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Application Nzuru 092005

Ce document présente les notes de cours sur les applications de l'énergie électrique, enseignées par le Prof. Dr Ir Jean-Pierre NZURU NSEKERE à l'Université de Kinshasa. Le cours est structuré en trois parties principales : les entraînements électriques, les techniques de l'éclairage et l'électrothermie, abordant des concepts tels que le calcul de l'entraînement électrique, le démarrage et le réglage de la vitesse des moteurs, ainsi que les procédés électrothermiques. L'objectif est de former les étudiants à la transformation de l'énergie électrique en d'autres formes d'énergie utilisables, comme l'énergie mécanique, la lumière et la chaleur.

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Ce document présente les notes de cours sur les applications de l'énergie électrique, enseignées par le Prof. Dr Ir Jean-Pierre NZURU NSEKERE à l'Université de Kinshasa. Le cours est structuré en trois parties principales : les entraînements électriques, les techniques de l'éclairage et l'électrothermie, abordant des concepts tels que le calcul de l'entraînement électrique, le démarrage et le réglage de la vitesse des moteurs, ainsi que les procédés électrothermiques. L'objectif est de former les étudiants à la transformation de l'énergie électrique en d'autres formes d'énergie utilisables, comme l'énergie mécanique, la lumière et la chaleur.

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Université de Kinshasa

Faculté Polytechnique
Département de Génie électrique et d’Informatique

Applications de
l’énergie électrique
(Notes de cours)
Titulaire : Prof. Dr Ir Jean-Pierre NZURU NSEKERE

Edition 2011
Applications de l’énergie électrique : Contenu du cours i

Plan du cours
Chapitre 0 : Introduction générale

1ère PARTIE : ENTRAINEMENTS ELECTRIQUES

Chapitre 1 : Calcul de l’entrainement électrique

1.1. Généralités
1.2. Notions fondamentales de l’entraînement électrique
1.2.1. Equation générale du mouvement
1.2.2. Calcul du moment d’inertie d’une installation
1.2.3. Condition de stabilité de la marche d’une installation
1.2.4. Quelques caractéristiques mécaniques
1.3. Entraînement des pompes centrifuges
1.4. Entraînement des ventilateurs centrifuges
1.5. Entraînement des engins de levage et de manutention
1.5.1. Description de quelques engins
1.5.2. Calcul de la puissance des moteurs de levage
1.5.3. Calcul de la puissance des moteurs de translation des ponts roulants
1.5.4. Traits caractéristiques des moteurs destinés aux machines de levage et de manutention
1.6. Entraînement des machines-outils
1.7. Méthode et guide de sélection d’un moteur asynchrone

Chapitre 2 : Démarrage des moteurs

2.1. Moteurs DC
2.1.1. Généralités
2.1.2. Moteur DC shunt
2.1.3. Moteur DC série
2.2. Moteurs asynchrones
2.2.1. Généralités
2.2.2. Moteurs à bagues (à rotor bobiné)
2.2.3. Moteurs à cage
2.2.4. Comparaison des différents modes de démarrage

Chapitre 3 : Réglage de la vitesse des moteurs électriques

3.1. Moteurs DC
3.1.1. Généralités
3.1.2. Moteur shunt
3.1.3. Moteur série
3.2. Moteurs asynchrones
3.2.1. Modification du glissement
3.2.2. Changement du nombre de pôles
3.2.3. Modification de la fréquence d’alimentation
3.3. Systèmes spéciaux
3.3.1. Système Ward-Léonard
3.3.2. Système en cascade
Applications de l’énergie électrique : Contenu du cours ii

Chapitre 4 : Freinage des moteurs électriques

4.1. Moteurs DC
4.1.1. Moteurs shunt
4.1.2. Moteurs série
4.2. Moteurs asynchrones
4.2.1. Freinage par contre courant
4.2.2. Freinage en courant continu
4.2.3. Procédés de freinage appliqués aux moteurs de levage

2ème PARTIE : TECHNIQUES DE L’ECLAIRAGE

Chapitre 1 : Notions fondamentales

1.1. La lumière
1.2. Grandeurs photométriques
1.2.1. L’angle solide
1.2.2. L’intensité lumineuse
1.2.3. L’éclairement
1.2.4. La luminance
1.2.5. Efficacité lumineuse d’une source
1.2.6. Loi de Lambert
1.2.7. Le luxmètre
1.2.8. Couleur des sources

Chapitre 2 : Les sources lumineuses

2.1. Introduction
2.2. Caractéristiques essentielles des lampes
2.2.1. Le mode de production de la lumière
2.2.2. La puissance nominale
2.2.3. La tension nominale
2.2.4. La durée de vie
2.2.5. L’efficacité lumineuse
2.2.6. La température de couleur
2.2.7. Le rendu des couleurs
2.3. Types de sources lumineuses
2.4. Lampes à incandescence
2.4.1. Les lampes classiques en verre
2.4.2. Les lampes à incandescence à halogène
2.5. Lampes à décharge
2.5.1. Définition
2.5.2. Le ballast
2.5.3. Types de lampes à décharge
2.5.4. Les lampes fluorescentes
2.5.5. Les lampes à vapeur de sodium basse pression (VSBP)
2.5.6. Les lampes à vapeur de mercure (VM)
2.5.7. Les lampes aux halogénures métalliques (HM)
2.5.8. Les lampes à vapeur de sodium haute pression (VSHP)
2.6. Lampes à diodes électroluminescentes ou LED (Light Emitting Diodes)
2.6.1. Description générale
2.6.2. Efficacité lumineuse
2.6.3. Durée de vie
2.6.4. Avantages
2.6.5. Applications
2.7. Comparaison de différents types de lampes
Applications de l’énergie électrique : Contenu du cours iii

Chapitre 3 : Les luminaires

3.1. Contrôle de la répartition de la lumière.


3.2. Le luminaire intérieur

Chapitre 4 : Eclairage intérieur

1°) Choix du niveau d’éclairement


2°) Choix du type de lampe
3°) Choix du type d’éclairage et du luminaire
4°) Choix de la hauteur de suspension
5°) Répartition des foyers
6°) Flux lumineux total
6.1. Notion d’utilance
6.2. Facteur de dépréciation
6.3. Flux total des lampes
7°) Puissance de la lampe

Chapitre 5 : Eclairage extérieur

5.1. Notion d’éclairage public


5.1.1. Introduction
5.1.2. Méthode du rapport R
5.1.3. Vérification
5.2. Alimentation des circuits d’éclairage public
5.3. Méthode de luminance ponctuelle
5.4. Les installations sportives en plein air

3ème PARTIE : ELECTROTHERMIE

Chapitre 1 : Généralités

1.1. Introduction
1.2. Classification des procédés électrothermiques
1.3. Electrothermie et rayonnement électromagnétique
1.4. Evolution de l’électrothermie industrielle
1.4.1. Accroissement des densités de puissance
1.4.2. Développement de l’électronique
1.4.3. Evolution de la tarification de l’électricité et électrothermie
1.4.4. Diffusion de l’électrothermie dans les nouveaux secteurs
1.5. Electrothermie et économie de l’énergie
1.5.1. Economie d’électricité dans un processus électrothermique et dans l’entreprise
1.5.2. Processus électrothermiques et économie de l’énergie
1.6. Transmission de la chaleur et échauffement des corps
1.6.1. Relation entre température et chaleur
1.6.2. Transmission de la chaleur
1.6.3. Echauffement des corps

Chapitre 2 : Procédés électrothermiques industriels

2.1. Chauffage par résistance


2.2. Chauffage par arc
2.3. Chauffage par induction électromagnétique
Applications de l’énergie électrique : Contenu du cours iv

2.4. Chauffage par hystérésis diélectrique


2.4.1. Principe
2.4.2. Calcul simplifié de la puissance dissipée dans une charge homogène
2.5. Chauffage par rayons cathodiques (bombardement électronique)
2.5.1. Principe du chauffage par bombardement électronique
2.5.2. Caractéristiques du chauffage par bombardement électronique
2.5.3. Énergie d’un faisceau d’électrons
2.5.4. Densité de puissance
2.5.5. Action du faisceau d’électrons sur la cible - profondeur de pénétration
2.5.6. Constitution d’une installation de bombardement électronique
2.6. Chauffage par laser
2.6.1. Le principe du chauffage par laser
2.7. Chauffage par rayonnement infrarouge
2.7.1 Chauffage par rayons cathodiques.
2.8. Chauffage par plasma
2.8.1. Principe du chauffage par plasma
2.8.2. Caractéristiques du chauffage par plasma
2.8.3. Constitution des équipements de chauffage par plasma
2.9. Soudage
2.9.1. Soudage par résistance
2.9.1. Soudage par arc
2.10. Applications domestiques d’électrothermie
Applications de l’énergie électrique : Introduction générale (cours) Chap.0, Page 1

Introduction générale
L’utilisation de l’énergie électrique implique la transformation de celle-ci en une autre forme
directement utilisable. Les trois principales formes utilisables sont : l’énergie mécanique, la
lumière et la chaleur.

L’électricité, à cause de ses avantages énormes, n’est, de ce fait, qu’une forme intermédiaire
d’énergie qui ne peut pas être directement utilisée sans transformation en une autre forme.

A la production, les machines électriques (machines synchrones, asynchrones, générateurs à


courant continu,…) et les autres équipements de transformation (cellules photovoltaïques,
thermocouples, …) produisent de l’électricité qui doit être transportée et distribuée aux
utilisateurs.

A la consommation, les charges transforment l’énergie électrique en une énergie directement


utilisable.

Ce cours est donc divisé en trois grandes parties :


- les entrainements électriques ;
- les techniques de l’éclairage et
- l’électrothermie.

Ce cours a pour objet d’apprendre aux étudiants les calculs sur les principales utilisations de
l’énergie électrique : les entraînements électriques (pompes, ventilateurs, engins de
levage,…), les techniques de l’éclairage (éclairage intérieur, routier, …) et le chauffage
électrique.

A la fin de ce cours, l’étudiant doit être capable :


- de décrire les entraînements électriques, d’effectuer des calculs aboutissant au choix
des moteurs électriques pour entraîner les pompes, les ventilateurs, les engins de
levage et de manutention,…
- de réaliser un projet d’éclairage tant intérieur qu’extérieur
- de comprendre les divers procédés de transformation de l’énergie électrique en
chaleur.
Applications de l’énergie électrique : Entraînements électriques (cours) Chap.1, Page 1

Chapitre 1er : Calcul de l’entraînement électrique


1.1. Généralités

L’entraînement électrique sert à la transformation de l’énergie électrique en énergie


mécanique.

En langage technique courant, l’entraînement électrique embrasse la machine entraînée, les


transmissions, les embrayages, le moteur (ou les moteurs) électrique (s) ainsi que tous les
dispositifs qui rendent possible le fonctionnement de l’ensemble.

Organes de transmission
Moteur Machine
électrique entraînée

Figure 1.1. Entraînement électrique

La machine entraînée n’intervient dans le domaine d’entraînement électrique que par sa


demande de puissance mécanique et son influence sur les conditions de fonctionnement des
moteurs électriques.

Nous pouvons classifier l’entraînement électrique en groupes suivants :


- l’entraînement électrifié, où toutes les modifications de l’entraînement sont exécutées
par le personnel ;
- l’entraînement à commande automatisée, dans lequel la valeur de consigne vient d’un
émetteur. Le mode le plus répandu est la commande selon un programme enregistré
sur un support. Ce mode est employé pour la commande des machines-outils qui
exécutent plusieurs opérations. Les paramètres de cette commande ne sont pas
corrigés automatiquement. C’est le personnel qui peut les corriger, il n’y a pas de
rétroaction (feed-back)
- l’entraînement à régulation automatisée qui assure la correction automatique des
paramètres de fonctionnement grâce aux rétroactions (automates programmables,…).

N.B. Dans ce cours, nous n’allons pas traiter des moteurs linéaires.

1.2. Notions fondamentales de l’entraînement électrique

1.2.1. Equation générale du mouvement


L’équation générale du mouvement de rotation est :

C − C s − Cd = 0 (1.1)

Où C est le couple électromagnétique du moteur, qui correspond à la puissance interne Pin


Cs est couple résistant statique, somme de toutes les résistances en allant du moteur à la
Applications de l’énergie électrique : Entraînements électriques (cours) Chap.1, Page 2

charge
Cd est le couple dynamique

La somme de tous les couples résistants statiques est ramenée à l’axe du moteur par la
formule :

N
Csi ⎛ ni ⎞
Cs = C0 + ∑η ⎜⎜ ⎟⎟ (1.2)
n =1 i ⎝ n0 ⎠

n0 : vitesse de rotation du moteur


ni : vitesse de rotation de l’élément i
Csi : couple résistant de la transmission ou de l’élément i
ηi : rendement d’une transmission i
Rendements de diverses transmissions

- Engrenage droit :
- dents rectifiées : 0.99
- dents usinées mais non rectifiées : 0.98
- dents non usinées : 0.96
- Engrenages aux dents hélicoïdales : 0.97 - 0.98
- Engrenages aux roues coniques : 0.97 - 0.98
- Engrenages à vis sans fin à un filet : 0.65 - 0.78
- Engrenages à vis sans fin à deux filets : 0.76 - 0.85
- Engrenages à vis sans fin à trois filets : 0.83 - 0.89
- Transmission à frottement : 0.7 - 0.8
- Transmission par chaîne : 0.98
- Transmission par courroie : 0.94 - 0.98
- Transmission par câble : 0.9
- Transmission par courroie trapézoïdale : 0.8 - 0.98

Le couple dynamique dans le cas général, quand le moment d’inertie J et la vitesse angulaire
ω sont variables, est exprimé par la relation suivante :

dω ω dJ
Cd = J + [Nm] (1.3)
dt 2 dt

Habituellement, la vitesse de rotation du moteur est donnée par le nombre de tours par minute
n, plutôt que par la vitesse angulaire.

π dn n dJ
Cd = (J + ) [Nm]
30 dt 2 dt

Du fait qu’on utilise les éléments rigides, le moment d’inertie ne varie pas dans le temps, on
aura donc ( dJ dt = 0) :

dω π dn
Cd = J = J [Nm] (1.4)
dt 30 dt
Applications de l’énergie électrique : Entraînements électriques (cours) Chap.1, Page 3

1.2.2. Calcul du moment d’inertie d’une installation

Pour calculer le moment d’inertie d’une installation d’entraînement, il faut :


1. Ramener les moments d’inertie de divers éléments J1 , J 2 , J N dont les vitesses de
rotation sont n1 , n2 , nN à la vitesse de l’axe du moteur n0
2. Si on a un treuil, ramener l’énergie cinétique de la masse m (élément qui influence le
démarrage) à la vitesse linéaire v p de l’axe du moteur
3. Ajouter le moment d’inertie du moteur

Le moment d’inertie de l’ensemble est alors donné par la relation

2
⎛ 30 ⎞
2
⎛v p ⎞ N ⎛n ⎞
J = J0 + ⎜ ⎟ m ⎜ ⎟ +
⎝π ⎠
∑ J i ⎜ ni ⎟ (1.5)
⎝ n0 ⎠ i =1 ⎝ 0 ⎠

Quand la vitesse de rotation n est constante, le moteur tourne en régime permanent, l’équation
du couple devient :

C − Cs = 0 (1.6)

Un moteur fonctionne en régime permanent s’il n’est pas en régime de démarrage ou en


freinage et si la vitesse ne change pas. Théoriquement, le régime permanent ne paraît que
rarement, mais en pratique nous pouvons négliger les petites variations de la vitesse et
considérer que les moteurs fonctionnent en régime permanent la plupart de temps.

1.2.3. Condition de stabilité de la marche d’une installation


D’une manière générale, le couple du moteur ainsi que la somme des couples statiques
résistants sont des fonctions de la vitesse de rotation. Les courbes qui représentent ces
fonctions sont appelées caractéristiques mécaniques.

La relation entre la caractéristique mécanique du moteur et celle du groupe propulsé


détermine si la marche est stable ou non.

Pour que la marche soit stable, il faut que la variation du couple moteur par rapport à la
vitesse soit inférieure à celle du couple statique par rapport à celle de la vitesse.
Ceci s’exprime par l’équation ci-après :

dC dCs
< (1.7)
dn dn

Ce qui signifie :
- qu’il apparaisse un excès du couple moteur sur la somme des couples résistants si la
vitesse a diminué
- qu’il apparaisse un déficit du couple moteur sur la somme des couples résistants si la
vitesse a augmenté
Applications de l’énergie électrique : Entraînements électriques (cours) Chap.1, Page 4

1.2.4. Quelques caractéristiques mécaniques

n
n
1 4

2 3

1 2

C Cs

Figure 1.2.Caractéristiques des moteur Figure 1.3.Caractéristiques des machines entraînées

Caractéristiques des moteurs


1. moteur asynchrone
2. moteur à courant continu à excitation en dérivation ou moteur asynchrone
(caractéristique avec prolongement en pointillé)
3. moteur série à courant ou à courant alternatif avec collecteur

Caractéristiques des machines entraînées :


1. ponts roulants, grues, machines d’extraction, une partie des machines-outils,
calandres, machines rotatives, convoyeurs à courroie
2. génératrice à courant continu à excitation indépendant alimentant une résistance
3. machines qui utilisent le principe de la force centrifuge comme pompes centrifuges,
ventilateurs, turbocompresseurs, hélices.
4. enrouleurs des bandes et des fils (la force de la tension de la bande ou du fil ainsi que
la vitesse linéaire doivent être constantes, quand on commence à enrouler, la bande sur
la bobine le rayon de la force de tension est petite, donc le couple est petit, tandis que
le nombre de tours par minute doit être élevé).

Les courbes ci-haut sont traduites par l’équation :


x
⎛ n ⎞
C = C n ⎜⎜ ⎟⎟ + cte (1.8)
⎝ nn ⎠

Tableau 1.1 : Exposant x


Caractéristique Exposant x
1 0
2 1
3 2
4 -1
Examinons quelques caractéristiques moteur-machine entraînée.
Applications de l’énergie électrique : Entraînements électriques (cours) Chap.1, Page 5

n n

C C

n n

C C
: moteur (C)
: machine entraînée (Cs)

Figure 1.4. Stabilité des quelques entraînements

1.3. Entraînement des pompes centrifuges

Les pompes centrifuges sont plus répandues que les pompes à piston surtout pour des grands
débits. Une grande qualité des pompes centrifuges par rapport aux pompes à piston est leur
couple résistant uniforme et la possibilité de fonctionnement aux grandes vitesses de rotation.

Lors du démarrage des pompes centrifuges, la vanne sur le tuyau refoulant est fermée, donc la
charge de la pompe égale à zéro et la puissance absorbée n’est utilisée que pour compenser les
pertes et pour augmenter la vitesse de rotation.

Le couple résistant d’une pompe centrifuge est proportionnel au carré de la vitesse de rotation
et la puissance absorbée au cube.

Cs ∼ n 2

P ∼ n3
Le rendement des pompes à haute pression est 0.6 à 0.75 ; celui des pompes à basse pression
de 0.2 à 0.6.
Applications de l’énergie électrique : Entraînements électriques (cours) Chap.1, Page 6

Le débit est proportionnel à la vitesse de rotation et la pression au carré.

Q = C1 n

H = C 2 n2

La puissance demandée par une pompe centrifuge est :

QH
P = C (1.9)
η
Q : débit [m3/s]
H : pression produite par la pompe [N/m2]
η : rendement de la pompe
C : coefficient de réserve ; C = 1.1 - 1.3

La relation théorique entre la pression et le débit à vitesse constante est linéaire, c’est-à-dire :

H th = K Q n = cte

Dans une pompe réelle, il y a des pertes supplémentaires qui occasionnent une chute de
pression. A cause de cela, la relation réelle H = f ( Q ) diffère sensiblement de la droite
théorique H th = f ( Q ) .

La chute de pression du liquide dans une conduite est proportionnelle au carré de la vitesse

ΔH c = C v 2

Comme Q ∼v , on a ΔH c = C Q 2

La chute totale de pression en aval de la pompe comportera donc deux composantes :

1. ΔH c , qui est la chute de pression dans la conduite


2. ΔH g , la hauteur géométrique de levage

ΔH = ΔH c + ΔH g

Le fonctionnement de la pompe se situera à l’intersection des courbes H = f ( Q ) et


ΔH = f ( Q ) .
La situation est la meilleure quand ce point est maximum de la courbe H = f ( Q ) , c’est le
point qui correspond aux valeurs nominales H n et Qn .
Applications de l’énergie électrique : Entraînements électriques (cours) Chap.1, Page 7

Il est possible de régler le débit par étranglement d’écoulement (fermeture partielle de la


vanne). Ainsi, on peut passer à la courbe ΔH ′ dont les valeurs sont supérieurs à celle de ΔH
et le débit diminuera de Qn (débit nominal) à Q′ .

Les changements de la vitesse de rotation modifient les caractéristiques H = f ( Q ) .


Nous voyons que le changement de la vitesse est aussi un moyen de réglage de débit.

1.4. Entraînement des ventilateurs centrifuges

Un ventilateur centrifuge transforme l’énergie mécanique fournie par le moteur en énergie


potentielle de pression et en énergie cinétique de l’air comprimé.

Le couple est proportionnel au carré de la vitesse de rotation, la puissance au cube de la


vitesse de rotation.

Cs ∼ n 2

P ∼ n3

La puissance nécessaire à l’entraînement d’un ventilateur ayant un débit de Q m3/s d’air est
donnée par :

QH
P = C (1.10)
ηv ηt

où H : surpression à la sortie ou différence de pression absolue à l’entrée et à la sortie en


[N/m2]
ηv : rendement du ventilateur
ηt : rendement de la transmission
C : coefficient de réserve C = 1.1 - 1.3

1.5. Entraînement des engins de levage et de manutention

1.5.1. Description de quelques engins


Les engins de levage et de manutention servent à déplacer les masses
• soit verticalement : ascenseurs, monte-charges, machines d’extraction,
treuils,…
• soit dans les directions diverses : grues, ponts roulants, transporteurs-
élevateurs,…

a) Les ascenseurs et monte-charges

De divers types, ils sont utilisés dans les immeubles et dans l’industrie. La charge (ou les
personnes) est transportée dans une cabine. Ces appareils sont généralement à actionnement
automatique commandé par boutons-poussoirs. Ils se laissent desservir par les usagers sans
Applications de l’énergie électrique : Entraînements électriques (cours) Chap.1, Page 8

personnel qualifié. Pour assurer la sécurité, on installe le verrouillage des portes lorsque la
cabine ne se trouve pas à leur niveau.

b) Les ponts roulants

Ils sont employés souvent dans des grands ateliers, dans des salles de machines rendant
possible trois déplacements de la charge :
- en hauteur grâce à un treuil et un crochet
- en longueur grâce à un pont roulant proprement dit
- en largeur grâce à un chariot.
2
3

Figure 1.5 . Pont roulant

La commande des grands ponts roulants est concentrée dans une cabine accrochée au-dessus
du pont roulant. Le ponts roulants moyens et petits sont commandés à l’aide de boutons-
poussoirs suspendus aux câbles électriques et desservis du niveau de l’atelier.

Le pont étant mobile par rapport au bâtiment et le chariot par rapport au pont, il faut assurer
l’alimentation des moteurs électriques dans toutes leurs positions. Le plus souvent, on installe
de fils nus qui sont tendus sur les isolateurs le long d’un chemin de roulement et le long du
pont lui-même. Les fils ont un profil spécial pour faciliter leur fixation. Le contact avec ces
fils s’établit par exemple à l’aide de petits trolleys (une roulette pressée contre le fil par un
ressort)

c) Les portiques roulants

Ils ont beaucoup de traits communs avec les ponts roulants, mais comme ils sont utilisés
surtout à l’air libre où il est difficile d’installer des rails à uns hauteur, alors le pont roulant
proprement dit est remplacé par un portique.
Applications de l’énergie électrique : Entraînements électriques (cours) Chap.1, Page 9

Figure 1.6 : Portique roulant

Le chariot et le treuil restent les mêmes qu’au pont roulant, mais on ne peut pas installer une
transmission longitudinale sur l’axe des roues du portique. On installe deux moteurs
électriques : un à chaque roue du portique.

Il y a le danger de coincement des roues s’il y a une différence (même très petite) des vitesses
de ces deux moteurs. Pour éviter ce danger, on installe deux moteurs à rotor bobiné et on
connecte les paires correspondantes des balais. De telle façon, on réalise une connexion dite
« arbre électrique » qui supprime toute différence de vitesse.

Les portiques roulants sont employés par exemple aux chantiers navals

d) Les grues

Les grues sont caractérisées par une volée qui supporte le crochet. La plupart de grues ont
deux directions horizontales de :
- déplacement radial grâce au changement de l’angle entre l’axe de la volée et le niveau
- déplacement périphérique grâce à la rotation de la grue sur les rails disposés en cercle
qui forme la partie inférieure de l’installation.

Une grue de chantier a un pylône qui sert de base autour de laquelle tourne une volée
horizontale avec un contrepoids assurant le déplacement circulaire. Sur les rails de la volée il
y a un chariot qui assure le déplacement radial. Le chariot est équipé d’un treuil avec un
tambour qui sert à monter et descendre la charge.

e) Les transporteurs élévateurs

Ils sont utilisés dans les mines, carrières, centrales électriques, aux chantiers et dans de
nombreux cas de transbordement.
Les autres machines qui appartiennent à ce groupe sont
- les excavateurs et pelles mécaniques utilisés pour la construction des routes, des
barrages, aux mines et carrières, aux chantiers de construction
- les portes d’écluse, les ponts tournants, levants et basculants.
Applications de l’énergie électrique : Entraînements électriques (cours) Chap.1, Page 10

Grue de port Grue de chantier

Figure 1.7 : Grues

1.5.2. Calcul de la puissance des moteurs de levage


La puissance nécessaire pour le levage dépend de quatre facteurs:
1. le poids de la charge et de tous les autres éléments qui se déplacent verticalement
simultanément avec la charge comme la cabine, le contrepoids, le câble,…
2. la vitesse de levage en régime permanent,
3. l’accélération de la vitesse de levage,
4. le rendement de toute l’installation.

Un trait caractéristique d’un ascenseur ou monte-charge vertical est la constance du couple


causé par la charge.
Le moteur doit surmonter aussi la résistance de frottement des divers éléments, résistance qui
est un peu plus grande au démarrage qu’en régime permanent.
Ceci est l’une des difficultés rencontrées au démarrage des ascenseurs qui devront avoir une
capacité élevée de surcharge.

La vitesse maximale dépend aussi bien des facteurs économiques (une grande vitesse
nécessite un grand moteur) que des facteurs techniques : vitesse du câble, distance entre les
niveaux d’arrêt.

En pratique, on applique les vitesses énumérées ci-dessous :

Ascenseurs : 0.5 – 1.5 m/s


Ascenseurs rapides dans les bâtiments à plusieurs étages (> 10) : 1.5 – 3.5 m/s
Monte-charges : 0.15 – 0.75 m/s
Monte-charges dans les mines : 6 – 75 m/s
Ponts roulants à la capacité de charge : - 30 kN : 5 – 20 m/min
- 100 kN : 3 – 4 m/min
- 500 kN : 1.5 – 1.75 m/min
Grues portuaires : 15 – 60 m/min
Applications de l’énergie électrique : Entraînements électriques (cours) Chap.1, Page 11

Les valeurs d’accélération et de décélération dans les installations qui servent aux personnes
sont limitées à 0.3 – 0.6 m/s2, car les accélérations plus grandes sont désagréables ou même
nuisibles aux passagers.
Aux monte-charges on peut appliquer les valeurs plus grandes jusqu’à 1.2 m/s2 si elles sont
justifiées du point de vue économique (dans les installations de levage, dans les ateliers et
magasins, on applique même 0.2 m/s2 pour le matériel fragile).

Aux monte-charge des mines, on applique des faibles accélérations pour le transport des
personnes et des accélérations relativement grandes pour le transport des produits miniers.

En général, les valeurs de décélération et d’accélération sont les mêmes et restent constantes
lors du freinage et du démarrage.

Le diagramme v = f ( t ) présente un trapèze isocèle, car le temps de démarrage est égal au


temps de freinage.

v
S’il n’y avait pas de limitation de vitesse, le
trapèze deviendrait un triangle.

La superficie de ce trapèze ou de ce triangle


représente la hauteur de levage H :

ttot
h = ∫ v dt (1.11)
0

t L’allure triangulaire de la courbe v = f ( t )


td tp tf
assure le plus court temps de levage. Dans ce
cas, nous avons :
ttot
v 1
h= v max ttot (1.12)
2

1
Et comme v max = a ttot , alors
2

v max = h.a (1.13)

Si la hauteur h était grande, nous atteindrions


t v max élevée.
Figure 1.8 : Courbes v = f ( t ) En pratique, v max est limitée.

v max
Le temps de démarrage est td = (1.14)
aG
Applications de l’énergie électrique : Entraînements électriques (cours) Chap.1, Page 12

La puissance nécessaire pour lever le poids à une vitesse constante est égale à :

Gv
P= (1.15)
η
Si notre installation est équipée d’une cabine ( Gc ) et si la charge est Gch il faut mettre dans la
formule G = Gc + Gch . Si la cabine monte à vide G = Gc .

Dans la plupart de cas, pour diminuer la puissance nécessaire du moteur, on installe un


contrepoids Gcp . Si la charge est pleine, la puissance nécessaire devient :

Gc + Gch − Gcp
Pv = v (1.16)
η

Pour une cabine vide


Gc − Gcp
Pv = v
η

On démontre que la puissance du moteur atteint son


1
minimum si Gcp = Gc + Gch (1.17)
Gcp 2
Dans ce cas, pour monter la pleine charge, il faut une
puissance

0.5 Gch
Gch P = v (1.18)
η
Gc

Figure 1.9 : Bilan des charges

La montée de la cabine vide est entraînée par le contrepoids (car P = 0 )


Le contrepoids est calculé en fonction de la charge maximale à entraîner.

Pour la descente de la cabine à vide (qui est plus légère que le contrepoids), il faudra
développer une puissance pour remonter le contrepoids, égale à la puissance nécessaire pour
remonter la cabine chargée.

Grâce au contrepoids, on peut diminuer la puissance nécessaire pour le mouvement uniforme


à environ un tiers.

Si la transmission entre le moteur et le tambour de câble est déjà déterminée, on peut calculer
le rendement η .
Si non on peut poser pour le calcul préliminaire, à titre d’orientation, on a :
- pour les installations industrielles : η = 0.6 (0.25 – 0.6)
- pour les ascenseurs industriels : η = 0.65 (0.3 – 0.65)
Applications de l’énergie électrique : Entraînements électriques (cours) Chap.1, Page 13

On définit le coefficient de transmission i entre le moteur et le tambour de câble de la manière


suivante, si nt est la vitesse de rotation du tambour :

v
nt = 60 où Dt est le diamètre du tambour
π Dt

nt 60 v
i= = (1.19)
n0 π Dt n0

Moteur Tambour de câble


nt
Dt

n0
v

Figure 1.10 : Coefficient de transmission

Si la hauteur de levage est très grande, par exemple dans les puits des
mines, le poids du câble devient considérable et influence le couple
résistant.
Pour compenser cette influence on installe parfois le câble d’équilibre.

Câble d’équilibre

Figure 1.11 : Câble d’équilibre

Choix du moteur

Le moteur doit assurer non seulement la puissance pour le régime permanent mais aussi la
puissance nécessaire pour mettre toutes les masses en mouvement avec une accélération a.
Cette puissance Pd correspond au couple dynamique Cd .

Le couple dynamique doit accélérer les éléments rotatifs et les éléments en mouvement
linéaire.

Si nous connaissons le moment d’inertie J de toutes les éléments rotatifs ramenés à l’arbre du
moteur, nous pourrions facilement calculer l’énergie cinétique nécessaire pour mettre le
moteur (avec touts ces éléments rotatifs) en rotation avec n0 , la vitesse de rotation.

Jω 2 π 2 J n0 2

E 'c = = (1.20)
2 1800
Applications de l’énergie électrique : Entraînements électriques (cours) Chap.1, Page 14

Il n’est pas facile de calculer J . Admettons que nous connaissons le moment d’inertie de tous
les éléments rotatifs (sauf le moteur) car nous avons déjà choisi les éléments à titre
préliminaire. Mais nous ne pouvons pas connaître le moment d’inertie du moteur, car nous ne
connaissons pas encore sa puissance.

Comme première approximation, nous admettons que la puissance du moteur est égale à
(1.1 – 1.3) P où P est calculée en régime permanent.

Si nous connaissons la puissance du moteur, nous pouvons le choisir et trouver son moment
d’inertie. Ensuite nous calculons le moment d’inertie total ramené à l’arbre du moteur et
l’énergie Ec′ .

L’énergie cinétique Ec′′ , nécessaire à donner une vitesse v aux masses en mouvement linéaire
(cabine, charge, contrepoids) est :

1
E ''c = (Gc − Gcp + Gch ) v 2 (1.21)
2g

v
L’énergie cinétique totale Ec = Ec′ + Ec′′ est nécessaire pendant le temps de démarrage td =
a
. Donc la puissance moyenne de démarrage est :

Ec
Pdmoy = (1.22)
td

Pd (t ) = ω (t ) C d (1.23)

Nous avons admis que l’accélération reste constante, donc le couple dynamique restera aussi
constant. Comme la puissance augmente, l’énergie cinétique croîtra linéairement. La valeur
de cette puissance à la fin du démarrage vaut 2 Pdmoy .
Applications de l’énergie électrique : Entraînements électriques (cours) Chap.1, Page 15

Donc la puissance maximale absorbée


par le moteur lors du démarrage sera :

Pmax = P + 2 Pdmoy (1.24)

t P est la puissance consommée en


C fonctionnement en régime permanent.

Il n’est pas nécessaire de choisir un


moteur d’une telle puissance parce que
Cd tout moteur peut être surchargé pendant
une période assez courte.
Cs
Cd Cette puissance maximale doit remplir
t la condition :
P Cf
C max
Pmax 1.3 Pmax ≤ Pn (1.25)
2Pdmoy Cn

Le facteur 1.3 est la réserve, par


P exemple pour compenser la diminution
de la puissance à cause des chutes de
t tension.
Figure 1.12 : Courbes des vitesse, couple et
puissance

1.5.3. Calcul de la puissance des moteurs de translation des ponts roulants

G f

Figure 1.13 : Frottements

Si le poids total du pont roulant avec tous ses éléments comme par exemple le chariot et avec
la charge transportée est G , et s’il faut applique à ce pont une force horizontale F pour le
déplacer, nous pouvons exprimer cette situation par la formule suivante :

F = Ct ⋅ G (1.26)
Applications de l’énergie électrique : Entraînements électriques (cours) Chap.1, Page 16

Où Ct est le coefficient de la résistance à la traction qui, pour les ponts roulants et pour les
chariots est de l’ordre de 0.01 – 0.015
La force nécessaire pour surmonter la résistance est composée de quatre composantes qui
servent à surmonter :
1. la résistance dans les paliers
2. le frottement de roulement des roues et de leurs boudins
3. le frottement de transmission
4. la poussée de vent dans le cas des ponts roulants à l’air libre

La force de la résistance dans les paliers ramenée à la circonférence des roues porteuses vaut :

d
Fp = G μ (1.27)
D

D : diamètre des roues porteuses


d : diamètre des tourillons
μ : coefficient de frottement des paliers qui a la valeur :
- 0.08 – 0.10 pour les paliers à coussinets lisses
- 0.005 – 0.008 pour les paliers à billes
- 0.010 – 0.015 pour les paliers à rouleaux

La résistance de frottement de roulement résulte de la déformation de la voie, qui déplace la


réaction de la voie à une distance f dite « bras de frottement de roulement ». La force
nécessaire à surmonter cette résistance est :
f 2f
Ff = G ≈ G (1.28)
l D

Pour les ponts roulants, f = 0.05 cm


Le frottement de transmission est pris en considération par le coefficient de rendement de la
transmission.

La force totale statique (en régime permanent) sur la circonférence de la roue porteuse est en
principe Ft = Fp + F f mais en pratique elle est sensiblement plus grande à cause du
frottement des boudins et des frottements supplémentaires.

2f +μ d
Ft = K G (1.29)
D

Le tableau suivant donne quelques valeurs de coefficient K .

Tableau 1.2 : Valeurs du coefficient K


Coefficient K
Paliers à coussinet Paliers à roulement
Chariot 1.2 – 1.4 2–3
Ponts aux portées moyennes 1.5 – 1.8 3.5 – 5
Ponts aux grandes portées 1.9 – 2.0 5.5 – 6
Applications de l’énergie électrique : Entraînements électriques (cours) Chap.1, Page 17

La puissance nécessaire pour la translation sur une voie droite horizontale et à une vitesse v
est :

Ft v
P =
η

Lors du démarrage avec l’accélération a , on a besoin d’une force dynamique supplémentaire

Fd = m ⋅ a

La puissance moyenne dynamique pendant la période de démarrage sera donc

Fd v
Pdmoy =

La puissance maximale lors du démarrage est :

( Ft + Fd )v 2 f + μ d a Gv
Pmax = P + 2 Pd = = (K + ) (1.30)
η D g η

Le temps de démarrage est défini comme pour le levage :

v
td = (1.31)
a

1.5.4. Traits caractéristiques des moteurs destinés aux machines de levage et de


manutention
- Taux de remplissage du cycle
Le taux de remplissage est le rapport entre
P le temps de fonctionnement du moteur et le
temps total du cycle.

t tr
ttr t τ =
ttot t tot
τ = 15 % - 25 % pour les ponts roulants
τ = 40 % - 60 % pour les ascenseurs
Figure 1.14 : Taux de remplissage

Ces moteurs sont choisis en fonction du régime intermittent.


Parfois on rencontre des moteurs prévus pour un service temporaire de 30, 60 ou 90 minutes
(par exemple les treuils d’une capacité de levage très grande qui fonctionnent rarement).

- Capacité de surcharge

Appelée aussi coefficient de sécurité ou coefficient de stabilité, elle est définie par le rapport
entre le couple maximal et le couple nominal. Elle est élevée pour les engins de levage et de
Applications de l’énergie électrique : Entraînements électriques (cours) Chap.1, Page 18

manutention. Elle est de 1.7 à 2 pour les moteurs à usage normal et de


2.5 à 3 pour les moteurs des engins de levage et manutention.

- Les moteurs servant à l’entraînement des engins de levage peuvent supporter des vitesses
entre 2 et 2.4 fois la vitesse nominale alors que les autres moteurs normaux ne peuvent
dépasser 1.2 fois la vitesse nominale. Ils ont aussi un moment d’inertie inférieur aux moteurs
normaux.

- Les moteurs servant à l’entraînement des machines de levage et de manutention possèdent le


plus souvent un équipement spécial dont l’élément le plus important est le frein. Il y a deux
catégories de frein :
• Le frein de secours, qui agit lorsque la limite de vitesse ou d’accélération est
dépassée. Il agit aussi lorsque la cabine, le chariot ou le pont roulant dépasse le
limiteur de course. Son fonctionnement peut être manuel ou automatique.
• Le frein de manœuvre, qui est en principe bloqué en temps d’arrêt. Avant de
mettre le moteur en mouvement, il faut desserrer ce frein. Donc il faut que le
dispositif de desserrage soit branché en parallèle avec le moteur pour éviter
qu’un moteur bloqué soit branché au réseau.
Le frein de manœuvre sert :
- à supporter la charge dans une position selon le désir de l’opérateur
- à arrêter l’entraînement et la charge dans une position qui est déterminée
parfois avec grande précision
- parfois au réglage de la vitesse (mauvais usage)

1.6. Entraînement des machines-outils

L’usinage exécuté par les machines-outils consiste dans la séparation du bloc usiné d’élément
de matériau à l’aide d’un outil. Pour ce faire, il faut que l’outil se déplace par rapport à l’objet
usiné ou vice versa. Ce déplacement consiste, par exemple pour la séparation des copeaux,
dans deux marches :
- marche principale qui assure la séparation du copeau du bloc
- marche d’avance grâce à laquelle après avoir séparé un copeau, on commence à
séparer le copeau voisin.

La puissance nécessaire pour la marche d’avance ne constitue qu’une petite fraction de la


puissance de la marche principale.

La marche principale peut être réalisée :


- par la rotation de l’objet usiné tandis que l’outil reste immobile (tours)
- par la rotation de l’outil tandis que l’objet usiné reste immobile (perceuse, fraiseuse, la
plupart de rectifieuses)
- par la rotation de l’outil et de l’objet usiné (rectifieuse externe pour rectifier les arbres)
- par le déplacement rectiligne alternatif de l’objet usiné par rapport à l’outil immobile
(raboteuse)
- par le déplacement rectiligne alternatif de l’outil par rapport à l’objet usiné (étau-
limeur)

Pour gagner un débit élevé des objets usinés par une machine-outil et un rendement élevé il
faut que la vitesse d’usinage soit proche de la vitesse optimale.
Applications de l’énergie électrique : Entraînements électriques (cours) Chap.1, Page 19

La valeur de la vitesse optimale dépend :


- du type de machine (dimensions,…)
- du type de l’outil
- de la qualité de l’objet usiné

La puissance d’usinage est donnée par la relation

Pu = Fu v u (1.32)

Fu est la composante tangentielle de la force d’usinage


v u est la vitesse de la marche principale en m/s

La force Fu dépend de la qualité du matériau usiné, de la forme géométrique de l’outil, de la


section de la couche séparée du bloc et aussi du liquide de coupe qui diminue la résistance.

Le rapport entre la vitesse minimale et la vitesse maximale varie de la manière suivante :

1 v 1
≤ min ≤ (1.33)
100 v max 4

Si la vitesse linéaire doit rester constante, et comme v = ω R , alors que le rayon diminue au
cours du tournage, il faut augmenter la vitesse de rotation. Ceci est illustré par la figure ci-
dessous.

n1

n1R = n2 r

Figure 1.15 : Tournage

Le couple développé par une machine-outil vaut :

vu
C = Fu R = Fu
ωu

La puissance minimum d’une machine électrique entraînant une machine-outil sera :

Pmot = Pu + Pv + Psupp (1.34)


Applications de l’énergie électrique : Entraînements électriques (cours) Chap.1, Page 20

Pu : puissance (utile d’usinage)


Pv : puissance de marche à vide
Psupp : puissance supplémentaire ajoutée pour compenser tous les paramètres dont on n’a pas
tenu compte

En général, Pv + Psupp est négligeable.


En première approximation,

Pu
Pmot = (1.35)
η
η

0.6 La valeur de η dépend de


l’expérience. Cette valeur
dépend de la force
d’usinage, donc de la
0.2 section des copeaux.
mm2
10 20 30 40

Figure 1.16 : Rendement en fonction de la section de copeau

1.7. Méthode et guide de sélection d’un moteur asynchrone

Les moteurs asynchrones sont très utilisés dans les applications industrielles. Ce guide nous
donnera succinctement le canevas nécessaire dans le choix d’un moteur asynchrone.

Le choix d’un moteur asynchrone seul doit permettre l’entraînement de la machine accouplée
avec les performances imposées par le cahier des charges à savoir :
• Le nombre de quadrants de fonctionnement
• Le couple sur toute la plage de vitesse : caractéristique Cr = f (ω )
• La vitesse désirée
• L’accélération et la décélération souhaitées

Et le respect des normes pour le réseau d’alimentation énergétique :


• La puissance de démarrage disponible
• La consommation d’énergie réactive
• Le taux d’harmoniques imposé au réseau
• La compatibilité électromagnétique

1. Il faut donc déterminer la puissance nécessaire à notre application au point de


fonctionnement

Pu = Ce ⋅ ω = Cr ⋅ ω (1.36)
Applications de l’énergie électrique : Entraînements électriques (cours) Chap.1, Page 21

La Caractéristique couple/vitesse de la machine entraînée doit être connue tout comme la


vitesse désirée.

2. Il faut également déterminer le couple nécessaire à notre application pour le accélérations


et décelérations :


Ce − Cr = J (1.37)
dt
Les accélérations et décélérations souhaitées doivent être connues. L’inertie de la machine
entraînée doit être connue et celle du moteur doit être estimée.

La mise en vitesse de l’ensemble moteur + charge se fera en un temps que l’on peut
calculer par la formule simplifiée suivante :

π nf ⋅ J
td = (1.38)
30 Ca

td : temps de démarrage (s)


n f : vitesse finale (tr/min)
J : inertie totale ramenée sur l’arbre moteur
Ca : couple accélérateur moyen, c’est le couple moyen développé par le moteur durant la
phase de démarrage diminué du couple résistant moyen pendant la même
période ( Cr ).
nf

∫ ( Ce ( n ) − Cr ( n ) ) dn
1
Ca = (1.39)
nf 0
qui peut se simplifier pour une estimation en

Cd + 2Cm + 2CM + Cn
Ca = − Cr (1.40)
6

Cd : couple de démarrage Cm : couple d’accrochage


CM : couple maximal ou de décrochage Cn : couple nominal
C Cn
CM
2

1
Cd
Cn
Cm
100 N N s
25 50 75 100

g 0.75 0.50 0.25 0


Applications de l’énergie électrique : Entraînements électriques (cours) Chap.1, Page 22

Figure 1.17 : Calcul du couple accélérateur moyen

Figure 1.18 : Abaque de détermination du temps de démarrage


Applications de l’énergie électrique : Entraînements électriques (cours) Chap.1, Page 23

3. Il faut vérifier le type de service pour le moteur :

Figure 1.19 : Types de service des moteurs


Applications de l’énergie électrique : Entraînements électriques (cours) Chap.1, Page 24

a) Service continu - Service type S1 : Fonctionnement à charge constante nominale d'une


durée suffisante pour que l'équilibre thermique soit atteint. Fdm (facteur de marche) = 1 et n
(nombre de démarrages équivalent par heure) ≤ 6.

b) Service temporaire - Service type S2 : Fonctionnement à charge constante nominale


pendant un temps déterminé N, moindre que celui requis pour atteindre l'équilibre thermique,
suivi d'un repos d'une durée suffisante pour rétablir à 2° C près l'égalité de température entre
la machine et le fluide de refroidissement. Fdm selon cahier des charges et n = 1.

c) Service Intermittent périodique - Service type S3 : Suite de cycles de service identiques


comprenant chacun une période de fonctionnement à charge constante nominale N et une
période de repos R. Dans ce service, le cycle est tel que le courant de démarrage n'affecte pas
l'échauffement de façon significative. Fdm = N/N+R et n = 0.

d) Service intermittent périodique à démarrage - Service type S4 : Suite de cycles de


service identiques comprenant une période appréciable de démarrage D, une période de
fonctionnement à charge constante nominale N et une période de repos R.
Fdm = N+D/N+D+R et n selon cahier des charges, remplacer n par 4n dans la formule.

e) Service intermittent périodique à freinage électrique - Service type S5 : Suite de cycles


de service périodiques comprenant chacun une période de démarrage D, une période de
fonctionnement à charge constante nominale N, une période de freinage électrique rapide F et
une période de repos R. Fdm = N+D+F/N+D+F+R et n selon cahier des charges, remplacer n
par 4n dans la formule.

f) Service ininterrompu périodique à charge intermittente - Service type S6 : Suite de


cycles de service identiques comprenant chacun une période de fonctionnement à charge
constante nominale N et une période de fonctionnement à vide V. Il n'existe pas de période de
repos. Fdm = N/N+V et n = 0. Calcul de P pour régime intermittent.

g) Service ininterrompu périodique à freinage électrique - Service type S7 : Suite de


cycles de service identiques comprenant chacun une période de démarrage D, une période de
fonctionnement à charge constante L et une période de freinage électrique F. Il n'existe pas de
période de repos. Fdm = 1 et n selon cahier des charges, remplacer n par 4n dans la formule.

h) Service ininterrompu périodique à changements liés de charge et vitesse - Service type


S8 : Suite de cycles de service identiques comprenant chacun une période de fonctionnement
à charge constante L1 correspondant à une vitesse de rotation prédéterminée, suivie d'une ou
plusieurs périodes de fonctionnement à d'autres charges constantes L2 L3 correspondant à
différentes vitesses de rotation. Il n'existe pas de période de repos. Fdm = 1 et n selon cahier
des charges, remplacer n par 4n dans la formule. Calcul de P pour régime intermittent.

i) Service à variations non périodiques de charge et de vitesse - Service type S9 : Service


dans lequel la charge et la vitesse ont une variation non périodique dans la plage de
fonctionnement admissible. Ce service inclut fréquemment des surcharges appliquées qui
peuvent être largement supérieures à la pleine charge. Pour ce service type, des valeurs
appropriées à pleine charge devront être considérées comme bases du concept de surcharge.
Fdm = 1 et n selon cahier des charges, remplacer n par 4n dans la formule. Calcul de P pour
régime intermittent.
Applications de l’énergie électrique : Entraînements électriques (cours) Chap.1, Page 25

j) Service à régimes constants distincts - Service type S10 : Service comprenant au plus
quatre valeurs distinctes de charges (ou charges équivalentes), chaque valeur étant appliquée
pendant une durée suffisante pour que la machine atteigne l'équilibre thermique. La charge
minimale pendant un cycle de charge peut avoir la valeur zéro (fonctionnement à vide ou
temps de repos). Fdm = 1 et n = 0. Calcul de P pour régime intermittent.

Détermination de la puissance apparente en fonction des services S2 à S10:

2
⎡I ⎤
n × td ⎢ d × Pn ⎥ + ( 3600 − n × td ) Pu2 × Fdm
Pa = ⎣ In ⎦ (1.41)
3600

Dans laquelle :
td : temps de démarrage avec un moteur de puissance Pn (s)
n : nombre de démarrages équivalent par heure n = nD + 3 nF + 0.5 ni
nD : nombre de démarrages dans l’heure
nF : nombre de freinages électriques dans l’heure
ni : nombre d’impulsion (démarrage incomplet jusqu’à 1/3 de la vitesse finale) dans l’heure
Fdm : facteur de marche (%) = durée de fonctionnement à Pu / durée totale du cycle
I d I n : appel de courant avec un moteur de puissance Pn
Pu : puissance utile du moteur pendant le cycle d’utilisation hors démarrage
Pn : puissance nominale du moteur pressenti

Pour les régimes à charges intermittentes :

P12 t 1 + P22 t2 + + Pn2 tn


Pu = (1.42)
t 1 + t2 + + tn

• Les Pi inférieures à Pn 2 (puissance nominale du moteur) seront remplacées par Pn 2


• Aucun des Pi ne dépassera 2 P
• Le temps de démarrage réel ne dépassera pas 5 s
• Le couple accélérateur reste toujours suffisant sur la période de démarrage

4. Il est possible de sélectionner un moteur en fonction de la puissance et de la vitesse


désirée.

Ce choix est valable pour des conditions d’utilisation normales suivantes (norme CEI 34-1)
• Température ambiante comprise entre + 5 et + 40 °C,
• Altitude inférieure à 1000 m,
• Pression atmosphérique : 1050 m bar,
• Mode de refroidissement IC 411,
• Taux harmonique < 10%,
Applications de l’énergie électrique : Entraînements électriques (cours) Chap.1, Page 26

• Déséquilibre de tension < 2%,


• Tension d’alimentation de 230 V/400 V 50 Hz +/- 10%,
• Chute de tension maximale entre le point de livraison et le point d’utilisation < 4%,
• Classe d’isolation F,
• Degrés de protection IP 55.

Pour des conditions d'emploi différentes, on appliquera le(s) coefficient(s) de correction de la


puissance avant de prédéterminer notre moteur.

5. Prise en compte d’une température ou/et d’une altitude différente.

Figure 1.20 : Table des coefficients de correction : effet de la température et/ou de l’altitude

6. Prise en compte d’un mode de refroidissement différent.

La Publication IEC 34-6 fait état des modes de refroidissement des machines tournantes.
Pour la désignation de ces modes, on a recours à deux codes de symbolisation, l'un
simplifié, pour les types de machines les plus courantes refroidies à l'air, l'autre complet,
pour des types de machines présentant des systèmes plus complexes de refroidissement.
Le mode de refroidissement est symbolisé par les lettres IC (International Cooling)
suivies, dans le cas du code simplifié, d'un groupe de deux ou trois chiffres ou, dans le cas
d'un système complet, d'un groupe d'une lettre et de deux lettres et chiffres significatifs
pour chaque circuit de refroidissement.

Tableau 1.3 : Code simplifié IC 411 ou système complet IC 4 A 1 A 1


Disposition du circuit Fluide de refroidissement Mode de circulation
0 Libre circulation A Air 0 Convention
1 Canalisation d’aspiration F Fréon 1 Autocirculation
2 Canalisation de refoulement H Hydrogène 2 Réservé
3 2 canalisations ci-dessus N Azote 3 Réservé
4 Refroidie par la surface C Dioxyde de carbone 4 Réservé
5 Echangeur incorporé à air W Eau 5 Circulation forcée intégrée
6 Echangeur ajouté à air U Huile 6 Circulation forcée ajoutée
7 Echangeur incorporé S Autre fluide (à préciser) 7 Circulation forcée indépendante
8 Echangeur ajouté Y Fluide non choisi … 8 Déplacement relatif
9 Echangeur séparé 9
Applications de l’énergie électrique : Entraînements électriques (cours) Chap.1, Page 27

Quelques exemples du code simplifié :


- Le premier chiffre indique la disposition du circuit de refroidissement.
- Le deuxième chiffre indique la manière dont est fournie la puissance nécessaire à la
circulation de l'air.
Tableau 1.4 : Quelques exemples de code simplifié
Code Description sommaire
IC 01 Machine ouverte auto refroidie Ventilateur monté sur l'arbre.
IC 06 Machine ouverte avec ventilation indépendante montée sur la machine.
Machine auto-ventilée. L'air de refroidissement est canalisé à l'entrée. Le ventilateur est
IC 11
monté sur l'arbre
Machine dont l'air de refroidissement est canalisé à l'entrée. L'air est fourni et sa
IC 17
circulation est assurée par un réseau de distribution indépendant.
Machine auto-ventilée. L'air de refroidissement est canalisé à la sortie. Le ventilateur
IC 21
est monté sur l'arbre.
Machine dont l'air de refroidissement est canalisé à la sortie, un dispositif d'aspiration
IC 27
indépendant fait circuler l'air.
IC 31 Machine auto-ventilée dont l'air de refroidissement est canalisé à l'entrée et à la sortie.
Machine dont l'air de refroidissement est canalisé à l'entrée et à la sortie. Un réseau de
IC 37
distribution indépendant fournit l'air et le fait circuler.
IC 41 Moteur fermé à carcasse ventilée. Ventilateur externe monté sur l'arbre.
IC 51 Moteur fermé carcasse à tubes avec deux ventilateurs externe et interne.

Quelques exemples du système complet décrivant deux circuits de refroidissement


- Le premier chiffre indique la disposition du circuit de refroidissement.
- La première lettre indique la nature du fluide primaire
- Le deuxième chiffre indique le circuit de refroidissement primaire dans la machine
- La deuxième lettre indique la nature du fluide secondaire
- Le troisième chiffre indique le circuit de refroidissement secondaire, externe, qui est à
la température la plus basse dans l’échangeur thermique.
L'air et l'eau, les fluides de refroidissement les plus usuels, sont symbolisés respectivement
par les lettres A et W. La lettre A est supprimée lorsque l'air est le seul fluide de
refroidissement employé.

Tableau 1.5 : Systèmes complets décrivant deux circuits de refroidissement (exemples)


IC 4 A 1 A 0 Machine fermée refroidie par sa surface. Pas de ventilateur externe. L'air à
Ou l'intérieur circule en circuit fermé sous l'effet de moyens propres à la machine et
IC 410 cède sa chaleur à travers la surface de la carcasse.
IC 4 A 1 A 1 Machine fermée à carcasse ventilée. La ventilation externe est propre à la
Ou machine. L'air à l'intérieur circule en circuit fermé sous l'effet de moyens propres
IC 411 à la machine et cède sa chaleur à travers la surface de la carcasse.
Machine fermée avec échangeur de chaleur incorporé (ex : carcasse à tubes)
IC 5 A 1 A 1
refroidi par air ambiant. Deux ventilateurs propres à la machine, l'un extérieur,
Ou
l'autre intérieur, font circuler respectivement l'air ambiant de refroidissement et
IC 511
l'air chaud interne à travers l'échangeur.
Machine fermée à carcasse ventilée au moyen d'un système de ventilation
IC 4 A 1 A 6
indépendant monté sur la machine. L'air à l'intérieur circule en circuit fermé sous
Ou
l'effet de moyens propres à la machine et cède sa chaleur à travers la surface de la
IC 416
carcasse.
Machine refroidie par air, avec hydroréfrigérant incorporé. La circulation de l'air
IC 3 A 1 W 7 chaud interne à travers l'échangeur est obtenue par une ventilation propre à la
machine, celle de l'eau par pompe ou par distribution.
Applications de l’énergie électrique : Entraînements électriques (cours) Chap.1, Page 28

Les machines asynchrones sont caractérisées pour le mode IC 41 ou IC 411. Pour les
configurations autres que IC 411 se reporter au guide de choix correspondant.

7. Prise en compte d’un déséquilibre de tension (amplitudes seules).

L’incidence sur le moteur d’un déséquilibre d’alimentation peut se résumer par le tableau ci-
dessous. Le calcul du déséquilibre se fait en considérant l’écart entre la tension la plus élevée
et la tension la plus faible ramenée à la valeur moyenne des trois tensions.

Vmax − Vmin
Déséquilibre ( % ) = 100 × (1.43)
V1 + V2 + V3
3
Tableau 1.6 : Quelques exemples de code simplifié

Valeur du déséquilibre en %
0 2 3.5 5
Courant stator 100 101 104 107.5
Accroissement des pertes % 0 4 12.5 24
Echauffement 1 1.05 1.14 1.28

Lorsque ce déséquilibre est connu ou prévisible il est conseillé d’appliquer un facteur de


déclassement conforme au graphique ci-dessous.

Figure 1.21 : Facteur de déclassement tenant compte du déséquilibre de tension entre les
phases

8. Choisir la protection du moteur en fonction des conditions d'environnement.

Les constructeurs proposent en réalisation standard leurs machines avec des protections de
type IP55X. Des réalisations en IP23X sont aussi aux catalogues des constructeurs ce qui
permet une économie d’environ 15 % à 20 % sur certains moteurs.

9. Mode de fixation, position de fonctionnement et accouplement mécanique.

Le moteur doit pouvoir être fixé et accouplé à la machine à entraîner. Il sera donc nécessaire
de préciser le mode de fixation (pattes, bride ou pattes et bride), la position de
fonctionnement, l’emplacement de la ventilation, l’emplacement de la boîte à bornes et le type
d’accouplement avec la charge (afin d’évaluer les efforts sur les roulements et de pouvoir les
choisir en conséquence). Des options sont disponibles : filtre de ventilation, dynamo
tachymétrique, frein mécanique …
Applications de l’énergie électrique : Entraînements électriques(cours) Chap. 2, page 1

Chapitre 2 : Démarrage des moteurs


2.1. Moteurs DC

2.1.1. Généralités
Le couple de démarrage d’un moteur DC est

C d = KΦ I d (2.1)

Le démarrage correct nécessite que le couple du moteur, qui doit lutter contre le couple
résistant de la machine entraînée, soit très important.
Les possibilités sont :
- accroître le courant I d , ce qui ne constitue pas une solution parce qu’on ne peut pas
indéfiniment augmenter I d sous peine d’un échauffement des enroulements qui
conduira à la détérioration des isolations ;
- accroître le flux Φ : au démarrage, on essaie d’avoir un flux aussi élevé que possible
et un courant de démarrage qui soit compatible avec la bonne tenue thermique et
mécanique de l’induit.

2.1.2. Moteur DC shunt

La formule générale de la force contre


électromotrice est :
+
U E ′ = K Φn (2.2)
-
I
n : vitesse de rotation
Φ : flux
Rd E’
La formule fondamentale du
Φ fonctionnement du moteur est :

Ra E ′ = U − Ra I
U − Ra I
D’où n = (2.3)
Figure 2.1: Moteur DC shunt KΦ

Sans Rd , au démarrage, n = 0 , alors E ′ = 0 → U − Ra I d = 0

Comme en général, Ra I n ≈ 5 − 10 % U
I d serait de l’ordre de 10 à 20 I n , très élevé pour être supporté par les enroulements. Il faut
chercher à diminuer le courant, d’où l’insertion de la résistance de démarrage Rd en série
avec Ra . Dans ce cas, le courant de démarrage vaut :
Applications de l’énergie électrique : Entraînements électriques(cours) Chap. 2, page 2

U
Id = (2.4)
Ra + Rd
Rd est choisie de manière que I d ≈ 2 − 2.5 I n , c’est-à-dire Rd = 3 − 4 Ra

Pour que le moteur puisse commencer à tourner il faut que Cd > Crés .
On peut démarrer le moteur avec Rd à un échelon ou à plusieurs échelons. Les figures ci-
dessous illustrent ces modes de démarrage.
n

C
n0 Ra
A Caractéristique
B naturelle

Rd

K I
Cr IN Id
Cd
Figure 2.2 : Démarrage avec Rd à un échelon

On démarre, n augmente et la force contre électromotrice augmente. A un moment donné on


peut supprimer la résistance Rd (en A). En ce moment Cd = Cr et on saute sur la
caractéristique naturelle. A partir de ce moment, on cherche à atteindre le courant I n et cela
dépend de la charge (on peut être en déca ou au-delà de C)
n

n0 Ra

Rd

IN Imin Id I
Figure 2.3 : Démarrage avec Rd à plusieurs échelons

Une autre possibilité de limiter le courant au démarrage est la diminution de la tension


d’alimentation. Ce mode de démarrage est utilisé lorsque le moteur est alimenté par une
génératrice particulière.
Applications de l’énergie électrique : Entraînements électriques(cours) Chap. 2, page 3

2.1.3. Moteur DC série


Dans un moteur série, le flux inducteur Φ et le courant de démarrage I d sont directement
liés.
Le couple de démarrage d’un moteur série est élevé, c’est pour cette raison que ce type de
moteur est utilisé pour l’entraînement des machines qui ont un couple de démarrage élevé
(traction électrique, machines de levage,…).

Le courant et le flux sont aussi importants au démarrage, c’est pourquoi, pour limiter le
courant, on insère dans le circuit une résistance de démarrage Rd en série avec l’induit et
l’inducteur. Rd

Ri Ra

U E’

Figure 2.4 : Moteur DC série

U
Id = (2.5)
Ra + Ri + Ra

Au fur et à mesure que la vitesse de rotation augmente, la force contre électromotrice E ′


augmente et la résistance Rd diminue jusqu’à l’annulation.

Remarques

Il y a deux erreurs à éviter lors du câblage d’un moteur shunt :


Rd Rd

Ri Ri

U Re Ra U Ra
Re

(a) (b)
Figure 2.5 : Ce qu’il faut éviter pour alimenter un moteur DC série
Applications de l’énergie électrique : Entraînements électriques(cours) Chap. 2, page 4

• Il faut éviter de brancher l’inducteur en aval du rhéostat Rd (a), ce qui aurait pour effet
de diminuer le courant d’excitation et par conséquent le flux et le couple de démarrage
Cd , avec risque de démarrage pénible et d’échauffement inadmissible du rhéostat Rd
et de l’induit. ( Cd = K Φ n )
• Ne pas brancher l’inducteur en parallèle sur le rhéostat de démarrage Rd , après un
début de démarrage normal, au fur et à mesure de la diminution de Rd , l’inducteur se
verrait court-circuité avec diminution progressive du flux Φ et il y aurait soit
l’emballement du moteur s’il travaille à vide, soit calage s’il est chargé.

U = E′ + R I
= K Φn + R I

U − RI
n = ( ! ne pas annuler Φ car emballement du moteur) (2.6)

2.2 Moteurs asynchrones

2.2.1. Généralités
Quand on alimente le stator immobile d’un moteur asynchrone, comme la force
électromotrice du moteur est nulle, la valeur permanente du courant de démarrage est :

U
Id = (2.7)
2
( R1 + R2′ ) + ( X1 + X 2′ ) 2

où R1 et X1 sont respectivement la résistance et la réactance du stator,


R2′ et X 2′ sont respectivement la résistance et la réactance du rotor (valeurs ramenées au
stator).

Le courant de démarrage est 4 à 8 fois plus grand que le courant nominal, mais le couple de
démarrage n’est pas grand car le facteur de puissance est très faible (0.1 à 0.35).

Il y a plusieurs modes de démarrage des moteurs asynchrones :

• Démarrage par branchement direct

Ce mode de démarrage simple, ne nécessite pas d’appareil spécial et ne peut être envisagé
que dans les cas où les conditions ci-après sont remplies :
- la puissance nominale du moteur est assez petite pour que le réseau électrique puisse
supporter le choc de courant sans une chute de tension élevée
- le couple résistant est petit au démarrage

Il existe des limites à ne pas dépasser pour le rapport Ddémarrage Putile .


Pour les moteurs à cage dont la puissance n’excède pas 25 kW, ces limites sont :
- 9 pour le moteur à simple cage
Applications de l’énergie électrique : Entraînements électriques(cours) Chap. 2, page 5

- 7.5 pour les moteurs à double cage

Ce mode de démarrage peut être employé pour des moteurs entraînant les ventilateurs, les
pompes centrifuges, les machines-outils en régime à vide.

Le rapport Cd Cn est de l’ordre de 1.1 à 1.4.

Soit la figure ci-dessous illustrant la caractéristique mécanique d’un moteur asynchrone qui
entraîne un ventilateur.

C
On démarre le moteur avec un
couple Cd . Le surplus du
couple Cm sur le couple
Cm Cvent résistant (du ventilateur) est le
Cd couple dynamique Cdyn qui
accélère la vitesse jusqu’au
point de fonctionnement
nn ns n nominal où Cm = Cvent en
g gn régime permanent.

Figure 2.6 : Courbe caractéristique moteur-ventilateur

Les autres types de démarrage sont spécifiques à chaque type de moteurs.

2.2.2. Moteurs à bagues (à rotor bobiné)


• Démarrage par insertion d’une résistance dans le circuit du rotor

On peut insérer une résistance supplémentaire dans le circuit du rotor.

On définit la vitesse synchrone par la relation :

60 f
ns = (2.8)
p
f est la fréquence du réseau d’alimentation
p est le nombre de paire de pôles

A un moment donné de fonctionnement, la vitesse du moteur est :

n = ( (1 − g ) ns ) (2.9)

g est le glissement

Le glissement nominal est


Applications de l’énergie électrique : Entraînements électriques(cours) Chap. 2, page 6

3 I n 2 R2′
g n (%) = ΔPcu rotor = (2.10)
Pn

gn ≈ 5 %
Le glissement correspondant au couple maximal est :

R '2
g max = (2.11)
X 1 + X '2

Cmax ≈ 2 − 3 Cn
g max ≈ 3 − 5 g n

Une caractéristique de ces moteurs est que le couple maximum ne change pas si l’on introduit
une résistance supplémentaire dans le circuit du rotor.

La caractéristique de ce mode de démarrage est représentée à la figure suivante :


C

Cmax

n
ns

Figure 2.7 : Caractéristique de démarrage

2.2.3. Moteurs à cage


A part le démarrage direct, nous avons, pour les moteurs à cage, les modes suivants :

• Démarrage par réduction de la tension

Etant donné que le courant absorbé au démarrage par le moteur diminue linéairement avec la
tension appliquée aux bornes de l’enroulement primaire (stator), les procédés suivants
permettent de réduire l’appel de courant par la réduction de cette tension.
Cependant les possibilités de leurs applications doivent être examinées car le couple diminue
avec le carré de la tension appliquée aux bornes.
Les différents procédés sont :
- démarrage étoile-triangle
- démarrage avec insertion d’une résistance dans le circuit statorique
- démarrage par autotransformateur
Applications de l’énergie électrique : Entraînements électriques(cours) Chap. 2, page 7

- Démarrage étoile-triangle

Le procédé consiste à démarrer le moteur avec une tension étoile simple aux bornes de chaque
enroulement. Ensuite lorsque le moteur est lancé, on applique aux bornes de l’enroulement
une tension composée triangle.
Le schéma de principe se présente de la manière suivante :

R S T

Fig.2.8 . Schéma du démarrage étoile-triangle

Les caractéristiques I = f ( n ) et C = f ( n ) sont données à la figure suivante :


Applications de l’énergie électrique : Entraînements électriques(cours) Chap. 2, page 8

C I
Cn In

IY
CY

n
0 ns
g
1 0
Figure 2.9 : Caractéristique de démarrage étoile-triangle

- Démarrage par insertion d’une résistance additionnelle dans le circuit statorique

Au démarrage : T1 fermé
T2 ouvert
Le moteur est alimenté à tension réduite.
Lorsque le moteur est lancé, on augmente la tension
T1 en court-circuitant la résistance additionnelle par T2.

Si I D est le courant de démarrage sous pleine tension


T2
Ra ′ le courant de démarrage souhaité, la tension
V et I D
aux bornes du moteur Vm vaut :

⎛ I′ ⎞
Vm = V ⎜ D ⎟ (2.12)
⎝ ID ⎠

Le couple de démarrage sous tension réduite est :


2
⎛V ⎞
C' D = C D ⎜ m ⎟ (2.13)
⎝V ⎠
CD est le couple de démarrage sous pleine tension.

Figure 2.10 : Démarrage par insertion d’une résistance additionnelle dans le circuit
statorique
Applications de l’énergie électrique : Entraînements électriques(cours) Chap. 2, page 9

La chute de tension ΔVR aux bornes de la résistance peut se déduire en construisant le


diagramme vectoriel suivant :

Vm

φcc ΔVR φcc : déphasage du courant de cour-circuit


ID
V

Figure 2.11 :. Diagramme vectoriel

N.B. : On peut aussi à la place des résistances ; utiliser des réactances, on aboutit au même
résultat.

- Démarrage par autotransformateur

Lorsque l’interrupteur I est fermé et l’interrupteur C


dans la position 1, le moteur démarre sous tension
réduite.
En fin de démarrage, lors du passage sur pleine
I tension, C se fermant sur la position 2, l’enroulement
primaire de l’autotransformateur reste inséré aux
bornes de l’enroulement du moteur et va agir comme
inductance pour amortir les transitoires suivant le
Enroulement court-circuit crée aux bornes de cette bobine.
primaire
C 2 Si l’on appelle Vm la tension secondaire de
1 l’autotransformateur, V la tension primaire, I D ′ le
courant absorbé par le moteur sous la tension Vm ,
′′ absorbé au réseau sera donné par
Le courant I D
Enroulement
secondaire
2
⎛V ⎞ ⎛V ⎞
′′ = I D
ID ′ ⎜ m ⎟ = ID ⎜ m ⎟ (2.14)
⎝V ⎠ ⎝V ⎠

Le couple au démarrage est réduit dans le rapport


2
⎛ Vm ⎞
⎜ ⎟
⎝V ⎠

Figure 2.12 : Démarrage par insertion d’une résistance additionnelle dans le circuit statorique

′′ de 10 à 20 % pour tenir compte du courant


En pratique, on pourra majorer le courant I D
magnétisant de l’autotransformateur.
Applications de l’énergie électrique : Entraînements électriques(cours) Chap. 2, page 10

• Les démarreurs électroniques

Ils permettent un démarrage progressif des moteurs, ils remplacent les démarreurs à
technologie électromagnétique cité dans les précédents paragraphes. Les démarreurs sont
constitués d’un gradateur triphasé à angle de phase.

Figure 2.13 :: Démarrage électronique

Principe de fonctionnement : U rampe

- La tension du réseau d’alimentation est appliquée U rampemax


progressivement au stator du moteur.
- La variation de la tension statorique est obtenue t
par la variation continue de l’angle α de retard à 0 td
l’amorçage des thyristors du gradateur. α
- La consigne de démarrage permet de régler la
pente d’un signal en forme de « rampe ». Cette 180°
consigne est étalonnée en secondes.
- A la fin du démarrage, le stator du moteur est
t
sous tension nominale, les thyristors sont alors 0
en pleine conduction.
- Le phénomène inverse se produit lors d’un arrêt U stator
progressif contrôlé. La consigne de décélération
permet de faire évoluer l’angle α des thyristors Un
de 0° à 180° donc U moteur de U n à 0.
- Pour une charge donnée, le réglage de la pente t
0
permet de faire varier la durée de démarrage,
donc le temps de mise en vitesse progressive de
l’association moteur + charge Figure 2.14 : Caractéristique
de démarrage électronique

2.2.4. Comparaison des différents modes de démarrage


Le tableau suivant résume les différents modes de démarrage des moteurs asynchrones.
Applications de l’énergie électrique : Entraînements électriques(cours) Chap. 2, page 11

Tableau 2.1 : Comparaison des différents modes de démarrage des moteurs asynchrones
Démarrage étoile Démarrage Démarrage par auto Démarrage Démarreur
Démarrage direct
triangle statorique transformateur rotorique électronique
Courant de
100 % 33 % 50 % 40/65/80 % 70 % 150 à 750 %
démarrage
Surcharge en ligne 4 à 8 In 1.3 à 1.6 In 4.5 In 1.7 à 4 In < 2.5 In
10 à 50%
Couple en % de Cd 100 % 33 % 50 % 40/65/80 %
(50 à 100 % en 100ms)
Couple initiale au
0.6 à 1.5 Cn 0.2 à 0.5 Cn 0.6 à 0.85 Cn 0.4 à 0.85 Cn 0.4 à 0.85 Cn < 2.5 Cn
démarrage
Commande T.O.R T.O.R 1 cran fixe 3 crans fixe De 1 à 5 crans électroniques
- très bon rapport - démarrage sans à coup
- démarreur simple et - bon rapport
- économiques - possibilités de couple/courant - montée progressive en
économique couple/courant
Avantages - bon rapport réglages des valeurs - possibilité de réglage vitesse
- couple au démarrage - possibilités de réglages
couple/courant au démarrage des valeurs au - limitation de l’appel de
important des valeurs au démarrage
démarrage courant au démarrage
- couple de démarrage
- faible réduction de la
faible - nécessite un
pointe de courant au
- pointe de courant très - coupure autotransformateur
démarrage - moteur à bague plus
Inconvénients importante d’alimentation au onéreux - prix
- nécessite des onéreux
- démarrage brutal changement de - présente des risques de
résistances
couplage réseau perturbé
volumineuses
- moteur 6 bornes
Applications de l’énergie électrique : Entraînements électriques(cours) Chap. 3, Page 1

Chapitre 3 : Réglage de la vitesse des moteurs


électriques
Dans des nombreux cas, le réglage de la vitesse des moteurs entraînant une installation n’est
pas exigée : c’est le cas par exemple des ventilateurs et la plupart des pompes.

Parfois, on exige un réglage de la vitesse, mais celui-ci peut être réalisé par transmission
mécanique : c’est le cas par exemple des machines-outils.

Il existe cependant d’autres cas où il est nécessaire de régler la vitesse des moteurs électriques
soit d’une manière continue soit par échelons.
Exemple : - dans le domaine de la traction électrique
- pour les laminoirs
- dans plusieurs installations de l’industrie textile, du papier, etc.

Nous passerons en revue les différents modes de réglage employés pour les divers types de
machines.

3.1. Moteurs DC

3.1.1. Généralités
La relation fondamentale de la vitesse dans un moteur DC est :

U − I Ra
n= (3.1)

Il y a trois paramètres sur lesquels on peut agir pour régler la vitesse :


- U : la tension d’alimentation du moteur
- Ra : la résistance du circuit principal du moteur
- Φ : le flux

Remarque :

- La tension peut augmenter ou diminuer


- La résistance ne peut qu’augmenter
- Le flux ne peut augmenter que légèrement de peur de saturer le circuit magnétique
- La valeur du courant résulte de la charge et il est difficile de la varier selon nos
besoins de réglage

• Réglage de la tension à excitation constante

Lorsqu’on veut régler la tension, on agira sur le générateur qui alimente le moteur. Cette
action peut se faire sous plusieurs formes :
- Agir sur l’excitation d’une génératrice dans le cas des systèmes Ward-Léonard, ou
d’un alternateur alimentant le moteur à travers un pont des redresseurs
Applications de l’énergie électrique : Entraînements électriques(cours) Chap. 3, Page 2

- Par insertion d’une résistance dans le circuit d’induit (solution adaptée aux petits
moteurs)

En faisant abstraction des conditions de ventilation, il est possible d’obtenir ainsi toutes les
vitesses comprises entre 0 et celle correspondante à la tension nominale du moteur.
Toutefois, en ce qui concerne les moteurs auto ventilés, les marches à vitesse réduite ne
peuvent être que de courte durée.
En effet, lorsque la vitesse descend en dessous de sa valeur nominale, la ventilation du
moteur n’est plus assurée normalement. Par contre si la ventilation est assurée par un
ventilateur extérieur au moteur, cette réserve n’existe pas et il est possible de faire fonctionner
le moteur en régime continu à n’importe quelle vitesse inférieure à la vitesse nominale.

• Réglage du flux à tension constante

On a recours à ce réglage chaque fois qu’il est impossible d’agir sur la tension d’alimentation
du moteur ou lorsqu’il est nécessaire d’ajuster la vitesse de plusieurs moteurs alimentés par un
générateur unique. Il existe deux limites de réglage :

- Première limite : il est impossible de diminuer la vitesse d’un moteur par ce moyen car
le circuit magnétique se sature rapidement dès que l’on augmente fortement
l’excitation et la diminution de vitesse correspondante est très faible. De plus,
l’augmentation du courant d’excitation entraîne un échauffement supplémentaire des
bobines inductrices.
- Deuxième limite : il existe un flux minimal en dessous duquel on ne peut descendre
sans compromettre à la fois la tenue mécanique du moteur et sa stabilité ainsi que sa
bonne aimantation.

Par désexcitation, il est normalement possible d’augmenter la vitesse dans le rapport de 1 à


2.5 pour autant que la variation de vitesse ait été prévue lors de la construction de la machine.
On peut augmenter cette variation au niveau de la conception en adoptant des dispositions
constructives spéciales telles que :
- l’adoption d’un enroulement de compensation
- l’augmentation de l’entrefer principale, ceci pour diminuer l’influence des ampères-
tours d’induit
- le surdimensionnement de la machine, ceci a pour conséquence de diminuer les
ampères-tours.

Malgré tout, il est difficile de dépasser le rapport de 1 à 3.5.

3.1.1. Moteur shunt


Ce qui sera dit ici est également valable pour le moteur à excitation indépendante car
l’excitation reste constante pour les deux cas (pour une alimentation à tension constante).
Cependant lorsque la tension d’alimentation varie dans le temps, l’excitation shunt apporte un
effet correctif en ce sens qu’une diminution de la tension aux bornes est compensée par une
diminution de flux.

Les variations de vitesse en fonction de la tension sont plus faibles pour un moteur shunt.
Si la variation de la tension n’existait pas, la vitesse serait même indépendante de la tension.
Applications de l’énergie électrique : Entraînements électriques(cours) Chap. 3, Page 3

Lorsqu’un moteur doit subir un réglage de vitesse important par variation de sa tension
d’alimentation, il est nécessairement à excitation indépendante, celle-ci pouvant d’ailleurs être
réglable. L’excitation shunt ou indépendante est utilisée lorsqu’on cherche une vitesse peu
sensible aux variations de charge.

Φ′′

Φ′ Φ > Φ′ > Φ′′

Φ I cc = 10 − 20 I n

I
In Icc

Figure 3.1 : Caractéristique de réglage de la vitesse par variation du flux

Lorsqu’on agit sur la tension on a les caractéristiques suivantes


n

Un

U n′ U n > U n′ > U n′′

U n′′
I

Figure 3.2 : Caractéristique de réglage de la vitesse par variation de la tension

Lorsqu’on agit sur les résistances additionnelles, on a les caractéristiques suivantes


n

caractéristique naturelle
Rrh = 0
Rrh

Rrh
′′
Rrh
′ > Rrh
Rrh > Rrh ′′

I
Figure 3.3 : Caractéristique de réglage de la vitesse par les résistances additionnelles
Applications de l’énergie électrique : Entraînements électriques(cours) Chap. 3, Page 4

3.1.2. Moteur série


Pour ce type de moteur, lorsque l’intensité croit, le flux augmente, ce qui accroît la chute de
vitesse et le couple fourni. Toutefois, aux fortes intensités, le moteur se sature et la chute de
vitesse diminue.

A l’inverse, aux faibles intensités, le flux varie proportionnellement à l’intensité lorsque le


moteur est déssaturé, si bien que l’on obtient sensiblement une portion d’hyperbole.

A vide, le moteur série s’emballe : il ne doit donc pas être utilisé pour l’entraînement d’un
organe dont le couple résistant risque de disparaître. Par contre le moteur série convient très
bien lorsque l’on a besoin d’un couple élevé au démarrage. L’utilisation essentielle de ce type
de moteur est la traction électrique.

Les bobines inductrices réalisées en fil de forte section puisque parcourues par le courant de
charge, sont très robustes, ce qui augmente l’intérêt de cette solution.

Pour une tension et une intensité données il est possible de faire varier la vitesse en dérivant
une partie du courant à l’extérieur des bobines série. C’est ce que l’on appelle le shuntage.
Le taux de shuntage est défini par le rapport I sh I ligne .
Ce rapport peut atteindre la valeur de 0.75 pour un moteur compensé et 0.60 pour un moteur
non compensé.

• Réglage par diminution de la tension

Certaines dispositions sont prises pour diminuer la tension notamment :

a) Connexion de deux moteurs en série

La diminution de la tension est parfois réalisée par connexion de deux moteurs en série, de
telle façon, chaque moteur est alimenté par la moitié de la tension du réseau. Ce mode est
employé surtout dans la traction électrique : les locomotives électriques et les tramways qui
sont équipées de deux moteurs à excitation en série peuvent fonctionner à une vitesse
inférieure sans compromettre le rendement. Ce mode est parfois complété par une résistance à
un ou à plusieurs échelons qui peut servir au démarrage et au réglage de la vitesse.

M1 M2 Un
U1
U2 Un > U1 > U2

Figure 3.4 : Mise ne série de deux moteurs Figure 3.5 : Caractéristiques mécaniques
Applications de l’énergie électrique : Entraînements électriques(cours) Chap. 3, Page 5

b) Insertion d’une résistance additionnelle en série avec les enroulements d’induit et


d’excitation

L’insertion d’une résistance additionnelle en série avec les enroulements d’induit et


d’excitation provoque une diminution de la vitesse selon le diagramme présenté à la figure ci-
dessous.
n

M1 Radd RS
RS′
RS′′ RS > RS′′ > RS′′

Figure 3.6 : Insertion d’une résistance Figure 3.7 : Caractéristiques mécaniques


additionnelle

Mais l’insertion de cette résistance additionnelle provoque des pertes d’énergie I 2 Radd qui
diminuent le rendement naturel à la valeur :

⎛ I Rad ⎞
η ⎜1 − ⎟ (3.2)
⎝ U ⎠

c) Diminution du flux magnétique

On peut réaliser la diminution du flux d’un moteur à excitation série par :


- shuntage de l’enroulement d’excitation
- diminution du nombre de spires de l’enroulement d’excitation

L’influence de la diminution du nombre de spires de l’enroulement d’excitation est donnée à


la figure suivante :
n

Z2
Z1
ZN
Z n > Z1 > Z 2

I
Icc

Figure 3.8 : Caractéristique de diminution du nombre de spires de l’enroulement d’excitation


Applications de l’énergie électrique : Entraînements électriques(cours) Chap. 3, Page 6

3.2. Moteurs asynchrones

La vitesse d’un moteur asynchrone est donnée par la relation

60 f
n= (1 − g ) (3.3)
p
f : fréquence
p : nombre de paires de pôles
g : glissement

Pour régler la vitesse, on peut procéder par :


- modification du glissement
- changement du nombre de paires de pôles
- modification de la fréquence du réseau

3.2.1. Modification du glissement


La diminution de la vitesse à l’aide de l’augmentation du glissement exige l’insertion d’une
résistance dans le circuit du rotor, donc ce mode ne peut être utilisé que pour le moteur à rotor
bobiné.

Pour un couple donné, le glissement modifié est alors donné par la relation :

Ri + R2
g= g0 (3.4)
R2

Ri : résistance insérée au secondaire (rotor)


R2 : résistance de l’enroulement du rotor
g 0 : glissement à rotor court-circuité pour un couple donné.
g : glissement pour une résistance Ri + R2 pour au même couple C

Pratiquement, la résistance nécessaire pour obtenir le glissement g désiré est déterminée


d’après les caractéristiques rotoriques du moteur par la relation :

VR g
Ri = − R2 (3.5)
IR

VR : tension du rotor par phase à l’arrêt


I R : courant correspondant au couple C à fournir au glissement g

Les pertes dans la résistance sont données par

Pg = Ri I R2 (3.6)
Applications de l’énergie électrique : Entraînements électriques(cours) Chap. 3, Page 7

E raison des pertes relativement élevées dans les résistances de réglage, ce procédé présente
l’inconvénient d’un mauvais rendement.

Pour un fonctionnement à un couple donné C, à vitesse réduite n, le rendement global est


donné par

n
η ≅ η0 (3.7)
n0
η : rendement pour la puissance correspondant au couple C à la vitesse normale de
fonctionnement n0 à rotor court-circuité.

3.2.2. Changement du nombre de pôles


Cette procédure n’est utilisée que pour des moteurs avec rotor à cage d’écureuil.

Lorsqu’on conçoit un moteur à plusieurs vitesses, normalement, on prévoit un couple


constant. Ou alors on prévoit une puissance constante.

Dans le cas de couple constant, la puissance varie dans le même sens que la vitesse.

Pour une puissance constante, la vitesse varie dans le sens contraire du couple.

Pour les applications pratiques exigeant différentes vitesses de régime bien définies, et si ces
vitesses s’accordent avec les vitesses synchrones réalisables pour les moteurs asynchrones, il
est indiqué, pour conserver un bon rendement, d’utiliser les moteurs à deux ou plusieurs
polarités.

Pour les moteurs à deux polarités, l’enroulement primaire (statorique) des moteurs triphasé
est conçu selon le schéma suivant appliqué à une phase de manière à couvrir le pas polaire de
la grande polarité dont la moitié du pas polaire de la petite polarité.

N S N S S N N S

e1 e2 e1 e2

Figure 3.9 : Conception de l’enroulement statorique

Si l’on alimente en e1 on obtient 4 pôles. Par contre si l’on alimente en e2, le courant s’inverse
par rapport au premier cas dans la moitié de l’enroulement et l’on obtient deux pôles. Ceci
exige que les entrées et les milieux des phases soient accessibles pour effectuer le changement
de couplage lors du changement de vitesse.
Applications de l’énergie électrique : Entraînements électriques(cours) Chap. 3, Page 8

3.2.3. Modification de la fréquence d’alimentation


Le réglage de la vitesse d’un moteur asynchrone s’obtient pratiquement sans pertes en
alimentant celui-ci sous fréquence et tension variables.
La tension varie proportionnellement à la fréquence. Dans ces conditions, le moteur travaille à
couple constant et les vitesses sont sensiblement proportionnelles à la fréquence
d’alimentation.

Ce procédé exige donc pour l’alimentation des moteurs, des alternateurs spéciaux ou des
convertisseurs de fréquence (électronique de puissance).
L’application pratique de ce procédé se présente par exemple dans l’industrie du bois ou dans
l’industrie du textile, pour obtenir, pour le moteur, des vitesses supérieures à 3000 tr/min,
cette vitesse étant la vitesse maximale d’un moteur à deux pôles alimenté sous une fréquence
de 50 Hz.

D’autres applications exigent par contre le passagèrement l’alimentation du moteur sous une
fréquence réduite pour obtenir des vitesses réduites pour des manœuvres d’approche de
mouvement de levage ou d’ascension.

3.3. Systèmes spéciaux

3.3.1. Système Ward-Léonard


Ce système est utilisé pour l’enroulement des grandes machines dont la vitesse doit être réglée
dans des larges limites. Le réglage de vitesse à l’aide des résistances branchées dans le circuit
d’induit coûte trop cher dans ce cas, car la quantité d’énergie gaspillée dans les résistances est
élevée.

Le système Ward-Léonard est présenté à la figure suivante :

4 1 2 3
GDC MDC Charge
M.A.

rM
rg

1. Moteur asynchrone (ou synchrone)


2. Génératrice à courant continu à excitation indépendante
3. Moteurs à courant continu à excitation indépendante
4. excitatrice qui alimente les circuits d’excitation de la génératrice et du moteur DC

Figure 3.10 : Système Ward-Léonard


Applications de l’énergie électrique : Entraînements électriques(cours) Chap. 3, Page 9

Les machines 1, 2 et 4 sont calées sur le même arbre. Le moteur asynchrone est alimenté à
partir du réseau : en général on dispose d’un réseau à courant alternatif.

Lors de la mise en marche, on diminue, à l’aide du rhéostat rg, le courant d’excitation et par
conséquent, la tension appliquée au moteur. De ce fait, le courant de démarrage est limité et le
rhéostat de démarrage n’est pas nécessaire.

En réglant l’excitation de la génératrice, on peut régler la vitesse de la machine entraînée et


les pertes d’énergie causées par ce réglage seront petites : elles ont lieu seulement dans le
rhéostat d’excitation.

De cette façon, on atteint la vitesse nominale, le couple étant constant et la puissance étant
proportionnelle à la vitesse.

Le système Ward-Léonard est utilisé pour l’entraînement des machines d’extraction dans les
mines, des laminoirs, des calandres. Il peut aussi être utilisé comme frein électrique : si l’on
diminue l’excitation de la génératrice, le moteur à courant continu propulsé par l’énergie
cinétique de la cabine et de la charge (éventuellement du contrepoids aussi) alimente la
génératrice qui commence à fonctionner en moteur, entraîne le moteur asynchrone (ou
synchrone) qui devient un alternateur asynchrone (ou synchrone) et alimente le réseau. C’est
le freinage par récupération, le plus économique.

Pour l’entraînement des grands laminoirs (des moteurs de 5000 à 10000 kW) on utilise un
système Léonard modifié appelé quadratique. La génératrice et le moteur à courant continu
ont chacun une excitatrice séparée et le contrôle de l’entraînement se fait par variation du
courant dans le circuit d’excitation d’excitatrice. Il est facile de réaliser les renversements du
sens de marche par le changement du sens d’excitation de la génératrice.

3.3.2. Système en cascade


S2

S1

Machine entraînée

ME MA2
MA1
E1 E2

r1

S3 r2

Figure 3.11 : Système en cascade


Applications de l’énergie électrique : Entraînements électriques(cours) Chap. 3, Page 10

On peut réaliser un réglage économique de la vitesse des moteurs asynchrones en connectant


en cascade le rotor d’un moteur asynchrone qui alimente le stator d’un autre moteur
asynchrone ou d’une excitatrice.

Soit par exemple la cascade de Kraemer de deux moteurs asynchrones. Les deux moteurs ont
des nombres de pôles différents p1 et p2. Chaque moteur peut être embrayé ou débrayé de la
machine entraînée.

On dispose de trois vitesses économiques :

60 f
n1 = interrupteur S1 fermé, S2 et S3 ouverts, embrayage E1 embrayé
p1

60 f
n2 = interrupteur S2 fermé, S1 et S3 ouverts, embrayage E2 embrayé
p2

60 f
n3 = interrupteur S1 et S3 fermés, S2 ouverts, embrayages E1 et E2
p1 + p2
embrayés

On peut diminuer la vitesse pour chacune de ces valeurs en introduisant une résistance
supplémentaire représentée sur la figure, mais dans ce cas les pertes d’énergie seraient
grandes.
Applications de l’énergie électrique : Entraînements électriques(cours) Chap. 4, Page 1

Chapitre 4 : Freinage des moteurs électriques


Il est souvent nécessaire de freiner le mouvement d’une installation entraînée. Une telle
situation se présente surtout :
- dans les installations de levage
- aux chemins de fer électrifiés et aux tramways
- dans les installations aux régimes cycliques de fonctionnement, surtout si les cycles
sont de courte durée.

4.1. Moteurs DC

On distingue trois types de freinage :


- freinage par récupération
- freinage dynamique
- freinage par contre courant

4.1.1. Moteurs shunt

4.1.1.1. Freinage par récupération

Soit un système de levage représenté à la figure suivante

Si l’on veut soulever la charge, on devra donc produire un


Cém = Cm couple électromagnétique qui est égal au couple moteur.
Cém = Cm
On sait que la tension aux bornes du moteur est
U = E ′ + I Ra et le couple C = K ′ I .
Si l’on décharge la cabine jusqu’au moment où
Gc + Gch − Gcp devient nul, alors U = E ′ (car le courant
devient nul).
Gc + Gch − Gcp > 0 Si l’on continue à décharger, la somme précédente deviendra
négative ( Gcp > Gc + Gch ), le moteur se mettra à tourner en
génératrice. Il va donc produire un couple résistant qui va
freiner la descente de la charge ( U < E ′ ). C’est donc le
freinage par récupération

Figure 4.1 : Système de levage

Dans le cas d’un moteur shunt, le freinage par récupération a lieu lorsque la machine,
fonctionnant en régime moteur, est entraînée par la machine commandée avec une vitesse
dépassant la vitesse à vide n .
Dans ce cas, la force contre-électromotrice E ′ devient supérieure à la tension du réseau et le
courant change de signe, le signe du couple développé par le moteur change également, la
machine commence à tourner en génératrice.
Applications de l’énergie électrique : Entraînements électriques(cours) Chap. 4, Page 2

4.1.1.2. Freinage dynamique

Pour effectuer le freinage dynamique d’un moteur à excitation en dérivation, on débranche


l’induit du moteur du réseau et on le ferme sur une résistance de charge et cela sans changer le
courant d’excitation.

Le moteur fonctionne ainsi en génératrice à excitation indépendante et alimentant la seule


résistance de charge. L’énergie potentielle du poids se transforme en énergie électrique
dissipée dans la résistance.

La droite qui représente la vitesse en fonction du courant (ou du couple) est de la forme
suivante :

n0
Caract. nat.
K P
R
Avec Rrh supplément.
L
Marche en génératrice Marche en moteur
C
0
Freinage dynamique

Figure 4.2 : Caractéristiques de freinage dynamique

Si l’on suppose que la machine travaillait en moteur par un point P de sa caractéristique


( n, C ). La figure montre la droite qui représente la caractéristique de freinage.
Tout de suite après le passage en régime de freinage dynamique, la vitesse de rotation reste
pratiquement la même, le courant change de sens et sur l’arbre de la machine apparaît donc un
couple résistant qui est proportionnel à la vitesse et donc qui disparaît quand n tend vers zéro.
Le point de fonctionnement de la génératrice sera commuté de P en K (même vitesse).
Ensuite la vitesse descend en suivant KO vers zéro et ne s’inversera que si la charge le
permet.

4.1.1.3. Freinage à contre courant

On peut avoir un freinage par contre courant dans deux cas :


- lorsque le mécanisme commandé a une grande inertie et fait tourner le moteur dans le
sens opposé à celui de son couple électromagnétique ;
- lors de la commutation du sens de rotation, par variation du sens du courant dans
l’induit du moteur.

Le premier cas a lieu par exemple lors du branchement d’une résistance R suffisamment
grande dans le circuit de l’induit du moteur qui soulève une charge.
Applications de l’énergie électrique : Entraînements électriques(cours) Chap. 4, Page 3

Supposons constant le couple résistant. Si l’on branche la résistance R, le moteur passe de P à


L. Si au moment du branchement de cette résistance, le courant I a est tel que le couple
moteur devient inférieur au couple résistant, sur l’arbre du moteur apparaît un couple
dynamique négatif et la vitesse de rotation du moteur va commencer à diminuer. La force
contre- électromotrice E va diminuer et le courant, quant à lui, va augmenter et le couple va
donc augmenter en proportion. Ce phénomène de diminution de vitesse et d’accroissement
simultanée du couple va continuer jusqu’au moment où le couple sera égal au couple
résistant. A ce moment le couple dynamique s’annule et la variation de vitesse cesse. Pour des
valeurs suffisamment grandes de la résistante R et du couple résistant, le moteur en
ralentissant peut s’arrêter et commencer à tourner en sens inverse.

Dans le régime considéré, le moteur reçoit une puissance provenant du réseau ( Pél = U ⋅ I a ) et
une puissance mécanique provenant de l’arbre du mécanisme ( Pm = E ⋅ I a ). La somme de ces
deux puissances est complètement dépensée dans les résistances du circuit de l’induit
( Radd + Ra ).

4.1.2. Moteurs série


4.1.2.1. Freinage par récupération

Le processus de freinage par récupération se présente d’une manière simple pour un moteur
shunt que pour un moteur série. Ceci est dû au fait que le moteur série ne peut pas passer de
lui-même du régime moteur au régime de freinage par récupération par un simple
accroissement de n.
Lors de l’augmentation de n, le flux diminue et la force contre-électromotrice peut se
rapprocher de la tension du réseau mais ne peut en aucun cas lui être supérieure. Pour cette
raison le freinage par récupération d’un moteur série est réalisé par sa mise en excitation shunt
(freinage surtout utilisé en traction électrique.)

Figure 4.3 : Freinage par récupération

4.1.2.2. Freinage dynamique

Ce freinage est réalisé par commutation de l’enroulement d’excitation, c’est-à-dire les bornes
C et D changent de position.
La figure ci-dessous illustre ce mode de freinage.
Applications de l’énergie électrique : Entraînements électriques(cours) Chap. 4, Page 4

C D
D C
A B
B A
Figure 4.4 : Freinage dynamique

4.1.2.3. Freinage par contre courant

Le freinage par contre courant se réalise par changement du sens du courant A-B/B-A (figure
4.4).

4.2. Moteur asynchrone

4.2.1. Freinage par contre courant


Etant donné que la machine asynchrone fonction en frein pour une rotation du rotor en sens
inverse du champ tournant primaire (principal) ; donc pour un glissement g > 1 ; il suffit
pour freiner un moteur fonctionnant à sa vitesse normale, de permuter deux phases de
l’alimentation de l’enroulement du stator pour obtenir l’inversion du champ tournant et le
freinage. Pour les moteurs à bagues les caractéristiques (couple, vitesse) sont fonction des
résistances insérées au rotor.

I/In C/Cn

freinage démarrage

Figure 4.5 : Caractéristique du freinage en contre courant


Applications de l’énergie électrique : Entraînements électriques(cours) Chap. 4, Page 5

4.2.2. Freinage en courant continu


L’enroulement du stator est séparé du réseau, et branché sur une source à courant continu.

A B

C D

E F

Figure 4.6 : Freinage par courant continu

Tableau : Caractéristiques de freinage par courant continu pour différents couplages


Schémas A B C D E F
Ic = 1.22 I e 1.41 I e 2.12 I e 2.45 I e 1.4 I e Ie
Vc = 2 r Ic 1.5 r I c 1.5 r I c 0.5 r I c 1.4 r I c 2 r Ic
Wc = 2 r I c2 1.5 r I c2 1.5 r I c2 0.5 r I c2 1.41 r I c2 2 r I c2

I e : courant alternatif efficace circulant dans l’enroulement.


I c : courant continu d’excitation.
Vc : tension continue d’excitation.
Wc : puissance d’excitation.
r : résistance par phase de l’enroulement
Applications de l’énergie électrique : Entraînements électriques(cours) Chap. 4, Page 6

Le courant I c étant relativement élevé et les tensions Vc relativement basses, les montages
permettant d’obtenir la tension d’excitation la plus élevée sont ceux des figures A et F. Pour
Les moteurs à bagues on peut inversement alimenter le rotor en DC et fermer le stator sur des
résistances. Ce procédé exige une source DC nécessitant à partir d’un réseau AC un groupe
convertisseur ou un redresseur.

4.2.3. Procédés de freinage appliqués aux moteurs de levage


Pour les engins de levage, plusieurs modes de freinage sont utilisés, notamment :
- freinage en hypersynchrone et à contre courant
- freinage en hypersynchrone et en monophasé
- freinage en hypersynchrone et freinage avec couplage dissymétrique

Ces modes de freinage sont détaillés dans la littérature.


Applications de l’énergie électrique : 2ème partie : Techniques de l’éclairage (cours) 1.1

Chapitre 1er : Notions fondamentales


1.1. La lumière

La lumière est constituée de rayonnement de nature électromagnétique de fréquence f (dont


les longueurs d’onde λ correspondent à celles auxquelles l’œil est sensible).
Le rayonnement visible correspond à la bande de longueur d’onde comprise entre 380 nm et
780 nm. L’œil humain associe à chaque longueur d’onde de cette bande une sensation des
couleurs allant du violet au rouge.
Ces sensations variables d’un individu à l’autre ont été précisées et codifiées par la
commission Electrotechnique Internationale (CEI) qui indique les limites des couleurs
spectrales.

380 439 498 568 592 631 760 [nm]


UV Violet Bleu Vert Jaune Orange Rouge IR

Toute source lumineuse transforme l’énergie qu’elle consomme en un ou plusieurs des trois
effets suivants : chimique, thermique, électromagnétique.
Les radiations lumineuses qui ne sont qu’une faible partie des variations électromagnétiques
ne véhiculeront donc généralement qu’une partie de la puissance de la source.
Pour les physiciens, la quantité d’énergie rayonnée par seconde dans toutes les directions est
le flux énergétique

dQe
Fe = (1.1)
dt

Si W ( λ ) est la répartition spectrale énergétique de la source, on déduit le flux énergétique Fe


par


Fe = ∫ W (λ ) dλ
0
(1.2)

Le flux d’énergie rayonné dans le spectre visible vaut alors :


λ2
Fe = ∫ W (λ ) d λ
λ1
(1.3)

avec λ1 = 380 nm et λ 2 = 780 nm

La sensibilité de l’œil aux radiations dépend de leur longueur d’onde. L’œil n’étant sensible
qu’aux radiations comprises entre 380 nm où il commence à être impressionné et 780 nm où il
cesse de l’être, il doit exister au moins une longueur d’onde pour laquelle la sensation de
lumière est maximale. Les rayons dont la longueur d’onde vaut environ 555 nm forment une
image nette sur la rétine donnant à l’identité d’énergie par rayonnement une impression plus
vive.
Applications de l’énergie électrique : 2ème partie : Techniques de l’éclairage (cours) 1.2

On appelle efficacité lumineuse relative de l’œil pour un rayonnement monochromatique de


longueur d’onde λ , au flux énergétique de longueur d’onde λ produisant les sensations
visuelles de même intensité.
F (555)
V (λ ) = e 0 à 1. (1.4)
Fe (λ )

V (λ ) = 0 si λ ≤ 380 nm ou λ ≥ 780 nm
V (λ ) = 1 si λ 555 nm

Fe (555) F (555)
Exemple : bleu-vert, λ = 500 nm V = 0.4 Fe (λ ) = = e = 2.5 Fe (555)
V (λ ) 0.4

Les quantités égales d’énergie pour différentes longueurs d’onde ne produisent pas sur l’œil le
même effet lumineux et doivent donc être pondérées par la courbe V (λ ) . On définit alors le
flux lumineux Φ comme:

λ1
Φ = K ∫ W (λ ) V (λ ) dλ (1.5)
λ2

avec K = 683 dans le système MKSA

Le Watt doit alors être abandonné au profit d’une nouvelle unité, le lumen (lm).

1.2. Grandeurs photométriques

1.2.1. L’angle solide

Ω S

Figure 1.1 : Angle solide


S
Ω = [sr] (1.6)
R2
Applications de l’énergie électrique : 2ème partie : Techniques de l’éclairage (cours) 1.3

1.2.2. L’intensité lumineuse


Dans le cas général, une source n’émet pas toujours de la lumière de façon identique dans
toutes les directions. Considérons l’émission d’un flux ΔΦ d’une source O en direction d’un
point A , centre du domaine ΔS vue de O sous l’angle solide ΔΩ .

ΔΦ A ΔS

ΔΩ

Figure 1.2 : Calcul de l’intensité lumineuse

En faisant tendre ΔS vers 0, ΔΩ tend aussi vers 0 tandisque le rapport ΔΦ ΔΩ tend vers une
valeur finie appelée intensité lumineuse de la source O vers le point A .


I − = (1.7)
0A dΩ

L’unité de l’intensité lumineuse est la candela (Cd).

Une bougie de ménage va émettre une intensité lumineuse de 0.8 Cd.


Une lampe à incandescence 40 W/220 V va émettre une intensité lumineuse de 3.5 Cd.

1.2.3. L’éclairement
L’éclairement E en un point d’une surface S est la densité superficielle de flux lumineux.


E = (1.8)
dS

L’unité de l’éclairement est le lux (lx). Les valeurs usuelles de l’éclairement sont données
dans les tables. n

I α

dΩ
r

Figure 1.3 : Calcul de l’éclairement

La notion d’éclairement fait intervenir en plus de la source, la position de la surface éclairée.


Considérons une source ponctuelle O rayonnant vers un élément de surface dS à une distance
Applications de l’énergie électrique : 2ème partie : Techniques de l’éclairage (cours) 1.4

r de O avec une intensité lumineuse I . Soit α l’angle que fait n , la normale à dS , avec la
direction du rayonnement, l’angle solide dΩ intercepte sur une sphère de rayon r une
surface égale à dS cos α .
dS cos α dΦ
Soit dΩ = 2
=
r I

dΦ I cos α
E = = (loi du cosinus) (1.9)
dS r2

Cette relation valable pour les éléments des surfaces planes montre que l’éclairement varie
avec l’inclinaison relative du plan et en raison inverse du carré de la distance.

1.2.4. La luminance
Les éléments des surfaces des objets éclairés réfléchissent généralement la lumière reçue en
l’altérant et se comporte ainsi comme des surfaces lumineuses secondaires émettant diverses
intensités lumineuses dans toutes les directions.
On définit dons la luminance L dans une direction donnée d’une surface émettrice dS
comme le quotient entre l’intensité dI émise par dans cette direction, et la surface apparente
de dS dans cette direction.

Dans le cas particulier où la surface dS est plane et pour la normale n fait un angle α avec la
direction d’observation dI , on a :

dI
L = (1.10)
dS cos α

1.2.5. Efficacité lumineuse d’une source


Les sources électriques de lumière consommant des watts pour produire des lumens, on
appelle efficacité lumineuse de la source le rapport du flux lumineux émis à la puissance
consommée par la source (circuit complet).

Φ
ξ = [lm/W] (1.11)
P

Remarque

On appelle contraste c la différence entre la luminance de fond L f et la luminance de détail à


observer, Lo rapporté à la luminance de fond.

L f − Lo
c = (1.12)
Lf

L’éblouissement est la diminution ou la perte momentanée des sensations visuelles dues à un


contraste excessif.
Applications de l’énergie électrique : 2ème partie : Techniques de l’éclairage (cours) 1.5

On admet généralement que la luminance minimale pour impressionner l’œil est de


10-5 Cd/m2 et que le gêne commence à apparaître au-delà de 5000 Cd/m2.

1.2.6. Loi de Lambert


Une surface parfaitement polie (dont les aspérités sont petites vis-à-vis de la longueur d’onde
rayonnant l’incident) donne lieu à la réflexion et éventuellement à la réfraction selon les lois
de l’optique géométrique.

On dit alors que cette surface présente une réflexion ou une réfraction lorsqu’un haut degré de
polissage n’est pas réalisé, ce qui est fréquent, le rayonnement régulièrement réfléchi
s’accompagne des rayonnements diffusés dans toutes les directions. Il s’agit de réflexion
mixte ou semi-diffuse ou semi-régulière.

Si à l’échelle macroscopique, la réflexion régulière ne se manifeste pas, la réflexion est dite


diffuse.
Une surface donne lieu à une réflexion diffuse orthotrope lorsque la répartition spatiale du
rayonnement réfléchi est telle que la luminance est la même dans toutes les directions du
rayonnement réfléchi.
La réflexion diffuse orthotrope est dite parfaite lorsque la totalité du flux énergétique incident
est réfléchie.

On peut établir une relation entre l’éclairement que reçoit une surface S de coefficient ρ < 1
(ρ = Φ réfléchi Φ reçu ) . Et les intensités lumineuses réfléchies dans le demi-espace supérieur au
plan de S dans le cas d’une réflexion diffuse orthotrope.

La luminance L de S étant constante, l’indicatrice de diffusion courbe enveloppe de vecteur


intensité est une sphère tangente à S est de diamètre LS .

Figure 1.4 : Loi de Lambert

La surface S recevant un flux ES réfléchit un flux ρ ES .


Considérons un cône d’angle solide d Ω , portion de l’espace comprise entre deux cônes
d’angle au sommet 2α et 2 (α + dα ) .

Sur la demi-sphère de rayon R centré en 0 , milieu de S , la surface interceptée par dΩ est


sensiblement celle d’une couronne circulaire de rayon intérieur R sin α et de largeur
Rtg2α ≈ Rdα . Cette surface est quasiment égale à 2π R sin α ⋅ Rdα .

Or par définition,
Applications de l’énergie électrique : 2ème partie : Techniques de l’éclairage (cours) 1.6

dΩ = 2πR sin2α.Rdα = 2π sinαdα


R

Le flux réfléchi par S est donc la somme étendue à l’hémisphère supérieure des éléments
d Φ = Id Ω , d’autre part I = LS cos α , par conséquent,

ρES = ∫ I dΩ
hémis.sup .
π/2
= ∫ LS cosα.2π sinαdα
0
π /2
= LSπ ∫ 2 cos α sin αdα
0
π/2
= LSπ ∫ sin2αdα
0

[
= LSπ − cos2α
2
] π/2
0

= LSπ
ρ E = Lπ (1.13)

1.2.7. Le luxmètre
La mesure de l’éclairement se fait à l’aide d’un appareil appelé luxmètre. Il est constitué
d’une cellule photosensible (photopile) qui transforme l’énergie reçue en courant électrique, il
doit donc être associé à un milliampèremètre.

lumière

capteur

Figure 1.5 : Le luxmètre

1.2.8. Couleur des sources


La lumière blanche est définie comme possédant un spectre d’énergie continue dans le
domaine de radiation visible. C’est par exemple le cas de la lumière du jour. Mais cette notion
reste imprécise, la quantité de cette lumière variant considérablement dans la journée et selon
les conditions atmosphériques.

Pour mieux caractériser la notion de la lumière blanche selon qu’elle accentue les radiations
rouge ou bleue, on lui associe la notion de température des couleurs en Kelvin. Il s’agit de
décrire la couleur d’une source en la comparant à celle d’un corps noir chauffé. La
Applications de l’énergie électrique : 2ème partie : Techniques de l’éclairage (cours) 1.7

température des couleurs est la température du corps noir qui émet un rayonnement assurant
le même rendu de couleur que le rayonnement considéré.

L’ordre de grandeur pour cette température de couleur pour différentes couleurs blanches va
de 2500-3000 K au coucher du soleil, puis lampe à incandescence " lumière chaude" riche en
radiations rouges 4500-5500 K.
La lumière du jour par le temps clair de 6000-8000 K ; ciel nuageux " lumière froide" riche en
radiations bleues.

Des nombreux travaux et tests psychologiques ont montré que les sources de chaleur ne sont
acceptables qu’aux niveaux d’éclairement ; tandis que les hauts niveaux d’éclairement
nécessitent des sources à t° de couleur élevée (diagramme de KRUITHOF, figure 1.6).

Figure 1.6 : Diagramme de KRUITHOF

1.2.9. Indice de rendu des couleurs


La couleur de la surface d’un objet dépend de la propriété spectrale de cette surface et de la
distribution spectrale de la lumière incidente.
Une source quelconque de nature de coloration des objets éclairés. L’évaluation de cette
distorsion permet d’assigner à la source un indice de rendu de couleur ( IRC ou Ra ) qui
varie de 0 à 100. On considère comme rendu de couleur parfait (rendu de couleur normal de
référence) celui qui correspond à la lumière du jour (blanche vers midi). Dans la pratique on
admet la classification donnée dans les tables.
Applications de l’énergie électrique : 2ème partie : Techniques de l’éclairage (cours) 2.1

Chapitre 2 : Les sources lumineuses


2.1. Introduction

L'éclairage est un élément important d'une installation d'un point de vue esthétique et
décoratif. Il permet de mettre en valeur un intérieur et d'avoir un confort visuel de qualité s'il
est bien étudié.

Appelées aussi lampes, les sources lumineuses sont des dispositifs qui permettent de
transformer l’énergie électrique en lumière. Dans ce chapitre, nous allons décrire les
différents types de sources lumineuses et nous en donnerons les différentes caractéristiques
techniques essentielles.

2.2. Caractéristiques essentielles des lampes

Quels que soient les types de lampes, elles ont les caractéristiques essentielles suivantes : le
mode de production de la lumière, la puissance, la tension, la durée de vie, l’efficacité
lumineuse, la température de couleur, etc.

2.2.1. Le mode de production de la lumière


Par mode de production de la lumière on sous-entend le processus de transformation de
l’énergie électrique en lumière. C’est ce mode qui donne la classification des sources
lumineuses (voir paragraphe 2.3 ci-dessous).

2.2.2. La puissance nominale


La puissance nominale est la puissance électrique assignée à la lampe dans les conditions
nominales de fonctionnement. Elle s'exprime en watts et figure généralement sur le produit.

2.2.3. La tension nominale


Toutes les lampes sont conçues pour fonctionner à une valeur de tension nominale bien
spécifiée. A cette tension nominale correspond une puissance nominale de la lampe. Cette
tension peut être continue (ampoule de phare d’automobile par exemple) ou alternative
(lampes à incandescence 220 V par exemple).

2.2.4. La durée de vie


La durée de vie d’une lampe est le temps en heures de fonctionnement de la lampe à une
tension nominale bien indiquée. Une augmentation de 5 % de la tension réduira la durée de
vie d'une lampe d'environ 50 %. Elle peut différer selon le type de la lampe.

La durée de vie est propre à chaque technologie de source lumineuse. Alors que les lampes
incandescentes "claquent" au bout d'un laps de temps, généralement 1000 heures, les lampes à
décharge voient leur flux baisser jusqu'à cesser de fonctionner.
Applications de l’énergie électrique : 2ème partie : Techniques de l’éclairage (cours) 2.2

Le graphe ci-dessous montre l'évolution du flux de trois sources : une lampe incandescente,
une LED de puissance et une LED 5mm :

Figure 2.1 : Evolution du flux de trois types de lampes

La durée de vie d’une lampe est aussi fonction du nombre de commutations possibles (le
nombre de fois qu’une lampe peut être allumée et éteinte). Certaines lampes fluocompactes,
notamment, ne supporteront pas d’être commutées plus de 3000 fois. On évitera donc ce
genre de lampes dans les WC !

2.2.5. L’efficacité lumineuse


L'efficacité lumineuse d’une lampe est le rapport entre la quantité de lumière émise en lumens
à sa puissance exprimée en watts (lm/W). Plus l'efficacité lumineuse d'une lampe est grande,
plus elle émet de lumière pour une même quantité d'énergie consommée.

2.2.6. La température de couleur


La température de couleur permet d'évaluer la couleur apparente qui peut être plus ou moins
chaude ou froide. Elle s'exprime en Kelvin.

Par exemple, des lampes d'une température supérieure à 5300 K offrent un blanc bleuté
(couleur froide). Des lampes d'une température de couleur comprise entre 3300 et 5300 K
procurent un éclairage blanc et neutre.

En deçà de 3300 K, la lumière est dite chaude (blanc rosé).

2.2.7. Le rendu des couleurs


Le rendu des couleurs est spécifié à l'aide de l'indice IRC (Indice de Rendu des Couleurs). Il
caractérise l'aptitude d'une lampe à ne pas déformer l'aspect coloré habituel des objets
éclairés. Le rendu optimal est de 100 (lampe à incandescence).

De manière générale, si l'indice IRC d'une lampe est égal ou supérieur à 90, le rendu est
excellent. Un indice inférieur à 70 est considéré comme mauvais.
Applications de l’énergie électrique : 2ème partie : Techniques de l’éclairage (cours) 2.3

2.3. Types de sources lumineuses

Les sources lumineuses peuvent être classées en deux grandes catégories :


1. Les sources à thermoluminescence : sont celles ou la lumière est produite par un corps
solide porté incandescence et/ou un filament est chauffé par effet joule.
2. Les sources à électroluminescence : sont celles ou l’on utilise les phénomènes lumineux
accompagnant l’ionisation des milieux gazeux.

Tous les types de lampes se rangent donc dans ces deux catégories.

Ainsi, dans les paragraphes qui suivent, nous allons décrire les principaux types de lampes qui
sont les suivants :
- lampes à incandescence ;
- lampes à décharge dont les lampes fluorescentes ;
- lampes à LED (Light Emitting Diodes) ou lampes à diodes électroluminescentes.

2.4. Lampes à incandescence

La lampe à incandescence est constituée d'un filament composé d'un matériau ayant un point
de fusion élevé, dans une ampoule en verre sous vide ou remplie d'un gaz inerte (gaz rare).

Porté à l’incandescence par le passage d’un courant électrique, un filament métallique émet la
majeure partie de son rayonnement dans le domaine des infrarouges mais plus sa température
croit, plus les spectres se déplacent dans le domaine du visible (figure 2.2).

Figure 2.2 : Spectre d’une lampe à incandescence

Les filaments doivent avoir un point de fusion élevé, car le rapport de l'énergie lumineuse
dégagée sur l'énergie calorifique augmente avec la température, et l'efficacité de la source
lumineuse est optimale à la température du filament la plus élevée. Dans les premières lampes
à incandescence, on utilisait des filaments de charbon. Les lampes actuelles sont constituées
d'un filament très fin en tungstène, qui a un point de fusion de 3 410 °C. Le filament doit être
maintenu dans une atmosphère inerte ou dans le vide, car chauffé, il pourrait réagir avec
l'atmosphère ambiante. Dans les lampes à incandescence, le gaz inerte présente un autre
avantage : il permet de ralentir l'évaporation du filament, et de prolonger ainsi la durée de vie
de la lampe.
Applications de l’énergie électrique : 2ème partie : Techniques de l’éclairage (cours) 2.4

Les lampes à incandescence (figure 2.3) peuvent se classer en deux catégories : les lampes
classiques en verre et les lampes halogènes.

Figure 2.3 : Différentes formes de lampes à incandescence


Applications de l’énergie électrique : 2ème partie : Techniques de l’éclairage (cours) 2.5

2.4.1. Les lampes classiques en verre


Les lampes classiques en verre se composent d'une ampoule en verre contenant un gaz de
remplissage inerte (généralement un tiers d'azote et deux tiers d'argon) ou un gaz plus rare
comme le krypton. L'ampoule renferme un filament résistant en tungstène. Lorsque le courant
électrique le traverse, il est porté à incandescence par effet joule.

Le filament perd lentement de sa matière au fil des heures de fonctionnement, c'est pourquoi il
finit par se briser après un allumage ou au moindre choc. En effet, à l'arrivée du courant il se
produit une surchauffe car l'intensité est supérieure quand le filament est froid. C'est pourquoi
ces lampes grillent souvent au moment de l'allumage. Avec cette technique, seulement 5 % de
l'énergie est convertie en lumière. Le reste est restitué sous forme de chaleur.

Les lampes à incandescence classiques sont commercialisées sous différentes formes :


standard, sphériques, globes, flammes, tubes ...

Leur verre peut être clair, dépoli ou opalisé. Les ampoules claires doivent être utilisées dans
des luminaires avec diffuseur afin d'éviter l'éblouissement. Un revêtement réfléchissant peut
parfois recouvrir l'ampoule. S'il est situé en partie basse, il s'agit d'une lampe réflecteur. S'il
est situé en partie haute, il s'agit d'une lampe à calotte argentée.

Les lampes à incandescence classiques peuvent également se présenter sous la forme de tubes
(figure 2.4). Les plus courants sont les linolites ou les tubes à culots latéraux.
Applications de l’énergie électrique : 2ème partie : Techniques de l’éclairage (cours) 2.6

Figure 2.4 : Les lampes et tubes à incandescence

Le culot est un critère important de classification de ce type de lampes (figure 2.5). Les culots
à vis sont les plus courants. Le petit diamètre est noté E14 et le grand diamètre E27. La lettre
E correspond à l'initiale de l'inventeur de la lampe à vide, Thomas Edison, en 1879.
Un autre culot, à baïonnette (B), était très répandu en France. Dans l'habitat, on trouve encore
le format B22 et parfois des lampes B15 dans les installations anciennes.
Applications de l’énergie électrique : 2ème partie : Techniques de l’éclairage (cours) 2.7

Figure 2.5 : Les culots des lampes à incandescence

2.4.2. Les lampes à incandescence à halogène


Les lampes à incandescence à halogène ont été inventées en 1959 par General Electric. Elles
produisent également de la lumière en portant un filament à incandescence.

L'ampoule est réalisée dans un matériau résistant aux hautes températures (quartz ou verre
spécial) rempli d'un gaz, sous haute pression, de la famille des halogènes (fluor, chrome, iode
ou brome). Le tungstène du filament se combine avec le gaz halogène pour former un
mélange qui se redécompose, sous l'effet de la chaleur, en tungstène et en gaz halogène au
Applications de l’énergie électrique : 2ème partie : Techniques de l’éclairage (cours) 2.8

contact du filament. Celui-ci se régénère donc en permanence, ce qui offre une durée de vie
jusqu'à quatre fois supérieure à celle des lampes à incandescence classiques. Ce principe de
fonctionnement permet de survolter le filament, ce qui produit une lumière plus importante
pour une puissance équivalente.

Il est recommandé de ne pas toucher une lampe à halogène avec les doigts, pour deux raisons.
Les graisses présentes sur les doigts produisent du carbone entraînant le ternissement de la
lampe. Le sel de l'épiderme réagit à haute température avec le quartz, en le fragilisant, ce qui
peut entraîner l'éclatement de l'ampoule.

Les lampes halogènes peuvent fonctionner directement sur le réseau 230 V (figure 2.6) ou en
très basse tension 12 V (figure 2.7). Dans ce cas, l'alimentation est assurée par un
transformateur TBTS (Très Basse Tension de Sécurité).

Les lampes halogènes émettent un rayonnement ultraviolet. Elles doivent donc être munies
d'un écran en verre ou équipées d'une double enveloppe: l'ampoule halogène est enfermée
sous une seconde ampoule de forme classique. Les petites ampoules halogènes TBTS utilisées
notamment dans les luminaires de bureau sont souvent élaborées dans un verre traité contre
les ultraviolets.

Comme pour les ampoules à incandescence classiques, vous pouvez faire fonctionner les
ampoules halogènes avec un variateur de tension pour faire varier leur intensité lumineuse.
Applications de l’énergie électrique : 2ème partie : Techniques de l’éclairage (cours) 2.9

Figure 2.6 : Les lampes halogènes 230 V


Applications de l’énergie électrique : 2ème partie : Techniques de l’éclairage (cours) 2.10

Figure 2.7 : Les lampes halogènes TBTS


Applications de l’énergie électrique : 2ème partie : Techniques de l’éclairage (cours) 2.11

2.5. Lampes à décharge

2.5.1. Définition
Pour ces types de lampes, la lumière est produite par une décharge électrique créée entre deux
électrodes au sein d’un gaz dans une ampoule de quartz. Toutes ces lampes nécessitent donc
un appareillage auxiliaire dont le rôle est de limiter le courant dans l’arc (ballast) et/ou créer
une surtension (ballast + starter). Le spectre d’émission et l’IRC dépendent de la composition
du gaz et s’améliorent avec l’augmentation de la pression.

i
K

gaz
R

V A

Figure 2.8 : Principe d’une lampe à décharge

2.5.2. Le ballast

2.5.2.1. Définition
Les lampes à décharge nécessitent une limitation de l’intensité de l’arc, cette fonction est
remplie par une inductance (ou ballast magnétique) placée en série avec l’ampoule elle-même

On utilise un bobinage avec noyau magnétique éventuellement assorti d’un condensateur pour
relever "le facteur de puissance". Ce ballast inductif permet également de mieux lisser la
forme de la courbe du courant qui n’est pas sinusoïdale, le tube à décharge ne pouvant être
assimilé à un élément linéaire.

Cette disposition est la plus utilisée dans les applications domestiques où le nombre de tubes
est limité. Aucune contrainte particulière n’est appliquée aux interrupteurs.
Les variateurs de lumière de type gradateur ne sont pas compatibles avec les ballasts
magnétiques : l’annulation de la tension pendant une fraction de la période provoque
l’interruption de la décharge et l’extinction totale de la lampe.

2.5.2.2. Limite du ballast actuel


Le ballast sera toujours le siège des pertes par effet joule qu’il faudra fournir en plus de la
puissance consommée dans la lampe elle-même son remplacement par un condensateur ne
consommant pas d’énergie est malheureusement impossible à la fréquence usuelle de 50 Hz.

En effet, si l’on assimile la forme de la courbe de la tension de la décharge à une fonction


rectangulaire lors du retournement rapide de cette tension ; la tension aux bornes du
condensateur subit un saut brusque et le courant appelé est de nature impulsionnelle ; par
Applications de l’énergie électrique : 2ème partie : Techniques de l’éclairage (cours) 2.12

contre, le facteur de puissance de 0.4 à 0.5 avec ballast inductif doit être relevé pour permettre
des meilleures conditions d’alimentation.

Le condensateur placé en série avec le ballast ou en parallèle sur l’ensemble lampe-ballast


doit permettre d’atteindre 0.85.

2.5.2.3. Le ballast électronique


Le développement de l’électronique a permis de remplacer le ballast classique par un circuit à
semi-conducteur plus léger et de moindre consommation.
L’idée de base est de convertir la fréquence de 50 Hz à 20 Hz environ au moyen d’un
ensemble redresseur-onduleur. Le ballast voit ses dimensions nettement réduites et l’effet de
papillotement est supprimé.

2.5.2.4. Le stater
La fonction du starter est double : assurer le préchauffage des électrodes du tube, puis générer
une surtension pour l’amorçage du tube. Cette surtension est générée par l’ouverture d’un
contact (commandée par un bilame) qui interrompt le courant circulant dans le ballast
magnétique. Pendant le fonctionnement du starter (environ 1 s), le courant absorbé par le
luminaire est environ 2 fois le courant nominal.

2.5.3. Types de lampes à décharge


Plusieurs technologies de lampes à décharge ont donc été développées pour différentes
applications. Selon le mode de production de la lumière, on distingue plusieurs types de
lampes à décharge :

• Lampes à décharge à basse pression


– lampes fluorescentes
– lampes à vapeur de sodium basse pression (VSBP)
• Lampes à décharge à haute pression (DHI)
– lampes à vapeur de mercure (VM)
– lampes aux halogénures métalliques (HM)
– lampes à vapeur de sodium haute pression (VSHP)

2.5.4. Les lampes fluorescentes


Les lampes fluorescentes qui représentent les 2/3 de la lumière artificielle produite dans le
monde sont des lampes à décharge mettant également en jeu le principe de la fluorescence.

Elles se divisent en deux principaux groupes : les lampes tubulaires (ou tubes fluorescents) et
les lampes fluocompactes.

2.5.4.1. La fluorescence
Lorsque qu’un rayonnement monochromatique atteint une substance photoluminescente, une
partie de son énergie est transformée en chaleur tandis que le reste apparaît sous forme d’un
spectre continu dans des longueurs d’onde supérieur et dont la distribution dépend de la
nature de la substance.
Applications de l’énergie électrique : 2ème partie : Techniques de l’éclairage (cours) 2.13

Cette dégradation du rayonnement primaire constitue le phénomène de fluorescence qui est


utilisé pour récupérer les radiations émises dans les ultraviolets en les étalant dans le spectre
visible. La couleur de la lumière observée dépend alors de la nature, du dosage de la poudre
fluorescente qui tapisse l’intérieur du tube ainsi que de la pression qui y règne.

Figure 2.9 : La fluorescence

2.5.4.2. Le tube fluorescent

a) Description

Les premiers tubes fluorescents sont apparus en 1938. Leur principe de fonctionnement
repose sur l'ionisation d'un gaz sous l'effet du courant. Une décharge électrique dans un tube
de verre contenant une vapeur de mercure à basse pression provoque une luminescence dans
la gamme des ultraviolets, donc faiblement visibles. Une poudre recouvrant l'intérieur du tube
transforme ce rayonnement en lumière visible selon le principe de la fluorescence.

Tous les tubes fluorescents nécessitent un appareillage spécifique pour pouvoir fonctionner
(ballast, starter et réglette support). L'investissement de départ est plus important, cependant
l'utilisation se révèle beaucoup plus économique que les lampes à incandescence. Seuls le
tube et le starter nécessitent d'être remplacés occasionnellement. Leur durée de vie est jusqu'à
douze fois supérieure à celle des lampes à incandescence classiques. Leur efficacité lumineuse
dépasse 80 lm/W à comparer aux 15 lm/W d'une ampoule classique. Pour la même quantité de
lumière produite, la consommation de courant est donc six fois inférieure.

Les tubes de petite longueur ont un diamètre de 16 mm. Les tubes de 0.60 à 1.80 m ont un
diamètre de 26 ou 38 mm. Les tubes de 26 mm étant les plus performants, se répandent de
plus en plus.

Tous les tubes fluorescents ne procurent pas la même lumière. La plupart sont dotés d'un
marquage de trois chiffres. Le premier indique l'indice de rendu des couleurs. Le chiffre 8
correspond à un indice compris entre 80 et 90. Le chiffre 9 indique un indice supérieur à 90.
Les deux autres chiffres indiquent la température de couleur. Par exemple, le nombre 27
signifie 2 700 K, le chiffre 30, 3 000 K. Pour apporter une ambiance chaude, sans altérer les
couleurs, choisissez une température de 2 700 K. Pour simuler une lumière naturelle plus
froide, choisissez un tube dont la température est de 6 500 K.

Il est possible de faire varier la luminosité des tubes fluorescents en utilisant des ballasts
électroniques spécialement conçus à cet effet.
Applications de l’énergie électrique : 2ème partie : Techniques de l’éclairage (cours) 2.14

Figure 2.10. : Les tubes fluorescents

Les tubes fluorescents sont parfois improprement appelés " tubes néons ". C'est par confusion
avec les tubes des enseignes lumineuses qui sont remplis avec ce type de gaz et procurent une
lumière rouge.

b) Fonctionnement

Les phases de fonctionnement d’une lampe fluorescente, décrites ci-dessous, sont identiques à
celles des autres types de lampes à décharge pour lesquels, le brûleur remplace le tube et
l'amorceur remplace le starter.
Applications de l’énergie électrique : 2ème partie : Techniques de l’éclairage (cours) 2.15

a) b) c)
Figure 2.11: Fonctionnement d’un tube fluorescent

Le starter est composé d'un petit tube rempli de gaz et pourvu d'un bilame.

A l'allumage, la mise sous tension provoque un arc électrique au sein du gaz. Celui-ci
échauffe le bilame, jusqu'alors ouvert (figure 2.11a), qui se ferme. Pendant ce temps, un
courant circule dans les électrodes. Elles s'échauffent et ionisent le gaz qui les environne, ce
qui facilitera l'allumage. Le bilame étant fermé, l'arc électrique dans le starter disparaît.

Le bilame se refroidit alors et s'ouvre (figure 2.11b). Il provoque ainsi une interruption
brusque du courant dans le ballast raccordé en série. Le ballast va tenter de rétablir ce courant
en libérant toute son énergie. Cela provoque une impulsion de tension très élevée entre les
électrodes de la lampe (jusqu'à 1 500 V) capable d'allumer le tube fluorescent (figure 2.11c).
Souvent, cet allumage ne réussit pas en une seule tentative. Si la lampe ne s'est pas allumée, le
cycle recommence. En fonctionnement, la tension aux bornes de la lampe est trop faible pour
générer un nouveau cycle d'allumage (40 à 110 V). Le starter se maintient donc en position
ouverte et le courant traverse la lampe qui reste allumée. A partir de cet instant, le ballast joue
le rôle de limiteur de courant et empêche la destruction de la lampe.
Applications de l’énergie électrique : 2ème partie : Techniques de l’éclairage (cours) 2.16

c) Schémas

La figure ci-dessous donne les différents schémas de raccordement des tubes fluorescents.

Circuit inductif à un tube Circuit compensé


cos ϕ = 0.5 (inductif). cos ϕ = 0.9

Circuit de deux lampes (une Circuit de deux lampes (circuit


capacitive et une inductive). "duo"). Raccordement en série avec
Raccordement en parallèle un seul ballast
cosϕ = 0.95 cos ϕ = 0.5
Figure 2.12 : Différents raccordements des tubes fluorescents
Applications de l’énergie électrique : 2ème partie : Techniques de l’éclairage (cours) 2.17

Tableau 2.1 : Caractéristiques des tubes fluorescents


Désignation Puissance Durée de Température de
Puissance lm lm/W lm lm/W
de la 1 lampe vie couleur IRC LLD
(W) initiaux initiaux moyens moyens
lampe (2 lampes) (h) (°K)
À allumage instantané, 200 mA, socle une broche
F72T8/CW 38 55 (100) 7 500 3 100 56.4 2 700 49.1 4 300 62 0.83
F96T8/CW 50 70 (130) 7 500 4 200 60.0 3 860 55.1 4 300 62 0.89
À allumage instantané, 430 mA, socle une broche
F48Tl2/CW 39 65 (104) 9 000 3 000 46.2 2 760 42.5 4 300 62 0.82
F48TI2/LW 30 55 (84) 9 000 2 675 48.6 2 460 44.7 4 100 49 0.82
F72Tl2/CW 55 80 (150) 12 000 4 600 57.5 4 320 52.9 4 300 62 0.89
F96T12/CW 75 97 (172) 12 000 6 300 64.9 5 800 59.8 4 300 49 0.89
F96TI2/LW 60 82 (142) 12 000 6 000 73.2 5 430 66.2 4 100 49 0.89
À allumage rapide, 430 mA, socle deux broches
F30T12/CW/RS 30 46 (76) 18 000 2 300 50.0 2 010 43.7 4 300 62 0.81
F40Tl2/.../RS
cool white 40 53 (93) 20 000 3 150 59.4 2 715 51.2 4 300 62 0.84
cool while deluxe 40 53 (93) 20 000 2 220 41.5 1 800 34.0 4 200 87 0.84
warm white 40 53 (93) 20 000 3 200 60.4 2 715 51.2 3 000 52 0.84

warm white deluxe 40 53 (93) 20 000 2 150 40.6 1 765 33.3 3 100 73 0.84

daylight 40 53 (93) 20 000 2 600 49.1 2 245 42.4 6 500 75 0.84


lite white 35 48 (83) 20 000 3 050 63.5 4 160 48 0.84
lite white deluxe 34 47 (81) 20 000 3 050 64.9 4 100 67 0.84
full spectrum 5000 40 53 (93) 20 000 2 200 41.5 1 850 34.9 5 000 92 0.84
full spectrum 7500 40 53 (93) 20 000 2 000 37.7 1 685 31.8 7 500 94 0.84
prime colour 3000 40 53 (93) 20 000 3 400 64.2 3 000 85 0.84
prime colour 4000 40 53 (93) 20 000 3 400 64.2 4 000 85 0.84
À allumage rapide T8, socle deux broches
F032/730 32 30 (59) 20 000 2 800 93.0 2 520 84.0 3 000 75 0.90
F032/830 32 30 (59) 20 000 2 950 98.0 2 714 90.0 3 000 82 0.92
F032/830 6 30 (59) 24 000 2 900 96.6 2 755 91.8 3 000 85 0.95
F032/830/XP 30 (59) 24 000 3 000 100 2 850 95.0 3 000 85 0.95
À flux élevé à allumage rapide, 800 mA, culot à deux plots en retrait
F48TI2/CW/HO 60 85 (146) 12 000 4 300 50.6 3 740 44.0 4 300 62 0.82
F72Tl2/CW/HO 85 106(200) 12 000 6 650 62.7 5 785 54.6 4 300 62 0.82
F96Tl2/CW/HO 110 140(252) 12 000 9 200 65.7 8 005 57.2 4 300 62 0.82
F96TI2/LW/HO 95 119(231) 12 000 9 100 76.5 7 915 66.5 4 160 48 0.82
F96Tl2/LWX/HO 95 119(231) 12 000 9 100 76.5 4 100 67 0.82
À flux très élevé à allumage rapide, 1500 mA, culot à deux plots en retrait
F48TI2/CW/VHO 110 146(252) 10 000 6 250 42.8 4 750 32.5 4 300 62 0.69
F72Tl2/CW/VHO 165 213(326) 10 000 9 900 46.5 7 920 37.2 4 300 62 0.72
F96Tl2/CW/VHO 215 260(450) 10 000 14 500 55.8 11 600 44.6 4 300 62 0.72
F96PG17/CW 215 260(450) 12 000 16 000 61.5 12 800 49.2 4 300 62 0.69
F96PG17/LW 185 230(390) 12 000 14 900 64.8 11 325 49.2 4 160 48 0.69
* indique que seuls des ballasts à faible facteur de puissance sont disponibles

Note : Certaines lampes citées ici ne sont plus disponibles dans le commerce, notamment la
lampe F40/CW; elles sont présentées ici uniquement à des fins de comparaison.

2.5.4.3. Les lampes fluocompactes


Les lampes fluocompactes ou à économie d'énergie produisent de la lumière de la même
manière que les tubes fluorescents, à la différence que le tube est miniaturisé et plié en deux,
trois ou quatre.
Applications de l’énergie électrique : 2ème partie : Techniques de l’éclairage (cours) 2.18

Elles sont apparues en 1980 sous deux types différents. Les lampes d'intégration (figure 2.13)
sont équipées d'un culot à broche (figure 2.14) et destinées à des luminaires spécialement
conçus.

Figure 2.13 : Les lampes fluocompactes d’intégration


Applications de l’énergie électrique : 2ème partie : Techniques de l’éclairage (cours) 2.19

Figure 2.14 : Les culots des lampes d’intégration

Les lampes de substitution (figure 2.15) sont équipées des mêmes culots que les lampes à
incandescence auxquelles elles peuvent se substituer. En effet, un ballast électronique est
incorporé dans leur culot.

Leurs avantages sont les mêmes que ceux des tubes fluorescents à la différence que le tube
n'est pas interchangeable.

Le principal reproche qui leur est fait est le prix élevé qui nécessite au moins quinze mois
pour être " amorti ". De plus, leur durée de vie peut être très différente d'une marque à l'autre
Applications de l’énergie électrique : 2ème partie : Techniques de l’éclairage (cours) 2.20

(du simple au triple selon des études d'associations de consommateurs). Enfin, l'utilisation de
ce type d'ampoule ne remplace pas en tout point l'usage attendu des ampoules à incandescence
: elles ne fonctionnent pas avec un variateur de lumière et elles nécessitent quelques minutes
avant d'atteindre leur potentiel lumineux maximum. En fin de vie, elles représentent un déchet
potentiellement dangereux (mercure) qui nécessite un recyclage spécifique.

Pour une démarche environnementale aboutie, il convient donc de prendre en compte aussi
cet aspect, encore limité au niveau du particulier.

Ces ampoules sont à utiliser à bon escient dans les pièces nécessitant un éclairage prolongé.
Elles sont inutiles, par exemple dans un couloir ou une circulation.

Figure 2.15 : Les lampes fluocompactes de substitution


Applications de l’énergie électrique : 2ème partie : Techniques de l’éclairage (cours) 2.21

2.5.5. Les lampes à vapeur de sodium basse pression (VSBP)

2.5.5.1. Construction

• Les lampes à vapeur de sodium à basse pression (VSBP ou SOX) sont les lampes DHI qui
fonctionnent à basse pression et dans lesquelles l'arc est entretenu par la vapeur de sodium
ionisée.
• Les lampes VSBP se rapprochent davantage des lampes fluorescentes que des lampes DHI,
vu que la décharge électrique se produit à basse pression et à faible intensité, et que la
lampe a une forme linéaire.
• Une lampe VSBP est constituée d'un tube à arc en U scellé dans une ampoule extérieure
tubulaire transparente.
• Une mince couche d'oxyde d'indium recouvrant la paroi intérieure de l'ampoule extérieure
renvoie la plus grande partie du rayonnement infrarouge vers le tube à arc.
• Le tube à arc est enfermé sous vide afin de réduire au minimum la déperdition de chaleur.
• La lampe est conçue de façon à exploiter toute la chaleur qu'elle produit.
• Le tube à arc peut entretenir une température de fonctionnement d'environ 2600 °C, ce qui
a pour conséquence une efficacité lumineuse extrêmement élevée.

Figure 2.16 : Lampe à vapeur de sodium basse pression (VSBP)

2.5.5.2. Fonctionnement

• A la mise sous tension, le courant est transporté par le gaz d'amorçage (néon et argon) et
produit une lueur rouge.
• A mesure que la lampe s'échauffe, le sodium se vaporise et la décharge commence à
montrer la couleur jaune caractéristique d'une lampe VSBP.
• Le temps de préchauffage est d'environ neuf minutes.
• Le temps de rallumage est inférieur à une minute.

2.5.5.3. Puissances nominales


Les puissances nominales des lampes VSBP vont de 18 à 180 watts.

2.5.5.4. Durée de vie

• Lampe SOX 18 : 14 000 heures


• Autres lampes : 18 000 heures

2.5.5.5. Couleur

• La lampe VSBP émet une lumière de couleur jaune (monochromatique).


Applications de l’énergie électrique : 2ème partie : Techniques de l’éclairage (cours) 2.22

• Le rendu des couleurs est très faible : chaque couleur apparaît jaune ou brun boueux.
• A cause de la couleur monochromatique, l'IRC ne s'applique pas à cette lampe.

2.5.5.6. Efficacité lumineuse

• La lampe VSBP offre l'efficacité la plus élevée de toutes les sources lumineuses car elle
émet une lumière jaune monochromatique proche de la crête de la courbe de sensibilité de
l'œil (de100 à plus de 180 lumens par watt).
• L'efficacité lumineuse augmente avec la puissance de la lampe.

2.5.5.7. Applications

• Les lampes VSBP ne sont en général pas utilisées dans les nouvelles constructions, mais
on peut en trouver dans des bâtiments plus anciens.
• Les lampes VSBP conviennent dans toutes les applications où le rendu de couleur n'est pas
un facteur important.
• Les lampes VSBP conviennent à l'éclairage des routes, à l’éclairage de sécurité,
d'illumination de zone et d'entrepôts.

Tableau 2.2 : Caractéristiques des lampes VSBP

Puissance
Durée de vie
Puissance totale Temp.
Désignation de la utile lm lm/W lm lm/W
(W) (W) couleur LLD
lampe (h) initiaux initiaux moyens moyens
inclus (°K)
ballast
1 lampe
SOX 18 18 32 14 000 1 800 56.3 1 800 53.7 1 740 1.03
SOX 35 35 60 18 000 4 800 80.0 4 800 76.2 1 740 1.03
SOX 55 55 80 18 000 8 000 100.0 8 000 95.2 1 740 1.03
SOX 90 90 125 18 000 13 500 108.0 13 000 103.1 1 740 1.03
SOX 135 135 170 18 000 22 500 132.4 22 500 126.4 1 740 1.03
SOX 180 180 215 18 000 33 000 153.5 33 000 146.7 1 740 1.03

Notes :
• La puissance et le rendement lumineux (lm) des lampes VSBP augmentent
respectivement d'environ 7 % et 5 % vers la fin de la durée utile de la lampe.
• En raison de la nature monochromatique des lampes VSBP, l'IRC n'est pas applicable

2.5.6. Les lampes à vapeur de mercure (VM)

2.5.6.1. Construction
• L'usage des lampes à vapeur de mercure devrait être découragé. En effet, ces lampes ne
sont pas plus efficaces que les lampes fluorescentes dans les applications d'intérieur. Dans
les applications d'extérieur, elles devraient être remplacées par d'autres lampes à décharges.
La mise au rebut des lampes à vapeur de mercure exige des techniques spéciales
d'élimination à cause du mercure présent dans la lampe. Il est impératif de communiquer
avec les autorités locales de gestion des déchets spéciaux pour connaître les méthodes
approuvées d'élimination.
Applications de l’énergie électrique : 2ème partie : Techniques de l’éclairage (cours) 2.23

• La lampe à vapeur de mercure, ou lampe au mercure, est une lampe à décharge à haute
intensité (DHI).
• La lumière est produite par un courant qui traverse la vapeur de mercure sous une pression
relativement élevée.
• La lampe VM est le type le plus ancien de lampe DHI.
• La lampe VM, comme toutes les lampes DHI, se compose d'un tube à arc enfermé dans
une ampoule extérieure (une ampoule dans une ampoule).
• Le tube à arc contient la vapeur de mercure, un gaz d'amorçage (argon) et les électrodes.
• L'ampoule externe contient un gaz inerte (azote) servant à empêcher l'oxydation des pièces
internes, et à maintenir la température de fonctionnement.
• Le cas échéant, un enduit fluorescent (phosphore) recouvre l'intérieur de l'ampoule externe,
de façon à produire la lumière visible à la température de couleur voulue.

Code des diverses formes de lampes


A: Arbitraire
BT: Tubulaire renflée
E : Elliptique
T : Tubulaire
PAR : Réflecteur parabolique aluminisé
R : Réflecteur

Figure 2.17 : Lampes à vapeur de mercure

2.5.6.2. Fonctionnement
• Lorsque la lampe est allumée, une tension est appliquée pour amorcer un arc entre
l'électrode d'amorçage et l'électrode principale voisine, arc qui vaporise le mercure.
• Le temps de "préchauffage" pris par la lampe jusqu'à ce qu'elle atteigne son flux lumineux
maximal, est de cinq à sept minutes.
• La durée de "rallumage" (temps nécessaire pour que la lampe se rallume après avoir été
éteinte temporairement) est de 10 minutes environ.
• Au moment où la lampe s'allume, sous l'action de l'arc électrique qui se forme, la vapeur de
mercure émet de la lumière et un rayonnement ultra-violet (UV).
• Le rayonnement UV peut être converti en lumière visible par un enduit de phosphore
recouvrant l'intérieur de l'ampoule externe.
• Les lampes VM, comme toutes les lampes DHI, exigent des ballasts.
Applications de l’énergie électrique : 2ème partie : Techniques de l’éclairage (cours) 2.24

2.5.6.3. Puissances nominales


• Lampes standard VM : de 40 à 1000 watts.
• Lampes VM à ballast intégré : de 160 à 1250 watts.

2.5.6.4. Durée de vie


• La plupart des lampes VM offrent une durée de vie utile de 24 000 heures ou plus.

2.5.6.5. Couleur
• Il existe deux types de lampes VM : celles à ampoule transparente et celles à ampoule
phosphorée.
• Les lampes VM à ampoule transparente donnent une couleur blanche à reflets bleutés et un
piètre rendu des couleurs.
• Les lampes VM à ampoule phosphorée donnent un aspect chromatique et un rendu des
couleurs meilleurs.

2.5.6.6. Efficacité lumineuse


• Les lampes VM sont les moins efficaces de toutes les lampes DHI.
• Les lampes VM sont plus efficaces que les lampes à incandescence, mais moins efficaces
que les lampes fluorescentes.
• L'efficacité lumineuse des lampes VM est comprise entre 10 et 63 lumens par watt.

2.5.6.7. Applications
• En raison de leur piètre rendement lumineux, les lampes VM ne sont plus préconisées pour
les nouvelles constructions, ni pour les modifications ou rénovations.
• À cause du mercure qu'elles contiennent, les lampes VM exigent des méthodes spéciales de
mise au rebut. Il est impératif d'entrer en contact avec les autorités locales de gestion des
déchets spéciaux pour connaître les méthodes approuvées d'élimination.
• Les lampes à vapeur de mercure conviennent, dans le secteur industriel, à des applications
intérieures.
• Les lampes VM conviennent à l'éclairage public, à l'éclairage de sécurité et à l'éclairage
d'illumination.
• Les lampes VM conviennent aux magasins de détail, centres commerciaux intérieurs,
restaurants, cafétérias, terminus d'autobus, aéroports, halls d'entrée, foyers, gymnases,
banques, granges.

2.5.6.8. Lampes VM comparées aux autres lampes à décharge à haute intensité


• Il peut être plus économique de remplacer les lampes VM par des lampes aux halogénures
ou par des lampes à vapeur de sodium à haute pression (VSHP), qui offrent une efficacité
lumineuse bien meilleure.
• Ces lampes à remplacement direct peuvent améliorer l'efficacité lumineuse de plus de 70
%.
• Consulter les sections sur les lampes HM (halogénures métalliques) et les lampes VSHP.
• Les lampes VM sont rarement utilisées dans les nouveaux systèmes d'éclairage.
Applications de l’énergie électrique : 2ème partie : Techniques de l’éclairage (cours) 2.25

Tableau 2.3 : Caractéristiques des lampes VM

Puissance lm
Durée Temp.
Désignation Puissance ballasts inclus lm initiaux lm lm/W
de couleur IRC LLD
de la lampe (W) 1 lampe initiaux par moyens moyens
vie (h) (°K)
(2 lampes) watt

A ampoule transparente
H43 75 75 95 (190) 24 000 2 800 29.5 2 430 25.6 7 000 22 0.73
H38 100 100 125 (250) 24 000 4 100 32.8 3 380 27.0 7 000 22 0.78
H42 125 125 155 (310) 24 000 5 700 36.8 5 020 32.4 7 000 22 0.88
H39 175 175 210 (410) 24 000 7 900 37.6 7 400 35.2 6 800 22 0.88
H37 250 250 290 (580) 24 000 12 000 41.4 10 800 37.2 5 900 22 0.81
H33 400 400 450 (880) 24 000 20 500 45.6 18 700 41.6 5 900 22 0.84
H35 700 700 775 (1 550) 24 000 41 000 52.9 37 300 48.1 5 900 22 0.81
H36 1000 1 000 1 100 (2 200) 24 000 57 500 52.3 50 600 46.0 5 900 22 0.78
A ampoule phosphorée
H36 50/DX 50 63 (125) 16 000 1 575 25.0 1 260 20.0 4 000 43 0.61
H33 75/DX 75 95 (190) 16 000 2 800 29.5 2 250 23.7 4 000 43 0.72
H38 100/DX 100 125 (250) 16 000 4 200 33.6 3 530 28.2 4 000 43 0.70
H32 123/DX 125 155 (310) 16 000 6 350 41.0 5 270 34.0 4 000 43 0.76
H39 175/DX 175 210 (410) 16 000 8 600 41.0 7 650 36.4 4 000 43 0.70
H37 250/DX 250 290 (580) 16 000 13 000 44.8 11 000 37.9 4 000 43 0.62
H33 400/DX 400 450 (880) 16 000 23 000 51.1 18 400 40.9 4 000 43 0.70
H35 700/DX 700 775 (1 550) 16 000 44 500 57.4 34 500 44.5 4 000 43 0.64
H36 1000/DX 1 000 1 100 (2 200) 16 000 63 000 57.3 47 500 43.2 4 000 43 0.65
A ballast intégré (pour remplacement des lampes à incandescence)
H160 160 160 12 000 2 300 14.4 1 600 10.0
H250 250 250 12 000 5 000 20.0 3 750 15.0
H350 450 450 16 000 9 500 21.1 7 125 15.8
H750 750 750 16 000 14 000 18.7 10 500 14.0

Notes :
• Le montage des lampes orientées est indiqué seulement par HOR (horizontal) ou
VER (vertical).
• Lorsque l'orientation n'est pas précisée, la valeur indiquée du rendement en lumen
s'applique au montage vertical. Des valeurs légèrement réduites seront obtenues si la lampe
est montée dans d'autres orientations.
• Les données de durée de vie utile et de lumens moyens pour les lampes DHI sont basées
sur 10 heures par amorçage.
• H indique des lampes au mercure (H pour Hg, symbole chimique du mercure).
• Ces lampes sont graduellement éliminées.

2.5.7. Les lampes aux halogénures métalliques (HM)

2.5.7.1. Construction
• La construction des lampes aux halogénures métalliques (HM) est en général semblable à
celle des lampes VM.
• Les lampes HM fonctionnent selon le même principe que toutes les lampes DHI.
• La principale différence est que le tube à arc contient des sels métalliques (de scandium et
de sodium) en plus de la vapeur de mercure et du gaz argon.
Applications de l’énergie électrique : 2ème partie : Techniques de l’éclairage (cours) 2.26

• Comme toutes les lampes DHI, les lampes HM se composent d'un tube à arc enfermé dans
une ampoule extérieure.

BT: Tubulaire renflée


T: Tubulaire

Figure 2.18 : Lampes aux halogénures métalliques

Note : Les lampes à démarrage assisté utilisent une tension de circuit ouvert plus élevée pour
l'allumage.

2.5.7.2. Fonctionnement
• Le temps de préchauffage est d'environ 4 minutes.
• Le temps de rallumage est de 10 à 12 minutes pour les lampes standard, et de 4 à 7 minutes
pour les lampes à démarrage assisté.
• Les lampes HM, en général, ne peuvent pas être installées dans n'importe quelle
orientation.
• Les lampes à orientation horizontale ont leur tube à arc cintré vers le haut, de façon à
suivre la courbe naturelle du jet d'arc dans l'orientation horizontale.

2.5.7.3. Puissances nominales


• La puissance de ces lampes varie de 40 à 1500 watts.

2.5.7.4. Durée de vie


• Elle est de 6 000 heures (70 W) à 20 000 (400 W).

2.5.7.5. Couleur
• Les lampes HM sont disponibles en deux versions : transparente et phosphorée. Elles
présentent une certaine variation de couleur, d'une lampe à l'autre, et il est normal qu'elles
changent de couleur au cours de leur durée de vie.
• Les lampes transparentes produisent une couleur légèrement blanche à reflets bleutés et
offrent un IRC très supérieur à celui des lampes VM.
• Les lampes phosphorées produisent une lumière blanche qui semble plus chaude et un IRC
amélioré.
• L'IRC des lampes HM va de 65 à 70.
Applications de l’énergie électrique : 2ème partie : Techniques de l’éclairage (cours) 2.27

2.5.7.7. Efficacité lumineuse


• La lampe HM est actuellement la source la plus efficace de lumière blanche. La gamme
d'efficacité lumineuse des lampes HM est comprise entre 50 et 110 lumens par watt.
• Les lampes HM sont plus efficaces que les lampes VM et les lampes fluorescentes, mais
moins efficaces que les lampes VSHP et les lampes VSBP (à vapeur de sodium à basse
pression).

2.5.7.8. Applications
• Elles sont comparables à celles des lampes VM.
• Les lampes HM conviennent bien pour le remplacement des lampes VM.
• Les lampes HM de grande puissance sont utilisées pour l'éclairage d'illumination,
l'éclairage public, l'éclairage de grandes zones industrielles et l'éclairage des installations
sportives.
• On utilise les lampes HM de plus faible puissance dans les espaces de marchandisage, les
espaces de rencontre, les écoles et les bâtiments publics.
• Les lampes transparentes sont utilisées pour la télédiffusion en couleur, la photographie en
couleur et l'éclairage industriel et commercial.
• On utilise les lampes phosphorées pour l'éclairage d'intérieur d'aires industrielles et
commerciales, et pour l'éclairage de zone.

2.5.7.9. Consignes de sécurité à propos des lampes HM


• Les luminaires des lampes HM doivent être entièrement fermés.
• Les lampes HM et VM fonctionnent sous des pressions élevées et à de très hautes
températures; et il y a possibilité que le tube à arc se rompe.
• Si cela se produit, l'ampoule externe entourant le tube à arc peut se briser et des particules
de quartz brûlantes (expulsées par le tube à arc) ainsi que des fragments de verre (de
l'ampoule externe) entraînent des risques de blessures ou d'incendie.

2.5.7.10. Remplacement direct des lampes VM


• Certaines lampes HM sont conçues pour remplacer directement les lampes VM, c.-à-d.
qu'elles sont compatibles avec les luminaires et ballasts existants des lampes VM.
• En comparaison des lampes VM, les lampes HM affichent une bien meilleure efficacité
lumineuse (plus de 70 %), mais leur durée de vie est généralement plus courte.
• Les lampes HM sont idéales pour des améliorations en vue de la conservation d'énergie.
Applications de l’énergie électrique : 2ème partie : Techniques de l’éclairage (cours) 2.28

Tableau 2.4 : Caractéristiques des lampes aux halogénures métalliques

Puissance lm
Durée Temp.
Désignation Puissance ballasts inclus lm initiaux lm lm/W
de couleur IRC LLD
de la lampe (W) 1 lampe initiaux par moyens moyens
vie (h) (°K)
(2 lampes) watt
Lampe standard à ampoule transparente
M175 175 200 10 000 14 000 70.0 10 800 54.0 4 500 65 0.73
M250 250 275 10 000 20 500 74.5 17 000 61.8 4 700 65 0.72
M400 400 450 (880) 20 000 34 000 75.6 25 600 56.9 4 000 65 0.69
M1000 1 000 1 075 (2 160) 12 000 110 000 102.3 88 000 81.9 4 000 65 0.72
M1500 1 500 1 620 3 000 155 000 96.3 142 500 88.5 3 900 65 0.88
Lampe standard à ampoule phosphorée
M175/C 175 200 10 000 14 000 70.0 10 200 51.0 3 900 70 0.67
M250/C 250 275 10 000 20 500 74.5 16 000 58.2 3 900 70 0.67
M400/C 400 450 (880) 20 000 34 000 75.6 24 600 54.7 3 700 70 0.63
M1000/C 1 000 1 075 (2 160) 12 000 10 000 102.3 84 000 78.1 3 400 70 0.67
Lampe haute performance à ampoule transparente
M175/HOR 175 200 10 000 15 000 75.0 12 000 60.0 4 700 65 0.70
M400 400 450 (800) 20 000 40 000 88.9 32 000 71.1 4 500 65 0.71
M1000/VER 1 000 1 075 (2 160) 12 000 125 000 116.3 100 000 93.0 3 500 65 0.72
Lampe haute performance à ampoule phosphorée
M175/C/HOR 175 200 10 000 15 000 75.0 11 300 56.5 4 200 70 0.66
M400/C 400 450 (800) 20 000 40 000 88.9 31 000 68.9 3 800 70 0.64
M1000/C/VER 1 000 1 075 (2 160) 12 000 125 000 116.3 95 800 89.1 3 100 70 0.64
Lampe HM fonctionnant sur ballast à vapeur de mercure
Transparente
M325 325 375 20 000 28 000 74.7 18 200 48.5 4 000 65 0.57
M400 400 450 15 000 34 000 75.6 20 400 45.3 4 000 0.45
M1000 1 000 1 100 12 000 107 000 97.3 85 600 77.8 3 800 0.75
Phosphorée
M325/C 325 375 20 000 28 000 74.7 17 600 46.9 3 700 70 0.54
M400/C 400 450 15 000 34 000 75.6 19 600 43.6 3 700 0.45

Notes :
• Le montage des lampes orientées est indiqué seulement par HOR (horizontal) ou
VER (vertical).
• Lorsque l'orientation n'est pas précisée, la valeur indiquée du rendement en lumen
s'applique au montage vertical. Des valeurs légèrement réduites seront obtenues si la
lampe est montée dans d'autres orientations.
• Les données de durée de vie utile et de lumens moyens pour les lampes DHI sont
basées sur 10 heures par amorçage.

2.5.8. Les lampes à vapeur de sodium haute pression (VSHP)

2.5.8.1. Construction
• Les lampes à vapeur de sodium à haute pression (VSHP) sont des lampes DHI produisant
de la lumière lorsqu'une décharge électrique ionise, en la traversant, une vapeur de sodium.
• Comme toutes les lampes DHI, les lampes VSHP se composent d'un tube à arc enfermé
dans une ampoule extérieure.
Applications de l’énergie électrique : 2ème partie : Techniques de l’éclairage (cours) 2.29

• Le tube à arc contient du xénon (gaz d'amorçage), du sodium et du mercure.


• Le mercure se présente sous forme d'amalgame avec le sodium.
• Les lampes VSHP ne sont pas munies d'électrodes d'allumage en raison du petit diamètre
du tube à arc.
• Le tube à arc est fait en céramique qui peut supporter des hautes températures (1300 °C) et
résister aux effets corrosifs du sodium chaud.

Code des diverses formes de lampes E: Elliptique


B: En balle de fusil BT: Tubulaire renflée
PAR: Réflecteur parabolique aluminisé T: Tubulaire
Les nombres qui accompagnent ces désignations indiquent le diamètre maximal en huitièmes de pouce.

Figure 2.19 : Les lampes à vapeur de sodium haute pression (VSHP)

2.5.8.2. Fonctionnement
• Le ballast fournit une impulsion à haute tension (2500 V) d'une microseconde pour allumer
la lampe.
• Cette pointe de haute tension amorce l'arc de xénon entre les électrodes principales.
• Le mercure et le sodium, se vaporisant alors rapidement, maintiennent l'arc.
• Le temps de préchauffage dure de trois à quatre minutes.
• La durée de rallumage est d'environ une minute – ce qui constitue la plus courte durée de
rallumage de toutes les lampes DHI.

2.5.8.3. Puissances nominales


• La puissance des lampes VSHP varie de 35 à 1000 watts.

2.5.8.4. Durée de vie


• Elle est de 24 000 heures pour la plupart des lampes VSHP.

2.5.8.5. Couleur
• La lumière des lampes VSHP est habituellement décrite comme une lumière de couleur or
blanc.
• Les lampes VSHP sont disponibles dans des versions transparente ou opalisée.
• Les lampes à couleur améliorée fonctionnant sous des pressions accrues offrent un meilleur
rendu des couleurs, mais aux dépens de la durée de vie de la lampe et de l'efficacité
lumineuse.
Applications de l’énergie électrique : 2ème partie : Techniques de l’éclairage (cours) 2.30

2.5.8.6. Efficacité lumineuse


• Les lampes VSHP sont la source la plus efficace de lumière or blanc.
• Les lampes VSHP sont plus efficaces que les lampes HM, mais moins efficaces que les
lampes à vapeur de sodium à basse pression (VSBP).
• L'efficacité lumineuse varie de 50 à 140 lumens par watt.
• L'efficacité lumineuse augmente avec la puissance de la lampe.

2.5.8.7. Applications
• Les lampes VSHP conviennent à toutes les applications où la couleur n'est pas un facteur
important.
• Les lampes VSHP transparentes sont utilisées dans l'éclairage routier, l'éclairage
d'illumination, l'éclairage industriel, l'éclairage de zone et l'éclairage d'aéroport.
• Les lampes opalisées sont utilisées dans l'éclairage de zone et l'éclairage d'illumination,
l'éclairage de sécurité, l'éclairage intérieur dans les installations industrielles et
commerciales, et l'éclairage des aires de stationnement.

Tableau 2.5 : Caractéristiques des lampes VSHP


Puissance
Durée
Désigna– Puis– totale Temp.
de vie lm lm/W lm lm/W
tion de la sance (W)ballast couleur IRC LLD
utile initiaux initiaux moyens moyens
lampe (W) inclus (°K)
(h)
1 lpe
Lampe transparente
S 35 35 55 16 000 2 250 40.9 2 025 36.8 1 900 21 0.84
S 50 50 70 24 000 4 000 57.1 3 600 51.4 1 900 21 0.81
S 70 70 95 24 000 5 800 61.1 5 220 54.9 2 100 21 0.83
S 100 100 130 24 000 9 500 73.1 8 500 65.8 2 100 21 0.79
S 150 150 190 24 000 16 000 84.2 14 400 75.8 2 050 21 0.84
S 200 200 250 24 000 22 000 88.0 19 800 79.2 2 100 21 0.84
S 250 250 305 24 000 27 500 90.2 24 750 81.1 2 100 21 0.84
S 400 400 475 24 000 50 000 105.3 45 000 94.7 2 100 21 0.86
S 1000 1 000 1 095 24 000 140 000 127.9 126 000 115.1 2 100 21 0.84
Lampe opalisée
S 35/D 35 55 16 000 2 150 39.1 1 935 35.2 1 900 21 0.84
S 50/D 50 70 24 000 3 800 54.3 3 420 48.9 1 900 21 0.81
S 70/D 70 95 24 000 5 400 56.8 4 860 51.2 1 900 21 0.83
S 100/D 100 130 24 000 8 800 67.7 7 920 60.9 2 100 32 0.83
S 150/D 150 190 24 000 15 000 78.9 13 500 71.1 2 100 32 0.83
S 250/D 250 305 24 000 26 000 85.2 23 400 76.7 2 100 32 0.84
S 400/D 400 475 24 000 47 500 100.0 42 750 90.0 2 100 32 0.80
Lampe transparente à couleur améliorée
150 150 190 7 500 13 600 71.6 12 240 64.4 2 400 65 0.27
200 200 250 7 500 19 000 76.0 17 100 68.4 2 400 65 0.87
250 250 305 10 000 25 500 82.0 22 500 73.8 2 400 65 0.87
Lampe opalisée à couleur améliorée
150 150 190 10 000 13 000 68.4 2 300 70 0.89
250 250 305 10 000 23 000 75.4 2 300 70 0.89
400 400 475 10 000 39 500 82.1 2 300 70 0.89
Applications de l’énergie électrique : 2ème partie : Techniques de l’éclairage (cours) 2.31

2.5.8.8. Remplacement direct des lampes VM


• Certaines lampes VSHP sont conçues pour un remplacement direct les lampes VM, c’est-
à-dire qu'elles sont compatibles avec les luminaires et ballasts des lampes VM.
• Les lampes VSHP ont une efficacité lumineuse d'au moins 70% supérieure à celle des
lampes VM, mais leur durée de vie est généralement plus courte.
• Les lampes VSHP sont souvent utilisées pour des améliorations visant la conservation
d'énergie.
• Pour plus de renseignements sur ces lampes, consulter le tableau ci-dessous :

Tableau 2.6 : Remplacement direct des lampes VM

Puissance
Durée
Désigna– totale Temp.
Puisssance de lm lm/W lm lm/W
tion de la (W)ballast couleur IRC LLD
(W) vie initiaux initiaux moyens moyens
lampe inclus (°K)
utile (h)
1 lpe
Lampe VSHP fonctionnant sur ballast à vapeur de mercure
Transparente
150 150 180 12 000 13 000 72.2 11 700 65.0 1 800 0.85
215 215 250 12 000 20 000 80.0 18 000 72.0 2 060 0.85
360 360 405 16 000 38 000 93.8 34 960 86.3 2 060 0.88
880 880 930 12 000 102 000 109.7 91 800 98.7 2 100 0.67
Phosphorées
150 150 180 12 000 12 000 66.7 10 800 60.0 1,800 0.85
330 330 380 16 000 30 000 78.9 27 000 71.1 2,000 30 0.73
360 360 405 16 000 36 000 88.9 32 400 80.0 2,060 0.88
Notes :
• Les lampes VSHP peuvent fonctionner dans toute orientation sans affecter le flux
lumineux.
• Les données de durée de vie utile et de lumens moyens pour les lampes DHI sont basées
sur 10 heures par amorçage.

2.6. Lampes à diodes électroluminescentes ou LED (Light Emitting Diodes)

2.6.1. Description générale

Une DEL est une source de lumière électrochimique. Lorsque la diode est polarisée dans le
sens passant, de la lumière est émise. Cette lumière est monochromatique et dépend des
matériaux utilisés. On peut obtenir de la lumière blanche grâce à des phosphores semblables à
ceux utilisés comme enduit à l'intérieur des lampes fluorescentes et DHI.

2.6.2. Efficacité lumineuse


L'efficacité des sources lumineuses à LED s'améliore continuellement ; aujourd'hui, on trouve
des LED donnant environ 30 lm/W.
Applications de l’énergie électrique : 2ème partie : Techniques de l’éclairage (cours) 2.32

2.6.3. Durée de vie

Le facteur de dépréciation du flux lumineux (LLD) d'une source lumineuse est la réduction
graduelle du rendement lumineux, au cours du temps, provoqué par la détérioration normale
des phosphores, des cathodes, des filaments et autres composants du système d'éclairage. Les
systèmes à LED durent jusqu'à 100 000 heures, cette durée de vie étant basée sur le fait que
lorsque le rendement lumineux a atteint un niveau inférieur à 50 % par rapport au rendement
initial, la source lumineuse est considérée comme morte. La durée de vie des systèmes à LED
dépend de plusieurs facteurs, y compris la couleur; les LED rouges et vertes durent
considérablement plus longtemps que les LED bleues et blanches.

2.6.4. Avantages
• Très faible consommation d'énergie et production de chaleur négligeable
• Durée de vie extrêmement longue (dix fois supérieure à une lampe fluocompacte qui elle-
même possède une durée de vie dix fois supérieure à une lampe à incandescence)
• Défaillances précoces négligeables
• Excellent rendement de couleur, vu que les DEL sont monochromatiques.
• Très petite taille.
• Résistant aux dommages dus aux chocs et aux vibrations.
• Aucune énergie infrarouge ou ultra-violette n'est émise.

2.6.5. Applications
• Les LED sont typiquement utilisées dans les endroits exposés tels que la signalisation,
l'éclairage décoratif et festif, l'affichage de produits de consommation, et dans les
applications automobiles.
• Les LED servent comme feux de signalisation, dans les enseignes de sortie et sont idéales
pour les guirlandes lumineuses saisonnières.

Figure 2.20 : Lampes à diodes électroluminescentes (LED)


Applications de l’énergie électrique : 2ème partie : Techniques de l’éclairage (cours) 2.33

2.7. Comparaison de différents types de lampes

Tableau 2.7 : Comparaison des différents types de lampes


Applications de l’énergie électrique : 2ème partie : Techniques de l’éclairage (cours) 2.34

Sommaire
Chapitre 2 : Les sources lumineuses ...................................................................................... 1
2.1. Introduction ..................................................................................................................... 1
2.2. Caractéristiques essentielles des lampes ......................................................................... 1
2.2.1. Le mode de production de la lumière ....................................................................... 1
2.2.2. La puissance nominale ............................................................................................. 1
2.2.3. La tension nominale ................................................................................................. 1
2.2.4. La durée de vie ......................................................................................................... 1
2.2.5. L’efficacité lumineuse .............................................................................................. 2
2.2.6. La température de couleur ........................................................................................ 2
2.2.7. Le rendu des couleurs ............................................................................................... 2
2.3. Types de sources lumineuses .......................................................................................... 3
2.4. Lampes à incandescence ................................................................................................. 3
2.4.1. Les lampes classiques en verre................................................................................. 5
2.4.2. Les lampes à incandescence à halogène ................................................................... 7
2.5. Lampes à décharge ........................................................................................................ 11
2.5.1. Définition ............................................................................................................... 11
2.5.2. Le ballast ................................................................................................................ 11
2.5.3. Types de lampes à décharge ................................................................................... 12
2.5.4. Les lampes fluorescentes ........................................................................................ 12
2.5.5. Les lampes à vapeur de sodium basse pression (VSBP) ........................................ 21
2.5.6. Les lampes à vapeur de mercure (VM) .................................................................. 22
2.5.7. Les lampes aux halogénures métalliques (HM) ..................................................... 25
2.5.8. Les lampes à vapeur de sodium haute pression (VSHP) ........................................ 28
2.5.8.1. Construction ........................................................................................................ 28
2.5.8.2. Fonctionnement ................................................................................................... 29
2.5.8.3. Puissances nominales .......................................................................................... 29
2.5.8.4. Durée de vie ........................................................................................................ 29
2.5.8.5. Couleur ................................................................................................................ 29
2.5.8.6. Efficacité lumineuse ............................................................................................ 30
2.5.8.7. Applications ........................................................................................................ 30
2.5.8.8. Remplacement direct des lampes VM ................................................................. 31
2.6. Lampes à diodes électroluminescentes ou LED (Light Emitting Diodes) .................... 31
2.6.1. Description générale ............................................................................................... 31
2.6.2. Efficacité lumineuse ............................................................................................... 31
2.6.3. Durée de vie ........................................................................................................... 32
2.6.4. Avantages ............................................................................................................... 32
2.6.5. Applications ........................................................................................................... 32
2.7. Comparaison de différents types de lampes .................................................................. 33
Applications de l’énergie électrique : 2ème partie : Techniques de l’éclairage (cours) 3.1

Chapitre 3 : Les luminaires


Une lampe est d’habitude placée dans un appareil appelé luminaire. Complément
indispensable de toute source lumineuse, le luminaire assure une triple fonction de nature
électrique, mécanique et photométrique.

- Electrique : il doit servir de liaison entre le réseau et les lampes qu’il contient avec les
accessoires ;
- Mécanique : il doit protéger contre tout agent extérieur (intempérie, poussière, choc,
corrosion, etc.…) susceptible d’entraîner une détérioration de ses qualités optiques ;
- Photométrique : il doit assurer une répartition spatiale de la lumière afin de réaliser un
éclairage allant du type intensif au type indirect selon la nature du local et son
utilisation. Il doit aussi permettre de limiter la luminance des sources, cause principale
des phénomènes d’éblouissement.

3.1. Contrôle de la répartition de la lumière.

Ce contrôle est réalisé en exploitant les propriétés de la réflexion, de la transmission et de la


réfraction.

3.2. Le luminaire intérieur

3.2.1. Courbe photométrique


On dit que la surface polaire de répartition de l’intensité lumineuse d’une source dans toutes
les directions est l’indication de diffusion. Dans le cas où le luminaire présente une symétrie
autour d’un axe vertical passant par le centre, il est caractérisé par une tranche méridienne de
cette courbe.

On appelle courbe photométrique la courbe des intensités lumineuses émises dans un plan
contenant l’axe de révolution du luminaire équipé d’une source de 1000 lm.
Généralement tracée en coordonnées polaires, cette courbe, donnée par les constructeurs ou
donnée expérimentalement, définit la répartition de la lumière ainsi que le rendement du
luminaire. C’est la véritable carte d’identité de l’appareil.

La figure 3.1 montre l’allure de cette courbe repérée par les cercles iso candelas et les valeurs
de la colatitude γ portée à partir de l’axe vertical descendant du luminaire ou axe optique.
Applications de l’énergie électrique : 2ème partie : Techniques de l’éclairage (cours) 3.2

Figure 3.1 : Courbe photométrique d’un appareil

Selon la nature du local à éclairer, on choisit généralement l’un des 5 types de répartition de la
lumière suivant :
- l’éclairage direct : plus de 90 % de flux lumineux dirigé vers le bas ;
- l’éclairage semi-direct : 60 à 90 % de flux lumineux dirigé vers le bas ;
- l’éclairage mixte : 40 à 60 % vers le bas ;
- l’éclairage semi indirect : 10 à 20 % vers le bas ;
- l’éclairage indirect : plus de 90 % de flux lumineux

Devant l’immense diversité des répartitions lumineuses, la CEI a établi une classification
précise en dix classes directes notées A à J, du plus intensif au plus extensif et une classe
indirecte T.

Tableau 3.1 : Classe des luminaires

Fig.3.2 : Classe des luminaires

3.2.2. Rendement et classes des luminaires


Le rendement est donné par la formule suivante η = Φ′t Φ′s
Φ′t est le flux lumineux sortant du luminaire, Φ′s est le flux lumineux émis par la source.
Applications de l’énergie électrique : 2ème partie : Techniques de l’éclairage (cours) 3.3

A partir de la courbe photométrique relative à une source de 1000 lm, la méthode


d’intégration numérique de Tchebychev définit la classe et le flux total émis, donc le
rendement du luminaire.

A partir du centre photométrique, l’espace est partagé en 5 cônes de révolution autour de l’axe
du luminaire d’angle solide π 2 , π , 3π 2 et 2π sr (stéradian). Les valeurs de Fc′ (figure
3.3) émis dans les cinq régions de l’espace ainsi définies sont déterminées si l’on connaît la
courbe photométrique. Elles sont parfois données par les constructeurs.

Figure 3.3 : Rendement et classe des luminaires

Pour déterminer la classe du luminaire, il convient de s’affranchir du rendement en posant


Fi′′ = Fi′ η appelé flux relatif en % et en consultant le tableau des flux partiels cumulés.

3.2.3. Courbe de luminance


En deçà de l’éblouissement d’incapacité (perte provisoire de la perception visuelle due à un
contraste soudain et très élevé), il peut exister un éblouissement d’inconfort (gêne) quand les
luminances trop fortes apparaissent dans le champ visuel.

Des études psychologiques et statistiques ont montré que pour un travailleur regardant
horizontalement devant lui, un foyer lumineux provoquait une gêne d’autant plus forte qu’il
entre dans le champ de vision normal de l’observateur. Pratiquement pour des valeurs de γ
inférieures à 45° ( γ < 45°), cette gêne devient négligeable.

Figure 3.4 : Courbes de luminance


Applications de l’énergie électrique : 2ème partie : Techniques de l’éclairage (cours) 3.4

Dans la plupart des locaux industriels éclairés par des lampes à décharge dans des réflecteurs
ouverts, il faudrait obligatoirement que l’angle de défilement de la source γ d n’excède pas
60° comme le montre la figure suivante :

γd

Figure 3.5 : Angle de défilement de la source

Une étude très complète de ce phénomène a été menée dans le cas de l’éclairage par tube
fluorescent et a permis d’établir des courbes de luminance limite connues sous le nom
d’"abaque de Söllner". Söllner a établi les courbes limites qui, selon le degré du travail et
l’éclairement du local, indiquent les luminances maximales tolérable en fonction du rapport
L H (table figure 3.6).

Figure 3.6 : Abaque de Söllner


Applications de l’énergie électrique : 2ème partie : Techniques de l’éclairage (cours) 3.5

Table de matières

Chapitre 3 : Les luminaires ..................................................................................................... 1


3.1. Contrôle de la répartition de la lumière. .......................................................................... 1
3.2. Le luminaire intérieur ...................................................................................................... 1
3.2.1. Courbe photométrique .............................................................................................. 1
3.2.2. Rendement et classes des luminaires ....................................................................... 2
3.2.3.Courbe de luminance ................................................................................................. 3
Applications de l’énergie électrique : 2ème partie : Techniques de l’éclairage (cours) 4.1

Chapitre 4 : Eclairage intérieur


Devant la multitude de solutions possible, il est conseillé d’effectuer le choix dans l’ordre
suivant :

4.1. Choix du niveau d’éclairement

Il s’agit de l’éclairement horizontal général sur le plan de travail, appelé plan utile et dont la
hauteur moyenne est fixée à 0,85 m au dessus du sol. Ce niveau d’éclairement est
essentiellement fonction de la nature du local, des performances visuelles liées à la nature des
travaux (dessin, tissage, mécanique etc.) à la fatigue de l’œil et à l’ambiance lumineuse, à la
durée d’utilisation journalière etc.….

L’association française de l’éclairage a publié pour chaque type de local les éclairements
moyens recommandés tenant compte de tous les paramètres précités (table figure 4.1).

4.2. Choix du type de lampe

Il s’agit de sélectionner parmi les principaux types celui qui convient le mieux à partir des
critères suivants :
- la température de couleur, donnée par le diagramme de Kruithof et liée au choix
précédent (table figure 4.2) ;
- l’indice de rendu des couleurs ;
- l’usage intensif ou intermittent du local ;
- la durée de vie des lampes ;
- leur efficacité lumineuse.

Il faut donc procéder par élimination successive laissant provisoirement de côté la puissance
de la source.

4.3. Choix du type d’éclairage et du luminaire

Le plus souvent du type direct ou semi-direct, le type d’éclairage que l’on retiendra de la
nature du local en tenant compte des possibilités de réflexion des parois.

Pour le type de lampe à retenir, le catalogue du constructeur permet alors de choisir un


modèle de luminaire de classe déterminée dont on s’assurera si possible de l’aptitude à
recevoir différentes puissances des sources.
Applications de l’énergie électrique : 2ème partie : Techniques de l’éclairage (cours) 4.2

Figure 4.1 : Niveaux d’éclairement


Applications de l’énergie électrique : 2ème partie : Techniques de l’éclairage (cours) 4.3

Figure 4.2 : Choix des types des lampes


Applications de l’énergie électrique : 2ème partie : Techniques de l’éclairage (cours) 4.4

4.4. Choix de la hauteur de suspension

Si h est la hauteur de la source au dessus du plan utile et h’ sa distance au plafond, on peut


définir un rapport de suspension

h′
j= avec h ≥ 2 h′ , soit 0 ≤ j ≤ 1/3. (figure 4.3)
h + h′
- Il sera souvent intéressant de choisir hmax car les foyers étant plus éloignés du champ
de vision horizontal, les risques d’éblouissement diminuent.
- Ils doivent alors être plus puissants et ont donc une meilleure efficacité lumineuse.
- Ils peuvent être écartés davantage, ce qui réduit leur nombre.

Cependant, dès que l’éclairage devient semi-direct, ou mixte, ou dans les locaux industriels de
grande hauteur, il faut adopter une hauteur de suspension h’ soit pour permettre la réflexion
sur le plafond soit pour réduire le volume éclairé du local à sa partie vraiment utile.

Figure 4.3 : Choix de la hauteur de suspension et répartition des foyers

4.5. Répartition des foyers

La figure 4.3 décrit un local parallélépipède rectangle plus communément appelé "local
rectangulaire".

L’uniformité d’éclairement du plan utile dépend :


Applications de l’énergie électrique : 2ème partie : Techniques de l’éclairage (cours) 4.5

- de la manière dont se recoupent sur le plan utile les faisceaux des foyers espacés d’un
intervalle n. Ce phénomène d’autant plus net que les appareils sont directifs, est
illustré sur la figure 4.3. montrant par le jeu des triangles semblables que l’uniformité
est préservée, que le rapport n/h appelé "indice de maille" reste fixe ;
- des facteurs de réflexion des parois qui jouent un rôle de source secondaire d’autant
plus importants que les appareils sont mixtes.

La répartition des luminaires donne lieu à une première détermination en respectant pour le
rapport n/h les valeurs maximales données dans les tables à la figure 4.4.

Les distances aux murs des appareils les plus proches sont notées q avec généralement
n/3 ≤ q ≤ n/2 sauf s’il existe des portes de travail le long des murs.

On peut ainsi déduire aisément le nombre minimum Nmin d’appareils à installer pour assurer
l’uniformité de l’éclairement.

Le tableau de la figure 4.4 nous donne les valeurs de l’indice de maille (m/h)max et (n/h)max. On
en déduit les valeurs maximales de l’interdistance entre deux luminaires mmax = (m/h) max h et
nmax = (n/h) max h.

Dès lors, le nombre minimum d’appareils à installer pour assurer l’uniformité de l’éclairement
vaut :
⎛ a ⎞ ⎛ b ⎞
N min = ⎜⎜ ⎟⎟. ⎜⎜ ⎟⎟
⎝ nmax ⎠ ⎝ mmax ⎠

4.6. Flux lumineux total

4.6.1. Notion d’utilance


L’utilance notée U est le quotient du flux Φu reçu sur le plan utile par le flux total Φ′t sortant
de luminaire ( U = Φu Φ′t ).

Ce rapport dépend de 3 facteurs :


- la classe du luminaire c’est-à-dire la manière dont le flux est distribué par le plan utile,
les murs, la frise et le plafond ;
- les facteurs de réflexion des parois (table figure 4.7) ;
- les dimensions géométriques du local caractérisées par le rapport K, appelé l’indice du
local.

a .b
Eclairage direct, semi-direct ou mixte K= avec 0,6 ≤ K ≤ 5
h ( a + b)

3 a.b
Eclairage semi-indirect ou indirect K=
2 (h + h' )(a + b)

Les valeurs de U peuvent être déterminées par le tableau d’utilances (table figure 4.5).
Applications de l’énergie électrique : 2ème partie : Techniques de l’éclairage (cours) 4.6

4.6.2. Facteur de dépréciation


Le vieillissement des lampes, l’altération des qualités optiques du luminaire ainsi que leur
encrassement conduisent à réaliser à la mise en service de l’installation un niveau
d’éclairement tel qu’il restera satisfaisant après une année de fonctionnement, époque à
laquelle s’impose un nettoyage des appareils.

Selon les activités régnant dans le local, on admet que l’empoussièrement crée les réductions
des flux suivantes :
- locaux propres (bureaux, classes,…) : 0,9
- locaux industriels (mécanique, entrepôt,…) : 0,8
- atmosphères polluées (scieries, minoterie,…) : 0,7

Compte tenu de la réduction du flux propre de la lampe, le facteur destiné à remplacer cette
dépréciation sera estimé et noté δ égal 1,2 - 1,3 - 1,5 ( figure 3.5).

4.6.3. Flux total des lampes


L’ensemble des lampes doit émettre un flux total tel que :

ESδ
Φ =
ηU

Très souvent et pour un luminaire donné, les constructeurs donnent directement la valeur du
produit μ = η U appelé facteur d’utilisation en fonction de seul facteur de réflexion et de
l’indice du local (table figure 4.8).

4.7. Puissance de la lampe

En divisant le flux total par le nombre de lampes, il est rare d’obtenir le flux correspondant à
un modèle existant. Comme le nombre des foyers choisi était minimum, il faut l’accroître en
respectant une régularité d’implantation jusqu’à rendre convenable l’usage d’une lampe de
flux inférieur à celui qui a été calculé.
L’uniformité n’en sera que meilleure.
Applications de l’énergie électrique : 2ème partie : Techniques de l’éclairage (cours) 4.7

Figure 4.4 : Choix et répartition des luminaires


Applications de l’énergie électrique : 2ème partie : Techniques de l’éclairage (cours) 4.8

Figure 4.5 : Utilance (U)


Applications de l’énergie électrique : 2ème partie : Techniques de l’éclairage (cours) 4.9

Figure 4.6 : Facteurs de réflexion


Applications de l’énergie électrique : 2ème partie : Techniques de l’éclairage (cours) 4.10

Figure 4.7 : Facteurs de réflexion des murs et des plafonds, indice du local
Applications de l’énergie électrique : 2ème partie : Techniques de l’éclairage (cours) 4.11

Figure 4.8 : Facteurs d’utilisation


Applications de l’énergie électrique : 2ème partie : Techniques de l’éclairage (cours) 5.1

Chapitre 5 : Eclairage extérieur


5.1. Notion d’éclairage public

5.1.1. Introduction
Les principes de base

Les critères de qualité en éclairage exigent une perception visuelle rapide, précise et
confortable. A ce titre, on retiendra que :
- Le niveau moyen de la luminance de la chaussée observé par un automobiliste
regardant la route à une centaine de mètre devant lui par temps sec. Le niveau requis
dépend essentiellement de la nature de la voie (trafic, vitesse, zone urbaine ou rurale
etc. …) et s’attend dans les conditions normales de service. La surface de la route à
prendre en considération est celle observée sous des angles de 0.5 à 1.5 ° s’étendant de
60 à 170 m devant l’observateur (figure 5.1) ;
- L’uniformité de la répartition apparente de luminance relevée en différents points de la
surface précédente. Les luminances n’étant pas identiques dans toutes les directions, il
importe de préciser la géométrie de la maille de relever ; on adopte généralement par
voie de circulation deux points de mesure dans le sens transversal et un sous-multiple
voisin de 5 mètres de l’espacement entre candélabres pour le nombre de mesure dans
le sens longitudinal ;
- La limitation de l’éblouissement d’inconfort, source de gêne et de fatigue dû au
nombre et à l’aspect luminaire apparaissant dans le champ de vision en corrélation
avec la luminance moyenne de la route. On définit alors un indice d’éblouissement G
("glare index") noté sur une échelle 1 (intolérable) à 9 (imperceptible) qu’il faut
maintenir au moins au niveau (juste admissible) ;
- L’efficacité de guidage visuel, fonction de la position des foyers dans les courbes, de
la nature des sources sur un itinéraire, de la présignalisation des endroits difficiles
(péages, ronds-points, carrefours, etc.…) ainsi que les abords de la chaussée.

1.5 m
0.5 ° 1° 1.5°
170 m 60 m

Figure 5.1 : Niveau moyen de la luminance

5.1.2. Méthode du rapport R


Du fait de la réflexion non orthotrope, de revêtement de chaussée on ne peut établir à priori
des corrélations entre les luminances et les éclairements horizontaux au sol. Cependant
l’expérience a montré que pour les appareils à répartition symétrique de la lumière,
l’uniformité de luminance dépendrait de la géométrie de l’implantation et que la luminance
moyenne était sensiblement liée à l’éclairement moyen pour un type d’appareil et un
revêtement de chaussée donné.
Applications de l’énergie électrique : 2ème partie : Techniques de l’éclairage (cours) 5.2

a) Hauteur du feu

Cette implantation est donnée sur la figure ci-dessous, et les paramètres sont h, l, e, s, et a.

h e
h : hauteur du feu
l : largeur de la chaussée
s e : intervalle entre deux luminaires consécutifs
s : saillie du feu par rapport aux bords de la
a
chaussée (positive dans le cas de figure)
l

Figure 5.2 : Grandeurs caractéristiques d’une implantation d’éclairage

La disposition des appareils peut être :

1. unilatérale : c’est le cas des chaussées relativement étroites bordées d’arbre ou


présentant une courbure au quel cas l’implantation se fera à l’extérieur de la courbe afin
d’assurer un guidage visuel permettant d’apprécier l’importance du virage.
L’uniformité transversale de luminance sera assurée pour des valeurs de h telle que
h ≥ l.

Figure 5.3 : Disposition unilatérale

2. en quinconce : pour des chaussées à double sens de circulation, l’uniformité générale


d’éclairement sera meilleure mais il faut veiller à éviter l’aspect de serpentement
nuisible à la conduite. L’uniformité transversale de luminance nécessite de hauteur de
feu tel que h ≥ 2l 3 .

Figure 5.4 : Disposition en quinconce

3. en opposition : pour les chaussée très larges où lorsqu’on est tenu de respecter une
certaine hauteur de feu. L’uniformité transversale de luminance nécessite cependant
h ≥ 0.5 l
Applications de l’énergie électrique : 2ème partie : Techniques de l’éclairage (cours) 5.3

Figure 5.5 : Disposition en opposition

4. axiale : utilisée dans le cas des chaussées double à terre-plein central. Cette implantation
permet de n’utiliser qu’un fût pour deux crosses, ce qui simplifie également
l’alimentation électrique. Dans l’alimentation par caténaires, les luminaires sont
suspendus axialement à des câbles d’acier tenu par des mâts supports assez espacés. Il
reste à noter que les travaux d’entretien seront ici source de gêne pour la circulation, de
part le stationnement des véhicules à nacelles élévatrices.

Figure 5.6 : Disposition axiale

b) Espacement

C’est le respect de l’uniformité longitudinale des luminances qui préside au choix de


l’espacement entre deux appareils consécutifs selon la hauteur du feu h et les indicatrices
d’émission luminaire. Ces surfaces en forme de haricot présentant généralement un plan de
symétrie transversal à l’axe de la chaussée, on permet de classer les appareils en 3 grandes
familles types:
- défilé
- semi-défilé
- et non défilé, selon la protection plus ou moins importante contre l’éblouissement
directe.

Les critères de déplacement sont résumés ci-dessous :

Tableau 5.1. Critères de déplacement

Type de luminaire Direction de Imax Imax sous 90° Imax sous 80°

Défilé 0 à 65° 10cd/1000lm 30cd/1000lm

Semi défilé 0 à 75° 50 cd/1000lm 100cd/1000lm


Non défilé 0 à 90° 1000cd V Ф

Notons que les appareils non défilés assez éblouissants se rencontrent en éclairage routier
mais plutôt dans les zones à forte densité des piétons (place publique, promenade, lotissement
résidentiel) et qu’on rend leur luminance acceptable en les minimisant par exemple de globe
diffusant convenablement calculé.

Les appareils défilés suppriment pratiquement tout risque d’éblouissement direct mais devront
être assez resserrés pour éviter l’effet d’échelle. Ils sont les plus employés pour abriter des
sources quasi ponctuelles.
Applications de l’énergie électrique : 2ème partie : Techniques de l’éclairage (cours) 5.4

Les appareils semi défilés à répartition plus évasée conviennent le plus souvent à des sources
tubulaires de moindre luminance c’est-à-dire aux lampes sodium basse pression ou aux tubes
fluorescents.
Les valeurs maximales du rapport e h sont représentées dans le tableau ci-dessous.

Tableau 5.2. Rapports e h maximaux

( e h )max défilé Semi-défilé


Unilatérale/opposition 3 3.5
Quinconce 2.7 3.2

Ces rapports peuvent être majorés de 0.5 pour des lanternes de conception postérieure à 1989.

c) Puissance de feu

• Eclairement moyen de la chaussée

Selon la nature du revêtement de la route (partant sec, pour un revêtement neuf et une
implantation respectant les critères précédents) et les types de luminaire employé on a pu
définir expérimentalement un rapport R tel que :

Emoy (lux)
R = (5.1)
Lmoy (Cd / m 2 )

La luminance moyenne désirée ayant été fixée, l’éclairement à réaliser sera d’autant plus
élevé que la chaussée est sombre. L’usage d’enrobés éclaircis est donc recommandable dans
la plupart de cas.

• Facteur d’utilisation du luminaire

C’est le pourcentage du flux émis par la lampe tombant sur la partie utile de la chaussée de
largeur l .

Φu
fu = (5.2)
Φt

Pour un luminaire donné, ce facteur fu dépend de l’ouverture des angles dièdres qui du feu
intercepte la chaussée (figure 5.7). La figure 5.7 montre ainsi, pour une avancée a positive le
dièdre avant (côté chaussée) limité par la ligne de foyer et le côté de la route opposé au feu
défini par : ( l − a ) h et le dièdre arrière (côté trottoir) défini par a h .

On distinguera donc deux facteurs d’utilisation :


- fuav et fuar , dont on fait la somme pour a > 0
- ′ et fuav
fuav ′′ , dont on fait la différence pour a < 0

Les constructeurs donnent le plus souvent ces facteurs sur un graphique. La figure 5.8
représente les valeurs les plus fréquentes.
Applications de l’énergie électrique : 2ème partie : Techniques de l’éclairage (cours) 5.5

a>0 a<0

fuav ′′
fuav
fuar fuav

s
a

l-a

fu = fuav + fuar (5.3) ′ − fuav


fu = fuav ′′ (5.4)

Figure 5.7 : Calcul du facteur d’utilisation

Figure 5.8 : Facteur d’utilisation

• Facteurs de vieillissement

C’est l’inverse du facteur compensateur de dépréciation δ rencontré en éclairage intérieur dû


au vieillissement de la lampe et l’encrassement des luminaires. Il est calculé pour une durée
d’un an de service. La chute de flux de lampe peut ainsi être estimée selon la durée
d’allumage.

Tableau 5.3. Facteur de vieillissement en fonction de la chute du flux


Durée Sodium HP Tubes fluorescents Ballon fluorescent Sodium BP
3000 h 0.95 0.90 0.85 0.85
6000 h 0.90 0.85 0.80 0.80
9000 h 0.85 0.80 0.75
Applications de l’énergie électrique : 2ème partie : Techniques de l’éclairage (cours) 5.6

L’encrassement de l’appareil est la cause d’une réduction de flux annuel V2 tel que :

Tableau 5.4. Facteur de vieillissement en fonction de l’encrassement de l’appareil


Luminaire sans vasque avec vasque
Atmosphère pollué 0.65 0.70
Atmosphère non pollué 0.90 0.95

Il est à remarquer qu’un luminaire à vasque retrouve après nettoyage ses qualités initiales, ce
qui ne peut être le cas d’une source non protégée.
Quand on considère que les lanternes ont une durée de vie moyenne de 20 ans, l’intérêt de la
vasque de protection est indispensable.
Le facteur de vieillissement V est donc :

Flux émis l'appareil après un an


V = V1 ⋅ V2 =
Flux émis initialement

• Choix de la lampe

On peut alors déterminer le flux lumineux que doit émettre la lampe pour garder la luminance
requise au bout d’un an.

ϕu
ϕt = ϕu = Emoy S S =l e Lmoy = Lmoy R
V fu
l e Lmoy R
ϕt = (5.5)
V fu

Les types des lampes ayant étaient fixes à priori par des considérations d’efficacité lumineuse,
de durée de vie et de rendu des couleurs, il faut chercher pour un modèle donné de luminaire
l’implantation assurant le meilleur facteur d’utilisation.
Le nombre minimal d’appareils à installer en un temps que l’usage d’une lampe existant sur
le marché.

Des nombreuses autres considérations viennent encore limiter la marge de manœuvre du


concepteur comme les renseignements sur l’occupation du sous-sol, la fréquence de nettoyage
prévue, le budget de mise en service et celui de l’entretien de l’installation.

5.1.3. Vérification
Indice de confort G

La classification des appareils en tube défilé ou semi-défilé reste imprécise pour comparer en
elle deux installations du point de vue de l’éblouissement d’inconfort. Aussi certains
constructeurs affectent-ils à chaque appareil un indice de diffusion du luminaire (ISL) calculé
à partir de son indicatrice de diffusion et d’autant plus élevé qu’il est moins éblouissant. L’ISL
varie généralement de 3 à 6.
L’éblouissement d’inconfort est également fonction de :
- h′ : hauteur du foyer au dessus de l’œil soit h′ = h − 1.5
Applications de l’énergie électrique : 2ème partie : Techniques de l’éclairage (cours) 5.7

- la luminance moyenne de la chaussée Lmoy


- p : le nombre des luminaires par kilomètre de voie

L’indice d’inconfort G est alors défini par la formule :

( )
G = ISL + 0.7 log Lmoy + 4.44 log h′ − 1.46 log p (5.6)

Les valeurs de G à respecter ayant été données selon la classe d’éclairage définie dans le
tableau …. Ci-dessous

Tableau 5.5 : Luminance moyenne, uniformité, classe d’éclairement, indice de confort

Uniformité Uniformité
Lmoy globale longitudinale Indice de
Classe Type de voie Abords confort
Cd/m2 L Lmax
U o = max U1 = G
Lmoy Lmin

Autoroutes
A 2 0.4 0.7 6
Routes express
Clairs 2 5
B Grandes routes radiales 0.4 0.7
Sombres 1à2 6
Urbaines ou non
Clairs 2 5
C importantes, 0.4 0.7
Sombres 1 6
présence des piétons
Rues importantes
D 2 0.4 0.7 4
Rues commerçantes
Clairs 1 4
E Voies de desserte 0.4 0.5
Sombres 0.5 5

- Relevés sur le terrain

Lors de la réception d’une installation, il faut effectuer des mesures de luminaire sur la
chaussée mais aussi d’éclairement horizontal car seul l’éclairement peut être contractuel dans
le cahier de charge.

Suite aux travaux de la CEI, il est recommandé de relever l’éclairement aux angles d’une
maille ainsi formée.
- Espacement longitudinal de valeur e 3 .
- Dans l’axe transversal deux points de mesure par courant de circulation. La figure suivante
indique ces points dans deux cas particuliers.
Applications de l’énergie électrique : 2ème partie : Techniques de l’éclairage (cours) 5.8

Figure 5.9. Relevé des mesures pour l’éclairement

L’éclairement moyen est la moyenne arithmétique de ces valeurs.

5.2. Alimentation des circuits d’éclairage public

Voir cours d’installations électriques

5.3. Méthode de luminance ponctuelle

Ici les calculs point par point effectués par ordinateur pour une installation donnée permettent
de vérifier la qualité de l’éclairage réalisé. Cette méthode est surtout utilisée par les bureaux
d’étude professionnels. Dans un premier temps la méthode de rapport R qui reste néanmoins à
la base de tout avant-projet, suffit dans la majorité des implantations classiques.

5.4. Les installations sportives en plein air

Rappelons qu’ici comme précédemment les difficultés croissent avec le niveau d’éclairement
moyen et au delà de 1000 lux, il est souhaitable de se renseigner sur les implantations
analogues déjà existantes. Cependant et afin de faciliter l’établissement des petits projets pour
des situations courantes, le tableau suivant résume les critères généralement admis pour des
implantations symétriques en opposition, le mât étant disposé parallèlement à l’axe
longitudinal du terrain.

Lors de la réception de l’installation ou avant toute rencontre importante, on vérifiera


l’éclairement moyen à l’aide d’un luxmètre correcteur de cosinus en relevant les éclairements
horizontaux en différents points définis du terrain. Ces points sont localisés différemment
selon chaque sport et varient de 10 à 25.

Il semble cependant que l’on s’achemine vers la technique de mesure pus précise de vingt-
cinq points (5x5) du fait que les calculs s’effectuent désormais par ordinateur (ou calculette)
permettant aux techniciens de prédéterminer plus aisément les éclairements d’une grille de
points à maille rectangulaire.
Applications de l’énergie électrique : 2ème partie : Techniques de l’éclairage (cours) 5.9

Tableau 5.6. Caractéristiques généralement admises pour les installations sportives

Eclairement en Hauteur Ecart minimal des


Uniformité Nombre
Sport service minimale mâts du terrain
minimale de mâts
(lux) (m) (m)
100 (entraînement) 0.5 8 16 5
Foot-ball
200/600 (compétition) 0.7 6 18 à
Rugby
800 (T.V. couleur) 0.7 4 20 10
Volley-ball
150 (entraînement)
Basket-ball 0.7 4 ou 6 9 3
300/600 (compétition)
Hand-ball
100 (entraînement)
Tennis 0.7 4 ou 6 9 3
200/600 (compétition)
Pistes
≥ 0.5 Eterrain 0.6 13
d’athlétisme

• Eclairement par projecteur

L’usage des projecteurs à flux relativement concentré est la seule solution pratique pour
éclairer à haut niveau et avec peu de mât des grands espaces découverts.

Le faisceau lumineux est caractérisé par une indicatrice d’émission dont les plans de symétrie
sont ceux du projecteur lui-même et dont l’intersection définit l’axe optique du luminaire. Cet
axe est bien sûr l’axe de révolution pour le projecteur du même type.

Lors de l’étude des éclairages intérieurs, l’axe optique du luminaire était normal au sol et tout
point de l’espace était repéré par sa colatitude γ et sa longitude C (appareil de révolution) ou
sa colatitude γ et sa longitude C (appareil à deux plans de symétries) selon la représentation
de la figure suivante.

Figure 5.10 : Disposition pour éclairage intérieur

Dans le cas des projecteurs, l’axe optique de l’appareil présente avec la normale au sol un
angle d’incidence ou angle de visée, noté V qui d’ailleurs ne devra jamais dépasser 65° (<
65°).
Applications de l’énergie électrique : 2ème partie : Techniques de l’éclairage (cours) 5.10

Figure 5.11 : Disposition pour éclairage par projecteur

L’éclairement au sol dépendra donc de l’indicatrice d’émission du projecteur et de l’angle de


visée en effectuant une première correction, proportionnelle au flux réel installé ainsi qu’une
seconde, en raison inverse du carré des distances. En gardant le repère OXYZ lié au terrain, les
intensités émises par le projecteur autour de son l’axe optique et pour une source de 1000 lm,
sont données pour diverses directions, exprimées dans un système des coordonnées B, β ou β
est la colatitude et B la longitude repérée par le plan méridien contenant l’axe optique et l’axe
des pôles ou longitudinal du projecteur Selon la figure 5.11.

Pour un point P de coordonnées (X,Y) une hauteur de feu Z, et un angle de visé V


l’éclairement horizontal en P résulte de :
- d : distance de P au foyer tel que d = X 2 + Y 2 + Z 2
- α : l’angle de la normale en P avec la direction de l’intensité émise vers P
⎛ X 2 +Y2 ⎞
α = arcsin⎜ ⎟
⎜ d ⎟
⎝ ⎠
- β : colatitude relative au point P
⎛ X ⎞
β = arctg ⎜⎜ 2 ⎟
2 ⎟
⎝ Y +Z ⎠
- B : longitude relative au point P
⎛Y ⎞
B = arctg ⎜ ⎟ − V
⎝Z⎠

Les valeurs de B et β étant définies, on cherche l’intensité I émise vers P en effectuant une
double interpolation linéaire d’après le tableau du constructeur.
Applications de l’énergie électrique : 2ème partie : Techniques de l’éclairage (cours) 5.11

Les projecteurs admettent toujours une répartition symétrique des intensités par rapport aux
valeurs de β, soit une courbe photométrique dans le plan longitudinal (trait plein) symétrique
pour B = 0 . Il n’en va pas toujours de même pour la répartition transversale (courbe
photométrique en pointillé) ou il faut alors distinguer les intensités émises sous B > 0 ou B < 0
(figure 5.12).

Figure 5.12 : Intensités émises sous B > 0 ou B < 0

L’éclairement horizontal en P vaut alors, pour une source de 1000 lm :


I
E( X ,Y ) = 2 cosα (5.7)
d

Le calcul de l’éclairement vertical sur un élément de surface à hauteur h’ par rapport au sol
s’effectue de la même manière en considérant désormais une hauteur Z ′ = Z − h au lieu de Z.

Signalons qu’il est capable de préciser la direction de la normale à la surface considérée qui
sera le plus souvent choisie selon les axes du terrain. Ainsi pour l’éclairement vertical en P,
on a :
- sur la facette normale à nx vers les x négatifs (figure 5.13)
I X X
EVx = 2 ⋅ = Eh ⋅
d d Z

- sur la facette anormale n y vers les y négatifs.


I Y Y
EVy = 2
⋅ = Eh ⋅
d d Z
Applications de l’énergie électrique : 2ème partie : Techniques de l’éclairage (cours) 5.12

Des relations ainsi établies on tire : E 2 vx + E 2 vy = E 2 h ⋅ tg 2 α (5.8)

- En fin, si la normale à cette facette est dirigée vers le pied du projecteur (direction P0),
l’éclairement vertical vaut :
I I I X2 +Y2 I Z X 2 +Y2
Ev = 2 cos ( 90° − α ) = 2 sin α = 2 = 2 = Eh tgα (5.9)
d d d d d d Z
Lors de ce calcul on n’oubliera pas d’appliquer le principe de superposition en tenant compte
de tous les projecteurs éclairant la facette concernée.

Figure 5.13 : Calcul de l’éclairement vertical

• Méthodes de calcul

Après avoir pris connaissance des conseils du constructeur quant au choix d’un appareil, ainsi
que du type de lampe à utiliser, il faut se fixer les distances au bord du terrain ainsi qu’une
fourchette pour le choix de la hauteur de feu. Dans le cas d’implantation en opposition, on
pourra se baser sur l’organigramme de calcul présenté sur la figure 5.14 et relatif à 4 feux,
l’orientation symétrique par rapport au centre du terrain.

De plus il y a souvent intérêt à faire effectuer au projecteur une rotation autour de l’axe OZ
afin de permettre une meilleure distribution de la lumière sur le terrain. Cette rotation notée R
sur la figure 5.15 et comptée positive lorsqu’elle s’effectue vers le centre de l’aire de jeu et on
lui associe le trièdre X0,Y0, Z.

La position du mât par rapport à l’angle le plus proche du terrain est repérée par les écarts X1 à
la ligne de côté et Y1 à la ligne de fond.

En plus de l’éclairement moyen Eo et du coefficient d’uniformité Uo, on peut aussi établir un


facteur d’utilisation fut défini comme le rapport du flux Φ reçu directement reçu au flux total
installé dans le projecteur :

Φ reçu E0 S
f ut = = (5.10)
Φ total Φ total

Usuellement f ut = 0.25 à 0.42


Applications de l’énergie électrique : 2ème partie : Techniques de l’éclairage (cours) 5.13

Figure 5.14 :Organigramme de calcul


Applications de l’énergie électrique : 2ème partie : Techniques de l’éclairage (cours) 5.14

Figure 5.15 : Rotation du projecteur


Applications de l’énergie électrique : 3ème partie : Electrothermie (cours) 1.1

Chapitre 1er : Généralités


1.1. Introduction

L’électrothermie est la transformation de l’énergie électrique en énergie thermique.


L’électrothermie s’est répandue grâce à des qualités telles que :
- la transformation sans réaction chimique, sans pollution résultant de la combustion ;
- la facilité d’un réglage rapide et exact de la température, ce qui rend possible
l’automatisation.

L’électrothermie est employée même dans le pays où l’énergie électrique est produite dans
des centrales thermiques dont le rendement s’élève à 30 – 40 %. En République Démocratique
du Congo où l’énergie électrique produite dans les centrales hydrauliques formera la plupart
de la consommation globale de toutes les sortes d’énergie, l’électrothermie a de très bonnes
conditions de développement.

1.2. Classification des procédés électrothermiques

Depuis la révolution industrielle, de nombreux progrès ont été accomplis en chauffage


industriel et les opérations thermiques se sont considérablement diversifiées (traitements
thermiques, cuisson, polymérisation, séchage, fusion, lyophilisation...) ; un fait fondamental
demeure toutefois : l’essor de l’industrie a toujours été étroitement lié aux disponibilités en
énergie et le choix dominant d’une source d’énergie, la conséquence de la rareté des
ressources alternatives ou d’innovations technologiques, modifiant les conditions de
concurrence entre les différentes sources.

Au-delà des simples considérations de coût et de disponibilité qui justifie l’utilisation de


l’électricité à des fins thermiques dans les processus industriels, l’électrothermie doit toutefois
une grande partie de son déve1oppement aux caractéristiques spécifiques de cette forme
d’énergie :
- facilité de mesure, de contrôle et de régulation
- aptitude à une localisation très précise de l’effet thermique
- rendement de conversion de l’énergie très élevé
- possibilité d’obtenir des niveaux de température très importants
- densité de puissance élevée
- utilisation décentralisée et modulaire aisée
- facilité d’automatisation et reproductibilité des conditions de chauffage
- contrôle aisé de l’atmosphère de travail
- qualité élevée des produits élaborés
- limitation de la pollution et amélioration des conditions de travail.

Mais une des propriétés les plus remarquables de l’électricité comme source
d’énergie thermique est son caractère protéiforme; elle est en effet mobilisable, à des fins
thermiques, sous des formes très diverses. En fonction du mode de transmission de l’énergie,
les procédés électrothermiques sont souvent divisés en deux grandes catégories :
- le chauffage indirect où la transmission d’énergie se fait de la source de
chaleur au corps à chauffer en obéissant aux lois usuelles de la thermique ;
Applications de l’énergie électrique : 3ème partie : Electrothermie (cours) 1.2

- le chauffage direct où le corps à chauffer est parcouru par un courant électrique et est
donc lui-même le siège du dégagement de chaleur, les échanges ultérieurs de chaleur
s’effectuant selon les lois de la thermique classique.
Le tableau ci-après donne la liste des différentes technologies électrothermiques en les
répartissant entre ces deux familles.

Tableau 1.1 : Différentes technologies électrothermiques


Chauffage direct Chauffage indirect
- Chauffage direct par résistance - Chauffage indirect par résistance
(conduction) - Chauffage par rayonnement infrarouge
- Chauffage par induction - Chauffage indirect par arc
électromagnétique - Chauffage par plasma
- Chauffage diélectrique :
• haute fréquence
• hyperfréquence (micro-ondes)
- Chauffage par bombardement
électronique
- Chauffage par laser
- Chauffage direct par arc

Cette diversité des techniques de base permet de rechercher, pour chaque processus industriel
envisagé, le procédé - ou la combinaison des procédés - électrothermique le mieux adapté. En
particulier, lorsque le problème se pose en terme de choix énergétique entre l’électricité et des
combustibles, il faut bien prendre garde dans l’analyse comparative de ne pas envisager
l’équipement électrothermique comme un équipement à combustibles où des résistances
remplacent des brûleurs. Il est au contraire indispensable de rechercher la ou les techniques
électrothermiques les plus efficaces et, lorsque celles-ci se révèlent être fondées sur le
chauffage par résistances, l’équipement ne doit pas être une simple transposition de l’appareil
à combustibles, mais tirer le meilleur parti des vastes possibilités de ce type de chauffage
(chauffage décentralisé au lieu de centralisé, répartition de la densité de puissance. Technique
de récupération appropriée...).

Le tableau ci-dessous donne une indication de la gamme de puissance et de la consommation


de l’électricité des équipements électrothermiques en France.
Applications de l’énergie électrique : 3ème partie : Electrothermie (cours) 1.3

Tableau 1 .2 : Puissances et consommation des différents équipements électrothermiques


Consommation
Mode de chauffage Puissance (MW)
annuelle (GWh)
Fours et appareils à résistances 2785 5945
• fusion des métaux 26 51
• traitement thermique des métaux 1402 3294
• verre et céramique 111 198
• produits alimentaires 867 1832
• autres applications 379 570
Fours et appareils à induction 766 1537
™ Basse fréquence (inférieure à 60 Hz)
• fusion des métaux 338 700
• autres applications 62 147
™ Moyenne fréquence (entre 60 Hz et 10 kHz)
• fusion des métaux 155 313
• autres applications 104 213
™ Haute fréquence (supérieure à 10 kHz) 107 164
Fours et appareils à arc 1911 6755
• production d’acier et de fonte 1200 2800
• production de ferroalliages 550 3000
• production de carbure de calcium 40 300
• autres applications 121 655
Four et appareils à conduction : 21 90
• dont fusion sous laitier électroconducteur 11 28
Chauffage diélectrique haute fréquence 37 70
Chauffage par micro-ondes 2 3
Bombardement électronique 5 3
Appareils à plasma 33 51
Pompes à chaleur : 64 204
• processus de fabrication 40 177
• chauffage des locaux 24 27
Fours d’électrolyse ignée 408 3520
TOTAL 6032 18178

1.3. Electrothermie et rayonnement électromagnétique

Les rayonnements électromagnétiques occupent dans l’ensemble des techniques


électrothermiques une place particulièrement importante. Des procédés en apparence
hétéroclites comme :
- le chauffage par hystérésis diélectrique haute fréquence ou hyperfréquence;
- le chauffage par rayonnement infrarouge;
- le chauffage par induction ;
- le chauffage par bombardement électronique ;
- le chauffage par laser;
- le chauffage indirect par résistances (dans le cas de la transmission de chaleur par
rayonnement) ;
Applications de l’énergie électrique : 3ème partie : Electrothermie (cours) 1.4

présentent en réalité une unité physique en faisant un ensemble cohérent. Dans toutes les
applications de ces procédés, le transfert d’énergie se fait par bombardement des « grains
d’énergie » que sont, soit des « corpuscules matériels » (électrons), ou des « corpuscules
immatériels » (photons), associés au caractère ondulatoire de la propagation d’un champ
électromagnétique. Ces rayonnements, dont la lumière est un cas particulier se caractérisent
par une longueur d’onde dans le vide λ à laquelle correspond une fréquence f = c0 λ0 .

De plus, à une fréquence f correspondent des quanta d’énergie (photons) dont l’énergie
unitaire est W = h f , h constante de Planck égale à 6.6 × 10−34 J/s. L’émission de ces
rayonnements et leur absorption par les différents corps joue un rôle fondamental en
électrothermie.

Figure 1.1 : Spectre électromagnétique


Applications de l’énergie électrique : 3ème partie : Electrothermie (cours) 1.5

1.4. Evolution de l’électrothermie industrielle

Depuis le début du vingtième siècle, l’utilisation de l’électricité à des fins thermiques dans
l’industrie n’a cessé de croître bien que la tendance à La baisse du prix des combustibles
pendant certaines périodes ait fortement entravé ce développement. Cette croissance devrait
s’accélérer dans les prochaines années; elle revêtira toutefois des aspects nouveaux et
s’accompagnera d’innovations majeures. Cette évolution s’articule autour de quelques axes
principaux :
- l’accroissement des densités de puissance
- le développement de l’électronique
- l’évolution de la tarification de l’électricité et électrothermie
- la diffusion de l’électrothermie dans les nouveaux secteurs
- l’impératif « économie de l’énergie »

1.4.1. Accroissement des densités de puissance


En matière de thermique industrielle, augmentation de la productivité est souvent synonyme
d’accroissement de la densité de puissance. Plusieurs facteurs concourent actuellement à
l’accroissement de la densité de puissance des procédés électrothermiques ; deux grandes
tendances se dégagent toutefois :
- l’amélioration des procédés classiques ;
- le recours à des procédés spéciaux.

A. Amélioration des procédés classiques

Dans cette catégorie peut, en particulier, être rangée l’augmentation des densités de puissance
des chauffages par résistances, par infrarouges, par induction et par arc.

L’accroissement de la densité de puissance du chauffage par résistances résulte


essentiellement de :
- l’amélioration des alliages métalliques utilisés pour la fabrication des résistances, en
particulier l’augmentation de leur température maximale d’utilisation ;
- des progrès en matière de régulation, en particulier de l’utilisation de capteurs de
température à faible inertie thermique et d’alimentations statiques à thyristors ;
- du recours à des résistances spéciales non métalliques émettant à haute température ;
- la meilleure connaissance des mécanismes d’échanges thermiques entre les résistances
et les produits à chauffer.

La combinaison de ces différents facteurs permet d’envisager dans de nombreux cas un


doublement, voire un triplement, de la puissance spécifique, celle-ci passant, à titre
d’exemple, de 15 – 20 kW/m2 de parois de fours avec une charge chauffée vers 900 °C à 30 –
40 kW/m2 de parois.

Les mêmes facteurs s’appliquent au chauffage au rayonnement infrarouge puisque les


émetteurs utilisent le chauffage par résistances. Des progrès spécifiques caractérisent toutefois
ce mode de chauffage, en particulier l’amélioration de la fiabilité des émetteurs,
l’accroissement de la température d’émission (infrarouge court) et l’utilisation de dispositifs
de concentration du rayonnement, de protection de la charge en cas d’arrêt des convoyeurs et
Applications de l’énergie électrique : 3ème partie : Electrothermie (cours) 1.6

de refroidissement des émetteurs (avec récupération d’énergie, ce qui permet en outre


d’accroître le rendement).
Ainsi, alors que les systèmes classiques de chauffage infrarouge autorisaient des densités de
puissance comprises entre 15 et 80 kW/m2 de parois de four, les dispositifs les plus évolués
permettent désormais d’atteindre des densités de puissance de l’ordre de 200 – 300 kW/m2
tout en conservant la même durée de vie des émetteurs.

En chauffage par induction, l’accroissement des densités de puissance vient essentiellement


du recours à des générateurs statiques de fréquence à thyristors et d’une .meilleure
connaissance des phénomènes électromagnétiques et thermiques.

Ainsi, à titre d’exemple, des générateurs de fréquence à onduleurs utilisés pour la fusion ou le
chauffage avant formage des métaux et pour bien d’autres applications permettent-ils, grâce
en particulier à l’ajustement continu de la fréquence à sa valeur optimale pendant le
chauffage, d’augmenter la vitesse de chauffage de 5 à 15 % tout en réduisant, grâce à un
meilleur rendement de conversion d’énergie et à une diminution des pertes thermiques, les
consommations spécifiques de 10 à 20 %.

B. Recours à des procédés spéciaux

Des modes de chauffage, dont l’utilisation industrielle était pratiquement nulle il y a une
vingtaine d’années, commencent à se développer sur une échelle significative. La plupart de
ces techniques électrothermiques permettent d’atteindre des densités de puissance très
importantes. C’est en particulier le cas de chauffage par plasma, par bombardement
électronique et par infrarouge dont les densités de puissance maximales sont respectivement
de 5 ×106 , 1010 et 1016 kW/m2, ces densités de puissance n’étant toutefois disponibles que
sur des surfaces réduites dans la plupart des cas. Cette concentration de la puissance sur une
surface très réduite constitue d’ailleurs un atout dans certaines industries nécessitant des
modes opératoires de très grande précision. Ainsi les surfaces minimales chauffées par les
trois techniques précédentes sont-elles respectivement de l’ordre de 10−3 , 10−7 et
5 × 10−8 cm2, ce qui rend ces procédés précieux dans des secteurs comme les industries
électroniques et la micromécanique.

Les chauffages diélectriques haute fréquence et hyperfréquence (micro-ondes) permettent


également d’atteindre des densités de puissance élevées bien que moins spectaculaires que
précédemment puisqu’elles varient généralement entre 30 et 100 kW/m2 dans le premier cas
et 50 et 500 kW/m2 dans le second. Ces densités de puissance sont toutefois, comparées à
celles obtenues avec les procédés classiques utilisés dans leurs domaines d’application, très
importantes car ceux-ci ne permettent guère que des densités de puissance comprises entre
5 et 20 kW/m2 (cas du chauffage par convection forcée par exemple).
De plus, ces deux types de chauffage diélectrique permettent d’obtenir des puissances
volumiques très élevées, ce qui accroît considérablement leur intérêt.

C. Gamme de densités de puissance

Bien que les domaines et conditions d’utilisation des différents procédés électrothermiques ne
soient pas les mêmes et que ceux-ci ne soient pas toujours substituables, la gamme des
densités de puissance rencontrées en pratique industrielle permet de mieux les situer les uns
par rapport aux autres.
Applications de l’énergie électrique : 3ème partie : Electrothermie (cours) 1.7

Tableau 1.3 : Densité de puissance des procédés électrothermiques

Technique de chauffage Densité de puissance (kW/m2)


Indirect par résistances 5 – 60
Diélectrique haute fréquence 30 – 100
Infrarouge 10 – 300
Diélectrique hyperfréquence (micro-ondes) 50 – 500
Induction 50 – 5 × 104
Conduction 100 – 105
Arc 103 – 5 × 105
Plasma 103 – 5 × 106
Bombardement électronique 103 – 1010
Laser 105 – 1016

1.4.2. Développement de l’électronique


Dans le paragraphe traitant de l’augmentation des densités de puissance, il est indiqué à
plusieurs reprises que les progrès réalisés étaient liés à l’utilisation de systèmes électroniques.
L’importance de l’électronique ne s’arrête pas à ce seul aspect et l’électrothermie connaît
actuellement, comme bien d’autres secteurs, un bouleversement lié à l’introduction de
l’électronique sous ses différentes formes. Bien que les domaines essentiels du
développement de l’électronique en électrothermie soient souvent interdépendants, plusieurs
axes principaux peuvent être définis
- régulation électronique ;
- convertisseurs statiques de fréquence ;
- automatisation ;
- microprocesseurs, microordinateurs et optimisation.

A. Régulation électronique

Traditionnellement, la régulation des procédés électrothermiques était fondée sur des


systèmes de régulation électromécaniques. Ces systèmes assuraient généralement un contrôle
du processus de chauffage bien plus fin que celui obtenu en chauffage par combustibles.
Leurs performances étaient toutefois limitées par les caractéristiques inhérentes à tout système
électromécanique, en particulier par l’inertie des composants purement mécaniques qui
imposait la vitesse limite de réponse du système. Des modules électroniques se sont
progressivement substitués aux composants électromécaniques pour assurer des fonctions
comme la comparaison et l’amplification des signaux, mais le circuit de commande du
passage du courant continue, dans la plupart des cas, à comprendre un contacteur
électromécanique dont l’inertie est très supérieure à celle des éléments électroniques du
système de régulation.

Le développement des contacteurs statiques (« solid state » en anglais) représente une


innovation majeure en matière de régulation puisqu’il permet de définir des systèmes de
contrôle du chauffage entièrement électroniques.
Applications de l’énergie électrique : 3ème partie : Electrothermie (cours) 1.8

Ces contacteurs statiques sont constitués par des associations de thyristors (le
montage de base est constitué par deux thyristors en parallèle montés tête-bêche)
assurant une modulation de la puissance appelée au niveau d’une période du
courant alternatif (régulation par angle de phase) ou de quelques périodes (régulation par
trains d’ondes).

B. Convertisseurs de fréquence

Les caractéristiques du chauffage par induction électromagnétique imposent souvent


d’alimenter les équipements thermiques fondés sur ce mode de chauffage à une fréquence
plus élevée que celle du réseau, donc de recourir à des convertisseurs de fréquence.
Dans le domaine des moyennes fréquences, les générateurs utilisés étaient généralement
constitués par des systèmes électromécaniques (moteurs et alternateurs), équipements fort
robustes, mais présentant certaines limitations, en particulier au niveau de la souplesse
d’exploitation et du rendement. Des systèmes à thyristors permettent désormais de remédier à
ces inconvénients en assurant une densité de puissance et un taux d’engagement des fours
importants ainsi qu’un rendement de conversion de l’énergie élevé (voir le chapitre Le
chauffage par induction électromagnétique).

C. Automatisation

L’automatisation des processus électrothermiques est en progression constante car ceux-ci se


prêtent particulièrement bien à une conduite de ce type. Cette automatisation concerne aussi
bien le contrôle des cycles de température ou de manutention des pièces et produits que celui
d’autres paramètres tels que la composition chimique de solutions, la durée d’immersion de
pièces dans un bain, l’épaisseur d’un revêtement, les caractéristiques mécaniques des produits
fabriqués, la conformité des produits élaborés aux spécifications et normes de qualité...
Cette automatisation permet souvent d’améliorer la productivité, mais aussi d’accroître la
qualité des produits, de supprimer des tâches répétitives, pénibles ou insalubres, d’économiser
l’énergie et les matières premières et d’élaborer des nouveaux produits dont la fabrication
était auparavant impossible.

Les systèmes d’automatisation font de plus en plus appel à des dispositifs électroniques et la
microinformatique devrait élargir considérablement leurs domaines d’application tout en
améliorant leurs performances.

D. Microprocesseurs, microordinateurs et optimisation

L’informatique et les ordinateurs ont depuis de nombreuses années leur place pour la conduite
des procédés électrothermiques et des calculateurs de processus contrôlent, à titre d’exemple,
l’exploitation des grands fours de fusion à arcs ou à induction. Ces équipements demeurent
toutefois des exceptions ne concernant que des usines de capacité très importante.
La microinformatique, grâce en particulier aux microprocesseurs, devrait en revanche
connaître, comme dans bien d’autres domaines, une très large diffusion.
En fonction de leur destination et de leur conception, deux types de systèmes
microinformatiques sont alors généralement distingués
- le régulateur numérique qui comporte essentiellement un microprocesseur, une
mémoire et des entrées-sorties analogiques. La consigne peut être fournie par un
calculateur extérieur ou élaborée à partir d’un programme contenu en mémoire. La
Applications de l’énergie électrique : 3ème partie : Electrothermie (cours) 1.9

régulation est assurée sur la base d’algorithmes (régulation du type P.I.D.) ou met à
profit les possibilités du calcul numérique ;
- l’automate programmable qui traite des signaux tout ou rien. Il se substitue au
relayage classique et connaît un développement rapide grâce aux économies
importantes qu’il permet souvent de réaliser sur les frais d’installation et à sa
souplesse d’exploitation, les modifications de schémas se faisant par simple
programmation et non au niveau du câblage. Certaines versions très élaborées
d’automates programmables comportent des entrées-sorties analogiques leur
permettant d’assurer des fonctions de surveillance et de régulation.
Ces systèmes équiperont progressivement les installations électrothermiques non
seulement dans les industries de pointe comme l’électronique, mais aussi dans des
secteurs plus classiques comme la transformation des métaux, les industries
alimentaires... Ils permettront de mettre, de façon économique, les possibilités de
l’informatique à la disposition d’équipements électrothermiques dont la puissance et
l’importance limitées ne justifieraient pas l’utilisation d’ordinateurs classiques et de
généraliser l’optimisation des processus électrothermiques de fabrication.

1.4.3. Evolution de la tarification de l’électricité et électrothermie


La tarification de l’électricité a toujours eu une influence profonde sur les processus
électrothermiques de fabrication. Il est bien sûr évident que le niveau de prix de l’électricité
conditionne, en partie, la compétitivité de ces processus face à ceux fondés sur l’utilisation
des combustibles bien que ce facteur ne soit pas le seul à prendre en compte ; l’emploi de
l’électrothermie peut en effet apporter des avantages particuliers compensant largement
d’éventuelles différences de coût de l’énergie utile (économies de matières, accroissement de
la qualité et diminution des rebuts, développement de nouveaux produits, augmentation du
rythme de fabrication grâce à une densité de puissance plus élevée ou à une transmission de la
chaleur plus efficace, amélioration des conditions de travail, réduction de la pollution,...).

La structure même du tarif a toutefois également une influence importante, non seulement sur
la compétitivité des processus électrothermiques, mais aussi sur le choix même du type de
processus à retenir. Depuis longtemps, par exemple, la différentiation des prix de l’électricité
entre les heures creuses qui, sans entrer dans le détail de la technique tarifaire, correspondent
actuellement à des heures de nuit où des équipements de production et de distribution de
l’électricité restent inemployés et les heures pleines où l’essentiel des moyens de
production est mobilisé a favorisé le recours à des solutions d’accumulation (chauffe-eau de
grande capacité, jusqu’à 100 000 litres et plus, fusion de métal en heures creuses et coulée en
heures pleines, chauffage des ateliers par accumulation de chaleur dans le sol grâce à des
câbles chauffants blindés noyés dans la dalle...). Cette tendance devrait encore se renforcer
avec le développement de l’énergie nucléaire et les solutions d’accumulation, en
particulier d’eau chaude dans les industries qui en sont fortement consommatrices, connaître
une croissance importante.

1.4.4. Diffusion de l’électrothermie dans les nouveaux secteurs


L’électrothermie connaît depuis longtemps une large diffusion dans les industries dont les
processus de fabrication nécessitent des températures élevées comme les industries élaborant
et travaillant les métaux ou les industries céramiques. Les fours et équipements thermiques
électriques permettent en effet d’atteindre facilement des niveaux importants de température,
sont faciles à réguler dans ces domaines de température et présentent des rendements
Applications de l’énergie électrique : 3ème partie : Electrothermie (cours) 1.10

énergétiques élevés ainsi qu’un certain nombre d’avantages spécifiques à chaque procédé.

Le recours à l’électrothermie est en revanche actuellement plus limité dans des secteurs
comme, par exemple, les industries alimentaires, textiles ou chimiques dont les processus de
fabrication ne requièrent généralement que des niveaux de température assez faibles,
inférieurs à 250°C pour fixer les idées. Dans ces industries, les processus nécessitant un
chauffage utilisent souvent des fluides thermiques intermédiaires comme la vapeur ou l’eau
chaude et l’intérêt économique de l’électrothermie était jusqu’ici assez limité car les
différences de rendement énergétique, bien que favorables à celle-ci, n’étaient pas suffisantes
pour compenser le handicap dû au prix relatif des énergies. Cette situation est toutefois en
pleine évolution sous l’influence de différents facteurs :
- changement des prix relatifs des énergies favorable à l’électricité ;
- innovations technologiques mettant en oeuvre de nouvelles techniques
comme la pompe à chaleur ou les chauffages diélectriques haute fréquence et
hyperfréquence et améliorant des techniques plus classiques comme les
chauffages par rayonnement infrarouge ou par résistances ;
- développement de la récupération d’énergie associée à des techniques
électrothermiques ;
- implantation de dispositifs de chauffage décentralisé (accumulation d’eau
chaude, petites chaudières électriques...) ;
- développement de systèmes bi-énergie ou pluri-énergie.

De plus, les techniques électrothermiques paraissent bien adaptées aux besoins de secteurs qui
connaîtront une forte croissance dans les années à venir tels l’électronique, la bio-industrie, la
chimie fine et les industries alimentaires et devraient donc y trouver de nouveaux champs
d’application.

1.5. Electrothermie et économie de l’énergie

Economiser l’énergie est désormais un ardent impératif. L’électricité et l’électrothermie n’y


échappent pas. Cette économie se situe toutefois à deux niveaux :
- économie d’électricité dans un processus électrothermique donné et plus généralement
dans l’entreprise ;
- sélection du processus électrothermique le plus efficace au plan énergétique.

1.5.1. Economie d’électricité dans un processus électrothermique et dans


l’entreprise
Dans la plupart des industries, l’électricité ne contribue actuellement que pour quelques
pourcent à la formation du prix de revient. L’utilisation optimale de ce facteur de production,
bien que facilement contrôlable, n’est donc que rarement au premier rang des préoccupations
des responsables d’entreprises.

Pourtant, de nombreuses occasions rentables d’économiser l’électricité existent. Chaque


entreprise constitue un cas spécifique, mais l’analyse systématique des rubriques suivantes
doit permettre de définir un plan d’économies d’électricité concernant non seulement les
équipements électrothermiques et leurs auxiliaires, mais aussi l’ensemble des appareils faisant
appel à cette forme d’énergie :
- distribution d’électricité dans l’entreprise ;
Applications de l’énergie électrique : 3ème partie : Electrothermie (cours) 1.11

- force motrice ;
- éclairage ;
- équipement électrothermique ;
- tarification.

A. Distribution

A partir du poste de livraison, l’électricité est amenée aux différents points d’utilisation. Une
organisation judicieuse de cette distribution amène des économies notables

1° Choix des sections économiques des canalisations. Les canalisations présentent souvent
des pertes excessives par échauffement qui sont dues à deux causes essentielles,
l’augmentation progressive et souvent inconsciente de la charge avec le développement de
l’entreprise et l’utilisation abusive de câbles à haute performance (la meilleure tenue de leurs
isolants à la chaleur autorise une augmentation des densités de courant admissibles). Il est
donc nécessaire de dimensionner de façon optimale ces équipements.

2° Distribution haute tension avec postes satellites au lieu d’une distribution basse tension.
Pour la même puissance transportée, un câble de 20 000 V est parcouru par une intensité
cinquante fois plus faible qu’un câble de 380 V; la section des conducteurs peut être divisée
par près de dix et les pertes d’énergie par plus de cent. L’économie ramenée à la puissance
transportée est de quelques pourcent.

3° Positionnement judicieux des condensateurs. Avoir un facteur de puissance élevé au niveau


global de l’entreprise est indispensable; celui-ci intervient en effet dans la tarification de
l’électricité et un cos trop faible se traduit par un prix d’électricité plus élevé puisque les
pertes de distribution et de transport doivent y être incorporées.

Mais cette compensation du cosφ global masque la situation à l’intérieur de l’entreprise car
les causes réelles d’un mauvais facteur de puissance résident dans la nature des équipements
et l’usage qui en est fait.

Ainsi, placer des condensateurs auprès des équipements dégradant le cosφ plutôt qu’à l’amont
des canalisations conduit-il à des économies pouvant atteindre 10 %.

B. Equipements électrothermiques

L’électricité est largement utilisée pour les fours de fusion, traitements thermiques,
réchauffage, cuisson, séchage, polymérisation...

1° L’isolation : il est indispensable de s’assurer de son bon état, de contrôler l’étanchéité des
portes et recommandé d’utiliser des nouveaux matériaux à faible inertie thermique comme les
réfractaires fibreux céramiques (voir en particulier le paragraphe 2.1 (Les fours à résistances)
pour une évaluation des économies réalisables). Placer des boules en polypropylène sur des
bains de traitement de surface diminue, par exemple, les pertes par la surface - par convection,
rayonnement et évaporation – de 20 à 50 %.

2° La régulation : une régulation fine est synonyme d’économie d’énergie. Les nouvelles
régulations à thyristors représentent souvent un pas décisif en ce domaine. Ainsi, dans un four
électrique à résistances de grande puissance – 1500 kW – la régulation par thyristors a permis
Applications de l’énergie électrique : 3ème partie : Electrothermie (cours) 1.12

d’éviter l’installation de turbines de brassage, ce qui fournit un excellent exemple de


substitution de l’information à l’énergie.

3° L’augmentation du taux d’engagement des fours : mieux organiser la production se traduit


par une réduction substantielle des consommations spécifiques (programmation de la
production, suppression ou réduction du fonctionnement â vide et des maintiens inutiles,
travail par campagne et groupage des charges, arbitrage entre fabrication interne et sous-
traitance...). Ainsi, par exemple, lorsque le taux d’engagement d’un four de fusion à induction
chute de 70 à 40 %, la consommation spécifique en kilowattheures par tonne coulée croît-elle
de 15 %.

4° La récupération d’énergie : elle n’est pas, comme on le pense parfois, le seul apanage des
fours à combustibles : elle est en effet possible sur tous les systèmes de refroidissement et
d’évacuation des liquides et des gaz (eau de refroidissement des inducteurs et des presses,
matières organiques éliminées lors de la cuisson dans l’industrie céramique, captation des
buées sur les bains industriels...) ainsi que lors du refroidissement des charges solides
(produits céramiques, pièces forgées ou traitées thermiquement...).

C. Tarification

Une meilleure utilisation de la tarification de l’électricité (réduction de la puissance appelée


en pointe, transfert des consommations vers les heures creuses, compensation du cosφ,
organisation du foisonnement des appels de puissance...) se traduit par des économies
financières pour l’entreprise, mais aussi par des économies d’énergie pour la collectivité
nationale.

Au niveau du producteur d’électricité, des centrales plus performantes peuvent être utilisées et
des investissements destinés à satisfaire la demande de pointe, donc peu rentables pour
l’économie nationale, différés ou supprimés. En conclusion, si les économies d’électricité
escomptables sont, prises individuellement, limitées, elles deviennent relativement
importantes au niveau de l’entreprise puisque comprises entre quelques pour-cent de la
consommation et 15 % environ. D’autant plus qu’elles peuvent être acquises, la plupart du
temps, sans investissement excessif et avec un temps de retour du capital excédant rarement
deux à trois ans.

1.5.2. Processus électrothermiques et économie de l’énergie


L’évaluation de l’intérêt d’un projet d’investissement doit comprendre, une analyse de ses
aspects techniques, économiques (en particulier coût et disponibilité en énergie), financier et
social. Au niveau de chaque entreprise, c’est donc bien une analyse multicritère qui doit
guider les choix d’investissement. Toutefois, l’évolution actuelle et prévisible du contexte
énergétique conduit, dans la plupart des pays, les Pouvoirs Publics à adopter des dispositifs
législatifs et réglementaires favorisant les économies d’énergie, accroissant ainsi la
compétitivité relative des techniques économes en énergie.

L’électricité, énergie « secondaire » souvent élaborée à partir d’autres sources d’énergie, se


trouve alors dans une situation particulière. Il faut en effet définir un coefficient d’équivalence
entre l’électricité et les sources d’énergie « primaire » telles que le pétrole ou le charbon. De
plus, un reproche parfois formulé à l’égard de l’électricité utilisée à des fins thermiques est
d’être une cause de gaspillage d’énergie primaire puisque l’une des lois fondamentales de la
Applications de l’énergie électrique : 3ème partie : Electrothermie (cours) 1.13

thermodynamique, souvent appelée principe de Carnot, limite le rendement des centrales


thermiques à 35 % environ. Pour les comparaisons d’efficacité énergétique globale, on
considère alors que pour 1 kWh livré à une entreprise industrielle, il faut consommer au
niveau de la centrale 10.46 MJ de fuel.

L’équivalence précédente est donc bien souvent trompeuse et seule une observation réelle sur
un éventail d’opérations industrielles permet d’appréhender la réalité des performances
énergétiques. L’analyse montre alors que là où il faut 1 kWh par un procédé électrique, ce
sont fréquemment 3 voire 4 thermiques que requièrent les solutions concurrentes. Comment
expliquer ce résultat, à priori surprenant puisque bousculant les certitudes nées d’une lecture
trop rapide de la thermodynamique ? Substituer l’électricité aux combustibles fossiles ne
signifie pas l’utiliser comme un combustible.
il ne serait ainsi pas rationnel d’utiliser, en masse, de la vapeur produite dans des chaudières
électriques, sans tirer parti des multiples possibilités de l’électricité (bien que des exemples
montrent, dans l’industrie chimique, que des chaudières électriques décentralisées au point
d’utilisation puissent rivaliser honorablement au plan énergétique avec certains systèmes
centralisés).

Passer des combustibles fossiles à l’électricité, c’est adopter dans bien des cas d’autres modes
de travail et d’autres procédés de fabrication et surtout une autre approche des choix
énergétiques. L’électricité n’a pas besoin de fluide caloporteur et c’est au lieu même où la
chaleur est nécessaire qu’il faut transformer l’électricité en énergie calorifique par celui de ses
effets qui est le mieux adapté à la transformation recherchée.
De nombreuses mesures effectuées sur des fours et équipements thermiques industriels
montrent que la mise à profit des propriétés spécifiques des procédés électrothermiques
conduit dans bien des cas à des économies d’énergie.

1.6. Transmission de la chaleur et échauffement des corps

Nous allons d’une manière brève rappeler les lois physiques fondamentales régissant la
thermique.

1.6.1. Relation entre température et chaleur


Les liens entre température et quantité de chaleur se traduisent par deux types de phénomènes:
- lorsqu’un corps reçoit une certaine quantité de chaleur, sa température s’élève ou il se
produit un changement de phase (fusion, vaporisation, sublimation) ;
- lorsque deux corps sont à températures différentes, le plus chaud cède de la chaleur au
moins chaud, de sorte que les températures tendent à s’uniformiser.

Ce transfert de chaleur peut s’effectuer suivant trois mécanismes :


- la conduction;
- la convection;
- le rayonnement.

Si la transmission de chaleur s’opère, en électrothermie, selon ces mécanismes, la


transmission d’énergie s’en écarte souvent, celle-ci s’effectuant dans bien des cas par
l’intermédiaire de mécanismes spécifiques comme le passage du courant électrique ou les
rayonnements électromagnétiques.
Applications de l’énergie électrique : 3ème partie : Electrothermie (cours) 1.14

1.6.2. Transmission de la chaleur


Les trois modes de transmission de la chaleur correspondent à des mécanismes physiques
différents; en pratique, ceux-ci se trouvent presque toujours associés dans un problème de
thermique industrielle, mais leur importance relative varie fortement en fonction de
l’application et de la technologie considérées.

A. La conduction

La conduction thermique (à ne pas confondre avec le chauffage par conduction électrique ou


chauffage par passage direct du courant dans la pièce à chauffer) est la propagation de la
chaleur de molécule à molécule dans un corps ou dans plusieurs corps contigus et opaques,
sans qu’il y ait mouvement du milieu ou que ce mouvement intervienne dans la transmission.
Ce mode de transmission caractérise essentiellement les transferts de chaleur à l’intérieur d’un
corps solide ou entre des corps solides contigus. Dans les liquides et les gaz, la conduction
thermique intervient également, mais, sauf dans le cas des produits très visqueux, son effet est
marginal par rapport à celui de la convection.

A.1. Loi de Fourier

L’analyse de la conduction thermique est fondée sur la loi de Fourier qui traduit la relation
existant, en chaque point d’un corps, entre le flux de chaleur et le gradient de température.
JG JG
D= −λG (1.1)
JG
D : vecteur densité de courant thermique (flux de chaleur par unité de surface) ;
JG
G : gradient de température ;
λ : conductivité thermique, spécifique d’un matériau donné.

Cette expression peut se mettre, dans le cas d’un milieu à une dimension ou lorsque, pour des
raisons de symétrie, la température ne dépend que de l’une des coordonnées (paroi plane,
cylindrique ou sphérique par exemple), sous la forme

dφ dθ
= −λ (1.2)
ds dx

φ : flux de chaleur en watts


θ : température en degrés Celsius
s : surface d’échange en mètres carrés
x : coordonnée du point considéré en mètres
λ : conductivité thermique en watts par mètre par degré Celsius

Les égalités vectorielles précédentes traduisent deux lois :


- la direction de l’écoulement de la chaleur coïncide avec celle du gradient de
température ;
- le flux de chaleur par unité de surface est proportionnel au gradient de température.

Le signe - caractérise le fait que l’écoulement de chaleur s’effectue dans le sens des
températures décroissantes, c’est-à-dire du plus chaud vers le plus froid.
Applications de l’énergie électrique : 3ème partie : Electrothermie (cours) 1.15

L’application de la loi de Fourier à un élément de matière de côtés dx, dy, dz, permet, en
utilisant le calcul intégral, de déterminer les quantités de chaleur transmises par conduction à
travers des corps de forme quelconque (relation habituellement appelée « équation de la
chaleur », t représentant le temps).

∂θ λ ⎛ ∂ 2θ ∂ 2θ ∂ 2θ ⎞
= ⎜ + + ⎟ (1.3)
∂t cγ ⎝ ∂x 2 ∂y 2 ∂z 2 ⎠

c et γ désignent la chaleur spécifique et la masse spécifique, λ / cγ est appelé diffusivité


thermique. L’expression précédente suppose λ indépendante de la température, ce qui n’est
le cas qu’une première approximation. λ varie, en particulier, avec la température et
l’humidité des matériaux et il faut, quand une précision élevée est nécessaire, tenir compte de
ces variations.

Dans le cas particulier où le régime est permanent, ∂θ / ∂t = 0 et la relation précédente se


réduit à Δθ = 0 , Δ désignant le laplacien.

La loi de Fourier permet d’étudier les problèmes de conduction thermique tant en régime
permanent qu’en régime variable. Il est ainsi possible de déterminer les pertes thermiques par
les parois des fours, la distribution de la température dans les parois, la vitesse de montée en
température des corps à chauffer, la distribution de la température à l’intérieur de ces corps,
l’isolation thermique optimale des équipements thermiques...

A.2. Régimes permanents

Lorsqu’un solide est soumis à des conditions aux limites constantes, il finit par s’établir, au
bout d’un temps plus ou moins long (sa valeur peut être estimée par l’étude du régime
variable), un régime permanent caractérisé par le fait que la température demeure constante en
chaque point. Les paragraphes suivants donnent quelques-uns des résultats obtenus en
étudiant ces régimes permanents dans le cas de corps de formes géométriques simples. La
conductivité thermique λ est supposée constante.

A.3. Paroi composite plane

Les parois des fours à résistances ou des cuves contenant des bains chauffés par
thermoplongeurs sont rarement constituées d’un matériau unique; elles comportent en effet
souvent une série de matériaux jouant chacun un rôle spécifique (réfractaire, isolant
thermique, revêtement anticorrosion...). Lorsque ces matériaux constituent des plaques planes
parallèles, il est facile d’étudier la transmission de chaleur à travers cette paroi à condition de
supposer sa surface infinie (en pratique, il faut tenir compte des effets d’extrémités).
Chaque élément de paroi est traversé par le même flux thermique, ce qui se traduit, si celle-ci
comprend n plaques dont les faces extrêmes sont maintenues à des températures θ et θ n +1 ,
par

θ1 − θ 2 θ 2 − θ3 θ −θ
φ= = = ⋅⋅⋅ = n n +1 (1.4)
e1 / λ1S e2 / λ2 S en / λn S
Applications de l’énergie électrique : 3ème partie : Electrothermie (cours) 1.16

θ1 − θ n +1
soit en additionnant φ=
∑ ei / λi S

Figure 1.2 : Paroi composite plane

L’expression R = ei / λi S est appelée, par analogie avec la conduction électrique, résistance


thermique (certains auteurs désignent sous ce nom la résistance thermique de l’unité de
surface ei / λi . La résistance thermique d’une paroi composite plane est égale à la somme des
résistances thermiques élémentaires.

La variation de température lors de la traversée d’une plaque est proportionnelle à la


résistance thermique :

ei
θi − θi +1 = φ (1.5)
λi S

Dans la plaque de rang i, la répartition de la température est donnée, si x désigne la distance à


la plaque de rang i- l, par

θ1 − θ n +1 x
θ x = θi − φ (1.6)
RS λi

La courbe de répartition des températures est donc constituée de segments de droite dont les
coefficients angulaires sont inversement proportionnels au coefficients de conductivité
thermique des matériaux formant les différents éléments de la paroi.

Cette analyse montre l’importance du coefficient de conductivité i dans la transmission de la


chaleur par conduction. Des valeurs faibles caractérisent les isolants thermiques, des valeurs
élevées les bons conducteurs de la chaleur. Les valeurs des coefficients λ sont fournies par
les fabricants de matériaux. La température de référence et la courbe λ = f (θ ) revêtent une
grande importance pour le choix de ces matériaux. Le tableau suivant donne, à titre indicatif,
la conductivité thermique de quelques matériaux.
Applications de l’énergie électrique : 3ème partie : Electrothermie (cours) 1.17

A.2.2. Paroi cylindrique composite

De nombreuses enceintes thermiques ont une forme cylindrique (tuyauteries, canalisations,


fours circulaires...). Dans le cas de deux surfaces cylindriques concentriques indéfinies de
rayon r1 et r2, maintenues respectivement aux températures θ1 et θ 2 , le flux de chaleur par
unité de longueur s’exprime par

θ1 − θ 2
φ = 2πλ (1.7)
ln ( r1 / r2 )

La résistance thermique par unité de longueur du tube est alors

ln ( r1 / r2 )
R= (1.8)
2πλ

Elle peut s’exprimer sous une forme analogue à celle trouvée pour la paroi plane, soit
R = (r2-r1)/λS , à condition de poser

2π (r1 − r2 ) ( S 2 − S1 )
S = = (1.9)
ln ( r2 / r1 ) ln S 2 − ln S1

c’est-à-dire de prendre pour S la moyenne logarithmique de la surface intérieure


et de la surface extérieure.

Pour un tube cylindrique composite comprenant n couches, l’expression du flux thermique par
unité de longueur devient alors
Applications de l’énergie électrique : 3ème partie : Electrothermie (cours) 1.18

(θ1 − θ n +1 ) ln ( ri +1 / ri )
φ= avec R = (1.10)
R 2πλi

Figure 1.3 : Paroi cylindrique composite

L’évolution de la température à l’intérieur d’une couche de rang i est

θi − θ n +1 ln(r / ri )
θr = (1.11)
R 2πλi

θi − θ n +1 e 2π (r − ri )
Soit θr = avec S = et e = r − ri
RS λi ln(r / ri )

A.2.3. Paroi sphérique composite

Pour un solide limité par deux sphères concentriques de rayon r1 et r2, maintenues
respectivement aux températures θ1 et θ 2 , le flux de chaleur s’exprime par

4πλ (θ1 − θ 2 )
φ= (1.12)
(1/ r1 ) − (1/ r2 )
La résistance thermique de l’enceinte sphérique est donc

R=
(1/ r1 ) − (1/ r2 ) (1.13)
4πλ

Elle peut s’exprimer sous une forme analogue à celle trouvée pour la paroi plane, soit
R = (r2-r1)/λS à condition de poser S = 4πr1 r2 = S1 S 2 c’est-à-dire de prendre pour S la
moyenne géométrique de la surface interne S1 et de la surface externe S2 .

Pour une paroi composite comprenant n couches, l’expression du flux thermique devient alors

φ=
(θ1 − θ n +1 ) avec R =∑
(1/ ri ) − (1/ ri +1 ) (1.14)
R 4πλi
Applications de l’énergie électrique : 3ème partie : Electrothermie (cours) 1.19

L’évolution de la température à l’intérieur d’une couche de rang test donnée par

θ1 − θ n +1 ⎛ 1 1 ⎞
θ r = θi − ⎜ − ⎟ soit (1.15)
R 4πλi ⎝ ri r ⎠

θ1 − θ n +1 e
θ r = θi − avec S = 4πr1r2 et e = r - ri
RS λi

A.2.4. Cas général

Les équipements thermiques utilisés dans la pratique industrielle ont souvent des formes
relativement complexes. Les fours se rapprochent toutefois généralement de la forme
parallélépipédique. Les déperditions thermiques des fours et autres équipements thermiques
étant calculées par unité de surface des parois, il faut multiplier celles-ci par la surface de
chaque paroi homogène pour obtenir ses déperditions thermiques. Or le flux de chaleur
pénètre par la surface intérieure minimale et s’écoule par une section croissante jusqu’à la
surface extérieure qui présente une aire maximale. Divers auteurs (Langmuir, Trinks,
Paschkis, Heiligenstädt...) ont cherché à établir dans ce cas la surface moyenne équivalente,
compte tenu de l’épaisseur des parois et des dimensions du four. Ces méthodes ont fait l’objet
de publications et ne sont donc rappelées que pour mémoire.

Dans le cas le plus général de surfaces de formes quelconques, il faut retourner aux équations
fondamentales de la conduction de la chaleur et utiliser des méthodes analogiques ou
numériques pour résoudre le problème posé. Pour les problèmes usuels, les résultats
précédents constituent cependant souvent une approximation suffisante.

A.3. Régimes variables

La conduction de la chaleur en régime variable intéresse essentiellement le chauffage d’une


charge dans un four, l’échauffement des parois des fours et la récupération de chaleur. Il
convient alors de revenir à l’équation générale :

∂θ λ ⎛ ∂ 2θ ∂ 2θ ∂ 2θ ⎞
= ⎜ + + ⎟ (1.16)
∂t cγ ⎝ ∂x 2 ∂y 2 ∂z 2 ⎠

La signification de la diffusivité thermique a = λ / cγ apparaît alors clairement.


La chaleur spécifique c et la masse volumique γ freinent l’échauffement d’un corps, celui-ci
croissant de façon inverse avec leur valeur, tandis que la vitesse à laquelle se propage une
élévation de température est proportionnelle au coefficient de conductivité thermique λ .

L’étude mathématique de ces régimes variables est, dans le cas général, extrêmement
complexe. On peut donner, à titre d’exemple, le cas d’un corps semi-infini limité par une
surface plane dont la température à l’instant initial est uniforme ( θ = θ 0 ). Au temps t = 0, la
surface du corps est brusquement portée à la température θ1 = 0 et maintenue à cette
température. L’intégration de l’équation différentielle précédente permet, en tenant compte
des conditions initiales et aux limites, de déterminer l’évolution de la température en fonction
du temps t et de la distance x à la surface :
Applications de l’énergie électrique : 3ème partie : Electrothermie (cours) 1.20

θ ⎛ x ⎞
= 2G ⎜ ⎟ (1.17)
θ0 ⎝ 2at ⎠

G désignant la fonction de Galton (intégrale de la courbe de Gauss) définie par


x
1
∫e
−u2 / 2
G( X ) = du (1.18)
2π 0

Figure 1.4 Evolution de la température dans un massif semi-infini ( θ1 = 0 )


(a) Variation de θ/ θ0 en fonction de x / 2at
(b) Distribution de la température à un instant donné
(c) Variation de la température dans le temps à une distance donnée de la surface
Applications de l’énergie électrique : 3ème partie : Electrothermie (cours) 1.21

Si la surface du corps est portée à la température θi , la loi de variation de la température


devient :

θ − θ1 ⎛ x ⎞
= 2G ⎜ ⎟ (1.19)
θ0 − θ1 ⎝ 2at ⎠

B. La convection

La convection caractérise la propagation de la chaleur dans un fluide, gaz ou liquide, dont les
molécules sont en mouvement. Ce phénomène est fondamental pour l’étude des échanges de
chaleur dans les fluides, mais aussi entre fluides et solides. Lorsqu’un solide est baigné par un
fluide en mouvement, de la chaleur est échangée par conduction thermique entre le solide et
les particules de fluide se trouvant à son contact. En raison du mouvement du fluide, un point
du solide ne demeure pas en contact avec la même particule du fluide. Des molécules du corps
fluide entrent au contraire sans cesse en collision avec le corps solide et celui-ci échange donc
de la chaleur successivement avec différentes particules du fluide. De même, à l’intérieur du
fluide, de la chaleur se transmet par conduction entre deux particules voisines, mais celles-ci
se renouvellent en permanence et viennent au contact de particules différentes. Bien que le
mécanisme élémentaire d’échange soit la conduction thermique, le phénomène global de
transmission de la chaleur, appelé convection thermique, résulte de la combinaison de cette
conduction et du mouvement du fluide et obéit à des lois spécifiques. L’échange de chaleur
devient, en particulier, d’autant plus intense que l’agitation du fluide est plus marquée. Deux
types de convection sont généralement distingués
- la convection naturelle dans laquelle le mouvement du fluide est provoqué par les
différences de température entre le solide et le fluide ou entre les différents éléments
du fluide ;
- la convection forcée, dans laquelle le mouvement du fluide est provoqué par un
procédé mécanique indépendant des phénomènes thermiques, son but étant d’accélérer
le transfert de chaleur.

L’étude de la transmission de chaleur par convection est donc étroitement liée à celle de
l’écoulement des fluides. Seuls les principaux résultats concernant ce domaine, extrêmement
complexe, sont donnés dans la suite de ce paragraphe.

B.1. Coefficient de convection

Le flux de chaleur échangé entre un solide et l’ambiance à travers une surface élémentaire
entourant un point de la surface de ce solide s’exprime par :

dφ = α dS (θ a − θ s ) (1.20)

φ : flux de chaleur échangé en watts;


S : surface d’échange en mètres carrés;
θ a : température ambiante en degrés Celsius;
θ s : température de surface du solide en degrés Celsius;
α : coefficient de convection en watts par mètre carré par degré Celsius.
Applications de l’énergie électrique : 3ème partie : Electrothermie (cours) 1.22

Le cœfficient de convection thermique ne constitue pas une constante


absolue, mais dépend de très nombreux facteurs tels que :
- les caractéristiques du fluide : coefficient de conduction, chaleur spécifique,
masse volumique, viscosité, vitesse, température ;
- la nature de l’écoulement turbulent ou laminaire ;
- les caractéristiques de la paroi : forme, dimensions, rugosité, température,
propreté ;
- la position respective du fluide et de la paroi : angle d’attaque de la paroi par
le fluide.

L’expression précédente donnant le flux de chaleur transmis n’implique donc pas que celui-ci
soit proportionnel à la différence de température.

La convection a fait l’objet de très nombreuses études pour déterminer les valeurs du
coefficient α dans la plupart des cas rencontrés en thermique industrielle.

B.2. Transfert de chaleur par convection

Le coefficient de convection varie dans des proportions considérables :


- pour les gaz, de 2 à 100 W/m2.°C ;
- pour les liquides sans changement d’état, de 100 à 200 W/m2.°C ;
- pour les fluides se condensant ou se vaporisant, de 1000 à 50000 W/m2.°C.

Le coefficient de convection est, avec les gaz, souvent très faible. Aussi, pour accélérer les
échanges thermiques, utilise-t-on, dans la plupart des applications industrielles, la convection
forcée et non la convection naturelle; le coefficient de convection est en effet alors beaucoup
plus élevé puisque sa valeur se situe :
- pour de l’air calme, entre 3 et 15 W/m2.°C
- pour de l’air en mouvement, entre 10 et 150 W/m2.°C.

Une bonne approximation du coefficient de convection en air calme est donnée, pour des
parois planes, par:

α = A (θ a − θ s )
0,25
(1.21)
avec :
A = 1,8 pour les parois verticales ;
A = 1,3 pour les parois horizontales dirigées vers le bas ;
A = 2,5 pour les parois horizontales dirigées vers le haut.

Pour les tuyauteries, le coefficient ce convection en air calme s’exprime par

(θ − θ )
0,25

α = 1.32 a s (1.22)
d

C. Le rayonnement

Le rayonnement caractérise l’échange direct de chaleur entre deux corps à températures


différentes séparés par un espace transparent à ce rayonnement. Le rayonnement thermique
est un phénomène électromagnétique.
Applications de l’énergie électrique : 3ème partie : Electrothermie (cours) 1.23

La transmission de chaleur par rayonnement entre les surfaces de deux solides obéit à la loi de
Stéfan-Boltzmann. Son importance physique et sa valeur générale proviennent de son accord
avec les faits et de son exactitude qui surpasse celle des autres lois de transmission de la
chaleur. La loi de Stéfan-Boltzmann s’exprime par une relation de la forme

φ = ε F σ S (T14 − T24 ) (1.23)

φ flux de chaleur transmis en watts;


T1 température de la surface émettrice en degrés Kelvin;
T2 température de la surface réceptrice en degrés Kelvin
σ constante de Stefan égale à 5.73 ×10−8 W/m2 . K
S aire de la surface émettrice
ε coefficient mutuel de rayonnement
F facteur d’angle de la surface réceptrice par rapport à la surface émettrice

Le coefficient mutuel de rayonnement ε dépend essentiellement des propriétés des surfaces


des corps en regard en matière d’émission et d’absorption du rayonnement, mais aussi de leur
forme et de leur position relative. Le facteur d’angle n’est fonction que de la forme des
surfaces et de leur position l’une par rapport à l’autre.

La transmission de chaleur par rayonnement revêt une importance primordiale en


électrothermie industrielle. Le chauffage par rayonnement infrarouge est en effet fondé sur ce
mode de transfert thermique et celui-ci occupe une place très importante dans les fours à
résistances.

D. Transmission de chaleur à travers une paroi baignée par deux fluides

De nombreux problèmes de thermique industrielle se ramènent à une étude de transmission de


la chaleur d’un fluide à un autre à travers une paroi ou une série de parois et de milieux
successifs (déperditions thermiques à travers les parois des fours et autres équipements
thermiques, échangeurs de chaleur...).

Dans le cas de surfaces planes ou assimilables, le flux de chaleur global transmis à travers une
paroi composite est souvent mis sous la forme

φ = KS (θ 2 − θ1 ) (1.24)

φ flux de chaleur transmis en watts ;


S surface d’échange en mètres carrés ;
θ 2 et θ1 températures des deux fluides en degrés Celsius;
K coefficient total de transmission thermique en watts par mètre carré par degré Celsius.

Les deux faces de la paroi ne sont pas à la même température que les deux fluides qui la
baignent. La transmission de la chaleur se fait en effet :
- au contact du fluide et des parois, par convection, rayonnement et convection, la part
respective de chacun de ces modes dépendant de la nature du milieu et de l’émission
Applications de l’énergie électrique : 3ème partie : Electrothermie (cours) 1.24

de chaleur (convection et conduction avec les liquides, rayonnement et convection


dans les fours haute température...) ;
- à travers les parois. essentiellement par conduction.

Le coefficient K s’exprime par la relation

1 1 e 1
= +∑ i + ou R = Re1 + ∑ Ri + Re2 (1.25)
K K1 λi K 2

La paroi composite baignée par deux fluides est donc équivalente d’un point de vue thermique
â un ensemble de résistances disposées en série. La résistance thermique totale (R = 1 /KS) est
égale à la somme des résistances des parois proprement dites et de deux résistances
superficielles de contact. Cette méthode est très utilisée en chauffage du bâtiment. Dans un
four haute température, l’influence de Re1 , sur la résistance thermique totale est faible car le
coefficient d’échange, notamment par rayonnement, est très grand et le calcul se fait
pratiquement en prenant θ 2' = θ 2 En revanche, θ1' peut être très différent de la température
ambiante θ1 et le coefficient superficiel d’échange revêt alors une grande importance. En
pratique, la température ne connaît pas en surface une discontinuité comme celle indiquée sur
la figure 1.5, mais subit une variation très rapide dans le fluide en contact avec la paroi.

Dans le cas des parois non planes, il est possible de définir de la même façon une résistance
thermique globale équivalente.

Figure 1.5 : Transmission de la chaleur à travers une paroi baignée par deux fluides

1.6.3. Echauffement des corps

La combinaison des phénomènes élémentaires de transmission de la chaleur par rayonnement,


convection et conduction constitue le processus thermique produisant l’élévation de
température de la charge. Il n’est pas toujours possible de rassembler dans une équation
unique ou dans un ensemble d’équations ce phénomène complexe. Mais, dans de nombreux
cas, une analyse fondée sur les lois indiquées précédemment permet, à condition d’admettre
certaines simplifications et approximations, de donner des solutions simples aux problèmes
posés avec une précision satisfaisante.
Applications de l’énergie électrique : 3ème partie : Electrothermie (cours) 1.25

La transmission d’énergie s’écarte toutefois souvent en électrothermie des transferts


thermiques usuels et il est indispensable d’en tenir compte dans l’analyse de l’échauffement
des produits.

L’énergie nécessaire à l’échauffement d’un corps est égale à la somme de


- la chaleur sensible, qui se met sous la forme mc (θ 2 − θ1 ) , c, chaleur spécifique; m,
masse à chauffer ; θ 2 − θ1 , échauffement ;
- la chaleur latente de changement d’état ou la chaleur de réaction chimique ; celles-ci
peuvent généralement se mettre sous la forme Lm; L, chaleur latente ou de réaction; m,
masse à chauffer (dans le cas d’une réaction exothermique, Lm vient en déduction des
besoins thermiques).

Alors que les chaleurs spécifiques des corps solides ou liquides varient peu avec la pression
ou le volume, il n’en est pas de même pour les gaz; pour ceux-ci, il est alors indispensable de
distinguer la chaleur spécifique à volume constant cv de la chaleur spécifique à pression
constante cp.

Lorsqu’un corps se présente au cours d’un échauffement sous différents états, la chaleur
nécessaire à l’échauffement est égale à la somme des chaleurs latentes et sensibles.

Ces notions permettent de déterminer les besoins thermiques et les puissances à installer et
d’évaluer les rendements et les consommations spécifiques prévisibles.
Applications de l’énergie électrique : 3ème partie : Electrothermie (cours) 2.1

Chapitre 2 : Procédés électrothermiques industriels


2.1. Chauffage par résistance

Le chauffage interne (direct) est employé surtout pour chauffer les éléments métalliques avant
de les soumettre au façonnage par déformation plastique. L’élément primordial d’une
machine à chauffer est le transformateur qui sert à abaisser la tension. Le schéma de
connexion est présenté par la figure suivante

Figure 2.1 : Chauffage interne par résistance

Le courant a une grande intensité et chauffe vite l’élément métallique. En raison de cela,
l’installation d’une chambre d’isolation thermique est superflue.

Le chauffage externe (indirect) est réalisé par les fours à résistance ou par les étuves.
Les températures dans les étuves ne dépassent pas 300°C, dans les fours elles peuvent
atteindre jusqu’à 2000°C.

Les fours ont la forme d’une chambre dont les parois sont en matériaux réfractaires et isolants
calorifuges. Les résistances sont installées soit sur les parois, soit dans les parois, ils ont la
forme de fils ou bandes métalliques de tiges de graphite ou de carbure de silicium. La charge
peut être placée soit dans l’atmosphère à l’intérieur du four, soit dans un bain (figure 2.2). Le
régime de fonctionnement peut être cyclique (charge - chauffage - décharge) ou continu (alors
le four est équipé de deux orifices, la charge est introduite par un orifice de manière continue,
chauffée au cours de son passage dans le four et sort par l’autre orifice.

On utilise des résistances gainées (protégées, enrobées ou enveloppées) pour l’équipement des
appareils autres que des fours travaillant à haute température > 600 °C ainsi que le chauffage
des fluides (liquides ou gaz) et des solides (moules).

Ainsi, pour le chauffage par électrolyte, le chauffage est dit direct si l’électrolyte forme la
charge alors que si le but est de chauffer les éléments immergés dans l’électrolyte, on parle
d’un chauffage indirect.

Les chaudières à électrodes servent à chauffer l’eau, elles ont la forme d’un récipient rempli
d’eau dans lequel sont installées les électrodes.

En général le chauffage d’eau dans ces chaudières est plus cher que le chauffage par
combustion, mais il peut s’avérer rentable si
Applications de l’énergie électrique : 3ème partie : Electrothermie (cours) 2.2

1°) l’eau chaude est rarement nécessaire


2°) l’énergie électrique est bon marché par rapport aux combustibles.

Les bains de sel qui servent à la cimentation et à la trempe d’acier sont de fours à électrodes
immergées dans un mélange de sels de potassium, de sodium et de baryum. Ces sels
deviennent des conducteurs s’ils sont fondus. Pour la fusion préliminaire on emploie des
électrodes auxiliaires placées près des électrodes principales. Après la fusion préliminaire
d’une partie du sel on écarte ces électrodes auxiliaires.

Les fours à haute température sont employés pour la cimentation et la trempe, les fours à
basse température pour le revêtement.

Un autre type de fours à électrodes est le four électrolytique qui sert à la production de métaux
purs dans le cas où on ne peut pas employer l’électrolyse de solutions aqueuses. . Ces fours
sont utilisés pour la production d’aluminium par électrolyse. L’oxyde anhydre d’aluminium
(alumine) en solution, en fluorure double d’aluminium et de sodium (cryolithe). Un type d’un
four électrolytique a la forme d’une cuve en acier. Le fond de cette cuve est garni de plaques
de carbone qui forment la cathode. L’anode est formée par des blocs en carbone suspendus
au-dessus de la cuve et partiellement immergés dans l’électrolyte. La température du bain est
de 700°C à 800°C, la tension aux bornes de la cuve de 6 à 8 volts.

2.2. Chauffage par arc

Le chauffage par arc est employé surtout pour la production d’acier.

Le chauffage direct par arc est le procédé le plus brutal de chauffage électrique. L’arc
électrique jaillit entre une électrode et la surface de la charge qui forme le deuxième pôle.
L’intensité du courant et la quantité de chaleur produite dépendent de la longueur de l’arc et
de la résistivité de la charge.

Le four à arc peut être alimenté en monophasé (un seul arc ou deux arcs en série, figures 2.2
(a) et (b)) ou en triphasé, figure 2.2 (c). Dans cette dernière construction, on connecte, dans la
plupart des cas, la charge au point neutre du réseau d’alimentation.
+ R S T
+ -

-
N
(a) (b) (c)

Figure 2.2 : Chauffage par arc

Les fours à arc destinés à la fusion de la ferraille pour la production d’acier sont caractérisés
par de brusques variations de l’intensité de courant au début du processus.
Ces variations de courant occasionnent des variations de chutes de tension et en conséquence
Applications de l’énergie électrique : 3ème partie : Electrothermie (cours) 2.3

des variations de tension, ce qui est pénible aux autres consommateurs. A cause de ce
phénomène, on s’efforce d’alimenter les grands fours (capacité par exemple d’une
cinquantaine de tonnes) du réseau à la tension élevée (par exemple 110 kV, 220 kV) par un
transformateur individuel, qui n’alimente que les fours. Parfois on est contraint d’installer des
dispositifs spécialisés comme réactances, batteries de condensateurs ou compensateurs
synchrones.

Les fours à arc au chauffage indirect ont dans la plupart de cas la forme d’un cylindre
horizontal équipé d’électrodes installées sur son axe. La charge se trouve au-dessous des
électrodes et est chauffée par l’arc qui jaillit au-dessus de la charge. Les parois sont exposées
au surchauffement car elles sont en matériaux réfractaires, bons isolants. Pour éviter le
surchauffement, le four exécute des mouvements pendulaires, grâce auxquels les parois sont
refroidies par le métal fondu (figure 2.3). Ces fours sont appropriés pour les métaux à basse
température de fusion ( ≤ 1400 °C).

Figure 2.3 : Chauffage indirect par arc

2.3. Chauffage par induction électromagnétique

2.3.1. Principe de fonctionnement


Tous les types de four à induction sont caractérisés par la transformation de l’énergie
électrique selon le schéma employé dans les transformateurs. L’enroulement primaire dit
inducteur est alimenté du réseau. La pièce à chauffer constitue l’enroulement secondaire.

Le courant secondaire est la résultante de l’ensemble des courants de Foucault induits dans la
masse à chauffer.

Le bobinage inducteur est constitué d’un ensemble de spires dont la géométrie s’adapte à celle
d’un de la pièce à chauffer, comme représenté sur la figure 2.4 ci-dessous.

Un des paramètres essentiels du chauffage par induction est la fréquence de l’alimentation


électrique parce que la profondeur de pénétration du courant dans la pièce à chauffer
(épaisseur de peau) est donnée par la relation

ρ
p= (2.1)
π fμ
ρ : résistivité du métal chauffé
μ : perméabilité du métal chauffé
f : fréquence.
Applications de l’énergie électrique : 3ème partie : Electrothermie (cours) 2.4

Figure 2.4 : Génération de courants dans la pièce à chauffer

2.3.2. Types de fours à induction


a) Four de fusion à creuset

Le transformateur est constitué d’un bobinage primaire disposé autour du creuset, le métal à
fondre faisant office de bobinage secondaire.

Figure 2.5 : Four de fusion à creuset

b) Four de fusion à canal

La réalisation est beaucoup plus proche du transformateur classique, avec le primaire et le


secondaire à l’intérieur du circuit magnétique en tôles feuilletées.
Applications de l’énergie électrique : 3ème partie : Electrothermie (cours) 2.5

Figure 2.6 : Four de fusion à canal

Le secondaire de ce transformateur est constitué par un canal dans lequel circule le métal en
fusion.

2.3.3. Avantages du chauffage par induction


Comme avantages, on peut citer :
- rapidité de chauffe et faible inertie (3 à 10 minutes de chauffage pour des billettes de
diamètre 60 à 150 mm) ;
- souplesse de fonctionnement ;
- consommation spécifique peu dépendante du débit ;
- conduite simple ;
- température de chauffage uniforme dans le temps ;
- peu d’oxydation du métal ;
- pas de problème d’environnement ;
- meilleures conditions de travail ;
- faible encombrement ;
- avantages métallurgiques.

2.3.4. Faiblesses des fours à induction

A cause de leur conception, les équipements à induction peuvent provoquer des perturbations
sur le réseau électrique d’alimentation.

En outre, dans ces équipements, les fuites magnétiques entre le primaire et le secondaire sont
très importantes.

2.3.5. Gammes de puissance et alimentation


Les équipements de réchauffage sont très variés et l’on rencontre des puissances comprises
entre 100 W et 50 kW alimentées en monophasé 220 ou 380 V.

Des équipements plus importants pour des puissances comprises entre 50 kW et 2 000 kW
sont alimentées en triphasé par l’intermédiaire :
- d’un transformateur d’adaptation si nécessaire ;
Applications de l’énergie électrique : 3ème partie : Electrothermie (cours) 2.6

- d’un convertisseur permettant simultanément l’alimentation en monophasé de


l’inducteur et la conversion à la fréquence la mieux adaptée au traitement thermique.
Les équipements de fusion sont aussi très variés.

Pour des fours à creuset, on rencontre :


- des alimentations monophasées jusqu’à 100 kW ;
- des alimentations triphasées pour des puissances supérieures (jusqu’à 1 000 kW).

Pour des fours à canal, on rencontre :


- des alimentations monophasées jusqu’à 150 kW (un seul canal en U, un seul
inducteur) ;
- une alimentation triphasée par inducteur jusqu’à 1 200 kW (trois canaux en W par
inducteur).

Des fours de fusion à canal de grande capacité de fusion peuvent être réalisés avec plusieurs
inducteurs triphasés installés sur la même cuve, permettant d’atteindre ainsi des puissances de
plusieurs mégawatts.

2.4. Chauffage par hystérésis diélectrique

2.4.1. Principe
Un diélectrique, c’est-à-dire un matériau présentant la propriété d’être un isolant électrique, se
polarise s’il est placé dans un champ électrique, par exemple entre les deux électrodes d’un
condensateur. Si ce champ électrique est alternatif, les déformations successives des
molécules produisent un échauffement. Cet effet thermique est désigné sous le nom de
chauffage par hystérésis diélectrique, par pertes diélectriques ou tout simplement chauffage
diélectrique. Le terme chauffage par pertes diélectriques devrait cependant être banni puisque
ces «pertes diélectriques », expression héritée de l’électrotechnique où on cherche à les
réduire le plus possible, représentent en fait l’effet utile de cette technique.

Le mécanisme de dissipation de la chaleur est extrêmement complexe, mais


une description très simplifiée peut en être donnée. Cet échauffement s’explique
par le déplacement des charges électriques sous l’effet du champ électrique au sein même de
l’atome (polarisation électronique) et aux limites entre deux milieux hétérogènes (polarisation
ionique).
Ainsi, sous l’effet d’un champ électrique, un atome ou une molécule comportant des charges
négatives (électrons) et des charges positives (protons) tendent-ils à se déformer, les charges
étant attirées par les électrodes de polarité inverse à la leur. Lorsque la polarité des électrodes
est inversée, les charges de l’atome ou de la molécule sont attirées dans la direction inverse et
ces changements successifs de direction provoquent un échauffement.

Figure 2.7 : Représentation schématique du chauffage hystérésis diélectrique


Applications de l’énergie électrique : 3ème partie : Electrothermie (cours) 2.7

Plus la fréquence du champ électrique est élevée, plus les frottements sont intenses et le
dégagement de chaleur élevé. On distingue généralement le chauffage par hystérésis
diélectrique haute fréquence pour lequel la fréquence est comprise entre 10 et 300 MHz
(domaine des ondes radio) et le chauffage hyperfréquence et chauffage par micro-ondes qui
utilise la gamme de fréquences 300-30000 MHz.

L’intérêt essentiel du chauffage par hystérésis diélectrique réside dans sa propriété par
laquelle le dégagement de chaleur produit directement et uniquement dans la masse du
matériau à chauffer.

Les isolants électriques sont, en effet, souvent de mauvais conducteurs de la chaleur. Avec les
méthodes classiques de transfert d’énergie par rayonnement et convection d’une source de
chaleur à la surface d’un corps, puis échauffement dans la masse par conduction thermique, le
gradient de température surface-coeur de la pièce à chauffer est souvent important et la vitesse
de chauffage, donc la productivité, faible. D’autres aspects du chauffage diélectrique peuvent
renforcer son intérêt, densité de puissance élevée, chauffage sélectif... Le coût des
équipements de chauffage diélectrique est toutefois, ramené au kilowatt installé, élevé.

Le recours à ce mode de chauffage doit donc être soigneusement étudié et possibilités


d’utiliser d’autres techniques moins capitalistiques comme le chauffage par résistances ou par
infrarouges préalablement analysées.

2.4.2. Calcul simplifié de la puissance dissipée dans une charge homogène


Les caractéristiques du chauffage diélectrique dépendent essentiellement du matériau à
chauffer et de l’application

Dans le cas d’une charge homogène de forme parallélépipédique placée entre les deux
armatures planes ou/et parallèles d’un condensateur auxquelles est appliquée une différence
de potentiel alternative à haute fréquence, il est facile d’établir l’expression de la puissance
dissipée dans le corps à chauffer par un calcul simplifié.

Figure 2.8 : Schéma de principe de chauffage diélectrique

Dans un condensateur parfait, la puissance absorbée entre les armatures est nulle. Le courant
est déphasé de π 2 par rapport à la tension. Si on insère en revanche un diélectrique entre les
armatures, il se produit un dégagement de chaleur et le condensateur peut alors être remplacé,
du point de vue électrique, par une capacité parfaite C montée en parallèle avec une
Applications de l’énergie électrique : 3ème partie : Electrothermie (cours) 2.8

résistance R. Le courant actif parcourant la résistance est en phase avec la tension haute
fréquence appliquée tandis que le courant réactif est déphasé de π 2 par rapport à la tension.
En chauffage diélectrique, on utilise de préférence à l’angle φ, de déphasage de l’intensité sur
la tension son complément l’angle δ (ϕ + δ = π 2 ) , encore appelé « angle de pertes » (encore
que, comme il l’a été souligné précédemment, cet « angle de pertes » caractérise en fait l’effet
utile du chauffage.

La puissance active transmise au corps à chauffer est égale à :

Pp = VI sin δ = VI c tgδ (2.2)

avec I c = ωVC = 2π fVC

soit Pp = 2π fV 2Ctgδ

Pour un condensateur plan, la capacité s’exprime par

C capacité en farad
S surface des armatures en mètres carrés
d distance des armatures en mètres
ε r constante diélectrique relative (permittivité relative)
ε 0 constante diélectrique du vide

La puissance dégagée est donc

Pp = 2π f V 2ε 0 ε r tgδ [W] (2.3)

La densité de puissance volumique est alors, en remplaçant la tension par le champs électrique
E égal à

Pp = 2π f E 2ε 0 ε r tgδ [W/m3] (2.4)

E intensité du champ électrique

En remplaçant les constantes par leurs valeurs, l’expression de la densité de puissance


calculée en watts par centimètre cube devient :

Pp = 5.56 ×10−13 f E 2ε r tgδ [W/cm3] (2.5)

Avec E en volt par centimètre

Le produit ε r tgδ est appelé « facteur de pertes » ; il serait d’ailleurs plus judicieux de
l’appeler « facteur de transmission de la puissance » puisqu’il caractérise en fait l’aptitude
d’un produit à être chauffé par hystérésis diélectrique. Pour donner une interprétation simple à
cette grandeur, on peut considérer que tgδ traduit la résistance du matériau au mouvement
Applications de l’énergie électrique : 3ème partie : Electrothermie (cours) 2.9

des molécules qui le composent (comparable à une « viscosité » au niveau


moléculaire) et que ε r caractérise l’aptitude à la polarisation du matériau.

La densité de puissance est proportionnelle à la fréquence, au champ électrique et au facteur


de pertes. Les valeurs courantes de cette densité de puissance se situent entre 0.5 et 5 W/cm3.

2.5. Chauffage par rayons cathodiques (bombardement électronique)

2.5.1. Principe du chauffage par bombardement électronique


L’idée d’utiliser les faisceaux d’électrons à des fins thermiques remonte au début des années
1900 avec les travaux de Von Pirani. Il fallut cependant attendre une quarantaine d’années
pour que des installations industrielles ou semi-industrielles voient le jour grâce aux progrès
réalisés dans les techniques du vide et de l’optique électronique qui permettent respectivement
d’obtenir le vide poussé, de l’ordre de 10-4 Torr, nécessaire à la propagation du faisceau
d’électrons et de contrôler sa trajectoire et ses caractéristiques. Le chauffage par
bombardement électronique est, dans son principe, très simple. L’énergie cinétique d’un
faisceau d’électrons est convertie en chaleur lors du choc avec une cible constituée par le
corps à chauffer. Le chauffage par bombardement électronique est essentiellement utilisé, en
production industrielle, pour le soudage, la fusion d’alliages métalliques spéciaux, la
vaporisation des métaux et le revêtement par dépôts superficiels, le traitement thermique des
métaux et le micro-usinage. Une autre application des faisceaux d’électrons concerne la
polymérisation, la réticulation et le greffage de matières organiques, en particulier de
revêtements sur tous supports (bois, métal...); c’est alors l’effet radiochimique de l’irradiation
électronique qui est utilisé et non plus l’effet thermique des faisceaux d’électrons.

2.5.2. Caractéristiques du chauffage par bombardement électronique


La physique des faisceaux d’électrons sous vide a été étudiée de façon approfondie lors du
développement des microscopes électroniques et des tubes électroniques. Ces études ont été
complétées lors de la mise au point des applications industrielles qui mettent en oeuvre des
faisceaux de puissance bien plus importante. Les calculs complets des trajectoires,
inextricables analytiquement, font appel à des techniques numériques très élaborées.

2.5.3. Énergie d’un faisceau d’électrons


Dans le chauffage par bombardement électronique, il faut extraire des électrons d’une surface
appropriée, la cathode, leur communiquer une énergie cinétique en les accélérant par un
champ électrique (leur vitesse est de l’ordre de 85 000 km/s pour une tension de 20 kV) et les
concentrer sur une cible. Lorsque les électrons heurtent la cible, leur énergie cinétique est
transformée en énergie thermique qui est utilisée pour l’application considérée. Une faible
partie de l’énergie est toutefois perdue sous forme d’émission secondaire d’électrons et de
rayons X dont il faut se protéger par une conception adaptée de l’enceinte de travail (cette
émission de rayons X est très faible lorsque la tension reste limitée, 1 ‰ environ de l’énergie
étant réémise sous cette forme pour une tension d’accélération de 20 kV, et les parois de
l’installation suffisent alors pour s’en protéger).
Applications de l’énergie électrique : 3ème partie : Electrothermie (cours) 2.10

Fig. 2.9 : Schéma de principe d’un équipement de chauffage par bombardement électronique
1 : cathode ; 2 : électrode de Wehnelt ; 3 : anode ; 4 : lentille électromagnétique; 5 : rayonnement
électromagnétique secondaire, rayons X; 6 : pénétration du faisceau d’électrons; 7 : électrons réfléchis et
secondaires.

L’énergie cinétique du faisceau d’électrons est, en première approximation, égale à :

W = 0,5 n mv 2 = n eV (2.6)

n, nombre d’électrons émis;


m, masse de l’électron;
e, charge électrique de l’électron;
v, vitesse des électrons arrivant sur l’électrode positive;
V, tension d’accélération.

Si ns est le nombre d’électrons émis par unité de temps, l’expression de la puissance


thermique maximale qui peut être recueillie est :

P = ns eV = VI (2.7)

La masse de l’électron est très faible (environ 0.9 ×10−30 ). Sa charge électrique vaut
1.6 × 10−19 C et on mesure souvent, en bombardement électronique, l’énergie en électrons-
volts, cette grandeur représentant l’énergie acquise par un électron accéléré par une tension de
1 V (1 eV = 1.6 × 10−19 J).

2.5.4. Densité de puissance


Le faisceau d’électrons est généralement focalisé par voie électrostatique et
électromagnétique. L’énergie peut être très localisée comme en soudage ou en usinage,
uniformément répartie comme en fusion ou diffuse comme en durcissement de revêtement. La
surface d’impact est donc souvent très restreinte et il est possible d’obtenir en bombardement
électronique des densités de puissance très élevées sur la cible, généralement de 102 à
109 W/cm2 selon l’application envisagée. Ainsi les densités de puissance suivantes sont-elles
couramment utilisées dans les applications industrielles :
Applications de l’énergie électrique : 3ème partie : Electrothermie (cours) 2.11

- fusion : 103 – 104 W/cm2


- soudage : 106 – 108 W/cm2
- évaporation : 104 – 105 W/cm2
- trempe superficielle : 106 – 108 W/cm2
- recuit-revenu : 102 – 103 W/cm2
- usinage : 107 – 109 W/cm2.

2.5.5. Action du faisceau d’électrons sur la cible - profondeur de pénétration


Les électrons fortement accélérés acquièrent une grande énergie cinétique. Ainsi des électrons
de 100 keV atteignent-ils une vitesse de 160 000 km/s. Lors du choc avec la cible, cette
énergie est essentiellement communiquée au matériau à chauffer au point d’impact et sa
température s’accroît très rapidement. La profondeur de pénétration dans la matière dépend de
l’énergie de l’électron et des caractéristiques du matériau à chauffer. L’énergie perdue par un
faisceau d’électrons lors d’un parcours dans un métal est donnée par la loi de
Thomson- Whiddington

N
W02 − WX2 = k ρ x (2.8)
A

x, distance parcourue en centimètres;


W, énergie des électrons en électrons-volts après un parcours de longueur x;
p, masse volumique du métal;
N, numéro atomique du métal;
A, masse atomique du métal;
k. constante égale pour tous les métaux à 7.75 × 1011 .

Un faisceau d’électrons est donc d’autant plus pénétrant que son énergie d’origine est élevée.

Figure 2.10 : Effet d’un faisceau d’électrons sur la cible

L’apport local d’énergie par le faisceau d’électrons a plusieurs conséquences :


Applications de l’énergie électrique : 3ème partie : Electrothermie (cours) 2.12

- échauffement et souvent fusion du matériau;


- échanges thermiques par conduction, rayonnement et éventuellement
convection, en fonction de l’atmosphère résiduelle; ces échanges thermiques
n’ont pratiquement aucun effet pendant la montée en température en raison de la
vitesse d’échauffement très élevée;
- possibilité d’éjection de gouttelettes et de vaporisation locale du métal;
- émission thermoélectronique de la zone chaude;
- collision entre les électrons primaires et les atomes de la cible avec émission de
photons X et lumineux;
- pénétration souvent importante du faisceau et de l’effet thermique; un
faisceau de puissance spécifique 3 ×107 W/cm2 traverse une plaque d’acier de
10 cm d’épaisseur.

L’effet thermique du bombardement électronique est mis à profit de manière variée pour
réaliser de nombreuses opérations industrielles.

2.5.6. Constitution d’une installation de bombardement électronique

Figure 2.11 : Constitution d’une installation de bombardement électronique

Une installation de bombardement électronique comprend essentiellement :


- un canon à électrons avec ses accessoires périphériques (source haute tension,
chauffage...) comportant :
• une cathode d’émission des électrons,
• une électrode d’accélération (anode),
• une électrode de formation du faisceau (Wehnelt) dont la polarisation permet
de moduler et de régler le débit électronique.
Applications de l’énergie électrique : 3ème partie : Electrothermie (cours) 2.13

• une bobine de focalisation électromagnétique permettant de concentrer le


faisceau aux différents points de la surface à traiter,
• une bobine de déflexion électromagnétique capable de faire suivre une
trajectoire quelconque au faisceau d’électrons:
- un système de contrôle faisant généralement appel à un calculateur capable
de commander et contrôler les différents paramètres de fonctionnement de
l’équipement;
- une enceinte de travail où se trouvent les produits à traiter;
- des dispositifs de mise sous vide du canon et de l’enceinte de travail.

2.6. Chauffage par laser

2.6.1. Le principe du chauffage par laser


La technique du chauffage par laser est très récente puisque les premiers développements en
laboratoire datent du début des années 60. Le laser a toutefois connu très rapidement des
applications dans les industries de pointe, électronique, micromécanique, horlogerie...
Le mot « laser » est l’abréviation de « Light Amplification by Stimulated Emission of
Radiation » ou, en français, « amplification de lumière par émission stimulée de radiation ».

Un laser est un dispositif qui permet d’émettre, en un temps extrêmement court ou de façon
continue, un faisceau de lumière monochromatique rectiligne et extrêmement intense puisque
la densité de puissance maximale d’une raie laser est de l’ordre de 1013 W/cm2. Toutes les
oscillations sont en outre en phase (source lumineuse cohérente).

Pour obtenir cet effet laser, il faut alors disposer :


- d’une population corpusculaire telle que des électrons ; chaque élément de cette
population est, dans la matière, à un niveau d’énergie qui lui est propre. La distribution
de la population est normale si la densité de population diminue au fur et à mesure
qu’on s’éloigne du niveau de base (niveau fondamental). C’est la situation dans
laquelle se trouvent les corps à leur état d’équilibre à une température donnée. Une
population est inversée si un niveau énergétique supérieur est plus peuplé que le
niveau immédiatement inférieur. Cette population est alors en équilibre instable; elle
tend à revenir spontanément, mais en désordre, à l’état normal, cas général de
l’émission lumineuse. Ce retour peut également être stimulé et s’accompagne alors
d’une émission cohérente; c’est l’effet laser.
Certains matériaux permettent d’obtenir des populations corpusculaires actives
favorables à l’effet laser tels les monocristaux d’alumine dopés au chrome (rubis), les
verres dopés au néodyme, certains corps semi-conducteurs, des mélanges gazeux...
- d’un moyen d’inverser cette population; pour amener cette population corpusculaire à
un niveau d’énergie plus élevé, il faut utiliser une source d’énergie qui agit sur elle à la
manière d’une pompe, relevant un certain nombre de particules d’un niveau inférieur
d’énergie à un niveau supérieur. Ce pompage est obtenu par un moyen optique pour
les corps solides (éclair de flash au xénon par exemple) ou par décharge électrique
pour les gaz (il existe d’autres techniques de pompage, réactions chimiques par
exemple, mais elles ne sont pas utilisées dans les applications industrielles) ;
- d’un moyen pour stimuler le retour à l’état normal de cette population permettant
ainsi l’émission d’une énergie cohérente ; l’inversion de la population et sa stimulation
pour la ramener à l’état fondamental ne sont séparées que par
une fraction de seconde et c’est l’émission spontanée toujours présente qui amorce
Applications de l’énergie électrique : 3ème partie : Electrothermie (cours) 2.14

l’émission forcée du rayonnement cohérent. Pour que le fonctionnement se poursuive


en continu, l’amplificateur ainsi créé est transformé en oscillateur par l’addition d’une
boucle de réaction réinjectant dans le système laser une partie de l’énergie qui en sort.
Les photons ainsi réinjectés provoquent l’émission de nouveaux photons de même
fréquence, de même énergie, de même direction et en phase avec eux.

Les propriétés des faisceaux lasers résultent directement de leur mode d’émission et de leur
nature :
- la divergence du faisceau lumineux est très faible pour une source plane dont
tous les points émettent en phase, l’essentiel de l’énergie est rayonnée dans un
cône dont l’angle au sommet, appelé divergence de l’émetteur, a pour valeur 1,22λ/d, λ
longueur d’onde d’émission et d diamètre de la source. Pour un laser à
rubis, dont la longueur d’onde d’émission est de 0,7 µm environ, et une surface
émissive de 1 cm, l’application de la formule précédente donne une divergence de
l’ordre de 10-4 radian; un tel laser émet donc un faisceau capable, sans optique
interposée, de n’éclairer qu’un cercle de 1 m de diamètre à une distance de
10 km;
- le faisceau peut être concentré au moyen de dispositifs optiques; le diamètre
de tâche lumineuse obtenue au foyer est de l’ordre de la longueur d’onde ou de
quelques longueurs d’onde suivant l’optique utilisée;
- le phénomène d’émission stimulée provoqué en un temps
extrêmement court; la phase d’excitation correspond à un stockage d’énergie en
quelques dizaines de nanosecondes, conduit à des puissances
instantanées très élevées. A titre d’exemple, une impulsion laser d’une durée de 30 ns
(30*10-9 s) fournit, si l’énergie émise pendant cette impulsion est de 30 J (8,33.10-6
kWh), une puissance instantanée de 109 W, soit 1000 MW (puissance actuelle d’une
tranche de centrale nucléaire);
- la densité de puissance est très élevée; le faisceau laser peut être concentré sur une
surface très faible, de l’ordre de quelques longueurs d’onde et la puissance instantanée
d’une impulsion est très importante. Il est donc possible d’obtenir des densités de
puissance extrêmement élevées, de l’ordre de 1014 à 1015 W/cm2 ainsi, en concentrant
l’impulsion définie dans l’exemple précédent sur une surface circulaire de 10 µm de
diamètre (15 fois environ la longueur d’onde d’un laser à rubis) réalise-t-on une
densité de puissance de 1015 W/cm2. En pratique les puissances spécifiques utilisées
sont souvent plus faibles, de l’ordre de 1010 W/cm2, ce qui reste très important.

Ce sont essentiellement la densité de puissance très élevée et la possibilité de concentrer le


faisceau sur une très faible surface qui justifient l’utilisation du chauffage par faisceau laser
en dépit de son coût d’investissement très important.

Il existe enfin des applications des lasers dont les buts ne sont pas thermiques
(médecine, guidage, télémétrie, décoration...).

Les installations de chauffage par faisceau laser sont constituées essentiellement d’un
générateur laser, une optique de focalisation du faisceau et des auxiliaires de manutention et
de contrôle.
Les lasers peuvent être classés en fonction de différents critères comme la matière active
utilisée, le type de pompage, le fonctionnement en continu ou par impulsions.
Applications de l’énergie électrique : 3ème partie : Electrothermie (cours) 2.15

2.7. Chauffage par rayonnement infrarouge

Les rayons infrarouges sont produits par des lampes à ampoule de verre et filament de
tungstène à une température plus faible que dans les ampoules à éclairage. Grâce à cela la
majeure partie de radiation est concentrée dans la zone des rayons infrarouges de 1,2 à 1,6
µm. La qualité, des rayons infrarouges est que la fraction d’énergie absorbée par des
nombreuses substances est grande.

Pour concentrer le rayonnement, on donne à la partie supérieure de l’ampoule une couche


polie de cuivre ou d’argent.

Les ampoules sont exposées à l’éclatement. Pour éviter ce danger, on construit les éléments
chauffant en forme de tuyaux métalliques avec le filament à l’intérieur, en forme de filament
enfoncé dans le matériau céramique etc.

Le chauffage par rayon infrarouge est surtout utilisé pour le séchage des vernis, des textiles,…

2.7.1. Chauffage par rayons cathodiques.


L’élément chauffé est placé dans l’anode d’une ampoule de verre et soumis à un
bombardement électronique. Un vide de l’ordre de 0,01 mm mercure règne dans l’ampoule.
La tension entre l’anode et la cathode est de l’ordre de 20 kV. La cathode ayant
une forme concave, le jet électronique se concentre sur le corps à chauffer et peut le porter
jusqu’à une température de l’ordre de 2400°C ou même plus.

Le four à rayons cathodiques est un appareil de laboratoire, il sert par exemple à la fusion de
métaux peu fusibles.
-

20 kV

+
Figure 2.12 : Four à rayons cathodiques
Applications de l’énergie électrique : 3ème partie : Electrothermie (cours) 2.16

2.8. Chauffage par plasma

2.8.1. Principe du chauffage par plasma

Si les premières études sur les plasmas remontent aux années 1920 - 1925, ce n’est qu’à partir
de 1960 que se sont développées sur une échelle significative les applications industrielles de
cette technique de chauffage avec l’apparition successive du coupage, du revêtement par
projection et du soudage par plasma. D’autres applications, fusion des matériaux et réactions
chimiques, commençaient également à recouru à cette technique. Le plasma est un état de la
matière obtenu par ionisation d’un gaz ; il se compose d’ions chargés positivement et
d’électrons libres chargés négativement, mais reste, d’un point de vue électrique, neutre. Son
état d’ionisation le rend toutefois conducteur de l’électricité. Le plasma est souvent considéré
comme le quatrième état de la matière. Deux types de plasmas doivent être distingués :
- Les plasmas dont le degré d’ionisation est voisin de l’unité; c’est par exemple le cas en
fusion thermonucléaire. Les températures sont très élevées, plusieurs millions de
degrés. Ces plasmas n’ont pas actuellement d’applications industrielles.
- Les plasmas à ionisation partielle; les gaz ionisés usuels dont le degré d’ionisation
varie entre quelques pour-cent et cinquante pour cent au maximum sont encore
appelés, par extension, plasmas. Les températures atteintes varient entre 2000 et
50 000 K. Ce sont ces plasmas, dont l’utilisation industrielle se développe en raison
des possibilités techniques offertes par de tels niveaux de température, qui font l’objet
de ce chapitre.

2.8.2. Caractéristiques du chauffage par plasma


A. Conditions de création d’un plasma.

La transformation d’un gaz en plasma exige de l’énergie et le degré d’ionisation s’accroît


avec la température. Le degré d’ionisation à une température donnée dépend du potentiel
d’ionisation du gaz et varie fortement d’un gaz à l’autre. Pour des gaz polyatomiques, les
molécules peuvent, soit d’abord se dissocier en atomes, soit s’ioniser directement.

Tableau 2.1 : Energie de dissociation et d’ionisation pour les molécules de quelques gaz

H2 N2 O2 CO NO
Energie d’ionisation (eV) 15,6 15,5 12,5 14,1 9,5
Energie de dissociation (eV) 4,4 9,7 5,1 9,6 5,3

L’apport d’énergie nécessaire à la création d’un plasma est assuré par différentes sources
électriques dont les deux principales sont :
- le générateur de plasma d’arc où l’énergie d’ionisation est fournie par un arc
électrique ;
- le générateur de plasma haute fréquence ou hyperfréquence où l’énergie
d’ionisation est apportée par un champ électromagnétique.
Applications de l’énergie électrique : 3ème partie : Electrothermie (cours) 2.17

B. Propriétés thermiques des plasmas et domaines d’application

Un plasma industriel est constitué d’électrons, d’ions, de molécules excitées, de molécules


dissociées ainsi que de molécules et d’atomes neutres.

Les corps à l’état de plasma se comportent comme des conducteurs de l’électricité. Sous
l’effet des courants parcourant la veine gazeuse et des forces électromagnétiques qui en
découlent, il se produit une striction de la veine gazeuse; il en résulte une très forte élévation
de température, notamment dans la partie centrale de celle-ci. La température des plasmas
utilisés dans l’industrie varie entre 6 000 et 20 000 K; la luminosité du jet de plasma est donc
très intense et il faut s’en protéger. Le pincement du plasma peut être mis à profit pour le
mettre en forme et l’adapter à l’application envisagée.

Un plasma est de plus sensible aux effets de paroi; une paroi froide a en particulier tendance à
le contracter. Les parois des générateurs de plasma, qui, quel que soit leur type, doivent être
refroidies pour avoir une durée de vie suffisante, renforcent donc l’effet de striction des forces
électromagnétiques. Cette contraction accentue le gradient radial de température et augmente
l’effet thermique axial.

Les propriétés thermiques du gaz ionisé - conductivité thermique élevée, température


importante favorisant un rayonnement très intense... - entraînent des coefficients d’échange
thermique supérieurs à ceux obtenus par des modes de chauffage plus traditionnels. Les
recombinaisons ultérieures entre, d’une part les ions et les électrons, et, d’autre part, les
atomes donnent lieu enfin à des dégagements importants de chaleur.

Ces caractéristiques font l’intérêt du chauffage par plasma :


- les densités de puissance sont élevées ; ainsi les plasmas permettent-ils
d’atteindre des puissances spécifiques de l’ordre de 105 W/cm2 ou exprimées en
puissance volumique, des puissances de l’ordre de 105 kW /m3 ;
- ces puissances peuvent être concentrées sur des surfaces
faibles si la surface minimale d’impact d’un jet de plasma est de l’ordre de
10-3cm3;
- les échanges thermiques sont fortement accélérées et vitesse de réaction très élevées ;
- la taille des fours à plasma dans ces conditions, être nettement inférieure
à celle des équipements faisant appel à des techniques classiques ;
- l’inertie thermique est très faible, ce qui peut entraîner une plus souplesse d’utilisation.

Les plasmas peuvent donc permettre d’améliorer les performances de certains processus
thermiques de fabrication, mais surtout rendent possibles, grâce à leurs propriétés spécifiques,
des applications délicates ou impossibles à réaliser avec d’autres méthodes :
- applications nécessitant de très hautes températures comme, par exemple, la
fusion de matériaux très réfractaires;
- réactions très endothermiques;
- réactions présentant une cinétique trop lente aux températures usuelles;
- réactions résultant de l’excitation des molécules et atomes, ce qui peut
conduire à de nouveaux produits;
- réactions nécessitant une grande énergie spécifique dans un volume restreint
(pyrolyse, volatilisation);
- changements de phase modifiant les propriétés physiques des matériaux
(atomisation de métaux, poudres réfractaires à grande surface spécifique);
Applications de l’énergie électrique : 3ème partie : Electrothermie (cours) 2.18

- réduction à une seule étape de processus de transformation demandant


plusieurs phases du produit initial au produit final dans les procédés
classiques.

D’un point de vue thermique, il faut toutefois distinguer deux types de plasmas :
- Les plasmas thermiques où la température des électrons et des particules lourdes (ions,
atomes excités) est sensiblement la même, 10 000 à 20 000 K. La pression étant
voisine de la pression atmosphérique ou supérieure à celle-ci, les chocs entre les
différentes particules qui sont soumises dans le plasma à une agitation intense sont
assez nombreux pour que la transformation en chaleur de leur énergie cinétique
entraîne une élévation considérable de la température. C’est l’enthalpie du gaz qui est
le facteur prépondérant dans ces applications. Ce type de plasma est bien adapté par
traitement des matériaux non organiques tant pour le chauffage que pour les réactions
en phases hétérogènes à haute température.
- Les plasmas froids (ou décharges luminescentes) où la température des particules
lourdes constituant le gaz est très inférieure à celle des électrons; le rapport de ces
températures est généralement compris entre 0,01 et 0,1 avec une température des
électrons de l’ordre de 10 000 K. Ces plasmas fonctionnant sous basse pression,
comprise entre 0,1 et 100 Torr environ, les probabilités de choc entre particules sont
en effet moins grandes et le dégagement de chaleur est donc plus faible. L’aspect
thermique, bien, qu’il ne puisse être négligé, est donc secondaire avec ces plasmas.
C’est en revanche l’aspect excitation des particules qui intervient pour déclencher et
accélérer des réactions chimiques; la nature luminescente de ces plasmas permettent
également certaines réactions photochimiques. Ce type de plasmas est donc bien
adapté aux réactions chimiques concernant des matériaux thermosensibles comme de
nombreux composés organiques. Des applications se développent également dans lès
traitements superficiels des métaux; ainsi, la nitruration ionique (bombardement
ionique de la surface d’une pièce métallique sous l’effet d’un champ électrique) et
sans doute bientôt la carbonitruration et la cémentation ionique mettent-elles en jeu
des plasmas à décharges luminescentes

Figure 2.13 : Température du gaz et des électrons dans un plasma

Ce chapitre se concentre essentiellement sur le chauffage par plasma, donc sur les plasmas
thermiques.
Applications de l’énergie électrique : 3ème partie : Electrothermie (cours) 2.19

2.8.3. Constitution des équipements de chauffage par plasma


Un équipement de chauffage par plasma doit assurer deux fonctions essentielles:
- la production du plasma;
- le traitement efficace d’un produit dans une application donnée. Cet équipement se
compose essentiellement ;
- d’un générateur de plasma comprenant, en particulier, une alimentation en
gaz plasmagène et en électricité;
- d’un applicateur permettant d’utiliser le plasma ainsi créé (four, réacteur...) ;
ce dispositif peut être très réduit, voire inexistant, lorsque le plasma est
directement dirigé sur des pièces solides (soudage, revêtement par projection...);
- de systèmes de manutention (transport d’une charge, orientation de la torche
à plasma...) ;
- de systèmes de contrôle et de régulation ainsi que de divers dispositifs
auxiliaires.

2.9. Soudage

Selon Le Petit Larousse, le soudage est l’opération qui consiste à faire l’assemblage sans joint
et inamovible de matières métalliques ou de certains produits synthétiques sous l’action de la
chaleur au moyen d’un alliage à faible point de fusion. Or il y a des soudages qui sont
exécutés sans aucun autre alliage, par chauffage et pression de deux pièces de même matériau.

On distingue deux types de soudage :


- par résistance ;
- par arc.

2.9.1. Le soudage par résistance


Le soudage par résistance met en œuvre l’effet Joule résultant du passage d’un courant de
forte intensité traversant les pièces à assembler mises en contact l’une avec l’autre, et sur
lesquelles sont convenablement concentrées les lignes de courant.

La chaleur produite répond à l’expression

T
Q = ∫ R I 2 dt (2.9)
0

Q : chaleur globalement produite dans le volume de matière considéré en [J]


R : résistance électrique de ce même volume, valeur variable en fonction du temps, en [Ω]
I : intensité du courant, également variable en fonction du temps, en [A]
t : variable de temps en [s]
T : période de temps pendant laquelle s’effectue l’échauffement, en [s].

a) Constitution d’une installation de soudage par résistance

Quels que soient le type et la taille et la taille de la machine à souder par résistance, on y
trouve regroupés les éléments essentiels suivants :
Applications de l’énergie électrique : 3ème partie : Electrothermie (cours) 2.20

- un circuit électrique permettant de véhiculer les intensités très importantes du courant


et terminé par des électrodes, des mâchoires, ou des outillages en cuivre
- un générateur de courant qui, dans la majorité des cas, est un transformateur
- un organe mécanique pour produire l’effort de soudage et un bâti de réaction
- un temporisateur

La figure 2.14 ci-dessous donne le schéma de principe du soudage par résistance

Figure 2.14 : Principe d’une installation de soudage par résistance

b) Différents procédés de soudage par résistance

Le soudage par résistance comporte essentiellement quatre variantes importantes illustrées par
la figure 2.15 :

- le soudage par points utilisé pour l’assemblage discontinu et progressif de deux ou


plusieurs tôles superposées ;
- le soudage par bossages utilisé pour l’assemblage global, discontinu ou non, de pièces
par superposition ;
- le soudage à la molette qui permet de réaliser par superposition des liaisons étanches
entre deux tôles ;
- le soudage en bout qui, comme son nom l’indique, permet de souder bout à bout (ou
soudure en onglet), et d’une manière globale, deux barres ou profilés de même section
droite.
Applications de l’énergie électrique : 3ème partie : Electrothermie (cours) 2.21

Figure 2.15 : Différents modes de soudage par résistance

2.9.2. Le soudage par arc


Le soudage par arc utilise la quai1ité de l’arc qui est capable de concentrer la chaleur dans une
zone étroite et de fondre rapidement un métal. Cet arc peut être à courant continu ou à courant
alternatif. Le courant continu a l’avantage de pouvoir prendre la pièce soudée comme anode
de façon à concentrer sur cette pièce la plupart de la chaleur (la température de l’anode est
supérieure à celle de la cathode). Les soudures faites à courant continu sont de meilleure
qualité.

La qualité du soudage à courant alternatif est le coût inférieur du transformateur qui alimente
l’arc en comparaison avec une génératrice du courant continu.
Applications de l’énergie électrique : 3ème partie : Electrothermie (cours) 2.22

2.10. Applications domestiques d’électrothermie

Dans le ménage domestique on emploie l’énergie électrique en qualité d’agent de transfert de


la chaleur pour
- le chauffage de locaux
- la cuisson
- le chauffage d’eau
- les petits usages comme fers à repasser, sécheurs à cheveux, grille-pain…

Dans des locaux nous distinguons les appareils de chauffage général qui sont dans la plupart
de cas les appareils à accumulation de chaleur pour ne consommer l’énergie que pendant la
nuit, où le tarif est réduit. Ce sont les entreprises d’électricité équipées de centrales à vapeur
avec des groupes générateurs de très grande puissance qui s’efforcent d’augmenter la
consommation nocturne pour éviter les désavantages techniques et économiques du
fonctionnement presque à vide.

Un four (un poêle) électrique à accumulation est assez lourd et encombrant en comparaison
avec les radiateurs du chauffage central. Les résistances sont entourées du matériau céramique
qui forme la masse pour accumuler la chaleur (comme dans les poêles à charbon). Un
ventilateur sert à forcer le débit de chaleur. A part cela on emploie l’énergie électrique comme
le chauffage d’appoint. Les poêles transportables de ce chauffage ont la chance d’emploi
même en République Démocratique du Congo, dans les provinces du Katanga et du Kivu.

Pour la cuisson, on emploie des réchauds, des cuisinières, des bouilloires électriques. Les
cuisinières modernes sont équipées de dispositifs de programmation c’est-à-dire
d’interrupteurs avec une horloge électrique qui ferme le circuit d’un foyer à temps prévu, qui
commute ce circuit pour diminuer le chauffage etc. C’est une installation sophistiquée, mais
pour les gens qui rentrent à la maison pour une période courte elle peut s’avérer utile.

Pour le chauffage d’eau chaude pour le bain, pour laver la vaisselle, on se sert de chauffe-eau.
Il y a des chauffe-eaux très primitifs à plonger. Dans la plupart des cas on emploie un chauffe-
eau à accumulation, qui a un récipient d’eau entouré d’une couche isolante. La résistance
installée dans le récipient chauffe l’eau jusqu’à la température de 80°C - 90°C, un relais
thermique coupe le circuit, la chaleur est accumulée dans l’eau chaude.

Le type le plus répandu de chauffe-eau à accumulation est le chauffe-eau à haute pression, où


le récipient du volume de l’ordre de 100 litres se trouve sous la pression d’eau du réseau
d’alimentation. Grâce à cela l’eau chaude coule vite, on peut avoir tout un petit
réseau d’eau chaude : quelques robinets dans la salle de bain, dans la cuisine. Mais il faut
installer un dispositif pour empêcher l’eau de couler du récipient dans le réseau dans le cas du
manque d’eau dans le réseau d’alimentation, d’où nécessité d’une soupape de retenue qui
coûte beaucoup. Autrement nous risquerons de surchauffer la résistance dans un récipient
vide.

Une solution meilleur marché est le chauffe-eau à accumulation à déversoir (à trop plein) dans
lequel le récipient n’est pas sous pression, ce qui diminue son coût. Mais dans ce cas on ne
peut avoir qu’un point de prise d’eau tout près de chauffe-eau. Le robinet d’eau chaude est
installé dans le tuyau de l’eau froide qui alimente le chauffe-eau. La puissance du chauffe-eau
domestique à accumulation est de l’ordre de 1000-1500 W. Tous les chauffes-eaux ont un bon
et épais isolement thermique.
Applications de l’énergie électrique : 3ème partie : Electrothermie (cours) 2.23

Il faut mentionner la machine à laver le linge comme un récepteur qui consomme l’énergie
électrique pour la production de chaleur.

La consommation de l’énergie électrique dans le but thermique forme la plupart de la


consommation de l’énergie électrique dans les ménages domestiques.

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