Thèse de Doctorat DE L'Université D'Évry-Val D'Essonne
Thèse de Doctorat DE L'Université D'Évry-Val D'Essonne
DE
L’UNIVERSITÉ D’ÉVRY-VAL D’ESSONNE
Spécialité : Mécanique
Présentée par
Zhiming ZHANG
Sujet de la thèse :
—————————————————————————————————–
L ABORATOIRE DE M ÉCANIQUE ET D ’É NERGÉTIQUE D ’É VRY (LMEE, EA 3332)
40, rue du Pelvoux, 91020 Évry Cedex
i
Résumé :
Abstract :
The fuel cell transforms chemical energy to electrical power sources through a stack of dif-
ferent planar structures. Mechanical phenomena presented on the multi-contact interface acts
more or less the fuel cell’s performance and lifetime. We have shown that the pre-load by
stacking bolts, the deformation of the gas diffusion layer (GDL), the contact and the confi-
guration of the bipolar plate (BPP) had influences on the contact resistance, the porosity and
the permeability of the fuel cell. The contact resistance is determined by the contact area and
contact pressure. The porosity and permeability are related to the interfacial deformation.
The contact between the different structures has a major role in the fuel cell operation. This
problem is solved by the finite element method. Various parameters of the fuel cell as the
pre-load, the geometric structure of teeth of BPP as well as the porosity of the GDL were
studied and allowed to know the contact behavior and the deformation. The influence of
some parameters on the mechanical results of fuel cell stack was then tackled. The purpose
of this study is to provide optimum values of these parameters to obtain the best performance
of fuel cells.
Key words : fuel cell - mechanical phenomena - contact - finite element
ii
iii
Avant-propos i
Résumé i
Abstract i
Introduction générale 1
Cadre du problème . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
Objectif de l’étude . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
Plan du document . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
2.6 Conclusions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64
Introduction générale
Cadre du problème :
De nos jours, avec le développement de l’industrie, nous consommons de plus en plus de
ressources en énergies, comme le charbon, le pétrole et le gaz naturel, etc.. Les limites de
ces ressources deviennent un problème auquel le public s’intéresse. Les questions énergé-
tiques recouvrent à l’heure actuelle deux domaines. L’un est lié au risque d’épuisement des
ressources fossiles et fissiles, l’autre est le problème de la pollution environnementale, tels
que le réchauffement par effet de serre et les pluie acides.
Face à la diminution des ressources énergétiques et à l’augmentation de la pollution des
énergies, il est impératif de diminuer la pollution dans le monde (un premier pas a été le
Protocole de Kyoto signé en 1997), et de rechercher des alternatives énergétiques possédant
les mêmes propriétés que les hydrocarbures. Dans ce contexte, l’hydrogène est une solution
sérieuse et intéressante en tant que source d’énergie durable et renouvelable.
L’hydrogène, qui n’existe pas à l’état naturel, peut en effet être synthétisé à partir des
énergies renouvelables. Il est particulièrement intéressant car son stockage est possible sous
différents états (gaz, liquide et solide). D’autre part, il est léger et "propre". Mais il ne peut
pas être utilisé directement, et nécessite la transformation d’une énergie chimique en énergie
électrique. Cette production d’énergie a lieu dans une pile à combustible.
La pile à combustible est un générateur efficace d’énergie électrique à partir de l’éner-
gie chimique, elle utilise la réaction électrochimique d’oxydoréduction entre l’hydrogène et
l’oxygène pour donner de l’électricité. En fait, des recherches sur les piles à combustibles
ont été faites depuis une centaine d’années. Les avantages offerts par la technologie des piles
à combustibles comme l’efficacité, la protection de l’environnement et la construction mo-
dulaire, sont tels qu’elles ont suscité un intérêt permanent pour leur développement depuis
1893.
Après 170 ans de recherches, différentes piles ont déjà été développées en particulier, la
pile à combustible de type PEM (Membrane Échangeuse des Protons), qui peut être em-
ployée dans une position fixe ou embarquée (dans le transport comme par exemple le véhi-
cule électrique). La stabilité des composants comme la nouvelle membrane, la plaque bipo-
laire, le flux et la température nominaux ont été étudiés, mais ce n’est pas encore suffisant
2 Introduction générale
pour la commercialisation à grande échelle de la pile. En effet, les influences mécaniques sur
la performance des piles sont reconnues et les interactions entre les effets mécanique et la
performance des piles doivent être étudiés. Dans ces travaux, nous nous sommes intéressés
aux interactions des effets mécaniques au sein de la pile à combustible sur la performance et
la durée de vie des piles.
Dans cette thèse, nous entendrons par :
– Empilement de la pile à combustible (PAC) : un empilement de cellules électrochi-
miques sans les auxiliaires (système de refroidissement, d’alimentation en gaz).
– Système PAC : une pile à combustible avec ses auxiliaires (système de refroidissement,
d’alimentation en gaz) et ses organes de contrôle et de commande.
Nous considérerons principalement le cas d’un empilement de la pile. Nous ne nous inté-
resserons jamais au système entier de la pile à combustible.
Objectifs de l’étude :
Ce travail a été réalisé au sein du laboratoire LMÉÉ (Laboratoire de Mécanique et d’Éner-
gétique d’Évry). La thèse est consacrée aux travaux de modélisation des effets mécaniques
sur les interfaces de contact en vue d’étudier ses interactions sur la performance des piles à
combustibles de type de PEM et sur leur durée de vie.
Le principe de fonctionnement de la pile est une réaction électrochimique inverse de
l’électrolyse à partir d’hydrogène et d’oxygène. En fait, la pile à combustible qui n’est pas
parfaitement utilisée, a des pertes de performance et des dégradations irréversibles du cœur
de la pile qui font chuter la durée de vie des piles. La perte de la performance est surtout dûe
à la résistance de contact de la pile à combustible causée par la structure lamellaire. La pile
à combustible est constituée d’un empilement d’éléments comme le MEA (Assemblage des
membranes électrodes) et la GDL (Couche de Diffusion Gazeuse), qui sont pris en sandwich
entre des plaques bipolaires (BPP) formant ainsi une “cellule”. Ces cellules sont reliés en
série électrique pour former un “empilement”. Pour un fonctionnement normal de la pile, la
force de serrage par boulons tirants constitue le chargement qui maintient les éléments en
contact. Ainsi la pile à combustible peut être regardée comme une structure lamellaire que
nous appellerons structure multi-contact.
Le contact est un phénomène non linéaire, complexe et s’appliquant sur des zones pas
toujours faciles à déterminer, sa prise en compte entre les éléments de la PAC est pourtant
importante pour étudier le comportement mécanique aux interfaces. Il est évident que les
effets mécaniques sur les interfaces comme la force de contact joue un rôle fondamental
dans le comportement de la structure : non seulement la surface de contact et l’état de contact,
mais aussi sa déformation, son déplacement, la distribution des efforts doivent être connus
afin d’améliorer la performance de la pile.
Introduction générale 3
Lorsqu’un empilement de la pile est serré par boulons tirants, la force de serrage induit
des efforts normaux et tangentiels de contact aux différentes interfaces. La force de contact,
la déformation et la zone de contact sont liées entre elles. La déformation des éléments est
liée à leur porosité et à leur perméabilité aux gaz réactifs, la zone de contact détermine donc
la voie de transfert des électrons. Par ailleurs, une force de contact très élevée peut provoquer
la fissure mécanique. Ainsi une étude de ces interactions est pertinente afin de caractériser
leur influence sur la performance de la pile et sa durée de vie. Sur les interfaces, plus la
force de contact est élevée, et l’aire de contact grande, plus la résistance de contact est petite
et meilleure est la performance de la PAC. En revanche, plus la porosité et la perméabi-
lité de GDL sont petites (sous de fortes déformations) et plus le risque d’endommagement
mécanique sur MEA et GDL est réel car ils sont très minces et fragiles. Comme la pile à
combustible est un empilement multi-contacts en série électrique, l’endommagement d’un
élément de la pile peut conduire au dysfonctionnement de tout l’empilement. Ainsi le com-
promis entre une perméabilité élevée et une petite résistance de contact est un problème clé
dans la recherche d’une puissance optimale de la pile.
De par la configuration rectangulaire des petits dents de la BPP, des concentrations de
contraintes peuvent apparaître aux angles droits des dents, la distribution de la force de
contact sur les interfaces entre GDL et les petits dents de BPP n’est en effet pas uniforme. Par
conséquent, la distribution de la perméabilité et de la résistance de contact sur les interfaces
ne sont pas uniformes, ce qui peut provoquer des problèmes : d’une part, une distribution
non uniforme de l’alimentation des gaz réactifs, d’autre part, une distribution non uniforme
de la résistance de contact entre des éléments de la PAC quand il faut obtenir une réaction
électrochimique la plus régulière possible dans la PAC.
Ainsi, l’influence de ces paramètres interagissant au niveau des interfaces multi-contacts
sur la performance de la pile à combustible doit être étudiée.
L’étude expérimentale des phénomènes de contact étant complexe, une simulation numé-
rique est plus simple et appropriée. Une modélisation est proposée dans nos études. Elle est
basée sur la méthode des éléments finis et prend en considération les problèmes de contact
qui ne peuvent pas être résolus analytiquement. Les objectifs de la thèse sont les suivants :
– Identifier les effets mécaniques et leurs interactions sur les interfaces multi-contacts
liées à la performance des piles à combustibles, déterminer des paramètres importants
qui peuvent influencer la performance de la pile ;
– Modéliser une cellule de la pile avec ses différents contact en utilisant la méthode des
éléments finis afin d’obtenir les résultats précis ;
– Développer un modèle paramétrique permettant d’optimiser l’état de contact méca-
nique sur les interfaces (distribution des contraintes, distribution de la pression de
contact, zone de contact et déformation) afin d’étudier leurs influences sur la perfor-
mance de la pile.
4 Introduction générale
Avant d’aborder les paramètres importants dans un empilement de pile, un travail sur la
modélisation et sur la caractérisation des éléments mécaniques de la pile à combustible s’est
avéré nécessaire.
La pile à combustible est un système multi-physique : mécanique, électrochimique, ther-
mique et fluidique. Notre approche se limite à l’étude des phénomènes mécaniques au sein
d’un empilement de cellules soumis à un chargement purement mécanique, sans considérer
les aspects thermique et fluidique. Nous avons retenu une approche simple sans considérer
les conditions opératoires comme la pression des gaz réactifs, la température et l’hydratation
des membranes. Dans cette approche, nous abordons la modélisation des états de contact
mécaniques au sein de la pile à combustibles de type PEM pour connaître leur impact sur la
performance et la durée de vie.
Plan du document :
Dans le cadre de la modélisation d’un empilement de la pile, les modèles développés sont
bidimensionnels et les matériaux élastiques isotropes dans l’étude.
Le premier chapitre présente les objectifs et les enjeux de la thèse. Nous commençons
par la description d’un état problématique de nature énergétique et environnementale dans le
monde. L’énergie d’hydrogène est une solution prometteuse et favorable à l’environnement
qui permet d’obtenir de l’électricité grâce à la pile à combustible. Nous étudierons ensuite le
principe, la structure et la performance d’une pile à combustible. Parce que la pile à combus-
tible de type PEM est une structure lamellaire, l’état de contact mécanique entre éléments
de la pile a un rôle important sur sa performance. Les effets mécaniques comme le contact,
la déformation sont décrits en détail, leurs interactions sur la performance de la pile sont
discutées. La modélisation numérique est un moyen d’approfondir les connaissances sur les
phénomènes mécaniques aux interfaces multi-contacts des piles à combustibles.
Le second chapitre présente l’approximation d’un problème de contact avec frottement
par la méthode des éléments finis. On commencera par présenter la méthode des éléments
finis, puis nous aborderons la formulation des problèmes de contact unilatéral avec frotte-
ment de Coulomb. Nous présenterons ensuite différentes méthodes de résolution numérique
de ces problèmes, en donnant, pour terminer, une application numérique d’un cas test.
Dans le troisième chapitre, les phénomènes mécaniques au niveau des interfaces entre
éléments de la pile ont été étudiés. Afin de simplifier la modélisation, nous nous sommes
limités à regarder les effets mécaniques pour une seule cellule de l’empilement soumise à un
chargement statique. Après avoir décrit le modèle éléments finis utilisé (géométrie, maillage,
conditions aux limites, etc.), nous avons présenté les résultats obtenus sur les états de contact
(zones de contact, pression de contact) et sur les déformations. Un modèle prenant en compte
la porosité de la GDL est également abordé.
Introduction générale 5
La quatrième et dernière partie porte sur l’influence de certains paramètres sur la perfor-
mance de la pile. Les résultats obtenus en faisant varier des paramètres comme la charge
de précompression, le rayon du congé et la largeur des dents de la BPP, les épaisseurs des
éléments GDL et MEA ou encore des aspérités de l’interface sont présentés. L’objectif est
ici de dégager des valeurs optimales de ces paramètres pour la performance de la pile.
Nous terminerons la thèse par une conclusion générale qui synthétisera les résultats obte-
nus et présentera des perspectives de recherche.
6 Introduction générale
7
Chapitre 1
1.1 Introduction
Nous débutons le chapitre par une description de la problématique énergétique et environ-
nementale. L’énergie provenant de l’hydrogène est un des meilleurs choix en matière d’éner-
gie propre à condition de savoir le transformer en énergie électrique, ce que permet la pile à
combustible. Nous retracerons brièvement l’historique de la pile à combustible. Par la suite,
nous présenterons les caractéristiques intéressantes de la pile à combustible de type PEM
(membrane échangeuse des protons) : basse température, légèreté et facilité de construc-
tion. Elle est prometteuse dans le cadre d’une application au transport (véhicule électrique).
Des problèmes existent dans la structure de la PAC comme une température non uniforme
sur les interfaces, une résistance de contact élevée et un endommagement des composants,
ce qui peut conduire à une fissure mécanique et à un manque de performance de la PAC.
L’exploration des interactions des états mécaniques concernant la performance de la pile et
sa durabilité apparaît comme une phase essentielle avant la commercialisation de la pile à
combustible. Ces interactions sont présentées en détail.
fossiles et fissiles, notamment celle du pétrole qui au rythme actuel de consommation, est
prévue pour dans un siècle ou moins. L’autre est le problème de la pollution environnemen-
tale, notamment l’émission de CO2 (gaz à effet de serre) et de gaz polluants (SO2, NOx, CO,
CH4, photofluorographies, particules solides, etc.), provenant des véhicules de transport ou
de l’entreprise industrielle (figure 1.1).
Depuis le 19ème siècle, de plus en plus de CO2 est libéré (figure 1.2), il est désormais
important de stopper cette progression et de la réduire le plus possible.
l’environnement. L’énergie d’hydrogène apparaît comme l’une des solutions les plus pro-
metteuses car elle présente plusieurs caractéristiques intéressantes [Hoo03] :
– énergie efficace : par rapport au pétrole ou au charbon, l’hydrogène de poids équivalent
libère environ 3 fois plus d’énergie que le pétrole, environs 6 fois plus d’énergie que le
charbon.
– énergie propre : production d’eau sans pollution.
– source fiable : l’hydrogène est très abondant et très accessible dans la nature.
Grâce aux nombreux avantages, l’hydrogène est une énergie très respectueuse de l’envi-
ronnement. La recherche de nouvelles technologies d’utilisation a été encouragée et entre-
prise, afin de développer des systèmes de conversion ou de production d’énergie électrique.
Les piles à combustible apparaissent comme l’une des meilleures solution pour la transfor-
mation de l’hydrogène en énergie électrique.
électrolyte. Un courant constant circule entre les électrodes en platine dont une extrémité est
immergée dans un récipient d’acide sulfurique et l’autre dans des récipients scellés permet-
tant de recueillir l’oxygène et de l’hydrogène. Les récipients scellés ont tenu l’eau comme
les gaz, et il a noté que le niveau d’eau était monté dans les deux tubes tant que le courant
circulait. En combinant plusieurs ensembles de ces électrodes dans un circuit en série, il a
créé ce qu’il a appelé une “ Pile de gaz ” , nom donné en 1889 par Ludwig Mond et Carl
Langer [Mos03] qui ont introduit les catalyseurs (platine) et ont perfectionné l’électrolyte.
À la fin du 19ème siècle, Friedrich Wilhelm Ostwald, le physico-chimiste qui a fourni
une grande partie de la compréhension théorique du fonctionnement des piles, en étudiant la
relation entre la propriété physique et les réactions chimiques, a amélioré la pile de Grove.
En 1893, il a déterminé expérimentalement les rôles interactifs entre différentes composants
de la pile : des électrodes, des électrolytes, oxydants et ions, etc. Ses travaux en chimie ont
donné les bases de la pile à combustible aux chercheurs. Plus tard, il a également démontré
que les piles étaient plus efficaces que le moteur à combustion interne [Sri06].
Dans les années 1930, un autre scientifique célèbre, Francis Thomas Bacon (figure1.4) a
entrepris de développer un dispositif opérationnel à partir de l’expérience de Grove. Il a amé-
lioré le catalyseur platine onéreux d’une PAC hydrogène-oxygène en utilisant un électrolyte
alcaline moins corrosif et une électrode moins coûteuse en nickel, appelé pile de combus-
tible alcaline (AFC, Alkaline Fuel Cell). En 1959, Bacon et ses collègues ont abouti à la
réalisation d’une pile à combustible hydrogène-oxygène d’une puissance de 5 KWs capable
d’alimenter une machine. La température de fonctionnement allait de 40 ◦ C à 200 ◦ C. Plus
tard, la pile de Bacon a été modifiée pour le projet spatial de Gemini de 1960 afin d’obtenir
de l’électricité et de l’eau pour les voyages dans l’espace [SNCH00].
Pour que la pile à combustible soit aussi efficace que la pile de Bacon, l’électrolyte doit
être tel que les ions le traversent aussi facilement qu’un flux d’électrons. On découvre plus
tard que plusieurs cellules empilées permettent d’obtenir une puissance plus élevée.
La pile à combustible moderne avec une membrane (Électrolyte solide à membrane échan-
geuse de protons [PEM]) a permis l’application dans un milieu immobile ou mobile.
Description générale d’une pile à combustible 11
La pile à combustible de type PEM est aussi appelé polymère solide pile à combustible
en raison de l’utilisation de l’électrolyte solide. La première pile à combustible de type PEM
représentée sur la figure 1.5, a été conçue par la compagnie General Electric au début des
années 1960 grâce au travail de Thomas Grubb et Leonard Niedrach [GN60].
Dans les années 1980, la technologie de la pile a commencé à être testée par les services
publics et les constructeurs automobiles. Des avancés techniques ont été faite avec le déve-
loppement du premier véhicule muni d’une pile à combustible de PEM en 1993 par la société
canadienne Ballard [Can08].
Depuis, l’objet de la recherche sur les cellules de la pile est au niveau de l’application
pratique : l’amélioration de la performance et de la durée de vie en utilisation.
Il existe 6 types de piles à combustible qui se différencient entre elles par leur température
de fonctionnement et par l’électrolyte donnant son nom à la pile.
Les piles à basse température fonctionnent entre 60 ◦ C-250 ◦ C :
– la pile à combustible alcaline ou alkaline fuel cell (AFC)
– la pile à combustible à membrane échangeuse de proton (polymer electrolyte membrane
fuel cell : PMEFC)
– la pile à combustible à méthanol direct (direct methanol fuel cell : DMFC)
– la pile à combustible à acide phosphorique (phosphoric acid fuel cell : PAFC)
Les piles à haute température fonctionnent entre 600 ◦ C-1000 ◦ C :
Piles à combustible de type PEM 13
1
H2 + O2 → H2 O (1.1)
2
F IG . 1.6: Schéma d’une MEA relatif au principe de fonctionnement d’une pile de PEM
les ions et les électrons sont produits par l’oxydation du combustible (hydrogène), selon
l’équation 1.2. Les électrons sont toujours transférés de l’anode à la cathode. Et puis, à la
cathode, les électrons permettent la réduction de l’oxydant (oxygène de l’air) et la produc-
tion des ions d’oxygènes comme l’équation 1.3. Les réactions électrochimiques peuvent être
représentées de façon schématique par :
À l’anode :
H2 → 2H + + 2e− (1.2)
À la cathode :
1
O2 + 2e− → O2− (1.3)
2
O2− + 2H + → H2 O (1.4)
1
O2 + 2H + + 2e− → H2 O+ électricité + chaleur (1.5)
2
1
∆gf = (gf ) des produits − (gf ) des réactifs = (gf )H2 O − (gf )H2 − (gf )O2 (1.6)
2
où ∆gf0 est la variation de l’énergie libre de Gibbs à la pression standard (1 bar) qui dépend
de la température T exprimée en Kelvin. pH2 , pO2 et pH2 O sont les pressions d’hydrogène,
d’oxygène et de vapeur d’eau. R est la constante universelle des gaz (8,31451 J.kg −1 .K −1 ).
Notons que la valeur de ∆gf0 est négative (-237.2 kJ.mol−1 ) car l’énergie est libérée par la
réaction. S’il n’y avait pas de pertes dans la pile à combustible, toute l’énergie libre de Gibbs
serait convertie en énergie électrique. Pour chaque môle d’hydrogène, deux électrons passent
par le circuit électrique externe et le travail électrique est égal à la variation de l’énergie libre
de Gibbs si le système est sans pertes, le travail électrique effectué est :
partie de l’énergie chimique est convertie en chaleur. Le terme −∆gf /2F varie en fonction
du point de fonctionnement. Il est égal à 1,229 volt à l’état standard (25 ◦ C) et 1 bar. On peut
exprimer la tension E sous la forme [BL05] :
1
E = 1.299 − 0.85 × 10−3 ¦ (T − 298.15) + 4.3085 × 10−5 T ¦ [ln(pH2 ) + (pO2 )] (1.10)
2
Les pertes ohmiques sont dûes à la résistance qu’opposent les électrodes et les plaques
bipolaires à la circulation des électrons et l’électrolyte au passage des protons. La chute de
tension ohmique correspondante s’écrit :
où Rm est la résistance totale de la pile à combustible, IF C est le courant délivré par la pile
à combustible, in est le courant interne permettant de tenir compte d’une éventuelle traversée
de gaz et/ou d’électrons à travers l’électrolyte. Sur la figure 1.7, nous pouvons constater que
la perte ohmique correspond à un grand domaine dans la courbe, la résistance a donc un
rôle important dans la performance des piles. Ces pertes sont proportionnelles au courant
électrique. La résistance totale comprend la résistance ohmique et la résistance de contact.
La résistance ohmique est dûe à la résistance électrique du matériau par les composants eux-
mêmes de la pile comme MEA, GDL et BPP. La résistance de contact est dûe à la résistance
de la conductivité sur les interfaces entre les composants de la pile telles que MEA et GDL
ou GDL et BPP. La résistance de contact peut conduire à une performance médiocre de la
pile à combustible et produire de la chaleur susceptible de provoquer une fissure thermique.
Les résistances existantes sont dues à la structure de la pile à combustible et au processus
opératoire que nous allons présenter par la suite.
La structure de la pile de PEM est simple par rapport aux autres types de piles à combus-
tibles parce que les composants de la pile sont solides et modulaires. Aujourd’hui, beaucoup
de développeurs ont proposé leur conception des piles. Une structure typique de la pile de
PEM a été introduite, la figure 1.8 montre un schéma de la structure d’un empilement de la
pile PEM.
Un empilement de la pile est constitué de cellules unitaires, serrées par des plaques de
serrage (PS) aux deux extrémités pour la conductivité électrique entre ces plaques.
Une cellule unitaire comprend 5 éléments : Un assemblage membrane des électrodes
(MEA), deux couches de diffusion gazeuses (GDL) et deux plaques bipolaires (BPP). La
plaque MEA est insérée entre deux GDLs en carbone poreuses enduites de PTFE [Pou63]
18 Chapitre 1 : Présentation de la pile à combustible
pour distribuer les combustibles sur les électrodes. Les GDLs et la plaque MEA sont en-
core pris en sandwich entre deux BPPs en graphite, sur lesquelles la distribution des canaux
gravés et des dents est alternée.
La réalisation complète d’une telle structure comprend 4 étapes principales comme :
– l’alimentation des gaz réactifs ;
– la réaction électrochimique ;
– la conductivité ionique par l’électrolyte et conductivité électrique de l’anode à la ca-
thode ;
– l’évacuation de l’eau produite.
F IG . 1.9: Assemblage d’une cellule de la PAC de PEM avec tous les composants
la conductivité électrique dans le schéma 1.11. Les ions passent par la membrane échangeuse
de l’anode à la cathode. En revanche, les électrons doivent parcourir une longue distance,
traverser les GDLs, BPPs de l’anode d’un MEA à l’autre cathode du MEA suivant. Ainsi,
la conductivité électrique se passe entre les plaques de l’empilement de la PAC d’un côté à
l’autre.
La résistance électrique est inévitable pendant la conductivité électrique, ce qui conduit à
une perte de performance comme on le présente dans la courbe de polarisation (figure 1.7).
La résistance des plaques et la résistance entre les plaques ont des influences importantes
sur la performance de la PAC. Pour les ions, la résistance est déterminée par l’épaisseur
du MEA. Une épaisseur mince facilite la conductivité des ions et réduit donc la résistance.
La conductivité électrique est dûe non seulement aux résistances des plaques eux-même,
mais aussi aux résistances de contact aux interfaces entre GDL et MEA, GDL et BPP. Les
caractéristiques mécaniques aux interfaces de la PAC sont donc importantes.
Tout comme une bonne conductivité des électrons, l’alimentation efficace des gaz est
aussi importante. Il est nécessaire d’alimenter les gaz réactifs de manière continue pour une
production continue des électrons de la pile. Par ailleurs, la demande des gaz réactifs est forte
pour un niveau élevé en courant électrique. L’alimentation uniforme des gaz offre un temps
suffisant de la réaction. L’alimentation des gaz réactifs est réalisée par canaux gravés sur la
BPP et par porosité de la GDL. D’une part, la configuration, la forme et la taille des canaux
des BPPs sont fondamentales dans l’alimentation des gaz réactifs ; et d’autre part, la porosité
Piles à combustible de type PEM 21
des GDLs est importante dans le transfert des gaz réactifs vers les MEAs pour la réaction
électrochimique.
Sur la figure 1.12, un profil de MEA est représenté. Il se compose d’une membrane échan-
geuse (ou membrane d’électrolyte de polymère) solide serrée entre deux électrodes, l’anode
et la cathode. Les électrodes fournissent l’interface entre les gaz réactifs et l’électrolyte. Elles
doivent permettre le passage des gaz réactifs humides, fournir une surface de réaction où les
gaz entrent en contact avec l’électrolyte, être conductrices aux électrons libres et assurer le
passage des ions vers la cathode.
améliore la réaction chimique en fournissant les sites de réaction mais n’est pas consommé
dans le procédé. Le platine est typiquement utilisé en raison de sa haute activité, sa stabilité
et sa conductivité électrique.
La membrane d’électrolyte est très mince, son épaisseur varie de 50 à 200 microns, dans
le but de conduire les protons de l’anode vers la cathode tout en étant un excellent isolant
des électrons. Son épaisseur est issue d’un compromis entre le gain en performance et une
certaine épaisseur permettant de séparer les gaz hydrogène et oxygène, sans quoi, les deux
demi-réactions d’oxydoréduction seraient alors localisées au même endroit et aucun électron
ne circulerait par le circuit externe.
Enfin, la membrane très mince et fragile doit tenir mécaniquement car étant au cœur de
la pile, son endommagement peut diminuer la durée de vie des piles. D’ailleurs dans un
empilement de la pile, assemblé en série électrique, un dysfonctionnement d’un composant
d’une cellule peut conduire aux dysfonctionnements de tout l’empilement de la pile.
Un certain nombre de membranes commerciales sont disponibles, dont la série de N af ionr
[DuP06] de perfluorosulfonic acid (PFSA) d’utilisation très large, produit par Dupont, dont
les caractéristiques sont indiquées dans le tableau 1.2.
La figure 1.12 montre que la GDL s’est imprégnée du MEA, pour fournir une plus grande
interface possible et jouer un triple transport des gaz réactifs, des électrons et de l’eau pro-
duite sur toute la surface de l’électrode.
Cette couche conductrice et poreuse est classiquement en tissu, mousse, hydrophobe (non-
mouillable) et non-corrosive. Les couches poreuses sont là d’une part pour assurer une répar-
tition uniforme des gaz de canaux sur l’ensemble des électrodes, d’autre part, pour évacuer
l’eau produite à la cathode durant la réaction électrochimique. Des particules hydrophobes de
polytétrafluoroéthylène (PTFE) sont ajoutées aux couches poreuses, afin d’éviter l’accumu-
lation d’eau durant la réaction électrochimique. Afin de mieux connaître la structure d’une
Piles à combustible de type PEM 23
GDL, des images par microscope électron scanners (SEM) ont été capturées sur la couche
de fibre carbone de la GDL (figure 1.13).
L’épaisseur des couches est de quelques centaines de microns pour faciliter la conductivité
des électrons de l’anode à la cathode. En fait, l’utilisation des GDLs est venue de TOARY
au Japon, SGL en Allemagne et BALLARD au Canada, etc.. Etant donné le coût de la GDL,
la série de TGP-H de TORAY est prise en compte dans nos études. Les caractéristiques des
GDLs de la série de TGP-H de TORAY sont indiqués dans le tableau 1.3 [Jap08].
Les plaques bipolaires sont comme une frontière entre deux cellules de la pile et inter-
viennent dans leur tenue mécanique. Elles constituent 80% du poids d’un empilement de
24 Chapitre 1 : Présentation de la pile à combustible
la pile. L’utilisation des plaques nécessite un usinage de petits canaux et de petits dents al-
ternés à la surface des plaques bipolaires afin d’approvisionner les gaz et de transférer les
électrons. Les plaques peuvent prendre des formes diverses et variées. On trouve ainsi les
configurations parallèles, serpentins, parallèle-serpentins, grille, etc. comme indiqué dans la
figure 1.14.
entre la GDL et les petits dents de la BPP. La configuration des dents est donc un paramètre
important pour la performance de la PAC. Les canaux sont significatifs pour l’alimentation
des gaz réactifs et les dents de la BPP en contact avec la GDL déterminent la conductivité
des électrons produits.
Des caractéristiques des bipolaires et des paramètres sont indiqués dans le tableau suivant
[All09].
Une compression suffisante des joints est nécessaire pour assurer une parfaite étanchéité
26 Chapitre 1 : Présentation de la pile à combustible
de la PAC. En effet, le niveau minimum de compression des joints est donné par :
∆d
ε= × 100% (1.13)
d0
Un paramètre principal qui influence l’état de contact est la force de serrage par boulons
tirants. Cette force permet de maintenir les éléments de l’empilement en contact les uns avec
les autres pendant l’assemblage. Une force élevée conduit à l’augmentation de la conductivité
et de la densité de puissance de la PAC [CHWC07]. Lee et al. [LHVZM99] ont fait des
expériences avec trois types de GDLs : TORAY, ELAT, une combinaison de TORAY et
CARBEL, sous trois types de forces de serrage, 100, 125 and 150 in.lbf (1 in.lbf= 0.113
N.M). Avec ces trois forces de serrage, ils ont constaté que chaque GDL a sa propre force
de serrage optimale pour acquérir une puissance maximale de la pile. Les résultats montrent
que la performance de la pile est influencée par la force de serrage. Ge et al. [GHL06] ont
trouvé qu’il existe une force de serrage optimale donnant la meilleure performance des piles
possible : si la force de serrage est inférieure à la force optimale et qu’elle augmente, la
performance augmente. Chang et al. [CHWC07] ont trouvé que l’influence de la force de
serrage sur la performance des piles est principalement dû au changement de la résistance
de l’interface entre GDL et BPP. Une force élevée peut diminuer la résistance de contact
aux interfaces de la PAC. De plus, Wang et al. [WSZ08] ont étudié l’influence de la force
de serrage uniforme sur la performance de la PAC. Dans son expérience, ils ont trouvé que
la performance de la PAC avec une force répartie uniformément est meilleure qu’avec une
force conventionnelle. Mishra et al. [MYP05] et Wang et al. [WST03] ont développé une
relation entre la résistance de contact et la force de serrage, ils ont constaté une diminution
de la résistance de contact lorsqu’on augmente la force de serrage.
28 Chapitre 1 : Présentation de la pile à combustible
Les modélisations théoriques étant complexes, des expériences ont permis de découvrir
certains liens entre les efforts appliqués à la pile et l’efficacité de celle-ci. Cependant les ex-
périences sont souvent coûteuses et n’offrent qu’un résultat global sur la pile, ne permettant
pas d’identifier clairement les interactions des phénomènes mécaniques aux interfaces sur la
performance de la PAC. Des modélisations numériques ont donc été abordées.
D’après les expériences de Mishra et al. [MYP04], Mishra et al. [MYP05] et Wang et al.
[WST03], Zhou et al. [ZWM06] ont évalué la résistance de contact par rapport à l’aire de
contact et à la pression de contact entre la BPP et la GDL par une équation semi-empirique.
Dans leur modèle 2D, la méthode des éléments finis est utilisée afin d’étudier l’influence
de différents configurations de la BPP sur la résistance aux interfaces entre la GDL et la
BPP. Zhang et al. [ZLS+ 06] ont étudié la résistance de contact par une expérience, ils ont
obtenu une équation précise pour évaluer la résistance de contact. Ils ont ensuite développé
un modèle numérique 3D afin d’étudier l’influence de différentes forces de serrages sur la
résistance de contact aux interfaces. La simulation montre que la résistance de contact est
liée à l’aire de contact par l’équation suivante :
A B
RBP P /GDL = + (1.14)
Acontact C
où, RBP P /GDL est la résistance de contact entre la BPP et la GDL, Acontact est l’aire de
contact, A, B sont les facteurs constants obtenus par l’expérience, et C est le chargement
extérieur. L’équation de Zhang et al. [ZLS+ 06] montre que l’aire de contact est un paramètre
important dans l’évaluation de la résistance de contact dans la PAC. Ainsi toute étude per-
mettant de connaître précisément l’aire de contact permettra de bien évaluer la résistance de
contact.
q·δ
k = K·υ = (1.15)
A · ∆p
Étude mécanique de la structure avec des interfaces multi-contacts 29
où q est le flux de fuite gazeuse ; υ est l’épaisseur de la couche ; A est l’aire de la couche ;
∆p est la différence de pression ; δ est la vélocité gazeuse, K est la perméabilité gazeuse
de la couche et k est la perméabilité gazeuse spécifique. Mais la loi de Darcy est une loi
idéale, une relation entre la perméabilité et la propriétés des pores fut proposée par Kozeny
et modifiée par Carman. L’équation résultante est connue sous le nom de Kozeny-Carman
(KC), elle est une prédiction plus précise, fonction de la porosité et de la taille du filament
des fibres. Depuis sa première apparition, cette équation a pris plusieurs formes, celle qui est
couramment utilisée [FPA06] est :
ϕ3
k=C (1.16)
(1 − ϕ)2
ϕ (ϕ − εp )α+2
k = r2 (1.17)
8ln2 ϕ (1 − εp )α [(α + 1)ϕ − εp ]2
Le tableau 1.5 donne les paramètres concernant les filaments de la plaque GDL utilisés
dans le modèle de Tomadakis.
Actuellement, la plupart des études dans ce domaine fait l’hypothèse simplificatrice d’une
porosité de la GDL constante. Cependant, ceci ne peut pas refléter l’importance de la porosité
de la GDL sur la performance des piles. Tout changement de la morphologie de la GDL peut
conduire à une influence importante sur les performances des piles à travers le changement
de la porosité de la GDL.
La porosité est un facteur permettant d’évaluer l’espace au transport des fluides. C’est le
pourcentage de l’espace poreux par unité de volume total. La porosité est définie comme :
Vp
ϕ= (1.18)
Vt
où Vp est le volume poreux et Vt est le volume total. Le volume solide comme le volume
des fibres de la GDL est Vs = Vt − Vp . Si la plaque GDL est déformée sous une force
extérieure, la porosité de la GDL ϕ après la déformation par rapport à la porosité initiale ϕ0
Étude mécanique de la structure avec des interfaces multi-contacts 31
devient :
où Vt0 est la valeur initiale du volume total, ∆Vt est sa variation ; Vs0 est la valeur initiale
du volume solide, ∆Vs est sa variation.
ϕ0 − εv + ∆Vs /Vt0 ϕ 0 − εv + εs
ϕ= = (1.20)
1 − εv 1 − εv
avec,
Si le changement du volume solide des fibres peut être négligée, c’est-à-dire, ∆Vs = 0,
l’équation 1.21 devient :
ϕ 0 − εv ϕ0 − 1
ϕ= =1+ (1.22)
1 − εv 1 − εv
mérique, tel que Gostick et al. [GFP+ 06] et Feser et al. [FPA06], une simulation simple a été
présentée pour observer la performance de la PAC en fonction de la perméabilité. Williams
et al. [WBB+ 04] ont étudié certains effets de la variation de la perméabilité de la GDL et
ont constaté une faible proportionnalité entre la perméabilité et la performance de la PAC.
Cependant, ces études n’ont pas évoqué d’interactions entre des effets mécaniques et la per-
méabilité de la GDL.
En effets, la pile à combustible est une structure multi-contacts dans laquelle des phé-
nomènes multi-physiques sont couplés. Des interactions de ces phénomènes influencent la
performance de la PAC et sa durée de vie. Il est donc important d’étudier en détails les effets
mécaniques pour mieux connaître les interactions au niveau de la pile.
F IG . 1.19: Schéma des phénomènes mécaniques existants dans une pile de PEM
La force de serrage permet tout d’abord l’étanchéité des piles. Une parfaite étanchéité est
une condition indispensable pour le fonctionnement normal de la pile. En effet, la perte des
gaz peut réduire la puissance de la pile et la rencontre directe de l’oxygène et l’hydrogène
conduit à une explosion dans la pile [AUW05][HSK07].
Sous l’action de la force de serrage par boulons tirants, les MEAs, GDLs et BPPs sont
assemblés pour former une cellule. Les composants rentrent en contact aux interfaces. À
l’interface BPP/GDL, ce sont plus exactement les dents de la BPP qui sont en contact avec la
GDL. Dans notre étude, le contact aux interfaces est une condition essentielle pour garantir
le transfert des électrons.
Au niveau des efforts, la cellule d’une pile est en équilibre, la force de contact sur les
interfaces est égale à la précharge extérieure. Dans nos études, les matériaux sont élastiques,
l’augmentation de la précharge extérieure peut conduire à l’augmentation de la force de
contact et modifier l’état de contact sur les interfaces. Dans certains cas, la force de contact
peut provoquer des fissures mécaniques sur les interfaces.
déformer plus que la BPP et la MEA car son module de Young est petit [JL09]. La GDL
est en papier carbone, avec une porosité élevée afin de faciliter le transfert des gaz. Pour
une GDL de type de TGP-H120, la porosité initiale est de ϕ0 = 78% [All09]. Pendant
l’assemblage de la pile, la plaque GDL est déformée, ce qui peut nuire au passage des gaz
réactifs et diminuer la performance de la PAC. Chang et al. [CHWC07] ont étudié qu’une
force de serrage élevée peut abaisser l’épaisseur, la porosité et la perméabilité de la plaque
GDL et bloquer le transfert des gaz et des électrons, diminuant ainsi la performance de la
pile.
1.6.3 Contact
Le contact est un phénomène non linéaire, complexe et s’appliquant sur des zones pas
toujours évidentes à déterminer, sa prise en compte entre composants de la PAC est impor-
tante afin d’étudier le comportement mécanique aux interfaces. Il est évident que les effets
mécaniques sur les interfaces comme la force de contact joue un rôle fondamental dans le
comportement de la structure.
La résistance de contact permet à un courant électrique de traverser deux composants
dissociables. Une petite résistance peut favoriser le transfert des électrons au sein des piles.
En effet, la résistance de contact dépend fortement d’un parfait état du contact entre les
composants de la PAC. Une séparation de contact peut fortement diminuer la densité de
puissance de la PAC. Il est donc très important d’étudier le contact au sein d’une pile afin de
pouvoir diminuer la résistance de contact dans la PAC.
F IG . 1.20: Fissure sur GDL [SLC+ 08] F IG . 1.21: ’Pinhole’ sur MEA [SH04]
1.7 Conclusions
Au début de ce premier chapitre, nous avons présenté le problème énergétique dans le
monde, l’énergie d’hydrogène est une énergie renouvelable pour le futur, la pile à combus-
tible permet de transformer efficacement de l’énergie chimique en énergie électrique. De
toute la famille des piles à combustibles, la pile à combustible avec la membrane échan-
geuse des protons (PEM) est la plus adaptée à une application dans le transport. Les effets
mécaniques existants dans la pile à combustible influencent la performance de la PAC et sa
durée de vie. Il est donc important d’étudier ces effets. La modélisation numérique est une
approche efficace afin d’étudier les multi-contacts aux interfaces de la PAC.
37
Chapitre 2
2.1 Introduction
Dans le cadre de cette thèse, la modélisation de la pile nécessite une phase de calcul des
forces de contact dans le cas de contacts multiples et simultanés avec frottement. Dans ce
chapitre, nous allons nous intéresser à la résolution du problème du contact. Pour cela, nous
procéderons comme suit :
– dans la première partie, nous effectuerons un rappel de la méthode des éléments finis,
– dans deuxième partie, nous effectuerons un rappel des notions de cinématique du contact,
– dans la troisième partie, nous aborderons la mise en œuvre de la résolution numérique
des méthodes les plus utilisées pour intégrer la résolution du contact avec la méthode
des éléments finis.
ments finis offrent certaines voies de résolution des phénomènes mécaniques aux interfaces
de contact.
La méthode des éléments finis s’applique pour l’analyse des déformations et des contraintes
dans des structures mécaniques. Elle est aussi utilisée dans des problèmes de conduction ther-
mique, d’écoulement de fluides et de flux gazeux ou magnétiques, etc.. Plus généralement,
cette technique permet de résoudre des équations différentielles en temps et aux dérivées
partielles en espace avec conditions aux limites [Nes04].
Pour une étude plus approfondie de la méthode des éléments finis, nous conseillons les
cours de Garrigues [Gar99] et de Hunter [HP98] et les ouvrages de références de Zienkiewicz
[ZWHT84], de Bathe [Bat82] et de Hughes [Hug87].
2.2.1 Principe
La méthode des éléments finis est un outil de discrétisation. Elle permet de diviser un
milieu continu complexe (un objet) en un certain nombre fini d’éléments géométriques (un
maillage) relativement simples appelés éléments finis, comme des tétraèdres ou des hexa-
èdres. Les champs physiques sont interpolés sur chaque élément en fonction de leur valeur
en certains points nommés nœuds. Dans les cas les plus simples ces nœuds sont situés aux
sommets de l’élément. A chaque élément est défini un système d’équations obtenu à partir
d’une formulation intégrale variationnelle des équations. Puis un processus d’assemblage
prenant en compte la connectivité entre tous les éléments mène à la construction d’un en-
semble d’équations à résoudre. La résolution de ce système d’équations, en tenant compte
des conditions imposées aux limites du système, permet d’obtenir une approximation conti-
nue des problèmes [CB97].
2.2.2 Maillage
Les éléments finis peuvent être de différentes formes : en dimension 2 les formes les
plus couramment utilisées sont les triangles ou les quadrilatères. En dimension 3, ceux sont
les tétraèdres ou les hexaèdres. Il est possible d’utiliser différents types d’éléments dans
un même maillage mais cela complique significativement l’écriture du système. Dans la
majorité des cas, un seul type d’éléments est utilisé pour un maillage donné, (figure 2.1).
Plus le maillage est fin, plus le calcul est précis, mais coûteux. Un compromis s’impose
donc entre la finesse de la discrétisation des objets et le coût du calcul. Nous pouvons aussi
réaliser un maillage grossier dans certaines régions et plus fin dans d’autres, en fonction de
l’importance des déformations et afin d’augmenter la précision là où le calcul s’en fait res-
sentir. Ainsi nous pouvons adapter la densité d’éléments selon les nécessités de la simulation.
Un avantage supplémentaire est apporté par cette représentation locale des propriétés mé-
caniques. Comme les paramètres mécaniques sont associés à chaque élément d’un maillage,
il est possible de construire des modèles hétérogènes composés de différentes structures im-
briquées et de propriétés mécaniques différentes.
À chaque élément fini est associé un certain nombre de nœuds. Les nœuds forment l’en-
semble discret des points du système en lesquels les propriétés physiques sont calculées.
L’ensemble des nœuds ne se limite pas forcément aux sommets des éléments finis. Il est
possible de définir des nœuds additionnels, par exemple un quadrilatère à 8 nœuds ou un
tétraèdre à 10 nœuds (figure 2.2) afin d’assurer une meilleure continuité à la frontière entre
les sous domaines et d’approcher au mieux la solution cherchée.
u = Ne u(e) (2.1)
¯ ¯ ¯
N1 0 0 ¯ N2 0 0 ¯ ... ¯ Ns 0 0
¯ ¯ ¯
¯ ¯ ¯
avec : Ne = 0 N1 0 ¯ 0 N2 0 ¯ ... ¯ 0 Ns 0
¯ ¯ ¯
0 0 N1 ¯ 0 0 N2 ¯ ... ¯ 0 0 Ns
n oT
(e) (e) (e)
u (e) (e)
= u1 u2 . . . us , ui = {ui vi wi }T
Méthode des éléments finis (MEF) 41
(e)
ui représente le vecteur déplacement du nœud i appartenant à l’élément e, de même on
(e)
peut lui associer son vecteur position xi = {xi , yi , zi }T .
2.2.4 Assemblage
Dans un maillage d’éléments finis, un nœud donné appartient en général à plusieurs
éléments et la déformation de chacun d’entre eux induit une force en ce nœud. Le calcul
des forces se fait ainsi élément par élément avec des systèmes locaux. Les sommets com-
muns sont des nœuds de connexion qui permettent l’assemblage de tous les systèmes lo-
caux en un grand système global contenant les équations de tous les nœuds. Cela nécessite
une renumérotation des nœuds à travers une table de connectivité. Pour l’ensemble des n
nœuds qui discrétisent l’objet déformable S, on définit le vecteur de position global X =
{x1 , x2 , x3 , ........, xn }T et le vecteur de déplacement globale U = [u1 , u2 , u3 , ........, un ]T .
Le processus d’assemblage est relativement coûteux numériquement. Dans ce qui suit nous
aborderons uniquement la formulation de modèles physiques simples qui peuvent être réso-
lus de manière rapide par la méthode des éléments finis.
Un matériau élastique se déforme sous l’action de certaines forces et regagne son état de
repos, en passant par le même chemin, une fois que ces forces disparaissent. Il restitue ainsi
toute l’énergie qu’il avait absorbée. L’élasticité est de plus linéaire lorsqu’il y a proportion-
nalité entre déformations et efforts imposés. Ce cas particulier n’est constaté qu’en petites
déformations (voir figure 2.4). En général, on considère qu’un matériau élastique n’est plus
linéaire lorsque les déplacements élastiques dépassent 10% de la taille de l’objet considéré.
Au delà, il faut utiliser la théorie de la MMC (Mécanique des Milieux Continus) en grandes
déformations [PDA01]. Pour plus de détails sur les concepts abordés dans ce paragraphe,
nous conseillons les ouvrages de François et al. [FPZ90], de Fung [Fun65] et de Spencer
[Spe84] ; de Ciarlet [Cia88], [Cia90], [Cia97], de Oden [Ode67] et de Ogden [Ogd84].
Nous allons aborder dans la suite quelques éléments de la théorie de la MMC en élasticité
linéaire. Les petites déformations peuvent être écrites d’une manière condensée comme :
εxx
³ ´
εyy
ε = ∂u , εxy = 1 ∂u ∂v
+ ∂x
ε
xx ∂x 2 ∂y
zz ∂v
¡
1 ∂u ∂w
¢
ε= avec εyy = ∂y , εxz = 2 ³∂z
+ ∂x ´
2εxy
ε = ∂w , εyz = 1 ∂v
+ ∂w
2εxz
zz ∂z 2 ∂z ∂y
2ε
yz
On définit ainsi un opérateur de dérivation S entre les petites déformations ε et les dépla-
cements u = {u, v, w}T tel que :
ε = Su (2.2)
∂
∂x
0 0
0 ∂
0
∂y
0 0 ∂
∂z
avec S = ∂
∂y ∂
0
∂x
∂ 0 ∂
∂z ∂x
∂ ∂
0 ∂z ∂y
Loi de Hooke : La loi de Hooke est une loi de comportement du matériau qui lie les
petites déformations ε aux contraintes σ et qui s’applique aux matériaux isotropes (propriétés
du matériau identiques dans toutes les directions), homogènes. Cette loi est linéaire et peut
se mettre sous la forme suivante :
σ = Dε (2.3)
avec
Méthode des éléments finis (MEF) 43
λ + 2µ λ λ 0 0 0
λ λ + 2µ λ 0 0 0
λ λ λ + 2µ 0 0 0
D=
0 0 0 µ 0 0
0 0 0 0 µ 0
0 0 0 0 0 µ
E νE
µ= λ=
2 (1 + ν) (1 − 2ν) (1 + ν)
Dans le cas d’un modèle statique ou quasi-statique, on ne prend pas en compte les forces
inertielles liées aux accélérations. La méthode des éléments finis basée sur la théorie de la
MMC en élasticité linéaire permet de construire une matrice de rigidité constante.
Les équations du modèle statique sont obtenues par application du principe des travaux
virtuels appliqué à chaque élément :
(e) (e)
δWint + δWext = 0 (2.4)
avec
Z
(e)
δWint =− δεT σ dv
Ωe
(e) T (e)
δWext = δu(e) fext
(e) T T (e)
δWint = −δu(e) K(e) u(e) = δu(e) fint (2.5)
44 Chapitre 2 : Méthodes numériques et résolution du problème de contact
avec
Z
(e)
K = BT DB dv, B = SN(e)
Ωe
En utilisant l’équation 2.4, la relation 2.5 et par application du principe des travaux vir-
tuels, on obtient les équations d’équilibre :
(e)
K(e) u(e) = fext (2.6)
Le calcul de la matrice de raideur K(e) est élémentaire lorsque les fonctions de forme sont
linéaires car la matrice B est constante et indépendante des variables d’intégration. Dans le
cas contraire, le calcul de K(e) est discrétisé en des points particuliers appelés «points de
Gauss» [Zie77]. Les matrice K(e) sont indépendantes de u(e) et donc des déformations.
La table de connectivité associée au maillage, nous permet de construire une matrice de
raideur globale K(3n × 3n) où n représente le nombre de nœud du maillage. Le système
linéaire global s’écrit alors sous la forme matricielle :
KU = Fext (2.7)
Cette matrice K née du regroupement des K(e) est creuse puisque un nœud ne peut appar-
tenir qu’à un nombre très limité d’éléments. Elle est par contre symétrique, définie positive et
il est possible de la mettre sous la forme d’une matrice bande afin d’appliquer des méthodes
optimisées de résolution du système d’équations 2.7.
1¡ T ¢
E = ε+ ∇u ∇u (2.8)
2
Dans le cas des lois élastiques ou hyper-élastiques, il existe un potentiel élastique W (ou
densité d’énergie) qui est une fonction scalaire du tenseur des déformations. Les contraintes
représentent la dérivée par rapport aux déformations de cette fonction scalaire. Dans le cas
particulier des modèles isotropes de Saint-Venant-Kirchhoff, on obtient une relation entre
contraintes et déformations similaire à la loi de Hooke :
S = DE (2.10)
(e)
∂fint
K(e) = = K(e) (e) (e)
e + Kσ + Ku (2.12)
∂u
avec
Z
Ke(e) = BTL DBL dV (2.13)
V0
Z
∂BN L
Kσ(e) = S dV (2.14)
V0 ∂u
Z
¡ ¢
Ku(e) = BTL DBN L + BTN L DBL + BTN L DBN L dV (2.15)
V0
Deux corps déformables B α (figure 2.5), α = 1, 2 sont considérées. Chacun des deux
occupe, à l’instant initial, les ensembles fermés Ωα ⊂ R3 , constitués de points X α . Les
deux corps sont élastiques et peuvent subir de grandes déformations. La frontière Γα de
chaque corps est supposée suffisamment régulière pour qu’un vecteur normal unitaire vers
l’extérieur, noté par nα , puisse être défini à tout point P sur Γα . À chaque fois t ⊂ I,
où I = [0, T ] donne l’intervalle de temps correspondant à la procédure de chargement, la
fontière Γα du corps B α peut, en fait, être partitionnée en trois. Γαu où le déplacement uα
est donné, Γασ où la charge sur la frontière σ α est donnée, et Γαc est défini comme la zone
potentielle de contact sur laquelle B 1 et B 2 peuvent éventuellement venir en contact à un
instant tc . Cette nouvelle décomposition de la frontière de chacun des deux solides doit
vérifier :
Dans la suite, les deux corps B α , α = 1, 2 (l’un étant l’impacteur et l’autre étant l’obs-
Cinématique du contact 47
tacle) doivent subir une condition de non pénétration que l’on peut traduire par :
B1 ∩ B2 = ∅ (2.17)
Les deux corps sont en contact à l’instant tc si les éléments de frontières ont une partie
commune, sinon, aucun contact n’existe entre les deux corps.
En cette partie commune aux deux frontières, nous pouvons décrire à chaque instant t les
α
domaines de déplacement uα défini sur la Ω . Sur la surface de contact, une normale unique
n orientée vers B 1 (n ≡ n2 ) est définie, et le plan tangent, orthogonal à n dans le R3 , est
donné par T. Afin de construire une base locale orthogonale, deux vecteurs unitaires tx et ty
sont définis dans le plan T. Pour décrire l’interaction du contact frottant qui peut se produire
sur Γc , nous introduisons la vélocité relative en ce qui concerne B 2 .
où u̇1 et u̇2 sont les vitesses des déplacements respectivement de B 1 et B 2 . Soit r la force
de contact exercée par B 1 sur B 2 en P . Le principe d’action-réaction nous permet d’écrire
que le solide B 1 subit la réaction de contact −r. Dans le repère local du contact, u̇ et r peut
être décomposés de manière unique sous la forme :
Xα (t) = Xα (t = 0) + uα (2.22)
h = (X1 − X2 ) · n ≥ 0 (2.23)
rn (x1t+∆t ) ≥ 0, (2.24)
3. condition complémentaire : cette dernière condition assure qu’il ne peut y avoir une
force de réaction entre B 1 et B 2 que s’il y a contact :
rn
contact
non-contact g
g0 + un ≥ 0 , rn ≥ 0 , (g0 + un ) · rn = 0. (2.27)
Considérons maintenant le cas de deux solides initialement en contact sur une partie de
Γc . Sur cette partie de Γc , les conditions de Signorini se réduisent à :
un ≥ 0 , rn ≥ 0 , un · rn = 0. (2.28)
Ainsi, pour tout t ∈ I, les surfaces potentielles de contact Γαc (α = 1, 2) peuvent être
découpées en deux parties distinctes : + Γαc sur laquelle les deux corps sont effectivement en
contact et − Γαc pour laquelle il n’y a pas, à ce moment précis, de contact. Nous avons donc :
En revanche Γαc , + Γαc et − Γαc changent avec le temps t et peuvent être vides pour certains
t ∈ I. Nous devons souligner que avec l’équation (2.28) traduit le fait que lorsque les deux
solides sont en contact, seule une séparation est autorisée. Elle ne permet pas d’exprimer la
mise en contact de nouvelles zones.
Dans le contexte de la dynamique, il est possible d’exprimer les conditions de Signorini
en + Γαc en terme de vitesse :
+ α
u̇n ≥ 0 , rn ≥ 0 , u̇n rn = 0 sur Γc . (2.30)
Il est important de noter que cette dernière formulation (équation 2.30) n’est valable que
si les deux solides sont initialement en contact.
dépend des matériaux. Afin de refléter ce qu’il a observé par expérimentation, Coulomb a
imposé une dépendance du seuil de glissement vis à vis de la réaction normale. Ainsi, la loi
de frottement de Coulomb s’écrit :
Si krt k < µrn alors u̇t = 0 (adhérence)
rt (2.31)
Si krt k = µrn alors ∃λ > 0 tel que u̇t = −λ . (glissement)
krt k
∆xt = xt (t + ∆t) − xt (t) mais du fait que le point Q soit le point projeté orthogonalement
de P, on a xt (t) = 0 ce qui implique que ∆xt = xt (t + ∆t) = xt . On a donc :
(
krt k < µrn si kxt k = 0
Coulomb(xt , rt ) ⇔ (2.33)
rt = −µrn kxxtt k si kxt k 6= 0
rt
glissement
µrn
adhérence
−u̇t
−µrn
glissement
En couplant cette loi avec les conditions de Signorini, nous pouvons définir l’ensemble
fermé et convexe K µ des forces de réactions admissibles par :
© ª
K µ = r ∈ R3 tel que krt k − µrn ≤ 0 . (2.34)
la figure 2.8. Nous y retrouvons les trois statuts de contact possibles : non-contact, contact
adhérant et contact avec glissement.
rn
adhérence
glissement
rt2
non-contact rt1
Une manière élégante de mettre en avant les différents statuts de contact consiste à écrire
la loi complète de contact avec frottement sous la forme d’une double boucle de type « Si ...
alors ... sinon.
signification physique et qui doivent être déterminés pour chaque cas étudié,
– la méthode du Lagrangien augmenté : dans cette dernière méthode, les déplacements et
les réactions de contact sont déterminés simultanément [AC91, SL92, dSF91, Kla92,
dSF98, CKPS98]. Cette méthode présente l’avantage de fournir un résultat qui vérifie
exactement les conditions de contact. De plus, le paramètre utilisé dans la méthode
n’influe pas sur la précision du résultat mais seulement sur la vitesse de convergence
de l’algorithme.
La formulation du problème de contact avec la méthode de fonction de pénalisation
conduit à une seule résolution globale en déplacements car les forces de contact sont explici-
tement définies en fonction des déplacements. Par contre, dans les deux autres méthodes, les
forces de contact sont définies d’une manière implicite et constituent des inconnues supplé-
mentaires qui s’ajoutent aux inconnus en déplacement dans le système d’équations d’équi-
libre global des corps en contact. Deux approches sont alors possibles pour déterminer ces
deux inconnus. La première consiste à les résoudre simultanément d’une manière globale.
La deuxième approche dite «mixte» consiste à les résoudre séparément de manière succes-
sive. Les forces de contact sont tout d’abord déterminées d’une manière locale par réduction
des équations d’équilibre aux points de contact. Les déplacements sont alors obtenus par une
résolution globale du système d’équations d’équilibre en considérant les forces de contact
comme des forces externes [Fen95]. La méthode du Lagrangien augmenté permet de séparer
la non linéarité du comportement mécanique due aux grands déplacements, de la non linéa-
rité due aux lois de contact frottant. Elle permet aussi de créer une approche modulaire en
introduisant dans le processus de simulation un solveur des forces de contact indépendant du
solveur global des déplacements.
Les conditions de Signorini et les conditions de la loi de Coulomb peuvent ainsi être
reformulées par [RF03] :
Les conditions de Signorini et la loi de Coulomb peuvent être aussi reformulées par :
Cette formulation diffère de la précédente car elle ne prend pas en compte les déplace-
ments contraints mais les déplacements libres uniquement. Dans cette formulation les forces
de contact s’ajoutent aux calculs des forces externes, la matrice tangente reste inchangée.
Pour calculer les déplacements libres, on peut procéder de manière locale par projection des
équations d’équilibre au point de contact sans qu’il soit nécessaire de résoudre globalement
le système. Les paramètres ρn , ρt doivent être choisis avec précaution en relation avec les
raideurs des deux solides au point de contact. Des valeurs trop élevées entraînent une ré-
activité trop forte du point de contact et une instabilité numérique. Des valeurs trop faibles
entraînent des violations de contraintes (interpénétration, adhérence) trop importantes.
ũt
Coulomb(∆ut , rt ) ⇒ rt = −µrn (2.44)
kũt k
blème dans lequel il y a plus d’adhérence que de glissement alors c’est la première méthode
qui est préférable sinon c’est la seconde. D’une manière générale la seconde méthode est
plus stable que la première. En effet dans la seconde méthode, l’effet dissipatif lié aux frot-
tements est garanti car la force tangentielle s’oppose aux mouvements tangentiels relatifs,
tandis que la première méthode relaxe la force tangentielle au risque de libérer de l’énergie
de déformation de manière trop brutale et d’entraîner des problèmes de stabilité numérique.
Ces deux méthodes ne simulent pas correctement les changements de statuts (glissement,
adhérence).
Nous allons voir maintenant deux méthodes qui considèrent la force de contact et les
déplacements contraints comme étant deux extrêmes de potentiels convexes non différen-
tiables. La première méthode introduite par Moreau [Mor88, Mor94], définie deux potentiels
non différentiables appelés «pseudo-potentiels». Le premier est associé aux conditions de Si-
gnorini et le deuxième aux conditions de la loi de Coulomb. La deuxième méthode introduite
par De Saxcé et Feng [dSF91], [dSF98], défini un unique potentiel non différentiable appelé
«bi-potentiel» associé à la fois aux conditions de Signorini et à la loi de Coulomb. L’avan-
tage de cette dernière méthode permet de mieux prendre en compte le couplage entre la force
normale et la force tangentielle au niveau des lois du contact lors de la résolution numérique.
Ces deux méthodes conduisent à l’élaboration d’opérateurs de projection à partir de consi-
dérations issues de l’analyse convexe et de la technique du lagrangien augmenté.
2.4.3.1 Pseudo-potentiels
Conditions de Signorini
0
³ 0
´
Signorini(xn , rn ) ⇔ rn ≥ 0 et ∀rn ≥ 0 rn − rn x n ≥ 0 (2.45)
0
³ 0
´
rn ≥ 0 et ∀rn ≥ 0 rn − rn (rn − rn∗ ) ≥ 0 ⇔ rn = ProjR+ (rn∗ ) (2.47)
¡ 0 ¢
En effet rn > 0 alors rn − rn peut être de signe quelconque ce qui implique rn = rn∗ par
0
contre si rn = 0 alors −rn∗ rn ≥ 0 ce qui implique 0 ≥ rn∗ .
Loi de Coulomb
0
³ 0
´
Coulomb(xt , rt ) ⇔ rt ∈ Dµ , ∀rt ∈ Dµ , rt −rt xt ≥ 0 (2.48)
En raisonnant de la même manière que précédemment, il est évident que lorsque rt est à
l’intérieur du disque de Coulomb alors nécessairement on a r∗t = rt . Lorsque rt est sur le
¡ 0 ¢
bord du disque cela veut dire que rt −rt est orienté suivant la normale extérieure du disque.
rt est donc le projeté de r∗t sur le bord du disque lorsque r∗t est à l’extérieur (voir figure 2.10).
2.4.3.2 Bi-potentiel
Nous avons vu dans les paragraphes précédents que pour chaque nœud de contact, la déter-
mination des réactions de contact consiste en la recherche d’un couple (u̇; r) qui, d’une part,
est solution de l’équation du mouvement et qui, d’autre part, vérifie l’équation de contact
avec frottement.
58 Chapitre 2 : Méthodes numériques et résolution du problème de contact
Signorini(xn , rn )
0 ¡ 0 ¢
r ∈ K µ , ∀rt ∈ K µ , r −r v ≥ 0
+ ⇔ (2.50)
avec v = (µ kxt k + xn )n + xt
Coulomb(xt , rt )
Cela définit bien les conditions d’adhérence. Si r ∈ Bd(K µ ) − {0} alors −xt est ortho-
gonal au cône de Coulomb impliquant :
(
µ kxt k + xn = λµ
avec λ > 0 (2.52)
−xt = λ krrtt k
Ceci est conforme avec la perte de contact. On modifie l’inégalité dans 2.50 par la même
Application numérique 59
adhérence
glissement
non contact
Si r ∈ Bd(K µ ) alors r = r∗ , si r ∈ Bd(K µ ) − {0} alors (r∗ −r) est orienté suivant la
normale extérieure du cône de Coulomb. rt est donc le projeté orthogonal de r∗t sur le bord
du cône de Coulomb lorsque celui-ci est à l’extérieur de K µ et de Kµ∗ (voir Figure 2.11). On
a donc :
Signorini(xn , rn )
+ ⇔ r = ProjKµ (r∗ ) avec r∗ = r − ρv (2.55)
Coulomb(xt , rt )
La moitié de la barre est modélisée avec 561 nœuds et 512 éléments quadrilatéraux li-
néaires. La figure 2.13 montre le maillage initial et déformé (avec un facteur d’amplification
de 500).
La figure 2.14 montre la distribution de la contrainte de cisaillement sur laquelle une
concentration est observée à la frontière de la zone de glissement (BC) et de la zone d’adhé-
rence (CD).
La pression normale et la pression tangentielle sur la zone AD sont données par ANSYS
et le code FER dans la figure 2.15, les résultats numériques correspondent bien.
La pression normale calculée par les deux codes est aussi donnée dans la figure 2.16.
Nous pouvons voir que les résultats de ANSYS dépendent du cœfficient de pénalité Kn
(inconnues à priori). Les résultats sont meilleurs avec un cœfficient de Kn = 106 comparé
avec Kn = 105 pour ANSYS.
Les figures 2.17 et 2.18 montrent le déplacement tangentiel et le déplacement normal (pé-
nétration) sur la zone AD entre ANSYS et le code FER. La remarque concernant l’influence
du cœfficient “Kn ” est toujours valable. Il faut noter que la pénétration est inévitable dans
ANSYS. Tous ces résultats illustrent que la stabilité numérique et la précision du code FER
sont meilleures qu’ANSYS. Un autre avantage est qu’il n’y a pas de paramètres numériques
à choisir (tels que les facteurs de pénalité).
Afin d’étudier l’influence du frottement sur le comportement de contact, des cœfficients
différents ont été considérés : µ = 0, 0.4, 0.8 et 1.3. Le tableau 2.1 montre des résultats ob-
tenus par les deux codes : FER et ANSYS. UA et VA sont respectivement le déplacement
horizontal et le déplacement vertical du point A. Le temps de CPU augmente avec le cœffi-
Application numérique 61
cient de frottement, le code de FER est supérieur à ANSYS par rapport au temps de calcul
(tableau 2.1).
2.6 Conclusions
Au cours de ce deuxième chapitre, nous avons abordé la résolution des problèmes de
contact avec frottement. Dans un premier temps, nous avons rappelé le principe de la mé-
thode des éléments finis. Puis nous avons présenté la cinématique du contact, la loi de contact
unilatéral et la loi de frottement. Ensuite nous avons effectué une brève revue des méthodes
fréquemment utilisées pour traiter le contact dans la résolution. Enfin, nous avons présenté
les résultats numériques donnés par deux algorithmes différents (méthode de pénalité et mé-
thode du bi-potentiel) sur un cas simple de contact avec frottement.
65
Chapitre 3
3.1 Introduction
La force de serrage joue un rôle important sur les effets mécaniques au sein de l’assem-
blage de la PAC, en particulier la force de contact, l’état de contact et la déformation de la
GDL qui influent sur la performance de la PAC et sur sa durée de vie. La force de serrage
peut être considérée comme un chargement statique par rapport au chargement dynamique
en situation de transport. La modélisation numérique de la précompression peut identifier la
distribution de la force de contact, la zone de contact et la déformation aux interfaces de la
PAC. Le maillage, les conditions aux limites et la précompression représentent le cas réel.
suivantes :
1. Toutes les propriétés des matériaux sont isotropes,
2. La force de précompression appliquée est imposée par un déplacement en réalisant la
parfaite condition d’étanchéité des joints d’étanchéité dans la PAC,
3. Considérant la symétrie de la structure et des conditions aux limites, la modélisation
de la structure peut être simplifiée (figure 3.1),
4. La contrainte dans le modèle n’atteint pas la limite d’élasticité, c’est donc une étude
purement élastique,
5. L’étude se limite aux comportements mécaniques des éléments solides constituant la
pile. On ne considère jamais la réaction chimique ni les phénomènes fluidiques.
TAB . 3.1: Propriétés mécaniques de la plaque BPP, la plaque GDL et la plaque MEA
La plaque BPP en graphite vient de la plaque bipolaire de SGL Inc, qui est un matériaux
spécialement développé pour la PAC avec super-conducteur du courant électrique. Elle est
rigide par rapport à la plaque GDL et à la plaque MEA.
La plaque GDL du type TGP-H-120 vient de TORAY Inc. Elle est en papier carbone avec
une porosité initiale élevée, un bon passage gazeux et une résistance électrique basse. De
plus, elle est anti-corrosive et son coût est économique.
La plaque MEA est une membrane des électrodes comme la Nafion 117 de Dupont Inc,
qui est une membrane commerciale utilisée dans les PACs. La membrane est mince et très
conductrice afin de réduire la résistance ionique.
Modèle des éléments finis de la PAC 67
Un modèle paramétrique est considéré afin d’éviter des travaux répétitifs de la modélisa-
tion, de facilement modifier des paramètres dans le but d’étudier l’influence des paramètres
mécaniques sur la performance de la pile. De plus le modèle paramétrique peut servir de
base pour de futures études.
68 Chapitre 3 : Étude des effets mécaniques dans une cellule de la pile
La figure 3.2 montre les paramètres définis dans le modèle de contact de la PAC. Des
paramètres sont définis comme l’épaisseur de la plaque BPP (TBPP ), la largeur de la plaque
BPP (WBPP ), la largeur des canaux de la plaque BPP (WCN ), le profondeur des canaux
(TCN ), la largeur des dents (WRIB ) , le rayon du congé des dents (RRIB ) de la plaque BPP,
l’épaisseur de la plaque GDL (TGDL ), la largeur de la plaque GDL (WGDL ), l’épaisseur de la
plaque MEA (TMEA ) et la largeur de la plaque MEA (WMEA ). La largeur de la plaque BPP
(WBPP ) est donc égale à la largeur de la plaque GDL (WGDL ) et à la largeur de la plaque
MEA (WMEA ). La largeur de la plaque BPP (WBPP ) est le somme de la largeur des canaux
de la plaque BPP (WCN ) et de la largeur des dents (WRIB ).
Les propriétés matérielles et géométriques [JL09] sont définies dans le tableau 3.2.
Modèle des éléments finis de la PAC 69
3.3.2 Maillage
Dans une modélisation par éléments finis, le maillage est une étape importante. En effet,
les résultats d’une simulation numérique dépendent du maillage et en particulier du type et
de la taille des éléments. Un maillage très fin permet d’obtenir des résultats précis mais le
coût du calcul peut être important. Il faut donc optimiser le maillage et trouver un compromis
entre la précision des résultats et le coût de la ressource du calcul numérique.
Dans le modèle de la PAC, l’élément quadrilatéral à 8 nœuds est utilisé. Le maillage est
plus fin aux interfaces dans le but de simuler correctement le contact. De plus, un maillage
fin est également utilisé au niveau des congés des dents de la BPP car la zone de contact
peut potentiellement s’étendre sous la précompression. Pour cette raison, la fine taille des
éléments à l’interface est imposée à 0.025 mm et la taille des éléments des autres zones à
0.1 mm. Ainsi, le total nombre des éléments dans le modèle est 964, le nombre des nœuds
est 3122.
70 Chapitre 3 : Étude des effets mécaniques dans une cellule de la pile
Zone de contact
Coefficient de frottement µ
Distance d’alerte
Par ailleurs, la désignation de l’impacteur et de l’obstacle peut avoir son importance dans
le cadre des géométries discrétisées utilisées dans la méthode des éléments finis. En effet,
dans le cas de la figure 3.5, si le solide B 1 est désigné comme impacteur, l’algorithme de
détection de contact renseignera que le nœud X est à l’intérieur de B 1 . Dans le cas contraire,
Modèle des éléments finis de la PAC 71
B1
B2
Il existe plusieurs autres traitements du contact. En particulier, il est possible (et avan-
tageux) d’adopter un formalisme de type nœud-contre-nœud sous l’hypothèse des petites
perturbations. D’autre part, l’utilisation d’une méthode segment-contre-segment en 2D et
segment-contre-facette en 3D permet d’éviter l’utilisation d’un algorithme à double passage
pour traiter le problème défini sur la figure 3.5 [PL04].
Dans le modèle de la PAC (figure 3.1), le contact existe aux interfaces entre la plaque
GDL et la plaque BPP et entre la plaque GDL et la plaque MEA. Le contact entre la plaque
GDL et la plaque MEA est de surface plane à surface plane. Le contact entre la plaque GDL
et la plaque BPP est différent. La zone de contact à l’interface entre la plaque GDL et la
plaque BPP est constituée par deux parties comme indiqué dans la figure 3.6 : une partie est
le contact de plan à plan entre la plaque GDL et la partie plane inférieure de la dent de la
plaque, l’autre partie est le contact de courbe à plan entre la plaque GDL et le congé de la
dent de la plaque BPP. La plaque GDL est comme l’obstacle car sa surface est régulière par
rapport à la plaque BPP avec un congé. Ainsi, la surface inférieure de la dent de la plaque
BPP est définie comme l’impacteur.
72 Chapitre 3 : Étude des effets mécaniques dans une cellule de la pile
mm sur la plaque BPP (figure 3.7). Parce que le joint d’étanchéité n’influence ni l’état de
contact, ni la déformation, les joints d’étanchéité ne sont pas modélisés dans le modèle de la
PAC.
Par ailleurs, l’application d’un déplacement “de serrage”, plutôt qu’une force de serrage
présente l’avantage de garantir l’uniformité de l’étanchéité et d’éviter toutes les pertes flui-
diques dans la pile.
partie inférieure de la dent. En dehors de cette zone, on remarque que la surface supérieure
de la GDL remonte légèrement, le gonflement de la GDL influence l’état de contact de deux
interfaces (GDL et BPP, GDL et MEA), ce qui conduit la plaque GDL à s’approcher la
plaque BPP et à s’éloigner de la plaque MEA.
Sur la figure 3.10 du déplacement normal, une perte de contact apparaît aux extrémités de
l’interface entre la plaque GDL et la plaque MEA. La figure 3.11 montre qu’un décollement
apparaît à l’interface de la plaque GDL et de la plaque MEA. On retrouve ce décollement
lorsqu’on trace les déplacements normaux de la plaque GDL et de la plaque MEA à l’inter-
face. De plus, les figures 3.12 et 3.13 représentant la distribution de la pression sur l’interface
des plaques GDL et MEA confirment qu’il y a une zone de pression nulle où le décollement
apparaît.
On considère maintenant une seule zone de contact entre la plaque GDL et la plaque BPP.
Ce contact a lieu sur l’interface entre la surface supérieure de la plaque GDL et la surface
inférieure de la dent formant le canal qui est gravé sur la plaque bipolaire. Ainsi la topologie
de la BPP a une rôle dans ce contact interfacial. En effet une dent rectangulaire de la BPP
peut conduire au problème mécanique comme la fissure sur la plaque GDL observée par Su
et al. [SLC+ 08]. La fissure de la plaque GDL peut être provoquée par la concentration de
contraintes sur la surface supérieure en contact avec les angles droits des dents de la plaque
BPP.
La figure 3.14a montre la distribution de la contrainte σV onmises dans les plaques GDL,
BPP et MEA. Sur la figure 3.14a, nous retrouvons bien un résultat symétrique, le modèle et
le chargement étant symétriques. La contrainte maximale apparaît évidemment aux coins des
dents rectangulaires qui sont en contact. Avec une concentration de contrainte de 10.1 Mpa,
cela peut conduire à la fissure mécanique à l’interface de la GDL [BGGM08]. La figure 3.14b
76 Chapitre 3 : Étude des effets mécaniques dans une cellule de la pile
(a) (b)
Le modèle présenté ici met en évidence une concentration de contraintes due à la forte
pression de contact aux angles des dents. Cette concentration peut être la cause de fissure
mécanique dans la plaque GDL comme celle étudiée par Su et al. [SLC+ 08]. Stanic et al.
[SH04] ont étudié que l’endommagement au sein de la pile intervient souvent dans la zone
de la concentration de contraintes, une pression et contrainte élevée à l’interface causent des
dommages sur la plaque GDL et raccourcissent la durée de vie de la PAC.
De plus, la non uniformité de la pression de contact sur la plaque GDL est aussi un para-
mètre important pour la performance de la PAC. Comme le montre de l’experience de Wang
et al [WSZ08], plus la distribution de la pression est uniforme, plus l’état de contact et la
résistance de contact sont uniformes, plus la performance des piles est bonne. Il faut donc
chercher un moyen permettant de réduire cette concentration de contraintes. L’angle droit
représente une singularité géométrique responsable de cette pression élevée. En remplaçant
cet angle par un congé, la concentration devrait s’atténuer.
(a) (b)
Sur la figure 3.15b, les conditions aux limites n’ont pas changé, sauf une condition de
symétrie (Ux=0) verticalement sur B, le déplacement sur la surface supérieure de la plaque
BPP n’influence pas le résultat numérique car la déformation de la plaque BPP peut être
négligée grâce à sa rigidité élevée. Aussi pouvons nous appliquer ce même déplacement sur
la partie supérieure de la dent (A). Les propriétés et géométries du modèle de contact de la
PAC restent les mêmes (tableau 3.2). Le maillage contient 892 nœuds et 266 éléments (figure
3.16a).
Afin de garantir la durée de vie des composants de la PAC, une étude la contrainte maxi-
male sur les composants fragiles, comme les plaques MEA et GDL est aussi réalisée.
La figure 3.17a montre la distribution de la contrainte de Von-mises dans les plaques.
Nous constatons que la contrainte maximale (zone rouge : 3.352 Mpa) est présente au niveau
des congés des dents de la plaque BPP. Par rapport aux contraintes (10.1 Mpa) avec une
78 Chapitre 3 : Étude des effets mécaniques dans une cellule de la pile
dent rectangulaire (figure 3.14a), la concentration de contraintes est divisée par 3. De plus, la
contrainte maximale de la plaque MEA (figure 3.17b) est de 2.87 Mpa. Un congé est permet
donc d’éviter la concentration de contraintes dans la plaque GDL mais aussi la concentration
de contraintes dans la plaque MEA (Stanic et al. [SH04]).
Pour une température de 23◦ C avec une humidité de 50%, la limite élastique de la plaque
MEA est de 43 Mpa. Dans le cas de l’eau infiltré, la limite élastique de la plaque MEA est
de 34 Mpa ; dans le cas de l’eau infiltré et une température de 100◦ C, la limite élastique
s’abaisse à 25 Mpa. Par contre, la limite élastique de la plaque GDL de la série de TGP-H
de TORAY est 40 Mpa. Les contraintes dans les plaques GDL et MEA de notre modèle sont
encore loin de la limite élastique des matériaux. C’est donc bien une étude élastique.
(a) (b)
(a) (b)
(a) (b)
F IG . 3.18: (a) Contraintes de trois plaques et (b) contraintes de la MEA avec maillage fin
80 Chapitre 3 : Étude des effets mécaniques dans une cellule de la pile
contact de la PAC.
Nous avons vu au chapitre 1 que la performance de la pile est liée à la conductivité élec-
trique. Or, la capacité de la conductivité électrique entre la GDL et la BPP dépend de la
résistance de contact et l’aire de contact à l’interface. Un contact parfait entre la plaque GDL
et la plaque BPP permet d’obtenir une petite résistance et une bonne performance de la PAC.
Si l’on regarde maintenant l’étendue de la zone de contact : avec un angle droit sur la dent
de la plaque BPP, le contact a lieu seulement sur la surface rectiligne inférieure et s’arrête au
niveau de l’angle droit. Avec un congé à la place de l’angle droit, le contact va s’étendre le
long du congé, au delà de la surface rectiligne. L’étendue de la zone de contact est donc plus
grande.
L’aire de contact peut être obtenue en additionnant toutes les longueurs des éléments
0
en contact. La demi longueur maximale de la zone de contact avec le congé est WRIB =
Études des contacts dans la PAC 81
(a) (b)
F IG . 3.19: (a) Pression à l’interface et (b) pression agrandie aux fonds des congés
WRIB +(π−2)×RRIB
2
= 0.42854 mm. Le contact est insuffisant si la zone de contact n’atteint
pas cette dimension.
Les éléments en contact sont détectés selon la condition Signorini. Sous une précompres-
sion de 0.1 mm, l’aire de contact de tous les éléments de contact à l’interface est indiquée
dans le tableau 3.3 :
TAB . 3.3: Aire de contact à l’interface entre la plaque GDL et la plaque BPP
No. éléments Longueur de contact (mm) No. éléments Longueur de contact (mm)
291 0.29163E-01 299 0.29166E-01
292 0.29166E-01 300 0.29167E-01
293 0.29167E-01 301 0.29167E-01
294 0.29167E-01 302 0.29167E-01
295 0.26177E-01 303 0.29167E-01
296 0.29165E-01 304 0.26174E-01
297 0.29164E-01 305 0.26175E-01
298 0.29167E-01
La somme des longueurs des éléments de contact est de 0.42852 mm ce qui est très proche
de la valeur théorique. Avec une précompression de 0.1 mm, la plaque GDL et la plaque
BPP sont donc parfaitement en contact à l’interface, la structure lamellaire de la PAC a une
résistance de contact minimale et une meilleure performance.
82 Chapitre 3 : Étude des effets mécaniques dans une cellule de la pile
F IG . 3.20: Déformation de la plaque GDL, dont zone AB : zone compressée sous la dent de
la BPP ; zone BC : zone proche de la dent et sous le canal de la BPP ; zone CD : zone loin de
la dent et sous le canal de la BPP.
MEA et la BPP sont plus rigides que la plaque GDL. La déformation maximale parmi des
plaques MEA et BPP est 9.45E-5, ce qui peut être négligé par rapport à la déformation de la
GDL.
La GDL est en papier carbone, son rôle est de fournir les gaz réactifs et d’évacuer l’eau. La
couche GDL a une porosité initiale élevée qui lui permet d’acheminer les gaz efficacement.
La porosité initiale de la GDL de TORAY est par exemple de 78%. Pendant l’assemblage de
l’empilement de la PAC, la déformation de la plaque GDL augmente, alors que la porosité
ou la perméabilité de la GDL diminue. La porosité minimale de la GDL apparaît au niveau
des congés où la déformation de la GDL est la plus élevée. Par contre autour la zone de
l’axe de symétrie, la déformation est plus uniforme et inférieure à la déformation maximale.
Sur la figure 3.20, la déformation maximale au fond du congé εv = εx + εy = 0.73 ; la
0 0 0
déformation sur l’axe de symétrie εv = εx + εy = 0.3. Selon l’équation 1.22, la porosité
de la GDL au fond du congé est presque 18%, la porosité de la GDL sur l’axe de symétrie
est de 69%. Par rapport à la porosité initiale de la GDL (78%), la porosité de la GDL a
donc effectivement diminué, la plus importante baisse se situant au niveau du congé. Il faut
noter que la diminution de la porosité est inévitable sous une précompression de la PAC qui
garantie la parfaite étanchéité. Cependant la précompression peut être contrôlée à un niveau
acceptable permettant d’obtenir une aire de contact élevée pour une résistance de contact
minimale une porosité correcte, tout en garantissant l’étanchéité de l’empilement des piles.
84 Chapitre 3 : Étude des effets mécaniques dans une cellule de la pile
Comme nous l’avons vu, la porosité de la plaque GDL est décrite par l’équation 1.22,
notamment la porosité aux zones locales. Bien que l’équation 1.17 puisse donner une per-
méabilité précise de la plaque GDL, elle ne permet pas facilement d’étudier le changement
de la porosité de la plaque GDL. Une description globale de la porosité est pourtant néces-
saire pour connaître le changement de la porosité. Un modèle numérique tenant compte de
petits pores qui existent dans la plaque GDL va permettre d’étudier ce phénomène. La taille
du rayon ri et le nombre de petits pores np sont importants et sont déterminés par la porosité
initiale de la plaque GDL ϕ0 et par le volume de la plaque GDL Vt . Le volume poreux Vp
(Vp = Vt × ϕ0 ) est défini par l’équation :
np
X
Vp = πri 2 (3.1)
i=1
Un modèle éléments finis pour étudier la porosité globale est présenté sur la figure 3.21a,
ce modèle est soumis aux mêmes conditions aux limites que le modèle précédent (figure
3.15b), la porosité initiale de la plaque GDL est de 78%.
(a) (b)
F IG . 3.21: (a) Plaque GDL avec des pores avec np = 24 et porosité de 78% de la GDL (b)
porosité globale de la GDL après déformation, dont zone AB : zone compressée sous la dent
de la BPP ; zone BC : zone proche de la dent et sous le canal de la BPP ; zone CD : zone loin
de la dent et sous le canal de la BPP.
La porosité globale de la GDL après déformation est montrée dans la figure 3.21b. La
porosité minimale de la GDL apparaît sous le congé de la dent de la BPP. Ce résultat corres-
Études des contacts dans la PAC 85
pond au résultat obtenu par l’équation 1.22, parce que le pore sous le congé de la dent de la
BPP a la déformation maximale comme nous avons étudié dans la figure 3.20. Pour les trois
autres pores autour de l’axe de symétrie dans la zone AB, la porosité est plus uniforme que
pour le pore sous le congé ce qui correspond à la conclusion ce que nous avons obtenu par
l’équation 1.22.
Par ailleurs, la figure 3.22 montre la porosité de toute la plaque GDL après déformation
et la porosité initiale. Sur la figure 3.22, nous pouvons voir que le changement de la porosité
des pores en zone AB est supérieur à la zone BC, qui lui-même est supérieur à la zone CD. La
zone CD n’a pas changé, sa porosité correspond à la porosité initiale. En plus, le changement
de la porosité des pores supérieurs de la GDL est plus important que les pores intermédiaires
qui est lui-même plus important que les pores inférieurs de la GDL. C’est donc un modèle
intéressant permettant de décrire la porosité totale de la GDL après déformation.
La figure 3.23 montre le même exemple mais avec une porosité initiale de 50% de la
plaque GDL.
Sur la figure 3.23, nous pouvons voir que le changement de la porosité dans la plaque
GDL est identique à la description de la figure 3.22, mais à cause d’une porosité initiale plus
faible, le pore au fond du congé est plus compressée que sur la figure 3.22.
D’après le résultat numérique de la distribution de la porosité totale de la GDL, on peut
noter que la taille des pores aux zones importantes où la déformation est maximale doit être
optimisée pendant la fabrication afin de garantir une porosité suffisante.
En réalité, la distribution des pores dans la plaque GDL n’est sûrement pas uniforme
comme dans le modèle très simple précédemment décrit (figure 3.21a). Un modèle éléments
finis a donc été développé avec une distribution aléatoire des pores dans la plaque GDL
(figure 3.25a). Les espaces blancs sont les pores dans la plaque GDL. Ce modèle est toujours
soumis aux mêmes conditions aux limites que le modèle de la figure 3.15b.
La porosité globale de la GDL avec des pores distribués aléatoirement est indiquée dans
la figure 3.25b. La distribution des pores dans la GDL étant aléatoire, la taille et le nombre
des pores sont incertains, mais l’espace des pores est soumise à la condition d’une porosité
86 Chapitre 3 : Étude des effets mécaniques dans une cellule de la pile
F IG . 3.23: (a) Plaque GDL avec des pores avec np = 24 et porosité de 50% de la GDL (b)
porosité globale de la GDL après déformation, dont zone AB : zone compressée sous la dent
de la BPP ; zone BC : zone proche de la dent et sous le canal de la BPP ; zone CD : zone loin
de la dent et sous le canal de la BPP.
(a) (b)
F IG . 3.25: (a) Modèle de distribution aléatoire des pores et (b) porosité globale de la GDL
après déformation, zone AB : zone compresée sous la dent de la BPP ; zone BC : zone proche
de la dent et sous le canal de la BPP ; zone CD : zone loin de la dent et sous le canal de la
BPP.
initiale de 78%, la déformation d’un petit pore dans la GDL n’est pas aussi évidente que sur
la figure 3.21b. Cependant nous pouvons encore contrôler que la plus grande déformation
apparaît au niveau des congés des dents de la BPP, mais on ne peut pas dire que la porosité
minimale est encore localisée ici parce que la distribution des pores étant aléatoire, la taille
des trous n’est pas uniforme dans la plaque GDL. La porosité dans la partie inférieure du
congé est encore grande ce qui est mieux pour alimenter des gaz réactifs. La diminution de
la porosité dans la zone AB est supérieure à la diminution de la porosité dans la zone BC qui
elle même est supérieure à la diminution de la porosité dans la zone CD. Cette situation est
montrée dans la figure 3.26.
Par rapport à la structure uniforme des pores dans la plaque GDL (figure 3.22), une dis-
tribution aléatoire des pores paraît meilleure pour conserver une porosité suffisante.
3.5 Conclusions
Dans ce chapitre, nous avons présenté un modèle éléments finis d’une cellule de la PAC
(maillage, conditions aux limites, définition des zones de contact). Nous avons vu qu’un
décollement apparaissait entre la plaque GDL et la plaque MEA. Un recuit permet de s’af-
franchir de ce problème. En considérant ces deux éléments collés, nous avons ensuite vu que
l’angle droit de la dent de la plaque BPP engendrait une concentration de contraintes. L’uti-
lisation d’un congé permet de réduire ce problème. Les pressions de contact et les aires de
contact ont ici été étudiés dans les deux cas : avec l’angle droit et avec le congé. Différents
maillages ont également été utilisés pour voir leur impact sur les résultats. Enfin, la défor-
mation de la plaque GDL est étudiée pour décrire la porosité de la plaque GDL en utilisant
un modèle éléments finis avec des pores.
89
Chapitre 4
4.1 Introduction
D’après l’étude menée dans le chapitre précédent, nous avons vu que certains effets mé-
caniques ont des influences importantes sur la performance de la PAC et sur la durée de vie.
Notamment la contrainte, la déformation, la pression de contact et l’aire de contact peuvent
être responsables d’une diminution de la performance de la PAC. Ces effets mécaniques dé-
pendent des paramètres de la PAC comme la précompression, les propriétés des composants,
et les paramètres géométriques de l’interface. Une étude de ces paramètres s’avère nécessaire
pour obtenir la meilleure performance possible de la PAC et optimiser sa structure.
Dans cette partie, une étude sera effectuée sur les influences des paramètres modifiant
les effets mécaniques aux interfaces de la structure de la PAC. Les paramètres tels que la
précompression, la taille du congé des dents de la plaque BPP, la largeur des dents de la
plaque BPP, l’épaisseur de la plaque GDL et de la membrane MEA, etc. vont être étudiés.
Une étude sur l’influence de l’aspect de surface de la GDL et de la BPP sera également
présentée. Ces études mécaniques pourront aider à déterminer des paramètres optimaux pour
une meilleure performance et une conception optimale de la PAC.
tance de contact minimale. À l’opposé, une précompression trop élevée diminue la porosité
de la plaque GDL, ce qui peut rétrécir les pores dans la plaque GDL et réduire l’alimenta-
tion des gaz réactifs. L’objectif est donc de trouver une précompression optimale offrant un
compromis entre ces deux cas extrêmes.
Dans le modèle de la PAC, la configuration géométrique du modèle est inchangée, seule
la précompression appliquée dans le modèle varie. Nous étudions ici l’influence de la pré-
compression sur la distribution de la pression de contact, l’aire de contact, la déformation et
la porosité de la plaque GDL.
Sur les figures (figure 4.1 à figure 4.8), la distribution de la pression de contact est simi-
laire avec différentes précompressions : la pression est relativement uniforme à l’interface
sauf dans la zone du congé de la dent de la plaque BPP où la variation de la pression est
importante. Lorsqu’on observe l’évolution de la répartition de la pression de contact lorsque
la précompression augmente, la pression maximale localisée au niveau du congé comme la
pression au niveau de l’axe de symétrie augmentent également. Toutefois la répartition de
pression au niveau du congé se modifie au fur et à mesure du l’augmentation du chargement.
Précompression de la PAC 91
La pression sur l’axe de symétrie est considérée comme la pression moyenne uniforme
à l’interface et la pression maximale est donnée par la pression au congé de la dent de la
plaque BPP. La variation de ces deux pressions (courbe 1 et courbe 2) en fonction de la
précompression est indiqué dans la figure 4.9. La pression de contact augmente évidemment
avec la précompression, non seulement la pression à l’axe de symétrie (courbe 1), mais aussi
la pression maximale au congé (courbe 2).
En force équivalente, la somme des produits de la pression et de l’aire de contact à l’in-
terface est la précompression extérieure appliquée dans la PAC, ce qui peut être représentée
par :
n
X
F = p i × Ai , (4.1)
i=1
La figure 4.10 montre que la zone de contact s’élargit avec la précompression de la PAC
jusqu’à 0.1 mm. En revanche, pour une précompression supérieure à 0.1 mm, la zone de
contact ne varie plus, sa longueur se stabilise à 0.42852 mm. On constate donc que la pré-
compression de 0.1 mm est la précompression minimale pour réaliser un contact parfait à
l’interface avec une longueur de contact de 0.42852 mm. Toute la zone de contact potentielle
à l’interface entre les plaques GDL et BPP est alors en contact. Bien sur l’augmentation de
la précompression de la PAC mène également à l’augmentation de la pression à l’interface
comme indiqué dans la figure 4.9.
Comme nous l’avons étudié dans le chapitre 3 (figure 3.6), la zone de contact à l’interface
entre la plaque GDL et la plaque BPP est constituée de deux parties : une partie est le contact
de surface plane à surface plane entre la plaque GDL et la surface basse de la dent de la plaque
BPP, et l’autre partie est le contact surface plane à surface courbée entre la plaque GDL et
le congé de la dent de la plaque BPP. Dans les figures (figure 4.1 à figure 4.8), les interfaces
rentrent en contact initialement au niveau des surfaces planes puis entre le congé et la plaque
plane de la GDL avec l’augmentation de la précompression. Quand la précompression est
assez élevée, tout le côté du congé de la dent est en contact avec la plaque GDL. Dans le
modèle, la précompression de 0.1 mm est la force minimale qui permet de réaliser "le contact
parfait" entre le congé de la BPP et la plaque GDL. En revanche, quand la précompression
dépasse 0.1 mm, il n’y a plus de zones de contact potentielles, c’est-à-dire, l’aire de contact
n’augmente plus à l’interface. Ainsi pour une précompression de 0.1 mm, un état de contact
94 Chapitre 4 : Influence des principaux paramètres sur la performance des piles
D’après les figures 4.11 à 4.18, la déformation de la plaque GDL augmente avec la pré-
compression de la PAC, non seulement la déformation au congé (point 1, figure 3.6) mais
aussi la déformation sur l’axe de symétrie (point 3, figure 3.6). L’augmentation de la pré-
compression accroît l’aire de contact à l’interface, accroît la zone compressée de la plaque
GDL et diminue la zone non déformée jusqu’à la précompression de 0.1 mm.
La figure 4.19 montre la variation de la déformation au point 1 et au point 3 (figure 3.6)
et la porosité de la plaque GDL avec la précompression de la PAC. La déformation de la
plaque GDL est quasi uniforme sauf au niveau du congé de la BPP. Elle peut donc être
représentée par la déformation sur l’axe de symétrie. La déformation maximale apparaît au
point d’intersection entre le congé et la surface plane représente (point 1, figure 3.6). Ainsi
la déformation maximale (courbe 1), la déformation sur l’axe de symétrie (courbe 2), les
porosités correspondantes (courbe 3 et courbe 4) sont présentées dans la figure 4.19.
Sur la figure 4.19, la variation de la déformation maximale de la plaque GDL au niveau du
congé (courbe 1) et de la déformation uniforme sur l’axe de symétrie (courbe 2) augmentent
avec la précompression. La porosité étant contraire à la déformation (équation 1.22), la po-
rosité de la plaque GDL au congé (courbe 3) et la porosité sur l’axe de symétrie (courbe 4)
diminuent donc avec la précompression de la PAC comme indiqué dans la figure 4.19. Une
porosité importante ne sera garantie que par une faible précompression. Or il est nécessaire
de conserver une porosité assez élevée pour la performance de la pile.
En effet, une faible porosité conduit à une circulation insuffisante des gaz réactifs : l’eau
produite par la réaction électrochimique ne s’évacue plus, ce qui conduit à un phénomène
96 Chapitre 4 : Influence des principaux paramètres sur la performance des piles
d’inondation (gouttelette de l’eau) dans la plaque GDL et bloque la circulation des gaz dans
la plaque GDL. Ainsi, il est important dans la conception de la plaque GDL d’éviter des
zones de porosité nulle et il faut garder une grande porosité relative dans la plaque GDL.
Sur la figure 4.19 pour une précompression de 0.1 mm, la porosité minimale de la GDL au
point 1 (figure 3.6) est environ de 18%. Quand la précompression est de 0.12 mm, on a une
déformation de 0.84 et la porosité au point 1 est nulle. En ce qui concerne la porosité de la
GDL sur l’axe de symétrie (point 3, figure 3.6), la porosité avec une précompression de 0.1
mm est de 69%, qui n’abaisse que de 9 % la porosité initiale de valeur 78%. La diminution de
la porosité sur l’axe de symétrie est plus douce que celle au point 1. Toutefois si la précom-
pression dépasse 0.1 mm, cette porosité diminuera plus vite. Parce que la précompression de
0.1 mm peut réaliser un contact parfait à l’interface avec une aire de contact maximale dans
la PAC, la précompression de 0.1 mm est favorable non seulement à l’aire de contact mais
aussi à la porosité de la plaque GDL.
D’après cette étude, nous pouvons voir que la précompression de la PAC influence non
seulement l’aire de contact qui est liée à la résistance de contact de la PAC, mais aussi la dé-
formation de la GDL qui est liée à la porosité de la plaque GDL. L’aire de contact augmente
avec la précompression la PAC, une précompression élevée peut réaliser un contact parfait à
l’interface, ce qui conduit à une petite résistance de contact, favorable à la performance de
la PAC. En revanche, la déformation de la plaque GDL augmente avec la précompression et
conduit à une baisse de la porosité de la plaque GDL, ce qui provoque une alimentation insuf-
fisante des gaz réactifs et abaisse la performance de la PAC. Ainsi un compromis concernant
Rayon du congé des dents de la plaque BPP 97
la valeur de la précompression devra être fait pour permettre d’établir la plus grande zone de
contact possible tout en conservant une porosité maximale.
Notre étude numérique de la PAC est en accord avec des expériences effectuées pour me-
surer la distribution de la performance de la PAC pour différentes précompressions [LLA98]
[WSZ08] [GHL06] : avant la précompression optimale, l’augmentation de la précompres-
sion conduit à l’augmentation de l’aire de contact à l’interface et à une performance élevée
de la PAC ; si la précompression dépasse cette valeur optimale, l’aire de contact n’augmente
plus, mais la diminution de la porosité continue ce qui abaisse la performance de la PAC.
Ces études indiquent que pour une meilleure performance de la PAC, une précompres-
sion optimale existe et garantit la condition de l’étanchéité de la PAC. Cette précompression
produit une aire de contact maximale et une résistance de contact minimale à l’interface,
mais la précompression doit permettre de conserver une porosité élevée dans la plaque GDL.
D’après nos résultats, une précompression de 0.1 mm paraît être un choix optimal pour l’aire
de contact dans ce cas là .
au niveau du congé (point 1, figure 3.6) et la pression sur l’axe de symétrie (point 3, figure
3.6) avec le rayon. Nous pouvons voir que l’augmentation du rayon du congé conduit à la di-
minution de la pression de contact, notamment la pression au point 1. La pression maximale
au point 1 est très sensible au rayon du congé. La pression chute rapidement lorsqu’on passe
d’un rayon de 0.01 mm à 0.03 mm.
Avec un rayon RRIB de 0.01 mm, la forme de la dent est encore quasi-rectangulaire, on
constate donc l’effet singulier de l’angle droit sur la pression. La précompression de la PAC
produit une pression de contact élevée de 11.7 Mpa au point 1. Mais avec un rayon RRIB de
0.05 mm, la pression de contact au point 1 diminue jusqu’à 3.44 Mpa, ce qui diminue de 72
% la pression obtenue avec un rayon de 0.01 mm, l’effet de l’angle droit à l’interface a été
clairement amélioré. Enfin quand RRIB est supérieur à 0.05 mm, la diminution de la pression
de contact au point 1 est de plus en plus douce. Cependant, la distribution de la pression sur
l’axe de symétrie (figure 4.32) augmente très légèrement avec l’augmentation du rayon du
congé parce que le contact est plan à plan autour de la zone proche de l’axe de symétrie, le
rayon du congé influence donc principalement la pression au niveau du congé à l’interface.
De plus, dans la figure 4.32, quand le rayon est supérieur à 0.3 mm, la pression sur l’axe
de symétrie augmente légèrement avec le rayon du congé jusqu’au rayon de 0.4 mm. Parce
que la largeur de la dent de la plaque BPP est de 0.8 mm dans le modèle de la PAC, le largeur
de la demi dent est de 0.4 mm dans le modèle symétrique. Quand le rayon est supérieur à 0.3
mm, la fin du congé arrive presque au milieu de la dent de la BPP, les pressions maximales
se rapprochent de l’axe de symétrie comme indiqué dans les figures 4.29, 4.30 et 4.31.
100 Chapitre 4 : Influence des principaux paramètres sur la performance des piles
Quand le rayon RRIB est 0.4 mm, la dent de la plaque BPP est tout à fait semi-circulaire,
la pression maximale est au point le plus bas de la dent, et la pression maximale est sur l’axe
de symétrie (figure 4.31). C’est pour cette raison que la courbe de la pression maximale et
la courbe de la pression sur l’axe de symétrie, dans la figure 4.32, se rejoignent pour un
rayon de 0.4 mm. À ce moment, la pression maximale à l’interface est 2.52 Mpa, ce qui est
inférieure de la pression maximale (3.44 Mpa) avec un rayon de 0.05 mm.
l’aire de contact à l’interface. L’aire de contact minimale est de 0.42 mm avec un rayon du
congé de 0.4 mm quand la dent de la plaque BPP est tout à fait semi-circulaire à ce moment.
L’aire de contact avec RRIB = 0.4 mm est réduite de 50% par rapport à l’aire maximale
obtenue pour RRIB = 0.05 mm. Même si la pression obtenue avec un rayon de 0.4 mm est
inférieure à la pression pour un rayon de 0.05 mm (figure 4.32), un rayon de 0.05 mm est une
meilleure alternative pour la performance de la PAC. Autrement dit, une dent rectangulaire
avec un petit congé donnera une meilleure performance que une dent circulaire de la plaque
BPP.
Enfin, il est bon de noter que dans la figure 4.33, quand le rayon du congé est inférieure
à 0.09 mm, l’aire de contact est plus grande avec une dent qu’avec l’angle droit de la plaque
BPP. La conception de la dent de la PAC avec un congé est donc meilleure que la conception
de la dent avec un coin droit, non seulement pour l’amélioration de la concentration de
pression de contact, mais aussi pour une aire de contact plus étendue.
Dans l’étude de la variation du rayon du congé sur l’étendue du contact, une valeur maxi-
male de l’aire de contact est donnée pour un rayon (RRIB = 0.05 mm) qui optimise la per-
formance des piles.
symétrie (point 3, figure 3.6) avec le rayon RRIB et ses porosités correspondantes. Sur la
figure 4.34, on constate que la déformation au point 1 (courbe 1), diminue avec le rayon
du congé alors que la porosité associée augmente rapidement (courbe 3). En revanche, la
déformation sur l’axe de symétrie (courbe 2) et sa porosité (courbe 4) varient très lentement
mais toujours inversement.
La diminution de la déformation au point 1 s’explique comme dans le chapitre précédent
par la diminution de l’effet de l’angle droit. Le congé améliore la circulation des gaz réactifs
dans le cas d’une dent rectangulaire de la plaque BPP. Avec l’augmentation du rayon du
congé, la concentration de contrainte a été améliorée et la déformation de la plaque GDL
diminuée. Quand la dent de la BPP est juste circulaire avec un rayon de 0.4 mm, le point
1 coïncide alors avec l’axe de symétrie. Ainsi, dans la figure 4.34, la déformation au pint 1
et la déformation sur l’axe de symétrie sont identiques pour un rayon de 0.4 mm. Mais la
porosité de la GDL varie inversement à la déformation, l’augmentation du rayon du congé
conduit donc à l’accroissement de la porosité de la plaque GDL au point 1. La porosité sur
l’axe de symétrie varie très doucement car le contact est régulier (plan à plan ) autour l’axe
de symétrie.
Sur la figure 4.34, pour RRIB = 0.01 mm, la porosité de la plaque GDL sur l’axe de
symétrie est de 68.8 % ; au même endroit pour RRIB = 0.4 mm, la porosité est de 63.2 %, la
variation de la porosité sur l’axe de symétrie est d’environ 6 % ce qui est faible. En revanche
au point 1, la déformation diminue rapidement avec le rayon du congé et la porosité de la
GDL augmente logiquement . La déformation au point 1 pour 0.01 mm est assez élevée et
sa porosité est nulle. Avec l’augmentation du rayon du congé, la porosité atteint 12 % pour
un rayon de 0.05 mm et 42 % pour 0.09 mm. Pour un rayon supérieur à 0.15 mm, la courbe
Largeur des dents de la plaque BPP 103
La figure 4.35 montre la variation de l’aire de contact avec différentes largeurs des dents
de la BPP (WRIB =0.4 mm, 0.8 mm et 1.2 mm) sous différentes précompressions de la PAC.
L’aire de contact augmente comme prévu avec la largeur des dents. Plus les dents de la plaque
BPP sont larges, plus l’aire de contact est grande, moins la résistance de contact est élevée.
En revanche, un canal large est plus favorable à la circulation des gaz réactifs. Or un canal
plus large implique une dent plus étroite car WRIB + WCN doît rester constant. Il faudra là
encore trouver un compromis.
Les figures 4.36, 4.37, 4.38 représentent la distribution de la différence entre la pression
au point 1 et la pression sur l’axe de symétrie (point 3), de la porosité de la GDL au point 1
et de la porosité de la GDL sur l’axe de symétrie (point 3). Sur la figure 4.36, nous pouvons
voir qu’avec l’augmentation de la précompression, l’uniformité de la pression à l’interface
pour différentes largeurs de dents est très proche. Sur les figures 4.37, 4.38, on constate que
la largeur des dents de la BPP n’influence ni la porosité au point 1, ni la porosité sur l’axe de
symétrie. La largeur des dents de la plaque BPP n’influence donc que principalement l’aire
de contact.
Pour une plaque BPP de longueur LBP P , de largeur WBP P , si la largeur des dents est
WRIB , la largeur des canaux est WCN , la longueur des dents est LBP P , la longueur de contact
0
avec des congés est WRIB , l’aire de contact totale aux interfaces multi-contacts AT entre les
petits dents de la plaque BPP et la plaque GDL est le somme des aires de contact individuelles
Largeur des dents de la plaque BPP 105
F IG . 4.38: Porosité sur l’axé de symétrie avec différentes largeurs des dents
106 Chapitre 4 : Influence des principaux paramètres sur la performance des piles
N
X 0
AT = WRIB (i) × LBP P (4.2)
i=1
WBP P
N= (4.3)
WRIB + WCN
Parce que le déplacement appliqué s’applique de la même façon sur toute la largeur de la
BPP, toutes les zones de contact ont la même aire de contact. On peut donc écrire :
0
0 W × LBP P × WBP P
AT = N × WRIB × LBP P = RIB (4.4)
WRIB + WCN
si le rapport entre la largeur des canaux et la largeur des dents est RWCN /WRIB , c’est-à-
dire, le WCN = RWCN /WRIB × WRIB , on a
0
W LBP P × WBP P
AT = RIB ( ) (4.5)
WRIB 1 + RWCN /WRIB
0
puisque WRIB = WRIB + (π − 2) × RRIB ,
Parce que la dimension de la plaque BPP est constante et carrée, LBP P et WBP P dans
l’équation 4.6 sont constants, l’aire de contact totale est déterminée par les paramètres RRIB ,
WRIB et le rapport RWCN /WRIB . Le RRIB est un paramètre positive à l’aire de contact totale
aux interfaces multi-contacts en cas d’un contact parfait, par contre le WRIB et le rapporteur
RWCN /WRIB sont les paramètres négatives à l’aire de contact totale aux interfaces multi-
contacts. Au cas du contact parfait, l’aire de contact augmente avec le rayon RRIB avant d’un
rayon de 0.05 mm comme être étudié dans la figure 4.33. Le RRIB de 0.05 mm est le rayon
qui réalise l’aire de contact maximale aux interfaces. Par contre, pour les deux paramètres
négatives à l’aire de contact, le WRIB et le rapporteur RWCN /WRIB , ses petits valeurs sont
favorables à l’aire de contact totale aux interfaces. C’est-à-dire, la largeur des dents plus
fin conduit à une plus large de l’aire de contact totale aux interfaces. Afin de trouver un bon
compromis entre une largeur de dent importante (mais un canal plus étroit) qui favorise l’aire
de contact et une largeur de canal assez grande qui favorise la circulation des gaz réactifs,
nous garderons une largeur 0.8 mm identique pour les deux largeurs.
Épaisseur de la plaque GDL 107
Nous avons vu que le contact parfait était déterminé par la précompression de la PAC, la
pression de contact influencée par le rayon du congé, l’aire de contact déterminée en grande
partie par la largeur des dents de la plaque BPP. L’épaisseur de la plaque GDL est aussi un
paramètre important pour la performance de la PAC, qui intervient dans la porosité de la
plaque GDL. La plaque GDL est poreuse et permet le passage des gaz réactifs. Comme nous
avons étudié dans l’équation 1.22, la porosité et la perméabilité de la GDL sont déterminées
par la déformation volumique de la GDL. Le changement de l’épaisseur de la plaque GDL
peut influencer la distribution de la déformation volumique et la porosité. Il apparaît donc
intéressant de considérer l’influence de l’épaisseur de la plaque GDL sur la performance de
la pile.
Actuellement quatre types de plaque GDL sont disponibles dans la commerce dans la
série TGP-H, ce sont TGP-H-120, TGP-H-90, TGP-H-60 et TGP-H-30. Leurs épaisseurs
sont 0.375 mm, 0.285 mm, 0.195 mm et 0.11 mm. Dans un premier temps, la porosité de la
plaque GDL au point 1 et la porosité sur l’axe de symétrie pour différentes épaisseurs de la
plaque GDL sont représentées dans les figures 4.39 et 4.40.
Les figures 4.39 et 4.40 montrent que l’épaisseur de la plaque GDL a une influence im-
portante sur la porosité de la plaque GDL. Plus l’épaisseur de la plaque augmente, plus la
porosité est importante. Afin d’optimiser la performance de la PAC, l’épaisseur de la GDL
recommandée sera de 0.375 mm.
108 Chapitre 4 : Influence des principaux paramètres sur la performance des piles
F IG . 4.43: Porosité sur l’axe de symétrie pour différentes épaisseurs des membranes
des piles à combustibles. La géométrie à l’interface joue un rôle direct sur l’état de contact
entre les plaques BPP et GDL. On considère maintenant la tolérance géométrique issue de
la procédure de fabrication industrielle. Dans cette partie, deux études géométriques sont
considérées : la première porte sur la géométrie de l’interface, c’est-à-dire, la prise en compte
d’une interface rugueuse, la seconde sur la tolérance des hauteurs des dents de la plaque BPP.
En effet, sous une précompression uniforme, différentes hauteurs de dents peuvent conduire
à différents états de contact entre la plaque BPP et la plaque GDL.
dire, la densité des aspérités. Les différentes hauteurs des aspérités ainsi que leur nombre
peuvent influencer l’état de contact à l’interface et la résistance. Les hauteurs des aspérités
à l’interface rugueuse sont indiquées dans le tableau 4.1 selon l’expérience réalisée par Bes-
mann et al [BKH03]. L’aspérité de 8 mm de la surface de la plaque GDL est donnée dans le
tableau 1.3 dans le chapitre 1.
Le modèle des éléments finis avec une interface rugueuse est représenté dans la figure
4.47. Ce modèle n’est pas symétrique car la rugosité ne l’est pas. La surface haute de la
plaque GDL est rugueuse avec une rugosité de 8 µm, et la surface basse de la plaque BPP
a une rugosité de : 2.9 µm, 8.83 µm ou 10.2 µm. Le maillage du modèle est indiqué dans
la figure 4.48. Le maillage est plus fin que le modèle utilisé avec l’interface lisse pour tenir
compte des petits aspérités sur les surfaces rugueuses. Les propriétés et les conditions aux
limites du modèle sont identiques à celles des études précédents.
Dans un premier temps, l’influence des différentes aspérités de la surface de la plaque
BPP sur l’aire de contact est étudiée. La figure 4.49 montre la variation de l’aire de contact
avec trois types d’aspérité (2.9 µm, 8.3 µm et 10.2 µm). L’aire de contact avec une surface
lisse est différente de celle avec une surface rugueuse, car quand la précompression est faible,
114 Chapitre 4 : Influence des principaux paramètres sur la performance des piles
l’aspérité produit des espaces non en contact entre les plaques BPP et GDL. Mais quand la
précompression est assez élevée comme 0.1 mm ou plus, l’aire de contact avec interface
rugueuse est proche de l’aire de contact avec interface lisse. Une précompression élevée
diminue donc les aspérités à l’interface et conduit à l’augmentation de l’aire de contact.
Plus les aspérités sont faibles, plus de l’aire de contact se rapproche de celle obtenue avec
une surface lisse. En revanche, les aspérités importantes défavorisent le taille de la zone de
contact, ceci d’autant plus que la pré-compression est faible.
Quand la précompression de la PAC est assez élevée, l’influence des aspérités sur l’aire
de contact se fait moindre, parce que la précompression élevée réduit les aspérités et les met
en contact avec la plaque GDL.
La figure 4.50 montre que l’influence de la densité des aspérités de la plaque BPP sur
l’aire de contact avec une taille des aspérités de 2.9 mm. La densité des aspérités est le
nombre des aspérités par unité de surface. Les aires de contact avec les densités d’aspérités
de 20/mm, 40/mm et 80/mm sont représentées dans la figure 4.50. Nous pouvons voir que
plus il y a d’aspérités à l’interface, moins l’aire de contact est importante, plus d’aspérités
produit plus d’espaces à l’interface et ces espaces ne sont pas en contact.
Enfin, dans la figure 4.50, une précompression de la PAC élevée augmente toujours l’aire
de contact. Ainsi une précompression élevée et une petite densité d’aspérités à l’interface
permettent de réaliser une aire de contact plus large. La précision de la fabrication de la
plaque BPP est donc importante dans la performance de la PAC. Il faut avoir la plus faible
densité d’aspérités possible.
116 Chapitre 4 : Influence des principaux paramètres sur la performance des piles
Pour conclure, on peut dire que l’interface entre la plaque GDL et la plaque BPP doit
être la plus lisse possible, pour avoir une aire de contact large et une performance de la
PAC supérieure. La précision dans la fabrication de la surface de la plaque BPP est donc
très importante. Toutefois, si les conditions de la fabrication ne le permettent pas (coût de
fabrication élevé), une précompression assez élevée devra être appliquée afin de diminuer les
effets de la rugosité à l’interface.
Sur la figure 4.51, les hauteurs des dents de la BPP ont été modifiées et suivent une dis-
tribution Gaussienne normale. Le maillage et les propriétés du modèle de contact multiples
sont identiques au modèle avec une seule dent.
La différence des hauteurs de dents de la plaque BPP conduit à différents états de contact
entre toutes les petites dents de la plaque BPP et la plaque GDL : la pression et l’aire de
contact sont différentes, ce qui a une influence sur la performance des piles. En effet, les
résistances de contact sont différentes, les températures aussi. Tout ceci n’est pas favorable à
une performance optimale de la PAC et peut agir sur la durée de vie des piles.
Influence des principaux paramètres sur la performance des piles 119
4.8 Conclusions
Dans ce chapitre, une étude est effectuée sur les influences des paramètres variables at-
tribués aux effets mécaniques aux interfaces de la structure de la PAC. La variation des
paramètres comme la précompression, le rayon du congé et la largeur des dents de la plaque
BPP, les épaisseurs de GDL et MEA est étudiée. On a trouvé que la précompression a une
influence importante pour le contact à l’interface, la précompression de 0.1 mm permet de
réaliser un contact complet entre BPP/GDL, d’obtenir une bonne uniformité de la pression
de contact à l’interface, et la porosité la plus grande possible pour la plaque GDL. Le rayon
du congé de dents change la pression de contact, la longueur de contact entre BPP/GDL et
la déformation de la plaque GDL. On a trouvé qu’un rayon de congé de 0.05 mm est un bon
compromis pour la performance de la PAC. En ce qui concerne l’influence des épaisseurs de
GDL et MEA, une plaque GDL épaisse de 0.375 mm permet de garder une grande porosité.
De plus, une membrane de 0.05 mm est considérée grâce à sa petite résistance propre pour
la performance de la PAC. L’étude de l’influence de la géométrie à l’interface a montré que
les aspérités réduisent la surface de contact et diminuent donc la performance de la pile. Il
en est de même avec les irrégularité des hauteurs de dents de la plaque BPP.
Ces défauts de fabrication devrons donc être bien contrôlés au moment de la mise en
œuvre de la pile.
120 Influence des principaux paramètres sur la performance des piles
121
Conclusions et perspectives
Conclusions
Le but de ce travail était de développer un modèle de la pile basé sur la méthode des
éléments finis et permettant d’étudier le comportement mécanique au niveau des interfaces
multi-contacts dans la pile à combustible. La pile de type PEM ayant une structure lamel-
laire, tous les éléments sont en contact les uns avec les autres. Il est évident que le contact
joue un rôle important dans le fonctionnement et la performance des piles. Aussi nous a-t-il
paru pertinent d’approfondir les connaissances sur ces différents contacts et de proposer des
valeurs optimales pour certains paramètres qui pourraient être prises en comptes au moment
de la conception.
Tout au long de ce mémoire nous avons présenté des points importants qui ont permis
de mieux connaître les phénomènes de contact au sein d’un pile. En résumé, nous pouvons
définir trois points pour lesquels les études dans ce travail sont originales :
– le traitement du contact : pour ce premier point, nous avons utilisé la méthode du bi-
potentiel développée par De Saxcé et Feng pour la résolution des problèmes de contact
avec frottement en statique dans la structure de la pile.
– le rôle du contact dans la pile à combustible : pour ce second point, nous avons étu-
dié le rôle du contact dans la performance de la pile à travers : la pression de contact,
la zone de contact et la déformation sur la zone de contact.
Comme nous l’avons présenté dans la chapitre 2, la résolution des problèmes de contact
122
par la méthode du bi-potentiel, développée par De Saxcé et Feng [Fen95], est précise et
rapide.
Dans le chapitre 3, la modélisation de la plaque bipolaire (BPP), de la couche de diffusion
gazeuse (GDL) et de la membrane échangeuse de protons (MEA) a permis de montrer que
des zones de décollements existaient entre la MEA et la GDL. Considérant ensuite que ces
deux éléments étaient collés (physiquement possible par un recuit), nous avons constaté que
la dent rectangulaire avec angle droit engendrait une répartition de la pression normale de
contact d’allure hyperbolique à l’approche du coin. L’introduction d’un congé à la place de
l’angle droit a permis d’atténuer de manière conséquente cette concentration de contraintes.
Une modélisation prenant en compte la porosité des matériaux de la GDL a ensuite montré
qu’une déformation importante diminuait la porosité et génait la circulation des gaz réactifs.
Le chapitre 4 a été consacré à l’influence de certains paramètres de chargement ou d’ordre
géométrique sur le fonctionnement de la pile. Des valeurs optimales ont été proposées pour
les paramètres suivants : précompression, largeur et rayon du congé des dents de la BPP,
épaisseur de la GDL et MEA. Nous avons également vu que les aspérités de surface pro-
venant d’une fabrication non parfaite des surface lisses diminuaient indirectement la perfor-
mance de la pile. Ces valeurs pouront par la suite être utilisées pour la conception des piles
et pour de futures études sur les piles à combustibles.
Il est à noter que ce travail a donné lieu à une publication dans un journal scientifique
[ZRFY10] et deux communications dans des congrès [ZRF09b][ZRF09a].
Perspectives
Les différents résultats obtenus dans ce travail nous encouragent fortement à poursuivre
dans cette voie. De nombreuses modifications peuvent être envisagées à plus ou moins court
terme dans le but d’étendre nos connaissances sur la façon d’améliorer le fonctionnement
des piles à combustible. Ces recherches à venir peuvent être regroupées en deux parties in-
dépendantes : l’optimisation de la structure multi-contact de la PAC et la modélisation des
phénomènes couplés (mécano-électro-chimiques) au sein de la pile.
La première partie apparaît comme une suite logique du dernier chapitre de cette thèse.
En effet nous avons vu que les effets inter-agissaient parfois de manière contraire, et qu’il
fallait trouver des compromis. Il serait donc très intéressant de suivre un plan d’expériences,
appliqué au numérique, pour dégager les paramètres les plus influents sur la performance de
la pile et ainsi proposer une optimisation globale de la pile. Nous pourrions peut être ajouter
de nouveaux paramètres à ceux déjà étudiés comme par exemple, le profondeur DCN des
dents de la plaque BPP afin d’étudier l’influence de DCN sur le flux des gaz réactifs.
123
Dans le second axe de recherche, nous envisageons d’étendre le champ de l’étude mé-
canique aux phénomènes chimiques et électroniques présents dans la pile à combustible.
Différents couplages peuvent être étudiés :
– mécanique-chimique : dans notre travail dans le chapitre 4, nous avons observé l’in-
fluence des paramètres mécaniques sur la porosité de la plaque GDL. Nous avons vu
que l’alimentation des gaz réactifs était influencée par la déformation mécanique de
la plaque GDL et par la largeur des dents de la plaque BPP. Cependant, il existe bien
d’autres phénomènes chimiques pour lesquels l’étude mécanique-chimique serait es-
sentielle.
Nous espérons que les travaux présentés dans ce mémoire pourront constituer une base
à de futures recherches dans le domaine de la modélisation des phénomènes couplés méca-
niques, électriques, chimiques présents au sein d’une pile à combustible.
124
125
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129
4.40 Variation de la porosité sur l’axe de symétrie pour différentes épaisseurs . . 108
4.41 Uniformité de pression de contact pour différentes épaisseurs des MEAs . . 109
4.42 Porosité au point 1 pour différentes épaisseurs des membranes . . . . . . . 109
4.43 Porosité sur l’axe de symétrie pour différentes épaisseurs des membranes . 110
4.44 Contrainte dans la MEA (0.05 mm) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 111
4.45 Contrainte dans la MEA (0.183 mm) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 111
4.46 La tendance entre la résistance de contact et la rugosité différente . . . . . . 113
4.47 Modélisation des rugosités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 114
4.48 Maillage de l’interface rugueuse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 114
4.49 Influence des aspérités sur l’aire de contact . . . . . . . . . . . . . . . . . 115
4.50 Influence de la densité des aspérités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 116
4.51 Modèle avec différentes hauteurs de dent . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 117
4.52 Pression avec différentes dents . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 117
4.53 Déformation de la plaque GDL avec différentes hauteurs des dents . . . . . 118
4.54 Numéro des dents . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 118
139