INTRODUCTION
La comptabilité financière est un système structuré essentiel dans le
paysage économique actuel. Son rôle est de mesurer, enregistrer et
communiquer les transactions économiques et les événements qui affectent
la situation financière et la performance d'une entité. Cette information est
vitale pour une multitude d'acteurs (investisseurs, banques, fournisseurs,
clients, employés, administrations fiscales, régulateurs) qui en dépendent
pour prendre leurs décisions. Pour que ce "langage de la comptabilité" soit
universellement compris et utile, il doit reposer sur un socle commun de
règles cohérentes, acceptées et appliquées de manière uniforme. C'est là
qu'interviennent la normalisation comptable (processus d'élaboration de ces
règles) et la réglementation comptable (processus par lequel ces règles
deviennent obligatoires). Sans ces règles partagées, la comparaison entre
entreprises deviendrait chaotique et impossible, freinant les échanges, les
investissements et le développement économique. Le principe d'autonomie
de l'entité est fondamental : l'entreprise est considérée comme un centre
autonome de décision économique, distinct de ses propriétaires ou
gestionnaires.
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PARTIE 1 : FONDEMENTS DE LA COMPTABILITE
1. Introduction générale à la comptabilité
○ La comptabilité financière est un système structuré essentiel
dans le paysage économique actuel, marqué par une
interconnexion et une complexité croissantes dues à la
mondialisation. Son rôle est de mesurer, enregistrer et
communiquer les transactions économiques et les événements
qui affectent la situation financière (actifs, passifs, capitaux
propres) et la performance (produits, charges) d'une entité. Cette
information est vitale pour une multitude d'acteurs –
investisseurs, banques, fournisseurs, clients, employés,
administrations fiscales, régulateurs – qui en dépendent pour
prendre leurs décisions.
○ Pour que ce "langage de la comptabilité" soit universellement
compris et utile comme outil de communication et d'aide à la
décision, il doit reposer sur un socle commun de règles
cohérentes, acceptées et appliquées de manière uniforme. C'est
là qu'interviennent la normalisation comptable (processus
d'élaboration de ces règles) et la réglementation comptable
(processus par lequel ces règles deviennent obligatoires). Sans
ces règles partagées, la comparaison entre entreprises
deviendrait chaotique et impossible, freinant les échanges, les
investissements et le développement économique.
○ Le principe d'autonomie de l'entité est fondamental :
l'entreprise est considérée comme un centre autonome de
décision économique, distinct de ses propriétaires ou
gestionnaires. Ses opérations doivent être suivies de manière
rigoureuse, séparant clairement son patrimoine de celui de ses
dirigeants. C'est l'entité qui détient la personnalité morale,
contracte, assume les engagements, détient les actifs et
supporte les risques. Ce principe garantit la fiabilité des comptes
et la sécurité juridique et fiscale.
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2. Historique de la comptabilité (Antiquité à nos jours)
○ Antiquité : Les premières traces remontent aux civilisations
anciennes. En Mésopotamie (vers 3000 av. J.-C.), les Sumériens
utilisaient des tablettes d'argile pour enregistrer les échanges de
marchandises (céréales, bétail). En Égypte antique (vers 2500 av.
J.-C.), les scribes tenaient sur papyrus des registres de collecte
d'impôts et de récoltes. L'Empire romain a perfectionné ces
techniques avec des registres comme le Codex accepti et
expensi (recettes/dépenses) sur des rouleaux de parchemin. Ces
systèmes permettaient le suivi des richesses et le contrôle des
finances.
○ Moyen Âge : Avec le développement du commerce, notamment
par les marchands vénitiens et florentins (IXe-XVe siècles), les
registres deviennent plus complexes. La comptabilité en partie
simple (recettes/dépenses) était utilisée. Le tournant majeur est
la publication en 1494 de la "Summa de Arithmetica..." par le
moine et mathématicien italien Luca Pacioli, qui décrit pour la
première fois la comptabilité en partie double. Ce principe, où
chaque transaction est enregistrée deux fois (un débit et un
crédit de montant égal), assure un équilibre constant et devient
la base de la comptabilité moderne pour un suivi et un contrôle
plus précis des flux.
○ Époque Moderne (XVIIe-XIXe siècles) : La Révolution
industrielle et l'essor du capitalisme rendent la comptabilité
indispensable pour la gestion des grandes entreprises et
l'attraction des investisseurs. Parallèlement, la nécessité
d'analyser les coûts de production donne naissance à la
comptabilité analytique.
○ XXe siècle à nos jours (Normalisation et
Internationalisation) : La crise de 1929 pousse les États à
imposer des normes comptables pour plus de transparence. Des
organismes de normalisation sont créés, comme le FASB aux
États-Unis (1973). Au niveau international, l'IASC (International
Accounting Standards Committee) est fondé en 1973 par des
organisations professionnelles de dix pays pour élaborer les
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normes IAS (International Accounting Standards). L'objectif était
de proposer un référentiel unique pour surmonter la diversité
problématique des "GAAP nationaux" (principes comptables
généralement admis propres à chaque pays), qui étaient souvent
liés au droit commercial et fiscal local et entravaient la
comparabilité internationale. Cependant, l'IASC manquait
d'autorité légale et ses normes manquaient parfois de précision,
limitant leur adoption. Face à l'accélération de la mondialisation
financière et aux scandales du début des années 2000, une
restructuration majeure a lieu en 2001 : l'IASC est remplacé par
l'IASB (International Accounting Standards Board), une
organisation indépendante sous l'égide de l'IFRS Foundation.
L'IASB a pour mandat de développer un ensemble unique de
normes de haute qualité, globales et basées sur des principes :
les IFRS (International Financial Reporting Standards).
L'adoption des IFRS par l'Union Européenne en 2005 pour les
comptes consolidés des sociétés cotées a donné une impulsion
décisive à leur généralisation mondiale. Aujourd'hui, les IFRS sont
le référentiel le plus utilisé pour les sociétés cotées et influencent
fortement les normes nationales. Madagascar s'est inscrit dans
ce mouvement en élaborant le Plan Comptable Général 2005
(PCG 2005) via le Conseil Supérieur de la Comptabilité (CSC),
conçu pour être "consistent" avec les normes IAS/IFRS de 2004.
Cette réforme a modernisé le cadre malagasy et facilité la
communication financière internationale, bien qu'un écart se soit
creusé depuis avec les évolutions constantes des IFRS.
L'utilisation de logiciels comptables et d'ERP est désormais
généralisée.
3. Principes comptables fondamentaux
○ La comptabilité s'appuie sur des concepts de base, postulats ou
principes qui forment sa charpente conceptuelle et guident
l'élaboration et l'interprétation des normes, ainsi que l'exercice
du jugement professionnel face à des situations nouvelles. Ils
sont généralement universels. Le PCG 2005 malagasy intègre ces
principes.
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○ Principe de l'Entité : L'entreprise est traitée comme une unité
distincte de ses propriétaires et autres entités.
○ Principe de la Partie Double : Toute opération est enregistrée
par un double mouvement : un débit dans un ou plusieurs
comptes et un crédit dans un ou plusieurs autres comptes, pour
un montant total débité égal au montant total crédité. Ce
principe assure l'équilibre permanent de la comptabilité.
○ Principe de Continuité d’Exploitation : Sauf preuve contraire
(liquidation, cessation d'activité), on suppose que l'entreprise
poursuivra ses activités dans un avenir prévisible. Ce principe
justifie l'évaluation des actifs basée sur leur utilité future plutôt
que sur leur valeur de liquidation.
○ Principe de Prudence : Face à l'incertitude, il convient d'être
circonspect. Les pertes et charges probables doivent être
comptabilisées dès qu'elles sont connues (ex: constitution de
provisions), même si elles ne sont pas certaines. Inversement, les
produits et plus-values potentiels ne sont enregistrés que
lorsqu'ils sont réalisés et certains. Il faut éviter de surestimer les
actifs/produits et de sous-estimer les passifs/charges.
○ Principe d'Indépendance des Exercices (ou Spécialisation
des Exercices / Accrual Basis) : Les produits et les charges
doivent être rattachés à l'exercice comptable au cours duquel ils
ont été acquis ou engagés économiquement, indépendamment
de leur date d'encaissement ou de décaissement. Cela implique
l'utilisation de comptes de régularisation (charges à payer,
produits à recevoir, charges/produits constatés d'avance) à la
clôture de l'exercice.
○ Principe du Coût Historique : Les biens acquis sont
enregistrés en comptabilité à leur coût d'acquisition initial,
déterminé à la date d'entrée dans le patrimoine. Ce coût reste la
base d'évaluation, sauf règles spécifiques de réévaluation ou de
constatation de pertes de valeur.
○ Principe de Permanence des Méthodes : Pour assurer la
comparabilité des états financiers dans le temps, l'entreprise doit
appliquer les mêmes méthodes d'évaluation et de présentation
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d'un exercice à l'autre. Un changement de méthode n'est
autorisé que s'il est justifié par une nouvelle réglementation ou
s'il permet une meilleure information (changement préférentiel),
et son impact doit être clairement indiqué.
○ Principe de Non-Compensation : Les éléments d'actif et de
passif, ainsi que les éléments de produits et de charges, doivent
être évalués et présentés séparément. Aucune compensation ne
peut être effectuée entre eux, sauf si une norme spécifique
l'autorise ou l'exige.
○ Principe d'Importance Relative (Matérialité) : Seules les
informations susceptibles d'influencer le jugement ou les
décisions des utilisateurs des états financiers doivent être
obligatoirement présentées et traitées avec rigueur. Une
information est considérée comme significative (matérielle) si son
omission ou son inexactitude pourrait influencer les décisions
économiques. Le seuil de signification dépend de la taille et de la
nature de l'élément dans le contexte de l'entreprise.
○ Cadre Conceptuel : L'IASB s'appuie sur un Conceptual
Framework for Financial Reporting qui établit les concepts sous-
jacents : objectifs de l'information financière (fournir des
informations utiles aux investisseurs/prêteurs pour leurs
décisions d'allocation de ressources), caractéristiques
qualitatives fondamentales (Pertinence, Représentation fidèle) et
d'amélioration (Comparabilité, Vérifiabilité, Rapidité,
Intelligibilité), définitions des éléments (Actifs, Passifs, Capitaux
propres, Produits, Charges), et critères de reconnaissance et
bases d'évaluation. Bien qu'il ne prime pas sur une norme IFRS
spécifique, il guide l'élaboration des normes et l'interprétation.
PARTIE 2 : STRUCTURE ET ORGANISATION COMPTABLE
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1. Définition et rôles
○ La structure comptable définit le cadre organisationnel pour
l'enregistrement, le traitement et le contrôle des opérations
financières. Elle vise à assurer une répartition claire des tâches,
une circulation efficace de l'information, une séparation des
pouvoirs pour prévenir les fraudes, et la conformité aux normes
(IFRS, PCG, etc.). Une structure bien définie garantit que chaque
acteur comprend son rôle et optimise les flux pour une gestion
financière fluide.
○ L'organisation comptable regroupe les processus et méthodes
qui structurent le travail comptable. Elle s'oppose au chaos et
vise la fiabilité, la rapidité et la conformité des opérations
financières, via une meilleure répartition des tâches, une gestion
optimisée des flux, le respect des délais et une traçabilité claire.
○
2. Hiérarchisation, stratification et division des tâches
○ Hiérarchisation : Répartition claire des rôles selon des niveaux
de responsabilité bien définis. Typiquement :
1. Niveau stratégique : Direction financière (définit
orientations stratégiques).
2.
3. Niveau managérial : Chef comptable, contrôleur de gestion,
responsable consolidation (supervise équipes, veille au
respect des normes).
4.
5. Niveau opérationnel : Comptables (clients, fournisseurs),
trésorier, auditeurs internes (exécution quotidienne des
tâches).
6.
7. Cette structure clarifie les responsabilités, améliore la
répartition du travail et réduit les erreurs/fraudes, mais
peut ralentir la prise de décision et manquer de flexibilité.
○ Stratification : Division de la comptabilité en sous-systèmes
spécialisés pour une vision détaillée et segmentée. Exemples :
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1. Comptabilité générale : Suivi des opérations courantes,
production des états financiers légaux.
2. Comptabilité analytique : Calcul des coûts (par produit,
service, projet), analyse de la rentabilité, aide à la décision
interne.
3. Comptabilité budgétaire : Élaboration des budgets
prévisionnels, suivi des réalisations, analyse des écarts.
4. Comptabilité fiscale : Calcul et gestion des déclarations
fiscales, veille fiscale.
○ Division et spécialisation des tâches : La structure est
divisée en services spécialisés pour un traitement rigoureux.
Exemples :
1. Service trésorerie : Gestion des liquidités, paiements,
encaissements, relations bancaires.
2. Service comptabilité clients : Facturation, suivi des
créances, relances, gestion des encaissements clients.
3. Service comptabilité fournisseurs : Réception, contrôle et
enregistrement des factures fournisseurs, préparation et
gestion des paiements.
4. Service audit et contrôle interne : Vérification de la
conformité des processus, évaluation des risques,
recommandation d'améliorations.
○ Séparation des fonctions (Contrôle Interne) : Principe
fondamental où aucune personne ne doit contrôler un processus
clé de bout en bout. Par exemple, la personne qui enregistre une
facture fournisseur ne doit pas être celle qui autorise le
paiement, et une troisième personne (ou service) peut être
chargée du contrôle a posteriori. Cela réduit significativement les
risques de fraude et d'erreurs et améliore la transparence.
3. Types d'organisation comptable : centralisée, décentralisée,
matricielle, etc.
○ La structure organisationnelle définit la stratégie globale
d'organisation de l'activité comptable pour optimiser les
ressources et assurer la cohérence.
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1. Organisation Centralisée : Toutes les opérations
comptables sont gérées par un service unique, souvent au
siège social. Avantages : Homogénéité des méthodes,
meilleur contrôle centralisé, économies d'échelle
potentielles. Inconvénients : Peut manquer de réactivité
aux besoins locaux, risque de surcharge du service central,
communication potentiellement plus lente avec les unités
opérationnelles. Typique des PME ou des entreprises avec
une activité géographiquement concentrée.
2. Organisation Décentralisée : Chaque unité
opérationnelle (filiale, division, succursale, usine) dispose
de son propre service comptable qui gère ses opérations.
Les données sont ensuite transmises au siège pour
consolidation. Avantages : Plus grande autonomie et
responsabilité des unités, meilleure adaptation aux
spécificités locales (réglementaires, fiscales, marché),
décisions plus rapides au niveau local. Inconvénients :
Complexité et coût de la consolidation, risque de méthodes
comptables hétérogènes si pas de manuel de procédures
strict, contrôle central plus difficile, duplication possible de
certaines fonctions. Typique des grands groupes
multinationaux ou diversifiés (ex: TotalEnergies).
○ Structure Fonctionnelle : L'organisation est basée sur la
spécialisation des fonctions comptables (ex: service facturation,
service paie, service fiscalité). Chaque service est responsable
d'un type d'opération pour l'ensemble de l'entreprise. Objectif :
clarifier les rôles et maximiser l'expertise dans chaque domaine.
○ Structure Divisionnelle : L'entreprise est organisée en
divisions (par produit, par marché géographique, par type de
client). Chaque division fonctionne comme un centre de profit
quasi-autonome et peut avoir sa propre comptabilité (souvent
analytique). Permet une meilleure adaptation à des marchés
spécifiques mais nécessite coordination et consolidation (ex: BNP
Paribas avec banque de détail, banque d'investissement,
assurance).
○ Structure Matricielle : Combine une structure fonctionnelle
avec une structure par projet ou par produit. Un comptable peut
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dépendre hiérarchiquement d'un chef de service fonctionnel (ex:
chef comptable) et fonctionnellement d'un chef de projet ou de
division. Vise à allier expertise fonctionnelle et focalisation sur les
objectifs spécifiques (projets, produits). Complexe en termes de
reporting et de lignes d'autorité (ex: entreprise de construction
avec comptables affectés à des projets et rattachés à un service
central).
○ Structure en Réseau : Modèle flexible où certaines fonctions
comptables sont externalisées ou gérées par des partenaires
externes. Fréquent dans les startups ou entreprises numériques
qui se concentrent sur leur cœur de métier. Repose sur une
coordination forte et des contrats clairs avec les partenaires (ex:
Uber travaillant avec des partenaires locaux pour la
comptabilité/fiscalité).
○ Organisation Mixte : Combine des éléments de centralisation
et de décentralisation pour chercher un équilibre optimal.
Certaines fonctions très standardisées ou critiques peuvent être
centralisées (ex: trésorerie centrale, consolidation, paie), tandis
que d'autres nécessitant une proximité opérationnelle sont
décentralisées (ex: comptabilité fournisseurs/clients dans les
filiales, comptabilité analytique par usine). Avantages : Équilibre
contrôle/autonomie, flexibilité. Inconvénients : Nécessite une
coordination rigoureuse et une définition claire des interfaces,
peut générer des coûts de structure plus élevés.
4. Mise en œuvre concrète : cas pratiques d’entreprise
○ Cas PME (50 salariés) - Structuration initiale:
1. Problèmes : Absence de service structuré, gestion des
factures dispersée, retards fiscaux.
2. Solutions mises en place : Création d'un service comptable
unique centralisant les opérations. Mise en place d'un
logiciel comptable pour automatiser et fiabiliser
l'enregistrement. Désignation d'un responsable comptable
pour superviser. Instauration d'un processus de validation
des paiements pour contrôle interne.
3.
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4. Résultats observés : Réduction significative des erreurs
comptables (40%), amélioration du suivi des créances et
diminution des impayés, respect des délais fiscaux évitant
les pénalités.
○ Cas Entreprise Industrielle - Réorganisation :
1. Problématique : Difficultés organisationnelles entraînant
retards d'enregistrement des factures, rapprochements
bancaires irréguliers, comptes erronés ou incomplets.
2. Solutions mises en place : Création d'un service
comptabilité dédié avec rôles et responsabilités clairs.
Adoption d'un logiciel comptable adapté pour automatiser
les écritures. Mise en place d'un contrôle interne renforcé
avec séparation des tâches. Organisation de formations
pour les comptables sur les normes et outils.
3. Résultats après 6 mois : Réduction de 50% des erreurs
comptables, respect des délais fiscaux, meilleure traçabilité
des transactions.
○ Étapes clés pour la mise en place :
1. Définir les rôles et responsabilités : Qui fait quoi ?
(enregistrement, validation, supervision, clôture).
2. Choisir un logiciel comptable adapté : Selon taille et
complexité (PME : Sage, QuickBooks ; Grandes entreprises :
SAP, Oracle).
3. Mettre en place un calendrier comptable : Planifier
précisément les tâches récurrentes (facturation,
rapprochement, déclarations).
4. Instaurer un contrôle interne : Séparation des tâches,
procédures de validation, audits internes réguliers.
5. Former les équipes : Assurer la mise à jour continue des
connaissances (normes, fiscalité, outils).
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PARTIE 3 : MÉTHODES DE COMPTABILISATION
1. Comptabilisation des opérations
○ La comptabilisation est l'acte d'enregistrer une transaction
dans les livres comptables lorsqu'elle satisfait à la définition d'un
élément des états financiers (actif, passif, capitaux propres,
produit, charge) et aux critères de reconnaissance : il est
probable qu'un avantage économique futur lié à l'opération ira à
l'entité ou en proviendra, et l'opération a un coût ou une valeur
qui peut être évalué de façon fiable. Toute transaction répondant
à ces critères doit être comptabilisée; une simple mention en
annexe ne suffit pas.
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○ La comptabilisation se fait via des écritures comptables dans
les journaux appropriés (journal général ou journaux auxiliaires :
achats, ventes, trésorerie, opérations diverses), en respectant le
principe de la partie double (débit = crédit). Chaque écriture doit
être appuyée par une pièce justificative (facture, reçu, etc.) et
comporter date, libellé, comptes mouvementés et montants.
○ Les écritures du journal sont ensuite reportées dans le grand
livre, qui classe les mouvements par compte.
○ Systèmes d'inventaire pour les stocks :
■ Inventaire intermittent : Les achats sont enregistrés en
charges (compte 60). En fin de période, le stock initial est
annulé (via compte 603) et le stock final (issu de
l'inventaire physique) est constaté (via compte 603). Pour
la production, le stock initial est annulé (via compte 71) et
le stock final constaté (via compte 71).
■ Inventaire permanent : Les entrées en stock sont
enregistrées au débit des comptes de stocks (classe 3) par
le crédit des comptes de variation (603 ou 71). Les sorties
sont enregistrées au crédit des comptes de stocks par le
débit des comptes de variation. Permet un suivi continu et
facilite le calcul du coût des ventes.
○ Fonctionnement des comptes de tiers (Exemples PCG
2005) :
■ Compte 40 Fournisseurs : Crédité lors de la réception de
factures d'achat (par débit comptes de charges/actifs et
TVA déductible). Débité lors des règlements ou réception
d'avoirs. Des sous-comptes gèrent les effets à payer, les
charges à payer (factures non reçues), les RRR à obtenir,
les avances versées, les emballages consignés.
■ Compte 41 Clients : Débité lors de l'émission de factures de
vente (par crédit comptes de produits et TVA collectée).
Crédité lors des règlements, émission d'avoirs, ou réception
d'effets à recevoir. Des sous-comptes gèrent les effets à
recevoir, les clients douteux, les produits à recevoir
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(factures à établir), les RRR à accorder, les avances reçues,
les emballages consignés.
■ Compte 42 Personnel : Gère les rémunérations dues, les
avances, les oppositions, les charges sociales salariales.
■ Compte 43 Organismes sociaux : Gère les dettes de
cotisations sociales (patronales et salariales).
■ Compte 44 Etat : Gère les impôts et taxes (IS, TVA, autres),
les subventions à recevoir, les impôts différés.
■ Compte 45 Groupe et Associés : Gère les opérations
financières (hors commerciales) avec les entités du groupe
et les associés (comptes courants, opérations sur capital,
dividendes à payer).
■ Compte 46 Débiteurs/Créditeurs divers : Gère les
créances/dettes sur cessions d'immobilisations ou de titres
de placement, et autres opérations diverses.
■ Compte 47 Comptes transitoires/d'attente : Utilisé
temporairement pour des opérations en attente
d'imputation définitive.
■ Compte 48 Régularisation (Charges/Produits constatés
d'avance, Provisions courantes) : Gère les charges/produits
concernant l'exercice suivant et les provisions pour charges
courantes.
2. Principes d’évaluation (coût historique, valeur recouvrable)
○ L'évaluation consiste à déterminer les montants monétaires des
éléments comptables. Elle a lieu à la comptabilisation initiale et
au moins à chaque clôture.
○ Coût historique : Base d'évaluation par défaut selon le PCG
2005.
■ Définition Actif : Montant payé ou juste valeur de la
contrepartie donnée à la date d'acquisition/production.
■ Définition Passif : Montant reçu en échange de l'obligation
ou montant attendu pour l'éteindre.
■ Calcul Coût historique d'un bien :
■ Acquis à titre onéreux : Coût d'acquisition.
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■ Reçu en apport : Valeur d'apport.
■ Acquis à titre gratuit : Juste valeur à l'entrée.
■ Acquis par échange : Juste valeur de l'actif reçu (si
dissemblable) ou valeur comptable de l'actif donné
(si similaire).
■ Produit par l'entité : Coût de production.
■ Détail Coût d'acquisition : Prix d'achat + droits
douane/taxes non récupérables + frais accessoires directs
(livraison, installation, honoraires) - réductions
commerciales.
■ Détail Coût de production : Coût acquisition
matières/services consommés + autres coûts de production
(charges directes et indirectes raisonnablement
rattachables) - coûts de sous-activité.
■
○ Valeur recouvrable : Principe essentiel pour la dépréciation.
■ Déclencheur : À chaque arrêté, l'entité cherche des indices
de perte de valeur d'un actif.
■ Calcul : Si indice existe, estimer la valeur recouvrable =
Max (Prix de vente net ; Valeur d'utilité).
■ Prix de vente net : Prix obtenable sur marché
concurrentiel - coûts de sortie.
■ Valeur d'utilité : Valeur actualisée des flux de
trésorerie futurs estimés de l'utilisation et de la sortie
de l'actif. Si prix de vente net non déterminable,
valeur recouvrable = valeur d'utilité. Si l'actif ne
génère pas de flux propres, on se base sur l'unité
génératrice de trésorerie. Des estimations et
simplifications sont permises.
■
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■ Constatation Perte de Valeur : Si Valeur Recouvrable <
Valeur Comptable Nette, la différence est une perte de
valeur. L'actif est diminué et une charge est constatée.
■ Reprise Perte de Valeur : À chaque arrêté, évaluer si la
perte de valeur antérieure n'existe plus ou a diminué. Si
indice existe et que la nouvelle valeur recouvrable > valeur
comptable, la perte est reprise en produit, jusqu'à hauteur
de la valeur comptable qui aurait existé sans la perte
initiale.
3. Immobilisations corporelles, incorporelles, amortissements,
pertes de valeur
○ Définitions (PCG 2005) :
■ Corporelles : Actif corporel détenu pour
production/fourniture, location ou administration, sur plus
d'un exercice.
■ Incorporelles : Actif non monétaire, identifiable, sans
substance physique, détenu aux mêmes fins (fonds
commercial acquis, marques, logiciels, licences, frais
développement).
○ Regroupement/Séparation (PCG 2005) : Éléments de faible
valeur peuvent être passés en charges. Pièces de rechange
spécifiques > 1 an sont immobilisées. Composants avec
durées/rythmes d'avantages différents sont traités séparément.
Actifs liés à environnement/sécurité sont immobilisés s'ils
augmentent les avantages futurs d'autres actifs.
○ Évaluation initiale (PCG 2005) : Au coût d'acquisition ou coût
de production. Coûts directs rattachables incluent préparation
site, livraison/manutention initiale, installation, honoraires
(architectes, ingénieurs), coût estimé de
démantèlement/rénovation si obligation (avec provision
correspondante au passif).
○ Dépenses ultérieures (PCG 2005) : Comptabilisées en
charges si restaurent le niveau de performance. Ajoutées à la
valeur comptable (immobilisées) si augmentent la valeur
(probable augmentation avantages futurs > niveau original), par
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ex: allongement durée vie, augmentation capacité, amélioration
substantielle qualité/productivité, réduction substantielle coûts
opérationnels.
○ Amortissement (PCG 2005) : Répartition systématique du
montant amortissable sur durée d'utilité estimée, selon plan
d'amortissement, en tenant compte valeur résiduelle probable.
Correspond à la consommation des avantages économiques.
Durée d'utilité et mode doivent être réexaminés périodiquement
et ajustés si changements significatifs.
■ Modes : Reflètent le rythme de consommation des
avantages:
■ Linéaire : charge constante (mode par défaut si
rythme non fiable).
■ Dégressif : charge décroissante.
■ Unités de production : charge basée sur
utilisation/production.
■ Comptabilisation : Dotation (compte 68) généralement en
charges, sauf si intégrée au coût d'un autre actif (ex:
amortissement machine utilisée pour construire une autre
immobilisation). Amortissements cumulés au crédit du
compte 28.
■ Spécificités : Terrains et constructions sont distincts ;
constructions amortissables, terrains généralement non.
Durée d'utilité des incorporels présumée <= 20 ans (sauf
justification en annexe).
○ Pertes de valeur (PCG 2005) : Déclenchées par indice de perte
de valeur, comparant valeur comptable nette et valeur
recouvrable. Constatées au crédit du compte 29 par débit du
compte 68. Réajustées à chaque clôture via dotation (compte 68)
ou reprise (compte 78).
○
○ Sortie (PCG 2005) : La plus ou moins-value (différence entre
produit de sortie net et valeur comptable nette) est
comptabilisée en résultat (comptes 65 ou 75) à la date de
cession. Le compte d'immobilisation est soldé par le compte
d'amortissement correspondant.
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○ Immobilisations en cours (Compte 23) : Enregistre valeur des
immobilisations non achevées et avances/acomptes versés pour
acquisition d'immobilisations. Soldé quand immobilisation
achevée (contrepartie compte 21). Pas d'amortissement, mais
perte de valeur possible. Distinction entre travaux confiés à tiers
(enregistrés sur base factures/décomptes) et travaux créés par
l'entité (enregistrés au coût de production via compte 72).
○ Immobilisations financières (Comptes 26, 27) :
■ Catégories (PCG 2005) : Titres de participation
(contrôle/influence notable), Titres immobilisés de l'activité
de portefeuille (TIAP - rentabilité long terme sans
intervention gestion), Autres titres immobilisés (détenus
jusqu'à échéance), Prêts et créances immobilisés.
■ Évaluation initiale : Au coût (juste valeur contrepartie +
frais).
■ Évaluation postérieure (PCG 2005) :
■ Participations (non détenues pour cession proche) :
Coût amorti + test dépréciation.
■ Participations (détenues pour cession proche) et TIAP
(disponibles à la vente) : Juste valeur, avec variations
via capitaux propres (sauf si perte de valeur durable,
alors en résultat).
■ Titres détenus jusqu'à échéance, prêts et créances :
Coût amorti + test dépréciation.
■ Perte de valeur : Constatée si valeur recouvrable < valeur
comptable (pour coût amorti) ou si baisse durable (pour
juste valeur via K propres).
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PARTIE 4 : NORMALISATION COMPTABLE
1. Importance de la normalisation
○ La normalisation comptable est définie comme le processus
structuré visant à établir et promouvoir un ensemble cohérent de
règles, principes, méthodes et procédures régissant
l'identification, la mesure, l'enregistrement, la présentation et la
divulgation des transactions et événements économiques dans
les états financiers. Elle répond à un besoin fondamental de
clarté et de comparabilité, évitant le chaos informationnel qui
résulterait de pratiques comptables laissées à la discrétion de
chaque entreprise ou dictées par des usages locaux ou fiscaux
hétérogènes. Cette hétérogénéité historique rendait difficile
l'évaluation comparative, complexifiait les opérations
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transfrontalières et freinait la transparence. La normalisation est
donc née de la prise de conscience de ces limites dans une
économie de plus en plus interconnectée. Son importance réside
dans sa capacité à fournir un langage commun fiable pour la
prise de décision économique.
2. Objectifs : comparabilité, transparence, accès au financement
○ Les objectifs de la normalisation (et de la réglementation qui
l'impose) sont multiples et visent à améliorer l'environnement
économique :
■ Amélioration de la comparabilité : C'est un objectif
primordial dans un contexte mondialisé. Des normes
communes assurent que des transactions similaires sont
traitées de manière cohérente, permettant aux utilisateurs
(analystes, gestionnaires, dirigeants) de comparer les
performances et positions financières d'entreprises
différentes, même situées dans des pays distincts, ou d'une
même entreprise dans le temps. Cela facilite l'identification
des tendances, l'évaluation relative et l'allocation efficace
des capitaux.
■ Renforcement de la transparence et de la fiabilité :
En imposant un cadre précis, les normes réduisent
l'ambiguïté et la latitude laissée aux entreprises, limitant
les possibilités de manipulation. La fiabilité est assurée par
l'adhésion à des principes clés (neutralité, exhaustivité,
absence d'erreur significative) reflétant la substance
économique. Des états financiers transparents et fiables
fondent la confiance, réduisent l'asymétrie d'information et
peuvent abaisser le coût du capital en diminuant le risque
perçu par les prêteurs/investisseurs.
■ Facilitation de l'accès aux marchés de capitaux et
aux financements : Les investisseurs et institutions
financières internationales s'appuient sur des référentiels
connus et fiables. Pour une entreprise souhaitant attirer
des capitaux étrangers, se coter à l'international ou obtenir
des prêts importants, la conformité aux normes
internationales (IFRS) est souvent une condition ou un
20
avantage majeur. Cela réduit la complexité pour les
partenaires financiers potentiels et accroît la crédibilité.
■ Contribution à l'efficience des marchés
économiques : Des informations de haute qualité,
accessibles et comparables réduisent les coûts de
transaction et d'analyse pour les participants au marché.
Cela permet aux investisseurs de se concentrer sur
l'analyse fondamentale, menant à une meilleure formation
des prix et une allocation plus efficiente des ressources
vers les entreprises performantes.
■ Fourniture d'une base indispensable à la
réglementation et à la supervision : Les autorités
fiscales utilisent le résultat comptable (ajusté) comme base
pour l'impôt. Les superviseurs financiers (banques
centrales, autorités de marchés) s'appuient sur les états
financiers pour évaluer la santé des institutions, surveiller
leur conformité aux exigences prudentielles et identifier les
risques systémiques. Un cadre normalisé simplifie leur
tâche et renforce la stabilité financière.
3. Processus d’élaboration des normes (IASB, IFRS)
○ Organisme clé : l'IASB : L'International Accounting Standards
Board, créé en 2001 (succédant à l'IASC), est l'organisme
indépendant responsable de l'élaboration des IFRS. Il opère sous
la supervision de l'IFRS Foundation, qui assure sa gouvernance et
son financement (contributions diverses visant l'indépendance).
Le Conseil de l'IASB (the Board) est composé d'experts
internationaux à temps plein, prenant les décisions techniques. Il
est soutenu par :
■ L'IFRS Interpretations Committee (anciennement IFRIC)
: Clarifie les questions d'application pratique des IFRS via
des interprétations obligatoires (IFRICs, SICs).
■ L'IFRS Advisory Council : Fournit des conseils
stratégiques sur le programme de travail.
■ Divers groupes consultatifs spécifiques.
21
○ Processus d'élaboration ("Due Process") : Il est conçu pour
être transparent, rigoureux et ouvert à la consultation publique
mondiale, assurant la légitimité des normes. Les étapes clés
incluent :
■ Identification du sujet : Basée sur les besoins des
utilisateurs, les évolutions économiques, etc..
■ Recherche et analyse : Étude approfondie des enjeux et
des approches possibles.
■ Publication d'un Document de Discussion (Discussion
Paper) (optionnel) : Pour susciter un débat initial sur les
orientations.
■ Publication d'un Projet de Norme (Exposure Draft) : Étape
cruciale présentant la proposition de l'IASB et ouverte aux
commentaires du public mondial pendant une période
définie (souvent 90-150 jours).
■ Analyse des commentaires et Délibérations : L'IASB analyse
tous les commentaires reçus et délibère publiquement pour
réviser son projet si nécessaire.
■ Vote et Publication de la Norme finale : La norme (nouvelle
IFRS ou amendement IAS/IFRS) est votée par les membres
du Conseil et publiée. Ce processus peut prendre plusieurs
années pour des normes majeures.
■ Activités post-publication : Suivi de l'application, travail du
Comité d'interprétation, examens post-implémentation.
○ Objectif et Structure des IFRS : L'objectif est un ensemble
unique de normes de haute qualité, compréhensibles,
comparables, pertinentes et fiables pour les marchés mondiaux.
Elles sont basées sur des principes (plutôt que des règles
rigides), laissant place au jugement professionnel mais exigeant
une interprétation rigoureuse, et visent la substance
économique. Le corpus IFRS comprend :
■ Les Normes IFRS (numérotées IFRS 1, etc.).
22
■ Les Normes IAS (numérotées IAS 1, etc.) héritées de
l'IASC et maintenues.
■ Les Interprétations IFRIC et SIC.
■ Le Cadre Conceptuel (Conceptual Framework).
■ Il existe aussi une norme simplifiée, l'IFRS for SMEs (IFRS
pour PME).
23
PARTIE 5 : RÉGLEMENTATION COMPTABLE
1. Rôle des États et de la loi
○ La réglementation comptable est l'ensemble des dispositions
émanant de l'autorité publique (État, législateur, gouvernement,
régulateurs) qui rendent l'application des normes comptables
obligatoire et contraignante au sein d'une juridiction. Elle
transforme le référentiel technique (normes) en obligations
légales assorties de sanctions. C'est un processus juridique et
politique, influencé par des considérations de politique
économique, sociale ou fiscale.
○ Elle définit le périmètre d'application (quelles entreprises
doivent appliquer quelles normes - ex: IFRS pour sociétés cotées,
PCG national pour PME), les modalités de conformité (délais
de publication, lieux de dépôt) et les mécanismes de contrôle
(audit légal obligatoire, contrôles administratifs) ainsi que les
sanctions en cas de non-respect.
○ Les sources du droit comptable varient selon les systèmes
juridiques mais incluent typiquement:
■ La Loi : Texte voté par le parlement, posant les principes
généraux et obligations fondamentales (obligation de tenir
une comptabilité, d'établir des comptes annuels, référentiel
applicable, obligation d'audit pour certaines entités). Ex: à
Madagascar, la Loi n° 2003–036 sur les sociétés
commerciales impose la comptabilité selon le PCG 2005 et
fixe les seuils d'audit.
■ Les Décrets et Arrêtés : Textes du pouvoir exécutif
(Président, Ministres) détaillant l'application des lois. Ex:
Décret approuvant le PCG, arrêté précisant des modalités.
■ Les Règlements d'autorités sectorielles : Émis par les
régulateurs (Banque Centrale, Autorité des Marchés
Financiers) pour les entités sous leur supervision (banques,
24
assurances, sociétés cotées), pouvant imposer des règles
comptables spécifiques ou complémentaires. Ex:
Règlements de la BCM pour les banques à Madagascar.
■ La Jurisprudence : Décisions des tribunaux interprétant
les textes, pouvant guider la pratique.
■ L'interaction entre normalisation internationale et
réglementation nationale est clé : les IFRS n'ont force de
loi que si adoptées par la réglementation nationale. Les
modalités varient : adoption directe (endossement),
incorporation dans le droit national, développement d'un
référentiel national basé sur les IFRS (comme le PCG 2005),
coexistence de référentiels.
2. Cas des pays en voie d’alignement avec les IFRS (exemple
Madagascar)
○ La tendance mondiale est à la convergence vers les IFRS. De
nombreux pays, dont Madagascar, ont entrepris des réformes
pour moderniser leur cadre comptable en s'inspirant des normes
internationales.
○ Madagascar et le PCG 2005 : L'élaboration et l'adoption du
Plan Comptable Général 2005 (PCG 2005) par le Conseil
Supérieur de la Comptabilité (CSC) a été une étape cruciale. Il a
été conçu pour être cohérent ("consistent") avec les normes
IAS/IFRS telles qu'elles existaient en 2004. Le PCG 2005 est le
référentiel rendu obligatoire par la réglementation malagasy pour
la majorité des entreprises.
■ Objectifs de la réforme : Moderniser les pratiques
comptables malagasy, rompre avec les pratiques
antérieures, faciliter la lecture des états financiers par les
partenaires étrangers, et s'aligner sur les évolutions
internationales de l'époque.
■ Défis actuels : Les IFRS ont considérablement évolué
depuis 2004 (ex: IFRS 9, 15, 16). Le PCG 2005 n'intègre pas
ces évolutions majeures, créant un écart normatif. Cela
pose des défis pour :
25
■ La comparabilité des entreprises malagasy avec
celles appliquant les IFRS récentes.
■ L'accès au financement international ou l'intégration
dans des groupes internationaux appliquant les IFRS,
nécessitant souvent des retraitements coûteux pour
passer du PCG 2005 aux IFRS.
■ Le maintien de la pertinence du référentiel national
face à l'évolution de l'économie.
■ Interaction complexe : Les entreprises malagasy doivent
naviguer entre le PCG 2005 (référentiel légal), les règles
sectorielles spécifiques (ex: BCM pour les banques, pouvant
exiger les IFRS), et les attentes des partenaires
internationaux (basées sur IFRS actuelles).
■ Perspectives : La question de l'évolution future du PCG
2005 (convergence plus poussée, adoption sélective des
IFRS, maintien avec mises à jour) est un enjeu stratégique
pour Madagascar, nécessitant de balancer les bénéfices de
l'harmonisation internationale avec les capacités locales et
les liens fiscaux.
3. Régulation par secteurs : banques, assurances, marchés
financiers
○ Banques et Établissements de Crédit :
■ Régulateur clé : Banque Centrale (à Madagascar, la BCM).
■ Réglementation : Souvent un Plan Comptable Bancaire
spécifique, distinct du PCG général, et/ou exigence
d'appliquer les IFRS (complètes ou PME), complété par des
règlements prudentiels stricts (Bâle III).
■ Spécificités comptables : Traitement complexe des
instruments financiers (IFRS 9 ou équivalent : classification,
évaluation, pertes attendues), gestion des risques (crédit,
26
marché, liquidité), présentation spécifique des états
financiers et reporting prudentiel détaillé et fréquent exigé
par la BCM.
○ Assurances :
■ Régulateur clé : Autorité de contrôle des assurances
dédiée.
■ Réglementation : Règles comptables et prudentielles
spécifiques (ex: Solvabilité II en Europe). La norme IFRS 17
est la nouvelle référence internationale.
■
■ Spécificités comptables : Évaluation complexe des passifs
d'assurance (engagements futurs envers assurés),
reconnaissance des produits sur la durée de fourniture du
service, gestion des actifs d'investissement en lien avec les
passifs.
○ Marchés Financiers (Sociétés Cotées) :
■ Régulateur clé : Autorité des marchés financiers nationale
(si existante) et Organisation Internationale des
Commissions de Valeurs (IOSCO) au niveau global.
■ Réglementation : Exigences de publication accrues
(transparence, délais, rapports intermédiaires).
L'application des IFRS est très souvent obligatoire pour les
sociétés cotées dans la plupart des juridictions pour assurer
la comparabilité et la protection des investisseurs. Le
format de reporting électronique XBRL est de plus en plus
exigé.
27
PARTIE 6 : APPLICATION PRATIQUE ET ÉTUDES DE CAS
1. Exemples d’application de normes IFRS
○ IFRS 15 - Produits des activités ordinaires tirés de
contrats avec des clients : Impose un modèle unique en 5
étapes pour reconnaître les revenus : 1) Identifier le contrat, 2)
Identifier les obligations de performance distinctes, 3) Déterminer
le prix de transaction (y compris contrepartie variable), 4)
Répartir le prix entre les obligations sur la base des prix de vente
autonomes, 5) Comptabiliser le revenu lorsque (ou à mesure que)
l'obligation est satisfaite (transfert de contrôle). Exemple :
Contrat de vente d'un téléphone avec un service de maintenance
28
de 2 ans. IFRS 15 exige d'identifier la vente du téléphone
(obligation satisfaite à un moment donné) et le service de
maintenance (obligation satisfaite sur la durée) comme
obligations distinctes, de répartir le prix total, et de reconnaître
les revenus correspondants au fur et à mesure. Exige un
jugement important (identifier obligations, estimer prix variables
et autonomes).
○ IFRS 9 - Instruments financiers : Couvre la classification et
l'évaluation, la dépréciation et la comptabilité de couverture.
■ Classification/Évaluation Actifs Financiers : Dépend du
modèle économique de gestion de l'entité et des
caractéristiques des flux de trésorerie contractuels (test
SPPI - Solely Payments of Principal and Interest). Catégories
: Coût amorti, Juste valeur par OCI (Other Comprehensive
Income), ou Juste valeur par le résultat (FVTPL). Exemple :
Un prêt simple détenu pour recevoir principal et intérêts
sera au coût amorti. Une action détenue pour trading sera
à FVTPL.
■ Dépréciation (Expected Credit Losses - ECL) : Remplace le
modèle des pertes avérées (IAS 39) par un modèle de
pertes attendues. L'entité doit reconnaître une provision
pour pertes dès qu'une perte est attendue, même si le
défaut n'est pas encore survenu, en intégrant des
informations prospectives (économiques, sectorielles).
Complexe, surtout pour les banques.
○ IFRS 16 - Contrats de location : Élimine largement la
distinction location simple/financement pour le preneur. Pour
presque tous les contrats de location (sauf courte durée / faible
valeur), le preneur doit comptabiliser au bilan:
■ Un Actif de droit d'utilisation : Représente le droit d'utiliser
l'actif sous-jacent pendant la durée du contrat. Évalué
initialement au coût (passif initial + paiements initiaux +
coûts directs + coûts démantèlement estimés). Amorti sur
la durée.
■ Un Passif de location : Représente l'obligation de payer les
loyers futurs. Évalué initialement à la valeur actuelle des
29
paiements futurs (actualisés au taux implicite ou marginal).
Augmenté des intérêts, diminué des paiements.
■ Au compte de résultat : Charge d'amortissement (sur
l'actif) et charge d'intérêts (sur le passif), remplaçant la
charge de loyer linéaire. Impact : Augmentation
significative des actifs et passifs au bilan, modification des
ratios financiers (endettement, rentabilité). Exemple :
Location de locaux commerciaux sur 5 ans → inscription
d'un actif et d'un passif au bilan. Pour le bailleur, la
distinction location simple/financement est maintenue.
○ IAS 16 - Immobilisations corporelles : Reconnaissance si
avantages futurs probables et coût fiable. Évaluation initiale au
coût (achat + frais directs). Évaluation postérieure : Modèle du
coût (coût - amortissements - pertes valeur) ou modèle de
réévaluation (juste valeur). Amortissement systématique sur
durée d'utilité. Décomptabilisation lors cession ou absence
d'avantages futurs. Exemple : Achat camion → coût initial inclut
prix, transport, immatriculation ; amortissement linéaire sur 5
ans.
○ IAS 38 - Actifs incorporels : Reconnaissance si identifiable,
contrôle, avantages futurs probables, coût fiable. Traitement
spécifique R&D : Recherche en charges, Développement
capitalisable sous conditions strictes. Goodwill interne jamais
reconnu. Évaluation initiale au coût. Évaluation postérieure :
Modèle du coût ou réévaluation (rare car marché actif souvent
absent). Amortissement si durée d'utilité déterminée ; test de
dépréciation annuel si indéterminée (ex: goodwill acquis, marque
forte). Exemple : Achat d'un brevet → immobilisation amortie sur
durée légale.
○ IAS 2 - Stocks : Actifs détenus pour vente, en cours de
production, ou matières premières/fournitures à consommer.
Évaluation : Au plus faible du coût et de la valeur nette de
réalisation (VNR = prix vente estimé - coûts achèvement/vente).
Coût : Coûts acquisition + coûts transformation + autres coûts
pour amener à l'état/endroit actuel. Méthodes calcul coût (si non
identifiables individuellement) : FIFO (PEPS) ou Coût Moyen
30
Pondéré (CUMP); LIFO interdit. Comptabilisation en charge :
Valeur comptable (FIFO/CUMP) passée en "coût des ventes" lors
de la vente. Réductions à VNR en charges. Exemple : Stock de
vêtements démodés → évalué à VNR (prix soldé estimé) si < coût
initial.
○ IAS 7 - Tableau des flux de trésorerie : Exige présentation
flux classés par activités opérationnelles, d'investissement, et de
financement. Activités opérationnelles : Flux liés opérations
courantes (clients, fournisseurs, employés, impôts). Présentation
méthode directe (flux bruts) ou indirecte (résultat net ajusté -
plus courante). Activités d'investissement : Flux liés
acquisition/cession actifs long terme (immobilisations,
placements non courants). Activités de financement : Flux liés
capitaux propres et emprunts (émission/rachat actions,
émission/remboursement emprunts, dividendes versés). Essentiel
pour évaluer génération trésorerie et liquidité.
○ IAS 1 - Présentation des états financiers : Fixe exigences
générales (image fidèle, conformité IFRS, continuité exploitation,
base d'exercice), structure et contenu minimal d'un jeu complet
d'états financiers: État situation financière (Bilan), État résultat
global, Tableau flux trésorerie, Tableau variation capitaux
propres, Notes annexes (+ infos comparatives). Interdit
compensation (sauf si norme l'exige). Exige cohérence
présentation. Définit contenu minimal des notes annexes
(méthodes comptables, détails postes, etc.).
2. Rapprochement comptabilité fiscale vs comptabilité financière
○ La comptabilité financière (selon PCG ou IFRS) vise à donner une
image fidèle pour la décision économique. La comptabilité fiscale
vise à déterminer l'assiette de l'impôt selon les règles du Code
Général des Impôts (CGI). Les objectifs étant différents, les règles
peuvent diverger.
○ Principe du lien (Connexion) : Dans de nombreux pays
comme Madagascar, le résultat fiscal est calculé à partir du
résultat comptable, mais après application d'ajustements
31
spécifiques prévus par la loi fiscale. C'est le principe de
connexion (ou dépendance) entre comptabilité et fiscalité.
○ Retraitements Fiscaux : Ajustements extra-comptables pour
passer du résultat comptable au résultat fiscal.
■ Réintégrations : Ajouter au résultat comptable des charges
qui ont été déduites en comptabilité mais qui ne sont pas
admises en déduction fiscalement. Exemples : amendes et
pénalités, certaines provisions jugées non déductibles (pour
risque non certain), amortissements comptables excédant
les amortissements fiscalement admis (amortissements
dérogatoires), charges jugées somptuaires ou non liées à
l'exploitation, impôt sur les sociétés lui-même.
■ Déductions : Soustraire du résultat comptable des produits
qui ont été comptabilisés mais qui ne sont pas imposables
(ou bénéficient d'une exonération fiscale), ou des charges
admises fiscalement mais non (ou pas encore) passées en
comptabilité (plus rare). Exemples : certains produits de
participation bénéficiant du régime mère-fille (si
applicable), quote-part de subvention d'investissement
imposée sur plusieurs années alors qu'elle est parfois
comptabilisée plus vite, plus-values à long terme
bénéficiant d'un régime fiscal spécifique.
○ Exemple Madagascar (PCG 2005 / CGI) : Le CGI malagasy
stipule que le bénéfice imposable est déterminé d'après le
résultat comptable PCG 2005, sous réserve des dispositions du
CGI. Les retraitements sont donc systématiques.
■ Amortissements : Le PCG 2005 se base sur la durée d'utilité
réelle. Le CGI peut prévoir des taux ou durées différents
(plafonds ou planchers). L'écart entre amortissement
comptable et amortissement fiscalement déductible donne
lieu à réintégration ou déduction.
■ Provisions : Le PCG 2005 comptabilise les provisions pour
risques et charges probables si estimables. Le CGI a
souvent des critères de déductibilité plus stricts (risque
précis, forte probabilité voire quasi-certitude, évaluation
32
rigoureuse). Les provisions comptables ne remplissant pas
les critères fiscaux doivent être réintégrées.
■ Autres charges : La déductibilité fiscale de dons, frais de
réception, cadeaux, charges sociales peut être limitée ou
conditionnée par le CGI.
○ Importance du suivi : Les entreprises doivent tenir un état
détaillé de ces retraitements (souvent sur l'imprimé fiscal de la
liasse) pour justifier le calcul de l'impôt. Ces différences peuvent
être temporaires (se résorbent dans le temps, donnant lieu aux
impôts différés) ou permanentes.
○ Impôts différés (IAS 12 / Section 3 Chap V du PCG 2005) :
Méthode comptable visant à comptabiliser l'impôt sur le résultat
imputable aux seules opérations de l'exercice. Elle reconnaît les
conséquences fiscales futures des différences temporelles entre
la valeur comptable des actifs/passifs et leur base fiscale, ainsi
que des reports déficitaires. Des actifs d'impôts différés (impôt
recouvrable futur) ou passifs d'impôts différés (impôt payable
futur) sont comptabilisés au bilan. Ils sont mesurés aux taux
d'impôt attendus lors de leur réalisation/règlement, sans
actualisation.
3. Défis de la transition vers les normes internationales (IFRS)
○ L'adoption ou la convergence vers les IFRS, bien que bénéfique
pour la comparabilité, présente des défis importants, surtout lors
de la première application (régie par IFRS 1).
■ Complexité intrinsèque des IFRS : Certaines normes
(IFRS 9, 15, 16, 17, IFRS 3 sur regroupements) sont très
complexes, techniques et volumineuses. Leur
compréhension et application correcte exigent une
expertise pointue, difficile à acquérir et maintenir,
notamment pour les PME et dans les pays où les ressources
de formation sont limitées.
■ Coût élevé de la transition et de la maintenance : La
première application des IFRS (retraitements rétrospectifs)
et la mise en œuvre des nouvelles normes entraînent des
33
coûts significatifs : formation du personnel, adaptation
voire remplacement des systèmes d'information
comptable, recours à des consultants externes,
augmentation potentielle des honoraires d'audit. Ce coût
peut être un frein majeur, surtout dans les économies
émergentes.
■ Rôle accru du jugement professionnel : L'approche
IFRS basée sur des principes nécessite un exercice
important du jugement (ex: estimation juste valeur, durée
d'utilité, pertes attendues, identification obligations
performance). Si cela permet de mieux refléter la
substance économique, cela introduit aussi un risque de
subjectivité, d'incohérence entre entités, voire de biais.
Cela requiert des professionnels compétents, éthiques et
un cadre de contrôle (audit, supervision) robuste.
■ Impact majeur sur les Systèmes d'Information (SI) :
Les SI doivent être capables de collecter, traiter et stocker
un volume de données beaucoup plus important et
granulaire pour appliquer certaines normes (ex: données
pour calcul ECL sous IFRS 9, données contractuelles pour
IFRS 15, données sur tous les contrats de location pour
IFRS 16). L'adaptation des SI est souvent un projet lourd et
coûteux.
■ Friction avec la fiscalité nationale : L'objectif des IFRS
(information économique pour investisseurs) diffère de
celui de la fiscalité. L'application des IFRS peut creuser
l'écart entre résultat comptable et résultat fiscal, rendant
les retraitements fiscaux plus nombreux et complexes.
L'articulation entre IFRS et fiscalité doit être clairement
définie par la réglementation, ce qui est un défi politique et
technique.
■ Nécessité de mise à jour constante : L'IASB publie
régulièrement de nouvelles normes, des amendements
majeurs et des interprétations. Les entreprises et les
professionnels doivent assurer une veille normative
34
permanente et implémenter ces changements en temps
voulu, ce qui représente une charge continue.
■ Défis spécifiques aux économies émergentes : Ces
défis sont souvent amplifiés dans des contextes comme
Madagascar : manque d'experts IFRS locaux, coût élevé de
la formation spécialisée, accès limité à des logiciels
adaptés, faiblesse relative des mécanismes de contrôle et
de supervision, difficulté à obtenir certaines données (ex:
juste valeur sur marchés peu actifs).
CONCLUSION
1. Importance d’un cadre comptable harmonisé pour la stabilité
économique
35
○ Un cadre comptable normalisé et réglementé, idéalement
harmonisé au niveau international, est fondamental pour la
confiance, l'efficience et la stabilité des économies modernes.
○ Confiance et Transparence : Des règles claires et appliquées
uniformément, associées à un contrôle externe (audit),
renforcent la crédibilité de l'information financière publiée. Cela
réduit l'incertitude et l'asymétrie d'information entre les
entreprises et leurs parties prenantes (investisseurs, prêteurs,
etc.), favorisant ainsi la confiance nécessaire aux échanges
économiques.
○ Comparabilité et Allocation Efficiente des Ressources :
L'harmonisation permet des comparaisons pertinentes entre
entreprises, secteurs et pays, aidant les investisseurs et prêteurs
à mieux évaluer les risques et les rendements et à allouer les
capitaux vers les usages les plus productifs.
○ Accès aux Marchés et Coût du Capital : La conformité à des
normes reconnues internationalement (IFRS) facilite l'accès aux
marchés de capitaux mondiaux et peut réduire le coût du capital
pour les entreprises en diminuant la prime de risque liée à
l'opacité informationnelle. C'est un facteur d'attractivité pour les
investissements directs étrangers.
○ Base pour la Régulation et la Stabilité Financière : Des
données comptables fiables et standardisées sont essentielles
pour les autorités fiscales (assiette de l'impôt) et les régulateurs
financiers (surveillance prudentielle des banques/assurances,
prévention des risques systémiques), contribuant ainsi à la
stabilité du système financier.
2. Perspectives futures : numérique, ESG reporting, évolution des
normes
○ Le paysage comptable est en pleine mutation, confronté à des
défis et des opportunités majeurs.
○ Convergence et Adaptation Continue : La tendance à la
convergence vers les IFRS devrait se poursuivre, mais
l'interaction avec les cadres nationaux restera complexe. Les
pays devront gérer l'équilibre entre harmonisation globale et
spécificités locales (fiscalité, capacité des PME). Le maintien de la
36
pertinence des référentiels nationaux (comme le PCG 2005 à
Madagascar) face à l'évolution des IFRS est un enjeu clé.
○ Digitalisation Accélérée : L'impact des technologies (IA, RPA,
Big Data, Blockchain, XBRL) va continuer de croître, automatisant
les tâches répétitives et exigeant de nouvelles compétences des
professionnels (analyse de données, gestion des SI,
cybersécurité). Les normes comptables et d'audit devront
s'adapter à ces nouvelles réalités (ex: comptabilisation crypto-
actifs, audit continu). Le développement des infrastructures et
compétences numériques est crucial, notamment à Madagascar.
○ Montée en puissance du Reporting ESG / Durabilité : Les
attentes des parties prenantes dépassent l'information
financière. Le reporting sur les enjeux Environnementaux,
Sociaux et de Gouvernance devient une norme, poussé par les
investisseurs et les régulateurs. La normalisation s'accélère avec
l'ISSB et les normes IFRS de durabilité (S1, S2), visant une base
globale pour l'information liée aux risques et opportunités ESG
affectant la valeur de l'entreprise. On se dirige vers un reporting
plus intégré (financier + durabilité). Les comptables et auditeurs
ont un rôle essentiel à jouer dans la collecte, le reporting et
l'assurance de ces données non financières. C'est un enjeu de
compétitivité et de responsabilité pour les entreprises malagasy.
○ Évolution des Normes et Attentes : Les normes devront
continuer à évoluer pour traiter de sujets complexes (juste
valeur, instruments financiers, actifs incorporels) et répondre aux
nouvelles attentes sur les risques émergents (climat, cyber,
chaînes d'approvisionnement) et la résilience des modèles
d'affaires.
○ Conclusion générale : La normalisation et la réglementation
comptable restent des piliers de la confiance économique, mais
doivent s'adapter en permanence. L'avenir de la discipline réside
dans sa capacité à intégrer les enjeux de durabilité et les
technologies numériques, tout en continuant à fournir une
information pertinente et fidèle pour éclairer les décisions dans
un monde complexe et en mutation. Pour Madagascar, relever
ces défis nécessitera une stratégie d'harmonisation progressive,
37
des investissements en formation et un renforcement des
institutions
38