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Microéconomique L1 Le Support

L'analyse économique étudie la production, l'échange et l'utilisation des biens et services en tenant compte de la rareté des ressources et des comportements humains. Elle se divise en microéconomie, qui se concentre sur les décisions individuelles, et macroéconomie, qui examine les interactions à l'échelle globale. Les systèmes économiques varient entre économie libérale, dirigée et mixte, influençant les décisions de production et de consommation.

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Microéconomique L1 Le Support

L'analyse économique étudie la production, l'échange et l'utilisation des biens et services en tenant compte de la rareté des ressources et des comportements humains. Elle se divise en microéconomie, qui se concentre sur les décisions individuelles, et macroéconomie, qui examine les interactions à l'échelle globale. Les systèmes économiques varient entre économie libérale, dirigée et mixte, influençant les décisions de production et de consommation.

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QU’EST CE QUE L’ANALYSE ECONOMIQUE?

U n facteur de production est un élément qui participe au


processus de production et permet la création de biens.
L’esprit d’entreprise est une manière de penser induisant un
comportement favorable à la création de richesse. Les ressources
économiques ou facteurs de production désignent les différents types de
travail, biens d’équipement, terres ou ressources naturelles, et l’esprit
d’entreprise. Dans toute société, ces ressources existent en quantités
limitées. Aussi, aucune société ne peut-elle produire autant de biens et
services que ses membres pourraient en désirer. Si l’on produit
davantage d’un bien ou d’un service, cela signifie que l’on utilise plus de
ressources économiques dans la fabrication de ce bien; il faut donc
réduire la production d’un ou plusieurs autres biens ou services.
Le problème économique fondamental auquel est confrontée la
société consiste à savoir comment concilier la contradiction entre le désir
quasiment illimité des individus et la rareté des ressources.
En insistant sur le rôle de la société, notre définition place l’analyse
économique dans le domaine des sciences sociales, c’est-à-dire des
sciences qui étudient et expliquent le comportement des êtres humains.
La matière que traite l’analyse économique est la composante du
comportement humain liée à la production, à l’échange et à l’utilisation
des biens et services.
L’analyse économique est une science exacte parce que les
économistes cherchent à développer des théories du comportement des
hommes et à les soumettre à l’épreuve des faits. Une théorie est une
hypothèse qui a été vérifiée avec succès. Son objet est de prévoir et
d’expliquer un évènement. L’hypothèse est une affirmation du type
<<si…alors »

ANALYSE ECONOMIQUE ET SYSTEMES ECONOMIQUES


Les réponses aux questions: que produire? Comment produire? Et
pour qui produire? E Dépendent du système économique considéré. On
distingue globalement trois types de systèmes économiques: le système
d’économie libérale, l’économie dirigée, et l’économie mixte.

Le système d’économie libérale ou de marchés libres


On appelle marchés libres ceux sur lesquels les autorités publiques
n’interviennent pas. Selon Adam Smith (philosophe économiste Ecossais

1
[1723-1790]) chaque individu poursuivant son intérêt personnel sans
aucune limitation de la part des pouvoirs publics serait conduit comme
par une main invisible à agir dans le sens des intérêts de l’ensemble de
la société. Dans un système de libre entreprise, capitaliste ou
d’économie libérale, le système des prix est généralement utilisé pour
ajuster les quantités produites aux quantités demandées. Autrement dit,
les réactions des consommateurs et des producteurs sont orientées par
les prix.
Que produire? Seuls seront produits à terme les biens et services pour
lesquels les consommateurs sont disposés à payer un prix (par unité de
temps) suffisamment élevé pour au moins couvrir la totalité du coût de
leur production.
Comment produire? Parmi les techniques de production possibles, la
société choisira la technique dont le coût est le plus faible (en termes de
ressources nécessaires pour produire) afin de fabriquer chaque unité
des biens et services qu’elle a choisis.
Pour qui produire? L’économie produit les biens et services qui satisfont
les besoins des consommateurs qui ont la capacité de payer et qui sont
prêts à payer.

Le système d’économie dirigée


Une économie dirigée est une société où l’Etat prend toutes les
décisions relatives à la production et à la consommation. L’Etat possède
les usines et la terre. Un office de planification d’Etat prend les décisions
les plus importantes à propos de ce que les gens doivent consommer,
de la façon de produire les biens et de la quantité de travail que les gens
doivent fournir. Des instructions détaillées sont alors transmises aux
ménages, aux firmes et aux travailleurs.

Le système d’économie mixte


L’économie mixte est un système de marché regroupant à la fois
l’Etat et le secteur privé. L’économie mixte repose surtout sur le marché,
mais comporte une forte dose d’intervention de l’Etat.
La répartition du revenu dans une société indique comment le
revenu est partagé entre différents groupes ou individus. Les transferts
sont des versements effectués à des individus sans qu’aucun service ne
soit exigé en retour. Ils comprennent les subventions, les prestations
sociales,….
L’Etat contrôle une part importante de la production par l’impôt, les
transferts et la fourniture de biens et services tels que la défense
nationale, la police, la lutte contre les incendies, l’administration de la
justice, ou l’éducation. Les prélèvements de taxes et d’impôts ainsi que
les versements de subventions ou de prestations sociales par l’Etat

2
modifient la répartition du revenu, influent sur la composition de la
demande, et partant orientent la production. Les activités de production
et de consommation de l’Etat ont donc une influence directe sur la nature
des biens et services produits, sur les destinataires des biens et sur la
façon dont les biens sont produits.

DISTINCTION MICROECONOMIE-MACROECONOMIE

Selon la démarche ou la méthode d’analyse utilisée, l’analyse


économique peut être subdivisée en deux branches distinctes: l’analyse
microéconomique et l’analyse macroéconomique.

L’analyse microéconomique étudie le comportement économique des


centres de décisions composant une économie de marché, tels que les
consommateurs, les propriétaires de ressources et les entreprises.
Les micros économistes ont tendance à traiter en détail un aspect du
comportement économique, en négligeant les interactions avec le reste
de l’économie. L’agent économique individuel recherche son intérêt
personnel c’est-à-dire cherche à maximiser une fonction objectif: le
consommateur ou le ménage maximise sa satisfaction étant donné son
revenu et les prix des biens et services disponibles; le producteur
maximise ses profits; sur les marchés, les ajustements de prix rendent
compatibles les décisions de consommation et de production de
l’ensemble des agents économiques.

L’analyse macroéconomique insiste sur les interactions dans


l’ensemble du système économique. Elle étudie les comportements de
catégories d’agents économiques. Ces comportements sont résumés
par des grandeurs appelées agrégats. Par exemple, un agrégat noté C
représente la consommation de tous les biens et services par tous les
individus appelés ménages. De même les achats de biens d’équipement
et de bâtiments par les firmes constituent les dépenses d’investissement,
I. D’autres agrégats tels que le produit intérieur brut (PIB), le niveau
général des prix (P), et le niveau de l’emploi (E) sont définis.
L’analyse macroéconomique cherche à expliquer comment les
niveaux des principales variables macroéconomiques (le taux de
chômage, la croissance du produit réel, le taux d’inflation) sont
déterminés à tout moment. Elle cherche à expliquer la dynamique des
mouvements de ces variables agrégats au cours du temps. Enfin, elle
souhaite comprendre si et comment les politiques économiques du
gouvernement peuvent influer de façon significative sur les interactions

3
au sein de l’économie en vue de résoudre les problèmes de chômage,
d’inflation et de croissance économique.

NOTION D’EQUILIBRE DE MARCHE

Un marché est un ensemble de dispositifs par lesquels les


acheteurs et les vendeurs entrent en contact pour échanger des biens et
services. Il existe différentes formes de marchés. Traditionnellement, le
marché est un lieu physique où se rencontrent acheteurs
(consommateurs) et vendeurs (producteurs) pour un échange monétaire
de biens et services. Cependant, il n’est pas toujours facile de délimiter
physiquement certains marchés. Par exemple, la bourse des valeurs
enregistre des contrats d’achat et de vente conclus par téléphone,
télécopie, messagerie électronique, etc….
On distingue aussi les marchés au comptant sur lesquels les
échanges sont réalisés immédiatement, et les marchés à terme sur
lesquels les transactions sont réalisées à une date ultérieure dans des
conditions (prix, quantité, qualité, date et lieu de livraison) spécifiées
dans un contrat.
La demande est la quantité d’un bien que les acheteurs souhaitent
acquérir pour tout prix possible de ce bien, en gardant constants les
revenus, les préférences ainsi que les prix des autres biens (hypothèse
ceteris paribus). Le montant maximum qu’une personne est prête à
payer pour acheter un bien est appelé son prix de réserve. En d’autres
termes, le prix de réserve est le prix auquel il lui est indifférent d’acheter
ou de ne pas acheter le bien. Si le prix d’un bien diminue sur le marché,
il devient inférieur au prix de réserve d’un plus grand nombre de
consommateurs et la quantité demandée du bien augmente.
Cette relation inverse entre prix et quantité demandée est résumée
df (P)
par la fonction de demande QD  f (P) et f '(P)   0 où P est le prix du
dP
bien et QD la quantité demandée.

4
f(P)

0 Q
Cette relation inverse entre QD et P est reflétée par la pente
négative de la courbe représentative de la fonction de demande, c’est-à-
dire la courbe de demande.
L’offre est la quantité d’un bien que les producteurs (vendeurs)
désirent fabriquer pour tout prix possible de ce bien, étant donnés l’état
de la technologie, les coûts de production et le prix de vente du bien.
Une augmentation du prix du bien, toutes choses égales par
ailleurs, rend sa production plus lucrative et incite les producteurs à
accroître l’offre. Cette relation croissante entre le prix et la quantité
offerte se traduit par une courbe d’offre à pente positive. La fonction
dg(P)
d’offre peut s’écrire QS=g(P) et g '(P)   0 où QS est la quantité
dP
offerte et P représente le prix du bien.

P
g(P)

0 Q

Equilibre de marché
La confrontation de l’offre et de la demande sur le marché détermine
l’équilibre de marché. Les prix se modifient jusqu’au moment où il y a
égalité entre les quantités d’un bien que les gens demandent et les
quantités qui sont offertes. Cette égalité est obtenue au point E où la

5
courbe d’offre et la courbe de demande s’intersectent. Les coordonnées
du point E, Q* et P* représentent la quantité et le prix d’équilibre

QS=g(P)
Excès
P1 d’offre

P* E

Excès de
P2 demande
QD=f(P)

0 QS2 QD1 Q* QD2QS1 Q


Respectivement. Au prix P1 la quantité offerte est supérieure à la
quantité demandée, QS1>QD1, on dit que l’offre est excédentaire. Au prix
P2 on a QD2>QS2 et il y a excès de demande. Au point E, il n’y a ni
surplus ni pénurie du bien et le marché est équilibré.

Les différents types d’équilibre


L’équilibre de marché peut être stable, instable ou métastable.
L’équilibre est stable si une perturbation est suivie par un retour à
l’équilibre, et instable dans le cas contraire. Autrement dit, l’équilibre est
stable si toute déviation par rapport à l’équilibre donne naissance à des
forces de marché qui restaurent l’équilibre. Dans le cas d’excès d’offre,
les vendeurs resteront avec des stocks d’invendus. Il y aura une
concurrence entre les vendeurs pour écouler leurs stocks et les prix
baisseront. Un excès de demande entraîne une surenchère du côté des
consommateurs pour acquérir le bien et les prix tendent à augmenter et
à se rapprocher du prix d’équilibre.
L’équilibre est stable au sens de Walras si la pente de la courbe d’offre
est plus raide que celle de la courbe de demande.

6
QS
P

Po

QD

0 Q

L’équilibre est instable au sens de Walras si la courbe de demande est


plus pentue.

P
QS

Po

QD

0 Q

Un équilibre est neutre ou métastable si un mouvement éloignant de


l’équilibre n’engendre aucune force, ni de retour ni d’éloignement plus
important par rapport à l’équilibre initial. Cela se produit si la courbe
d’offre et la courbe de demande totale coïncident.

Equilibre partiel versus équilibre général


L’équilibre partiel est l’équilibre sur un seul marché, l’équilibre d’un agent
économique individuel (consommateur, producteur). Cet équilibre
suppose que les autres variables appartenant aux autres marchés sont
maintenues constantes.

7
L’équilibre général est l’équilibre simultané de tous les marchés.
L’hypothèse toutes choses égales par ailleurs est levée.

ECONOMIE POSITIVE ET ECONOMIE NORMATIVE


L’économie positive est la partie de l’analyse économique qui a trait aux
explications objectives ou scientifiques du fonctionnement de l’économie.
Elle a deux finalités:
-satisfaire notre curiosité en expliquant pourquoi l’économie fonctionne
comme elle le fait;
-offrir une base pour prévoir comment l’économie réagira à des
changements de situation.
L’économie normative donne des prescriptions ou des recommandations
fondées sur des jugements de valeur. Il s’agit de propositions non
démontrables.

Guillotine de Hume: antonymes équivalents

Positif Normatif
Est Devrait être
Fait Valeurs
Objectif Subjectif
Descriptif Prescriptif
Science Art
Vrai/faux Bien/mal

STATIQUE COMPARATIVE ET DYNAMIQUE

La statique comparative et la dynamique montrent comment réagissent


le prix et la quantité d’équilibre quand des aspects du marché se
modifient. La statique comparative compare deux ou plusieurs positions
d’équilibre sans se préoccuper de la façon dont le marché passe d’un
équilibre à l’autre. Elle implique un ajustement instantané pour retrouver
l’équilibre quand il est perturbé.
La dynamique étudie le mouvement du prix et de la quantité d’équilibre
dans le temps, le processus d’ajustement de ces variables d’une position
d’équilibre à l’autre.

LA FRONTIERE DES POSSIBILITES DE PRODUCTION ET LA


RARETE DES RESSOURCES

Les ressources économiques existent en quantité limitée. Cela implique


que si l’on produit davantage d’un bien ou d’un service, une plus grande
quantité de ressources économiques est nécessairement transférée de

8
la fabrication d’un ou plusieurs autres biens ou services dans la
production de ce bien; la quantité produite des autres biens ou services
doit diminuer. Il existe donc un arbitrage entre la production des
différents biens ou services.
La figure ci-dessous traduit cet arbitrage dans une économie
hypothétique dans laquelle existent deux sortes de biens, X1 et X2. La
courbe qui joint les points ABC s’appelle la frontière des possibilités de
production (FPP).

X2

A
E.

B
D.

0 C X1
La FPP montre, pour chaque niveau de production d’un bien, la quantité
maximale de l’autre bien qui peut être produite. Les points A, B et C
correspondent à l’utilisation efficiente des ressources rares. Le point D
est une combinaison réalisable, mais en ce point la société a des
ressources oisives. A partir du point D, il est possible de produire une
plus grande quantité d’un bien sans sacrifier la production d’unités de
l’autre bien. Le point E est inaccessible.
Le coût d’opportunité (CO) d’un bien est la quantité d’autres biens à
laquelle il faut renoncer pour produire une unité supplémentaire de ce
bien. Les coûts d’opportunité peuvent être croissants ou constants.
Les coûts d’opportunité sont croissants si:
-les facteurs de production sont de qualités différentes et adaptées à des
degrés divers à la production des différents biens;
-ou si la production obéit à la loi des rendements décroissants.
La loi des rendements décroissants stipule que chaque unité
supplémentaire de facteur augmente la production totale du secteur,
d’une quantité inférieure à celle qu’à ajouter l’unité précédente.
Lorsque les CO sont croissants la FPP est concave par rapport à
l’origine. Si les CO sont constants la FPP est une droite affine de pente
négative.

9
X2
X2

0 X1 0 X1

CO croissants CO constants

La microéconomie a pour objet principal la statique comparative,


l’équilibre partiel et l’économie positive.
Le déroulement du cours obéit au plan suivant:

INTRODUCTION

I/ THEORIE DU COMPORTEMENT DU CONSOMMATEUR


ET DE LA DEMANDE

CHAPI : Théorie de la préférence et de l’utilité


CHAPII : Equilibre du consommateur
CHAPIII: Analyse de la demande.

II/ THEORIE DE L’OFFRE DES FIRMES

CHAPI : Facteurs et fonctions de production


CHAPII : Fonctions de production de courte période
CHAPIII: Fonctions de production de long terme
CHAPIV: Théorie générale des coûts de production
CHAPV : Offre globale, équilibre de la branche et surplus social.

III/ THEORIE DES PRIX ET ORGANISATION DU MARCHE


CHAPI : Marché de la concurrence pure et parfaite
CHAPII : Monopole
CHAPIII: Concurrence monopolistique et oligopole
CHAPIV: Equilibre général.

10
PREMIERE PARTIE: THEORIE DU COMPORTEMENT DU CONSOM-
MATEUR ET DE LA DEMANDE

La théorie du comportement du consommateur explique comment les


acheteurs concilient ce qu’ils aimeraient faire, qui est décrit par leurs
goûts ou leurs préférences, et ce que le marché leur permet de faire, qui
est dicté par leurs revenus et les prix des différents biens. Il s’agit de
répondre aux questions suivantes:
-étant donné les goûts du consommateur, son revenu et les prix des
biens sur le marché, quelles sont les quantités des différents biens et
services disponibles qu’il achète?
-comment le consommateur réagit à des changements dans la situation
du marché (variations des prix ou du revenu)?
Pour répondre à ces questions, nous analyserons le comportement de
l’homo œconomicus c’est-à-dire de l’homme économique qui n’obéit qu’à
des considérations rationnelles.

CHAPITRE I: THEORIES DE LA PREFERENCE ET DE L’UTILITE

Section1: Introduction: Cadre Conceptuel

I1.1:Concept de Bien
L’économiste, d’une façon générale, considère les besoins comme fixes,
donnés. Il a peu à dire à propos de la naissance des besoins qui relève
du domaine du psychologue. La consommation des biens et services
vise la satisfaction des besoins les plus divers. Un bien peut être
caractérisé par trois paramètres:
-ses propriétés physiques c’est-à-dire sa nature ou sa qualité. Deux
qualités différentes d’un même produit ou service peuvent être
représentées par deux biens différents. Par exemple, une voiture à
essence et une voiture diesel peuvent être considérées comme des
biens différents.
-la localisation c’est-à-dire le lieu où le bien est disponible;
-la date à laquelle il est disponible.
On considère que deux quantités égales du même produit ne sont pas
équivalentes si elles sont disponibles en deux endroits différents ou à
des moments différents. Une expédition dans le Sahara, par exemple,
est très différente d’une expédition dans l’océan atlantique. De même, un
parapluie quand il pleut n’est pas la même chose qu’un parapluie une
journée ensoleillée.
On distingue aussi les biens durables tels que les automobiles, les
postes de télévision et les maisons des biens non durables et des
services tels que la nourriture, les coupes de cheveux et les billets de

11
théâtre. Il est alors commode de penser aux biens comme dispensant un
flux de services de consommation par unité de temps. Cette assimilation
permet de traiter les biens durables d’une manière parfaitement
analogue aux biens non durables et aux services.

I1.2: Concept de Panier de Biens


Un panier de biens est une liste de nombres indiquant les quantités des
biens et services sur lesquels porte le choix du consommateur. Dans
une économie où il y a n biens différents, on considère des paniers de
biens de la forme Q=(q1,q2,q3,…,qi,…,qn) où qi désigne la quantité
positive ou nulle du bien i (i=1,2,3,…,n), qi є R . Les paniers de n biens
sont donc des éléments de Rn avec lesquels deux types d’opérations
sont possibles:
a/ La somme qui consiste à additionner deux à deux les quantités des
mêmes biens. Soient
Q=(q1,q2,q3,…,qi,…,qn) et Q’=(q1’,q2’,q3’,…,qi’,…,qn ’) deux paniers de
biens
Q+Q’=(q1,q2,q3,…,qi,…,qn) + (q1’,q2’,q3’,…,qi’,…,qn ’)
=(q1+q1’,q2+q2’,q3+q3’,….,qi+qi’,…,qn+qn’)
b/ L’homothétie ou produit par un scalaire, qui consiste à multiplier par
un même nombre positif tous les éléments d’un panier de biens
Q  Rn et k  R kQ=k(q1,q2,q3,…,qi,…,qn)= (kq1,kq2,kq3,…,kqi,…,kqn).
L’ensemble des paniers de biens possibles est appelé espace de biens
ou ensemble de consommation. La définition de l’espace des biens tient
compte des exigences physiques s’imposant au consommateur.
L’ensemble de consommation est alors souvent défini de manière plus
étroite de façon à exclure les vecteurs Q  Rn qui n’assureraient pas la
satisfaction de certains besoins élémentaires. C’est l’idée de minimum
vital qui serait soit biologique, soit défini par rapport à certaines
conventions sociales. Si n=2 l’espace de biens est représenté par
l’orthant positif droit ci-dessous où q1 et q2 sont les quantités de biens de
consommation et de vêtements et a et b sont des minima de
consommation respectifs.

12
q2 q2

Espace
de biens
Espace
de biens

0 a q1
q1 0

Section 2: Théorie de la Préférence du Consommateur

I2.1: Hypothèses de Base


On suppose que le consommateur connaît la gamme complète des
biens et services disponibles sur le marché; il connaît avec précision
l’aptitude de chaque bien ou service à satisfaire son désir. Par ailleurs, il
connaît le prix exact de chaque bien et service et sait que ces prix ne
varieront pas à la suite de ses propres activités sur le marché. En dernier
lieu, le consommateur sait avec précision ce que sera son revenu
monétaire au cours de la période d’achat.

I2.2: Axiomes de la Théorie du Consommateur


Une unité de consommation, qu’elle soit un individu ou un ménage, retire
de la satisfaction ou de l’utilité des services fournis par les biens qu’elle
consomme au cours d’une période donnée de temps. Pour maximiser sa
satisfaction pour un revenu monétaire donné, elle doit choisir le meilleur
panier de biens dans l’espace de consommation. Autrement dit, l’unité
de consommation doit être en mesure d’ordonner les différents
ensembles de biens; c’est-à-dire qu’elle doit être capable de comparer
les différents paniers de biens et de déterminer son ordre de préférence.
Les goûts du consommateur sont décrits par sa relation de préférence
qui fourni un classement des paniers de biens. Une relation de
préférence est une relation binaire qui obéit à certains axiomes. Soit la
relation de préférence « est au moins aussi désirable que » notée ₫

13
I2.21: La Relation de Préférence ₫ est une Relation Complète
Cela suppose que toute paire quelconque de paniers de biens peut être
comparée. Autrement dit le consommateur est capable de faire un choix.
Pour tout panier X et Y, X,Y Rn on a
-soit X₫Y c’est-à-dire que X est au moins aussi désirable que Y
-soit Y₫X c’est-à-dire que Y est au moins aussi désirable que X
-soit X₫Y et Y₫X  X Y c’est-à-dire que le consommateur est indifférent
entre X et Y.

I2.22: La Relation de Préférence ₫ est Réflexive c’est-à-dire que tout


panier est au moins aussi désirable que lui-même. X  Rn on a X₫X

I2.23: La Relation de Préférence ₫ est transitive


Soit Z=(z1,z2,z3,…,zi,…,zn) X , Y , Z  Rn si X₫Y et Y₫Z  X₫Z
La transitivité des préférences est une condition de cohérence des choix
ou de la rationalité du consommateur. Une relation binaire réflexive et
transitive est par définition un pré ordre. Si de plus elle est complète,
c’est-à-dire si l’ensemble des paniers de biens qu’elle permet de classer
est l’ensemble des paniers de biens possibles, alors elle est un préordre
complet ou total.

I2.24: La Relation de Préférence ₫ est Monotone


Cela suppose qu’en général le ménage préfère consommer plus que
moins; c’est-à-dire que les biens sont désirables. Plus précisément, si le
panier de biens Y contient au moins autant de chaque bien que le panier
X, et strictement plus d’au moins un bien, alors Y est au moins aussi
désirable que X. Soient Y=(y1,y2,y3,…,yi,…,yn) et X=(x1,x2,x3,…,xi,…,xn)
où yi et xi représentent les quantités du bien numéro i. Si yi  xi  i sauf
pour un bien j pour lequel on a yj > xj alors on dit que Y est au moins
aussi désirable que X. Une autre expression de la monotonicité est la
suivante: si Y₫X et Y  X  YđX (đ = « est plus désirable que »).

I2.25: La Relation de Préférence ₫ est Continue


Soit (Xj)=X1,X2,X3,…….une suite de paniers de biens aussi désirables
que le panier Y. Si la suite (Xj) est convergente et converge vers le
panier X*, alors X* est aussi désirable que Y.

I2.26: La Relation de Préférence ₫ est Symétrique si X₫Y  Y₫X

I2.27: La Relation de Préférence ₫ est Antisymétrique si X₫Y et


Y₫X  X=Y.

14
Section 3: La Fonction d’Utilité et ses Propriétés

I3.1: Notion de Fonction d’Utilité


Théorème: Si les préférences sont complètes, réflexives, transitives,
monotones et continues, alors il existe une « fonction de satisfaction »
ou fonction d’utilité continue qui représente ces préférences.
La continuité de la fonction d’utilité exige la continuité des préférences
qu’elle représente.
La fonction d’utilité résume les préférences du consommateur. Elle
attribue des valeurs ou indicateurs de satisfaction aux différents paniers
de biens, permet de classer les ensembles de biens selon les valeurs
que la fonction leur attribue.
X₫Y si U(X)  U(Y) et X Y si U(X)=U(Y).

I3.2: Propriétés de la Fonction d’Utilité


Les propriétés de la fonction d’utilité sont déduites de celles de la
relation de préférence qu’elle représente.
I3.21: Une Fonction d’Utilité est Unique à une Transformation
Monotone Près
La seule chose qui importe dans la façon dont une fonction d’utilité
attribue des valeurs, c’est le classement des paniers de biens. Il n’existe
donc pas une façon unique d’attribuer des niveaux de satisfaction aux
différents paniers.
Supposons que la fonction d’utilité U=U(x,y) résume correctement les
préférence de Mr Koffi. Toute fonction F[U(x,y)] qui est une
transformation monotone croissante de U représente aussi correctement
les préférences de Mr Koffi. F[U(x,y)] est une transformation monotone
de U(x,y) si F[U(x1,y1)]>F[U(x2,y2)]  U(x1,y1)>U(x2,y2) pour tout (x1,y1) et
(x2,y2) appartenant à l’espace des biens.
Exemples de transformations monotones croissantes:
F[U(x,y)]= aU(x,y)+b et F[U(x,y)]=a[U(x,y)]b avec a,b R

I3.22: La Fonction d’Utilité est Monotone c’est-à-dire que la fonction


d’utilité est strictement croissante par rapport à chacune de ses
variables. Dans le cas où la fonction d’utilité est dérivable, la monotonie
signifie que ses dérivées partielles premières sont strictement positives.
Autrement dit, si U(x,y) est une fonction de satisfaction, on a
U ( x, y) U ( x, y)
 0 et  0.
x y

15
I3.23: La Fonction d’Utilité est au Moins Deux Fois Dérivables c’est-
à-dire que les dérivées partielles suivantes peuvent être calculées
U ( x, y) U ( x, y) 2U (x, y) 2U (x, y) 2U (x, y)
, , , , .
x y x2 y2 xy

Section 4: La Courbe d’Indifférence et ses Propriétés.

I4.1: La Notion de Courbe d’Indifférence


Supposons que les paniers de biens ne comportent que deux biens X et
Y en quantités x et y respectivement. On considère le panier A=(xa,ya).
La relation de préférence notée est une relation d’équivalence
(réflexive, transitive et symétrique). La courbe qui relie les paniers de
biens équivalents à A pour le consommateur est appelée courbe
d’indifférence. La courbe d’indifférence est le lieu géométrique de toutes
les combinaisons de biens qui procurent un même niveau de
satisfaction.
En termes mathématiques, l’ensemble des paniers (x,y) tels que U(x,y)
est égal à une constante s’appelle une courbe de niveau. Soit un niveau
de satisfaction Uo donné tel que U(x,y)=Uo; la courbe d’indifférence de
niveau Uo est la courbe de niveau correspondante. Son équation est une
fonction implicite déduite de l’égalité ci-dessus, soit y=g(x,Uo). Pour des
valeurs différentes de Uo on obtient des courbes d’indifférence
différentes. Le champ des courbes d’indifférence est compact c’est-à-
dire qu’il y en a une infinité.
Une carte d’indifférence est une collection de courbes d’indifférence
correspondant à différents niveaux de satisfaction. Les quantités x et y
sont portées sur les axes dans la figure ci-dessous. Par chaque point du
quart de plan x, y positif, il passe une courbe d’indifférence et une seule.
Les courbes d’indifférence correspondent à des niveaux de satisfaction
de plus en plus élevés au fur et à mesure que l’on se dirige dans les
directions Nord-Est de la figure (hypothèse de monotonicité des
préférences).

16
y

.A

0
x
I4.2: Propriétés des Courbes d’Indifférences

I4.21: Les Courbes d’Indifférence ont une Pente Négative


Soit la courbe d’indifférence de niveau Uo=U(x,y). La différentielle totale
U ( x, y) U ( x, y)
de cette égalité donne dUo  dx  dy  0
x y
U ( x, y)
U ( x, y) U ( x, y)
 x 
Umx dy dy
   0   0 où  Umx et  Umy . Les
U ( x, y) Umy dx dx x y
y
courbes d’indifférence ont généralement une pente négative. De plus, la
monotonicité des préférences implique que les courbes d’indifférence
ont une pente négative. En effet, si à partir du point A, nous nous
dirigeons vers une position vis-à-vis de laquelle le consommateur est
indifférent, nous devons nous déplacer soit vers la droite et le bas, soit
vers la gauche et le haut. Si nous nous déplaçons vers le haut et vers la

Paniers
plus
y désirables
.
que A
ya
A
Paniers .
moins
désirables
que A

0 xa x

17
droite, nous devons nous déplacer vers une position préférée. Si nous
nous déplaçons vers le bas et la gauche, nous devons nous diriger vers
une situation moins désirable.

I4.22: Les Courbes d’Indifférence sont Convexes par Rapport à


l’Origine. Cela suppose que les paniers intermédiaires ou paniers
moyens sont préférés aux paniers extrêmes. Autrement dit, le
consommateur préfère aux paniers équivalents A=(xa,ya) et B=(xb,yb) le
mélange formé par une fraction λ du panier A et la fraction (1-λ) du
panier B [avec 0    1) . Ceci s’écrit formellement
  0,1 xa , ya  xb , yb   xa , ya   1   xb , yb ₫A ou B ; et les préférences
sont dites convexes.

ya A
.λA+(1-λ)B

yb B
U(A)=U(B)

0 xa xb x

Si U(x,y) représente une relation de préférence convexes, alors on a


 0,1 U ( A)  U (B)  U  A  (1  )B  U ( A)  U (B) . On dit d’une fonction
d’utilité qui a cette propriété qu’elle est quasi concave.

I4.23: Les Courbes d’Indifférence Correspondant à des Niveaux de


Satisfaction Différents ne Peuvent pas se Croiser.
Soient trois paniers de biens A,B et C tels que A soit situé sur une
courbe, B sur une autre, et C à l’intersection des deux courbes. Par
hypothèse, les courbes correspondent à des niveaux différents de
satisfaction de sorte qu’un des paniers, par exemple A, est strictement
préféré au panier B. Nous savons que A C et que C B. L’axiome de
transitivité implique dès lors que A B. Mais ce résultat contredit
l’hypothèse que AđB. Par conséquent, des courbes d’indifférence qui
correspondent à des niveaux de satisfaction différents ne peuvent

18
y
.A

.C

.B

0 x

pas se couper.

Section 5: Les Théories de la Mesure de l’Utilité


Les quantités des biens et services qu’un individu peut acheter sont
limités par ses ressources (son revenu et son patrimoine) et par les prix
ou les conditions auxquels les biens et services sont disponibles. Dans
ces limites, l’individu décide quels biens et services il achète.
L’économiste considère que ces décisions relèvent d’un choix délibéré.
Aussi suppose-t-il que les divers biens et services parmi lesquels est fait
le choix sont comparables. Pour êtres comparés, ils doivent posséder
quelque chose en commun. Cette essence unique, identique et
homogène ou caractéristique commune est appelée utilité.
L’utilité est la satisfaction qu’un individu retire de la consommation d’un
panier de biens ou ensemble de biens particuliers. L’utilité ne reflète pas
les propriétés objectives des biens; elle exprime un « état d’âme » qui
varie avec la situation où se trouve l’individu. Ainsi, l’utilité procurée par
une unité supplémentaire dépend de la quantité déjà consommée ou
possédée.

I5.1: La Mesure Cardinale de l’Utilité


Les économistes du XIXe siècle tels que William Stanley Jevons (1835-
1882), économiste professionnel Anglais; Léon Walras (1834-1910),
professeur d’économie politique à Lausanne [Suisse]; Alfred Marshall
(1842-1924) professeur d’économie politique, pensaient que l’utilité était
mesurable tout comme l’est le poids d’un objet. Ils pensaient que le
consommateur connaissait une mesure cardinale de l’utilité, c’est-à-dire
supposaient qu’il était capable d’attribuer à chaque bien ou à chaque
combinaison de biens un nombre représentant la valeur ou le degré
d’utilité qui lui correspondait. De plus, l’utilité était supposée additive de

19
telle sorte que les unités d’utilité obtenues à partir d’un bien dépendaient
seulement de la quantité de ce bien possédée par le consommateur et
n’étaient nullement affectées par le niveau de consommation des autres
biens.
En vertu de l’axiome d’additivité ou d’indépendance, l’utilité totale
correspondant aux quantités x1, x2, x3,…..,xn des marchandises m1, m2,
m3,…..,mn respectivement s’exprime algébriquement
U  U1(x1) U2 (x2 ) U3 (x3 )  ..... Un (xn ) où Ui (xi ) (avec i=1,2,3,….,n) est l’utilité
associée au bien i. Plus précisément, si la consommation d’une tranche
de pain donne 2 unités d’utilité au ménage et une bouteille de coca cola
en donne 6, la consommation des deux biens apporterait 8 unités
d’utilité.
Cette formulation de la théorie de l’utilité comporte deux insuffisances
fondamentales:
1-la difficulté de la mesure de l’utilité;
2-le caractère extrêmement restrictif de l’idée d’additivité et
d’indépendance.
La réduction de l’utilité à des fonctions additives a été rejetée par
Edgeworth (1881), Antonelli (1886) et Irving Fisher (1892). Pour ces
auteurs, l’indépendance n’est qu’un cas particulier parmi d’autres. Les
biens peuvent être complémentaires (les balles de tennis et les
raquettes), substituts (le sucre et le miel), ou indépendants (le lait et
l’essence). Ils ont admis que l’utilité était mesurable et qu’elle dépendait
des quantités consommées mais pas forcément de manière additive. La
fonction d’utilité devient alors U  U (x1, x2 , x3 ,....., xn ).

I5.2: La Mesure Ordinale de l’Utilité


L’étape critique de rejet de l’hypothèse de cardinalité fut franchie par
Vilfredo Pareto (1906). Le grand apport de Pareto fut de souligner qu’il
n’était pas nécessaire d’admettre l’existence d’une fonction d’utilité
unique et mesurable pour obtenir des courbes d’indifférence. Autrement
dit, la question de la mesure n’avait pas besoin d’être résolue pour
obtenir une théorie correcte du comportement du consommateur.
Pareto remplaça la fiction de l’utilité mesurable par une théorie réaliste
dont le nom approprié est la théorie des choix binaires. Si on considère
un panier de biens A, on peut diviser en trois l’espace des
marchandises:
1-le domaine des combinaisons préférées à A;
2-le domaine des combinaisons moins désirables que A;
3-la frontière entre ces deux domaines représente le lieu des
combinaisons indifférentes à A et indifférentes entre elles.

20
y

B. Zone
F. préférée
àA
C. A .E

G.
Zone
dominée .D
par A

0 C x
Cette argumentation sous forme axiomatique implique que:
-l’individu est rationnel ou cohérent: c’est le postulat de transitivité des
préférences;
-dans un glissement continu d’une relation de préférence B (ou E) à une
relation de non préférence C (ou D), on passe nécessairement par un
état d’esprit d’indifférence F (ou G): c’est le postulat de l’existence de
l’indifférence.
Désormais on ne se préoccupe que du classement, de l’ordre établi
entre les paniers de biens. L’utilité devient alors un concept ordinal.

Section 6: Utilité Marginale (Um) et Taux Marginal de Substitution


(TMS)

I6.1: Utilité Marginale


L’utilité marginale du bien i, notée Umi, mesure le taux de variation de
l’utilité (∆U) découlant d’une petite variation de la quantité du bien i (∆xi)
ceteris paribus.
Considérons la fonction d’utilité U(x1,x2) d’un individu qui consomme
deux biens. On a
U ( x1, x2 ) U ( x1  x1, x2 ) U ( x1, x2 ) U ( x1, x2 )
Um1  lim  lim  . L’utilité marginale
x1 0 x1 x1 0 x1 x1
du bien i est donc la dérivée partielle de la fonction d’utilité par rapport
au bien i. On admet généralement que l’utilité marginale est
décroissante, c’est-à-dire que la consommation d’une unité de bien
ajoute successivement moins à l’utilité totale. Mathématiquement, cela
2U ( x1 , x2 ) 2U ( x1 , x2 )
s’exprime par  0;  0.
x12 x22
L’utilité marginale dépend de la fonction d’utilité particulière adoptée pour
traduire le classement des préférences. Elle est affectée par les

21
transformations monotones de la fonction d’utilité. Plus précisément, soit
F[U(x1,x2)], une transformation monotone croissante de la fonction
d’utilité U(x1,x2); si U représente correctement les préférences de Mlle
Adjoua, alors F représente aussi les mêmes préférences, mais les
utilités marginales calculées à partir de ces deux fonctions d’utilité ne
U ( x1, x2 ) U ( x1, x2 )
sont pas forcément égales: Um1   F U ( x1, x2 ) pour i=1,2.
x1 x1
On dit que l’utilité marginale n’a pas de contenu comportemental.

I6.2: Le Taux Marginal de Substitution


La courbe d’indifférence montre que différentes combinaisons de biens
peuvent donner le même niveau d’utilité. Cela signifie qu’un bien peut
être substitué à un autre dans une quantité telle que le consommateur se
retrouve aussi satisfait qu’auparavant.
Le taux marginal de substitution d’un bien 1 à un bien 2 (TMS12) est le
nombre d’unités du bien 2 qui doivent être sacrifiées par unité
supplémentaire du bien 1, afin que soit maintenu constant le niveau de
satisfaction. Le taux marginal de substitution est un taux d’échange qui
permet de rester sur la même courbe d’indifférence. C’est la propension
marginale à payer, c’est-à-dire que le TMS12 mesure la quantité du bien
2 que le consommateur est disposé à payer pour une augmentation
marginale du bien 1. Algébriquement,
x2 dx
TMS12  lim   2 .
x1 0 x1 dx1
Supposons une courbe d’indifférence donnée par U(x1,x2)=c où c est une
constante positive. En prenant la différentielle totale on a:
U ( x1, x2 )
U ( x1, x2 ) U ( x1, x2 ) dx x1 U
dx1  dx2  dc  0   2   m1  TMS12 .
x1 x2 dx1 U ( x1, x2 ) Um2
x1
Graphiquement, le TMS12 en un point est donné par la valeur absolue de
 dx 
la pente de la tangente en ce point à la courbe d’indifférence   2  .
 dx1 
Comment varie le taux marginal de substitution le long de la courbe
d’indifférence? Le taux de variation du TMS12 est
 U ( x1, x2 ) 
 x 
 1

 Um1   U ( x1, x2 )  2U ( x1, x2 ) U ( x1, x2 ) U ( x1 , x2 ) 2U ( x1 , x2 )
 
(TMS12 )  Um2   x2
 
 x12 x2 x1 x2x1
  
x1 x1 x1  U ( x1, x2 ) 
2

 x 
 2 

22
(TMS12 ) Um11Um2  Um21Um1 2U ( x1 , x2 )
  0 car Um21  0 c’est-à-dire que
x1 Um2 2 x2 x1
l’abondance relativement croissante du bien 1 diminue sa valeur relative
et partant accroît la valeur relative du bien 2.
Les courbes d’indifférence convexes sont donc caractérisées par un
TMS décroissant. Le taux auquel une personne est disposée à échanger
du bien 2 contre du bien 1 diminue à mesure que le bien 1 augmente.
Prenons maintenant une transformation monotone de la fonction d’utilité
U(x1,x2), V(x1,x2)=F[U(x1,x2)]. En utilisant la règle de dérivation des
fonctions composées, nous obtenons
F U ( x1, x2 ) F U ( x1, x2 ) U ( x1, x2 ) U ( x1, x2 )
x1 U ( x1, x2 ) x1 x1 U
TMS12     m1 . Le TMS n’est
F U ( x1, x2 ) F U ( x1, x2 ) U ( x1, x2 ) U ( x1, x2 ) Um2
x2 U ( x1, x2 ) x2 x2
pas affecté par les transformations monotones de la fonction d’utilité.

Section 7: Exemples de Préférences et Fonctions d’Utilité


Correspondantes

Substituts Parfaits Compléments parfaits

x2
x2

U3

U2
U3 U1
U2
U1
0 x1 0 x1

U(x1,x2)=ax1+bx2 avec a,b>0 U(x1,x2)=min ax1, bx2


 0
TMS12 ou
a
TMS12= .
b  

Les substituts parfaits sont caractérisés par un TMS constant.

23
Biens Neutres

x2 x2
U1 U2 U3

U3

U2

U1

0 x1
x1 0
x2 est un bien neutre: U(x1,x2)=g(x1) x1 est un bien neutre: U(x1,x2)=f(x2)
TMS12=  TMS12=0.

Biens Indésirables

x2 U1 U2 U3
U3 U2 U1 x2

0 x1 0 x1
x1 est un bien indésirable et x2 normal x1 est normal et x2 indésirable

24
Préférences Concaves

x2

λA+(1-λ)B

x1
A : B đ  A  (1  )B , le TMS12 est croissant.

PROBLEME
On a constaté dans une université fictive que les étudiants ont
tendance à échanger trois bics rouges contre un bic bleu. Si x1
représente le nombre de bics rouges et x2 le nombre de bics bleus que
possède un étudiant représentatif,
1) construire une fonction d’utilité décrivant ses préférences;
2) classer les paniers (14,2) (15,1) (10,3) et (5,5);
3) calculer les utilités marginales;
4) calculer le TMS12;
5) reprendre les questions 2) 3) et 4) pour la fonction d’utilité
V ( x1, x2 )  U ( x1, x2 )
2

Solution
1) L’étudiant représentatif échange trois unités du bien 1 contre une
unité du bien 2. Cela
Signifie qu’il attribue trois fois plus de valeur au bien 2 qu’au bien 1. La
fonction d’utilité peut donc prendre la forme U (x1, x2 )  x1  3x2.
2) On a U(5,5)=U(14,2)=20; U(10,3)=19 et U(15,1)=18; d’où (5,5) :
(14,2) đ (10,3) đ (15,1)
U ( x1, x2 ) U ( x1, x2 )
3) Um1   1; Um2   3.
 x1  x2
dx2 Um1 1
4) TMS12     .
dx1 Um2 3

25
5) Les utilités totales deviennent V(5,5)=V(14,2)=400; V(10,3)=361 et
V(15,1)=324. Les utilités marginales deviennent
Vm1=2U(x1,x2)=2(x1+3x2) et Vm2=6U(x1,x2)=6(x1+3x2). Le TMS ne
Vm1 1
change pas TMS12   .
Vm2 3

CHAPITRE II: L’EQUILIBRE DU CONSOMMATEUR

Section I: La Droite de Budget et ses Déplacements

II1.1: La Droite de Budget


La somme maximum que le consommateur peut dépenser par
unité de temps est égale à son revenu monétaire R. L’ensemble des
paniers de biens accessibles au consommateur représente les paniers
qui coûtent au plus R.
L’ensemble budgétaire ou espace de budget, EB, représente l’ensemble
de tous les paniers de biens qui peuvent être achetés en dépensant tout
ou partie d’un revenu monétaire donné. C’est un sous ensemble de
l’espace des biens.
Soient xi et Pi la quantité et le prix du bien i respectivement.
Algébriquement,
EB  x1 , x2 ,......, xi ,..., xn   Rn / P1 x1  P2 x2  ......  Pi xi  .....  Pn xn  R. Si n=2,
l’espace de budget est défini par les trois inégalités suivantes:
P1x1+P2x2  R
x1  0
x2  0.
La droite de budget est l’ensemble des paniers de biens (x1,x2) qui
coûtent exactement le revenu monétaire. Son équation est
R P1
P1x1+P2x2=R  x2   x . Il s’agit d’une droite affine de pente négative
P2 P2 1
 P
égale à l’opposé du rapport des prix   1  avec l’ordonnée à l’origine
 P2 
R
égale à .
P2

26
x2 x2

R
R
P2
P2 R P1
R P x2   x
x2   1 x1 P2 P2 1
P2 P2
Espace de
budget

0 R x1 0 R x1
a/ Droite de Budget P1 b/ Espace de Budget P1
La droite de budget a une interprétation économique intéressante. Elle
mesure le taux auquel le marché est prêt à substituer le bien 1 au bien 2.

II1.2: Les Déplacements de la Droite de Budget


Une variation du revenu monétaire, à prix inchangés, représente un
déplacement parallèle de la droite de budget; vers le haut et la droite
pour une croissance du revenu monétaire, vers l’origine dans le cas
d’une baisse de revenu.
Une variation de P1 se traduit par une rotation de la droite de budget
autour de son ordonnée à l’origine, dans le sens des aiguilles d’une
montre et vers la gauche pour une augmentation de P1, et en sens
inverse des aiguilles d’une montre pour une baisse de P1.

R'' x2
R'  R  R'' P1'  P1  P1''
P2
R
P2 R
P2
R'
P2

0 R' R R'' x1 0 R R R x1
P1 P1 P1 P1'' P1 P1'
a/ Variation du revenu b/ Variation de P1.

27
Section 2: Le Choix du Consommateur
Trois méthodes permettent de déterminer le panier de biens qui
maximise la satisfaction du consommateur: l’approche par l’utilité,
l’approche par les courbes d’indifférence et la méthode algébrique.

II2.1: L’Approche par l’Utilité


Cette approche est la plus ancienne. Elle repose sur la mesure cardinale
de l’utilité.
La demande d’un bien dépend de la satisfaction ou de l’utilité qu’elle
procure au consommateur. La courbe d’utilité totale est généralement en
forme de S comme sur la figure ci-dessous.
1-Jusqu’à un certain point, plus un individu consomme d’un bien par
unité de temps, plus l’utilité totale (UT) qu’il en tire augmente.
2-Lorsque la quantité consommée atteint un point de saturation donné,
l’UT atteint son maximum. A partir de ce point l’UT décroît.
3-Lorsque la quantité consommée d’un bien augmente, l’utilité marginale
(Um) décroît. Elle s’annule lorsque l’UT est à son maximum. Ceci traduit
la loi de l’utilité marginale décroissante qui énonce que plus la
consommation d’un bien augmente, ceteris paribus, plus l’utilité
marginale de ce bien décroît.
Dans la réalité on observe que les consommateurs dépensent leur
revenu en achetant différents biens et non pas un seul, c’est que les
consommateurs sont situés sur la portion décroissante de la courbe de
l’Um (entre A’ et B’).
Le consommateur maximise sa satisfaction lorsqu’il dépense exactement
son revenu de telle manière que l’utilité ou la satisfaction procurée par le
dernier franc dépensé pour acheter divers biens est la même. Cela peut
se traduire mathématiquement
Um1 Um2 U U
  ....  mi  ....  mn et Px
1 1  P2 x2  ....  Px
i i  ....  Pn xn  R
P1 P2 Pi Pn
U U
Si m1  m2 , un franc supplémentaire dépensé dans la consommation du
P1 P2
bien 1 augmente l’utilité totale du consommateur d’une quantité
supérieure à celle qu’il aurait obtenue à partir d’un franc supplémentaire
dans la consommation du bien 2. Plus important encore, s’il dépense un
franc de plus dans la consommation du bien 1 et un franc de moins dans
celle du bien 2, son utilité totale augmentera. Il gagne donc plus d’utilité
avec le bien 1 qu’il ne perd avec le bien 2. Il peut augmenter son utilité
totale sans dépenser davantage. Il désirera toujours transférer ses
dépenses sur les biens qui lui rapportent le plus d’utilité marginale par
franc dépensé.

28
UT B

UT

0 x1

Um1

A’

Um1

B’
0 x1A x1B

Exemple2.1: Le tableau ci-dessous donne le barème individuel d’utilité


marginale pour les biens 1 et 2 dont les quantités consommées sont x1

29
et x2 respectivement. On suppose que les prix des biens sont P1=P2=2
francs et le revenu du consommateur est R=20 francs par période.
Quantité 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11
Um1 16 14 11 10 9 8 7 6 5 3 1
Um2 15 13 12 8 6 5 4 3 2 1 0
1) Quel est l’équilibre du consommateur?
2) Que devient l’équilibre si P1=4, P2=2 et R=20?
Solution
1) On calcule le barème d’utilité par franc dépensé sur les biens 1 et
U m1 U m2
2, c’est-à-dire et . Le consommateur achètera les unités
P1 P2
successives du bien qui lui procure la plus grande utilité marginale par
franc dépensé. Si P1=P2=2 francs et R=20 francs, alors x1=6 et x2=4.
L’utilité totale du consommateur à l’équilibre est
UT(x1=6)+UT(x2=4)=116.
2) Si P1=4 et P2=2 francs et R=20 francs, alors x1=2,5 et x2=5. L’utilité
totale du consommateur à l’équilibre est UT(x1=2,5)+UT(x2=5)=89,5.

II2.2: L’Approche par les Courbes d’Indifférence


L’agent économique choisi l’ensemble de consommation
accessible qui maximise son utilité. Cette hypothèse de comportement
implique que le panier de biens choisi sera le point auquel une courbe
d’indifférence effleure la droite de budget, c’est-à-dire où la droite de
budget est tangente à une courbe d’indifférence. Par conséquent, le
point d’équilibre du consommateur satisfait la condition d’égalité entre le
TMS12 (opposé de la pente de la courbe d’indifférence) et le rapport des
prix (opposé de la pente de la droite de budget).

x2
A

x2B B
x2u u m

C
U3
U2
D U1
E
0 x1B x1u x1m x1

30
La monotonicité des préférences implique que le point d’équilibre se
situe sur la droite de budget. En partant du point B et en se déplaçant
vers la gauche le long de la droite de budget, le consommateur se
retrouve sur des courbes d’indifférence plus basses.
Le TMS12 est le taux auquel le consommateur désire substituer le bien 1
au bien 2 en gardant le même niveau de satisfaction. Le rapport des prix
indique le taux auquel le consommateur peut substituer le bien 1 au bien
2 sur le marché. Au point B la droite de budget est plus plate que la
P1
courbe d’indifférence, TMS12> . Cela signifie qu’en échange d’une unité
P2
du bien 2 sur le marché, le consommateur obtient une quantité du bien 1
supérieure à la quantité qui est nécessaire pour maintenir l’utilité
constante. Cet échange accroît donc son utilité. On se déplace alors le
P1
long de la droite de budget vers le point C. Au point D, on a TMS12< ,
P2
la substitution du bien 2 au bien 1 accroît la satisfaction du
consommateur et l’on se déplace le long de la droite de budget vers le
point C.
Chaque fois que la droite de budget coupe une courbe d’indifférence, un
déplacement le long de la droite de budget augmente l’utilité puisque
l’arbitrage dicté par le marché est meilleur que l’arbitrage entre utilités
qui est nécessaire pour maintenir l’utilité constante.

II2.3: Méthodes Algébriques

Soient la fonction d’utilité


U=U(x1,x2) (2.1)
et la droite de budget
R= P1x1+P2x2 (2.2)
Le problème du consommateur est de trouver les quantités x1 et x2 qui
vérifient (2.2) et qui maximise (2.1). Algébriquement, l’équilibre du
consommateur peut être déterminé par deux méthodes: la méthode de
substitution et la méthode du multiplicateur de Lagrange.

II23.1: La Méthode de Substitution


R P1
La contrainte de budget (2.2) peut s’exprimer x2   x . En substituant
P2 P2 1
cette valeur de x2 dans (2.1) la fonction d’utilité devient une fonction de
x1 seul.
 R P 
U  U  x1,  1 x1  (2.3)
 P2 P2 

31
Du fait de la relation fixée entre x1 et x2, il suffit de maximiser (2.3) par
rapport à x1. Les conditions nécessaires et suffisantes pour l’optimisation
d’une fonction f (x1 ) sont résumées dans le tableau suivant:
Maximisation Minimisation
Condition de premier ordre f '( x1 )  0 f '( x1 )  0
Condition de second ordre f ''(x1)  0 f ''(x1)  0
La condition de premier ordre de la maximisation de (2.3) donne
dU  P U P
 Um1  Um2   1   0  m1  1  TMS12 (2.4)
dx1  P2  Um2 P2
Le rapport des utilités marginales doit être égal au rapport des prix à
Um1
l’équilibre. Puisque est le TMS12 , la condition de premier ordre pour la
Um2
maximisation consiste à établir l’égalité entre le TMS et le rapport des
Um1 Um2
prix. L’égalité (2.4) peut s’écrire  ; l’utilité marginale divisée par
P1 P2
le prix doit être constant pour tous les biens. Le rapport donne le taux
auquel la satisfaction devra augmenter si un franc additionnel est
dépensé sur un bien particulier.
En notant les dérivées partielles secondes de (2.1) par Um11 et Um22 et
les dérivées secondes croisées par Um12 et Um21 (avec Um12=Um21) la
condition de second ordre pour que le maximum soit atteint est
2
d 2U  P  P
2
 Um11  2Um12   1   Um22   1   0 (2.5)
dx1  P2   P2 
P U
En remplaçant 1 par m1 et en multipliant par le nombre (Um2)2 on obtient
P2 Um2
Um11Um2 2  2Um12Um1Um2 Um22Um21  0 (2.5)’
Un maximum sera réalisé si (2.4) et (2.5)’ sont réalisées.

Exemple 2.2: Un consommateur a la fonction d’utilité U(x1,x2)=x1x2 et un


revenu monétaire R=50 francs pour la période considérée. Si les prix des
biens sont P1=2 et P2=1, la contrainte de budget est 50=2x1+x2  x2=50-
2x1. En portant cette valeur de x2 dans la fonction d’utilité on a
U=50x1-2 X12. La condition de premier ordre est
dU
 50  4 X1  0  X1  12,50; X 2  25 et Umax  12,50.25  312,50. La condition de
dX1
d 2U
second ordre pour un maximum est vérifiée car  4  0. Le panier de
dX12
biens (x1,x2)=(12,50 ;25) maximise l’utilité du consommateur aux niveaux
de revenu et de prix donnés.

32
II23.2: La Méthode du Multiplicateur de Lagrange

II23.21: Le Programme Marshallien


Il s’agit de résoudre le programme suivant:
Maximiser U ( x1, x2 )

Sous la contra int e R  Px
1 1  P2 x2

On forme la fonction de Lagrange L(x1, x2 , )  U (x1, x2 )  (R  Px


1 1  P2 x2 ) où λ

est le multiplicateur de Lagrange et L(x1, x2 , ) est identiquement égale à


U (x1, x2 ) si la contrainte est saturée. Les conditions du premier ordre sont
obtenues en calculant les dérivées partielles du premier ordre par
rapport aux arguments et en les annulant. On obtient
 L( x1, x2 , )
 L1  Um1   P1  0 (2.6)
 x1

 L( x1, x2 , )
 L2  Um2   P2  0 (2.7)
 x2

 L( x1, x2 , )
 L  R  Px
1 1  P2 x2  0 (2.8) soit un système de trois

équations à trois inconnues x1, x2 et λ. Si les trois équations sont
indépendantes, on peut résoudre ce système, c’est-à-dire on peut
déterminer les inconnues x1, x2 et λ en fonction des paramètres P1, P2 et
R. On obtient:
x1  x1 (P1, P2 , R)
x2  x2 (P1, P2 , R)
  (P1, P2 , R)
En combinant les conditions (2.6) et (2.7) on peut réduire le système
d’équations (2.6)-(2.8) à un système de deux équations à deux
inconnues x1 et x2.
Um1 P1
(2.6) et (2.7)   (2.4)
Um2 P2
R=P1x1+P2x2 (2.8). De même, si (2.4) et (2.8) sont
indépendantes, on peut trouver les inconnues x1 et x2 en fonction des
paramètres P1, P2 et R, c’est-à-dire
x1  x1 (P1, P2 , R)
x2  x2 (P1, P2 , R) (2.9).
La condition de second ordre pour atteindre un maximum est que le
déterminant Hessien bordé soit positif

33
L11 L12 L1 Um11 Um12  P1
D  L21 L22 L2  Um21 Um22  P2  0 c’est-à-dire 1 2 Um22 P1 Um11P2  0
2Um12 PP 2 2

L1 L 2 L P1  P2 0


[même résultat qu’en (2.5) Nota bene: multipliez l’équation (2.5) par - P22 ]
Les fonctions (2.9) sont appelées fonctions de demande ordinaires ou
marshalliennes.
Exemple: Le programme marshallien de l’exemple 2.2 est
Max U ( x1, x2 )  x1x2

s.c. R  Px
1 1  P2 x2

La fonction de Lagrange s’écrit L(x1, x2 , )  x1x2  (R  Px 1 1  P2 x2 ) et les

conditions de premier ordre


L 
 L1  x2   P1  0  x2   P1 
 x1  x1 P2
    Px 1 1  P2 x2 (2.10)
L x P
 L2  x1   P2  0  x1   P2  2 1
 x2 
L
 L  R  Px 1 1  P2 x2  0

(2.11)
R * R R2
(2.10) et (2.11)  R  2Px
1 1  x1 
*
, x2  et Umax  . La condition de
2P1 2P2 4PP
1 2
L11 L12 L1 0 1  P1
second ordre D  L21 L22 L2  1 0  P2  2PP 1 2 0 est vérifiée.
L1 L 2 L P1  P2 0
R R
x1*  et x2*  signifient que le consommateur maximise sa satisfaction
2P1 2P2
en dépensant la moitié de son revenu sur chaque bien. Si R=50, P1=2 et
P2=1 alors x1*  12,50 et x2*  25.

II232.2: Le Programme Hicksien


Il s’agit pour le consommateur de minimiser les dépenses compte
tenu de sa contrainte d’utilité fixe Uo. Les fonctions de demande
obtenues sont appelées fonctions de demande hicksiennes ou
compensées. Le programme hicksien s’écrit:
Minimiser Px1 1  P2 x2

Sous la contra int e Uo  U ( x1, x2 )
Le lagrangien est l ( x1, x2 , )  Px 1 1  P2 x2   Uo  U ( x1 , x2 )
où μ est le
multiplicateur de Lagrange. Les conditions de premier ordre donnent
l
 l  P  Um1  0 (2.12)
 x1 1 1

34
l
 l  P  Um2  0 (2.13)
 x2 2 2
l
 l  Uo  U ( x1, x2 )  0 (2.14)
 
P1 Um1
(2.12) et (2.13)   (2.4)
P2 Um2
Si les équations (2.4) et (2.14) sont indépendantes, on peut trouver les
inconnues x1 et x2 en fonction des paramètres P1, P2 et Uo. On aura
x1c  x1c (P1, P2 ,Uo)
x2c  x2c (P1, P2 ,Uo) (2.15)
La condition de second ordre pour un minimum est que le déterminant
Hessien bordé soit négatif. En effet,
l 11 l 12 l 1 Um11  Um12  Um1
  l 21 l 22 l 2  Um21  Um22  Um2
l 1 l  2 l   Um1  Um2 0

P1
Um11  Um12 

P2 P1 P2
  Um21  Um22  car (2.12) et (2.13)  Um1  et Um2  .
  
P1 P2
  0
 
Multiplions la dernière ligne et la dernière colonne par (-μ)
Um11  Um12 P1
1
  2 Um21  Um22 P2

P1 P2 0
Multiplions la dernière colonne par μ et divisons les deux premières
lignes par (-μ)
Um11 Um12  P1
1
  Um21 Um22  P2

P1 P2 0
Multiplions la dernière ligne par -1
Um11 Um12  P1
1 1
   Um21 Um22  P2   D  0 CQD.
 
P1  P2 0
Exemple: Si les préférences d’un consommateur sont représentées par
la fonction d’utilité U(x1,x2)=x1x2 et P1 et P2 sont respectivement les prix
des biens 1 et 2, quelle est la dépense minimale, Do, pour atteindre le
niveau de satisfaction Uo donné?

35
Solution: Le programme hicksien est
Min Px 1 1  P2 x2

s.c. Uo  x1x2
 l ( x1, x2 , )  Px1 1  P2 x2  (Uo  x1x2 )

l 
 l 1  P1   x2  0 
x 
CIO: 1   Px
1 1  P2 x2 (2.10)
l 
 l  P   x1  0
 x2 2 2 
l
 l   Uo  x1x2  0 (2.16)

P2 P
(2.10) dans (2.16)  x1c  Uo et x2c  1 Uo.
P1 P2
CIIO:
l 11 l 12 l 1 0    x2
  l 21 l 22 l 2   0  x1  2 x1 x2  0.
l 1 l  2 l   x2  x1 0
P2 P
La dépense minimale Do  Px
1 1  P2 x2  P1
c c
Uo  P2 1 Uo  2 PPUo
1 2 .
P1 P2

II24: Signification du Multiplicateur de Lagrange


A partir des conditions de premier ordre de la maximisation de
l’utilité (2.6)-(2.8)
 L( x1, x2 , )
 Um1   P1  0 (2.6)
 x1

 L( x1, x2 , )
 Um2   P2  0 (2.7)
 x2

 L( x1, x2 , )
 R  Px
1 1  P2 x2  0 (2.8)

Um1 Um2
On a    . De plus, en multipliant (2.6) par x1 et (2.7) par x2 et en
P1 P2
additionnant on obtient
1 m1   Px
xU 1 1 0
x2Um2  P2 x2  0
1 m1  x2Um2  (Px
xU 1 1  P2 x2 )  0 . Ce qui implique que
xU  x U U U
  1 m1 2 m2  m1  m2 (2.17)
R P1 P2

36
L’utilité marginale par franc dépensé est la même pour chaque bien à
l’équilibre. Autrement dit, le taux de variation de l’utilité par rapport au
revenu est le même à chaque marge et à toutes les marges
simultanément à l’équilibre. Plus précisément, (2.17) signifie qu’à
l’équilibre l’utilité marginale d’un franc est la même que le franc
supplémentaire soit dépensé totalement sur un bien donné ou reparti sur
tous les biens. On dit que le multiplicateur λ est l’utilité marginale du
revenu monétaire.
De même, à partir des conditions du premier ordre du programme
P1 P
hicksien (2.12) et (2.13) on obtient    2 et  est le coût marginal
Um1 Um2
de l’utilité.

II25: Propriétés des Fonctions de Demande


On peut déduire deux propriétés importantes des fonctions de
demande:
1-la demande marshallienne est une fonction univoque des prix et du
revenu, tandis que la demande hicksienne est une fonction univoque des
prix seulement. Cette propriété découle de la convexité des courbes
d’indifférence qui implique un seul optimum;
2-homogénéité de degré zéro:
a/ les fonctions de demande marshalliennes sont homogènes de degré
zéro en prix et en revenu; c’est-à-dire que si tous les prix et le revenu
varient dans la même proportion, les quantités demandées par le
consommateur ne varieront pas.
Supposons que tous les prix et le revenu subissent des variations
équiproportionnelles, le programme marshallien devient:
Max U ( x1, x2 )

s.c. kR  kPx1 1  kP2 x2

où k est le facteur de proportionnalité. La fonction de Lagrange


correspondante est
L(x1, x2 , )  U ( x1, x2 )  k(R  Px
1 1  P2 x2 ) et les conditions de premier ordre

Um1  k P1  0  Um1 P1
  et
Um2  k P2  0 Um2 P2
k(R  Px1 1  P2 x2 )  0  R  Px 1 1  P2 x2  0 puisque k  0. Ces deux équations sont

identiques aux conditions de premier ordre (2.4) et (2.8). Donc la courbe


de demande pour la combinaison prix-revenu (kP1,kP2,kR) provient des
mêmes équations que la combinaison (P1,P2,R). Le consommateur ne se
conduira donc pas comme s’il était plus riche (ou plus pauvre) en termes
de revenu réel, si son revenu et tous les prix croissent (baissent) dans la
même proportion. De telles modifications proportionnelles laissent son
comportement inchangé: on dit qu’il y a absence d’illusion monétaire.

37
Autre expression de l’homogénéité des fonctions de demande
k  0 on a x1 (kP1, kP2 , kR)  x1 (P1, P2 , R)
x2 (kP1, kP2 , kR)  x2 (P1, P2 , R)
b/ les fonctions de demande hicksiennes sont homogènes de degré zéro
en prix seulement. Si tous les prix varient proportionnellement le
programme hicksien devient
Min kPx 1 1  kP2 x2

s.c. Uo  U ( x1, x2 )
1 1  kP2 x2   Uo  U ( x1 , x2 )
 l ( x1, x2 , )  kPx
l 
 kP1  Um1  0 
x  P1 Um1
CIO: 1  
l P2 Um2
 kP2  Um2  0
 x2 
l
 Uo U ( x1, x2 )  0 .

Par conséquent, les quantités qui minimisent la dépense ne changent
pas; la dépense minimale est seulement multipliée par k. On a donc
k  0 on a x1c (kP1, kP2 ,Uo)  x1c (P1, P2 ,Uo)
x2c (kP1, kP2 ,Uo)  x2c (P1, P2 ,Uo)

Section 3: Les Déplacements de l’Equilibre


Lorsque le revenu et les prix varient, l’équilibre du consommateur
se déplace. L’ampleur et le sens des variations dans les quantités des
différents biens demandés par le consommateur dépendent de la nature
des biens et des préférences.

II31: Classification des Biens Economiques


Les biens économiques peuvent être classés en deux grandes
catégories: les biens normaux ou supérieurs et les biens inférieurs.
II311: Les Biens Normaux
Un bien est dit normal ou supérieur si la quantité demandée varie dans
le même sens que le revenu. Algébriquement cela s’exprime par
 xi (P1, P2 ,..., Pi ,..., Pn , R)
 0.
R

38
x2
x1 et x2 normaux,
R2
Ro<R1<R2
P2  x1 x
 0 et 2  0
R R
E2
U2
Eo
E1
U0
U1
x1
0 x11x10 x12 Ro R1
P1 P1
II312: Les Biens Inférieurs
Un bien inférieur est un bien dont la quantité demandée varie en sens
inverse du revenu. Si le revenu s’accroît, la quantité demandée diminue.
Les biens inférieurs présentent une catégorie appelée biens de Giffen.
Un bien inférieur est dit bien giffen lorsque la quantité demandée varie
dans le même sens que le prix. Ainsi toute augmentation du prix du bien
giffen entraîne un accroissement de la quantité demandée.
 x (P , P ,..., Pi ,..., Pn , R)
Algébriquement, le bien i est giffen si i 1 2  0.
 Pi
x2

x2 normal et x1 inférieur
R0<R1<R2.
R2 P2  x2 x
 0 et 1  0
R1 P2 R R
E2
U2
E1

U1

.Eo
UO

0 x12 x11 x10 R1 ̸ P1

39
X2 X2 normal et X1 giffen
P1'  P1

R
P2
E’
U2

E
U1

x1, x1 R R X1
P1 P1'

II32: Courbe Consommation Revenu et Courbe d’Engel


Lorsque le revenu varie, pour des goûts et des prix donnés,
l’équilibre du consommateur se déplace. La courbe consommation
revenu ou le sentier d’expansion du revenu est le lieu géométrique des
différents points d’équilibre qui résultent de la seule variation du revenu
monétaire. La courbe d’Engel montre les quantités d’un bien qu’un
individu est disposé à acheter par unité de temps à différents niveaux de
son revenu total, ceteris paribus. Pour un bien normal, la courbe d’Engel
a une pente positive; sa pente est négative pour un bien inférieur.

40
x2
x1 et x2 normaux et
R1<R2<R3

Courbe consommation revenu

E3
E2
U3
E1 U2

U1
0 x11 x12 x13 R1 R2 R3 x1
R P1 P1 P1

Courbe d’Engel

R3
R2
R1

0 x11 x12 x13 x1

II33: Courbe Consommation Prix et Courbe de Demande


La courbe consommation prix ou chemin d’expansion du prix est le
lieu géométrique des points d’équilibre du consommateur résultant de la
seule variation du prix d’un bien.
A partir de la courbe consommation prix on peut obtenir la courbe de
demande individuelle du bien dont le prix a varié. La courbe de demande
d’un bien indique le niveau optimal de consommation correspondant aux
différents prix du bien quand les goûts, le revenu et les prix des autres
biens sont fixés à des niveaux prédéterminés. La courbe de demande a
généralement une pente négative.

41
x2
Les biens 1 et 2 sont normaux et
P11>P12>P13
U1
Courbe
R U2 consommation Prix
U3
P2

E1 E2 E3

0
x11 x12 R x13 R R x1
P P11 P12 P13

Courbe de demande
P11 E1' de x1

P12 E2'
E3'

0 x11 x12 x13 x1

II34: Relation Entre La Demande Ordinaire et la Demande


Compensée
Si le prix du bien 1 augmente on passe de l’équilibre A à l’équilibre C sur
le graphique ci-dessous. La compensation conduit à l’équilibre B. Au
point d’intersection A, le niveau d’utilité atteint avec la courbe de
demande ordinaire DoDo est égale à celui requis pour la courbe de
demande compensée D’D’, et la dépense minimale de la demande
compensée est égale au revenu courant de la demande marshallienne.
Lorsque les prix sont supérieurs à P1A, la compensation du revenu sera
positive et la demande compensée permettra d’obtenir des quantités
plus grandes pour un prix donné. Lorsque les prix sont inférieurs à P1A,

42
la compensation du revenu sera négative et les quantités obtenues à
partir de la courbe de demande compensée seront inférieures.

x1 et x2 sont normaux
x2
et P1A<P1C

B
C A
U2
U1
0 x1C x1B x1A R x1
D’ P1A
P1
Do
R
P1C
P1C C’ B’

P1A A’

D’ Do

0 x1C x1B x1A x1

II35: Effets de Substitution et Effets de Revenu


Le pouvoir d’achat du revenu monétaire ou revenu réel représente
la quantité de biens que ce revenu monétaire peut acheter. La variation
du prix d’un bien entraîne deux types d’effets: il y a d’une part, une
modification du taux auquel le consommateur peut échanger un bien
contre un autre et, d’autre part, une variation du pouvoir d’achat total du
revenu monétaire.
La variation de la demande due à une modification du taux d’échange
correspond à une modification de la pente de la droite de budget, le
pouvoir d’achat étant maintenu constant. Il s’agit de l’effet de substitution
selon Hicks si la droite de budget roule le long de la courbe

43
d’indifférence initiale; ou selon Slutsky si la rotation de la droite de
budget se fait autour du panier d’équilibre initialement demandé.
Selon Slutsky, on appelle effet de substitution, la variation de la
demande quand les prix se modifient mais que le pouvoir d’achat reste
constant de sorte que le panier initial demeure accessible.
Selon Hicks, on appelle effet de substitution, la variation de la demande
consécutive à une variation du prix lorsque le niveau d’utilité reste
constant.
L’effet de substitution est toujours négatif pour le bien dont le prix a
varié; c’est-à-dire qu’il doit varier dans le sens contraire de la variation du
prix.
La variation de la demande due à une modification du pouvoir d’achat
correspond à un déplacement parallèle de la nouvelle droite de budget
jusqu’à ce qu’elle atteigne le nouveau panier demandé: c’est l’effet de
revenu.L’amplitude et le signe de l’effet de revenu dépendent de la
nature du bien considéré.
La somme de l’effet de substitution et de l’effet de revenu est l’effet total
de la variation du prix d’un bien.

44
II351: Effets de Substitution et de Revenu

x2
Effets de substitution et de revenu
selon Hicks de la baisse du prix du
bien 1, lorsque les deux biens 1 et 2
sont normaux: P11>P12.

E1
.E3
ES ER
E2
U3

U1

ES
ER
0 x11 x12 x13 R P11 R P12 x1

Le passage de E1 à E2 représente l’effet de substitution selon Hicks,


tandis que le passage de E2 à E3 constitue l’effet de revenu. L’effet de
substitution et l’effet de revenu sont du même signe (négatif) pour le bien
1 dont le prix a baissé. Pour le bien 2, l’effet de substitution est positif
tandis que l’effet de revenu est négatif.

45
x2

Effets de substitution et de revenu


selon Slutsky de la baisse du prix
du bien 1, lorsque les deux biens 1
et 2 sont normaux: P11>P12.

E1
.E3
ES ER .E2
U3

U2
U1
ES
ER

0 x11 x12 x13 R P11 R P12 x1

46
Effets de substitution et de revenu selon
Hicks de la baisse du prix du bien 1,
x2 lorsque le bien 1 est inférieur non
giffen et le bien 2 est normal: P11>P12.
Pour le bien 1 dont le prix a baissé,
l’effet de revenu positif ne compense
pas totalement l’effet de substitution
négatif.

.E3
E1
U2
ER
ES
E2

U1
ER
ES

0 x11 x13 x12 R P11 R P12 x1

x2
Effets de substitution et de revenu selon
Slutsky de la baisse du prix du bien 1,
lorsque le bien 1 est inférieur non
giffen et le bien 2 est normal: P11>P12.

.E3
E1
ER U3
ES
E2

U2
U1
ER
ES
0 x1
x11 x13 x12 R P11 R P12

47
Effets de substitution et de revenu selon Hicks de
x2
la baisse du prix du bien 1, lorsque le bien 1 est
giffen et le bien 2 normal: P11>P12.
Pour le bien 1: l’effet de revenu positif compense
totalement l’effet de substitution négatif.
Pour le bien 2: l’effet de revenu négatif épuise
totalement l’effet de substitution positif.

E3
U2
ER
E1
ES
E2
ER U1

ES
0 x13 x11 x12 x1

Effet d’une baisse du prix du bien 1 sur la quantité demandée des biens 1 et 2:
Effets Effet de Effet de Effet total
revenu
Catégories de
biens substitution
Bien 1 normal Négatif Négatif Négatif
Bien 2 normal Positif Négatif Positif
Bien 2 normal Positif Négatif Négatif
Bien 1 inférieur Négatif Positif Négatif
non giffen
Bien 2 normal Positif Négatif Négatif
Bien 1 inférieur Négatif Positif Positif
giffen

Si le bien dont le prix a varié est un bien inférieur giffen, l’effet de revenu
positif est si puissant qu’il compense totalement l’effet de substitution
négatif.

II352: Comparaison de l’Effet de Substitution Selon Hicks et Slutsky


L’effet de substitution selon Slutsky excède l’effet de substitution selon
Hicks. La mesure de Slutsky est généralement préférée à celle de Hicks
parce qu’elle repose sur des prix et des quantités observables.

48
y Baisse de Px: P1X>P2X.
Les biens x et y sont normaux:
ESH=effet de substitution selon Hicks de la
baisse du prix du bien x;
ESS=effet de substitution selon Slutsky de
la baisse du prix du bien x.
xS>xH et yS>yH.

E1
.E3
yS ES
yH EH
U3
U2
U1
ESS

ESH
0 xE xH xS R P1X R P2X x

y
Hausse de Px: P1X<P2X.
Les biens x et y sont normaux:
ESH=effet de substitution selon Hicks de
l’augmentation du prix du bien x;
ESS=effet de substitution selon Slutsky
ES de l’augmentation du prix du bien x.
E2 EH
E1
U2

U1
Uo

ESS

ESH
0 xHxS xE R P2X R P1X x

49
II353: Comparaison des Courbes de Demande Ordinaire, de Slutsky
et de Hicks

y
Les biens x et y sont normaux: le prix
R/P1Y de x baisse de P1X à P2X.

y1 E1
y3 .E3
yS ES
yH EH U3

U2
U1

0 x1 xH xS R P1X R P2X x
DH x3

DS
Px Do DoDo=courbe de demande ordinaire;
DHDH=courbe de demande de Hicks;
DSDS=courbe de demande de Slutsky.
P1X

P2X

Do

DH DS
0 x1 xHxS x3 x

La courbe de demande de Slutsky est plus élastique que la courbe de


demande de Hicks, et toutes les deux sont moins élastiques que la

50
courbe de demande ordinaire qui reflète à la fois les effets de
substitution et de revenu.

Exemple: A partir de l’exemple 22, déterminez l’effet de substitution et


l’effet de revenu selon Hicks et selon Slutsky si P2 passe de 1 à 2,50.
Solutions: La fonction d’utilité est U(x1,x2)=x1x2. Les fonctions de
R R R2
demande marshalliennes sont x  et x2 
* *
1 avec U  x1 x1 
* * *
.
2P1 2P2 4PP
1 2

Si P1=2, P2=1 et R=50 alors E( x1* , x2* ,U * )  E(12,50; 25; 312,50).


Si P1=2, P2=2,50 et R=50 alors E( x1' , x2' ,U ' )  E(12,50; 10;125) .
Approche de [Link] le revenu R’’ et les quantités x1'' et x2''
consommées qui à l’équilibre maintiennent le niveau d’utilité constant
égal à U*=312,50.
 R''   R'' 
2 2
R'' '' R''
x 
''
1 ,x  et U ( x1 , x2 )  x1 x2 
'' '' '' ''
  312,50
2P1 2 2P2' 4PP1 2
'
20
  R''   312,50.20  6250  R''  6250  79,06  x1'' 
2 79,06
 19,76 et x2''  15,81
4
D’où E( x1'' x2'' ,U * )  E(19,76;15,81; 312,50)
E( x1* , x2* ,U * )  E(12,50; 25; 312,50)
E( x1' , x2' ,U ' )  E(12,50; 10;125) .
Effets Effets de Effets de revenu Effet total
substitution E( x1'' , x2'' )  E( x1' , x2' ) E( x1* , x2* )  E( x1' , x2' )
Biens E( x1* , x2* )  E( x1'' , x2'' )
x1  x1''  x1* x1  x1'  x1'' x1  x1'  x1*
x1 =19,76- =12,50- =12,50-
12,50 19,76 12,50
=7,26>0 =-7,26<0 =0
x2  x2''  x2* x2  x2'  x2'' x2  x2'  x2*
x2 =15,81-25 =10-15,81 =10-25
=-9,19<0 =-5,81<0 =-15<0

Approche de Slutsky. On maintient le pouvoir d’achat constant.


Déterminons la dépense qui permet d’acheter l’équilibre initial aux
nouveaux prix. On a
R''' 87,50
R  Px  P x  (2.12,50)  (2,50.25)  87,50  x 
''' *
1 1
' *
2 2   21,875; '''
1
2P1 4
R'''
x2  '  17,50 et U '''  21,875.17,50  382,812.
'''
2P2

51
D’où E( x1''' , x2''' ,U ''' )  E(21,875;17,50; 382,812)
E( x1* , x2* ,U * )  E(12,50; 25; 312,50)
E( x1' , x2' ,U ' )  E(12,50; 10;125) .

Effets Effets de Effets de revenu Effet total


substitution E( x1''' , x2''' )  E( x1' , x2' ) E( x1* , x2* )  E( x1' , x2' )
Biens E( x1* , x2* )  E( x1''' , x2''' )
x1  x1'''  x1* x1  x1'  x1''' x1  x1'  x1*
x1 =21,875- =12,50- =12,50-
12,50 21,875 12,50
=9,375>0 =-9,375<0 =0
x2  x2'''  x2* x2  x2'  x2''' x2  x2'  x2*
x2 =17,50-25 =10-17,50 =10-25
=-7,50<0 =-7,50<0 =-15<0

II34: L’Equation de Slutsky


La décomposition de l’effet total de la variation du prix d’un
bien en effet de substitution et de revenu peut être exprimée
algébriquement à l’aide de l’équation de Slutsky.
  xi  x  x 
    i   x j  i  i, j  1,2,...., n
  Pj R   Pj U   R P
Effet Effet de Effet de
total substitution revenu

L’équation de Slutsky décompose la réaction du consommateur à une


variation de prix en deux éléments: d’une part un effet de substitution qui
indique la variation de la demande induite par la variation du prix en
maintenant constant le niveau d’utilité et, d’autre part un effet revenu qui
indique un ajustement du revenu monétaire du consommateur à prix
fixés.
x  x  x x 
Si i=j on a  i    i   xi  i  i  1,2,...., n . La quantité  i  est
  Pi R   Pi U   R P   Pi R
la pente de la courbe de demande marshallienne pour le bien i et
  xi 
  est la pente de la courbe de demande compensée pour le bien i.
  Pi U
La baisse du prix d’un bien et l’augmentation du revenu monétaire ont
des effets similaires sur l’espace de budget du consommateur: elles
élargissent ses opportunités de consommation. Le signe négatif de l’effet

52
de revenu dans l’équation de Slutsky indique que la variation induite du
revenu monétaire et la variation de prix sont de sens opposé.
L’effet de revenu de la variation du prix dépend de la part des dépenses
que le consommateur effectue sur le bien dont le prix a varié dans son
budget. Plus importante est la part des dépenses sur le bien dans le
budget, plus grand sera l’effet revenu. Il est donc raisonnable de
pondérer l’effet de revenu par la quantité xj du bien dont le prix a varié.

PROBLEMES

Problème1: Un agent économique consomme deux biens, 1 et 2, en


quantités x1 et x2 aux prix P1 et P2 respectivement. Sa fonction d’utilité
est U(x1,x2)=x1x2.
1) Déterminer la dépense minimale Do pour atteindre le niveau d’utilité
Uo.
2) Si Uo=50, P1=10 et P2=20 déterminer la dépense minimale et les
quantités d’équilibre correspondantes.
3) Si P1 passe de 10 à 15, P2 et Uo restant inchangés, déterminer le
montant du transfert nécessaire que devra recevoir l’agent économique.
Eléments de réponse : Le programme à résoudre est
Min Px1 1  P2 x2

s.c. U ( x1, x2 )  x1x2  Uo.
1) Les fonctions de demande sont
1 1
 P 2  P 2 1
1 1  P2 x2  2 UoPP
x1c (P1 , P2 ,Uo)  Uo 2  ; x2c ( P1 , P2 ,Uo)  Uo 1  d ' où Do  Px 1 2 .
c c
2
 P1   P2 

2) Si Uo=50; P1=10 et P2=20 alors x1  10; x2c  5 et Do  200.


c

3) Si Uo=50; P’1=15 et P2=20 alors DO'  245 et le montant du transfert est


DO'  DO  45.

Problème2 : Un agent économique consomme deux biens, 1 et 2, en


quantités x1 et x2 aux prix P1 et P2 respectivement. Si son revenu est R et
sa fonction d’utilité U (x1, x2 )  x1x2  x1  2x2 ,
1) déterminer les fonctions de demande des biens 1 et 2 et leur degré
d’homogénéité;
2) Si P1=3; P2=4 et R=20, déterminer les quantités qui optimisent l’utilité
de l’agent économique.
3) Montrer que ces quantités sont optimales.
4) Si R passe de 20 à 25 et que les prix restent constants, quel est l’effet
provoqué?
5) Que se passe-t-il si P1=3; P2’=33 et R’=20?

53
Eléments de solution :
R  2P1  P2 R  P2  2P1
1) On obtient x1* (P1 , P2 , R)  et x2* (P1 , P2 , R)  .
2P1 2P2
kR  2kP1  kP2
k  0 x1* (kP1 , kP2 , kR)   k 0 x1* (P1 , P2 , R)  x1* (P1 , P2 , R) et
2kP1
kR  kP2  2kP1
x2* (kP1 , kP2 , kR)   k 0 x2* (P1 , P2 , R)  x2* (P1 , P2 , R) les fonctions de
2kP2
demande sont homogènes de degré zéro en prix et en revenu.
2) Si P1=3; P2=4 et R=20 alors x1*  3 et x2*  2,75.
0 1  P1
3) On calcule le déterminant hessien bordé D  1 0  P2  2PP
1 2  0.

P1  P2 0
4) Si R passe à 25 x1*'  3,833 et x2*'  3,375; On observe une augmentation
des quantités liée à l’effet de revenu.
5) Si P1=3; P2’=33 et R’=20 on a
x1*''  7,833 et x2*''  0,106. Puisque x2*''  ¡  on a une solution en coin.
R
On pose x2*''  0  Px 1 1  R  x1 
*'' *''
 6,667.
P1

1 1
Problème3: Soit U ( X , Y )  4 X 2  3Y 2 la fonction d’utilité d’un
consommateur. Les fonctions de demande étant déterminées, on donne
PX=PY=1 et R=20,
1) obtenir l’équilibre du consommateur;
2) définir l’équation de la courbe consommation-revenu.
3) On suppose que PY passe à 2; déterminer le nouvel équilibre.
4) Déterminer l’effet total, l’effet de substitution et l’effet de revenu sur le
bien Y au sens de Hicks et de Slutsky.
Eléments de réponse :
 1 1

1) Les solutions du programme marshallien  Max U ( X , Y )  4 X 2  3Y 2


sont
s.c. R  PX X  PYY
1 1
obtenu à partir du lagrangien L( X , Y , )  4 X 2  3Y 2  (R  PX X  PYY ). Les
 
1

1
2  P  0  2X 2  P
 X L  2 X X X (1)
 3  1
3  1
conditions de premier ordre sont LY  Y 2   PY  0  Y 2   PY (2)
 2 2
L  R  XPX  YPY  0 (3)


54
(1) 9 XPX2 16YPY2
Y  ou X  (4).
(2) 16PY2 9PX2
16PY R 9PX R
(3) et (4)  X *  et Y *  .
16PX PY  9PX2
16PY2  9PX PY
Pour PX  PY  1 et R  20 on a X *  12,8; Y *  7,2 et U *  22,36.
9X
2) L’équation de la courbe de consommation-revenu Y  est obtenue
16
en remplaçant PX=PY=1 dans (4). C’est l’équation d’un rayon.
3) Si PX  1; PY'  2 et R  20  X '*  15,61; Y '*  2,19 et U '*  20,25.

4) Selon Hicks
Le revenu nominal nécessaire pour maintenir le niveau d’utilité à
U*=22,36 aux prix PX=1 et PY'  2 est déterminé par l’équation
16PY' RH 9PX RH
U  U  22,36  4
H *
3 est RH  24,39;  X H  19,04
16PY PX  9PX
' 2
16PY  9PX PY
'2 '

et Y H  2,68.

Effets Effet de substitution Effet de revenu Effet total


X ∆X=X -X*=19,04-12,8 ∆X=X’*-X =15,61-19,04 ∆X=X’*-X*
H H

=6,24>0 =-3,43<0 =2,81>0


Y ∆Y=Y -Y*=2,68-7,2
H
∆Y=Y’*-Y =2,19-2,68
H
∆Y=Y’*-Y*
=-4,52<0 =-0,49<0 =-5,01<0

Selon Slutsky
Déterminons le revenu nominal RS nécessaire pour maintenir constant le
revenu réel avec la variation du prix de Y.
RS  PX X *  PY'Y *  27,2  X S  21,23; Y S  2,98 et U S  23,61.
Effets Effet de substitution Effet de revenu Effet total
X ∆X=X -X*=21,23-12,8 ∆X=X’*-X =15,61-21,23 ∆X=X’*-X*
S S

=8,43>0 =-5,62<0 =2,81>0


Y ∆Y=Y -Y*=2,98-7,2
S
∆Y=Y’*-Y =2,19-2,98
S
∆Y=Y’*-Y*
=-4,22<0 =-0,79<0 =-5,01<0

Problème4: On considère un consommateur dont la fonction d’utilité


prend en compte la consommation (C) au prix (P), la demande de
monnaie (M) et le temps de loisir (L-LO) [LO mesurant le maximum
d’heure de travail que le consommateur peut physiquement fournir] de la
façon suivante:

55
U  aLog(C)  bLog(M )  dLog(L  LO ) où Log désigne le logarithme népérien.
Ce consommateur à un salaire horaire de w et une encaisse monétaire
de départ égale à MO.
1) Déterminer la contrainte budgétaire de ce consommateur. Quel
doit être le signe de a, b et d si on a un consommateur normal ou
rationnel? Déterminer les utilités marginales procurées par la
consommation d’encaisse monétaire et le temps de loisir. Si l’étude est
faite sur une journée, quelle est la valeur maximum de L?
2) Déterminer la consommation, la quantité de monnaie et de temps
de travail optimaux. Pour l’application numérique, on se servira des
valeurs suivantes:
1 1
a  0,5; b  ; d  ; w  10 francs; P  10 francs; LO  12 et MO  60 francs.
6 3

Solution
1) La dépense est PC  M , tandis que le revenu est wLO  MO. Il
en résulte que la contrainte budgétaire est PC  M  wLO  MO. Pour un
consommateur rationnel, l’utilité augmente lorsque la consommation ou
les encaisses détenues s’accroissent ( donc a  0 et b  0 ) et baisse
lorsque le temps de loisir diminue ou lorsque le temps de travail s’élève
(donc d  0 ). Les utilités marginales sont
U a U b U d
UmC   ; UmM   et UmLL   . LO est au plus égal
C C M M  (L  LO ) L  LO
O

à 24 heures.

2) Le programme du consommateur est


MaxU  aLogC  bLogM  dLog (L  LO )

s.c. PC  M  MO  wLO
et la fonction de Lagrange
l (C, M , L  LO )  aLogC  bLogM  dLog(L  LO )  (MO  wLO  PC  M )
 l a a 
 C  C   P  0  C   P (1) bPC
 M  (5)
 l  b   b   (2)  a
 M M M 

 l d
CIO:    w  0 (3)
 LO L  LO
 l
  MO  wLO  PC  M  0 (4)




56
(1) dPC
 LO  L  (6)
(3) aw
En remplaçant (5) et (6) dans l’expression (4) on obtient
a(wL  MO ) b(wL  MO ) d (wL  MO )
C ; M et LO  L  .
P(a  b  d ) a b d w(a  b  d )
1 1
Si a  0,5; b  ; d  ; w  10; P  10; L  12 et MO  60  C  9; M  30 et LO  6h.
6 3
Problème5: Un agent économique ne consomme que deux biens: un
bien giffen X, et un bien normal Y.
1) Décrire sur un graphique ce qui se passe si le prix du bien
giffen diminue et que le revenu monétaire reste constant.
2) Les biens X et Y peuvent-ils être tous les deux simultanément
giffens? Justifier la réponse.

Solution
1) Le paradoxe de Giffen est relatif à un bien dont la quantité
demandée varie dans le même sens que son prix.

Y
Y normal et X giffen
PX  PX/

R
PY
Y1 E1
U1

Y2 E2
U2
0 R R
X1 X2 X
PX/ PX

Lorsque le prix de X augmente de PX à PX/ , la quantité consommée de X


augmente tandis que celle de Y baisse. L’effet de revenu est si fort qu’il
l’emporte sur l’effet de substitution.
2) Les biens X et Y ne peuvent pas être simultanément des
Biens de Giffen. En effet, si les prix des deux biens consommés X et Y
augmentent simultanément, l’agent économique devrait accroître la
quantité demandée de chaque bien et le revenu serait insuffisant. La
contrainte de budget ne serait pas saturée si les prix des deux biens
baissent simultanément.

57
Problème6: Un agent économique ne consomme que deux biens: un
bien inférieur X, et un bien normal Y.
1) Décrire sur un graphique ce qui se passe si le revenu
monétaire augmente ceteris paribus.
2) Les biens X et Y peuvent-ils être tous les deux simultanément
inférieurs? Justifier la réponse.

Solution

1) Un bien inférieur est une marchandise dont la quantité


demandée est négativement reliée au revenu ceteris paribus. Si le
revenu augmente, la quantité demandée et consommée du bien inférieur
baisse.
Y
Y normal et X inférieur
R1<R2.
R2/PY Y X
R1/PY  0 et 0
R R
E2
Y2 U2
E1
Y1
U1

0 X2 X1 X

2) Si le consommateur ne consomme que deux biens X et Y,


ils ne peuvent pas être tous les deux simultanément inférieurs. En effet,
une augmentation du revenu entraînerait une baisse simultanée des
quantités consommées de X et de Y, une baisse du niveau de
satisfaction de l’agent économique tandis que la contrainte de budget
n’est pas saturée.

CHAPITRE III: ANALYSE DE LA DEMANDE

Section 1: Les Déterminants de la Demande


Il existe quatre déterminants importants de la quantité
demandée d’un bien X :
-le prix du bien considéré, Px;
-le revenu nominal du consommateur, Ri;

58
-les goûts et les préférences du consommateur, gi, ou l’intensité du désir
du consommateur pour le bien;
-les prix des autres biens, Py.
La courbe de demande individuelle du bien X, Xi, est généralement
représentée dans le plan (Px,Xi) en maintenant constants le revenu du
consommateur, ses goûts ou ses préférences et les prix des autres
biens; c’est-à-dire que l’on représente graphiquement la fonction
Xi  Xi  Px , Py , Ri , gi 

PX D’

 
D
Xi Px , Py , Ri , gi

D’
X i (Px , Py , Ri , gi )
D
0 Xi
Xi est un bien normal et Ri  Ri

Les variations du prix du bien X entraînent des variations de la quantité


demandée de X la courbe de demande demeurant inchangée. On dit
qu’il y a variation de la demande et cette variation représente un
déplacement le long de la courbe donnée de demande DD.
Selon la loi de la demande, si la demande d’un bien augmente quand le
revenu s’accroît, la demande de ce bien doit décroître quand son prix
augmente. Autrement dit, la quantité demandée varie en sens inverse du
prix, c’est-à-dire que la courbe de demande a une pente négative.
Les variations des autres déterminants correspondent à des
déplacements de la demande. Le sens du déplacement induit de la
courbe de demande dépend de la nature du bien considéré. Si le bien X
est un bien normal ou supérieur, une augmentation du revenu provoque
un déplacement parallèle vers le haut de la courbe de demande. La
courbe de demande se déplace vers le bas ou la gauche en réaction à
une baisse de revenu.

59
Si X est un bien inférieur, une augmentation du revenu entraîne un
déplacement vers le bas de la courbe de demande; la courbe de
demande se déplace vers la droite si le revenu baisse.
Si le prix du bien Y baisse, la courbe de demande de X se déplace vers
le haut si les biens X et Y sont complémentaires, et vers le bas si les
biens X et Y sont substituables.
Un accroissement de l’intensité du désir du consommateur pour un bien
par rapport aux autres biens entraîne naturellement une augmentation
de la demande de ce bien; la courbe de demande se déplace vers la
droite. C’est l’inverse qui se produit lorsque le goût du consommateur
pour un bien s’abaisse.

Section 2: De la Demande Individuelle à la Demande Globale de


Marché
La demande individuelle d’un bien privé ou public est obtenue par la
recherche du maximum de satisfaction compatible avec le niveau du
revenu du consommateur et les prix des autres biens.
Un bien privé est caractérisé par le phénomène d’exclusion; c’est-à-dire
que la consommation d’un tel bien par un individu empêche un autre
agent de consommer le même bien. Par contre, la consommation d’un
bien public par un individu n’empêche pas un autre individu de
consommer le même bien ; phénomène de non exclusion. De plus, la
même quantité du bien public est disponible pour tous les agents
économiques; c’est le phénomène d’indivisibilité.

II21: La Demande Globale d’un Bien Privé


La courbe de demande globale d’un bien privé est la somme horizontale
des courbes de demande des individus. La quantité demandée d’un bien
privé par le marché à chaque prix est égale à la somme des quantités
demandées par chaque individu à ce prix. Si l’économie comprend n
consommateurs alors
 X (P , P , R , g )  X  P , P , R , R ,...., R ,..., R , g , g ,...., g ,..., g 
n

i x y i i x y 1 2 i n 1 2 i n
i 1

Si n=2

60
P P P

P3

P2

D1 D2

P1

0 X11 X1 0 X22 X12 X2 0 X22 X11+X12 X

Consommateur 1 Consommateur 2 Demande globale

La courbe de demande globale du bien privé X est coudée au point


d’ordonnée P2. Ce point traduit le prix auquel le consommateur 1 entre
sur le marché (son prix de réserve). Pour des prix plus élevés, la
demande globale provient intégralement du consommateur 2.

III22: La Demande Globale d’un Bien Public


La demande globale d’un bien public est égale à la somme verticale des
demandes individuelles. La courbe D1 sur le graphique ci-dessous est la
courbe de demande du bien public X par l’individu 1. Chaque point de
cette courbe exprime la somme que l’individu 1 serait prêt à payer pour
la dernière unité du bien public mis à la disposition de la société. Elle
révèle l’avantage marginal de l’individu 1. Pour la quantité Xo, l’individu 1
est prêt à payer P01 par unité tandis que l’individu 2 évaluerait l’unité du
bien public à P02. L’avantage marginal social est alors égal à la somme

61
P1+P2

P2

P01
P1
P02
D2

D1

0 X0 X1 X

des avantages marginaux individuels. Pour toute quantité supérieure à


X1, seul le consommateur 2 est prêt à payer un prix strictement positif
par unité du bien public et la courbe de demande globale du bien public
représente la demande du consommateur 2. La courbe de demande
globale du bien public présente un coude au point où la courbe de
demande du consommateur 1 coupe l’axe des abscisses.

Section 3: Les Elasticités de la Demande


L’élasticité de la demande mesure la sensibilité de la quantité
demandée d’un bien à une variation relative d’un des déterminants de la
demande. On distingue l’élasticité prix directe, l’élasticité prix croisée et
l’élasticité revenu de la demande.

III31: L’Elasticité Prix Directe de la Demande,  X . D

L’élasticité prix directe est définie comme la variation relative de la


quantité demandée divisée par la variation relative du prix du bien
X D
D X D Px  X D Px
X  lim X  lim . D . . L’élasticité prix directe permet de
Px 0 P Px 0 P  Px X D
D
x x X
Px
déterminer la nature de la demande; c’est-à-dire
si  X  1 ou  X  1 la demande est dite élastique;
D D

si  X  1 ou  X  1 la demande est à élasticité unitaire;


D D

si 1   X D  0 ou 0   X D  1 la demande est inélastique.

62
Lorsque les variations de prix et de quantité ne sont pas petites, on
obtient l’élasticité d’arc, earcAB , c’est-à-dire l’élasticité prix de la demande
entre deux points A et B de la courbe de demande. Par convention, on
utilise la moyenne des deux chiffres de prix et la moyenne des deux
chiffres de quantité.
X D .
 PxA  PxB 
2 X D  PxA  PxB 
earcAB   . L’élasticité d’arc est une estimation.
Px .
 X AD  X BD  Px  X AD  X BD 
2
Cette estimation est améliorée à mesure que l’arc rapetisse et tend à la
limite vers un point.
L’élasticité prix de la demande varie généralement le long de la courbe
de demande. Considérons une courbe de demande linéaire X D  a  bPx
bPx bPx bPx
où a et b sont des réels positifs. On a  X    ;
a  bPx bPx  a
D D
X
si Px=0   X  0; D

si X D  0   X  ; D

a a
si Px  et X D    X D  1. Graphiquement, on a
2b 2

a
 D  
b X

a  X  1
D

2b

X  0
D
0 a a XD
2

L’élasticité prix de la demande dépend dans une large mesure du


nombre de substituts proches que le bien possède et le nombre des
usages auxquels le bien peut être affecté. Plus un bien a des substituts
bons et nombreux, plus son élasticité prix directe a tendance à être
élevée (laine/ fibre synthétique et coton). De même, plus le nombre

63
d’usages possibles d’un bien est élevé, plus son élasticité prix directe
sera également élevée (sel, aluminium).
D’autres facteurs influencent l’élasticité prix directe:
-l’importance des dépenses consacrées au bien: la part du revenu
consacrée au bien est positivement liée à  X ;
D

-le temps d’ajustement: si la période sur laquelle s’étale l’ajustement de


la quantité demandée aux variations de prix est longue,  X a des D

chance d’être élevée;


-le niveau des prix: si le prix pratiqué est proche du haut de la courbe de
demande, la demande a des chances d’être plus élastique que si le prix
est déjà très bas.

III32: L’Elasticité Prix Croisée de la Demande,  PC


L’élasticité prix croisée de la demande du bien X par rapport au prix du
bien Y, quand ce dernier change, est la variation en pourcentage de la
quantité demandée du bien X divisée par la variation correspondante en
pourcentage du prix du bien Y.
 X D Py
 PC  .
 Py X D
si  PC >0 les biens X et Y sont substituables;
si  PC <0 les biens X et Y sont complémentaires;
si  PC =0 les biens X et Y sont neutres ou indépendants.

III33: L’Elasticité Revenu de la Demande,  R


L’élasticité revenu de la demande est égale à la modification relative de
la quantité demandée consécutive aux variations du revenu.
Symboliquement
XD R
R  .
R XD
si  R >0, X est un bien ordinaire: si  R >1, X est un bien de luxe;
si 0<  R <1, X est un bien nécessaire;
si  R <0 X est un bien inférieur.

III34: Relation Entre l’Elasticité Prix et le Revenu Total


Comment varie la recette totale lorsque le vendeur modifie le prix de
vente de son produit? Comment varie la dépense du consommateur sur
le bien considéré?
Soit RT=PQ(P) la recette totale où P est le prix et Q la quantité du bien
vendu, avec Q fonction de P. On a

64
dRT dQ(P)
 Q(P)  P en mettant Q en facteur,
dP dP
 PdQ(P) 
dRT
dP
 Q(P) 1 
 Q(P)dP 
   
  Q(P) 1   X D  Q(P) 1   X D .

Lorsque la demande est d’élasticité unitaire  


dRT
 0  la recette totale
 dP 
n’est pas affectée par les variations de prix. Si la demande est élastique
 dRT 
 dP  0  la recette totale varie en sens inverse du prix. Si la demande
 
est inélastique  
dRT
 0  la recette totale varie dans le même sens que le
 dP 
prix.

Demande Elasticité unité Demande


élastique inélastique
Hausse du RT diminue RT ne change RT augmente
Prix pas
Baisse du RT augmente RT ne change RT diminue
prix pas

III35: Relation Entre l’Elasticité Prix et la Recette Marginale (Rm)


Comment varie le revenu du vendeur lorsque la quantité vendue varie?
Soit RT= P(Q)Q où P(Q) est la fonction de demande inverse ( P fonction
de Q).
dRT dP(Q)  QdP(Q)   1   1 
Rm   P(Q)  Q  P(Q) 1   P(Q) 1   P(Q) 1 
dQ dQ  P(Q)dQ   XD    D 
 X 
-Si la demande est à élasticité unitaire alors Rm=0 et le revenu du
vendeur ne change pas lorsque la quantité vendue varie.
-Si la demande est élastique alors Rm>0; le revenu varie dans le même
sens que la quantité vendue.
-Si la demande est inélastique, Rm<0; la recette totale varie en sens
inverse de la quantité vendue.

Demande Elasticité unité


Demande
élastique Rm=0 inélastique
Rm>0 Rm<0
Augmentation de la RT augmente RT ne change RT baisse
quantité vendue pas
Baisse de la RT baisse RT ne change RT augmente
quantité vendue pas

65
Exemple 31: Soit la
fonction de demande d’un bien X1,
QX  1,5`LogP1  2LogP2  0,2P3  R où P1, P2 et P3 sont respectivement les
1

prix des biens X1, X2 et X3; R est le revenu du consommateur.


1) Déterminer les élasticités prix directe et prix croisée ainsi que
l’élasticité de revenu.
2) Que peut-on dire du bien X1, des couples (X1,X2) et (X1,X3)?

Réponses
 QX P1 1,5 Q 1,5
1) L’élasticité prix directe est  X  . 1
car X  . 1
1
 P1 QX QX  P1
1
P1 1

1,5
X    1  QX1  1,5
1
QX1
Pour P2 et P3 donnés lim LogP1    lim  1,5LogP1     lim QX  
P1 0 P1 0 P1 0 1

 2 LogP2 0,2 P3  R 
 
QX1(P1,P2,P3,R)=0  P1  e  1,5 
; d ' où Xlim  X  0 et lim  X  .
 1
1
X1 0 1

QX1  X  0
1

1,5  X  1
1

 X  1
0  2 LogP2 0,2 P3  R  P1
 
 1,5 
e
 QX P2 2 Q 2
L’élasticité prix croisée est  pc12  . 1
 0 car X  ; les biens 1

 P2 QX QX 1
 P2 P2 1

1 et 2 sont substituables. De même


Q P P Q
 pc13  X . 3  0,2 3  0 car X  0,2; les biens 1 et 3 sont
1 1

 P3 QX 1
QX  P3 1

complémentaires.

66
 QX R R Q
L’élasticité revenu du bien 1 est 1R  1
.  car X  1. Elle est
1

 R QX QX
1
R
1

positivement reliée au niveau du revenu et négativement reliée au


niveau de la demande.
Si QX  R  0  1R  1; le bien 1 est normal de nécessité.
1

Si QX  R  1R  1; le bien 1 est un bien de luxe.


1

PROBLEMES

Problème1: Un consommateur a la fonction d’utilité U ( X1, X 2 )  X1  X1 X 2


où X1 et X2 représentent les quantités de deux biens 1 et 2 ayant pour
prix unitaires P1 et P2 respectivement. Si R est le revenu du
consommateur, déterminer l’élasticité prix directe, l’élasticité revenu du
bien 1 et l’élasticité prix-croisé.

Eléments de réponse: A partir du programme marshallien on obtient les


fonctions de demande suivantes:
R  P2 R  P2
X1* (P1, P2 , R)  ; et X 2* (P1, P2 , R)  1. L’élasticité prix-directe est donc
2P1 2P2
dX1 P1
X  .  1 ; la demande du bien 1 est à élasticité unitaire. L’élasticité
1
dP1 X1
revenu est
dX1 R R
1R  .   0  1R  1  le bien 1 est normal. L’élasticité prix-
dR X1 R  P2
croisé est
dX1 P2 P
 pc12  .  2  0   pc12  1  les biens 1 et 2 sont substituts.
dP2 X1 R  P2

Problème2: On considère la fonction de demande suivante: PX  10  3QX .


1) Donner l’expression de l’élasticité-prix directe.
2) Calculer la valeur de l’élasticité en un point de la courbe de demande
pour les valeurs suivantes de QX=2 et QX=3. Interpréter
économiquement les résultats obtenus.

Eléments de réponse:
10 PX dQ P 1 10  3QX
1) PX  10  3QX  QX   X  X . X   . .
3 3 dPX QX 3 QX
2) Calcul de la valeur de l’élasticité:
Pour QX  3, on a  X  0,11. Une hausse du prix de 1% entraîne une baisse
de la demande de 0,11%.

67
Pour QX  2, on a  X  0,66. Un accroissement du prix de 1% entraîne une
baisse de la demande de 0,66%.

Problème3: Soit Y  APY0,2 PX0,1R0,5 . Calculer les différentes élasticités liées à


la demande du bien Y. Interpréter les résultats obtenus.

Eléments de réponse:
 Y PY
L’élasticité prix directe de la demande de Y est Y  .  0,2  si le
 PY Y
prix de Y augmente de 1%, la quantité demandée de Y diminue de 0,2%.
La demande est donc inélastique.
 Y PX
L’élasticité prix-croisé  pcXY  .  0,1  si le prix de X baisse de 1%, la
 PX Y
quantité demandée de Y diminue de 0,1%. X et Y sont donc
substituables.
Y R
L’élasticité revenu YR  .  0,5  si le revenu augmente de 10%, la
R Y
quantité demandée de Y va augmenter de 5%. Le bien Y est normal car
0  YR  1.

68
DEUXIEME PARTIE: THEORIE DE L’OFFRE DES FIRMES

La clé de la théorie de l’offre réside dans l’hypothèse selon


laquelle les firmes ont toutes le même objectif: faire autant de profit que
possible. Pour atteindre cet objectif, l’entrepreneur dispose de deux
possibilités: il peut soit maximiser son output sous la contrainte d’un
niveau de coût donné; soit minimiser son coût de production sous la
contrainte d’un niveau donné d’output.

CHAPITRE I: FACTEURS ET FONCTIONS DE PRODUCTION

Section 1: L’Organisation des Entreprises


Une entreprise est une unité technique dans laquelle des biens
sont produits. Il existe différentes classifications des entreprises selon
leur forme juridique. On distingue par exemple les sociétés de personnes
(sociétés en nom personnel, sociétés en nom collectif) et les sociétés de
capitaux dont les principales formes sont les sociétés à responsabilité
limitée (SARL) et la société anonyme (SA) dans lesquelles la
responsabilité des propriétaires ou actionnaires est limitée à leur apport.
Une société en nom personnel (travailleur indépendant) est une
société possédée par un seul individu qui a droit sur la totalité du revenu
et de la recette de l’entreprise et qui est responsable de toutes les pertes
éventuelles que ferait l’entreprise. Les profits reviennent à l’entrepreneur,
mais s’il fait des pertes et déclare faillite, ses autres actifs, y compris ses
actifs personnels comme sa maison, seraient alors vendus et l’argent
partagé entre ses créanciers.
Une société en nom collectif est une forme d’entreprise dans laquelle
deux personnes ou plus possèdent en commun l’entreprise, partagent
ses profits et sont solidairement responsables de toute perte éventuelle.
La responsabilité est illimitée (cabinet d’expertise comptable).
Une société par actions est une organisation légalement autorisée à
produire et à commercer. Elle a une personnalité juridique distincte de
celle de ses propriétaires. Une part des profits non réinvestie dans
l’entreprise est distribuée aux actionnaires et correspond aux dividendes.
Les actionnaires peuvent aussi réaliser des plus-values si le cours des
actions augmente.

Section 2: Les Facteurs de Production


Un facteur de production ou input est un bien ou service qui contribue à
la production d’un output. Un entrepreneur utilise généralement de
nombreux inputs différents pour la production d’un seul output.
En général, une partie des inputs sont les outputs d’autres firmes. Par
exemple, les biens de capital tels que les tracteurs, les bâtiments, et les

69
ordinateurs sont des inputs qui sont eux-mêmes produits; l’acier est un
input pour le constructeur d’automobiles et un output pour le producteur
d’acier; le manioc est un input pour le producteur d’attiéké et un output
pour l’agriculteur. D’autres inputs comme le travail, la terre et les
ressources minérales ne sont pas fabriqués.
Pour une période donnée de production les inputs sont classés suivant
qu’ils sont fixes ou variables. Un facteur de production fixe est défini
comme un facteur dont la quantité ne peut être modifiée lorsque les
conditions du marché indiquent qu’une variation immédiate de la
production est souhaitable. Autrement dit, un input fixe est nécessaire
pour la production, mais la quantité utilisée ne varie pas en fonction de la
quantité d’output produite (les bâtiments, les équipements les plus
lourds).
Un facteur de production variable est un facteur dont la quantité peut
être modifiée presque instantanément pour répondre à des variations
souhaitables de la production (services du travail, certaines matières
premières).

Section 3: Technologie et Fonction de Production


La nature et l’état des connaissances imposent aux entreprises
des contraintes techniques: seules certaines combinaisons d’inputs
permettent de produire une quantité donnée d’output et l’entreprise doit
se limiter aux plans de production techniquement réalisables.
Une technique est une méthode particulière qui permet de combiner
les moyens de production ou facteurs de production pour obtenir le
produit.
La technologie est la liste de toutes les techniques connues.
L’ensemble de toutes les combinaisons d’inputs et d’output qui
correspondent à un processus de production techniquement réalisable
est appelé un ensemble de production. La fonction qui décrit la
frontière de l’ensemble de production est appelée la fonction de
production. Elle résume les méthodes techniquement efficientes de
combiner les moyens de production pour obtenir le produit. Plus
généralement, la fonction de production d’un bien est une équation, un
tableau ou un graphique indiquant la quantité (maximale) de ce bien
pouvant être produite par unité de temps, à partir de différentes
combinaisons possibles de facteurs de production, quand on emploie les
meilleures techniques de production possibles.
Exemple: si un seul facteur de production variable (X) est utilisé pour
produire un output (Y) donné, on a

70
Y
Y=f(X) fonction de production

Ensemble de production

O X

Section 4: Le Court Terme et le Long Terme


La technologie nous donne la liste des plans de production
réalisables. Nous pouvons souhaiter distinguer les plans de production
immédiatement réalisables et ceux qui sont réalisables dans le futur.
Le court terme est la période de temps au cours de laquelle la quantité
d’un ou plusieurs facteurs de production est fixe. Par conséquent, les
variations de la production peuvent être exclusivement obtenues par des
changements dans l’utilisation des facteurs variables (la quantité de
terre, le nombre de machines, la taille de l’usine sont fixes).
Algébriquement on a Y  F(x1 , x2 ) où x1 est la quantité du facteur variable
et x2 est la quantité de facteur fixe.
Le long terme est défini comme la période de temps (ou l’horizon
prévisionnel) au cours de laquelle tous les facteurs de production sont
variables. Autrement dit, à long terme l’entrepreneur peut modifier la
quantité de tous les facteurs de production afin de produire son output
de la manière la plus avantageuse; on a Y  F (x1, x2 , x3 ,..., xn ).

71
CHAPITRE II: FONCTION DE PRODUCTION DE COURTE PERIODE:
CAS D’UN SEUL FACTEUR VARIABLE.
Section 1: Relation Entre la Courbe de Produit Total (PT), de Produit
Marginal (Pm) et de Produit Moyen (PM)
Soit Y  F (x1, x2 ) la fonction de production de court terme où x1 représente

PT C

B PTX1

O x1A x1B x1C X1

PM
Pm

A’
B’

PmX1 PMX1

C’
O x1A x1B x1C X1

72
la quantité du facteur variable utilisée, x2 est la quantité disponible du
facteur fixe et Y représente le niveau de l’output obtenu. La courbe de
produit total de x1 (PTx1) est en forme de S. La courbe de PTx1 s’accroît
d’abord rapidement, atteignant son taux de croissance maximum au
point A (où la pente de la courbe de PTx1 est maximum). A un niveau
peu élevé du facteur variable, cette croissance rapide est due à une
meilleure utilisation du facteur fixe (ou à la division du travail) et la
spécialisation que permet une augmentation du facteur variable.
Au-delà du point A la courbe de produit total continue de croître mais à
un taux décroissant et la pente de PTx1 devient de plus en plus faible.
Cette tendance est due à une sous-utilisation du facteur variable ou au
phénomène d’encombrement.
Le produit moyen d’un facteur de production est égal au produit total
divisé par la quantité du facteur de production utilisé pour obtenir ce
F ( x1, x2 )
produit. Algébriquement le produit moyen de x1 est PMx1  . Le
x1
produit moyen correspondant à un point quelconque de la courbe de
PTx1 est donné par la pente d’une droite partant de l’origine et passant
par le point considéré. La pente d’un tel rayon augmente de façon
continue lorsqu’on se déplace sur la courbe de PTx1 de l’origine au point
B, et diminue de façon continue lorsqu’on s’éloigne du point B pour
x1>x1B. Le PMx1 atteint donc son maximum au point d’abscisse x1B.
Le produit marginal d’un facteur variable est l’accroissement de la
production qui est obtenu quand on ajoute une unité du facteur variable,
les quantités de tous les autres facteurs restant inchangées;
F ( x1  x1, x2 )  F ( x1, x2 )  F ( x1, x2 )
Pmx1  lim  . Le produit marginal
x 0
1 x1  x1
correspondant à un point quelconque de la courbe du PTx1 est donné
par la pente de la tangente à la courbe en ce point. Le Pmx1 croît de
façon continue lorsqu’on se déplace sur la courbe de PTx1 de l’origine au
point A (point d’inflexion), atteint son maximum au point A, décroît entre
A et C, s’annule en C et devient négatif au-delà de C.
Soient
 F ( x1, x2 )
x1  F ( x1, x2 )
F ( x1, x2 )  F ( x1, x2 )  PMx1  x1 Pmx1  PMx1
PMx1  et Pmx1  . On a  
x1  x1  x1 x12
x1
 PMx1  PMx1
  0  Pmx1  PMx1;  0  Pmx1  PMx1
 x1  x1
 PMx1
et  0  Pmx1  PMx1. La productivité marginale dépasse la
 x1
productivité moyenne lorsqu’elle s’accroît, est égale à la productivité

73
moyenne lorsque cette dernière est à son maximum, et se situe en
dessous d’elle lorsqu’elle décroît.
Lorsque la productivité totale atteint son maximum, la productivité
marginale s’annule.
La courbe de produit marginal atteint son maximum à un niveau
d’utilisation du facteur variable inférieur à celui correspondant au produit
moyen maximum.
La loi des rendement marginaux décroissants ou loi de la productivité
marginale décroissante commence à entrer en action à partir du point A’.
Selon la loi des rendements marginaux décroissants si l’on maintient
constants tous les facteurs de production sauf un, tout accroissement du
facteur variable au-delà d’une certaine quantité entraîne une diminution
régulière de son produit marginal.

Section 2: Les Trois Phases de la Production


On peut repérer trois phases de la production. La première phase
correspond à l’utilisation du facteur variable à gauche du point B’
d’abscisse x1B, où la PMx1 atteint son maximum. La phase deux
correspond à l’utilisation du facteur de production variable entre x1B et
x1C. Enfin la troisième phase correspond à l’utilisation du facteur variable
à droite de x1C où le produit marginal est négatif.
Il est évident que le producteur ne produira pas dans la phase III
puisqu’il peut alors obtenir un produit plus élevé en utilisant moins du
facteur variable. L’entrepreneur ne produira pas dans la phase I puisque
le PM du facteur variable s’accroît et l’augmentation du PM implique une
baisse du coût unitaire du produit obtenu. La zone de production
efficiente est la zone II.

74
CHAPITRE III: LA FONCTION DE PRODUCTION DE LONG TERME

Lorsque le producteur n’utilise que deux facteurs de production X1 et X2,


la fonction de production peut être représentée graphiquement dans un
plan à deux dimensions par des courbes appelées isoquants.

Section 1: Les Isoquantes et leurs Caractéristiques


Définition: Une isoquante est l’ensemble de toutes les combinaisons
d’inputs 1 et 2 qui sont justes suffisantes pour produire une quantité
donnée d’output.
Les isoquants sont des mesures cardinale de la production c’est-à-dire
qu’ils correspondent aux niveaux d’output qui peuvent être produits. Le
niveau des isoquants et leur forme sont dès lors déterminés par la
technologie. On suppose en général que les technologies sont
monotones et convexes.
La monotonicité de la technologie suppose que si on augmente la
quantité d’au moins un des inputs, il devrait être possible de produire la
même quantité d’output qu’on produisait initialement. Cette propriété est
parfois appelée la propriété de libre disposition parce que si la firme peut
disposer sans coût des différents inputs, le fait de disposer d’inputs
supplémentaires ne peut pas lui nuire. Les isoquantes ont donc une
pente négative.
La convexité de la technologie signifie que s’il est possible de produire y
unités d’output de deux façons différentes (ou techniques) (x1,x2) et
(z1,z2), leur moyenne pondérée permet d’obtenir au moins y unités
d’output. Autrement dit
 0,1 F  x1  (1  ) z1,  x2  (1  ) z2   F ( x1, x2 )  F ( z1, z2 )

X2

x2 (x1,x2)

. [λx1+(1-λ)z1,λx2+(1-λ)z2]

z2 (z1,z2)
Isoquante

0 x1 z1 X1

75
Comme les courbes d’indifférence, les isoquants ont une pente négative
dans la zone économiquement significative, sont convexes par rapport à
l’origine et ne peuvent pas se croiser. Plus une courbe est située en haut
et à droite, plus elle correspond à un niveau élevé de produit.

Section 2: Quelques Cas de Technologies Atypiques

X2 X2

I3

I2
I3 I1
I2
I1
0 X1 0 X1

Substituts Parfaits Technologie de Léontief


f(x1,x2)=ax1+bx2 f(x1,x2)=min{ax1,bx2}

Les fonctions de production à proportion fixes ou technologies de


Léontief sont telles que une et une seule combinaison de facteurs
permet d’obtenir un niveau donné de produit.

Section 3: Le Taux Marginal de Substitution Technique (TMST) et


les Isoclines
Les isoquants montrent que l’on peut substituer un facteur à un
autre de manière que soit maintenu constant le niveau du produit. Soit
F ( x1, x2 )  q le taux marginal de substitution technique de x1 à x2, TMSTx / x , 1 2

désigne la quantité de facteur x2 qu’un producteur est disposé à


abandonner pour augmenter d’une unité la quantité utilisée de x1, en
restant sur le même isoquant. En prenant la différentielle totale de la
fonction de production, on a
 F ( x1 , x2 )  F ( x1 , x2 ) dx Pmx1  F ( x1 , x2 )
dq  dx1  dx2  0  TMSTx / x   2  où Pmx1 
 x1  x2 1 2
dx1 Pmx2  x1
Le TMSTx1/x2 en un point d’un isoquant est égal à l’opposé de la pente de
la courbe en ce point. Il est aussi égal au rapport des productivités
marginales des facteurs en ce point. Lorsqu’on substitue x1 à x2 le long
d’un isoquant, le Pmx1 décline et le Pmx2 s’accroît, le TMSTx1/x2 décroît.
La baisse du TMSTx1/x2 signifie que les isoquants sont convexes.

76
Une isocline est le lieu géométrique des points où le TMSTx1/x2 est
constant.

X2

Isocline

I4

I3
I2
I1
0 X1

Section 4: Zones d’Efficiences


Certaines fonctions de production correspondent à des isoquantes
qui se recourbent sur elles mêmes. Dans ce cas les isoquantes ont des
parties à pente positive. La production au niveau I1 exige un certain

X2 Zone de production
extensive
A’

X2A A

I4 I3 I2
Zone de production B’
intensive I1
Zone de
production
extensive
X2C
X2B B C

0 X1A X1B X1C X1

minimum de facteur X2 qui est X2B. Avec ce minimum de X2 tout


accroissement de X1 au-delà de X1B réduirait le produit au lieu de
l’accroître. Ainsi le Pmx1 est égal à zéro au point B et négatif pour les

77
quantités de X1 supérieures à X1B. Le point B de I1 représente la marge
d’utilisation intensive de X1. La ligne de crête OBB’ correspond à
l’isocline où le TMSTx1/x2=0 c’est-à-dire Pmx1=0. Sur OAA’ le
TMSTx1/x2=∞ c’est-à-dire Pmx2=0. Les lignes frontières ou isoclines OAA’
et OBB’ délimitent la zone de production intensive ou zone d’efficience.
Les portions économiques des isoquants sont uniquement associées à
la phase II. Sur le graphique ci-dessous, en fixant le niveau de K= K on
se déplace de la gauche vers la
droite sur K K . Le PTL augmente progressivement jusqu’à LC puis
décroît. Au-delà de LC on est dans la phase III, et avant LD dans la phase
I où le produit moyen est croissant. A droite

78
K Situation à long terme

K D C K

0
L

PTL Situation à court terme

C’

PTL

D’

Zone de production efficiente

0 LD LC L

de l’isocline OB, la PmL est négative et on se trouve dans la phase III


pour le travail L qui correspond à la phase I pour le capital K. A gauche
de la ligne de crête OA la PmK est négative c’est-à-dire que le PTK est
décroissant et on se trouve dans la phase III pour le capital

79
correspondant à la phase I pour le travail. La portion des isoquants
compris entre les isoclines OA et OB correspond à la phase II à la fois
pour le travail et le capital. Ainsi un mouvement le long du segment de
droite horizontal DC correspond à un mouvement le long d’une courbe
de PmL vers la droite.

Section 5: La Contrainte Budgétaire


L’acquisition des facteurs de production sur les marchés des
facteurs entraîne des coûts supportés par le producteur et lui impose
une contrainte de budget. Le coût total C d’utilisation d’un volume
quelconque de X1 et X2 est égal à C  w1 X1  w2 X 2 où w1 et w2 sont les prix
de marché ou les prix unitaire de location de X1 et X2 respectivement.
Si le montant total des dépenses est fixé à C , le producteur peut choisir
C w1
parmi les combinaisons données par X 2   X . Cette équation est
w2 w2 1
C
celle d’une courbe isocoût dont l’ordonnée à l’origine est et la pente
w2
w
est égale au rapport des prix des facteurs 1 précédé du signe négatif.
w2

X2

C
w2
C w1
X2   X
w2 w2 1

0 C X1
w1
Section 6: La Combinaison Optimale des Ressources
Pour des prix donnés des facteurs, le producteur cherche à
minimiser le coût de production d’un output donné ou à maximiser son
produit pour un niveau donné des coûts.

80
III61: La Méthode Graphique
Graphiquement le point d’équilibre est atteint au point E où
l’isoquante est juste tangente à une droite d’isocoût, c’est-à-dire au point
où la pente de l’isoquante (TMSTx / x ) est égale à la pente de l’isocoût
1 2

w
( 1 ). L’équilibre est donc caractérisé par
w2
Pmx1 w1
TMSTx1 / x2  
Pmx2 w2
et w1 X1  w2 X 2  C.

X2
C
w2
R
X2R

X 2* E
I3

S I2
I1
0
X1R X1* C X1
w1

Pmx1 w1
Au point R on a TMSTx / x   . Cela signifie qu’une unité de X1
1 2
Pmx2 w2
rapporte relativement plus en termes de produit qu’elle ne coûte par
rapport à X2. Le producteur peut donc augmenter la production sans
accroissement du coût en substituant X1 à X2 sur l’isocoût correspondant
Pmx1 w
au niveau de dépenses C. Si par exemple TMSTx / x   3  1  1 , dans
1 2
Pmx2 w2
ce cas une unité de X1 coûte la même chose qu’une unité de X2 mais
rapporte un produit marginal trois fois plus élevé que celui de X2.

III62: Méthodes Algébriques

III621: Maximisation du Produit Sous Contrainte de Coût


Le programme s’écrit
MaxF ( x1, x2 )

s.c. C  w1x1  w2 x2

81
La fonction de Lagrange est L  x1, x2 ,    F ( x1, x2 )   C  w1x1  w2 x2 
 L  F
 x   x   w1  0 (3.1)
 1 1

L F
CIO:     w2  0 (3.2)

 2 x  x 2
 L
  C  w1x1  w2 x2  0 (3.3)
 
Si les équations (3.1)-(3.3) sont indépendantes on a comme solutions
x1*  x1 (w1 , w2 , C )
x2*  x2 (w1, w2 , C )
*   (w1, w2 , C)
En combinant les conditions (3.1) et (3.2) le système est réduit à deux
équations à deux inconnues x1 et x2
 Pmx1 w1
 Pmx  w (3.4)
 2 2
C  w x  w x
 1 1 2 2 (3.3)
Que l’on peut trouver en fonction des paramètres w1, w2 et C c’est-à-dire
x1*  x1 (w1, w2 , C)
x2*  x2 (w1, w2 , C) (3.5)
Les équations (3.5) représentent les fonctions de demande de facteurs.
L11 L12 L1 F11 F12  w1
CIIO: H  L21 L22 L2  F21 F22  w2  0 (3.6).
L1 L 2 L w1  w2 0

Exemple231: Une unité de production d’un bien Y a la fonction de


1
production suivante y  F (x1, x2 )  x12  x2 où y est la quantité du bien Y
produite, x1 et x2 sont les quantités des inputs 1 et 2 dont les prix sont w1
et w2 respectivement. Déterminer les fonctions de demande de facteurs
et la quantité produite à l’équilibre.

Solution: Le programme à résoudre est


 1
MaxF ( x1, x2 )  x12  x2

s.c. C  w1x1  w2 x2

L  x1, x2 ,    x12  x2   C  w1x1  w2 x2 


1

82
 L 1  12
 x  w1  0 (3.1)'
 x1 2 1
L
CIO:  1  w2  0 (3.2)'
 x2
L
 C  w1x1  w2 x2  0 (3.3)'

2
1  w2  C w
(3.2)'    et (3.1)'  x1    et x2   2
w2  w1  w2 4w1
1
 3
0  w1
L11 L12 L1 4x 1
2
w2
CIIO: H  L21 L22 L2  0 0  w2  23  0.
L1 L 2 L  w1  w2 0 4x12

2
w  C w
x  x1 (w1, w2 , C)   2  et x2*  x2 (w1, w2 , C)   2
*
1 sont les fonctions de
 w1  w2 4w1
w2 C
demande de facteurs 1 et 2 et la production optimale est y*   .
4w1 w2
III622: Minimisation du Coût sous Contrainte d’un Niveau d’Output
yo Donné

Il s’agit de résoudre le programme


MinC  w1x1  w2 x2

s.c. yo  F ( x1, x2 )
Le lagrangien est l ( x1, x2 , )  w1x1  w2 x2    yo  F ( x1, x2 ) où μ est le
multiplicateur de Lagrange. Les conditions de premier ordre donnent
l
 l  w   F1  0 (3.7)
 x1 1 1
l
 l  w2   F2  0 (3.8)
 x2 2
l
 l  y  F ( x1, x2 )  0 (3.9)
  o
 Pmx1 w1
  (3.4)
  Pmx2 w2
 y  F ( x , x ) (3.9)
 o 1 2

Si les équations (3.4) et (3.9) sont indépendantes, on peut trouver les


inconnues x1 et x2 en fonction des paramètres w1, w2 et yo. On aura
x1**  x1 (w1, w2 , yo )
x2**  x2 (w1, w2 , yo ) (3.10)

83
La condition de second ordre pour un minimum est que le déterminant
Hessien bordé soit négatif:
l 11 l 12 l 1
H  l 21 l 22 l 2  0 (3.11)
l 1 l  2 l 
Les équations (3.10) sont appelées fonctions de demande conditionnelle
de facteurs ou fonctions de demande dérivée de facteurs.
Exemple232: A partir de l’exemple 231 déterminer le coût minimum de
production de yo unités d’output.
Solution: Les fonctions de demande conditionnelle de facteurs ou
fonctions de demande dérivée de facteurs sont obtenues à partir du
programme
MinC  w1x1  w2 x2
 1
s.c. yo  x12  x2
 1

l ( x1, x2 , )  w1x1  w2 x2    yo  x12  x2 
 
l   1
 w1  x1 2  0 (3.7)'
 x1 2
l
CIO:  w2    0 (3.8)'
 x2
l 1
 yo  x12  x2  0 (3.9)'

2
w  2w y  w
(3.8)'    w2 et (3.7)'  x   2  et x2c  1 o 2 .
c
1
 2w1  2w1
 1
3
0  1
l 11 l 12 l 1 4x12 2x12

CIIO: H  l 21 l 22 l 2  0 0 1   3  0
l 1 l  2 l   1 1 4x12
1
0
2x12
2
w  2w y  w
x  x1 (w1, w2 , yo )   2  et x2c  x2 (w1, w2 , yo )  1 o 2 sont les fonctions de
c
1
 2w1  2w1
demande conditionnelles de facteurs et le coût minimum de production
w22
de yo est C min  w1x1c  w2 x2c  w2 yo  .
4w1

84
III623: Signification des Multiplicateurs de Lagrange
Les conditions de premier ordre (3.1) et (3.2) impliquent que
Pmx1 Pmx2
*   . Cela signifie qu’à l’équilibre, la productivité marginale du
w1 w2
dernier franc dépensé en x1 est égale à celle du dernier franc dépensé
en x2. λ est la productivité marginale de la dépense.
De même à partir des conditions de premier ordre (3.7) et (3.8) on a
w1 w
*   2 et  est le coût supplémentaire engendré par la
Pmx1 Pmx2
production d’une unité additionnelle du produit. C’est la fonction de coût
marginal.
D’une façon générale, le multiplicateur de Lagrange mesure l’effet d’une
variation de la contrainte sur la solution optimale.

Section 7: Le Sentier d’Expansion


Le sentier d’expansion est le lieu géométrique des points d’équilibre du
producteur qui résultent de la seule variation du coût total, les prix des
facteurs restant constants.

X2
C3  C2  C1

Sentier d’expansion

I3
I2

I1

0 C1 w1 C 2 w1 C3 w1 X1
L’équation du sentier d’expansion est obtenue à partir de la condition de
tangence: rapport des productivités marginales égal à rapport des prix
des facteurs.
1 1
Exemple 233: Soit la fonction de production suivante F ( x1, x2 )  x12  x22 où
x1 et x2 sont les quantités des inputs 1 et 2 et w1 et w2 leurs prix
respectifs. Déterminer l’équation du sentier d’expansion.

85
Solution: Il s’agit de résoudre l’équation
1 1
  2
Pmx1 w1  F x1 2
 F x2 2 w 
TMSTx1 / x2   . Or Pmx1   et Pmx2   ; d ' où x2   1  x1
Pmx2 w2  x1 2  x2 2  w2 
est l’équation du sentier d’expansion.

Section 8: Elasticités et Rendements d’Echelle

III81: Elasticité de Production εp


L’élasticité de production indique, en pourcentage, l’augmentation
de la production qui résulte de l’augmentation de un pourcent d’un
facteur, les quantités utilisées des autres facteurs demeurant constantes.
Q
Q xi  Q xi
. i 1,2,..., n .
Q
Mathématiquement on note  p  lim  lim . 
xi 0 x xi 0 x Q  x
i i i Q
xi
Exemple 234: Soit la fonction de production Cobb-Douglas suivante
Q=LαKβ où Q est la production, L et K les quantités des facteurs travail et
capital respectivement, et (α,β)є R...2 . L’élasticité du facteur travail par
Q L
rapport à la production est  p  .   et l’élasticité du facteur capital
L Q L

Q K
par rapport à la production est  p  .   . Si on augmente la quantité
K Q K

de travail utilisée de 1 pourcent, le produit augmente de α pourcent.

III82: L’Elasticité de Substitution Technique (εsubst)x1/x2


L’élasticité de substitution technique est le degré de substituabilité
d’un facteur de production à un autre, résultant exclusivement de la
variation du prix relatif des facteurs.
         w
K K K
 subst LK  lim  L  . TMSTLK   L  . TMSTLK   L  . r si w est
 (TMSTLK )0  TMST  K  TMSTLK   K      
w K
L L
LK
    r L
la rémunération de L et r celle de K.
Exemple 235: A partir de la fonction de production de Cobb-Douglas de
l’exemple 234, déterminer le coefficient de l’élasticité de substitution
technique de L à K si w et r représentent les rémunérations des facteurs
L et K respectivement.

86
Solution: Déterminons le TMSTLK.
 
K w
    
   .       subst LK  . r  1
Pm K w K w L
Q  L K   TMSTLK  L

PmK  L r L  r
     K
w
r L

III83: Rendement d’Echelle et Coefficient d’Echelle


Les rendements d’échelle indiquent dans quelle proportion varie le
niveau de l’output lorsque l’on fait varier tous les inputs simultanément et
dans la même proportion t.
Les rendements peuvent être décroissants, constants ou croissants à
l’échelle. Soit la fonction de production F(x1,x2)=Q.
t  ¡ * F (tx1, tx2 )  t F ( x1, x2 )
Si F (tx1, tx2 )  tF(x1, x2 ) c’est-à-dire si α<1, les rendements sont dits
décroissants à l’échelle.
Si F (tx1, tx2 )  tF( x1, x2 ) alors α=1 et les rendements sont constants à
l’échelle.
Si F (tx1, tx2 )  tF( x1, x2 ) on a α>1 et les rendements sont dits croissants à
l’échelle.
Un concept équivalent est le coefficient d’échelle
Q
si  1  les rendements sont décroissants
Q 
 si  1  les rendements sont cons tan ts
t si  1  les rendements sont croissants.

Exemple 236: A partir de la fonction de production de Cobb-Douglas de
l’exemple 234, déterminer la nature des rendements d’échelle.
Solution: t  ¡ * F (tL, tK )  t  L K   t  F (L, K )
Si α+β<1 les rendements d’échelle sont décroissants
Si α+β=1 les rendements d’échelle sont constants
Si α+β>1 les rendements d’échelle sont croissants.

III84: Le Théorème d’Euler


Soit Q=F(x1,x2,….,xn) une fonction de production où Q désigne le
niveau de l’output et xi (i=1,2,…,n) la quantité de l’input i utilisée.
Enoncé du Théorème d’Euler: Si F(x1,x2,…,xn) est homogène de degré
α, alors
F F F
x1  x2  .....  x   F ( x1, x2 ,...., xn ) . Si α=1 on dit que F est
 x1  x2  xn n
linéairement homogène et le théorème d’Euler implique
F F F
x1  x2  .....  x  F ( x1, x2 ,...., xn ) ou
 x1  x2  xn n

87
F
Pm1x1+Pm2x2+…..+Pmnxn=F(x1,x2,….,xn) avec Pmi= . Le produit est
 xi
juste suffisant pour rémunérer les facteurs de production à leur
productivité marginale si la fonction de production est linéairement
homogène. C’est la règle de l’épuisement total du produit.

PROBLEMES

Problème1: Soit une entreprise qui produit un bien en quantité q à partir


de deux facteurs de production x1 et x2 selon la fonction de production
1 1
q  2x12 x22 . L’entrepreneur ne dispose que de 1000 francs pour lancer la
production. Le coût total qu’il doit supporter pour produire le bien est de
la forme: C=6x1+3x2+100.
a) Quelles sont les quantités maxima que pourra produire
l’entrepreneur?
b) Quel est le TMST à l’optimum?

Eléments de réponse:
 1 1
Max q  2x12 x22
a) A partir du programme  on obtient les fonctions
s.c. C  6x1  3x2 100.
C 100 C 100
de demande de facteurs x1*  et x2*  . Par conséquent, pour
12 6
900 900
C  1000 on a x1*  et x2*  .
12 6
Pmx1 x2*
b) A l’équilibre, le TMSTx1 / x2    2.
Pmx2 x1*

1 3
Problème2: Soit une fonction de production q  AK L . 4 4

a) Quel est le type de cette fonction? Est-elle homogène? Si oui, de quel


degré?
b) Déterminer l’élasticité de production du facteur travail et l’élasticité de
substitution de K à L.
Eléments de solution:
a) La fonction est de type Cobb Douglas et les facteurs de productions
1 3
sont substituables. Le degré d’homogénéité est       1.
4 4
b) L’élasticité de production du facteur travail est
q L 3 1
L  .  . De plus  K  . L’élasticité de substitution de K à L
L q 4 4

88
 
K   w
L r
 KL     .   indique dans quelle mesure on peut substituer le K au
    
w K
r L
L lorsque les prix relatifs des deux facteurs changent.
PmL 3K w K w
 KL  1 car TMST      .
PmK L r L 3r

1 1
Problème3: Soit la fonction de production suivante F (K, L)  L  K où K
2 2

et L sont les quantités des inputs capital et travail avec r et w leur prix
unitaire respectif.
a) Déterminer le degré d’homogénéité de la fonction de production.
b) A court terme, la quantité de capital est fixée à K . Représenter
graphiquement la fonction de production de court terme. Définir
l’ensemble de production et indiquer le sur le graphique.
c) Qu’est ce qu’une courbe d’isoprofit? Déterminer l’équation de la
courbe d’isoprofit. Comment pouvez-vous déterminer à partir du
graphique de la question b) la quantité optimale de travail utilisée à court
terme?
d) A long terme, tous les facteurs sont variables. Donner l’équation du
sentier d’expansion et les fonctions de demande de facteurs.

Eléments de réponse:
1
a) t  0 F (tK, tL)  t F (K, L). La fonction de production est homogène de
2

1
degré et les rendements sont décroissants à l’échelle.
2
1 1
b) La fonction de production de court terme est F (K, L)  K 2  L2
dF 1  12 d 2F 1 3
  L  0 et 2   L 2  0. Le produit marginal du facteur variable
dL 2 dL 4
(L) est décroissant et la fonction de production est représentée sur le
graphique ci-dessous:

89
F( K , L)

F( K , L)

Ensemble de production

Graphique 1 L

L’ensemble de production représente l’ensemble de toutes les


combinaisons d’inputs et d’output qui correspondent à un processus de
production techniquement réalisable. La courbe représentative de la
fonction de production décrit la frontière de l’ensemble de production
(zone hachurée sur le graphique 1).
c) La courbe d’isoprofit représente l’ensemble des combinaisons d’inputs
qui procurent un niveau constant de profit  ; avec   PF (K, L)  wL  rK.
  rK w
D’où F (K , L)   L qui est l’équation de la courbe d’isoprofit. Pour
P P
différentes valeurs de  on obtient les équations d’un ensemble de
  rK w
droites affines parallèles d’ordonnée à l’origine et de pente .
P P
Des niveaux de profits élevés sont associés à des droites d’isoprofit
ayant des ordonnées à l’origine plus élevées. Cette situation est
reproduite sur le graphique 2 pour 1   2   3.

90
F( K , L)

F( K , L)

 3  rK
P
 2  rK
P

1  rK
P

0 L* L
Graphique2

A court terme, la quantité optimale du facteur travail L* est obtenue au


point où la pente de la fonction de production (i.e. le produit marginal du
w
travail) est égale à la pente de la droite de l’isoprofit (i.e. ).
P
2
d) TMSTLK  L   K    L est l’équation du sentier d’expansion. Les
Pm w w
PmK r r
fonctions de demande de facteurs peuvent être obtenues du programme
2 2
de maximisation du profit. On a alors L    et K *    .
*P P
 2w   2r 

91
CHAPITRE IV: THEORIE GENERALE DES COUTS DE PRODUCTION

Les courbes de coûts indiquent le coût minimal pour obtenir


différents niveaux de production pour des prix des facteurs donnés. On
distingue les coûts sociaux et les coûts privés de production d’un bien
donné.
Le coût social ou coût d’opportunité est le coût assumé par la
société lorsqu’elle utilise ses ressources pour produire un bien donné. Le
coût social ou le coût d’opportunité de la production d’une unité du bien
X est égal à la quantité du bien Y à laquelle il faut renoncer afin de
pouvoir utiliser les ressources pour produire X plutôt que Y. C’est un coût
alternatif de production dû à l’abandon d’une activité au profit d’une
autre.
Les coûts privés comprennent les coûts explicites et les coûts
implicites. Les coûts explicites représentent les dépenses engagées par
le producteur du bien X pour l’acquisition des matières premières et les
charges salariales.
Dans l’évaluation des coûts de production, le promoteur de
l’activité doit prendre en considération son temps personnel de travail
dans l’entreprise et le coût associé à l’utilisation des fonds propres
injectés dans l’affaire. Il doit évaluer l’argent qu’il aurait pu gagner d’une
part en travaillant ailleurs, et d’autre part en plaçant ses fonds propres
(ailleurs) dans un compte bancaire portant intérêt ou en les consacrant à
l’achat d’actions d’une autre entreprise. Autrement dit, le promoteur de
l’activité doit évaluer ce qu’il aurait pu gagner dans le cas du meilleur
usage concurrent de son temps et de son argent. Ces deux éléments
sont appelés les coûts implicites de la production.
Le comptable cherche avant tout à décrire les rentrées et les versements
réels. Le profit comptable est la différence entre la recette totale et les
coûts explicites.
Le profit purement économique est obtenu dans la production de X si, et
seulement si, les recettes totales dépassent la somme des coûts
explicites et implicites.
L’arbitrage entre les coûts sociaux et les coûts privés doit permettre à
l’entrepreneur de choisir la meilleure opportunité d’investissement.

Section 1: Théorie des Coûts de Courte Période


La quantité de facteurs fixes employés détermine la taille ou l’échelle de
l’usine que l’entreprise dirige à court terme. L’entreprise peut faire varier
la quantité de facteurs variables employés par unité de temps.
A court terme on distingue le coût fixe total (CFT), le coût variable total
(CVT), le coût total (CT), le coût fixe moyen (CFM), le coût variable
moyen (CVM), le coût moyen (CM), et le coût marginal (Cm).

92
IV1.1: Les Coûts Totaux
Le coût fixe total se réfère aux charges totales qui incombent à
l’entreprise pour tous les facteurs définis comme fixes par unité de
temps: paiement de la location de la terre et des bâtiments, impôts
fonciers,…. A court terme, les coûts implicites constituent un élément du
coût fixe.
Le coût variable total représente la somme des montants dépensés pour
chaque facteur variable: matières premières, main d’œuvre
contractuelle, contributions indirectes, intérêts des emprunts à court
terme,…
Le coût total de court terme est égal à la somme du coût fixe total et du
coût variable total de court terme: CT=CFT+CVT.
Lorsque la quantité produite est égale à zéro, il est inutile d’employer
une seule unité du facteur variable. Le coût variable total est alors égal à
zéro et le coût total est égal au coût fixe total.
La courbe de coût total apparaît sur le graphique comme une translation
verticale vers le haut de la courbe de coût variable total. Par conséquent,
les pentes des deux courbes sont les
Coût
CFA CT

CVT

CFT

CFM

0 q

mêmes pour chaque niveau du produit et, en chaque point les deux
courbes sont séparées par une distance verticale égale au coût fixe total.

IV1.2: Les Coûts Moyens et le Coût Marginal


Le coût fixe moyen est égal au coût fixe total divisé par le produit,
CFT
Q: CFM  .
Q

93
Mathématiquement, la courbe de CFM est une hyperbole.
Géométriquement, il est donné par la pente d’un rayon issu de l’origine
et relié à un point de la courbe de CFT.
Le coût variable moyen est égal au coût variable total divisé par le
CVT
produit: CVM  . La pente d’un rayon issu de l’origine et relié à un
Q
point de la courbe de coût variable total représente le coût variable
moyen en ce point. La pente d’un tel rayon décroît de façon continue
lorsque l’on se déplace de l’origine au point F sur la figure A le long de la
courbe de coût variable total, puis croît de façon continue au fur et à
mesure qu’on s’éloigne du point F pour q>qF. La courbe de coût variable
moyen atteint donc son minimum au point F d’ordonnées (qF, CVMF)
dans l’espace bien-coût variable moyen de la figure B. La courbe de coût
variable moyen est en forme de U.
Le coût moyen total est égal au coût total divisé par le produit. Il est
CT
aussi égal à la somme du CFM et du CVM: CM   CFM  CVM . La
Q
courbe de coût moyen, CM, avec son minimum au point R, est obtenue
de façon similaire.

CT
CFA

CVT CM

R Cm
CMR R
V’ CVM

CVMF F

F
V

0 qV qF qR q 0 qV qF qR q
Graphique A Graphique B

Le coût fixe moyen est mesuré par la distance entre les courbes de CM
et CVM. Lorsque la courbe de coût fixe moyen approche
asymptotiquement de l’axe des abscisses, la courbe de CVM approche
asymptotiquement celle de CM.

94
Sur l’intervalle des valeurs où CFM et CVM baissent toutes deux, CM
doit évidemment baisser aussi. Mais, même après le retournement de
CVM, le déclin marqué de CFM entraîne la poursuite de la baisse de CM
pendant un certain temps. A la fin toutefois, l’accroissement de CVM fait
plus que compenser la baisse de CFM, CM atteint son minimum et
s’élève ensuite. La courbe de CVM atteint donc son minimum pour un
niveau du produit inférieur au minimum de CM.
Le coût marginal est l’accroissement du coût total ( ou du coût variable
total) imputable à la production d’une unité supplémentaire du produit.
Algébriquement,
CT (q  q)  CT (q) CVT (q  q)  CVT (q)  CT  CVT
Cm  lim  lim   . Le coût
q0 q q0 q q q
marginal est la pente de la courbe de CVT ou de CT. Sur le graphique A
ci-dessus, la pente de la courbe de CT diminue progressivement lorsque
q part de o vers le point V’ (où q=qV), atteint son minimum en ce point,
puis croît de façon continue lorsque q>qV et qu’on s’éloigne du point V’.
Sur le graphique B la courbe de Cm atteint son minimum au point
d’abscisse qV<qF.
De plus, les rayons OR et OF sont tangents à la courbe de CT et à la
courbe de CVT respectivement. Par conséquent, le coût marginal est
égal au coût variable moyen au point F, et coût moyen au point R.
Enfin, Cm est inférieur à CVM et CM dans l’intervalle où ces deux
courbes déclinent, et supérieur lorsque ces deux courbes s’élèvent.
Exemple 241: On suppose que le coût total de production dans une
unité de production de banane est donné par la fonction CT (q)  q3  q 16.
Déterminer CFT, CFM, CM, CVT, CVM.
16 CT (q) 16
Solution: CFT(q)=16  CFM (q)  ; CM (q)   q2  1  ;
q q q
CVT (q)  q3  q  CVM (q)  q2 1.

IV1.3: Comportement du Producteur et Fonction d’Offre de Courte


Période
Le graphique B ci-dessus permet de déterminer le comportement
du producteur sur le marché. Son objectif étant la maximisation du profit
π(q) on a à résoudre le programme suivant
Maxπ(q)=Pq-CT(q) où P est le prix de vente du produit fabriqué par
l’entreprise et q la quantité produite
d (q) dCT (q)
CIO:  P  P  Cm(q)  0  Cm(q)  P. Ainsi la quantité optimale
dq dq
est celle pour laquelle le coût marginal est égal au prix.

95
d 2 (q) d 2CT (q) dCm(q)
CIIO: 2
0 2
0  0. Ainsi, il suffit que le coût
dq dq dq
marginal soit croissant.

Cm
CFA

CM

R CVM
PR
F
PF

0 qV qF qR q

Si le prix est égal à PF, la production est qF. La recette totale du


producteur est juste égale aux coûts variables totaux. Il réalise une perte
égale au coût fixe total. Lorsque le prix de vente est inférieur à PF, la
fabrication d’une quantité strictement positive provoque un
alourdissement des pertes, la marge unitaire sur coût variable étant
négative. Le montant des pertes en valeur absolue est donc supérieur au
montant des coûts fixes. Il est donc préférable pour l’entreprise d’arrêter
de produire; ainsi elle limitera ses pertes aux seuls coûts fixes totaux.
C’est pourquoi le point F(qF,PF) qui correspond au minimum du coût
variable moyen est appelé seuil de fermeture.
Si le prix de vente est égal à PR, la recette totale est juste suffisante pour
couvrir et les coûts variables totaux et les coûts fixes totaux. Si le prix est
supérieur à PR, la firme produira une quantité de produit supérieure à qR
et dégagera un profit. Le point R(qR,PR) est appelé seuil de rentabilité.
Si le prix de vente est compris entre PR et PF l’entreprise produit une
quantité comprise entre qF et qR et chaque unité produite apporte une
marge sur coût variable positive. La perte subie est donc au plus égal
aux coûts fixes totaux, puisque l’entrepreneur couvre ses coûts variables
totaux et une partie des coûts fixes.
Si P<PF  pertes  CFT s ' il y a production  l’entrepreneur ferme ses portes.
Si PF  P  PR  pertes  CFT  qF  q  qR .
Si P=PR    0 car RT=CVT+CFT=CT; R est le seuil de rentabilité.
Si P>PR    0 car RT>CVT+CFT; la firme réalise un profit économique.

96
La fonction d’offre d’une entreprise établit une relation entre le prix d’un
produit et la quantité offerte. Ainsi la fonction d’offre se confond avec la
partie de la courbe de coût marginal, partie croissante et supérieure au
minimum du coût variable moyen. Lorsque le prix de vente est inférieur à
cette valeur, l’offre de la firme est nulle, c’est pourquoi la courbe d’offre
se poursuit sur l’axe des ordonnées.

Exemple 242: Déterminer la fonction d’offre de l’unité de production de


l’exemple 241.
16
Solution: On a CM (q)  q2 1  . Cherchons le minimum du coût moyen.
q
dCM (q) 16
CIO:  2q  2  0  2q3 16  0  q  2 .
dq q
2
d CM (q) 32
CIIO: 2
 2  3  0  q=2 définit le minimum du coût moyen. Si q=2
dq q
P 1
alors CM(2)=13. A l’équilibre Cm(q)  P  3q2 1  q  si P  1 . D’où la
3
fonction d’offre de l’unité de production de banane est
 P 1
 si P  13
Sb (P)   3
0 si P  13.

Section 2: Relations Entre Cm et Pm, CM et PM


Supposons que la main d’œuvre (L) est le seul facteur variable dans le
court terme et que le prix de cette main d’œuvre est constant et égal à w.
CVT
Le coût variable total est CVT=wL et le coût variable moyen CVM  ;
q
(CVT ) q
le coût marginal Cm  ; le produit moyen s’écrit PM  et le
q L
q
produit marginal Pm  ; où q est la quantité produite. On a
L

CVT wL w 1 1
CVM L     w.  w.
q q q q PM L
L L
(CVT ) (wL) L 1 1
et CmL    w.  w.  w. car w est fixe.
q q q q PmL
L
D’où la courbe de CVM est la réciproque de la courbe de PM. Cela
signifie que lorsque la courbe de PM croît, la courbe de CVM décroît;
quand le PM culmine, le CVM est minimal; quand le PM décroît le CVM

97
croît. La même relation existe entre les courbes de Pm et Cm. Les
graphiques suivants résument ces relations.

CVM
PML
Cm
PmL
Cm C

CVM

PmL

B D

PML
A

0 Q 0 L

PML CVM
PmL Cm
A’ PmL Cm
CVM

B’
D’

PML C’

0 Q 0 L
L

98
Section 3: Les Courbes de Coûts de Longue Période
A long terme, il n’y a pas de facteurs fixes et tous les coûts sont
variables. Il en résulte que les courbes de CVT et CT (CVM et CM) sont
confondues et les seuils de fermeture et de rentabilité se superposent.
A long terme, on distingue le coût total de long terme (CTL), le coût
moyen de long terme (CML) et le coût marginal de long terme (CmL).
Le coût total de long terme est le coût minimum de production d’un
niveau donné d’output quand l’entreprise peut ajuster tous les facteurs
de production. L’entreprise peut donc construire une usine de n’importe
quelle taille ou échelle. Cette possibilité d’ajuster les facteurs de
production implique que pour un niveau donné du produit les coûts de
court terme dépassent les coûts de long terme. En effet, à court terme,
avec Ko fixe, l’entrepreneur se situe sur la droite d’isocoût C4 pour
produire le niveau d’output correspondant à l’isoquant Q3. A long terme,
ce même niveau d’output peut être obtenu en se situant sur l’isocoût C3
moins élevé, c’est-à-dire en réduisant le niveau d’utilisation du facteur
travail de L3 à L*3 et en augmentant celui du facteur capital de Ko à K3*.
De même, le niveau de production correspondant à l’isoquant Q1 peut
être réalisé à moindre coût avec L*1  L1 et K1*  Ko .

K
C3 C4

K3*
Q3
KO
K1*
Q2

Q1
0 L1 L*1 L*3 L3 L

On peut visualiser le long terme comme une infinité de court terme c’est-
à-dire comme une infinité de tailles possibles pour les équipements. Il
existe donc une infinité de courbes de coût total de courte période. La
courbe de coût total de longue période est alors l’enveloppe inférieure
des courbes de coût total de courte période.

99
Le coût moyen de long terme est le coût unitaire minimum de
CTL
production de chaque niveau possible du produit; CM L  . La courbe
Q
de CML est la courbe enveloppe des courbes de coût moyen de court
terme CMCi (i=1,2,3,…). Chaque courbe de CMCi est tangente à la
courbe de CML et en son minimum passe une courbe de coût marginal
de court terme correspondant, CmCi.
Le coût marginal de long terme indique le montant minimum
d’accroissement du coût lorsque le produit augmente, et le montant
maximum que l’on peut économiser lorsque le niveau du produit est
réduit.
Les points A,B,C,D et E sont appelés taux de production optimaux. En
ces points le coût total de court terme est égal au coût total de long
terme. Autrement dit, ces points correspondent au niveaux de production
pour lesquels le coût marginal de long terme est égal au coût marginal
de courte période (CmL=CmCi). A gauche et à droite de ces points le
CMCi>CML. Il en résulte que le CmL doit être supérieur à CmCi à gauche
de leur point d’intersection, et doit lui être inférieur à droite.
La courbe de CmL coupe la courbe de CML en son minimum. Quand la
courbe de CML est décroissante, le point où CmL=CmCi (A’ et B’ par
exemple) est directement en dessous du point correspondant sur la
courbe de CML (A et B). Quand le CML croît, le point où CmL=CmCi est
directement au dessus du point correspondant de la courbe de CML. Au
minimum de la courbe de CML on a CmL=CML=CmC3=CMC3.

100
CFA CTL

CT5

CT4

CT3
CT2

CT1

0 Q

Cmc5
Cmc4
CFA E’ CmL

D’ CML
Cmc1 CMc5
CMc1 Cmc3
A Cmc2
CMc2 CMc4 E

B D
A’

C
B’

0 qA qB qC qD qE Q

101
La taille de l’usine correspondant au minimum de CML est la taille
d’usine optimum. Pour produire des niveaux d’output q>qC l’entreprise
sur-emploierait une usine de taille supérieure à la taille optimale dans le
long terme (du point D par exemple, le coût unitaire pourrait être réduit
en diminuant la production). Par contre, pour produire des niveaux
d’output q<qC l’entreprise sous-emploierait une usine de taille inférieure
à la taille optimum dans le long terme (à partir du point A, le coût unitaire
pourrait être réduit en augmentant la quantité produite).
Exemple: La courbe de coût total d’un producteur est
CT (q)  0,04q3  0,9q2  (11 k )q  5k 2 où k est un paramètre indiquant la taille
de l’équipement et q est la quantité d’output.
1) Pour k=1 déterminer les fonctions de coût variable de court terme
(CVTCT), coût moyen total de court terme (CMTCT), coût variable
moyen de court terme (CVMCT), et de coût marginal (CmCT)
correspondantes. Montrer graphiquement le seuil de fermeture et
le seuil de rentabilité.
2) Quelle est la taille optimale de l’équipement à long terme?
Déterminer la fonction de coût total de long terme.
3) Si le prix du produit est p=6, déterminer la quantité d’équilibre du
producteur et la dimension optimale de l’équipement
correspondante.
Réponse:
1) Soit CTCT le coût total de court terme pour k=1
CTCT  0,04q3  0,9q2 10q  5
CVTCT  0,04q3  0,9q2 10q
CVTCT
CVMCT   0,04q2  0,9q 10
q
CT 5
CMTCT  CT  0,04q2  0,9q 10 
q q
d (CTCT ) d (CVTCT )
CmCT    0,12q2 1,8q 10
dq dq
d 2CVTCT dCmCT
  0,24q  1,8  0  q  7,5  CVTCT  41,25; CVMCT  5,5; CMTCT  6,2
dq2 dq
et CmCT  3,25.
La courbe de coût marginal atteint son minimum au point (7,5; 3,25) ;
celle de coût variable total a un point d’inflexion au point (7,5; 41,25).
dCVMCT dCMTCT 5
 0,08q  0,9  0  q  11,25 et  0,08q  09  2  0  q  11,7. La
dq dq q
courbe de coût variable moyen atteint son minimum au point (11,25;
4,94) et celle du coût moyen total au point (11,7; 5,37). D’où le seuil de
fermeture est le minimum du coût variable moyen F=(11,25; 4,94) ; le
seuil de rentabilité est le minimum du coût moyen total R(11,7; 5,37).

102
dCT
2) La taille optimale  q 10k  0  k*  0,1q  CTLT  0,04q3  0,95q2 11q ;
dk
le coût fixe étant nul.
3) Si P=6 l’égalité P=CmLT donne l’équation de second degré
0,12q2 1,9q  5  0 dont les racines sont q1=3,3 et q2=12,5. Le profit est
maximum pour q=12,5 unités de produit.
  75  61,1875  7,8125  0 et l’entrepreneur construira des équipements
d’importance optimale k*  1,25.

CVMCT CMTCT
CFA CVTCT CFA CmCT
CT

5,5 R
5,35
57,85
4,94 F
41,25

3,25

0 7,5 11,25 Q 0 7,5 11,25 11,7 Q

Section 4: Relation Entre le Coefficient d’Echelle є, CMT et Cm


Le coefficient d’échelle indique la variation proportionnelle du
produit consécutive à un accroissement de tous les facteurs dans la
même proportion.
Si tous les facteurs de production sont accrus dans la même proportion
λ, le coefficient d’échelle noté  est
dq
CMT
q
  où CMT est le coût moyen total, Cm représente le coût
 Cm
CMT
marginal et q la quantité produite. Montrons que  .
Cm
Soit la fonction de production q=F(x1,x2) où x1 et x2 sont les facteurs de
production dont les prix sont w1 et w2 respectivement, et P le prix unitaire
du produit.

103
La différentielle totale de la fonction de production est
 F ( x1, x2 )  F ( x1, x2 )
dq  dx1  dx2 (4.1)
 x1  x2
Divisons les deux côtés de l’égalité par q et notons que
x  F ( x1 , x2 ) dx1  F ( x1 , x2 ) x  F ( x1 , x2 ) dx2  F ( x1 , x2 )
w1 1  dx1 et w2 2  dx2
w1  x1 x1  x1 w2  x2 x2  x2
dq w x  F ( x1, x2 ) dx1 w2 x2  F ( x1, x2 ) dx2
alors (4.1)   1 1 
q q w1  x1 x1 q w2  x2 x2
dx1 dx2
posons    c’est-à-dire que les facteurs de production varient
x1 x2
tous dans la même proportion λ, on a
dq  w1 x1  F ( x1 , x2 ) w2 x2  F ( x1 , x2 ) 
  
q  q w1  x1 q w2  x2 
dq
q w1 x1  F ( x1 , x2 ) 1 w2 x2  F ( x1 , x2 ) 1
   (4.2)
 q  x1 w1 q  x2 w2
Considérons la résolution du programme
MinC(w1, w2 , q)  w1x1  w2 x2

s.c. q  F ( x1, x2 )
l ( x1, x2 , )  w1x1  w2 x2   q  F ( x1, x2 )
 l  F ( x1, x2 )
 x  w1    x 0 (4.3)
 1 1
D’où  l  F ( x1, x2 )
CIO :   w2   0 (4.4)
 x2  x2
 l
  q  F ( x1, x2 )  0 (4.5)


 F ( x1, x2 )
w  x1  F ( x1, x2 ) 1  F ( x1, x2 ) 1
(4.3) et (4.4)  1    (4.6)
w2  F ( x1, x2 )  x2 w2  x1 w1
 x2
dq
q  F ( x1, x2 ) 1  w1x1  w2 x2   F ( x1, x2 ) 1
(4.2) et (4.6)      CMT (4.7)
  x1 w1  q   x1 w1
w1x1  w2 x2
car  CMT . De plus on a
q
C  C
C C x  x C  q  F ( x1 , x2 ) w1
Cm   lim  lim 1  1 or  w1 et  d ' où Cm 
 q q0 q x1 0 q  q  x1  x1  x1  F ( x1 , x2 )
x1  x1  x1

104
dq
q CMT
Et (4.7)   C.Q.D.
 Cm
Nous savons que
si є<1 alors les rendements d’échelle sont décroissants
si є=1 alors les rendements d’échelle sont constants
si є>1 alors les rendements d’échelle sont croissants.

CFA
Cm CMT

0 qA q

Ceci implique que


CMT
-si q<qA alors   1 et les rendements d’échelle sont croissants
Cm
quand la courbe de coût moyen total baisse;
CMT
-si q>qA alors   1 et les rendements d’échelle sont décroissants
Cm
quand la courbe de CMT s’élève;
CMT
-si q=qA alors   1 et les rendements d’échelle sont constants au
Cm
minimum du CMT.

1 1
Problème: Soit Q  x12 x23 une fonction de production et Px1=Px2=1 sont les
prix des inputs. On suppose les coûts fixes Co=4.
a) Donnez les fonctions de coût total (CT), de coût moyen (CM) et de
coût marginal (Cm).

105
b) Quel est le coût minimum pour produire 10 et 20 unités d’output?

Eléments de réponse:

 
MinC Px , Px , Q0  Px x1  Px x2  C0
a) On résout le programme  1 2
x ,x 1 2 1 2

1 1
. On obtient
s.c. Q  x 2 x 3
 0 1 2
2 3

 2Px1  5 6
2P 5
   
6
x1 Px1 , Px2 , Q0  Q 5
 et x2 Px1 , Px2 , Q0  Q05  x1 
 3Px 
0  3Px 
 2  2
1
 275  2 5
6 3 2
 C(Px1 , Px2 , Q0 )  Q P P 
5 5 5
   C0  CT .
 108  3 
0 x1 x2

1 1
275  2 5 65 275  2 5 15 4
Pour Px1  Px2  1 et C0  4 on a CT     Q 
108  3  0 108  3  0 Q0
Q 4 CM et
1
6 275  2 5 15
Cm  .
5 108  3  0
Q .

b) CT10  41,213 et CT20  89,492.

CHAPITRE V: OFFRE GLOBALE, EQUILIBRE DE LA BRANCHE ET


SURPLUS SOCIAL

Section 1: Offre Globale


La courbe d’offre individuelle d’une firme concurrentielle est la
partie croissante de la courbe de coût marginal située au dessus de la
courbe de coût variable moyen.
Soit une économie où m producteurs offrent un même bien. Si Si(P) est
la courbe d’offre de l’entreprise i, la courbe d’offre globale ou offre de
marché est la somme horizontale des courbes d’offre individuelles, c’est-
à-dire
m
S (P)   Si (P) où P est le prix du bien. Si m=2 on a graphiquement
i 1

106
S2(P) P
P S1(P)

S(P)
P2

P1

0 q12 q 0 q21 q22 q 0 q21 q12+q22 Q


Producteur n°1 Producteur n°2 Marché

La courbe d’offre globale est croissante et présente un coude au point


d’ordonnée P=P1.

Section 2: Equilibre de Marché


A l’équilibre le comportement de chaque agent économique sur le
marché doit être compatible avec celui des autres. Les courbes d’offre et
de demande qui représentent les choix optimaux des agents
économiques s’égalisent à un prix appelé prix d’équilibre.

CFA
S(P)

P1 ExO

P*

PO ExD

D(P)

0 S(PO) D(P1) Q* S(P1) D(PO) Q

107
Si P=P* on a S(P*)=D(P*) l’équilibre est réalisé et la quantité échangée
sur le marché est Q*.
Si P=P1>P*, S(P1)>D(P1) il y a un excès d’offre sur le marché égal à
ExO=S(P1)-D(P1), et la concurrence entre producteurs exerce une
pression à la baisse du prix du marché.
Si P=PO<P* il y a un excès de demande ExD=D(PO)-S(PO) et la
surenchère du côté des consommateurs fait monter le prix du marché.

Section 3: Surplus Social

V31: Surplus du Consommateur (SC)


La courbe de demande du consommateur indique les choix
optimaux du consommateur lorsque le prix varie, ceteris paribus. Elle
indique la somme maximale que le consommateur est disposé à payer
par unité de chaque quantité du bien mise à sa disposition. Autrement
dit, elle indique la valeur aux yeux du consommateur de chaque quantité
de bien offert sur le marché.
Le surplus du consommateur est égal à la différence entre la somme de
monnaie qu’il est disposé à payer pour obtenir certaines quantités de
biens et la dépense qu’il supporte effectivement. Le surplus du
consommateur mesure donc la somme que le consommateur exigerait
pour renoncer à l’ensemble de la consommation d’un bien.
Soit P(q) la fonction de demande inverse, le surplus du consommateur
pour une quantité qO disponible au prix PO est la zone hachurée sur le
graphique A suivant:

CFA CFA

P2

SC R T
P1
PO

D D

0 qO q 0 q2 q1 q

108
A/Surplus du consommateur B/Variation du surplus du consommateur

qO
Algébriquement on a SC   P(q)dq  POqO où POqO est la recette totale. Le
0

surplus du consommateur constitue une mesure acceptable de son bien


être. Il varie en sens inverse avec le prix. Quand le prix augmente de P1
à P2 (graphique B ci-dessus), le surplus du consommateur baisse de
R+T. R mesure la perte correspondant au fait de devoir payer
d’avantage par unité de la quantité q2 consommée. T mesure la perte
correspondant à la réduction de la consommation du bien.

V32: Le Surplus du Producteur (SP)


Le surplus du producteur mesure les bénéfices nets pour le
producteur découlant de la production d’une quantité donnée d’output.
C’est la surface quasi-triangulaire à gauche de la courbe d’offre du
producteur.
CFA

S(P)=Cm(q) O

PO
SS
SP

0 qO q 0 Q
qO
Graphiquement on a SP  POqO   Cm(q)dq où Cm(q) est le coût marginal.
0

Le surplus du producteur est donc égal au profit plus les coûts fixes.

V33: Le Surplus Social (SS)


Le surplus social est le bénéfice net que réalise la société de la
production d’un bien.

109
qO
SS  SC  SP    P(q)  Cm(q) dq (voir graphique ci-dessus); c’est la fonction
0

de bien être social.

V34: La Charge Morte de l’Impôt ou Charge Excédentaire de la Taxe


Quand un bien est taxé, il y a toujours deux prix: le prix payé par
les demandeurs, Pd, et le prix reçu par les offreurs, PS. La différence
entre ces deux prix correspond au montant de la taxe. Le producteur
transfère tout ou partie de la taxe au consommateur. La mesure dans
laquelle une taxe est transférée au consommateur dépend des pentes
des courbes d’offre et de demande.
-Si l’offre est parfaitement élastique (courbe d’offre horizontale) la totalité
de la taxe est transférée au consommateur. Dans ce cas pour tout prix
inférieur à P*, la quantité offerte est nulle. Le prix d’équilibre devient
P*+t.
-Si l’offre est parfaitement inélastique (courbe d’offre verticale) la totalité
de la taxe est supportée par le producteur. Dans ce cas la quantité
offerte est la même avec ou sans la taxe pour tout niveau de prix et cette
quantité Q* ne peut être vendue au consommateur dans sa totalité que
pour P=P*.
En général, une partie seulement de la taxe est supportée par le
producteur et la quantité produite et vendue est telle que la distance
verticale entre la courbe d’offre et la courbe de demande, à gauche de
Q*, est égale au montant de la taxe.

CFA CFA

P*+t Ot P*

t t
P* O
P*-t D
D

0 Q Q* 0 Q* Q

110
Sur le graphique ci-dessous:
A+C= la perte du surplus du consommateur due à la taxe;
B+E= la perte du surplus du producteur due à la taxe;
A+B+C+E= perte totale;
tQt=A+B= les recettes fiscales;
Pertes nettes= perte totale - recettes fiscales=C+E=Charges mortes de
l’impôt ou charges excédentaires de la taxe.
La charge excédentaire de la taxe est la perte nette subie par la société
du fait de la taxe.
CFA
S

Pd
P* A C
B E t
PS

0 Qt Q* Q

Exemple 251: Sur le marché d’un bien les fonctions d’offre et de


demande totales sont S(P)=40+25P et D(P)=160-5P.
1) Déterminer le surplus social.
2) Déterminer la charge morte de l’impôt d’une taxe unitaire t=1,5
francs.
Solutions: Déterminons l’équilibre. A l’équilibre on a
S(P)=D(P)  P  4 et Q  140.
* *

Q
1) La fonction de demande inverse est P  32 
5
140
140
 Q  Q2 
 SC    32   dQ  140.(4)  32Q    560  1960.
0  5  10 0
Q 8
La fonction d’offre inverse est P  
25 5
140
140
 Q 8  Q2 8 
 SP  140.(4)      dQ  560    Q  392.
0  25 5  50 5 0
SS=SC+SP=1960+392=2352.

111
2) Soient PS le prix d’offre et Pd le prix de demande. On a Pd= PS+1,5 et
S(PS)=D(Pd)
40  25PS  160  5Pd  PS  3,75 et Pd  5,25. Soit Qt la quantité échangée avec
la taxe
Qt=S(3,75)=D(5,25)=133,75 et la charge morte de l’impôt est
Q  Q  t  140 133,75  4,6875.
*
t

2 2

TROISIEME PARTIE: THEORIE DES PRIX ET ORGANISATION DU


MARCHE

Une branche ou une industrie se compose de toutes les firmes qui


fabriquent le même produit. La production d’une branche est la somme
des productions des entreprises qu’elle comprend. La demande de
marché d’un bien privé est la somme des demandes individuelles.
L’interaction entre l’offre et la demande sur le marché détermine le prix
et le volume de production du marché.
La structure d’un marché décrit les conditions dans lesquelles se
comportent les acheteurs et les vendeurs qui y sont présents. Plus
précisément, la structure de marché représente son mode d’organisation
caractérisé par: le nombre d’offreurs et de demandeurs du bien présents
sur le marché; la plus ou moins forte différenciation du produit; les
comportements des producteurs. Dans cette partie nous analyserons
deux cas extrêmes entre lesquels se situent tous les autres types de
structure de marché. Ce sont la concurrence pure et parfaite et le
monopole.

CHAPITRE I: LE MARCHE DE LA CONCURRENCE PURE ET


PARFAITE (CPP)

Section 1: Définition et Caractéristiques Essentielles de la CPP


Le modèle de CPP est caractérisé par quatre conditions:
1-Homogénéité du Produit: l’homogénéité du produit suppose que
chaque vendeur vend un produit absolument identique à celui des autres
vendeurs (absence de différence objective ou subjective). Cette
condition assure l’anonymat des producteurs et des consommateurs. En
ce qui concerne les producteurs, elle signifie qu’il est impossible de
distinguer le produit fabriqué par une entreprise du produit fabriqué par
une autre. Il n’existe ni marque, ni brevet, ni label. D’autre part,
l’entrepreneur n’a aucune raison de préférer un consommateur à un
autre: il vendra toujours au plus offrant.

112
2-Atomicité du Marché: il existe un grand nombre d’agents
économiques sur le marché aussi bien du côté de l’offre que du côté de
la demande, de telle sorte qu’aucun d’entre eux ne peut exercer par sa
seule action aucune influence sur le niveau des prix. Autrement dit la
variation de l’offre et de la demande individuelle d’un agent économique
ne modifie pas sensiblement l’offre ou la demande collective sur le
marché. Par conséquent, le prix est une donné exogène qui s’impose à
chaque agent économique.
3-Fluidité du Marché: la fluidité du marché implique qu’il y a une
mobilité parfaite et immédiate des ressources. De nouvelles entreprises
peuvent pénétrer dans la branche et la quitter sans grande difficulté. Il
n’y a ni brevets, ni droit de production (licence). De même les
consommateurs décident librement d’acheter le produit.
4-La Transparence du Marché ou Information Parfaite est relative à la
connaissance parfaite par tous les agents économiques de toutes les
conditions du marché. Tous les consommateurs, y compris les nouveaux
arrivants potentiels sont informés des prix, de la qualité ou des
caractéristiques des produits des différentes firmes. Les producteurs et
les propriétaires des ressources sont informés du prix de chaque bien ou
facteur de production.

Section 2: La Courbe de Demande d’une Firme en CPP


Les conditions d’homogénéité du produit, d’atomicité et de transparence
du marché impliquent que la firme en CPP est confrontée à une courbe
de demande plate ou horizontale. Cette courbe (d) infiniment élastique,
est donnée par une droite horizontale qui correspond au prix d’équilibre
du marché. Peu importe la quantité vendue par l’entreprise, elle obtient
toujours exactement le prix du marché: on dit qu’elle est price taker. Si
elle demande un prix supérieur au prix de marché, elle ne vendra rien.
Tous les acheteurs s’adresseraient à elle si elle demande un prix
inférieur.

113
CFA CFA

d P*

0 Firme q 0 Marché Q

Section 3: L’Equilibre de Courte Période de la Firme en CPP


Deux approches peuvent être utilisées pour déterminer l’équilibre
de la firme à court terme: l’approche globale et l’approche marginale.

I31: Approche globale


Le profit total (π) est égal à la recette totale (RT) moins le coût total
(CT). Le profit total est maximal quand la différence entre la RT et le CT
est maximale. La courbe RT=Pq est en fait une droite à pente positive

114
CFA CT
RT

0 qA qB qC qD q

CFA

C’

B’ D’
0 qA qB qC qD q
π

A’

partant de l’origine dans l’espace prix-quantité. La perte totale est


maximum lorsque la production est égale à qA. Le profit est maximisé
pour un niveau de produit égal à qC et nul pour qB et qD. Pour qC on a
dRT
Rm=  P  Cm.
dq

115
I32: Approche Marginale
En général, il est préférable d’analyser l’équilibre de court terme de
l’entreprise au moyen de l’approche en termes de recettes et de coûts
marginaux. En CPP la recette marginale est égale au prix (Rm=P). Cette
approche montre qu’en CPP l’entreprise maximise son profit en
choisissant le niveau de production pour lequel P=Cm et où le coût
marginal est croissant.

CFA
P* CM Cm
A d
Profit économique ou
Profit maximum CVM
C B
R

0 q* q

Le profit économique pur est le supplément de profit réalisé au-delà du


taux de profit réalisé dans les autres branches.

Section 4: Passage de l’Equilibre de Court Terme à l’Equilibre de


Long Terme dans une Industrie à Coûts Constants
Une industrie à coûts constants est une industrie dont la courbe
d’offre de long terme est horizontale au niveau du minimum du coût
moyen de long terme parce que le prix des facteurs reste constant à
mesure que la production s’accroît.
Sur le graphique ci-dessous, au prix P1 le point d’équilibre de court terme
est le point e où P1=Cm, et la quantité produite par la firme est q1. Cette
dernière réalise un profit économique ou profit maximum P1efP2.
L’existence de ce profit économique attire de nouvelles firmes dans la
branche. De nouvelles firmes font leur entrée sur le marché, la courbe
d’offre se déplace vers la droite de SO à S1, le prix baisse de P1 à P2, le
profit économique devient nul au point g. La production de la firme
baisse de q1 à q2 tandis que celle de la branche augmente de Q1 à Q2.
Au prix P2 aucune entreprise n’est incitée à changer son comportement.
Il n’y a pas d’incitation à entrer ou à sortir de la branche. L’équilibre de

116
long terme est atteint. A long terme le nombre d’entreprises dans la
Q2
branche est N  .
q2

CFA CFA SO
DO
CVM
Cm S1
P1 e
Profit économique
de court terme
P2 g f

0 q2 q1 q 0 Q1 Q2 Q

Firme Marché

Exemple: Sur un marché de CPP la demande d’un bien X est définie par
Q(P)=6075-90P. Le coût total de longue période en CFA pour chaque
1 3
entreprise est égal à CTLT (q)  q  3q2  40q. Déterminer l’équilibre de
10
longue période de la firme et le nombre optimal d’entreprises.
Solution: L’équilibre de longue période en CPP est défini lorsque
l’entreprise opère au minimum de son coût moyen de longue période. On
1 2
a CMLT (q)  q  3q  40.
10
dCM LT (q) 1
CIO:  q  3  0  q*  15  CM LT (15)  17,5  P*.
dq 5
La demande totale s’exprimant sur le marché est Q(17,5)=4500. Puisque
chaque entreprise produit 15 unités, le nombre d’entreprises à long
4500
terme dans la branche est N=  300.
15

PROBLEMES

Problème1: L’équipement en tables-bancs jumelés de nouvelles salles


de TD de l’UFR de sciences économiques a fait l’objet d’un appel d’offre

117
lancé auprès des ébénistes de Bouaké. On suppose que ces ébénistes
ont tous la même structure de coût total de la forme suivante:
CT  4q2  50q 10000 où q est le nombre de tables-bancs produits. Jusqu’à
quel prix minimum peut-on espérer parvenir en laissant jouer la
concurrence sur le marché?
Eléments de réponse:
Le prix s’établira au minimum du CTM si on laisse jouer la concurrence.
CT 10000
Min CTM   4q  50    q  50 et P  450.
q q

Problème2: Supposons que dans une industrie 1000 entreprises


semblables se partagent le marché et se trouvent en conditions de CPP.
Le coût total de chaque entreprise obéit à l’équation CT  10q2 10q  360.
La fonction de demande de marché est Qd  5P 10500.
a) Déterminer la fonction d’offre globale, la quantité et le prix d’équilibre
du marché. Quelle est la quantité produite par une entreprise
représentative à court terme?
b) Déterminer l’équilibre de long terme de l’industrie et le nombre
d’entreprises établies dans l’industrie.

Eléments de réponse:

a) La courbe d’offre de l’entreprise représentative correspond à la partie


croissante du coût marginal au dessus du minimum du coût moyen.
CT 360 dCTM 360
CTM   10q 10  ;  10  2  0  q  6 et min imum CTM  130.
q q dq q
Cm  P  q  0,05P  0,5. La fonction d’offre de l’entreprise est
q  0,05P  0,5 si P  130
 . La fonction d’offre de la branche est Q0  50P  500.
0 si P  130.
A l’équilibre on a Qd  Q0  P  200; Q  9500 et   542,5.
b) Le minimum du coût total moyen est 130. A long terme, le prix de
marché va s’établir à ce niveau et chaque entreprise dans la branche va
produire 6 unités d’output. A ce prix, la demande globale est
Qd  5(130) 10500  9850  Q0 et le nombre d’entreprises établies sur le
9850
marché est  1642; ce qui nécessite l’entrée de 642 nouvelles firmes
6
à long terme.

118
CHAPITRE II: LE MONOPOLE

Le monopole pur est une forme d’organisation du marché où une


seule entreprise contrôle la vente d’un bien qui n’a pas de substituts
proches.

Section 1: Conditions d’Existence et Origines


-La firme peut détenir un brevet d’invention ou une patente qui exclue
les autres firmes de la production du même bien. Un brevet permet aux
inventeurs de bénéficier de façon exclusive de leur invention pour une
période de temps limitée. Il encourage l’innovation mais présente
l’inconvénient de favoriser le monopole.
-La firme peut à elle seule contrôler toute l’offre de matières premières
nécessaires à la production d’un bien donné.
-Le monopole institutionnel est acquis par décision du gouvernement ou
protection de la puissance publique.
-Le monopole peut naître de la guerre des prix ou d’un comportement de
prédation. Il peut en être ainsi lorsque plusieurs entreprises différentes
dans une branche d’activité sont capables de former une coalition et de
limiter l’output de façon à augmenter les prix et par conséquent leurs
profits (cartel).
-Les raisons historiques peuvent expliquer l’existence d’un monopole. Un
secteur d’activité peut avoir une entreprise dominante qui est entrée la
première sur un marché. S’il y a des coût d’équipement très importants
pour entrer dans le secteur d’activité, l’entreprise qui opère déjà dans le
secteur peut être capable de convaincre les entrants potentiels qu’elle
diminuerait les prix de façon extrêmement importante s’ils essayaient
d’entrer dans la branche.
-Le monopole naturel existe généralement dans les secteurs d’activité
publiques tels que le transport, l’électricité, la distribution d’eau……On
dit qu’il y a monopole naturel sur un marché lorsque, pour tout niveau de
production couvrant le besoin du marché, le coût des facteurs utilisés est
minimal lorsque la production est réalisée par une seule firme. Il en est
ainsi lorsque les coûts fixes sont très importants et les coûts marginaux
faibles ( cables et centraux téléphoniques) ou si l’échelle efficace
minimum de production, c’est-à-dire le niveau d’output qui minimise le
coût moyen est grande par rapport à l’importance du marché. Cette
échelle est déterminée par la technologie.

119
CFA

CM

0 Q

Le gouvernement peut décider de fournir lui-même les services ou de


réglementer le monopole naturel en fixant les prix qu’il est autorisé à
pratiquer.

Section 2: La Recette Marginale du Monopole


Puisque le monopole, par définition, est le seul offreur sur le
marché, la courbe de demande à laquelle il est confronté est la courbe
de demande de la branche c’est-à-dire la demande totale dont la pente
est négative.
Si Q est la quantité produite et P le prix de vente, la fonction de
demande est Q=D(P) d’où l’on déduit la fonction de demande inverse
P=D-1(Q)=P(Q). La recette totale, RT, ou le chiffre d’affaire du monopole
est RT=P(Q)Q. D’où la recette marginale est
d (RT ) d  P(Q)Q dP(Q) dP(Q)
Rm    P(Q)  Q . Puisque  0, on a toujours
dQ dQ dQ dQ
P(Q)>Rm. Cela implique que la recette marginale est inférieure au prix
auquel l’unité supplémentaire est vendue. De plus la vente d’une unité
supplémentaire de produit fait baisser le prix et réduit la recette tirée de
la vente des unités précédentes. Plus la courbe de demande est
inélastique, plus une unité supplémentaire de produit fait baisser le prix
et réduit la recette perçue sur les unités précédentes. Par conséquent,
un monopoleur ne choisira jamais un niveau de production pour lequel la
courbe de demande est inélastique. En effet, une réduction de l’output
dans la partie inélastique de la courbe de demande réduit les coûts et
augmente les recettes et le profit doit nécessairement augmenter.
Section 3: L’Equilibre de Court Terme du Monopole
Comme toute entreprise en économie libérale, le monopoleur
cherche à maximiser son profit π.

120
2ZMax π=RT-CT=P(Q)Q-CT(Q)
CIO:
d dP(Q) d CT (Q) dP(Q)
 P(Q)  Q   0  P(Q)  Q  Cm(Q)  0  Rm(Q)  Cm(Q)  0
dQ dQ dQ dQ
 Rm(Q)  Cm(Q) condition nécessaire.
d 2 d  Rm(Q) d Cm(Q)
CIIO: 2    0  Rm' (Q)  Cm' (Q) condition suffisante. A
dQ dQ dQ
l’équilibre, le coût marginal est égal à la recette marginale et le coût
marginal doit croître plus vite que la recette marginale.
Sur le graphique ci-dessous, le monopole produit la quantité QM et vend
au prix PM. Le profit de monopole est (CM1)PMAB et le coût total
O(CM1)BQM.

CFA
Cm

CM

PM A
Profit de
monopole
CM1 B

Cm=Rm
D

Rm

0 QM Q

Exemple321: Considérons un monopoleur confronté à une courbe de


demande linéaire P=100-4Q et une fonction de coût total de production
CT=50+20Q. Déterminer la quantité (QM) le prix (PM) et le profit (πM) du
monopoleur.

Solution:
P=100-4Q  RT  PQ  100Q  4Q2  Rm  100  8Q or CT  50  20Q  Cm  20 . A
l’équilibre on a Rm=Cm  20  100  8Q  QM  10, PM  60 et  M  350.

121
Section 4: Inefficacité du Monopole par Rapport au CPP

CFA
Cm

CM

PM A

B C
P*

Cm=Rm E

Rm
0 QM Q* Q

QM<Q* et P*<PM. Le monopole produit une quantité d’output inférieure à


ce qui serait produite en CPP et demande un prix supérieur au prix
concurrentiel. La surface ABC+BCE représente la charge morte du
monopole. Elle mesure la perte de satisfaction des gens découlant du
fait qu’ils paient le prix du monopole plutôt que le prix concurrentiel. En
effet en passant de la situation de monopole à la situation de CPP le
surplus du producteur baisse de PMABP* et augmente de BCE, celui des
consommateurs augmente de PMABP*+ABC lorsque le prix passe de PM
à P*.
Exemple 322: Si le monopoleur de l’exemple 321 se comporte comme
une firme concurrentielle que deviennent les quantité produite (Q*) le
prix (P*) et le profit (π*) réalisés?
Solution: En CPP à l’équilibre on a P*=Cm=20  Q*  20 et  *  50. Il
vendrait une quantité plus importante à un prix plus bas et ferait une
perte de 50 francs.

Section 5: Equilibre à Long Terme du Monopole


A long terme, le monopole ne cesse pas de faire ces superprofits
qu’on appelle parfois profits de monopole. Ce sont des profits qui
subsistent après qu’on ait déduit le coût d’opportunité du temps de travail
et des fonds du propriétaire. Le monopole n’étant pas confronté à des
concurrents maintient toujours sa position dominante et par conséquent

122
cherche plutôt à accroître d’avantage ses profits maximums de long
terme en procédant à la réorganisation de sa structure de production.
L’indice de Lerner permet de déterminer le pouvoir de monopole
Pr ix  Coût m arg inal
PM  . Si PM=0 alors Prix= coût marginal. Plus une
Pr ix
firme présentera un écart prix-coût marginal important, plus le degré de
monopole sera fort.

CFA

CMLT
PCT A
Profit de CMCT1 CmLT
C CT B CmCT1
PLT E
Profit de
long terme CMCT2
G F

CmCT2 D

Rm

0 qCT qLT q

Supposons qu’à court terme l’entreprise construise l’établissement


correspondant à CMCT1. L’égalité Cm=Rm amène à produire qCT unités
du bien vendues à PCT. Le profit de court terme πCT=ABCPCT. Puisque
l’entreprise réalise un profit économique pur, elle recherchera les
moyens d’une organisation plus profitable à long terme.
Un monopoleur maximise son profit à long terme en produisant et en
vendant une quantité telle que le coût marginal de long terme soit égal

123
au revenu marginal. L’établissement optimal est celui dont la courbe de
coût moyen total de court terme est tangente à la courbe de coût moyen
de long terme correspondant à l’équilibre de long terme. En ce point le
coût marginal de court terme est égal au revenu marginal, c’est-à-dire
Rm=CmCT=CmLT et CMCT=CMLT. L’équilibre de longue période est atteint
sur le graphique pour q=qLT écoulé à PLT l’unité avec un profit
πLT=EFGPLT>πCT.

Section 6: La Discrimination par les Prix


Quand la firme peut vendre différentes unités d’output à des prix
différents, on parle de discrimination en termes de prix. On distingue
généralement trois types de discrimination en termes de prix.
A: La Discrimination au Premier Degré
Il y a discrimination au premier degré ou discrimination parfaite en
termes de prix si chaque unité est vendue à l’individu qui lui attribue la
valeur la plus élevée et le prix maximum que cet individu est disposé à
payer pour cette unité. Les consommateurs ne bénéficient dès lors
d’aucun surplus sur un tel marché: la totalité du surplus échoit au
monopoleur.
B: La Discrimination au Deuxième Degré implique que le monopoleur
vend différentes unités d’output à des prix différents, mais que tous les
individus qui achètent une quantité identique du bien paient le même
prix. En d’autres termes les prix diffèrent selon les quantités achetées,
mais pas selon les individus.
C: La Discrimination au Troisième Degré
Le monopoleur pratique des prix différents selon les individus qui
achètent, mais chaque unité du bien vendue à un groupe donné
d’acheteurs l’est au même prix. Cela suppose que le monopoleur soit
capable de distinguer des groupe d’individus ou marchés et qu’il puisse
vendre un même produit sur ces marchés à des prix différents; que les
acheteurs n’ont pas la possibilité d’acheter les biens sur les marchés où
les prix sont bas pour les revendre sur les marchés où les prix sont
élevés; que les élasticité prix de la demande sont différentes sur les
marchés. Les prix sont d’autant plus élevés que l’élasticité est faible.
Représentons par Pi(yi) la courbe de demande inverse sur le marché i
(i=1,2,3,….,n et C( y1  y2  y3  ...  yi  ...  yn ) le coût total de production. Le
problème de maximisation du profit auquel est confronté le monopoleur
s’écrit
n
max
y1 , y2 , y3 ,..., yn
P( y ) y  C  y  y
i 1
i i i 1 2  y3  ...  yi  ...  yn  La solution optimale doit
respecter les conditions suivantes:
Rm1 ( y1 )  Cm( y1  y2  y3  ....  yi  ....  yn )

124
Rm2 ( y2 )  Cm( y1  y2  y3  ....  yi  ....  yn )
Rm3 ( y3 )  Cm( y1  y2  y3  ....  yi  ....  yn )
…..
Rmi ( yi )  Cm( y1  y2  y3  ....  yi  ....  yn )
…..
Rmn ( yn )  Cm( y1  y2  y3  ....  yi  ....  yn )

C’est-à-dire
Rm1(y1)=Rm2(y2)=Rm3(y3)=…..=Rmi(yi)=….=Rmn(yn)=Cm(y1+y2+y3+….+y
i…+yn)

Exemple 323: Supposons que l’on soit en situation de parfait monopole


discriminant et reprenons l’exemple 321.
Solution:
20 20
P=Cm  P  20 et Q  20     P(Q)dQ  CT   100  4Q dQ  (50  20Q)  750.
0 0

Exemple 324: Supposons un monopoleur dont les fonctions de coût et


de demande sont données par C=50+20(q1+q2) ; P1=80-5q1 ; P2=180-
20q2. Si le monopoleur est capable de séparer les consommateurs qui
s’adressent à lui sur ces deux marchés, déterminer les prix fixés et les
quantités vendues sur chaque marché.
Solution: Déterminons les recettes totales RT et les recettes marginales
Rm
RT1  80q1  5q12  Rm1  80 10q1
RT2  180q2  20q22  Rm2  180  40q2
Posons
Rm=Cm  Cm1  20  Cm2  80 10q1  180  40q2  q1  6; P1  50; q2  4 et P2  100
Π=RT1+RT2-CT=450.

Section 7: Le Monopole à Plusieurs Etablissements


Un monopoleur vendant sur un marché unique peut produire son
output dans deux établissements différents. Son profit est la différence
entre son revenu total et ses coûts totaux de production pour les deux
établissements:
π=RT(q1+q2)-C1(q1)-C2(q2). A l’équilibre on a
Rm(q1+q2)=Cm1(q1)=Cm2(q2).
Exemple 235: Pour fabriquer un bien X l’entreprise AKAGNY en
situation de monopole utilise trois usines dont les coûts de production
sont les suivants:
1
Usine A CTA (qA )  qA2 15qA
4

125
1
Usine B CTB (qB )  qB2 11qB
2
Usine C CTC (qC )  2qC2
1
La fonction de demande du bien X est q(P)=30- P. Déterminer les
2
quantités qA, qB et qC que chaque usine doit produire afin de maximiser
le profit global de l’entreprise. Comparer les résultats obtenus à la
situation où seule l’usine A fonctionnerait.
Solution: Déterminons la recette marginale, Rm, et le coût marginal de
chaque usine, Cmi (i=A,B,C). On a
1
q  30  P  P  60  2q  RT  Pq  60q  2q2  Rm  60  4q  60  4(qA  qB  qC ).
2
1
CmA  qA 15; CmB  qB 11 et CmC  4qC .
2
1
De plus CmA=CmB=CmC=Rm  qA 15  qB 11  4qC  60  4(qA  qB  qC )
2
1 15 1
On a CmA  CmB  qB  4  qA ; CmA  CmC  qC   qA ;
2 4 8
CmC  Rm  60  4(qA  qB  qC )  4qC  qA  2; qB  5 et qC  4;
q  qA  qB  qC  11  Rm  16; P  38 et   287,50.
Si l’usine A fonctionne seule on a à l’équilibre
1
Rm=Cm  60  4q'  q' 15  q'  10; P'  40; RT '  175 et  '  225.
2
Conclusion: la production baisserait de 11 à 10, le prix augmenterait de
38 à 40, et le profit baisserait de 287,5 à 225 soit de 62,50 francs.

PROBLEMES

Problème1
Une firme, en situation de monopole, vend le même bien sur deux
marchés 1 et 2 économiquement distincts. Les fonctions de demande
inverses caractérisant les deux marchés sont:
P1  156  q1 et P2  96  2P2 où P1 et P2 sont les prix unitaires et q1 et q2 sont les
quantités du bien vendues sur chaque marché. La fonction de coût total
2
de la firme est de la forme CT  Q2 où Q  q1  q2 est la quantité totale
3
produite. On suppose que le coût du produit est identique quelque soit le
marché sur lequel il est vendu.
1) La discrimination ici pratiquée est de quel degré?
2) Déterminer la quantité et le prix sur chaque marché ainsi que le
profit réalisé par le monopoleur.
3) L’association des consommateurs revendique l’égalité de

126
traitement tarifaire. Le monopoleur décide de n’approvisionner
désormais qu’un seul des deux marchés. Quel marché conseillez-vous
au monopoleur? Justifiez votre réponse.

Solution
1) Il s’agit d’une discrimination de troisième degré.
2) A l’équilibre, la recette marginale sur chaque marché est égale au
4 4
coût marginal commun Rm1  Rm2  Cm  Q  (q1  q2 ).
3 3
La recette totale sur le marché 1 est RT1  Pq 1 1  156q1  q1  Rm1  156  2q1.
2

La recette totale sur le marché 2 est RT2  P2q2  96q2  2q22  Rm2  96  4q2 .
 4
Rm1  Cm  156  2q1  3 (q1  q2 )

Rm2  Cm  96  4q2  4 (q1  q2 ).
 3
468 10q1  4q2  0
   q1  44; q2  7; P1  112 et P2  82. Et le profit du monopole
* * * *

288  4q1 16q2  0


2
est  M  P1*q1*  P2*q2*  (q1*  q2* )2  3768.
3
3) Le monopole doit approvisionner le marché où le profit est le plus
élevé.
-Si le marché 1 est approvisionné, on a q2  0 et Q  q1. Ce qui implique
qu’à l’équilibre on a
4
Cm1  q1  156  2q1  Rm1  q1  46,8; P1  109,2 et  M1  3650,4.
3
-Si le marché 2 est choisi, on a q1  0 et Q  q2. Ce qui implique qu’à
4
l’équilibre on a Cm2  q2  96  4q2  Rm2  q2  18; P2  60 et  M2  864.
3
 M1   M2  le marché 1 fonctionnerait.

Problème2
La production et la distribution de l’électricité sont assurées par une
entreprise en situation de monopole. Cette entreprise supporte non
seulement une charge de coûts variables mais aussi des coûts fixes. Le
coût total de production est donné par la relation suivante:
CT  Q3 12Q2  75Q avec Q la quantité produite. La demande d’électricité est
fonction du prix de vente exprimé par la relation suivante:
1
Q   (P  75).
3
1) Déterminer le prix et la quantité qui maximisent le profit de
l’entreprise. Calculer le profit unitaire, le profit global, la rente du
consommateur et le superprofit.

127
1
2) Supposer que l’Etat prélève une taxe forfaitaire de des recettes
3
totales:
a) donner l’expression de la recette totale de cette entreprise en
fonction de la quantité vendue;
b) déterminer dans ce cas la quantité vendue et le prix qui
maximisent le profit du monopoleur;
c) comparer cette nouvelle situation à celle de la question 1) du
point de vue des prix, des quantités vendues et des profits réalisés.
3) Supposer que l’Etat décide de nationaliser cette entreprise et
propose de vendre au coût marginal. Comparer cette nouvelle situation
aux deux précédentes en matière de prix, de quantités et de profits.

Solution
1) A l’équilibre on a Rm=Cm. Or
1
Q   (P  75)  P  75  3Q  RT  PQ  75Q  3Q2  Rm  75  6Q; Cm  3Q2  24Q  75.
3
RT  CT Q3  9QM2
Cm  Rm  QM  6; PM  57 et U   RM  CM  M  18; T  U QM  108
QM QM

où RM et CM représentent la recette moyenne et le coût moyen


respectivement; U est le profit unitaire et  T représente le profit total. La
rente, Re, est Re  P  Cm  18 et le superprofit est  M  [Link]  108.
1
2) a) Soit TF la taxe forfaitaire, TF  RT . La recette nette, RN, est
3
RN  RT  TF  2Q2  50Q.
b) A l’équilibre, la recette marginale nette, Rmn, est égale au coût
marginal c’est-à-dire
Rmn  4Q  50  3Q2  24Q  75  Cm  QM'  5; PM'  60 et  M'  0.
3) Cette situation est celle de la CPP. On a donc à l’équilibre P=Cm et
QCPP  7; PCPP  54 et CPP  98.

Q P 
Monopole avant la taxe 6 57 108
Monopole après la taxe 5 60 0
Concurrence Pure et parfaite 7 54 98

Problème3
L’entreprise mono-produit AKAGNI produit des cubes soumbara en
situation de monopole. Des études ont permis d’estimer avec précision

128
la fonction de demande de cube soumbara ainsi que la fonction de coût
total de production
1 1
QD (P)  30  P et CT (Q)  Q2 15Q
2 4
1/ Déterminer le couple prix-quantité qui permettra à AKAGNI de
maximiser son profit, que l’on calculera. Comparer avec un équilibre
obtenu en régime de concurrence pure et parfaite.
2/ Les pouvoirs publics décident de taxer le monopole. Ils ont le choix
entre une taxe forfaitaire de 45 unités monétaires et une taxe unitaire de
18 unités monétaires. Calculer la quantité, le prix d’équilibre et le profit
du monopole dans chaque cas. Quelle est la situation la plus
intéressante pour le monopoleur?

Solution
1) La maximisation du profit suppose
1
QD (P)  q  30  P  P  60  2q  RM
2
1 1
RT (q)  Pq  60q  2q2  Rm  4q  60; CT (q)  q2 15q  Cm  q 15.
4 2
CT (qM ) 1
Cm  Rm  qM  10; PM  40 et CM (qM )   qM 15  17,50
qM 4
 M  10(40 17,50)  225.
A l’équilibre en CPP, on a P=Cm  q*  18 et P*  24.
2) -La taxe forfaitaire ne modifie pas l’équilibre du monopole. Elle
constitue un accroissement des coûts fixes. Seul, le profit du monopole
sera réduit du montant de la taxe, soit de 45 unités monétaires. Soit
 (qM , PM ,Tf ) le montant du profit en présence de la taxe forfaitaire, Tf,
 (qM , PM ,Tf )  225  45  180.
-Le monopole fait supporter une partie de la taxe unitaire par les
consommateurs. La taxe unitaire modifie les coûts totaux qui deviennent
1 1 1 1
CT (q)  q2 15q 18q  q2  33q  CM (q)  q  33; Cm(q)  q  33 et Rm  4q  60
4 4 4 2
Rm  Cm  qM  6; PM  48 et  M  81.
' ' '

Le monopoleur préférera la taxe forfaitaire qui lui procure le plus grand


profit.

Problème4
L’entreprise NEKO détient le monopole de la production de
photocopie à l’UFR des Sciences Economiques de l’Université de
Bouaké. La demande de photocopie par les étudiants est de la forme
P
suivante: qSE  24  .
5

129
1) L’activité de photocopie n’ayant pas de substitut voisin, l’entreprise
5
décide de maximiser son profit. Le coût total est CT  q2 . Calculez la
3
quantité de photocopie produite, le prix de la photocopie et le profit
correspondant.
2) L’entreprise obtient l’exclusivité de la vente de photocopie sur le
Lycée Municipal. La demande de ce deuxième marché est exprimée par
P
la fonction qLM  16  .
5
Déterminer les nouvelles valeurs d’équilibre et le montant de profit
maximum que peut réaliser l’entreprise, les coûts de transport étant nuls.
3) Le collaborateur du PDG de l’entreprise, constatant l’étanchéité des
deux marchés, propose de pratiquer une politique de discrimination par
les prix. De combien peut-il augmenter le profit?

Solution
1) A l’équilibre sur le marché de l’UFR des Sciences Economiques on
a Cm=Rm. Or
P 5 10
q  24   P  120  5q  RT  Pq  120q  5q2  Rm  120 10q; CT  q2  Cm  q.
5 3 3
Par conséquent Cm  Rm  q  9; P  75 et   540.
2) Les fonctions de demande sur les marchés de l’UFR et du Lycée
P P
sont respectivement qSE  24  et qLM  16  . La production totale est
5 5
2P 5 5
qT  qSE  qLM  40   P  100  qT  RT  PqT  100qT  qT2  Rm  100  5qT
5 2 2
10
Cm  qT . Cm  Rm  qT  12; P'  70 et  '  600.
3
3) A l’équilibre, la discrimination par les prix implique que la recette
marginale sur chaque marché est égale au coût marginal commun c’est-
à-dire que RmSE=RmLM=Cm. On a
RTSE  PSE qSE  120qSE  5qSE
2
 RmSE  120 10qSE ; RTLM  PLM qLM  80qLM  5qLM
2

5 10
 RmLM  80 10qLM ; CT  (qSE  qLM )2  Cm  (qSE  qLM ). L’équilibre est donc
3 3
caractérisé par le système d’équations suivant:
 10 
120  10q  (qSE  qLM )
 SE
3  360  40qSE 10qLM  0 
    qSE  8; qLM  4; pSE  80 et
10
80 10qLM  (qSE  qLM )  240  10qSE  40qLM  0 
 3 

PLM  60  RTSE  PSE qSE  640; RTLM  PLM qLM  240; T  RTSE  RTLM  CT (qT )  640.
Le profit de l’entreprise augmente de   T   '  640  600  40.

130
Problème5
Un monopole fait procéder à une étude de marché par une
entreprise de marketing qui lui révèle que la fonction de demande de son
produit se dédouble en deux fonctions particulières correspondant à
deux clientèles différentes dont les fonctions de demande respectives
sont: PI  360  24qI ; PII  312  24qII . Le coût total global de ce monopole est
CT  2q3  20q2  80q  24.
1) Déterminez la quantité qui maximise le profit ( ) de la firme.
2) Comment se repartira la production entre les deux types de
clientèles et quels seront les prix correspondants?
3) Quelles sont les conditions requises à la pratique de la
discrimination?

Solution
1) La quantité qui maximise le profit est q  qI  qII .
PI P 2P
PI  360  24qI  qI  15  ; PII  312  24qII  qII  13  . q  qI  qII  28 
24 24 24
 P  336 12q  RT  Pq  336q 12q  Rm  336  24q. De plus,
2

Cm  6q2  40q  80. Cm  Rm  q  8 .


2) A l’équilibre sur chaque marché on aura la recette marginale égale
au coût marginal commun c’est-à-dire RmI  RmII  Cm.
PI  360  24qI  RTI  PqI I  360qI  24qI  RmI  360  48qI .
2

PII  312  24qII  RTII  PII qII  312qII  24qII2  RmII  312  48qII .
PI  360  24qI  RTI  PqI I  360qI  24qI  RmI  360  48qI .
2

RmI  Cm(8)  qI  4,5 et PI  252 


  le profit après la discrimination est
RmII  Cm(8)  qII  3,5 et PII  228
 apd  RTI (qI )  RTII (qII )  CT (8)  1524 tandis qu’avant la discrimination on a
avd  RT (q  8)  CT (q  8)  1512.
3) Conditions nécessaires à la pratique de la discrimination:
-possibilité de diviser le marché en deux ou plusieurs sous-
marchés différents;
-impossibilité d’acheter sur le marché à faible prix pour revendre
sur le marché à prix élevé;
-les élasticités prix doivent être différentes sur les différents
marchés.

131
CHAPITRE III: CONCURRENCE MONOPOLISTIQUE ET OLIGOPOLE

Dans le modèle de CPP il y a en principe beaucoup de petits


concurrents et chaque entreprise est confrontée à une courbe de
demande horizontale au prix du marché. Par contre, puisque par
définition le monopole est le seul offreur sur le marché, la demande qui
s’adresse à lui est la demande de marché ou demande totale dont la
courbe représentative a une pente négative et le prix du bien dépend de
la quantité produite et vendue.
Toutefois, la plupart des marchés observés dans la réalité se
situent entre ces deux extrêmes. Il y a souvent un certain nombre de
concurrents sur le marché et chacun d’eux a une taille suffisante pour
exercer un effet non négligeable sur les prix et les quantités offertes.
Nous distinguerons deux cas intermédiaires de structures de marché: la
concurrence monopolistique et l’oligopole.

Section I: La Concurrence Monopolistique

La concurrence monopolistique est une forme d’organisation du


marché où un grand nombre d’entreprises vendent des produits qui se
ressemblent beaucoup mais qui sont cependant différents. On dit que les
biens sont similaires et étroitement substituables les uns aux autres.
C’est le phénomène de différenciation du produit. De plus, il y a libre
entrée dans le secteur. Dans ce cas le secteur est défini comme
l’ensemble des entreprises produisant des biens que les consommateurs
considèrent comme de proche-substituts. Par exemples il y a différentes
marques de cigarettes (craven, marlboro, dunhill, gauloise, job, olympic,
consulate,…) de savons (fanico, belivoir, BF, monsavon, cabakounou,
omo, nil,….) de voitures ( toyota, mitsubishi, renault, peugeot, mercedes,
BMW, golf, kia,….).
La courbe de demande d’une entreprise en concurrence
monopolistique a une pente négative. La pente de sa courbe de
demande dépend de la mesure dans laquelle les produits des autres
entreprises sont similaires à ce qu’elle réalise elle-même. Plus une
entreprise réussit à différencier son produit des autres produits similaires
vendus par les autres firmes, plus elle dispose de pouvoir de monopole,
c’est-à-dire que plus sa courbe de demande est inélastique.

III11: L’Equilibre de Court Terme de la Firme en Concurrence


Monopolistique
L’entreprise qui travaille dans une branche de concurrence
monopolistique est généralement confrontée à une courbe de demande
décroissante mais fortement élastique. Il s’ensuit que la courbe de

132
recette marginale est située en dessous de la courbe de demande et que
l’entreprise opère généralement à gauche du niveau d’output
correspondant au coût moyen minimum. A court terme le niveau
d’équilibre de la production est donné par le point où Rm=Cmct et P 
CVMct.

d
Cmct
P* CVMct
Profit économique

Rm

0 Q* Q

III12: L’Equilibre de Longue Période en Concurrence


Monopolistique

La concurrence monopolistique suppose une libre entrée de


nouvelles entreprises dans le groupe de produits. Le profit de court
terme réalisé par les firmes présentes dans la branche va susciter à long
terme l’arrivée de nouvelles entreprises. La courbe de demande de
toutes les entreprises se déplace alors vers le bas, au fur et à mesure
que leur part de marché se réduit, jusqu’à ce que les profits
économiques soient éliminés. A l’équilibre de long terme on a
RmLT=CmLT=CmCT et la courbe de demande est à la fois tangente à la
courbe de coût moyen de longue période et à la courbe de coût moyen
de court terme (CMLT et CMCT).

133
P

DLT

CMCT
CmCT
CMLT
CmLT
P *LT

DLT

RmLT

0 Q *LT Q

Exemple: Le marché de cuves de vérification est de type monopolistique


avec une demande de la forme D=876-36P où D est la demande totale
et P est le prix unitaire des cuves en milliers de francs. Cette demande
est partagée entre 60 artisans qui ont des clientèles égales et une
structure de coût identique définie comme suit:

Nombre de Cuves 2 3 4 5 6 7
Installés
Coût Moyen d’Installation 32 24 18,5 16 15 15,5
(en milliers de francs)

1) Sachant que chaque artisan produit 5 cuves, vérifiez que le marché


est en situation d’équilibre stable à long terme.
2) Dans les mêmes conditions de demande et de coût, déterminez en
situation de concurrence pure et parfaite, la quantité qu’aurait produit
chaque artisan, le prix de marché et le nombre de producteurs, N.
3) Comparez les résultats des deux questions précédentes.

Solutions:
1) Si chaque artisan produit 5 cuves on a CM(5)=16 et production
576
totale=offre totale=300=D;  P   16  CM (5)    0 et le marché
36
est en situation d’équilibre stable de long terme.
2) Le minimum du coût moyen est CMmin=15 défini pour une quantité
produite par artisan égale à 6. Or en CPP à long terme chaque

134
entreprise produit au minimum du CM et P=CMmin=15  offre
336
totale=DLT=876-36.(15)=336  N   56 artisans.
6
3) En passant de la situation de concurrence monopolistique à la
CPP, l’offre totale et l’offre individuelle augmentent, le prix de
marché diminue et le nombre d’artisans baisse.

Section II: Le Marché d’Oligopole

Le marché d’oligopole est la situation où l’offre d’un bien


homogène est assurée par un nombre limité d’entreprises. Le poids de
chaque entreprise n’est pas négligeable sur le marché: chaque
entreprise constate que son prix ne dépend pas seulement de sa propre
production, mais aussi des actions de ses grands concurrents dans la
branche. Par conséquent, les profits des entreprises sont
interdépendants.
Dans un tel environnement, les entreprises peuvent adopter de
nombreux types différents de comportements. On dit qu’elles s’engagent
dans une interaction stratégique. Une stratégie est un plan d’action qui
décrit comment chaque entreprise agira dans toutes les situations
concevables.
Nous allons étudier le cas limite où l’offre d’un produit homogène
est assurée par deux entreprises. On dit que c’est la situation de
duopole. Trois solutions basées sur des stratégies différentes sont
présentées: la solution de Cournot, la solution de Stackelberg et la
collusion.

III21: Le Duopole de Cournot

Dans le modèle de Cournot, chaque entreprise maximise son profit


en tenant compte de l’offre de son concurrent. Appelons q1 et q2 les
quantités produites par chaque firme. L’offre de la branche q=q1+q2 et le
prix de marché est P(q)=a-q. Le coût de chaque entreprise est
C1(q1)=cq1 et C2(q2)=cq2. Les fonctions de profit de chaque firme sont
1 (q1, q2 ) =P(q)q1-C1(q1)=(a-q)q1-cq1=(a-c-q1-q2)q1 (1)
2 (q1, q2 ) =P(q)q2-C2(q2)=(a-c-q1-q2)q2 (2)
La firme 1 choisi un niveau de production q1 en considérant que le
niveau de production de la firme 2 est donné. Pour des niveaux de
profits donnés ( 1max et  2max ) les équations (1) et (2) permettent de
déterminer les fonctions implicites q1*  1 (q2* ) et q2*  2 (q1* ) appelées
fonctions de réaction des firmes 1 et 2 respectivement.
Formellement on a:

135
Max 1 (q1 , q2 )  max(a  c  q1  q2* )q1
q1 q1

1 a  c  q2*
CIO :  a  c  2q1*  q2*  0  q1*   1 (q2* ) fonction de réaction de la firme 1.
 q1 2

Max  2 (q1 , q2 )  max(a  c  q1*  q2 )q2


q2 q2

 2 a  c  q1*
CIO :  a  c  2q2*  q1*  0  q2*   2 (q1* ) fonction de réaction de la firme 2.
 q2 2
La solution de Cournot est définie par le système d’équations suivant:
 * a  c  q2*
q1   1 (q2* ) 
2  a c a  2c
   q1  q2   P* 
* *
.
q*  a  c  q1   (q* )
*
 3 3
 2 2 2 1 

q2 Fonction de réaction de la firme 1


a-c

Equilibre de Cournot

a c
Fonction de réaction de la firme 2
2
a c
3

a c a c a-c q1
0
3 2

III22: La Solution de Stackelberg

Dans le modèle de Stackelberg, un des duopoleurs, par exemple la


firme 1, connaît la fonction de coût et la forme des conjectures ou
anticipations de l’entreprise 2; ce qui lui permet de calculer la fonction de
réaction de la firme 2, et de faire une offre qui en tient compte, de façon
à maximiser son profit. En raison de l’avantage qu’elle a au niveau de

136
l’information, on dit que l’entreprise 1 est pilote (leader ou meneur) et
que la firme 2 est satellite (follower ou suiveur). L’entreprise pilote
maximise donc son profit, la fonction de réaction de son concurrent étant
donnée. Elle ne tient pas compte de sa propre fonction de réaction. Le
problème du meneur est

Max  (q1 )  max  q1,2 (q1 ) où 2 (q1 )  q2 est la fonction de réaction du suiveur
q1 q1

2.
a  c  q1*
La fonction de réaction de 2 est q2  2 (q1 )  . Le profit du leader
2
a  c  q1  a c  q12
devient  (q1 )   q1,2 (q1 )  (a  c  q1  )q1   
 1 2 . D’où le
q
2  2 
 a c  q12
problème du leader est Max  (q1 )    q1  2 .
q1  2 
d a  c a c
CIO :   q1  0  q1  .
dq1 2 2
d 2 a c * a c a  3c
CIIO : 2  1  0  q1*  , q2  et P*  .
dq1 2 4 4

III23: La Solution de L’Entente ou la Collusion

La collusion est un accord implicite ou explicite entre les firmes en


place pour éviter de se faire concurrence. Comme les profits des deux
entreprises sont interdépendants, elles peuvent prendre conscience de
cette interdépendance et décider de maximiser la somme des deux
profits simultanément par rapport à q1 et par rapport à q2. La situation est
alors semblable à celle du monopoleur à deux établissements. Il s’agit
de résoudre le programme suivant
Max  (q1, q2 )  1 (q1, q2 )   2 (q1, q2 )  (a  c  q1  q2 )(q1  q2 )
q1 ,q2


CIO :  a  c  2q1  2q2  0
 q1

 a  c  2q1  2q2  0
 q2
a c ac
 q1*  q2*  et P*  .
2 2
Dans le cas du duopole on peut observer quatre cas de figure:
a) la firme 1 est pilote et 2 est satellite;
b) la firme 1 est satellite et 2 est pilote;
c) la firme 1 est satellite et 2 est satellite;
d) la firme 1 est leader et 2 est leader.

137
a) et b) représentent des équilibres de Stackelberg, c) un équilibre de
Cournot, et d) un déséquilibre de Stackelberg.

Exemple: Supposons que la fonction de demande est d(P)=56-2P. Pour


une offre globale q=qA+qB des deux duopoleurs A et B, le prix P(q) qui
égalise l’offre et la demande globales est donc P(q)=28-0,5q. Supposons
que les deux entreprises ont la même fonction de coût
C(qA )  qA2 et C(qB )  qB2 . Déterminer les quantités, prix et profits de Cournot,
de Stackelberg et de collusion.

Solutions:
Solution de Cournot: Déterminons les fonctions de réaction de A et de
B
Max  A (qA , qB )  P(q)qA  C(qA )  28  0,5(qA  qB ) qA  qA2
qA

 A 28  0,5qB
CIO :  28  0,5(qA  qB )  2qA  0,5qA  0  qA   A (qB ) fonction de
 qA 3
réaction de A. De même,
Max  B (qA , qB )  P(q)qB  C(qB )  28  0,5(qA  qB ) qB  qB2
qB

 B 28  0,5qA
CIO :  28  0,5(qA  qB )  2qB  0,5qB  0  qB   B (qA ) fonction de
 qB 3
réaction de B.
Les quantités d’équilibre sont les solutions du système d’équations
formées par les deux fonctions de réaction
 28  0,5qB 
qA  A (qB )  3 
   qA  qB  8; q  16; P  20 et  A   B  96.
* * *

qB  B (qA )  28  0,5q A


 3 

Solution de Stackelberg: Supposons que A soit leader. On a


Max  A (qA ,B (qA ))  P(qA  B (qA ))qA  C(qA )  28  0,5(qA  B (qA )) qA  qA2
qA

70qA 4,25qA2
 Max  A (qA , qB )  
qA 3 3
d A
CIO :  0  70  8,5qA  0  qA  8,24  qB  B (qA )  7,96  P  20;  A  96,9
dqA
et  B  95,8.

138
Solution d’entente ou de Collusion: Il s’agit de résoudre
Max  (qA , qB )  Max  A (qA , qB )   B (qA , qB )
qA ,qB qA ,qB

 Max 28  0,5(qA  qB ) (qA  qB )  qA2  qB2


qA ,qB

 28  qB  28  qA
CIO :  0  qA  . De même  0  qB  . Par substitution on
 qA 3  qB 3
obtient qA  qB  7  q  14  P  21 et  A   B  98.
En règle générale, la collusion implique le volume de production le plus
faible au niveau du secteur, le prix le plus élevé et le profit le plus grand.

Différentes Structures de Marché Etudiées

Caractéristique Concurrence Concurrence Imparfaite


parfaite Concurrence Oligopole Monopole
monopolistique
Nombre de beaucoup grand nombre peu une seule
firmes
Capacité nulle limitée assez forte considérable
d’influer
Sur le prix
Obstacles à aucun aucun quelques un complets
l’entrée
Exemple marché de marché de téléphonie CIE
l’orange l’automobile cellulaire
Echelle petite non intermédiaire grande
minimale négligeable
efficace par
rapport
à la dimension
du
marché

139
CHAPITRE IV: EQUILIBRE GENERAL

L’équilibre général est l’étude du comportement de tous les agents


économiques et du fonctionnement de tous les marchés individuels
considérés simultanément. Il s’agit de savoir comment les conditions
d’offre et de demande interagissent sur plusieurs marchés pour
déterminer les prix de plusieurs biens.

Section 1: L’Echange Pur


Nous envisageons une économie sans production où les individus
ont des dotations fixes de biens et nous examinons comment ils peuvent
échanger ces biens entre eux.
III11: Les Principes de Base: Le Diagramme d’Edgeworth
Soit une économie composée de deux individus A et B et deux
biens 1 et 2. Représentons par XA=(x1A,x2A) le panier de consommation
de A avec x1A la consommation de bien 1 de l’individu A, et x2A la
consommation de bien 2 de l’individu A; XB=(x1B,x2B) le panier de
consommation de B; wA=(w1A,w2A) le panier de dotation initiale de A où
w1A et w2A sont les quantités des biens 1 et 2 respectivement avec
lesquelles l’individu A démarre; wB=(w1B,w2B) le panier de dotation initiale
de B.

bien 2
w1B O’B
bien 1

w2A w w2B

AO w1A bien1
bien 2
Une paire de paniers de consommation XA et XB est appelée une
allocation. Une allocation est dite réalisable si la quantité totale
consommée de chaque bien est égale à la quantité totale disponible,
c’est-à-dire si x1A+x1B=w1A+w1B et x2A+x2B=w2A+w2B . L’allocation de

140
dotation initiale w est une allocation réalisable. La base du graphique
mesure la quantité totale de bien 1 dans l’économie (w1A+w1B) et sa
hauteur la quantité totale du bien 2 (w2A+w2B) de telle sorte que tout point
à l’intérieur du graphique est un état réalisable.

bien 2 bien 2

droite de
budget w2B

U4A

U4B
w2A U3A
U2A U2B U3B
U1A
U1B

AO w1A bien 1 O’B w1B bien 1

bien 2

w1B O’B
bien 1 U4A
D U2A
U1A U3A
U0A

w2A w w2B

D’

U4B U3B U2B U1B


AO w1A bien 1
bien 2

141
Un lieu d’échange possible est le lieu de rencontre de deux courbes
d’indifférence des deux individus compte tenu de leurs préférences pour
les biens échangés. L’échange est efficace si l’allocation des deux
agents se trouve au point où les deux courbes d’indifférence sont
tangentes à la contrainte budgétaire passant par l’allocation de dotation
initiale. En ce point les deux individus réalisent un échange équilibré car
le taux marginal de substitution de la consommation des deux biens est
le même pour les deux individus. De plus ce TMS est égal à la pente de
la droite de budget DD’ c’est-à-dire au rapport des prix des biens:
P1
(TMSX1 / X2 ) A  (TMSX1 / X2 )B  .
P2
Le lieu des points de tangence entre les courbes d’indifférence des deux
individus est la courbe de contrat.

bien 2
O’B
bien 1

U1B
Courbe de
contrat

U2B
U4A

U3B
U3A

U4B
U2A

U1A
OA bien 1
bien 2

Les allocations réalisables sur la courbe de contrat sont efficaces au


sens de Pareto c’est-à-dire qu’il n’est pas possible à partir d’un point sur
la courbe de contrat d’accroître la satisfaction d’un individu sans
détériorer celle de l’autre.

II12: Approche Analytique


La demande brute de l’agent A pour le bien 1 est la quantité totale de
bien 1 qu’il désire au prix en vigueur. La demande nette de l’agent A
pour le bien 1 est la différence entre la demande totale et la dotation
initiale de bien 1 dont il dispose.

142
e1A=x1A-w1A
e2A=x2A-w2A
e1B=x1B-w1B
e2B=x2B-w2B .
A l’équilibre la somme des demandes nettes de chaque bien est nulle.
De plus, la loi de Walras stipule que la valeur de la demande
excédentaire agrégée est toujours nulle. Autrement dit
P1(e1A+e1B)+P2(e2A+e2B)=0. La loi de Walras s’applique quelque soient
les prix puisque chaque consommateur doit toujours respecter sa
contrainte budgétaire quelque soient les prix.
Le programme de maximisation à résoudre pour déterminer les
conditions mathématiques qui définissent les allocations optimales au
sens de Pareto est:
Max U
x1 A , x2 A , x1B , x2 B
A ( x1A , x2 A )

s.c.: U B ( x1B , x2 B )  U
x1A  x1B  w1A  w1B
x2 A  x2 B  w2 A  w2 B
La fonction de Lagrange pour ce problème s’écrit
L( x1A , x2 A , x1B , x2 B , , 1, 2 )  U A ( x1A , x2 A )   U U B ( x1B , x2 B )   1 (w1A  w1B  x1A  x1B )
2 (w2 A  w2B  x2 A  x2B )
 L U A
CIO:   0 (1)
 x1A  x1A 1
 L U A
  0 (2)
 x2 A  x2 A 2
L U
  B  1  0 (3)
 x1B  x1B
L U
  B  2  0 (4)
 x2B  x2B
U A 
(1) x  
 1A  1  TMS A 
(2) U A 2 
 x2 A 
  TMS A  TMSB
U B 
(3)  x1B 1 
   TMSB 
(4) U B 2

 x2 B 
Exemple 341: Une économie d’échange fictive comporte deux individus
A et B, et deux biens, 1 et 2. Les fonctions d’utilité sont
1 1
U A ( x1A , x2 A )  x14A x22A

143
3 1
U A ( x1B , x2B )  x x . Les dotations initiales sont
4 4
1B 2 B

wA=(w1A,w2A)=(4,2) et wB=(w1B,w2B)=(6,8)
Déterminer le prix d’équilibre, les quantités échangées et les demandes
nettes à l’équilibre.
Solution:
Cherchons les quantités demandées par A
 1 1

Max U A ( x1A , x2 A )  x1A x2 A


4 2

s.c. RA  Px1 1A  P2 x2 A
1 1
L( x1A , x2 A , )  x14A x22A    RA  Px
1 1A  P2 x2 A 

  L 1  34 12
 x  4 x1A x2 A   P1  0 (1)
 1A
  L 1 1 1
CIO:   x14A x2 A2   P2  0 (2)

 2A 2
x
 L
  RA  Px 1 1A  P2 x2 A  0 (3)
 
(1) x P 2Px
 2 A  1  x2 A  1 1A (4)
(2) 2x1A P2 P2
R 2R
(4) dans (3)  x1*A  A et x2* A  A .
3P1 3P2
Cherchons les quantités demandées par l’individu B
 3 1

 Max U ( x
B 1B , x2B )  x1B x2 B
4 4

s.c. RB  Px1 1B  P2 x2 B
3 1
L( x1B , x2 B , )  x14B x24B    RB  Px
1 1B  P2 x2 B 

  L 3  14 14
 x  4 x1B x2 B   P1  0 (5)
 1B
  L 1 3 3
CIO:   x14B x2B4   P2  0 (6)

 2B 4
x
 L
  RB  Px 1 1B  P2 x2 B  0 (7)
 
(5) 3x2B P1 Px
   x2B  1 1B (8)
(6) x1B P2 3P2
3R R
(8) dans (7)  x1*B  B et x2*B  B .
4P1 4P2

144
 RA 3RB 
 Ox  w  w  10  Dx  x*
 x*
 

1 1 A 1B 1 1 A 1B
3P1 4P1 
A l’équilibre  
Ox2  w2 A  w2 B  10  Dx2  x2* A  x2*B  2RA  RB 
 3P2 4P2 

Or RA=P1w1A+P2w2A et RB=P1w1B+P2w2B. Après substitution on obtient


P1e 5 5
e
 . Si P1e  1  P2e  ; RA  8,4; RB  17,6. Les quantités échangées à
P2 8 8
l’équilibre sont x1A=1,75 ; x2A=5,1 ; x1B=8,25 ; x2B=4,4. Et les excès de
demande sont nulles (e1=e2=0).

Section 2: L’Equilibre Général de Production


Soit une économie composée de deux entrepreneurs produisant chacun
un bien différent. Les conditions de production sont décrites par les
graphiques 1 et 2 suivants:
K II3
K II2

I3 II1

I2

I1
O1 L O2 L
Graphique1: Producteur du bien 1. Graphique 2: Producteur du bien 2.

145
K

L O2

II1 R
Courbe de
contrat de la
II2 production
N
I3
M
I2
II3

I1
O1 L
K
O1
Le diagramme en boîte ci-dessus est obtenu à partir des graphiques 1 et
2. Si R représente l’équilibre initial de cette économie, les productions
des biens 1 et 2 correspondant aux isoquants I1 et II1 ne sont pas
maximales. A l’équilibre on a:
w
(TMSTLK )1  (TMSTLK )2  .
r

bien 2

x J’(I1,II3)

xM’(I2,II2)

R.

xN’(I3,II1)

0 bien 1

146
La courbe de transformation ou frontière des possibilités de production
(FPP) indique les différentes combinaisons des biens 1 et 2 que cette
économie peut produire quand l’équilibre général de production est
réalisé. La pente de la courbe de transformation en un point indique le
taux marginal de transformation de 2 en 1 (TMT21) en ce point.
Le point de production sur la courbe de transformation est déterminé par
P1
l’égalité TMT21  , où P1 et P2 représentent les prix des biens 1 et 2
P2
respectivement.

bien 2
D

x1B O’B

UB1
D’ C
UA3

UB2
x2A x2B
UA2
UB3 C’

UA1
OA x1A bien 1

L’économie est simultanément en équilibre de production et d’échange


P1
lorsque TMT21  (TMS12 ) A  (TMS12 )B  .
P2
Exemple: Soit une économie avec deux producteurs α et β, et deux
inputs 1 et 2. Le premier producteur fabrique le bien A grâce à l’input 2 et
le second producteur produit le bien B grâce aux deux inputs. Les
3 1
contraintes technologiques sont: qA  2v2 et qB  3(v1 ) 4 (v2 ) 4 . Les quantités
disponibles des deux inputs sont fixées à v1  256 et v2  405. Déterminer
l’équation de la courbe des possibilités de production.
Réponse: Il faut résoudre le programme suivant:

147
 3
 4  4
1

Max qB  3(v1 ) (v2 )


s.c. q  2v
 A 2

 v1  256  v1

 v2  405  v2  v2
En substituant les contraintes dans la fonction objectif on obtient
l’équation de la courbe des possibilités de production
3 1 3 1 1
1
qB  3(v1 ) 4 (v2 ) 4  3(256) 4 (405  v2 ) 4 or v2  qA  qB  192(405  0,5qA ) 4 .
2

148
PROBLEMES

Problème1
Soit une économie d’échange à deux biens [poulet (X) et igname
(Y)] et deux consommateurs (Nann et Soro).
L’utilité de Nann s’écrit: U ( X N , YN )  X N2 YN et celle de Soro
U ( X S , YS )  X SYS2 . Les dotations initiales de Nann et Soro sont
(XN,YN)=(20,50) et (XS,YS)=(140,50) respectivement.
1) Déterminer les fonctions de demande de Nann et Soro.
2) Quelle est l’équation de la courbe de contrat?
3) Déterminer le prix relatif et les quantités échangées à l’équilibre.

Solution
1) La contrainte budgétaire de Nann est RN  20PX  50PY  PX X N  PYYN ,
celle de Soro est RS  140PX  50PY  PX X S  PYYS .
Pour Nann le programme à résoudre est

MaxU ( X N , YN )  X NYN
2


s.c. RN  20PX  50PY  PX X N  PYYN

UmX   PX  0  2 X NYN   PX  UmX 2YN PX PX
     YN  X N
CIO: UmY   PY  0  X N   PY
2
 UmY X N PY 2PY

RN  20PX  50PY  PX X N  PYYN
40PX 100PY 20PX  50PY
 XN  et YN 
3PX 3PY
Pour Soro on a
MaxU ( X S , YS )  X SYS2


s.c. RS  140PX  50PY  PX X S  PYYS

UmX   PX  0  YS2   PX  UmX Y P 2P X
   S  X  YS  X S
CIO: UmY   PY  0  2 X SYS   PY  UmY 2 X S PY PY

RS  140PX  50PY  PX X S  PY YS
140PX  50PY 280PX 100PY
 XS  et YS 
3PX 3PY
2) L’équation de la courbe de contrat est déterminée par les
contraintes de ressources et l’égalité entre TMS c’est-à-dire par le
 
 X  160  X 
 N S
 100 X N
système d’équation suivant: YN  100  YS   YN  est
  640  3X N
2Y Y
TMSN  TMSS  N  S 
 X N 2 X S 
l’équation de la courbe de contrat.

149
PX 1
3) De plus X N  X S  160 et YN  YS  100   et on obtient le tableau
PY 2
suivant:
Dotations consommations Offre (+) Demande (-)
XN 20 80 -60
YN 50 20 +30
XS 140 80 +60
YS 50 80 -30

Problème2
On considère une économie de production dans laquelle deux
biens X et Y sont produits par deux firmes dont les technologies de
production, de type Cobb-Douglas, sont les suivantes:
QX  5KX0,25 L0,25
X et QY  10KY0,5 L0,5
Y . Les dotations initiales des deux
producteurs en facteurs de production sont respectivement
(KX , LX )  (50,100) et (KY , LY )  (50,50).

1) Déterminer l’équilibre général de production de cette


économie.
2) Déterminer l’équation de la courbe de contrat de production.

Solution
1) La contrainte de budget de chaque entreprise est telle que la
valeur de l’offre excédentaire d’un facteur est égale à la valeur de la
demande excédentaire de l’autre facteur de production. Autrement dit on
(50  K X )r  (LX 100)w 50r 100w  rK X  wLX 
a:   
(50  KY )r  (LY  50)w  50r  50w  rKY  wLY 
Le programme à résoudre par la firme produisant le bien X est
MaxQX  5K X0,25 L0,25

X

s.c. 50r 100w  rK X  wLX


On obtient les fonctions de demande de facteurs suivantes:
w r
KX  25  50 et LX  50  25 .
r w
Pour l’autre producteur on a
MaxQY  10KY0,5 L0,5  w r
   KY  25  25 et LY  25  25 .
Y

s.c. 50r  50w  rKY  wLY  r w


De plus
 w 
K X  KY  50  75 r  100  w * 2 175 125
       KX  ; LX  87,5; KY  ; L  62,5;
LX  LY  75  50 r  150   r  3 3 3 Y
 w 

150
QX  42,228 et QY  510,195.
2) L’équation de la courbe de contrat de production est obtenue à
partir du système d’équation suivant:
 PmKX PmKY 
 Pm  Pm  LX KY  LY K X 
 LX LY 
  2LY
LX  150  LY   KY  .
K  100  K  3
 X Y 
 

151
Begg, D.; Fischer, S. et R. Dornbusch, “Microéconomie”, Ediscience International, Paris.

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152

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