Barone Myologie
Barone Myologie
ANATOMIE COMPAREE
des mammifères domestiques
Partie 2 : Myologie
VIGOT
DEUXIEME PARTIE
MYOLOGIE
VI
DEUXIEME PARTIE
MYOLOGIE
V. — Diaphragme 651
Disposition générale 651
Constitution et conformation 653
Insertions 655
Rapports 657
Fonctions 659
Vaisseaux et nerfs 659
Particularités spécifiques 659
La myologie (Myologia) a pour objet l'étude des muscles et de leurs annexes. Les
-nuscles (Musculi) sont les organes actifs du mouvement : ils sont contractiles, c'est-
; i r e capables de se raccourcir temporairement sous l'influence d'un stimulus. Ils
:euvent ainsi mobiliser les éléments anatomiques sur lesquels ils sont attachés. Elas-
: ques et doués de tonicité, ils contribuent à donner au sujet vivant sa conformation
e: ses attitudes caractéristiques.
On reconnaît deux grands types de muscles, qui diffèrent à la fois par leur cou-
leur structure et leur fonctionnement : les muscles lisses et les muscles striés.
Les muscles lisses sont encore qualifiés de viscéraux ou involontaires. De teinte
zàle, blanchâtre, ils sont formés de fibres courtes, dont chacune est un myocyte lisse
Myocytus nonstriatus), cellule musculaire fusiforme, mononucléée et dépourvue de
striation. Contrôlés par le système nerveux autonome, ces muscles échappent à l'in-
• jence de la volonté ; leur contraction est lente et soutenue. Ils sont situés dans les
parois des viscères creux, accessoirement dans celles des vaisseaux ou dans la char-
pente de divers organes parenchymateux. Ils n'appartiennent donc pas à l'appareil
ocomoteur et seront étudiés avec les organes dont ils font partie.
Les muscles striés ont une couleur rouge plus ou moins foncée. L'un d'eux se
s ngularise par des particularités structurales et fonctionnelles très exceptionnelles :
:"est le muscle cardiaque ou myocarde, formé de myocytes cardiaques (Myocyti
:ardiaci). Il constitue la quasi-totalité du cœur et ses contractions rythmiques échap-
pent totalement au contrôle de la volonté. Les autres constituent ce que Bichat
nommait les muscles de la vie animale ; on les qualifie encore de muscles volontaires
car leur contraction, rapide et ample, est placée sous la dépendance plus ou moins
complète de la volonté. Les fibres qui les constituent sont longues, multinucléées,
très complexes et présentent une double striation caractéristique, longitudinale et
transversale : ce sont les myocytes striés (Myocyti skeletales) '", Beaucoup de ces
muscles voient leur efficacité renforcée par la présence d'annexes de nature conjonc-
tive : tendons, aponévroses, bourses séreuses, gaines et synoviales tendineuses.
Certains muscles striés, bien que volontaires au moins partiellement, entrent dans
a constitution de viscères ou d'organes des sens. Tel est le cas des muscles de la
langue, du pharynx, du larynx, de l'anus, du sinus uro-génital, de l'oeil, de l'oreille.
Comme les muscles lisses et le myocarde, ils seront décrits avec leurs organes res-
pectifs. Seuls seront donc étudiés ici les muscles qui appartiennent en propre à
'appareil locomoteur.
1 ) Les N.H. ( 1 9 8 3 ) ont r e m p l a c é le t e r m e « M y o c y t u s striatus » par « M y o c y t u s skeletalis » parce que l'adjectif « striatus »
peut s'appliquer aussi bien au m u s c l e cardiaque q u ' a u x muscles striés ordinaires. L ' a d j e c t i f « skeletalis » n ' e s t pas plus heureux :
es muscles c u t a n é s , par e x e m p l e , n ' o n t a u c u n r a p p o r t avec le s q u e l e t t e mais leurs fibres s o n t bien striées.
372 -
Ces derniers ont pour rôle le plus évident d'assurer la locomotion en agissant sur
squelette. Ils interviennent aussi dans la thermogenèse et leur métabolisme est
— sortant. D'autres considérations encore confèrent à leur étude un intérêt particulier,
s donnent en effet leur modelé au régions du corps et fournissent à ce titre des repè-
• i s indispensables à l'estimation zootechnique comme à la pratique médicale ou
'urgicale. Enfin, ils constituent la viande, partie alibile et de haute valeur commer-
: 2 e. des animaux de boucherie. A ce titre, leur composition, leur biométrie et leur
rcartition sur la carcasse ont donné lieu à de nombreuses recherches.
NOMBRE
Le nombre des muscles est plus variable encore que celui des os. Il est surtout
: en plus difficile à estimer. Pour une même espèce, les chiffres diffèrent souvent
reaucoup selon les auteurs, ce qui tient aux conventions adoptées pour le dénom-
l ' e m e n t . Il est évident, par exemple, que le nombre obtenu sera très différent selon
on aura compté les faisceaux successifs métamérisés, de certains muscles spinaux
;our autant d'organes distincts ou comme de simples subdivisions d'un même mus-
: e. Par ailleurs, des muscles séparés dans certaines espèces peuvent être plus ou
—oins confondus dans d'autres et considérés alors soit comme des entités distinctes,
soit comme une formation unique. Un organe fibreux comme le muscle interosseux
r j métacarpe des Equidés (encore qualifié de « ligament suspenseur du boulet ») peut
être classé parmi les liens articulaires ou compté, au contraire, parmi les muscles de
a main. On pourrait multiplier les exemples qui illustrent le caractère incertain de la
" j m é r a t i o n musculaire.
w
M. trapèze (Partie cervicale)
M. dentelé du cou
Fascia thoraco-lombaire
M. trapèze (Partie thoracique) M. oblique externe de l'abdomen
M. triceps brachial / M. tenseur du fascia lata
/ M. grand dorsal / / M. fessier superficiel
/ / M. glutéobiceps
M. semi-tendineux
M. sterno-céphaliqu<
M. brachio-céphalique'
M. omo-transversaire
M. deltoïde
M. pectoral descendant
M. pectoral transverse
| M. pectoral ascendant
M. dentelé ventral du thorax Tendon calcanéen
M. ulnaire latéral
alors que nous arrivons au total de quatre cent quatre-vingt-neuf pour les seuls mus-
cles de l'appareil locomoteur. Il nous paraît donc suffisant de dire que le nombre des
muscles est, en général, voisin de quatre cent cinquante, des différences de l'ordre de
plusieurs dizaines étant apportées d'une espèce à l'autre par les facteurs que nous
venons d'indiquer.
VOLUME ET POIDS
Il existe d'énormes différences de dimensions et de volume entre les muscles
d'un même individu. Certains de ces organes n'ont que quelques centimètres, voire
quelques millimètres de long (ex : muscle articulaire de l'épaule, muscles incisifs) ;
d'autres sont très puissants (ex : muscles fessier moyen, biceps fémoral).
Le poids varie évidemment dans le même sens que le volume. Pat' exemple, sur
un même Bœuf de taille moyenne et pesant 5 0 0 kg, le muscle parotido-auriculaire
pèse moins de 9 g et l'extenseur oblique du carpe environ 15 g, alors que le muscle
fessier moyen pèse 2,8 kg, le semi-membraneux 3,8 kg et le glutéobiceps 5,5 kg.
La taille et le poids de chaque muscle ne sont proportionnés que de façon ap-
proximative à la stature de l'individu. Il existe en effet de grandes différences à cet
égard, non seulement d'une espèce à l'autre, mais aussi selon l'âge, la race, l'entraî-
nement, l'état de santé. On sait que l'exercice développe les muscles.
L'amaigrissement, d'autre part, n'est pas seulement lié à la diminution de la graisse ;
à partir d'un certain degré, plus ou moins rapidement atteint selon les conditions, il y
a une sorte de fonte musculaire ; les cas extrêmes conduisent à une véritable atrophie
du muscle ou amyotrophie.
La masse totale des muscles varie sous l'effet des mêmes influences. Aussi ne
peut-elle être indiquée que de façon approximative. Il est d'autant plus difficile de la
rapporter au poids total de l'individu que bien des facteurs (et en premier lieu l'état de
réplétion ou de vacuité des réservoirs digestifs) interviennent pour faire varier celui-ci.
Ce sont évidemment les animaux de boucherie qui ont donné lieu aux recherches les
plus nombreuses à ce sujet. Chez le Bœuf, on peut estimer que pour un animal en
bonne santé, dans un état moyen d'entretien et d'un poids vif de 6 0 0 kg, le poids des
muscles est de l'ordre de 2 1 0 kg <1), soit environ 3 5 % de la masse corporelle totale.
Sur des animaux sélectionnés pour la production de viande, il peut constituer jusqu'à
4 0 % du poids vif et même, chez les sujets jeunes, dont l'appareil digestif est peu
développé, atteindre près de 4 5 % . Sous réserve de larges variations individuelles
évoquées plus haut, ces pourcentages semblent valables pour la plupart des Herbivo-
res. Ils sont plus élevés chez les Carnivores, dont la masse gastro-intestinale est
moins lourde et la musculature souvent plus athlétique : Klatt (1913) a trouvé chez
les fauves un pourcentage voisin de 6 0 % . Chez l'Homme, Kruger (1952) estime le
poids des muscles à 4 3 % du poids total du corps.
Il convient d'ajouter que l'âge est dans toutes les espèces un facteur important
de variation, le développement des divers tissus n'étant pas synchrone. Chez le
jeune, c'est le squelette qui se développe d'abord le plus vite. Les muscles s'accrois-
sent ensuite et la graisse s'accumule plus tard. Il en résulte que le poids relatif de la
musculature passe par un maximum vers la fin de l'adolescence. Ce schéma est mo-
difié chez le Porc par un développement plus précoce du tissu adipeux.
111 Ce poids ne d o i t pas être c o n f o n d u avec celui de la « carcasse » qui c o m p t e en outre la plus grande partie du squelette et
une q u a n t i t é de graisse parfois i m p o r t a n t e , mais d o n t s o n t exclues la t ê t e et les e x t r é m i t é s des m e m b r e s (mains et pieds). Dans
l ' e x e m p l e présent, le poids de la carcasse serait de l'ordre de 3 2 0 kg
Planche 186 - MUSCLES D'UN CHEVAL
Vue dorsale. Les muscles superficiels ont été enlevés du côté droit.
- 377
Ces muscles sont situés surtout dans les membres, où ils se superposent plus ou
moins parallèlement autour des rayons osseux. Les plus longs peuvent franchir plu-
sieurs interlignes articulaires ; les moins longs ne passent qu'une seule jointure. Ce
11) La t e r m i n o l o g i e générale relative aux m u s c l e s est un peu plus c o m p l è t e dans les N . A . V . que dans les N . A . mais elle n ' e s t ni
m i e u x o r d o n n é e , ni plus logique. On y t r o u v e ainsi l ' i n d i c a t i o n des m u s c l e s plats ( M u s c u l i plani) mais il n ' y a pas de t e r m e
général pour les muscles longs ou les muscles c o u r t s . Seuls sont m e n t i o n n é s quelques t y p e s de muscles longs (M. f u s i f o r m i s ,
M . u n i p e n n a t u s , M . bipennatus). La liste reste de t o u t e f a ç o n i n c o m p l è t e .
378 -
MUSCLE BICEPS
(M. gastrocnémien)
MUSCLE FUSIFORME
(M. extenseur radial du carpe)
MUSCLE BICAUDE
(M. supra-épineux)
Chef médial
MUSCLE SEMI-PENNÉ
(M. petit psoas)
Chef latéral
MUSCLE TRICEPS
(M. triceps brachial)
Vue crâniale
MUSCLE FUSIFORME
A TENDON LONG
(M. fléchisseur
superf. du doigt) MUSCLE PENNIFORME
(M. extenseur latéral de l'orteil)
MUSCLE DIGASTRIQUE
(M. digastrique)
:.'pe de muscle est également bien représenté dans la tête et le cou, mais il est plus
'are dans le tronc.
Un muscle fusiforme (Musculus fusiformis) représente le type le plus simple de ce
çroupe. Il est constitué par un corps charnu dont la partie moyenne, plus ou moins
'enflée, est qualifiée de ventre (Venter) et dont les extrémités, rétrécies, sont en gé-
néral dissemblables. Celle qui est habituellement la moins mobile est la plus renflée ;
c'est la tête du muscle (Caput) : dans les membres, elle est proximale. L'autre, plus
effilée, est la queue (Cauda). Chaque extrémité peut se continuer par un cordage
" breux ou tendon (Tendo) qui concentre son action et la transmet à distance. Si le
~iuscle n'a qu'un seul tendon, celui-ci fait suite à la queue ; s'il en a un à chaque
extrémité, le plus long part toujours de la queue.
De ce type simple dérivent de nombreux autres, soit par modification de la forme
propre du corps charnu ou par variation de sa direction, soit par subdivision de l'une
ze ses extrémités, ou encore par l'agencement particulier des fibres charnues relati-
.ement au tendon.
a) Forme du corps charnu : elle est caractéristique et facile à définir. Quand la
tête est beaucoup plus grosse que la queue, le corps charnu s'effilant régulièrement
en direction de celle-ci, le muscle est qualifié de conique. Inversement, les deux ex-
trémités peuvent ne différer que fort peu d'un ventre lui-même peu renflé, le muscle
étant alors cylindrique. Les muscles longs et simples peuvent encore être prismati-
ques, aplatis, voire rubanés.
b) Direction : la direction relative, qui fait qu'un muscle est longitudinal, trans-
/erse ou oblique, n'a qu'une incidence indirecte sur la forme de celui-ci. Par ailleurs,
:a direction absolue ou axe propre du muscle, représenté par la droite virtuelle joi-
gnant les deux extrémités de l'organe, ne coïncide pas toujours avec la direction des
faisceaux musculaires. Beaucoup de muscles longs sont rectilignes, mais il en est
aussi de curvilignes, voire de spiroïdes (muscle brachial). On réserve le nom de mus-
cles réfléchis à ceux qui, après un certains parcours, changent brusquement de
direction en glissant sur une poulie (Trochlea muscularis) fibreuse, fibro-cartilagineuse
ou osseuse. Dans ce cas, l'action du muscle sur son attache mobile s'effectue uni-
quement selon la direction de sa partie terminale, qui fait suite au point de réflexion.
c) Division des extrémités : beaucoup de muscles longs sont clivés sur une plus
ou moins grande étendue et l'une de leurs extrémités est alors subdivisée en deux,
trois ou quatre branches. Si la division porte sur la tête, le muscle est dit biceps (M.
biceps), triceps (M. triceps), quadriceps (M. quadriceps), etc. Lorsqu'elle se produit
sur l'extrémité opposée, le muscle est qualifié de bicaudé (M. bicaudatus), tricaudé
i'M. tricaudatus) etc.
d) Agencement des constituants du muscle : la manière dont les faisceaux char-
nus sont disposés par rapport aux tendons donne à chaque muscle son architecture
et son aspect caractéristiques. On peut voir le tendon prendre naissance au sein
même du muscle, les faisceaux charnus venant s'attacher de part et d'autre de lui
comme les barbes d'une plume sur le rachis de celle-ci. On parle alors de muscle
penniforme ou penné (Musculus bipennatus). Dans d'autres cas, le tendon commence
sur un côté du muscle, les faisceaux charnus n'étant insérés que sur l'une de ses
faces ; il s'agit alors d'un muscle semi-penné (Musculus unipennatus). Un muscle
multipenné (Musculus multipennatus) présente une organisation plus complexe en-
core, mais souvent difficilement discernable en surface. En effet, ces diverses
dispositions, dont nous aurons à reparler à propos de la structure des muscles, ne
sont souvent visibles que sur les coupes, surtout quand elles sont compliquées.
380 -
Parti© charnue
MUSCLE MULTIPENNÉ
(M. obturateur externe)
MUSCLE PENNIFORME
(M. buccinateur)
Aponévrose
MUSCLE FLABELLIFORME
(M. oblique interne de l'abdomen)
Intersections
Aponévrose
Partie charnue
MUSCLE DENTELÉ
(M. dentelé dorsal crânial)
"endon prépubien
MUSCLE ORBICULAIRE
(M. orbiculaire de l'œil)
muscles (striés ou lisses) également annulaires mais disposés à la façon d'une virole
dans la paroi d'un conduit (canal anal, pylore) ou autour d'une région (muscle sphinc-
ter du cou).
ATTACHES OU INSERTIONS
Généralement libres dans leur partie moyenne, les muscles sont fixés à leurs ex-
trémités (muscles longs) ou par leur périphérie (muscles plats) sur des surfaces qui
constituent leurs points d'attache ou insertions. L'étude de ces dernières constitue
sans conteste la partie la plus importante de la Myologie ; elle permet en effet de
déduire l'étendue, la direction, les rapports et surtout les usages de chacun des mus-
cles.
Le support de l'insertion, c'est-à-dire l'organe qui la reçoit, est variable mais dans
l'immense majorité des cas, il est constitué par un os. C'est en particulier ce qu'on
constate pour tous les muscles squelettiques. D'autre muscles cependant n'ont sur le
squelette qu'une seule attache et se fixent d'autre part sur des formations diverses
telles que la peau, des cartilages (oreille externe, larynx), des fascias, des ligaments,
voire des muqueuses. Plus rares encore sont ceux qui n'ont aucune attache squeletti-
que, allant d'un cartilage à un autre, ou comme d'autres, adhérant à la peau par toute
leur surface.
La mobilité des attaches musculaires mérite une attention particulière, car elle dé-
finit en principe la fonction du muscle. On appelle insertion fixe ou origine (Origo)
l'attache sur laquelle le muscle semble prendre appui pour entrer en action, c'est-à-
dire celle qui est habituellement la moins mobile. L'insertion mobile ou terminaison
(Terminatio) est celle qui se déplace le plus habituellement ou de la façon la plus am-
ple lors de la contraction musculaire. L'insertion fixe est souvent confondue avec
celle de muscles voisins, tandis que l'insertion mobile est généralement indépendante.
Il convient de noter aussi que certains muscles sont, selon l'attitude et le moment, à
peu près également mobiles par chacune de leurs extrémités. Les termes précédents
n'ont pour eux qu'une valeur conventionnelle.
Quant aux modes d'insertion, on peut en reconnaître deux. Dans le premier, qui
est le plus rare, les muscles s'attachent directement sur les os par les extrémités de
leurs fibres charnues (en réalité par l'intermédiaire de très brèves fibres tendineuses).
Le second fait intervenir des tendons ou des lames fibreuses qualifiées d'aponévroses
d'insertion. Ces formations intermédiaires reçoivent à l'une de leurs extrémités l'inser-
tion des fibres musculaires, tandis que l'autre va se fixer solidement sur les os. Elles
concentrent ainsi l'action des muscles sur un petit espace, la rendent plus précise et
plus efficace et servent en outre à la transmettre à distance. Dans la main et dans le
pied par exemple, les tendons qui agissent sur les phalanges se terminent loin des
corps charnus correspondants, situés dans l'avant-bras ou la jambe.
Les bourses synoviales (Bursae synoviales) sont des cavités de dimensions très
diverses, destinées à favoriser le glissement d'un organe mobile sur les plans sous-
jacents. Elles ne sont pas uniquement annexées aux muscles, puisque nous aurons à
en décrire également avec la peau ; des bourses sous-cutanées (Bursae synoviales
subcutaneae) se développent en effet sous le derme de régions où la peau est sollici-
tée par des déplacements fréquents ou des pressions particulières. Celles qui nous
occupent ici peuvent s'étaler sous un corps charnu musculaire, sous une aponévrose
ou sous un tendon. Selon le cas, on parlera d'une bourse submusculaire (Bursa syno-
.'ialis submuscularis), d'une bourse subaponévrotique (Bursa synovialis subfascialis)
ou d'une bourse subtendineuse (Bursa synovialis subtendinea). Rappelons en outre
que certains ligaments articulaires sont pourvus d'une bourse subligamenteuse (Bursa
synovialis subligamentosa), généralement située près d'une de leurs insertions.
Ces cavités proviennent d'une adaptation du tissu conjonctif aux pressions et aux
tiraillements qui résultent des mouvements. Simples, traversées de brides ou même
cloisonnées, elles renferment un liquide filant, normalement peu abondant et leur
paroi, peu distincte du conjonctif ambiant, provient simplement d'une densification de
ce dernier. La transformation endothéliforme de leur revêtement cellulaire donne aux
plus spécialisées d'entre elles, en particulier aux bourses subtendineuses, un aspect
isse, régulier et brillant.
2 — Gaines tendineuses (Ex : pl. 173, 360, 361, 372, 381, 465 à 469)
Une gaine tendineuse (Vagina fibrosa tendinis) est une sorte de tunnel traversé
par un ou plusieurs tendons qui coulissent à son intérieur et y prennent appui pour
une réflexion ou un changement de direction. De telles gaines sont surtout dévelop-
pées au contact des grandes articulations des membres, où elles ont pour rôle de
maintenir les tendons sans gêner leurs déplacements, quel que soit le mouvement
effectué ; elles permettent ainsi la transmission optimale des actions musculaires d'un
rayon osseux à un autre. Certaines d'entre elles sont allongées mais fort étroites ;
d'autres présentent de très grandes dimensions et peuvent être même empruntées
par des vaisseaux et des nerfs importants, qui accompagnent les tendons dans leur
traversée.
Ces gaines ont généralement une constitution mixte. L'une de leurs parois est
formée par un plan ostéo-ligamenteux ou fibro-cartilagineux déprimé en une gouttière
sur laquelle s'imprime plus ou moins profondément le tendon. L'autre paroi est consti-
tuée par une épaisse lame fibreuse (Ligamentum vaginale) qui couvre le tendon et
s'attache solidement sur les bords de la gouttière ostéo-ligamenteuse.
(1) Il y a t a n t d'analogies entre ce t y p e de f o r m a t i o n et les bourses s u b t e n d i n e u s e s que les auteurs f r a n ç a i s avaient l ' h a b i t u d e de
désigner l ' e n s e m b l e sous ie v o c a b l e de synoviales t e n d i n e u s e s , réservant alors aux bourses s u b t e n d i n e u s e s la s y n o n y m i e de
synoviales vésiculaires et aux d i s p o s i t i f s que nous d é c r i v o n s m a i n t e n a n t , te n o m de s y n o v i a l e s vaginales, li existe d'ailleurs de
n o m b r e u s e s f o r m e s intermédiaires entre les unes et les autres.
CJ
M. trapèze M. grand dorsal M. ci/tané M. tenseur du fascia lata 00
M. fessier moyen
M. glutéobiceps
M brachio-céphalique
M. sterno-zygomatique
M. sterno-basilaire
intérieur d'une gaine fibreuse. De plus, la paroi en est mieux différenciée et sa struc-
ture ressemble beaucoup à celle des synoviales articulaires. C'est une mince
membrane conjonctive dont les faisceaux collagènes sont disposés parallèlement à
ceux des tendons et dont la face libre, cavitaire, présente un revêtement endothéli-
forme. Ce type de synoviale résulte du clivage d'un manchon conjonctif qui entoure le
tendon chez l'embryon. La cavité, remplie d'un liquide filant, véritable synovie analo-
gue à celle des articulations, est délimitée par deux feuillets ; l'un pariétal, fortement
adhérant à la gaine qu'il tapisse, et l'autre tendineux, étroitement appliqué sur le
:endon. Le premier de ceux-ci est plus épais et mieux individualisé que le second, qui
est délicat et pratiquement inséparable du tissu tendineux. Les deux feuillets sont
continus l'un avec l'autre à chaque extrémité de la gaine tendineuse, où ils délimitent
ainsi un récessus annulaire plus ou moins régulier autour du tendon. -En outre, le cli-
vage du manchon conjonctif embryonnaire est habituellement incomplet, de sorte que
es deux feuillets restent unis sur la longueur du tendon par un pli, véritable méso
comparable à ceux des séreuses splanchniques : le mésotendon (Mesotendineum),
qu'empruntent les vaisseaux et les nerfs destinés à la nutrition du tendon.
Les synoviales vaginales sont très souvent adossées en certains points à des sy-
noviales articulaires. Il arrive alors, mais de façon variable avec les espèces et
particulière à chacune d'elles, que s'établissent plus ou moins tôt des communica-
tions, parfois larges, entre les deux types de formations. Dans ce cas, dont nous
avons vu de multiples exemples en Arthrologie, la synoviale articulaire semble délé-
guer de profonds récessus autour des tendons.
Les synoviales vaginales elles-mêmes peuvent, à la faveur de points faibles des
gaines tendineuses, former normalement des récessus superficiels plus ou moins
étendus et qui leur sont propres. Lorsque, par suite d'une inflammation chronique, le
quide synovial est sécrété en trop grande quantité, il s'accumule dans ces derniers,
ainsi qu'aux extrémités des synoviales, moins fortement maintenues par les gaines.
Alors apparaissent des tares molles analogues à celles des synoviales articulaires,
mais qualifiées ici de tendineuses. Comme leurs homologues articulaires, ces tares
sont nommées « vessigons » lorsqu'elles siègent proximalement à la partie moyenne
du métacarpe ou du métatarse et « mollettes » lorsqu'elles siègent distalement à ces
-ayons (régions du boulet et du paturon). Mollettes et vessigons tendineux sont ordi-
nairement plus vastes, moins étroitement délimités que les tares articulaires
correspondantes et aussi moins profondément situés. Ces considérations, ainsi que
ies données d'ordre topographique, permettent de reconnaître aisément les deux
sortes de tares molles.
4 — Fascias contentifs (Ex : pl. 186, 1 90 à 192, 203 à 207, 369 à 371, 397, 435)
On donne le nom de fascia (1) à des membranes fibreuses qui entourent les grou-
pes de muscles ou certains muscles isolés et ont pour rôle d'affermir leurs
contractions ou de s'opposer à leur déplacement lors de certains mouvements. Il
existe dans le tronc d'importants fascias (fascia cervical, fascia thoraco-lombaire,
fascia iliaca) mais c'est dans les membres que ces formations contentives présentent
ies dispositions les plus caractéristiques. Elles constituent là de vastes manchons qui
I l Les N . A . V . et les N . A . établissent une d i s t i n c t i o n entre une a p o n é v r o s e (Aponeurosis), lame fibreuse a p p a r t e n a n t en propre à
un m u s c l e d o n t elle c o n s t i t u e en quelque sorte un t e n d o n très élargi et m i n c e , et un fascia (Fascia), f o r m a t i o n fibreuse c o n t e n -
tive. Les anciens auteurs français, par une extension abusive, avaient donné aussi aux fascias le n o m d'aponévroses
c o n t e n t i v e s . C e t t e s y n o n y m i e tire p r o b a b l e m e n t origine d u fait que certains fascias ffascia lata, fascia t h o r a c o - l o m b a i r e ) se
c o m p o r t e n t à la fois c o m m e des f o r m a t i o n s c o n t e n t i v e s et c o m m e des aponévroses terminales de leurs muscles t e n s e u r s .
M. brachio-céphalique
grand dorsal
Fascia thoraco-lombaire CJ
M. tenseur du fascia lala 00
CT>
M. fessier moyen
glutéobiceps
M. semi-
tendineux
M. sterno-zygomat
M. sterno-céphalique
M. sterno-basilaire
M. deltoïde
M brachio-céphalique
M. triceps brachial
M. pectoral descendant
M. pectoral transverse
M. extenseur radial du carpe
M. extenseur du doigt médial
La structure des fascias est en tout point comparable à celle des aponévroses, qui
sera étudiée plus loin.
RAPPORTS
La connaissance des rapports des muscles est importante pour l'Anatomie topo-
graphique et ses applications, en particulier chirurgicales. Ces rapports peuvent
s'établir avec : la peau, les os, les articulations, les fascias, d'autres muscles, enfin
avec des vaisseaux et des nerfs ; c'est seulement en Splanchnologie que nous ver-
rons certains muscles striés prendre contact avec des muqueuses.
Seuls les muscles cutanés (ou « peauciers ») ont un rapport direct avec la peau,
qu'ils sont chargés de mouvoir. Les autres muscles sont, comme nous l'avons vu,
séparés du tégument par des fascias plus ou moins épais. Cependant, chez les ani-
maux fins et en bonne condition, les muscles squelettiques les plus superficiels
dessinent sous le tégument, à travers ces fascias, des reliefs caractéristiques et four-
nissent au chirurgien des repères importants.
Les os sont surtout en rapport avec les muscles les plus profonds. Ces derniers
se moulent parfois si étroitement sur eux qu'ils y déterminent des empreintes signifi-
catives. Quelques-uns répondent aux os par presque toute leur longueur. Au
contraire, les muscles superficiels n'atteignent ordinairement les os que par leurs
extrémités ou par leurs tendons.
Les articulations sont presque toujours couvertes ou contournées par des muscles
et par des tendons. Certains de ces derniers peuvent même pénétrer dans la capsule
articulaire et être enveloppés directement par la synoviale. D'autres jouent, comme
nous l'avons déjà vu, le rôle de véritables ligaments articulaires. Certains muscles,
enfin, ont des attaches directes sur la capsule articulaire qu'ils sont chargés de soule-
ver, comme nous l'indiquerons à propos des fonctions.
Les aponévroses appartiennent en propre à certains muscles, dont elles tapissent
plus ou moins complètement la surface. Les fascias peuvent adhérer aux corps char-
388 -
nus et leur donner insertion ; le plus souvent toutefois, ils en sont séparés par un
conjonctif plus ou moins abondant.
Les rapports intermusculaires ne s'établissent de façon directe que quand ces or-
ganes ne sont pas entièrement isolés par des gaines ou des fascias. Lorsque plusieurs
muscles sont situés dans la même loge, ils peuvent être unis de façon étroite, voire
plus ou moins confondus à leur origine ou à leur terminaison ; le plus souvent toute-
fois, ils sont enveloppés d'une atmosphère conjonctive spéciale, souvent infiltrée de
graisse, qui ménage entre eux des interstices parcourus par des vaisseaux et des
nerfs.
Enfin, les vaisseaux artériels, veineux et lymphatiques, ainsi que les nerfs de la
vie de relation ou du système autonome cheminent souvent entre les muscles et pré-
sentent avec eux des rapports importants à connaître. Les interstices intermusculaires
constituent ainsi des voies d'accès chirurgical tout indiquées vers ces formations.
Lorsque des vaisseaux ou des nerfs ont à traverser un corps charnu, celui-ci présente
en général à cet effet un anneau fibreux destiné à éviter leur compression lors de sa
contraction.
ANOMALIES
Constitution : il n'est pas très rare de voir un corps charnu se diviser plus ou
moins complètement. Un muscle habituellement simple peut ainsi présenter la disposi-
tion d'un biceps, d'un triceps, d'un muscle bicaudé, etc. Le dédoublement peut même
aller jusqu'à l'isolement d'un muscle surnuméraire. A l'inverse, deux corps charnus
voisins peuvent se souder de façon plus ou moins étendue. Une anomalie presque
banale consiste dans l'augmentation ou la diminution du nombre de faisceaux ou de
dentelures des muscles attachés par de multiples digitations sur les vertèbres ou les
côtes (ex : muscles dentelés).
Insertions : elles sont peu variables pour chaque espèce. Elles peuvent être dépla-
cées, étendues ou diminuées. On peut trouver aussi des insertions supplémentaires
ou en voir d'autres disparaître.
CO
M. brachio-céphalique CD
M. semi-tendineux
M. semi-membraneux
M. masséter
M. sterno-céphalique M. biceps fémoral
M. sterno-thyroïdien
M. extenseur lat. des doigts
M. sterno-hyoïdien
M. long péronier
M. brachio-céphalique
M. tibial crânial
M. deltoïde
M. brachial M. long extenseur
des doigts
M. extenseur radial du carpe
Il - STRUCTURE ET COMPOSITION
(Pl. 193 à 201)
Des divers constituants d'un muscle strié, le principal est le tissu musculaire strié
(Textus muscularis striatus skeletalis), qui en est caractéristique. C'est un assemblage
de fibres contractiles, striées en long et en travers et solidarisées entre elles ainsi
qu'aux organes voisins par une charpente conjonctive. A l'étude de ces fibres et des
formations conjonctives des muscles, nous ajouterons celles de l'organisation géné-
rale de ces derniers, de leur vascularisation et de leur innervation et enfin de leur
composition chimique.
Le tissu propre des muscles striés est dissociable en faisceaux de plus en plus
simples, formés de fibres particulières, dites fibres musculaires striées. Chacune de
celles-ci est une énorme cellule spécialisée, très longue et très complexe, ou m y o c y t e
strié (Myocytus striatus skeletalis).
FORME ET DIMENSIONS
Chaque fibre est cylindroïde ou irrégulièrement prismatique, modelée sur ses voi-
sines. Elle se termine en général à chaque extrémité par un moignon arrondi ou effilé.
Sa longueur est très remarquable : si elle n'excède pas quelques millimètres dans les
plus petits muscles, ce qui est déjà exceptionnel pour une cellule, elle peut atteindre
et dépasser dix centimètres dans les grands muscles et même, exceptionnellement,
atteindre une trentaine de centimètres dans les espèces de grande taille. On ne voit
donc jamais une fibre toute entière dans le champ du microscope.
Le calibre est aussi fort variable : il peut aller de 10 à 100/vm ; il est souvent
compris entre 4 0 et 60/iym. Il augmente en principe avec la longueur de la fibre, sans
qu'il y ait toutefois proportionnalité. Il est en relation aussi avec la taille de l'espèce,
en général plus fort dans les grandes espèces. La taille de l'individu intervient en
outre : pour un même muscle, le calibre peut varier du simple au sextuple et plus
entre les chiens des plus petites races et ceux des plus grandes. Enfin, il dépend de
l'état de nutrition et augmente sous l'effet de l'entraînement.
DEVELOPPEMENT
Plaque motrice!.
Gaine de myéline
Neurolemme
Noyau
Sarcoplasme _ Myomère
-Strie A
Aires myofibriMaires
Colonnettes
musculaires
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' (Télophragme)
Noyaux
Gaine du myocyte
Sarcolemme propre ^
Cellules satellites !
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(Télophragme)
Fibrilles tendineuses
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Bâtonnets de méromyosine
tous les sarcomères sont ainsi au même niveau. Tout sarcomère comporte une strie A
divisée en son centre par une strie H et encadrée de deux moitiés de stries I. Sa lon-
gueur varie de 2,3 à 2,8 /jm.
Le microscope électronique a permis de constater que les sarcomères résultent de
assemblage de filaments submicroscopiques et parallèles de substances protéiques.
Ces myofilaments (Myofilamenta) sont de deux types, les uns minces et les autres
épais.
Les myofilaments minces (Myofilamenta tenuia) s'étendent au repos de la ligne Z
au bord de la strie H. Ils sont seuls présents dans la strie I. Ils sont attachés à la li-
gne Z par de très fines divisions qui divergent en croix dont les branches sont
jmelées à celles des myofilaments minces situés de l'autre côté de la ligne Z. Ils sont
constitués principalement d'une protéine particulière : l'actine, dont les molécules
sont associées en polymère linéaire à disposition hélicoïdale. Chacun d'eux est formé
oar l'association de deux de ces hélices autour d'un axe, également hélicoïdal, d'une
autre protéine polymérisée : la tropomyosîne. Cet axe possède, à intervalles réguliers,
une molécule de troponine, monomère protéique pourvu de deux sites fonctionnels
associés, l'un susceptible de fixer les ions C a + " et l'autre inhibiteur de l'ATPase. La
tropomyosine se poursuit dans les croix d'ancrage des filaments et dans la ligne Z qui
es porte.
Les myofilaments épais (Myofilamenta crassa), un peu plus longs que les fila-
ments minces, sont formés de myosine et sont les constituants principaux de la
strie A, dont ils occupent toute la longueur. Ils sont seuls présents dans la strie H. Au
milieu de celle-ci, ils présentent un épaississement que traduit la densification de la
gne M, au niveau de laquelle des ponts délicats les solidarisent entre eux. Les molé-
cules de myosine ont la forme de bâtonnets avec une extrémité renflée. Elles sont
décomposables en deux parties associées : méromyosine légère, qui forme le corps
du bâtonnet, et méromyosine lourde, qui se prolonge seule dans le renflement termi-
nal. Ces bâtonnets sont associés longitudinalement dans les filaments épais de sorte
que leur extrémité porteuse du renflement fasse obliquement saillie à leur surface.
L'obliquité de ces processus, disposés à intervalles réguliers, est dirigée vers l'extré-
mité de la strie A et ils manquent au voisinage de la ligne M. La méromyosine lourde
du renflement terminal possède en propre l'activité d'une ATPase, par laquelle elle
ntervient dans la contraction musculaire.
adénosine disphosphate (ADP). Cette réaction fournit une énergie qui accompagne la
fixation du renflement de méromyosine lourde au filament mince puis son bascule-
ment vers la partie moyenne du filament épais. Aussitôt après, la réaction s'achève et
la liaison est rompue en même temps qu'une autre s'établit avec le renflement sui-
vant. La propagation de ce « phénomène de cliquet » produit un déplacement
longitudinal des jonctions radiaires entre filaments épais et minces. Tout se passe
comme si les filaments minces étaient attirés dans les stries A, où ils s'accrocheraient
de plus en plus loin aux filaments épais. Lorsque cesse la contraction, les ions Ca + +
sont repris par le réticulum endoplasmique et les phénomènes inverses se produisent.
L'énergie nécessaire à la resynthèse de l'ATP est fournie par la dégradation du glyco-
gène puisé dans le sarcoplasme.
En définitive, lors de la contraction musculaire, les divers filaments ne changent
pas de longueur mais leurs systèmes s'interpénétrent plus profondément. Il en résulte
que les stries A, formées par les filaments épais (myosine) ne changent pas de lon-
gueur. Les filaments minces pénétrant de plus en plus entre les filaments épais, les
stries H se réduisent et peuvent même disparaître. De même, les stries I se raccour-
cissent beaucoup. A l'inverse, lorsqu'un muscle au repos est étiré, les stries A
conservent leur longueur mais les stries H et I s'allongent,
Dans un même animal, les muscles striés n'ont pas tous la même couleur : cer-
tains sont pâles et d'autres bien plus foncés. Cette particularité résulte de l'existence
de deux types de fibres striées, dont chacun peut se trouver uniquement représenté
dans un muscle donné, mais qui sont le plus souvent mêlés, en proportions d'ailleurs
variables, à l'intérieur d'un même muscle. Les deux types diffèrent à la fois par leurs
caractères structuraux et leurs propriétés physiologiques.
Les fibres du type I (foncées) ou fibres rouges (Myocyti rubri) doivent leur colora-
tion plus forte à l'abondance de leur sarcoplasme et de la myoglobine qui colore ce
dernier. Les fibrilles y sont moins nombreuses, de sorte que leurs groupes (colonnet-
tes musculaires) sont petits, séparés par des travées de sarcoplasme bien plus
épaisses. Cela se traduit par une striation longitudinale beaucoup plus nette de la fibre
et sur les coupes transversales, par la moindre étendue et la plus grande netteté des
aires myofibrillaires. La striation transversale est par contre moins accusée.
Inversement, les fibres du type II (claires) ou fibres blanches (Myocyti albi) ont un
sarcoplasme moins abondant, une striation longitudinale moins nette et une striation
transversale bien plus évidente. Elles sont à un degré d'évolution plus avancé que les
précédentes et leurs noyaux sont toujours marginaux, alors qu'on trouve, en outre,
quelques noyaux épars dans les fibres foncées.
La contraction des fibres blanches est beaucoup plus rapide, mais plus brève et
moins soutenue que celle des fibres rouges. Ces dernières, plus lentes, dominent dans
les muscles qui ont une action progressive ou répétée à des intervalles peu rappro-
chés, comme le diaphragme des Mammifères ou les muscles de l'œil. Au contraire,
les fibres blanches forment presque entièrement les muscles les plus spécialisés dans
des interventions énergiques et rapides, renouvelées en des temps très brefs, comme
les pectoraux des Oiseaux.
On sait que le volume et le poids des muscles augmentent sous l'effet d'une acti-
vité fréquente et intense. Cet accroissement n'est pas dû à une multiplication des
400 -
fibres, mais seulement à leur hypertrophie individuelle. Cette dernière est marquée par
l'augmentation du sarcoplasme mais non par celle du nombre des fibrilles.
Après lésion ou destruction, la fibre musculaire striée est capable de se régénérer,
même chez les Mammifères adultes. La reconstruction s'effectue à partir des frag-
ments intacts ou des fibres voisines. Les cellules satellites provenant de ces éléments
se mobilisent et s'allongent et donnent naissance à des myoblastes comparables à
ceux de l'embryon. Ceux-ci fusionnent et produisent des myotubes à noyaux multi-
ples et d'abord épars. Les myofibrilles se développent ensuite et les noyaux migrent
vers la périphérie. Ces phénomènes reproduisent en somme dans leurs grandes lignes
ceux de l'histogenèse normale chez l'embryon. Ils sont conditionnés par les possibili-
tés de l'expansion des fibres musculaires (absence ou discrétion du tissu cicatriciel
fibreux) et surtout par l'existence d'interstices disponibles pour les fibres nouvelles,
les capillaires et les fibres nerveuses qui les accompagnent. Il y a, en quelque sorte,
compétition dans le territoire lésé entre la réhabitation par les fibres musculaires et
l'invasion conjonctive. Tout ce qui favorise cette dernière, comme par exemple les
déficiences circulatoires, entrave la régénération du muscle. Cette possibilité de régé-
nération fait pratiquement défaut dans le myocarde, qui diffère donc ici encore des
muscles squelettiques.
PERIMYSIUM
C'est le conjonctif qui sépare et unit à la fois les faisceaux de divers ordres for-
més par les fibres musculaires. Il se raccorde, à la périphérie du muscle, à l'enveloppe
générale encore qualifiée d'épimysium et parfois densifiée en aponévrose de revête-
ment. Les travées de premier ordre, les plus épaisses, séparent les faisceaux les plus
gros et les plus complexes du muscle. Des travées de deuxième et de troisième or-
dres subdivisent ceux-ci en faisceaùx de plus en plus petits. On donne parfois le nom
de périmysium externe à l'ensemble des travées de premier et de deuxième ordres et
C - Coupe transversale de fibres musculaires striées (M. gastrocnémien de Vache - Glych. Erythr.
Gr. x 4 0 0 ) . Les fibres sont unies par l'endomysium, où courent les capillaires (flèches). Noter la situa-
tion périphérique des noyaux et les aires myofibrillaires formées par les groupes de myofibrilles.
E - Coupe longitudinale de tendon (Tendon perforant de Cheval - Glych. Erythr. - Gr x 180). Fibres
collagènes parallèles, légèrement onduleuses, entre lesquelles les fibrocytes (étroits, à noyau très
allongé) présentent une disposition linéaire.
F - Coupe transversale de tendon (Tendon calcanéen de Bœuf - Glych. Erythr. - Gr. x 4 0 environ).
Travées primaire (1), secondaire (2) et tertiaire (3) délimitant les faisceaux tendineux de divers ordres.
402
Aponévrose de revêtement
Apon. de
revêtement
Origine du tendon
Aponévrose de revêtement
.Tendon
STRUCTURE SEMI-PENNÉE
à fibres longues Aponévrose de revêtement
(chef latéral du m. triceps brachial)
.Tendon terminal
Expansion aponévrotique
(Lacertus fibrosus)
celui de périmysium interne aux travées les plus fines, qui délimitent les faisceaux
élémentaires ou faisceaux primaires du tissu musculaire. On réserve enfin le nom
d'endomysium à l'ensemble des rares cellules et des fibres qui, à l'intérieur des fais-
ceaux primaires, occupent les interstices étroits ménagés entre les membranes
basales au point d'adossement de plusieurs fibres musculaires.
Le périmysium présente les constituants habituels du tissu conjonctif. Les cellules
adipeuses s'y accumulent chez les sujets florides. C'est cette infiltration graisseuse
qui détermine sur les coupes ce qu'on appelle en boucherie le « persillé ». Les travées
de divers ordres servent au cheminement des vaisseaux et des nerfs du muscle. Mais
leur rôle le plus important est de transmettre aux tendons et aux aponévroses l'action
des faisceaux musculaires, comme nous le verrons plus loin.
sésamoïdes. Chez les Oiseaux, on peut même voir le tendon lui-même s'ossifier sur
une certaine longueur et se transformer ainsi en une véritable tigelle osseuse. Quant à
la terminaison des tendons sur les os, elle peut présenter des dispositions variées. En
général, la partie périphérique du tendon se raccorde au périoste, tandis que les par-
ties les plus profondes pénètrent dans le tissu osseux et s'y irradient à la manière des
fibres perforantes (ou « fibres de Sharpey ») du périoste, réalisant ainsi un véritable
ancrage. La terminaison du tendon peut en outre être infiltrée de cartilage.
APONEVROSES
Une aponévrose (Aponeurosis) est une lame fibreuse modelée en fonction de sol-
licitations mécaniques exercées selon une surface plane ou courbe. On y trouve les
mêmes constituants que dans les tendons, mais les faisceaux de fibres sont ici orien-
tés en minces nappes superposées, dans chacune desquelles ils ont une direction
dominante, perpendiculaire ou oblique par rapport à celle présentée dans les nappes
adjacentes. Certains faisceaux passent d'une nappe à une autre pour en assurer la
solidarité. Les tendinocytes sont ici encore moulés entre les fibres.
Une intersection tendineuse (Intersectio tendinea) est une lame fibreuse plus ou
moins épaisse, parfois subdivisée, qui s'étend à l'intérieur d'un corps charnu en l'in-
terrompant de façon partielle ou totale et en recevant sur chacune de ses faces
l'attache de faisceaux musculaires. Certaines de ces lames se mettent en continuité
avec les tendons ou avec les aponévroses. Elles peuvent même s'étendre d'une ex-
trémité à l'autre d'un cerps charnu et en solidariser les extrémités. Elles s'opposent
alors à l'élongation excessive du muscle ou même transmettent passivement les ac-
tions mécaniques d'un rayon osseux à un autre.
Les faisceaux musculaires les plus petits, qualifiés de faisceaux primaires, sont
formés par la juxtaposition de quelques dizaines de fibres musculaires parallèles les
unes aux autres. Les fibres sont à peu près aussi longues que le faisceau lui-même et
ce dernier est délimité par une mince enveloppe conjonctive, travée de dernier ordre
du périmysium.
- 405
Sauf dans de très petits muscles, les fibres .striées, si longues soient-elles, ne
vont donc pas d'une extrémité à l'autre de l'organe. L'arrangement des faisceaux
secondaires et tertiaires par rapport aux formations fibreuses oriente f a c t i o n de tous
les faisceaux primaires pour produire le maximum d'efficacité.
Lors de la contraction, le raccourcissement du muscle est proportionnel à la lon-
gueur de ses fibres tandis que la puissance développée est proportionnelle au nombre
de fibres. C'est ce dont témoignent bien les formes sveltes et élancées des animaux
de vitesse et l'aspect trapu et massif des animaux de trait, encore qu'interviennent en
cette matière la structure intime des fibres en cause et l'intensité des incitations ner-
veuses. En d'autres termes, les muscles destinés à provoquer d'amples déplacements
des leviers osseux devront aligner bout à bout le maximum de sarcomères ; c'est
pourquoi leurs fibres sont longues et leurs faisceaux disposés longitudinalement. Dans
les muscles agissant en mode de force, la longueur des fibres a moins d'importance
que leur nombre, c'est-à-dire que le nombre de sarcomères intervenant côte à côte.
Dans ce cas, la structure de l'organe devient bien plus complexe, de façon à augmen-
ter beaucoup le nombre de fibres sans accroître exagérément le volume total du
muscle. A cet effet, les faisceaux se disposent obliquement, de sorte que la section
physiologique du muscle), représentée par la somme des sections individuelles des
faisceaux, soit très supérieure à la section anatomique, c'est-à-dire à la surface d'une
simple coupe transversale du corps charnu. Cette complication peut présenter des
degrés très divers ; il existe presque autant de variétés que de muscles, mais on peut
les ramener à quelques types principaux.
sur un ou plusieurs tendons, au moins par l'une de leurs extrémités ; ils s'organisent
alors de façon plus complexe pour augmenter la puissance.
Insertion oblique des faisceaux musculaires sur les éléments fibreux : dans ce
cas, les faisceaux charnus s'attachent sur un ou plusieurs côtés d'un tendon. Ils réali-
sent des dispositions parfois déjà visibles sur la conformation externe du muscle mais
dont les plus compliquées ne peuvent être analysées que sur des coupes méthodiques
de l'organe.
Le tendon peut simplement commencer dans l'épaisseur du muscle par une lame
fibreuse qui reçoit les faisceaux charnus sur ses deux faces réalisant ainsi la disposi-
tion penniforme déjà décrite. Il peut aussi commencer à la surface du muscle par une
aponévrose de revêtement dont la face profonde reçoit seule l'attache des faisceaux
charnus ; c'est alors une disposition semi-pennée. Des variétés sont constituées par
la combinaison de ces deux types dans un même muscle. Ainsi, on peut voir un ten-
don former un cône creux recevant à sa face interne les faisceaux charnus, ce qui est
un cas particulier de la disposition semi-pennée, tandis que le corps du muscle réalise
le type penniforme à son extrémité opposée. Souvent, la disposition semi-pennée se
retrouve aux deux extrémités, l'une des aponévroses de revêtement occupant une
face ou un bord du corps charnu tandis que l'autre occupe la face opposée. Si ces
aponévroses s'étendent sur une grande longueur, les faisceaux charnus peuvent être
très obliques et très courts, bien que le muscle lui-même soit long. Enfin, l'origine du
tendon à l'intérieur duimuscle peut se faire non plus par une seule lame fibreuse, mais
par plusieurs : la structure est alors multipennée ; dans le cas des muscles longs, elle
n'est alors bien visible que sur les coupes. La présence d'intersections fibreuses obli-
ques et plus ou moins nombreuses réalise une disposition un peu comparable ; dans
es cas extrêmes, elle aboutit à une architecture polygastrique.
VAISSEAUX ET NERFS
Le tissu musculaire est très richement vascularisé, mais les formations fibreuses
e sont fort peu. L'innervation est surtout abondante dans les corps charnus, qui re-
çoivent spécialement les terminaisons motrices en plus des fibres sensitives et
sympathiques présentes dans l'ensemble du muscle et de ses dépendances.
ARTERES
C - Coupe transversale d ' u n fuseau neuro-musculaire (M. lombrical humain - Hém. Eos. - Gr x 180)
1. Capsule lamelleuse ; 2. Fibres musculaires fusales, accompagnées par des fibres nerveuses et des
microvaisseaux (flèche).
D - Coupe longitudinale d ' u n fuseau neuro-musculaire (M. triceps brachial de Cobaye - Hém. Eos.
Gr. x 3 0 0 ) . F. Fibres musculaires intrafusales, entourées au centre du fuseau par les terminaisons
annulo-spirales primaires (flèche).
VEINES ET LYMPHATIQUES
Les veines sont satellites des artères, dont les plus grosses sont souvent accom-
pagnées de deux vaisseaux de retour. On ne trouve de capillaires lymphatiques que
dans les travées interfasciculaires. Ils f o r m e n t des réseaux très lâches, allongés dans
le sens des faisceaux et drainés dans l'enveloppe du corps charnu-par des vaisseaux
peu n o m b r e u x , qui se déversent eux-mêmes dans les vaisseaux lymphatiques valvulés
des espaces intermusculaires.
Chaque muscle possède une innervation propre, provenant d ' u n nerf défini et
cette connexion est établie dès le début du développement embryonnaire. Certains
muscles composites reçoivent des fibres de plusieurs nerfs, toujours selon une répar-
tition précise. Dans les tendons c o m m e dans les corps charnus, les rameaux nerveux
suivent les cloisons irlterfasciculaires et s ' y subdivisent sans former de réseau avant
d'atteindre l ' i n t i m i t é des faisceaux les plus petits. Les terminaisons motrices sont
particulières aux fibres musculaires, au c o n t a c t desquelles elles f o r m e n t les plaques
motrices. A la sensibilité générale des muscles et des tendons, assurée par divers
t y p e s de terminaisons qui ne sont pas caractéristiques de ces organes, s'ajoute la
sensibilité musculo-tendineuse spéciale, fournie par des organites particuliers, qui sont
les fuseaux neuro-musculaires et les organes neuro-tendineux. Enfin, le muscle reçoit
une innervation s y m p a t h i q u e encore mal connue.
Les plaques motrices constituent une synapse de t y p e particulier, l'appareil de
j o n c t i o n neuro-musculaire, par lequel chaque fibre musculaire reçoit la terminaison
d ' u n e fibre nerveuse motrice (Terminatio neuromuscularis) qui dépend d ' u n neurone
strio-moteur du névraxe. Cette fibre provient d ' u n très petit faisceau nerveux qui se
ramifie en bouquet dans le faisceau musculaire primaire. Elle aborde la fibre muscu-
laire vers son milieu après avoir perdu sa gaine de myéline et se ramifie à son c o n t a c t
en une arborisation terminale, autour de laquelle le neurolemme (gaine de S c h w a n n )
de la fibre nerveuse se met en continuité avec la membrane basale (partie externe du
sarcolemme) de la fibre musculaire. L'arborisation terminale se résout au sein d'une
sole protoplasmique (ou « sole de Kuhne »), plaque de sarcoplasme f i n e m e n t granu-
leux, longue de 3 0 à 40yum et légèrement saillante à la surface de la fibre. L'ensemble
représente une véritable synapse neuro-musculaire. La partie présynaptique, consti-
tuée par l'arborisation terminale de la fibre nerveuse, est revêtue par un ensemble de
cellules gliales particulières, les gliocytes terminaux (Gliocyti terminales), à noyaux
petits et très colorables. La sole protoplasmique appartient au sarcoplasme et consti-
tue la partie post-synaptique. Il n'existe pas de myofibrilles en son sein, mais elle
c o m p o r t e de multiples noyaux (noyaux f o n d a m e n t a u x ) plus grands et moins colora-
bles que ceux des gliocytes terminaux. Le microscope électronique montre que le
sarcolemme propre s ' y invagine en multiples dépressions à paroi ridée, plis de la
membrane postsynaptique, dans lesquels se logent autant de terminaisons axonales
renflées en b o u t o n . Entre les deux parties existe une étroite fente synaptique. Les
boutons terminaux de l'axone montrent un grand nombre de vésicules synaptiques.
409
Les fuseaux neuro-musculaires (Fusi neuromusculares) (Pl. 199 à 201) sont des
organes sensibles logés à la périphérie des faisceaux primaires, dans le périmysium
nterne, près des extrémités des fibres musculaires et parallèlement à elles. Ils mesu-
rent trois à quatre millimètres de long sur 0,1 à 0 , 2 millimètres de large ; ils sont
environ cent fois moins nombreux que les fibres musculaires et très inégalement re-
présentés selon les espèces et les muscles considérés. Chacun d'eux comporte une
capsule formée de deux minces lames conjonctives, séparées par un film de liquide
capable d'assurer des échanges ioniques. Il est parcouru dans sa longueur par trois à
douze fibres musculaires striées, dites myocytes intrafusaux (Myocyti intrafusales),
plus grêles que les fibres ordinaires et presque dépourvues de myofibrilles au niveau
de leur région moyenne mais d'aspect normal vers leurs extrémités. Ces fibres sont
de deux types. Les moins nombreuses (deux par fuseaux en général) présentent dans
eur région moyenne un amas de noyaux sphéroïdaux qui constituent un sac nucléaire
Bursa nuclearis myocyti). Dans les autres (deux à dix par fuseau) les noyaux forment
dans la même région une chaîne nucléaire (Vinculum nucleare myocyti) dans laquelle
Is sont en contact si étroit les uns avec les autres que leur profil est quadrangulaire.
L'ensemble est longé par un ou deux grêles vaisseaux et par des filets nerveux de
deux ordres, les uns sensitifs et les autres moteurs. Une petite quantité de liquide
baigne l'ensemble et le sépare de la face profonde de la capsule. Les fibres sensitives
se terminent par de fines divisions qui s'enroulent autour de la région moyenne des
myocytes intrafusaux en formant des terminaisons annulo-spirales (Terminationes
anulospirales). Elles sont de deux types, a) les fibres de type I, dont le calibre dans les
nerfs est de l'ordre de 15jUm, se terminent sur le segment central de tous les types de
myocytes intrafusaux : ce sont les terminaisons primaires, b) les fibres de type II, de
faible calibre (environ 6 /vm) envoient leurs divisions de part et d'autre du segment qui
reçoit les précédentes, presque uniquement sur les myocytes à chaîne nucléaire : ce
sont les terminaisons secondaires. Les fibres motrices se terminent sur de petites
plaques motrices situées au contraire près des extrémités des myocytes intrafusaux.
Elles sont aussi de deux sortes . a) Les fibres bêta sont de simples collatérales des
fibres alpha qui commandent la contraction des myocytes extrafusaux, c'est-à-dire
des parties adjacentes du muscle. Elles assurent donc la simultanéité de contraction
410
Partie extracapsulaire
des myocytes intrafusaux.
- Myocyte extrafusal
Fibre fuso-motrice
gamma dynamique
Terminaisons
annulo-spirales secondaires.
Fibre fuso-motrice
gamma statique
Fibre fuso-motrice
" gamma statique
Capsule du fuseau-
Fibre fuso-motrice
gamma statique
Fibre fuso-motrice
gamma' statique
Terminaisons
annulo-spirales secondaires-
Fibre fuso-motrice
gamma dynamique _
Myocyte extrafusal -
Partie extracapsulaire
des myocytes intrafusaux
des myocytes intrafusaux et extrafusaux. b) Les fibres gamma, très minces, provien-
nent des motoneurones gamma du système nerveux central et sont à leur tour de
deux ordres : les unes, dites statiques, se distribuent aux deux types de myocytes
intrafusaux ; d'autres, dites dynamiques, vont seulement aux myocytes à sac nu-
cléaire.
Les fuseaux neuro-musculaires sont des récepteurs à adaptation lente, qui ren-
dent constamment compte des variations de longueur des muscles au système
nerveux. Ils le renseignent sur la rapidité (phase dynamique) et sur l'intensité (phase
statique) de ces variations. Comme leurs extrémités sont solidarisées au tissu mus-
culaire ambiant, ils sont étirés quand le muscle s'allonge. Le segment central des
myocytes intrafusaux voit alors son calibre diminuer et la variation est enregistrée par
es terminaisons annulo-spirales. Ceci déclenche un réflexe de contraction (réflexe de
charge) qui tend à raccourcir le muscle et donc limite l'élongation. Simultanément, par
intervention des fibres bêta, les myocytes intrafusaux sont eux aussi amenés à se
contracter, ce qui tend à rétablir leur longueur initiale et à annuler le réflexe de
contraction. Ces réflexes antagonistes sont régulés et équilibrés par l'intervention des
fibres gamma. Il n'est pas possible d'entrer ici dans le détail des mécanismes qui
mettent en jeu les diverses structures ci-dessus décrites pour assurer le fonctionne-
ment harmonieux des muscles. Il suffit de souligner qu'ils s'exercent à la fois sur leur
statique (maintien de l'équilibre au repos, donc des attitudes) et sur leur dynamique,
c'est-à-dire leur intégration aux activités de l'ensemble du système locomoteur.
COMPOSITION CHIMIQUE
La composition des muscles est très complexe. Elle varie d'ailleurs avec l'âge,
avec l'espèce, d'un muscle à l'autre et même selon l'état fonctionnel. Alcalin au re-
pos, le tissu musculaire devient acide lors de contractions répétées et dans la fatigue,
par production d'acide lactique. D'autre part, le lavage prolongé le décolore presque
entièrement par élimination de la myoglobine.
Si l'on fait abstraction de la trame conjonctive et fibreuse que la coction convertit
en gélatine et du tissu graisseux qui peut infiltrer le périmysium en quantité très va-
riable, le tissu musculaire proprement dit est constitué pour ses 3/4 environ par de
eau et pour 1/4 seulement de résidu sec. Celui-ci est formé en grande partie de
412
'on 20 %). Il s'y ajoute la tropomyosine, qui forme l'axe des filaments minces et
essentiel des lignes Z (environ 10 %). Le reste (10 à 15 %) est formé des très nom-
oreuses protéines du sarcoplasme, toutes en faibles proportions, certaines (comme la
-nyoglobine et les cytochromes) à l'état de traces.
Le glycogène- est présent en proportions extrêmement variables, en particulier
selon l'activité du muscle, dont il fournit l'énergie. On peut en trouver de 0,5 à 2 %.
_es fibres musculaires renferment environ 1,5 % de lipides, dont 1 % de phospholipi-
:es. De très nombreuses autres substances non azotées sont à l'état de traces.
Quant aux matières minérales (environ 1 % du total), ce sont principalement des
: losphates, accessoirement des chlorures et des sulfates. Parmi les métaux, le po-
tassium domine largement. Presque trois fois plus abondant que tous les autres
'éunis, il représente environ 0,3 % du poids total des fibres. Le sodium est ensuite le
plus important, suivi par le calcium et de loin par le magnésium et des traces de di-
. ers oligo-éléments, dont le fer.
Répétons que les indications qui précèdent concernent seulement le tissu muscu-
3.re, c'est-à-dire les fibres elles-mêmes ou tout au plus les faisceaux primaires. La
i m p o s i t i o n devient très différente et infiniment plus variable dès qu'on considère
ensemble d'un corps charnu, avec ses travées de périmysium très inégalement char-
gées de graisse et son tissu fibreux. C'est ce qui explique l'imprécision et l'extrême
ariété de la composition attribuée à la « viande ». Par exemple, dans les longues
stes d'acides aminés fournies par les ouvrages spécialisés en ce dernier domaine, il
est impossible de déterminer ce qui provient des composants de la fibre musculaire
de ceux du conjonctif interstitiel et du tissu fibreux. Dans la viande totale, le pour-
centage de lipides peut varier de 2 à 35 %, celui des protides de 10 à 20 %, celui
ces cendres de 1 à 3,5 % ; ces limites peuvent même être dépassées dans des cas
exceptionnels.
RIGIDITE CADAVERIQUE
Après la mort, dans un temps qui varie de quelques minutes à quelques heures,
es muscles perdent leur souplesse et deviennent durs et inextensibles. C'est la rigidi-
té cadavérique (Rigor mortis), qui fixe le cadavre dans une attitude dès lors impossible
a modifier. Cette rigidité musculaire résulte d'un blocage des myofibrilles par couplage
ce la myosine et de l'actine à la suite de la cessation de l'apport d'ATP. Le phéno-
mène, comparable à une contraction musculaire lente et irréversible, s'accompagne
: une formation d'acide lactique aux dépens du glycogène et d'une acidification du
• ssu musculaire. Il commence au niveau des muscles masticateurs, puis s'étend au
:ou et à l'ensemble du tronc et enfin aux membres. Son apparition est plus rapide
prsque le sujet était fatigué ou surmené et lorsque la température est élevée. La rigi-
dité cesse progressivement en quelques jours. Le muscle subit alors une autolyse qui
; accompagne d'un effacement de la striation des fibres et précède la putréfaction.
Il convient de tenir compte de l'apparition, souvent rapide, de la rigidité cadavéri-
que pour disposer dans une position convenable les cadavres destinés à la dissection,
en particulier lorsqu'il s'agit de grands animaux.
414 -
- FONCTIONS ET HOMOLOGIES
examinerons d'abord l'aspect mécanique de cette action, puis les usages particuliers
f f x s eat l'articulation t»an . ' ' ' ia puissance des extenseurs s'exerce sur la
protubérance occipitale externe et la résistance est constituée par les parties de la
tête situées rostraiernent. C'est encore le cas lorsque, le membre étant libre de tout
contact avec le sol, le muscle triceps brachial agit sur ie sommet de l'olécrane et
provoque l'extension de i'avant-bras sur le bras ; par le même mécanisme encore, la
traction du muscle gastrocnémien sur le tuber calcanei étend le pied sur la jambe
._ lorsque-l&ffiefmjre .«st levé,
-_ - - :: - " — - an " pa lion m se -
laire-ipwFSBanceiçiîS^exœnoént c.r.r.irr..- d a t S :s ess précédent à l'extrémité ie sailli? .
mais l'extrémité opposée du rayon osseux étant cette fois fixée (point fixe) et ia résis-
tance constituée par le poids du corps s'exerçant sur l'articulation intermédiaire. Des
exemples en sont fournis par l'extension de. l'avant bras ou du pied lorsque le membre
3 SB* est à l'appui, c'estfià dire fixé par son extrémité distaie.
Un levier interpuissant ou du troisième genre voit la puissance muscuiaùc s'exer
cer sur un rayon osset
/ A ry-> n r i T t ;
la résistance. Ce
Lorsque-, par exemple, avant orao se neci ir ie bras, l'articulation du coude cons-
t i t u e ' l e point fixe et l'extrémité du membre la résistance, l'action des fléchisseurs
s'exerçant sur les os do I'avant-bras un peu distalemenl au coude. Un autre exemple
pout être pris dons ie rapprochement des mâchoires, ie point fixe étant à l'arhcuiati.pn
temptim-mandibutalre, ia puissance s'exerçant sur le processus coronotoo ou ta r- gn
che de la mandibule ot ia résistance étant représentée par le poids de ia mâchoire.
il importe de remarquer que, selon les conditions, une môme action--musculaire-••
sur un même rayon osseux peut s'exercer selon ries modes mécaniques différents,
•
Hjp-lriîE^ - 1 p. îViçrirsîgs %.j > ;:h
--:-: - C
- 415
Bien plus, l'action d'un même muscle ou groupe de muscles peut être inversée
dans certaines conditions. On peut voir ainsi l'ensemble des agonistes et antagonistes
additionner leurs actions pour réaliser un mouvement nécessitant le maximum de
puissance. Par exemple, les muscles crâniaux de la cuisse (quadriceps fémoral) sont
les extenseurs de la jambe. Mais si leurs antagonistes (muscles fémoraux caudaux)
sont en principe fléchisseurs de la jambe, ils peuvent dans des conditions particulières
concourir au contraire à l'extension de ce segment : en effet, lorsque le membre est à
l'appui, donc fixé par son extrémité distale, la traction exercée en direction caudale
sur l'extrémité proximale du tibia concourt à ouvrir l'angle fémoro-tibial, donc à éten-
dre la jambe sur la cuisse. On voit alors les fléchisseurs ajouter leur action à celle des
extenseurs et devenir même les agents les plus puissants de la propulsion du corps.
Enfin, il importe de remarquer que la plupart des muscles peuvent aussi inverser
l'action respective de leurs extrémités. Tel muscle, dont la traction s'effectue habi-
tuellement de son origine sur sa terminaison, devient au contraire moteur de son point
d'origine lorsque la terminaison est solidement fixée. Un exemple évocateur peut être
fourni par le bras de l'Homme. Les muscles de ce segment servent normalement à
mobiliser et en quelque sorte porter l'avant-bras et les charges qu'y ajoute la main ;
leurs origines sont donc situées à la scapula et sur l'humérus et leurs terminaisons sur
les os de l'avant-bras. Dans certains cas pourtant (traction sur une barre fixe par
exemple), la main et l'avant-bras deviennent fixes et les muscles du bras mobilisent
leurs insertions proximales pour concourir à soulever le corps. Un mécanisme analo-
gue fait que le muscle biceps brachial des Equidés, qui est normalement fléchisseur
de l'avant-bras peut, lorsque le membre est à l'appui, devenir extenseur de l'angle
scapulo-huméral et redresseur de l'épaule. Presque tous les muscles peuvent fournir
des exemples similaires.
Les premiers anatomistes qui, après Galien (131-201), décrivent les muscles se
contentèrent de les désigner par les épichètes numériques déduites de la position de
ces organes dans les diverses régions. Carlo Ruini, en 1598, les désigne encore dans
son traité d'hippotomie sous les noms de premier, second, troisième, etc.
Sylvius ( 1 4 7 8 - 1 5 5 5 ) , puis Riolan ( 1 5 7 7 - 1 6 5 7 ) furent les premiers auteurs qui at-
"ibuèrent un nom particulier à chaque muscle. Malheureusement, aucune méthode
çénérale, aucune vue d'ensemble, n'a guidé ces auteurs et leurs continuateurs. Dans
3 nomenclature dite de Sylvius, les muscles ont reçu des qualificatifs tirés de leur
; tuation relative (interne, externe), de leur forme (triangulaire, rhomboïde, trapèze),
ce leurs dimensions relatives ou du rapport de ces dimensions (grand, petit, long,
:ourt), de leurs divisions (biceps, triceps, jumeaux) ou de leur complication (digastri-
c j e , complexus), de leurs rapports avec les os (intercostaux, frontal), de la région
ils occupent (pectoraux, fessiers), de leur structure (semi-tendineux, semi-
—iembraneux), de leur direction (droit, oblique, transverse), de leurs usages (fléchis-
seur, adducteur) ; certains noms combinent deux ou trois des caractères précités
petit rond, court fléchisseur de la tête, biceps brachial). Cette nomenclature hétéro-
: ite, adoptée par la grande majorité des anatomistes de l'Homme, a été introduite en
- n a t o m i e vétérinaire par Bourgelat ( 1 7 1 2 - 1 7 7 9 ) , suivi par Lafosse et Vitet. Ces au-
teurs l'adaptèrent au Cheval, non sans la modifier en divers points. Faite seulement
oour l'Homme, la nomenclature de Sylvius se révéla souvent impropre pour le Che-
. si ; elle est tout aussi déplorable pour les autres espèces et souvent insoutenable en
- n a t o m i e comparée.
Frappés par les imperfections de la nomenclature de Sylvius, Chaussier et Dumas
avaient proposé en 1796 (An V de la République) des dénominations beaucoup plus
méthodiques, basées uniquement sur les insertions. Chaque muscle reçut un nom
composé, dont le premier mot désignait l'origine du muscle et le second la terminai-
son (ex : épicondylo-prémétacarpien, ilio-trochantérien, etc.). Cette nomenclature qui
cffrait l'avantage de faire connaître immédiatement la direction et les usages des
muscles fut transposée en Anatomie vétérinaire par J. Girard en 1799. Mais les ter-
mes en étaient souvent compliqués et elle était tout aussi inapplicable que les
précédentes à l'Anatomie comparée en raison des variations des insertions musculai-
*es d'une espèce à l'autre. Aussi son usage n'a-t-il pu s'imposer à la longue.
Il est évident que la seule nomenclature rationnelle et valable en Anatomie com-
carée devrait tenir compte des homologies et être en conséquence déduite des
connexions. C'est d'ailleurs ce que Sylvius avait déjà fait, à son insu, lorsqu'il choisit
ces noms très heureux comme intercostaux, sous-scapulaire, long dorsal, transver-
sale épineux, etc. rigoureusement applicables à toutes les espèces.
Malheureusement, les Nomina Anatomica (N.A.), établis pour l'espèce humaine, n'ont
:enu aucun compte de l'Anatomie comparée. En conséquence, la commission qui a
établi les Nomina Anatomica Veterinaria (N.A.V.) n'avait d'autre possibilité que de
suivre aussi étroitement que possible les Nomina Anatomica de l'Homme ou d'accroî-
tre encore une confusion déjà grande. La première solution fut retenue ; en dépit de
ses graves inconvénients, elle laisse espérer une possibilité de révision et d'unification
des deux nomenclatures, avec introduction progressive de réformes appropriées. Mais
est malheureusement probable qu'on appellera longtemps encore semi-
membraneux, biceps, extenseur, etc. des muscles qui ne peuvent en aucune sorte
mériter de telles désignations chez les Mammifères domestiques et même dans la
grande majorité des Mammifères.
Conformément aux conclusions de la Commission de francisation des nomencla-
tures anatomiques internationales, nous emploierons des termes français traduisant
es désignations latines officielles. Nous ne ferons que de très rares exceptions à
cette règle pour mentionner quelques synonymies qui paraissent, pour un temps en-
core, utiles à l'enseignement vétérinaire français.
418 -
En réalité, les m y o t o m e s ne p r o v i e n n e n t pas d i r e c t e m e n t des s o m i t e s . Ceux-ci produisent d ' a b o r d , outre les s c l é r o t o m e s , les
- " n a t o m y o i o m e s , qui d o n n e n t à leur t o u r les d e r m a t o m e s ( m é s o d e r m e c u t a n é ) et les m y o t o m e s .
M
_ Partie faciale 1 O
M. cutané du tronc
Quant aux membres, leurs muscles dérivent d'éléments émigrés des myotomes à
un stade très précoce et dont la différenciation s'effectue ensuite dans le site auquel
s sont destinés. Cette origine n'est d'ailleurs pas absolument prouvée et il est possi-
ble que, dans certains cas au moins, les ébauches musculaires des membres puissent
se former sur place, peut-être en relation avec l'invasion des nerfs dans le bourgeon
du membre.
On doit retenir en tout cas que les connexions neuro-musculaires s'établissent de
; açon très précoce et sont toujours caractéristiques. Chaque groupe fonctionnel de
muscles reçoit en effet les fibres d'un nerf déterminé, qu'il a en quelque sorte entraî-
né à sa suite au cours du développement. Les connexions neuro-musculaires ont ainsi
un intérêt particulier pour la détermination des homologies des muscles.
MUSCLES DE LA TETE
Selon leur origine, les muscles de la tête peuvent être classés en deux groupes
très inégaux ; ceux dont l'origine est somitique et ceux qui dérivent de l'appareil
branchial.
1 — Muscles somitiques
Ce sont les moins nombreux et ils sont eux-mêmes répartis en deux sous-
groupes : le premier comprend les muscles moteurs du bulbe de l'œil, le second ceux
de la langue.
Les muscles de l'œil proviennent chez les Vertébrés inférieurs des trois premiers
somites céphaliques. Chez les Mammifères, ces somites ne sont pas distincts et les
muscles de l'œil desservis par les nerfs de la troisième et de la sixième paires crâ-
-iennes (oculomoteur et abducens) dérivent d'un mésoderme insegmenté, qui semble
équivaloir aux premiers myotomes mais n'en présente pas l'organisation.
Les muscles de la langue proviennent, comme nous l'avons dit plus haut, des
somites occipitaux, d'abord discernables mais tôt effacés. Le muscle génio-hyoïdien,
également innervé par le nerf hypoglosse, est de même origine.
2 — Muscles branchiaux
Ils sont nombreux et forment des groupes importants. Nous les classerons
d'après leurs arcs d'origine.
Du premier arc branchial ou arc mandibulaire dérivent les muscles élévateurs de
la mandibule, innervés par le nerf trijumeau. Ce sont les muscles masticateurs, qui se
répartissent de part et d'autre de la branche mandibulaire. Deux d'entre eux sont
latéraux, l'un couvrant cette dernière (M. masséter) et l'autre la fosse temporale (M.
temporal) ; deux autres sont médiaux (muscles ptérygoïdiens). Bien qu'il ait des fonc-
tions tout à fait différentes, le muscle mylo-hyoïdien est aussi innervé par le nerf
trijumeau ; c'est également le cas du ventre rostral du m. digastrique. Ces deux for-
mations musculaires dérivent donc également de l'arc mandibulaire. Il semble en être
de même pour le muscle oblique dorsal de l'œil, innervé par le nerf trochléaire.
Le deuxième arc branchial ou arc hyoïdien fournit tous les muscles animés par le
nerf facial. Un premier contingent, très faible et inclus chez les Mammifères dans la
caisse du tympan, appartient à l'oreille moyenne. Un second fait partie des muscles
hyoïdiens et comprend, outre le ventre caudal du muscle digastrique, les muscles
satellites du stylohyoïdeum. Mais le groupe le plus important émigré et s'étale large-
ment sous la peau de la tête et du cou. C'est celui des muscles cutanés de la tête,
complété par le muscle cutané du cou.
Le troisième arc branchial donne les muscles innervés par le nerf glosso-
pharyngien : muscles du voile du palais et stylo-pharyngien caudal.
Quant aux arcs suivants, ils fournissent les muscles innervés par les nerfs vague
et accessoire. La musculature dépendant de ce dernier nerf migre dans le cou, où
masséter
ro
ro
parotido-auriculaire
M brachio-céphalique
M. trapèze {Partie cervicale)
M. trapèze (Partie thoracique)
M. grand dorsal
Fascia thoraco-lombaire
M. oblique externe de l'abdomen
M. fessier moyen
M. buccinateur
M. fessier superficiel
M. digastrique
M. sterno-thyroïdien
M. sartorius (Partie crânlale)
M. sterno-hyoïdien
M. biceps fémoral
M. sterno-céphalique
M. pectoral descendant
Tendon calcanéen commun
Muscle deltoïde (Corde du jarret)
M. pectoral transverse
M. triceps brachial
M. rond
~ous la retrouvons mêlée à d'autres éléments. Les muscles striés dépendant du nerf
.ague constituent la plus grande partie du pharynx et les muscles intrinsèques du
arynx.
La musculature de la tête est donc complexe. Mais à propos du seul appareil lo-
comoteur, nous n'aurons à décrire que les muscles cutanés de la tête, les muscles
masticateurs et les muscles suprahyoïdiens.
MUSCLES DU TRONC
Ces muscles peuvent être classés en trois groupes très inégaux : les muscles
cutanés, les muscles de l'épisome et ceux de l'hyposome ; nous réserverons en outre
j n paragraphe spécial aux muscles de la queue, lesquels dérivent de ces deux der-
"iers systèmes à la fois.
2 - Muscles de l'épisome (Pl. 1 85, 186, 1 90, 191, 1 92, 204, 2 0 5 , 3 0 1 , 302)
Ces muscles couvrent les arcs neuraux des vertèbres. Ils peuvent être classés en
deux catégories qui diffèrent par la topographie et les fonctions. Les uns se portent
en effet de la colonne vertébrale aux ceintures et aux rayons proximaux des membres
et n'ont en général plus trace de segmentation. Les autres, attachés uniquement au
squelette axial (vertèbres, côtes, voire région occipitale du crâne), sont particuliers à
axe vertébral, qu'ils sont chargés de mouvoir. Ils sont cachés sous les précédents.
a) Muscles unissant les membres à la colonne vertébrale : ils sont pour la plupart
iarges, plats et dépourvus de segmentation ; ils résultent de la migration et de l'union
d'éléments fournis par de nombreux myotomes. Ils sont bien plus développés en re-
gard de la ceinture thoracique qu'au niveau du bassin, ce dernier étant articulé de
façon directe et très solide à la colonne vertébrale.
Ceux du membre thoracique sont disposés en deux couches, dont la plus superfi-
cielle est la moins étendue en direction caudale et se termine sur l'épine scapulaire.
Cette couche ne comporte que deux muscles, qui mêlent à des éléments d'origine
somitique un important contingent provenant des derniers arcs branchiaux, comme en
témoigne leur innervation par le nerf accessoire. Le plus large est le muscle trapèze ;
s'étale en surface sur une grande partie du cou et du dos et couvre la face latérale
de l'épaule. Le second, moins large, fait défaut chez l'Homme mais existe chez tous
les Mammifères domestiques : c'est le muscle omo-transversaire, qui se porte de
l'épine scapulaire aux premiers processus transverses cervicaux, voire à l'os occipital
(Chat, Lapin). La couche profonde, uniquement formée d'éléments somitiques spi-
naux, est également insegmentée et comprend quatre muscles111: a) le muscle grand
dorsal, d'origine thoraco-lombaire et terminé à la face médiale de l'humérus ; b) le
muscle rhomboïde, à la fois cervical et thoracique, qui se termine à la face médiale du
bord dorsal de la scapula ; c) le muscle dentelé du cou, qui rayonne de l'angle crânial
de la scapula aux processus transverses cervicaux ; d) le muscle dentelé ventral du
thorax, qui semble prolonger caudalement le précédent et se porte de l'angle caudal
et du bord dorsal de la scapula à la face latérale des côtes.
11) Innervés par les rameaux ventraux des derniers nerfs cervicaux et des premiers thoraciques, ces muscles sont apparentés à
ceux de l'hyposome mais sont associés aux précédents en raison de leur topographie et de leurs fonctions.
424 -
Dans le membre pelvien, les éléments musculaires correspondants sont peu nom-
breux. On peut considérer comme tels : le muscle fessier superficiel ou t o u t au moins
ses faisceaux insérés sur l'épine sacrale et le muscle glutéofémoral, puissant chez les
Ongulés, mais absent chez l'Homme et beaucoup de Mammifères.
b) Muscles latéro-dorsaux de la colonne vertébrale (Pl. 301, 302) : ces organes
appartiennent en propre à cette colonne, sur laquelle ils prennent origine et se termi-
nent et qu'ils peuvent étendre, infléchir latéralement ou tordre sur son axe. Situés sur
ses faces dorsale et latérale, ils prennent insertion sur les processus épineux et les
processus transverses, ce qui permet d'en reconnaître quatre types.
Les muscles épineux vont d'un processus épineux à un autre. On y distingue des
courts épineux ou interépineux, jetés d'une vertèbre à la vertèbre la plus voisine et
des longs épineux ou épineux communs, chevauchant plusieurs processus épineux et
plus superficiels.
Les muscles transversaires joignent les processus transverses et peuvent égale-
ment être divisés en courts transversaires ou intertransversaires, profondément
situés, et longs transversaires ou transversaires communs, franchissant plusieurs
vertèbres et plus superficiels.
Les muscles transversaires-épineux prennent origine au processus transverse
d'une vertèbre ou à son voisinage immédiat (processus articulaire ou processus ma-
millaire) pour se terminer sur le processus épineux d'une vertèbre plus crâniale dans le
segment présacral de la colonne vertébrale et plus caudale dans le segment postsa-
cral.
Enfin les muscles épineux-transversaires sont situés superficiellement par rapport
aux précédents, dont ils croisent en x la direction. Ils vont d'un processus épineux au
processus transverse d'une autre vertèbre, plus crâniale dans le segment présacral et
plus caudale dans le segment postsacral.
Les muscles les plus courts, qui se portent directement d'une vertèbre à celle qui
précède ou qui suit, ou tout au plus franchissent deux ou trois segments, gardent une
disposition nettement métamérique. Ce sont toujours les plus profonds : muscles
interépineux, intertransversaires et transversaires épineux. Selon les régions et les
espèces, certains d'entre eux, et en particulier les interépineux, peuvent manquer ;
mais il s'agit alors d'une régression secondaire. A l'inverse, des complications peu-
vent apparaître à certains niveaux. Il en est ainsi dans le thorax et le cou, avec le
développement d'un système transversaire épineux long (M. semi-épineux) entre les
muscles précédents et le système, plus superficiel, de l'erector spinae.
Dans les muscles plus longs et plus superficiels (longs épineux, longs transversai-
res et longs épineux transversaires) la métamérie est moins nette, parfois
indiscernable. Ces muscles présentent en outre un degré de développement, et sur-
tout de complication, très variable selon les régions de la colonne vertébrale. Bien
individualisés et souvent subdivisés dans les segments très mobiles et en particulier
dans le cou, ils tendent au contraire à se confondre dans les régions où la mobilité est
faible pu nulle. Le sacrum, avec ses pièces soudées, constitue en quelque sorte un
centre d'attache de part et d'autre duquel les muscles spinaux s'orientent inverse-
ment et se différencient de façon progressive. Nous décrirons plus loin la disposition
des muscles de la région postsacrale. Ceux du segment présacral sont beaucoup plus
volumineux, plus complexes et plus importants.
Ceux-ci commencent à la jonction sacro-lombaire par une masse commune atta-
chée en outre à l'os ilium et d'abord indivise. Cette dernière se prolonge crânialement,
à partir du milieu de la région lombaire puis dans la région du dos, par trois fortes et
longues divisions parallèles. Celles-ci représentent un long épineux, un épineux trans-
versaire et un long transversaire ; elles sont respectivement dénommées d'après leur
situation : muscle épineux, muscle longissimus (anciennement : long dorsal) et mus-
cle ilio-costal (anciennement : long costal). Chacune de ces parties se prolonge dans
le cou, s'y subdivise et s'y complique beaucoup en raison de fa grande mobilité de la
- 425
M. trapèze J M. splénius
(Partie cervicale) j Partje scapu|aire
M. levator scapulae
(M. dentelé du cou)
M. rhomboïde cervical
Acromion M. supra-épineux
Fascia thoraco-lombaire
M. fessier moyen
M. grand fessier
(M. fessier M. pyramidal du bassin
Mm. jumeaux
M. obturateur interne
M. carré fémoral
M. biceps fémoral
neux-transversaire du cou ont été transférés à un vaste muscle qui couvre tous les
précédents : le m. splénius. Celui-ci (m, splénius) prend origine aux premiers proces-
sus épineux thoraciques et à la corde du ligament nuchal. Il se termine au processus
mastoïde et aux processus transverses cervicaux. La partie cervicale (m. splénius du
cou) fait défaut dans quelques espèces, telles que les Carnivores. Par contre, le m.
splénius de la tête, véritable long épineux transversaire mastoïdien, est présent dans
toutes les espèces.
Les muscles transversaires longs constituent le système dit «ilio-costal » (M. iiio-
costalis). Ils s'isolent très t ô t de la masse commune lombaire (cette partie lombaire
devrait seule mériter le nom d'ilio-costal) et se continuent en formant successivement
les muscles ilio-costal des lombes, du thorax et du cou (Mm. iliocostalis, lumborum,
thoracis, cervicis). Ce système, en général réduit dans le cou, ne se prolonge pas
jusqu'à la tête. Il est suppléé par les muscles transversaire et longresimus du cou,
situés en plan plus profond. Nous avons indiqué plus haut que ces derniers muscles,
dérivés du système épineux-transversaire, ont pris secondairement la valeur de longs
transversaires.
Quant aux muscles intertransversaires (Mm. intertransversarii), ils sont en général
bien développés dans la région lombaire mais manquent le plus souvent dans la région
thoracique ; du moins y sont-ils vestigiaux, les muscles élévateurs des côtes en te-
nant peut-être lieu. En revanche, les muscles intertransversaires du cou sont toujours
très développés et complétés par des faisceaux ventraux qui sont leurs homologues
de l'hyposome. Le plus crânial d'entre eux est inclus dans le muscle oblique crânial de
la tête (partie étendue de l'aile de l'atlas au processus jugulaire de l'os occipital).
grand fessier
(M. ressier superficiel)
M. grand pectoral
M. biceps brachial
M. triceps brachial
M. brachial
M. brachio-radial
M. long M. soléaire
M. court péronier
Tendon calcanéen
(Tendon d'Achille)
sont peut-être des expansions secondaires des muscles de la ceinture (en particulier
du muscle iliaque) ayant migré jusqu'aux vertèbres.
b) Muscles latéro-ventraux : ce sont des muscles qui forment, outre une sorte de
gaine à la partie cervicale de la trachée et de l'œsophage, les parois des grandes
cavités du tronc. Ils n'ont pas d'attache sur les membres, sinon au détroit crânial du
bassin, la ceinture pelvienne, beaucoup plus profondément située que la ceinture
thoracique, semblant avoir pris la place du squelette hémal. En tenant compte seule-
ment de l'orientation des faisceaux musculaires et en considérant comme homologue
d'une série de processus épineux un raphé médio-ventral commençant à la symphyse
pelvienne, formant au niveau de l'abdomen la ligne blanche, remplacé dans le thorax
par le sternum et poursuivi au-delà jusqu'à l'os hyoïde, on peut retrouver quatre sys-
tèmes répétant à peu près ceux des muscles latéro-dorsaux de l'épisome.
Le système hémépineux est longitudinal, étendu du pubis à l'os hyoïde, mais plus
ou moins complètement interrompu par le sternum. Crânialement à celui-ci, il est
représenté par les muscles sterno-hyoïdien et sterno-thyroïdien. Caudalement, il est
constitué par l'important muscle droit de l'abdomen, qui s'étend du pubis à la face
ventrale du sternum en s'adossant à son homologue sur la ligne blanche. La disposi-
tion métamérique reste toujours visible sur ce dernier muscle, qui est rendu
polygastrique par la présence de multiples intersections fibreuses ; toutefois, le nom-
bre de ventres du muscle droit de l'abdomen est toujours inférieur à celui des
métamères initiaux, marqués par la succession des nerfs correspondants. Dans
beaucoup d'espèces, une intersection fibreuse rend de même digastriques les muscles
sterno-hyoïdien et sterno-thyroïdien. Enfin, un rudiment de muscle hémépineux pour-
rait être constitué à la face ventrale du thorax par le muscle droit du thorax.
Le système transversaire ventral est peu distinct ou absent dans le thorax, mais il
reste bien discernable dans les régions lombaire et cervicale. Sous les processus
transverses lombaires, on trouve en effet le plus souvent de minces muscles inter-
transversaires ventraux, séparés de leurs homologues dorsaux par le passage des
nerfs spinaux. D'autre part, le muscle carré des lombes peut être comparé à un long
transversaire ventral. Dans le cou, les intertransversaires ventraux sont fort bien dé-
veloppés, séparés de leurs homologues dorsaux par la sortie des nerfs cervicaux. Le
muscle droit latéral de la tête en représente un équivalent entre la face ventrale de
l'atlas et le processus jugulaire de l'os occipital. Il existe aussi un muscle long trans-
versaire ventral, très variable selon les espèces. Peut-être pourrait-on rattacher à ce
système les muscles long du cou et long de la tête, qui couvrent la face ventrale des
vertèbres cervicales : il n'est toutefois pas certain que ces formations aient des équi-
valents dans l'épisome.
Un système hémépineux-transversaire est constitué par des muscles à faisceaux
obliques de la région pubienne ou de la ligne blanche vers les côtes ou encore de ces
dernières vers les processus transverses cervicaux. A ce système appartiennent :
dans l'abdomen, le muscle oblique externe de l'abdomen ; dans le thorax, les muscles
intercostaux externes et élévateurs des côtes ; dans le cou, les muscles scalènes. Le
muscle sterno-céphalique peut être rattaché à ce système, qu'il prolonge jusqu'à la
tête.
Le système transversaire-hémépineux est situé à la profondeur du précédent et
inversement oblique ; ses faisceaux croisent donc en x ceux du système hémépineux-
transversaire. On trouve ici : le muscle oblique interne de l'abdomen, étendu de l'ilium
et des processus transverses lombaires vers la ligne blanche et les côtes ; dans le
thorax, les muscles intercostaux internes et subcostaux. Il n'y a pas dans le cou de
muscles appartenant à ce système, si ce n'est l'omo-hyoïdien, ce qui n'a rien de dé-
montré.
Enfin, des muscles larges qui tapissent directement les cavités de l'abdomen et
du thorax semblent sans équivalent dans l'épisome. Tels sont : le muscle transverse
de l'abdomen, le muscle transverse du thorax et surtout le diaphragme. Ce dernier,
430 -
1 — Membre thoracique
Dans l'épaule, les muscles abducteurs et extenseurs du bras (et avec lui, du
membre dans son ensemble) couvrent la face latérale : muscles deltoïde, supra-
épineux, infra-épineux petit rond. Les muscles adducteurs et fléchisseurs occupent la
face médiale, comme il vient d'être dit ; ce sont les muscles subscapulaire, grand
rond et coraco-brachial.
Dans le bras se trouvent : a) caudalement, les muscles extenseurs du coude et
donc de l'avant-bras : triceps brachial et anconé ; b) crânialement, les fléchisseurs :
muscles brachial et biceps brachial.
Dans l'avant-bras sont groupés : a) crânialement, les muscles extenseurs du
carpe, les extenseurs des doigts et les muscles supinateurs ; b) caudalement, les
fléchisseurs du carpe, les fléchisseurs des doigts et les muscles pronateurs.
- 431
Quant aux muscles de la main, ils sont surtout développés à la face palmaire et
leurs corps charnus sont localisés à la région métacarpienne. Ils agissent sur les
doigts, qu'ils contribuent à fléchir et surtout qu'ils peuvent mouvoir les uns par rap-
port aux autres.
2 — Membre pelvien
On retrouve dans le membre pelvien quatre ensembles musculaires exactement
homologues de chacun des précédents.
Les muscles du bassin correspondent à ceux de l'épaule. Mais seuls les muscles
fessiers, attachés à la face latérale de l'os ilium et terminés sur le grand trochanter,
sont analogues aux muscles extenso-abducteurs de celle-ci. L'adduction et la flexion
du rayon fémoral sont assurées : a) par le muscle iliaque, habituellement décrit avec
e grand psoas, dont il est solidaire ; b) par les muscles adducteurs de la cuisse, qui
sont décrits avec celle-ci en raison de leur topographie, mais appartiennent fonction-
nellement à la ceinture. Seul, le muscle iliaque peut être homologué aux muscles de la
face médiale de la scapula. D'autres muscles, enfin, n'ont pas d'équivalent à la cein-
ture scapulaire (si ce n'est, peut-être, dans le muscle coraco-brachial), en raison de la
disparition des pièces ventrales de cette dernière chez les Mammifères : ce sont les
muscles pelviens profonds, qui prennent exclusivement origine aux os pubis et is-
chium.
Dans la cuisse, les muscles extenseurs de la jambe sont crâniaux ; ils se termi-
nent sur la rotule et agissent par son intermédiaire sur la jambe ; ils forment les
muscles tenseurs du fascia lata et quadriceps fémoral. Les fléchisseurs sont cau-
daux : muscles biceps fémoral, semi-tendineux et semi-membraneux. Un troisième
groupe, sans homologue direct dans le bras, est constitué par les adducteurs de la
ambe et de la cuisse, de nature hétérogène et déjà cités.
Dans la jambe, l'organisation est plus complexe, en raison de l'orientation inverse
des angles articulaires tarsien et phalangiens. Ainsi, du côté crânial sont groupés les
muscles qui fléchissent le tarse (tibial crânial, troisième péronier) et les extenseurs
des orteils. Du côté caudal, se trouvent de puissants extenseurs du tarse (triceps
sural) et des fléchisseurs des orteils.
Quant au pied, il possède des muscles dorsaux et des muscles plantaires, ces
derniers beaucoup plus nombreux et mieux développés. Les premiers aident à l'exten-
sion des orteils, les seconds à la flexion et au déplacement de ces rayons les uns par
rapport aux autres.
épicrânienne
Fascia temporal
superficiel
Muscle frontal
Muscle occipital
M. orbiculaire de l'œil
M. auriculaire
supérieur
M. auriculaire
antérieur
M. releveur naso-labial
M. auriculaire
Muscle nasal: postérieur
Muscle masséter
(ses deux parties)
M. cléido-mastoïdien )
M. trapèze
M. orbiculaire (Partie cervicale)
de la bouche
M. abaisseur de
la lèvre inférieure
Muscle mental
M. masséter (Partie superficielle)
M. transverse du menton M. thyro-pharyngien
M. thyro-hyôïdien
M. abaisseur de l'angle de la
M. omo-hyoïdien
Muscle M. sterno-hyoïdien
MUSCLES DE LA TÊTE
Les muscles de la tête (Musculi capitis) sont nombreux et forment des groupes
bien différents. Certains entrent dans la constitution de la langue, du voile du palais
ou du pharynx et appartiennent donc à l'appareil digestif. D'autres, logés dans l'orbite
ou la caisse du tympan, servent les organes des sens. Ces divers groupes seront
étudiés avec les appareils dont ils font partie, en splanchnologie et en esthésiologie.
Les seuls que nous ayons à décrire ici appartiennent à l'appareil locomoteur. Ils pren-
nent origine sur les os de la tête et se terminent soit sur d'autres os de celles-ci, soit
sur la peau du voisinage, qu'ils sont chargés de mouvoir n l . Ils sont répartis en trois
groupes : les muscles cutanés, les muscles masticateurs et les muscles suprahyoï-
diens.
A - M U S C L E S C U T A N E S DU C R A N E
(Pl. 207 à 2 0 9 , 215 à 2 1 8 , 2 2 0 , 2 2 2 , 223)
Moins développés chez les Mammifères domestiques que chez l'Homme, ces
muscles sont parfois considérés comme des subdivisions d'un seul et même muscle
épicrânien (M. epicranius).
Chez l'Homme, ils sont réunis par une large aponévrose épicrânienne (Galea apo-
neurotica, s. aponeurosis epicranialis) qui couvre toute la voûte du crâne et dont ils
prolongent les bords. En dehors de quelques faisceaux latéraux, voisins de la fosse
temporale (M. temporoparietalis), ils constituent de chaque côté deux larges et min-
ces lames musculaires situées l'une sur l'écaillé occipitale et l'autre sur le front. Ces
deux formations sont considérées dans les N.A. comme deux chefs (Venter occipita-
lis, venter frontalis) d'un seul muscle occipito-frontal (M. occipitofrontalis), rendu
(1) Cette définition élimine les muscles droits et obliques de la tête, qui appartiennent pourtant à l'appareil locomoteur et sont
considérés par beaucoup d'auteurs (ainsi que dans les N.A. et les N.A.V.) comme des muscles extrinsèques de la tête, ceux
étudiés dans le présent chapitre étant des muscles intrinsèques. En fait, les muscles droits et obliques de la tête appartiennent
au système des muscles de la colonne vertébrale et certains d'entre eux loblique caudal) n'ont même aucune attache sur la tête.
Ils font donc bien partie du cou, dans lequel ils seront décrits au même titre que les autres muscles de cette région attachés à la
tête (longissimus et semi-épineux de la tête, splénius. etc.
434 -
Chez les Carnivores, les deux muscles sont présents ; ils sont faibles chez le
Chien mais épais chez le Chat. L'occipital est attaché à la partie caudale de la crête
sagittale externe, où il s'unit à celui du côté opposé ; ses fibres s'incurvent ensuite
rostralement et se perdent dans l'aponévrose épicrânienne en couvrant une petite
partie du muscle temporal. Le muscle frontal tend à rejoindre son homologue sur le
plan médian, au-devant de la crête sagittale ; il est réduit à de minces faisceaux épars
chez le Chien, mais il est particulièrement fort chez le Chat. Latéralement, ses fibres
se portent jusqu'à la base du processus zygomatique de l'os frontal ; elles se mêlent
rostralement à celles de l'orbiculaire de l'œil et du muscle sourcilier et caudalement à
celles de l'interscutulaire, lequel couvre l'aponévrose épicrânienne et lui adhère beau-
coup. Quant à cette dernière, elle est mince mais elle se continue rostralement entre
les deux orbites, pour donner origine sur le dos du nez au muscle releveur naso-labial
de chaque côté, après avoir pris une petite attache au bord médial de l'orbite. Cette
expansion aponévrotique sus-nasale se retrouve chez la plupart des Mammifères do-
mestiques. Elle est peut-être homologue de la mince et courte languette charnue qui,
chez l'Homme, prolonge le muscle frontal sur le côté de la racine du nez et constitue
le muscle procerus (anciennement « pyramidal du nez »). Ce dernier est d'ailleurs bien
développé chez le Chat.
Chez les Ongulés, le muscle occipital fait défaut, mais le muscle frontal et l'apo-
névrose épicrânienne sont toujours présents, toutefois avec un développement très
variable selon l'espèce. L'aponévrose épicrânienne est nettement plus épaisse mais
beaucoup moins étendue chez le Bœuf que chez le Cheval. Dans ces deux espèces,
elle se continue manifestement avec la lame fibreuse qui donne origine sur le chan-
frein au muscle releveur naso-labial de chaque côté (muscle rudimentaire chez les
petits Ruminants). Quant au muscle frontal, il est très développé chez le Bœuf, où il
prend une large attache sur l'os du même nom, devant la base de la corne, sur le
processus intercornual et sur le plan médian, où il s'unit caudalement à celui du côté
opposé : ses fibres s'irradient ensuite vers la fosse temporale et l'orbite, où elle se
mêlent à celles de l'orbiculaire de l'œil. Le muscle frontal des petits Ruminants est
beaucoup plus faible que celui du Bœuf, mais tout aussi adhérent à la peau. Chez les
Equidés, il est bien plus réduit et il a souvent été décrit à tort sous le nom de sourci-
lier. C'est un court faisceau rubané situé médio-caudalement à l'orbite ; ses fibres,
dont les plus médiales sont les plus longues, continuent l'aponévrose épicrânienne au
voisinage de la ligne temporale et vont se perdre à la profondeur du m. orbiculaire de
l'œil. Le muscle frontal du Porc est réduit à quelques pâles faisceaux épars, qui se
portent au bord dorsal de l'orbiculaire de l'œil.
Les muscles cutanés du crâne reçoivent leur innervation motrice du nerf facial :
l'occipital par le rameau auriculaire caudal et le frontal par le rameau auriculo-
palbébral.
- 435
B - M U S C L E S C U T A N E S DE L A F A C E
(Pl. 2 1 7 à 2 3 3 )
Ces muscles sont disposés autour des orifices de la face, dont ils f o n t varier les
dimensions. Ils c o n s t i t u e n t trois groupes qui agissent respectivement sur les paupiè-
'es, sur les lèvres et sur les narines.
A la région palpébrale appartiennent : les muscles orbiculaire de l'œil, sourcilier,
'eleveur de l'angle média! de l'œil, rétracteur de l'angle latéral de l'œil et malaire.
Les muscles agissant sur les lèvres sont les plus nombreux : orbiculaire de la
oouche, abaisseur de l'angle de la bouche, buccinateur, abaisseur de la lèvre infé-
- eure, mental, incisifs, zygomatique, releveur de la lèvre supérieure ; en outre, les
muscles canin et releveur naso-labial agissent à la fois sur la lèvre supérieure et sur le
nez.
A la région du nez appartiennent en propre les muscles nasal et dilatateur des na-
';nes.
De plus, une expansion du muscle cutané du cou (Platysma, partie faciale)
s'étend dans la plupart des espèces jusqu'à la crête faciale en couvrant presque t o u s
es muscles de la région de la joue. Elle délègue à la commissure des lèvres un ou
Dlusieurs faisceaux, que nous décrirons à propos du m. abaisseur de l'angle de la
Douche, déjà cité.
11 Chez l'Homme, un faisceau charnu se porte en outre de la face profonde de l'orbiculaire à l'os lacrymal ; il constitue la partie
•acrymale (Pars lacrimalis) de l'orbiculaire. Cette partie est abse~:e chez les Mammifères domestiques.
00
M. scutulo-auriculaire superficiel dorsal CT>
M. scutulo-auriculaire superficiel ventral
Cartilage scutiforme
M. zygomatico-auriculaire
M. zygomatico-scutulaire
M. orbiculaire de l'œil M. frontal
M. cervico-auriculaire superficiel
M. cervico-auriculaire moyen
Muscle malaire
M. parotido-auriculaire
M. zygomatique Glande parotide
M. brachio-céphalique
M. releveur naso-labial
Muscle canin
Veine faciale
M. orbiculaire de la bouche
M. transverse du menton* M. omo-hyoïdien
Muscle mental
M. abaisseur de l'angle de la bouche Veine jugulaire externe
M. buccinateur (partie buccale)
M. abaisseur de la lèvre inférieure' M. sterno-céphalique'
Ce muscle (M. malaris) a été longtemps nommé « lacrymal » par les vétérinaires
français. Il n'est pas distinct chez l'Homme, où il est probablement représenté par la «
partie orbitaire » du muscle cutané du cou. Il est rudimentaire chez le Porc, mais il est
bien développé chez les Carnivores, le Lapin, les Equidés ; il est même particulière-
ment étendu chez les Ruminants.
M. interscutulaire
M. fronto-scutulaire w
00
M. zygomatico-scutulaire
Muscle frontal
M. rétracteur de l'angle latéral de l'oeil
Mm. scutulo-auriculaires
superficiels :
M. orbiculaire de l'oeil
Muscle sourcilier
accessoire
Muscle malaire
intermédiaire
M. zygomatique
M. releveur naso-labial
Muscle canin
M. zygomatico-auriculaire
M. abaisseur de la lèvre supérieure
«rbiculaire de la bouche
Nœud lymphat. parotidien
— M. parotido-auriculaire
M. sterno-zygomatique
C'est un anneau charnu allongé (M. orbicularis oris) disposé autour de la fente
orale, dans l'épaisseur des lèvres.
Conformation : on reconnaît à ce muscle une partie labiale (Pars labialis) et une
partie marginale (Pars marginalis), qui se met en continuité avec les muscles du voisi-
~age, en quelque sorte extrinsèques. Ces deux parties ne sont pas également
distinctes dans toutes les espèces. En revanche, l'orbiculaire de la bouche est tou-
ours divisible en deux parties, une pour chaque lèvre, formées de faisceaux
transversaux qui, en regard des angles de la bouche, se mettent en continuité ou
s'entrecroisent avec ceux de l'autre lèvre. La partie qui occupe la lèvre supérieure est
dans nombre d'espèces (Ruminants, Carnivores, Lapin) interrompue sur le plan mé-
dian par un raphé, de part et d'autre duquel s'organisent les faisceaux charnus. Un
-aphé similaire peut aussi exister dans la lèvre inférieure (Bœuf, Carnivores). Au-
dessus de la lèvre supérieure, quelques faisceaux marginaux vont en outre s'attacher
au septum du nez ; cette partie est décrite chez l'Homme comme un petit muscle
particulier, l'abaisseur du septum nasal (M. depressor septi). Quant à l'épaisseur du
muscle orbiculaire de la bouche, elle dépend de celle des lèvres : ce muscle est fort
mince chez le Porc et les Carnivores, mais épais et charnu chez l'Homme, le Cheval
et les Ruminants.
MUSCLES ABAISSEUR DE L'ANGLE DE LA BOUCHE ET RISORIUS (Pl. 2 0 7 à 210, 214, 216 à 219)
Le muscle buccinateur (M. buccinator) est plat, situé dans la joue et étendu pa-
rallèlement au grand axe de la bouche, dont il ferme latéralement la cavité. La partie
située entre les muscles masséter et orbiculaire de la bouche constitue la base ana-
tomique de la « poche de la joue » (Regio buccalis).
Conformation : le muscle buccinateur comprend en principe deux parties. La plus
constante est la partie molaire (Par molaris) formée de fibres longitudinales et étendue
de la tubérosité maxillaire et de la branche mandibulaire à la région commissurale du
muscle orbiculaire de la bouche. Seule présente chez l'Homme, cette partie est, dans
a plupart des Mammifères, doublée à sa surface, rostralement au masséter, par une
partie buccale (Pars buccalis) dont les fibres sont étendues d'une mâchoire à l'autre.
Cette partie buccale présente un raphé longitudinal plus ou moins marqué selon l'es-
442 -
Conduit naso-lacrymal
Maxillaire
Muscle zygomatique.
A. profonde de la langue
Nerf hypoglosse
M. buccinateur
(partie molaire)
M. buccinateur
(partie buccale)
pèce, qui lui donne généralement un aspect penniforme. Elle est plus développée chez
les Ongulés que chez les Carnivores ; dans ces derniers, elle occupe peu de place
derrière l'angle de la bouche mais se prolonge dans l'épaisseur des deux lèvres. Le
muscle buccinateur est d'ailleurs beaucoup plus mince et plus faible chez les Carnivo-
res que chez les Herbivores.
Insertions : la partie molaire prend origine : a) à la tubérosité maxillaire et sur le
bord alvéolaire du maxillaire, en regard des dents molaires ; b) sur une lame fibreuse
étendue du crochet ptérygoïdien au bord rostral de la branche mandibulaire : le fascia
bucco-pharyngien (Fascia buccopharyngea), qui donne attache d'autre part à une
partie du muscle ptérygoïdien ; c) sur le revers latéral du bord alvéolaire de la mandi-
bule, en regard des dernières dents molaires, et sur la partie adjacente du bord rostral
de la branche de cet os. La partie molaire se termine par de multiples'petits faisceaux
tendineux, qui se mêlent à l'orbiculaire de la bouche ou s'attachent à la face profonde
de la peau dans la région commissurale.
Les faisceaux de la partie buccale naissent sur le raphé longitudinal de celle-ci ou
à la surface de la précédente et se portent sur le bord alvéolaire du maxillaire et de la
mandibule, en regard des dents prémolaires, ainsi que sur le revers latéral du bord
mteralvéolaire de ces os, dans les espèces où existe un espace interdentaire. Chez les
Carnivores, ils se prolongent dans chacune des lèvres, en une longue et mince bande
charnue qui double la face profonde de l'orbiculaire.
Rapports : la partie caudale est couverte par le muscle masséter. Devant ce der-
nier, le buccinateur est croisé en surface par l'artère et la veine faciales, ainsi que,
chez le Cheval, le Bœuf et le Porc, par la partie terminale du conduit parotidien, qui le
traverse ensuite de part en part, en un point un peu variable avec l'espèce. Dans le
reste de son étendue, il est séparé de la peau par les muscles zygomatique, canin,
•-eleveur naso-labial, voire (Ruminants) malaire, enfin par l'expansion terminale de la
oartie faciale du platysma. Le bord dorsal est couvert en partie par les glandes molai-
res supérieures ; le nerf buccal et ses vaisseaux satellites le suivent en profondeur. Le
Pord ventral est longé chez les Ongulés par le muscle abaisseur de la lèvre inférieure ;
est aussi en rapport avec les glandes molaires inférieures ou les glandes buccales,
de façon variable avec l'espèce (voir particularités spécifiques). Quant à la face pro-
fonde, elle est tapissée par la muqueuse de la bouche, à laquelle elle adhère
intimement.
Fonctions : le muscle buccinateur tire sur l'angle de la bouche. Mais sa fonction
a plus importante est de vider la partie buccale du vestibule de la bouche des subs-
tances qui peuvent s'y être logées. Il repousse sous les arcades molaires les
particules alimentaires qui s'en échappent lors de la mastication.
Vaisseaux et nerfs : le sang vient des artères buccale, faciale et labiales. L'inner-
vation motrice est apportée par les deux rameaux buccaux du nerf facial,
principalement le rameau buccal dorsal. Des fibres sensitives sont apportées par le
nerf buccal.
Il semble que cette désignation (M. depressor labii inferioris) ne s'applique pas au
même muscle dans toutes les espèces. Chez l'Homme, il s'agit d'une mince lame
charnue quadrilatère (anciennement « muscle carré du menton ») qui prend naissance
sur la mandibule, suivant une ligne oblique située ventralement au foramen menton-
nier, et qui s'élève à la face profonde du muscle orbiculaire dans la lèvre inférieure,
qu'il abaisse directement. Chez les Mammifères domestiques, où nous le décrirons
444 -
plus particulièrement, ce muscle peut être considéré comme une dépendance du buc-
cinateur, dont il longe le bord ventral contre la partie molaire de la mandibule.
Conformation : chez les Equidés, où il est le mieux individualisé, c'est un long
muscle fusiforme. Sa partie caudale est confondue avec la partie molaire du buccina-
teur ; la partie rostrale se continue par un tendon épanoui qui plonge dans le tissu
musculaire de la lèvre inférieure. Il est moins bien isolable mais fort net chez les Ru-
minants et chez le Porc. Il est très peu distinct chez le Lapin et fait défaut chez les
Carnivores, où le faisceau ventral de la partie buccale du buccinateur semble en tenir
lieu.
Insertions : le muscle abaisseur de la lèvre inférieure prend origine en commun
avec le buccinateur sur la partie molaire de la mandibule. Il se termine dans la lèvre
inférieure par son tendon, qui s'y dissocie.
Rapports : recouvert dans son tiers caudal par le masséter, ce muscle est couvert
plus rostralement par l'expansion faciale du platysma et accompagné par le rameau
buccal ventral du nerf facial, ainsi que par l'artère labiale inférieure et les glandes
molaires inférieures. Il couvre la mandibule et le faisceau mentonnier du nerf alvéo-
laire inférieur.
Fonctions : il abaisse la ièvre inférieure, directement s'il agit avec son opposé, en
l'attirant de côté lorsque l'action est unilatérale.
Vaisseaux et nerfs : le sang est apporté par les artères buccale, labiale inférieure
et alvéolaire inférieure. La motricité vient du rameau buccal ventral du nerf facial.
Ce muscle (M. mentalis) comprend deux parties qui sont décrites chez l'Homme
comme deux muscles distincts : mental proprement dit et transverse du menton (M.
transversus menti). Le menton humain est en effet plus développé que celui des ani-
maux : le muscle transverse du menton forme sous la peau, à laquelle il adhère
intimement, la saillie de la « houppe du menton » ; il est impair et bilobé, avec des
fibres étalées de part et d'autre d'un petit raphé attaché à la symphyse mandibulaire.
Chacun de ses lobes se continue par une petite lame charnue (muscle mental propre-
ment dit) qui s'élève en s'étalant sous la gencive et va prendre attache sur la
mandibule, en regard des alvéoles des dents incisives.
Il n'y a pas de menton chez les animaux, mais les Equidés et (de façon moins
nette) les Ruminants présentent en arrière de la lèvre inférieure, sous la partie incisive
de la mandibule, une saillie arrondie dénommée « houppe du menton ». Le noyau
musculeux qu'on y trouve est relativement peu développé et mêlé de tissu conjoncti-
vo-graisseux ; mais il est comme chez l'Homme rattaché à la mandibule par deux
petits muscles mentaux, l'un droit et l'autre gauche, qui vont sous la gencive s'insé-
rer près des alvéoles incisives. Chez le Porc, les Carnivores et le Lapin, il n'y a pas de
saillie distincte de la houppe du menton ; mais on trouve encore sous la peau un petit
noyau musculeux représentant le muscle transverse. Le muscle mental lui-même, déjà
bien développé chez les Carnivores et le Lapin, est large et fort chez le Porc, où il a
été souvent dénommé à tort « carré du menton ».
Chez les Equidés, les Ruminants et surtout le Porc, cette formation charnue sert
moins à soutenir le menton qu'à relever la lèvre inférieure qu'elle peut, en synergie
avec la partie correspondante de l'orbiculaire, appliquer vigoureusement contre l'ar-
cade incisive. En outre, le muscle de la houppe du menton fait froncer la peau de
cette région et, chez les Equidés, contribue à l'érection des longs poils tactiles qu'elle
présente.
- 445
' i Chez l'Homme, le muscle releveur naso-labial était autrefois réuni aux muscles releveur propre de la lèvre supérieure et petit
zygomatique en un seul et même organe, nommé « carré de la lèvre supérieure» (M. quadratus labii superioris). Tous trois en
étaient considérés comme des subdivisions, respectivement dénommées : chef angulaire (Caput angulare), chef infra-orbitaire
Caput infraorbitalel et chef zygomatique (Caput zygomaticum). Ce groupement est tout à fait insoutenable en Anatomie compa-
rée mais c'est pour d'autres raisons que les N.A. y ont renoncé : on a jugé plus évocateur de désigner les muscles d'après leurs
fonctions. Quoi qu'il en soit, cette nouvelle division rejoint pour l'essentiel la conception traditionnelle des anatomistes vétérinai-
res.
446 -
Conduit naso-lacrymal
Muscle malaire
N., A. et V. infra-orbitaires
Sinus maxillaire
A. et V. nasales latérales
Sinus palatin
Plexus veineux palatin
M. zygomatique
Rameau buccal dorsal
du n. facial
Corps de la langue
Nerf hypoglosse
A. et V. profondes de la langue
Nerf lingual
A. et V. labiales inférieures
A. et V. sublinguales
M abaisseur de la lèvre inlér.
Glande sublinguale
M. génio-hyoïdien
Nerf alvéolaire inférieur
Ventre rostral du m. digastrique A. et V. alvéolaires inférieures
celle du côté opposé sur la base du nez et se met en continuité entre les orbites avec
aponévrose épicrânienne. La partie rostrale, toujours charnue, reste simple chez
Homme, les Carnivores, le Lapin ; un petit faisceau, d'ailleurs inconstant, se détache
ce son bord caudal chez les Ruminants pour passer sous le muscle canin. Chez les
Equidés, il existe deux branches bien distinctes, dont la caudale couvre le canin et la
'ostrale, plus large, passe sous ce muscle. Très large et mal délimité chez les Carnivo-
-es, le releveur naso-labial est proportionnellement plus étroit et mieux isolable chez
Homme, les Equidés, les Ruminants et le Lapin. Il est beaucoup plus mince chez le
3œuf que chez les Equidés et très faible, sinon absent, chez les petits Ruminants. Il
est aussi très mince, parfois même absent chez le Porc.
Insertions : ce muscle prend origine chez l ' H o m m e sur le maxillaire et le bord de
os nasal, médialement à l'orbite. Chez les Mammifères domestiques, il c o m m e n c e
; a r l'aponévrose impaire qui continue entre les orbites l'aponévrose épicrânienne ; il
s'attache aussi par quelques fibres sur la partie rostrale de l'os frontal, la base du
-asal et, chez le Chien, au bord supérieur du maxillaire. La terminaison se fait sous la
; e a u de la lèvre supérieure et de l'aile du nez, où les fibres s'unissent à celles des
~iuscles orbiculaire de la bouche et canin.
Rapports : couvert par la peau, ce muscle couvre le maxillaire et les muscles rele-
.eur de la lèvre supérieure et canin. Ce dernier couvre sa branche rostrale chez les
Equidés.
Fonctions : il élève la lèvre supérieure en la tirant de côté ; il tire en outre sur
aile du nez et contribue à la dilatation de la narine.
Vaisseaux et nerfs : les artères proviennent de la labiale supérieure et des termi-
"aisons de la faciale (infra-orbitaire chez les Carnivores, transverse de la face chez les
r e t i t s Ruminants). La motricité vient du rameau buccal dorsal du nerf facial.
Ce muscle (M. levator labii superioris) présente une disposition variable avec la
morphologie du rostrum et de la lèvre supérieure. Il prend toujours origine entre le
bord infra-orbitaire et le foramen infra-orbitaire, plus ou moins près de l'un ou de l'au-
tre. Mais il se porte directement dans la lèvre supérieure chez l ' H o m m e , alors que
chez les M a m m i f è r e s domestiques, il se dévie vers la région nasale, qu'il contourne
ou même sur laquelle il s'arrête.
C o n f o r m a t i o n : sa morphologie varie en conséquence. Chez l ' H o m m e , il est ruba-
né et à peu près rectiligne. Egalement dépourvu de t e n d o n , il est chez les Carnivores,
peu distinct du muscle canin et va s'épanouir entre la lèvre supérieure et l'aile du nez.
Chez les Ongulés et le Lapin, il est f o r m é d ' u n corps charnu épais et conoïde, qui se
continue rostralement par un tendon. Ce dernier est particulièrement long chez les
Equidés, où il va rejoindre sur le bout du nez celui du côté opposé, avec lequel il
forme une expansion impaire et rubanée qui descend entre les deux naseaux jusque
sous la peau de la lèvre supérieure. La disposition serait comparable chez les Bovins,
si le t e n d o n ne se dissociait au bord supérieur du mufle, seule une mince expansion
venant se perdre entre les naseaux. Chez les Porcins, la disposition semble en rapport
avec les aptitudes fouisseuses de l'espèce : le muscle devient un véritable releveur du
groin, dans lequel il se dissocie.
Cartilage alaire
M. releveur de la
lèvre supérieure
buccale J
M. orbiculaire de la bouche
Rapports : l'origine est couverte en partie par les muscles orbiculaire de l'œil chez
Homme et le Lapin, malaire chez les Equidés. Le corps charnu est couvert en grande
partie par le releveur naso-labial. Son bord ventral chevauche plus ou moins le canin,
sauf chez les Equidés, où les deux muscles sont c o m p l è t e m e n t séparés. La face pro-
fonde est en rapport avec le maxillaire et les divisions vasculo-nerveuses infra-
orbitaires.
Fonctions : ce muscle relève et éverse la lèvre supérieure, de côté s'il agit seul et
directement s'il agit avec celui du côté opposé. Il est releveur du mufle chez le Bœuf
et du groin chez le Porc ; il n'a q u ' u n e action indirecte sur la lèvre supérieure dans
ces dernières espèces.
Vaisseaux et nerfs : le sang vient de l'artère infra-orbitaire et des terminales de
artère faciale. Le rameau buccal dorsal du nerf facial apporte la motricité.
M u s c l e frontal
M. orbiculaire de l'œil
M u s c l e sourcilier M. scutulo-auriculaire
superf. intermédiaire
M u s c l e malaire
M. scutulo-auriculaire
M. releveur de la lèvre supérieure
superficiel ventral
M. a b a i s s e u r de la lèvre supérieure
M. zygomatico-auriculaire
M u s c l e canin
M. releveur naso-labial
M. parotido-auriculaire
M. sterno-céphalique
Glande parotide
M. sterno-hyoïdien
M. orbiculaire de la b o u c h e
M u s c l e mental
M. a b a i s s e u r de l'angle de la b o u c h e '
M. zygomatique
M. buccinateur'
M. abaisseur de la lèvre inférieure
MUSCLE NASAL LATERAL (Pl. 207 à 210, 215 à 220, 222, 223)
Sur le côté du nez, le muscle nasal (M. nasalis) est divisé chez l ' H o m m e en deux
parties, l'une transverse (Pars transversa), la plus large, étendue du dos du nez au
sillon de l'aile du nez et à la lèvre supérieure, l'autre alaire (Pars alaris) bien plus fai-
ble, couchée sur la partie inférieure de l'aile du nez. Chez les M a m m i f è r e s
domestiques, ces deux parties sont c o m p l è t e m e n t disjointes, sans doute en raison du
grand v o l u m e et de la c o n f o r m a t i o n différente de la région nasale. Leur développe-
ment respectif est d'ailleurs très variable selon l'espèce et l'une ou l'autre peut même
manquer. La division qui correspond chez l ' H o m m e à la pars transversa est ici le
muscle nasal latéral (M. lateralis nasi). L'autre sera décrite plus loin sous le nom de
muscle dilatateur des narines.
C o n f o r m a t i o n : Ainsi défini, le muscle nasal latéral est formé de faisceaux plus ou
moins parallèles, couchés transversalement sur la partie cartilagineuse du nez. Chez
l ' H o m m e , il atteint le dos du nez par une mince aponévrose qui s'unit à celle du côté
opposé. Chez les Ongulés, il est plutôt limité à la face latérale de la région et seuls
quelques faisceaux remontent vers le plan médian, caudalement à la narine. Chez le
Bœuf, il est quadrilatère, mince et peu étendu. Il est beaucoup plus large et plus fort
chez le Porc, où il s'épaissit en bordure du groin, autour duquel il f o r m e une sorte de
couronne musculeuse parfois décrite c o m m e un « muscle du groin ». Quant aux Equi-
dés, ils présentent dans l'incisure naso-incisive, caudo-latéralement à la narine, un
profond cul-de-sac cutané : le diverticule nasal ou « fausse narine », en regard duquel
le muscle nasal latéral est très mince et aponévrotique. Les faisceaux charnus du
muscle, toujours transversaux et parallèles, sont ainsi découpés en deux groupes qui
s'ordonnent de part et d'autre du diverticule, l'un en regard du bord latéral de l'os
nasal et l'autre près du processus nasal de l'os incisif. Chez les Carnivores et le Lapin,
le muscle nasal latéral est très mince ; chez le Chat et le Lapin, sa partie ventrale se
c o m p o r t e c o m m e un muscle moteur de la moustache.
Insertions : les faisceaux charnus s ' a t t a c h e n t sur le bord latéral de l'os nasal et
sur le processus nasal de l'os incisif, ainsi que sur la peau du voisinage. Quelques
faisceaux v o n t en outre dans la lèvre supérieure.
M. scutulo-auriculaire superficiel Ol
M. scutulo-auriculaire superficiel ventral M
Cartilage scutiforme
M. zygomatico-auriculaire
M. zygomatico-scutulaire
M. orbiculaire d e M. cervico-auriculaire superficiel
M. cervico-auriculaire moyen
M. parotido-auriculaire
M. zygomatique G l a n d e parotide
M. b r a c h i o - c é p h a l i q u e
M. releveur de la lèvre
M u s c l e nasal latéral
Muscle canin
M. orbiculaire de la
M. transverse du
M u s c l e mental
M. a b a i s s e u r de l'angle de la b o u c h e
M. buccinateur (partie buccale
M. a b a i s s e u r de la lèvre
MUSCLE DILATATEUR DES NARINES (Pl. 207, 208, 213, 215, 216)
Ce muscle (M. dilatator naris apicalis) équivaut à la pars alaris du m. nasalis de
Homme. Parmi les M a m m i f è r e s domestiques, il n'est bien discernable que chez les
Ongulés.
C o n f o r m a t i o n : en raison de l'élargissement transversal du bout du nez et de
orientation des narines, il est chez ces animaux reporté dorsalement, alors qu'il est
au contraire rejeté latéralement chez l ' H o m m e . Il se joint ainsi sur le plan médian à
celui du côté opposé et devient un muscle impair à fibres transversales. Un fort raphé
médian marque encore chez le Bœuf cette origine double ; les faisceaux charnus en
partent de chaque côté dans l'épaisseur du mufle pour s'irradier dans le pourtour
médial des narines. Chez les Equidés, le muscle est c o m p l è t e m e n t unifié, épais et
formé de faisceaux courts, étendus du cartilage alaire d ' u n e narine à celui de la narine
opposée ; il mérite bien le nom qui lui était autrefois donné de « transversal du bout
du nez ». Il n'est pas isolable chez le Porc, mais on peut considérer qu'il entre avec le
muscle nasal dans la c o n s t i t u t i o n du relief charnu qui borde le groin. La plupart des
auteurs ne reconnaissent pas son existence chez les Carnivores. On pourrait pourtant
en voir l'équivalent dans les faisceaux transversaux très minces et très pâles qui
s'étalent entre les cartilages des deux narines, sous la peau de la t r u f f e .
PARTICULARITES SPECIFIQUES
A p o n é v r o s e épicrânienne
M u s c l e sourcilier
M. zygomatico-
- auriculaire
M. parotido-auriculaire
M. nasal latéral
M. orbiculaire de l'œil
M. dilatateur M u s c l e masséter
des
M. stemo-zygomatique
M. malaire
M. zygomatique
M. a b a i s s e u r de la lèvre supérieure
M u s c l e canin
M. orbiculaire de la b o u c h e
Le muscle nasal latéral est mince, mal délimité, f o r m é de faisceaux dissociés qui
s ' a t t a c h e n t au bord de l'os nasal et du processus nasal de l'os incisif et se portent
dans le derme de la commissure dorsale et du bord latéral de la narine, en se mêlant à
des faisceaux de fibres des muscles orbiculaire de la bouche et releveur naso-labial.
Le muscle dilatateur des narines est pair, court mais épais. Il c o m m e n c e sur un fort
raphé médian inséré sur l'extrémité du s e p t u m nasal et sur le corps de l'os incisif ; de
là, ses faisceaux s'irradient dans le bord médial et les commissures des naseaux, les
plus ventraux couvrant un peu la partie marginale du muscle orbiculaire des lèvres.
M.
M. zygomatico-scutulaire
M. zygomatique
M u s c l e frontal
M. orbiculaire de l'œil
_ Cartilage de l'auricule
Muscle
Muscle malaire
M. releveur naso-labial
M. releveur de la lèvre s u p é r i e u r e
M. zygomatico-auriculaire
Muscle
_ Glande parotide
M. parotido-auriculaire
G l a n d e mandibulaire
M. orbiculaire de la b o u c h e digastrique
M. a b a i s s e u r de l'angle de la b o u c h e Conduit parotidien
M. buccinateur M. mylo-hyoïdien
et couvre une petite partie de l'origine des muscles releveur de la lèvre supérieure et
canin.
Le muscle orbiculaire de la bouche est très mince et étroit, surtout dans la lèvre
inférieure. L'abaisseur de l'angle de la bouche est au contraire puissant, large et
épais ; il couvre la plus grande partie de la joue et se termine autant sur la lèvre infé-
rieure qu'à la région commissurale de l'orbiculaire. Le muscle buccinateur est
relativement court ; sa partie buccale est peu distincte mais se prolonge à la face
profonde de l'orbiculaire de la bouche, surtout dans la lèvre supérieure. Le muscle
abaisseur de la lèvre inférieure est disposé à peu près c o m m e chez le Bœuf, mais il
n'est pas isolable du buccinateur, dont il se distingue surtout par l'orientation des
fibres et le volume. Seul est libre le t e n d o n terminal, qui se dissocie jusque près du
milieu de la lèvre inférieure. La houppe du m e n t o n est absente, mais le muscle mental
proprement dit est e x t r ê m e m e n t développé ; il s ' a t t a c h e à la mandibule sous la gen-
cive, en regard de la première prémolaire, de la canine et des incisives latérales ; de
là, ses faisceaux descendent directement vers la région symphysaire pour aller se
perdre dans la peau, près du plan médian. C'est par erreur qu'il a été souvent n o m m é
carré du menton ». Les muscles incisifs sont bien développés, surtout celui de la
lèvre supérieure. Le muscle zygomatique est très long et étroit ; il prend origine à
extrémité caudale de l'arcade zygomatique et se termine à la surface du buccinateur,
à peu de distance de la commissure des lèvres. Le muscle releveur naso-labial est
arge mais très mince, pâle, indivis à sa partie rostrale. Superficiel dans t o u t e son
étendue, il se termine sous la peau de la lèvre supérieure, depuis le voisinage de la
canine jusque près du groin. Le muscle releveur de la lèvre supérieure est puissant.
Son corps charnu, épais, conique et penniforme, prend origine sous l'orbite, dans
toute la partie caudale de la fosse canine. Il se prolonge rostralement par un long et
fort t e n d o n qui se porte au bord supérieur du groin et s ' y dissocie en de multiples
faisceaux dont les plus médiaux rejoignent ceux du côté opposé. Quelques faisceaux
fibreux descendent en outre j u s q u ' à l'os du groin en c o n t o u r n a n t la narine du côté
médial. Le muscle canin est également très développé ; il est c o m p l è t e m e n t subdivisé
en deux parties, dont la plus ventrale constitue l'abaisseur de la lèvre supérieure. Le
canin proprement dit c o m m e n c e dans la fosse canine par un corps charnu que cou-
vrent en partie les muscles releveur et abaisseur de la lèvre supérieure. Il se prolonge
sous le releveur naso-labial par un fort t e n d o n qui va se dissocier en multiples petits
faisceaux dans le bord latéral du groin et l'aile du naseau. Le muscle abaisseur de la
lèvre supérieure possède un corps charnu presque entièrement distinct, conique et
allongé ; il c o m m e n c e au bord ventral de la fosse canine, devant le tubercule facial et
se poursuit sous le releveur naso-labial par un tendon long et fort qui plonge dans la
lèvre supérieure et va se dissocier dans le groin après avoir contourné ventralement la
narine. Une partie de ses faisceaux fibreux va couvrir l'os du groin et y rejoindre des
faisceaux similaires qui descendent du t e n d o n releveur propre de la lèvre supérieure.
Le muscle nasal latéral est épais, attaché au bord latéral de l'os nasal et au pro-
cessus nasal de l'os incisif ; il se renforce considérablement à sa partie rostrale, qui
semble s'être annexé le dilatateur des narines. Ce dernier n'est pas autrement dis-
tinct. L'ensemble constitue ce q u ' o n qualifie parfois de « muscle du groin » ; il f o r m e
épais bourrelet qui borde cette région et se c o n f o n d ventralement avec l'orbiculaire
de la bouche. Le groin est ainsi pourvu d ' u n appareil musculeux e x t r ê m e m e n t puis-
sant centré sur l'os du groin. L'ensemble est à la fois tendu et mobilisé par le s y s t è m e
des muscles canin, releveur et abaisseur de la lèvre supérieure, qui lui donnent une
grande puissance pour fouir le sol.
M. scutulo-auriculaire
superf. intermédiaire Cartilage scutiforme
M. scutu lo-au ricu lai re
superficiel dorsal M. pariéto-auriculaire
M. interscutulaire M. pariéto-scutulaire
M u s c l e occipital
M. zygomatico-scutulaire
M. rétracteur de l'angle
latéral de l'œil
M. orbiculaire de l'œil
M. zygomatico-scutulaire
M. fronto-scutulaire
M u s c l e frontal
M. rétracteur de l'angle latéral de l'œil
M. malaire (continu a v e c le
M, orbiculaire de l'œil
Muscle
M. releveur Mm. scutulo-auriculaires
superficiels
M. nasal latéral
M. zygomatico-auriculaire
G l a n d e parotide
M. releveur de la
lèvre s u p é r i e u r e M. parotido-auriculaire
Muscle
G l a n d e mandibulaire
M u s c l e mental M u s c l e masséter
M. orbiculaire de la b o u c h e
parotidien
M. a b a i s s e u r de l'angle de la b o u c h e M. zygomatique
ture zygomatico-lacrymale. Le muscle releveur de l'angle médial de l'œil est une ban-
delette étroite et épaisse qui commence sur l'aponévrose épicrânienne et descend
obliquement jusqu'à la surface de l'orbiculaire de l'œil, au-dessus de l'angle interne de
l'œil. Le muscle rétracteur de l'angle latéral de l'œil est aussi étroit et plus court que
le précédent ; il commence sur le fascia temporal, un peu rostralement à l'oreille et se
termine à la surface de l'orbiculaire, en regard de l'angle latéral de l'œil. Le muscle
malaire est mal délimité, dissocié en plusieurs bandelettes qui descendent du bord
ventral de l'orbiculaire de l'œil et de la partie adjacente du releveur naso-labial pour se
perdre devant le muscle masséter en se mêlant aux faisceaux du platysma. Il a été
parfois homologué à tort au muscle petit zygomatique de l'Homme.
Le muscle orbiculaire de la bouche est très mince. Dans la lèvre supérieure, il est
interrompu par un raphé médian bien marqué. Dans la lèvre inférieure, il est étroit et
devient presque indiscernable en regard des incisives. Le muscle abaisseur de l'angle
de la bouche est à peine moins épais et aussi large que chez le Porc ; il continue le
platysma de façon tout aussi directe. Le muscle buccinateur est large et mince. Sa
partie buccale s'étend jusque sous le masséter ; un raphé peu marqué la subdivise en
une partie dorsale, la plus large et une partie ventrale plus faible. La première va s'at-
tacher au-dessus des trois premières prémolaires et se continue en outre dans la lèvre
supérieure à la face profonde de l'orbiculaire de la bouche. La seconde commence
sous les deux premières prémolaires et la canine inférieures et se prolonge moins loin
dans la lèvre inférieure ; elle tient lieu d'abaisseur de la lèvre inférieure, lequel fait
défaut. Le muscle mental est disposé à peu près comme chez le Porc. Toutefois, la
houppe du menton est un peu mieux développée et le mental proprement dit est
moins large. Les muscles incisifs sont faibles et peu distincts, surtout dans la lèvre
inférieure. Le muscle zygomatique est mince et étroit mais très long. Il commence à
''angle rostral du cartilage scutiforme de l'oreille, croise l'arcade zygomatique, le mas-
séter et la joue et va se terminer dans le muscle orbiculaire de la bouche, très près de
la commissure des lèvres. Le muscle releveur naso-labial est très large et couvre
presque tout le chanfrein. Il commence par une étroite aponévrose médiane, se ren-
force caudalement de faisceaux provenant du voisinage de la suture fronto-maxillaire
et s'étale en une expansion indivise qui couvre les autres muscles de la région pour se
terminer sur une grande longueur de la lèvre supérieure et la partie adjacente de l'aile
du nez. Les muscles releveur de la lèvre supérieure et canin sont unis par leurs bords
adjacents et prennent origine en commun à la partie caudale de la fosse canine, ven-
tralement au foramen infra-orbitaire. Ils sont presque entièrement couverts par le
muscle précédent. Le premier s'épanouit sur le côté de la narine et le second dans la
lèvre supérieure, à la face profonde des muscles buccinateur et orbiculaire de la bou-
che.
Le muscle nasal latéral est faible et mal délimité. Il est formé de quelques fais-
ceaux qui prennent origine sous la peau du bord latéral de la narine et vont se perdre
dans la lèvre supérieure en se mêlant à ceux du releveur naso-labial. Le dilatateur des
narines fait défaut ; tout au plus est-il représenté par quelques fibres éparses dans la
profondeur de la truffe. La dilatation de la narine semble assurée surtout par quelques
faisceaux musculaires qui proviennent du muscle orbiculaire de la bouche et se per-
dent dans la bordure latérale de cet orifice.
M. orbiculaire d e la b o u c h e
M u s c l e mental G l a n d e parotide
M. a b a i s s e u r de l'angle de la b o u c h e M. parotido-auriculaire
Muscle G l a n d e mandibulaire
M. M u s c l e masséter
M. zygomatique M. zygomatico-auriculaire
continue. Le muscle orbiculaire de la bouche est mieux développé dans la lèvre infé-
rieure que chez le Chien et ses fibres peuvent y être suivies jusqu'à un raphé étroit et
net. Le muscle abaisseur de l'angle de la bouche est plus étendu encore que chez le
Chien et fort peu isolable du reste de l'expansion faciale du platysma. Le muscle buc-
cinateur est large et court, mince et très faible ; sa partie molaire vient du fascia
bucco-pharyngien mais a pratiquement perdu ses insertions sur les mâchoires. Le
conduit parotidien le traverse en regard de la dent carnassière supérieure. Les muscles
mental et incisif n'ont rien de particulier. Le muscle zygomatique est large et très
mince. Il se perd sur un mince fascia au-devant de l'oreille, sans insertion distincte
sur le scutum. Le muscle releveur naso-labial est large et épais ; il se met à son ori-
gine en continuité avec le procerus et possède d'autre part une large insertion sous le
bord infra-orbitaire, profondément à l'orbiculaire de l'œil. Les muscles releveur de la
lèvre supérieure et canin sont mieux distincts mais plus faibles que chez le Chien,
presque filiformes. Ils sont en grande partie cachés par l'orbiculaire des lèvres et le
releveur naso-labial. Le muscle nasal latéral est mal délimité ; sa partie ventrale se
mêle à des fibres ascendantes de la partie marginale de l'orbiculaire de la bouche et à
la partie rostrale du releveur naso-labial pour former une forte nappe charnue qui dé-
termine latéralement, entre la narine et la lèvre supérieure, le relief dans lequel sont
implantés les profonds follicules pileux de la moustache.
LAPIN (Pl. 2 1 9 )
Le muscle orbiculaire de l'œil est pâle, extrêmement mince et le releveur de l'an-
gle médial de l'œil plus rudimentaire encore. Le muscle rétracteur de l'angle latéral de
l'œil est large mais très mince ; il se porte vers la base de l'oreille et se perd en un
fascia ténu. Le muscle malaire est pâle mais bien développé, étendu de l'angle médial
de l'œil et de la partie adjacente de l'orbiculaire au tubercule facial et à la bordure
dorsale du masséter.
Le muscle orbiculaire de la bouche est très mince, surtout à la lèvre inférieure ; il
est interrompu dans la lèvre supérieure par une lame fibreuse qui occupe le fond du
sillon médian de cette lèvre (philtrum). Le muscle abaisseur de l'angle de la bouche
est mince et peu développé. Le muscle buccinateur est très étendu, large et épais. Sa
partie buccale est longue et son raphé la divise en deux parties égales ; l'abaisseur de
la lèvre inférieure en est à peu près indistinct. Le muscle mental est bien développé,
bien que la houppe du menton soit fort peu distincte, t e muscle incisif est large à la
lèvre supérieure, presque inexistant à l'inférieure. Le muscle zygomatique est large et
très long ; il s'étend de la commissure des lèvres à la base de l'oreille, où il se
confond avec le zygomatico-auriculaire. Le releveur naso-labial est mince, très large et
indivis. Il couvre le releveur de la lèvre supérieure et le canin. Le muscle releveur de la
lèvre supérieure comprend un corps charnu conoïde et rouge vif, inséré tout près du
bord infra-orbitaire et un tendon qui aboutit au bout du nez en contournant la narine
dorsalement. Il croise la face profonde du précédent. Le muscle canin est en grande
partie aponévrotique. Il prend origine près du tubercule facial et se termine par deux
branches, l'une dans l'aile du nez et l'autre dans la lèvre supérieure.
Le muscle nasal latéral est mince, large et mal délimité. Il se continue ventrale-
ment dans la lèvre supérieure en concourant à former la lame musculaire motrice des
poils tactiles. Le muscle dilatateur des narines paraît confondu de chaque côté avec la
partie correspondante de l'orbiculaire de la bouche.
Le muscle orbiculaire de l'œil présente la disposition habituelle, mais son tendon prend origine par
deux courtes branches sur les bords de la fosse du sac lacrymal ; un faisceau musculaire particulier le
double en profondeur pour aller s'attacher à la crête lacrymale ; c'est la partie lacrymale (Pars lacrima-
lis) de l'orbiculaire. Le muscle sourcilier est une faible bandelette charnue transversale cachée par
l'orbiculaire de l'œil et le muscle frontal. Il prend origine à l'extrémité médiale de l'arcade sourcilière et
464 -
Aponévrose épicrânienne
M. orbiculaire d e l'œil
M u s c l e procerus
G l a n d e parotide
M. grand zygomatique
M u s c l e masséter
M u s c l e risorius
M. orbiculaire de la b o u c h e
M u s c l e mental
M. a b a i s s e u r de l'angle d e la b o u c h e
M. transverse du menton
M. sterno-cléido-mastoïdien
se termine vers le milieu du sourcil, qu'il fronce et tire en dedans. Il ne paraît pas homologue du muscle
qui a parfois reçu le même nom chez les animaux. Le muscle p r o c e r u s est une faible bandelette qui
prolonge verticalement le muscle frontal sur le côté de la racine du nez. Il n'y a pas de muscle rétrac-
teur de l'angle latéral de l'œil. Le malaire manque aussi, mais il a peut-être pour équivalent la « partie
orbitaire » du platysma.
Le muscle orbiculaire d e la b o u c h e est épais et charnu. Sa partie labiale est dépourvue de t o u t ra-
phé médian. Un faisceau de fibres de la partie marginale va s'attacher au septum nasal, dont il est
décrit parfois c o m m e le muscle a b a i s s e u r (M. depressor septi). Il existe un muscle a b a i s s e u r de l'angle
nettement bilobé et attaché par un raphé à la ligne médiane du menton. Les muscles incisifs sont
courts mais bien distincts dans les deux lèvres ; ils sont parfois décrits c o m m e des dépendances de la
partie marginale de l'orbiculaire. Le muscle zygomatique des animaux a pour équivalent le grand z y g o -
m a t i q u e , qui prend origine à la face latérale de l'os zygomatique, non loin du tubercule facial ; en dépit
de son qualificatif, il est beaucoup plus court que chez les Mammifères domestiques. Il existe en outre
un muscle petit z y g o m a t i q u e , qui prend origine sur le tubercule facial et se termine à la commissure
labiale, un peu dorsalement au précédent. Le muscle releveur naso-labial est entièrement charnu, mais
beaucoup moins étendu que chez les Mammifères domestiques. C'est une bandelette qui prend origine
sur le processus frontal du maxillaire, non loin de l'angle médial de l'œil et se porte dans la lèvre supé-
rieure, où il sé termine par un faisceau latéral après avoir délégué un petit faisceau médial dans l'aile de
la narine. Le muscle releveur d e la lèvre supérieure est également charnu dans t o u t e sa longueur ; plus
volumineux que le précédent, il prend origine sous le bord infra-orbitaire et va se terminer à la face
profonde de la lèvre supérieure. Le muscle canin, caché en partie par le précédent, s'attache un peu
ventralement à lui au-dessous du foramen infra-orbitaire et va se terminer dans la partie latérale de la
lèvre supérieure et à la commissure des lèvres.
Le muscle nasal latéral des Mammifères domestiques est décrit chez l ' H o m m e sous le nom de
partie t r a n s v e r s e du muscle nasal. C'est une bandelette qui commence par une mince aponévrose sur
le dos du nez et se termine par des faisceaux charnus, d'une part à la peau de l'aile de la narine, près
du sillon latéral de celle-ci et d'autre part, sur le maxillaire, au-dessus de la canine et de l'incisure
latérale. Le muscle dilatateur des narines est rejeté sur le côté de la narine et c o m p l è t e m e n t distinct de
celui du côté opposé. Il s'attache sur le cartilage alaire et se porte sur le maxillaire, au voisinage du
sillon latéral du nez. Il constitue la partie alaire du muscle nasal, dont nous avons déjà dit qu'elle est
totalement distincte de la partie transverse chez les animaux.
C - M U S C L E S C U T A N E S DE L'OREILLE
(Pl. 207 à 2 1 0 , 2 1 4 à 2 1 9 , 221 à 225)
Les muscles cutanés de l'oreille ne s'attachent pas directement sur la peau, bien
qu'ils contribuent beaucoup à donner à chaque animal sa physionomie propre et à en
exprimer les sentiments. Ils agissent tous sur la charpente cartilagineuse de l'oreille
externe, dont la partie libre, la plus visible, est directement couverte par une peau
mince et adhérente.
466 -
M. scutulo-auriculaire
superf. intermédiaire
Terminaison du m. scutulo-auriculaire
superficiel ventral (coupé et récliné)
M. scutulo-auriculaire
superficiel accessoire
CARTILAGE SCUTIFORME
M. interscutulaire
M. temporal
M. fronto-scutulaire
Le pavillon de l'oreille externe, ou auricule, est infiniment plus mobile chez les
animaux que chez l ' H o m m e et il est pourvu à cet e f f e t de muscles beaucoup plus
nombreux et plus complexes. Si l'on met à part les faibles muscles intrinsèques de
auricule, chargés de modifier la f o r m e de celle-ci, sur laquelle ils sont uniquement
attachés et qui seront décrits en esthésiologie, seuls restent à étudier ici les muscles
extrinsèques. Ceux-ci prennent origine sur les os ou les fascias de la tête ou de la
nuque et se terminent sur les cartilages de l'oreille externe ; quelques-uns t o u t e f o i s
j n i s s e n t entre eux ces cartilages, qui sont multiples chez les animaux. Il est d'usage
de les classer en quatre groupes et de distinguer :
1) Des muscles auriculaires rostraux ( M m . auriculares rostrales) ou antérieurs : ce
sont les muscles zygomatico-auriculaire, zygomatico-scutulaire, fronto-scutulaire,
scutulo-auriculaires superficiels et scutulo-auriculaires profonds ;
2) Des muscles auriculaires dorsaux ( M m . auriculares dorsales) ou supérieurs : in-
terscutulaire, pariéto-auriculaire et pariéto-scutulaire ;
3) Des muscles auriculaires caudaux (Mm. auriculares caudales) ou postérieurs :
cervico-scutulaire, cervico-auriculaire superficiel, cervico-auriculaire m o y e n et cervico-
auriculaire profond ;
4) Des muscles auriculaires ventraux ( M m . auriculares ventrales) ou inférieurs :
parotido-auriculaire et stylo-auriculaire.
A v a n t de décrire ces divers muscles, il est nécessaire de donner de la charpente
cartilagineuse de l'oreille externe au moins une description très sommaire, une étude
complète lui étant réservée à propos des organes des sens.
Le cartilage annulaire (Cartilago anularis) est une petite lame quadrangulaire en-
roulée sur elle-même en un tube qui embrasse l'entrée du méat acoustique externe
468 -
osseux, tandis que son autre extrémité s ' e n f o n c e dans l ' i n f u n d i b u l u m f o r m é par le
cartilage du méat acoustique. Une membrane élastique l'unit à ces deux f o r m a t i o n s .
Le cartilage s c u t i f o r m e (Cartilago scutiformis) est une petite plaque irrégulière-
ment triangulaire, de f o r m e et de dimensions variables avec les espèces. Il est situé
rostro-médialement à la base de l'auricule, à la surface du muscle temporal. Rattaché
au cartilage de l'auricule par de multiples faisceaux musculaires, il t r a n s m e t à celui-ci
action d ' a u t r e s muscles, dont il reçoit l'insertion terminale.
MUSCLE ZYGOMATICO-SCUTULAIRE (Pl. 208 à 210, 214, 215, 217 à 219, 222 à 225)
Ce muscle (M. zygomaticoscutularis) est, c o m m e le suivant, situé sous la peau
qui couvre la partie rostro-latérale de la fosse temporale.
C o n f o r m a t i o n : c ' e s t une mince bande charnue, souvent unie par un mince fascia
au muscle suivant.
Insertions : l'origine se fait sur la partie rostrale de l'arcade zygomatique ou le li-
gament orbitaire et la terminaison sur l'angle rostral et sur la partie adjacente du bord
latéral du cartilage s c u t i f o r m e .
Rapports : couvert par la peau, ce muscle couvre le corps adipeux orbito-temporal
et la partie adjacente du muscle temporal, ainsi que le plexus nerveux préauriculaire
et ses vaisseaux satellites.
Fonctions : il tire le cartilage s c u t i f o r m e en direction rostrale et latérale.
Vaisseaux et nerfs : artère et veine auriculaires rostrales ; rameau auriculo-
palpébral du nerf facial pour la motricité.
MUSCLE FRONTO-SCUTULAIRE (Pl. 209, 210, 214, 217 à 219, 222 à 225)
Ce muscle (M. frontoscutularis) est situé entre la base de l'oreille et la région su-
pra-orbitaire, médialement au précédent.
C o n f o r m a t i o n : c ' e s t une courte bandelette qui converge caudalement vers le
muscle zygomatico-scutulaire, auquel elle s'unit souvent.
470 -
Cartilage scutiforme
M. scutulo-auriculaire
superficiel ventral
M. scutulo-auriculaire M. pariéto-auriculaire
superf. intermédiaire
M. pariéto-scutulaire
M. scutulo-auric.
superficiel
accessoire
M. scutulo-auricul.
superficiel dorsal
M. zygomatico-auriculaire
M. interscutulaire
M u s c l e temporal
M. zygomatique
M. fronto-scutulaire
Muscle occipital
M. zygomatico-scutulaire
M. rétracteur de l'angle
latéral de l'œil
M u s c l e frontal
M. orbiculaire de l'œil
M u s c l e sourcilier
M u s c l e malaire
M. releveur naso-labial
M u s c l e nasal latéral
MUSCLES SCUTULO-AURICULAIRES SUPERFICIELS (Pl. 208 à 210, 214, 215, 217 à 219, 221 à 225)
Il s'agit de quatre bandelettes charnues (Mm. scutuloauriculares superficiales) qui
se portent de la face superficielle du cartilage s c u t i f o r m e au côté médial de la base de
auricule. Ils étaient jusqu'ici décrits en France c o m m e des divisions d ' u n seul et
même muscle scutulo-auriculaire superficiel.
Le muscle scutulo-auriculaire superficiel dorsal est le plus superficiel de t o u s . Il
prend origine à la surface du cartilage scutiforme et près de son bord médial, à la
partie caudale chez les Equidés et les Ruminants, à la partie rostrale dans les autres
espèces, il peut se mettre en continuité avec l'interscutulaire (Equidés) ou avec le
fronto-scutulaire (Carnivores, Porc). Sa terminaison se fait au niveau de l'hélix, c'est-
à-dire près du bord rostral du cartilage de l'auricule, un peu au-dessus de la c o m m i s -
sure. Il tire le pavillon de l'oreille en direction médiale et le fait pivoter pour en diriger
ouverture en direction rostrale.
Le muscle scutulo-auriculaire superficiel intermédiaire c o m m e n c e à l'extrémité
caudale du cartilage s c u t i f o r m e et à la partie adjacente de son bord médial ; il se
termine au-dessous du précédent et un peu caudalement. Son action est analogue.
Le muscle scutulo-auriculaire superficiel ventral est le plus rostral. Il se porte de la
surface du cartilage s c u t i f o r m e au voisinage immédiat de la commissure ventrale de
auricule. Il c o n c o u r t aussi à diriger rostralement l'ouverture de celle-ci. Il manque
chez les Ruminants.
Le muscle scutulo-auriculaire superficiel accessoire est le plus caudal. Il se porte
obliquement de l ' e x t r é m i t é caudale du cartilage scutiforme à la face médio-caudale du
renflement (conque) de la base de l'auricule. Il redresse cette dernière, aidant en cela
es précédents ; mais il tend à la faire pivoter en sens inverse.
Le sang parvient à ces quatre muscles par la ou les branches auriculaires rostrales
de l'artère temporale superficielle. La motricité est fournie par le nerf facial, par l'in-
termédiaire du nerf auriculo-palpébral pour les muscles dorsal et ventral, par celui du
nerf auriculaire caudal pour les deux autres.
(1} Le m u s c l e interscutulaire s ' u n i t plus o u m o i n s selon l ' e s p è c e au m u s c l e f r o n t o - s c u t u l a i r e par son bord rostral et au cervico-
scutulaire par son b o r d caudal. C ' e s t p o u r q u o i ces trois m u s c l e s o n t été parfois décrits c o m m e a u t a n t de s u b d i v i s i o n s d ' u n seul
et m ê m e m u s c l e scutulaire (M. scutularis).
- 473
M. fronto-scutulaire M. temporal
M. scutulo-auriculaire
du m.
superficiel accessoire
cervico-auriculaire
superficiel
M. cervico-auriculaire
profond
PARTICULARITES SPECIFIQUES
Les différences interspécifiques sont moins grandes que pourrait le laisser suppo-
ser la variété des c o n f o r m a t i o n s du pavillon de l'oreille . Nous limiterons l'exposé aux
particularités les plus remarquables.
ficiel est bien distinct du cervico-scutulaire, qui ne lui adhère qu'à son origine. Il est
mince, large du côté médial et rétréci à sa terminaison. Le muscle cervico-auriculaire
moyen est aussi très large à son origine et rétréci à sa terminaison, qui est entière-
ment charnue. Le muscle cervico-auriculaire p r o f o n d lui adhère à son origine. Le
muscle parotido-auriculaire est à peu près rectiligne, à peine élargi à sa partie ven-
trale. Il prend origine au niveau du quart ventral de la surface de la glande parotide. Le
muscle stylo-auriculaire est relativement grêle, mais constant.
ANE ET MULET
Ces Equidés, dont le cartilage de l'auricule est beaucoup plus développé que celui
du Cheval, sont aussi pourvus d ' u n e musculature auriculaire bien plus forte. On note-
r a surtout que les limites sont presque indistinctes entre les muscles zygomatico-
scutulaire, fronto-scutulaire, interscutulaire, cervico-scutulaire et scutulo-auriculaires
superficiels. Les muscles cervico-auriculaires sont plus f o r t s que chez le Cheval.
M. interscutulaire
M. fronto-scutulaire
M. zygomatico-scutulaire
Corps adipeux orbito-temporal
M. orbiculaire de l'œil
M. scutulo-auriculaire
superficiel dorsal
M. cervico-scutulaire
scutulo-auriculaire
superficiel accessoire
M. cervico-auriculaire
superficiel
M. scutulo-auriculaire
superf. intermédiaire
M. stylo-auriculaire
Cartilage annulaire
M. zygomatico-auriculaire
Glande p a r o t i d e -
VUE LATÉRALE
M. interscutulaire
M. pariéto-scutulaire
Origine du m.
Cartilage scutiforme cervico-auriculaire
superficiel (coupé)
M. scutulo-auriculaire superf. dorsal
M. pariéto-auriculaire
M. scutulo-auriculaire superf. access
Terminaison du m. M. cervico-auriculaire
cervico-scutulaire moyen
Terminaison du m.
cervico-auriculaire superf.
Terminaison du m.
cervico-auriculaire profond
donc séparé de celui du côté opposé. Le muscle pariéto-auriculaire est très épais,
z'un rouge plus vif que l'interscutulaire, qui le couvre en partie ; il prend origine à la
oartie t o u t à fait caudale de la ligne temporale et se termine à la base de l'auricule en
ne déléguant que quelques fibres au cartilage s c u t i f o r m e . Les muscles cervico-
scutulaire et cervico-auriculaire superficiel prennent naissance en c o m m u n sur la nu-
que à trois ou quatre travers de doigt de la protubérance occipitale externe ; ils
-orment une bande charnue très oblique et se séparent un peu avant d'atteindre
oreille. La partie scutulaire est large mais pâle, formée de faisceaux dissociés ; la
= artie auriculaire est plus étroite mais plus dense. Le muscle cervico-auriculaire
moyen est large et f o r t , attaché à la protubérance occipitale externe et au raphé cer-
.ical ; son bord caudal est difficile à séparer de l'origine du précédent. Sa terminaison
se fait c o m m e d ' h a b i t u d e près du parotido-auriculaire. Le muscle cervico-auriculaire
profond est attaché à l ' o c c i p u t et presque entièrement caché par le précédent. Le
muscle parotido-auriculaire est presque entièrement divisé en deux faisceaux étroits
et rouge vif qui se t e r m i n e n t en c o m m u n sous la commissure ventrale de l'auricule.
_e faisceau rostral est superficiel ; il croise très obliquement le bord correspondant de
a glande parotide et va s'épanouir à la surface du muscle masséter. Le faisceau cau-
dal se sépare du précédent à angle très aigu pour traverser l'épaisseur de la glande
oarotide puis descendre entre la face profonde de cette dernière et la glande mandi-
Dulaire. Il est cylindroïde et grêle, mais très long et va jusque sous la gorge. Le muscle
stylo-auriculaire est très épais, fort large, facile à découvrir devant la base de l'oreille.
Il n'existe chez l ' H o m m e que trois muscles extrinsèques de l'auricule, tous trois minces, plats et
'ayonnés : le muscle auriculaire antérieur (M. auricularis anterior), le plus faible, va de la partie de
aponévrose épicrânienne située derrière l'orbite à la face correspondante de la base du pavillon. Le
-luscle auriculaire supérieur (M. auricularis superior) est le plus large et le plus f o r t ; il s'attache à la
zartie latérale de l'aponévrose épicrânienne et couvre la plus grande partie de la région temporale. Le
-luscle auriculaire postérieur (M. auricularis posteriori est formé de deux ou trois faisceaux qui, de la
= ase du processus mastoïde de l'os temporal et de la partie voisine de l'os occipital, v o n t s'attacher à
a partie inféro-postérieure de la base de l'auricule. Presque toujours, les insertions occipitales de ce
—.uscle se prolongent par une languette tendineuse jusqu'à la protubérance occipitale externe.
Il est évident que chacun de ces trois muscles représente le groupe correspondant des muscles
auriculaires des Mammifères domestiques. Cette régression est en rapport avec la perte de la mobilité
du pavillon et la disparition du cartilage scutiforme. Il n'existe aucune trace des muscles auriculaires
• entraux.
Il - MUSCLES MASTICATEURS
(Pl. 2 0 7 à 2 1 0 , 2 1 4 à 2 1 9 , 2 2 6 à 2 3 7 , 2 4 1 , 2 4 3 , 2 4 6 , 2 4 7 )
M. temporal
Articulation temporô-
mandibulaire
Plan profond 1
Muscle masséter
Plan superficiel j
Ventre caudal ^
Ventre rostral I
VUE LATÉRALE
M. ptérygoïdien latéral
M. ptérygoïdien médial
Ventre caudal ï
_ _ _ _ _ Ventre rostral )
VUE MEDIALE
MUSCLE MASSETER (Pl. 207 à 210, 214 à 219, 226 à 228, 230 à 236)
Le muscle masséter (M. masseter) constitue la base de la région massétérique,
encore n o m m é e région du « plat de la joue » chez les grands Ongulés. Il occupe une
situation superficielle et couvre la branche de la mandibule.
C o n f o r m a t i o n : toujours puissant, ce muscle est quadrilatère, plat et relativement
large chez les Ongulés et le Lapin, très épais et plus arrondi chez les Carnivores. Dans
toutes les espèces, il est constitué de deux parties superposées, l'une superficielle et
autre profonde.
La partie superficielle (Pars superficialis) est large, formée de faisceaux f o r t e m e n t
obliques en direction ventro-caudale.. Elle est couverte par une forte aponévrose de
revêtement qui s ' a m i n c i t et disparaît dans les parties ventrale et caudale, lesquelles
sont beaucoup plus épaisses et presque entièrement charnues. A sa face profonde
peut être isolé, surtout chez les Carnivores et le Lapin, un plan charnu à fibres moins
obliques et revêtu d'une mince lame aponévrotique ; ce plan est parfois décrit c o m m e
une partie moyenne.
La partie profonde (Pars profunda) est séparée de la précédente par un plan
conjonctif de clivage généralement net. Elle s'en distingue en outre par l'orientation
plus directement dorso-ventrale de ses faisceaux et par sa moins grande richesse en
tissu fibreux. Moins large qu'elle, elle s ' é t e n d t o u t e f o i s un peu plus caudalement chez
tes Ongulés, où elle reste ainsi à découvert au voisinage de l'articulation t e m p o r o -
mandibulaire. Chez le Lapin, elle est épaisse et large ; elle étend son origine sur un
fort prolongement caudal de l'os zygomatique et reste ainsi en grande partie décou-
verte.
Insertions : le muscle masséter prend origine sur l'arcade zygomatique, la crête
faciale et le tubercule facial. Il se termine sur la branche de la mandibule, dans t o u t e
'étendue de la fosse massétérique ainsi que sur le bord caudal de l'angle de la mâ-
choire.
Ces insertions se répartissent c o m m e suit : la partie superficielle limite son origine
à la moitié rostrale du bord ventral de l'arcade zygomatique ; elle prolonge cette atta-
che sur t o u t e la crête faciale et la renforce en une épaisse lame tendineuse sur le
tubercule facial. Elle se termine au bord caudal de la branche mandibulaire et de la
fosse massétérique, ainsi que sur l'angle de la mandibule et s'étend jusqu'à l'incisure
vasculaire ; chez les Carnivores, cette dernière attache couvre le bord ventral de la
région angulaire et envahit même la partie adjacente de la face médiale de l'os. La
partie profonde c o m m e n c e sous la crête faciale, sans atteindre le tubercule facial,
mais son origine s ' é t e n d sur t o u t e la longueur de l'arcade zygomatique, dont elle
envahit une partie de la face médiale. Sa terminaison est limitée à la fosse massétéri-
que.
Rapports : la face superficielle est couverte par le mince fascia massétérique
(Fascia masseterica), qui s'étend de la crête faciale et de l'arcade zygomatique au
Muscle mental M. abaisseur de la lèvre inférieure
La face profonde couvre la partie molaire du muscle buccinateur et chez les Equi-
dés, l'origine du muscle abaisseur de la lèvre inférieure. Elle répond aussi à la
terminaison du muscle temporal, à la branche de la mandibule, au nerf buccal et à ses
vaisseaux satellites, ainsi qu'aux glandes buccales les plus caudales et à un important
amas de tissu conjonctivo-adipeux qui se continue dans la fosse temporale, où nous
le retrouverons (corps adipeux orbito-temporal).
Le bord rostral est longé dans la plupart des espèces par l'artère et la veine fa-
ciales ; chez le Cheval et le Boeuf, ces importants vaisseaux sont accompagnés par la
partie préterminale du conduit parotidien, qui se place entre eux et le masséter. Ces
formations sont logées dans une duplication du fascia massétérique qui, à ce niveau,
délègue une lame profonde contournant le masséter en direction du bord rostral de la
branche mandibulaire et une lame superficielle qui se perd sur la région buccale. Men-
tionnons encore le passage, contre ce même bord rostral du masséter, de la
terminaison du muscle sterno-zygomatique chez le Bœuf et du rétracteur de la mandi-
bule chez le Lapin.
Le bord caudal est couvert, plus ou moins largement selon l'espèce, par la glande
parotide, qui lui adhère en général beaucoup ; il est aussi en rapport près du col de la
mandibule avec le ou les nœuds lymphatiques parotidiens (rapport important chez les
Ruminants).
Ventricule latéral
Troisième ventricule
Nerf ophtalmique et
nerfs moteurs de
Cercle artériel
du cerveau
M. temporal
N. auriculo-
M. zygomatique zygomatique
Bord rostral
de l'articulation
temporo-mandibulaire
Rameau buccal maxillaire
dorsal du n. facial
M. ptérygoïdien latéral
A. et V. linguales A. et V. sublinguales
M. mylo-hyoïdien M. génio-hyoïdien
Processus jugulaire
de l'os occipital
M. ptérygoïdien latéral
Partie latérale
M. ptérygoïdien
Partie médiale médial
Ventre caudal
Faisceau angulaire
M. digastrique
Tendon intergastrique
Ventre rostral
ainsi que des rameaux des vaisseaux t e m p o r a u x superficiels et de leurs nerfs satelli-
tes. La face profonde est en rapport avec les os de la fosse temporale ainsi q u ' a v e c
les vaisseaux et les nerfs t e m p o r a u x profonds. La partie attachée à la crête infratem-
porale échange des faisceaux avec la partie profonde du muscle masséter. Elle est
aussi en rapport avec la gaine fibreuse de l'orbite et du côté médial avec les muscles
ptérygoïdiens et des rameaux des vaisseaux et du nerf maxillaires.
Fonctions : le muscle temporal concourt à l'élévation de la mandibule, qu'il fait
basculer autour de l'articulation temporo-mandibulaire ; il agit ainsi sur un levier inter-
puissant. Le faisceau infratemporal contribue en outre à l ' a d d u c t i o n de la mandibule.
Vaisseaux et nerfs : le sang est amené par les artères temporales profondes, col-
latérales de la maxillaire. Les veines sont richement anastomosées avec le plexus
ptérygoïdien. Les nerfs (temporaux profonds) proviennent du nerf mandibulaire,
branche du trijumeau.
MUSCLE PTERYGOÏDIEN MEDIAL (Pl. 226, 228 à 233, 235 à 237, 241, 243)
Le muscle ptérygoïdien médial (M. pterygoideus medialis) est situé à la face mé-
diale de la branche mandibulaire, où sa disposition semble répéter celle du masséter' 1 '.
C o n f o r m a t i o n : ce muscle s ' é t e n d obliquement de la région ptérygoïdienne, où il
est surtout riche en tissu fibreux, à la branche mandibulaire et à l'angle de la mâ-
choire, en devenant à la fois plus large, plus épais et charnu. Sa face médiale est
revêtue d ' u n e forte aponévrose nacrée qui s'amincit et disparaît ventralement. Il est
aussi mêlé de fortes intersections fibreuses, qui sont surtout développées à sa partie
dorsale. Un interstice lamelleux peut dans certaines espèces (Equidés) le subdiviser de
façon incomplète en deux parties superposées.
Insertions : l'origine occupe à la base du crâne t o u t e la fosse ptérygoïdienne
quand elle existe (Homme, Lapin, Porc) et les parties du processus ptérygoïde qui en
sont adjacentes. Chez les Equidés, les Ruminants et les Carnivores, elle se fait sur la
plus grande partie de la crête ptérygo-palatine. La terminaison se fait sur la branche
de la mandibule, dans la fosse ptérygoïdienne, caudo-ventralement au foramen man-
dibulaire, ainsi que sur le bord caudal et la région angulaire. Les faisceaux les plus
longs tendent à s'adosser à ceux du muscle masséter au bord ventral de cette der-
nière.
Rapports : La face latérale répond au muscle ptérygoïdien latéral, au faisceau in-
fratemporal du muscle temporal, au nerf mandibulaire (qui passe entre les deux
muscles ptérygoïdiens) et à ses branches terminales, aux vaisseaux alvéolaires infé-
rieurs et à la branche de la mandibule.
La face médiale répond aux muscles élévateur et tenseur du voile du palais, au
s t y l o h y o i d e u m , à la face latérale du pharynx (dont elle est séparée en partie chez les
Equidés par la poche gutturale). Plus bas encore, elle entre en c o n t a c t avec les mus-
cles mylo-hyoïdien, stylo-glosse, hyo-glosse, une partie de la glande mandibulaire et le
conduit mandibulaire, voire avec le muscle stylo-hyoïdien. Dans la forte lame conjonc-
tive qui s'étend entre la face médiale du ptérygoïdien médial et le pharynx passent
d ' i m p o r t a n t s vaisseaux et nerfs, selon une topographie d'ailleurs très variable avec les
espèces : carotide externe et ses branches linguale et faciale, nerfs glosso-pharyngien
et hypoglosse. Le bord ventral est longé par la veine et l'artère faciales, ainsi que,
chez les Equidés et le Bœuf, par le conduit parotidien.
( 1 ) C ' e s t la r a i s o n p o u r l a q u e l l e W i n s l o w a v a i t d o n n é à c e m u s c l e le n o m d e « m a s s é t e r i n t e r n e ». S y l v i u s , p o u r s a p a r t , le
;
n o m m a i t « grand ptérygoïdien » par opposition au ptérygcïaien atéra' lequel est t o u j o u r s b e a u c o u p plus petit.
490 -
Muscle optique
Rameau buccal
dorsal du n. facial Canal naso-pharyngien
M. élévateur
Branche de la mandibule
du voile du palais
M. palatin
A. et V. maxillaires
M. tenseur
du voile du palais
M. palato-pharyngien Nerf mandibulaire
Cavité du gosier
M. stylo-glosse Crochet ptérygoïdien
MUSCLE PTERYGOÏDIEN LATERAL (Pl. 226, 228 à 230, 232, 233, 235 à 237, 241)
Le muscle ptérygoïdien latéral (M. pterygoideus lateralis) est beaucoup plus petit
et plus oblique que le précédent. Il est situé sous la base du crâne, rostro-
médialement à l'articulation temporo-mandibulaire.
C o n f o r m a t i o n : c ' e s t un muscle c o u r t , épais et conoïde, presque entièrement
charnu. Sa base est adossée à la région sphénoïdale et son s o m m e t aboutit au col de
la mandibule. Chez l ' H o m m e , il est divisé à son origine en deux faisceaux distincts
entre lesquels passe habituellement l'artère maxillaire. Il est simple chez tous les ani-
maux domestiques ; il est particulièrement faible chez les Ruminants.
Insertions : il prend origine à la face ventrale de l'os sphénoïde et au revers latéral
du processus ptérygoïde. Il se termine à la fovea ptérygoïdienne du col de la mandi-
bule et à la partie adjacente de la capsule articulaire temporo-mandibulaire.
Rapports : latéralement, il répond au col de la mandibule et à l'articulation t e m p o -
ro-mandibulaire, ainsi qu'à la partie infratemporale du muscle temporal. Sa face
médiale répond au muscle tenseur du voile du palais et à l'origine du ptérygoïdien
médial. L'artère maxillaire passe contre elle ; le nerf mandibulaire, qui croise cette
artère par l'extérieur, prend appui à la face médio-ventrale du muscle.
Fonctions : la c o n t r a c t i o n bilatérale tire la mâchoire inférieure en direction ros-
trale. Quand la contraction est unilatérale, la protraction s ' a c c o m p a g n e d ' u n
déplacement de l ' e x t r é m i t é rostrale de la mâchoire vers le côté opposé à celui occupé
par le muscle ; ce dernier est donc adducteur pour la mandibule correspondante et
abducteur pour l'opposée. Le f o n c t i o n n e m e n t alternatif des muscles ptérygoïdiens
droits puis gauches est particulièrement visible pendant la mastication chez les grands
Ongulés.
Vaisseaux et nerfs : les artères viennent de collatérales de la maxillaire : ptérygoï-
diennes, buccale, alvéolaire inférieure. L'innervation est fournie par un grêle rameau
du nerf mandibulaire.
MUSCLE DIGASTRIQUE (Pl. 217, 226 à 237, 239 à 243, 246, 247)
Le muscle digastrique (M. digastricus) est un muscle composite, étendu de l'os
occipital (ou, chez l ' H o m m e , de la partie de l'os temporal immédiatement adjacente) à
la mandibule. Sa disposition varie selon l'espèce.
C o n f o r m a t i o n : ce muscle est n o m m é digastrique parce qu'il est dans la plupart
des espèces constitué d ' u n ventre caudal (Venter caudalis) et d ' u n ventre rostral
iVenter rostralis) réunis par un tendon intergastrique. Chez l ' H o m m e , ce dernier tra-
verse l'extrémité distale du muscle stylo-hyoïdien. Chez les Ruminants, il ne traverse
pas le stylo-hyoïdien et le s o u t è n e m e n t de l'appareil hyoïdien est assuré par une ban-
delette charnue transversale qui unit les ventres rostraux des deux muscles
492 -
VUE MÉDIALE
Insertions : l'origine est située chez tous les Mammifères domestiques au sommet
du processus jugulaire de l'os occipital, où elle se joint au muscle occipito-hyoïdien.
Chez l'Homme, elle se fait dans une petite dépression (rainure digastrique) située à la
base du processus mastoïde, tout près de la jonction avec l'os occipital. La terminai-
son du ventre rostral se fait sur la face médiale de la partie molaire de la mandibule,
tout près du bord ventral ou sur ce bord ventral lui-même et elle s'étend jusqu'au
voisinage de la partie incisive. Chez l'Homme, quelques fibres charnues se détachent
en outre du tendon intergastrique pour se porter sur le corps de l'os hyoïde. Chez les
Equidés, la partie occipito-mandibulaire aboutit, d'autre part, sur l'angle de la mandi-
bule et sur son bord refoulé. Chez le Porc, le corps charnu unique se termine à peu
près comme le ventre rostral des autres espèces. C'est chez les Carnivores que l'in-
sertion terminale présente la plus grande étendue : elle se fait sur le processus
angulaire et la moitié caudale du bord ventral de la partie molaire.
Rapports : 1) le ventre caudal est accompagné caudalement chez les Equidés par
le volumineux faisceau angulaire et uni aussi à son origine au muscle occipito-
hyoïdien. Dans toutes les espèces, son bord rostral longe le muscle stylo-hyoïdien. Il
est couvert par la glande parotide (sauf chez les Equidés, où le faisceau angulaire l'en
sépare complètement) et plus rostralement, chez les Equidés et les Ruminants, par le
muscle ptérygoïdien médial. Sa face profonde est en rapport avec le pharynx (et chez
les Equidés, avec la poche gutturale) ; elle est croisée par l'artère carotide externe, le
nerf hypoglosse et les rameaux du plexus nerveux guttural. Chez les Equidés, le fais-
ceau angulaire fait saillie dans la loge parotidienne, qu'il subdivise ; sa face profonde
est en rapport avec la glande mandibulaire et près de la terminaison, avec la veine
linguo-faciale et le conduit parotidien. 2) le tendon intergastrique glisse chez les Equi-
dés dans une courte gaine pourvue d'une petite synoviale vaginale (Vagina tendinis
m. digastrici) que lui fournit le tendon terminal du muscle stylo-hyoïdien. Chez
l'homme, il est attaché par un anneau fibreux à la terminaison de ce muscle. Au
contraire, il reste libre chez les Ruminants, où il passe médialement au stylo-hyoïdien.
Il est couvert par la glande mandibulaire et couvre les muscles hyo-glosse et mylo-
hyoïdien. 3) le ventre rostral est situé entre la partie molaire de la mandibule et la face
latérale du muscle mylo-hyoïdien. Dans la plupart des espèces, il est aussi en rapport
avec les nœuds lymphatiques mandibulaires.
494 -
M. cérato-hyoïdien
Nerf glosso-pharyngien
Muscle hyo-glosse
Muscle stylo-glosse
Nerf lingual, Artère et Veine linguales
Muscle mylo-hyoïdien
Conduit mandibulaire
Nerf hypoglosse
Artère et veine faciales
Glande mandibulaire
Conduit parotidien
Tendon intergastrique du m. digastrique
Chez les Carnivores, les Porcins, le Lapin, le muscle, unifié et simple, présente les
mêmes rapports fondamentaux : latéralement, les glandes parotide et mandibulaire,
les muscles stylohyoïdien puis ptérygoïdien médial et la partie molaire de la mandi-
bule ; médialement, le pharynx, l'artère carotide externe, le nerf hypoglosse et le
muscle mylo-hyoïdien.
Fonctions : le muscle digastrique est abaisseur de la mâchoire inférieure, qu'il
peut en outre tirer caudalement. Il est ainsi antagoniste des muscles précédents et
préside à l'ouverture de la bouche.
Lorsque la mandibule est maintenue fixée par les autres muscles, le digastrique
se comporte comme un muscle infléchi dont la contraction soulève l'appareil hyoï-
dien. Cette action se fait chez les Equidés et l'Homme par l'intermédiaire de la
terminaison du muscle stylo-hyoïdien ; elle s'exerce chez les Ruminants par le fais-
ceau transverse qui unit les ventres rostraux droit et gauche. Au contraire, le muscle
digastrique est sans action directe sur l'os hyoïde chez les Carnivores, le Porc et le
Lapin.
Vaisseaux et nerfs : les artères sont nombreuses mais grêles ; elles proviennent
de diverses branches collatérales de la carotide externe ; le ventre caudal et la partie
angulaire (dans les espèces qui en sont pourvues) reçoivent en outre des rameaux de
artère occipitale. L'innervation est apportée au ventre caudal et à la partie angulaire
par une branche particulière du nerf facial. Le ventre rostral est innervé par un rameau
du nerf mylo-hyoïdien, lequel provient du nerf alvéolaire inférieur, branche terminale
de la division mandibulaire du nerf trijumeau. Cette duplicité de l'innervation témoigne
de l'origine hétérogène du muscle et de l'indépendance fonctionnelle de ses diverses
parties.
PARTICULARITES SPECIFIQUES
EQUIDES (Pl. 2 0 8 , 2 1 5 , 2 2 9 , 2 3 2 , 2 3 4 , 2 3 7 , 2 4 9 )
Le muscle masséter est quadrilatère, très large, épais mais plat. Il donne à la ré-
gion correspondante de la joue son aspect planiforme, assez caractéristique de
espèce. Son bord rostral est situé en regard de la première dent molaire. Les deux
parties ne sont parfaitement distinctes qu'au voisinage de l'articulation temporo-
mandibulaire ; elles sont plus difficilement séparables ailleurs.
Le muscle temporal est plat, relativement large, revêtu d'une aponévrose nacrée
qui se rétrécit mais augmente beaucoup d'épaisseur vers la terminaison. Son faisceau
infratemporal est de teinte plus pâle que le reste du muscle, mais non autrement
distinct. Le corps adipeux orbito-temporal, très développé, forme derrière l'orbite une
masse fluctuante qui occupe la dépression dite de la « salière » et perceptible à tra-
vers la peau, les muscles auriculaires rostraux et le fascia temporal.
Le muscle ptérygoïdien médial est large, irrégulièrement quadrilatère, planiforme
sur sa face médiale, qui est revêtue d'une forte aponévrose nacrée, et convexe sur la
face opposée. Il présente deux parties bien distinctes : l'une principale ou médiale,
dont les fibres ont une direction à peu près verticale, l'autre accessoire et latérale, qui
déborde caudalement la précédente et dont les fibres sont obliques en direction cau-
do-ventrale.
Le muscle ptérygoïdien latéral est épais, conoïde, très nettement distinct du pré-
cédent, dont le sépare un large interstice celluleux. Il a une orientation presque
parallèle à la base du crâne et sa terminaison occupe une fovea ptérygoïdienne relati-
vement large.
Le muscle digaâtrique présente les deux ventres habituels et un tendon intergas-
trique. Mais le ventre caudal, grêle, est accompagné d'un volumineux faisceau
occipito-mandibulaire ou angulaire. Ce dernier naît avec lui au sommet du processus
jugulaire de l'os occipital et ne s'en sépare que quelques centimètres plus bas ; il
498
Processus styloïde
de l'os occipital
Muscle masséter
M. ptérygoïdien latére
M. ptérygoïdien médi
M. digastriq
s'élargit beaucoup et s'épaissit à sa partie distale, que revêt une forte lame aponévro-
tique ; il se termine sur l'angle de la mandibule et sur le bord refoulé de cette
dernière. Son relief divise la loge parotidienne en deux creux, l'un rostro-dorsal et
l'autre ventro-caudal. Le tendon intergastrique, d'abord aplati d ' u n côté à l'autre,
devient ensuite cylindrique ; il glisse dans l'anneau du t e n d o n terminal du muscle
stylo-hyoïdien grâce à une petite synoviale vaginale. Le ventre rostral, aplati d ' u n côté
à l'autre et plus long, se termine par de multiples faisceaux aponévrotiques sur pres-
que t o u t e la longueur de la partie molaire de la mandibule, près du bord ventral.
M. temporal
Partie profonde
du m. masséter
Origine du m. digastrique
Partie superficielle
du m. masséter
VUE LATÉRALE
Partie latérale
M. ptérygoïdien
médial
Partie médiale
VUE MÉDIALE
M. ptérygoïdien latéral
Processus jugulaire
de l'os occipital
M. occipito-hyoïdien
Partie latérale ]
l M. ptérygoïdien
Partie médialeJ médial
M. stylo-hyoïdien
Faisceau angulaire
du m. digastrique
M. cérato-hyoïdien
M. mylo-hyoïdien
M. ptérygoïdien médial
(Partie médiale)
M. génio-hyoïdien
sente le faisceau infratemporal, ici très volumineux et couvert d'une aponévrose na-
crée. Elle prend une large origine sur la paroi ventro-caudale de l'orbite et se termine
dans une dépression verticale, qui occupe la moitié rostrale de la face médiale de la
branche mandibulaire.
Le muscle ptérygoïdien médial est épais, subdivisible en deux plans de fibres dont
chacun s'attache à l'une des deux lames du processus ptérygoïde et dans la fosse
ptérygoïdienne de l'os sphénoïde.
Le muscle ptérygoïdien latéral est court, épais et conoïde, étendu de la partie
caudale du processus ptérygoïde à la partie médio-caudale du col de la mandibule.
Le muscle digastrique est divisé en deux muscles distincts. L'un est le digastrique
oroprement dit ; il est simple comme chez le Porc et son origine se fait par un long et
grêle tendon. L'autre, qui paraît équivaloir à une partie occipito-mandibulaire très
développée, est le rétracteur de la mandibule : il s'étale sur le processus angulaire de
cet os, s'y attache et se poursuit au-delà par un large faisceau qui contourne ventra-
ement le muscle masséter ; il se termine par une expansion fibreuse qui s'étale au
bord rostral de ce muscle et atteint enfin le tubercule facial.
Les muscles hyoïdiens (Mm. hyoidei) forment un groupe assez hétéroclite : leurs
origines sont très variées mais ils se terminent tous sur l'os hyoïde, qu'ils sont char-
gés de déplacer avec l'ensemble des organes attachés à celui-ci. Ils diffèrent en cela
des muscles de la langue, du pharynx ou du larynx qui prennent origine sur l'os
hyoïde mais se terminent dans ces organes, dont ils assurent ainsi la mobilité propre.
Topographiquement, on distingue deux groupes de muscles hyoïdiens. L'un est si-
tué crânialement au plan qui passe par le corps et les grandes cornes de l'os hyoïde :
c'est celui des muscles suprahyoïdiens, qui font partie de la tête. L'autre, situé cau-
dalement, est celui des muscles infrahyoïdiens, qui appartiennent au cou et seront
étudiés avec ce dernier.
Dans les muscles suprahyoïdiens eux-mêmes, on peut reconnaître des /nuscles
extrinsèques, qui unissent l'os hyoïde à d'autres os de la tête et des muscles intrinsè-
ques, situés entre les pièces constituantes de l'os hyoïde, qu'ils mobilisent les unes
sur les autres. Les premiers sont au nombre de trois paires : mylo-hyoïdien, génio-
hyoïdien et occipito-hyoïdien. Parmi les seconds, deux sont pairs : stylo-hyoïdien et
cérato-hyoïdien ; un dernier est impair : c'est le m. hyoïdien transverse.
504 -
Terminaison du faisceau
angulaire du m. digastrique Angle' de la mandibule
Conduit parotidien
M. mylo-hyoïdien
M. abaisseur de la
lèvre inférieure
M. sterno-céphalique :
- Partie mastoïdienne
Poche gutturale
M. long de la tête
M. occipito-hyoïdien Œsophage
Glande thyroïde
Cartilage
Mm. scutulo-auriculaires Trachée
superficiels
M. omo-hyoïdien
Ventre caudal
du m.
M. stylo-hyoïdien
Poche gutturale
M. élévateur du
voile du palais
Muscle
ptérygo-pharyngien
Mm. sterno-hyoïdiens
Muscle sterno-thyroïdien
M. crico-pharyngien
M. thyro-pharyngien
M. hyo-pharyngien
M. thyro-hyoïdien
M. hyo-glosse
Racine de la langue
M. stylo-glosse
Partie molaire
de la mandibule
M. mylo-hyoïdien
M. génio-hyoïdien
Corps de la langue
_ Muscle génio-glosse
( V u e l a t é r a l e g a u c h e , a p r è s a b l a t i o n d e la b r a n c h e m a n d i b u l a i r e
— e t r é c l i n a i s o n d e la p a r t i e m o l a i r e d e la m a n d i b u l e )
507
Le muscle mylo-hyoïdien (M. mylohyoideus) est plat, situé dans la région inter-
mandibulaire ; il constitue avec son homologue, auquel il s'unit par un raphé médian,
une sangle supportant la langue.
Conformation : c'est un muscle mince, à fibres parallèles et transversales. Il est
rrégulièrement quadrilatère, plus large à sa partie caudale qu'au voisinage de la sym-
physe mandibulaire. Dans certaines espèces (Bœuf), il est dédoublé par isolement
d'une partie superficielle et d'une partie profonde.
Insertions : l'origine est située à la face médiale du corps de la mandibule, sur
toute la longueur de la ligne mylo-hyoïdienne. La terminaison se fait sur le raphé fi-
breux médian commun aux deux muscles, droit et gauche. L'extrémité rostrale de ce
raphé aboutit à la symphyse du menton et l'extrémité caudale au processus lingual
de l'os hyoïde ; ce dernier reçoit en outre directement les fibres les plus caudales du
muscle.
Rapports : la face latérale, superficielle, répond à la partie molaire de la mandi-
oule, au ventre rostral du muscle digastrique, au bord rostral du ptérygoïdien médial,
3insi que, dans certaines espèces (Equidés), aux nœuds lymphatiques mandibulaires.
Elle n'est séparée de la peau que par une expansion conjonctive.
La face médiale ou profonde est en rapport avec la glande sublinguale, le conduit
mandibulaire, les muscles génio-hyoïdien, hyo-glosse, génio-glosse, et stylo-glosse,
ainsi qu'avec les nerfs lingual et hypoglosse et les artère et veine sublinguales. La
partie dorsale de cette face est tapissée par la muqueuse orale.
Fonctions : les muscles mylo-hyoïdiens tirent l'os hyoïde en direction rostrale et
dorsale. Mais leur rôle principal est d'élever la langue et de l'appliquer étroitement
contre la voûte du palais.
Vaisseaux et nerfs : le sang provient de branches des artères sublinguale et fa-
ciale. Les veines sont satellites des artères et les lymphatiques collectés par les
~œuds mandibulaires. Le rameau mylo-hyoïdien, long filet du nerf alvéolaire inférieur
division du trijumeau), est spécialement destiné à ce muscle et au ventre rostral du
digastrique.
M. occipito-hyoïdien
Ventre caudal
du m. digastrique
M. oblique crânial
de la tête
Aile de l'atlas
Tendon commun :
- M. sterno-ceph.
- M. cleïdo-ceph.
long
de la tête
Z&r âge scutiforme
crico-
pharyngien
* e-évateur
Œsophage
du voile du
M. sterno-
hyoïdien
M. omo-
hyoïdien
M. thyro-
pharyngien
M. thyro-hyoïdien
M. stylo-hyoïdien
Ventre rostral
du m. digastrique
M. hyo-pharyngien
M. stylo-pharyngien caudal
M. ptérygo-pharyngien
du palais
M. hyo-glosse
Racine de la langue
M. stylo-glosse
Plan profond ]
. M. mylo-hyoïdien
Plan superficiel}
M. génio-hyoïdien
M. génio-glosse
PARTICULARITES SPECIFIQUES
( V u e l a t é r a l e g a u c h e , a p r è s a b l a t i o n d e la b r a n c h e m a n d i b u l a i r e
— e t r é c l i n a i s o n d e la p a r t i e m o l a i r e d e la m a n d i b u l e )
- 515
stylo-hyoïdien
de l'atlas
du m. rétracteur
de la mandibule
M. crico-pharyngien
M. long de la tête
M. ptérygo-pharyngien
Voile du
M. sterno-hyoïdien
M. thyro-pharyngien
Muscle crico-thyroïdien
Muscle thyro-hyoïdien
M. hyo-pharyngien
M. digastrique
M. hyo-glosse
M. stylo-glosse
M. mylo-hyoïdien
Racine de la langue
M. génio-hyoïdien
M. génio-glosse
( V u e l a t é r a l e g a u c h e , a p r è s a b l a t i o n d e la b r a n c h e m a n d i b u l a i r e
e t r é c l i n a i s o n d e la p a r t i e m o l a i r e d e la m a n d i b u l e )
516 -
M. temporal
terminaison (coupée)
Racine de la langue
M. tenseur du voile
du palais
M. élévateur du voile
du palais
Processus mastoïde
M. palato-pharyng.)
Muscle stylo-hyoïdien
M. stylo-glosse
Muscle hyo-glosse
M. génio-glosse
M. génio-hyoïdien
Ventre rostral du m. M. splénius de la tête
M. mylo-hyoïdien (coupé)
M. levator scapulae (M. dentelé du cou)
Tendon intergastr. du m. digastrique
Muscles scalènes
M. constricteur J M.
caudal du pharynx M. crico-pharyngien Œsophage
M. sterno-hyoïdien M. omo-hyoïdien
( V u e l a t é r a l e g a u c h e , a p r è s a b l a t i o n d e la m a n d i b u l e d e c e c ô t é )
- 517
Le muscle mylo-hyoïdien est simple, relativement épais ; il est beaucoup plus large que chez les
animaux, mais plus court dans le sens rostro-caudal. Le muscle génio-hyoïdien est aussi-plus court que
chez les animaux, mais proportionnellement plus large, surtout à son extrémité caudale. Le muscle
stylo-hyoïdien est disposé à peu près c o m m e chez les Equidés, mais son extrémité proximale com-
mence par un petit tendon sur la base du processus styloïde de l'os temporal, processus qui représente
j n stylohyoïdeum soudé à cet os. Les muscles occipito-hyoïdien, cérato-hyoïdien et hyoïdien trans-
/erse f o n t complètement défaut.
518 -
M. abaisseur de l'angle
de la
Raphé médio-ventrai
du m. cutané du cou
Sillon jugulaire
M. pectoral descendant
Origine du m. brachio-céphalique
MUSCLES DU COU
Les muscles du cou (Musculi colli) sont groupés autour des vertèbres cervicales
et beaucoup d'entre eux se portent jusqu'à la tête. Ils agissent donc sur les vertèbres
du cou et directement ou indirectement, sur la tête. Ils mobilisent ainsi le balancier
cervico-céphalique, dont le rôle est très important dans l'équilibre et la locomotion,
surtout chez les Mammifères domestiques.
Nombre de ces muscles ne sont pas limités à la région du cou ; ils s'étendent plus
ou moins loin sur le thorax, auquel ils appartiennent donc en partie, ou encore sur la
ceinture et la racine du membre thoracique, qu'ils concourent à fixer au tronc. En
outre, beaucoup d'entre eux, surtout les plus profonds, font manifestement partie de
systèmes métamériques qui peuvent être suivis tout le long de la colonne vertébrale.
_es limites des groupes musculaires de la région du cou sont donc conventionnelles et
le classement que nous adopterons n'a d'autre justification que la commodité de
étude.
Nous distinguerons dans le cou trois grands groupes musculaires, d'ailleurs hété-
'ogènes ; 1) les muscles de la région cervicale ventrale, qui longent la trachée et
oesophage ; 2) les muscles de la région cervicale dorsale, situés de part et d'autre du
gament nuchal ; 3) les muscles juxtavertébraux, les plus profonds et les plus nette-
ment métamérisés. L'ensemble est enveloppé d'une musculature cutanée mince mais
complexe, dont l'étude doit précéder celle des autres groupes.
CONFORMATION ET INSERTIONS
' i Les N.A.V. ont désigné séparément chacun des constituants de cette musculature cutanée. Il est regrettable qu'aucun terme
n'ait été retenu pour désigner l'ensemble, qui pourrait être nommé muscle cutané cervico-facial ».
520 -
Le muscle sphincter superficiel du cou (M. sphincter colli superficialis) n'est bien
développé que chez le Porc, où il procède d'un raphé médio-ventral et du manubrium
sternal. Chez les Carnivores, il est seulement distinct en regard de la région de la
gorge, qu'il couvre de ses minces faisceaux étendus d'un côté à l'autre ; plus cauda-
lement, il se dissocie et se perd en se confondant avec le sphincter profond. Du côté
rostral, il ne s'étend guère sur la face. Il n'est pas distinct dans les autres espèces.
Le platysma (Platysma) est en général bien plus étendu. Il est formé de fibres lon-
gitudinales ou légèrement obliques, qui se portent du voisinage de l'épaule ou de la
région dorsale du cou jusqu'à la surface de la joue. Il est souvent faible ou absent au
voisinage de l'épaule et se renforce progressivement du côté rostral, où il se continue
sans démarcation dans la région de la face. On lui reconnaît topographiquement deux
parties, respectivement nommées muscle cutané du cou (M. cutaneus colli) et muscle
cutané de la face (M. cutaneus faciei). Cette dernière partie couvre la joue et va s'at-
tacher à la crête faciale et à l'angle de la bouche. Elle peut se montrer subdivisée en
plusieurs bandelettes, dont les principales viennent converger sur ce dernier. Chez
l'Homme, on trouve ainsi un muscle risorius (M. risorius), à peu près horizontal et
destiné à tirer l'angle de la bouche vers l'arrière, tandis qu'un abaisseur de l'angle de
la bouche (ou triangulaire des lèvres) s'isole ventralement à celui-ci. Nous avons déjà
décrit ces formations à propos des muscles de la face ; il nous suffira de rappeler que
chez les Mammifères domestiques, il n'existe très généralement qu'un muscle abais-
seur de l'angle de la bouche (M. depressor anguli oris) très large, directement continu
avec la partie cervicale du platysma et résumant le risorius et le triangulaire des lè-
vres. Quant au muscle cutané du cou, il est bien développé chez les Carnivores et
plus encore chez l'Homme et le Porc, mais il est pratiquement absent chez les Equi-
dés et les Ruminants cavicornes.
Le muscle sphincter profond du cou (M. sphincter colli profundus) est en général
bien développé ; il semble toutefois manquer chez le Porc, le Bœuf et les petits Rumi-
nants. Ses fibres se portent d'un bord à l'autre de l'encolure et aboutissent
dorsalement et ventralement sur un raphé médian. Dans nombre d'espèces (Equidés,
Carnivores) ses faisceaux les plus caudaux sont directement attachés au manubrium
sternal. Il se continue aussi sur la face en se dissociant. On s'accorde généralement à
penser que la plupart des muscles cutanés de la face en sont des parties isolées et
différenciées.
RAPPORTS
FONCTIONS
INNERVATION
La motricité est fournie par des rameaux du nerf facial et principalement par le
rameau cervical, qui descend le long de la veine jugulaire externe, ce qui souligne la
parenté entre les muscles cutanés du cou et ceux de la face. La sensibilité appartient
aux nerfs cervicaux.
PARTICULARITES SPECIFIQUES
Chez les Equidés (Pl. 185, 248), cette musculature est très mince, surtout en re-
gard des régions moyenne et dorsale de l'encolure. Dans le cou, elle est formée par
un simple muscle sphincter du cou, qui n'est charnu que dans sa partie ventro-
caudale. On lui reconnaît ainsi une partie charnue et une partie aponévrotique. La
première couvre la région cervicale ventrale. Ses fibres sont obliques en direction
dorso-crâniale ; avec celles du côté opposé, elles ont une disposition penniforme de
part et d'autre d'un raphé médio-ventral très net. Les plus caudales sont attachées
directement sur le manubrium sternal ; elles forment une bandelette (plus large et plus
épaisse chez l'Ane que chez le Cheval), dite « faisceau sternal » du muscle sphincter
du cou. En approchant de la tête, la partie charnue s'amincit et tend à disparaître. La
partie aponévrotique succède aux fibres charnues en regard du muscle brachio-
céphalique. Elle est très mince et ses fibres, à peu près transversales, s'unissent bien-
tôt à la lame superficielle du fascia cervical, avec laquelle elles atteignent le bord
dorsal de l'encolure en adhérant au passage aux muscles brachio-céphalique, omo-
transversaire et trapèze. Au niveau de la région de la gorge, des faisceaux musculai-
res se montrent de nouveau et se poursuivent sur la glande parotide et sur la joue. Ils
représentent le platysma, dont la partie cervicale est à peine constituée par quelques
fibres éparses, et qui est donc réduit à sa seule partie faciale. Cette dernière délègue
un muscle abaisseur de l'angle de la bouche large de quatre à six centimètres, qui va
se terminer avec les muscles buccinateur et zygomatique.
Chez le Bœuf, le Mouton et la Chèvre, le muscle sphincter du cou fait défaut ; il
est seulement représenté par un très mince fascia à fibres transversales, indissociable
de la lame superficielle du fascia cervical. Le platysma n'existe que dans la tête ; il
commence près du larynx, se dissocie à la surface de la joue et délègue à la commis-
sure des lèvres un abaisseur relativement étroit. Les Chameaux possèdent en
revanche un sphincter profond du cou fort bien développé et disposé à peu près
comme chez le Cheval ; le platysma est également bien reconnaissable.
Chez le Porc (Pl. 249), cette gaine musculaire du cou est très développée. Le
muscle sphincter profond du cou est presque absent, réduit à quelques faibles fais-
ceaux épars à la face profonde du platysma. Le sphincter superficiel est au contraire
bien distinct. Il prend attache au manubrium sternal et à un raphé médio-ventral ; ses
faisceaux se portent crânio-dorsalement, à la surface du platysma, auquel ils adhè-
rent. Ce dernier est remarquablement épais ; il commence sur la moitié ventrale de
'épaule, couvre la plus grande partie du cou et se continue sans démarcation à la
surface de la glande parotide puis de la joue. Le muscle abaisseur de l'angle de la
bouche est très large, épais et mal délimité du reste du platysma. Celui-ci s'étale en
outre dans la région intermandibulaire, où il rejoint sur le plan médian celui du côté
opposé.
Chez les Carnivores (Pl. 203), le muscle sphincter superficiel du cou est bien dis-
cernable dans la région de la gorge et s'étend plus ou moins selon les individus à la
surface du cou ; il est rare qu'il atteigne la moitié caudale de cette région. Le platys-
ma commence à la face latérale de l'épaule et au bord dorsal du cou, sans couvrir la
région présternale. Il se continue sur la face à peu près comme chez le Porc et forme
encore un large muscle abaisseur de l'angle de la bouche ; toutefois, il est propor-
tionnellement plus mince que chez le Porc et beaucoup plus mobile. Le muscle
sphincter profond du cou entoure entièrement le cou et se continue de façon mani-
feste sur la face en se dissociant pour participer à l'organisation des muscles cutanés
522 -
M. sterno-céphalique M brachio-céphalique
M. trapèze (partie cervicale) M. trapèze (partie thoracique)
Glande
Muscle masséter
M. abaisseur
de l'angle de la
M. sphincter superficiel du
M. brachio-céphalique
Muscle deltoïde
M. triceps brachial
Pharynx
omo-hyoïdien<
M. masséter
M. thyro-hyoïdien^
M. sterno-hyoïdien ^
Mm. sterno-thyroïdiens ^ /
M. subclavier^
M. brachio-céphalique | M - <=l«do-céphalique/ /
( M . cléïdo-brachial
M. pectoral i
M. sphincter superficiel du cou (coupé) ^
Muscle deltoïde' M. triceps brachial
ce la région. La musculature cutanée du cou du Chat est plus puissante encore que
celle du Chien ; le platysma est beaucoup plus large.
Chez le Lapin, le platysma est mince et pâle, directement adhérent à la peau,
dont il est difficile à séparer. Il se prolonge caudalement jusqu'à la partie dorsale du
:norax. Sur la tête, il s'étend jusqu'à la région occipitale et fournit d'autre part un
arge muscle abaisseur de l'angle de la bouche. Le muscle sphincter profond est bien
c stinct du platysma ; il commence au sternum par un faisceau si fort qu'il pourrait
s muler un sterno-céphalique, mais s'amincit beaucoup vers la tête, où il se perd à la
surface de la région parotidienne.
chez les Mammifères domestiques. Chez les Carnivores, elle est toutefois complétée
En raison de la grande variabilité interspécifique des attaches sur la tête, le terme « M. sternocephalicus » est le seul qui soit
applicable à toutes les espèces, donc valable en Anatomie comparée. Son adoption par les N.A.V. est parfaitement justifiée et il
- t a aucun intérêt à conserver de vieux termes particuliers à certaines espèces, tels que « M. sternomandibularis » ou « M.
sternomastoideus ».
524 -
Tendon du m.
M. omo-hyoïdien
sterno-céphalique
M. brachio-céphalique
Mm. sterno-hyoïdiens
et sterno-thyroïdiens M. omo-transversaire
M. sterno-céphalique M trapèze
(partie cervicale)
M. brachio-céphalique
Faisceau sternal
du m. sphincter du cou
Triangle delto-pectoral
M. pectoral descendant
par une large et mince expansion occipitale (Pars occipitalis). Chez les grands Ongu-
lés, elle se prolonge par un fort tendon. Enfin, dans diverses espèces (Bœuf, Chèvre,
Tapir), le sterno-céphalique est presque entièrement dédoublé en deux muscles qui
divergent à angle très aigu du côté crânial. Chez le Bœuf et la Chèvre, l'une de ces
parties est mastoïdienne (Pars mastoidea) et l'autre mandibulaire (Pars mandibularis).
Cette dernière manque ou est rudimentaire chez le Mouton.
Insertions : dans toutes les espèces, l'origine se fait à l'extrémité crâniale du ma-
nubrium sternal, très près de celle du muscle opposé (Homme) ou en commun avec
elle (Mammifères domestiques). La terminaison est beaucoup plus variable. Chez
l'Homme, elle se fait sur le processus mastoïde de l'os temporal et sur la ligne courbe
supérieure de l'os occipital, où elle s'unit à celle du muscle cléido-mastoïdien. Il en est
à peu près de même chez les Carnivores. Chez le Porc et le Lapin, la' terminaison se
localise au processus mastoïde et elle reste t o u t à fait distincte de celle du muscle
cléido-mastoïdien. Chez le Lapin, le tendon terminal délègue en outre au passage
quelques faisceaux au processus angulaire de la mandibule' 11 . C'est sur la tubérosité
sterno-céphalique de cet os, un peu au-dessus de l'angle mandibulaire, que se porte le
tendon terminal chez les Equidés ; celui-ci délègue en outre entre la glande parotide et
la glande mandibulaire une expansion fibreuse, dite fascia sous-parotidien, qui se
porte sur la terminaison du muscle brachio-céphalique et constitue un vestige mani-
feste de l'insertion mastoïdienne. Cette double terminaison, mandibulaire et
mastoïdienne, est plus évidente encore chez les Chameauxr-Ejnfin, chez le Bœuf et la
Chèvre, la partie mastoïdienne n'envoie qu'une faible expansion au processus mas-
toïde et se porte par un tendon sur le tubercule musculaire de la partie basilaire de
l'os occipital. La partie mandibulaire atteint par un tendon plat et élargi le tubercule
facial en s'unissant à l'aponévrose du masséter, après avoir délégué une insertion de
passage à la partie molaire de la mandibule.
Conjonctif sous-cutané
de la région de la crinière
Corde du ligament nuchal Peau
M. rhomboïde du cou
M. splénius
Rameaux des A. et V. scapulaires dorsales
M. semi-épineux de la tête
_ Lame du ligament nuchal
Nerf accessoire
et V. cervicales profondes
M. longissimus de l'atlas
M. épineux du cou
M. épineux du cou
M. multifide du cou
Cinquième nerf cervical
(Rameau dorsal)
M. omo-transversaire
Dure-mère
Moelle épinière
Plexus veineux vertébral int.
M. intertransversaire
du cou Nerf vertébral
Cinquième nerf cervical
et V. vertébrales
(Rameau ventral)
M. longissimus du cou
M. longissimus du cou
M. omo-hyoïdien
M. scalène ventral
M. omo-hyoïdien
M. long du cou
Tronc vago-sympathique
V.
A. carotide commune
Œsophage
Tronc lymphatique trachéal
M. sterno-céphalique
Mm. sterno-hyoïdien et sterno-thyroïdien
M. sphincter du cou _ Peau
M. buccinateur
Ventre rostral
au m. digastrique
M. transverse de la mandibule
{ P. mandib. M. omo-transversaire
M. sterno-céphalique J
[ P. mastoïd.
M. trapèze
(partie cervicale)
M. brachio-céphalique
M. cléïdo-céphalique
M. cléïdo-brachial
Triangle delto-pectoral
Muscle deltoïde
M. pectoral descendant
M. triceps brachial
Insertions : l'origine est en règle générale située sur la crête humérale, à peu de
distance de la tubérosité deltoïdienne chez les Ongulés, nettement plusTîâs^çhez le
Chien, près de l'extrémité distale de l'humérus chez le Lapin et nombre de Carnivores
sauvages. Chez le Chat et les félins, elle abandonne même l'humérus et se trouve
transférée au côté médial de l'extrémité proximale de l'ulna. Il est remarquable que
dans toutes les espèces, cette attache caudale du muscle brachio-céphalique soit unie
à l'insertion terminale du muscle pectoral descendant l2) .
L'extrémité crâniale prend des insertions multiples et variables avec les espèces.
La partie mastoïdienne aboutit au processus mastoïde et à la crête mastoïdienne, en
général par une courte lame aponévrotique qui peut se prolonger sur la crête nuchale ;
chez l'Homme, le Porc et les Carnivores, cette terminaison s'unit à celle du muscle
sterno-céphalique. La partie occipito-cervicale s'élargit beaucoup et devient aponévro-
tique pour s'attacher sur la ligne courbe de l'os occipital (où une continuité peut
s'établir avec la précédente) et sur une longueur plus ou moins grande de la corde du
ligament nuchal ou du raphé qui en tient lieu. Enfin, le petit chef basilaire aboutit au
tubercule musculaire de la pars basilaris de l'os occipital, en commun avec le muscle
long de la tête et chez les Bovidés, avec le faisceau similaire du sterno-céphalique.
(1} Les N.A.V. semblent ignorer la nature trapézienne de cette partie, qu'ils qualifient de « Pars occipitalis » chez les Ruminants
et le Porc et de « Pars cervicalis » chez les Carnivores. Chez l'Homme, la partie claviculaire du muscle trapèze est insérée sur la
ligne courbe supérieure de l'os occipital et sur le ligament nuchal. L'insertion nuchale est réduite chez le Bœuf, les petits Rumi-
nants et le Porc, largement dominante chez les Carnivores, mais en réalité toujours à la fois occipitale et nuchale. En outre, les
N.A.V. ignorent totalement la partie, pourtant très évidente qui aboutit, chez le Bœuf et les petits Ruminants au processus
basilaire de l'os occipital, qui justifierait le terme « Pars bas ans
(2) Chez le Chien toutefois, les deux muscles sont adjacerts mais non confondus.
530 -
M. multifide du cou
M. brachio-céphalique M. brachio-céphalique
M. intertransversaire
ventral du cou Processus transverse
(Cuspide ventrale)
M. long du cou Tronc vago-sympathique
Lame prévertébrale
du fascia cervical V. jugulaire externe
Rapports : le muscle cléido-brachial n'est séparé de la peau que par le mince fas-
cia superficiel. Le cléido-céphalique en est séparé par le feuillet superficiel du fascia
cervical et par la musculature cutanée ; chez les Equidés, le muscle sphincter du cou
adhère intimement à sa surface. La partie mastoïdienne, quand elle n'est pas cou-
verte par la terminaison du sterno-céphalique, est en rapport près de l'atlas avec la
glande parotide et les muscles cervico-auriculaires.
La face profonde du muscle cléido-brachial couvre le muscle biceps brachial ;
chez les Carnivores et le Lapin, elle s'insinue entre ce muscle et le brachial pour at-
teindre la crête humérale ou l'ulna. La région voisine de l'intersection claviculaire se
moule sur la pointe de l'épaule ; elle couvre en outre la partie scapulaire du muscle
subclavier quand elle existe (Equidés, Porc, Lapin). Le muscle cléido-céphalique cou-
vre aussi : les muscles scalènes, les nœuds lymphatiques cervicaux profonds, les
vaisseaux ventraux du cou, puis les muscles omo-hyoïdien (absent chez les Carnivo-
res et le Lapin, réduit chez les Ruminants), omo-transversaire (absent chez l'Homme)
et près de la tête, les terminaisons du longissimus et du splénius. Sa face profonde
est croisée par le nerf accessoire. Le chef basilaire, quand il existe, entre aussi en
contact avec le pharynx et le muscle long de la tête.
M. digastrique^ M. mylo-hyoïdien
M. masséter M. digastrique
Veine faciale.
M. sterno-hyoïdien^ M. sterno-hyoïdien
M. sterno-céphalique. cléïdo-céphalique
M. brachio-céphalique. M. brachio-
Intersection clavicul
céphalique
l'os hyoïde. Ils sont ainsi relativement forts chez l'Homme et chez le Porc, dont le
larynx est placé bas dans le cou et très mobile ; le sterno-thyroïdien est même dé-
doublé chez le Porc. Ils sont plus longs et plus étroits chez les Carnivores, le Lapin,
les Ruminants et particulièrement grêles chez les Equidés. Chez ces derniers, ils sont
rendus digastriques par la présence d'un petit tendon intermédiaire, caudalement
auquel ils sont confondus en un ventre unique ; dans les autres espèces, une inter-
section fibreuse peut y apparaître à titre d'anomalie ; elle est rudimentaire mais
habituelle chez les Carnivores.
Insertions : les deux muscles prennent origine très près l'un de l'autre (en com-
mun chez les Equidés) à l'extrémité crâniale ou à la face dorsale (Carnivores, Lapin)
du manubrium sternal. Cette attache est contiguë à celle des muscles du côté opposé
chez les Mammifères domestiques ; elle en est un peu plus distante -chez l'Homme,
où quelques faisceaux de fibres prennent en outre origine sur la clavicule. Le muscle
sterno-hyoïdien se termine à la face ventrale du corps de l'os hyoïde. Le muscle ster-
no-thyroïdien aboutit au bord caudal de la lame du cartilagiPtkyroïde du larynx ; chez
le Porc, un faisceau distinct va à la partie médiane de ce même cartilage.
Rapports : les deux muscles sont d'abord accolés, le sterno-hyoïdien couvrant le
sterno-thyroïdien. Ils divergent légèrement du côté crânial et se séparent à leur termi-
naison. Chez les Mammifères domestiques, ceux du côté droit et ceux du côté
gauche sont directement adjacents sur le plan médian ; ils sont au contraire séparés
chez l'Homme par un intervalle qui laisse à découvert la face ventrale de la trachée et
du larynx. A leur origine, ils sont couverts par les muscles sterno-céphaliques, les-
quels divergent crânialement. Leur terminaison est de même couverte chez les
Equidés par celle du muscle omo-hyoïdien, qui converge avec celui du côté opposé
sous le corps de l'os hyoïde. Ils couvrent la face ventrale de la trachée ainsi que, à
leur origine, le confluent des veines jugulaires à l'entrée de la poitrine et près de leur
terminaison, la glande thyroïde et la face ventrale du larynx.
Fonctions : prenant point fixe à leur insertion sternale, ces muscles tirent l'os
hyoïde et le larynx en direction caudale. Ils sont donc antagonistes des élévateurs du
larynx et des protracteurs de la langue, c'est-à-dire des muscles suprahyoïdiens.
Vaisseaux et nerfs : ramuscules des artères carotide commune et thyroïdiennes,
ainsi que des veines jugulaires ; branches ventrales des premiers nerfs cervicaux.
Veine linguo-faciale du m.
sterno-céphalique
M. omo-hyoïdien
M. subclavier
Triangle delto-pectoral
Origine du m.
brachio-céphalique (coupé)
M. pectoral descendant
i l ) Peu de muscles ont d o n n é lieu à d ' a u s s i grandes d i v e r g e n c e s entre les auteurs ni reçu de n o m s aussi variés que les scalènes.
Leur n o m b r e m ê m e a été c o n t r o v e r s é et les grandes d i f f é r e n c e s interspécifiques de leur m o r p h o l o g i e accroissent les d i f f i c u l t é s
de leur h o m o l o g a t i o n . L ' é t u d e de leur i n n e r v a t i o n a d é m o n t r é la parenté du scalène dorsal avec le s y s t è m e des m u s c l e s inter-
transversaires mais n'a pu aboutir à une p r o p o s i t i o n de n o m e n c l a t u r e c o m p a t i b l e avec ce que m o n t r e la simple dissection dans
les diverses espèces. La seule solution logique pour l ' A n a t o m i e c o m p a r é e consisterait à tenir c o m p t e des a t t a c h e s costales, qui
p e r m e t t r a i e n t de reconnaître : 1) d e u x scalènes de la première c ô t e , qui s ' a r r ê t e n t à c e t os et qui s o n t l ' u n v e n t r a l et l'autre
dorsal (ce dernier c o r r e s p o n d a n t au scalène m o y e n de la n o m e n c l a t u r e actuelle' ; 21 un scalène t r a n s c o s t a l (ou s u p r a c o s t a l } , qui
se porte au-delà de la première c ô t e et se t e r m i n e à la f a c e e x t e r n e de la paroi t h o r a c i q u e ; ce dernier est subdivisé dans beau-
coup d ' e s p è c e s en plusieurs f a i s c e a u x qui pourraient é v e n t u e l l e m e n t ê t r e c o n s i d é r é s c o m m e des muëcles d i s t i n c t s .
Planche 2 5 6 - MUSCLES SCALÈNES ET L O N G DU C O U DU CHEVAL
- 537
Rapports : le muscle scalène dorsal couvre en partie les deux autres, ainsi que les
premières côtes, les premiers espaces intercostaux, les dernières digitations du mus-
cle dentelé du cou et, chez les Carnivores, les premières du dentelé ventral du thorax.
L'ensemble de la masse scalénique est couvert par les muscles brachio-
céphalique, omo-hyoïdien, subclavier, voire par la terminaison du pectoral ascendant ;
ces rapports s'établissent par l'intermédiaire d'une forte couche de conjonctif lâche,
538 -
Muscles scalènes
M. ilio-costal
du M. intertransv.
ventral du cou
M. omo-tran^versaire P. occip.-cerv.
M brachio-céphalique :
accessoire
P. occipito-cerv.
Platysma
P. mastoïdienne
A. carotide commune
M. sterno-hyoïdien M. sterno-céphalique