Les sept cycles de l’Etre Tome Processus L’horizontale et la verticale
L'HORIZONTALE ET LA VERTICALE
L'évolution se fait à la verticale, car à l'horizontale, un singe n'a
jamais pu devenir un homme.
A. de Souzenelle
Au lieu de pensées se succédant horizontalement dans le temps,
la VUE globale, verticale et intemporelle apparaît - et c'est
possible pour chacun de nous.
Gitta Mallasz (Les Dialogues ou le saut dans l'inconnu p. 44)
L'évolution se fait au moyen des deux modes de progression verticale et horizontale, l'une
n'allant pas sans l'autre. C'est ce que symbolise l'image de la croix ou de la spire, comme nous le
verrons plus loin.
Cette intrication du développement bi-dimensionnel du processus évolutif est une des pierres
d'achoppement des différentes théories de l'évolution.
J. de Rosnay par exemple s’interroge sur la notion d’évolution « verticale » en ces termes
(extrait tiré de son livre Le macroscope p. 248) :
"...On admet parfaitement aujourd'hui l'accroissement de la complexité qui se manifeste
au cours de l'évolution et l'émergence de propriétés nouvelles. On a cependant encore
beaucoup de mal a expliquer le passage "vertical" d'un niveau d'organisation à un
autre niveau, de complexité plus élevée. D'un intégron (Jacob) à un autre intégron. Ou
d'un holon (Koestler) à un autre holon. Ce qui ne veut pas dire qu'on n'y parviendra
jamais, comme le prétendaient vitalistes ou spiritualistes. Mais malgré la finesse du
pouvoir de résolution de la pensée scientifique moderne, il semble difficile d'interpréter
ce passage "vertical" autrement que par une juxtaposition de positions immobiles:
comme la flèche de Zénon d'Elée sur sa trajectoire ou comme les arches du pont jetées
en travers du fleuve et qui n'en suivent pas le cours (Bergson)"
En accord avec la Tradition, le pont qui fait passer d’une rive à l’autre (d’un plan de
manifestation à un autre) est le symbole du passage entre les mondes ou entre les différents plans
de l'Etre : du matériel au spirituel.
Dimensions horizontale et verticale
Présentation
La dimension verticale est celle du flux qui constitue l’Unité énergétique de l’Etre (de tout
système et de toute partie): c'est l'aspect universel, essentiel, ontologique de l’évolution.
La dimension horizontale est celle de la manifestation du flux en parties ou acteurs de plus
en plus complexes par une suite d’expériences de maturation : c’est l’aspect conjoncturel ou
substantiel de l’évolution.
levolution.org (tous droits réservés) Page 1
Les sept cycles de l’Etre Tome Processus L’horizontale et la verticale
Le flux -ou la verticalité- du système qui lui donne son axe –magnétique- ou son orientation
Sud-Nord, tient à une différence de potentiel (cf. le « Un » tome Archétypes) entre sa source ou son
point d’activation (Potentiel) et son point ultime de résolution (Accomplissement, portée
maximale).
Ce flux est responsable de la dynamique et de l'ordre stratifié du système qui se présente au
départ en différents types de Parties ou Semences qui sont les acteurs du système (particules,
atomes, cellules …). Ces Semences qui matérialisent la dimension verticale du système suivent leur
cycle de manifestation horizontale consistant en une série d’expériences –horizontales-
(reproduction, conjugaison, association …) leur permettant d’intégrer des parts croissantes du flux
jusqu’à l’intégrer dans sa totalité et constituer les Semences d’un nouveau système ...
L'évolution résulte donc de l'intégration de la dimension verticale du système par les Parties
grâce aux expériences « horizontales » de ces dernières.
T. de Chardin décrit ces modes de progression horizontale et verticale en les termes
suivants (le Phénomène humain, p. 114):
"Reproduction, conjugaison, association ... si prolongés soient-ils, ces divers
mouvements de la cellule ne déterminent de soi, qu'un déploiement des organismes en
surface. Réduite à leur seule ressource, la Vie s'épandrait et se diversifierait toujours
dans le même plan. Elle ressemblerait à l'avion qui court sur le sol sans pouvoir
"décoller". Elle ne s'enlèverait pas. C'est ici qu'intervient, jouant le rôle de composante
verticale, le phénomène d'additivité. Au cours de l'évolution biologique, sans doute, les
exemples ne manquent pas de transformations s'opérant en horizontale, par pur
croisement de caractères. Telles les mutations dites "mendéliennes". Mais, plus
généralement, et plus profondément, les renouvellements rendus possibles par chaque
reproduction font mieux que se substituer: ils s'ajoutent, les uns aux autres, leur somme
croissant dans un sens déterminé. Dispositions qui s'accentuent, ou bien organes qui
s'ajustent ou se superposent. Ici diversification, là spécialisation grandissantes des
termes formant une même suite généalogique. Apparition, en d'autres termes, de la
lignée en tant qu'unité naturelle distincte de l'individu. A cette loi de complication
dirigée, en laquelle murit le processus même d'où, à partir des micromolécules, puis des
mégamolécules, étaient issues les premières cellules, la Biologie a donné le nom
d'orthogenèse ... Sans l'orthogenèse, il n'y aurait qu'un étalement; avec l'orthogenèse, il
y a invinciblement quelque ascension de la Vie."
Orthogenèse (évolution verticale) et « étalement » (évolution horizontale) sont aussi
nommées respectivement anagénèse et cladogénèse.
Dans son article "L'évolution en tant que continu synchronistique" paru dans le livre "La
synchronicité, l'âme et la science", le biologiste H.F. Etter dit:
"Par anagenèse, il faut comprendre un développement vertical grâce à la "découverte"
d'un "signe" essentiellement nouveau qui fait avancer l'évolution. En ce sens, le
développement de l'humanité est une véritable anagenèse (Kuhn-Schnyder 1971). La
cladogenèse, au contraire, désigne un développement horizontal dans le sens de
spécialisations par niches écologiques (évolution "par ramification"). Des exemples
d'anagénèse consistent dans les cas évolutifs du règne animal de l'eau vers la terre
(poissons à amphibiens à reptiles), ou encore dans le développement progressif du
cerveau et dans son augmentation de volume dans le cours de l'histoire. Les processus
anagésiques se trouvent liés toutefois à des processus de cladogenèse qui aident à la
dissémination et à la consolidation des "découvertes" opérées de la sorte ... La
cladogenèse correspond à un état d'équilibre biologique, ou du moins à la
consolidation croissante de cet état. C'est à elle que semble correspondre l'aspect
levolution.org (tous droits réservés) Page 2
Les sept cycles de l’Etre Tome Processus L’horizontale et la verticale
cyclique et éternel de la nature. En revanche, l'anagenèse représente l'aspect linéaire,
directionnel et fini de l'évolution, qui force la nature à de nouveaux déséquilibres
dynamiques."
Ces deux concepts d'anagenèse et de cladogenèse nous amènent à ces deux autres que sont la
protérogenèse (signifiant la genèse "plus avant") et la palingenèse (terme stoïcien signifiant le
retour périodique éternel des mêmes évènements), cette dernière s'inscrivant dans un temps
circulaire ou cyclique, tandis que la protérogenèse s'inscrit dans un temps linéaire, vectoriel ou
"vertical" qui contrevient à la loi du hasard et peut correspondre à l’anagenèse, à l'orthogenèse et
aux "catastrophes" de R.Thom.
« La protérogenèse induit un « au-delà » de l’espace-temps déterministe qu’on peut
appeler la synchronicité ou causalité signifiante, information mémorisée signifiante ».
P. Solié
La palingenèse (évolution déterministe causaliste) reprendrait à son compte la protérogenèse
qui a réussi.
Plus ou moins liés aux notions de verticale et d’horizontale, existent encore d'autres termes
comme diachronie (étude d’un phénomène dans ses étapes évolutives), synchronie (étude
structurale d’un phénomène à un instant t), ontogenèse, phylogenèse …)
Temps linéaire et temps circulaire, orthogenèse et genèse par « étalement », protérogenèse
et palingenèse, anagenèse et cladogenèse … indissolublement liées, nous amènent tout
naturellement à l’image de la spire.
La spire
La résultante entre temps linéaire et temps circulaire, entre genèse "plus avant » et « retour
périodique éternel des mêmes évènements », entre croissance horizontale et croissance verticale,
dessine une ligne courbe "oblique" qui se révèle être spiroïdale, le processus circulaire et cyclique
intégrant progressivement l’axe vertical autour duquel il tourne : évolution verticale et évolution
horizontale se résolvent donc en une spire, comme nous le montre le schéma suivant:
Evolution verticale
Evolution
spirale
Evolution horizontale
La spire: évolution horizontale et verticale
La spire que l’on retrouve en toute forme d’existence et dont l’ADN est un des exemples le
plus connu, est aussi une référence universelle de la tradition, comme nous le montre l’extrait
suivant se rapportant à la tradition amérindienne :
levolution.org (tous droits réservés) Page 3
Les sept cycles de l’Etre Tome Processus L’horizontale et la verticale
"Les enseignements du cercle représentent le cycle de toute chose qui se meut en spirale
dans l'univers en changement perpétuel, en un processus harmonieux de mouvement
constant et de changement subtil. Ainsi, chacun de nous, dans le cercle de son temps et
de son espace, est en spirale perpétuelle avec ses pensées, ses paroles et ses actions,
vers l'accomplissement du tout."
« Dhyani Ywahoo, « Sagesse amérindienne » p.51
Que se passe-t-il en fait ?
Aspect pratique
L'évolution horizontale ou circulaire des Parties consiste en leurs différentes "expériences"
d’incarnation (réplications, adaptations, interactions, associations …) impliquant confrontations,
échanges et épreuves …
Ces expériences permettent aux parties d’acquérir des capacités croissantes d’organisation et
d’autonomie leur faisant accéder à des plans successifs de la dimension verticale du système
(rupture de niveau, escalier, changement d’orbite, diaïrèse (cf. Notes du Sommaire) …) rendant
possible le passage d’un mode d’être à un autre, d'un espace-temps à un autre ….
« La structure éclate d’informations ou accouche d’un nouvel enfant (théorie des
catastrophes de Thom et des structures dissipatives de I.Prigogine) » P.Solié
Or cette croissance « verticale » par les expériences de manifestation « horizontale » est
possible grâce à l’agencement intrinsèquement vertical de chaque partie, quelque soit son degré
d’évolution.
Dimension verticale de la Partie
Si les Parties intègrent la dimension verticale de l’Etre c’est que non seulement elles sont
animées par son flux mais surtout qu’elles possèdent elles-mêmes une dimension verticale à l’image
de celle du système. Cette dimension verticale (orientation queue-tête, racines-feuilles, graine-fruit
…) leur permet d’intégrer des degrés successifs de l’Etre avec des possibilités décuplées de
croissance et d’actions orientées vers un objectif individuel (Accomplissement, tête, fruit … déjà
inscrit dans le programme en ces parties en terme de potentiel) au fil des étapes du cycle et du
renforcement de leur axe organisateur (à la 5è étape du cycle par exemple acquisition d’un centre ou
d’un axe : noyau cellulaire, colonne vertébrale, tige et tronc des végétaux … : accession de la
Partie à une conformation d'ordre cinq ; cf. Le Cinq du tome Archétypes).
Notons que la dimension verticale qu’actualisent les Semences qui sont l’Etre dans son
Essence, est plus spécifiquement en cause dans le mode d'enchainement acausal (sauts quantiques
...) et voit dominer les qualités actives, différenciatives, mâles, masculines … intervenant
notamment dans les fonctions de séparation, de décision, d’intégration … tandis que la dimension
féminine, indispensable elle aussi, demeure néanmoins « cachée » ou latente.
Cette dimension verticale qui est au minimum trinitaire comporte en effet une part sensible
« féminine » (la fleur entre la racine et le fruit, le cœur entre le sexe et la tête …) qui par sa capacité
de lier les opposés, permet de sauvegarder l’unité de l’Etre dans son Essence, c’est-à-dire dans son
flux, sa dimension verticale ontologique (cf. L’âme entre l’un et l’autre).
Dimension horizontale de la Partie
Plus spécifiquement en correspondance avec la Substance et le mode d'enchainement
déterministe causal de l'Etre, la dimension horizontale de l’évolution et de chacune des parties
correspond à la manifestation et aux expériences aux cours desquelles la Partie « s’épaissit » ou
acquiert des fonctions de plus en plus complexes (reproduction, conjugaison, association …) au fil
de certaines étapes du cycle où domine l’expression de qualités sensibles, réceptives, fusionnelles,
associatives à dominante féminine comportant néanmoins toujours une dimension « verticale »
levolution.org (tous droits réservés) Page 4
Les sept cycles de l’Etre Tome Processus L’horizontale et la verticale
interne à la Partie permettant la transformation du mouvement circulaire en un mouvement
spiroïdal.
Dans les faits, le cycle de l’évolution qui est en fait spiroïdal, consiste en une suite d’étapes
voyant alterner verticale et horizontale
Le cycle : alternance de la dominance
de l'horizontale et de la verticale
La succession des étapes du cycle est une suite continue d’expériences « horizontales » et
d’intégrations « verticales » de ces expériences voyant alterner la mise en œuvre de qualités
réceptives (horizontale, relation : étapes paires) et de qualités actives (verticale, intégration : étapes
impaires ; cf. L’essence et la substance ; La semence et la matrice ; L’expansion et la contraction).
Cette progression par alternance entre verticale et horizontale dessine l’« escalier en
colimaçon » de la spire aboutissant à des parties capables d'intégrer la totalité du système de
départ, de sorte que d'un cycle et d’un système à l'autre, la partie est amenée à réintégrer
progressivement le Tout (l’Etre dans sa totalité).
Voyons maintenant comment expériences et intégrations de ces expériences se réalisent
grâce à des processus binaires c’est-à-dire à des couples ou des structures polarisées.
Horizontale, verticale et structures polarisées
C’est en effet par l’expérience du couple et de la relation à l’ « autre » (mâle-femelle,
Semence-Matrice, Sujet-Objet ...) que se fait l’intégration des diverses polarités relatives à l’Etre.
L’évolution consiste ainsi à expérimenter la dualité (relation à l’« autre » : horizontale) et à
intégrer cette dualité (intégration de l’ « autre » : verticale) sur des plans de plus en plus subtils.
Ainsi les sexes mâle et femelle séparés sur le plan horizontal se présentent-ils sous leur
forme totalement intégrée dans l’œuf, dans l’hermaphrodisme chez l’animal et dans l’androgynie
chez l’homme (Christ, plan de l’Esprit …).
Tout assemblage, toute combinaison, toute configuration bipolaire rencontrée au plan de
l’expérience concrète ou sur un plan donné (horizontal) renvoie donc à une configuration analogue
sur le plan vertical où les structures se hiérarchisent en passant de l’état différencié (pôles séparés :
haploïdie …) à l’état unifié (pôles unifiés en une même Partie : diploïdie …)
Tout étant construit sur ce même modèle depuis l’origine, chaque partie possède toujours
une part des qualités de sa complémentaire sous forme latente (cf : « La dominance et la latence »)
à des degrés de prégnance divers, jusqu'à ce qu'une partie intègre les deux polarités dans leur
intégralité correspondant à l’aspect unifié de l'Etre.
Expérience et intégration d’archétypes
Chaque étape du cycle correspond à l’expérience ou à l’intégration d’une bipolarité ou d’un
archétype faisant passer d’une strate à l’autre de la dimension verticale de l'Etre: les étapes 2, 3, 4, 5
du cycle par exemple, correspondant à l’intégration des strates et des archétypes 2, 3, 4, 5 par
lesquels les Parties acquièrent une structure binaire, ternaire, quaternaire, quinaire (cf. tome
Archétypes) qui permet en fin de cycle l’intégration de la totalité du flux par la partie.
Horizontale, verticale,
partie et tout
Les dimensions et modes d'évolution horizontale et verticale concernent aussi bien les
systèmes dans leur ensemble (échelle globale: galaxie, étoile ...) que leurs Parties constitutives
(échelle locale: molécules, cellules ...) (cf. « La Partie et le Tout ». La spire est partout.
levolution.org (tous droits réservés) Page 5
Les sept cycles de l’Etre Tome Processus L’horizontale et la verticale
Correspondance entre la dimension verticale de l'individu et celle des sociétés
Il y a donc correspondance de structure et d’évolution entre toute forme d’existence et le
système dont elle est l’acteur.
Ainsi chacun des plans ou des niveaux de conscience individuel renvoie à chacun des plans
ou des niveaux d'organisation du groupe et de la société qui s'organise sur le modèle des trois plans
physique (les individus), psychique (les valeurs morales, l’âme du groupe, la Marianne de la
république, le totem -animal/gardien/masque …) et spirituel ou abstrait de l'individu (codes, lois
régissant la société répondant à l’aspect spirituel individuel), les individus se répartissant eux-
mêmes selon ces trois plans d’après leur tendance.
Ce principe peut être étendu à l'espèce humaine ou à l'humanité dans son ensemble, c’est-à-
dire à l'échelle collective ou globale et même au cosmos: c'est ainsi que la verticale de notre monde
du Pensant s’étend de la Terre au Ciel, c’est-à-dire du sol à la voûte céleste étoilée.
Homme: verticale et horizontale
Redressement
L'origine même de l'Homme tient à une progression verticale des primates anthropoïdes vers
l’hominien (Australopithèque, homo habilis ...) par redressement (et acquisition de la réflexion et de
la pensée).
« L’homme est une protérogenèse parmi les primates anthropoïdes (une liberté
s’introduit, une représentation de lui même, du monde et de son environnement) » P.
Solié
L'Homme poursuit son évolution sur les plans physique, psychique et spirituel au cours des
trois cycles du Pensant, du Méditant et du Transcendant (cf. « Les trois mondes humains »,
edilivre.com).
Intégrations de dualités
sur les trois plans physique, psychique et spirituel
L’évolution humaine consiste en l’intégration de dualités qui sont les différents aspects du
masculin et du féminin -et des qualités qui leurs sont liées-, aspects de plus en plus subtils en
passant du physique au spirituel.
Cycle du Pensant : relation homme-femme, socialisation, symbolisation, choix, maîtrise …
Cycle Méditant : relation masculin-féminin ou animus-anima, conversion, acceptation,
écoute intérieure, prière, libération ...
Cycle Transcendant : masculin et féminin (animus-anima) intégrés dans le corps spirituel,
accès à la totalité de l'Etre, Androgyne.
Homme, dimension verticale
et conséquences en terme de conscience
La dimension verticale qui donne le sens de la continuité et de l’identité à l’homme et qui
relie tous les plans de l'Etre, de la Terre et le Ciel ou du Corps à l'Esprit, -et de l’Esprit au Corps-
explique que la conscience s'étende bien au-delà de la sphère de la stricte réalité physique (comme
le rêve, les intuitions ou les expériences mystiques nous le confirment ou nous le font pressentir).
Cette dimension verticale qui fonde chaque être humain dans son essence, implique que
chaque expérience sur le plan physique se double d’une expérience psychique et/ou spirituelle sans
forcément que l’on s’en rende compte ou que l’on en prenne conscience.
levolution.org (tous droits réservés) Page 6
Les sept cycles de l’Etre Tome Processus L’horizontale et la verticale
Ainsi la non différenciation des plans de réalité (enfant, immaturité, difficulté ou refus
d’incarnation …) est-elle responsable des phénomènes d’identification à des états ou des
personnages qui relèvent de plans autres que physique (« se prendre pour » un génie, le Christ, dieu
…infantilisme …) et/ou de phénomènes confusionnels entre l'Objet concret et l'Objet idéal
(idéalisation, idolâtrie, rejet par inadéquation entre le concret et l'idéal ; cf. « confusion » in Notes
du Sommaire).
La Mère apparaît ainsi en la psyché de l’enfant dans son aspect numineux et fascinant qui
est celui d’une divinité.
De même l’être aimé investi -projectivement, animisme- d'un pouvoir qui le dépasse,
acquiert une aura et un pouvoir particuliers pour le sujet qui tend à confondre concret et idéal et se
trouve lui-même animé d'une assurance et d’une force qui ne s'exercent qu'en présence de l'aimé(e)
et au prix de son indépendance.
N’ayant aucunement conscience de se trouver devant sa propre image intérieure, ou de sa
propre dimension psychique, l’individu délègue à la mère ou à l’aimé(e) tout pouvoir. Ce
phénomène amena les premiers hommes à prendre conscience d’une dimension surnaturelle qu’ils
attribuèrent à la divinité.
Le fait qu’à chaque moment nous vivions simultanément sur plusieurs plans, ce qui
généralement nous échappe, toute action humaine se répercute sur plusieurs niveaux qui peuvent se
faire connaître par irruption sur le plan physique d'éléments appartenant à d'autres formes de réalités
dont résulte le délire dans le pire des cas sinon le phénomène de « synchronicité » dont parle Jung
dans son œuvre (cf. Introduction du tome Archétypes ; Concepts associés § : Synchronicité).
Globalement, tous ces phénomènes d’identification, de confusion ou d’irruption qui
présentent un caractère « magique » ou "numineux" tendent à susciter le trouble et l'exaltation qui
font perdre les repères au concret et tendent à rendre exigeant, infantile, possessif, l’inadéquation du
réel avec l’idéal ayant comme conséquences la nostalgie, la déception, les conflits entre les êtres ...
Cas particulier de l'univers
Dans l’univers, dimensions verticale et horizontale ne sont pas différenciées.
En fait, l'Univers multidirectionnel et multidimensionnel dans son expansion, est considéré
essentiellement dans sa dimension verticale du fait que les particules se complexifient d’une
manière synchrone avec l'expansion ou le développement de son flux (énergie et matière
étant couplées; cf. « le Un » du tome Archétypes et « Acte I » du tome Scènes), la dimension
horizontale (élargissement de l’univers) apparaissant dans la galaxie à la suite du découplage de
l'énergie et de la matière (cf. « Acte II » tome Scènes)
Ces propriétés particulières de l’univers expliquent tout ce que nous venons de dire des
modes d’évolution verticale et horizontale. Ainsi, le processus évolutif cyclique que nous avons
plus particulièrement relié au mouvement horizontal de l’évolution tire son origine du processus
cyclique de l’univers lui-même (des particules aux noyaux atomiques). Ainsi le cycle est-il déjà
inscrit dans la verticale et imprime-t-il sa marque à toute la création.
Comme nous l’avons remarqué en d’autres chapitres (cf. L’aller et le retour ; La semence et
la matrice § Semences et matérialisation du flux ; Le Un du tome archétypes …), le flux -
dimension verticale- qui est au départ de tout système, tient, comme celui de l’univers qui en est
l’origine ultime –et en confirme le caractère universel-, au principe même du cycle qui entraîne
l’ensemble des acteurs et de la création dans son mouvement (cf. L’aller et le retour).
Equivalence horizontale-verticale
L’ensemble des faits présentés ci-dessus et en d’autres chapitres à savoir notamment :
que chaque Partie ou acteur possède une structure verticale trinitaire
levolution.org (tous droits réservés) Page 7
Les sept cycles de l’Etre Tome Processus L’horizontale et la verticale
que le cycle « vertical » qui relie les Semences est le moteur du cycle « horizontal » de tout
le système (cf. L’aller et le retour).
qu’il y a équivalence structurelle entre la Semence du plan de Transition et la Matrice (cf. La
semence et la matrice)
confirme l’équivalence entre l’ « horizontale » et la « verticale » ou le fait que nos multiples
expériences et intégration de ces expériences au cours de nos différentes étapes d’incarnation
permettent notre élévation ou notre évolution « verticale » en l’Etre.
Les symboles
La spire et plus encore la croix symbolisent on ne peut mieux l’unité que constituent la
réunion des dimensions verticale et horizontale de toute forme d’existence et d’évolution.
Quant à la stricte dimension verticale, l'homme l’assimile traditionnellement à sa propre
verticalité sinon à "l'axe du monde" que symbolisent « la montagne cosmique », « l'arbre du
monde », « l'échelle cérémonielle (cf. échelle de Jacob, Gen. 28, 11 sq), l'escalier initiatique, le
pilier central, la ziggurat, la Kundalini ... dimension verticale universelle « qui trace le chemin vers
la réalité absolue et permet l'ascension de l'âme jusqu'à l'Empyrée » (Mircea Eliade « Images et
symboles »).
« C’est la même opération de l’esprit humain qui nous porte vers la lumière et vers la
hauteur » Gaston Bachelard
« On peut aussi facilement établir un lien entre verticalité et héroïsation puisque « le
schème de l’élévation et les symboles verticalisants sont par excellence des
« métaphores axiomatiques » Gilbert Durand
Cette « montée de l’échelle » du physique vers le spirituel est ainsi décrite par Aurobindo
(La vie divine I, p. 386):
"L'être, la conscience, la force, la substance descendent et montent le long d'une échelle
aux nombreux échelons, et à chaque échelon, l'être a une plus vaste extension de soi, la
conscience a un sens plus large de son propre registre, de son ampleur et de sa joie, la
force a une plus grande intensité et un pouvoir plus rapide et plus béatifique, la
substance exprime de façon plus subtile, plus plastique, plus légère et plus souple ce qui
est sa réalité primordiale. Car le plus subtil est aussi le plus puissant, et, pourrait-on
dire, le plus véritablement concret; il est moins enchaîné que le dense, il a une plus
grande permanence dans son être, en même temps qu'une plus grande potentialité, une
plus grande plasticité et un registre plus étendu dans son devenir. Chaque terrasse sur
la montagne de l'être offre à notre expérience qui s'élargit un plan plus haut de notre
conscience et un monde plus riche pour notre existence".
La question de savoir pourquoi l'Homme se trouve plus grand lorsqu'il accède à la
spiritualité (cf. Freud: Moïse et le monothéisme) a donc sa réponse dans le fait qu'il s'accorde dans
ce cas avec sa dimension ontologique ou verticale, le désaccord le confrontant à l’inverse à la
« chute ». Pour l'homme livré à son libre arbitre, il existe en effet une possibilité de "chute"
lorsqu'il vit dans l'ignorance ou l’oubli de sa verticale à la pointe de laquelle se situent les sphères
spirituelles.
Ainsi Perceval doit-il rappeler au roi souffrant l’existence du Graal pour le sortir des
ténèbres de sa maladie.
« Le schème ascensionnel, l'archétype de la lumière ouranienne et le schème
diaïrétique semblent bien être le fidèle contrepoint de la chute, des ténèbres et de la
compromission animale ou charnelle ». Gilbert Durand
levolution.org (tous droits réservés) Page 8
Les sept cycles de l’Etre Tome Processus L’horizontale et la verticale
L’histoire –ou la métahistoire – de la Tour de Babel nous enseigne certainement sur les
différents points énoncés dans ce chapitre. Car si l’humanité réunie en une même langue doit
rejoindre Dieu à la pointe de la verticale, elle devra d’abord vivre une série d’expériences et de
dispersions avant que cela soit possible, chacun emportant avec lui une pierre de la tour, de la
verticale, pour ne pas se perdre en chemin.
Conclusion
On ne saurait dire à quel point nos expériences profanes, extérieures, sont importantes pour
notre évolution intérieure, verticale, et l’accès à la spiritualité ou au sacré. C'est par les leçons tirées
de nos épreuves et de nos expériences à la manifestation, que l'on fait le chemin de la verticalisation
et de la spiritualisation qui en retour nous permet d'harmoniser notre relation à la manifestation.
Cette dialectique entre extérieur et intérieur ou entre horizontale et verticale, a fait dire à
Jung (Dialectique du Moi et de l'inconscient, p.155):
"Il vaut mieux se représenter ce jeu, cette opposition tragique des contraires existant
entre l'intérieur et l'extérieur en se disant qu'il s'agit au fond de l'énergétisme même
inhérent à tout processus vital, et que cette opposition des contraires est inéluctable
pour l'autorégulation."
Ceci est très important et donne toute sa portée à l’expérience, au sens de l’incarnation et à
la pérégrination de l'Homme nommée "chemin de croix".
Toujours agencée selon une structure verticale trinitaire, (son orientation, son "axe", son
"armature" ou son "squelette"), la Partie évolue par « habillage » de l' « armature » par des
"vêtements" et une conscience toujours plus raffinés (acquisitions d'organes, d’outils, d'appareils
particuliers …), l’ensemble dessinant la spirale de l’évolution et de chacun des Sept mondes
(universel, galactique, stellaire, terrestre, humains physique, psychique, spirituel) formant la
Grande Spire du Grand Cycle de l'Etre.
*
Bibliographie
Gaston Bachelard, L’air et les songes, Paris, Corti, 1943, p. 55
Bergson, l’évolution créatrice, 1907 ; Durée et simultanéité. À propos de la théorie
d'Einstein (1922)
Maurice Caveing : Zénon d’Élée, Prolégomènes aux doctrines du continu, Paris (Vrin), 1982.
T. de Chardin, Le Phénomène humain, p. 114
Laurent Déom, Le scout vu par Norman Rockwell, l’héroïsation entre texte, image et imaginaire,
dans Théories et lectures de la relation image-texte de Jean Louis Tilleuil, Cortil-Wodon, E.M.E.,
coll. Texte-Image, 2005
Gilbert Durand, Les structures anthropologiques de l’imaginaire. Introduction à l’archétypologie
générale, Paris, Bordas, 1969, coll. « Etudes supérieures, n° 14 »
Mircéa Eliade, Images et symboles, ed. Gallimard, 1952
H.F. Etter "L'évolution en tant que continu synchronistique" article paru dans le livre "La
synchronicité, l'âme et la science" (ouvrage collectif)
Freud: Moïse et le monothéisme
François Jacob, La logique du Vivant, NRF, Gallimard, 1970)
Arthur Koestler, The Ghost in the Machine, 1967
Kuhn-Schnyder, Paléozoologie, Thieme 1984.
Gitta Mallasz, Les Dialogues ou le saut dans l'inconnu, p. 44
J. de Rosnay : Le macroscope
levolution.org (tous droits réservés) Page 9
Les sept cycles de l’Etre Tome Processus L’horizontale et la verticale
Pierre Solié, Biologie et psychologie analytique, in Cahier de l’Herne, Jung, ed. de l’Herne, 1984
A de Souzenelle, le symbolisme du corps humain
Paul Tannery, Pour l’histoire de la science hellène, Paris [1887, 1930], Sceaux (Gabay) 1990
René Thom, Paraboles et catastrophes, Flammarion, Paris, 1983 ; Esquisse d'une sémiophysique :
Physique aristotélicienne et théorie des catastrophes, Interéditions, Paris, 1989
Dhyani Ywahoo, Sagesse amérindienne , p.51
***
levolution.org (tous droits réservés) Page 10