Document 1
Document 1
PRATIQUE MUSICALE
ET CERVEAU
2
Intro
Dans ce TFH, j'aimerais pouvoir aborder un regard différent sur la musique, j'ai
beaucoup d'intérêt pour cette question car étant musicien moi-même je pense qu'il
est intéressant d'en apprendre plus sur le sujet grâce à ce travail. Selon moi cette
thématique est un sujet de société car le métier de musicien est pratiqué par plus ou
moins 12% de la population soit 75.9 millions de personnes. 1 Il y a également
énormément de gens ayant un lien plus ou moins fort avec la musique que ce soit
dans son écoute et/ou sa pratique. Cette question de recherche concerne notre
époque et ses acteurs sont les gens pratiquant la musique et les experts de la
science et de la psychologie.
Mon avis personnel sur cette question est que comme dans toute situation, cela
dépend de la manière dont on la gère et également de notre réceptivité aux aspects
potentiellement négatifs. Avec ce travail j'aborderai les impacts prouvés
scientifiquement que la musique a sur le cerveau des gens qui la pratiquent et plus
particulièrement les impacts causés par le fait de la pratiquer.
Ce travail sera divisé en 3 hypothèses qui m’ont permises d’aller plus loin dans ma
réflexion. Ma première hypothèse est qu’il y a sans doute des bienfaits mais
également des risques liés à la pratique musicale sur le cerveau. En effet il est
évident que la pratique musicale impacte notre cerveau d’une manière ou d’une
autre car elle nécessite son utilisation car le son ne se produit pas d’un claquement
de doigts sans son utilisation. Ma seconde hypothèse est qu’il y a un lien avec la
santé mentale et plus particulièrement les émotions. Il est assez fréquent d’avoir des
cas de musiciens ayant des problèmes avec leur santé mentale comme le club des
27 qui est un ensemble de musiciens célèbres comme Kurt Cobain ou Amy
Winehouse décédés à l'âge de 27 ans souvent à la suite de problèmes avec l’alcool,
la drogues ou le suicide. Il y a également certainement un lien avec les émotions car
lorsqu’un musicien joue et/ou compose il cherche à communiquer des émotions. Ma
dernière hypothèse concerne la vie scolaire car nous verrons dans un chapitre en
1« Nearly 200 Million Music Creators Predicted by 2030 ». RouteNote Blog, 3 janvier 2024,
https://routenote.com/blog/nearly-200-million-music-creators-predicted-by-2030/. Consulté le 14 février 2025
3
particulier que la pratique musicale développe énormément d’aptitudes utiles en
dehors du monde de la musique et nous verrons particulièrement que le fait de jouer
de la musique en groupe possède de nombreux impacts.
4
1.Cadre théorique
Avant de commencer à développer les hypothèses de ce travail, il est important
d'établir un cadre théorique, c'est à dire contextualiser le travail et définir les
concepts-clés.
1.1 Contextualisation
La musique fait tellement partie de notre quotidien, qu'on a parfois du mal à la
prendre comme objet d'étude et voire la définir de manière propre. Ma recherche se
situera au carrefour de plusieurs disciplines, notamment la psychologie, les sciences
; la musique est un phénomène physique, la sociologie ; car la pratique musicale
implique toujours un ou plusieurs exécutants et souvent un ou plusieurs auditeurs,
ce qui en fait un phénomène relationnel qui a forcément des impacts sur ses
émetteurs et ses récepteurs. Dans ce travail j'utiliserai des auteur.ices tels que la
sophrologue Morgane Bertacco qui est spécialisée dans la pleine conscience au
sein de la pratique musicale.
1.2 Conceptualisation
Dans ce travail, il y aura beaucoup de concepts-clés qui sont importants à la bonne
compréhension et réception du travail.
3)Musique : Art et activité culturelle consistant à combiner des sons et des silences
au cours du temps.3
2Klickstein, Gerald. Defining Music Practice - The Musician’s Way to Success. 19 octobre 2016,
https://www.musiciansway.com/blog/2016/10/defining-music-practice/. Consulté le 14 février 2025
5
4) Santé mentale : Etat de bien-être qui permet à chacun de réaliser son potentiel,
de faire face aux difficultés normales de la vie, de travailler avec succès et de
manière productive et d'être en mesure d'apporter une contribution à la
communauté4. Comme nous le verrons plus tard la pratique musicale a une énorme
incidence sur la santé mentale, tout un chapitre sera consacré à ce sujet.
8) Vie scolaire : La vie scolaire dans ce contexte ci, c'est tout ce qui concerne
l'apprentissage de l'élève dans ses cours, ses aptitudes, ses forces et ses
décembre 2024
6
faiblesses. Car nous verrons en effet que pratique musicale et vie scolaire sont
parfois liées.
7
2.Les effets de la pratique musicale sur le cerveau (bienfaits et
risques)
La pratique musicale a de nombreux effets sur le cerveau, ce chapitre ci sera
consacré à tous ces impacts. Avant de parler des impacts de la pratique musicale
sur le cerveau il est important d’expliquer les effets que la musique a sur le cerveau.
8
même ses harmonies.11 Elle permet parfois de libérer des émotions enfouies en
nous.12 En effet, beaucoup de genres musicaux sont associés à une émotion, par
exemple la musique pop qui est souvent caractérisé par des mélodies accrocheuses
et ses rythmes entrainants qui ont généralement pour but de divertir et procurer un
sentiment de plaisir. La musique classique possède une grande diversité car elle
englobe beaucoup de styles et d’époques différents, elle peut procurer différentes
émotions chez son auditeur allant de la mélancolie jusqu’à l’apaisement et le
bonheur, elle est également reconnue pour favoriser la concentration et la détente
en raison de sa structure complexe et ses longues compositions.13
Lorsque le tronc cérébral reconnaît des sons que l’on apprécie cela nous injecte de
la dopamine et engendre notre système de récompense ce qui fait que nous
profitons pleinement du moment. C’est le même fonctionnement que pour les
activités sexuelles et la consommation de la drogue.14
13Elsa. « Le pouvoir de la musique : exploration des émotions selon les genres musicaux ». culturesencouleurs.fr, 13
août 2023, https://culturesencouleurs.fr/le-pouvoir-de-la-musique-exploration-des-emotions-selon-les-genres-
musicaux/. Consulté le 4 avril 2025
9
Nous pouvons donc en conclure que la musique a une énorme influence sur notre
cerveau, elle est un bon vecteur pour prendre conscience de ses émotions et
améliorer certains états de santé.16
18ellen. Trois approches du Chant Intérieur, Université de Hosei, Tokyo (Japon), juin 2012 -. 21 juin 2012,
https://www.davydov.bzh/trois-approches-chant-interieur-2012/. Consulté le 23 avril 2025
19 Onkelinx, Jean-Marc. « Le Chant intérieur… ». En avant la Musique...!, 21 octobre 2018,
Ce qui est aussi ressorti dans les interviews, c’est que Bénédicte sent que jouer des
œuvres de Bach au piano équilibrent son cerveau car elles nécessitent que la main
droite et la main gauche soient indépendantes22 et Karine m’expliquait que quand
elle était plus jeune elle faisait des expériences pour entrainer son cerveau à se
concentrer sur deux choses en même temps car son instrument lui nécessite aussi
d’avoir une indépendance entre ses deux mains. 23
21 Rodrigues, Ana Carolina, et al. « Musical training, neuroplasticity and cognition ». Dementia & Neuropsychologia, vol. 4, no 4,
2010, p. 277‑86. PubMed Central, https://doi.org/10.1590/S1980-57642010DN40400005. Consulté le 16 janvier 2025
22
Entretien avec Madame CHABOT Bénédicte, musicienne et comédienne, à Bruxelles le samedi 19 avril 2025
23 Entretien avec Madame GERMAIX Karine, musicienne, à Bruxelles le dimanche 20 avril 2025
24 Affections des musiciens - Médecine des arts. https://www.medecine-des-arts.com/fr/article/affections-des-
25 Entretien avec Madame CHABOT Bénédicte, musicienne et comédienne, à Bruxelles le samedi 19 avril 2025
11
impacts plutôt psychologiques comme le stress il faut simplement veiller à ce qu’il ne
soit pas proéminent mais comme Karine disait dans l’interview, ce stress lui cause
de l’adrénaline sur scène ce qui lui donne la possibilité de jouer excessivement
bien.26 En revanche Bénédicte me disait que parfois lorsqu’elle pratique le violon
trop longtemps ça peut l’énerver car c’est un instrument plus dur physiquement mais
donc nous pouvons voir que dans la pratique musicale en dehors de jouer sur scène
c’est la difficulté physique et la mal-gérance qui entraine le stress.
26 Entretien avec Madame GERMAIX Karine, musicienne, à Bruxelles le dimanche 20 avril 2025
28Bangert, Marc, et Gottfried Schlaug. « Specialization of the Specialized in Features of External Human Brain Morphology ».
European Journal of Neuroscience, vol. 24, no 6, septembre 2006, p. 1832‑34. DOI.org (Crossref),
https://doi.org/10.1111/j.1460-9568.2006.05031.x. Consulté le 23 avril 2025
12
29
En conclusion pour ce chapitre nous pouvons donc dire que la pratique musicale
possède majoritairement des bienfaits pour le cerveau, en effet elle l’habitue à faire
deux choses en même temps et l’aide dans des aptitudes qui sont utiles dans
d’autres domaine que la musique. Nous y reviendrons plus tard dans le chapitre sur
la scolarité.
Les effets négatifs ne sont pratiquement que physiques et sont généralement dus au
fait que le musicien a eu un excès de pratique ou qu’il ne l’a pas bien géré.
29 Bangert, Marc, et Gottfried Schlaug. « Specialization of the Specialized in Features of External Human Brain Morphology ».
European Journal of Neuroscience, vol. 24, no 6, septembre 2006, p. 1832‑34. DOI.org (Crossref),
https://doi.org/10.1111/j.1460-9568.2006.05031.x.
13
3. Lien avec la santé mentale et plus particulièrement les
émotions
Nous venons de parler des effets de la pratique musicales sur le cerveau et
notamment du stress. C’est donc pourquoi dans ce chapitre nous parlerons de la
santé mentale des musiciens et essayerons de voir plus particulièrement quels effets
la pratique a sur leur cerveau et nous parlerons aussi des contraintes
psychologiques que le métier et plus particulièrement la célébrité cause.
On peut constater grâce à certaines études et des cas d’artistes connus que les
musiciens sont souvent plus susceptibles à avoir des troubles mentaux. Une récente
enquête auprès de 1500 musiciens a démontré que 73% d’eux présentent des
symptômes de maladie mentale, cela est sans doute dû aux défis physiques et
psychologiques du métier. Comme expliqué dans le chapitre précédent le musicien
14
peut être confronté à divers problèmes du a une pratique intense et le stress,
l’anxiété, etc. Des chercheurs de l’institut Max Planck ont démontré que les
personnes musicalement actives présentent en moyenne un risque plus élevé de
troubles dépressifs et bipolaires. De nombreux artistes comme Billie Eilish, Ariana
Grande ou Kendrick Lamar ont parlé de leurs luttes pour la santé mentale, la
dépression et les idées suicidaires.30
On retrouve des traces de tout cela déja à l’antiquité, en effet Aristote a décrété “Il
n’y a pas de génie sans un grain de folie”. Au fil des siècles on retrouve énormément
de cas de suicides et de problèmes liés à la santé mentale, la liste pour les
musiciens est particulièrement longue, en effet on retrouve chez les musiciens
plusieurs cas de problèmes mentaux comme la dépression, les tentatives de
suicides, les troubles bipolaires et énormément de troubles addictifs. A l’époque les
musiciens célèbres ne parlaient pas explicitement de leurs troubles mentaux, ils n’en
parlaient tout simplement pas ou vaguement par le biais de leurs chansons mais
aujourd’hui les temps changent et les musiciens semblent en parler plus
ouvertement. La musique d’aujourd’hui est encore marquée par des destins
tragiques, parmi l’un des cas récents il y a celui d'Amy Winehouse il y a une dizaine
d’années, en effet la chanteuse était atteinte de troubles alimentaires et d’addictions,
elle meurt à 27 ans d’une surdose d’alcool. Et plus récemment encore il y a eu le
suicide du producteur de musique Avicii, il était âgé de 28 ans et souffrait de
dépression. Aujourd’hui les troubles mentaux sont pris de plus en plus au sérieux et
ce sont souvent les artistes eux-mêmes qui en parlent en public. Un des exemples
particulièrement frappants et celui de la chanson “L’Enfer” de Stromae où il parle de
son burn-out.31 Ce qui est frappant c‘est que c‘est souvent les musiciens célèbres
qui possèdent des troubles mentaux et ça donne l‘impression que ce n‘est pas la
pratique mais plutôt la célébrité qui les cause mais qu’en est-il des musiciens qui ne
sont pas particulièrement célèbres ?
Une étude en 2019 sur 10500 participants a démontré que ceux qui jouent de la
musique avaient des symptômes dépressifs, d'épuisement professionnel et
psychotiques plus fréquents. Pour tenter de mieux comprendre la relation entre la
15
musique et le risque de développer des maladies mentales, ils ont analysé l’ADN de
5648 participants qui avaient aussi fourni des informations sur leur pratique musicale
et leur santé mentale. Ce qui en est ressorti est que ceux qui avaient un risque
génétique plus élevé de dépression et de trouble bipolaire jouaient leur instrument
de manière plus récurrente que les autres. Le lien entre faire de la musique et la
santé mentale est assez complexe car ce sont les facteurs familiaux et génétiques
qui l’influencent.32
Ce que nous pouvons conclure est donc que la pratique musicale ne peut pas
directement être nocive mentalement, c’est en général le métier, la célébrité et les
autres facteurs de la vie quotidienne (vie familiale, situation économique, etc...) qui
influencent comme dit dans le chapitre précédent le stress dans la pratique.
La pratique musicale a tout de même des impacts positifs bien qu’elle puisse être
un vecteur de trouble de stress et d’anxiété. Lorsque l’on joue de la musique notre
corps sécrète de l’endorphine, l’hormone du bien-être, cela aide à se détendre et
surmonter le stress quotidien de manière plus efficace.33 La pratique musicale
booste également la confiance en soi car apprendre un instrument est une chose qui
demande du temps et les réussites font réaliser à la personne qu’elle est capable
d’atteindre un objectif et lui donner un sentiment d’accomplissement.34 La pratique
musicale est également un bon vecteur pour favoriser la socialisation et la
connexion, car lorsque nous jouons de la musique en groupe cela nécessite d’avoir
une interaction sociale. Ces interactions renforcent notre bien être mental et nous
font nous sentir connectés et soutenus. 35 Dans les deux interviews, Karine et
Bénédicte ont dit que la pratique musicale leur faisait majoritairement du bien. Cela
32
Troubles mentaux : les musiciens seraient plus susceptibles d’en souffrir.
https://www.frequencemedicale.com/oncosein/patient/28358-Troubles-mentaux-les-musiciens-seraient-plus-
susceptibles-d-en-souffrir. Consulté le 23 avril 2025.
33Solfy. Les bienfaits de l’apprentissage musical sur la santé mentale - Solfy. 7 octobre 2023, https://solfy.io/musique-
sante-mentale/. Consulté le 6 février 2025
34Solfy. Les bienfaits de l’apprentissage musical sur la santé mentale - Solfy. 7 octobre 2023, https://solfy.io/musique-
sante-mentale/. Consulté le 6 février 2025
35Solfy. Les bienfaits de l’apprentissage musical sur la santé mentale - Solfy. 7 octobre 2023, https://solfy.io/musique-
sante-mentale/. Consulté le 6 février 2025
16
les aide notamment quand elles ne vont pas bien, Karine a même dit que la pratique
musicale l’a aidé à surmonter une période de deuil.
17
4. Impacts sur la scolarité
Nous venons de parler du cerveau et de la santé mentale au sein de la pratique
musicale et donc il est maintenant temps de parler de la façon dont la pratique
musicale influence la vie scolaire des jeunes.
Dans certains cas de pratique musicale intensive la formation musicale semble avoir
des effets positifs sur la vitesse de traitement des informations et les capacités de
36« L’impact de la pratique musicale sur la réussite des enfants ». Musique pour Tous, 7 mai 2020,
https://www.musique-pour-tous.org/limpact-de-la-pratique-musicale-sur-la-reussite-des-enfants/. Consulté le 6 février
2025
37« L’impact de la pratique musicale sur la réussite des enfants ». Musique pour Tous, 7 mai 2020,
https://www.musique-pour-tous.org/limpact-de-la-pratique-musicale-sur-la-reussite-des-enfants/. Consulté le 6 février
2025
18
raisonnement. En effet une étude sur des adolescents a démontré que ceux qui
pratiquaient la musique de façon active depuis plusieurs années ont développé des
compétences bien supérieures par rapport aux non-musiciens. Ces résultats sont
confirmés par d’autres travaux dont certains prouvent une connexion entre la
pratique musicale durant l’enfance et un QI plus élevé. La pratique musicale est
également un bon vecteur pour la créativité quand elle implique l’utilisation des sons
et des mélodies.38
La pratique musicale est un très bon vecteur pour la lecture, mais ce n’est pas
comme on le pense, c’est à dire la lecture des notes qui favorise la lecture des mots,
la recherche actuelle cible plutôt le rythme comme élément facilitant la lecture
alphabétique. L’enseignement des rudiments de la musique à des enfants de 8 ans
pendant six mois avec un cours par semaine améliore les résultants en lecture des
mots par rapport aux enfants qui prennent par exemple des cours de peinture à la
même fréquence. Ces cours de musiques sont inspirés des méthodes Kodaly et Orff
qui ne recourent pas à la lecture des notes de musiques. Ce n’est donc pas
l’apprentissage de la traduction d’un symbole visuel en un élément sonore qui
explique l’avantage de l’apprentissage de la musique sur la lecture, ce serait plutôt
l’aspect rythmique qui serait vraiment déterminant. Ce type d’intervention axée sur le
rythme serait plus efficace que les méthodes traditionnelles qui s’axent plus sur le
son. Cette idée d’utiliser le rythme pour faciliter la lecture chez l’enfant dyslexique
découle du constat que les dyslexiques éprouvent souvent des difficultés à
discriminer les rythmes et synchroniser la musique.39
38« L’impact de la pratique musicale sur la réussite des enfants ». Musique pour Tous, 7 mai 2020,
https://www.musique-pour-tous.org/limpact-de-la-pratique-musicale-sur-la-reussite-des-enfants/. Consulté le 6 février
2025
19
4.2 Impacts de la pratique musicale sur les résultats scolaires
La pratique musicale impacte de plusieurs manières les résultats scolaires. En effet
comme la pratique musicale est un moyen de gestion du stress et de l’anxiété, les
élèves pratiquant la musique ont donc plus de bagages pour faire face à la pression
scolaire, la musique étant un bon exutoire émotionnel elle favorise un équilibre
mental propice à la réussite académique. La pratique musicale est également un
bon vecteur pour la créativité et la pensée critique. En effet les élèves pratiquant la
composition musicale en particulier développent des compétences analytiques et
une capacité à résoudre les problèmes de manière innovante, ce sont des
compétences très utiles dans les matières académiques. Comme la musique
demande un désir d’accomplissement les jeunes musiciens sont en général propices
à vouloir reproduire ce schéma à l’école.41
Dans les interviews, j’ai pu constater que Karine et Bénédicte étaient de bonnes
élèves, Bénédicte me disait que la pratique l’avait particulièrement aidée en
mathématiques et que la discipline de travail de la pratique musicale l’aidait en
général à l’école.
Jouer de la musique en groupe peut s’avérer être une aide dans la vie scolaire car
elle aide beaucoup dans les capacités de vivre, ensemble de sociabilisation, de
compassion, etc... Ce qui peut s’avérer être utile dans la vie scolaire notamment les
travaux de groupes. Les musiciennes interviewées m’ont d’ailleurs confirmé que
lorsqu’elles jouaient en groupe elles développaient une connaissance de l’autre. “Je
pense que le fait de jouer en groupe fait quelque chose, il y a une confiance dans les
autres et une connaissance de l’autre qui est beaucoup plus profonde” (extrait de
l’interview avec Bénédicte Chabot). “ Oui, complètement, d'ailleurs on l'a vu dans
des articles, ça augmente les capacités de sociabilisation, d'apprentissage et de
compassion ça peut servir à se mettre à la place d'un autre aussi.” (extrait de
l’interview avec Karine Germaix).
41
« La relation entre la musique et la réussite scolaire ». ICM, 4 janvier 2024, https://icm-musique.fr/le-blog/nos-conseils-
pedagogiques/la-relation-entre-la-musique-et-la-reussite-scolaire/. Consulté le 6 février 2025
20
Pour conclure ce dernier chapitre, la pratique musicale peut être un bon support
dans la vie scolaire, en effet elle développe notamment les capacités de lecture, de
conscience verbale et de vivre ensemble.
21
5. Analyses : Lien entre les différentes hypothèses
Dans ce chapitre final avant la conclusion, nous analyserons les différentes
hypothèses et créerons des liens entre elles.
Nous avons tout d’abord parlé des effets de la pratique musicale sur le cerveau et
avons vu qu’il y avait de réelles différences entre le cerveau d’un musicien et celui
d’un non musicien. En effet certains hémisphères sont mieux développés chez
certains musiciens. Nous pouvons peut-être dire que lorsque le musicien est jeune
cela l’aide beaucoup dans sa scolarité car toutes ces particularités l’aide dans
certaines aptitudes scolaires.
Il est également possible d’établir un lien entre la santé mentale et le fait de jouer en
groupe. Le fait de jouer en groupe apporte certainement un support émotionnel car
les musiciennes interviewées l’ont bien précisé, quand on joue en groupe c’est avec
les autres et donc il faut établir une connexion.
22
6. Conclusion
Pour conclure ce travail, il faut donc réénumérer toutes nos hypothèses et les
tentatives de réponses à celles-ci et établir une réflexion finale à la suite de ce
travail.
Tout d’abord il a fallu parler des risques et des bienfaits de la pratique musicale sur
le cerveau. Tout cela m’emmène à une conclusion de dire qu'il y a majoritairement
des bienfaits et que les risques dépendent de la façon dont on gère cette pratique.
Ensuite nous avons parlé de santé mentale où j’en suis venu à la réflexion que les
troubles mentaux liés à la pratique musicale ne sont pas vraiment liés à la pratique
mais plutôt à la pression derrière. En dernier nous avons parlé de la scolarité où les
impacts sont majoritairement positifs car la pratique musicale développe
énormément le cerveau des musiciens notamment dans des compétences comme la
lecture, la conscience verbale et le vivre ensemble.
Je trouve cette recherche fort utile car elle permet d’avoir un regard différent sur la
pratique musicale et donc de la gérer de manière différente. Ce travail fut
énormément enrichissant car j’y ai appris plein de nouvelles choses notamment sur
les parties du cerveau plus développées chez les musiciens, si je pouvais avoir des
23
pistes de recherches futures ce serait en particulier le livre “Musicophilia” de l’auteur
Oliver Shacks. Mes forces dans ce TFH selon moi ont été que j’arrivais à bien
retranscrire les informations trouvées et les limites étaient que je ne devais pas trop
m’étaler sur chaque sujet.
En conclusion finale, j’estime que la pratique musicale est en majorité une bonne
chose car elle est un bon vecteur pour réguler son état de santé mentale et
développe également nos capacités intellectuelles. Personnellement, la pratique
musicale m’a et m’aide à passer des périodes difficiles émotionnellement et je sens
que dans le cadre scolaire je développe cettaines facilités en lecture. Ce qui serait
très intéressant, ce serait de donner une place plus importante à la musique dans la
vie scolaire des jeunes car je pense qu’elle pourrait en aider beaucoup.
24
7. Annexes
25
Bénédicte Chabot est une comédienne et musicienne âgée de 49 ans, elle joue du
violon, du piano et elle chante. Ici je retranscrirai les principales idées ressorties de
notre interview.
42
La méthode Suzuki consiste à commencer l’apprentissage de l’instrument à l’oreille
et en impliquant fortement les parents dans l’apprentissage de l’enfant.
26
5ème question : Pensez-vous que la pratique musicale a développé vos capacités
intellectuelles/votre cerveau et pourquoi ?
Plusieurs disent que la pratique musicale notamment la connaissance du solfège
aident par exemple en mathématiques, à la perception du monde. C’est comme
développer un sens comme une langue apprise, ça aide peut-être à percevoir le
monde différemment et être entre guillemet plus riche lorsque l’on acquiert une
compétence peut être même la musique un peu plus parce qu’il y a des chemins
reliés au cerveau. J’ai appris que par exemple les personnes qui avaient Alzheimer
et qui ne se souvenaient de rien du tout, quand on leur faisait écouter une chanson,
ils se souvenaient des paroles et du coup la mémoire revient. Il y a aussi toute une
mémoire émotive qui est liée à la musique et qui est plus comme la mémoire de
quelque chose qu’on a faite comme avec le théâtre que je pratique aussi. Quand
j’entends des vers que j’ai déjà dit, je ne crois pas que ça me fasse le même effet
qu’une musique que j’ai déjà travaillée. Je ne sais si ça me rend plus intelligente
pour autant.
6ème question : Est-ce que la pratique musicale a impacté votre santé mentale ?
Je pense que ça m’a vraiment équilibré, ça m’a fait du bien dans les moments où ce
n’était pas évident. C’est clairement une pratique qui m’a fait du bien.
7ème question : Avez-vous eu des facilités/difficultés scolaires liées à votre pratique
musicale ?
Oui peut-être des facilités en mathématiques. En fait avec la pratique on sait que
quand on travaille ça ne marche pas directement mais que le lendemain on sait le
faire alors qu’à l’issue du travail précédent de la veille on ne savait pas le faire. Tout
à coup il y a quelque chose qui est travaillé et ça donne confiance de dire qu’avec un
peu de travail on y arrive. Avant j’étais très paresseuse, je ne travaillais pas, je me
suis rendu compte très tardivement de la nécessité du travail dans la pratique
musicale et j’ai commencé à aimer travailler la musique. Je me suis rendu compte
du travail intelligent car avant je jouais beaucoup les morceaux du début à la fin et je
les jouais très vite par exemple, ça camoufle un peu les problèmes. J’ai pratiqué
tardivement le fait qu'on m'ait dit de travailler calmement et seulement les parties qui
posent un problème.
8ème question : Préférez-vous jouer seule ou en groupe ?
Ça dépend avec quel instrument je dirai mais plutôt en groupe. Je suis une vraiment
meilleure musicienne en groupe, je pense qu’on concentre vraiment son attention
27
sur le son que les autres produisent plutôt que sur soi-même. Je trouve que c’est
bien qu’on écoute le son produit en dehors de l’effort et du travail personnel. C’est
un peu différent car quand on pratique un instrument on ne fait pas toujours de la
musique selon moi.
9ème question : Pensez-vous que jouer en groupe vous aide dans des aptitudes de
la vie de tous les jours ou dans la scolarité en générale ?
Déjà si on a un groupe on fait partie déjà socialement de quelque chose, si on n'a
pas de groupe et qu’on joue tout seul, la pratique est différente. Je pense que le fait
de jouer en groupe fait quelque chose, il y a une confiance dans les autres et une
connaissance de l’autre qui est beaucoup plus profonde et puis quelque part on n’est
pas seul dans sa pratique, on fait de la musique et on fait quelque chose de beau
ensemble. Ça soude, ça fait du bien et quand on peut jouer pour les autres et bien
les autres reçoivent cette musique et c’est quelque chose d’unique en temps réel et
on vit ça ensemble, ça change très fort les relations de groupe. Mes plus grands
amis sont les musiciens avec qui je travaille.
28
Interview avec Karine Germaix le dimanche 20 avril 2025
Karine Germaix est une musicienne âgée de 50 ans qui joue de l’accordéon et du
piano, elle est également chanteuse. Karine est particulièrement bien placée pour
être interviewée sur le sujet de ce TFH car dans le cours de ses études au
Conservatoire royal de Bruxelles dans le département “Rythmes et rythmiques”, elle
a eu 3 ans de cours sur la façon dont la pratique musicale impacte le cerveau des
musiciens et lorsqu’elle était en dernière année d’école elle a fait un TFE sur la
musique et l’état de transe.
2ème question : Qu’est ce qui a fait que vous avez eu un intérêt pour la musique ?
J’étais toute jeune j’étais enfant. J'ai commencé la musique à 12 ans par le piano et
après vers 14/15 ans j’ai fait de l’accordéon. J’en suis arrivée là car avant je
pratiquais la danse, je souhaitais devenir danseuse professionnelle et je devais
m’inscrire à l’opéra. Un jour m’a prof m’a trop poussée et mes genoux ont pété, j’ai
dû être immobilisée pendant plusieurs mois et ne pas faire de sport pendant des
29
années. Mes parents craignaient trop que je déprime et m’ont demandé si je ne
voulais pas faire de la musique, j’ai dit oui et je suis repartie dans la musique. C’est
un peu grâce à mes parents qui m’ont dit que je ne pouvais pas rester comme ça et
3ème question : Se passe-t-il des choses particulières dans votre cerveau lorsque
vous pratiquez la musique ?
4ème question : Est-ce que vous avez eu des soucis psychologiques liés à votre
pratique musicale ?
Pas vraiment, je suis d’une humeur assez optimiste, ça m’arrive d’avoir des coups
de mous mais avec la musique je suis passé à un état qui me porte de plus en plus
même spirituellement en fait. C’est là que je me retrouve quand ça ne va pas. Donc
c’est plutôt le contraire, comme une religion.
5ème question : Pensez-vous que la pratique musicale a développé vos capacités
intellectuelles/votre cerveau et pourquoi ?
J’ai beaucoup travaillé l’indépendance de la main gauche et la main droite et la
latéralité et ça m’a toujours passionnée. Par exemple, quand j'étais petite, je mettais
plein de choses dans mes poches et je faisais l'inventaire de mes poches en même
30
temps pour que mon cerveau apprenne à faire deux choses à la fois donc je pense
que j’ai développé des connexions. Dans mes études, j’ai vu qu’en fait les musiciens
avaient des connexions entre les 2 hémisphères qui étaient beaucoup plus denses.
Je pense que c’est vraiment le fait de faire plusieurs choses à la fois car tu crées la
musique mais on te demande aussi d’avoir une vision générale de ce que tu produis
donc ça demande toujours de faire des allers-retours entre ce que tu produis et ce
qui est réalisé et comment tu peux faire pour l’adapter et ne pas laisser d’erreurs. Tu
t’adaptes tout le temps à ce que tu es en train de faire, la seconde d’après c’est une
adaptation et ton cerveau n'arrête pas de produire et de regarder ce qui se passe
pour réadapter.
6ème question : Est-ce que la pratique musicale a impacté votre santé mentale ?
Comme je te disais, ça m'a plutôt aidé à passer des périodes difficiles, même une
période de deuil je pense.
7ème question : Avez-vous eu des facilités/difficultés scolaires liées à votre pratique
musicale ?
Moi c'est plutôt le contraire, comme j'étais bonne à l'école on ne m'a pas autorisé à
faire de la musique quand je le demandais.
8ème question : Préférez-vous jouer seule ou en groupe ?
Les deux, quand je joue seule ce n’est que pour moi et quand je joue en groupe je
dois m’ouvrir aux autres. C'est comme si tu leur accordais de rentrer dans ton
intimité. Quand ça marche on joue bien et quand ça ne marche pas, ça roule moins
bien. C'est comme si tu cherchais une synergie, notamment quand je fais de l'impro
libre, complètement libre et là je vais faire un concert où je ne connais pas du tout
les musiciens. Le but c'est de jouer pour la première fois ensemble donc c'est un jeu
de connaissances. Qu'est-ce que je te donne ? De la communication musicale.
9ème question : Pensez-vous que jouer en groupe vous aide dans des aptitudes de
la vie de tous les jours ou dans la scolarité en générale ?
Oui, complètement, d'ailleurs on l'a vu dans des articles, ça augmente les capacités
de sociabilisation, d'apprentissage et de compassion ça peut servir à se mettre à la
place d'un autre aussi. Ça développe énormément de capacités dans le vivre
ensemble.
31
8. Bibliographie
32
- « Pratique musicale : quels bénéfices ? Pourquoi jouer de la musique ? »
ICM, 31 janvier 2018, https://www.icm-musique.fr/le-blog/nos-conseils-
pedagogiques/pratique-musicale/. , consulté en novembre 2024
33
- 18 Benefits of playing a musical instrument , Stamford, consulté le 20
décembre 2024
34
- « L’impact de la pratique musicale sur la réussite des enfants ». Musique
pour Tous, 7 mai 2020, https://www.musique-pour-tous.org/limpact-de-la-
pratique-musicale-sur-la-reussite-des-enfants/. Consulté le 6 février 2025
- « La relation entre la musique et la réussite scolaire ». ICM, 4 janvier
2024, https://icm-musique.fr/le-blog/nos-conseils-pedagogiques/la-
relation-entre-la-musique-et-la-reussite-scolaire/. Consulté le 6 février
2025
35
- Bangert, Marc, et Gottfried Schlaug. « Specialization of the Specialized in
Features of External Human Brain Morphology ». European Journal of
Neuroscience, vol. 24, no 6, septembre 2006, p. 1832‑34. DOI.org
(Crossref), https://doi.org/10.1111/j.1460-9568.2006.05031.x. Consulté le
23 avril 2025
- Troubles mentaux : les musiciens seraient plus susceptibles d’en souffrir.
https://www.frequencemedicale.com/oncosein/patient/28358-Troubles-
mentaux-les-musiciens-seraient-plus-susceptibles-d-en-souffrir. Consulté
le 23 avril 2025.
36
9. Remerciements
Je remercie tout d’abord Patrick mon ProMee pour ses précieux conseils et de
m’avoir guidé le long de ce travail. Je remercie également mes parents qui m’ont
énormément aidé dans la relecture et la correction. Enfin je remercie Karine Germaix
et Bénédicte Chabot d’avoir pris le temps de se faire interviewer.
37
38
39
40
41
42