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Final 3

Ce mémoire traite de l'existence et de l'unicité d'une solution pour un modèle de file d'attente M/G/1 avec un serveur optionnel déterministe, en utilisant un système d'équations aux dérivées partielles. Il transforme ce système en un problème abstrait de Cauchy et prouve la solution à l'aide du théorème de Hille-Yosida. Le travail inclut également des implications pédagogiques pour l'enseignement des mathématiques.

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Final 3

Ce mémoire traite de l'existence et de l'unicité d'une solution pour un modèle de file d'attente M/G/1 avec un serveur optionnel déterministe, en utilisant un système d'équations aux dérivées partielles. Il transforme ce système en un problème abstrait de Cauchy et prouve la solution à l'aide du théorème de Hille-Yosida. Le travail inclut également des implications pédagogiques pour l'enseignement des mathématiques.

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REPUBLIQUE DU CAMEROUN REPUBLIC OF CAMEROON

Paix – Travail – Patrie PEACE-WORK-FATHERLAND


******** ********
UNVERSITE DE YAOUNDE I UNIVERSITY OF YAOUNDE 1
******* ********
ECOLE NORMALE SUPERIEURE HIGHER TEACHER TRAINING COLLEGE
******* ********
DEPARTEMENT DE MATHEMATIQUES DEPARTMENT OF MATHEMATICS

EXISTENCE ET UNICITE D'UNE SOLUTION


D'UN MODELE DE FILE D'ATTENTE M/G/1
AVEC SERVEUR OPTIONNEL DETERMINISTE.

Mémoire rédigé et présenté publiquement en vue de l’obtention du Diplôme


de Professeur de l’Enseignement Secondaire deuxième grade (DIPES II) en
Mathématiques

Par :

BOUNGA Isaac Leonel


Licencié en mathématiques
Matricule
CM-UDS-15SCI0992

Sous l’encadrement de :

Pr. CIAKE CIAKE Fidèle


Maitre de conférences

ECOLE NORMALE SUPERIEURE DE YAOUNDE

ANNEE ACADEMIQUE
2024 - 2025
Déclaration sur l’honneur

Le présent document est une œuvre originale du candidat et n’a été soumis nulle part
ailleurs en partie ou en totalité, pour une autre évaluation. Les contributions externes ont
été dûment mentionnées et recensées en bibliographie

Signature du candidat

BOUNGA Isaac Léonel

DIPES II i 2024-2025
Table des matières

Déclaration sur l’honneur i

Dédicace iv

Remerciements v

Résumé vi

Abstract vii

Introduction générale 1

1 Préliminaires 2
1.1 Opérateurs linéaires dans un espace de Banach . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.1.1 Opérateurs linéaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.1.2 Théorème de densité, espaces de Banach . . . . . . . . . . . . . . 4
1.1.3 Ensemble de dualité et application duale . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2 Sémigroupes d’opérateurs linéaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.2.1 Définitions et premières propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.2.2 Opérateur maximal . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.2.3 Théorème de Fattorini . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.2.4 Théorèmes de génération . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.3 Problème de Cauchy . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14

2 Existence et unicité d’une solution d’un modèle de file d’attente M/G/1 17


2.1 Présentation du modèle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
2.2 Transformation du modèle en un problème abstrait de Cauchy . . . . . . . 19
2.3 Existence et unicité d’une solution du problème (2.8) . . . . . . . . . . . . 26

DIPES II ii 2024-2025
TABLE DES MATIÈRES iii

3 Implication pédagogique 42
3.1 Une opportunité pour l’enseignant de renforcer sa culture mathématique . . 42
3.2 Développer chez l’élève la capacité à comprendre et utiliser les connais-
sances mathématiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
3.3 Renforcer l’aptitude des élèves à mener un raisonnement logique et structuré 43
3.4 Initier à l’usage des TIC pour illustrer des situations dynamiques . . . . . . 43

Conclusion et perspectives 45

Bibliographie 45

DIPES II iii 2024-2025


Dédicace

A mes parents, maman FOUELEFACK Juliette et papa DEMETSA David,


pour l’éducation qu’ils nous ont transmise et l’amour inconditionnel qu’ils nous ont toujours
offert.
A la mémoire de notre papa, dont les paroles résonnent encore en nous : « Déranger n’est
pas un verbe à conjuguer », entre autres...
Merci pour tout ce qu’il nous a appris et transmis.

DIPES II iv 2024-2025
Remerciements

Les remerciements vont à l’endroit de :


∗ Mon directeur de mémoire, Professeur CIAKE CIAKE Fidèle pour avoir accepté de diriger
ce travail et pour sa rigueur ;
∗ Tous les enseignants du département de Mathématiques de l’ENS de Yaoundé pour leur
accompagnement durant notre cursus ;
∗ Toute ma famille et ma belle famille pour leurs soutiens multiformes tout au long de ma
formation et surtout pendant la rédaction de ce mémoire ;
∗ Mes amis et camarades de promotion pour leur motivation durant le cursus ;
∗ Tous ceux qui de près ou de loin ont contribué à la réussite de ce travail.

DIPES II v 2024-2025
Résumé

Dans ce travail nous considérons un système d’équations aux dérivées partielles décrivant
un modèle de file d’attente M/G/1 avec serveur optionnel déterministe. Nous transformons
ensuite ce système en un problème abstrait de Cauchy à l’aide de la théorie des sémigroupes.
Nous démontrons enfin l’existence et l’unicité d’une solution, à l’aide du théorème de Hille-
Yosida.

Mots clés : File d’attente M/G/1 avec serveur optionnel déterministe, équations aux
dérivées partielles, problème abstrait de Cauchy, théorème de Hille-Yosida.

DIPES II vi 2024-2025
Abstract

In this paper, we consider a system of partial differential equations describing an M/G/1


queueing model with an optional deterministic server. We then transform this system into an
abstract Cauchy problem via semigroup theory. Finally, we prove the existence and unique-
ness of a solution to this abstract Cauchy problem by means of the Hille-Yosida theorem.

Keywords : M/G/1 queueing model with optinal deterministic server, partial differential
equations, abstract Cauchy problem, Hille-Yosida theorem.

DIPES II vii 2024-2025


Introduction

Les files d’attente jouent un rôle fondamental dans l’analyse des systèmes dynamiques où
des entités attendent pour être servies ; comme dans des services publics, les réseaux infor-
matiques et de télécommunication, des systèmes de productions industrielles. De nombreux
modèles mathématiques existent, basés sur les lois d’arrivée des clients, la distribution des
temps de service, le nombre de serveurs ou encore les règles de fonctionnement du système.
Le modèle M/G/1, en particulier, correspond à une file d’attente avec arrivées aléatoires
(modélisées par un processus de Poisson), un seul serveur et permet de prendre en compte
une loi de service générale, offrant ainsi une grande flexibilité de modélisation.
Dans notre mémoire, nous nous intéressons à une extension particulière du modèle M/G/1,
à savoir le modèle M/G/1 avec serveur optionnel déterministe. Cette extension introduit
une structure supplémentaire dans le système en permettant l’intervention d’un second ser-
veur optionnel dont le temps de service est prédéterminé. Cette configuration conduit ainsi
à un système d’équations aux dérivées partielles (EDP) dont l’analyse requiert des outils un
peu avancés.
Nous nous posons cette question de savoir comment démontrer l’existence et l’unicité d’une
solution pour une telle extension à partir d’un système d’EDP la décrivant.
Pour y parvenir, nous procédons à une formulation du système d’EDP en un problème abs-
trait de Cauchy dans un espace de Banach. L’existence et l’unicité de la solution de ce pro-
blème abstrait sont établies à l’aide du théorème de Hille-Yosida.
Notre travail principal est donc subdivisé en deux chapitres dont le premier, intitulé Pré-
liminaires présente les résultats essentiels de la théorie des opérateurs et de la théorie des
sémigroupes ; et le deuxième est consacré à la présentation du modèle, sa transformation en
un problème abstrait de Cauchy et la démonstration de l’existence et l’unicité d’une solution
de ce problème abstrait de Cauchy. Nous terminons notre travail par un troisième chapitre
indépendant, intitulé Implication pédagogique où nous donnons les implications pédago-
giques de notre mémoire quant au système éducatif actuel.

DIPES II 1 2024-2025
Chapitre Un

Préliminaires

Nous présentons dans ce chapitre les résultats nécessaires pour la détermination de l’exis-
tence et l’unicité d’une solution d’un problème abstrait de Cauchy. Nous donnons ainsi des
résultats de le théories des opérateurs et de la théorie des sémigroupes et nous terminons par
la présentation d’un problème de Cauchy.

1.1 Opérateurs linéaires dans un espace de Banach


Dans cette section E et F désignent des espaces de Banach sur le corps R (ou C).

1.1.1 Opérateurs linéaires


Définition 1.1.1 ([4], [7])

On appelle opérateur linéaire sur E tout couple (A, D(A)) où A est une application
linéaire de E vers F et D(A) est un sous-espace vectoriel de E appelé domaine de A.

Proposition 1.1.1 ([3], [7])

Soit (A, D(A)) un opérateur linéaire de E vers F. A est dit borné si

∃M ∈ R : ∀x ∈ D(A), ∥Ax∥F ≤ M ∥x∥E .

Avec ∥·∥E et ∥·∥F les normes sur E et sur F respectivement.

Notation 1.1.1. On note par (L (E, F), ∥·∥) (avec ∀A ∈ L (E, F) ∥A∥ = sup {∥Ax∥F : ∥x∥E ≤ 1})
l’espace de Banach des opérateurs linéaires bornés de E vers F et par L (E) l’espace de
Banach des opérateurs linéaires bornés de E vers E.

DIPES II 2 2024-2025
1.1 Opérateurs linéaires dans un espace de Banach 3

Somme et produit d’opérateurs

La somme et le produit d’opérateurs linéaires sont des opérateurs linéaires. Nous avons
rigoureusement la définition suivante (Voir Fattorini [7]) :

Définition 1.1.2 ([7])

Soit (A, D(A)) et (B, D(B)) deux opérateurs de L (E, F). On définit les opérateurs A + B
et AB par :

1 (A + B)x = Ax + Bx, ∀x ∈ D(A) ∩ D(B),

2 On suppose E = F. Alors, (AB)x = A(Bx), ∀x ∈ D(B) tel que Bx ∈ D(A).

Opérateurs fermés et opérateurs à domaines denses

Nous présentons ici les définitions d’opérateurs fermés et d’opérateurs denses (voir H.
Brezis [4]) et nous donnons une conditions nécessaire et suffisante pour qu’un opérateur
linéaire soit fermé (voir Fattorini [7]).

Définition 1.1.3 ([4])

Soit (A, D(A)) un opérateur linéaire sur E. On dit que A est fermé si son graphe noté
G(A) = {(x, Ax) : x ∈ D(A)} est fermé dans E × F

Proposition 1.1.2 ([7])

Soit (A, D(A)) un opérateur dans L (E, F). A est fermé si et seulement si :
 
∀ (xn )n ⊂ D(A)/ lim xn = x et lim Axn = y ⇒ (x ∈ D(A) et Ax = y) .
n→∞ n→∞

Définition 1.1.4 ([4])

Soit (A, D(A)) un opérateur linéaire dans E. Lorsque D(A) est dense dans E, on dit que
(A, D(A)) est à domaine dense dans E.

DIPES II 3 2024-2025
1.1 Opérateurs linéaires dans un espace de Banach 4

Spectre et résolvante d’un opérateur linéaire

Définition 1.1.5 ([7])

Soit (A, D(A)) un opérateur dans L (E).

1 On appelle ensemble résolvant de A, l’ensemble

n o
ρ(A) = λ ∈ C, (λI − A) est bijective de D(A) dans E et (λI − A)−1 ∈ L (E) .

2 On appelle spectre de A et on note σ(A), le complémentaire de ρ(A) dans C.

3 On appelle application résolvante, l’application


R(·, A) : λ 7→ R(λ, A) = (λI − A)−1 définie de ρ(A) dans L (E), et pour tout
λ ∈ ρ(A), R(λ, A) est appelé résolvante de A en λ.

1.1.2 Théorème de densité, espaces de Banach


Dans cette sous-section nous donnons quelques notations (voir Adams [1]), ensuite nous
donnons une condition nécessaire pour la densité de l’espace C0 (Ω) dans L p (Ω) et enfin nous
présentons deux espaces de Banach utiles dans la suite de notre travail.

Notations 1.1.1 ([1]). Soient Ω un domaine (ouvert connexe) de Rn avec n ∈ N∗ et p un


réel positif.
— C0 (Ω) : espace des fonctions continues sur Ω et à support compact dans Ω.
— L p (Ω) : espace des fonctions f mesurables sur Ω et telles que Ω | f (x)| p dx < ∞
R

Proposition 1.1.3 (Théorème de densité [3],[1])

Si 1 ≤ p < ∞ alors C0 (Ω) est dense dans L p (Ω) ; c’est-à-dire :

∀ f ∈ L p (Ω) et ∀ϵ > 0, ∃ f1 ∈ C0 (Ω) tel que ∥ f − f1 ∥L p (Ω) < ϵ

avec ! 1p
Z
∥ f ∥L p (Ω) = p
| f (x)| dx

DIPES II 4 2024-2025
1.1 Opérateurs linéaires dans un espace de Banach 5

Proposition 1.1.4 ([10])


( )
Soit 1 ≤ p < ∞. L’espace ℓ (E) = a : N → E, a = (an )n∈N
p
|an | < ∞ muni de la
p
P
n≥0
! 1p
norme définie par ∥(an )∥ℓ p = p
P
|an | est un espace de Banach.
n≥0

Proposition 1.1.5 (Théorème de Fischer-Riesz [3])


 
Soit 1 ≤ p < ∞. L’espace L p (Ω), ∥·∥L p (Ω) est un espace de Banach, avec

Z ! 1p
∥ f ∥L p (Ω)) = p
| f (x)| dx .

1.1.3 Ensemble de dualité et application duale


Nous commençons cette sous-section par la définition de l’ensemble de dualité d’un
élément de E et celle d’une application duale, en suite nous présentons dans un treillis de
Banach la notion d’opérateur dispersif et nous terminons par une condition nécessaire pour
qu’un opérateur soit dispersif. Pour les résultats obtenus, voir Fattorini [7] et Burris [5]
Soit E un espace de Banach et E ′ son dual topologique, c’est-à-dire : E ′ = L (E, C). Pour
tout couple ( f, u) de E ′ × E on note f (u) = ⟨ f, u⟩ = ⟨u, f ⟩ : c’est le crochet de dualité entre
E ′ et E.
Définition 1.1.6 ([7])

Soit E un espace de Banach et u ∈ E. On appelle ensemble de dualité de u l’ensemble


noté Θ(u) et donné par :

n o
Θ(u) = u′ ∈ E ′ / ∥u′ ∥2 = ∥u∥2 = ⟨u′ , u⟩ .

n o
Remarque 1.1.1 ([7]). (i) Θ(0) = 0̃ , 0̃ étant la forme linéaire nulle sur E.
(ii) ∀u ∈ E, Θ(u) est non vide et est convexe fermé.
Définition 1.1.7 ([7])

Soit E un espace de Banach et E ′ son dual topologique. Une application θ : E → E ′ est


appelée application duale si ∀u ∈ E , θ(u) ∈ Θ(u).

DIPES II 5 2024-2025
1.1 Opérateurs linéaires dans un espace de Banach 6

Treillis de Banach : opérateurs dispersifs

Soit E un espace de Banach sur le corps R. On désigne par “ ≤ ” une relation d’ordre
partiel sur E, c’est-à-dire une relation réflexive, antisymétrique et transitive (voir Burris [5]).
Dans la suite E est muni de la relation d’ordre partiel “ ≤ ” ; on dit que (E, ≤) est partiellement
ordonné (voir Burris [5]).

Définition 1.1.8 ([5],[7])

(E, ≤) est appelé treillis si ∀u, v ∈ E, sup {u, v} et inf {u, v} existent.

Exemple 1.1.1 ([5]). Sur l’ensemble P(R) des parties de R, la relation d’inclusion ⊆ est
une relation d’ordre partiel et (P(R), ⊆) est un treillis, avec ∀A, B ∈ P(R), sup {A, B} = A ∪ B
et inf {A, B} = A ∩ B

Notations 1.1.2. Soient u, v ∈ E.


— sup{u, v} est noté u ∨ v,
— inf{u, v} est noté u ∧ v,
— |u| = u ∨ (−u).

Définition 1.1.9 ([7])

L’espace E est appelé treillis de Banach si les conditions suivantes sont vérifiées pour
tout u et v dans E :

(i) Si u ≤ v alors u + w ≤ v + w, ∀w ∈ E.

(ii) Si u ≤ v alors λu ≤ λv, ∀λ ∈ R+ .

(iii) Si |u| ≤ |v| alors ∥u∥E ≤ ∥v∥E

Définition 1.1.10 ([7])

Soit E un treillis de Banach et u ∈ E. On appelle partie positive (respectivement partie


négative) de u l’élément de E noté u+ (respectivement u− ) et défini par u+ = u ∨ 0
(respectivement u− = −u ∧ 0).

DIPES II 6 2024-2025
1.2 Sémigroupes d’opérateurs linéaires 7

Proposition 1.1.6 ([7])

Soit E un treillis de Banach et u ∈ E. On a :

(i) u = u+ − u−

(ii) |u| = u+ + u− .

(iii) ∥u∥E = ∥|u|∥E .

Définition 1.1.11 ([7])

Soit E un treillis de Banach et A un opérateur sur E. A est dit dispersif si ∀u ∈ D(A) et


∀u′ ∈ Θ(u), ⟨u′ , Au⟩ ≤ 0.

Définition 1.1.12 ([7])

Soit E un treillis de Banach. Une application duale θ : E → E ′ est dite propre si elle
satisfait les deux conditions suivantes :

(i) si u, v ≥ 0 alors ⟨θ(u), v⟩ ≥ 0;

(ii) ⟨θ(u+ ), u⟩ = ∥u+ ∥2 , u ∈ E.

Proposition 1.1.7 ([7])

Soient E un treillis de Banach, A un opérateur sur E et θ une application duale.


Si ∀u ∈ D(A) , ⟨θ(u+ ), Au⟩ ≤ 0 alors l’opérateur A est dispersif.

Dans la section suivante et avec ces résultats de la théories des opérateurs, nous abordons
la notion de sémigroupes d’opérateurs linéaires.

1.2 Sémigroupes d’opérateurs linéaires


Dans cette section nous présentons les sémigroupes d’opérateurs linéaires ; nous com-
mençons par la définition d’un sémigroupe et d’opérateur générateur d’un sémigroupes.
Nous parlons aussi d’opérateurs maximaux et nous terminons la section par quelques théo-
rèmes de génération. Voir Enguel N. [6] et Heinz B. [2].
Dans la suite, E désigne un espace de Banach et (L (E), ∥·∥) l’espace de Banach des opéra-
teurs linéaires bornés sur E.

DIPES II 7 2024-2025
1.2 Sémigroupes d’opérateurs linéaires 8

1.2.1 Définitions et premières propriétés


Définition 1.2.1 ([6])

Une famille (T (t))t≥0 d’opérateurs linéaires bornés sur E est appelée sémigroupe d’opé-
rateurs linéaires bornés sur E si elle vérifie l’équation fonctionnelle :

T (t + s) = T (t)T (s) ∀t, s ≥ 0




 (1.1)
T (0) = IdL (E) .


Définition 1.2.2 ([6])

Un sémigroupe (T (t))t≥0 sur E est dit fortement continu (ou C0 -sémigroupe) si ∀x ∈ E


l’application ψ x : t 7→ T (t)x est continue de R+ dans E ; ou encore si t 7→ T (t) est
continue de R+ dans L (E).

Proposition 1.2.1 ([6])

Pour tout sémigroupe fortement continu (T (t))t≥0 , il existe ω ∈ R et M ≥ 1 tels que :

∥T (t)∥ ≤ Meωt , ∀t ≥ 0. (1.2)

Définition 1.2.3 ([6])

Pour un sémigroupe fortement continu T = (T (t))t≥0 on appelle borne de croissance de


T le réel ω0 = ω0 (T ) défini par :

ω0 (T ) = in f ω ∈ R : ∃M ≥ 1, ∀t ≥ 0 ∥T (t)∥ ≤ Meωt .


De plus, T est dit borné si l’on peut prendre ω = 0 dans (1.2) et contractant si l’on peut
prendre ω = 0 et M = 1.
T est dit isométrique si ∥T (t)x∥E = ∥x∥E ∀t > 0 et x ∈ E.

Définition 1.2.4 ([6])


 
Soit A ∈ Mn (C). On appelle etA le sémigroupe engendré par la matrice A.
t≥0

DIPES II 8 2024-2025
1.2 Sémigroupes d’opérateurs linéaires 9

Proposition 1.2.2 ([6])

Soit T (·) : R+ → Mn (C) une fonction continue vérifiant (1.1). Alors il existe A ∈ Mn (C)
telle que T (t) = etA , ∀t ≥ 0.

Définition 1.2.5 ([6])

On suppose E de dimension infinie. Pour toute application A ∈ L (E), on a :

∞ n n
X t A
etA := , ∀t ≥ 0. (1.3)
n=0
n!

Proposition 1.2.3 ([6])


 
Pour A ∈ L (E) on définit etA par la formule (1.3). Alors, les assertions suivantes
t≥0
sont vérifiées :
 
(i) etA est un sémigroupe sur E tel que la fonction t 7→ etA de R+ dans
t≥0
(L (E), ∥·∥E ) est continue.

(ii) la fonction t 7→ T (t) := etA de R+ dans (L (E), ∥·∥E ) est différentiable et satisfait

d

 T (t) = AT (t), t ≥ 0




 dt (1.4)
T (0) = I


Réciproquement, toute fonction différentiable T (·) : R+ → (L (E), ∥·∥E ) satisfaisant


(1.4) est toujours de la forme T (t) = etA pour A = T ′ (0) ∈ L (E).

Définition 1.2.6 ([6])

Les sémigroupes ayant la propriétés de continuité (i.) de la proposition précédente sont


dit sémigroupes uniformément continus.

Théorème 1.2.1 ([6])

Tout sémigroupe uniformément continu (T (t))t≥0 sur E est de la forme T (t) = etA , t ≥ 0 et
A ∈ L (E).

DIPES II 9 2024-2025
1.2 Sémigroupes d’opérateurs linéaires 10

Proposition 1.2.4 ([6])

Soit (T (t))t≥0 un sémigroupe fortement continu sur E et x ∈ E. L’application orbitale


ξ x : t 7→ T (t)x est différentiable sur R+ si et seulement si elle l’est à droite en 0.

Définition 1.2.7 (Générateur d’un sémigroupe,[6])

Le générateur A : E ⊃ D(A) 7→ E du sémigroupe fortement continu (T (t))t≥0 sur E est


l’opérateur défini par :

T (t)x − x
Ax := ξ̇ x (0) = lim , x ∈ D(A) = {x ∈ E, ξ x différentiable à droite en 0} .
t→0 t

1.2.2 Opérateur maximal


Définition 1.2.8 ([6])

Soit (T (t))t≥0 un sémigroupe sur un espace de Banach X et Y une partie fermée de X


telle que T (t)Y ⊆ Y, ∀t ≥ 0. Alors la restriction T (t)| := T (t)|Y forme un sémigroupe

fortement continu noté T (t)| t≥0 sur l’espace de Banach Y, appelé sémigroupe de sous
espace.

Définition 1.2.9 ([6])

Soit (A, D(A)) un opérateur sur l’espace de Banach X. Soit Y une partie de X.
La partie de A dans Y est l’opérateur A| défini par

A| y = Ay et D(A| ) = {y ∈ D(A) ∩ Y : Ay ∈ Y}

A| est appelé opérateur maximal induit par A sur Y et coïncide avec le générateur du

sémigroupe T (t)| t≥0 sur le sous-espace Y.

Théorème 1.2.2 ([6])

Soit (A, D(A)) le générateur du sémigroupe fortement continu (T (t))t≥0 sur X. Si le sémi-

groupe restreint T (t)| t≥0 est fortement continu sur un sous espace
(T (t))t≥0 -invariant Y, alors le générateur de T (t)| t≥0 est A| , D(A| ) .
 

DIPES II 10 2024-2025
1.2 Sémigroupes d’opérateurs linéaires 11

Corollaire 1.2.5 ([6])

Si Y est un sous espace fermé de l’espace de Banach X, (T (t))t≥0 − invariant alors le géné-
rateur de T (t)| t≥0 est donné par : A| y = Ay et D(A| ) = D(A) ∩ Y.


1.2.3 Théorème de Fattorini


Les résultats de ce paragraphe sont tirés du livre de Fattorini [7].
On considère l’équation
u′ (t) = Au(t) , t ≥ 0 (1.5)

Où A est un opérateur à domaine, dense défini sur E.


On définit :
∀t ≥ 0, S (t)u := u(t) (1.6)

Où u(.) est la solution de l’équation (1.5).


S (.) est un opérateur linéaire borné appelé propagateur (ou opérateur solution, opérateur
d’évolution) de l’équation (1.5).

Proposition 1.2.6

Le propagateur S (.) de (1.5) vérifie :

S (0) = I, S (s + t) = S (s)S (t), avec s, t ≥ 0.

Dans la suite, on suppose qu’il existe C, ω ≥ 0 tels que

∥S (t)∥ ≤ Ceωt (1.7)

Définition 1.2.10

Si A est à domaine dense sur E, on dit que A ∈ C+ (C, ω) si le problème de Cauchy


associé à l’équation (1.5) est bien posé pour t ≥ 0 et l’inégalité (1.7) est vérifiée.

Définition 1.2.11

Si ∥S (t)u∥ = ∥u∥ ∀u ∈ E alors S (.) est dit isométrique dans [0, +∞[ .

DIPES II 11 2024-2025
1.2 Sémigroupes d’opérateurs linéaires 12

Définition 1.2.12

L’opérateur A est dit conservatif si

Re ⟨u∗ , Au⟩ = 0, ∀u ∈ D(A), u∗ ∈ Θ(u).

Il est dit conservatif par rapport à une application duale θ : D(A) → E ∗ si

Re ⟨θ(u), Au⟩ = 0, ∀u ∈ D(A).

Théorème 1.2.3 (de Fattorini)

Soit A ∈ C+ (C, ω). On suppose que le propagateur de l’équation (1.5) est isométrique. Alors
A est conservatif par rapport à une application duale.
Réciproquement, on suppose que A est à domaine dense, conservatif par rapport à l’appli-
cation duale θ : D(A) → E ∗ et que (λI − A)D(A) = E, λ > 0. Alors A ∈ C+ (1, 0) et le
propagateur de (1) est isométrique.

1.2.4 Théorèmes de génération


Nous commençons par la définition d’opérateurs dissipatifs suivante :

Définition 1.2.13 ([6],[12])

Soit (A, D(A)) un opérateur linéaire non borné dans l’espace de Banach E. (A, D(A)) est
dit dissipatif si ∀x ∈ D(A), ∀λ > 0 on a : ∥λx − Ax∥ ≥ λ ∥x∥ .

Théorème de perturbation bornée

Soient A : D(A) ⊆ E → E le générateur d’un C0 -sémigroupe (T (t))t≥0 et B : D(B) ⊆


E → E un autre opérateur sur E. On cherche ici les conditions pour lesquelles la somme
A + B génère un C0 -sémigroupe. On dit que le générateur A est perturbé par l’opérateur B ou
que B est une perturbation de A, voir ([6]).

DIPES II 12 2024-2025
1.2 Sémigroupes d’opérateurs linéaires 13

Théorème 1.2.4 (de perturbation bornée, [6])

Soit (A, D(A)) le générateur d’un C0 -sémigroupe (T (t))t≥0 sur E tel que pour certains w ∈ R
et M ≥ 1, ∥T (t)∥ ≤ Mewt , ∀t ≥ 0. Si B ∈ L (E) alors l’opérateur A + B de domaine D(A +
B) = D(A) génère un C0 -sémigroupe (S (t))t≥0 satisfaisant ∥S (t)∥ ≤ Me(w+M∥B∥)t quelque soit
t ≥ 0.

Corollaire 1.2.7 ([6])

Soient (T (t))t≥ et (S (t))t≥ deux C0 -sémigroupes sur E de générateurs respectifs A et C. On


suppose que C = A + B pour un certain opérateur borné B de E. Alors
Z t
S (t)x = T (t)x + T (t − s)BS (s)ds ∀t ≥ 0 et x ∈ E.
0

Théorème de Lumer-Phillips

Soient E et F deux espace de Banach et (A, D(A)) et (B, D(B)) deux opérateurs linéaires
de E dans F.

Définition 1.2.14 ([6])

On dit que A est une extension de B si D(B) ⊆ D(A) et ∀x ∈ B , Bx = Ax. On note


“B ⊂ A”.

Définition 1.2.15 ([6])

1 On dit que l’opérateur A est fermable s’il admet une extension fermée.

2 L’adhérence de son graphe est le graphe d’un opérateur noté A qu’on appelle
fermeture de A.

DIPES II 13 2024-2025
1.3 Problème de Cauchy 14

Théorème 1.2.5 ([6])

On suppose ici que E = F et que A est dissipatif et à domaine dense. Alors les propriétés
suivantes sont équivalentes :

(i) La fermeture A de A génère un sémigroupe de contraction.

(ii) L’image Im(λI − A) de l’opérateur λI − A est dense dans E pour λ > 0.

Théorème de Hille-Yosida

Soit E un espace de Banach et (A, D(A)) un opérateur linéaire non borné sur E.

Définition 1.2.16 ([6])

(A, D(A)) dit m-dissipatif s’il est dissipatif et ∀λ > 0 l’opérateur λI − A est surjectif.

Théorème 1.2.6 ([6])

(A, D(A)) est le générateur infinitésimal d’un C0 -sémigroupe de contraction sur E si et seule-
ment si les conditions suivantes sont satisfaites :

(i) A est fermé et à domaine dense ;

(ii) ∀λ > 0, λ ∈ ρ(A) et λ(λI − A)−1 ≤ 1

Théorème 1.2.7 ([12])

(A, D(A)) est le générateur infinitésimal d’un sémigroupe de contraction sur E si et seule-
ment s’il est m-dissipatif et à domaine dense dans E.

1.3 Problème de Cauchy


Soit E un espace de Banach.
On considère l’équation
u′ (t) = Au(t), t ≥ 0. (1.8)

DIPES II 14 2024-2025
1.3 Problème de Cauchy 15

Où (A, D(A)) est un opérateur à domaine dense sur E et u(·) est une fonction à valeurs dans
E.

Définition 1.3.1 ([6])

Le problème à valeur initiale



 u (t) = Au(t), t ≥ 0,


 ′
(1.9)
 u(0) = x


est appelé problème abstrait de Cauchy (PAC) associé à l’opérateur (A, D(A)) et de
valeur initiale x ∈ E.

Définition 1.3.2 ([6])

Une fonction u : R+ → E est appelée solution du (PAC) 1.9 si u est continûment


différentiable, u(t) ∈ D(A) ∀t ≥ 0 et le (PAC) 1.9 est vérifié.

Proposition 1.3.1 ([7])

On dit que le (PAC) 1.9 est bien posé si les assertions suivantes sont satisfaites :

(a) Existence de solutions pour un nombre suffisant de conditions initiales :


Il existe un sous espace dense D de E tel que pour un certain u0 ∈ D il existe une
solution u(·) de (1.8) quelque soit t ≥ 0 avec u(0) = u0 .

(b) Dépendance continue des solutions par rapport aux données initiales :
Il existe une fonction C sur R+ , non décroissante et non négative telle que
∥u(t)∥ ≤ C(t) ∥u(0)∥ , t ≥ 0 pour n’importe quelle solution u(·) de (1.8).

Théorème 1.3.1 ([6])

Soit (A, D(A)) le générateur d’un sémigroupe fortement continu (T (t))t≥0 sur E. Alors, pour
chaque x ∈ D(A) la fonction u : t 7→ u(t) := T (t)x est l’unique solution du (PAC) (1.9).

DIPES II 15 2024-2025
1.3 Problème de Cauchy 16

Théorème 1.3.2 ([7])

Soit A ∈ C+ (1, 0). On suppose que le propagateur S (·) de (1.5) est positif pour tout t ≥ 0,
(c’est-à-dire, les solutions avec valeurs initiales positives restent positives dans le temps).
Alors A est dispersif suivant une quelconque application duale θ.
Réciproquement, on suppose que A est dispersif suivant une application duale θ et que
(λI − A)D(A) = E pour λ > 0. Alors A ∈ C+ (1, 0) et S (·) est positif pour tout t ≥ 0.

Nous venons dans ce chapitre préliminaire de rassembler les résultats fondamentaux né-
cessaires pour la suite de notre travail. Nous avons commencé par présenter les notions es-
sentielles sur les opérateurs linéaires dans un espace de Banach, ensuite nous avons présenté
des résultats de la théorie des sémigroupes d’opérateurs linéaires et nous avons terminé par
la présentation d’un problème de Cauchy, qui constitue le cadre mathématique dans lequel
sera étudié notre modèle.

DIPES II 16 2024-2025
Chapitre Deux

Existence et unicité d’une solution d’un modèle de file


d’attente M/G/1

2.1 Présentation du modèle


Imaginons un service où les clients arrivent de manière imprévisible, par exemple une
caisse d’un supermarché ou un guichet administratif. À leur arrivée, ils forment un rang pour
être servis (file d’attente). Le temps nécessaire pour traiter chaque client n’est pas constant,
il peut varier selon les cas : certains services sont rapides, d’autres prennent plus de temps.
De nombreux modèles classiques décrivant ces situations existent, reposant sur certaines hy-
pothèses adaptées au contexte en question.
Dans un modèle classique de type M/G/1, un seul serveur traite les clients, et le temps
d’arrivée ainsi que le temps de traitement (temps de service) sont modélisés de manière
probabiliste, voir Ziren [13]. Pour améliorer la fluidité et éviter l’engorgement, on introduit
un second serveur (serveur optionnel), qui intervient de manière déterministe. Par exemple,
après un certain temps, ou lorsque la file atteint une certaine longueur ce serveur prend le
relais ou vient en renfort, selon une règle fixée à l’avance. Le modèle considéré dans notre
travail est de type M/G/1 avec serveur optionnel déterministe.
D’après Genir Gupur (2020) [9], Madan (1999) [11] ce modèle M/G/1 avec serveur option-
nel déterministe peut se décrire par le système d’équations aux dérivées partielles (EDP)
avec conditions aux limites suivant :

Z ∞
dQ(t)
= −λQ(t) + (1 − p) W0 (x, t)µ(x)dx + K0 V0 (t), (2.1)
dt 0

∂W0 (x, t) ∂W0 (x, t)


+ = −(λ + µ(x))W0 (x, t), (2.2)
∂t ∂x

DIPES II 17 2024-2025
2.1 Présentation du modèle 18

∂Wn (x, t) ∂Wn (x, t)


+ = −(λ + µ(x))Wn (x, t) + λWn−1 (x, t), n ≥ 1, (2.3)
∂t ∂x

Z ∞
dVn (t)
= −Vn (t) + p Wn (x, t)µ(x)dx, n ≥ 0, (2.4)
dt 0

Z ∞
W0 (0, t) = (1 − p) W1 (x, t)µ(x)dx + K1 V0 (t) + K0 V1 (t) + λQ(t), (2.5)
0

Z ∞ n+1
X
Wn (0, t) = (1 − p) Wn+1 (x, t)µ(x)dx + Kr Vn−r+1 (t), n ≥ 1, (2.6)
0 r=0

Q(0) = 1, Vn (0) = 0, n ≥ 0 ; Wn (x, 0) = 0, n ≥ 0. (2.7)

Où :

— (x, t) ∈ R+ × R+ ,
— Q(t) est la probabilité que le serveur soit inactif à l’instant t et qu’il n’y ait aucun
client dans le système,
— Vn (t), n ≥ 0 est la probabilité que le serveur soit en vacance et qu’il y ait n clients
dans le système à l’instant t,
— Wn (x, t)dx, n ≥ 0 est la probabilité qu’à l’instant t, le serveur soit en activité et qu’il
y ait n clients dans le système, avec le temps de service écoulé du client en cours de
service se situant dans l’intervalle ]x; x + dx],
— λ est le taux moyen d’arrivée des clients,
— Kr , r ≥ 0 est la probabilité que r clients arrivent à chaque période de vacances fixe ;
e−λd (λd)r
Kr vérifie Kr = , où d est le taux de durée des vacances du serveur,
r!
— p est la probabilité que le serveur décide de prendre des vacances à la fin de chaque
service,
— µ(x) est le taux de complétion de service du serveur et vérifie
Z ∞
µ(x) ≥ 0, µ(x)dx = ∞.
0

DIPES II 18 2024-2025
2.2 Transformation du modèle en un problème abstrait de Cauchy 19

2.2 Transformation du modèle en un problème abstrait de


Cauchy
Dans cette section nous transformons les équations aux dérivées partielles précédentes
en un problème abstrait de Cauchy, dans un espace de Banach X que nous construisons,
afin d’utiliser la théorie des sémigroupes.
Considérons le système formé de ces équations (2.1)-(2.7). Sous l’hypothèse d’existence
d’un état stationnaire, nous posons (Voir Madan (1999) [11]) :

Q = lim Q(t) et ∀n ∈ N Wn (x) = lim Wn (x, t) Vn = lim Vn (t)


t−→∞ t−→∞ t−→∞

On suppose dans la suite que :


(i) ∀n ∈ N, ∀x ∈ R+ , l’application Wn (x) : t 7→ Wn (x, t), t ∈ R+ est dans L1 (R+ ).
(ii) (Vn )n∈N ∈ ℓ1 .

Lemme 2.2.1

Posons
 ∞

 X 
Y = + 1 (R ) < ∞ .
 1 1

W ∈ R × L (R ) × L (R ) × · · · tel que : |Q| ∥W (x)∥
 
 + + + n L + 
 
n=0

Avec W = (Q, W0 (x), W1 (x), · · · )


X
Alors l’espace (Y , ∥·∥Y ), avec ∥W∥Y = |Q| + ∥Wn (x)∥L1 (R+ ) est un espace de Banach.
n=0

   
Preuve. Soit W k = Qk , W1k (x), W2k (x), · · · une suite de Cauchy dans Y . Alors
  k∈N k∈N  
Qk est de Cauchy dans R et ∀n ∈ N , ∀x ∈ R+ , Wnk (x) est de Cauchy dans L1 (R+ ).
k∈N
    k∈N
Donc Qk et Wnk (x) convergent dans R et L1 (R+ ) respectivement, car R et L1 (R+ ) sont
k∈N k∈N
des espaces complets.
Notons par Q et Wn (x) leurs limites respectives.
On a : lim Qk = Q et ∀n ≥ 0 , ∀x ∈ R+ , lim Wnk (x) = Wn (x)
k→∞
  k→∞
⇒ lim Qk , W1k (x), W2k (x), · · · = (Q, W1 (x), W2 (x), · · · )
k→∞
⇒ lim W k = W = (Q, W1 (x), W2 (x), · · · )
k→∞
Il reste à montrer que W ∈ Y .

DIPES II 19 2024-2025
2.2 Transformation du modèle en un problème abstrait de Cauchy 20


X ∞
X
On a : |Q| + ∥Wn (x)∥L1 (R+ ) = lim Qk + lim Wnk (x) L1 (R+ )
k→∞ k→∞
n=0 n=0

X
= lim Q + lim
k
Wnk (x) L1 (R+ )
k→∞ k→∞
n=0

X
car Wnk (x) < ∞, comme ∀k ∈ N W k ∈ Y .
L1 (R+ )
n=0


 k X
= lim  Q +

Wnk (x) L1 (R ) 
k→∞ +
n=0

X ∞
X
Donc |Q| + ∥Wn (x)∥L1 (R+ ) < ∞ car Qk + Wnk (x) L1 (R+ )
< ∞,
n=0 n=0
comme ∀k ∈ N, W k ∈ Y .

On conclut que W ∈ Y et donc que Y est un espace de Banach.


Théorème 2.2.1
n o
Soit : X = (W, V)|W ∈ Y , V ∈ ℓ1 et ∥W∥Y + ∥V∥ℓ1 < ∞ et ∥(W, V)∥X = ∥W∥Y + ∥V∥ℓ1 .
Alors (X , ∥·∥X ) est un espace de Banach.

Preuve. On a : X ⊆ Y × ℓ1 et Y × ℓ1 est un espace de Banach car Y et ℓ1 le sont.


Nous allons donc montrer que X est fermé dans Y × ℓ1 .
Soit (W, V) ∈ X , alors il existe (W n , V n )n∈N ⊆ X telle que lim (W n , V n ) = (W, V).
n→∞
On a donc lim W n = W et lim V n = V
n→∞ n→∞

ie W ∈ Y et V ∈ ℓ 1
car Y et ℓ1 sont des espaces de Banach

ie ∥W∥Y < ∞ et ∥V∥ℓ1 < ∞

ie ∥(W, V)∥ = ∥W∥Y + ∥V∥ℓ1 < ∞

D’où (W, V) ∈ X

On conclut que X est un espace de Banach comme sous-espace fermé d’un espace de
Banach.

DIPES II 20 2024-2025
2.2 Transformation du modèle en un problème abstrait de Cauchy 21

Dans la suite nous considérons l’espace de Banach (X , ∥·∥X ). Définissons l’opérateur


maximal (Am , D(Am )) sur (X , ∥·∥X ) par :
   
 Q  V0 
   
W0 (x) V1 
   

Am (W, V) = (A + U + E)(W, V) avec W = W1 (x) et V = V2 


   
   
W2 (x) V3 
 ..   .. 
   
. .

dWn
 
∈ L1 (R+ ), Wn (x) est absolument continue et


 


 (W, V) ∈ X

dx

D(Am ) =  .
 

P∞ dWn
<∞

 



 n=0


 dx L1 (R+ ) 

Avec A, U et E des opérateurs linéaires définis comme suit :

      
−λ 0 0 0 · · ·  Q  −1 0 0 0 · · · V0 
       
 0 − d 0 0 · · · W0 (x)  0 −1 0 0 · · · V1 
 dx       
A(W, V) =  0 d
,
· · · W1 (x)  0 0 −1 0 · · · V2  .

0 − dx 0 

 

 

 


       
d
 0 0 0 − dx · · · W2 (x)  0 0 0 −1 · · · V3 
 .. .. .. .. . .   ..   .. .. .. .. . .   .. 
      
. . . . . . . . . . . .

        
0 0 0 0 · · ·  Q  K0 0 0 0 · · · V0  0
         
0 D 0 0 · · · W0 (x)  0 0 0 0 · · · V1  0
    
    
U(W, V) = 0 λ D 0 · · · W1 (x) +  0 0 0 0 · · · V2  , 0 .
    
        
0 0 λ D · · · W2 (x)  0 0 0 0 · · · V3  0
 .. .. .. .. . .   ..   .. .. .. .. . .   ..   .. 
        
. . . . . . . . . . . . .

     
0 (1 − p)ψ 0 · · ·  Q  0 pψ 0 0 · · ·  Q 
       
0 0 0 · · · W0 (x) 0 0 pψ 0 · · · W0 (x)

      
E(W, V) = 0 0 · · · W1 (x) , 0 0 0 pψ · · · W1 (x) .

0
       
0 0 0 · · · W2 (x) 0 0 0 0 · · · W2 (x)
 .. .. .. . .   ..   .. .. .. .. . .   .. 
     
. . . . . . . . . . .

DIPES II 21 2024-2025
2.2 Transformation du modèle en un problème abstrait de Cauchy 22

Avec Z ∞
D = −(λ + µ(x)) , ψ f = µ(x) f (x)dx , f ∈ L1 (R+ ).
0

Soient les opérateurs (L, D(L)) et (Φ, D(Φ)) définis sur D(Am ) et à valeurs dans ∂X = ℓ1
par :      
 Q  V0  W0 (0)
     
W (x) V  W (0)
 0   1   1 
L W1 (x) , V2  = W2 (0)
     
     
W2 (x) V3  W3 (0)
 ..   ..   .. 
     
. . .
et

   
 Q  V0 
   
W (x) V 
 0   1 
Φ W1 (x) , V2  =
   
W2 (x) V3 
 ..   .. 
   
. .

      

λ
  Q  K1 K0 0 0 0 · · · V0 
 0 (1 − p)ψ 0 0 · · ·      
  W0 (x) K2 K1 K0 0 0 · · · V1 
0 0 0 (1 − p)ψ 0 · · · 
     
 W1 (x) + K3
 
  K2 K1 K0 0 · · · V2 
0
 0 0 0 (1 − p)ψ · · ·       
 .. .. .. .. .. . .  W2 (x) K4
    K3 K2 K1 K0 · · · V3 
 . . . . . .  .   . .. .. .. .. . .   .. 
.. ..
  
. . . . . .

Avec Z ∞
ψf = µ(x) f (x)dx , f ∈ L1 (R+ )
0

Proposition 2.2.1

L et Φ ainsi définis sont des opérateurs bornés.

Preuve. Soit (W, V) ∈ D(Am ) avec W = (Q, W0 (x), W1 (x), W2 (x), · · · ) et V = (V0 , V1 , V2 , V3 , · · · )
On a :

DIPES II 22 2024-2025
2.2 Transformation du modèle en un problème abstrait de Cauchy 23

∥L(W, V)∥X = t
(W0 (x), W1 (x), W2 (x), · · · ) X


X
= ∥Wn (x)∥L1 (R+ )
n=0


X
≤ |Q| + ∥Wn (x)∥L1 (R+ )
n=0

= ∥(W, V)∥X

<∞

Donc L est borné.

De même

  
   Q 
λ 0 (1 − p)ψ 0 0 · · ·  
  W0 (x)

0 0 0 (1 − p)ψ 0 · · · 
 

∥Φ(W, V)∥X ≤   W1 (x)

0 0 0 0 (1 − p)ψ · · ·   
 .. .. .. .. .. . .  W2 (x)
   
 . . . . . .  . 
..
X

   
K1
 K0 0 0 0 · · · V0 
  
K2 K1 K0 0 0 · · · V1 

  
+ K3

K2 K1 K0 0 · · · V2 
   
K4 K3 K2 K1 K0 · · · V3 
 .. .. .. .. .. . .   .. 
   
. . . . . . .
ℓ1

∞ Z
X ∞ ∞
X
≤ |λQ| + (1 − p) µ(x) |Wn (x)| dx + Kr ∥V∥ℓ1
n=1 0 r=0

∞ Z
X ∞ ∞
X
≤ |λQ| + (1 − p)µ |Wn (x)| dx + ∥V∥ℓ1 car Kr = 1, avec µ = sup µ(x)
n=1 0 r=0 x∈R+


X
= |λQ| + (1 − p)µ ∥Wn (x)∥L1 (R+ ) + ∥V∥ℓ1
n=1

DIPES II 23 2024-2025
2.2 Transformation du modèle en un problème abstrait de Cauchy 24


X
≤ |λQ| + (1 − p)µ ∥Wn (x)∥L1 (R+ ) + ∥V∥ℓ1
n=0

≤ max {λ, (1 − p)µ} ∥W∥Y + ∥V∥ℓ1 en supposant µ fini.

≤ max {λ, (1 − p)µ, 1} ∥(W, V)∥X

Donc Φ est borné.


Théorème 2.2.2

Soit (A , D(A )) l’opérateur défini par :

A (W, V) = Am (W, V) et D(A ) = {(W, V) ∈ D(Am ) | L(W, V) = Φ(W, V)} .

Alors les équations (2.1)-(2.7) précédentes peuvent s’écrire dans l’espace de Banach X
comme le problème abstrait de Cauchy (PAC)

d(W, V)(t)

= A (W, V)(t) , t ∈ R∗+







 dt    


 1 0

    
(2.8)

    
= 0 , 0





(W, V)(0)    

  .   . 
 ..   .. 




Preuve. Les équations (2.1)-(2.4) donnent :


 Z ∞
dQ(t)
= −λQ(t) + (1 − p) W0 (x, t)µ(x)dx + K0 V0 (t),








 dt 0

∂W0 (x, t) ∂W0 (x, t)



=− − (λ + µ(x))W0 (x, t),



 ∂t ∂x





 ∂Wn (x, t) ∂Wn (x, t)
=− − (λ + µ(x))Wn (x, t) + λWn−1 (x, t), n ≥ 1,



∂t ∂x







 Z ∞

 dVn (t)
= −Vn (t) + p



 Wn (x, t)µ(x)dx, n ≥ 0,
 dt


 0

C’est-à-dire : pour W(x) = (Q, W0 (x), W1 (x), W2 (x), · · · ) et V = (V0 , V1 , V2 , V3 , · · · ) on a :

DIPES II 24 2024-2025
2.2 Transformation du modèle en un problème abstrait de Cauchy 25

d(W, V)(t) d(W(x, t), V(t))


:=
dt dt
   
 −λQ(t)   0 
   −V (t)
 ∂W0 (x, t)  −V1 (t)
−
∂x  
  
 ∂W1 (x, t)  −V2 (t)
 
= −  , 
∂x  −V3 (t)

 ∂W2 (x, t)  


−  −V (t)
∂x   4 
..   . 

 . ..
   

 K 0 V 0 (t)  0
  
−(λ + µ(x)W0 (x, t))  0
   

+ −(λ + µ(x)W1 (x, t)) + λW0 (x, t) , 0
   
   
−(λ + µ(x)W2 (x, t)) + λW1 (x, t) 0
..   .. 
   
. .


 Z ∞  Z ∞ 
 p W (x, t)µ(x)dx
  
(1 − p) 0
W (x, t)µ(x)dx
 
   
0   Z0 ∞ 
 0   

0   p W1 (x, t)µ(x)dx
+   ,  Z0 ∞
 
  

 0   p W 2 (x, t)µ(x)dx 
 .
..
  0 
 .. 
.


   

−λQ 
 
 −V 0

   
 dW0 (x)  −V1 
−   
 dx   
 dW1 (x)  −V2 
= −  ,   (t)
 dx  −V3 
 dW2 (x)   
−
dx  −V4 
  
..

  . 
. ..


   
 K 0 0 V  0
   
−(λ + µ(x)W0 (x))  0
   

+ −(λ + µ(x)W1 (x)) + λW0 (x) , 0 (t)
   
   
−(λ + µ(x)W2 (x)) + λW1 (x) 0
..   .. 
   
. .


DIPES II 25 2024-2025
2.3 Existence et unicité d’une solution du problème (2.8) 26

 Z ∞  Z ∞ 

  p W0 (x)µ(x)dx
 
(1 − p) W (x)µ(x)dx
 0   Z0 ∞ 
 0   
 0   p W 1 (x)µ(x)dx 
+   ,  Z0

  (t)
  ∞ 

 0   p W 2 (x)µ(x)dx 
..
  
   0 ..
.

.
  

= A(W, V)(t) + U(W, V)(t) + E(W, V)(t)

= Am (W, V)(t)

Les conditions aux bords((2.5) et (2.6)) donnent :

   Z ∞ 
W0 (0, t) 
   λQ(t) + (1 − p) W 1 (x, t)µ(x)dx + K V
1 0 (t) + K V
0 1 (t) 

Z ∞ 0
W1 (0, t) 
   
W2 (x, t)µ(x)dx + K2 V0 (t) + K1 V1 (t) + K0 V2 (t)

(1 − p)
W2 (0, t) = 
   
Z ∞ 0 
   
W3 (0, t) 
  (1 − p) W 3 (x, t)µ(x)dx + K 3 V 0 (t) + K2 V 1 (t) + K 1 V2 (t) + K 0 V 3 (t) 

 .   0
.. .
..


C’est-à-dire L(W, V)(t) = Φ(W, V)(t)


d(W, V)(t)
Ainsi = A (W, V)(t)
dt
Par ailleurs :   
 Q(0)  V0 (0)    
W (x, 0) V (0) 1 0
       
 0   1     
 0 0
(W, V)(0) = W1 (x, 0) , V2 (0) =   ,  ,
  
    0 0
W2 (x, 0) V3 (0)  .   . 
  ..   .. 
.. .. 
  
 .   .
d’après les conditions initiales (2.7).
D’où les équations (2.1)-(2.7) peuvent s’écrire dans X par le système (2.8).

2.3 Existence et unicité d’une solution du problème (2.8)


Dans cette partie, nous montrons que l’opérateur A génère un C0 -sémigroupe de contrac-
tion (T (t))t≥0 sur l’espace de Banach X , nous déterminons alors l’espace dual de X et prou-
vons que A est un opérateur conservatif, lequel avec le théorème de Fattorini nous déduisons

DIPES II 26 2024-2025
2.3 Existence et unicité d’une solution du problème (2.8) 27

que T (t) est isométrique. Nous montrons alors que le système 2.8 admet une unique solution.

On pose µ̄ = sup {µ(x), x ∈ R+ }

Lemme 2.3.1

Si µ̄ < ∞ alors ∀γ ∈ ρ(A), l’opérateur γI − A est inversible et vérifie

1
(γI − A)−1 ≤ . (2.9)
γ − µ̄

Preuve. Soit (R, S ) ∈ X , considérons l’équation

(γI − A)(W, V) = (R, S )

 
où R = R̃0 , R0 (x), R1 (x), R2 (x), · · · et S = (S 0 , S 1 , S 2 , S 3 , · · · ) . En considérant γ , 1 et
γ , −λ, cette équation est équivalente au système d’équations suivant :

(γ + λ)Q = R̃0 (2.10)

dWn (x)
= −γWn(x) + Rn (x), n ≥ 0 (2.11)
dx

(γ + λ)Vn = S n , n ≥ 0 (2.12)

Z ∞
W0 (0) = (1 − p) W1 (x)µ(x)dx + K1 V0 + K0 V1 + λQ (2.13)
0

Z ∞ n+1
X
Wn (0) = (1 − p) Wn+1 (x)µ(x)dx + Kr Vn−r+1 , n ≥ 1 (2.14)
0 r=0
(2.10) et (2.12) donnent indépendamment :

1
Q= R̃0 (2.15)
γ+λ

et 1
Vn = S n, n ≥ 0 (2.16)
γ+1

DIPES II 27 2024-2025
2.3 Existence et unicité d’une solution du problème (2.8) 28

(2.11) est une équation différentielle ordinaire d’ordre 1 et non homogène. Une solution ho-
mogène de cette équation est donnée par Wn0 (x) = ωn e−γx , ∀n ≥ 0 avec
Z ωn ∈ R+ , n ≥ 0. ∞
Par la méthode de variation de la constante nous trouvons ωn (x) = eγτ Rn (τ)dτ. On ob-
0
tient donc Z x
Wn (x) = ωn e −γx
+e −γx
eγτ Rn (τ)dτ, ωn ∈ R+ et n ≥ 0. (2.17)
0

D’après (2.15)-(2.17) combinées avec (2.13) et (2.14) on a :


Z ∞ " Z x # 1
γτ 1 X 1
ω0 = W0 (0) = (1− p) µ(x) ω1 e + e
−γx −γx
e R1 (τ)dτ dx+ Kr S 1−r + R̃0
0 0 γ + 1 r=0 γ+λ

Z ∞ Z ∞ Z x 1
1 X 1 γτ
= ω1 (1−p) µ(x)e dx+(1−p) −γx
µ(x)e e R1 (τ)dτdx+ Kr S 1−r +
−γx
R̃0
0 0 0 γ + 1 r=0 γ+λ
(2.18)
Z ∞ " Z x # n+1
1 X
ωn = Wn (0) = (1− p) µ(x) ωn+1 e−γx + e−γx eγτ Rn+1 (τ)dτ dx+ Kr S n−r+1
0 0 γ + 1 r=0

Z ∞ Z ∞ Z x n+1
γτ 1 X
= ωn+1 (1−p) µ(x)e −γx
dx+(1−p) µ(x)e −γx
e Rn+1 (τ)dτdx+ Kr S n−r+1 , n ≥ 1
0 0 0 γ + 1 r=0
(2.19)
n≥1
Posons  
1 −B 0 0 · · ·
 
 Z ∞
0 1 −B 0 · · ·

C =   , où B = (1 − p) µ(x)e−γx dx
0 0 1 −B · · ·  0
 . . . .
 .. .. .. .. . . .


et ω =t (ω0 , ω1 , ω2 , · · · )
Alors, (2.18) et (2.19) donnent :

1 P 1 1
 R∞ 
−γx x γτ
µ(x)e + +
R
(1 − p) e R (τ)dτdx K S R̃
 
1 r 1−r 0
0 0 γ + 1 r=0 γ + λ 
 

R∞ Rx 1 P 2 
(1 − p) 0 µ(x)e−γx 0 eγτ R2 (τ)dτdx +

Kr S 2−r 
γ + 1 r=0
 

1 P 3

Cω = 
 R∞
−γx x γτ (2.20)
µ(x)e +
R
(1 − p) e R (τ)dτdx K S

3 r 3−r
0 0 γ + 1
 
 r=0 
R∞
−γx x γτ 1 P 4
(1 − p) 0 µ(x)e +
 R 
e R 4 (τ)dτdx Kr S 4−r
γ + 1 r=0

0
 
..
 
.


DIPES II 28 2024-2025
2.3 Existence et unicité d’une solution du problème (2.8) 29

 
1
 B B2 B3 · · ·

0 1 B B2 · · ·


= 0

On a C −1 0 1 B · · · (voir Nicholas J. H. : [8]) et avec (2.20) on obtient :
 
0 0 0 1 · · ·
 .. .. .. .. . . 
 
. . . . .

∞ j+1 ∞
λ ∞ x
Z Z
1 X jX X
ω0 = R̃0 + B Kr S j−r+1 + Bj µ0 (x)e
−γx
R j+1 (τ)eγτ dτdx. (2.21)
γ−λ γ + 1 j=0 r=0 j=0 0 0

∞ n+ j+1 ∞ Z ∞ Z x
1 X j X X
ωn = B Kr S n+ j−r+1 + B j
µ0 (x)e−γx
Rn+ j+1 (τ)eγτ dτdx, n ≥ 1
γ + 1 j=0 r=0 j=0 0 0
(2.22)
Ainsi, avec (2.15)-(2.17) et en utilisant le théorème de Fubini (Voir Heinz B. :[2]), (en
supposant γ > 0)
Z on a : ∞
∥Wn ∥L1 (R+ ) = |Wn (x)| dx
Z ∞ 0 Z ∞ Z x
≤ |ωn | e dx +
−γx
e −γx
|Rn (τ)| eγτdτdx
0 Z ∞ 0 Z x 0
1
= |ωn | + |Rn (τ)| eγτ e−γx dxdτ
γ 0 0

1 1
= |ωn | + ∥Rn ∥L1 (R+ ) , n ≥ 0
γ γ
(2.23)

Par ailleurs, ∥W∥ = |Q| + ∥Wn ∥L1 (R+ )
P
n=0

∞ ∞
1 1X 1X
≤ R̃0 + |ωn | + ∥Rn ∥L1 (R+ ) (2.24)
γ+λ γ n=0 γ n=0


Kr = 1, on a
P
En combinant (2.18) et (2.19) et avec le théorème de Fubini, sachant que
r=0

∞ ∞ ∞ n+ j+1
X λ 1 XX j X
|ωn | ≤ R̃0 + B Kr S n+ j−r+1
n=0
γ+λ γ + 1 n=0 j=0 r=0
∞ X
X ∞ Z ∞ Z ∞
γτ
+ B j
Rn+ j+1 (τ) e µ(x)e−γx dxdτ
n=0 j=0 0 τ
∞ ∞ ! j n+ j+1
λ 1 X X (1 − p)µ X
≤ R̃0 + Kr S n+ j−r+1
γ+λ γ + 1 n=0 j=0 γ r=0

DIPES II 29 2024-2025
2.3 Existence et unicité d’une solution du problème (2.8) 30

∞ ∞ !j
µ X X (1 − p)µ
+ Rn+ j+1
γ n=0 j=0 γ L1 (R+ )

∞ !j ∞ ∞
λ 1 X (1 − p)µ X X
≤ R̃0 + ∥S n ∥ Kr
γ+λ γ + 1 j=0 γ n=0 r=0
!j
µ P∞ (1 − p)µ P∞
+ n=0 ∥Rn ∥L1 (R+ )
γ j=0 γ

∞ ∞
λ γ X µ X
= R̃0 + |S n |+ ∥Rn ∥L1 (R+ )
γ+λ (γ + 1)(γ − (1 − p)µ) n=0 γ − (1 − p)µ n=0
(2.25)

Dans la suite on suppose µ < γ.


De (2.24) et (2.25) on estime :

∥(W, V)∥ = ∥V∥ + ∥W∥



1 1 X
≤ R̃0 + ∥S n ∥
γ+λ γ + 1 n=0
 ∞ ∞

1 λ γ X µ X 
+  + +
 
R̃ ∥S ∥ ∥R ∥

0 n n 1
γ γ + λ
 (γ + 1)(γ − (1 − p)µ) n=0 γ − (1 − p)µ n=0 L (R+ ) 



1X
+ ∥Rn ∥L1 (R+ )
γ n=0

1 γ − (1 − p)µ + 1 X
= R̃0 + ∥S n ∥
γ+λ (γ + 1)(γ − (1 − p)µ) n=0

γ + pµ X
+ ∥Rn ∥L1 (R+ )
γ(γ − (1 − p)µ) n=0
∞ ∞
1 1 X 1 X
< R̃0 + ∥S n ∥ + ∥Rn ∥L1 (R+ )
γ γ − (1 − p)µ n=0 γ − µ n=0
 ∞ ∞

1  X X 
∥(W, V)∥ < + +
 
R̃ |S | ∥R ∥
 
0 n n 1 (R ) 
γ−µ L +


 

n=0 n=0

1
= ∥(R, S )∥ . (2.26)
γ−µ

Par ailleurs :

DIPES II 30 2024-2025
2.3 Existence et unicité d’une solution du problème (2.8) 31

(1 − p)µ < µ < γ =⇒ 0 < γ − (1 − p)µ

=⇒ 0 < (1 − p)µ(γ − (1 − p)µ) En multipliant membre à membre par (1 − p)µ

=⇒ (γ + 1)(γ − (1 − p)µ) − (1 − p)µ(γ − (1 − p)µ) < (γ + 1)(γ − (1 − p)µ)

En multipliant membre à membre par −1 et en ajoutant


(γ + 1)(γ − (1 − p)µ)
=⇒ (γ − (1 − p)µ + 1)(γ − (1 − p)µ) < (γ + 1)(γ − (1 − p)µ)
1 γ − (1 − p)µ + 1 1 1
=⇒ < < , En divisant membre à
γ + 1 γ − (1 − p)µ γ − (1 − p)µ γ−µ
membre par (γ + 1)(γ − (1 − p)µ)2 et sachant que 0 ≤ p ≤ 1

γ−µ<γ =⇒ pµ(γ − µ) < pµγ

=⇒ γ(γ − µ) + pµ(γ − µ) < pµγ − µγ + γ2

=⇒ (γ − µ)(γ + pµ) < γ(γ − (1 − p)µ)


γ + pµ 1
=⇒ < .
γ(γ − (1 − p)µ) γ − µ

On conclut d’après (2.26) que pour γ > µ, (γI − A)−1 existe et

1
(γI − A)−1 : X −→ D(A) , (γI − A)−1 ≤ .
γ−µ

Lemme 2.3.2

D(A) = D(A ) est dense dans X .

Preuve. Soit (W, V) ∈ X . Alors


X ∞
X
|Q| + |Vn | + ∥Wn ∥L1 (R+ ) < ∞
n=0 n=0

Ainsi ∀ε > 0 , ∃M ∈ N∗ tel que


X ∞
X
|Vn | + ∥Wn ∥L1 (R+ ) < ε
n=M+1 n=M+1

DIPES II 31 2024-2025
2.3 Existence et unicité d’une solution du problème (2.8) 32

Ceci montre que l’ensemble


 




 V = (V0 , V1 , · · · , V M , 0, 0, · · · ), 




 
W(x) = (Q, W0 (x), W1 (x), · · · , W M (x), 0, 0, · · · ), 
 
 (W, V)

 
Π=
 

V j ∈ R, W j (x) ∈ L (R+ ), j = 0, 1, · · · , M,

 1





 



 

 ∗ 

 M∈N. 

est dense dans X


Posons maintenant
 




 V = (V0 , V1 , · · · , VN , 0, 0, · · · ), 




 
W(x) = (Q, W0 (x), W1 (x), · · · , WN (x), 0, 0, · · · ), 
 
 (W, V)

 
Z=
 

Wi (x) ∈ C0∞ (R+ ), ∃ci > 0

 




 



 

tel que Wi (x) = 0, x ∈ [0, ci ], i = 0, 1, · · · , N.


 

Alors Z est dense dans Π, d’après la proposition 1.1.3


Il suffit donc de montrer que Z ⊂ D(A).
En effet, Z ⊂ D(A) implique Z ⊂ D(A) = D(A) ⊂ X = Π = Z = Z ⊂ D(A)
Ce qui implique que X = D(A).
Soit donc (W, V) ∈ Z. ∃N ∈ N∗ , ∃ci > 0, i = 1, 2, · · · , N tels que

W(x) = (Q, W0 (x), W1 (x), · · · , WN (x), · · · ) , Wi (x) = 0 , x ∈ [0, ci ].

Ce qui implique que ∀x ∈ [0, 2s] , 0 < 2s < min {c0 , c1 , · · · , cN }, Wi (x) = 0. Posons :
 

 Q 

 Z ∞ X 1 
 (1 − p) W1 (x)µ(x)dx + Kr V1−r + λQ
 

 Q   2s r=0

   Z ∞ 2

X 
W2 (x)µ(x)dx +
 s  
 F0 (0)   (1 − p) Kr V2−r 
 s   2s r=0

 F1 (0)   Z ∞ 3

   X 
 F s (0)   (1 − p)
 2 W 3 (x)µ(x)dx + K r V3−r

F (0) =  .  = 
s
 ,
  2s 
r=0
 ..   ..
.

   
 s  
F N−1 (0)  Z ∞ N
X 
WN (x)µ(x)dx +

 s   (1 − p) Kr VN−r 
 F N (0)   2s 
r=0
.
  
 .  

.

 0 

 
 0 
..
 
.
 

DIPES II 32 2024-2025
2.3 Existence et unicité d’une solution du problème (2.8) 33

  
 Q   
   V 
 s   0 
 F0 (x)   
  V 
 F s (x)   1 

 1   V 
 s   2 
 F2 (x)   
 ..   V3 
 .   . 
F s (x) =   ,  ..  .
F s (x)  
 N−1  V 
 s   N 
 F N (x)   
   0 
 0   
   0 
  
 0   .. 

 .  . 
..


x 2
 
s
, x ∈ [0, s[



 F i (0) 1 −



 s
∀i ∈ {1, 2, · · · , N − 1} , Fis (x) = 

−ui (x − s)2 (x − 2s)2 , x ∈ [s, 2s[ ,






Wi (x), x ∈ [2s, ∞[ .


s
x 2
Z 
Fis (0) 1− µ(x)dx
s
ui = Z 0
2s
, i ∈ {1, 2, · · · , N − 1}
(x − s) (x − 2s) µ(x)dx
2 2
s

F s (x) ainsi défini est dans D(A). De plus,

N−1 Z
X ∞
∥(W, V) − F ∥ =
s
Wi (x) − Fis (x) dx
i=0 0

N−1 Z s N−1 Z 2s
X  x 2 X
= Fis (0) 1− dx + |ui | (x − s)2 (x − 2s)2 dx
i=0 0 s i=0 s

N−1 N−1
X s X s5
= Fis (0) + |ui |
i=0
3 i=0 30

Cette dernière égalité tend vers 0 lorsque s tend vers 0, ce qui montre que Z ⊂ D(A).
D’où D(A) est dense dans X .

Lemme 2.3.3

L’opérateur (A, D(A)) est fermé.

DIPES II 33 2024-2025
2.3 Existence et unicité d’une solution du problème (2.8) 34

Preuve. Soit (W m , V m )m∈N ⊂ D(A) qui converge vers (W, V) et telle que la suite image
(A(W m , V m ))n∈N converge vers (R, S ) dans X ; avec :
   
W m = Qm , W0m (x), W1m (x), · · · ∈ Y et V m = V0m , V1m , V2m , · · · ∈ ℓ1 ;
(W, V) = ((Q, W0 (x), W1 (x), · · · ), (V0 , V1 , V2 , · · · ))
 
(R, S ) = (R̃0 , R0 (x), R1 (x), · · · ), (S 0 , S 1 , S 2 , · · · )
Comme (W m , V m )m∈N ⊂ D(A) alors quelque soit m ∈ N (W m , V m ) ∈ D(A).
Ainsi (A(W m , V m ))m∈N converge vers (R, S ) implique :
lim A(W m , V m )
m→+∞
    
−λ 0 0 0 · · · −1 0 0 0 · · · 
    
 0 − d
0 0 · · ·  0 −1 0 0 · · · 

   
 dx 
= lim  0 0 · · · W m ,  0 0 −1 0 · · · V m  .
  
d
  0 − dx
m→+∞ 
 d
 
 0 0 0 −1 · · · 
 
 0 0 0 − dx · · ·
. . .. .. . .   .. .. .. .. . .  
  
 .. ..
 
. . . . . . . .
      
−λ 0 0 0 · · ·  Qm  −1 0 0 0 · · · V0m 
       
 0 − d 0 0 · · · W0m (x)  0 −1 0 0 · · · V1m 
 dx       
= lim  0 d
0 · · · W1 (x)  0 0 −1 0 · · · V2m  .
m ,

0 − dx 

 

 

 


m→+∞        
 d
 0 0 0 − dx · · · W2m (x)  0 0 0 −1 · · · V3m 
 ... .. .. .. . .   ..   .. .. .. .. . .   .. 
      
. . . . . . . . . . .
      
−λ 0 0 0 · · ·  Q  −1 0 0 0 · · · V0 
       
d
 0 − dx 0 0 · · · W0 (x)  0 −1 0 0 · · · V1 

      
=  0 · · · W1 (x) ,  0 0 −1 0 · · · V2 

d
0 − dx 0
       
d
 0 0 0 − dx · · · W2 (x)  0 0 0 −1 · · · V3 
 .. .. .. .. . .   ..   .. .. .. .. . .   .. 
      
. . . . . . . . . . . .
= A(W, V).
Par conséquent (W, V) ∈ D(A) et A(W, V) = (R, S )
On conclut d’après la proposition 1.1.2 que A est fermé.

Lemme 2.3.4

Les opérateurs U et E sont linéaires bornés.

Preuve. Par définition de U et E, ∀(W, V) ∈ X , on a :

DIPES II 34 2024-2025
2.3 Existence et unicité d’une solution du problème (2.8) 35

∞ Z
X ∞ ∞ Z
X ∞
∥U(W, V)∥ ≤ K0 |V0 | + |−(λ + µ(x))Wn (x)| dx + λ |Wn−1 (x)| dx
n=0 0 n=1 0

X
≤ K0 ∥V∥ + (2λ + µ) ∥Wn ∥L1 (R+ )
n=0

≤ max {K0 , 2λ + µ} ∥(W, V)∥ (2.27)

De même, Z ∞ ∞ Z
X ∞
∥E(W, V)∥ ≤ (1 − p) µ(x) |W0 (x)| dx + p µ(x) |Wn (x)| dx
0 n=0 0

∞ Z
X ∞ ∞
X
≤µ |Wn (x)| dx = µ ∥Wn ∥L1 (R+ ) ≤ µ ∥(W, V)∥
n=0 0 n=0
(2.27)
Ainsi U et E sont des opérateurs linéaires bornés. □

Lemme 2.3.5

A + U + E est un opérateur dispersif.

Preuve. Soit (W, V) ∈ D(A), posons


 [Q]+   + 
   [V0 ] 
 Q   V0 
 [W0 (x)]+   [V1 ]+ 

   
 W0 (x)   V1 
+  + 
ζ(x) =  [W1 (x)]  ,  [V2 ]  ,

 W1 (x)   V2 
 [W (x)]+   [V ]+ 
 2   3 
 W2 (x)   V3 
..   . 
..

.

Où :  
Q si Q > 0 Vi si Vi > 0


 


+ +
[Q] =  , [Vi ] =  .
 
 
0 si Q ≤ 0

 0 si Vi ≤ 0


Wi (x) si Wi (x) > 0



+
[Wi (x)] =  , i = 0, 1, 2, · · ·


0 si Wi (x) ≤ 0

Les conditions aux bords sur (W, V) ∈ D(A) impliquent :

DIPES II 35 2024-2025
2.3 Existence et unicité d’une solution du problème (2.8) 36


X ∞ Z
X ∞ ∞ X
X n+1
+ + +
[Wn (0)] ≤ λ [Q] + (1 − p) µ(x) [Wn (x)] dx + Kr [Vn+1−r ]+ . (2.28)
n=0 n=0 0 n=0 r=0

Z ∞ Ω = {x ∈ R+ |W
Posons i (x) > 0}
Zet Ω̃ = {x ∈ R+ |W+i (x) ≤ Z0}, pour i = 1, 2, 3,+ · · · . Alors,
dWi (x) [Wi (x)]+ dWi (x) [Wi (x)] dWi (x) [Wi (x)]
dx = dx + dx
0 dx Wi (x) Ω dx Wi (x) Ω̃ dx Wi (x)
dWi (x) [Wi (x)]+
Z
= dx
Ω dx Wi (x)
Z
dWi (x)
= dx
Ω dx
d [Wi (x)]+
Z
= dx
Ω dx

= − [Wi (0)]+ , i = 0, 1, 2, · · ·
(2.29)
En utilisant (2.28), (2.29) pour une telle fonction ζ(x), nous en-déduisons :


[Q]+
" Z #
⟨(A + U + E)(W, V), ζ⟩ = −λQ + K0 V0 + (1 − p) µ(x)W0 (x)dx
0 Q

[W0 (x)]+
Z " #
dW0 (x)
+ − − (λ + µ(x))W0 (x) dx
0 dx W0 (x)
[Wn (x)]+
∞ Z ∞" #
X dWn (x)
+ − − (λ + µ(x))Wn (x) + λWn−1 (x) dx
n=1 0 dx W n (x)

[Vn ]+
X∞ " Z ∞ #
+ −Vn + p µ(x)Wn (x)dx
n=0 0 Vn

[Q]+
" Z ∞ #
+
≤ −λ [Q] + K0 V0 + (1 − p) µ(x)W0 (x)dx
0 Q
∞ Z ∞
X ∞ X
X n+1
+
+λ [Q] + (1 − p) µ(x) [Wn+1 (x)]+ dx + Kr [Vn+1−r ]+
n=0 0 n=0 r=0

[Wn (x)]+
∞ Z ∞
X ∞ Z ∞
X
− (λ + µ(x)) [Wn (x)]+ dx + λ Wn−1 (x) dx
n=0 0 n=1 0 Wn (x)

[Vn ]+

X ∞
X Z ∞
+
− [Vn ] + p Wn (x)µ(x)dx
n=0
Vn n=0 0


[Q]+
" Z #
+ +
⟨(A + U + E)(W, V), ζ⟩ ≤ K0 [V0 ] + (1 − p) µ(x) [W0 (x)] dx
0 Q

DIPES II 36 2024-2025
2.3 Existence et unicité d’une solution du problème (2.8) 37

∞ Z
X ∞ ∞ X
X n+1
+
+(1 − p) µ(x) [Wn (x)] dx + Kr [Vn+1−r ]+
n=0 0 n=0 r=0

[Wn (x)]+
∞ Z
X ∞ ∞ Z
X ∞
+
− (λ + µ(x)) [Wn (x)] dx + λ [Wn−1 (x)]+ dx
n=0 0 n=1 0 Wn (x)

[Vn ]+

X ∞
X Z ∞
+
− [Vn ] + p µ(x) [Wn (x)]+ dx
n=0 n=0
Vn 0


[Q]+
" Z #
+ +
= K0 [V0 ] + (1 − p) µ(x) [W0 (x)] dx
0 Q
∞ Z ∞
X ∞
X ∞
X
+
+(1 − p) µ(x) [Wn (x)] dx + Kr [Vn ]+ − K0 [V0 ]+
n=1 0 r=0 n=0

[Wn (x)]+
∞ Z
X ∞ ∞ Z
X ∞
+ +
− (λ + µ(x)) [Wn (x)] dx + λ [Wn−1 (x)] dx
n=0 0 n=1 0 Wn (x)

[Vn ]+

X ∞
X Z ∞
+
− [Vn ] + p µ(x) [Wn (x)]+ dx
n=0 n=0
Vn 0

≤ 0.
(2.30)

En effet on a :


[Wn (x)]+ ∞
[Wn (x)]+ ∞
Z Z Z
+
Wn−1 (x) dx ≤ [Wn−1 (x)] dx ≤ [Wn (x)]+ dx , n ≥ 1.
0 Wn (x) 0 Wn (x) 0

On conclut que A + U + E est un opérateur dispersif.


Théorème 2.3.1

Si µ̄ < ∞ alors A génère un C0 -sémigroupe de contraction.

Preuve. Supposons µ̄ < ∞.

DIPES II 37 2024-2025
2.3 Existence et unicité d’une solution du problème (2.8) 38

Alors ∀γ ∈ ρ(A) |γ > µ ,

1
(γI − A)−1 ≤ d’après le lemme 2.3.1
γ−µ

De plus A est fermé d’après le lemme 2.3.3 et D(A) est dense dans X d’après le lemme
2.3.2
Ainsi, en vertu du théorème de Hille-Yosida (Théorème 1.2.6) on en déduit que A est le
générateur infinitésimal d’un C0 -sémigroupe de contraction sur X .
Par ailleurs U et E sont linéaires bornés d’après le lemme 2.3.4, donc à l’aide du théorème de
perturbation bornée (théorème 1.2.4) on en déduit que A + U + E génère un C0 -sémigroupe
(T (t))t≥0 .
De plus, comme ∀γ > µ̄ l’application γI − A est bijective de D(A) = D(A ) vers X alors
(γI − A)D(A) = X .
On conclut enfin, comme A + U + E est dispersif ( lemme 2.3.5), d’après le théorème 1.3.2
que A = A + U + E génère un C0 -sémigroupe de contraction (T (t))t≥0 .

L’espace dual de X est donné par

X ∗ = (W ∗ , V ∗ )| |∥(W ∗ , V ∗ )∥| = sup {|∥W ∗ ∥| , |∥V ∗ ∥|}




Avec :
   
W ∗ = Q∗ , W0∗ (x), W1∗ (x), W2∗ (x), · · · et V ∗ = V0∗ , V1∗ , V2∗ , V3∗ , · · · tels que Q∗ ∈ L (R) et
∀i ∈ N , Wi∗ (x) ∈ L (L1 (R+ ), R) , Vi∗ ∈ L (ℓ1 (R), R)
Et ( )
|∥W ∥| = sup |Q | , sup
∗ ∗
Wn∗ L∞ (R ) , |∥V ∗ ∥| = sup Vn∗ .
+
n≥0 n≥0

X ∗ ainsi défini est un espace de Banach.

Théorème 2.3.2

T (t) est isométrique pour la valeur initiale du système (2.8), c’est-à-dire

∥T (t)(W, V)(0)∥ = ∥(W, V)(0)∥ , t ≥ 0. (2.31)

DIPES II 38 2024-2025
2.3 Existence et unicité d’une solution du problème (2.8) 39

Preuve. Définissons l’espace Θ comme suit :

Θ = {(W, V) ∈ X | Q ≥ 0 , Vn ≥ 0 , Wn (x) ≥ 0 , ∀n ≥ 0 , x ∈ R+ }

Θ ainsi défini est un cône. Pour (W, V) ∈ Θ ∩ D(A) posons


   
1 1
   
   
1 1
(W , V ) = ∥(W, V)∥   ,   ∈ X
∗ ∗
1 1
 .   . 
 ..   .. 


Soit (W ∗ , V ∗ ) ∈ X . En utilisant les conditions aux bords et sachant que Kr = 1 on a :
P
r=0

⟨(A + U + E)(W, V), (W ∗ , V ∗ )⟩


" Z ∞ #
= −λQ + K0 V0 + (1 − p) µ(x)W0 (x)dx ∥(W, V)∥
Z ∞" 0 #
dW0 (x)
+ − (λ + µ(x))W0 (x) ∥(W, V)∥ dx
0 dx
∞ Z ∞" #
X dWn (x)
+ − − (λ + µ(x))Wn (x) + λWn−1 (x) ∥(W, V)∥ dx
n=1 0
dx
X∞ " Z ∞ #
+ −Vn + p µ(x)Wn (x)dx ∥(W, V)∥
n=0 0
" Z ∞ #
= ∥(W, V)∥ −λQ + K0 V0 + (1 − p) µ(x)W0 (x)dx
0
∞ Z ∞
 
X
+ ∥(W, V)∥ λQ + (1 − p) µ(x)Wn+1 (x)dx
 

n=1 0
 ∞ n+1 ∞

X X X
+ ∥(W, V)∥  (λ + µ(x))Wn (x)dx

Kr Vn+1−r −
n=0 r=0 n=0

XZ ∞
+ ∥(W, V)∥ λWn (x)dx
n=0 0
 ∞ ∞ Z ∞

 X X
+ ∥(W, V)∥ − Vn + p µ(x)Wn (x)dx


n=0 n=0 0
∞ ∞ ∞
 
X X X
= ∥(W, V)∥ K0 V0 − Vn + Vn − K0 V0  = 0
 
Kr
n=0 r=0 n=0

Ceci implique que l’opérateur A + U + E est conservatif.

DIPES II 39 2024-2025
2.3 Existence et unicité d’une solution du problème (2.8) 40

Par ailleurs, D(A ) = D(A) est dense dans X (d’après le lemme 2.3.2) et (λI − A)D(A) = X
(d’après le lemme 2.3.1).
   
1 0
   
De plus la donnée initiale (W, V)(0) = 0 , 0 est dans D(A) ∩ Θ
   
 .   . 
.. ..
On conclut donc, en vertu du théorème de Fattorini [7] que T (t) est isométrique pour la
donnée initiale de (2.8) ∀t ≥ 0.

Théorème 2.3.3

Si µ̄ < ∞ alors le système (2.8) admet une unique solution (W, V)(x, t) vérifiant

∥(W, V)(·, t)∥ = 1, ∀t ≥ 0.

Preuve. Supposons µ < ∞.


Alors, d’après le théorème 2.3.1 l’opérateur A est le générateur du C0 -sémigroupe de contrac-
tion (T (t))t≥0 .
Par ailleurs, (W, V)(0) ∈ D(A) ∩ Θ, alors d’après le théorème 1.3.1 le système 2.8 admet une
unique solution dépendant du temps (W, V)(x, t) qui peut s’exprimer par

(W, V)(x, t) = T (t)(W, V)(0), t≥0

Ainsi, avec l’égalité (2.31) on obtient


   
1 0
   
∥(W, V)(·, t)∥ = ∥T (t)(W, V)(0)∥ = ∥(W, V)(0)∥ = 0 , 0 = 1, t≥0
 ..   .. 
   
. .

Remarque 2.3.1. La condition ∥(W, V)(·, t)∥ = 1, ∀t ≥ 0 garantit la stabilité de la solution


du modèle :la solution reste ainsi stable dans le temps.

DIPES II 40 2024-2025
2.3 Existence et unicité d’une solution du problème (2.8) 41

Nous venons d’établir l’existence et l’unicité d’une solution du problème abstrait de Cau-
chy (2.8) qui traduisait le système des équations (2.1)-(2.7) associé au modèle de file d’at-
tente M/G/1 avec serveur optionnel déterministe. Cette solution traduit l’évolution précise
de l’état du système au cours du temps, garantissant ainsi que pour toute condition initiale,
le modèle admet une évolution unique et bien définie.
Nous donnons dans le prochain chapitre l’implication pédagogique de notre travail dans le
système éducatif secondaire.

DIPES II 41 2024-2025
Chapitre Trois

Implication pédagogique

L’enseignement des mathématiques au secondaire vise à doter les apprenants de com-


pétences fondamentales telles que la rigueur, la logique, la capacité à modéliser et à ré-
soudre des problèmes. Les outils mathématiques mobilisés dans ce mémoire (en particulier
les équations aux dérivées partielles (EDP) et la théorie des sémigroupes), bien qu’issus de
l’analyse avancée, peuvent inspirer une réflexion sur les pratiques pédagogiques. Ce chapitre
explore comment ces outils peuvent contribuer à renforcer la qualité du processus Enseigne-
ment/Apprentissage des mathématiques, tant du point de vue de l’enseignant que de celui
des apprenants.

3.1 Une opportunité pour l’enseignant de renforcer sa culture


mathématique
La formation des enseignants de mathématiques doit reposer sur des fondements solides
en analyse, en algèbre, en logique,(...) L’étude de modèles dynamiques tels que l’évolution
d’un stock ou le comportement d’un fluide dans un réservoir offre une illustration concrète
du lien entre la modélisation, l’abstraction mathématique et la résolution de problèmes. En
intégrant des notions comme les EDP ou les sémigroupes dans leur culture professionnelle,
les enseignants renforcent leur capacité à faire des liens entre les mathématiques scolaires
et les mathématiques universitaires. Cela leur permet aussi de proposer des exemples plus
riches et contextualisés, même dans des chapitres classiques comme les fonctions, les suites
ou les probabilités.

DIPES II 42 2024-2025
3.2 Développer chez l’élève la capacité à comprendre et utiliser les connaissances
mathématiques 43

3.2 Développer chez l’élève la capacité à comprendre et uti-


liser les connaissances mathématiques
Même si les équations aux dérivées partielles ou la théorie des sémigroupes ne sont pas
enseignées directement au secondaire, elles peuvent inspirer des situations pédagogiques
plus accessibles. Par exemple, on peut étudier l’évolution du niveau d’eau dans un réservoir
qui se remplit et se vide, ou encore la gestion d’un stock dans un entrepôt. Ce type de situation
permet de travailler des notions fondamentales comme :
— la lecture et l’interprétation d’un graphique ;
— la notion de variation dans le temps ;
— la modélisation avec des fonctions linéaires ou exponentielles.
En s’appuyant sur de tels exemples, l’enseignant favorise chez l’élève une meilleure com-
préhension des outils mathématiques et de leur utilité concrète.

3.3 Renforcer l’aptitude des élèves à mener un raisonne-


ment logique et structuré
La théorie des sémigroupes, comme toute branche rigoureuse de l’analyse, repose sur un
enchaînement précis de définitions, de propriétés et de théorèmes. En s’en inspirant, l’en-
seignant peut entraîner les élèves à formuler des hypothèses, à suivre un raisonnement lo-
gique, à construire des démonstrations ; compétences clés dans l’apprentissage des mathé-
matiques. Cela développe également l’esprit critique, la capacité à justifier un raisonnement,
et la conscience des conditions de validité d’un résultat.

3.4 Initier à l’usage des TIC pour illustrer des situations


dynamiques
Nous avons eu à utiliser dans la rédaction de notre mémoire un ordinateur portable avec
le logiciel LATEX, un smart phone doté d’une connexion internet. Ces outil permettent à l’en-
seignant :
— de préparer et présenter ses leçons ;
— de confectionner ses sujets d’évaluation de manière plus aisée ;
— d’actualiser de manière régulière ses cours.

DIPES II 43 2024-2025
3.4 Initier à l’usage des TIC pour illustrer des situations dynamiques 44

L’étude de modèles mathématiques dynamiques, tels que ceux inspirés de l’évolution


d’un système dans le temps, peut sembler éloignée des programmes du secondaire. Pourtant,
elle offre des leviers puissants pour enrichir les pratiques pédagogiques : en cultivant la ri-
gueur, en ouvrant à la modélisation, en encourageant l’usage du numérique et en développant
chez l’élève une attitude scientifique. Ces apports s’inscrivent pleinement dans les objectifs
généraux de l’enseignement des mathématiques au secondaire.

DIPES II 44 2024-2025
Conclusion et perspectives

Ce mémoire a été consacré à l’étude de l’existence et de l’unicité d’une solution d’un mo-
dèle de file d’attente M/G/1 avec serveur optionnel déterministe, à l’aide de la théorie des sé-
migroupes d’opérateurs linéaires. Après avoir présenté les notions préliminaires nécessaires,
nous avons transformé le système d’équations aux dérivées partielles décrivant le modèle
sous forme d’un problème abstrait de Cauchy. L’application du théorème de Hille–Yosida
nous a permis de démontrer rigoureusement l’existence et l’unicité d’une solution dans un
cadre fonctionnel que nous avons construit.
Au-delà de l’intérêt théorique, ce travail met en évidence la puissance de l’analyse abs-
traite pour traiter des situations concrètes, ce qui constitue un pont entre mathématiques
pures et applications. Il offre également des pistes pour enrichir l’enseignement des ma-
thématiques au secondaire, notamment par la modélisation, la rigueur du raisonnement, et
l’usage des outils numériques.
Ce travail pourrait être prolongé par l’étude du comportement asymptotique de la solu-
tion, afin d’analyser la stabilité ou les régimes stationnaires du système modélisé.

DIPES II 45 2024-2025
Bibliographie

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[4] Haim Brezis. Functional Analysis, Sobolev Spaces and Partial Differential Equations.
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Verlag, 1981.
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tion Equations, volume 194 of Graduate Texts in Mathematics. Springer, New York,
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[8] Nicholas J. Higham. The power of bidiagonal matrices. Electronic Journal of Linear
Algebra, 40 :453–474, 2024.
[9] Ehmet Kasim and Geni Gupur. On existence and symptotic behavior of the time-
dependent solution of the m/g/1 queueing model with optional deterministic server
vacations. Afrika Mathematika, 31 :507–537, 2020.
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cations, Academic Press, Inc., 54 :245–265, 1976.
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57(3-4) :83–95, 1999.
[12] Jean-Pierre Raymond. Equations d’évolution, 2008. Accès libre en ligne.
[13] Djamila Ziren, Mohamed Boualem, and Djamil Aissani. Sur le modèle d’attente m/g/1
avec rappels et clients découragés. LaMOS Editions, 18 :144–147, Novembre 2020.

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