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Psychosomatique

Le document présente une introduction à la psychosomatique, définie comme l'étude des symptômes corporels liés à des facteurs psychiques, et retrace son histoire depuis l'anté-médecine jusqu'à la médecine moderne. Il souligne l'importance de l'unité de l'être humain et la nécessité d'une approche globale dans la pratique médicale face à la fragmentation des connaissances contemporaines. La psychosomatique est ainsi présentée comme une discipline essentielle pour comprendre la relation entre le corps et l'esprit dans le contexte de la maladie.

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Psychosomatique

Le document présente une introduction à la psychosomatique, définie comme l'étude des symptômes corporels liés à des facteurs psychiques, et retrace son histoire depuis l'anté-médecine jusqu'à la médecine moderne. Il souligne l'importance de l'unité de l'être humain et la nécessité d'une approche globale dans la pratique médicale face à la fragmentation des connaissances contemporaines. La psychosomatique est ainsi présentée comme une discipline essentielle pour comprendre la relation entre le corps et l'esprit dans le contexte de la maladie.

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QUE SAIS-JE ?

HANNA KAMIENIECKI
Psychologueclinicienne
Psychanalyste-Psychosomaticienne
1
A Pierre Marty

EDSE Ecole dispersée de santé européenne


EP Evolution psychiatrique
IPSO Institut de psychosomatique
NRP Nouvelle Revue de Psychanalyse
RFP Revuefrançaise depsychanalyse
RFPs Revuefrançaise depsychosomatique
RMPs Revue de médecinepsychosomatique

ISBN 2 13 046155 7
Dépôt légal — 1 édition : 1994, mai
©Presses Universitaires de France, 1994
108, boulevard Saint-Germain, 75006 Paris
INTRODUCTION

Le terme psychosomatique, dans son acception cou-


rante, désigne des symptômes ou des affections corpo-
relles quel'opinion communeattribue habituellement à
desdifficultés morales, dessouffrancespsychiquesd'ori-
gine affective ou conflictuelle. Dans les milieux médi-
caux et psychiatriques, ce terme est encore souvent uti-
lisé pour qualifier une maladie quand ce n'est pas le
malade lui-même, lorsque la symptomatologie, pour-
tant irrécusable du point de vue fonctionnel et clinique,
ne renvoie à aucune cause objectivable du point de vue
anatomo-physiologique ou biochimique ni à aucun
signe de la sémiologie psychiatrique. On admet alors
une probable participation de « facteurs psychiques »
dans les mécanismes pathogéniques en cause, méca-
nismes qui paraissent aussi mystérieux que l'étaient
ceuxdesmaladiesinfectieuses avant l'ère pasteurienne.
Une conquête de la psychanalyse pour les uns, une
attitude inhérente à tout acte médical pour les autres,
la psychosomatique constitue de nos jours une
branche des sciences humaines définie par son objet :
la personne humaine dans sa lutte contre la mort, qui
inclut la maladie dans la logique du vivant.
Néed'une démarcheconduite par desmédecinset des
psychanalystes, l'histoire de la psychosomatique est
récente; mais les idées qui la fondent : à savoir, l'unité
essentielle de l'être humain, et la maladie comme mani-
festation d'un dynamisme vital, sont anciennes. On en
relève la trace au cours des âgesdans les écrits de méde-
cinset depenseurs illustres, sousformed'intuitions et de
préceptes concernant la maladie, le malade et le méde-
cin. Danscetteperspective, onpeut considérer quel'his-
toire de la médecine, contient en quelque sorte, la pré-
histoire delapsychosomatique.
L'imprécision qui entoure encore cette discipline,
tient au paradoxe épistémique que constituent l'unité
ontologique de l'être humain et la dualité phénoméno-
logique de son fonctionnement; quant aux résistances
qu'elle suscite, elles tiennent aux clivages intellectuels
d'une pensée cartésienne radicalisée par le positivisme
scientiste du XIXsiècle.
Différentes doctrines médicales et philosophiques se
sont succédé au cours des siècles, oscillant entre un
modèle mécaniciste et un modèle éthico-culturel de la
maladie. Entre les deux, un courant naturaliste a tou-
jours tenté de dépasser l'aporie plusieurs fois séculaire
du dualisme psyché-soma. C'est dans la filiation de ce
courant, à travers les mutations de la pensée scienti-
fique qu'est née la psychosomatique actuelle.
De nosjours, le développement des connaissances et
de la technologie a provoqué une transformation de la
pratique médicale. Cette transformation qui constitue
une avancée spectaculaire dans la connaissance de la
pathologie et dans l'efficacité thérapeutique entraîne
en contre partie une parcellisation du savoir, un mor-
cellement du corps humain, un renforcement du dua-
lisme et un mode de relation médecin-malade réduc-
teur et dépersonnalisant. Face à cet état de fait, la
psychosomatique offre un élargissement de l'horizon
médical, une conception synthétique de la maladie et
une approche globale de la personne humaine. Il a
longtemps été question de l'influence de l'esprit sur le
corps et du corps sur l'esprit. C'est dans une perspec-
tive différente que la psychosomatique s'est progressi-
vement constituée.
La première partie de cet ouvrage est consacrée à la
préhistoire de la psychosomatique, la seconde partie à
son histoire proprement dite.
Chapitre 1
LES FONDEMENTS
DE LA MÉDECINE
L'anté-médecine
Les premiers actes médicaux furent sans doute des
gestes de première nécessité destinés à soulager et gué-
rir, les moyens, d'ordre instinctifet pragmatique. Nous
ignorons quand, à l'aube de l'humanité, s'est spéciali-
sée la fonction du guérisseur. L'histoire des civilisa-
tions et les travaux des ethnologues montrent que
s'institua précocement le recours à des spécialistes
investis du pouvoir de lutter contre le mal. Henri Ey
(1981) désigne par « anté-médecine » l'ensemble des
pratiques thérapeutiques de ces sociétés où la vie, la
santé, la mort sont gouvernées par des forces surnatu-
relles. La maladie, considérée comme une agression,
est le fait de forces maléfiques ou constitue un désordre
contre lequel le thérapeute lutte à l'aide de moyens
naturels, découverts empiriquement, et de pratiques
magico-religieuses. C'est à partir de cette anté-méde-
cine que s'est constitué un savoir médical dont les dif-
férentes étapes sont marquées par les progrès des
connaissances et des techniques.
Le plus ancien document médical connu dans l'An-
tiquité classique, date de la fin du III millénaire. Il
témoigne d'une médecine assyro-babylonienne qui
procédait par analogie et appuyait ses connaissances
sur la mythologie, la métaphysique et l'astrologie. La
maladie était attribuée à un maléfice où à l'expiation
d'une faute commise. Toute la pathologie était rappor-
tée au surnaturel. Les traitements étaient assortis de
pratiques magiques et rituelles destinées à expulser le
mal, et calmer les mauvais esprits.
En Egypte, où le pouvoir de guérir était dévolu à
certains dieux par l'intermédiaire des prêtres, l'identifi-
cation d'entités pathologiques est pratiquement inexis-
tante. C'est cependant sur les bords de l'Euphrate et
du Nil qu'apparaissent les premières traces d'un rai-
sonnement médical sous forme de propositions, de
déductions et de recettes thérapeutiques. Comme la
plupart des peuples d'Asie et de Mésopotamie, les
Egyptiens polythéistes voyaient dans la maladie
l'œuvre occulte de forces démoniaques.
Les Hébreux ne faisaient guère de place à la méde-
cine. Les références médicales sont éparses dans la
Bible. La vie est sacrée et protégée par un ensemble
de lois et de préceptes touchant les domaines indivi-
duels et collectifs. L'hygiène, la prophylaxie, l'obliga-
tion de déclarer les maladies contagieuses, y tiennent
une place importante. La santé est attribuée à la béné-
diction divine et les malades sont invités à chercher les
fautes qu'ils ont commises, les lois qu'ils ont transgres-
sées et les préceptes qu'ils n'ont pas suivis. C'est l'im-
portance attachée à la prévention des maladies qui
caractérise cette médecine.
En Asie, Inde et Chine, se sont constituées depuis la
plus haute Antiquité, des théories et des pratiques
concernant l'homme, son corps, son esprit et son rap-
port avec l'univers. En Inde, ce sont les techniques du
corps permettant un contrôle sur les fonctions végéta-
tives. EnChine«(les) trois élémentsconstitutifs del'uni-
vers... sont leciel, l'hommeet laterre»(J. Gernet, 1974).
Lelien entre lemacrocosme (l'univers) et lemicrocosme
(l'homme) est une des bases de la médecine. Bien qu'ils
soientprofondémentdifférentsentreeux,lessystèmesde
pensée de l'Inde et de la Chine anciennes, impliquent
uneconceptionglobale del'hommecommeêtre del'uni-
vers. Le corps est soumis à la circulation d'une énergie
où s'affrontent deux forces : Yin et Yang. Il est intéres-
santdenoter quel'époque approximative oùsont appa-
rus Bouddah et Confucius est celle qui vit apparaître
Socrateet Hippocrate
C'est en Grèce, héritière lointaine et privilégiée des
civilisations orientales, oùlesdivinitésdouéesd'un pou-
voir médical étaient nombreuses, que la médecine s'est
progressivement dégagée des influences mythiques et
théocratiques. Dans les sanctuaires médicaux,lesAsclé-
pions, des prêtres-médecins, descendants d'Asclépios,
personnage légendaire, pratiquaient un art médical
encore proche dela magie. Lepoète Pindare dit «qu'on
ysoignepar la parole, lessimpleset lecouteau».
Apartir du vie siècle avant notre ère, les philosophes
et les physiologues présocratiques recherchaient un
principe capable d'expliquer l'unité de la nature. Ils
incluent le corps et ses désordres dans la trame de
l'Univers. Pour Alcméon de Crotonne, la santé est
l'expression d'un équilibre. Elle résulte des rapports
entre les éléments dont sont constituées les choses de
l'Univers. D'après Empédocle d'Agrigente, le corps est
composé de quatre éléments d'où dérivent les qualités
fondamentales de ses « humeurs ». Celles-ci sont
subordonnées à deux entités, l'amour et la haine, éner-
gies immanentes qui s'affrontent dans une lutte perma-
nente : l'une assure l'alliance des éléments, la seconde
leur désintégration. On voit apparaître les premières
conceptions de la maladie qui ne doivent rien au res-
sentiment des dieux. Au V siècle avant notre ère, ces
intuitions sont reprises et conceptualisées par Hippo-
crate, contemporain de Socrate.
1. Lorsqueleursourcen'estpasprécisée,lescitationssetrouventdans
l'1Hi
963s.toire de la médecinede M.Bariety et Ch. Coury, Paris, Fayard,
Commepartout ailleurs dans l'Antiquité, il existait à
côté des prêtres-médecins, des médecins profanes, pra-
ticiens itinérants. Hippocrate, l'un d'eux, constitue une
médecine naturaliste, lui confère un statut de discipline
indépendante reposant sur une doctrine, une méthodo-
logie et une déontologie de la pratique dont l'esprit n'a
pas vieilli. Henri Ey a regroupé l'essentiel des caracté-
ristiques de la médecine hippocratique en un certain
nombre de propositions qui concernent :
— la notion de désorganisation de l'ordre matériel du
corps ;
— le dynamisme de la maladie ;
— la classification des affections ;
— l'humanisme hippocratique.
D'Hippocrate à Galien
A Cos, Hippocrate fonde une pratique basée sur
l'observation clinique systématique du malade, édifie
une pathologie avec recherche étiologique et pronos-
tique dont la rigueur et la rationalité sont d'une
démarche scientifique.
Hippocrate considère la médecinedans une perspective géné-
rale et lemaladedans sesaspects particuliers. Il attache del'im-
portanceàcequedit«lemalade,lanature desesexplications,la
manièredontil faut lesaccueillir; lesdiscoursà tenir ».
Il s'intéresse à sa vie conjugale, professionnelle, son passé et
mêmeà sesrêves, car «l'âme quandelleest au serviceducorps
éveillé separtage entre beaucoupdetâches, maisquandlecorps
se tient tranquille, l'âme se met en mouvement; [ ] toutes les
fonctions du corps et de l'âme, elle les accomplit toutes. Celui
qui a une connaissance exacte de ces signes qui se produisent
dans le sommeil trouvera qu'ils ont un grand poids à tous
égards, car les maladies qui échappent à l'âme contribuent à
dévorer lecorps»
1. LescitationsduCorpussontextraitesdeM.Martiny,Hippocrateet
la médecine, Paris, Fayard, 1964, et deJ. Jouanna, Hippocrate,Paris,
Fayard, 1992.
Ces quelques lignes sont extraites du Corpus Hippo-
craticum, œuvre magistrale qui s'est constituée de la fin
du Vsiècle au milieu du IVsiècle avant J.-C. Composée
de 72traités, le Corpus contient les grands principes de
lamédecinehippocratique :l'idée denature opposéeà la
conception surnaturelle du mal et l'homme appréhendé
commeuneunité organisée, incorporéeàl'ordre ducos-
mos, lamaladiecommeundésordre :
«Lh' ommeestunepartie dela Physis(nature) quifait évoluer
toutes
sonnementchoses,
médilacnature
al. » ducorps est le commencementdu rai-
Il faut savoir qu'avant le V siècle le mot sôma désignait
le corps inanimé, le cadavre. Hippocrate a introduit l'idée
d'unité fonctionnelle du corps : «Lecorps humain est un tout
dont les parties s'interpénètrent, il possède unélément intérieur
de cohésion, l'âme; elle croît et diminue, renaît à chaque ins-
tant jusqu'à la mort. C'est une grande partie organique de
l'être. » Dans le Traité de la nature de lh' omme apparaît la
notion d'une fonction régulatrice de la vie physique et dela vie
psychi
souffle.que : l'âme ou psyché qui originairement signifiait le
«Lecorps de lh' ommecontient ensoi dusang, duphlegme,
de la bile jaune, de la bile noire et c'est à cause de cela qu'il
souffre oubien est en bonne santé. [ ] Dans l'intérieur est un
agentinconnuquitravaillepourletoutetpourlesparties, [ ]la
santé est un état d'équilibre, c'est un compromis permanent
[ ] il ne faut pas confondre la maladie avecla lésion qui n'en
n'est quela révélationoulerésultatéventuel. »
Toute la physiologie humorale dont il rattache la
complexité aux quatre éléments, est dominée par
quatre qualités, le chaud, le froid, le sec, l'humide
et leurs interrelations. Quant à sa sémiologie, les
notions de maturation et crise évoquent une appré-
hension dynamique de la maladie en termes de réac-
tions de défense, de catharsis. Un ensemble de textes
rassemblés sous le titre Epidémies concerne des obser-
vations cliniques, attache une grande importance aux
conditions d'apparition des maladies ainsi qu'à leur
dynamisme évolutif, à quelque chose aussi qui serait
une prénotion de constitution.
« Il faut réfléchir sur les constitutions diverses des saisons
et des maladies, [ ] étudier à quoi tient la violence du mal
] l'omani
[chose riginefestdes
e onmal
adies est
connaît dans tout
la chose le corps,
obscure. » C'e[st]dans
par clae
traité que les historiens de la médecine ont puisé les descrip-
tions des maladies et la sémiologie parvenues jusqu'à nous et
que figure la prescription célèbre : « En matière de maladie,
deuxrègles d'exercice : être utile et nepas nuire. »
Le Corpus n'est pas homogène, tous les écrits ne
sont pas d'inspiration hippocratique. Il existait à
l'époque d'autres Ecoles, notamment celle de Cnide.
Célèbre par ses chirurgiens, l'intérêt était centré sur les
symptômes locaux, la détermination des maladies par
organes et non comme à Cos sur les signes généraux.
Organiciste et localisatrice, la médecine cnidienne mul-
tiplie le nombre des affections mais ne cherche pas à en
comprendre la nature. Parmi les traités du Corpus, on
trouve des textes cnidiens qui comportent d'excellentes
observations utiles au diagnostic. Mais alors qu'à Cos
on s'appuyait sur la nature (nature médicatrix) pour
endiguer le mal et l'évolution de la maladie, à Cnide, la
thérapeutique consistait surtout en vomitifs, purgatifs
saignées et drogues composées, sans tenir compte,
nous dirions aujourd'hui, des effets secondaires des
traitements.
G. Baissette considère que le clivage entre la
conception organiciste de la médecine où ce qui
prime est la pathologie et la conception humaniste où
l'intérêt se porte sur l'homme malade, a sa source
dans l'opposition des deux écoles héllènes. Il cite un
épisode de la vie d'Hippocrate, à laquelle il a consa-
cré un livre, où l'on rapporte qu'au cours d'un
voyage en Macédoine, il fut appelé au chevet du roi
Perdiccas II dont les troubles attribués à la phtisie
résistaient au traitement prescrit par Euryphon de
1. G.Baissette, Auxsourcesdelamédecine,thèsepourledoctoratde
médecine,Paris, 1931.
Cnide. L'historien raconte qu'après l'examen de
son illustre patient suivi d'un colloque singulier où
Perdiccas lui aurait rapporté un rêve, Hippocrate
porte un diagnostic de langueur causé par un
amour contrarié. Cette anecdote, peut-être légendaire,
montre en tous cas l'intérêt que les médecins de Cos
attachaient au moral des malades et à la relation
entre le médecin et le malade.
La valeur des 153 écrits, qui constituent le Corpus,
malgré les insuffisances, les erreurs et les obscurités
qu'il comporte, reste primordiale dans l'histoire de la
médecine. Certains traités contiennent en germe une
compréhension qu'on peut qualifier de psychosoma-
tique, au sens actuel du terme.
L'œuvre d'Hippocrate n'a pas porté les fruits immé-
diats qu'on en pouvait espérer. Elle marque un recul
certain avec Platon et Aristote. Les notions d'unité du
corps et d'effort spontané de l'organisme malade vers
la guérison disparaissent, mais les deux courants celui
de Cos et celui de Cnide se retrouvent tout au long de
l'histoire de la médecine.
Deux siècles après la mort d'Hippocrate, suite au
déclin d'Athènes, la médecine perd son unité. Les
médecins et les philosophes se dispersent.
A Rome, la médecine était exercée par des esclaves
et des affranchis. L'arrivée des savants et des méde-
cins étrangers après la chute d'Alexandrie va transfor-
mer la citée romaine en foyer culturel. C'est au
I siècle de notre ère qu'est inaugurée la terminologie
scientifique romaine dont le principal artisan fut
Aulus Cornelius Celse, qui laisse une œuvre écrite
dont la partie médicale est dans l'esprit hippocra-
tique. D'après lui la médecine doit être rationnelle,
doit se fonder sur l'observation et non sur la théorie.
Soulignant l'importance du médecin, il insiste sur son
attitude face au malade notamment au cours du pre-
mier contact.
«Sil'art deraisonnerfaisait lesbons médecins,il n'y enaurait
pas demeilleurs que les philosophes; maisceux-ci excellent dans :
la science des mots et ne possèdent point celle qui guérit. »Son
ouvrage fondamental De Médicus, figure parmi les premiers
livres médicauxqui seront imprimés au XVsiècle.
Après Celse, Claude Nicon dit Galien (131-201), né
à Pergame en Grèce découvre et traduit en latin, les
textes d'Hippocrate. Il produit une œuvre considérable
et restitue à la médecine son unité et son prestige per-
dus. Médecin des gladiateurs à Rome, chirurgien,
pharmacien, fin clinicien et habile technicien, son
œuvre écrite est résumée dans l'Ars Parva. Les organes
possèdent quatre qualités : attractive, altérante, reten-
trice et expultrice — l'essence de la vie est le pneuma,
sorte d'esprit vital. Dieu est l'artisan suprême qui pré-
side à tous les phénomènes de la vie physique et psy-
chique; le corps est l'instrument matériel de l'âme, la
santé et la maladie sont soumises à ce principe théolo-
gique. S'il a enrichi les connaissances en anatomie et
en physiologie, Galien n'a rien apporté de nouveau en
ce qui concerne la pathologie. En ce qui concerne la
thérapeutique, il applique les traitements physiques
habituels auxquels il adjoint l'ensemble de la pharma-
copée traditionnelle qu'il codifie et qui prend désor-
mais le nom de galénique.

Les maladies de l'âme


L'angoisse, la dépression, la folie étaient connues
depuis la plus haute Antiquité, mais la séparation entre
la maladie du corps et la maladie de l'esprit ne s'impo-
sait pas. L'homme se sentait en relation étroite avec les
forces de l'univers et attribuait les troubles mentaux et
les troubles physiques aux mêmescauses.
Alkmeon de Crotone au XVsiècle avant notre ère
considérait le cerveau comme étant le siège de toutes les
sensations et l'âme constituée par un ensemble d'atomes
Imprimé en France
Imprimerie des Presses Universitaires de France
73, avenue Ronsard, 41100Vendôme
Mai 1994—N°40 124
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