APPROCHE PSYCHOSOCIALE
L’impact psychosocial inclut les problématiques
psychologiques et sociales, au niveau individuel et collectif,
apparues suite à l’urgence et leurs impacts sur les
ressources psychosociales préexistantes. On a constaté,
dans les situations de crise, une augmentation des
problèmes sociaux (déstructuration sociale, augmentation
de la violence basée sur le genre…), de la détresse
psychique (comme le deuil, l’angoisse…) et des troubles
psychiques (comme les dépressions, troubles de l’anxiété,
dont le stress post-traumatique, psychoses…) et des
difficultés individuelles à conduire ses activités
quotidiennes.
Il est important ici de souligner que l’impact psychosocial
n’affecte pas que l’individu et sa santé mentale comme on
pourrait le croire. Lorsqu’on traite d’impact psychosocial,
on s’adresse à différents niveaux d’impact de la crise
(individus, familles et communautés) et de fonctionnement
(émotionnel, psychologique et social).
L’approche psychosociale est une approche globale de la
personne en difficultés psychique et identitaire face à des
problèmes qui dépassent ses capacités de réaction, de
protection, d’autodéfense et d’adaptation.
Seul le soutien dans cette phase essentielle peut aider le/la
survivant/e à retrouver la force psychique pour survivre, se
reconstruire et donc se protéger.
Elle engage une collaboration entre les acteurs sociaux
(psychologue clinicien, éducateur, assistant social,
sociologue, assistant psychosocial….) de la santé, de la
protection, du social et de l’individu.
L’intervention ne peut se faire que dans des liens et une
prise en compte de l’environnement anthropologique et
culturel mais elle doit aussi tenir compte des
contextes politiques et sociaux pour comprendre,
appréhender et soutenir chaque personne dans la réalité de
son environnement, sa culture et dans son psychique. Ne
pas oublier que l’assistant psychosocial tout comme
l’infirmier neuropsychiatre, le psychologue clinicien et le
neuropsychiatre aident la victime à s’aider.
2.2. AVANTAGES
1. S’intéresser aux besoins émotionnels/psychologiques des victimes
2. Amener à une compréhension des comportements et des capacités des
populations touchées ;
3. Aider à développer un plan d’action adapté à la situation ;
4. Aider l’individu à connaitre et accéder aux mécanismes et aux actions d’aide ;
5. Aider à garantir un concept holistique de soutien qui répond aux besoins
physiques, émotionnels/psychologiques et sociaux de l’individu dans sa
communauté ;
6. Aider à prévenir les comportements inadaptés (abus de drogues, alcool…) et
les maladies mentales.
2.3. INTERVENANTS
2.3.1. Relais Communautaire
Les membres des relais communautaires sont souvent choisis
par la communauté. Ils sont connus de tous et peuvent être les
premières personnes vers qui les victimes accourent pour
demander de l’aide. Ils sont là pour écouter les besoins et
pouvoir orienter rapidement vers une structure médicale et
psychosociale. Ils accompagnent souvent les victimes vers les
organisations de soutien. Ils ne doivent pas garder un fichier
sur les victimes ni leurs noms et doivent prioriser la
confidentialité de ce qui leur est raconté et de l’identité des
victimes.
2.3.2. Assistant psychosocial
L’assistant psychosocial joue un rôle d’identificateur et d’accompagnateur
des personnes agressées afin que des soins médicaux leur soient procurés. Ils
auront d’autres fonctions qui se focalisent sur les effets émotionnels liés à
l’après-agression. Viendront alors les nouvelles demandes pour les
médiations familiales, l’éthique, le droit et le soutien psychosocial.». Un agent
psychosocial doit savoir lire et écrire et avoir un niveau minimum de 4
ans post-primaire. Il doit avoir aussi une bonne capacité d’interrelation avec
autrui, d’écoute et de discrétion. Il doit bénéficier d’une formation continue
dans la prise en charge psychosociale et un suivi.
Un assistant psychosocial lors du recrutement doit montrer des capacités
d’écoute, de préoccupations pour les autres, savoir garder des informations
et être respecté et reconnu par la communauté. Il faut savoir que pas tout le
monde est capable de faire ce travail et ce n’est pas parce qu’il n’y a
personne dans la zone qu’il faut envoyer quelqu’un qui n’a pas les
compétences.
La formation d’un assistant psychosocial doit se faire de la façon suivante :
- il/elle devra être formé(e) et supervisé(e) par un assistant compétent et
expérimenté.
Le nouvel assistant psychosocial devra être présent lors des réunions avec
le/la survivant(e) mais ne devra pas participer activement. Il sera présenté au
survivant, lui expliquant le but de sa présence mais il devra se tenir à l’écart
de toute intervention pendant la réunion. Une révision du cas sera faite par
la suite avec son superviseur. C’est le superviseur qui sera en mesure de voir
si le nouvel assistant psychosocial peut entamer la partie de prise en charge
directe sous supervision directe bien sûr, peut préparer un plan
d’intervention et faire une évaluation après chaque intervention. Son
superviseur assistera à toutes ses interventions et une révision devra être
faite par la suite. Quand le superviseur estimera que le nouvel assistant est
prêt, celui-ci pourra commencer ses réunions avec les survivants sans la
présence nécessaire de son superviseur. Des sessions de révision des
séances psychosociales devront continuer à se faire, et au moins 1 fois par
mois, le superviseur sera présent lors de la séance psychosociale.
Dans un tout autre contexte, le sort des femmes yézidies en Irak
sous la domination de Daech, dénoncé par Nadia MURAD, est
toujours d’actualité. Et à l’autre bout du monde, on estime à plus
de 50 000 le nombre de victimes de viol parmi les Rohingyas.
Quel que soit le type de conflit, les violences sexuelles peuvent y
jouer leur rôle d’arme et venir détruire, physiquement,
psychologiquement et/ou socialement, les populations qu’elles
touchent. «Crime parfait», les violences sexuelles ne demandent
aucune ressource matérielle ou financière et laissent des dégâts
immenses ; ce qui peut expliquer le caractère opportuniste de
leur utilisation. Comment justifier, sinon, les viols commis sur des
populations avec lesquelles avoir des relations sexuelles est
considéré comme un crime selon l’idéologie des bourreaux ? (Par
exemple, les Birmans radicaux ne souhaitent pas mélanger leur
sang aux Rohingyas ; c’était aussi la ligne de conduite affichée par
les Nazis aryens, ce qui n’a pas empêché de multiples violences
sexuelles dans les camps de la mort).
2.3.3. Infirmier Neuropsychiatre
Formé pendant au moins trois ans en neuropsychiatrie, il
assure des soins infirmiers aux victimes, établit le diagnostic
infirmier en vue d’amorcer une relation d’aide appropriée à
la victime.
2.3.4. Psychologue clinicien
Formé pendant au moins cinq ans à l’université et spécialisé
en psychologie clinique, le psychologue clinicien prend en
charge les cas compliqués, établit un diagnostic et un plan
de traitement thérapeutique basé sur les traitements
psychologiques : les psychothérapies.
2.3.5. Psychiatre
Formé en médecine, d’abord et, par la suite, spécialisé en
psychiatrie, le psychiatre/neuropsychiatre est en mesure
d’établir un diagnostic poussé de l’état mental du/ de la
survivant/e à travers des examens cliniques et para
cliniques et il est le seul à pouvoir prescrire un traitement
psychopharmacologique à la victime.
1. PRISE EN CHARGE PSYCHOLOGIQUE
1.1. Accueil
1.1.1. Définition, Rôle et Limites
C’est l’action de recevoir une personne qui a subi une
agression, à son arrivée chez un réseau/relais
communautaire, une structure de santé, un centre
d’écoute, un commissariat de police ou une clinique
juridique.
Il est important de mettre en évidence si la personne a subi
une agression sexuelle afin de la référer le plus rapidement
possible pour la prise en charge. La victime peut être
visiblement en état de choc et prostrée. Elle peut aussi ne
manifester aucun signe d'appel.
L’objectif est de protéger et d’identifier dans les plus brefs délais les
besoins de la victime, afin qu’elle puisse être référée vers le service
de prise en charge le plus adéquat.
L’assistant psychosocial expliquera le parcours de prise en charge :
1. la prise de contact psychosociale est la première dans ce cas mais la
prise en charge médical est prioritaire
Interviennent : le réseau communautaire, le gardien de la structure
médicale/ commissariat/clinique juridique/centre d’écoute, le/la
réceptionniste, assistant psychosocial
2. La victime reviendra vers la PEC psychosociale et c’est là où elle
recevra aussi toute l’information du parcours de soutien global.
Interviennent : le réseau communautaire, le gardien de la structure
médicale/ commissariat/clinique juridique/centre d’écoute, le/la
réceptionniste, agent/assistant psychosocial.
1.1.2. Identification
Les personnes appartenant à une organisation devront éviter
tout signe extérieur informant sur leur travail contre les
violences sexuelles. (T-shirt…) afin d’éviter d’exposer la
victime et de garantir la confidentialité. Néanmoins, elles
peuvent avoir un badge/document qui certifie qu’elles
appartiennent à une organisation. La société civile pourra aussi
accompagner les victimes.
1.1.3. Langue des intervenants
Parler la langue locale et le français. Avoir un traducteur, si
possible.
1.1.4. Sexe de l’intervenant
Dans la mesure du possible, avoir une personne du même sexe
que le patient serait préférable.
1.2. PRISE EN CHARGE PSYCHOLOGIQUE PROPREMENT DITE
1.2.1. Premier accueil avec assistant psychosocial
Le gardien réfère la personne vers l’assistant psychosocial.
Dans le cadre d’une agression sexuelle, la personne peut aller
directement dans une maison d’écoute, un commissariat de
police…Si elle arrive dans une maison d’écoute, l’assistant
psychosocial la reçoit et lui demande si elle a déjà reçu une prise en
charge médicale. Parler un petit peu avec la victime et mettre en
marche le dispositif de référencement immédiatement. Si ce n’est
pas le cas, prioriser ce soutien avant tout autre. Proposer de
l’accompagner à la structure de santé avec la fiche de
référencement.
Il faut toujours prioriser la PEC médicale. Lui proposer, si elle est
seule, de l’assister dans le parcours de soutien, l’accompagner et la
mettre en contact avec le personnel/points focaux des structures
de santé.
Ce qu’on attend de l’assistant psychosocial :
- demander le nom…
- demander si la victime a reçu soutien médical
- expliquer l’importance de la PEC médicale comme le moyen le plus
rapide pour éviter les IST, le VIH/SIDA et une grossesse non-
désirée.
Qualité de l’accueil
Accueil des Survivants de Violence Sexuelle
Points clés : Note pour les assistants psychosociaux
Il a été constaté que l’accueil des survivants d’agression sexuelle est
difficile parce que le/la survivant/e est souvent taciturne, se sent
coupable et a honte. Elle ne veut pas révéler ce qui lui est arrivé à
cause des conséquences psychologiques que nous avons vues. Alors
pour l’accueillir il faut se montrer bienveillant, accueillant,
compatissant et préserver la confidentialité.
L’assistant psychosocial suivra les consignes suivantes :
- Expliquer au/à la survivant/e qu’elle a vécu un choc physique et
émotionnel.
- L’informer à propos des symptômes post-traumatiques :
émotionnels et physiques qui pourraient se manifester ;
- Avant tout, respecter la confidentialité en protégeant le/la
survivant/e. Une confidentialité absolue est essentielle. Si la
victime d’une agression sexuelle pense qu’un assistant
psychosocial n’est pas digne de confiance, elle souffrira et
l’assistant psychosocial ne pourra pas faire correctement son
travail. Ainsi, il doit veiller à ne pas raconter à l’extérieur une
histoire que la victime d’un viol pourrait prendre pour la sienne,
même si son nom n’est pas mentionné. Les victimes de viol
penseront qu’elles ne peuvent faire confiance à une personne qui
est incapable de garder le secret sur leur expérience. Cela
dissuadera d’autres victimes (qui n’ont pas encore parlé à
quelqu’un de leur expérience) d’aller le consulter ;
La confidentialité consiste à ne révéler à personne ni le nom
de la victime ni son identité, ni ce qui lui est arrivée. Les
informations écrites et les dossiers sur la victime doivent être
conservés sous clef séparément. Certaines victimes
d’agression sexuelle préféreront ne pas raconter leur histoire
ni à leur mari ou même à leur famille. Dans de nombreuses
cultures, il y a une tendance à faire porter à la victime la
responsabilité du viol ;
- Rassurer la victime en lui disant qu’elle ne méritait pas
d’être agressée, que ce qui s’est passé n’est pas de sa faute
et n’a pas été provoqué par son comportement ou sa
manière de s’habiller ;
- Les femmes et les filles qui ont été agressées sexuellement
pourront ne pas vouloir parler de leur tragédie à d’autres
personnes à cause de la honte qu’elles ressentent.
Il faut alors informer la victime que le support émotionnel fait partie de
l’assistance dont elle a besoin. La motiver à se confier à une personne de
confiance et à demander son soutien émotionnel : membre de sa famille ou une
amie ;
- Les relais communautaires doivent veiller à ce que la victime sache qu’elle peut
se présenter dans un service médical parce qu’elle peut contracter une Infection
Sexuellement Transmissible ou tomber enceinte. Ne l’obligez pas à prendre des
décisions mais faites-lui comprendre qu’elle a le droit d’avoir une aide médicale
et psychologique et qu’elle peut accéder à cette aide ;
- Proposer à la victime de l’accompagner ou la référer vers un service
d’assistance médicale et psychosociale ;
- Manifester votre soutien et votre sollicitude pour la victime d’une agression
sexuelle.
Ne pas porter de jugement sur elle ;
- Laisser la victime parler lorsqu’elle est prête à le faire. Elle parlera quand elle
sentira qu’elle peut vous faire confiance. Ne pas la pousser à prendre des
décisions.
- Trouver le moyen de l’aider à réduire l’isolement social de la victime avec son
consentement ;
- Un assistant psychosocial devra établir un plan de travail avec la victime, et
devra inclure dans son rapport après chaque entretien son objectif, ce qui a été
fait et où sont-ils arrivés. Relire avant de commencer le prochain entretien et
l’utiliser pour préparer la prochaine séance ;
Situations spécifiques
Enfants
Ne pas considérer l’enfant seulement dans sa situation
d'enfant abusé : c’est avant tout un enfant.
Même si l’agression sexuelle fait encore peur, et que sa simple
évocation risque de paralyser le travail des professionnels, il
faut garder à l’esprit que cet enfant souffre. Il a besoin avant
tout de quelque chose que chacun peut lui apporter : de
l’empathie et de la chaleur humaine plutôt que de la
technicité. Pour l'aider, il est aussi nécessaire de bien
connaître les professionnels vers lesquels l'orienter. Il peut
avoir des réactions très agitées et agressives de protection
tout comme rester muet et à l’écart.
Adolescents
Un adolescent n’est pas un grand enfant ni un petit adulte.
L’âge estimé d’un adolescent peut être pris entre 12 et 18 ans.
Il faudra tout de même voir au cas par cas car l’évolution et le
développement émotionnel, physique et intellectuel de
chaque enfant varie. Nous ne pouvons pas demander à un
adolescent de dessiner, de jouer en nous permettant ainsi de
l’observer. Il faut lui donner de l’espace, la possibilité de parler
s’il le désire, et surtout ne pas le traiter comme un enfant. Il
est aussi en âge de se questionner sur bien des choses. Un
dossier d’un adolescent ne devra pas être fermé quand nous
penserons qu’il est arrivé à la résilience. La période de
l’adolescence a des hauts et des bas, d’où, il faudra être à
l’écoute de potentiels besoins.
Adultes
c1. Femmes enceintes
Comme dans les autres cas, la même approche doit être suivie. Il faut tenir
compte du fait que la femme enceinte violée ou enceinte suite au viol se voit confrontée à
des difficultés qui entrent dans le registre de l’estime de soi mais, aussi, dans le contexte
social, surtout dans le deuxième cas. Il se peut qu’elle rejette l’idée d’avoir un enfant et
que des idées de perte et/ou d’abandon de l’enfant effleurent. Elle peut aussi avoir des
idées d’autodestruction qui peuvent se traduire en tentative de suicide.
Il ne faut pas oublier que l’enfant né suite au viol sera un rappel constant de ce
qui s’est passé non seulement pour elle mais aussi pour sa famille et son entourage. Les
assistants psychosociaux, les infirmiers neuropsychiatres, les psychologues cliniciens, les
médecins et les psychiatres se doivent d’écouter la victime et ne pas faire semblant
d’écouter. Cela consiste à lui expliquer qu’il est normal de penser à rejeter ce qui s’est
passé et, surtout, ses conséquences mais que vous allez en parler et en discuter car il y a
toujours d’autres options que la victime peut trouver.
Pour les cas des enfants issus de viol, il est important de laisser le dossier ouvert
jusqu’à 4 ou 5 mois après leur naissance, afin de suivre l’évolution de l’enfant
(prévention de maltraitance). Il faudra travailler avec la famille et le couple sur
l’acceptation de ce qui s’est passé, de l’enfant qui est venu, à travers des techniques de
médiations, d’écoute et d’information.
c2. Personnes dépistées
La prévalence de l’infection VIH a un impact sur la santé mentale
et va occuper une place importante dans la morbidité
psychiatrique et psychologique générale des victimes. Des
études ont montré que le SIDA avait de graves répercussions sur
l’état de santé mentale des patients tels que la dépression mais
aussi l’attaque du virus au niveau cérébral. Il faut aussi compter
sur les effets indirects pour les familles endeuillées qui ont
perdu des êtres chers à cause de cette maladie.
L’accompagnement psychosocial pour les personnes/familles
touchées par le VIH peut favoriser la réduction de la
stigmatisation à l’égard de la maladie. Il est aussi important que
les programmes comprennent comment le VIH est perçu par la
population pour adapter les messages de prévention (ex : VIH=
Malheur ou punition ?).
Il faut travailler sur l’impossibilité d’avoir d’autres enfants, la
peur de l’agression, le potentiel rejet du mari, de la famille,
l’acceptation de l’enfant par la famille, la gestion de la maladie
(avec le PNLS transmission, traitement et évolution de
la maladie).
c3. Hommes/garçons agressés.
C’est un type d’agression moins connue mais qui existe tout de même. Un homme
agressé va potentiellement se sentir coupable. Tout comme les femmes, son corps peut
réagir et avoir une érection. Il peut alors se sentir coupable et mettre en doute sa
masculinité. Il est important de faire comprendre que dans des situations extrêmes que
nous ne contrôlons pas, notre corps peut réagir d’une façon inattendue et, surtout,
mécanique. L’homme peut avoir des réactions émotionnelles et penser que sa
masculinité n’est plus aussi définie qu’avant. L’enfant aussi peut aussi penser qu’il
développe une attraction vers les autres garçons/hommes. Il faut expliquer que les
réactions physiques mécaniques sont normales, qu’elles ne représentent pas un état
permanent, et qu’il vaut mieux travailler sur l’estime de soi, que sur l’objectif de
l’agression. Moins fréquentes et surtout moins souvent révélées, les agressions
sexuelles chez l'homme sont reconnues juridiquement. Le viol de l'homme peut être
homosexuel ou hétérosexuel, une femme pouvant aussi en être l’auteur.
L'accueil des survivants de sexe masculin répond aux mêmes objectifs que
l'accueil des survivants de sexe féminin, c'est-à-dire : informer, préparer à l’entretien,
programmer les séances complémentaires et proposer un accompagnement.
Quelques éléments sont particuliers aux agressions des survivants de sexe
masculin. Un diagnostic difficile à poser : très souvent la composante sexuelle n'est pas
révélée d'emblée et la raison évoquée peut être bien loin de ce qui l’inquiète. Le
dialogue et l'entretien préalable sont fondamentaux. Ils pourront conduire la victime à
des révélations et l’aider à accepter ce qui s’est passé.
d. La famille
Il est important lorsque l’on travaille avec des personnes ayant subi
une agression sexuelle, de ne pas oublier la famille ; d’une part
parce qu’elle joue un rôle fondamental dans la guérison de la/du
survivant/e souvent elle en est le moteur principal-, et d’autre part
parce que des membres de la famille peuvent également être
touchés de manière vicaire par l’agression ou le manque d’affect de
l’individu. Il n’est pas rare que les parents ou le mari ressentent de
la colère, de la rage ou un grand sentiment d’impuissance et
d’incapacité face à la personne ayant survécu l’agression.
L’agression peut être cause de blessures
psychologiques/émotionnelles pour les membres de la famille qui
entourent la personne touchée, et il est donc très important,
lorsque l’on travaille sur la prise en charge d’une/un survivant/e, de
remettre ce processus dans le contexte de la famille, et de voir
également comment celle-ci gère ou réagit à
l’évènement. N’oubliez pas que les membres de la famille qui
pourraient venir voir le professionnel intervenant peuvent
également être des survivants eux-mêmes !
Références
Information pour la victime sur son parcours de soutien :
Explication du circuit complet de soutien
L’assistant psychosocial pourrait introduire l’explication au/à la
survivant/e par : « Il y a des blessures physiques qui sont
prises en charge par les médecins/infirmiers mais il y en a
d’autres qui requièrent un autre type de soutien. Ce sont des
blessures psychologiques/émotionnelles dont il faut aussi
s’occuper ». Nous devrons toujours expliquer au/à la
survivant/e qu’il/elle a le droit de recevoir d’autres formes
d’assistance comme :
a. Prise en charge médicale
Donner les informations sur les organisations de prise en
charge médicale, de l’aide qui peut leur être fournie. Parler de
l’importance de se faire soigner. Dans le cas d’agression
sexuelle connue, prioriser la prise en charge médicale avant
tout autre soutien.
b. Réinsertion socioéconomique ou scolaire
Cette réinsertion dépend des critères de vulnérabilité établis.
Toutes les victimes ne bénéficieront pas d’un soutien à la
réintégration socioéconomique. Il est important de voir que
cette activité peut aider à atteindre la résilience mais qu’elle
n’est pas là pour sortir de la pauvreté. Pour les enfants de
moins de 16 ans il est recommandé de soutenir leur
intégration scolaire formelle, non-formelle ou informelle.
Mais il faudra voir au cas par cas.
Différentes références
a. Référence légale
Donner les informations nécessaires sur leurs droits et pour un
éventuel dépôt de plainte, voire l’orientation vers une structure
spécialisée. Elle peut être aidée dans ses démarches par un
proche, l’assistante sociale de l’aire de santé ou une association
d’aide aux victimes. Aujourd’hui, certains hôpitaux disposent d’un
kit de collecte des preuves qui est remis à la victime de moins de
72h qui décide de déposer une plainte.
b. Référence médicale
La victime se présente dans les 72 heures ou après
Première chose à faire :
Référer la victime vers une structure de santé.
Voir si quelqu’un peut l’accompagner et le cas échéant, lui
proposer de l’accompagner si possible.
Eviter de porter des signes distinctifs sur les vêtements qui
pourraient stigmatiser la victime quand vous l’accompagnerez au
Centre de Santé.
Noter l’état de la victime (repliée sur elle-même, en pleurs, calme
etc.)
Demander si elle a un membre de la famille qui pourrait
l’accompagner, ou si elle veut que vous appeliez quelqu’un.
c. Référence juridique
c1. La collecte des preuves psycho-légales
Il faudrait conseiller à la victime et à ses accompagnateurs de conserver les
vêtements portés par la victime au moment de l’agression, en leur expliquant
qu’il est important que ni la victime ni ses vêtements ne soient lavés avant
l’examen. Les prélèvements corporels doivent être faits dans un délai maximum
de 72h après l’agression. Toutefois, il est également possible de collecter des
preuves psycho-légales qui aideront la victime à se pourvoir en justice si cette
action est possible.
c2. L’ouverture d’une procédure judiciaire dépôt de plainte
Pourquoi collecter les preuves psycho-légales ?
L’évaluation psycho-légale a pour finalité d’évaluer l’état psychologique de la
personne et quelles conséquences les agressions subies ont sur la personne, sa
vie émotionnelle, familiale, sociale, professionnelle et sur sa situation
économique. Les preuves psycho-légales peuvent être utilisées pour étayer le
récit d’une victime, confirmer un contact sexuel récent, démontrer l’usage de la
force ou la contrainte, aider à identifier, éventuellement, l’agresseur et évaluer la
hauteur des dédommagements lors d’un procès.
Il convient de prendre en considération les exigences et les compétences de la
justice. C’est un psychologue clinicien formé ou un psychiatre qui pourront faire
ce rapport mais devra se faire avec le consentement écrit du/de la survivant/e.
c3. Le certificat psychologique-légal
Le certificat psychologique peut-être transmis aux services
juridiques ou aux organismes avec un mandat de protection
seulement après accord explicite de la victime.
c4. Le soutien psychosocial/psychologique
Toute victime a le droit de recevoir un soutien médical et
psychosocial. Lors des enquêtes judiciaires et des procès, il faudra
s’assurer que la victime peut disposer de ce soutien.
1.2.3. Contre référence psychologique : Deuxième accueil
Objectif
A la suite de l’urgence, la victime a été prise en charge
médicalement. Un travail autour de la parole peut à présent être
amorcé. La personne agressée doit être reçue rapidement et dans
le calme pour qu’elle puisse parler, être écoutée et prise en charge.
La personne doit se sentir rassurée et en confiance afin de ne pas
vivre sa prise en charge comme une nouvelle agression. Elle doit
être reçue, de préférence, en tête à tête avec le prestataire de soin
(médecin ou infirmier formé dans l’assistance aux survivants des
violences sexuelles, assistant psychosocial, psychologue,
psychiatre) ou, à sa demande ou avec son consentement, en
présence d’une tierce personne. Cependant, le prestataire de
services sera le dernier à juger nécessaire ou pas la présence d’une
tierce personne, surtout si cette personne constitue une influence
négative ou provoque un blocage chez le(la) patient(e).
a. Identification
Le prestataire doit se présenter à la survivante. Dire ce qu’il est, ce
qu’il fait et pourquoi il est là. Montrer sa disponibilité pour la
survivante.
b. Langue du prestataire
Le prestataire devrait parler la langue de la survivante. Le cas
échéant, laisser la survivante libre de se choisir un traducteur, ou
à défaut lui proposer un(e) traducteur (trice). Dans le cas où un(e)
traducteur (trice) serait nécessaire, essayer dans la mesure du
possible que cette personne soit du même sexe que le(la)
survivant(e) si ce(cette) dernier(ère) en exprime le besoin. Dans
les deux cas, le traducteur devra se soumettre aux règles
d’éthique et de confidentialité.
c. Sexe du prestataire
Dans la mesure du possible, avoir un prestataire du même
sexe que la victime. Le cas échéant, lui proposer l’assistance
dans la salle d’un autre prestataire de son même sexe ou de
sexe opposé.
d. Lieu de l’accueil et situation
L'accueil des victimes de violences sexuelles est primordial
car il permet de réconforter, de rassurer les victimes
choquées, fortement touchées, de les informer et de les
préparer à la prise en charge en facilitant leur acceptation et
son bon déroulement. Il permet également de préparer la
victime aux éventuelles suites tant sur les plans médical,
psychologique, social et judiciaire. Si possible, l’examen se
tiendra dans une salle accueillante, sécurisante, en retrait,
bien éclairée avec des chaises confortables à l’abri des
regards. Eviter d’être derrière un bureau.