Infrastructures Rurales
Infrastructures Rurales
Original : Français
II – DESCRIPTION DU PROJET
2.1 Composantes du projet ........................................................................................................... 3
2.2 Solutions techniques et alternatives étudiées......................................................................... 4
2.3 Type de projet ........................................................................................................................ 4
2.4 Coût du projet et dispositifs de financement ......................................................................... 5
2.5 Zone et bénéficiaires visés par le projet ................................................................................ 6
2.6 Approche participative pour la conception et la mise en œuvre du projet............................. 7
2.7 Consideration de l’experience de la Banque dans la conception du projet............................ 8
2.8 Principaux indicateurs de performance ................................................................................. 9
IV –EXECUTION
4.1 Dispositions d’exécution ..................................................................................................... 13
4.2 Suivi .................................................................................................................................... 15
4.3 Gouvernance ....................................................................................................................... 16
4.4 Soutenabilité ........................................................................................................................ 17
4.5 Gestion des risques 18
4.6 Développement des connaissances 19
V – CADRE JURIDIQUE
5.1 Instrument légal ................................................................................................................... 19
5.2 Conditions associées à l’intervention de la Banque ............................................................ 19
5.3 Conformité avec les politiques de la Banque ...................................................................... 20
VI – RECOMMANDATION…………………………………………………… 20
Equivalences monétaires
(Juillet 2011)
1 UC = 735,538 FCFA
1 UC = 1,59900 $EU
1 UC = 1,12132 €
Année fiscale
er
1 janvier - 31 décembre
Poids et mesures
1 tonne métrique = 2204 livres
1 kilogramme (kg) = 2,20 livres
1 mètre (m) = 3,28 pieds
1 millimètre (mm) = 0,03937 pouce
1 kilomètre (Km) = 0,62 mile
1 hectare (ha) = 2,471 ares
Sigles et abréviations
AON : Appel d’offres national
BAD : Banque Africaine de Développement
CCTP : Comité de coordination technique provincial
CIAM : Centre d’introduction et d’amélioration du matériel végétal
CMCE : Centre de multiplication des Cacaoyers d’Elite
CNP : Cellule Nationale Permanente des projets
CNPS : Comité national de pilotage et de suivi
DAO : Dossier d’appel d’offres
DSCRP : Document de stratégie de croissance et de réduction de la pauvreté
DSPAR : Document de stratégie pays axé sur les résultats
ETE : Equipe technique d’exécution
ENDR : Ecole nationale de développement rural
FER : Fonds d’entretien routier
FIDA : Fonds International de Développement Agricole
MAEPDR : Ministère de l’Agriculture, de l’Elevage, de la Pêche et du Développement Rural
MECIT : Ministère de l’Economie, du Commerce, de l’Industrie et du Tourisme,
MEIAT : Ministère de l’Equipement, des Infrastructures et de l’Aménagement du Territoire
MEPN : Ministère de l’Environnement et de la Protection de la Nature
MFPEPF : Ministère de la famille, de la protection de l’enfant et de la promotion de la femme
ONG : Organisation non gouvernementale
PARIR : Projet d’appui à la réhabilitation des infrastructures rurales
PARR : Programme d’aménagement du réseau routier
PDAR : Projet de Développement Agricole et Rural
PGES : Plan de gestion environnementale et sociale
PME : Petites et moyennes entreprises
PNSA : Programme National de sécurité alimentaire
PR2 : Programme routier 2
PSPA : Projet d’appui au secteur de la pêche et de l’aquaculture
PTF : Partenaires techniques et financiers
TRE : Taux de rentabilité économique
UC : Unité de Compte
UE : Union européenne
iv
Fiche de projet
Fiche du client
EMPRUNTEUR : République Gabonaise
Plan de financement
Source Montant (UC) Instrument
RESUME DU PROJET
2. Evaluation des besoins : L’économie gabonaise est caractérisée par une forte
dépendance envers le secteur pétrolier (50% du PIB et 80% des exportations) et une
importation massive des denrées alimentaires pour la consommation de la population (85%).
Pour remédier à cette situation, l’agriculture est énoncée dans les orientations stratégiques du
Gouvernement comme un pôle sectoriel de croissance pouvant relayer l’activité pétrolière, et
où le secteur privé peut jouer son rôle de porteur de croissance économique forte et diversifiée.
Cependant, les contraintes de développement du secteur agricole sont multiples. Les plus
importantes étant: (i) l’absence de pistes de désenclavement des zones de production pour
assurer le développement local et soutenir le développement du secteur privé, (ii) le manque
des infrastructures de commercialisation, (iii) les faibles capacités d’intervention des
structures du MAEPDR, (iv) l’absence de mécanisme de financement adapté, et (v) l’exode
rural vers les villes de concentration de l’activité pétrolière. Le PARIR est en cohérence avec
les priorités du Gouvernement et les plans sectoriels de développement existants qui ont retenu
l’amélioration des infrastructures comme un préalable indispensable pour servir de support au
développement du secteur privé, à la diversification des sources de la croissance économique
et à l’augmentation de la production. En plus, en s’adressant au désenclavement des zones de
production et aux contraintes de commercialisation rencontrées par les divers acteurs, le
vi
2. Niveau de vie des 2.1 Nombre d’emplois crées NA 2.1 200 emplois permanents et 500 emplois province par le FIDA -Prise en charge par le projet de l’entretien des pistes pendant 2 ans
bénéficiaires amélioré temporaires en 2014 et, 500 emplois permanents et -Rapports de suivi périodique du projet -Engagement du MEIAT à intégrer les pistes réhabilitées dans le
1000 emplois temporaires en 2016 dont 60% pour -Rapport de revue à mi-parcours et réseau routier prioritaire qu’il entretient sur FER II ; Création et
les femmes. rapport d’achèvement du projet (RAP) formation des comités de gestion et d’entretien ; instauration des
2.2 Revenu journalier des 3700 FCFA en 2.2 Revenu journalier des femmes commerçantes est -Enquêtes participatives d’impact auprès barrières de pluie, inscription dès 2015 de l’entretien des pistes
femmes commerçantes 2010 amélioré de 50% en 2014 et 100% en 2016 des bénéficiaires à mi et fin projet, etc. réhabilitées dans le cadre du budget annuel du FER II
-Sensibilisation/formation des bénéficiaires et partenaires
C1 : Réhabilitation des Risques
infrastructures
1.1 Pistes praticables dans la 1.1 Linéaire de pistes réhabilitées NA 1.1 300 km en 2014 et 540 km en 2016. Rapports de suivi périodique fournis
par la CEP, Rapports de supervision de -Faible appropriation due à la faible capacité des services
province de Woleu–Ntem 1.2 Nombre de marchés et NA 1.2 10 marchés et entrepôts réhabilités en 2014 et 20
la Banque techniques des ministères impliqués
1.2 Marchés/entrepôts réhabilités entrepôts réhabilités en 2016 -Mauvaise performance des entreprises adjudicataires des
1.3 ENDR, CIAM , CMCE et NA 1.3 CIAM réhabilité en 2013, CMCE et ENDR en marchés
1.3 Bâtiments des services des bureaux des services ministériels 2014 et 50 bureaux en 2014 et 110 bureaux en 2016 Rapports et statistiques du MAEPDR et
d’autres Ministères concernés -Faible intérêt des partenaires et bénéficiaires pour les formations
ministères concernés au niveau concernés sont réhabilités et -Risques fiduciaires
central et provincial sont réhabilités équipés
et équipés Rapports de l’ENDR, CIAM et CMCE
Mesures d’atténuation
Rapport de revue à mi-parcours et -Forte participation des parties prenantes dans le montage du
C2 : Renforcement des capacités projet
2.1 Cadres et agents du 2.1 Nombre de cadres et agents NA 2.1 100 cadres et agents en 2014 et 230 en 2016 rapport d’achèvement du projet (RAP)
(30% de femmes) dont 30% ont eu une formation -Renforcement des capacités techniques des structures centrales et
MAEPDR, MEIAT, ME, et formés régionales impliquées
structures sous tutelle formés en genre ;
-Recrutement de bureaux de contrôle des travaux, implication de
PRODUITS
selon leur spécialité 2.2 Nombre de jeunes à l’ENDR 100 jeunes en 2.2 150 jeunes (dont 50% filles) en 2016
l’assistance technique dans l’évaluation des performances de tous
2.2 Capacité d’accueil renforcée 2010 les contractants et le suivi des chantiers, contrôle régulier des
de l’ENDR 2.3 Membres d’associations 2.3 Formation/sensibilisation de 2.000 membres de travaux par les services techniques du MEIAT à Oyem,
2.3 Structures communautaires commerçants, producteurs, NA groupements (dont 60% femmes) en 2014 et 5.000 Formation et renforcement des capacités des PME par le FER II
renforcées dans leurs capacités transporteurs, sensibilisés et en 2016 sur les MST, égalité des sexes, genre, et le projet
techniques, commerciales, formées selon leurs activités nutrition, commerce, transformation, gestion, etc. -Diversification et ciblage des thèmes de formation en fonction
gestion et organisationnelles 2.4 Nombre de structures ayant 2.4 Formation de 20 PME, 100 comités d’entretien
des besoins réels des bénéficiaires et des différents acteurs
2.4 Capacité renforcée des bénéficié d’une formation NA des pistes, et 20 comités de gestion des marchés
concernés
opérateurs des infrastructures spécifique (60% de femmes dont 50% occupant des postes de
-Mise en place d’un système efficace de gestion financière et de
rurales responsabilité)
passation des marchés dès le démarrage du projet
2.5 Base de données statistiques 2.5 Base de données statistique NA 2.5 100% en 2014
mise en place et opérationnelle opérationnelle
C3 : Gestion du projet
3.1 Gestion du projet réalisée -Système comptable et manuel de 100%
procédures mis en place en An1 ;
selon les normes
-Rapports d’avancement et 100%
d’audit remis dans les délais ;
Système de suivi-évaluation Système de suivi-évaluation mis en place en 2012,
opérationnel ; % décaissement 40% en 2014 et 100% en 2016
1. Réhabilitations des infrastructures rurales : (i) Elaboration des DAO et recrutement des prestataires de services ; (ii) Réhabilitation des pistes RESSOURCES (en millions d’UC)
COMPOSANTE
rurales, (iii) Réhabilitation des marchés et entrepôts, Réhabilitation des bâtiments de l’ENDR, CIAM, CMCE et des services du MAEPDR et MEIAT Prêt de la BAD : 44,000
ACTIVITES
CLES PAR
3. Organisation et gestion du projet : Gestion administrative et financière du projet ; Audit financier et comptable ; Système de suivi-évaluation ; ...
viii
1.1.2 Le PARIR est ainsi en cohérence avec les priorités du Gouvernement qui a retenu
l’amélioration des infrastructures (routes, centrales hydroélectriques, ligne de transport et
stations de distribution de l’énergie électrique, adduction d’eau potable et assainissement)
comme un préalable indispensable pour servir de support au développement du secteur privé,
à la diversification des sources de la croissance économique et à l’augmentation de la
production. En effet, ces infrastructures soutiennent les secteurs moteurs de la croissance
économique et leur état conditionne grandement le niveau des coûts de production et la
compétitivité de l’économie nationale. Le projet est, par ailleurs, conforme à la vision de la
Banque et correspond aux orientations du DSPAR 2011-2015, qui repose sur deux axes
stratégiques : (i) amélioration du climat des affaires pour le développement du secteur privé;
et (ii) renforcement des infrastructures pour soutenir les pôles de croissance hors pétrole. Ce
dernier vise notamment le désenclavement des grandes zones de production en vue de
favoriser le développement local et faciliter les échanges commerciaux.
1.3.2 Au Gabon, la coordination de l’aide est assurée par la Primature et connaît des
avancées tangibles en termes d’échanges d’informations et d’harmonisation des cycles de
programmation des Partenaires techniques et financiers (PTF). Ce processus de coordination
a été renforcé en mars 2010 avec la nomination d’un des Conseillers du Premier ministre
comme interlocuteur des PTF et la signature en mai 2010 d’un Arrêté fixant le cadre de
coordination, d’harmonisation et de suivi de l’aide extérieure. La Banque, premier partenaire
financier du Gabon, prend activement part à cet effort d’harmonisation à travers notamment
son rôle de Chef de File et Co-chef de File des groupes thématiques sur l’Harmonisation de
l’Aide et la Gouvernance, respectivement. Au niveau sectoriel, la Banque cofinance avec la
Banque mondiale le Programme sectoriel, forêt, pêche et environnement par le biais du
PASP. Dans le domaine des infrastructures routières, la Banque a appuyé l’élaboration d’un
programme prioritaire qui est exécuté en synergie avec la Banque Mondiale, l’UE, l’AFD et
la Banque Islamique de Développement. Elle finance actuellement le Programme routier
phase 1 (PR1) et envisage dans le cadre de la stratégie 2011-2015 de renforcer son action en
appui au développement des infrastructures à travers un nouveau programme routier, le PR2
dont le démarrage est prévu en 2012.
II – DESCRIPTION DU PROJET
2.1. Composantes du projet : Pour atteindre les objectifs du projet, les actions retenues ont
été groupées dans les trois composantes résumées dans le tableau ci-après :
2.2.2. Le choix des sites d’implantation de marchés et entrepôts a été fondé sur certains
critères à savoir : (i) l’existence de marchés ruraux fréquentés par la majorité des populations
et des commerçants; (ii) la présence d’un réseau dense des axes prioritaires à désenclaver,
(iii) une concentration de villages pour assurer une affluence importante de populations; (iv)
l’existence de zones de production pour les principales spéculations (manioc, banane et
arachide) afin de servir de support à la promotion du secteur privé, à l’augmentation de la
production et au développement de la commercialisation; (v) la présence d’organisations
rurales potentiellement dynamiques et motivées.
2.4.2 Le projet sera financé conjointement par la BAD et le Gouvernement. Le prêt BAD,
d’un montant total de 44,000 millions d’UC, représente 87% du coût total en HT du projet
(cf. tableau 2.5 ci-après et appendice V). Le Gouvernement participe au financement des
coûts en monnaie locale à hauteur de 6,523 millions d’UC (4,798 milliards de FCFA); soit
13% du coût du projet. Cette contrepartie du Gouvernement servira à financer les frais de
fonctionnement du projet ainsi que la réhabilitation de 70 km de pistes. Les dépenses
relatives aux différentes composantes du projet seront exécutées suivant le calendrier indiqué
dans le tableau 2.6 ci-dessous.
Tableau 2.5: Résumé des coûts estimatifs du projet par sources de financement
Sources de financement en millions FCFA en milliers D'UC %
DEV ML TOTAL DEV ML TOTAL
BAD 22,641 9,723 32,364 30,781 13,219 44,000 87%
GOUVERNEMENT 0 4,798 4,798 0 6,523 6,523 13%
TOTAL 22,641 14,521 37,162 30,781 19,742 50,523 100
ha. Les principales productions sont estimées comme suit: banane: 33.600 tonnes (T) ;
manioc: 27.700 T ; et arachide: 4.100 T. La province dispose de quatre grands marchés qui
constituent un débouché de proximité pour ses différents produits agricoles. Ils sont situés
dans les villes de Bitam, Oyem, Mitzic et Minvoul. Chaque marché écoule en moyenne 1,5 à
2 tonnes de produits vivriers par jour soit 730 tonnes l’année. La Province bénéficie
également d’un positionnement géographique stratégique du fait de l’existence de deux
grands marchés transfrontaliers du Cameroun et de la Guinée équatoriale. En plus, sa
production joue un rôle important dans l’approvisionnement du marché de Libreville en
produits vivriers (20% pour la banane plantain et 29% pour le manioc tubercules frais).
2.5.2 Les actions du projet profiteront à une population locale d’environ 187.000 personnes
et à plus de la moitié de celle de Libreville (350.000 personnes). Les principaux bénéficiaires
du projet sont les groupements de femmes commerçantes, les organisations professionnelles,
les intermédiaires privés œuvrant dans la province, les producteurs, les jeunes filles et
garçons sans emploi, les techniciens des ministères sectoriels et des structures sous tutelle
concernées. Les femmes représentent au moins 50% des bénéficiaires et occuperont environ
60% des postes de responsabilités au sein des organisations communautaires et des comités
de gestion. Les jeunes agriculteurs et les éleveurs vont bénéficier d’une formation
professionnelle à l’ENDR qui leur permettra de s’insérer plus facilement dans la vie active.
Les services provinciaux et départementaux de l’agriculture, les centres d’appui agricoles
(CIAM et CMCE), les services déconcentrés dans le Woleu-Ntem du MEIAT et des
Ministères chargés de l’Environnement et de la Famille ainsi que la Cellule de suivi des
projets BAD au Ministère de l’Economie, du Commerce, de l’Industrie et du Tourisme
(MECIT) vont bénéficier de l’appui du projet compte tenu de la faiblesse de leurs capacités
humaines et matérielles, qui ne leur permet pas de remplir leur mission régalienne. Si toutes
les réalisations prévues sont atteintes, le projet permettra notamment d’augmenter de 17.100
T la production vivrière commercialisée, de doubler le revenu journalier des femmes
productrices/commerçantes, de former 20 PME, et de créer 500 emplois permanents et 1000
emplois temporaires (dont 60% pour les femmes).
2.6.2 Les principaux points soulevés avec les bénéficiaires concernaient l’envergure, la date
de réalisation des infrastructures, et leur mode de gestion future. Le calendrier du projet a été
présenté aux populations et aux autorités Gabonaises. Les principes et les modalités de prise
en charge de la gestion et de l’entretien des infrastructures ont été examinés ainsi que les
différentes responsabilités des parties prenantes (Fonds d’entretien routier, MEIAT et PME
pour les pistes, Associations de commerçant(e)s pour les marchés, MAEPDR pour la prise en
8
2.7.3 Pour pallier ces faiblesses, la conception du projet a pris en compte les enseignements
tirés des interventions antérieures de la Banque et prévu les dispositions nécessaires pour
assurer une meilleure mise en œuvre. Concernant le contrôle de qualité à l’entrée, les études
d’exécution et les dossiers d’appels d’offres pour la réalisation des infrastructures retenues
9
sont en cours de préparation sur les fonds du PDAR FIDA et seront prêts avant le démarrage
du projet. Les dispositions suivantes sont aussi prévues dès le démarrage du projet: (i) mise
en place d’une équipe légère d’exécution (ETE) liée par des contrats de performance, (ii)
recrutement du responsable administratif, financier et comptable, (iii) élaboration du manuel
de procédures, et (iv) acquisition d’un logiciel de comptabilité, et (v) recrutement d’une
assistance technique pour appuyer l’ETE durant toute la durée du projet. Cette assistance
comprendra les expertises suivantes: passation des marchés ; infrastructures rurales,
renforcement des capacités et suivi-évaluation. Par ailleurs, la Banque déploie des efforts
pour améliorer la performance du portefeuille en renforçant: (i) les formations données aux
cellules d’exécution des projets, (ii) la capacité d’intervention et le rôle de GAFO dans le
suivi des opérations en cours et de la mise en place effective des fonds de contrepartie.
2.7.4 Au regard des échanges d’expériences avec les PTF (UE, FIDA, FAO, AFD, etc), il
est noté que le succès et la durabilité d’une action de développement agricole au Gabon est lié
notamment à : (i) une forte participation et responsabilisation de l’ensemble des parties
prenantes, (ii) au renforcement des capacités des cadres nationaux d’encadrement et de suivi,
(iii) une concentration humaine intéressée à valoriser les ressources naturelles existantes, (iv)
l’existence d’un marché potentiel, et (v) un environnement économique incitatif. A cet égard,
la province du Woleu-Ntem se prête bien à l’intervention de la Banque du fait qu’elle est : (i)
une zone à forte vocation agricole et à fort potentiel commercial, (ii) moins isolée et plus
peuplée avec des communautés mieux structurées et organisées.
2.8.2 Parmi les principales réalisations attendues du PARIR, on peut citer: (i) la
réhabilitation de : 540 km de pistes rurales, 20 marchés et entrepôts, 110 bureaux des services
des ministères impliqués, et des bâtiments de l’ENDR, CIAM et CMCE ; (ii) l’acquisition du
mobilier de bureaux et du matériel informatique pour les 110 bureaux réhabilités, (iii)
l’élaboration d'une base de données pour les statistiques agricoles, (iv) la formation de 230
cadres et agents des services ministériels (dont 30% des femmes), de 100 comités d’entretien
des pistes, 20 PME de travaux, 20 comités de gestion et d’entretien des marchés et 40 comités
de commerçants (groupant au moins 50% de femmes dont environ 60% occupant des postes
de responsabilité), 5000 membres de groupements (transporteurs, commerçants, collecteurs,
producteurs, etc) groupant 60% de femmes, l’augmentation de la capacité d’accueil de
l’ENDR à 150 jeunes (dont 50% de filles) ; et (v) la sensibilisation de 5.000 membres des
organisations communautaires (60% de femmes) sur le VIH/SIDA, la nutrition, la gestion des
groupements, la gestion et l’entretien des marchés, la gestion des conflits, l’environnement, la
transformation, la mise en place d’activités génératrices de revenu, etc.
10
2.8.3 Les principaux indicateurs de résultats retenus pour le projet sont: (i) volume de
production agricole vivrière additionnelle commercialisée ; (ii) nombre d’emplois crées avec
le pourcentage des emplois occupés par les femmes et les jeunes; (iii) revenu journalier des
producteurs/commerçants; (iv) nombre de diplômés de l’ENDR, désagrégé par sexe, et (v)
nombre de cadres des services ministériels et de groupements formés avec le pourcentage que
représentent les femmes. La situation de référence sera établie, en adaptant celle du PDAR,
avec ces indicateurs à la 1ère année du projet lors de l’élaboration du système de suivi-
évaluation du projet. Ce système permettra d’alimenter les missions de supervision de la
tutelle et de la Banque ainsi que les évaluations d’impact par genre à mi-parcours et à
l’achèvement du projet. Les informations dégagées par sexe seront analysées en relation avec
les statistiques du MAEPDR et du Ministère de commerce.
des populations. Il est également source de quelques impacts négatifs relativement limités sur
les milieux biophysique et humain. L’application des mesures d’accompagnement et
d’atténuation développées dans le Plan de Gestion Environnementale et Sociale (PGES)
assurera une meilleure intégration du projet à son environnement et un développement
économique et social, dans le respect de l’environnement et du capital naturel, de la zone
d’intervention du projet. Un budget de 447.000 UC est prévu pour la mise en œuvre du PGES
(mesures d’atténuation, sensibilisation, renforcement des capacités, et suivi
environnemental). Les coûts des mesures d’atténuation spécifiques à la réhabilitation de
chaque infrastructure qui seront identifiés par les études techniques seront intégrés aux coûts
des travaux.
Changement climatique
3.2.2 Il est attendu que le projet n’aura pas d’effet significatif sur le changement climatique
qui est un phénomène mondial. Les émanations dans l’atmosphère des gaz d’échappement
(principalement le CO2) des véhicules qui emprunteront les pistes reliant les villages aux
marchés et à l’axe routier principal dans la province seront également réduites grâce à la
diminution du temps de parcours et le phénomène de séquestration des gaz à effet de serre
(GES) dans les forêts qui dominent la zone du projet. Aussi, les mesures suivantes
contribueront à lutter contre les effets du réchauffement climatique: (i) la régénérescence des
emprunts des pistes, par la plantation systématique d’arbres et la reconstitution de la
végétation ; et (ii) la plantation d’arbres de part et d’autre des pistes dans les traversées des
villages. En somme, le PARIR tiendra compte des impacts du climat et notamment en
adoptant des normes de construction plus strictes adaptées aux milieux humides; notamment
du système de drainage. Pour les pistes, les travaux de réhabilitation comprendront des ponts
et dalots définitifs en béton armé. La réhabilitation des infrastructures de commercialisation
permet, par ailleurs, une meilleure organisation du déchargement et par conséquent moins de
temps d’attente des véhicules de transport. Même si de manière limitée, le projet contribuera
à atténuer les effets de serre au niveau régional. L’introduction progressive de l’énergie
solaire pour les motopompes et l’éclairage au niveau de l’ENDR, le CIAM, le CMCE et les
marchés permettra de limiter le dégagement du CO2.
Genre
3.2.3 Les disparités entre hommes et femmes subsistent au Gabon en dépit du fait que
l’égalité de sexe est consacrée par la constitution et qu’une stratégie nationale en la matière a
été élaborée. En effet, malgré l’élaboration en 2009 d’une stratégie nationale d’équité et
d’égalité de genre au Gabon (SENEEB), des disparités subsistent au détriment de la
population féminine qui demeure plus pauvre et plus exposée au chômage que la population
masculine (le taux de chômage des femmes est de 27% contre 16% chez les hommes) malgré
le fait qu’elle représente environ 51% de la population active. De même, selon le recensement
des gabonais économiquement faibles de 2008, le taux de Gabonais économiquement faibles
(GEF) est de 63% pour les femmes contre 51% pour l’ensemble de la population. De ce
groupe, 95,1% de filles mères économiquement faibles (FMEF) sont dans une situation très
précaire (chômeuses à 29,6%) et près de 44,9% d’entre elles fréquentent encore l’école. C’est
en prenant compte cette situation particulière des femmes que le PARIR comporte un
ensemble d’actions spécifiques en faveur des associations féminines et notamment des
opérateurs commerciaux parmi lesquels les femmes représentent environ 60%. En outre, en
assurant un meilleur accès aux infrastructures de base et aux marchés, il aura un impact
positif significatif sur les conditions de vie des femmes et pourra faire émerger des nouvelles
femmes commerçantes dans toutes les ethnies.
12
3.2.4 Le PARIR permettra aux femmes actives dans le commerce, d’augmenter leurs
revenus au niveau des marchés à réhabiliter et d’occuper des emplois (500 emplois
permanents et 1000 emplois temporaires seront créés dont 60% pour les femmes et 40% pour
les jeunes). Le renforcement des capacités des services d’appui et des opérateurs concernés
par le projet touchera au moins 230 cadres (30% de femmes) et 50 diplômés annuellement de
l’ENDR dont 50% de filles. Le projet permettra aussi la promotion d’une représentation
effective des femmes dans les postes de responsabilité au sein des associations des usagers et
des comités de gestion. Il envisage des actions ciblant principalement les femmes, comme
l’organisation et la formation des associations dans le domaine de la transformation des
produits agricoles, de l’environnement, de commercialisation et de microprojets. Le projet
prévoit aussi la formation ciblée pour 2000 membres des organisations communautaires (dont
60% de femmes) et 20 comités de gestion et d’entretien des marchés (60% de femmes dont
50% occupant des postes de responsabilité). Il fournira des appuis directs aux femmes et aux
divers partenaires (organisations de la société civile, collectivités et autres ministères) dans
les domaines de la planification, de l’organisation, de l’Agriculture, de 1’Elevage et du
développement rural pour l’amélioration de leurs connaissances et compétences techniques.
Social
3.2.5 La dynamisation et le désenclavement des zones de production vivrières, impulsés par
le projet, constitueront une contribution au maintien des jeunes en zone rurale, et à la
réduction des problèmes de chômage et de pauvreté des ménages et des jeunes. En outre, le
projet permettra la création de 500 emplois permanents et 1.000 emplois temporaires et la
formation diplômant d’au moins 50 jeunes filles et garçons par an dans les domaines de
l’agriculture, de l’élevage et du développement rural et qui sont appelés à s’installer à leur
propre compte en créant des petites et moyennes entreprises agricoles. Il générera également
un revenu supplémentaire pour les commerçant(e)s évalués à 7400 FCFA/jour et une
production agricole vivrière additionnelle mise sur les marchés de 17.100 tonnes; ce qui
contribuera à terme à l’amélioration de la sécurité alimentaire des populations du Gabon et la
réduction du taux de pauvreté qui passerait de 33% en 2010 à 22% en 2016.
3.2.6 Les activités d’IEC prévues par le projet amélioreront le niveau de connaissances des
bénéficiaires en matière de VIH/SIDA; ce qui contribuera à réduire le taux de prévalence de
ce fléau dans le pays (environ 9% au Gabon contre une moyenne de 4,5 % en Afrique).
D’autre part des campagnes de sensibilisation sur la lutte contre le VIH/SIDA et le paludisme
seront aussi organisées par des ONG au cours de la mise en œuvre du projet afin d'animer,
informer et sensibiliser les populations dont les femmes, les jeunes et les responsables à tous
les niveaux. A ce programme d’activités d’IEC, le projet associera le personnel de terrain du
MAEPDR, du MEIAT et des Ministères chargés de l’environnement et de la famille. Ceci
permettra d’améliorer le niveau de connaissance des populations dans le domaine de la santé,
la nutrition, l’éducation et l’environnement. Les associations et comités de gestion des
marchés, en particulier, seront sensibilisés également au genre, aux modes de gestion
coopératifs et aux questions d’hygiène et d’assainissement des lieux. Ces actions
bénéficieront à 5.000 membres de groupements dont 60% des femmes. Celles-ci vont servir
de relais dans la province et seront associées avec les jeunes à la gestion des infrastructures.
Elles occuperont des postes de responsabilités et assureront une gestion participative avec les
collectivités dans leurs localités.
les ramener à un niveau plus acceptable que la situation de référence. Elles incluent des
campagnes d’IEC sur la gestion de conflits et des mesures d’accompagnement pour financer
des actions génératrices de revenus pour les groupes vulnérables.
Réinstallation Forcée
IV –EXECUTION DU PROJET
4.1. Dispositions d’exécution
4.1.1 Le MAEPDR sera le Maître d’ouvrage du projet à travers son agence d’exécution : la
Cellule Nationale Permanente des Projets (CNP). En effet, afin de permettre aux projets
PARIR et PDAR de s’insérer dans une même dynamique de développement rural et de
synergie totale, la coordination et la supervision du PARIR s’appuieront sur cette cellule dont
les attributions ont été élargies (Arrêté n° 14 du Ministre de l’AEPDR en date du 30 juin
2011). Les missions élargies du CNP, seront notamment de : (i) servir d’interface entre la
BAD, le FIDA, le MAEPDR et les différents partenaires au développement, (ii) assurer la
coordination et le suivi des activités des deux projets PARIR et PDAR avec celles d’autres
partenaires au niveau national, régional et local; (iii) informer régulièrement le Ministre de
tutelle sur les progrès réalisés des deux projets et les problèmes devant être résolus par les
autorités; et (iv) assurer la préparation, l’accompagnement et la coordination des travaux des
missions conjointes de supervision, et (v) assurer le secrétariat du CNPS. La CNP sera
renforcée, dès le démarrage du projet, par une équipe technique d’exécution (ETE) légère
basée à Oyem. Elle est composée d’un Ingénieur chef d’équipe, d’un Environnementaliste
socio-économiste, d’un Assistant administratif et du personnel de soutien recrutés sous des
contrats de performance de deux ans renouvelables. Les termes de référence de ces différents
postes seront préparés par le MAEPDR et soumis à la Banque pour avis de non objection. La
sélection des cadres de cette équipe se fera sur une base compétitive, par appel à la
candidature après l’avis de non objection de la Banque. La preuve de la mise en place de
l’ETE et du recrutement du personnel fonctionnaire affecté au projet constitue une condition
préalable au premier décaissement des ressources du prêt. En outre, le contrat de
performances du chef de l’ETE doit parvenir à la Banque au plus tard trois (3) mois après le
premier décaissement des ressources du prêt.
4.1.2 Assistance technique du Projet: La CNP sera appuyée, dès le démarrage du projet, par
une assistance technique, recrutée sur une base compétitive, pour assurer la gestion
quotidienne des activités du projet. En outre, elle assurera l’élaboration des programmes
d’activités et des budgets, la passation des marchés, la préparation des demandes de
paiement, la consolidation des comptes du projet et la préparation des rapports d’activités.
Elle sera composée d’un expert en infrastructures; d’un responsable administratif, financier et
comptable ; d’un responsable de suivi-évaluation; d’un expert en passation des marchés et
d’un responsable du renforcement des capacités et des questions de genre.
4.1.3 Afin d’éviter de dupliquer les structures et d’assurer une meilleure synergie avec les
projets en cours dans la province, le mécanisme de pilotage retenu pour le PARIR s’appuie
fortement sur les structures ci-après, déjà mises en place par le Gouvernement :
Présidé par le Directeur Régional Territorial, le CCTP est composé des autorités, des services
techniques provinciaux concernés ainsi que des représentants des groupes cibles. Il aura pour
attributions spécifiques de: (i) valider le programme de travail annuel du PARIR dès la fin du
4ème trimestre de l’année précédente; (ii) examiner l’état d’avancement du projet et ses
rapports annuels; (iii) renforcer l’harmonisation des interventions du PARIR avec le PDAR et
les autres initiatives provinciales à travers des partenariats ciblés; et (iv) formuler des
recommandations pour améliorer l’efficacité des interventions. Le CCTP actuel sera renforcé
par des représentants de la collectivité locale et des groupes cibles (commerçants,
transporteurs, producteurs, organisations communautaires). La direction de l’ETE assurera le
secrétariat du CCTP qui se réunira au moins quatre fois par an en sessions ordinaires.
4.1.4 Pour assurer un bon démarrage du projet et une meilleure durabilité des
infrastructures envisagées, il est prévu le recrutement, sur une base compétitive, de bureaux
d’études (BET) qui assureront le contrôle des travaux. L’équipe du PARIR s’appuiera aussi,
pour la mise en œuvre des activités du projet, sur les différentes directions décentralisées des
MAEPDR, MEIAT, MEFEDD et MSASF. En outre, le MEIAT assistera la CNP depuis la
réalisation des études techniques jusqu’à la réception définitive des travaux.
4.1.7 Les décaissements des fonds se feront selon le calendrier des dépenses du projet et la
liste des biens et services. Deux méthodes de décaissement ont été retenues : (i) la méthode
du compte spécial pour le paiement des contrats d’un montant égal ou inférieur à 20 000 UC
et particulièrement le règlement des indemnités du personnel local chargé de l’exécution du
projet, par des avances à verser dans un compte spécial ouvert auprès d’une banque
commerciale jugée acceptable par la Banque. Le premier décaissement sera effectué après la
mise en vigueur du prêt et la satisfaction des conditions préalables au premier décaissement.
Les paiements suivants se feront après justification de l’utilisation d'au moins 50% du
précédent décaissement et la totalité des décaissements antérieurs, le cas échéant ; et (ii) la
méthode du paiement direct au profit des prestataires pour des montants dépassant
l’équivalent de 20 000 UC. En outre un compte spécial sera ouvert auprès de la Caisse des
Dépôts et Consignations (CDC), pour recevoir les fonds de la contrepartie du Gouvernement.
La preuve de l’ouverture des deux comptes spéciaux et l’approvisionnement, de celui destiné
à recevoir les ressources de la contrepartie, d’un montant minimum initial de 1 milliard de
FCFA constitue une condition préalable au premier décaissement des ressources du prêt.
4.1.8 Un audit externe des comptes du projet sera réalisé chaque année par un cabinet
d'audit recruté selon les procédures de la Banque au plus tard quatre mois après le démarrage
du projet. Une provision est prévue sur les ressources du projet à cet effet. Les TDR seront
établis selon le modèle standard de la Banque et couvriront les aspects organisationnels,
financiers, de comptabilité et de contrôle interne ainsi que la protection des actifs. Les
rapports d’opinion et de contrôle interne de l'audit seront soumis à la Banque au plus tard
dans les six mois suivant la fin de chaque exercice comptable.
4.2. Suivi
4.2.1 L’exécution du projet est prévue sur une période de cinq ans. Ce délai est jugé
raisonnable, compte tenu de la nature des travaux, essentiellement de réhabilitation, répartis
en lots selon les départements et de la disponibilité des études d’exécution et des DAO avant
le démarrage du projet. La CNP assumera, à travers le chargé de suivi-évaluation, la
responsabilité principale de suivi interne de l’exécution du projet et établira avec le soutien
des services impliqués, selon le format préconisé par la Banque, des rapports trimestriels,
désagrégés en genre, sur l’état d’avancement de l’exécution du projet. Ces rapports
évalueront notamment l’état d’avancement du projet, les dépenses, les engagements et les
décaissements par composante, par catégories de dépenses et par source de financement, les
principaux problèmes ainsi que les solutions préconisées. Le suivi externe sera assuré par les
représentants désignés dans le CNPS et le CCTP regroupant les différents services impliqués
dans la mise en œuvre du projet. Ces structures sont appelées à examiner l’état d’avancement
du projet et à évaluer sa performance et au besoin elles devraient recommander son
recentrage.
16
4.3. Gouvernance
4.3.1 Au niveau du pays, les problèmes de gouvernance sont essentiellement liés à la
gestion des finances publiques et la persistance de certaines insuffisances au niveau de la
responsabilisation. En effet le pays occupe le 110ème rang sur 178 dans le classement
mondial 2010 de Transparency International. Dans ce contexte, le Gouvernement a réaffirmé
son engagement envers la lutte contre la corruption en menant des réformes de
l’administration publique avec notamment la conduite en 2009/2010 d’un audit de la fonction
publique qui a mis en exergue des dysfonctionnements majeurs. Un audit du secteur pétrolier
a été annoncé, en avril 2011, par le Gouvernement pour mieux cerner les flux financiers, et
qui pourrait aboutir à la création d’une entreprise nationale des hydrocarbures. Les réformes
récentes du système de passation des marchés en cours ne sont pas achevées et la
décentralisation adoptée n’est pas effective. La revue du portefeuille de la Banque en 2010 a
mis en évidence la faiblesse des capacités de l’Administration dans l’application des
procédures comme étant l’une des principales causes de l’inefficacité des acquisitions pour
certains marchés financés par la Banques et les autres PTF. La gestion des finances publiques
souffre également des faiblesses de la planification, de l’exécution et du contrôle budgétaire.
Ainsi, pour permettre la création d’un cadre favorable à la bonne gouvernance, le pays a
engagé une réforme de la gestion des finances publiques notamment l’adoption d’une
17
nouvelle loi organique n° 31/2010 relative aux lois de finances et à l’exécution budgétaire,
ainsi que la mise en place d’un nouveau système d’information de la comptabilité publique.
4.3.2 Afin de réduire les risques cités ci-dessus et renforcer la bonne gouvernance, le projet
prévoit un dispositif comprenant un ensemble de mesures à mettre en œuvre ; à savoir : (i) le
renforcement des capacités des administrations et des différents acteurs impliqués dans la
réalisation et l’exploitation du projet, et (ii) la formation des cadres du projet à l’application
des règles de procédure de la Banque en matière de décaissements, et d’acquisitions de
travaux, biens et services du projet. Par ailleurs, la Banque veillera à la mise en œuvre
effective des recommandations issues des audits annuels établis par les auditeurs externes
recrutés sur une base compétitive.
4.4. Soutenabilité
4.4.1 Le Gouvernement a inscrit le PARIR comme étant une opération prioritaire dans ses
stratégies de développement (Plan stratégique « Gabon Emergent » et Stratégie agricole et
rurale). Sa mise en œuvre est appuyée aussi bien par les ministères sectoriels que par les
populations sur le terrain. Pour faciliter la prise en charge des réalisations, tous les acteurs
concernés ont été impliqués durant tout le processus de préparation du projet et des
formations spécifiques à leur égard ont été retenues. Le choix du projet s’est porté sur des
infrastructures de commercialisation desservant une zone à grand potentiel de production
agricole, présentant des organisations rurales potentiellement dynamiques et où l’appui du
FIDA pour le développement des principales spéculations est en cours. Ces aspects sont en
faveur du renforcement de la dynamique locale et de la promotion des divers opérateurs
économiques dans la province; ce qui favorise la collecte des recettes par les collectivités
locales et les comités de gestion pour l’entretien des infrastructures réalisées par le projet.
4.4.2 Les caractéristiques géométriques retenues pour les pistes répondent aux normes de
conception en vigueur au Gabon pour le réseau prioritaire dont l’entretien est financé par les
ressources du FER II qui bénéficie d’un appui de la part des PTF ; notamment l’UE qui
finance le projet d’appui au programme gabonais d’entretien routier (PERFED). Les études
techniques d’exécution ont identifié dans les zones du projet, des matériaux de qualité à
utiliser. En outre, le contrôle des travaux (pistes et aménagements connexes) sera effectué par
des consultants qui assureront la qualité des réalisations. Au regard du : (i) budget annuel
actuel du FERII qui a été rehaussé en 2010 en passant de 33 à 38 milliards de FCFA, (ii)
l’évolution du budget décaissé au FERII (27,1 milliards en 2009 contre 16,8 milliards de
FCFA en 2007) et de l’évolution du linéaire réhabilité (1873 km en 2009 contre 330 km en
2007), et (iii) de l’engagement du Gouvernement à intégrer, dès l’achèvement du projet, les
pistes réhabilitées dans le réseau routier prioritaire et à prendre en charge leur entretien (Cf.
lettre du MECIT en appendice VI); il est attendu que les pistes réhabilitées auront une durée
de vie normale. La preuve de l’inscription, dès 2015, de l’entretien des pistes réhabilitées du
PARIR dans le cadre du budget annuel du FER II fait partie des autres conditions à satisfaire.
pistes réhabilitées durant les deux premières années avant de les laisser aux soins du FER II
et des CLER à qui seront distribués des kits de matériels d’entretien.
4.4.4 Les associations des commerçant(e)s seront chargées de la gestion des marchés, des
points d’eau, des latrines et des box. Les fonds collectés seront repartis, comme il est d’usage
actuellement, entre les collectivités locales et les associations pour permettre l’entretien des
infrastructures, la salubrité dans les marchés et pour la sensibilisation des usagers. Les
charges récurrentes ont été évaluées pour un marché type à 600 milles FCFA par an. Celles-ci
peuvent être couvertes facilement par le gain des recettes additionnelles attendues, estimé à
750 milles FCFA par an. Pour l’ENDR, CIAM et CMCE, en tant que structures
fonctionnelles, les charges récurrentes seront prises en compte annuellement dans le budget
de fonctionnement sans difficultés.
4.5.2 La deuxième catégorie de risques serait liée à la faible appropriation engendrée par la
faiblesse des capacités des services techniques des ministères impliqués, au faible intérêt des
partenaires et bénéficiaires pour les formations dispensées et la mauvaise performance des
entreprises adjudicataires des marchés des travaux. Ces risques seront atténués par : (i) la
forte participation de l’ensemble des parties prenantes dans le montage du projet, (ii) les
dispositions retenues par le PARIR pour motiver les structures régionales et centrales
impliquées et renforcer leurs capacités, (iii) la diversification et le ciblage des thèmes de
formation en fonction des besoins réels des différents acteurs concernés. Concernant le risque
lié à la mauvaise performance des entreprises, il sera atténué par : la présence de mission de
contrôle sur chaque chantier, le contrôle régulier de la qualité des travaux par les services
techniques provinciaux du MEIAT, l’implication de l’Assistance technique basée à Oyem
dans l’évaluation des performances de tous les contractants du projet, le suivi régulier de la
mise en œuvre du projet par le comité provincial de pilotage et la prise en compte de la
formation des PME en tant qu’un des volets essentiels du programme Gabonais d’entretien
routier cofinancé par l’UE et mis en œuvre par le FER II. Le PARIR a aussi prévu un volet de
formation pour ces PME. A terme, ceci permettra d’améliorer les capacités techniques des
PME, de sécuriser les ressources affectées à l’entretien routier et de faciliter le paiement des
prestations aux entreprises; conditions nécessaires au développement des PME et à une bonne
politique de maintenance du réseau routier.
4.5.3 La troisième catégorie de risques serait liée aux risques fiduciaires concernant la
transparence dans la passation des marchés, la gestion des flux de fonds et la comptabilité du
19
projet. Ces risques seront atténués par : (i) le recrutement d’un responsable administratif,
financier et comptable qualifié, (ii) Le recrutement d’un expert en passation des marchés, (iii)
l’élaboration d’un manuel des procédures administratives, financières et comptables dés le
démarrage du projet, (iv) l’acquisition d’un logiciel de comptabilité qui tient compte des
spécificités du projet, (v) l’organisation d’un atelier de lancement du projet au cours duquel
l’équipe comptable serait formée aux procédures et règles de la Banque, et (vi) le recrutement
d’un cabinet d’audit indépendant.
V – CADRE JURIDIQUE
C’est un prêt BAD qui sera accordé au Gouvernement Gabonais pour cofinancer ce projet.
(i) Transmettre à la BAD, pour approbation, au plus tard trois (3) mois après le premier
décaissement des ressources du prêt : (a) le manuel des procédures d'exécution du
projet et la preuve de l’acquisition du logiciel de comptabilité; et (b) le contrat de
performances du chef de l’équipe d’exécution du projet (parag. 4.1.1 et 4.1.6);
(ii) Fournir à la BAD, dès le démarrage du projet, la preuve du recrutement sur une base
compétitive du responsable administratif, financier et comptable (parag. 4.1.6)
(iii) Fournir à la Banque, dès le démarrage du projet, la preuve de l’inscription par le
MAEPDR du projet PARIR parmi les priorités du Ministère pour garantir la mise à
disposition effective de la contrepartie du Gouvernement (parag. 115 des annexes).
(iv) Fournir à la BAD, dès 2015, la preuve de l’inscription de l’entretien des pistes
réhabilitées du PARIR dans le cadre du budget annuel du FER II (parag. 4.4.2)
5.3.1 Le présent projet est conforme à la stratégie d’intervention de la Banque au Gabon qui
met l’accent sur le développement des infrastructures comme un préalable indispensable pour
servir de support au développement du secteur privé et soutenir la diversification des sources
de la croissance économique et l’amélioration de la sécurité alimentaire.
VI. RECOMMANDATION
La Direction recommande que le Conseil d’Administration approuve la proposition de prêt
BAD d’un montant de 44,000 millions d'UC au Gouvernement de la République du Gabon
pour l'objet et selon les conditions énoncées dans le présent rapport.
Appendice I. Gabon : Indicateurs socio-économiques comparatifs du pays
Pays en Pays
Indicator Année Gabon Afrique Charts
Développement Développés
Basic Indicators
Superficie ('000 Km²) 267.7 30,322.6 80,976.0 54,658.4
Population totale (millions) 2010 1.5 1,031.5 5,628.5 1,068.7
Population urbaine (% of Total) 2010 86.0 40.0 44.8 77.7
Densité de la population (au Km²) 2010 5.6 3.4 66.6 23.1
Revenu national brut (RNB) par Habitant ($ EU) 2009 7,370.0 1,525.4 2,780.3 39,688.1
Participation de la Population Active - Total (%) 2010 48.8 40.1 0.0 0.0
Participation de la Population Active - Femmes (%) 2010 46.9 41.0 39.8 43.3
Valeur de l'Indice sexospécifique de dévelop. humain 2007 0.7 0.5 .. 0.9
Indice de développement humain (rang sur 169 pays) 2010 93.0 .. .. ..
Population vivant en dessous de $ 1 par Jour (%) 2005 4.8 .. 25.0 ..
Indicateurs Démographiques
Taux d'accroissement de la population totale (%) 2010 1.8 2.3 1.4 0.7
Taux d'accroissement de la population urbaine (%) 2010 2.3 3.4 2.4 1.0
Population âgée de moins de 15 ans (%) 2010 35.6 40.4 29.2 17.7
Population âée de 65 ans et plus (%) 2010 5.1 3.4 6.0 15.3
Taux de dépendance (%) 2010 66.4 78.1 52.8 ..
Rapport de Masculinité (hommes pour 100 femmes) 2010 99.9 99.5 934.9 948.3
Population féminine de 15 à 49 ans (%) 2010 25.8 24.4 53.3 47.2
Espérance de vie à la naissance - ensemble (ans) 2010 61.3 56.0 65.7 79.8
Espérance de vie à la naissance - femmes (ans) 2010 62.5 54.8 68.9 82.7
Taux brut de natalité (pour 1000) 2010 26.6 35.0 21.5 12.0
Taux brut de mortalité (pour 1000) 2010 9.3 12.0 8.2 8.3
Taux de mortalité infantile (pour 1000) 2010 47.2 78.0 53.1 5.8
Taux de mortalité des moins de 5 ans (pour 1000) 2010 73.3 127.2 51.4 6.3
Indice synthétique de fécondité (par femme) 2010 3.2 4.4 2.7 1.8
Taux de mortalité maternelle (pour 100000) 2008 260.0 530.2 440.0 10.0
Femmes utilisant des méthodes contraceptives (%) 2000 32.7 .. 61.0 75.0
Indicateurs d'Education
Taux brut de scolarisation au (%) .. .. .. ..
Primaire - Total 2004 134.3 102.5 106.0 101.5
Primaire - Filles 2004 133.9 98.7 104.6 101.2
Secondaire - Total 2002 53.1 36.8 62.3 100.3
Secondaire - Filles 2000 44.7 32.2 60.7 100.0
Personnel enseignant féminin au primaire (% du total) 2004 44.7 45.5 .. ..
Alphabétisme des adultes - Total (%) 2008 87.0 64.8 19.0 ..
Alphabétisme des adultes - Hommes (%) 2008 83.2 55.9 .. ..
Alphabétisme des adultes - Femmes (%) 2008 90.9 74.0 .. ..
Dépenses d'éducation en % du PIB 2000 3.8 4.6 .. 5.4
Indicateurs d'Environnement
Terres arables en % de la superficie totale 2008 1.3 7.6 9.9 11.6
Taux annuel de déforestation (%) 2000 0.1 0.6 0.4 -0.2
Taux annuel de reboisement (%) .. .. .. ..
Emissions du CO2 par habitant (tonnes métriques) 2008 3.1 1.2 .. ..
Source : Base des données du Département des Statistiques de la BAD; dernière mise à jour: juillet 2011
Banque Mondiale WDI; ONUSIDA; UNSD; OMS, UNICEF, WRI, PNUD, Rapports nationaux.
Notes: n.a. Non Applicable ; … : Données non disponibles.
Appendice II: Tableau du Portefeuille actif de la BAD dans le Pays au 31 mai 2011
Montant
Montant Date Mise en Date de Indicateur de
Nom du Projet Approbation décaissé Age % décaissé
(Million UC) signature vigueur clôture performance
(Million UC)
TRANSPORT 221,9 36,05 2,1
PR 1 Sept. 07 221,9 Oct. 07 Sept. 08 Déc. 12 80 4 36,05
AGRICULTURE 23,89 52,11 2,08
PSPA Jul. 05 14,75 Oct. 05 Sept. 06 Déc. 11 3,31 6 22,41
SIAT Gabon 12-sept.-2007 9.14 févr.-08 févr.-08 déc.-10 9,14 4 100
Etude sur le développement des
Janvier 2011 0,47 Mars 11 - - 0,5 -
infrastructures de production agricole
SOCIAL 102,28 1,11
Education IV Juillet 09 99,3 Mars 10 - Déc. 15 2 -
Enquête nationale sur l’emploi et le
Juin 09 0,5 Janv. 10 Janv. 10 Déc. 11 0,29 2 57,34
chômage
Etude sur le renforcement de la
15-oct.-2010 0,5 Février 11 - Déc.11 - 0,75 -
CNAMGS
Enquête démographique et de Santé 2-fév-2011 0,5 - - Déc.12 - 0,33 -
Etude de trois bassins versants Juin 09 1,48 Fév. 10 Févr. 10 Déc. 11 0,85 1 52,7
TOTAL 348,54 93,59 26,88 2,09
Secteur Privé 9,14 9,14 100
Secteur public 339,4 84,45 24,92
Appendice III:
Principaux projets connexes financés par la Banque et d’autres partenaires au développement dans le pays
Cette carte est destine exclusivement à l’usage des lecteurs du rapport auquel elle est jointe. Les dénominations et les frontières figurant sur cette carte n’impliquent de la part du Groupe de la BAD et de ses membres
aucun jugement concernant le statut légal d’un territoire ni aucune approbation ou acceptation de ses frontières.
Appendice V : Coût du projet par composante, par catégories et par sources de financement
Composante A: Réhabilitation des Infrastructures Rurales 15,407 10,176 25,583 20,947 13,835 34,782 60 69
Composante B: Renforcement des Capacités 6,487 2,358 8,845 8,819 3,206 12,026 73 24
Composante C: Gestion et Coordination du projet 746 1,987 2,733 1,015 2,701 3,715 27 7
Coût Total 4,798 22,641 9,723 32,364 37,162 6,523 30,781 13,219 44,000 50,523
Appendice VI : Engagement du Gouvernement à intégrer, dès l’achèvement du projet, les
pistes réhabilitées dans le réseau routier prioritaire et à prendre en charge leur entretien