Ben 189674
Ben 189674
Mars 2002
Cet exercice participatif a permis de dégager une vision et de réaliser un consensus sur
les grandes actions à entreprendre pour atteindre les objectifs spécifiques qui découlent des cinq
grands axes de la Stratégie que sont :
1. le renforcement des capacités des structures et des intervenants dans la gestion de la
Diversité Biologique ;
2. la promotion de la recherche ;
3. la promotion des valeurs et des savoir-faire endogènes pertinents ;
4. la valorisation des ressources génétiques ;
5. le développement de la coopération tant au niveau national, régional qu’international
dans les domaines scientifique, technique et biotechnologique.
Ainsi conçu, ce document est l’émanation d’un consensus national sur le devenir des
ressources biologiques au Bénin. Il témoigne d’une prise de conscience collective du rapport qui
devra dorénavant régir l’activité entre les populations et leur environnement naturel, de la
nécessité de soutenir les écosystèmes et l’intégrité des organismes vivants qu’ils renferment.
Sa mise en œuvre effective commandera sans aucun doute un tournant important dans la
façon dont nous utiliserons et gèrerons désormais les éléments de la Diversité Biologique pour
répondre aux aspirations profondes des acteurs et usagers impliqués dans cette première étape du
processus engagé.
Le Ministre de l’Environnement,
de l’Habitat et de l’Urbanisme
Conclusion …………………………………………………………………. 69
Bibliographie ………………………………………………………………. 70
Annexes ……………………………………………………………………. 72
Liste des cartes ……………………………………………………………...
Liste des tableaux ……………………………………………………….. ...
Liste des figures …………………………………………………………….
Ce document a établi, sans détour, l’état actuel des ressources biologiques au Bénin et a mis en
exergue les insuffisances notées dans leur gestion ainsi que les conséquences négatives qui en
découlent.
Ces insuffisances nécessitent d’être corrigées avec la mise en œuvre effective du programme
d’action qui sous-tend la stratégie adoptée, et dont les composantes majeures sont :
Par ailleurs, il importe de souligner que les acquis biotechnologiques au Bénin, notamment dans
les domaines agro-alimentaires et de la pharmacopée, restent encore embryonnaires bien que des
efforts importants soient notés.
De ce fait, les questions relatives à la biosécurité restent entières. Bien que le Bénin ait signé et
ratifié le protocole de Cartagena sur la prévention des risques biotechnologiques, protocole qui
est suffisamment clair quant à son importance et à sa pertinence, un effort particulier devra être
consenti pour bâtir un cadre réglementaire adéquat en la matière.
Aussi, note-t-on que dans sa forme actuelle, le Projet BEN/97/G31, qui fait office de Cellule
Nationale de la Diversité Biologique et qui dépend d’une direction du Ministère de
l’Environnement, de l’Habitat et de l’Urbanisme à charge de la mise en œuvre de la Convention
sur la Diversité Biologique ne pourra pas conduire efficacement le Programme de Conservation
et d’Utilisation Durable de la Diversité Biologique élaboré et les projets qui en découlent. Il est
par conséquent fortement recommandé que cette Cellule soit transformée en un Secrétariat
Technique Permanent qui aura pour mission de coordonner et d’assurer un fonctionnement
efficient des Secrétariats Spécifiques et des Groupes Thématiques qui figurent dans
l’organigramme adopté par le Séminaire de Validation.
Pour ce faire, le Secrétariat Technique Permanent doit être une structure autonome suffisamment
outillée et puissante, bien avisée des questions de la Diversité Biologique dans son ensemble
pour mettre effectivement en œuvre la Convention sur la Diversité biologique, notre défi à
relever.
Espèce éteinte : Espèce ayant existé sur un territoire, et qui n’existe plus.
Végétation saxicole : Végétation que l’on rencontre sur les rochers, ainsi que sur leurs
pentes et éboulis.
Zone cynégétique : Réserve de faune dans laquelle n’est autorisée que la chasse
sportive, elle-même soumise à des restrictions spéciales.
A la suite de l’introduction, le chapitre I fait état de généralités sur le Bénin : avec une superficie
de 112 622 km2 et une population d’environ 6 millions d’habitants, la République du Bénin est
un pays côtier d’Afrique Occidentale. Son relief est peu accidenté et son climat, assez diversifié,
varie du type sub-équatorial au sud au type sahélien à l’extrême nord. La population est
inégalement répartie avec des foyers de forte concentration humaine notamment dans la zone
côtière au sud et dans les massifs de l’Atacora au nord-ouest.
Bien que n’étant pas un pays forestier, le Bénin dispose cependant d’atouts non négligeables
pour asseoir les bases d’un développement durable fondé sur ses ressources. Dans ce cadre une
évaluation des potentialités est faite au chapitre II, notamment les ressources forestières,
halieutiques, pastorales, édaphiques, animales, éco-touristiques et agricoles. Ont été également
relevés dans ce cadre les acquis biotechnologiques, les cadres et les mesures actuels de
conservation, de même que les projets et programmes en exécution ou en instruction au niveau
de tous les secteurs concernés par la gestion de la Diversité Biologique.
- dans le domaine classé, les formations forestières ont été largement dégradées (-987.607
ha) en dépit de tous les projets mis en œuvre par l’Administration Forestière ;
- les savanes arborées et arbustives ont connu la régression la plus importante (-1.945.137
ha) ;
- l’effort de reboisement s’est émoussé ces dernières années (-175.982 ha) : on exploite les
plantations existantes sans les renouveler ;
- la plupart des périmètres de reboisement sont occupés du fait de leur proximité des
centres urbains ;
- les forêts cultuelles (forêts sacrées et autres sanctuaires) sont fortement dégradées.
La dégradation des écosystèmes aquatiques et la relative pauvreté des eaux marines sont très
préoccupantes. La mangrove a fortement régressé (-15.000 ha).
Facteurs anthropiques
• la pratique des feux de brousse tardifs qui constitue une menace particulièrement grave
pour tous les écosystèmes forestiers du pays ;
• une vision prospective qui présente de graves insuffisances. En effet, la plupart des textes
réglementaires ne permettent pas l’émergence et la prise en compte suffisante des valeurs
et savoir-faire endogènes favorables aux actions de conservation, de développement et de
recherche en matière de Diversité Biologique. Par ailleurs, ces textes n’offrent pas
d’alternatives aux populations qui dépendent étroitement de ces ressources ;
• la faible capacité d’intervention des différentes institutions mises en place, tant au niveau
matériel qu’à celui des ressources humaines ;
• une inadéquation des liens entre la dynamique démographique, les besoins et les
disponibilités en ressources exploitables. On est donc loin de cette logique qui sous-tend
tout développement durable puisqu’on ne dispose que de peu d’inventaires, de plans
d’aménagement et de faibles moyens pour exécuter les travaux préparatoires à toute
exploitation rationnelle, ce qui fait que le contrôle des prélèvements se fait a posteriori ;
• une connaissance limitée des biomes que représentent les zones humides.
L’analyse thématique de tous ces facteurs a permis d’identifier les grands défis à relever. Il
s’agit :
Le chapitre III donne les orientations stratégiques requises à partir de ces défis et du problème
majeur découlant de la synthèse faite au niveau des Départements. Le problème majeur que
connaît le Bénin en la matière est : la dégradation persistante des réserves de la Diversité
Biologique malgré les efforts de conservation consentis et les stratégies sectorielles
développées.
L’orientation majeure qui ressort de ce problème s’énonce comme suit : d’ici à l’an 2025 les
collectivités territoriales décentralisées et l’Etat ont une conscience précise des enjeux de la
Diversité Biologique et la gèrent durablement pour soutenir le développement socio-
économique du Bénin.
Face à une telle vision, l’objectif global à atteindre est : de contribuer au développement
durable du Bénin et à la réduction de la pauvreté à travers une meilleure gestion de la
Diversité Biologique.
De cette orientation majeure et de cet objectif global découlent des axes stratégiques et des
objectifs spécifiques.
2. la promotion de la recherche ;
Objectif 1 : Restaurer les ressources biologiques et leurs supports à un niveau supérieur aux
besoins des populations et qui permette de contribuer significativement au développement
économique.
A tous ces objectifs sont associées des actions prioritaires qui ont permis d’identifier, au chapitre
IV qui concerne le plan d’action proprement dit, les activités correspondantes. Au total, 22
actions prioritaires pertinentes ont été retenues. Le coût estimatif de ce plan d’action est de
92.754,8 millions de francs CFA, y compris les programmes en cours d’instruction comme le
PGFTR.
Le chapitre V aborde le suivi de la mise en œuvre ainsi que l’évaluation de la stratégie et du plan
d’action qui nécessitent, outre des moyens, la mise en place de mécanismes de coordination, la
création d’une structure fonctionnelle dotée d’autonomie financière et administrative, le
Secrétariat Technique Permanent (STP).
S’il est une problématique environnementale dont la résolution correcte peut assurer la pérennité
des systèmes écologiques qui assurent la vie, c’est bien celle relative à la conservation de la
diversité biologique, définie comme étant "la variation des organismes vivants de toute origine y
compris, entre autres, les écosystèmes terrestres, marins et complexes écologiques dont ils font
partie" (UNEP, 1994).
Au Bénin, en 1970, plus de 2000 hectares de forêts denses semi-décidues ont été délibérément
décimés, et avec elles les populations de Colobes et autres singes dont elles constituent l’habitat
dans la région de Bassila, pour installer des massifs d’anacardiers sous le seul prétexte de la
viabilité économique de ces plantations (BEPEA,1996). Par ailleurs depuis bientôt 10 ans, on
estime à 160.000 ha le rythme annuel moyen de recul des formations naturelles, et les efforts
consentis pour maîtriser la situation sont loin d’être concluants.
En procédant à sa signature le 13 juin 1992, le Bénin manifeste ainsi son adhésion aux constats
faits sur la pression inquiétante que subissent les ressources naturelles de la planète. La
manifestation de cet engagement a été totale lorsque, le 30 juin 1994, l’acte de ratification de la
CDB par le Bénin a été enregistré dans les annales du siège du PNUE.
Le mérite de la CDB est qu’elle a circonscrit, et de manière largement partagée par les
représentants des Pays invités à cette auguste conférence, les maux qui entravent la
conservation des ressources naturelles, si nécessaire à l’amorce d’un développement durable.
Elle a surtout fait prendre conscience de l’importance des ressources biologiques sur les plans
environnemental, génétique, social, économique, scientifique, éducatif, culturel, récréatif et
esthétique.
Pour atteindre ces objectifs, la première Conférence des Parties sur la diversité biologique a
prescrit à chaque Pays-partie l’élaboration de sa stratégie et de son plan d’action de conservation
de la Diversité Biologique sur une base largement consultative, itérative et consensuelle, c’est-à-
dire en tenant essentiellement compte des aspirations des populations et acteurs préoccupés par
la dégradation de leur patrimoine génétique. Prenant acte de cette recommandation, la
méthodologie de travail suivie pour mettre à disposition le présent document de stratégie
nationale et plan d’action pour la conservation de la diversité biologique a eu pour fondement le
processus de planification et de concertation mis en œuvre par le Projet « Stratégie Nationale et
Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique ». Dans ce cadre, divers rapports
d’ateliers, de séminaires et de consultations ont été exploités, à savoir :
- les six (06) rapports des ateliers départementaux sur le Diagnostic des Ressources
Biologiques (2000 – 2001) ;
Divers autres documents ayant des liens avérés avec la problématique de conservation de la DB
ont été également exploités (cf. bibliographie).
- traduire les aspirations, défis et vision retenus sous forme de stratégie nationale et de
plan d’action assortis d’activités à mener, des coûts prévisionnels de leur mise en
œuvre et d’indicateurs de résultats.
3. Stratégie nationale
4. Plan d’action
A toutes fins utiles, la synthèse des données sur la monographie nationale de la Diversité
Biologique est jointe en annexe 1.
La République du BENIN est située en Afrique de l’Ouest, entre les parallèles 6°30 et 12°30
Nord et les méridiens 1° et 3°40 Est. Elle est limitée au nord par la République du NIGER et au
nord-ouest par le BURKINA-FASO, au sud par l’Océan Atlantique, à l’ouest par le TOGO et à
l’est par la République Fédérale du NIGERIA. Elle couvre une superficie de 112.622 Km².
- le deuxième ensemble est formé par la zone côtière qui s’étend le long du littoral sur
une largeur moyenne de 4 Km. Il abrite les lacs et les lagunes du Bénin ;
- les régions de plateau : c’est le troisième ensemble, qui se situe entre la plaine côtière
et la transversale Aplahoué – Kétou ; c’est une région de plateaux argilo-sableux dont
l’altitude maximum dépasse rarement 200 m. A ceux-ci viennent s’ajouter les
plateaux gréseux de Kandi dans le nord-est.
Le reste du pays est une pénéplaine cristalline qui s’élève progressivement jusqu’à la hauteur du
10ème parallèle, pour atteindre 491m au Nord de Bembéréké.
Ce modelé géomorphologique définit deux grands bassins versants : celui du fleuve Niger (4206
km) puis celui de l’Océan Atlantique.
Le réseau hydrographique comprend 3048 km de cours d’eau et plus de 333 km2 de plans d’eau
(lacs et lagunes) localisés au sud du pays. Les principaux cours et plans d’eau sont :
• Cours d’eau
• Plans d’eau
Suivant la latitude où l’on se trouve, les régimes pluviométriques qui s’observent sont :
- au sud du parallèle 7°45, un régime bimodal à quatre (04) saisons dont deux sèches et
deux pluvieuses, le climat qui en découle est très favorable au développement de la
DB ; c’est d’ailleurs dans cette partie méridionale que se localisent les sols les plus
riches et l’essentiel des écosystèmes sub-équatoriaux dont dispose le Bénin;
- au nord du parallèle 8°30, un régime unimodal à deux saisons dont une sèche et une
pluvieuse ; dans sa partie septentrionale, on note une péjoration climatique qui
persiste depuis les années 1970 ;
D’une manière générale, des perturbations climatiques sont de plus en plus notées, ce qui est une
contrainte naturelle à la conservation de la diversité biologique.
L’état naturel de la Diversité Biologique étant en grande partie lié aux types de sols, la
problématique de sa conservation est fortement liée à leurs caractéristiques. Les sols du Bénin
sont caractérisés par une grande variabilité tant au plan de leur nature, de leur fertilité que de leur
répartition géographique. On distingue cinq (05) principaux types de sols.
• Les sols de loin les plus représentés au Bénin sont les sols ferrugineux tropicaux. Ils
occupent plus de 80% de la surface du pays (PAE, 1993) ; ils ont besoin d’une restitution
organique pour pouvoir être cultivés en continu avec maintien de la fertilité ; c’est dire qu’en
absence de telles actions, comme c’est souvent le cas malheureusement, 80% des sols du
Bénin sont sensibles à l’érosion, tant il est reconnu qu’une forte corrélation existe entre le
matériau ferrugineux et leur sensibilité à l’érosion des sols (CEC ; BMZ ; GTZ, 1986) ; ils
ont par ailleurs besoin d’apports hydriques et d’aménagements appropriés pour réduire le
déficit prolongé en eau capillaire dont l’une des conséquences graves connues est
l’insolubilisation du phosphore assimilable (TCHABI, 1994).
• Les sols faiblement ferralitiques, encore appelés « terre de barre », de bonne qualité
agronomique sur les plateaux du sud-Bénin et qui occupent environ 5% du territoire national,
• Les sols hydromorphes des vallées, des cuvettes et des plaines alluviales ; ils s’étendent sur 5
à 8% de la superficie du pays.
• Les vertisols des dépressions médianes (la Lama), représentent environ 5% du territoire. Ils
sont argileux, épais et fertiles.
• Les sols minéraux bruts et peu évolués du littoral et les affleurements rocheux du centre et du
nord-Bénin ; d’une manière générale, ils sont de fertilité moyenne et souvent sensibles au
lessivage.
• Les forêts denses semi-décidues sur terre de barre, entre le cordon littoral et la latitude
7°N. Des vestiges encore relativement bien conservés s’observent dans la Lama, à
Pobè, Sakété, Zogbodomey, Abomey, Zangnanado et Kétou. On y rencontre le lingué
(Afzelia africana), le fromager (Ceiba pentandra), le samba (Triplochyton scleroxylon),
l’iroko (Milicia excelsa), le fraké (Terminalia superba), etc…C’est l’habitat privilégié
des singes, des céphalophes (bleu et noir) du potamochère, du guib harnaché et du
buffle de forêt.
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s, entre Savalou et Djougou. Ce sont les formations de la zone de transition (7° - 8°30).
Elles sont dominées par Isoberlinia, Anogeissus, le Vène (Pterocarpus erinaceus),
• Les galeries forestières, le long des cours d’eau. On y rencontre surtout le guib, la
panthère, le varan d’eau, le crocodile, la tortue.
Cette population est inégalement répartie sur le territoire national et se concentre pour plus de
53 % dans la partie méridionale, qui ne représente que les 10 % de la superficie du pays.
Selon INSAE (1994), la densité moyenne est de 43 habitants/km2. La plus faible densité
s’observe dans les Départements du Borgou et de l’Alibori, avec 16 habitants/km2 alors que la
plus forte s’observe dans les départements du Littoral et de l’Atlantique avec 322
habitants/km2 .
Cette population, par ailleurs jeune (environ 50 % est âgée de moins de 15 ans et 6 % de plus
de 60 ans) se caractérise aussi par une forte proportion de femmes (environ 52 %).
L’espérance de vie est d’environ 55 ans et le niveau de vie de la population est bas.
Le taux brut moyen de natalité est de 48 ‰, avec un taux d’accroissement annuel élevé de 3,2
%. Le taux moyen de mortalité est de 14,3 ‰.
Le taux d’analphabétisme est élevé (environ 70 %) ; les succès scolaires sont encore limités.
Les principales religions sont, selon INSAE 1994, par ordre d’importance : le christianisme
(35,4 %), l’animisme (35,0 %) et l’islam (20,6 %).
Au Bénin, la séparation des pouvoirs entre l’exécutif, le législatif et le judiciaire et les autres
institutions de contre pouvoir constitue l’un des acquis inaliénables du processus démocratique
amorcé depuis 1990.
Aujourd’hui, les règles définissant les modalités de désignation des gouvernants au niveau de
l’exécutif et du législatif sont fixées et leur mise en application quasi-totale (MPREPE,1997).
Enfin, pour assurer un cadre de vie décent à tous les citoyens, le gouvernement a mis l’accent
sur la prise en compte de l’environnement dans sa politique de développement comme une
nécessité impérieuse. Le droit à un environnement sain est d’ailleurs un des droits de l’homme
auquel la République a souscrit. La constitution stipule en effet à son article 27 que " toute
personne a droit à un environnement sain, satisfaisant et durable, et a le droit de le défendre.
L’Etat veille à la protection de l’environnement". Concrètement, il s’agira « de bien
positionner le Bénin dans la sous-région en matière de gestion de l’environnement, de gestion
urbaine et de développement durable » par l’élaboration et la mise en œuvre efficiente de ses
politiques et programmes, ainsi que par la mise à jour continue, l’internationalisation et la
diffusion de ses expertises et expériences (MEHU, 2001).
La Stratégie et le Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique, pour être mis
œuvre, doivent s’inscrire dans un cadre macro-économique et d’orientations stratégiques dans les
domaines socio-économique, financier et environnemental. On doit également comprendre que
c’est la situation socio-politique du pays qui dictera le niveau des pressions exercées sur la DB,
d’où l’importance de connaître ces données.
Si le secteur rural assure au Bénin une autosuffisance alimentaire et contribue pour 40% du PIB,
80% aux recettes d’exportation et offre 75% des emplois, c’est bien en grande partie à cause de
la disponibilité et de la qualité appréciable actuelle de la Diversité Biologique, puisque le
secteur du développement rural souffre encore de maux dont :
Le contexte international dans lequel s’insère l’économie nationale est marqué, au cours de cette
dernière décennie, par le fléchissement de la croissance économique mondiale sous l’effet de la
crise asiatique, l’accélération enregistrée par les pays dits d’économie de transition, la baisse du
cours des matières premières, l’aggravation des problèmes de la dette, la baisse de la part de
l’Afrique dans le commerce mondial et la dévaluation du franc CFA.
Ainsi, la grande problématique et l’un des défis à relever, c’est de pouvoir concilier
ces deux derniers objectifs et de rétablir l’équilibre entre la consommation des
ressources et le rythme de leur renouvellement.
2.1.1. Potentialités
Sur un total de terres utilisables de 11.254.000 ha, les forêts et terres boisées productives
occupent une superficie de 6.186.000 ha, soit plus de la moitié des terres utilisables et les aires
protégées légalement constituées (Parcs Nationaux et Zones Cynégétiques), 2.664.000 ha, soit
près de 24 %. Ces statistiques rendent compte de l’effort fait par le secteur forestier pour classer
et gérer les formations forestières existantes dont dispose le pays, en comparaison aux pays dits
forestiers. A cela s’ajoutent 20.000 ha de teckeraies exploitables, plus de 400.000 ha de
palmeraies et de cocoteraies et des superficies non encore évaluées, destinées au bois de feu et de
service. La faune des formations végétales occupe une place très importante dans la promotion
de l’éco-tourisme. Les habitats, diversifiés du sud au nord, explique la variété des espèces
fauniques qu’on y rencontre (cf. annexe 1). Les données du dénombrement à pied de la faune
dans la réserve de la biosphère de la Pendjari en 2001 donne une idée de son potentiel faunique
(cf. Tableau 1).
Pour occuper plus de 43.000 pêcheurs recensés (MAEP, 2000) dont 4.000 dans la zone
économique exclusive dont on doit déterminer la superficie, il faut bien que notre pays dispose
d’importantes ressources halieutiques.
Cependant, les eaux marines sont relativement pauvres en raison de la faiblesse, voire de
l’inexistence des remontées d’eaux profondes froides (upwelling) et de l’étroitesse du plateau
continental. Quant aux eaux continentales, elles font l’objet d’une pression de pêche intense.
Elles sont à la mesure de l’importance des terres boisées productives, des jachères et des
formations arbustives qui couvrent environ 6.000.000 d’ha. A cela s’ajoutent des plantations
d’espèces fourragères non encore évaluées.
Civette 0,05 38 - - - -
Au Bénin, le cheptel national est estimé en 1997 à 1.345.000 bovins à 1.641.000 petits
ruminants, à 470.000 porcins (MAEP, 2000) et à 10.000.000 volailles (toutes espèces
confondues).
Les aspects liés à l’élevage non conventionnel sont présentés à l’annexe 1, qui fait le point de la
première monographie du Bénin en matière de diversité biologique (SINSIN et al, 2000).
Cet annexe présente également par domaine exploré (écosystèmes et taxa), le potentiel
biologique du Bénin à l’étape actuelle de nos connaissances qui sont loin d’être exhaustives.
Les réserves en terre et en eau, les conditions agro-écologiques variées, les ressources phyto-
génétiques, zoo-génétiques et halieutiques et l’importance des ressources humaines en milieu
rural ainsi que leur savoir faire, prédisposent l’agriculture du Bénin à une production variée. En
effet, le Bénin dispose :
- d’importantes réserves en terre non encore exploitées. Sur 8.300.000 ha, seulement
1.375.000 ha soit 17 % sont annuellement mis en culture. Ce qui offre des possibilités
d’accroissement de la taille des exploitations au delà de 0.5 à 2 ha, qui est la moyenne
observée actuellement (MAEP, 2000) ;
- de 60.000 ha environ de bas fonds dont 7.000 ha, soit 11 %, sont aménagés et exploités ;
- d’un vaste réseau hydrographique comprenant 3048 km de cours d’eau et plus de 333
km² de plans d’eau (lacs et lagune).
Sur le plan agro-climatique, le Bénin est favorisé par une diversité de climats, de sols et de
ressources naturelles permettant d’identifier huit (08) zones agro-écologiques offrant des
opportunités d’activités agricoles très variées.
Sur la base de ces atouts physiques, des productions vivrières et de rente (surtout le coton),
animales et halieutiques ont été réalisées soit pour satisfaire les besoins alimentaires soit pour
l’exportation.
Mais les niveaux de production sont restés faibles et les spéculations très peu diversifiées en
raison de la faible valorisation de ces atouts.
Cependant aucune de ces unités, à part l’IITA, ne dispose de laboratoire de culture in vitro. Le
tableau 2 rend compte de l’état de ces unités.
Il en ressort qu’aucune structure béninoise ne dispose de laboratoire de culture in vitro, mais les
compétences existantes justifient la création au Bénin d’un Centre National de Biotechnologies
pour certaines cultures ciblées comme le bananier plantain, les agrumes, le manioc, l’igname, le
niébé et autres. C’est dire que le Bénin, en tant que Pays en Voie de Développement, manque de
capitaux, d’infrastructures de recherche fondamentale et appliquée, ainsi que de personnel
qualifié pour tous les secteurs de la bio-industrie.
En matière de biotechnologie alimentaire, le Bénin est pour l’heure à la traîne car la diversité en
produits nouveaux obtenus par les technologies empiriques ne suscite pas encore une demande
accrue, et par conséquent une exploitation rationnelle de tout le potentiel génétique existant dans
le domaine. Les problèmes se situent au niveau du faible taux de consommation de semences
certifiées car elles ne répondent pas toujours aux exigences des producteurs et des
consommateurs ; ceci explique en partie le faible niveau de couverture des superficies emblavées
en variétés améliorées. Le faible niveau de production de semences certifiées est lié au mode de
multiplication encore classique de ces semences. Par ailleurs, la sensibilité aux parasites
augmente pendant que le taux de multiplication reste faible.
En matière de biotechnologie animale, des actions sont menées au niveau de la FSA pour la mise
en place d’un centre d’insémination artificielle et de transfert d’embryons.
Ce type de conservation prend corps timidement au Bénin. Pour l’essentiel on peut citer :
En dehors des réserves naturelles et des domaines classés de l’Etat, les ressources
phytogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture sont conservées in situ par les agriculteurs et
les communautés locales. Plusieurs variétés de céréales, de légumineuses et de tubercules sont
conservées grâce à des techniques traditionnelles et utilisées l’année d’après comme semences.
Diverses essences agroforestières alimentaires sont conservées sous forme de parc arboré au
niveau des agroécosystèmes. C’est le cas des parcs à karité ou à Néré qui remplissent plusieurs
fonctions au niveau des communautés locales. Les jardins de case constituent également des
approches complémentaires de conservation in situ où diverses ressources alimentaires et
médicinales sont cultivées pour assurer des fonctions de sécurité alimentaire et de génération de
revenus communautaires.
Par ailleurs, pour mettre fin à l’écobuage excessif des terres nouvelles à défricher, une stratégie a
été développée, mettant en défens toutes les essences autochtones et d’utilités reconnues telles
que :
Cette stratégie s’étend également à toutes les espèces reconnues protégées par l’Administration
Forestière.
[Link].Cadre institutionnel
Cette question sera abordée et développée plus loin (cf. chapitre V).
[Link].3. Protection des végétaux, des forêts, de la nature, de la faune et des parcours
- la loi n° 93-009 du 02 Juillet 1993 portant régime des forêts en République du
Bénin ;
- la loi n° 93-011 du 03 Août 1993 portant conditions de la chasse et du tourisme de
vision en République du Bénin ;
- la loi n° 87-013 du 21 Septembre 1987 portant réglementation de la vaine pâture, de
la garde des animaux domestiques et de la transhumance ;
- la loi n° 87-014 du 21 septembre 1987 sur la réglementation de la protection de la
nature et de l’exercice de la chasse en République Populaire du Bénin ;
- le décret n° 96-271 du 02 juillet 1996 portant modalités d’application de la loi n° 93-
009 du 02 juillet 1993 portant régime des forêts en République du Bénin ;
- le décret n° 90-366 du 04 décembre 1990 portant modalités d’application de la loi n°
87-014 du 21 septembre 1987 sur la réglementation de la protection de la nature et de
l’exercice de la chasse en République Populaire du Bénin ;
- le décret n° 094-64 du 21 Mars 1994 portant classement du Parc National de la
Pendjari en Réserve de la Biosphère ;
Au terme de cet inventaire, il apparaît que tous les domaines de la Diversité Biologique ne sont
pas encore réglementés.
Il est mis en œuvre par le Centre National de Gestion des Réserves de Faune (CENAGREF), créé
par Décret n° 96-73 du 02 avril 1996.
Objectifs spécifiques
- le renforcement des capacités nationales en matière de conservation et de gestion des
Aires Protégées ;
- la conservation et la protection des Parcs Nationaux et des Zones Cynégétiques ;
- la valorisation et la gestion rationnelle des ressources naturelles dans les zones
cynégétiques et tampons ;
- l’intégration des populations riveraines aux activités de protection et de surveillance ;
- le développement de la recherche scientifique et le suivi écologique ;
- la coordination de l’intervention des bailleurs de fonds au sein dudit programme national.
Les bailleurs de fonds dudit programme sont : la Coopération Allemande (GTZ, KFW), l’Union
Européenne (UE), le Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM), l’Agence Française de
Développement (AFD), le Service Néerlandais de Coopération (SNV) et le Gouvernement
Béninois.
[Link] Projet Régional de Conservation de la Diversité Biologique dans les Aires Protégées du
Bénin, du Burkina Faso et du Niger
Ce projet qui sera financé par le Fonds de Projets de Développement (PDF en anglais) du FEM,
vise la conservation de la DB et son utilisation durable dans les terroirs périphériques aux AP du
Nord-Bénin, à travers la promotion de systèmes de production à base communautaire non
destructeurs des ressources naturelles.
Une subvention de 350.000 dollars EU est demandée pour couvrir les activités de formulation du
projet dans leurs détails, projet dont la mise en œuvre est évaluée à 7 millions de dollars EU.
Démarré en 1998, ce programme est initié pour résoudre les problèmes liés à l’explosion
démographique dans certaines zones agroécologiques du Bénin, aux immigrations massives et à
la persistance des systèmes de culture extensifs, ce qui a conduit à une dégradation de la fertilité
des sols et à une surexploitation des pâturages et des forêts.
- la mise au point d’une politique foncière sécurisant les efforts de mise en valeur.
[Link]. Projet de Restauration des Ressources Forestières dans la Région de Bassila (PRRF)
[Link]. Projet d’Aménagement des Massifs Forestiers d’Agoua, des Monts Kouffé et de Wari-
Maro
L’objectif principal du projet est de réaliser l’aménagement intégré des massifs forestiers
d’Agoua, des Monts Kouffé et de Wari-maro (370.000 ha), par la mise en œuvre de plans
d’aménagement au moyen de systèmes de gestion durable des écosystèmes, avec la participation
des populations riveraines.
Le coût de sa mise en œuvre est d’environ 14 milliards de francs CFA et est financé par la BAD
et la BADEA.
Financé par la GTZ, il vise la mise au point des techniques d’élevage de l’aulacode et leur
vulgarisation pour entre autres, conserver cette ressource de la Diversité Biologique et diversifier
les sources de revenu des agriculteurs.
Le Centre Béninois pour le Développement Durable (CBDD) est créé le 02 novembre 1994 et est
chargé de la mise en œuvre de l’accord sur le développement durable signé entre le Bénin et les
Pays-Bas, le 21 mars 1994 à Nordwijk.
Au terme du décret N° 96-325 du 06 août 1996 qui consacre sa création, le CBDD vise, entre
autres objectifs, à promouvoir une gestion durable des ressources naturelles. C’est dans ce cadre
que s’inscrit le Programme Diversité Biologique et Gestion Durable de l’Environnement dont
l’un des domaines d’intérêt est l’aménagement des zones humides et des forêts, la valorisation
des ressources halieutiques, la gestion des ressources côtières, en un mot toutes actions qui
intéressent la CDB. C’est fort de cette orientation que ledit programme a formulé et a appuyé le
Programme d’Aménagement des Zones Humides du Bénin (PAZH).
Il s’agit d’un programme qui a été instruit dans le cadre de l’Accord Bénino-Néerlandais sur le
développement durable. L’accord de financement du PAZH est intervenu en 1998 entre l’ABE et
le Ministère Néerlandais de la Coopération au Développement. Le PAZH a été officiellement
lancé en juin 1998, avec pour objectif principal la promotion du développement durable des
populations à travers la conservation, la réhabilitation et la mise en valeur des écosystèmes
humides.
Le PAZH est en train d’être clôturé et son document de Stratégie Nationale et de Plan d’Action
(PAZH, 2001) sera bientôt soumis au Conseil des Ministres pour approbation.
Créé par décret N° 92-182 du 06 juillet 1992, l’INRAB a pour mission essentielle de produire
des technologies pour le monde rural, en harmonie avec la préservation des ressources naturelles
et de contribuer ainsi à l’avancement de la science. Dans ce cadre, il pilote deux programmes
d’intérêt pour la CDB à savoir :
- l’octroi de crédits ;
- l’appui à la commercialisation des produits agricoles ;
- l’éradication de la pauvreté ;
- l’élimination de la faim ;
- le développement de micro-entreprises ;
- la valorisation des ressources naturelles locales.
Toutes ces actions, si elles sont bien coordonnées, sont susceptibles de diversifier les activités et
de réduire ainsi la pression sur les ressources naturelles. Rappelons-nous que la réduction des
pressions sur la Diversité Biologique et l’adoption de techniques agricoles appropriées sont, pour
l’instant, les principaux défis à relever.
L’état actuel de la Diversité Biologique au Bénin tel que présenté en annexe (monographie),
permet d’apprécier l’effort fourni. Il faut signaler que toutes les ressources biologiques (par
exemple celles pastorales) n’ont pu être évaluées, faute de statistiques. Mais, les problèmes
identifiés sur le terrain au niveau des départements permettent de pallier ces insuffisances.
L’évolution des formations végétales (forêts, savanes et plantations) au cours de ces vingt
dernières années est appréciée à partir des données du tableau 3.
Les pressions s’exercent sur tous les types de forêts (savanes boisées, arborées et arbustives et
galeries forestières) qui sont aujourd’hui localisées, pour l’essentiel, dans les forêts classées. La
pression des populations riveraines sur le domaine classé ne saurait donc être occultée. Diverses
raisons expliquent cet état de fait, notamment le dysfonctionnement des services de surveillance,
la forte croissance démographique, la non application et la caducité de certains textes
réglementaires en la matière ainsi que les mauvaises pratiques culturales et cynégétiques
(agriculture et chasse sur brûlis).
Elle est appréciée à partir des données de l’annexe 2 qui indiquent que d’importantes forêts
classées ont été aliénées depuis leur classement. La plupart des périmètres de reboisement du
nord sont occupés du fait de leur proximité des centres urbains. Ceux du sud sont quelque peu
conservés grâce au Projet Plantation de Bois de Feu dans le Sud-Bénin, et ceux du centre sont
régulièrement grignotés.
Il est lié aux facteurs climatiques et anthropiques. Le PAZH a abordé suffisamment la question
dans les zones humides du Sud-Bénin. D’une manière générale, il est noté une dégradation
persistante de l’environnement fluvio-lagunaire due à la sédimentation, au comblement des plans
d’eau et à la forte pression démographique qu’ils subissent (déboisement des berges, destruction
de la mangrove et recours aux techniques inappropriées de pêche), ainsi qu’à la prolifération des
végétaux flottants (AGENDA 21 NATIONAL, 1997).
Notons que les autres composantes, non moins importantes de la DB, ne sont pas prises en
compte dans cette analyse du fait du manque de données actualisées et fiables sur leur évolution.
L’annexe 1 pallie quelque peu cette insuffisance.
• baisse pluviométrique ;
• recul du couvert forestier ;
• surpâturage ;
• sahélisation de la zone ouest et de la Donga ;
• disparition de certaines espèces ;
• appauvrissement des ressources biologiques et de forêts galeries ;
• comblement des plans d’eau ;
• pollution des eaux par les pesticides ;
• péjoration climatique : rallonge de la saison sèche ;
• appauvrissement des ressources aquatiques ;
• érosion ;
• appauvrissement des sols ;
• désertification.
Le point focal de la CDB doit par conséquent collaborer avec les points focaux des Conventions
de la génération de RIO et assimilées.
Les problèmes qui se posent dans les Départements sont similaires. Par contre des problèmes
spécifiques existent.
Problèmes généraux
• la baisse de la fertilité des sols et le recul du couvert forestier du fait des pressions sur les
formations forestières ainsi que le surpâturage et la transhumance ;
Problèmes spécifiques
Il a été retenu :
• la déforestation ;
• les feux de brousse ;
• la transhumance ;
• l’exploitation inappropriée des bas-fonds ;
• la pollution des plans d’eau ;
• la pratique des techniques culturales et de pêche inappropriée ;
• l’utilisation anarchique des engrais chimiques et des pesticides.
Les maux retenus ont été sériés par domaine ; ainsi, on note :
- la chasse illégale ;
- le commerce des reptiles ;
- les feux de brousse ;
- la prolifération des armes à feu artisanales ;
- l’urbanisation …
- la pauvreté ;
- la forte croissance démographique ;
- l’utilisation de foyers à forte déperdition d’énergie ;
- la hausse des prix des produits pétroliers.
• facteurs anthropiques : ils sont liés à des pratiques culturales inappropriées (agriculture
itinérante), aux exploitations incontrôlées des ressources naturelles (exploitation abusive
des ressources forestières), à la transhumance et à la monoculture du coton ;
• la pratique de l’agriculture itinérante sur brûlis, qui transforme chaque année environ
160.000 ha de formations forestières naturelles en zones de cultures (CENATEL, 2001) ;
Ces relations agriculture-forêt, élevage-forêt, cueillette-forêt indiquent clairement que ce sont les
questions relatives à la gestion des ressources forestières, au système d’élevage, à la foresterie
villageoise (plantations villageoises et agro-foresterie) et à la gestion des terroirs villageois qu’il
s’agira globalement de repenser.
• une vision prospective qui présente de graves insuffisances. En effet, la plupart des textes
réglementaires pris se caractérisent par leur nature répressive ;
• une faible capacité d’intervention des différentes institutions mises en place, tant au
niveau matériel qu’à celui des ressources humaines ;
• l’absence d’un cadre institutionnel qui responsabilise les communautés locales par
rapport à la gestion des ressources naturelles.
• une inadéquation des liens entre la dynamique démographique, les besoins et les
disponibilités en ressources exploitables. On est loin de cette logique qui sous-tend tout
développement durable puisqu’on ne dispose que de peu d’inventaire, de plans
d’aménagement et de peu de moyens pour exécuter les travaux préparatoires à toute
exploitation rationnelle, ce qui fait que le contrôle des prélèvements se fait à posteriori ;
• une connaissance limitée sur les biomes que représentent les zones humides.
En bref, le niveau des connaissances sur la diversité biologique et les processus de son évolution
reste encore très faible pour permettre une gestion rationnelle de ses éléments.
Dès lors le problème majeur que connaît le Bénin en matière de Diversité Biologique est : la
dégradation persistante des réserves de la diversité biologique malgré les efforts de
conservation consentis et les stratégies sectorielles développées.
Les principaux défis pour résoudre efficacement le problème majeur retenu se résument à :
• une concertation nationale véritable des différents acteurs et secteurs impliqués dans la
gestion de la Diversité Biologique pour repenser globalement les modalités d’une
exploitation durable des ressources biologiques et éradiquer les comportements négatifs
évoqués au point [Link] relatif aux facteurs anthropiques ;
• une meilleure connaissance des ressources biologiques du pays, gage de leur gestion
rationnelle par l’élaboration d’outils appropriés de gestion ;
Face à une telle vision qui n’est en fait que le résultat conjugué de l’analyse thématique et des
principaux défis, l’objectif global à atteindre est : de contribuer au développement durable du
Bénin et à la réduction de la pauvreté à travers une meilleure gestion de la diversité
biologique.
Les choix stratégiques qu’il convient de retenir par rapport aux thèmes spécifiques ayant fait
l’objet d’une attention particulière tout au long du diagnostic pour conserver durablement la
diversité biologique sont :
Tout en gardant à l’esprit les trois objectifs de la CDB, les objectifs spécifiques au Bénin sont :
Objectif 4 : Valoriser la Diversité Biologique et les ressources génétiques en s’appuyant sur les
opportunités du partage juste et équitable des avantages découlant de l’exploitation des
ressources génétiques.
La figure suivante présente les étapes suivies pour l’élaboration de la Stratégie Nationale et du
Plan d’Action en matière de Diversité Biologique.
Figure 2 : Aperçu des étapes suivies pour l’élaboration de la Stratégie Nationale et du Plan
d’Action en matière de Diversité Biologique
ANALYSE DIAGNOSTIQUE
- POTENTIALITES
- CONTEXTE INSTITUTIONNEL
ET REGLEMENTAIRE
ATOUTS - ACQUIS
BIOTECHNOLOGIQUES
- PROJETS ET PROGRAMMES
SITUATION ACTUELLE
- PROBLEMES VECUS
DIAGNOSTICS DEPARTEMENTAUX - CAUSES
- SOLUTIONS
DIAGNOSTIC AMELIORE
• SYNTHESE
• ANALYSE THEMATIQUE
ORIENTATIONS STRATEGIQUES
Le plan d’action en lui-même découle d’un cadre logique qui trouve son ancrage dans les
éléments de la stratégie nationale, notamment les différents objectifs retenus.
4. 1. CADRE LOGIQUE
Cette façon de procéder a permis un codage des actions prioritaires à mettre en oeuvre. Ainsi, la
première action retenue, à savoir « renforcer les capacités des intervenants dans le domaine de la
conservation des ressources biologiques » est codée 1.1.1. parce qu’elle découle de l’objectif
opérationnel 1 qui intègre l’objectif stratégique 1.
BUTS / EXTRANTS
1 Objectif stratégique n° 1 :
Assurer la conservation efficace de la diversité
biologique.
1.1.1 Action n° 1 - Répertoire des intervenants dans le - Rapports d’activités des Que le financement soit disponible.
Renforcer les capacités des intervenants domaine de la DB est disponible d’ici à intervenants.
(gestionnaires, acteurs, institutions) dans le domaine l’an 2004. - Enquêtes sur le terrain.
de conservation des ressources biologiques. - Au moins 50 % des intervenants sont - Documents de répertoire.
appuyés au bout de 5 ans.
1.1.4 Action 4 - 20 % des écosystèmes d’intérêt - Rapports d’activités des - Que la volonté politique soit affichée
Protéger les écosystèmes fragiles ou menacés ou particulier sont protégés au bout de cinq structures techniques en charge de en la matière.
présentant un intérêt particulier. ans. l’environnement et des eaux et - Que les acteurs à la base adhèrent au
- 20 % des écosystèmes fragiles sont forêts. programme.
protégés au bout de cinq ans. - Enquêtes sur le terrain.
- les textes réglementaires sont
actualisés et appliqués au bout de 5 ans.
1.1.6 Action 6 Le taux de pauvreté est réduit de 2 % au Enquêtes spécifiques de la - Que la volonté politique soit affichée
Intégrer la problématique de conservation de la bout de 5 ans. Commission Nationale de Lutte - Que les populations participent
diversité biologique dans la stratégie nationale de contre la Pauvreté. pleinement.
réduction de la pauvreté.
1.1.7. Action 7 25 % des potentialités biologiques du - Termes de référence disponibles. Que les partenaires au développement
Evaluer périodiquement le potentiel disponible en Bénin sont évaluées au bout de 5 ans. -Rapports d’études disponibles. apportent les appuis logistiques
matière de Diversité Biologique et son exploitation. nécessaires.
1.1.8. Action 8 -L’espace reboisé augmente de 5 % l’an - Visite de terrain. -Que le consentement des acteurs à la
Intensifier les plantations d’arbres, contrôler la -10 % des éleveurs pratiquent les -Fiches techniques. base soit acquis.
transhumance et lutter contre les émondages techniques appropriées d’exploitation - Rapports d’activité. -Que l’adhésion des pasteurs soit
anarchiques. des parcours naturels. -Procès verbaux. obtenue.
- Rapports de mission.
1.1.9. Action 9 - 5 % des plans d’eau sont contrôlés et - Rapports d’activité des services
Améliorer l’exploitation des cours d’eau, les aménagés par an et pendant cinq ans. techniques concernés.
aménager et créer des étangs piscicoles. - 5 % des plans d’eau sont libérés de la -Procès verbaux de réunion.
jacynthe d’eau. -Rapports de mission.
- Le niveau actuel des ressources
halieutiques augmente de 50 % au bout
de 5 ans.
1.1.10. Action 10 -L’utilisation du bois énergie est réduit -Rapports annuels des services
Diversifier les sources d’énergie et les modes de de 25 % au bout de 5 ans. forestiers et de la Direction de
consommation de l’énergie. -Une politique nationale de l’énergie l’énergie. Que la volonté politique soit affichée.
est disponible. - Document de politique nationale
de l’énergie.
1.1.11. Action 11 -Rapports des campagnes de Que les populations à la base soient
Assurer une meilleure exploitation de la faune par le sensibilisation. disponibles.
respect des normes, requises. -Rapports d’activités et de mission
1.2.1 Action 1 15 % des établissements Rapports d’activités des structures Que la volonté politique soit affichée.
Intégrer la notion de conservation de la diversité d’enseignement de divers niveaux en charge de l’enseignement et de
biologique dans l’éducation et appuyer l’information intègrent des modules en éducation l’éducation. Que les autorités religieuses et les
sur la diversité biologique. environnementale dans leur programme leaders d’opinion adhèrent à la
au bout de 5 ans. politique d’éducation
environnementale.
-Une banque de données sur la
diversité biologique est actualisée et
publiée d’ici à 5 ans.
1.2.2 Action 2 - Un cadre organisationnel fonctionnel -Enquête sur le terrain. Que la décentralisation soit effective
Accroître le taux d’alphabétisation et améliorer la existe dans chaque commune d’ici l’an -Rapports d’activités des et que la volonté politique soit
capacité organisationnelle des populations pour 2006. structures chargées de affichée et soutenue.
mieux gérer la diversité biologique. -Le taux de l’alphabétisation a l’enseignement primaire et de
augmenté de 15 % au bout de 5 ans. l’alphabétisation.
2.1.1 Action 1 Les cartes thématiques existent. Constat dans les services de -Que les moyens financiers soient
Actualiser les cartes de vocation des sols et les Au moins 75 % des structures documentation des structures disponibles.
vulgariser. spécialisées en disposent et les concernées.
exploitent d’ici à 5 ans.
2.1.2 Action 2 40 % des zones à forte densité disposent - Rapports d’activités. Que les acteurs à la base y adhèrent.
Réaliser et mettre en œuvre des plans fonciers d’un plan foncier d’ici à 5 ans. - Enquêtes de terrain.
ruraux dans les zones à forte densité.
2.1.3 Action 3 - Un répertoire national des pratiques Répertoire -Que les ressources financières soient
Identifier les pratiques endogènes valorisantes et endogènes existe d’ici à 2 ans. Enquêtes de terrain disponibles.
mettre en place des systèmes-modèles de gestion - 50 % des pratiques identifiées sont
durable des terroirs et les vulgariser. utilisées dans la gestion des terroirs
d’ici à 4 ans.
2.1.4 Action 4 Au moins six départements sont dotés Rapports d’activités des centres. Que le financement soit disponible.
Créer des centres départementaux de machinisme de centres de machinisme agricole d’ici
agricole. à 5 ans. Visites de terrain. Que les producteurs y adhèrent.
2.1.6 Action 6 Le taux d’alphabétisation est en -Rapports INSAE. Que les populations y adhèrent.
Renforcer la politique d’alphabétisation en milieu croissance de 3 % par an.
rural. - Rapports de la Direction de
l’alphabétisation.
2.2 Objectif opérationnel n°2
Créer un cadre viable de concertation, de suivi, de
coordination et d’orientation de toutes les activités
nationales de gestion de la diversité biologique.
2.2.1 Action 1 Chaque région du Bénin dispose d’un
Améliorer la participation des populations à la programme de développement axé sur
gestion des ressources biologiques et suivre la mise la gestion des ressources naturelles d’ici Rapports des partenaires et des Que les ressources financières soient
en œuvre du plan d’action par un cadre institutionnel à 5 ans. associations. effectivement disponibles.
viable et durable : le Secrétariat Technique
Permanent (STP). Le STP est créé et est fonctionnel d’ici
fin 2002.
2.2.2. Action 2 Une base de données existe et est Au sein du MEHU
Créer une base de données en matière de Diversité fonctionnelle au bout de cinq ans.
Biologique.
3.1.5. Action 5 Une stratégie nationale pour le partage Document de stratégies Que les bénéficiaires soient
Réglementer l’accès aux ressources de la Diversité des avantages est élaborée et mise en disponibles. disponibles.
Biologique ainsi que leur exportation. œuvre au bout de 2 ans.
Procès verbaux de partage des
Les textes réglementaires sont élaborés, avantages.
adoptés et appliqués au bout de 5 ans.
INTRANTS
Le tableau 5 relatif au plan d’action est une émanation et un complément du tableau 4. En effet, à
partir des actions retenues, il présente les activités à mettre en oeuvre, la période de leur
exécution qui est de 5 ans, leur coût estimatif, ainsi que les structures en charge de ces activités.
L’inconvénient de cette présentation est que les sous-activités qui découlent des activités
retenues n’y sont pas intégrées.
1.1.3 Action 3 Restaurer les formations 40 % des formations végétales - STP STP 1100
Développer les activités végétales dégradées. dégradées sont restaurées au - MAEP
sylvo – pastorales. bout de 10 ans 25 % des
Améliorer l'exploitation des parcours naturels sont
parcours naturels. fonctionnels au bout de 5 ans.
1.1.5 Action 5 Finaliser la monographie sur Tous les groupes - Universités et STP 7250
Elaborer et mettre en la Diversité Biologique. taxonomiques connus sont Instituts de recherche
œuvre un programme répertoriés. - ONG
spécial de protection et Conserver les espèces
de conservation des végétales en voie de -50 % des espèces animales et
espèces animales et disparition. végétales en voie de
végétales menacées et/ou disparition et endémiques sont STP
rares, de suivi biologique Conserver les ressources conservées d'ici à cinq ans. - Universités et
et de formation/recherche génétiques. Instituts de recherche
sur la Diversité - Une banque de gènes
Biologique. fonctionnelle existe d'ici à l'an - ONG
2004. STP
- Universités et
Instituts de recherche
1.1.6 Action 6 Prendre des initiatives pour Le taux de pauvreté est réduit - Ministère chargé du STP
Intégrer la problématique appuyer la lutte contre la de 2 % au bout de 5 ans. Plan et du
de conservation de la pauvreté en matière de la Développement.
1.1.9 Action 9 Renforcer la capacité Le niveau actuel des - MAEP (Direction - ONG 1500
Améliorer l’exploitation d'intervention des exploitants ressources halieutiques des pêches) - Associations des
des cours d’eau, les des ressources en eau. augmente de 25 % au bout de 5 pêcheurs et de
aménager et créer des ans. protection de la
étangs piscicoles. nature
1.1.10 Action 10 Faire la consommation du L’utilisation du bois-énergie - MAEP (DFRN) - STP 10200
Diversifier les sources bois énergie une source est réduit de 25 % au bout de 5 - MMEH (Direction
d’énergie et les modes de secondaire de consommation ans. de l’Energie)
consommation de d'énergie. - ONG
l’énergie. Une politique nationale de - Autres structures
Réorganiser la filière de l’énergie est élaborée.
l'énergie.
1.1.13 Action 13 Renforcer le contrôle de des 25 % des usagers des - MAEP - Université 250
Renforcer la lutte contre feux de brousse, de ressources naturelles observent - MEHU - ONG spécialisés
les activités anthropiques l’exploitation du pâturages et les règles de conduite -STP
destructrices des du bois. appropriées au bout de 5 ans.
ressources biologiques.
1.2.1. Action 1 - Introduire progressivement 15 % des établissements -Ministères chargés - STP 2500
Intégrer les notions de l'enseignement de la DB dans d’enseignement de divers de l’enseignement
conservation de la le système éducatif béninois. niveaux intègrent des modules -MEHU (ABE)
Diversité Biologique - Créer des banques de en éducation environnementale -ONG
dans l’éducation et données et un système dans leur programme au bout -MAEP
appuyer l’information sur d’information géographique de 5 ans.
la Diversité Biologique. sur la Diversité Biologique.
- Valoriser le savoir-faire Une banque de données
endogène. informatisée sur la diversité
- Promouvoir l’approche biologique est accessible d’ici
foresterie urbaine. à 5 ans.
Action 3 Conscientiser les exploitants 45 % des exploitants adoptent - MAEP STP 250
1.2.3
Renforcer l’éducation forestiers. des techniques d’exploitation - MEHU
environnementale. rationnelle des ressources - ONG
naturelles d’ici à 5 ans.
Action 2 Réaliser et mettre en œuvre 40 % des zones à forte densité STP 10384,3
2.1.2.
Elaborer et mettre en des plans fonciers ruraux disposent d’un plan foncier MAEP ONG
œuvre des plans fonciers dans les zones à forte densité d’ici à 5 ans.
dans les zones à forte
densité.
2.1.3 Action 3 - Un répertoire national des STP
Identifier les pratiques pratiques endogènes existe ONG
endogènes et mettre en Identifier les pratiques d’ici à 2 ans. MAEP
place des systèmes – endogènes valorisantes et - 50 % des pratiques identifiées
modèles de gestion mettre en place des systèmes sont utilisées dans la gestion
durable des terroirs et les modèles de gestion durable des terroirs d’ici à 4 ans.
vulgariser. des terroirs et les vulgariser.
3.1.1 Action 1 Promouvoir les espèces Le taux d’exploitation et - MSP STP 2000
Valoriser les ressources forestières de valeur. d’utilisation des techniques - ONG
biologiques et adéquates en matière - Universités et
promouvoir la Promouvoir les plantes d’utilisation et d’exploitation Instituts de recherche
pharmacopée. médicinales. des ressources biologiques
pourvues d’une certaine utilité
Créer des jardins à plantes est accrue de 10 % d’ici à 5
tropicales très sollicitées. ans.
3.1.2 Action 2 Développer une stratégie Une stratégie d’amélioration STP 500
Améliorer la productivité d'amélioration génétique des génétique des espèces et des Universités et Instituts
des espèces. espèces et des races. races est élaborée et mise en de recherche
œuvre d’ici à 5 ans.
3.1.3 Action 3 Identifier les domaines de 75 % des résultats de recherche STP 250
Développer les échanges collaboration avec les en matière de Diversité Universités et Instituts
régionaux et différentes structures de Biologique sont publiés. de recherche
internationaux en matière recherche.
de Diversité Biologique.
Publier les résultats de la
recherche.
Réglementer l'application de
la biotechnologie au niveau
national.
TOTAL 92.754,8
Il est par ailleurs retenu de rattacher directement le STP au MEHU, tout en ayant des relations
organiques avec la Commission Nationale du Développement Durable (CNDD) et le Comité
National de la Diversité Biologique (CNDB).
Le CNDB propose toute mesure concernant l’utilisation des ressources biologiques pour éviter
ou atténuer les effets défavorables sur la Diversité Biologique.
Il émet des avis sur les programmes d’éducation et de formation scientifique et technique, ainsi
que ceux de recherches pour identifier et conserver la diversité biologique et ses éléments
constitutifs et en assurer l’utilisation durable.
Comme l’indique l’organigramme ci-après, le STP est subdivisé en trois Secrétariats spécialisés
à savoir :
Le Secrétariat Technique Permanent sera dirigé par le Secrétaire Technique Permanent, assisté
des trois Secrétaires. Chaque Secrétaire, spécialiste dans chacun des trois domaines (Diversité
des Ecosystèmes, Diversité des Espèces et Diversité Génétique) dirige et anime des groupes de
travail pluridisciplinaires et est en relation avec des réseaux à la base (ONG, Associations de
Développement, Maires, Groupements villageois, etc…).
CONSEIL DES
MEHU
MINISTRES
CNDD
SECRETARIAT A LA
DIVERSITE DES SECRETARIAT A LA SECRETARIAT A LA
ECOSYSTEMES DIVERSITE DES ESPCECES DIVERSITE GENETIQUE
: liens hiérarchiques
: liens organiques
• le recrutement, sur test, des trois Secrétaires spécialisés en liaison avec les partenaires au
développement intéressés (PNUD, BM, GTZ, etc…) ;
• l’identification d’un local devant servir de siège au Secrétariat Technique Permanent ;
• l’identification des modalités de fonctionnement du STP ;
• le recrutement du personnel expatrié et d’appui.
Le budget prévisionnel pour la mise en œuvre du plan d’action est estimé à 92.754,8 millions de
FCFA.
L’estimation des coûts est faite sur la base des documents ci-après :
• PAE (1993) ;
• AGENDA 21 NATIONAL (1997) ;
• PGFTR (2000).
Cette estimation tient compte également des coûts actualisés de mise en œuvre de la plupart des
projets et programmes recensés au point 2.1.4.
En raison des causes de dégradation des ressources naturelles identifiées, le plan d’action
proposé a mis un accent particulier sur le renforcement des capacités des intervenants à tous les
niveaux, notamment des structures décentralisées qui, d’ici à 2010, doivent pouvoir prendre en
charge la gestion de leurs ressources naturelles. C’est à ce prix, et seulement à ce prix, que la
conservation et l’utilisation durable de nos ressources naturelles seront garanties et partagées
équitablement.
C’est dire que la question de l’implication des populations dans la gestion des réserves
biologiques n’a pas été occultée dans ce document qui met également l’accent sur la nécessité de
mieux connaître les ressources à gérer et, pour cela, des actions pertinentes ont été proposées.
Pour concrétiser les activités qui en découlent, des idées de projets ont été d’ores et déjà émises
aux fins de leur formulation. C’est à cette étape que seront prises en compte les sous-activités
subséquentes (cf. annexe 4).
4. CEC, BMZ, GTZ., 1996. Toward control of desertification in African drylands : problems,
experiences, guidelines. GTZ, n° 168, Eschborn
10. MDR., 2000. Schéma Directeur du Développement Agricole et Rural ; Vol 2 : Stratégie
sous sectorielle ; Projet SPPD/BEN/99/004. PNUD/FAO, 171 p
11. MPREPE., 1997. Note de stratégie nationale du Bénin 1997 – 2001. PP 3-7
14. PGFTR., 2000. Programme de Gestion des Forêts et Terroirs Riverains, Direction des
Forêts et des Ressources Naturelles du MDR, 100 p.
16. OWOLABI L., 2001. Rapport général du Séminaire atelier de concertation entre les acteurs
de la gestion de la diversité biologique ; Projet BEN/97/G31, MEHU, pp 1-10
21. MSP., 2001 Rapport général de l’Atelier d’adoption du contenu de politique et de stratégies
de promotion et d’intégration de la pharmacopée et de la médecine traditionnelle dans le
système national de santé, MSP, PPPMT
22. République du Bénin., 1998. Bénin 2025 : le baobab (stratégie de Développement Baobab
(Stratégie de développement du BENIN à l’horizon 2025, Rapport de synthèse. Projet
BEN/96/001-PRCIG/CTP-NULTPS, pp : 23- 24
23. MMEH., 1999. Etude de la stratégie énergétique du Bénin, Vol 1 : Rapport définitif, pp. 7 –
175
24. MEHU., 1998. Rapport national sur la diversité biologique. MEHU, CBDD, pp : 11 – 45
25. République du Burkina Faso., 2000. Stratégie nationale et plan d’action du Burkina Faso
en matière de Diversité Biologique . CONAGESE, 162 p.
26. MCAT., 2000. Rapport de la mission d’identification des éléments de formulation d’une
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27. MCAT., Elaboration de la politique nationale du Tourisme. Vol 1, Bilan, STI, pp : 129-132
28. SINSIN B., et OWOLABI L. 2001, Rapport sur la monographie de la Diversité Biologique
du Bénin. MEHU
29. TCHABI V. I., 1994. Ecologie, évaluation et utilisation des ressources pastorales dans la
Réserve de faune soudanienne de la Pendjari. Thèse, Univ. Montpellier3, pp : 86 – 88
31. UICN., 1999. Forêts sous le feu. Planète – Conservation, pp. 2-5
33. UNEP., 2000. Protocole de Cartagena sur la prévention des risques biotechnologiques
relatifs à la Convention sur la Diversité Biologique ; texte et annexes 30 p
INTRODUCTION
Objectifs spécifiques de la monographie nationale de la diversité biologique
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Les domaines qui ont été choisis pour être analysés sont les suivants :
Les termes de références confiées à chacun des consultants spécialistes sont précisées dans les
documents spécifiques.
Dans le cadre de cette monographie nationale de la diversité biologique, les objectifs à atteindre
sont :
- réalisation de l’état des lieux des ressources biologiques par champ thématique,
- collecte des statistiques disponibles sur les ressources biologiques,
- analyse des menaces qui pèsent sur les ressources biologiques,
- synthèse des acquis en matière de conservation des ressources biologiques,
- proposition des priorités pour des actions futures,
- proposition des options pour une meilleure valorisation et une meilleure conservation des
ressources biologiques.
Le temps qui a été accordé à la collecte des informations est relativement court pour accéder aux
informations disponibles dans toutes les localités du territoire national et dans toutes les banques
de données extérieures. Aussi a-t-il été jugé utile de travailler sur les données facilement
accessibles dans les grands centres où sont concentrées la plupart des bibliothèques et autres
sources d’information. Par ailleurs, il a été fait appel à des consultants qui ont une bonne
connaissance de leur domaine d’activité et qui pour cela pourraient faire bon usage de leurs
expériences à cette première étape de la monographie nationale de la diversité biologique qui
rappelons-le, est un processus continu dans le temps et dans l’espace !
De manière spécifique, les consultants ont orienté leurs travaux sur les acquis nationaux c’est-à-
dire :
- les travaux de recherche de fin d’études universitaires réalisés dans les différents
établissements de l’Université Nationale du Bénin,
- les thèses de doctorat et les publications scientifiques des chercheurs béninois et
étrangers sur les ressources biologiques nationales,
- les rapports de missions de consultation commanditées par différents organismes
publiques ou internationaux ou encore par les ONG, et enfin,
- les observations personnelles de terrain des spécialistes.
Lorsque cela est possible, des banques de données internationales ont été consultées. Le Comité
National du bureau de l’UICN des Pays-Bas y a aussi contribué. Des extrapolations ont été faites
dans certains cas à partir des informations disponibles dans des écosystèmes similaires de la
sous-région.
Au total, 24 rapports de spécialistes ont permis de réaliser cette synthèse sur la première
monographie nationale de la diversité biologique du Bénin (voir références bibliographiques).
Les données plus détaillées figurent dans les rapports spécialisés annexés à ce document.
GENERALITES
La République du Bénin couvre une superficie de 112.600 km2 et s’étire entre les longitudes
0°40’ et 3°45’ E et entre les latitudes 6°15’ et 12°25’ N. La pluviométrie moyenne annuelle varie
entre 1400 mm dans le Sud-Est à 900 mm dans l’extrême Nord. Par rapport à la région
guinéenne, la pluviométrie au Sud du Bénin est relativement faible. Cette faible pluviométrie
dans le Sud est due à la situation du Bénin à l’intérieur du « Dahomey Gap » et c’est ainsi que le
Sud-Ouest ne reçoit guère plus de 900 mm de pluie par an. D’une manière générale, les saisons
sont très contrastées. La saison sèche est particulièrement longue dans le Nord du pays et peut
durer cinq ou six mois selon les années ; dans le Sud, elle dure trois ou quatre mois. L’alizé
continental soufflant du Sahara encore appelé harmattant est un vent sec de saison sèche qui
descend jusqu’à la côte mais il reste dominant dans la partie septentrionale où il accentue le
déficit hydrique du milieu avec tarissement généralisé des cours d’eau ; l’atmosphère y est
particulièrement chargée de poussière au cours de cette saison. La température moyenne annuelle
est de 27°C dans le Sud avec une faible amplitude contre des maxima et minima qui sont
respectivement de 43°C et 15°C dans le Nord. L’humidité relative est faible durant la saison
sèche (< 50 %) notamment au-delà de 8° N. Les sols sont ferrallitiques à dominance de kaolinite
sur les plateaux du Sud et ferrugineux sur socle cristallin du Nord. Le réseau hydrographique
intérieur comprend trois fleuves et plusieurs rivières toutes temporaires dont l’écoulement en
surface est interrompu en saison sèche.
La population est estimée à 6.187.000 d’habitants mais elle inégalement répartie sur le territoire
national. Ainsi, les densités varient de 15 habitants au km2 dans la partie septentrionale à plus
de150 habitants au km2 dans la partie méridionale. Le taux de croissance démographique est en
moyenne de 3,2 % au niveau national (4 % dans le département du Borgou). L’activité
économique en milieu rural où vit plus de 60 % de la population est fortement dépendante de
l’exploitation des ressources naturelles.
La flore d’une région est la conséquence de l’histoire de l’évolution des formes de vie en
relation avec les conditions mésologiques. Celle du Bénin est en étroite relation avec le
phénomène énigmatique du «Dahomey Gap» qui est une interruption de la ceinture forestière
devant relier les blocs forestiers d’Afrique Centrale et Occidentale. Il n’existe pas encore de
document scientifique (Flore) statuant sur le nombre exact de plantes au Bénin bien que des
récoltes botaniques soient organisées depuis deux siècles avec les premières prospections du
botaniste Isert en 1785. On estime à 3000 le nombre probable de plantes supérieures
autochtones que l’on pourrait rencontrer au Bénin. Le Projet Flore du Bénin financé par la
coopération néerlandaise a pour objectifs la construction de l’herbier national du Bénin et la
rédaction de la Flore du Bénin. A l’issue des inventaires floristiques qu’entreprend ce projet, on
pourra connaître avec plus de précision le nombre d’espèces endémiques que l’on pourrait
rencontrer au Bénin si tant est qu’elles existent.
La végétation et la faune qui y vit varient du Sud au Nord et avec les conditions de sol. Ainsi
peut-on distinguer :
- Les autres types de forêts sont les forêts denses sèches et les forêts claires que l’on
rencontre entre 8° et 10° N. Elles sont dominées par les essences telles que Isoberlinia
doka, I. tomentosa et Anogeissus leiocarpus au sein desquelles on peut rencontrer des
peuplements d’Afzelia africana, Khaya senegalensis, Pterocarpus erinaceus, etc. Le long
des cours d’eau on rencontre des forêts galeries riches en espèces des latitudes inférieures
mieux arrosées telles que Berlinia grandiflora, Parinari congensis, Detarium
senegalense, Diospyros mespiliformis, Dialium guineense, Khaya grandifoliola, K.
senegalensis, Millettia thonningii, Erythrophleum suaveolens, etc. La faune sauvage est
représentée par les espèces de savanes en raison de la situation phytogéographique de ces
écosystèmes. Ce sont en particulier le guib harnaché Tragelaphus scriptus, la plupart des
grandes antilopes (hippotrague, bubale, cobe de Buffon), le phacochère, le buffle, le
vervet, les reptiles, plusieurs espèces d’oiseaux, les petits carnivores, la mouche tsé-tsé et
autres arthropodes. Les forêts denses sèches et forêts claires brûlent chaque année
pendant la saison sèche.
- Les savanes : au-delà de 8°N la strate herbacée est dominée par les grandes graminées
des tribus d’Andropogonées et de Panicées . Les espèces communes sont Andropogon
gayanus, A. Schirensis, Hyparrhenia subplumosa, H. smithiana, H. involucrata, etc. La
strate arborescente est dominée par les Combretaceae Terminalia spp et Combretum spp.
Le baobab Adansonia digitata est rencontré dans les milieux relativement plus secs. Les
savanes brûlent chaque année durant la saison sèche. Les savanes abritent la plus grande
diversité faunique notamment dans la catégorie des mammifères qui ont plus de cinq
kilogrammes de poids vif. Tous les grands carnivores (lion, léopard, hyène, et guépard)
subsistent uniquement dans les savanes au Bénin. Les éléphants se rencontrent
uniquement dans les savanes soudaniennes. On rencontre aussi dans les savanes une
richesse élevée en faune aviaire notamment dans les plaines d’inondation (grue
couronnée, marabout, jabiru, grand calao d’Abyssine, huppe, aigles, serpentaire,
passereaux, guêpiers, etc). Tout comme les forêts claires, les savanes brûlent chaque
année en saison sèche.
- La mangrove : dans les milieux submergés d’eau saumâtre on rencontre des reliques de
mangrove dominées par Rhizophora racemosa et Avicennia germinans. On estime à 6900
ha la superficie couverte par la mangrove au Bénin. La faune des mangroves est
constituée essentiellement de poissons et de crustacés qui y trouvent refuge et lieux de
frayère. Des reptiles sont aussi rencontrés dans les mangroves ainsi que des populations
de singe mona. Les oiseaux ichtyophages notamment les martins-pêcheurs (Alcedinidae)
fréquentent aussi ces milieux.
Les principales menaces qui pèsent sur les écosystèmes terrestres sont :
Les options pour une meilleure conservation des écosystèmes terrestres sont :
Ecosystèmes aquatiques
Le Bénin étant un pays côtier. On y observe une diversité d’écosystèmes aquatiques allant du
milieu marin au milieu dulçaquicole.
Dans le milieu marin, le plateau continental couvre environ 3000 km2. Le rebord de ce plateau
est marqué par l’isobathe de 100 m qui se situe entre 21 et 28 km du rivage. Le milieu marin au
Bénin abrite environ 449 espèces de poisson appartenant à 129 familles. On y pêche en moyenne
chaque année environ 7000 tonnes de poissons par des techniques artisanale et industrielle.
D’autres groupes taxonomiques tels que les crustacés sont aussi abondamment pêchés dans les
eaux marines. Les algues marines connues à ce jour sont estimées à 123 espèces réparties au sein
de 9 familles. On rencontre les tortues géantes au Bénin en milieu marin, et plusieurs d’entre
elles viennent pondre en divers endroits de la plage sableuse.
Le réseau hydrographique d’eaux douce et saumâtre est plus dense et varié quoiqu’étant moins
riche sur le plan ichtyologique (180 espèces appartenant à 45 familles au total) que le plateau
marin continental. Sur le plan mammalogique, on trouve encore des hippopotames
Hippopotamus amphibius et des lamantins Trychecus senegalensis dans les eaux intérieures du
Bénin. De grands reptiles tels que le crocodile du Nil Crocodylus niloticus existent aussi dans les
eaux douces. Les principaux bassins hydrographiques sont les bassins de l’Ouémé, du Couffo, du
Mono, de la Volta et du Niger.
- Le bassin du fleuve Ouémé comprend ses principaux affluents (Térou, Okpara, et Zou) et
les lacs et lagunes du Sud du Bénin. C’est le plus grand bassin hydrographique du Bénin
où l’on note également les plus vastes plaines d’inondation dont celle de la vallée de
l’Ouémé. La faune ichtyologique est assez diversifiée avec 110 espèces pour l’ensemble
du bassin réparties en 72 espèces de poissons réparties en 36 familles pour la lagune de
Porto-Novo et 68 espèces réparties en 33 familles pour le lac Nokoué.
- Le bassin du Couffo alimente un lac important qu’est celui du lac Ahémé. Le lac Ahémé
compte 52 espèces de poisson réparties en 29 familles.
- Le bassin de la Volta est représenté au Bénin par une grande rivière, la Pendjari et son
principal affluent la rivière Magou.
- Le bassin du Niger plus au Nord du Bénin comprend les rivières Mékrou, Alibori et Sota.
Les menaces qui pèsent sur les écosystèmes aquatiques sont plus importantes au niveau des eaux
calmes des lac et lagune et des cours d’eau intérieurs. Ces menaces sont pour l’essentiel :
- La pollution des eaux par les pesticides utilisés en agriculture (Borgou et Zou en
particulier).
- L’utilisation de techniques et de méthodes de pêches destructrices des ressources
aquatiques.
- La destruction des frayères.
- Les modifications des régimes des cours d’eau provoquées par les barrages et autres
aménagements hydrauliques.
- Les comblements des lacs et lagunes suite au déboisement des berges et des bassins
versants des cours d’eau en général.
- La surexploitation des ressources biologiques aquatiques.
Quelques écosystèmes aquatiques jouent un rôle primordial dans la reproduction des espèces. Ce
sont les plaines d’inondation, la vallée de l’Ouémé et les lacs et lagunes. Le Projet
d’Aménagement des Zones Humides (PAZH) financé par la coopération néerlandaise à travers le
Centre Béninois pour le Développement Durable (CBDD) a pour objectifs entre autres, d’assurer
une meilleure valorisation des ressources biologiques des zones humides du Bénin.
Les options pour une meilleure conservation des écosystèmes aquatiques sont :
Bactéries et virus
Les bactéries et virus identifiés au Bénin sont les agents responsables des bactérioses et viroses.
On dénombre 9 espèces de bactéries appartenant à 4 familles. Les espèces de bactéries déjà
déterminées sont :
On dénombre 12 virus au Bénin qui provoquent des viroses soit chez les végétaux, soit chez
l’homme. On les classe en :
Chez l’homme les principales maladies bactérienne et virale sont le choléra, la lèpre, la
tuberculose, le tétanos, le SIDA, la méningite, la rougeole, la fièvre typhoïde et paratyphoïde.
Il existe quelques souches de bactéries et de virus conservées dans certains laboratoires à l’IITA,
à la FSA/UNB, et à la FSS/UNB.
Les principales recommandations qui sont formulées pour un meilleur contrôle des bactéries et
virus sont :
L’étude des planctons d’eau douce est encore à ses débuts au Bénin ; le bassin du fleuve Ouémé
a été choisi pour servir de cadre de démarrage pour de telles études. Et pourtant, les planctons
jouent un rôle primordial dans le fonctionnement des écosystèmes aquatiques et dans la
connaissance des réseaux trophiques en milieu aquatique. Les planctons sont au niveau zéro de la
chaîne alimentaire (phytoplancton) ou servent d’aliments aux prédateurs microphages dont le
plus grand mammifère de la biosphère, le rorqual bleu (Balaenoptera musculus) vivant dans les
océans et qui mesure 30 m de long et pèse 150 tonnes.
Les phytoplanctons
Les zooplanctons
Les principales recommandations qui sont formulées pour une meilleure connaissance des planctons
sont :
- Mettre en œuvre un programme d’inventaire des planctons dans tous les plans d’eau du
Bénin,
- construire et équiper un laboratoire d’hydrobiologie pour l’étude des organismes
aquatiques en général,
- accorder une priorité à la formation de spécialistes des planctons et autres petits
organismes des milieux aquatiques,
- étudier la biologie et le rôle des planctons dans les réseaux trophiques aquatiques,
- développer des techniques d’élevage des micro-organismes aquatiques à des fins
d’aquaculture,
- mettre en place un système de gestion SIG des données collectées sur les organismes
aquatiques.
Parasites animaux
Les parasites animaux ont été regroupés en protozoaires, Helminthes, et divers Arthropodes.
Les travaux sur les parasites protozoaires portent sur quatre grands groupes que sont :
- les Trypanosomes,
- les Babesies, Theileria et Coccidies,
- les Microsporidies,
- les Myxosporidies.
Les parasites protozoaires se rencontrent chez divers animaux y compris l’homme et certaines
plantes. Ils sont la cause de diverses maladies pouvant engendrer des pertes importantes pour les
productions animales. Les trypanosomes sont responsables de la maladie du sommeil transmise
par la mouche tsé-tsé du genre Glossina . Les Babesies, Theileria et Coccidies sont des parasites
intracellulaires qui transmettent respectivement la baberiose, la theileriose et la coccidiose aux
Dans le groupe des Helminthes parasites, les travaux ont porté sur les Monogènes, les Digènes
ou Trématodes, les Cestodes et les Nématodes.
On dénombre 135 espèces d’Helminthes parasites appartenant à 57 genres selon la répartition
suivante :
Les Helminthes provoquent des maladies dues à des infestations chez les animaux soit par des
filaires, soit des cercaires, etc. Les animaux infestés s’affaiblissent et peuvent mourir par faute de
traitement ou de complication due aux infestions virales. Chez les végétaux, les Nématodes
infestent les racines, les tubercules et les fruits sous forme de galles. Les dégâts sur les plantes
peuvent conduire à des pertes énormes de production.
Dans le groupe des Arthropodes les travaux concernent les Acariens et les Insectes qui sont
parasites des animaux et des plantes.
On dénombre 40 espèces d’Arthropodes appartenant à 31 genres parasites d’animaux et de
plantes :
Les Arthropodes parasites qui existent au Bénin sont certainement plus nombreux que ceux qui
sont actuellement recensés dans les documents scientifiques sur leur statut au Bénin. Ils créent
des dommages importants pour les productions animales et végétales ce qui est à la base des
quantités énormes de pesticides épandus dans les exploitations agricoles.
Les principales recommandations qui sont formulées pour un meilleur contrôle des parasites
sont :
- des études approfondies et soutenues sur l’inventaire des organismes parasites,
- les études sur la biologie des parasites,
- la formation de spécialistes en zoologie dans les divers groupes taxonomiques,
- la mise en place d’une banque de données sur les parasites.
Insectes
L’inventaire des insectes a porté sur plusieurs ordres dont : les coléoptères, les lépidoptères les
hyménoptères, les hétéroptères, les homoptères, les isoptères, les thysanoptères, et les diptères.
Les collections entomologiques existent à l’IITA, à la FSA/UNB, à la FAST/UNB, au
CPU/UNB et dans les laboratoires des services agricoles nationaux. La détermination des
spécimens est encore en cours dans la plupart des laboratoires notamment à l’IITA où il existe la
L’IITA dispose d’un muséum d’Arthropodes qui renferme126.000 spécimens dont les ¾ sont du
Bénin. Le Laboratoire de Biologie Végétale de la FSA a une collection de 500 spécimens
provenant du Bénin et des collections étrangères riches de 400 spécimens. Dans les autres
établissements de l’UNB (FAST et CPU) on peut dénombrer 600 spécimens. Les autres lieux de
conservation de spécimens sont les laboratoires des services agricoles qui abritent environ 1000
spécimens.
Par leurs rôles néfastes, les insectes peuvent causer de grands dégâts aux cultures, tout comme ils
sont vecteurs de maladies pour l’homme et pour les animaux sauvages ou d’élevage. Les insectes
ont aussi des actions bénéfiques en agriculture par leurs rôles dans la pollinisation des plantes, et
de prédateurs d’autres espèces nuisibles pour les cultures. C’est grâce aux insectes que l’on
développe l’apiculture dans le monde entier. Dans la nature, il est parfois difficile de faire la part
des insectes à actions bénéfiques de ceux qui sont jugés néfastes car plusieurs espèces ont leurs
niches écologiques qui se chevauchent. C’est ainsi qu’un épandage de pesticide détruira
indifféremment toutes les espèces d’insectes qui entrent en contact avec le produit utilisé. La
vraie menace qui pèse sur les insectes utiles pour l’environnement de l’homme réside dans cette
difficulté à reconnaître et à séparer les bons des mauvais.
Les lacunes en matière de connaissance des insectes concernent certains écosystèmes qui sont
peu explorés au Bénin. Ce sont les milieux naturels (entomologie forestière par exemple), le
milieu médical (entomologie médicale), et même dans le domaine agricole où l’on manque de
données sur la position des différentes espèces dans les niveaux trophiques et sur les dimensions
de leurs niches écologiques. Les espèces qui ont disparu suite à l’épandage généralisé des
pesticides avec l’avènement des grandes cultures industrielles ne sont pas connues, et celles qui
sont menacées dans un proche avenir restent tout aussi inconnues.
Les principales recommandations qui sont formulées pour une meilleure connaissance des
insectes et pour une meilleure valorisation de cette ressource sont :
Les principales recommandations qui sont formulées pour un meilleur contrôle des Arthropodes
non hexapodes sont :
- des études approfondies et soutenues sur l’inventaire des Arthropodes non hexapodes,
- les études sur la biologie des espèces prioritaires ayant un intérêt économique,
- la création d’un musée de la faune du Bénin,
- la détermination des espèces indicatrices des biotopes,
- la réalisation des cartes de répartition de chaque groupe taxonomique,
- la formation de spécialistes en zoologie dans les divers groupes taxonomiques,
- la poursuite des collections pour leur conservation au musée des invertébrés de l’IITA.
Ces données fluctuent peu d’une année à l’autre et sont l’œuvre de quelques 50.000 pêcheurs
rencontrés dans le Sud du Bénin. Au total, ces pêcheurs fournissent 30.000 tonnes de produits
halieutiques à la consommation. Les espèces les plus pêchées sont de la famille des Cichlidae et
des Clariidae. L’importance socio-économique des ressources halieutiques est évidente.
- A la pollution des eaux par les pesticides qui sont repris dans les eaux de ruissellement,
- au déversement dans la nature des eaux usées provenant des industries,
- au déversement accidentel des produits pétroliers transportés par voie d’eau,
- au comblement des plans d’eau par des alluvions et leur envahissement par des plantes
introduites,
- à l’utilisation des engins et méthode de pêche qui capturent les espèces et individus de
toutes tailles, tels les filets à mailles fines, les barrages, les nasses maliennes, les
ichtyotoxines,
- à l’augmentation progressive ou saisonnière de la teneur en sel de certains plans d’eau du
Sud du Bénin.
Les principales recommandations qui sont formulées pour une meilleure conservation et une
valorisation des ressources ichtyologiques et de crustacés d’eau douce sont :
- procéder aux inventaires dans tous les écosystèmes aquatiques du Bénin et en toutes
saisons,
- réaliser des études biologiques et écologiques sur les espèces de grande consommation et
sur les espèces menacées pour une meilleure définition des techniques d’élevage,
- faire précéder d’étude d’impact les projets de construction de barrage et autres ouvrages
sur les cours d’eau,
- créer une banque de données sur les ressources halieutiques,
- mettre en place un programme de monitoring sur les espèces rares ou celles qui sont
surexploitées,
- mettre plus d’accent sur les études concernant les crustacés d’eau douce,
- faire la promotion de la pisciculture à base d’espèces autochtones en particulier,
- développer la conservation ex situ des spécimens d’attraction dans les aquariums,
- créer des frayères intégralement protégées,
- construire un musée ichtyologique.
Les inventaires de l’ichtyofaune marine ont permis de recenser 449 espèces de poissons marins
appartenant à 3 classes, 37 ordres, 129 familles, et à 294 genres. Plusieurs espèces sont utilisées
à des fins commerciales et on dénombre sur les côtes béninoises près 261 espèces exploitables
économiquement. Certaines espèces présentent un intérêt potentiel pour -l’aquaculture (4
espèces), et -la pêche sportive (77).
Les poissons marins font l’objet de pêche par les populations riveraines des zones côtières du
Bénin. Ainsi, ce sont 3000 pêcheurs qui exercent la pêche artisanale avec une production
annuelle estimée à 6000 tonnes. La pêche industrielle mobilise 20 bateaux pêchant annuellement
quelques 800 tonnes avec des pics pouvant atteindre 6600 tonnes.
Les principales menaces qui pèsent sur les poissons marins ont pour cause la surexploitation.
L’une des conséquences déjà enregistrées est la baisse des prises.
Les animaux marins invertébrés sont très nombreux et leur effectif est estimé à plusieurs
centaines de mille. On retrouve sur les côtes béninoises les éponges, les méduses, les coraux, les
anémones de mer, les bryozoaires, les vers marins, les gastéropodes marins , les huîtres, les
myes, les moules, les céphalopodes, les anatifes, les crevettes (4 espèces pêchées à des fins
commerciales au Bénin dans les trappes et au chalut pour 3300 tonnes/an), les homards, les
écrevisses, les crabes, les étoiles et les oursins.
Les algues marines sont peu étudiées au Bénin. On dénombre 48 genres dont 13 genres dans le
groupe des grandes algues marines et 35 genres de phytoplanctons marins.
La diversité des grandes algues marines est la suivante :
Au niveau des phanérogames, on peut observer 4 genres que sont les genres : Zostera,
Posidonia, Ruppia, et Potamogeton.
Les principales recommandations qui sont formulées pour une meilleure conservation et une
valorisation des ressources marines sont :
- mettre en place un programme scientifique de collecte de données sur les espèces et les
statistiques de pêche,
- entreprendre des études sur l’écologie des espèces marines,
- accorder une priorité aux espèces d’intérêt commercial,
- mettre en place un programme de suivi écologique du domaine continental,
- renforcer le contrôle des moyens de capture et de la pression de pêche en général.
Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 100
Reptiles et amphibiens
Les reptiles et les amphibiens sont peu étudiés au Bénin comparativement à la sous-classe des
insectes.
La plupart des reptiles font l’objet de consommation par les populations. C’est le cas en
particulier des Ophidiens, des Crocodiliens et des Chéloniens. Plusieurs fermes d’exportation de
serpents et autres reptiles vers l’Europe ont vu le jour depuis les années 1980. Les quotas
d’exportation ne sont pas respectés et des sorties de serpents se font à partir du Togo. Les
demandes de quotas exprimées par les exportateurs sont respectivement de :
La capacité de production de telles quantités de reptiles dans les élevages est peu probable et la
plupart des exportateurs ont engagé des collecteurs qui ramassent systématiquement œufs et
individus dans la nature. Les revenus pour les exportateurs se chiffrent en plusieurs millions de
francs, mais au détriment des exploitants agricoles qui doivent dépenser du temps et de l’argent
pour combattre les rongeurs et autres ravageurs des cultures, faute de contrôle biologique naturel.
Les reptiles jouent un rôle dans les croyances au Bénin ; c’est le cas pour le python royal Python
regius à Ouidah et le crocodile du Nil Crocodylus niloticus dans certaines localités. Grâce à cette
valorisation cultuelle des reptiles, les espèces concernées sont relativement mieux conservées
dans quelques localités.
La principale menace qui pèse sur les reptiles a pour causes la forte pression de ramassage des
individus et de leurs œufs dans la nature à des fins commerciales. Cette menace a de fortes
conséquences écologiques notamment au niveau des chaînes trophiques en général et dans les
agrosystèmes où l’on note une intensification de l’activité déprédatrice des ravageurs de cultures.
Les principales recommandations qui sont formulées pour une meilleure conservation et une
valorisation des reptiles et des amphibiens sont :
Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 101
- mettre en place un comité scientifique ayant rôle d’autorité scientifique pour la
détermination objective des quotas de vente, auprès de l’administration des Forêts et
Ressources Naturelles qui délivre les permis d’exportation ; ceci est d’ailleurs prévu par
la Convention CITES,
- poursuivre les inventaires des reptiles et amphibiens dans tous les écosystèmes,
- former des spécialistes,
- faire un suivi scientifique des fermes d’élevage,
- promouvoir les fermes d’élevage de reptiles et d’amphibiens: crocodile, grenouille,
- conserver les habitats des reptiles et des amphibiens.
Les rongeurs
On dénombre au Bénin 8 familles dans l’ordre des Rodentia qui regroupe 35 genres au sein desquels se
répartissent 51 espèces. La famille la plus diversifiée est celle des Muridae qui compte 5 sous-familles
(Murinae, Dendromuninae, Cricetomyinae, Gerbillinae, et Otomyinae) et 30 espèces. Les rongeurs sont
rencontrés dans des milieux très divers allant des écosystèmes fermés tels que les forêts denses aux
cultures sarclées, voire dans les habitations. De point de vue chorologique, on trouve les rongeurs dans
toutes les zones écologiques du Bénin depuis le cordon littoral aux confins de la zone Soudano-
Sahélienne dans les régions de Karimama et de Malanville. Ils jouent un rôle important dans les chaînes
trophiques en contrôlant la population des ophidiens par leur dynamique, tout en consommant de petits
animaux généralement des invertébrés. Les rongeurs sont des ravageurs des cultures et à ce titre ils
peuvent causer de graves dégâts aux denrées stockées dans les greniers et magasins de produits agricoles.
Le risque d’une explosion démographique des rongeurs est très élevé dans certaines régions du Sud du
Bénin où l’on fait la chasse à ses principaux prédateurs que sont les serpents, hiboux, et autres petits
carnivores.
Les rongeurs sont aussi consommés au Bénin, notamment dans les zones rurales où le nombre
d’espèces consommées est plus élevé que dans les grandes agglomérations. Ils peuvent
transmettre la maladie de la leptospirose à l’homme. Ils hébergent aussi dans leur pelage des
populations de parasites animaux.
Depuis les années 1990, plusieurs travaux sont consacrés à l’inventaire des rongeurs, ce qui a
contribué à une meilleure connaissance de la diversité au sein de l’ordre des Rodentia au Bénin.
Les chiroptères
Les chauves-souris jouent un rôle important dans la régénération naturelle des espèces végétales
fruitières de par leur régime frugivore. D’autres espèces consomment les insectes dont certains
sont responsables des grandes endémies du Bénin. Tout comme les rongeurs, on rencontre les
chauves-souris dans les milieux fermés, ouverts, dans les habitations et dans toutes les localités
du Bénin. Dans leur biotope, les grandes chauves-souris (Epomophorus gambianus) peuvent
Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 102
causer la mort des grands arbres dans les peuplements naturels en essaimant en grand nombre sur
quelques pieds. Elles sont aussi consommées dans certaines localités mais très souvent à petite
échelle.
Le petit gibier le plus largement élevé au Bénin est l’aulacode (Thryonomys swinderianus).
Plusieurs éleveurs d’aulacode se constituent un peu partout sur tout le territoire national, mais
davantage dans le Sud du Bénin où il a été mis au point cet élevage non conventionnel ou mini-
élevage. D’autres espèces qui entrent dans cette catégorie sont : le cricétome (Cricetomys
gambianus), l’escargot géant d’Afrique (Achatina spp), et les abeilles (Apis mellifica). Le mini-
élevage pourrait concerner à terme d’autres espèces telles que l’écureuil fouisseur (Xerus
erythropus), le porc-épic (Hystrix cristata) le francolin (Francolinus bicalcaratus), le daman des
rochers (Procavia capensis) et le lièvre (Lepus crawshayi).
Les principales recommandations qui sont formulées pour une meilleure connaissance des
rongeurs, chiroptères et pour une meilleure promotion des espèces gibiers sont :
- Poursuivre l’inventaire des espèces de rongeurs dans tous les écosystèmes du Bénin,
- éduquer et informer régulièrement les populations des conséquences néfastes de la chasse
commerciale contre les serpents et autres prédateurs des rongeurs,
- appuyer l’activité des ONG et autres institutions oeuvrant à une meilleure connaissance
et à la valorisation des rongeurs gibiers,
- créer un musée pour la conservation des petits mammifères du Bénin,
- entreprendre les inventaires des chiroptères et l’étude de leur niche écologique dans tous
les écosystèmes du Bénin,
- poursuivre les études sur l’élevage des petits gibiers,
- mettre en œuvre un programme de suivi écologique de la dynamique des rongeurs dans
certains écosystèmes témoins,
- créer une banque de données pour la gestion par SIG des informations recueillies sur les
rongeurs, chiroptères et sur les espèces de mini-élevage.
Faune aviaire
Les travaux de recensement de la faune aviaire concernent toutes les régions du Bénin et tous les
écosystèmes. On estime le nombre des espèces à quelques 630, mais les inventaires ont confirmé
la présence de 371 espèces appartenant à 19 ordres, 67 familles et à 84 genres. Du point de vue
de la répartition géographique on note :
La faune aviaire joue plusieurs rôles et les espèces concernées varient selon la nature de ces
rôles. Ainsi, moins de cinq espèces font l’objet de grande consommation comme c’est le cas pour
les espèces déprédatrices très communes dans les agrosystèmes : francolins Francolinus
bicalcaratus ou la pintade sauvage Numida meleagris. Cependant, la plupart des espèces sont
consommées selon les habitudes alimentaires dans les régions. L’élevage de certaines espèces
habituellement chassées vient d’être lancé au niveau des institutions de recherche (INRAB et
FSA).
Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 103
Un autre rôle reconnu à la faune aviaire est l’attrait touristique qu’elle exerce en matière
d’écotourisme, et dès lors, elle peut être source de revenus dans certaines localités et pour le pays
en général ; c’est le cas en particulier pour les zones humides. S’il est un domaine où les
frontières politiques importent peu en matière de conservation internationale d’espèces sauvages,
c’est bien celui de la faune aviaire. La Convention de Ramsar dont le Bénin est signataire
(février 2000) œuvre pour la conservation des zones humides et celle de Bonn est destinée à
protéger les espèces migratrices. Une partie des espèces, les passériformes en particulier, est
responsable des pertes de récolte enregistrées dans les exploitations agricoles. D’autres espèces
d’oiseaux ichtyophages sont des concurrentes pour les pêcheurs.
Malgré ces considérations qui placent la faune aviaire au rang des ressources biologiques
prioritaires, il existe peu de compétences en ornithologie et cet aspect représente une lacune qu’il
faudra combler pour une meilleure valorisation de cette ressource.
Les menaces qui pèsent sur la faune aviaire ont pour causes la dégradation ou la destruction de
leurs habitats. Ainsi, l’écrémage par les exploitants forestiers et/ou l’émondage des grands arbres
fourragers suppriment des possibilités de nidification pour les grands oiseaux. La destruction de
certains écosystèmes entraîne la disparition de l’habitat et par conséquent celle des espèces qui y
vivent. Les oiseaux limicoles sont victimes de la pollution des plans d’eau par les substances
toxiques ; plusieurs espèces sont des consommateurs secondaires et peuvent concentrer les
polluants dans leur organisme. Des prélèvements intensifs de sauvagine dans certains sites de
regroupement pourraient conduire à la disparition des espèces en ces lieux.
Les principales recommandations qui sont formulées pour une meilleure conservation et une
valorisation des espèces aviaires sont :
En prenant pour référence la taille, les mammifères qui ont été classés dans la catégorie des
grands mammifères sont ceux qui peuvent peser au moins cinq kilogrammes. Il n’existe pas
encore un inventaire exhaustif des mammifères du Bénin et seules les espèces communément
rencontrées sont mentionnées dans les divers travaux qui s’y sont penchés. On peut toutefois
noter que la plupart des grands mammifères d’Afrique de l’Ouest existent au Bénin à l’exception
-des grands singes tels que le gorille (Gorilla gorilla) ou du chimpanzée dont la présence n’a
jamais été confirmée avec certitude, -de la girafe (Giraffa camelopardalis), -de l’éland de Derby
(Taurotragus derbianus), -de la plupart des espèces de gazelle et de l’addax (Addax
Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 104
nasomaculatus) que l’on retrouve dans les régions plus sèches qu’au Bénin. Les mammifères de
forêt dense humide sont aussi rares ou inexistants au Bénin. 47 espèces mammaliennes de plus
de cinq kilogrammes de poids vif appartenant à 17 familles ont été dénombrées au Bénin. La
répartition des espèces dans les diverses subdivisions taxonomiques est la suivante :
- Bovidae 16 espèces,
- Suidae 2 espèces,
- Eléphantidae 1 espèce,
- Cercopithecidae 4 espèces,
- Hippopotamidae 1 espèce,
- Canidae 2 espèces,
- Hyaenidae 1 espèce,
- Felidae 4 espèces,
- Viverridae 3 espèces,
- Mustelidae 3 espèces,
- Procaviidae 2 espèces,
- Hystricidae 1 espèce,
- Leporidae 1 espèce,
- Thryonomyidae 1 espèce,
- Manidae 1 espèce,
- Herpestidae 3 espèces,
- Orycteropidae 1 espèce.
Une espèce semble être endémique du Bénin, c’est le singe à ventre rouge (Cercopithecus
erythrogaster Gray) anciennement présenté comme espèce du Sud-Ouest du Nigeria. Mais selon
Oates (1996) et Grubb et al. (1999) qui ont consacré des monographies à cette espèce, les
spécimens rencontrés au Nigeria auraient plutôt le ventre gris (C. erythrogaster pococki)
contrairement à l’espèce typique à ventre rouge du Bénin. Malheureusement, cette espèce
endémique du Bénin est très menacée et ne survit que sous forme de métapopulations dans la
Vallée de l’Ouémé et dans la forêt classée de la Lama dans le Sud du Bénin.
Certaines espèces ont disparu du Bénin soit à des périodes très reculées, tel est le cas du
rhinocéros noir d’Afrique (Rhinoceros bicornis), soit plus récemment à cause du braconnage, tel
est le cas de l’antilope Bongo (Tragelaphus eurycerus) qui était observée dans la forêt classée
des Monts Kouffé dans les années 1970.
Les espèces qui sont très menacées en dehors de celles qui sont naturellement rares sont :
- Le singe à ventre rouge Cercopithecus erythrogaster,
- le colobe olive Colobus verus,
- le colobe magistrat Colobus vellerosus,
- le guépard Acynonix jubatus,
- la panthère Panthera pardus,
Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 105
- le lycaon Lycaon pictus,
- le damalisque Damaliscus korrigum,
- le dama d’arbre Dendrohyrax arboreus,
- le lamantin Trychecus senegalensis,
- le pangolin géant Manis gigantea.
La principale menace qui pèse sur la faune sauvage a pour causes la dégradation de son habitat et
la forte pression de chasse illégale qui décime sa population. Les menaces sont plus fortes dans
les forêts classées et dans les terroirs où les moyens de protection de la faune sauvage sont quasi
inexistants dans les faits.
Les principales recommandations qui sont formulées pour une meilleure conservation des
espèces sauvages de mammifères sont :
Le Bénin dispose d’un réseau d’aires protégées (12 % du territoire national) classées dans
diverses catégories qui sont situées pour la plupart dans la région soudanienne au Nord du pays.
Seuls quelques îlots de forêts denses semi-décidues on été protégés par la loi dans le Sud du
Bénin. Les aires protégées jouent plusieurs rôles et elles sont une forme d’utilisation des terres
au même titre que l’agriculture ou l’élevage. Elles représentent les lieux où la diversité en
espèces fauniques est la plus élevée et où s’exercent les lois écologiques qui régissent les
écosystèmes tropicaux. Ce sont en quelque sorte des laboratoires vivants utiles pour la formation,
et l’éducation en faveur de la conservation des ressources naturelles.
On distingue quatre grandes catégories d’aires protégées naturelles au Bénin que sont :
- les 2 Parcs Nationaux (de la Pendjari et du W) situés dans les départements de l’Atacora
et du Borgou,
- les 3 zones cynégétiques (Pendjari, Atacora et Djona) attenants aux Parcs Nationaux,
- les forêts classées au nombre de 38.
Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 106
- La Réserve de Biosphère que représente l’ensemble constitué par le Parc National de la
Pendjari, les zones cynégétiques de la Pendjari et de l’Atacora.
D’une manière générale, les Parcs Nationaux et les zones cynégétiques abritent une faune
sauvage qui représente un attrait touristique (vision et chasse). Ils représentent une source de
revenus pour le budget national, et de plus en plus pour les communautés locales grâce à la
nouvelle approche de gestion participative des aires protégées. L’aménagement des Parcs
Nationaux et des zones cynégétiques a permis la création de plusieurs emplois saisonniers.
Les principales menaces qui pèsent sur les Parcs Nationaux et sur les zones cynégétiques sont :
- l’utilisation concurrente des terres à des fins agricole et pastorale,
- la chasse illégale ou braconnage effectuée avec des armes perfectionnées pour le
commerce de la venaison.
Ces menaces sont plus graves dans les zones où la production cotonnière représente une activité
en pleine expansion, c’est-à-dire dans la plupart des zones tampons. L’agriculture détruit par
essence l’habitat et cette destruction est la première cause de disparition de la faune sauvage de
son milieu naturel. Le Parc National du W est certainement celui qui court le plus grand risque
de dégradation (35 % de sa superficie) en raison de sa position géographique aux confins du
Sahel, de la forte concentration en ces lieux de troupeaux bovins transhumants, de l’expansion de
la culture du coton sur ses limites au Sud, et du peu de moyen dont il a bénéficié pour sa
protection.
Les forêts classées sont peu protégées et elles sont de ce fait les plus dégradées à l’exception de
quelques unes comme celles de Wari Maro et des Monts Kouffé qui doivent leur conservation
relativement meilleure grâce à la présence en forte densité de mouche tsé tsé.
La principale lacune qui existe dans le réseau d’aires protégées domaniales au Bénin est leur
absence dans les zones humides qui représentent un écosystème de grande envergure dans le Sud
du Bénin. Par ailleurs, les corridors de migration qui devraient relier les aires protégées entre
elles ne sont pas pris en compte dans la politique de protection du milieu naturel.
Les réalisations en matière de création de conditions de vie artificielle sous forme de jardins
zoologiques sont récentes et très peu de cas répondent au concept moderne de jardin zoologique.
De petits espaces aménagés dans les habitations ou ouverts au public existent dans différentes
localités où l’on conserve quelques espèces allant des reptiles (Zoo de Pahou/Ouidah) aux grands
carnivores tels que le lion par exemple (Zoo Dako Donou à Ouawé/Abomey). On rencontre dans
quelques uns des espèces rares telles que le singe à ventre rouge (Cercopithecus erythrogaster)
ou exotiques telles que le chimpanzé (Pan troglodytes). Le seul cas de forme moderne de jardin
zoologique est encore en projet au Centre Pilote Régional de la Biodiversité Africaine
(CENPREBAF) sur le Campus universitaire d’Abomey-Calavi. Il est important de rappeler le
rôle éducatif des jardins zoologiques en matière de connaissance et de conservation des espèces
sauvages ; ces centres accueillent dix fois plus de visiteurs que les autres formes de conservation
in situ.
Les principales recommandations qui sont formulées pour une meilleure conservation des aires
protégées et pour la promotion des jardins zoologiques sont :
Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 107
- la mise en œuvre d’un programme d’évaluation de l’état des habitats et des ressources
dans les forêts classées,
- la création d’une réserve naturelle dans les zones humides qui abritent un grand nombre
d’espèces rares ou absentes des autres écosystèmes de terre ferme,
- l’élaboration et la mise en œuvre de programme de gestion (aménagement et valorisation)
des forêts classées selon les modalités les plus appropriées à chaque contexte,
- la définition d’une politique de gestion harmonieuse pour les aires protégées domaniales
transfrontalières au niveau des Etats concernés,
- la mobilisation de ressources financières au niveau de la communauté internationale pour
appuyer et accompagner les programmes d’aménagement des aires protégées,
- le développement de programmes de recherche scientifique nécessaires à l’interprétation
des milieux naturels,
- l’inventaire exhaustif de tous les centres ayant rôle de mini-zoo sur toute l’étendue du
territoire national,
- la mise en place d’une banque de données sur les aires protégées en général et sur les
mini-zoo et jardins zoologiques.
Champignons supérieurs
En règle générale on estime que le nombre des champignons pour un territoire donné fait environ
six fois le nombre de plantes supérieures ce qui donnerait pour le Bénin une richesse spécifique
mycologique de l’ordre de 18.000 à 20.000 espèces. Les prospections au Bénin ont permis
d’obtenir quelques résultats d’inventaire taxonomique :
- 248 espèces appartenant à 104 genres ont été identifiées à divers niveaux taxonomiques
dont :
- 64 espèces ont été identifiées au niveau de l’espèce,
- 74 espèces ont été partiellement identifiées,
- 110 espèces récoltées n’ont pas encore été déterminées.
Les champignons supérieurs jouent un rôle important dans l’alimentation des populations rurales
qui en ont une bonne connaissance. Grâce à l’action des ONG, des filières de commercialisation
de champignons se créent de plus en plus et les femmes qui animent en majorité cette activité en
tirent de substantiels revenus. Une dizaine d’espèces est l’objet de demande plus élevée.
Certaines espèces sont aussi utilisées en médecine traditionnelle. Sur le plan écologique,
plusieurs espèces de plantes ont leur biologie intimement liée à la symbiose qu’elles réalisent
avec les champignons mycorhiziens. La survie de certains écosystèmes en dépend, notamment
les forêts claires soudaniennes.
Les principales menaces qui pèsent sur la flore des champignons sont dues à la disparition des
plantes hôtes ou des formations hôtes qui les abritent. L’usage d’engrais minéraux perturbe
énormément l’écotope des champignons en général en raison de la pollution des sols. Quant aux
lacunes on note essentiellement le peu d’informations disponibles lié au manque de spécialistes
en mycologie au Bénin.
Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 108
- la formation de scientifiques et des acteurs de la filière mycologique,
- la publication et la vulgarisation des travaux.
En raison de la position du Bénin dans le Dahomey Gap et de la forte dégradation des habitats
naturels dans le Sud du Bénin suite à la pression démographique, on observe des espaces
graminéens un peu partout au Bénin. Le pâturage naturel est donc rencontré sur la majeure partie
du territoire national et dans toutes les zones phyto-écologiques.
L’essentiel de la source d’alimentation pour les ruminants élevés au Bénin vient des pâturages
naturels en raison du mode d’élevage extensif qui est encore largement pratiqué. A ce titre, les
espèces fourragères et les parcours naturels jouent un rôle important dans l’économie nationale
sur les plans social et de la production secondaire.
Des introductions d’espèces fourragères exotiques sont aussi observées au niveau des stations de
recherche agrostologique. Ces introductions concernent 17 espèces de graminées et 17 espèces
de légumineuses herbacées et 7 espèces d’arbustes fourragers. Les provenances sont :
ILCA/ILRI (Kenya), FAO (Rome, Italie), CIAT (Colombie), IDESSA (Bouaké, Côte d’Ivoire),
CIPEA (Nigeria) et Congo Démocratique. La superficie couverte au Bénin par les légumineuses
fourragères exotiques est de quelques 140 ha. Le Stylosanthes hamata semble se comporter en
certains endroits en espèce envahissante en raison de sa forte propension à la propagation
spontanée.
Les pâturages artificiels sont encore largement concentrés sur les fermes d’Etat et autres stations
de recherche. Les éleveurs privés utilisent quant à eux les espèces fourragères exotiques comme
appoint, aussi n’existe –t-il pas encore sur le terrain une production de grande envergure de
plantes fourragères au niveau de la majorité des éleveurs.
Les menaces qui pèsent sur les espèces fourragères et sur les pâturages naturels varient selon les
milieux et selon l’appétabilité des espèces. Ainsi, une perturbation (pratique de jachère en région
soudanienne) peut provoquer la disparition de la graminée Loxodera ledermannii caractéristique
du stade d’évolution avancé d’un parcours naturel, et favoriser par conséquent une espèce
rudérale telle que Andropogon gayanus plus recherchée par les bovins par exemple. D’une
manière générale, c’est la disparition des espèces appétibles d’un pâturage qui sera considérée
comme menace et non la dynamique interne du groupement végétal par suite de changement de
structure ou de composition floristique. La désertification avec la mise à nu des sols est une
menace sérieuse aux espèces fourragères ; le surpâturage dans les milieux bien arrosés (régions
guinéenne ou soudano-guinéenne) provoque très souvent la dominance des espèces dédaignées
du bétail au détriment des espèces de valeur fourragère élevée.
Les principales recommandations qui sont formulées pour une meilleure conservation des
espèces fourragères et des pâturages naturels sont :
Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 109
- la caractérisation biologique et bromatologique des espèces fourragères des différentes
zones phytogéographiques du Bénin,
- la détermination des capacités de charge des pâturages naturels des zones d’exploitation
pastorale et en particulier des zones d’accueil des troupeaux transhumants,
- la mise en place d’une banque de semences pour les espèces fourragères,
- la mise en œuvre d’un programme de culture et de vulgarisation des espèces fourragères
autochtones dans les fermes d’élevage privées,
- la maîtrise de la pratique des feux de brousse sauvage par la pratique généralisée des feux
précoces dans les terroirs,
- l’adoption des feux de contre-saison dans les fermes des zones où les pâturages naturels
sont riches en graminées pérennes,
- la conservation in situ des pâturages rares (à Loxodera ledermannii) ou des pâturages des
zones vulnérables telles que les flancs de montagne ou les milieux soudano-sahéliens.
Plantes médicinales
On dénombre environ 814 espèces appartenant à 130 familles botaniques qui présentent des
vertus médicinales. Plusieurs espèces pourraient fournir des substances naturelles telles que les
drogues et autres alcaloïdes. Le nombre de recettes connues est d’au moins trois par espèce
médicinale. Plusieurs auteurs ont écrit et/ou publié sur les plantes médicinales. Il existe une
revue sur la pharmacopée. Quelques efforts de culture ou de conservation in situ existent ; ce
sont les jardins de case ou ceux qui sont ouverts au public et les aires protégées.
Les plantes médicinales sont largement utilisées par les populations rurales et par la couche
pauvre des grandes agglomérations. Il existe plusieurs cas de maladies face auxquelles la
médecine moderne a peu de remède et ce sont les tradithérapeutes qui font essentiellement usage
des plantes médicinales qui sont consultés dans ces cas. La demande en plantes médicinales est
élevée et nombreux sont les acteurs qui animent cette filière économique au Bénin. C’est un
secteur qui est source d’emplois et de revenus. Cependant des statistiques fiables manquent pour
éclairer sur cette activité économique.
Les plantes médicinales sont menacées pour des raisons liées à la conscience que les populations
ont de leur rôle efficient. Ainsi donc, l’accès aux plantes médicinales se fait encore dans la
plupart des cas par cueillette et très peu d’attention est apportée à la pérennité des produits
prélevés dans la nature (écorçage, mutilation, déracinement, pertes élevées après récolte, etc).
Avec l’accroissement démographique dans les grandes agglomérations et la baisse du pouvoir
d’achat des populations, on s’attend logiquement à un accroissement de la demande en
phytothérapie et par conséquent à une pression plus accrue des prélèvements c’est-à-dire à la
mise à nu d’espaces boisés . Mais la grave menace qui pèse sur les plantes médicinales vient de
la destruction des habitats de certaines plantes (par l’agriculture en particulier) et l’exploitation
d’autres espèces à d’autres fins (bois d’œuvre, bois de chauffage, fourrage, artisanat, etc).
Les principales recommandations qui sont formulées pour une meilleure conservation et une
valorisation des plantes médicinales sont :
Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 110
- l’amélioration des procédés de transformation.
Les plantes ornementales exotiques sont les plus convoitées par la population béninoise et par les
étrangers résidents. Ce sont elles qui font l’objet de commerce dans les grandes agglomérations.
Plusieurs points de production et de vente peuvent être observés dans les grandes villes telles que
Cotonou, Porto-Novo, et Parakou. Le chiffre d’affaires de cette activité n’est pas évaluée pour
mieux montrer son importance économique, mais on peut retenir que les fleuristes gagnent entre
1600 F CFA et 25000 F CFA par jour. Certaines espèces sont vendues très cher telles que Cycas,
Araucaria qui peuvent coûter environ 100.000 F CFA par pied. D’autres espèces sont vendues à
bas prix telles que Ixora (50 F CFA) ou Croton (500 F CFA). On dénombre 266 espèces
ornementales exotiques appartenant à 65 familles botaniques. Par ordre d’importance on peut
noter :
Du point de vue des types biologiques, les herbacées font 50 % des espèces, les formes ligneuses
érigées font 48 % et les formes lianescentes font 2 %.
On peut compter 225 espèces indigènes qui présentent de belles fleurs ou un joli port. Ces
plantes sont réparties en 52 familles. Du point de vue des types biologiques ont note 63 %
d’herbacées et 37 % de ligneux. Les familles les mieux représentées sont :
- Rubiaceae (12 %),
- Leguminosae (10 %),
- Acanthaceae (8 %),
- Fougères (7 %),
- Apocynaceae (5 %),
- Convolvulaceae (5 %),
- Lamiaceae (4 %).
D’une manière générale, les plantes ornementales indigènes sont peu connues et peu valorisées,
et pourtant certaines sont communes et peuvent être cultivées sans recourir à une technique
particulière.
Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 111
Les plantes envahissantes
Quelques espèces sont d’introduction récente et ont pu trouver une niche favorable au détriment
de plusieurs autres espèces indigènes. On dénombre essentiellement 5 espèces envahissantes que
sont :
- Chromolaena odorata adventice provenant d’Amérique du Sud,
- Eichhornia crassipes plante aquatique provenant d’Amérique tropicale,
- Antigonum leptopus (ornementale) provenant d’Amérique du Sud,
- Azadirachta indica (afforestation) provenant de l’Inde,
- Alternanthera brasiliensis plante rudérale provenant du Brésil.
Certaines de ces espèces envahissantes représentent un fléau pour l’activité économique des
populations. C’est le cas de Eichhornia crassipes qui envahit les plans d’eau et peut causer
des dommages aux pêcheurs et à la navigation fluviale. D’autres par contre font l’objet de
controverse ; c’est le cas de Chromolaena odorata qui peut être combattu comme facteur de
propagation des incendies de forêts, alors que certains cultivateurs l’apprécient positivement
pour sa capacité à régénérer la matière organique des sols en raison de sa forte productivité
de phytomasse.
Les principales recommandations qui sont formulées pour une meilleure valorisation des espèces
ornementales et pour un meilleur contrôle des espèces envahissantes sont :
- Recenser toutes les espèces ornementales exotiques en vue de disposer d’un catalogue,
- faire le suivi des espèces exotiques à fort pouvoir d’expansion dans la nature,
- faire l’inventaire des espèces ornementales indigènes,
- expérimenter et vulgariser la phytotechnie des espèces ornementales indigènes en vue de
leur valorisation,
- poursuite la lutte biologique contre les espèces envahissantes,
- renforcer le contrôle des introductions d’organismes vivants aux frontières nationales,
- mettre en place une banque de données sur les espèces ornementales et sur les espèces
envahissantes.
Ressources forestières
D’une manière générale le Bénin ne dispose pas de grands blocs forestiers comme c’est le cas
dans les régions guinéo-congolaises où la pluviométrie moyenne annuelle est partout supérieure
à 1500 mm. Toutes formations arborescentes confondues, les espaces boisés couvrent environ 70
% du territoire national dont la plupart sont des savanes, ou des forêts claires, ou denses sèches à
divers stades de dégradation. Trois espèces autochtones font l’objet de demande élevée
préférentielle en bois d’œuvre et de service; ce sont le caïlcédrat Khaya senegalensis, le lingué
Afzelia africana, le vêne Pterocarpus erinaceus, et le kapokier à fleurs blanches ou fromager
Ceiba pentandra. Mais le nombre d’espèces qui pourrait servir de bois d’œuvre est élevé et
dépasse probablement la cinquantaine. 180 espèces ligneuses sont utilisées comme bois de
chauffage. La production annuelle totale des essences autochtones en bois d’œuvre est estimée
en 1997 à 1.256.869 m3 soit 96 % du total comprenant les essences exotiques. La production en
bois de chauffage est estimée à 13.532.692 m3/an soit 99 % du total comprenant les essences
exotiques. En terme de revenu, la valeur des formations naturelles en bois d’œuvre est d’environ
68 milliards de F CFA/an contre 64 milliards F CFA/an pour le bois de chauffage.
A côté des essences autochtones on note plusieurs espèces introduites aux fins de sylviculture. 15
espèces exotiques sont plantées ou expérimentées au Bénin. Le teck Tectona grandis occupe de
Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 112
toute évidence la plus grande superficie d’afforestation au Bénin (74 % des plantations exotiques
et 62 % toutes espèces confondues en 1997).
Le secteur forestier est classé depuis la création de l’Office National du Bois dans le secteur
industriel avec la construction d’une scierie à Saclo. On note aussi plusieurs acteurs privés dans
le secteur forestier au Bénin ; ce sont les exploitants de bois d’œuvre, les commerçants de bois
de chauffage ou de charbon de bois, et une multitude de détaillants des divers produits. En aval,
les menuiseries privées complètent cette filière du bois.
Les menaces qui pèsent sur les ressources forestières au Bénin sont : la surexploitation pouvant
conduire à la raréfaction critique des espèces comme c’est le cas pour l’iroko Milicia excelsa, et
bientôt pour le caïlcédrat et le lingué. Le non respect de la réglementation dans ce domaine est
fortement préjudiciable à la durabilité des ressources forestières. Une dizaine d’espèces est
supposée menacée pour cause d’exploitation anarchique. Les grands travaux de défrichement
pour satisfaire les demandes en terre agricole participent énormément à la réduction des espaces
boisés, notamment dans les savanes du Nord du Bénin. On estime à 100.000 ha la superficie
perdue chaque année sur les espaces boisés.
Les principales recommandations qui sont formulées pour une meilleure conservation et une
valorisation des essences forestières sont :
- asseoir un vaste programme de conservation in situ des habitats des essences menacées
de disparition,
- reprendre et dynamiser les programmes de reboisement domaniaux,
- faire respecter la loi sur l’exploitation forestière au Bénin,
- vulgariser dans chaque localité les acquis de plan de gestion de terroir avec définition
d’espace à vocation forestière,
- appuyer la création d’espaces de reboisement décentralisés à charge et au bénéfice des
communautés à la base,
- fournir une assistance-conseil aux planteurs privés pour rendre plus efficients leurs
efforts et leur activité,
- procéder à l’inventaire des peuplements naturels des essences de reboisement,
- procéder à l’actualisation des inventaires des périmètres de reboisement sur l’ensemble
du territoire national,
- mettre en place un programme de suivi scientifique avec installation de placettes
permanentes de recherche pour disposer de normes de sylviculture compatibles avec la
rentabilité économique des ressources forestières,
- mettre en place une banque de données et de gènes sur les essences forestières,
- soutenir financièrement les programmes de recherche des institutions ayant à charge la
recherche forestière au Bénin.
Les plantes fruitières sont pour la plupart autochtones, mais on compte aussi quelques espèces
exotiques. On dénombre environ 42 familles de plantes comprenant 98 genres et 128 espèces
indigènes. Le nombre d’espèces exotiques est 40 ce qui donne les pourcentages de 69 % pour
les espèces indigènes et 31 % pour les espèces exotiques. Les familles les plus diversifiées sont
les Anacardiaceae (11 espèces indigènes), Annonaceae (9 espèces indigènes), et les Sapotaceae
(8 espèces indigènes). Au niveau des espèces exotiques ce sont plutôt les Rutaceae et les
Annonaceae qui sont les plus riches en espèces. Cependant, il existe plusieurs accessions non
Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 113
encore scientifiquement décrites pour les fruitiers exotiques. Ainsi, ou peut noter : 41 accessions
de mangues, 16 variétés d’agrumes, 3 variétés d’ananas, 5 variétés de papayer, 6 variétés
d’avocatier, 2 variétés de goyavier, 50 accessions de banane de table.
Les plantes fruitières ont un intérêt économique évident et leur filière de commercialisation est
bien animée par différents acteurs qui convoient les fruits des fermes de production vers les
grandes agglomérations. Il existe plusieurs centres de production des jeunes plants et cela dans
tous les départements du Bénin. Les grandes plantations sont réparties de la manière suivante :
Les fruits indigènes font plutôt l’objet de cueillette mais ils peuvent, dans certains cas, faire
l’objet de produits d’exportation (amandes de karité).
On peut noter 2 jardins botaniques au Bénin. Ce sont celui de l’Université Nationale du Bénin
sous la gestion de l’ONG CENPREBAF, et celui de Porto-Novo sous l’autorité de la Direction
de l’Agriculture.
- 12 espèces de Pteridophytes,
- 6 espèces de pré-Spermaphytes,
- 262 espèces d’Angiospermes (188 dicotylédones et 74 monocotylédones).
Le nombre d’espèces exotiques est 64 soit 23 % des espèces plantées. On y trouve une ombrière
et un bassin pour les plantes aquatiques.
Le jardin zoologique contenu dans cette même enceinte renferme des primates (5 espèces) dont
une espèce endémique menacée, le singe à ventre rouge Cercopithecus erythrogaster, des
reptiles (pythons, vipère, varans, crocodiles, tortue) des céphalophes de Grimm.
Le jardin des plantes et de la nature de Porto-Novo est créé en 1905. Il couvre 7,2 ha et renferme
145 espèces de plantes réparties en 40 familles dont :
- 130 espèces de dicotylédones,
- 14 espèces de monocotylédones
- 1 espèce de pteridophyte.
Les arboretums
Plusieurs arboretums ont été aménagés dans diverses localités au Bénin. Certains sont mieux
présentés avec des étiquettes collées sur les espèces, d’autres le sont moins. L’officier des Eaux
Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 114
et Forêts Félix Tossou a été l’initiateur de la plupart de ces arboreta à Batia (65 espèces),
Kpessou (69 espèces) , Kpakpassa (68 espèces) et Alfa Koara (153 espèces). D’autres arboreta
interessants existent à la station de recherche agricole de Niaouli et à Tobé. De petites réserves
naturelles qui ont été aménagées en arboretum, peuvent être mentionnées : le domaine privé de
Monsieur Peter Neuenschwander Directeur de l’IITA, la galerie forestière aux chutes d’eau de la
Kota dans l’Atacora transformée en arboretum.
La plupart des arboretums aménagés par les structures de l’administration publique manquent de
suivi et d’entretien ce qui compromet d’autant leur pérennité car c’est souvent une partie de la
végétation naturelle qui est aménagée à dessein.
Les principales recommandations qui sont formulées pour une meilleure valorisation des espèces
fruitières et pour une meilleure conservation et une valorisation des jardins botaniques et
arboreta sont :
- Recenser toutes les espèces fruitières indigènes dans toutes les localités du pays,
- étudier la possibilité de création d’arboriculture à base des espèces sauvages,
- création d’une banque de semences des espèces fruitières,
- fabrication de jus et autres produits avec les fruits sauvages,
- introduction des fruitiers sauvages dans les programmes de plantation d’arbres dans les
concessions,
- tenir un inventaire de l’entomofaune et autres parasites qui sont liés aux espèces fruitières
introduites,
- recenser les arboreta et jardins dans toutes les localités du pays,
- appuyer localement les structures qui ont à charge l’entretien et la valorisation des jardins
botaniques et arboreta,
- faire un inventaire exhaustif des espèces constituantes des jardins botaniques et arboreta,
- créer une banque de données pour le suivi des espèces plantées ou introduites dans les
jardins botaniques.
Diverses catégories de cultures sont pratiquées au Bénin et elles peuvent être classées selon leurs
rôles socio-économiques, leur appartenance botanique, leur type biologique, etc. Les grandes
catégories de plantes cultivées sont :
Le nombre de variétés par espèce de grande culture telle que le maïs ou le niébé est
vraisemblablement très élevé mais peu de travaux de caractérisation génétique a porté sur cet
aspect. La conséquence de cette lacune a fait que l’on connaît mieux les 3000 espèces et sous-
Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 115
espèces de plantes sauvages que les variétés de cultures vivrières d’intérêt économique ! Les
collections brutes ou « accessions » sont nombreuses, mais elles apportent en l’état actuel peu
d’information sur les ressources phytogénétiques alimentaires du Bénin. Au titre des inventaires
du nombre d’accessions dans les banques de conservation on dénombre :
Trois institutions s’occupent de la conservation ex situ des plantes cultivées ; ce sont l’Institut
National des Recherches Agricoles du Bénin (INRAB), l’Institut International d’Agriculture
Tropicale (IITA) et la Faculté des Sciences Agronomiques (FSA/UNB). En dehors de ces
institutions, il faut noter la conservation traditionnelle au niveau des paysans producteurs.
L’agriculture est la première source de richesse du Bénin (27 % du PIB, contribue pour près de 2
% à la croissance du PIB, et occupe 55 % de la population active) aussi, la conservation des
semences et autres formes de vie pour l’amélioration et la régénération des espèces végétales
alimentaires est plus que nécessaire pour faire de l’agriculture la base du développement
industriel.
Les problèmes qui se posent à la conservation des ressources phytogénétiques cultivées sont dus
aux conditions de conservation des gènes et au manque de compétence en effectif suffisant au
niveau national dans le domaine de la génétique et de la biotechnologie.
Les principales recommandations qui sont formulées pour une meilleure conservation des
ressources phytogénétiques cultivées sont :
Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 116
- appuyer les modes de conservation dans les terroirs et dans les biotopes en ce qui
concerne les espèces sauvages apparentées aux plantes cultivées,
- mettre en place un système informatisé de gestion de l’information sur les ressources
phytogénétiques.
Les études zootechniques et vétérinaires ont consacré beaucoup de travaux aux espèces
domestiques élevées. Elles sont représentées par les bovins, les ovins, les caprins, les porcins, les
équins, les asins, et les volailles.
Les bovins
Parmi les bovidés 2 espèces et 4 races sont élevées par les éleveurs nationaux :
- la race Borgou obtenue par croisement stabilisé de taurin (Bos taurinus) et de zébu (Bos
indicus). On estime l’effectif des bovins Borgou à 1.000.000 de têtes essentiellement
rencontrés dans le département du Borgou.
- La race lagunaire est rustique, de petit format. Elle est essentiellement concentrée dans le
Sud du Bénin dans les départements de l’Ouémé, de l’Atlantique, du Mono et du Sud du
Zou. On estime l’effectif des lagunaires à 200.000 têtes.
- La race Somba est aussi un taurin rustique de petit format. Elle est essentiellement
localisée à l’Ouest du département de l’Atacora. On estime son effectif à 25.000 têtes.
- La race Pabli est un taurin qui avait existé dans la région de Kérou et de Kouandé. Cette
race a été absorbée par le croisement avec les races Somba et Borgou. Elle est
actuellement éteinte.
Les races bovines introduites sont au nombre de 7. Ce sont : le zébu Goudali à courtes cornes, le
zébu Mbororo, le taurin N’Dama à courtes cornes, le taurin Baoulé, le taurin Méré issu de
croisement entre zébu et taurin, le taurin N’Damaze issu de croisement entre zébu et N’Dama, et
la Brune des Alpes qui est une race française.
L’élevage de bovins est largement pratiqué selon un mode extensif basé sur la transhumance de
saison sèche. Les Peul représentent l’ethnie la plus largement représentée dans l’élevage des
bovins.
On dénombre 2 espèces de petits ruminants que sont les ovins (Ovis) et les caprins (Capra).
Les ovins
Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 117
Les caprins
Les porcins
Les porcins du genre Sus sont essentiellement élevés dans les départements du Sud du Bénin où
l’on rencontre la race locale de petit format par rapport aux races importées que sont la Large
White et la Landerace. La race locale est de loin la plus élevée et son effectif est estimé à
450.000 têtes. Comme pour les ruminants, les porcins (race locale) sont élevés de manière
extensive et les animaux sont pour la plupart du temps en divagation.
La volaille
L’élevage du lapin (Oryctolagus cuniculus) est en plein essor au Bénin et l’on compte plusieurs
centaines d’individus dans les élevages du Sud du Bénin. Une filière cunicole existe déjà au
Bénin et va de l’éleveur aux vendeurs de viande de lapin dans les marchés et supermarchés.
On peut aussi noter de petits élevages de cobaye domestique (Cavia aperea) dans les habitations.
Autres espèces
Ce sont en particulier les 2 espèces d’Equidae du genre Equus dont le cheval (Equus przewalskii)
et l’âne (Equus asinus somalicus) tous deux essentiellement confinés au Nord du Bénin.
Deux espèces de carnivores sont élevées comme animaux de compagnie au Bénin. Ce sont le
chien (Canis) dont il existe plusieurs races, certaines étant importées d’Europe ou d’Asie, et le
chat Felis sylvestris.
Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 118
Pabli a disparu suite à son croisement avec les autres et ce phénomène menace la plupart des
races taurines élevées au Bénin.
Les principales recommandations qui sont formulées pour une meilleure conservation et une
valorisation des espèces animales domestiques élevées sont :
- Mettre en œuvre des programmes de conservation génétique des races taurines Borgou,
Lagunaire, et Somba,
- reconstituer la race taurine Pabli qui a été absorbée par les autres, à l’instar de la
reconstitution des bisons d’Amérique,
- faire le dénombrement des bovins, ovins et caprins sur toute l’étendue du territoire
national afin de disposer de statistiques fiables,
- mettre en œuvre un programme de sélection et d’amélioration génétique des petits
ruminants,
- mettre en place un programme d’amélioration des performances zootechniques des
porcins,
- promouvoir l’intégration agriculture – élevage pour mieux assurer la conservation des
races locales .
On dénombre une vingtaine de structures nationales qui collectent et assurent une certaine
gestion de l’information. On les compte parmi les institutions publiques (60 %), les projets
sectoriels (25 %) et les ONG (15 %). Le support le plus répandu est le document sur papier à
côté d’autres moins communs tels que les photos, et les diapositives.
Le système d’information géographique (SIG) utilise plusieurs logiciels : Atlas GIS, Arc View,
etc.
L’accès aux données se fait encore par consultation directe des ouvrages stockés au niveau des
centres de production et les échanges électroniques sont encore très rares.
Les principales recommandations qui sont formulées pour une meilleure gestion des données sur
la diversité biologique sont :
- recommander la mise en place du SIG au niveau de tous les services dont les activités
portent sur la collecte de données biologiques dans l’espace,
- connecter les banques de données nationales aux systèmes SIG disponibles sur internet.
Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 119
La pression démographique croissante est un facteur d’accélération du processus de dégradation
dans la plupart des cas. Les indicateurs de l’exploitation des ressources naturelles se présentent
de la manière suivante selon les secteurs :
- l’agriculture occupe 12 % des terres sur l’ensemble du territoire national avec un taux
d’accroissement annuel de 4,5 %. Le pourcentage des superficies emblavées varie d’un
département à l’autre : Ouémé (46 %), Atlantique (36 %), Mono (35 %), Zou (16 %),
Borgou et Atacora (7 %) . Au niveau national, la demande en terres est inégale suivant
les principales cultures que sont dans l’ordre décroissant le maïs, le coton, le sorgho, le
manioc, l’igname, et l’arachide. La culture itinérante dans le centre et dans le Nord, et la
réduction ou la suppression des jachères dans le Sud du Bénin sont les causes de la
destruction des habitats et des sols.
- Les ressources forestières naturelles en bois d’œuvre sont insuffisantes pour couvrir de
manière durable la demande intérieure et les exploitations forestières s’effectuent dans la
plupart des cas au préjudice de la capacité de régénération naturelle des peuplements. Le
potentiel forestier est estimé à 27 millions de m3 dont l’essentiel sert à la production de
bois de feu (5.200.000 tonnes/an) et à la carbonisation. Les principales zones où
s’effectue l’exploitation forestière sont les départements du Borgou, de l’Atacora (Sud) et
du Zou.
- Le teck est la principale essence d’afforestation que l’on peut gérer de manière durable.
La disponibilité en grumes de teck est estimée à 510.086 m3. L’exportation des produits
de sciage du teck a rapporté quelques 308.574.048 F CFA à l’Office national du Bois
(ONAB) en 1991. D’autres essences sont aussi utilisées dans les programmes de
reboisement.
- Le bois-énergie est exploité à des fins commerciales sur toute l’étendue du territoire
national, mais l’exportation vers les grandes agglomérations a suivi une dynamique
croissante du Sud vers le Nord. La consommation moyenne annuelle pour les cinq
grandes agglomérations que sont Cotonou, Porto-Novo, Parakou, Abomey et Bohicon est
estimée à 417.682 tonnes de bois de feu et 55.724 tonnes de charbon. La consommation
en bois-énergie s’effectue chaque année par coupe-rase de 42.000 ha de formation
arborescente.
- Les autres produits forestiers (fruits, fibres, plantes médicinales, etc) procurent des
revenus diffus dont l’estimation globale présente encore beaucoup de déficit
d’informations. Dans le village de Pikiré dans la sous-préfecture de Kérou, ces revenus se
présentent de la manière suivante à titre indicatif :
o le beurre de karité 3.500.000 F CFA,
o la moutarde de néré 4.500.000 F CFA,
o le bois de service 19.500.000 F CFA,
o la viande de venaison braconnée 700.000 FCFA.
- Les produits de la pêche procurent des revenus substantiels pour les populations qui s’y
adonnent et pour l’Etat. Ce secteur occupe près de 350.000 actifs qui animent la filière de
la pêche en amont et en aval. La pêche dans les eaux douces continentales (40.000 ha)
fournit en moyenne 42.500 tonnes l’an (base 1995) contre 9.000 tonnes pour la pêche
maritime. Les produits de pêche ont rapporté en 1995 aux communautés rurales près de
30 milliards de francs CFA. On note plus de pêcheurs sur les eaux intérieures qu’en mer,
ce qui accroît par voie de conséquence la pression sur les lacs et lagunes, sur les plaines
Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 120
d’inondation et autres points d’eau. Certaines techniques de pêche en enclos de
branchages telles que les « Acadjas » occasionnent la destruction des recrus forestiers des
jachères environnantes à concurrence de 70.000 m3 de bois pour la construction d’un
hectare d’Acadja. En dépit de cette richesse en ressources halieutiques, le Bénin
importe12.200 tonnes de poissons congelés par an .
- Les productions animales par les techniques traditionnelles, sont basées essentiellement
sur l’exploitation des ressources naturelles. Ainsi, l’élevage des ruminants en général est
lié à l’existence de vastes parcours très convoités par les troupeaux transhumants venant
des régions sahéliennes. Le non respect de la réglementation sur les aires protégées
provoque souvent une utilisation concurrente de ces espaces protégés pour la faune
sauvage par les troupeaux domestiques.
- Les plantes médicinales constituent des sources de revenus dans les grandes
agglomérations où ceux qui se soignent par la phytothérapie sont obligés de débourser de
l’argent pour se procurer les espèces désirées. Les revenus générés pour les acteurs de
cette filière sont encore mal connus mais l’on note de plus en plus de professionnels
phytothérapeutes au Bénin. Dans les campagnes où les pouvoirs d’achat sont souvent très
faibles, l’accès à la phytothérapie permet de réduire les frais de traitement de certaines
maladies et les communautés rurales peuvent ainsi faire économie de leurs maigres
revenus.
- Bien d’autres produits de la nature font l’objet de petit commerce dans les terroirs ou vers
dans les grands centres. Ce sont les fibres, les fruits, les légumes, le miel, etc.
Il existe plusieurs textes (lois et arrêtés d’application) qui ont été adoptés pour assurer la
conservation des ressources biologiques au Bénin. La République du Bénin a aussi adhéré à
plusieurs conventions internationales ayant pour buts la sauvegarde et la gestion rationnelle des
ressources biologiques. Ce sont en particulier :
Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 121
- La loi N°87-014 du 21 septembre 1987 portant réglementation de la protection de la
nature et de l’exercice de la chasse au Bénin (actualisée et en cours d’adoption).
- Plusieurs autres conventions internationales (Alger en 1968 ; Ramsar en 2000) et autres
textes pris au niveau national pour une meilleure gestion des ressources naturelles.
Ce ne sont donc pas les textes réglementaires qui font défaut, mais plutôt leur application dans la
pratique. Il n’y a pas mille suggestions à faire que celle de créer les meilleures conditions pour
l’application des textes en vue d’une gestion durable des ressources biologiques.
Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 122
CONCLUSION ET PRINCIPALES RECOMMANDATIONS
Diversité biologique
Les travaux de cette première monographie nationale de la diversité biologique ont permis de
faire le constat de grandes lacunes dans la connaissance sur la diversité biologique au Bénin. Les
micro-organismes sont d’une manière générale peu étudiés. Il en est de même des écosystèmes
marins. Les données disponibles sont dans la plupart des cas peu accessibles et partant donc peu
valorisées. A l’issue des résultats d’inventaires de connaissances, on peut présenter les
statistiques suivantes :
- Virus 12,
- Bactéries 9,
- Phytoplanctons d’eau douce 57 espèces,
- Zooplanctons d’eau douce 19 genres (17 espèces identifiées),
- Phytoplanctons marins 35 genres,
- Grandes algues marines 13 genres,
- Protozoaires 60 espèces,
- Helminthes 135 espèces,
- Arachnides 28 espèces,
- Myriapodes 2 espèces,
- Acariens parasites 11 espèces,
- Insectes 2592 espèces,
- Champignons supérieurs 248 espèces,
- Plantes supérieures indigènes environ 3000 espèces,
- Phanérogames marins 4 genres,
- Fruitiers indigènes 128 espèces,
- Fruitiers exotiques 40 espèces,
- Plantes médicinales 814 espèces,
- Plantes ornementales indigènes 225 espèces,
- Plantes ornementales exotiques 266 espèces,
- Essences forestières indigènes plantées 56 espèces,
- Essences exotiques d’afforestation 15 espèces,
- Plantes envahissantes introduites 5 espèces,
- Plantes fourragères indigènes 40 espèces,
- Plantes fourragères exotiques 41 espèces,
- Jardins botaniques 2,
- Arboretums aménagés 4,
- Poissons d’eaux douce et saumâtre 180 espèces (40 espèces disparues),
- Crustacés d’eaux douce et saumâtre 11 espèces,
- Poissons marins 449 espèces,
- Crustacés marins (4 espèces de crevette pêchées),
- Lézards 7 espèces,
- Crocodiles 2 espèces,
- Tortues 7 espèces (5 espèces marines),
- Serpents 66 espèces,
- Amphibiens 15 espèces,
- Grands mammifères (de plus de 5 kg), 47 espèces (10 espèces menacées, 1 espèce de
primate endémique, 1 espèce d’antilope probablement disparue),
- Rongeurs sauvages 51 espèces,
- Chiroptères 32 espèces,
Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 123
- Plantes domestiquées cultivées 7 grandes catégories et 4895 accessions,
- Bovins domestiques 2 espèces et 3 races indigènes (1 race déjà éteinte),
- Bovins domestiques introduites 2 espèces et 7 races,
- Ovins domestiques 1 espèce et 5 races (2 races indigènes),
- Caprins domestiques 1 espèce et 2 races,
- Porcin domestique 1 espèce et 3 races (1 race indigène),
- Equidae domestiques 2 espèces,
- Rongeurs et lagomorphes domestiques 2 espèces,
- Volaille 6 espèces,
- Parcs Nationaux 2,
- Zones cynégétiques 3,
- Réserve de Biosphère 1,
- Forêts classées 38,
- Forêts sacrées 2940,
- Aires protégées domaniales 1.357.050 ha soit 12 % du territoire national,
- Jardin zoologique (en cours de réalisation).
Principales recommandations
Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 124
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Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 126
ANNEXE 2 : Liste et état des forêts classées, périmètres de reboisement, parcs nationaux
et zones cynégétiques du Bénin
FORETS CLASSEES
DEPARTEMENTS NOM SUPERFICIE A OBSERVATIONS
L’ORIGINE (ha)
BORGOU-ALIBORI TOUI-KILIBO 27.030 En cours de réhabilitation
TCHAOUROU 1.100 A réévaluer
TCHATCHOU-GOKANA 2.000 "
BOKO 300 "
N’DALI 4.721 "
OUENOU-BENOU 30.000 "
OUEME SUPERIEUR 107.542 "
ALIBORI SUPERIEUR 224.200 "
OUARI-MARO 50.000 "
TROIS RIVIERES 259.500 "
SAKAROU 240 "
SOTA 43.000 A fait l’objet d’un projet
GOUNGOUN 73.200 "
GUENE 1.300 "
TOTAL 824.133
ATACORA-DONGA MONTS KOUFFE 180.300 Installation anarchique des agriculteurs nationaux et togolais ; 1/3 occupé.
Exploitation frauduleuse de bois d’œuvre (surtout Khaya). Réserve partielle de
faune.
BASSILA 2.500 Pratiquement inexistante ; il reste seulement des plantations et quelques
galeries. Fait l’objet d’un projet (PRRF de Bassila)
KILIR 50 A évaluer
BELEFOUNGO 1.300 "
DOUNGA 250 "
SAOUBOUKRO 84 "
PENESSOULOU 5.470 Reste moins du 1/3 dont une partie reboisée en anacardiers.
BIRNI 3.200 Pratiquement disparue. Reste une partie reboisée en teck et anacardiers.
MEKROU 9.350
COLLINES DE KOUANDE 4.560 Intacte en raison de sa position dans des grès schisteux incultivables.
ALIBORI SUPERIEUR 31.300 Peu attaqué parce que loin des centres de population
(partie)
OUEME SUPERIEUR 35.000 Forte pression de la part des agriculteurs – Réserve totale de flore.
(partie)
TOTAL 273.364
Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 127
ATLANTIQUE-LITTORAL OUEDO 586 127 ha de plantation de teck et 110 ha de Cassia siamea.
PAHOU 765 Anciennes plantations de filao (50 ha) d’eucalyptus et de Cassia siamea
(2 ha).
Reboisement de 513 ha par le Projet Plantation de Bois de Feu dans le Sud-
Bénin
LAMA-SUD 8.000 Reboisement en cours par le Projet Plantations de Bois de Feu dans le Sud-
Bénin
DJIGBE 4.300 Environ 3.900 ha de plantations de teck âgées de 30 à 40 ans font l’objet d’un
plan d’aménagement et de travaux d’éclaircie par l’ONAB.
TOTAL 13.651
ZOU-COLLINES AGRIMEY 2.800 2.133 ha plantés en teck entre 1950 et 1960. Ces plantations font l’objet d’un
plan d’aménagement et de travaux d’éclaircie par l’ONAB
LOGOZOHE 1.200 200 ha d’anacardiers plantés qui ont totalement brûlé. Savane boisée très
convoitée.
TOUI KILIBO 22.000 Plantations de teck (200 ha) et d’anacardiers (475 ha). Subit quelques
pressions. Placeaux de recherche par l’Unité de Recherche Forestière.
ACHERIGBE 3.150 Plantation d’environ 150 ha de teck Très convoitée mais bien protégée.
Réserve partielle de faune.
DAN 1.237 Plantation bien suivie de 200 ha de teck : mais pas d’aménagement.
SAVALOU 1.015 Il reste moins de 500 ha. Plantations d’anacardiers en mauvais état.
DASSA-ZOUME 2.645 Forêt de protection. Essais non suivis de diverses essences dont le fraké.
LAMA NORD 8.250 Objet d’un reboisement intensif en essences de bois d’œuvre (surtout le teck)
par le Projet – Développement Forestier.
AGOUA 75.300 Plantation de 482 ha d’anacardiers dont 200 en bois état et une centaine qui ne
produisent guère.
OUEME BOUKOU 20.500 150 ha d’anacardiers en bon état sur 250 plantés à l’origine.
TOTAL 138.097
Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 128
PERIMETRES DE REBOISEMENT
Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 129
PARCS NATIONAUX
TOTAL 777.050
ZONES CYNEGETIQUES
Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 130
RECAPITULATIF
ZOU-COLLINES
- Superficie 138.097 173 138.270
- nombre de massifs (10) (1)
ATLANTIQUE-
LITTORAL 13.651 900 138.270
- Superficie (10) (1)
- nombre de massifs
OUEME-PLATEAU
- Superficies 43.298 1.290
- nombre de massifs (4) (1) 44.588
MONO-COUFFO - - - - -
TOTAUX :
- Superficies 1.292.543 4.162 777.050 580.000 2.653.755
(Nombre de massifs) (44) (7) (2) (3) (56)
% de superficie par
rapport à la superficie 11.48 % 0,04 % 6,90 % 5,15 % 23,56 %
totale du pays
Comme l’indique le tableau récapitulatif, tous les Départements n’ont pas de Parcs Nationaux, de
Zones Cynégétiques et de Périmètres de Reboisement à la fois comme c’est le cas des
Départements de l’Alibori et de l’Atacora.
Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 131
ANNEXE 3 : PROGRAMME DE CONSERVATION ET D’UTILISATION DURABLE
DE LA DIVERSITE BIOLOGIQUE AU BENIN
6. Projet de formation des femmes et des jeunes en gestion sur la valorisation et l’utilisation
des ressources biologiques ;
Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 132
10. Projet de gestion participatif et durable de la DB dans les zones de forte pression
démographique au Bénin ;
7. Projet de création par département d’un centre de petite mécanisation adaptée à nos sols.
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Annexe 4 : Activités et Sous-activités découlant du plan d’action
Activités et sous-activités
• Appuyer les initiatives existantes, notamment celles qui visent à évaluer toutes les
réserves biologiques du Bénin, les doter de plans de développement et soutenir les
institutions et programmes de gestion.
1.1.2. Action 2 : Impliquer les populations locales, et particulièrement les femmes dans les actions de
préservation et de conservation de la diversité biologique.
Activités et sous-activités
Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 134
• Protéger et aménager les plans d’eau.
- Promouvoir l’aquaculture ;
- évaluer le potentiel halieutique des pêcheries ;
- promouvoir la gestion participative des pêcheries ;
- intensifier les actions de contrôle des pêcheries ;
- stabiliser les berges des plans d’eau ;
- renforcer les actions d’organisation des pêcheries ;
- promouvoir le dragage sélectif des plans d’eau ;
- créer des centres piscicoles départemaux.
Activités et sous-activités
1.1.4. Action 4 : Protéger les écosystèmes fragiles ou menacés ou présentant un intérêt particulier.
Activités et sous-activités
Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 135
• Protéger les écosystèmes fragiles.
Il s’agira :
Activités et sous-activités
Il s’agira :
Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 136
1.1.6. Action 6 : Intégrer la problématique de conservation de la diversité biologique dans la stratégie
nationale de réduction de la pauvreté, c’est-à-dire intégrer cette dimension au Document de
Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP).
Activités et sous-activités
• Prendre des initiatives pour appuyer la lutte contre la pauvreté. Cet appui consistera à :
Activités et sous-activités
Activités et sous-activités
• Intensifier le reboisement
Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 137
transfrontalière ;
- identifier et aménager les zones d’accueil ;
- promouvoir la production fourragère.
1.1.9. Action 9 : Améliorer l’exploitation des cours d’eau, les aménager et créer des étangs piscicoles.
Activités et sous-activités
1.1.10. Action 10 : Diversifier les sources d’énergie et les modes de consommation de l’énergie.
Activités et sous-activités
Activités et sous-activités
Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 138
1.1.12. Action 12 : Développer le tourisme cynégétique et de vision
Activités et sous-activités
1.1.13. Action 13 : Renforcer la lutte contre les activités anthropiques destructrices des ressources
biologiques.
Activités et sous-activités
Activités et sous-activités
La réalisation de cette action nécessite la mise en œuvre d’un certain nombre d’activités à
savoir :
Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 139
- de renforcer les battages médiatiques ;
- d’encadrer et assister les organisations de protection de l’environnement ;
- d’actualiser et vulgariser les textes réglementaires ;
- de favoriser une meilleure circulation de l’information.
Activités et sous-activités
• Renforcer les capacités organisationnelles pour une meilleure prise en charge des
actions de conservation.
Il s’agira :
Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 140
1.2.3. Action : Renforcer l’éducation environnementale
Activités et sous-activités
Cette action vise à mieux faire connaître la valeur de la diversité biologique à tous les acteurs
concernés et à tous les niveaux.
Les groupes ciblés par cette action sont en particulier la frange féminine pour son rôle
important dans l’éducation à la base, et la couche juvénile, qui est appelée à assurer la
continuité des actions de la stratégie et du plan d’action.
Pour ce faire, il s’agira de conscientiser les exploitants par la réalisation des sous-activités ci-
après :
2.2.1. Action 1 : Améliorer la participation des populations à la gestion des ressources biologiques, et
suivre la mise en œuvre du plan d’action par un cadre institutionnel viable et durable : le
Secrétariat Technique Permanent (STP).
Activités et sous-activités
• Mettre en place un cadre national unique pour le suivi de la mise en œuvre du plan
d’action et l’équiper ;
Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 141
- renforcer et développer l’appui aux réseaux de collaboration ;
- identifier les besoins en formation et mettre en œuvre un programme de
formation à tous les niveaux ;
- élaborer les programmes de suivi – évaluation des activités sectorielles ;
- présenter un état actualisé sur la DB et élaborer les orientations subséquentes.
-
3.1.1. Action 1 : Valoriser les ressources biologiques, promouvoir la pharmacopée et développer les
plantes médicinales.
Activités et sous-activités
- d’inventorier les usages faits des espèces forestières locales en vue de leur
meilleure connaissance et de leur valorisation ;
- d’identifier et de valoriser les savoirs et savoir-faire traditionnels sur les
espèces en vue de les rendre accessibles à tous les usagers ;
- d’adopter des mesures incitatives en vue d’une meilleure utilisation des
espèces et variétés locales dans le contexte environnemental actuel ;
- de créer un centre de recherche en matière de pharmacopée ;
- de promouvoir les techniques de production et de conservation des produits de
la pharmacopée.
Il s’agit :
Activités et sous-activités
Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 142
Les tâches suivantes seront à exécuter :
Activités et sous-activités
3.1.4. Action 4 : Promouvoir la biotechnologie et des cultures in vitro et mettre en place un cadre de
prévention des risques liés à la biotechnologie
Activités et sous-activités
3.1.5. Action 5 : Réglementer l’accès aux ressources de la diversité biologique, ainsi que leur
exploitation.
Activités et sous-activités
• Mettre en place une législation qui réglemente les prélèvements des éléments de la
diversité biologique, leur exploitation et leur exportation ;
• Impliquer les groupes de pression des Communes dans la gestion de leurs ressources
biologiques ;
• Créer des réserves biologiques communales.
Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la Diversité Biologique au Bénin 143
LISTE DES CARTES PAGES
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