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Le document traite des principes, technologies et applications de la scanographie, une technique d'imagerie médicale développée à partir des travaux de J. Radon et R.N. Bracewell. La tomographie par rayons X assistée par ordinateur, qui permet la reconstruction d'images à partir de projections, a révolutionné le domaine de la radiologie depuis son introduction dans les années 1970. Le texte détaille également les aspects technologiques des scanners modernes, y compris les méthodes d'acquisition et de reconstruction des images.

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Le document traite des principes, technologies et applications de la scanographie, une technique d'imagerie médicale développée à partir des travaux de J. Radon et R.N. Bracewell. La tomographie par rayons X assistée par ordinateur, qui permet la reconstruction d'images à partir de projections, a révolutionné le domaine de la radiologie depuis son introduction dans les années 1970. Le texte détaille également les aspects technologiques des scanners modernes, y compris les méthodes d'acquisition et de reconstruction des images.

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41

Le scanner :
Principe - Technologie - Applications

Les principes mathématiques de la théorie de reconstruction d'un objet à partir de


la connaissance de ses projections ont été énoncés en 1917 par J. Radon. Les
applications pratiques sont plus récentes puisqu'elles furent développées par R.N.
Bracewell en 1956 dans le domaine de la radio-astronomie afin d'identifier des
régions solaires émettant des radiations micro-ondes. Les premières applications
médicales furent réalisées en 1960 par W.H. Oldendorf en utilisant une source de
rayonnements émettant des rayons gamma et en 1963 par D.E. Kuhl et R.Q.
Edwards ainsi que par A.M. Cormak.
La tomographie par rayons X assistée par ordinateur (encore appelé
tomodensitométrie ou scanographie) fut développée par G.M. Hounsfield et la
première machine (scanner) utilisable sur site clinique fut installée en 1971 à
Londres. Elle ne permettait d'examiner que la tête, et l'exploration du "corps entier"
fut possible à partir de 1974. La mise au point de la scanographie a été saluée
comme la découverte la plus importante en radiologie depuis celle des rayons X
par W.C. Roentgen en 1895. Elle a valu à A.M. Cormak et G.M. Hounsfield le prix
Nobel de Médecine en 1979 [1].
La tomographie axiale assistée par ordinateur (C.T.), ou scanographie, est basée
sur la détection d'un faisceau de rayons X tournant autour du patient (figures 1 et
2). Cependant, à l'opposé de la radiologie classique où le faisceau transmis est
détecté et visualisé à l'aide d'un film ou d'un amplificateur de luminance, il est
détecté électroniquement puis numérisé. L'image est ensuite reconstruite à l'aide
d'un calculateur et visualisée. L'acquisition de plusieurs coupes adjacentes conduit
à l'information tridimensionnelle.
Depuis son apparition il y a maintenant plus de trente ans, la scanographie a
connu un succès croissant, le nombre de scanners ayant par exemple plus que
doublé entre 1988 (229 machines) et 1997 (563 machines) [2]. Aussi, compte tenu
des niveaux de doses relativement élevés délivrés par ces examens, cette
technique d'imagerie représente à ce jour la principale source d'exposition de la
population dans le domaine du radiodiagnostic. Des études britanniques [3]
menées par le NRPB1 ont montré que, sur la base de 20 h.Sv par an et par
machine, la dose efficace collective due à la scanographie pouvait être estimée en
1993 à 7000 h.Sv, contribuant ainsi à plus du tiers de la dose totale due à
l'ensemble des examens par rayons X.

1 National Radiological Protection Board


42

I - Rappels sur le principe

1. Acquisition des données


L'acquisition d'un grand nombre de projections (monodi-
mensionnelles) d'une coupe axiale transverse (bidimensionnelle) permet la
reconstruction mathématique de l'objet examiné. L'acquisition de ces
projections s'effectue en déplaçant, par rotation, un tube à rayons X
associé à un ensemble de détection, le patient étant placé entre le tube et
les détecteurs (figures 1 et 2).

Figure 1 : Principe d’acquisition des Figure 2 : Schéma de la coupe reconstruite


données sur un scanner.

Un faisceau de rayons X, lors de la traversée de l'organisme, est


atténué par absorption et par diffusion (effets photo-électrique et
Compton). Cette atténuation dépend de la densité du milieu, de sa
composition atomique et de l'énergie du faisceau de rayons X.
L'atténuation d'un faisceau monochromatique par un objet de densité
uniforme répond à la loi bien connue :

I = I0 exp (-µL)

avec

I0 : flux de rayons X à l'entrée


I : flux de rayons X à la sortie
µ : coefficient d'atténuation linéique du milieu
L : épaisseur du milieu traversé.

Pour un objet plus complexe composé de petits éléments de


volume identiques mais de densités différentes on peut écrire :
43

µi = (1/L).ln (I0/I)

avec
µi : coefficient d'atténuation linéique de l'élément
i
L : largeur de chaque élément volumique.

Ainsi la somme des coefficients d'atténuation linéique le long de


cet objet peut-être calculée. Ce processus constitue la mesure
élémentaire en scanographie. Il nécessite un ensemble composé d'un
tube à rayons X, d'un détecteur de référence pour la mesure de I 0 et d'un
détecteur de mesure pour I.

Le déplacement linéaire de cet ensemble de mesure de part et


d'autre de l'objet examiné permet d'obtenir une série de mesures
élémentaires. L'ensemble de ces mesures pour une direction donnée (q),
constitue une projection p (r,q). Ce processus est répété plusieurs fois tout
autour de l'objet (sur 180° ou 360°) de façon à disposer des projections
nécessaires à la détermination du coefficient d'atténuation linéique de
chaque élément volumique de l'objet.

a) Processus de reconstruction

Le processus de reconstruction basé sur des mesures


échantillonnées (m mesures élémentaires par projection et p projections
par acquisition soit m x p mesures par acquisition) va conduire à une
matrice image dont le contenu de chaque pixel (contraction de picture
element) représente le coefficient d'atténuation d'un volume élémentaire
(voxel) dont la section est égale au pixel (0,5 à 2 mm de côté) et la
profondeur est égale à la largeur du faisceau de rayons X traversant le
patient (épaisseur de coupe de 1 à 10 mm).

La méthode de reconstruction utilisée est celle de la rétroprojection


filtrée. L'utilisation d'une simple rétroprojection conduisant à une image
floue, il est nécessaire de filtrer les projections avant de les rétroprojeter
(figure 3).

Cette filtration est obtenue par convolution de chaque projection


mesurée avec un filtre rampe (s). La phase de mesure nous donne les
projections p (r, q).

La rétroprojection simple conduit à une fonction approchée f'(x,y)


telle que :
44
45

La rétroprojection filtrée conduit à une fonction exacte f(x,y) telle que :

Figure 3 : Principe de la méthode de reconstruction par rétroprojection filtrée.

où p'(r,q) est obtenu par convolution de p (r,q) avec la fonction filtre s

En pratique, une convolution dans le domaine réel est équivalente


à une multiplication dans le domaine fréquentiel. Ce processus conduit en
fait à une procédure de reconstruction plus rapide. Ce passage est obtenu
par utilisation de la transformée de Fourier. Le retour au domaine réel
s'effectue par transformée de Fourier inverse.

Le filtre rampe s a une fonction de reconstruction et de suppression


de flou dans l'image. Cependant on profite de cette phase pour modifier le
contenu de l'image en fonction de l'application recherchée : renforcement
des contours, diminution du bruit, … figure 4). Cette modification est
obtenue en multipliant le filtre rampe par un des filtres privilégiant par
exemple les hautes fréquences spatiales ou les basses fréquences
spatiales (en fonction de l'exploration clinique). Notons qu'en dehors du
46

filtre d'autres paramètres dépendant de l'opérateur influencent


l'information contenue dans l'image : ce sont soit des paramètres
d'acquisition (haute tension, dimensions du champ exploré, ...) soit des
paramètres de reconstruction (taille de la matrice image, zoom, ...).

Ainsi le processus de reconstruction est constitué des 4 étapes


suivantes : mesure, prétraitement (conversion logarithmique ln(I 0/I)),
filtrage et rétroprojection. Une fois le processus de rétroprojection terminé,
l'image est disponible en mémoire, prête à être visualisée avec un contenu
des pixels normalisé selon une échelle de nombres standardisée.

u.a.

Figure 4 : A) Filtre rampe intervenant dans le processus de rétroprojection filtrée. B)


Filtres complémentaires dépendant de l’exploration clinique. En pratique le filtre utilisé est
le produit du filtre rampe avec un de ces filtres.

En scanographie le paramètre physique à la base du contraste


dans l'image est le coefficient linéique d'atténuation µ. Le contenu N S de
chaque pixel de l'image est relié aux valeurs de µ par la relation :

Cette relation conduit à une échelle standardisée (échelle


d'HOUNSFIELD) utilisée sur tous les scanners. Elle repose sur deux
valeurs particulières : -1000 pour l'air et 0 pour l'eau. En pratique elle
s'étend au delà de +1000 pour l'os dense. En fait, une dynamique de 12
bits (4096 niveaux), décalée de 1024 vers le bas, est disponible. Cette
échelle aussi étendue est nécessaire car les scanners actuels permettent
de séparer des tissus dont les µ diffèrent de 0,3 %.
47

Pour observer en détail une image sur l'écran vidéo on ne peut pas
visualiser toute la dynamique (4096 niveaux) contenue dans l'image à
l'aide de l'échelle de gris généralement disponible (16 niveaux). On est
donc conduit à sélectionner une largeur de fenêtre dans laquelle vont
s'étaler les niveaux de gris et choisir un niveau moyen correspondant au
milieu de la fenêtre. Ces paramètres sont respectivement adaptés au
contraste recherché et aux tissus examinés.

II - Technologie du scanner

1. Aspects technologiques

Sur les appareils dits de 3 ème génération l'ensemble tube-détecteur


est animé d'un mouvement de rotation avec un temps minimum
d'acquisition de 1 seconde pour 360 degrés, autorisant les explorations du
thorax et de l'abdomen.

Le faisceau est suffisamment ouvert, en forme d'éventail, pour


englober entièrement l'objet dans un champ supérieur à 50 cm de
diamètre environ. Le nombre de détecteurs varie de 250 à 1000 dans un
angle de 45 à 50 degrés. Un certain nombre de détecteurs situés à la
partie extrême de l'éventail, reçoivent le flux de rayons X non atténué. Ils
donnent à chaque instant la mesure de l'intensité incidente (I 0) et
permettent d'en tenir compte dans le calcul d'éventuelles dérives.

Le principe dit de 4 ème génération utilise des détecteurs fixes


disposés en couronne sur 360 degrés. Le tube décrit un mouvement
circulaire soit à l'intérieur soit à l'extérieur de cette couronne. Dans ce
dernier cas, la couronne est animée d'un mouvement de nutation
synchronisé avec celui du tube. Le nombre de détecteurs est relativement
grand (de 600 à 1000). Les temps d'acquisition sont dans ce principe de
l'ordre de 1 seconde.

Un système (IMATRON), sans mouvements mécaniques, permet


d'obtenir 2 coupes en un temps d'acquisition de 50 ms particulièrement
adapté aux études cardiaques.

Son originalité réside dans le mode de balayage du faisceau de


rayons X. Celui-ci est réalisé grâce à la déflexion d'un faisceau d'électrons
frappant une anode en arc de cercle de rayon 1 mètre sur 180 degrés. La
disposition en parallèle de 4 anodes et d'un système de collimation sur les
détecteurs permet d'enregistrer simultanément les informations relatives à
la reconstruction de 8 coupes parallèles.

a) Production des rayons X


48

- Générateur

Les générateurs fournissent, en particulier, la tension (de l’ordre de


130 kV) et le courant nécessaires à l’accélération des électrons dans le
tube à rayons X. Ces électrons interagissent, ensuite, avec la cible (anode
en tungstène) par rayonnement de freinage (Bremsstrahlung) pour
produire le spectre continu de rayons X utiles pour la réalisation de
l’examen. Les générateurs sont du type tension constante, régulée à
quelques dix millièmes près (soit quelques dizaines de volts) pour assurer
un flux énergétique quasi constant. L'invariabilité est essentielle
puisqu'elle conditionne la valeur µ du coefficient d'atténuation mesuré.
Une stabilité meilleure que 1/1000 permet d'apprécier une différence en
atténuation de l'ordre de 0,3 %.

Pour obtenir une énergie effective supérieure à 60 keV, les


générateurs doivent fournir des tensions comprises entre 90 kV et 140 kV
sous un courant de 50 à 300 mA en mode continu ou de 100 à 700 mA en
mode pulsé. Pour les régimes de fonctionnement en mode pulsé, la durée
d'impulsion réglable peut varier de 1 à 7 ms avec une fréquence de 100 à
200 impulsions par seconde conditionnant l'acquisition des projections.
Dans le cas d'un fonctionnement en mode continu la mesure est
échantillonnée au niveau des détecteurs pendant une durée variant de 1 à
7 ms par projection. Avec ce mode de fonctionnement on peut réaliser
jusqu'à 1000 projections par seconde.

- Tubes à rayons X

Pour les appareils actuels, les puissances élevées nécessaires


exigent l'utilisation de tubes à anode tournante. La double exigence de
l'ouverture importante du faisceau de rayons X (50 degrés) et de la
limitation des effets gyroscopiques nécessitent une orientation de l'axe
longitudinal du tube (ou de l'anode tournante) perpendiculaire au plan du
mouvement de rotation.

Une technique plus récente génère deux positions différentes du


foyer à partir du même filament pour améliorer la résolution spatiale. Les
émissions de rayons X issues des deux foyers sont contrôlées par
ordinateur. La chaîne de détecteurs capte alternativement les informations
provenant des deux faisceaux. Cette technique du double foyer est
équivalente au doublement du nombre des détecteurs. On obtient ainsi
des performances en haute résolution de l'ordre de 20 paires de lignes/cm
(0,2 mm) pour des champs de reconstruction de 240 mm.

Les tubes à rayons X sont soumis à des contraintes thermiques et


mécaniques sévères, ils sont généralement garantis pour 35 000 coupes.
49

Les filtrations inhérentes de 1 à 2,5 mm Al et les filtrations additionnelles


de 0,5 à 1 mm de Cu ont pour but d'éliminer le plus possible les
composantes de basses énergies du rayonnement X afin de favoriser le
phénomène de durcissement du faisceau et d'avoir une énergie effective
supérieure à 60 keV, généralement autour de 70 keV.

- Collimateur primaire

Le collimateur primaire placé à la sortie du tube à rayons X a pour


but de définir l'ouverture du faisceau de rayons X (fan beam : faisceau en
éventail), qui peut varier de 40 à 50 degrés, la largeur du faisceau de
rayons X, généralement de 1 à 10 mm, est obtenue par motorisation des
deux « mâchoires » du collimateur.

b) Détecteurs

Les caractéristiques essentielles des détecteurs sont :

- l'efficacité de détection quantique qui représente le rapport entre


le nombre de photons absorbés par le détecteur et le nombre de photons
incidents. En pratique, le paramètre utile est l'efficacité globale de
détection qui est le produit de l'efficacité quantique du détecteur et de
l'efficacité géométrique. L'efficacité géométrique dépend de la dimension
des cellules et du collimateur secondaire ; elle est fonction de dispositifs
utilisés par certains constructeurs (lamelles masquant la moitié de chaque
détecteur par exemple).
- la précision et la stabilité différentielle des cellules : l'efficacité
quantique de détection de chaque cellule doit être constante en fonction
de l'énergie et de la fluence énergétique.
- la dynamique des mesures : quel que soit le type de détecteur
utilisé, la dynamique de mesure est de 1:106 (cela correspond à la
différence d'atténuation qui existe entre le faisceau dans l'air et le faisceau
atténué par 70 cm de tissu mou).

Par ailleurs, les détecteurs doivent présenter les caractéristiques


géométriques suivantes :

- une largeur suffisante, supérieure ou égale à 20 mm afin de


détecter le plus large faisceau de rayons X disponible,
- une épaisseur suffisamment petite (de l'ordre de 1 à 2 mm) qui
conditionne la largeur du rayon de mesure et donc de la résolution
spatiale,
- une profondeur (ou longueur) dans le sens de propagation du
rayonnement suffisante pour absorber une forte proportion de
rayonnement (de 2 à 50 mm, en fonction du type de détecteur).
50

Deux principes sont utilisés: l'effet radioluminescent dans les


détecteurs solides et l'ionisation dans les détecteurs à gaz.
51

- Détecteurs solides

Les nouveaux types de détecteurs utilisant l'association cristal


scintillateur – photodiode (par exemple, CdWO4) – ces semi-conducteurs
permettent, de par leur conception, de loger de nombreux détecteurs dans
un espace réduit et de les remplacer individuellement en cas de
défaillance. Ils ne présentent pas de phénomène de vieillissement aussi
rapide que les détecteurs NaI, BiGeO et CaF2 et leur dérive thermique
bien que très faible nécessite cependant une recalibration fréquente.
L'efficacité de détection quantique est pratiquement de 100 % (10 % pour
les cristaux associés à un PM). Les dimensions d'un détecteur sont
d'environ 2 mm d'épaisseur, 20 mm de largeur et 2 mm de profondeur. Ils
sont espacés de 0,3 à 0,6 mm.

- Détecteurs à gaz

Il s'agit d’une chambre à ionisation contenant du xénon sous


pression. Le xénon est un gaz lourd (A = 131, Z = 54), sa densité est 4,5
fois supérieure à celle de l'air dans les mêmes conditions de température
et de pression. Pour augmenter son efficacité de détection on utilise le
xénon sous pression de l'ordre de 2,5.10 5 Pa.

La chambre comporte des électrodes de champ et des électrodes


de collection des ions. Chaque série d'électrodes forme une cellule et la
chambre de détection peut comporter jusqu'à 1000 cellules élémentaires
déployées sur un arc de cercle de 45 ou 50 degrés. Les dimensions de
ces cellules sont de l'ordre de 1 mm en épaisseur, 30 mm en largeur et 50
mm en profondeur et les cellules sont espacées de 0,2 à 1,2 mm.
L'efficacité de détection quantique de l'ordre de 50 à 60 % est fonction de
la pression du gaz.

c) Collimateur secondaire

Le collimateur secondaire a pour but de minimiser la quantité de


rayonnement diffusé responsable de la dégradation du contraste. Sur les
appareils de 3ème génération, le collimateur secondaire peut être constitué
de lamelles de plomb focalisées sur le foyer du tube et placées sur la
chaîne des détecteurs. La structure des électrodes des détecteurs à gaz,
de par leur profondeur, favorise la collimation.

2. Évolutions du scanner

Le développement technologique des scanners s'est effectué


autour de deux composantes principales :
52

- un dispositif d'émission et de détection des rayons X, capable de


tourner autour du patient pour effectuer l'acquisition des données de base
encore appelées projections et
- un ensemble pour la reconstruction des images de coupe axiale à
partir des projections.

À ces deux ensembles il convient d'associer les fonctions de


visualisation, de traitement, de transfert et d'archivage des images. Bien
que complémentaires de la finalité première d'un scanner, ces fonctions
ont connu ces dernières années un développement considérable, comme
par exemple les reconstructions tridimensionnelles ou la représentation
volumique des données anatomiques.

Si le principe de base est resté le même depuis 1971, de


nombreux développements ont eu lieu sur les différents aspects
techniques. Par la suite sont présentées les évolutions concernant la
géométrie, le faisceau de rayons X et sa collimation, les détecteurs, et
l'exploitation des données.

a) Géométrie des scanners

Dans les deux premières générations de scanners, le mouvement


de l'ensemble tube-détecteur était du type translation-rotation [4]. Ce
mouvement relativement compliqué, associant une translation puis une
rotation de 1 à 10° (en fonction du nombre de détecteurs), se caractérisait
par une mauvaise utilisation du faisceau de rayons X et des temps
d'acquisition élevés. Le passage de un détecteur (1 ère génération) à
plusieurs ( 30) détecteurs (2ième génération) a permis de réduire les
temps d'acquisition de quelques minutes à une dizaine de secondes et
ainsi autorisé le passage à l'exploration du corps entier. Dans la troisième
génération les scanners utilisent un faisceau de rayons X en éventail
suffisamment large (ouverture d'au moins 40°) pour supprimer le
mouvement de translation d'où l'appellation rotation-rotation. Le nombre
de détecteurs (plusieurs centaines) permet d'obtenir simultanément
l'ensemble des mesures relatives à une projection. Le temps d'acquisition
se trouve ainsi ramené à quelques secondes pour une acquisition sur
360°. Dans la quatrième génération, un anneau de détecteurs entoure le
patient, et seul le faisceau de rayons X est animé d'un mouvement de
rotation. Ce type de géométrie a permis de supprimer le risque d'artefacts
circulaires dans l'image parfois associé à des scanners de troisième
génération. Un pas significatif a été franchi sur les temps d'acquisition en
développant un scanner dit de cinquième génération, où les mouvements
mécaniques ont été remplacés par le balayage d'une cible fixe de forme
circulaire par un faisceau d'électrons (scanner Imatron). Ce principe a
permis d'atteindre des temps d'acquisition de l'ordre de 0,01s et de
53

réaliser des acquisitions cardiaques synchronisées. En fait les évolutions


technologiques se sont surtout concentrées sur le type de géométrie dit de
troisième génération, autour duquel sont apparues les plus récents
progrès technologiques tels que le mouvement hélicoïdal, les détecteurs à
multi-barrettes, etc.

b) Faisceau de rayons X

Nous allons considérer les évolutions concernant trois éléments


conditionnant le faisceau de rayons X, c'est à dire le tube, la filtration et la
collimation.

- Tube à rayons X

Sur les appareils de première et deuxième génération, les tubes à


rayons X étaient du type anode fixe et refroidissement par huile. À partir
de la troisième génération des tubes à anode tournante et refroidissement
par air ont été utilisés, le faisceau étant soit pulsé soit continu. Les tubes
pour scanners sont spécialement conçus pour cette application,
l'ensemble du processus de génération du faisceau devant offrir une
stabilité meilleure que 99 %, aussi bien en quantité qu'en qualité. La haute
tension se situe généralement entre 80 et 140 kV et les temps d'exposition
peuvent atteindre, maintenant, quelques dizaines de secondes en
acquisition hélicoïdale. Aussi les tubes pour scanners ont évolué vers des
produits offrant une capacité calorifique de plus en plus grande
(supérieure à 6 MUH - million d'unité chaleur) et des foyers mobiles pour
doubler le nombre de projections. Les tubes les plus récents permettent
de réaliser au moins 300 000 coupes et des acquisitions inférieures à la
seconde.

- Filtration

Par rapport à la radiologie conventionnelle les faisceaux utilisés


dans les scanners ont une filtration plus élevée afin de durcir le faisceau et
le rendre aussi monochromatique que possible, d'où une couche de demi-
atténuation supérieure à 7 mm d'aluminium. Sur le premier scanner la tête
était placée dans une poche d'eau afin de limiter la dynamique de mesure
(pas de mesures avec le faisceau dans l'air) et d'avoir une épaisseur de
milieu traversé constante. Par la suite, afin de compenser les différences
d'atténuation entre le centre et la périphérie de l'objet, les scanners ont
été équipés, en plus du filtre plat destiné à "durcir" le faisceau, d'un filtre
en forme de papillon (mince au centre et épais sur les bords) destiné à
compenser pour les parcours plus courts des rayons X en périphérie du
champ de vision. Sur certains appareils on dispose même de 2 filtres de
54

compensation selon la taille du champ (diamètre du champ d'acquisition


supérieur ou inférieur à 25 cm).

- Collimation
55

Le faisceau de rayons X est collimaté à la sortie du tube pour fixer


la largeur de coupe souhaitée, c'est la collimation primaire et, parfois, à
l'entrée de l'ensemble de détection, c'est la collimation secondaire. La
collimation primaire est définie soit par des mâchoires qui se déplacent
soit par des fentes fixes pré-formées dans du plomb. La qualité de cette
collimation est essentielle pour que le profil de dose soit aussi proche que
possible de celui de la coupe. La collimation secondaire a pour but
d'éliminer le rayonnement diffusé parvenant au détecteur, responsable de
la dégradation du contraste. Elle permet de séparer les éléments de
détection selon la direction perpendiculaire au plan de coupe, et
d'améliorer la définition de la largeur de coupe dans la direction parallèle
au plan de coupe. Cette dernière collimation peut être absente sur
certains scanners.

c) Ensemble de détection

Les conditions d'acquisition du faisceau de rayons X pour les


scanners nécessitent, de la part des détecteurs, des caractéristiques
spécifiques : efficacité de détection élevée, grande dynamique, faible bruit,
peu de rémanence du signal, réponse linéaire et stable en température et
dans le temps, et faible coût. Les premiers détecteurs (première et
deuxième générations) étaient constitués d'un scintillateur couplé à un
photomultiplicateur ; cependant leurs caractéristiques physiques et leur
encombrement n'étaient pas idéales pour l’application. Par la suite sur les
scanners à faisceau en éventail, 2 types de détecteurs ont été utilisés : le
détecteur à gaz et celui à semi-conducteur.

Le détecteur à gaz est une chambre remplie d'un gaz sous


pression (10 à 20 bar de xénon par exemple) dans laquelle des électrodes
plates permettent de délimiter des cellules ( 700 à 1000) de mesure. Ces
détecteurs se caractérisent par un faible espacement entre les cellules
mais aussi par une efficacité de détection limitée ( 70 %).

Le détecteur à semi conducteur est composé d'un petit cristal


scintillant (tungstate de cadmium par exemple) couplé à une photodiode.
Ces détecteurs sont groupés de façon linéaire par plusieurs centaines. Ils
se caractérisent par une efficacité de détection élevée (proche de 100 %)
et équipent actuellement la majorité des appareils de haut de gamme. Ce
type de détecteurs a permis le passage à des dispositifs de détection
multi-barrettes.

d) Mode hélicoïdal

Les débuts du mode hélicoïdal [5] datent de 1989, cette technique


ayant été développée à l'origine pour les études de régions soumises aux
56

mouvements respiratoires ou cardiaques. Depuis cette date, ce mode a


été étendu pratiquement à toutes les régions anatomiques compte tenu de
la vitesse d'acquisition qu'il procure. Il permet l'acquisition d'un grand
volume anatomique (50 à 60 cm de longueur) en moins d'une minute. Il
faut être conscient de toutes les évolutions technologiques qui ont permis
le développement de ce mode : rotation continue du tube à rayons X et
des détecteurs, alimentation du tube à rayons X par contacts glissants,
tube à anode tournante ayant une capacité calorifique élevée,
transmission sans fil du signal, flux de données élevé, capacité de
stockage des informations importante et temps de reconstruction des
images très court.

e) Exploitation des données

Parallèlement aux évolutions technologiques qui ont directement


concerné les composants de base du scanner, on a assisté également à
des développements au niveau de l'utilisation des données pour permettre
de nouvelles applications. En effet, la scanographie fut la première
technique d'imagerie totalement numérique en radiologie. Cette
caractéristique a rapidement conduit certains utilisateurs à essayer
d'exploiter les données d'un point de vue quantitatif à des fins, par
exemple, de caractérisation tissulaire [6, 7]. Ces travaux n'ont pas eu les
résultats espérés. Il faut citer néanmoins le développement de l'acquisition
en double énergie pour extraire la carte des distributions en densité
électronique et en numéro atomique, et surtout les études du contenu
minéral osseux (ostéodensitométrie).

Depuis le début des années 90 il est possible d'utiliser l'ensemble


des données d'un volume pour procéder à des reconstructions
tridimensionnelles afin de visualiser le volume sous n'importe quel angle
ou l'image d'une coupe dans n'importe quelle incidence. Cette fonction,
associée à un outil de segmentation plus ou moins automatique, est utile
pour l'enseignement, l'aide à la chirurgie dans le cas d'interventions
stéréotaxiques, de mise en place de prothèses, de reconstruction
plastique, etc. Parmi les évolutions les plus récentes, principalement dues
au développement de l'acquisition hélicoïdale, citons l'angiographie
synchronisée sur l'injection de produit de contraste [8], la mesure de
densité pulmonaire sous contrôle spirométrique [9] et l'endoscopie virtuelle
[10]. On terminera ce panorama des évolutions associées aux progrès du
traitement des données par le scanner interventionnel [11]. Cette
technique, qui nécessite de disposer d'une reconstruction en temps réel,
d'un écran dans la salle d'examen, et de la possibilité de contrôler la
position de la table, permet de guider en temps réel les gestes d'une
procédure interventionnelle.
57

3. Perspectives
58

Si le principe de base du scanner n'a pas changé depuis son


apparition en 1971, on doit noter que les évolutions technologiques ont
été constantes et particulièrement importantes ces dix dernières années
autour de la géométrie dite de troisième génération et du mode hélicoïdal.
Ces progrès ont conduit à une amélioration des performances comme le
montre le tableau I.

Année 1972 1980 1990 2000

temps d'acquisition (s) 300 2,5 1 0,5

taille de la matrice (pixel) 80 x 80 256 x 256 512 x 512 1024 x 1024

puissance (kW) 2 6 40 60

résolution spatiale (pl/cm) 3 15 15 15

résolution en contraste 5mm/5UH/ 3mm/3UH/ 3mm/3UH/ 3mm/3UH/


50mGy 30mGy 30mGy 30mGy

Tableau I : Évolution des performances des scanners au cours du temps. Les valeurs
indiquées correspondent à des conditions d'acquisition standard.

Cependant on peut voir que les caractéristiques de l'image


(résolution spatiale et résolution en contraste) étaient déjà du niveau des
performances actuelles en 1980, c'est-à-dire sur certains appareils de 2 ième
génération et, bien sûr, ceux de 3 ième génération. Par contre le temps
d'acquisition, la matrice de reconstruction, la puissance des générateurs et
tous les logiciels d'analyse d'image ont été considérablement améliorés.

Tous ces progrès ont fait que la place de cette technique a été de
plus en grande dans les explorations diagnostiques. Que peut-on attendre
des prochaines évolutions [11, 12] ? Le prochain pas significatif attendu
pour cette technologie est le passage à l'acquisition volumique. Ce
progrès technologique aura un impact considérable sur les applications
cliniques par l'accélération des temps d'acquisition et l'augmentation des
volumes explorés. Pour cela il faut remplacer le système de détection à
une (ou deux) barrette(s) par un détecteur plan, par exemple 16000
éléments de détection (16 rangées de 1000 détecteurs chacune). Il sera
alors possible de couvrir tout un organe en une ou deux rotations.
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Bibliographie

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Références additionnelles
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Image Quality, Applications. Wiley & Sons: New York (2000)
 Seeram, E., Computed Tomography : Physical Principles, Clinical Applications
and Quality Control, 2nd Edition. Pub. W.B. Saunders (2001).
 www.impactscan.org

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