Annexe 1
Annexe 1
En effet, la région intéresse de plus en plus les investisseurs internationaux, spécialement dans le
secteur pharmaceutique qui n’a pas été réellement touché par la crise économique de 2009.
Les pays du Maghreb arabe ont un objectif commun : promouvoir la production nationale des
médicaments. Cependant, la mise en place des filières pose la question des capacités industrielles
et technologiques des pays et de la stratégie à développer afin de se procurer les capacités qui ne
sont pas suffisamment disponibles localement. Ce qui mène justement à la problématique de
l’attractivité des laboratoires pharmaceutiques étrangers, possédant plus de savoir et
d’expérience.
112
. Pauron. M., « Maghreb : ambitions en laboratoires », Revue Jeune Afrique, 07/09/2011.
113
. Le secteur de l’industrie pharmaceutique marocaine fabrique une large gamme de produits obéissant aux
standards internationaux. A cet effet, l’OMS a classé l’industrie Pharmaceutique marocaine dans la zone Europe
pour les standards de qualité.
114
. Ipemed (l’Institut de Prospective Economique du Monde Méditerranéen), « Les systèmes de santé en
Algérie, Maroc et Tunisie : défis nationaux et enjeux partagés », n°13, avril 2012 . Disponible au : www.
ipemed.coop/fr/nosprojets- r16/sante-c89/ chantier-sante-sc89.
115
. Ibid.
Section I : L’état des lieux des marchés pharmaceutiques
aux trois pays (Maroc, Inde et Chine)
Cette section comporte une description de l’offre des médicaments dans les trois pays du
Maghreb ainsi qu’une étude comparative des trois marchés. En effet, si les trois pays visent le
même objectif de la promotion de la production nationale, les politiques mises en œuvre pour
l’atteindre diffèrent d’un pays à l’autre.
Il est nécessaire de souligner que malgré l’augmentation des investissements dans la production
nationale, l’Algérie reste fortement dépendante du marché mondial du médicament. Elle importe
en moyenne 70% des médicaments consommés.
En termes de production des médicament en Algérie, l’entreprise Saidal accaparait la plus grande
part (39,8%), suivi de Sanofi Aventis (26%) alors que Pfizer ne représentait que (11,5%) des
médicaments fabriqués en 2005. En revanche, 10 ans plus tard et après la promulgation des lois
favorisant les partenariats algéro-étrangers, le groupe Saidal perd en parts puisqu’il baisse à
8,7%. En effet, le marché du médicament algérien est, aujourd’hui, largement dominé par des
groupes étrangers.
Actuellement, les plus importants investissements du secteur sont (par ordre d’importance) :
Sanofi Aventis 14%, Bio Pharm 10%, Saidal 8.7%, LPA 4,6%, Pfizer 4,4%, Laboratoire Salem
4,3%, Hikma pharma 4,2% et Prodiphal 4,2%. Viennent après Glaxo Smith Kline, Novartis,
Novonordisk et Astrazeneca.
Les 314 autres laboratoires nationaux et internationaux opérant en Algérie se partagent ce qui
reste du marché pour une valeur se rapprochant de 1,05 milliard de dollars.
84% de la production reviennent au secteur privé et 16% au public.
En ce qui concerne la production et l’importation de l’année 2009, Sanofi Aventis est au premier
rang, avec 10,52% des parts du marché en termes de valeur, talonné par Maphar avec 9,30% puis
vient Laprophan 8,63%. La part de Pfizer est de 4.43%.
Quant aux exportations de médicaments, elles concernent aussi bien les médicaments génériques
marocains que des séries industrielles européennes délocalisées par certains groupes étrangers,
qu’ils soient princeps ou génériques. Elles sont passées de 28 millions de $ US en 2005 à 56
millions de $ US en 2011, connaissant une croissance soutenue avec des taux dépassant 10% par
an. Entre 2005 et 2008, ces évolutions ont atteint les 26%. Malgré cette performance, les
116
. OMS, « Rapport des travaux de la commission consultative du médicament et des produits de santé », Janvier
2013.
exportations du pays restent en deçà des réalisations de certains pays de la zone MENA tels que
la Jordanie, la Turquie et l’Egypte.
L’effet majeur du système de corrélation en Tunisie a été celui d’une forte croissance des
capacités de la production locale. En effet, en 2010 la production nationale couvre 49% de la
consommation globale contre 45% en 1999, 14% en 1990 et 8% en 1987. Cette production est
répartie entre princeps 39% et médicaments génériques 61%. Le nombre d’AMM délivrées pour
les produits locaux est de 1733 sur un total de 3548 AMM commercialisées.
En 2009, les laboratoires Adwa, Teriak, Saiph, Sanofi Aventis, Siphat, Gal pharma, Unimed,
Medis, Winthrop Pharma, Berg Life Sciences, produisent les vingt spécialités qui accaparent la
plus grande part du chiffre d’affaires du marché des médicaments en Tunisie.
Quant à l’importation, le marché du médicament tunisien est largement dominé par des groupes
étrangers. Les plus importants importateurs du secteur pharmaceutique en Tunisie sont: Novartis,
Aventis Pharma, Novo Nordisk, Roche Pharma Schweiz, Norgine Pharma, Serono Pharma
Schweiz, BMS et Astra Zeneca.
Le tableau suivant illustrera, à travers divers indicateurs, les principales similitudes et différences
des trois marchés pharmaceutiques du Maghreb.
117
. CNAS : Caisse Nationale de la Sécurité Sociale.
La consommation La consommation
La demande moyenne par habitant a moyenne par habitant a
des été évaluée à 165 été évaluée à 44 dollars
médicaments dollars en 2006. en 2009.
La Propriété Non respect des BPF ni Respect des BPF Non respect
intellectuelle / de la propriété
BPF intellectuelle.
Bien que presque
Importante Couverture Faible couverture toute la population
d’assurance maladie et sociale : La majorité bénéficie de la
La Sécurité de remboursement de des dépenses de santé sécurité sociale et du
sociale médicaments est assurée par les système de la gratuité
paiements directs des totale ou partielle, le
ménages poids des dépenses
directes
des ménages reste élevé
(40% de la dépense
totale de santé).
Médicaments à la Les prix des Médicaments à la
Prix des portée des malades. médicaments sont 2 à 3 portée des malades.
médicaments fois plus élevés que
dans la plupart des pays
voisins
- L’absence totale des L’existence
entreprises (publique et actuellement de
privée) de l’activité de 35 centres de
la recherche recherche, de 147
- L’absence d’une vraie laboratoires et de 610
Recherche et
innovation
politique nationale unités spécialisées
d’innovation. dans la recherche
scientifique dont 50%
opèrent dans la
biotechnologie.
Nous analyserons les indicateurs clés, susceptibles d’influencer la décision des multinationales
pharmaceutiques :
1.2.1 L’encadrement et la règlementation du secteur
Le secteur pharmaceutique des trois pays du Maghreb est encadré par plusieurs départements
administratifs qui ont une influence considérable et décisive sur le marché. Le ministère de la
Santé reste le département qui exerce les principales prérogatives de régulation et d’encadrement
par des règles régies par des textes réglementaires et via des structures diversifiées (Direction du
médicament et de la pharmacie, Centre de pharmacovigilance, Laboratoire de contrôle des
médicaments, Direction de l’inspection pharmaceutique, etc.).
Ainsi, le marché des médicaments est fortement réglementé tant en Algérie, qu’au Maroc et en
Tunisie. Cette réglementation traite l’ensemble des aspects liés à l’environnement des produits
pharmaceutiques et définit les conditions et les modalités qui régissent le secteur. Les textes
d’application sont très divers (décret, arrêté, circulaire, décision, etc.) illustrant ainsi la variabilité
du niveau de leur mise en œuvre. Le champ d’application de ces textes reste relativement plus
homogène, intéressant l’ensemble de la filière du médicament (importation, enregistrement,
utilisation, etc.).
En effet, les trois pays du Maghreb disposent d’une procédure d’enregistrement des médicaments
impliquant l’intervention d’une commission technique placée sous la tutelle du Ministère de la
Santé. Le demandeur d’AMM doit fournir un dossier technique et un dossier administratif dont
la nature des pièces constitutives varie cependant d’un pays à l’autre118.
Par ailleurs, le dépôt des échantillons du produit, pour lequel est demandée une AMM, est
indispensable et fait partie de la procédure réglementaire des trois pays. Les échantillons sont
analysés sous tous les aspects par les laboratoires nationaux de contrôle des produits
pharmaceutiques.
Il existe également des procédures de contrôle des médicaments importés, aux postes frontières
des trois pays, qui concernent aussi bien la vérification de l’AMM que le contrôle physique des
118
. Daré I., « Harmonisation de l’enregistrement et du contrôle des médicaments vétérinaires en Afrique »,
Conférence OIE, 2007.
produits. Celui-ci peut aussi consister en des prélèvements aléatoires pour analyse par le
laboratoire.
Nous soulignons que l’Algérie est le seul pays de la région qui interdit l’importation des
médicaments produits localement. Ce point sera étudié dans le dernier chapitre de cette
partie.
- L’industrie pharmaceutique marocaine est réputée être aux normes internationales. Le secteur
est soumis à une extrême rigueur de fabrication dans le sens où les entreprises sont tenues de
respecter les normes de Bonnes Pratiques de Fabrication préconisées par l’OMS 119 et par les
agences européennes du médicament. Elles sont également soumises au contrôle direct du
Ministère de la Santé via la Direction du médicament et de la pharmacie (inspection de la
pharmacie et le Laboratoire national de contrôle des médicaments).
D’autre part, le contrôle de la qualité se réfère aux standards et aux référentiels techniques
internationaux, notamment les pharmacopées 120 européenne et américaine, les directives de
l’OMS, les guidelines européens (EMA, EDQM) et américains (FDA), les guidelines de la
Conférence internationale de l’harmonisation des techniques d’enregistrement des médicaments
à usage humain, les guides des Bonnes Pratiques de Fabrication européens et de l’OMS et aussi
les normes nationales.
- La Tunisie applique aussi un cadre réglementaire et juridique qui a permis la mise en place
d’un système national d’assurance qualité des médicaments répondant aux normes
internationales dont la coordination est assurée par la Direction de la pharmacie et du
médicament.
- Quant à l’Algérie, les normes appliquées ne sont pas en accord avec les normes internationales
du médicament. Les déficiences notées sont de divers ordres, principalement dans
l’administration, la gestion et l’organisation générale, avec une sous-informatisation. Les normes
de référence appliquées sont essentiellement des normes ISO et non les normes pharmaceutiques
BPF qui sont les seules normes valables pour une reconnaissance de la qualité des médicaments.
119
. Chaoui F. et Legros M., « Les systèmes de santé en Algérie, au Maroc et en Tunisie: Défis nationaux et enjeux
partagés », Les Notes Ipemed. Etudes et analyses, avril 2012.
120
. La pharmacopée est le recueil officiel des pharmaciens contenant la nomenclature des médicaments et leur
description (composition, effets, etc.). Elle est devenue aujourd’hui une liste exhaustive de toutes les substances qui
peuvent légalement entrer dans la composition d’un médicament.
Ainsi, le respect des BPF est un critère important pour l’attractivité des multinationales
pharmaceutiques car il confère aux médicaments une certaine crédibilité à l’échelle mondiale. Ce
qui faciliterait leur exportation.
- En Algérie, les caisses de sécurité sociale jouent un rôle majeur, en termes de prise en charge
de la facture nationale du médicament. La seule couverture médicaments assurée actuellement
par la Caisse Nationale d’Assurance Sociale (CNAS) se situe à plus de 110 Milliards de DA
(+16% par rapport à 2010). Cela sans compter les médicaments directement distribués sur les
réseaux de soins publics.
- Contrairement à l’Algérie, le prix du médicament marocain est très élevé. En effet, l’industrie
pharmaceutique marocaine est une industrie de formulation et de conditionnement, comme le
souligne l’OMS. Elle est donc fortement dépendante de fournisseurs étrangers qui maîtrisent la
production et la commercialisation d’un bien stratégique : le principe actif. Ce dernier est
intégré, par la suite, dans des formules par les producteurs pour obtenir la forme galénique du
médicament.
La faiblesse des volumes de production et la dépendance vis-à-vis des étrangers ont un effet
direct sur les prix du médicament. D’une part, des séries courtes ont un effet sur les prix dans
une industrie où les économies d’échelle sont cruciales et constituent un avantage concurrentiel
déterminant outre la détention de brevets ou des dépenses élevées de marketing. D’autre part,
l’industrie marocaine est dépendante de fluctuations de prix, plus ou moins importantes, des
matières premières selon leur provenance et leur qualité. Par ailleurs, dans la mesure où les
entreprises produisent sous licence, souvent les accords commerciaux obligent le détenteur de la
licence devra s’approvisionner en matières premières auprès de l’entreprise qui octroie la
licence. Cela implique des frais que le producteur doit intégrer dans le prix de revient du
médicament.
Ainsi, le Maroc se caractérise par une faible couverture sociale malgré le prix élevé des
médicaments. La majorité des dépenses de santé est assurée par les paiements directs des
ménages.
Afin de pouvoir cerner les lacunes qui empêchent ou qui ralentissent le développement de notre
jeune industrie, nous analyserons les expériences des multinationales pharmaceutiques dans les
trois pays du Maghreb. Pourquoi nos voisins immédiats le Maroc et la Tunisie ont une industrie
pharmaceutique qui couvre leurs besoins à des taux supérieurs ? L’implantation des laboratoires
pharmaceutiques a-t-elle un impact sur la quantité et la qualité des médicaments produits ?
Nous classons les plus importants investisseurs de la région en trois groupes : les investisseurs
européens et les investisseurs américains. Puis, nous présenterons les critères d’attractivité de ces
multinationales.
Dans la perspective de diminuer les coûts de production, le Maghreb semble présenter des atouts
pour les leaders pharmaceutiques. En effet, Le secteur pharmaceutique des pays du Maghreb est
en pleine évolution. Même si l’organisation et le développement sont différents d’un pays à
l’autre, l’Algérie, le Maroc et la Tunisie ont réussi, chacun à son rythme, à développer une
industrie pharmaceutique qui leur permet, aujourd’hui, de couvrir une grande partie de la
consommation locale. Nous allons nous intéresser à quatre laboratoires provenant de l’Europe.
- Au Maroc, le Groupe Sanofi est présent depuis plus de 50 ans à travers 2 filiales : sanofi-
aventis Maroc et Maphar121. Le groupe a su saisir l’opportunité de se lancer dans la fabrication
du médicament dès 1965 lorsque le Maroc a développé une activité pharmaceutique nationale.
Engagement qui s’est traduit par des investissements scientifiques, humains et industriels de
grande envergure.
Le Groupe Sanofi dispose au Maroc d’un site industriel (Maphar Zenata) qui a bénéficié de plus
de 55 millions de $ US d'investissements au cours de ces 5 dernières années pour la
modernisation de son outil de production. Il s'agit, à ce titre, de l'investissement industriel le plus
important jamais consenti en Afrique ce qui témoigne de la volonté du Groupe Sanofi d'affirmer
sa présence industrielle et de renforcer la croissance de ses activités au Maroc.
Le site industriel de Zenata est certifié par l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé) pour la
production d’ASAQ Winthrop (Antipaludéen), qui est exporté dans plus de 30 pays d'Afrique
Subsaharienne.
121
. Sanofi-aventis : http://www.sanofi.fr/l/fr/fr/index.jsp
Le chiffre d’affaires cumulé des 2 filiales dépasse les 220 millions de $ US et le Groupe Sanofi
occupe, actuellement, une position de leader sur le marché de l’industrie pharmaceutique au
Maroc avec une part de marché cumulée de près de 20% et une production industrielle de plus de
70 millions de boites.
- En Tunisie, le Groupe Sanofi dispose d’un site industriel (Mégrine) qui a bénéficié de plus de
45 millions de $ US d'investissements au cours de ces 5 dernières années pour la modernisation
de son outil de production. Un investissement continu qui témoigne de la volonté du Groupe
Sanofi d'affirmer sa présence industrielle et de renforcer la croissance de ses activités en Tunisie.
Le site Mégrine est composé de 2 laboratoires industriels : Winthrop pharma Tunisie et Sanofi
Aventis pharma Tunisie. Le site s’étend sur une surface de 15 000 m² dont 7.000 m2 d’édifices.
Ce laboratoire a produit en 2013 près de 30.000 millions d’unités de plus d’une centaine de
spécialités différentes.
Leader dans le marché de la fabrication locale, le site industriel de Sanofi en Tunisie permet,
aujourd’hui de fournir plus que 80% des médicaments Sanofi vendu en Tunisie.
L’engagement de Sanofi pour favoriser l’accès au médicament pour tous, s’est traduit par le
développement de son activité générique Winthrop en Tunisie. En effet, cela répond à une
double vocation : d’une part, permettre au plus grand nombre l’accès à des médicaments
génériques de qualité Sanofi, d’autre part, de contribuer à la réduction des dépenses de santé en
Tunisie en proposant ses génériques à des prix adaptés.
Dans un souci de faire bénéficier la médecine tunisienne des nouvelles avancées médicales,
Sanofi s'associe régulièrement aux sociétés savantes nationales, pour la promotion de la
formation médicale continue.
- En Algérie, la présence de Sanofi remonte au début des années 90. Elle est aujourd’hui présente à
travers trois entités juridiques locales à savoir122:
122
. Atmani M. « le laboratoire Sanofi Aventis Algérie confirme son engagement sur le marché algérien »le
Maghreb, 2008.
Sanofi est le premier laboratoire dans le classement des ventes de médicaments en Algérie. Ce
dernier a investi dans la construction de deux unités de fabrication en Algérie et un complexe
industriel est à l’étude. Une usine à Aïn Benian produisant les formes liquides et une autre usine
à Oued Smar produisant les formes sèches. Cette dernière est réalisée en partenariat avec Saidal
dans le cadre de la joint-venture Winthrop Pharma Saïdal. Les capacités de production seront
portées à 80 millions d’unités ventes lorsque la nouvelle usine de Sidi Abdellah entrera en
production (projet en cours d’étude).
Sanofi aventis Algérie emploie plus de 670 collaborateurs et son portefeuille en Algérie
comporte 162 médicaments, dont 52 produits localement (43 princeps et 9 génériques) sur ses
propres sites et 8 dans les sites de ses partenaires locaux.
L’accord entre les associés de l’usine de Sidi-Abdellah s’inscrit dans le care du partenariat
algéro-français. Un accord à l’issue duquel Sanofi Aventis ambitionne de fabriquer localement
80 à 85% de sa gamme de produits pharmaceutiques. Selon le Directeur Général de Sanofi
Aventis Algérie, «La nouvelle implantation de cette usine confirme l’engagement de Sanofi
Aventis en faveur du développement de l’industrie pharmaceutique locale. Elle témoigne
également des belles perspectives de ce secteur en Algérie et devrait permettre de recruter de
nombreux employés dans la région»123.
Sanofi Aventis Algérie emploie plus de 630 personnes, avec un chiffre d’affaires de 289 millions
de $ US en 2010, est disposé à assurer une transmission des compétences à travers un
programme de formation et d‘accompagnement de ses salariés ainsi que des professionnels de
santé en Algérie.
Enfin, l’une des stratégies de Sanofi Aventis Algérie est de poursuivre sa politique de transfert
de compétences en investissant davantage dans les ressources humaines.
Une autre stratégie du groupe est de participer fortement à la substitution des produits importés
par des produits fabriqués localement. En effet, la décision du gouvernement d’obliger les
123
. Meziane A, « Le laboratoire Sanofi Aventis Algérie confirme son engagement sur le marché algérien
Construction d'une usine à Sidi Abdellah », le Maghreb, juin 2011.
124
. Atmani M., opcit.
laboratoires pharmaceutiques étrangers à investir dans la production de médicaments en Algérie
et d’interdire l'importation des médicaments et produits pharmaceutiques fabriqués localement
commence à porter ses fruits. Longtemps gelé, le partenariat entre le groupe public Saidal et le
groupe français Sanofi-aventis a été réactivé fin janvier 2009.
Les deux groupes ont relancé leur filiale commune Winthrop Pharma Saidal (WPS) avec comme
objectif principal la production de médicaments génériques en Algérie, et permettre ainsi de
réduire la facture des médicaments importés, et préserver les fonds de la sécurité sociale, sachant
que le lobby pharmaceutique pèse lourd sur nos finances publiques.
- En Algérie, Novonordisk est présent depuis 1936. Cette multinationale a investi, la première
fois, dans l'industrie pharmaceutique au niveau local à Oued Aïssi (Tizi-Ouzou) en 2006. Une
usine gérée par des cadres algériens.
Cette usine a entamé la production de la "Novoformine" 125 (500, 850 et 1000 mg). Elle couvre
actuellement 70% des besoins du marché national en ce médicament, tandis que sa capacité de
production (30 millions de boites/an) dépasse la demande nationale. La production de l'usine est
passée de plus de 97.000 boites en 2008 à près de 14 millions de boites en 2013.
Relevant des laboratoires danois Novo Nordisk et de la société de droit algérien ALDAPH-SPA
d'importation, de production, de distribution et de promotion des médicaments, l'usine est
considérée l'unique unité, dans le monde, à produire la forme sèche de médicaments administrés
par voie orale pour diabétiques. L'usine, actuellement en cours d'équipement pour la fabrication
du Novonorm que l'Algérie continue toujours à importer, pourra "répondre" aux besoins du
marché national et assurer ce médicament à long terme.
125
. Novoformine est un médicament destiné pour le traitement de diabète de type 2, connue au niveau international
sous l'appellation de "Metformine".
Ainsi, l'Algérie est un «partenaire important» pour Novo Nordisk dans la région MENA ;
« L'Algérie est un pays extrêmement important pour Novo Nordisk », a affirmé M. Surensen
dans un entretien réalisé en août 2013126.
Pour ce qui est du partenariat entre le groupe SAIDAL et Novo Nordisk, M. Surensen a indiqué
qu'il permet de renforcer les relations avec les autorités publiques. Concernant les médicaments
innovants lancés ces dernières années par Novo Nordisk, ce dernier souhaite que le ministère de
la Santé et le laboratoire danois parviennent à un «compromis» pour enregistrer ces médicaments
en Algérie à l'instar des pays européens. Soumis à des tests cliniques, ces médicaments ont
prouvé leur «efficacité» et contribué à améliorer la qualité de vie des diabétiques. Evoquant la
recherche scientifique dans le domaine du diabète, le PDG de Novo Nordisk a précisé qu'en dépit
des progrès encourageants réalisés ces dernières années, il n’est pas encore sur le point de faire
cette découverte révolutionnaire avant 2020-2025. Mais malgré cela, le chiffre d’affaires réalisé
en Algérie leur semble satisfaisant.
- Au Maroc, Novartis est présent depuis plus de trente ans. Très actif sur le segment des produits
innovants, le groupe Novartis dispose de l’un des « pipelines» les plus fournis en termes de
recherche et développement de nouvelles molécules alors même que la courbe de libération de
nouveaux produits est en phase descendante dans l’industrie pharmaceutique en général.
Novartis a développé une gamme de spécialités qui couvre l’oncologie, certaines maladies
orphelines graves, dont quelques-unes ne disposaient d’aucune alternative thérapeutique.
Aujourd’hui, il propose des traitements pour traiter des patients atteints de cancers et pour qui
l’espérance de vie était extrêmement faible. Il s’agit d’une avancée considérable, il traite
également des maladies comme la dégénérescence maculaire, très invalidante, la sclérose en
plaques, pathologie pour laquelle Novartis a développé le premier traitement oral, la maladie
d’Alzheimer, avec un traitement sous forme de patch, une forme galénique qui facilite la prise du
traitement et l’observance, la maladie de Parkinson.
126
. http://www.lefinancier-dz.com
conduite par Peter Jager, conseiller principal aux relations gouvernementales chez Novartis
international127.
Le laboratoire, qui a misé depuis plusieurs années déjà sur le marché attractif du médicament en
Algérie, compte «confirmer ses engagements selon les priorités tracées par le gouvernement
algérien en matière de santé, en s’attelant à accroître ses investissements en Algérie». Le
laboratoire entend ainsi affirmer son intention de répondre à la demande des pouvoirs publics
algériens qui tentent de réduire une facture d’importation de médicaments toujours en hausse, en
encourageant la production nationale, à travers le partenariat avec les laboratoires étrangers.
Le laboratoire pharmaceutique suisse est présent en Algérie depuis une douzaine d’années, à
travers plusieurs filiales, dont Sandoz installé à Oued Smar, à Alger.
- En Algérie : un accord de partenariat a été signé entre ce dernier et le laboratoire privé algérien
Biopharm128 en avril 2012 ; un accord qui s’inscrit lui aussi dans la stratégie du gouvernement
visant à assurer une suffisance interne en matière de médicaments.
C’est dans le même ordre d’idée que le représentant d’AstraZeneca a précisé que leurs décisions
vont dans le sens de la politique des autorités, avec l'objectif de produire des médicaments de
qualité supérieure qui apporteront une différence significative pour la santé des patients dans le
pays.
« L'accord démontre concrètement que nous avons en Algérie un engagement et une vision qui
s'inscrivent dans le long terme. Il reflète notre stratégie visant à créer et soutenir notre croissance
dans les marchés émergents», a déclaré le représentant d’AstraZeneca. Ajoutant qu’a travers ce
partenariat, ce groupe souhaite pérenniser ses activités en Algérie, grâce à une relation de
distribution existante déjà, qui a fait de Biopharm un partenaire de grande valeur129.
Malheureusement et malgré l’ambition manifestée par ces deux laboratoires, leur partenariat fut
un échec. Selon M. Bennaceur, président d’Astra Zeneca Afrique du Nord et de l’Ouest, le
127
. Sassi M., « Industrie pharmaceutique : une délégation de Novartis en Algérie », Algérie patriotique, octobre
2014.
128
. Le groupe Biopharm, créé en 1992, employait en 2011 1.300 personnes, dont un tiers sont des scientifiques. Il
dispose, depuis 2005, d'une unité de production d'une capacité de 50 millions d'unités de vente par an. En 2010, le
groupe a réalisé un chiffre d'affaires de 19 milliards de dinars.
129
. Radji Z., « Partenariat dans l’industrie pharmaceutique : AstraZeneca s’installe en Algérie », l’Actualité, avril
2012.
projet n’a pas abouti pour la simple raison que ce groupe a ouvert son capital après avoir signé la
joint-venture. A la question de savoir si le prix de la matière première transférée en Algérie sera
aligné sur celui pratiqué dans d’autres pays arabes tels que l’Egypte (où AstraZeneca a implanté
une usine). En réalité, cela ne doit pas être différent et son laboratoire ambitionne d’assurer la
qualité et les standards internationaux dans cette usine algérienne destinée à couvrir les besoins
nationaux et voire même exporter vers les pays voisins.
Deux ans après, en 2014, Astrazénéca a signé un partenariat d’accord avec deux sociétés
algériennes ; AHT Health sarl du groupe salhi et le groupe Hasnaoui finance Sarl.
Ce partenariat, inclus dans le cadre de la loi des 51/49% et ayant une enveloppe de 125 millions
de dollars, a pour objectif la création d’une société par actions de droit algérien, AstraZeneca El
Djazaïr de fabrication et de distribution des produits pharmaceutiques.
L’unité sera implantée dans la zone industrielle de Rouiba et prendra effet en octobre 2015, selon
un responsable de la multinationale, la stabilité économique, le dialogue ouvert, les possibilités
de partenariat en Algérie sont autant d’éléments qui ont conforté la multinationale anglo-
suédoise à investir en Algérie et à implémenter la direction régionale Afrique du Nord et de
l’Ouest en Algérie, a-t-il précisé en ajoutant que c’est dans ce contexte que la multinationale a
accéléré son projet de production nationale et de transfert de technologie en Algérie. De plus, le
projet créera plus de 104 emplois directs et 231 emplois indirects.
Plusieurs sociétés pharmaceutiques américaines ont choisi l'Algérie comme «plaque tournante
pour la région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord », rapporte l'AFP. Des laboratoires
américains ont signé le 9 juin 2015 un protocole d'accord avec les ministères algériens de
l'Industrie et de la Santé. La signature a eu lieu dans le cadre du forum santé Algérie-USA qui
s'est ouvert le 7 juin 2015 à Alger. L'accord vise à créer un pôle international de biotechnologie
et de production de médicaments en Algérie. « En vertu de cet accord, les grands groupes
américains s'engagent à faire beaucoup de R&D en Algérie dans les domaines de la
biotechnologie et de l'industrie pharmaceutique », a expliqué Smaïl Chikhoune, président du
Conseil d'affaires algéro-américain (USAB). Il ajoute que l'objectif est « de créer une ville
susceptible d'accueillir les futurs laboratoires de recherche et les unités de production des
médicaments en partenariat avec ces groupes américains ». Selon le ministre de la Santé Ould
Abbas, cité par le quotidien national Le Temps d'Algérie, la conjoncture pharmaceutique actuelle
« offrent aux pays émergents l'occasion de développer une industrie pharmaceutique locale en
mesure de couvrir une part importante de leurs besoins en médicaments essentiels mais aussi la
possibilité de baser ce développement sur des technologies de pointe, telles que les
biotechnologies ». Via ce projet, l'Algérie, qui importe 70 % de ses médicaments, souhaite
réduire ces importations qui se sont élevées à 1,85 Mrds $ en 2008.
- Au Maroc, la société dispose d'un laboratoire et une unité de production. Elle commercialise
plusieurs médicaments génériques et autres pour usage de traitement de maladies cancéreuses.
- En Tunisie, Pfizer est présent depuis, à travers un bureau de liaison. A partir de 1989 des
mesures d’encouragement à la fabrication locale ont été prises en Tunisie et l’acteur majeur de la
santé, s’est depuis engagé dans un processus de développement continu. Son unité de fabrication
nationale a été lancée en joint-venture avec la Siphat en 1998.
Le site de fabrication emploie à ce jour plus de 90 personnes. Pfizer Tunisie fabrique localement
19 produits dont 13 dans son unité de Ben Arous et 6 dans le cadre de partenariats. Aujourd’hui,
45 % des médicaments sont fabriqués localement, contre 5% en 2000.
130
. El Jouhari M., in http://www.leconomiste.com/article/pfizer-maroc-redefinit-sa-politique-de-
communication#sthash.UJ0Czm1z.dpuf.
- En Algérie, cette multinationale américaine est implantée à travers deux entités à savoir Pfizer
Saidal-manufacturing (PSM) et Pfizer pharma Algérie (PPA).
PSM est une société créée en 1998 en joint-venture entre Pfizer (70%) et Saidal (30%), avec un
investissement de 20 millions de US $, pour la réalisation et l'exploitation d'une usine de
fabrication de médicaments à usage humain de la gamme Pfizer 131. Grâce à cet investissement,
aujourd'hui, Pfizer Algérie produit localement 13 médicaments, soit plus de 55% de son
portefeuille produits. PSM qui assure la fabrication de formes sèches comprimés et gélules de
différentes spécialités (produits pharmaceutiques pour l’urologie, la gastro-entérologie, la
gynécologie…), produit actuellement entre 6 et 8 millions d'unités-ventes par an.
Cette unité de production est un important investissement : rien que pour les équipements 5
millions d'euros ont été débloqués. Outre la contribution au développement du tissu industriel
pharmaceutique local, ce partenariat est de nature à substituer 10 millions d'euros d'importation
au profit de la production nationale et ainsi diminuer les dépenses en devises étrangères de 12,5
millions d'euros. «La signature de cette déclaration commune avec notre partenaire algérien
Novapharm symbolise de manière concrète notre engagement en Algérie depuis bientôt quinze
ans. A travers cet investissement majeur, est prévu un transfert de technologie et de savoir-faire
et la création de plus de 150 emplois qualifiés en Algérie132.
L'industrie pharmaceutique implantée dans les pays du Maghreb, qu'elle soit nationale ou
internationale, est diverse tant par ses origines historiques que par sa capacité à évoluer et à
s'adapter aux récentes exigences réglementaires.
Si le Maroc couvre aujourd’hui 70% des besoins en médicaments c’est en grande partie grâce à
l’ouverture du marché à l’extérieur. Et ce dès le lendemain de son indépendance. Ainsi, plusieurs
groupes pharmaceutiques ont saisi l’opportunité de se lancer dans la fabrication des médicaments
au Maroc notamment Sanofi-Aventis qui s’est implanté dès 1965 et après 30 ans environ il s’est
implanté en Algérie.
La politique entreprise par le Maroc dans les années 60 afin de développer une activité
pharmaceutique nationale a permis la mise à niveau de plusieurs firmes locales par le phénomène
de clusters. En effet, actuellement les firmes pharmaceutiques marocaines possèdent un savoir-
faire technologique et une certaine expérience dans le domaine leur permettant de se démarquer
des entreprises pharmaceutiques tunisiennes et algériennes.
En effet, depuis l’acquisition de leur indépendance, les trois pays du Maghreb se sont dotés
d’une véritable industrie pharmaceutique en vue de fabriquer leurs propres médicaments, seuls
ou dans le cadre de partenariats avec les grands groupes multinationaux. Ils ont retenu, pour leur
secteur pharmaceutique, l’intervention d’acteurs publics et privés avec une prédominance qui
varie d’un pays à l’autre.
- L’Algérie fait contribuer les deux secteurs avec une grande prédominance du secteur public. En
effet, le marché du médicament relevait, jusqu’à 1990, exclusivement de l’État. Depuis, le pays a
ciblé le développement de son industrie pharmaceutique locale afin de réduire la facture des
importations et de devenir une plate-forme de production du générique. La suppression du
monopole de l’État a permis l’émergence des opérateurs privés qui connaissent actuellement un
accroissement important et rapide.
- Le Maroc a opté, dès l’indépendance, pour une industrie pharmaceutique où l’initiative privée a
été le principal vecteur de développement. Les modalités de transfert technologique dans le
domaine pharmaceutique ont pris place par l’association du capital privé national et du capital
international (multinational). Les pouvoirs publics ont opté, depuis 1957, pour le développement
d’une industrie pharmaceutique de production nationale, de distribution et de délivrance ouverte
au secteur privé, dans le cadre d’une économie libérale réglementée sous la tutelle du ministère
de la Santé.
- La Tunisie se situe quelque part entre les deux pays. Elle a fait un effort dans la régulation du
secteur pharmaceutique, qui présente des spécificités engageant l’interven2tion d’acteurs publics
et privés. La politique pharmaceutique s’appuie depuis de nombreuses années sur un secteur
public fort. On retrouve ainsi des structures publiques d’approvisionnement qui centralisent les
importations des médicaments destinés à la fois au secteur public et au secteur privé. La PCT
joue un rôle prépondérant et constitue l’opérateur et le régulateur principal.
Concernant la qualité des infrastructures, c’est la Tunisie qui devance ses pays voisins. Le
rapport sur la compétitivité globale 2011-2012, attribue à la Tunisie une note de 5 sur une échelle
de 1 à 7 de la qualité des infrastructures. Parmi ses multiples infrastructures:
L’Algérie quant à elle, dans le cadre d’une politique d’accroissement du transfert de technologies
et de l’innovation dans les secteurs pharmaceutique et biotechnologique, encourage les
entreprises à s’installer dans les parcs dédiés, tel que le parc technologique de Sidi Abdallah et le
parc industriel à Constantine, qui abrite déjà près de 20 usines pharmaceutiques.
Les frais à la charge du patient représentent seulement 20,9% de l’ensemble des dépenses de
santé en Algérie, selon l’Institut de Prospective Economique du Monde Méditerranéen
(IPEMED), un chiffre bien moins élevé qu’en Tunisie (39,8%) ou qu’au Maroc (53,5%).
Par ailleurs, c’est un véritable exercice d’équilibre auquel se livre actuellement le secteur
pharmaceutique des pays du Maghreb. En effet, si la préoccupation de l’Algérie est la promotion
de la production locale, le Maroc quant à lui cherche à baisser de 30 à 60% les prix élevés des
médicaments.
« Le marché marocain tente à la fois d’améliorer l’accès aux médicaments tout en tenant compte
des inquiétudes des fabricants et des pharmaciens face au recouvrement des coûts », déclarent les
analystes du cabinet Oxford Business Group (OBG) qui a livré une analyse du marché en octobre
2012. Selon ces derniers, la production locale joue un rôle essentiel dans la satisfaction de la
demande intérieure mais le marché s’est longtemps montré préoccupé par les prix des produits
de marque, entrainant de la part du gouvernement une augmentation de la distribution des
médicaments génériques et une politique de baisse des prix pour l’utilisateur final.
Au Maroc, près de deux ans après l'adoption d'un décret faisant baisser les prix des médicaments,
le secteur a gagné en transparence… mais perdu en chiffre d'affaires. Le principe était de prendre
comme référence les tarifs pratiqués dans sept pays (Espagne, Portugal, France, Belgique,
Turquie, Grèce et Arabie saoudite) et choisir le moins élevé comme prix de base du produit
original (princeps), celui des génériques subissant une baisse supplémentaire. Résultat : une
baisse des prix de 30 %. Mais quel bilan, les industriels du secteur dressent-ils de cette mesure ?
La logique de la baisse des prix des médicaments devrait aller de pair avec « davantage de
remboursements ». « Or la majorité des produits lancés depuis trois ans n’est pas remboursée,
mais les discussions avec les autorités sont fluides et ouvertes sur ce point 133», précise le patron
de Novartis Maroc, qui regrette néanmoins de ne pas pouvoir tabler sur une échéance claire.
Suite à la baisse des prix des médicaments, le laboratoire suisse Novartis décide de quitter le
pays pour s’installer en Tunisie. En effet, le laboratoire pharmaceutique va boucler l’année 2013
avec une baisse des ventes de l’ordre de 30%, et vit des difficultés énormes qui ont poussé le
groupe à recadrer sa stratégie d’expansion, ceci est arrivé un an après ( décembre 2012 ) avoir
quitté Aïn Sebaâ pour s’établir sur la colline de Sidi Maârouf dans des nouveaux locaux
flambants neufs.
Effectivement, pour un grand laboratoire pharmaceutique, il est important de s’installer sur les
marchés à forte consommation (pouvoir d'achat national, pouvoir d'achat des caisses maladie) ou
à forte proportion de maladies "chères". L’une des raisons pour lesquelles les grandes firmes
s’intéressent à investir en Algérie qui connait une demande de plus en plus croissante de
médicaments.
La hausse des ventes s’explique en grande partie par la mutation démographique que connait
actuellement l’Algérie : le pays, dont la population atteint 39,5 millions d’habitants en 2015,
enregistre une croissance importante du nombre d’adolescents et de personnes âgées par rapport
au reste de la population, selon l’ONU. Le ratio de dépendance démographique, qui désigne la
proportion des personnes de moins de 15 ans et de plus de 64 ans par rapport à la population en
âge de travailler, était de 52% en 2014, selon les chiffres publiés par la Banque Mondiale.
De plus, comme c’est le cas pour de nombreux marchés émergents, l’augmentation du niveau de
vie s’est accompagnée d’une transition épidémiologique. Les maladies infectieuses ont fait place
à des maladies chroniques associées à un mode de vie, tels que le diabète, nécessitant des
traitements plus complexes et plus coûteux.
133
. Wenger S., « Au Maroc, l’industrie pharmaceutique s’impatiente », Jeune Afrique, septembre 2015.
En conclusion, il existe plusieurs similitudes entre les marchés pharmaceutiques maghrébins. Il
s’agit de la volonté affichée de développer la production des médicaments et notamment des
génériques, la multiplicité d’unités de production de petite taille, non concurrentielles, des
problèmes d’approvisionnement notamment dans le secteur public, etc.
Ainsi, certains textes réglementaires laissent entrevoir des possibilités d’améliorations dans le
domaine du médicament. En effet, ce marché est très réglementé en raison d’impératifs liés à la
protection et à la préservation de la santé publique. La réglementation algérienne appliquée au
domaine des produits pharmaceutiques à usage humain est relativement développée et traite de
l’ensemble des aspects liés à l’environnement du produit. Cependant, elle souffre d’insuffisances
dans son ancrage législatif à cause des dispositions considérées depuis longtemps comme
désuètes et frappées d’obsolescence.
D’autre part, et suite aux changements profonds intervenus depuis le début des années 1990,
avec l’initiation d’un processus d’ouverture du secteur de la pharmacie étendu en direction du
capital privé tant national qu’étranger, d’importantes mesures d’organisation (sur
l’enregistrement, sur la détermination du prix, sur l’encouragement du générique, sur la
protection de la production nationale, etc.) ont été prises à travers des circulaires, notes ou
instructions. Cela a eu des répercussions négatives sur la cohérence de la réglementation, sur sa
transparence et sans doute sur les conditions de sa mise en œuvre.
D’autant plus que cette jeune industrie est soumise à des problématiques liées à la maitrise des
processus de fabrication, à l’absence de savoir faire en matière de développement
pharmaceutique, à un environnement économique contraignant et au manque de stratégie
industrielle intégrée.
Quant à l’attractivité des laboratoires étrangers, l’industrie pharmaceutique algérienne reste celle
qui suscite le plus d’intérêt de la part des groupes multinationaux, étant donnée la taille du
marché considéré comme le plus important de la région, la forte demande du peuple algérien
bénéficiant d’une importante sécurité sociale, etc.
Toutefois, les investisseurs étrangers sont confrontés à plusieurs contraintes notamment le non respect des
BPF, l’obligation d’avoir un partenaire algérien détenant au moins 51% du capital, l’absence totale des
entreprises (publique et privée) de la recherche et développement. En effet, cela constitue un frein pour
l’internationalisation des activités des multinationales. Le deuxième constat est que le problème de la
recherche en Algérie ne réside pas dans l’allocation des moyens (humains, matériels et financiers) mais dans
l’élaboration d’une vraie politique nationale d’innovation qui met en interaction les différents acteurs
concernés. Cela constitue, pourtant, le noyau de tout développement industriel.
La recherche en Algérie souffre aussi de l’absence de volonté collective, de communication entre les
chercheurs, du sens du travail en équipe, de relations entre l’université et les centres de recherche, entre les
centres de recherche et l’industrie, et entre les structures officielles et les chercheurs.
Les informations ainsi que l’étude comparative établie dans ce chapitre, nous ont permis de mieux comprendre les avantages et
les insuffisances du secteur pharmaceutique algérien. Il nous est désormais possible d’effectuer notre étude empirique dans le but
de vérifier nos h