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C2 Fonctions

Le document présente les concepts fondamentaux des fonctions réelles d'une variable réelle, y compris les définitions de fonction, d'image, de bijection, et de graphe. Il aborde également les propriétés des fonctions, telles que la croissance, la parité, la périodicité, et les opérations sur les fonctions. Des exemples et contre-exemples illustrent ces concepts, notamment en ce qui concerne les fonctions usuelles comme la valeur absolue et les fonctions puissances.

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Université de Montpellier HAS101X - Outils Mathématiques 1 2024-25

Chapitre 2 : Fonctions réelles d’une variable réelle

1 Généralités
Définition 1.1 Soit D un sous-ensemble de R (souvent, D est un intervalle ou une
réunion d’intervalles).
On appelle fonction de D dans R toute loi qui, à tout élément x ∈ D (x est appelé
variable de la fonction f ), associe un nombre réel noté f (x) (on dit que f (x) est l’image
de x par f ). On note 
D −→ R
f:
x −→ f (x)
D est appelé ensemble de définition (ou domaine de définition) de f : c’est
l’ensemble des valeurs de x pour lesquelles f (x) est bien défini.
On appelle image de f l’ensemble des nombres réels y qui peuvent s’écrire sous la forme
y = f (x) pour une certaine valeur de x ∈ D. L’image de f est notée Im(f ) ou f (D) :
Im(f ) = f (D) = {f (x) | x ∈ D} = {y ∈ R | ∃x ∈ D, y = f (x)} .
Si x ∈ D et y = f (x), on dit que x est un antécédent de y par f .
On appelle graphe de f l’ensemble des points du plan dont les coordonnées s’écrivent
(x, f (x)) pour une certaine valeur de x ∈ D.
Si f est une fonction de D dans R et que D ′ est un sous-ensemble de D, on appelle
restriction de f à D′ la fonction de D ′ dans R notée f|D′ et définie par:
 ′
D −→ R
f|D′ :
x −→ f (x)
Remarque 1.2
• Si x ∈ D, ne pas confondre l’image de x par f , qui est le nombre réel f (x), et l’image
de f , qui est l’ensemble des images par f de tous les éléments de D.
• Un nombre x ∈ D donné a une unique image par f (à savoir f (x)). Par contre, un
nombre réel y donné peut avoir plusieurs antécédents par f (c’est à dire qu’il peut y
avoir des valeurs de y pour lesquelles l’équation y = f (x), d’inconnue x, a plusieurs
solutions dans D).
Définition 1.3 Soit D ⊂ R et soit f : D −→ R une fonction de domaine D.
On dit que f est bijective de D sur f (D) (ou est une bijection de D sur f (D)) si
tout élément de f (D) admet un unique antécédent par f .
Si f est bijective de D sur f (D), on définit la bijection réciproque de f , et on note
f −1 , la fonction qui à tout élément y de l’image de f associe l’unique antécédent de y par
f.
f (D) −→

R
−1 
f :
y −→ l’unique solution x ∈ D
de l’équation y = f (x)

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Remarque 1.4 Si f est bijective de D sur f (D), alors

(i) Le domaine de définition de f −1 est f (D), son image est D, et f −1 est bijective de
f (D) sur D.

(ii) Dans un repère orthonormé, le graphe de f −1 est le symétrique de celui de f par


rapport à la droite d’équation y = x. En effet, soit (x, y) un point du plan. Dire
que (x, y) appartient au graphe de f signifie que x ∈ D et que x et y sont liés par la
relation y = f (x), ce qui équivaut à dire que y ∈ f (D) et x = f −1 (y), c’est à dire
que (y, x) appartient au graphe de f −1 .

Exemples et contre-exemples.

(i) Soit b ∈ R. On considère la fonction définie sur R par



b R −→ R
f1 : .
x −→ bx

Si b 6= 0, pour tout y ∈ R, l’équation y = f1b (x) a une unique solution dans R, donnée
par x = y/b. Donc l’image de f1b est R (car tout y ∈ R a un antécédent par f1b ) et
f1b est bijective de R sur R (car pour tout y, cet antécédent est unique), la bijection
réciproque étant 
b −1 R −→ R
(f1 ) : .
y −→ y/b
Si b = 0, f10 (x) = 0 pour tout x ∈ R, donc l’image de f10 est le singleton {0}. f10 n’est
pas bijective de R sur {0}, puisque 0 a une infinité d’antécédents par f10 .

(ii) On considère la fonction définie sur R par



R −→ R
f2 :
x −→ x2 .
√ √
Si y > 0, l’équation y = x2 a deux solutions distinctes dans R ( y et − y). Comme
l’équation a (au moins) une solution, on en déduit que ce y est dans l’image de f2 ,
mais comme on a trouvé des valeur de y (une seule suffirait) pour lesquelles l’équation
a plus que une solution, on peut aussi en déduire que f2 n’est pas bijective de R sur
son image.
Si y = 0, l’équation y = x2 (0 = x2 ) a une seule solution, qui est x = 0. Donc 0 est
dans l’image de f2 .
Si y < 0, l’équation y = x2 n’a pas de solution dans R, donc y n’appartient pas à
l’image de f2 .
Au total, l’image de f2 est donc

f2 (R) =]0, +∞[∪{0} = [0, +∞[= R+ .

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On a déjà dit que f2 n’est pas bijective de R sur son image R+ . Par contre, si on
considère la restriction de f2 à R+ , définie par

R+ −→ R
f2 |R+ :
x −→ f2 (x) = x2 ,

on remarque que pour tout y ∈ R+ , l’équation y = x2 a une unique solution dans



R+ (à savoir y), donc f2 |R+ est bijective de R+ sur R+ , et sa bijection réciproque
est 
−1 R+ −→ R+
h2 = (f2 |R+ ) : √
y −→ y,
qui est la fonction racine carrée.

(iii) On considère la fonction définie sur R∗ par


 ∗
R −→ R
g1 :
x −→ x1 ,

Si y 6= 0, l’équation y = x1 a une unique solution donnée par x = y1 . Donc y ∈ g1 (R∗ ).


Si y = 0, 0 = x1 n’a pas de solution dans R∗ , donc 0 6∈ g1 (R∗ ).
On en déduit que l’image de g1 est R∗ , que g1 est bijective de R∗ sur R∗ et que sa
bijection réciproque est g1 elle même.

Définition 1.5 Soit f : Df −→ R une fonction, et soit I ⊂ Df un intervalle. On dit que


f est

• croissante sur I si (x, x′ ∈ I et x 6 x′ ) implique f (x) 6 f (x′ )

• décroissante sur I si (x, x′ ∈ I et x 6 x′ ) implique f (x) > f (x′ )

• strictement croissante sur I si (x, x′ ∈ I et x < x′ ) implique f (x) < f (x′ )

• strictement décroissante sur I si (x, x′ ∈ I et x < x′ ) implique f (x) > f (x′ )

Définition 1.6 Soit f : Df −→ R une fonction définie sur un domaine Df tel que si
x ∈ Df alors −x ∈ Df . On dit que

• f est paire si pour tout x ∈ Df , f (−x) = f (x). Le graphe de f est alors symétrique
par rapport à l’axe des ordonnées.

• f est impaire si pour tout x ∈ Df , f (−x) = −f (x). Le graphe de f est alors


symétrique par rapport à l’origine.

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Exemples

• pour tout b ∈ R, f1b est impaire. f1b est strictement croissante sur R si b > 0,
strictement décroissante si b < 0.

• f2 est paire, strictement décroissante sur R− et strictement croissante sur R+ .

• g1 est impaire, strictement décroissante sur ] − ∞, 0[ et sur ]0, +∞[ (mais pas sur la
réunion R∗ de ces deux ensembles)

Définition 1.7 Soit f : Df −→ R une fonction et T > 0. On suppose que le domaine Df


de f vérifie la propriété : pour tout x ∈ Df , x + T ∈ Df et x − T ∈ Df .
On dit que f est T -périodique si pour tout x ∈ Df , f (x + T ) = f (x).

Définition 1.8 Soit f : Df −→ R et g : Dg −→ R deux fonctions définies sur des


domaines respectifs Df ⊂ R et Dg ⊂ R. Si Df ∩ Dg 6= ∅, on définit leur somme et leur
produit :
 
D f ∩ Dg −→ R Df ∩ Dg −→ R
f +g : , fg :
x −→ f (x) + g(x) x −→ f (x)g(x)

√ 1

x+1
Exercice. Donner les domaines de h(x) = x+ x−1
et k(x) = x+2
.

Définition 1.9 Soit f : Df −→ R et g : Dg −→ R deux fonctions définies respectivement


sur des domaines Df et Dg . On suppose que f (Df ) ⊂ Dg . Alors on définit la fonction
composée de g et f , notée g ◦ f :

Df −→ R
g◦f :
x −→ g(f (x)).

Exemple. Considérons la fonction carrée f2 et la fonction racine carrée h2 , déjà intro-


duites plus haut. On a vu que f2 est définie sur R, et que f2 (R) = R+ , qui est inclus dans
(et même coincide avec) le domaine de définition de h2 . Donc h2 ◦ f2 est définie sur R et
pour tout x ∈ R,


x si x > 0
h2 ◦ f2 (x) = x2 =
−x si x < 0.
h2 ◦ f2 est donc la fonction valeur absolue : ∀x ∈ R, h2 ◦ f2 (x) = |x|. Considérons
maintenant la composition des deux mêmes fonctions, mais dans l’ordre inverse. h2 est
définie sur R+ , f2 est définie sur R, donc f2 ◦ h2 est définie sur R+ , et pour tout x ∈ R+ ,

f2 ◦ h2 (x) = ( x)2 = x.

f2 ◦ h2 est donc la restriction à R+ de la fonction identité (c’est à dire la fonction qui à x


associe x).

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2 Fonctions usuelles
Dans la suite, n désigne un entier strictement positif. Dans les paragraphes qui suivent, on
donne certaines propriétés des fonctions usuelles (valeur absolue, puissances, inverses des
fonctions puissances, racines n−ième, logarithme, exponentielle, cosinus, sinus, tangente,
arccosinus, arcsinus, arctangente). Les tableaux donnés en annexe (fonctions [Link])
récapitulent certaines des propriétés de ces fonctions. On trouvera dans la première colonne
leurs définitions, domaines de définition et leurs images. Dans la troisième colonne, leurs
tableaux de variation. Dans la quatrième, l’allure de leurs graphes. La deuxième colonne
donne leurs dérivées et leurs primitives, qui seront étudiés dans des chapitres ultérieurs du
cours.

2.1 Fonction valeur absolue


On notera que la fonction valeur absolue est paire.

2.2 Fonctions puissances


La fonction fn définie par fn (x) = xn pour tout x ∈ R est impaire si n est impair, paire si
n est pair. En effet, si x ∈ R,

n n n n −fn (x) si n est impair
fn (−x) = (−x) = (−1) x = (−1) fn (x) =
fn (x) si n est pair
Si n est impair, fn est bijective de R sur R. fn n’est pas bijective de R sur R si n est pair.
On peut le justifier par exemple en remarquant que si n est pair,
fn (−1) = (−1)n = 1 = 1n = fn (1),
et donc 1 a deux antécédents distincts (-1 et 1) par fn . On peut aussi remarquer que,
quelle que soit la parité de n, la restriction de fn à R+ (fn |R+ ) est bijective de R+ sur R+ .

2.3 Fonctions inverses des fonctions puissances


On peut vérifier (exercice) que la fonction gn définie sur R∗ par : pour tout x ∈ R∗ ,
1
gn (x) =
xn
(on note aussi gn (x) = x−n ) est paire si n est pair, impaire si n est impair.

2.4 Fonctions racines n-ièmes


A la fin du paragraphe sur les fonctions puissances, on a vu que fn |R+ est bijective de
R+ sur R+ . Notons hn sa bijection réciproque. hn est appelée fonction racine n-ième.
Si y ∈ R+ , x = hn (y) est donc l’unique nombre positif tel que fn (x) = xn = y. Plus

communément, on note hn (y) = y 1/n = n y.

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2.5 Fonction logarithme


Si a > 1, on note ln(a) l’aire (dans un repère orthonormé) de la surface délimitée par les
courbes d’équations x = 1, x = a, y = 0, y = 1/x.

1−
y=
1/
x

x=1
ln a

x=a
|
1 y=0

Si a < 1, on note ln(a) l’opposé de l’aire (dans un repère orthonormé) de la surface délimitée
par les courbes d’équations x = 1, x = a, y = 0, y = 1/x.
y=
1/
x

1−
x=a

− ln a
x=1

|
y=0 1

Ainsi, on a défini la fonction logarithme népérien notée ln. ln(a) est défini pour tout
nombre a ∈ R∗+ =]0, +∞[, le domaine de définition de ln est donc R∗+ .

Propriétés 2.1
(i) ln(1) = 0

(ii) si a, b > 0, ln(ab) = ln(a) + ln(b)

(iii) si a > 0, ln(1/a) = − ln(a)

(iv) si a > 0 et n ∈ Z, ln(an ) = n ln(a)

Démonstration. (i) est évident.


On va donner l’idée de la démonstration de (ii) dans le cas 1 < a < b. Les autres cas
pourraient être traités avec des raisonnements analogues. Pour cela, on va calculer de

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deux manières différentes l’aire A de la surface S délimitée par les courbes d’équations
x = b, x = ab, y = 0, y = 1/x.

1−
y
=
1/
x

S0 S

x = ab
x=a
x=1

x=b
1 y=0 a b ab

D’une part, en utilisant la définition du logarithme vue plus haut, il est facile de voir
que A = ln(ab) − ln(b). Considérons maintenant l’application Tb qui, à tout point (x, y)
du plan, associe le point (bx, y/b). Nous allons voir que l’application Tb a les propriétés
intéressantes suivantes:

a) Tb envoie la courbe C d’équation y = 1/x sur elle-même

b) Tb envoie la surface S0 délimitée par les courbes d’équations x = 1, x = a, y = 0,


y = 1/x sur la surface S

c) Tb transforme la surface S0 en une surface de même aire

Comme l’aire de S0 est ln(a) par définition du logarithme, il découlera des deux dernières
assertions que A = ln(a), et donc que ln(a) = ln(ab) − ln(b), qui est l’égalité voulue. Pour
montrer a), on remarque que (x, y) ∈ C si et seulement si y = 1/x, ce qui équivaut à
y/b = 1/(bx), c’est à dire au fait que (bx, y/b) = Tb (x, y) est un point de C. L’assertion b)
découle de a) et du fait que Tb envoie la droite d’équation x = 1 sur la droite d’équation
x = b, la droite d’équation x = a sur la droite d’équation x = ab et l’axe des abscisses sur
lui-même. Pour c), on remarque qu’un rectangle dont les côtés sont parrallèles aux axes,
de base l et de hauteur h est transformé par Tb en un autre rectangle dont les côtés ont
pour longueurs lb et h/b, et donc de même aire lb ∗ h/b = lh. Si on admet que S0 peut
être recouverte par une infinité de rectangles disjoints de côtés parallèles aux axes, on se
convainc que la propriété c) est vraie.
(iii) vient de (ii) appliqué à b = 1/a, en utilisant aussi (i).
Pour n = 0, l’égalité de l’assertion (iv) n’est rien d’autre que (i). Pour n ∈ N∗ , elle se

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montre par récurrence à partir de (ii), en prenant b = ak pour passer du rang k au rang
k + 1. Pour n < 0, l’égalité se déduit du cas n > 0 et de (iii).

Remarque 2.2
(i) Par construction, la fonction logarithme est strictement croissante sur ]0, +∞[.

(ii) Quand x décrit l’intervalle ]0, +∞[, ”ln x n’a pas de saut”. Autrement dit, une petite
variation de x n’induit qu’une petite variation de ln(x). Comme on le verra au
chapitre suivant, on dit que la fonction ln est continue sur ]0, +∞[.

(iii) ln(x) peut prendre des valeurs arbitrairement grandes, si on prend x suffisament
grand. En effet, prenons par exemple x = 2n où n est un entier. D’après (iv),
ln(x) = ln(2n ) = n ln(2), qui tend vers +∞ quand n tend vers +∞ (car ln(2) > 0).

On verra au chapitre suivant que les faits énoncés dans la remarque précédente ainsi
que le théorème de la bijection réciproque impliquent la propriété suivante:

Propriétés 2.3 La fonction ln est bijective de ]0, +∞[ sur R.

L’allure du graphe de la fonction ln figure dans le tableau donné en annexe.

2.6 Fonction exponentielle


La propriété 2.3 autorise la définition suivante.

Définition 2.4 On appelle e l’unique nombre réel qui vérifie ln(e) = 1. Une valeur ap-
pochée de e est e ≃ 2.718.
On appelle fonction exponentielle la bijection réciproque de ln. On la note expexp. exp
est donc définie sur R, et c’est une bijection de R sur ]0, +∞[.

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Propriétés 2.5
(i) exp(1) = e

(ii) si x, y ∈ R, exp(x + y) = exp(x) exp(y)


1
(iii) si x ∈ R, exp(−x) = exp(x)

(iv) si x ∈ R et n ∈ Z, exp(x)n = exp(nx)

Exercice. Démontrer la propriété 2.5 en utilisant la Propriété 2.1.

Définition 2.6 Soit a ∈]0, +∞[ tel que a 6= 1. Pour x ∈ R, on définit

ax = exp(x ln(a)).

Remarque 2.7 Pour a = e, on a donc exp(x) = ex . On utilisera souvent cette autre


notation pour la fonction exponentielle.

La propriété 2.5 se généralise alors en

Propriétés 2.8 Soit a > 0 tel que a 6= 1. Alors

(i) a1 = a

(ii) si x, y ∈ R, ax+y = ax ay
1
(iii) si x ∈ R, a−x = ax

(iv) si x ∈ R et y ∈ R, (ax )y = axy

Propriétés 2.9 Soit a > 0 tel que a 6= 1. La fonction

R −→ R∗+

expa :
x −→ ax

est bijective de R sur R∗+ .

Démonstration Soit y ∈ R∗+ . Par définition de ax , x ∈ R est solution de l’équation


y = ax si et seulement si y = exp(x ln(a)). Comme ln est bijective de R∗+ sur R, cette
ln(y)
équation équivaut à ln(y) = x ln(a), c’est à dire x = ln(a) . L’équation y = ax a donc une
unique solution, et la bijection réciproque de expa est la fonction logarithme en base a

R∗+ −→ R
loga :
y −→ ln(y)
ln(a)

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2.7 Fonctions trigonométriques


Définition 2.10 Soit x ∈ R et (O, ~u, ~v) un repère orthonormé direct du plan. Soit M le
point du plan défini par
• kOMk~ =1
~ = x (où l’angle est exprimé en radians)
• (~u, OM)
On appelle cosinus de x, et on note cos x, l’abscisse de M.
On appelle sinus de x, et on note sin x, l’ordonnée de M.

tan(x)

sin(x) M

cos(x) 1

Propriétés 2.11
• les fonctions cosinus et sinus sont définies sur R
• les fonctions cosinus et sinus ont [−1, 1] pour image
• les fonctions cosinus et sinus sont 2π-périodiques
• la fonction cosinus est paire, la fonction sinus est impaire
Définition 2.12 Si x ∈ R est tel que cos(x) 6= 0, c’est à dire si x 6= π/2 mod π, on
définit la tangente de x,
sin(x)
tan(x) = .
cos(x)
Propriétés 2.13
• le domaine de définition de la fonction tangente est R\{π/2 + kπ, k ∈ Z}
• l’image de la fonction tangente est R
• la fonction tangente est π-périodique
• la fonction tangente est impaire

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Formules trigos classiques Si a, b, x ∈ R, on a

(i) cos(a + b) = cos a cos b − sin a sin b

(ii) sin(a + b) = sin a cos b + cos a sin b

(iii) cos2 x + sin2 x = 1

(iv) cos(2x) = cos2 x − sin2 x = 1 − 2 sin2 x = 2 cos2 x − 1

(v) sin(2x) = 2 sin x cos x

2.8 Fonctions trigonométriques inverses


Comme on vient de le voir, aucune des trois fonctions cos, sin, tan n’est bijective de
son domaine de définition sur son image. En revanche, en restreignant chacune de ces
fonctions à un intervalle bien choisi, on obtient une bijection de cet intervalle sur l’image
de la fonction.
Ainsi,
cos|[0,π] : [0, π] −→ R
est bijective de [0, π] sur [−1, 1]. On note

arccos : [−1, 1] −→ [0, π]

la bijection réciproque. De la même manière,

sin|[−π/2,π/2] : [−π/2, π/2] −→ R

est bijective de [−π/2, π/2] sur [−1, 1]. On note

arcsin : [−1, 1] −→ [−π/2, π/2]

la bijection réciproque. Enfin,

tan|]−π/2,π/2[ :] − π/2, π/2[−→ R

est bijective de ] − π/2, π/2[ sur R. On note

arctan : R −→] − π/2, π/2[

la bijection réciproque. Les graphes des fonctions trigonométriques inverses figurent dans
les tableaux donnés en annexe.

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3 Limites
3.1 Définitions et premiers exemples
Définition 3.1 Soit f : D −→ R une fonction dont le domaine D contient un intervalle
de type [a, +∞[, où a ∈ R. Soit aussi l ∈ R.

• On dit que f (x) tend vers +∞ quand x tend vers +∞ si on peut garantir que f (x)
soit arbitrairement grand en choisissant x suffisamment grand.
(Plus précisément, ∀M > 0, ∃x1 > a tel que x > x1 =⇒ f (x) > M.)
Dans ce cas, on note lim f (x) = +∞, ou f (x) −→ +∞.
x→+∞ x→+∞

• On dit que f (x) tend vers l quand x tend vers +∞ si on peut garantir que f (x) soit
arbitrairement proche de l en choisissant x suffisamment grand.
(Plus précisément, ∀ε > 0, ∃x1 > a tel que x > x1 =⇒ |f (x) − l| < ε.)
On note lim f (x) = l, ou f (x) −→ l.
x→+∞ x→+∞

Remarque 3.2 On définit de manière analogue les limites quand x tend vers −∞ (rem-
placer ”x suffisamment grand” par ”x suffisamment petit”), et le fait que f ait pour limite
−∞ au lieu de +∞ (remplacer ”f (x) arbitrairement grand” par ”f (x) arbitrairement pe-
tit”).

Remarque 3.3 On peut indifféremment employer les expressions ”f (x) tend vers l quand
x tend vers x0 ” et ”la limite de f en x0 est l”.

Exemples. Si n ∈ N∗ ,

xn −→ +∞, x1/n −→ +∞, ln(x) −→ +∞, exp(x) −→ +∞,


x→+∞ x→+∞ x→+∞ x→+∞

π 1 n +∞ si n est pair
arctan(x) −→ , −→ 0, x −→ , exp(x) −→ 0.
x→+∞ 2 xn x→+∞ x→−∞ −∞ si n est impair x→−∞

Exercice. Montrer que cos(x) n’a pas de limite quand x tend vers +∞.

Définition 3.4 Soit f : D −→ R une fonction dont le domaine D contient un intervalle


de type ]a, b[, où a, b ∈ R. Soit aussi l ∈ R.

• On dit que f (x) tend vers +∞ quand x tend vers a par valeurs supérieures (ou par la
droite) si on peut garantir que f (x) soit arbitrairement grand en choisissant x ∈]a, b[
suffisamment proche de a.
(Plus précisément, ∀M > 0, ∃x1 ∈]a, b[ tel que x ∈]a, x1 [ =⇒ f (x) > M.)
On note lim+ f (x) = +∞, ou f (x) −→+ +∞, ou lim f (x) = +∞.
x→a x→a x→a
x>a

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• On dit que f (x) tend vers l quand x tend vers a par valeurs supérieures si on peut
garantir que f (x) soit arbitrairement proche de l en choisissant x ∈]a, b[ suffisamment
proche de a.
(Plus précisément, ∀ε > 0, ∃x1 ∈]a, b[ tel que x ∈]a, x1 [ =⇒ |f (x) − l| < ε.)
On note lim+ f (x) = l, ou f (x) −→+ l, ou lim f (x) = l.
x→a x→a x→a
x>a

Remarque 3.5 On définit de manière analogue la limite de f (x) quand x tend vers b par
valeurs inférieures (ou par la gauche), notée (quand elle existe) lim− f (x) , et le fait que f
x→b
ait pour limite −∞ au lieu de +∞.

Exemples. Si n ∈ N∗ ,

−n −n +∞ si n est pair
x −→ +∞, x −→
x→0+ x→0− −∞ si n est impair

ln(x) −→+ −∞, tan(x) −→


π+
−∞, tan(x) −→
π−
+∞,
x→0 x→ 2 x→ 2

Si x0 ∈ R,
lim+ ex = lim− ex = ex0 .
x→x0 x→x0

Considérons la fonction partie entière E, définie pour x ∈ R par



 ···
 −1 si −1 6 x < 0

0 si 0 6 x < 1
E(x) = 1 si 1 6 x < 2

 2 si 2 6 x < 3

···

Alors lim E(x) = 0, lim E(x) = 1.


x→1 x→1
x<1 x>1

Définition 3.6 Soit f : D −→ R une fonction dont le domaine D contient un ensemble


de type ]a, b[∪]b, c[, où a, b, c ∈ R. Soit aussi l ∈ R ∪ {−∞, +∞}.
On dit que f (x) tend vers l quand x tend vers b si lim+ f (x) = lim− f (x) = l (c’est à dire :
x→b x→b
les limites à gauche et à droite de b existent toutes les deux et valent toutes les deux l).
On note limf (x) = l, ou f (x) −→ l.
x→b x→b

Remarque 3.7 On notera que la définition de limite donnée ici ne prend pas en compte la
valeur de f (b), dans le cas où f est définie en x = b. La limite telle qu’elle est définie ici est
parfois appelée ”limite épointée” et peut être notée lim f (x) pour éviter les ambiguités.
x→b
x 6= b

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Exemples. Si n ∈ N∗ et a ∈ R,

n n 1 = +∞ si n est pair
x −→ a , lim n , lim E(x) n’existe pas.
x→a x→0 x n’existe pas si n est impair x→1

sin(x)
Soit f la fonction définie pour x ∈ R∗ par f (x) = x
. Alors

lim f (x) = 1.
x→0

Soit g la fonction définie pour x ∈ R∗ par g(x) = cos(1/x). Alors g n’a pas de limite quand
x → 0.

3.2 Opérations sur les limites


Les tableaux ci-dessous donnent des règles (quand elles existent) permettant de trouver la
limite de la somme, du produit ou du quotient de deux fonctions à partir des limites de
ces deux fonctions. Ils pointent aussi les formes indéterminées, qui sont les cas où la
seule donnée de la limite des deux fonctions ne permet pas de déterminer la limite de leur
somme, de leur produit ou de leur quotient. Les conditions x → a apparaissant dans ces
tableaux peuvent indifféremment être remplacées par x → a+ ou x → a− .
Soit a ∈ R ∪ {±∞}, soit l, b ∈ R. Connaissant la limite de f en a, le tableau suivant
donne la limite de f (x) + b et bf (x) quand x tend vers a.

lim f (x) l +∞ −∞
x→a
lim (f (x) + b) l+b +∞ −∞
x→a
si b > 0 lim bf (x) bl +∞ −∞
x→a
si b < 0 lim bf (x) bl −∞ +∞
x→a

3.2.1 Limite d’une somme de fonctions.


Soit a ∈ R ∪ {±∞} et l, l′ ∈ R. Alors lim (f + g)(x) est donnée par le tableau suivant:
x→a

lim f (x)
x→a l +∞ −∞
lim g(x)
x→a
l′ l + l′ +∞ −∞
+∞ +∞ ?
−∞ −∞

La case contenant un point d’interrogation est une forme indéterminée. Cela ne signifie
pas que la limite de f + g n’existe pas, mais qu’on ne peut rien dire sur la limite éventuelle

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de f + g en sachant seulement que la limite de f est −∞ et que celle de g est +∞. Pour
le mettre en évidence, considérons la fonction f définie sur R par

∀x ∈ R, f (x) = −x, de sorte que lim f (x) = −∞,


x→+∞

et les quatre fonctions définies par


x
∀x ∈ R, g1 (x) = , g2 (x) = 2x, g3 (x) = x + 1, g4 (x) = x + sin(x),
2
de sorte que pour i = 1, 2, 3, 4, on a bien

lim gi (x) = +∞.


x→+∞

Alors

lim (f + g1 )(x) = −∞, lim (f + g2 )(x) = +∞, lim (f + g3 )(x) = 1,


x→+∞ x→+∞ x→+∞

lim (f + g4 )(x) n’existe pas.


x→+∞

3.2.2 Limite d’un produit de fonctions.


Soit a ∈ R ∪ {±∞} et l, l′ ∈ R. Alors lim (f g)(x) est donnée par le tableau suivant:
x→a

lim f (x)
x→a
l>0 l<0 0 +∞ −∞
lim g(x)
x→a
l′ > 0 ll′ ll′ 0 +∞ −∞
l′ < 0 ll′ 0 −∞ +∞
0 0 ? ?
+∞ +∞ −∞
−∞ +∞

Le fait qu’une fonction tende vers 0 et qu’une autre tende vers l’infini est une information
insuffisante pour déterminer la limite de leur produit : les exemples suivants montrent que
tout peut se produire.

Exemples.

sin(x)
lim x2 · x−1 = +∞, lim x · x−2 = 0, lim 2x · x−1 = 2, lim x · n’existe pas.
x→+∞ x→+∞ x→+∞ x→+∞ x

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3.2.3 Limite de l’inverse d’une fonction.


Soit a ∈ R ∪ {±∞} et l ∈ R∗ . Le tableau suivant donne la limite en a de 1/f , connaissant
la limite de f .
lim f (x) l 6= 0 0+ 0− ±∞ 0
x→a
lim 1 (x) 1
+∞ −∞ 0 ?
x→a f l

Les limites quand x → 0 de x4 , x3 , −x4 valent toutes 0. On a pourtant des résultats


différents pour leurs inverses:
1 1 1
lim = +∞, lim n’existe pas, lim = −∞
x→0 x4 x→0 x3 x→0 −x4

3.2.4 Limite du quotient de deux fonctions.


Soit a ∈ R ∪ {±∞} et l, l′ ∈ R∗ . Alors lim fg (x) est donnée par le tableau suivant (comme
x→a
f 1
g
= f · ces résultats sont des conséquences de ceux qui donnent la limite d’un produit
g
,
d’une part, et la limite de l’inverse d’autre part):

lim f (x)
x→a
l>0 l<0 0 +∞ −∞
lim g(x)
x→a
l′ > 0 l/l′ l/l′ 0 +∞ −∞
l′ < 0 l/l′ l/l′ 0 −∞ +∞
±∞ 0 0 0 ? ?
0+ +∞ −∞ ? +∞ −∞
0− −∞ +∞ ? −∞ +∞

3.2.5 Lever l’indétermination dans le calcul de la limite d’une fraction.


Quand on cherche la limite d’une fraction qui est une forme indéterminée, une méthode qui
marche souvent pour lever l’indétermination consiste à réécrire la quantité dont on cherche
la limite en mettant en facteurs les ”plus gros termes” au numérateur et au dénominateur.
3 2 +1
Par exemple, pour trouver lim x x+x 2 +1 , on écrit que pour tout x > 0,
x→+∞

x3 + x2 + 1 x3 (1 + 1/x + 1/x3 ) 1 + 1/x + 1/x3


= = x ,
x2 + 1 x2 (1 + 1/x2 ) 1 + 1/x2

et donc
x3 + x2 + 1 1 + 1/x + 1/x3
lim = lim x = +∞.
x→+∞ x2 + 1 x→+∞ 1 + 1/x2

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3.2.6 Résultats de croissances comparées.


Lorsqu’une forme indéterminée résulte d’une compétition entre une fonction puissance et
un logarithme, ou entre une fonction exponentielle et une fonction puissance, on peut lever
l’indétermination en utilisant l’un des résultats suivants. Soit n > 0 (entier ou non). Alors
ln(x)
lim+ xn ln(x) = 0, lim = 0,
x→0 x→+∞ xn
ex
lim = +∞, lim |x|n ex = 0.
x→+∞ xn x→−∞

Ces limites peuvent se mémoriser en se rappelant que ”les puissances l’emportent sur le
logarithme” et que ”l’exponentielle l’emporte sur les puissances”.

3.2.7 Limite de la composée de deux fonctions.


Soit x0 , y0 , l ∈ R ∪ {±∞}, et soit f et g deux fonctions.

Si lim f (x) = y0 et lim g(y) = l, alors lim g ◦ f (x) = l.


x→x0 y→y0 x→x0

On a implicitement supposé que f (x) est définie pour x ”à proximité de x0 ”, c’est à dire
pour x dans un intervalle du type ]x0 , a] ou du type [a, x0 [ (où a ∈ R), ou dans un ensemble
du type [x0 − ε, x0 [∪]x0 , x0 + ε] où ε > 0, et que g(y) est définie pour y à proximité de y0
(pour y dans un ensemble du type ]y0 , b] ou [c, y0[ ou [c, y0 [∪]y0 , b] auquel appartient f (x)
quand x est proche de x0 ).

Exemples.

lim (−x) = −∞ et lim exp(y) = 0, donc lim exp(−x) = 0,


x→+∞ y→−∞ x→+∞

lim (−x) = +∞ et lim exp(y) = +∞, donc lim exp(−x) = +∞.


x→−∞ y→+∞ x→−∞

On finit ce chapitre en énonçant un résultat qui peut être utile pour déterminer certaines
limites :

3.2.8 Théorème des gendarmes


Théorème 3.8 Soit a ∈ R ∪ {±∞}, et f, g, h trois fonctions définies à proximité de a.
• Si pour x à proximité de a, g(x) 6 f (x) 6 h(x) et si lim g(x) = lim h(x) = l (où
x→a x→a
l ∈ R), alors lim f (x) = l.
x→a

• Si pour x à proximité de a, g(x) 6 f (x) et si lim g(x) = +∞, alors lim f (x) = +∞.
x→a x→a

• Si pour x à proximité de a, f (x) 6 h(x) et si lim h(x) = −∞, alors lim f (x) = −∞.
x→a x→a

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Exemples
sin(x3 )
(i) Pour x > 1, on a − x1 6 6 x1 . De plus, lim − x1 = lim 1
 
x x
= 0. Donc le
x→+∞ x→+∞
théorème des gendarmes assure que

sin(x3 )
lim = 0.
x→+∞ x

(ii) Pour tout x ∈ R, x + 4 sin(x) > x − 4. De plus, lim (x − 4) = +∞. Donc, d’après
x→+∞
le théorème des gendarmes, lim (x + 4 sin(x)) = +∞.
x→+∞

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