Module 13 - C - GPS Et GNSS
Module 13 - C - GPS Et GNSS
SOUS-MODULE 13.04 C
SYSTEME DE NAVIGATION PAR
SATELLITE (GPS & GNSS)
1
2
Table des matières
3
Les tests ................................................................................................................................................. 30
5 . Precision et erreurs GPS ............................................................................................................... 30
Influence de la configuration géométrique des satellites ......................................................................... 31
Les erreurs de mesure du système......................................................................................................... 33
Les erreurs intrinsèques au récepteur .................................................................................................... 34
Tableaux récapitulatifs ............................................................................................................................ 35
6 . GPS Différentiel ............................................................................................................................. 35
Les différentes techniques différentielles ................................................................................................ 36
Erreurs et performances ......................................................................................................................... 37
7 . Glonass et galileo .......................................................................................................................... 37
GLONASS .............................................................................................................................................. 37
GALILEO ................................................................................................................................................ 40
4
1 . GPS DIFFERENTIEL ............................................................................................................ 67
PRINCIPE DE FONCTIONNEMENT ................................................................................................ 67
LES DIFFERENTES TECHNIQUES DIFFERENTIELLES................................................................ 69
ERREURS ET PERFORMANCES ................................................................................................... 71
2 . GLONASS ET GALILEO ..................................................................................................... 71
GLONASS ........................................................................................................... 71
GALILEO ............................................................................................................. 77
5
Système de navigation par satellite (GPS et GNSS)
1 . Introduction
L’homme, de par son envie éternelle de parcourir le globe, a toujours dû s’orienter par
différents moyens qui ont évolués au cours des siècles. Les premiers navigateurs
utilisaient les astres tels que le soleil, les étoiles ou encore la lune pour se repérer. Au
XIIIième siècle un gain de précision fut apporté par l’apparition des premiers instruments de
navigation (sextant, boussole, etc.). La navigation astronomique fut littéralement
abandonnée dans les années 1930 lorsque les systèmes de radiocommunication et
radionavigation furent exploités : VOR, NDB, DME, TACAN, ADF, LORAN C, etc. De plus,
suite au lancement du premier satellite dans l’espace le 4 octobre 1957 par l’URSS
(Spoutnik 1), l’idée d’utiliser les satellites comme aide à la navigation émergea. En effet,
l’US NAVY lança le premier satellite de navigation TRANSIT (premier d’une constellation
de cinq) au début des années 60. A la même époque, la marine et l’armée de l’air
américaine entreprirent deux programmes spatiaux qui furent regroupés en 1973 par le
ministère de la défense américain sous le nom de NAVSTAR-GPS (NAVigation System
with Time And Ranging – Global Positioning System). Ce programme fut développé en
trois phases:
- La phase I (1973 – 1979) permit de placer sur orbite en Février 1978 quatre premiers
satellites visibles au-dessus du continent américain afin de valider le concept.
- La phase II (1979 – 1985) avait pour principal objectif de tester l’efficacité du système.
Une dizaine de satellites appartenant au Bloc I furent lancés.
6
GENERALITE ET PRINCIPE DE FONCTIONNEMENT
1 Principe général
Objectif
Applications
Le GPS présente des intérêts dans des domaines variés, aussi bien civils que militaires,
de part la grande précision de ses informations. A titre indicatif, deux tableaux regroupant
quelques domaines d’application sont présentés ci dessous (Fig. 1) :
- bombardement coordonné
- approche de précisions
- acquisition de cibles
- navigation océanique
- guidage de missiles
- navigation océanique et
côtière - emplacement des mines
- abordages - contre-mesures
- recherche
- support au combat
rapproché
7
Principe
Si l’on réitère cette opération grâce à un second satellite, la position du récepteur sera à
l’intersection des deux sphères de rayons r1 et r2, c’est à dire sur un cercle (Fig.3).
Cette mesure ne permet pas d’obtenir un positionnement précis du récepteur (la position
du récepteur peut être à n’importe quel endroit sur le cercle). On utilise alors une autre
mesure provenant d’un troisième satellite. Le récepteur se trouve alors sur l’un des deux
points de l’intersection des sphères de rayons respectifs r1, r2, r3 (Fig. 4).
8
Fig. 4 : intersection de trois sphères
9
2 . Les segments du système GPS
Le segment spatial
Le segment spatial GPS est constitué d’une constellation de 24 satellites positionnés sur
six orbites ayant chacune quatre satellites répartis équitablement (Fig. 6). Ces dernières
sont quasi-circulaires et ont un rayon de 26600 Km. De plus, elles sont inclinées de 55°
par rapport au plan équatorial.
Chaque satellite décrit son orbite en 11 heures 58 minutes1 : à chaque rotation de la terre
correspond environ deux rotations du satellite. Par conséquent un observateur situé sur la
surface du globe verra tous les jours le satellite au même endroit.
Six satellites de la constellation sont visibles en permanence dans le ciel et les quatre
satellites nécessaires au positionnement correct du récepteur se trouvent dans une zone
formée par un angle de 15° au-dessus de la ligne d’horizon.
Dans des conditions très favorables, il est possible d’observer onze satellites dans le ciel
au même moment.
10
Le segment de contrôle
Une station principale située à Colorado Springs, appelée ‘’Master Station’’, qui a pour
but de traiter et de corriger les informations provenant des satellites afin de gérer la
constellation spatiale.
11
Fig. 8 : Opérations du segment de contrôle
Le segment utilisateur
12
Au final, les liens entre les différents segments du système GPS peuvent être représentés
sur le schéma récapitulatif suivant (Fig. 10)
3 . Satellites et orbites
Plusieurs générations de satellites ont été placés sur orbite depuis la création du projet
GPS2. En effet, les satellites ont une durée de vie limitée et des lancements doivent être
effectués régulièrement afin de remplacer ceux qui ne sont plus opérationnels. Un satellite
a plusieurs fonctions dont les principales sont :
13
Chaque satellite actuellement en orbite (Fig.11) a une durée de vie estimée à 7,5 années
et une autonomie de 10 ans. La puissance électrique nécessaire à son fonctionnement
est fournie par des panneaux solaires de 7,25 m2 (ces panneaux fournissent une
puissance de 700 W).
La trajectoire fermée que décrit un satellite en rotation autour de la terre est appelée
orbite. Il existe différentes orbites utilisables par un satellite en fonction de la sa mission
ou du temps de révolution. En effet, si un satellite est destiné à récolter des informations
météorologiques sur une région précise du globe ou à servir de relais de communication,
il décrira une orbite géostationnaire. Cette dernière ayant la même vitesse de rotation que
celle de la terre. Afin de fournir des données de navigation et ainsi être utilisable dans le
programme GPS, un satellite doit décrire une orbite elliptique (quasi circulaire) (Fig.12)
qui peut être définie par un ensemble de paramètres.
14
Fig.12 : orbite elliptique
-Ligne des apsides : c’est la ligne droite qui rejoint l’apogée et le périgée.
-Demi-grand axe : c’est la moitié de la ligne qui joint les absides (apogée et périgée).
-Les foyers F et F’ : Ils représentent les centres de deux cercles imaginaires qui
passeraient par l’apogée et le périgée.
-L’excentricité : Elle est comme étant le rapport e = c/a où c représente la distance entre
le centre de l’ellipse et le foyer F, et a la distance entre le centre O et le point apogée A.
Cette distance est la même entre O et A qu’entre F et D.
-Le paramètre : p = b2 / a.
15
-Les nœuds C et D : ils représentent la projection de la trajectoire du satellite sur la terre
lorsque le satellite coupe le plan équatorial : Il existe le nœud ascendant correspondant à
un mouvement vers le nord, et le nœud descendant pour un mouvement vers le sud (Fig.
13).
-L’inclinaison : C’est l’angle que fait le plan de l’équateur avec le plan orbital (Fig. 14)
16
-L’argument du périgée : C’est l’angle , dans le plan orbital, entre la ligne des nœuds et
le grand axe de l’ellipse (Fig. 15)
Afin de définir complètement la position et la trajectoire d’un satellite sur son orbite, un
certain nombre de paramètre définis ci-dessus est nécessaire. Ainsi, la longitude du
nœud ascendant 0, l’angle d’incidence, l’argument du périgée, l’excentricité et le demi-
grand axe, complétés par l’anomalie moyenne du temps de référence constituent un
ensemble de six paramètres de base. Si on ajoute à cet ensemble le temps de référence3
17
et la dérive de la longitude du nœud ascendant dot (car le plan orbital tourne
naturellement à cause de la non-sphéricité de la terre et de son inclinaison), on obtient
l’almanach du satellite, émis toutes les 12 minutes environ, et qui sera réactualisé deux
ou trois fois par mois (Fig. 17). Chaque satellite possède son propre almanach et est en
mesure de fournir l’almanach de tous les autres satellites en activité.
Grâce à l’almanach, la position du satellite est connue à quelques centaines de mètres près à
cause des phénomènes gravitationnels (attraction lunaire et solaire, irrégularités de la terre) et
météorologiques (marées océaniques). Cette précision n’est pas suffisante pour pouvoir se
positionner correctement. Par conséquent, l’almanach est surtout utilisé pour prévoir la visibilité
des satellites. Afin d’améliorer cette précision, on utilisera les paramètres d’almanach émis par
les satellites complétés par des paramètres du second ordre (facteurs correctifs de la latitude, du
rayon de l’orbite et de l’angle d’inclinaison du satellite ainsi que la dérive de l’angle d’inclinaison
et l’indication du changement d’éphémérides). Cet ensemble de données émis toutes les 30
secondes environ par les satellites constitue une éphéméride, et est rafraîchi toutes les deux
heures au maximum
18
(Fig.18). La précision de position d’un satellite obtenue à partir de son éphéméride varie
de un mètre à quelques mètres.
4 . Fonctionnement du GPS
Détermination de la position
Pseudo-distance
Afin de déterminer avec précision la distance séparant l’utilisateur du satellite, il faut tenir
compte des erreurs de propagation et de bases de temps. On définira donc une pseudo-
distance qui tiendra compte de ces nouveaux paramètres. Il faut considérer dans la réalité
trois échelles de temps :
r = c x (tr – ts) = c x t
Si on réécrit cette dernière relation dans les bases de temps satellite et récepteur, on
obtient l’expression de la pseudo-distance :
19
Equations de navigation
2 2 2
ri x xi y yi z zi dans un repère cartésien attaché au centre de la terre (ECEF)
Où (xi ; yi ; zi) réprésentent les coordonnées du satellite connues grâce aux éphémérides et (x ; y ;
z) les coordonnées du récepteur.
2 2 2
1 x x1 y y1 z z1 cx t
2 2
2
x x2 y y2 z z 2
2 cx t
2 2
x x3 y y z3 z 3
2 cx t
3
2 2 2
4 x x4 y y4 z z4 cx t
20
Ce nombre de paramètres indéterminés peut être réduits dans certains cas. En effet, si le
récepteur est utilisé pour une application marine, l’altitude sera constante, ce qui réduit le
système à trois équations. Seulement trois satellites seront alors nécessaires.
Détermination de la vitesse
La longueur d’onde du signal émis s varie durant le trajet d’une valeur égale à la distance
parcourue par la source pendant une période. La longueur d’onde r à la réception vaut :
c
En utilisant les relations classiques cT et , on obtient finalement :
f
fr fs fr fs
v où vs v r
1 1
c c
fs
vr v s 1xc
rf
21
Signaux GPS
Durant cette analyse, nous nous référerons au diagramme fonctionnel suivant (Fig. 22).
Le code P : (Precise) C’est un code pseudo aléatoire transmis à 10 230 Hz. Sa période
est de une semaine et son algorithme est renouvelé tout les 7 jours. Son rôle est de
permettre aux récepteurs militaires d’accrocher un satellite donné. Chaque satellite émet
un code unique.
Le code P/Y : Le code P/Y représente le code P protégé par un cryptage supplémentaire
contre le leurrage (anti-spoofing) et est destiné à l’usage militaire. Il est émis sur les deux
fréquences L1 et L2. Ce code n’est pas accessible si on utilise un récepteur classique.
22
4
le débit des données de navigation est de 50 bps (Bits Par Seconde)
Il faut souligner que les deux porteuses, les codes et le message de navigation sont
parfaitement synchrones.
Le spectre GPS :
Le signal de navigation est normalement protégé du brouillage par un très fort étalement
du spectre. Cet étalement provient du fait que le signal de la porteuse est multiplié par un
code. Le lobe principal du spectre contient 90% de l’énergie totale du signal (Fig. 23).
Message de navigation
Chaque sous-trame contient les informations qui seront utilisées par la suite par le
récepteur. De plus, elles commencent toutes par un mot de télémesure (TLM) suivi d’un
mot HOW (Hand-Over-Word) fournissant respectivement une information de
synchronisation du message et le temps GPS.
23
La sous-trame 1 contient les paramètres de correction d’horloge du satellite
et fournit un bilan de l’état de santé du satellite
Les sous-trame 2 et 3 contiennent les paramètres d’éphéméride du satellite
La sous-trame 4 fournit l’almanach et l’état de santé des satellites
supplémentaires en orbite (SV 25-32) ainsi que des indications concernant le
comportement ionosphérique, le cryptage des codes et le passage du temps GPS au
temps UTC
La sous-trame 5 contient les almanach et l’état de santé des 24 satellite de la
constellation (SV 1-24)
Pour un satellite donné, le contenu des trois premières sous-trames reste fixe ; seules les
sous- trames 4 et 5 contiennent chacune plusieurs pages. La trame principale consiste en
une succession de 25 trames et est transmise intégralement en 12 minutes 50 secondes
(Fig. 25).
24
Les récepteurs GPS
Le rôle du récepteur est d’acquérir les signaux provenant des satellites, puis de les traiter
pour enfin afficher les données de navigation et de position sur un écran alphanumérique
(Fig. 26).
Il existe trois types de récepteurs GPS, fixes ou portatifs, qui sont utilisés en fonction de
l’application souhaitée. On distingue :
Le code C/A doit pouvoir être traité par tous les récepteurs GPS tandis que le code P/Y
ne pourra être traité que par une certaine gamme de récepteurs, sachant que dans la
majorité des cas ces derniers devront acquérir tout d’abord le code C/A afin d’obtenir le
temps GPS. De plus, il existe deux mode d’acquisition du signal GPS : le mode
monofréquence qui utilise uniquement la porteuse L1 et le mode bifréquence qui exploite
les deux porteuses. En outre, le récepteur bifréquence permet d’accroître la précision des
mesures en estimant le retard lié à la propagation du signal dans la ionosphère.
25
le temps de calcul de la première position (TTFF5) car les informations issues des
satellites sont exploitées simultanément.
Le récepteur séquentiel
Les récepteurs séquentiels utilisent uniquement un ou deux canaux pour suivre les
satellites. Le récepteur va rechercher et traiter les informations provenant d’un premier
satellite afin d’en déduire la pseudo distance. Après avoir mémorisé les paramètres du
premier satellite, il va se caler sur un autre satellite et calculer une seconde pseudo
distance. Lorsque que quatre pseudo distances sont connues, la position de l’utilisateur
est calculée. Un tel système se trouve limité rapidement car le TTFF est beaucoup plus
long. Ce système, nettement moins performant que le récepteur à poursuite continue, est
majoritairement utilisé pour des applications terrestres ou marines et tend à disparaître du
marché.
Le récepteur multiplexé
Le récepteur multiplexé est semblable au récepteur séquentiel, du fait que les pseudo
distances sont calculées successivement. La différence principale réside dans le principe
d’acquisition des signaux. En effet, ce type de récepteur commute de satellite à satellite à
une fréquence de 50 Hz pendant les mesures. Ainsi le temps d’acquisition du premier
point TTFF est légèrement plus rapide que pour le récepteur séquentiel. Ce système de
réception tend lui aussi à disparaître du marché.
une antenne,
un amplificateur,
un convertisseur de fréquence,
un convertisseur analogique/numérique,
une interface de visualisation et de commande,
un calculateur,
une alimentation.
On peut représenter l’architecture d’un récepteur GPS par le schéma fonctionnel suivant
(Fig. 27) :
26
Fig. 27 : Architecture du récepteur GPS
L’antenne
L’antenne (Fig. 28) a pour but de capter les ondes électromagnétiques émises par les
satellites (porteuses L1 et L2) afin de les convertir en courant électrique indispensable
pour le traitement des données. La taille des antennes est sensiblement égale à la
longueur d’onde du signal reçu. C’est pour diminuer leur taille que l’on module le signal de
navigation. Les antennes GPS peuvent être de différentes formes mais doivent en
permanence être en visibilité directe avec les satellites
afin de capter les signaux.
27
Fig. 29 : Exemple de diagramme de rayonnement
L’amplificateur
Son but est d’amplifier le signal reçu par le satellite afin qu’il puisse être traité
ultérieurement car le niveau des signaux captés est trop faible pour pouvoir être exploité.
On peut notamment utiliser un amplificateur à faible bruit, muni de filtres passe-bande, qui
va réduire le bruit en gardant uniquement les harmoniques utiles du signal satellitaire. Le
signal est ensuite transmis vers un convertisseur de fréquence.
Le convertisseur de fréquence
Il a pour rôle d’amener les fréquences des porteuse L1 et L2 vers des valeurs plus faibles
afin de faciliter le traitement du signal. Le signal obtenu, de fréquence moyenne, contient
toujours la modulation du signal. Pour les récepteurs code C/A, la fréquence du signal
obtenu est de quelques mégahertz tandis que pour les récepteurs code P/Y, elle est de
quelques dizaine de mégahertz
Le convertisseur analogique/numérique
Le calculateur
Le calculateur numérique traite les données qui lui sont fournies. Ses principales fonctions
sont de démoduler le message de navigation, de calculer les informations de navigation et
d’asservir les signaux des satellites. En général, il est réalisé par un circuit électronique
ASIC (Application Specific Integrated Circuit) spécialisé dans le traitement des signaux
GPS et qui est contrôlé par un processeur de signal.
28
L’interface
L’interface gère le dialogue entre l’utilisateur et le système. Elle est composée d’un écran
d’affichage et d’un clavier.
L’alimentation
Le récepteur GPS peut être fixe ou portable et nécessite donc une alimentation adaptée.
Fonctionnement
Il est régit par un logiciel installé dans le calculateur. Ce logiciel assure différentes
fonctions qui sont :
A chaque canal est attribué le signal provenant d’un satellite. Chaque canal est géré de la
même manière, en termes de recherche, d’acquisition, d’accrochage du code et de la
porteuse et de démodulation du message de navigation. En général, plusieurs canaux
sont traités simultanément.
Un récepteur voulant accrocher un satellite devra générer dans un canal une réplique au
code reçu par le satellite (le récepteur à en mémoire les codes d’identification de tous les
satellites) puis va décaler cette réplique dans le temps afin de superposer les deux codes
(maximum de la fonction d’auto-corrélation) (Fig. 30). Lorsque cette opération est
effectuée, le récepteur verrouille le signal à l’aide de boucles de poursuite du code et de
la porteuse. Il peut alors déduire le temps qu’il a mis pour asservir les deux signaux et
ainsi estimer la pseudo distance. Cette procédure est reproduite pour chaque canal.
29
Le Calcul des informations de navigation
Lorsque le signal générer par le récepteur est corrélé avec le signal reçu, le spectre du
signal est comprimé dans une bande de 50Hz puis les données brutes de navigation sont
démodulé. Les informations de position, de vitesse et de temps sont ensuite calculées à
l’aide d’un algorithme.
Les tests
Lors de la mise sous tension ou lors d’une coupure de l’alimentation, l’intégrité des
éléments constituant le système (processeur, convertisseur de fréquence, alimentation,
etc.) est vérifié. Au cours du fonctionnement du récepteur, des vérifications permanentes
sont effectuées (auto-tests).
La précision des mesures du système GPS est caractérisé par l’erreur de mesure de
distance par l’utilisateur (UERE). Ce facteur regroupe les erreurs de propagation du signal
et d’horloge, les bruits du récepteur et l’influence des incertitudes sur les éphémérides.
Comme nous l’avons déjà dit précédemment, la configuration géométrique des satellites
peut avoir un effet sur la précision. Une grandeur appelée DOP (dilution de précision)
représente l’influence de cette configuration sur la précision de la position. Elle est définie
comme étant le rapport de la précision de position sur la précision de mesure UERE.
30
p
DOP ou p représente la précision de position
UERE
Afin d’expliquer succinctement la dilution de précision, nous allons faire une approche
bidimensionnelle (Fig.31) de la mesure.
31
L’angle entre les deux satellites est plus élevé que dans le cas précédent. Le cas
présenté ici représente le meilleur compromis entre la précision verticale et horizontale.
On pourrait montrer que le facteur géométrique global PDOP vaut
32
Entre 9 et 10 les données sont à utiliser avec grande précaution.
Trois types d’erreurs peuvent affecter les mesures : les erreurs d’éphémérides (segment
spatial et segment de contrôle), les erreurs de propagation (dans la ionosphère et la
troposphère), les trajets indirects (dus aux réflexions) et les erreurs du récepteur (bruit
thermique, biais d’horloge)
Ce type d’erreur concerne l’incertitude sur la position du satellite sur son orbite (altitude,
vitesse, etc.). De plus, le Département de la défense américain se donne le droit
d’introduire des erreurs d’éphémérides afin de limiter la précision des informations
fournies aux utilisateurs Il existe deux niveaux de précision :
Le PPS (Precise Positioning Service) qui fournit la meilleure précision du système GPS,
Le SPS (Standard Positioning Service) qui offre des données de navigations dégradées
aux utilisateurs civils.
C’est le SA (Selective avaibility) qui est chargé d’introduire ou non des erreurs
d’éphémérides ou d’horloge. La précision est dégradée à 100m en horizontal et 74m en
3dimensions.
Malgré que le biais d’horloge des satellites soit connu et modélisé par les stations-sol, il
reste tout de même un résidu d’erreur après que la correction du bais ait été effectuée
principalement due aux incertitudes sur le temps d’émission. De plus, le SA se permet
d’introduire des erreurs d’horloge du satellite afin de réduire la précision sur les mesures
de pseudo-distances.
33
Les erreurs troposphériques et ionosphériques
De plus, l’ionosphère est considérée comme un milieu dispersif, c’est à dire que les ondes
ne se propagent pas à la même vitesse selon les couches atmosphériques. Cependant, il
existe un modèle physico-chimique de l’ionosphère rafraîchi tous les dix jours par le
segment de contrôle, et qui permet de compenser de 50% les erreurs dues à la
ionosphère.
Enfin, il faut noter que le signal émis par un satellite bas sur l’horizon (angle d’élévation
faible) met plus de temps à traverser les couches atmosphériques qu’un satellite se
trouvant quasiment à la verticale d’un récepteur. Il est ainsi davantage sujet aux erreurs
ionosphériques et troposphériques.
Le trajet indirect représente l’interférence entre un signal direct et une portion de ce même
signal ayant subi une réflexion. Ces interférences peuvent être constructives où
destructives, pouvant conduire à une annulation du signal et au décrochage du satellite.
Ce type d’erreur peut avoir lieu dans des lieux où la présence d’obstacle est grande
(immeubles) mais également au niveau de l’océan.
Le bruit thermique : le niveau du bruit thermique est du même ordre de grandeur que le
niveau du signal. Il engendre des erreurs sur les mesures de distance et de vitesse.
Les bruits de calcul : selon la qualité des processeurs GPS, les approximations de
calcul seront plus ou moins significatives (troncature, arrondi, etc.).
34
Tableaux récapitulatifs
On peut dresser un tableau récapitulatif qui rassemble les différentes erreurs sur la
position, sans activation du SA (Fig.33) :
Le SA crée l’erreur la plus importante lorsqu’il est activé : l’UERE est alors de 37 mètres
environ.
Les informations de position sont données avec une précision qui varie en fonction du
code et du SA (Fig. 34) :
6 . GPS Différentiel
Principe de fonctionnement
35
dans le cadre de l’aide à l’atterrissage ou le guidage de missiles. L’avantage du DGPS
réside dans le fait que l’erreur de propagation du signal est connue.
Il existe plusieurs solutions pour effectuer la correction des erreurs. Ces techniques
utilisent plus ou moins de satellites pour estimer les corrections et peuvent se baser sur le
temps ou sur la distance. On en distingue cinq :
36
Erreurs et performances
La plupart des erreurs rencontrées avec le système DGPS sont similaires à celles
rencontrées avec le GPS : on retrouve les erreurs d’horloge, d’éphémérides,
ionosphériques, troposphériques ainsi que les erreurs dues au récepteur et aux trajets
indirects (multi-path).
Performances du DGPS
Le tableau ci-dessous rassemble les erreurs propres au DGPS en service standard SPS
et en code C/A (Fig. 36).
7 . Glonass et galileo
Afin de pouvoir exploiter pleinement l’avantage du positionnement par satellite sans subir
de dégradations volontaires de donnée, L’URSS ainsi que l’Europe ont entrepris des
programmes similaires à celui du NAVSTAR-GPS s’appuyant sur le même principe. Ces
programmes se nomment GLONASS pour l’URSS et Galileo pour l’Europe.
GLONASS
37
Le principe de communication satellite-récepteur du système GLONASS diffère du
système GPS. En effet, les satellites émettent tous le même code mais sur des
fréquences différentes.
Ils émettent leurs signaux sur deux bandes de fréquences L1 et L2. Le signal L1 est
transmis sur une bande de fréquences comprises entre 1602.5625 MHz et 1615.50 MHz
et avec un pas de progression de 0.5625 MHz. Le signal L2 s’étale de 1246.4375 MHz à
1256.5 MHz et a un pas de 0.4375 MHZ. Ainsi, le récepteur accrochera le satellite en
sélectionnant la fréquence de sa porteuse et non son code.
Afin de coordonner les systèmes GPS et GLONASS et ainsi de permettre aux récepteurs
de capter les signaux de ces deux derniers, la bande de fréquence du système
GLONASS sera réduite de moitié et sera décalé vers le bas (vers la bande de fréquence
GPS). Cependant, l’utilisation en commun des deux systèmes concurrents pose quelques
difficultés car les systèmes de coordonné et les référentiels de temps utilisés sont
différents. Ceci peut entraîner des sauts de position pour un récepteur exploitant les deux
systèmes. Malgré tout, un récepteur utilisant les deux systèmes pourra effectuer un plus
grand nombre de mesure et ainsi obtenir une position plus précise (plus de satellites
disponibles).
Enfin, on peut affirmer que le programme russe est aussi performant que le programme
européen en mode PPS.
Le tableau suivant énumère les principales comparaisons entre les deux systèmes
concurrents.
38
GLONASS GPS
Nombre de SV 24 24
lanceur Proton K/DM-2 Delta 2-7925
Nombre de satellites par
3 (occasionnellement 2) 1
lancement
Baikonur Cosmodrome,
Site de lancement Cape canaveral, USA
Kazakstan
Nombre de plans orbitaux 3 6
Inclinaison de l’orbite 64.8° 55°
Altitude orbitale 19 130 Km 20 180 Km
Période de révolution 11h 15min 40s 11h 58min 00s
Contenu de l’éphéméride Position, vitesse et accélération Paramètres Képlérien
Système de coordonnées PZ-90 WGS-84
Base de temps UTC (Russie) UTC (NO)
longueur 1525 bits 120 bits
durée 12 min 30s 2 min 30s
Validité : 1 journée Validité : 1 semaine
Nombre de canaux Identifiant S/C
excentricité excentricité
inclinaison inclinaison
Temps équatorial Temps almanach
Almanach Validité de l’almanach santé
Contenu Longitude du nœud ascendant Ascension droite
Racine carrée du demi
Période de révolution
grand-axe
Argument du périgée Argument du périgée
- Anomalie moyenne
Paramètres lune-soleil -
Offset de temps Offset de temps
- Offset de fréquence
Fréquence des L1 1602.0 – 1614.94 MHz 1575.42 MHz
porteuses L2 7/9 L1 60/77 L1
Type de code pseudo-aléatoire
ML GOLD
(PRN)
Nombre C/A 511 1023
d’éléments du
P 511 0000 2.35 1014
code
C/A 0.511 Mbit/s 1.023 Mbit/s
Débit du code
P 5.11 Mbit/s 10.23 Mbit/s
Débit 50 bps 50 bps
modulation BPSK Manchester BPSK NRZ
Message de Durée totale 2min 30s 12 min 30s
navigation Longueur des
30s 6s
sous-trames
39
GALILEO
La constellation sera gérée par une multitude de stations terrestres réparties sur le globe
et qui fonctionneront selon le principe du GPS.
Les satellites communiqueront avec les stations-sol sur des fréquences allant de 1164 à
1591 MHz en sachant que certaines de ces fréquences sont d’ores et déjà utilisées par le
système GPS. Sur les dix signaux générés par les satellites grâce à quatre porteuses en
bande L, six d’entre eux seront destinés au grand public, deux aux services publics et
deux seront exploités par les services commerciaux. De même que pour le programme
GLONASS, les récepteurs GALILEO (monofréquence ou hybrides) seront en mesure
d’utiliser conjointement les systèmes GALILEO et GPS. On pourrait s’attendre à une
précision de position de l’ordre du mètre. Le développement et la validation du projet
s’étendra jusqu’en 2005, date où laquelle le lancement des satellites en orbite est
programmé. Afin de minimiser le temps de mise en place de la constellation, les fusées
pourront emporter jusqu’à huit satellites en même temps, ce qui permettrait au
programme d’être opérationnel dès 2008.
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