Rapport Mondialisation
Rapport Mondialisation
LE COMMERCE
AU SERVICE
DU DÉVELOPPEMENT
Public Disclosure Authorized
À L’ÈRE DE LA
MONDIALISATION
DES CHAÎNES
DE VALEUR
ABRÉGÉ
Public Disclosure Authorized
Un rapport phare du Groupe de la Banque mondiale
LE COMMERCE
AU SERVICE DU
DÉVELOPPEMENT
À L’ÈRE DE LA
MONDIALISATION
DES CHAÎNES
DE VALEUR
ABRÉGÉ
Cet abrégé présente une vue d’ensemble du Rapport sur le développement dans le monde 2020 : Le commerce au service
du développement à l’ère de la mondialisation des chaînes de valeur, doi : 10.1596/978-1-4648-1457-0. La version intégrale
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Rapport sur le développement dans le monde 2020 :
Le commerce au service du développement à l’ère
de la mondialisation des chaînes de valeur
Exportations
Exportations Exportations destinées à
la consommation
Frontière
Frontière
Produits finis
Intrants de services Produits semi-finis
Moteurs Résultats
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Abrégé
L
e commerce international s’est rapidement développé de main-d’œuvre à l’intérieur des pays comme à l’étranger.
après 1990 grâce à l’expansion des chaînes de valeur Deuxièmement, les conflits commerciaux entre grands pays
mondiales (CVM). Cette expansion a permis une conver- pourraient entraîner une contraction ou une segmentation
gence sans précédent : les pays pauvres ont accéléré leur crois- des CVM.
sance et commencé à rattraper les pays riches, et la pauvreté Qu’en est-il des répercussions pour les pays en déve-
a fortement reculé. loppement qui cherchent à établir des liens avec les CVM,
Ces gains reposent sur la fragmentation de la production à acquérir de nouvelles technologies et à poursuivre leur
entre les différents pays et l’intensification des relations entre croissance ? Les CVM offrent-elles toujours une voie de déve-
les entreprises. Les pièces et les composants ont commencé loppement ? Telles sont les principales questions examinées
à sillonner le monde alors que les entreprises cherchaient à dans le présent Rapport, qui évalue la contribution des CVM
faire des économies là où elles le pouvaient. La productivité à la croissance, à l’emploi et à la réduction de la pauvreté, mais
et les revenus ont augmenté dans des pays comme le Ban- aussi aux inégalités et à la dégradation de l’environnement.
gladesh, la Chine et le Viet Nam, qui sont devenus partie Le Rapport explique aussi comment les politiques nationales
intégrante des CVM. Et c’est précisément dans ces pays que peuvent relancer la croissance du commerce et faire en sorte
la pauvreté a le plus baissé. que les CVM participent au développement durable plutôt que
Cependant, il n’est plus si évident aujourd’hui que le de s’y opposer. Enfin, il identifie les insuffisances du système
commerce reste un moteur de prospérité. Depuis la crise commercial international qui ont semé des dissensions entre
financière mondiale de 2008, la croissance du commerce est des pays, et propose une feuille de route pour les résoudre
atone et l’expansion des CVM a ralenti. La dernière décennie grâce au renforcement de la coopération internationale.
n’a pas connu d’événements transformateurs comparables à Le Rapport conclut que les CVM peuvent continuer de
ceux des années 90 — l’intégration de la Chine et de l’Europe stimuler la croissance, de créer des emplois de meilleure
de l’Est dans l’économie mondiale et la conclusion d’accords qualité et de réduire la pauvreté, à condition que les pays en
commerciaux de grande envergure tels que le Cycle d’Uruguay développement entreprennent des réformes plus profondes
et l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA). et que les pays industrialisés mettent en œuvre des politiques
Parallèlement, deux menaces potentiellement sérieuses ouvertes et prévisibles. L’évolution technologique, représente
pour le modèle de croissance induite par le commerce et à probablement plus une aubaine qu’une malédiction pour
forte intensité de main-d’œuvre sont apparues. Première- le commerce et les CVM. Les avantages de la participation
ment, l’arrivée de technologies économes en main-d’œuvre aux CVM peuvent être largement partagés et s’inscrire dans
telles que l’automatisation et l’impression 3D pourrait rappro- la durée si tous les pays améliorent la protection sociale et
cher la production du consommateur et réduire la demande environnementale.
Abrégé | 1
Figure O.1 Les échanges liés aux CVM ont L’expansion des CVM pourrait
connu une croissance rapide dans ralentir, à moins de restaurer
les années 90, mais stagnent depuis la crise une certaine prévisibilité
financière mondiale de 2008 des politiques publiques
55
Les CVM existent depuis des siècles. Mais elles ont connu
Part des CVM dans les échanges mondiaux (%)
75
80
85
90
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05
10
15
19
19
19
19
19
19
20
20
20
Carte O.1 Tous les pays participent aux CVM – mais pas de la même manière
Liens avec
les CVM, 2015
Faible participation
Produits de base limités
Produits de base intensifs
Biens manufacturés simples
Biens manufacturés
et services de pointe
Activités innovantes
Données manquantes BIRD 44640 AOÛT 2019
Source : Équipe du Rapport sur le développement dans le monde 2020, sur la base de la taxonomie des CVM pour 2015 (voir encadré 1.3 du Rapport principal).
Note : La nature des liens d’un pays avec les CVM dépend de : 1) l’étendue de sa participation aux CVM ; 2) sa spécialisation sectorielle , et 3) son degré d’innovation. Des détails
sont fournis dans la figure 1.6 du Rapport principal.
0
Les CVM augmentent les revenus, Année 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
de l’évènement
créent des emplois de meilleure Années après l’évènement
qualité et réduisent la pauvreté Biens manufacturés simples
L’hyperspécialisation améliore l’efficacité, et les relations Biens manufacturés et services de pointe
interentreprise durables favorisent la diffusion des technologies Activités innovantes
ainsi que l’accès au capital et aux intrants le long des chaînes Sources : Équipe du Rapport sur le développement dans le monde 2020, à partir des données d’Eora
([Link] et de la base de données des Indicateurs du développement dans le monde de la Banque
de valeur. En Éthiopie, par exemple, les entreprises participant mondiale ([Link]
aux CVM sont plus de deux fois plus productives que celles Note : L’analyse quantifie la variation cumulée du PIB réel par habitant au cours des 20 années suite au passage d’un
qui se limitent au commerce traditionnel. Les entreprises niveau inférieur à un niveau supérieur de participation aux CVM. La méthodologie est décrite dans l’encadré 3.3 du
Rapport principal.
d’autres pays en développement enregistrent également des
gains de productivité importants grâce à leur participation
aux CVM. On estime qu’une augmentation de 1 % de cette transformation structurelle dans les pays en développement,
participation accroît le revenu par habitant de plus de entraînée par un transfert de main d’œuvre depuis les activités
1 %, ce qui est nettement plus élevé que les 0,2 % de gain induit moins productives au profit d’activités plus productives dans
par le commerce traditionnel. La croissance est généralement les industries manufacturières et les services. Les entreprises
la plus forte lorsque les pays passent de l’exportation de des CVM ont une autre caractéristique remarquable : elles
produits de base à l’exportation de produits manufacturés emploient généralement plus de femmes que les autres, ceci
simples (des vêtements, par exemple) à partir d’intrants étant vérifié dans un grand nombre de pays4. Elles contribuent
importés (des textiles notamment) (figure O.2), à l’instar du donc aux nombreux avantages en matière de développement
Bangladesh, du Cambodge et du Viet Nam. qui sont associés à l’augmentation de l’emploi des femmes.
Ces forts taux de croissance ne peuvent toutefois être La participation aux CVM s’accompagne d’une réduction
maintenus sans progresser vers des formes de participation de la pauvreté, car elles augmentent les revenus et stimulent
de plus en plus sophistiquées. Mais les transitions entre l’emploi5. D’une manière générale, le commerce réduit la
chaque niveau de sophistication des exportations — des biens pauvreté principalement grâce à la croissance. Cependant,
manufacturés simples aux biens manufacturés et services les CVM réduisent davantage la pauvreté que le commerce
de pointe, puis aux activités innovantes (conformément à la traditionnel, parce qu’elles augmentent plus la croissance
taxonomie des CVM utilisée dans le Rapport et décrite en détail économique que le commerce de produits finals. Au Mexique
dans l’encadré 1.3 du Rapport principal) — s’accompagnent et au Viet Nam, par exemple, les régions qui ont participé
d’exigences accrues en matière de compétences, de connectivité plus activement aux CVM ont également connu un recul plus
et d’institutions de réglementation. marqué de la pauvreté.
Les CVM améliorent également la qualité des emplois,
mais leur relation avec le niveau de l’emploi est complexe. Les
Les gains associés aux CVM
entreprises des CVM sont généralement plus productives
et plus fortement capitalisées que les autres (en particulier
ne sont pas également répartis
les entreprises non commerciales), ce qui leur permet donc et les CVM peuvent nuire
de mobiliser moins de main-d’œuvre dans leur processus de à l’environnement
fabrication. En revanche, l’amélioration de la productivité
accroît la production des entreprises et donc la création Les gains liés à la participation aux CVM ne sont pas égale-
d’emplois3. Il s’ensuit que les CVM s’accompagnent d’une ment répartis entre les pays et au sein de ceux-ci. Les grandes
Abrégé | 3
entreprises qui externalisent la production de pièces et de les plastiques) lié à l’emballage des marchandises. La croissance
certaines tâches à des pays en développement ont vu leurs induite par les CVM peut également exercer une forte pression
marges bénéficiaires et leurs profits augmenter, ce qui semble sur les ressources naturelles, surtout si elle s’accompagne de
indiquer qu’une part croissante des réductions de coûts liées à la subventions à la production ou à l’énergie, qui encouragent la
participation aux CVM ne bénéficie pas aux consommateurs6. surproduction. Sur une note plus positive, les études empiriques
Parallèlement, les marges bénéficiaires des producteurs des ne confirment pas la crainte d’une relocalisation des stades de
pays en développement diminuent. Ce contraste est évident, par production les plus polluants dans les pays où les normes envi-
exemple, au niveau des marges des entreprises de confection ronnementales sont les plus laxistes.
aux États-Unis et en Inde, respectivement.
À l’intérieur des pays, l’exposition au commerce avec les
pays à faible revenu et les changements technologiques contri- Les nouvelles technologies
buent à la réaffectation de la valeur ajoutée du travail vers le favorisent globalement
capital. Les inégalités peuvent également se creuser sur le mar- le commerce et les CVM
ché du travail, où la rémunération du travail qualifié augmente
tandis que celle du travail non qualifié stagne7. Les femmes L’émergence de nouveaux produits, de nouvelles technologies
rencontrent aussi des difficultés : même si les CVM peuvent de production comme l’automatisation et l’impression 3D, et de
leur offrir plus d’emplois, elles semblent être confrontées à des nouvelles technologies de distribution comme les plateformes
plafonds de verre encore plus bas. Les femmes se retrouvent numériques génère à la fois des opportunités et des risques. Mais
généralement dans les segments à faible valeur ajoutée et il est les données disponibles à ce jour suggèrent un accroissement net
souvent difficile de trouver des femmes propriétaires ou cheffes des échanges et des CVM via les nouvelles technologies.
d’entreprises8. L’innovation entraîne des échanges de nouveaux biens et
Les CVM peuvent aussi avoir des effets néfastes sur services qui contribuent à une croissance plus rapide du com-
l’environnement. Les principaux coûts pour l’environnement merce international. En 2017, 65 % des échanges se classaient
des CVM sont liés à la croissance des échanges de biens inter- dans des catégories qui n’existaient pas en 1992.
médiaires, et à l’accroissement des distances parcourues, par Étonnamment, l’apparition de nouvelles technologies de
rapport au commerce traditionnel. Leurs effets comprennent production est aussi susceptible de stimuler la croissance.
l’augmentation des émissions de dioxyde de carbone (CO2) asso- L’automatisation encourage les pays à utiliser des méthodes
ciées aux transports (comparativement au commerce tradition- nécessitant moins de main-d’œuvre et réduit la demande de
nel) et un excès de déchets (en particulier dans l’électronique et produits provenant des pays en développement qui en utilisent
le plus. Toutefois, cette relocalisation n’est pas mise en évidence
par les données9 et les travaux sur l’automatisation10 et l’impres-
Figure O.3 L’automatisation dans les pays
sion 3D11 portent à croire que ces technologies ont contribué à
industrialisés stimule les importations en provenance
l’augmentation de la productivité et des volumes de production.
des pays en développement
Elles ont ainsi accru la demande d’importations d’intrants en
10
provenance des pays en développement (figure O.3).
Évolution en % des importations
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Les politiques nationales peuvent
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Augmentation des importations induite par l'automatisation dans l’élaboration de pièces et tâches plus simples et ainsi facili-
Source : Artuc, Bastos, and Rijkers 2018. ter la participation au commerce international des pays dont le
Note : La figure décrit l’augmentation, induite par l’automatisation, des importations par les pays industrialisés stade de développement est moins avancé. Mais la capacité d’un
de matériaux en provenance des pays en développement par grand secteur au cours de la période 1995-2015. L’évolution
des importations de pièces est mesurée en points logarithmiques ; une augmentation de 0,10 point logarithmique
pays à participer aux CVM n’est nullement garantie.
équivaut approximativement à une augmentation de 10 % des importations. La participation aux CVM est déterminée par les dotations
Produits de base à biens Biens manufacturés simples à biens Biens manufacturés et services
manufacturés simples manufacturés et services de pointe de pointe à activités innovantes
Investissement direct étranger : adopter des politiques favorables à l’investissement et améliorer le climat des affaires
Gouvernance : promouvoir la stabilité politique Gouvernance : améliorer la prévisibilité des politiques, rechercher des accords
commerciaux à fort degré d’intégration
Institutions
Homologation des normes : établir Droits de propriété intellectuelle :
Contrats : renforcer l’exécution
un régime d’évaluation de la conformité assurer la protection
en facteurs de production, la taille du marché, la géographie et dans des CVM plus avancées (figure O.4) en se basant sur
les institutions. Cependant, ces paramètres fondamentaux ne une analyse des facteurs influençant différents types de
sont pas les seuls facteurs déterminants ; les politiques jouent participation aux CVM. Il convient de signaler que les politiques
également un rôle important. Les politiques visant à attirer nationales peuvent et doivent être adaptées à la situation des
l’investissement direct étranger (IDE) peuvent pallier l’insuf- pays et aux formes spécifiques de participation aux CVM.
fisance des capitaux, des technologies et des compétences en Il est important d’attirer l’IDE à toutes les étapes de
gestion13. La libéralisation du commerce intérieur associée à la la participation. Ceci exige ouverture, protection des
négociation de la libéralisation du commerce extérieur permet investisseurs, stabilité, climat des affaires favorable et,
de surmonter les obstacles liés à un petit marché domestique, dans certains cas, promotion de l’investissement. Certains
en affranchissant les entreprises et les exploitations agricoles pays, comme ceux d’Asie du Sud-Est qui ont bénéficié
d’une demande intérieure et d’intrants locaux limités. L’amélio- d’investissements étrangers dans la production de biens,
ration des infrastructures de transport et de communication et continuent de restreindre les investissements étrangers dans
l’ouverture à la concurrence de ces services peuvent remédier les services. D’autres essaient d’attirer des investissements
aux problèmes liés à l’isolement géographique14. Et la partici- par le biais d’exonérations fiscales et de subventions, mais
pation à des accords à haut degré d’intégration peut stimuler ils risquent de s’aliéner leurs partenaires commerciaux, et les
la réforme des institutions et de l’action publique, surtout avantages nets de cette approche ne sont pas nécessairement
lorsqu’elle est assortie d’une assistance technique et financière15. positifs. Néanmoins, des pays comme le Costa Rica, la Malaisie
Le Rapport identifie les politiques qui favorisent l’intégration et le Maroc ont incité de grandes multinationales à réaliser
Abrégé | 5
des investissements transformateurs dans les CVM grâce à l’amélioration des chaînes de valeur, les pays devraient
d’efficaces stratégies de promotion de l’investissement. investir dans le capital humain17. En Malaisie, le Penang Skills
Les taux de change surévalués et les réglementations du Development Centre est un exemple de centre de formation
travail restrictives augmentent le coût du travail et empêchent géré par l’industrie qui a fortement contribué à la moderni-
ainsi les pays dont la main-d’œuvre est abondante d’en tirer sation du pays en vue de son intégration dans les CVM de
parti. Au Bangladesh par exemple, le coût de la main-d’œuvre l’électronique et de l’ingénierie.
manufacturière correspond au revenu par habitant, alors que • Des politiques ciblées visant à lever les obstacles aux CVM
dans de nombreux pays africains, le coût du travail est plus de peuvent être efficaces. Au Bangladesh par exemple, la mise en
deux fois plus élevé. service d’entrepôts en douane, associée à la délivrance de lettres
En tirant parti de la libéralisation du commerce pour de crédit adossées (assurant l’accès au fonds de roulement), a
se connecter aux marchés, les pays peuvent accroître la catalysé l’intégration du pays dans les CVM de la confection.
taille de leurs marchés et accéder aux intrants nécessaires • Les pays peuvent établir des liens entre les petites et
à la production. On observe ainsi une corrélation entre les moyennes entreprises (PME) nationales et les entreprises-
importantes réductions tarifaires appliquées unilatéralement chefs de file des CVM — en appuyant la formation et le
par le Pérou dans les années 2000 et la croissance accélérée de renforcement des capacités et en fournissant aux entreprises-
sa productivité ainsi que l’expansion et la diversification de ses chefs de file des informations sur les possibilités d’approvi-
exportations destinées aux CVM16. Les accords commerciaux sionnement. Des programmes de ce type ont été menés
facilitent l’accès aux marchés et ont fortement contribué à la avec succès au Chili et en Guinée dans le secteur minier, au
participation aux CVM dans un grand nombre de pays, dont
Kenya et au Mozambique dans l’agriculture, et en République
le Bangladesh, le Honduras, le Lesotho, Madagascar, Maurice
tchèque dans les secteurs de l’électronique et de l’automobile.
et la République dominicaine. D’autre part, les économies de
• Pour les pays participants aux chaînes de valeur agricoles,
biens et de services étant de plus en plus étroitement liées, la
les politiques de soutien à l’intégration des petits exploitants
réforme des politiques relatives aux services — concernant
revêtent une importance particulière. En Afrique,
les télécommunications, les finances, les transports et divers
l’agriculture représente 55 % des emplois et plus de 70 %
services aux entreprises — devrait faire partie de toute stratégie
des revenus des pauvres. Les petits exploitants ne pourront
visant à promouvoir les activités des CVM.
bénéficier des chaînes de valeur agricoles que s’ils reçoivent
Pour de nombreux biens échangés dans les CVM, un jour
un soutien supplémentaire, par exemple grâce à des services
de retard équivaut à l’imposition d’un tarif douanier supérieur
de vulgarisation agricole, à l’accès aux instruments de
à 1 %. L’amélioration des procédures douanières et frontalières,
gestion des risques (tels que l’assurance) et à des activités de
la promotion de la concurrence dans les services de transport et
coordination visant à exploiter les économies d’échelle par
de logistique et l’amélioration de l’infrastructure et de la gouver-
le biais d’organisations de producteurs.
nance portuaires peuvent réduire les coûts associés au facteur
temps et aux incertitudes, et atténuer ainsi les inconvénients
L’amélioration du climat des affaires et de l’investissement
de l’éloignement.
pour les CVM à l’échelle nationale peut être coûteuse et
Les CVM étant stimulées par la facilité de formation
prendre du temps, ce qui incite de nombreux pays à établir
de réseaux d’entreprises, il convient également de prêter
attention à la mise en œuvre des contrats afin de garantir des zones économiques spéciales (ZES) pour créer des îlots
la stabilité et la prévisibilité des dispositions juridiques au d’excellence. Mais les résultats obtenus à ce jour portent à
sein de ces réseaux. La protection des droits de propriété croire que relativement peu de ZES sont efficaces, et qu’elles
intellectuelle est particulièrement importante pour ne le sont que lorsqu’elles remédient à des défaillances
les chaînes de valeur plus innovantes et complexes. Le spécifiques du marché et des politiques. Pour que les
renforcement des capacités nationales de certification conditions soient réunies, même dans une zone géographique
et de contrôle visant à assurer le respect des normes restreinte, il faut une planification et une mise en œuvre
internationales peut également faciliter la participation minutieuses pour garantir l’abondance des ressources
aux CVM. nécessaires — telles que la main-d’œuvre, la terre, l’eau,
Si bon nombre d’approches traditionnelles de la politique l’électricité et les télécommunications — la minimisation des
industrielle — dont les incitations fiscales, les subventions et les obstacles réglementaires et la transparence de la connectivité.
exigences relatives au contenu local — peuvent avoir un effet Les quelques programmes couronnés de succès dans des
de distorsion sur les structures de production dans le contexte pays comme la Chine, le Panama, les Émirats arabes unis et
actuel des CVM, d’autres politiques volontaristes offrent des récemment l’Éthiopie, mais aussi les nombreux exemples
perspectives plus intéressantes, particulièrement lorsqu’elles de ZES qui n’ont pas réussi à attirer les investisseurs ou à se
visent à remédier aux dysfonctionnements du marché : développer, offrent des enseignements importants relatifs
• Pour renforcer les capacités nationales d’appui à aux conditions d’exploitation des ZES pour le développement.
Abrégé | 7
être importants — plus de 30 millions de personnes pourraient commerce réglementé au lieu de recourir à une protection
tomber dans la pauvreté (revenus inférieurs à 5,50 dollars par unilatérale; et si tous les pays définissent ensemble un pro-
jour) et le revenu mondial pourrait chuter non moins de 1,4 bil- gramme de négociations qui reflète à la fois les priorités du
lion de dollars. Cela dit, même dans une situation de status développement et du commerce.
quo, les pratiques commerciales à l’origine du conflit sont
susceptibles d’avoir des répercussions négatives. Élargir la coopération en matière fiscale,
Pour maintenir une ouverture commerciale bénéfique, renforcer la concurrence et accroître les
il est essentiel d’adopter une double approche. La première flux de données
devrait reposer sur l’intensification de la coopération commer-
L’imposition du capital est de plus en plus difficile à l’ère de
ciale pour s’attaquer aux derniers obstacles au commerce des
la mondialisation des entreprises, de la fragmentation de la
biens et des services, ainsi qu’à d’autres mesures qui faussent
production, et de la croissance d’actifs intangibles tels que
les échanges, comme les subventions et les activités des entre-
la propriété intellectuelle. La coopération devrait assurer
prises publiques. La deuxième devrait porter sur l’élargisse-
un accès équitable aux recettes fiscales — dont les pays
ment de la coopération au-delà de la politique commerciale,
riches ont besoin pour aider les travailleurs industriels dont
pour inclure la fiscalité, la réglementation et l’infrastructure.
l’emploi a été supprimé, et les pays pauvres pour construire
des infrastructures. Une approche conjointe visant à
Approfondir la coopération traditionnelle
recourir davantage à l’imposition basée sur la destination
Pour ce qui est de l’avenir, la plus grande priorité devrait
des échanges pourrait à la fois décourager les entreprises
être d’approfondir les règles et engagements commerciaux
de transférer leurs bénéfices et les pays de rivaliser en
traditionnels. Jusqu’à présent, la coopération internationale
matière fiscale, tout en tenant compte des conséquences
a entraîné une ouverture inégale en matière de biens et de
sur les recettes fiscales des petits pays en développement.
services. La libéralisation du commerce n’a que trop tardé
Parallèlement, d’autres mesures de lutte contre l’érosion de
dans l’agriculture et les services, et certains biens industriels
la base d’imposition et les transferts de revenus pourraient
restent limités sur certains marchés ainsi que par des mesures
atténuer les difficultés associées à la mobilisation des
non tarifaires. Les préférences commerciales ont réduit cer-
ressources intérieures.
tains tarifs douaniers imposés essentiellement aux pays les
plus pauvres, mais pas ceux que ces pays prélèvent sur leurs Les flux de données et l’expansion internationale des
importations. Si le traitement spécial et différencié accordé aux entreprises numériques, qui jouent un rôle important dans
pays en développement a parfois tenu compte de la lenteur des les CVM, suscitent une inquiétude croissante auprès des
réformes, il a fondamentalement freiné la participation aux consommateurs. Les risques vont des atteintes à la vie privée,
CVM et l’intégration dans l’économie mondiale. dans le cas des services fondés sur l’utilisation des données,
De plus, la hausse des droits de douane dans certains des aux pratiques anticoncurrentielles dans le cas des services
plus grands marchés du monde — pour protéger la production à fondés sur les plateformes numériques. Au niveau national,
plus forte valeur ajoutée — entrave les activités de transforma- les États ont recours à des lois sur la localisation des données
tion dans l’agro-industrie et d’autres secteurs à forte intensité pour limiter la mobilité transfrontalière de ces dernières et
de main-d’œuvre comme la confection et la maroquinerie dans à des règles strictes sur le traitement des données. Le droit
les pays en développement. Les règles d’origine restrictives des de la concurrence reste lui aussi explicitement nationaliste
accords préférentiels limitent les possibilités d’approvisionne- et la coopération dans le cadre d’accords commerciaux
ment à l’étranger. Les subventions et les entreprises publiques bilatéraux ou régionaux a été limitée. La solution pourrait
faussent la concurrence, et les règles existantes ne garantissent être un nouveau type de compromis : des engagements des
pas la neutralité concurrentielle. Dans le secteur des services, entreprises exportatrices en matière de réglementation, destinés
les négociations internationales n’ont guère facilité la libérali- à protéger les intérêts des consommateurs à l’étranger, en
sation au-delà de celle menée unilatéralement. D’importants échange d’engagements des pays importateurs en matière
services pertinents pour les CVM, tels que le transport aérien et d’accès au marché, comme dans certains accords récents sur
maritime (qui a le plus besoin d’une libéralisation coordonnée), la circulation des données.
ont été exclus des négociations en raison du poids de puissants Mais les pays en développement ne doivent pas être tenus à
groupes d’intérêts. l’écart de tels dispositifs, car cela compromettrait la productivité
Les négociations commerciales traditionnelles peuvent de leur participation CVM. L’aide internationale peut leur
apporter des résultats plus significatifs si les principaux permettre de prendre des engagements réglementés dans
négociants des pays en développement s’y engagent en tant les domaines présentant un intérêt en matière d’exportation
que partenaires égaux, voire en tant que leaders, au lieu de (comme les services fondés sur l’utilisation de données) et
rechercher un traitement spécial et différencié ; si les grands d’ obtenir des engagements de leurs partenaires commerciaux
pays industrialisés continuent de soutenir un système de lorsqu’ils ouvrent leurs marchés (comme pour l’application de
Abrégé | 9
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