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Presse Écrite

Le cours de Méthodologie de l'information I vise à former les étudiants en communications sociales sur les principes de l'information de presse, l'écriture journalistique et le processus d'élaboration d'un journal. Les étudiants apprendront à sélectionner et traiter les faits d'actualité, en tenant compte de leur signification, intérêt et actualité, tout en développant les qualités nécessaires pour devenir des journalistes professionnels. Le rôle du journaliste est de fournir une information précise et pertinente pour aider le public à comprendre le monde qui les entoure.

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Presse Écrite

Le cours de Méthodologie de l'information I vise à former les étudiants en communications sociales sur les principes de l'information de presse, l'écriture journalistique et le processus d'élaboration d'un journal. Les étudiants apprendront à sélectionner et traiter les faits d'actualité, en tenant compte de leur signification, intérêt et actualité, tout en développant les qualités nécessaires pour devenir des journalistes professionnels. Le rôle du journaliste est de fournir une information précise et pertinente pour aider le public à comprendre le monde qui les entoure.

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1

REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO

UNIVERSITE CATHOLIQUE DU CONGO


(UCC)

Faculté des communications sociales

METHODOLOGIE DE L’INFORMATION I

(Presse Ecrite)

Cours destiné aux étudiants de la première licence en


communications sociales (LMD)

Philippe NTONDA KILEUKA

Professeur ordinaire

Edition :2023
1

OBJECTIFS DU COURS

A l’issue du cours de Méthodologie de l’information


I, l’étudiant doit être capable :
- de comprendre les principes d’une information de presse ;
- de maîtriser l’écriture journalistique en vue d’informer et de
communiquer efficacement par écrit ;
- d’apprendre le processus d’élaboration d’un journal qui
englobe la collecte, le traitement et la diffusion de
l’information ;
- d’appréhender les règles de gestion d’un journal.

Ce cours permettra également à l’étudiant de


comprendre que l’écriture journalistique est aussi le produit d’un
travail collectif qui va des informateurs aux metteurs en page en
passant éventuellement par les relecteurs et rewriters.
2

Ière PARTIE : METHODOLOGIE DE LA PRESSE ECRITE


3

INTRODUCTION

De nombreux événements se produisent à travers


le monde : chaque jour, des milliers d’enfants naissent, des
femmes et des hommes meurent, des usines entrent en grève,
certains pays sont en guerre et d’autres sont confrontés à des
difficultés économiques. Parmi ces événements, il y en a qui ont
un intérêt plus que d’autres, il y en a aussi qui ne présentent
aucun intérêt pour certaines gens, etc.
Au regard de ce qui précède, nous sommes en droit
de nous poser la question suivante : Tous les faits qui se
déroulent dans la société peuvent-ils être considérés comme
une information ? Les faits dont il est question ici concernent les
faits religieux, politiques, économique, artistiques, etc. ; bref,
des faits sociaux.
En réalité, ceux-ci s’étendent aux opinions, aux
idées, aux croyances, aux institutions, aux groupes, aux
organisations, aux processus, aux mouvements, etc.
En réponse à cette préoccupation, nous disons que
non tous les faits ne peuvent pas être considérés comme une
information; certains sont banals et ne méritent pas de retenir
l’attention. Ainsi, les événements qui manquent d’intérêt pour
les gens ne poussent guère les journalistes à les publier.
D’autres ont, par contre, un impact sur la population
parce qu’ils sont extraordinaires ou exemplaires et méritent
d’être portés à la connaissance du public. C’est précisément,
cette catégorie d’événements qui constitue une information de
presse.

CHAPITRE I. L’INFORMATION DE PRESSE

I. Approche définitionnelle
Le concept d’information est polysémique. Mais
dans ce cours, nous ne retiendrons que les définitions qui nous
paraissent significatives. Le mot latin « informatio » qui est à
l’origine du terme moderne d’ « information » renvoie à deux
familles de sens.
4

D’une part, il désigne l’action très matérielle de


façonner, de donner une forme.
D’autre part, il signifie, suivant le contexte,
enseignement et instruction, ou idée, notion, représentation.
Par ailleurs il sied de signaler que ce concept est venu du
vocabulaire de la philosophie « l’âme informe le corps », de
celui du droit « ouvrir une information contre X » ou de
l’administration « dans le sens d’enquête ».
Ceci dit, nous présentons dans les lignes qui
suivent quelques définitions d’auteur.

1. Francis BALLE affirme que le concept d’information désigne


tantôt les nouvelles portant sur l’actualité (News), tantôt les
renseignements ordonnés et souvent qualifiés, des
données concernant l’économie et le social (les data), tantôt
le savoir en général, qu’il appelle le knowledge.
2. Roger CLAUSSE définit l’information comme la relation
vraie et au jour le jour de tous les faits socialement
significatifs.
Qualifiés d’événements, ces faits socialement significatifs
sont de nature, non seulement, à intéresser le lecteur mais
aussi à exercer une influence sur sa vie personnelle et
collective.
On distingue, dans cette optique, deux types
d’information:
a. L’information d’actualité: celle - ci concerne les
renseignements du jour, les nouvelles, les faits divers, etc.
b. L’information générale : celle-ci concerne les faits de culture
ou de civilisation qu’ils aient ou non une attache directe ou
indirecte avec les événements du monde.
3. Bernard VOYENNE : Pour lui, l’information est l’annonce et
le
premier récit d’un événement intéressant la vie sociale.W
En examinant un peu en détail cette dernière
définition, nous pouvons relever les aspects ci-dessous :

L’annonce : Informer, c’est alerter. Il n’y a pas d’information


sur ce qui est permanent ou sur ce qui est appelé des «
nouvelles» (en anglais : News). En d’autres termes, seul ce
5

qui est nouveau, ou tout au moins renouvelé, est une


information pour les journaux.
Le premier récit : l’information est également une histoire,
autrement : dit un mouvement.
D’un événement : Celui-ci doit comporter l’ensemble des
attributs qui l’établissent.
Intéressant : De manière générale, tous les faits sont
matière à information. Mais, dans la presse, l’informateur
s’adresse à un public relativement défini. Et, c’est en
fonction des attentes de ce: public qu’il est amené à choisir
dans la masse innombrable des faits ce qui l’intéresse.
De la vie sociale: L’individuel en tant que tel ne donne pas
prise à l’information. Cependant, il attire l’attention lorsqu’il
joue un rôle dans la société.
Dans tous les cas, trois idées ressortent de ces
différentes définitions:
a. L’idée de la signification de l’événement (son importance
c’est-à-dire son influence sur le lecteur qui peut
engendrer des conséquences à court, moyen et long
terme);
b. L’idée de l’intérêt c’est-à-dire une information qui touche
le lecteur;
c. L’idée de l’actualité c’est-à-dire elle permet de valoriser
les faits au moment de leur déroulement dans le présent.

Nous avons donc : Annonce, premier récit,


événement, intéressant, vie sociale.
Il est important de souligner que le journaliste a
comme matière première les faits ; il les recherche, les
sélectionne et les traite pour les rendre attrayants et significatifs.
Comme nous pouvons le remarquer, nous nous
intéresserons seulement à l’information de presse dans ce
cours. De ce qui précède, il apparaît clairement que le premier
travail du journaliste est de choisir dans la multitude des
événements quotidiens les faits qui doivent être rapportés.
C’est ce choix qui va permettre de transformer un
événement, un fait quelconque qui se produit ou que l’on prévoit
en une nouvelle.
Exemple:
6

a. comment un journaliste politique choisit-il l’événement qu’il


convient de porter à l’attention du public parmi la multitude
des faits qui se produisent dans la société?
b. Comment le reporter affecté à l’hôpital détermine-t-il les
événements qui méritent d’être rapportés au public?
c. Comment un journaliste judiciaire connait-il l’affaire qu’il
convient de rapporter parmi la multitude des plaintes
déposées au parquet chaque jour?
Au regard de ces considérations, nous pouvons
affirmer que l’information de presse est l’annonce ou la
description honnête et plus ou moins circonstanciée d’un fait ou
d’un ensemble de faits d’actualité intéressant le public pour
lequel elle est diffusée.
Il y a lieu de souligner, par ailleurs, que l’information
de presse parvient au lecteur à travers le journal, lequel
constitue l’un des supports graphiques de la presse.
Et la presse est définie comme une industrie de
synthèse ayant pour objet la collecte, l’élaboration, le
conditionnement et la vente des nouvelles ainsi que de leurs
commentaires.
Précisons que la presse s’appelle aussi « médias
d’information » parce qu’elle a pour mission de rechercher,
traiter et diffuser l’information. Pour accomplir leur mission, les
médias d’information emploient des journalistes professionnels.
Par journaliste professionnel, il faut entendre toute
personne qui se voue principale et régulièrement à la collecte,
au traitement et à la diffusion des nouvelles, des idées ou des
opinions dans un ou plusieurs organes d’information et qui tire
l’essentiel de ses revenus de l’exercice de sa profession.
En d’autres termes, le journaliste professionnel est
celui qui a pour occupation principalement régulière et rétribuée
l’exercice de sa profession dans une ou plusieurs publications
quotidiennes ou périodiques ou dans une ou plusieurs agences
de presse et qui en tire le principal de ses ressources.
De manière générale, il existe deux catégories de
journalistes professionnels :
- le journaliste attaché à une rédaction ; et
- le journaliste indépendant.
7

N.B. : Sont assimilés aux journalistes professionnels les


collaborateurs directs de la rédaction : rédacteurs –
traducteurs, sténographes – rédacteurs, rédacteurs –
réviseurs, reporters – dessinateurs, reporters –
photographes, caricaturiste, à l’exclusion des agents de
publicité et de tous ceux qui n’apportent, à un titre
quelconque, qu’une collaboration occasionnelle.

II. Les qualités d’un journaliste


Le journaliste est une profession exigeante car elle
est soumise à des résultats. Le lecteur décide, en définitive, de
la valeur du produit et sanctionne : par le fait d’abandonner la
lecture ou le refus d’acheter à nouveau un journal.
Ceci dit, les qualités importantes sont :
- une bonne connaissance du français (vocabulaire,
orthographe, syntaxe, ponctuation) ou de la langue
d’écriture ;
- la pratique de l’anglais, écrit et parlé, est désormais
nécessaire car de très nombreuses sources documentaires
sont en anglais.
- La curiosité, la fraicheur d’esprit : s’intéresser à tout et avoir
envie de savoir ;
- La rapidité de compréhension : le journaliste travaille
toujours en temps limité ;
- La capacité à travailler vite et beaucoup : le journalisme est
un métier de stress ;
- L’ouverture aux autres : le non – repli sur soi et la faculté de
nouer des contacts ;
- L’esprit d’analyse et de synthèse : être capable d’extraire
d’un ensemble d’informations ce qui est le plus important et
d’organiser son discours ;
- L’humilité : garder la tête froide, respecter les autres,
respecter les faits, respecter les lecteurs et accepter la
critique ;
- La rigueur : rapporter les faits avec la plus grande clarté et
précision.
- La créativité : être capable de varier les styles d’articles et
leur présentation et trouver des sujets ou des approches
originales de l’actualité ;
8

- La disponibilité : l’actualité ne s’arrête pas ;


- L’adaptabilité : faire son travail correctement en toutes
circonstances ;
- La persévérance : ne pas céder au découragement, ne pas
se contenter d’une information incomplète
- Une bonne santé.

III. Les critères d’une information de presse


Trois critères principaux président au choix de
l’événement à transformer en nouvelle ; il s’agit de : la
signification, l’intérêt pour le lecteur et l’actualité.

a) La signification d’un événement :


Celle-ci est l’importance de l’événement. L’impact
d’une nouvelle (d’un événement) sur le public constitue l’un des
éléments-clé pour juger de la valeur d’une information.
La signification d’un événement est sa dimension
historique et sociale. Il convient de souligner, à ce stade, que la
signification profonde d’un événement est parfois difficile à
déceler directement, tout comme un événement peut sembler
capital alors que par la suite s’avère sans importance. Le
journaliste se limitera à la signification apparente, immédiate. La
signification est donc comme nous le voyons, une qualité de
l’événement lui-même. Elle est sa dimension historique et
sociale.

b) L’intérêt :
Avant d’écrire, le journaliste doit se demander si ce
qu’il écrit intéresse son public. En fait, le bon journaliste est celui
qui choisit les thèmes, les événements qui intéressent ses
lecteurs ; c’est également celui qui sait intéresser le lecteur à ce
qui l’intéresse. En définitive, dans la presse c’est le lecteur qui
compte et non le journaliste.
L’intérêt d’une information est son pouvoir
d’attraction, son degré à capter l’attention du public. Il doit
correspondre à un centre d’intérêt de ce public (intérêt pratique
9

et utilitaire, croyance, sensibilité, etc.). Dans cet ordre d’idées,


on parle aussi de l’intérêt humain ; celui-ci est lié à l’émotivité
du public, â sa recherche d’identification aux héros ou aux
victimes des faits rapportés.
C’est ainsi qu’à titre d’exemples, un public des
mères s’intéresse plus aux problèmes des enfants, etc.

c) L’actualité :
Un événement qui se produit aujourd’hui est
susceptible de constituer une information plutôt qu’un
événement qui est arrivé il y a 3 semaines.
A l’exception, toutefois, des révélations nouvelles
d’événements anciens mais inconnus. C’est comme, par
exemple, la découverte dans un village africain d’un temple
souterrain datant du 16ème Siècle.
Comme nous pouvons le remarquer, l’actualité est
donc la qualité essentielle de l’information qui doit se rattacher
au présent et n’être pas ou peu connue du public.
A côté de ces critères de base d’une information de
presse, nous pouvons ajouter :
- la communicabilité : l’aptitude de la nouvelle à atteindre la
plus grande partie du public auquel elle est destinée.
- L’honnêteté : la nouvelle doit respecter l’authenticité des
faits qu’on annonce ou écrit ; la réalité doit apparaître dans
la présentation qu’on en donne. C’est le fait de ne pas
déformer des faits ou des propos.

III. Le rôle de l’information de presse


Le journaliste informe le public dans le but de fournir à ses
concitoyens les moyens de comprendre le monde dans lequel
nous vivons. C’est pour cette raison ‘qu’il relate des faits et
présente des événements qui lui semblent aussi bien
significatifs que pertinents pour ses lecteurs.
Ces derniers n’ont ni le temps ni les moyens de
recueillir eux-mêmes ces faits, résultat d’une démarche
coûteuse en énergie et en temps. Mais, ils ont besoin de cette
information pour comprendre le monde en vue d’agir
efficacement.
10

Comme nous le verrons dans la suite du cours, la


construction d’une information n’est pas une activité simple. Elle
met en jeu des hommes et des techniques. L’information est un
élément pratique de stratégie dans la mesure où elle donne du
pouvoir. Dans cette optique, elle permet de préparer et
d’orienter les actions du citoyen.
C’est pour cette raison qu’elle doit être la plus juste,
la plus vraie et la plus complète possible.
De là découle une double responsabilité pour le journaliste :
- Une responsabilité technique: l’information rapportée doit
être vraie, précise, utile, complète.
- Une responsabilité éthique: l’information, au cas où elle
servirait des intérêts particuliers, ne doit pas desservir
l’intérêt général.
L’information de presse doit également permettre
aux
lecteurs de s’identifier à une image ou à un groupe social. De
ce fait, le journaliste doit pouvoir répondre aux préoccupations
de ses lecteurs.
Enfin, elle doit aussi contribuer au diversement,
d’une part, en égayant avec la misé en scène de multiples
expressions de la vie humaine, qu’elles soient dramatiques ou
économiques, et d’autre part, en distrayant des préoccupations
profondes.

IV. LE JOURNAL

Le journal est défini, de façon lapidaire, comme une


feuille de papier contenant des informations. Pour Bradley, un
journal est un recueil d’information et de distractions, imprimé
sur du papier très bon marché.
Le journal, comme source régulière d’informations,
fit son apparition au début du XII ème siècle. Son
développement fut rendu possible par la conjonction de trois
facteurs ;
-le développement de l’imprimerie, qui était déjà en
marche depuis le XV è sieècle ;
-l’amélioration des transports et des voies de
communication physiques,
11

-le développement du service postal qui allait


permettre de fournir à la presse l’infrastructure idéale d’une
diffusion stable.
Le journal était lu et commenté dans les cabarets
ou les salons et servait souvent de base de discutions.
L’analphabétisation était encore très répandu (ll faut attendre le
milieu du XIXè siècle pour qu’il cesse d’être un phénomène de
masse) mais il n’était pas synonyme, loin de là, d’absence de
participation aux débats politiques.
Le 1er journal régulier d’importance (des bulletins
imprimés existaient déjà ça et là) fut « La Gazette » de
Théophraste Renaudot, dont le premier numéro date du 30 mai
1631. Elle paraissait toutes les semaines sur douze pages et
avait un tirage de 1.200 exemplaires.
Un siècle et demi plus tard, le premier quotidien fit
son apparition en France « Le Journal de Paris », le 1er janvier
1777.
Actuellement, il peut être quotidien, hebdomadaire,
mensuel, etc. par ailleurs, le journal est à la fois un produit
industriel soumis aux lois économiques de son marché et une
création intellectuelle remplissant certaines fonctions sociales
dont les plus importantes sont :
- Fonction d’usage et service : le lecteur lit le journal pour y
trouver des informations et commentaires qui lui sont utiles ;
- Fonction de rêve et de distraction : la lecture permet une
évasion vers des contrées inconnues ;
- Fonction d’identification et d’intégration : l’identification à un
groupe social qui se reconnaît dans un titre et l’intégration,
par son truchement, à la vie sociale dans son ensemble.
- Fonction miroir : le lecteur aime qu’on lui parle de lui car il
veut retrouver dans son journal une partie de son univers.
- Fonction critique : le journaliste a pour rôle de traquer la
vérité.

CHAPITRE II. LES ELEMENTS DE BASE D’UNE


INFORMATION
12

Pour qu’une information soit comprise, il faut


d’abord qu’elle soit lue. Il ne sert à rien de publier des journaux
s’ils ne sont pas lus.
Dans cet ordre d’idées, il est impérieux de relever
que l‘ennemi n’est pas le concurrent mais d’abord la non-
lecture, le rejet de l’écrit. Pour un éditeur, le danger est que le
rythme des lecteurs de son journal, quel que soit l’intérêt objectif
du contenu, finisse par ennuyer.
Face à cette situation, il est donc nécessaire de
prévenir la non - lecture et le rejet de l’écrit. Ainsi, pour qu’une
information soit lue, il faut déjà que sa présentation et son style
accrochent. Pour ce faire, l’écriture journalistique consiste â
rendre compréhensible, rapidement et par le plus grand
nombre, le sens d’une information, en faisant ressortir
l’essentiel immédiatement, en donnant tout d’entrée de jeu. Pas
de fioriture ni de suspens ; il faut aller droit au but.

I. Les questions de référence


Une information doit répondre rapidement à six
questions clés. S’informer, C’est donc répondre aux questions:
Qui? Quoi ? Où? Quand ? Comment? Pourquoi?
(Who?What?Where?When?How?Why?)—5WH.
Chaque fois qu’on recueille ou rédige une
information, on doit °se poser ces six questions essentielles et
tenter d’y répondre dans la mesure du possible. On les appelle,
par convention, les questions de référence.
Il faut répondre d’entrée de jeu aux questions: Qui?
Quoi?
Où? Quand? Comment? Pourquoi?
a. Qui?
Désigne la personne, le sujet ou l’objet principal de
l’action avec un minimum d’indications permettant de l’identifier
d’une manière précise (âge, domicile, profession, qualité, etc).
Il peut s’agir:
- d’une personne (..:..a pris telle décision, a échappé à un
attentat, a volé un stylo, etc).
- d’un événement (activité politique, accident, mariage, etc).
- d’un fait (le coût de la vie a augmenté, un vol a été-, commis,
etc.).
13

b. Quoi ? :
C’est l’action, le verbe de la phrase ; il constitue
l’événement lui-même et décrit la nature de l’action (une
déclaration, un accident, une définition, etc).
Exemple
- (le préfet) s’énerve
- (une femme) accouche
- (le syndicat) prolonge (la grève)
- (les prix) augmentent
- (la fête) continue, etc.
c. Où ? :
Désigne le lieu où s’est déroulée l’action. Lorsqu’il
s’agit d’une ville, on peut donner précisions possibles ; dans tel
pays, dans telle salle, etc. Ces précisions de lieu sont
indispensables.
L’ancien président du Brésil est né dans l’Etat de Pernambuco.
d. Quand? :
Fixe le moment de l’action. On n’indique pas l’année en cours,
sauf les premiers jours de la nouvelle année en vue d’éviter
toute confusion. (Exemple, le 31 janvier …
e. Comment ? :
Indique la manière dont les choses se sont passées
et dans quel ordre. Autrement dit, par quel moyen ? De quelle
façon?
Exemple :
- (les rebelles ont revendiqué l’enlèvement) dans un
communiqué adressé à…
- (le criminel a ouvert le magasin) avec une hache
f. Pourquoi ?
Précise la cause finale, c’est – à-dire le but poursuivi et si on l’a
atteint ou non. Ici on indique donc les causes, les objectifs, les
raisons du fait relaté :
- Exemple Parce que son mari venait de la quitter (elle voulait
abandonner sa maison).
- Pour réclamer le paiement de la bourse (les étudiants ont
décidé d’aller en grève).
- : Parce qu’il veut lutter contre la criminalité (le
gouvernement a décidé…)
14

N.B: Pour qu’il y ait information journalistique, il faut que le


journaliste réponde à 4 au moins de ces questions de
référence.

II. Traitement d’une information


Selon l’importance de la nouvelle et la place dont
on dispose dans un journal, les informations peuvent être
essentiellement traitées de trois manières : la brève, le filet et la
mouture (le montage).
1. La brève : comme son nom l’indique, la nouvelle brève
est courte. On l’appelle souvent « nouvelle en trois lignes ».
En fait, elle peut avoir de trois à six lignes. Mais elle est
principalement caractérisée par le fait qu’elle ne comporte
pas de titre. Elle doit répondre aux questions de référence.
La nouvelle brève est la plus petite quantité d’information
isolable dans un journal. Formellement, la brève a trois
aspects distinctifs, liés à l’exigence de concision :
- la brève n’est pas datée : elle ne porte pas de mention du
lieu ni de la date, elle est néanmoins sourcée.
- La brève est monobloc : elle ne compte qu’un seul
paragraphe, qu’une ou deux phrases simples, qu’une
trentaine de mots dont chacun doit être utile.
- La brève est autotitrée
Il est conseillé de rédiger les nouvelles brèves de la
manière suivante :
- faire précéder chaque nouvelle d’un signe typographique
choisi une fois pour toutes afin qu’elle ne puisse pas être
confondue avec les lignes perdues ; (,x, etc.).
- rédiger la nouvelle de telle sorte que les trois ou quatre
premiers mots en soient significatifs, c’est-à-dire incite à la
lecture et annoncent déjà l’information. Souligner ces
premiers mots.
Enchaîner avec ces mots d’appel le texte même de
l’information en partant de préférence des faits les plus récents
pour remonter aux plus anciens ou en partant des faits les plus
importants pour remonter aux moins importants. Elle doit avoir
des phrases courtes.
15

Ex : - Un train a heurté, hier vers I3h00, un camion chargé des


vivres au niveau de la gari de Matete. Le chauffeur, Ekofo,
domicilié à Kisenso, a été Grièvement blessé.
- Demain samedi aura lieu le premier meeting marquant
la Sortie officielle du parti politique de X.
Les cérémonies de nombreux délégués venus de
l’étranger.
N.B. Faire attention au Pseudo-brèves
2. Le filet: II se différencie essentiellement de la nouvelle brève
en ce
qu’il est doté d’un titre séparé. Ce titre est généralement court
(une ligne ou deux) et porte sur l’essentiel de l’information sans
aucun commentaire. II comporte 10 à 30 lignes. Lorsqu’il
provient d’une agence de presse, il peut être reproduit tel quel.
Toutefois, il convient de relire soigneusement le texte pour
éliminer les fautes éventuelles ; sinon, il peut être réécrit
(rewriting).
Exemple : accident d’avion à Goma
- Un avion de Gomair desservant la ligne Kinshasa-Goma
s’est écrasé à l’aéroport de X faisant un mort et plusieurs
blessés. Le filet peut ou ne pas être daté ;
- il est daté c’est-à-dire qu’il comporte les indications de lieu
et de jour démission lorsqu’il s’agit d’une dépêche
d’agence ;
- il n’est pas daté lorsqu’il s’agit d’une dépêche d’agence ;
- il n’est pas daté lorsqu’il a un caractère local.
3. Le montage ou la mouture : on appelle montage ou mouture
un ensemble de dépêches sur un même sujet, parvenues
successivement et émanant souvent de sources différentes, qui
sont refondues en une rédaction harmonisée ; il s’agit, en
d’autres termes, d’un ensemble des dépêches sur un même
sujet provenant d’une même source ou des sources différentes
(ACP, AP, AFP, etc) et refondu dans une rédaction globale et
homogène. Faire une mouture consiste à faire un montage à
partir des sources diverses d’information sur un fait, une
situation, un dossier ou un problème donné.
Comme le filet, la mouture comporte un titre
informatif sans indications de la source.
16

La mouture est nécessairement réécrite parce


qu’il s’agit, par exemple, de fondre les informations ou parties
d’information d’origines diverses.
Le montage et la mouture sont deux termes
pratiquement synonymes. Le montage peut être considéré
comme une suite de textes reproduits sans changements
importants et la mouture comme une version entièrement
réécrite.
Dans la pratique, le montage ne se présente pas
autrement qu’un filet, si ce n’est qu’il a des dimensions
généralement plus importantes.
Il est doté d’un titre strictement informatif, comme
le filet, et
suit les mêmes règles en ce qui concerne les mentions d’origine
et de jour, d’émission.
Cependant, il ne comporte pas d’indication de
source.
La méthode de rédaction d’un montage est la suivante:
- Réunir en un dossier tous les éléments dont on dispose en
les classant par heure d’arrivée;
- Confronter entre elles les informations diverses. Eliminer
celles qui font double emploi, en ne gardant que les
versions les plus récentes et les plus sûres.
- Harmoniser, selon les mêmes principes, les informations
qui se contredisent; Porter une attention spéciale aux «
développements » et à la « synthèse » lesquels s’ils sont
bien faits, fournissent des éléments importants au récit
définitif;
- Fixer les dimensions et établir un plan;
- Commencer la rédaction par un paragraphe synthétique qui
donne, en quelques lignes, tous les éléments essentiels de
l’information (« Lead »). Ce paragraphe devra répondre à
toutes les questions de référence;
- Poursuivre le récit normalement depuis le début de
l’événement;
- Renvoyer en annexe, en particulier sous-forme d’encadré,
- les éléments qui forment un tout en eux même et
alourdiraient le récit ;
17

- Disposer le récit en paragraphes assez courts et selon une


progression rigoureusement ordonnée;•
- Grouper l’ensemble en trois ou quatre grandes articulation
séparée par des « inter-titres ».

III. Le style
Le style journalistique est direct et privilégie la
clarté, la précision et la simplicité de l’écriture. Il faut toujours
commencer par l’INFORMATION ESSENTIELLE. C’est le
« droit au but ». Cette information centrale est ce qu’on appelle
« LE MESSAGE ESSENTIEL ».
En style journalistique, on utilisera au maximum
des phrases courtes, incisives. Le lecteur retient mieux, en
général, la première moitié d’une phrase. Placez l’essentiel de
l’information au début de chaque paragraphe.
La structure syntaxique la plus assimilable, la
mieux comprise est la structure habituelle : SUJET – VERBE –
COMPLEMENT. Une seule idée, une seule information par
phrase. Evitez les constructions trop longues ou alambiquées.
Evitez, si possible, les énumérations, ou alors
faites-les succéder les unes après les autres en allant à la ligne
entre chaque énoncé.
Revenez donc souvent à la ligne, créez des
paragraphes fréquents, s’enchainant de façon logique et
cohérente.

Repérez les jointures des phrases et coupes-les à


cet endroit avec un point, enlevant au maximum :
- les pronons relatifs (qui, que, dont, lequel, desquelles,…)
- les conjonctions de subordination (alors que, après que,
aussi que,…)
- les conjonctions de coordination (mais, et…), les points
virgules,…

CHAPITRE III. L’ART DECRIRE


L’art d’écrire peut être considéré comme le style
journalistique en ce qui concerne la presse écrite.
18

Comme l’avons déjà souligné, l’écriture


journalistique est différente des autres : c’est son efficacité à
véhiculer un message qui prime. Cette écriture doit être efficace
c’est-à-dire beaucoup de choses en peu de phrases et de
manière attractive. Pour qu’une information soit comprise, il faut
d abord qu’elle soit lue, pour qu’elle soit lue, il faut déjà que sa
présentation et son style accrochent ».
Une des grandes particularités de l’écriture de
presse est que, que toute autre forme d’écriture, elle doit
constamment tenir compte de l’effet graphique et visuel qu’aura
le texte en fin de course.
Le style journalistique, c’est surtout rendre
compréhensible, rapidement et par le plus grand nombre, le
sens d’une information, en faisant ressortir l’essentiel
immédiatement, en donnant tout d’emblée. Pas de fioriture ni de
suspens : droit au but.
En d’autres termes, le style journalistique est direct
et privilégie la clarté, la précision et la simplicité de l’écriture.
Précision tout de suite que simplicité n’est pas facilité ni
pauvreté.
Un article de journal découle souvent de faits à
d’observation directe ou des sources dignes de foi. Il présente
avec exactitude et raconte aux lecteurs ce qui s’est passé ; qui
était concerné, quand et où l’événement a eu lieu ainsi que les
causes de celui-ci (comment et pourquoi).
Les articles écrits sous ce modèle vont donner
satisfaction aux lecteurs parce que la logique est respectée.
Cependant, on attend beaucoup plus du journaliste qui rédige
un article. Contrairement à l’écrivain, le journaliste utilise
comme matériaux les faits qu’il voit.

I. LA TACHE DU REPORTER
La recherche de la vérité et l’énoncé clair de celle-
ci sont les premiers devoirs d’un bon journaliste.
Quelques principes
- N’écrivez pas avant que vous n’ayez compris ce s’est passé
- N’écrivez pas avant que vous ne sachiez cc que vous
voulez dire
- Montrez mais ne dites pas
19

- Faites usage des noms concrets et des verbes actifs et


colorés
- Eviter l’abus (les adjectifs ainsi que l’usage des adverbes
pour appuyer les verbes)
- Abstenez-vous de juger, de conclure, de déduire
- Ne posez pas des questions auxquelles vous ne pouvez
pas répondre dans votre copie.
- Ecrivez avec simplicité, succinctement et vite
Pour un style clair, vigoureux et vivant, écrivez court
et dense. Condamnez toute phrase qui n’apporte pas une
information ou une idée. A l’intérieur de chaque phrase, barrez
les mots inutiles qui n’apportent pas une information. Supprimez
tout ce qui est superflu.
Entre deux synonymes, il faut choisir le plus court et le plus
concret :
Exemple :
- Distinguer et différencier
- Emouvoir et émotionner.
- Très cher et excessivement cher

II. LA STRUCTURE D’UN ARTICLE


Un article comprend:
- L’attaque
- Le développement
- La chute
- La signature
Avant décrire, le journaliste doit penser à son plan (ce qu’il doit
écirire et la manière). Il faut d’abord les idées avant les mots. Le
reporter devra donc se poser 2 questions fondamentales :
1. Qu’est ce que j’ai à dire ?
2. Quel plan vais-je adopter?
Signalons, par ailleurs, que l’on parle de l’accroche
journalistique qui signifie simplement le journal doit d’abord être
vu avant d’être lu. Il est question de provoquer la libre adhésion
du lecteur car le rédacteur doit aussi apprendre à. vendre son
message.
Les premiers éléments d’accroche sont bien sûr la
forme du journal, sa mise en page, les titres, les chapôs et les
illustrations.
20

En ce qui concerne la structure d’un article, celle-ci


doit être simple. Il existe un plan que la plupart des articles, d’un
journal adopte ; ce plan comporte:
- le lead ou l’attaque
- le corps ou la progression ou le développement
- le chute ou la clausule.
1. Le lead ou l’attaque
L’attaque est la première phrase ou le premier
paragraphe d’un article. Elle sera toujours brutale, dans le vif du
sujet. Pas de circonlocutions, ni d’explications préalables mais
un démarrage en flèche. Une phrase courte, incisive, si possible
originale, et qui donne l’essentiel ou donne envie de le savoir,
elle doit provoquer et retenir l’attention du lecteur.
Si l’on n’a pas saisi l’attention dès les premiers mots
tout est raté car le regard du lecteur sera porté ailleurs. C’est
pourquoi l’attaque est importante. L’anglais la désigne par «
catch phrase » car il s’agit bien d’attraper une proie et de ne
plus la lâcher.
On distingue trois sortes d’attaque:
a. Le lead (déjà évoqué plus haut) : il donne l’essentiel de
toute l’information avec le minimum de mots, comme on le
fait dans une nouvelle brève.
b. L’attaque-surprise : C’est le direct à l’estomac, qui est
destiné à couper le souffle.

Exemple :
Hier, c’était une ville, aujourd’hui, c’est un désert
Cette attaque ne souffre pas la médiocrité. Manquée, elle
devient ridicule. Il ne faut pas en abuser car l’habitude tue
la surprise.
c. L’attaque suspendue (« suspense ») : C’est celle qui ne dit
rien en ayant l’air de tout dire et met le lecteur suffisamment
en appétit pour lui donner la patience d’attendre le plat de
résistance.
Exemple : « Trois scaphandriers dilettantes ont réveillé hier
la reine de Saba (début d’une modeste historique
d’archéologie sous-marine).
21

Ces trois attaques, avec leurs variantes ou


dérivées, par exemple : attaque ironique) seront utilisées
concurremment, selon les circonstances ou l’humeur, sans
préférence exclusive.
En matière de style comme de cuisine, c’est la
variété qui stimule l’appétit.
Une attaque est d’abord le résultat de l’imagination créative de
chacun. Elle peut commencer par :
- une photographie : situer l’action par une description ;
- une citation : un choix bien adapté lorsqu’un ou plusieurs
sont mises en scène dans l’article.
- Une histoire : commencer par une anecdote
- Une formule : elle doit être choisie pour son rapport étroit
avec le sujet de l’article
- Un détournement de formule : un seul mot changé et une
phrase célèbre s’adapte à l’article
- Une image : elle va être le symbole du papier
- Un paradoxe : attaquer le sujet par où on se l’attend pas
- Une bizarrerie : piquer la curiosité du lecteur par une
description, une image, un fait anormal ou peu banal
- Une affirmation : une affirmation significative et inattendue
- Une interrogation : a condition de ne pas en abuser (tout
article est la réponse à une interrogation) et de donner la
réponse tout de suite
- Une dramatisation : c’est le même principe.
- Une analogie : faire appel à l’imaginaire du lecteur ou à sa
mémoire par une comparaison ou une analogie
- Une prise à partie : mettre en scène le lecteur lui-même
pour montrer qu’il est concerné
- Une ironie : avec finesse
- Une accumulation : il s’agit d’une série d’images, de mots
- Une phrase insolite : amener le lecteur à vouloir en savoir
plus
- Un jeu avec les mots : un clin d’œil au lecteur
N.B. : Les attaques doivent être variées dans un même journal
et le journaliste doit sans cesse se renouveler pour tenter de
« surprendre » à chaque article.

Exemple :
22

- La gendarmerie a trouvé le corps de X sur un terrain vague


- Mbuta Muntu veut briguer le poste de Bourgmestre.
Cette construction de S.V.C. est la base du style
journalistique.
Un bon lead doit être:
- Court
- Condense
- D’actualité

Le meilleur lead doit comporter l’élément le plus


important ou le plus actuel, il doit être lisible.

Conseils pratiques pour écrire un lead:


- Trouver l’élément ou les éléments essentiels de l’histoire
- Choisir tous les éléments essentiels
- Résumer les éléments les plus importants.
Nous y reviendrons dans les pages qui suivent.
Il s’agit d’un fait qui appelle un autre et les séquences doivent
s’enchaîner comme dans un bon film. Pour maintenir l’attention
du lecteur, on fait pour appel à la relance.
- La relance est tout ce qui contribue à maintenir l’intérêt tout
au long de la lecture.
Le meilleur moyen est de:
- Commencer les phrases par les informations les plus
importantes. Chaque début de phrases, chaque début de
paragraphe devraient, être une accroche;
- Rompre le rythme. Alterner phrases courtes et moins
courtes (en privilégiant tout de même les premières).
- Multiplier les citations et les exemples dans tout le corps du
texte.
- Aller souvent à la ligne. La multiplication des phrases
atténue l’aspect grisâtre des colonnes de texte.
- La relance est aussi donnée par des intertitres percutant,
attractifs.
- L’accroche journalistique consiste en ce que, comme nous
l’avons dit, le journal doit être vu avant d’être lu.

3. La chute ou la clausule : c’est la dernière phrase de l’article


le dernier paragraphe ou les dernières lignes du texte.
23

Elle est d’une importance décisive dans tous les articles (surtout
de commentaire et de fantaisie) parce qu’elle traduit
l’impression sur laquelle on veut laisser le lecteur.
Toutes les fins en queue de poisson » ainsi que celle où l’auteur
semble tourner en rond faute de trouver son terrain
d’atterrissage sont à éviter.
Un bon article d’information se termine comme il a
commencé, sur de l’information.
De manière générale, la chute d’un texte concourt à renforcer
l’ange général de l’article. Elle doit être nerveuse et rythmée,
avec des phrases courtes, imagée, originale.
- D’une réflexion, d’un sentiment personnel
Exemple : « A la réflexion, c’était la moindre des choses ».
- D’une note d’humour, d’une modification dans le ton de
l’article, d’une remarque en décalage.
- D’une note qui condense l’essentiel du message que le
journaliste veut faire passer.
- D’une ouverture sur le futur, une suite envisageable, qui
laisse l’intérêt intact.
- D’une courte morale, les proverbes peuvent fournir une
conclusion.

N.B. : Attention, évitez les généralités et les banalités

III. L’ACCROCHE JOURNALISTIQUE


Il ne suffit pas d’avoir une bonne information, encore faut-il
savoir la mettre en valeur.
Les premiers éléments d’accroche sont :
- la forme du journal
- la Une
- les Titres
- les chapos et
- les illustrations
Il est important de souligner que le journal est VU
avant d’être Lu.
24

IV. LE PLAN JOURNALISTIQUE


Comme nous l’avons souligné précédemment, le
plan journalistique constitue une partie importante dans la
structure d’un article. Il intervient au niveau du corps ou de la
progression:
Un bon plan est celui dans lequel les informations
ont été hiérarchisées et organisées.
Ne rédigez pas dans l’ordre où sont arrivées les
idées ni dans celui où vous apprenez nos informations : le fil
conducteur sera trop aléatoire et le lecteur risque de ne as vous
suivre.
Un bon article d’information se termine comme il a
commencé, sur de l’information.
- N’écrivez pas non plus simplement dans l’ordre
logique d’enchainement d’idées ou des faits : vous ennuierez le
lecteur en ne sélectionnant pas les informations.
Un article est réussi quand son auteur a fourni des
efforts d’en classer, d’en combiner l’élément selon un ordre
particulier. L’ordre doit être avant tout psychologique et
privilégier l’émotionnel, le sensible plutôt que le rationnel.
Lorsqu’on a déterminé l’angle de l’article (direction
donnée à un article, aspect choisi), on a sélectionné les
informations, on a précisé son message essentiel, il est
important de prendre encore un peu de temps pour faire un
plan.

A ce sujet, trois règles sont à observer:


1. Oublier la dissertation : Le plan de la dissertation appris à
l’école secondaire se résume avec : Introduction –
développement - conclusion. Celui-ci va à l’encontre du
principe journalistique qui consiste à apporter un fait
nouveau de connaissance. L’article doit donner le message
essentiel II faut donc inverser la vapeur: La conclusion
d’abord.
2. Chaque partie est un tout: Chaque paragraphe comporte
des éléments nouveaux par rapport aux autres.
3. De bons enchainements : II faut tenir en éveil, si non en
haleine, le lecteur à travers toutes les étapes du papier.
25

Pour toutes ces raisons, on recourt au plan appelé


La pyramide inversée ; C’est le plan de base spécifique au
journalisme. Il consiste à aller tout de suite à l’essentiel et
hiérarchiser les informations. Ce plan enchaine les informations
à partir du message essentiel (réponse aux « questions de
référence ») qui se trouve dans le premier paragraphe, par ordre
décroissant d’importance (d’où son nom de pyramide inversée).
Les paragraphes suivants développent les questions de
référence en apportant les compléments qui donnent la valeur
ajoutée à l’information.
Cela dit, on distingue 5 sortes de plan.

1. Le plan « pyramide inversée » Il consiste à placer l’élément


le plus important dès le début. Le premier paragraphe livre
l’essentiel de la substance informative en répondant
synthétiquement aux questions Qui ? Quoi? Quand? Où?
Comment? Et Pourquoi?
Les paragraphes sont disposés selon l’ordre d’importance
décroissant.
- Ici, la hiérarchisation est à son plus haut degré.
- Le lecteur accède directement au cœur de l’information, à
sa conclusion, même en cas d’abandon de lecture.
- Très pratique au niveau de mise en page car on peut couper
les dernièrs paragraphes sans altérer le sens principal
l’information.
- Ne jamais garder le meilleur pour la fin ni entretenir le
suspense en dévoilant l’information essentielle vers la fin ;
ce plan est qualifié de psychologique
2. Les plans chronologiques
2.1. Chronologie simple : On expose les faits suivant leur
déroulement dans le temps. Ce plan a pour inconvénients:
- On joue contre la loi de la proximité en partant de
l’événement le plus lointain
- On n’opère aucun classement, aucune hiérarchisation de
l’information;
2.2. Chronologie inversée : On part de l’événement (description
du fait, de la situation) pour aller au passé (analyse des causes),
remonter au présent (description des conséquences) et
conclure sur les perspectives futures.
26

3. Les plans analytiques


3.1. Plan descriptif: Présente l’information et son
environnement. Sa structure la plus classique présente la
situation, ses causes et ses conséquentes.
3.2. Plan dialectique: C’est le classique « Thèse-antithèse-
synthèse »
4. Les plans libres
Celui-ci est déterminé par le message essentiel et a toutes les
chances d’être original. Il est assez simple à manier quand on
connait bien son sujet. II est valable surtout pour les reportages.
5. Le plan démonstratif
II doit enchainer les arguments ou les faits dans un ordre aussi
proche que possible du réel. Il convient à tous les articles
d’information portant sur des questions controverses et articles
d’analyse, enquêtes, commentaires.

N.B : Le plan - type:


- Le lead
- Le corps : les éléments qui expliquent le back-ground
(arrière plan).
Les éléments moins importants (les éléments secondaires)
- La chute.

CHAPITRE IV. LA REDACTION DU TITRE


A l’exception des nouvelles brèves, tous les autres
articles doivent avoir un titre. C’est ce titre qui individualise un
article ou une information. En règle générale, le titre résume
l’article. Le titre, c’est l’essentiel de l’essentiel
Il incite à la lecture et, à la rigueur, doit pouvoir en
dispenser. Le titre donnera donc l’essentiel du texte, ni plus, ni
moins
Par conséquent, tous les éléments qui sont utilisés
dans le titre doivent explicitement figurer dans le texte. Il ne faut
jamais considérer que Le titre supplée au texte.
Le titre doit cependant être conçu comme
strictement indépendant du corps même de l’article. Il annonce
l’article et en condense les faits essentiels mais n’en constitue
ni le début ni même une sorte de préface : le titre est une chose,
l’article en est une autre.
27

I. Les qualités d’un bon titre


1. Un bon titre est fait sur mesure et, donc, étroitement adapté
au texte qu’il annonce. Le titre doit, non seulement, résumer le
contenu d’un texte mais il doit encore s’efforcer d’en indiquer les
particularités. Evitez des titres vagues ou passe-partout.
Ex : Incroyable drame au palais des sports
2. Un titre est facile à lire et à comprendre : la clarté et la
simplicité en sont les qualités essentielles. Les mots abstraits,
trop longs ou d’emploi plus courant, ainsi que les ambiguïtés
sont à éviter.
3. Un bon titre doit être dynamique : il sera, le plus souvent
possible, construit autour d’un verbe d’action employé à un
mode permet présent et, de préférence, au présent de l’indicatif.
N.B. : Les titres interrogatifs sont à éviter ; le journaliste ne pose
pas de questions à ses lecteurs, il répond plutôt aux questions
des lecteurs.

4. Un bon titre incite à la lecture de l’article qu’il annonce :


c’est l’échantillon placé en vitrine et qui donne envie d’acheter.
Par conséquent il doit être attrayant, coloré et original en tenant
compte du public du journal.
5. Un bon titre est ramassé et nerveux, sans élément superflu
et redondant. Il doit aller droit au but avec le minimum de mots,
en évitant autant que possible les termes purement
grammaticaux qui ne disent rien par eux-mêmes.
6. Un bon titre par conséquent, doit être travaillé : Dès qu’il
s’agit d’un cas un peu complexe, il est rare que l’on parvienne
du premier coup à une rédaction satisfaisante.

Autrement dit, le titre doit:


- Accrocher le regard;
- Donner l’essentiel en un coup d’œil;
- Favoriser le choix;
- Structurer la page;
- Hiérarchiser les informations.
28

II. Les fonctions du titre


Le titre remplit 3 fonctions essentielles :
- faire voir
- faire savoir
- faire valoir
a. Faire voir : c’est la fonction d’annonce d’appel ; la première
fonction du titre est d’attirer l’attention du lecteur. Composé
en gros caractères, il doit être vu, sauter aux yeux dans la
page. Il doit être immédiatement compréhensible. Il doit
aussi structurer la page.
b. Faire savoir : c’est la fonction déclarative du titre, le titre doit
ensuite dire l’essentiel de ce que contient l’article. Il doit
permettre au lecteur de faire son choix : si ce que dit le titre
l’intéresse, il sera incité à lire l’article, mais si ce qu’annonce
le titre ne fait pas partie de ses préoccupations du moment,
il doit pouvoir tourner la page en toute connaissance de
cause.
c. Faire valoir : c’est la fonction incitatrice, opérative, du titre
qui invite à désirer poursuivre la conservation, le titre doit
donner une idée précise à la fois du contenu de l’article et
du mode de traitement de l’information puisqu’il s’agit de
donner envie au lecteur de lire l’article.

III. Les sortes de titre


Il existe deux catégories de titre : Le titre informatif
et le litre incitatif.
A. Le titre informatif a pour but d’apprendre un fait au lecteur,
de lui donner une information utile pour sa culture personnelle,
dans sa profession, dans sa vie quotidienne, etc. Sa principale
qualité est de contenir l’essentiel de l’information dans son sens
exact et précis. Le titre d’information est lui-même une
information et, par conséquent, doit donner le message
essentiel de l’information qu’il coiffe.

Ex: Bientôt de l’eau potable à Kinseso


Quatre règles président à l’élaboration du titre:
29

a. Répondre en partie aux questions de référence


essentiellement Qui? Et Quoi ? Puisque le titre doit être
court et précis (angle fermé »).
b. Condenser en éliminant les redondances, les mots inutiles,
les compléments d’information non essentiels.
c. Jouer avec la titraille et particulièrement avec le surtitre pour
situer l’action ou donner le domaine concerné par l’article.
d. Avec ou sans verbe : Deux grandes possibilités s’offrent pour
l’écriture du titre informatif Sujet-verbe-complément ou une
construction sans verbe. .

Exemples :
- Le gouverneur de la ville s’est rendu à Kinkole.
- Le gouverneur de la ville à Kinkole.
Les deux formes ont leur avantage. La première indique
l’action ; elle a de la vigueur. La seconde est ramassée ; elle
insiste d’emblée sur le mot clé.
Un titre doit être si possible dynamique, énergique, vivant.
Aussi, pour mieux retenir l’attention, on préférera la forme
affirmative à la passive ou négative.

B. Le titre incitatif : ici, l’objectif n’est pas de donner


l’information principale de l’article mais plutôt son sens général,
en étant suffisamment accrocheur pour inciter à la lecture. Il est
donc destiné à piquer la curiosité.
Le message essentiel une fois déterminé, on recherche une
évocation, une formule lapidaire dans le but de toucher le
lecteur, d’éveiller son intérêt pour le sujet.
Il existe mille et une sortes de titres incitatifs.
Parmi ceux-ci, on trouve le titre de commentaire celui-ci en
donne l’esprit. C’est ainsi que le titre de commentaire est
essentiellement allusif. Il « pique la curiosité » et ramasse dans
une formule l’image que l’on veut suggérer au lecteur ou la
conclusion à laquelle on souhaite l’amener,
Ex : le sommet de Nairobi est inutile.
Les principaux titres incitatifs sont constitués de la
manière suivante :
30

a. Le choc des mots : Un procédé simple consiste à choisir des


mots forts, des mots « choc », extraits de l’article ou en
rapport direct. Le but est de frapper l’imaginaire du lecteur
en principe un titre également court.
b. Le mot évocateur : II invite à choisir un mot bien en rapport
avec le sujet traité.
c. Piquer la curiosité : Enoncer une invraisemblance, une
bizarrerie propre à donner envie d’en savoir plus.
d. Personnaliser : Une manière classique de susciter l’intérêt du
lecteur: s’adresse à lui directement, de prendre à partie.
e. Les jeux de mots : Il consiste à faire une association de mots
plus ou moins inattendue.
Ex : C’est la guerre de récession
f. L’œuvre détournée : II s’agit de reprendre et plus souvent «
détourner » : le titre dune œuvre culturelle connue,
essentiellement des livres et des, films, mais aussi en
référence à la télévision, à la musique.
g. Jouer avec les formules : la formule, héritée d’un dicton,
d’une phrase célèbre est une inépuisable source de titres
incitatifs.

h. Les allitérations C’est une façon d’attirer l’attention- et l’œil-


du lecteur par ce procédé stylistique qui consiste en principe
à répéter les consonnes des mots dans une phase.
Ex : pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ?
(Racine dans Andromatique) -Je hais les divas de nos divins
divans.
i. La dialectique des mots : Ce procédé consiste à jouer sur
des oppositions de mots apparemment contradictoires, et
qui crée une surprise.
Ex : - Ces économies qui nous ruinent

- les vertus de l’infidélité


- le calumet de la guerre
- le coup de jeune du vieux colombien
- le vote blanc prend des couleurs.

j. La collision d’événements : Astuce fréquemment utilisée par


les dessinateurs de presse, la collision d’événements consiste
31

à raccrocher un fait à un événement d’actualité présent dans


toutes les têtes.
Ex: les élections et la coupe du monde de football, etc.

IV. La Forme du Titre


La forme définitive d’un titre est toujours
conditionnée par l’emplacement que l’on prévoit pour lui dans la
page.
En d’autre termes, il n y a pas de titre « en soi mais seulement
des titres en situation ».
La forme du titre, son contenu et son style sont commandés par:

a. La longueur de l’article : Un texte court appelle en principe un


titre également court.
b L’emplacement dans le journal et dans la page : il est donc lié
à l’importance attribuée à l’information ou à l’article.
c. Le colonage : C’est le facteur le plus strictement matériel,
parce qu’il détermine le nombre de lignes que l’on veut
donner au titre.

V. Les éléments du titre


Un titre complet se décompose en plusieurs parties
dont l’ensemble s’appelle, en argot de métier, la « titraille ». Ce
sont, de haut en bas :

a. sur-titre : il surmonte le titre en caractères généralement


assez petits. Il répond à la question « où » et « Quand»
Ex : Hier, au palais de la Nation (sur titre )
Le P.R a reçu le lettres de créance de l’Ambassadeur de la C.I
(Titre).
Les relations seront renforcées ( sous-titre).
b. Le titre proprement dit: C’est celui qui a naturellement la
vedette
Le titre donne l’information principale.
c. Le sous-titre2, à peu près symétrique du sur-titre mais à la
suite du titre. Il donne des informations supplémentaires sur
le titre.
32

d. Le sommaire : II s’agit d’une énumération des aspects


importants de l’article qui n’ont pas été signalés dans le
reste du titre.
Ex: Hier au. Palais du peuple
Le P.R. a reçu les vœux des corps constitués:
L’année 2009 proclamé année, du Social
Il n’y pas de problème politique au Congo
Les salaires augmentent de 15%.
NB. Il n’est nullement indispensable qu’un titre particulier utilise
tous les éléments énumérés ci-haut. Actuellement, on n’aime
plus des titres trop surchargés.
Les inter-titres appelés couramment «inters» sont de petit
sous -titres, d’une ligne ou deux au maximum, qui coupent un
texte à intervalles réguliers (tous les trois ou quatre paragraphes
environ) et en facilitent la lecture. Ils seront rédigés, comme les
titres, dans un style direct et imagé. Il faut, par ailleurs, bien
veiller à ce qu’ils se rapportent au texte qui suit et, dans le cas
où l’article serait coupé, vérifier si l’inter-titre qui précède la
coupe n’a pas être refait. On ne doit pas placer d’inter-titre
directement après le lead.

VI. Les hors – textes


Il s’agit des encadrés, illustration et légendes.
a. Les encadrés : un encadré est un texte court, titré, entouré
d’un cadre (ou composé sur une justification différente de
celle du texte), souvent disposé sur un fond tramé ou de
couleur ; mis en page d’une manière qui le fasse apparaître
à la fois, comme distinct du corps d’un article et évidemment
lié à lui.
b. L’encadré « accrocheur » est celui qui met en valeur un
détail expressif (anecdote, silhouette, propos,….
c. Les illustrations : il s’agit des photos, de dessins, etc. il est
important de s’assurer la collaboration des professionnels
de l’image (photographe et échographe, dessinateur,
cartographe, etc. A ce sujet, soulignons que les fonctions
de l’image sont diverses et complémentaires.
Elle peut avoir un rôle :
- informatif ;
- documentaire
33

- symbolique
- divertissant
- illustratif – décoratif.
d. Les légendes : Toute illustration doit s’accompagner d’une
légende c’est – à – dire d’un texte qui en explicite le contenu
et la signification au cas où ils ne sont pas évidents. L’image
et la légende forment un tout.

VII. Les appels rédactionnels


Les principaux appels rédactionnels sont : le titre,
les intertitres et le chapeau ou chapô.
a. Le titre (voir ligues précédentes)
b. Les intertitres (voir lignes précédentes)
c. Le chapeau : le chapeau ou le chapô est un début d’un
article composé sur une plus grande justification et donnant
l’impression de couvrir le texte. Il s’agit d’un court texte
rédactionnel coiffant ou précédent le corps d’un article et le
résumant.

CHAPITRE IV. LA RECHERCHE DE L’INFORMATION


La collecte des faits. La recherche des nouvelles
n’est pas une simple opération d’enregistrement. C’est une
activité créatrice qui dégage l’événement d’un ensemble distinct
de faits, l’atteste par des preuves et l’inscrit dans un
enchaînement significatif.

Trois grandes règles s’imposent à l’informateur:


- Exactitude,
- Nouveauté
- Intérêt.
Il n’ya pas d’information qui ne doive posséder
indistinctement ces trois qualités et la meilleure est celle qui les
réunit au plus haut degré. Pour le reste, c’est affaire de
circonstances et de réflexe.
Le journaliste est comme un chercheur d’or ; ni l’un
ni l’autre ne se contente de la matière de surface même
d’impénétrables barrières gênent la recherche. Il se peut aussi
qu’il soit nécessaire d’arrêter de creuser et de faire bon usage
34

de ce qui a été déjà déterré lorsque cela est le fond de choses


c’est-à-dire la vérité de l’événement. Il doit essayer de découvrir
les vérités pertinentes pour les gens qui ne peuvent être
témoins eux-mêmes et /ou ne peuvent comprendre l’événement
qui les affectent.
L’ensemble des faits peut se classer en deux
catégories : Les événements prévisibles et les événements
imprévisibles. L’organisation de la collecte sera différente dans
l’un ou l’autre cas.
1° Les événements prévisibles : Ce sont ceux qui dépendent
essentiellement dune décision humaine et qui se produisent
donc à une date fixée.
Ex: Défilé du 30 juin.
Pour ce type d’événements, la recherche consiste à se
procure à l’avance et à inscrire sur un agenda toutes les
précisions de date, d’heure, de lieu, etc.
2° Les événements imprévisibles on peut les désigner, d’un
terme général, sous le nom d’accidents parce qu’ils ne
dépendent pas de la seule volonté humaine mais de
certaines circonstances.

II. Les sources d’information


Tout fait peut être matière à information. Cela veut
dire qu’on trouve l’information partout. Il suffit de la chercher et,
souvent, simplement de la voir ; de nombreuses information
n’attendent qu’un informateur.
Pour découvrir l’information, il faut être présent au milieu des
hommes. Partout où des hommes sont rassemblés,
l’information trouve son terrain.

1. Les phases de la recherche


La collecte de l’information se fait de plusieurs manières. A
chaque cas précis correspond une technique appropriée.
On peut distinguer, dans la recherche de l’information, les
formes ci-après :
- La réception : C’est le simple recueil d’informations fournies
spontanément par les intéressés. Entrent dans cette
35

catégorie les communiqués, avis, conférences de presse,


etc.
- La découverte si les informations ne se présentent pas
d’elles mêmes, il faut, aller les chercher. Découvrir une
information, lorsqu’elle n’est pas secrète mais simplement
virtuelle, c’est dissiper ce qui la cachait aux yeux du public.
- Le dépistage : il arrive aussi que l’information soit
dissimulée (c’est-à-dire soustraite - quelque fois pour des
raisons légitimes - aux investigations des informateurs).
- L’analyse : lorsque les sources directes sont défaillantes ou
insuffisantes, il fait recourir à l’examen critique et à la
confrontation des indices. C’et ici que l’information se
révèle, au plus haut degré, comme une création de l’esprit.
Par ailleurs, on peut distinguer 3 niveaux de la
quête des faits:
a. Les nouvelles provenant des sources;
b. Les événements spontanés et l’initiative du reporter;
c. L’interprétation et l’explication.
a. Les nouvelles proviennent des sources : l’information est
extraite des conférences de presse, des communiqués, des
annonces publicitaires, des déclarations, des discours, des
comptes rendus, de décrets, des décisions, des’ arrêtés, des
ordonnances, ‘etc. Tous cette manière émane de la source qui
la contrôle.
Ex: Présidence de la République, Ministère, Direction, etc.
Le reportage ici pourrait être considéré comme
objectif. Il s’agit de la transcription méticuleuse et précise d’un’
dossier, d’un discours, d’un annonce. Ce travail est confié
souvent aux rewriters.
Ces derniers n’ont qu’à trier, à arranger les faits
délivrés, à vérifier les adresses, les dates, l’orthographe des
noms, etc.
Les articles sur ces faits s’appuient presque
complètement sur l’information que la source a fournie. Le bon
reportage ne doit pas s’arrêter’ à ce niveau-là. L’attitude
journalistique exige que le reporter fasse ses propres
observations ou vérifie l’information fournie s’il ne peut lui-même
l’observer.
36

b) L’initiative du reporter face aux événements spontanés


Les événements importants exigent que le reporter
creuse dans l’’informatin fournie par une source. Cette dernière
(la source) peut en effet intentionnellement ou non donner une
information manipulée. D’où la nécessité pour le journaliste de
vérifier une information à ‘partir d’autre source.
En creusant et en vérifiant les faits, on finit par
découvrir ce qui se cache derrières les discours officiels. De
cette façon, on atteint les explications raisonnables et logiques.
Le journaliste cherche des faits à ce qu’il a eu de la source. Il
décrit le déroulement des pseudos événements et utilise sa
connaissance comme source des faits pour son article.
Un bon reporter ne publiera pas tel quel un
communiqué de l’hôte) de ville ou du gouvernement annonçant
de grandes manifestations de réjouissance à l’occasion du
48ème Anniversaire de .l’indépendance du pays. Il doit, en plus,
chercher à connaitre l’origine de l’argent Qui le gérera ? Quel
est le coût de la manifestation?
Le journaliste enregistre l’information, fournit les
faits qui manquent, explique ce qui paraît complexe et clarifie
les idées vagues.
Lorsqu’une source refuse de répondre, le reporter
peut déclarer que la source a refusé de répondre. D’autres
sources peuvent être sollicitées pour expliquer le silence de la
première source et les réponses peuvent être exploitées.

c) L’interprétation et l’explication
La satisfaction du lecteur ne se limitera pas
seulement à la connaissance de ce qui s’est passé. Il désire
également connaitre le pourquoi de cet événement, sa
signification et ses conséquences (ses implications). Il arrive
aussi que cette information ne soit pas immédiatement
disponible. Le journaliste se voit alors contraint de ne délivrer à
ses lecteurs que les faits.
Quand le fait est important et que l’on peut creuser,
le reporter ne doit pas hésiter d’aborder le domaine de
l’interprétation et de l’analyse.
37

A ce niveau, on dit aux gens comment se font les


choses pourquoi elles se font de cette manière là ou alors
pourquoi elles ne se sont pas faites, C’est la façon d jurna1iste
d’aider les gens à comprendre les faits complexes. Il s’agit d’une
analyse qui va au-delà du simple récit des faits. D’où la
nécessité pour le journaliste de maîtriser son sujet et son métier.
Exemple : Après les élections législatives de 2006, les journaux
se sont limités à donner les noms des candidats.
Quand l’explication manque, le lecteur reste sur sa
faim; ses questions demeurent entières. Il y a lieu de soigner
que la source peut fournir une explication et si l’explication d’une
seule source ne suffit pas, reportez-vous à plusieurs autres
sources pour les situations complexes. Cela permettra au
lecteur d’avoir plusieurs pistes à partir desquelles il pourra tirer
ses conclusions.
Quelques conseils pratiques dans la collecte des faits
1. Presque chaque événement cache une histoire;
2. Suivez toujours l’argent;
3. Faites c que vous ne voulez pas faire ou ce que vous
craignez de
faire;

4. Envisagez toutes les hypothèses


5. Le Background : sa constitution et son évolution
Lorsqu’un journaliste couvre un événement et
rédige, son article ou son papier, il utilise toutes ses
connaissances. C’est pour cette raison que le journaliste est
supposé connaître beaucoup de choses. L’ensemble des
connaissances du journaliste lui permet de constituer l’arrière-
plan de son article.
a) Le background (arrière-plan) : C’est le magasin
d’informations du reporter. Les connaissances qui s’y
trouvent peuvent avoir été rassemblées depuis des années
ou amassées pour un but précis. Sans la connaissance de
l’arrière-plan, la collecte du reporter peut être désorientée.
b) Le background : c’est la matière placée dans l’article ; elle
explique l’événement, trace son développement et
complète les faits que la source n’a pas fourni.
38

c) Le background : c’est la matière que la source ne veut pas


s’attribuer. Elle peut être utilisée ou non ; cela dépendra des
instructions de la source.
Les connaissances entreposées dans le magasin du
reporter concernent entre autres les structures et les
fonctionnements des politiques, économiques, sociales,
etc.
Un bon journaliste est celui qui est courant du passé et des
relations du passé avec le présent. De manière générale, le
journaliste doit disposer d’une connaissance à la fois
générale et spécifique.
a. Connaissance générale : sans réservoir des connaissances
générales, la collecte des faits sera limitée et le contrôle de la
matière émanant de la source deviendra difficile. La
connaissance générale peut être accumulée par la lecture. Mais
tout savoir ne doit pas émaner rien que des livres. Aussi, le
journaliste devra-t-il regarder le monde autour de lui, écouter les
gens avec attention, les exploiter avec soin:
- intéressez-vous à l’histoire, aux affaires courantes et à tout
ce qui fait tiquer les gens;
- spéculez sur les motivations des gens;
- demandez-vous quel est le rôle de l’argent.
b. Connaissance spécifique : la connaissance spécifique de
l’arrière-plan est généralement collectée avant, pendant et
après la couverture de l’événement. Le reporter n’utilise pas
nécessairement l’information qu’il collecte. Il. n’en retient que
les plus pertinentes. Pour reconnaître ces derniers, il faut une
certaine spécialisation. Il faut dire que peu d’articles complets
sont sans informations d’arrière-plan.
3. Découverte, entretien et utilisation d’une source
On dit généralement que le reporter vaut ce que valent ses
sources. Cela sous-entend que la dépendance du journaliste
par rapport â ses sources est évidente. Ces sources
comprennent : les fonctionnaires, les acteurs des événements,
les documents, les films, les témoins, les rapports, etc.
La qualité de l’article dépendra de la qualité de la source. Le
journaliste doit accorder beaucoup de temps â la recherche et
â l’entretient de bonnes sources, de bons contacts.
a) sources humaines
39

Est considérée comme source toute personne qui possède des


informations dont le reporter a besoin. La source ici c’est la
femme qui a vu tomber l’avion, qui a vu l’accident, etc.
b. sources matérielles
L’éventail des sources matérielles est très large : les coupures
de presse, le bottin téléphonique et les .autres documents (à la
bibliothèque, services de statistique, etc.). Il ya lieu de souligner
que toutes les sources n’ont pas la même valeur.
Par ailleurs, il est important d’entretenir ses sources.
1. Comment entretenir d’une source?
Privé de l’accès à l’information détenue par la source, le reporter
ne peut rien. La source a, à son tour, besoin d’un reporter pour
atteindre le public. La complexité des événements a accru la
dépendance des reporters vis-à-vis des sources. D’où la
nécessité ménager celles-ci. Il est très risquant de publier un
article avec des faits non vérifiés.
2. Comment éprouver une source solide?
Pour tester la crédibilité d’une source, il faut confronter les
informations de ces sources d’autres sources humaines et
matérielles. Posez des questions pour lesquelles vous avez des
réponses.
A propos justement d’une source, posez-vous les questions
suivantes:
- La personne a- l-elle été témoin oculaire ou a-t-elle
- seulement entendu parler de l’événement?
- La personne est-elle un observateur compétent ? A ce sujet,
un pilote est plus indiqué pour expliquer un crash qu’un
passager.
- La source peut-elle fournir des précis, vrais et
vraisemblables?
- Un reporter doit savoir qu’aucune autre observation ne
serait plus précise que la sienne propre.
3. Comment utiliser une source?
Les sources humaines et matérielles sont à utiliser avec
harmonie. Toute fois, les meilleures sources sont celles qui sont
collées à scène.
En définitive, nous pouvons retenir les recommandations ci-
dessous:
40

- Utiliser l’observation directe autant que. possible c’est-à-


dire, soyez votre propre source;
- Lorsqu’il est nécessaire de se fonder sur des comptes-
rendus de seconde main, utilisez les sources publiées de la
plus haute qualité, la plus informée et la plus autorisée des
sources disponibles ;
- Collez-vous au personnage central de l’événement que
vous couvrez c’est-à-dire l’orateur, l’acteur, le témoin, le
fonctionnaire précis, etc.
- Ayez toujours à l’esprit que les sources humaines qui
peuvent fournir des versions officielles et autorisées sont :
la police, le chef des pompiers, l’attaché de presse, le porte
parole, etc. Soyez collé à eux. Mais n’oubliez pas que la
version officielle il n’est pas toujours la seule vraie;
- Utilisez les hommes de la. place pour contrôler la validité
des déclarations officielles ;
- Reconnaissez enfin les limites des sources humaines et
matérielles

III. Les degrés de l’information


L’information des degrés. En fonction justement de ceux-ci, on
distinguera:
1. Les informations exclusives ou « SCOOPS » : C’est-à-dire
celles que le
journal ou le journaliste est seul à posséder, au moins pour le
temps d’une édition. Il est nécessaire de souligner que le propre
des bonnes exclusivités est de ne pas le rester : elles sont
immédiatement reprises, ou même simplement démarquées
par la concurrence.
2. Les informations de rigueur : Ce sont celles qui ne peuvent
être omises par un journal dont la prétention est de donner une
vue complète de l’actualité. L’absence d’une information de
rigueur s’appelle, en terme de métier, un ratage (c’est, à coup
sur, la faute la moins pardonnable).
3. Les informations complétées (ou enrichie, par opposition aux
faits bruts, sont celles que tout le monde a pu avoir sous leur
forme élémentaire mais que des initiatives propres au journal
(enquête pus détaillée, interview, recherche documentaire, etc.)
41

ont permis de présenter dune manière plus exacte et plus


fouillée.
4. Les informations expliquées ne sont pas fondamentalement
différentes des informations complétées.
5. Les idées informatives : on appelle ainsi toutes les initiatives
propres à un journal et qui ont pour .objet d’équilibrer l’inévitable
monotone des informations de rigueur par un ensemble de
démarches plus originales.
6. Les informations « magazine» ou « features » : il s’agit
encore d’idées informatives mais qui se situent dans la zone
intermédiaire entre l’information, au sens ou l’entend la presse,
et le récit de caractère plus ou moins littéraire.

IV. Les outils de travail d’un journaliste


Les instruments pour le recueil de l’information sont limités et
simples.
- L’agenda de la rédaction : il sert à noter, au jour le jour,
chaque rendez-vous de l’équipe rédactionnelle :
conférences de presse, colloques événements à couvrir,
interview à réaliser, etc.
- Le carnet d’adresses : il est nécessaire de constituer un
réseau personnel d’informateurs fiables. Version papier ou
version électronique, peu importe.
- Le carnet de notes : il faut l’avoir sur soi, avec son stylo.
(cela fait très mauvais effet d’en emprunter un à son
interlocuteur).
- Le magnétophone : il est nécessaire surtout pour les
interviews longues.
- L’ordinateur : aujourd’hui, l’ordinateur a plusieurs fonctions
pour le journaliste de presse écrite, traitement de texte,
accès aux dépêches d’agence, messagerie interne et
externe ; documentation permettre, transmission des textes
et d’illustrations, accès bases de données et à Internet. A
propos de ce dernier, la plupart des sources d’information
ont leur site.
42

CHAPITRE V. LA SELECTION DES INFORMATIONS


L’information telle qu’elle parvient au public est
influencée par de nombreux facteurs. Non seulement que tous
les événements ne sont pas relatés dans un journal mais encore
plusieurs sont éliminées au cours de l’ensemble de nombreuses
étapes de la transmission et de l’élaboration.
A cet effet, il ya donc sélection. En vertu de quel critère se fait
la sélection?
L’étude de la sélection est capitale parce que c’est elle qui en
fin de compte, valorise la nouvelle.

I. LA PRESELECTION
Les nouvelles qui parviennent un organe
d’information sont tout d’abord triée en fonction de certains
événements de faits qui interviennent avant tout jugement de
valeur proprement dit pour interdire certaines publications.

1. La législation en vigueur
On est bien obligé, sauf motif grave mûrement pesé,
d’écarter les informations qui tombent sous le coup d’une
interdiction légale.
Ex: L’information qui dévoile les secrets militaires ou les
informations qui sont de nature à porter à porter atteinte au
crédit de la Nation.
Ces interdictions ne constituent pas comme, on le dit, très
souvent une censure mais plutôt une réglementation
indispensable de la liberté de publication. Elles peuvent être
permanentes c’est-à- dire inscrites dans le code ou
momentanées c’est-à-dire résultant des législations
d’exception. Elles peuvent viser l’ensemble des nouvelles
possibles où celles provenant d’une partie du territoire.

2. Les problèmes d’opportunité


Un journaliste doit en effet toujours se demander s’il peut tous
dire de ce qu’il sait même s’il en a légalement le droit.
43

Ex : une nouvelle qui peut être dangereuse pour la paix


internationale.
Mais, il serait naïf de dire qu’il faut rejeter, il faut consulter les
copains pour discuter.

3. La contrainte
C’est un cas particulier du problème général de l’opportunité.
Ex: Pour une société donnée, un public donné,
certains faits ou certains de leurs aspects choquent si
gravement les conventions ou les règles est difficile de les
mettre sous les yeux des lecteurs.

4. Les pressions
II peut s’agir des pressions familiales, des copains,
des hommes politiques, etc. Toutefois, c’est au journaliste de se
décider.

5. La place
C’est un facteur décisif en matière de sélection
mais il ne joue pas contre telle ou telle autre nouvelle en
particulier. Il oblige de faire un choix une gradation ensuite. La
publicité doit être publiée parce que le journal se vend moins
cher et doit vivre de l’argent de la publicité.
Le journaliste devra donc se résoudre à supprimer en vertu de
certains critères.

II. LA SELECTION
On peut les classer en deux groupes
- Critères objectifs ou rationnels, et
- Critères subjectifs ou affectifs

A. Les Critères objectifs ou rationnels


a) L’importance intrinsèque : c’est elle qui classe tous les faits
selon une échelle de valeur généralement admise et qui le fait
considérer comme important, secondaire, mineur ou
négligeable. C’est ainsi qu’on peut apprécier la grandeur:
44

- En termes de masse : les grosses affaires, lés grands pays,


etc.
- En termes de quantité : qui affectent un grand nombre;
- En termes de pouvoir : cc qui touche aux Etats, au Président
de la République ;
- En termes de conséquence : faits qui mettent en cause le
monde international, la santé, les approvisionnements.
b) La proximité. Elle est peut être proche
- Géographique : plus l’événement est géographiquement
proche, plus il prend d’importance.
- Affective: les hommes sont beaucoup plus touchés par un
drame survenu dans leurs familles que par le même drame
concernant des inconnus.
- Psychologique : touche les grandes passions humaines, les
peurs et les désirs instinctifs (le sexe, l’argent, la violence
m’a mort).
- Temporelle: c’est l’exigence de l’actualité ; le présent est
prioritaire par rapport au passé mais il disparait devant
l’avenir.
- Culturelle: Les amateurs des différentes disciplines (vélo,
moto, jeu vidéo, etc.) partagent les mêmes préoccupations.
- Existentielle: Les grandes questions humaines attirent
toujours, à la condition d’être abordées de manière très
concrète.
- Pratique: les dispositions pratiques qui peuvent avoir des
répressions (positives ou négatives) sur la vie sont très
recherchées. Tous ce qui a trait à l’argent attire: salaire,
retraite, etc.
c. La rareté: le caractère d’une nouvelle est d’être un événement
qui surgit neuf et inédit.

B. Les critères subjectifs ou affectifs


C’est ce qu’on peut classer dans la rubrique
L’intérêt humain ». L’ensemble des sentiments peut être en
cause.
a. Le cocasse : qui éveille le rire ou le sourire;
b. Le pittoresque : coloré, vivant, etc;
c. Le dramatique : conflits;
d. L’érotique met en cause les instincts sexuels;
45

e. Le pitoyable : suscite la pitié;


f. Le pathétique : l’espoir, coup de destin, etc;
En d’autres termes, les critères affectifs sont ceux qui peuvent
émouvoir, irriter, etc.

III. LA COMBINAISON DES CRITERES


Ces différents critères fondamentaux se combinent
entre eux selon tous les dosages possibles. Ils jouent les uns
par rapport aux autres en se renforçant. Ainsi, un fait d’une
importance moyenne mais très proche prendra une plus grande
valeur qu’un fait de même importance mais plus éloigné.
Un fait insignifiant mais relativement rare peut prendre un très
grand poids s’il affecte un important personnage. Le choix
sélectif est un travail d’ajustement patient et difficile. On doit
toujours se souvenir des principes suivants de ce travail difficile
d’ajustement:
1. Il est presque impossible de supprimer les contraintes de
place et les pressions extérieures de tout genre ; mais, on
ne doit pas s’y abandonner;
2. L’importance est évidement chose relative mais on peut, par
la compétence et par l’habitude, y introduire une certaine
objectivité. Sous prétexte de relativité, il ne faut pas
s’abandonner à l’arbitraire, au passionnel ou aux
sollicitations intéressées
3. Le facteur local ne doit pas dégénérer en esprit de clocher ni
faire tomber dans l’isolationnisme;
4. Eviter de tomber dans le sensationnalisme par goût de rareté;
5 Enfin, la mise en valeur des facteurs humains s’efforcera
d’éviter la pure sentimentalité.

CHAPITRE VIII: LES PRINCIPAUX GENRES


JOURNALISTIQUES
Les techniques journalistiques ont mis à la
disposition du rédacteur un ensemble d’outils très différents que
l’on peut classer, selon la typologie de Bernard Voyenne, en
trois genres journalistiques:
- Les genres d’information
- Les genres de commentaire
46

- Les genres de fantaisie


Tous les genres ont, bien entendu, des fonctions
spécifiques.
Les genres d’information constituent la matière brute, la
substance première, suffisante et nécessaire, à partir de
laquelle chacun peut se faire sa propre (opinion ; les genres de
commentaire consistent à mette les informations en
perspective, à faciliter leur lecture et leur compréhension et les
genres de fantaisie visent à divertir tant en informent.

1. LES GENRES D’INFORMATION


1. La brève : Très lue, elle est la plus petite information de
presse possible. C’est l’information brute, sèche, ramenée
en un minimum de mots. Elle se limite à relater les faits sous
aucun commentaire. Les brèves peuvent être regroupées
en rivière .celle-ci est une succession, dans une même
colonne, d’informations de même nature.
2. Le filet : Contrairement à la brève, le filet est surmonté d’un
titre sépare du texte. Il est un peu plus long mais dépasse
rarement trois paragraphes, environ 25 lignes
3. La mouture : C’est la refonte, la réécriture en un seul article
d’informations reçues séparément (dépêches. d’agence,
communique).
4. L’article : C’est le produit de base du journaliste.
5. Le résumé de rapport : C’est une mise en forme
journalistique donc accessible au plus grand nombre de
documents administratifs ou techniques, scientifiques ou
professionnel. Un rapport ne doit jamais être publié tel que
sauf volonté expresse de le présenter comme un document
authentique.
6. Le compte-rendu : C’est la retranscription d’un débat, d’une
assemblée, dune conférence.
7. Le démarquage: lI s’agit de la reprise d’une information que
lori n’a pas en de source directe avec des mots et un plan
différents de telle sorte que cette information apparaisse
comme propre au journal.
8. Le reportage : C’est une narration d’un événement ou d’une
suite d’événements réalisée par le narrateur impliquant la
47

présence continuelle de celui-ci et sa participation à l’action


du moins en tarit qu’observateur qualifié.
9. L’enquête : C’est une recherche active par l’étude des
situations concrètes la confrontation des points de vue pour
répondre à une question qui préoccupe le public.
10. L’interview : Relation authentique d’opinons importantes
dans les termes où elles ont été émises et à la première
personne. On
rattachera aux genres informatifs.
11. Le médaillon ou « close-up » : C’est l’à-côté de
l’information. Le terme anglais « close-up » signifie « détail
de prés ».
12. L’encadré: variété courte d’un médaillon qui constitue une
sorte d’illustration du texte principal.
13. La mise au point: Rétablissement d’un fait que le journal
tient pour certain avec détail des preuves à l’appui, à la suite
d’un démenti ou d’un malentendu.
14. Le chapeau : Présentation ou exposé à caractère
synthétique introduisa9t une matière informative.
15. La légende : Texte qui accompagne un document
graphique et fournit les éléments nécessaires sa
compréhension.
16. Le document : Publication intégrale d’un texte que l’on
verse ainsi au dossier de l’histoire.

II. LES GENRES DE COMMENTAIRE


II ne s’agit plus de rapporter les faits mais de
donner l’opinion du journal ou de l’auteur de l’article avec des
arguments pouvant convaincre le lecteur. En générale les
genres de commentaire ont tous pour objet l’expression d’une
opinion.

1. L’article de commentaire proprement dit : il accompagne


une nouvelle, un dossier, une enquête, un reportage. Il
donne une interprétation, une analyse de l’information qu’il
accompagne.
2. L’éditorial: Exprime, sous une forme quelque peu solennelle,
la position commune de l’équipe du journal ou, du moins,
celle qui est présentée comme telle.
48

3. Le leader : voisin de l’éditorial dans ses sujets et dans son


style de l’éditorial, il n’a pas du tout la même valeur
d’expression collective. C’est au contraire le nom de son
auteur (vedette du journalisme, de la politique, de
renseignement, des lettres) qui donne au leader son
importance. (Ex Ce que je crois de B.B.Y dans Jeune
Afrique).

4. La tribune libre : variété du leader mais qui a pour


caractéristique de ne pas engager le journal. Il s’agit d’une
prise de position ou réflexion qui n’engage pas la rédaction,
par un auteur, connu où inconnu, extérieur au journal
5. La revue de la presse : citations empruntées à d’autres
périodiques et commentées par un rédacteur qui peut, le
cas échéant, polémiquer â leur propos. L’objectif est de
fournir un tableau une question donnée
6. Le feuilleton: il s’agit d’une variété de leader dans le
domaine culturel: feuilleton littéraire, dramatique, musical,
etc. actuellement, le mot a vieilli.
7. La chronique: il existe deux sortes de chroniques
- Article publié à intervalle régulier mais pas forcément dans
chaque numéro du journal, sur un thème donné, littéraire,
historique, etc.
- Commentaire libre, réflexions sur l’actualité revenant à
intervalles réguliers sous la signature d’un collaborateur
généralement renommé. Il s’agit aussi dune prise de
position et avis très personnels.
8. La critique : c’est le commentaire d’un produit ou dune
manifestation dans le domaine des ans et de la culture:
(film, livre, exposition, etc). Elle évalue les différents
aspects (originalité, talent, etc.) d’un produit pour éclairer
sur sa qualité et son intérêt.
9. Le portrait : article dessinant la personnalité de quelqu’un
(commun ou non) à travers ses caractéristiques
biographies, activités, déclaration, apparence physique,
etc.

III. LES GENRES DE FANTAISIE


Ils ont pour but de divertir tout en informant.
49

1. Le billet: appelé également « la quotidienne » le billet


est un court article d’humeur sur un fait ou une question
d’actualité, caractérisé par sa concision et une chute
inattendue, humoristique, paradoxale, impertinente,
etc. C’est un genre difficile, un peu tombé en
désuétude.

2. L’écho: petite information de caractère anecdotique ou


humoristique qui n’est pas liée absolument à l’actualité.
C’est l’amplification journalistique du commérage il faut qu’il
soit confidente pour être piquant et médisant pour être
drôle.
3. La colonne: c’est l’expression libre d’une grande
personnalité c’est-à-dire des commentaires à propos d’une
information d’actualité. En Angleterre, c’est un
emplacement laissé à un grand tempérament pour y
exprimer en toute liberté les commentaires que lui inspire
l’actualité.
4. Le marronnier : billet de circonstance brodant chaque
année. A date fixe, des variations spirituelles et, si possible,
appropriées sur un rite de la vie sociale. Ex : vœux du 1er
janvier, 30 juin (fête de l’indépendance de la R.D.C) etc. son
nom vient du célèbre (pour les parisiens) marronnier rosé d
cours la reine dont il est d’usage de saluer chaque année,
le 21 mars, la floraison symbolisant le retour du printemps.
5. Le courrier des lecteurs : souvent utilisé pour valoriser le
journal. On choisit de publier les lettres les plus élogieuses
ou celles qui
confortent la ligne choisie par la publication. A la limite, il
n’en f reçoit pas, le journal en écrit lui-même.
6. La manchette : ce genre a été inauguré par Gustave Téry
dans L’œuvre pendant la guerre de 1914. C’est le plus court
de tous. Il consiste à inscrire de part et d’autre du titre du
journal un phrase lapidaire et humoristique propre à mettre
le lecteur dans les dispositions que Ion souhaite.
7. Le dessin politique (avec ou sous légende) c’est un genre
par assimilation. Le talent du dessinateur aidant, il peut
avoir autant d’importance qu’un éditorial.
50

CHAPITRE VIII: LES GRANDS GENRES


JOURNALISTIQUES
Sous cette expression, on regroupe des grands
genres d’informations, plus complets, appelés aussi « genre
élaboré » en opposition aux genres mineurs (brève, filet,
montage ou mouture). Il s’agit de l’enquête, l’interview et du
reportage.

I. LE REPORTAGE
Chaque fois que l’événement a le caractère d’un
spectacle c’est-à-dire qu’il consiste essentiellement en image
ou une suite d’images au cours desquelles il s’accomplit
(l’événement), il est nécessaire de recourir à des techniques
appropriées pour la saisir dans sa complexité.
Ex. Défilé, spectacle
Le rôle d’informateur se confond avec celui des
témoins. L’informateur assiste à la place du public empêché au
spectacle en question (match de football, etc.) et il doit rapporter
fidèlement ce qu’il a vu et entendu. Le reporter est donc un
homme qui prête ses sens autrui. Il est donc une machine de
prise de vue et de son particulièrement sensible. Il doit tout voir.
Il ne peut pas montrer qu’il a vu, il vaut mieux qu’il n écrive pas.
Il voit en vue de faire voir.
1. Plan possible du reportage
1. Le fait brut (l’événement - lead)
2. Le fait situé (le contexte, l’explication – l’amplification du
lead)
3. Le fait comparé (le flash-back)
4. Le fait vécu Back-ground
5. Le fait dominé (le dépassement de l’événement - des
enseignements tirés du fait). Le reporter dans SS
interprétations doit tenir à. l’objectivité.
2. sortes de reportages On distingue :
- Le petit reportage
- Le grand reportage
a) Le petit reportage se fait en ne seule séance de travail
51

b) Le grand reportage nécessite souvent un assez long


déplacement et même un dépaysement que quelquefois dure
dans le temps.

II. L’ENQUETE
L’enquête ajoute au reportage une aitre dimension:
Elle se distingue du reportage par des méthodes de travail. Le
reportage montre tandis que l’enquête démontre. L’enquête
conviendra donc chaque fois que l’on aura affaire non pas à un
spectacle mais à un problème. Enquêter, c’est (l’abord être
capable de formuler une question qui se présente confusément
de l’esprit du public. Dans la plupart de cas: cette formulation
suppose qu’on a déjà en vue certains éléments de la réponse
ou du moins la direction dans lesquelles il faudra chercher.
1. Problématique
Posons par exemple une question: pourquoi les producteurs se
plaignent-ils dune rémunération insuffisante alors que les
consommateurs ont de leur côté l’impression de paver prix trop
élevé?
Hypothèse.
Ex : L’accroissement de la productivité et la réforme des circuits
de distribution se sont-ils par la solution aux malaises
producteurs-consommateurs.
1er étape recherche d’une hypothèse
2ème étape vérification

La recherche de l’hypothèse suppose que


l’enquêteur possède déjà quelque lumière sur le sujet et que par
conséquent tout enquête sérieuse à la différence du reportage
requiert de la part du journaliste un certain degré de
spécialisation.
Comme l’enquêteur judiciaire, le journaliste
dépouillera la documentation de ce sujet. Il en étudiera le
cheminement passé, entendra les parties, ira sur place pour
procéder aux constatations nécessaires. Il se fait aider le cas
échéant d’experts. Bref, il parcourt lui même une à une toutes
les étapes. Chacune d’entre elle fera l’objet d’un procès-verbal
dont l’ensemble constituera précisément le dossier.
52

Enfin, quand tous les éléments auront été ainsi


assemblés, l’enquêteur rendra son verdict. En effet et, ce même
cela qui définit un enquête, il n’y a pas d’enquête sans une
conclusion en forme de jugement.
L’hypothèse de travail choisie n’est qu’une
supposition et serait renier l’esprit même de la recherche
informative que de la transformer en certitude. Ce sont les faits
qui imposent et la solution qu’il suggère non l’idée qu’on en
avait. Sinon, il pourra arriver qu’une enquête finisse par rectifier
complètement la base erronée qui lui avait donné naissance.
Les plus souvent son contenu initial sans être remis en question
sera considérablement nuancé. Le plus souvent par les
confrontations auxquelles on a procédé. Même l’idée de départ
(hypothèse) a été juste on finira par s’apercevoir que les
données cri sont plus complexes qu’on ne le supposait. Cet
enrichissement peut être considéré comme le propre d’une
enquête bien menée.
Dans la présentation finale de l’enquête c’est-à-dire
de l’article ou la série d’article, il faudra s’efforcer de conserver
le mouvement de la recherche avec sa problématique originelle,
ses rebondissements, ses développements ou imprévus ainsi
que la série des moments provisoires qui ont permis de parvenir
à la certitude finale. L’enquête se présente en conséquence
comme le récit d’une suite des démarches, le compte-rendu
d’entretiens, la description critique de toutes les situations
concrètes qui auront permis de se faire une opinion. Bien
entendu, une certaine stylisation et harmonisation s’imposent.
Ainsi, on laissera de côté les inévitables tâtonnements, les
répartitions, les impasses auxquelles l’enquête aura donné lieu.
Mais chacun des intrants vraiment important devra être
sauvegardé à toute la richesse de son contenu humain.
L’idéal est d’arriver à une mise en forme dialectique
au cours de laquelle chaque étape du raisonnement est
incarnée par un personnage ou une constatation typique de telle
sorte que la progression de thèses et antithèses successives
conduisent vers la synthèse.
53

III. L’INTERVIEW
Rapporter fidèlement, textuellement une opinion
importante ou significative sans autre contexte que ce qui est
strictement indispensable pour attester l’authenticité de la
conversation en soi, l’interview et une forme particulière aussi
d’élucider une question par la confrontation des points de vue.
D’autre part, l’interview entretient avec ces deux genres de
rapports étroits en ce quelle est souvent utilisé certain élément
à l’intérieur d’un reportage ou d’une enquête. Sous son aspect
le plus simple, l’interview consiste enregistrer de brèves
déclarations faites par des personnalités de même par l’homme
de la rue supposé représentatif de l’opinion publique à propos
d’une question d’actualité.
Deux variantes de l’interview
1. La conférence de presse réunit une multitude d’interviewers
autour d’un même personnage.
2. La table ronde: Le contraire de la conférence de presse.
L’interviewer est seul et ceux qui répondent seront
nombreux. L’interview pose de multiples questions:
1. Est-ce que la personne souhaite être interrogée ?
2. Si elle est interrogée, parlera-t-elle de plein gré ou avec
réticence?
La valeur informative d’une interview est inversée par rapport â
la facilité de l’obtenir. L’interview n’a pas de valeur propre en
elle-même.
STRUCTURE
- Définir le sujet de l’interview
- Mener des recherches en vue du background
- Rechercher un lieu de rendez-vous.
- Planifier, faire un plan de la stratégie générale
- Poser en l lieu les questions les plus sérieuses
- Toucher la sensibilité
- Poser des questions - bombes et parfois embarrassantes.
- Concluez l’interview
- Les questions seront les plus brèves possibles
- Pas des questions banales
- Vous pouvez intervertir l’ordre des questions pourvu que
vous mettiez fidèlement ce qu’on a recueilli.
54

N.B : Le reportage l’enquête démontre. Par ailleurs, les trois


genres sont des genres personnalisés parce qu’il y
a la participation du journaliste.
55

IIème Partie

SECRETARIAT DE REDACTION
56

CHAPITRE I. L’ENTREPRISE DE PRESSE


Le journal est une grande entreprise industrielle
dont la fonction essentielle est la transformation des
événements en nouvelles. Pour avoir le statut d’entreprise de
presse, un journal doit remplir les conditions suivantes :
- consacrer au moins un tiers de sa surface relationnelle à de
l’information d’intérêt général : instruction, éducation,
information, récréation du public ;
- paraître au moins tous les trois mois ;
- être vendue, le prix de l’abonnement ne doit pas être
compris dans le montant d’une cotisation ;
- ne pas avoir plus des deux tiers de la surface consacrée à
la publicité.
Ces dernières sont en effet achetées, fabriquées et
vendues. Dans une entreprise de presse, on distingue
généralement ceux qui ont pour mission de produire et de
débiter les nouvelles de ceux qui sont chargés de veiller à ce
qu’une telle opération soit rentable.
Les premiers (Journalistes) constituent la rédaction tandis que
les seconds forment l’administration.

I. LA REDACTION
La rédaction d’un Journal se compose de
l’ensemble des journalistes. Elle a pour tâche de fournir à
l’imprimerie des copies comprenant des titres, les illustrations,
les légendes nécessaires pour la fabrication du journal. Le tout
est réalisé dans une maquette de chaque page avec des
indicateurs adéquats.
57

1. L’organisation
La rédaction d’un journal varie beaucoup d’un titre
à l’autre (Titre= Journal). Elle dépend de la nature du quotidien
ou de l’hebdomadaire de son public, de sa diffusion et de
l’importance de son personnel.

Directeur de
rédaction

Rédaction en chef

Secrétaire de
rédaction

Faits Economi Polit. Polit. Sports


divers e Intern Extern

2. Fonctionnement
Dans le fonctionnement dune rédaction, on
distingue généralement deux catégories de journalistes :
Le Secrétaire de rédaction
Le reporter
Le public connaît surtout les reporters qui se
déplacent pour enquêter ou assister à l’événement. Les
reporters vont donc chercher les nouvelles. Les Secrétaires de
rédaction sont par contre des sédentaires. Ils mettent en forme
les nouvelles récoltées par les reporters ou celle venant d’autres
sources. Ils en déterminent l’importance, rédigent les titres et
dessine les maquettes. Tous les journalistes travaillent sous
l’autorité d’un rédacteur en Chef, celui qui conduit, organise e
anime la rédaction. C’est pourquoi on lui
58

demande d’être sur le plan journalistique un bon rédacteur, un


parfait technicien de la presse. Il doit en outre posséder un
mémoire sûre, du courage moral une grande honnêteté
intellectuelle, une, une volonté ferme et
travail consiste justement à indiquer au journaliste les articles et
les reportages à faire. Il écrit l’éditorial, décide de pagination et
arrête la liste des informations qui sont publiés ou annoncées à
la page une.
Le Secrétaire de Rédaction se place directement
après le Rédacteur en Chef dans la hiérarchie. Il est
coordonnateur de la rédaction et
veille à l’exécution des ordres données par le rédacteur en chef
vers qui, convergent donc article, photo, dessin et publicité.
Sous a Coordination du secrétaire de rédaction se trouvent des
journalistes répartis en différents services plus ou moins
spécialisés.
1er Service : La Une: le service de la Une centralise et met en
forme .es nouvelles les plus importants
quelque soit le sujet, C’est un service centrai
qui peut avoir un secrétaire de rédaction.
2ème Service: La Politique Intérieure: ce service comprend le
secrétaire de rédaction, des rédactions
parlementaires, de journalistes accréditent
auprès des différents services publics et les
commentateurs.
En plus des informations politiques proprement
dites, les informations économiques et sociales sont souvent du
ressort de ce service.
3ème Service: La politique étrangère : ce service et pratiquement
un secrétariat de rédaction il met en forme
les dépêches des agences de presse, des
correspondants et envoyés spéciaux.
Il s’occupe des nouvelles diplomatiques ou de
politique étrangère.

4ème Service : Les informations Générales. Dans la presse de


grande information, est le service des
informations générales qui fait appel au plus
grand nombre de journaliste. H traite les faits
59

divers depuis les vols et les incidents sur la


vie publique jusqu’aux catastrophes et aux
crimes.
5ème Service : Le sport. Le service de besoin de nombreux
rédacteur spécialisé pour répondre aux
exigences du public qui est passionné de
sport. La Chronique sportive est devenue
dans le quotidien un journal ‘dans un journal.
A côté de tous ces services, il en existe d’autres qui
ne sont pas communs à toutes les rédactions, On peut aussi
examiner les chroniques artistiques, judiciaires, scientifiques,
etc.
Enfin, ce serait une erreur que d’omettre le service
photographique et la documentation dans la liste des services
de la rédaction. Il faut également citer les correspondants qui ne
dépendent cependant pas d’un service précis de la rédaction
générale parce qu’ils communiquent leurs dépêches à tel
service suivant la nature de la nouvelle.

Certains ne travaillent qu’occasionnellement pour


le journal tandis que d’autres appartiennent à la rédaction. Leur
rôle est de transmettre aux journaux des éléments d’information
et d’explication que les dépêches ne donnent pas.

II. LE SERVICE ADMINISTRATIFS ET LA PUBLICITE


Dans toute entreprise de presse, à côté des
journalistes, il y a toujours des hommes qui veillent à la
rentabilité de l’affaire. L’ensemble de ces hommes constitue
l’administration du journal.

1. le service administratif
Le service administratif s’occupe des questions
commerciales et financières de la gestion du personnel, de
l’approvisionnement en papier, en encre, etc. Il est également
chargé de la livraison du journal aux abonnés et à l’entreprise
de messagerie qui distribue le journal dans les Kiosques. Enfin,
il a pour tache de veiller à. la promotion des ventes.
60

2. La publicité
Les recettes d’un journal proviennent de plusieurs
sources. On peut citer les abonnements, la vente par les
messageries, les ventes au n°, le mécénat, le subside de l’Etat
et la publicité. La publicité est de loin de la principale source des
recettes d’un journal d’information. D’où l’importance du service
de la publicité dans une entreprise de presse. Mais l’importance
du personnel de ce service varie selon que la publicité est
directe ou arrive au journal par l’entremise d’une de publicité.
Dans le second cas, le personnel est peu nombreux pour la
simple raison que le journal n’intervient que pour vendre de
l’espace aux annonceurs.
Le service dirigé par un Chef de la publicité qui
occupe une place importante dans l’entreprise de presse. C’est
lui prospecte, développe et entretient la clientèle des
annonceurs.

CHAPITRE II : TACHES ET ROLES DU SECRETAIRE DE


REDACTION

Le secrétariat de rédaction est devenu un service


complexe. Pour comprendre cette actuelle complexité, il
convient de brosser un bref historique de la fonction du
secrétaire de rédaction. Cette évolution comporte trois grandes
étapes :
La première est une période artisanale qui prend
naissance avec l’avènement de la presse en 16 ème siècle pour
s’arrêter vers le milieu du 19 ème siècle. A cette époque, les
journ4ux ont un tirage et une pagination si faible que l’existence
d’équipes nombreuses de journalistes ne se justifie pas. Les
articles sont signés par les pigistes (rédacteur payé à la pige par
article. Le directeur de publication n’a ainsi sous ses ordres
qu’un seul homme de métier qui commande les articles, les
corriges, les réécrits, les annotes, rédige les chapeaux (ou
chapô) et envoie le tout à l’imprimerie. Cet homme est justement
le secrétaire de rédaction. Sa fonction est
donc exclusivement rédactrice. Le journal qu’il produit
s’apparentait au livre par son format et sa colonne unique
n’exige de lui aucune technique.
61

La deuxième période voit le jour avec l’avènement


de la presse d’information au milieu du 19ème siècle la publicité
fait son appartient pour augmenter sa clientèle le journal
diversifie ses rubriques, agrandit son format et accroît le nombre
de colonne par conséquent, les rédactions s’organisent en
service spécialisé qu’il faut coordonner. Le secrétaire de
rédaction plus expérimenté va naturellement se charger de
cette tache sous la direction d’un
rédacteur en chef. A sa fonction rédactrice s’ajoute ainsi une
fonction coordinatrice.
La troisième étape se situe entre les guerres.
L’illustration est déjà apparue passant du dessin à la
photographie. Le nombre de colonnes augmente encore dans
les journaux français.
Paris Soir marquera le véritable tournant quand en
1932, influencé par les journaux anglo-saxons et grâce aux
progrès techniques, il tourne définitivement le dos aux règles
monotones et création nouvelle et l’objet de recherche
graphique. La Une particulière devient une affiche, une vitrine.
Le secrétaire de rédaction va devoir ajouter à ses talents celui
de maquettiste. Ce rôle maquettiste ne fut pas accepté de bon
cœur par tous les secrétaires de rédaction. Certains d’enter eux
trouvaient indignes d’eux cette fonction de graphiste. D’où
l’appel lancé par quelques journaux à des simples typographes
et graphistes à qui manquaient malheureusement toute
connaissance et toute expérience en matière journalistique.
Ces nouveaux secrétaires de rédaction sont devenus ainsi des
simples exécutants techniques sans responsabilité.
L’éclatement des tâches que I’on remarque aujourd’hui avec
d’un côté le rewriter et de l’autre le maquettiste, s’est accentué
aujourd’hui avec l’entrée de ordinateur dans la danse. Ce sera
toujours à lui de juger de la qualité de l’information, de sa
hiérarchie dans la page et dans la publication, et toujours à lui
de lui donner la présentation la meilleur pour atteindre dans les
meilleures conditions un public déterminé.

1. Rôle du secrétaire de rédaction


Le rôle du secrétaire de rédaction dans un journal
peut être envisagé d’un point de vue hiérarchique ou d’un point
62

de vue fonctionnel. On lui trouvera alors deux rôles principaux,


er apparence, différents mais, en réalité, complémentaires.

a. Sous l’angle hiérarchique


Sous cet angle, le secrétaire de rédaction se situe aux côté du
rédacteur en chef et directement sous ses ordres dans
l’organisation de l’entreprise. Le secrétaire de rédaction est
alors un organe d’exécution et de liaison comparable à un Etat-
major d’un général. Cette liaison est double.
1. Liaison verticale
Dans cette liaison, le secrétaire de rédaction
assiste le rédacteur en chef et le relie de façon souple et efficace
aux organes qu’il dirige. Il transmet ses ordres différents
services et veille à leur bonne exécution. Inversement, il
achemine vers le rédacteur en chef les suggestions de service.
2. Liaison horizontale
Ici, le secrétaire de rédaction a la tâche
d’harmoniser les différents services. C’est également lui qui
tranche par délégation de la rédaction en chef les, menus
conflits qui peuvent surgir entre les différents services. .

b. Sous l‘angle fonctionnel


Sous cet angle; le secrétaire de rédaction est un
service se situant au même plan que les autres avec une
fonction spécifique qui et celle de transformer la matière
rédactionnelle en un journal ou une publication. Ici encore, il est
un organe de liaison, cette fois entre la rédaction pris dans son
ensemble et la fabrication c’est-à dire l’imprimerie. Et cette
liaison directe car c’est le secrétaire de rédaction qui commande
à toutes les opérations; la fabrication, la composition, la
photogravure, la mise en page, etc.

3. Profil du secrétaire de rédaction


Tout secrétaire de rédaction doit posséder
certaines qualités. Il doit être un journaliste complet et un
journaliste responsable.
63

a) Un journaliste complet
Pour être considéré comme un journaliste complet, le secrétaire
de rédaction doit avoir:
I. Un sens certain de l’information: il doit juger de la valeur
d’une nouvelle pour lui donner la place qu’elle mérite
dans la publication. Il lui et notamment demandé d’avoir
un sens aigu de l’actualité.
II. II. Une bonne culture générale: cela lui permet de juger
sur le fond le contenu des articles ;
III. Une parfaite maîtrise de la langue: le secrétaire de
rédaction est appelé à corriger dans les articles, en plus
des fautes d’orthographes, d’autres fautes relevant
d’une mauvaise connaissance de la grammaire;
IV. La connaissance des droits de la presse: cette
connaissance du
droit de la presse évité à la publication, les risques
d’être exposé. des poursuites judiciaires;
V. Un sens artistique certain: cela est nécessaire pour
réaliser une bonne maquette et aboutir à une
présentation visuelle agréable et facilitant la lecture;
VI. Un certains sens et une bonne connaissance de
l’image: pour la simple raison que l’image constitué
également un moyen d’information; VIL La
connaissance des techniques graphiques: cela pour
faciliter les rapports avec les ateliers de l’imprimerie;
VII. La maitrise de l’outil informatique
VIII. De la modestie: le secrétaire de rédaction a un rôle
ingrat et frustrant. Les secrétaires de rédaction ne sont
pas en contact avec les événements qu’ils présentent
et encore avec le public pour lequel ils travaillent.
Pourquoi? Parce qu’ils signent très rarement,

b) Un journaliste responsable

Le secrétaire de rédaction est un journaliste


responsable, non seulement dans la hiérarchie, mais également
clans les sens qu’il peut contribuer à l’orientation du journal par
la mise en valeur de tel article au détriment de tel autre, par la
64

présentation d’un titre ou encore par le choix d’une illustration,


Son pouvoir exige de sr part une volonté d’objectivité et une
grande honnêteté en ce qui concerne l’information.
c) Un journaliste technicien

Le secrétaire de rédaction doit pouvoir s’appuyer


efficacement sur les outils informatiques à sa disposition. Il doit
connaître les logiciels nécessaires à son travail et se les
approprier dans son travail journalistique. Il doit maîtriser les
outils de bureautique classique comme les logiciels Word ou
Excel, les logiciels de mise en page(les plus courants Quark
Xpress et Adobe In Design), le logiciel de traitement d’image
comme Adobe Photoshop, le logiciel de dessin comme Adobe
Illustrator et le logiciel pour le web comme Dreamweaver ou
Flash.
Les logiciels permettent d’être efficace et de gagner un
temps précieux.

3. Les tâches du secrétaire de rédaction


Toutes les nouvelles, tous les éléments
d’information sont centralisés et triés au secrétariat de
rédaction. C’est pourquoi, ce service est appelé « clef de voûte
», « cheville ouvrière », « carrefour central », « garde triage », «
centre névralgique », « bureau de planning », service de
dispatching » ; autant de clichés pour définir le secrétariat de
rédaction. Le secrétaire de rédaction exerce ainsi un rôle capital
car c’est lui qui fait le journal tant pour sa forme que pour le fond.
Le journal n’est pas seulement une collection
d’articles. Ces derniers doivent être correctement rédigés, sans
faute, et d’ure présentation
complète les surfaces, et des illustrations dégager de l’œuvre.
La tâche proprement technique du secrétaire de
rédaction consiste â suivre la copie depuis le lieu et ce moment
de son élaboration jusqu’à mise en place définitive dans la page
bonne à tirer (mettre sous presse). Son activité se décompose
en 7 phases.
1. La collecte et le planning: le secrétaire de rédaction doit
récupérer les textes et les photos. Il doit faire respecter
les horaires fixés pour la remise de la copie des
65

illustrations et de la publicité. Enfin, il doit harmoniser


les différentes étapes de la fabrication.
2. La relecture : il s’agit pour le secrétaire de rédaction de
relire les textes qui lui ont été remis, de les corriger et
de les modifier éventuellement ;
3. La cotation: le secrétaire de rédaction prépare
définitivement la copie avant son envoie a l’imprimerie
en calibrant les textes et en choisissant les caractères
4. Le titrage: le secrétaire de rédaction met en forme les
projets de titres, calibre et côte les titres;
5. L’illustration; il s’agit de faire le choix des photos qui
accompagner les textes, de calibrer les clichés et de
rédiger les légendes;
6. La mise en page: à ce niveau, le secrétaire de rédaction
élabore la maquette et surveille le marbre;
7. La correction des épreuves: dans le traitement de
l’information, le secrétaire de rédaction s’occupe du
niveau de la présentation de l’information. Mais, il serait
erroné de considérer le secrétaire de rédaction comme
un simple maquettiste ayant pour fonction le
conditionnement et l’emballage. II est plus que cela.
C’est lui qui directement, sous la responsabilité du
rédacteur en chef et sur ses directives, va donner vie et
forme à cet ensemble de textes, d’annonces
publicitaires, de photographie, de dessin qui, sans lui,
ne resterait qu’une juxtaposition d’éléments disparates.
Le secrétariat de rédaction est donc une activité
proprement créatrice qui dépasse la simple exécution
et l’aspect purement technique.

CHAPITRE III. GESTION D’UNE ENTREPRISE DE PRESSE

Les entreprises de presse sont des industries des


produits culturels dont l’objectif est de les commercialiser pour
générer des recettes. L’objectif de ce chapitre est de rendre
l’étudiant capable d’effectuer toutes les opérations
économiques et financières de gestion en inventoriant les
postes de dépenses des moyens de communication de masse,
66

les sources des recettes et en maîtriser les techniques en vue


de les mettre en œuvre.

Du point de vue de la gestion économique et financière,


il y a trois types de presse :

Presse payante
Presse gratuite
Publication publicitaire

Ces trois types visent la réalisation des bénéfices


bien qu’ils soient de nature différente de par leur contenu et
leurs budgets.
I. Gestion des entreprises de presse payante
Les éléments financiers se présentent de la manière
suivante :
1. Du point de vue des dépenses
Les frais rédactionnels représentent le coût intellectuel
du journal. Celui-ci comprend : le traitement et les frais
des rédacteurs ; des collaborateurs et des pigistes ; le
traitement et les frais des envoyés spéciaux, des
correspondants permanents, des correspondants au
cachet, des correspondants de guerre ; des frais de
liaison entre le siège du journal et ses correspondants
à l’étranger ;les abonnements aux agences de
presses ; les achats éventuels de reportage des photos
d’actualité( photojournalisme),d’illustration et de
bonnes feuilles(livres intéressants). N.B. Le coût de
production intellectuelle représente moins de 20% du
coût total.
Les frais d’administration : le coût de l’administration
comprend : le traitement et les frais de la direction
générale, des cadres administratifs, les salaires des
employés (inspecteurs des points de vente, etc), le coût
de fourniture de bureau et le coût de gestion du
personnel.
Les frais de publicité et de courtage : la publicité occupe
une place importante dans l’équilibre financier du
journal. Les frais de publicité concernent la recherche
67

de la publicité et les réalisations publicitaires. Les frais


de courtage sont des commissions payées aux régies
publicitaires qui amènent la publicité et qui les
acheminent vers le journal.
Les frais de fabrication : sont de deux types. L’achat de
papier pour la production du journal et les dépenses de
main-d’œuvre destinées au personnel des ateliers si le
journal a sa propre imprimerie. Ils représentent quand
même un % important des dépenses totales du journal.
Ces dépenses augmentent lorsque le journal recourt à
des papiers. Si le journal n’a pas sa propre imprimerie,
il doit recourir au service d’une autre imprimerie ; on va
lui facturer le papier journal, les amortissements des
machines, etc ;
Les frais de vente : la distribution ou la fonction
commerciale coûte chère aux journaux à cause de son
impérieuse exigence de rapidité. Les grands types de
distribution ou de vente de la presse écrite sont : la
vente au numéro et l’abonnement. L’abonnement
revient moins cher aux entreprises de journaux que le
service de vente au numéro. Les frais de vente
comprennent les frais administratifs et les frais de
gestion du service d’abonnement du journal. Il peut
arriver que le coût de gestion du service d’abonnement
soit plus élevé que le coût de gestion par vente au
numéro. Cela arrive lorsque la clientèle abonnée est
peu nombreuse et répartie sur un espace géographique
extrêmement vaste.
Les frais généraux et les impôts : il s’agit des dépenses
d’eau, d’électricité, des soins médicaux, les cotisations
à la sécurité sociale, du carburant, etc.
2. Du point de vue des recettes
Les recettes proviennent de deux types de sources : les
sources principales et les sources secondaires.
a) Les sources principales : la
vente et la publicité
La vente au numéro : l’essentiel des journaux
dans le monde se fait par la vente au numéro
surtout pour les quotidiens. Les journaux qui
68

tirent plus de 50% des recettes de la vente par


abonnement ne sont pas nombreux. De toutes
les formes des sources des recettes, la vente
au numéro est celle qui a un côté aléatoire
parce qu’elle est sujette à des variations. C’est
un mode qui est générateur de bouillon. La
vente au numéro dépend de plusieurs facteurs
notamment le tonus politique du moment,
l’événement et le temps qu’il fait sur le lieu de
vente.
La vente par abonnement : c’est l’idéal pour
l’éditeur parce qu’il apporte une plus grande
sécurité de trésorerie, une possibilité plus aisée
de budget et un moyen d’éviter une trop grande
dispersion saisonnière de vente. L’abonnement
permet des rapports directs avec la clientèle et
cela évite de payer des commissions de toute
sorte.
La vente des invendus : les invendus
constituent quand même une source de
recettes parce qu’ils sont vendus aux
bibliothèques, aux services de documentation
et aux emballeurs.
La publicité : la publicité demeure la source
principale des recettes. Dans certains journaux,
elles constituent même la source principale.
Les journaux qui ne recourent pas à la publicité
optent pour une totale liberté de ton envers tout
le monde. Bien que salutaire pour la presse, la
publicité n’est pas sans inconvénients. Elle
engendre la vulnérabilité des entreprises en
période de basse conjoncture où les budgets
de publicité subissent des coupes sombres.
b) Les sources secondaires : il
s’agit des publications
annexes, les annonces et
petites annonces, les divers,
les subsides et le mécénat.
69

Les publications annexes : l’édition des


publications annexes constituent une pratique
répandue dans la presse actuelle. Elles sont
aussi appelées « Publications couplées ».
Beaucoup de journaux éditent des publications
annexes comme J.A. Economique.
Les annonces et les petites annonces ; elles
fournissent parfois jusqu’à 6% des recettes
d’un journal.
Les divers ; travaux d’imprimerie (dans le cas
où le journal a sa propre imprimerie).
Les subsides et le mécénat ; source aléatoire.
II. Gestion des entreprises de presse gratuite
La presse gratuite existe depuis fort longtemps aux
U.S.A et elle est apparue vers 1960 en Europe. Elle est la
conséquence de la prise en charge totale de la presse par la
publicité.
La presse gratuite est caractérisée par :
Son système de distribution : c’est le journal
qui choisit le lecteur et non le contraire parce
que l’acte d’achat est supprimé. Le choix est
fondé sur des critères purement économiques
déterminés par les annonceurs.
Son contenu : la priorité est donnée à la partie
publicitaire.
1. Du point de vue des dépenses
a) Frais de rédaction : ces frais
sont considérablement réduits
parce qu’il y a peu d’articles et
beaucoup de publicité ;
b) Frais d’administration : le coût
financier ne varie pas
tellement d’une presse à une
autre ;
c) Frais de publicité : ce poste
prend une importance
remarquable ;
d) Frais de fabrication :
e) Frais de distribution
70

f) Frais généraux et les impôts


2. Du point de vue des recettes
a) Publication annexes et
divers :
b) Petites annonces
c) Publicité ; c’est un poste
important, la source principale
des recettes.
III. Publications publicitaires

Elles sont regroupées sous le terme générique


de « Publicité directe ». La publicité est un moyen de
transmission direct par la distribution contrôlée des messages
publicitaires écrits ou imprimés à des individus sélectionnés. Les
modalités de la publication directe sont : les catalogues, les
dépliants, les prospectus et les lettres de vente. Les propriétés de
la publication publicitaire sont : contenu exclusivement
publicitaire, distribution gratuite et destinataire choisi selon les
critères économiques, professionnels et géographiques.

1. Du point de vue des dépenses (charges) : ici, les frais


rédactionnels disparaissent parce que le contenu est
publicitaire. Demeurent cependant :
Les frais de publicité : il s’agit d’un poste important
parce qu’il comporte également la rémunération des
délégués commerciaux ;
Les frais de fabrication ; poste permanent ;
Les frais d’administration : les charges sont allégées
par l’absence d’un service rédactionnel ;
Les frais de distribution : les frais de distribution sont
comparables à ceux des journaux gratuits. Elle implique
la rémunération du réseau des distributeurs et du
réseau des vérificateurs ;
Les frais généraux et impôts : les mêmes que les
journaux gratuits.
71

2. Du point de vue des recettes :


Les recettes proviennent d’une seule source : la
publicité. Elle fournit la totalité ou la quasi-totalité des recettes
de l’entreprise.

En conclusion, on peut souligner que la presse vit


dans un état de déficit chronique parce que le prix du journal n’est
pas le prix réel du numéro ; le prix de vente est bas et fixe alors
que le prix de fabrication est plus élevé et en régulière
augmentation .Il existe des pays où l’Etat a fixé le prix de vente du
numéro au quotidien.

CONCLUSION

Comme nous venons de nous rendre compte, à


travers ce cours, la tâche du journaliste est complexe dans la
mesure où l’opération de collecte, de traitement et de diffusion
de l’information requiert des capacités intellectuelles
importantes.

L’art d’écrire pour informer et convaincre exige


surtout l’apprentissage de techniques éprouvées et l’élaboration
des méthodes.

En fait, écrire, oblige à penser, organiser ses idées,


à dépasser la seule apparence car il est question de
72

communiquer clairement une information et de convaincre par


écrit.
73

BIBLIOGRAPHIE

1. BRADLEY, D., Qu’est ce que la presse, Paris, Nouveau


Horizon, 1974.
2. Jacques MOURIQUAND, L’écriture journalistique,

Que sais-je ?, Paris, PUF, 1997.

3. Jean – Luc Martin Lagardette, Le guide de récriture

Journalistique Concevoir, rédiger,

présenter l’information, Paris, Syros, 2000.

4. Jean Pierre Tailleur, Revues de presse : l’information

aux yeux bandés, Paris, Félin, 2002.

5. Emmanuel BEBE BESHELEMU, Presse écrire et

expériences démocratiques au Congo Zaïre,

Paris l’Harmattan, 2006.

6. Henry H. Schulte et Marcel P. Dufresne,

Pratique du Journalisme, Paris, Joure, 1999.

7. Jans-Marie MUKOMBO, Plaidoyer pour un journalisme

civique et de développement, Kinshasa

Institut de Formation et d’étude politiques, 1998.


74

8. Jean LOHISSE, La communication de la transmission


à

la relation, Bruxelles, De Boeck Université, 2001.

9. Joël GUIDE et Guy Juniel, Méthodologie des pratiques


de

terrain en science humaines et sociales, Paris Armand

Colin, 1997.

10. Robert ESCARPIT, L’information et

la communication, France, Hachette, 1991.

11. SHOMBA KINYAMBA Sylvain et TSHUND’OLELA

Georges, Méthodologie de la recherche scientifique :

étapes, contraintes et perspectives,

Kinshasa, M.E.S., 2003.

12. Bernard VOYENNE, Pratique de l’Information, Paris,


C.F.J, 1970.
13. Yves AGNES, Manuels de Journalisme, Paris, La
Découverte, 2002.
14. Louis Guéry et Stéphane LUTZ-SORG, Le Secrétariat
de rédaction : relecture, éditing, suivi de réalisation,

Paris, Victoires Edition, 2009.

15. José de BROUCKER, Pratique de l’information et

écritures journalistiques, Paris, Edition du CFP, 1995.


75

TABLE DES MATIERES

OBJECTIFS DU COURS ................................................ 1


Ière PARTIE : METHODOLOGIE DE LA PRESSE
ECRITE ............................................................................ 2
INTRODUCTION............................................................ 3
CHAPITRE I. L’INFORMATION DE PRESSE ............. 3
I. Approche définitionnelle .......................................... 3
II. Les qualités d’un journaliste .................................... 7
III. Les critères d’une information de presse................ 8
a) La signification d’un événement : ........................ 8
b) L’intérêt : ............................................................. 8
c) L’actualité : .......................................................... 9
III. Le rôle de l’information de presse.......................... 9
IV. LE JOURNAL.................................................. 10
CHAPITRE II. LES ELEMENTS DE BASE D’UNE
INFORMATION ............................................................ 11
I. Les questions de référence ...................................... 12
II. Traitement d’une information ................................ 14
III. Le style ................................................................. 17
CHAPITRE III. L’ART DECRIRE ............................... 17
I. LA TACHE DU REPORTER ................................. 18
II. LA STRUCTURE D’UN ARTICLE ..................... 19
III. L’ACCROCHE JOURNALISTIQUE.................. 23
IV. LE PLAN JOURNALISTIQUE........................... 24
CHAPITRE IV. LA REDACTION DU TITRE............. 26
I. Les qualités d’un bon titre....................................... 27
II. Les fonctions du titre ............................................. 28
III. Les sortes de titre.................................................. 28
IV. La Forme du Titre ................................................ 31
V. Les éléments du titre.............................................. 31
VI. Les hors – textes ................................................... 32
76

VII. Les appels rédactionnels ..................................... 33


CHAPITRE IV. LA RECHERCHE DE
L’INFORMATION ........................................................ 33
II. Les sources d’information ..................................... 34
1. Les phases de la recherche ................................. 34
b) L’initiative du reporter face aux événements
spontanés ................................................................ 36
c) L’interprétation et l’explication ............................. 36
III. Les degrés de l’information.................................. 40
IV. Les outils de travail d’un journaliste .................... 41
CHAPITRE V. LA SELECTION DES
INFORMATIONS.......................................................... 42
I. LA PRESELECTION ............................................. 42
1. La législation en vigueur ........................................ 42
2. Les problèmes d’opportunité .................................. 42
3. La contrainte ........................................................... 43
4. Les pressions .......................................................... 43
5. La place .................................................................. 43
II. LA SELECTION ................................................... 43
A. Les Critères objectifs ou rationnels ....................... 43
B. Les critères subjectifs ou affectifs ......................... 44
III. LA COMBINAISON DES CRITERES ............... 45
CHAPITRE VIII: LES PRINCIPAUX GENRES
JOURNALISTIQUES .................................................... 45
1. LES GENRES D’INFORMATION ....................... 46
II. LES GENRES DE COMMENTAIRE .................. 47
III. LES GENRES DE FANTAISIE .......................... 48
CHAPITRE VIII: LES GRANDS GENRES
JOURNALISTIQUES .................................................... 50
I. LE REPORTAGE ................................................... 50
II. L’ENQUETE ......................................................... 51
III. L’INTERVIEW .................................................... 53
77

IIème Partie ..................................................................... 55


SECRETARIAT DE REDACTION .............................. 55
CHAPITRE I. L’ENTREPRISE DE PRESSE ............... 56
I. LA REDACTION ................................................... 56
1. L’organisation .................................................... 57
2. Fonctionnement .................................................. 57
II. LE SERVICE ADMINISTRATIFS ET LA
PUBLICITE ............................................................... 59
1. le service administratif ....................................... 59
2. La publicité ......................................................... 60
CHAPITRE II : TACHES ET ROLES DU
SECRETAIRE DE REDACTION ................................ 60
1. Rôle du secrétaire de rédaction .......................... 61
a. Sous l’angle hiérarchique ................................... 62
b. Sous l‘angle fonctionnel ..................................... 62
3. Profil du secrétaire de rédaction ......................... 62
a) Un journaliste complet ....................................... 63
b) Un journaliste responsable ................................. 63
3. Les tâches du secrétaire de rédaction ................. 64
CHAPITRE III. GESTION D’UNE ENTREPRISE DE
PRESSE.......................................................................... 65
Les entreprises de presse sont des industries des produits
culturels dont l’objectif est de les commercialiser pour
générer des recettes. L’objectif de ce chapitre est de
rendre l’étudiant capable d’effectuer toutes les opérations
économiques et financières de gestion en inventoriant les
postes de dépenses des moyens de communication de
masse, les sources des recettes et en maîtriser les
techniques en vue de les mettre en œuvre. ..................... 65
Du point de vue de la gestion économique et financière, il
y a trois types de presse : ................................................ 66
▪ Presse payante ........................................................ 66
78

▪ Presse gratuite ........................................................ 66


▪ Publication publicitaire .......................................... 66
1. Du point de vue des dépenses (charges) : ici, les frais
rédactionnels disparaissent parce que le contenu est
publicitaire. Demeurent cependant :............................... 70
2. Du point de vue des recettes :................................. 71
CONCLUSION .............................................................. 71
TABLE DES MATIERES ............................................. 75

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