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Ben 189674

Le document présente la Stratégie Nationale et le Plan d'Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin, élaboré en réponse à la Convention sur la Diversité Biologique ratifiée en 1994. Il met en avant un processus participatif impliquant divers acteurs et définit cinq axes stratégiques pour renforcer la gestion de la biodiversité. La mise en œuvre de cette stratégie est essentielle pour assurer la conservation des ressources biologiques et leur utilisation durable pour les générations futures.

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Le document présente la Stratégie Nationale et le Plan d'Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin, élaboré en réponse à la Convention sur la Diversité Biologique ratifiée en 1994. Il met en avant un processus participatif impliquant divers acteurs et définit cinq axes stratégiques pour renforcer la gestion de la biodiversité. La mise en œuvre de cette stratégie est essentielle pour assurer la conservation des ressources biologiques et leur utilisation durable pour les générations futures.

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REPUBLIQUE DU BENIN

MINISTERE DE L’ENVIRONNEMENT, PROGRAMME DES NATIONS UNIES


DE L’HABITAT ET DE L’URBANISME POUR LE DEVELOPPEMENT

STRATEGIE NATIONALE ET PLAN D’ACTION


POUR LA CONSERVATION DE LA DIVERSITE BIOLOGIQUE

Mars 2002

Projet de Stratégie Nationale et Plan d’Action de la Diversité Biologique (Ben/97/G 31)


01 BP 5882 Cotonou-Bénin Tél/Fax : (229) 31 66 47 – Email : luck@[Link]

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 1


PREFACE
Juin 1992 a été, pour la Communauté Internationale, un moment de sursaut mondial face
à la menace que constituait la dégradation des écosystèmes et la perte des espèces animales et
végétales de la planète. En effet, en concluant à l’issue de la Conférence des Nations Unies sur
l’Environnement et le Développement (CNUED) la Convention sur la Diversité Biologique
beaucoup d’efforts sont faits pour rétablir l’équilibre environnemental d’une manière générale et
restaurer la plénitude de la Diversité Biologique dans leurs habitats respectifs en particulier.
Le Bénin qui n’avait pas manqué le rendez-vous de la CNUED avait signé, entre autres,
la Convention sur la Diversité Biologique qu’il a ratifiée en juin 1994.
C’est par ces actes que le Bénin a manifesté à la face du monde sa volonté politique et sa
détermination à contribuer à la conservation de la Diversité Biologique dont l’importance pour
l’évolution et la préservation des systèmes qui entretiennent la vie sur terre n’est plus à
démontrer.
Dans le cadre de la mise en œuvre de cette convention, il a été prescrit l’élaboration de la
Stratégie Nationale de Conservation de la Diversité Biologique assortie de Plan d’action.

En réponse à cette obligation d’ordre international, le Bénin a bénéficié, à l’instar des


autres Parties à la Convention, de l’appui financier du Fonds pour l’Environnement Mondial
(FEM) pour élaborer sa stratégie.
Le processus a été entièrement participatif et a associé tous les représentants des groupes
cibles impliqués dans la gestion de la diversité biologique au Bénin à savoir : les femmes, la
société civile, les communautés locales à la base, les associations de développement, les
associations des paysans, les associations des professionnels de la Diversité Biologique
(chasseurs, pêcheurs, exploitants forestiers, sculpteurs, vanniers, marchands de trophées et de
plantes médicinales, etc.).

Cet exercice participatif a permis de dégager une vision et de réaliser un consensus sur
les grandes actions à entreprendre pour atteindre les objectifs spécifiques qui découlent des cinq
grands axes de la Stratégie que sont :
1. le renforcement des capacités des structures et des intervenants dans la gestion de la
Diversité Biologique ;
2. la promotion de la recherche ;
3. la promotion des valeurs et des savoir-faire endogènes pertinents ;
4. la valorisation des ressources génétiques ;
5. le développement de la coopération tant au niveau national, régional qu’international
dans les domaines scientifique, technique et biotechnologique.
Ainsi conçu, ce document est l’émanation d’un consensus national sur le devenir des
ressources biologiques au Bénin. Il témoigne d’une prise de conscience collective du rapport qui
devra dorénavant régir l’activité entre les populations et leur environnement naturel, de la
nécessité de soutenir les écosystèmes et l’intégrité des organismes vivants qu’ils renferment.

Sa mise en œuvre effective commandera sans aucun doute un tournant important dans la
façon dont nous utiliserons et gèrerons désormais les éléments de la Diversité Biologique pour
répondre aux aspirations profondes des acteurs et usagers impliqués dans cette première étape du
processus engagé.

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 2


C’est l’occasion, pour moi, de remercier les Institutions spécialisées qui nous ont soutenu
dans cet exercice à savoir :
- le Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM/GEF) dont l’appui
financier a permis de nous doter de ce précieux document ;
- le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) dont
l’appui technique du bureau local a été d’un grand intérêt.
Je remercie aussi tous les partenaires au développement nationaux ou bilatéraux qui ont
contribué d’une façon ou d’une autre à la réalisation de ce document et enfin, à tous les acteurs
qui ont fait leur, la tâche qui consistait à participer à cet exercice, j’exprime mes félicitations.
Je fonde mon espoir sur ce que l’exploitation de ce document suscite à travers une mise
en œuvre effective des actions qui y sont planifiées, une meilleure prise de conscience
individuelle et collective aux fins d’une utilisation rationnelle des éléments de la Diversité
Biologique pour les générations actuelles et futures.

La Diversité Biologique est le gage de la vie sur terre,


mobilisons-nous pour sa sauvegarde.

Le Ministre de l’Environnement,
de l’Habitat et de l’Urbanisme

Luc-Marie Constant GNACADJA

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 3


Table des matières
Libellé PAGES
Préface ……………………………………………………………………...
Avant – propos …………………………………………………………….. i
Sigles et abréviations ………………………………………………………. ii
Glossaire …………………………………………………………………… iv
Résumé …………………………………………………………………….. vi
Introduction ………………………………………………………………... 1

chapitre I : généralités sur le benin 4

1.1. Cadre biophysique ………………………………………………………….... 5


1.1.1. Situation géographique …………………………………………………….. 5
1.1.2. Géologie, géomorphologie et hydrologie ……………………………….. 5
1.1.3. Climat. ……………………………………………………………………... 8
1.1.4. Sols et aptitudes culturales …………………………………………………. 8
1.1.5. Végétation et faune ……………………………………………………….... 9

1.2. Contextes politique et socio-économique ……………………………………. 11


1.2.1. Caractéristiques démographiques ………………………………………….. 11
1.2.2. Contexte politique ………………………………………………………….. 11
1.2.3. Contexte économique et stratégie de développement ……………………… 12
[Link]. DONNEES SOCIO-ECONOMIQUES 12
…………………………………………….
[Link]. GRANDS AXES DE LA STRATEGIE NATIONALE DE DEVELOPPEMENT 13
………………..

chapitre II : analyse diagnostique de la diversité biologique 15

2.1. Atouts en matière de Diversité Biologique …………………………………... 16


2.1.1. Potentialités …………………………………………………………….…... 16
[Link]. Ressources forestières et faune associée………………………………... 16
[Link]. Ressources halieutiques et faune des écosystèmes non forestiers………... 16
[Link]. Ressources pastorales ……………………………………………………. 16
[Link]. Ressources édaphiques …………………………………………………... 17
[Link]. Ressources animales ……………………………………………………. 17
[Link]. Ressources éco-touristiques …………………………………………….. 18
[Link]. Ressources agricoles ……………………………………………………... 18
2.1.2. Acquis relatifs à la biotechnologie, la gestion des ressources
génétiques et la conservation …………………………………….………. 18
[Link]. Biotechnologie et gestion des ressources génétiques ……… …………… 18
[Link]. Biotechnologie artisanale et industrielle ………… ……………………… 19
[Link]. Conservation ex situ………………………………………………………. 19
[Link]. Conservation in situ………………………………………………………. 20
2.1.3. Cadres et mesures de conservation de la Diversité Biologique (DB) ……… 22
[Link]. Cadre institutionnel ………………………………………………………. 22
[Link]. Cadre législatif et réglementaire………………………………………….. 22

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 4


2.1.4. Projets et programmes récemment achevés, en exécution ou en instruction . 25
[Link]. Programme de Conservation et de Gestion des Parcs Nationaux
(PCGPN) …………………………………………………………………. 25
[Link]. Projet Régional de Conservation de la DB dans les Aires Protégées du
Bénin, du Burkina Faso et du Niger ……………………………………... 25
[Link]. Programme de Gestion des Forêts et Terroirs Riverains (PGFTR) ……… 26
[Link]. Programme de Gestion des Terroirs et des Ressources Naturelles
(PGTRN) ……………………………………………………………….. .. 26
[Link]. Projet de Restauration des Ressources Forestières dans la Région de
Bassila (PRRF) …………………………………………………………... 26
[Link]. Projet d’Aménagement des Massifs Forestiers d’Agoua, des Monts
Kouffé et de Wari-Maro ………………………………………………… 27
[Link]. Projets et Programmes en matière de pêche continentale et maritime …... 27
[Link]. Projet de Développement de l’Elevage (PDE), Phase III ………………... 27
[Link]. Projet Aulacodiculture …………………………………………………… 28
[Link]. Projet Flore du Bénin …………………………………………………… 28
[Link]. Programme Biodiversité du Centre Béninois pour le Développement
Durable …………………………………………………………………. 28
[Link]. Programme d’Aménagement des Zones Humides (PAZH) ……………. 28
[Link]. Programme "Amélioration génétique et Technologie alimentaire" de
l’INRAB………………………………………………………………… 28
[Link]. Projets et structures de micro-finance, de commercialisation et d’appui
au développement local ………………………………………………… 29

2.2. Etat actuel et problématique de conservation de la Diversité Biologique …… 29


2.2.1. Etat actuel ………………………………………………………………….. 29
[Link]. Dynamique des formations végétales ………………………………….… 29
[Link]. Situation du domaine classé ……………………………………………… 30
[Link]. Dynamique des populations de faune dans les aires protégées ………….. 30
[Link]. Etat des écosystèmes aquatiques ………………………………………… 30
2.2.2. Problèmes identifiés dans les départements……………………………….. 32
[Link]. Départements de l’Atacora et de la Donga …………………….………… 32
[Link]. Départements de l’Atlantique et du Littoral …………………………….. 32
[Link]. Départements du Borgou et de l’Alibori ……………………….……….. 33
[Link]. Départements du Mono et du Couffo ……………………………………. 33
[Link]. Départements de l’Ouémé et du Plateau ……………………….……….. 33
[Link]. Départements du Zou et des Collines ………………………….………… 34
2.2.3. Synthèse et analyse thématique ……………………………………………. 34

2.3. Facteurs de dégradation de la Diversité Biologique ….. …………………….. 34


2.3.1. Causes de dégradation ……………………………………………………... 35
[Link]. Départements de l’Atacora et de la Donga ……………………………… 35
[Link]. Départements de l’Atlantique et du Littoral …………………………….. 35
[Link]. Départements du Borgou et de l’Alibori…………………………………. 36
[Link]. Départements du Mono et du Couffo ……………………………………. 36
[Link]. Départements de l’Ouémé et du Plateau ……………………….……….. 36
[Link]. Départements du Zou et des Collines ……………………………………. 36
2.3.2. Synthèse et analyse thématique : diagnostic amélioré…………………. ….. 37
[Link]. Facteurs anthropiques ……………………………………………………. 37
[Link]. Facteurs d’ordre politique, institutionnel et structurel …………………… 37
[Link]. Méconnaissance des ressources et du processus de leur évolution ……… 38

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 5


CHAPITRE III : STRATEGIE NATIONALE 39

3.1. Fondements de la stratégie nationale ………………………………………… 40


3.1.1. Problème majeur …………………………………………………………... 40
3.1.2. Principaux défis …………………………………………………….……… 40

3.2. Orientations stratégiques et objectifs ………………………………………… 40


3.2.1. Orientation majeure et objectif global……………………………………... 40
[Link]. Orientation majeure…………. …………………………………………... 40
[Link]. Objectif global ………………………………………………………….... 40
3.2.2. Axes stratégiques et objectifs spécifiques …………………………………. 41
[Link]. Axes stratégiques ………………………………………………………… 41
[Link]. Objectifs spécifiques …………………………………………………….. 41

CHAPITRE IV : PLAN D’ACTION POUR LA CONSERVATION DE LA


DIVERSITE BIOLOGIQUE 43

4.1. Cadre logique ………………………………………………………………… 43


4.1.1. Méthodologie de présentation du cadre logique……………………………. 43
4.1.2. Présentation du cadre logique ……………………………………………… 43

4.2. Plan d’action ………………………………………………………………… 53

CHAPITRE V : MISE EN ŒUVRE, SUIVI ET EVALUATION DE LA STRATEGIE


NATIONALE ET DU PLAN D’ACTION 64

5.1. Mécanismes de coordination et de suivi-évaluation …………………………. 65


5.1.1. Missions du Secrétariat Technique Permanent (STP) …………………….. 65
5.1.2. Missions du Comité National de la Diversité Biologique …………………. 65
5.1.3. Structure et attributions du Secrétariat Technique Permanent …………….. 66
5.1.4. Proposition de modalités de mise en place du Secrétariat Technique
Permanent ……………………….…………………………………………. 68
5.1.5. Mécanisme de suivi-évaluation de la stratégie et du plan d’action………… 68

5.2. Moyens de mise en œuvre du plan d’action………………………………….. 68

Conclusion …………………………………………………………………. 69

Bibliographie ………………………………………………………………. 70
Annexes ……………………………………………………………………. 72
Liste des cartes ……………………………………………………………...
Liste des tableaux ……………………………………………………….. ...
Liste des figures …………………………………………………………….

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 6


AVANT-PROPOS
Le présent document de Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la
Diversité Biologique marque sans nul doute l’aboutissement d’un processus de concertation pour
établir des consensus sur une vision novatrice de la gestion des ressources biologiques. Ces
ressources, de nature fragile, sont insuffisamment connues pour être utilisées rationnellement, ce
qui place la recherche au cœur des stratégies, des actions et des activités que requiert leur
conservation.

Ce document a établi, sans détour, l’état actuel des ressources biologiques au Bénin et a mis en
exergue les insuffisances notées dans leur gestion ainsi que les conséquences négatives qui en
découlent.

Ces insuffisances nécessitent d’être corrigées avec la mise en œuvre effective du programme
d’action qui sous-tend la stratégie adoptée, et dont les composantes majeures sont :

- le renforcement des capacités des intervenants dans la gestion de la Diversité


Biologique ;
- la promotion de la recherche ;
- la promotion des valeurs et savoir-faire endogènes pertinents ;
- la valorisation des ressources génétiques et le développement de la coopération tant aux
plans national, régional qu’international ;
- la responsabilisation des communautés à la base qui répond à la volonté du Bénin de
concrétiser le processus de décentralisation déjà engagé.

Par ailleurs, il importe de souligner que les acquis biotechnologiques au Bénin, notamment dans
les domaines agro-alimentaires et de la pharmacopée, restent encore embryonnaires bien que des
efforts importants soient notés.

De ce fait, les questions relatives à la biosécurité restent entières. Bien que le Bénin ait signé et
ratifié le protocole de Cartagena sur la prévention des risques biotechnologiques, protocole qui
est suffisamment clair quant à son importance et à sa pertinence, un effort particulier devra être
consenti pour bâtir un cadre réglementaire adéquat en la matière.

Aussi, note-t-on que dans sa forme actuelle, le Projet BEN/97/G31, qui fait office de Cellule
Nationale de la Diversité Biologique et qui dépend d’une direction du Ministère de
l’Environnement, de l’Habitat et de l’Urbanisme à charge de la mise en œuvre de la Convention
sur la Diversité Biologique ne pourra pas conduire efficacement le Programme de Conservation
et d’Utilisation Durable de la Diversité Biologique élaboré et les projets qui en découlent. Il est
par conséquent fortement recommandé que cette Cellule soit transformée en un Secrétariat
Technique Permanent qui aura pour mission de coordonner et d’assurer un fonctionnement
efficient des Secrétariats Spécifiques et des Groupes Thématiques qui figurent dans
l’organigramme adopté par le Séminaire de Validation.

Pour ce faire, le Secrétariat Technique Permanent doit être une structure autonome suffisamment
outillée et puissante, bien avisée des questions de la Diversité Biologique dans son ensemble
pour mettre effectivement en œuvre la Convention sur la Diversité biologique, notre défi à
relever.

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 7


SIGLES ET ABREVIATIONS

ABE : Agence Béninoise pour l’Environnement


AGDSD : Agence de Gestion de la Dimension Sociale du Développement
AGEFIB : Agence de Gestion et de Financement des Initiatives de Base
AP : Aire Protégée
APEIF : Association Paysanne d’Entraide, d’Information et de Formation
ARDET : Agence Régionale de Développement du Tourisme de l’Atacora
ASEG : Analyse Socio-Economique selon le Genre
BADEA : Banque Africaine de Développement Economique en Afrique
BEPEA : Bureau d’Expertise en Prospective Ecologique et en Aménagement
CARDER : Centre d’Action Régional pour le Développement Rural
CBDD : Centre Béninois pour le Développement Durable
CDB : Convention sur la Diversité Biologique
CENAGREF : Centre National de Gestion des Réserves de Faune
CENATEL : Centre National de Télédétection et de la Surveillance du Couvert Forestier
CFD : Caisse Française de Développement
CFDAR : Cellule Femme dans le Développement Agricole et Rural
CLCAM : Caisse Locale de Crédit Agricole Mutuel
CNDB : Comité National de la Diversité Biologique
CNDD : Commission Nationale du Développement Durable
CPU : Collège Polytechnique Universitaire
CRA - Nord : Centre de Recherches Agricoles du Nord
CRA - Sud : Centre de Recherches Agricoles du Sud
CREP : Caisse Rurale d’Epargne et de Prêt
DAT : Direction de l’Aménagement du Territoire
DB : Diversité Biologique
DE : Direction de l’Environnement
DFRN : Direction des Forêts et des Ressources Naturelles
DSRP : Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté
OAA (FAO) : Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture
FAST : Faculté des Sciences et Techniques
FEM : Fonds pour l’Environnement Mondial
FIJ : Fonds d’Insertion des Jeunes
FSA : Faculté des Sciences Agronomiques
GTZ : Agence de Coopération Technique Allemande
IEC : Information Education Communication
IGN : Institut Géographique National
IITA : Institut International d’Agriculture Tropicale

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 8


INRAB : Institut National des Recherches Agricoles du Bénin
INSAE : Institut National de la Statistique et de l’Analyse Economique
IPGRI : Institut International des Ressources Phytogénétiques
IRD : Institut de Recherche et de Développement
MAEP : Ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche
MCPTN : Ministère de la Communication et de la Promotion des Technologies Nouvelles
MEHU : Ministère de l’Environnement, de l’Habitat et de l’Urbanisme
MESRS : Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique
MFE : Ministère des Finances et de l’Economie
MFPTRA : Ministère de la Fonction Publique, du Travail et de la Réforme Administrative
MSP : Ministère de la Santé Publique
ONG : Organisation Non Gouvernementale
PADEL : Projet d’Appui au Développement Local
PADME : Projet d’Appui au Développement de Micro-Entreprises
PADSA : Programme d’Appui au Développement du Secteur Agricole
PAE : Plan d’Action Environnemental
PAGER : Projet d’Activités Génératrices de Revenus
PAMR : Projet d’Appui au Monde Rural
PAPN : Projet d’Aménagement des Parcs Nationaux
PAZH : Programme d’Aménagement des Zones Humides
PCGPN : Programme de Conservation et de Gestion des Parcs Nationaux
PDE : Projet de Développement de l’Elevage
PGFTR : Programme de Gestion des Forêts et Terroirs Riverains
PGRN : Projet de Gestion des Ressources Naturelles
PGTRN : Programme de Gestion des Terroirs et des Ressources Naturelles
PIB : Produit Intérieur Brut
PNUD : Programme des Nations Unies pour le Développement
PNUE : Programme des Nations Unies pour l’Environnement
PROMIC : Projet de Micro-Finance et de Commercialisation
RB : République du Bénin
STP : Secrétariat Technique Permanent
THP : The Hunger Project
UICN : Union Internationale pour la Conservation de la Nature

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 9


GLOSSAIRE
Aire protégée : Toute zone géographiquement délimitée qui est désignée ou
réglementée, et gérée en vue d’atteindre des objectifs
spécifiques de conservation.

Biome : Vaste ensemble d’espaces et d’écosystèmes composé de plantes


et d’animaux typiques et qui a atteint une certaine stabilité ou
climax ou équilibre final. Exemple : la savane.

Biosphère : Partie de l’écorce terrestre où la vie est possible.

Biotechnologie : Toute application technologique qui utilise des systèmes


biologiques, des organismes vivants, ou des dérivés de ceux-ci,
pour réaliser ou modifier des produits ou des procédés à usage
spécifique.

Conservation ex-situ : Conservation d’éléments constitutifs de la Diversité Biologique


en dehors de leur milieu naturel.

Conservation in situ : Conditions caractérisées par l’existence de ressources


génétiques au sein d’écosystèmes et d’habitats naturels et, dans
le cas d’espèces domestiques et cultivées, dans le milieu où se
sont développés leurs caractères distinctifs.

Développement durable : Stratégie de développement qui intègre la dimension


environnementale à celle économique et sociale. Elle vise la
satisfaction des besoins des générations actuelles sans
compromettre ceux des générations futures.

Diversité Biologique : Variabilité des organismes vivants de toute origine y compris,


entre autres, les écosystèmes terrestres, marins et autres
écosystèmes aquatiques et les complexes écologiques dont ils
font partie ; cela comprend la diversité au sein des espèces et
entre les espèces ainsi que celle des écosystèmes.

Ecosystème : Complexe dynamique formé de communautés de plantes,


d’animaux et de micro-organismes et de leur environnement
non vivant qui, par leur interaction, forme une unité
fonctionnelle.

Espèce endémique : Espèce confinée à une surface restreinte, et ne s’étendant pas


au-delà d’une seule région, d’une île, ou d’un autre domaine
bien circonscrit.

Espèce éteinte : Espèce ayant existé sur un territoire, et qui n’existe plus.

Forêt classée : Zone soumise à un régime restrictif de l’exercice des droits


d’usage des individus ou des collectivités après
accomplissement d’une procédure de classement.

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 10


Parc National : Aire placée sous le contrôle de l’Etat, dont les limites ne
peuvent être modifiées et dont aucune partie n’est susceptible
d’aliénation ; mise à part pour la protection, la conservation et
la propagation de la vie animale sauvage et de la végétation
sauvage et pour la protection des sites de paysages ou de
formations géologiques d’une valeur scientifique ou esthétique
particulière. Aire dans laquelle la chasse, l’abattage ou la
capture de la faune, la destruction ou la collecte de la flore sont
interdits, sauf pour des raisons scientifiques ou pour les besoins
de l’aménagement.

Périmètre de reboisement : Zone de terrains dénudée ou insuffisamment boisée, classée, sur


laquelle s’exerce ou risque de s’exercer une érosion grave et
dont le reboisement est reconnu nécessaire.

Peuplement : Ensemble des arbres qui croissent en un endroit donné.

Ressources biologiques : Ressources génétiques, organismes ou éléments de ceux-ci,


populations ou tout autre élément biotique des écosystèmes
ayant une utilisation ou une valeur effective ou potentielle pour
l’humanité.

Ressources génétiques : Matériel génétique ayant une valeur effective ou potentielle.

Sanctuaire : Endroit, zone ou formation sacrés et inviolables.

Taxa : Pluriel de taxon = toute unité taxonomique employée en


zoologie telle que : famille, genre, espèce.

Utilisation durable : Utilisation des éléments constitutifs de la Diversité Biologique


d’une manière et à un rythme qui n’entraînent pas leur
appauvrissement à long terme, et sauvegardent ainsi leur
potentiel pour satisfaire les besoins et les aspirations des
générations présentes et futures.

Végétation saxicole : Végétation que l’on rencontre sur les rochers, ainsi que sur leurs
pentes et éboulis.

Zone cynégétique : Réserve de faune dans laquelle n’est autorisée que la chasse
sportive, elle-même soumise à des restrictions spéciales.

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 11


RESUME

Le présent document de Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la


Diversité Biologique est le fruit d’un long processus consultatif et itératif au cours duquel tous
les acteurs impliqués dans la gestion de la Diversité Biologique se sont concertés et ont exprimé
leurs desiderata quant au devenir de leur patrimoine biologique. Divers rapports (cf.
bibliographie) ont sanctionné ces séminaires et ateliers. Ces rapports ont été mis en synergie aux
fins de mettre à disposition un document cohérent et pertinent qui tienne compte non seulement
des atouts du Bénin en la matière mais surtout de l’état actuel et de la problématique de
conservation de la Diversité Biologique en terme de contraintes et causes avérées de dégradation.

Pour en arriver là, il a fallu présenter, en introduction, l’importance et l’opportunité de la mise en


œuvre de la CDB lorsqu’on sait qu’à cause du « Dahomeen Gap» le Bénin ne dispose que de
forêts décidues, semi-décidues et autres biomes (savanes surtout) dont on connaît la fragilité. A
n’en point douter, la mise en œuvre du Projet BEN/97/G31 a permis de poser un bon diagnostic
sur les ressources biologiques du Bénin.

A la suite de l’introduction, le chapitre I fait état de généralités sur le Bénin : avec une superficie
de 112 622 km2 et une population d’environ 6 millions d’habitants, la République du Bénin est
un pays côtier d’Afrique Occidentale. Son relief est peu accidenté et son climat, assez diversifié,
varie du type sub-équatorial au sud au type sahélien à l’extrême nord. La population est
inégalement répartie avec des foyers de forte concentration humaine notamment dans la zone
côtière au sud et dans les massifs de l’Atacora au nord-ouest.

Bien que n’étant pas un pays forestier, le Bénin dispose cependant d’atouts non négligeables
pour asseoir les bases d’un développement durable fondé sur ses ressources. Dans ce cadre une
évaluation des potentialités est faite au chapitre II, notamment les ressources forestières,
halieutiques, pastorales, édaphiques, animales, éco-touristiques et agricoles. Ont été également
relevés dans ce cadre les acquis biotechnologiques, les cadres et les mesures actuels de
conservation, de même que les projets et programmes en exécution ou en instruction au niveau
de tous les secteurs concernés par la gestion de la Diversité Biologique.

Dans le chapitre II sont également abordés l’état actuel, en terme de dynamique, et la


problématique de conservation de la Diversité Biologique. Quant à l’évaluation de son état
actuel, elle concerne la dynamique des principales formations végétales et des populations de
faune, la situation du domaine classé et l’état des écosystèmes marins et aquatiques.

L’étude de la dynamique des formations végétales (forêts, galeries forestières, savanes et


plantations) indique qu’au cours des vingt (20) dernières années :

- dans le domaine classé, les formations forestières ont été largement dégradées (-987.607
ha) en dépit de tous les projets mis en œuvre par l’Administration Forestière ;
- les savanes arborées et arbustives ont connu la régression la plus importante (-1.945.137
ha) ;
- l’effort de reboisement s’est émoussé ces dernières années (-175.982 ha) : on exploite les
plantations existantes sans les renouveler ;
- la plupart des périmètres de reboisement sont occupés du fait de leur proximité des
centres urbains ;
- les forêts cultuelles (forêts sacrées et autres sanctuaires) sont fortement dégradées.

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 12


La dynamique des populations de faune dans le Parc National de la Pendjari, parc le mieux
protégé, indique une forte régression des effectifs depuis les années 70 malgré les importants
projets qui s’y sont exécutés. Cette situation est symptomatique de la situation de la faune au
plan national. L’annexe 1 confirme cet état de fait, au vu de l’importance des espèces menacées
et rares.

La dégradation des écosystèmes aquatiques et la relative pauvreté des eaux marines sont très
préoccupantes. La mangrove a fortement régressé (-15.000 ha).

L’état de dégradation de la plupart des formations, réserves de la Diversité Biologique et


écosystèmes non classés est à l’origine des problèmes vécus par les populations et relatés lors
des SEMINAIRES DEPARTEMENTAUX SUR LE DIAGNOSTIC DE LA DIVERSITE
BIOLOGIQUE. Il ressort de la revue de ces problèmes que les plus fréquents concernent :

- la baisse de la fertilité et l’érosion des sols ;


- le recul du couvert forestier ;
- l’appauvrissement en ressources biologiques consommables (ressources fauniques et
halieutiques surtout).

Comme problèmes spécifiques, on note :

- dans tous les Départements, excepté ceux de l’Atlantique et du Littoral, la péjoration


climatique, la transhumance et l’expansion de la culture cotonnière ;
- dans le Mono, le Couffo, le Zou, l’Ouémé, le Plateau, l’Atlantique et le Littoral
l’insuffisance de terres et l’inexistence d’aires protégées.

Quant aux facteurs (causes) de dégradation de la Diversité Biologique, il ressort de la synthèse


de la panoplie des causes relevées au niveau des Départements que trois grandes catégories de
facteurs méritent d’être retenues.

Facteurs anthropiques

Ils sont liés à :

• la pratique de l’agriculture itinérante sur brûlis et de l’abattage consistant en


l’incinération systématique des pieds des arbres, supprimant du coup toute régénération,
ce qui transforme chaque année environ 160.000 ha de forêts naturelles en zones de
cultures ;

• la pratique de l’élevage transhumant qui cause des dommages à l’environnement suite à


l’émondage abusif des essences fourragères, le surpâturage, le piétinement et le
tassement ;

• la pratique généralisée et incontrôlée de carbonisation dans les forêts de colonisation


récente ;

• la pratique des feux de brousse tardifs qui constitue une menace particulièrement grave
pour tous les écosystèmes forestiers du pays ;

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 13


• la pratique de la cueillette au détriment d’une utilisation durable des ressources naturelles
(bois de feu, d’œuvre et de service, prélèvement des plantes médicinales, braconnage et
exploitation illicite des plans d’eau).

De ces relations agriculture-forêt, élevage-forêt, cueillette-forêt, il ressort que ce sont les


questions relatives à la gestion des ressources forestières, au système d’élevage, à la foresterie
communautaire (plantations villageoises et agro-foresterie) et à la gestion des terroirs villageois
qu’il s’agira de repenser globalement.

Facteurs d’ordre politique, juridique et institutionnel

Ils sont liés à :

• une vision prospective qui présente de graves insuffisances. En effet, la plupart des textes
réglementaires ne permettent pas l’émergence et la prise en compte suffisante des valeurs
et savoir-faire endogènes favorables aux actions de conservation, de développement et de
recherche en matière de Diversité Biologique. Par ailleurs, ces textes n’offrent pas
d’alternatives aux populations qui dépendent étroitement de ces ressources ;

• l’insuffisance ou l’absence d’outils de gestion rationnelle de l’environnement et de la


Diversité Biologique ;

• la faible capacité d’intervention des différentes institutions mises en place, tant au niveau
matériel qu’à celui des ressources humaines ;

• l’inefficience des actions de responsabilisation des communautés locales par rapport à la


gestion des ressources naturelles.

Méconnaissance des ressources et du processus de leur évolution

Elle se caractérise par :

• une insuffisance de données relatives à la gestion des ressources naturelles


renouvelables ;

• une vision limitée des composantes de la Diversité Biologique ;

• une inadéquation des liens entre la dynamique démographique, les besoins et les
disponibilités en ressources exploitables. On est donc loin de cette logique qui sous-tend
tout développement durable puisqu’on ne dispose que de peu d’inventaires, de plans
d’aménagement et de faibles moyens pour exécuter les travaux préparatoires à toute
exploitation rationnelle, ce qui fait que le contrôle des prélèvements se fait a posteriori ;

• une connaissance limitée des biomes que représentent les zones humides.

Au demeurant, le niveau des connaissances de la Diversité Biologique et du processus de son


évolution reste encore très faible pour permettre une gestion rationnelle de ses éléments.

L’analyse thématique de tous ces facteurs a permis d’identifier les grands défis à relever. Il
s’agit :

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 14


- de repenser globalement les modalités actuelles d’exploitation des ressources biologiques
et d’éradiquer les comportements négatifs ;
- d’établir de nouvelles bases conceptuelles pour la reformulation et l’actualisation des
textes régissant jusqu’ici la conservation des ressources biologiques ;
- d’améliorer les connaissances sur les ressources biologiques, gage de leur exploitation
rationnelle et d’élaborer des outils appropriés de leur gestion ;
- de promouvoir l’adhésion des populations à la gestion des ressources biologiques et le
développement des communautés de base par l’amorce d’une décentralisation effective.

Le chapitre III donne les orientations stratégiques requises à partir de ces défis et du problème
majeur découlant de la synthèse faite au niveau des Départements. Le problème majeur que
connaît le Bénin en la matière est : la dégradation persistante des réserves de la Diversité
Biologique malgré les efforts de conservation consentis et les stratégies sectorielles
développées.

L’orientation majeure qui ressort de ce problème s’énonce comme suit : d’ici à l’an 2025 les
collectivités territoriales décentralisées et l’Etat ont une conscience précise des enjeux de la
Diversité Biologique et la gèrent durablement pour soutenir le développement socio-
économique du Bénin.

Face à une telle vision, l’objectif global à atteindre est : de contribuer au développement
durable du Bénin et à la réduction de la pauvreté à travers une meilleure gestion de la
Diversité Biologique.

De cette orientation majeure et de cet objectif global découlent des axes stratégiques et des
objectifs spécifiques.

Comme axes stratégiques, il est retenu :

1. le renforcement des capacités des structures et intervenants dans la gestion de la


Diversité Biologique ;

2. la promotion de la recherche ;

3. la promotion des valeurs et savoir-faire endogènes pertinents ;

4. le développement de la coopération tant au niveau national, régional qu’international ;

5. la valorisation des ressources génétiques.

Les objectifs spécifiques découlant de ces orientations sont les suivants :

Objectif 1 : Restaurer les ressources biologiques et leurs supports à un niveau supérieur aux
besoins des populations et qui permette de contribuer significativement au développement
économique.

Objectif 2 : Moderniser de manière écologiquement acceptable l’agriculture d’ici à l’an 2015.

Objectif 3 : Tenir compte de la Diversité Biologique dans l’ensemble des actions de


développement économique et social, et dans l’éducation.

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 15


Objectif 4 : Valoriser la Diversité Biologique et les ressources génétiques.

Objectif 5 : Créer un cadre viable de concertation, de suivi, de coordination et d’orientation de


toutes les activités nationales de gestion de la Diversité Biologique.

A tous ces objectifs sont associées des actions prioritaires qui ont permis d’identifier, au chapitre
IV qui concerne le plan d’action proprement dit, les activités correspondantes. Au total, 22
actions prioritaires pertinentes ont été retenues. Le coût estimatif de ce plan d’action est de
92.754,8 millions de francs CFA, y compris les programmes en cours d’instruction comme le
PGFTR.

Le chapitre V aborde le suivi de la mise en œuvre ainsi que l’évaluation de la stratégie et du plan
d’action qui nécessitent, outre des moyens, la mise en place de mécanismes de coordination, la
création d’une structure fonctionnelle dotée d’autonomie financière et administrative, le
Secrétariat Technique Permanent (STP).

En conclusion, on peut retenir qu’avec l’élaboration et l’adoption par le Gouvernement de ce


document, tous les agrégats nécessaires à la formulation et à l’instruction de programmes et
projets dont a réellement besoin le Bénin pour développer et utiliser durablement son patrimoine
biologique sont réunis.

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 16


INTRODUCTION

S’il est une problématique environnementale dont la résolution correcte peut assurer la pérennité
des systèmes écologiques qui assurent la vie, c’est bien celle relative à la conservation de la
diversité biologique, définie comme étant "la variation des organismes vivants de toute origine y
compris, entre autres, les écosystèmes terrestres, marins et complexes écologiques dont ils font
partie" (UNEP, 1994).

Pour la compréhension de la majorité de la population du Bénin, qui n’est pas habituée à la


sémantique écologique, le terme "diversité biologique" est couramment employé pour désigner la
diversité de la vie sur terre. Cette diversité est le fondement même de l’évolution qui assure la
continuité du monde vivant.

Mais le constat de sa rapide dégradation à toutes les échelles de perception écologique


(biosphère, biome, peuplement, écosystème) est patent, notamment en ce qui concerne sa
richesse spécifique (UICN ,1999). En effet il est aujourd’hui établi que 200 millions d’hectares
de forêts ont disparu seulement au cours de l’année 1998 à l’échelle de notre planète-terre, que
80% des forêts d’origine ont été soit coupées, soit fragmentées ou dégradées et que la viabilité à
long terme de nombre d’espèces animales et végétales est ainsi compromise par érosion
génétique. Bien que des statistiques précises ne soient pas encore disponibles sur le niveau de
dégradation des biomes les plus fragiles, (savanes et steppes), leur surexploitation ne saurait être
occultée. Par ailleurs, le point sur les espèces disparues, ces trente dernières années, est loin
d’être établi par la communauté scientifique internationale qui affiche, à juste titre, en ce début
de troisième millénaire, sa volonté d’approfondir sa compréhension de la dynamique de la
biosphère aux fins d’une utilisation plus convenable et plus responsable de ses ressources. C’est
dire que c’est la question de nos modes de gestion et d’exploitation des ressources naturelles qui
est au cœur de la problématique de la conservation de la diversité biologique.

Au Bénin, en 1970, plus de 2000 hectares de forêts denses semi-décidues ont été délibérément
décimés, et avec elles les populations de Colobes et autres singes dont elles constituent l’habitat
dans la région de Bassila, pour installer des massifs d’anacardiers sous le seul prétexte de la
viabilité économique de ces plantations (BEPEA,1996). Par ailleurs depuis bientôt 10 ans, on
estime à 160.000 ha le rythme annuel moyen de recul des formations naturelles, et les efforts
consentis pour maîtriser la situation sont loin d’être concluants.

C’est dans ce contexte international et national que la Communauté Internationale, préoccupée, a


organisé en juin 1992, à Rio de Janeiro, la Conférence des Nations-Unies sur l’Environnement et
le Développement, au cours de laquelle ont été exposés au grand jour les textes de la Convention
sur la Diversité Biologique (CDB).

En procédant à sa signature le 13 juin 1992, le Bénin manifeste ainsi son adhésion aux constats
faits sur la pression inquiétante que subissent les ressources naturelles de la planète. La
manifestation de cet engagement a été totale lorsque, le 30 juin 1994, l’acte de ratification de la
CDB par le Bénin a été enregistré dans les annales du siège du PNUE.

Le mérite de la CDB est qu’elle a circonscrit, et de manière largement partagée par les
représentants des Pays invités à cette auguste conférence, les maux qui entravent la
conservation des ressources naturelles, si nécessaire à l’amorce d’un développement durable.
Elle a surtout fait prendre conscience de l’importance des ressources biologiques sur les plans
environnemental, génétique, social, économique, scientifique, éducatif, culturel, récréatif et
esthétique.

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 17


La CDB vise trois objectifs à savoir :

- la conservation efficace de la diversité biologique ;

- l’utilisation durable des éléments constitutifs de la diversité biologique ;

- le partage juste et équitable des avantages découlant de l’exploitation des ressources


génétiques.

Pour atteindre ces objectifs, la première Conférence des Parties sur la diversité biologique a
prescrit à chaque Pays-partie l’élaboration de sa stratégie et de son plan d’action de conservation
de la Diversité Biologique sur une base largement consultative, itérative et consensuelle, c’est-à-
dire en tenant essentiellement compte des aspirations des populations et acteurs préoccupés par
la dégradation de leur patrimoine génétique. Prenant acte de cette recommandation, la
méthodologie de travail suivie pour mettre à disposition le présent document de stratégie
nationale et plan d’action pour la conservation de la diversité biologique a eu pour fondement le
processus de planification et de concertation mis en œuvre par le Projet « Stratégie Nationale et
Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique ». Dans ce cadre, divers rapports
d’ateliers, de séminaires et de consultations ont été exploités, à savoir :

- le rapport de l’atelier de démarrage du projet sus-visé, tenu en janvier 2000 ;

- le compte-rendu de la première journée de concertation sur le Projet Régional de


Conservation de la DB dans les AP du Bénin, du Niger et du Burkina Faso (2000) ;

- les six (06) rapports des ateliers départementaux sur le Diagnostic des Ressources
Biologiques (2000 – 2001) ;

- le rapport général relatif au dépouillement des fiches de diagnostic départemental


(décembre 2000) ;

- le rapport général de la journée d’information, de réflexion et d’échanges sur la


gestion communautaire de la DB vue par les femmes (décembre 2000) ;

- le rapport sur la monographie de la DB du Bénin (novembre 2001) ;

- le rapport général du séminaire – atelier de concertation entre les acteurs de la gestion


de la DB pour l’harmonisation des points de vue sur les lignes directrices, les
prérequis et les perspectives de la stratégie nationale et du plan d’action de
conservation de la DB (septembre 2001).

Divers autres documents ayant des liens avérés avec la problématique de conservation de la DB
ont été également exploités (cf. bibliographie).

La méthodologie utilisée a dès lors consisté à :

- relever tous les prérequis, préoccupations, facteurs de dégradation et approches de


solutions préconisées par les divers acteurs de la gestion de la DB ;

- mettre en cohérence les rapports de ces séminaires et ateliers, les stratégies


développées dans les divers secteurs impliqués dans la gestion de la DB, et les

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 18


résultats des projets et programmes nationaux en exécution ou en instruction en
matière de conservation de la DB. La finalité étant d’en dresser l’état des lieux et de
poser le diagnostic de sa dégradation ;

- traduire les aspirations, défis et vision retenus sous forme de stratégie nationale et de
plan d’action assortis d’activités à mener, des coûts prévisionnels de leur mise en
œuvre et d’indicateurs de résultats.

Le présent document comporte les cinq (05) chapitres suivants :

1. Généralités sur le Bénin

2. Analyse diagnostique de la Diversité Biologique

3. Stratégie nationale

4. Plan d’action

5. Mise en œuvre, suivi et évaluation de la stratégie nationale et du plan d’action.

A toutes fins utiles, la synthèse des données sur la monographie nationale de la Diversité
Biologique est jointe en annexe 1.

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 19


CHAPITRE I :
GENERALITES SUR LE BENIN
1.1. CADRE BIOPHYSIQUE

1.1.1 Situation géographique

La République du BENIN est située en Afrique de l’Ouest, entre les parallèles 6°30 et 12°30
Nord et les méridiens 1° et 3°40 Est. Elle est limitée au nord par la République du NIGER et au
nord-ouest par le BURKINA-FASO, au sud par l’Océan Atlantique, à l’ouest par le TOGO et à
l’est par la République Fédérale du NIGERIA. Elle couvre une superficie de 112.622 Km².

1.1.2. Géologie, géomorphologie et hydrologie

Le Bénin appartient à l’ensemble aplani ouest-africain constitué de roches primaires supportant


des stratifications sédimentaires relativement récentes. On distingue trois ensembles ou zones :

- la zone montagneuse, située dans le nord-ouest du pays, est la plus accidentée en


raison de la présence de la chaîne de l’Atacora, qui se prolonge au Togo et au Ghana ;
cette région montagneuse constitue le château d’eau du Bénin d’où s’écoulent les
cours d’eau comme l’Ouémé, la Pendjari et le Mékrou ;

- le deuxième ensemble est formé par la zone côtière qui s’étend le long du littoral sur
une largeur moyenne de 4 Km. Il abrite les lacs et les lagunes du Bénin ;

- les régions de plateau : c’est le troisième ensemble, qui se situe entre la plaine côtière
et la transversale Aplahoué – Kétou ; c’est une région de plateaux argilo-sableux dont
l’altitude maximum dépasse rarement 200 m. A ceux-ci viennent s’ajouter les
plateaux gréseux de Kandi dans le nord-est.

Le reste du pays est une pénéplaine cristalline qui s’élève progressivement jusqu’à la hauteur du
10ème parallèle, pour atteindre 491m au Nord de Bembéréké.

Ce modelé géomorphologique définit deux grands bassins versants : celui du fleuve Niger (4206
km) puis celui de l’Océan Atlantique.

Le réseau hydrographique comprend 3048 km de cours d’eau et plus de 333 km2 de plans d’eau
(lacs et lagunes) localisés au sud du pays. Les principaux cours et plans d’eau sont :

• Cours d’eau

- le fleuve Ouémé (510 km) ;

- le fleuve Okpara (200 km) ;

- le fleuve Couffo (190 km) ;

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 20


- le fleuve Zou (150 km) ;

- le fleuve Niger (120 km) ;

- le fleuve Mono (100 km) ;


- la rivière Mékrou (410 km) ;

- la rivière Pendjari (380 km) ;

- la rivière Alibori (338 km) ;

- la rivière Sota (250 km).

• Plans d’eau

- le lac Nokoué (150 km2) ;

- le lac Ahémé (78 km2) ;

- la lagune de Ouidah (40 km2) ;

- la lagune de Porto-Novo (35 km2) ;

- le lac Toho (15 km2) ;

- la lagune de Grand-Popo (15 km2).

Ce relief et le réseau hydrographique qui en découle expliquent l’émergence d’écosystèmes


spéciaux qui rompent heureusement la monotonie du faciès végétal du Bénin. Cette
hétérogénéité est un atout considérable qui doit faire l’objet d’une attention particulière parce
qu’elle entretient la diversité biologique.

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 21


1.1.3.
Climat

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 22


Le Bénin est divisé en trois zones climatiques :
- une zone subéquatoriale dans le sud (entre 6°30 et 7° N ) où la pluviométrie varie de
900mm à 1500mm par an. La température moyenne annuelle y est de 26,5°C et l’humidité
relative de 75% en moyenne par an ; l’insolation moyenne annuelle y est de 2290 heures ;
- une zone guinéo-soudanienne au centre (7° et 10° N) avec des fluctuations de
température très marquées et une pluviométrie moyenne de 1200mm par an ; la température
moyenne annuelle y est de 27°C et l’humidité relative de 60% en moyenne par an, avec une
insolation moyenne annuelle de 2305 heures.
- une zone soudanienne semi-aride au nord du 10° N, caractérisée par des pluies annuelles
variant de 900mm à 1100mm et un déficit pluviométrique élevé. La température moyenne est de
27°5C et l’humidité relative de 58% en moyenne par an ; l’insolation moyenne y est de 2862
heures.

Suivant la latitude où l’on se trouve, les régimes pluviométriques qui s’observent sont :

- au sud du parallèle 7°45, un régime bimodal à quatre (04) saisons dont deux sèches et
deux pluvieuses, le climat qui en découle est très favorable au développement de la
DB ; c’est d’ailleurs dans cette partie méridionale que se localisent les sols les plus
riches et l’essentiel des écosystèmes sub-équatoriaux dont dispose le Bénin;

- au nord du parallèle 8°30, un régime unimodal à deux saisons dont une sèche et une
pluvieuse ; dans sa partie septentrionale, on note une péjoration climatique qui
persiste depuis les années 1970 ;

- entre ces deux parallèles, un régime de transition intermédiaire passant certaines


années du régime bimodal au régime unimodal.

D’une manière générale, des perturbations climatiques sont de plus en plus notées, ce qui est une
contrainte naturelle à la conservation de la diversité biologique.

1.1.4. Sols et aptitudes culturales

L’état naturel de la Diversité Biologique étant en grande partie lié aux types de sols, la
problématique de sa conservation est fortement liée à leurs caractéristiques. Les sols du Bénin
sont caractérisés par une grande variabilité tant au plan de leur nature, de leur fertilité que de leur
répartition géographique. On distingue cinq (05) principaux types de sols.

• Les sols de loin les plus représentés au Bénin sont les sols ferrugineux tropicaux. Ils
occupent plus de 80% de la surface du pays (PAE, 1993) ; ils ont besoin d’une restitution
organique pour pouvoir être cultivés en continu avec maintien de la fertilité ; c’est dire qu’en
absence de telles actions, comme c’est souvent le cas malheureusement, 80% des sols du
Bénin sont sensibles à l’érosion, tant il est reconnu qu’une forte corrélation existe entre le
matériau ferrugineux et leur sensibilité à l’érosion des sols (CEC ; BMZ ; GTZ, 1986) ; ils
ont par ailleurs besoin d’apports hydriques et d’aménagements appropriés pour réduire le
déficit prolongé en eau capillaire dont l’une des conséquences graves connues est
l’insolubilisation du phosphore assimilable (TCHABI, 1994).

• Les sols faiblement ferralitiques, encore appelés « terre de barre », de bonne qualité
agronomique sur les plateaux du sud-Bénin et qui occupent environ 5% du territoire national,

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 23


sont aujourd’hui très menacés parce que près de la moitié de la population actuelle du pays
l’occupe.

• Les sols hydromorphes des vallées, des cuvettes et des plaines alluviales ; ils s’étendent sur 5
à 8% de la superficie du pays.

• Les vertisols des dépressions médianes (la Lama), représentent environ 5% du territoire. Ils
sont argileux, épais et fertiles.

• Les sols minéraux bruts et peu évolués du littoral et les affleurements rocheux du centre et du
nord-Bénin ; d’une manière générale, ils sont de fertilité moyenne et souvent sensibles au
lessivage.

1.1.5. Végétation et faune


Les traits caractéristiques des types de végétation du Bénin découlent de la situation
géographique du pays à l’intérieur du hiatus dahoméen, encore appelé « Dahomeen Gap », qui
se traduit par une interruption des denses forêts sempervirentes que connaissent les pays
voisins comme le Nigéria et le Ghana. C’est dire qu’en dépit de sa position géographique
apparemment favorable, le Bénin n’est pas un pays forestier. Cependant, il est couvert à près
de 65% par une végétation arborée (RB, 1997 ; MEHU et CBDD, 1998). Il s’agit, pour
l’essentiel, de végétations sub-équatoriales ou dérivées.

D’une façon générale, en fonction de la géomorphologie et du climat, on distingue plusieurs


types de formations végétales.

• les types de végétation du cordon littoral constitués de :

o pelouse à Ipomea et Remirea, habitat privilégié de crustacées ;

o forêts claires à Lophira lanceolata, Carissa edulis et Byrsocarpus coccineus.

On y rencontre aussi des tortues marines qui viennent pondre.

• Les formations marécageuses des milieux submergés du sud-Bénin. Elles sont


composées principalement de Mitragyna inermis, de forêts à Cola grandifolia et
Lonchocarpus sericeus. En milieu saumâtre, ce sont la mangrove à Rhizophora
Racemosa et Avicennia africana et les prairies à Paspalum et Typha. On y rencontre une
ichtyofaune limnicole, des oiseaux migrateurs paléarctiques, le sitatunga, la loutre, le
varan d’eau, le crocodile nain, les amphibiens et les insectes paludicoles.

• Les forêts denses semi-décidues sur terre de barre, entre le cordon littoral et la latitude
7°N. Des vestiges encore relativement bien conservés s’observent dans la Lama, à
Pobè, Sakété, Zogbodomey, Abomey, Zangnanado et Kétou. On y rencontre le lingué
(Afzelia africana), le fromager (Ceiba pentandra), le samba (Triplochyton scleroxylon),
l’iroko (Milicia excelsa), le fraké (Terminalia superba), etc…C’est l’habitat privilégié
des singes, des céphalophes (bleu et noir) du potamochère, du guib harnaché et du
buffle de forêt.

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 24


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s, entre Savalou et Djougou. Ce sont les formations de la zone de transition (7° - 8°30).
Elles sont dominées par Isoberlinia, Anogeissus, le Vène (Pterocarpus erinaceus),

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 25


Khaya senegalensis, Khaya grandifolia, Diospyros mespiliformis, Detarium
microcarpum, etc… On y rencontre le céphalophe, le phacochère, le guib, le buffle, le
vervet, le patas, l’hippotrague, les cobes.

• Les galeries forestières, le long des cours d’eau. On y rencontre surtout le guib, la
panthère, le varan d’eau, le crocodile, la tortue.

• Les savanes, avec plusieurs sous-types (savanes arborées, arbustives, boisées) où


dominent les combretacées, les andropogonées, le baobab et les acacias. C’est le refuge
de la grande faune (lion, buffle d’Afrique, cobe, guépard, hyène, bubale, damalisque,
hippotrague, lycaon, pangolin, etc. ).

1.2. CONTEXTES POLITIQUE ET SOCIO-ECONOMIQUE

1.2.1. Caractéristiques démographiques

Le Bénin vient de lancer son troisième recensement de la population et de l’habitation. Les


dernières données disponibles (INSAE, 1994) estimaient la population à 4,9 millions
d’habitants. Dix ans après, on l’estime à plus de 6 millions, en attendant les résultats du
troisième recensement prévus pour la fin de l’année 2002.

Cette population est inégalement répartie sur le territoire national et se concentre pour plus de
53 % dans la partie méridionale, qui ne représente que les 10 % de la superficie du pays.

Selon INSAE (1994), la densité moyenne est de 43 habitants/km2. La plus faible densité
s’observe dans les Départements du Borgou et de l’Alibori, avec 16 habitants/km2 alors que la
plus forte s’observe dans les départements du Littoral et de l’Atlantique avec 322
habitants/km2 .

Cette population, par ailleurs jeune (environ 50 % est âgée de moins de 15 ans et 6 % de plus
de 60 ans) se caractérise aussi par une forte proportion de femmes (environ 52 %).

L’espérance de vie est d’environ 55 ans et le niveau de vie de la population est bas.

Le taux brut moyen de natalité est de 48 ‰, avec un taux d’accroissement annuel élevé de 3,2
%. Le taux moyen de mortalité est de 14,3 ‰.

Le taux d’analphabétisme est élevé (environ 70 %) ; les succès scolaires sont encore limités.

Le groupe ethnique Fon est dominant (environ 42 %).

Les principales religions sont, selon INSAE 1994, par ordre d’importance : le christianisme
(35,4 %), l’animisme (35,0 %) et l’islam (20,6 %).

1.2.2. Contexte politique


Les politiques et les performances de développement du Bénin ont été marquées durant ces
dernières décennies par deux faits majeurs : l’étatisation (de 1972 à 1989) et le libéralisme
économique (à partir de 1990). Cependant, le gouvernement entend mettre l’accent sur la prise
en compte de la dimension sociale du développement dans sa stratégie de redressement, de
restructuration et de relance de l’économie nationale.

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 26


Afin de s’assurer que l’ensemble de la population puisse jouir effectivement et de façon
équitable des bénéfices de la croissance, le gouvernement entend poursuivre sa politique de
développement qui privilégie la lutte contre la pauvreté. A cet effet, un Document de Stratégie de
Réduction de la Pauvreté est en cours d’élaboration.

Au Bénin, la séparation des pouvoirs entre l’exécutif, le législatif et le judiciaire et les autres
institutions de contre pouvoir constitue l’un des acquis inaliénables du processus démocratique
amorcé depuis 1990.

Aujourd’hui, les règles définissant les modalités de désignation des gouvernants au niveau de
l’exécutif et du législatif sont fixées et leur mise en application quasi-totale (MPREPE,1997).

Des textes garantissant le multipartisme intégral, les libertés publiques, la libéralisation


économique, la promotion du secteur privé et la réforme de l’administration territoriale sont pris.
La décentralisation sera effective à partir de 2003.

Un plan de réforme de l’administration publique a été élaboré pour passer de l’administration de


commandement à une administration de développement.

Dans le domaine du renforcement des capacités de gestion macro-économique, l’option a été


faite pour une réorganisation basée sur les mécanismes du marché, la transparence et l’efficacité
administrative.

Enfin, pour assurer un cadre de vie décent à tous les citoyens, le gouvernement a mis l’accent
sur la prise en compte de l’environnement dans sa politique de développement comme une
nécessité impérieuse. Le droit à un environnement sain est d’ailleurs un des droits de l’homme
auquel la République a souscrit. La constitution stipule en effet à son article 27 que " toute
personne a droit à un environnement sain, satisfaisant et durable, et a le droit de le défendre.
L’Etat veille à la protection de l’environnement". Concrètement, il s’agira « de bien
positionner le Bénin dans la sous-région en matière de gestion de l’environnement, de gestion
urbaine et de développement durable » par l’élaboration et la mise en œuvre efficiente de ses
politiques et programmes, ainsi que par la mise à jour continue, l’internationalisation et la
diffusion de ses expertises et expériences (MEHU, 2001).

1.2.3. Contexte économique et stratégie de développement

[Link]. Données socio-économiques

La Stratégie et le Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique, pour être mis
œuvre, doivent s’inscrire dans un cadre macro-économique et d’orientations stratégiques dans les
domaines socio-économique, financier et environnemental. On doit également comprendre que
c’est la situation socio-politique du pays qui dictera le niveau des pressions exercées sur la DB,
d’où l’importance de connaître ces données.

Malgré un taux d’inflation maintenu à 3% depuis 1995 (MPREPE,1997) et les progrès


enregistrés, la situation sociale demeure précaire. En effet, le Bénin se classe parmi les pays à
très faible niveau de développement humain. Selon les données de 1995 ( MPREPE, 1997), il se
classe 131ème sur 174 pays en terme de revenu par habitant ajusté (1500 dollars US au niveau
mondial) et selon l’indicateur du développement humain.

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 27


La pauvreté y demeure un problème très grave, dans la mesure où les 67% de la population sont
ruraux et les 55% de la population urbaine sont pauvres ou vulnérables à la pauvreté (MPREPE,
1997). De tels indicateurs ne sont pas de nature à réduire à court terme le niveau actuel des
pressions sur la Diversité Biologique. A cela s’ajoute l’existence des poches d’insécurité
alimentaire et nutritionnelle du fait de la faible disponibilité alimentaire au niveau de certains
ménages, des difficultés d’accès aux denrées alimentaires et de la faible valorisation de celles-ci.

Si le secteur rural assure au Bénin une autosuffisance alimentaire et contribue pour 40% du PIB,
80% aux recettes d’exportation et offre 75% des emplois, c’est bien en grande partie à cause de
la disponibilité et de la qualité appréciable actuelle de la Diversité Biologique, puisque le
secteur du développement rural souffre encore de maux dont :

! l’inexistence d’un code foncier rural ;


! les difficultés d’accès aux crédits ;
! la non-maîtrise de l’eau ;
! la baisse du cours des matières premières au niveau mondial, ce qui ne conduira qu’à
accroître la pression sur les ressources naturelles dont est tributaire 90% de la population.

[Link]. Grands axes de la stratégie nationale de développement

Le contexte international dans lequel s’insère l’économie nationale est marqué, au cours de cette
dernière décennie, par le fléchissement de la croissance économique mondiale sous l’effet de la
crise asiatique, l’accélération enregistrée par les pays dits d’économie de transition, la baisse du
cours des matières premières, l’aggravation des problèmes de la dette, la baisse de la part de
l’Afrique dans le commerce mondial et la dévaluation du franc CFA.

Le Plan d’Orientation 1998-2002, le Programme d’Ajustement Structurel, le Programme


d’Action du Gouvernement et l’ensemble des stratégies sectorielles constituent le cadre de
référence des interventions dont la stratégie globale vise à assurer :
- une croissance économique durable à travers la diversification des sources de revenus
et la création d’emplois ;
- la viabilité financière grâce au renforcement des politiques financières ;
- la libéralisation de l’économie pour promouvoir l’épargne nationale et les
investissements privés ;
- le renforcement de la vocation du Bénin comme Pays de transit ;
- l’accroissement des ressources allouées aux secteurs prioritaires de l’éducation et de
la santé ;
Sur les plans du développement humain durable et du développement rural, le Gouvernement
entend :
- mettre en œuvre son programme de renforcement des capacités de gestion ;
- développer au mieux le potentiel des ressources humaines du pays ;
- accentuer la lutte contre la pauvreté ;
- promouvoir l’intégration des femmes au développement ;
- formuler et mettre en œuvre une politique nationale de l’emploi ;
- accroître les recettes d’exportation ;

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 28


- intensifier la lutte contre la dégradation de l’environnement et garantir la pérennité du
patrimoine biologique national.

Ainsi, la grande problématique et l’un des défis à relever, c’est de pouvoir concilier
ces deux derniers objectifs et de rétablir l’équilibre entre la consommation des
ressources et le rythme de leur renouvellement.

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 29


CHAPITRE II :
ANALYSE DIAGNOSTIQUE DE LA
DIVERSITE BIOLOGIQUE

2.1. ATOUTS EN MATIERE DE DIVERSITE BIOLOGIQUE

2.1.1. Potentialités

La monographie nationale de la Diversité Biologique (annexe 1) élaborée en novembre 2001


dans le cadre de l’exécution du Projet BEN/97/G31, rend bien compte de ce dont le Bénin
dispose en matière de potentialités forestières, halieutiques, pastorales, édaphiques, animales,
éco-touristiques et agricoles pour soutenir son développement économique. Elle permet de
présenter la situation actuelle.

[Link]. Ressources forestières et faune associée

Sur un total de terres utilisables de 11.254.000 ha, les forêts et terres boisées productives
occupent une superficie de 6.186.000 ha, soit plus de la moitié des terres utilisables et les aires
protégées légalement constituées (Parcs Nationaux et Zones Cynégétiques), 2.664.000 ha, soit
près de 24 %. Ces statistiques rendent compte de l’effort fait par le secteur forestier pour classer
et gérer les formations forestières existantes dont dispose le pays, en comparaison aux pays dits
forestiers. A cela s’ajoutent 20.000 ha de teckeraies exploitables, plus de 400.000 ha de
palmeraies et de cocoteraies et des superficies non encore évaluées, destinées au bois de feu et de
service. La faune des formations végétales occupe une place très importante dans la promotion
de l’éco-tourisme. Les habitats, diversifiés du sud au nord, explique la variété des espèces
fauniques qu’on y rencontre (cf. annexe 1). Les données du dénombrement à pied de la faune
dans la réserve de la biosphère de la Pendjari en 2001 donne une idée de son potentiel faunique
(cf. Tableau 1).

[Link]. Ressources halieutiques et faune des écosystèmes non forestiers

Pour occuper plus de 43.000 pêcheurs recensés (MAEP, 2000) dont 4.000 dans la zone
économique exclusive dont on doit déterminer la superficie, il faut bien que notre pays dispose
d’importantes ressources halieutiques.

Cependant, les eaux marines sont relativement pauvres en raison de la faiblesse, voire de
l’inexistence des remontées d’eaux profondes froides (upwelling) et de l’étroitesse du plateau
continental. Quant aux eaux continentales, elles font l’objet d’une pression de pêche intense.

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 30


La production halieutique a été de 42000 tonnes et la consommation de poisson a avoisiné
56.000 tonnes entre 1995 et 1999. Le secteur des pêches fait vivre plus de 300.000 personnes. En
l’absence de données sur le potentiel des ressources halieutiques et fauniques des écosystèmes
non forestiers, l’annexe 1 a pallié quelque peu cette insuffisance en présentant des données sur
leurs statuts.

[Link]. Ressources pastorales

Elles sont à la mesure de l’importance des terres boisées productives, des jachères et des
formations arbustives qui couvrent environ 6.000.000 d’ha. A cela s’ajoutent des plantations
d’espèces fourragères non encore évaluées.

Tableau 1 : Récapitulatif des observations, des densités et abondances spécifiques de la


faune dans la Réserve de la Biosphère de la Pendjari en 2001 (extrait)

Espèces Parc National de la Zone Cynégétique de la Zone Cynégétique de


Pendjari Pendjari Konkombri
Densité Abondance Densité Abondance Densité Abondance
moyenne (effectif moyenne (effectif moyenne (effectif
estimée moyen) estimée moyen) estimée moyen)
Ourébi 0,74 1965 0,27 492 0,38 96

Céphalophe de 0,83 2198 0,8 1441 0,48 121


Grimn
Céphalophe à flanc 0,145 105 - - - -
roux
Hippotrague 0,38 1005 0,18 324 0,69 17

Guib harnaché 0,19 499 0,109 197 5,65 1419

Cobe de Buffon 1,38 3026 0,29 146 1,38 347

Buffle 1,32 3506 - - - -

Bubale 0,70 1857 0,26 129 0,34 86

Redunca 0,24 155 - - - -

Phacochère 0,27 721 0,24 432 0,75 187

Cynocéphale 1,27 3365 0,24 435 2,52 632

Patas 0,17 124 0,19 95 - -

Chacal 0,20 147 - - 0,42 106

Civette 0,05 38 - - - -

Eléphant 0,16 428 - - - -

Total 8,045 19139 2,579 3691 12,61 3011


Source : SINSIN et al ( Juin 2001)

[Link]. Ressources édaphiques

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 31


Les réserves en terre et les conditions agro-écologiques variées prédisposent le Bénin à une
production variée. En effet, le pays dispose d’importantes réserves en terre non encore
exploitées : seulement 17 % sont annuellement mis en culture. (MAEP, 2000).

[Link]. Ressources animales

Au Bénin, le cheptel national est estimé en 1997 à 1.345.000 bovins à 1.641.000 petits
ruminants, à 470.000 porcins (MAEP, 2000) et à 10.000.000 volailles (toutes espèces
confondues).

Les aspects liés à l’élevage non conventionnel sont présentés à l’annexe 1, qui fait le point de la
première monographie du Bénin en matière de diversité biologique (SINSIN et al, 2000).
Cet annexe présente également par domaine exploré (écosystèmes et taxa), le potentiel
biologique du Bénin à l’étape actuelle de nos connaissances qui sont loin d’être exhaustives.

[Link]. Ressources éco-touristiques

Le Bénin présente un potentiel éco-touristique et cynégétique important composé de produits


fortement motivants à savoir : parcs nationaux, zones cynégétiques, plage marine, écosystèmes
lagunaires et lacustres spéciaux.

[Link]. Ressources agricoles

Les réserves en terre et en eau, les conditions agro-écologiques variées, les ressources phyto-
génétiques, zoo-génétiques et halieutiques et l’importance des ressources humaines en milieu
rural ainsi que leur savoir faire, prédisposent l’agriculture du Bénin à une production variée. En
effet, le Bénin dispose :

- d’importantes réserves en terre non encore exploitées. Sur 8.300.000 ha, seulement
1.375.000 ha soit 17 % sont annuellement mis en culture. Ce qui offre des possibilités
d’accroissement de la taille des exploitations au delà de 0.5 à 2 ha, qui est la moyenne
observée actuellement (MAEP, 2000) ;

- de 60.000 ha environ de bas fonds dont 7.000 ha, soit 11 %, sont aménagés et exploités ;

- d’un vaste réseau hydrographique comprenant 3048 km de cours d’eau et plus de 333
km² de plans d’eau (lacs et lagune).

Sur le plan agro-climatique, le Bénin est favorisé par une diversité de climats, de sols et de
ressources naturelles permettant d’identifier huit (08) zones agro-écologiques offrant des
opportunités d’activités agricoles très variées.

Sur la base de ces atouts physiques, des productions vivrières et de rente (surtout le coton),
animales et halieutiques ont été réalisées soit pour satisfaire les besoins alimentaires soit pour
l’exportation.

Mais les niveaux de production sont restés faibles et les spéculations très peu diversifiées en
raison de la faible valorisation de ces atouts.

2.1.2. Acquis relatifs à la biotechnologie, la gestion des ressources génétiques et la

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 32


conservation

[Link]. Biotechnologie et gestion des ressources génétiques

En matière de biotechnologie, des unités de recherche et de formation existent au Bénin. La


situation se présente comme suit :
- le Centre de Recherche Agricole Sud (CRA-Sud), Niaouli ;
- le Centre de Recherche Agricole Nord (CRA-Nord), Ina ;
- le Centre de Recherche Agricole Plantes Pérennes (CRAPP), Pobè ;
- l’Institut International d’Agriculture Tropicale (IITA) ;
- la Faculté des Sciences Agronomiques (FSA) ;
- la Faculté des Sciences et Techniques (FAST) ;
- le Collège Polytechnique Universitaire (CPU) ;
- l’Institut des Sciences Biomédicales Avancées (ISBA) ;
- l’Institut International des Ressources Phytogénétiques (IPGRI).

Cependant aucune de ces unités, à part l’IITA, ne dispose de laboratoire de culture in vitro. Le
tableau 2 rend compte de l’état de ces unités.

Il en ressort qu’aucune structure béninoise ne dispose de laboratoire de culture in vitro, mais les
compétences existantes justifient la création au Bénin d’un Centre National de Biotechnologies
pour certaines cultures ciblées comme le bananier plantain, les agrumes, le manioc, l’igname, le
niébé et autres. C’est dire que le Bénin, en tant que Pays en Voie de Développement, manque de
capitaux, d’infrastructures de recherche fondamentale et appliquée, ainsi que de personnel
qualifié pour tous les secteurs de la bio-industrie.

En matière de biotechnologie alimentaire, le Bénin est pour l’heure à la traîne car la diversité en
produits nouveaux obtenus par les technologies empiriques ne suscite pas encore une demande
accrue, et par conséquent une exploitation rationnelle de tout le potentiel génétique existant dans
le domaine. Les problèmes se situent au niveau du faible taux de consommation de semences
certifiées car elles ne répondent pas toujours aux exigences des producteurs et des
consommateurs ; ceci explique en partie le faible niveau de couverture des superficies emblavées
en variétés améliorées. Le faible niveau de production de semences certifiées est lié au mode de
multiplication encore classique de ces semences. Par ailleurs, la sensibilité aux parasites
augmente pendant que le taux de multiplication reste faible.

En matière de biotechnologie animale, des actions sont menées au niveau de la FSA pour la mise
en place d’un centre d’insémination artificielle et de transfert d’embryons.

[Link]. Biotechnologie artisanale et industrielle

De nombreux procédés traditionnels sont à mettre à l’actif de la biotechnologie artisanale,


notamment ceux utilisés par les populations autochtones pour transformer les produits
biologiques : fabrication de jus de fruit, de certaines bières locales, de la panification de maïs et
du manioc, du fromage local, etc.

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 33


Dans le domaine de la biotechnologie industrielle, il faut indiquer que l’utilisation du biogaz,
dans le but de permettre aux populations d’économiser du combustible et de l’énergie-bois, avait
été expérimentée par le Centre National d’Agro-Pédologie. Mais la cherté du matériel nécessaire
a émoussé la volonté de poursuivre l’action de vulgarisation de cette biotechnologie. Cette
expérience est reprise avec un matériel de fabrication locale et menée avec succès au niveau du
Centre SONGHAÏ de Porto-Novo. Sa vulgarisation a même démarré.

[Link]. Conservation ex situ

Ce type de conservation prend corps timidement au Bénin. Pour l’essentiel on peut citer :

- l’adoption de techniques de conservation des semences (céréales et légumineuses


surtout) dans les chambres froides et banques de gènes ;

- l’élevage en captivité d’espèces animales dans des ménageries (élevage de reptiles) et


jardin par le Centre Pilote Régional de la Diversité Biologique Africaine
(CENPREBA) à l’Université d’Abomey-Calavi, les mini-zoo à l’IITA, à Ahozon, au
CTA BIMYNS à Wêkê (Djèrègbé) et au Musée Nature Tropicale à Cotonou ;

- le maintien de plusieurs clônes d’espèces animales et végétales dans des terroirs


agricoles et jardins.

[Link]. Conservation in situ

En dehors des réserves naturelles et des domaines classés de l’Etat, les ressources
phytogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture sont conservées in situ par les agriculteurs et
les communautés locales. Plusieurs variétés de céréales, de légumineuses et de tubercules sont
conservées grâce à des techniques traditionnelles et utilisées l’année d’après comme semences.
Diverses essences agroforestières alimentaires sont conservées sous forme de parc arboré au
niveau des agroécosystèmes. C’est le cas des parcs à karité ou à Néré qui remplissent plusieurs
fonctions au niveau des communautés locales. Les jardins de case constituent également des
approches complémentaires de conservation in situ où diverses ressources alimentaires et
médicinales sont cultivées pour assurer des fonctions de sécurité alimentaire et de génération de
revenus communautaires.

Par ailleurs, pour mettre fin à l’écobuage excessif des terres nouvelles à défricher, une stratégie a
été développée, mettant en défens toutes les essences autochtones et d’utilités reconnues telles
que :

- Vitellaria paradoxa (le karité) ;


- Parkia biglobosa (le néré) ;
- Diopyros mespiliformis (le faux ébène) ;
- Khaya senegalensis (le cailcédrat) ;
- Bombax custatum (le kapokier) ;
- Vitex doniana ;
- Adansonia digitata (le baobab).

Cette stratégie s’étend également à toutes les espèces reconnues protégées par l’Administration
Forestière.

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 34


Tableau 2 : Synopse de la situation actuelle des biotechnologies au Bénin

Institutions Activités Ressources humaines Infrastructures


CRA - Sud Réception des vitroplants de - 01 chercheur spécialisé en - Chambre froide
IITA-Ibadan. génétique du manioc, inscrit - Champ d’expérimentation agricole
Acclimatation et utilisation dans depuis 1996 au Centre - Bas-fonds de 4 ha
programme amélioration National d’Enseignement à - Collection vivante de maïs, manioc,
génétique : collection des clones Distance (CNED) en France niébé, arachide café, cacao, hévéa, etc.
de manioc. - 01 assistant de recherche - Laboratoire de Niaouli.
nanti d’une maîtrise en
biotechnologies végétales.
CRA - Nord Réception des vitroplants de - 01 ingénieur agronome qui a - Chambre froide pour conservation du
pomme de terre du CIAT ; suivi un stage de deux germoplasme.
Acclimatation et étude des semaines en biotechnologies
caractéristiques agronomiques. végétales à l’IITA/Ibadan. - Champ d’expérimentation agricole.

SRPH/Pobè Essai d’acclimatation et de - Chambre froide pour conservation des


comportement de vitroplants semences-graines.
issus de la culture de feuilles de - 600 ha pour l’expérimentation agricole
palmier à huile provenant de la dont la diversification des cultures :
station IRHO de Lamé (Côte bananier, caféier, cacaoyer, etc.
d’Ivoire). - Laboratoire de physiologie végétale
pour étude des vitroplants.
IITA/Bénin Culture in-vitro - Laboratoire de culture in vitro.
Mise en culture de méristèmes et
de fragments de tiges de manioc,
d’igname, etc.
IPGRI Promotion de ressources
négligées (fonio, sésame, igname
sauvage, etc.). Caractérisation
enzymatique et moléculaire ;
conservation.
FAST - Projet sur la domestication des - Des enseignants qualifiés - Chambre froide.
ignames financé par l’ORSTOM - Laboratoire de génétique.
qui utilise des infrastructures de
l’IITA-BENIN pour la culture de
fragments de tige d’igname pour
produire des vitro plants.
- Projet de multiplication in vitro
des Alatae avec l’IRD.
FSA - Recensement des produits - Des chercheurs avec des - Chambre froide pour conservation du
alimentaires fermentés à base de compétences en cultures in germoplasme d’espèces végétales.
racines, tubercules, céréales, vitro et en biotechnologie - Laboratoire de biologie bien équipé.
légumineuses : végétale, - Ferme expérimentale avec un
Identification des - Un personnel technique. arboretum pour la conservation d’une
microorganismes intervenant collection vivante d’espèces végétales.
dans la fermentation de ogi, - Zone d’expérimentation agricole.
mawè,chakpalo, choukoutou,
afinti, gari, bière, sodabi, etc.

- Projet d’installation d’une


banque de semences et d’un
centre d’insémination artificielle
et de transfert d’embryons.

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 35


2.1.3. Cadres et mesures de conservation et d’utilisation durable de la Diversité
Biologique
La République du Bénin a véritablement pris la résolution de cerner tous les aspects des
problèmes environnementaux auxquels elle est confrontée avec le lancement, en 1991, de son
Plan d’Action Environnemental (PAE). La vision globale qui a caractérisé l’élaboration du PAE
a permis de faire la revue de tous les secteurs qui ont à charge la gestion des ressources
naturelles ou qui influent d’une manière ou d’une autre sur l’état actuel de ces ressources. Depuis
lors, diverses actions ont été entreprises pour, non seulement identifier un cadre de concertation,
mais surtout pour mettre en œuvre méthodiquement la CBD.

[Link].Cadre institutionnel

La conservation et l’utilisation durable de la Diversité Biologique nécessitent la synergie de


plusieurs départements ministériels, concernés à des degrés divers dans cette tâche.

En raison de ses principales attributions, à savoir :

- la définition et la mise en œuvre de la politique de l’Etat en matière d’Environnement,


d’Habitat et d’Urbanisme ;

- la mise en œuvre, le suivi et la coordination des Conventions de la génération de RIO,


notamment la Convention sur la Diversité Biologique, le Protocole de Cartagena, la
Convention sur les Changements Climatiques et la Convention sur la lutte contre la
Sécheresse et la Désertification ;

le Ministère de l’Environnement, de l’Habitat et de l’Urbanisme en assure le point focal. Il a une


fonction transversale par rapport aux autres départements ministériels dont l’implication dans la
gestion des ressources biologiques n’est pas des moindres. (cf. 2.1.4.)

Cette question sera abordée et développée plus loin (cf. chapitre V).

[Link] Cadre législatif et réglementaire

Le Bénin, conformément aux prescriptions de sa constitution relatives à la protection de


l’environnement, soucieux de gérer rationnellement ses ressources naturelles et d’honorer ses
engagements internationaux, a pris des mesures dans divers domaines qui visent quelque peu à
atteindre les objectifs de la CDB. Les domaines concernés sont :

[Link].1. Accords et traités


- la loi n° 96-012 du 1er juillet 1996 portant autorisation de ratification de la
Convention Internationale sur la lutte contre la désertification dans les pays
gravement touchés par la sécheresse et/ou la désertification en particulier en Afrique ;
- la loi n° 93-021 du 02 Décembre 1992 portant autorisation de ratification de la
Convention sur la Diversité Biologique, signée le 13 Juin 1992 à Rio de Janeiro ;

- la loi n° 93-020 du 02 Décembre 1992 portant autorisation de ratification de la


Convention des Nations Unies sur les Changements Climatiques, signée le 13 Juin
1992 à Rio de Janeiro ;

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 36


- le décret n° 93-305 du 13 Décembre 1993 portant ratification de la Convention sur la
Diversité Biologique, signé le 13 Juin 1992 à Rio de Janeiro ;
- le décret n°83-205 du 31 mai 1983 portant adhésion de la République Populaire du
Bénin à la Convention de Washington sur le commerce international des espèces
sauvages de flore et de faune menacées d’extinction signé le 03 mars 1973 (CITES) ;
- l’arrêté n° 023/MEHU/DC/SG/DE/SCONSE/SA du 18 Septembre 1997 portant
création, composition, attribution et fonctionnement du Comité National chargé de la
mise en œuvre de la Convention sur la Diversité Biologique et de son Secrétariat
Permanent.

[Link].2. Protection de l’environnement


- la loi n° 98-030 du 12 février 1999 portant loi-cadre sur l’environnement ;
- le décret n° 2001-093 du 20 février 2001 fixant les conditions de l’élaboration de
l’audit environnemental en République du Bénin ;
- le décret n° 2001-110 du 04 avril 2001 fixant les normes de qualité de l’air en
République du Bénin ;
- le décret n° 2001-109 du 04 avril 2001 fixant les normes de qualité des eaux
résiduaires en République du Bénin ;
- le décret n° 2001-235 du 12 juillet 2001 portant procédure d’étude d’impact
environnemental en République du Bénin ;
- le décret n° 2001-094 du 20 février 2001 fixant les normes de qualité de l’eau potable
en République du Bénin ;
- l’arrêté n° 144/MISAT/DC/C-CAB/COMT du 07 Octobre 1994 portant salubrité,
aménagement d’espaces verts et plantation des abords immédiats des habitations, des
institutions de l’Etat, des établissements industriels et commerciaux et des places
publiques.

[Link].3. Protection des végétaux, des forêts, de la nature, de la faune et des parcours
- la loi n° 93-009 du 02 Juillet 1993 portant régime des forêts en République du
Bénin ;
- la loi n° 93-011 du 03 Août 1993 portant conditions de la chasse et du tourisme de
vision en République du Bénin ;
- la loi n° 87-013 du 21 Septembre 1987 portant réglementation de la vaine pâture, de
la garde des animaux domestiques et de la transhumance ;
- la loi n° 87-014 du 21 septembre 1987 sur la réglementation de la protection de la
nature et de l’exercice de la chasse en République Populaire du Bénin ;
- le décret n° 96-271 du 02 juillet 1996 portant modalités d’application de la loi n° 93-
009 du 02 juillet 1993 portant régime des forêts en République du Bénin ;
- le décret n° 90-366 du 04 décembre 1990 portant modalités d’application de la loi n°
87-014 du 21 septembre 1987 sur la réglementation de la protection de la nature et de
l’exercice de la chasse en République Populaire du Bénin ;
- le décret n° 094-64 du 21 Mars 1994 portant classement du Parc National de la
Pendjari en Réserve de la Biosphère ;

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 37


- l’arrêté n° 783/MDR/DCAB/CC/CP du 30 Décembre 1992 portant création d’un
Comité de Coordination pour le Projet de Protection des Végétaux ;
- l’arrêté n° 601/MDR/DC/DFRN/SA du 08 Août 1993 portant application en
République du Bénin de la Convention sur le Commerce International des Espèces de
Faune et de Flore Sauvages menacées d’Extinction (CITES) ;
- l’arrêté n° 29/MEN/DC/C-CAB du 29 Novembre 1994 portant rénovation des jardins
botaniques et zoologiques du Campus Universitaire d’Abomey-Calavi ;
- l’arrêté interministériel n° 128/MDR/MF/DC/CC/CP du 07 Mars 1995 relatif au
contrôle phytosanitaire des végétaux et des produits végétaux à l’importation et à
l’exportation ;
- l’arrêté n° 226/MDR/DC/CC/DFRN/SA du 20 Avril 1995 portant création du Comité
de suivi et de mise en œuvre de la Politique Forestière du Bénin ;
- l’arrêté n° 78 MDR/DC/CC/CP du 15 Juillet 1995 portant création de la Commission
des plantes textiles et des plantes stimulantes du Comité National de la Recherche
Agricole ;
- l’arrêté n° 694/MDR/DC/CC/CP du 30 Décembre 1994 portant attribution,
organisation et fonctionnement du Centre National de Télédétection et de
Surveillance du Couvert Forestier.

[Link].4. Protection des eaux continentales


- l’ordonnance n° 20/PR/MDRC/SP du 15 Avril 1966, portant réglementation générale
de la pêche dans les eaux continentales du Dahomey ;
- le décret n° 183/PR/MDRC du 25 Avril 1966, portant application de l’ordonnance
relative à la réglementation de l’exercice de la pêche dans les eaux continentales du
Dahomey.

[Link].5. Gestion des ressources animales


- l’arrêté n° 781/MDR/DCAB/CC/CP du 30 Décembre 1992 portant création d’un
Comité de Coordination pour le Projet Benino-Allemand d’Aulacodiculture ;

- l’arrêté n° 375/MDR/DC/CC/CP du 15 Juin 1993 portant création de la Commission


des Productions Animales et de la Recherche Agricole.

[Link].6. Protection et prévention contre les substances dangereuses

- l’arrêté n° 188/MDR/DC/CC/CP du 22 Avril 1993 relatif aux conditions de


délivrance et d’emploi en agriculture des produits phytosanitaires contenant certaines
substances dangereuses ;
- l’arrêté n° 592 MDR/DC/CC/CP du 26 Octobre 1995 relatif aux conditions générales
d’emploi de certains fumiguants en agriculture et dispositions particulières visant le
bromure de méthyle et le phosphure d'hydrogène.

Au terme de cet inventaire, il apparaît que tous les domaines de la Diversité Biologique ne sont
pas encore réglementés.

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 38


Par ailleurs, même dans les domaines ayant fait l’objet d’une réglementation, le constat d’une
forte dégradation des ressources biologiques est notoire du fait de l’application insuffisante des
textes et du dysfonctionnement des institutions chargées de la protection.

2.1.4. Projets et programmes récemment achevés, en exécution ou en instruction

[Link].Programme de Conservation et de Gestion des Parcs Nationaux (PCGPN)

Il est mis en œuvre par le Centre National de Gestion des Réserves de Faune (CENAGREF), créé
par Décret n° 96-73 du 02 avril 1996.

Objectif global : la conservation et la protection de l’écosystème soudanien du Nord-Bénin.

Objectifs spécifiques
- le renforcement des capacités nationales en matière de conservation et de gestion des
Aires Protégées ;
- la conservation et la protection des Parcs Nationaux et des Zones Cynégétiques ;
- la valorisation et la gestion rationnelle des ressources naturelles dans les zones
cynégétiques et tampons ;
- l’intégration des populations riveraines aux activités de protection et de surveillance ;
- le développement de la recherche scientifique et le suivi écologique ;
- la coordination de l’intervention des bailleurs de fonds au sein dudit programme national.

Les bailleurs de fonds dudit programme sont : la Coopération Allemande (GTZ, KFW), l’Union
Européenne (UE), le Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM), l’Agence Française de
Développement (AFD), le Service Néerlandais de Coopération (SNV) et le Gouvernement
Béninois.

Coût total du Programme : [Link] F CFA

[Link] Projet Régional de Conservation de la Diversité Biologique dans les Aires Protégées du
Bénin, du Burkina Faso et du Niger

En cours de préparation, le projet vise l’identification et la mise en œuvre d’activités


complémentaires à celles du PCGPN, piloté par le CENAGREF. La philosophie qui sous-tend
son instruction consiste en une véritable adaptation de ses objectifs avec les besoins réels des
populations-cibles visées, avec lesquelles une concertation, une collaboration et
responsabilisation seront mises en œuvre.

Ce projet qui sera financé par le Fonds de Projets de Développement (PDF en anglais) du FEM,
vise la conservation de la DB et son utilisation durable dans les terroirs périphériques aux AP du
Nord-Bénin, à travers la promotion de systèmes de production à base communautaire non
destructeurs des ressources naturelles.

Il permettra surtout de lever les barrières institutionnelles, sociales et économiques à des


pratiques locales favorables à la conservation de la Diversité Biologique, notamment celles en
rapport avec la conservation des terres.

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 39


Ce projet qui aura les mêmes zones d’intervention que le CENAGREF, sans toutefois être en
situation conflictuelle avec le PCGPN, s’intéressera aux activités suivantes :

- l’identification des pratiques en adéquation avec la conservation et l’utilisation durable de


la Diversité Biologique ;
- l’assistance aux communautés à la base ;
- la vulgarisation des méthodes éprouvées dans le développement de la Diversité
Biologique ;
- le renforcement des capacités des communautés et des administrations locales
impliquées ;
- la promotion d’activités génératrices de revenus ;
- le suivi des indicateurs de l’évolution de la DB en vue d’une utilisation adaptée.

Une subvention de 350.000 dollars EU est demandée pour couvrir les activités de formulation du
projet dans leurs détails, projet dont la mise en œuvre est évaluée à 7 millions de dollars EU.

[Link] Programme de Gestion des Forêts et Terroirs Riverains (PGFTR)

Il est en instruction et vise principalement l’appui à la Direction des Forêts et Ressources


Naturelles pour mettre en œuvre les activités relevant des stratégies de gestion des forêts et
terroirs riverains. Son coût est estimé à 41 milliards de F CFA.

[Link]. Programme de Gestion des Terroirs et des Ressources Naturelles (PGTRN)

Démarré en 1998, ce programme est initié pour résoudre les problèmes liés à l’explosion
démographique dans certaines zones agroécologiques du Bénin, aux immigrations massives et à
la persistance des systèmes de culture extensifs, ce qui a conduit à une dégradation de la fertilité
des sols et à une surexploitation des pâturages et des forêts.

La stratégie d’action consiste à appuyer et à renforcer la responsabilité des populations pour la


gestion de leurs terroirs et des ressources naturelles. Les objectifs visés sont :

- la mise en valeur de l’espace, respectueuse de l’environnement, sur la base de la


mobilisation des populations à travers des structures villageoises sur six sites répartis
dans les Sous-Préfectures suivantes : Allada, Aplahoué, Ouéssè, Ouaké, Sinendé,
Boukoumbé ;

- la mise au point d’une politique foncière sécurisant les efforts de mise en valeur.

Le PGTRN est cofinancé par l’AFD, le Ministère Allemand de la Coopération Technique et du


Développement Economique (BMZ) à travers la GTZ et le Gouvernement du Bénin.

Durée : 1998 – 2003


Coût : 6,3 milliards FCFA

[Link]. Projet de Restauration des Ressources Forestières dans la Région de Bassila (PRRF)

Ce projet a pour objectifs :

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 40


- la régénération des essences forestières autochtones de valeur de la région de Bassila,
connue comme étant une des régions forestières du Bénin en déperdition ;

- l’aménagement des galeries forestières.

[Link]. Projet d’Aménagement des Massifs Forestiers d’Agoua, des Monts Kouffé et de Wari-
Maro

L’objectif principal du projet est de réaliser l’aménagement intégré des massifs forestiers
d’Agoua, des Monts Kouffé et de Wari-maro (370.000 ha), par la mise en œuvre de plans
d’aménagement au moyen de systèmes de gestion durable des écosystèmes, avec la participation
des populations riveraines.

Le coût de sa mise en œuvre est d’environ 14 milliards de francs CFA et est financé par la BAD
et la BADEA.

[Link]. Projets et programmes en matière de pêche continentale et maritime

L’objectif principal demeure la conservation de la Diversité Biologique et l’utilisation durable


des ressources halieutiques à travers les principales actions suivantes :

- la réhabilitation des écosystèmes fluvio-lagunaires par :

• la restauration des frayères ;


• la lutte biologique contre les végétaux flottants, la jacinthe d’eau en particulier ;
• la diminution des pressions sur nos plans d’eau, dues aux activités intensives de
pêche ;
• l’élaboration et l’adoption de textes réglementant la pratique de pêche et protégeant
les aires de production ;

- l’organisation d’un système de surveillance, de suivi et de contrôle pour protéger les


ressources halieutiques nationales par :

• la délimitation des différentes zones de pêche ;


• le renforcement de la sécurité en mer.

[Link]. Projet de Développement de l’Elevage (PDE), Phase III

Démarré en 1998, il vise :


- l’appui au secteur de l’élevage ;
- l’amélioration des conditions d’alimentation et d’abreuvement du bétail ;
- la valorisation des sous-produits agricoles et le développement des cultures et
techniques de conservation des fourrages ;
- l’amélioration et le renforcement de la santé animale ;
- la conservation des races bovines trypanotolérantes et de leur germoplasme ;
- la production laitière et la fabrication de produits laitiers ;
- la promotion de l’élevage des petits ruminants.

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 41


Le coût de sa mise en œuvre est 9.387,16 millions de F CFA. Il est financé par le FAD et le
Gouvernement Béninois.

[Link]. Projet Aulacodiculture

Financé par la GTZ, il vise la mise au point des techniques d’élevage de l’aulacode et leur
vulgarisation pour entre autres, conserver cette ressource de la Diversité Biologique et diversifier
les sources de revenu des agriculteurs.

[Link]. Projet Flore du Bénin

Ce projet est entièrement financé par la Coopération Bénino-Néerlandaise et a pour objectifs de


collectionner de spécimens d’herbiers de manière exhaustive, d’assurer leur conservation dans
l’Herbier National du Bénin et de publier les documents de la flore du Bénin. Ce projet a
démarré depuis le mois de novembre 1997.

[Link]. Programme Diversité Biologique du Centre Béninois pour le Développement Durable

Le Centre Béninois pour le Développement Durable (CBDD) est créé le 02 novembre 1994 et est
chargé de la mise en œuvre de l’accord sur le développement durable signé entre le Bénin et les
Pays-Bas, le 21 mars 1994 à Nordwijk.

Au terme du décret N° 96-325 du 06 août 1996 qui consacre sa création, le CBDD vise, entre
autres objectifs, à promouvoir une gestion durable des ressources naturelles. C’est dans ce cadre
que s’inscrit le Programme Diversité Biologique et Gestion Durable de l’Environnement dont
l’un des domaines d’intérêt est l’aménagement des zones humides et des forêts, la valorisation
des ressources halieutiques, la gestion des ressources côtières, en un mot toutes actions qui
intéressent la CDB. C’est fort de cette orientation que ledit programme a formulé et a appuyé le
Programme d’Aménagement des Zones Humides du Bénin (PAZH).

[Link]. Programme d’Aménagement des Zones Humides (PAZH)

Il s’agit d’un programme qui a été instruit dans le cadre de l’Accord Bénino-Néerlandais sur le
développement durable. L’accord de financement du PAZH est intervenu en 1998 entre l’ABE et
le Ministère Néerlandais de la Coopération au Développement. Le PAZH a été officiellement
lancé en juin 1998, avec pour objectif principal la promotion du développement durable des
populations à travers la conservation, la réhabilitation et la mise en valeur des écosystèmes
humides.

Durée du Programme : Trois ans (juin 1998 à décembre 2001)


Coût du Programme : 1,4 milliard de F CFA

Le PAZH est en train d’être clôturé et son document de Stratégie Nationale et de Plan d’Action
(PAZH, 2001) sera bientôt soumis au Conseil des Ministres pour approbation.

[Link]. Programme "Amélioration génétique et Technologie alimentaire" de l’INRAB

Créé par décret N° 92-182 du 06 juillet 1992, l’INRAB a pour mission essentielle de produire
des technologies pour le monde rural, en harmonie avec la préservation des ressources naturelles
et de contribuer ainsi à l’avancement de la science. Dans ce cadre, il pilote deux programmes
d’intérêt pour la CDB à savoir :

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 42


- le Programme « Amélioration Génétique et Phytiatrique des Cultures de Base » ;
- le Programme « Technologie Agricole et Alimentaire ».

[Link]. Projets et structures de micro-finance, de commercialisation et d’appui au


développement local

Il s’agit essentiellement des CLCAM, du CREP, du FIJ, du PADEL, du PADME, du PADSA,


du PAGER, du PAMR, du PROMIC et The Hunger Project (THP) qui visent :

- l’octroi de crédits ;
- l’appui à la commercialisation des produits agricoles ;
- l’éradication de la pauvreté ;
- l’élimination de la faim ;
- le développement de micro-entreprises ;
- la valorisation des ressources naturelles locales.

Toutes ces actions, si elles sont bien coordonnées, sont susceptibles de diversifier les activités et
de réduire ainsi la pression sur les ressources naturelles. Rappelons-nous que la réduction des
pressions sur la Diversité Biologique et l’adoption de techniques agricoles appropriées sont, pour
l’instant, les principaux défis à relever.

2.2. ETAT ET PROBLEMATIQUE DE CONSERVATION DE LA DIVERSITE BIOLOGIQUE

2.2.1. Etat actuel

L’état actuel de la Diversité Biologique au Bénin tel que présenté en annexe (monographie),
permet d’apprécier l’effort fourni. Il faut signaler que toutes les ressources biologiques (par
exemple celles pastorales) n’ont pu être évaluées, faute de statistiques. Mais, les problèmes
identifiés sur le terrain au niveau des départements permettent de pallier ces insuffisances.

[Link]. Dynamique des formations végétales

L’évolution des formations végétales (forêts, savanes et plantations) au cours de ces vingt
dernières années est appréciée à partir des données du tableau 3.

Tableau 3 : Statistiques relatives à l’évolution des principales formations végétales


de 1978 et de 1998
Formations végétales Surface (ha) Surface (ha) Variations
occupée en occupée en (ha)
1978 1998
Forêts décidues, semi-décidues et galeries
forestières 393.139 63.125 -330.014
Forêts claires et savanes boisées 1.931.968 1.274.375 -657.593
Savanes arborées et arbustives 6.095.625 4.150.488 -1.945.137
Savanes arborées et arbustives saxicoles 235.000 220.770 -14.230
Reliques de forêts et savanes en zones
saisonnièrement inondées 162.500 125.003 -37.497
Plantations 666.250 490.268 -175.982
Total 9.484.482 6.324.029 -3.160.453
Source : CENATEL (1978 ; 1998)

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 43


Ces données indiquent qu’au cours de ces vingt dernières années (1978-1998), les principales
formations ont régressé de 3.160.453 d’ha, soit d’environ 160.000 ha/an.

Les pressions s’exercent sur tous les types de forêts (savanes boisées, arborées et arbustives et
galeries forestières) qui sont aujourd’hui localisées, pour l’essentiel, dans les forêts classées. La
pression des populations riveraines sur le domaine classé ne saurait donc être occultée. Diverses
raisons expliquent cet état de fait, notamment le dysfonctionnement des services de surveillance,
la forte croissance démographique, la non application et la caducité de certains textes
réglementaires en la matière ainsi que les mauvaises pratiques culturales et cynégétiques
(agriculture et chasse sur brûlis).

L’effort de reboisement a régressé de 1978 à 1998 (-175.982 ha de plantations) : on exploite les


plantations arrivées à maturité sans les renouveler. C’est surtout les plantations de palmier qui
sont concernées par cette régression. C’est dire que le défi évoqué au [Link]. est à prendre
sérieusement en compte.

[Link]. Situation du domaine classé

Elle est appréciée à partir des données de l’annexe 2 qui indiquent que d’importantes forêts
classées ont été aliénées depuis leur classement. La plupart des périmètres de reboisement du
nord sont occupés du fait de leur proximité des centres urbains. Ceux du sud sont quelque peu
conservés grâce au Projet Plantation de Bois de Feu dans le Sud-Bénin, et ceux du centre sont
régulièrement grignotés.

Certaines forêts cultuelles (forêts sacrées et autres sanctuaires) ont disparu.

[Link]. Dynamique des populations de faune dans les aires protégées

La figure 1, relative à la dynamique de la population de faune dans le Parc National de la


Pendjari, parc le mieux protégé du Bénin, est symptomatique de la situation de la faune au
niveau national. Malgré la mise en œuvre de Projets de grande envergure (PAPN, PGRN,
PCGPN), la situation ne s’est pas améliorée depuis les recensements de 1978. La pression de
chasse prend du regain à la fin de chaque projet, ce qui annihile les efforts de conservation. Les
questions relatives à l’implication effective des populations riveraines dans la gestion des aires
protégées et au braconnage restent encore entières et méritent des approches de solution
appropriées. Par ailleurs, les données de l’annexe 1 confirment cet état de fait, au vu de
l’importance des espèces menacées et rares.

[Link]. Etat des écosystèmes marins et aquatiques

Il est lié aux facteurs climatiques et anthropiques. Le PAZH a abordé suffisamment la question
dans les zones humides du Sud-Bénin. D’une manière générale, il est noté une dégradation
persistante de l’environnement fluvio-lagunaire due à la sédimentation, au comblement des plans
d’eau et à la forte pression démographique qu’ils subissent (déboisement des berges, destruction
de la mangrove et recours aux techniques inappropriées de pêche), ainsi qu’à la prolifération des
végétaux flottants (AGENDA 21 NATIONAL, 1997).

Notons que les autres composantes, non moins importantes de la DB, ne sont pas prises en
compte dans cette analyse du fait du manque de données actualisées et fiables sur leur évolution.
L’annexe 1 pallie quelque peu cette insuffisance.

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 44


Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 45
2.2.2. Problèmes identifiés dans les Départements

[Link]. Départements de l’Atacora et de la Donga

La situation s’y présente comme suit :

• baisse pluviométrique ;
• recul du couvert forestier ;
• surpâturage ;
• sahélisation de la zone ouest et de la Donga ;
• disparition de certaines espèces ;
• appauvrissement des ressources biologiques et de forêts galeries ;
• comblement des plans d’eau ;
• pollution des eaux par les pesticides ;
• péjoration climatique : rallonge de la saison sèche ;
• appauvrissement des ressources aquatiques ;
• érosion ;
• appauvrissement des sols ;
• désertification.

[Link]. Départements de l’Atlantique et du Littoral

Les problèmes sont sériés par domaine.

• Problèmes liés à l’agriculture


- baisse de fertilité des terres ;
- expropriation des terres par les propriétaires terriens et l’Etat ;
- insuffisance de terres cultivables.

• Problèmes liés à l’élevage


- insuffisance d’eau ;
- insuffisance de ressources pastorales ;
- faible productivité des pâturages.

• Problèmes liés à la chasse


- braconnage ;
- rareté des produits de chasse ;
- disparition de certaines espèces.

• Problèmes liés à la pêche


- disparition de certaines espèces de poissons ;
- encombrement des chenaux et plans d’eau ;
- insuffisance des produits halieutiques ;
- disparition de certaines zones humides ;
- improductivité de certains plans d’eau ;
- comblement ;
- érosion des berges ;
- disparition de certaines tortues marines.

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 46


• Problèmes liés à la biotechnologie/recherche
- disparition d’espèces et de certains gènes ;
- déséquilibre de la chaîne de reproduction ;
- déséquilibre de la chaîne alimentaire.

• Problèmes liés à l’énergie


- déboisement ;
- déforestation ;
- rareté des ressources énergétiques.

[Link]. Départements du Borgou et de l’Alibori

Les problèmes qui s’y posent sont :

• expansion effrénée de la culture du coton ;


• pollution des eaux par les insecticides ;
• utilisation abusive des produits chimiques ;
• transhumance interne et trans-frontière ;
• insécurité alimentaire ;
• appauvrissement de la faune et de la flore.

[Link]. Départements du Mono et du Couffo

Les problèmes identifiés sont :

• dégradation des sols ;


• manque de terre ;
• inexistence d’aires protégées ;
• divagation des animaux ;
• surpâturage ;
• érosion côtière ;
• destruction des palmeraies.

[Link]. Départements de l’Ouémé et du Plateau

Les problèmes évoqués s’énoncent comme suit :

• appauvrissement et érosion des terres ;


• surpâturage ;
• érosion côtière ;
• catastrophes naturelles (inondation, sécheresse) ;
• urbanisation ;
• disparition de certaines espèces ;
• problèmes institutionnels ;
• bas niveau de l’effectif du personnel ;
• insuffisance de moyens matériels et financiers
• disparition des espèces lagunaires comme : Lates niloticus ; Gymnarchus niloticus ;
Heterobranchus longifilis ; Xenomystus nigri ; Notopterus afer ;
• pollution des eaux ;

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 47


• encombrement des plans d’eau par la jacynthe d’eau.

[Link]. Départements du Zou et des Collines

Les problèmes identifiés sont :

• disparition progressive du couvert végétal ;


• désertification ;
• rareté des pluies ;
• baisse de la fertilité des sols ;
• érosion des sols ;
• changement climatique.

Le point focal de la CDB doit par conséquent collaborer avec les points focaux des Conventions
de la génération de RIO et assimilées.

2.2.3. Synthèse et analyse thématique

Les problèmes qui se posent dans les Départements sont similaires. Par contre des problèmes
spécifiques existent.

Problèmes généraux

• la baisse de la fertilité des sols et le recul du couvert forestier du fait des pressions sur les
formations forestières ainsi que le surpâturage et la transhumance ;

• la non pris en compte des savoir-faire endogènes de conservation de la Diversité


Biologique ;

• l’appauvrissement des ressources biologiques consommables (ressources fauniques et


halieutiques surtout).

Problèmes spécifiques

• dans les départements des Collines, de l’Atacora, du Borgou, de l’Alibori et du Zou, la


péjoration climatique, la transhumance et l’expansion de la culture cotonnière ;

• dans l’Atlantique et le Littoral, l’insuffisance de terres cultivables ;

• dans le Mono et le Couffo, l’insuffisance de terres et l’inexistence d’aires protégées, ce


qui s’explique par la pression démographique.

2.3. FACTEURS DE DEGRADATION DE LA DIVERSITE BIOLOGIQUE

L’identification des causes de la dégradation de la Diversité Biologique a fait l’objet de travaux


au cours des séminaires départementaux. Cette phase a permis de faire, au point 2.3.2., une
analyse thématique en guise de synthèse.

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 48


2.3.1. Causes de dégradation

[Link]. Départements de l’Atacora et de la Donga

Il a été retenu :

• la déforestation ;
• les feux de brousse ;
• la transhumance ;
• l’exploitation inappropriée des bas-fonds ;
• la pollution des plans d’eau ;
• la pratique des techniques culturales et de pêche inappropriée ;
• l’utilisation anarchique des engrais chimiques et des pesticides.

[Link]. Départements de l’Atlantique et du Littoral

Les maux retenus ont été sériés par domaine ; ainsi, on note :

• dans le domaine de l’agriculture :

- les feux de brousse pour le défrichement agricole ;


- l’agriculture sans jachère ;
- l’agriculture extensive ;
- la pression démographique ;
- l’analphabétisme et l’ignorance ;
- l’exode rural ;

• dans le domaine de l’élevage :

- la non-maîtrise de certaines maladies ;


- la déforestation ;
- le non-suivi des animaux ;

• dans le domaine de la chasse :

- la chasse illégale ;
- le commerce des reptiles ;
- les feux de brousse ;
- la prolifération des armes à feu artisanales ;
- l’urbanisation …

• dans le domaine de la pêche :

- l’occupation anarchique de certaines zones humides ;


- l’exploitation abusive des berges et des mangroves ;
- l’installation de digues ;
- la salinisation des lacs ;
- l’utilisation d’engins prohibés ;
- l’envahissement des lacs par les végétaux flottants, notamment la jacynthe d’eau..

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 49


• dans le domaine de la biotechnologie/recherche, il est signalé l’introduction d’espèces
allochtones, sans études préalables.

• dans le domaine de l’énergie :

- la pauvreté ;
- la forte croissance démographique ;
- l’utilisation de foyers à forte déperdition d’énergie ;
- la hausse des prix des produits pétroliers.

[Link]. Départements du Borgou et de l’Alibori

Les causes de problèmes retenus sont de divers ordres :

• facteurs anthropiques : ils sont liés à des pratiques culturales inappropriées (agriculture
itinérante), aux exploitations incontrôlées des ressources naturelles (exploitation abusive
des ressources forestières), à la transhumance et à la monoculture du coton ;

• facteurs d’ordre politique et réglementaire, à savoir : exclusion des communautés de base


de la gestion des ressources forestières, non respect des traditions et valeurs endogènes,
non-application des textes réglementaires ; à cela s’ajoutent la pauvreté et l’ignorance ;

• contraintes d’ordre naturel : forte perméabilité des frontières...

[Link]. Départements du Mono et du Couffo

Les causes évoquées sont :

• la forte pression démographique ;

• l’exploitation anarchique et abusive des palmeraies.

[Link]. Départements de l’Ouémé et du Plateau

Les causes retenues sont :

• la faible capacité d’intervention des structures chargées de la gestion des ressources


naturelles ;
• la persistance de l’adoption de comportements contraires à la conservation durable des
ressources biologiques ;
• le braconnage ;
• l’urbanisation ;
• la faible intégration des communautés de base dans la gestion des ressources forestières ;
• la faible concertation des structures impliquées dans la gestion de la diversité biologique ;
• l’insuffisance de moyens matériels et financiers.

[Link]. Départements du Zou et des Collines

La dégradation de la Diversité Biologique s’y explique par :

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 50


• l’augmentation des besoins alimentaires et financiers ;
• la pratique de l’agriculture itinérante sur brûlis ;
• le braconnage ;
• la transhumance ;
• l’utilisation à outrance des produits chimiques.

2.3.2. Synthèse et analyse thématique : diagnostic amélioré

Il ressort de la panoplie des facteurs de régression de la Diversité Biologique qu’il se dégage


trois grandes catégories de facteurs dont les conséquences posent la problématique de sa gestion
durable à savoir :

[Link]. Facteurs anthropiques

Ils sont liés à :

• la pratique de l’agriculture itinérante sur brûlis, qui transforme chaque année environ
160.000 ha de formations forestières naturelles en zones de cultures (CENATEL, 2001) ;

• la pratique de l’élevage transhumant, qui cause des dommages à l’environnement suite à


l’émondage anarchique des essences fourragères, au surpâturage et au phénomène de
piétinement et de tassement ;
• la pratique des feux de brousse tardifs qui constitue une menace grave pour tous les
écosystèmes forestiers ;
• la pratique de la cueillette au détriment d’une utilisation durable des ressources naturelles
(bois de feu, d’œuvre et de service, prélèvement des plantes médicinales, braconnage et
exploitation illicite des plans d’eau).

Ces relations agriculture-forêt, élevage-forêt, cueillette-forêt indiquent clairement que ce sont les
questions relatives à la gestion des ressources forestières, au système d’élevage, à la foresterie
villageoise (plantations villageoises et agro-foresterie) et à la gestion des terroirs villageois qu’il
s’agira globalement de repenser.

[Link]. Facteurs d’ordre politique, juridique et institutionnel

Ils sont liés à :

• une vision prospective qui présente de graves insuffisances. En effet, la plupart des textes
réglementaires pris se caractérisent par leur nature répressive ;

• une insuffisance des outils de gestion rationnelle de l’environnement et de la


diversité biologique ;

• une faible capacité d’intervention des différentes institutions mises en place, tant au
niveau matériel qu’à celui des ressources humaines ;

• l’absence d’un cadre institutionnel qui responsabilise les communautés locales par
rapport à la gestion des ressources naturelles.

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 51


[Link]. Méconnaissance des ressources naturelles et du processus de leur évolution

Elle se caractérise par :

• une insuffisance de données relatives à la gestion des ressources de l’environnement et de


la diversité biologique ;

• une vision limitée des composantes de la diversité biologique ;

• une inadéquation des liens entre la dynamique démographique, les besoins et les
disponibilités en ressources exploitables. On est loin de cette logique qui sous-tend tout
développement durable puisqu’on ne dispose que de peu d’inventaire, de plans
d’aménagement et de peu de moyens pour exécuter les travaux préparatoires à toute
exploitation rationnelle, ce qui fait que le contrôle des prélèvements se fait à posteriori ;

• une connaissance limitée sur les biomes que représentent les zones humides.

En bref, le niveau des connaissances sur la diversité biologique et les processus de son évolution
reste encore très faible pour permettre une gestion rationnelle de ses éléments.

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 52


CHAPITRE III :
STRATEGIE NATIONALE

3.1. FONDEMENTS DE LA STRATEGIE

3.1.1. Problème majeur

Il découle de la synthèse des problèmes spécifiques aux Départements et des éléments du


diagnostic amélioré, que les composantes de la Diversité Biologique les plus sollicitées et donc
les plus fragilisées sont les formations forestières (généralement classées), la faune et les
plantations domaniales.

Dès lors le problème majeur que connaît le Bénin en matière de Diversité Biologique est : la
dégradation persistante des réserves de la diversité biologique malgré les efforts de
conservation consentis et les stratégies sectorielles développées.

3.1.2. Principaux défis

Les principaux défis pour résoudre efficacement le problème majeur retenu se résument à :

• une concertation nationale véritable des différents acteurs et secteurs impliqués dans la
gestion de la Diversité Biologique pour repenser globalement les modalités d’une
exploitation durable des ressources biologiques et éradiquer les comportements négatifs
évoqués au point [Link] relatif aux facteurs anthropiques ;

• l’établissement de nouvelles bases conceptuelles pour la reformulation, l’actualisation et


l’application des textes régissant la conservation des ressources biologiques ;

• une meilleure connaissance des ressources biologiques du pays, gage de leur gestion
rationnelle par l’élaboration d’outils appropriés de gestion ;

• la promotion de l’adhésion des populations à la gestion des ressources biologiques et du


développement des communautés de base par l’amorce d’une décentralisation effective.

3.2. ORIENTATIONS STRATEGIQUES ET OBJECTIFS

3.2.1. Orientation majeure et objectif global

[Link]. Orientation majeure

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 53


La gestion durable des ressources biologiques ne pouvant plus se concevoir sans une
responsabilisation méthodique et sincère des communautés de base, leur part de responsabilité
étant établie dans la dégradation de la Diversité Biologique, l’orientation majeure s’énonce
comme suit : d’ici à l’an 2025 les collectivités territoriales décentralisées et l’Etat ont une
conscience précise des enjeux de la diversité biologique et la gèrent durablement pour
soutenir le développement socio-économique du Bénin.

[Link]. Objectif global

Face à une telle vision qui n’est en fait que le résultat conjugué de l’analyse thématique et des
principaux défis, l’objectif global à atteindre est : de contribuer au développement durable du
Bénin et à la réduction de la pauvreté à travers une meilleure gestion de la diversité
biologique.

3.2.2. Axes stratégiques et objectifs spécifiques

[Link]. Axes stratégiques

Les choix stratégiques qu’il convient de retenir par rapport aux thèmes spécifiques ayant fait
l’objet d’une attention particulière tout au long du diagnostic pour conserver durablement la
diversité biologique sont :

1. le renforcement des capacités des structures et des intervenants dans la gestion de la


Diversité Biologique ;
2. la promotion de la recherche ;
3. la promotion des valeurs et savoir-faire endogènes pertinents ;
4. la valorisation des ressources génétiques ;
5. le développement de la coopération tant au niveau national, régional qu’international
dans les domaines scientifique, technique et biotechnologique.

[Link]. Objectifs spécifiques

Tout en gardant à l’esprit les trois objectifs de la CDB, les objectifs spécifiques au Bénin sont :

Objectif 1 : Restaurer les ressources biologiques naturelles et leurs supports à un niveau


supérieur aux besoins des populations et qui permette de contribuer significativement au
développement économique.

Objectif 2 : Moderniser de manière écologiquement acceptable l’agriculture d’ici à l’an 2015.

Objectif 3 : Tenir compte de la diversité biologique dans l’ensemble des actions de


développement économique et social, et dans l’éducation.

Objectif 4 : Valoriser la Diversité Biologique et les ressources génétiques en s’appuyant sur les
opportunités du partage juste et équitable des avantages découlant de l’exploitation des
ressources génétiques.

Objectif 5 : Créer un cadre viable de concertation, de suivi, de coordination et d’orientation de


toutes les activités nationales de gestion de la Diversité Biologique.

Ainsi, on peut retenir que :

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 54


• les objectifs spécifiques 1 et 3 correspondent à l’objectif 1 de la CDB ;
• les objectifs spécifiques 2 et 5 intègrent parfaitement l’objectif 2 de la CDB ;
• l’objectif 3 de la CDB est lié l’objectif spécifique 4.

La figure suivante présente les étapes suivies pour l’élaboration de la Stratégie Nationale et du
Plan d’Action en matière de Diversité Biologique.

Figure 2 : Aperçu des étapes suivies pour l’élaboration de la Stratégie Nationale et du Plan
d’Action en matière de Diversité Biologique

ANALYSE DIAGNOSTIQUE

- POTENTIALITES
- CONTEXTE INSTITUTIONNEL
ET REGLEMENTAIRE
ATOUTS - ACQUIS
BIOTECHNOLOGIQUES
- PROJETS ET PROGRAMMES

SITUATION ACTUELLE

- PROBLEMES VECUS
DIAGNOSTICS DEPARTEMENTAUX - CAUSES
- SOLUTIONS

DIAGNOSTIC AMELIORE
• SYNTHESE
• ANALYSE THEMATIQUE

PROBLEMES ET DEFIS MAJEURS


CAUSES MAJEURS

ORIENTATIONS STRATEGIQUES

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 55


OBJECTIFS

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 56


CHAPITRE IV :
PLAN D’ACTION POUR LA
CONSERVATION DE LA
DIVERSITE BIOLOGIQUE

Le plan d’action en lui-même découle d’un cadre logique qui trouve son ancrage dans les
éléments de la stratégie nationale, notamment les différents objectifs retenus.

4. 1. CADRE LOGIQUE

4.1.1. Méthodologie de présentation du cadre logique

Le cadre logique de la Stratégie Nationale et du Plan d’Action pour la Conservation de la


Diversité Biologique est conçu sous la forme d’un tableau qui hiérarchise les objectifs à atteindre
et présente les actions à mener.

Les objectifs sont hiérarchisés comme suit :

1. objectif global découlant de l’orientation majeure définie supra ;

2. objectifs stratégiques 1, 2 et 3 : il s’agit des objectifs de la CDB ;

3. objectifs opérationnels 1, 2, 3, 4 et 5 : il s’agit des objectifs spécifiques retenus par le


Bénin.

Cette façon de procéder a permis un codage des actions prioritaires à mettre en oeuvre. Ainsi, la
première action retenue, à savoir « renforcer les capacités des intervenants dans le domaine de la
conservation des ressources biologiques » est codée 1.1.1. parce qu’elle découle de l’objectif
opérationnel 1 qui intègre l’objectif stratégique 1.

4.1.2. Présentation du cadre logique

Le cadre logique de la Stratégie Nationale et du Plan d’Action pour la Conservation de la


Diversité Biologique est présenté au tableau 4, qui contient également les indicateurs de
vérification de la mise en œuvre des actions retenues.

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 57


Tableau 4 : Cadre logique de la Stratégie Nationale et du Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique
Hiérarchie des objectifs/Actions Indicateurs Objectivement Moyens de vérification Hypothèses ou Suppositions
N° vérifiables (IOV) (MDV) importantes
Code
FINALITE
Objectif global : Enquêtes spécifiques. Qu’une volonté politique soit affirmée
Contribuer au développement durable du Bénin et à en matière de gestion de la diversité
la réduction de la pauvreté à travers une meilleure biologique.
gestion de la diversité biologique.

BUTS / EXTRANTS
1 Objectif stratégique n° 1 :
Assurer la conservation efficace de la diversité
biologique.

1.1 Objectif opérationnel n°1


Restaurer les ressources biologiques naturelles à un
niveau supérieur aux besoins des populations et qui
permettent de contribuer significativement au
développement économique.

1.1.1 Action n° 1 - Répertoire des intervenants dans le - Rapports d’activités des Que le financement soit disponible.
Renforcer les capacités des intervenants domaine de la DB est disponible d’ici à intervenants.
(gestionnaires, acteurs, institutions) dans le domaine l’an 2004. - Enquêtes sur le terrain.
de conservation des ressources biologiques. - Au moins 50 % des intervenants sont - Documents de répertoire.
appuyés au bout de 5 ans.

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 58


1.1.2 Action 2 - 40 % des populations sont formées sur
Impliquer les populations locales, et les nouvelles techniques de gestion
particulièrement les femmes dans les actions de durable des ressources naturelles
préservation et de conservation de la diversité biologiques. - Rapports des structures chargées - Que les populations soient
biologique. - Au moins 40 % des populations de la gestion des ressources disponibles.
riveraines sont formées, en particulier naturelles. - Qu’une volonté politique soit
les femmes mènent des activités en affirmée.
faveur de la CBD au bout de cinq ans -Rapports de formation. - Que des activités génératrices de
- Les producteurs sont formés sur les revenus compensateurs pour les
nouvelles techniques d’exploitation des -Enquêtes sur le terrain. populations existent.
ressources naturelles biologiques
- 5 % des plans d’eau piscicole sont
contrôlés et aménagés par an et pendant
cinq ans.

1.1.3 Action 3 - 40 % des formations végétales Rapports d’activités de la DFRN


Développer l’agro-pastoralisme. dégradées sont restaurées au bout de 5 et du CENAGREF.
ans.
- 80 % des couloirs de transhumance et Rapports d’activités des structures Que la participation des populations
des zones de pacage sont matérialisés et chargées de l’élevage, de soit effective.
30 % enrichis en essences fourragères l’agriculture, de l’environnement
dans 5 ans. et des forêts.

1.1.4 Action 4 - 20 % des écosystèmes d’intérêt - Rapports d’activités des - Que la volonté politique soit affichée
Protéger les écosystèmes fragiles ou menacés ou particulier sont protégés au bout de cinq structures techniques en charge de en la matière.
présentant un intérêt particulier. ans. l’environnement et des eaux et - Que les acteurs à la base adhèrent au
- 20 % des écosystèmes fragiles sont forêts. programme.
protégés au bout de cinq ans. - Enquêtes sur le terrain.
- les textes réglementaires sont
actualisés et appliqués au bout de 5 ans.

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 59


1.1.5 Action 5 -50 % des espèces animales et végétales - Rapports d'activités des Que les acteurs à la base adhèrent au
Elaborer et mettre en œuvre un programme spécial en voie de disparition répertoriées sont structures en charge de programme.
de protection et de conservation des espèces conservées d'ici à cinq ans. l'environnement et des forêts.
animales et végétales endémiques et rares, de suivi - Un programme de recherche existe et - Publications des chercheurs et Que les partenaires au développement
écologique et de formation/recherche sur la DB. est exécuté pour au moins une espèce universitaires. appuient ces programmes.
animale et une espèce végétale - Rapports d’activités des ONG
endémique d’ici à 5 ans. spécialisées. Que les acteurs à la base adhèrent au
- Une banque de gènes fonctionnelle - Rapports d’activités de l’INRAB programme et soient appuyés.
existe d'ici à 2004. et de la Direction de l’Elevage.
-Rapport technique de
l’Université d’Abomey Calavi.

1.1.6 Action 6 Le taux de pauvreté est réduit de 2 % au Enquêtes spécifiques de la - Que la volonté politique soit affichée
Intégrer la problématique de conservation de la bout de 5 ans. Commission Nationale de Lutte - Que les populations participent
diversité biologique dans la stratégie nationale de contre la Pauvreté. pleinement.
réduction de la pauvreté.
1.1.7. Action 7 25 % des potentialités biologiques du - Termes de référence disponibles. Que les partenaires au développement
Evaluer périodiquement le potentiel disponible en Bénin sont évaluées au bout de 5 ans. -Rapports d’études disponibles. apportent les appuis logistiques
matière de Diversité Biologique et son exploitation. nécessaires.
1.1.8. Action 8 -L’espace reboisé augmente de 5 % l’an - Visite de terrain. -Que le consentement des acteurs à la
Intensifier les plantations d’arbres, contrôler la -10 % des éleveurs pratiquent les -Fiches techniques. base soit acquis.
transhumance et lutter contre les émondages techniques appropriées d’exploitation - Rapports d’activité. -Que l’adhésion des pasteurs soit
anarchiques. des parcours naturels. -Procès verbaux. obtenue.
- Rapports de mission.
1.1.9. Action 9 - 5 % des plans d’eau sont contrôlés et - Rapports d’activité des services
Améliorer l’exploitation des cours d’eau, les aménagés par an et pendant cinq ans. techniques concernés.
aménager et créer des étangs piscicoles. - 5 % des plans d’eau sont libérés de la -Procès verbaux de réunion.
jacynthe d’eau. -Rapports de mission.
- Le niveau actuel des ressources
halieutiques augmente de 50 % au bout
de 5 ans.
1.1.10. Action 10 -L’utilisation du bois énergie est réduit -Rapports annuels des services
Diversifier les sources d’énergie et les modes de de 25 % au bout de 5 ans. forestiers et de la Direction de
consommation de l’énergie. -Une politique nationale de l’énergie l’énergie. Que la volonté politique soit affichée.
est disponible. - Document de politique nationale
de l’énergie.
1.1.11. Action 11 -Rapports des campagnes de Que les populations à la base soient
Assurer une meilleure exploitation de la faune par le sensibilisation. disponibles.
respect des normes, requises. -Rapports d’activités et de mission

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 60


1.1.12. Action 12 Un mécanisme approprié est mis en -Rapport de campagnes du
Développer le tourisme cynégétique et de vision. place pour lutter contre l’exploitation CENAGREF, de la Direction du
non rationnelle de la faune. Tourisme et de l’Agence Régional
pour le Développement du
25 % des sites touristiques inexploités Tourisme dans l’Atacora Que la volonté politique soit affichée.
sont mis en valeur au bout de 5 ans. (ARDET).
-Rapports sur le tourisme
écologique des jeunes.
-Rapport de faisabilité sur les
initiatives touristiques privées.
1.1.13. Action 13 25 % des usagers des ressources -Rapports et procès verbaux Que les acteurs à la base y adhèrent.
Renforcer la lutte contre les activités anthropiques naturelles observent les règles de divers.
destructrices des ressources biologiques. conduite appropriées au bout de 5 ans.

1.2 Objectif opérationnel n°2


Tenir compte de la diversité biologique dans
l’ensemble des actions de développement
économique et social et dans l’éducation.

1.2.1 Action 1 15 % des établissements Rapports d’activités des structures Que la volonté politique soit affichée.
Intégrer la notion de conservation de la diversité d’enseignement de divers niveaux en charge de l’enseignement et de
biologique dans l’éducation et appuyer l’information intègrent des modules en éducation l’éducation. Que les autorités religieuses et les
sur la diversité biologique. environnementale dans leur programme leaders d’opinion adhèrent à la
au bout de 5 ans. politique d’éducation
environnementale.
-Une banque de données sur la
diversité biologique est actualisée et
publiée d’ici à 5 ans.

1.2.2 Action 2 - Un cadre organisationnel fonctionnel -Enquête sur le terrain. Que la décentralisation soit effective
Accroître le taux d’alphabétisation et améliorer la existe dans chaque commune d’ici l’an -Rapports d’activités des et que la volonté politique soit
capacité organisationnelle des populations pour 2006. structures chargées de affichée et soutenue.
mieux gérer la diversité biologique. -Le taux de l’alphabétisation a l’enseignement primaire et de
augmenté de 15 % au bout de 5 ans. l’alphabétisation.

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 61


1.2.3 Action 3 45 % des exploitants adoptent des - Rapports des services Que les structures techniques et les
Renforcer l’éducation environnementale. techniques d’exploitation rationnelle compétents. exploitants y adhèrent.
des ressources naturelles d’ici à 5 ans. -Examen des modules et des
programmes d’enseignement.

Objectif stratégique n°2


Assurer l’utilisation durable des éléments de la
2 diversité biologique.

2.1 Objectif opérationnel n°1


Moderniser de manière écologiquement acceptable
l’agriculture d’ici l’an 2015.

2.1.1 Action 1 Les cartes thématiques existent. Constat dans les services de -Que les moyens financiers soient
Actualiser les cartes de vocation des sols et les Au moins 75 % des structures documentation des structures disponibles.
vulgariser. spécialisées en disposent et les concernées.
exploitent d’ici à 5 ans.

2.1.2 Action 2 40 % des zones à forte densité disposent - Rapports d’activités. Que les acteurs à la base y adhèrent.
Réaliser et mettre en œuvre des plans fonciers d’un plan foncier d’ici à 5 ans. - Enquêtes de terrain.
ruraux dans les zones à forte densité.

2.1.3 Action 3 - Un répertoire national des pratiques Répertoire -Que les ressources financières soient
Identifier les pratiques endogènes valorisantes et endogènes existe d’ici à 2 ans. Enquêtes de terrain disponibles.
mettre en place des systèmes-modèles de gestion - 50 % des pratiques identifiées sont
durable des terroirs et les vulgariser. utilisées dans la gestion des terroirs
d’ici à 4 ans.

2.1.4 Action 4 Au moins six départements sont dotés Rapports d’activités des centres. Que le financement soit disponible.
Créer des centres départementaux de machinisme de centres de machinisme agricole d’ici
agricole. à 5 ans. Visites de terrain. Que les producteurs y adhèrent.

Que la volonté politique s’affiche.

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 62


2.1.5 Action 5 Au moins 75 % des producteurs Enquêtes de terrain.
Promouvoir les systèmes de production intégrés adoptent les systèmes de production
(agro foresterie ; système agropastoral). intégrés. Rapports des structures Que les populations y adhèrent.
impliquées.

2.1.6 Action 6 Le taux d’alphabétisation est en -Rapports INSAE. Que les populations y adhèrent.
Renforcer la politique d’alphabétisation en milieu croissance de 3 % par an.
rural. - Rapports de la Direction de
l’alphabétisation.
2.2 Objectif opérationnel n°2
Créer un cadre viable de concertation, de suivi, de
coordination et d’orientation de toutes les activités
nationales de gestion de la diversité biologique.
2.2.1 Action 1 Chaque région du Bénin dispose d’un
Améliorer la participation des populations à la programme de développement axé sur
gestion des ressources biologiques et suivre la mise la gestion des ressources naturelles d’ici Rapports des partenaires et des Que les ressources financières soient
en œuvre du plan d’action par un cadre institutionnel à 5 ans. associations. effectivement disponibles.
viable et durable : le Secrétariat Technique
Permanent (STP). Le STP est créé et est fonctionnel d’ici
fin 2002.
2.2.2. Action 2 Une base de données existe et est Au sein du MEHU
Créer une base de données en matière de Diversité fonctionnelle au bout de cinq ans.
Biologique.

Objectif stratégique n°3


Veiller au partage juste et équitable des avantages
3 découlant de l’exploitation des ressources
génétiques.
3.1 Objectif opérationnel n°1
Valoriser la diversité biologique et les ressources
génétiques.

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 63


3.1.1 Action 1 : Un réseau national de guérisseurs Enquêtes sur terrain. Que la collaboration des
Valoriser les ressources biologiques et promouvoir traditionnels (ethnopharmaciens) existe tradipraticiens soit acquise.
la pharmacopée. d’ici à deux ans. Rapports.
Que les chercheurs et techniciens
Au moins 40 % des guérisseurs Documents de création du réseau. collaborent dans le domaine.
traditionnels sont formés à l’utilisation
durable des techniques d’exploitation Jardins botaniques.
des ressources biologiques.
Rapport technique de l’INRAB et
Le nombre des espèces forestières de l’Université.
faisant l’objet d’une recherche sur leur
rendement est accru de 25 % d’ici à 5 Procès verbaux des services
ans. compétents.

75 % des exploitants des ressources Rapport du Ministère de la Santé


naturelles mènent une activité contrôlée Publique.
d’ici à 5 ans.
Livres des postes de police
Tout le secteur de la médecine forestière et rapports de la DFRN.
traditionnelle est organisé d’ici à 5 ans.
Visite de terrains.
le réseau national d’ethnobotanique et
d’ethnozoologie est appuyé d’ici à 3 ans
3.1.2 Action 2 -Une stratégie d’amélioration génétique - Document de Stratégie et Plan
Améliorer la productivité des espèces. des espèces et des races est élaborée et d’Action en matière de diversité
mise en œuvre d’ici à 5 ans. biologique.
- Rapports des institutions
compétentes.
3.1.3 Action 3 75 % des résultats de recherche en Publications. Que les chercheurs et les structures de
Développer les échanges régionaux et internationaux matière de diversité biologique sont recherche y adhèrent.
en matière de diversité biologique. publiées d’ici à 5 ans.

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 64


3.1.4 Action 4 Un cadre de prévention des risques liés - Rapports des Ministères en
Promouvoir la biotechnologie et les cultures in vitro à la biotechnologie est mis en place charge de l’environnement, de la
et mettre en place un cadre de prévention des risques d’ici à 2 ans. recherche scientifique, de la
liés à la biotechnologie. communication et de la justice. Que la volonté politique soit affirmée.
Un cadre approprié pour la
biotechnologie est mis en place d’ici à 2 - Rapports des laboratoires de
ans. biotechnologie.

Deux émissions TV/Radios et écrites


sont réalisées et diffusées une fois par
mois et ceci pendant deux ans.

3.1.5. Action 5 Une stratégie nationale pour le partage Document de stratégies Que les bénéficiaires soient
Réglementer l’accès aux ressources de la Diversité des avantages est élaborée et mise en disponibles. disponibles.
Biologique ainsi que leur exportation. œuvre au bout de 2 ans.
Procès verbaux de partage des
Les textes réglementaires sont élaborés, avantages.
adoptés et appliqués au bout de 5 ans.
INTRANTS

Ressources humaines : A définir lors de la formulation des


projets.
Ressources matérielles A définir lors de la formulation des
projets.
Ressources financières 90368,1 millions F CFA

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 65


4.2. PLAN D’ACTION

Le tableau 5 relatif au plan d’action est une émanation et un complément du tableau 4. En effet, à
partir des actions retenues, il présente les activités à mettre en oeuvre, la période de leur
exécution qui est de 5 ans, leur coût estimatif, ainsi que les structures en charge de ces activités.

L’inconvénient de cette présentation est que les sous-activités qui découlent des activités
retenues n’y sont pas intégrées.

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 66


Tableau 5: Plan d’action pour la conservation de la diversité biologique
Actions Activités Période d'exécution Indicateurs Objectivement Structures Structures Coût en
Vérifiables (IOV) responsables impliquées millions

F CFA
Code
Année Année Année Année
1 2 3 4
1.1.1 Action 1 Appuyer les initiatives 75 % des projets dans le STP Démembrements 18589,4
Renforcer les capacités existantes, notamment celles domaine de conservation sont du STP Structures
des intervenants qui visent à évaluer toutes les appuyés d’ici à 5 ans. homologues.
(gestionnaires, acteurs, réserves biologiques du
institutions) dans le Bénin, les doter de plans de
domaine de la développement et soutenir
conservation des les institutions et
ressources biologiques. programmes de gestion.

Action 2 -40 % des populations sont - STP 3877


Impliquer les populations Améliorer les techniques conscientes de la nécessité de - MAEP
locales, et d’exploitation des sols et de conservation des ressources - MEHU
1.1.2 particulièrement les la faune non- naturelles et des espèces d'ici à - ONG
femmes dans les actions conventionnelle. 5 ans. - COMMUNES
de préservation et de
conservation de la 50 % des producteurs sont - MAEP
diversité biologique. formés sur les nouvelles - STP
Protéger et aménager les techniques de protection des
plans d’eau. ressources biologiques.

5 % des plans d’eau piscicoles


sont contrôlés et aménagés par
an et pendant cinq ans.

1.1.3 Action 3 Restaurer les formations 40 % des formations végétales - STP STP 1100
Développer les activités végétales dégradées. dégradées sont restaurées au - MAEP
sylvo – pastorales. bout de 10 ans 25 % des
Améliorer l'exploitation des parcours naturels sont
parcours naturels. fonctionnels au bout de 5 ans.

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 67


1.1.4 Action 4 Protéger les écosystèmes - 20 % des écosystèmes - MAEP 800
Protéger les écosystèmes d'intérêt particulier. d’intérêt particulier sont - MEHU STP
fragiles et menacés ou protégés au bout de cinq ans. - ONG
présentant un intérêt Protéger les écosystèmes
particulier. fragiles. - 25 % des écosystèmes - MAEP
fragiles sont protégés au bout - MEHU
Lutter contre les menaces de de cinq ans. - ONG STP
pollution des eaux.
- Tous les produits prohibés
sur le plan international sont
interdits de production, - MEHU
d’importation et d’utilisation STP
au Bénin.

1.1.5 Action 5 Finaliser la monographie sur Tous les groupes - Universités et STP 7250
Elaborer et mettre en la Diversité Biologique. taxonomiques connus sont Instituts de recherche
œuvre un programme répertoriés. - ONG
spécial de protection et Conserver les espèces
de conservation des végétales en voie de -50 % des espèces animales et
espèces animales et disparition. végétales en voie de
végétales menacées et/ou disparition et endémiques sont STP
rares, de suivi biologique Conserver les ressources conservées d'ici à cinq ans. - Universités et
et de formation/recherche génétiques. Instituts de recherche
sur la Diversité - Une banque de gènes
Biologique. fonctionnelle existe d'ici à l'an - ONG
2004. STP
- Universités et
Instituts de recherche

1.1.6 Action 6 Prendre des initiatives pour Le taux de pauvreté est réduit - Ministère chargé du STP
Intégrer la problématique appuyer la lutte contre la de 2 % au bout de 5 ans. Plan et du
de conservation de la pauvreté en matière de la Développement.

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 68


diversité biologique dans conservation de la Diversité
la stratégie nationale de Biologique.
réduction de la pauvreté.
1.1.7 Action 7 Evaluer le potentiel en 25 % des potentialités -MAEP STP
Evaluer périodiquement ressources biologiques. biologiques du Bénin sont -Universités et
le potentiel disponible en évaluées au bout de 5 ans. Instituts de recherche
matière de Diversité
Biologique et de son -MEHU
exploitation.

1.1.8 Action 8 Intensifier le reboisement. L’espace reboisée augmente de - MAEP 600


Intensifier les plantations 15 % l’an.
d’arbres, contrôler la Améliorer les exploitations
transhumance et lutter des parcours naturels. 20 % des éleveurs pratiquent - MEHU STP
contre les émondages les techniques appropriées - ONG
anarchiques d’exploitation des parcours - COMMUNES
naturels.

1.1.9 Action 9 Renforcer la capacité Le niveau actuel des - MAEP (Direction - ONG 1500
Améliorer l’exploitation d'intervention des exploitants ressources halieutiques des pêches) - Associations des
des cours d’eau, les des ressources en eau. augmente de 25 % au bout de 5 pêcheurs et de
aménager et créer des ans. protection de la
étangs piscicoles. nature

1.1.10 Action 10 Faire la consommation du L’utilisation du bois-énergie - MAEP (DFRN) - STP 10200
Diversifier les sources bois énergie une source est réduit de 25 % au bout de 5 - MMEH (Direction
d’énergie et les modes de secondaire de consommation ans. de l’Energie)
consommation de d'énergie. - ONG
l’énergie. Une politique nationale de - Autres structures
Réorganiser la filière de l’énergie est élaborée.
l'énergie.

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 69


1.1.11 Action 11 Entreprendre des actions de - Un mécanisme approprié est - MAEP - MESRS 10384,3
Assurer une meilleure lutte contre une exploitation mis en place pour lutter contre - DFRN - Université
exploitation de la faune non rationnelle de la faune. l’exploitation irrationnelle de - CENEGREF - Ministère chargé
par le respect des normes la faune dans 5 ans. du tourisme
requises. - STP
- Augmentation du cheptel
faunique et des touristes d’ici à
5 ans.

1.1.12 Action 12 Mettre en valeur le 25 % des sites touristiques - DFRN - MESRS


Développer le tourisme patrimoine touristique. inexploités sont mis en valeur - CENAGREF - Université
cynégétique et de vision. au bout de 5 ans. - Direction Tourisme - STP
et Hôtellerie
- ARDET
- Agences de voyages

1.1.13 Action 13 Renforcer le contrôle de des 25 % des usagers des - MAEP - Université 250
Renforcer la lutte contre feux de brousse, de ressources naturelles observent - MEHU - ONG spécialisés
les activités anthropiques l’exploitation du pâturages et les règles de conduite -STP
destructrices des du bois. appropriées au bout de 5 ans.
ressources biologiques.

1.2.1. Action 1 - Introduire progressivement 15 % des établissements -Ministères chargés - STP 2500
Intégrer les notions de l'enseignement de la DB dans d’enseignement de divers de l’enseignement
conservation de la le système éducatif béninois. niveaux intègrent des modules -MEHU (ABE)
Diversité Biologique - Créer des banques de en éducation environnementale -ONG
dans l’éducation et données et un système dans leur programme au bout -MAEP
appuyer l’information sur d’information géographique de 5 ans.
la Diversité Biologique. sur la Diversité Biologique.
- Valoriser le savoir-faire Une banque de données
endogène. informatisée sur la diversité
- Promouvoir l’approche biologique est accessible d’ici
foresterie urbaine. à 5 ans.

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 70


1.2.2 Action 2 Renforcer les capacités Un cadre organisationnel - MAEP STP 500
Accroître le taux organisationnelles pour une fonctionnel existe dans chaque - MEHU
d’alphabétisation et meilleure prise en charge des commune d’ici à l’an 2006. - Ministère en charge
améliorer la capacité actions de conservation. de l’alphabétisation
organisationnelle des Le taux d’alphabétisation a - ONG
populations pour mieux Accroître le taux augmenté de 15 % au bout de 5 - COMMUNES
gérer la diversité d'alphabétisation de la ans.
biologique. population.

Action 3 Conscientiser les exploitants 45 % des exploitants adoptent - MAEP STP 250
1.2.3
Renforcer l’éducation forestiers. des techniques d’exploitation - MEHU
environnementale. rationnelle des ressources - ONG
naturelles d’ici à 5 ans.

Action 1 Améliorer la productivité 40 % des producteurs STP 13600


2.1.1 Actualiser les cartes de agricole. appliquent les méthodes ONG
vocation des sols et les appropriées au bout de 5 ans.
vulgariser. Restaurer les terres
dégradées. Le rendement moyen des MAEP
spéculations croit de 10 %
d’ici à 5 ans.

25 % des superficies dégradées


sont restaurées d’ici à 5 ans.

Action 2 Réaliser et mettre en œuvre 40 % des zones à forte densité STP 10384,3
2.1.2.
Elaborer et mettre en des plans fonciers ruraux disposent d’un plan foncier MAEP ONG
œuvre des plans fonciers dans les zones à forte densité d’ici à 5 ans.
dans les zones à forte
densité.
2.1.3 Action 3 - Un répertoire national des STP
Identifier les pratiques pratiques endogènes existe ONG
endogènes et mettre en Identifier les pratiques d’ici à 2 ans. MAEP
place des systèmes – endogènes valorisantes et - 50 % des pratiques identifiées
modèles de gestion mettre en place des systèmes sont utilisées dans la gestion
durable des terroirs et les modèles de gestion durable des terroirs d’ici à 4 ans.
vulgariser. des terroirs et les vulgariser.

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 71


2.1.4 Action 4 Créer des centres Au moins six départements MAEP STP
départementaux de sont dotés de centres de ONG
machinisme agricole. machinisme agricole d’ici à 5
ans.

2.1.5. Action 5 Promouvoir les systèmes de Au moins 75 % des MAEP STP


production intégrés (agro producteurs adoptent les ONG
foresterie ; système systèmes de production
agropastoral). intégrés.

2.1.6. Action 6 Renforcer la politique Le taux d’alphabétisation est MAEP STP


d’alphabétisation en milieu en croissance. ONG
rural.

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 72


2.2.1 Action 1 Mettre en place un cadre Chaque région du Bénin STP 4020
Améliorer la national unique pour le suivi dispose d’un programme de
participation des de la mise en œuvre du Plan développement axé sur la
populations à la gestion d'Action et l'équiper. gestion des ressources
des ressources naturelles.
biologiques, et suivre la Renforcer et développer
mise en œuvre du plan l'appui au réseau de Le STP est créé et est
d’action par un cadre collaboration. fonctionnel.
institutionnel viable et
durable : le Secrétariat Identifier les besoins en
Technique Permanent formation et mettre en œuvre
(STP). un programme de formation
à tous les niveaux.

Elaborer les programmes de


suivi évaluation des activités
sectorielles.

Présenter un état triennal de


la DB et élaborer les
orientations subséquentes.

3.1.1 Action 1 Promouvoir les espèces Le taux d’exploitation et - MSP STP 2000
Valoriser les ressources forestières de valeur. d’utilisation des techniques - ONG
biologiques et adéquates en matière - Universités et
promouvoir la Promouvoir les plantes d’utilisation et d’exploitation Instituts de recherche
pharmacopée. médicinales. des ressources biologiques
pourvues d’une certaine utilité
Créer des jardins à plantes est accrue de 10 % d’ici à 5
tropicales très sollicitées. ans.

Développer l’élevage non


conventionnel.

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 73


Développer des activités de Le nombre des espèces STP
recherche sur les rendements forestières faisant l’objet d’une
des formations forestières. recherche sur leur rendement
est accru de 25 % d’ici à 5 ans.
Améliorer l'organisation de
l'exploitation des ressources 75 % des exploitants des
disponibles. ressources naturelles mènent
une activité contrôlée d’ici 5 STP
ans.

Tout le secteur de la médecine


traditionnelle est organisé d'ici - STP
5 ans. - MSP

3.1.2 Action 2 Développer une stratégie Une stratégie d’amélioration STP 500
Améliorer la productivité d'amélioration génétique des génétique des espèces et des Universités et Instituts
des espèces. espèces et des races. races est élaborée et mise en de recherche
œuvre d’ici à 5 ans.

3.1.3 Action 3 Identifier les domaines de 75 % des résultats de recherche STP 250
Développer les échanges collaboration avec les en matière de Diversité Universités et Instituts
régionaux et différentes structures de Biologique sont publiés. de recherche
internationaux en matière recherche.
de Diversité Biologique.
Publier les résultats de la
recherche.

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 74


3.1.4 Action 4 Promouvoir la mise au point Pendant deux ans une STP MSP 1880
Promouvoir la et les applications émission bimensuelle MJLDH
biotechnologie et les biotechnologiques au niveau TV/Radios et presses écrites Universités
cultures in vitro et mettre national. sont réalisées et diffusées. ONG
en place un cadre de
prévention des risques Créer un laboratoire national Un spécialiste par domaine
liés aux biotechniques. de culture in vitro. d’activité (foresterie,
agriculture, élevage et
Sensibiliser les populations pisciculture) est formé ou
sur les avantages et les recyclé au bout de 5 ans.
risques liés à l'application de
la biotechnologie. Les textes réglementaires sont
élaborés, adoptés et appliqués
Renforcer les capacités au bout de 5 ans.
nationales en matière
d'évaluation et de gestion des
risques biotechnologiques.

Réglementer l'application de
la biotechnologie au niveau
national.

Renforcer la mise en oeuvre


des dispositions du protocole
de Cartagena sur la
biosécurité.

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 75


3.1.5 Action 5 Mettre en place une Une stratégie nationale pour le STP 2319,8
Mettre en place un législation adéquate en partage des avantages est
système d’identification matière de partage des élaborée et mise en œuvre au
des besoins et de partage bénéfices découlant de bout de 2 ans.
des avantages découlant l’exploitation des ressources
de la gestion des génétiques. Des dispositions légales sont
ressources génétiques. mises en place d’ici à 2004.
Impliquer les groupes de
pression dans le partage des
bénéfices.

Identifier les mesures


traditionnelles de gestion
rationnelle des ressources
biologiques.

Valoriser les pratiques


endogènes en matière de DB.

Accroître la culture des


plantes médicinales
traditionnelles à travers la
formation des tradi
praticiens.

TOTAL 92.754,8

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 76


CHAPITRE V :
MISE EN ŒUVRE, SUIVI ET EVALUATION
DE LA
STRATEGIE NATIONALE ET PLAN
D’ACTION
La mise en œuvre, le suivi et l’évaluation de la stratégie et du plan d’action nécessitent, en outre
les moyens, la mise en place de structures efficientes et fonctionnelles ainsi que la définition des
rôles des différents acteurs et partenaires de la gestion de la DB.

5.1. MECANISMES DE COORDINATION ET DE SUIVI - EVALUATION

La parfaite exécution du plan d’action en matière de DB exigeant l’appropriation et la synergie


des stratégies sectorielles développées pour éviter les écueils de la dispersion, il a été retenu que
soit créé un cadre institutionnel national unique pour gérer toutes les questions relatives à la
gestion durable de la DB. La cheville ouvrière de cette structure est le SECRETARIAT
TECHNIQUE PERMANENT (STP), doté d’une autonomie de gestion. Ce choix est l’expression
des aspirations qui se dégagent de tous les séminaires et ateliers organisés jusqu’ici et ne saurait
donc être remis en cause.

5.1.1. Missions du STP

Au vu de la situation administrative actuelle du Projet Ben/97/G31 et des immenses défis à


relever pour réaliser ce plan d’action, il est recommandé de la détacher de la Direction de
l’Environnement. Il a été également recommandé que le STP soit soutenu par une structure
nationale, le Comité National de la Diversité Biologique (CNDB), qui regroupera tous les acteurs
s’intéressant à la conservation de la Diversité Biologique (cf. figure 3).

Les missions du STP de la diversité biologique sont définies comme suit :

- conseil et appui technique auprès du Ministère de l’Environnement, de l’Habitat et de


l’Urbanisme et des institutions compétentes en matière de diversité biologique ;
- étude des aspects scientifiques posés par l’exploitation des ressources génétiques et des
répercussions techniques et économiques qui en découlent ;
- examen et proposition des programmes de développement, de conservation et d'utilisation
durable de la Diversité Biologique ;
- élaboration et proposition de règlements techniques dans le domaine du transfert, de la
manipulation, de la manutention et de l’utilisation en toute sécurité de tout organisme vivant
modifié résultant de la biotechnologie ;
- instruction et application des stratégies de gestion des écosystèmes dégradés en vue d’assurer
la reconstitution et la régénération des espèces menacées en collaboration avec les structures
techniques compétentes ;
- proposition de renforcement des mesures économiques et scientifiques rationnelles incitant à
conserver et à utiliser durablement les éléments constitutifs de la Diversité Biologique.

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 77


5.1.2. Missions du CNDB

Il est par ailleurs retenu de rattacher directement le STP au MEHU, tout en ayant des relations
organiques avec la Commission Nationale du Développement Durable (CNDD) et le Comité
National de la Diversité Biologique (CNDB).

Le CNDB propose toute mesure concernant l’utilisation des ressources biologiques pour éviter
ou atténuer les effets défavorables sur la Diversité Biologique.
Il émet des avis sur les programmes d’éducation et de formation scientifique et technique, ainsi
que ceux de recherches pour identifier et conserver la diversité biologique et ses éléments
constitutifs et en assurer l’utilisation durable.

5.1.3. Structure et attributions du STP

Comme l’indique l’organigramme ci-après, le STP est subdivisé en trois Secrétariats spécialisés
à savoir :

- le Secrétariat à la Diversité des Ecosystèmes ;


- le Secrétariat à la Diversité des Espèces ;
- et le Secrétariat à la Diversité Génétique.

Le Secrétariat Technique Permanent sera dirigé par le Secrétaire Technique Permanent, assisté
des trois Secrétaires. Chaque Secrétaire, spécialiste dans chacun des trois domaines (Diversité
des Ecosystèmes, Diversité des Espèces et Diversité Génétique) dirige et anime des groupes de
travail pluridisciplinaires et est en relation avec des réseaux à la base (ONG, Associations de
Développement, Maires, Groupements villageois, etc…).

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 78


Figure 3 : ORGANIGRAMME DU SECRETARIAT TECHNIQUE PERMANENT
DE LA DIVERSITE BIOLOGIQUE

CONSEIL DES
MEHU
MINISTRES

CNDD

COMITE NATIONAL DE SECRETARIAT TECHNIQUE


LA DIVERSITE PERMANENT DE LA DB
BIOLOGIQUE (STP/DB) HOMOLOGUES
(CNDB)

SECRETARIAT A LA
DIVERSITE DES SECRETARIAT A LA SECRETARIAT A LA
ECOSYSTEMES DIVERSITE DES ESPCECES DIVERSITE GENETIQUE

- GROUPES DE TRAVAIL - GROUPES DE TRAVAIL - GROUPES DE TRAVAIL


- ONG ; ASSOCIATIONS - ONG ; ASSOCIATIONS - ONG ; ASSOCIATIONS
- COLLECTIVITES - COLLECTIVITES - COLLECTIVITES
DECENTRALISEES DECENTRALISEES DECENTRALISEES
- PROJETS SUR LA DB - PROJETS SUR LA DB - PROJETS SUR LA DB

: liens hiérarchiques

: liens organiques

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 79


5.1.4 Proposition de modalités de mise en place du STP

La création d’un cadre viable et durable de concertation, de suivi, de coordination et


d’orientation de toutes les activités de gestion de la DB nécessite la mise en œuvre des activités
suivantes :

• le recrutement, sur test, des trois Secrétaires spécialisés en liaison avec les partenaires au
développement intéressés (PNUD, BM, GTZ, etc…) ;
• l’identification d’un local devant servir de siège au Secrétariat Technique Permanent ;
• l’identification des modalités de fonctionnement du STP ;
• le recrutement du personnel expatrié et d’appui.

5.1.5. Mécanisme de suivi – évaluation de la stratégie et du plan d’action

Une esquisse de mécanisme de suivi-évaluation de la stratégie et du plan d’action en matière de


Diversité Biologique est présentée en détail au tableau 3. Par rapport aux résultats attendus
découlant des actions prioritaires à mettre en œuvre, des indicateurs objectivement vérifiables et
des sources de vérification, le STP peut assurer le suivi et l’évaluation dudit plan d’action. Au
nombre des mécanismes, il est également mis en exergue les différents facteurs externes qu’on
ne peut aujourd’hui prévoir et qui sont susceptibles d’influencer le cours normal des projets
découlant de ce document de stratégie et de plan d’action.

5.2. MOYENS DE MISE EN ŒUVRE DU PLAN D’ACTION

Le budget prévisionnel pour la mise en œuvre du plan d’action est estimé à 92.754,8 millions de
FCFA.

L’estimation des coûts est faite sur la base des documents ci-après :

• PAE (1993) ;
• AGENDA 21 NATIONAL (1997) ;
• PGFTR (2000).

Cette estimation tient compte également des coûts actualisés de mise en œuvre de la plupart des
projets et programmes recensés au point 2.1.4.

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 80


CONCLUSION

Le processus d’élaboration de la Stratégie Nationale et du Plan d’Action pour la Conservation de


la Diversité Biologique a donné aux différents acteurs et représentants de structures nationales
concernées par la gestion de la diversité biologique l’occasion d’avoir une juste appréciation de
l’état actuel des ressources biologiques du Bénin. Le constat fait révèle que la situation est
critique et que les stratégies et les options jusqu’ici développées en la matière doivent être
entièrement revues. Le présent document de Stratégie Nationale et de Plan d’Action a le mérite
de proposer des alternatives, notamment pour éviter la dispersion des efforts et impliquer les
structures, les personnes ressources et les ONG qui s’intéressent à la conservation de la Diversité
Biologique. C’est dans ce cadre qu’a été retenue la création d’une structure nationale autonome
de coordination de toutes les activités relatives à la gestion de la diversité biologique à savoir le
STP, qui doit être la cheville ouvrière de l’implication véritable des prochaines structures
décentralisées dans la gestion des ressources biologiques. Mais, ce document a surtout le mérite
d’étaler sans détour les problèmes qui découlent de nos comportements et des choix de
développement agricole et rural.

En raison des causes de dégradation des ressources naturelles identifiées, le plan d’action
proposé a mis un accent particulier sur le renforcement des capacités des intervenants à tous les
niveaux, notamment des structures décentralisées qui, d’ici à 2010, doivent pouvoir prendre en
charge la gestion de leurs ressources naturelles. C’est à ce prix, et seulement à ce prix, que la
conservation et l’utilisation durable de nos ressources naturelles seront garanties et partagées
équitablement.

C’est dire que la question de l’implication des populations dans la gestion des réserves
biologiques n’a pas été occultée dans ce document qui met également l’accent sur la nécessité de
mieux connaître les ressources à gérer et, pour cela, des actions pertinentes ont été proposées.
Pour concrétiser les activités qui en découlent, des idées de projets ont été d’ores et déjà émises
aux fins de leur formulation. C’est à cette étape que seront prises en compte les sous-activités
subséquentes (cf. annexe 4).

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 81


BIBLIOGRAPHIE

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sur le diagnostic des ressources biologiques, Projet BEN/G7/G31, PNUD, MEHU, pp 1-25

2. BEPEA., 1996. Document préparatoire du Forum National de lancement du processus


L’élaboration du programme d’action de lutte contre la désertification RB, GTZ pp. 15-24

3. BOKONON-GANTA E. et OWOLABI L., 2000. Rapport général de la journée


d’information, de réflexion et d’échanges sur la gestion communautaire de la diversité
biologique vue par les femmes. MEHU

4. CEC, BMZ, GTZ., 1996. Toward control of desertification in African drylands : problems,
experiences, guidelines. GTZ, n° 168, Eschborn

5. DAYE L. et MEGNIKPA S., 2000. Diagnostic départemental de la diversité biologique


dans le Mono et le Couffo, Projet BEN/97/G31, MEHU, pp 1-28

6. GODJO L. et OWOLABI L., 2001. Atelier départemental de l’Ouémé et du Plateau sur le


diagnostic des ressources biologiques ; Projet BEN/97/G31, PNUD, MEHU, pp 1-19

7. GUEDEGBE I. et OWOLABI L., 2001. Atelier départemental de l’Atacora et de la Donga


sur le diagnostic des ressources biologiques Projet BEN/97/G31, PNUD, MEHU, pp 1-24p

8. INSAE., 1994. Deuxième recensement général de la population et de l’habitation. Synthèse


des résultats. MPSAE

9. MDR., 2000. Schéma Directeur du Développement Agricole et Rural ; Vol 1, Politique et


stratégie générales ; Projet SPPD/BEN/99/004. PNUD/FAO, 83 p

10. MDR., 2000. Schéma Directeur du Développement Agricole et Rural ; Vol 2 : Stratégie
sous sectorielle ; Projet SPPD/BEN/99/004. PNUD/FAO, 171 p

11. MPREPE., 1997. Note de stratégie nationale du Bénin 1997 – 2001. PP 3-7

12. MEHU., 2001. Plan stratégique 2002 – 2006 du MEHU, pp 6-12.

13. PAE., 1993. Plan d’Action Environnemental du Bénin. MEHU, 134 p.

14. PGFTR., 2000. Programme de Gestion des Forêts et Terroirs Riverains, Direction des
Forêts et des Ressources Naturelles du MDR, 100 p.

15. OGOUMA A. S et OWOLABI L., 2001. Atelier départemental de l’Atlantique et du


Littoral sur le diagnostic des ressources biologiques Projet BEN/97/G 31, MEHU.

16. OWOLABI L., 2001. Rapport général du Séminaire atelier de concertation entre les acteurs
de la gestion de la diversité biologique ; Projet BEN/97/G31, MEHU, pp 1-10

17. QUENUM F. J. et OWOLABI L., 2000. Rapport général du séminaire atelier de


démarrage des activités du Projet BEN/97/G31 ; PNUD, MEHU, pp 1-24

18. MEHU., 1997. Agenda 21 National, pp : 88-111

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 82


19. MDR., 1994 Diagnostic du secteur forestier ; Politique Nationale et Programme de
Développement Forestier du Bénin, DFRN, MDR, 73 p

20. MDR., 1994. La politique forestière du Bénin ; Politique Nationale et Programme de


Développement Forestier du Bénin, DFRN, MDR, 50 p

21. MSP., 2001 Rapport général de l’Atelier d’adoption du contenu de politique et de stratégies
de promotion et d’intégration de la pharmacopée et de la médecine traditionnelle dans le
système national de santé, MSP, PPPMT

22. République du Bénin., 1998. Bénin 2025 : le baobab (stratégie de Développement Baobab
(Stratégie de développement du BENIN à l’horizon 2025, Rapport de synthèse. Projet
BEN/96/001-PRCIG/CTP-NULTPS, pp : 23- 24

23. MMEH., 1999. Etude de la stratégie énergétique du Bénin, Vol 1 : Rapport définitif, pp. 7 –
175

24. MEHU., 1998. Rapport national sur la diversité biologique. MEHU, CBDD, pp : 11 – 45

25. République du Burkina Faso., 2000. Stratégie nationale et plan d’action du Burkina Faso
en matière de Diversité Biologique . CONAGESE, 162 p.

26. MCAT., 2000. Rapport de la mission d’identification des éléments de formulation d’une
politique nationale de développement de l’artisanat. MCAT, DNA, pp : 3-55.

27. MCAT., Elaboration de la politique nationale du Tourisme. Vol 1, Bilan, STI, pp : 129-132

28. SINSIN B., et OWOLABI L. 2001, Rapport sur la monographie de la Diversité Biologique
du Bénin. MEHU

29. TCHABI V. I., 1994. Ecologie, évaluation et utilisation des ressources pastorales dans la
Réserve de faune soudanienne de la Pendjari. Thèse, Univ. Montpellier3, pp : 86 – 88

30. TOMETY S. N. et AGBAHUNGBA G. A., 1993. Revue et orientations des activités de


soutien aux Journées Nationales de l’Arbre et aux Campagnes de Lutte contre les Feux de
Brousse. Rapport de mission. Projet UNSO/BEN/93/W01 ; 42 p

31. UICN., 1999. Forêts sous le feu. Planète – Conservation, pp. 2-5

32. UNEP., 1994. Convention sur la Diversité Biologique. Textes et annexes, 34 p

33. UNEP., 2000. Protocole de Cartagena sur la prévention des risques biotechnologiques
relatifs à la Convention sur la Diversité Biologique ; texte et annexes 30 p

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 83


A N N E X E S

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 84


ANNEXE 1

MONOGRAPHIE NATIONALE DE LA DIVERSITE


BIOLOGIQUE

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 85


TABLE DES MATIERES

INTRODUCTION
Objectifs spécifiques de la monographie nationale de la diversité biologique

METHODOLOGIE DE COLLECTE DES DONNEES

NATURE ET VALEUR DE LA DIVERSITE BIOLOGIQUE


Flore et écosystèmes terrestres
Ecosystèmes aquatiques
Bactéries et virus
Planctons d’eau douce
Parasites animaux
Insectes
Arthropodes non hexapodes
Poissons et crustacés d’eau douce
Poissons, algues, animaux et phanérogames marins
Reptiles et amphibiens
Rongeurs, chiroptères et petits gibiers élevés au Bénin
Faune aviaire
Grands mammifères
Aires Protégées et jardins zoologiques
Champignons supérieurs
Plantes fourragères et pâturages naturels
Plantes médicinales
Plantes ornementales et espèces envahissantes
Ressources forestières
Plantes fruitières et jardins botaniques
Espèces végétales cultivées
Animaux domestiques d’élevage
Système de gestion des données
Economie des ressources biologiques
Dispositions législatives sur les ressources biologiques

CONCLUSION ET PRINCIPALES RECOMMANDATIONS


Diversité biologique
Principales recommandations

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 86


INTRODUCTION
Depuis sa participation au Sommet de la Terre à Rio en 1992, La République du Bénin a
accompli diverses tâches relatives aux résolutions qui en sont issues. Ce sont en particulier : -la
ratification de la Convention sur la Diversité Biologique en juin 1994, -la désignation d’un Point
Focal national pour suivre les décisions sur la diversité biologique aux niveaux national et
international -la rédaction d’un rapport national sur la diversité biologique (1997), -l’élaboration
de l’Agenda 21 National en 1997. L’aboutissement de ces différentes étapes qui ont été
franchies, est la définition d’une stratégie nationale de la diversité biologique assortie d’un plan
d’action. Cette nouvelle phase est en cours de réalisation avec des étapes programmées dans un
ordre logique pour atteindre les résultats escomptés. La réalisation d’une monographie nationale
de la diversité biologie est l’étape première nécessaire pour faire le point des connaissances des
éléments de la diversité biologique en vue d’asseoir la stratégie sur des bases rationnelles.

L’objectif de ce document est de rendre compte des résultats de la première monographie


nationale de la diversité biologique co-financée par le Fonds pour l’Environnement Mondial
(FEM) et le Gouvernement de la République du Bénin. En raison du nombre d’organismes, de
gènes constitutifs des organismes et d’écosystèmes très élevé, et aussi de la dynamique que l’on
note dans l’évolution des états de ces formes de vie, une monographie nationale de la diversité
biologique est en toute logique un processus continu dans le temps et dans l’espace. Pour un tel
travail on ne saurait éviter un inventaire des organismes et parties de ces organismes, mais en
raison des nombreuses lacunes qui subsistent dans la connaissance scientifique dans ce domaine
au Bénin, il a été décidé de procéder à cet inventaire, somme toute partiel, à travers une analyse
des ressources biologiques utiles au développement socio-économique national. En définitive,
l’objectif assigné à cette monographie nationale de la diversité biologique est d’apporter des
éléments d’appréciation pour la définition des choix stratégiques de conservation des ressources
biologiques.

Les domaines qui ont été choisis pour être analysés sont les suivants :

- les plantes médicinales,


- les plantes fruitières et jardins botaniques,
- les plantes ornementales et envahissantes,
- les plantes fourragères,
- les essences forestières d’afforestation,
- les espèces cultivées,
- les champignons,
- les planctons d’eau douce,
- les reptiles et amphibiens,
- les insectes,
- les arthropodes non hexapodes,
- les animaux domestiques d’élevage,
- la grande faune sauvage,
- les rongeurs, chiroptères et petits gibiers élevés au Bénin,
- la faune aviaire,
- les poissons et crustacés d’eau douce,
- les poissons, animaux, algues, et les phanérogames marins,
- les virus et bactéries,
- les parasites animaux,
- les écosystèmes terrestres et les forêts sacrées,
- les écosystèmes aquatiques,

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 87


- les aires protégées et jardins zoologiques,
- l’économie des ressources biologiques,
- le droit de l’environnement,
- le système d’information géographique.

Les termes de références confiées à chacun des consultants spécialistes sont précisées dans les
documents spécifiques.

Objectifs spécifiques de la monographie nationale de la diversité biologique

Dans le cadre de cette monographie nationale de la diversité biologique, les objectifs à atteindre
sont :

- réalisation de l’état des lieux des ressources biologiques par champ thématique,
- collecte des statistiques disponibles sur les ressources biologiques,
- analyse des menaces qui pèsent sur les ressources biologiques,
- synthèse des acquis en matière de conservation des ressources biologiques,
- proposition des priorités pour des actions futures,
- proposition des options pour une meilleure valorisation et une meilleure conservation des
ressources biologiques.

METHODOLOGIE DE COLLECTE DES DONNEES

Le temps qui a été accordé à la collecte des informations est relativement court pour accéder aux
informations disponibles dans toutes les localités du territoire national et dans toutes les banques
de données extérieures. Aussi a-t-il été jugé utile de travailler sur les données facilement
accessibles dans les grands centres où sont concentrées la plupart des bibliothèques et autres
sources d’information. Par ailleurs, il a été fait appel à des consultants qui ont une bonne
connaissance de leur domaine d’activité et qui pour cela pourraient faire bon usage de leurs
expériences à cette première étape de la monographie nationale de la diversité biologique qui
rappelons-le, est un processus continu dans le temps et dans l’espace !

De manière spécifique, les consultants ont orienté leurs travaux sur les acquis nationaux c’est-à-
dire :
- les travaux de recherche de fin d’études universitaires réalisés dans les différents
établissements de l’Université Nationale du Bénin,
- les thèses de doctorat et les publications scientifiques des chercheurs béninois et
étrangers sur les ressources biologiques nationales,
- les rapports de missions de consultation commanditées par différents organismes
publiques ou internationaux ou encore par les ONG, et enfin,
- les observations personnelles de terrain des spécialistes.

Lorsque cela est possible, des banques de données internationales ont été consultées. Le Comité
National du bureau de l’UICN des Pays-Bas y a aussi contribué. Des extrapolations ont été faites
dans certains cas à partir des informations disponibles dans des écosystèmes similaires de la
sous-région.

Au total, 24 rapports de spécialistes ont permis de réaliser cette synthèse sur la première
monographie nationale de la diversité biologique du Bénin (voir références bibliographiques).
Les données plus détaillées figurent dans les rapports spécialisés annexés à ce document.

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 88


NATURE ET VALEUR DE LA DIVERSITE BIOLOGIQUE

GENERALITES

La République du Bénin couvre une superficie de 112.600 km2 et s’étire entre les longitudes
0°40’ et 3°45’ E et entre les latitudes 6°15’ et 12°25’ N. La pluviométrie moyenne annuelle varie
entre 1400 mm dans le Sud-Est à 900 mm dans l’extrême Nord. Par rapport à la région
guinéenne, la pluviométrie au Sud du Bénin est relativement faible. Cette faible pluviométrie
dans le Sud est due à la situation du Bénin à l’intérieur du « Dahomey Gap » et c’est ainsi que le
Sud-Ouest ne reçoit guère plus de 900 mm de pluie par an. D’une manière générale, les saisons
sont très contrastées. La saison sèche est particulièrement longue dans le Nord du pays et peut
durer cinq ou six mois selon les années ; dans le Sud, elle dure trois ou quatre mois. L’alizé
continental soufflant du Sahara encore appelé harmattant est un vent sec de saison sèche qui
descend jusqu’à la côte mais il reste dominant dans la partie septentrionale où il accentue le
déficit hydrique du milieu avec tarissement généralisé des cours d’eau ; l’atmosphère y est
particulièrement chargée de poussière au cours de cette saison. La température moyenne annuelle
est de 27°C dans le Sud avec une faible amplitude contre des maxima et minima qui sont
respectivement de 43°C et 15°C dans le Nord. L’humidité relative est faible durant la saison
sèche (< 50 %) notamment au-delà de 8° N. Les sols sont ferrallitiques à dominance de kaolinite
sur les plateaux du Sud et ferrugineux sur socle cristallin du Nord. Le réseau hydrographique
intérieur comprend trois fleuves et plusieurs rivières toutes temporaires dont l’écoulement en
surface est interrompu en saison sèche.

La population est estimée à 6.187.000 d’habitants mais elle inégalement répartie sur le territoire
national. Ainsi, les densités varient de 15 habitants au km2 dans la partie septentrionale à plus
de150 habitants au km2 dans la partie méridionale. Le taux de croissance démographique est en
moyenne de 3,2 % au niveau national (4 % dans le département du Borgou). L’activité
économique en milieu rural où vit plus de 60 % de la population est fortement dépendante de
l’exploitation des ressources naturelles.

Flore et écosystèmes terrestres

La flore d’une région est la conséquence de l’histoire de l’évolution des formes de vie en
relation avec les conditions mésologiques. Celle du Bénin est en étroite relation avec le
phénomène énigmatique du «Dahomey Gap» qui est une interruption de la ceinture forestière
devant relier les blocs forestiers d’Afrique Centrale et Occidentale. Il n’existe pas encore de
document scientifique (Flore) statuant sur le nombre exact de plantes au Bénin bien que des
récoltes botaniques soient organisées depuis deux siècles avec les premières prospections du
botaniste Isert en 1785. On estime à 3000 le nombre probable de plantes supérieures
autochtones que l’on pourrait rencontrer au Bénin. Le Projet Flore du Bénin financé par la
coopération néerlandaise a pour objectifs la construction de l’herbier national du Bénin et la
rédaction de la Flore du Bénin. A l’issue des inventaires floristiques qu’entreprend ce projet, on
pourra connaître avec plus de précision le nombre d’espèces endémiques que l’on pourrait
rencontrer au Bénin si tant est qu’elles existent.

La végétation et la faune qui y vit varient du Sud au Nord et avec les conditions de sol. Ainsi
peut-on distinguer :

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 89


- les forêts : on distingue dans ce groupe les forêts denses semi-décidues présentes sous
forme de reliques dans le Sud du Bénin entre 6°20’ et 8° N. La plus grande forêt dense
semi-décidue est la forêt classée de la Lama dont la végétation naturelle couvre quelques
1900 ha. Partout ailleurs, ce sont de petits îlots de moins de cinq hectares conservés soit
par les institutions nationales et de superficie avoisinant la centaine d’hectares (Pobè,
Niaouli), soit sous forme de forêts sacrées de faibles étendues. Les espèces arborescentes
qui y sont conservées sont toutes aussi rares : Triplochiton scleroxylon, Terminalia
superba, Holoptelea grandis, Milicia excelsa, Piptadeniastrum africanum, etc. La faune
sauvage des forêts denses est consituée de primates rares et menacées. Ce sont le singe à
ventre rouge Cercopithecus erythrogaster, le mona C. mona, le colobe magistrat Colobus
vellerosus, le colobe olive C. verus. D’autres espèces typiques des forêts sont le
céphalophe bleu Cephalophus monticola, le dama d’arbre Dendrohyrax arboreus, le
python de Seba Python sebae, les mambas vert et noirs Dendroaspis angusticeps et D.
polylepis, la pintade huppée Guttera edouardii, une grande diversité d’invertébrés. On
rencontre dans les forêts denses mieux conservées des mangoustes, la civette, le serval,
etc. Les buffles de forêt ont disparu au Bénin et les panthères ont trouvé refuge dans les
forêts denses sèches soudaniennes.

- Les autres types de forêts sont les forêts denses sèches et les forêts claires que l’on
rencontre entre 8° et 10° N. Elles sont dominées par les essences telles que Isoberlinia
doka, I. tomentosa et Anogeissus leiocarpus au sein desquelles on peut rencontrer des
peuplements d’Afzelia africana, Khaya senegalensis, Pterocarpus erinaceus, etc. Le long
des cours d’eau on rencontre des forêts galeries riches en espèces des latitudes inférieures
mieux arrosées telles que Berlinia grandiflora, Parinari congensis, Detarium
senegalense, Diospyros mespiliformis, Dialium guineense, Khaya grandifoliola, K.
senegalensis, Millettia thonningii, Erythrophleum suaveolens, etc. La faune sauvage est
représentée par les espèces de savanes en raison de la situation phytogéographique de ces
écosystèmes. Ce sont en particulier le guib harnaché Tragelaphus scriptus, la plupart des
grandes antilopes (hippotrague, bubale, cobe de Buffon), le phacochère, le buffle, le
vervet, les reptiles, plusieurs espèces d’oiseaux, les petits carnivores, la mouche tsé-tsé et
autres arthropodes. Les forêts denses sèches et forêts claires brûlent chaque année
pendant la saison sèche.

- Les savanes : au-delà de 8°N la strate herbacée est dominée par les grandes graminées
des tribus d’Andropogonées et de Panicées . Les espèces communes sont Andropogon
gayanus, A. Schirensis, Hyparrhenia subplumosa, H. smithiana, H. involucrata, etc. La
strate arborescente est dominée par les Combretaceae Terminalia spp et Combretum spp.
Le baobab Adansonia digitata est rencontré dans les milieux relativement plus secs. Les
savanes brûlent chaque année durant la saison sèche. Les savanes abritent la plus grande
diversité faunique notamment dans la catégorie des mammifères qui ont plus de cinq
kilogrammes de poids vif. Tous les grands carnivores (lion, léopard, hyène, et guépard)
subsistent uniquement dans les savanes au Bénin. Les éléphants se rencontrent
uniquement dans les savanes soudaniennes. On rencontre aussi dans les savanes une
richesse élevée en faune aviaire notamment dans les plaines d’inondation (grue
couronnée, marabout, jabiru, grand calao d’Abyssine, huppe, aigles, serpentaire,
passereaux, guêpiers, etc). Tout comme les forêts claires, les savanes brûlent chaque
année en saison sèche.

- La végétation altimontaine : sur les inselbergs on rencontre une pelouse à Afrotrilepis


pilosa et Hymenodictyon floribundum. La chaîne de l’Atacora abrite une végétation
clairsemée sur les flancs et au sommet, mais qui devient plus dense dans les zones de

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 90


chute d’eau ou de suintement. Les sommets abritent essentiellement des invertébrés, et de
petits mammifères tels que les damas de rocher Procavia capensis. On y rencontre
quelques singes (babouin, patas et vervet), le lièvre à oreilles de lapin (Lepus crawshayi)
et d’autres rongeurs. Sous les dalles chaudes des inselberg on rencontre des populations
de chauves-souris de l’ordre des Microchiroptera.

- La végétation des zones humides : on y observe diversement des prairies à Paspalum


distichum , à Typha australis, ou à Cyperus papyrus dans le Sud ; des prairies à
Echinochloa spp ou à Vetiveria nigritana dans les plaines d’inondation (vallée de
l’Ouémé, vallée du Niger, etc). La strate arborescente est dominée par des Raphia spp ou
Mitragyna inermis voire Cola laurifolia selon les conditions de sol. La végétation
flottante est généralement moins diversifiée voire monospécifique avec des faciès à
Nymphaea lotus, Eichhornia crassipes, Pistia stratiotes. Là où l’hydromorphie est
temporaire on peut observer des espèces de quelques centimètres de hauteur telles que les
plantes carnivores Drosera indica, Utricularia spp et d’autres espèces telles que
Lindernia spp. Du point de vue faunique, les zones humides sont connues pour leur
richesse en ichtyofaune et pour leur fréquentation en espèces limicoles. Plusieurs oiseaux
migrateurs paléarctiques y séjournent chaque année. Les autres espèces rencontrées dans
les zones humides sont le sitatunga Tragelaphus spekei, la loutre à joue blanche Aonyx
capensis, la loutre à cou tacheté Lutra maculicollis, les reptiles notamment le varan d’eau
Varanus niloticus et le crocodile nain Osteolamus tetrapis, les amphibiens, les crustacés,
les invertébrés notamment les insectes paludicoles.

- La végétation du littoral : on y rencontre des pelouses rases à Remirea maritima, Ipomoea


pes-caprae et à l’arrière plan un fourré à Chrysobalanus icaco. En raison de la force du
vent et du caractère aride et salin des zones littorales, la faune y est peu diversifiée . On y
rencontre quelques crabes liés au milieu marin.

- La mangrove : dans les milieux submergés d’eau saumâtre on rencontre des reliques de
mangrove dominées par Rhizophora racemosa et Avicennia germinans. On estime à 6900
ha la superficie couverte par la mangrove au Bénin. La faune des mangroves est
constituée essentiellement de poissons et de crustacés qui y trouvent refuge et lieux de
frayère. Des reptiles sont aussi rencontrés dans les mangroves ainsi que des populations
de singe mona. Les oiseaux ichtyophages notamment les martins-pêcheurs (Alcedinidae)
fréquentent aussi ces milieux.

Les principales menaces qui pèsent sur les écosystèmes terrestres sont :

- La dégradation des habitats par la pratique de l’agriculture itinérante.


- L’allumage généralisé des feux de brousse de saison sèche qui accentuent le caractère
xérique des milieux soudaniens ou soudano-guinéens.
- Les exploitations abusives et sans contrôle des peuplements ligneux pour la recherche de
bois d’œuvre et de chauffage.
- La pratique de la transhumance dans les aires protégées ce qui constitue une forme
d’utilisation concurrente des terres et des ressources avec la faune sauvage.
- L’épandage généralisé des pesticides dans les agrosystèmes en milieu rural où sont
conservés les écosystèmes naturels.
- Le braconnage à des fins commerciales, ce qui fait peser sur les populations fauniques la
menace de disparition de ses habitats naturels, et qui par voie de conséquence perturbe
considérablement le fonctionnement des réseaux trophiques. A ce propos rappelons le
point de vue de Andrewartha (1961) ”Animal population is a function of animal chance

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 91


to survive and multiply, and animal chance to survive and multiply is a function of the
environment”.

Les options pour une meilleure conservation des écosystèmes terrestres sont :

- La caractérisation des subdivisions phytogéographiques du Bénin.


- La conduite d’études écosystémiques dans les régions biogéographiques du Bénin.
- La mise en œuvre de programmes d’aménagement du territoire avec des actions
spécifiques en matière de gestion des terroirs.
- L’élaboration de plan d’aménagement pour l’ensemble des aires protégées nationales.
- L’appui aux communautés locales pour la protection des forêts sacrées.
- Le respect de la loi sur la protection de la nature au Bénin.
- La mise en valeur (écotourisme, recherche scientifique, éducation environnementale, etc)
des aires protégées servant de refuge aux espèces menacées de disparition.
- L’élaboration périodique (tous les cinq ans) de la carte d’occupation des sols.
- La mise en œuvre d’un programme de suivi écologique des écosystèmes terrestres.
- La gestion des données environnementales par un système d’information géographique.

Ecosystèmes aquatiques

Le Bénin étant un pays côtier. On y observe une diversité d’écosystèmes aquatiques allant du
milieu marin au milieu dulçaquicole.

Dans le milieu marin, le plateau continental couvre environ 3000 km2. Le rebord de ce plateau
est marqué par l’isobathe de 100 m qui se situe entre 21 et 28 km du rivage. Le milieu marin au
Bénin abrite environ 449 espèces de poisson appartenant à 129 familles. On y pêche en moyenne
chaque année environ 7000 tonnes de poissons par des techniques artisanale et industrielle.
D’autres groupes taxonomiques tels que les crustacés sont aussi abondamment pêchés dans les
eaux marines. Les algues marines connues à ce jour sont estimées à 123 espèces réparties au sein
de 9 familles. On rencontre les tortues géantes au Bénin en milieu marin, et plusieurs d’entre
elles viennent pondre en divers endroits de la plage sableuse.

Le réseau hydrographique d’eaux douce et saumâtre est plus dense et varié quoiqu’étant moins
riche sur le plan ichtyologique (180 espèces appartenant à 45 familles au total) que le plateau
marin continental. Sur le plan mammalogique, on trouve encore des hippopotames
Hippopotamus amphibius et des lamantins Trychecus senegalensis dans les eaux intérieures du
Bénin. De grands reptiles tels que le crocodile du Nil Crocodylus niloticus existent aussi dans les
eaux douces. Les principaux bassins hydrographiques sont les bassins de l’Ouémé, du Couffo, du
Mono, de la Volta et du Niger.

- Le bassin du fleuve Ouémé comprend ses principaux affluents (Térou, Okpara, et Zou) et
les lacs et lagunes du Sud du Bénin. C’est le plus grand bassin hydrographique du Bénin
où l’on note également les plus vastes plaines d’inondation dont celle de la vallée de
l’Ouémé. La faune ichtyologique est assez diversifiée avec 110 espèces pour l’ensemble
du bassin réparties en 72 espèces de poissons réparties en 36 familles pour la lagune de
Porto-Novo et 68 espèces réparties en 33 familles pour le lac Nokoué.

- Le bassin du Mono comprend ses principaux affluents (Dévédon, et Sazué) et quelques


lacs et lagunes moins nombreux et moins étendus que ceux du bassin de l’Ouémé. Les
inventaires ichtyologiques réalisés dans le lac Toho ont révélé 22 espèces de poisson

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 92


réparties en 13 familles. Les autres lagunes côtières du bassin du Mono abritent 57
espèces de poissons réparties en 30 familles.

- Le bassin du Couffo alimente un lac important qu’est celui du lac Ahémé. Le lac Ahémé
compte 52 espèces de poisson réparties en 29 familles.

- Le bassin de la Volta est représenté au Bénin par une grande rivière, la Pendjari et son
principal affluent la rivière Magou.

- Le bassin du Niger plus au Nord du Bénin comprend les rivières Mékrou, Alibori et Sota.

Les menaces qui pèsent sur les écosystèmes aquatiques sont plus importantes au niveau des eaux
calmes des lac et lagune et des cours d’eau intérieurs. Ces menaces sont pour l’essentiel :

- La pollution des eaux par les pesticides utilisés en agriculture (Borgou et Zou en
particulier).
- L’utilisation de techniques et de méthodes de pêches destructrices des ressources
aquatiques.
- La destruction des frayères.
- Les modifications des régimes des cours d’eau provoquées par les barrages et autres
aménagements hydrauliques.
- Les comblements des lacs et lagunes suite au déboisement des berges et des bassins
versants des cours d’eau en général.
- La surexploitation des ressources biologiques aquatiques.

Quelques écosystèmes aquatiques jouent un rôle primordial dans la reproduction des espèces. Ce
sont les plaines d’inondation, la vallée de l’Ouémé et les lacs et lagunes. Le Projet
d’Aménagement des Zones Humides (PAZH) financé par la coopération néerlandaise à travers le
Centre Béninois pour le Développement Durable (CBDD) a pour objectifs entre autres, d’assurer
une meilleure valorisation des ressources biologiques des zones humides du Bénin.

Les options pour une meilleure conservation des écosystèmes aquatiques sont :

- Eviter de faire des écosystèmes aquatiques des dépotoirs de quelque nature.


- Arrêter le déboisement des berges.
- Créer des zones de protection au niveau de chaque écosystème aquatique pour permettre
leur repeuplement normal en poissons et autres ressources biologiques.
- Aménager des passes à poissons au niveau des barrages hydro-électriques pour permettre
aux poissons d’effectuer normalement leur migration de reproduction et de croissance.
- Poursuivre les activités d’éducation et d’information des pêcheurs pour le respect de la
réglementation en vigueur.
- Repeupler certains écosystèmes appauvris en poissons.
- Mettre en place un programme de suivi écologique des écosystèmes à base du système
d’information géographique pour la gestion des banques de données.

Bactéries et virus

Les bactéries et virus identifiés au Bénin sont les agents responsables des bactérioses et viroses.
On dénombre 9 espèces de bactéries appartenant à 4 familles. Les espèces de bactéries déjà
déterminées sont :

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- les Xanthomonas (2 espèces) qui s’attaquent aux plants de manioc, niébé et cotonnier,
- les Pseudomonas (2 espèces) qui s’attaquent aux plants de maïs, niébé, arachide, sorgho,
tomate, mil et poivron.

On dénombre 12 virus au Bénin qui provoquent des viroses soit chez les végétaux, soit chez
l’homme. On les classe en :

- 10 virus de viroses chez les végétaux,


- 2 virus de viroses chez l’homme.
-
Les espèces cultivées qui sont affectées par les viroses sont : l’igname, le soja, le manioc, le
maïs, le niébé, le bananier, et l’arachide.

Chez l’homme les principales maladies bactérienne et virale sont le choléra, la lèpre, la
tuberculose, le tétanos, le SIDA, la méningite, la rougeole, la fièvre typhoïde et paratyphoïde.
Il existe quelques souches de bactéries et de virus conservées dans certains laboratoires à l’IITA,
à la FSA/UNB, et à la FSS/UNB.

Les principales recommandations qui sont formulées pour un meilleur contrôle des bactéries et
virus sont :

- La création d’un centre national de collection des micro-organismes rattaché à


l’Université Nationale du Bénin où tous les micro-organismes identifiés ou isolés au
Bénin ou ailleurs seront mis en collection,
- Le développement de techniques d’amplification de l’ADN pour permettre une meilleure
identification des micro-organismes,
- La poursuite des investigations pour l’identification des virus et bactéries au Bénin,
- L’étude de la biologie et de l’écologie des bactéries et virus.

Planctons d’eau douce

L’étude des planctons d’eau douce est encore à ses débuts au Bénin ; le bassin du fleuve Ouémé
a été choisi pour servir de cadre de démarrage pour de telles études. Et pourtant, les planctons
jouent un rôle primordial dans le fonctionnement des écosystèmes aquatiques et dans la
connaissance des réseaux trophiques en milieu aquatique. Les planctons sont au niveau zéro de la
chaîne alimentaire (phytoplancton) ou servent d’aliments aux prédateurs microphages dont le
plus grand mammifère de la biosphère, le rorqual bleu (Balaenoptera musculus) vivant dans les
océans et qui mesure 30 m de long et pèse 150 tonnes.

Les phytoplanctons

On dénombre actuellement au Bénin 57 espèces de phytoplanctons regroupés en 37 genres, 17


familles, 15 ordres, 6 classes et 5 phyla. La diversité au sein des phyla déjà identifiés au Bénin
est la suivante :

- les Chlorophytes ou algues vertes comptent 2 classes (Chlorophyceae et Zygophyceae), 8


ordres, 11 familles, 24 genres et 37 espèces,
- les Cyanophytes ou algues bleues comptent 1 classe (Cyanophyceae), 1 ordre, 1 famille,
5 genres et 7 espèces,
- les Chrysophytes sont des algues essentiellement représentées par le groupe des
diatomées. Elles comptent 1 classe, 2 ordres, 3 familles, 4 genres et 6 espèces,

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 94


- les Pyrophytes comptent 1 classe, 1 ordre, 1 famille, 1 genre et 2 espèces,
- les Euglénophytes comptent 1 classe, 1 ordre, 1 famille, 3 genres et 5 espèces.

Les zooplanctons

On dénombre 17 espèces identifiées réparties au sein de 19 genres, 15 familles et superfamilles,


3 ordres et sous-ordres, 1 classe et 3 phyla. La diversité au sein des phyla déjà identifiés est la
suivante :

- les Rotifères comptent 1 classe, 2 ordres, 10 familles, 14 genres et 17 espèces,


- les Cladocères comptent 1 sous-ordre, 2 superfamilles, 3 familles et 5 genres. Les espèces
de ce phylum ne sont pas encore identifiées.
- Les Copépodes ont été classés en 2 groupes, celui des Calanoïdes et des Cyclopoïdes.

Les principales recommandations qui sont formulées pour une meilleure connaissance des planctons
sont :

- Mettre en œuvre un programme d’inventaire des planctons dans tous les plans d’eau du
Bénin,
- construire et équiper un laboratoire d’hydrobiologie pour l’étude des organismes
aquatiques en général,
- accorder une priorité à la formation de spécialistes des planctons et autres petits
organismes des milieux aquatiques,
- étudier la biologie et le rôle des planctons dans les réseaux trophiques aquatiques,
- développer des techniques d’élevage des micro-organismes aquatiques à des fins
d’aquaculture,
- mettre en place un système de gestion SIG des données collectées sur les organismes
aquatiques.

Parasites animaux

Les parasites animaux ont été regroupés en protozoaires, Helminthes, et divers Arthropodes.
Les travaux sur les parasites protozoaires portent sur quatre grands groupes que sont :
- les Trypanosomes,
- les Babesies, Theileria et Coccidies,
- les Microsporidies,
- les Myxosporidies.

On dénombre 60 espèces de protozoaires appartenant à 17 genres :


- 3 espèces de Trypanosomes,
- 3 espèces de Babesies,
- 4 espèces de Coccidies,
- 5 espèces de Theilerias,
- 6 espèces de Microsporidies,
- 39 espèces de Myxosporidies.

Les parasites protozoaires se rencontrent chez divers animaux y compris l’homme et certaines
plantes. Ils sont la cause de diverses maladies pouvant engendrer des pertes importantes pour les
productions animales. Les trypanosomes sont responsables de la maladie du sommeil transmise
par la mouche tsé-tsé du genre Glossina . Les Babesies, Theileria et Coccidies sont des parasites
intracellulaires qui transmettent respectivement la baberiose, la theileriose et la coccidiose aux

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 95


animaux qui peuvent en mourir. Les Microsporidies sont des parasites intracellulaires qui
s’attaquent à plusieurs espèces appartenant à la plupart des embranchements du règne animal.
Les poissons Cichlidés (Tilapia spp) souffrent particulièrement du parasitisme dû aux
Microsporidies. Les Myxosporidies extracellulaires s’attaquent très souvent aux poissons.

Dans le groupe des Helminthes parasites, les travaux ont porté sur les Monogènes, les Digènes
ou Trématodes, les Cestodes et les Nématodes.
On dénombre 135 espèces d’Helminthes parasites appartenant à 57 genres selon la répartition
suivante :

- 83 espèces appartenant à 20 genres de Monogènes,


- 7 espèces appartenant à 5 genres de Trématodes,
- 11 espèces appartenant à 7 genres de Cestodes,
- 27 espèces appartenant à 19 genres de Nématodes parasites d’animaux,
- 7 espèces appartenant à 6 genres de Nématodes parasites de plantes.

Les Helminthes provoquent des maladies dues à des infestations chez les animaux soit par des
filaires, soit des cercaires, etc. Les animaux infestés s’affaiblissent et peuvent mourir par faute de
traitement ou de complication due aux infestions virales. Chez les végétaux, les Nématodes
infestent les racines, les tubercules et les fruits sous forme de galles. Les dégâts sur les plantes
peuvent conduire à des pertes énormes de production.

Dans le groupe des Arthropodes les travaux concernent les Acariens et les Insectes qui sont
parasites des animaux et des plantes.
On dénombre 40 espèces d’Arthropodes appartenant à 31 genres parasites d’animaux et de
plantes :

- 10 espèces appartenant à 6 genres d’acariens parasites d’animaux,


- 1 espèce d’acariens parasites de plantes,
- 10 espèces appartenant à 6 genres d’insectes parasites d’animaux,
- 20 espèces appartenant à 18 genres d’insectes parasites de plantes.

Les Arthropodes parasites qui existent au Bénin sont certainement plus nombreux que ceux qui
sont actuellement recensés dans les documents scientifiques sur leur statut au Bénin. Ils créent
des dommages importants pour les productions animales et végétales ce qui est à la base des
quantités énormes de pesticides épandus dans les exploitations agricoles.

Les principales recommandations qui sont formulées pour un meilleur contrôle des parasites
sont :
- des études approfondies et soutenues sur l’inventaire des organismes parasites,
- les études sur la biologie des parasites,
- la formation de spécialistes en zoologie dans les divers groupes taxonomiques,
- la mise en place d’une banque de données sur les parasites.

Insectes

L’inventaire des insectes a porté sur plusieurs ordres dont : les coléoptères, les lépidoptères les
hyménoptères, les hétéroptères, les homoptères, les isoptères, les thysanoptères, et les diptères.
Les collections entomologiques existent à l’IITA, à la FSA/UNB, à la FAST/UNB, au
CPU/UNB et dans les laboratoires des services agricoles nationaux. La détermination des
spécimens est encore en cours dans la plupart des laboratoires notamment à l’IITA où il existe la

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 96


plus grande collection au Bénin. On peut retenir que 2592 espèces d’insectes ont été identifiées
pour le Bénin (référence IITA). Les ordres les plus diversifiés en espèces sont ceux des :

- Coléoptères (1040 espèces),


- Hyménoptères 495 (espèces),
- Hétéroptères (316 espèces),
- Lépidoptères (267 espèces).

L’IITA dispose d’un muséum d’Arthropodes qui renferme126.000 spécimens dont les ¾ sont du
Bénin. Le Laboratoire de Biologie Végétale de la FSA a une collection de 500 spécimens
provenant du Bénin et des collections étrangères riches de 400 spécimens. Dans les autres
établissements de l’UNB (FAST et CPU) on peut dénombrer 600 spécimens. Les autres lieux de
conservation de spécimens sont les laboratoires des services agricoles qui abritent environ 1000
spécimens.

Par leurs rôles néfastes, les insectes peuvent causer de grands dégâts aux cultures, tout comme ils
sont vecteurs de maladies pour l’homme et pour les animaux sauvages ou d’élevage. Les insectes
ont aussi des actions bénéfiques en agriculture par leurs rôles dans la pollinisation des plantes, et
de prédateurs d’autres espèces nuisibles pour les cultures. C’est grâce aux insectes que l’on
développe l’apiculture dans le monde entier. Dans la nature, il est parfois difficile de faire la part
des insectes à actions bénéfiques de ceux qui sont jugés néfastes car plusieurs espèces ont leurs
niches écologiques qui se chevauchent. C’est ainsi qu’un épandage de pesticide détruira
indifféremment toutes les espèces d’insectes qui entrent en contact avec le produit utilisé. La
vraie menace qui pèse sur les insectes utiles pour l’environnement de l’homme réside dans cette
difficulté à reconnaître et à séparer les bons des mauvais.

Les lacunes en matière de connaissance des insectes concernent certains écosystèmes qui sont
peu explorés au Bénin. Ce sont les milieux naturels (entomologie forestière par exemple), le
milieu médical (entomologie médicale), et même dans le domaine agricole où l’on manque de
données sur la position des différentes espèces dans les niveaux trophiques et sur les dimensions
de leurs niches écologiques. Les espèces qui ont disparu suite à l’épandage généralisé des
pesticides avec l’avènement des grandes cultures industrielles ne sont pas connues, et celles qui
sont menacées dans un proche avenir restent tout aussi inconnues.

Les principales recommandations qui sont formulées pour une meilleure connaissance des
insectes et pour une meilleure valorisation de cette ressource sont :

- Former davantage de spécialistes en entomologie (taxonomie, écologie), et par domaine


spécifique,
- mettre en place les infrastructures de travail dans les laboratoires spécialisés (insectarium,
équipement technique, entretien, personnel, etc),
- développer des programmes de collecte systématique et en toutes saisons sur toute
l’étendue du territoire national à l’instar des récoltes botaniques,
- développer des programmes de recherche sur les espèces utiles,
- faire davantage usage des muséums dans les travaux pratiques,
- mettre en place un système de gestion des collections et d’échanges de données
entomologiques entre les laboratoires spécialisés.

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 97


Arthropodes non hexapodes

Ce groupe d’invertébrés comprend 3 sous-embranchements : Chélicérates, Crustacea et Unirama,


et 3 classes : Arachnides, Crustacés et Myriapodes.

- La classe des 28 espèces d’Arachnides identifiés au Bénin comprend 4 ordres, et 13


familles. Dans cette classe c’est l’ordre des Acariens qui ont une incidence sur la
production agricole (ravageurs des cultures ou ectoparasites) qui a été le plus étudié.
- La classe des Crustacés est peu étudiée au Bénin au regard des 25.000 espèces connues
de la science dont 11 espèces seulement ont été décrites au Bénin. Ces espèces
appartiennent à 3 ordres, et à 7 familles. Les Crustacés jouent un rôle économique
important au Bénin, car ils font l’objet de consommation et d’exportation. Ils jouent aussi
un rôle important dans la chaîne alimentaire des écosystèmes aquatiques.
- La classe des Myriapodes compte 2 espèces identifiées au Bénin sur les 10.000 espèces
recensées au niveau mondial. Ces deux espèces appartiennent à 2 ordres et à 2 familles.

Quelques structures nationales s’occupent de la conservation des Arthropodes non hexapodes.


Ce sont le laboratoire de zoologie de la Faculté des Sciences et Techniques (FAST) de
l’Université Nationale du Bénin (UNB), et le musée des invertébrés de l’IITA.

Les principales recommandations qui sont formulées pour un meilleur contrôle des Arthropodes
non hexapodes sont :

- des études approfondies et soutenues sur l’inventaire des Arthropodes non hexapodes,
- les études sur la biologie des espèces prioritaires ayant un intérêt économique,
- la création d’un musée de la faune du Bénin,
- la détermination des espèces indicatrices des biotopes,
- la réalisation des cartes de répartition de chaque groupe taxonomique,
- la formation de spécialistes en zoologie dans les divers groupes taxonomiques,
- la poursuite des collections pour leur conservation au musée des invertébrés de l’IITA.

Poissons et crustacés d’eau douce

Le réseau hydrographique du Bénin entretient une faune diversifiée en poissons et crustacés


d’eau douce. Divers travaux ont été conduits sur les poissons en particulier et les connaissances
scientifiques confirment la présence de 180 espèces appartenant à 45 familles, certaines espèces
pouvant être rencontrées dans les eaux saumâtres. On ne signale pas pour le moment la présence
d’espèces endémiques pour le Bénin, mais les inventaires se poursuivent dans le cadre du
« Projet Biodiversité et Aquaculture des Poissons-Chats du Bénin » financé par la coopération
belge. Du point de vue de la répartition dans les eaux intérieures on note :

- 58 espèces et 31 familles dans la lagune côtière,


- 68 espèces et 33 familles dans le lac Nokoué,
- 72 espèces et 36 familles dans la lagune de Porto-Novo,
- 52 espèces et 29 familles dans le lac Ahémé,
- 22 espèces dans la lagune Toho,
- 60 espèces dans le fleuve Ouémé et ses affluents,
- 30 espèces dans le fleuve Niger et ses affluents.

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 98


Il existe peu de travaux sur les crabes et les crevettes au Bénin. On signale la présence de 4
espèces de crabes appartenant à 4 familles dans les eaux douces. 6 espèces de crevettes sont
pêchées au Bénin dans les eaux douces et saumâtres.

Les poissons et crustacés sont abondamment consommés au Bénin en raison de la concentration


de la population dans le Sud du Bénin où l’on note une intense activité de pêche, source première
de protéine d’origine animale. Les statistiques pour les espèces les plus pêchées dans les eaux du
Sud du Bénin sont :

- 15.000 tonnes/an de poissons,


- plus de 3000 tonnes/an de crevettes,
- plus de 4000 tonnes/an de crabes.

Ces données fluctuent peu d’une année à l’autre et sont l’œuvre de quelques 50.000 pêcheurs
rencontrés dans le Sud du Bénin. Au total, ces pêcheurs fournissent 30.000 tonnes de produits
halieutiques à la consommation. Les espèces les plus pêchées sont de la famille des Cichlidae et
des Clariidae. L’importance socio-économique des ressources halieutiques est évidente.

La surexploitation de certains plans d’eau notamment dans le Sud du Bénin et l’utilisation


illégale de filets à mailles trop réduites ont bien pu provoquer la disparition de certaines espèces
(près de 40) signalées dans différents rapports. Les menaces qui pèsent sur la faune
ichtyologique sont dues :

- A la pollution des eaux par les pesticides qui sont repris dans les eaux de ruissellement,
- au déversement dans la nature des eaux usées provenant des industries,
- au déversement accidentel des produits pétroliers transportés par voie d’eau,
- au comblement des plans d’eau par des alluvions et leur envahissement par des plantes
introduites,
- à l’utilisation des engins et méthode de pêche qui capturent les espèces et individus de
toutes tailles, tels les filets à mailles fines, les barrages, les nasses maliennes, les
ichtyotoxines,
- à l’augmentation progressive ou saisonnière de la teneur en sel de certains plans d’eau du
Sud du Bénin.

Les principales recommandations qui sont formulées pour une meilleure conservation et une
valorisation des ressources ichtyologiques et de crustacés d’eau douce sont :

- procéder aux inventaires dans tous les écosystèmes aquatiques du Bénin et en toutes
saisons,
- réaliser des études biologiques et écologiques sur les espèces de grande consommation et
sur les espèces menacées pour une meilleure définition des techniques d’élevage,
- faire précéder d’étude d’impact les projets de construction de barrage et autres ouvrages
sur les cours d’eau,
- créer une banque de données sur les ressources halieutiques,
- mettre en place un programme de monitoring sur les espèces rares ou celles qui sont
surexploitées,
- mettre plus d’accent sur les études concernant les crustacés d’eau douce,
- faire la promotion de la pisciculture à base d’espèces autochtones en particulier,
- développer la conservation ex situ des spécimens d’attraction dans les aquariums,
- créer des frayères intégralement protégées,
- construire un musée ichtyologique.

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 99


Poissons, algues, phanérogames et animaux marins,

Les inventaires de l’ichtyofaune marine ont permis de recenser 449 espèces de poissons marins
appartenant à 3 classes, 37 ordres, 129 familles, et à 294 genres. Plusieurs espèces sont utilisées
à des fins commerciales et on dénombre sur les côtes béninoises près 261 espèces exploitables
économiquement. Certaines espèces présentent un intérêt potentiel pour -l’aquaculture (4
espèces), et -la pêche sportive (77).

Les poissons marins font l’objet de pêche par les populations riveraines des zones côtières du
Bénin. Ainsi, ce sont 3000 pêcheurs qui exercent la pêche artisanale avec une production
annuelle estimée à 6000 tonnes. La pêche industrielle mobilise 20 bateaux pêchant annuellement
quelques 800 tonnes avec des pics pouvant atteindre 6600 tonnes.

Les principales menaces qui pèsent sur les poissons marins ont pour cause la surexploitation.
L’une des conséquences déjà enregistrées est la baisse des prises.

Les animaux marins invertébrés sont très nombreux et leur effectif est estimé à plusieurs
centaines de mille. On retrouve sur les côtes béninoises les éponges, les méduses, les coraux, les
anémones de mer, les bryozoaires, les vers marins, les gastéropodes marins , les huîtres, les
myes, les moules, les céphalopodes, les anatifes, les crevettes (4 espèces pêchées à des fins
commerciales au Bénin dans les trappes et au chalut pour 3300 tonnes/an), les homards, les
écrevisses, les crabes, les étoiles et les oursins.

Les algues marines sont peu étudiées au Bénin. On dénombre 48 genres dont 13 genres dans le
groupe des grandes algues marines et 35 genres de phytoplanctons marins.
La diversité des grandes algues marines est la suivante :

- 6 genres d’algues brunes,


- 4 genres d’algues rouges,
- 3 genres d’algues vertes.

Les phytoplanctons marins sont au nombre de 35 genres dont :

- 23 genres au sein des Dinoflagellées,


- 12 genres au sein des Diatomées.

Au niveau des phanérogames, on peut observer 4 genres que sont les genres : Zostera,
Posidonia, Ruppia, et Potamogeton.

Les principales recommandations qui sont formulées pour une meilleure conservation et une
valorisation des ressources marines sont :

- mettre en place un programme scientifique de collecte de données sur les espèces et les
statistiques de pêche,
- entreprendre des études sur l’écologie des espèces marines,
- accorder une priorité aux espèces d’intérêt commercial,
- mettre en place un programme de suivi écologique du domaine continental,
- renforcer le contrôle des moyens de capture et de la pression de pêche en général.

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 100
Reptiles et amphibiens

Les reptiles et les amphibiens sont peu étudiés au Bénin comparativement à la sous-classe des
insectes.

Les inventaires ont révélé l’existence de 66 espèces de serpents (Ophidiens) appartenant à 8


familles. Dans ce groupe 18 autres espèces rencontrées dans les pays limitrophes sont supposées
exister au Bénin. La répartition géographique des serpents suit celle des écosystèmes auxquels ils
sont inféodés.

Parmi les autres reptiles on peut noter :

- 5 espèces de lézards dont 2 espèces de varan,


- 2 espèces de caméléon,
- 2 espèces de crocodiles,
- 7 espèces de tortues dont 5 espèces marines.

La plupart des reptiles font l’objet de consommation par les populations. C’est le cas en
particulier des Ophidiens, des Crocodiliens et des Chéloniens. Plusieurs fermes d’exportation de
serpents et autres reptiles vers l’Europe ont vu le jour depuis les années 1980. Les quotas
d’exportation ne sont pas respectés et des sorties de serpents se font à partir du Togo. Les
demandes de quotas exprimées par les exportateurs sont respectivement de :

- 136.000 individus pour le python royal,


- 17.750 individus pour le python de Seba,
- 19.500 individus pour le varan terrestre,
- 11.300 individus pour le varan du Nil.

La capacité de production de telles quantités de reptiles dans les élevages est peu probable et la
plupart des exportateurs ont engagé des collecteurs qui ramassent systématiquement œufs et
individus dans la nature. Les revenus pour les exportateurs se chiffrent en plusieurs millions de
francs, mais au détriment des exploitants agricoles qui doivent dépenser du temps et de l’argent
pour combattre les rongeurs et autres ravageurs des cultures, faute de contrôle biologique naturel.
Les reptiles jouent un rôle dans les croyances au Bénin ; c’est le cas pour le python royal Python
regius à Ouidah et le crocodile du Nil Crocodylus niloticus dans certaines localités. Grâce à cette
valorisation cultuelle des reptiles, les espèces concernées sont relativement mieux conservées
dans quelques localités.

Le recensement des amphibiens a permis de dénombrer 15 espèces appartenant à 11 genres et à 4


familles. Les grenouilles (Rana occipitalis) sont consommées au Bénin par une partie de la
population habitant généralement dans les zones humides. On observe aussi des cas de
commercialisation de grenouilles sur certains marchés intérieurs.

La principale menace qui pèse sur les reptiles a pour causes la forte pression de ramassage des
individus et de leurs œufs dans la nature à des fins commerciales. Cette menace a de fortes
conséquences écologiques notamment au niveau des chaînes trophiques en général et dans les
agrosystèmes où l’on note une intensification de l’activité déprédatrice des ravageurs de cultures.

Les principales recommandations qui sont formulées pour une meilleure conservation et une
valorisation des reptiles et des amphibiens sont :

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 101
- mettre en place un comité scientifique ayant rôle d’autorité scientifique pour la
détermination objective des quotas de vente, auprès de l’administration des Forêts et
Ressources Naturelles qui délivre les permis d’exportation ; ceci est d’ailleurs prévu par
la Convention CITES,
- poursuivre les inventaires des reptiles et amphibiens dans tous les écosystèmes,
- former des spécialistes,
- faire un suivi scientifique des fermes d’élevage,
- promouvoir les fermes d’élevage de reptiles et d’amphibiens: crocodile, grenouille,
- conserver les habitats des reptiles et des amphibiens.

Rongeurs, Chiroptères, et petits gibiers élevés au Bénin

Les rongeurs

On dénombre au Bénin 8 familles dans l’ordre des Rodentia qui regroupe 35 genres au sein desquels se
répartissent 51 espèces. La famille la plus diversifiée est celle des Muridae qui compte 5 sous-familles
(Murinae, Dendromuninae, Cricetomyinae, Gerbillinae, et Otomyinae) et 30 espèces. Les rongeurs sont
rencontrés dans des milieux très divers allant des écosystèmes fermés tels que les forêts denses aux
cultures sarclées, voire dans les habitations. De point de vue chorologique, on trouve les rongeurs dans
toutes les zones écologiques du Bénin depuis le cordon littoral aux confins de la zone Soudano-
Sahélienne dans les régions de Karimama et de Malanville. Ils jouent un rôle important dans les chaînes
trophiques en contrôlant la population des ophidiens par leur dynamique, tout en consommant de petits
animaux généralement des invertébrés. Les rongeurs sont des ravageurs des cultures et à ce titre ils
peuvent causer de graves dégâts aux denrées stockées dans les greniers et magasins de produits agricoles.
Le risque d’une explosion démographique des rongeurs est très élevé dans certaines régions du Sud du
Bénin où l’on fait la chasse à ses principaux prédateurs que sont les serpents, hiboux, et autres petits
carnivores.

Les rongeurs sont aussi consommés au Bénin, notamment dans les zones rurales où le nombre
d’espèces consommées est plus élevé que dans les grandes agglomérations. Ils peuvent
transmettre la maladie de la leptospirose à l’homme. Ils hébergent aussi dans leur pelage des
populations de parasites animaux.

Depuis les années 1990, plusieurs travaux sont consacrés à l’inventaire des rongeurs, ce qui a
contribué à une meilleure connaissance de la diversité au sein de l’ordre des Rodentia au Bénin.

Les chiroptères

On dénombre 32 espèces de chauves-souris au Bénin regroupées au sein de deux grands ordres


que sont ceux des Megachiroptera et des Microchiroptera. La diversité des espèces au sein de ces
deux ordres est la suivante :

- Au sein des Megachiroptera on compte 1 famille (Pteropidae), 4 genres et 4 espèces.


- Les Microchiroptera sont les plus diversifiées avec 6 familles (Emballonuridae,
Nycteridae, Megadermatidae, Hipposideridae, Vespertilionidae, et Molossidae), 10
genres et 28 espèces.

Les chauves-souris jouent un rôle important dans la régénération naturelle des espèces végétales
fruitières de par leur régime frugivore. D’autres espèces consomment les insectes dont certains
sont responsables des grandes endémies du Bénin. Tout comme les rongeurs, on rencontre les
chauves-souris dans les milieux fermés, ouverts, dans les habitations et dans toutes les localités
du Bénin. Dans leur biotope, les grandes chauves-souris (Epomophorus gambianus) peuvent

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 102
causer la mort des grands arbres dans les peuplements naturels en essaimant en grand nombre sur
quelques pieds. Elles sont aussi consommées dans certaines localités mais très souvent à petite
échelle.

Les petits gibiers d’élevage

Le petit gibier le plus largement élevé au Bénin est l’aulacode (Thryonomys swinderianus).
Plusieurs éleveurs d’aulacode se constituent un peu partout sur tout le territoire national, mais
davantage dans le Sud du Bénin où il a été mis au point cet élevage non conventionnel ou mini-
élevage. D’autres espèces qui entrent dans cette catégorie sont : le cricétome (Cricetomys
gambianus), l’escargot géant d’Afrique (Achatina spp), et les abeilles (Apis mellifica). Le mini-
élevage pourrait concerner à terme d’autres espèces telles que l’écureuil fouisseur (Xerus
erythropus), le porc-épic (Hystrix cristata) le francolin (Francolinus bicalcaratus), le daman des
rochers (Procavia capensis) et le lièvre (Lepus crawshayi).

Les principales recommandations qui sont formulées pour une meilleure connaissance des
rongeurs, chiroptères et pour une meilleure promotion des espèces gibiers sont :

- Poursuivre l’inventaire des espèces de rongeurs dans tous les écosystèmes du Bénin,
- éduquer et informer régulièrement les populations des conséquences néfastes de la chasse
commerciale contre les serpents et autres prédateurs des rongeurs,
- appuyer l’activité des ONG et autres institutions oeuvrant à une meilleure connaissance
et à la valorisation des rongeurs gibiers,
- créer un musée pour la conservation des petits mammifères du Bénin,
- entreprendre les inventaires des chiroptères et l’étude de leur niche écologique dans tous
les écosystèmes du Bénin,
- poursuivre les études sur l’élevage des petits gibiers,
- mettre en œuvre un programme de suivi écologique de la dynamique des rongeurs dans
certains écosystèmes témoins,
- créer une banque de données pour la gestion par SIG des informations recueillies sur les
rongeurs, chiroptères et sur les espèces de mini-élevage.

Faune aviaire

Les travaux de recensement de la faune aviaire concernent toutes les régions du Bénin et tous les
écosystèmes. On estime le nombre des espèces à quelques 630, mais les inventaires ont confirmé
la présence de 371 espèces appartenant à 19 ordres, 67 familles et à 84 genres. Du point de vue
de la répartition géographique on note :

- 250 espèces recensées dans les parcs nationaux de la Pendjari et du W,


- 227 espèces dans le Centre du Bénin,
- une centaine dans la forêt classée de la Lama,
- 185 espèces dans les zones humides au niveau du lac Nokoué.

La faune aviaire joue plusieurs rôles et les espèces concernées varient selon la nature de ces
rôles. Ainsi, moins de cinq espèces font l’objet de grande consommation comme c’est le cas pour
les espèces déprédatrices très communes dans les agrosystèmes : francolins Francolinus
bicalcaratus ou la pintade sauvage Numida meleagris. Cependant, la plupart des espèces sont
consommées selon les habitudes alimentaires dans les régions. L’élevage de certaines espèces
habituellement chassées vient d’être lancé au niveau des institutions de recherche (INRAB et
FSA).

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 103
Un autre rôle reconnu à la faune aviaire est l’attrait touristique qu’elle exerce en matière
d’écotourisme, et dès lors, elle peut être source de revenus dans certaines localités et pour le pays
en général ; c’est le cas en particulier pour les zones humides. S’il est un domaine où les
frontières politiques importent peu en matière de conservation internationale d’espèces sauvages,
c’est bien celui de la faune aviaire. La Convention de Ramsar dont le Bénin est signataire
(février 2000) œuvre pour la conservation des zones humides et celle de Bonn est destinée à
protéger les espèces migratrices. Une partie des espèces, les passériformes en particulier, est
responsable des pertes de récolte enregistrées dans les exploitations agricoles. D’autres espèces
d’oiseaux ichtyophages sont des concurrentes pour les pêcheurs.

Malgré ces considérations qui placent la faune aviaire au rang des ressources biologiques
prioritaires, il existe peu de compétences en ornithologie et cet aspect représente une lacune qu’il
faudra combler pour une meilleure valorisation de cette ressource.

Les menaces qui pèsent sur la faune aviaire ont pour causes la dégradation ou la destruction de
leurs habitats. Ainsi, l’écrémage par les exploitants forestiers et/ou l’émondage des grands arbres
fourragers suppriment des possibilités de nidification pour les grands oiseaux. La destruction de
certains écosystèmes entraîne la disparition de l’habitat et par conséquent celle des espèces qui y
vivent. Les oiseaux limicoles sont victimes de la pollution des plans d’eau par les substances
toxiques ; plusieurs espèces sont des consommateurs secondaires et peuvent concentrer les
polluants dans leur organisme. Des prélèvements intensifs de sauvagine dans certains sites de
regroupement pourraient conduire à la disparition des espèces en ces lieux.

Les principales recommandations qui sont formulées pour une meilleure conservation et une
valorisation des espèces aviaires sont :

- former davantage de spécialistes ornithologues,


- procéder au recensement des espèces dans tous les écosystèmes du pays,
- mettre en place un programme de monitoring au niveau des zones humides du Sud et
Nord du Bénin,
- faire davantage usage des stations fréquentées par la faune aviaire dans les programmes
d’éducation environnementale, notamment sur la biodiversité,
- appuyer les programmes d’élevage d’espèces de grande consommation telles que le
francolin, la pintade, l’outarde, le pigeon vert,
- appuyer les programmes de contrôle biologique des espèces déprédatrices,
- soutenir la production de manuels didactiques et les publications scientifiques
spécialisées,
- appuyer les ONG qui se sont spécialisées sur la connaissance et la valorisation des
espèces aviennes notamment l’ONG CEROE qui s’est particulièrement illustrée dans ce
domaine.

Grands mammifères du Bénin

En prenant pour référence la taille, les mammifères qui ont été classés dans la catégorie des
grands mammifères sont ceux qui peuvent peser au moins cinq kilogrammes. Il n’existe pas
encore un inventaire exhaustif des mammifères du Bénin et seules les espèces communément
rencontrées sont mentionnées dans les divers travaux qui s’y sont penchés. On peut toutefois
noter que la plupart des grands mammifères d’Afrique de l’Ouest existent au Bénin à l’exception
-des grands singes tels que le gorille (Gorilla gorilla) ou du chimpanzée dont la présence n’a
jamais été confirmée avec certitude, -de la girafe (Giraffa camelopardalis), -de l’éland de Derby
(Taurotragus derbianus), -de la plupart des espèces de gazelle et de l’addax (Addax

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 104
nasomaculatus) que l’on retrouve dans les régions plus sèches qu’au Bénin. Les mammifères de
forêt dense humide sont aussi rares ou inexistants au Bénin. 47 espèces mammaliennes de plus
de cinq kilogrammes de poids vif appartenant à 17 familles ont été dénombrées au Bénin. La
répartition des espèces dans les diverses subdivisions taxonomiques est la suivante :

- Bovidae 16 espèces,
- Suidae 2 espèces,
- Eléphantidae 1 espèce,
- Cercopithecidae 4 espèces,
- Hippopotamidae 1 espèce,
- Canidae 2 espèces,
- Hyaenidae 1 espèce,
- Felidae 4 espèces,
- Viverridae 3 espèces,
- Mustelidae 3 espèces,
- Procaviidae 2 espèces,
- Hystricidae 1 espèce,
- Leporidae 1 espèce,
- Thryonomyidae 1 espèce,
- Manidae 1 espèce,
- Herpestidae 3 espèces,
- Orycteropidae 1 espèce.

Une espèce semble être endémique du Bénin, c’est le singe à ventre rouge (Cercopithecus
erythrogaster Gray) anciennement présenté comme espèce du Sud-Ouest du Nigeria. Mais selon
Oates (1996) et Grubb et al. (1999) qui ont consacré des monographies à cette espèce, les
spécimens rencontrés au Nigeria auraient plutôt le ventre gris (C. erythrogaster pococki)
contrairement à l’espèce typique à ventre rouge du Bénin. Malheureusement, cette espèce
endémique du Bénin est très menacée et ne survit que sous forme de métapopulations dans la
Vallée de l’Ouémé et dans la forêt classée de la Lama dans le Sud du Bénin.

Le gibier constitué en majorité d’espèces mammaliennes est très consommé au Bénin et


plusieurs restaurants de l’intérieur doivent leur renommée à la viande de venaison. C’est aussi
grâce à cette faune que l’on enregistre les recettes issues de la chasse sportive et en particulier du
tourisme de vision dans les zones cynégétiques et Parcs Nationaux. La faune sauvage intervient
aussi en pharmacopée, et elle est porteuse d’une culture et d’une tradition qui sont encore
vivantes au niveau des confréries de chasseurs. A ce titre, sa présence dans les sanctuaires
refuges que représentent les aires protégées où elle survit, justifie les moyens considérables qui
sont déployés par les pouvoirs publics pour assurer sa conservation in situ.

Certaines espèces ont disparu du Bénin soit à des périodes très reculées, tel est le cas du
rhinocéros noir d’Afrique (Rhinoceros bicornis), soit plus récemment à cause du braconnage, tel
est le cas de l’antilope Bongo (Tragelaphus eurycerus) qui était observée dans la forêt classée
des Monts Kouffé dans les années 1970.

Les espèces qui sont très menacées en dehors de celles qui sont naturellement rares sont :
- Le singe à ventre rouge Cercopithecus erythrogaster,
- le colobe olive Colobus verus,
- le colobe magistrat Colobus vellerosus,
- le guépard Acynonix jubatus,
- la panthère Panthera pardus,

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 105
- le lycaon Lycaon pictus,
- le damalisque Damaliscus korrigum,
- le dama d’arbre Dendrohyrax arboreus,
- le lamantin Trychecus senegalensis,
- le pangolin géant Manis gigantea.

La principale menace qui pèse sur la faune sauvage a pour causes la dégradation de son habitat et
la forte pression de chasse illégale qui décime sa population. Les menaces sont plus fortes dans
les forêts classées et dans les terroirs où les moyens de protection de la faune sauvage sont quasi
inexistants dans les faits.

Les principales recommandations qui sont formulées pour une meilleure conservation des
espèces sauvages de mammifères sont :

- la définition d’un programme d’inventaire, de dénombrement et de suivi écologique des


mammifères sur toute l’étendue du territoire national et dans les aires protégées en
particulier,
- la mise en œuvre d’un programme spécial de protection des espèces menacées de
disparition : singe à ventre rouge, guépard, léopard, damalisque, hyène, gazelle à flancs
roux, colobe magistrat, sitatunga, Bongo, céphalophe bleu, céphalophe noir, céphalophe à
dos jaune, gazelle à front roux, lamantin,
- le suivi des prélèvements de gibier dans les terroirs riverains des aires protégées et dans
les zones humides du Sud du Bénin,
- l’adoption d’une politique commune de gestion des aires protégées transfrontalières avec
les pays limitrophes que sont le Niger, le Burkina Faso, le Togo, et le Nigeria,
- la mise en œuvre d’un programme de recherche à long terme sur la faune sauvage,
- le suivi de la dynamique de l’occupation des sols dans les terroirs riverains aux aires
protégées,
- la réalisation d’émissions périodiques sur le patrimoine national que représente la faune
sauvage,
- la responsabilisation des populations dans les stratégies de conservation de la faune
sauvage.

Aires protégées et jardins zoologiques

Les aires protégées

Le Bénin dispose d’un réseau d’aires protégées (12 % du territoire national) classées dans
diverses catégories qui sont situées pour la plupart dans la région soudanienne au Nord du pays.
Seuls quelques îlots de forêts denses semi-décidues on été protégés par la loi dans le Sud du
Bénin. Les aires protégées jouent plusieurs rôles et elles sont une forme d’utilisation des terres
au même titre que l’agriculture ou l’élevage. Elles représentent les lieux où la diversité en
espèces fauniques est la plus élevée et où s’exercent les lois écologiques qui régissent les
écosystèmes tropicaux. Ce sont en quelque sorte des laboratoires vivants utiles pour la formation,
et l’éducation en faveur de la conservation des ressources naturelles.

On distingue quatre grandes catégories d’aires protégées naturelles au Bénin que sont :
- les 2 Parcs Nationaux (de la Pendjari et du W) situés dans les départements de l’Atacora
et du Borgou,
- les 3 zones cynégétiques (Pendjari, Atacora et Djona) attenants aux Parcs Nationaux,
- les forêts classées au nombre de 38.

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 106
- La Réserve de Biosphère que représente l’ensemble constitué par le Parc National de la
Pendjari, les zones cynégétiques de la Pendjari et de l’Atacora.

D’une manière générale, les Parcs Nationaux et les zones cynégétiques abritent une faune
sauvage qui représente un attrait touristique (vision et chasse). Ils représentent une source de
revenus pour le budget national, et de plus en plus pour les communautés locales grâce à la
nouvelle approche de gestion participative des aires protégées. L’aménagement des Parcs
Nationaux et des zones cynégétiques a permis la création de plusieurs emplois saisonniers.

Les principales menaces qui pèsent sur les Parcs Nationaux et sur les zones cynégétiques sont :
- l’utilisation concurrente des terres à des fins agricole et pastorale,
- la chasse illégale ou braconnage effectuée avec des armes perfectionnées pour le
commerce de la venaison.

Ces menaces sont plus graves dans les zones où la production cotonnière représente une activité
en pleine expansion, c’est-à-dire dans la plupart des zones tampons. L’agriculture détruit par
essence l’habitat et cette destruction est la première cause de disparition de la faune sauvage de
son milieu naturel. Le Parc National du W est certainement celui qui court le plus grand risque
de dégradation (35 % de sa superficie) en raison de sa position géographique aux confins du
Sahel, de la forte concentration en ces lieux de troupeaux bovins transhumants, de l’expansion de
la culture du coton sur ses limites au Sud, et du peu de moyen dont il a bénéficié pour sa
protection.

Les forêts classées sont peu protégées et elles sont de ce fait les plus dégradées à l’exception de
quelques unes comme celles de Wari Maro et des Monts Kouffé qui doivent leur conservation
relativement meilleure grâce à la présence en forte densité de mouche tsé tsé.

La principale lacune qui existe dans le réseau d’aires protégées domaniales au Bénin est leur
absence dans les zones humides qui représentent un écosystème de grande envergure dans le Sud
du Bénin. Par ailleurs, les corridors de migration qui devraient relier les aires protégées entre
elles ne sont pas pris en compte dans la politique de protection du milieu naturel.

Les jardins zoologiques

Les réalisations en matière de création de conditions de vie artificielle sous forme de jardins
zoologiques sont récentes et très peu de cas répondent au concept moderne de jardin zoologique.
De petits espaces aménagés dans les habitations ou ouverts au public existent dans différentes
localités où l’on conserve quelques espèces allant des reptiles (Zoo de Pahou/Ouidah) aux grands
carnivores tels que le lion par exemple (Zoo Dako Donou à Ouawé/Abomey). On rencontre dans
quelques uns des espèces rares telles que le singe à ventre rouge (Cercopithecus erythrogaster)
ou exotiques telles que le chimpanzé (Pan troglodytes). Le seul cas de forme moderne de jardin
zoologique est encore en projet au Centre Pilote Régional de la Biodiversité Africaine
(CENPREBAF) sur le Campus universitaire d’Abomey-Calavi. Il est important de rappeler le
rôle éducatif des jardins zoologiques en matière de connaissance et de conservation des espèces
sauvages ; ces centres accueillent dix fois plus de visiteurs que les autres formes de conservation
in situ.

Les principales recommandations qui sont formulées pour une meilleure conservation des aires
protégées et pour la promotion des jardins zoologiques sont :

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 107
- la mise en œuvre d’un programme d’évaluation de l’état des habitats et des ressources
dans les forêts classées,
- la création d’une réserve naturelle dans les zones humides qui abritent un grand nombre
d’espèces rares ou absentes des autres écosystèmes de terre ferme,
- l’élaboration et la mise en œuvre de programme de gestion (aménagement et valorisation)
des forêts classées selon les modalités les plus appropriées à chaque contexte,
- la définition d’une politique de gestion harmonieuse pour les aires protégées domaniales
transfrontalières au niveau des Etats concernés,
- la mobilisation de ressources financières au niveau de la communauté internationale pour
appuyer et accompagner les programmes d’aménagement des aires protégées,
- le développement de programmes de recherche scientifique nécessaires à l’interprétation
des milieux naturels,
- l’inventaire exhaustif de tous les centres ayant rôle de mini-zoo sur toute l’étendue du
territoire national,
- la mise en place d’une banque de données sur les aires protégées en général et sur les
mini-zoo et jardins zoologiques.

Champignons supérieurs

En règle générale on estime que le nombre des champignons pour un territoire donné fait environ
six fois le nombre de plantes supérieures ce qui donnerait pour le Bénin une richesse spécifique
mycologique de l’ordre de 18.000 à 20.000 espèces. Les prospections au Bénin ont permis
d’obtenir quelques résultats d’inventaire taxonomique :

- 248 espèces appartenant à 104 genres ont été identifiées à divers niveaux taxonomiques
dont :
- 64 espèces ont été identifiées au niveau de l’espèce,
- 74 espèces ont été partiellement identifiées,
- 110 espèces récoltées n’ont pas encore été déterminées.

Les champignons supérieurs jouent un rôle important dans l’alimentation des populations rurales
qui en ont une bonne connaissance. Grâce à l’action des ONG, des filières de commercialisation
de champignons se créent de plus en plus et les femmes qui animent en majorité cette activité en
tirent de substantiels revenus. Une dizaine d’espèces est l’objet de demande plus élevée.
Certaines espèces sont aussi utilisées en médecine traditionnelle. Sur le plan écologique,
plusieurs espèces de plantes ont leur biologie intimement liée à la symbiose qu’elles réalisent
avec les champignons mycorhiziens. La survie de certains écosystèmes en dépend, notamment
les forêts claires soudaniennes.

Les principales menaces qui pèsent sur la flore des champignons sont dues à la disparition des
plantes hôtes ou des formations hôtes qui les abritent. L’usage d’engrais minéraux perturbe
énormément l’écotope des champignons en général en raison de la pollution des sols. Quant aux
lacunes on note essentiellement le peu d’informations disponibles lié au manque de spécialistes
en mycologie au Bénin.

Les principales recommandations à prendre en considération pour la sauvegarde et la


valorisation des champignons sont :
- la poursuite des inventaires taxonomiques,
- la conservation des écosystèmes,
- la culture et la vulgarisation des espèces indigènes,
- la recherche scientifique sur les techniques de conservation et de culture au laboratoire,

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 108
- la formation de scientifiques et des acteurs de la filière mycologique,
- la publication et la vulgarisation des travaux.

Plantes fourragères et pâturages naturels

En raison de la position du Bénin dans le Dahomey Gap et de la forte dégradation des habitats
naturels dans le Sud du Bénin suite à la pression démographique, on observe des espaces
graminéens un peu partout au Bénin. Le pâturage naturel est donc rencontré sur la majeure partie
du territoire national et dans toutes les zones phyto-écologiques.

Les graminées représentent l’essentiel des plantes fourragères. Le nombre d’espèces


graminéennes autochtones sera connu avec la rédaction de la Flore du Bénin. Les travaux
scientifiques, notamment les travaux agrostologiques ont décrit quelques 40 espèces de
graminées et plusieurs autres espèces fourragères.
Ces diverses espèces sont rencontrées sur divers pâturages naturels dont 70 types ont été
identifiés et décrits par les travaux spécialisés au Bénin.

L’essentiel de la source d’alimentation pour les ruminants élevés au Bénin vient des pâturages
naturels en raison du mode d’élevage extensif qui est encore largement pratiqué. A ce titre, les
espèces fourragères et les parcours naturels jouent un rôle important dans l’économie nationale
sur les plans social et de la production secondaire.

Des introductions d’espèces fourragères exotiques sont aussi observées au niveau des stations de
recherche agrostologique. Ces introductions concernent 17 espèces de graminées et 17 espèces
de légumineuses herbacées et 7 espèces d’arbustes fourragers. Les provenances sont :
ILCA/ILRI (Kenya), FAO (Rome, Italie), CIAT (Colombie), IDESSA (Bouaké, Côte d’Ivoire),
CIPEA (Nigeria) et Congo Démocratique. La superficie couverte au Bénin par les légumineuses
fourragères exotiques est de quelques 140 ha. Le Stylosanthes hamata semble se comporter en
certains endroits en espèce envahissante en raison de sa forte propension à la propagation
spontanée.

Les pâturages artificiels sont encore largement concentrés sur les fermes d’Etat et autres stations
de recherche. Les éleveurs privés utilisent quant à eux les espèces fourragères exotiques comme
appoint, aussi n’existe –t-il pas encore sur le terrain une production de grande envergure de
plantes fourragères au niveau de la majorité des éleveurs.

Les menaces qui pèsent sur les espèces fourragères et sur les pâturages naturels varient selon les
milieux et selon l’appétabilité des espèces. Ainsi, une perturbation (pratique de jachère en région
soudanienne) peut provoquer la disparition de la graminée Loxodera ledermannii caractéristique
du stade d’évolution avancé d’un parcours naturel, et favoriser par conséquent une espèce
rudérale telle que Andropogon gayanus plus recherchée par les bovins par exemple. D’une
manière générale, c’est la disparition des espèces appétibles d’un pâturage qui sera considérée
comme menace et non la dynamique interne du groupement végétal par suite de changement de
structure ou de composition floristique. La désertification avec la mise à nu des sols est une
menace sérieuse aux espèces fourragères ; le surpâturage dans les milieux bien arrosés (régions
guinéenne ou soudano-guinéenne) provoque très souvent la dominance des espèces dédaignées
du bétail au détriment des espèces de valeur fourragère élevée.

Les principales recommandations qui sont formulées pour une meilleure conservation des
espèces fourragères et des pâturages naturels sont :

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 109
- la caractérisation biologique et bromatologique des espèces fourragères des différentes
zones phytogéographiques du Bénin,
- la détermination des capacités de charge des pâturages naturels des zones d’exploitation
pastorale et en particulier des zones d’accueil des troupeaux transhumants,
- la mise en place d’une banque de semences pour les espèces fourragères,
- la mise en œuvre d’un programme de culture et de vulgarisation des espèces fourragères
autochtones dans les fermes d’élevage privées,
- la maîtrise de la pratique des feux de brousse sauvage par la pratique généralisée des feux
précoces dans les terroirs,
- l’adoption des feux de contre-saison dans les fermes des zones où les pâturages naturels
sont riches en graminées pérennes,
- la conservation in situ des pâturages rares (à Loxodera ledermannii) ou des pâturages des
zones vulnérables telles que les flancs de montagne ou les milieux soudano-sahéliens.

Plantes médicinales

On dénombre environ 814 espèces appartenant à 130 familles botaniques qui présentent des
vertus médicinales. Plusieurs espèces pourraient fournir des substances naturelles telles que les
drogues et autres alcaloïdes. Le nombre de recettes connues est d’au moins trois par espèce
médicinale. Plusieurs auteurs ont écrit et/ou publié sur les plantes médicinales. Il existe une
revue sur la pharmacopée. Quelques efforts de culture ou de conservation in situ existent ; ce
sont les jardins de case ou ceux qui sont ouverts au public et les aires protégées.

Les plantes médicinales sont largement utilisées par les populations rurales et par la couche
pauvre des grandes agglomérations. Il existe plusieurs cas de maladies face auxquelles la
médecine moderne a peu de remède et ce sont les tradithérapeutes qui font essentiellement usage
des plantes médicinales qui sont consultés dans ces cas. La demande en plantes médicinales est
élevée et nombreux sont les acteurs qui animent cette filière économique au Bénin. C’est un
secteur qui est source d’emplois et de revenus. Cependant des statistiques fiables manquent pour
éclairer sur cette activité économique.

Les plantes médicinales sont menacées pour des raisons liées à la conscience que les populations
ont de leur rôle efficient. Ainsi donc, l’accès aux plantes médicinales se fait encore dans la
plupart des cas par cueillette et très peu d’attention est apportée à la pérennité des produits
prélevés dans la nature (écorçage, mutilation, déracinement, pertes élevées après récolte, etc).
Avec l’accroissement démographique dans les grandes agglomérations et la baisse du pouvoir
d’achat des populations, on s’attend logiquement à un accroissement de la demande en
phytothérapie et par conséquent à une pression plus accrue des prélèvements c’est-à-dire à la
mise à nu d’espaces boisés . Mais la grave menace qui pèse sur les plantes médicinales vient de
la destruction des habitats de certaines plantes (par l’agriculture en particulier) et l’exploitation
d’autres espèces à d’autres fins (bois d’œuvre, bois de chauffage, fourrage, artisanat, etc).

Les principales recommandations qui sont formulées pour une meilleure conservation et une
valorisation des plantes médicinales sont :

- la culture des plantes médicinales pour une réduction de la pression de cueillette,


- la conservation des habitats naturels in situ,
- la vulgarisation des connaissances sur les plantes médicinales,
- la recherche scientifique (principes actifs, toxicologie, posologie, conditionnement,
phytotechnie, écologie, socio-économie, ethnobotanique, etc),
- la création d’une banque de gènes,

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 110
- l’amélioration des procédés de transformation.

Plantes ornementales et espèces envahissantes

Les plantes ornementales

On distingue deux catégories de plantes ornementales : les plantes ornementales exotiques et


celles qui sont indigènes.

Les plantes ornementales exotiques sont les plus convoitées par la population béninoise et par les
étrangers résidents. Ce sont elles qui font l’objet de commerce dans les grandes agglomérations.
Plusieurs points de production et de vente peuvent être observés dans les grandes villes telles que
Cotonou, Porto-Novo, et Parakou. Le chiffre d’affaires de cette activité n’est pas évaluée pour
mieux montrer son importance économique, mais on peut retenir que les fleuristes gagnent entre
1600 F CFA et 25000 F CFA par jour. Certaines espèces sont vendues très cher telles que Cycas,
Araucaria qui peuvent coûter environ 100.000 F CFA par pied. D’autres espèces sont vendues à
bas prix telles que Ixora (50 F CFA) ou Croton (500 F CFA). On dénombre 266 espèces
ornementales exotiques appartenant à 65 familles botaniques. Par ordre d’importance on peut
noter :

- Orchidaceae (16 espèces),


- Euphorbiaceae (15 espèces),
- Leguminosae (14 espèces),
- Arecaceae (14 espèces),
- Araceae (13 espèces),
- Acanthaceae (11 espèces),
- Apocynaceae (10 espèces),
- Polygalaceae (10 espèces),
- Liliaceae (10 espèces),
- Agavaceae (9 espèces).

Du point de vue des types biologiques, les herbacées font 50 % des espèces, les formes ligneuses
érigées font 48 % et les formes lianescentes font 2 %.

Les plantes ornementales indigènes

On peut compter 225 espèces indigènes qui présentent de belles fleurs ou un joli port. Ces
plantes sont réparties en 52 familles. Du point de vue des types biologiques ont note 63 %
d’herbacées et 37 % de ligneux. Les familles les mieux représentées sont :
- Rubiaceae (12 %),
- Leguminosae (10 %),
- Acanthaceae (8 %),
- Fougères (7 %),
- Apocynaceae (5 %),
- Convolvulaceae (5 %),
- Lamiaceae (4 %).

D’une manière générale, les plantes ornementales indigènes sont peu connues et peu valorisées,
et pourtant certaines sont communes et peuvent être cultivées sans recourir à une technique
particulière.

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 111
Les plantes envahissantes

Quelques espèces sont d’introduction récente et ont pu trouver une niche favorable au détriment
de plusieurs autres espèces indigènes. On dénombre essentiellement 5 espèces envahissantes que
sont :
- Chromolaena odorata adventice provenant d’Amérique du Sud,
- Eichhornia crassipes plante aquatique provenant d’Amérique tropicale,
- Antigonum leptopus (ornementale) provenant d’Amérique du Sud,
- Azadirachta indica (afforestation) provenant de l’Inde,
- Alternanthera brasiliensis plante rudérale provenant du Brésil.

Certaines de ces espèces envahissantes représentent un fléau pour l’activité économique des
populations. C’est le cas de Eichhornia crassipes qui envahit les plans d’eau et peut causer
des dommages aux pêcheurs et à la navigation fluviale. D’autres par contre font l’objet de
controverse ; c’est le cas de Chromolaena odorata qui peut être combattu comme facteur de
propagation des incendies de forêts, alors que certains cultivateurs l’apprécient positivement
pour sa capacité à régénérer la matière organique des sols en raison de sa forte productivité
de phytomasse.

Les principales recommandations qui sont formulées pour une meilleure valorisation des espèces
ornementales et pour un meilleur contrôle des espèces envahissantes sont :
- Recenser toutes les espèces ornementales exotiques en vue de disposer d’un catalogue,
- faire le suivi des espèces exotiques à fort pouvoir d’expansion dans la nature,
- faire l’inventaire des espèces ornementales indigènes,
- expérimenter et vulgariser la phytotechnie des espèces ornementales indigènes en vue de
leur valorisation,
- poursuite la lutte biologique contre les espèces envahissantes,
- renforcer le contrôle des introductions d’organismes vivants aux frontières nationales,
- mettre en place une banque de données sur les espèces ornementales et sur les espèces
envahissantes.

Ressources forestières

D’une manière générale le Bénin ne dispose pas de grands blocs forestiers comme c’est le cas
dans les régions guinéo-congolaises où la pluviométrie moyenne annuelle est partout supérieure
à 1500 mm. Toutes formations arborescentes confondues, les espaces boisés couvrent environ 70
% du territoire national dont la plupart sont des savanes, ou des forêts claires, ou denses sèches à
divers stades de dégradation. Trois espèces autochtones font l’objet de demande élevée
préférentielle en bois d’œuvre et de service; ce sont le caïlcédrat Khaya senegalensis, le lingué
Afzelia africana, le vêne Pterocarpus erinaceus, et le kapokier à fleurs blanches ou fromager
Ceiba pentandra. Mais le nombre d’espèces qui pourrait servir de bois d’œuvre est élevé et
dépasse probablement la cinquantaine. 180 espèces ligneuses sont utilisées comme bois de
chauffage. La production annuelle totale des essences autochtones en bois d’œuvre est estimée
en 1997 à 1.256.869 m3 soit 96 % du total comprenant les essences exotiques. La production en
bois de chauffage est estimée à 13.532.692 m3/an soit 99 % du total comprenant les essences
exotiques. En terme de revenu, la valeur des formations naturelles en bois d’œuvre est d’environ
68 milliards de F CFA/an contre 64 milliards F CFA/an pour le bois de chauffage.

A côté des essences autochtones on note plusieurs espèces introduites aux fins de sylviculture. 15
espèces exotiques sont plantées ou expérimentées au Bénin. Le teck Tectona grandis occupe de

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 112
toute évidence la plus grande superficie d’afforestation au Bénin (74 % des plantations exotiques
et 62 % toutes espèces confondues en 1997).

Le secteur forestier est classé depuis la création de l’Office National du Bois dans le secteur
industriel avec la construction d’une scierie à Saclo. On note aussi plusieurs acteurs privés dans
le secteur forestier au Bénin ; ce sont les exploitants de bois d’œuvre, les commerçants de bois
de chauffage ou de charbon de bois, et une multitude de détaillants des divers produits. En aval,
les menuiseries privées complètent cette filière du bois.

Les menaces qui pèsent sur les ressources forestières au Bénin sont : la surexploitation pouvant
conduire à la raréfaction critique des espèces comme c’est le cas pour l’iroko Milicia excelsa, et
bientôt pour le caïlcédrat et le lingué. Le non respect de la réglementation dans ce domaine est
fortement préjudiciable à la durabilité des ressources forestières. Une dizaine d’espèces est
supposée menacée pour cause d’exploitation anarchique. Les grands travaux de défrichement
pour satisfaire les demandes en terre agricole participent énormément à la réduction des espaces
boisés, notamment dans les savanes du Nord du Bénin. On estime à 100.000 ha la superficie
perdue chaque année sur les espaces boisés.

Les principales recommandations qui sont formulées pour une meilleure conservation et une
valorisation des essences forestières sont :
- asseoir un vaste programme de conservation in situ des habitats des essences menacées
de disparition,
- reprendre et dynamiser les programmes de reboisement domaniaux,
- faire respecter la loi sur l’exploitation forestière au Bénin,
- vulgariser dans chaque localité les acquis de plan de gestion de terroir avec définition
d’espace à vocation forestière,
- appuyer la création d’espaces de reboisement décentralisés à charge et au bénéfice des
communautés à la base,
- fournir une assistance-conseil aux planteurs privés pour rendre plus efficients leurs
efforts et leur activité,
- procéder à l’inventaire des peuplements naturels des essences de reboisement,
- procéder à l’actualisation des inventaires des périmètres de reboisement sur l’ensemble
du territoire national,
- mettre en place un programme de suivi scientifique avec installation de placettes
permanentes de recherche pour disposer de normes de sylviculture compatibles avec la
rentabilité économique des ressources forestières,
- mettre en place une banque de données et de gènes sur les essences forestières,
- soutenir financièrement les programmes de recherche des institutions ayant à charge la
recherche forestière au Bénin.

Plantes fruitières et jardins botaniques

Les plantes fruitières

Les plantes fruitières sont pour la plupart autochtones, mais on compte aussi quelques espèces
exotiques. On dénombre environ 42 familles de plantes comprenant 98 genres et 128 espèces
indigènes. Le nombre d’espèces exotiques est 40 ce qui donne les pourcentages de 69 % pour
les espèces indigènes et 31 % pour les espèces exotiques. Les familles les plus diversifiées sont
les Anacardiaceae (11 espèces indigènes), Annonaceae (9 espèces indigènes), et les Sapotaceae
(8 espèces indigènes). Au niveau des espèces exotiques ce sont plutôt les Rutaceae et les
Annonaceae qui sont les plus riches en espèces. Cependant, il existe plusieurs accessions non

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 113
encore scientifiquement décrites pour les fruitiers exotiques. Ainsi, ou peut noter : 41 accessions
de mangues, 16 variétés d’agrumes, 3 variétés d’ananas, 5 variétés de papayer, 6 variétés
d’avocatier, 2 variétés de goyavier, 50 accessions de banane de table.

Les plantes fruitières ont un intérêt économique évident et leur filière de commercialisation est
bien animée par différents acteurs qui convoient les fruits des fermes de production vers les
grandes agglomérations. Il existe plusieurs centres de production des jeunes plants et cela dans
tous les départements du Bénin. Les grandes plantations sont réparties de la manière suivante :

- Atlantique (agrumes et ananas),


- Borgou et Atacora (anacardiers et manguiers),
- Zou (agrumes, anacardiers, manguiers).

Les fruits indigènes font plutôt l’objet de cueillette mais ils peuvent, dans certains cas, faire
l’objet de produits d’exportation (amandes de karité).

Les jardins botaniques

On peut noter 2 jardins botaniques au Bénin. Ce sont celui de l’Université Nationale du Bénin
sous la gestion de l’ONG CENPREBAF, et celui de Porto-Novo sous l’autorité de la Direction
de l’Agriculture.

Le jardin botanique et zoologique de l’UNB couvre 13 ha et comprend :


Des plantes médicinales, ornementales, et d’afforestation. Réhabilité en 1995 par Le Professeur
Emérite Edouard Adjanohoun, on dénombre 280 espèces réparties au sein de 81 familles dont :

- 12 espèces de Pteridophytes,
- 6 espèces de pré-Spermaphytes,
- 262 espèces d’Angiospermes (188 dicotylédones et 74 monocotylédones).

Le nombre d’espèces exotiques est 64 soit 23 % des espèces plantées. On y trouve une ombrière
et un bassin pour les plantes aquatiques.
Le jardin zoologique contenu dans cette même enceinte renferme des primates (5 espèces) dont
une espèce endémique menacée, le singe à ventre rouge Cercopithecus erythrogaster, des
reptiles (pythons, vipère, varans, crocodiles, tortue) des céphalophes de Grimm.

Il est prévu d’ouvrir ce jardin au public dans un proche avenir.

Le jardin des plantes et de la nature de Porto-Novo est créé en 1905. Il couvre 7,2 ha et renferme
145 espèces de plantes réparties en 40 familles dont :
- 130 espèces de dicotylédones,
- 14 espèces de monocotylédones
- 1 espèce de pteridophyte.

Les espèces exotiques sont au nombre de 77 soit 53 % de la richesse spécifique. On y trouve un


bassin pour les plantes aquatiques.

Les arboretums

Plusieurs arboretums ont été aménagés dans diverses localités au Bénin. Certains sont mieux
présentés avec des étiquettes collées sur les espèces, d’autres le sont moins. L’officier des Eaux

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 114
et Forêts Félix Tossou a été l’initiateur de la plupart de ces arboreta à Batia (65 espèces),
Kpessou (69 espèces) , Kpakpassa (68 espèces) et Alfa Koara (153 espèces). D’autres arboreta
interessants existent à la station de recherche agricole de Niaouli et à Tobé. De petites réserves
naturelles qui ont été aménagées en arboretum, peuvent être mentionnées : le domaine privé de
Monsieur Peter Neuenschwander Directeur de l’IITA, la galerie forestière aux chutes d’eau de la
Kota dans l’Atacora transformée en arboretum.

La plupart des arboretums aménagés par les structures de l’administration publique manquent de
suivi et d’entretien ce qui compromet d’autant leur pérennité car c’est souvent une partie de la
végétation naturelle qui est aménagée à dessein.

Jardins botaniques et arboreta participent au programme national d’éducation environnementale.


Ils jouent aussi un rôle important dans la prise de conscience en matière de protection de la
nature, notamment la protection des espèces ménacées.

Les principales recommandations qui sont formulées pour une meilleure valorisation des espèces
fruitières et pour une meilleure conservation et une valorisation des jardins botaniques et
arboreta sont :

- Recenser toutes les espèces fruitières indigènes dans toutes les localités du pays,
- étudier la possibilité de création d’arboriculture à base des espèces sauvages,
- création d’une banque de semences des espèces fruitières,
- fabrication de jus et autres produits avec les fruits sauvages,
- introduction des fruitiers sauvages dans les programmes de plantation d’arbres dans les
concessions,
- tenir un inventaire de l’entomofaune et autres parasites qui sont liés aux espèces fruitières
introduites,
- recenser les arboreta et jardins dans toutes les localités du pays,
- appuyer localement les structures qui ont à charge l’entretien et la valorisation des jardins
botaniques et arboreta,
- faire un inventaire exhaustif des espèces constituantes des jardins botaniques et arboreta,
- créer une banque de données pour le suivi des espèces plantées ou introduites dans les
jardins botaniques.

Espèces végétales cultivées

Diverses catégories de cultures sont pratiquées au Bénin et elles peuvent être classées selon leurs
rôles socio-économiques, leur appartenance botanique, leur type biologique, etc. Les grandes
catégories de plantes cultivées sont :

- les céréales (Poaceae, 5 espèces cultivées),


- les racines et tubercules,
- les légumineuses,
- les fibres,
- les stimulants,
- les cultures pérennes,
- les cultures maraîchères.

Le nombre de variétés par espèce de grande culture telle que le maïs ou le niébé est
vraisemblablement très élevé mais peu de travaux de caractérisation génétique a porté sur cet
aspect. La conséquence de cette lacune a fait que l’on connaît mieux les 3000 espèces et sous-

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 115
espèces de plantes sauvages que les variétés de cultures vivrières d’intérêt économique ! Les
collections brutes ou « accessions » sont nombreuses, mais elles apportent en l’état actuel peu
d’information sur les ressources phytogénétiques alimentaires du Bénin. Au titre des inventaires
du nombre d’accessions dans les banques de conservation on dénombre :

- 257 pour le maïs,


- 208 pour le sorgho,
- 22 pour le mil,
- 183 pour le riz,
- 56 pour le fonio,
- 205 pour le niébé,
- 653 pour le manioc,
- 560 pour l’igname,
- 2312 pour le cocotier,
- 155 pour le palmier à huile,
- 78 variétés de coton,
- 50 pour le bananier,
- 26 pour le voandzou,
- 66 pour le cacao,
- 36 pour le faux sésame (Colocynthis citrullus)
- 28 pour le café.

Trois institutions s’occupent de la conservation ex situ des plantes cultivées ; ce sont l’Institut
National des Recherches Agricoles du Bénin (INRAB), l’Institut International d’Agriculture
Tropicale (IITA) et la Faculté des Sciences Agronomiques (FSA/UNB). En dehors de ces
institutions, il faut noter la conservation traditionnelle au niveau des paysans producteurs.

L’agriculture est la première source de richesse du Bénin (27 % du PIB, contribue pour près de 2
% à la croissance du PIB, et occupe 55 % de la population active) aussi, la conservation des
semences et autres formes de vie pour l’amélioration et la régénération des espèces végétales
alimentaires est plus que nécessaire pour faire de l’agriculture la base du développement
industriel.

Les problèmes qui se posent à la conservation des ressources phytogénétiques cultivées sont dus
aux conditions de conservation des gènes et au manque de compétence en effectif suffisant au
niveau national dans le domaine de la génétique et de la biotechnologie.

Les principales recommandations qui sont formulées pour une meilleure conservation des
ressources phytogénétiques cultivées sont :

- Créer un Comité National de Conservation de la Diversité Biologique bénéficiant d’un


budget de fonctionnement annuel autonome,
- prendre les textes statutaires nécessaires au fonctionnement du Comité National des
Ressources Phytogénétiques,
- créer trois centres pour la gestion des ressources phytogénétiques : –INRAB-Pobè pour
les plantes pérennes, -INRAB-Parakou pour les fibres et textiles, et –INRAB-Niaouli
pour les cultures vivrières,
- élaborer et mettre en œuvre un programme de prospections des ressources
phytogénétiques,
- créer les infrastructures adéquates à la conservation des semences, des embryons, etc,
- former du personnel qualifié en biotechnologie,

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 116
- appuyer les modes de conservation dans les terroirs et dans les biotopes en ce qui
concerne les espèces sauvages apparentées aux plantes cultivées,
- mettre en place un système informatisé de gestion de l’information sur les ressources
phytogénétiques.

Animaux domestiques d’élevage

Les études zootechniques et vétérinaires ont consacré beaucoup de travaux aux espèces
domestiques élevées. Elles sont représentées par les bovins, les ovins, les caprins, les porcins, les
équins, les asins, et les volailles.

Les bovins

Parmi les bovidés 2 espèces et 4 races sont élevées par les éleveurs nationaux :

- la race Borgou obtenue par croisement stabilisé de taurin (Bos taurinus) et de zébu (Bos
indicus). On estime l’effectif des bovins Borgou à 1.000.000 de têtes essentiellement
rencontrés dans le département du Borgou.
- La race lagunaire est rustique, de petit format. Elle est essentiellement concentrée dans le
Sud du Bénin dans les départements de l’Ouémé, de l’Atlantique, du Mono et du Sud du
Zou. On estime l’effectif des lagunaires à 200.000 têtes.
- La race Somba est aussi un taurin rustique de petit format. Elle est essentiellement
localisée à l’Ouest du département de l’Atacora. On estime son effectif à 25.000 têtes.
- La race Pabli est un taurin qui avait existé dans la région de Kérou et de Kouandé. Cette
race a été absorbée par le croisement avec les races Somba et Borgou. Elle est
actuellement éteinte.

Les races bovines introduites sont au nombre de 7. Ce sont : le zébu Goudali à courtes cornes, le
zébu Mbororo, le taurin N’Dama à courtes cornes, le taurin Baoulé, le taurin Méré issu de
croisement entre zébu et taurin, le taurin N’Damaze issu de croisement entre zébu et N’Dama, et
la Brune des Alpes qui est une race française.

L’élevage de bovins est largement pratiqué selon un mode extensif basé sur la transhumance de
saison sèche. Les Peul représentent l’ethnie la plus largement représentée dans l’élevage des
bovins.

Les ovins et les caprins (Caprinidae)

On dénombre 2 espèces de petits ruminants que sont les ovins (Ovis) et les caprins (Capra).

Les ovins

Les ovins comptent 2 races communément rencontrées au Bénin :


- la race Djallonké originaire du Fouta-Djallon (race guinéenne). C’est un mouton trapu de
petite taille, essentiellement élevé dans les départements du Nord du Bénin. On estime
son effectif à 500.000 têtes.
- La race sahélienne ou mouton Peul qui a été introduite au Bénin à partir des pays
sahéliens. Le mouton Peul est de grande taille et très sensible à la trypanosomiase et
reste peu adapté aux régions humides. On estime son effectif à 50.000 têtes.
On peut ajouter à ces deux races 3 autres races issues de métissage. Ce sont –le Vogan du Togo,
-le mouton Mossi et -le mouton Kirdi du Mayo-Khebbi.

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 117
Les caprins

Les caprins comptent eux aussi 2 races communes :


- la race naine ou guinéenne originaire du Fouta-Djallon. Elle est trapue, rustique et
prolifique. C’est la race la plus répandue au Bénin avec un effectif de 1.000.000 de têtes.
- La race sahélienne de plus grand format et provenant des pays du Sahel. Son effectif est
de 50.000 têtes.
L’élevage des petits ruminants est extensif et les animaux sont dans la plupart des cas élevés en
liberté ou au piquet pendant la saison des cultures.

Les porcins

Les porcins du genre Sus sont essentiellement élevés dans les départements du Sud du Bénin où
l’on rencontre la race locale de petit format par rapport aux races importées que sont la Large
White et la Landerace. La race locale est de loin la plus élevée et son effectif est estimé à
450.000 têtes. Comme pour les ruminants, les porcins (race locale) sont élevés de manière
extensive et les animaux sont pour la plupart du temps en divagation.

La volaille

Les principales espèces élevées au Bénin sont :


- le poulet de race locale (Gallus domesticus). Son effectif serait de l’ordre de 10.000.000
et s’effectue aussi bien dans les campagnes que dans les grandes agglomérations,
- le dindon d’Inde (Meleagris gallopavo),
- la pintade commune locale (Numida meleagris)
- le canard de Barbarie (Anas moschata),
- le pigeon de biset (Columba livia),
- la caille du Japon (Coturnix japonica).
L’élevage avicole moderne concerne essentiellement les poulets exotiques (poulet chair ou poule
pondeuse).

L’élevage de lapin et de cobaye

L’élevage du lapin (Oryctolagus cuniculus) est en plein essor au Bénin et l’on compte plusieurs
centaines d’individus dans les élevages du Sud du Bénin. Une filière cunicole existe déjà au
Bénin et va de l’éleveur aux vendeurs de viande de lapin dans les marchés et supermarchés.
On peut aussi noter de petits élevages de cobaye domestique (Cavia aperea) dans les habitations.

Autres espèces

Ce sont en particulier les 2 espèces d’Equidae du genre Equus dont le cheval (Equus przewalskii)
et l’âne (Equus asinus somalicus) tous deux essentiellement confinés au Nord du Bénin.
Deux espèces de carnivores sont élevées comme animaux de compagnie au Bénin. Ce sont le
chien (Canis) dont il existe plusieurs races, certaines étant importées d’Europe ou d’Asie, et le
chat Felis sylvestris.

La contribution de l’élevage au PIB est en moyenne de 10 % et occupe un nombre élevé d’actifs


agricoles dans les campagnes. Les principales menaces qui pèsent sur les espèces animales
domestiques concernent surtout les races bovines locales. Comme il a été signalé, la race taurine

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 118
Pabli a disparu suite à son croisement avec les autres et ce phénomène menace la plupart des
races taurines élevées au Bénin.

Les principales recommandations qui sont formulées pour une meilleure conservation et une
valorisation des espèces animales domestiques élevées sont :
- Mettre en œuvre des programmes de conservation génétique des races taurines Borgou,
Lagunaire, et Somba,
- reconstituer la race taurine Pabli qui a été absorbée par les autres, à l’instar de la
reconstitution des bisons d’Amérique,
- faire le dénombrement des bovins, ovins et caprins sur toute l’étendue du territoire
national afin de disposer de statistiques fiables,
- mettre en œuvre un programme de sélection et d’amélioration génétique des petits
ruminants,
- mettre en place un programme d’amélioration des performances zootechniques des
porcins,
- promouvoir l’intégration agriculture – élevage pour mieux assurer la conservation des
races locales .

Système de gestion des données

On dénombre une vingtaine de structures nationales qui collectent et assurent une certaine
gestion de l’information. On les compte parmi les institutions publiques (60 %), les projets
sectoriels (25 %) et les ONG (15 %). Le support le plus répandu est le document sur papier à
côté d’autres moins communs tels que les photos, et les diapositives.
Le système d’information géographique (SIG) utilise plusieurs logiciels : Atlas GIS, Arc View,
etc.
L’accès aux données se fait encore par consultation directe des ouvrages stockés au niveau des
centres de production et les échanges électroniques sont encore très rares.

Les principales recommandations qui sont formulées pour une meilleure gestion des données sur
la diversité biologique sont :

- recommander la mise en place du SIG au niveau de tous les services dont les activités
portent sur la collecte de données biologiques dans l’espace,
- connecter les banques de données nationales aux systèmes SIG disponibles sur internet.

Economie des ressources biologiques

L’activité économique en milieu rural où est concentrée la majorité de la population active


béninoise dépend de l’exploitation des ressources naturelles. D’une manière générale, la
dégradation de l’environnement coûte en moyenne 3 à 5 % du PIB et provient des causes
suivantes :

- érosion des sols 42 %,


- nouveaux défrichements des sols 17 %,
- pollution 14 %,
- baisse de fertilité des sols 12 %,
- inondation des terres 10 %,
- pertes en ressources halieutiques 3 %.

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 119
La pression démographique croissante est un facteur d’accélération du processus de dégradation
dans la plupart des cas. Les indicateurs de l’exploitation des ressources naturelles se présentent
de la manière suivante selon les secteurs :

- l’agriculture occupe 12 % des terres sur l’ensemble du territoire national avec un taux
d’accroissement annuel de 4,5 %. Le pourcentage des superficies emblavées varie d’un
département à l’autre : Ouémé (46 %), Atlantique (36 %), Mono (35 %), Zou (16 %),
Borgou et Atacora (7 %) . Au niveau national, la demande en terres est inégale suivant
les principales cultures que sont dans l’ordre décroissant le maïs, le coton, le sorgho, le
manioc, l’igname, et l’arachide. La culture itinérante dans le centre et dans le Nord, et la
réduction ou la suppression des jachères dans le Sud du Bénin sont les causes de la
destruction des habitats et des sols.

- Les ressources forestières naturelles en bois d’œuvre sont insuffisantes pour couvrir de
manière durable la demande intérieure et les exploitations forestières s’effectuent dans la
plupart des cas au préjudice de la capacité de régénération naturelle des peuplements. Le
potentiel forestier est estimé à 27 millions de m3 dont l’essentiel sert à la production de
bois de feu (5.200.000 tonnes/an) et à la carbonisation. Les principales zones où
s’effectue l’exploitation forestière sont les départements du Borgou, de l’Atacora (Sud) et
du Zou.

- Le teck est la principale essence d’afforestation que l’on peut gérer de manière durable.
La disponibilité en grumes de teck est estimée à 510.086 m3. L’exportation des produits
de sciage du teck a rapporté quelques 308.574.048 F CFA à l’Office national du Bois
(ONAB) en 1991. D’autres essences sont aussi utilisées dans les programmes de
reboisement.

- Le bois-énergie est exploité à des fins commerciales sur toute l’étendue du territoire
national, mais l’exportation vers les grandes agglomérations a suivi une dynamique
croissante du Sud vers le Nord. La consommation moyenne annuelle pour les cinq
grandes agglomérations que sont Cotonou, Porto-Novo, Parakou, Abomey et Bohicon est
estimée à 417.682 tonnes de bois de feu et 55.724 tonnes de charbon. La consommation
en bois-énergie s’effectue chaque année par coupe-rase de 42.000 ha de formation
arborescente.

- Les autres produits forestiers (fruits, fibres, plantes médicinales, etc) procurent des
revenus diffus dont l’estimation globale présente encore beaucoup de déficit
d’informations. Dans le village de Pikiré dans la sous-préfecture de Kérou, ces revenus se
présentent de la manière suivante à titre indicatif :
o le beurre de karité 3.500.000 F CFA,
o la moutarde de néré 4.500.000 F CFA,
o le bois de service 19.500.000 F CFA,
o la viande de venaison braconnée 700.000 FCFA.

- Les produits de la pêche procurent des revenus substantiels pour les populations qui s’y
adonnent et pour l’Etat. Ce secteur occupe près de 350.000 actifs qui animent la filière de
la pêche en amont et en aval. La pêche dans les eaux douces continentales (40.000 ha)
fournit en moyenne 42.500 tonnes l’an (base 1995) contre 9.000 tonnes pour la pêche
maritime. Les produits de pêche ont rapporté en 1995 aux communautés rurales près de
30 milliards de francs CFA. On note plus de pêcheurs sur les eaux intérieures qu’en mer,
ce qui accroît par voie de conséquence la pression sur les lacs et lagunes, sur les plaines

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 120
d’inondation et autres points d’eau. Certaines techniques de pêche en enclos de
branchages telles que les « Acadjas » occasionnent la destruction des recrus forestiers des
jachères environnantes à concurrence de 70.000 m3 de bois pour la construction d’un
hectare d’Acadja. En dépit de cette richesse en ressources halieutiques, le Bénin
importe12.200 tonnes de poissons congelés par an .

- Les productions animales par les techniques traditionnelles, sont basées essentiellement
sur l’exploitation des ressources naturelles. Ainsi, l’élevage des ruminants en général est
lié à l’existence de vastes parcours très convoités par les troupeaux transhumants venant
des régions sahéliennes. Le non respect de la réglementation sur les aires protégées
provoque souvent une utilisation concurrente de ces espaces protégés pour la faune
sauvage par les troupeaux domestiques.

- Les plantes médicinales constituent des sources de revenus dans les grandes
agglomérations où ceux qui se soignent par la phytothérapie sont obligés de débourser de
l’argent pour se procurer les espèces désirées. Les revenus générés pour les acteurs de
cette filière sont encore mal connus mais l’on note de plus en plus de professionnels
phytothérapeutes au Bénin. Dans les campagnes où les pouvoirs d’achat sont souvent très
faibles, l’accès à la phytothérapie permet de réduire les frais de traitement de certaines
maladies et les communautés rurales peuvent ainsi faire économie de leurs maigres
revenus.

- Bien d’autres produits de la nature font l’objet de petit commerce dans les terroirs ou vers
dans les grands centres. Ce sont les fibres, les fruits, les légumes, le miel, etc.

Options pour une meilleure évaluation des ressources biologiques :


- Appuyer les études sur l’économie des ressources biologiques.
- Rendre régulière et disponible la collecte des statistiques sur les productions des
écosystèmes.
- Mettre en place un système d’information géographique pour la gestion des données sur
l’économie des ressources biologiques.
- Appuyer la formation de compétences de haut niveau en économie des ressources
biologiques.
- Inclure dans les indicateurs économiques au niveau national, la contribution des produits
des écosystèmes.

Dispositions législatives sur les ressources biologiques

Il existe plusieurs textes (lois et arrêtés d’application) qui ont été adoptés pour assurer la
conservation des ressources biologiques au Bénin. La République du Bénin a aussi adhéré à
plusieurs conventions internationales ayant pour buts la sauvegarde et la gestion rationnelle des
ressources biologiques. Ce sont en particulier :

- Le Décret N° 93-305 du 13 décembre 1993 portant ratification de la Convention sur la


Diversité Biologique.
- L’Arrêté N° 601/MDR/DC/DFRN/SA du 8 août 1993 portant application en république
du Bénin de la Convention sur le Commerce International des espèces de Faune et de
Flore Sauvages Menacées d’Extinction (CITES).
- La loi N°93-020 du 2 décembre 1992 portant ratification de la Convention des Nations
Unies sur les Changements Climatiques.
- La loi N° 93-009 du 2 juillet 1993 portant régime des forêts en République du Bénin.

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 121
- La loi N°87-014 du 21 septembre 1987 portant réglementation de la protection de la
nature et de l’exercice de la chasse au Bénin (actualisée et en cours d’adoption).
- Plusieurs autres conventions internationales (Alger en 1968 ; Ramsar en 2000) et autres
textes pris au niveau national pour une meilleure gestion des ressources naturelles.

Ce ne sont donc pas les textes réglementaires qui font défaut, mais plutôt leur application dans la
pratique. Il n’y a pas mille suggestions à faire que celle de créer les meilleures conditions pour
l’application des textes en vue d’une gestion durable des ressources biologiques.

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 122
CONCLUSION ET PRINCIPALES RECOMMANDATIONS

Diversité biologique

Les travaux de cette première monographie nationale de la diversité biologique ont permis de
faire le constat de grandes lacunes dans la connaissance sur la diversité biologique au Bénin. Les
micro-organismes sont d’une manière générale peu étudiés. Il en est de même des écosystèmes
marins. Les données disponibles sont dans la plupart des cas peu accessibles et partant donc peu
valorisées. A l’issue des résultats d’inventaires de connaissances, on peut présenter les
statistiques suivantes :

- Virus 12,
- Bactéries 9,
- Phytoplanctons d’eau douce 57 espèces,
- Zooplanctons d’eau douce 19 genres (17 espèces identifiées),
- Phytoplanctons marins 35 genres,
- Grandes algues marines 13 genres,
- Protozoaires 60 espèces,
- Helminthes 135 espèces,
- Arachnides 28 espèces,
- Myriapodes 2 espèces,
- Acariens parasites 11 espèces,
- Insectes 2592 espèces,
- Champignons supérieurs 248 espèces,
- Plantes supérieures indigènes environ 3000 espèces,
- Phanérogames marins 4 genres,
- Fruitiers indigènes 128 espèces,
- Fruitiers exotiques 40 espèces,
- Plantes médicinales 814 espèces,
- Plantes ornementales indigènes 225 espèces,
- Plantes ornementales exotiques 266 espèces,
- Essences forestières indigènes plantées 56 espèces,
- Essences exotiques d’afforestation 15 espèces,
- Plantes envahissantes introduites 5 espèces,
- Plantes fourragères indigènes 40 espèces,
- Plantes fourragères exotiques 41 espèces,
- Jardins botaniques 2,
- Arboretums aménagés 4,
- Poissons d’eaux douce et saumâtre 180 espèces (40 espèces disparues),
- Crustacés d’eaux douce et saumâtre 11 espèces,
- Poissons marins 449 espèces,
- Crustacés marins (4 espèces de crevette pêchées),
- Lézards 7 espèces,
- Crocodiles 2 espèces,
- Tortues 7 espèces (5 espèces marines),
- Serpents 66 espèces,
- Amphibiens 15 espèces,
- Grands mammifères (de plus de 5 kg), 47 espèces (10 espèces menacées, 1 espèce de
primate endémique, 1 espèce d’antilope probablement disparue),
- Rongeurs sauvages 51 espèces,
- Chiroptères 32 espèces,

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 123
- Plantes domestiquées cultivées 7 grandes catégories et 4895 accessions,
- Bovins domestiques 2 espèces et 3 races indigènes (1 race déjà éteinte),
- Bovins domestiques introduites 2 espèces et 7 races,
- Ovins domestiques 1 espèce et 5 races (2 races indigènes),
- Caprins domestiques 1 espèce et 2 races,
- Porcin domestique 1 espèce et 3 races (1 race indigène),
- Equidae domestiques 2 espèces,
- Rongeurs et lagomorphes domestiques 2 espèces,
- Volaille 6 espèces,
- Parcs Nationaux 2,
- Zones cynégétiques 3,
- Réserve de Biosphère 1,
- Forêts classées 38,
- Forêts sacrées 2940,
- Aires protégées domaniales 1.357.050 ha soit 12 % du territoire national,
- Jardin zoologique (en cours de réalisation).

Principales recommandations

- Arrêter le processus de dégradation des écosystèmes naturels.


- Réhabiliter les écosystèmes vulnérables.
- Poursuivre la collecte des données sur les ressources biologiques notamment dans les
domaines où les lacunes sont grandes : planctons, micro-organismes terrestres,
bryophytes, milieu marin, etc.
- Mettre en œuvre un programme national de suivi écologique axé sur la recherche
scientifique sur tous les aspects de la diversité biologique.
- Développer un programme spécial de protection des espèces animale et végétale
menacées de disparition ou d’extinction.
- Mettre en place les infrastructures nécessaires pour la conservation ex situ des gènes, des
micro-organismes et des espèces supérieures.
- Mettre en œuvre des programmes de valorisation des ressources biologiques au bénéfice
des populations rurales et de la nation.
- Appuyer la mise en place de système d’information géographique (SIG) dans les
laboratoires et autres institutions spécialisés pour une meilleure gestion des données et
aussi pour faciliter leur accès par les moyens informatiques.
- Donner les moyens nécessaires pour faire respecter la réglementation en matière de
conservation des ressources biologiques.
- Créer d’autres aires protégées dans les écosystèmes et dans les zones biogéographiques
qui n’en ont pas (zones humides du Sud du Bénin, savanes sèches du département du
Mono, mangrove, écosystème marin et vallée de l’Ouémé).
- Prendre des mesures incitatives pour favoriser les actions de conservation des ressources
biologiques par les populations rurales.

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 124
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Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 126
ANNEXE 2 : Liste et état des forêts classées, périmètres de reboisement, parcs nationaux
et zones cynégétiques du Bénin
FORETS CLASSEES
DEPARTEMENTS NOM SUPERFICIE A OBSERVATIONS
L’ORIGINE (ha)
BORGOU-ALIBORI TOUI-KILIBO 27.030 En cours de réhabilitation
TCHAOUROU 1.100 A réévaluer
TCHATCHOU-GOKANA 2.000 "
BOKO 300 "
N’DALI 4.721 "
OUENOU-BENOU 30.000 "
OUEME SUPERIEUR 107.542 "
ALIBORI SUPERIEUR 224.200 "
OUARI-MARO 50.000 "
TROIS RIVIERES 259.500 "
SAKAROU 240 "
SOTA 43.000 A fait l’objet d’un projet
GOUNGOUN 73.200 "
GUENE 1.300 "
TOTAL 824.133
ATACORA-DONGA MONTS KOUFFE 180.300 Installation anarchique des agriculteurs nationaux et togolais ; 1/3 occupé.
Exploitation frauduleuse de bois d’œuvre (surtout Khaya). Réserve partielle de
faune.
BASSILA 2.500 Pratiquement inexistante ; il reste seulement des plantations et quelques
galeries. Fait l’objet d’un projet (PRRF de Bassila)
KILIR 50 A évaluer
BELEFOUNGO 1.300 "
DOUNGA 250 "
SAOUBOUKRO 84 "
PENESSOULOU 5.470 Reste moins du 1/3 dont une partie reboisée en anacardiers.
BIRNI 3.200 Pratiquement disparue. Reste une partie reboisée en teck et anacardiers.
MEKROU 9.350
COLLINES DE KOUANDE 4.560 Intacte en raison de sa position dans des grès schisteux incultivables.
ALIBORI SUPERIEUR 31.300 Peu attaqué parce que loin des centres de population
(partie)
OUEME SUPERIEUR 35.000 Forte pression de la part des agriculteurs – Réserve totale de flore.
(partie)
TOTAL 273.364

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 127
ATLANTIQUE-LITTORAL OUEDO 586 127 ha de plantation de teck et 110 ha de Cassia siamea.
PAHOU 765 Anciennes plantations de filao (50 ha) d’eucalyptus et de Cassia siamea
(2 ha).
Reboisement de 513 ha par le Projet Plantation de Bois de Feu dans le Sud-
Bénin
LAMA-SUD 8.000 Reboisement en cours par le Projet Plantations de Bois de Feu dans le Sud-
Bénin
DJIGBE 4.300 Environ 3.900 ha de plantations de teck âgées de 30 à 40 ans font l’objet d’un
plan d’aménagement et de travaux d’éclaircie par l’ONAB.
TOTAL 13.651
ZOU-COLLINES AGRIMEY 2.800 2.133 ha plantés en teck entre 1950 et 1960. Ces plantations font l’objet d’un
plan d’aménagement et de travaux d’éclaircie par l’ONAB
LOGOZOHE 1.200 200 ha d’anacardiers plantés qui ont totalement brûlé. Savane boisée très
convoitée.
TOUI KILIBO 22.000 Plantations de teck (200 ha) et d’anacardiers (475 ha). Subit quelques
pressions. Placeaux de recherche par l’Unité de Recherche Forestière.
ACHERIGBE 3.150 Plantation d’environ 150 ha de teck Très convoitée mais bien protégée.
Réserve partielle de faune.
DAN 1.237 Plantation bien suivie de 200 ha de teck : mais pas d’aménagement.
SAVALOU 1.015 Il reste moins de 500 ha. Plantations d’anacardiers en mauvais état.
DASSA-ZOUME 2.645 Forêt de protection. Essais non suivis de diverses essences dont le fraké.
LAMA NORD 8.250 Objet d’un reboisement intensif en essences de bois d’œuvre (surtout le teck)
par le Projet – Développement Forestier.
AGOUA 75.300 Plantation de 482 ha d’anacardiers dont 200 en bois état et une centaine qui ne
produisent guère.
OUEME BOUKOU 20.500 150 ha d’anacardiers en bon état sur 250 plantés à l’origine.
TOTAL 138.097

OUEME-PLATEAU BONOU 197 En partie plantée en teck et fraké, bien conservée.


SAKETE 60 Enrichie avec de l’hevea et un peu de teck. Quelques pénétrations.
ITCHEDE 191 Plantations, il y a quinzaine d’années de teck (7 ha), fraké (2 ha) cedrela (2 ha),
Déguerpissement des occupants illicites réalisé.
KETOU 42.850 Un projet de reboisement en bois de feu sur ces deux forêts avec
descente des produits sur le fleuve OUEME a été abandonné au profit
des sites actuellement choisis par le Projet Plantations de Bois de Feu
dans le Sud-Bénin
TOTAL 43.298

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 128
PERIMETRES DE REBOISEMENT

DEPARTEMENTS NOM SUPERFICIE OBSERVATIONS


BORGOU - ALIBORI Périmètre de Reboisement de 256
Parakou
Périmètre de Reboisement de Kandi 250 Fortement dégradé
TOTAL 506
ATACORA-DONGA Périmètre de Reboisement des 1.090 Totalement occupé
Tanekas
Périmètre de Reboisement de 203 Totalement occupé
Natitingou
TOTAL 1.293
ZOU-COLLINES Périmètre de Reboisement Fortement dégradé
d’Abomey 173
OUEME-PLATEAU Périmètre de Reboisement de SEME En bordure de mer. En cours de reboisement dans le cadre du
Projet Plantations de Bois de Feu dans le Sud-Bénin
1.290
ATLANTIQUE- Périmètre de Reboisement de Quelques vieilles plantations de Niaoulis. Filaos et cocotiers.
LITTORAL l’Atlantique
900
TOTAL 4.162

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 129
PARCS NATIONAUX

DEPARTEMENTS NOM SUPERFICIE (ha) OBSERVATIONS


BORGOU-ALIBORI PARC NATIONAL DU ‘’W’’ 502.050 L’aménagement de ces
deux Parcs Nationaux fait
l’objet de Projets gérés par
le CENAGREF
ATACORA-DONGA PARC NATIONAL de la PENDJARI 275 000

TOTAL 777.050

ZONES CYNEGETIQUES

DEPARTEMENTS NOM SUPERFICIE (ha) OBSERVATIONS


BORGOU-ALIBORI Zone cynégétique de la DJONA 225.000 Non amodiée
BORGOU-ALIBORI Zone cynégétique de l’ATACORA 175.000 Amodiée depuis 1992
(partie)
ATACORA-DONGA Zone cynégétique de la PENDJARI 180.000 Amodiée depuis 1992
(partie)
TOTAL 580.000

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 130
RECAPITULATIF

DEPARTEMENTS FORETS PERIMETRES DE PARCS ZONES TOTAUX (ha)


REBOISEMENT (ha) NATIONAUX CYNEGETI
(ha) QUES (ha)
BORGOU-ALIBORI
- Superficie 824.133 506 502.050 295.050 1.621.589
- nombre de massifs. (14) (2) (1) (2)
ATACORA-DONGA
- Superficie 273.364 1.293 275.000 285.000 834.657
- nombre de massifs (12) (2) (1) (1)

ZOU-COLLINES
- Superficie 138.097 173 138.270
- nombre de massifs (10) (1)
ATLANTIQUE-
LITTORAL 13.651 900 138.270
- Superficie (10) (1)
- nombre de massifs
OUEME-PLATEAU
- Superficies 43.298 1.290
- nombre de massifs (4) (1) 44.588
MONO-COUFFO - - - - -
TOTAUX :
- Superficies 1.292.543 4.162 777.050 580.000 2.653.755
(Nombre de massifs) (44) (7) (2) (3) (56)
% de superficie par
rapport à la superficie 11.48 % 0,04 % 6,90 % 5,15 % 23,56 %
totale du pays

Comme l’indique le tableau récapitulatif, tous les Départements n’ont pas de Parcs Nationaux, de
Zones Cynégétiques et de Périmètres de Reboisement à la fois comme c’est le cas des
Départements de l’Alibori et de l’Atacora.

Le Département du Mono ne dispose par ailleurs ni de forêt classée, ni de périmètre de


reboisement, ni de parc national, ni de zone cynégétique.

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 131
ANNEXE 3 : PROGRAMME DE CONSERVATION ET D’UTILISATION DURABLE
DE LA DIVERSITE BIOLOGIQUE AU BENIN

IDEES DE PROJETS RETENUES PAR COMPOSANTE

Composante 1 : Renforcement des capacités

1. Projet de création et de renforcement des capacités du Secrétariat Technique Permanent


Autonome en matière de diversité biologique ;

2. Projet de renforcement des capacités des communautés de base en matière de gestion de la


diversité biologique ;

3. Projet de formation du personnel d’encadrement, des acteurs et usagers de la diversité


biologique ;

4. Projet de communication et changement de comportements (CCC) à l’intention des acteurs


et usagers de la diversité biologique ;

5. Projet d’élaboration et/ou d’actualisation des textes législatifs et réglementaires en matière


de conservation de la diversité biologique ;

6. Projet de formation des femmes et des jeunes en gestion sur la valorisation et l’utilisation
des ressources biologiques ;

7. Projet d’identification, de valorisation et de vulgarisation des pratiques endogènes


pertinentes en matière de conservation de la diversité biologique.

Composante 2 : Conservation de la diversité biologique

1. Projet de conservation de la biodiversité marine, lagunaire et côtière ;

2. Projet de conservation de la biodiversité des eaux intérieures ;

3. Projet de conservation des écosystèmes forestiers ;

4. Projet de conservation de la biodiversité des zones arides, semi-arides et sub-humides


sèches ;

5. Projet de conservation de la biodiversité des zones de montagnes, de collines et autres


paysages particuliers ;

6. Projet d’appui aux initiatives nationales en matière de taxonomie ;

7. Projet de conservation de la biodiversité dans les aires protégées et leurs périphéries ;

8. Projet de conservation des forêts sacrées et autres sanctuaires ;

9. Projet de conservation des écosystèmes transfrontaliers ;

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 132
10. Projet de gestion participatif et durable de la DB dans les zones de forte pression
démographique au Bénin ;

11. Projet de développement des réserves biologiques privées ;

12. Projet de renforcement de la coopération en matière de recherche scientifique et


technique ;

[Link] d’appui à la conservation ex-situ ;

14. Projet de recherche en médecine traditionnelle et de promotion des plantes


d’intérêts particuliers.

Composante 3 : Diversité biologique agricole

1. Projet de renforcement des initiatives relatives à la conservation des ressources


génétiques ;

2. Projet de valorisation des pâturages naturels et de développement des cultures


fourragères ;

3. Projet de renforcement des systèmes de cultures associées en milieu réel ;

4. Projet d’appui aux pratiques endogènes valorisantes d’aménagement des terroirs ;

5. Projet de restitution et de maintien de la fertilité des sols ;

6. Projet de réhabilitation et de préservation des espèces animales et végétales en voie de


disparition ;

7. Projet de création par département d’un centre de petite mécanisation adaptée à nos sols.

Composante 4 : Biotechnologie et biosécurité

1. Projet de renforcement des initiatives relatives aux technologies agro-alimentaires et autres


biotechniques ;

2. Projet de renforcement du mécanisme national de biosécurité.

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 133
Annexe 4 : Activités et Sous-activités découlant du plan d’action

CODE ACTIVITES ET SOUS – ACTIVITES PAR ACTION


1.1.1. Action 1 : Renforcer les capacités des intervenants (gestionnaires, acteurs, institutions) dans le
domaine de la conservation des ressources biologiques.

Activités et sous-activités

• Appuyer les initiatives existantes, notamment celles qui visent à évaluer toutes les
réserves biologiques du Bénin, les doter de plans de développement et soutenir les
institutions et programmes de gestion.

La mise en œuvre de cette activité se fera à travers les sous-activités suivantes :

- poursuivre la cartographie des forêts classées, réserves de faune, périmètres de


reboisement, et d’occupation des sols dans les zones riveraines par
l’acquisition et le traitement des images satellites récentes ;
- poursuivre la délimitation des formations ;
- entretenir les bornes existantes ;
- caractériser les écosystèmes ;
- évaluer l’occupation des sols et l’état de dégradation des ressources naturelles ;
- identifier et évaluer les zones à restaurer ;
- disposer des cartes thématiques, les vulgariser et planifier leur utilisation ;
- élaborer les plans d’aménagement et de gestion des forêts non encore
aménagées.

1.1.2. Action 2 : Impliquer les populations locales, et particulièrement les femmes dans les actions de
préservation et de conservation de la diversité biologique.

Activités et sous-activités

• Conscientiser les populations sur la nécessité de conserver les ressources biologiques


naturelles.

La réalisation de cette activité nécessite la mise en œuvre des tâches suivantes :

- informer et sensibiliser les populations riveraines des réserves biologiques ;


- inciter les populations à protéger les réserves biologiques ;
- identifier et former des structures locales féminines de gestion des aires
protégées ;
- créer au niveau de chaque formation protégée des groupements locaux
fonctionnels et opérationnels ;
- développer l’élevage non conventionnel (aulacode, lapin, rats de Gambie) ;
- développer les capacités locales d’auto promotion .

• Améliorer les techniques d’exploitation des sols.

La réalisation de cette activité nécessite la mise en œuvre des tâches suivantes :

- évaluer les potentialités agronomiques des sols ;


- identifier les meilleures pratiques culturales et les vulgariser ;
- vulgariser les techniques de valorisation écologique des sols ;
- inciter à la diversification et à la rotation des cultures.

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 134
• Protéger et aménager les plans d’eau.

La mise en œuvre de cette activité se fera à travers les sous-activités suivantes :

- Promouvoir l’aquaculture ;
- évaluer le potentiel halieutique des pêcheries ;
- promouvoir la gestion participative des pêcheries ;
- intensifier les actions de contrôle des pêcheries ;
- stabiliser les berges des plans d’eau ;
- renforcer les actions d’organisation des pêcheries ;
- promouvoir le dragage sélectif des plans d’eau ;
- créer des centres piscicoles départemaux.

1.1.3. Action 3: Développer des activités sylvo-pastorales.

Activités et sous-activités

• Restaurer les formations végétales dégradées.

A cet effet, il faudra :

- identifier les espèces à planter ;


- développer la pratique des pépinières dans les villages ;
- sensibiliser les agriculteurs à la pratique agro-pastorale;
- assurer l’approvisionnement des agriculteurs en plants de bonne qualité ;
- réaliser les plantations d’arbres à buts multiples ;
- assurer l’entretien et le suivi des plantations réalisées ;
- intensifier les mises en défens.

• Améliorer l’exploitation des parcours naturels.

- informer et sensibiliser les éleveurs ;


- former les éleveurs sur les techniques de gestion des pâturages ;
- aménager des pâturages et réglementer les parcours ;
- intensifier le contrôle des mouvements de transhumance ;
- identifier et aménager des zones d’accueil ;
- promouvoir la production fourragère ;
- encourager la création d’associations des éleveurs fonctionnelles et les
responsabiliser.

1.1.4. Action 4 : Protéger les écosystèmes fragiles ou menacés ou présentant un intérêt particulier.

Activités et sous-activités

• Protéger les écosystèmes d’intérêt particulier.

- créer des réserves de biosphère ;


- créer un sanctuaire ornithologique;
- réhabiliter les milieux aquatiques à diversité biologique remarquable ;
- assurer le suivi des espèces menacées ;
- réaliser périodiquement et régulièrement des inventaires de faune dans les aires
protégées.

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 135
• Protéger les écosystèmes fragiles.

Pour cette activité, il sera mené les tâches suivantes :

- créer et aménager les forêts villageoises ;


- évaluer et réhabiliter les périmètres de reboisement ;
- créer des mises en défens.

• Lutter contre les menaces de pollution des eaux.

Il s’agira :

- de renforcer la campagne de CCC à l’endroit des pêcheurs et agriculteurs ;


- de former les producteurs à l’utilisation des pesticides ;
- d’intensifier la lutte contre la jacynthe d’eau ;
- de lutter contre l’importation et l’utilisation des produits prohibés.

1.1.5. Action 5 : Elaborer et mettre en œuvre un programme spécial de protection et de conservation


des espèces animales et végétales endémiques et rares, de suivi biologique et de
formation/recherche sur la DB.

Activités et sous-activités

• Finaliser la monographie sur la DB.

- améliorer les connaissances sur la DB ;


- évaluer l’état du potentiel ligneux national, des ressources halieutiques.

• Conserver les espèces végétales et animales endémiques et rares.

Il s’agira :

- de conserver les derniers individus d’hippopotames dans les plans d’eau du


réseau fluvial et lagunaire du Bas-Bénin ;
- de créer des arboreta ;
- d’appuyer les jardins botaniques et zoologiques existants ;
- de protéger les espèces endémiques ;
- de conserver les derniers individus de singes à ventre rouge dans la forêt de
Togbata.

• Conserver les ressources génétiques.

Les sous-activités à mener dans ce cadre consisteront à :

- améliorer les techniques de production des semences et mettre en place des


infrastructures de conservation ex-situ
- appuyer les élevages non conventionnels ;
- promouvoir l’élevage des animaux sauvages dont les techniques sont
maîtrisées ;
- créer des réserves génétiques pour la préservation des espèces menacées
d’extinction, rares ou endémiques ;
- créer un laboratoire national de culture in-vitro.

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 136
1.1.6. Action 6 : Intégrer la problématique de conservation de la diversité biologique dans la stratégie
nationale de réduction de la pauvreté, c’est-à-dire intégrer cette dimension au Document de
Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP).

Activités et sous-activités

• Prendre des initiatives pour appuyer la lutte contre la pauvreté. Cet appui consistera à :

- renforcer les activités génératrices de revenus ;


- développer et accroître l’appui aux activités et institutions génératrices
d’emplois en milieu rural et/ou urbain ;
- prendre des mesures incitatives en faveur des institutions ou entreprises qui
assurent la formation technique ou professionnelle des jeunes gens et jeunes
filles ;
- faciliter l’accès au crédit en milieu rural à travers une bonne implantation des
institutions locales de crédits ;
- renforcer la formation pratique et l’alphabétisation de la population active ;
- renforcer la couverture sanitaire ;
- agir sur les facteurs internes de paupérisation.

1.1.7. Action 7 : Evaluer périodiquement le potentiel disponible en matière de Diversité Biologique et


son exploitation.

Activités et sous-activités

• Evaluer le potentiel en ressources biologiques.


Il s’agira :

- d’évaluer les potentialités en ressources biologiques connues ;


- de créer une banque de données sur les extrants de l’exploitation des ressources
biologiques ;
- de créer un observatoire sur l’exploitation des ressources biologiques ;
- de mettre en place un système d’information opérationnel.
1.1.8. Action 8 : Intensifier les plantations d’arbres, contrôler la transhumance et lutter contre les
émondages incontrôlés.

Activités et sous-activités

• Intensifier le reboisement

Les tâches découlant de cette activité consistent à :

- intensifier la sensibilisation des populations au reboisement ;


- inciter les producteurs à réaliser des plantations agroforestières et d’arbres à
buts multiples.

• Améliorer l’exploitation des parcours naturels.

Cette activité nécessitera la mise en œuvre des sous-activités ci-après :

- organiser des séances de CCC à l’endroit des éleveurs ;


- former les éleveurs sur les techniques de gestion des pâturages ;
- aménager des pâturages et réglementer les parcours ;
- intensifier le contrôle des mouvements de transhumance, notamment

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 137
transfrontalière ;
- identifier et aménager les zones d’accueil ;
- promouvoir la production fourragère.

1.1.9. Action 9 : Améliorer l’exploitation des cours d’eau, les aménager et créer des étangs piscicoles.

Activités et sous-activités

• Renforcer le service des Pêches

- organiser des séances de CCC à l’endroit des exploitants ;


- organiser les acteurs et les exploitants des ressources en eau ;
- mieux organiser la filière ;
- renforcer la formation des agents encadreurs.

1.1.10. Action 10 : Diversifier les sources d’énergie et les modes de consommation de l’énergie.

Activités et sous-activités

• Faire de la consommation du bois-énergie une source secondaire de consommation


d’énergie.

Pour cela, il convient :

- d’encourager la communauté scientifique nationale à apporter les innovations


technologiques ;
- d’améliorer les modes de consommation traditionnels d’énergie ;
- de vulgariser les foyers améliorés fabriqués à partir de matériaux locaux ;
- de promouvoir la consommation à grande échelle du méthane ;
- de mettre en œuvre le projet GAZODUC ;
- de promouvoir l’énergie solaire.

• Réorganiser la filière de l’énergie.

- élaborer une politique nationale de l’énergie ;


- élaborer pour chaque ville, une politique viable de l’énergie.
1.1.11. Action 11 : Assurer une meilleure exploitation de la faune par le respect des normes requises.

Activités et sous-activités

• Actualiser les textes réglementaires en matière d’exploitation de la faune et de ses


réserves

- organiser des séances de CCC à l’endroit des chasseurs ;


- lutter contre le braconnage ;
- créer et/ou dynamiser les associations des chasseurs et les comités de
gestion de la faune ;
- sensibiliser et former les communautés villageoises riveraines des zones
de chasse ;
- élaborer et réaliser les plans de gestion des zones de chasse et des zones
riveraines aux aires protégées.

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 138
1.1.12. Action 12 : Développer le tourisme cynégétique et de vision

Activités et sous-activités

• Mettre en valeur le patrimoine touristique

Comme sous-activités, on pense à :

- informer et sensibiliser davantage le public sur les potentialités touristiques ;


- renforcer ou favoriser l’émergence de la pratique de l’éco-tourisme chez les
jeunes ;
- favoriser la création d’initiatives ou d’entreprises dans le domaine du tourisme ;
- aménager de nouveaux sites touristiques ;
- développer le marketing touristique à l’extérieur.

1.1.13. Action 13 : Renforcer la lutte contre les activités anthropiques destructrices des ressources
biologiques.

Activités et sous-activités

• Renforcer le contrôle des pâturages, des feux de brousse et de la coupe du bois.

Les sous-activtés à réaliser sont :

- améliorer la gestion des feux de brousse ;


- lutter contre les feux de brousse anarchiques ;
- lutter contre la divagation des animaux ;
- intensifier l’utilisation des techniques améliorées de gestion des terroirs.

1.2.1. Action 1 : Généraliser l’introduction de l’éducation relative à l’environnement dans les


programmes à tous les ordres d’enseignement.

Activités et sous-activités

La réalisation de cette action nécessite la mise en œuvre d’un certain nombre d’activités à
savoir :

• Renforcer l’enseignement de l’environnement dans le système éducatif béninois.

La réalisation de cette activité nécessite la mise en œuvre des tâches suivantes :

- élaborer et mettre en œuvre des programmes de formation en


éducation environnementale ;
- promouvoir l’édition des ouvrages dans le domaine de l’éducation
environnementale ;
- améliorer la connaissance sur les outils de gestion des ressources naturelles;
- impliquer les chefs religieux et coutumiers dans la lutte pour la sauvegarde de
la DB.

• Créer une banque de données et un système d’information géographique sur la


diversité biologique. Il s’agit :

- de centraliser les informations sur la diversité biologique ;


- d’établir un inventaire des espèces ;
- de réaliser des spots publicitaires et documentaires ;

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 139
- de renforcer les battages médiatiques ;
- d’encadrer et assister les organisations de protection de l’environnement ;
- d’actualiser et vulgariser les textes réglementaires ;
- de favoriser une meilleure circulation de l’information.

• Valoriser le savoir-faire endogène.

Pour cela, il s’agira :

- d’instaurer un dialogue entre les générations ;


- de recenser les pratiques traditionnelles ;
- d’impliquer les populations concernées dans les prises de décisions ;
- de rechercher un cadre harmonieux de rapports entre les règles coutumières et
la juridiction moderne ;
- d’inventorier le savoir-faire paysan favorable en matière de conservation des
espèces animales et végétales ;
- de vulgariser les savoir-faire endogène pertinents.

• Promouvoir l’approche de foresterie urbaine.

Dans ce cadre, il sera réalisé les sous-activités ci-après :

- doter chaque ville d’un plan d’aménagement urbain ;


- appuyer les unités comme "Espaces Verts", les Voiries urbaines, la Direction
de l’Urbanisme, etc ;
- lutter contre la divagation des animaux dans les villes ;
- appuyer les horticulteurs locaux ;
- appliquer les textes et le code d’hygiène publique.

1.2.2. Action 2 : Accroître le taux d’alphabétisation et améliorer la capacité organisationnelle des


populations pour mieux gérer la diversité biologique.

Activités et sous-activités

• Renforcer les capacités organisationnelles pour une meilleure prise en charge des
actions de conservation.

Pour ce faire, il faudra :

- informer et sensibiliser les acteurs ;


- mettre en place des cadres de concertation ;
- créer des cadres d’actions fonctionnels de gestion des ressources ;
- former et organiser les différents groupements d’exploitants.

• Accroître le taux d’alphabétisation de la population.

Il s’agira :

- de renforcer les capacités des entités scolaires ;


- de promouvoir l’alphabétisation des tranches féminines et adultes
analphabètes ;
- de former les formateurs.

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 140
1.2.3. Action : Renforcer l’éducation environnementale

Activités et sous-activités

Cette action vise à mieux faire connaître la valeur de la diversité biologique à tous les acteurs
concernés et à tous les niveaux.

Les groupes ciblés par cette action sont en particulier la frange féminine pour son rôle
important dans l’éducation à la base, et la couche juvénile, qui est appelée à assurer la
continuité des actions de la stratégie et du plan d’action.

Pour ce faire, il s’agira de conscientiser les exploitants par la réalisation des sous-activités ci-
après :

• concevoir et diffuser des messages d’information et de sensibilisation ;


• organiser les séances de CCC ;
• former les associations d’exploitants sur les normes de prélèvement des ressources
biologiques ;
• instituer l’enseignement environnemental dans tous les établissements scolaires.

2.1.1. à Action : Intensifier l’agriculture


2.1.6
Activités et sous-activités

• Améliorer la productivité agricole.

Il s’agit entre autres :

- de renforcer la mécanisation de l’agriculture ;


- de créer des centres départementaux de machinisme agricole ;
- d’élaborer un programme de mise en valeur des bassins versants ;
- d’élaborer un programme de mise en valeur des écosystèmes humides ;
- de diversifier la production agricole ;
- de mieux organiser les filières agricoles.

• Restaurer les terres agricoles dégradées.

Cette activité nécessite les tâches suivantes :

- renforcer la sensibilisation/information des acteurs sur la gestion de la fertilité


des sols ;
- former les producteurs sur les techniques de traitement anti-érosif ;
- intensifier la sensibilisation des producteurs sur l’utilisation des insecticides et
des engrais ;
- former les producteurs à l’exploitation rationnelle des terres ;
- assurer un suivi de l’exécution des réalisations.

2.2.1. Action 1 : Améliorer la participation des populations à la gestion des ressources biologiques, et
suivre la mise en œuvre du plan d’action par un cadre institutionnel viable et durable : le
Secrétariat Technique Permanent (STP).

Activités et sous-activités

• Mettre en place un cadre national unique pour le suivi de la mise en œuvre du plan
d’action et l’équiper ;

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 141
- renforcer et développer l’appui aux réseaux de collaboration ;
- identifier les besoins en formation et mettre en œuvre un programme de
formation à tous les niveaux ;
- élaborer les programmes de suivi – évaluation des activités sectorielles ;
- présenter un état actualisé sur la DB et élaborer les orientations subséquentes.
-

3.1.1. Action 1 : Valoriser les ressources biologiques, promouvoir la pharmacopée et développer les
plantes médicinales.

Activités et sous-activités

• Développer les espèces forestières de valeur.

Dans ce cadre, il convient :

- d’inventorier les usages faits des espèces forestières locales en vue de leur
meilleure connaissance et de leur valorisation ;
- d’identifier et de valoriser les savoirs et savoir-faire traditionnels sur les
espèces en vue de les rendre accessibles à tous les usagers ;
- d’adopter des mesures incitatives en vue d’une meilleure utilisation des
espèces et variétés locales dans le contexte environnemental actuel ;
- de créer un centre de recherche en matière de pharmacopée ;
- de promouvoir les techniques de production et de conservation des produits de
la pharmacopée.

• Développer les activités de recherche sur le rendement des formations forestières .

Les sous-activités suivantes s’y rapportent :

- intensifier les aménagements des forêts naturelles ;


- étudier la dynamique des populations animales inféodées aux écosystèmes
forestiers ;
- étudier l’impact des feux de brousse sur les espèces, l’habitat et le milieu.
• Améliorer l’organisation de l’exploitation des ressources disponibles

Il s’agit :

- de valoriser les plantations déjà réalisées ;


- d’améliorer l’organisation de l’exploitation forestière et celle du bois en
particulier ;
- d’accentuer le suivi et le contrôle de l’exploitation forestière ;
- de sensibiliser les organisations ou associations d’exploitants des ressources
ligneuses;
- d’améliorer l’organisation de l’activité de carbonisation du bois ;
- de développer et renforcer l’organisation et l’exploitation des ressources
ligneuses.

3.1.2. Action 2 : Améliorer la productivité des espèces.

Activités et sous-activités

• Développer une stratégie d’amélioration génétique des espèces et des races.

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 142
Les tâches suivantes seront à exécuter :

- faire un inventaire actualisé des espèces et races locales ;


- évaluer le matériel génétique existant et leurs potentialités ;
- définir un programme de recherche ;
- renforcer la coopération sous-régionale et internationale dans le domaine de
l’amélioration génétique ;
- identifier et vulgariser des techniques simples d’amélioration génétique.

3.1.3. Action 3 : Développer les échanges régionaux et internationaux en matière de diversité


biologique.

Activités et sous-activités

• identifier les domaines de collaboration avec les différentes structures de recherche ;


• publier les résultats de la recherche ;
• renforcer les capacités scientifiques et techniques nationales.

3.1.4. Action 4 : Promouvoir la biotechnologie et des cultures in vitro et mettre en place un cadre de
prévention des risques liés à la biotechnologie

Activités et sous-activités

• promouvoir la mise au point et les applications biotechnologiques au niveau national ;


• créer un laboratoire national de culture in vitro ;
• sensibiliser les populations sur les avantages et les risques liés à l’application de la
biotechnologie ;
• renforcer les capacités nationales en matière d’évaluation et de gestion des risques
biotechnologiques ;
• réglementer l’application de la biotechnologie au niveau national.

3.1.5. Action 5 : Réglementer l’accès aux ressources de la diversité biologique, ainsi que leur
exploitation.

Activités et sous-activités

• Mettre en place une législation qui réglemente les prélèvements des éléments de la
diversité biologique, leur exploitation et leur exportation ;
• Impliquer les groupes de pression des Communes dans la gestion de leurs ressources
biologiques ;
• Créer des réserves biologiques communales.

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 143
LISTE DES CARTES PAGES

CARTE 1 : Situation et découpage administratif du Bénin 07


CARTE 2 : Carte écologique du couvert végétal 10
CARTE 3 : Aires de surveillance des postes dans les Parcs
Nationaux et Zones cynégétiques 31

LISTE DES TABLEAUX


TABLEAU 1 : Récapitulatif des observations, des densités et
abondances spécifiques de la faune dans la réserve de
la biosphère de la Pendjari en 2001 17
TABLEAU 2 : Synopse de la situation actuelle des biotechnologies au
Bénin 21
TABLEAU 3 : Statistiques relatives à l’évolution des formations
forestières de 1978 à 1998 29
TABLEAU 4 : Cadre logique de la stratégie nationale et du plan
d’action pour la conservation de la Diversité
Biologique 45
TABLEAU 5 : Plan d’action pour la conservation de la Diversité
Biologique 54

LISTE DES FIGURES


FIGURE 1 : Dynamique de la population des espèces animales dans
le Parc National de la Pendjari 31
FIGURE 2 : Aperçu des étapes suivies pour l’élaboration de la
stratégie nationale et du plan d’action en matière de la
Diversité Biologique 42
FIGURE 3 : Organigramme du Secrétariat Technique Permanent de
la Diversité Biologique 67

LISTE DES ANNEXES


ANNEXE 1 : Monographie nationale de la Diversité Biologique
ANNEXE 2 : Liste et état des forêts classées, périmètres de
reboisement, parcs nationaux et zones cynégétiques du
Bénin
ANNEXE 3 : Idées de projets par composante retenue

Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 144

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