Rapport DEA
Rapport DEA
Université
Institut Fresnel d’Ingénieurs de
d’Aix-Marseille III
Marseille
Rapport de DEA
présenté par
Julien Marot
Année 2003/2004
Groupe Signaux Multidimensionnels
Résumé
This project lead within the team "Multidimensionnal Signals Group" of the Fresnel ins-
titute allowed me to create signal processing techniques applied to image processing. The
purpose of the project was to show that it is possible to transpose an image processing pro-
blem to an array processing problem, and to emphasize on the contributions of the methods
coming from this field of signal processing.
The application of "Super Resolution" methods applied to signal models coming from array
processing resulted on a coherent set of procedures. My goal with this set of methods called
"Super Resolution by Propagation Scheme" was to show that a coherent group of methods
based on array processing techniques is able to detect and characterize straight lines in an
image. The procedures that form this tool were studied from a theoretical and experimental
point of view. This set of methods was applied to grey level images, to the detection of isolated
objects, and to color images.
Key words : Signal processing, image processing, propagation scheme, array processing,
Super Resolution method, parametric spectral analysis.
Remerciements
Je tiens à remercier toutes les personnes qui ont contribué à la réussite de ce stage.
Tout d’abord les membres de l’équipe Groupe Signaux Multidimensionnels, pour leur aide
au quotidien tant au niveau théorique que pour résoudre des soucis pratiques. Dans l’équipe
GSM travaillent notamment M. Jean-Michel Gaucel, dont le travail de thèse consiste en la
caractérisation de signaux par des méthodes algébriques multilinéaires, M. Cyril Carincotte,
qui réalise une thèse portant sur les méthodes de traitement d’images par des modèles de
Markov, M. Damien Muti, dont le sujet de thèse porte sur l’estimation multidimensionnelle
basée sur la décomposition tensorielle.
J’exprime avec insistance ma gratitude à mes responsables de stage M. Salah Bourennane et M.
Stéphane Derrode, ainsi qu’à M. Thierry Gaidon pour leur disponibilité. Leur investissement
personnel et leur intérêt pour le sujet de mon stage m’a permis de choisir judicieusement mes
voies de recherche.
Je dédie ce rapport
à toute ma famille.
Table des matières
Résumé i
Abstract ii
Remerciements iii
Introduction 1
Conclusion et perspectives 48
A Titre de l’annexe 1 49
A.1 Organigramme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
A.2 Glossaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
Bibliographie 59
Introduction
Le sujet qui m’a été confié s’inscrit dans un vaste cadre : le traitement des signaux multidi-
mensionnels. Ce stage est mené au sein de l’équipe "Groupe signaux multidimensionnels" dont
le thème de recherche général est le traitement de signal multidimensionnel par des méthodes
de traitement du signal. Les sujets traités par cette équipe sont notamment la caractérisation
de signaux par des méthodes algébriques multilinéaires, les méthodes de traitement d’image
par des modèles de Markov, l’estimation multidimensionnelle basée sur la décomposition ten-
sorielle.
Ce thème qui concerne les méthodes de traitement du signal est en accord avec l’orienta-
tion professionnelle que j’ai choisie lors de ma troisième année de formation d’ingénieur ; mon
projet de fin d’études notamment consistait à traiter des signaux d’electrocardiogramme en
développeant un algorithme de type "ForWard", combinaison d’un traitement par filtrage de
Wiener après transformée de Fourier et après transformée en ondelettes.
L’un des grands domaines du traitement du signal est le traitement d’antenne. Les méthodes
de traitement d’antenne ont pour but de déterminer les valeurs de paramètres associés à
des sources d’émission. C’est par le traitement du signal reçu par une antenne constituée
de plusieurs capteurs que l’on estime le nombre de sources qui émettent, leurs coordonnées
dans l’espace, leurs fréquences d’émission. Historiquement ces méthodes avaient une résolu-
tion spatiale limitée par les composants physiques. Des méthodes, dites "Haute Résolution"
ont permis d’améliorer la résolution spatiale en localisation [6, 8].
présentes dans un signal, afin de retrouver les caractéristiques des objets présents dans l’image.
L’objectif que l’on s’est fixé est donc de développer la méthode " Haute Résolution et Schéma
de Propagation" (HRSP), de valider la méthode imaginée en comparant ses performances à
celles d’une méthode déjà existante, d’adapter la méthode à des conditions expérimentales
diverses.
Ce rapport est agencé en deux chapitres. Le premier est axé sur la théorie mais contient
quelques résultats expérimentaux ; le second concerne la mise en oeuvre de la méthode HRSP
tout en laissant la place aux commentaires qui donnent le principe des traitements appliqués
et permettent de comprendre les résultats obtenus.
1
CHAPITRE
Introduction
Le traitement d’antenne est employé dans divers domaines tels que l’acoustique, la sis-
mique, pour caractériser des sources d’émission d’ondes. Il a donné lieu à des méthodes qui
ont connu des améliorations constantes, et qui donnent de bons résultats. Parmi ces méthodes,
celles dites "à haute résolution" fournissent de très bons résultats, même dans des cas difficiles
tels que celui des sources corrélées -reliées par un décalage temporel par exemple-. Elles sont
apparues pour remplacer des méthodes classiques qui sont limitées par les caractéristiques non
idéales du diagramme en puissance d’une antenne. La méthode dénommée MUSIC (MUltiple
SIgnal Characterization) [8] est la première d’entre elles.
L’objectif de ce chapitre est de transposer le problème de la caractérisation de droites dans
une image au problème du traitement d’antenne, et de proposer une procédure qui emploie
des méthodes Haute Résolution qui sont d’usage en traitement d’antenne.
On décrira un modèle de problème de traitement d’antenne, on transposera ce modèle au
traitement d’images. On montrera comment une droite dans une image peut être assimilée à
un front d’onde figé, dont on peut simuler le déplacement à une vitesse qui peut être constante
ou variable. Des signaux sont donc obtenus au niveau des capteurs de l’antenne par ce que
l’on appelle un "schéma de propagation".
Une fois cette transposition réalisée, on s’intéressera aux méthodes qui permettent d’extraire
des signaux reçus les valeurs des paramètres que l’on désire estimer. Les méthodes Haute
Résolution seront définies et introduites au travers de la méthode MUSIC. Cette méthode
a inspiré plusieurs autres procédés fondés sur la séparation dans le signal reçu par l’antenne
d’un "sous-espace signal" et d’un "sous-espace bruit". On emploiera ce type de méthodes pour
créer l’ensemble "Haute Résolution et Schéma de Propagation" (HRSP).
L’objectif est de rechercher et caractériser les droites présentes dans l’image. Une droite dans
une image peut être caractérisée par deux paramètres : sa "pente" (nommée aussi angle
ou orientation) et son "offset". Deux étapes composent donc HRSP : la détermination des
pentes des droites par schéma de propagation à vitesse constante et l’estimation des offsets
CHAPITRE 1. LES MÉTHODES HAUTE RÉSOLUTION DU TRAITEMENT
D’ANTENNE, APPLICATION AU TRAITEMENT D’IMAGES 4
des droites par schéma de propagation à vitesse variable. En présentant HRSP on montrera
qu’un ensemble cohérent de méthodes liées au traitement d’antenne permet de caractériser
entièrement des droites dans une image. On présentera aussi la méthode dite de "l’extension
de la transformée de Hough" qui permet également d’estimer les offsets des droites, une fois
leur orientation connue. Celle-ci constitue en effet une référence à laquelle le schéma de pro-
pagation à vitesse variable peut être comparé.
Une première série d’expériences permettra de fixer les principaux paramètres intervenant
dans les algorithmes et de donner quelques pistes à l’extension de la méthode HRSP.
Dans cette section on rappelle les éléments qui constituent un problème de traitement
d’antenne et on présente le modèle de signal adopté.
1.1.1 Définitions
Pour une source placée en un azimut θ donné le délai de réception td de l’onde plane
correspondante entre deux capteurs est : td = a ∗ sin(θ)/c où a est la distance intercapteur, c
la célérité des ondes. Cette durée correspond à un déphasage de ϕ = 2 ∗ π ∗ f ∗ td où f est la
fréquence de rayonnement de la source.
Un capteur d’indice l reçoit le signal :
Lorsque d sources sont présentes et que l’on prend en compte un bruit additif le signal
reçu prend la forme vectorielle suivante :
1 1 ... 1 s1 b0
exp(jϕ 1 ) exp(jϕ 2) ... exp(jϕd ) s2 b1
Z= +
... ... ... ... ... ...
exp(j(N − 1) ∗ ϕ1 ) exp(j(N − 1) ∗ ϕ2 ) ... exp(j(N − 1) ∗ ϕd ) sd bN −1
(1.2)
En définissant al (ϕk ) = exp(jl ∗ ϕk ), on a alors, sous une forme plus synthétique :
Cela constitue un modèle du signal reçu par une antenne de N capteurs pour d sources.
On peut représenter les signaux reçus par l’ensemble des capteurs sous forme vectorielle :
z = A(Φ).s + n (1.4)
Dans le cadre du traitement d’images la figure 1.1 évoque une image contenant une droite,
et dont l’un des côtés est constituée par l’antenne. Cette droite peut être vue comme un front
d’onde figé. Le problème de caractérisation de cette droite dans une image peut donc être
résolu par une méthode de traitement d’antenne, il suffit de simuler le mode de propagation
du front d’onde correspondant à cette droite [1, 5, 9]. La figure 1.2 illustre le problème de la
détection de droites dans une image et représente les paramètres qui caractérisent une droite.
CHAPITRE 1. LES MÉTHODES HAUTE RÉSOLUTION DU TRAITEMENT
D’ANTENNE, APPLICATION AU TRAITEMENT D’IMAGES 6
Remarque : Cette convention exige pour les images binaires de droites noires sur fond blanc
une inversion des valeurs de pixel : Un logiciel de traitement classique donne à de telles images
la valeur 1 pour les pixels de fond et 0 pour les pixels des droites. Le prétraitement nécessaire
consiste à fixer à 1 les valeurs des pixels qui sont nulles et à 0 toutes les autres. Les pixels de
valeur 1 sont appelés pixels "utiles" de l’image (constituant les droites et éventuellement des
pixels supplémentaires correspondant à du "bruit").
De plus, la vitesse de propagation peut être considérée comme constante (µ constante) ou
variable (τ variable) selon les lignes (schémas de propagation à vitesse constante ou variable
respectivement). Ces deux possibilités seront utilisées par la suite, pour la recherche des angles,
puis des offsets.
Le côté de l’image est assimilé à une antenne de réception. A une ligne correspond un
capteur de l’antenne. Dans un schéma de propagation à µ constant chaque pixel de l’image
dans une ligne contribue à un signal reçu au niveau d’un récepteur situé en face de cette
ligne. Les ondes issues des pixels d’une ligne ne se propagent que sur cette ligne. Si la ligne l
contient p pixels qui ne sont pas à 0 le récepteur correspondant à la ligne l recevra le signal :
zl = Σpi=1 exp(−jµqi ). On a noté q la distance de propagation entre un pixel situé sur la ligne
l et le capteur correspondant. Si ce pixel est situé sur une droite de paramètres θ et x0 donnés
sur la figure 1.2 cette distance de propagation vaut :
ql = x0 − ltan(θ), l = 0...N − 1.
S’il existe une seule droite dans l’image chaque récepteur de l’antenne virtuelle reçoit :
CHAPITRE 1. LES MÉTHODES HAUTE RÉSOLUTION DU TRAITEMENT
D’ANTENNE, APPLICATION AU TRAITEMENT D’IMAGES 8
Dans un cas plus général s’il existe d lignes droites et des pixels de bruit le signal reçu
devient [2, 5] :
Les méthodes à haute résolution du traitement d’antenne sont appliquées aux problèmes
de localisation de sources émettant de l’énergie dans un milieu de propagation à partir d’ob-
servations mesurées sur une antenne. A l’origine le qualificatif "haute résolution" a été donné
CHAPITRE 1. LES MÉTHODES HAUTE RÉSOLUTION DU TRAITEMENT
D’ANTENNE, APPLICATION AU TRAITEMENT D’IMAGES 9
aux méthodes de traitement d’antenne qui ont une meilleure résolution que des techniques
plus conventionnelles (formation de voies).
[Link] Principe
Θ désigne l’ensemble des directions d’arrivée, ”H” signifie transposé conjugué et I est la
matrice identité.
Γs est la matrice interspectrale des signaux émis par les sources, σb2 la densité spectrale du
bruit seul, σb2 I la matrice interspectrale du bruit.
1 P H
Γ̂ = P Σp=1 xp xp
1
F (θ) = (1.9)
ΣN H
n=d+1 |a(θ) un |
2
Les maxima de cette fonction ont pour antécédents les valeurs de θ correspondant aux d
sources (figure 1.5).
29 Music
x 10
14
12
10
Fonction de localisation
8
0
−20 −15 −10 −5 0 5 10 15 20
Azimut(°)
Dans quelques cas particuliers cette méthode ne peut pas être utilisée. En effet la méthode
suppose que les sources n’ont pas la même puissance. Autrement le sous-espace source serait
de dimension 1, et le nombre de sources serait alors impossible à déterminer car le rang de la
matrice interspectrale des signaux serait égal à un.
La seconde difficulté provient de la connaissance de la variété d’antenne : la projection des
vecteurs directionnels sur l’espace bruit ne peut être réalisée que si chacune des composantes
du vecteur directionnel est connue. On doit donc connaître le délai correspondant à chacun
des capteurs. Il existe des méthodes qui sont moins dépendantes de la structure de l’antenne.
La méthode ESPRIT est fondée sur une antenne en deux parties identiques translatées -seule
la valeur de cette translation doit être connue-.
Les signaux employés pour la détermination des orientations sont obtenus selon un
schéma de propagation à vitesse constante, tel que cela a été décrit en 1.2.2. On rappelle que
ces signaux sont, sous forme vectorielle :
z = A(Θ).s + n (1.10)
Ces signaux sont traités par la méthode ESPRIT afin d’aboutir à la valeur des orientations
des droites. Le principe de la méthode est donné ci-dessous, un organigramme fourni en annexe
donne de façon synthétique les étapes de la méthode.
Rzz = lim (1/P )ZP ZPH = lim (1/P )ΣPp=1 zp .zpH = A(Θ)Rss A(Θ)H + σ 2 .I
p→∞ p→∞
La décomposition en valeurs propres de Rzz peut mettre en valeur une distinction entre
le sous-espace signal et le sous-espace bruit :
Rzz = ΣM H H H
i=1 λi ei .ei = Es Λs Es + En Λn En
Il existe un lien entre Es et A(Θ), qui peut être exploité si on connaît le nombre de droites
d.
Rzz et A(Θ)Rss A(Θ)H ont mêmes valeurs propres et spanEs = spanA(Θ). Le sous-espace
associé à Es est donc appelé sous-espace signal. L’étude de A(Θ) peut donc se ramener à celle
de Es . Il est donc crucial d’obtenir une bonne estimation de la dimension d du sous-espace
signal -nombre de colonnes de Es -, c’est-à-dire concrètement le nombre de droites dans l’image.
Cette information est considérée comme étant connue a priori, d’où le caractère paramétrique
de la méthode.
En notant pour l’estimée de la matrice de covariance Rˆzz = Ê Λ̂Ê H , l’estimée Ês de Es est
obtenue en prenant les d premières colonnes de Ê. Les colonnes de cette matrice recouvrent
l’ensemble des parties signal utile et bruit.
QM 1
M −k
i=k+1 λi k
M DL(k) = −log{ 1 M
}(M −k)P + (2M − k)log(P )
Σ
M −k i=k+1 λ i 2
Les valeurs propres étant ordonnées, cette quantité est fonction de la différence entre une
valeur propre donnée de la matrice interspectrale et la valeur propre suivante.
CHAPITRE 1. LES MÉTHODES HAUTE RÉSOLUTION DU TRAITEMENT
D’ANTENNE, APPLICATION AU TRAITEMENT D’IMAGES 13
Méthode TLS-ESPRIT
On a montré en [Link] qu’il est possible d’étudier la matrice directionnelle par le biais
de l’estimée de la matrice des vecteurs propres associés à l’espace signal Ês . Reste à savoir
comment exploiter Ês pour aboutir à la valeur des angles des droites.
ESPRIT, pour Estimation of Signal Parameters via Rotational Invariance Techniques, est
appliquée dans le cas particulier de d’un réseau d’antennes constitué de deux sous-antennes
identiques [2]. TLS-ESPRIT en est une version étendue efficace. Le principe de l’algorithme
TLS-ESPRIT repose sur la séparation de l’antenne en deux sous-antennes. Les deux sous-
antennes sont décalées de ∆. Les directions d’arrivée des signaux ne dépendent que du délai de
propagation entre les deux sous-antennes, et pas du délai de propagation entre deux capteurs
de l’antenne. Bien qu’à l’origine, dans l’algorithme ESPRIT, aucune géométrie spécifique n’est
supposée pour chacune des sous-antennes [8], on se place dans le cas où celles-ci sont identiques
et périodiques.
Connaissant l’écart δ entre deux capteurs d’une antenne on peut poser ∆ = δ. Cela
permet de créer artificiellement deux antennes de taille M-1 qui se superposent partiellement,
tout en conservant le formalisme du traitement d’antenne adapté au traitement d’image. On
ne pourrait pas par exemple espacer les deux sous-antennes d’une distance inférieure à celle
existant entre deux lignes.
On définit Ê1 comme la sous matrice de Ês formée par les lignes 1 à M-1, et Ê2 comme
la sous matrice de Ês formée par les lignes 2 à M. On choisit comme déplacement ∆ = 1. Il
existe un opérateur unitaire qui relie les matrices directionnelles associées à chacune des deux
sous-antennes. C’est cette relation qui est exploitée dans la méthode TLS-ESPRIT. Formons
la décomposition en valeurs propres de la matrice 2d × 2d :
Ê1H
H
F ΛF = Ê1 Ê2 .
Ê2H
F11 F12
F =[ ]
F21 F22
−1
En posant λk , k = 1, 2...d les valeurs propres de la matrice −F12 F22 , les angles sont
donnés par [9] :
1 λk
θ̂k = tan−1 [ Im(ln( ))]
(µ∆) |λk |
On note Np le nombre de pixels utiles dans l’image. On rappelle que P est le nombre et M
la longueur des vecteurs-signal, d le nombre de droites à détecter. La complexité du schéma
de propagation à vitesse constante est donnée par :
CHAPITRE 1. LES MÉTHODES HAUTE RÉSOLUTION DU TRAITEMENT
D’ANTENNE, APPLICATION AU TRAITEMENT D’IMAGES 14
L’objectif de cette partie est de présenter deux méthodes qui aboutissent à l’estimation des
offsets des droites [3], lorsque leur valeur d’orientation est connue. Une méthode est celle dite
de "l’extension de la transformée de Hough". Afin de se placer dans le cadre de l’application
des principes du traitement d’antenne au traitement d’image, on désire établir un procédé
d’obtention des signaux par un schéma de propagation. On se penchera sur les avantages
qu’apporte ce procédé.
Principe de la méthode L’image que l’on considère est munie d’un système de coordon-
nées polaires θ et r. L’origine du repère est placée au coin supérieur gauche de l’image.
L’annexe décrit en détail la méthode dont les principaux éléments sont les suivants :
On appelle sinogramme la représentation des valeurs prises par la transformée de Hough pour
toutes les valeurs de θ et r considérées. Pour une orientation θ fixée, le sinogramme ne dépend
que de la coordonnée radiale. Il est construit et exploité de la façon suivante :
– Sommation des valeurs de pixels selon cette orientation (figure 1.6). Les valeurs de
sommation pour toutes les valeurs de la coordonnée radiale constituent le sinogramme.
– Détermination du maximum du sinogramme. (figure 1.7)
– Détermination des offsets
x0k = ρk /cos(θk )
Génération des signaux Dans le cas de l’estimation de l’orientation des droites l’existence
de différentes valeurs d’orientation était envisagée ; le formalisme aboutissant au signal reçu
par l’antenne, dans le cas de l’estimation du décalage des lignes, est différent en deux points
par rapport au schéma de propagation à vitesse variable : la partie signal correspond à une
seule valeur d’orientation, et la vitesse de propagation est variable. Le signal reçu au capteur
l est alors, lorsque la première valeur d’orientation est considérée :
CHAPITRE 1. LES MÉTHODES HAUTE RÉSOLUTION DU TRAITEMENT
D’ANTENNE, APPLICATION AU TRAITEMENT D’IMAGES 16
zl = Σdk=1
1
exp(−jτ x0k ).exp(jτ ltan(θ1 )) + nl pour l = 0...N − 1
d1 est le nombre de droites d’orientation θ1 et d’offsets différents.
Lorsque τ varie linéairement en fonction de l’indice des lignes le vecteur de mesures z
contient un terme à fréquence modulée. Si on pose τ = αl, alors :
zl = Σdk=1
1
exp(−jαlx0k ).exp(jαl2 tan(θ1 )) + nl
C’est une somme de d1 signaux qui ont un terme de phase quadratique en commun mais
différents termes linéaires. Le premier traitement de ce signal consiste à obtenir une expression
ne contenant que les termes linéaires en l. Cette procédure consiste en une division de zl par
le terme non nul al (θ1 ) = exp(jαl2 tan(θ1 )) -ou une multiplication par le conjugué de cette
expression-.
On obtient alors :
wl = Σdk=1
′
1
exp(−jαlx0k ) + nl pour l = 0...N − 1.
Le problème de l’estimation du décalage est donc ramené à la détermination de valeurs
de fréquences. On remarque que cette procédure permet de différencier plusieurs droites de
même orientation mais d’offsets différents. Dans un cas plus général une image peut contenir
des lignes parallèles et non parallèles. L’obtention du signal w est alors réalisée pour chacun
des angles. Pour chacun des angles une méthode d’estimation de fréquence est employée.
Remarque :
Les sources étant de puissances identiques et égales à 1 on ne peut pas utiliser une méthode
fondée sur la séparation d’un sous-espace source et du sous-espace bruit après calcul d’une
matrice de covariance (technique employée en [Link]). La matrice de covariance des signaux
w a la forme suivante :
On propose dans cette étude la méthode modified forward-backward linear prediction [10].
Elle passe par le biais de la séparation d’une partie signal et d’une partie bruit, mais pas par
le calcul d’une matrice interspectrale. On se rapportera à l’annexe afin de se renseigner sur
la partie calculatoire de cette méthode. Certains commentaires apparaissent également dans
cette annexe. On en donne ci-dessous les principales étapes. On nomme L l’un des paramètres
de la méthode. Celui-ci est proche de N , taille de l’image.
CHAPITRE 1. LES MÉTHODES HAUTE RÉSOLUTION DU TRAITEMENT
D’ANTENNE, APPLICATION AU TRAITEMENT D’IMAGES 17
90
1
120 60
0.8
0.6
150 30
0.4
0.2
180 0
210 330
240 300
270
– 6) Les valeurs des offsets sont proportionnelles aux arguments des zéros sélectionnés :
exp(−jαx0k ) → x0k .
CHAPITRE 1. LES MÉTHODES HAUTE RÉSOLUTION DU TRAITEMENT
D’ANTENNE, APPLICATION AU TRAITEMENT D’IMAGES 18
1.4.3 Conclusion
La méthode HRSP, qui constitue le coeur de ce rapport, est une méthode de caractérisa-
tion de droites dans une image, la première étape consistant à déterminer les orientations des
droites, la seconde à en estimer les offsets. Deux algorithmes ont été décrits pour la déter-
mination des offsets ; une importance particulière a été accordée au schéma de propagation à
vitesse variable car il constitue une méthode innovante et mettant en oeuvre des techniques
de traitement d’antenne. La cohérence de l’ensemble HRSP tient à l’emploi, dans chacune des
étapes, de méthodes issues du traitement d’antenne.
Trois paramètres se dégagent des méthodes présentées de par leur importance particulière.
Se distinguent dans le schéma de propagation à vitesse constante la vitesse de propagation
µ et la longueur des vecteurs-signal M . Le paramètre le plus important dans le schéma de
propagation à vitesse variable est la constante de propagation α. On peut se demander quels
sont les ordres de grandeur correspondant à ces paramètres. Concernant l’extension de la
transformée de Hough les paramètres sont le pas choisi pour ρ, et la largeur R de la fonction
CHAPITRE 1. LES MÉTHODES HAUTE RÉSOLUTION DU TRAITEMENT
D’ANTENNE, APPLICATION AU TRAITEMENT D’IMAGES 19
c permettant de réaliser les sommes de valeurs de pixels (se référer à B pour la signification
précise des paramètres).
La vitesse de propagation µ Il existe des valeurs limites pour µ, que l’on déduit de
l’expression donnant la valeur des orientations des droites. On montre en [Link] que les
valeurs estimées des angles sont données par :
1 λk
θ̂k = tan−1 [ Im(ln( ))]
(µ∆) |λk |
La partie utile des signaux obtenus par schéma de propagation à vitesse constante est compo-
sée d’exponentielles complexes dont on veut retrouver l’argument. L’intervalle pour les valeurs
non ambiguës des angles est de longueur 2π :
−π < µ∆tan(θk ) ≤ π
|µ| ≤≃ 3
Le paramètre de propagation α
On montre en B.2.2 que les valeurs d’offset sont déduites des valeurs des arguments de
zéros placés sur le cercle unité : exp(−jαx0k ) → x0k . Afin d’obtenir des zéros répartis sur
un intervalle donné en argument, il convient de fixer correctement α. Si l’on souhaite que ces
arguments soient compris dans [− π4 ; π4 ], pour des valeurs maximales d’offset x0 autour de X0,
on obtient la condition :
π
|α| =
4 ∗ X0
En considérant par exemple X0 = 300,
[Link] Simulations
On présentera lors de ces simulations les résultats obtenus sur une image binaire simple,
non bruitée puis bruitée. Le bruit considéré est une distribution aléatoire de pixels "noirs".
Le bruit est caractérisé par la donnée suivante : un pourcentage représente la proportion de
pixels noircis -dans ce cas précis on a fixé un bruit à 5 pour cent-. Les résultats présentés sont
obtenus par le schéma de propagation à vitesse constante, et par l’extension de la transformée
de Hough (figure 1.9) puis le schéma de propagation à vitesse variable respectivement
(figure 1.10).
On choisit dans tous les cas la première position d’antenne, selon le formalisme présenté
en [Link]. Les paramètres liés à l’extension de la transformée de Hough sont les suivants : la
largeur R est fixée à trois pixels, le pas δρ est de 17 .
20 20
40 40
60 60
80 80
100 100
120 120
140 140
160 160
180 180
200 200
20 40 60 80 100 120 140 160 180 200 20 40 60 80 100 120 140 160 180 200
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200 200
20 40 60 80 100 120 140 160 180 200 20 40 60 80 100 120 140 160 180 200
Dans le cas des images non bruitées les trois droites estimées sont parfaitement superposées
aux droites de départ. Leur estimation est correcte également dans le cas d’une image bruitée.
L’optimalité des paramètres étudiés est établie selon le critère du biais moyen obtenu entre
les valeurs vraies et estimées des paramètres. On constate que les valeurs optimales de µ sont
autour de 1, à 0.1 près, qu’une valeur de M fixée à 15 donne de bons résultats. La valeur
optimale de α est 2.5 ∗ 10−3 .
[Link] bilan
1.6 Conclusion
Les fondements du traitement d’antenne ont été décrits et rapprochés du traitement
d’image. On a en effet montré qu’un formalisme particulier permet d’associer à un côté d’une
image une série de capteurs correspondant chacun à une ligne. Les signaux reçus par ces
capteurs sont générés par ce qu’on appelle un "schéma de propagation". Une droite dans une
image est assimilée à un front d’onde figé dont on simule la propagation. Ce rapprochement
CHAPITRE 1. LES MÉTHODES HAUTE RÉSOLUTION DU TRAITEMENT
D’ANTENNE, APPLICATION AU TRAITEMENT D’IMAGES 22
permet d’appliquer au traitement d’image les méthodes Haute Résolution employées en traite-
ment d’antenne. Les méthodes Haute Résolution ont été introduites au travers de la méthode
MUSIC, fondée sur la distinction entre un sous-espace signal et un sous-espace bruit. C’est
dans cette catégorie de méthodes que l’on a choisi celles employées dans la procédure "Haute
Résolution et Schéma de Propagation". Cette procédure utilise un schéma de propagation à
vitesse constante pour estimer la valeur des orientations des droites et un schéma de propa-
gation à vitesse variable pour déterminer la valeur des offsets. On a pris soin de décrire la
méthode "extension de la transformée de Hough" afin de la comparer à la méthode innovante
que constitue le schéma de propagation à vitesse variable. Les premières simulations ont per-
mis de fixer la valeur des paramètres importants intervenant dans les procédures, notamment
les paramètres liés à la vitesse dans les schémas de propagation.
Ces simulations ont également débouché sur des perspectives d’applications : les performances
du schéma de propagation à vitesse variable méritent d’être étudiées de façon approfondie ;
les images utilisées jusqu’à présent étant binaires, on peut envisager une déclinaison de HRSP
adaptée à des images en niveaux de gris, des images couleur...
2
CHAPITRE
Application de "Haute
Résolution et Schéma de
Propagation" à divers cas
pratiques
Introduction
On se penchera ici sur certains cas difficiles : on expliquera pourquoi certains d’entre
eux peuvent parfois donner lieu à des résultats biaisés et comment surmonter les difficultés
rencontrées.
On rappelle que le schéma de propagation à vitesse variable est utilisé pour estimer la valeur
des offsets des droites présentes dans une image. Il est adapté à la résolution du cas particulier
que constitue les droites parallèles, c’est-à-dire qui correspondent à une seule valeur d’angle
mais plusieurs valeurs d’offset. On s’intéressera au cas d’une image bruitée et à une image qui
contient des droites ne la traversant que partiellement.
CHAPITRE 2. APPLICATION DE "HAUTE RÉSOLUTION ET SCHÉMA DE
PROPAGATION" À DIVERS CAS PRATIQUES 24
L’objectif est de montrer que le schéma de propagation à vitesse variable est capable
de résoudre le cas de droites parallèles, c’est-à-dire de trouver des droites de même pente
mais d’offset différent. La figure 2.1 montre que cette propriété de la méthode est vérifiée. La
méthode de l’extension de la transformée de Hough est également capable de résoudre ce cas
particulier : deux maxima du sinogramme [Link] sont alors sélectionnés. Les deux antécédants
de ces maxima conduisent chacun à une valeur d’offset.
20 20 20
40 40 40
60 60 60
80 80 80
Le tableau suivant donne pour les valeurs d’orientation et d’offset des droites les valeurs
réelles, les valeurs obtenues par la méthode schéma de propagation à vitesse variable, et par
l’extension de la transformée de Hough.
Pente Offset1 Offset2
Valeur réelle 20 80 140
Schéma de propagation à vitesse variable 20.01 80.75 140.85
Extension de la transformée de Hough 20.01 80.88 140.78
Les méthodes schéma de propagation à vitesse variable et extension de la transformée de
Hough parviennent à retrouver les deux droites parallèles avec une erreur de moins d’un pixel
sur les valeurs d’offset.
Une image bruitée peut aboutir à une valeur d’angle biaisée, l’exemple d’un tel cas est
donné par la figure 2.2. L’image est bruitée avec un pourcentage de bruit de 20 pour cent.
CHAPITRE 2. APPLICATION DE "HAUTE RÉSOLUTION ET SCHÉMA DE
PROPAGATION" À DIVERS CAS PRATIQUES 25
20
40
60
80
100
120
140
160
180
200
20 40 60 80 100 120 140 160 180 200
Dans un cas bruité on choisira de préférence une valeur élevée de la taille de sous-antenne
M , ce qui permet de réduire la valeur des valeurs propres dues au bruit dans la matrice de
covariance estimée. La figure 2.3 présente les résultats obtenus avec respectivement une petite
et une grande taille de sous-antenne.
CHAPITRE 2. APPLICATION DE "HAUTE RÉSOLUTION ET SCHÉMA DE
PROPAGATION" À DIVERS CAS PRATIQUES 26
20
40
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20 40 60 80 100 120 140 160 180 200
20
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140
160
180
200
20 40 60 80 100 120 140 160 180 200
Figure 2.3 — Estimations réalisées : avec une petite valeur de M, avec une grande valeur
de M
Dans le premier cas on a fixé une taille de sous-antenne de 15, dans le second cas une taille
de sous-antenne de 30.
On se penche ici sur le cas où une droite de l’image ne traverse qu’une partie de l’image.
La figure 2.4 donne l’exemple d’une telle image et le résultat de l’estimation. On note qu’il
existe une biais sur l’une des valeurs d’offset.
CHAPITRE 2. APPLICATION DE "HAUTE RÉSOLUTION ET SCHÉMA DE
PROPAGATION" À DIVERS CAS PRATIQUES 27
20
40
60
80
100
120
140
160
180
200
20 40 60 80 100 120 140 160 180 200
La méthode nécessite le calcul d’un polynôme de degré élevé [Link], dont on détermine
les zéros. Le nombre de zéros situés sur le cercle unité est théoriquement égal au nombre de
valeurs d’offsets pour une orientation donnée. Cependant les erreurs d’arrondi inhérents au
calcul matriciel éloignent ces zéros du cercle unité. On attribue donc au signal les zéros les plus
proches du cercle unité. Un zéro dû au bruit peut cependant être plus proche du cercle unité
qu’un zéro dû au signal tout en ayant un module très proche et un argument très différent.
Cela explique l’obtention occasionnelle d’une grande valeur de biais sur l’offset.
Les figures 2.5 et 2.6 donnent une illustration graphique de ce choix de zéros :
0.6
150 30
0.4
0.2
180 0
210 330
240 300
270
30
racines méthode MFBLP
330
Une valeur d’offset biaisée peut être obtenue lorsque les droites ne traversent pas toute
l’image. Dans ce cas-là la partie du signal reçue sur certains des capteurs est nulle. L’observa-
tion des signaux obtenus à partir de l’image à traiter permet de repérer cette situation. Une
solution à ce type de problème est de changer la position d’antenne. Si le signal est non nul
sur l’ensemble de l’antenne, les résultats obtenus seront meilleurs. Une illustration est donnée
par les figures suivantes. La figure 2.7 montre une image de deux droites ayant conduit à
l’estimation biaisée d’un offset lorsque la position d’antenne 4 (voir [Link]) est utilisée. La
droite d’offset égal à 160 conduit à une valeur d’offset supérieure à 200. La figure 2.8 montre
un signal reçu. On remarque que la partie du signal correspondant aux derniers capteurs est
nulle. La figure 2.9 donne le signal obtenu lorsque la position d’antenne 1 est utilisée. Cette
figure montre que tous les capteurs reçoivent un signal non nul. L’utilisateur de la méthode
donnera donc la préférence à cette configuration. L’exploitation de ce signal conduit à un
résultat non biaisé. Ceci est visible sur la figure 2.10.
20
40
60
80
100
120
140
160
180
200
20 40 60 80 100 120 140 160 180 200
1
Partie réelle du signal
−1
−2
−3
0 20 40 60 80 100 120 140 160 180 200
Numéro de ligne
Figure 2.8 — Signal obtenu sur l’antenne 4 : le dernier capteur correspond au coin inférieur
droit
CHAPITRE 2. APPLICATION DE "HAUTE RÉSOLUTION ET SCHÉMA DE
PROPAGATION" À DIVERS CAS PRATIQUES 30
1.5
−0.5
−1
−1.5
−2
0 20 40 60 80 100 120 140 160 180 200
Numéro de ligne
20
40
60
80
100
120
140
160
180
200
20 40 60 80 100 120 140 160 180 200
2.1.4 Conclusion
2.2.1 Introduction
L’étude du schéma de propagation à vitesse variable a montré que de bons résultats sont
obtenus dans le cas de droites parallèles, et que des cas difficiles pouvaient être surmontés.
Les constats qui ont été faits restent cependant qualitatifs et il est nécessaire de caractériser
quantitativement les performances de l’algorithme HRSP, à la fois sur quelques cas particu-
liers et par une série de tests sur un grand nombre d’images. Cette étude concerne à la fois la
méthode de détermination des angles et les méthodes de détermination des offsets. Elle a pour
support des images binaires. L’algorithme utilisé pour l’estimation des angles est le schéma
de propagation à vitesse constante. Les algorithmes disponibles pour la détermination des
offsets - celui de l’extension de la transformée de Hough et celui du schéma de propagation
à vitesse variable- seront comparés en terme de rapidité et de fiabilité. Plus précisément les
objectifs de cette étude quantitative seront les suivants : montrer que les résultats obtenus
sont stables pour une image donnée -c’est-à-dire que l’on obtient toujours les mêmes résultats
quand la méthode est appliquée plusieurs fois à la même image-, déterminer la rapidité
des algorithmes, déterminer le biais sur l’estimation des angles et des offsets -les valeurs de
biais données pour chaque image représentent les valeurs moyennes sur toutes les droites- ;
généraliser ces résultats moyens obtenus sur quelques images par une série de tests menée
dans différentes conditions expérimentales et à chaque fois pour un grand nombre d’images.
Les images sont de taille 200 par 200 pixels. C’est un paramètre qui influe sur la rapidité
de l’algorithme. Afin de ne pas encombrer le compte-rendu on ne donnera les valeurs d’angles
et d’offsets que pour une seule image et on se concentrera sur les valeurs de biais sur chacune
des images ainsi que sur leur valeur moyenne prise sur plusieurs images. Les images utilisées
dans 2.2.2 ont typiquement l’allure de celle représentée en figure 2.11. On rapelle que le
pourcentage de bruit désigne le pourcentage de pixels de bruit dans l’image.
CHAPITRE 2. APPLICATION DE "HAUTE RÉSOLUTION ET SCHÉMA DE
PROPAGATION" À DIVERS CAS PRATIQUES 32
20
40
60
80
100
120
140
160
180
200
20 40 60 80 100 120 140 160 180 200
L’image considérée est constituée de trois droites, on considérera successivement les cas
d’une image non bruitée et bruitée. La valeur numérique donnée correspond au temps total
nécessité pour dix simulations.
Définitions Nous considérons que les résultats obtenus par la méthode proposée qu’ils sont
stables sous la condition suivante : les valeurs estimées ne changent pas quand la méthode
est appliquée plusieurs fois sur la même image.
Soit p un paramètre, p̂ la valeur estimée de ce paramètre. On définit le biais b sur l’estimation
de ce paramètre par :
b = |p − p̂|
1 K
b̄ = Σ |pk − p̂k |
K k=1
Nous avons recherché les paramètres des droites sur une image test plusieurs fois, dans la
même configuration. Les valeurs estimées présentées ont été obtenues vingt fois à partir de
la même image.
Valeurs réelles et estimées Méthode de détermination des angles : Les valeurs réelles et
les valeurs obtenues sont :
Méthodes de détermination des offsets : Les valeurs reelles, et obtenues par le schéma de
propagation à vitesse variable et l’extension de la transformée de Hough sont respectivement :
valeurs de biais On considère quatre images, comportant chacune trois droites. Les valeurs
d’angles et d’offsets considérées sont par exemple pour la première image : [-10 20 30]˚, [70 100
130] pixels. Le tableau suivant donne pour chacune des images les valeurs moyennes de biais
sur toutes les droites de l’image, ainsi que la moyenne de ces valeurs. Les lignes du tableau
concernent respectivement l’estimation des angles, l’estimation des offsets par le schéma de
propagation à vitesse variable et par l’extension de la transformée de Hough.
Les biais observés sur les valeurs obtenues par le schéma de propagation à vitesse variable
proviennent des étapes de calcul matriciel de la méthode MFBLP. L’argument des zéros du
polynôme calculé est légèrement biaisé à cause des erreurs de calcul numérique. Cet argument
conduisant à la valeur des offsets, ceux-ci sont également biaisés.
L’algorithme d’estimation des angles n’a pas d’influence globale sur la rapidité de la mé-
thode. On préfèrera le schéma de propagation à vitesse variable si le critère de rapidité prime
sur celui de la précision sur la valeur d’offset.
On a remarqué en début de ce chapitre que les valeurs d’angle et d’offset estimées peuvent
parfois être biaisées, c’est-à-dire qu’une mauvaise valeur de pente ou d’offset peut être attri-
buée à une droite. Il est donc nécessaire de réaliser une série de tests, recouvrant des condi-
tions expérimentales -valeurs d’orientation et d’offset- représentatives et relativement difficiles
(images bruitées, images contenant un grand nombre de droites). L’objectif est de déterminer
la proportion de valeurs pour lesquelles l’estimation n’est pas correcte. Le critère de décision
employé est un seuil sur le biais entre la valeur réelle et la valeur estimée. Les résultats obtenus
consisteront en une proportion de valeurs estimées non acceptables, c’est-à-dire le rapport du
nombre de valeurs estimées non acceptables au nombre total de valeurs estimées. Une valeur
d’angle est considérée comme acceptable si le biais obtenu sur cette valeur est inférieur à 2
degrés. Une valeur d’offset est considérée comme acceptable si le biais obtenu sur cette valeur
est inférieur à 2 pixels.
Dans un premier temps on réalisera une étude relative au schéma de propagation à vitesse
constante, en fixant des valeurs d’offsets. Dans un second temps les proportions de valeurs
d’offsets non acceptables seront déterminées pour les méthodes de l’extension de la transformée
de Hough et du schéma de propagation à vitesse variable, en fixant des valeurs d’orientation.
Chacune des séries de tests est réalisée sur un ensemble de vingt images. Sauf indication
contraire les images comportent deux droites. Pour chacun des paramètres on s’intéressera
à cinq ensembles de conditions expérimentales différents. Ces conditions seront présentées et
illustrées : Un exemple d’ensemble de paramètres correspondant à une image sera donné.
Des valeurs quelconques d’offsets seront choisies lors de cette étude. Les valeurs d’orien-
tation sont choisies successivement de la façon suivante :
– a) les valeurs d’angles sont grandes tout en étant inférieures à la valeur maximale ac-
ceptable, par exemple [15 35]˚.
CHAPITRE 2. APPLICATION DE "HAUTE RÉSOLUTION ET SCHÉMA DE
PROPAGATION" À DIVERS CAS PRATIQUES 35
Le tableau suivant donne la proportion de valeurs d’offset estimées non acceptables pour
a b c d e
chacun des cas d’étude :
0 0 0.43 0.59 0.38
Le tableau suivant donne la proportion de valeurs d’offset estimées non acceptables pour
a b c d e
chacun des cas d’étude :
0.29 0.28 0.62 0.65 0.63
L’estimation des valeurs d’orientation est réalisée correctement lorsque l’image est non
bruitée, même lorsqu’elle contient un grand nombre de droites ou que les valeurs des angles
CHAPITRE 2. APPLICATION DE "HAUTE RÉSOLUTION ET SCHÉMA DE
PROPAGATION" À DIVERS CAS PRATIQUES 36
sont petites. La proportion de valeurs non acceptables est nulle ou inférieure à quinze pour
cent dans ces cas-là. Le pourcentage de valeurs non acceptables (20 pour cent) reste correct
pour des images bruitées.
Les performances des méthodes de détermination des offsets sont bonnes pour les cas les moins
difficiles. Pour les conditions a) et b) la proportion de valeurs non acceptables est nulle lorsque
l’extension de la transformée de Hough est utilisée, et inférieure à 0.3 lorsque le schéma de
propagation à vitesse variable est utilisé. Dans des cas difficiles les proportions de valeurs non
acceptables sont plus élevées pour l’une et l’autre méthode.
Il est nécessire de prendre en compte dans le cas de la transformée de Hough la place mémoire
nécessaire au stockage des coordonnées des pixels "utiles". La donnée de ces coordonnées est
nécessaire au calcul des valeurs du sinnogramme. Ce problème n’apparaît pas pour la méthode
du schéma de propagation à vitesse variable.
D’après les conventions utilisées pour adapter le traitement d’images au traitement d’an-
tenne, le fond blanc d’une image binaire ne contribue pas aux signaux obtenus par les capteurs,
car les valeurs de pixel correspondantes sont nulles. Dans le cas d’une image à niveaux de gris
tous les niveaux sont pris en compte et il est nécessaire de supprimer les zones de fond continu
quel que soit leur niveau de gris. L’image est donc prétraitée par un opérateur gradient [3]. On
montrera l’influence de cette opération sur l’estimation des angles par la méthode du schéma
de propagation à vitesse constante, et sur les méthodes d’estimation des offsets. Une mise en
oeuvre comprenant le schéma de propagation à vitesse variable permettra d’apprécier la qua-
lité de l’amélioration qui découle de ce prétraitement. Des images réelles seront notamment
exploitées.
N
X −1
= exp(−jµx)g(x − x0 )
x=0
N
X −1
= exp(−jµx0 ) exp(−jµx)g(x)
x=0
Le terme somme nous invite à introduire une transformée de Fourier dans l’expression de z(0).
N −1 N −1
X 1 X 2 ∗ π µN x µN
exp(−jµx)g(x) = N ∗ ∗ exp(−j ∗ )g(x) = N ∗ G( )
N N 2∗π 2∗π
x=0 x=0
Où G est tel que (G(0), G(1), .., G(N − 1)) constitue la transformée de Fourier discrète
de la suite (g(0), g(1), .., g(N − 1)).
Finalement
µN
z(0) = exp(−jµx0 ) ∗ N ∗ G( )
2∗π
Pour une valeur de µ fixée, on pose
µN
C(µ) = N ∗ G( )
2∗π
On obtient :
z(0) = C(µ) ∗ exp(−jµx0 )
N
X −1
z(y) = exp(−jµx)g(x − x0 + ytan(θ))
x=0
CHAPITRE 2. APPLICATION DE "HAUTE RÉSOLUTION ET SCHÉMA DE
PROPAGATION" À DIVERS CAS PRATIQUES 38
N
X −1
= exp(−jµx0 )exp(jµytan(θ)) exp(−jµx)g(x)
x=0
= exp(−jµx0 )exp(jµytan(θ))C(µ)
La seule différence entre cette équation et celle obtenue dans le cas des images binaires est
l’apparition du facteur constant C(µ) comme amplitude du signal reçu. Ce constat montre que
des procédures identiques à celles utilisées pour les images binaires peuvent être employées
pour des images à niveaux de gris rehaussées par un opérateur gradient. Une variante de la
méthode consiste à utiliser un opérateur Laplacien au lieu d’un gradient simple. C’est un
prétraitement qui ne supprime pas les droites horizontales et verticales.
2.3.2 Simulations
Nous avons utilisé des images dont les niveaux de gris sont codés sur huit bits (256 niveaux
de gris), de taille 200 par 200 pixels. Les deux premières images en niveaux de gris qui ont été
traitées par la méthode HRSP adaptée aux niveaux de gris présentent des régions uniformes.
Dans chacun des cas seront présentées l’image de départ, l’image gradient, le résultat de
l’estimation. Deux images différentes sont employées. Elles sont dans un premier temps non
bruitées, puis bruitées (cinq pourcent des pixels de l’image sont noircis aléatoirement).
CHAPITRE 2. APPLICATION DE "HAUTE RÉSOLUTION ET SCHÉMA DE
PROPAGATION" À DIVERS CAS PRATIQUES 39
Image à traiter Image à traiter apres gradient Estimation obtenue par hrsp
20 20 20
40 40 40
60 60 60
80 80 80
20 20 20
40 40 40
60 60 60
80 80 80
Image à traiter Image à traiter apres gradient Estimation obtenue par hrsp
20 20 20
40 40 40
60 60 60
80 80 80
20 20 20
40 40 40
60 60 60
80 80 80
Les résultats obtenus sur des images non bruitées montrent que les droites sont retracées
quel que soit leur niveau de gris. Dans le cas des images bruitées le gradient appliqué entraîne
une extension des pixels de bruit, ce qui n’empêche pas la méthode de retrouver correctement
les droites. La segmentation de ces images par recherche de droites a donc donné des résultats
de bonne qualité, ce qui est conforme aux résultats déjà présentés sur des images binaires.
[Link] Introduction
La méthode a été appliquée sur des images réelles de voie ferrée (figure 2.16). L’objectif
de cette partie est de montrer que la méthode créée peut répondre à des besoins pratiques en
suivi automatique de trajectoire par exemple. En l’occurrence l’objectif est de rechercher la
position des rails.
Image à traiter Image à traiter apres gradient Superposition de l’image de départ et de l’estimation par hrsp
20 20 20
40 40 40
60 60 60
80 80 80
L’image est prétraitée par un gradient horizontal, puis les méthodes d’estimation des
angles et des offsets est mise en oeuvre. La figure 2.16 montre que les deux rails de la voie
sont retracés correctement. La méthode est donc valide sur un tel type d’images.
2.4.1 Introduction
L’objectif de cette section est de montrer que HRSP est capable de segmenter des objets
de forme géométrique par la caractérisation de segments de droites. Dans un premier temps
on montre que l’on peut caractériser des segments de droites dans l’image, dans un second
temps on applique la méthode à la segmentation d’objets.
[Link] Méthode
La technique employée repose sur l’utilisation de plusieurs positions d’antenne (se reporter
à [Link]). Pour une position d’antenne donnée, les étapes suivantes permettent de se placer
dans un contexte favorable à l’application de la méthode :
– On recale l’image de façon à ce que l’une des droites touche le côté de l’image adjacent et
supérieur à l’antenne. Le recalage est effectué en détectant le pixel de l’objet à détecter
qui est le plus proche de ce côté.
– La méthode HRSP est appliquée, en prenant en compte le nombre total de droites
présentes dans l’image (non pas seulement celle qui touche un des côtés de l’image).
– L’image estimée est recalée d’après la valeur du premier décalage.
Cette procédure est répétée pour plusieurs positions d’antenne, de façon à ce que chacune
des droites intersecte pour l’une des positions d’antenne un côté de l’image.
Pour une image contenant deux et trois droites (figure 2.17) on a utilisé deux positions
d’antenne dans le cas de la première image, trois positions dans le cas de la seconde.
CHAPITRE 2. APPLICATION DE "HAUTE RÉSOLUTION ET SCHÉMA DE
PROPAGATION" À DIVERS CAS PRATIQUES 42
20 20
40 40
60 60
80 80
100 100
120 120
140 140
160 160
180 180
200 200
20 40 60 80 100 120 140 160 180 200 20 40 60 80 100 120 140 160 180 200
20 20
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100 100
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20 40 60 80 100 120 140 160 180 200 20 40 60 80 100 120 140 160 180 200
Toutes les droites sont retrouvées, les droites excédentaires sont dues à la redondance
des positions d’antenne pour certaines droites, qui peuvent être trouvées pour chacune des
positions d’antenne employées.
[Link] Méthode
Superposition de l’image de départ et de l’estimation par hrsp Superposition de l’image de départ et de l’estimation par hrsp
20 20
40 40
60 60
80 80
100 100
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140 140
160 160
180 180
200 200
20 40 60 80 100 120 140 160 180 200 20 40 60 80 100 120 140 160 180 200
Image à traiter par hrsp Superposition de l’image de départ et de l’estimation par hrsp
20 20
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120 120
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180 180
200 200
20 40 60 80 100 120 140 160 180 200 20 40 60 80 100 120 140 160 180 200
Comme le montre les figures 2.18 et 2.19 chacun des côtés de la forme géométrique
considérée est retrouvé, ce qui permet de carctériser entièrement l’objet à segmenter.
CHAPITRE 2. APPLICATION DE "HAUTE RÉSOLUTION ET SCHÉMA DE
PROPAGATION" À DIVERS CAS PRATIQUES 44
2.4.4 Conclusion
On a créé une technique permettant d’adapter la méthode HRSP au cas des objets isolés.
Cette méthode repose sur un prétraitement de l’image par translation. Les résultats obtenus
sur des segments de droites et des objets isolés montrent que cet algorithme est performant.
Cette méthode permet de réaliser une détection de contours d’objets isolés de bonne qualité.
[Link] Introduction
Le mode de représentation des images couleur employé par défaut par le logiciel de trai-
tement est celui de la décomposition RGB (Red Green Blue). C’est un système trichromique,
c’est-à-dire que trois matrices correspondant chacune à une couleur sont utilisées pour définir
l’image. C’est celle qui servira lors de cette application aux images couleur.
Les objectifs de la version adaptée de l’algorithme HRSP sont donc de retrouver des droites
dans une image couleur, quelle que soit la couleur de ces droites. Cette version doit également
être capable de retracer les droites obtenues dans une couleur aussi proche que possible de
leur couleur originale.
L’image couleur de départ est décomposée en ses trois composantes dans la base RGB.
L’algorithme HRSP est ensuite appliqué à chacune de ces trois composantes et l’image estimée
est reconstruite à partir du résultat obtenu sur les trois composantes.
La modification des valeurs de pixels qui permet de satisfaire aux conventions adoptées
(voir [Link]) est éventuellement réalisée sur chacune des composantes de couleur. Dans le
cas d’une image à fond noir la valeur des pixels n’a pas à être modifiée pour satisfaire aux
conventions de la méthode. Ce type d’image donne un résultat parfait quant à la conservation
de la couleur des droites, comme le montre la figure 2.20. Or par souci de cohérence avec le
traitement des images binaires et en niveaux de gris on souhaite utiliser des images à fond
blanc. Le prétraitement consistant à prendre le négatif de l’image est alors appliqué. On
note qu’alors une droite de couleur primaire (dont deux composantes de couleur sont nulles)
correspondra à deux droites à détecter, dans les composantes complémentaires à sa couleur.
Ce cas est illustré par la figure 2.21. Une droite de couleur secondaire (correspondant à des
valeurs non nulles sur deux composante) donne lieu après prétraitement à la présence d’une
droite dans une seule composante. Ce cas est illustré par la figure 2.22.
20 20 20
40 40 40
60 60 60
80 80 80
20 20 20
40 40 40
60 60 60
80 80 80
20 20 20
40 40 40
60 60 60
80 80 80
L’objectif est ici de présenter les résultats obtenus sur des cas qui peuvent être rencontrés,
et de préciser le cas échéant les prétraitements qui leur correspondent. Dans chaque exemple
une composante estimée est une matrice-image binaire. Les droites, dans les images estimées,
sont donc de couleur noire, secondaire, ou primaire.
La première image (figure 2.23) contient des droites de couleur tertiaire (correspondant à des
valeurs non nulles sur chaque composante). Chacune des composantes couleur présente alors
trois droites.
La seconde image (figure 2.24) présente un fond coloré. Dans ce cas-là un gradient est appliqué
à chaque composante couleur, tel que pour une image à niveaux de gris.
La troisième image (figure 2.25) est bruitée. Le bruit a dans ce cas moins d’influence sur
le traitement que dans une image binaire : Les pixels de couleur primaire ou secondaire ne
donnent pas lieu à des pixels de bruit sur toutes les composantes.
20 20 20
40 40 40
60 60 60
80 80 80
Lors de cette adaptation de HRSP à des images couleur, le choix d’un mode de représen-
tation des images est une première étape cruciale. Lors de la mise en oeuvre des méthodes il
CHAPITRE 2. APPLICATION DE "HAUTE RÉSOLUTION ET SCHÉMA DE
PROPAGATION" À DIVERS CAS PRATIQUES 47
20 20 20
40 40 40
60 60 60
80 80 80
20 20 20
40 40 40
60 60 60
80 80 80
est nécessaire de comprendre que le respect des conventions établies implique un changement
dans la répartition d’une droite selon les composantes couleur. Les résultats obtenus peuvent
être meilleurs que dans le cas des images binaires, notamment dans le cas des images bruitées.
Le mode de représentation adopté est celui des composantes RGB. Il pourrait être intéressant
d’étudier un autre mode de représentation des images couleur.
Conclusion
Ce chapitre a été dédié à la mise en oeuvre de la méthode HRSP, et plus particulièrement
à l’étude des performances du schéma de propagation à vitesse variable. On a montré que
cette méthode permet de résoudre le cas des droites parallèles, on a expliqué comment faire
face à certains cas difficiles. On a déterminé expérimentalement la rapidité des algorithmes
dans les cas non bruité et bruité. Une étude numérique a permis de déterminer par une
série de tests les performances des procédures d’estimation des orientations et des offsets des
droites. La méthode HRSP incluant le schéma de propagation à vitesse variable a ensuite été
adaptée. Un prétraitement par gradient a permis d’appliquer la méthode HRSP aux images
en niveaux de gris. La complexité numérique du schéma de propagation à vitesse variable
n’est pas conditionnée par le nombre de pixels de valeur non nulle dans l’image. Cela a
permis son adaptation à des images réelles de texture complexe. On s’est intéressé ensuite
à la caractérisation d’objets isolés dans des images ; puis, en adoptant la représentation Red
Green Blue et en appliquant la méthode à chacune des composantes, HRSP a été appliquée
à des images couleur.
Conclusion et perspectives
L’objectif de ce stage de DEA était de montrer que l’on peut appliquer des méthodes
de traitement d’antenne au problème de l’estimation de droites dans une image. Lors de ce
stage, la mise en oeuvre de méthodes originales et l’élaboration de ce rapport ont été motivées
par le désir de comprendre des techniques de traitement d’antenne et de les appliquer à un
problème de traitement d’images. La description d’un problème de traitement d’antenne et
de son application à la détection de droites dans des images, la présentation du principe de
plusieurs méthodes Haute Résolution, ont permis d’aboutir à l’ensemble "Haute Résolution
et Schéma de Propagation". Les fondements théoriques de cet ensemble de méthodes ont été
expliqués. Des algorithmes appliqués aux signaux obtenus par deux schémas de propagation
différents fournissent respectivement la valeur des orientations et des offsets des droites. On
a expliqué le "schéma de propagation à vitesse constante"- et l’"extension de la transformée
de Hough". Une importance particulière a été accordée au "schéma de propagation à vitesse
variable". On s’est ainsi intéressé aux apports de cette méthode du traitement d’antenne.
Le deuxième chapitre présente les diverses applications et extensions de la méthode HRSP.
Celle-ci a été adaptée à différents types d’images. L’application d’un gradient et du schéma
de propagation à vitesse variable a permis le traitement d’images réelles. La recherche de
droites pour la segmentation par régions a donné sous certaines configurations des résultats
qui sont comparables à des méthodes de segmentation classiques. L’ensemble HRSP incluant
cette méthode a également été adapté à la caractérisation d’objets isolés et à des images
couleur.
La méthode "schéma de propagation à vitesse variable" qui a été créée est performante
au regard de son aptitude à traiter un cas difficile tel que celui des droites parallèles, et de sa
rapidité dans le cas où la texture de l’image est complexe. De nouvelles solutions pourraient
être trouvées pour faire face à des cas difficiles ; l’ensemble HRSP pourrait être adapté à un
traitement d’images en temps réel. Une adaptation à la 3D est également envisageable.
A
ANNEXE
Titre de l’annexe 1
A.1 Organigramme
La figure A.1 représente de façon synthétique les fonctions de l’ensemble HRSP.
A.2 Glossaire
Antenne : ensemble de capteurs qui peuvent être agencés selon une géométrie particulière.
Méthode haute résolution : Les méthodes à haute résolution en traitement d’antenne et
en analyse spectrale traitent les problèmes de localisation de sources émettant de l’énergie
dans un milieu de propagation à partir d’observations mesurées sur un réseau de capteurs
et les problèmes de détection et d’estimation des composantes fréquentielles d’un signal,
elles conduisent à une certaine amélioration par rapport aux méthodes traditionnelles.
Méthode d’analyse spectrale paramétrique : méthode de détermination du contenu
spectral d’un signal, prenant en compte une information à priori telle que le nombre
de fréquences pures dans le signal.
Schémas de propagation à vitesse constante et variable : formalisme selon lequel on
fait l’acquisition de signaux par une antenne fictive placée sur le côté d’une image.
Méthode ESPRIT : Estimation of Signal Parameters by Rotationnal Invariance Tech-
niques. La méthode TLS-ESPRIT propose une solution à l’estimation de paramètres
en employant un critère des moindres carrés.
Modified Forward Backward Linear Prediction : Méthode de prédiction linéaire modi-
fiée directe rétrograde. Procédure haute résolution de détermination de fréquence adaptée
aux données de longueur courte.
ANNEXE A. TITRE DE L’ANNEXE 1 50
Méthodes ESPRIT,
extension de la
transformée de Hough et
Modified Backward
Forward Linear Prediction
Ê1H
F ΛF H =
Ê1 Ê2 .
Ê2H
F est partitionnée en sous matrices d × d,
F11 F12
F =[ ]
F21 F22
−1
Soient λk , k=1,2...d les valeurs propres de −F12 F22 . Les angles sont donnés par :
1 λk
θ̂k = tan−1 [ Im(ln( ))]
(µ∆) |λk |
On rappelle que l’on dispose après application du schéma de propagation à vitesse variable
des valeurs d’orientation θk des droites de l’image.
Les paramètres ρk associés aux valeurs d’orientation θk sont estimés en projetant l’image
selon la direction θk et en recherchant un maximum :
ANNEXE B. MÉTHODES ESPRIT, EXTENSION DE LA TRANSFORMÉE DE HOUGH
ET MODIFIED BACKWARD FORWARD LINEAR PREDICTION 53
i=Np
X
ρk = argmax
√
c (ρ − xi cos θk − yi sin θk ) k = 1, . . . , d (B.1)
ρ≤ 2N i=1
ρk = x0k cosθk
1
exp(jωk )
exp(j ∗ 2ωk )
W =
exp(j ∗ 3ωk )
.
exp(j ∗ (N − 1)ωk )
où ωk est la fréquence à déterminer. Dans le cas où il existe plusieurs fréquences (c’est le cas
s’il existe plusieurs valeurs d’offsets pour une direction donnée), le vecteur signal reçu est de
la forme :
ANNEXE B. MÉTHODES ESPRIT, EXTENSION DE LA TRANSFORMÉE DE HOUGH
ET MODIFIED BACKWARD FORWARD LINEAR PREDICTION 54
1 1 1
exp(jω1 )
exp(jω2 )
exp(jωP )
exp(j ∗ 2ω1 ) exp(j ∗ 2ω2 ) exp(j ∗ 2ωP )
W = + + ... +
exp(j ∗ 3ω1 )
exp(j ∗ 3ω2 )
exp(j ∗ 3ωP )
. . .
exp(j ∗ (N − 1)ω1 ) exp(j ∗ (N − 1)ω2 ) exp(j ∗ (N − 1)ωP )
Où P est le nombre total de sources (en l’occurrence dk droites d’une direction d’indice
k donnée). En appliquant une méthode d’analyse spectrale on peut retrouver la valeur des
fréquences. Il est difficile d’appliquer une transformée de Fourier discrète car la longueur
du signal est insuffisante pour aboutir à une bonne résolution en fréquence, en revanche la
méthode MFBLP est une méthode Haute Résolution adaptée. Les étapes de la méthode sont
les suivantes :
WL−1 WL−2 ... W0
WL WL−1 ... W1
WL+1 WL ... W2
. . . .
. . . .
. . . .
WN −2 WN −3 ... WN −L−1
Q=
W1∗ W2∗ ... WL∗
W2∗ W3∗ ... ∗
WL+1
W3∗ W4∗ ... ∗
WL+2
. . . .
. . . .
. . . .
WN∗ −L WN∗ −L+1 ... WN∗ −1
La création de cette matrice revient à ordonner la donnée du signal W d’une façon particulière,
remontant selon les colonnes des derniers aux premiers échantillons du signal dans le haut de
la matrice, et descendant des premiers aux derniers échantillons du signal dans le bas de la
matrice.
On construit aussi le vecteur de taille 2 × (N − L) × 1 :
ANNEXE B. MÉTHODES ESPRIT, EXTENSION DE LA TRANSFORMÉE DE HOUGH
ET MODIFIED BACKWARD FORWARD LINEAR PREDICTION 55
WL
WL+1
.
.
.
WN −1
h=
W0∗
W1∗
.
.
.
WN∗ −L−1
P ≤ L ≤ N − P/2
Q = U ΛV H
3)On forme la matrice Σ en fixant à 0 les L-P plus petites valeurs singulières contenues dans
Λ.
λ1 0 ... 0 0 ... 0
0 λ2 ... 0 0 ... 0
0 0 ... 0 0 ... 0
0 0 ... λP 0 ... 0
Σ=
0 0 ... 0 0 ... 0
. . . . .
0 0 0 0 0
g1
g2
. = −V ∗ Σ′ ∗ U H h
g=
.
.
gL
′
La pseudo-inverse de Σ, notée Σ , est obtenue en inversant les éléments non nuls qu’elle
contient et en la transposant.
ANNEXE B. MÉTHODES ESPRIT, EXTENSION DE LA TRANSFORMÉE DE HOUGH
ET MODIFIED BACKWARD FORWARD LINEAR PREDICTION 56
H(z) = 1 + g1 z −1 + g2 z −2 + ... + gL z −L
6)Les P zéros de H qui sont situés sur le cercle unité ont pour argument les valeurs
des fréquences, qui sont proportionnelles aux arguments de ces zéros, le coefficient de
proportionnalité étant −α.
Liste des figures