PT 2021 – 2022 Mathématiques – Cours
Chapitre 20: Coniques
Dans tout le chapitre, on se place dans le plan rapporté à un repère orthonormé (O,~i, ~j).
1 Coniques du plan
Définition 1.1
On appelle conique l’ensemble des points du plan dont les coordonnées (x, y) vérifient :
(E) : αx2 + 2βxy + γy 2 + δx + εy + σ = 0
où α, β, γ, δ, ε, σ sont des réels et (α, β, γ) 6= (0, 0, 0).
Remarque 1.2
On appelle parfois, dans la définition précédente, αx2 + 2βxy + γy 2 la partie quadratique de (E)
et δx + εy la partie linéaire.
Remarque 1.3
Ces courbes sont appelées coniques car il s’agit de la courbe obtenue par l’intersection d’un cône de
révolution avec un plan dans l’espace.
Dans toute la suite, on fixe α, β, γ, δ, ε, σ sont des réels et (α, β, γ) 6= (0, 0, 0) et on note
(E) : αx2 + 2βxy + γy 2 + δx + εy + σ = 0
et C l’ensemble des points du plan qui vérifient cette équation.
1 a) Équation réduite d’une conique
On va réécrire l’équation (E) dans un repère adapté pour simplifier l’étude de C .
Proposition 1.4
Il existe un repère orthonormé du plan dans lequel, si on note (x0 , y 0 ) les coordonnées d’un point M
du plan dans ce nouveau repère, on a :
M ∈ C ⇐⇒ α0 x02 + β 0 y 02 + 2γ 0 x0 + 2δ 0 y 0 + ε0 = 0.
où (α0 , β 0 ) ∈ R2 \ {(0, 0)} sont les valeurs propres de
!
α β
A= ,
β γ
les axes du nouveau repère sont les sous-espaces propres de A et γ 0 , δ 0 et ε0 sont des réels fixés.
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Proposition 1.5
On considère les notations de la proposition précédente. Il existe un repère orthonormé du plan
dans lequel, en notant (X, Y ) les coordonnées d’un point M du plan dans ce repère, on a :
— si det(A) 6= 0 : M ∈ C ⇐⇒ α0 X 2 + β 0 Y 2 = K ;
— si det(A) = 0 : M ∈ C ⇐⇒ X 2 = KY ou X 2 = K ;
avec K une constante réelle. Les équations précédentes sont appelées : équation réduite de la
conique.
Dans toute la suite, on se place dans ce nouveau repère qu’on note (Ω, ~u, ~v ) dans lequel l’équation
de la conique a été réduite.
1 b) Centre d’une conique
Proposition 1.6
Lorsque C possède pour équation réduite α0 X 2 + β 0 Y 2 = K, elle possède un centre de symétrie
appelé centre de la conique.
Théorème 1.7
Si α0 et β 0 sont tous deux non nuls, la courbe C a un centre de symétrie Ω et un seul.
Exemple 1.8
Déterminer si la conique d’équation 2x2 + 4xy + 3y 2 + 2x = 5 possède un centre.
2 Étude des coniques
2 a) Coniques à centre
Dans cette partie, on suppose que C est la courbe d’équation : α0 X 2 + β 0 Y 2 = K.
Proposition et définition 2.1
On suppose que α0 et β 0 sont strictement positifs.
— Si K < 0, la conique est vide.
— Si K = 0, la conique est réduite à un point.
— Si K > 0, il existe a et b des réels strictement positifs tel que C est la courbe d’équation :
X2 Y 2
+ 2 =1
a2 b
et, dans ce cas, la conique est appelée ellipse.
Remarque 2.2
Le cas précédent permet également de traiter le cas α0 et β 0 strictement négatifs en changeant le signe
de K.
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Proposition et définition 2.3
On suppose que α0 > 0, β 0 < 0 et K > 0.
— Si K = 0, la conique est la√réunion des√deux droites sécantes d’équation : AX + BY = 0
et AX − BY = 0 avec A = α0 et B = −β 0 .
— Si K > 0, il existe a et b des réels strictement positifs tel que C est la courbe d’équation :
X2 Y 2
− 2 =1
a2 b
et, dans ce cas, la conique est appelée hyperbole.
Remarque 2.4
Le cas précédent permet de traiter de façon générale le cas où α0 < 0 et β 0 > 0 ainsi que les différents
signes possibles pour K (il suffit pour cela d’effectuer une rotation du repère d’angle π/2).
2 b) Coniques ne possédant pas de centre
Dans cette partie, on suppose que C est la courbe d’équation : X 2 = KY ou la courbe d’équa-
tion X 2 = K.
Proposition 2.5
Lorsque K = 0, C est une droite.
Proposition 2.6
Lorsque K = 6 0 et que C est la courbe d’équation X 2 = K, la conique est vide si K < 0 ou la
conique est la réunion de deux droites parallèles si K > 0.
Proposition 2.7
Lorsque K 6= 0 et que C est la courbe d’équation X 2 = KY , on dit que C est une parabole.
Remarque 2.8
L’axe de la parabole est le sous-espace propre associé à la valeur propre 0.
3 Étude de l’ellipse et de l’hyperbole
3 a) Ellipse
On suppose que E = C est une ellipse d’équation :
X2 Y 2
+ 2 =1
a2 b
où a, b sont des réels strictement positifs.
Proposition 3.1
La conique E admet la représentation paramétrique :
(
X = a cos(t)
, t ∈ [0, 2π[.
Y = b sin(t)
Le point Ω est un centre de symétrie de E . Les droites passant par Ω et dirigées respectivement
par ~u et ~v sont des axes de symétrie.
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Remarque 3.2
Lorsque a = b, E est un cercle.
Définition 3.3
Lorsque a > b > 0, ~u est appelé grand axe de l’ellipse et ~v petit axe de l’ellipse.
Proposition et définition 3.4
Les points A(a, 0), A0 (−a, 0), B(0, b) et B 0 (0, −b) sont appelés sommets de E . Les tangentes à E
en A et A0 sont verticales, celles en B et B 0 , horizontales.
On a le dessin suivant : Y
b
−a a
Ω X
−b
3 b) Hyperbole
On suppose que H = C est une hyperbole d’équation :
X2 Y 2
− 2 =1
a2 b
où a, b sont des réels strictement positifs.
Proposition 3.5
Les branches de l’hyperbole H admettent les représentations paramétriques :
(
X = ±a ch t
, t ∈ R.
Y = b sh t
Le point Ω est un centre de symétrie de H . Les droites passant par Ω et dirigées respectivement
par ~u et ~v sont des axes de symétrie.
Définition 3.6
Le vecteur ~u est appelé axe de l’hyperbole.
Proposition et définition 3.7
Les points A(a, 0), A0 (−a, 0) sont appelés sommets de H . Les tangentes à H en A et A0 sont
b b
verticales. La courbe H admet deux asymptotes d’équations Y = X et Y = − X
a a
Exemple 3.8
Déterminer une équation de la tangente en un point de l’hyperbole.
Proposition 3.9
Dans le repère normé porté par les asymptotes, H a une équation du type xy = k où k est une
constante. Réciproquement, toute équation de ce type est celle d’une hyperbole d’asymptotes (Ox)
et (Oy).
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On a le dessin suivant :
−a a
Ω X
4 Théorème de classification
Méthode 4.1
L’étude d’une conique du plan est généralement menée de la façon suivante (on utilise les différentes
notations du cours) :
1. on détermine les valeurs propres de la matrice A (notamment leurs signes) ;
2. on calcule, lorsqu’il y en a un, les coordonnées du centre Ω ;
3. on calcule les sous-espaces propres pour connaître le ou les axes éventuels (les sous-espaces propres
sont orthogonaux) ;
4. on écrit l’équation réduite de la conique ;
5. on cherche les directions asymptotiques dans le cas d’une hyperbole et les tangentes verticales et
horizontales ;
6. on donne finalement les caractéristiques et le type de conique dont il s’agit.
Exemple 4.2
Déterminer la nature de la conique d’équation 25x2 − 14xy + 25y 2 + 64x − 64y − 224 = 0.
On a le théorème suivant qui résume ce cours ainsi que le tableau qui suit :
Théorème 4.3
On considère la conique C d’équation
(E) : αx2 + 2βxy + γy 2 + δx + εy + σ = 0
et on pose L = β 2 − αγ. On a les cas suivants :
1. si L < 0, C est une ellipse, un point ou l’ensemble vide ;
2. si L = 0, C est une parabole, une droite, la réunion de deux droites parallèles ou l’ensemble
vide ;
3. si L > 0, C est une hyperbole ou la réunion de deux droites.
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Nature Équation réduite Paramétrage Représentation
Y
(
Ellipse X2 Y2 x = a cos(t)
a2
+ b2
=1
y = b sin(t) X
(
Hyperbole X2
− Y2
=1 x = ±a ch(t)
a2 b2
y = b sh(t) X
Y
(
Parabole X 2 = KY x=t
t2
y=K
X
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