Panorama IAA
Panorama IAA
AGROALIMENTAIRES
ÉDITION 2022
Élaboré tous les deux ans, le Panorama des industries agroalimentaires est le résultat d’un travail piloté par la direc-
tion générale de la performance économique et environnementale des entreprises (DGPE) en collaboration avec
le service de la statistique et de la prospective, la direction générale de l’enseignement et de la recherche, la direc-
tion générale de l’alimentation, la direction de la communication et les directions régionales de l’alimentation, de
l’agriculture et de la forêt du ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire.
Le Panorama fait le point sur la situation des entreprises françaises actives dans les domaines des industries ali-
mentaires et de la fabrication de boissons, respectivement divisions 10 et 11 de la nomenclature d’activité fran-
çaise (NAF rév. 2, 2008).
Répartition de la valeur :
la loi EGalim 2 et les
enjeux pour la chaîne
88
Responsabilité
agroalimentaire sociétale
des entreprises
38 92
4
Dynamisme
Financements
et investissements Resilience
et indépendance
économique du secteur :
principaux faits
et données
42
Emploi, formation
du secteur
agroalimentaire
macroéconomiques et attactivité
des métiers 95
6
Dynamique récente 51 66
Le respect
La logistique
en temps de crise
du secteur et des
leaders français
La différenciation
des produits
de l'environnement
99
9
agroalimentaires
72 Contrôle, qualité
sanitaire et gestion
15
S’organiser pour être
plus efficace :
la gouvernance du 79 107
Nutrition
Mutations et secteur agroalimentaire La bioéconomie et alimentation
perspectives du système
alimentaire français
82 114
17
Diversité des produits
Diminuer le plastique
et développer
l'économie circumaire
Technologies,
blockchain
et traçabilité
alimentaires en france
25 119
Recherche,
L’ancrage territorial développement
de l’agroalimentaire et innovation
français
27 130
ACCOMPAGNEMENT
Consommer durable : DES ENTREPRISES
Les projets alimentaires Dispositif d'aides
territoriaux
2
ÉDITO
DU MINISTRE DE L’AGRICULTURE
ET DE LA SOUVERAINETÉ ALIMENTAIRE
Ces crises aux répercussions internationales nous rappellent que l’alimentation est un bien com-
mun mondial, auquel chaque zone de production apporte une contribution qui, si petite parfois
puisse-t-elle être, constitue une brique essentielle. Les crises traversées nous invitent à bâtir des
systèmes agricoles et agroalimentaires agiles et capables, grâce à nos connaissances scientifiques
et savoir-faire technologiques, de s’adapter aux conséquences du changement climatique.
La période récente nous rappelle que derrière chaque produit alimentaire, des femmes et des
hommes s’appliquent, sans relâche, à nourrir leurs prochains. Ils ont également pris conscience
de la capacité de cette chaîne alimentaire à fournir des produits favorables à leur santé.
C’est justement parce que ce secteur est fondamental que l’industrie agroalimentaire a fait l’ob-
jet de mesures fortes pour s’assurer de sa solidité à long terme. Tous les citoyens doivent avoir
accès à une alimentation de qualité quand les pouvoirs publics ont le devoir de garantir la souve-
raineté alimentaire de notre pays. C’est bien sûr ce à quoi s’emploie tout particulièrement notre
3
En tant que ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, j’ai la conviction qu’il est
indispensable d’aborder le secteur alimentaire dans sa globalité, depuis la production agricole
jusqu’au consommateur, dont il est lui-même, par les choix qu’il fait et les débouchés qu’il offre
à nos producteurs et nos entreprises, un acteur majeur. Les entreprises agroalimentaires sont des
maillons essentiels de la chaîne pour assurer un approvisionnement en produits sains, sûrs et
durables, répondant aux attentes des consommateurs et assurant des débouchés rémunérateurs
aux producteurs.
Aussi, j’ai le plaisir de vous présenter ce nouveau Panorama des IAA qui propose un tour d’horizon
de ce secteur, représenté par plus de 15 000 entreprises et employant 440 000 salariés, un secteur
d'une extraordinaire diversité qui compte des multinationales implantées dans le monde entier
tout en étant composé à 98 % de TPE/PME.
Les industries agroalimentaires sont des acteurs structurants de nos territoires. Grâce aux liens
étroits qui les lient aux agriculteurs elles sont omniprésentes, des zones rurales aux villes, bourgs
et villages. Dans leurs zones d’implantation, elles offrent des emplois d’une grande diversité, por-
teurs de sens pour tous niveaux de qualification. L’agroalimentaire, c’est l’industrie au bout du
champ, au cœur de nos campagnes.
En cette période de crise, le secteur de l'industrie agroalimentaire doit relever de très nombreux
défis : assurer une juste répartition de la valeur afin de sécuriser ses approvisionnements, relever
le défi de la décarbonation, reconquérir des parts de marché à l'export, répondre aux nouvelles
attentes des consommateurs, moderniser son potentiel industriel, intégrer la révolution numé-
rique, adapter ses compétences, renforcer l’attractivité de ses métiers, etc. Ce document pré-
sente l’ensemble de ces thématiques, les tendances récentes et le rôle des politiques publiques
pour capter les formidables opportunités de développement de ce secteur.
Mon ministère continuera à être aux côtés des professionnels de l'agroalimentaire pour soutenir
leurs démarches et les transformations nécessaires afin de répondre à l’ensemble de ces défis et
d’ouvrir de nouvelles opportunités de développement. J'ai confiance en notre capacité à réussir,
grâce à l'engagement de tous.
Marc Fesneau
Ministre de l'Agriculture
et de la Souveraineté alimentaire
TOUR D'HORIZON DU SECTEUR
4 AGROALIMENTAIRE FRANÇAIS
135
125
115
105
95
85
75
Trimestre 1 Trimestre 2 Trimestre 3 Trimestre 4 Trimestre 1 Trimestre 2 Trimestre 3 Trimestre 4 Trimestre 1 Trimestre 2 Trimestre 3 Trimestre 4
D’après les résultats de l’enquête annuelle réalisée par de Lactalis et Pernod-Ricard. Très internationalisés, ces
le groupe RIA sur un échantillon d’IAA composé de entreprises réalisent plus de 80 % de leurs activités hors
117 sociétés et groupes français de plus de 100 millions de France, et jusqu’à 94 % pour Pernod Ricard. 8 coo-
d’euros de chiffre d’affaires (CA)5, le CA de ces entre- pératives sont présentes dans le classement 2020 des
prises a reculé de 1,2 % en moyenne en 2020 alors qu’il 25 leaders français.
avait progressé de 2,4 % en 2019, de 0,3 % en 2018 et
3,4 % en 2017. Il a à nouveau augmenté en 2021. S’il ne fait pas partie de ce classement pour des raisons
méthodologiques, il est à noter que le groupe InVivo,
En 2020, comme depuis de nombreuses années, les réseau de 192 coopératives sociétaires, affiche un chiffre
trois groupes agroalimentaires français présentant les d’affaires de 5,1 Md€ en 2021. Il s’agit du 1er groupe coo-
plus importants chiffres d’affaires sont : Danone suivi pératif agricole français.
Agromousquetaires 5 3 546
4 242
Sodiaal 7 3 268
4 668
Coca-Cola European 8 2 064
Partners France 2 064
Andros 16 1 500
2 200
Kermené 20 1 067
1 067
Kronenbourg 22 830
830
Le secteur agricole et agroalimentaire est l’un des sec- En 2021, la valeur des exportations françaises de pro-
teurs qui contribue le plus à la puissance exportatrice duits agricoles et agroalimentaires s’est nettement
française. Il est le 3e poste d’excédent commercial améliorée pour s’établir à 69,7 Md€, soit + 13 % par
de notre pays avec 8 Md€ en 2021, après les secteurs rapport à 2020 et + 9 % par rapport à 2019. La part des
Aéronautique et spatial (19,7 Md€) et Chimie, parfums, exportations françaises vers l’Union européenne (UE)
cosmétique (15,2 Md€). est de 54 %, en légère hausse par rapport à 2020.
En 2021, l’excédent commercial agricole et agroalimen- En 2021, la France reste le 6e pays exportateur de produits
taire français augmente de 31 % par rapport à 2020 agricoles et agroalimentaires mondial avec une part de
(6,1 Md€) et de 3,4 % par rapport à 2019 (7,7 Md€). La marché de 4,5 %, derrière les États-Unis (9,6 %), les Pays-Bas
nette amélioration du solde commercial, que ce soit (6,9 %), le Brésil (5,4 %), l’Allemagne (5 %) et la Chine (4,5 %).
avec l’Union européenne (+28 % par rapport à 2020) Les exportations de l’UE représentent 37,3 % des expor-
ou avec les pays tiers (+ 7 % par rapport à 2020), est en tations mondiales. Concernant les produits agroalimen-
grande partie imputable aux vins et spiritueux dont les taires, incluant les vins et spiritueux, la progression des
exportations ont repris en 2021, après une année 2020 exportations est de 18 % en 2021 pour atteindre 53,5 Md€.
particulièrement difficile pour ce secteur. Ces résultats placent la France au 4e rang mondial pour les
exportations de produits agroalimentaires.
Pour faire face aux impacts de la crise sanitaire 2. Proposer une offre adaptée à la demande des
COVID-19 et accompagner la relance écono- clients et partenaires à l’international pour
mique, le Gouvernement français a lancé dès conforter voire reconquérir les marchés tradi-
octobre 2020 un plan de relance du commerce tionnels et saisir toute nouvelle opportunité ;
agroalimentaire français à l’international. Ce plan
s’appuie sur trois axes stratégiques : 3. Promouvoir l’offre française à l’international
sur les marchés stratégiques en lançant un dis-
1. Sécuriser les dispositifs d’exportation (logis- positif de communication globale porté par la
tique, certification Sécurité et de Protection nouvelle marque sectorielle « Taste France » et
de la Santé et assurance-crédit) pour consoli- en accompagnant la projection des entreprises
der les flux commerciaux à l’international ; agroalimentaires à l’international (en particu-
lier les primo-exportateurs).
ÉVOLUTION DES IMPORTATIONS, EXPORTATIONS ET DU SOLDE DES ÉCHANGES AGROALIMENTAIRES(en Md€)
Source : Douanes
10 70
Exportations
Importations Soldes
65
14
60
13
55 12
50 11
45 10
40 9
35 8
30 7
6
25
5
20
4
15 3
10 2
5 1
0 0
2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021
ÉVOLUTION DES ÉCHANGES AVEC LES PAYS TIERS ET L'UNION EUROPÉENNE (en Md€)
Source : DGDDI (douanes)
En 2021, seuls les échanges de produits bruts avec les pays tiers se dégradent
14
12
10
-2
-4
-6
UE Pays tiers UE Pays tiers
PRODUITS BRUTS PRODUITS TRANSFORMÉS (HORS TABAC)
45
11
40
30
25
20
15
10
0
2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021
Importations UE Exportations UE
Importations pays tiers Exportations pays tiers
4,5
4,0
3,5
3,0
2,5
2,0
1,5
1,0
0,5
-0,5
-1,0
-1,5
-2,0
-2,5
-3,0
Espagne
Pays-Bas
Brésil
Pologne
Côte-d'Ivoire
Norvège
Irlande
Maroc
Inde
Équateur
Luxembourg
Hong Kong
Italie
Singapour
Japon
Algérie
Allemagne
Royaume-Uni
Chine
États-Unis
Vins et spiritueux 1er 17,3 Md€ + 25% 19 % + 1,6 point + 13,9 Md€
Céréales et
8e 7,6 Md€ + 6% 5,4 % - 0,9 point + 6,3 Md€
dérivés
Lait et produits
4e 7,6 Md€ +5% 8,7 % - 0,1 point + 3,4 Md€
laitiers
Animaux vivants
et génétique 1er 2,2 Md€ -2% 10,3 % - 0,4 point + 1,8 Md€
animale
Oléagineux
12e 2,7 Md€ + 39 % 1,3 % + 0,1 point - 1,2 Md€
et dérivés
Viande et produits
10e 4,9 Md€ + 16 % 2,9 % + 0,1 point - 1,5 Md€
carnés
Produits de
la pêche et 21e 1,9 Md€ + 38 % 1,5 % + 0,3 point - 4,6 Md€
d'aquaculture
Fruits et légumes 13e 4,8 Md€ +1% 2,1 % - 0,1 point - 6,8 Md€
8. Source : Les performances à l’export des filières agricoles et agroalimentaires françaises : situation en 2021, FranceAgriMer, mai 2022
9. Le groupe « vins et spiritueux » est composé des vins, spiritueux, cidres/poirés, bières et boissons alcoolisées aromatisées.
Plus d’un tiers de cette augmentation est attribuable aux Viandes et produits carnés
envois de fromages et plus de 20 % aux matières grasses
ainsi qu’à la poudre de lait écrémé. En revanche, les
exportations ont été pénalisées par le lait liquide et les
La France est le 10e pays exportateur mondial de viande
et produits carnés. Avec 4,9 Md€, les exportations
13
poudres infantiles, ces dernières continuant de subir la progressent de 16 % par rapport à 2020, et ce malgré
baisse des demandes chinoise et algérienne. un contexte marqué par les épizooties d’influenza
En 2021, la France a perdu une place au rang des pays En 2021, la France a importé l’équivalent de 6,4 Md€ de
exportateurs mondiaux des produits d’épicerie et se viandes et produits carnés, en hausse de 18 % par rap-
classe désormais 8e avec 10 Md€, soit 4,4 % des parts du port à 2020 et de 11 % par rapport à 2019. Ses impor-
marché mondial. La croissance du commerce mondial tations sont principalement constituées de viandes et
sur ces produits (+ 9 % entre 2021 et 2020) a moins béné- abats (4,7 Md€), de préparations et conserves de viande
ficié à la France (+ 8 %) qu’à certains de ses concurrents (0,7 Md€) et de saucisses et saucissons (0,3 Md€). La
(+ 14 % pour le Brésil et l’Espagne). Les exportations fran- balance commerciale de la France dans ce secteur est
çaises de ce secteur sont constituées à 24 % de produits ainsi de - 1,5 Md€.
de la boulangerie / pâtisserie (2,4 Md€), 14 % du café
(1,4 Md€), 13 % de chocolat (1,3 Md€) et 8 % à parts égales
pour les sodas et les eaux minérales (0,8 Md€). Structure des entreprises exportatrices
et de commerce de gros10
En 2021, la France a importé 14,1 Md€ de produits d’épi-
cerie, en hausse de 7 % par rapport à 2020 et 2019. Ses En 2019, 9 200 entreprises, soit 23 % de l’ensemble des
importations sont principalement constituées de café, entreprises des industries agroalimentaires hors artisa-
thé, maté et épices (3,1 Md€), de produits de la boulan- nat commercial (IAA) et du commerce de gros de pro-
gerie / pâtisserie (2,3 Md€) et de chocolat (2,1 Md€). La duits agroalimentaires, déclarent un chiffre d’affaires
balance commerciale de la France dans ce secteur est total à l’exportation de 73 Md€. Les IAA contribuent
ainsi de - 4,1 Md€. davantage aux exportations que le commerce de gros
de produits agroalimentaires (47 Md€ contre 26 Md€).
Au sein de l’UE, toutes les destinations sont en progres- Parmi les entreprises exportatrices, les grandes entre-
sion par rapport à 2020, et même par rapport à 2019. prises, qui représentent 0,3 % de l’ensemble des entre-
Les exportations françaises en produits d’épicerie aug- prises exportatrices, réalisent 42 % des exportations.
mentent vers ses deux principaux clients que sont la
Belgique (+ 8 % par rapport à 2020, soit 15 % de part de Le taux d’exportation11 des IAA est de 26 %. Si le taux
marché) et l’Allemagne (+ 6 %, soit 13 % de part de mar- d’exportation varie peu selon la taille d’entreprise, il dif-
ché). En revanche, elles diminuent fortement (- 13 %) vers fère en revanche selon les filières. Il est élevé dans le
son 3e client, le Royaume-Uni (1er client pays tiers) en rai- travail du grain (51 %), les boissons (37 %) et la fabrica-
son de la forte baisse des exportations de café (- 85 %), tion des huiles (32 %). Il est plus faible dans le secteur de
les autres produits principaux étant en nette augmenta- la boulangerie/pâtisserie industrielle (18 %), de la trans-
tion. La France consolide sa position vers les États-Unis, formation du poisson (13 %) et de la transformation de
son 2e client pays tiers, grâce à une croissance de 21 % la viande (12 %), des industries de produits périssables.
de ses exportations. Le taux d’exportation est de 22 % dans le commerce de
gros de produits agroalimentaires.
14 6,6 7
1,5
0,6
0,2
0,9
RUSSIE + EX-CEI
AMÉRIQUE 1,9
DU NORD 1,5 ASIE DU NORD
0,3 0,2
0,7
AFRIQUE PROCHE-ORIENT 0,1
DU NORD ASIE
1 1,9
0,6 0,6 DU SUD-OUEST
1,4
0
AMÉRIQUE 1,6 1,8
MOYEN-
CENTRALE ORIENT
ASIE
3 DU SUD-EST
AFRIQUE
SUB-SAHARIENNE
0,4
0,8 0,6 0,5
AMÉRIQUE 0,5
DU SUD OCÉANIE
AFRIQUE
AUSTRALE
Boissons
Produits agricoles
EXPORTATIONS
IMPORTATIONS
3,8
PAYS-BAS
ALLEMAGNE
ROYAUME-UNI
BELGIQUE
1,1
0,6
IRLANDE
8,1
1,8
1,2
5,4 POLOGNE
5,8
5,2
ESPAGNE
0,9 0,6
PORTUGAL
ITALIE
10. Une sole correspond à une étendue de terre labourable destinée à une certaine culture pendant une période donnée de la rotation
Espagne, Allemagne). Sur le marché français, les débou- phytosanitaires néonicotinoïdes qui seront interdits en
chés sont les industries agroalimentaires (IAA) et la res- 2024 afin d’éviter une baisse des surfaces betteravières
18 tauration hors foyer (58 %), l’alcool et éthanol (19 %), l’in-
dustrie chimique et pharmaceutique (12 %) et le sucre
qui conduirait à des fermetures de sucreries. La filière
canne est confrontée à une dégradation de l’état sani-
de bouche (11 %). Une production de sucre biologique taire des parcelles du fait d’une forte pression liée aux
se développe depuis 2019 mais reste pour le moment adventices, qui rend nécessaire une lutte permanente
marginale (2 000 hectares, 0,5 % des surfaces). contre l’enherbement par les opérations culturales
• Le secteur dispose également de 12 distilleries produi- (épaillage, binage mécanique ou manuel), ou par l’usage
sant de l’alcool à partir de betteraves (43 %) et céréales d’herbicides.
(57 %) qui est destiné à la production de bioéthanol
(62 %) et d’alcool traditionnel (38 %). Les deux princi- Innovation et nouveaux projets
paux acteurs (80 % de la production) sont deux coo-
pératives : Tereos (1er fabricant français de sucre, 2e au • France Relance et Oléagineux. Le ministère de l’Agri-
niveau européen et présent au Brésil) et Cristal Union, culture et de la Souveraineté alimentaire a lancé en
présent en Italie et en Algérie. 2020 un Plan protéines qui a pour ambition de dou-
bler de 1 à 2 Mha les surfaces en légumineuses à graines
Actualités de la filière (soja, protéagineux, légumes secs) et fourragères
(prairies artificielles dont luzerne) à l’horizon 10 ans.
• Céréales et oléagineux. Le conflit en Ukraine a exa- Le développement de ces productions doit en effet
cerbé les tensions sur les marchés mondiaux des contribuer à réduire la dépendance de la France aux
céréales et des oléagineux, déjà haussiers en 2021. En importations de soja grains et tourteaux pour l'alimen-
plus des risques en matière de sécurité alimentaire pour tation animale, à diminuer les apports d'engrais azotés
de nombreux pays importateurs, la forte augmentation minéraux grâce à l'introduction de ces cultures dans
des prix impacte directement les industries de trans- les rotations et à augmenter la résilience des exploi-
formation utilisatrices de ces matières premières. Ces tations de grandes cultures par la diversification des
hausses sont partiellement répercutées sur les consom- assolements. C’est un enjeu essentiel pour l’atteinte de
mateurs, comme avec l’augmentation constatée sur le l’objectif assigné à l’agriculture dans la stratégie natio-
prix de la baguette, du paquet de pâtes ou de la bou- nale bas carbone.
teille d’huile. Mais certaines entreprises ont peu de Sucre. Le Gouvernement français a initié un Plan National
marges de manœuvre pour répercuter leurs hausses de de Recherche et d’Innovation (PNRI, 20 M€ dont 7 mil-
coûts sous peine de perdre en compétitivité par rap- lions d'euros de financements publics) pour accélérer
port à des produits ou des origines alternatives, comme l’identification d’alternatives efficaces aux néonicoti-
pour l’alimentation animale ou l’amidonnerie. noïdes d’ici 2024 afin d’assurer la pérennité de la filière.
• Sucre. Depuis la fin du régime des quotas sucriers
(2017) le secteur a traversé une crise économique Le saviez-vous ?
(chute des cours en 2018 et 2019) qui a provoqué une • Les 35 000 boulangeries artisanales françaises
restructuration du secteur européen avec la fermeture fabriquent chaque jour plus de 16 000 000 baguettes,
de 8 sucreries dont 4 en France en 2020. Mais depuis soit 6 000 000 000 baguettes par an.
2020 les cours mondiaux et européens du sucre se sont • La filière betterave – sucre produit, en plus du sucre,
nettement redressés. Dans l’UE ils dépassent à nouveau un biocarburant qui permet de lutter contre le réchauf-
depuis fin 2021 le niveau du prix de référence, pour la fement climatique. Le bioéthanol pur produit en
première fois depuis 2017. En revanche la campagne Europe permet de diminuer les émissions nettes de gaz
2020/21 a été parmi les plus mauvaises depuis 30 ans en à effet de serre (en équivalent CO2) de plus de 70 % en
raison du virus de la jaunisse. Le principal enjeu pour le moyenne en 2020 par rapport à l’essence fossile substi-
secteur consiste à trouver des alternatives aux produits tuée (ePURE).
FRUITS ET LÉGUMES
Carte d’identité de la filière 56 500 salariés dans 762 sites de transformation qui
appartiennent à plus de 500 sociétés. Ces entreprises
• La France est le 2e producteur européen de lait de ou groupes laitiers représentaient un chiffre d’affaires
vache derrière l’Allemagne et le 8e producteur mondial. de 39 milliards d’euros en 2020.
Elle compte environ 3,4 millions de vaches laitières et Les deux principaux débouchés des produits laitiers
moins de 50 000 exploitations laitières, produisant près transformés en France sont la vente de produits aux
de 24 milliards de litres de lait par an. Près de 900 000 ménages via la distribution et les exportations qui valo-
chèvres produisent également environ 640 millions de risent chacun près de 40 % du lait produit, et les indus-
litres de lait et 1,3 million de brebis produisent environ tries agroalimentaires et la restauration hors domicile.
330 millions de litres de lait. • Les groupes laitiers privés (Lactalis, Danone, Savencia,
• La production de lait de vache biologique est en plein Bel, Sill, Saint Denis de l’Hôtel) ou coopératifs (Sodiaal,
essor et représente 5,2 % de la production totale, la Agrial, Laïta, Isigny Sainte Mère, Ermitage, Maîtres
production sous indication géographique (AOP ou IGP) Laitiers du Cotentin, Ingrédia) côtoient une multitude
s’établit à 15 %. La France compte 51 appellations d'ori- d’entreprises laitières de tailles et de positions de mar-
gine protégée (AOP) laitières, dont 46 fromages AOP, ché très différentes. En effet, certains groupes sont
3 beurres AOP et 2 crèmes AOP, et 11 IGP (10 fromages devenus des multinationales avec une forte implanta-
et une crème). tion internationale (dans le top 25 mondial) et d’autres
• La France est le 4e exportateur mondial de lait et de sont de petites coopératives fromagères. Les dix princi-
produits laitiers, derrière la Nouvelle-Zélande, les Pays- paux groupes laitiers assurent désormais 80 % de la col-
Bas et l’Allemagne. Le solde français des échanges de lecte et de la transformation nationale.
produits laitiers est positif avec 3,4 milliards d’euros en • Les sites de transformation se situent sur une large
2021. Il s’agit du 3e poste de la balance commerciale agri- part du territoire, en lien avec les zones de production,
cole française derrière les vins-spiritueux et les céréales. et les produits fabriqués sont très divers pour répondre
à la demande tant en France qu’à l’export. La collecte
Contenu française est principalement transformée en fromages
pour près d’un tiers du lait, suivis des poudres de lait
• Plus de 55 % des élevages livrent leur lait à une coo- et du beurre valorisant chacun près de 1/5 du lait. Les
pérative et 45 % à des transformateurs non coopératifs. laits liquides conditionnés, la crème, et les ultra-frais
Près de 98 % de la collecte de lait de vache est trans- (yaourts, desserts lactés et fromages blancs) mobilisent
formée en France. La transformation laitière emploie au total un peu moins de 10 % du lait.
GÉNÉTIQUE ANIMALE
Le secteur de la génétique ani- historique entre le secteur privé et ruminants en 2020) et d’exportation
male se place en amont des filières la recherche publique (Institut natio- à l’étranger de la génétique française
d'élevage et met sur le marché des nal de recherche pour l'agriculture, (3,5 millions de doses vendues). Ces
animaux reproducteurs mâles ou l'alimentation et l'environnement). entreprises représentent un chiffre
femelles (y compris oeufs à cou- Dans le secteur des ruminants d’affaires de 375 millions d’euros en
ver, poussins d’un jour) et des pro- (bovins, ovins et caprins) et des por- 2020. Dans les autres cas, la diffu-
duits germinaux (sperme, ovocytes, cins, la sélection est pilotée par les sion se fait essentiellement par des
embryons) historiquement sélec- organismes ou entreprises de sélec- animaux reproducteurs vivants (tau-
tionnés sur des critères d’efficacité tion et la France compte 108 opéra- reaux, béliers et boucs).
économique (productivité, qua- teurs agréés pour conduire 229 pro-
lité des produits) mais qui s’ouvre grammes de sélection approuvés par Dans le secteur porcin, l’IA est éga-
désormais à de nouveaux critères les pouvoirs publics. lement majoritaire pour diffuser le
de sélection pour répondre aux progrès génétique par la voie mâle. La
attentes en matière de changement Le secteur de la génétique animale France compte une dizaine d’entre-
climatique ou de bien-être animal. (toutes espèces confondues) consti- prises de sélection sur son territoire
tue le 4e poste de la balance commer- dont des filiales de groupes internatio-
La filière génétique française s’il- ciale agricole française avec un solde naux. Les leaders français sont Axiom
lustre par une diversité d’espèces commercial qui s’est élevé en 2020 et Nucléus.
et de races sélectionnées : 49 races à un peu plus de 300 millions d’eu-
de vache, 58 races de moutons, 15 ros. Un oeuf sur cinq produit dans Dans le secteur avicole, les activités
races de chèvres, 53 races de che- le monde est issu d’une génétique de sélection sont très concentrées au
vaux et d’ânes, 12 races de porcs sélectionnée sur le territoire français. niveau international sur les grandes
et 26 lignées hybrides, 11 espèces filières viande et ponte. La France
de volailles, 17 espèces de pois- Dans le secteur des ruminants compte beaucoup d’entreprises
sons, mollusques et crustacés dont (bovins et ovins laitiers en particu- impliquées dans la sélection en lien
les qualités sont reconnues et per- lier), les entreprises de sélection avec la diversité des espèces et des
mettent de répondre tant à la et d’insémination artificielle (IA) races élevées. Toutefois, la plupart de
demande nationale qu’à l’export (Innoval, Gènes Diffusion, Umotest, ces entreprises sont intégrées dans
mais également par la maîtrise sani- Auriva Elevage, Origen) jouent un des groupes internationaux multi-fi-
taire des élevages en sélection et par rôle important de diffusion du pro- lières (Hubbard, Grimaud) et la péren-
un haut-niveau de recherche et déve- grès génétique dans les élevages nité de leur activité est indispensable
loppement grâce à un partenariat (7,5 millions d’IA réalisées sur des à la poursuite de ces filières.
PÊCHE ET AQUACULTURE
Carte d’identité de la filière partagés pour les 3/4 par la grande distribution, 5 % par
23
les poissonneries et marchés et 1/5e pour la restauration,
• La filière de la pêche et de l’aquaculture est une plutôt commerciale. Les produits surgelés sont quant
Contenu
• La filière vin est très structurée. Elle est d’une part représentent 98 % des coopératives viticoles, soit près
segmentée en signes d’identification de la qualité et de 600 caves ou unions de caves coopératives, pour
de l’origine (SIQO) avec 365 appellations d’origine pro- plus de 45 % des volumes vinifiés hors Cognac) et en
tégée/contrôle et 75 indications géographiques pro- caves particulières (les Vignerons indépendants de
tégées (IGP) représentant près de 93 % des volumes France représentent près de 7 000 adhérents répartis
commercialisés. Elle est d’autre part organisée en dans les 32 fédérations départementales et 10 fédéra-
coopératives (les Vignerons Coopérateurs de France tions régionales couvrant tout le territoire viticole).
14. Petite pêche : c’est une pêche pratiquée sur des petits navires inférieurs de 12 mètres et qui s’absentent du port 24h seulement et pêche dans la zone de 12 milles.
La pêcheuse et le pêcheur peuvent travailler seuls.
15. Pêche côtière : elle a lieu dans la zone des 12 miles. Les équipages sont généralement composés de 2 à 3 personnes. Les sorties en mer varient entre 1 et 4 jours.
• Les deux familles de la filière (producteurs et négo- cidre ») représentant 80 % de la production de cidre, et
ciants) s’organisent majoritairement autour de 24 inter- des producteurs indépendants, représentant 20 % de la
16. Opinion Way, Les Fran ais et l’alimentation : exigence et vigilance sur la composition et la qualit des produits, 2018, French Food Capital.
17. https://biovallee.net/nos-actions/#PIA
Drôme. Il s’agit de mieux connaître les conditions d’émer- de répondre à ce jour de manière totalement conclu-
gence et de développement d’interactions réciproque- sive. Concernant le développement des circuits courts,
Quelle que soit l’échelle territoriale couverte, les acteurs La résilience est devenue alors une priorité comme l’at-
partenaires ou les axes d’action choisis, le PAT permet teste la loi du 22 août 2021 portant lutte contre le dérè-
de répondre aux contraintes et enjeux spécifiques du glement climatique et renforcement de la résilience
territoire. Pour cela, il s’appuie sur un diagnostic par- face à ses effets.
tagé, recensant la production agricole et alimentaire
locale, les besoins et demandes alimentaires des habi- Cette loi dite « loi Climat et Résilience » vise à accélérer la
tantes et habitants, les acteurs et les actions déjà en transition écologique de la société et de l'économie fran-
place ainsi que les atouts et contraintes sociales, écono- çaise et à renforcer la volonté de déploiement des PAT en :
miques et environnementales du territoire. Ce diagnos- > fixant un objectif d’au moins un PAT déployé dans
tic permet ensuite aux partenaires de définir un plan chaque département d’ici 2023. Au 1er avril 2022, cet
d’action opérationnel. objectif est quasiment atteint puisqu’un seul départe-
ment n’a pas de PAT sur son territoire ;
Les actions menées au sein d’un PAT recouvrent une > assignant de nouveaux objectifs aux PAT qui doivent
large gamme d’enjeux et ils sont aujourd’hui des outils favoriser la résilience économique et environnementale
de déclinaison de la politique nationale de l’alimentation des filières territorialisées, contribuer à la souveraineté
dans les territoires. alimentaire nationale et prendre en compte la stratégie
nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat
qui devra être mise en place en juillet 2023 ;
> confirmant le rôle d’un réseau national des PAT pour projets, soient plus de 850 actions opérationnelles, por-
suivre leur déploiement, mettre en avant les bonnes tées par les porteuses et porteurs de PAT ou leurs par-
17. https://agriculture.gouv.fr/plus-de-370-projets-alimentaires-territoriaux-reconnus-par-le-ministere
LA RESTAURATION COLLECTIVE :
UN LEVIER POUR LA TRANSITION ALIMENTAIRE
La restauration collective est Résilience, pour atteindre l’ob- services et donne l’accès à un
identifiée comme un levier impor- jectif de 50 % de ses approvision- autodiagnostic à destination des
tant pour accélérer la transition nements en produits durables gestionnaires, des acheteurs de
alimentaire et l’accès à une ali- et de qualité, dont 20 % de pro- la restauration collective. Mise
mentation saine, sûre et durable duits biologiques. Si cet objec- en ligne depuis février 2021, elle
pour tous. Elle est importante par tif n’est pas encore atteint, une regroupe l’ensemble des res-
son poids dans l’alimentation des vraie dynamique est enclen- sources à disposition, notam-
Français (3,5 milliards de repas chée. Les travaux menés dans le ment les différents guides à éla-
par an servis dans près de 100 000 cadre du Conseil national de la borés dans le cadre des groupes
restaurants), la diversité du public restauration collective (CNRC), de travail du CNRC.
touché (de la crèche à l’établis- mis en place en janvier 2019 par
Elle permet également à chaque
sement d'hébergement pour per- le ministère de l’Agriculture et
restaurant de faire savoir aux
sonnes âgées dépendantes, en de la Souveraineté alimentaire,
convives les efforts faits en
passant par l’école, l’université, permettent d’accompagner les
approvisionnements de qua-
l’entreprise ou l’hôpital) et du rôle acteurs de ce secteur.
lité et durables, pour la lutte
social qu’elle peut jouer (accès
Les acteurs de la restauration contre le gaspillage alimentaire,
des publics sensibles, éducation
collective peuvent être accom- la diversification des sources de
alimentaire).
pagnés par exemple grâce à la protéines et substitution des
C’est pourquoi la loi EGalim a plateforme « Ma cantine1 » déve- plastiques et de créer une com-
prévu des mesures spécifiques, loppée par l’État. « Ma cantine » munauté d’utilisateurs permet-
renforcées par la loi Climat et apporte des informations et des tant l’émulation.
1. https://ma-cantine.beta.gouv.fr/accueil
29
Issue des États généraux de l’alimentation C’est dans ce contexte que le précédent
(EGA) de 2017, la loi du 30 octobre 2018 pour ministre de l’Agriculture et de l’Alimenta-
l'équilibre des relations commerciales dans tion et la précédente ministre déléguée
le secteur agricole et alimentaire et une chargée de l’industrie ont confié la mission
alimentation saine, durable et accessible à à Serge Papin, ancien co-président de l’ate-
tous, dite loi EGalim, a constitué une avan- lier 5 des EGA et directeur général du grou-
cée importante pour une meilleure réparti- pement système U, d’émettre des recom-
tion de la valeur le long de la chaîne agro-ali- mandations pour améliorer la répartition
mentaire. Elle a notamment permis d’inscrire de la valeur au sein de la chaîne agroalimen-
dans les pratiques de nouveaux modes de taire. Le rapport préconisait de renforcer la
négociation en inversant la construction du marche en avant de la construction du prix,
prix, et d’encadrer précisément les moda- la transparence dans les relations commer-
lités et le contenu de la contractualisation ciales et le dispositif de médiation.
écrite. Ce nouveau paradigme a permis une
évolution majeure : changer l’état d’esprit S'appuyant sur ces recommandations, mais
des relations existantes le long de la chaîne aussi sur des travaux parlementaires, notam-
alimentaire en impulsant une dynamique ment dans le cadre de la commission de l’As-
collective inédite. semblée nationale sur la grande distribution,
de nouveaux dispositifs de régulation et de
Ce changement de paradigme n’est toute- transparence ont pu être conçus et votés par
fois pas allé au bout de l’ambition initiale le Parlement sur la base de la proposition de
de la loi, celle de mettre fin à la guerre loi déposée par le député Grégory Besson-
des prix. En 2020, deux ans après la paru- Moreau. La loi visant à protéger la rémunéra-
tion d’EGalim, la déflation du prix convenu tion des agriculteurs, dite EGalim 2, promul-
entre transformateurs et distributeurs avait guée le 19 octobre 2021, permet de remédier
certes été interrompue, mais la tendance aux faiblesses constatées dans la mise en
ne s’était pas inversée. Par ailleurs les filières œuvre de la loi EGalim. Ces dispositions vont
s’étaient inégalement saisies des nouveaux encore plus loin en rendant la contractuali-
outils que leur offrait la loi, en particulier en sation écrite obligatoire par principe dans
matière de contractualisation écrite. toutes les filières et en rééquilibrant les rela-
tions commerciales à l’aval.
Mieux protéger la rémunération des agriculteurs
dans le cadre du premier contrat de vente de produits agricoles
A l’amont agricole, la loi EGalim 2 rend la déjà été rendu obligatoire par la loi EGalim
contractualisation écrite pluriannuelle obli- pour les modalités de détermination du prix
gatoire à partir du 1er janvier 2023 et prévoit des contrats conclus selon une formule de
une entrée en vigueur anticipée pour cer- prix. Ce sont les indicateurs notamment de
taines filières, notamment la filière bovine, coûts de production et de prix de marché.
confrontée à des crises multiples ces der- Les parties demeurent toutefois libres de
nières années et à un besoin de structura- définir la formule de révision du prix et les
tion. Si la loi EGalim 2 inverse la logique qui indicateurs utilisés.
prévalait jusqu’ici en posant le principe de
la contractualisation écrite obligatoire, des La généralisation de la contractualisation
31
dérogations demeurent possibles, notam- écrite pour la vente d’un produit agricole
ment dans le cadre d’un accord interpro- permet de renforcer le principe de « marche
1. « La marche en avant » dans l'espace consiste à créer un circuit par lequel les denrées saines ne doivent pas emprunter le circuit que suivent les denrées sales et
permettre une progression continue dans l'élaboration du déroulement de fabrication.
Renforcer le rôle du médiateur des relations commerciales
agricoles et l’articuler avec le comité de règlement des différends
commerciaux agricoles
Créés au début des années 1980, les propriété intellectuelle relatifs au pro- les contrats MDD doivent notamment
produits vendus sous marque de dis- duit appartiennent au distributeur, qui appliquer le dispositif de la cascade
tributeur (MDD) ont depuis connu a défini les caractéristiques du pro- introduit par la loi EGalim et donc
une forte évolution et sont désormais duit dans son cahier des charges, et faire référence et expliciter les condi-
présents dans la quasi-totalité des le savoir-faire revient au fournisseur. tions dans lesquelles les indicateurs,
rayons de grande surface. En 2021, la Lorsque les produits MDD relèvent d'un lorsqu'ils existent, sont pris en compte
part de marché en valeur des MDD en contrat à façon, il n'y a pas au sens juri- pour la détermination des prix. La loi
France était de 31,9 %3. Les petites et dique de vente entre l'industriel et le EGalim 2 s’est attachée à renforcer le
moyennes entreprises sont particuliè- distributeur. Ce dernier étant proprié- cadre juridique applicable aux MDD.
rement concernées par la production taire du produit au moment de sa fabri- Ces contrats doivent désormais inté-
de MDD. cation, il ne peut y avoir de revente et grer une clause de révision automatique
par conséquent le dispositif sur le seuil des prix en fonction de la variation du
Les marques de distributeur font l’ob- de revente à perte ne s'applique pas. coût de la matière première agricole.
jet d’un dispositif juridique qui leur En revanche, l'encadrement des pro- Par ailleurs, toujours dans l’objectif de
est propre. Si certaines relèvent d’un motions s'applique aux produits MDD, parvenir à une rémunération plus juste
contrat de fourniture classique sur base qu'ils relèvent du contrat d'entreprise du travail des agriculteurs, la loi apporte
d’un catalogue du fournisseur, étant ou de la convention unique. un ensemble de garanties et de protec-
alors sous le régime de la convention tions aux fabricants de MDD, afin que le
unique, la plupart relèvent de contrats Du fait de leur poids économique rééquilibrage du rapport de force entre
de fabrication à façon, conclus à la important, l’ordonnance du 24 avril ces derniers et les distributeurs allège la
suite d’un appel d’offres du distribu- 2019 a complété les dispositions spé- pression qui s’exerce parfois en amont
teur. Dans ce cas, tous les droits de cifiques à ce type de contrat. Depuis, sur les agriculteurs.
La loi EGalim trouve son application dans les relations L'Observatoire de la formation des prix
entre un associé-coopérateur et sa coopérative par et des marges (OFPM) a été créé par la loi
le biais des effets similaires à la contractualisation. En de modernisation de l'agriculture et de la
effet, lorsqu’un producteur est membre d’une coopé- pêche en 2010 et a notamment pour voca-
rative, l’article L. 631-24-3 du Code rural et de la pêche tion d'éclairer les acteurs économiques et
maritime (CRPM) prévoit que les règles de contractuali- les pouvoirs publics sur la formation des prix
sation ne sont pas applicables aux relations des sociétés et des marges des produits alimentaires, et
coopératives agricoles avec leurs associés coopérateurs,
si leurs statuts, leur règlement intérieur ou des règles ou
d'étudier les coûts de la production agricole,
de la transformation et de la distribution
35
décisions prévues par ces statuts ou en découlant com- dans l'ensemble de la chaîne de commer-
portent des dispositions produisant des effets similaires cialisation. Chaque année, l'OFPM remet
4. Rapport 2022 de l'Observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires.
5. Le prix de production agricole correspond à la valeur de la matière première agricole incorporée dans le produit final.
est également inférieure à l’inflation obser- L’étude de l’euro alimentaire6 met en évi-
vée au travers de l’évolution des prix à la dence plusieurs éléments. En 2018, pour
consommation tous produits (+1,6 % en 100 euros dépensés en France en consom-
2021). L’année 2021 met donc en évidence mation alimentaire (y compris dans la
l’effet d’amorti des variations de prix amont restauration), 63,1 euros correspondent
par les maillons aval déjà relevé par l’OFPM à la valeur ajoutée induite, le reste cor-
au fil de ses rapports. En effet, les hausses respondant à des taxes et à des importa-
de prix des intrants et produits agricoles ont tions. Parmi les 63,1 euros de valeur ajoutée
été principalement absorbées par l’indus- induite, 6,9 euros reviennent à l’agriculture,
trie et le commerce, ces derniers n’en réper- la pêche et l’aquaculture, et 10,4 euros aux
cutant qu’une partie au consommateur. industries alimentaires et de boissons, le
reste se répartissant entre d’autres services
90
80
70
60
50
40
30
20
10
0
2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018
Source : Rapport au Parlement de l’Observatoire de la formation des prix et des marges, 2022.
6. L’approche « euro-alimentaire » vise à évaluer les trois indicateurs économiques suivants : la valeur de production agricole nationale nécessaire pour la
consommation alimentaire nationale ; l’évaluation de la valeur de la production agricole incluse dans la consommation alimentaire (c’est la partie de la valeur
précédente (production nécessaire) après déduction faite des valeurs des intra consommations directes et indirectes; l’évaluation des valeurs ajoutées induites
dans chaque branche de l’économie par la consommation alimentaire (c’est le partage de « l’euro alimentaire » du consommateur).
LE DÉVELOPPEMENT LES ÉVOLUTIONS LÉGISLATIVES DEPUIS 2001
DES CONTRATS TRIPARTITES
ET AUTRES FORMES
En 2008, la loi de modernisation de l'économie7 assouplit la négociation des condi-
DE CONTRAT
tions de vente et des tarifs entre fournisseurs et distributeurs. En contrepartie, elle
renforce la répression des comportements abusifs et sanctionne les situations de
Destinés à assurer une meilleure rémunération déséquilibre significatif.
des producteurs agricoles, les contrats tripar-
En 2010, la loi de modernisation de l'agriculture et de la pêche8 introduit la possibi-
tites, bien qu’il soit difficile de les quantifier
lité de rendre obligatoire, par décret ou par extension d'accord interprofessionnel,
précisément, se multiplient depuis quelques
la conclusion de contrats de vente écrits entre les producteurs et leurs premiers
années, particulièrement dans le lait de vache
acheteurs, ou entre les opérateurs économiques propriétaires de la marchandise et
et les filières d'élevage en viandes. Bien qu'ap-
leurs acheteurs. Le dispositif est mis en œuvre dans le secteur du lait de vache et
pelés tripartites, ces démarches ne sont géné-
ralement pas des contrats associant trois par-
des fruits et légumes. 37
ties, mais une succession de contrats bipartites En 2014, la loi relative à la consommation (dite Loi Hamon) rend obligatoire la pré-
9
signés entre le producteur et le distributeur sence d'une clause de renégociation dans tous les contrats supérieurs à une durée
L'Autorité de la concurrence (ADLC), dans son En 2015, la loi pour la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques10
avis du 3 mai 2018 relatif au secteur agricole, prévoit une convention unique simplifiée pour les relations entre grossistes et four-
indique que les démarches tripartites sont sus- nisseurs, et oblige les centrales d'achat à notifier à l'Autorité de la concurrence tout
ceptibles de produire de nombreux gains d'ef- accord entre elles visant à négocier de manière groupée l'achat de produits ou de
ficacité à plusieurs niveaux. Ces démarches services aux fournisseurs.
permettent une meilleure rémunération pour
En 2016, la loi relative à la transparence, à la lutte contre la corruption et à la
le producteur et leur garantissent des débou-
modernisation de la vie économique11, renforce les missions de l'observatoire de
chés. Ils constituent également une garantie
la formation des prix et des marges des produits alimentaires en permettant à son
d'approvisionnement pour l'aval, conforme à
président de proposer au président du tribunal de commerce d'adresser une injonc-
ses exigences en termes de qualité, et pour les
tion aux entreprises n'ayant pas déposé leurs comptes. La loi donne la possibilité
consommateurs, une meilleure transparence
aux industriels et à la grande distribution de conclure des accords pluriannuels de
et une qualité améliorée. L'avis de l'ADLC
trois ans, intégrant une clause obligatoire de révision de prix. Par ailleurs les condi-
indique toutefois que les accords ne doivent
tions générales de vente relatives à des produits alimentaires comportant un ou
pas dépasser le seuil de 30 % de parts de mar-
plusieurs produits agricoles non transformés soumis à la contractualisation doivent
ché et qu'il ne doit pas contenir de restriction
préciser le prix prévisionnel moyen payé aux producteurs. Dans les contrats amont,
caractérisée, telle que l'imposition de prix de
les critères et modalités de détermination du prix doivent faire référence à un ou
vente par un fournisseur ou des restrictions
plusieurs indicateurs publics d'évolution des coûts de production en agriculture et
territoriales.
à un ou plusieurs indices publics des prix des produits agricoles ou alimentaires, et
Au-delà des contrats tripartites, d’autres un accord-cadre est mis en place entre les acheteurs et les organisations de produc-
formes de contractualisation se développent : teurs ou associations de producteurs, pour les filières soumises à contractualisation
• produits de marque de distributeur avec écrite obligatoire.
une contractualisation directe entre pro-
En 2018, la loi sur l'équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et
ducteurs et distributeur. Le transformateur
alimentaire et une alimentation saine et durable12 dite EGalim, rénove la contrac-
réalise une simple prestation de service
tualisation. Par ailleurs, le dispositif de sanctions en cas de non publication des
pour le compte du distributeur ;
comptes est renforcé pour les entreprises agroalimentaires, l’astreinte pouvant aller
• produits à marques producteurs où les pro-
jusqu’à 2 % du chiffre d’affaires de l’entreprise.
ducteurs commercialisent eux-mêmes un
produit fini à la distribution avec une pres- En 2021, la loi visant à protéger la rémunération des agriculteurs13 dite EGalim 2,
tation de transformation par l’industriel. renforce les mécanismes mis en place par la loi EGalim, en établissant le principe de
la contractualisation écrite obligatoire pour l’amont et en protégeant la valeur de
la matière première agricole à l’aval.
Les entreprises agroalimentaires ont des les microentreprises et les PME réalisent de
besoins de financements dans les différentes meilleures performances, avec des rentabi-
phases de leur existence. Le secteur étant lités économiques supérieures (respective-
14. https://auris-finance.fr/
15. Rentabilité économique : mesure l’efficacité de l’entreprise dans l’exercice de son activité principale, indépendamment de son mode de financement (fonds
propres, emprunt). Elle correspond au ratio entre, d’une part, l’excédent brut d’exploitation et, d’autre part, les immobilisations corporelles et incorporelles et le
besoin en fonds de roulement.
16. Taux d’autonomie financière : mesure le degré d’indépendance de l’entreprise vis-à-vis des financeurs extérieurs, notamment les banques, il correspond au
ratio entre les capitaux propres et le total du bilan. Ce ratio donne une indication sur le niveau d'endettement de la société et indique notamment l'importance
des fonds propres par rapport à l'ensemble des ressources à la disposition de l’entreprise.
17. Taux d’investissement : ratio entre les investissements corporels bruts et la valeur ajoutée brute
18. https://www.insee.fr/fr/statistiques/4255834?sommaire=4256020
Figure 1
RENTABILITÉ ÉCONOMIQUE DES INDUSTRIES MANUFACTURIÈRES ET DES INDUSTRIES ALIMENTAIRES
Ensemble des catégories d'entreprise en %
Source : Insee, Esane
14
12
10
6
39
4
0
2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019
Figure 2
TAUX D’AUTONOMIE FINANCIÈRE DES INDUSTRIES MANUFACTURIÈRES
ET DES INDUSTRIES AGROALIMENTAIRES
Ensemble des catégories d'entreprise en %
Source : Insee, Esane
50
45
40
35
30
25
20
15
10
0
2015 2016 2017 2018 2019
Champ : France, industries alimentaires (NAF 10) hors artisanat commercial. Ne comprend pas la fabrication de boissons (NAF 11)
D’une manière générale, il faut noter une Dans le cadre de la crise sanitaire COVID-19,
forte variabilité des taux d’investissement l’État a souhaité aider les entreprises par le
selon les secteurs de l’industrie agroalimen- biais de mesures de court terme comme les
taire et les années (figure 5). Ces investis- prêts garantis par l’État ou le fonds de soli-
sements, en partie autofinancés, sont éga- darité, mais également soutenir certaines
lement financés par le recours à l’emprunt. industries stratégiques via un vaste plan inti-
L’effet levier19 permet de juger de l’intérêt tulé France Relance prévoyant des soutiens
du recours à l’endettement pour financer un directs aux investissements productifs.
investissement. Il est légèrement plus élevé L’industrie agroalimentaire a été identifiée
dans le secteur des industries alimentaires comme un des secteurs stratégiques visés
que manufacturière (69 contre 67, en 2019). par ce plan ce qui a permis à certaines IAA
Les IAA ont donc plus recours à l’endette- de bénéficier de subventions pour investir
Figure 3
TAUX D’AUTONOMIE FINANCIÈRE - PETITES ET MOYENNES ENTREPRISES (PME),
HORS MICROENTREPRISES (en %)
Source : Insee, Esane
50
45
40
35
30
25
20
15
10
0
2015 2016 2017 2018 2019
19. L’effet levier est utilisé pour mesurer l'efficacité/rentabilité du recours à l'endettement pour une entreprise pour financer ses investissements. Dans le but
de financer un investissement, une entreprise peut emprunter ou utiliser ses fonds propres. Dans un environnement de croissance économique dynamique,
il est recommandé de s'endetter pour investir plutôt qu'utiliser ses fonds propres. En contrepartie, si la conjoncture économique se retourne et si un
ralentissement de la croissance apparaît, alors les entreprises avec des effets de leviers élevés auront plus de difficultés à rembourser leur dette et donc à être
solvables.
Figure 4
TAUX D’INVESTISSEMENT DES INDUSTRIES MANUFACTURIÈRES ET ALIMENTAIRES
Ensemble des catégories d'entreprise en %
Source : Insee, Esane
20
18
16
14
12 41
10
0
2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019
Figure 5
TAUX D’INVESTISSEMENT DES INDUSTRIES AGROALIMENTAIRES
Ensemble des catégories d'entreprise
Source : Insee, Esane
14 % / 14 % 17 % / 17 % 16 % / 14,5 % 19 % / 21 % 17 % / 19 % 14 % / 14 %
26 % / 19,6 % 20 % / 18 % 19 % / 26,5 % 19 % / 23 % 21 % / 14 % 14 % / 16 %
RÉPARTITION DES IAA ET DES EMPLOIS ASSOCIÉS DANS LES RÉGIONS FRANÇAISES
Source : Esane 2019, Flores 2018, Sirus, Insee, traitements SSP
689
DE-FRANCE
1 187
NORMANDIE
1 156 1 707
ÎLE-
BRETAGNE DE-FRANCE GRAND EST
CENTRE-
VAL DE LOIRE
12 708
29 337 NOUVELLE
27 997
AQUITAINE
AUVERGNE-
RHÔNE-ALPES 2 233
2 289
OCCITANIE
PROVENCE-ALPES-
CÔTE D'AZUR
21 883
1 614
2 283
9 468 CORSE
344
1 056
DÉPARTEMENTS D'OUTRE-MER
100
198 391 345
Champ : IAA dont fabrication de boissons et hors artisanat commercial, France. Nombre d’unités légales mono-régionales ou quasi mono-régionales et
leurs ETP Note : La régionalité a été calculée à partir de celle de 2018 et complétée par le répertoire SIRUS. Les chiffres présentés sont provisoires. Une
entreprise peut être localisée dans plusieurs régions. Ces données sont basées sur les unités légales monorégionales ou quasi mono-régionales. Entreprise
mono-régionale : tous les salariés (ou à défaut les établissements) sont dans la région. Entreprise quasi mono-régionale : le nombre de salariés (et à défaut
les établissements) est à plus de 80 % dans la région. Source Panorama des chiffres clés 2022.
Une filière pourvoyeuse d’emplois
D’après l’étude sectorielle publiée par Pôle Les projets de recrutement en 2021 et 2022
emploi en novembre 202120, le secteur de sont à la hausse.
la viande représente un quart de l’emploi
salarié. Pour 2021 :
• 80 510 projets de recrutements (+3,8 %
Parmi les secteurs de la filière les plus pour- par rapport à 2019) ;
voyeurs d’emplois figurent le secteur de la • 33 % des établissements recruteurs (+5 %) ;
viande et préparation de produits à base • 48 % de recrutements envisagés en CDI
de viande (26 % des salariés), la fabrication (+5 %) ;
• 48 % de recrutements jugés difficiles.
des produits de boulangerie-pâtisserie et
de pâtes alimentaires (14 %), les produits
43
laitiers (11 %), la fabrication des boissons Pour 2022 :
(10 %). Deux régions concentrent 1/10e des • 95 560 projets de recrutements (+18,78 %
20. Cette étude porte sur un périmètre de 356 670 salariés et 12 580 établissements. https://www.pole-emploi.org/accueil/actualites/infographies/lemploi-dans-
lagroalimentaire--les-chiffres-cles-a-connaitre.html?type=article
21. https://www.violainecherrier.com/quelle-est-la-place-des-femmes-dans-lindustrie/
22. https://www.agro-media.fr/analyse/represention-femmes-dans-industrie-agroalimentaire-8742.html
creusent avec l’âge et les interruptions de
CONTRIBUTION DU PROGRAMME
carrières. 6 % de femmes sont cadres dans
ERASMUS + À L’ATTRACTIVITÉ
l’agroalimentaire et la plus grande majorité
ET AU DÉVELOPPEMENT DU SECTEUR
(49 %) sont ouvrières.
AGROALIMENTAIRE
L’étude qualitative réalisée par Kalliópê
Avec un financement de 97 millions d’euros sur l’ensemble de la Conseil et ManageriA publiée en 202023
programmation 2014-2020 au profit de l’enseignement agricole, révèle que les femmes24 qui travaillent dans
le programme Erasmus + soutient la politique éducative d’ou- le secteur de l’agroalimentaire sont globale-
verture à l’Europe et à l’international au bénéfice des jeunes des ment satisfaites d’évoluer dans ce secteur
établissements de l’agriculture. Cette part de 8,4 % des finan- mais qu’elles attendent une reconnaissance
cements nationaux bénéficie à l’attractivité des établissements par la rémunération ou les possibilités
23. Étude quantitative exhaustive investiguant les rapports qu’entretiennent avec leur secteur les professionnels de l’agroalimentaire a été réalisée puis publiée fin
2020. Qu’est -ce qui rend les Femmes du secteur de l’Agroalimentaire heureuses ?
24. Le terme femme désigne l’être dans l’espèce humaine de sexe féminin et/ou qui s’identifie au genre féminin.
25. Le plafond de verre désigne les freins invisibles à la promotion des femmes dans les structures hiérarchiques. Il constitue un obstacle dans l’évolution de leur
carrière au sein de l’entreprise et limite leur accès à des postes à responsabilité.
26. ANIA – Partenariats et projets en cours. https://www.ania.net/wp-content/uploads/2021/11/Affaires-sociales-Partenariats-et-des-projets-en-cours.pdf
LES ENGAGEMENTS DE LA FILIÈRE AGROALIMENTAIRE EN FAVEUR DE L’EMPLOI
DES JEUNES ET DES PUBLICS ÉLOIGNÉS DE L’EMPLOI
L’État et les représentants de la filière (entreprises agroalimen- agricole une convention de partenariat2 avec l’Institut de
taires, organisations syndicales) ont signé le 28 février 2022 un formation régional des industries alimentaires (IFRIA) Île-de-
avenant au contrat stratégique de la filière agroalimentaire1 France dans le cadre du projet « Archipel » issu du Plan d’inves-
pour encourager un déploiement vers plus de compétitivité, tissement dans les compétences3 (PIC) 100 % inclusion, soutenu
de durabilité et de création d’emplois. Plusieurs actions visent par l’État et la Caisse des Dépôts.
à consolider le positionnement des industries agroalimentaires
en tant qu’acteur majeur de l’emploi. Il s’agit en particulier de Par ailleurs, le CSF Agroalimentaire a signé, via l’ANIA, le 26
promouvoir l’attractivité des métiers et les parcours d’appren- janvier 2022 un partenariat avec le Réseau E2C4 en faveur de
tissage et de participer au développement des territoires et à
la cohésion sociale. La majorité des entreprises de la filière sont
l’emploi des jeunes sans qualification. L’ambition de ce par-
tenariat est de faciliter la mise en œuvre de projets et d’ex-
45
d’ores et déjà engagées pour l’emploi et la formation, notam- périmentations favorisant l’accès à l’emploi des jeunes sur
ment des jeunes et des publics éloignés de l’emploi. l’ensemble du territoire. Il s’agit de permettre la découverte
1. Le Contrat Stratégique de la filière Agroalimentaire (CSFA) vise à renforcer la capacité d’innovation des entreprises, au moyen d’actions concrètes et structurantes, cohérentes
avec les conclusions des États Généraux de l’Alimentation (EGA) et en lien avec les territoires. Ce CSFA doit permettre aux entreprises de mieux répondre aux attentes des
consommateurs sur les enjeux sanitaires, économiques, environnementaux et sociaux.
2. Le projet Archipel vise au déploiement de parcours de remobilisation spécifiques en alternance pour les personnes éloignées de l’emploi. 720 personnes seront accompagnées
dans ce cadre. Ce projet réunit grandes entreprises, professionnels de l’emploi et partenaires locaux dans l’objectif de favoriser l’insertion professionnelle des personnes éloignées
de l’emploi. https://www.ania.net/affaires-sociales/cp-lania-et-lifria-ile-de-france-signent-une-convention-de-partenariat-dans-le-cadre-du-projet-pic-100-inclusion-archipel
3. Le Plan d’investissement dans les compétences (PIC) est le 2e axe du Grand plan d’investissement 2018-2022. Il a pour objectif de renforcer les compétences et améliorer
la qualification par la formation des jeunes et des demandeurs d'emploi, pour permettre un retour à l'emploi. Concrètement, le gouvernement souhaite d’une part proposer un
« accompagnement renforcé » à un million de jeunes en situation de décrochage, et d’autre part former un million de demandeurs d’emplois éloignés du marché du travail.
4. Le Réseau E2C regroupe 139 sites-écoles de la deuxième chance répartis sur l’ensemble du territoire national. Ceux-ci proposent un parcours de formation et d’accompagnement
individualisé pour les jeunes sans qualification souhaitant accéder à un emploi ou une formation.
5. Le Collectif Mentorat https://lementorat.fr/ pilote et anime la plate-forme « 1 jeune1mentor » https://www.1jeune1mentor.fr/ qui permet d’orienter vers les associations de mentorat
les jeunes qui souhaitent être mentorés et les bénévoles qui proposent de devenir mentors. Cette initiative s’inscrit dans le plan « 1jeune1solution ». Elle vise à donner
aux jeunes toutes les ressources pour préparer leur avenir.
#LESENTREPRENEURSDUVIVANTRECRUTENT
En 2021, le Gouvernement français a décidé le lancement des établissements scolaires et au sein des commerces ainsi
d’une campagne de communication d’ampleur inédite que dans près de 500 gares) et relayée par un dispositif digital
« #LesEntrepreneursDuVivantrecrutent » portée par le plan France s’adressant tout particulièrement aux jeunes. Enfin, une page
Relance1. Axée sur l’attractivité des métiers de l’agroalimentaire, internet dédiée « https://agriculture.gouv.fr/entrepreneurs-du-
mais aussi de l’agriculture, du paysage, de la forêt, de l’aquaculture vivant » a été ouverte pour aiguiller les candidats intéressés vers
et de la pêche, cette campagne d’envergure s’est adressée aux les différents sites d’information sur les métiers et les formations
publics jeunes et à leurs familles, ainsi qu’aux actifs en reconversion. existantes ainsi que vers les plateformes d’offres d’emploi.
Elle a été déployée à compter de juillet 2021 sur différents canaux : Les directions régionales du ministère de l’Agriculture et de la
télévision, presse quotidienne nationale et presse quotidienne Souveraineté alimentaire et du secrétariat d’État chargé de la mer
régionale. Elle a été suivie d’une deuxième vague de diffusion ont été pleinement mobilisées sur les territoires pour relayer ces
en septembre 2021, complétée par une campagne d’affichage opérations et mettre en œuvre des initiatives complémentaires au
sur le territoire (dans les zones urbaines et semi-urbaines, près regard des enjeux locaux.
1. Le plan France Relance a proposé des mesures concrètes à destination des particuliers, des entreprises, des associations, des collectivités et des administrations pour accélérer les
transformations écologiques, industrielles et sociales de la France. Afin de relancer rapidement l’économie et d’obtenir des résultats en matière de décarbonation, de reconquête
industrielle, de renforcement des compétences et des qualifications sur l’ensemble du territoire, un plan exceptionnel de 100 milliards d’euros est déployé par le Gouvernement
français autour de trois volets : la transition écologique, la compétitivité et la cohésion.
OCAPIAT, l’opérateur Données clés d'OCAPIAT (2020)27:
de compétences au service • 50 branches professionnelles représentées
de la filière agri, agro, pêche • 179 000 entreprises adhérentes et diri-
geants non-salariés (pêche) dont 98,5 %
emploient moins de 50 salariés ;
Créé le 1er avril 2019, l'opérateur de compé- • 1 262 642 salariés couverts dont 5 sur 10
tences OCAPIAT regroupe l'interbranche travaillent dans une entreprise de moins
des entreprises et exploitations agricoles et de 50 salariés ;
des acteurs du territoire, le secteur alimen- • 1,11 milliard d’euros d’engagements finan-
taire (industries alimentaires, coopération ciers en 2021 ;
agricole et familles associées, commerce • 211 125 actions de formation financées
agricole), la pêche, les cultures marines et la soit 92 millions d’heures de formation
27. https://www.ocapiat.fr/chiffres-cles/
Les formations dédiées au secteur alimentaire
dans l'enseignement technique agricole
La formation professionnelle
Les diplômes du ministère de continue dans l'enseignement
l’Agriculture et de la Souveraineté technique agricole
Alimentaire préparant aux métiers
de l'agroalimentaire En plus des formations diplômantes, acces-
sibles également par la formation continue,
Du CAP agricole (niveau 3) au brevet de les établissements d'enseignement agricole
technicien supérieur (BTSA) (niveau 5), interviennent sur 3 types de prestations :
les diplômes proposés par le ministère de
l’Agriculture et de la Souveraineté alimen- 1. Actions de formation certifiante intra ou
taire préparant aux métiers de l'agroalimen- inter-entreprises
taire sont nombreux, et permettent d'ac- En réponse aux besoins des entreprises, les
céder à une grande diversité de niveaux de établissements interviennent auprès des
qualification. entreprises (in situ) ou dans leurs propres
locaux sur différentes thématiques. Cela
Les métiers visés par les diplômes de niveau offre aux salariés l’accès à des blocs de com-
3 et 4 sont très variés : opérateurs polyva- pétences, ce qui permet leur reconnaissance
lents de fabrication de produits alimen- en tant que partie de certification profes-
taires, conducteurs de lignes de production sionnelle, tout en bénéficiant de finance-
agroalimentaire, employés d’entreprises de ments de la formation professionnelle.
distribution spécialisées dans les produits
alimentaires… Par ailleurs, le BTSA permet 2. Conception de parcours d'intégration de
d’exercer une fonction de technicien supé- nouveaux salariés
rieur salarié. Il vise les métiers de technicien Après un positionnement pour évaluer leurs
de production, d’agent de relation avec la compétences, les opérateurs qualifiés (ou
production agricole, de technicien de labo- non qualifiés) ou les demandeurs d’emploi
ratoire agroalimentaire et de technico-com- peuvent suivre une formation adaptée à
mercial en industrie agroalimentaire. leurs besoins et à ceux de l'entreprise, d'une
durée de 2 à 10 semaines.
Les établissements de formation spécialisés
Les établissements d’enseignement tech- 3. Reconversion ou évolution professionnelle
nique agricole qui dispensent des forma- Le Projet de Transition Professionnelle est
tions agroalimentaires disposent pour une une modalité particulière de mobilisation
bonne part d'ateliers technologiques, qui du compte personnel de formation (CPF),
sont des plateaux techniques d'enseigne- permettant aux salariés souhaitant chan-
ment à rayonnement régional. Selon les ger de métier ou de profession de financer
établissements, ces structures sont spécia- des formations certifiantes en lien avec leur
lisées dans l’élaboration de produits laitiers projet.
28. CAP, BEP sont de niveau 3 (anciennement V), Baccalauréat de niveau 4 (anciennement IV), DEUG, BTS, DUT, DEUST de niveau 5 (anciennement III), Licence,
licence professionnelle, BUT de niveau 6 (anciennement II), Maîtrise, master 1 de niveau 6 (anciennement II), Master, diplôme d'études approfondies, diplôme
d'études supérieures spécialisées, diplôme d'ingénieur de niveau 7 (anciennement I), Doctorat, habilitation à diriger des recherches de niveau 8 (anciennement I).
Les certificats de qualification professionnelle
des branches professionnelles
Ces deux dernières années, des travaux ont Pour 2022-2023, la filière alimentaire souhaite :
été menés en matière d’ingénierie des certi- • faire évoluer l’offre de formation certi-
fications afin de réviser les blocs de compé- fiante afin de répondre aux enjeux écono-
tences des certificats de qualification pro- miques, technologiques, écologiques et
fessionnelle (CQP) du secteur alimentaire, sociétaux ;
en visant leur mise en conformité avec les • adapter les outils digitaux de traçabilité,
attendus de France Compétences et leur de positionnement et d’évaluation des
réinscription au répertoire national des cer- candidats au fur et à mesure de la mise
29. La Charte emploi alimentaire vise à anticiper les conséquences sur l’emploi, les métiers et les compétences des mutations en cours, à accompagner
les branches professionnelles et les entreprises dans leurs démarches de Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences (GPEC) et à adapter l’offre
des certifications et des formations permettant l’acquisition des compétences.
La charte emploi permet notamment de :
LA CHARTE EMPLOI SOUTIENT
• appuyer le conseil ressources humaines LA FILIÈRE VOLAILLES –
(RH) aux entreprises : accompagner les
FOIE GRAS PENDANT
entreprises de moins de 300 salariés,
L’ÉPISODE DE GRIPPE AVIAIRE
notamment les structures de moins de
50 salariés sans fonction RH structurée,
à la gestion prévisionnelle de l’emploi et Comme plusieurs pays d’Europe, la France a été confrontée à un épi-
des compétences ; sode d’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) à partir de la
• développer l’accompagnement des mobi- mi-novembre 2020, puis à partir de l’automne 2021. La maladie cir-
lités, favoriser les passerelles entre métiers cule activement dans la faune sauvage et se manifeste à l’occasion
et entre secteurs, et sécuriser l’emploi à des migrations vers le Sud. Le Sud-Ouest a été particulièrement tou-
travers des parcours qualifiants : acquisi- ché. En l’absence de nouveaux foyers dans la région, des remises en
tion de blocs de compétences de CQP et
CQP Interentreprises par des actions de
place sous conditions strictes ont été rendues possibles à partir du
29 mars 2022 dans la zone réglementée du Sud-Ouest. Au global,
49
formation inter-entreprises ; depuis le début de la crise, près de 4,18 millions animaux ont été
• accompagner les salariés les plus fragiles abattus, dont 3,44 millions dans le Sud-Ouest.
OCAPIAT a mené une grande enquête de Les publics, issus des entreprises impactées par la crise aviaire, sont
mars à début mai 2021 auprès de ses 50 essentiellement des opérateurs, employés qualifiés et non quali-
branches professionnelles adhérentes pour fiés, agents et techniciens de maintenance, encadrants de premier
évaluer l’impact de la crise sanitaire sur niveau et encadrants d’ateliers, agents des services qualité, supports
l’activité économique et les emplois dans administratifs et commerciaux.
les entreprises, identifier leurs stratégies de
sortie de crise, et anticiper leurs besoins de
recrutements et de compétences pour l’an-
née à venir.
30. Quel est l’impact de la crise COVID-19 sur les entreprises des secteurs agriculture, agroalimentaire et pêche ? – Synthèse du diagnostic-action – Janvier 2022 -
https://www.ocapiat.fr/quel-est-limpact-de-la-crise-COVID-19-sur-les-entreprises-du-secteur-agriculture-agroalimentaire-et-peche/
dans les compétences (PIC). 4 309 entre- S’agissant des restructurations, le nombre
prises ont été interrogées, dont 2 116 entre- de plan de sauvegarde de l'emploi, de
prises du secteur agricole, 1 169 entreprises Rupture conventionnelle collective ou d’ac-
relevant des industries agroalimentaires, 681 cord de performance collective est resté
des entreprises de la coopération agricole très réduit en 2020. En effet, seules 4 % des
et 255 entreprises du commerce agricole. entreprises du secteur de l’agroalimentaire
déclarent y avoir eu recours et seulement
Ce diagnostic a mis en avant la bonne 10 % des entreprises déclarent avoir renoncé
résilience de ces filières où en moyenne à au moins un recrutement qui était prévu
le chiffre d’affaires n’a chuté que de 2,5 % à cause de la crise sanitaire. Par ailleurs, les
entre 2019 et 2020, contre 11,5 % dans les difficultés de recrutement se sont accrues
autres secteurs de l’économie. Les PME dans l’industrie alimentaire atteignant 56 %
31. La marque employeur désigne l’ensemble des problématiques d’image de marque liées à la gestion des ressources humaines et au recrutement
d’une entreprise.
LA DIFFÉRENCIATION
DES PRODUITS
AGROALIMENTAIRES
32. https://agriculture.gouv.fr/valorisation-des-produits-tout-savoir-sur-les-signes-officiels
33. Détails présentés dans la partie 3. ENVIRONNEMENT INTEGRE AUX FILIERES du Panorama des IAA 2022.
DÉMARCHES ET PRISE EN COMPTE LA HAUTE VALEUR
DES ATTENTES SOCIÉTALES ENVIRONNEMENTALE
1. La caudectomie consiste à couper la queue des porcs pour éviter les morsures
(caudophagie) qui peuvent entraîner des réactions en chaîne en élevage, les mordus
devenant mordeurs.
Signes d’identification de la qualité et de l’origine
34. Dans le secteur vitivinicole, l'AOC constitue également une mention traditionnelle. Ces mentions sont reconnues et protégées au niveau européen (Règlement
(CE) n° 479/2008 du Conseil du 29 avril 2008 portant organisation commune du marché vitivinicole). En 2022, la France dénombre 17 AOC boissons spiritueuses et
5 cidres et poirées AOC/AOP.
d’organisme génétiquement modifié, la Ils constituent donc un excellent instrument
prise en compte du respect du bien-être favorisant l'accès au marché, notamment
animal (transport, conditions d’élevage, pour les entreprises de taille modeste. Les
abattage) et pour les produits transformés, produits concernés, qui bénéficient de la
une quantité de 95 % au moins des ingré- garantie du respect d'un cahier des charges,
dients issus de l’agriculture biologique. Le accèdent plus facilement à la grande distri-
logo européen Eurofeuille peut être com- bution et aux marchés d'exportation.
plété par l’apposition du logo national AB.
Dans le contexte de demande toujours
Les SIQO permettent de créer de la valeur plus forte des consommateurs d’une infor-
ajoutée tout au long de la chaîne alimen- mation claire et sûre sur les produits qu’ils
taire et les filières deviennent motrices dans consomment, l'implication de l’État leurs
10000
-8 %
+1 %
+8 %
+12 %
+9 %
+11 %
1000
-4 %
+5 %
+14 %
+11 %
+10 %
+2 %
+10 %
-11 %
+9 %
+16 %
-5 %
+4 %
+28 %
100
10
17 776
3 398
2 398
1 150
406
420
499
453
485
358
344
220
538
919
319
152
911
117
60
95
1
Vins Boissons Produits Volailles Charcuteries Produits de Viandes Fruits et Farines, Œufs
spiritueuses laitiers salaisons la pêche et hors Légumes pains et
et cidres (inclus lait bio) de l’aquaculture volailles viennoiseries
CA de la production française issue de l’AB 2019 CA de la production française issue de l’AB 2020
CA de la production sous autres signes de la qualité CA de la production sous autres signes
et de l’origine 2019 de la qualité et de l’origine 2020
INDICATIONS GÉOGRAPHIQUES Une gouvernance alliant actions
(IG) : UNE RÉVISION EUROPÉENNE EN des professionnels et des pouvoirs
COURS publics
35. https://www.agencebio.org/
36. https://www.inao.gouv.fr/
Mentions valorisantes
GIPT
(interpro
pomme de terre
60 transformée)
UNPT CNIPT
(producteurs) (interpro pomme de terre en frais)
CSF
(féculiers)
Fédération Regroupement
de 2 200 entreprises coopératives des entreprises
de gros et de
détail spécialisé
FEEF Organisations
de la restauration
collective
Association
de 900 TPE, PME RESTAU'CO,
et ETI AGORES,
SNARR, SNRC
Autres
organisations
agroalimentaires
ADEPALE,
SYNABIO, FIA,
Culture viande...
Une gouvernance en évolution
37. Détails présentés dans la partie 3. ENVIRONNEMENT INTEGRE AUX FILIERES du Panorama des IAA 2022.
facilement soupçonnées de greenwashing et l’organisation systémique des liens sociaux
et mobilisent parfois des moyens financiers liés à cette gouvernance devrait être d’avan-
non négligeables. Le green washing, ou en tages étudiés. Les activités de recherche et
français l’éco blanchiment, consiste pour d’accumulation de connaissance, de sa cir-
une entreprise à orienter ses actions marke- culation et de stratégies relationnelles éco-
ting et sa communication vers un position- nomiques, politiques, scientifiques et acadé-
nement écologique (ADEME). Il s’agit la plu- miques engendrées peuvent en effet influer
part du temps de grandes multinationales les évolutions de la gouvernance du secteur
qui de par leurs activités polluent excessive- agroalimentaire français.
ment la nature et l’environnement et inves-
tissent dans la communication et le marke- Plusieurs facteurs laissent à penser que les
ting pour « blanchir » leur image. trois types d’évolutions discutées ci-dessus
38. Détails présentés dans la partie 3. ENVIRONNEMENT INTEGRE AUX FILIERES du Panorama des IAA 2022.
L'ENVIRONNEMENT
INTÉGRÉ AU SEIN
DES FILIÈRES 65
Cuves à lait.
Hall des technologies
laitières et alimentaires
(HTLA).
LE RESPECT
DE L’ENVIRONNEMENT
Les émissions les plus importantes du sec- de CO2 (8,3 % des émissions totales en 2020)
teur agroalimentaire relativement aux (Figure 5). Pour l’ensemble des autres émis-
autres industries correspondent aux rejets sions (polluants atmosphériques, autres
dans l’eau de carbone organique total rejets dans l’eau, production déchets), le
(12,9 % des émissions totales du secteur secteur agroalimentaire contribue à moins
industriel en 2017) (Figure 2) et aux émissions de 6 % des émissions totales.
66
ÉMISSIONS INDUSTRIELLES DANS L'AIR EN POURCENTAGE DE LA FRANCE PAR SECTEUR
(sur la base des données rapportées dans le cadre de la convention sur la pollution atmosphérique transfrontière à longue distance (LRTAP) et du mécanisme
pour la surveillance et la déclaration des émissions de gaz à effet de serre)
Source : AEE 2020
Source graphique : https://www.eea.europa.eu/themes/industry/industrial-pollution/industrial-pollution-country-profiles-2020/france
Métaux lourds
(pondéré selon toxicité pour l'homme)
Oxydes d'azote
Composés organiques
volatils non méthaniques
Oxydes de souffre
0 20 40 60 80 100
1. Selon la loi du 15 juillet 1975, un déchet correspond à tout résidu d’un processus de production, de transformation ou d’utilisation, toute substance, matériau,
produit, ou plus généralement tout bien meuble abandonné ou que le détenteur destine à l’abandon (article L.541-1-1 du Code de l'environnement).
ÉMISSIONS INDUSTRIELLES DANS L'EAU EN POURCENTAGE DE LA FRANCE PAR SECTEUR
Source : AEE 2020
Source graphique : https://www.eea.europa.eu/themes/industry/industrial-pollution/industrial-pollution-country-profiles-2020/france
Azote total
Phosphore total
0 20 40 60 80 100
67
1,4 %
1,3 %
5,5 % 31,2 %
3,8 % 17,8 %
17,4 % 8,1 %
32,8 %
4,3 %
0,3 %
2. Les déchets non dangereux non inertes sont variés et définis par défaut comme étant ceux qui ne présentent aucune des caractéristiques spécifiques
aux déchets dangereux.
3. Les déchets dangereux contiennent, en quantité variable, des éléments toxiques ou dangereux qui présentent des risques pour la santé humaine
et l’environnement. Ils sont soumis à une réglementation particulière pour leur gestion et leur valorisation.
RÉPARTITION DES ÉMISSIONS DE CO2 DU SECTEUR DE L'INDUSTRIE MANUFACTURIÈRE
ET CONSTRUCTION EN FRANCE (MÉTROPOLE ET OUTRE-MER UE)
Source : CITEPA, inventaire Secten 2022
160
140
120
100
80
60
40
20
0
1990
1991
1992
1993
1994
1995
1996
1997
1998
1999
2000
2001
2002
2003
2004
2005
2006
2007
2008
2009
2010
2011
2012
2013
2014
2015
2016
2017
2018
2019
2020
68
Agroalimentaire Chimie Autres industries manufacturières
et de construction
Minéraux non-métalliques, Métallurgie
matériaux de construction (métaux ferreux et non ferreux)
En 2019, l’industrie agroalimentaire a consa- En 2019, les dépenses courantes des indus-
cré 248 millions d’euros d’investissements tries agroalimentaires (IAA) pour protéger
ou d’études afin de protéger l’environne- l’environnement (hors dépenses liées à
ment, soit 30 millions de plus qu’en 2018. l’eau) ont atteint 474 millions d’euros. Les
C’est le deuxième secteur à investir pour deux tiers de ces dépenses servent à payer
l’environnement après celui de l’énergie. les redevances et taxes, liés aux déchets
et aux achats de services de protection
Grande consommatrice d’eau pour le lavage de l’environnement. Un quart est dédié au
et le traitement industriel des matières fonctionnement des équipements antipol-
premières ou pour le nettoyage des équi- lution. Le reste des dépenses est consacré
pements de production, l’industrie agroa- à la gestion de l’impact environnemental
limentaire affecte 35 % de ses investisse- des activités (certification aux normes ISO,
ments en faveur de l’environnement dans le formation) ou à divers autres usages (primes
domaine des eaux usées, contre 16 % pour d’assurance). Les dépenses en gestion envi-
l’ensemble de l’industrie. La limitation des ronnementale ont augmenté de 11 millions
émissions de gaz à effet de serre4 constitue d’euros depuis 2016, pour atteindre 29 mil-
le deuxième poste d’investissement (31 %), lions d’euros en 20195.
devant la protection de la qualité de l’air
(13 %).
4. Les gaz à effet de serre (GES) sont des gaz d'origine naturelle (vapeur d'eau) ou anthropique (liée aux activités humaines) qui absorbent une partie des rayons
solaires en les redistribuant sous la forme de radiations au sein de l’atmosphère terrestre, phénomène appelé effet de serre.
5. Graph’agri 2021, Maîtrise des pollutions dans les IAA.
DÉPENSES DE L'INDUSTRIE EN FAVEUR DE L'ENVIRONNEMENT PAR SECTEUR DEPUIS 2013
(en millions d'euros)
Lecture : en 2019, les établissements de l’agroalimentaire ont dépensé 248 millions d’euros pour lutter contre la pollution
Source : Insee, SSP, enquête sur les investissements pour protéger l'environnement (Antipol)
Source graphique : https://www.insee.fr/fr/statistiques/5408393#onglet-2
700
600
500
400
300
200
100
0
2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019
Champ : France, industries extractive et manufacturière (y compris artisanat commercial) et énergie, établissements de 20 salariés ou plus.
69
31 %
Limitation des gaz 14 %
à effet de serre Air
9%
Sols, eaux
5%
Déchets
4%
Bruits et vibrations
5%
35 % Sites, paysages, biodiversité et autres
Eaux usées
Champ : France y compris Dom, établissements agroalimentaires de 20 salariés et plus (divisions 10 , 11 de la NAF rév. 2) y compris artisanat commercial.
Actualités règlementaires
6. Pour la définition exacte, se référer à l’arrêté du 2 mai 2013 relatif aux définitions, liste et critères de la directive 2010/75/UE du Parlement européen
et du Conseil du 24 novembre 2010 relative aux émissions industrielles (prévention et réduction intégrées de la pollution).
7. Industrial Emissions Directive.
8. Plus de détails dans la sous-partie 3.4 Climat et biodiversité du Panorama des IAA 2022.
9. Plus de détails dans la sous-partie 3.3 Bioéconomie du Panorama des IAA 2022.
10. La décarbonation (ou décarbonisation) désigne l’ensemble des mesures et techniques mises en place en vue de limiter l’empreinte carbone d’une entreprise,
d’un secteur d’activité, d’un pays ou d’une économie.
11. L’économie circulaire correspond à un système économique d’échange et de production qui vise à augmenter l’efficacité de l’utilisation des ressources
et à diminuer l’impact anthropique sur l’environnement. Il s’agit de découpler la consommation des ressources de la croissance du produit intérieur brut (PIB)
tout en assurant la réduction des impacts environnementaux et l’augmentation du bien-être (Agence nationale de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie).
12. Les produits chimiques présentent des dangers pour les personnes, les installations ou l'environnement (intoxications aiguës, asphyxie, incendie, explosion,
pollution). Ils peuvent aussi provoquer des effets plus insidieux, après des années d’exposition du travailleur à de faibles doses, voire plusieurs années après la fin
de l’exposition. Ces dangers immédiats et différés doivent être pris en compte dans le cadre d’une même démarche de prévention des risques chimiques.
13. L'efficacité énergétique consiste à utiliser moins d'énergie tout en recevant une qualité de service identique. Il s’agit du rapport entre la quantité d'énergie
récupérée et l'énergie consommée.
adoption dans le cadre de la procédure le marché de 98 % d'ici à 2050 (par rapport
législative ordinaire, prévue par le Traité sur à 2015). De nouvelles restrictions sur l'uti-
le fonctionnement de l’Union européenne lisation des gaz fluorés dans les équipe-
(articles 289 et 294). Au cours de cette pro- ments sont également prévues ;
cédure, qui devrait durer deux ans environ, • renforcer et améliorer l’application et le
le texte initial proposé par la Commission respect des règles : la proposition permet-
pourra être modifié au fur et à mesure des trait aux autorités douanières et de sur-
négociations entre les deux co-législateurs. veillance de contrôler plus facilement les
importations et les exportations. Un prix
La Commission Européenne a également fixe des quotas sera introduit et les sanc-
présenté une proposition législative visant tions seront plus sévères et plus homo-
à mettre à jour le règlement14 sur les gaz gènes dans l'UE ;
fluorés15, au premier rang desquels figurent • assurer une surveillance plus complète :
les hydrofluorocarbures. L’objectif global par exemple en couvrant un éventail plus
de la proposition législative est de parve- large de substances et d'activités et en
nir à des réductions supplémentaires des améliorant les procédures de déclaration
émissions de gaz fluorés afin de contribuer et de vérification des données ;
à la réalisation d’une réduction globale de • assurer la conformité avec le protocole
55 % des émissions de GES de l’ensemble de Montréal19 sur les substances qui
des secteurs d’ici à 2030 et de la neutralité appauvrissent la couche d’ozone20.
carbone16 à l’horizon 2050, en adéquation
avec les objectifs du Green Deal17 et de la loi Après une longue période relativement
européenne sur le climat adoptée en 2021. stable, de 2005 à 2015, les émissions de
hydrofluorocarbures (HFC) de l’industrie
71
Plus spécifiquement, la proposition vise à : manufacturière sont en forte baisse depuis
• relever le niveau d’ambition : la proposi- 2017. La mise en application de la règle-
6000
5000
4000
3000
2000
1000
0
1990
1991
1992
1993
1994
1995
1996
1997
1998
1999
2000
2001
2002
2003
2004
2005
2006
2007
2008
2009
2010
2011
2012
2013
2014
2015
2016
2017
2018
2019
2020
72
BIODIVERSITÉ
La biodiversité désigne l’ensemble fournissant matières premières et De plus, la biodiversité nous pro-
des êtres vivants ainsi que les éco- énergies. La biodiversité fournit tège des risques environnemen-
systèmes dans lesquels ils vivent et des services écosystémiques consi- taux. Par exemple, la préserva-
les interactions des espèces entre dérables de support (production tion et la restauration de prairies
elles et avec leurs milieux (Office primaire), d’approvisionnement inondables permettent de dimi-
français de la biodiversité). La (nourriture, combustible), de régu- nuer l’impact des inondations en
biodiversité répond directement lation (climat, risques naturels) et absorbant l’eau. Ce surplus d’eau
aux besoins primaires de l’espèce culturels (patrimoine, religion). En alimente par la suite les nappes
humaine en apportant oxygène, agriculture, la biodiversité est pri- souterraines et pourra être utilisé
nourriture et eau potable. Elle mordiale avec la contribution des dans l’agriculture lors de période
contribue également au dévelop- organismes pollinisateurs ou parti- de sécheresse et par les industries
pement des activités humaines en cipant au renouvellement des sols. agroalimentaires.
Le climat correspond aux condi- la température et des modèles le pétrole et le gaz. La combustion
tions météorologiques moyennes météorologiques (Nations Unies). de combustibles fossiles génère
(températures, précipitations, Il peut s’agir de variations natu- des émissions de gaz à effet de
ensoleillement, humidité de l'air, relles, dues par exemple à celles serre qui agissent comme un
vitesse des vents) qui contrôlent du cycle solaire ou anthropiques. dôme autour de la Terre, empri-
une région donnée durant une Depuis les années 1800, les activi- sonnant la chaleur du soleil et
longue période (au moins 30 tés humaines constituent la cause entraînant une hausse des tempé-
ans pour l'Organisation météo- principale des changements cli- ratures. Les émissions de dioxyde
rologique mondiale). Les chan- matiques, essentiellement en rai- de carbone et de méthane,
gements climatiques désignent son de la combustion de combus- notamment, sont à l’origine des
les variations à long terme de tibles fossiles comme le charbon, changements climatiques.
Changements climatiques et biodiversité dans l’agriculture
et la filière forêt-bois française
L’agriculture et la filière forêt-bois sont parti- l'évolution des pratiques agricoles vers
culièrement exposées au changement clima- l’agroécologie (réduction des intrants, ges-
tique (phénomènes extrêmes, évolutions de tion durable de la ressource en eau et des
température, précipitations) et à la diminu- sols, implantation d’infrastructures agroé-
tion de la biodiversité (destruction et dégra- cologiques comme les haies) et de l’alimen-
dation des écosystèmes et des services qu’ils tation (lutte contre le gaspillage, projets
rendent, disparition des espèces, réduction alimentaires territoriaux) sont des pistes de
de la diversité génétique). Les productions progrès. Les productions agricoles, fores-
agricoles et forestières doivent d'ores et tières et alimentaires peuvent participer à la
déjà s'adapter aux évolutions actuelles et à limitation des émissions des autres secteurs
venir : lutte contre l’artificialisation des sols, industriels en développant la bioéconomie,
contre le déclin de la pollinisation, sélection la substitution de matériaux, les énergies
d'animaux et de variétés végétales adaptées renouvelables, la méthanisation, l’usage du
aux conditions climatiques à venir, dévelop- bois dans la construction et un engagement
pement de l’agroforesterie et amélioration zéro déforestation pour les filières d'im-
de la gestion de l'eau. portation. Ces enjeux de développement
durable qui répondent aux besoins écono-
Des solutions de lutte contre la perte de la miques, sociaux et environnementaux du
biodiversité et le changement climatique
peuvent provenir directement de ces sec-
présent sans compromettre la capacité des
générations futures à répondre aux leurs,
73
teurs. La limitation des émissions via la pré- sont discutés au niveau international, euro-
servation des terres agricoles et des prairies, péen, national et local.
Les enjeux du changement climatique et concentrations des gaz à effet de serre pré-
de la biodiversité ont été pris en compte sents dans l'atmosphère à un niveau tel que
pour la première fois par les gouvernements ceux-ci ne risquent pas d'entraîner de modi-
internationaux lors de la Conférence des fications dangereuses du climat. La CLD23 a
Nations Unies sur l'environnement et le pour objectif de lutter contre la désertifi-
développement (1992) souvent appelée le cation et d’atténuer les effets de la séche-
Sommet de la Terre de Rio. Trois conven- resse dans les pays gravement touchés par
tions ont été signées à l’issue de ce sommet : la sécheresse et/ou la désertification, en
la Convention-cadre des Nations Unies sur particulier en Afrique, grâce à des mesures
les changements climatiques (CCNUCC), efficaces à tous les niveaux, appuyées par
la Convention sur la diversité biologique des arrangements internationaux de coopé-
(CBD) et la Convention sur la lutte contre la ration et de partenariat, dans le cadre d’une
désertification (CLD). La CBD21 est un traité approche intégrée compatible avec le pro-
international juridiquement contraignant gramme Action 2124, en vue de contribuer à
qui a pour objectifs la conservation de la l’instauration d’un développement durable
diversité biologique, l'utilisation durable de dans les zones touchées.
la diversité biologique et le partage juste
et équitable des avantages découlant de Ces conventions sont dirigées par des
l'utilisation des ressources génétiques. La Conférences des Parties (COP) composées
CCNUCC22 a pour objectif de stabiliser les de tous les gouvernements et États qui les
21. https://www.cbd.int/doc/legal/cbd-fr.pdf
22. https://treaties.un.org/doc/Treaties/1994/03/19940321%2004-56%20AM/Ch_XXVII_07p.pdf
23. https://catalogue.unccd.int/936_UNCCD_Convention_FRE.pdf
24. Le Programme Action 21 défini lors du Sommet de la Terre à Rio en 1992 est un programme d’actions de mise en œuvre du développement durable à l’échelle
locale, régionale, nationale et internationale, composé de plus de 2 500 recommandations au sein de 40 chapitres, orientées vers la lutte contre la pauvreté,
la protection des forêts, océans, biodiversité, atmosphère, le développement social, la sécurité alimentaire, la situation des femmes dans le monde et l’agriculture
raisonnée.
ont ratifiées et signées (les Parties), ainsi que (IPBES). Le GIEC aide les Parties à dresser
les acteurs de la société civile (organisations des inventaires nationaux des émissions
non gouvernementales, collectivités terri- de gaz à effet de serre, par source et par
toriales, syndicats et entreprises). Dans le puits afin de respecter la CCNUCC et son
domaine de l’environnement, il existe ainsi Protocole de Kyoto27.
trois COP, nées de trois conventions signées
à l’issue du Sommet de la Terre de Rio en Aujourd’hui ces enjeux sont développés au
1992 : la COP sur la biodiversité, la COP sur travers des 17 objectifs de développement
la lutte contre la désertification et la COP durable28 et leurs 169 cibles forment l’agenda
sur les changements climatiques. L’Accord 2030. Ils couvrent l’intégralité des enjeux du
de Paris24 conclu à la COP 21 prenait acte développement durable tels que le climat,
du fait qu’en dépit de tous les efforts d’at- la biodiversité, l’énergie, l’eau mais aussi la
ténuation des émissions de gaz à effet de lutte contre la pauvreté, l’égalité des genres,
serre réalisés, une part du changement cli- la prospérité économique ou encore la paix,
matique était jugée inévitable. Les Parties se l’agriculture et l’éducation. L'Organisation
réunissent tous les deux ans pour examiner des Nations unies pour l’alimentation et
les progrès accomplis, établir des priorités l’agriculture (FAO, Food and Agriculture
et décider de plans de travail. Les Parties Organization of the United Nations), par
s’appuient sur des expertises de point tels exemple, mène les efforts internationaux
que les rapports fournis par le Groupe d’ex- vers l’élimination de la faim. L’objectif est
perts intergouvernemental sur l’évolution d’atteindre la sécurité alimentaire pour tous
du climat (GIEC)26 et la Plateforme intergou- et d’assurer un accès régulier et suffisant à
Concernant la biodiversité, le cadre euro- pour la plupart portant sur des espèces
péen concerne moins directement les indus- (espèces de la directive oiseaux), types
tries agroalimentaires et se concentre sur d'espèces (par exemple les pollinisateurs),
la préservation des espèces et espaces à ou grands types d'écosystèmes (urbains,
enjeux écologiques, à travers les directives forestiers, agricoles, etc.) : principalement
« Oiseaux » et « Habitats », qui participent des objectifs qualitatifs, visant l'améliora-
notamment à définir les zones de protec- tion d'indicateurs proposés ;
tion Natura 2000. Un futur règlement euro- • élaborer un plan national de restauration
péen est à l'étude avec les objectifs suivants : de la nature, permettant notamment
• mettre en place des mesures de restaura- d'orienter des financements vers les
tion couvrant, d'ici à 2030, au moins 20 % actions de restauration.
des zones terrestres et marines de l'Union
et, d'ici à 2050, l'ensemble des écosys- Des espaces agricoles et forestiers seront
tèmes ayant besoin d'être restaurés ; concernés par cette nouvelle règlementa-
• restaurer une proportion chiffrée d'ha- tion, mais l'impact en termes de quantité
bitats d'intérêt communautaire pour et de localisation des surfaces concernées,
chacun des États membres (par exemple et donc l'impact pour les exploitations agri-
objectifs 30 % à horizon 2030) ; coles, reste difficile à estimer en raison de
• au delà des habitats d'intérêts commu- besoins de clarifications et d'évolution du
nautaires, améliorer des indicateurs, projet de texte.
25. https://unfccc.int/fr/processus-et-reunions/l-accord-de-paris/l-accord-de-paris
26. Le GIEC a été créé en 1988 en vue de fournir des évaluations détaillées de l’état des connaissances scientifiques, techniques et socio-économiques
sur les changements climatiques, leurs causes, leurs répercussions potentielles et les stratégies de parade. Il élabore des méthodologies et des lignes directrices
pour les inventaires nationaux de gaz à effet de serre (GES).
27. Le protocole de Kyoto, signé en décembre 1997 et entré en vigueur en 2005, vise à réduire les émissions de six gaz à effet de serre : dioxyde de carbone,
méthane, oxyde nitreux, hydrofluorocarbone, hydrocarbure perfluoré et hexafluorure de soufre.
28. https://www.un.org/sustainabledevelopment/fr/objectifs-de-developpement-durable/
Stratégie nationale
pour la biodiversité 2030
INITIATIVES DES ENTREPRISES
EN FAVEUR DE LA PROTECTION
La stratégie nationale biodiversité 2030 DE LA BIODIVERSITÉ
(SNB) traduit l'engagement de la France
tel qu’il est défini par la Convention sur La crise actuelle de la biodiversité résulte de la pression
la diversité biologique (CDB). L’adoption exercée par l’activité des hommes sur son environnement.
d’une SNB marque la volonté de faire entrer L’artificialisation et l’agriculture en sont les principales causes
la biodiversité dans le champ de toutes les avec les changements d’usage des terres, la surexploitation des
politiques publiques. En mars 2022, le pre- ressources, la pollution, l’augmentation des espèces exotiques
mier volet de la SNB3, précédant la tenue envahissantes et du changement climatique. Dans le secteur
de la conférence des Parties n°15 de la CDB, privé, de nombreux outils et solutions sont développés pour per-
a été adopté. Cette nouvelle stratégie sera mettre aux entreprises de mieux intégrer la question biodiversité
mise en place jusqu’en 2030. Elle succèdera dans leurs décisions. La commission biodiversité de l’Association
aux deux premières qui ont couvert respec- française de normalisation (AFNOR) travaille actuellement sur
tivement les périodes 2004-2010 et 2011- une norme relative aux modalités de prise en compte des enjeux
2020. Ce premier volet est le fruit d’une de biodiversité dans les organisations, exigences et lignes direc-
vision collective et de 18 mois de concer- trices (X32-011). Elle utilise l’outil Global Biodiversity Score (GBS)
tation avec les acteurs des territoires de de l’entreprises privée CDC Biodiversité (filiale de la Caisse des
métropole et d’outre-mer, les élus et toutes Dépôts) qui permet aux entreprises d’estimer leur « empreinte
les parties prenantes. Une consultation du biodiversité ». Les entreprises souhaitant s’engager sur ces ques-
public a également été menée pour nourrir
le texte. D’une manière générale, elle vise à
tions se sont organisées en réseaux ou forums, comme l’associa-
tion française des entreprises pour l’environnement (EpE), au
75
protéger et restaurer la nature, accompa- niveau national, le réseau Act4nature ou la coalition One Planet
gner la transition écologique des activités Business for Biodiversity (OP2B) au niveau international.
La proposition de règlement établissant un mécanisme Les produits issus des secteurs suivants devraient être
d’ajustement carbone aux frontières vise à lutter contre couverts par le MACF : ciment, aluminium, engrais, pro-
le risque de fuite de carbone résultant des politiques duction d’énergie électrique, fer et acier.
climatiques asymétriques des pays tiers (dont les poli-
tiques de lutte contre le changement climatique sont Le MACF est conçu pour fonctionner parallèlement au
moins ambitieuses que celles de l'UE). L’objectif princi- système d'échange de quotas d'émission de l'UE (SEQE
pal de cette mesure environnementale est de prévenir de l'UE), dont il serait le pendant et le complément en ce
les fuites de carbone et d’inciter les pays partenaires à qui concerne les marchandises importées. Il remplacera
mettre en place des politiques de tarification du car- progressivement les mécanismes existants de l'Union
bone pour lutter contre le changement climatique. européenne destinés à faire face au risque de fuite de
carbone, en particulier l'allocation de quotas à titre gra-
tuit dans le cadre du SEQE de l'UE.
Stratégie française pour l’énergie et le climat
La France s'était engagée en 2015, avec la • le stockage de carbone dans les sols et
Stratégie Nationale Bas Carbone (SNBC), à dans la biomasse ;
réduire de 75 % ses émissions GES à l'hori- • l'économie et la production d’énergie et
zon 2050 par rapport à 1990. La révision de de matériaux à partir de biomasse (agro-
la SNBC sera l’occasion de dresser un pre- carburants, biogaz qui réduisent les émis-
mier bilan des résultats obtenus en termes sions en se substituant aux énergies fos-
de réduction des émissions, et de fixer une siles, biomatériaux) ;
nouvelle trajectoire de réduction d’émis- • la modification de la demande et de la
sions plus ambitieuse, conformément aux
engagements de l’Accord de Paris et des
consommation dans les filières agro-ali-
mentaires de manière à réduire le gaspil-
77
objectifs européens rehaussés à 2030. Pour lage alimentaire, favoriser la montée en
atteindre la neutralité carbone, les seules gamme des productions ou encore infor-
29. https://www.i4ce.org/download/action-climatique-label-bas-carbone-climat/
30. https://www.ecologie.gouv.fr/label-bas-carbone
LA BIOÉCONOMIE
GÉOCHANVRE
En 2020, lors de la crise sanitaire COVID-19, une entre- toiles de feutre de chanvre en remplacement des films
prise spécialisée dans le chanvre se lance dans la pro- plastiques pour les maraîchers, a démarré la fabrication
duction massive de masques de protection. Cette de masques de protection contre la COVID-19 en 2020,
jeune entreprise, Géochanvre, de 9 salariés, située dans est désormais homologuée par le ministère des Armées.
l’Yonne et spécialisée dans la production de toiles de Cette entreprise a ainsi commercialisé plus de 200 000
paillages biodégradables en chanvre, notamment de masques par semaine, en valorisant 150 ha de chanvre.
Les débouchés du chanvre sont multiples, principalement valorisée en paillage et dans
avec d’une part, les débouchés pour la paille la construction (bétons fibrés). La graine est
avec la fibre et la chènevotte, et d’autre valorisée en oisellerie, ou en alimentation
part, les débouchés pour la graine. Pour la humaine avec la valorisation de la protéine,
fibre, le principal débouché est la papeterie de l’huile et des graines décortiquées. Ces
(55 %), suivi de l’isolation bâtiment qui est valorisations sont liées aux performances
un marché en croissance. En complément, spécifiques de ces matières (renforcement,
le marché de l’automobile se développe allègement, isolation thermique et pho-
avec l’intégration des fibres de chanvre nique, amortissement) mais aussi à la capa-
dans les panneaux d'habillage des portières cité d’entreprises pionnières à mettre au
et les tableaux de bord. La chènevotte est point des innovations clés.
En France, en 2020, 5,4 millions de tonnes En France en 2018, les emballages plastiques
(Mt) d’emballages ménagers ont été mis représentaient 46,3 %36 de la consommation
sur le marché, dont 2,6 Mt pour le verre, de plastique et sont devenus incontour-
1,2 Mt pour les plastiques, et 1,2 Mt pour nables dans le secteur alimentaire en raison
les papiers-cartons. Le secteur alimentaire de leurs nombreux avantages : facilité et
représente la part majoritaire de ces embal- faible coût de fabrication, fonctionnalité,
lages soit, en tonnage, environ 83 % du total performance, solidité, durée de vie et légè-
en 202031. reté. Ainsi 60 à 70 % des emballages plas-
31. Édouard FOUQUE, Sylvain PASQUIER, ADEME, Guillaume BERNEAU, Anaëlle CHRÉTIEN, Amaury GALTIER, In Extenso Innovation Croissance. 2021.
Emballages ménagers : données 2020 - Rapport annuel.69 pages
32. FERRONATO, Navarro et TORRETTA, Vincenzo. Waste mismanagement in developing countries: A review of global issues. International journal of
environmental research and public health, 2019, vol. 16, no 6, p. 1060.
33. SARKINGOBIR, Yusuf, DIKKO, Malami, ALIYU, Sulaiman, et al. The dangers of plastics to public health: A review. NIPES Journal of Science and Technology
Resaerch, 2020, vol. 2, no 2, p. 195-200.
34. ROJAS, Juan. Plastic Waste is Exponentially Filling our Oceans, but where are the Robots?. In : 2018 IEEE Region 10 Humanitarian Technology Conference
(R10-HTC). IEEE, 2018. p. 1-6.
35. KYRIKOU, Ioanna et BRIASSOULIS, Demetres. Biodegradation of agricultural plastic films: a critical review. Journal of Polymers and the Environment, 2007,
vol. 15, no 2, p. 125-150.
36. Plastics Europe.
Politique globale des emballages
Les trois objectifs de réduction, du réem- compostable à partir du 1er juillet 2016, la
ploi et du recyclage des emballages (3R), Loi n° 2018-938 du 30 octobre 2018, dite
au-delà des seuls plastiques à usage unique, loi EGalim, comportait des interdictions
sont devenus emblématiques de la poli- comme celle des contenants de réchauffe
tique de transition vers l’économie circu- en plastique dans la restauration collec-
laire appliquée aux emballages. Ils résument tive à l’horizon 2025, et dès 2020, celle
un ensemble de réflexions collectives, d’ac- des touillettes et pailles en plastique dans
cords volontaires et de réglementations, la restauration, la vente à emporter, les
élaboré sur plusieurs années. L’ensemble cantines et les commerces alimentaires,
des textes juridiques sur l’économie circu- et celle des bouteilles d’eau minérale dans
laire constitue un édifice complexe, qui, les cantines scolaires. Elle anticipait sur la
au-delà du cas du plastique à usage unique, Directive sur les plastiques à usage unique
traite de tous les types d’emballages (pri- (dite SUP) 2019/904 du 5 juin 2019 relative à
maire au contact des produits, secondaire la réduction de l’incidence de certains pro-
pour leur regroupement, et tertiaire, pour duits en plastique sur l’environnement. Elle
le transport) et de tous les matériaux. Un a été précisée par le Décret n° 2020-1828
quatrième terme doit d’ailleurs être accolé du 31 décembre 2020 relatif à l'interdiction
au trois premiers : celui de substitution. de certains produits en plastique à usage
C’est en effet en leur substituant, par unique.
exemple, des emballages en papier-car-
ton, ou en revenant au verre, qu’une partie Ce sont les lois anti-gaspillage pour une éco-
83
des objectifs de réduction des plastiques nomie circulaire (AGEC) du 10 février 202039
à usage unique sera réalisée. Quant à la et Climat et résilience du 22 août 202140 qui
37. https://www.ecologie.gouv.fr/pacte-plastiques-europeen-maitriser-lusage-du-plastique-economie-circulaire-lechelle-europeenne
38. Le principe pollueur-payeur, adopté par l'OCDE en 1972, repose sur le fait que les frais résultant des mesures de prévention, de réduction de la pollution
et de lutte contre celle-ci doivent être supportés par le pollueur.
39. Loi n° 2020-105 du 10 février 2020 relative à la lutte contre le gaspillage et à l'économie circulaire.
40. Loi n° 2021-1104 du 22 août 2021 portant lutte contre le dérèglement climatique et renforcement de la résilience face à ses effets.
• Sur la réduction et le recyclage : l’article vrac. Cette élaboration est progressive car
61 de la loi AGEC dispose que seuls les elle actionne, l’un après l’autre, différents
emballages recyclables pourront être mis leviers, mais aussi parce qu’à côté d’ob-
en marché à partir de 2030. Le décret jectifs provisoires pour une durée limitée,
n° 2021-1318 du 8 octobre 2021 crée une des états des lieux et des études sur les
obligation de présentation à la vente des marges de manœuvre pratiques dans les
fruits et légumes frais non transformés différents secteurs économiques, sont
sans conditionnement composé pour systématiquement conduites, comme
tout ou partie de matière plastique. Le c’est le cas via la stratégie 3R ou l’obser-
décret n° 2021-1610 du 9 décembre 2021 vatoire du réemploi. Les spécificités de
est relatif à l'incorporation de plastique chaque secteur, avec des possibilités de
recyclé dans les bouteilles pour boissons. compensation entre ceux pour lesquels
Le décret (en cours d’élaboration) en vue le potentiel de transformation est plus
de l’application de l’article 23 de la Loi grand, et ceux qui comportent plus de
« Climat et résilience » introduit un objec- contraintes, sont prises en compte.
tif de 20 % de surface de vente dédiée au
41. Le droit français, contrairement au droit européen, distingue le réemploi et la réutilisation. La réutilisation d’un emballage suppose que celui-ci soit d’abord
passé par l’état de déchet, ou qu’il s’agisse d’un nouvel usage différent de l’usage initial, par exemple, par un consommateur, celui d’une bouteille d’eau minérale
pour contenir un autre liquide. Pour simplifier, on citera ci-dessous uniquement le réemploi, qui correspond à l’essentiel des réalités industrielles.
42. Décret no 2021-517 du 29 avril 2021 relatif aux objectifs de réduction, de réutilisation et de réemploi, et de recyclage des emballages en plastique à usage
unique pour la période 2021-2025.
43. Les plastiques à usage unique inutiles sont définis comme ceux n'ayant pas de fonction technique essentielle, comme une fonction de protection, sanitaire
et d'intégrité des produits, de transport, ou de support d'information règlementaire (par exemple les blisters plastiques autour des piles et des ampoules).
Accompagnant la mise en œuvre des diffé- LE CONSEIL NATIONAL DE L’ALIMENTATION
rentes lois, cette stratégie a déterminé, en ET LES EMBALLAGES
concertation avec les professionnels, des
objectifs et les mesures nécessaires pour les Positionné comme un « Parlement de l’alimentation », le Conseil
atteindre. Elle sera révisée tous les cinq ans national de l’alimentation et des emballages (CNA) développe
avec les filières industrielles concernées, les depuis plus de 35 ans un processus de concertation intégrant les
collectivités territoriales et les associations préoccupations des filières agroalimentaires et de la société civile.
des consommateurs et de protection de Répartis en 8 collèges, ses 63 membres nommés représentent les
l'environnement. principaux acteurs de la filière alimentaire : producteurs agricoles,
transformateurs et artisans, distributeurs, restaurateurs, associa-
tions des consommateurs et d’usagers, de protection de l’envi-
ronnement, de protection animale, d’aide alimentaire, syndicats
La question de l’alimentarité de salariés, représentants du Parlement français ainsi que des per-
des emballages sonnalités qualifiées, des établissements publics de recherche et
d’évaluation scientifique et des collectivités territoriales. Le CNA
a élaboré, en concertation entre ces diverses catégories d’acteurs,
L’alimentarité des emballages est leur apti- trois avis sur les emballages entre 2020 et 2021 :
tude au contact alimentaire. Tout au long Avis n° 86 – 09/2020 – Fruits et légumes pouvant être exemptés de
de la chaîne de production et d’approvi- l’interdiction de présentation dans des emballages plastiques
sionnement, les denrées sont en contact Avis n° 87 – 03/2021 – Substitution des contenants composés de
avec des emballages, entraînant un risque plastique en restauration collective
de transfert de matière et de contaminants Avis n° 88 – 07/2021 – Sobriété en emballages alimentaires –
chimiques ou microbiologiques. Développement du vrac et autres pistes d’action 85
Une règlementation-cadre existe visant à 44
44. (CE) n°1935/2004, (CE) 10/2011 et le (CE) n°2023/2006 relative aux règles de bonnes pratiques de fabrication.
86
PANORAMA DES IAA 2022
87
La responsabilité sociétale des entreprises et leurs relations avec leurs parties pre-
(RSE) est définie par la Commission euro- nantes1. Toutes les entreprises, multina-
péenne comme un concept qui désigne tionales, petites et moyennes entreprises
l’intégration volontaire, par les entreprises, (PME) comme très petites entreprises (TPE),
de préoccupations sociales et environne- peuvent s’en saisir.
mentales à leurs activités commerciales
1. https://www.diplomatie.gouv.fr/IMG/pdf/Communication_du_25_octobre_2011_de_la_Commission_europeenne_sur_la_RSE_cle434613.pdf
Enjeux environnementaux dimensions de la protection de l’environ-
nement pourra avoir une meilleure maîtrise
Troisième pilier de la RSE, le respect de de son impact et de ses consommations en
l’environnement est de plus en plus ancré ressources. Les différents sujets en lien avec
dans les réglementations auxquelles sont l’environnement telle que la biodiversité, le
soumises les entreprises. Réelle attente changement climatique ou encore le gaspil-
sociétale, il s’agit désormais d’aller au-delà lage alimentaire doivent être pris en compte
de ces obligations pour en faire une marque (voir sous parties 3.1 Respect de l’environne-
d’engagement et une source d’économie. ment et 3.2 Climat et biodiversité).
L’entreprise, en identifiant l’ensemble des
2.https://www.iso.org/fr/iso-26000-social-responsibility.html
3. https://www.iso.org/fr/standard/71624.html
dans la chaîne alimentaire, ce document des stratégies ambitieuses. Pour cela, les
a pour vocation d’encourager, à l’échelle entreprises sont amenées à développer
mondiale, toutes les entreprises du secteur des démarches de transparence, et à réa-
agroalimentaire à fonctionner de manière liser des évolutions des modes de produc-
éthique et durable. Ainsi, six enjeux spéci- tion dans un sens éthique avec les parties
fiques au secteur de l’agroalimentaire, qui prenantes dans les territoires. Ces leviers
sont au cœur des attentes sociétales, sont constituent des axes de performance éco-
abordés : le bien-être animal, le gaspillage nomique, de compétitivité, de différencia-
alimentaire, le comportement éthique, les tion, de création de valeur, mais aussi de
parties prenantes, le devoir de vigilance, et résilience4. En 2022, près de la moitié des
le respect des cultures locales. entreprises agroalimentaires a mis en place
une démarche volontaire en lien avec la
Consciente des effets qu’elle exerce sur la RSE. La filière agroalimentaire est d’ailleurs
société (impacts sur l'eau, sur la production plus avancée que d’autres secteurs en la
des déchets et sur la pollution des sols) et matière : selon l’Insee, dès 2016, 69 % des
des demandes sociétales et environnemen- industries agroalimentaires avaient mis en
tales de plus en plus exigeantes de la part œuvre une gestion économe des ressources
des citoyens, la filière agroalimentaire se (matières premières, eau) contre 58 % dans
transforme et s’adapte en développant l’ensemble de l’industrie5.
Premier label RSE à destination des entre- santé, sécurité et naturalité des produits
prises agroalimentaires bio, ce label et ancrage territorial). Issues de la norme
créé par le syndicat national des entre- ISO 26 000, ces exigences ont été adaptées
prises agroalimentaires bio (Synabio) en au secteur de la bio en concertation avec
2014 et révisé en 2019 compte en 2022, ses parties prenantes. Pour chaque critère,
37 entreprises labellisées (distributeurs, le degré de maturité de l’entreprise est éva-
transformateurs). La grille d'évaluation lué pour aboutir à une note de conformité
4. Selon l’étude Responsabilité sociale des entreprises et compétitivité : Évaluation et approche stratégique, publiée en janvier 2016 par France Stratégie,
« quelles que soient la mesure de la performance économique (profit par tête, excédent brut d’exploitation ou valeur ajoutée) et la dimension de la RSE
(environnement, éthique, ressources humaines, relation client, relation fournisseur), on observe un écart de performance économique d’environ 13 %
en moyenne entre les entreprises qui mettent en place des pratiques RSE et celles qui ne le font pas ».
5. https://www.insee.fr/fr/statistiques/3197097
6. GreenFlex est une entreprise française du secteur du développement durable spécialisée dans l'accompagnement de la transition environnementale
et sociétale des entreprises et des territoires.
En partenariat entre Bordeaux Sciences Par ailleurs, dans le cadre de la plateforme
Agro et La Coopération agricole, un MOOC RSE, un diagnostic sur les labels RSE sec-
RSE & Agroalimentaire a été monté sur la toriels a été réalisé. Le secteur agricole et
plateforme FUN pour mieux faire connaître alimentaire était le plus représenté avec la
la RSE dans le secteur agricole et alimen- Coopération agricole, Synabio, Demain la
taire. Il a rassemblé plus de 20 000 auditeurs terre, Vignerons engagés...7
en quatre saisons.
La communauté BCorp
7. https://www.strategie.gouv.fr/publications/labels-rse-propositions-labels-rse-sectoriels-destines-aux-tpe-pme-eti
8. Ecocert est une entreprise française créée en 1991 agissant comme organisme de certification et utilisant son nom comme marque de certification.
9. La communauté B Corp a été fondée en 2006, aux États-Unis, avec l’intention de faire évoluer le capitalisme et repenser la notion de succès dans les affaires.
Les objectifs affichés de la communauté B Corp sont de réduire les inégalités, réduire la pauvreté, assurer un environnement plus sain, rendre les communautés
plus résilientes et créer des emplois de meilleure qualité. Le label B Corp, certification octroyée par l'ONG indépendante B-Lab, est accordé à des entreprises qui
se fixent des objectifs extra financiers sociaux ou environnementaux et qui répondent à des critères exigeants en matière de responsabilité et de transparence.
RÉSILIENCE
ET INDÉPENDANCE
DU SECTEUR
AGROALIMENTAIRE
L’usage du terme de résilience s’est généra- mobiliser des ressources alternatives per-
lisé dans les discours politiques et média- mettant de compenser la difficulté d’accès
tiques depuis la crise sanitaire, témoignage à certaines ressources. Une des conditions
de la crainte que le système économique ne premières de la résilience est la redondance
puisse pas s’adapter et se relever de cette des sources d’approvisionnement (mais
situation inédite. La résilience désigne à aussi des débouchés), ce qui implique de
l’origine la capacité d’un système méca- ne pas être dépendants de certains four-
nique à continuer à fonctionner en dépit nisseurs ou clients, ou a minima de pouvoir
de contraintes tels que des chocs. Par rapidement leur trouver des substituts.
extension, elle désigne l’aptitude d’un sys-
tème complexe (être vivant, écosystème, La résilience doit s’analyser à toutes les
société) à endurer de fortes perturbations échelles : l’individu ou le ménage, l’entre-
et à revenir à un fonctionnement normal ou prise, la chaîne de production et de trans-
satisfaisant. formation, le pays dans son ensemble… Ces
principes de redondance et de réduction
La résilience et l’indépendance sont deux des dépendances concernent donc non
notions très liées. En effet, une des condi- seulement les biens pris isolément mais
tions de la résilience est la capacité à aussi les systèmes productifs.
92
Le secteur agroalimentaire français est-il résilient ?
10. https://www.ccomptes.fr/sites/default/files/2022-02/20220216-RPA-07-securite-approvisionnements-alimentaires.pdf
11. https://www.economie.gouv.fr/plan-resilience-economique-sociale-gouvernement
La crise sanitaire a cependant mis en évi- certains fruits et légumes et les produits
dence des points de fragilité majeurs, de la mer. Elle concerne aussi, de manière
qui auraient pu constituer des facteurs plus inattendue, certains intrants importés,
de risque si elle s’était prolongée dans le qui représentent parfois une part faible des
temps. Le premier, qui était déjà bien identi- coûts de production, mais qui sont essen-
fié, est la dépendance (général à l’ensemble tiels à l’activité : additifs (vitamines, acides
de l’Union européenne) de l’ensemble des aminés), pièces détachées, composants
filières d’élevage en protéines végétales électroniques et certains emballages.
importées, essentiellement sous forme de
tourteau de soja. L’annonce du blocage de Un autre point de fragilité important a été
vraquiers en provenance du Brésil a causé la capacité à mobiliser la main-d’œuvre,
un vent de panique (heureusement de notamment étrangère (saisonniers du sec-
courte durée) d’autant plus qu’il s’ajoutait teur des fruits et légumes ou du secteur viti-
aux difficultés logistiques intra-françaises cole par exemple), mais aussi domestique
pour amener les aliments du bétail depuis malgré les mesures adoptées comme le
les régions céréalières vers les régions cumul possible CDD et RSA et la facilitation
d’élevage. Or, une rupture d’approvision- de l’échange de salariés en cas de baisse
nement, même de courte durée, aurait eu d’activité. Le secteur agricole et alimentaire
des conséquences catastrophiques (écono- continue de faire l’objet de problèmes d’at-
miques, environnementales, sociales et bien tractivité, tant en ce qui concerne l’instal-
entendu en termes d’approvisionnement lation agricole, le salariat agricole que les
alimentaire) sur l’ensemble des filières d’éle- métiers de l’agroalimentaire.
vage, tout particulièrement des granivores
(volailles, porcins), les herbivores pouvant se Le rapport de la Cour des comptes insiste
reporter partiellement et temporairement sur l’importance de mieux anticiper les
sur les herbages. crises à travers une véritable stratégie natio-
nale incluant notamment des actions pour
Cette situation de dépendance concerne diversifier les approvisionnements, que
également d’autres produits pour lesquels ce soit au niveau international (réduire la
la production nationale est insuffisante dépendance aux importations) et national
pour couvrir les besoins, en particulier (développer les circuits de proximité).
93
Rendre le secteur alimentaire plus résilient
10. Thünen, Johann Heinrich von. 1783-1850. Der Isoleirte Staat in Beziehung auf Landwirthschaft und Nationalökonomie. (l'État isolé en relation avec l'agriculture
et l'économie nationale) 1826.
Diversité des flux logistiques selon les types de produits
Quatre grands types de logistiques peuvent 4. logistique inverse pour les déchets, vers
être distingués : des sites de stockage, de retraitement ou
1. logistique amont ou d’approvisionnement, de recyclage.
2. logistique interne qui correspond aux flux
de transformation à l’intérieur du lieu de La rentabilité de nombreux flux est liée à
production, l’existence de flux retours, souvent concer-
3. logistique aval pour l’approvisionnement nant des marchandises sans rapport avec
des réseaux de distribution, l’agroalimentaire.
Les flux logistiques agroalimentaires ont grâce à la capacité logistique des acteurs
connu une évolution parallèle à ceux des de la filière). Dans le domaine des fruits et
autres secteurs de l’économie industrielle. légumes frais, l'affaire du train des primeurs
Le tableau 2 montre que le transport routier menacés de suppression entre Perpignan et
des produits alimentaires est devenu prédo- Rungis, a en 2019 mis l’accent sur le risque
minant pour les transports terrestres, avec de basculement de ces flux vers le trans-
une part modale de 91,3 %, contre 10 % pour port routier (10 000 camions supplémen-
Chaque crise affectant le secteur des d’effet aussi systémique et aussi révéla-
transports a eu des effets sur le système teur de l’importance de la logistique pour
agroalimentaire, comme lors des mou- le secteur que la crise sanitaire COVID-19.
vements sociaux dans le transport ferro- L’approvisionnement alimentaire de la popu-
viaire de 2018 et 2019. Mais aucun n’a eu lation a dépendu du bon fonctionnement
13. L'abréviation B to C ou B2C désigne l'ensemble des relations entre les entreprises et les consommateurs finaux.
des chaines logistiques malgré le confine- seuils qui auraient été définitivement fran-
ment. Les transporteurs ont eu à faire face chis en matière de commerce électronique
notamment à l’impossibilité de trouver des et notamment de livraison à domicile. Les
chargements retour, facteur de renchérisse- effets structurels à long terme sur les chaines
ment des coûts, à des problèmes d’absen- logistiques liées aux crises restent à évaluer.
téisme de leur propre personnel, mais aussi
à des difficultés dans les services (contrôles Dans le domaine maritime, les tensions
techniques, entretien des véhicules, aires durables en matière de disponibilité de
de repos pour les chauffeurs, aiguillages). conteneurs réfrigérés et la création de
À l’inverse, le fret ferroviaire a eu moins à nouveaux monopoles sur certaines lignes,
souffrir de la concurrence pour les sillons notamment vers la Chine, doivent être
avec les trains de voyageurs, qui en temps anticipées. Certains armateurs pourraient
horaire ordinaire, sont prioritaires. La crise réduire leur flotte pour s’adapter à la baisse
a aussi permis de révéler la faiblesse rela- actuelle du trafic maritime. Pour tous les
tive des capacités de stockage, notamment modes de transport, la numérisation des
frigorifique. S’agissant enfin de la distribu- documents d’accompagnement des mar-
tion, notamment en milieu urbain ou péri- chandises, comme la lettre de voiture inter-
urbain, il sera nécessaire d’être attentif aux nationale, pourrait être accélérée.
La Banque Mondiale réalise un classement prise en compte des besoins de ses clients,
international de la performance des services et sur la simplification et l’efficacité du pas-
logistiques, selon lequel la France se classe à sage aux frontières (ports maritimes).
la seizième position14, une amélioration est
donc nécessaire. Compte tenu du caractère Depuis la mise en place de cette stratégie
essentiel de la logistique pour la compéti- nationale, la gouvernance du secteur a été
tivité de l’économie et l’approvisionnement renforcée (création de France Logistique,
de la population, le Gouvernement français fédérant les acteurs privés et du Comité
14. La Banque Mondiale a publié en 2018 son 6e rapport concernant les performances logistiques des pays du monde.
Cette édition de 2018 de Connecting to complete évalue 160 pays avec un outil de mesure appelé Logistics Performance Index. L’indicateur de la Banque
mondiale est basé sur une enquête internationale menée auprès des opérateurs de terrain (transitaires et entreprises de transport), fournissant des informations
sur les facilités logistiques des pays dans lesquels ils opèrent et de celles des pays avec lesquels ils opèrent.
15. La logistique inverse correspond au processus de planification et de contrôle du retour des produits depuis les points de consommation (utilisateur final)
jusque chez le fabricant ou le distributeur pour effectuer leur récupération, leur réparation, leur recyclage, voire leur élimination.
CONTRÔLE,
QUALITÉ SANITAIRE
ET GESTION DU RISQUE
La qualité sanitaire
Depuis le 3 avril 2017, les consommateurs Pour les abattoirs, le niveau de maîtrise sani-
ont accès aux résultats des contrôles sani- taire de l’établissement intègre également
taires officiels dans tous les établissements le respect des normes en matière de pro-
de la chaîne alimentaire, grâce à l’appli- tection des animaux.
cation mobile Alim’confiance et au site
internet alimconfiance.gouv.fr. La publica- Quatre niveaux d’hygiène ou de maîtrise
tion des résultats des contrôles sanitaires sanitaire sont possibles : très satisfai-
officiels dans le secteur alimentaire (res- sant, satisfaisant, à améliorer, à corriger
taurants, cantines, abattoirs, IAA) est une de manière urgente. Seuls les établisse-
attente légitime des citoyens qui participe à ments dont le niveau d'hygiène est à cor-
l’amélioration de la confiance des consom- riger de manière urgente présentent des
mateurs. Prévue par la Loi d’avenir pour non-conformités susceptibles de mettre
l’agriculture, l’alimentation et la forêt de
2014, cette mesure s’inscrit dans une évo-
en danger la santé des consommateurs.
Aussi, l’autorité administrative en ordonne
101
lution vers une plus grande transparence la fermeture, le retrait ou la suspension de
de l’action de l’État. Les données rendues l’agrément sanitaire. Les délais pour mettre
Les aliments d'origine animale font l'ob- de pays tiers autorisés par la Commission
jet d'un contrôle systématique dans tous européenne, mais aussi des établissements
les postes de contrôle frontaliers (PCF) agréés par celle-ci. De plus, les services offi-
de l'Union européenne, selon une législa- ciels de ces pays doivent certifier la qua-
tion européenne harmonisée qui doit être lité sanitaire des aliments au moment de
appliquée par tous les États membres. En leur expédition vers l'Union européenne.
France, ce sont des inspecteurs du minis- Dans les PCF, le rôle des inspecteurs est de
tère de l'Agriculture et de la Souveraineté vérifier en particulier la présence et la vali-
Alimentaire qui sont chargés de ces dité des documents prouvant l'origine des
contrôles dans les ports et aéroports inter- produits ainsi que du certificat sanitaire
nationaux. Seuls sont admis à l'importa- délivré par les autorités compétentes du
tion les produits provenant non seulement pays tiers d'origine. Tout lot non-conforme
à la législation européenne est refusé à phytosanitaire auprès, respectivement, des
l'introduction sur le territoire de l'Union services territoriaux départementaux ou
européenne. Quel que soit le point d’en- régionaux dépendant du MASA. L’ensemble
trée au niveau européen, dès lors qu’une des contrôles réalisés tout le long de la
non-conformité est détectée, l’information chaîne de production dans les établisse-
est communiquée en temps réel à travers ments français est pris en compte pour la
un système d’information européen à tous certification à l’exportation. Lorsque les
les États membres, ce qui renforce l’har- pays tiers ont des conditions sanitaires dif-
monisation des contrôles à travers l’UE. En férentes de celles de l’Union européenne,
2021, à la suite du retrait du Royaume-Uni des contrôles complémentaires peuvent
de l'Union européenne, les contrôles à l'im- être réalisés tels que la prise d’échantil-
portation ont été déployés sur les marchan- lons pour analyse et la réalisation de trai-
dises en provenance de Grande-Bretagne. À tements des lots à exporter. Les certificats
cette fin, 8 PCF ont été créés ou renforcés sanitaires et phytosanitaires attestent de
sur la façade Manche-Mer du Nord, dont la conformité des lots de produits d’origine
certains en activité 24h/24 et 7j/7. L'activité animale ou d’origine végétale exportés à la
de contrôle "Brexit" a représenté en 2021 réglementation sanitaire ou phytosanitaire
52 % du nombre total de contrôles réalisés à (SPS) du pays importateur. Pour aider les
l'importation dans les PCF français. exploitants français à exporter, des sessions
de formation sont régulièrement co-organi-
La sécurité sanitaire des aliments d’origine sées par la DGAL, FranceAgriMer et l’École
animale et végétale exportés de France nationale des services vétérinaires-France
vers les pays tiers est certifiée par des ins- vétérinaire international (ENSV-FVI). Ces
pecteurs du MASA qui vont attester de leur formations sont destinées à des exploitants
conformité avec les exigences sanitaires des du secteur agroalimentaire et aux services
pays tiers. De nombreux pays tiers modi- officiels chargés de l’agrément des établisse-
fient régulièrement leurs réglementations ments et de la certification export vers les
sur l’importation de produits destinés à pays tiers. Ces séminaires permettent une
l’alimentation humaine, ce qui conduit à meilleure compréhension de la thématique
une complexification des procédures pour sanitaire et phytosanitaire dans le cadre des
attester de la conformité des lots. Les expor- échanges d’organismes vivants et des pro-
tateurs sollicitent le certificat sanitaire ou duits animaux et végétaux vers les pays tiers.
102
Gestion du risque et politique de contrôle
La gouvernance de la sécurité sanitaire des La gestion des risques passe par une poli-
aliments évolue face aux crises sanitaires tique de contrôle claire. La pression des
alimentaires (pénurie, infection alimentaire, contrôles et les analyses officielles sont pro-
santé publique). La réactivité et la résilience portionnées aux risques sanitaires engen-
de la gestion du risque et de la politique de drés par un type de production et au niveau
contrôle se sont révélées essentielles. Dans de maîtrise de l’hygiène d’un établissement
l'Union européenne, l'analyse des risques donné. La réglementation cherche néan-
est composée de trois volets interconnec- moins à harmoniser les méthodes et les rap-
tés : l'évaluation, la gestion et la commu- ports d’inspection. L’équité de traitement
nication sur le risque. Ces trois volets, bien des entreprises est assurée et chaque opéra-
que liés, sont indépendants dans leur fonc- teur sait clairement sur quoi porte l’inspec-
tionnement. En France, l’Agence nationale tion et ce qui est attendu par les services
sécurité sanitaire alimentaire nationale de contrôle. De plus, la règlementation
(Anses) est l’organisme en charge de l’éva- leur permet d’être flexible et de s’adapter
luation des risques sanitaires liés à l’alimen- à tous les types de production en fonction
tation et la gestion du risque est attribuée du volume traité, de l’aspect traditionnel ou
aux différents ministères impliqués. industriel de la fabrication, ou du circuit de
commercialisation. Cetteflexibilité est fon- convient donc de trouver un équilibre entre
damentale pour la préservation du patri- la sécurité sanitaire des aliments et la flexi-
moine culinaire, des diversités culturelles bilité sans compromettre la sécurité sani-
et des productions artisanales françaises. Il taire des aliments.
Face à cet enjeu prioritaire de santé publique, hausses permettront de faire face aux
la France consacre des moyens importants à dépenses nouvelles en 2022 découlant
la mise en œuvre de la politique sanitaire. La notamment de la mise en œuvre de la loi
loi de finances 202216 a prévu une augmen- de santé végétale et de la loi de santé ani-
tation des moyens du ministère de l’Agri- male. Ces crédits, ainsi que ceux consacrés
culture et de la Souveraineté alimentaire à la politique de l'alimentation, sont pleine-
dans les domaines de la sécurité sanitaire ment orientés pour répondre aux attentes
des aliments, de la santé et de la protection fortes et légitimes des Français : prise en
animale et de la santé des végétaux, avec compte du bien-être animal17, réduction de
un budget en hausse de +2,6 % en ce qui l'utilisation des produits phytopharmaceu-
concerne les autorisations d'engagement tiques, promotion de certaines méthodes
de crédits (614 millions d’euros) et +2,1 % alternatives et territorialisation de l’ali-
en ce qui concerne les crédits de paiement mentation française. L’augmentation des
(611 millions d’euros), par rapport à la loi de moyens budgétaires est également cou-
finances initiale 2021. plée à une augmentation des emplois de
+10 équivalent temps plein (ETP), destinée
Cette augmentation du budget souligne à renforcer l'intervention du ministère sur
l'importance accordée à la sécurité et la les thématiques du bien-être animal en ser-
qualité sanitaire de l'alimentation. Ces vices territoriaux.
103
Réorganisation de la direction générale de l'alimentation
pour maintenir un haut niveau de sécurité sanitaire
L’arbitrage rendu le 6 mai 2022 clarifie les Il crée ainsi une police unique en charge
compétences des différentes administra- de la sécurité sanitaire des aliments par
tions par le regroupement, sous un pilotage le transfert de compétences du ministère
unique, de la compétence en matière de chargé de l'Économie vers le ministère de
sécurité sanitaire de toute l’alimentation l’Agriculture et de la Souveraineté alimen-
(humaine et animale) au sein de la DGAL taire. Cet arbitrage emporte également
d’une part, et des compétences en matière l’ambition de renforcer la pression de
de lutte contre les fraudes et de loyauté contrôle sur les établissements les plus à
dans le domaine alimentaire au sein de la risque de la chaine alimentaire, pour mieux
Direction générale de la concurrence, de protéger les citoyens.
la consommation et de la répression des
fraudes (DGCCRF) d’autre part.
Malgré les efforts de prévention de la conta- L'exploitant concerné doit mettre en œuvre
mination des aliments, des non-conformi- des mesures correctives pour faire cesser le
tés ou des événements environnementaux risque et éviter qu'il se reproduise. Lorsque
106
NUTRITION
ET ALIMENTATION
Améliorer la qualité nutritionnelle, diver- pour les produits laitiers et le cacao pour
sifier l’offre alimentaire et informer les les produits chocolatés) et le moment de
consommatrices et les consommateurs consommation (par exemple l’apéritif pour
sont des axes d’action forts dans le cadre le secteur des apéritifs à croquer). Ainsi, le
du programme national pour l’alimentation. secteur Aliments infantiles de diversifica-
L’observatoire de l’alimentation (Oqali) est tion se compose entre autres des familles
l’outil qui assure un suivi global de la qualité de Biscuit, Boisson aux fruits et/ou plantes,
nutritionnelle de l'offre alimentaire. Il est Céréales lactées, Dessert à base de fruits,
chargé de collecter et d’analyser les don- Plat légumes céréales lait/crème et Soupe,
nées nutritionnelles relatives aux aliments et le secteur Produits transformés à base de
afin d'éclairer les pouvoirs publics et les pomme de terre se compose entre autres
opérateurs privés en vue d'une amélioration des familles de Chips classiques et ondu-
continue de la qualité de l'offre alimentaire. lées, Croquettes, pommes duchesses et
L’Oqali défini plusieurs secteurs alimen- noisettes, Frites pour le four, Pommes de
taires18. Un secteur regroupe des familles terre vapeur, Purées en flocons et Röstis. Fin
de produits homogènes entre elles selon 2021, 29 secteurs de produits transformés
un ou plusieurs critères19, notamment l’in- sont suivis par l’Oqali avec un taux de cou-
grédient principal (par exemple le lait verture entre 70 % et 80 % en fonction des
18. https://www.oqali.fr/media/2022/01/2022_01_21_Definitions-secteurs-Oqali.xlsx.zip
19. https://www.oqali.fr/media/2022/01/2022_01_21_Definitions-familles-Oqali.xlsx.zip
secteurs. Parmi les 672 familles étudiées, de la Santé et la Direction générale de la
667 (99 % des familles) disposent d’au moins Concurrence, de la Consommation et de
une teneur en sucres, acides gras saturés et la Répression des fraudes. En octobre 2020,
sel et 658 (98 %) d’au moins une teneur en le projet BestRemap21 a été initié pour pro-
fibres20. Des rapports sectoriels réguliers mouvoir le modèle Oqali au niveau euro-
permettent de suivre l’évolution de la qua- péen. BestReMaP est une action commune
lité nutritionnelle dans le temps. à l'échelle européenne qui vise à contribuer
à l'amélioration de la qualité des aliments
Depuis la loi EGalim, l’observatoire de l’ali- fournis aux citoyens européens en facilitant
mentation (Oqali) s’est orienté vers une l'échange et l'expérimentation de bonnes
plus grande transparence de ses données pratiques concernant le suivi et l'analyse de
d’étiquetage, vers la dématérialisation de l'évolution des aliments consommés par les
la collecte de données, vers la promotion citoyens aux niveaux européen et national,
de son modèle au niveau européen et plus la réglementation de la commercialisation
généralement un renforcement de sa stra- des aliments et des boissons auprès des
tégie de communication. En décembre enfants et l'achat de denrées alimentaires
2019, une nouvelle convention cadre a été par les organismes publics pour les établis-
signée entre l’Oqali, la Direction générale sements d'enseignement et les établisse-
de l'Alimentation, la Direction générale ments de soins sociaux.
L’observatoire de l’alimentation est égale- sur les emballages. Enfin, plus d’un Français
20. https://www.anses.fr/fr/system/files/UOA2019SA0122Ra.pdf
21. https://www.oqali.fr/actions-europeennes/best-remap/
22. https://solidarites-sante.gouv.fr/prevention-en-sante/preserver-sa-sante/nutrition/nutri-score/article/nutri-score-un-etiquetage-nutritionnel-pour-favoriser-une-
alimentation
Les accords collectifs d’amélioration
de la qualité de l’offre alimentaire
23. https://www.anses.fr/fr/system/files/UOA2019SA0122Ra.pdf
24. https://agriculture.gouv.fr/les-accords-collectifs-appel-candidatures-pour-le-comite-dexperts-du-nouveau-dispositif-pour-une
25.https://agriculture.gouv.fr/telecharger/129560?token=868679d8199b2983d12498c686f7043d648d8b2f7ba0784c97a54bf461f7ec9f
26. https://www.oqali.fr/media/2021/12/OQALI_2019_Rapport-Additifs_1.pdf
Campagne de communication pour promouvoir
la consommation de légumineuses
27. https://www.csa.fr/Informer/Collections-du-CSA/Rapports-au-Parlement/Rapport-au-Parlement-sur-l-application-de-la-charte-alimentaire-Exercice-2020
28. https://www.santepubliquefrance.fr/determinants-de-sante/nutrition-et-activite-physique/documents/rapport-synthese/publicites-alimentaires-a-destination-
des-enfants-et-des-adolescents.-canaux-utilises-investissements-et-ressorts-publicitaires-aliments-promus
29. https://www.csa.fr/content/download/260191/810761/version/1/file/Charte%20visant%20%C3%A0%20promouvoir%20une%20alimentation%20et%20des%20
comportements%20favorables%20%C3%A0%20la%20sant%C3%A9%20dans%20les%20programmes%20audiovisuels%20et%20les%20publicit%C3%A9s%20
%282020-%202024%29.pdf
30. https://www.csa.fr/Informer/Collections-du-CSA/Rapports-au-Parlement/Rapport-au-Parlement-sur-l-application-de-la-charte-alimentaire-Exercice-2020
Éducation à l’alimentation et à la nutrition
31. https://eduscol.education.fr/2089/comprendre-les-enjeux-de-l-education-l-alimentation-et-au-gout
32. https://eduscol.education.fr/2094/mettre-en-pratique-les-grandes-thematiques-de-l-education-l-alimentation-et-au-gout
33. https://agriculture.gouv.fr/decouvrir-lalimentation-par-les-cinq-sens-les-classes-du-gout
34. https://agriculture.gouv.fr/le-programme-europeen-fruits-et-legumes-lecole-et-lait-et-produits-laitiers-lecole
TECHNOLOGIES,
BLOCKCHAIN ET TRAÇABILITÉ
35. https://www.reussir.fr/lidl-lance-le-remunerascore-sur-la-viande-bovine
Garantir la fiabilité des informations fournies aux consommateurs
Le premier axe est de garantir aux consom- Une première version de celui-ci est en
mateurs le caractère incontestable des cours de mise en place, en s’appuyant sur la
informations qui lui sont remontées. De base Agribalyse de l’Agence de la transition
nombreuses entreprises utilisent leurs écologique (ADEME38) qui utilise la métho-
propres infrastructures de données ou dologie de l’analyse en cycle de vie (ACV)
se tournent vers des technologies type des produits alimentaires. Aujourd’hui ces
blockchain36 (voir encadré ci-dessous), qui ACV sont réalisées sur la base de données
proposent en temps réel une fonction de d’enquête qui seront segmentées progres-
tiers de confiance par rapport à la véra- sivement pour permettre de mieux tenir
cité des informations présentes sur les éti- compte de la diversité des produits alimen-
quettes de produits ou fournies par des taires, bruts ou transformés, offerts aux
moyens électroniques. La notion de véracité consommateurs. Mais cette segmentation
des informations concerne toute la chaîne pourrait arriver rapidement à des limites,
de valeur et a comme conséquence des tra- notamment avec les comparaisons à l’in-
vaux coopératifs sur le développement des térieur d’une même catégorie de produits
échanges d’information entre chacun des ou si l'on cherchait à doter l’ensemble des
maillons de la filière. démarches d’évaluation environnementales
(affichage environnemental, écoconcep-
Une autre illustration de ces enjeux tion et démarches de progrès diverses) d’un
concerne l’affichage environnemental prévu référentiel unique permettant de les rendre
par la loi Climat & résilience37 d’août 2021. mutuellement compatibles.
Pour enrichir et préciser les informations producteurs. Ainsi, toute donnée acquise
accompagnant les produits et soutenir des par une moissonneuse batteuse ou une
allégations commerciales ou réglementaires
(Nutriscore, impacts environnementaux) les
machine de traite devra pouvoir être mise
à disposition de l’exploitant qui pourra lui-
115
industriels et les distributeurs vont souhaiter même la transférer aux acteurs de l’aval
pouvoir récupérer des données de l’amont qu’il aura désignés. Les entreprises de l’aval
36. La blockchain est une technologie de stockage et de transmission d'informations, prenant la forme d'une base de données qui a la particularité d'être
partagée simultanément avec tous ses utilisateurs et qui ne dépend d'aucun organe central. Elle a pour avantage d'être rapide et sécurisée.
37. LOI n° 2021-1104 du 22 août 2021 portant lutte contre le dérèglement climatique et renforcement de la résilience face à ses effets.
38. https://agribalyse.ademe.fr/
39. Un objet connecté a la capacité de se connecter à un réseau de communication (Internet des Objets (IDO)) via Wi-Fi, Bluetooth, 4G) et peut selon les cas
stocker, traiter et transmettre des données, recevoir et donner des instructions pour fonctionner.
LE DATA GOVERNANCE ACT Mettre à la disposition
ET LE PROJET AGDATAHUB des consommateurs
des données fiables sur la
Le Data Governance Act1 approuvé par l’Union européenne (UE) composition des produits
en mai 2022, fournit un cadre pour encourager un nouveau type
d’activité commerciale : les services d’échange de données (data
intermediation services). Le rôle attendu est de fournir un envi- Pour les produits transformés, dans le pro-
ronnement sécurisé au sein duquel les individus et les entreprises longement des États généraux de l’alimen-
peuvent partager les données. En France, le mouvement a été tation de 2017, la filière agroalimentaire
anticipé, avec la création, en début 2020 de Agdatahub, issue s’est engagée dans la transition numérique
elle-même de la plateforme d’échange de données Api-Agro. et la maîtrise des données d’information sur
Agdatahub est porté par les organisations professionnelles agri- les produits en développant Num-Alim, une
coles, les filières et des partenaires technologiques. Il est à l’échelle plateforme numérique de l’alimentation.
européenne l’un des premiers services d’échange de données à Celle-ci, en cours de développement, met
voir le jour dans le domaine agricole. L’État a participé à la créa- notamment l’accent sur la fiabilité des don-
tion de cette plate-forme, d’une part via les aides du programme nées à destination du public, notamment
d’investissement avenir (PIA 3) et d’autre part via une prise de par- sur les allergènes. Fruit d’une initiative pri-
ticipation au capital par la Caisse des Dépôts et Consignations. vée, la plateforme Alkemics, aujourd’hui
propriété de l’américain Salsify, propose
Depuis plus de 30 ans, les agriculteurs utilisent des logiciels de une voie différente, rendant possible le
gestion de leur exploitation. La multiplication des capteurs per- partage des données produits de marque à
met une acquisition automatique de nombreuses nouvelles don- distributeur, sans détention de ces données
nées. Elles leur permettent de compléter leurs savoirs et leurs dans une base unique.
observations par des outils d’analyse et de modélisation en vue
d’un meilleur suivi des troupeaux, d’une optimisation des risques, La volonté des filières de mettre à disposi-
des économies d'intrants, d'énergie et des cultures. Mutualisée tion des consommateurs des informations
au niveau du territoire et au service du plus grand nombre, fiables et transparentes sur l’origine et les
l’analyse de grandes masses de données (big data) ouvre d’im- conditions de production des denrées ali-
menses perspectives pour une meilleure gestion des ressources mentaires donne lieu à de nouveaux déve-
naturelles ou des aléas sanitaires et climatiques. La capacité à loppements. En effet, les exigences de tra-
rassembler toutes ces données pour les analyser concerne donc çabilité liées à la santé et à la sécurité des
la filière agroalimentaire toute entière, de l’exploitation agricole aliments sont aujourd’hui largement rem-
jusqu'aux consommateurs.
116 plies par les IAA françaises. Pour l’entreprise,
les enjeux de la qualité et de la traçabilité
Le projet Agdatahub a l’ambition de doter l’agriculture française s’expriment désormais en termes de diffé-
et européenne d’une infrastructure technologique souveraine renciation des produits par la qualité, dans
et mutualisée de consentement, d’hébergement et d’échange une relation de confiance avec les consom-
de données, ainsi que d’une démarche de standardisation mateurs. Le pari de la traçabilité est de faire
structurée et collective (Numagri), en vue d’alimenter les nou- porter à chaque produit la preuve de la
veaux services utiles aux producteurs agricoles, aux filières véracité des allégations affichées, qu’elles
et aux consommateurs français notamment via des modèles portent sur la composition, les modes de
d’intelligence artificielle. La plateforme repose sur : le service production ou les paramètres liés à la pro-
d’échange proprement dit, un service de consentement, consis- tection de l’environnement. Les solutions
tant en une interface permettant à un exploitant de sélection- techniques, dont la blockchain, qui pro-
ner facilement les données qu’il veut échanger avec les entre- pose en temps réel une fonction de tiers
prises ou individus avec lesquels il consent à cet échange, et de confiance par rapport à la véracité des
un système d’identité numérique : à partir d’un smartphone, informations présentes sur les étiquettes
l’exploitant pourra prouver que c’est bien lui qui agit et qu’il des produits, se développent pour rendre
a, le cas échéant, le pouvoir de le faire au nom de la structure. cette transparence maximale. Cette notion
de véracité des allégations concerne toute
la chaîne de valeur, elle a comme condition
1. https://www.consilium.europa.eu/en/press/press-releases/2022/05/16/le-conseil-
approuve-l-acte-sur-la-gouvernance-des-donnees
des travaux coopératifs sur le développe-
ment des échanges d’information entre
chacun des maillons de la filière.
NUM-ALIM, UNE RÉFÉRENCE
SUR LES DONNÉES DE L’ALIMENTATION
Num-Alim est un projet de plateforme numérique sur Le projet Num-Alim est porté par une Société
les produits alimentaires dont le déploiement est en Coopérative d’Intérêt Collectif (SCIC) dont l’Associa-
cours, en vue de remplir les missions suivantes : tion nationale des industries alimentaires (ANIA), La
• collecte de données sur les produits ; Coopération Agricole et la Fondation Avril sont les pre-
• contrôle et fiabilisation de la qualité de ces miers actionnaires, rejoints depuis par plusieurs entre-
données ; prises de toute taille. Il est soutenu par Bpifrance, au
• appui aux entreprises pour la maitrise de leurs don- titre du Programme d’investissements d’avenir (PIA 3)
nées produit et formation ; à hauteur de 3 millions d’euros. Il est inscrit au Contrat
• favorisation des échanges de données relatives à stratégique de la filière agroalimentaire.
l’alimentation.
TRAÇABILITÉ ET BLOCKCHAIN
La phase actuelle de numérisation des entre- ceux du produit fini). En 2020, les entreprises
prises agroalimentaire fait suite à la généra- agroalimentaires ont davantage recours aux
lisation de l’automatisation des chaînes de objets connectés que l’ensemble de l’indus-
production, achevée sauf dans quelques trie manufacturière (15 % contre 10 %). Il en
fonctions comme celle de la découpe dans est de même pour le recours aux technolo-
l’industrie de la viande, pour des raisons de gies d’analyse de données massives (Big data)
barrières technologiques non encore levées. : 21 % contre 15 %40. La robotisation permet
Les enjeux actuels portent principalement des gains de productivité importants dans
sur la connectivité des usines avec leur certaines fonctions (emballage), une plus
environnement (clients fournisseurs, autres grande réactivité dans la gestion des stocks
sites industriels) qui passe notamment par (gestion intégrée de la sortie de chaine et de
l’intégration de l’informatique dans la pro- l’expédition avec les transtockeurs) et une
duction et la gestion et le traitement des diminution de la pénibilité. Enfin, d’autres
données (pour l’optimisation des process développements majeurs en cours sont le
déjà automatisés). pilotage par la demande et la traçabilité.
19 % des entreprises agroalimentaires ont uti-
Selon les éléments d’analyse détenus par lisé en 2020 des robots industriels ou de ser-
les pouvoirs publics concernant les secteurs vice. Cette part est un peu plus élevée dans
de la transformation des viandes, du lait et l’industrie manufacturière (23 %)41.
des céréales, les enjeux actuels de l'adop-
tion de ces technologies par les entreprises L’enquête montre que les conditions écono-
sont : une efficience accrue des chaines miques actuelles limitent les décisions aux
de production (2 à 15 % de gain de produc- investissements dont le retour sur inves-
tivité grâce à la numérisation) et la limita- tissement est inférieur à trois ans. Les poli-
tion des pertes liées à la non-qualité et de tiques publiques d’aide à l’investissement
matière première agricole (2 à 5 % de gain immatériel et matériel répondent donc à un
grâce à la numérisation, alors que les coûts enjeu très net de réassurance et d’accéléra-
de matière première représentent 70 % de tion des processus.
118
LA ROBOTIQUE AU SECOURS DES TRAVAUX PÉNIBLES
La robotique offre des perspectives inté- de l’industrie des viandes (ADIV) pour
ressantes pour diminuer la pénibilité de l’assistance à la découpe des viandes,
certaines tâches dans l’agroalimentaire. tâche particulièrement pénible. Les
Il s’agit en priorité de manutentions exosquelettes, capables de multiplier la
lourdes et répétitives. Sont concernées force d’un opérateur par un facteur 10
la réception des marchandises, le condi- à 20, pourraient rendre de précieux ser-
tionnement et la mise en palettes. Le vices pour le retournement de meules
conditionnement peut amener à des de fromage par exemple. Le recours à
manutentions fréquentes et rapides : ces technologies devrait avoir un impact
jusqu’à 40 à 47 pièces à la minute pendant sur la diminution des troubles muscu-
7 heures dans une industrie de la viande. lo-squelettiques, sur l’absentéisme et
La robotisation (utilisation de robots col- un effet bénéfique sur l’attractivité des
laboratifs) est une piste expérimentée postes de travail concernés, dans un sec-
par l’Association pour le développement teur qui peine à recruter.
40. Source : Grafagri 2021 : Fiche 6 – Entreprises agroalimentaires – Technologie de l’information et de la communication- https://agreste.agriculture.gouv.fr/
agreste-web/disaron/GraFra2021Integral/detail/
41. Source : Grafagri 2021 : Fiche 6 – Entreprises agroalimentaires – Technologie de l’information et de la communication- https://agreste.agriculture.gouv.fr/
agreste-web/disaron/GraFra2021Integral/detail/
RECHERCHE, DÉVELOPPEMENT
ET INNOVATION
Construction
Transports, entreposage 119
Artisanat commercial
Hébergement,restauration
Services administratifs, soutien
42. L’innovation dans les entreprises agroalimentaires entre 2016 et 2018 – Agreste – Les Dossiers n°1 – Janvier 2022 - https://agreste.agriculture.gouv.fr/agreste-
web/disaron/Dos2201/detail/
43. L’innovation dans les entreprises agroalimentaires entre 2016 et 2018 – Agreste – Les Dossiers n°1 – Janvier 2022 - https://agreste.agriculture.gouv.fr/agreste-
web/disaron/Dos2201/detail/
Le pourcentage d’IAA innovantes est en produits alimentaires (sucre, cacao, cho-
légère augmentation par rapport à la période colat, café, thé, condiments, plats pré-
2014-2016 (65 %)44. Sur cette période, la moi- parés et autres) où 79 % des entreprises
tié des entreprises des secteurs des IAA ont innovent, suivi par la fabrication d’aliments
innové en procédés et 45 % en produits pour animaux (77 %), la transformation et
dont un tiers en produits nouveaux pour le la conservation de fruits et légumes (76 %)
marché. Entre 2016 et 2018, les secteurs les et la boulangerie-pâtisserie (75 %) – voir le
plus innovants sont la fabrication d’autres graphique ci-dessous.
Artisanat commercial
Trans. & conserv. viande & prép. viande
Fab. huile et graisse végétale & animale
Travail des grains ; fab. prod. amylacés
Fab. de produits laitiers
Fabrication de boissons
Trans. & conserv. poisson, crust., etc
Industries alimentaires (hac*)
Fab. prod. boulangerie-pâtis. & pâtes
Trans. & conserv. de fruits et légumes
Fab. d'aliments pour animaux
Fab. autres produits alimentaires
80 70 60 50 40 30 20 10 0 0 10 20 30 40 50 60 70 80
44. Source : Mesri-Sies. Pour plus d’informations, voir la publication Chiffres et indicateurs clés des IAA - https://agriculture.gouv.fr/iaa-chiffres-et-indicateurs-cles
Les motivations majeures des IAA pour d’une entreprise de 250 salariés ou plus est
innover sont la satisfaction des consom- 3,6 fois supérieure à celle d’une entreprise
mateurs ou des clients (97 %), le maintien de moins de 20 salariés. Par ailleurs, les
d’une qualité élevée (96 %), la recherche de entreprises exportatrices sont plus inno-
nouveaux consommateurs (85 %), l’amélio- vantes que les autres : entre 2016 et 2018,
ration des biens et services existants (81 %), 75 % des entreprises exportatrices des IAA
et le maintien de prix concurrentiels (73 %). ont innové, contre 55 % des entreprises
Près d’un tiers des IAA ont coopéré pour non exportatrices. En particulier, 42 % des
innover, soit 3 points de plus que les entre- entreprises exportatrices innovent en pro-
prises de l’industrie manufacturière45. duits nouveaux pour le marché, contre
seulement 18 % des entreprises non expor-
La législation sur la sécurité des produits tatrices. Interrogées sur les raisons de l’ab-
ou la protection des consommateurs est sence d’innovation, 43 % des entreprises non
le type de réglementation ayant eu le plus innovantes des IAA mentionnent le manque
d’impact sur les activités d’innovation des de personnel qualifié, puis le fait d’avoir
IAA, qu’il soit positif ou négatif. Elle a favo- d’autres priorités (39 %) et le coût de l’inno-
risé les activités d’innovation pour 19 % des vation, jugé trop élevé (39 %). Entre 2016 et
entreprises des IAA (12 % dans l’industrie 2018, 54 % des entreprises des IAA ont reçu
manufacturière) et les a freinées pour 27 % des financements, publics notamment, pour
d’entre elles (20 % dans l’industrie manufac- leurs activités d’innovation, contre 58 % pour
turière). La législation environnementale a l’ensemble de l’industrie manufacturière.
favorisé les activités d’innovation de 18 % L’obtention de crédits d’impôts ou d’autres
des entreprises des IAA et les a freinées exonérations pour les activités d’innova-
pour 21 % d’entre elles46. tion augmente avec la taille de l’entreprise,
contrairement aux subventions et prêts
Le taux d’innovation est influencé par subventionnés, et à l’utilisation de capitaux
la taille de l’entreprise. Ainsi, à caracté- propres ou d’emprunts, plus fréquentes dans
ristiques égales, la probabilité d’innover les entreprises de plus petite taille.
Un écosystème inspirant
121
Une grande diversité d’acteurs concourt à techniques, l'Agence nationale de sécurité
produire de la connaissance, faire émerger, sanitaire de l'alimentation, de l'environne-
45. L’innovation dans les entreprises agroalimentaires entre 2016 et 2018 – Agreste – Les Dossiers n°1 – Janvier 2022 - https://agreste.agriculture.gouv.fr/agreste-
web/disaron/Dos2201/detail/
46. Grafagri 2021 : Fiche 6 – Entreprises agroalimentaires – Innovation - https://agreste.agriculture.gouv.fr/agreste-web/disaron/GraFra2021Integral/detail/
47. https://www.inrae.fr/nous-connaitre
aux problématiques des industries agroa- de cinq grandes orientations scientifiques
limentaires et de l'alimentation (ALIM-H, et trois orientations de politique géné-
ECOSOCIO, MICA, NUMM et TRANSFORM). rale, elle a pour ambition de répondre aux
INRAE est un leader sur l’entrelacement plu- grandes voies de transformations préconi-
ridisciplinaire agriculture/alimentation/envi- sées par les experts internationaux49 pour
ronnement et positionné parmi les 10 pre- répondre aux changements globaux :
miers établissements de recherche publique 1. Une évolution des régimes alimentaires.
au monde pour contribuer aux objectifs de 2. La réduction des pertes et gaspillages.
développement durable. 3. Le développement de l’agroécologie.
4. Une gestion durable des eaux, des sols,
INRAE a présenté une feuille de route stra- des forêts, de l’eau et des océans.
tégique48 INRAE 2030 développée à horizon 5. Une utilisation plus efficiente / économe
de 10 ans en janvier 2021. Assise sur un socle des ressources : une économie circulaire.
Recherche et entreprises
Des dispositifs spécifiques tels que le via son école interne Montpellier SupAgro,
consortium AgriO ou les instituts Carnot AgrOnov, les trois pôles de compétitivité
permettent de tisser des liens fructueux Bioeconomy for Change, Vitagora et Agri
entre recherche et entreprises. Sud-Ouest Innovation.
49. https://www.inrae.fr/sites/default/files/pdf/INRAE2030-FR.pdf
50. Bpifrance finance et accompagne les entreprises à chaque étape de leur développement en crédit, en garantie, en aide à l’innovation et en fonds propres.
Ce faisant, Bpifrance agit en appui des politiques publiques conduites par l’État et les Régions.
51. Loi du 10 février 2020 relative à la lutte contre le gaspillage et à l'économie circulaire, dite loi anti-gaspillage (le cadre est celui de la directive européenne
sur les déchets 2008/98/CE).
Les entreprises qui ne remplissent pas les contribue par ses recherches interdiscipli-
critères d’éligibilité pour bénéficier du naires et la complémentarité de ses équipes
financement Bpifrance (plus de trois ans au développement de systèmes alimentaires
et/ou levée de fonds d’amorçage datant durables, pour la santé humaine et l’envi-
de plus de trois mois) peuvent néanmoins ronnement. Son objectif est de favoriser
être accompagnées par le consortium dans la recherche partenariale au bénéfice des
les mêmes conditions que leurs consœurs entreprises sur des enjeux clés du secteur
labellisables et bénéficier de la reconnais- des IAA. AgriFood Transition intègre dans
sance sectorielle AgriO. ses travaux les différents volets de la durabi-
lité économique, sociale (nutrition et santé,
Les Jarres Crues a obtenu cette recon- bien-être des travailleurs, bien-être animal,
naissance début 2021. Cette startup sécurité sanitaire des aliments), et environ-
transforme des légumes bio et locaux par nementale (réduction des émissions de gaz à
lacto-fermentation. effet de serre, usage et qualité des sols et de
Contact : Julie Maenhout l’eau, éco-procédés et économies d’énergie).
[email protected]
Structure référente : Vitagora Innover autour de l’aliment
La fermentation lactique est une
En IAA, l’innovation porte aussi sur l’en-
méthode de conservation et de trans-
vironnement direct de l’aliment : embal-
formation des aliments. Nombre de ces
lage, transport, stockage, chaîne du froid.
recettes lacto-fermentées ont peu à peu
AgriFood Transition permet à ses clients
été oubliées, notamment avec l’arrivée
de bénéficier des meilleurs savoir-faire en
des moyens de réfrigération, la pasteuri-
termes d’écoconception des produits et
sation ou encore l’utilisation de vinaigre.
des emballages, d’accéder aux meilleurs
La fermentation des légumes crus ne
procédés de transformation (convention-
nécessite ni cuisson, ni pasteurisation, ni
nels, éco-procédés et biotechnologies
vinaigre. Le processus est le suivant :
alimentaires) réduisant au maximum les
La lacto-fermentation est une méthode impacts environnementaux et performants
de conservation des légumes crus, qui, en économiquement, et aux plateformes ana-
plus d’apporter de belles saveurs, regorge lytiques associées et d’accéder à des mar-
de bienfaits : préservation longue durée chés tests grâce aux plateformes de produc-
des vitamines, pré-digestion des fibres par
les bactéries lactiques, ce qui favorise l’as-
tions pilotes.
123
similation des vitamines. Consommés en Plusieurs innovations pour améliorer les
début de repas, les légumes lacto-fermen- procédés et la sécurité sanitaire des ali-
tés permettent d’enclencher doucement
52. L’Institut Carnot AgriFood Trnsition fait partie des 39 Instituts Carnot labellisés par le Ministère de la Recherche et de l’Enseignement supérieur.
53. Finaliste du Concours ITAInnov 2022 – projet soutenu financièrement par Bpifrance et la région Normandie - https://www.agrifood-transition.fr/index.php/
nettoyabilite-equipements-ouverts-iaa/
54. Actalia, centre technique d’expertise agroalimentaire, composante d’AgriFood Transition depuis 2020.
55. Pôle Cristal, centre technique du froid et du génie climatique, composante d’AgriFood Transition depuis 2017.
56. Projet soutenu financièrement par l’Ademe, et des régions Bretagne et Pays de Loire - https://www.agrifood-transition.fr/index.php/tank-lait-reduction-conso-
energie/
57. Projet porté par trois équipes du Carnot : l’Anses, l’Adria et le Lubem.
quantifier les B. cereus toxinogènes d’une nordiques (scandinaves ? lesquels), l’une des
part et pour détecter conjointement surprises de l’année dernière, pourraient
Salmonella et Campylobacter spp. en une devenir une puissance mondiale en matière
étape à partir du même échantillon. de protéines alternatives et de durabi-
lité. L’écosystème FoodTech européen se
concentre sur l’agriculture et la distribution
La FoodTech58 (notamment la livraison). L’année 2020 a
été un point de bascule avec une troisième
La FoodTech désigne la communauté des vague plus diversifiée. Même si la livraison
entreprises innovantes, en particulier les est toujours un sujet majeur, de nouvelles
startups, alliant les nouvelles technologies, catégories telles que les protéines alterna-
notamment numériques mais pas seulement, tives, les entreprises de cuisine fantôme et
et le domaine de l’alimentation. Au sens large, de restaurant virtuel (cloud kitchens) et la
elle englobe l’ensemble de la chaîne alimen- robotique entrent en scène. Ainsi une aug-
taire de la production agricole aux consom- mentation globale de 245 % des investis-
mateurs finaux. Parfois le terme désigne de sements dans la transformation est obser-
manière plus restrictive les entreprises inno- vée, avec 178 % pour les aliments du futurs
vantes s’intéressant aux aliments. L’Agtech ou comme les protéines alternatives.
AgriTech désigne les entreprises s’intéressant
à la production agricole. L’écosystème de la La FoodTech française est portée par des
WineTech, centré sur la filière viti-vinicole, est startups B2B60. En 2020, l’écosystème fran-
particulièrement dynamique. çais a à sa tête deux start-ups spécialisées
dans l’élevage et la transformation d’insectes
En France, le nombre de startups de la pour l’alimentation animale : Ynsect et
FoodTech était estimé à 500 en 2017. En InnovaFeed. Au cours des quatre dernières
2020, elles étaient près de 600 dont environ années (2016 à 2020), les start-up travaillant
200 dans l’Atech59, 330 dans la transforma- sur les insectes (alimentation animale et/
tion, distribution, consommation et hôtelle- ou humaine) représentaient 44 % du capital
rie restauration, et 70 dans la WineTech. En total mobilisé par la FoodTech française. Les
2021, et malgré la crise sanitaire COVID-19 autres activités dominantes sont la restaura-
635 start-ups sont actives. Le montant des tion (Swile, Innovorder, Wynd, Pazzi) et l’ag-
investissements en 2020 s’est élevé à 606 tech (Naïo Technologies, VitiBot, Microphyt).
58. Rapport La FoodTech en Europe 2021 par Digital Food Lab https://digitalfoodlab.com/fr
59. L’agtech (ou agritech), contraction des mots agriculture et technologie, désigne un domaine d’activité où on utilise et conçoit des outils technologiques
pour améliorer le quotidien des agriculteurs. Ce qualificatif peut donc s’appliquer aussi bien à des produits qu’à des entreprises. Il s’agit d’un secteur en plein
essor aux multiples avantages, propice au développement de start-up.
60. L'abréviation B to B ou B2B désigne l'ensemble des activités commerciales nouées entre deux entreprises. Le terme anglais complet est business to business.
61. https://lafrenchtech.com/fr/
Les solutions des instituts RÉSEAU MIXTE TECHNOLOGIQUE PROT&IN
techniques agro-industriels
Lancé en janvier 2020 et coordonné conjointement par l’ADIV
Les instituts techniques agro-industriels et l’ITERG, ce réseau mixte technologique (RMT) regroupe de
(ITAI) sont des organismes de recherche nombreux partenaires : des ITAI (ADIV, CTCPA, Extractis, ITERG),
appliquée, d’expertise, d’assistance tech- un ITA (Terres Inovia), des partenaires techniques (Adrianor), de
nique, de veille technologique ou régle- l’enseignement et de la recherche (Institut CBMN, Lycée agri-
mentaire, de démonstration, de formation cole de Plombières-Lès-Dijon, UMR SayFood, UMR UNH). Dans
et d’information, au service des entreprises le contexte de forte croissance démographique et d’évolution
et en particulier des petites et moyennes des attentes sociétales, la transition nutritionnelle provoque de
entreprises (PME). 15 ITAI62 ont été quali- nouvelles pressions sur les ressources alimentaires naturelles,
fiés par le ministère de l'Agriculture et de et plus particulièrement sur les sources de protéines, dont la
la Souveraineté alimentaire pour la période demande devrait croître de plus de 40 % d’ici à 2030 .
2018-2022, reconnaissant leur capacité à
mener des missions d’intérêt général au L’enjeu du RMT Prot&in est d’orienter le développement de
profit des filières de transformation. Cinq l’offre en ingrédients et en aliments protéiques d’origine végé-
d’entre eux63 ont obtenu la double qualifi- tale en plaçant les usagers au cœur d’une démarche d’innova-
cation d’institut technique agricole (ITA), tion ouverte. La diversité de cette offre doit s’accompagner de
pouvant ainsi accompagner les profession- l’exploitation de manière raisonnée des multiples sources de
nels de l’amont et de l’aval des filières. Une protéines végétales, notamment celles issues des légumineuses,
nouvelle procédure est en cours pour quali- des légumes secs et des graines oléagineuses. Par ailleurs, le
fier des ITAI sur la période 2023-2027. RMT entend favoriser l’exploitation optimale des sources de
protéines, en proposant aux industriels de l’extraction les tech-
Structure nationale de coordination, l'As- nologies les plus adaptées pour produire des ingrédients pro-
sociation de coordination technique pour téiques ou des produits alimentaires intermédiaires à haute
l'industrie agroalimentaire (ACTIA) fédère valeur ajoutée, qui sont aujourd’hui nécessaires pour formuler
les ITAI ainsi que 7 centres partenaires et transformer les produits de demain.
interface et 12 centres partenaires tech-
niques (soit 1 200 chercheurs, ingénieurs 4 actions ont été définies :
et techniciens). Ce réseau propose une 1. Connaissance des protéines végétales pour identifier les ver-
gamme de services, le développement de rous ;
produits ou de procédés, la mise au point 2. Outils d'aide à la mise en œuvre de protéines végétales pour
définir des scénarios viables pour les opérateurs de l'amont et
de prototypes et d'outils d’aide à la déci-
sion, d’études et aussi de formations sur de l'aval ; 125
80 sites en France. Les ITAI participent à 3. Projets de R&D pour développer l'offre de produits ali-
des Unités mixtes technologiques (UMT) et mentaires en levant les verrous liés à l'approvisionnement en
62. Les 15 ITAI sont : ACTALIA, ADIV, ADRIA, AÉRIAL, BNIC, CÉVA, CTCPA, EXTRACTIS, IFBM, IFIP, IFPC, IFV, ITAB, ITERG, LNE.
63. Les 5 instituts qui ont la double qualification ITA/ITAI sont : CEVA, IFIP, IFPC, IFV, ITAB.
64. https://www.actia-asso.eu/umt-presentation/
65. https://www.actia-asso.eu/rmt-presentation/
Les pôles de compétitivité
ECOTROPHELIA,
LABORATOIRE DE L’INNOVATION Un pôle de compétitivité rassemble sur un
ALIMENTAIRE UNIVERSITAIRE territoire bien identifié et sur une théma-
tique ciblée, des entreprises, des labora-
toires de recherche et des établissements
de formation, engagés dans une démarche
partenariale, destinée à dégager des syner-
Le concours national ECOTROPHELIA FRANCE, créé en gies autour de projets innovants collabo-
2000, a pour objet la création, la mise en œuvre et le déve- ratifs en direction de marchés donnés et
loppement de produits alimentaires nouveaux par des disposant d’une masse critique assurant sa
équipes d’étudiants de formations supérieures scientifiques visibilité internationale. Les pôles jouent un
et commerciales avec une obligation de résultat. Il consiste rôle déterminant dans l’émergence de pro-
à présenter, par équipe, devant un jury technique un produit jets innovants, notamment collaboratifs et
alimentaire, de sa conception jusqu'à sa commercialisation dans l’accompagnement des porteurs de
répondant à un cahier des charges précis. Depuis 2011 avec projets. Ils apportent soutien et conseils
l'appui de la Commission Européenne, ECOTROPHELIA se aux entreprises pour la modernisation de
décline également au niveau européen : ECOTROPHELIA leur outil industriel et la diversification de
EUROPE met en lice le lauréat des sélections nationales leurs productions, l’appropriation de nou-
de chaque pays participant. Au niveau national, 2 000 étu- velles technologies et l’industrie du futur.
diants et leurs enseignants chercheurs issus de près de 30 Ils conduisent une veille technologique et
universités et grandes écoles se sont mobilisés depuis la réglementaire au profit de leurs membres.
création du concours pour présenter plus de 550 nouveaux Cette politique, lancée en 2004 en France,
produits alimentaires et rapprocher l’enseignement supé- a inspiré la politique européenne des clus-
rieur et les entreprises. Au niveau européen, le concours a ters. Parmi les 54 pôles de compétitivité, une
motivé depuis 2011 l'organisation de 115 compétitions natio- dizaine œuvrent dans le périmètre sectoriel
nales, mobilisé 550 universités et plus de 3 500 étudiants du ministère. Ils couvrent l’ensemble du ter-
européens. ritoire national. Les projets labellisés portent
sur des domaines aussi variés que la robo-
ECOTROPHELIA se place résolument en faveur d'une tique, l'alimentation saine et durable, les
consommation responsable, d’une alimentation favorable emballages, la traçabilité, le biocontrôle, les
à la santé et de la protection des ressources. Par ailleurs, le agroéquipements et la sélection variétale.
concours constitue pour les étudiants une expérience utile
126 et pratique permettant de développer des compétences de
gestion de projet, de management et de communication,
peu abordées dans leur cursus. L’ambition d’ECOTROPHE-
LIA, résolument tournée sur l’innovation et l’entreprenariat,
est parfaitement en phase avec les orientations de France
2030. Au total, depuis l’an 2000, plus de 100 produits issus
d’ECOTROPHELIA ont émergé sur le marché. Et, chaque
année, plus de 150 élèves arrivent avec de nouvelles idées.
EuraMaterials
Nutrition
Aquimer Santé Longévité
Végépolys Valley
GUADELOUPE CENTRE- Vitagora
VAL DE LOIRE
BOURGOGNE-
FRANCHE-COMTÉ
Le ministère de l’Agriculture et de la
Souveraineté alimentaire apporte quant à
131
lui un soutien aux actions collectives à hau-
teur de près de 1,2 M€ par an, géré par les
ACCOMPAGNEMENT DES ENTREPRISES
PANORAMA DES IAA 2022
1. https://www.bpifrance.fr/nos-appels-a-projets-concours/appel-a-projets-resilience-et-capacites-agroalimentaires-2030
agri-agroalimentaires, afin de développer à 13M€/an dans le cadre du plan France
une offre de produits biologiques reliée au relance, pour les années 2021 et 2022. Ainsi
marché. Il s’agit d’améliorer la souveraineté en 2021, 25 nouveaux projets ont été sou-
alimentaire sur le segment des produits bio- tenus sur l’ensemble du territoire français.
logiques, tout en assurant la pérennité des Les projets concernent toutes les filières
entreprises et de leurs investissements grâce agricoles et vont de la création d’une filière
à des engagements réciproques des opéra- brassicole en Occitanie, à la construction
teurs, sur plusieurs années et une recherche d’un outil de transformation-surgélation de
de débouchés diversifiés, de la restauration légumes dans les Hauts de France, en pas-
collective à la grande distribution. Ce fonds, sant par la structuration de la filière porcs
doté de 8M€/an depuis 2019 a été porté bio en Bretagne.
Pour en savoir plus sur le mode de production biologique ou sur le Fonds Avenir bio :
reportez-vous à la partie « Différenciation des produits agroalimentaires » de ce document.
Le volet dirigé peut également soutenir des agroalimentaire face aux transitions
stratégies d’exploration, sur des défis pour alimentaires et agricoles ;
lequel le marché n’existe pas encore mais - 129,5 M€ pour mieux comprendre le lien
qui répondent à des attentes sociétales entre santé et alimentation et proposer
majeures. une alimentation adaptée à chacun ;
- 120 M€ pour répondre aux besoins et
attentes du consommateur pour une
alimentation plus saine, durable et
accessible.
Il s’agit de mieux comprendre les relations mentaux, créer de la valeur sur le territoire,
entre alimentation et santé, s’appuyer sur réduire la dépendance extérieure de la
les nouvelles technologies, les procédés de France et développer l’emploi.
fermentation, les protéines, adopter des
approches intégratives, valoriser les pra- Les carburants durables considérés sont les
tiques agroécologiques, répondre aux nou- biocarburants (issus de biomasse agricole,
veaux besoins en compétences, répondre forestière ou algale), les carburants produits
aux demandes d'information du consom- à partir d’énergie renouvelable et de pro-
mateur et mieux comprendre les ressorts de duits chimiques (par exemple CO2) ainsi que
son comportement. le biogaz destiné à un usage de carburant.
136 https://www.gouvernement.fr/les-appels-a-projets-en-cours
Horizon Europe
hhttps://www.horizon-europe.gouv.fr/