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Chapitre 1

La finance éthique, notamment la finance islamique, émerge comme une alternative responsable et durable, respectant les principes de la charia et visant à créer une empreinte sociale positive. Elle se distingue de la finance traditionnelle par son interdiction de l'intérêt et des activités spéculatives, tout en promouvant l'équité et la transparence. Avec une croissance significative, la finance islamique s'est développée dans divers pays, notamment dans le monde arabe et en Asie, et représente aujourd'hui un secteur économique majeur.

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Chapitre 1

La finance éthique, notamment la finance islamique, émerge comme une alternative responsable et durable, respectant les principes de la charia et visant à créer une empreinte sociale positive. Elle se distingue de la finance traditionnelle par son interdiction de l'intérêt et des activités spéculatives, tout en promouvant l'équité et la transparence. Avec une croissance significative, la finance islamique s'est développée dans divers pays, notamment dans le monde arabe et en Asie, et représente aujourd'hui un secteur économique majeur.

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PARTIE 1 : : La finance éthique : une

alternative responsable et durable

CHAPITRE 1 : l’économie islamique


généralité

 INTRODUCTION :

Au cours des dernières années, la finance éthique ou la finance islamique a été


considérée comme une industrie en pleine croissance dans le monde entier, avec la
naissance de banques et d'institutions financières opérant dans de nombreux pays
islamiques.

La finance islamique peut être considérée comme une option attrayante pour les
investisseurs soucieux de laisser une empreinte sociale et environnementale
positive, tels que les consommateurs musulmans qui souhaitent respecter les
principes éthiques de l'islam dans leurs transactions financières. La finance
islamique, également connue sous le nom de finance alternative, offre une
alternative à la finance classique en créant des services et des produits financiers
innovants pour répondre aux besoins des clients tout en respectant les valeurs
morales et les principes de la charia islamique. Cela comprend également des
comptes d'épargne, des comptes courants, des prêts, des investissements en
actions et des obligations islamiques.

La finance participative repose sur des règles et des procédures bien définies, ainsi
qu'un système financier basé sur les principes de la charia. Elle repose sur des
valeurs éthiques et morales telles que l'équité, la transparence des informations, le
partage de la responsabilité et la solidarité entre tous les agents économiques.
Contrairement à la finance traditionnelle qui utilise parfois des pratiques et des
méthodes spéculatives et éthiquement douteuses, la finance islamique refuse tout
type d'activité qui viole les principes de la charia, tels que l'usure, la spéculation, la
tromperie et l'incertitude.
Section 1 : ORGINE ET L’APPARITION DE LA FINANCE
ISLAMIQUE

INTRODUCTION :

Lorsqu'on cherche la définition de la finance islamique, on trouve une diversité de points


de vue concernant les opérations et les transactions de financement sans intérêt
bancaire. D'un autre côté, la finance islamique est également définie de manière plus
générale comme les opérations financières effectuées par les musulmans.

La finance islamique vise toujours à réaliser l'intérêt général et la justice, ainsi qu'à
assurer une distribution égale et équitable des ressources et une répartition équitable
des risques. Par conséquent, la finance islamique peut être définie comme des services
financiers et des opérations de financement principalement mis en œuvre pour se
conformer aux principes de la Charia.

L'objectif principal de la finance islamique est de rendre les pratiques financières


conformes à ce qui est encouragé par la Charia afin de répondre aux besoins de
financement des investisseurs qui rejettent la finance "classique" ou "conventionnelle".
Trois principes de base sont implicites dans toute transaction financière islamique :
1) Le financement ne devrait en aucun cas entrainer la réception ni le paiement des
intérêts car l’exigence des intérêts fixes garantissant un retour prédéterminé est
considérée abusive et économiquement improductive.
2) La transaction ne devrait pas impliquer le financement d’une activité interdite par la
Charia.
3) L’opération doit éviter le Gharar qui pourrait se traduire par une incertitude
excessive, risque ou spéculation concernant une opération financière.
1.1 HISTORIQUE ET EVOLUTION :

La finance islamique est apparue dans une conjoncture caractérisée par une grande
indépendance des pays musulmans et aussi après la seconde guerre mondiale , la
conjoncture qu’a donnée naissance à une recrudescence du sentiment de religiosité qui
a contribué à ce phénomène mais si on recule vers l’arrière, on trouve que l’origine de
ce flux est vers les années 30 , l’époque dans laquelle certains Ulémas et savants
musulmans s’oriente vers une approche islamique à cause des différents problèmes et
crises socio-économique, comme l’intégration de l’intérêt dans l’économie.

Les économistes de l'époque de par leur volonté n'ont pas modifié l'interdit islamique
pour l'appliquer aux pratiques financières occidentales comme ils le faisaient auparavant
mais au contraire ils désiraient réaffirmer les préceptes islamiques, sans accorder aucun
compromis et convaincre l'opinion publique de la nécessité d'un retour vers un système
économique en conformité avec les normes de l’islam.
Au tout début du XXe siècle, exactement 1903 le philosophe et poète indien Mohamed
Iqbal fut le premier à se pencher sur les questions d’économie et d’islam dans sans
ouvrage ILM AL IQTISAD. C’est alors principalement le sous-développement des
musulmans au regard de la supériorité technique et économique de la puissance
coloniale.

Ensuite l’arrivé de la nomination du terme économie islamique par le théologien


pakistanais Abu al-A ‘la AlMawdudi 1940 avec l’indépendance des système des pays
musulmans de la conquête des pays européens

 En monde arabe :

La finance islamique est apparue dans le monde arabe dans les années 1960 et 1970, en
réponse à la demande de solutions financières conformes aux principes de la charia
islamique. Les premières institutions financières islamiques ont été créées en Égypte, en
Arabie Saoudite et en Malaisie.

Le développement de la finance islamique dans le monde arabe a été stimulé par


plusieurs facteurs, notamment la croissance économique, la hausse de la population
musulmane, la demande de produits financiers conformes aux principes islamiques et
l'intérêt des investisseurs étrangers pour les marchés financiers de la région.

La finance islamique se caractérise par le respect de principes tels que l'interdiction de


l'intérêt (Riba), le partage des risques, la transparence et la responsabilité sociale. Les
produits financiers islamiques comprennent des contrats de financement tels que le
murabaha, l'ijara, le mudaraba et le musharaka, ainsi que des produits d'investissement
tels que les sukuk (obligations islamiques).
Aujourd'hui, la finance islamique est devenue un secteur important de l'économie dans
le monde arabe, avec des institutions financières islamiques opérant dans de nombreux
pays de la région, notamment en Arabie Saoudite, aux Émirats arabes unis, au Qatar, en
Égypte, en Jordanie et en Tunisie.

L'idée de la banque islamique est apparue dans les années 60 en Égypte, dans un village
appelé Mit Ghamir. Cette expérience est considérée comme la première expérience de
banque islamique, où des caisses d'épargne rurales ont été créées. Cette initiative a
connu un succès considérable dans la collecte de l'épargne privée, mais elle n'a pas
survécu en raison de causes et de raisons politiques.

Dans les années 70, le nombre de créations de banques islamiques a rapidement


augmenté, en particulier en Égypte, au Soudan et dans les pays du Golfe, justifiant ainsi
la constitution de l'Association Internationale des Banques Islamiques. Dans la plupart
des cas, ces créations ont été dues à l'initiative du secteur privé, mais les dirigeants
politiques des pays ont fortement soutenu ce mouvement. Les banques islamiques ont
joué un rôle important dans la coopération financière entre les États membres et ont
contribué au développement économique et social de ces pays.
L'activité bancaire islamique a commencé avec la création de la Dubaï Islamique Banque
en 1975, une initiative populaire qui a suivi la création de la Banque Islamique de
Développement à Djeddah en 1974, une institution internationale regroupant les
membres de l'Organisation de la Conférence Islamique.
Effectivement, dans les années 70, plusieurs banques islamiques ont vu le jour, en plus
de la création de « DAR AL MAL ISLAMI » en Suisse et du groupe « AL BARAKA » en 1983.
D'autres banques islamiques ont été créées dans les années qui ont suivi dans plusieurs
pays arabes, notamment au Koweït, Bahreïn, au Qatar, en Jordanie et en Arabie
Saoudite. Parmi ces banques islamiques figurent la Kuwait Finance House, la Bahreïn
Islamique Bank, la Qatar Islamique Bank, la Jordan Islamique Bank et la Saudia Arabane
Investment Bank, entre autres. Ces banques ont contribué à l'essor de la finance
islamique dans la région et dans le monde entier.
Le Maroc s'est intéressé à la finance islamique à la fin des années 1990. En 2014, le
gouvernement marocain a créé une commission plus élevée des Ulémas pour examiner
les produits financiers conformément à la loi islamique. L'objectif du comité est d'évaluer
la conformité des produits financiers fournis par les banques et les institutions
financières conformément au principe du droit du droit islamique. Depuis lors, le Maroc
a adopté une série de réformes législatives visant à promouvoir les finances islamiques
dans le pays, en particulier en permettant la création de banques islamiques et
d'obligations islamiques autorisées. En 2017, la première banque islamique au Maroc, la
Banque de financement participante (BFP). En conséquence, le Maroc a fait des progrès
significatifs dans le développement de la finance islamique ces dernières années.
 EN ASIE
L'Iran et le Pakistan sont devenus les premiers pays d'Asie à adopter la restructuration des
institutions financières à orientation islamique dans un cadre islamique dans le cadre d'un
programme bien défini.
En août 1998, les autorités iraniennes ont spécifiquement interdit le paiement ou la
perception d'intérêts aux banques et ont établi des règles et des conditions pour les dépôts
placés dans les banques.
Au Pakistan, toutes les lois bancaires ont été modifiées et la Banque centrale du Pakistan
elle-même a également été restructurée en mettant l'accent sur le modèle islamique.

 En pays occidental :
Londres est souvent considérée comme la Mecque européenne de la finance islamique, car le
Royaume-Uni a été le premier pays en Europe à intégrer ce système financier dans son
système économique. Actuellement, plus de 250 milliards de dollars sont investis dans le
monde entier selon les principes de la finance islamique.

En 1978, le Luxembourg a lancé la première institution islamique en Europe sous le nom de


"ISLAMIC BANKING SYSTEM", qui a ensuite été renommée "ISLAMIC FINANCE HOUSE
UNIVERSAL HOLDINGS". Cette banque a également été impliquée dans le financement de
projets communautaires tels que des petites épiceries et boucheries, principalement en
Allemagne

La finance islamique est aujourd'hui une industrie de 2,5 billions de dollars répartie dans plus
de 80 pays, dont la majeure partie est concentrée dans très peu de marchés. Les données
compilées par le département de recherche de l'Union des Banques Arabes montrent que
seulement 10 pays représentent près de 95% des actifs conformes à la charia dans le monde.
L'Iran est en tête avec 29% du total mondial, suivi de l'Arabie Saoudite (25%), de la Malaisie
(11%), des Émirats Arabes Unis (8%), du Koweït (6%), du Qatar (6%), de la Turquie (2,6%), du
Bangladesh (2,1%), de l'Indonésie (2%) et de Bahreïn (1,8%).

Ces pays stimulent la croissance de la finance islamique, fixent des normes de l'industrie et
favorisent l'innovation. Au cours de la dernière décennie, la finance islamique a connu une
croissance exponentielle annuelle de 10 % à 12 %. Selon le rapport de l'État de l'Économie
Islamique Mondiale 2019 d'Arab News, les actifs conformes à la charia totaux devraient
atteindre 3,5 billions de dollars d'ici 2024, bien que cela dépende de la santé économique de
ces 10 marchés.

Source : Global finance magazine

La sphère d'influence principale de la finance islamique est bien sûr le monde arabe, grâce à
ses populations majoritairement musulmanes et à l'abondance de pétrodollars. Le Moyen-
Orient et l'Afrique du Nord (MENA, qui exclut l'Iran) abritent 190 banques islamiques.

Le Conseil de Coopération du Golfe (CCG) domine le monde de la finance islamique avec plus
de 90% des actifs conformes à la charia de la région MENA (voir le tableau ci-dessous). En
2018, 41 banques islamiques basées dans le CCG figuraient parmi les 100 premières
mondiales.
Source: Global finance magazine

ISLAMIC BANKING BY COUNTRY

Pays Nombre des banques Actifs ($ milliards)


islamiques

Arabie Saoudite 4 194,7

Émirats Arabes Unis 7 169,2

Koweït 5 120,5

Qatar 5 113,3

Bahreïn 10 57,8

Égypte 2 9,8

Jordanie 7 9,6

Soudan 2 9,4

Oman 2 4,5

Algérie 2 3,4

Tunisie 1 1,4

Syrie 2 N.A.

Yémen 1 N.A.
10 LARGEST ARAB ISLAMIC BANKS IN MENA

Pays Banque Actifs ($ millions)

Arabie Saoudite Al Rajhi 111 382

Émirats Arabes Unis Dubaï Islamic Bank 80 326

Koweït Kuwait Finance House 66 870

Qatar Qatar Islamic Bank 45 550

Arabie Saoudite Al-Inma Bank 35 157

Émirats Arabes Unis Abu Dhabi Islamic Bank 33 901

Bahreïn Al Baraka Banking 26 127


Group

Arabie Saoudite Bank Al-Jazira 24 498

Arabie Saoudite Bank Al-Bilad 23 686

Total Actifs — 477 535

N.A. — Non disponible. Source : Union des


banques arabes.
1.2 LES SOURCES DE LA FINANCE ISLAMIQUE:

Source: Brian Kettel, Islamic Banking in the Kingdom of Bahrain (BMA 2002)
Effectivement, la finance islamique est un système économique qui est basé sur les principes
et les enseignements de l'Islam. Elle se différencie de la finance conventionnelle en intégrant
des règles et des prescriptions juridiques qui sont en conformité avec les principes de la
charia.
Le rôle de la jurisprudence islamique des affaires (fiqh al-mu'amalat) est essentiel pour la
finance islamique. Cette jurisprudence est basée sur l'interprétation des sources islamiques,
telles que le Coran et la Sunna (les pratiques et les enseignements du prophète Mohammed)
etc. … et permet de déterminer les règles et les principes applicables aux transactions
financières conformément à la charia.
Le droit musulman est issu de cinq sources hiérarchisées : le Coran, la sunna, l’Ijma,
le qiyâs et l’ijtihâd.
La jurisprudence islamique des affaires est un outil essentiel dans l'établissement des
principes de la finance islamique. Elle est basée sur les sources principales que sont le Coran
et la Sunna, ainsi que sur des sous-sources qui en découlent. Elle permet de déterminer les
règles et les principes applicables aux transactions financières conformément à la charia, tels
que l'interdiction des intérêts (riba), l'interdiction des transactions spéculatives (gharar) et
l'obligation d'investir dans des activités conformes à la charia (halal). La jurisprudence
islamique des affaires guide également les produits financiers islamiques, tels que le
musharaka (partenariat), le murabaha (vente à tempérament), le ijara (location), etc.
En résumé, la jurisprudence islamique des affaires joue un rôle essentiel dans la finance
islamique, en permettant d'établir les principes et les règles applicables aux transactions
financières conformément à la charia. Elle est donc un outil indispensable pour les
institutions financières islamiques qui souhaitent proposer des produits financiers conformes
à la charia.
La jurisprudence islamique des affaires peut être définie comme l'ensemble des décisions
émises par un jurisconsulte, qui est une personne ayant une grande connaissance et maîtrise
du droit du fiqh, pour donner des consultations sous certaines conditions. Ces conditions
sont les suivantes :
a. La connaissance des versets normatifs du Coran
b. La connaissance critique des hadiths normatifs
c. La connaissance de la langue arabe et de la rhétorique
d. La capacité de raisonnement
 Coran :
Le Coran est considéré comme la parole authentique d'Allah révélée à son prophète
Mohamed ‫ صلى الله عليه وسلم‬au cours de sa mission prophétique, contenant plus de six
mille versets dont environ six cents sont spécifiquement relatifs à l'économie et à la finance.
Ces textes pragmatiques abordent des cas d'espèce plutôt que des principes théologiques,
faisant appel à l'équité, au bon sens et à la justice sociale.
Le Coran est considéré comme la principale source de la loi islamique, y compris la finance
islamique. Il contient de nombreuses références aux principes économiques et financiers et
aux pratiques commerciales utilisées pour guider les transactions financières dans le cadre
de la finance islamique.
Par exemple, l'Islam interdit l'intérêt (leva), qui est considéré comme une forme
d'exploitation économique, et encourage plutôt les transactions commerciales basées sur le
partage des risques et des récompenses entre les parties. Cette pratique est au cœur des
contrats financiers islamiques tels que la mudaraba (partenariat) et la musharaka (société).
Le Coran encourage également la charité (zakat) et l'équité dans les relations d'affaires. Ces
principes sont intégrés dans les instruments financiers islamiques tels que la zakat (l'aumône
légale) et la Sadhaka (organisations caritatives bénévoles), ainsi que dans les contrats
financiers islamiques visant à éviter les situations de fraude ou d'escroquerie.
En résumé, le Coran fournit des principes et des directives clairs pour les transactions
financières basées sur les valeurs islamiques, telles que l'équité, la transparence, le partage
et la transparence des risques et des avantages, et la prévention de l'exploitation
économique.
En outre, la Sunna et les enseignements du Prophète Mohammed (PSSL) sont également
utilisés pour guider les pratiques financières islamiques.

 Sunna :
La sunna, qui est la deuxième source de la loi musulmane, est fondée sur la pratique de
l'islam par le prophète Mohamed. Elle comprend ses dires (hadith), ses actes, ses
qualités morales et ses approbations, qui sont considérées comme une transmission de
la parole de Dieu.
Les dires (hadith) jouent un rôle important dans la sunna en tant que guide moral.
Enfin, les approbations incluent des faits et des dires des compagnons de Mohamed
approuvés par ce dernier.
La sunna constitue un recueil des traditions établies à partir du comportement, des
paroles et des approbations du prophète, rapportés par ses compagnons. Elle fournit des
réponses à des questions qui ne sont pas abordées dans le Coran, tels que les détails sur
la pratique de la prière et la manière de se comporter dans la vie quotidienne.
Le nombre de hadiths traitant de droit est évalué entre deux et trois mille, ce qui montre
l'importance de la sunna dans l'établissement des règles et des pratiques de l'islam.
La Sunna joue un rôle important dans le développement de la finance islamique. Les
paroles et les actes du prophète Mohamed sont souvent cités pour justifier la
compatibilité des instruments financiers avec les principes de la charia.
Par exemple, le hadith selon lequel "le droit au revenu dépend de la responsabilité
correspondante en cas de perte" est souvent cité pour justifier la structure du contrat de
partenariat (musharaka) dans la finance islamique.
De plus, la Sunna fournit des conseils pratiques sur les pratiques financières islamiques.
Par exemple, la zakat (l'aumône légale) est l'un des piliers de l'islam et est donc
obligatoire pour les musulmans. La Sunna fournit des instructions détaillées sur le calcul
et la distribution de la Zakat.
Enfin, l'approbation par le Prophète Mohamed des transactions commerciales et
financières entre ses semblables est devenue le fondement de la jurisprudence
économique islamique. Les érudits musulmans ont étudié ces affirmations pour établir
les principes de la finance islamique et guider le développement de produits financiers
conformes à la charia.

 IJMA (consensus) :
L'Ijma est la troisième source de la loi islamique et s'identifie au consensus des
savants, également appelés juristes de la communauté (Oumma), pour la
compréhension des textes religieux et des actes attestés des Prophètes. Ce
consensus est basé sur l'accord unanime de tous les tribunaux de la même période
depuis l'époque du prophète Mohamed sur un cas particulier, et est donc considéré
comme une preuve solide et incontestable en matière de loi islamique. L'origine de
cette loi musulmane est basée sur la tradition (Sunna) du Prophète Mohamed,
comme il est dit l'avoir dit :"Ma communauté n'est jamais d'accord sur une seule
erreur."
Par exemple, la jurisprudence s'accorde à dire que la vente de biens est interdite si le
vendeur n'est pas propriétaire des biens ou si le propriétaire ne consent pas à la
vente (Ijma). Cependant, il convient de noter que l'unanimité est rarement atteinte et
que des désaccords peuvent subsister entre différentes écoles de droit. En résumé,
l'Ijma est une preuve solide de la loi islamique et complète les sources du Coran et de
la Sunna pour guider la pratique religieuse et la vie quotidienne des musulmans.
Dans le contexte de la finance islamique, l’Ijma peut jouer un rôle important dans la
prise de décision. Les professionnels de la jurisprudence financière islamique peuvent
se référer à l'Ijma pour parvenir à un accord sur des questions spécifiques liées aux
transactions financières islamiques.
Par exemple, l'Ijma peut être utilisé pour déterminer si un instrument financier est
conforme à la charia. Un produit est considéré comme halal (légal) pour les
musulmans si tous les érudits de la communauté financière islamique conviennent
que le produit est conforme à la charia.
Cependant, il est important de noter que Ijma ne peut être utilisé qu'avec le
consentement unanime des experts en jurisprudence financière islamique.
En cas de désaccord, d'autres sources de la loi islamique doivent être consultées,
telles que le Coran, la Sunna et le raisonnement par analogie.
 Qiyâs (raisonnement par analogie) :
Le raisonnement par analogie (qiyâs) est une méthode utilisée par les juristes
musulmans pour combiner la révélation avec la raison humaine.
Cette procédure consiste à juger un cas juridique non mentionné dans le texte en le
comparant à un autre cas similaire pour lequel une prescription existe déjà dans un
texte.
Le qiyâs est considéré comme la quatrième source du droit musulman.

Le qiyâs peut être utilisé pour répondre à des questions non prévues par le Coran ou
la sunna. Par exemple, l’islam interdit la consommation de vin car cela provoque
l'ivresse. Cependant, le texte ne mentionne pas les autres boissons qui peuvent
également causer l'ivresse. Les juristes musulmans ont alors recours au qiyâs pour
interdire toutes les boissons qui ont le même effet que le vin.

En ce qui concerne la finance islamique, le qiyâs est également utilisé pour


développer des produits financiers conformes à la charia. Par exemple, les juristes
musulmans ont recours au qiyâs pour déterminer si les produits financiers modernes
tels que les sukuk (obligations islamiques) ou les fonds d'investissement sont
conformes à la charia.
Cela implique de trouver des produits financiers similaires dans le passé qui ont été
approuvés par les juristes musulmans.

 L’ijtihad :

La cinquième source de la loi islamique est l’ijtihad, qui fait référence aux efforts
déployés par les juristes et les érudits islamiques pour refléter et interpréter les
textes religieux. Cette source d'information est essentielle pour permettre aux
musulmans de faire face aux défis posés par les évolutions sociales et technologiques
et de répondre aux nouveaux enjeux juridiques et moraux.
L'ijtihad est considéré comme obligatoire pour les musulmans car il les aide à trouver
des solutions aux problèmes pratiques qui surviennent dans leur vie quotidienne.
Cependant, il est également important de noter que l'ijtihâd est une source complexe
et nuancée qui nécessite une solide formation en théologie, en droit et en
philosophie. Les juristes et érudits musulmans qui pratiquent l'ijtihad sont appelés
mujtahidun et leur autorité est reconnue par la communauté musulmane.

En résumé, l'ijtihâd est une source dynamique et essentielle de la loi islamique qui
permet aux musulmans de relever les nouveaux défis du monde d'aujourd'hui tout
en restant fidèles aux principes et valeurs de la loi islamique.
L'ijtihad est une source d'information importante pour le développement de la
finance islamique. En effet, afin de répondre aux besoins économiques et financiers
des musulmans dans le respect des principes de la charia, les juristes et savants
musulmans sollicitent des réflexions pour adapter les principes juridiques islamiques
aux situations économiques et sociales et aux finances (ijtihâd).

A ce titre, l'ijtihâd est l'introduction de nouveaux instruments financiers islamiques


tels que la murabaha, la mudaraba, et même les sukuk, qui respectent les principes
de la charia comme l'interdiction des intérêts (riba) et la nécessité de partager les
risques et les bénéfices entre les parties prenantes autorisées à apparaître.

Cependant, la pratique de l'ijtihad dans le domaine de la finance islamique fait


souvent l'objet de débats et de controverses parmi les érudits islamiques, qui
peuvent interpréter différemment les textes religieux. Il est important d'avoir un
dialogue et une coopération entre les érudits religieux pour s'assurer que les
instruments financiers sont conformes à la charia.
SECTION 2 : LA JURISPRUDENCE ET LA FINANCE ISLAMIQUE :

2.1 LES PRINCIPES DE LA JURISPRUDENCE:


Lorsque on parle sur les principes de la finance islamique il faut qu’on distingue entre
les fondements et les concepts essentiels de la jurisprudence des affaires islamique
et les principes de la finance islamique.

L'islam est une religion et une philosophie qui établit les principes de vie pour les
musulmans dans leur vie privée, familiale, sociale et étatique, créant ainsi le cadre
normatif de la oumma (la communauté musulmane). Sur le plan commercial et
financier, l'islam propose des règles claires, interdisant les transactions basées sur
l'intérêt (riba), la spéculation et l'incertitude (gharar et maysir) ainsi que les jeux de
hasard (maysir). La religion musulmane rejette également les échanges de biens
considérés comme impurs, la consommation d'alcool, de porc, les jeux d'argent et les
armes (haram, par opposition aux biens et transactions halal, c'est-à-dire licites). Ces
principes fondamentaux exigent une pratique de la finance plus appropriée et
moralement fondée. Ainsi, la finance islamique est considérée comme une
composante de la finance éthique, avec des principes moraux qui régissent les
comportements, par opposition à la finance conventionnelle qui est dépourvue de
référence à une doctrine axiologique. Les valeurs islamiques qui sous-tendent
l'éthique islamique reposent sur la responsabilité, l'équité, la justice sociale, le
partage, la mutualité et l'équilibre, qui peuvent être largement universalisées.

Les fondements de la finance islamique sont ancrés dans les sources du droit
islamique des contrats (fiqh al-mu'amalaat) élaborées au fil des siècles par les
jurisconsultes musulmans.

Ces principes ont été systématisés et codifiés au cours des cinquante dernières
années pour mieux répondre aux défis posés par la financiarisation des économies du
monde islamique, en particulier depuis le premier choc pétrolier des années 1970,
qui a considérablement renforcé le poids de la finance arabo-musulmane dans la
mondialisation.

Pour la jurisprudence il existe 4 concepts de base :

 Riba
 Gharar
 Maysir
 Investissement amorale
 Riba (usure) :

Besion
d'argent

Montant
principal + Endettement
Intérêt

Remboursemen Investissemen
t t

En langue arabe, le terme "riba" signifie littéralement "augmentation", "accroissement"


ou "gonflement".
Toutefois, dans le contexte du droit musulman, il désigne spécifiquement l'interdiction
de toute forme d'intérêt dans les transactions financières. Cette interdiction est basée
sur le verset coranique suivant : " vous qui avez cru ! Craignez Allah, et renoncez au
reliquat de l'intérêt usuraire, si vous êtes croyants." (Sourate Al-Baqara, verset 278) ‫َٰٓيَأُّيَها‬
‫َّلِذيَن َءاَمُنو۟ا َّتُقو۟ا۟الَّلَه َوَذُرو۟ا َماَبِقَىِمَن لِّرَبٰٓو۟ا۟ا ِإنُكنُتمُّمْؤِمِنيَن۟ا۟ا‬
Le riba est considéré comme l'augmentation injuste de l'argent à travers des transactions
financières basées sur l'intérêt, sans que cela soit justifié par un travail ou un risque réel
pris par la partie qui reçoit cette augmentation. Selon les principes de la finance
islamique, l'argent ne peut pas être utilisé pour produire de l'argent sans qu'il y ait un
effort réel pour générer des profits. C'est pourquoi les transactions financières basées
sur l'intérêt sont interdites, car elles sont considérées comme injustes et contraires aux
principes de l'équité et de la justice sociale.
Riba est considéré comme l'un des péchés les plus graves de l'islam et est strictement
interdit dans toutes les transactions financières. Pour cette raison, la finance
islamique a développé des solutions alternatives pour proposer des produits
financiers basés sur les principes islamiques.
Dans la finance islamique, l'interdiction du riba signifie une interdiction de facturer
ou de payer des intérêts sur les prêts et les dettes. Au lieu de cela, les transactions
financières sont basées sur un modèle de partage des risques et des récompenses
entre les parties. Un musharaka, par exemple, est un partenariat qui divise les profits
et les pertes dans des proportions fixes. Mudaraba est un accord de partenariat où
une partie fournit le financement et l'autre partie fournit l'expertise et la main-
d'œuvre, partageant les bénéfices selon un ratio fixe.

En résumé, la finance islamique se concentre sur l'établissement de pratiques


financières conformes à l'éthique et aux principes islamiques, en évitant les
transactions à but lucratif et en maintenant les modèles de partage des risques et des
bénéfices entre les parties.

 Gharar (incertitude) :
Le gharar est un terme utilisé en finance islamique pour désigner l'incertitude ou le
risque excessif dans les transactions commerciales. Il est considéré comme un
élément négatif dans la jurisprudence islamique transactionnelle, tout comme le riba
(usure) et le maysir (jeu).
Le gharar peut inclure des éléments tels que l'ambiguïté, l'opacité, l'ignorance, la
tromperie ou la fraude dans une transaction.
En termes juridiques, le gharar est défini comme la vente d'une chose qui n'est pas
présente à portée de main, ou la vente d'une chose dont l'issue n'est pas connue, ou
une vente comportant un risque dans laquelle on ne sait pas si elle viendra ou non.
Cela peut inclure des situations telles que la vente de poisson non encore pêché ou
de cultures non encore récoltées.
Les contrats qui contiennent un niveau de gharar excessif sont considérés comme
non conformes aux principes de la finance islamique, car cette dernière repose sur
des principes de transparence et d'équité. Le gharar peut compromettre ces
principes en créant un déséquilibre entre les parties à une transaction. Par
conséquent, les contrats qui contiennent des éléments de gharar ne sont pas
autorisés en finance islamique. Des exemples courants de transactions avec gharar
sont les contrats d'assurance traditionnels et les contrats à terme spéculatifs.
 Maysir (jeu d’hasard) :
Maysir (arabe : ‫ )ميسر‬est un terme arabe qui désigne le jeu de hasard ou de chance,
qui est considéré comme un péché en Islam. Le Coran interdit expressément le
maysir dans plusieurs versets, comme dans la sourate al-Baqarah, verset 219 : "Ils
t'interrogent sur le vin et le jeu de hasard. Dis : « Dans les deux il y a un grand péché
et aussi quelques avantages pour les gens ; mais le péché qu'ils y trouvent est plus
grand que leur avantage »".
En finance islamique, le maysir est considéré comme non conforme aux principes de
l'Islam, car il repose sur l'incertitude et la chance, plutôt que sur le travail et l'effort.
Par conséquent, les transactions financières qui impliquent le maysir sont interdites,
tout comme les contrats d'assurance traditionnels qui sont considérés comme des
jeux de hasard.

 L’investissement amoral :

L'investissement amoral est un terme qui désigne un investissement financier dans


une entreprise ou une activité qui peut être considérée comme contraire à l'éthique
ou à la moralité, mais qui est légale. Cela peut inclure des investissements dans des
entreprises qui exploitent des travailleurs, qui ont des pratiques environnementales
douteuses ou qui sont impliquées dans des industries controversées comme
l'armement, le tabac ou l'alcool.
Dans le contexte de la finance islamique, l'investissement amoral peut être considéré
comme contraire aux principes de l'Islam, qui prône l'éthique et la moralité dans tous
les aspects de la vie, y compris les affaires. Par conséquent, les investissements dans
des entreprises ou des activités considérées comme amorales peuvent ne pas être
autorisés en finance islamique.
Cependant, il convient de noter que la définition de ce qui est considéré comme
amoral peut varier d'une personne à l'autre et d'une culture à l'autre. Par exemple,
certaines personnes peuvent considérer l'industrie de l'armement comme amoral,
tandis que d'autres peuvent soutenir que c'est un secteur nécessaire pour assurer la
sécurité nationale. Par conséquent, les investisseurs en finance islamique doivent
être conscients de ces nuances et prendre des décisions éclairées en matière
d'investissement.
2. 2 Les principes de la finance islamique :
Pour la finance islamique il existe des principes recommandés et 6 injonctions proscrits :

 Les principes recommandés :


 Partage pertes profit : En finance islamique, le partage des pertes et des profits est
un principe fondamental basé sur les principes éthiques de la charia. Contrairement à
la finance conventionnelle, où les prêts sont assortis d'intérêts fixes et où les pertes
sont souvent supportées par une seule partie, la finance islamique encourage le
partage équitable des risques et des résultats financiers entre les parties impliquées.
 Dans les contrats de partenariat, tels que la Musharaka et la
Mudaraba, les bénéfices et les pertes sont partagés entre les parties
conformément à des ratios convenus au préalable.
 Dans le cadre de la Musharaka, où deux ou plusieurs parties
investissent du capital dans un projet, les bénéfices sont répartis en
fonction de la contribution de chaque partie. Les pertes sont
également supportées proportionnellement à la part de chaque
partie dans l'investissement.
 Dans la Mudaraba, où une partie fournit le capital et l'autre fournit le
travail et l'expertise, les bénéfices sont répartis selon un ratio convenu,
tandis que les pertes sont généralement supportées par le fournisseur
de capital, sauf en cas de négligence ou de violation des conditions par
la partie travaillante.
 Dans le contrat d'Ijara, qui est un contrat de location, les pertes liées à
l'actif sont supportées par le propriétaire, tandis que le locataire
supporte les pertes liées à l'utilisation de l'actif. Le propriétaire est
responsable des coûts de maintenance, de réparation et de
remplacement de l'actif, tandis que le locataire est responsable des
coûts d'exploitation.
 Le principe de partage des pertes et des profits en finance islamique vise à
promouvoir l'équité, la responsabilité et le partage des risques entre les
parties impliquées dans une transaction ou un investissement. Cela favorise
une approche plus éthique et équilibrée des activités financières, où les
bénéfices et les pertes sont partagés de manière juste, conformément aux
principes islamiques.

 Redistribution de fortune par des prélèvements obligatoires et L’aumône :


 Dans la finance islamique, il n'y a pas d'impôt obligatoire au sens traditionnel, c'est-à-
dire d'imposition obligatoire par l'État à ses citoyens. Il n'y a pas d'impôts obligatoires
dans la finance islamique, mais il existe un concept similaire appelé « excédent
caritatif ». Il s'agit de dons volontaires collectés auprès de particuliers, d'entreprises
et d'institutions économiques pour la réalisation du bien public et le soutien à des
projets caritatifs et sociaux.
 Charitable Surplus est basé sur le concept de la charité et de don volontaire dans
l'islam qu’est collecté en réponse aux besoins de la société en fonction de la volonté
individuelle. Les excédents caritatifs sont des dons monétaires ou en nature qui sont
utilisés pour financer des projets caritatifs, le développement social, l'éducation, les
soins de santé et d'autres causes caritatives. Il est important que les excédents
caritatifs soient gérés et utilisés de manière transparente et efficace conformément
aux principes de la charia islamique. La finance islamique favorise une culture de la
charité, de la charité et de la solidarité sociale dans laquelle les individus et les
communautés travaillent ensemble pour parvenir au bien, à la justice et au bien-être
commun. Dans la finance islamique, les prélèvements obligatoires tels que la zakat
sont considérés comme des obligations religieuses pour les musulmans qui
remplissent certaines conditions. Les détails supplémentaires concernant ces frais
sont les suivants :
1. Zakat :
La Zakat est un prélèvement obligatoire imposé aux musulmans lorsque leur
richesse accumulée atteint un certain seuil, appelé Nisab. Cela dépend de la valeur
de l'or ou de l'argent. Une fois que la richesse d'une personne dépasse le Nisab et
est détenue pendant un an, un paiement de Zakat, normalement fixé à 2,50 € par
actif, est requis. Cependant, les taux peuvent varier pour certains types de biens,
tels que le bétail et les produits agricoles.
Les fonds collectés par le biais de la Zakat seront utilisés pour aider des catégories
spécifiques de bénéficiaires répertoriés dans le Coran (notamment les pauvres, les
nécessiteux, les orphelins, les personnes endettées, les voyageurs et autres
personnes nécessiteuses). Le but de la zakat est de promouvoir la solidarité sociale,
de réduire la pauvreté et de réduire les inégalités économiques.
2. Sadhaka :
Contrairement à la zakat, la Sadhaka est un don volontaire et n'est soumise à
aucune règle ou norme particulière. Il s'agit d'un acte de charité encouragé par
l'islam, où les musulmans peuvent donner de l'argent ou des biens à ceux qui en ont
besoin ou à des causes sociales. Sadhaka peut être donné à tout moment et en
toute quantité selon la volonté individuelle et les moyens financiers. Il s'agit d'une
forme de philanthropie personnelle et volontaire dont le but est de purifier les
âmes et de favoriser la cohésion au sein de la communauté.
3-Waqf :
Est un programme de dons dans lequel des individus font don de biens ou d'actifs
financiers pour des causes caritatives ou sociales. Les revenus du domaine Waqf
seront utilisés pour financer des projets communautaires tels que des écoles, des
hôpitaux, des mosquées et d'autres initiatives.
Il convient de souligner que ces taxes obligatoires dans la finance islamique sont
fondées sur des principes religieux et éthiques. Son objectif est de promouvoir la
justice sociale, d'aider les plus démunis et de promouvoir une répartition plus
équitable des ressources. Ces obligations sont comme des responsabilités
personnelles envers la communauté et sont considérées par les musulmans comme
faisant partie intégrante de la pratique religieuse.
 Autorise tout ce qui n’est pas interdit :
Il existe un principe général dans la finance islamique selon lequel « tout ce qui n'est pas
expressément interdit est permis » (Al-Ibaha Al-Asliya). Cela signifie que toute transaction ou
activité est considérée comme légale et autorisée, sauf si elle est spécifiquement interdite
par les principes de la charia islamique.
La charia islamique fournit des directives claires et interdit les transactions financières et
commerciales. Les principes de la finance islamique sont basés sur les enseignements du
Coran et de la Sunna (traditions prophétiques). Son but est de promouvoir l'équité, la justice
et l'éthique, et d'éviter les pratiques financières considérées comme déloyales ou contraires
aux valeurs islamiques. Les interdictions courantes dans la finance islamique comprennent
l'interdiction des intérêts usuraires (Riba), de la spéculation excessive (Gharar) et des
activités contraires à l'éthique et à la morale islamiques telles que la consommation d'alcool,
le jeu et la pornographie...
En dehors de ces interdictions explicites, les activités et transactions financières sont
généralement autorisées tant qu'elles respectent les principes de la charia islamique tels que
la transparence, la responsabilité, l'équité, le partage des risques et l'interdiction de la
corruption et de l'exploitation.
Sachez que les spécialistes de la finance islamique et les régulateurs peuvent interpréter
différemment certains aspects et applications des principes de la charia, ce qui peut
entraîner des pratiques et des produits de la finance islamique différents d'un pays à l'autre.

 Les injonctions :
 Pas de prélèvement d’intérêt :
L'interdiction des intérêts usuraire (Riba) dans la finance islamique est basée sur des
principes éthiques et religieux. Selon la charia islamique, l'intérêt usuraire est une
forme d'exploitation économique est donc interdit. D’un point de vue financier,
l'interdiction de l'usure a plusieurs implications. Ci-dessous quelques explications.
1. Partage équitable des risques et bénéfices :
Dans la finance islamique, les parties impliquées dans la transaction partagent à parts
égales les risques et les bénéfices. Les prêteurs et les emprunteurs partagent les
risques associés aux investissements et aux prêts, et partagent les bénéfices sur la
base d'accords préétablis. Cela favorise une répartition plus équitable des avantages
économiques et réduit les déséquilibres de pouvoir potentiels entre les parties.
2. Promotion des investissements physiques :
L'interdiction des intérêts usuraires encourage l'investissement dans de véritables
activités productives plutôt que des prêts portant intérêt. Les institutions financières
islamiques sont encouragées à effectuer des transactions basées sur des actifs réels
et à soutenir des projets qui ont un impact positif sur l'économie réelle. Cela favorise
un développement économique durable et évite une spéculation excessive.
3. Soyez responsable.
En évitant les taux d'intérêt usuraires, les emprunteurs sont encouragés à être plus
responsables de leurs engagements financiers. Les emprunteurs sont encouragés à
évaluer soigneusement leurs besoins financiers, à emprunter de manière responsable
et à gérer leur dette de manière responsable, plutôt que de compter sur un système
de paiement d'intérêts et d'augmentation de la dette.
4. Pour éviter un cycle de surendettement :
L'interdiction des taux d'intérêt élevés vise également à empêcher un cercle vicieux
d'endettement excessif. L'abandon des pratiques de prêt basé sur les intérêts
empêchera les emprunteurs de s'endetter de plus en plus, ce qui peut entraîner des
difficultés financières et des inégalités économiques.
En résumé, l'interdiction des intérêts usuraires dans la finance islamique vise à
promouvoir les principes d'équité, de responsabilité et de développement
économique durable. Son objectif est de construire un système financier basé sur le
commerce éthique et d'encourager l'investissement dans des activités pratiques et
productives.

 Pas d’opération d’incertitude :


La règle des transactions sans incertitude dans la finance islamique fait référence à
l'interdiction des contrats financiers comportant une incertitude excessive ou des éléments
spéculatifs. L'arrangement est basé sur les principes islamiques visant à promouvoir la
justice, l'équité et la transparence dans les transactions financières.
Selon les principes de la finance islamique, les accords financiers doivent être basés sur des
facteurs spécifiques et des risques partagés entre les parties. Une incertitude excessive, telle
que celle associée aux jeux de hasard ou aux contrats spéculatifs, est considérée comme
contraire aux principes islamiques.
Par conséquent, les contrats financiers dans la finance islamique doivent être clairs, détaillés
et sans ambiguïté. Afin de prendre une décision éclairée, les parties doivent être conscientes
de toutes les clauses contractuelles et des risques encourus. Cette approche vise à éviter les
situations d'exploitation et de fraude potentielles et à favoriser la stabilité financière.
En pratique, cela signifie que certains instruments financiers couramment utilisés dans la
finance traditionnelle peuvent être considérés comme incompatibles avec la finance
islamique en raison de leur caractère spéculatif ou incertain. Par exemple, la finance
islamique peut interdire les contrats dérivés tels que les options d'achat et de vente qui
reposent sur des prévisions de prix futures incertaines.
Au lieu de cela, la finance islamique promeut des produits financiers basés sur des actifs
réels tels que le financement par fonds propres (ou crowdfunding), le crédit-bail (ou ijara),
les ventes avec bénéfices différés (ou murabaha), et la participation aux bénéfices (ou
musharaka). L'objectif de ces instruments est de promouvoir la transparence et l'équité, et
de partager les risques entre les parties.
 Pas d’opération de spéculation :
Une injonction de « non-spéculation » fait référence à l'interdiction des transactions
financières purement spéculatives qui ne sont pas basées sur des actifs réels ou sur le
commerce équitable. L'injonction est conforme aux principes islamiques visant à promouvoir
la stabilité financière et la justice et à éviter les pratiques d'exploitation.
Selon les principes de la finance islamique, les transactions financières doivent être adossées
à des actifs réels, avec un partage équitable des risques et des récompenses entre les
parties. Les investissements spéculatifs tels que les jeux de hasard, les transactions basées
sur des prévisions de prix futures incertaines ou les activités visant à profiter des fluctuations
de prix sans rapport avec l'activité économique réelle sont considérés comme incompatibles
avec la finance islamique.
L'interdiction de la spéculation a pour objectif de promouvoir l'économie réelle et d'éviter
les pratiques financières pouvant entraîner des déséquilibres et des inégalités économiques.
Au lieu de cela, la finance islamique encourage les investissements productifs et les
transactions basées sur des actifs réels tels que les investissements des entreprises,
l'immobilier et le financement de projets.
En pratique, cela signifie que les instruments financiers spéculatifs couramment utilisés dans
la finance conventionnelle, tels que les contrats dérivés complexes, les transactions à court
terme basées sur des prévisions de prix et les pratiques commerciales purement
spéculatives, ne sont pas de la finance islamique, ce qui signifie qu'ils peuvent être
considérés comme incompatibles.
Au lieu de cela, la finance islamique promeut des instruments financiers basés sur le principe
du partage des risques et des bénéfices, tels que la musharaka (partage des bénéfices et des
pertes), la mudaraba (partenariat d'investissement) et L’Ijara (crédit-bail). Ces instruments
favorisent la stabilité financière et encouragent les investissements productifs et éthiques.
 Pas d’opération dans des activités interdits :
Le terme fait référence aux principes fondamentaux de la finance islamique. Selon ce
principe financier, il est interdit de se livrer à des activités considérées comme illégales
qui sont spécifiquement interdites par la charia :
 Usure (Riba) : L'islam interdit de prêter de l'argent avec intérêt. Les
transactions doivent être fondées sur les principes de partage des risques
et de partage des bénéfices.
 Jeux d'argent (maysir) : les activités impliquant des jeux d'argent ou des
spéculations excessives sont interdites. Cela inclut les jeux de casino, les
loteries et les contrats d'assurance qui ne sont pas conformes à la charia.
 Activités liées à l'alcool et aux substances illégales : les investissements
dans des entreprises impliquées dans la production, la vente ou la
distribution d'alcool, de porc ou de substances illégales sont interdits.
 Les activités contraires à l'éthique : Les investissements dans des
entreprises impliquées dans des activités contraires à l'éthique islamique,
telles que la pornographie, la production d'armes, le tabac, etc., sont
également considérés comme interdits.
Le principe "Pas d'opération dans des activités interdites" est donc une directive
fondamentale de la finance islamique visant à promouvoir des investissements éthiques
et conformes aux enseignements de l'islam.
 Pas d’opération sans avoir un actif tangible sous-jacent :
L'injonction de la finance islamique, qui interdit les transactions sans actifs corporels sous-
jacents, fait référence à la nécessité que toutes les transactions financières soient adossées à
des actifs réels et tangibles. Cette injonction est basée sur des principes islamiques visant à
promouvoir la transparence et l'équité et à éviter les pratiques spéculatives ou fictives.
Selon les principes de la finance islamique, les transactions financières doivent être associées
à des actifs réels et corporels tels que des biens, des biens immobiliers, des biens et des
services tangibles. L'idée est d'encourager l'investissement dans l'économie réelle et d'éviter
les pratiques financières purement spéculatives et les pratiques financières indépendantes
de la réalité économique.
Par conséquent, les instruments financiers basés uniquement sur des éléments fictifs ou
abstraits, tels que les contrats dérivés complexes ou les dérivés d'indices financiers, peuvent
ne pas être considérés comme compatibles avec la finance islamique. Dans de nombreux
cas, on a l'impression que ces instruments créent des incertitudes et des risques indus qui
n'ont rien à voir avec les réalités économiques sous-jacentes.
En revanche, la finance islamique encourage les produits financiers basés sur des actifs réels
et corporels. La Murabaha, par exemple, est un accord d'achat et de vente de bénéfices
différés qui prévoit explicitement l'achat et la vente d'actifs physiques. Le crédit-bail (Ijara)
est un autre exemple où un actif physique est loué avec des paiements périodiques
convenus.
En se conformant à cette injonction, la finance islamique vise à promouvoir des transactions
financières plus éthiques, équitables et stables et à éviter les risques excessifs et l'instabilité
liés aux transactions purement spéculatives. Cela contribue à renforcer la confiance et la
stabilité dans l'activité économique conformément aux principes financiers islamiques.
 Pas d’opération sans équité de partage des résultats :
L'injonction « interdiction des transactions inégales dans la répartition des résultats » dans la
finance islamique fait référence à l'exigence pour les transactions financières de répartir
équitablement les profits et les pertes entre les parties concernées. L'arrangement est basé
sur les principes de justice et de droiture promus par l'islam.
Selon les principes de la finance islamique, les contrats financiers doivent être basés sur un
partage équitable des résultats économiques. Cela signifie que les parties doivent partager
les profits et les pertes en fonction des risques pris dans la transaction. La distribution
résultante ne doit pas présenter une asymétrie excessive. La finance islamique encourage
donc les contrats financiers avec un partage équitable des résultats, tels que la musharaka
(partage des profits et pertes) et la mudaraba (partenariat d'investissement). Dans ces
contrats, les parties investissent conjointement dans un projet ou une entreprise, et les
profits et les pertes sont partagés en fonction de leurs contributions respectives.
Cette exigence de répartition équitable des résultats vise à encourager le partage des
responsabilités et à décourager les pratiques financières fondées sur les déséquilibres de
pouvoir et les gains injustes. Elle promeut également une approche plus éthique des
transactions financières, mettant l'accent sur la participation active et le partage équitable
des risques et des avantages.
En suivant cette règle, la finance islamique cherche à promouvoir une économie plus juste et
plus équitable, à éviter les situations d'exploitation et à promouvoir la stabilité financière à
long terme. Les accords financiers qui respectent cette règle sont conçus pour encourager la
coopération, la responsabilité partagée et la création de valeur mutuelle entre toutes les
parties concernées.
CONCLUSION

La finance éthique, et plus particulièrement la finance islamique, représente une alternative


responsable et durable dans le domaine financier. Le chapitre 1 a exploré les généralités de
l'économie islamique, mettant en lumière l'origine et l'apparition de la finance islamique,
ainsi que les sources qui la guident.

L'histoire et l'évolution de la finance islamique ont été abordées, soulignant son


développement tant dans le monde arabe que en Asie et même dans les pays occidentaux.
Cela démontre la portée mondiale et l'importance croissante de cette approche financière.

Les sources de la finance islamique ont été identifiées, avec une attention particulière portée
au Coran, à la sunna, à l'Ijma, au qiyâs et à l'ijtihad. Ces sources servent de fondement pour
les principes et les pratiques de la finance islamique, garantissant une base solide et
légitime.

La deuxième section a mis en évidence la relation entre la jurisprudence et la finance


islamique. Les principes de la jurisprudence, tels que l'interdiction de l'intérêt usuraire (riba),
du gharar (incertitude), du maysir (jeux de hasard) et des investissements immoraux, ont été
examinés. Ces principes éthiques orientent les pratiques de la finance islamique, favorisant
des transactions justes et équitables.

Enfin, les principes recommandés de la finance islamique ont été mentionnés, ainsi que les
six injonctions proscrites. Ces directives permettent de différencier les activités financières
conformes à la charia de celles qui ne le sont pas, garantissant ainsi une approche éthique et
responsable.

En conclusion, ce chapitre a permis de comprendre les fondements et les principes de la


finance islamique en tant qu'alternative éthique dans le domaine financier. La finance
islamique offre une approche durable et responsable, en accord avec les valeurs de l'islam,
et joue un rôle de plus en plus important dans le paysage économique mondial.

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