Cours de SI I
Cours de SI I
Code EC GI161
Intitulé EC Système d’Information I
Parcours DUT
Niveau 1
Semestre 2
Nombre d’heures 60
• Maîtrise satisfaisante du raisonnement logique ;
Pré requis du cours • Bonne familiarité avec le principe d’abstraction.
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Chapitre 1. L’INFORMATION ET LE SYSTEME D’INFORMATION
1.1.1 La structure
La structure d’une organisation est composée d’éléments matériels (locaux), incorporels (fonds de
commerce) et humains (personnel).
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L’organisation est un système régulé, s’adaptant en permanence pour atteindre les objectifs fixés,
que se soit par autorégulation ou grâce à l’existence d’organes de commande (direction).
Le système de décision (ou de pilotage ou de management) finalise l’organisation en lui fixant ses
objectifs. Il est relié aux autres sous-systèmes par les flux internes d’information. Il analyse
l’environnement et le fonctionnement interne de l’organisation. Il contrôle l’exécution des tâches du
système opérant et assure la régulation du système.
Environnement
Organisation
Système de décision
Système d’information
Système opérant
Flux d’information :
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2. Le système d’information
Le concept de système d’information (SI) a émergé aux États-Unis dans les années soixante en
prenant le nom de Management Information System (MIS).
2.1 Définition
Un SI est un ensemble organisé de ressources : matériel, logiciel, personnel, données, procédures
permettant d’acquérir, de traiter, de stocker, de communiquer des informations (sous forme de données,
de textes, d’images, de sons, etc.) dans les organisations.
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traitement et à la communication d’informations. Les spécialistes des systèmes
d’information, dont la fonction exclusive consiste à concevoir, implanter, faire fonctionner
le système d’information.
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Critères Composantes Caractéristiques
Degré SI manuel Opérations sur les informations réalisées par l’homme sans
d’automatisation recours aux machines.
des traitements
SI mécanisé Certaines opérations sur les informations sont réalisées avec
des machines non programmables. Exemple : réalisation de
devis avec une machine à écrire et une machine à calculer.
Nombre SI individuel Satisfait les besoins d’un individu à son poste de travail.
d’utilisateurs
SI collectif Permet à un ensemble d’individus de l’entreprise de
travailler à des tâches communes.
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Les systèmes d’information de gestion ont pour but de soutenir les activités des gestionnaires de
l’organisation, qu’elles se situent au niveau du contrôle des opérations, du contrôle de gestion ou de la
planification stratégique. Ils reposent souvent sur les bases de données créées par les systèmes de
traitement des transactions, bien qu’ils aient aussi des sources de données externes à l’organisation. Ils
consistent généralement en des rapports remis à des gestionnaires, de façon périodique ou sur
demande, qui résument la situation d’un aspect particulier de l’organisation. Ces rapports sont souvent
comparatifs ; ils opposent une situation présente à une situation qui avait été prévue, des données
présentes à des données historiques, et des données concernant des entreprises du même secteur
économique.
Puisque ces systèmes reposent en grande partie sur les données produites par les systèmes de
traitement des transactions, la qualité de l’information qu’ils produisent est largement tributaire du
bon fonctionnement de ces derniers.
3. L’information
Dans l’usage courant, les termes « données » et « information » sont souvent considérés comme
synonymes. Cependant, si on est précis, il apparaît que la donnée ne devient une information que
lorsqu’elle est reçue par un être humain qui l’interprète.
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3.1 Définition
Une information est une donnée observée par un acteur. L’observation implique la comparaison à
d’autres données pour qu’il y ait interprétation. Passer du rang de données à celui d’information
suppose que la connaissance de la donnée contribue à l’action de celui qui l’observe. Les données (mots,
nombres, images, sons, etc.) constituent la matière première de l’information par un processus
d’interprétation qui leur attribue de la signification, du sens.
L’information est un élément de connaissance susceptible d’être représenté à l’aide de conventions
pour être conservé, traité ou communiqué.
Caractéristique Exemple
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l’information est appréciée au travers de sa capacité à réduire l’incertitude, à améliorer la décision et la
productivité.
Le coût n’est justifié que s’il est inférieur à la valeur de l’information.
4. Exercices
4.1 Les flux d’information
Dans une entreprise commerciale, on peut mettre en évidence les flux d’information suivants :
- 1. commande client ;
- 2. tarifs ;
- 3. préparation de la livraison ;
- 4. sortie de stock ;
- 5. facture client ;
- 6. statistiques des ventes ;
Représenter les flux d’information.
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Signaler dans le tableau d’analyse (document 2) les informations qui ne sont pas
pertinentes dans le gestion des salariés.
SARL DU MFOUNDI
Fiche « salarié »
Prénom : Âge :
N° de téléphone
Adresse personnelle :
Rue :
Nombre d’enfants :
Religion
non
(1) Cochez la case correspondant à votre situation ou à votre réponse.
Nom
Prénom
Date de naissance
Âge
Numéro de téléphone
Adresse personnelle
Situation familiale
Nombre d’enfant(s)
Religion
Qualification actuelle
Poste occupé
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Chapitre 2. INTRODUCTION A L’ANALYSE ET A LA
MODELISATION DES PROCESSUS
L’analyse d’un SI doit permettre de concevoir, à partir d’une situation donnée, un état souhaitable
du SI et de préparer sa mise en place. L’analyse dispose de nombreuses méthodes. En informatique,
la modélisation des données était jusqu’à présent au centre de toutes les méthodes de conception.
Aujourd’hui, la modélisation s’étend aux « processus ».
• L’analyse est la définition du problème à résoudre en termes de fonctionnalités et de qualités
attendues en prenant en compte les besoins des utilisateurs dans un domaine d’activité de
l’organisation qui peut être les ventes, la production, la logistique, les finances, les ressources
humaines, etc.
• La conception est la définition d’une solution informatique à travers la structuration des données,
l’organisation des traitements, la définition des postes de travail, les choix techniques en termes de
matériels, langages de programmation, logiciels de gestion de données (SGBD), etc.
La modélisation est l’opération par laquelle on définit comment une partie du monde réel est
représentée.
Un modèle est une représentation simplifiée d’une réalité sur laquelle on veut être renseigné. Il
s’exprime avec un ensemble de concepts dotés de règles d’utilisation et de notation (souvent graphique).
En ACSI, les modèles servent à :
- communiquer : vérifier que l’analyste a bien compris les utilisateurs grâce à des modèles du
problème (modèles d’analyse) ;
- préparer la réalisation : grâce à des modèles de la solution (modèles de conception).
Application
Réalité Modèle du modèle
observable
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1.2 Les langages de modélisation
Un langage de modélisation est un ensemble de concepts et de règles permettant de construire des
modèles décrivant les systèmes d’information. L’utilisation d’un langage partagé par une communauté
d’acteurs facilite la communication, épargne les efforts d’explication des termes méthodologiques
employés et guide le modélisateur dans la sélection d’éléments clés à faire figurer.
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A cette étape, le futur système d’information est spécifié en tenant compte des choix réalisés dans l’étude
préalable.
Les différents modèles sont complétés et validés. Chacune des tâches à automatiser fait l’objet d’une
description complète en termes de support (écrans, impressions, etc.), d’algorithmes (règles de gestion, de
calcul, de contrôle, etc.), d’actions sur les données (mise à jour, consultation, etc.).
On procède à un ajustement des évaluations de moyens et de coûts estimés dans l’étude préalable.
Lors de cette étape, un dossier d’étude détaillée est produit.
1.3.4 L’étude technique
L’étude technique consiste en la traduction informatique des spécifications résultant de l’étude détaillée.
La structure informatique de la base de données, l’architecture des programmes, la structure de chaque
programme et les accès aux données sont définis.
La structure du dossier d’étude technique étant fortement dépendante de l’environnement, un plan type
pour ce document n’est pas proposé.
1.3.5 Le développement
Le développement consiste à définir quels seront les outils informatiques de haut niveau (langage de
développement, logiciels, progiciels) devant être mis en œuvre pour concrétiser la proposition de l’analyste.
1.3.6 L’implémentation
L’implémentation s’appuie sur une architecture matérielle qui met le système d’information à la
disposition des différents types d’utilisateurs. Elle consiste à traduire dans un langage de programmation
des fonctionnalités définies lors de la phase de conception.
1.3.7 La maintenance
La maintenance consiste à faire évoluer les applications en fonction des besoins des utilisateurs, de
l’environnement, des progrès technologiques.
Le cahier des charges est un outil de communication, de structuration et de description des besoins
pour un projet déterminé. Il est rédigé en conformité avec le schéma directeur qui concerne l’ensemble
des projets à informatiser et leur planification.
1.4.1 Définition et objectifs
Un cahier des charges est un document visant à définir exhaustivement les spécifications de base
d’un produit ou d’un service à réaliser. Il décrit également les modalités d’exécution, les objectifs à
atteindre et vise à cadrer une mission.
En interne, le cahier des charges sert à formaliser les besoins et à les expliquer aux différents
acteurs pour s’assurer que tout le monde est d’accord. Il sert ensuite à sélectionner les fournisseurs
(concepteurs de logiciel, distributeurs de matériel, etc.) et à organiser la relation tout au long du projet.
Il est considéré comme un référentiel contractuel partagé par le prestataire et l’équipe interne. C’est
l’outil fondamental de communication du chef de projet.
1.4.2 Composition du cahier des charges
Le cahier des charges comporte un certain nombre de rubriques qui peuvent être adapté au type de
produit ou de service décrit par ce document.
Les principales rubriques sont :
- contribution du produit ou du service dans l’organisation : ces éléments sont définis dans le schéma
directeur (ex. : performances attendues du produit ou du service) ;
- personnels visé par le produit ou le service (ex. : personnel du service des ressources humaines) ;
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- objectifs généraux du produit ou du service et options possibles : il s’agit des finalités du produit ou
du service (ex. : outil devant permettre la télétransmission des bulletins de notes) ;
- apports du produit ou du service pour l’organisation et pour les utilisateurs (gains en termes
techniques, financiers, organisationnels, etc.) ;
- contraintes à respecter : contraintes liées à l’environnement d’utilisation (ex. : installation
d’ordinateurs dans des lieux ou la température atmosphérique peut être très élevée), contraintes
liées aux modalités d’utilisation (ex. : solution nomades pour les commerciaux), contraintes liées au
personnel (ex. : compétences) ;
- descriptif du produit ou du service (pour du matériel informatique, par exemple : performances,
types de matériel, possibilités d’évolution, etc.) ;
- matériel nécessaire pour utiliser le produit ou le service ;
- délais ;
- documentation (ex. : support papier, en ligne) ;
- maintenance ;
- formation ;
- coût du produit ou du service : coût devant inclure la formation, le contrat de maintenance et les
mises à jour pour les logiciels.
Ce n’est pas en analysant la structure de l’organisation, mais plutôt ce qui s’y passe, c’est-à-dire les
processus qui y sont effectués, qu’il est possible d’examiner le rôle de l’information et des systèmes
d’information qui soutiennent les processus.
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2.1 Définition et caractéristique des processus
Par processus, on entend un ensemble d’activités qui utilisent un ou plusieurs inputs, les
transforment pour obtenir un ou plusieurs outputs ayant un ou plusieurs destinataires. Un processus
est un ensemble d’activités entreprises dans un objectif déterminé. Une activité est un ensemble de
travaux devant être exécutés par des machines et/ou des êtres humains. Ces activités peuvent être des
activités de production, de communication ou de contrôle. L’objectif d’un processus est l’expression de sa
finalité.
Exemple : Les missions d’une société de services en informatique peuvent être traduites en
processus.
Cartographie des processus d’une SSII
Gestion du personnel
Processus Objectif
Gestion comptable et financière Fournir les documents légaux et maîtriser les finances
Les processus sont conçus pour apporter une valeur ajoutée et réaliser les orientations de
l’organisation.
La responsabilité d’exécution de tout ou partie des activités par un acteur correspond à un rôle.
L’acteur est une personne physique, une entité organisationnelle ou une machine qui prend une part
aux activités du processus. L’acteur peut être interne ou externe à l’organisation.
Le déroulement du processus utilise des ressources et peut être conditionné par des événements
d’origine interne ou externe. L’agencement des activités correspond à la structure du processus.
Une ressource est un moyen, information ou outil, utilisé par une activité.
Un événement est un fait qui survient et qui provoque le déclenchement d’une activité.
Exemple : Une activité peut être déclenchée par une décision externe qui met fin à un projet.
Description de l’activité « Instruction de clôture ». Acteur : chef de projet. Evénement :
décision de clôture. Résultat : demande état des lieux émise.
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L’ensemble des processus par lesquels l’organisation produit et livre les biens et les services qu’elle
vend à ses clients constitue ce que l’on appelle « la chaîne de valeur ». La chaîne de valeur est composée
de deux types de processus :
- les processus de production, qui sont directement responsables de la production du bien ou de la
prestation de services à la clientèle (fabrication d’ordinateurs, par exemple) ;
- les processus d’affaires, qui jouent un rôle de soutien aux processus de production (la prise de
commande, la paye, le contrôle de la qualité, par exemple).
On peut procéder à une autre décomposition des processus :
- les processus opérationnels sont les processus de réalisation du produit ou les processus métier ;
- les processus fonctionnels sont les processus de pilotage et de support, et plus concrètement, les
processus de management des ressources et les processus de mesure, d’analyse et d’amélioration.
2.3 Lien entre processus et système d’information
Il existe un lien étroit entre processus et système d’information. En effet, le processus ne peut être
exécuté sans la présence du système d’information, et le système d’information n’a pas de raison d’être
sans la présence d’un processus (tableau 3.2 et 3.3).
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Composantes dont tiennent Inputs, outputs, activités, Inputs, outputs, traitements
compte les modèles ressources humaines et et dépôts de données
matérielles, lieux, temps
De fait, le système d’information est un sous-ensemble du processus : bien qu’étant une entité en lui-
même, il fait partie du processus. Processus et système d’information ont en commun un input (la
commande d’un client, par exemple) et un output (la facture, par exemple). Cependant, le processus a
un autre output que n’a pas le système d’information : les produits expédiés au client.
Processus et système d’information ont en commun un grand nombre d’activités, de tâches (saisir le
détail de la commande, vérifier le crédit, la disponibilité des stocks, facturer le client, etc.).
Cependant, le processus comporte des activités qui ne sont pas du ressort du système d’information
(ramasser les produits dans l’entrepôt, emballer la commande, par exemple).
Dans le cas d’un processus dont toutes les activités traitent de l’information, comme le processus de
paiement des factures aux fournisseurs, le sous-ensemble « système d’information » devient très
semblable à l’ensemble « processus ». Dans le cas où ce processus est entièrement informatisé, il n’existe
plus de différence entre le système d’information et le processus (commerce électronique, par exemple).
Ainsi, le projet d’amélioration d’un processus doit tenir compte du système d’information qui en est
le sous-ensemble. De même, le projet de développement d’un système d’information doit se préoccuper
du processus dont le système fait partie.
Le système d’information vise à assister l’utilisateur dans la réalisation des tâches liées aux
processus.
Modéliser un processus, c’est décrire la succession des tâches qui concourent à une production de
valeur ajoutée : ce que fait chaque acteur, les données qu’il manipule, les traitements qu’il ordonne, les
délais dans lesquels son travail doit être exécuté, etc.
La représentation des processus est motivée par le besoin de comprendre ce qui se passe au sein d’un
processus. Mais ce qui se passe est généralement complexe et ne faire une description complète est
impossible. Une solution partielle consiste à développer des modèles simplifiés des processus.
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Un processus détaillé est un processus dont on a représenté la dynamique, en particulier les
activités.
Exemple :
Le processus global « Gestion des formations » peut être décomposé s’il est considéré comme un axe
stratégique de développement et peut donner lieu à quatre processus plus fins
Décomposition du processus global « Gestion des formations »
Processus Objectif
Le processus « Gestion du catalogue » peut être décomposé à son tour en quatre processus
Décomposition du processus « Gestion du catalogue »
Processus Objectif
Les objectifs sont ainsi décomposés en objectifs plus précis. Lorsqu’on atteint un niveau suffisant
dans l’affinement des objectifs, on peut passer à une représentation détaillée. Ainsi, si le processus
« Gestion des sessions » ne peut pas être décomposé, on peut passer à la représentation de ses activités.
Par contre, le processus « Gestion du catalogue » pouvant être décomposé en quatre processus, ce sont
ces quatre processus qui seront analysés sous l’angle des activités.
3.1.3 Processus principal, secondaire, de pilotage
Les processus sont classifiés en processus principaux, secondaires et de pilotage. Un processus
principal est un processus dont l’objectif traduit la finalité du système du plus haut niveau auquel il
appartient.
L’objectif d’un processus principal correspond à une raison d’être de l’organisation ou du domaine
étudié.
Figure 3.2 – Cartographie des processus d’une SSII et classification des processus de
premier niveau
Gestion du personnel
(processus secondaire)
Une activité est un ensemble de travaux correspondant à une unité d’évolution du système.
Exemple : Le processus « Gestion des sessions » peut être décomposé en trois activités : « Accueil des
participants » ; « Présentation » ; « Evaluation ».
Le concept d’acteur a déjà été défini précédemment comme étant une personne physique, une entité
organisationnelle ou une machine qui prend part aux activités du processus. L’acteur peut être interne
ou externe à l’organisation. Au niveau de la modélisation, l’acteur sera considéré comme un élément
actif chargé d’une ou plusieurs activités dans le processus. Par ailleurs, le concept de rôle retenu est
celui d’un regroupement d’activités confiées à un acteur unique.
Exemple
Le processus « Gestion des inscriptions » comprend trois activités : « Saisie de la demande
d’inscription » ; « Validation de l’inscription » ; « Paiement de la session de formation ».
Trois rôles ont été identifiés et peuvent être tenus par des acteurs différents.
Client
Agent commercial
Responsable commercial
Responsable comptable
3.2.3 La transition
Une transition est un lien orienté entre deux activités. Elle exprime une contrainte d’enchaînement
entre deux activités.
3.2.4 La tâche
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3.2.5 L’événement
Un événement est un stimulus qui provoque une réaction dans une activité. Il peut être de plusieurs
types.
3.2.6 Le résultat
Un résultat est un produit issu de l’exécution d’une activité. Un résultat peut devenir une ressource,
une entrée ou un événement interne pour une autre activité du processus.
3.2.7 L’entrée
Une entrée est un élément qui va subir une transformation lors de l’exécution de l’activité à laquelle
il est associé.
3.2.8 La ressource
3.2.9 La condition
Une condition exprime une restriction dans l’exécution d’une tâche, le déclenchement d’une
transition ou l’effet d’un événement.
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Figure 3.3 : Traitement batch de la facturation
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Figure 3.5 : Modélisation données et traitements d’un SI
4. Exercices.
Les exercices de ce chapitre visent à permettre à l’étudiant de bien cerner les concepts de d’analyse
et de conception.
P1 P2 P3 P4 P5 P6 P7
Marketing
Service commercial
Bureau d’études
Approvisionnement
Production
Logistique
Ressources humaines
Comptabilité
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P3 : processus d’approvisionnement.
P4 : processus de production.
P5 : processus de stockage et de livraison.
P6 : processus de facturation.
P7 : processus de ressources humaines (recrutement, formation…).
La société PlusLogiciel édite, intègre et vend des solutions logicielles. La vente des logiciels se fait
soit en direct par un portail Internet, soit par des démarches téléphoniques et visites. La société est
organisée en six départements :
• le département commercial regroupe la force de vente, constituée de quinze commerciaux et
du responsable marketing. Ce département est placé sous la responsabilité du directeur
commercial ;
• le département après vente ;
• le département recherche et développement ;
• le département stock ;
• le département administratif.
La gestion de la relation client (GRC) et de la chaine de vente (CDV) de la société PlusLogiciel est
composée de quatre grands processus :
Processus Objectif
Gestion des actions marketing Réaliser des actions concourant ad développement des ventes
La décomposition des processus a permis d’affiner les objectifs. Le processus « Gestion commerciale »
a été décomposé en trois nouveaux processus :
Processus Objectif
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Le processus « Suivi des ventes » a été décomposé en trois activités :
• au niveau des commerciaux : collecte des informations et élaboration du tableau de bord ;
• au niveau de la direction générale : analyse des tableaux de bord ;
• au niveau du directeur commercial : définition d’actions.
2. Caractériser les trois nouveaux processus résultant de la décomposition du processus « Gestion
commerciale » en processus principal, secondaire ou de pilotage.
3. Déterminer les acteurs participant au processus « Suivi des ventes ».
4. Indiquer le rôle de la direction générale dans le processus détaillé « Suivi des ventes ».
4.4 L’analyse des besoins logiciels est sans aucun doute l’étape avec le plus de communication
intensive dans le processus logiciel. Pourquoi le cours de la communication échoue fréquemment ?
4.5 Il ya fréquemment des répercussions politiques quand l’analyse des besoins logiciels (et/ou
l’analyse du système) commence. Par exemple, les travailleurs peuvent penser que la sécurité de
l’emploi est menacée par le nouveau système automatisé. Qu’est-ce qui causent de tels problèmes ? Est-
ce que la tâche de l’analyste peut être conduite tel que les politiques soient minimisées ?
4.6 Discuter vos perceptions de la formation idéale et du background pour un analyste système.
4.7 Décrivez le "client" pour les développeurs d’applications, les constructeurs de produits
informatique et les constructeurs de systèmes. Soyez prudent ici, il peut exister plus dans ce problème
que vous pouvez imaginer en premier.
4.8 Est-ce vous concevez le logiciel quand vous "écrivez" un programme ? Qu’est-ce qui rend la
conception du logiciel différent du codage ?
4.9 Listez dix principes de conception logicielle.
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Chapitre 3. LA MODELISATION DES DONNEES : METHODE MERISE
Une donnée peut être représentée de façon plus ou moins formalisée. L’objet de ce chapitre n’est
pas de décrire l’intégralité de la méthode mais de se consacrer a la modélisation des données en
étudiant le modèle conceptuel des données.
1. La méthode Merise
La méthode Merise (Méthode d’étude et de réalisation informatique par les sous-ensembles ou pour
les systèmes d’entreprise) est une méthode de conception, de développement et de réalisation de projets
informatiques. Elle repose sur des concepts de base qui donnent lieu à différents modèles qui seront
utilisés successivement afin d’aboutir à un système d’information fonctionnel reflétant une réalité
physique.
La méthode merise s’appuie sur deux principes majeurs : la séparation des données et des
traitements, et l’approche par niveaux d’abstraction.
1.1 La separation des données et des traitements
La méthode Merise d’analyse et de conception respecte la distinction des données et des
traitements et procède à une description sous forme de trois découpages par :
- les flux : les échanges ou la communication sont des flux entre systemes, notamment des flux
d’informations ;
- les traitements : les traitements des flux d’information décrivent les tâches à effectuer à la
réception ou pour l’émission d’un flux d’informations. Les traitements représentent l’aspect
dynamique du système d’information, c’est-à-dire ce qui est fait ;
- les données : la structure de mémorisation des informations est représentée sous une forme
qui permet un passage aisé vers les enregistrements informatiques. Les données
représentent l’aspect statique du système d’information : ce qui est.
La séparation des données et des traitements est un artifice utilisé par la méthode. Il est évident
que les données n’ont de sens qu’à travers les traitements et que les traitements ne fonctionnent pas
sans données.
Le cycle d’abstraction est nécessaire pour isoler les éléments significatifs contribuant à la
description d’un système cohérent.
La méthode Merise repose sur une hiérarchie qui comprend trois niveaux d’abstraction, dont les
dénominations sont adaptées au contexte des données et traitements :
- premier niveau : le niveau conceptuel ;
- deuxième niveau : le niveau organisationnel pour les traitements et le niveau logique pour les
données ;
- troisième niveau : le niveau physique.
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Le niveau organisationnel met en évidence les choix d’organisation en termes de choix
d’automatisation, de poste de travail (utilisateurs) et de chronologie des opérations. Il répond à la
question : qui fait quoi ? Les modèles organisationnels de traitement définissent ce que fait chaque
poste de travail.
Le niveau conceptuel et le niveau organisationnel représentent toute l’organisation.
Le niveau logique répond à la question : avec quoi ? L’objectif du niveau logique est la définition des
moyens informatiques à disposition des postes de travail afin d’effectuer les opérations organisées.
A ce niveau on décide :
- pour les traitements : de la répartition du travail entre l’homme et la machine ;
- pour les données : des structures d’implantation logique.
Le niveau physique traduit les choix techniques et la prise en compte des spécifiés. Il répond à la
question : comment faire ?
A chaque niveau, le système d’information est représenté par un modèle. Chaque modèle respecte un
formalisme et des concepts adaptés (tableau 3.1)
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Lorsque le modèle organisationnel des traitements est finalisé, il est rapproché du modèle
conceptuel des données brut afin de vérifier la cohérence des modèles et le modifier si nécessaire.
Ainsi, au terme de cette phase de rapprochement, le modèle conceptuel des données est valide et il
est alors possible, d’une part, de réaliser le modèle opérationnel des traitements, et d’autre part, de
générer le modèle logique des données brut. Ce dernier sera optimisé afin de passer au modèle physique
des données.
Dans la pratique, les modèles de la méthode Merise les plus utilisés sont le modèle conceptuel des
traitements (MCT) et le modèle conceptuel des données (MCD). Leur formalisme répond bien à l’attente
des concepteurs dans le domaine des systèmes d’information de gestion.
Dans ce chapitre, nous nous attachons à présenter le modèle de niveau conceptuel contribuant à la
description des données. La génération du modèle logique des données et les modèles contribuant à la
description des traitements c’est-à-dire des processus seront étudiés dans le cours de systèmes
d’information II.
Le MCD sera réalisé lors des trois premières étapes de la démarche proposée dans la méthode
Merise (schéma directeur, étude préalable et étude détaillée) en mobilisant des concepts spécifiques.
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D’un point de vue graphique, une entité (ou ensemble homogène) est représentée sous forme d’un
rectangle barré à l’intérieur duquel est inscrit son nom ou libellé.
Exemple :
Une propriété est une information élémentaire qui caractérise une entité. Chaque entité
représente un ensemble homogène de propriétés.
Seules les propriétés élémentaires (ex : nom fournisseur, adresse fournisseur) et calculées
datées (ex. : CA annuel HT) figurent dans une entité. Ainsi, les données calculées datées seront
obtenues sans avoir à reprendre l’ensemble des calculs. Les propriétés calculées ne sont pas retenues
(ex. : solde d’un compte, total d’une ligne de facture, montant brut, montant TVA, montant TTC).
On entend par propriété élémentaire une propriété qui ne peut pas être décomposée en
plusieurs autres propriétés (ex. : une adresse est une propriété complexe décomposable en propriétés
élémentaires : rue, code postal, ville).
Afin d’alléger le représentation d’une entité, il est recommandé de coder les noms des propriétés
( « Nom_frs », « Adr_frs », « Nom_rep », etc.).
Exemple :
FOURNISSEURS ARTICLES
Propriétés de Nom_frs Nom_art Propriétés de
l’entité Adr_frs Prix_achat l’entité
FOURNISSEURS Nom_rep Prix_vente ARTICLES
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La propriété « Nom_frs » contient la raison sociale de chaque fournisseur.
La propriété « Adr_frs » contient l’adresse de chaque fournisseur.
La propriété « Nom_rep » contient le nom du représentant de chaque fournisseur.
L’occurrence d’une entité correspond aux valeurs prises par les propriétés.
Exemple 1 :
Exemple 2 :
Exemple 3 :
L’occurrence d’une propriété correspond aux valeurs prises par cette propriété.
Exemple 2 :
En reprenant l’exemple 2 :
- « ABEGA » est une occurrence de la propriété « Nom_frs » ;
- « Bali » est une occurrence de la propriété « Adr_frs » ;
- « Zanga » est une occurrence de la propriété « Nom_rep ».
2.1.4 L’identifiant
L’identifiant est une propriété particulière qui permet de distinguer de façon certaine et unique les
différentes occurrences d’une entité, C’est une propriété dont le domaine des valeurs ne contient
jamais deux valeurs identiques : c’est la règle d’énumération.
D’un point de vue graphique, un identifiant est différencié par son soulignement.
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Exemple :
Deux fournisseurs peuvent porter le même nom : par exemple, ABEGA. Si on attribue au premier
le code ABE01 et au second le code ABE02, on pourra ainsi les distinguer. L’identifiant sera le code
fournisseur.
FOURNISSEURS ARTICLES
Une association relie deux entités ou plus pour produire une nouvelle information.
Une association est une relation existant entre plusieurs entités en fonction du problème à traiter.
Elle assure le lien entre des entités. Elle est généralement caractérisée par un verbe ou un substantif.
D’un point de vue graphique, une association est représentée sous forme d’une ellipse à l’intérieur
de laquelle est inscrit son libellé. Une patte (ou un trait) est dessiné entre la relation et chacune des
entités qu’elle relie.
Dans certains cas, une association peut être porteuse de propriétés.
Exemple :
Il y a une relation entre l’entité FOURNISSEURS et l’entité ARTICLES. Puisque les fournisseurs
vendent leurs articles à la SA Recentresud. Cette association entre les fournisseurs et les articles est
signalée par un verbe qui figurera dans une ellipse reliée aux entités concernées. Le verbe FOURNIR
peut être choisi.
On appelle dimension d’une association le nombre d’entités qu’elle relie. Lorsqu’elle vaut 1,
l’association (ou la relation) est dite réflexive. Lorsqu’elle vaut 2, elle est dite de dimension 2 ou «
association binaire ». Lorsqu’elle vaut 3, elle est dite de dimension 3 ou « association ternaire ». Au-delà,
on parle d’association n-aire.
Dana la pratique, il est souhaitable de limiter autant que possible la dimension d’une association à
deux.
Exemple :
L’association « Fournir » est une association de dimension 2 ou binaire qui etablit le lien entre les
fournisseurs et leurs articles.
FOURNISSEURS
ARTICLES
Fournir
Code_frs
Code_art
Nom_frs
Nom_art
Adr_frs
Prix_achat
Nom_rep
Prix_vente
31
Association représentée par un verbe
L’association « Approvisionner » est une association de dimension 3 ou ternaire qui établit le
lien entre les fournisseurs, leurs articles et les entrepôts.
Association porteuse de
propriétés
ENTREPOTS
Code_entrepôt
Nom_entrepôt
Adr_entrepôt
Les cardinalités précisent les nombres minimal et maximal d’occurrences d’une entité en
relation avec une autre entité. Elles mesurent le degré de participation de l’entité à
l’association.
Remarque 1
Dans le cas de relations binaires, deux cas de cardinalités amènent à se poser des questions :
- les cas 0,1 – 0,1 ou 0,1 – 1,1 : dans ces cas, il faut se poser des questions sur la relation et se
demander si ‘une des entités n’est pas en fait une propriété de l’autre ;
- le cas 1.1 – 1.1 : ce jeu de cardinalités traduit souvent une erreur de conception. Il convient
dans ce cas de vérifier si l’une des entités participant à la relation ne comporte pas des
propriétés de l’autre entité.
Remarque 2
Dans le cas d’une association ternaire (dimension 3), les valeurs maximales des cardinalités sont
toujours égales à n.
D’un point de vue graphique, les cardinalités sont marquées à côté de la patte reliant l’entité à
l’association.
32
Exemple 1
Tout fournisseur ne fournit qu’un seul article. Tout article n’est fourni que par un seul fournisseur.
FOURNISSEURS
1, 1 ARTICLES
1, 1
Fournir
Code_frs
Code_art
Nom_frs
Nom_art
Adr_frs
Prix_achat
Nom_rep
Prix_vente
Remarque : dans ce cas, Il convient de vérifier si les propriétés de l’entité « ARTICLES » ne sont
pas des propriétés de l’entité « FOURNISSEURS ».
Exemple 2
Certains articles sont fabriques par l’entreprise et ne font pas l’objet d’approvisionnement.
Tout fournisseur ne fournit qu’un seul produit.
FOURNISSEURS
1, 1 ARTICLES
0, 1
Fournir
Code_frs
Code_art
Nom_frs
Nom_art
Adr_frs
Prix_achat
Nom_rep
Prix_vente
Remarque : dans ce cas, Il convient de vérifier si les propriétés de l’entité « ARTICLES » ne sont
pas des propriétés de l’entité « FOURNISSEURS ».
Exemple 3
Tout fournisseur peut fournir un ou plusieurs articles. Tout produit n’est fourni que par un seul
fournisseur.
FOURNISSEURS
1, n ARTICLES
1, 1
Fournir
Code_frs
Code_art
Nom_frs
Nom_art
Adr_frs
Prix_achat 33
Nom_rep
Prix_vente
Interprétation des cardinalités
Exemple 4
Certains articles sont fabriques par l’entreprise et ne font pas l’objet d’approvisionnement.
Tout fournisseur peut fournir un ou plusieurs produits.
FOURNISSEURS
1, n ARTICLES
0, 1
Fournir
Code_frs
Code_art
Nom_frs
Nom_art
Adr_frs
Prix_achat
Nom_rep
Prix_vente
Exemple 5
Tout fournisseur peut fournir un ou plusieurs produits. Tout produit est fourni par un ou plusieurs
fournisseurs.
FOURNISSEURS
1, n 1, n ARTICLES
Fournir
Code_frs
Code_art
Nom_frs
Nom_art
Adr_frs
Prix_achat
Nom_rep
Prix_vente
34
Exemple 6
FOURNISSEURS 1, n
Approvisionner 1, n ARTICLES
Prix_Unitaire
Code_frs
Code_art
Nom_frs
Nom_art
Adr_frs
Prix_achat
Nom_rep
1, n Prix_vente
ENTREPOTS
Code_entrepôt
Nom_entrepôt
Adr_entrepôt
Dans le cas d’une CIF, nomme également « association hiérarchique », des entités sont mises en jeu
et il existe une dépendance fonctionnelle directe entre les identifiants de ces entités.
Ainsi, une entité est totalement identifiée par la connaissance des autres.
Les entités liées par une CIF constituent une structure de type « Père-Fils », pour la bonne raison
qu’un père peut avoir plusieurs fils, alors qu’un fils n’a qu’un père.
Exemple :
Un article (Fils) est fourni par un et un seul fournisseur (Père). Autrement dit, la connaissance
d’un article rend possible sans aucune ambigüité la connaissance de son fournisseur. Il existe donc une
dépendance fonctionnelle directe entre les identifiants des entités « ARTICLES » et « FOURNISSEURS
».
FOURNISSEURS
1, n ARTICLES
1, 1
Fournir
Code_frs
Code_art
Nom_frs
Nom_art
Adr_frs
Prix_achat
Nom_rep 35
Prix_vente
Remarque 1 : ces associations ne sont jamais porteuses de propriétés (ex. : l’association « Fournir »
ne porte aucune propriété).
Une CIM est également nommée « association non hiérarchique ». Les associations peut être
porteuses de données.
Contrairement à une CIF, une CIM comporte un identifiant qui résulte de la concaténation des
identifiants des entités participant à l’association. La concaténation consiste à mettre bout à bout
les identifiants des entités participant à l’association de manière à donner l’identifiant de la CIM.
Par convention, il n’est pas note dans l’association.
Exemple :
Les élèves sont évalués dans différentes matières et obtiennent des notes pour chacune des
matières. Il convient donc de créer deux entités : l’entité « ELEVES » et l’entité « MATIERES » et
l’association « Evaluer ». La connaissance d’un N° élève et d’un N° matière permet de connaitre une
note, mais on ne peut pas connaitre une note à partir du seul N° élève ou du seul N° matière. C’est
pourquoi la propriété Note ne peut pas être une propriété de l’entité « ELEVES » ou de l’entité «
MATIERES ». Note est donc une propriété de l’association « Evaluer ».
0,n
MATIERES
ELEVES 0,n
Evaluer
N°_mat
Note Nom_mat
N°_eleve
Nom_el
Prenom_el
Adr_el
BP_el
Propriété étant une donnée
portée (Note)
36
2.2 La démarche d’élaboration du modèle conceptuel des données
Les règles de gestion doivent être inventoriées. On entend par règle de gestion un élément de
description globale du fonctionnement de l’organisation. Une règle de gestion peut porter sur les
données manipulées par l’organisation ou sur les traitements exécutés au sein de celle-ci.
Exemple 1 :
C’est à partir du dictionnaire des données du système actuellement manipulé par l’entreprise que
le MCD brut est construit. On entend par dictionnaire des données un tableau qui recense et décrit
l’ensemble des propriétés qui seront utilisées pour élaborer le MCD. Les propriétés sont décrites grâce
aux règles de gestion.
La structure des rubriques du dictionnaire des données doit permettre de respecter les qualités
d’une bonne codification :
- concision ;
- fiabilité ;
- fixité ;
- extensibilité ;
- simplicité ;
- adaptabilité.
Exemple 1 (suite)
37
Nom_Cand E
Prenom_Cand E
Code_Ets E 999999 (Signification : numérique sur 6 positions)
Nom_Ets E
Ville_Ets E
Note E [0, 20]
Total C ∑ (Note x Coef.)
Decision C Si total ≥ 210 alors décision : « Admis ». Sinon,
décision « Ajourné ».
Une fois élaboré, le dictionnaire des données doit être contrôlé on doit veiller à :
1. supprimer les polysèmes (rubriques désignant plusieurs notions) ;
Exemple 1 :
La rubrique « Nom » peut désigner à la fois le nom d’un candidat et le nom d’un établissement
scolaire. La résolution de ce polysème consistera à créer deux rubriques distinctes : « Nom_Cand »
et « Nom_Ets ».
Exemple 1 :
Exemples 1 :
5. supprimer les rubriques calculées (rubriques pouvant être obtenues à partir d’autres données en
appliquant une règle de calcul).
Le dictionnaire des données final ne doit donc contenir que les données de base. Cependant,
certaines rubriques font exception :
- les rubriques calculées d’utilisation fréquente ;
- les rubriques calculées de type situation ou historique : rubrique calculées datées (ex. :
montant mensuel HT) ;
- les paramètres utilisés comme identifiants (ex. : l’identifiant Tx TVA de l’entité TVA).
38
La matrice des dépendances fonctionnelles est un tableau à deux dimensions où les colonnes
contiennent les sources de dépendance fonctionnelle et où les buts sont portés en lignes. Les sources et
les buts correspondent aux rubriques répertoriées dans le dictionnaire des données.
La première étape consiste à rechercher les propriétés en DF avec les identifiants existant.
Les identifiants sont les propriétés comportant au moins un 1 dans la colonne.
La deuxième étape se traduit par la concaténation des identifiants existants pour créer une DF
élémentaire vers les propriétés isolées.
Exemple 1 (suite) :
Source 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
Buts
1 Num_Epreuve
2 Lib_Epreuve 1
3 Coef 1
4 Num_cand
5 Nom_Cand 1
6 Prenom_Cand 1
7 Code_Ets 1
8 Nom_Ets 1
9 Ville_Ets 1
10 Note
a) Première étape
Pour remplir la matrice, on va se poser la question suivante : pour une valeur de la donnée en
colonne, existe-t-il au maximum une seule valeur de la donnée située en ligne ? Si la réponse
est oui, on inscrit un 1 à l’intersection pour indiquer l’existence d’une DF.
Exemple 1 :
Il convient de ne trouver qu’un seul 1 sur une meme ligne. Lorsqu’il y a deux 1 sur une meme
ligne, il y a un risque important de presence de DF transitive entrainant une redondance
d’information.
Une DF (A→B) est dite transitive s’il existe une donnee C telle que : A → C et C → B.
Exemple 2 :
A chaque transaction avec un client, une facture est établie. Cette dernière comporte les
données citées ci-après :
39
Source 1 2 3 4 5 6 7
Buts
1 Num_Fact
2 Date_Fact 1
3 Num_Clt 1
4 Nom_Clt 1 1
5 Adr_Rue_Clt 1 1
6 BP_Clt 1 1
7 Ville_Clt 1 1
Exemple 1 (suite)
Source 1 4 7
Buts
1 Num_Epreuve
2 Lib_Epreuve 1
3 Coef 1
4 Num_cand
5 Nom_Cand 1
6 Prenom_Cand 1
7 Code_Ets 1
8 Nom_Ets 1
9 Ville_Ets 1
10 Note
b) Deuxième étape
Certaines données ne sont pas reliées aux autres par un 1 en colonne ou en ligne. Il s’agit de
propriétés isolées qui ne sont pas en DF avec un identifiant.
Exemple 1 : Note n’est pas reliée aux autres par un 1 en colonne ou en ligne.
40
IL faut donc voir à présent, en prenant les identifiants deux à deux ou trois par trois, si on peut
obtenir la propriété non reliée aux autres par un 1.
Exemple 1 (suite)
On peut obtenir « Note » à partir de « Num_Epreuve » et de « Num_Cand ».
La concaténation des identifiant « Num_Epreuve » et « Num_Cand » permet de créer une DF
elementaire vers la propriété isolée « Note ».
Num_Epreuve, Num_Cand → Note
Exemple 1 (suite)
EPREUVE CANDIDAT
Noter
Num_Epreuve 1, n Num_Cand
1, n Note
Lib_Epreuve Nom_Cand
Coef Prenom_Cand
CIM
ETABLISSEMENT
1, 1
Code_Ets
Nom_Ets
Ville_Ets Appartenir
1, n
CIF
Modèle conceptuel des données
Lorsque le MCD est terminé, on doit procéder à quelques vérifications avant validation par les
utilisateurs.
Règle 1 : une propriété, pour une occurrence de la relation qui la porte, ne peut pas être répétitive.
Si c’est le cas, il faut l’isoler sous la forme d’une entité distincte.
Exemple
ASSURE
N°_SS
Nom
Prenom
Noms_enfants
« Nom des enfants » est une propriété répétitive qu’il faut extraire de l’entité « ASSURE » afin de
créer une nouvelle entite « ENFANT ».
ASSURE
0, n ENFANT
1, 1
Avoir
N°_SS
N°_Enfant
Nom
Nom
Prenom
41
Règle 2 : les propriétés portées par une entité ou une association doivent dépendre
exclusivement de l’identifiant de l’entité ou de l’association.
Exemple :
Règle 3 : Si une propriété dépend de l’identifiant de l’entité mais aussi d’une autres propriété de
cette entité, cela signifie qu’il y a une entité imbriquée dans l’entité de base.
Exemple :
VEHICULE
N°_Immatriculation
Numéro de série
Type
Puissance
La « Puissance » pouvant être déterminée à partir du type de véhicule, il faut donc extraire de
l’entité « VEHICULE » les propriétés Type et Puissance afin de créer une nouvelle entité « TYPE ».
VEHICULE
1,1 TYPE
1,n
Avoir
N°_Immatriculation Type
Numéro de série
Puissance
Règle 4 : à l’exception des associations réflexives, il ne doit exister qu’une et une seule occurrence
de chaque entité participant à la relation.
Exemple :
VEHICULE
1,1 TYPE
1,n
Avoir
N°_Immatriculation Type
Numéro de série
Puissance
Pour une occurrence de l’entité « VEHICULE », il n’existe qu’une seule occurrence de l’entité «
TYPE ».
42
Règle 5 : une CIF (1,1 ou 0,1 sur une patte de l’association binaire considérée) n’est jamais
porteuse de propriétés.
3. Applications
3.1 Questions de cours : La méthode MERISE
1. Définir la modélisation
2. Expliquer pourquoi la méthode Merise s’appuie sur la séparation des données et des traitements.
3. Expliquer les raisons poussant à rapprocher le modèle organisationnel des traitements du modèle
conceptuel des données.
4. Préciser les objectifs du cycle d’abstraction pour la conception des systèmes d’information et citer les
différentes étapes.
3.2 Modèle conceptuel des données
Proposer un modèle conceptuel des données qui représente le domaine d’application suivant :
Les patients de l’hôpital sont réparties dans les services (caractérisés chacun par un nom identifiant, sa localisation, sa
spécialité) de ce dernier. Chaque médecin appartient à un service. Il est caractérisé par un matricule identifiant, son nom
et son prénom. Un patient passe des visites. Chaque visite est effectuée chez un médecin à une date déterminée. Un
patient ne peut passer plus d’une visite par jour. Lors d’une visite, une ou plusieurs prescriptions peuvent être rédigées.
Chaque prescription mentionne le nom d’un médicament et la posologie à respecter par le patient (posologie = simple
ligne de texte). Il est évident que le médecin ne prescrit pas deux fois le même médicament lors d’une même visite ! Un
patient possède un numéro d’inscription (identifiant), un nom, un prénom et une adresse.
43
Nous voulons modéliser une gestion de prêts de livres dans une médiathèque. Une première tentative a
conduit au MCD suivant :
EMPRUNTEUR OUVRAGE
EMPRUNTE
Nom N° Référence
0, n 0, n
Modifier le schéma pour que nous puissions prendre en compte l’historique des emprunts (Mr
OWONO pouvant emprunter plusieurs fois le même livre). Proposer deux solutions.
44
Travail demandé
1. Quelles sont les entités qui entrent en jeu ? Donner l’identifiant et la liste des propriétés de chacune
de ces entités.
2. Mettre en évidence les associations existantes entre ces entités.
3. Créer le MCD.
4. Justifier par une phrase chacune des cardinalités.
45