Cérémonial de la Sainte Messe
selon le missel de Paul VI
par ANDRÉ PHILIPPE M. MUTEL, OSSM
d’après chapitre 7 de Ceremonies of the Modern Roman Rite
par Mgr Peter J. Elliott (1995), avec son aimable autorisation.
CHAPITRE 4
CONCÉLÉBRATION
« La concélébration, remise en pratique dans la liturgie occidentale 1, manifeste de manière
privilégiée l’unité du sacerdoce » 2. Le cérémonial de la messe concélébrée doit donc exprimer
« l’unité du sacerdoce et du sacrifice, ainsi que l’unité du peuple chrétien » 3. Bien que la
concélébration soit bien établie comme une forme normale de célébrer la messe, l’évêque diocésain
garde le droit « de régler la discipline de la concélébration de son diocèse, même dans les églises et
oratoires exempts » 4.
Comme expression de l’Église particulière, les prêtres se rassemblent autour de l’évêque. Par
conséquent, la messe chrismale doit être concélébrée, le Jeudi Saint ou un jour proche. La
concélébration est appropriée en des occasions telles que synode, visite pastorale, retraite ou
conférence ecclésiastique 5. En ces circonstances, chaque prêtre peut célébrer ou concélébrer
plusieurs fois le même jour, dans certains cas 6. Néanmoins, tout prêtre doit jouir de la liberté de
célébrer individuellement, sous réserve que ce ne soit pas dans la même église, en même temps que
la messe concélébrée 7.
Selon le niveau de solennité et les circonstances, les particularités concernant la concélébration
exposées ci-après s’intègrent dans le cérémonial de la messe simple ou de la messe solennelle 8.
Quelques principes importants peuvent être tirés des années d'expérience depuis la restauration de la
concélébration. Dans l’esprit fraternel du presbyterium, les concélébrants ne doivent pas s’ignorer
les uns les autres pendant la liturgie concélébrée. Ils doivent agir comme une « équipe » : c’est
pourquoi ils doivent s’efforcer de coordonner tous leurs mouvements et actions communs. Par
exemple, ils doivent s’incliner ou faire la génuflexion ensemble, baiser l’autel et s’asseoir au même
moment, et faire le signe de la croix et étendre leurs mains de manière homogène. Ils doivent
soigneusement atténuer le ton de leur voix lorsqu’ils se joignent au célébrant principal au cours de
la prière eucharistique. Le cérémonial de la concélébration peut ainsi clairement exprimer la
signification ecclésiale de cette forme de célébration du Sacrifice du Seigneur.
1
SC, 57.
2
« Inæstimabile donum », 7.
3
PGMR 1970, n° 153.
4
PGMR 1970, n° 155. Cf. SC n° 57.
5
PGMR 1970, n° 157.
6
PGMR 1970, n° 158.
7
Cf. SC n° 57, 2.
8
La description de la concélébration dérive de PGMR 1970 nos 153-208.
1
Le rôle du célébrant principal, celui qui préside, doit être rendu manifeste par l’usage d’un siège
présidentiel, ou d’une cathèdre pour un évêque, et par sa position dans le sanctuaire. Les
concélébrants doivent cependant être placés de façon qu’ils partagent visiblement le rôle de la
présidence. Leurs sièges doivent être dans le sanctuaire, derrière l’autel ou de part et d’autre de
celui-ci. La disposition en demi-cercle ou « fer à cheval », avec le siège du célébrant principal à
l’apex, constitue l’idéal romain, dérivé du plan des basiliques. Il est préférable que les concélébrants
ne soient pas placés en une masse compacte, face à l’assemblée. S’ils doivent être hors du
sanctuaire, il convient de veiller à faire apparaître clairement leur rôle presbytéral. Toutefois, ils ne
sauraient être mêlés aux fidèles et l’assemblée ne peut pas être assise devant eux. Ils doivent être
placés de manière à ne pas cacher la vue de l’autel à l’assemblée.
Lors d’une messe concélébrée, le calice et la patène uniques sont un signe de l’unité eucharistique,
lorsque cela est possible. Dans le cas contraire, il doit au moins y avoir un calice et une patène qui
se distinguent par leur taille et leur noblesse des autres vases disposés sur l’autel.
L’harmonie des ornements aide également à préciser la signification de la concélébration. Tous les
concélébrants devront porter des aubes et des chasubles identiques sinon assorties, la chasuble du
célébrant principal pouvant néanmoins être d’un modèle différent, autre indication que c’est lui qui
préside la liturgie.
Alors que le célébrant principal porte nécessairement la chasuble, les concélébrants peuvent, le cas
échéant, se contenter de l’aube et de l’étole 9, mais les étoles utilisées doivent être d’un modèle
homogène et signifiant et portées de préférence par dessus le cordon, s’il est utilisé. Il ne faut
cependant pas privilégier le seul port de l’étole, car il réduit le signe visible de l’égalité que
partagent les prêtres dans leur ministère sacerdotal.
1. P RÉPARATIFS - PROCESSION D’ENTRÉE
- Sur la crédence : assez de vin pour les concélébrants ; calice(s) ; patène(s) de préférence avec
une grande hostie ou des hosties qui peuvent être rompues et partagées ; un nombre adéquat de
purificatoires ; des livrets ou des cartons contenant le texte de la Prière eucharistique, au moins
pour ceux des célébrants qui interviennent dans la prière.
S’il y a une procession des dons, le pain et le vin sont disposés sur la table des dons.
- Avant que la procession ne quitte la sacristie, les points suivants doivent être précisés :
a) où doivent s’asseoir les concélébrants ;
b) où ils doivent s’incliner ou faire la génuflexion deux par deux ;
c) où ils baisent l’autel ;
d) si l’un d’entre eux doit lire l’Évangile ;
e) qui prononce l’homélie ;
f) qui sont le premier et le second concélébrants – et où ceux-ci doivent s’asseoir ; s’ils doivent
se tenir debout à l’autel et quelle partie de la Prière eucharistique ils ont respectivement à lire ;
g) si le célébrant principal souhaite qu’un concélébrant lise ces parties de la Prière
eucharistique ;
h) s’il souhaite que les concélébrants se joignent à lui dans la Doxologie ;
i) de quelle manière les concélébrants recevront l’Eucharistie ;
j) qui distribue l’Eucharistie à l’assemblée et où elle sera distribuée ; si la communion se fera
sous les deux espèces ;
k) qui fera les purifications et à quel moment elles se feront.
9
Cf. PGMR 1970, n° 161.
2
- La procession s’ordonne en fonction de la solennité de l’occasion et du nombre des servants. Le
diacre ou, à défaut de diacre, le concélébrant désigné pour lire l’Évangile, porte le Livre des
Évangiles. Dans la procession, les concélébrants viennent deux par deux après le diacre,
précédant le célébrant principal.
Lorsqu’ils arrivent dans le sanctuaire, ils s’inclinent profondément, ou font la génuflexion si le
tabernacle est placé dans le sanctuaire. Si les concélébrants sont en nombre limité, ils peuvent
attendre le célébrant principal et s’inclinent ou alors font la génuflexion avec lui.
Les concélébrants montent à l’autel et le baisent, habituellement deux par deux.
Ensuite, chaque concélébrant gagne la place qui lui a été assignée dans le sanctuaire et il se tient
debout, les mains jointes. Si nécessaire, un cérémoniaire ou un servant indique aux concélébrants
leurs places respectives.
Les concélébrants fragiles ou infirmes doivent être assis dans le sanctuaire avant le début de la
messe.
- Le célébrant principal, s’il le juge bon, encense l’autel (voir chapitre 2, n° 1 ; chapitre 3, n° 2).
Une fois la célébration commencée, les prêtres qui arriveraient en retard ne sont normalement
pas admis à concélébrer, mais dans le cas où le bon sens en ferait juger autrement, ils pourraient
rejoindre les autres concélébrants de manière que leur arrivée ne se fasse pas remarquer.
2. RITES D’INTRODUCTION
La messe commence comme d’habitude.
Un des concélébrants peut introduire les versets du rite pénitentiel si la 3 e formule est retenue.
Un concélébrant peut entonner le Gloria, si nécessaire.
3. LITURGIE DE LA P AROLE
Les concélébrants s’assoient pour les lectures et le psaume responsorial.
S’il n’y a pas de lecteur(s), des concélébrants peuvent lire la première et la deuxième lecture.
3.1 Évangile
Á défaut de diacre, un des concélébrants lit l’Évangile.
La préparation pour l’Évangile se fait selon le cérémonial décrit dans les chapitres 2 (n° 3.2) et 3 (n°
4.1 et 4.2), en fonction du degré de solennité de la célébration, sous réserve qu’un concélébrant n’a
pas à demander la bénédiction du célébrant principal avant de lire l’Évangile. Il se rend directement
au centre et, profondément incliné devant l’autel, les mains jointes, dit lentement à voix basse :
« Purifie mon cœur et mes lèvres, Dieu très saint, pour que je fasse entendre à mes frères la Bonne
Nouvelle ». Il prend ensuite le Livre des Évangiles sur l’autel et agit comme le ferait le diacre.
NB. Si le célébrant principal est évêque, le concélébrant agissant en qualité de diacre lui demande
sa bénédiction avant de lire l’Évangile et, après avoir chanté ou dit l’acclamation : « Acclamons
la Parole de Dieu », il doit porter le Livre ouvert à l’évêque qui le baise.
3
3.2 Homélie - Profession de foi - Prière universelle
Le célébrant principal prêche à l’ambon ou depuis son siège.
Un des concélébrants, ou le diacre, ou encore un prêtre ou un diacre en habit de chœur, prêche à
l’ambon.
Le Credo est chanté ou récité, selon ce qui est prescrit. Comme le Gloria, il peut être entonné par
l’un des concélébrants.
La Prière universelle se déroule comme il a été décrit dans les chapitres 2 et 3.
S’il n’y a pas de diacre et si aucun lecteur laïc n’est disponible, un des concélébrants peut lire les
intentions.
4. LITURGIE EUCHARISTIQUE
4.1 Préparation de l’autel et des dons
Préparation de l’autel
Si un diacre sert, il prépare l’autel, sinon c’est le premier concélébrant qui remplit cette fonction,
aidé par les servants, selon la description des chapitres précédents. Si nécessaire, certains des
concélébrants peuvent l’assister et même remplir les fonctions incombant normalement aux
servants, s’il n’y en a pas.
Les autres concélébrants restent assis.
Procession des dons
Le premier et le deuxième concélébrants peuvent accompagner le principal concélébrant quand il
reçoit les dons.
Préparation des dons
En l’absence de diacre, le premier concélébrant prépare le(s) calice(s), en disant la prière :
« Comme cette eau se mêle au vin… » et assiste à l’autel le célébrant principal.
Si les dons doivent être encensés, il assiste également le célébrant principal dans la préparation de
l’encens et se tient à sa droite pendant qu’il encense l’autel. Il encense le célébrant principal, les
concélébrants et l’assemblée – bien que, dans ce cas, il semble plus approprié que le thuriféraire
encense lui-même l’assemblée, le rôle diaconal d’un concélébrant trouvant ses limites dans le fait
que, selon le rite romain, un prêtre n’encense pas l’assemblée.
Les concélébrants restent debout après avoir été encensés.
Avant que les concélébrants ne se rendent à l’autel, le texte de la Prière eucharistique choisie
(cartons ou livrets) doit leur être distribué par les servants. Il vaut mieux, en effet, ne pas placer ces
textes sur l’autel, bien que ce soit souvent inévitable.
Dès que la Prière sur les offrandes a été prononcée, s’avancent les concélébrants désignés pour se
tenir à l’autel ou près de celui-ci.
NB. Avant de venir à l’autel, les évêques concélébrants retirent leur calotte qu’ils laissent sur leur
siège.
S’il y a un grand nombre de concélébrants, certains s’approchent de l’autel, tandis que les
autres restent à leur place.
4
Les concélébrants qui se tiennent à l’autel ne doivent pas se grouper en cercle, mais se placer de
manière à ne pas masquer le célébrant principal et ne pas empêcher l’assemblée de suivre l’action
sacrée. En particulier, quand l’autel est de dimension réduite, comme c’est souvent le cas, ils
doivent se rassembler à quelque distance de celui-ci, en arrière, ou en ligne, de chaque côté.
Dans la mesure du possible, les servants ne doivent pas se tenir debout ou s’agenouiller entre l’autel
et les concélébrants.
En revanche, le diacre peut se tenir entre l’autel et les concélébrants qui doivent lui laisser la place
nécessaire pour remplir son ministère 10.
Le cérémoniaire peut également avoir besoin de passer entre les concélébrants.
4.2 Prière eucharistique
Le célébrant principal ne commence pas le dialogue de la Préface avant que les concélébrants ne
soient à leur place.
Si des concélébrants ont été désignés pour réciter ou chanter des parties spécifiques de la Prière
eucharistique, ils observent les directives prévues pour chaque prière 11.
L’ordre est le suivant : le premier concélébrant, débout à la droite du célébrant principal, étend les
mains et dit la première partie de la prière qu’un concélébrant peut dire ; le second concélébrant,
debout à la gauche du célébrant principal, étend les mains et dit la deuxième partie de la prière ; et
ainsi de suite.
Toutefois, le célébrant principal peut choisir de dire la prière dans son entier. Pour éviter toute
confusion, il doit, en ce cas, informer les concélébrants de son intention avant le début de la messe.
- À l’épiclèse, tous les concélébrants étendent leurs deux mains (ou seulement la main droite, s’ils
tiennent un carton ou un livret dans l’autre). Autant que possible, ils doivent s’efforcer de tous
faire ce geste de la même manière.
- À la consécration, ils tendent la main droite vers les oblats, d’une manière indicative et d’un
geste naturel, sans répéter le geste de l’épiclèse. Ce geste, pendant la consécration, n’est pas
obligatoire, mais en pratique il est généralisé et doit être sans aucun doute préféré comme plus
opportun.
- À l’élévation, ils regardent avec dévotion l’hostie, puis le calice ; ensuite, tous s’inclinent
profondément et simultanément, lorsque le célébrant principal fait la génuflexion après chaque
élévation 12.
NB. Le diacre est à genoux pendant l’épiclèse et la consécration, de façon à montrer qu’il ne fait pas
partie des concélébrants.
Seule la voix du célébrant principal doit prédominer chaque fois que les concélébrants se joignent à
lui pour dire certaines parties de la Prière eucharistique. Par conséquent, les concélébrants doivent
prononcer l’épiclèse, les paroles de la consécration et toutes autres parties de la Prière dites à
l’unisson, à voix très basse, de préférence un murmure.
En revanche, concélébrer mentalement, dans un silence total, serait contraire à la pratique du rite
romain moderne 13.
10
PGMR 1970, n° 167.
11
PGMR 1970, n° 171-191.
12
PGMR 1970, n° 174-c.
13
Il ne suffit pas d'avoir et de manifester la volonté de faire siennes les paroles et les actions du célébrant.
Les concélébrants doivent eux-mêmes dire sur le pain et le vin : « Ceci est mon Corps », « Ceci est mon
Sang » ; sinon leur concélébration est de pure cérémonie. – Pie XII, Congrès d'Assise le 22 sep. 1956.
5
Si la consécration est chantée, le célébrant principal commence le chant de chaque phrase et donne
le pas aux concélébrants qui peuvent participer au chant au mieux de leurs possibilités.
Après l’acclamation, lorsqu’ils se joignent à mi-voix au célébrant principal dans la prière de
l’anamnèse et de l’offrande, les concélébrants ne tenant pas de livret ou de carton tiennent les mains
étendues.
Quand le célébrant principal seul ou l’un des concélébrants lit une partie de la prière, les autres
gardent les mains jointes.
Dans la Prière eucharistique I, tous les concélébrants s’inclinent profondément, les mains jointes,
pour : « Nous t’en supplions… le Corps et le Sang de ton Fils », puis se redressent et se signent à :
« … nous soyons comblés… de tes bénédictions ». Ils se frappent tous la poitrine à l’unisson à : « Et
nous, pécheurs… ».
- À la doxologie, un seul calice et une seule patène sont élevés par le célébrant principal et le
diacre ou, s’il n’y a pas de diacre, par le premier concélébrant, à la droite du célébrant principal.
La doxologie peut être chantée ou dite soit par le célébrant principal seul ou par les concélébrants
unis à lui, mais si la doxologie est seulement dite, les concélébrants se joignent au célébrant
principal à mi-voix.
5. RITE DE LA COMMUNION
Pendant la Prière du Seigneur, le célébrant principal et les concélébrants tiennent les mains
étendues 14. Seul le célébrant principal dit : « Délivre-nous, Seigneur… » et « Seigneur Jésus
Christ, tu as dit… ».
S’il n’y a pas de diacre, c’est le premier concélébrant qui invite l’assemblée à échanger le signe de
paix, selon l’usage du lieu.
Lors d’une concélébration, la manière romaine de donner et de recevoir le signe de paix semble
toujours préférable dans le sanctuaire : soit celui qui reçoit le signe s’incline ; ensuite, celui qui
donne le signe pose ses mains sur la partie supérieure des bras (près de l’épaule) de l’autre ; celui
qui reçoit le signe serre les bras de celui qui le donne en les tenant sous les coudes. Chacun incline
la tête en avant, légèrement à droite, de façon que leur joue gauche s’effleure presque. Il est d’usage
que celui qui donne le signe dise : « La paix soit avec vous » tandis que l’autre répond : « Et avec
votre esprit ». Ensuite, ils s’éloignent un peu l’un de l’autre et s’inclinent l’un vers l’autre, les mains
jointes.
Si nécessaire, le premier concélébrant peut aider le célébrant principal à rompre les hosties pendant
que l’Agnus Dei est chanté ou proclamé.
Á voix basse, le célébrant principal récite la Prière avant la communion. Les concélébrants peuvent
la dire mentalement en même temps que lui.
5.1 Communion des concélébrants
1° Il existe plusieurs méthodes possibles pour la communion des concélébrants.
a) Le célébrant principal recule de quelques pas. Chaque prêtre s’approche alors de l’autel, fait
la génuflexion et prend une parcelle d’hostie dans la patène avant de regagner sa place en la
tenant dans la main droite soutenue de sa main gauche 15.
14
Pratique approuvée par CE, n° 159.
15
Cf. CE, n° 163.
6
Le célébrant principal s’approche de l’autel et montre l’hostie à l’assemblée en disant :
« Heureux les invités… ». Les concélébrants se joignent à lui et à l’assemblée pour :
« Seigneur, je ne suis pas digne… » et communient avec respect en même temps que le
célébrant principal en disant à voix basse : « Que le Corps de Jésus Christ me garde… » 16.
Cette élégante méthode est la plus appropriée quand il y a peu de concélébrants et quand on
ne manque pas de temps pour la célébration.
b) Le célébrant principal fait une génuflexion et lui ou l’un des concélébrants (plusieurs si
nécessaire) apporte la patène aux concélébrants qui prennent chacun une parcelle de l’hostie.
La patène peut être passée d’un prêtre à l’autre, mais il semble préférable de la présenter à
chacun d’eux.
Ensuite, le célébrant principal montre l’hostie à l’assemblée et les concélébrants s’unissent à
lui pour dire : « Seigneur, je ne suis pas digne… ». Ils communient tous en même temps que
le célébrant principal, comme en a). Cela semble la méthode la plus largement préférée.
c) Quand un évêque est le célébrant principal, après avoir fait la génuflexion, il peut se tenir à
l’autel et prendre la patène. Les concélébrants s’approchent de lui, font une génuflexion et
reçoivent chacun de sa main une parcelle de l’hostie. Ensuite, l’évêque montre l’hostie à
l’assemblée et les concélébrants s’unissent pour : « Seigneur, je ne suis pas digne… » et
communient en même temps que l’évêque comme en a).
Ce cérémonial manifeste le rôle du pasteur au milieu de son presbyterium.
2° Il existe plusieurs manières possibles pour les concélébrants de recevoir le calice, mais
seulement après que le célébrant principal a lui-même communié au Sang du Christ.
a) Après qu’ils ont communié au Corps du Christ, les concélébrants s’approchent de l’autel un
par un ou deux par deux. Chacun fait la génuflexion et boit au calice comme il le ferait quand
il célèbre la messe, en l’essuyant soigneusement avec le purificatoire. Avant de recevoir le
Sang du Seigneur, le concélébrant dit à voix basse : « Que le Sang du Christ… ». Sans faire
d’autre révérence, il repose le purificatoire sur l’autel, joint les mains et gagne sa place, à
moins qu’il ne soit requis pour distribuer la Sainte Communion.
b) Les concélébrants attendent à leur place qu’un des concélébrants leur apporte le calice et le
purificatoire. Ce concélébrant, s’arrête devant chaque prêtre, lui tend le calice, sans rien dire.
Avant de recevoir le calice, le concélébrant dit à voix basse : « Que le Sang du Christ… ».
C’est le concélébrant chargé de ce ministère qui essuie le bord du calice. Ensuite, il passe au
prêtre le plus proche.
Toutefois, sauf dans les cas où les concélébrants sont obligés de s’asseoir en rangs successifs,
ce qui rendrait l’accès impossible, le calice et le purificatoire ne doivent pas se transmettre de
prêtre en prêtre.
c) Quand un évêque est le célébrant principal, le cérémonial des évêques marque sa préférence
pour l’option dans laquelle les concélébrants se rendent à l’autel où le diacre leur présente le
calice sans rien dire. Chaque concélébrant fait la génuflexion avant de prendre le calice 17.
Ensuite, le diacre essuie lui-même le calice avec le purificatoire.
Il peut sembler inapproprié qu’un diacre administre le calice aux concélébrants et, de toute
manière, à cette étape du rite, les diacres aideraient à distribuer la Communion aux fidèles.
16
PGMR 1970, n° 199, est ambigu, mais il semble préférable que les concélébrants disent au moins
mentalement cette prière que prononce le prêtre quand il se donne l’Eucharistie. Il est d’usage en certains
lieux que le célébrant principal dise : « Que le Corps du Christ me garde… » de façon à être entendu des
concélébrants, ce qui peut permettre de faire de leur communion une action simultanée.
17
CE, n° 164, mais la note 18 renvoie aux autres choix précisés par PGMR, n° 201-206 pour recevoir la
Communion sous les deux espèces.
7
3° Il existe encore deux méthodes possibles pour la communion d’un grand nombre de
concélébrants.
a) La plupart des concélébrants attend jusqu’à ce que le célébrant principal et les concélébrants
qui l’entourent à l’autel aient reçu l’Eucharistie. Calices, patènes et purificatoires sont alors
disposés sur un corporal en différents points de l’autel de façon que les concélébrants puissent
y accéder aisément. Lorsque chaque concélébrant s’approche de l’autel, il fait la génuflexion
et prend une parcelle d’hostie sur la patène. Avant de recevoir le Corps du Christ, il dit à voix
basse : « Que le Corps de Jésus Christ me garde… ». Ensuite, il se rend en un autre point de
l’autel pour boire au calice. Avant de recevoir le Sang du Seigneur, il dit à voix basse : « Que
le Sang du Christ… ». Tout concélébrant peut prendre l’hostie, en tremper une partie dans le
calice et, en tenant la patène au-dessous de sa bouche, communier à l’hostie trempée.
Lors de grandes célébrations, on ne saurait utiliser des autels latéraux comme endroits où les
concélébrants recevraient l’Eucharistie, car une telle pratique serait en contradiction avec le
signe fort de l’autel unique.
b) Quand un nombre important de prêtres concélèbre et qu’approcher de l’autel serait
malcommode ou prendrait beaucoup de temps, quelques-uns des concélébrants vont aux
autres, deux par deux, l’un portant la patène, l’autre le calice avec le purificatoire. À leur
place, les concélébrants reçoivent l’hostie et boivent le vin consacré.
L’intinction peut être éventuellement pratiquée : en ce cas, chaque concélébrant prend une
parcelle d’hostie dans la patène, la trempe dans le calice et consomme ensuite le Corps et le
Sang du Seigneur. Avant de recevoir l’Eucharistie, le concélébrant dit alors à voix basse :
« Que le Corps et le Sang du Christ me gardent… ».
Quelques points doivent être soulignés.
- Les concélébrants ne reçoivent jamais d’hosties ayant été consacrées au cours d’une messe
antérieure.
- Celui qui présente l’hostie à un concélébrant ne dit jamais : « Le Corps (Sang) du Christ », car
les concélébrants le reçoivent en tant que célébrants de la messe et non comme simple
participants.
- Pour la même raison, la parcelle d’hostie n’est pas tendue au concélébrant ou posé dans sa main.
Il la prend lui-même dans la patène et la tient entre ses doigts 18.
- Ayant pris une parcelle d’hostie, le concélébrant ne la dépose pas ensuite dans la paume de sa
main, ni ne la rompt au-dessus de sa main.
- Seul le célébrant principal élève l’hostie rompue à : « Voici l’Agneau de Dieu… ».
- Un concélébrant peut choisir de garder l’hostie dans sa main pour la tremper ensuite dans le
calice et consommer le Corps et le Sang du Seigneur 19, mais la valeur du signe de la
concélébration serait diminuée si l’intinction était pratiquée par tous les concélébrants. En tout
état de cause, cette pratique n’est généralisée que s’il n’y a pas assez de vin disponible avant la
messe ou s’il s’est trouvé que le contenu du calice ne permet pas à tous les concélébrants de
recevoir le Sang du Christ selon le mode ordinaire.
18
Sauf CE, n° 163.
19
PGMR 1970, n° 206.
8
5.2 Purifications
Il va sans dire qu’après la communion, ce qui reste dans le calice n’est pas consommé à l’endroit où
a été distribuée la Communion, ou ce qui serait pire, pendant le retour à l’autel ou à la crédence.
Le(s) diacre(s) et/ou certains des concélébrants consomment ce qui reste de vin consacré et
procèdent aux purifications, de préférence à la crédence ou, si nécessaire, sur le côté de l’autel.
Les vases sacrés peuvent être laissés convenablement recouverts sur un corporal dans le cas où les
purifications sont faites après la messe, soit à la crédence, soit sur le côté de l’autel, mais en aucun
cas à la sacristie.
À la crédence, ou près du tabernacle, des dispositions doivent être prises pour permettre la
purification des doigts de ceux qui ont distribué la Communion. Un servant peut s’approcher du
célébrant principal et lui présenter un récipient d’eau et un purificatoire à cette fin.
Quand le célébrant principal est un évêque, les servants lui apportent l’aiguière, le bassin et le
manuterge.
5.3 Après la communion
Les concélébrants sont assis pour une prière silencieuse. Ils se mettent debout lorsque le célébrant
principal se lève pour la Prière après la communion.
6. RITES DE CONCLUSION
À la bénédiction, les concélébrants font le signe de la croix sur eux-mêmes, mais ne
« concélèbrent » pas la bénédiction avec le célébrant principal.
Le diacre (ou le « diacre de la Parole »), ou le premier concélébrant, chante ou proclame l’envoi.
Ensuite, le célébrant principal baise l’autel 20.
Il existe plusieurs méthodes alternatives pour la sortie des concélébrants en fonction de leur
nombre :
- S’ils sont nombreux, ils peuvent saluer l’autel au moment où le célébrant principal le baise, et
commencer aussitôt à quitter le sanctuaire, ou les autres places qu’ils occupent, conduits par les
servants.
- En revanche, s’ils ne sont que quelques-uns, ils forment une ligne devant l’autel avec le célébrant
principal et les servants. Tous ensemble, ils s’inclinent ou font la génuflexion (si le tabernacle est
placé dans le sanctuaire).
- Si l’hymne de sortie est suffisamment longue, les concélébrants peuvent venir devant l’autel et
s’incliner, ou faire la génuflexion, deux par deux. En ce cas, les servants les conduisant à la
sacristie doivent se déplacer lentement pour éviter de rompre l’unité de la procession de sortie.
- Quand il y a de nombreux concélébrants et que certains d’entre eux ont été installés à distance du
sanctuaire, ceux-ci peuvent rester à leur place jusqu’à ce que le célébrant principal, les autres
concélébrants et les servants aient quitté le sanctuaire, et les suivre alors en une procession
distincte – cela n’est toutefois guère souhaitable et tend à diminuer leur rôle dans la célébration.
En arrivant à la sacristie, si la place le permet, les concélébrants doivent se ranger en ligne devant le
crucifix ou la croix de procession, tenue par le porte-croix, le célébrant principal occupant le centre.
Tous font la révérence habituelle en même temps.
[Link]
20
Cf. PGMR 1970, n° 208.
9