Final 3
Final 3
Par :
Sous l’encadrement de :
ANNEE ACADEMIQUE
2024 - 2025
Déclaration sur l’honneur
Le présent document est une œuvre originale du candidat et n’a été soumis nulle part
ailleurs en partie ou en totalité, pour une autre évaluation. Les contributions externes ont
été dûment mentionnées et recensées en bibliographie
Signature du candidat
DIPES II i 2024-2025
Table des matières
Dédicace iv
Remerciements v
Résumé vi
Abstract vii
Introduction générale 1
1 Préliminaires 2
1.1 Opérateurs linéaires dans un espace de Banach . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.1.1 Opérateurs linéaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.1.2 Théorème de densité, espaces de Banach . . . . . . . . . . . . . . 4
1.1.3 Ensemble de dualité et application duale . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2 Sémigroupes d’opérateurs linéaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.2.1 Définitions et premières propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.2.2 Opérateur maximal . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.2.3 Théorème de Fattorini . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.2.4 Théorèmes de génération . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.3 Problème de Cauchy . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
DIPES II ii 2024-2025
TABLE DES MATIÈRES iii
3 Implication pédagogique 42
3.1 Une opportunité pour l’enseignant de renforcer sa culture mathématique . . 42
3.2 Développer chez l’élève la capacité à comprendre et utiliser les connais-
sances mathématiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
3.3 Renforcer l’aptitude des élèves à mener un raisonnement logique et structuré 43
3.4 Initier à l’usage des TIC pour illustrer des situations dynamiques . . . . . . 43
Conclusion et perspectives 45
Bibliographie 45
DIPES II iv 2024-2025
Remerciements
DIPES II v 2024-2025
Résumé
Dans ce travail nous considérons un système d’équations aux dérivées partielles décrivant
un modèle de file d’attente M/G/1 avec serveur optionnel déterministe. Nous transformons
ensuite ce système en un problème abstrait de Cauchy à l’aide de la théorie des sémigroupes.
Nous démontrons enfin l’existence et l’unicité d’une solution, à l’aide du théorème de Hille-
Yosida.
Mots clés : File d’attente M/G/1 avec serveur optionnel déterministe, équations aux
dérivées partielles, problème abstrait de Cauchy, théorème de Hille-Yosida.
DIPES II vi 2024-2025
Abstract
Keywords : M/G/1 queueing model with optinal deterministic server, partial differential
equations, abstract Cauchy problem, Hille-Yosida theorem.
Les files d’attente jouent un rôle fondamental dans l’analyse des systèmes dynamiques où
des entités attendent pour être servies ; comme dans des services publics, les réseaux infor-
matiques et de télécommunication, des systèmes de productions industrielles. De nombreux
modèles mathématiques existent, basés sur les lois d’arrivée des clients, la distribution des
temps de service, le nombre de serveurs ou encore les règles de fonctionnement du système.
Le modèle M/G/1, en particulier, correspond à une file d’attente avec arrivées aléatoires
(modélisées par un processus de Poisson), un seul serveur et permet de prendre en compte
une loi de service générale, offrant ainsi une grande flexibilité de modélisation.
Dans notre mémoire, nous nous intéressons à une extension particulière du modèle M/G/1,
à savoir le modèle M/G/1 avec serveur optionnel déterministe. Cette extension introduit
une structure supplémentaire dans le système en permettant l’intervention d’un second ser-
veur optionnel dont le temps de service est prédéterminé. Cette configuration conduit ainsi
à un système d’équations aux dérivées partielles (EDP) dont l’analyse requiert des outils un
peu avancés.
Nous nous posons cette question de savoir comment démontrer l’existence et l’unicité d’une
solution pour une telle extension à partir d’un système d’EDP la décrivant.
Pour y parvenir, nous procédons à une formulation du système d’EDP en un problème abs-
trait de Cauchy dans un espace de Banach. L’existence et l’unicité de la solution de ce pro-
blème abstrait sont établies à l’aide du théorème de Hille-Yosida.
Notre travail principal est donc subdivisé en deux chapitres dont le premier, intitulé Pré-
liminaires présente les résultats essentiels de la théorie des opérateurs et de la théorie des
sémigroupes ; et le deuxième est consacré à la présentation du modèle, sa transformation en
un problème abstrait de Cauchy et la démonstration de l’existence et l’unicité d’une solution
de ce problème abstrait de Cauchy. Nous terminons notre travail par un troisième chapitre
indépendant, intitulé Implication pédagogique où nous donnons les implications pédago-
giques de notre mémoire quant au système éducatif actuel.
DIPES II 1 2024-2025
Chapitre Un
Préliminaires
Nous présentons dans ce chapitre les résultats nécessaires pour la détermination de l’exis-
tence et l’unicité d’une solution d’un problème abstrait de Cauchy. Nous donnons ainsi des
résultats de le théories des opérateurs et de la théorie des sémigroupes et nous terminons par
la présentation d’un problème de Cauchy.
On appelle opérateur linéaire sur E tout couple (A, D(A)) où A est une application
linéaire de E vers F et D(A) est un sous-espace vectoriel de E appelé domaine de A.
Notation 1.1.1. On note par (L (E, F), ∥·∥) (avec ∀A ∈ L (E, F) ∥A∥ = sup {∥Ax∥F : ∥x∥E ≤ 1})
l’espace de Banach des opérateurs linéaires bornés de E vers F et par L (E) l’espace de
Banach des opérateurs linéaires bornés de E vers E.
DIPES II 2 2024-2025
1.1 Opérateurs linéaires dans un espace de Banach 3
La somme et le produit d’opérateurs linéaires sont des opérateurs linéaires. Nous avons
rigoureusement la définition suivante (Voir Fattorini [7]) :
Soit (A, D(A)) et (B, D(B)) deux opérateurs de L (E, F). On définit les opérateurs A + B
et AB par :
Nous présentons ici les définitions d’opérateurs fermés et d’opérateurs denses (voir H.
Brezis [4]) et nous donnons une conditions nécessaire et suffisante pour qu’un opérateur
linéaire soit fermé (voir Fattorini [7]).
Soit (A, D(A)) un opérateur linéaire sur E. On dit que A est fermé si son graphe noté
G(A) = {(x, Ax) : x ∈ D(A)} est fermé dans E × F
Soit (A, D(A)) un opérateur dans L (E, F). A est fermé si et seulement si :
∀ (xn )n ⊂ D(A)/ lim xn = x et lim Axn = y ⇒ (x ∈ D(A) et Ax = y) .
n→∞ n→∞
Soit (A, D(A)) un opérateur linéaire dans E. Lorsque D(A) est dense dans E, on dit que
(A, D(A)) est à domaine dense dans E.
DIPES II 3 2024-2025
1.1 Opérateurs linéaires dans un espace de Banach 4
n o
ρ(A) = λ ∈ C, (λI − A) est bijective de D(A) dans E et (λI − A)−1 ∈ L (E) .
avec ! 1p
Z
∥ f ∥L p (Ω) = p
| f (x)| dx
Ω
DIPES II 4 2024-2025
1.1 Opérateurs linéaires dans un espace de Banach 5
Z ! 1p
∥ f ∥L p (Ω)) = p
| f (x)| dx .
Ω
n o
Θ(u) = u′ ∈ E ′ / ∥u′ ∥2 = ∥u∥2 = ⟨u′ , u⟩ .
n o
Remarque 1.1.1 ([7]). (i) Θ(0) = 0̃ , 0̃ étant la forme linéaire nulle sur E.
(ii) ∀u ∈ E, Θ(u) est non vide et est convexe fermé.
Définition 1.1.7 ([7])
DIPES II 5 2024-2025
1.1 Opérateurs linéaires dans un espace de Banach 6
Soit E un espace de Banach sur le corps R. On désigne par “ ≤ ” une relation d’ordre
partiel sur E, c’est-à-dire une relation réflexive, antisymétrique et transitive (voir Burris [5]).
Dans la suite E est muni de la relation d’ordre partiel “ ≤ ” ; on dit que (E, ≤) est partiellement
ordonné (voir Burris [5]).
(E, ≤) est appelé treillis si ∀u, v ∈ E, sup {u, v} et inf {u, v} existent.
Exemple 1.1.1 ([5]). Sur l’ensemble P(R) des parties de R, la relation d’inclusion ⊆ est
une relation d’ordre partiel et (P(R), ⊆) est un treillis, avec ∀A, B ∈ P(R), sup {A, B} = A ∪ B
et inf {A, B} = A ∩ B
L’espace E est appelé treillis de Banach si les conditions suivantes sont vérifiées pour
tout u et v dans E :
(i) Si u ≤ v alors u + w ≤ v + w, ∀w ∈ E.
DIPES II 6 2024-2025
1.2 Sémigroupes d’opérateurs linéaires 7
(i) u = u+ − u−
(ii) |u| = u+ + u− .
Soit E un treillis de Banach. Une application duale θ : E → E ′ est dite propre si elle
satisfait les deux conditions suivantes :
Dans la section suivante et avec ces résultats de la théories des opérateurs, nous abordons
la notion de sémigroupes d’opérateurs linéaires.
DIPES II 7 2024-2025
1.2 Sémigroupes d’opérateurs linéaires 8
Une famille (T (t))t≥0 d’opérateurs linéaires bornés sur E est appelée sémigroupe d’opé-
rateurs linéaires bornés sur E si elle vérifie l’équation fonctionnelle :
T (t + s) = T (t)T (s) ∀t, s ≥ 0
(1.1)
T (0) = IdL (E) .
ω0 (T ) = in f ω ∈ R : ∃M ≥ 1, ∀t ≥ 0 ∥T (t)∥ ≤ Meωt .
De plus, T est dit borné si l’on peut prendre ω = 0 dans (1.2) et contractant si l’on peut
prendre ω = 0 et M = 1.
T est dit isométrique si ∥T (t)x∥E = ∥x∥E ∀t > 0 et x ∈ E.
DIPES II 8 2024-2025
1.2 Sémigroupes d’opérateurs linéaires 9
Soit T (·) : R+ → Mn (C) une fonction continue vérifiant (1.1). Alors il existe A ∈ Mn (C)
telle que T (t) = etA , ∀t ≥ 0.
∞ n n
X t A
etA := , ∀t ≥ 0. (1.3)
n=0
n!
(ii) la fonction t 7→ T (t) := etA de R+ dans (L (E), ∥·∥E ) est différentiable et satisfait
d
T (t) = AT (t), t ≥ 0
dt (1.4)
T (0) = I
Tout sémigroupe uniformément continu (T (t))t≥0 sur E est de la forme T (t) = etA , t ≥ 0 et
A ∈ L (E).
DIPES II 9 2024-2025
1.2 Sémigroupes d’opérateurs linéaires 10
T (t)x − x
Ax := ξ̇ x (0) = lim , x ∈ D(A) = {x ∈ E, ξ x différentiable à droite en 0} .
t→0 t
Soit (A, D(A)) un opérateur sur l’espace de Banach X. Soit Y une partie de X.
La partie de A dans Y est l’opérateur A| défini par
A| y = Ay et D(A| ) = {y ∈ D(A) ∩ Y : Ay ∈ Y}
A| est appelé opérateur maximal induit par A sur Y et coïncide avec le générateur du
sémigroupe T (t)| t≥0 sur le sous-espace Y.
Soit (A, D(A)) le générateur du sémigroupe fortement continu (T (t))t≥0 sur X. Si le sémi-
groupe restreint T (t)| t≥0 est fortement continu sur un sous espace
(T (t))t≥0 -invariant Y, alors le générateur de T (t)| t≥0 est A| , D(A| ) .
DIPES II 10 2024-2025
1.2 Sémigroupes d’opérateurs linéaires 11
Si Y est un sous espace fermé de l’espace de Banach X, (T (t))t≥0 − invariant alors le géné-
rateur de T (t)| t≥0 est donné par : A| y = Ay et D(A| ) = D(A) ∩ Y.
Proposition 1.2.6
Définition 1.2.10
Définition 1.2.11
Si ∥S (t)u∥ = ∥u∥ ∀u ∈ E alors S (.) est dit isométrique dans [0, +∞[ .
DIPES II 11 2024-2025
1.2 Sémigroupes d’opérateurs linéaires 12
Définition 1.2.12
Soit A ∈ C+ (C, ω). On suppose que le propagateur de l’équation (1.5) est isométrique. Alors
A est conservatif par rapport à une application duale.
Réciproquement, on suppose que A est à domaine dense, conservatif par rapport à l’appli-
cation duale θ : D(A) → E ∗ et que (λI − A)D(A) = E, λ > 0. Alors A ∈ C+ (1, 0) et le
propagateur de (1) est isométrique.
Soit (A, D(A)) un opérateur linéaire non borné dans l’espace de Banach E. (A, D(A)) est
dit dissipatif si ∀x ∈ D(A), ∀λ > 0 on a : ∥λx − Ax∥ ≥ λ ∥x∥ .
DIPES II 12 2024-2025
1.2 Sémigroupes d’opérateurs linéaires 13
Soit (A, D(A)) le générateur d’un C0 -sémigroupe (T (t))t≥0 sur E tel que pour certains w ∈ R
et M ≥ 1, ∥T (t)∥ ≤ Mewt , ∀t ≥ 0. Si B ∈ L (E) alors l’opérateur A + B de domaine D(A +
B) = D(A) génère un C0 -sémigroupe (S (t))t≥0 satisfaisant ∥S (t)∥ ≤ Me(w+M∥B∥)t quelque soit
t ≥ 0.
Théorème de Lumer-Phillips
Soient E et F deux espace de Banach et (A, D(A)) et (B, D(B)) deux opérateurs linéaires
de E dans F.
1 On dit que l’opérateur A est fermable s’il admet une extension fermée.
2 L’adhérence de son graphe est le graphe d’un opérateur noté A qu’on appelle
fermeture de A.
DIPES II 13 2024-2025
1.3 Problème de Cauchy 14
On suppose ici que E = F et que A est dissipatif et à domaine dense. Alors les propriétés
suivantes sont équivalentes :
Théorème de Hille-Yosida
Soit E un espace de Banach et (A, D(A)) un opérateur linéaire non borné sur E.
(A, D(A)) dit m-dissipatif s’il est dissipatif et ∀λ > 0 l’opérateur λI − A est surjectif.
(A, D(A)) est le générateur infinitésimal d’un C0 -sémigroupe de contraction sur E si et seule-
ment si les conditions suivantes sont satisfaites :
(A, D(A)) est le générateur infinitésimal d’un sémigroupe de contraction sur E si et seule-
ment s’il est m-dissipatif et à domaine dense dans E.
DIPES II 14 2024-2025
1.3 Problème de Cauchy 15
Où (A, D(A)) est un opérateur à domaine dense sur E et u(·) est une fonction à valeurs dans
E.
est appelé problème abstrait de Cauchy (PAC) associé à l’opérateur (A, D(A)) et de
valeur initiale x ∈ E.
On dit que le (PAC) 1.9 est bien posé si les assertions suivantes sont satisfaites :
(b) Dépendance continue des solutions par rapport aux données initiales :
Il existe une fonction C sur R+ , non décroissante et non négative telle que
∥u(t)∥ ≤ C(t) ∥u(0)∥ , t ≥ 0 pour n’importe quelle solution u(·) de (1.8).
Soit (A, D(A)) le générateur d’un sémigroupe fortement continu (T (t))t≥0 sur E. Alors, pour
chaque x ∈ D(A) la fonction u : t 7→ u(t) := T (t)x est l’unique solution du (PAC) (1.9).
DIPES II 15 2024-2025
1.3 Problème de Cauchy 16
Soit A ∈ C+ (1, 0). On suppose que le propagateur S (·) de (1.5) est positif pour tout t ≥ 0,
(c’est-à-dire, les solutions avec valeurs initiales positives restent positives dans le temps).
Alors A est dispersif suivant une quelconque application duale θ.
Réciproquement, on suppose que A est dispersif suivant une application duale θ et que
(λI − A)D(A) = E pour λ > 0. Alors A ∈ C+ (1, 0) et S (·) est positif pour tout t ≥ 0.
Nous venons dans ce chapitre préliminaire de rassembler les résultats fondamentaux né-
cessaires pour la suite de notre travail. Nous avons commencé par présenter les notions es-
sentielles sur les opérateurs linéaires dans un espace de Banach, ensuite nous avons présenté
des résultats de la théorie des sémigroupes d’opérateurs linéaires et nous avons terminé par
la présentation d’un problème de Cauchy, qui constitue le cadre mathématique dans lequel
sera étudié notre modèle.
DIPES II 16 2024-2025
Chapitre Deux
Z ∞
dQ(t)
= −λQ(t) + (1 − p) W0 (x, t)µ(x)dx + K0 V0 (t), (2.1)
dt 0
DIPES II 17 2024-2025
2.1 Présentation du modèle 18
Z ∞
dVn (t)
= −Vn (t) + p Wn (x, t)µ(x)dx, n ≥ 0, (2.4)
dt 0
Z ∞
W0 (0, t) = (1 − p) W1 (x, t)µ(x)dx + K1 V0 (t) + K0 V1 (t) + λQ(t), (2.5)
0
Z ∞ n+1
X
Wn (0, t) = (1 − p) Wn+1 (x, t)µ(x)dx + Kr Vn−r+1 (t), n ≥ 1, (2.6)
0 r=0
Où :
— (x, t) ∈ R+ × R+ ,
— Q(t) est la probabilité que le serveur soit inactif à l’instant t et qu’il n’y ait aucun
client dans le système,
— Vn (t), n ≥ 0 est la probabilité que le serveur soit en vacance et qu’il y ait n clients
dans le système à l’instant t,
— Wn (x, t)dx, n ≥ 0 est la probabilité qu’à l’instant t, le serveur soit en activité et qu’il
y ait n clients dans le système, avec le temps de service écoulé du client en cours de
service se situant dans l’intervalle ]x; x + dx],
— λ est le taux moyen d’arrivée des clients,
— Kr , r ≥ 0 est la probabilité que r clients arrivent à chaque période de vacances fixe ;
e−λd (λd)r
Kr vérifie Kr = , où d est le taux de durée des vacances du serveur,
r!
— p est la probabilité que le serveur décide de prendre des vacances à la fin de chaque
service,
— µ(x) est le taux de complétion de service du serveur et vérifie
Z ∞
µ(x) ≥ 0, µ(x)dx = ∞.
0
DIPES II 18 2024-2025
2.2 Transformation du modèle en un problème abstrait de Cauchy 19
Lemme 2.2.1
Posons
∞
X
Y = + 1 (R ) < ∞ .
1 1
W ∈ R × L (R ) × L (R ) × · · · tel que : |Q| ∥W (x)∥
+ + + n L +
n=0
∞
X
Alors l’espace (Y , ∥·∥Y ), avec ∥W∥Y = |Q| + ∥Wn (x)∥L1 (R+ ) est un espace de Banach.
n=0
Preuve. Soit W k = Qk , W1k (x), W2k (x), · · · une suite de Cauchy dans Y . Alors
k∈N k∈N
Qk est de Cauchy dans R et ∀n ∈ N , ∀x ∈ R+ , Wnk (x) est de Cauchy dans L1 (R+ ).
k∈N
k∈N
Donc Qk et Wnk (x) convergent dans R et L1 (R+ ) respectivement, car R et L1 (R+ ) sont
k∈N k∈N
des espaces complets.
Notons par Q et Wn (x) leurs limites respectives.
On a : lim Qk = Q et ∀n ≥ 0 , ∀x ∈ R+ , lim Wnk (x) = Wn (x)
k→∞
k→∞
⇒ lim Qk , W1k (x), W2k (x), · · · = (Q, W1 (x), W2 (x), · · · )
k→∞
⇒ lim W k = W = (Q, W1 (x), W2 (x), · · · )
k→∞
Il reste à montrer que W ∈ Y .
DIPES II 19 2024-2025
2.2 Transformation du modèle en un problème abstrait de Cauchy 20
∞
X ∞
X
On a : |Q| + ∥Wn (x)∥L1 (R+ ) = lim Qk + lim Wnk (x) L1 (R+ )
k→∞ k→∞
n=0 n=0
∞
X
= lim Q + lim
k
Wnk (x) L1 (R+ )
k→∞ k→∞
n=0
∞
X
car Wnk (x) < ∞, comme ∀k ∈ N W k ∈ Y .
L1 (R+ )
n=0
∞
k X
= lim Q +
Wnk (x) L1 (R )
k→∞ +
n=0
∞
X ∞
X
Donc |Q| + ∥Wn (x)∥L1 (R+ ) < ∞ car Qk + Wnk (x) L1 (R+ )
< ∞,
n=0 n=0
comme ∀k ∈ N, W k ∈ Y .
Théorème 2.2.1
n o
Soit : X = (W, V)|W ∈ Y , V ∈ ℓ1 et ∥W∥Y + ∥V∥ℓ1 < ∞ et ∥(W, V)∥X = ∥W∥Y + ∥V∥ℓ1 .
Alors (X , ∥·∥X ) est un espace de Banach.
ie W ∈ Y et V ∈ ℓ 1
car Y et ℓ1 sont des espaces de Banach
D’où (W, V) ∈ X
On conclut que X est un espace de Banach comme sous-espace fermé d’un espace de
Banach.
□
DIPES II 20 2024-2025
2.2 Transformation du modèle en un problème abstrait de Cauchy 21
dWn
∈ L1 (R+ ), Wn (x) est absolument continue et
(W, V) ∈ X
dx
D(Am ) = .
P∞ dWn
<∞
n=0
dx L1 (R+ )
−λ 0 0 0 · · · Q −1 0 0 0 · · · V0
0 − d 0 0 · · · W0 (x) 0 −1 0 0 · · · V1
dx
A(W, V) = 0 d
,
· · · W1 (x) 0 0 −1 0 · · · V2 .
0 − dx 0
d
0 0 0 − dx · · · W2 (x) 0 0 0 −1 · · · V3
.. .. .. .. . . .. .. .. .. .. . . ..
. . . . . . . . . . . .
0 0 0 0 · · · Q K0 0 0 0 · · · V0 0
0 D 0 0 · · · W0 (x) 0 0 0 0 · · · V1 0
U(W, V) = 0 λ D 0 · · · W1 (x) + 0 0 0 0 · · · V2 , 0 .
0 0 λ D · · · W2 (x) 0 0 0 0 · · · V3 0
.. .. .. .. . . .. .. .. .. .. . . .. ..
. . . . . . . . . . . . .
0 (1 − p)ψ 0 · · · Q 0 pψ 0 0 · · · Q
0 0 0 · · · W0 (x) 0 0 pψ 0 · · · W0 (x)
E(W, V) = 0 0 · · · W1 (x) , 0 0 0 pψ · · · W1 (x) .
0
0 0 0 · · · W2 (x) 0 0 0 0 · · · W2 (x)
.. .. .. . . .. .. .. .. .. . . ..
. . . . . . . . . . .
DIPES II 21 2024-2025
2.2 Transformation du modèle en un problème abstrait de Cauchy 22
Avec Z ∞
D = −(λ + µ(x)) , ψ f = µ(x) f (x)dx , f ∈ L1 (R+ ).
0
Soient les opérateurs (L, D(L)) et (Φ, D(Φ)) définis sur D(Am ) et à valeurs dans ∂X = ℓ1
par :
Q V0 W0 (0)
W (x) V W (0)
0 1 1
L W1 (x) , V2 = W2 (0)
W2 (x) V3 W3 (0)
.. .. ..
. . .
et
Q V0
W (x) V
0 1
Φ W1 (x) , V2 =
W2 (x) V3
.. ..
. .
λ
Q K1 K0 0 0 0 · · · V0
0 (1 − p)ψ 0 0 · · ·
W0 (x) K2 K1 K0 0 0 · · · V1
0 0 0 (1 − p)ψ 0 · · ·
W1 (x) + K3
K2 K1 K0 0 · · · V2
0
0 0 0 (1 − p)ψ · · ·
.. .. .. .. .. . . W2 (x) K4
K3 K2 K1 K0 · · · V3
. . . . . . . . .. .. .. .. . . ..
.. ..
. . . . . .
Avec Z ∞
ψf = µ(x) f (x)dx , f ∈ L1 (R+ )
0
Proposition 2.2.1
Preuve. Soit (W, V) ∈ D(Am ) avec W = (Q, W0 (x), W1 (x), W2 (x), · · · ) et V = (V0 , V1 , V2 , V3 , · · · )
On a :
DIPES II 22 2024-2025
2.2 Transformation du modèle en un problème abstrait de Cauchy 23
∥L(W, V)∥X = t
(W0 (x), W1 (x), W2 (x), · · · ) X
∞
X
= ∥Wn (x)∥L1 (R+ )
n=0
∞
X
≤ |Q| + ∥Wn (x)∥L1 (R+ )
n=0
= ∥(W, V)∥X
<∞
De même
Q
λ 0 (1 − p)ψ 0 0 · · ·
W0 (x)
0 0 0 (1 − p)ψ 0 · · ·
∥Φ(W, V)∥X ≤ W1 (x)
0 0 0 0 (1 − p)ψ · · ·
.. .. .. .. .. . . W2 (x)
. . . . . . .
..
X
K1
K0 0 0 0 · · · V0
K2 K1 K0 0 0 · · · V1
+ K3
K2 K1 K0 0 · · · V2
K4 K3 K2 K1 K0 · · · V3
.. .. .. .. .. . . ..
. . . . . . .
ℓ1
∞ Z
X ∞ ∞
X
≤ |λQ| + (1 − p) µ(x) |Wn (x)| dx + Kr ∥V∥ℓ1
n=1 0 r=0
∞ Z
X ∞ ∞
X
≤ |λQ| + (1 − p)µ |Wn (x)| dx + ∥V∥ℓ1 car Kr = 1, avec µ = sup µ(x)
n=1 0 r=0 x∈R+
∞
X
= |λQ| + (1 − p)µ ∥Wn (x)∥L1 (R+ ) + ∥V∥ℓ1
n=1
DIPES II 23 2024-2025
2.2 Transformation du modèle en un problème abstrait de Cauchy 24
∞
X
≤ |λQ| + (1 − p)µ ∥Wn (x)∥L1 (R+ ) + ∥V∥ℓ1
n=0
Théorème 2.2.2
Alors les équations (2.1)-(2.7) précédentes peuvent s’écrire dans l’espace de Banach X
comme le problème abstrait de Cauchy (PAC)
d(W, V)(t)
= A (W, V)(t) , t ∈ R∗+
dt
1 0
(2.8)
= 0 , 0
(W, V)(0)
. .
.. ..
DIPES II 24 2024-2025
2.2 Transformation du modèle en un problème abstrait de Cauchy 25
Z ∞ Z ∞
p W (x, t)µ(x)dx
(1 − p) 0
W (x, t)µ(x)dx
0 Z0 ∞
0
0 p W1 (x, t)µ(x)dx
+ , Z0 ∞
0 p W 2 (x, t)µ(x)dx
.
..
0
..
.
−λQ
−V 0
dW0 (x) −V1
−
dx
dW1 (x) −V2
= − , (t)
dx −V3
dW2 (x)
−
dx −V4
..
.
. ..
K 0 0 V 0
−(λ + µ(x)W0 (x)) 0
+ −(λ + µ(x)W1 (x)) + λW0 (x) , 0 (t)
−(λ + µ(x)W2 (x)) + λW1 (x) 0
.. ..
. .
DIPES II 25 2024-2025
2.3 Existence et unicité d’une solution du problème (2.8) 26
Z ∞ Z ∞
p W0 (x)µ(x)dx
(1 − p) W (x)µ(x)dx
0 Z0 ∞
0
0 p W 1 (x)µ(x)dx
+ , Z0
(t)
∞
0 p W 2 (x)µ(x)dx
..
0 ..
.
.
= Am (W, V)(t)
Z ∞
W0 (0, t)
λQ(t) + (1 − p) W 1 (x, t)µ(x)dx + K V
1 0 (t) + K V
0 1 (t)
Z ∞ 0
W1 (0, t)
W2 (x, t)µ(x)dx + K2 V0 (t) + K1 V1 (t) + K0 V2 (t)
(1 − p)
W2 (0, t) =
Z ∞ 0
W3 (0, t)
(1 − p) W 3 (x, t)µ(x)dx + K 3 V 0 (t) + K2 V 1 (t) + K 1 V2 (t) + K 0 V 3 (t)
. 0
.. .
..
DIPES II 26 2024-2025
2.3 Existence et unicité d’une solution du problème (2.8) 27
que T (t) est isométrique. Nous montrons alors que le système 2.8 admet une unique solution.
Lemme 2.3.1
1
(γI − A)−1 ≤ . (2.9)
γ − µ̄
où R = R̃0 , R0 (x), R1 (x), R2 (x), · · · et S = (S 0 , S 1 , S 2 , S 3 , · · · ) . En considérant γ , 1 et
γ , −λ, cette équation est équivalente au système d’équations suivant :
dWn (x)
= −γWn(x) + Rn (x), n ≥ 0 (2.11)
dx
(γ + λ)Vn = S n , n ≥ 0 (2.12)
Z ∞
W0 (0) = (1 − p) W1 (x)µ(x)dx + K1 V0 + K0 V1 + λQ (2.13)
0
Z ∞ n+1
X
Wn (0) = (1 − p) Wn+1 (x)µ(x)dx + Kr Vn−r+1 , n ≥ 1 (2.14)
0 r=0
(2.10) et (2.12) donnent indépendamment :
1
Q= R̃0 (2.15)
γ+λ
et 1
Vn = S n, n ≥ 0 (2.16)
γ+1
DIPES II 27 2024-2025
2.3 Existence et unicité d’une solution du problème (2.8) 28
(2.11) est une équation différentielle ordinaire d’ordre 1 et non homogène. Une solution ho-
mogène de cette équation est donnée par Wn0 (x) = ωn e−γx , ∀n ≥ 0 avec
Z ωn ∈ R+ , n ≥ 0. ∞
Par la méthode de variation de la constante nous trouvons ωn (x) = eγτ Rn (τ)dτ. On ob-
0
tient donc Z x
Wn (x) = ωn e −γx
+e −γx
eγτ Rn (τ)dτ, ωn ∈ R+ et n ≥ 0. (2.17)
0
Z ∞ Z ∞ Z x 1
1 X 1 γτ
= ω1 (1−p) µ(x)e dx+(1−p) −γx
µ(x)e e R1 (τ)dτdx+ Kr S 1−r +
−γx
R̃0
0 0 0 γ + 1 r=0 γ+λ
(2.18)
Z ∞ " Z x # n+1
1 X
ωn = Wn (0) = (1− p) µ(x) ωn+1 e−γx + e−γx eγτ Rn+1 (τ)dτ dx+ Kr S n−r+1
0 0 γ + 1 r=0
Z ∞ Z ∞ Z x n+1
γτ 1 X
= ωn+1 (1−p) µ(x)e −γx
dx+(1−p) µ(x)e −γx
e Rn+1 (τ)dτdx+ Kr S n−r+1 , n ≥ 1
0 0 0 γ + 1 r=0
(2.19)
n≥1
Posons
1 −B 0 0 · · ·
Z ∞
0 1 −B 0 · · ·
C = , où B = (1 − p) µ(x)e−γx dx
0 0 1 −B · · · 0
. . . .
.. .. .. .. . . .
et ω =t (ω0 , ω1 , ω2 , · · · )
Alors, (2.18) et (2.19) donnent :
1 P 1 1
R∞
−γx x γτ
µ(x)e + +
R
(1 − p) e R (τ)dτdx K S R̃
1 r 1−r 0
0 0 γ + 1 r=0 γ + λ
R∞ Rx 1 P 2
(1 − p) 0 µ(x)e−γx 0 eγτ R2 (τ)dτdx +
Kr S 2−r
γ + 1 r=0
1 P 3
Cω =
R∞
−γx x γτ (2.20)
µ(x)e +
R
(1 − p) e R (τ)dτdx K S
3 r 3−r
0 0 γ + 1
r=0
R∞
−γx x γτ 1 P 4
(1 − p) 0 µ(x)e +
R
e R 4 (τ)dτdx Kr S 4−r
γ + 1 r=0
0
..
.
DIPES II 28 2024-2025
2.3 Existence et unicité d’une solution du problème (2.8) 29
1
B B2 B3 · · ·
0 1 B B2 · · ·
= 0
On a C −1 0 1 B · · · (voir Nicholas J. H. : [8]) et avec (2.20) on obtient :
0 0 0 1 · · ·
.. .. .. .. . .
. . . . .
∞ j+1 ∞
λ ∞ x
Z Z
1 X jX X
ω0 = R̃0 + B Kr S j−r+1 + Bj µ0 (x)e
−γx
R j+1 (τ)eγτ dτdx. (2.21)
γ−λ γ + 1 j=0 r=0 j=0 0 0
∞ n+ j+1 ∞ Z ∞ Z x
1 X j X X
ωn = B Kr S n+ j−r+1 + B j
µ0 (x)e−γx
Rn+ j+1 (τ)eγτ dτdx, n ≥ 1
γ + 1 j=0 r=0 j=0 0 0
(2.22)
Ainsi, avec (2.15)-(2.17) et en utilisant le théorème de Fubini (Voir Heinz B. :[2]), (en
supposant γ > 0)
Z on a : ∞
∥Wn ∥L1 (R+ ) = |Wn (x)| dx
Z ∞ 0 Z ∞ Z x
≤ |ωn | e dx +
−γx
e −γx
|Rn (τ)| eγτdτdx
0 Z ∞ 0 Z x 0
1
= |ωn | + |Rn (τ)| eγτ e−γx dxdτ
γ 0 0
1 1
= |ωn | + ∥Rn ∥L1 (R+ ) , n ≥ 0
γ γ
(2.23)
∞
Par ailleurs, ∥W∥ = |Q| + ∥Wn ∥L1 (R+ )
P
n=0
∞ ∞
1 1X 1X
≤ R̃0 + |ωn | + ∥Rn ∥L1 (R+ ) (2.24)
γ+λ γ n=0 γ n=0
∞
Kr = 1, on a
P
En combinant (2.18) et (2.19) et avec le théorème de Fubini, sachant que
r=0
∞ ∞ ∞ n+ j+1
X λ 1 XX j X
|ωn | ≤ R̃0 + B Kr S n+ j−r+1
n=0
γ+λ γ + 1 n=0 j=0 r=0
∞ X
X ∞ Z ∞ Z ∞
γτ
+ B j
Rn+ j+1 (τ) e µ(x)e−γx dxdτ
n=0 j=0 0 τ
∞ ∞ ! j n+ j+1
λ 1 X X (1 − p)µ X
≤ R̃0 + Kr S n+ j−r+1
γ+λ γ + 1 n=0 j=0 γ r=0
DIPES II 29 2024-2025
2.3 Existence et unicité d’une solution du problème (2.8) 30
∞ ∞ !j
µ X X (1 − p)µ
+ Rn+ j+1
γ n=0 j=0 γ L1 (R+ )
∞ !j ∞ ∞
λ 1 X (1 − p)µ X X
≤ R̃0 + ∥S n ∥ Kr
γ+λ γ + 1 j=0 γ n=0 r=0
!j
µ P∞ (1 − p)µ P∞
+ n=0 ∥Rn ∥L1 (R+ )
γ j=0 γ
∞ ∞
λ γ X µ X
= R̃0 + |S n |+ ∥Rn ∥L1 (R+ )
γ+λ (γ + 1)(γ − (1 − p)µ) n=0 γ − (1 − p)µ n=0
(2.25)
1
= ∥(R, S )∥ . (2.26)
γ−µ
Par ailleurs :
DIPES II 30 2024-2025
2.3 Existence et unicité d’une solution du problème (2.8) 31
1
(γI − A)−1 : X −→ D(A) , (γI − A)−1 ≤ .
γ−µ
Lemme 2.3.2
∞
X ∞
X
|Q| + |Vn | + ∥Wn ∥L1 (R+ ) < ∞
n=0 n=0
∞
X ∞
X
|Vn | + ∥Wn ∥L1 (R+ ) < ε
n=M+1 n=M+1
DIPES II 31 2024-2025
2.3 Existence et unicité d’une solution du problème (2.8) 32
Ce qui implique que ∀x ∈ [0, 2s] , 0 < 2s < min {c0 , c1 , · · · , cN }, Wi (x) = 0. Posons :
Q
Z ∞ X 1
(1 − p) W1 (x)µ(x)dx + Kr V1−r + λQ
Q 2s r=0
Z ∞ 2
X
W2 (x)µ(x)dx +
s
F0 (0) (1 − p) Kr V2−r
s 2s r=0
F1 (0) Z ∞ 3
X
F s (0) (1 − p)
2 W 3 (x)µ(x)dx + K r V3−r
F (0) = . =
s
,
2s
r=0
.. ..
.
s
F N−1 (0) Z ∞ N
X
WN (x)µ(x)dx +
s (1 − p) Kr VN−r
F N (0) 2s
r=0
.
.
.
0
0
..
.
DIPES II 32 2024-2025
2.3 Existence et unicité d’une solution du problème (2.8) 33
Q
V
s 0
F0 (x)
V
F s (x) 1
1 V
s 2
F2 (x)
.. V3
. .
F s (x) = , .. .
F s (x)
N−1 V
s N
F N (x)
0
0
0
0 ..
. .
..
Où
x 2
s
, x ∈ [0, s[
F i (0) 1 −
s
∀i ∈ {1, 2, · · · , N − 1} , Fis (x) =
−ui (x − s)2 (x − 2s)2 , x ∈ [s, 2s[ ,
Wi (x), x ∈ [2s, ∞[ .
s
x 2
Z
Fis (0) 1− µ(x)dx
s
ui = Z 0
2s
, i ∈ {1, 2, · · · , N − 1}
(x − s) (x − 2s) µ(x)dx
2 2
s
N−1 Z
X ∞
∥(W, V) − F ∥ =
s
Wi (x) − Fis (x) dx
i=0 0
N−1 Z s N−1 Z 2s
X x 2 X
= Fis (0) 1− dx + |ui | (x − s)2 (x − 2s)2 dx
i=0 0 s i=0 s
N−1 N−1
X s X s5
= Fis (0) + |ui |
i=0
3 i=0 30
Cette dernière égalité tend vers 0 lorsque s tend vers 0, ce qui montre que Z ⊂ D(A).
D’où D(A) est dense dans X .
□
Lemme 2.3.3
DIPES II 33 2024-2025
2.3 Existence et unicité d’une solution du problème (2.8) 34
Preuve. Soit (W m , V m )m∈N ⊂ D(A) qui converge vers (W, V) et telle que la suite image
(A(W m , V m ))n∈N converge vers (R, S ) dans X ; avec :
W m = Qm , W0m (x), W1m (x), · · · ∈ Y et V m = V0m , V1m , V2m , · · · ∈ ℓ1 ;
(W, V) = ((Q, W0 (x), W1 (x), · · · ), (V0 , V1 , V2 , · · · ))
(R, S ) = (R̃0 , R0 (x), R1 (x), · · · ), (S 0 , S 1 , S 2 , · · · )
Comme (W m , V m )m∈N ⊂ D(A) alors quelque soit m ∈ N (W m , V m ) ∈ D(A).
Ainsi (A(W m , V m ))m∈N converge vers (R, S ) implique :
lim A(W m , V m )
m→+∞
−λ 0 0 0 · · · −1 0 0 0 · · ·
0 − d
0 0 · · · 0 −1 0 0 · · ·
dx
= lim 0 0 · · · W m , 0 0 −1 0 · · · V m .
d
0 − dx
m→+∞
d
0 0 0 −1 · · ·
0 0 0 − dx · · ·
. . .. .. . . .. .. .. .. . .
.. ..
. . . . . . . .
−λ 0 0 0 · · · Qm −1 0 0 0 · · · V0m
0 − d 0 0 · · · W0m (x) 0 −1 0 0 · · · V1m
dx
= lim 0 d
0 · · · W1 (x) 0 0 −1 0 · · · V2m .
m ,
0 − dx
m→+∞
d
0 0 0 − dx · · · W2m (x) 0 0 0 −1 · · · V3m
... .. .. .. . . .. .. .. .. .. . . ..
. . . . . . . . . . .
−λ 0 0 0 · · · Q −1 0 0 0 · · · V0
d
0 − dx 0 0 · · · W0 (x) 0 −1 0 0 · · · V1
= 0 · · · W1 (x) , 0 0 −1 0 · · · V2
d
0 − dx 0
d
0 0 0 − dx · · · W2 (x) 0 0 0 −1 · · · V3
.. .. .. .. . . .. .. .. .. .. . . ..
. . . . . . . . . . . .
= A(W, V).
Par conséquent (W, V) ∈ D(A) et A(W, V) = (R, S )
On conclut d’après la proposition 1.1.2 que A est fermé.
□
Lemme 2.3.4
DIPES II 34 2024-2025
2.3 Existence et unicité d’une solution du problème (2.8) 35
∞ Z
X ∞ ∞ Z
X ∞
∥U(W, V)∥ ≤ K0 |V0 | + |−(λ + µ(x))Wn (x)| dx + λ |Wn−1 (x)| dx
n=0 0 n=1 0
∞
X
≤ K0 ∥V∥ + (2λ + µ) ∥Wn ∥L1 (R+ )
n=0
De même, Z ∞ ∞ Z
X ∞
∥E(W, V)∥ ≤ (1 − p) µ(x) |W0 (x)| dx + p µ(x) |Wn (x)| dx
0 n=0 0
∞ Z
X ∞ ∞
X
≤µ |Wn (x)| dx = µ ∥Wn ∥L1 (R+ ) ≤ µ ∥(W, V)∥
n=0 0 n=0
(2.27)
Ainsi U et E sont des opérateurs linéaires bornés. □
Lemme 2.3.5
Où :
Q si Q > 0 Vi si Vi > 0
+ +
[Q] = , [Vi ] = .
0 si Q ≤ 0
0 si Vi ≤ 0
Wi (x) si Wi (x) > 0
+
[Wi (x)] = , i = 0, 1, 2, · · ·
0 si Wi (x) ≤ 0
DIPES II 35 2024-2025
2.3 Existence et unicité d’une solution du problème (2.8) 36
∞
X ∞ Z
X ∞ ∞ X
X n+1
+ + +
[Wn (0)] ≤ λ [Q] + (1 − p) µ(x) [Wn (x)] dx + Kr [Vn+1−r ]+ . (2.28)
n=0 n=0 0 n=0 r=0
Z ∞ Ω = {x ∈ R+ |W
Posons i (x) > 0}
Zet Ω̃ = {x ∈ R+ |W+i (x) ≤ Z0}, pour i = 1, 2, 3,+ · · · . Alors,
dWi (x) [Wi (x)]+ dWi (x) [Wi (x)] dWi (x) [Wi (x)]
dx = dx + dx
0 dx Wi (x) Ω dx Wi (x) Ω̃ dx Wi (x)
dWi (x) [Wi (x)]+
Z
= dx
Ω dx Wi (x)
Z
dWi (x)
= dx
Ω dx
d [Wi (x)]+
Z
= dx
Ω dx
= − [Wi (0)]+ , i = 0, 1, 2, · · ·
(2.29)
En utilisant (2.28), (2.29) pour une telle fonction ζ(x), nous en-déduisons :
∞
[Q]+
" Z #
⟨(A + U + E)(W, V), ζ⟩ = −λQ + K0 V0 + (1 − p) µ(x)W0 (x)dx
0 Q
∞
[W0 (x)]+
Z " #
dW0 (x)
+ − − (λ + µ(x))W0 (x) dx
0 dx W0 (x)
[Wn (x)]+
∞ Z ∞" #
X dWn (x)
+ − − (λ + µ(x))Wn (x) + λWn−1 (x) dx
n=1 0 dx W n (x)
[Vn ]+
X∞ " Z ∞ #
+ −Vn + p µ(x)Wn (x)dx
n=0 0 Vn
[Q]+
" Z ∞ #
+
≤ −λ [Q] + K0 V0 + (1 − p) µ(x)W0 (x)dx
0 Q
∞ Z ∞
X ∞ X
X n+1
+
+λ [Q] + (1 − p) µ(x) [Wn+1 (x)]+ dx + Kr [Vn+1−r ]+
n=0 0 n=0 r=0
[Wn (x)]+
∞ Z ∞
X ∞ Z ∞
X
− (λ + µ(x)) [Wn (x)]+ dx + λ Wn−1 (x) dx
n=0 0 n=1 0 Wn (x)
[Vn ]+
∞
X ∞
X Z ∞
+
− [Vn ] + p Wn (x)µ(x)dx
n=0
Vn n=0 0
∞
[Q]+
" Z #
+ +
⟨(A + U + E)(W, V), ζ⟩ ≤ K0 [V0 ] + (1 − p) µ(x) [W0 (x)] dx
0 Q
DIPES II 36 2024-2025
2.3 Existence et unicité d’une solution du problème (2.8) 37
∞ Z
X ∞ ∞ X
X n+1
+
+(1 − p) µ(x) [Wn (x)] dx + Kr [Vn+1−r ]+
n=0 0 n=0 r=0
[Wn (x)]+
∞ Z
X ∞ ∞ Z
X ∞
+
− (λ + µ(x)) [Wn (x)] dx + λ [Wn−1 (x)]+ dx
n=0 0 n=1 0 Wn (x)
[Vn ]+
∞
X ∞
X Z ∞
+
− [Vn ] + p µ(x) [Wn (x)]+ dx
n=0 n=0
Vn 0
∞
[Q]+
" Z #
+ +
= K0 [V0 ] + (1 − p) µ(x) [W0 (x)] dx
0 Q
∞ Z ∞
X ∞
X ∞
X
+
+(1 − p) µ(x) [Wn (x)] dx + Kr [Vn ]+ − K0 [V0 ]+
n=1 0 r=0 n=0
[Wn (x)]+
∞ Z
X ∞ ∞ Z
X ∞
+ +
− (λ + µ(x)) [Wn (x)] dx + λ [Wn−1 (x)] dx
n=0 0 n=1 0 Wn (x)
[Vn ]+
∞
X ∞
X Z ∞
+
− [Vn ] + p µ(x) [Wn (x)]+ dx
n=0 n=0
Vn 0
≤ 0.
(2.30)
En effet on a :
∞
[Wn (x)]+ ∞
[Wn (x)]+ ∞
Z Z Z
+
Wn−1 (x) dx ≤ [Wn−1 (x)] dx ≤ [Wn (x)]+ dx , n ≥ 1.
0 Wn (x) 0 Wn (x) 0
Théorème 2.3.1
DIPES II 37 2024-2025
2.3 Existence et unicité d’une solution du problème (2.8) 38
1
(γI − A)−1 ≤ d’après le lemme 2.3.1
γ−µ
De plus A est fermé d’après le lemme 2.3.3 et D(A) est dense dans X d’après le lemme
2.3.2
Ainsi, en vertu du théorème de Hille-Yosida (Théorème 1.2.6) on en déduit que A est le
générateur infinitésimal d’un C0 -sémigroupe de contraction sur X .
Par ailleurs U et E sont linéaires bornés d’après le lemme 2.3.4, donc à l’aide du théorème de
perturbation bornée (théorème 1.2.4) on en déduit que A + U + E génère un C0 -sémigroupe
(T (t))t≥0 .
De plus, comme ∀γ > µ̄ l’application γI − A est bijective de D(A) = D(A ) vers X alors
(γI − A)D(A) = X .
On conclut enfin, comme A + U + E est dispersif ( lemme 2.3.5), d’après le théorème 1.3.2
que A = A + U + E génère un C0 -sémigroupe de contraction (T (t))t≥0 .
□
Avec :
W ∗ = Q∗ , W0∗ (x), W1∗ (x), W2∗ (x), · · · et V ∗ = V0∗ , V1∗ , V2∗ , V3∗ , · · · tels que Q∗ ∈ L (R) et
∀i ∈ N , Wi∗ (x) ∈ L (L1 (R+ ), R) , Vi∗ ∈ L (ℓ1 (R), R)
Et ( )
|∥W ∥| = sup |Q | , sup
∗ ∗
Wn∗ L∞ (R ) , |∥V ∗ ∥| = sup Vn∗ .
+
n≥0 n≥0
Théorème 2.3.2
DIPES II 38 2024-2025
2.3 Existence et unicité d’une solution du problème (2.8) 39
Θ = {(W, V) ∈ X | Q ≥ 0 , Vn ≥ 0 , Wn (x) ≥ 0 , ∀n ≥ 0 , x ∈ R+ }
∞
Soit (W ∗ , V ∗ ) ∈ X . En utilisant les conditions aux bords et sachant que Kr = 1 on a :
P
r=0
n=1 0
∞ n+1 ∞
X X X
+ ∥(W, V)∥ (λ + µ(x))Wn (x)dx
Kr Vn+1−r −
n=0 r=0 n=0
∞
XZ ∞
+ ∥(W, V)∥ λWn (x)dx
n=0 0
∞ ∞ Z ∞
X X
+ ∥(W, V)∥ − Vn + p µ(x)Wn (x)dx
n=0 n=0 0
∞ ∞ ∞
X X X
= ∥(W, V)∥ K0 V0 − Vn + Vn − K0 V0 = 0
Kr
n=0 r=0 n=0
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2.3 Existence et unicité d’une solution du problème (2.8) 40
Par ailleurs, D(A ) = D(A) est dense dans X (d’après le lemme 2.3.2) et (λI − A)D(A) = X
(d’après le lemme 2.3.1).
1 0
De plus la donnée initiale (W, V)(0) = 0 , 0 est dans D(A) ∩ Θ
. .
.. ..
On conclut donc, en vertu du théorème de Fattorini [7] que T (t) est isométrique pour la
donnée initiale de (2.8) ∀t ≥ 0.
□
Théorème 2.3.3
Si µ̄ < ∞ alors le système (2.8) admet une unique solution (W, V)(x, t) vérifiant
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2.3 Existence et unicité d’une solution du problème (2.8) 41
Nous venons d’établir l’existence et l’unicité d’une solution du problème abstrait de Cau-
chy (2.8) qui traduisait le système des équations (2.1)-(2.7) associé au modèle de file d’at-
tente M/G/1 avec serveur optionnel déterministe. Cette solution traduit l’évolution précise
de l’état du système au cours du temps, garantissant ainsi que pour toute condition initiale,
le modèle admet une évolution unique et bien définie.
Nous donnons dans le prochain chapitre l’implication pédagogique de notre travail dans le
système éducatif secondaire.
DIPES II 41 2024-2025
Chapitre Trois
Implication pédagogique
DIPES II 42 2024-2025
3.2 Développer chez l’élève la capacité à comprendre et utiliser les connaissances
mathématiques 43
DIPES II 43 2024-2025
3.4 Initier à l’usage des TIC pour illustrer des situations dynamiques 44
DIPES II 44 2024-2025
Conclusion et perspectives
Ce mémoire a été consacré à l’étude de l’existence et de l’unicité d’une solution d’un mo-
dèle de file d’attente M/G/1 avec serveur optionnel déterministe, à l’aide de la théorie des sé-
migroupes d’opérateurs linéaires. Après avoir présenté les notions préliminaires nécessaires,
nous avons transformé le système d’équations aux dérivées partielles décrivant le modèle
sous forme d’un problème abstrait de Cauchy. L’application du théorème de Hille–Yosida
nous a permis de démontrer rigoureusement l’existence et l’unicité d’une solution dans un
cadre fonctionnel que nous avons construit.
Au-delà de l’intérêt théorique, ce travail met en évidence la puissance de l’analyse abs-
traite pour traiter des situations concrètes, ce qui constitue un pont entre mathématiques
pures et applications. Il offre également des pistes pour enrichir l’enseignement des ma-
thématiques au secondaire, notamment par la modélisation, la rigueur du raisonnement, et
l’usage des outils numériques.
Ce travail pourrait être prolongé par l’étude du comportement asymptotique de la solu-
tion, afin d’analyser la stabilité ou les régimes stationnaires du système modélisé.
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