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Glossaire-Introduction Au Droit

Ce document présente un glossaire des termes juridiques essentiels pour la compréhension du droit et la réussite des examens. Il inclut des définitions simples de concepts variés, allant de l'administration à l'assentiment, en passant par des notions comme l'arbitraire et la capacité juridique. Ce glossaire vise à réduire les confusions terminologiques et à faciliter l'apprentissage des étudiants en droit.

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Glossaire-Introduction Au Droit

Ce document présente un glossaire des termes juridiques essentiels pour la compréhension du droit et la réussite des examens. Il inclut des définitions simples de concepts variés, allant de l'administration à l'assentiment, en passant par des notions comme l'arbitraire et la capacité juridique. Ce glossaire vise à réduire les confusions terminologiques et à faciliter l'apprentissage des étudiants en droit.

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INTRODUCTION AU DROIT, Y COMPRIS LES ASPECTS SOCIOLOGIQUES DU

DROIT

GLOSSAIRE

Présentation : Ce glossaire reprend différents termes dont la maîtrise est utile à la


compréhension du cours et donc à la réussite de l’examen. L’expérience montre
qu’une partie non négligeable des échecs observés lors des différentes sessions
d’examens est imputable à des difficultés de vocabulaire ainsi qu’à des confusions
terminologiques. Ce glossaire vise à anticiper un tel risque en offrant aux étudiants
des définitions accessibles des termes auxquels renvoie constamment le cours. Si
certains de ces termes font partie du vocabulaire général qui doit être maîtrisé par
des étudiants de première année, d’autres renvoient à des notions plus spécifiques
directement liées au contenu de la matière vue au cours.

Remarque : Ce glossaire propose des définitions simples qui s’étofferont au fur à


mesure du cours. Il facilite la compréhension de la matière enseignée mais il ne
constitue en rien un support suffisant à la réussite de l’examen. En outre, il est
indispensable, en cas de lacune, de se référer également au dictionnaire, afin de
mieux appréhender la compréhension des termes non-juridiques.

A
Absolu : adjectif qui signifie sans limite ou restriction. Syn. : discrétionnaire. Par
extension, le terme absolutisme désigne un régime politique au sein duquel le
détenteur du pouvoir l’exerce sans limite ni contrôle extérieur.
Exemple : dans un régime où les autorités publiques sont soumises au contrôle du
juge, le pouvoir qu’elles détiennent n’est pas absolu.

Administration : l’administration est l’ensemble des personnes morales de droit


public (État, collectivités territoriales, etc.) et des personnes physiques à leur
service (fonctionnaires, agents contractuels, etc.), qui assurent la satisfaction de
l’intérêt général. À cet effet, l’administration adopte des actes administratifs, en
exécution des lois, et est l’instrument d’exécution des décisions politiques des
titulaires du pouvoir exécutif.
Exemples : l’administration communale d’Ixelles est constituée de l’ensemble des
agents de la commune d’Ixelles chargés de répondre, sous l’autorité du Collège des
Bourgmestre et Echevins et le contrôle du Conseil communal, aux besoins de la
collectivité locale. La Direction pour l’Immatriculation des Véhicules est une unité
du Service Public Fédéral de la mobilité qui délivre les plaques minéralogiques ; il
s’agit d’une administration fédérale, qui agit sous l’autorité du ministre fédéral en
charge de la mobilité.
Affaires courantes : dans la période située entre la démission de l’ancien
gouvernement et la nomination du nouveau gouvernement, l’ancien
gouvernement reste au pouvoir. Sa compétence se limite alors au traitement de ce
que l’on appelle les “affaires courantes”, qui consistent notamment à prendre les
mesures qui revêtent un caractère d’urgence et à liquider les affaires de routine.
La nécessaire continuité de la gestion politique implique que les ministres
continuent de gouverner. On parle dès lors de “gouvernement en affaires
courantes”.
Exemple : les Gouvernements Michel II (9 décembre 2018-27 octobre 2019) et
Wilmès I (27 octobre 2019-17 mars 2020) ont continué à fonctionner après les
élections législatives du 26 mai 2019, aux termes desquelles aucun accord ne
semblait aboutir pour mettre sur pied un nouveau gouvernement. Dès lors, ces
deux Gouvernements ont-ils continué à gérer les questions politiques essentielles;
il s’agissait de gouvernements en affaires courantes.

Annulation : opération juridique consistant à réduire à néant, avec effet


rétroactif, un acte de l’administration ou une norme législative. La norme annulée
est alors fictivement supposée n’avoir jamais existé.
Exemple : en Belgique, la Cour constitutionnelle peut prononcer l’annulation de
lois, de décrets ou d’ordonnances, soit des actes adoptés par le pouvoir législatif de
chacune des composantes de l'État fédéral. De son côté, le Conseil d’État peut
annuler des actes adoptés par les autorités administratives. Dans les deux cas,
l’acte annulé sera réputé n’avoir jamais été adopté.

Appel : acte consistant pour une partie à un procès, dans le cadre d’un litige
examiné une première fois par une juridiction et ayant abouti à une décision
considérée comme non satisfaisante, à solliciter que son affaire soit examinée une
deuxième fois, par une juridiction supérieure à la première, et qui pourra
substituer sa propre décision à celle rendue en premier lieu (on parle d’“interjeter
appel”). Le cas échéant, on dit alors que la juridiction d’appel a “réformé” la
première décision.
Exemple : la Cour d’appel connaît des appels introduits contre des jugements
rendus par le Tribunal de première instance. La Cour du travail connaît des appels
introduits contre des jugements prononcés par le Tribunal du travail.

Applicabilité directe (du droit international) : → voir Effet direct

Arrêt : on parle généralement d’arrêt pour nommer les décisions de justice


rendues par les juridictions supérieures du Royaume que sont les cours d’appel,
les cours du travail et la Cour de cassation. L’arrêt est également le nom que
portent les décisions rendues par la Cour constitutionnelle et par la section du
contentieux administratif du Conseil d’État. Ne doit pas être confondu avec
Arrêté. → voir aussi Conseil d’État; Cour ; Cour constitutionnelle

Arrêté :
Arrêté de gouvernement : acte adopté collégialement par le
gouvernement d’une Communauté ou d’une Région, en principe en
exécution d’une norme législative communautaire (décret) ou régionale
(décret ou ordonnance à Bruxelles).

Arrêté ministériel : acte adopté par un ministre du Gouvernement


fédéral ou du gouvernement d’une entité fédérée, en principe sur la base
d’une habilitation figurant dans un arrêté royal ou un arrêté de
Gouvernement. Il s’agit normalement de n’y régler que des détails.

Arrêté royal : acte adopté collégialement par le pouvoir exécutif fédéral,


en principe en exécution d’une loi, et qui aura soit une portée générale
(réglementaire) soit une portée individuelle (par exemple pour désigner un
fonctionnaire).

Arbitraire : adjectif qui vise une décision ou une action qui n’est basée que sur le
bon vouloir de son auteur et non sur des principes qui lui sont extérieurs, tels que
des principes juridiques, moraux, philosophiques ou logiques. On dit d’une
administration qu’elle verse dans l’arbitraire lorsqu’elle applique un régime
différent à des personnes qui se trouvent pourtant dans une même situation
objective et impersonnelle.
Exemple : deux personnes souhaitent transformer leur maison de la même façon
et se trouvent dans les mêmes conditions juridiques pour être autorisées à le faire.
Pour l’un, l’administration communale délivre un permis de bâtir tandis qu’elle le
refuse pour l’autre. Le refus de délivrer le permis à cette dernière est arbitraire.

Assemblée (sens général) : l’assemblée est un groupe de personnes réunies par


une fonction ou un intérêt commun, qui prend des décisions en délibérant d’après
des règles préétablies.
Exemple : l’assemblée générale des copropriétaires d’un immeuble est compétente
pour décider de refaire la toiture de l’immeuble.

_________ (sens constitutionnel) : l’assemblée est un groupe de personnes


élues par le peuple, qui représente celui--ci en délibérant sur les affaires de l’État,
essentiellement en adoptant les lois. L’assemblée exerce de la sorte le pouvoir
législatif. → voir aussi Parlement
Exemple : le pouvoir législatif fédéral belge est exercé par deux assemblées : la
Chambre des Représentants et le Sénat.

Assentiment : l’assentiment consiste à ce qu’un parlement donne son accord afin


qu’une norme de droit international (comme un traité, par exemple) puisse sortir
ses effets juridiques en droit interne. En fonction des compétences en jeu,
l’assentiment pourra être donné par le Parlement fédéral, le parlement d’une
entité fédérée, voire l’ensemble des parlements du Royaume.
Exemple : compte tenu de ses implications très larges, couvrant des domaines de
compétences impliquant tant l’Autorité fédérale que les Communautés et les
Régions, le CETA (l’Accord économique et commercial global) conclu entre
l’Union européenne et le Canada, nécessitait l’assentiment de l’ensemble des
parlements du Royaume pour entrer en vigueur en droit belge.

Autodétermination : ce principe, également appelé droit des peuples à disposer


d'eux--mêmes, signifie que chaque peuple dispose de la faculté de choisir lui-
même (de « déterminer soi--même ») la forme de son régime politique. En élisant
ses gouvernants, la population choisit indirectement le droit que ces derniers vont
adopter. Ainsi, le droit est nécessairement, selon cette conception, l’expression de
la volonté du peuple.

Exemple : divers peuples africains colonisés ont, à la fin des années 60, décidé de
chasser les colonisateurs européens, d’accéder à l’indépendance et de choisir leurs
gouvernants. Ce faisant, ces peuples souhaitaient exercer leur droit à
l’autodétermination.

Avant--projet de loi : → voir Loi

B
Bicaméralisme : on qualifie de “bicaméral” un système dans lequel le parlement
se compose de deux chambres (ou assemblées). C’est, historiquement, la forme la
plus ancienne et la plus répandue d’organisation parlementaire. On trouve
aujourd’hui le système bicaméral, par exemple, en Belgique, en France, en
Allemagne, au Royaume-Uni, en Italie, aux États-Unis, en Russie, etc. A défaut
d’un parlement composé de deux assemblées, on parle de monocaméralisme. →
voir aussi Monocaméralisme

Bouche de la Loi : cette expression (que l’on doit au philosophe Montesquieu)


est à rattacher au courant positiviste. Selon la théorie du “Juge, bouche de la loi”,
l'interprétation des juges n’a aucune portée créatrice de droit, le juge n’étant qu’un
simple intermédiaire entre la loi générale et son application au cas particulier.

Bourgmestre : le bourgmestre est, en Belgique, la personne qui dirige la


commune. Assisté des échevins, il compose le Collège, organe exécutif de la
commune. Dans d’autres pays (comme en France, par exemple), on l’appelle
maire. → voir aussi Échevin

C
Cabinet ministériel : le cabinet ministériel est un organisme restreint, formé de
collaborateurs personnels choisis par le ministre, ayant pour mission de le
conseiller et de l’assister dans la réalisation de l’ensemble de ses missions. Son
existence s’explique par la nécessité pour un ministre de pouvoir compter sur une
équipe dévouée et proche de lui sur le plan politique.
Exemple : le Cabinet de la ministre de l’Enseignement supérieur, de
l’Enseignement de la Promotion sociale, des Hôpitaux universitaires, de l’Aide à la
jeunesse, des Maisons de Justice, de la Jeunesse, des Sports et de la Promotion de
Bruxelles, Valérie Glatigny, est composé d’une quarantaine de collaborateurs, qui
l’assistent dans des tâches spécialisées. On y trouve un chef de cabinet et trois chefs
de cabinet adjoints. Différents conseillers et experts s’occupent des matières
relevant de ce portefeuille ministériel.

Capacité (juridique) : la capacité juridique est l’aptitude, définie par la loi,


d’une personne (physique ou morale) de conclure des actes juridiques valables
ayant pour conséquence d’engager son patrimoine dans l’hypothèse où elle
n’exécuterait pas les obligations résultant desdits actes. Elle ne doit pas être
confondue avec la personnalité (juridique). → voir aussi Personnalité (juridique)
Exemple : en principe, toute personne dispose de la capacité juridique de signer
un contrat de vente. Toutefois, des exceptions existent pour les mineurs ainsi que
pour certains majeurs incapables. → voir aussi Incapacité juridique

Cause de justification : en droit pénal, on parle de cause de justification pour


désigner une situation qui a pour effet de rendre licite un comportement illicite.
Considérée comme exceptionnelle, cette situation conduit à faire disparaître
l’infraction. Dès lors, l’auteur d’un acte a priori considéré comme illégal, ne sera pas
condamné pénalement s’il peut invoquer une cause de justification expliquant son
geste. C’est le cas, notamment, de la légitime défense. Une cause de justification ne
doit pas être confondue avec une circonstance atténuante. → voir aussi Circonstance
atténuante

Chambre du Conseil : → voir Juridiction d’instruction

Chambre des mises en accusation : → voir Juridiction d’instruction

Chambre des Représentants : → voir Parlement

Circonstance aggravante : une circonstance aggravante a pour effet d’augmenter


la peine prononcée par le juge, au pénal. Une circonstance aggravante peut être liée
soit à la personne de l’auteur de l’acte (ex.: le viol d’un enfant par un de ses parents),
soit à la gravité matérielle des faits reprochés (ex.: la violence utilisée pour
commettre un vol). Une circonstance aggravante s’impose au juge, c’est-à-dire qu’il
est obligé d’en tenir compte au moment de rendre sa décision.
Circonstance atténuante : une circonstance atténuante a pour effet de diminuer
la peine prononcée par le juge, au pénal. Parmi les illustrations de circonstance
atténuante ayant été reconnues, on peut notamment citer l’importance minime du
préjudice causé, la situation familiale ou professionnelle de la personne poursuivie,
la spontanéité des aveux ou encore les efforts fournis pour réparer le préjudice. A la
différence d’une circonstance aggravante, la circonstance atténuante ne doit pas
obligatoirement être prise en compte par le juge au moment de prononcer la peine,
ce dernier disposant d’un pouvoir d’appréciation souverain pour admettre (ou pas)
une circonstance atténuante. Une circonstance atténuante ne doit pas être
confondue avec une cause de justification. → voir aussi Cause de justification

Coalition (gouvernement de ___) : En politique, la coalition est une association


de partis politiques en vue d’une action concertée, et spécialement pour former un
gouvernement. Les gouvernements de coalition se rencontrent surtout dans les cas
où le scrutin est proportionnel (comme en Belgique ou en Allemagne), ce qui permet
rarement à un seul parti de décrocher la majorité absolue des sièges disponibles au
sein de l’assemblée. Le système politique belge, depuis le milieu des années 1950,
repose sur des gouvernements de coalition, c’est-à-dire que, pour pouvoir gouverner
le pays, différents partis doivent s’allier temporairement (en principe pour une
législature) afin de disposer d’une majorité suffisante au Parlement. Notons que le
système des gouvernements de coalition se retrouve aussi bien aux niveaux fédéral
que communautaire et régional. → voir aussi Gouvernement ; Législature
Exemple : aux dernières élections régionales wallonnes de 2019, trois partis ont
décidé de s’allier afin de disposer d’une majorité parlementaire : PS, MR et
ECOLO. Dès lors, le gouvernement régional wallon est un gouvernement de
coalition, au sein duquel ces trois formations politiques disposent de ministres.

Code : un Code se présente comme un ensemble de dispositions normatives,


placées dans un ouvrage unique composé d’une suite logique de Livres, de Titres,
de Chapitres, de Sections, quelquefois de Sous-sections de Paragraphes et enfin,
d’articles. Un Code comprend à la fois des dispositions légales et des dispositions
réglementaires.
Exemple : le Code civil; le Code judiciaire; le Code pénal; le Code d’Instruction
Criminelle; etc.

Cohérence : on parle de la cohérence d’un système juridique lorsque celui-ci est


exempt de contradictions.
Exemple : en droit belge, une norme juridique inférieure est censée respecter une
norme juridique supérieure. De même, une juridiction inférieure est censée
respecter les décisions rendues par une juridiction supérieure. On peut dès lors
qualifier le système juridique belge de cohérent.

Commission (parlementaire) : une commission est un organe du parlement


au sein duquel s’effectuent le travail législatif préparatoire et une bonne part du
contrôle du gouvernement. Chaque commission est compétente dans un domaine
bien délimité (par exemple, justice, défense nationale, santé, environnement, etc.)
et ses membres sont spécialisés dans le domaine en question. Composées d’un
groupe restreint de parlementaires, les commissions permettent de travailler
d’une manière plus efficace. On trouve des commissions parlementaires tant au
niveau fédéral qu’au niveau des entités fédérées. → voir aussi Séance (de
commission)
Exemple : le 15 avril 2020, le ministre Philippe De Backer (Open Vld), en charge
de l’approvisionnement du matériel destiné à lutter contre le coronavirus (Covid-
19), a répondu aux questions des députés de la Commission Santé de la Chambre.

Communauté : la Communauté est l’entité fédérée à laquelle la Constitution


confie le pouvoir législatif et le pouvoir exécutif pour exercer les compétences
qu’elle lui attribue (essentiellement en matière d’enseignement, de culture, de
matières personnalisables et d’emploi des langues).
Exemple : selon l’article 1er de la Constitution, « la Belgique est un État fédéral qui
se compose de communautés et de régions » ; selon l’article 2, « la Belgique
comprend trois communautés : la Communauté française, la Communauté
flamande et la Communauté germanophone ».

Commune : la commune est l’autorité locale qui traite, outre les missions qui lui
sont confiées par les autorités fédérales ou fédérées, des matières qui sont d’intérêt
exclusivement communal. L’intérêt communal n’est pas défini par la Constitution,
mais il peut être défini par soustraction: la commune peut régler tout ce qui lui
paraît être de l’intérêt de sa population, sauf si, en ce faisant, elle empiète sur la
compétence d’une autre autorité, ou si elle blesse l’intérêt général.

Exemples : les travaux publics font partie des compétences communales mais
uniquement en ce qu’ils sont réalisés sur le territoire de la commune. La
délivrance des permis d’environnement est une compétence de la commune mais
il s’agit d’une compétence qui lui a été confiée par une entité fédérée (la Région).

Commune à facilités : En Belgique, l’expression « Commune à facilité » vise


une série de communes situées à proximité de la frontière linguistique et dont la
population bénéficie, de ce fait, d’arrangements linguistiques dans ses rapports
avec l’administration communale.

Compétence : la compétence est l’aptitude d’une autorité publique à poser


certains actes. Elle peut aussi désigner le pouvoir d’une juridiction de connaître de
certaines affaires. → voir aussi Niveau de compétences
Exemples : les Communautés sont compétentes, en Belgique, pour traiter
notamment des questions relatives à la culture. La cour d’appel est compétente
pour connaître, entre autres, des recours contre les décisions rendues par le
tribunal de première instance.

Compétences attribuées (ou d’attribution) : dans le système fédéral


belge actuel, les compétences attribuées sont les compétences dévolues par
la Constitution ou les lois spéciales de réformes institutionnelles aux
Communautés et aux Régions.
Exemple : l’environnement est une compétence attribuée aux
Régions, tandis que la culture est une compétence attribuée
aux Communautés.

Compétences explicites (ou expresses) : dans le système fédéral


belge actuel, les compétences explicites sont celles qui sont clairement
mentionnées dans la Constitution ou les lois spéciales de réformes
institutionnelles, indiquant quelle matière est confiée à quelle(s) entité(s).

Exemple : la Défense est une compétence explicitement


confiée à l’Autorité fédérale, tandis que l’enseignement est une
compétence explicitement dévolue aux Communautés.

Compétences implicites : les entités fédérées se sont vu reconnaître,


avec le temps, la possibilité d’adopter, sous certaines conditions, une
disposition légale qui concerne une compétence qui ne leur a pas été
attribuée à la base. Cet empiètement sur la compétence appartenant à une
autre composante de l’État (une compétence explicite, donc) doit être
nécessaire pour que l’entité fédérée qui s’en rend responsable puisse
exercer correctement une de ses compétences. En outre, pour que cet
empiètement ne soit pas mis en cause, l’entité fédérée ne peut empiéter que
de manière marginale sur la compétence qui ne lui est pas attribuée.

Exemple : dans certains cas, les Communautés et les Régions


peuvent modifier quelques compétences des institutions
judiciaires et ce dans les matières pour lesquelles elles sont
compétentes alors que, normalement, l’organisation de la
justice relève de l’Autorité fédérale. Ainsi, la Communauté
française a pu demander aux juges de la jeunesse de participer
à la procédure d’agrément des institutions d’aide à la jeunesse
(qui est une compétence des Communautés).

Compétences résiduaires (ou résiduelles) : dans le système fédéral


belge actuel, les compétences résiduaires ou résiduelles sont les
compétences qui n’ont pas été expressément attribuées aux Communautés
ou aux Régions. Par défaut, elles reviennent à l’Autorité fédérale.
Exemple : la sécurité sociale est une compétence résiduaire,
relevant donc de l’Autorité fédérale.

Complétude : on parle de la complétude d’un système juridique lorsque celui-ci


est exempt de lacunes, de questions pour lesquelles le système ne fournit aucune
réponse.
Exemple : en droit belge, dès qu’une nouvelle matière, dès qu’un nouveau domaine
fait son apparition, le droit trouve le moyen de s’en saisir : des questions aussi
diverses que les nanotechnologies, la procréation pour autrui, la cybercriminalité
ou encore le domaine spatial sont traitées en droit. On peut dès lors qualifier le
système juridique belge de complet.
Conflit d’intérêts : dans le système fédéral belge actuel, un conflit d’intérêts est
déclaré lorsqu’un parlement ou un gouvernement estime qu’il est gravement lésé
par une décision ou un projet de décision d’une autre composante de l’État fédéral.
Ce parlement ou ce gouvernement actionne alors les procédures de prévention et
de règlement des conflits d’intérêts instaurées lors des réformes institutionnelles.
→ voir aussi Loyauté fédérale

Conseil (communal ou provincial) : dans une commune ou une province, le


conseil est l’organe délibérant, et dont les membres, élus tous les six ans,
appartiennent tant à la majorité politique en place qui dirige la commune (ou la
province) qu’à l’opposition. Au niveaux communal et provincial, c’est le conseil
qui établit les actes administratifs pour tout ce qui ressort de l’intérêt communal
ou provincial.
Exemple : depuis les dernières élections communales (d’octobre 2018), le conseil
communal de Woluwé-Saint-Lambert est composé de 27 conseillers communaux,
dont 11 sont dans l’opposition. Parmi les tâches qui lui incombent, le conseil
communal établit les impositions communales et le budget de la commune de
Woluwé-Saint-Lambert.

Conseil d’État : Le Conseil d’État est une juridiction indépendante créée par la
loi du 23 décembre 1946. Il se compose de deux sections. La première est la
section de législation, qui donne des avis juridiques motivés (et non contraignants)
sur des avant-projets de loi et de propositions de loi, de décret ou d’ordonnance,
ainsi que sur des projets d’arrêtés (tant royaux que gouvernementaux). La seconde
est la section du contentieux administratif, qui rend des arrêts motivés (et
contraignants) qui soit suspendent, soit annulent des actes administratifs ou des
règlements émanant d’une autorité administrative (comme, par exemple, un
règlement provincial ou une ordonnance d’un bourgmestre, etc.).

Conseil des ministres : au niveau fédéral, le Conseil des ministres est la


formation collégiale réunissant l’ensemble des ministres (les secrétaires d’État
peuvent y siéger lorsque des affaires de leur compétence y sont évoquées, mais ils
ne sont pas censés composer le Conseil des ministres), manifestant en quelque
sorte l’unité gouvernementale. Le Conseil des ministres se réunit, sous la
présidence du Premier Ministre, normalement une fois par semaine.
Exemple : en sa séance du 20 mars 2020, le Conseil des ministres s’est réuni
(virtuellement), et a abordé différents points qui étaient à son ordre du jour.
Notamment, sur proposition du ministre de la Justice, il a approuvé un projet
d’arrêté royal qui désigne une candidate pour la Belgique en vue de la prochaine
élection des juges à la Cour pénale internationale.

Considérations d’opportunité : elles peuvent être définies comme l’ensemble


des considérations d’intérêts, d’utilité et de justice amenant une autorité publique
à adopter tel ou tel acte, ou un tribunal à donner telle solution à une affaire qu’il
doit examiner.
Exemple : on dit de la section du contentieux administratif du Conseil d’Etat (qui
est la plus juridiction administrative du Royaume) qu’elle ne prend pas en compte
les considérations d’opportunité, en ce que cette section n’examine que la
conformité des actes administratifs contestés aux normes de droit leur étant
supérieures. La section du contentieux administratif du Conseil d’Etat ne se
penche par contre pas sur l’opportunité de l’adoption de tel ou tel acte
administratif (“Était-il judicieux que ce règlement communal soit adopté?”; “Cet
arrêté ministériel est-il bénéfique à la population?” ; “Cette ordonnance du
bourgmestre est-elle juste?”; etc.)

Constitution : la Constitution est un texte juridique qui fixe la nature et


l’organisation du régime politique de l’État. Elle se situe de ce fait au sommet de la
hiérarchie des normes juridiques internes. L’adjectif constitutionnel renvoie à tout
ce qui concerne la Constitution. Par extension, le terme constitutionnalité vise la
compatibilité, par rapport à la Constitution, d’un texte juridique inférieur à la
Constitution dans la hiérarchie des normes.
Exemple : la Cour constitutionnelle belge est compétente pour vérifier que les
normes législatives (lois fédérales, décrets communautaires et régionaux, ainsi que
les ordonnances bruxelloises) respectent les normes constitutionnelles.

Contentieux : synonyme : litige, différend


Contentieux objectif : un contentieux objectif porte sur la légalité ou le
respect des normes du droit objectif. En quelque sorte, l’objet de la
procédure consiste en l’examen d’un texte de droit, et ne porte pas sur le
comportement d’un individu. Le Conseil d’État et la Cour constitutionnelle
connaissent de tels contentieux.

Exemple : par un arrêt n° 234.152 du 16 mars 2016, le Conseil


d’État a annulé partiellement le règlement de la ville de
Bruxelles qui interdit certains comportements liés à la
prostitution dans le quartier dit “de l’Alhambra”. Il s’agit bien
ici d’un contentieux objectif, puisque l’action en justice visait à
contester la légalité d’un règlement administratif.

Contentieux subjectif : un contentieux subjectif est celui où le requérant


invoque une atteinte portée à une situation juridique et à des droits
individuels. En quelque sorte, l’objet de la procédure ne vise pas ici à
vérifier la régularité d’un texte de droit, mais à examiner en quoi une
personne (le “requérant”, le “plaignant”, l’“accusé” selon les cas) peut
valablement obtenir satisfaction devant le tribunal. Les tribunaux de
l’Ordre judiciaire (justice de paix, tribunal de police, tribunal correctionnel,
etc.) connaissent de tels contentieux.

Exemple : par son arrêt du 4 novembre 2019, la cour d’appel


de Mons a condamné un homme originaire de Châtelet, âgé de
29 ans, à quatre peines de prison avec un sursis probatoire de
trois ans pour des courses-poursuites en 2015 et 2018, le recel
d’une plaque d’immatriculation et des coups portés à sa
compagne. Il s’agit bien ici d’un contentieux subjectif, puisque
l’action en justice visait à juger du comportement illicite de
l’auteur des faits.
Contrat : un contrat (ou convention) est un acte juridique par lequel deux
personnes (ou plus) échangent leur consentement et créent ainsi des droits et des
obligations dans leurs relations mutuelles.

Exemples de contrat: le contrat de vente, le contrat de bail, le contrat de prêt, le


contrat de mariage, etc.

Contravention : en droit belge, une contravention est la forme d’infraction la


plus légère pour laquelle la peine ne dépasse ni sept jours de privation de liberté,
ni 25 euros d’amende (montant toutefois théorique multiplié par un facteur
multiplicateur légal appelé les décimes additionnels, fixé en 2017 à 8 – Toute
amende est donc multipliée par ce facteur). On parle dès lors de peine de police.
Elle est jugée par le tribunal de police. Son auteur s’appelle un contrevenant.

Exemples de contravention : tapage nocturne, ivresse sur la voie publique,


stationnement interdit, etc.

Contraventionnalisation : → voir Circonstance atténuante ; Contravention


; Délit

Contrepoids (système des ____) : en droit belge, les trois pouvoirs (le
Législatif, l’Exécutif, le Judiciaire) sont séparés et jouissent d’une indépendance
réelle les uns par rapport aux autres. Mais cette séparation n’est pas rigide. Au
contraire, elle est relative pour que chaque pouvoir soit en mesure de faire obstacle
aux excès de pouvoirs susceptibles d’être commis par les autres. Ainsi, chaque
pouvoir dispose de “contrepoids” dans ses relations avec les autres pouvoirs, afin
d’empêcher les abus. → voir aussi Pouvoirs (séparation des ___)

Contreseing ministériel : le contreseing ministériel consiste, pour un ministre,


à signer un acte juridique préalablement signé par le Roi. Ce faisant, le ministre
valide la signature royale et endosse la responsabilité de l’acte qu’il s’engage à
exécuter.
Exemple : les arrêtés royaux sont toujours contresignés par un ou plusieurs
ministres qui en assument la responsabilité.

Convention : synonyme : contrat

Convention collective (de travail) : la convention collective de travail


(CCT) est un est un accord conclu entre une (ou plusieurs) organisation(s)
syndicale(s) et une (ou plusieurs) organisation(s) patronale(s) (ou un ou
plusieurs employeurs). Dans cet accord sont fixées les relations individuelles
et collectives de travail entre employeurs et travailleurs, au sein d’entreprises
ou dans une branche d’activité, ainsi que les droits et devoirs de chacune des
parties contractantes.
Correctionnalisation : → voir Circonstance atténuante ; Crime ; Délit

Cour : la cour est l’instance judiciaire qui connaît généralement et essentiellement


des recours formés contre des décisions rendues par des juridictions qui leur sont
immédiatement inférieures.
Exemple : la cour du travail traite les appels des jugements rendus par le tribunal
du travail.

Cour constitutionnelle : juridiction composée de douze juges, dont la moitié


sont des anciens parlementaires, érigée aux fins de veiller au respect de la
Constitution par les différents législateurs existant en Belgique. La Cour
constitutionnelle peut annuler, déclarer inconstitutionnels et suspendre des lois,
des décrets et des ordonnances pour violation du titre II de la Constitution
(articles 8 à 32 relatifs aux droits et libertés des Belges), des articles 170 et 172
(légalité et égalité des impôts) et 191 de celle-ci (protection des étrangers). La Cour
censure également la violation des règles répartitrices de compétences et du
principe de loyauté fédérale.

Coutume : il s’agit d’un ensemble d’usages qui ont acquis force obligatoire dans un
groupe social donné, plus ou moins large, par la répétition d’actes publics durant un
temps relativement long. Ceci signifie que, dans la pratique, pour pouvoir parler de
coutume, il faut deux éléments : un élément matériel (la répétition d’un
comportement) d’une part, et un élément psychologique (le sentiment que, par la
répétition dudit comportement, celui-ci est obligatoire) d’autre part. Si l’un des
deux éléments vient à manquer, on est en présence d’un simple usage, qui ne revêt
pas de caractère obligatoire. → voir aussi Usage
Exemple : il est de coutume qu’après chaque élection législative (au niveau fédéral),
le Gouvernement remette sa démission au Roi, même si, en fonction des résultats des
élections lui étant favorables, ce Gouvernement peut être amené à rester en place,
bénéficiant de la confiance de la Chambre des Représentants.

Crime : en droit belge, un crime est la forme d’infraction la plus grave, pour laquelle
la peine légale peut être un emprisonnement de minimum 5 ans, des travaux forcés
ou une amende de minimum 26 euros (on parle dès lors de peine criminelle). Il peut
être jugée à la cour d’assises, mais, la plupart du temps, un crime est
correctionnalisé (par la reconnaissance de circonstances atténuantes), et il est alors
jugé par le tribunal correctionnel. → voir aussi Circonstance atténuante

Exemples de crime: assassinat, meurtre, viol, crime contre l’Humanité, etc.


D
Décret : le décret est la norme législative qu’adoptent les Communautés et les
Régions (à l’exception de la Région de Bruxelles­-Capitale, qui adopte des
ordonnances) dans les matières qui relèvent de leur compétence.
Exemple : le 3 mars 2020, la Commission de l’Enfance, de la Santé, de la Culture,
des Médias et des Droits des femmes, du Parlement de la Communauté française
a adopté le texte de ce qui est appelé à devenir, une fois voté en séance plénière du
Parlement, un décret relatif à l’élaboration du plan “droit des femmes” de la
Communauté française.

Délit : En droit belge, un délit est une forme d’infraction d’une gravité moyenne,
pouvant être sanctionnée par un emprisonnement de minimum huit jours et
maximum cinq ans ou une amende d'au moins 26 euros (montant théorique
multiplié par un facteur multiplicateur légal appelé les décimes additionnels, fixé
en 2017 à 8 – Concrètement, toute amende est donc multipliée par 8). On parle
dès lors de peine correctionnelle. Il est en général jugé au tribunal correctionnel.
Toutefois, un délit peut être contraventionnalisé (par la reconnaissance de
circonstances atténuantes), et il est alors jugé par le tribunal de police. → voir
Circonstance atténuante

Exemples de délits : vol, coups et blessures, escroquerie, etc.

Député : Élu qui siège dans un parlement. Synonymes : représentant ;


parlementaire

Différend : un différend est un désaccord ou une querelle sur un point précis,


résultant d'un conflit d'opinions ou d'intérêts. Synonyme : litige.
Exemple : la grève nationale du 13 février 2019 a illustré le différend opposant le
gouvernement fédéral et les citoyens belge sur les questions économiques et des
retraites.

Dimension formelle de l’État de droit : → voir État de droit

Dimension substantielle de l’État de droit : → voir État de droit

Directive : l’Union européenne adopte différents types d’actes législatifs, qui


visent à remplir les objectifs fixés dans les traités européens. Les directives sont
des actes législatifs qui fixent des objectifs à tous les pays de l’UE. Toutefois,
chaque pays est libre d’élaborer ses propres mesures pour les atteindre.
Exemple : la directive sur les droits des consommateurs (25 octobre 2011) interdit
les frais et les coûts cachés sur internet et étend le délai durant lequel les
consommateurs peuvent se rétracter et annuler un contrat de vente.
Discrimination : une discrimination est une différence de traitement injustifiée.
En effet, seules les différences de traitement qui peuvent se fonder sur un critère
objectif, qui poursuivent un but légitime et sont proportionnées par rapport à ce
but sont autorisées. Des différences de traitement qui ne seraient pas justifiées de
la sorte constituent des discriminations prohibées. Le même raisonnement
s’applique si l’on applique à tort un traitement identique à des situations qui sont
pourtant essentiellement différentes. Il y a alors identité de traitement
discriminatoire. Il faut également mentionner les mesures constitutives de
“discrimination positive”, qui consistent à faire bénéficier temporairement une
catégorie de personnes de mesures avantageuses, destinées à corriger le fait que
ces personnes sont victimes d’une inégalité manifeste, et ceci sans restreindre
inutilement les droits d’autrui.
Exemples : en séparant les étudiants par ordre alphabétique pour constituer les
groupes de séminaires quantitativement égaux, l’Université pratique une
discrimination. Cette discrimination n’est pas illégale. Serait illégale une
discrimination reposant sur le sexe ou l’orientation religieuse des étudiants.
Prévoir des séminaires à destination exclusive des étudiants bisseurs est une
mesure de discrimination positive.

Dissolution : conçu traditionnellement pour assurer l’équilibre entre l’Exécutif


et le Parlement, la dissolution d’une assemblée parlementaire est un moyen de
dénouer les crises politiques en provoquant des élections anticipées. La
dissolution est proposée au Chef de l’État par le Gouvernement. Notons qu’en
Belgique, le pouvoir de dissolution n’existe pour l’instant qu’au niveau fédéral.

Doctrine : la doctrine désigne l’opinion qu’émettent les juristes à propos de


l’interprétation des règles juridiques et constitue un moyen de déterminer le droit.
Le terme doctrine désigne également un ensemble de principes traduisant une
certaine conception de la société et de ses rapports avec le droit.

Exemples : la doctrine francophone et néerlandophone s’accorde à reconnaître


qu’en droit pénal, toute personne est présumée innocente. La doctrine positiviste
fonde principalement le raisonnement juridique sur le modèle du syllogisme
judiciaire.

Droit (branches du ___) : les différentes branches du droit permettent de


classer et de regrouper les règles juridiques en fonction de la matière que ces règles
concernent.
Exemple : le droit fiscal, le droit de la sécurité sociale et le droit familial sont des
branches du droit parmi d’autres.

Droit international : le droit international est l’ensemble des règles juridiques


créées par les États pour régir leurs relations mutuelles. On le distingue du droit
interne.
Exemple : les règles contenues dans la Convention Européenne des droits de
l’Homme sont des règles de droit international.
Droit interne : le droit interne vise l’ensemble des règles juridiques en vigueur
dans un État. On le distingue du droit international.
Exemple : le droit belge, le droit français, le droit camerounais sont des droits
internes.

Droit naturel : le droit naturel est un ensemble de normes objectives et


transcendantes qui existeraient avant et indépendamment de toutes les normes de
droit positif qui ont été adoptées ou seront adoptées.
Exemple : en ensevelissant en cachette son frère mort devant les murailles de
Thèbes, Antigone, cette figure mythologique grecque, a violé les lois humaines de
la Cité qui interdisaient d’enterrer les traîtres à la patrie. Elle a accompli ce geste
car elle était persuadée que recevoir une sépulture était un droit naturel (et divin)
qui prévaut sur les lois de droit positif.

Droit positif : le droit positif est un ensemble de normes adoptées, selon les
procédures légalement consacrées, dans tel pays et à telle période. Il forme un
ensemble structuré comprenant des règles hiérarchisées (constitution, lois
spéciales, lois, décrets, ordonnances, arrêtés d’exécution, réglementation, etc.).
Exemple : les règles juridiques applicables en France, en Belgique, aux États--
Unis, au Nigeria, etc. relèvent du droit positif, du droit « posé » par le
législateur.

Droits de la personne : → voir Droits humains.

Droits humains : (syn. : Droits de l’homme, Droits fondamentaux, Droits de la


personne, Droits humains) les droits humains rassemblent certains droits
appartenant aux individus, droits qui sont inspirés par les valeurs de liberté,
d’égalité et de dignité. En principe, ces droits ne peuvent être ni vendus, ni donnés,
ni échangés, ni perdus.
Exemple : le droit à la liberté d’expression, le droit de s’affilier à un syndicat, le droit
de ne pas être soumis à la torture sont des droits humains.

Droits extrapatrimoniaux: contrairement aux droits patrimoniaux, les droits


extrapatrimoniaux ne sont pas, directement, évaluables en argent. Ils sont axés sur
la seule qualité d’être humain de la personne. Toute personne bénéficie de ces
droits, à l’exception de certaines catégories comme les droits politiques. A la
différence des droits patrimoniaux, ces droits sont à la fois inaliénables (c’est-à-dire
qu’ils ne peuvent être vendus, prêtés, donnés) et imprescriptibles (en ce sens qu’on
ne peut les perdre en cas de non-usage pendant un laps de temps juridiquement
défini).
Exemple : les droits humains → voir Droits humains

Droits fondamentaux : → voir Droits humains


Droits patrimoniaux : à la différence des droits extrapatrimoniaux, les droits
patrimoniaux, contenus dans le patrimoine d’une personne, sont évaluables en
argent. Ils peuvent dès lors être cédés (par contrat de vente, par exemple), transmis
(par succession, par exemple) ou saisis (à la suite d’une faillite, par exemple). → voir
aussi Patrimoine
Exemple : les droits de créance, les droits réels (comme la propriété ou l’hypothèque)

E
Échevin : il s’agit d’un membre du Collège qui, avec le bourgmestre, gère la
politique d’une commune. → voir aussi Bourgmestre

Effectivité : l’effectivité vise la réalité d’une chose, d’un acte ou d’une parole. En
droit, l’effectivité traduit le degré avec lequel une règle juridique est appliquée.
Exemples : la loi du 12 janvier 1993 prévoyant la réquisition des immeubles non
occupés à des fins de logement n’est pas effective car la procédure qu’elle prévoit
n’est jamais utilisée. La règle de l’égalité salariale entre femmes et hommes n’est
pas effective puisqu’en pratique, on constate encore un différentiel salarial
important entre femmes et hommes assumant des fonctions comparables et
titulaires d’un diplôme équivalent. L’article 13 de la Convention européenne des
droits de l’homme prévoit que “toute personne dont les droits et libertés reconnus
[par la Convention] ont été violés, a droit à l’octroi d’un recours effectif devant une
instance nationale”.

Effet direct : le principe d’effet direct permet aux particuliers d’invoquer


directement une norme européenne ou internationale devant une juridiction
nationale ou européenne.
Exemple : en droit belge, de nombreuses dispositions de la Convention
Européenne des Droits de l’Homme comme du droit de l’Union européenne sont
considérées comme produisant un effet direct. Il en résulte une plus grande
protection pour les particuliers puisque, en cas de non-respect des droits que ces
normes leur confèrent, ils peuvent s’adresser à leur juge national, qui devra en
garantir l’application.

Élections : l’élection est la désignation, par l’exercice du droit de vote, d’une ou


plusieurs personnes pour exercer un mandat électoral. On distingue le procédé
électoral de celui de la nomination qui est l’action, par une autorité déterminée, de
désigner (nommer) quelqu’un à une fonction ou à un emploi.
Exemple : les membres de la Chambre des Représentants sont élus par les citoyens
tous les cinq ans, alors que les Ministres sont nommés par le Roi.

Entité fédérée : l’entité fédérée est la composante d’un État fédéral qui possède
un pouvoir législatif et un pouvoir exécutif (et, dans certains États fédéraux, un
pouvoir judiciaire) autonomes dans l’exercice des compétences qui lui sont
attribuées.
Exemple : il existe en Belgique deux types d’entités fédérées : les Communautés et
les Régions ; pour leur part, les États--Unis d’Amérique sont un État fédéral qui
regroupe 50 entités fédérées (nommées “états”).

État (de droit) : un État de droit est un État dans lequel chacun est soumis au
droit, y compris les pouvoirs publics et un État qui garantit le respect des droits
humains.
Exemple : la Belgique est un État de droit dans la mesure où tout le monde, en ce
compris les ministres ou les parlementaires, sont soumis au droit et au contrôle du
juge.

Dimension formelle de ____ : selon la dimension formelle de l’État de


droit, initialement apparue en Allemagne au XIXème siècle, un État de droit
est celui dans lequel les pouvoirs publics sont soumis au droit. Il en résulte,
comme corollaire, que les tribunaux se sont vus reconnaître la compétence de
pouvoir juger des actions de l’État.

Dimension substantielle de ___ : selon la dimension substantielle de


l’État de droit, apparue après la Seconde Guerre mondiale dans un contexte
de prise en compte croissant des droits humains au travers de textes
fondamentaux comme la Convention Européenne des Droits de l’Homme, un
État de droit est non seulement celui au sein duquel les pouvoirs publics sont
soumis au droit, mais également celui qui respecte les droits fondamentaux
des individus, droits qui doivent dès lors être intégrés dans le droit positif de
l’État en question.

Éthique : l’éthique est un discours normatif personnel permettant de guider sa


conduite en fonction de valeurs. Est dit éthique tout comportement conforme à ces
valeurs. Le terme « morale » est souvent présenté comme synonyme de l’éthique.
Cependant, on peut les distinguer en considérant que l’éthique est une discipline
permettant de se forger une morale ou en considérant l’éthique comme une
réflexion personnelle alors que la morale est imposée de l’extérieur.
Exemple : la Charte de l’utilisateur des bibliothèques de l’ULB est un document
éthique qui fixe le bon comportement des utilisateurs de la bibliothèque. Ce texte
sera qualifié d’éthique et non de moral car ces utilisateurs ont participé à
l’élaboration de ce texte.

F
Fédéralisme : le fédéralisme est un système politique dans lequel l’Autorité
fédérale partage des compétences avec les entités fédérées. Un État fédéral est en
principe un État qui (1) repose sur le partage de la fonction législative, qui se trouve
morcelée entre la collectivité fédérale et les collectivités fédérées, échappant au
monopole de l’autorité centrale, (2) se compose de collectivités politiques égales,
en sorte que les collectivités fédérées ne peuvent voir leur action subordonnée à la
tutelle de l’autorité fédérale, (3) repose intrinsèquement sur la mise en œuvre de
techniques de coopération et de collaboration entre ses différentes composantes.
Exemple : selon l’article 1er de la Constitution, « la Belgique est un État fédéral qui
se compose de communautés et de régions ». La Belgique a adopté un modèle de
fédéralisme particulièrement développé dans la mesure où la plupart des
compétences étatiques ont été progressivement confiées aux Communautés et aux
Régions.

Fermeture : on parle de la fermeture d’un système juridique lorsque celui-ci est


autonome par rapport à des éléments extérieurs non-juridiques. En d’autres mots,
lorsque le système juridique ne prend en compte que le droit pour régler les
questions qui viennent à se poser, et non la religion, la morale ou la philosophie.
Exemple : en droit belge, les juges ne sont censés trancher les différends que sur la
base du droit, et non de la morale ou de la religion. De même, lors de l’élaboration
des normes législatives, les parlementaires ne sont censés se baser que sur des
règles juridiques, et non pas sur des textes religieux. On peut dès lors qualifier le
système juridique belge de fermé.

Fonctionnaire : le fonctionnaire est un agent de l'État ou d'une autre personne


morale de droit public (Communauté, Région, province, commune) nommé dans
un emploi permanent au sein du personnel d'une administration. Dans le cadre de
leurs fonctions, en fonction des compétences qui leur sont attribuées ou déléguées,
les fonctionnaires sont susceptibles d’adopter des actes administratifs.

Formalisme : le formalisme est l’attitude consistant à se focaliser exclusivement


sur la forme de la norme sans s’intéresser à sa signification, sa raison d’être, voire
au but que l’auteur de la norme poursuivait en l’adoptant.
Exemple : considérer qu’un contrat de vente signé n’est pas valide si la signature
n’est pas précédée de la mention « lu et approuvé » comme l’exigent les conditions
générales de vente est une attitude formaliste.

Forme(s) : les formes sont les critères qui permettent de définir ce qui constitue
une norme juridique valide. La forme permet de déterminer le rang d’une norme
dans l’ordre juridique, de vérifier sa conformité aux règles supérieures, la
régularité de son adoption, sa compatibilité avec les autres normes de l’ordre
juridique cohérent dans lequel elle s’inscrit, etc.
Exemple : le respect des quorums de présence, de vote, les procédures d’avis, la
bonne tenue des débats, l’examen des amendements, la régularité du vote, la
sanction et la promulgation royale, l’accomplissement des mesures de publicité,
etc. sont autant de « formes » qu’il faut respecter pour qu’un texte devienne une
loi.
G
Gouvernement : un gouvernement est un organe composé des ministres et de
secrétaires d’États. Son rôle principal est d’exercer le pouvoir exécutif. Il intervient
toutefois aussi dans une moindre mesure dans l’exercice du pouvoir législatif. →
voir aussi Coalition
Exemple : en Belgique, au niveau fédéral, le gouvernement partage l’exercice du
pouvoir exécutif avec le Roi.

Gouverneur : le gouverneur est, en Belgique, la personne qui dirige la province.

Groupe linguistique : En Belgique, le groupe linguistique est l’ensemble de


parlementaires appartenant à un même groupe, français ou néerlandais, au sein
d’une assemblée bilingue. L’obligation de composer deux groupes linguistiques
vaut pour la Chambre des Représentants, le Sénat et le Parlement bruxellois, et
s’explique par la volonté de protéger le groupe le moins nombreux (les
francophones au Parlement fédéral et les néerlandophones au Parlement
bruxellois et à l’Assemblée réunie de la Commission Communautaire commune).
Exemple : les lois spéciales adoptées par le Parlement fédéral doivent réunir, en
termes de vote, une majorité dans chaque groupe linguistique.

H
Hiérarchie des normes : Il s’agit du classement des règles de droit permettant
de déterminer quelle(s) règle(s) de niveau supérieur doi(ven)t être respectée(s) par
les règles de niveau inférieur.

Exemple : la Constitution se trouve tout au sommet de la hiérarchie des normes de


droit belge.

I
Idéologie : le philosophe Louis Althusser a défini l’idéologie comme un “système
(possédant sa logique et sa rigueur propre) de représentations (images, mythes,
idées ou concepts selon les cas) doué d’une existence et d’un rôle historique au sein
d’une société donnée”. L’idéologie, en tant que telle, n’est donc ni bonne, ni
mauvaise, ni vraie, ni fausse, elle désigne simplement une manière de penser le
monde ou plus simplement certains problèmes.
Exemple : durant la Guerre froide (1947-1991), deux Blocs - aux idéologies
diamétralement opposées - se faisaient face. Le Bloc occidental, emmené par les
États-Unis, mettait en avant l’idéologie démocratique libérale, tandis que le Bloc
de l’Est, dirigé par l’URSS, s’appuyait sur l’idéologie communiste.
Immunité : en vertu de la Constitution, un parlementaire (tant au niveau fédéral,
communautaire que régional, ainsi que les parlementaires de nationalité belges
siégeant au Parlement européen) ne peut être poursuivi ou arrêté à l’occasion des
opinions et votes émis par lui dans l’exercice de ses fonctions. Cette protection est
donc bien limitée aux actes posés par les parlementaires dans le cadre de leurs
activités politiques, mais ne couvre pas les infractions dont ceux-ci se seraient
rendus coupables.

Imprescriptibilité : l’imprescriptibilité est le caractère de ce qui ne peut


juridiquement s’éteindre ou s’acquérir par le simple écoulement du temps.
Exemple : les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité sont
imprescriptibles ; cela signifie qu’ils peuvent être poursuivis en tout temps, même
longtemps après leur commission alors qu’en principe, les autres crimes de droit
commun ne peuvent être poursuivis que durant un certain laps de temps qui suit
leur commission.

Inaliénabilité : l’inaliénabilité est le caractère de ce qui ne peut être cédé, de ce


à quoi on ne peut renoncer.
Exemple : dans le préambule de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme
du 10 décembre 1948, on peut lire que, « considérant que la reconnaissance de la
dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux
et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans
le monde ».

Incapacité (juridique) : l’incapacité juridique est la situation dans laquelle une


personne se trouve privée - par la loi ou par décision de justice - de l’exercice de
certains droits. Cette incapacité peut être due à l’âge (on parle alors de minorité) ou
à l’altération des facultés mentales (il s’agit, par exemple, des déments ou des
prodigues). Ces personnes en situation d’incapacité juridique sont ainsi qualifiées
d’« incapables ». → voir aussi Capacité (juridique)

Information judiciaire : quand le procureur du Roi est averti d’une infraction, il


doit rassembler des informations, chercher à savoir ce qui s’est exactement passé : il
peut entendre un suspect ou des témoins, organiser des confrontations, demander
certaines enquêtes à la police, etc. Cette enquête du procureur du Roi, qu’il peut
confier à la police, s’appelle l’information judiciaire. À la fin de cette information, le
procureur peut estimer qu’il n’y a pas de raison de poursuivre la personne en cause,
c’est-à-dire de commencer un procès. Il décide alors d’un classement sans suite. S’il
estime la personne coupable d’une infraction, il décide de la poursuivre et il la cite –
autrement dit il la convoque – devant le tribunal de police ou le tribunal
correctionnel. S’il estime qu’un mandat d’arrêt, une perquisition ou des écoutes
téléphoniques sont nécessaires, le procureur du Roi doit renvoyer le dossier à un juge
d’instruction parce qu’alors des libertés sont en cause. Ce juge d’instruction
continuera l’enquête. → voir aussi Instruction ; Juridiction d’instruction

Institution(s) : (En particulier quand employé au pluriel) On nomme institutions


l’ensemble des structures politiques et sociales établies par la loi et qui régissent un
État donné. Il peut s’agir de la monarchie, du parlement, du gouvernement, de la
magistrature, mais aussi de la police, de l’armée, des syndicats, etc.

Instruction : l’instruction est définie par le Code d’instruction criminelle comme


étant l’ensemble des actes qui ont pour objet de rechercher les auteurs d’infractions,
de rassembler les preuves et de prendre les mesures destinées à permettre aux
juridictions de statuer en connaissance de cause. Elle se distingue de l’information
judiciaire en ce que le magistrat qui la conduit, le juge d’instruction, peut ordonner
des mesures de contrainte ou porter atteinte aux droits et libertés des individus,
comme par exemple un mandat d’arrêt, une perquisition ou des écoutes
téléphoniques. → voir aussi Information judiciaire ; Juridiction d’instruction

Intercommunale : l’intercommunale est une personne morale de droit public qui


n’a pas de caractère commercial. Elle peut être active sur quelques communes liées,
s'étendre à toute une Région, voire même sur plusieurs (on parle alors
d’intercommunales interrégionales). Une intercommunale peut être active dans le
domaine de l’énergie (ex.: Sibelga), de l’eau (ex.: Vivaqua), des télécommunications
(ex.: Brutélé), de l’électricité (ex.: Enodia), etc.

Intérêt (à agir) : en droit, il s’agit de l’avantage matériel ou moral auquel peut


prétendre celui qui prend l’initiative d’engager une action en justice.
Exemple : dans l’arrêt n°72/2016 rendu par la Cour constitutionnelle le 25 mai
2016, et portant sur le recours en annulation des articles 2 et 3 de la loi du 22 mai
2014 “tendant à lutter contre le sexisme dans l’espace public et modifiant la loi du
10 mai 2007 tendant à lutter contre la discrimination entre les femmes et les
hommes afin de pénaliser l’acte de discrimination”, introduit par le “Parti
Libertarien”, la Cour s’est penchée sur le bien-fondé de l’intérêt à agir de certaines
parties requérantes.

Intervention (à la cause) : par l’intervention, un tiers devient partie dans une


procédure en cours (on parle alors de “partie intervenante”). Cette intervention peut
être volontaire à l’initiative du “tiers”, ­ ou forcée ­ à l'initiative du demandeur ou de
la personne citée.
Exemple : dans l’arrêt n° 222.075 rendu par le Conseil d’État le 15 janvier 2013, et
portant sur la suspension de l’exécution du règlement de lutte contre la
prostitution de rue dans le quartier Alhambra, la société en commandite
“IMMOASS” et plusieurs personnes dont les identités ont été anonymisées, sont
intervenues comme parties requérantes.
Inviolabilité : l’inviolabilité est le caractère de ce qui ne peut être violé/touché/affecté.
Exemples : selon l’article 15 de la Constitution, « le domicile est inviolable ; aucune
visite domiciliaire ne peut avoir lieu que dans les cas prévus par la loi et dans la
forme qu’elle prescrit ». Selon l’article 29 de la Constitution, « le secret des lettres
est inviolable (…) ». Selon l’article 88 de la Constitution, « la personne du Roi est
inviolable ; ses ministres sont responsables ».

J
Judiciaire : adjectif qui vise le fonctionnement de la justice en tant qu’institution
et qui renvoie à la logique du procès. Par extension, le terme judiciarisation vise
l’accroissement de l’action du pouvoir judiciaire et de la logique du procès aux
conflits sociaux. Ne doit pas être confondu avec Juridique.
Exemples : 1. L’ensemble des cours et tribunaux constitue le pouvoir judiciaire. 2.
Aujourd’hui, on saisit le juge pour n’importe quel type de conflit ; nous vivons dans
une société judiciarisée.

Juge : Le juge est un magistrat qui est chargé de trancher des litiges opposant des
parties dans le cadre d’une procédure dont la mise en œuvre constitue le procès.
Exemple : le juge de Paix tranche toutes les contestations relatives aux baux
opposant le bailleur au locataire. Cette compétence lui est attribuée quel que soit
le montant concerné dans l’affaire.

Juridicisation : ce terme, construit à partir de l’adjectif juridique, désigne la


traduction des questions sociales et politiques dans le langage du droit, ce qui
aboutit à conférer la priorité aux solutions juridiques en vue de trancher les conflits
sociaux. Dans une société juridicisée, les individus se définissent essentiellement
par les droits dont ils s’estiment titulaires.
Exemple : les différents parlements belges adoptent un nombre croissant de textes
chaque année ; c’est le signe que la Belgique est une société juridicisée.

Juridiction : ce terme désigne les organes qui assument le pouvoir judiciaire,


qu’il s’agisse d’une cour, d’un tribunal ou encore d’une autre institution.
Exemples : les tribunaux de police et la Cour de cassation sont des juridictions qui
tranchent des différends. Le Conseil d’État et la Cour constitutionnelle sont
également des juridictions qui vérifient plutôt la validité de certaines normes
juridiques.

Juridiction d’instruction : les juridictions d’instruction sont chargées de


qualifier un fait a priori afin de renvoyer l’affaire pénale qui en découle devant le
tribunal compétent. → voir aussi Instruction
Exemple : la Chambre du Conseil et la Chambre des Mises en accusation sont des
juridictions d’instruction qui peuvent parfois, en raison de circonstances
atténuantes, correctionnaliser un crime et renvoyer l’affaire qui en découle devant
un tribunal correctionnel.

Juridique : adjectif qui vise tout qui a rapport au droit. Ne doit pas être confondu
avec Judiciaire.
Exemple : je pourrais vous donner mon avis personnel, mais je me base ici sur la loi
et la Constitution. Il s’agit donc d’un avis juridique.

Jusnaturalisme : le jusnaturalisme est la doctrine philosophique qui affirme


l’existence d’un droit naturel. Certains jusnaturalistes estime par exemple que
l’être humain possède par nature des droits et des obligations qui doivent être
respectés même si ces derniers contredisent le droit en vigueur dans telle ou telle
société (qu’on appelle droit positif). A l’inverse, certains jusnaturalistes ont justifié
l’esclavage en arguant que tous les êtres humains n’étaient naturellement pas
égaux.

Cette doctrine s’oppose au positivisme juridique.

Légal : adjectif qui vise ce qui est conforme à la loi, à la législation ; qui est prévu,
désigné par la loi.
Exemple : le congé de maternité légal est en principe de 15 semaines.

Légaliser : légaliser un comportement consiste à le rendre conforme à la loi.


Exemple : si l’on supprimait du droit pénal les sanctions attachées à la
consommation de stupéfiants, on pourrait dire que cette consommation a été
légalisée car elle ne serait plus interdite par la loi.

Légalité : la légalité d’un texte juridique (par définition inférieur à la loi dans la
hiérarchie des normes) vise la conformité de ce texte par rapport à la loi
Exemple : lorsque le Conseil d’État est saisi d’un acte administratif, il en vérifie la
légalité, c’est-à-dire sa conformité à la loi.

Législature : on parle de législature pour qualifier la durée du mandat d’une


assemblée parlementaire.
Exemple : entre 2014 et 2019, la Chambre des Représentants en était à sa 54ème
législature.
Légitimité : la légitimité est ce qui permet d’évaluer une norme, une pratique,
une autorité, une institution sur le plan de la morale et de la justice. Une norme
parfaitement légale peut être illégitime : même si elle est formellement
irréprochable, elle peut être injuste et immorale.
Exemple : une norme parfaitement légale mais profondément immorale exigeait,
alors que la France était occupée par l’Allemagne en 40--45, que les Juifs portent
une étoile de tissu jaune bien visible sur la poitrine pour qu’on puisse parfaitement
les identifier dans les lieux publics et les distinguer ainsi des autres êtres humains.

Loi : la loi est le nom générique donné aux textes juridiques adoptés par le pouvoir
législatif. Dans la Belgique fédérale, le terme loi vise les textes adoptés par le
pouvoir législatif fédéral ; on parlera de décret s’agissant des textes adoptés par les
pouvoirs législatifs communautaires et régionaux (sauf pour la Région de
Bruxelles-­Capitales où l’on parle d’ordonnances).

Avant--projet de loi : l’avant­-projet de loi est le texte de loi que le


gouvernement propose au parlement d’adopter. L’avant­-projet de loi doit
être soumis au Conseil d’État (section législation) qui rend un avis à l’égard
de sa constitutionnalité.
Exemple : le secrétaire d’État à la politique familiale Melchior Wathelet
(CDH) et le ministre de la justice (CD&V) ont élaboré un avant--projet de
loi proposant la création d’une nouvelle juridiction : le tribunal de la
famille. Cet avant--projet de loi a été soumis à la section législation du
Conseil d’État pour avis.

Projet de loi : le projet de loi est le nom qui désigne à la fois l’avant--projet
de loi, une fois que l’avis du Conseil d’État a été rendu, et la proposition de
loi, une fois qu’elle a été adoptée par la Chambre.
Exemple : une fois que la section législation du Conseil d’État a rendu un
avis à propos de l’avant­-projet de loi suggérant la création d’un tribunal de
la famille, ce projet de loi a été déposé au Parlement.

Proposition de loi : la proposition de loi est le texte de loi que des


parlementaires suggèrent au parlement d’adopter. Une proposition de loi
ne doit pas être soumise au Conseil d’État (section législation) mais peut
l’être afin d’obtenir un avis à l’égard de sa constitutionnalité.
Exemple : le Conseil d’État (section de législation), a été invité le 30
décembre 2019 par le Président de la Chambre des Représentants à
communiquer un avis sur une proposition de loi modifiant diverses
dispositions législatives en vue d’assouplir les conditions pour recourir à
l’interruption volontaire de grossesse.

Loi spéciale: en Belgique, loi adoptée par le Parlement fédéral à des conditions
spéciales définies à l’article 4, alinéa 3, de la Constitution: il faut qu’elle soit
adoptée à la majorité des suffrages dans chaque groupe linguistique de chacune
des Chambres, à la condition que la majorité des membres de chaque groupe se
trouve réunie et pour autant que le total des votes positifs émis dans les deux
groupes linguistiques atteigne les deux tiers des suffrages exprimés.

_______ de réforme institutionnelle : en vertu des lois de réformes


institutionnelles de 1980 et 1988, les entités fédérées se sont vu investies
de davantage de compétences.

Loyauté fédérale : Le constituant a défini ce principe (à l’article 143 de la


Constitution) comme étant un moyen destiné à éviter les conflits entre les
différents niveaux de compétences au sein de l’État belge. L’Autorité fédérale et
les entités fédérées sont ainsi supposées collaborer de façon constructive entre
elles, en respectant les intérêts de chacune d’elles dans l’exercice de leurs
compétences. → voir aussi Conflit d’intérêts

M
Magistrat : → voir Juge

Majorité : une majorité est le nombre de voix nécessaires pour remporter un


vote. On différencie la majorité dite simple ou absolue (réunissant la moitié des
voix, plus une) d’autres majorités dites qualifiées (2/3 des membres doivent être
présents et 2/3 des membres présents doivent voter positivement) ou spéciales (la
moitié des membres de chaque groupe linguistique doivent être présents, le texte
doit recueillir une majorité simple au sein de chaque groupe linguistique ; au total,
le texte doit recueillir 2/3 des voix). → voir aussi Quorum
Exemple : le parlement a procédé au vote de la loi. La majorité absolue de ses
membres a voté “oui” et la loi a donc été adoptée. Si le Parlement souhaite modifier
la Constitution, cette modification doit être adoptée à la majorité qualifiée. Si le
Parlement souhaite modifier la répartition des compétences entre l’Autorité fédérale
et les entités fédérées, il doit adopter une loi spéciale, votée à la majorité spéciale.

Ministériel : adjectif qui vise ce qui a un rapport avec la qualité de ministre.


Exemples : un arrêté ministériel est un acte administratif adopté par un ministre.
Un cabinet ministériel rassemble les collaborateurs d’un ministre.

Ministre : le ministre est un membre du gouvernement chargé de


l’administration d’un grand service public : ainsi, le ministre de la Défense ou le
ministre de la Santé.
Exemple : au sein du Gouvernement fédéral Wilmès II (2020), Maggie De Block
est actuellement Ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, et de l'Asile
et la Migration.
Ministre-Président : Au sein des différentes entités fédérées, le Ministre-
Président est celui qui dirige l’Exécutif (communautaire ou régional), coordonnant
ainsi la politique de son gouvernement.
Exemple : depuis octobre 2019, Jan Jambon est le Ministre-Président de la
Flandre.

Ministère public : → voir Parquet

Monarchie : la monarchie est un système de gouvernement dans lequel le


pouvoir est exercé par une seule personne, le plus souvent par un roi ou une reine
héréditaire. La monarchie peut être absolue, lorsque le Roi concentre entre ses
mains tous les pouvoirs (c’était le cas de Louis XIV) ou constitutionnelle et
parlementaire, lorsque les pouvoirs du monarque sont limités par une constitution
et soumis au contrôle d’un parlement (c’est le cas des monarchies européennes du
XXIème siècle).
Exemple : à la fondation de la Belgique, on a opté pour une monarchie, avec un
chef d’État héréditaire. Le candidat choisi pour devenir le premier Roi des Belges
fut Léopold de Saxe--Cobourg--Gotha.

Monocaméralisme : on qualifie de “monocaméral” un système dans lequel le


parlement se compose d’une seule chambre (ou assemblée). C’est, historiquement,
la forme la plus récente d’organisation parlementaire. On trouve aujourd’hui le
système bicaméral, par exemple, dans les pays nordiques (Danemark, Norvège,
Islande, etc.), dans les pays baltes, au Luxembourg, en Ukraine, en Israël, etc. mais
aussi dans chacune des entités fédérées belges. A défaut d’un parlement composé
d’une seule assemblée, on parle de bicaméralisme. → voir aussi Bicaméralisme

Morale : → voir Éthique

Motion :
_____ de confiance : il s’agit de la procédure par laquelle un
gouvernement tente de s’assurer de la confiance de la majorité parlementaire
censée le soutenir. La procédure de la motion de confiance peut être employée
par le gouvernement fédéral devant la Chambre des Représentants seulement
(donc, pas devant le Sénat), ainsi que par les gouvernements des entités
fédérées devant leurs assemblées respectives.

_____ de méfiance (ou de défiance) : il s’agit du mécanisme


permettant à une assemblée de renverser un gouvernement, sans provoquer
d’élections anticipées. La motion de méfiance doit présenter un successeur
au gouvernement dont on attend le remplacement. La procédure de la motion
de méfiance peut être employée au niveau de l’Autorité fédérale (mais
seulement à la Chambre), ainsi qu’au niveau des entités fédérées.
Motivation (formelle) : la motivation est l’indication, dans le texte d’une
décision, des raisons (factuelles et juridiques) qui justifient l’adoption de cette
décision.

Exemples : selon l’article 149 de la Constitution, « tout jugement est motivé. Il est
prononcé en audience publique » ; selon l’article 2 de la loi du 29 juillet 1991
relative à la motivation formelle des actes administratifs, « les actes administratifs
(…) doivent faire l’objet d’une motivation formelle ».

N
Nation : dans une acception très générale, il s’agit d’un ensemble d’individus
formant un groupe social établi sur un territoire défini et présentant une unité
historique, politique et culturelle. Sous un angle plus juridique, la Nation peut se
définir comme l’ensemble des personnes qui la constitue et détenant la souveraineté.
Exemple : selon l’article 33 de la Constitution, “tous les pouvoirs émanent de la
Nation”, impliquant le concept de souveraineté nationale.

Niveau de compétences : on parle de niveau de compétences pour qualifier l’une


des entités composant la Belgique fédérale (Autorité fédérale, Communautés et
Régions) et disposant de compétences lui étant propres (comme, par exemple, les
finances, la santé, le tourisme, etc.). → voir aussi Compétence

Non-droit : on emploie le vocable de “non-droit” pour qualifier des systèmes


normatifs qui ne s’axent pas principalement autour du droit, mais plutôt autour de
la religion, de la morale, de la philosophie, etc. → voir aussi Fermeture

Norme juridique : une norme juridique est le nom général qu’on donne à toute
règle de droit.
Exemple : les normes juridiques découlent de différentes sources de droit.
Certaines sont énoncées dans la Constitution. D’autres sont définies dans les lois
spéciales. D’autres encore découlent des lois, des décrets ou des ordonnances.

O
Objet (de droit) : à la différence d’un sujet de droit, l’objet de droit est dénué de
la personnalité juridique, et n’est donc titulaire ni de droits, ni d’obligations.
Exemple : en droit belge contemporain, les animaux, les plantes, la nature, les
immeubles ou les oeuvres d’art sont considérés comme des objets de droit.

Ordonnance : en droit belge, le terme d’“ordonnance” a ceci de particulier qu’il


recouvre trois acceptions différentes. En effet, une ordonnance désigne à la fois la
norme législative qui est adoptée par la Région de Bruxelles-­Capitale, l’acte
administratif adopté par un bourgmestre et la décision qui est rendue par le
Président du tribunal de première instance lorsqu’il siège en référé pour connaître
de demandes urgentes.
Exemples : Norme législative adoptée par le Parlement bruxellois: ordonnance du
19 mars 2020 visant à octroyer des pouvoirs spéciaux au Gouvernement de la
Région de Bruxelles-Capitale dans le cadre de la crise sanitaire du Covid-19.
Norme administrative communale: ordonnance du Bourgmestre de Houffalize du
17 mars 2020 concernant les gîtes de grande capacité dans le cadre de la crise
sanitaire du Covid-19.

Organe : en droit, l’on qualifie d’organe l’institution (ou les institutions)


permettant à une personne morale de fonctionner, de poser des actes, d’être
représentée, etc.
Exemples : Le bourgmestre et le Collège sont des organes de la commune ; le
conseil d'administration est l’organe d’une société ; le recteur et les doyens sont
des organes de l’ULB ; etc.

P
Parité linguistique : on parle de parité linguistique pour désigner le fait qu’au
Gouvernement fédéral et au Gouvernement bruxellois, il y ait le même nombre de
francophones et de néerlandophones. Techniquement, le Premier Ministre et le
Ministre-Président bruxellois ne sont pas comptabilisés dans l’un ou l’autre
groupe linguistique (on dit alors qu’ils sont “assexués linguistiquement”).

Parlement : un parlement est un ensemble de personnes chargées d’exercer le


pouvoir législatif. Au niveau fédéral, le parlement est composé de deux Chambres
(la Chambre des représentants et le Sénat).
Exemple : en Belgique, au niveau fédéral, le Parlement partage l’exercice du
pouvoir législatif avec le Roi.

Parquet : le Parquet (ou Ministère Public) est l’ensemble des magistrats au sein
des cours et tribunaux de l’ordre judiciaire chargés de représenter les intérêts de
la société et de veiller au respect de l’ordre public et à l’application de la loi.
Exemple : dans le cadre d’une procédure pénale devant le tribunal correctionnel,
le Parquet émet son réquisitoire visant ainsi à demander l’application d’une peine
déterminée par la loi pénale et ce, eu égard aux faits de la cause.
Patrimoine : au sens juridique du terme, le patrimoine contient l’ensemble des
droits et des obligations d’une personne.

Personnalité (juridique) : la personnalité (juridique) est l’aptitude de disposer


de droits et d’obligations. Elle ne doit pas être confondue avec la Capacité
juridique. → voir aussi Capacité (juridique)

Personne morale : dans l’ordre juridique belge, on qualifie de personne morale


un groupement doté de la personnalité juridique.

Personne physique : dans l’ordre juridique belge, on qualifie de personne


physique tout être humain, à condition qu’il soit né vivant et viable.

Pluralisme : le pluralisme est un système d’organisation qui tolère et protège, au


sein d’une société, l’existence de plusieurs opinions différentes et même opposées
en matière politique, sociale, économique, religieuse, philosophique, etc.

Exemple : l’Université libre de Bruxelles est une université pluraliste au sein de


laquelle coexistent des personnes qui n’ont pas les mêmes opinions (protestants,
catholiques, musulmans, juifs et athées mais aussi socialistes, anarchistes,
libéraux, écologistes, monarchistes, etc.).

Portefeuille (ministériel) : un portefeuille ministériel renvoie aux


compétences attribuées à un ministre.
Exemple : Philippe Henry a hérité du portefeuille du Climat, de la Mobilité et de
l’Energie lors de la formation du Gouvernement wallon consécutive aux élections
de 2019.

Positivisme juridique : le positivisme juridique est la doctrine considérant que


seul est valide juridiquement et digne d’intérêt sur le plan scientifique le droit
positif, c’est--à--dire le droit adopté, selon les procédures légalement consacrées,
dans tel pays et à telle période.
Exemple : un juriste positiviste pourra estimer que le droit antisémite est un droit
parfaitement valide car le juriste n’a pas, selon lui, à se prononcer sur les valeurs
qui sont poursuivies par le droit positif.

Pourvoi (en cassation) : lorsqu’un justiciable décide de contester une décision


rendue par une juridiction en degré d’appel considérée comme non satisfaisante,
il peut introduire un pourvoi auprès de la Cour de cassation, qui est la plus haute
juridiction judiciaire belge. Une fois saisie, la Cour va vérifier si le droit, en ce
compris les règles de procédure, a été correctement appliqué. Si la Cour accueille
le pourvoi, le jugement contesté sera cassé et l’affaire sera réexaminée par une
juridiction inférieure. Si la Cour rejette un pourvoi, le jugement attaqué sera
considéré comme définitif, et plus aucun recours de droit interne ne sera
envisageable à son encontre.
Exemple : dans son arrêt du 13 décembre 2019, la Cour de cassation a prononcé,
en audience publique, le rejet du pourvoi introduit par l’ex-roi Albert II contre
deux arrêts de la cour d’appel de Bruxelles, principalement celui du 25 octobre
2018 qui établit que Jacques Boël n’est pas le père légal de Delphine Boël et qui lui
a ordonné de se soumettre à un test ADN.

Pouvoir : le pouvoir est un terme générique utilisé pour désigner les institutions
qui dirigent, quelle que soit la forme de ces institutions (un monarque, un
parlement, un despote, une autorité religieuse, etc.). Dans certains régimes, les
différents pouvoirs sont séparés, c’est-à-dire exercés par des personnes
différentes.
Exemples : au sein d’une entreprise, le pouvoir est généralement exercé par un
Conseil d’administration ; dans un régime républicain, c’est le Président de la
République qui est à la tête du pouvoir.

_______ exécutif: est celui qui met en exécution les normes votées par
le pouvoir législatif.

_______ judiciaire: est celui qui juge ceux qui contreviennent aux
règles de droit.

_______ législatif: est celui qui élabore les normes législatives.

Pouvoirs locaux : les pouvoirs locaux sont les institutions les plus proches du
citoyen. Ainsi, en Belgique, les pouvoirs locaux sont les provinces, les communes
et les intercommunales. Généralement, ces pouvoirs sont soumis à la tutelle d’un
pouvoir supérieur.
Exemple : en Belgique, les Régions exercent la tutelle sur les pouvoirs locaux.

Pouvoirs (séparation des ___) : la séparation des pouvoirs est un principe


d’organisation de l’État en vertu duquel l’exercice du pouvoir est divisé en trois
fonctions qui sont confiées à des organes distincts : faire la Loi (pouvoir législatif),
appliquer la loi (pouvoir exécutif) et juger selon la loi (pouvoir judiciaire).
Exemple : d’après Montesquieu (1689--1755), philosophe et magistrat français à
qui l’on attribue généralement la paternité du principe de séparation des pouvoirs,
dans son ouvrage De l’Esprit des Lois (1748), « pour qu'on ne puisse abuser du
pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir ».
Aujourd’hui, en Belgique, le fait qu’on ne puisse être en même temps parlementaire
(pouvoir législatif) et ministre (pouvoir exécutif) ou magistrat (pouvoir judiciaire)
est une application du principe de séparation des pouvoirs.

Pouvoirs spéciaux : les pouvoirs spéciaux sont ceux conférés au Roi (et donc au
Gouvernement fédéral) ou aux Gouvernements d’entités fédérées en vue de les
autoriser à modifier ou adopter certaines normes législatives dans une situation
d’urgence en lieu et place du législateur. Pour que de tels pouvoirs spéciaux soient
ainsi conférés à l’exécutif, il faut qu’il y ait des circonstances exceptionnelles, que
l’attribution de tels pouvoirs soit limitée dans le temps et que les pouvoirs conférés
soient précisément définis, tant en ce qui concerne les finalités et les objectifs
qu’en ce qui concerne les matières dans lesquelles des mesures peuvent être prises,
et que soit indiquée la portée précise des mesures que l’exécutif est habilité à
prendre. Lorsque des pouvoirs spéciaux sont confiés à l’exécutif dans des
domaines que la Constitution réserve au seul législateur, les conditions sont encore
plus strictes.

Exemple : le 26 mars 2020, la Chambre a accordé au Gouvernement de Sophie


Wilmès les pouvoirs spéciaux pour lui permettre de prendre rapidement des
mesures face à la pandémie de coronavirus.

Préjudice : le préjudice est le dommage qui est causé à autrui d’une manière
volontaire ou involontaire. Le préjudice peut être causé par le fait d’une personne,
par le fait d’un animal ou d’une chose, ou encore par la survenance d’un
événement naturel ; son existence comme son évaluation relèvent du pouvoir
souverain d’appréciation des juges du fond.

Principes généraux (de droit) : il s’agit de normes non écrites qui se dégagent
par déduction des textes légaux sans y être explicitement contenues. Leur caractère
“général” implique donc qu’il ne s’agit pas de règles particulières et précises, mais
plutôt de règles à portée générale pouvant s’étendre à l’ensemble du droit belge.
Exemple : le principe de bonne foi est considéré comme un principe général devant
s’appliquer à toutes les branches du droit. Ainsi est-on censé exécuter de bonne foi
un contrat (de location d’immeuble, de travail, etc.), sans abuser des droits dont
l’on dispose.

Projet de loi : → voir Loi

Promulgation : il s’agit de l’acte par lequel le pouvoir exécutif atteste l’existence


de la loi, du décret ou de l’ordonnance, et en ordonne l’exécution et la publication
au Moniteur belge.

Proposition de loi : → voir Loi

Province : la province est une autorité publique délimitée territorialement,


exerçant, outre les missions qui lui sont confiées par les autorités fédérales ou
fédérées, les matières qui sont d’intérêt exclusivement provincial. La Belgique
comprend 10 provinces.
Exemple : la promotion du tourisme à l’échelle provinciale est une compétence des
provinces.
Q
Question préjudicielle : si une juridiction est confrontée, dans un litige qui lui
est soumis, à une question de conformité de lois, de décrets et d’ordonnances aux
règles de répartition des compétences entre l’Autorité fédérale, les Communautés
et les Régions ou aux articles 8 à 32, 143, § 1er, 170, 172 ou 191 de la Constitution,
elle doit en principe poser une question préjudicielle à la Cour constitutionnelle.
Lorsqu’une juridiction pose une question, la procédure devant cette juridiction est
suspendue dans l’attente de la réponse de la Cour. Le juge qui a reçu une réponse
de la Cour constitutionnelle doit en tenir compte, de même que tous les autres
juges confrontés à la même affaire. → voir aussi Cour constitutionnelle

Quorum : il s’agit de la proportion de présences ou de voix nécessaire pour qu’une


décision puisse être prise. → voir aussi Majorité
Exemple : la Constitution, en son article 4, stipule que “les limites des quatre régions
linguistiques ne peuvent être changées ou rectifiées que par une loi adoptée à la
majorité des suffrages dans chaque groupe linguistique [premier quorum de vote] de
chacune des Chambres, à la condition que la majorité des membres de chaque groupe
se trouve réunie [quorum de présence] et pour autant que le total des votes positifs
émis dans les deux groupes linguistiques atteigne les deux tiers des suffrages
exprimés [second quorum de vote] ».

R
Raison : dans son sens philosophique, la raison est une faculté universelle de
l’esprit humain qui permet d’examiner les choses de manière neutre et objective.
Elle rend possible la communication entre les hommes de toutes époques et de
tous lieux et leur permet de s’accorder sur un certain nombre de choses. Dans le
langage courant, la « raison d’une chose », c’est sa cause (par exemple, la raison
de mon absence) ; ma « raison d’être » d’une chose, c’est sa finalité, ce à quoi elle
sert et « avoir raison » sur une chose, c’est le fait d’avoir une opinion conforme à
la vérité, au bon sens ou à la justice.
Exemples : la « raison » du décès de la victime est, à ce jour, encore inconnue. La
« raison d’être » de l’interdiction des milices privées est de préserver la sécurité
publique. Le ministère public « a raison » : ce suspect est bien le meurtrier.

Rationalisme : doctrine philosophique selon laquelle tout ce qui est dans le


monde a sa raison d’être et, en conséquence, tout est compréhensible par la raison.
Il s’oppose à l’irrationalisme, doctrine qui considère que certaines choses sont
inaccessibles à l’esprit humain.
Exemple : la diffusion du rationalisme en Europe à partir du XVIème siècle a permis
de renverser de nombreuses croyances absurdes propagées par l’Eglise.

Recours (voie de ___) : on désigne par “voies de recours” l'ensemble des


procédures destinées à permettre un nouvel examen d’une affaire lorsque la
décision rendue par le juge est considérée comme non satisfaisante par l’une des
Parties en procès. L’appel devant une juridiction supérieure et le pourvoi en
cassation sont deux exemples de recours. → voir aussi Appel ; Pourvoi (en
cassation)

Région : la région est une entité fédérée à laquelle la Constitution confie le


pouvoir législatif et le pouvoir exécutif pour exercer les compétences qui lui sont
attribuées par la loi spéciale (notamment en matière de politique économique et
d’emploi, d’agriculture, de protection de l’environnement, d’urbanisme, de
travaux publics et de transport, de pouvoirs locaux, etc.). Elle ne doit pas être
confondue avec la Région linguistique. → voir Région linguistique

Exemples : selon l’article 1er de la Constitution, « la Belgique est un État fédéral


qui se compose des communautés et de régions » ; selon l’article 3 de la
Constitution, « la Belgique comprend trois régions : la Région wallonne, la Région
flamande et la Région bruxelloise ».

Région linguistique : il y a en Belgique quatre régions linguistiques, qui sont


des territoires sur lesquels s’appliquent des règles uniformes sur l’emploi des
langues, et qui servent à définir les zones de compétences des Communautés. Elle
ne doit pas être confondue avec la Région. → voir Région
Exemples : selon l’article 4 de la Constitution, « La Belgique comprend quatre
régions linguistiques : la région de langue française, la région de langue
néerlandaise, la région bilingue de Bruxelles-Capitale et la région de langue
allemande ».

Règlement : le règlement est un acte administratif de portée générale pouvant


être adopté au niveau de la province ou de la commune, dans des domaines
relevant de leurs compétences respectives.
Exemples : Le règlement général de police de la commune de Rhode-Saint-Genèse
(du 15 décembre 2015) fixe les règles relatives, notamment, à la propreté et à la
salubrité publiques, ainsi qu’à la sécurité et la tranquillité publiques.

Répartition en dentelles des compétences : empruntée au


constitutionnaliste Hugues Dumont, cette expression illustre que la répartition
des compétences entre les différents niveaux (Autorité fédérale, Communautés et
Régions) est devenue, avec le temps, fort complexe, au risque parfois de la rendre
peu lisible (par exemple, les compétences en matière de santé publique éclatées
entre les trois niveaux de compétences ; les compétences en matière
d’enseignement réparties entre l’Autorité fédérale, les Communautés et les
pouvoirs locaux, etc.) → voir aussi Compétence ; Niveau de compétences

Représentation (sens général) : la représentation désigne une manière,


socialement construite, d’appréhender un fait, une personne, une réalité perçue,
et d’interpréter ceux-ci.
Exemple : Le film « Une affaire de femmes » montre un juge ayant une
représentation des femmes comme étant nécessairement des mères devant être au
service de la partie.

______________ (sens juridique) : la représentation désigne le fait, pour un


élu, de représenter les citoyens dans la gestion du pouvoir.
Exemple : la démocratie belge fonctionne suivant une logique de représentation.
Ce ne sont pas les électeurs mais leurs représentants qui participent aux décisions
politiques quotidiennes.

Responsabilité : la responsabilité désigne le fait d’assumer ses actes qu’ils soient


fautifs ou non. En droit, on distingue la responsabilité civile (qui se traduit
essentiellement par le paiement d’une somme d’argent), la responsabilité pénale
(qui se traduit par une sanction pénale telle que la prison, le travail d’intérêt
général ou l’amende) et la responsabilité politique (qui se traduit par la démission
du mandat politique visé par la mise en cause de la responsabilité).
Exemple : selon l’article 1385 du Code civil, « le propriétaire d'un animal, ou celui
qui s'en sert, pendant qu'il est à son usage, est responsable du dommage que
l'animal a causé, soit que l'animal fût sous sa garde, soit qu'il fût égaré ou échappé
».

Rétroactivité : la rétroactivité est le fait qu'un acte juridique puisse produire des
effets sur ce qui est antérieur à sa date de mise en application.
Exemple : la Belgique connaît le principe de la non--rétroactivité des textes
pénaux, c’est­-à-­dire qu’on ne peut pas punir quelqu’un pour un acte passé en
utilisant une loi postérieure à cet acte.

S
Sanction : en droit belge, le terme “sanction” recouvre deux acceptions
différentes. Dans un premier sens, la sanction pénale est une mesure punitive
accompagnant la condamnation prononcée par une juridiction sur la base d’un
texte de loi. Elle ne doit pas être confondue avec l’autre sens, celui de la sanction
royale, qui est l’acte par lequel le Roi (en vertu de l’article 109 de la Constitution),
en tant que branche du pouvoir législatif fédéral, donne son accord à une loi qui a
été votée par le Parlement.
Exemples : sens 1. ce prêtre pédophile a été sanctionné d’une lourde peine de
prison ; sens 2. le Roi a sanctionné la loi et, juste après, l’a promulguée de manière
à la rendre exécutoire.

Séance (de commission) : les séances de commission constituent une façon


d’organiser le travail parlementaire. Au sein des différents parlements belges, les
parlementaires se réunissent en commission thématiques (commission Justice,
commission des Affaires sociales, etc.). Ces commissions traitent des questions
liées à leur thème. Les séances sont les moments durant lesquels elles se réunissent
et travaillent. → voir aussi Commission (parlementaire)
Exemple : pendant la crise liée au Covid-19, le Ministre-Président wallon Elio Di
Rupo et la Ministre wallonne chargée de la Santé, Christine Morreale, ont donné
des explications en séance de la Commission de la Santé du Parlement wallon, pour
justifier les mesures sanitaires adoptées sur le territoire wallon.

_______ (à huis clos) : une séance est dite à huis clos lorsque, pour des
diverses raisons, elle se tient en dehors de toute publicité, en présence d’un
nombre restreint de participants.
Exemple : afin de ménager les témoignages des victimes d’abus sexuels, les séances
de la Commission Adriaenssens relative à des faits de pédophilie dans l’Eglise
catholique belge, se sont tenues à huis clos.

_______ (plénière) : une séance est plénière lorsque l’ensemble des


parlementaires est censé y assister (alors que les séances de commission ne
réunissent que les parlementaires qui font partie de la commission concernée).
Temps fort de l'activité parlementaire, la séance plénière est le moment de
l’examen, par le parlement, de tous les sujets soumis à son activité.
Exemple : en séance plénière de la Chambre des Représentants du 9 avril 2020,
diverses questions relatives à la crise sanitaire due au coronavirus ont été adressées
à la Première Ministre Sophie Wilmès.

Secrétaire d’État : Les secrétaires d’Etat composent, avec les ministres fédéraux,
le Gouvernement fédéral. Il y a toutefois entre eux une différence de pouvoir et de
fonctionnement. Les ministres sont les seuls prévus dans la Constitution, leur
nombre y étant limité. De même, la parité linguistique s’applique généralement aux
ministres, ce qui n’est pas le cas des secrétaires d’Etat. Ces derniers n’ont pas de
responsabilité directe, car c’est au Conseil des ministres (dont les secrétaires d’Etat
ne font techniquement pas partie) que se prennent légalement les décisions. Les
secrétaires d’Etat y participent, mais seulement quand les matières relevant de leur
compétence sont évoquées. Ils ont aussi souvent des fonctions moins importantes et
des compétences moins larges. Et généralement, mais pas toujours, ils travaillent
sous l’autorité d’un ministre responsable d’un portefeuille plus large. Notez qu’on
trouve également, à l’heure actuelle, des secrétaires d’Etat au Gouvernement
bruxellois. → voir aussi Conseil des ministres ; Ministre ; Parité linguistique
Exemple : au sein du Gouvernement Michel I, Theo Francken était le Secrétaire
d’Etat en charge de l’Asile et de la Migration, et était placé sous le contrôle du
Ministre de l’Intérieur. Pour leur part, les Gouvernements Michel II et Wilmès ne
comptent pas de secrétaire d’Etat.

Section de législation du Conseil d’État : → voir Conseil d’État

Section du contentieux administratif du Conseil d’État : → voir Conseil


d’État
Sénat : → voir Parlement

Sonnette d’alarme : cette procédure vise à protéger la minorité linguistique au


sein d’une assemblée parlementaire bilingue (les francophones au Parlement
fédéral, les néerlandophones au Parlement bruxellois) et permet la suspension de
la procédure parlementaire d’adoption d’une norme législative (une loi au niveau
fédéral, une ordonnance au niveau régional bruxellois), si les trois quarts au moins
d’un groupe linguistique adoptent une motion par laquelle ils déclarent qu’un
projet ou qu’une proposition de loi (ou d’ordonnance) est de nature à porter
gravement atteinte aux relations entre francophones et néerlandophones. La
motion est alors transmise au Conseil des ministres (fédéraux ou bruxellois) qui,
dans les trente jours, donne un avis motivé, et invite l’assemblée parlementaire
dans laquelle la “sonnette d’alarme” a été tirée, à se prononcer, en lui proposant
soit d’adopter le texte, soit d’y renoncer, soit encore d’adopter un texte modifié.
L’assemblée parlementaire en question se prononce alors, sans que la procédure
de la “sonnette d’alarme” puisse, une deuxième fois, être mise en oeuvre. Elle ne
peut être appliquée ni au vote des budgets, ni aux projets de loi spéciale (cette
dernière étant votée selon une majorité spéciale protégeant déjà la minorité
linguistique). Cette procédure n’est utilisée que de manière rarissime, et semble
remplir surtout une fonction dissuasive.
Exemple : en 2010, les francophones ont utilisé la procédure de la “sonnette
d’alarme” pour éviter la mise à l’agenda de la séance plénière de la Chambre de
deux propositions de loi, initiées par des politiques néerlandophones, scindant la
circonscription électorale bilingue de Bruxelles-Hal-Vilvorde.

Sources :
Sources formelles : les sources formelles d’un ordre juridique sont les
procédés par lesquels une règle parvient à l’existence et devient
juridiquement valide. Il ne faut pas confondre les sources formelles d’un
texte juridique avec ses sources matérielles, à savoir les motifs politiques,
économiques ou sociologiques qui en expliquent l’adoption.
Exemples : en Belgique, les sources formelles de l’ordre juridique
sont hiérarchisées selon un modèle pyramidal à la tête duquel on
trouve la Constitution. La source formelle de la reconnaissance du
mariage homosexuel est la loi du 13 février 2003 ouvrant le
mariage à des personnes de même sexe et modifiant certaines
dispositions du Code civil. Les sources matérielles de ce texte sont,
entre autres, le fait que de nombreux homosexuels vivaient en
couple sans bénéficier de la protection juridique des couples mariés
ou qu’en 2003, l’absence des partis sociaux--chrétiens au
gouvernement fédéral a permis un accord politique sur cette loi.

Souveraineté : la souveraineté est l’attribut d’un État dans lequel le pouvoir est
unique et indivisible. Synonyme : Indépendance
Exemple : le Pape ne peut décider des règles qui régissent le divorce en Belgique.
L’État belge a la souveraineté et est donc la seule autorité compétente pour prendre
cette décision.

Statut : un statut est un ensemble de dispositions légales, réglementaires ou


contractuelles qui définissent les règles impersonnelles et objectives applicables à
une situation juridique déterminée.
Exemple : le statut des couples cohabitants ; le statut des fonctionnaires
provinciaux ; le statut du Corps diplomatique; etc. Employé au pluriel, le mot
“statuts” désigne les dispositions conventionnelles qui régissent le fonctionnement
de sociétés privées (ex.: les statuts d’une a.s.b.l. ou d’une société anonyme).

Substance : la substance d’une norme, c’est son contenu, sa signification, sa


raison d’être, les valeurs qu’elle est censée défendre. Elle se distingue de la forme
de la norme. La substance, c’est la matière de la loi. On découvre la substance d’une
norme en s’intéressant aux sources matérielles de cette dernière ou aux principes
et valeurs qui ont poussé le législateur à l’adopter.
Exemple : le code civil est bâti sur un certain nombre de valeurs fondamentales qui
en constituent sa substance : le respect de la propriété, la liberté de contracter,
l’autonomie de la volonté, etc.

Sujet (de droit) : à la différence d’un objet de droit, le sujet de droit dispose de la
personnalité juridique, et est donc titulaire de droits et d’obligations. Synon.:
Personne

Suspension : opération juridique consistant à mettre entre parenthèses,


temporairement, l’application d’un acte de l’administration, d’une norme législative
ou d’une décision de justice. En général, une partie requérante peut demander la
suspension provisoire, dans l’attente de son annulation éventuelle.
Exemple : par l’arrêt n° 343.306 du 20 décembre 2018, la section du contentieux
administratif du Conseil d’État a ordonné la suspension de l’exécution de la
décision du Secrétaire d’État à l’Asile et la Migration qui limitait à 50 par jour le
nombre de demandes de protection internationale pouvant être présentées à
l’Office des étrangers. Il a été jugé que la décision attaquée est un acte juridique
réglementaire qui a pour effet de rendre exagérément difficile l’accès effectif à la
procédure de reconnaissance de la qualité de réfugié ou d’octroi de la protection
offerte par le droit belge, pour de nombreux ressortissants tiers désireux de
présenter une demande de protection internationale en Belgique.

Syllogisme : le syllogisme est un raisonnement logique fondé sur le rapport entre


deux prémisses (appelées la majeure et la mineure) dont on déduit une conclusion.
Exemple : Majeure : toutes les femmes sont mortelles
Mineure : Sophie est une femme
Conclusion : Sophie est mortelle
Le syllogisme judiciaire, c’est--à--dire le syllogisme utilisé par un juge ou un
tribunal dans le cadre d’un procès, est une variante juridique du syllogisme dont
la majeure est systématiquement une norme juridique.
Exemple : Majeure : l’article 1385 du Code civil prévoit que l’on est responsable
des dommages causés par les animaux dont on a la garde

Mineure : le chien de Pierre a crevé le pneu du vélo de


Pauline

Conclusion : Pierre est responsable du dommage subi


par Pauline

Système (juridique) : il s’agit d’un ensemble d’éléments interactifs ordonnancés


selon une certaine cohérence, apte à résoudre toute question relevant du champ
d’application du droit et en application des seules règles juridiques. → voir aussi
Cohérence ; Complétude ; Fermeture

T
Traité : le traité est un accord international conclu par écrit entre États qui énonce
des règles juridiques concernant leurs relations mutuelles. Ce terme désigne aussi
un ouvrage didactique qui expose de façon systématique un sujet ou une matière.
Exemples : 1. la Convention européenne des droits de l’homme est un traité qui lie
47 États ;
2. il existe, à la bibliothèque de droit de l’ULB plusieurs traités qui ont été écrits
par d’illustres juristes comme, par exemple, le Traité de droit international public
de Paul Guggenheim.

Tribunal : le tribunal ou la juridiction (du latin « jus dicere » : dire le droit) est
l’institution où est rendue la justice lorsque des personnes (physiques et/ou
morales) sont en conflit ou, plus généralement, lorsqu’elles ont violé la loi. Sa
principale fonction est de trancher un différend en appliquant la loi.
Exemple : le tribunal correctionnel est l’institution où est rendue la justice lorsque
des personnes ont commis un délit réprimé par la loi pénale.

Tutelle : la tutelle consiste à ce qu’une autorité juridiquement supérieure dispose


d’un pouvoir de contrôle sur les actes d’autorités juridiquement inférieures.
Exemple : en matière de délivrance de permis d’urbanisme par la commune, la
Région dispose d’un pouvoir de tutelle pour contrôler ou, le cas échéant, empêcher
la délivrance de ce permis.

U
Usage : on parle d’usage pour qualifier un comportement habituel, mais qui,
contrairement à la coutume, n’est pas obligatoire. La notion d’usage renvoie en
général à une pratique dans un groupe social bien déterminé.

V
Valeur : la valeur est la qualité que l’on accorde à une chose ou une personne en
fonction de critères objectifs et/ou subjectifs. On oppose un jugement de valeur à
un jugement fondé sur une norme juridique.

Vérité judiciaire : un juge prend ses décisions sur la base du droit mais aussi à
partir de de ce que lui disent, présentent ou même cachent les Parties au procès. On
dit que, dans la cadre de sa fonction de juger, le magistrat recherche la vérité. Dès
lors, au terme d’un procès (et, en particulier, d’un procès pénal), considère-t-on que
la décision rendue par le juge représente “la” vérité aux yeux de la Justice. Mais il
s’agit d’une vérité relative, qui peut, aux yeux de l’une des Parties au procès, voire
de l’opinion publique, ne pas être “la” vérité attendue. La Justice, en Belgique, étant
humaine (et non, par exemple, d’essence divine), elle est donc potentiellement
perfectible aussi. Dès lors parle-t-on de “vérité judiciaire” pour qualifier la vérité
établie par un juge, au terme d’un procès, et qui est censée apaiser les tensions dans
la société, légitimer l’œuvre de réconciliation opérée par la Justice et empêcher de
remettre sempiternellement en cause ce qui aurait été décidé par les tribunaux.
Exemple : en 2016, l’ancien député Bernard Wesphael était acquitté par la Cour
d’assises de Mons. Il était poursuivi pour avoir assassiné sa compagne. La décision
de la cour indiquait que “malgré l’existence d’éléments troublants”, l’enquête et les
éléments développés lors des débats ne permettaient pas d’établir sa culpabilité. Il
existait donc “un doute raisonnable qui devait profiter à l’accusé”. Si ce verdict
d’acquittement a bien évidemment soulagé Bernard Wesphael et ses proches, la
famille et les amis de la victime ont, eux, été légitimement déçus par la décision de
la Cour, qui “blanchissait” en quelque sorte l’accusé. Toutefois, afin d’éviter de
“revenir” sans fin sur une affaire, empêchant les uns d’aller de l’avant, les autres de
faire leur deuil, le tout dans le respect des règles de droit censées être respectées par
tous, doit-on considérer qu’aux yeux de la Justice, Bernard Wesphael n’a pas tué sa
compagne, même si certains continuent de penser le contraire.

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