
Ce muscle (M. dilatator naris apicalis) équivaut à la pars alaris du m. nasalis de
Homme. Parmi les M a m m i f è r e s domestiques, il n'est bien discernable que chez les
Ongulés.
C o n f o r m a t i o n : en raison de l'élargissement transversal du bout du nez et de
orientation des narines, il est chez ces animaux reporté dorsalement, alors qu'il est
au contraire rejeté latéralement chez l ' H o m m e . Il se joint ainsi sur le plan médian à
celui du côté opposé et devient un muscle impair à fibres transversales. Un fort raphé
médian marque encore chez le Bœuf cette origine double ; les faisceaux charnus en
partent de chaque côté dans l'épaisseur du mufle pour s'irradier dans le pourtour
médial des narines. Chez les Equidés, le muscle est c o m p l è t e m e n t unifié, épais et
formé de faisceaux courts, étendus du cartilage alaire d ' u n e narine à celui de la narine
opposée ; il mérite bien le nom qui lui était autrefois donné de « transversal du bout
du nez ». Il n'est pas isolable chez le Porc, mais on peut considérer qu'il entre avec le
muscle nasal dans la c o n s t i t u t i o n du relief charnu qui borde le groin. La plupart des
auteurs ne reconnaissent pas son existence chez les Carnivores. On pourrait pourtant
en voir l'équivalent dans les faisceaux transversaux très minces et très pâles qui
s'étalent entre les cartilages des deux narines, sous la peau de la t r u f f e .

Insertions : Elles s ' e f f e c t u e n t sur la face dorsale des cartilages alaires, de f a ç o n


plus ou moins étendue selon l'espèce. Elles sont particulièrement larges chez les
Equidés, où elles s ' é t e n d e n t j u s q u ' à la corne de chaque cartilage ; quelques fais-
ceaux v o n t en outre sur la pointe des os nasaux.
Rapports : En partie couvert chez les Ongulés par le t e n d o n des muscles rele-
veurs de la lèvre supérieure, ce muscle adhère à la peau par le reste de sa surface,
sauf chez le Bœuf, où l'épaisse couche des glandes du mufle l'en sépare. Il échange
des faisceaux avec le muscle nasal latéral et avec l'orbiculaire de la bouche. Il couvre
une grande partie des cartilages du nez.
Fonctions : c ' e s t par excellence un dilatateur des narines, dont il soulève la com-
missure latérale (postérieure chez l ' H o m m e ) . Son action est particulièrement
énergique chez les Equidés (voir particularités spécifiques).
Vaisseaux et nerfs : artères labiale supérieure et (Equidés) palatine majeure ;
rameau buccal dorsal du nerf facial.

PARTICULARITES SPECIFIQUES

Les muscles de la face des M a m m i f è r e s domestiques ne sont pas, on vient de le


voir, moins nombreux ou moins bien individualisés que ceux de l ' H o m m e . Si deux ou
trois petits muscles de ce dernier, tels que le petit zygomatique ou le sourcilier vrai,
font défaut chez les animaux, ces derniers en possèdent d'autres qui manquent à
454 -

l ' H o m m e , c o m m e le malaire, les rétracteurs des angles de l'œil ou l'abaisseur de la


lèvre supérieure. D'autres muscles, rudimentaires chez l ' H o m m e , sont beaucoup plus
développés chez certains M a m m i f è r e s domestiques (dilatateur des narines chez les
Equidés, canin des Ruminants et du Porc). En fait, les variations de t o u t e cette mus-
culature semblent surtout en rapport avec les modes si divers de recherche et de
préhension de la nourriture. Si les traits de la face humaine nous paraissent plus ac-
cusés et la physionomie infiniment plus expressive que celle des animaux, cela est dû
sans doute à la puissance du cerveau qui les anime et y reflète des sentiments plus
complexes et plus intenses. Mais il est possible aussi que l'expression de la face soit
un élément essentiel et très nuancé de la c o m m u n i c a t i o n entre individus d'une m ê m e
espèce, en quelque sorte un langage muet et précis, strictement intraspécifique ; celui
des animaux pourrait échapper pour cette raison à notre connaissance. Bien plus,
chez ces derniers, l'expression de la face est complétée par celle des oreilles, qui sont
mobilisées, c o m m e nous le verrons plus loin, par des muscles beaucoup plus nom-
breux et plus complexes que ceux de l ' H o m m e .

EQUIDES (Pl. 208, 211, 213, 215, 222)


Le muscle orbiculaire de l'œil est relativement mince ; son t e n d o n prend attache
au processus lacrymal rostral, lequel est plus développé chez l'Ane. Il n ' y a ni muscle
sourcilier ni muscle pour les angles de l'œil. Le muscle malaire est mince et pâle, de
f o r m e irrégulièrement triangulaire, étendu obliquement de la moitié nasale du bord
infra-orbitaire jusque vers le milieu de la face latérale du chanfrein ; mêlé de faisceaux
fibreux, il présente un développement variable selon les individus.
Le muscle orbiculaire de la bouche est charnu, relativement épais. A la lèvre su-
périeure, il est séparé de la peau par la mince expansion médiane et fibreuse
c o m m u n e aux deux releveurs de la lèvre supérieure. Son développement paraît en
rapport avec la grande mobilité des lèvres et leur participation active à la préhension
des aliments. Le muscle abaisseur de l'angle de la bouche est faible et pâle chez le
Cheval, beaucoup plus large chez l'Ane et le Mulet. Le muscle buccinateur est pourvu
d ' u n e partie buccale étendue et très n e t t e m e n t penniforme. Le conduit parotidien le
traverse en regard de la troisième prémolaire supérieure. Son bord dorsal est longé et
recouvert par les glandes buccales supérieures alors que le bord ventral recouvre les
glandes buccales inférieures. Le muscle abaisseur de la lèvre inférieure est très dis-
t i n c t , f u s i f o r m e , long, étroit et aplati d ' u n côté à l'autre. Il c o m m e n c e avec la partie
molaire du buccinateur, sur le bord rostral de la branche mandibulaire. Le corps char-
nu se prolonge par un t e n d o n épanoui qui c o m m e n c e en regard du f o r a m e n
mentonnier et se termine par dissociation dans la lèvre inférieure. Il longe et couvre le
bord ventral du buccinateur. Le muscle mental est faible et étroit, mais la partie
transverse constitue un noyau musculo-graisseux assez important, qui f o r m e la saillie
de la houppe du m e n t o n . Les muscles incisifs sont présents aux deux lèvres et se
perdent avant d'atteindre leur bord libre ; la partie voisine des commissures est la plus
épaisse. Le muscle zygomatique est pâle et mince ; il prend origine par une petite
aponévrose c o n f o n d u e avec la partie faciale du platysma à la surface du masséter,
près de la crête faciale. Il se termine à petite distance de la commissure des lèvres, à
la surface du buccinateur. Le muscle releveur naso-labial est large. Il c o m m e n c e par
une mince lame fibreuse c o n t i n u e avec celle du côté opposé et avec l'aponévrose
épicrânienne. Sa partie charnue se divise vers sa mi-longueur en deux branches iné-
gales : l'une rostrale, la plus large et la plus épaisse, couverte par le muscle canin,
l'autre caudale ou labiale, la plus longue et superficielle par rapport à ce dernier. La
première se termine à l'aile du nez et à la lèvre supérieure en unissant ses fibres à
celles du canin et de l'orbiculaire de la bouche ; la branche caudale se termine très
près de la commissure des lèvres. Le muscle releveur de la lèvre supérieure comprend
un corps charnu épais et conoïde et un long t e n d o n , qui le prolonge rostralement. Le
corps charnu, couché sur le côté du chanfrein, prend origine non loin du bord infra-
orbitaire et croise obliquement le releveur naso-labial, qui le couvre en grande partie.
- 455

Le t e n d o n , d'abord cylindroïde, s'aplatit et se réunit à celui du muscle opposé en


couvrant l ' e x t r é m i t é rostrale de l'os nasal. L'expansion aponévrotique qui résulte de
cette union se réfléchit sur le bout du nez et se prolonge par de multiples petits fais-
ceaux dans le tissu sous-cutané de la lèvre supérieure. Le muscle canin est plat,
triangulaire, rayonnant rostralement à partir de son t e n d o n d'origine, qui s ' a t t a c h e au-
devant du tubercule facial. La partie charnue, après être passée de la profondeur à la
superficie entre les deux branches du releveur naso-labial, s'épanouit sous la peau de
aile latérale du naseau et de la lèvre supérieure.
Le muscle nasal latéral est mince et pâle, aponévrotique en regard du diverticule
nasal (ou « fausse narine »), cul-de-sac cutané étendu du naseau jusqu'à l'incisure
naso-incisive. Ses fibres sont transversales et le diverticule nasal le subdivise en une
partie dorsale et une partie ventrale. La première, la plus faible, est attachée à l'os
nasal et à la partie adjacente du septum du nez et d'autre part à la peau du diverticule
nasal ; elle se continue rostralement avec le muscle dilatateur des narines. La partie
/entrale est plus épaisse et va de la peau du diverticule nasal au processus nasal de
os incisif et au pli basai du cornet ventral. Le muscle dilatateur des narines présente
un développement remarquable. Il est impair, court et irrégulièrement quadrilatère,
entièrement f o r m é de faisceaux charnus transversaux et parallèles. Ces faisceaux
recouvrent la lame et la corne des cartilages alaires, sur t o u t e la longueur desquels
ils s'insèrent. L ' e x t r é m i t é ventrale se met en continuité avec l'orbiculaire de la bou-
che. La contraction de ce muscle dilate très f o r t e m e n t le naseau en diminuant la
courbure du cartilage alaire, dont les deux extrémités sont alors écartées l'une de
'autre.

BŒUF (Pl. 209, 212, 216)


Le muscle orbiculaire de l'oeil est épais et large. Son tendon, long et f o r t , s'atta-
che dans une échancrure située à la limite des os zygomatique et lacrymal, ainsi que
sur les rugosités de la partie préorbitaire de ce dernier. Sur ce t e n d o n et sur la partie
adjacente du muscle s ' a t t a c h e d'autre part une petite lame charnue dont les fibres
vont s'épanouir jusque près du plan médian sur le fascia épicrânien : c ' e s t le muscle
releveur de l'angle de l'œil. Le muscle rétracteur de l'angle latéral de l'œil prend ori-
gine à la surface de l'orbiculaire de l'œil, un peu au-dessus et caudalement à cet
angle et se porte à la surface du m.fronto-scutulaire en se c o n f o n d a n t plus ou moins
avec le bord latéral du muscle frontal. Le muscle malaire est presque rectangulaire,
très étendu, large de près de huit centimètres ; ses fibres les plus caudales sont les
plus longues. Il s ' a t t a c h e sur l'os zygomatique près de l'angle médial de l'œil et sur
toute la longueur de la partie ventrale de l'orbiculaire de l'œil. Sa terminaison va
s'étaler jusqu'à la surface du muscle buccinateur. Il est croisé par le muscle zygoma-
tique et couvre en partie les muscles masséter, releveur de la lèvre supérieure et
canin.
Le muscle orbiculaire de la bouche est interrompu dans chaque lèvre par un large
raphé médian. Il est épais, surtout dans la lèvre supérieure, d ' o ù sa partie marginale
délègue de forts faisceaux charnus dans la bordure latérale du naseau. Le raphé de la
lèvre supérieure prend attache à la pointe des os incisifs et au s e p t u m nasal. Il est
séparé de la peau, ainsi que les terminaisons musculaires qu'il reçoit, par l'épaisse
couche des glandes du mufle. Le muscle abaisseur de l'angle de la bouche est épais
et très large ; il couvre une grande partie de la joue. Le muscle buccinateur est épais
et sa partie buccale est e x t r ê m e m e n t étendue ; elle remonte jusque sous le masséter
mais son raphé est peu marqué, limité à sa moitié rostrale et situé non loin du bord
dorsal. Le muscle est traversé par la terminaison du conduit parotidien en regard de la
racine de la première dent molaire supérieure. Le bord dorsal est longé par le muscle
abaisseur de la lèvre supérieure et le bord ventral est i n t i m e m e n t uni à l'abaisseur de
la lèvre inférieure. Sa surface est longée par des glandes buccales supérieures parti-
culièrement développées et un groupe de glandes buccales moyennes ; les glandes
buccales inférieures sont logées sous le muscle abaisseur de la lèvre inférieure. Celui-
456 -

A p o n é v r o s e épicrânienne

M u s c l e sourcilier

M. zygomatico-
- auriculaire

M. parotido-auriculaire

M. nasal latéral

M. orbiculaire de l'œil

M. dilatateur M u s c l e masséter
des
M. stemo-zygomatique

M. malaire

M. zygomatique

M. buccinateur (Partie buccale)

M. releveur de la lèvre supérieure

M. a b a i s s e u r de la lèvre supérieure

M u s c l e canin

M. orbiculaire de la b o u c h e

Planche 2 1 6 - MUSCLES CUTANÉS DE LA TÊTE D ' U N BŒUF


Vue dorso-latérale
- 457

ci est épais et large, mais c o n f o n d u sur presque t o u t e sa longueur avec le muscle


buccinateur dont les faisceaux de la partie buccale s'infléchissent vers l'avant pour
se confondre avec lui. Seul est isolable son quart rostral, qui se poursuit par un ten-
don dont les fibres v o n t se perdre sur le côté de la houppe du m e n t o n . Le muscle
mental est faible : c ' e s t un faisceau qui s ' a t t a c h e à la mandibule entre le foramen
mentonnier et l'alvéole de l'incisive latérale et dont les fibres v o n t se perdre dans une
houppe du m e n t o n mal délimitée, pratiquement indépendante de celle du côté oppo-
sé. Les muscles incisifs sont très épais dans la lèvre supérieure. Le muscle
zygomatique est très long ; il c o m m e n c e sur le milieu de l'arcade zygomatique par un
large et mince t e n d o n auquel succède à la surface du masséter, non loin du tubercule
facial, une partie charnue rouge vif qui aboutit à la commissure des lèvres, à la sur-
face de l'orbiculaire. Le muscle releveur naso-labial est très étendu ; son aponévrose
d'origine couvre presque entièrement l'os nasal pour rejoindre celle du, côté opposé et
d'autre part l'aponévrose épicrânienne entre les orbites. La partie charnue va se ter-
miner sur une grande partie de la lèvre supérieure, à la surface de l'orbiculaire, ainsi
que sur t o u t le bord latéral du naseau, en couvrant les muscles canin et releveur de la
lèvre supérieure. De son bord caudal se détache en outre une étroite bande charnue
qui s'insinue sous ces deux derniers muscles pour gagner la commissure labiale. Le
muscle releveur de la lèvre supérieure présente un corps charnu conoïde qui prend
origine avec le canin, dont il couvre le bord dorsal, juste au-devant du tubercule fa-
cial. Il se continue rostralement par un t e n d o n qui s'aplatit et se dissocie bientôt en
plusieurs faisceaux ; le faisceau médial, plat et le plus f o r t , va rejoindre celui du côté
opposé et se continue entre les naseaux par une mince expansion aponévrotique qui
se perd sous la couche glandulaire du mufle ; les autres v o n t s'épanouir dans le
derme de la commissure dorsale et de l'aile médiale du naseau. Le muscle canin est
très développé, subdivisé en trois faisceaux divergents, dont le ventral, le plus f o r t ,
constitue l'abaisseur de la lèvre supérieure. Les trois corps charnus prennent origine
en c o m m u n sous le muscle précédent, devant le tubercule facial. Chacun d ' e u x se
continue par un t e n d o n fort et court : le dorsal va à l'angle dorsal du naseau, le
moyen à l'angle ventral ; quant au tendon ventral, c ' e s t celui du muscle abaisseur de
la lèvre supérieure : il se termine dans cette dernière, où ses subdivisions se portent à
la rencontre de celles du côté opposé.

Le muscle nasal latéral est mince, mal délimité, f o r m é de faisceaux dissociés qui
s ' a t t a c h e n t au bord de l'os nasal et du processus nasal de l'os incisif et se portent
dans le derme de la commissure dorsale et du bord latéral de la narine, en se mêlant à
des faisceaux de fibres des muscles orbiculaire de la bouche et releveur naso-labial.
Le muscle dilatateur des narines est pair, court mais épais. Il c o m m e n c e sur un fort
raphé médian inséré sur l'extrémité du s e p t u m nasal et sur le corps de l'os incisif ; de
là, ses faisceaux s'irradient dans le bord médial et les commissures des naseaux, les
plus ventraux couvrant un peu la partie marginale du muscle orbiculaire des lèvres.

MOUTON ET CHEVRE (Pl. 210)

Les muscles de la face sont disposés c o m m e chez le Bœuf. Toutefois, le muscle


orbiculaire de la bouche est bien plus mince et sa partie labiale ne f o r m e pas dans les
régions latérales de la lèvre supérieure le bourrelet rigide q u ' o n t r o u v e chez le Bœuf.
D'autre part, le muscle releveur naso-labial est pâle, e x t r ê m e m e n t faible, souvent
même absent.

PORC (Pl. 214)


Le muscle orbiculaire de l'œil est large mais mince et pâle. Le releveur de l'angle
médial de l'œil, de couleur plus sombre, c o m m e n c e au-dessus de l'angle médial de
l'œil et s'irradie sur le f r o n t . Le muscle rétracteur de l'angle latéral de l'œil est faible.
Le muscle malaire est rudimentaire ; très mince, il descend de l'angle médial de l'œil
M. scutulo-auriculaire superficiel dorsal
M. CJ1
M. scutulo-auriculaire superficiel ventral co
Cartilage scutiforme

M.

M. zygomatico-scutulaire

M. zygomatique

M u s c l e frontal

M. rétracteur de l'angle latéral de

M. orbiculaire de l'œil

_ Cartilage de l'auricule
Muscle

Muscle malaire

M. buccinateur (partie b u c c a l e M. cervico-auriculaire moyen

M. releveur naso-labial

M. releveur de la lèvre s u p é r i e u r e
M. zygomatico-auriculaire
Muscle

Muscle nasal latéral

_ Glande parotide

M. parotido-auriculaire

G l a n d e mandibulaire

M. orbiculaire de la b o u c h e digastrique
M. a b a i s s e u r de l'angle de la b o u c h e Conduit parotidien
M. buccinateur M. mylo-hyoïdien

Planche 2 1 7 - MUSCLES CUTANÉS DE L A TÊTE D ' U N CHIEN


Vue latérale
- 459

et couvre une petite partie de l'origine des muscles releveur de la lèvre supérieure et
canin.
Le muscle orbiculaire de la bouche est très mince et étroit, surtout dans la lèvre
inférieure. L'abaisseur de l'angle de la bouche est au contraire puissant, large et
épais ; il couvre la plus grande partie de la joue et se termine autant sur la lèvre infé-
rieure qu'à la région commissurale de l'orbiculaire. Le muscle buccinateur est
relativement court ; sa partie buccale est peu distincte mais se prolonge à la face
profonde de l'orbiculaire de la bouche, surtout dans la lèvre supérieure. Le muscle
abaisseur de la lèvre inférieure est disposé à peu près c o m m e chez le Bœuf, mais il
n'est pas isolable du buccinateur, dont il se distingue surtout par l'orientation des
fibres et le volume. Seul est libre le t e n d o n terminal, qui se dissocie jusque près du
milieu de la lèvre inférieure. La houppe du m e n t o n est absente, mais le muscle mental
proprement dit est e x t r ê m e m e n t développé ; il s ' a t t a c h e à la mandibule sous la gen-
cive, en regard de la première prémolaire, de la canine et des incisives latérales ; de
là, ses faisceaux descendent directement vers la région symphysaire pour aller se
perdre dans la peau, près du plan médian. C'est par erreur qu'il a été souvent n o m m é
carré du menton ». Les muscles incisifs sont bien développés, surtout celui de la
lèvre supérieure. Le muscle zygomatique est très long et étroit ; il prend origine à
extrémité caudale de l'arcade zygomatique et se termine à la surface du buccinateur,
à peu de distance de la commissure des lèvres. Le muscle releveur naso-labial est
arge mais très mince, pâle, indivis à sa partie rostrale. Superficiel dans t o u t e son
étendue, il se termine sous la peau de la lèvre supérieure, depuis le voisinage de la
canine jusque près du groin. Le muscle releveur de la lèvre supérieure est puissant.
Son corps charnu, épais, conique et penniforme, prend origine sous l'orbite, dans
toute la partie caudale de la fosse canine. Il se prolonge rostralement par un long et
fort t e n d o n qui se porte au bord supérieur du groin et s ' y dissocie en de multiples
faisceaux dont les plus médiaux rejoignent ceux du côté opposé. Quelques faisceaux
fibreux descendent en outre j u s q u ' à l'os du groin en c o n t o u r n a n t la narine du côté
médial. Le muscle canin est également très développé ; il est c o m p l è t e m e n t subdivisé
en deux parties, dont la plus ventrale constitue l'abaisseur de la lèvre supérieure. Le
canin proprement dit c o m m e n c e dans la fosse canine par un corps charnu que cou-
vrent en partie les muscles releveur et abaisseur de la lèvre supérieure. Il se prolonge
sous le releveur naso-labial par un fort t e n d o n qui va se dissocier en multiples petits
faisceaux dans le bord latéral du groin et l'aile du naseau. Le muscle abaisseur de la
lèvre supérieure possède un corps charnu presque entièrement distinct, conique et
allongé ; il c o m m e n c e au bord ventral de la fosse canine, devant le tubercule facial et
se poursuit sous le releveur naso-labial par un tendon long et fort qui plonge dans la
lèvre supérieure et va se dissocier dans le groin après avoir contourné ventralement la
narine. Une partie de ses faisceaux fibreux va couvrir l'os du groin et y rejoindre des
faisceaux similaires qui descendent du t e n d o n releveur propre de la lèvre supérieure.

Le muscle nasal latéral est épais, attaché au bord latéral de l'os nasal et au pro-
cessus nasal de l'os incisif ; il se renforce considérablement à sa partie rostrale, qui
semble s'être annexé le dilatateur des narines. Ce dernier n'est pas autrement dis-
tinct. L'ensemble constitue ce q u ' o n qualifie parfois de « muscle du groin » ; il f o r m e
épais bourrelet qui borde cette région et se c o n f o n d ventralement avec l'orbiculaire
de la bouche. Le groin est ainsi pourvu d ' u n appareil musculeux e x t r ê m e m e n t puis-
sant centré sur l'os du groin. L'ensemble est à la fois tendu et mobilisé par le s y s t è m e
des muscles canin, releveur et abaisseur de la lèvre supérieure, qui lui donnent une
grande puissance pour fouir le sol.

CHIEN (Pl. 217, 223)


Le muscle orbiculaire de l'œil est mince, surtout dans la paupière inférieure. Ses
faisceaux se continuent directement d'une paupière à l'autre en regard de la commis-
sure latérale ; du côté médial, ils couvrent presque c o m p l è t e m e n t le t e n d o n , lequel
est très court et attaché à l'étroite partie préorbitaire de l'os lacrymal, près de la su-
M. cervico-auriculaire profond cervico-auriculaire superficiel

M. cervico-auriculaire moyen M. cervico-scutulaire

M. scutulo-auriculaire
superf. intermédiaire Cartilage scutiforme
M. scutu lo-au ricu lai re
superficiel dorsal M. pariéto-auriculaire

M. interscutulaire M. pariéto-scutulaire

M u s c l e occipital
M. zygomatico-scutulaire

Aponévrose épicrânienne M. fronto-scutulaire

M. rétracteur de l'angle
latéral de l'œil

M. orbiculaire de l'œil

Muscle procerus M u s c l e sourcilier

M u s c l e nasal latéral M. releveur naso-labial

M. zygomatico-scutulaire
M. fronto-scutulaire
M u s c l e frontal
M. rétracteur de l'angle latéral de l'œil
M. malaire (continu a v e c le
M, orbiculaire de l'œil

Muscle
M. releveur Mm. scutulo-auriculaires
superficiels
M. nasal latéral
M. zygomatico-auriculaire

G l a n d e parotide

M. releveur de la
lèvre s u p é r i e u r e M. parotido-auriculaire

Muscle
G l a n d e mandibulaire

M u s c l e mental M u s c l e masséter

M. orbiculaire de la b o u c h e
parotidien
M. a b a i s s e u r de l'angle de la b o u c h e M. zygomatique

Planche 2 1 8 MUSCLES CUTANÉS DE L A TÊTE D ' U N CHAT


- 461

ture zygomatico-lacrymale. Le muscle releveur de l'angle médial de l'œil est une ban-
delette étroite et épaisse qui commence sur l'aponévrose épicrânienne et descend
obliquement jusqu'à la surface de l'orbiculaire de l'œil, au-dessus de l'angle interne de
l'œil. Le muscle rétracteur de l'angle latéral de l'œil est aussi étroit et plus court que
le précédent ; il commence sur le fascia temporal, un peu rostralement à l'oreille et se
termine à la surface de l'orbiculaire, en regard de l'angle latéral de l'œil. Le muscle
malaire est mal délimité, dissocié en plusieurs bandelettes qui descendent du bord
ventral de l'orbiculaire de l'œil et de la partie adjacente du releveur naso-labial pour se
perdre devant le muscle masséter en se mêlant aux faisceaux du platysma. Il a été
parfois homologué à tort au muscle petit zygomatique de l'Homme.
Le muscle orbiculaire de la bouche est très mince. Dans la lèvre supérieure, il est
interrompu par un raphé médian bien marqué. Dans la lèvre inférieure, il est étroit et
devient presque indiscernable en regard des incisives. Le muscle abaisseur de l'angle
de la bouche est à peine moins épais et aussi large que chez le Porc ; il continue le
platysma de façon tout aussi directe. Le muscle buccinateur est large et mince. Sa
partie buccale s'étend jusque sous le masséter ; un raphé peu marqué la subdivise en
une partie dorsale, la plus large et une partie ventrale plus faible. La première va s'at-
tacher au-dessus des trois premières prémolaires et se continue en outre dans la lèvre
supérieure à la face profonde de l'orbiculaire de la bouche. La seconde commence
sous les deux premières prémolaires et la canine inférieures et se prolonge moins loin
dans la lèvre inférieure ; elle tient lieu d'abaisseur de la lèvre inférieure, lequel fait
défaut. Le muscle mental est disposé à peu près comme chez le Porc. Toutefois, la
houppe du menton est un peu mieux développée et le mental proprement dit est
moins large. Les muscles incisifs sont faibles et peu distincts, surtout dans la lèvre
inférieure. Le muscle zygomatique est mince et étroit mais très long. Il commence à
''angle rostral du cartilage scutiforme de l'oreille, croise l'arcade zygomatique, le mas-
séter et la joue et va se terminer dans le muscle orbiculaire de la bouche, très près de
la commissure des lèvres. Le muscle releveur naso-labial est très large et couvre
presque tout le chanfrein. Il commence par une étroite aponévrose médiane, se ren-
force caudalement de faisceaux provenant du voisinage de la suture fronto-maxillaire
et s'étale en une expansion indivise qui couvre les autres muscles de la région pour se
terminer sur une grande longueur de la lèvre supérieure et la partie adjacente de l'aile
du nez. Les muscles releveur de la lèvre supérieure et canin sont unis par leurs bords
adjacents et prennent origine en commun à la partie caudale de la fosse canine, ven-
tralement au foramen infra-orbitaire. Ils sont presque entièrement couverts par le
muscle précédent. Le premier s'épanouit sur le côté de la narine et le second dans la
lèvre supérieure, à la face profonde des muscles buccinateur et orbiculaire de la bou-
che.
Le muscle nasal latéral est faible et mal délimité. Il est formé de quelques fais-
ceaux qui prennent origine sous la peau du bord latéral de la narine et vont se perdre
dans la lèvre supérieure en se mêlant à ceux du releveur naso-labial. Le dilatateur des
narines fait défaut ; tout au plus est-il représenté par quelques fibres éparses dans la
profondeur de la truffe. La dilatation de la narine semble assurée surtout par quelques
faisceaux musculaires qui proviennent du muscle orbiculaire de la bouche et se per-
dent dans la bordure latérale de cet orifice.

CHAT (Pl. 218)


Les muscles de la face sont dans l'ensemble disposés comme ceux du Chien ; ils
en diffèrent toutefois par de multiples détails. Le muscle orbiculaire de l'œil est plus
large. Il s'unit au muscle frontal par toute l'étendue de son bord dorsal. Le muscle
rétracteur de l'angle latéral de l'œil est large mais peu distinct des muscles orbiculaire
et frontal. Il en est de même du releveur de l'angle médial, au-delà duquel le muscle
frontal se prolonge manifestement sur la racine du nez pour former un muscle proce-
rus analogue à celui de l'Homme et relativement épais. Le muscle malaire paraît
absent. En fait, il est large et très mince, peu distinct du platysma, dans lequel il se
462 -

M. orbiculaire de l'œil frontal


M. fronto-scutulaire
M u s c l e sourcilier
zygomatico-scutulaire
M u s c l e malaire Cartilage scutiforme
M. releveur naso-labial M. scutulo-auriculaire superficiel dorsal
scutulo-auriculaire superriciel ventral
M. releveur de la
. lèvre
M. nasal latéral

M. orbiculaire d e la b o u c h e
M u s c l e mental G l a n d e parotide
M. a b a i s s e u r de l'angle de la b o u c h e M. parotido-auriculaire
Muscle G l a n d e mandibulaire
M. M u s c l e masséter
M. zygomatique M. zygomatico-auriculaire

Planche 2 1 9 - MUSCLES CUTANÉS DE LA TÊTE D ' U N LAPIN


463

continue. Le muscle orbiculaire de la bouche est mieux développé dans la lèvre infé-
rieure que chez le Chien et ses fibres peuvent y être suivies jusqu'à un raphé étroit et
net. Le muscle abaisseur de l'angle de la bouche est plus étendu encore que chez le
Chien et fort peu isolable du reste de l'expansion faciale du platysma. Le muscle buc-
cinateur est large et court, mince et très faible ; sa partie molaire vient du fascia
bucco-pharyngien mais a pratiquement perdu ses insertions sur les mâchoires. Le
conduit parotidien le traverse en regard de la dent carnassière supérieure. Les muscles
mental et incisif n'ont rien de particulier. Le muscle zygomatique est large et très
mince. Il se perd sur un mince fascia au-devant de l'oreille, sans insertion distincte
sur le scutum. Le muscle releveur naso-labial est large et épais ; il se met à son ori-
gine en continuité avec le procerus et possède d'autre part une large insertion sous le
bord infra-orbitaire, profondément à l'orbiculaire de l'œil. Les muscles releveur de la
lèvre supérieure et canin sont mieux distincts mais plus faibles que chez le Chien,
presque filiformes. Ils sont en grande partie cachés par l'orbiculaire des lèvres et le
releveur naso-labial. Le muscle nasal latéral est mal délimité ; sa partie ventrale se
mêle à des fibres ascendantes de la partie marginale de l'orbiculaire de la bouche et à
la partie rostrale du releveur naso-labial pour former une forte nappe charnue qui dé-
termine latéralement, entre la narine et la lèvre supérieure, le relief dans lequel sont
implantés les profonds follicules pileux de la moustache.

LAPIN (Pl. 2 1 9 )
Le muscle orbiculaire de l'œil est pâle, extrêmement mince et le releveur de l'an-
gle médial de l'œil plus rudimentaire encore. Le muscle rétracteur de l'angle latéral de
l'œil est large mais très mince ; il se porte vers la base de l'oreille et se perd en un
fascia ténu. Le muscle malaire est pâle mais bien développé, étendu de l'angle médial
de l'œil et de la partie adjacente de l'orbiculaire au tubercule facial et à la bordure
dorsale du masséter.
Le muscle orbiculaire de la bouche est très mince, surtout à la lèvre inférieure ; il
est interrompu dans la lèvre supérieure par une lame fibreuse qui occupe le fond du
sillon médian de cette lèvre (philtrum). Le muscle abaisseur de l'angle de la bouche
est mince et peu développé. Le muscle buccinateur est très étendu, large et épais. Sa
partie buccale est longue et son raphé la divise en deux parties égales ; l'abaisseur de
la lèvre inférieure en est à peu près indistinct. Le muscle mental est bien développé,
bien que la houppe du menton soit fort peu distincte, t e muscle incisif est large à la
lèvre supérieure, presque inexistant à l'inférieure. Le muscle zygomatique est large et
très long ; il s'étend de la commissure des lèvres à la base de l'oreille, où il se
confond avec le zygomatico-auriculaire. Le releveur naso-labial est mince, très large et
indivis. Il couvre le releveur de la lèvre supérieure et le canin. Le muscle releveur de la
lèvre supérieure comprend un corps charnu conoïde et rouge vif, inséré tout près du
bord infra-orbitaire et un tendon qui aboutit au bout du nez en contournant la narine
dorsalement. Il croise la face profonde du précédent. Le muscle canin est en grande
partie aponévrotique. Il prend origine près du tubercule facial et se termine par deux
branches, l'une dans l'aile du nez et l'autre dans la lèvre supérieure.
Le muscle nasal latéral est mince, large et mal délimité. Il se continue ventrale-
ment dans la lèvre supérieure en concourant à former la lame musculaire motrice des
poils tactiles. Le muscle dilatateur des narines paraît confondu de chaque côté avec la
partie correspondante de l'orbiculaire de la bouche.

COMPARAISON AVEC L'HOMME (Pl. 2 0 7 , 2 2 0 )

Le muscle orbiculaire de l'œil présente la disposition habituelle, mais son tendon prend origine par
deux courtes branches sur les bords de la fosse du sac lacrymal ; un faisceau musculaire particulier le
double en profondeur pour aller s'attacher à la crête lacrymale ; c'est la partie lacrymale (Pars lacrima-
lis) de l'orbiculaire. Le muscle sourcilier est une faible bandelette charnue transversale cachée par
l'orbiculaire de l'œil et le muscle frontal. Il prend origine à l'extrémité médiale de l'arcade sourcilière et
464 -

Aponévrose épicrânienne

M. orbiculaire d e l'œil

M u s c l e procerus

[ Partie transverse M. releveur naso-labial


l (M. nasal lat.)

1 Partie alaire M. releveur de la


[ (M. dilatateur) lèvre supérieure
M u s c l e canin
C o n d u i t parotidien
_ M. petit zygomatique

G l a n d e parotide
M. grand zygomatique

M u s c l e masséter

M u s c l e risorius
M. orbiculaire de la b o u c h e

Platysma M. abaisseur de la lèvre inférieure

M u s c l e mental
M. a b a i s s e u r de l'angle d e la b o u c h e
M. transverse du menton

M. sterno-cléido-mastoïdien

Planche 2 2 0 - MUSCLES CUTANÉS DE LA TÊTE D ' U N HOMME


(Vue de face)
- 465

se termine vers le milieu du sourcil, qu'il fronce et tire en dedans. Il ne paraît pas homologue du muscle
qui a parfois reçu le même nom chez les animaux. Le muscle p r o c e r u s est une faible bandelette qui
prolonge verticalement le muscle frontal sur le côté de la racine du nez. Il n'y a pas de muscle rétrac-
teur de l'angle latéral de l'œil. Le malaire manque aussi, mais il a peut-être pour équivalent la « partie
orbitaire » du platysma.
Le muscle orbiculaire d e la b o u c h e est épais et charnu. Sa partie labiale est dépourvue de t o u t ra-
phé médian. Un faisceau de fibres de la partie marginale va s'attacher au septum nasal, dont il est
décrit parfois c o m m e le muscle a b a i s s e u r (M. depressor septi). Il existe un muscle a b a i s s e u r de l'angle

de la b o u c h e (anciennement n o m m é « triangulaire des lèvres ») inséré à la ligne oblique de la face


latérale de la mandibule, au contact même d'une bandelette du platysma qui aboutit au même endroit.
Cet abaisseur est nettement distinct du risorius, lequel est dépourvu de t o u t e attache squelettique. Le
muscle b u c c i n a t e u r est dépourvu de partie buccale. Il est large, formé de faisceaux parallèles ; le
conduit parotidien le traverse en regard de la deuxième molaire supérieure. Le muscle a b a i s s e u r de la

lèvre inférieure en est c o m p l è t e m e n t distinct. Encore n o m m é « carré du m e n t o n », il prend naissance à


la ligne oblique latérale de la mandibule, un peu dorsalement à l'abaisseur de l'angle de la bouche, et se
termine à la face profonde de l'orbiculaire, dans la plus grande partie de la lèvre inférieure. Le muscle
mental est attaché à la mandibule en regard des alvéoles incisives et descend dans la houppe du men-
ton correspondante. Cette dernière a pour base la partie latérale d ' u n muscle t r a n s v e r s e du m e n t o n

nettement bilobé et attaché par un raphé à la ligne médiane du menton. Les muscles incisifs sont
courts mais bien distincts dans les deux lèvres ; ils sont parfois décrits c o m m e des dépendances de la
partie marginale de l'orbiculaire. Le muscle zygomatique des animaux a pour équivalent le grand z y g o -

m a t i q u e , qui prend origine à la face latérale de l'os zygomatique, non loin du tubercule facial ; en dépit
de son qualificatif, il est beaucoup plus court que chez les Mammifères domestiques. Il existe en outre
un muscle petit z y g o m a t i q u e , qui prend origine sur le tubercule facial et se termine à la commissure
labiale, un peu dorsalement au précédent. Le muscle releveur naso-labial est entièrement charnu, mais
beaucoup moins étendu que chez les Mammifères domestiques. C'est une bandelette qui prend origine
sur le processus frontal du maxillaire, non loin de l'angle médial de l'œil et se porte dans la lèvre supé-
rieure, où il sé termine par un faisceau latéral après avoir délégué un petit faisceau médial dans l'aile de
la narine. Le muscle releveur d e la lèvre supérieure est également charnu dans t o u t e sa longueur ; plus
volumineux que le précédent, il prend origine sous le bord infra-orbitaire et va se terminer à la face
profonde de la lèvre supérieure. Le muscle canin, caché en partie par le précédent, s'attache un peu
ventralement à lui au-dessous du foramen infra-orbitaire et va se terminer dans la partie latérale de la
lèvre supérieure et à la commissure des lèvres.

Le muscle nasal latéral des Mammifères domestiques est décrit chez l ' H o m m e sous le nom de
partie t r a n s v e r s e du muscle nasal. C'est une bandelette qui commence par une mince aponévrose sur
le dos du nez et se termine par des faisceaux charnus, d'une part à la peau de l'aile de la narine, près
du sillon latéral de celle-ci et d'autre part, sur le maxillaire, au-dessus de la canine et de l'incisure
latérale. Le muscle dilatateur des narines est rejeté sur le côté de la narine et c o m p l è t e m e n t distinct de
celui du côté opposé. Il s'attache sur le cartilage alaire et se porte sur le maxillaire, au voisinage du
sillon latéral du nez. Il constitue la partie alaire du muscle nasal, dont nous avons déjà dit qu'elle est
totalement distincte de la partie transverse chez les animaux.

C - M U S C L E S C U T A N E S DE L'OREILLE
(Pl. 207 à 2 1 0 , 2 1 4 à 2 1 9 , 221 à 225)
Les muscles cutanés de l'oreille ne s'attachent pas directement sur la peau, bien
qu'ils contribuent beaucoup à donner à chaque animal sa physionomie propre et à en
exprimer les sentiments. Ils agissent tous sur la charpente cartilagineuse de l'oreille
externe, dont la partie libre, la plus visible, est directement couverte par une peau
mince et adhérente.
466 -

CARTILAGE DE L'AURICULE Terminaison du m. scutulo-auriculaire


supemciel dorsal (coupé)

M. scutulo-auriculaire
superf. intermédiaire
Terminaison du m. scutulo-auriculaire
superficiel ventral (coupé et récliné)
M. scutulo-auriculaire
superficiel accessoire

Origine du m. scutulo-auriculaire M. stylo-auriculaire


superficiel dorsal (coupé)

Origine du m. scutulo-auriculaire Terminaison du m. parotido-


superf. ventr. (coupé et récliné) auriculaire (coupé et récliné)

CARTILAGE SCUTIFORME

M. interscutulaire

M. temporal

M. fronto-scutulaire

M. zygomatico-scutulaire Aile de l'atlas

M. grand scutulo-auriculaire profond CARTILAGE ANNULAIRE Processus jugulaire de l'os occipital


M. petit scutulo-auriculaire profond Capsule articulaire temporo-mandibulaire

Planche 2 2 1 CARTILAGES ET M U S C L E S DE L'OREILLE EXTERNE D'UN CHEVAL


Côté gauche. Vue latérale. Les muscles zygomatico-auriculaire et parotido-auriculaire
ont été enlevés avec la glande parotide
- 467

Le pavillon de l'oreille externe, ou auricule, est infiniment plus mobile chez les
animaux que chez l ' H o m m e et il est pourvu à cet e f f e t de muscles beaucoup plus
nombreux et plus complexes. Si l'on met à part les faibles muscles intrinsèques de
auricule, chargés de modifier la f o r m e de celle-ci, sur laquelle ils sont uniquement
attachés et qui seront décrits en esthésiologie, seuls restent à étudier ici les muscles
extrinsèques. Ceux-ci prennent origine sur les os ou les fascias de la tête ou de la
nuque et se terminent sur les cartilages de l'oreille externe ; quelques-uns t o u t e f o i s
j n i s s e n t entre eux ces cartilages, qui sont multiples chez les animaux. Il est d'usage
de les classer en quatre groupes et de distinguer :
1) Des muscles auriculaires rostraux ( M m . auriculares rostrales) ou antérieurs : ce
sont les muscles zygomatico-auriculaire, zygomatico-scutulaire, fronto-scutulaire,
scutulo-auriculaires superficiels et scutulo-auriculaires profonds ;
2) Des muscles auriculaires dorsaux ( M m . auriculares dorsales) ou supérieurs : in-
terscutulaire, pariéto-auriculaire et pariéto-scutulaire ;
3) Des muscles auriculaires caudaux (Mm. auriculares caudales) ou postérieurs :
cervico-scutulaire, cervico-auriculaire superficiel, cervico-auriculaire m o y e n et cervico-
auriculaire profond ;
4) Des muscles auriculaires ventraux ( M m . auriculares ventrales) ou inférieurs :
parotido-auriculaire et stylo-auriculaire.
A v a n t de décrire ces divers muscles, il est nécessaire de donner de la charpente
cartilagineuse de l'oreille externe au moins une description très sommaire, une étude
complète lui étant réservée à propos des organes des sens.

CHARPENTE CARTILAGINEUSE DE L'OREILLE EXTERNE (Pl. 221)


Dans t o u t e s les espèces, le pavillorj de l'oreille est soutenu par un cartilage dispo-
sé en cornet dont la petite ouverture est placée en face du méat acoustique externe :
c'est le cartilage de l'auricule, qui est seul présent chez l ' H o m m e . Ce dernier possède
en outre une très petite lame cartilagineuse complémentaire qui épouse l'entrée du
méat acoustique externe : c ' e s t le vestige d ' u n cartilage annulaire plus c o m p l e t et
constant chez les M a m m i f è r e s domestiques. Ceux-ci possèdent enfin un troisième
cartilage, dit s c u t i f o r m e , qui fait c o m p l è t e m e n t défaut dans l'espèce humaine.
Le cartilage de l'auricule (Cartilago auriculae) — anciennement « cartilage conchi-
nien » — est la pièce principale du pavillon. Il en détermine la f o r m e et les
dimensions : en dépit de l'existence d'éléments morphologiques c o n s t a n t s , il présente
des variations considérables et caractéristiques, selon l'espèce et même selon la race,
voire l'individu. Il est f o r m é d ' u n e mince lame de cartilage élastique enroulée sur elle-
même en un cornet plus ou moins rigide, très largement ouvert en direction rostro-
latérale. Cette ouverture est elliptique, allongée dans l'axe du pavillon lorsque celui-ci
est dressé. Elle est limitée par deux bords minces, qui se réunissent distalement en un
apex plus ou moins aigu et se chevauchent proximalement un peu en délimitant une
étroite c o m m i s s u r e , sous laquelle ils sont unis par un mince ligament. Le bord caudal
porte divers plis (voir : organes des sens). Il surplombe une large dépression arrondie,
dont le fond est ventro-caudal : la conque de l'auricule (Concha auriculae). A sa base,
le cartilage de l'auricule délègue le cartilage du méat acoustique (Cartilago meatus
acusticus), lame découpée en plusieurs appendices et enroulée en un segment infun-
dibuliforme dont l'ouverture est raccordée au méat acoustique externe osseux par
l'intermédiaire du cartilage annulaire.

Le cartilage annulaire (Cartilago anularis) est une petite lame quadrangulaire en-
roulée sur elle-même en un tube qui embrasse l'entrée du méat acoustique externe
468 -

Planche 2 2 2 MUSCLES CUTANÉS DE LA TÊTE D ' U N CHEVAL


Vue dorsale
- 469

osseux, tandis que son autre extrémité s ' e n f o n c e dans l ' i n f u n d i b u l u m f o r m é par le
cartilage du méat acoustique. Une membrane élastique l'unit à ces deux f o r m a t i o n s .
Le cartilage s c u t i f o r m e (Cartilago scutiformis) est une petite plaque irrégulière-
ment triangulaire, de f o r m e et de dimensions variables avec les espèces. Il est situé
rostro-médialement à la base de l'auricule, à la surface du muscle temporal. Rattaché
au cartilage de l'auricule par de multiples faisceaux musculaires, il t r a n s m e t à celui-ci
action d ' a u t r e s muscles, dont il reçoit l'insertion terminale.

MUSCLE ZYGOMATICO-AURICULAIRE (Pl. 208 à 210, 215 à 218, 222, 223)


Ce petit muscle superficiel (M. zygomaticoauricularis) est situé rostralement et un
peu latéralement à l'oreille.
Conformation : c ' e s t une bande charnue mince et allongée ; il est très court chez
le Porc et très long chez le Lapin.
Insertions : l'origine se fait par une courte lame aponévrotique sur la partie ros-
trale de l'arcade zygomatique ou sur son voisinage immédiat. Chez le Lapin t o u t e f o i s ,
elle est reportée sous la partie incisive de la mandibule. Le muscle se termine direc-
t e m e n t sur la base de l'auricule, sous la commissure ventrale de son entrée, t o u t près
du muscle parotido-auriculaire ou m ê m e en c o m m u n avec lui.
Rapports : directement placé sous la peau, ce muscle couvre en partie l'arcade
zygomatique, l ' e x t r é m i t é dorsale de la glande parotide et le corps adipeux orbito-
temporal. Chez le Lapin, il couvre les muscles parotido-auriculaire, masséter, buccina-
teur et la mandibule.
Fonctions : il tire l'oreille en direction rostrale et la fait pivoter de f a ç o n à porter
ouverture de l'auricule vers l'avant.
Vaisseaux et nerfs : divisions de l'artère auriculaire rostrale ; nerf facial par sa
branche auriculo-palpébrale.

MUSCLE ZYGOMATICO-SCUTULAIRE (Pl. 208 à 210, 214, 215, 217 à 219, 222 à 225)
Ce muscle (M. zygomaticoscutularis) est, c o m m e le suivant, situé sous la peau
qui couvre la partie rostro-latérale de la fosse temporale.
C o n f o r m a t i o n : c ' e s t une mince bande charnue, souvent unie par un mince fascia
au muscle suivant.
Insertions : l'origine se fait sur la partie rostrale de l'arcade zygomatique ou le li-
gament orbitaire et la terminaison sur l'angle rostral et sur la partie adjacente du bord
latéral du cartilage s c u t i f o r m e .
Rapports : couvert par la peau, ce muscle couvre le corps adipeux orbito-temporal
et la partie adjacente du muscle temporal, ainsi que le plexus nerveux préauriculaire
et ses vaisseaux satellites.
Fonctions : il tire le cartilage s c u t i f o r m e en direction rostrale et latérale.
Vaisseaux et nerfs : artère et veine auriculaires rostrales ; rameau auriculo-
palpébral du nerf facial pour la motricité.

MUSCLE FRONTO-SCUTULAIRE (Pl. 209, 210, 214, 217 à 219, 222 à 225)
Ce muscle (M. frontoscutularis) est situé entre la base de l'oreille et la région su-
pra-orbitaire, médialement au précédent.
C o n f o r m a t i o n : c ' e s t une courte bandelette qui converge caudalement vers le
muscle zygomatico-scutulaire, auquel elle s'unit souvent.
470 -

M. cervico-scutulaire M. cervico-auriculaire Mm. cervico-auriculaires :


,
superficiel
moyen profond superficiel

Cartilage scutiforme
M. scutulo-auriculaire
superficiel ventral

M. scutulo-auriculaire M. pariéto-auriculaire
superf. intermédiaire

M. pariéto-scutulaire

M. scutulo-auric.
superficiel
accessoire

M. scutulo-auricul.
superficiel dorsal

M. zygomatico-auriculaire
M. interscutulaire

M u s c l e temporal

M. zygomatique
M. fronto-scutulaire
Muscle occipital
M. zygomatico-scutulaire

M. rétracteur de l'angle
latéral de l'œil

M u s c l e frontal

M. orbiculaire de l'œil

M u s c l e sourcilier
M u s c l e malaire

M. releveur naso-labial

M u s c l e nasal latéral

Planche 2 2 3 - MUSCLES CUTANÉS DE LA TÊTE D ' U N CHIEN


Vue dorsale, avec préparation des muscles de l'oreille.
- 471

Insertions : ce muscle prend origine au bord caudal du processus zygomatique de


os frontal et à la partie adjacente de la ligne temporale, voire (Lapin) sur l'arcade
sourcilière. Il se termine au bord médio-rostral et à la face superficielle du cartilage
scutiforme. Chez les Carnivores et le Porc, les faisceaux qui s ' a t t a c h e n t à la face
superficielle du cartilage se m e t t e n t en continuité avec ceux du muscle scutulo-
auriculaire superficiel dorsal, une partie du fronto-scutulaire semblant ainsi se porter
directement jusqu'à l'auricule.
Rapports : ils sont semblables à ceux du muscle précédent.
Fonctions : le muscle fronto-scutulaire tire en direction rostrale le cartilage scuti-
forme et par son intermédiaire, l'auricule.
Vaisseaux et nerfs : les mêmes que ceux du muscle précédent.

MUSCLES SCUTULO-AURICULAIRES SUPERFICIELS (Pl. 208 à 210, 214, 215, 217 à 219, 221 à 225)
Il s'agit de quatre bandelettes charnues (Mm. scutuloauriculares superficiales) qui
se portent de la face superficielle du cartilage s c u t i f o r m e au côté médial de la base de
auricule. Ils étaient jusqu'ici décrits en France c o m m e des divisions d ' u n seul et
même muscle scutulo-auriculaire superficiel.
Le muscle scutulo-auriculaire superficiel dorsal est le plus superficiel de t o u s . Il
prend origine à la surface du cartilage scutiforme et près de son bord médial, à la
partie caudale chez les Equidés et les Ruminants, à la partie rostrale dans les autres
espèces, il peut se mettre en continuité avec l'interscutulaire (Equidés) ou avec le
fronto-scutulaire (Carnivores, Porc). Sa terminaison se fait au niveau de l'hélix, c'est-
à-dire près du bord rostral du cartilage de l'auricule, un peu au-dessus de la c o m m i s -
sure. Il tire le pavillon de l'oreille en direction médiale et le fait pivoter pour en diriger
ouverture en direction rostrale.
Le muscle scutulo-auriculaire superficiel intermédiaire c o m m e n c e à l'extrémité
caudale du cartilage s c u t i f o r m e et à la partie adjacente de son bord médial ; il se
termine au-dessous du précédent et un peu caudalement. Son action est analogue.
Le muscle scutulo-auriculaire superficiel ventral est le plus rostral. Il se porte de la
surface du cartilage s c u t i f o r m e au voisinage immédiat de la commissure ventrale de
auricule. Il c o n c o u r t aussi à diriger rostralement l'ouverture de celle-ci. Il manque
chez les Ruminants.
Le muscle scutulo-auriculaire superficiel accessoire est le plus caudal. Il se porte
obliquement de l ' e x t r é m i t é caudale du cartilage scutiforme à la face médio-caudale du
renflement (conque) de la base de l'auricule. Il redresse cette dernière, aidant en cela
es précédents ; mais il tend à la faire pivoter en sens inverse.
Le sang parvient à ces quatre muscles par la ou les branches auriculaires rostrales
de l'artère temporale superficielle. La motricité est fournie par le nerf facial, par l'in-
termédiaire du nerf auriculo-palpébral pour les muscles dorsal et ventral, par celui du
nerf auriculaire caudal pour les deux autres.

MUSCLES SCUTULO-AURICULAIRES PROFONDS (Pl. 221)


Ce sont deux bandes charnues courtes et épaisses ( M m . scutuloauriculares pro-
fundi) cachées en grande partie par le cartilage s c u t i f o r m e . Ils v o n t de la face
profonde de ce dernier à la base de l'auricule. Nombre d'auteurs les ont considérés
comme deux faisceaux d ' u n même muscle.
Le muscle grand scutulo-auriculaire profond, le plus fort et le plus long, va de la
partie rostrale de la face profonde du cartilage scutiforme à la face caudale du ren-
472 -

f l e m e n t (conque) de la base de l'auricule. Sa face dorsale est croisée par le muscle


suivant et sa face ventrale, profonde, couvre directement le fascia temporal. Il est
rotateur du pavillon de l'oreille, dont il porte l'ouverture en direction latérale. L'inner-
vation motrice provient du facial par le nerf auriculo-palpébral.
Le muscle petit scutulo-auriculaire p r o f o n d croise en x la face dorsale du précé-
dent. Il se porte en direction caudo-latérale, de la partie caudale de la face profonde
du cartilage s c u t i f o r m e à la base de l'auricule, où il se termine un peu rostralement au
précédent. Il aide celui-ci dans son action et c o n c o u r t à élever l'auricule. La motricité
lui est apportée par le nerf auriculaire caudal du facial.

MUSCLE INTERSCUTULAIRE (Pl. 209, 214, 217 à 219, 221 à 225)


Ce muscle (M. interscutularis) est situé au côté médial de l'oreille, à la surface de
la fosse temporale ; il s'unit dans beaucoup d'espèces à celui du côté opposé pour
former une lame impaire étendue d ' u n cartilage s c u t i f o r m e à l'autre, d ' o ù son nom m .
C o n f o r m a t i o n : c ' e s t une mince et large lame musculaire dont les fibres rayonnent
à partir du bord médial du cartilage s c u t i f o r m e . Chez les Ruminants et le Porc, il ne
mérite pas son nom car il est pair et reste largement séparé de celui du côté opposé.
Chez les Equidés, il s'unit à son homologue par un raphé au niveau de la crête sagit-
tale externe. C'est seulement chez les Carnivores et le Lapin qu'il f o r m e un muscle
unique, transverse et dépourvu de raphé.
Insertions : l'origine est variable c o m m e nous venons de le voir. Chez les Rumi-
nants et le Porc, elle se fait sur une grande partie de la ligne temporale. Chez les
Equidés existe, à la face profonde du raphé médian, une insertion à la crête sagittale
externe, attache qui se prolonge rostralement sur la ligne temporale. Cette insertion a
disparu chez les Carnivores et le Lapin, chez lesquels le muscle va directement d ' u n
cartilage s c u t i f o r m e à l'autre. Dans t o u t e s les espèces, la terminaison se fait sur le
bord médio-dorsal du cartilage s c u t i f o r m e . Une étroite bandelette charnue semble en
outre la prolonger chez les Equidés j u s q u ' à la face médiale de la base du cartilage de
l'auricule : c ' e s t en réalité le muscle scutulo-auriculaire superficiel dorsal.
Rapports : le muscle interscutulaire est situé directement sous la peau. Il couvre
les muscles temporal et pariéto-scutulaire ; chez les Carnivores, il couvre en outre
l'aponévrose épicrânienne et le muscle occipital.
Fonctions : il tire vers le plan médian le cartilage scutiforme et par son intermé-
diaire, le cartilage de l'auricule ; il est donc élévateur de ce dernier.
Vaisseaux et nerfs : le sang provient des divisions de l'artère auriculaire rostrale.
La motricité vient du nerf facial par le rameau auriculo-palpébral.

MUSCLES PAR1ETO-AURICULAIRE ET PARIETO-SCUTULAIRE (Pl. 218, 223 à 225)


Le muscle pariéto-auriculaire (M. parietoauricularis) est situé en regard de la partie
caudale de la fosse temporale, où il est caché par l'interscutulaire et le cervico-
scutulaire. Nombre d ' a u t e u r s l ' o n t décrit sous le nom de « muscle temporo-auriculaire
profond ». Chez les Ruminants, les Carnivores, le Lapin, un faisceau particulier s'isole
de son bord rostral pour aller au cartilage s c u t i f o r m e : c ' e s t le muscle pariéto-
scutulaire (M. parietoscutularis).

(1} Le m u s c l e interscutulaire s ' u n i t plus o u m o i n s selon l ' e s p è c e au m u s c l e f r o n t o - s c u t u l a i r e par son bord rostral et au cervico-
scutulaire par son b o r d caudal. C ' e s t p o u r q u o i ces trois m u s c l e s o n t été parfois décrits c o m m e a u t a n t de s u b d i v i s i o n s d ' u n seul
et m ê m e m u s c l e scutulaire (M. scutularis).
- 473

C o n f o r m a t i o n : c ' e s t une bande charnue étendue presque transversalement de


os interpariétal ou de la partie adjacente du pariétal à la base du dos de l'auricule.
Insertions : le muscle pariéto-auriculaire prend origine à la partie caudale de la li-
gne temporale (Porc, Lapin) ou de la crête sagittale externe (Equidés, Carnivores) ;
chez le Boeuf et les petits Ruminants, cette attache se fait derrière la protubérance
ntercornuale, près de la partie m o y e n n e de l'os pariétal. La terminaison se fait sur la
"ace médio-caudale de la conque de l'auricule. Chez les Ruminants, une faible bande-
ette se détache du bord rostral du muscle et se porte sur l ' e x t r é m i t é caudale du
cartilage s c u t i f o r m e : c ' e s t le principe du muscle pariéto-scutulaire, qui est plus dé-
.eloppé que lui et quelquefois isolé chez les Carnivores et le Lapin.
Rapports : le muscle pariéto-auriculaire est couvert par l'interscut.ulaire, le cervi-
co-scutulaire et le cervico-auriculaire superficiel, de façon variable avec les espèces. Il
couvre la partie caudale du muscle temporal et (chez les Ruminants) un peu de l'os
pariétal.
Fonctions : il élève l'auricule et la tire en dedans ; le pariéto-scutulaire l'assiste
dans ce rôle.
Vaisseaux et nerfs : artère et nerf auriculaires caudaux.

MUSCLE CERVICO-SCUTULAIRE (Pl. 223 à 225)


C'est un muscle superficiel (M. cervicoscutularis) qui peut être plus ou moins lar-
gement uni au cervico-auriculaire superficiel (Carnivores) ou à l'interscutulaire
Equidés, Porc). Il a d'ailleurs souvent été décrit avec ce dernier et le fronto-scutulaire
comme l'un des trois c o n s t i t u a n t s du « muscle scutulaire ».
C o n f o r m a t i o n : C'est une bande charnue à faisceaux parallèles, épaisse, large et
oien définie chez les Ruminants, moins c o m p l è t e m e n t isolable dans les autres espè-
ces.
Insertions : il prend origine à la partie t o u t à fait caudale de la crête sagittale ex-
terne (ou sur la rugosité médiane de l'os interpariétal, chez les Ruminants) et sur la
partie adjacente de la corde nuchale ou du raphé qui en tient lieu. Il se termine au
bord caudal du cartilage s c u t i f o r m e .
Rapports : couvert par la peau, il couvre le muscle pariéto-auriculaire et éventuel-
ement le pariéto-scutulaire.
Fonctions : il tire le cartilage scutiforme en direction médiale et tend à redresser
'oreille.
Vaisseaux et nerfs : c o m m e le muscle précédent.

MUSCLE CERVICO-AURICULAIRE SUPERFICIEL (Pl. 215, 218, 222 à 225)


Ce muscle (M. cervicoauricularis superficialis) est f o r m é de faisceaux qui conver-
gent de la région nuchale vers la face médiale de la base du cartilage de l'auricule.
C o n f o r m a t i o n : c ' e s t une bande charnue relativement longue et étroite chez les
Ruminants et le Porc, une lame plus large à son origine et rétrécie à son extrémité
rostro-latérale chez les Equidés et les Carnivores.
Insertions : l'origine se fait en c o m m u n avec celle du muscle du côté opposé sur
la protubérance occipitale externe et la partie adjacente du raphé cervical ou de la
corde du ligament nuchal. La terminaison est à la face médio-caudale de la base du
cartilage de l'auricule.
474 -

M. fronto-scutulaire M. temporal

M. zygomatico-scutulaire Corps adipeux


orbito-temporal
Cartilage Cartilage scutiforme
M. scutulo-auriculaire
superficiel dorsal M. pariéto-
auriculaire

M. scutulo-auriculaire
du m.
superficiel accessoire
cervico-auriculaire
superficiel
M. cervico-auriculaire
profond

M. cervico-auriculaire moyen M. cervico-auricul. moyen

M. cervico-scutulaire Glande parotide

M. cervico-auriculaire superficiel M. brachio-céphalique

Protubérance occipitale externe Origine du m. cervico-auriculaire


superficiel (coupé)
Corde du ligament nuchal

Planche 2 2 4 MUSCLES CUTANÉS DE L'OREILLE D'UN CHEVAL


Vue caudale. Les muscles superficiels ont été réséqués du côté droit.
- 475

Rapports : ce muscle est couvert à son bord rostral par le cervico-scutulaire et


nans le reste de son étendue par la peau. Il couvre en partie les muscles cervico-
auriculaires moyen et profond.
Fonctions : il tire le pavillon de l'oreille en direction médio-caudale et le relève.
Vaisseaux et nerfs : artères auriculaire caudale et occipitale ; nerf auriculaire cau-
sal, branche du facial.

MUSCLE CERVICO-AURICULAIRE MOYEN (Pl. 215, 218, 222 à 225)


Ce muscle (M. cervicoauricularis médius) est toujours bien plus f o r t que le précé-
dent.
C o n f o r m a t i o n : large et relativement épais à son origine, il se rétrécit latéralement
en c o n t o u r n a n t la base de l'auricule par la face caudale.
Insertions : il prend origine sur la partie rostrale du raphé cervical ou de la corde
• u ligament nuchal, ainsi que sur la partie adjacente de la protubérance occipitale
externe. Il se termine sur le tragus, ventralement à la commissure de l'auricule, sous
e muscle parotido-auriculaire ou t o u t près de lui.
Rapports : couvert par le muscle précédent et la peau, il couvre le muscle cervico-
auriculaire profond et une partie de l'extrémité dorsale de la glande parotide.
Fonctions : il tire le pavillon de l'oreille en direction caudale et surtout il en est ro-
tateur ; il en amène l'ouverture latéralement et caudalement.
Vaisseaux et nerfs : c o m m e le muscle précédent.

MUSCLE CERVICO-AURICULAIRE PROFOND (Pl. 215, 218, 223 à 225)


C'est un muscle plat (M. cervicoauricularis profundus) dont l'origine est subdivi-
sée en deux ou trois faisceaux, de façon variable avec les espèces, et dont la
:erminaison est rétrécie et simple.
Insertions : l'origine est sur le raphé cervical ou la corde du ligament nuchal et sur
a protubérance occipitale externe ; un faisceau peut même provenir de la surface du
muscle temporal (Carnivores). La terminaison se fait à la face caudo-latérale de la
oase de l'auricule, plus ou moins près du bord caudal de celle-ci.
Fonctions : accessoire du précédent.
Vaisseaux et nerfs : c o m m e les muscles précédents.

MUSCLE PAROTIDO-AURICULAIRE (Pl. 208 à 210, 214 à 219)


Ce muscle (M. parotidoauricularis) est situé ventralement à l'oreille, à la surface
de la région parotidienne.
C o n f o r m a t i o n : c ' e s t une longue bande aplatie, qui s'élargit ventralement et peut
être suivie plus ou moins loin : à la surface de la glande parotide chez les Equidés,
usque sous la gorge chez les Ruminants, les Carnivores et le Lapin. Le Porc présente
j n e particularité remarquable : une partie supplémentaire et profonde, également
rubanée, se loge entre la glande parotide et la glande mandibulaire.
Insertions : l'origine se fait par de multiples petits faisceaux tendineux: a) chez les
Equidés, à la surface de la glande parotide, à la partie ventrale de celle-ci ; b) chez le
Porc, au bord rostral de cette m ê m e glande et sur le muscle masséter, ainsi que, par
ie faisceau p r o f o n d , sur la glande mandibulaire ; c) chez les Ruminants et le Lapin, sur
la partie ventrale de cette dernière glande (laissée à découvert par la parotide), ainsi
que sur les muscles voisins ; d) chez les Carnivores, sur les muscles qui couvrent la
476 -

face ventrale de la gorge. La terminaison se fait toujours à la face latérale de la base


de l'auricule, sous la commissure ventrale de son ouverture, à la limite de l'antitragus.
Rapports : la face superficielle est séparée de la peau par une très mince expan-
sion du platysma. La face profonde couvre la glande parotide et, selon l'espèce, une
partie de la glande mandibulaire ou des muscles du voisinage.
Fonctions : abaisseur et abducteur de l'oreille.
Vaisseaux et nerfs : rameaux de l'artère auriculaire caudale et artérioles des glan-
des salivaires ; innervation par le rameau cervical du nerf facial ou un filet direct de ce
dernier.

MUSCLE STYLO-AURICULAIRE (Pl. 221, 225)


C'est un petit muscle f u s i f o r m e (M. styloauricularis), — anciennement « t y m p a n o -
auriculaire ». Il est placé verticalement contre la face rostrale du cartilage annulaire et
au côté médial de la base du cartilage de l'auricule.
Il pend origine par un petit tendon sur l'os temporal, ventralement au méat acous-
tique externe et se termine à la face médio-caudale de la base du cartilage de
l'auricule. Plus long chez les Carnivores, où il procède du bord caudal de la mandi-
bule, il est variable selon les individus et peut manquer. Chez le Porc et le Bœuf, un
petit faisceau particulier se porte à la face profonde du cartilage scutiforme et s'isole
m ê m e le plus s o u v e n t en un petit muscle distinct.
Couvert par la glande parotide et les muscles auriculaires rostraux, le stylo-
auriculaire raccourcit par sa contraction le tube f o r m é par le cartilage annulaire et la
partie infundibulaire du cartilage de l'auricule qui reçoit ce dernier.
La motricité vient du nerf facial par le rameau auriculo-palpébral.

PARTICULARITES SPECIFIQUES

Les différences interspécifiques sont moins grandes que pourrait le laisser suppo-
ser la variété des c o n f o r m a t i o n s du pavillon de l'oreille . Nous limiterons l'exposé aux
particularités les plus remarquables.

CHEVAL (Pl. 208, 215, 221, 222, 224)


Le muscle zygomatico-auriculaire, large et c o u r t , limite son origine à l'arcade zy-
gomatique et au fascia massétérique, rostralement à l'articulation temporo-
mandibulaire. Le muscle zygomatico-scutulaire est uni à son origine au zygomatico-
auriculaire. Le muscle fronto-scutulaire est peu distinct de l'interscutulaire. Ce dernier
est large, attaché par son raphé médian sur presque t o u t e la longueur de la crête
sagittale externe. Plus rostralement, il se sépare de celui du côté opposé et prolonge
son insertion sur près de la moitié caudale de la ligne temporale. Son bord rostral est
mal isolable du muscle précédent et son bord caudal en grande partie c o n f o n d u avec
le muscle cervico-scutulaire. Il se termine rostralement à ce dernier sur le bord médial
et la partie adjacente de la face superficielle du cartilage s c u t i f o r m e et se met en
outre en continuité avec le muscle scutulo-auriculaire superficiel dorsal. C'est la rai-
son pour laquelle les auteurs de langue française décrivaient ce dernier muscle
c o m m e la partie auriculaire d ' u n muscle temporo-auriculaire superficiel dans lequel
étaient regroupés en outre le fronto-scutulaire, l'interscutulaire et le cervico-
scutulaire. Les autres muscles scutulo-auriculaires superficiels ne présentent rien de
particulier. Les muscles scutulo-auriculaires profonds sont bien développés. Le muscle
pariéto-auriculaire est allongé, aplati, triangulaire, de teinte rouge vif. Il prend origine à
la partie caudale de la crête sagittale externe ; il se termine sur l'auricule par un petit
t e n d o n et ne possède aucun faisceau scutulaire. Le muscle cervico-auriculaire super-
- 477

ficiel est bien distinct du cervico-scutulaire, qui ne lui adhère qu'à son origine. Il est
mince, large du côté médial et rétréci à sa terminaison. Le muscle cervico-auriculaire
moyen est aussi très large à son origine et rétréci à sa terminaison, qui est entière-
ment charnue. Le muscle cervico-auriculaire p r o f o n d lui adhère à son origine. Le
muscle parotido-auriculaire est à peu près rectiligne, à peine élargi à sa partie ven-
trale. Il prend origine au niveau du quart ventral de la surface de la glande parotide. Le
muscle stylo-auriculaire est relativement grêle, mais constant.

ANE ET MULET
Ces Equidés, dont le cartilage de l'auricule est beaucoup plus développé que celui
du Cheval, sont aussi pourvus d ' u n e musculature auriculaire bien plus forte. On note-
r a surtout que les limites sont presque indistinctes entre les muscles zygomatico-
scutulaire, fronto-scutulaire, interscutulaire, cervico-scutulaire et scutulo-auriculaires
superficiels. Les muscles cervico-auriculaires sont plus f o r t s que chez le Cheval.

BŒUF (Pl. 209, 216, 225)


Le muscle zygomatico-auriculaire c o m m e n c e par une mince aponévrose qui
s'étale depuis l'angle latéral de l'œil jusque près de la glande parotide, en couvrant la
surface du muscle masséter et l'articulation temporo-mandibulaire. Le muscle zygo-
matico-scutulaire est étroit ; il prend origine à la base du processus frontal de l'os
zygomatique et gagne l'angle rostral et le bord médial du cartilage s c u t i f o r m e . Le
muscle fronto-scutulaire s'étend du processus zygomatique de l'os frontal au bord et
à l'angle rostraux du cartilage s c u t i f o r m e . Les muscles scutulo-auriculaires superfi-
ciels sont épais. Le dorsal, assez long, c o m m e n c e le plus caudalement sur le cartilage
scutiforme en restant distinct de l'interscutulaire. L'intermédiaire est simple, charnu
sur t o u t e sa longueur, très oblique. Le ventral fait défaut. L'accessoire est large et
fort ; il se termine sur le cartilage de l'auricule par un petit t e n d o n . Les muscles scu-
tulo-auriculaires profonds prennent origine en c o m m u n sur presque t o u t e le face
profonde du cartilage scutiforme. Ils divergent de là pour se porter : a) le grand, à la
f ace caudale de la base du cartilage de l'auricule ; b) le petit, sur l'hélix, près de la

commissure ventrale de l'auricule. Un faisceau accessoire prend origine sur le fascia


temporal et la crête temporale, au voisinage du méat acoustique externe ; il peut être
considéré c o m m e un accessoire du stylo-auriculaire. Le muscle interscutulaire ne
mérite absolument pas son nom car il ne passe pas sur le planum frontale, mais reste
mité à la face latérale de la tête, contre la fosse temporale, qu'il couvre. Il est large,
mais court. Il c o m m e n c e sur la ligne temporale rostralement et ventralement à la
corne et se termine au bord médial du cartilage scutiforme sans se mettre en conti-
nuité directe avec le scutulo-auriculaire superficiel dorsal. Le muscle pariéto-
auriculaire est une longue bandelette couverte en grande partie par les muscles cervi-
co-scutulaire et cervico-auriculaire superficiel, avec lesquels il échange des faisceaux,
c o m m e n c e derrière la protubérance intercornuale, près de la rugosité médiane de
os pariétal et sur le raphé médian de la nuque et se termine à la face caudale du
cartilage de l'auricule. De son bord crânial se détache une bandelette plus faible qui
se porte au bord caudal du cartilage scutiforme et représente un muscle pariéto-
scutulaire. Le muscle cervico-scutulaire est large ; bien séparé de l'interscutulaire, il
est au contraire uni sur presque t o u t e sa longueur au cervico-auriculaire superficiel. Il
naît sous la protubérance intercornuale, sur les rugosités situées à la limite des os
pariétal et interpariétal. Le muscle cervico-auriculaire superficiel prend origine sur la
corde du ligament nuchal et ne se sépare du précédent q u ' a u voisinage du cartilage
scutiforme, pour se continuer jusqu'à la face caudale de l'auricule. Le muscle cervico-
auriculaire m o y e n est large et épais. Le muscle cervico-auriculaire profond possède,
outre une partie principale rouge vif, qui prend origine sur la corde du ligament nu-
chal, un chef accessoire plus pâle provenant de la partie caudale du cartilage
scutiforme. Le muscle parotido-auriculaire est disposé à peu près c o m m e chez le
Cheval, mais il s ' é t e n d bien plus ventralement, au-delà de la glande parotide. Son
478 -

M. interscutulaire
M. fronto-scutulaire
M. zygomatico-scutulaire
Corps adipeux orbito-temporal
M. orbiculaire de l'œil

M. scutulo-auriculaire
superficiel dorsal
M. cervico-scutulaire

scutulo-auriculaire
superficiel accessoire
M. cervico-auriculaire
superficiel
M. scutulo-auriculaire
superf. intermédiaire

M. stylo-auriculaire

Cartilage annulaire

M. zygomatico-auriculaire

Nœud lymphat. parotidien

Glande p a r o t i d e -

VUE LATÉRALE

M. interscutulaire

M. pariéto-scutulaire

Origine du m.
Cartilage scutiforme cervico-auriculaire
superficiel (coupé)
M. scutulo-auriculaire superf. dorsal
M. pariéto-auriculaire
M. scutulo-auriculaire superf. access

Terminaison du m. M. cervico-auriculaire
cervico-scutulaire moyen
Terminaison du m.
cervico-auriculaire superf.
Terminaison du m.
cervico-auriculaire profond

Planche 225 MUSCLES CUTANÉS DE L'OREILLE D'UN BŒUF


- 479

aponévrose d'origine couvre la glande mandibulaire, la veine faciale et même une


oetite partie du muscle sterno-zygomatique. Le muscle stylo-auriculaire est grêle et
allongé. Il croise très obliquement le cartilage annulaire car il c o m m e n c e contre la
oase du méat acoustique externe, rostralement à celui-ci et se termine à la face cau-
dale de la base du cartilage de l'auricule. Un petit faisceau distinct s'en sépare pour
aller à la face profonde du cartilage s c u t i f o r m e , où il est annexé au muscle petit scu-
tulo-auriculaire profond, c o m m e dit plus haut.
Les muscles auriculaires des petits Ruminants (Pl. 2 1 0 ) ne diffèrent de ceux du
Bœuf que par des détails minimes.

PORC (Pl. 214)


Le muscle zygomatico-auriculaire est très c o u r t , réduit à quelques faisceaux qui
naissent à la partie caudale de l'arcade zygomatique et s'unissent à la .terminaison du
scutulo-auriculaire superficiel ventral. Le muscle zygomatico-scutulaire est large et
fort. Il prend naissance sur le processus zygomatique de l'os frontal. Sa terminaison
se met en continuité directe avec le scutulo-auriculaire dorsal, avec lequel elle couvre
_ne grande partie du cartilage s c u t i f o r m e ; ventralement, elle se met aussi en conti-
nuité avec l'origine du scutulo-auriculaire superficiel ventral. Le muscle fronto-
scutulaire manque. Il semble avoir été absorbé par l'interscutulaire. Les muscles scu-
tulo-auriculaires superficiels dorsal et ventral sont larges et très f o r t s , surtout le
oremier, lequel semble continuer directement le zygomatico-scutulaire. L'intermédiaire
est pâle et plus faible et l'accessoire c o n f o n d u avec la terminaison du pariéto-
auriculaire. Les muscles scutulo-auriculaires profonds sont disposés à peu près
comme chez le Bœuf, mais plus faibles. Le faisceau qui va de la base du processus
zygomatique de l'os temporal au cartilage s c u t i f o r m e est cylindroïde et particulière-
ment distinct. Il est voisin du stylo-auriculaire, dont il pourrait être considéré c o m m e
j n chef scutulaire. Le muscle interscutulaire est relativement court, mais large. Il
orend origine sur t o u t e la longueur de la ligne temporale de l'os pariétal, que quelques
z aisceaux débordent en outre pour s'attacher sur l'aponévrose épicrânienne. Il reste

donc séparé de celui du côté opposé. Le muscle pariéto-auriculaire est très épais,
z'un rouge plus vif que l'interscutulaire, qui le couvre en partie ; il prend origine à la
oartie t o u t à fait caudale de la ligne temporale et se termine à la base de l'auricule en
ne déléguant que quelques fibres au cartilage s c u t i f o r m e . Les muscles cervico-
scutulaire et cervico-auriculaire superficiel prennent naissance en c o m m u n sur la nu-
que à trois ou quatre travers de doigt de la protubérance occipitale externe ; ils
-orment une bande charnue très oblique et se séparent un peu avant d'atteindre
oreille. La partie scutulaire est large mais pâle, formée de faisceaux dissociés ; la
= artie auriculaire est plus étroite mais plus dense. Le muscle cervico-auriculaire
moyen est large et f o r t , attaché à la protubérance occipitale externe et au raphé cer-
.ical ; son bord caudal est difficile à séparer de l'origine du précédent. Sa terminaison
se fait c o m m e d ' h a b i t u d e près du parotido-auriculaire. Le muscle cervico-auriculaire
profond est attaché à l ' o c c i p u t et presque entièrement caché par le précédent. Le
muscle parotido-auriculaire est presque entièrement divisé en deux faisceaux étroits
et rouge vif qui se t e r m i n e n t en c o m m u n sous la commissure ventrale de l'auricule.
_e faisceau rostral est superficiel ; il croise très obliquement le bord correspondant de
a glande parotide et va s'épanouir à la surface du muscle masséter. Le faisceau cau-
dal se sépare du précédent à angle très aigu pour traverser l'épaisseur de la glande
oarotide puis descendre entre la face profonde de cette dernière et la glande mandi-
Dulaire. Il est cylindroïde et grêle, mais très long et va jusque sous la gorge. Le muscle
stylo-auriculaire est très épais, fort large, facile à découvrir devant la base de l'oreille.

CHIEN (Pl. 217, 223)


Le muscle zygomatico-auriculaire est mince, très court, mais relativement large. Il
c o m m e n c e par une fine aponévrose sur l'arcade z y g o m a t i q u e et le fascia temporal, à
a face profonde du muscle zygomatique. Il se termine contre le muscle parotido-
480 -

auriculaire en devenant plus étroit et plus distinct. Le muscle zygomatico-scutulaire


est très large ; il c o m m e n c e en regard du ligament orbitaire ; son origine se prolonge
sur le processus zygomatique de l'os frontal et sur la moitié rostrale de la ligne tem-
porale. Le muscle fronto-scutulaire déborde sur le planum frontale et s'unit à celui du
côté opposé en une bande transversale mince, à fibres dissociées, qui semble prolon-
ger rostralement l'interscutulaire. Il est peu distinct du précédent et l'ensemble couvre
la moitié rostrale de la fosse temporale. Les deux muscles se c o n f o n d e n t latéralement
pour aller s'attacher sur le bord médial, l ' e x t r é m i t é rostrale et la face superficielle du
cartilage s c u t i f o r m e en s'unissant à l'interscutulaire. L'ensemble se met en large
continuité avec le scutulo-auriculaire superficiel dorsal, qui le prolonge longuement sur
le bord rostral de l'auricule. Le muscle interscutulaire, large et f o r t , couvre en partie
les muscles occipital, pariéto-scutulaire et temporal. Il se porte directement d ' u n car-
tilage s c u t i f o r m e à l'autre sans prendre d'insertion à la crête sagittale externe. Son
bord caudal se met en continuité avec l'origine du cervico-scutulaire. Les muscles
scutulo-auriculaires superficiels sont larges et forts. Le dorsal se continue c o m m e il a
été dit avec le fronto-scutulaire et l'interscutulaire. L'intermédiaire est peu isolable de
la terminaison du cervico-auriculaire superficiel. Le ventral est large et court. L'acces-
soire est étroit, très grêle à son origine mais longuement étalé à la surface de
l'auricule, entre les terminaisons des muscles cervico-auriculaire superficiel et pariéto-
auriculaire. Il existe un muscle pariéto-scutulaire et un muscle pariéto-auriculaire, mais
ils sont rarement séparés sur t o u t e leur longueur. Le plus souvent, ils f o r m e n t ensem-
ble une large bande qui naît sur la moitié caudale de la crête sagittale externe et la
protubérance occipitale externe, où elle se c o n f o n d avec l'origine du cervico-
auriculaire m o y e n . Ils se séparent latéralement, le plus court allant au bord médial du
cartilage s c u t i f o r m e et le plus long remontant à la face médio-caudale de l'auricule en
s ' y étalant. Le muscle cervico-scutulaire est peu distinct du muscle cervico-auriculaire
superficiel. Ces deux muscles naissent ensemble sur la protubérance occipitale ex-
terne et le raphé cervical. Ils ne se séparent qu'à leur terminaison, le premier
s ' a t t a c h a n t à la partie caudale du cartilage s c u t i f o r m e et le second se m e t t a n t en
continuité avec le scutulo-auriculaire superficiel intermédiaire. Le muscle cervico-
auriculaire m o y e n est large. Son origine se c o n f o n d avec celle du pariéto-auriculaire.
La terminaison se fait par deux branches dont une s'étale à la face caudale du carti-
lage de l'auricule et l'autre contourne ce dernier pour aboutir près de la commissure
ventrale et du muscle parotido-auriculaire. Le muscle cervico-auriculaire p r o f o n d est
faible. Il c o m m e n c e par de petits faisceaux dissociés sur le fascia temporal, la crête
nuchale et le raphé cervical et devient plus étroit mais mieux distinct à sa terminai-
son, qui se fait très bas sur la face médio-caudale de l'auricule. Le muscle parotido-
auriculaire est étroit mais très long ; il prend origine sous la gorge, par un mince fas-
cia continu avec celui du côté opposé et croise au passage les glandes mandibulaire
et parotide. Le muscle stylo-auriculaire est long ; il prend origine à la face caudale du
col de la mandibule, contre lequel il est couvert par la glande parotide.

CHAT (Pl. 218)


Les muscles auriculaires sont disposés à peu près c o m m e chez le Chien. On note-
ra t o u t e f o i s que le muscle zygomatico-auriculaire est un peu plus fort. Les muscles
zygomatico-scutulaire et fronto-scutulaire sont pratiquement c o n f o n d u s et f o r m e n t
une lame charnue large et épaisse, directement continue avec un muscle scutulo-
auriculaire superficiel dorsal très f o r t . Le muscle interscutulaire est large, de même
que le muscle pariéto-scutulaire. Le muscle cervico-scutulaire est bien distinct, mais
plus faible que le muscle cervico-auriculaire superficiel. Le muscle parotido-auriculaire
est plus large que chez le Chien et beaucoup plus oblique caudalement.

LAPIN (Pl. 219)


Le muscle zygomatico-auriculaire est e x t r ê m e m e n t développé ; c ' e s t une longue
bande qui c o m m e n c e sous la partie incisive de la mandibule et se termine à l'empla-
- 481

cernent habituel, mais en c o m m u n avec le muscle z y g o m a t i q u e . Le muscle zygomati-


co-scutulaire est très large et c o m p l è t e m e n t distinct du muscle fronto-scutulaire.
Celui-ci est au contraire étroit mais fort long ; il prend naissance près du bord supra-
orbitaire, où il est couvert par l'orbiculaire des paupières. Le muscle interscutulaire est
large et très f o r t , dépourvu de raphé médian. Les muscles scutulo-auriculaires super-
ficiels sont également puissants, surtout le dorsal, qui est très large. Il existe un
muscle pariéto-scutulaire large et f o r t , en grande partie c o n f o n d u avec le muscle
pariéto-auriculaire. Les muscles cervico-auriculaires sont relativement faibles. Le mus-
cle parotido-auriculaire est large ; il prend origine sur la glande parotide et la partie
adjacente du muscle masséter, croise la face profonde des muscles zygomatico-
auriculaire et zygomatique pour se terminer un peu rostralement à eux. Le muscle
stylo-auriculaire est f o r t .

COMPARAISON AVEC L'HOMME (Pl. 2 0 7 , 2 2 0 )

Il n'existe chez l ' H o m m e que trois muscles extrinsèques de l'auricule, tous trois minces, plats et
'ayonnés : le muscle auriculaire antérieur (M. auricularis anterior), le plus faible, va de la partie de
aponévrose épicrânienne située derrière l'orbite à la face correspondante de la base du pavillon. Le
-luscle auriculaire supérieur (M. auricularis superior) est le plus large et le plus f o r t ; il s'attache à la
zartie latérale de l'aponévrose épicrânienne et couvre la plus grande partie de la région temporale. Le
-luscle auriculaire postérieur (M. auricularis posteriori est formé de deux ou trois faisceaux qui, de la
= ase du processus mastoïde de l'os temporal et de la partie voisine de l'os occipital, v o n t s'attacher à
a partie inféro-postérieure de la base de l'auricule. Presque toujours, les insertions occipitales de ce
—.uscle se prolongent par une languette tendineuse jusqu'à la protubérance occipitale externe.

Il est évident que chacun de ces trois muscles représente le groupe correspondant des muscles
auriculaires des Mammifères domestiques. Cette régression est en rapport avec la perte de la mobilité
du pavillon et la disparition du cartilage scutiforme. Il n'existe aucune trace des muscles auriculaires
• entraux.

Il - MUSCLES MASTICATEURS
(Pl. 2 0 7 à 2 1 0 , 2 1 4 à 2 1 9 , 2 2 6 à 2 3 7 , 2 4 1 , 2 4 3 , 2 4 6 , 2 4 7 )

Les muscles masticateurs sont spécialement affectés aux m o u v e m e n t s de la mâ-


choire inférieure ; ils m e t t e n t donc en action les articulations temporo-mandibulaires.
Leur disposition et leur développement dépendent de l'amplitude et de la nature des
déplacements mandibulaires mis en jeu par la préhension des aliments et spéciale-
ment chez les Mammifères, par la mastication. Leur morphologie, c o m m e celle des
dents, est donc significative du régime alimentaire.
De chaque côté, quatre de ces muscles sont chargés de rapprocher les mâchoi-
-es. Ce sont les muscles masséter, temporal, ptérygoïdien médial et ptérygoïdien
atéral. Les deux premiers sont superficiels, étalés respectivement à la face latérale de
a branche mandibulaire et dans la fosse temporale. Ils sont solidaires et échangent
des faisceaux dans beaucoup d'espèces. Tous deux rapprochent directement les
mâchoires. Ils sont très épais chez les Carnivores, animaux à molaires tranchantes.
Les deux autres sont cachés par la branche mandibulaire, qu'ils unissent à la région
sphénoïdale. Ils sont par conséquent obliques et t o u t en élevant la mandibule, ils
peuvent la tirer en direction rostrale ou, en alternant leurs contractions, la déplacer
atéralement. Aussi sont-ils surtout développés dans les animaux à molaires broyeu-
ses, chez les Herbivores en général.
Un cinquième muscle s'oppose aux précédents car il est abaisseur et rétracteur
de la mâchoire inférieure : c ' e s t le digastrique. Il possède d'ailleurs une origine em-
bryonnaire bien différente : alors que les quatre autres dérivent de l'arc mandibulaire
482 -

M. temporal

Articulation temporô-
mandibulaire
Plan profond 1
Muscle masséter
Plan superficiel j

Ventre caudal ^

Tendon intergastrique V M. digastrique

Ventre rostral I

VUE LATÉRALE

M. ptérygoïdien latéral

M. ptérygoïdien médial

Ventre caudal ï

.Tendon intergastrique > M. digastrique

_ _ _ _ _ Ventre rostral )

VUE MEDIALE

Planche 226 - MUSCLES MASTICATEURS DE L'HOMME


- 483

et sont innervés par la branche mandibulaire du nerf trijumeau, il dérive en grande


partie de l'arc hyoïdien et c o m m e les muscles hyoïdiens, qui ont la même origine,
cette partie est innervée par le nerf facial. Ce muscle entretient d'ailleurs des rapports
remarquables avec la région de l'os hyoïde. C'est la raison pour laquelle nombre d'au-
teurs ne le classent pas parmi les muscles masticateurs, mais le décrivent avec les
muscles suprahyoïdiens. En fait, les connexions hyoïdiennes sont fort variables ; par
sa topographie c o m m e par ses f o n c t i o n s , le muscle digastrique mérite plutôt d'être
rangé avec les muscles masticateurs.

MUSCLE MASSETER (Pl. 207 à 210, 214 à 219, 226 à 228, 230 à 236)
Le muscle masséter (M. masseter) constitue la base de la région massétérique,
encore n o m m é e région du « plat de la joue » chez les grands Ongulés. Il occupe une
situation superficielle et couvre la branche de la mandibule.
C o n f o r m a t i o n : toujours puissant, ce muscle est quadrilatère, plat et relativement
large chez les Ongulés et le Lapin, très épais et plus arrondi chez les Carnivores. Dans
toutes les espèces, il est constitué de deux parties superposées, l'une superficielle et
autre profonde.
La partie superficielle (Pars superficialis) est large, formée de faisceaux f o r t e m e n t
obliques en direction ventro-caudale.. Elle est couverte par une forte aponévrose de
revêtement qui s ' a m i n c i t et disparaît dans les parties ventrale et caudale, lesquelles
sont beaucoup plus épaisses et presque entièrement charnues. A sa face profonde
peut être isolé, surtout chez les Carnivores et le Lapin, un plan charnu à fibres moins
obliques et revêtu d'une mince lame aponévrotique ; ce plan est parfois décrit c o m m e
une partie moyenne.
La partie profonde (Pars profunda) est séparée de la précédente par un plan
conjonctif de clivage généralement net. Elle s'en distingue en outre par l'orientation
plus directement dorso-ventrale de ses faisceaux et par sa moins grande richesse en
tissu fibreux. Moins large qu'elle, elle s ' é t e n d t o u t e f o i s un peu plus caudalement chez
tes Ongulés, où elle reste ainsi à découvert au voisinage de l'articulation t e m p o r o -
mandibulaire. Chez le Lapin, elle est épaisse et large ; elle étend son origine sur un
fort prolongement caudal de l'os zygomatique et reste ainsi en grande partie décou-
verte.
Insertions : le muscle masséter prend origine sur l'arcade zygomatique, la crête
faciale et le tubercule facial. Il se termine sur la branche de la mandibule, dans t o u t e
'étendue de la fosse massétérique ainsi que sur le bord caudal de l'angle de la mâ-
choire.
Ces insertions se répartissent c o m m e suit : la partie superficielle limite son origine
à la moitié rostrale du bord ventral de l'arcade zygomatique ; elle prolonge cette atta-
che sur t o u t e la crête faciale et la renforce en une épaisse lame tendineuse sur le
tubercule facial. Elle se termine au bord caudal de la branche mandibulaire et de la
fosse massétérique, ainsi que sur l'angle de la mandibule et s'étend jusqu'à l'incisure
vasculaire ; chez les Carnivores, cette dernière attache couvre le bord ventral de la
région angulaire et envahit même la partie adjacente de la face médiale de l'os. La
partie profonde c o m m e n c e sous la crête faciale, sans atteindre le tubercule facial,
mais son origine s ' é t e n d sur t o u t e la longueur de l'arcade zygomatique, dont elle
envahit une partie de la face médiale. Sa terminaison est limitée à la fosse massétéri-
que.
Rapports : la face superficielle est couverte par le mince fascia massétérique
(Fascia masseterica), qui s'étend de la crête faciale et de l'arcade zygomatique au
Muscle mental M. abaisseur de la lèvre inférieure

Planche 2 2 7 - MUSCLES MASTICATEURS ET P R O F O N D S DE LA J O U E D'UN BŒUF

(Vue latérale gauche)


- 485

bord ventral de la mandibule et se prolonge caudalement par le fascia parotidien (Fas-


cia parotidea) à la surface de la glande parotide. Le fascia massétérique s'unit à la
mince expansion zygomatique du muscle cutané du cou, qui le sépare de la peau.
Entre les deux formations s'insinuent le muscle zygomatique, les rameaux buccaux du
nerf facial et leurs vaisseaux satellites, ainsi que l'aponévrose d'origine du muscie
zygomatico-auriculaire (et ce muscle lui-même chez le Lapin) ; chez l'Homme, le Mou-
ton, la Chèvre, les Carnivores et le Lapin, le conduit parotidien passe aussi dans cet
interstice, en situation plus ventrale que les formations précédentes.

La face profonde couvre la partie molaire du muscle buccinateur et chez les Equi-
dés, l'origine du muscle abaisseur de la lèvre inférieure. Elle répond aussi à la
terminaison du muscle temporal, à la branche de la mandibule, au nerf buccal et à ses
vaisseaux satellites, ainsi qu'aux glandes buccales les plus caudales et à un important
amas de tissu conjonctivo-adipeux qui se continue dans la fosse temporale, où nous
le retrouverons (corps adipeux orbito-temporal).

Le nerf massétérique chemine et se divise entre les deux parties du muscle, où il


est accompagné par l'artère et la veine du même nom.

Le bord rostral est longé dans la plupart des espèces par l'artère et la veine fa-
ciales ; chez le Cheval et le Boeuf, ces importants vaisseaux sont accompagnés par la
partie préterminale du conduit parotidien, qui se place entre eux et le masséter. Ces
formations sont logées dans une duplication du fascia massétérique qui, à ce niveau,
délègue une lame profonde contournant le masséter en direction du bord rostral de la
branche mandibulaire et une lame superficielle qui se perd sur la région buccale. Men-
tionnons encore le passage, contre ce même bord rostral du masséter, de la
terminaison du muscle sterno-zygomatique chez le Bœuf et du rétracteur de la mandi-
bule chez le Lapin.

Le bord caudal est couvert, plus ou moins largement selon l'espèce, par la glande
parotide, qui lui adhère en général beaucoup ; il est aussi en rapport près du col de la
mandibule avec le ou les nœuds lymphatiques parotidiens (rapport important chez les
Ruminants).

Fonctions : le muscle masséter est l'agent le plus puissant du rapprochement des


mâchoires. Il élève la mandibule et par sa partie superficielle, concourt à la tirer en
avant. Il agit toujours sur un levier interpuissant, la composante des forces qu'il
exerce passant un peu caudalement à la dernière molaire. Son intervention sera d'au-
tant plus efficace que le bras de levier de la résistance sera plus court, c'est-à-dire
que les corps à broyer seront enfoncés plus près de la dernière molaire.

Vaisseaux et nerfs : les artères proviennent par plusieurs voies du système de la


carotide externe. Les principales sont les artères transverse de la face, qui aborde le
muscle par sa partie dorsale et massétérique qui chemine entre les deux parties. Les
parties voisines du bord caudal reçoivent du sang de la carotide externe, par ses ra-
meaux massétériques et parotidiens. La région rostrale en reçoit par de fines divisions
de l'artère faciale.

La motricité est apportée par le nerf massétérique, rameau du nerf mandibulaire,


issu du trijumeau.
486 -

Crête sagittale externe sagittale interne

Sinus longitudinal dorsal Faux du cerveau

M. fronto-scutulaire Corps calleux

Ventricule latéral

Troisième ventricule
Nerf ophtalmique et
nerfs moteurs de
Cercle artériel
du cerveau
M. temporal

N. auriculo-

M. zygomatique zygomatique

Bord rostral
de l'articulation
temporo-mandibulaire
Rameau buccal maxillaire
dorsal du n. facial
M. ptérygoïdien latéral

Nerf mandibulaire Artère maxillaire


Nasopharynx
Conduit parotidien
M. palatin

V. maxillaire Muscle masséter

Art. alvéolaire inférieure Branche de la mandibule

Tonsille palatine Rameau buccal


ventral du n. facial
Cavité du go M. ptérygoïdien médial

A. et V. faciales ' M. digastrique

Nerf hypoglosse Base de la langue

A. et V. linguales A. et V. sublinguales

M. mylo-hyoïdien M. génio-hyoïdien

Planche 2 2 8 COUPE T R A N S V E R S A L E DE LA TÊTE D ' U N CHIEN

passant au bord rostral des articulations temporo-mandibulaires


(Segment rostral de la coupe. Vue caudale)
- 487

MUSCLE TEMPORAL (Pl. 226 à 228, 230, 231, 234 à 236)


Le muscle temporal (M. temporalis) 111 occupe la fosse du même nom, dans la-
quelle il est en quelque sorte moulé.
C o n f o r m a t i o n : c ' e s t un muscle large, très épais et rebondi chez les Carnivores,
plus faible chez les Herbivores. Comme le laisse prévoir la f o r m e de la fosse t e m p o -
rale, il est mince et large chez les Equidés, plus épais mais étroit chez les Ruminants
et le Lapin. Ses fibres convergent sur une très forte lame tendineuse centrale, qui se
poursuit j u s q u ' a u processus coronoïde de la mandibule en recevant les faisceaux
charnus sur ses deux faces.
Dans beaucoup d'espèces, une partie accessoire plus ou moins distincte s'ajoute
à la partie principale ci-dessus décrite. C'est un gros faisceau attaché à la crête infra-
temporale de l'os sphénoïde et à la partie adjacente de la f o s s e ' temporale. Très
distinct chez le Lapin, ce faisceau l'est beaucoup moins chez les Ongulés et chez
l ' H o m m e ; il n'est pas discernable chez les Carnivores, qui possèdent en revanche un
faisceau accessoire superficiel, issu de la crête temporale.
Insertions : le muscle temporal prend origine dans la plus grande partie de la fosse
temporale, ainsi que sur la ligne temporale, la crête sagittale externe (Equidés et Car-
nivores) et la crête infratemporale. En outre, ses faisceaux charnus les plus
superficiels s ' a t t a c h e n t à la face profonde du fascia temporal (voir plus loin). Il se
termine par sa lame tendineuse sur le processus coronoïde de la mandibule, qui paraît
en être une partie ossifiée, et sur le bord rostral de la branche de cet os.
Rapports : le muscle temporal est couvert par le fascia temporal (Fascia tempora-
lis) qui convertit la fosse du même nom en une loge presque entièrement close. Ce
fascia, plus mince chez les M a m m i f è r e s domestiques que chez l ' H o m m e , prend ori-
gine sur t o u t le pourtour de la fosse temporale : ligament orbitaire et bord caudal du
processus zygomatique de Los frontal, ligne temporale (et chez l ' H o m m e , intervalle
entre les lignes temporales supérieure et inférieure), crête sagittale externe (Equidés,
Carnivores), crête nuchale et crête temporale. Il se dédouble ventralement en un
feuillet superficiel qui se porte à la face latérale de l'arcade zygomatique et tend à se
mettre en continuité avec le fascia massétérique et un feuillet profond qui se porte au
revers médial de l'arcade zygomatique ; entre ces deux feuillets circulent des rameaux
vasculaires et nerveux au sein d ' u n conjonctif beaucoup moins abondant chez les
animaux que chez l ' H o m m e . La loge temporale délimitée par ce fascia est ouverte
ventralement sous l'arcade zygomatique. Par cette ouverture, le muscle temporal se
porte sur le bord rostral de la branche mandibulaire. Il est accompagné par un volumi-
neux corps adipeux orbito-temporal qui favorise par sa diffluence les m o u v e m e n t s de
l'articulation temporo-mandibulaire et les déplacements des organes voisins au cours
de la mastication. Diversement développé selon l'espèce mais toujours présent, ce
paquet adipeux est délimité par une mince enveloppe conjonctive. Il c o m m e n c e dans
la région sous-zygomatique, à la face profonde du muscle masséter (« boule grais-
seuse de Bichat », chez l ' H o m m e ) , remonte derrière la tubérosité alvéolaire entre la
terminaison du muscle temporal et la gaine de l'orbite et se termine à la partie rostrale
de la fosse temporale (région de la « salière » chez les Equidés, où cette extrémité est
très large).

La face superficielle du muscle temporal, attachée par sa partie dorsale au fascia


temporal, est séparée par ce dernier du s c u t u m auriculaire et des muscles auriculaires

(1} Le m u s c l e t e m p o r a l a aussi été n o m m é « c r o t a p h i t e Ce t e r m e , qui a la m ê m e s i g n i f i c a t i o n , mais d o n t la racine est g r e c q u e ,


a été d é f i n i t i v e m e n t a b a n d o n n é .
00
00

Processus jugulaire
de l'os occipital
M. ptérygoïdien latéral

Partie latérale
M. ptérygoïdien
Partie médiale médial

Ventre caudal

Faisceau angulaire

M. digastrique
Tendon intergastrique

Ventre rostral

Planche 2 2 9 MUSCLES MASTICATEURS DU CHEVAL


Vue médiale
- 489

ainsi que des rameaux des vaisseaux t e m p o r a u x superficiels et de leurs nerfs satelli-
tes. La face profonde est en rapport avec les os de la fosse temporale ainsi q u ' a v e c
les vaisseaux et les nerfs t e m p o r a u x profonds. La partie attachée à la crête infratem-
porale échange des faisceaux avec la partie profonde du muscle masséter. Elle est
aussi en rapport avec la gaine fibreuse de l'orbite et du côté médial avec les muscles
ptérygoïdiens et des rameaux des vaisseaux et du nerf maxillaires.
Fonctions : le muscle temporal concourt à l'élévation de la mandibule, qu'il fait
basculer autour de l'articulation temporo-mandibulaire ; il agit ainsi sur un levier inter-
puissant. Le faisceau infratemporal contribue en outre à l ' a d d u c t i o n de la mandibule.
Vaisseaux et nerfs : le sang est amené par les artères temporales profondes, col-
latérales de la maxillaire. Les veines sont richement anastomosées avec le plexus
ptérygoïdien. Les nerfs (temporaux profonds) proviennent du nerf mandibulaire,
branche du trijumeau.

MUSCLE PTERYGOÏDIEN MEDIAL (Pl. 226, 228 à 233, 235 à 237, 241, 243)
Le muscle ptérygoïdien médial (M. pterygoideus medialis) est situé à la face mé-
diale de la branche mandibulaire, où sa disposition semble répéter celle du masséter' 1 '.
C o n f o r m a t i o n : ce muscle s ' é t e n d obliquement de la région ptérygoïdienne, où il
est surtout riche en tissu fibreux, à la branche mandibulaire et à l'angle de la mâ-
choire, en devenant à la fois plus large, plus épais et charnu. Sa face médiale est
revêtue d ' u n e forte aponévrose nacrée qui s'amincit et disparaît ventralement. Il est
aussi mêlé de fortes intersections fibreuses, qui sont surtout développées à sa partie
dorsale. Un interstice lamelleux peut dans certaines espèces (Equidés) le subdiviser de
façon incomplète en deux parties superposées.
Insertions : l'origine occupe à la base du crâne t o u t e la fosse ptérygoïdienne
quand elle existe (Homme, Lapin, Porc) et les parties du processus ptérygoïde qui en
sont adjacentes. Chez les Equidés, les Ruminants et les Carnivores, elle se fait sur la
plus grande partie de la crête ptérygo-palatine. La terminaison se fait sur la branche
de la mandibule, dans la fosse ptérygoïdienne, caudo-ventralement au foramen man-
dibulaire, ainsi que sur le bord caudal et la région angulaire. Les faisceaux les plus
longs tendent à s'adosser à ceux du muscle masséter au bord ventral de cette der-
nière.
Rapports : La face latérale répond au muscle ptérygoïdien latéral, au faisceau in-
fratemporal du muscle temporal, au nerf mandibulaire (qui passe entre les deux
muscles ptérygoïdiens) et à ses branches terminales, aux vaisseaux alvéolaires infé-
rieurs et à la branche de la mandibule.
La face médiale répond aux muscles élévateur et tenseur du voile du palais, au
s t y l o h y o i d e u m , à la face latérale du pharynx (dont elle est séparée en partie chez les
Equidés par la poche gutturale). Plus bas encore, elle entre en c o n t a c t avec les mus-
cles mylo-hyoïdien, stylo-glosse, hyo-glosse, une partie de la glande mandibulaire et le
conduit mandibulaire, voire avec le muscle stylo-hyoïdien. Dans la forte lame conjonc-
tive qui s'étend entre la face médiale du ptérygoïdien médial et le pharynx passent
d ' i m p o r t a n t s vaisseaux et nerfs, selon une topographie d'ailleurs très variable avec les
espèces : carotide externe et ses branches linguale et faciale, nerfs glosso-pharyngien
et hypoglosse. Le bord ventral est longé par la veine et l'artère faciales, ainsi que,
chez les Equidés et le Bœuf, par le conduit parotidien.

( 1 ) C ' e s t la r a i s o n p o u r l a q u e l l e W i n s l o w a v a i t d o n n é à c e m u s c l e le n o m d e « m a s s é t e r i n t e r n e ». S y l v i u s , p o u r s a p a r t , le
;
n o m m a i t « grand ptérygoïdien » par opposition au ptérygcïaien atéra' lequel est t o u j o u r s b e a u c o u p plus petit.
490 -

Hémisphère cérébral gauche calleux

M. fronto-scutulaire Ventricule latéral droit

Muscle optique

M. ptérygoïdien Nerf ophtalmique


et nerfs moteurs de l'œil

Arcade zygomatique Nerf maxillaire

M. zygomatique Nerf buccal

Rameau buccal
dorsal du n. facial Canal naso-pharyngien
M. élévateur
Branche de la mandibule
du voile du palais
M. palatin
A. et V. maxillaires
M. tenseur
du voile du palais
M. palato-pharyngien Nerf mandibulaire
Cavité du gosier
M. stylo-glosse Crochet ptérygoïdien

M. masséter Glandes palatines


Tendon d'origine
du m. digastrique Petite corne de l'os hyoïde

M. ptérygoïdien médial Branche de la mandibule

Nœud lymph. mandibulaire Artère et veine faciales

Glande mandibulaire Nerf hypoglosse

Platysma Conduit parotidien

Muscle hyo-glosse Artère linguale

Muscle cérato-hyoïdien Base de la grande corne de l'os hyoïde

Tissu adipeux sous-cutané Racine de la langue

Mm. sterno-hyoïdien et omo-hyoïdien Corps de l'os hyoïoe

Planche 2 3 0 COUPE T R A N S V E R S A L E DE L A TÊTE D'UN PORC


passant un peu rostralement aux articulations temporo-mandibulaires
(Segment rostral de la coupe. Vue caudale)
Porc charcutier de six mois : le sinus frontal n'a pas terminé son développement
et n'atteint pas le niveau de la coupe.
491

Fonctions : ce muscle c o n c o u r t de f a ç o n puissante à élever la mâchoire infé-


rieure, qu'il peut en outre tirer rostralement ; il met en jeu un levier interpuissant. En
raison de son obliquité, il agit aussi pour imposer à la mâchoire des m o u v e m e n t s de
latéralité. Quand il se c o n t r a c t e de f a ç o n unilatérale, il tire en direction médiale la
mandibule correspondante, dont il est donc adducteur, mais repousse en même t e m p s
en abduction la mandibule opposée.
Vaisseaux et nerfs : le sang provient de sources multiples : branches musculaires
des artères carotide externe et maxillaire : alvéolaire inférieure, ptérygoïdiennes et
buccale. La motricité est apportée par le nerf du ptérygoïdien médial, rameau collaté-
ral de la branche mandibulaire du nerf trijumeau.

MUSCLE PTERYGOÏDIEN LATERAL (Pl. 226, 228 à 230, 232, 233, 235 à 237, 241)
Le muscle ptérygoïdien latéral (M. pterygoideus lateralis) est beaucoup plus petit
et plus oblique que le précédent. Il est situé sous la base du crâne, rostro-
médialement à l'articulation temporo-mandibulaire.
C o n f o r m a t i o n : c ' e s t un muscle c o u r t , épais et conoïde, presque entièrement
charnu. Sa base est adossée à la région sphénoïdale et son s o m m e t aboutit au col de
la mandibule. Chez l ' H o m m e , il est divisé à son origine en deux faisceaux distincts
entre lesquels passe habituellement l'artère maxillaire. Il est simple chez tous les ani-
maux domestiques ; il est particulièrement faible chez les Ruminants.
Insertions : il prend origine à la face ventrale de l'os sphénoïde et au revers latéral
du processus ptérygoïde. Il se termine à la fovea ptérygoïdienne du col de la mandi-
bule et à la partie adjacente de la capsule articulaire temporo-mandibulaire.
Rapports : latéralement, il répond au col de la mandibule et à l'articulation t e m p o -
ro-mandibulaire, ainsi qu'à la partie infratemporale du muscle temporal. Sa face
médiale répond au muscle tenseur du voile du palais et à l'origine du ptérygoïdien
médial. L'artère maxillaire passe contre elle ; le nerf mandibulaire, qui croise cette
artère par l'extérieur, prend appui à la face médio-ventrale du muscle.
Fonctions : la c o n t r a c t i o n bilatérale tire la mâchoire inférieure en direction ros-
trale. Quand la contraction est unilatérale, la protraction s ' a c c o m p a g n e d ' u n
déplacement de l ' e x t r é m i t é rostrale de la mâchoire vers le côté opposé à celui occupé
par le muscle ; ce dernier est donc adducteur pour la mandibule correspondante et
abducteur pour l'opposée. Le f o n c t i o n n e m e n t alternatif des muscles ptérygoïdiens
droits puis gauches est particulièrement visible pendant la mastication chez les grands
Ongulés.
Vaisseaux et nerfs : les artères viennent de collatérales de la maxillaire : ptérygoï-
diennes, buccale, alvéolaire inférieure. L'innervation est fournie par un grêle rameau
du nerf mandibulaire.

MUSCLE DIGASTRIQUE (Pl. 217, 226 à 237, 239 à 243, 246, 247)
Le muscle digastrique (M. digastricus) est un muscle composite, étendu de l'os
occipital (ou, chez l ' H o m m e , de la partie de l'os temporal immédiatement adjacente) à
la mandibule. Sa disposition varie selon l'espèce.
C o n f o r m a t i o n : ce muscle est n o m m é digastrique parce qu'il est dans la plupart
des espèces constitué d ' u n ventre caudal (Venter caudalis) et d ' u n ventre rostral
iVenter rostralis) réunis par un tendon intergastrique. Chez l ' H o m m e , ce dernier tra-
verse l'extrémité distale du muscle stylo-hyoïdien. Chez les Ruminants, il ne traverse
pas le stylo-hyoïdien et le s o u t è n e m e n t de l'appareil hyoïdien est assuré par une ban-
delette charnue transversale qui unit les ventres rostraux des deux muscles
492 -

VUE MÉDIALE

Planche 236 - MUSCLES MASTICATEURS D'UN LAPIN


- 493

digastriques, droit et gauche. Chez les Equidés, le tendon intergastrique traverse


comme chez l'Homme la terminaison du stylo-hyoïdien. Mais dans ces animaux appa-
raît un volumineux faisceau supplémentaire qui n'existait pas dans les espèces
précédentes : c'est la partie occipito-mandibulaire (Pars occipitomandibularis) ou an-
gulaire, qui se détache de l'origine du ventre caudal pour se porter sur l'angle de la
mâchoire. Cette dernière partie s'isole chez le Lapin en un muscle rétracteur de la
mandibule, très développé et dont la disposition est compliquée, tandis que le digas-
trique proprement dit reste simple, formé d'un seul corps charnu succédant à un
tendon caudal d'origine. Dans le Porc et les Carnivores, il n'y a pas de partie angulaire
ou de muscle rétracteur, mais le digastrique est également simple et indépendant du
muscle stylo-hyoïdien. Cette simplicité n'est d'ailleurs qu'apparente : chez le Porc
comme chez le Lapin, le ventre caudal, grêle et entièrement fibreux,- forme un long
tendon, la partie charnue du muscle représentant seulement le ventre rostral. Chez les
carnivores, le corps charnu, épais, résume deux parties différentes par leur origine
embryonnaire et leur innervation, dont chacune représente un des ventres du muscle.
Le tendon intergastrique est réduit à une simple intersection fibreuse, visible seule-
ment à un examen attentif.

Insertions : l'origine est située chez tous les Mammifères domestiques au sommet
du processus jugulaire de l'os occipital, où elle se joint au muscle occipito-hyoïdien.
Chez l'Homme, elle se fait dans une petite dépression (rainure digastrique) située à la
base du processus mastoïde, tout près de la jonction avec l'os occipital. La terminai-
son du ventre rostral se fait sur la face médiale de la partie molaire de la mandibule,
tout près du bord ventral ou sur ce bord ventral lui-même et elle s'étend jusqu'au
voisinage de la partie incisive. Chez l'Homme, quelques fibres charnues se détachent
en outre du tendon intergastrique pour se porter sur le corps de l'os hyoïde. Chez les
Equidés, la partie occipito-mandibulaire aboutit, d'autre part, sur l'angle de la mandi-
bule et sur son bord refoulé. Chez le Porc, le corps charnu unique se termine à peu
près comme le ventre rostral des autres espèces. C'est chez les Carnivores que l'in-
sertion terminale présente la plus grande étendue : elle se fait sur le processus
angulaire et la moitié caudale du bord ventral de la partie molaire.
Rapports : 1) le ventre caudal est accompagné caudalement chez les Equidés par
le volumineux faisceau angulaire et uni aussi à son origine au muscle occipito-
hyoïdien. Dans toutes les espèces, son bord rostral longe le muscle stylo-hyoïdien. Il
est couvert par la glande parotide (sauf chez les Equidés, où le faisceau angulaire l'en
sépare complètement) et plus rostralement, chez les Equidés et les Ruminants, par le
muscle ptérygoïdien médial. Sa face profonde est en rapport avec le pharynx (et chez
les Equidés, avec la poche gutturale) ; elle est croisée par l'artère carotide externe, le
nerf hypoglosse et les rameaux du plexus nerveux guttural. Chez les Equidés, le fais-
ceau angulaire fait saillie dans la loge parotidienne, qu'il subdivise ; sa face profonde
est en rapport avec la glande mandibulaire et près de la terminaison, avec la veine
linguo-faciale et le conduit parotidien. 2) le tendon intergastrique glisse chez les Equi-
dés dans une courte gaine pourvue d'une petite synoviale vaginale (Vagina tendinis
m. digastrici) que lui fournit le tendon terminal du muscle stylo-hyoïdien. Chez
l'homme, il est attaché par un anneau fibreux à la terminaison de ce muscle. Au
contraire, il reste libre chez les Ruminants, où il passe médialement au stylo-hyoïdien.
Il est couvert par la glande mandibulaire et couvre les muscles hyo-glosse et mylo-
hyoïdien. 3) le ventre rostral est situé entre la partie molaire de la mandibule et la face
latérale du muscle mylo-hyoïdien. Dans la plupart des espèces, il est aussi en rapport
avec les nœuds lymphatiques mandibulaires.
494 -

Petit sinus frontal

Sinus frontal (Compartiment rostral)


Muscle oblique dorsal de l'œil
Cartilage de la troisième paupière
Calotte détachée du bulbe de l'œil
Muscle droit latéral de l'œil
Volutes de l'os ethmoïde
Muscle oblique ventral de l'œil
Tarse de la paupière inférieure
Corps adipeux de l'orbite
Sinus maxillaire caudal (Compart. médial)
Sinus maxillaire caudal (Compart. latéral)
N. infra-orbitaire (dans son canal)
A. et V. infra-orbitaires
A. et V. transverses de la face
A. et V. palat. majeures (dans leur canal)
Corps adipeux orbito-temporal
Rameau buccal dorsal du n. facial
A. et V. palatines mineures
Veine profonde de la face
Glande buccale dorsale
Muscle buccinateur
Nerf buccal et artère buccale
Rameau buccal ventral du n. facial
Muscle masséter
Veine buccale
Nasopharynx

A., V. et N. alvéolaires inférieures


Voile du palais et glandes palatines
M. ptérygoïdien médial
Cavité du gosier
Stylohyal

M. cérato-hyoïdien
Nerf glosso-pharyngien
Muscle hyo-glosse
Muscle stylo-glosse
Nerf lingual, Artère et Veine linguales
Muscle mylo-hyoïdien
Conduit mandibulaire
Nerf hypoglosse
Artère et veine faciales
Glande mandibulaire
Conduit parotidien
Tendon intergastrique du m. digastrique

Grande corne de l'os hyoïde Mm. omo-hyoïdiens

Planche 2 3 2 - COUPE T R A N S V E R S A L E DE LA TÊTE D'UN CHEVAL


p a s s a n t p a r le t i e r s r o s t r a l d e l ' o r b i t e e t le c r o c h e t ptérygoïdien
( S e g m e n t r o s t r a l d e la c o u p e )
- 495

Nerf optique Bulbe olfactif Pôle rostral du cerveau

Sinus frontal rostral médial


( j Corn part, rostral
Sinus frontal caudal «
l Compart. moyen
A., V. et N. frontaux
M. orbiculaire de l'œil
Glande lacrymale
Nerfs moteurs de l'œil
Gaine fibreuse de l'orbite
Corps adipeux orbito-temporai
Muscles de l'œil -
Mandibule (Processus coronoïde)
Sinus sphénoïdal
Nerf maxillaire
Arcade zygomatique _
Artère maxillaire
Veine massétérique .
Partie profonde
^ Partie superficielle
Fascia massétérique
Rameaux massétériques
N. buccal, A. et V. buccj
M. ptérygoïdien latéral
Processus ptérygoïde
Muscle temporal
Nasopharynx
Voile du palais
M. ptérygoïdien médial
Glandes palatines
Cavité du gosier
Nerf lingual
Nerf alvéolaire inférieur
Rameau buccal dorsal di
A. et V. alvéolaires infé
Stylohyal
M. stylo-glosse
Nerf glosso-pharyngien
Artère linguale
Muscle hyo-épiglottique
Muscle cérato-hyoïdien
Ventre rostral du m. digastrique
Conduit mandibulaire
Nerf hypoglosse
Artère faciale
Veine linguale
Mm. sterno-hyoïdien et omo-hyoïdien
Conduit parotidien
Platysma
Veine linguo-faciale
Rameau buccal ventral du n. facial _
M. sterno-zygomatique

Nœud lymphatique mandibulaire Glande mandibulaire Corps de l'os hyoïde

Planche 2 3 3 - COUPE T R A N S V E R S A L E DE L A TÊTE D'UN BŒUF


•assant au bord rostral de la fosse temporale et par le processus coronoïde de la mandibule
(Segment rostral de la coupe. Vue caudale)
CD
en
M. temporal

Planche 2 3 4 MUSCLES MASTICATEURS DU CHEVAL


Vue latérale gauche
- 497

Chez les Carnivores, les Porcins, le Lapin, le muscle, unifié et simple, présente les
mêmes rapports fondamentaux : latéralement, les glandes parotide et mandibulaire,
les muscles stylohyoïdien puis ptérygoïdien médial et la partie molaire de la mandi-
bule ; médialement, le pharynx, l'artère carotide externe, le nerf hypoglosse et le
muscle mylo-hyoïdien.
Fonctions : le muscle digastrique est abaisseur de la mâchoire inférieure, qu'il
peut en outre tirer caudalement. Il est ainsi antagoniste des muscles précédents et
préside à l'ouverture de la bouche.
Lorsque la mandibule est maintenue fixée par les autres muscles, le digastrique
se comporte comme un muscle infléchi dont la contraction soulève l'appareil hyoï-
dien. Cette action se fait chez les Equidés et l'Homme par l'intermédiaire de la
terminaison du muscle stylo-hyoïdien ; elle s'exerce chez les Ruminants par le fais-
ceau transverse qui unit les ventres rostraux droit et gauche. Au contraire, le muscle
digastrique est sans action directe sur l'os hyoïde chez les Carnivores, le Porc et le
Lapin.
Vaisseaux et nerfs : les artères sont nombreuses mais grêles ; elles proviennent
de diverses branches collatérales de la carotide externe ; le ventre caudal et la partie
angulaire (dans les espèces qui en sont pourvues) reçoivent en outre des rameaux de
artère occipitale. L'innervation est apportée au ventre caudal et à la partie angulaire
par une branche particulière du nerf facial. Le ventre rostral est innervé par un rameau
du nerf mylo-hyoïdien, lequel provient du nerf alvéolaire inférieur, branche terminale
de la division mandibulaire du nerf trijumeau. Cette duplicité de l'innervation témoigne
de l'origine hétérogène du muscle et de l'indépendance fonctionnelle de ses diverses
parties.

PARTICULARITES SPECIFIQUES
EQUIDES (Pl. 2 0 8 , 2 1 5 , 2 2 9 , 2 3 2 , 2 3 4 , 2 3 7 , 2 4 9 )
Le muscle masséter est quadrilatère, très large, épais mais plat. Il donne à la ré-
gion correspondante de la joue son aspect planiforme, assez caractéristique de
espèce. Son bord rostral est situé en regard de la première dent molaire. Les deux
parties ne sont parfaitement distinctes qu'au voisinage de l'articulation temporo-
mandibulaire ; elles sont plus difficilement séparables ailleurs.
Le muscle temporal est plat, relativement large, revêtu d'une aponévrose nacrée
qui se rétrécit mais augmente beaucoup d'épaisseur vers la terminaison. Son faisceau
infratemporal est de teinte plus pâle que le reste du muscle, mais non autrement
distinct. Le corps adipeux orbito-temporal, très développé, forme derrière l'orbite une
masse fluctuante qui occupe la dépression dite de la « salière » et perceptible à tra-
vers la peau, les muscles auriculaires rostraux et le fascia temporal.
Le muscle ptérygoïdien médial est large, irrégulièrement quadrilatère, planiforme
sur sa face médiale, qui est revêtue d'une forte aponévrose nacrée, et convexe sur la
face opposée. Il présente deux parties bien distinctes : l'une principale ou médiale,
dont les fibres ont une direction à peu près verticale, l'autre accessoire et latérale, qui
déborde caudalement la précédente et dont les fibres sont obliques en direction cau-
do-ventrale.
Le muscle ptérygoïdien latéral est épais, conoïde, très nettement distinct du pré-
cédent, dont le sépare un large interstice celluleux. Il a une orientation presque
parallèle à la base du crâne et sa terminaison occupe une fovea ptérygoïdienne relati-
vement large.
Le muscle digaâtrique présente les deux ventres habituels et un tendon intergas-
trique. Mais le ventre caudal, grêle, est accompagné d'un volumineux faisceau
occipito-mandibulaire ou angulaire. Ce dernier naît avec lui au sommet du processus
jugulaire de l'os occipital et ne s'en sépare que quelques centimètres plus bas ; il
498

Processus styloïde
de l'os occipital

Muscle masséter

M. ptérygoïdien latére

M. ptérygoïdien médi

M. digastriq

Planche 2 3 5 MUSCLES MASTICATEURS D'UN PORC


- 499

s'élargit beaucoup et s'épaissit à sa partie distale, que revêt une forte lame aponévro-
tique ; il se termine sur l'angle de la mandibule et sur le bord refoulé de cette
dernière. Son relief divise la loge parotidienne en deux creux, l'un rostro-dorsal et
l'autre ventro-caudal. Le tendon intergastrique, d'abord aplati d ' u n côté à l'autre,
devient ensuite cylindrique ; il glisse dans l'anneau du t e n d o n terminal du muscle
stylo-hyoïdien grâce à une petite synoviale vaginale. Le ventre rostral, aplati d ' u n côté
à l'autre et plus long, se termine par de multiples faisceaux aponévrotiques sur pres-
que t o u t e la longueur de la partie molaire de la mandibule, près du bord ventral.

RUMINANTS (Pl. 209, 210, 227, 233, 239, 241, 242)


Le muscle masséter est relativement peu épais. Sa partie superficielle est presque
entièrement fibreuse à son origine. Son bord rostral est concave et très oblique ; il
c o m m e n c e au tubercule facial par un fort épaississement tendineux et se termine
derrière l'incisure vasculaire de la mandibule, non loin de l'angle de cet os. Il passe en
regard de l'avant-dernière molaire supérieure et de la dernière molaire inférieure. La
partie profonde, très épaisse à son origine, n'est guère mieux isolable que chez les
Equidés. En raison de l'obliquité de sa partie superficielle, le muscle masséter est
autant un protracteur q u ' u n élévateur de la mandibule. Rappelons d ' a u t r e part que le
conduit parotidien croise la surface du muscle chez le M o u t o n mais non chez le Bœuf.
Le muscle temporal est étroit et reporté sur la face latérale du crâne, c o m m e la
fosse qu'il occupe. Son aponévrose est plus forte à la partie caudale. Le paquet adi-
peux orbito-temporal est très développé, mais la « salière » est beaucoup moins
visible que chez les Equidés, derrière le processus frontal de l'os zygomatique.
Le muscle ptérygoïdien médial est très épais, surtout à sa partie caudale, et revê-
t u sur chacune de ses faces par une forte aponévrose. Son insertion d'origine couvre
le bord libre et presque t o u t e la face latérale de la crête ptérygo-palatine, j u s q u ' a u
fond de la fosse du même nom. En raison de la verticalité et de la grande hauteur de
cette lame osseuse, le muscle est beaucoup plus oblique latéralement que dans au-
cune autre espèce et les m o u v e m e n t s de latéralité qu'il imprime à la mandibule sont
très amples.
Le muscle ptérygoïdien latéral est faible et conique. Il c o m m e n c e à la face latérale
de la crête ptérygo-palatine, au bord caudal du précédent, qu'il croise à angle droit et
se termine par un t e n d o n court et étroit à l'extrémité du processus condylaire de la
mandibule.
Le muscle digastrique est relativement faible et t o t a l e m e n t dépourvu de faisceau
angulaire. Son t e n d o n intergastrique est court et épais, entremêlé de faisceaux char-
nus ; il est indépendant du muscle stylo-hyoïdien, rostro-médialement auquel il passe.
Le ventre caudal est médial à ce dernier. Le ventre crânial se termine directement par
ses faisceaux charnus au bord ventral de la mandibule. Chez le Bœuf, une lame char-
nue formée de faisceaux transversaux se porte en outre d ' u n muscle digastrique à
l'autre ; elle prend attache sur le t e n d o n intergastrique et la partie adjacente du ventre
rostral et couvre la face ventrale des muscles mylo-hyoïdiens, auxquels elle adhère.
Elle c o n c o u r t à soulever l'appareil hyoïdien et a été parfois n o m m é e muscle trans-
verse de la mandibule (M. transversus mandibulae). On peut aussi la considérer
comme une dépendance du muscle mylo-hyoïdien.

PORC (Pl. 214, 230, 235)


Le muscle masséter est très épais, mais moins t o u t e f o i s que chez les Carnivores.
Le plan superficiel est quadrilatère et son bord rostral à peu près perpendiculaire à la
mandibule ; plus caudalement, ses fibres deviennent de plus en plus obliques. Le plan
profond est très distinct et très épais, mais il est entièrement couvert par le précédent
et donc pas apparent près de l'articulation temporo-mandibulaire.
Le muscle temporal est plus large que chez les Ruminants mais disposé à peu
près de la même f a ç o n .
500 -

Faisceau orbitaire du muscle temporal Ligament orbitaire

M. temporal

Partie profonde
du m. masséter

Origine du m. digastrique

Partie superficielle
du m. masséter

Tendon M. rétracteur de la mandibule

VUE LATÉRALE

Partie latérale
M. ptérygoïdien
médial
Partie médiale

M. digastrique M. rétracteur de la mandibule

VUE MÉDIALE

Planche 2 3 6 - MUSCLES MASTICATEURS D'UN LAPIN


- 501

Le muscle ptérygoïdien médial s'attache dans toute la fosse ptérygoïdienne de


l'os sphénoïde (peu étendue dans cette espèce) et sur les tubercules adjacents. Ils
s'épaissit beaucoup à sa terminaison sur la mandibule.
Le muscle ptérygoïdien latéral est épais, très oblique en direction caudale ; c'est
un agent important de la protraction mandibulaire.
Le muscle digastrique ne mérite pas son nom car il est simple. Très robuste, il
commence par un fort tendon au sommet du processus jugulaire et s'élargit rostrale-
ment pour se terminer par des faisceaux charnus jusqu'au voisinage de la partie
incisive de la mandibule. En raison de l'extrême longueur du processus jugulaire, il est
placé à peu près parallèlement au bord ventral de la mandibule et il est surtout rétrac-
teur de cet os. Il n'a pas de connexion particulière avec l'appareil hyoïdien.

CARNIVORES (Pl. 2 1 7 , 2 1 8 , 2 2 8 , 2 3 1 , 2 4 3 , 244)


C'est dans ces animaux que les muscles masticateurs atteignent le maximum de
leur puissance.
Le muscle masséter est relativement moins large que chez les Herbivores (il ne
couvre pas les dents molaires) mais il est extrêmement épais, très bombé en surface.
Sa partie superficielle est très oblique en direction ventro-caudale ; sa terminaison
s'étend jusqu'au bord ventral du processus angulaire. Elle déborde en outre du côté
médial le bord ventral de la mandibule, qu'elle embrasse en quelque sorte pour
s'adosser au muscle ptérygoïdien médial par un raphé fibreux. Cette disposition est
beaucoup plus accusée encore chez les félins que chez le Chien. La partie profonde
est aussi très développée ; elle est charnue, surtout épaisse au voisinage de l'articula-
tion temporo-mandibulaire. Il existe en outre une partie intermédiaire, plus faible et
verticale, dont les fibres s'attachent au bord ventral de la fosse massétérique.
Le muscle temporal est le plus puissant de tous les muscles de la tête. Très large
et très épais, il s'adosse dans les races dolichocéphales à son opposé par un étroit
raphé fibreux qui surmonte la crête sagittale externe ; malgré sa hauteur, celle-ci est
cachée au fond d'un sillon médian déterminé par la saillie des deux muscles. Un fais-
ceau particulier prend naissance au bord dorsal de l'arcade zygomatique et se
confond bientôt avec le reste du muscle. L'insertion coronoïdienne est très épaisse et
descend loin sur la branche mandibulaire.
Le muscle ptérygoïdien médial est très fort, constitué de deux plans charnus sé-
parés par une lame aponévrotique.
Le muscle ptérygoïdien latéral est entièrement caché à la face latérale du précé-
dent. Il est conique, épais mais très court et disposé à peu près comme chez les
Ruminants.
Le muscle digastrique est long, épais et prismatique. Il paraît simple en raison de
la quasi-disparition du tendon intergastrique. Il commence au très court processus
jugulaire de l'os occipital et sa terminaison s'étend sur le bord ventral de la mandi-
bule, depuis le processus angulaire jusque vers son milieu. Une faible intersection
fibreuse marque l'emplacement du tendon intergastrique, dont elle tient lieu.

LAPIN (Pl. 2 1 9 , 2 3 6 , 246)


Le muscle masséter est relativement large, quadrilatère, épais. Comme chez les
Carnivores, il est subdivisible en trois couches. La partie superficielle est flabelliforme,
très oblique en direction caudo-ventrale ; elle est large, relativement épaisse et cache
complètement la partie moyenne, qui est mince et faible. En revanche, la partie pro-
fonde, très épaisse et conoïde, se développe beaucoup en direction caudale et reste
largement découverte ; elle est insérée à un fort prolongement de l'os zygomatique
qui s'étale latéralement à l'articulation temporo-mandibulaire.
Le muscle temporal est assez facilement divisible en deux parties. La partie super-
ficielle, la plus large, est étalée en éventail dans la fosse temporale ; elle se termine
sur le rudiment de processus coronoïde de la mandibule. La partie profonde repré-
en
O
N)

M. ptérygoïdien latéral

Processus jugulaire
de l'os occipital
M. occipito-hyoïdien

Partie latérale ]
l M. ptérygoïdien
Partie médialeJ médial

Ventre caudal du m. digastrique

M. stylo-hyoïdien

Faisceau angulaire
du m. digastrique

M. cérato-hyoïdien

M. mylo-hyoïdien

M. ptérygoïdien médial
(Partie médiale)

Prolongement lingual de l'os "hyoïde

M. génio-hyoïdien

Planche 2 3 7 - MUSCLES HYOÏDIENS ET M A S T I C A T E U R S DU CHEVAL


(Vue médiale, après ablation de la langue, du pharynx, du larynx et de la moitié de l'os hyoïde)
- 503

sente le faisceau infratemporal, ici très volumineux et couvert d'une aponévrose na-
crée. Elle prend une large origine sur la paroi ventro-caudale de l'orbite et se termine
dans une dépression verticale, qui occupe la moitié rostrale de la face médiale de la
branche mandibulaire.
Le muscle ptérygoïdien médial est épais, subdivisible en deux plans de fibres dont
chacun s'attache à l'une des deux lames du processus ptérygoïde et dans la fosse
ptérygoïdienne de l'os sphénoïde.
Le muscle ptérygoïdien latéral est court, épais et conoïde, étendu de la partie
caudale du processus ptérygoïde à la partie médio-caudale du col de la mandibule.
Le muscle digastrique est divisé en deux muscles distincts. L'un est le digastrique
oroprement dit ; il est simple comme chez le Porc et son origine se fait par un long et
grêle tendon. L'autre, qui paraît équivaloir à une partie occipito-mandibulaire très
développée, est le rétracteur de la mandibule : il s'étale sur le processus angulaire de
cet os, s'y attache et se poursuit au-delà par un large faisceau qui contourne ventra-
ement le muscle masséter ; il se termine par une expansion fibreuse qui s'étale au
bord rostral de ce muscle et atteint enfin le tubercule facial.

COMPARAISON AVEC L'HOMME (Pl. 2 0 7 , 2 2 0 , 2 2 6 , 247)


Le muscle masséter est relativement étroit et épais. Ses trois parties sont bien distinctes et la su-
perficielle nettement oblique en direction ventro-caudale.
Le muscle temporal est très large mais peu épais. Il présente une disposition flabelliforme. Le fas-
: a temporal est solide.
Le muscle ptérygoïdien médial est épais mais relativement étroit, quadrilatère, revêtu d'une forte
aponévrose à sa face médiale. Il prend origine dans t o u t e l'étendue de la fosse ptérygoïde.
Le muscle ptérygoïdien latéral est large, très développé ; son origine est divisée en deux faisceaux
entre lesquels passe souvent l'artère maxillaire.
Le muscle digastrique est formé de deux ventres bien distincts, séparés par un tendon intergastri-
que. Le ventre caudal prend origine dans la rainure digastrique de l'os temporal, à la base du processus
mastoïde et t o u t près de l'os occipital. Le tendon intergastrique traverse un anneau fibreux fixé à la
partie terminale du muscle stylo-hyoïdien. Le ventre rostral se termine près de la symphyse mandibu-
iaire.

III - MUSCLES SUPRAHYOÏDIENS


(Pl. 21 1, 212, 227, 237 à 247)

Les muscles hyoïdiens (Mm. hyoidei) forment un groupe assez hétéroclite : leurs
origines sont très variées mais ils se terminent tous sur l'os hyoïde, qu'ils sont char-
gés de déplacer avec l'ensemble des organes attachés à celui-ci. Ils diffèrent en cela
des muscles de la langue, du pharynx ou du larynx qui prennent origine sur l'os
hyoïde mais se terminent dans ces organes, dont ils assurent ainsi la mobilité propre.
Topographiquement, on distingue deux groupes de muscles hyoïdiens. L'un est si-
tué crânialement au plan qui passe par le corps et les grandes cornes de l'os hyoïde :
c'est celui des muscles suprahyoïdiens, qui font partie de la tête. L'autre, situé cau-
dalement, est celui des muscles infrahyoïdiens, qui appartiennent au cou et seront
étudiés avec ce dernier.
Dans les muscles suprahyoïdiens eux-mêmes, on peut reconnaître des /nuscles
extrinsèques, qui unissent l'os hyoïde à d'autres os de la tête et des muscles intrinsè-
ques, situés entre les pièces constituantes de l'os hyoïde, qu'ils mobilisent les unes
sur les autres. Les premiers sont au nombre de trois paires : mylo-hyoïdien, génio-
hyoïdien et occipito-hyoïdien. Parmi les seconds, deux sont pairs : stylo-hyoïdien et
cérato-hyoïdien ; un dernier est impair : c'est le m. hyoïdien transverse.
504 -

Muscle sterno-hyoïdien M. sterno-céphalique

Glande parotide M. omo-hyoïdien

Terminaison du faisceau
angulaire du m. digastrique Angle' de la mandibule

Conduit parotidien

Veine faciale Nœuds lymphatiques


mandibuiaires

Artère faciale Incisure vasculaire


de la mandibule

M. mylo-hyoïdien

M. abaisseur de la
lèvre inférieure

Planche 2 3 8 - FACE V E N T R A L E DE LA TÊTE D'UN CHEVAL

(La tête est fortement étendue)


- 505

M. sterno-céphalique :

- Partie mastoïdienne

Muscle - Partie mandibulaire

M. omo-hyoïdien Nœud lymphat. mandibulaire

Muscle Glande mandibulaire

M. transverse de la mandibule Artère et veine faciales

Ventre rostral du m. digastrique Bord ventral de la mandibule

M. mylo-hyoïdien (Plan superficiel) M. buccinateur

M. mylo-hyoïdien (Plan profond) M. abaisseur de la lèvre inférieure

M. orbiculaire de la bouche M. mental

Planche 2 3 9 - FACE V E N T R A L E DE L A TÊTE D'UN BŒUF


(La tête est fortement étendue)
506 -

M. oblique crânial de la tête Aile de l'atlas

Processus jugulaire de l'os occipital Faisceau angulaire du m. digastrique (coupé)

Poche gutturale

Tendon atloïdien du m. splénius

M. long de la tête

M. occipito-hyoïdien Œsophage

Glande thyroïde
Cartilage
Mm. scutulo-auriculaires Trachée
superficiels
M. omo-hyoïdien
Ventre caudal
du m.
M. stylo-hyoïdien

Poche gutturale

M. élévateur du
voile du palais
Muscle
ptérygo-pharyngien
Mm. sterno-hyoïdiens
Muscle sterno-thyroïdien
M. crico-pharyngien
M. thyro-pharyngien
M. hyo-pharyngien

Grande corne de l'os hyoïde

M. thyro-hyoïdien

Tendon intergastr. du m. digastrique

Ventre rostral du m. digastrique

M. hyo-glosse
Racine de la langue
M. stylo-glosse

Partie molaire
de la mandibule

M. mylo-hyoïdien

M. génio-hyoïdien
Corps de la langue

_ Muscle génio-glosse

Planche 2 4 0 MUSCLES DE LA RÉGION H Y O Ï D I E N N E DE LA L A N G U E ET D U PHARYNX


D'UN MULET

( V u e l a t é r a l e g a u c h e , a p r è s a b l a t i o n d e la b r a n c h e m a n d i b u l a i r e
— e t r é c l i n a i s o n d e la p a r t i e m o l a i r e d e la m a n d i b u l e )
507

MUSCLE MYLO-HYOÏDIEN (Pl. 2 1 1 , 2 1 2 , 2 3 8 à 2 4 3 , 2 4 5 à 247)

Le muscle mylo-hyoïdien (M. mylohyoideus) est plat, situé dans la région inter-
mandibulaire ; il constitue avec son homologue, auquel il s'unit par un raphé médian,
une sangle supportant la langue.
Conformation : c'est un muscle mince, à fibres parallèles et transversales. Il est
rrégulièrement quadrilatère, plus large à sa partie caudale qu'au voisinage de la sym-
physe mandibulaire. Dans certaines espèces (Bœuf), il est dédoublé par isolement
d'une partie superficielle et d'une partie profonde.
Insertions : l'origine est située à la face médiale du corps de la mandibule, sur
toute la longueur de la ligne mylo-hyoïdienne. La terminaison se fait sur le raphé fi-
breux médian commun aux deux muscles, droit et gauche. L'extrémité rostrale de ce
raphé aboutit à la symphyse du menton et l'extrémité caudale au processus lingual
de l'os hyoïde ; ce dernier reçoit en outre directement les fibres les plus caudales du
muscle.
Rapports : la face latérale, superficielle, répond à la partie molaire de la mandi-
oule, au ventre rostral du muscle digastrique, au bord rostral du ptérygoïdien médial,
3insi que, dans certaines espèces (Equidés), aux nœuds lymphatiques mandibulaires.
Elle n'est séparée de la peau que par une expansion conjonctive.
La face médiale ou profonde est en rapport avec la glande sublinguale, le conduit
mandibulaire, les muscles génio-hyoïdien, hyo-glosse, génio-glosse, et stylo-glosse,
ainsi qu'avec les nerfs lingual et hypoglosse et les artère et veine sublinguales. La
partie dorsale de cette face est tapissée par la muqueuse orale.
Fonctions : les muscles mylo-hyoïdiens tirent l'os hyoïde en direction rostrale et
dorsale. Mais leur rôle principal est d'élever la langue et de l'appliquer étroitement
contre la voûte du palais.
Vaisseaux et nerfs : le sang provient de branches des artères sublinguale et fa-
ciale. Les veines sont satellites des artères et les lymphatiques collectés par les
~œuds mandibulaires. Le rameau mylo-hyoïdien, long filet du nerf alvéolaire inférieur
division du trijumeau), est spécialement destiné à ce muscle et au ventre rostral du
digastrique.

MUSCLE GENIO-HYOÏDIEN (Pl. 2 3 7 , 2 4 0 à 2 4 3 , 2 4 5 à 247)


Le muscle génio-hyoïdien (M. geniohyoideus) est situé dorsalement au précédent,
dans la région intermandibulaire.
Conformation : c'est un muscle fusiforme, à faisceaux longitudinaux, légèrement
aplati d'un côté à l'autre et pourvu d'un court tendon à chaque extrémité ; le tendon
rostral est le plus fort.
Insertions : il prend origine sur la surface génienne de la mandibule et se termine
sur le processus lingual du corps de l'os hyoïde ou sur les rugosités qui en tiennent
ieu.
Rapports : adossé sur le plan médian à celui du côté opposé, le muscle génio-
hyoïdien repose par son bord ventral et sa face latérale sur la sangle du mylo-
hyoïdien. Son bord dorsal répond aux muscles génio-glosse et hyo-glosse, et latéra-
lement à la glande sublinguale.
Fonctions : il tire vers l'avant l'appareil hyoïdien ; il est en même temps un pro-
tracteur de la langue.
Vaisseaux et nerfs : divisions de l'artère sublinguale et un rameau spécial du nerf
hypoglosse.
Planche 2 4 1 - MUSCLES HYOÏDIENS D'UN BŒUF
(Vue médiale, après ablation de la langue, du pharynx, du larynx et de la moitié de l'os hyoïde)
- 509

juguh.de l'os occipital

M. occipito-hyoïdien

Ventre caudal
du m. digastrique
M. oblique crânial
de la tête
Aile de l'atlas

Tendon commun :
- M. sterno-ceph.
- M. cleïdo-ceph.

long
de la tête
Z&r âge scutiforme
crico-
pharyngien
* e-évateur
Œsophage
du voile du

M. sterno-
hyoïdien
M. omo-
hyoïdien
M. thyro-
pharyngien
M. thyro-hyoïdien

M. stylo-hyoïdien

Ventre rostral
du m. digastrique
M. hyo-pharyngien

M. stylo-pharyngien caudal

M. ptérygo-pharyngien

du palais

M. hyo-glosse

Racine de la langue

M. stylo-glosse

Plan profond ]
. M. mylo-hyoïdien
Plan superficiel}

M. génio-hyoïdien

M. génio-glosse

Planche 2 4 2 - MUSCLES DE LA RÉGION H Y O Ï D I E N N E , DE LA LANGUE ET D U PHARYNX


D'UNE VACHE
( V u e l a t é r a l e g a u c h e , a p r è s a b l a t i o n d e la b r a n c h e m a n d i b u l a i r e
e t r é c l i n a i s o n d e la p a r t i e m o l a i r e d e la m a n d i b u l e )
Planche 2 4 3 MUSCLES MASTICATEURS ET H Y O Ï D I E N S D'UN CHIEN
(Vue médiale, après ablation de la langue, du pharynx et du larynx)
- 511

MUSCLE OCCIPITO-HYOÏDIEN (Pl. 2 2 7 , 2 4 0 à 2 4 2 , 245)


Le muscle occipito-hyoïdien (M. occipitohyoideus) est petit, quadrilatère et oc-
cupe l'espace délimité par le processus jugulaire de l'os occipital et l'extrémité
proximale du stylohyoïdeum. Il fait défaut chez l'Homme, en raison de la soudure de
ce dernier à l'os temporal (processus styloïde de cet os).
Conformation : ce muscle est rudimentaire chez les Carnivores et les Porcins,
mais épais chez les Ruminants et les Equidés, dont le stylohyoïdeum, complètement
osseux, est élargi à sa partie dorsale. Il est court, aplati, formé de faisceaux à peu
près parallèles et obliques en direction rostro-ventrale. Il s'élargit à sa partie ventrale,
qui tend à s'unir à l'origine du muscle digastrique et dont quelques faisceaux se met-
tent d'autre part en continuité avec celle du stylo-hyoïdien.
Insertions : il prend origine sur tout le bord rostral et la partie adjacente de la face
latérale du processus jugulaire de l'os occipital. Il se termine sur l'extrémité proximale
du stylohyoïdeum ; chez les Ruminants et les Equidés, cette attache se fait sur le
bord proximal et une partie de la face médiale de la partie élargie (angle stylo-hyoïdien
ou « talon ») de cet os.
Rapports :la face latérale répond à la glande parotide. La face médiale est en rap-
port ventralement avec l'origine du digastrique et partout ailleurs avec une importante
atmosphère conjonctive qui la sépare des muscles prévertébraux ; chez les Equidés,
cette face médiale est presque entièrement tapissée par la poche gutturale, qui lui
adhère.
Fonctions : concourt à faire basculer l'appareil hyoïdien en direction caudale.
Vaisseaux et nerfs : grêles rameaux de l'artère occipitale et du nerf du digastri-
que, branche du facial.

MUSCLE STYLO-HYOÏDIEN (Pl. 2 4 0 à 247)

Le muscle stylo-hyoïdien (M. stylohyoideus) est fusiforme, situé caudalement au


stylohyoïdeum et oblique comme lui en direction rostro-ventrale.
Conformation : elle varie avec les espèces. Chez l'Homme et les Equidés, ce
muscle présente un corps charnu assez grêle, délicat et aplati d'un côté à l'autre,
continué à son extrémité rostro-ventrale par un petit tendon. Ce dernier est percé
d'un petit anneau destiné à donner passage au tendon intergastrique du muscle digas-
trique (chez l'homme, l'anneau est souvent distinct du tendon stylo-hyoïdien et fixé à
sa face médiale). Chez les Ruminants et le Porc, le muscle stylo-hyoïdien commence
au contraire par un long et grêle tendon et se termine par un corps charnu élargi. Il
est grêle, cylindroïde et relativement long chez les Carnivores et le Lapin Dans toutes
ces espèces, il n'est pas traversé par le digastrique.
Insertions : il prend origine à l'extrémité proximale du stylohyoïdeum ; chez les
Equidés et les Ruminants, cette attache se fait sur le bord caudal de l'angle stylo-
hyoïdien et à sa face latérale. Le tendon terminal s'attache à la base du thyrohyoï-
deum.
Rapports : le muscle stylo-hyoïdien répond latéralement à la glande parotide par
son extrémité proximale et au muscle ptérygoïdien médial dans le reste de son éten-
due. Sa face médiale répond au pharynx par l'intermédiaire d'un conjonctif abondant,
dans lequel s'insinue chez les Equidés un récessus de la poche gutturale . Le bord
caudal est longé par le ventre caudal du digastrique, qui croise ensuite obliquement sa
face médiale. Entre le muscle stylo-hyoïdien et le stylohyoïdeum s'insinuent en outre
des vaisseaux et nerfs dont les plus importants sont l'artère carotide externe et les
nerfs glosso-pharyngien et hypoglosse.
512 -

Planche 2 4 4 - MUSCLES INTRINSÈQUES DE L ' O S HYOÏDE DU CHEVAL


(Vue rostro-latérale gauche)
- 513

Fonctions : ce muscle fait basculer sous le stylohyoïdeum le corps et les grandes


cornes de l'os hyoïde, qu'il tire en direction dorso-caudale ; il est partiellement anta-
goniste du génio-hyoïdien.
Vaisseaux et nerfs : grêles collatérales de la carotide externe ; fibres du nerf di-
gastrique, issu du facial.

MUSCLE CERATO-HYOÏDIEN (Pl. 2 3 7 , 2 4 0 , 2 4 1 , 2 4 3 à 2 4 5 )


Le muscle cérato-hyoïdien (M. ceratohyoideus) occupe, sur le côté du pharynx,
espace situé entre la petite corne (ceratohyoïdeum) et la grande corne (thyrohyoï-
deum) de l'os hyoïde. Il fait défaut chez l ' H o m m e , la petite corne étant soudée au
corps de cet os.
C o n f o r m a t i o n : c ' e s t un petit muscle plat et triangulaire, f o r m é de faisceaux pa-
-allèles obliques en direction ventro-caudale et d ' a u t a n t plus longs qu'ils sont plus
caudaux.
Insertions : il va du bord caudal du ceratohyoïdeum et de l'epihyoïdeum au bord
correspondant et à la face latérale du t h y r o h y o ï d e u m .
Rapports : il est couvert par le muscle hyo-glosse, c o m p l è t e m e n t chez les Equi-
dés, i n c o m p l è t e m e n t chez les Ruminants et les Carnivores. L'artère linguale, le
-ameau lingual du nerf glosso-pharyngien et le nerf hypoglosse s'insinuent entre les
deux muscles. La face profonde répond à la paroi du pharynx et à la muqueuse de
sthme du gosier.
Fonctions : ce muscle élève le larynx en rapprochant les deux parties de l'os
" / o ï d e entre lesquelles il est placé.
Vaisseaux et nerfs : grêles rameaux de l'artère linguale et rameau pharyngien du
~erf glosso-pharyngien.

MUSCLE HYOÏDIEN TRANSVERSE (Pl. 244)


C'est un petit muscle impair (M. hyoideus transversus) f o r m é de fibres charnues
darallèles et étendues transversalement entre les deux petites cornes (ceratohyoï-
deum) de l'os hyoïde, à l'extrémité dorsale desquelles il prend attache. Caché dans le
: ssu graisseux de la racine de la langue, il soulève cette dernière et rapproche les
: e t i t e s cornes de l'os hyoïde. Il reçoit son sang de ramuscules des artères linguales et
son innervation des nerfs glosso-pharyngiens. Ce muscle fait défaut chez l ' H o m m e .
= a r m i les animaux domestiques, il n'existe que chez les Equidés et les Ruminants.

PARTICULARITES SPECIFIQUES

EQUIDES (Pl. 2 1 1 , 2 3 2 , 2 3 7 , 2 3 8 , 2 4 0 , 244)


Le muscle mylo-hyoïdien, f o r m é d ' u n seul plan de fibres, est mince et délicat, sur-
tout à son extrémité rostrale. Le génio-hyoïdien est relativement plus faible que dans
es espèces suivantes, dont la langue est beaucoup plus protractiie que celle des
Equidés ; il est aussi plus court, le processus lingual de l'os hyoïde étant ici très long.
_e muscle occipito-hyoïdien est relativement large, c o m m e l'angle stylo-hyoïdien lui-
même, et ses faisceaux charnus sont mêlés de fibres tendineuses. Sa face profonde
est adhérente à la poche gutturale, disposition que met à profit le procédé classique
de ponction de cette cavité. Le muscle stylo-hyoïdien est f o r m é d ' u n ventre charnu
proximal et d ' u n t e n d o n distal ; ce dernier est perforé par le tendon intergastrique du
digastrique. De f a ç o n très exceptionnelle, ce tendon intergastrique peut ne pas tra-
verser celui du stylo-hyoïdien, qui reste indivis. Le muscle cérato-hyoïdien est mince,
totalement couvert par le muscle hyo-glosse. Le muscle hyoïdien transverse est bien
développé.
514 -

Planche 2 4 5 MUSCLES DE LA RÉGION H Y O Ï D I E N N E , DE LA LANGUE ET D U PHARYNX


D ' U N CHIEN

( V u e l a t é r a l e g a u c h e , a p r è s a b l a t i o n d e la b r a n c h e m a n d i b u l a i r e
— e t r é c l i n a i s o n d e la p a r t i e m o l a i r e d e la m a n d i b u l e )
- 515

stylo-hyoïdien

de l'atlas

du m. rétracteur
de la mandibule
M. crico-pharyngien

M. long de la tête
M. ptérygo-pharyngien

M. élévateur du voile du palais


M . sterno-thyroïdien

M. tenseur du voile du Trachée

Voile du

M. sterno-hyoïdien

M. thyro-pharyngien

Muscle crico-thyroïdien

Muscle thyro-hyoïdien

M. hyo-pharyngien

M. digastrique

M. hyo-glosse

M. stylo-glosse

M. mylo-hyoïdien

Racine de la langue

M. génio-hyoïdien

M. génio-glosse

Planche 2 4 6 - MUSCLES DE LA RÉGION H Y O Ï D I E N N E , DE LA LANGUE ET DU PHARYNX


D'UN LAPIN

( V u e l a t é r a l e g a u c h e , a p r è s a b l a t i o n d e la b r a n c h e m a n d i b u l a i r e
e t r é c l i n a i s o n d e la p a r t i e m o l a i r e d e la m a n d i b u l e )
516 -

M. temporal

terminaison (coupée)

Racine de la langue

M. tenseur du voile
du palais
M. élévateur du voile
du palais

Méat acoustique externe

Processus mastoïde

Processus styloïde de l'os temporal


. (Stylohyal)
M. stylo-pharyng.- j
i M. constricteur
M. ptérygo-phar. V rQstra| du pharyRx

M. palato-pharyng.)

Ventre caudal du m. digastrique

Muscle stylo-hyoïdien

M. stylo-glosse

Muscle hyo-glosse
M. génio-glosse
M. génio-hyoïdien
Ventre rostral du m. M. splénius de la tête
M. mylo-hyoïdien (coupé)
M. levator scapulae (M. dentelé du cou)
Tendon intergastr. du m. digastrique
Muscles scalènes
M. constricteur J M.
caudal du pharynx M. crico-pharyngien Œsophage

M. sterno-hyoïdien M. omo-hyoïdien

Planche 2 4 7 - MUSCLES DE L A RÉGION H Y O Ï D I E N N E , DE LA LANGUE ET DU PHARYNX


__ D'UN HOMME

( V u e l a t é r a l e g a u c h e , a p r è s a b l a t i o n d e la m a n d i b u l e d e c e c ô t é )
- 517

RUMINANTS (Pl. 2 1 2 , 2 2 7 , 2 3 3 , 2 3 9 , 2 4 1 , 242)


Dans l'ensemble, les muscles suprahyoïdiens sont plus différenciés et plus puis-
sants que chez les Equidés. Le muscle mylo-hyoïdien est complexe, subdivisé en deux
plans de fibres superposés. Le plan superficiel est très oblique, étendu du raphé mé-
dian aux deux tiers caudaux de la ligne mylo-hyoïdienne. Le plan profond, plus mince,
est disposé à peu près comme le mylo-hyoïdien des Equidés ; sa partie caudale se
'enforce et prend attache sur le bord latéral du corps de l'os hyoïde et sur sa grande
corne thyroïdienne. En outre, le muscle transverse de la mandibule pourrait être
considéré comme une partie supplémentaire, différenciée du mylo-hyoïdien (voir m.
digastrique). Le muscle génio-hyoïdien est fort, plus épais que chez les Equidés, mais
disposé de façon semblable. L'occipito-hyoïdien est épais, couvert d'un feuillet apo-
névrotique ; sa partie ventrale est particulièrement forte. Le muscle stylo-hyoïdien
commence par un tendon proximal long et grêle, auquel succède un corps charnu
-elativement épais et large. Ce dernier prend insertion directement par ses faisceaux
charnus sur le thyrohyoïdeum ; il n'est pas traversé par le tendon intergastrique du
digastrique, lequel le croise médio-rostralement à angle très aigu. Le muscle cérato-
hyoïdien est large et son insertion proximale remonte jusqu'à l'extrémité ventrale du
stylohyoïdeum. Le muscle hyoïdien transverse est élargi ; son insertion s'étend de
extrémité dorsale du cératohyoïdeum à l'extrémité ventrale du stylohyoïdeum.

PORC (Pl. 230)


Le muscle mylo-hyoïdien comporte encore deux plans de fibres, qui sont toutefois
moins distincts que chez les Ruminants. Le muscle génio-hyoïdien est très long. Le
muscle occipito-hyoïdien est rudimentaire, de même que le cérato-hyoïdien. Le muscle
stylo-hyoïdien est disposé à peu près comme chez les Ruminants, mais plus faible. Le
muscle hyoïdien transverse fait défaut.

CARNIVORES (Pl. 2 4 3 , 245)


Le muscle mylo-hyoïdien est simple, relativement mince, surtout à son extrémité
r ostrale. Le muscle génio-hyoïdien est nettement plus large à son extrémité caudale
qu'à son extrémité rostrale. Le muscle occipito-hyoïdien est bien isolable, mais grêle
et faible. Le muscle stylo-hyoïdien est une bandelette étroite et pâle, longue et mince,
qui prend origine sur le tympanohyoïdeum par un petit tendon et se termine à l'ex-
trémité latérale du corps de l'os hyoïde après avoir croisé la face latérale du muscle
digastrique. Le muscle cérato-hyoïdien est étroit, mince et faible. Le hyoïdien trans-
• erse fait défaut.

LAPIN (Pl. 246)


Le muscle mylo-hyoïdien est simple, mais relativement épais. Le muscle génio-
hyoïdien est court et aplati d'un côté à l'autre. Le muscle occipito-hyoïdien est fusi-
forme, bien distinct ; il prend origine au sommet du processus jugulaire, en commun
avec le muscle digastrique. Le muscle stylo-hyoïdien est une bandelette charnue très
grêle, dont l'extrémité distale s'épanouit sur toute la longueur du thyrohyoïdeum. Le
muscle cérato-hyoïdien est à peine discernable. Il n'y a pas de hyoïdien transverse.

COMPARAISON AVEC L'HOMME (Pl. 247)

Le muscle mylo-hyoïdien est simple, relativement épais ; il est beaucoup plus large que chez les
animaux, mais plus court dans le sens rostro-caudal. Le muscle génio-hyoïdien est aussi-plus court que
chez les animaux, mais proportionnellement plus large, surtout à son extrémité caudale. Le muscle
stylo-hyoïdien est disposé à peu près c o m m e chez les Equidés, mais son extrémité proximale com-
mence par un petit tendon sur la base du processus styloïde de l'os temporal, processus qui représente
j n stylohyoïdeum soudé à cet os. Les muscles occipito-hyoïdien, cérato-hyoïdien et hyoïdien trans-
/erse f o n t complètement défaut.
518 -

M. abaisseur de l'angle
de la

Raphé médio-ventrai
du m. cutané du cou

Sillon jugulaire

M. sphincter du cou M. cutané omo-brachial

Faisceau sternal du m. sphincter du cou

M. pectoral descendant

Origine du m. brachio-céphalique

Planche 2 4 8 - MUSCLES CUTANÉS DE L A REGION CERVICALE DU CHEVAL


C H A P I T R E III

MUSCLES DU COU

Les muscles du cou (Musculi colli) sont groupés autour des vertèbres cervicales
et beaucoup d'entre eux se portent jusqu'à la tête. Ils agissent donc sur les vertèbres
du cou et directement ou indirectement, sur la tête. Ils mobilisent ainsi le balancier
cervico-céphalique, dont le rôle est très important dans l'équilibre et la locomotion,
surtout chez les Mammifères domestiques.
Nombre de ces muscles ne sont pas limités à la région du cou ; ils s'étendent plus
ou moins loin sur le thorax, auquel ils appartiennent donc en partie, ou encore sur la
ceinture et la racine du membre thoracique, qu'ils concourent à fixer au tronc. En
outre, beaucoup d'entre eux, surtout les plus profonds, font manifestement partie de
systèmes métamériques qui peuvent être suivis tout le long de la colonne vertébrale.
_es limites des groupes musculaires de la région du cou sont donc conventionnelles et
le classement que nous adopterons n'a d'autre justification que la commodité de
étude.
Nous distinguerons dans le cou trois grands groupes musculaires, d'ailleurs hété-
'ogènes ; 1) les muscles de la région cervicale ventrale, qui longent la trachée et
oesophage ; 2) les muscles de la région cervicale dorsale, situés de part et d'autre du
gament nuchal ; 3) les muscles juxtavertébraux, les plus profonds et les plus nette-
ment métamérisés. L'ensemble est enveloppé d'une musculature cutanée mince mais
complexe, dont l'étude doit précéder celle des autres groupes.

I - MUSCULATURE CUTANEE DU COU


(Pl. 184, 203, 2 4 8 à 250)
La lame musculaire cutanée qui enveloppe le cou est en principe constituée de
plusieurs parties, dont le développement respectif est très variable selon l'espèce 111 .
Elle se prolonge en outre sur la face et la plupart des muscles cutanés de celle-ci
paraissent en être dérivés.

CONFORMATION ET INSERTIONS

Fondamentalement, on peut reconnaître dans cette musculature trois plans de fi-


bres. Deux ont une orientation transversale ; dérivés d'un « sphincter primitif du
cou », ils constituent un sphincter superficiel et un sphincter profond, entre lesquels
se développe une couche intermédiaire à fibres longitudinales : le platysma. Chacun
de ces trois plans se continue plus ou moins sur la face ; cette expansion est particu-
lièrement manifeste pour le platysma. Quand ce dernier est absent au niveau du cou,
est évidemment impossible de distinguer deux sphincters.

' i Les N.A.V. ont désigné séparément chacun des constituants de cette musculature cutanée. Il est regrettable qu'aucun terme
n'ait été retenu pour désigner l'ensemble, qui pourrait être nommé muscle cutané cervico-facial ».
520 -

Le muscle sphincter superficiel du cou (M. sphincter colli superficialis) n'est bien
développé que chez le Porc, où il procède d'un raphé médio-ventral et du manubrium
sternal. Chez les Carnivores, il est seulement distinct en regard de la région de la
gorge, qu'il couvre de ses minces faisceaux étendus d'un côté à l'autre ; plus cauda-
lement, il se dissocie et se perd en se confondant avec le sphincter profond. Du côté
rostral, il ne s'étend guère sur la face. Il n'est pas distinct dans les autres espèces.

Le platysma (Platysma) est en général bien plus étendu. Il est formé de fibres lon-
gitudinales ou légèrement obliques, qui se portent du voisinage de l'épaule ou de la
région dorsale du cou jusqu'à la surface de la joue. Il est souvent faible ou absent au
voisinage de l'épaule et se renforce progressivement du côté rostral, où il se continue
sans démarcation dans la région de la face. On lui reconnaît topographiquement deux
parties, respectivement nommées muscle cutané du cou (M. cutaneus colli) et muscle
cutané de la face (M. cutaneus faciei). Cette dernière partie couvre la joue et va s'at-
tacher à la crête faciale et à l'angle de la bouche. Elle peut se montrer subdivisée en
plusieurs bandelettes, dont les principales viennent converger sur ce dernier. Chez
l'Homme, on trouve ainsi un muscle risorius (M. risorius), à peu près horizontal et
destiné à tirer l'angle de la bouche vers l'arrière, tandis qu'un abaisseur de l'angle de
la bouche (ou triangulaire des lèvres) s'isole ventralement à celui-ci. Nous avons déjà
décrit ces formations à propos des muscles de la face ; il nous suffira de rappeler que
chez les Mammifères domestiques, il n'existe très généralement qu'un muscle abais-
seur de l'angle de la bouche (M. depressor anguli oris) très large, directement continu
avec la partie cervicale du platysma et résumant le risorius et le triangulaire des lè-
vres. Quant au muscle cutané du cou, il est bien développé chez les Carnivores et
plus encore chez l'Homme et le Porc, mais il est pratiquement absent chez les Equi-
dés et les Ruminants cavicornes.

Le muscle sphincter profond du cou (M. sphincter colli profundus) est en général
bien développé ; il semble toutefois manquer chez le Porc, le Bœuf et les petits Rumi-
nants. Ses fibres se portent d'un bord à l'autre de l'encolure et aboutissent
dorsalement et ventralement sur un raphé médian. Dans nombre d'espèces (Equidés,
Carnivores) ses faisceaux les plus caudaux sont directement attachés au manubrium
sternal. Il se continue aussi sur la face en se dissociant. On s'accorde généralement à
penser que la plupart des muscles cutanés de la face en sont des parties isolées et
différenciées.

RAPPORTS

Par sa face superficielle, la musculature cutanée du cou adhère à la peau. Sa face


profonde est en rapport, par l'intermédiaire de la lame superficielle du fascia cervical,
avec tous les muscles superficiels du cou et de la face, ainsi qu'avec les glandes
parotide et mandibulaire (sauf lorsque cette glande est cachée par la parotide : Equi-
dés), le conduit parotidien, l'artère et la veine faciales, le plexus nerveux superficiel
de la joue, les nœuds lymphatiques mandibulaires et cervicaux superficiels, enfin avec
la veine jugulaire externe.

FONCTIONS

Cette enveloppe musculo-aponévrotique possède une fonction contentive pour les


muscles du cou, dont elle affermit les contractions. Elle concourt à mobiliser la peau,
surtout dans sa région céphalique. Sa partie labiale tire la commissure des lèvres en
bas et en arrière.
- 521

INNERVATION

La motricité est fournie par des rameaux du nerf facial et principalement par le
rameau cervical, qui descend le long de la veine jugulaire externe, ce qui souligne la
parenté entre les muscles cutanés du cou et ceux de la face. La sensibilité appartient
aux nerfs cervicaux.

PARTICULARITES SPECIFIQUES
Chez les Equidés (Pl. 185, 248), cette musculature est très mince, surtout en re-
gard des régions moyenne et dorsale de l'encolure. Dans le cou, elle est formée par
un simple muscle sphincter du cou, qui n'est charnu que dans sa partie ventro-
caudale. On lui reconnaît ainsi une partie charnue et une partie aponévrotique. La
première couvre la région cervicale ventrale. Ses fibres sont obliques en direction
dorso-crâniale ; avec celles du côté opposé, elles ont une disposition penniforme de
part et d'autre d'un raphé médio-ventral très net. Les plus caudales sont attachées
directement sur le manubrium sternal ; elles forment une bandelette (plus large et plus
épaisse chez l'Ane que chez le Cheval), dite « faisceau sternal » du muscle sphincter
du cou. En approchant de la tête, la partie charnue s'amincit et tend à disparaître. La
partie aponévrotique succède aux fibres charnues en regard du muscle brachio-
céphalique. Elle est très mince et ses fibres, à peu près transversales, s'unissent bien-
tôt à la lame superficielle du fascia cervical, avec laquelle elles atteignent le bord
dorsal de l'encolure en adhérant au passage aux muscles brachio-céphalique, omo-
transversaire et trapèze. Au niveau de la région de la gorge, des faisceaux musculai-
res se montrent de nouveau et se poursuivent sur la glande parotide et sur la joue. Ils
représentent le platysma, dont la partie cervicale est à peine constituée par quelques
fibres éparses, et qui est donc réduit à sa seule partie faciale. Cette dernière délègue
un muscle abaisseur de l'angle de la bouche large de quatre à six centimètres, qui va
se terminer avec les muscles buccinateur et zygomatique.
Chez le Bœuf, le Mouton et la Chèvre, le muscle sphincter du cou fait défaut ; il
est seulement représenté par un très mince fascia à fibres transversales, indissociable
de la lame superficielle du fascia cervical. Le platysma n'existe que dans la tête ; il
commence près du larynx, se dissocie à la surface de la joue et délègue à la commis-
sure des lèvres un abaisseur relativement étroit. Les Chameaux possèdent en
revanche un sphincter profond du cou fort bien développé et disposé à peu près
comme chez le Cheval ; le platysma est également bien reconnaissable.
Chez le Porc (Pl. 249), cette gaine musculaire du cou est très développée. Le
muscle sphincter profond du cou est presque absent, réduit à quelques faibles fais-
ceaux épars à la face profonde du platysma. Le sphincter superficiel est au contraire
bien distinct. Il prend attache au manubrium sternal et à un raphé médio-ventral ; ses
faisceaux se portent crânio-dorsalement, à la surface du platysma, auquel ils adhè-
rent. Ce dernier est remarquablement épais ; il commence sur la moitié ventrale de
'épaule, couvre la plus grande partie du cou et se continue sans démarcation à la
surface de la glande parotide puis de la joue. Le muscle abaisseur de l'angle de la
bouche est très large, épais et mal délimité du reste du platysma. Celui-ci s'étale en
outre dans la région intermandibulaire, où il rejoint sur le plan médian celui du côté
opposé.
Chez les Carnivores (Pl. 203), le muscle sphincter superficiel du cou est bien dis-
cernable dans la région de la gorge et s'étend plus ou moins selon les individus à la
surface du cou ; il est rare qu'il atteigne la moitié caudale de cette région. Le platys-
ma commence à la face latérale de l'épaule et au bord dorsal du cou, sans couvrir la
région présternale. Il se continue sur la face à peu près comme chez le Porc et forme
encore un large muscle abaisseur de l'angle de la bouche ; toutefois, il est propor-
tionnellement plus mince que chez le Porc et beaucoup plus mobile. Le muscle
sphincter profond du cou entoure entièrement le cou et se continue de façon mani-
feste sur la face en se dissociant pour participer à l'organisation des muscles cutanés
522 -

M. sterno-céphalique M brachio-céphalique
M. trapèze (partie cervicale) M. trapèze (partie thoracique)

Glande

Muscle masséter

M. abaisseur
de l'angle de la

M. sphincter superficiel du

M. brachio-céphalique

Muscle deltoïde

M. triceps brachial

M. sterno-céphalique M. cléïdo-mastoïdienl M brachio-céphalique


M. cléïdo-cervicalJ
M. trapèze (partie cervicale) M. trapèze (partie thoracique)
M. omo-transversaire Origine du platysma M. grand dorsal

Pharynx

omo-hyoïdien<

M. masséter

M. thyro-hyoïdien^
M. sterno-hyoïdien ^
Mm. sterno-thyroïdiens ^ /
M. subclavier^
M. brachio-céphalique | M - <=l«do-céphalique/ /
( M . cléïdo-brachial
M. pectoral i
M. sphincter superficiel du cou (coupé) ^
Muscle deltoïde' M. triceps brachial

Planche 2 4 9 - MUSCLES SUPERFICIELS DU COU DU PORC


En bas : les m u s c l e s c u t a n é s o n t été'enlevés
- 523

ce la région. La musculature cutanée du cou du Chat est plus puissante encore que
celle du Chien ; le platysma est beaucoup plus large.
Chez le Lapin, le platysma est mince et pâle, directement adhérent à la peau,
dont il est difficile à séparer. Il se prolonge caudalement jusqu'à la partie dorsale du
:norax. Sur la tête, il s'étend jusqu'à la région occipitale et fournit d'autre part un
arge muscle abaisseur de l'angle de la bouche. Le muscle sphincter profond est bien
c stinct du platysma ; il commence au sternum par un faisceau si fort qu'il pourrait
s muler un sterno-céphalique, mais s'amincit beaucoup vers la tête, où il se perd à la
surface de la région parotidienne.

COMPARAISON AVEC L'HOMME


Les sphincters du cou manquent, mais le platysma, seul présent, est bien développé. Il prend
- = ssance par des faisceaux dissociés dans le conjonctif sous-cutané des régions deltoïdienne et infra-
: aviculaire et couvre la face ventro-latérale du cou. Une partie de ses faisceaux s'entrecroise sur le
: an médian avec ceux du côté opposé. Il prend attache au passage au bord ventral de la mandibule,
r e qui isole le muscle abaisseur de l'angle de la bouche (triangulaire des lèvres) du reste du platysma.
- _ e autre partie se continue directement sur la face, jusqu'au voisinage de la commissure des lèvres ;
î ' sorius s'en isole horizontalement derrière l'angle de la bouche.

Il - MUSCLES DE LA REGION CERVICALE VENTRALE


Ces muscles forment une sorte de gaine qui entoure ventralement et sur les côtés
a trachée et les organes qui l'accompagnent. On peut en reconnaître trois groupes,
qui diffèrent par la nature, la topographie et les fonctions. Le premier de ces groupes
est décrit chez l'Homme comme un muscle unique, sous le nom de sterno-cléido-
céphalique. Il est formé en réalité de deux muscles qui sont entièrement distincts
cans la plupart des espèces : le sterno-céphalique et le cléido-céphalique. Dans les
animaux dont la clavicule est réduite ou absente, le muscle cléido-céphalique, s'unit
aux faisceaux de muscles voisins également insérés sur la clavicule chez l'Homme
deltoïde claviculaire et trapèze claviculaire) et l'ensemble constitue un muscle corn-
aosite, très long, étendu du bras à la tête : le muscle brachio-céphalique. Le second
groupe des muscles ventraux du cou est celui des muscles infrahyoïdiens : sterno-
"voïdien, sterno-thyroïdien et omo-hyoïdien. Enfin, le dernier groupe est celui des
muscles scalènes, étendus des vertèbres cervicales aux premières côtes et qui com-
mandent les mouvements inspiratoires du thorax. L'ensemble est enveloppé par le
"ascia cervical.

MUSCLE STERNO-CEPHALIQUE (Pl. 184, 1 8 5 , 2 0 4 , 2 0 7 , 2 0 8 , 2 1 0 , 2 1 5 , 2 3 8 , 2 3 9 , 2 4 9 à 2 5 5 ,


257 à 2 6 5 , 2 7 0 , 2 7 4 à 2 7 6 , 2 8 1 , 2 8 3 , 2 8 4 , 2 8 8 , 2 9 4 à 296)

Le muscle sterno-céphalique (M. sternocephalicus) 111 est long, situé ventro-


atéralement à la trachée, qu'il croise de façon très oblique en se portant du sternum
à la partie caudale de la tête.
Conformation : c'est un muscle fusiforme, convexe à sa face superficielle, excavé
à sa face profonde, qui se moule sur la trachée. L'extrémité caudale est pourvue d'un
tendon chez l'Homme ; elle est en général plus épaisse et charnue chez les Mammifè-
r es domestiques. L'extrémité crâniale, élargie chez l'Homme, est au contraire rétrécie

chez les Mammifères domestiques. Chez les Carnivores, elle est toutefois complétée

En raison de la grande variabilité interspécifique des attaches sur la tête, le terme « M. sternocephalicus » est le seul qui soit
applicable à toutes les espèces, donc valable en Anatomie comparée. Son adoption par les N.A.V. est parfaitement justifiée et il
- t a aucun intérêt à conserver de vieux termes particuliers à certaines espèces, tels que « M. sternomandibularis » ou « M.
sternomastoideus ».
524 -

Tendon du m.
M. omo-hyoïdien
sterno-céphalique

M. omo-hyoïdien Sillon jugulaire

M. brachio-céphalique

Mm. sterno-hyoïdiens
et sterno-thyroïdiens M. omo-transversaire

M. sterno-céphalique M trapèze
(partie cervicale)

M. brachio-céphalique

Faisceau sternal
du m. sphincter du cou

Triangle delto-pectoral

M. pectoral descendant

Planche 2 5 0 MUSCLES DE LA REGION CERVICALE VENTRALE DU CHEVAL


(Vue ventrale, la tête étendue)1!
- 525

par une large et mince expansion occipitale (Pars occipitalis). Chez les grands Ongu-
lés, elle se prolonge par un fort tendon. Enfin, dans diverses espèces (Bœuf, Chèvre,
Tapir), le sterno-céphalique est presque entièrement dédoublé en deux muscles qui
divergent à angle très aigu du côté crânial. Chez le Bœuf et la Chèvre, l'une de ces
parties est mastoïdienne (Pars mastoidea) et l'autre mandibulaire (Pars mandibularis).
Cette dernière manque ou est rudimentaire chez le Mouton.
Insertions : dans toutes les espèces, l'origine se fait à l'extrémité crâniale du ma-
nubrium sternal, très près de celle du muscle opposé (Homme) ou en commun avec
elle (Mammifères domestiques). La terminaison est beaucoup plus variable. Chez
l'Homme, elle se fait sur le processus mastoïde de l'os temporal et sur la ligne courbe
supérieure de l'os occipital, où elle s'unit à celle du muscle cléido-mastoïdien. Il en est
à peu près de même chez les Carnivores. Chez le Porc et le Lapin, la' terminaison se
localise au processus mastoïde et elle reste t o u t à fait distincte de celle du muscle
cléido-mastoïdien. Chez le Lapin, le tendon terminal délègue en outre au passage
quelques faisceaux au processus angulaire de la mandibule' 11 . C'est sur la tubérosité
sterno-céphalique de cet os, un peu au-dessus de l'angle mandibulaire, que se porte le
tendon terminal chez les Equidés ; celui-ci délègue en outre entre la glande parotide et
la glande mandibulaire une expansion fibreuse, dite fascia sous-parotidien, qui se
porte sur la terminaison du muscle brachio-céphalique et constitue un vestige mani-
feste de l'insertion mastoïdienne. Cette double terminaison, mandibulaire et
mastoïdienne, est plus évidente encore chez les Chameauxr-Ejnfin, chez le Bœuf et la
Chèvre, la partie mastoïdienne n'envoie qu'une faible expansion au processus mas-
toïde et se porte par un tendon sur le tubercule musculaire de la partie basilaire de
l'os occipital. La partie mandibulaire atteint par un tendon plat et élargi le tubercule
facial en s'unissant à l'aponévrose du masséter, après avoir délégué une insertion de
passage à la partie molaire de la mandibule.

Rapports : selon qu'il se termine sur la région mastoïdienne ou sur la mandibule,


le muscle sterno-céphalique est plus ou moins oblique. Dans le premier cas, il croise
nettement la trachée et l'interstice qu'il forme avec le muscle cléido-céphalique est
étroit et limité à la moitié caudale du cou ; comme cet interstice livre passage à la
veine jugulaire externe, laquelle prend naissance caudalement à l'angle de la mandi-
bule, cet important vaisseau croise alors la surface du muscle sterno-céphalique en
direction dorso-caudale : c'est la disposition qu'on trouve en particulier chez
l'Homme, les Carnivores, ie Lapin et le Porc. Dans le second cas, qui est surtout celui
des Equidés et des Ruminants, le muscle sterno-céphalique est à peu près parallèle à
la trachée ; il délimite alors avec le muscle brachio-céphalique un intervalle très re-
marquable qui s'étend de la région parotidienne à l'entrée de la poitrine : c'est le sillon
jugulaire (Sulcus jugularis) — anciennement « gouttière jugulaire » — que la veine
jugulaire externe parcourt dans toute sa longueur. Des variations de même ordre exis-
tent aussi vis à vis de l'artère carotide commune, de la veine jugulaire interne et du
tronc nerveux vago-sympathique. Ces formations, parallèles à la veine jugulaire ex-
terne mais bien plus profondes, croisent la face profonde du muscle chez l'Homme,
les Carnivores, le Porc, le Lapin ; elles sont au contraire logées au fond du sillon ju-
gulaire chez les Equidés et les Ruminants. C'est pourquoi leur accès chirurgical
emprunte ce sillon chez—ces derniers animaux, alors qu'il se fait par voie médio-
ventrale dans les autres espèces.

(1) Une disposition comparable existe parfois chez l'Homme.


526 -

Conjonctif sous-cutané
de la région de la crinière
Corde du ligament nuchal Peau

M. rhomboïde du cou

M. trapèze (Partie cervicale) M. trapèze (Partie cervicale)

M. splénius
Rameaux des A. et V. scapulaires dorsales

M. semi-épineux de la tête
_ Lame du ligament nuchal
Nerf accessoire

et V. cervicales profondes

M. longissimus de la tête Muscle splénius

M. longissimus de l'atlas
M. épineux du cou

M. épineux du cou

M. multifide du cou
Cinquième nerf cervical
(Rameau dorsal)

M. omo-transversaire
Dure-mère
Moelle épinière
Plexus veineux vertébral int.
M. intertransversaire
du cou Nerf vertébral
Cinquième nerf cervical
et V. vertébrales
(Rameau ventral)
M. longissimus du cou
M. longissimus du cou
M. omo-hyoïdien

M. scalène ventral
M. omo-hyoïdien
M. long du cou

M. long du cou M. brachio-céphalique

Tronc vago-sympathique
V.
A. carotide commune
Œsophage
Tronc lymphatique trachéal

Sillon jugulaire ^ ^ N e r f laryngé récurrent

M. sterno-céphalique
Mm. sterno-hyoïdien et sterno-thyroïdien
M. sphincter du cou _ Peau

Planche 2 5 1 COUPE T R A N S V E R S A L E DU COU D'UN CHEVAL

passant par la partie moyenne de la cinquième vertèbre cervicale


(Segment crânial de la coupe. Vue caudale)
- 527

Les autres rapports du muscle sterno-céphalique peuvent être résumés c o m m e


suit : la face superficielle n'est séparée de la peau que par la mince musculature
cutanée du cou ; toutefois, son extrémité crâniale est couverte par la glande parotide,
de façon plus ou moins complète selon l'espèce. La face profonde est en rapport avec
la trachée et le larynx, ainsi qu'avec la glande thyroïde. En bas du cou, elle couvre
aussi les muscles sterno-hyoïdien et sterno-thyroïdien, que la divergence des deux
sterno-céphaliques laisse à découvert dans les régions plus crâniales, à la face ven-
trale de la trachée. A u voisinage du larynx, cette face est croisée encore par le
muscle omo-hyoïdien (absent chez les Carnivores et le Lapin).
Fonctions : le muscle sterno-céphalique est un fléchisseur de la tête. Lorsqu'il se
contracte d ' u n seul côté, la flexion est accompagnée d'une rotation vers le côté op-
posé. La partie cervicale de la colonne vertébrale est indirectement entraînée dans ces
mouvements.
Vaisseaux et nerfs : le muscle sterno-céphalique reçoit son sang des branches
très grêles et multiples de l'artère carotide c o m m u n e ; ses veines v o n t principalement
à la jugulaire externe. L'innervation motrice est apportée par une grosse branche par-
ticulière du nerf accessoire, tandis que la sensibilité vient d ' u n rameau de la branche
ventrale du deuxième nerf cervical.

MUSCLE BRACHIO-CEPHALIQUE (Pl. 1 8 4 , 185, 2 0 4 , 2 0 7 , 2 0 8 , 2 1 5 , 2 4 9 à 2 5 4 , 2 5 7 à 2 6 2 ,


264, 281, 283, 284, 286, 294, 296)
Le muscle brachio-céphalique (M. brachiocephalicus) est une bande charnue com-
posite, très allongée, située sur le côté de l'encolure, dorsalement au sterno-
céphalique. Il s'étend de la partie moyenne ou distale du bras à la région mastoïdienne
et à la nuque en couvrant au passage la pointe de l'épaule. Il est particulier aux qua-
drupèdes et résume chez eux plusieurs éléments musculaires distincts chez l ' H o m m e
et les Mammifères pourvus d'une clavicule longue et forte.
Conformation : dans ces dernières espèces, il n'existe donc pas de muscle bra-
chio-céphalique et la clavicule, articulée de façon directe au sternum et à l'acromion,
marque la limite entre le cou et le thorax. Parmi les divers muscles auxquels cet os
donne attache, le seul qui appartienne à la région ventrale du cou est le cléido-
mastoïdien (M. cleidomastoideus). C'est chez l ' H o m m e une forte bande charnue qui
prend origine sur le quart médial de la clavicule et va se terminer au processus mas-
toïde et sur la ligne courbe de l'os occipital ; sa terminaison est couverte par celle du
muscle sterno-céphalique, à laquelle elle adhère. Sur le tiers latéral de la clavicule
s'insère en outre un large faisceau du muscle trapèze, qui couvre la région dorsale du
cou, tandis que le muscle deltoïde, appartenant à l'épaule, est attaché au bord caudal
du quart latéral de cet os.
Dans l'adaptation des membres thoraciques à la marche, la régression des clavi-
cules va de pair avec l'aplatissement transversal du thorax et le rapprochement des
deux articulations scapulo-humérales, de part et d'autre du sternum. Alors, certains
muscles transfèrent leurs attaches de la clavicule au sternum (m. pectoral descen-
dant) ou à l'épaule (m. subclavier) ; d'autres, différents selon les espèces, peuvent
disparaître. Quant au muscle cléido-mastoïdien, il s'annexe en général la partie clavi-
culaire du muscle trapèze et leur ensemble se soude bout à bout à la partie
claviculaire du muscle deltoïde, laquelle se sépare de la partie scapulaire de ce der-
nier, restée dans l'épaule. Ainsi apparaît le muscle brachio-céphalique, au sein duquel
un vestige de la clavicule est constitué par une intersection fibreuse ou ostéofi-
breuse : l'intersection claviculaire (Intersectio clavicularis), placée devant la pointe de
l'épaule.
528 -

M. buccinateur

M. mylo-hyoïdien Muscle masséter

Ventre rostral
au m. digastrique

M. transverse de la mandibule

{ P. mandib. M. omo-transversaire
M. sterno-céphalique J
[ P. mastoïd.

M. trapèze

(partie cervicale)

M. brachio-céphalique

M. cléïdo-céphalique

M. subclavier Intersection claviculaire

M. cléïdo-brachial
Triangle delto-pectoral

Muscle deltoïde

M. pectoral descendant
M. triceps brachial

M. pectoral transverse Muscle brachial

Planche 2 5 2 - MUSCLES DE LA REGION C E R V I C A L E VENTRALE DU BŒUF


(Vue ventrale, la tête étendue)
- 529

La partie du brachio-céphalique située caudalement à l'intersection claviculaire est


encore qualifiée de muscle cléido-brachial (M. cleidobrachialis). Soudée au reste du
muscle deltoïde chez l'Homme, elle en est au contraire t o u t à fait distincte chez les
Mammifères domestiques ; elle est plus longue chez les Carnivores que chez les On-
gulés. La partie située crânialement à l'intersection forme le muscle cléido-céphalique
iM. cleidocephalicus). Ce dernier constitue une large bande charnue moulée à la sur-
face de la région cervicale moyenne. Exception faite des Equidés, il s'élargit beaucoup
à sa partie crâniale. Ses constituants sont plus ou moins isolables selon les espèces.
Le plus souvent, on peut ainsi lui reconnaître une partie mastoïdienne (Pars mastoi-
dea) et une partie occipito-cervicale 111 ; cette dernière n'est autre que la partie
claviculaire du muscle trapèze. Chez le Bœuf, le Mouton, la Chèvre, le Lapin, un fais-
ceau particulier de la partie mastoïdienne va en outre rejoindre le muscle long de la
tête pour atteindre avec lui (et avec le faisceau correspondant du m. sterno-
céphalique chez le Bœuf et la Chèvre) la pars basilaris de l'os occipital : c'est une
véritable partie basilaire. La partie mastoïdienne, déjà faible chez la Chèvre et le Mou-
ton, fait totalement défaut chez les Chameaux, dont le muscle brachio-céphalique est
réduit à ses parties brachiale et cervicale (donc deltoïdienne et trapézienne) et se
termine loin de la tête. Chez les Equidés enfin, le muscle brachio-céphalique est une
longue bande de largeur presque uniforme, étendue du bras à la région mastoïdienne ;
il est dépourvu de partie occipito-cervicale. En revanche, la partie cléido-mastoïdienne
est intimement unie par son bord dorsal au large muscle omo-transversaire, au point
que ce dernier a été parfois décrit comme une partie supplémentaire du brachio-
céphalique, propre aux Equidés. Cette conception est insoutenable à la lumière de
l'Anatomie comparée.

Insertions : l'origine est en règle générale située sur la crête humérale, à peu de
distance de la tubérosité deltoïdienne chez les Ongulés, nettement plusTîâs^çhez le
Chien, près de l'extrémité distale de l'humérus chez le Lapin et nombre de Carnivores
sauvages. Chez le Chat et les félins, elle abandonne même l'humérus et se trouve
transférée au côté médial de l'extrémité proximale de l'ulna. Il est remarquable que
dans toutes les espèces, cette attache caudale du muscle brachio-céphalique soit unie
à l'insertion terminale du muscle pectoral descendant l2) .
L'extrémité crâniale prend des insertions multiples et variables avec les espèces.
La partie mastoïdienne aboutit au processus mastoïde et à la crête mastoïdienne, en
général par une courte lame aponévrotique qui peut se prolonger sur la crête nuchale ;
chez l'Homme, le Porc et les Carnivores, cette terminaison s'unit à celle du muscle
sterno-céphalique. La partie occipito-cervicale s'élargit beaucoup et devient aponévro-
tique pour s'attacher sur la ligne courbe de l'os occipital (où une continuité peut
s'établir avec la précédente) et sur une longueur plus ou moins grande de la corde du
ligament nuchal ou du raphé qui en tient lieu. Enfin, le petit chef basilaire aboutit au
tubercule musculaire de la pars basilaris de l'os occipital, en commun avec le muscle
long de la tête et chez les Bovidés, avec le faisceau similaire du sterno-céphalique.

(1} Les N.A.V. semblent ignorer la nature trapézienne de cette partie, qu'ils qualifient de « Pars occipitalis » chez les Ruminants
et le Porc et de « Pars cervicalis » chez les Carnivores. Chez l'Homme, la partie claviculaire du muscle trapèze est insérée sur la
ligne courbe supérieure de l'os occipital et sur le ligament nuchal. L'insertion nuchale est réduite chez le Bœuf, les petits Rumi-
nants et le Porc, largement dominante chez les Carnivores, mais en réalité toujours à la fois occipitale et nuchale. En outre, les
N.A.V. ignorent totalement la partie, pourtant très évidente qui aboutit, chez le Bœuf et les petits Ruminants au processus
basilaire de l'os occipital, qui justifierait le terme « Pars bas ans
(2) Chez le Chien toutefois, les deux muscles sont adjacerts mais non confondus.
530 -

Corde du ligament nuchal Sommet du premier processus


épineux thoracique
M. trapèze (Partie cervicale) Peau

M. rhomboïde cervical Corde du ligament nuchal

M. splénius de la tête M. rhomboïde cervical

Lame du ligament nuchal M. splénius de la tête


M. semi-épineux de la tête
(M. digastrique du cou) Nerf accessoire (Rameau dorsal)

M. épineux du cou M. digastr. du cou


[ M . semi-épineux
f de la tête
M. dentelé du cou M. complexus
Fascia cervical
(Lame superficielle) A. et V. cervicales profondes
M. semi-épineux de la tête
(M. M. dentelé du cou

M. brachio-céphalique Sommet du 7* processus


épineux cervical
M. omo-transversaire Fascia cervical

M. multifide du cou

M. longissimus du cou M. longissimus de la tête

M. longissimus de la tête M. multifide du cou

M. longissimus de l'atlas épineux de la 6*


M. intertransversaire vertèbre cervicale
dorsal du cou Dure-mère

M. ilio-costal du cou Moelle épinière


Processus transverse
(Cuspide dorsale) M. scalène moyen
Racines cervicales
du plexus brachial Racines cervicales
du plexus brachial
M. scalène ventral A., V. et N. vertébraux

M. scalène dorsal M. scalène dorsal

M. brachio-céphalique M. brachio-céphalique
M. intertransversaire
ventral du cou Processus transverse
(Cuspide ventrale)
M. long du cou Tronc vago-sympathique
Lame prévertébrale
du fascia cervical V. jugulaire externe

M. sterno-céph. (P. mand.) A. carotide commune

M. sterno-céph. (P. mast.) Veine jugulaire interne

Œsophage Nerf laryngé récurrent

Fascia cervical (Lame superficielle) M. sterno-céphalique (P. mandib.)

Mm. sterno-hyoïdien et sterno-thyroïdien M. sterno-céphalique (P. mast.)

Peau du fanon _ Mm. sterno-hyoïdien et sterno-thyroïdien

Planche 2 5 3 - COUPE T R A N S V E R S A L E DU C O U D'UN BŒUF


passant par la sixième vertèbre cervicale, l'encolure étant étendue
(Segment crânial de la coupe. Vue caudale)
- 531

Rapports : le muscle cléido-brachial n'est séparé de la peau que par le mince fas-
cia superficiel. Le cléido-céphalique en est séparé par le feuillet superficiel du fascia
cervical et par la musculature cutanée ; chez les Equidés, le muscle sphincter du cou
adhère intimement à sa surface. La partie mastoïdienne, quand elle n'est pas cou-
verte par la terminaison du sterno-céphalique, est en rapport près de l'atlas avec la
glande parotide et les muscles cervico-auriculaires.
La face profonde du muscle cléido-brachial couvre le muscle biceps brachial ;
chez les Carnivores et le Lapin, elle s'insinue entre ce muscle et le brachial pour at-
teindre la crête humérale ou l'ulna. La région voisine de l'intersection claviculaire se
moule sur la pointe de l'épaule ; elle couvre en outre la partie scapulaire du muscle
subclavier quand elle existe (Equidés, Porc, Lapin). Le muscle cléido-céphalique cou-
vre aussi : les muscles scalènes, les nœuds lymphatiques cervicaux profonds, les
vaisseaux ventraux du cou, puis les muscles omo-hyoïdien (absent chez les Carnivo-
res et le Lapin, réduit chez les Ruminants), omo-transversaire (absent chez l'Homme)
et près de la tête, les terminaisons du longissimus et du splénius. Sa face profonde
est croisée par le nerf accessoire. Le chef basilaire, quand il existe, entre aussi en
contact avec le pharynx et le muscle long de la tête.

Le bord ventral concourt à délimiter des interstices importants et faciles à repérer


sur le vivant : entre les muscles cléido-brachial et pectoral descendant, c'est le trian-
gle ou espace delto-pectoral (trigone clavi-pectoral, chez l'Homme) ; entre les
muscles cléido-céphalique et sterno-céphalique, c'est l'interstice quFcîonne passage à
la veine jugulaire externe. Chez les Equidés et les Ruminants, ce dernier s'étend
comme nous l'avons dit de la région parotidienne à l'entrée de la poitrine et constitue
le sillon jugulaire. Quant au bord dorsal, rappelons qu'il adhère de façon intime au
muscle omo-transversaire chez les Equidés.
Fonctions : lorsque l'insertion caudale du brachio-céphalique est fixe, le membre
étant à l'appui, ce muscle fléchit la tête ; il l'incline de côté et lui imprime un mouve-
ment de rotation lorsque la contraction est unilatérale. Lorsque, les autres muscles du
cou étant contractés, le brachio-céphalique prend point fixe à la tête, le membre est
tiré vers celle-ci et soulevé. Le muscle brachio-céphalique est aidé en cela par l'omo-
transversaire ; ces deux muscles ont un rôle important dans la locomotion et en parti-
culier dans l'« embrassée » du terrain. Leur synergie fonctionnelle est portée à son
plus haut degré chez les Equidés, où ils sont coalescents.
Vaisseaux et nerfs : le sang est apporté par des branches innominées des artères
cervicale superficielle, carotide commune et vertébrale. Les veines vont principale-
ment à la jugulaire externe et à la jugulaire interne. Les lymphatiques sont drainés par
les nœuds cervicaux profonds et superficiels. La motricité est fournie par le nerf ac-
cessoire pour le cléido-céphalique et l'axillaire pour le cléido-brachial ; cette duplicité
souligne la nature hétérogène du muscle brachio-céphalique et l'appartenance de ses
constituants à deux régions différentes. La sensibilité est apportée par les rameaux
ventraux des nerfs cervicaux.

MUSCLES STERNO-HYOÏDIEN ET STERNO-THYROÏDIEN (Pl. 2 0 4 , 2 0 7 , 2 0 8 , 2 1 5 , 2 3 9 , 2 4 0 ,


2 4 5 , 2 4 6 , 2 4 9 à 2 5 4 , 2 5 7 à 2 6 2 , 2 6 4 , 2 8 1 , 2 8 3 , 2 8 4 , 2 8 8 , 2 9 3 , 294)

Les muscles sterno-hyoïdien (M. sternohyoideus) et sterno-thyroïdien (M. sterno-


thyroideus), longs et aplatis, longent la face ventrale de la trachée depuis le
manubrium sternal jusqu'à la région laryngienne.
Conformation : adjacents et à peu près parallèles, ces deux muscles sont d'autant
plus longs et plus grêles que le larynx est plus haut situé et surtout moins mobile sur
532 -

M. digastrique^ M. mylo-hyoïdien

M. masséter M. digastrique

Veine faciale.

Glande mandibulaire ,M. thyro-hyoïdien

Glande parotide^ M. sterno-thyroïdien

M. sterno-hyoïdien^ M. sterno-hyoïdien

Veine jugulaire externe. ,M. sterno-céphalique

M. sterno-céphalique. cléïdo-céphalique

M. brachio-céphalique. M. brachio-
Intersection clavicul
céphalique

Triangle delto-pectoral. M. cléïdo-brachial

M. pectoral descendant M. pectoral ascendant

M. pectoral transverse Sa partie caudale

M. pectoral ascendant M. grand dorsal

M. dentelé ventral du thorax M. oblique externe


de l'abdomen

Planche 2 5 4 - MUSCLES DES REGIONS CERVICALE VENTRALE ET PECTORALE DU CHIEN


(Vue ventrale. Les muscles pectoraux superficiels ont été coupés sur le côté gauche du sujet)
- 533

l'os hyoïde. Ils sont ainsi relativement forts chez l'Homme et chez le Porc, dont le
larynx est placé bas dans le cou et très mobile ; le sterno-thyroïdien est même dé-
doublé chez le Porc. Ils sont plus longs et plus étroits chez les Carnivores, le Lapin,
les Ruminants et particulièrement grêles chez les Equidés. Chez ces derniers, ils sont
rendus digastriques par la présence d'un petit tendon intermédiaire, caudalement
auquel ils sont confondus en un ventre unique ; dans les autres espèces, une inter-
section fibreuse peut y apparaître à titre d'anomalie ; elle est rudimentaire mais
habituelle chez les Carnivores.
Insertions : les deux muscles prennent origine très près l'un de l'autre (en com-
mun chez les Equidés) à l'extrémité crâniale ou à la face dorsale (Carnivores, Lapin)
du manubrium sternal. Cette attache est contiguë à celle des muscles du côté opposé
chez les Mammifères domestiques ; elle en est un peu plus distante -chez l'Homme,
où quelques faisceaux de fibres prennent en outre origine sur la clavicule. Le muscle
sterno-hyoïdien se termine à la face ventrale du corps de l'os hyoïde. Le muscle ster-
no-thyroïdien aboutit au bord caudal de la lame du cartilagiPtkyroïde du larynx ; chez
le Porc, un faisceau distinct va à la partie médiane de ce même cartilage.
Rapports : les deux muscles sont d'abord accolés, le sterno-hyoïdien couvrant le
sterno-thyroïdien. Ils divergent légèrement du côté crânial et se séparent à leur termi-
naison. Chez les Mammifères domestiques, ceux du côté droit et ceux du côté
gauche sont directement adjacents sur le plan médian ; ils sont au contraire séparés
chez l'Homme par un intervalle qui laisse à découvert la face ventrale de la trachée et
du larynx. A leur origine, ils sont couverts par les muscles sterno-céphaliques, les-
quels divergent crânialement. Leur terminaison est de même couverte chez les
Equidés par celle du muscle omo-hyoïdien, qui converge avec celui du côté opposé
sous le corps de l'os hyoïde. Ils couvrent la face ventrale de la trachée ainsi que, à
leur origine, le confluent des veines jugulaires à l'entrée de la poitrine et près de leur
terminaison, la glande thyroïde et la face ventrale du larynx.
Fonctions : prenant point fixe à leur insertion sternale, ces muscles tirent l'os
hyoïde et le larynx en direction caudale. Ils sont donc antagonistes des élévateurs du
larynx et des protracteurs de la langue, c'est-à-dire des muscles suprahyoïdiens.
Vaisseaux et nerfs : ramuscules des artères carotide commune et thyroïdiennes,
ainsi que des veines jugulaires ; branches ventrales des premiers nerfs cervicaux.

MUSCLE OMO-HYOÏDIEIM (Pl. 2 3 8 à 2 4 0 , 2 4 2 , 2 4 7 , 2 4 9 à 2 5 3 , 2 5 7 , 260, 2 6 3 , 281 à 2 8 4 , 293)

Le muscle omo-hyoïdien (M. omohyoideus) s'étend en principe de l'épaule au


corps de l'os hyoïde. Il croise la face profonde des muscles brachio-céphalique et
sterno-céphalique, ainsi que l'interstice qui les sépare. Sa morphologie varie beaucoup
d'une espèce à l'autre. Il fait défaut chez les Carnivores et le Lapin.
Conformation : digastrique chez l'Homme, ce muscle ne l'est chez aucun Mammi-
fère domestique. Chez les Equidés, c'est une bande mince et relativement large, dont
l'extrémité caudale est aponévrotique et qui est entièrement charnue dans le reste de
son étendue. Il est plus étroit et beaucoup plus grêle chez le Porc, tout en présentant
la même disposition. Chez les Ruminants, il semble réduit au ventre crânial de l'omo-
hyoïdien de l'Homme ; il est en effet très court et commence par une lame aponévro-
tique à la face profonde du muscle brachio-céphalique, sans rapport par conséquent
avec la région de l'épaule.
Insertions : chez l'Homme, le muscle omo-hyoïdien prend origine au bord crânial
de la scapula, dorsalement à l'incisure scapulaire. Chez les Equidés et le Porc, l'ori-
gine se fait sur le fascia axillaire, à la face profonde de l'épaule. Chez les Ruminants,
534 -

Corps de l'os hyoïde

Veine linguo-faciale du m.
sterno-céphalique

Mm. sterno-hyoïdiens M. brachio-céphalique (coupé)

Mm. sterno-thyroïdiens M. omo-transversaire (coupé)

M. omo-hyoïdien Veine jugulaire externe

M. omo-hyoïdien

M. scalène ventral M. trapèze


(partie cervicale)

Origine des mm. sterno-


céphaliques (coupés)

M. subclavier

Triangle delto-pectoral

Origine du m.
brachio-céphalique (coupé)

M. pectoral descendant

Veine céphalique du bras

Planche 2 5 5 - MUSCLES CERVICAUX VENTRAUX DU CHEVAL

(Plan profond : on a enlevé les muscles sterno-céphaliques et brachio-céphaliques)


- 535

l'aponévrose d'origine s'étale à la face profonde du muscle brachio-céphalique, en


regard des troisième et quatrième vertèbres cervicales ; elle n'a t o u t e f o i s aucune
insertion sur ces vertèbres. Dans t o u t e s les espèces, la terminaison se fait sur le
corps de l'os hyoïde, à la partie latérale de ce dernier et sur la partie adjacente de la
corne thyroïdienne chez l ' H o m m e , jusque sur le plan médian chez les M a m m i f è r e s
domestiques : chez les Equidés, cette terminaison est même largement unie à celle du
muscle du côté opposé.
Rapports : considéré chez les Equidés ou le Porc, le muscle omo-hyoïdien répond
par sa face latérale, dans sa partie sous-scapulaire, aux muscles subscapulaire, infra-
épineux, subclavier et aux nœuds lymphatiques préscapulaires. Plus crânialement, il
est couvert par le muscle brachio-céphalique, auquel il adhérer' Chez les Equidés, il
croise ensuite obliquement le sillon jugulaire et sépare la veine jugulaire externe, si-
tuée à sa face latérale, de l'artère carotide c o m m u n e et du tronc v a g o - s y m p a t h i q u e ,
qu'il couvre. Il passe ensuite sous le muscle sterno-céphalique et sa partie terminale,
hyoïdienne, est simplement séparée de la peau par les muscles cutané et sphincter
superficiel du cou. Par sa face profonde, le muscle omo-hyoïdien se met en rapport
avec les muscles dentelés ventraux du thorax et du cou, scalènes, long du cou puis
avec la carotide c o m m u n e , le tronc nerveux v a g o - s y m p a t h i q u e et la veine jugulaire
interne quand elle existe. Il couvre ensuite la trachée, la glande thyroïde et la face
ventro-latérale du larynx en dessinant avec celui du côté opposé un V largement ou-
vert en direction caudale. Chez les Ruminants, les rapports sont similaires mais limités
naturellement au sillon jugulaire et à la région laryngienne.

Fonction : le muscle omo-hyoïdien tire l'os hyoïde en direction caudale ; il est


donc abaisseur de celui-ci et du larynx.
Vaisseaux et nerfs : le sang est apporté par des ramuscules des artères carotide
c o m m u n e , thyroïdienne crâniale et cervicale profonde. Les veines v o n t aux jugulaires
et les lymphatiques aux nœuds cervicaux superficiels et profonds. Les nerfs provien-
nent des branches ventrales des nerfs cervicaux.

MUSCLES SCALENES (Pl. 2 5 1 , 2 5 3 , 2 5 5 à 2 5 7 , 2 6 1 , 2 6 3 , 2 6 7 à 2 6 9 , 2 7 1 à 2 7 8 , 289)


Les muscles scalènes (Mm. scaleni) f o r m e n t un groupe complexe étendu des pro-
cessus transverses cervicaux à la première côte et à la face externe des côtes
suivantes. A v e c ceux du côté opposé et avec le muscle long du cou, ils f o r m e n t une
sorte de gouttière profonde, ouverte ventralement, qui loge la trachée et l'œsophage
avant leur pénétration dans le t h o r a x .
C o n f o r m a t i o n et divisions : plus ou moins dissociés en faisceaux, surtout au voi-
sinage de leurs attaches vertébrales, ces muscles sont en principes au nombre de
trois 111 :

i l ) Peu de muscles ont d o n n é lieu à d ' a u s s i grandes d i v e r g e n c e s entre les auteurs ni reçu de n o m s aussi variés que les scalènes.
Leur n o m b r e m ê m e a été c o n t r o v e r s é et les grandes d i f f é r e n c e s interspécifiques de leur m o r p h o l o g i e accroissent les d i f f i c u l t é s
de leur h o m o l o g a t i o n . L ' é t u d e de leur i n n e r v a t i o n a d é m o n t r é la parenté du scalène dorsal avec le s y s t è m e des m u s c l e s inter-
transversaires mais n'a pu aboutir à une p r o p o s i t i o n de n o m e n c l a t u r e c o m p a t i b l e avec ce que m o n t r e la simple dissection dans
les diverses espèces. La seule solution logique pour l ' A n a t o m i e c o m p a r é e consisterait à tenir c o m p t e des a t t a c h e s costales, qui
p e r m e t t r a i e n t de reconnaître : 1) d e u x scalènes de la première c ô t e , qui s ' a r r ê t e n t à c e t os et qui s o n t l ' u n v e n t r a l et l'autre
dorsal (ce dernier c o r r e s p o n d a n t au scalène m o y e n de la n o m e n c l a t u r e actuelle' ; 21 un scalène t r a n s c o s t a l (ou s u p r a c o s t a l } , qui
se porte au-delà de la première c ô t e et se t e r m i n e à la f a c e e x t e r n e de la paroi t h o r a c i q u e ; ce dernier est subdivisé dans beau-
coup d ' e s p è c e s en plusieurs f a i s c e a u x qui pourraient é v e n t u e l l e m e n t ê t r e c o n s i d é r é s c o m m e des muëcles d i s t i n c t s .
Planche 2 5 6 - MUSCLES SCALÈNES ET L O N G DU C O U DU CHEVAL
- 537

1) Le muscle scalène ventral (M. scalenus ventralis) est généralement le plus


épais ; formé de faisceaux dont les plus ventraux sont les plus longs, il limite son
attache caudale à la partie moyenne de la première côte.
2) Le muscle scalène moyen (M. scalenus médius), situé dorsalement et un peu
médialement au précédent, limite aussi son insertion caudale à la première côte. Il est
oeaucoup plus faible chez les Mammifères domestiques (où il ne dépasse-guère crâ-
~ialement le sixième, voire le septième processus transverse cervical), que chez
Homme. Dans ce dernier, en effet, la première côte est beaucoup plus mobile, plus
arquée et plus longue què chez les Mammifères domestiques et le scalène moyen a
en conséquence une action plus importante.
3) Le muscle scalène dorsal (M. scalenus dorsalis) est en réalité pjus latéral que
dorsal par rapport aux précédents. Contrairement à eux, il ne limite pas son insertion
terminale à la première côte, mais s'étend plus ou moins longuement selon l'espèce à
a surface des côtes suivantes. C'est la raison pour laquelle il a été souvent nommé «
scalène supracostal ». Absent chez les Equidés et le plus souvent chez le Mouton, il
est modérément développé chez les Ruminants et chez l'Homme ; déjà plus complexe
chez le Lapin, il atteint le maximum de son développement et de sa complication chez
es Carnivores, où il est subdivisé en plusieurs faisceaux.
Insertions : le muscle scalène ventral prend origine sur le tubercule ventral des
troisième, quatrième, cinquième et sixième processus transverses cervicaux chez
Homme, le Cheval, les Ruminants, le Chien. Ces insertions remontent jusqu'à l'aile
de l'atlas chez le Porc ; chez le Chat, elles se font sur les cinq dernières vertèbres
cervicales, alors qu'elles se limitent aux deux dernières chez le Lapin. Dans toutes les
espèces, le muscle se termine au bord crânial (tubercule du m. scalène) et à la face
latérale de la première côte, sur le tiers moyen de cet os.
Le muscle scalène moyen prend aussi origine sur les tubercules ventraux des pro-
cessus transverses cervicaux, mais dorsalement au précédent. Ces origines se font de
la deuxième à la septième vertèbres cervicales inclusivement chez l'Homme. Elles
sont beaucoup moins étendues chez les Mammifères domestiques : elles sont limitées
aux deux derniers processus transverses cervicaux chez les Carnivores et au dernier
chez les Ongulés. La terminaison se fait dans toutes les espèces au bord crânial et à
la face latérale de la première côte, dans le tiers dorsal de cet os.
Quant au muscle scalène dorsal, il s'attache aux tubercules dorsaux des proces-
sus transverses cervicaux : du deuxième au sixième inclusivement chez le Chat, sur
les quatrième et cinquième chez le Chien, sur les quatrième, cinquième et sixième
chez l'Homme, le Lapin, le Porc et les Ruminants. La terminaison se fait à la face
externe de la deuxième côte chez l'Homme, de la troisième chez le Porc, des troi-
sième et quatrième chez le Bœuf et la Chèvre, sur les troisième, quatrième et
cinquième chez le Lapin ; elle se fait chez le Chien et le Chat par deux ou trois bran-
ches, dont les plus courtes s'arrêtent sur la troisième et la quatrième côtes, tandis
que la plus longue va par une longue expansion aponévrotique jusqu'à la huitième,
parfois la neuvième côte chez le Chien, toujours à la neuvième chez le Chat.

Rapports : le muscle scalène dorsal couvre en partie les deux autres, ainsi que les
premières côtes, les premiers espaces intercostaux, les dernières digitations du mus-
cle dentelé du cou et, chez les Carnivores, les premières du dentelé ventral du thorax.
L'ensemble de la masse scalénique est couvert par les muscles brachio-
céphalique, omo-hyoïdien, subclavier, voire par la terminaison du pectoral ascendant ;
ces rapports s'établissent par l'intermédiaire d'une forte couche de conjonctif lâche,
538 -

M. trapèze (partie cervicale) sphincter du cou

M. rhomboïde cervical Corde du ligament nuchal

M. rhomboïde de la M. épineux du cou

Muscle J M. digastrique du cou et-V. cervicales profondes


semi-épineux i
de la tête [ M. complexus M. interépineux du cou

M. multifide du veineux vertébral interne

M. splénius de la t A., V. et N. vertébraux

M. longissimus de la tête intertransversaire


dorsal du cou
M. dentelé du cou M. longissimus du cou

Muscles scalènes
M. ilio-costal
du M. intertransv.
ventral du cou

M. omo-tran^versaire P. occip.-cerv.

M brachio-céphalique :
accessoire
P. occipito-cerv.

Platysma
P. mastoïdienne

M. long de la tête Tronc vago-sympathique

M. long du cou Veine jugulaire interne

Œsophage V. jugulaire externe

A. carotide commune

M. sterno-thyroïdien Nerf laryngé récurrent

M. sterno-hyoïdien M. sterno-céphalique

Planche 2 5 7 - COUPE T R A N S V E R S A L E DU COU D'UN CHIEN


passant par la partie caudale de la quatrième vertèbre cervicale
(Segment crânial de la coupe. Vue caudale)
- 539

dépendance de l'espace axillaire. En outre, les racines du nerf phrénique passent à la


surface du muscle scalène ventral.
Ce dernier, complété par le scalène moyen, couvre le muscle long du cou, la tra-
chée (et du côté gauche, l'œsophage) ainsi que les vaisseaux et nerfs vertébraux, le
~erf vague, le tronc sympathique cervical et les nœuds lymphatiques cervicaux pro-
fonds caudaux.
Des rapports importants et tout à fait remarquables s'établissent enfin avec le
2 exus brachial et les vaisseaux subclaviers. Le plexus brachial passe entre les mus-
cles scalènes ventral et moyen chez l'Ho